La presse, 8 novembre 2008, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts LES GRANDES GUEULES DEUXIÈME VIE PAGE 20 FLORENCE K L\u2019HISTOIRE DE FLORENCE PAGE 5 JANE BIRKIN JE T\u2019ÉCRIS MOI NON PLUS PAGES 2 ET 3 sur cyberpresse.ca BLOGUE Alain Brunet nous entretient du Festival du monde arabe sur cyberpresse.ca/brunet FEIST Visionnez nos photos du spectacle de Feist au Centre Bell sur cyberpresse.ca/feist PHOTO YVES MÉDAM, COLLABORATION SPÉCIALE ROBERT LEPAGEAUMET DE NEWYORK Neuf ans après avoir présenté La Damnation de Faust au festival SaitoKinen de Matsumotoau Japon, Robert Lepage revisite sa mise en scène de l\u2019opéra d\u2019Hector Berlioz.Pour Ex Machina, c\u2019est l\u2019occasion tout indiquée de gagner le coeur du public du Metropolitan Opera du Lincoln Center, deux ans avant la livraison de Der Ring des Nibelungen de Wagner.La Presse était à New York cette semaine, pour les dernières répétitions avant l\u2019entrée d\u2019Ex Machina au Met.> Un reportage de notre envoyée spéciale Sylvie St-Jacques en pages 10 et 11.MON T R É A L S A M E D I 8 N OV E M B R E 2 0 0 8 3596524A ARTS ET SPECTACLES N\u2019entendez-vous pas ce joli tintement ?La cloche de fin d\u2019étape télévisuelle a sonné et, prenez une profonde respiration, c\u2019est le moment de remettre les bulletins d\u2019évaluation.Alors, quelle émission a le mieux intégré ses compétences transversales?Quel personnage a construit le meilleur référentiel moral?Le prof Dumas \u2013 grognon et sévère \u2013 décerne ses notes.Les Parent .Compor tement impeccable.Textes savoureux.Interprétation irréprochable.Voilà le chouchou du prof.Point à amél iorer ?Dénicher une nouvelle occupation pour Anne Dorval, qui plie du linge dans deux scènes sur trois.Note : A.Occupation double.De toutes les téléréalités en ondes, du genre «Pimpmon spa», c\u2019est la «moins pire ».Notions géographiques à réviser : non, la Polynésie- Française ne baigne pas dans la Méditerranée.Compris, élève Claudia?Note: B -.C.A.À trop vouloir faire le clown de la classe, la comédie de Louis Morissette a souvent dégagé de la froideur et une nonchalance irritantes.Plus maintenant.L\u2019épisode de jeudi a été à la fois touchant, drôle et poignant.Force: les scènes signatures, où les personnages revisitent leur passé en groupe.Note: A-.Roxy.Les comédiens Patrice Bélanger, Marilyse Bourke et Louison Danis sauvent la sitcom d\u2019un échec cuisant.Quelques bons gags ici et là et la Roxy en question (attachante Cathy Gauthier) devra mettre les bouchées doubles à la prochaine étape pour ne pas redoubler.Note: C.Le banquier.Que l\u2019on aime ou déteste le jeu des valises de Julie, force est d\u2019admettre que c \u2019est diablement efficace cet automne avec l\u2019ajout des nombreuses valises à 500 000 $.Note: B -.Loft Story.En chamboulant le déroulement «de l\u2019histoire », notamment en ressuscitant des participants évincés, la téléréalité de TQS a forcé plusieurs fans au décrochage.Quant à la qualité de la langue parlée, elle oscille entre les niveaux atroce et horrible.Note: D.Les hauts et les bas de Sophie Paquin.L\u2019élève Louise Nantel (hilarante Isabelle Vincent) mérite un ruban d\u2019honneur.Sinon, Sophie a été un brin turbulente, mais toujours aussi charmante.Note: B +.Tout le monde en parle.Toujours un incontournable après cinq saisons à l\u2019antenne.Et maintenir une audience de 1,5 million de téléspectateurs pendant plus de deux heures, et en abordant des sujets pas toujours évidents, c\u2019est tout un exploit.Note: A -.Les auditions de Star Académie.Après un début d\u2019année difficile, l\u2019émissionpilotée par Herby Moreau reprend lentement du poil de la bête.N\u2019empêche.Le gâteau lève difficilement certains soirs.Félicitations à l\u2019élève Pierre Marchand pour la clarté, la précision et la justesse de ses interventions.Note : C +.Voici, en vrac, quelques émissions qui mér itent des étoiles dans la marge de leur cahier : C\u2019est juste de la TV, Cabine C, Le moment de vérité de Patrice L\u2019Ecuyer, 3600 secondes d\u2019extase et La cour des grands de Gregory Charles.Voi là celles qui écopent de séances de rat t rapage : Les soeurs Elliot (confuse), Grosse vie (ouf !) et Les étoiles filantes (déprimante).Et les cancres de TQS ?Bah ! Vous les connaissez tous.Pas besoin de leur taper (encore) sur les doigts pour leur rappeler qu\u2019ils ont coulé leur année.Je lévite Avec la chanson québécoise.Depuis dimanche soir, je réécoute en boucle Café Lézard de Vincent Vallières, Je veux tout d\u2019Ariane Moffatt, Dans l\u2019eaudelà de Catherine Major, Une rose noire de Paul Cargnello et L\u2019éphémère d\u2019Alexandre Désilets.Que de (sacré) talent ! Je l\u2019évite Les pubs de Mikes.Non, pas celles mettant en vedette Tony Conte, mais les nouvelles qui nous vantent les délices de la campagne italienne.Pardon ?Les saveurs exquises de l\u2019Italie chez Mikes ?Tiens, quel est ce bruit sourd?C\u2019est Stefano Faita et Josée di Stasio qui viennent de perdre connaissance.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Le bulletin des téléviseurs HUGO DUMAS CHRONIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS «Ma is com m e n t faites-vous pour écrire, puis chanter «Je veux être devant toi à poil» et que ce soit d\u2019une élégance et d\u2019un raffinement incroyables ?» s\u2019écrie la journaliste, estomaquée.Seul le beau rire de Jane Birkin répond au bout du fil.À 61 ans, celle qu\u2019on a considérée jusqu\u2019ici comme la muse de Gainsbourg et du cinéaste Jacques Doillon se révèle en effet une parolière hors du commun, capable d\u2019audace et de poésie, sur ce nouvel album baptisé Enfants d\u2019hiver \u2013 son premier disque à titre d\u2019auteure à part entière.«J\u2019ai fait très gaffe aux textes, je sais que je vais être taxée d\u2019être une Anglaise qui essaie de faire du français, dit-elle avec cet accent inimitable, mais je me suis quand même permis de faire des «gourages» exprès.Je chante «UNE cafard» un moment donné, ça m\u2019a tellement fait rire, je l\u2019ai gardé, je sais que c\u2019est une erreur, mais je la voulais!» ajoute en riant la «jeune» auteure.Une auteure capable de concilier mystère et impudeur (« je suis plus nue que nue dans certains textes, vous trouvez pas?»), d\u2019aborder des sujets difficiles (l\u2019âge, le dernier amour, la colère, les aimés morts), de faire la part belle à l\u2019humour féroce, mais aussi de manier des procédés poétiques comme peu d\u2019auteurs le font depuis\u2026 Serge Gainsbourg, si je ne m\u2019abuse: oui, il y a bel et bien des enjambements, contre-rejets et rejets, des parataxes (allez, faites un effort, regardez dans le dictionnaire\u2026) et des vers libres dans les textes de Jane Birkin! Et tous ses très beaux textes sont couchés sur de super musiques, pertinentes, contemporaines, composées notamment par Alain Souchon, Franck Eurly, Hawksley Workman et Édith Fambuena.Ah, Édith Fambuena, guitariste douée, compositrice, réalisatrice: qui sait qu\u2019elle a notamment coécrit La nuit je mens d\u2019Alain Bashung, coréalisé et arrangé le fabuleux disque Fantaisie militaire de Bashung (sacré Album des 20 dernières années aux 20es Victoires de la musique!), qu\u2019elle a joué avec Marianne Faithfull et Brigitte Fontaine, réalisé certains des meilleurs albums d\u2019Étienne Daho, dont le plus récent, fort réussi et couronné d\u2019ailleurs aux Victoires de la musique 2008, en France?Qu\u2019elle fut d\u2019abord du duo Les Valentins et désormais du trio Spring (à découvrir sur MySpace)?Ayant récemment mis sur pied son propre studio d\u2019enregistrement avec Annika Grill, elle aussi auteurecompositrice, chanteuse, directrice artistique, arrangeure, ingénieure de son, Édith Fambuena a réalisé et arrangé (fabuleusement) Enfants d\u2019hiver\u2026 Piano et voix « Je suis bien contente que vous en parliez, parce que tout ça, ce disque, c\u2019est beaucoup grâce à Édith et à Annika, dit Jane