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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-10-19, Collections de BAnQ.

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[" 3579348A LECTURES ENTREVUE LA VIE AU BORDEL PAGE 4 SPÉCIAL AMÉRICAIN sur cyberpresse.ca CLASSIQUES Quels sont les grands classiques de la littérature ?La réponse sur cyberpresse.ca/classiques BLOGUE Amoureux du français?Visitez le blogue de Paul Roux sur cyberpresse.ca/amoureux LE WEEK-END AMÉRICAIN Entrevue avec Maya Angelou UNE FEMME DE COEUR, LIBREETSANSCAG E PA R NATHALIE PETROWSKI Chaquefoisqu'o navoulumettre Maya Angelouen cage, l'écrivaine, poétesse etmilitante afro-américainearéussiàs'échapper.Tout dernièrementencore, alors queses amis, dont Oprah Winfrey, lapressaientd'appuyer Obama, elle estrestée fidèleà Hillary Clinton jusqu'aubout.Àquelques semaines delaparutionaux Allusifs de Jesais pourquoi chante l'oiseauen cage, le premiertomedesavolumineuse etpassionnanteautobiographie, nous avonsrencontré Maya Angelouchezelle, à Harlem.Maya Angelou habite la 120e rue à Harlem, à un jet de pierre du boulevard Malcolm-X.Sa maison en grès sang-de-boeuf est typique des maisons en rangée du quartier, en cela qu'elle a connu plusieurs vies, quelques morts et au moins une résurrection.Maya Angelou revient ici aux deux mois, s'occuper de ses affaires.Le reste du temps, elle habite une vaste maison en Caroline-du-Nord, non loin de l'Université Wake Forest, où elle enseigne la littérature.Une assistante vient ouvrir la porte en chêne massif et m'entraîne dans le vestibule, où la moquette est si épaisse que je pourrais m'y enfoncer jusqu'au mollet.Dans le hall, les couleurs explosent sur les murs ornés de dizaines de tableaux aux teintes éclatantes.La maison est cossue, mais chaleureuse et accueillante.Maya Angelou m'attend au bout de la grande table de la salle à manger.Cette figure imposante de près de six pieds a traversé le XXe siècle avec vigueur et audace, milité auprès de Martin Luther King comme de Malcolm X, lutté pour les droits des Noirs en Afrique-du-Sud avant de se mettre à raconter, sur les conseils de James Baldwin, l'histoire de sa vie en six volumes, de devenir l'idole de plusieurs générations de Noirs et la reine incontestée du coeur d'Oprah Winfrey.Reste que, à 80 ans, cette femme dont l'anniversaire tombe le jour de l'assassinat de Martin Luther King et qui a vécu plusieurs vies a de la difficulté à respirer et encore davantage à se mouvoir.La maladie la cloue à son fauteuil et à une bonbonne d'oxygène.Elle n'a pas pour autant perdu sa vivacité d'esprit, son sens de l'humour ni ce sourire marqué par la douceur et la bonté, deux qualités héritées de sa grand-mère paternelle, le personnage central de son enfance et du premier tome de son autobiographie, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage.Le prétexte de notre rencontre est justement la traduction en français de ce livre qui paraîtra en novembre chez Les Allusifs.Mais ce matin, au lendemain du deuxième débat Obama-Mc Cain, l'actualité nous rattrape.Je lui demande ce qu'elle a pensé du débat.Elle avoue qu'elle ne l'a pas regardé parce que ce genre d'exercice la rend nerveuse.«Au lieu d'écouter, je passe la soiréeàme ronger les sangs.Je préfère que mes amis m'en fassent le rapport le lendemain.De ce que j'en ai compris, personne n'a vraiment gagné, mais M.Obama s'en est en sorti frais comme une rose.» Monsieur Obama: impossible de ne pas relever la saine distance où elle tient Barack Obama, un homme qu'elle a mis du temps à appuyer publiquement.Je lui demande si sa décision de se ranger derrière Hillary a été déchirante.«Pas du tout, répond-elle.J'étais une vraie supporter de Hillary.Je croyais sincèrement qu'elle était la meilleure candidate.Je l'avais vue aller en Arkansas quand elle était la femme du gouverneur.J'aimais qu'elle soit plus intéressée par les problèmesde logement qu'àprendre le thé avec ces dames.J'ai tout aimé chez elle, y compris son refus de se retirer de la course.Des amis démocrates m'ont demandé de faire pression sur elle pour qu'elle se retire.Je leur ai répondu: jamais de la vie! Puis j'ai appelé Hillary et je lui ai dit que je serais avec elle jusqu'à la fin.Cela dit, nous ne sommes pas des amies.Nous ne socialisons pas ensemble, mais j'ai des liens avec elle depuis 20 ans.J'ai même lu un poème lors de la prestation de serment de Bill Clinton, en 1993, alors que j'ai entendu parler du sénateur Obama il y a seulement quatre ou cinq ans.» Malgré sa réserve dudébut, Maya Angelou a depuis embrassé pleinement la cause d'Obama, sans s'excuser ni chercher à se justifier.En septembre, lors d'une grande soirée partisane en Caroline-du-Nord, elle a présenté Michelle Obama en rappelant à la foule que la soeur du sénateur portait le prénom de Maya en son honneur.PHOTO CHESTER HIGGINS JR THE NEW-YORK TIMES, PHOTOMONTAGE, LA PRESSE >Voir ANGELOU en page 3 ENTREVUE EXCLUSIVE AVEC RICHARD FORD PAGE 2 LES LECTURES DE BARACK OBAMA PAR JEAN-FRANÇOIS CHASSAY PAGE 3 Richard Ford 2 L E C T U R E S SIGNET ALEXANDRE SIROIS Deux membres associés de l'Observatoire sur les États-Unis de l'UQAM, Donald Cuccioletta et John