Birkin de sa jolie voix chantante.Je voulais faire très simple, dans le sous-sol, avec Édith.Pour une chanson comme 14 février (triste et troublante jusqu\u2019au halètement final, qui évoque Je t\u2019aime moi non plus \u2013 ou la mort), on a travaillé juste piano et voix.Et puis après, on a ajouté d\u2019autres instruments\u2026 Après une cornemuse, un violoncelle joué par une jeune fille de 19 ans\u2026 Pour les guitares, j\u2019ai dit à Édith: prends des garçons!» Mais elles ont gardé le piano et la voix seuls pour les magnifiques À la grâce de toi et Pourquoi, qui pourraient avoir été inspirées à Jane B.par ses veilles au chevet de sa fille Charlotte Gainsbourg, quand celle-ci a fait une hémorragie cérébrale en 2007.Jane ne veut pas confirmer, même s\u2019il y a parfois des références nettes à ses parents et à ses trois filles qu\u2019elle appelle joliment «mes vagabonds enfants» \u2026 «Je veux pas donner toutes les réponses.Moi, je sais bien que quand je chante Je suis au bord de ta fenêtre, c\u2019est Sèège qui est sur le bord de ma fenêtre, mais j\u2019ai changé le sexe du fantôme dans la chanson, comme ça, quand vous l\u2019écoutez, ce sont vos fantômes que, peut-être, vous imaginez, non?» Piano et voix aussi, mais aussi contrebasse, pour Madame, une magnifique valse déchirante où Jane parle du passage du temps sur son corps: «J\u2019ai voulu garder une ambiguïté, là aussi, même si, tout ça, tout ce que je raconte, c\u2019est moi, aujourd\u2019hui\u2026.Mais quand j\u2019ai demandé à un demes amis de relire mes textes pour voir si ça allait, il m\u2019a expliqué tout autre chose sur ce texte, et j\u2019ai laissé l\u2019ambiguïté, je voulais pas le décevoir (rires), et puis, ça voulait dire que ça parlait aussi aux hommes.Parfois, par contre, je suis plus\u2026 claire.» Comme dans Oh, comment ça va, une incroyable chanson où Jane rencontre une ancienne flamme, s\u2019intéresse poliment à sa vie\u2026 avant de lui souhaiter toutes les calamités possibles, y compris un cancer de la prostate ! «Je sais que c\u2019est tellement nul, éprouver ces sentiments, mais j\u2019entendais toute une chorale de filles derrière moi qui éprouvaient la même chose, qui avaient certainement envie d\u2019être aussi nuuuuulles (rires), et en plus, Édith a eu la super idée de s\u2019inspirer de la ligne mélodique de Walk On the Wild Side de Lou Reed! En fait, j\u2019ai failli la virer, cette chanson, parce que j\u2019avais la trouille, mais toutes les copines ont dit non, alors\u2026» Alors, Jane a dit oui.À cette chanson, et à ses chansons à elle.Car Jane chante et écrit, elle non plus\u2026 JET\u2019ÉCRIS PHOTOS KATE BARRY, FOURNIE PAR EMI «Je veux pas donner toutes les réponses.Moi, je sais bien que quand je chante Je suis au bord de ta fenêtre, c\u2019est Sèège qui est sur le bord de ma fenêtre, mais j\u2019ai changé le sexe du fantôme dans la chanson, comme ça, quand vous l\u2019écoutez, ce sont vos fantômes que, peut-être, vous imaginez, non?» explique Jane Birkin.ENTREVUE JANE BIRKIN «Maintenant, Sèège est connu dans le monde entier, il se démerde tout seul et c\u2019est très bien, disait Jane Birkin à propos de Gainsbourg en février dernier.Ça me permet d\u2019abord de chanter en anglais, avait-elle ajouté en entrevue, et puis aussi de faire mon propre petit disque en français, que peut-être personne n\u2019achètera\u2026» Ce «propre petit disque en français », dont tous les textes sont signés Jane Birkin, sort le 18 novembre et croyez-moi sur parole : on va être une méchante gang à l\u2019acheter tant il est réussi ! Roxy (attachante Cathy Gauthier) devra mettre les bouchées doubles à la prochaine étape pour ne pas redoubler.« J\u2019ai fait très gaffe aux textes, je sais que je vais être taxée d\u2019être une Anglaise qui essaie de faire du français, mais je me suis quand même permis de faire des \u201cgourages\u201d.» CHANSON Enfants d\u2019hiver Jane Birkin EMI/Fusion 3 (en magasin le 18 novembre) lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 ARTS ET SPECTACLES ANDRÉ TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE Jane Birkin, qui a littéralement charmé le public montréalais lors de son passage au Théâtre Maisonneuve, en février dernier, lancera le 18 novembre Enfants d\u2019hiver, dont elle signe tous les textes.MOI NONPLUS J\u2019a i longtemps fa it le même cauchemar.Ça se passait dans un théâtre.Au lever du rideau, j\u2019entrais en scène, j\u2019ouvrais la bouche pour livrer ma première réplique et puis, subitement, devant la salle bondée, je figeais comme une statue de sel en me rendant compte avec effroi que j\u2019avais oublié mon texte.Tout mon texte.Immanquablement, je me réveillais en sueurs, le coeur battant mais soulagée de constater que ce n\u2019était qu\u2019un rêve, un mauvais rêve.Malheureusement, ce mauvais rêve va devenir réalité demain alors que je vais m\u2019avancer sur la scène du Rideau Vert en compagnie d\u2019une dizaine de mes consoeurs journalistes, animatrices et chanteuses, pour la lecture publique et un brin chaotique des Belles-soeurs de Michel Tremblay.C\u2019est Monique Giroux, alias Germaine Lauzon, la colleuse de timbres en chef, qui a eu cette idée de fou à la fin de l\u2019été pour souligner les 40 ans de cette pièce phare et pour amasser des sous pour le Théâtre du Rideau Vert.Objectivement, c\u2019étaitune excellente idée.Mais ce que je n\u2019arrive toujours pas à comprendre, c\u2019est pourquoi lorsque le téléphone a sonné, me proposant de me joindre à Louise Beaudoin, Liza Frulla, Ariane Moffatt, Isabelle Maréchal, Dominique Poirier, Suzanne Lévesque et compagnie, j\u2019ai dit oui tout de suite.Oui, sans y réfléchir.Oui, aucun problème, ça va me faire plaisir.Oui, j\u2019ai toujours rêvé d\u2019être dirigée par Denise Filiatrault.Oui, ça va être le fun.Le fun?Dès la première lecture autour de la table, sous les néons crus de l\u2019École nationale, j\u2019ai compris, que dis-je, nous avons compris que nous n\u2019étions pas des comédiennes, que ça prenait beaucoup de talent, de patience et de courage pour être ce que nous n\u2019étions pas et que nous avions été bien téméraires de nous embarquer dans une telle galère.En même temps, ce premier plongeon dans un classique que je croyais connaître par coeur alors qu\u2019il n\u2019en était rien, avait quelque chose de.jouissif ?Oui, le mot est juste.Je ne pense pas trahir la pensée de mes camarades en affirmant que ce contact physique et visuel avec le texte de Tremblay, l\u2019apprivoisement lent et patient de nos personnages, le spectacle inspirant de Filiatrault, cheveux hirsutes, baguettes en l\u2019air, se démenant comme une démone pour nous ramener au coeur du texte et dans la justesse de l\u2019émotion, tout cela a été un vrai bonheur et une réelle découverte théâtrale.Et que dire de la camaraderie qui s\u2019est installée spontanément entre les belles-soeurs, un peu comme si la panique devant la difficulté de la tâche avait soudé notre solidarité malgré l\u2019univers compétitif dans lequel nous évoluons et les entreprises concurrentes qui nous emploient.Bref, d\u2019un côté, je ne regrette pas une seconde d\u2019avoir «scrappé » tous mes lundis soir depuis un mois à lire, relire et approfondir le texte de Tremblay.Pas plus que je ne regrette d\u2019avoir hérité du rôle d\u2019Yvette Longpré, une idiote finie, un abîme d\u2019insignifiance.D\u2019un côté, j\u2019ai été charmée et sincèrement touchée par cette aventure.Mais de l\u2019autre, plus le moment fatidique de la première de nos deux prestations approche, et plus je suis terrorisée à l\u2019idée de perdre tous mes moyens et de me transformer en statue de sel sur scène.Les filles ont beau essayer de me rassurer (et de se rassurer elles-mêmes par la même occasion), la peur de se couvrir de ridicule est plus forte que tout.Mais tant pis, il est trop tard pour reculer.Si jamais une d\u2019entre nous s\u2019évanouit sur scène, appelez l\u2019ambulance.Sinon, amusez-vous.Vous avez même le droit de rire de nous.Mais pas trop fort quand même.Quant à moi, il se peut que je meure demain au Rideau Vert.Mais sachant que j\u2019ai essayé de dompter ma grande peur, je mourrai en paix.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Journal d\u2019une belle-soeur NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Dès la première lecture, sous les néons crus de l\u2019École nationale, j\u2019ai compris, que dis-je, nous avons compris que nous n\u2019étions pas des comédiennes, que ça prenait beaucoup de talent, de patience et de courage pour être ce que nous n\u2019étions pas et que nous avions été bien téméraires de nous embarquer dans une telle galère.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 Un 4e Félix pour la SPEC ! Diffuseur de spectacles de l\u2019année 2008 Ténor recherché 8 novembre à 20h et 9 novembre à 15h30 Rachid Badouri 19 et 20 novembre à 20h Elevation 22 novembre à 20h Forestare 23 novembre à 15h30 Sur scène près de chez vous à Saint-Jean-sur-Richelieu www.spec.qc.ca : Plus de 175 spectacles par année 1 888 443-3949 HOMMAGE ÀU2 3573710A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ALEXANDRE VIGNEAULT HAUT-PARLEURS On a tous au moins un bouquin de type «discothèque idéale » où un mélomane fort en gueule (ou simplement enthousiaste) propose une liste de 100 ou 1000 albums qu\u2019il faut avoir entendus avant de mourir.Ou de devenir sourd.Il s\u2019agit parfois de beaux livres, aussi pertinents que bellement illustrés, et parfois de contenants au contenu plus discutable \u2013 je pense à un récent livre-objet dont la couverture en plastique reprend le format du vinyle.Ces ouvrages, s\u2019ils sont écrits par des Français, font parfois une petite place aux artistes de l\u2019Hexagone.Aucune chance, toutefois, qu\u2019un artiste d\u2019ici s\u2019y glisse.Sauf Céline Dion, bien entendu.Éric Trudel, journaliste culturel spécialisé en musique, a voulu rendre justice au corpus québécois.Parce que la musique \u2013 d\u2019ici, d\u2019ailleurs, d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui \u2013 le passionne et parce qu\u2019il a été estomaqué par notre méconnaissance du parcours de la musique québécoise.«Collectivement, on se gargarise de notre culture et en particulier de notre musique, mais c\u2019est fou comme on est amnésique », juge-t-il.De cette indignation est né Les 101 disques qui ont marqué le Québec, ouvrage habilement construit et richement illustré, qui propose un tour d\u2019horizon de la musique faite ici depuis les 78-tours de Joseph Saucier ou La Bolduc, aux disques compacts de Malajube.Réglons tout de suite la question: oui, les projets de cet ordre sont toujours aussi ambitieux que réducteurs.L\u2019auteur lui-même admet avoir dû procéder à des choix «déchirants» et «qu\u2019une centaine d\u2019autres artistes ou albums» auraient pu figurer dans un tel livre.Il a donc joué à «l\u2019équilibriste» entre incontournables et disques oubliés, cherchant d\u2019abord et avant tout à démontrer la qualité, la variété et la pertinence de la production musicale du dernier siècle.«Il faut savoir reconnaître le talent et la pertinence de chacun dans son contexte », écrit-il dans son introduction.L\u2019affirmation n\u2019est pas banale dans un univers constitué de chapelles comme l\u2019est celui de la musique.Il commente donc l\u2019immensément populaire Hélène de Roch Voisine avec la même rigueur que l\u2019obscur E.P.de The Nils, un groupe hardcore montréa la is .« La Bolduc, sans mise en contexte, ça peut être risible.Il faut raconter la crise économique et la vie ouvrière montréalaise pour que ça prenne une autre dimension et toute sa valeur», fait aussi valoir l\u2019auteur.«Tout le monde connaît les évidences, mais tout le monde ne sait pas qu\u2019on a aussi excellé en métal, en jazz et en musique électronique, ajoute-t-il.Un livre avec seulement des évidences, ça aurait été plate.Le but, quand on aime la musique, c\u2019est de découvrir de nouvelles choses.» Il a voulu stimuler les gens et souhaite même que ses omissions \u2013 Dubmatique et Muzion ont été évoqués pendant la discussion \u2013 suscitent des débats et poussent les gens à ressortir leurs albums pour les faire valoir.Les 101 disques qui ont marqué le Québec constitue donc un bon point de départ pour découvrir ou se remémorer des jalons importants de notre histoire musicale.Pour joindre l\u2019utile à l\u2019agréable, l\u2019ouvrage d\u2019Éric Trudel possède un compagnon de route sur format CD, Moi, mes chansons, qui donne à entendre 40 titres, du célèbre Tico Tico d\u2019Alys Robi à As the Years Go By, d\u2019un groupe aujourd\u2019hui méconnu baptisé Mashmakhan.Seul bémol, la compilation est le talon d\u2019Achille du projet: elle donne à entendre une majorité de tubes, alors qu\u2019il aurait été intéressant d\u2019en profiter pour mettre en valeur des chansons difficiles à trouver.Ou, à tout le moins, de sélectionner des titres moins connus d\u2019artistes marquants.Les 101 disques qui ont marqué le Québec, Éric Trudel, Éd.Trécarré.Moi, mes chansons,Musicor/Sélect.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : avigneau@lapresse.ca 100 ans de musique québécoise en 101 disques « Il faut savoir reconnaître le talent et la pertinence de chacun dans son contexte », écrit l\u2019auteur de Les 101 disques qui ont marqué le Québec.L\u2019affirmation n\u2019est pas banale dans un univers constitué de chapelles comme l\u2019est celui de la musique.MARIE-CHRISTINE BLAIS Parmi les chansons réussies de Le diamant, cinquième album de Marie Carmen en quelque 20 ans de carrière, il y en a une particulièrement bien: elle s\u2019appelle La mauvaise herbe, elle est signée Luc de Larochellière, sur des arrangements très latino et dansants, elle parle magnifiquement des enfants de la rue, ceux que la chanteuse a croisés au Pérou et ici, au Québec.Un soir de décembre passé, en pleine tempête, pas de taxi, pas d\u2019électricité, Marie Carmen et Luc ont tout de même réussi à se rencontrer pour parler de cette chanson.«Toi qui as écrit que La vie est si fragile, j\u2019aimerais ça que tu écrives cette fois une chanson sur la force de la vie», a dit la chanteuse.Et le chanteur a accepté.Comme ont notamment accepté France D\u2019Amour, Sylvie Paquette, Dave Richard (qui signe notamment la très belle L\u2019île aux trésors), Francine Raymond et la jeune humoriste Cathleen Rouleau (si vous voulez en savoir plus sur cette rencontre-là, lisez le blogue de Cathleen, hilarant).Pierre précieuse Dans le café où je rencontre Marie Carmen, la femme qui se tient devant moi a exactement le rire, la chevelure noir jais, les pommettes saillantes et l\u2019intensité fébrile qu\u2019elle avait à l\u2019époque.Mais elle a aussi ce qu\u2019il faut bien appeler de la lumière dans les yeux, et quelque chose de malicieux, d\u2019aérien dans la démarche: «C\u2019est parce que, maintenant que j\u2019ai fait ce disque, je sais que je peux mourir heureuse !», lance joyeusement Marie Carmen.Pas de doute, c\u2019est Marie Carmen, volubile, démonstrative, expansive, qui parle aussi bien de ses nouvelles chansons (toutes positives) que de la très belle Contre vents et marées (un texte de Françoise Hardy sur l\u2019instrumentale Theme from a movie that never happened d\u2019Eric Clapton) ou du titre de son album, Le diamant: «Tu ne trouveras le mot diamant dans aucune chanson, explique-t-elle.Parce que c\u2019est un symbole pour moi : le diamant, c\u2019est la transparence, la résistance, ça prend la lumière et ça l\u2019amplifie, et chaque diamant est unique, avec toutes ses facettes.Bref, c\u2019est nous, le diamant, chacun de nous\u2026 Et sais-tu ce qu\u2019un géologue m\u2019a appris?Le diamant, c\u2019est une pierre précieuse qui, dans le sol, est le résultat d\u2019une extrême pression! Ça aussi, c\u2019est nous, et c\u2019est certainement moi!» précise-t-elle avec un rire à gorge déployée.Réalisation de Francis Collard Pour que la pression ne soit tout de même pas extrême cette foisci, Marie Carmen et son agent de toujours, Pierre Tremblay, ont fait appel à une équipe de rêve pour Le diamant: c\u2019est Francis Collard qui l\u2019a réalisé, le Francis qui a travaillé avec Ariane Moffatt.