Parisella, viennent de publier la deuxième édition de leur essai Élections Made in USA.Un guide pour mieux comprendre l'univers politique de nos voisins du Sud, leur système électoral et l'actuelle course à la Maison-Blanche.Moins d'un mois avant le jour du scrutin, La Presse a interviewé M.Parisella au sujet de ce duel historique entre Barack Obama et John Mc Cain.Q Vous avez rédigé ce livre pour aider les lecteurs à « saisir les vrais enjeux» de cette élection présidentielle.Quels sont-ils ?R Je pense que l'enjeu principal est la question financière et économique aux États-Unis.La question de la sécurité nationale joue un rôle et on souhaitait beaucoup qu'on parle d'unité du pays.Mais l'économie et la situation financière ont transformé cette campagne.Et Barack Obama en a vraiment bénéficié.Au début, c'était une question de sécurité nationale et de guerre en Irak.Mais cette question a vraiment perdu de son lustre.Q Pourquoi Barack Obama arrive-t-il à tirer profit plus que John Mc Cain des problèmes financiers du pays?R D'une part parce que le contexte est défavorable à l'administration Bush et à sa politique.D'autre part parce que le programme de sauvetage et toutes les mesures annoncées depuis sont des projets qu'on aurait normalement associés aux démocrates.Que les républicains endossent des projets comme ça, c'est un aveu de défaite.Ça veut dire, notamment, que la déréglementation n'a pas atteint son objectif.Q Vous avez pris position publiquement pour Barack Obama.Vous avez écrit que, si vous étiez Américain, votre choix serait «simple » en novembre et que vous voteriez sans aucun doute pour lui.Pourquoi ?R Barack Obama, pour moi, représenterait vraiment un nouveau départ.Celui d'une génération qui doit remplacer celle des baby-boomers, qui a fait son temps au pouvoir et qui doit reconnaître que son succès est mitigé.On a besoin de quelqu'un de nouveau avec une nouvelle approche, qui peut inspirer non seulement la jeunessemais d'autres peuples sur la planète.Je pense que l'Amérique demeure toujours une terre d'espoir et de référence et, que dans les dernières années, on n'a pas senti ça.Q Si Mc Cain l'emporte en novembre, faut-il vraiment s'attendre à quatre ans de plus de politiques à la George W.Bush ?R Je pense qu'il faut faire preuve d'équilibre quand on répond à cette question.C'est la tactique du camp Barack Obama-Joe Biden de faire l'équivalence entre Mc Cain et Bush.Je suis un de ceux qui pensent que si Mc Cain avait été élu président en 2000 plutôt que Bush, on n'aurait pas le même marasme.S'il gagne, il pourrait transformer le Parti républicain en un parti un peu plus centriste.Je vous avoue quand même que je suis déçu par le choix de Sarah Palin comme colistière.C'est un clin d'oeil à l'aile droite du parti qui est, selon moi, responsable des échecs des dernières années.Q Le facteur racial pourrait-il nuire à Barack Obama le jour du scrutin ?R Je pense que l'état de l'économie primera tout réf lexe de nature raciale.Et je pense qu'il y a de quoi être optimiste.Que Barack Obama a de très bonnes chances de devenir président des États-Unis.Mais ce n'est pas encore fait.ÉLECTIONSMADE INUSA Donald Cuccioletta et John Parisella Les Éditions Voix parallèles, 272 pages, 24,95$ ÉLECTIONS AMÉRICAINES Des clés pour comprendre 5 octobre, il est 10h36.C'est à bord d'un avion en direction de la Saskatchewan - l'une de ses terres de chasse - que Richard Ford, joint par courriel, direction Nord, 49e parallèle, nous parle de L'état des lieux, son plus récent roman.Mais il parle d'abord et surtout de l'Amérique, par les yeux et la voix de son alter ego, Franck Bascombe, journaliste sportif devenu agent immobilier, sorte de personnage-miroir de l'Amérique des 20 dernières années.Un homme ordinaire, blessé, lucide.ÉTIENNE LALONDE COLLABORATION SPÉCIALE Blanc, 55 ans, divorcé, père de deux enfants et d'un troisième mort à 9 ans, Bascombe est, du point de vue de son créateur, un «élément d'artifice particulièrement intéressant (.) comme la plupart des personnages de fiction.Il est d'abord fait de langage».Ce protagoniste, aussi parfait puisse-t-il être pour la fiction, partage tout de même quelques point communs avec son auteur : naissance dans le Mississippi, études à la Michigan University, passé de journaliste sportif, convictions démocrates.Mais là s'arrêtent les comparaisons.Cela fait maintenant un peu plus de 20 ans que l'antihéros cynique donne de ses nouvelles tous les 10 ans ou presque, d'abord dans Un week-end dans le Michigan (1986), puis dans Indépendance (1995, prix Pulitzer et Faulkner Award).Cette fois, dans L'état des lieux, qui se déroule à Thanksgiving, au moment du dépouillement judiciaire des voix à l'élection présidentielle américaine de 2000, Bascombe paraît vieilli, malade, seul.Tout de même, le récent divorcé, qui souffre d'un cancer de la prostate, continue, dans les pages du troisième volet de ses (més)aventures, de donner le pouls d'une Amérique installée dans une banlieue (qui vaut bien toutes les autres) drapée d'ordinaire et de l'ennui du temps qui passe.Entre Indépendance et L'état des lieux, Franck Bascombe a peu, voire pas du tout évolué.Il se résigne, c'est tout.Chaque instant, chaque minute du week-end de fête nous est donné à lire.Chaque bruit, coup de vent, le téléphone qui sonne, la mer non loin de là, les pas, les repas, les toilettes : «Je retrouve mon tabouret et je me rappelle que je devrais pisser avant de partir, à moins que je ne veuille me soulager sous la pluie, dans l'obscurité d'un Pathmark, où je me suis fait pincer plus d'une fois par des patrouilles de sécurité, ce qui a donné lieu à des explications pénibles.» Voilà.