«Ariane, ça fait longtemps qu\u2019elle m\u2019intéresse, j\u2019avais même acheté son disque du temps de TenZen (groupe dont Ariane Moffatt était la chanteuse en 2000), j\u2019étais sûre qu\u2019elle allait faire quelque chose, à un moment donné \u2013 c\u2019est comme Alexandre Désilets, ces jours-ci, je suis sûre qu\u2019il va devenir quelqu\u2019un d\u2019important pour nous, musicalement.Bref, j\u2019ai demandé à rencontrer Francis Collard (qui a réalisé et coarrangé Aquanaute) qui me dit: «Sincèrement, Marie Carmen, j\u2019ai écouté tes quatre disques, et je ne suis pas sûr de les aimer.Mais je suis amoureux de ta voix, par exemple!» Moi, je ne renie rien de ce que j\u2019ai fait, je ne regrette rien.Mais je ne suis plus là, on est donc faits pour s\u2019entendre.Et j\u2019ai dit à Francis que j\u2019avais le goût de parler de choses qui vont bien, de faire de la salsa et du reggae dub, de chanter en espagnol.C\u2019est un des plus beaux cadeaux que je me suis donnés, apprendre l\u2019espagnol.» Elle l\u2019a appris pour aller travailler au Pérou comme volontaire («et non comme missionnaire, précise- le bien», dit Marie Carmen) \u2013 et deux fois plutôt qu\u2019une: pour être sûre d\u2019être compris,e la chanteuse a fait deux fois le cours de base avant de partir! Elle a donc deux (très bonnes) chansons en espagnol sur Le diamant, l\u2019une empruntée à la jeune chanteuse mexicaine Julieta Venegas (Eres para mi), l\u2019autre au groupe rock mexicain Manà (Bendita tu luz).« Je crois que la boucle est bouclée et que je ne retournerai pas au Pérou, dit encore Marie Carmen.Je suis revenue parce que j\u2019ai quelque chose à dire et que c\u2019est mon métier, chanter.Mais je sais que je vais avoir besoin de retourner ailleurs pour être en équilibre.Peut-être le Cameroun, le Vietnam\u2026» Ou le Québec.Le diamant de Marie Carmen en magasin mardi.La Musicographie de Marie Carmen diffusée à MusiMax demain à 21h, lundi à midi et mardi, jour du lancement, à 20h.LE GRAND RETOUR ENTREVUE MARIE CARMEN PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE «Tu ne trouveras le mot diamant dans aucune chanson, explique Marie Carmen, de retour avec un cinquième album.Parce que c\u2019est un symbole pour moi : le diamant, c\u2019est la transparence, la résistance, ça prend la lumière et ça l\u2019amplifie, et chaque diamant est unique, avec toutes ses facettes.Bref, c\u2019est nous, le diamant, chacun de nous\u2026» C\u2019est vrai qu\u2019il a des allures de téléroman, ce retour de Marie Carmen à la chanson : dix ans après son dernier album, six voyages au Pérou à titre de volontaire auprès de personnes démunies et énormément de «travail sur soi », voilà que la chanteuse au timbre unique, celle qui assurait que «Piaf chanterait du rock» et qui a fait connaître L\u2019aigle noir à toute une génération, revient au pays et lance un disque \u2013 le meilleur album de sa carrière ! Après le retour, la promesse\u2026 ARIANE MOFFATT, ce soir au Métropolis.RADIO RADIO ET GATINEAU, ce soir au Club Soda.DUSTY KID, ce soir au Théâtre Telus.MICHEL FUGAIN, dimanche et lundi au Théâtre de la ville.PIGALLE, lundi au Club Soda.BÏA, mardi au Club Soda.NINE INCH NAILS, mercredi au Centre Bell.THE HERBALISER + GRAND ANALOG, mercredi au National.GIRL TALK, jeudi au Métropolis.GAËLE, jeudi au Théâtre Outremont.ROXANNE POTVIN, jeudi, vendredi au Savoy du Métropolis.MARIE-MAI, vendredi au Centre Bell.JACK\u2019S MANNEQUIN + FUN + TREATY OF PARIS, vendredi au National.LAURENCE JALBERT, vendredi au Club Soda.SUR LES PLANCHES Marie Mai, PHOTO FOURNIE PAR PRODUCTIONS J.«Maintenant que j\u2019ai fait ce disque, je sais que je peux mourir heureuse ! » lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Je ne sais trop pourquoi, mais on a tendance à oublier que Florence K vient tout juste d\u2019avoir 25 ans.C\u2019est pourtant une toute jeune femme qui lançait cette semaine son troisième album trilingue qui mêle bossa, pop, chanson française, etc.Et c\u2019est cette toute jeune femme qui a tripé comme une malade il y a un mois à un spectacle de\u2026 Beyoncé! «Je donnais un spectacle au Festival de musique des Bermudes \u2013 sur la plage, devant 1500 personnes! \u2013 et on avait quelques jours de vacances après, explique Florence.Beyoncé donnait un spectacle au même festival, on décide donc d\u2019y aller un peu à reculons \u2013 et j\u2019ai eu tout un choc! En deux heures, j\u2019ai tellement appris\u2026 Elle fait du scat, du reggae, du dance hall, elle a du groove, c\u2019est une tigresse, elle prend sa place et l\u2019assume! Je te jure, après le spectacle, je n\u2019étais plus la même!» Duo avec Lavilliers Comme elle n\u2019était plus la même après avoir vu Bernard Lavilliers en spectacle (Florence K a assuré la première partie du spectacle de Lavilliers au Zénith à quelques reprises cette année), tant l\u2019intensité et la musicalité du monsieur l\u2019ont impressionnée.Lavilliers, devenu un ami, a d\u2019ailleurs profité d\u2019un voyage à New York pour faire un détour par Montréal et venir y enregistrer un duo avec Florence, Et si jamais: «Je devais au départ chanter sa chanson Salomé, qu\u2019il a écrite pour sa fille\u2026 Mais j\u2019avais déjà Ma rose, écrite pour ma petite fille à moi (qui a maintenant deux ans), par ma tante Marie-Claude (Choquette), elle l\u2019avait composée pour le baptême d\u2019Aline\u2026 Bref, Bernard me dit qu\u2019il aime bien Et si jamais et qu\u2019il va travailler un peu la chanson: tout ce qu\u2019il chante, c\u2019est lui qui l\u2019a écrit le soir même, à la veille de l\u2019enregistrement!» Ces spectacles marquants \u2013 auxquels elle tient qu\u2019on ajoute celui donné par Paul McCartney pour le 400e de Québec \u2013 ne l\u2019ont pas empêchée pour autant de passer l\u2019année à écouter le disque du chanteur salsa Best of Hector Lavoe: «En fait, c\u2019est parce que mon lecteur de CD dans ma voiture s\u2019est brisé et c\u2019est le seul disque qui pouvait jouer pendant quatre mois dans mon auto (rires), mais je ne me suis jamais, jamais tannée de l\u2019écouter ! C\u2019est même ce disque qui m\u2019a donné l\u2019idée de départ de La Historia de Lola.» Cubaine, le temps d\u2019une chanson L\u2019idée de départ, c\u2019était de raconter littéralement l\u2019histoire de Lola, qui aurait été la femme d\u2019un caïd de la drogue qui se fait descendre, et de la lutte de Lola pour conserver sa dignité et élever ses quatre enfants en dansant.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que raconte la chanson titre de l\u2019album, mais\u2026«Mais j\u2019ai réalisé que j\u2019écrivais au moins autant ma vie que celle de Lola, que certaines chansons étaient trop personnelles.Une chanson comme Hija de Cuba (fille de Cuba) est sans doute inspirée par le fait que ma mère (Québécoise, mais fille de diplomates en constant déplacement) est arrivée ici à l\u2019âge de 18 ans, après avoir voyagé partout, et que mon père (d\u2019origine libanaise, mais qui a vécu en Égypte, en France, aux États-Unis), lui, y est arrivé à l\u2019âge de 27 ans.Alors, je me permets d\u2019être cubaine le temps d\u2019une chanson.» Pour cet album, Florence K a d\u2019ailleurs beaucoup composé avec l\u2019excellent Jesus Alejandro «El Nino», musicien, compositeur et arrangeur cubain exceptionnel qui vit à Montréal depuis 1997.Elle a aussi retenu les services de Nicolas Petrowski pour réaliser son album: «Nicolas avait travaillé avec Stefie Shock et Alfa Rococo, disons qu\u2019on était deux opposés, dit Florence en riant.Mais c\u2019est lui qui a réussi à donner une unité de texture à tous les genres musicaux que je pratique.C\u2019est aussi ce qui m\u2019a permis de me découvrir comme interprète.» Car, à la suggestion de sa directrice artistique Anne Vivien, Florence reprend en effet deux chansons sur La Historia de Lola : rien de moins I\u2019d Rather Go Blind, popularisée par nulle autre qu\u2019Etta James, et Sailing, mégasuccès de Christopher Cross (en 1980) \u2013 et c\u2019est très réussi! Toutes ces chansons, les siennes comme celles qu\u2019elle vient de s\u2019approprier, elle les chantera au Cabaret du Casino de Montréal en février 2009: «Et j\u2019ai décidé qu\u2019on allait donner au Cabaret du Casino un air de dancing cubain, une ambiance de ballroom à la Casino Royale!» FLORENCE K L\u2019histoire de Florence Où est Florence K, chanteuse, pianiste et auteurecompositrice?Pas mal partout, ces jours-ci : sur l\u2019album de duos de Dan Bigras, sur le disque-bénéfice Piano féminin, sur scène avec sa tournée Bossa Blu terminée la semaine dernière, mais aussi en concert au Pérou avec sa mère Natalie Choquette il y a deux semaines ou avec son propre trio il y a un mois aux Bermudes.Ah oui, elle est aussi beaucoup et surtout sur son troisième album, La Historia de Lola.