«Ce qui lie les trois romans, c'est bien sûr leur narrateur, Frank Bascombe, poursuit M.Ford.Même lorsqu'ils dépeignent des événements sérieux, voire tragiques, j'ose croire que ce sont tous des romans fondamentalement drôles qui, quelque part dans leur humour, prennent la vie au sérieux.» L'homme est un animal politique L'état des lieux est sans contredit le roman le plus politique de l'oeuvre de Ford, qui porte, en prose comme en paroles, un regard plutôt sombre sur les huit années de présidence de George W.Bush: «Écoutez, les Américains semblent plus enclins à voter pour un candidat (Barack Obama) dont ils ne connaissent que peu de chose, dont l'expérience politique est minime et dont on peut mettre en doute le jugement du seul fait qu'il n'a pas choisi Hillary Clinton comme vice-présidente plutôt que de voter pour un parti qui a pratiquement ruiné ce pays et qui, envers et contre tout, continuera à le faire.» Ça veut tout dire.Mais encore: «George W.Bush est l'illustration la plus probante que toute population peut librement choisir d'élire à la présidence de son pays un homme dépourvu d'intelligence.Bush n'est que la marionnette de gens beaucoup plus puissants que lui - Dick Cheney, par exemple - qui n'ont pas à coeur l'épanouissement de ce pays.Sarah Palin est une autre de ces candidates sans intelligence.Maintenant, l'Amérique souhaite plus que tout qu'un homme de la trempe du sénateur Obama puisse la mener mieux qu'elle ne le fut durant les huit dernières années.» Le romancier ne craint pas d'affirmer haut et fort : «Si, dans quelques semaines, Barack Obama n'est pas élu, si John Mc Cain succède à Bush, alors je crois que je vais quitter le pays.» Celui dont Raymond Carver a dit qu'il était le «meilleur styliste d'Amérique» songerait sérieusement à s'exiler au Canada.Toronto, Halifax peut-être, puisque, pour écrire, «on n'a besoin que d'un bureau et d'un Bic».Si Richard Ford se veut aussi lucide que cinglant lorsqu'il s'agit de politique américaine, il se refuse à tout commentaire à propos de celle d'un autre pays, y compris le Canada.«La politique américaine est déjà suffisamment complexe.mais la vôtre tient sûrement du même obscurantisme.» Fait intéressant: Richard Ford a amorcé l'écriture d'un nouveau roman, Canada, dont il situe l'action dans le nord de la Saskatchewan, là-même où il se rend, ce 5 octobre, 10h36, une fois dépassé le 49e parallèle.L'ÉTATDESLIEUX Richard Ford Éditions de l'Olivier, 720 pages, 34,95$ ENTREVUE / RICHARD FORD L'état de l'Amérique PHOTO ROBERT YAGER, FOURNIE PAR DIFFUSION DIMÉDIA L'écrivain Richard Ford signe, avec L'état des lieux, son roman le plus politique.« Si, dans quelques semaines, Barack Obama n'est pas élu, si John Mc Cain succède à Bush, je crois que je vais quitter le pays.» CHANTAL GUY Quand j'ai vu les premières images de Montréal-Nord en flammes cet été, j'ai d'abord cru qu'elles nous venaient de Los Angeles.Quand j'ai compris que ça se passait chez nous, à Montréal, j'ai réprimé mon envie de me transformer en sociologue de sous-sol - aussi nombreux sinon plus que les sportifs de salon.J'ai fait ce que je fais toujours quand j'ai envie de me prononcer à chaud: plutôt que d'ouvrir la bouche, j'essaie de limiter les dégâts en ouvrant un livre.La prochaine fois, le feu, de James Baldwin.Le titre était si approprié.Le contenu, encore plus que je ne l'espérais, à l'ombre des élections américaines.Baldwin.Quel homme.Quel esprit.Quel écrivain.Mais il faut vraiment se fendre en quatre pour trouver ses livres dans les librairies de Montréal - une honte, que je souligne ici pour regarnir les rayons de ses titres.Baldwin nous rappelle, en pleine ébullition des droits civiques auxquels il a contribué : « Le Noir est le personnage-clef de son pays, et l'avenir de l'Amérique est précisément aussi prometteur ou aussi sombre que l'est le sien.» Il précise: « Le Noir américain est issu de ce pays, qu'il faille ou non s'en féliciter, et n'appartient à aucun autre - pas à l'Afrique, et certainement pas à l'islam.Le paradoxe - et il est effrayant - est que le Noir américain n'a et n'aura d'avenir nulle part , sur aucun continent, tant qu'il ne se résoudra pas à accepter son passé.Accepter son passé, son histoire, ne signifie pas s'y noyer; cela signifie apprendre à en faire bon usage.(.) Et comment faire bon usage du passé du Noir américain ?Le prix sans précédent exigé - à cette heure dramatique de l'histoire du monde - c'est de transcender les réalités raciales, nationales et religieuses.» Je n'ose même pas imaginer la pression sur les épaules de Barack Obama.Dans le contexte actuel, on cherche déjà un sauveur.De par sa nature même de premier Noir candidat à la présidence, il devient non seulement un sauveur économique, mais aussi moral et historique.Le prix sans précédent exigé dont parle Baldwin a certainement grimpé depuis (ah ! l'inflation !).Ce livre écrit en 1962 peut se relire comme s'il avait été écrit hier.Et, au fond, 1962, c'est hier, puisqu'il est dans les mémoires d'un tas de gens qui ont vécu ces temps troublés.Je n'ai pas connu la ségrégation, mais j'ai connu la sensibilisation à la ségrégation - j'ai vu le film Roots des dizaines de fois quand j'étais enfant, à une époque où il n'y avait aucun Noir dans mon quartier entièrement blanc où l'on entendait beaucoup l'expression « Nègres blancs d'Amérique », et je ne comprenais rien à tant de cruauté.J'écoute Strange Fruit chanté par Billie Holiday, je regarde cette photo où l'on voit des Blancs souriants posant devant les cadavres de Noirs pendus aux arbres, et c'est si proche de nous que j'en frissonne.Et la victoire de Barack Obama, si près que j'en frétille.Baldwin, qui levait le sourcil de façon ironique lorsque Bobby Kennedy affirmait qu'il était tout à fait possible de voir « d'ici 40 ans » un président noir à la tête du pays, écrit : « Les Noirs de ce pays n'obtiendront peut-être jamais de responsabilités gouvernementales, ne seront peut-être jamais véritablement au pouvoir, mais ils sont indiscutablement en très bonne position pour sonner le glas du grand rêve américain.Cela, bien entendu, est conséquence directe de la nature de ce rêve et du fait que nous autres Américains, quelle que soit la couleur de notre peau, n'osons pas l'examiner de près et sommes fort loin de l'avoir réalisé.» La banqueroute politique, morale et économique de l'ère Bush a forcé les Américains à l'examiner de plus près, ce fameux rêve devenu cauchemar.Une victoire de Barack Obama sera it , à mon humble avis, la réconciliation ultime dont les Américains ont terriblement besoin pour devenir qui ils sont vraiment.COURRIEL Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Rêver mieux LE WEEK-END AMÉRICAIN En lisant ses écrits autobiographiques, impossible de ne pas être frappé par la candeur qui s'en dégage et qui rappelle celle de Barack Obama dans sa propre autobiographie.«C'est vrai qu'il y a dans nos livres respectifs de la candeur, de la franchise et de la bonté, concède-t-elle.Obama est un homme bon.Moi aussi, j'ai beaucoup de bonté en moi.Du moins, je choisis d'en avoir.Nous avons cela en commun.Quant à la candeur, pour moi, c'est une forme d'intelligence.Et je ne parle pas d'un truc intellectuel mais bien d'une intelligence instinctive et innée.Les Afro-Américains appellent cela le motherwit, l'intelligence qu'on a dans le ventre de sa mère.Et puis, être franc, c'est savoir que, si tu mens, tes mensonges vont te rattraper tôt ou tard.Moi, je veux dire la vérité.Pas les faits.Les faits peuvent parfois nous empêcher de voir la vérité.Plus il y en a, moins on a de chances de se rendre à la vérité.Moi, c'est la vérité qui m'intéresse.» Une enfance brisée Ce besoin impérieux de dire SA vérité est ce qui a poussé Maya Angelou à raconter, dans le premier volet de son autobiographie, l'épisode qui a brisé son enfance: son viol à 8 ans par le compagnon de sa mère, viol qui s'est soldé par un procès où l'agresseur a été acquitté puis battu à mort par les frères de sa mère.Après le drame, Maya Angelou est retournée, avec son frère Bailey, vivre chez sa grand-mère, qui tenait un magasin général en Arkansas.Pendant six ans, elle a refusé de parler, sauf à son frère.«C'est évident que si ce drame n'était pas arrivé, je serais une autre femme.Laquelle?Je l'ignore.Je reviens sur le sujet du viol dans mon nouveau livre, Letter to my Daughter.Vous savez, la tendance, aujourd'hui, c'est de dire que le viol n'est pas un acte sexuel mais un abus de pouvoir commis par un agresseur impuissant.Bullshit.Le viol est d'abord un acte sexuel, d'une vulgarité sans nom.» Maya Angelou cesse subitement de parler et sort son appareil pour respirer comme si ce souvenir douloureux venait de lui couper l'air.Au bout d'un instant, elle reprend le fil de sa pensée.«Ce que cet événement dramatique m'a appris, c'est à pardonner mais non à oublier.Et pardonner m'a fait le plus grand bien parce que ça m'a libérée du poids du blâme.Longtemps, je me suis blâmée.Et quand mon agresseur a été battu à mort, par ma faute en quelque sorte, ç'a été encore pire.C'est pour ça que j'ai arrêté de parler.Mais le jour où j'ai compris que peu importe quelle petite fille il aurait trouvée sur son chemin, il l'aurait violée, ça m'a délivrée.J'ai compris que je n'y étais pour rien.» La scène du viol, ainsi que les deux autres scènes où l'agresseur séduit la petite Maya, sont écrites avec une candeur retenue et touchante.Il n'y a rien de scabreux dans la description et pourtant c'est à cause de ces passages que Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, qui a été publié en 1969, est encore banni dans plusieurs États américains.