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE «Une chanson comme Hija de Cuba (fille de Cuba) est sans doute inspirée par le fait que ma mère est arrivée ici à l\u2019âge de 18 ans, après avoir voyagé partout, et que mon père, lui, y est arrivé à l\u2019âge de 27 ans.Alors, je me permets d\u2019être cubaine le temps d\u2019une chanson», explique Florence K au sujet de la chanson titre de son troisième album.«C\u2019est Nicolas Petrowski qui a réussi à donner une unité de texture à tous les genres musicaux que je pratique.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com décor Pierre Labonté costumes François Barbeau éclairages Claude Accolas musique Christian Thomas accessoires Normand Blais Le Lion en hiver de James Goldman mise en scène de Daniel Roussel traduction d\u2019Elizabeth Bourget Du 29 octobre au 6 Décembre Monique Miller Michel Dumont Mathieu Bourguet Evelyne Brochu Sébastien Delorme Patrice Godin Olivier Morin Laurent Duceppe- Deschênes Marcel Girard 3592423A 3592686 [À L\u2019AFFICHE!] TNM.QC.CA //514.866.8668 D\u2019HAROLDPINTER TRADUCTION RENÉ GINGRAS MISE EN SCÈNE YVES DESGAGNÉS AVEC BENOÎT GIRARD +NOÉMIE GODIN-VIGNEAU+ JEAN-FRANÇOIS PICHETTE + HUBERT PROULX + PATRICE ROBITAILLE ETMARCEL SABOURIN Assistance à la mise en scène et régie CLAUDE LEMELIN // les concepteurs MARTIN FERLAND + JUDY JONKER + MICHEL BEAULIEU + CATHERINE GADOUAS + NORMAND BLAIS + FRANÇOIS CYR LA PIÈCELAPLUSCÉLÈBRE,LAPLUSCORROSIVE ET LA PLUS TROUBLANTE D\u2019HAROLDPINTER 3596271A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS «On l\u2019oublie, mais la première interprète de La Manic de Georges Dor, c\u2019était Pauline Julien, explique Nelson Minville, concepteur du spectacle Pauline à la page, bien avant que Georges Dor et Donald Lautrec ne la fassent à leur tour.» En fait, on oublie bien des choses à propos de cette femme entière, qui fut interprète ici et en Europe, comédienne, militante, indépendantiste, féministe, travailleuse humanitaire, emprisonnée pendant octobre 1970, compagne du poète et politicien Gérald Godin, de 11 ans son cadet, et avec qui elle allait vivre pendant 32 ans, mère, parolière, auteure\u2026 Avant que Godin ne meure d\u2019un cancer du cerveau en 1994 et que Pauline elle-même, atteinte d\u2019aphasie grave, décide une dernière fois de prendre son destin en main et de quitter d\u2019elle-même la vie.Et il y avait tant de choses parmi lesquelles choisir que Nelson Minville a dû trouver un angle bien précis pour le spectacle: «Et c\u2019est la québécitude de Pauline Julien, explique-t-il.Non, on ne parlera pas de sa période Kurt Weill ou des chansons de son amie Anne Sylvestre, qu\u2019elle a contribué à faire connaître ici.J\u2019ai sciemment choisi ce que j\u2019appellerais les chansons \"taguées\" Pauline, celles écrites expressément pour elle (par les écrivains Gilbert Langevin, Michel Tremblay, Réjean Ducharme, Denise Boucher, Jean-Claude Germain\u2026) ou par elle.Plus la chanson Mommy (de Gilles Richer et Marc Gélinas) parce que sa version est celle qui marque encore aujourd\u2019hui les esprits.» «Du feu, cette femme-là ! » Pour redonner vie et voix à Pauline Julien, Minville a fait appel à Pierre Flynn, Mara Tremblay, Monsieur Mono, Viviane Audet , Andréanne Alain, Benoit Paradis, Alecka\u2026 «À tous, j\u2019ai envoyé deux ou trois chansons en leur demandant de les travailler comme si elles devaient se retrouver sur leur disque à eux.Je ne voulais pas qu\u2019on fasse un show de voix où on risquait d\u2019imiter Pauline, mais bien un show de musique.» «Jusqu\u2019à ce que je participe au spectacle, explique Mara Tremblay, Pauline Julien était surtout restée un emblème de la condition féminine.Mais depuis que j\u2019ai lu sa biographie (écrite par Louise Desjardins), j\u2019ai une adoration totale pour elle! C\u2019est du feu, cette femme-là ! Quand j\u2019ai entendu L\u2019étoile du nord (de Langevin et Claude Gauthier), j\u2019ai capoté\u2026 Mais finalement, c\u2019est Déménager ou rester là (Ducharme et Charlebois) que je chante (rires), que je chante de façon plus enragée ! » Mara chantera également L\u2019âme à la tendresse (écrite par Pauline Jul ien sur une musique de François Dompierre), accompagnée par Monsieur Mono, alias Éric Goulet: «Moi, je l\u2019identifiais plus comme militante que comme chanteuse, explique Éric Goulet, et j\u2019ai trouvé ça cool qu\u2019on insiste sur son importance comme chanteuse avec ce spectacle.(Le directeur musical) Éric Auclair a vraiment réactualisé ses musiques : dans sa version originale, L\u2019âme à la tendresse, c\u2019était au piano; maintenant, c\u2019est guitare, banjo et nos deux voix, à Mara et à moi.Et d\u2019après Dompierre, qui nous a entendus la jouer \u2013 c\u2019était un peu gênant, jouer devant le compositeur! \u2013, ça marche.» Armé de sa belle voix, de son piano et de son orgue B-3, Pierre Flynn interprétera, lui, Maman, ta fille a un cheveu blanc \u2013 dont il avait composé la musique sur un texte de Denise Boucher! \u2013 et Le temps des vivants (Langevin, François Cousineau).De toute l\u2019équipe, hormis Monique Giroux qui viendra témoigner de son amitié avec Pauline ce soir, il est le seul à avoir connu Pauline Julien : «Ce n\u2019était pas une intime, mais je faisais partie de la constellation de musiciens qui gravitaient autour d\u2019elle.Et je me rappelle quand je suis allé à sa maison du carré Saint-Louis et qu\u2019elle m\u2019a montré le texte im-pi-toy-able de Maman, ta fille a un cheveu blanc.Ce n\u2019est pas facile, chanter du Pauline Julien, il y a là un vocabulaire de la ferveur, de l\u2019affirmation, d\u2019une certaine candeur qui n\u2019a plus cours aujourd\u2019hui.Mais est-ce que cette candeur, cette ferveur, on pourrait en retrouver une partie ?» Pourquoi pas ?Ce soir, la magnifique et troublante chanson L\u2019étranger (paroles de Pauline Julien, musique de Jacques Perron) sera chantée par Alecka, jeune interprète, mais aussi fille de l\u2019écrivaine Abla Farhoud et soeur de Chafik de Loco Locass.Et il y a fort à parier que c\u2019est avec ferveur qu\u2019Alecka chantera qu\u2019on est «toujours l\u2019étranger de quelqu\u2019un» et que «demain, ce sera notre tour, que ferons-nous, que ferons-nous ?» Pauline à la page, ce soir, 20h, au Théâtre Outremont.COup DE COEuR fRANCOpHONE / Pauline à la page Ce soir, j\u2019ai l\u2019âme à la pauline\u2026 Quand Pauline Julien s\u2019est enlevé la vie à 70 ans, le 1er octobre 1998, elle n\u2019a pas eu d\u2019hommage particulier au gala de l\u2019ADISQ.Elle fut pourtant la première à interpréter Vigneault, Georges Dor et compagnie en France.Et il n\u2019y a rien eu d\u2019officiel non plus, 10 ans plus tard, pour souligner son départ.Sauf un spectacle, intitulé Pauline à la page, créé il y a deux mois et présenté à Montréal ce soir, au Théâtre Outremont.Ce soir, on pourrait avoir l\u2019âme à la Pauline, tendre, tendre\u2026 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE «Jusqu\u2019à ce que je participe au spectacle, pauline Julien était surtout restée un emblème de la condition féminine.Mais depuis que j\u2019ai lu sa biographie, j\u2019ai une adoration totale pour elle ! C\u2019est du feu, cette femme-là ! » explique Mara Tremblay, qui interprétera ce soir Déménager ou rester là et L\u2019âme à la tendresse, accompagnée par Monsieur Mono, alias Éric Goulet.PHOTO M.GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE pauline Julien « J\u2019ai sciemment choisi ce que j\u2019appellerais les chansons \u201ctaguées\u201d pauline, celles écrites expressément pour elle ou par elle.