«Ce qui est absurde, c'est qu'en même temps que ce livre est banni, il est une lecture obligatoire dans la plupart des universités.En ce qui me concerne, ça devrait être le cas partout et pour tout le monde, surtout pour les enfants, qui devraient être libres de lire ce qui leur chante.Laissez-les prendre d'assaut les bibliothèques.Aux parents et aux profs de leur expliquer ce qu'ils ne comprennent pas.» Vivre et laisser vivre.Ce credo, Maya Angelou l'applique aussi en politique.Aussi comprendelle parfaitement les Noirs qui appuient Mc Cain.« Si on est très engagé et sérieux au sujet de la politique, on ne vote pas pour la race, on vote pour les idées.J'imagine que la plupart des Noirs vont voter pour Obama, mais il y en a qui sont républicains à l'os, et ça aussi, c'est correct.Voter pour Obama juste parce qu'il est noir, c'est une forme de racisme que je n'accepte pas.» Il y a une autre chose qu'elle n'accepte pas: les esprits chagrins et défaitistes qui clament que la condition des Noirs n'a pas vraiment progressé depuis les luttes de Malcolm X et Martin Luther King.«Pensez-vous que la chemin parcouru va être défait et qu'un jour on va revenir à l'esclavage ou à la ségrégation?Impossible.Ce qu'on a accompli est irréversible.De grands pas ont été franchis et je ne permettrai à personne de prétendre le contraire.Et même si Obama n'est pas élu -ce qui est improbable, mais qui sait?- le fait qu'un Noir se soit rendu jusqu'à la présidence est énorme.Il y a 10 ans, si on m'avait dit qu'un Noir pouvait aspirer à la présidence du pays le plus puissant de la Terre, je ne les aurais pas crus.Nous revenons de loin.» Les livres de Maya Angelou traduits en français aux Allusifs : Tant que je serai noire, traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, 365 pages, 29,95$.Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, traduit par Christiane Besse, 312 pages, 29,95$, en librairie le 11 novembre.Une femme libre et sans cage ANGELOU suite de la page 1 JEAN-FRANÇOIS CHASSAY COLLABORATION SPÉCIALE Dans une entrevue accordée au magazine Rolling Stone, en réponse à une question sur ses lectures les plus marquantes, Barack Obama répondit qu'il avait été grandement inspiré par les tragédies de Shakespeare et par deux romans américains: Le chant de Salomon de Toni Morrison et Pour qui sonne le glas ?d'Ernest Hemingway.Ce choix est fort intéressant.Laissons de côté le grand dramaturge anglais, qui n'est pas une surprise.Cependant, on ne peut trouver plus antinomiques que les ouvrages des deux auteurs américains nobélisés qu'il mentionne.Qu'ont en commun la romancière noire, dont l'oeuvre est marquée par la filiation qui prend en considération l'histoire des esclaves, écrite dans un style souvent baroque, et l'écriture sobre de l'écrivain cosmopolite au machisme souligné à grands traits (ah! mettre le pied sur un lion qu'on vient d'abattre!), aux antipodes de la complexité de son frère ennemi, Faulkner, sur qui Morrison a justement fait sa thèse?Bien peu de choses, sauf qu'il s'agit de deux oeuvres marquantes, qui offrent deux visions des États-Unis, deux visions combatives et.qui n'ont rien de républicain dans l'esprit.Les goûts personnels d'un candidat en disent toujours beaucoup sur ses objectifs et sur ce qu'il veut défendre.Morrison/ Hemingway : on ne pourrait exprimer, culturellement, de manière plus manifeste la volonté de rassemblement qui traverse les discours d'Obama.La puissance d'évocation, la valeur stylistique et intellectuelle de la littérature américaine ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur.Il faut dire que ce qu'on entend le plus bruyamment dans la culture américaine produit un vacarme qui tend à assourdir des voix plus posées et souvent plus intéressantes.On a curieusement souvent écrit que la littérature américaine était «sans histoire».Manière de la ramener au mythe de la pastorale américaine et au cliché qui ferait du rapport à la nature sa seule échappatoire?Pourtant, la quête depuis le XIXe siècle du «Grand roman américain», cette volonté de prendre à bras-le-corps l'ensemble des discours du pays, avec toutes ses contradictions, à la fois glorification et (auto)critique, est un symptôme frappant de l'importance, dans la littérature, des aspects historique et politique du pays.Et pas seulement dans le roman: Walt Whitman, dans son grand recueil Feuilles d'herbe, n'a-t-il pas fait à la fois l'apologie de la nature et de la technologie, des grands espaces et des villes, tout en stigmatisant l'horreur et la folie de la guerre civile ?De Hawthorne à Safran Foer D'hier à aujourd'hui, le discours politique est au coeur de la littérature américaine.L'ouvrage considéré généralement comme le premier grand roman américain, La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, publié en 1850, faisait à sa manière une critique dévastatrice du puritanisme de l'époque des «sorcières de Salem» (qu'il est amusant de relire après huit ans de gouvernement Bush).Aujourd'hui, de nombreux romans, de L'homme qui tombe de Don De Li l lo à Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer, rendent compte du choc véritablement ontologique des Américains (car c'est dans une large mesure leur rapport au monde qui est transformé) à la suite des attentats du 11 septembre 2001.Il faut insister sur la dimension extrêmement critique de cette littérature par rapport à l'univers du politique.En 1906, Upton Sinclair (dont le nom est remonté à la surface à la suite de l'adaptation cinématographique récente de son roman Pétrole !) publiait La jungle, une charge contre l'industrie de la viande à Chicago et les conditions pitoyables dans lesquelles les travailleurs, surtout immigrés, se retrouvaient.Le livre eut un tel impact que certains pays européens boycottèrent les conserves américaines.Plus près de nous dans le temps, le grand romancier Robert Coover faisait paraître en 1977 un de ses livres les plus fabuleux, Le bûcher de Times Square.Véritable épopée, ce roman reprend avec un luxe de détai ls l'a f faire Rosenberg (le couple condamné à mort pour avoir supposément fourni des renseignements secrets aux Soviétiques).Mais cette histoire devient en même temps une projection fantasmatique, alors que Julius et Ethel Rosenberg ne meurent pas sur une chaise électrique, mais brûlés sur un bûcher installé à Times Square, dans un spectacle organisé par Walt Disney Production et où tous les mythes américains sont convoqués.Le tiers du roman est narré par Richard Nixon qui apparaît malhonnête, hypocrite et en même temps complètement dépassé par les événements.Dans une des scènes les plus époustouflantes du livre, il est.sodomisé par Uncle Sam luimême, qui lui exprime ainsi son amour et la preuve qu'il sera un jour président.On dit souvent les Américains bien prudes, mais quel écrivain ici oserait écrire une scène aussi burlesque avec un de nos politiciens locaux?Le sens autocritique des Américains est parfois plus impressionnant que certains voudraient le croire.Cette position critique, si présente chez les écrivains, on ne la sent pas toujours, hélas, chez les politiciens.Revenons pour terminer sur l'entrevue accordée par Obama à Rolling Stone.En plus de la littérature, on lui a posé des questions sur ses goûts musicaux.Il a parlé de son intérêt pour Miles Davis et John Coltrane (un président américain qui écoute du John Coltrane?Peut-on rêver?), sans oublier Bob Dylan.Il a avoué une prédilection pour la chanson Maggie's Farm.Allez écouter cette chanson: s'il y croit vraiment, voilà un président qui saura vraiment donner de l'espoir.À moins qu'il faille lui attribuer la phrase de Churchill qui colle à tant de politiciens : «La vérité est tellement précieuse qu'il faut toujours la protéger derrière un rempart de mensonges.» Mais on a le droit d'être optimiste de temps à autre.Jean-François Chassay est professeur au département d'études littéraires de l'UQAM.Il est romancier et essayiste.Il a notamment publié L'ambiguïté américaine: le roman québécois face aux États-Unis (XYZ éditeur, 1995), Fils, lignes, réseaux (Liber, 1999) et Dérives de la fin (Le Quartanier, 2008) qui traitent, en tout ou en partie, de la littérature américaine.Une littérature au coeur des débats politiques Nous avons demandé à Jean-François Chassay, professeur à l'UQAM et spécialiste de la littérature américaine, de nous parler des liens entre l'imaginaire littéraire américain et l'actuelle course à la présidence.Il nous rappelle que la littérature a toujours été au coeur des débats politiques aux États-Unis.et la politique, au coeur de la littérature américaine.Le sens autocritique des Américains est parfois plus impressionnant que certains voudraient le croire.ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE LECTURES AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY La jeune Camille Fortin ouvre les portes de l'univers méconnu des prostituées dans Bordel, un livre autobiographique qui démythifie les maisons closes modernes.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Elle ressemble à votre fille.Ou à votre jeune soeur.Jamais vous ne vous douteriez de l'expérience que trimballe la jeune femme posée, attablée devant moi.Pourtant, Camille Fortin (nom fictif) s'est prostituée durant près de cinq ans sans que personne ne s'en doute avant de renoncer à cette drôle de vie secrète où l'argent coule à flot, où l'adrénaline circule mais où l'estime en prend pour son rhume.« J'ai toujours écrit.J'ai eu toute mon enfance des cahiers remplis de récits, de poèmes, explique calmement Camille devant un jus d'orange.Quand j'ai commencé à écrire un journal, le journal de Camille, j'ai vu que parallèlement, je ressentais aussi le besoin d'écrire le journal de Naomie.Ça m'apparaissait intéressant.Le livre s'est ainsi construit en deux parties qui se répondent.» Naomie, c'est la deuxième peau qu'a enfilée Camille comme un voile de protection pendant ses quelques années passées au bordel.« La prostitution, c'est de la grosse comédie, tout le monde y endosse un personnage.Or, il y a parfois des fuites involontaires.Alors que je travaillais, je refusais systématiquement les clients qui auraient pu faire craquer Camille sous le maquillage, mais c'est arrivé quand même.Il suffisait qu'un client me demande gentiment pourquoi je faisais ce métier pour que Camille reprenne toute la place et que je m'effondre.» Le récit de Camille Fortin fait voler en éclats nombreux stéréotypes dont celui de la prostituée toxicomane et ravagée par un style de vie malsain.