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A p R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 3583108A 3594915A 3594920 3594415A 3595960 ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE «Le modèle belge a toujours été un modèle pour le monde entier, explique Peter Bultijnck, avec un accent qui rappelle celui d\u2019Arno.Ce n\u2019est pas pour rien que Bruxelles a été choisie comme capitale de l\u2019Union européenne! » Le modèle belge?Un modèle cosmopolite et multiculturel, dans lequel les Québécois se reconnaissent.Outre la dualité linguistique (officielle, le français et le flamand), la capitale Bruxelles, qui vit majoritairement en français dans une enclave flamande, est aujourd\u2019hui devenue un carrefour des cultures, africaine et maghrébine surtout.Ainsi, Peter Bultijnck a fait de son Orchestre du Mouvement Perpétuel une autre sorte de melting-pot culturel, invitant à la même table rock, chanson, électro, funk, jazz et tango.Tout ça en français, de surcroît.«Avec The All&Nothing Show, j\u2019ai réussi à faire un disque beaucoup plus réfléchi que le premier.J\u2019ai travaillé avec plus de vrais instruments, et j\u2019ai invité plus de musiciens.Le premier était seulement électronique ; pour le second, la section rythmique est, disons, traditionnelle.Le son y est plus ample, plus riche, et, au final, un peu plus rock, je crois.» Groupe inclassable Bultijnck faisait du rock en anglais avant de fonder l\u2019Orchestre du Mouvement Perpétuel.«Je viens d\u2019Ostende.Nous sommes tout près de l\u2019Angleterre, j \u2019ai grandi en écoutant le rock anglosaxon.Je me souviens qu\u2019à Ostende, lorsqu\u2019on faisait les courses, on croisait beaucoup d\u2019Anglais \u2013 il y avait un véritable échange! En même temps, mes parents écoutaient de la chanson française, bien que ça restait exotique pour moi .Gainsbourg, Dutronc, ça arrivait jusque chez nous.J\u2019ai choisi de chanter en français parce que je tenais à participer à la Biennale de la chanson française» de Bruxelles.Il y a participé, remportant même le premier prix, en 2004.Il y avait un filon à exploiter dans cette approche sans a priori, d\u2019une audace pas du tout mesurée, qui fait le génie de l\u2019Orchestre.Les deux albums du projet s\u2019écoutent comme un tout: il faut moins s\u2019attarder aux détails, aux références musicales qui apparaissent brièvement et à la chaîne d\u2019une chanson à l\u2019autre, pour mieux goûter l\u2019ensemble.Ainsi, ce The All&Nothing Show est supérieur à la somme de ses éléments de rock et de chanson, singulier dans la manière dont tout ça est disposé sur l\u2019album.« Il y a un décalage entre ce projet et la critique.C\u2019est un groupe inclassable.Je juge que les gens sont contents lorsqu\u2019ils sortent de nos concerts, mais en même temps, on suscite une sorte de curiosité qui nous permet d\u2019avancer, d\u2019intéresser pas seulement les Belges, mais aussi les Français, et maintenant les Québécois.C\u2019est, je crois, la recette pour profiter d\u2019une longue carrière.» «Je ne fais pas vraiment de la chanson française, m\u2019a-t-on déjà dit.Ni dans la langue ni dans les arrangements.» Un truc unique, musicalement éclaté, inspiré, assure son auteur, par les David Bowie et The Stooges.«The Stooges, c\u2019est le top, à mon avis.» Et Leonard Cohen.Vraiment ?Sur The All&Nothing Show, on découvre avec surprise une traduction du classique Chelsea Hotel.devenu L\u2019hôtel bruxellois.« Je l\u2019ai transposée dans un contexte que je connais mieux, loin de New York et de Janis Joplin qui a inspiré Cohen.L\u2019hôtel, ainsi que je le perçois, est une image.On arrive, le lendemain, on repart.C\u2019est le mouvement, plus que le lieu.Au fond, c\u2019est une chanson qui rappelle le caractère éphémère de notre existence, et du monde de la musique, tiens, encore plus éphémère.Les artistes sont très fragiles.» L\u2019Orchestre du Mouvement Perpétuel se produit ce soir, 20h30, au Lion d\u2019or.COUP DE COEUR FRANCOPHONE / L\u2019Orchestre du Mouvement Perpétuel L\u2019auberge bruxelloise PHOTO FOURNIE PAR COMMUNICATIONS LISE RAYMOND Peter Bultijnck a fait de son Orchestre du Mouvement Perpétuel une sorte de melting-pot culturel, invitant à la même table rock, chanson, électro, funk, jazz et tango.Tout ça en français, de surcroît.Il y a, dans ce nom joli, tout du tempérament belge, rieur et quelque peu absurde: l\u2019Orchestre du Mouvement Perpétuel, projet mené par le Flamand Peter Bultijnck qui, à son deuxième album, The All&Nothing Show, se produit pour la première fois à Montréal, grâce au Coup de coeur francophone.«Avec The All&Nothing Show, j\u2019ai réussi à faire un disque beaucoup plus réfléchi que le premier.J\u2019ai travaillé avec plus de vrais instruments, et j\u2019ai invité plus de musiciens.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 MARTINMATTE.COM CT 10 JUIN 2009 11 JUIN 2009 12 JUIN 2009 13 JUIN 2009 THÉÂTRE ST-DENIS 514 790.1111 / TICKETPRO.CA 18 MARS 2009 19 MARS 2009 20 MARS 2009 21 MARS 2009 26 NOVEMBRE 27 NOVEMBRE 28 NOVEMBRE 29 NOVEMBRE COCOMPLET MPLET CO MPLET CO MPLET CO 15 AVRIL 2009 16 AVRIL 2009 17 AVRIL 2009 18 AVRIL 2009 RIEZENCORE.COM LE CADEAU PAR EXCELLENCE NOUVELLES SUPPLÉMENTAIRES THÉÂTRE ST-DENIS 15 AU 18 AVRIL 2009 3595720A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ALEXANDRE VIGNEAULT Jean Maheux a touché à tout.Il a fait de la danse avec Dulcinée Langfelder, exploré tout le spectre théâtral du NTE au TNM, tourné au cinéma (Caboose, C\u2019est pas moi je le jure) et flirté avec la musique contemporaine (L\u2019enfant des glaces, avec Pauline Vaillancourt).Il a une nette préférence pour les projets champ gauche, mais ne lève pas le nez sur des productions plus populaires : il a incarné Don Quichotte dans L\u2019homme de la Mancha et est de la distribution de L\u2019auberge du chien noir.Habité par la poésie depuis qu\u2019il y a été initié par Michel Garneau, fasciné par la musique qui fait «éclater la forme» (il cite Christian Calon, René Lussier et Marc Ribot), il a tout de même mis 25 ans à se résoudre à monter son premier «one man show».Le déclic ?Une exposition sur le siècle des Lumières vue à Paris.«Ça m\u2019a convaincu de la pertinence de ce que j\u2019avais à apporter, dit-il.Il y avait tout là-dedans, tout ce qu\u2019on vit actuellement : le débat sur la laïcité, la guerre, l\u2019individualisme, les responsabilités sociales, les limites des libertés individuelles.» Des thèmes qui se retrouveront tous dans son spectacle, soit à travers un poème de Soupault ou une chanson de Bashung.Jean Maheux triche un peu lorsqu\u2019il parle de « one man show».Il s\u2019est entouré de trois musiciens de qualité pour ce voyage au bout de la poésie : Stéphane Aubin au piano, Bernard Falaise à la guitare et Normand Guilbault à la contrebasse.Un trio qui a l\u2019habitude des spectacles éclatés où mots et musiques se cherchent pour créer un sens nouveau.«Ce que j\u2019aime dans la musique actuelle, c\u2019est le côté libre et les sonorités.C\u2019est toujours un peu déstabilisant.Ce qui m\u2019ennuie dans la chanson populaire, c\u2019est le côté prévisible, explique Jean Maheux.Je voulais qu\u2019on ait un son, notre son.C\u2019est pour ça que j\u2019ai formé un groupe et que si l\u2019un d\u2019eux n\u2019est pas disponible, on ne fait pas le show.» Faire autrement serait difficile: l\u2019accompagnement repose en partie sur des improvisations qui viennent colorer les textes.Et si la trame musicale n\u2019est pas totalement inédite, elle est à tout le moins réaménagée.Il reprend C\u2019est le temps de Vigneault, mais en a changé le rythme et le ton pour en faire une espèce de country trash.«Ça confère un côté urgent au propos de Gilles Vigneault», estime Jean Maheux.Sa mot ivat ion se t rouve d\u2019ailleurs là: mettre en place un spectacle qui a un propos.«Les gens qui viennent ont l\u2019impression de se faire redonner la parole.Quand je parle d\u2019individualisme et de responsabilité, ils se sentent interpellés.Ce n\u2019est pas juste de l\u2019évasion, car ça, on en a en masse.» Jean Maheux et Le coeur à l\u2019ouvrage, en spectacle le 10 novembre, 20h30, au Lion d\u2019or.COUP DE COEUR FRANCOPHONE / Jean Maheux Voyage au bout de la poésie Quel est le lien entre Brel, Soupault, Garneau, Fiori et Vigneault ?«La poésie », résume le comédien et chanteur Jean Maheux.Il s\u2019est entouré de trois musiciens maîtres de l\u2019improvisation, son groupe Le coeur à l\u2019ouvrage, pour créer un spectacle où la parole sera aussi libre que les musiques.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Jean Maheux a mis 25 ans à se résoudre à monter son premier «one man show».lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 3595724A 3595868A LE GALA 13e ÉDITION W W W.O P E R A D E M O N T R E A L .C O M UN ÉVÉNEMENT-BÉNÉFICE DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 2008 À 14H SALLE WILFRID-PELLETIER LUC PLAMONDON PRÉSIDENT D\u2019HONNEUR L\u2019ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN ET LE CHEF PAUL NADLER ET 20 CHANTEURS DANS LES PLUS BEAUX AIRS D\u2019OPÉRA PRIX DES BILLETS / 49 $, 76 $, 106 $, 136 $ /// *VIP 500 $ AVEC COCKTAIL DINATOIRE ET REÇU FISCAL /// CONTACTEZ MONIQUE DENIS /// 514.985.2222 #2221 3595850A 3595856 L\u2019OPÉRA À IMAGES ARTS ET SPECTACLES LEPAGE AU MET ARTS ET SPECTACLES LEPAGE AU MET NEW YORK \u2014 Quatre solistes.Neuf acrobates.Dix danseuses.Cent choristes, 24 choristes enfants, 24 figurants, 150 techniciens, 80instrumentistes.Et une vaste équipe de maquilleurs, coiffeurs, accessoiristes.Ex Machina a bénéficié d\u2019importantes ressources humaines et financières, pour la création de La Damnation de Faust auMetropolitanOpera.Pour Robert Lepage et Ex Machina, lesmoyens qu\u2019offrent les grandes maisons d\u2019opéra sont de précieux atouts pour pousser plus loin la création.«Il est évident que cela n\u2019a rien à voir avec les projets de théâtre, où jamais nous n\u2019aurions les moyens de travailler avec 100, 150interprètes», reconnaît le directeur de production d\u2019Ex Machina BernardGilbert.Avec un budget annuel de 220 millions, on peut calculer que chaque représentation d\u2019opéra donnée au Met coûte 1 million de dollars.«La maison dépense une énergie folle pour générer les budgets.Le box-office ne génère que le tiers des revenus.Et environ 2%provient des subventions de la Ville de New York.Le reste provient des commanditaires et donateurs.Voilà pourquoi les produits dérivés comme les retransmissions radio et en HD au cinéma deviennent si importantes.» Verra-t-on un jour les opéras d\u2019Ex Machina à Montréal (après la ville de Québec, qui a reçu Le château de Barbe- Bleue en octobre 2008)?On peut toujours rêver, même si c\u2019est peu réaliste d\u2019y croire.«Même si on aimerait beaucoupça, il faut reconnaître que ce sont des projets qui coûtent très cher.Est-ce que l\u2019Opéra de Montréal, plutôt porté sur le répertoire, serait intéressé à programmer une oeuvre comme La Damnation?Parce que Robert n\u2019est pas très intéressé à monter La Traviata ou La Bohème», exprime BernardGilbert.Or, le public de Québec qui a découvert le travail de Lepage par Le moulin à images a attiré de nouveaux spectateurs à l\u2019opéra, lors des représentations du Château de Barbe- Bleue.«Plusieurs personnes nous disaient candidement que c\u2019était leur première fois à l\u2019opéra.» \u2013 Sylvie St-Jacques La Machina duMet NEW YORK \u2014«L\u2019opéra est souvent considéré comme un art vieillissant.Nous voulons lui insuffler une nouvelle vie, sans compromettre l\u2019intégrité des oeuvres», lance Peter Gelb, directeur du Metropolitan Opera depuis 2006.Le 22 novembre à 13h, des spectateurs du monde entier pourront assister à la retransmission en direct de La Damnation de Faust de Berlioz.Gelb est l\u2019homme derrière ces projections en direct, qui font partie d\u2019un vaste plan pour démocratiser l\u2019opéra et rajeunir le public.Une initiative qui, d\u2019ailleurs, porte ses fruits : les retransmissions en HD ont attiré un million de spectateurs, la saison dernière.«Mon objectif est de maintenir la rigueur, tout en rendant cette forme d\u2019art accessible au plus grand nombre.Il ne faut pas penser que les spectateurs ne sont pas assez sophistiqués pour comprendre.» Repositionner le Met.Remplir une salle de 3000 places.Et surtout, renouveler l\u2019image d\u2019un théâtre considéré comme l\u2019une des maisons d\u2019opéra les plus conservatrices au monde.L\u2019ancien directeur de Sony Classical entend relever le défi en faisant preuve d\u2019audace.Cette volonté de rejoindre un plus vaste public se décline de bien d\u2019autres façons que par les retransmissions au cinéma.En même temps que La Damnation, le Met présente une nouvelle production de Madama Butterfly qu\u2019a signée le regretté réalisateur britannique AnthonyMinghella.LeMet invite aussi désormais gratuitement les New-Yorkais à assister à des avant-premières.Et puis, bien sûr, il y aura la nouvelle mouture du Ring de Wagner, en 2010-2012, par Robert Lepage.«Pour Robert, l\u2019important n\u2019est pas de mettre à l\u2019avant-plan la technologie.Il mélange très librement les nouvelles technos avec des anciennes techniques scéniques.Et puis, c\u2019est quelqu\u2019un qui sait travailler avec les gens, qui n\u2019est pas intimidé par les problèmes et les obstacles.Ce qui, à mon avis, est l\u2019apanage des vrais génies», estime le directeur du Met.\u2013 Sylvie St-Jacques La Damnation de Faust au cinéma SYLVIE ST-JACQUES ENVOYÉE SPÉCIALE NEW YORK Obama par-ci, Obama par-là.Dans les rues de New York, en ce vendredi matin d\u2019Halloween, le prochain président des États-Unis est au centre de toutes les conversations.Je n\u2019y échapperai qu\u2019en franchissant les portes du LincolnCenter, où une fourmilièrehyperactive et hétéroclite s\u2019affaire dans la célèbre salle du Metropolitan Opera.Au centre des gradins, entouré de ses musiciens, chanteurs, acrobates, techniciens informatiques et danseurs, je repère un Robert Lepage à la fois relax et concentré.L\u2019ordinateur central d\u2019une immense machine.Nous sommes à moins de 100 heures de la première représentation de la version «rénovée» de La Damnation de Faust, que Lepage et sa troupe Ex Machina viennent présenter aux New-Yorkais.Ce matin, plusieurs grands donateurs assistent à la répétition.Pour leMet, longtemps considéré comme la plus conventionnelle des grandes maisons d\u2019opéra, cette première visite de Robert Lepage marque un tournant.«Tu vas voir, les effets visuels sont incroyables.Je n\u2019ai jamais rien vu de pareil», me confie un des quatre photographes officiels du Met.Au parterre, des cracks de l\u2019informatique tatoués aux cheveux longs, T-shirts heavy métal et casquettes de camionneurs ont les yeux rivés sur leurs ordinateurs.Ils occupent une rangée complète.Tous travaillent au même objectif: que les effets d\u2019interactivité vidéo prennent vie à temps pour la première.Pendant qu\u2019ils s\u2019envoient des blagues pour initiés seulement, le choeur des chanteurs, lui, reçoit des directives du répétiteur.Le « geek en chef» vient alors me rejoindre.Il se présente, Holger Förterer.C\u2019est un sympathique workaholic allemand qui a mis son cerveau au profit de Kà du Cirque du Soleil.Il m\u2019entraîne dans la chaotique salle informatique où ses collègues et lui bossent jusqu\u2019au petit matin depuis une semaine.