« En tant qu'escorte, tu peux faire près de 1000$ dans ta soirée.C'est beaucoup d'argent.Et c'est ce qui t'attire au départ dans ce job.Mais la majorité des filles ne sont pas droguées.Il n'y a pas beaucoup d'écrits qui traitent le sujet sous cet angle.On dirait que la voix d'une prostituée normale et en bonne santé mentale n'existe pas.Pourtant, plus de la moitié des filles qui font ce métier sont comme moi.Des filles normales qui disent à leur entourage qu'elles font autre chose dans la vie.Peut-être qu'en lisant mon livre, certains se demanderont si des membres de leur famille ou de leur entourage pourraient aussi être prisonniers de cette vie-là en cachette.» Accro à l'adrénaline Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les filles qui travaillent dans les maisons closes ne sont souvent pas prisonnières d'un souteneur.« Bien sûr, ça existe, concède Camille.Mais c'est aussi un mythe.Ce qui nous retient, c'est souvent l'aspect social, comme c'est le cas pour une serveuse qui est constamment entourée, qui peut boire, qui rencontre des gens tous les soirs, qui est dans l'action.La serveuse pourrait faire le même salaire à travailler dans un bureau, mais elle choisit le bar parce qu'elle a peur de s'ennuyer.» « Dans un bordel, les gens avec qui tu travailles connaissent tes plus bas instincts et ils t'acceptent comme tu es, poursuit-elle.L'intimité s'installe très rapidement dans ce métier et les conversations sont par le fait même très franches.Et puis, tous les jours tu te fais choisir, tu te fais dire que tu es belle, intelligente, que tu as le potentiel pour être ailleurs\u2026 Rester, c'est finalement choisir d'être lemeilleur des pas bons par peur d'être le nul parmi les meilleurs.» Viol et autres tabous L'auteure aborde également dans son récit le tabou du viol chez les prostituées.« Au départ il faut se rappeler qu'aucune prostituée n'a envie d'avoir une relation sexuelle, rappelle-t-elle.Elle consent, c'est tout.Elle n'a aucun plaisir.Mais il y a les méchants loups.Ceux qui veulent blesser, faire mal.Encore ici, ce n'est pas un viol comme dans les films.Tu fermes les yeux et tu attends que la douleur arrête.On ne peut évidemment pas appeler la police après.Pourtant, ce genre de chose, ça arrive chaque semaine.» « Bien sûr, il faut être solide pour exercer ce métier, mais on trouve tous des trucs, ajoute-telle.Moi, j'ai toujours cru que je ne pourrais jamais travailler dans un abattoir.Il faudrait m'y faire entrer de force.Pourtant, après quelques semaines, je me serais créé des barrières et je me serais habituée.On s'habitue à tout.» Sortie du milieu interlope depuis quelques mois, la jeune femme doit maintenant apprendre à gérer la nouvelle vie qui s'étale devant elle.« Je ne retrouverai pas l'insouciance d'avant, lance-t-elle.Les relations avec les hommes sont compliquées.Parler de mon passé ruine automatiquement mon couple, mais le taire me donne l'impression de ne pas me livrer totalement.C'est complexe.Aussi, il est arrivé ce que je craignais : je me suis ennuyée du bordel.Je m'en suis d'ailleurs davantage voulu de m'être ennuyée que d'avoir été capable d'y travailler.C'était encore plus humiliant.Mais voilà.Je n'ai plus de personnage derrière lequel me cacher lorsque j'ai peur, maintenant.» BORDEL Camille Fortin Éditions Voix parallèles.24,95$ ENTREVUE/Camille Fortin Au coeur du bordel PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Le récit de Camille Fortin fait voler en éclats nombreux stéréotypes dont celui de la prostituée toxicomane et ravagée par un style de vie malsain.EXTRAITS Extraits des pages 13 à 18 : J'éteins la sonnerie de mon cellulaire et range celui-ci dans le haut d'une de mes bottes de latex, qui me montent jusqu'à la mi-cuisse.J'empoigne mon sac à main, qui renferme tout ce dont j'aurai besoin pour travailler, et je monte l'escalier vers les chambres et le salon principal, là où des dizaines de clients chaque soir posent le pied, le corps.Je salue tout le monde, prends une serviette propre dans la pile qui menace de s'écrouler sur le comptoir principal du grand salon et me dirige vers ma chambre préférée pour y déposer mes articles personnels.La deux.Toujours la chambre numéro deux.Puisque je monte habituellement quelques minutes avant le début de mon quart de travail, je pourrais prendre n'importe quelle chambre, encore presque toutes inoccupées à cette heure.Je ne sais pas pourquoi je choisis toujours celle-là.C'est la première chambre où je me suis vendue au Bordel, le premier lit sur lequel j'ai étendu les serviettes, les premiers murs qui m'ont entendue demander l'argent avant de poser mon sac à main près du lit et de dégrafer mon soutien-gorge.Maintenant, même si les autres se pointent le bout du nez dans le grand salon avant moi, elle me laissent systématiquement prendre la deux, tout comme je cède à Alexia la trois, à Tiffany la quatre et à Kiki la cinq.Chacune pose ses effets dans sa chambre, comme si elle leur appartenait, comme si on avait réussi à apprivoiser une partie du Bordel, comme si, à l'intérieur de cette chambrelà, on en arrivait à apprécier ne serait-ce qu'un peu notre foutu boulot.Après avoir changé les draps puis noyé l'air de parfum, je me dirige vers le grand salon, où je m'installe entre deux filles, dans l'un des canapés