«On l\u2019appelle le donjon», s\u2019amuse-t-il.À quatre jours de la première, Förterer est pressé par le compte à rebours.Il doit régler des effets d\u2019interactivité qui ne fonctionnent toujours pas.Comme la projection sur le mur de l\u2019ombre géante de Méphisto, grâce à une caméra infrarouge.Rien d\u2019inhabituel là, pour Ex Machina, dont les spectacles progressent et se peaufinent au fil des représentations.Mais Förterer et sa bande ont surtout accompli plusieurs prouesses technologiques.Par exemple, une volée d\u2019oiseaux projetée sur l\u2019écran et influencée par le rythme de l\u2019ensemble dirigé par le maestro James Levine.La voix de la mezzosoprano Susan Graham, elle, fait bouger le feu des chandelles dans une église.Les rideaux d\u2019une maison bougent lorsque des interprètes passent devant.«La beauté de cet opéra, c\u2019est que vous avez toutes ces jolies ballerines et ces élégants chanteurs sur la scène, tandis que derrière, de gros hommes rustres et d\u2019immenses machines travaillent», m\u2019explique Förterer.«La rencontre entre la vidéo et l\u2019opéra est quelque chose de très récent.Les maisons d\u2019opéra ont de grandes expertises en construction de décor, en électricité, en costumes, en perruques.ExMachina arrive ici avec ses connaissances technologiques et une notoriété », explique Bernard Gilbert, qui depuis cinq ans agit à titre de directeur de production pour le volet «opéra», de la compagnie de Robert Lepage.L\u2019opéra est un domaine qui intéresse de plus en plus Robert Lepage et Ex Machina.À l\u2019invitation de l\u2019opéra de Toronto, le metteur en scène québécois a fait une première incursion dans l\u2019art lyrique en 1993, avec le programme double Le château de Barbe-Bleue et Erwartung.Il a remis ça en 1999 avec La Damnation à Tokyo, puis il a monté 1984 et The Rake\u2019s Progress.«L\u2019intérêt de Robert pour l\u2019opéra est motivé par la voix et la musique», m\u2019indique Bernard Gilbert.C\u2019est aussi le seul domaine dans lequel Lepage travaille avec des oeuvres du répertoire, souligne-t-il.CAPSUR LE RING Le mardi 4 novembre.Le Met Opera reçoit quelque 3000 spectateurs qui ont fait la file afin d\u2019assister gratuitement à la répétition générale de La Damnation de Faust.À l\u2019entracte, je rencontre Peter Gelb, le directeur du Met.Ce dernier me parle de son intérêt pour le travail de Robert Lepage, qu\u2019il suit depuis les années 90, à l\u2019époque où il était président de Sony Classical.Après avoir vu des pièces de théâtre signées Lepage, il a été convaincu que ce dernier ferait des splendeurs à l\u2019opéra.«Je suis toujours à la recherche de metteurs en scène imaginatifs, qui peuvent repenser l\u2019opéra», confie Gelb, dont l\u2019arrivée au Met a apporté un vent de nouveauté à l\u2019Opéra.«En voyant son travail, j\u2019ai été impressionné par sa façon d\u2019approcher le théâtre.Il a une vision complètement unique et originale.» «Ce qui est intéressant, avec ce spectacle, c\u2019est que nous avons pu travailler avec les nouvelles technologies disponibles», explique Robert Lepage, qui a accepté de refaire La Damnation de Faust à condition de retravailler la vidéo d\u2019y ajouter une dimension d\u2019interactivité.«Je suis très intéressé par cette période du romantisme français du XIXe siècle.C\u2019était l\u2019époque des expositions universelles, où l\u2019on présentait les technologies les plus récentes.Les compositeurs étaient en phase avec ça.» Lepage ne s\u2019en cache pas: La Damnation est en quelques sorte une «répétition générale» pour développer et approfondir un nouveau vocabulaire scénique qui sera déployé dans la tétralogie du Ring, de Wagner.Les concepteurs seront d\u2019ailleurs les mêmes pour Le Ring que pour La Damnation de Faust.«Ce n\u2019est pas évident d\u2019apprivoiser une grande maison comme le Metropolitan Opera», indique Lepage.Les méthodes de travail d\u2019Ex Machina bousculent évidemment les maisons d\u2019opéra, habituées d\u2019évoluer dans un cadre très défini.«C\u2019est un univers extrêmement complexe, sur le plan syndical et des conditions de travail», ajoute Bernard Gilbert.Et puis il y a bien sûr tout le prestige mais aussi les attentes immenses associés à la réalisation du Ring, qui est, paraît-il, à un stade assez avancé.«Pour une maison d\u2019opéra, renouveler sa production du Ring est toujours une étape importante de son histoire, affirme Robert Lepage.D\u2019où l\u2019importance de créer une production qui correspond à notre époque.Nous sommes très soucieux d\u2019évoquer les préoccupations actuelles concernant l\u2019écologie, le réchauffement climatique.Mon intérêt, en ce moment, est de voir comment les technologies pourront contribuer à rendre l\u2019authenticité des personnages.» Mais avant Wagner, Berlioz.Et l\u2019opéra entre au XXIe siècle.La Damnation de Faust sera présenté dans les cinémas Cinéplex, en direct duMetropolitanOpera de NewYork, le 22 novembre à 13h.Une immense «boîte» divisée en 24cases, qui servent à la fois de scènes et d\u2019écrans.Déambulent dans cette structure verticale des acrobates, des danseurs, plus de 150interprètes.Ainsi qu\u2019un vaste choeur dans un décor qui, par la magie de la techno, se métamorphose en taverne, en bibliothèque, en lac paisible, ou en enfer brûlant.La Damnation de Faust fait entrer l\u2019interactivité vidéo à l\u2019opéra.«La Damnation, c\u2019est en quelque sorte une répétition générale pour Le Ring», concède Robert Lepage.PHOTOS YVES MÉDAMCOLLABORATION SPÉCIALE Le chef d\u2019orchestre James Levine, directeur artistique du Met, et Robert Lepage.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE ISABELLE MASSÉ entracte@lapresse.ca SÉPARÉES À LA NAISSANCE La première a longtemps gagné sa vie en dansant.La deuxième fait valser son héroïne Aurélie Laflamme dans toutes sortes de situations.Leurs sourires et leurs rires contagieux ont valu à la chroniqueuse culturelle Geneviève Guérard et à l\u2019auteure India Desjardins d\u2019être séparées à la naissance par nos lectrices Michèle Gagné et Marie Héroux.Merci pour la suggestion.Geneviève Guérard LES JUSTICIERS MASQUÉS Les bouffons de CKOI font parler d\u2019eux chaque fois qu\u2019ils piègent une personnalité au téléphone, mais jamais autant qu\u2019après leur appel à Sarah Palin: 300 entrevues, plus de 2100 mentions dans les médias du monde entier.Question de timing, sûrement.Coup double : que Marc- Antoine Audette et Sébastien Trudel aient pu joindre la colistière de John McCain aussi facilement remet en question la sécurité entourant les dirigeants d\u2019un pays obsédé par la sécurité.EN HAUSSE.EN BAISSE ABC Deux femmes qui se minouchent, ça ne passe pas sur ce réseau de télévision, qui appartient à Disney! Cette semaine, les producteurs de l\u2019émission Grey\u2019s Anatomy ont viré l\u2019actrice Brooke Smith, qui incarne une chirurgienne lesbienne dans la série américaine.Et ce, après la diffusion d\u2019un épisode où on la montrait avec une autre actrice sous les draps.À ABC, seuls les partenaires sexuels hétéros peuvent se permettre une partie de jambes en l\u2019air à la télé, et on fait payer les scènes torrides aux actrices plutôt qu\u2019aux auteurs.Marc-Antoine Audette et Sébastien Trudel PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE India Desjardins lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 8 N O V E M B R E 2 0 0 8 1\"5$).&5 12\" 1\"0().#)%) 1+)\"\") )& %/)2' D,0 M$:?Q,.0 @,0 A$*,0 @2 H2@ :25 C:$:&+2,0 @, C:00Q06 @,0 *,&1,0 @2 K,&1)25 :25 %:.:Q0 @, C:%:.M2, ,1 @,0 %)&10 @2 -2=,.)&
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