de velours rouge qui y trône.Extraits des pages 113 à 116: Vous allez me dire que non, il ne peut pas s'agir d'un viol si elle entre elle-même dans la chambre, si elle place les serviettes propres sur le lit et prend l'argent qu'on lui tend avant de se déshabiller et de prendre un préservatif.Eh bien, vous avez tort.Je me suis fait violer des dizaines de fois.Pas sous la menace, pas sous une pluie de coups de poings sur la gueule.Le gars me dit de m'étendre sur le lit et juste à son ton, juste à entendre le son de sa voix, il y a tout mon corps qui se fige, il y a tout mon sang qui se glace.Il ne s'agit pas d'une invitation mais bien d'un ordre.Je m'exécute parce que le gars m'a payée, que, jusqu'à preuve du contraire, personne n'est coupable de quoi que se soit, et que l'intuition n'est jamais une excuse valable au Bordel pour sortir d'une chambre ou refuser un client.Je m'étends parce que c'est mon putain de boulot de m'étendre là où on me le demande, lorsqu'on me le demande.GROS TUYAU La 10e Semaine des bibliothèques publiques s'est ouverte hier.Parmi les «méchants bons tuyaux », un concours par internet - la plupart des bibliothèques publiques ont des postes - qui permet de se familiariser avec le Catalogue des bibliothèques du Québec, une initiative de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, notre Grande Bibliothèque, qui n'est jamais si grande que quand elle met en réseau, au profit de tous, les ressources de toutes les bibliothèques publiques du Québec.Un «tuyau» (ne le dites à personne): commencez par le site www.bpq.org/semaine.ENCORE DES PRIX! Les finalistes au prix Cécile-Gagnon 2008 de l'Association des écrivains québécois pour la jeunesse sont : Marie Lasnier pour Tatiana au pays du vent (Dominique et Compagnie), Roger Marcotte pour Des pâtes et des vertèbres (Éditions de la paix) et Frédéric Tremblay pour Une ruse inversée (Joey Cornu Éditeur).Le lauréat sera connu le 22 novembre.La Quebec Writers's Federation, qui fête son 10e anniversaire cette année, a annoncé les finalistes de son concours littéraire 2008, qui remet six prix totalisant 12 000$.Notons dans ces prix celui de la traduction, qui récompense cette fois une oeuvre traduite de l'anglais au français.Les finalistes dans cette catégorie sont Lori Saint-Martin et Paul Gagné pour Big Bang, de Neil Smith (Les Allusifs), Sophie Voillot pour Parfum de poussière, de Rawi Hage (Alto), et Hélène Rioux pour Les artistes de la mémoire, de Jeffrey Moore (XYZ).DEUXMOTS\u2026 Nicolas Dickner, l'auteur de Nikolski, lira des extraits de son nouveau roman, jeudi à 19 h à la librairie Olivieri (5219, chemin de la Côte-des-Neiges) \u2026 Le salon du livre de l'Estrie se termine aujourd'hui à l'édifice Expo-Sherbrooke\u2026 Les lauréats du Concours du loisir littéraire 2008 seront dévoilés mardi à 19h30 au Maître chanteur (3425, rue Saint-Denis).SOURCES : Metropolis Bleu, FQLL, SBP Nicolas Dickner PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Un reseau de 24 librairies Service aux entreprises et aux institutions : 1 800 667-3628 renaud-bray.com Pour une deuxieme saison, Luck Mervil recoit chez lui.SAMEDI 19 H .Coup de coeur Nouvelle entree R Quebecois 1 KILO CARDIO I.Huot, J.Lavigueur R Sante Ed.de l'Homme 2 UN MONDE SANS FIN K.Follett Roman Laffont 3 VIVRE AUTREMENT .M.Proulx R Sante Bayard 4 MILLENIUM, t.1 ., 2 ., 3 .S.Larsson Polar Actes Sud 5 LES RECETTES PREFEREES DE MA FAMILLE C.Taillefer R Cuisine Ed.de l'Homme 6 LES CHEVALIERS D'EMERAUDE, t.12 .Irianeth A.Robillard R Science-fiction Ed.de Mortagne 7 A QUI FERAIS-JE DE LA PEINE SI J'ETAIS MOI-MEME J.Salome Psychologie Ed.de l'Homme 8 LA PETITE VOIX M.Cyr R Psychologie Transcontinental 9 BRISINGR C.Paolini Jeunesse Random House 10 MON HISTOIRE J.Couillard R Biographie Ed.de l'Homme 11 LE POUVOIR DUMOMENT PRESENT .E.Tolle Esoterisme Ariane 12 LE GUIDE DE L'AUTO 2009 Collectif Guide Trecarre 13 CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT .Y.Khadra Roman Julliard 14 RITOURNELLE DE LA FAIM J.-M.G.Le Clezio Roman Gallimard 15 MANGE, PRIE, AIME .E.Gilbert Biographie Calmann-Levy 16 REJEAN THOMAS L.Boulanger R Biographie Voix paralleles 17 LES PETITES BOUCHES A NOURRIR S.Demeules R Cuisine Quebecor 18 ELEGIE POUR UN AMERICAIN .S.Hustvedt Roman Lemeac 19 LE GRAND LIVRE DE LA MIJOTEUSE Collectif Cuisine Broquet 20 LA PHILOSOPHIE DE L'ICEBERG S.Milot R Psychologie Ed.de l'Homme 21 LE BAL D.Steel Roman Presses de la Cite 22 MANGER, UN JEU D'ENFANT M.-C.Lortie R Cuisine Ed.La Presse 23 SOUTIEN-GORGE ROSE ET VESTON NOIR .R.Germain R Roman Libre Expression 24 M.ET MME JEAN-BAPTISTE ROUET D.Monette R Roman Ed.Logiques 25 LE NOUVEAU DEFI ALIMENTAIRE DE LA FEMME L.Lambert-Lagace R Cuisine Ed.de l'Homme 26 L'ETAT DU MONDE 2009 Collectif Politique Boreal 27 QUE S'EST-IL VRAIMENT PASSE ?Collectif Histoire Reader's Digest 28 GIN TONIC ET CONCOMBRE .R.Germain R Roman Libre Expression 29 LE SECRET .R.Byrne Psychologie Un monde different 30 LA VIE EN SOURDINE D.Lodge Roman Rivages 31 JE N'AURAI PAS LE TEMPS .H.Reeves R Sciences Ed.du Seuil 32 L'ELEGANCE DU HERISSON .M.Barbery Roman Gallimard 33 2009 : LA GRANDE TRANSFORMATION Collectif Esoterisme Ariane 34 NOUVELLE TERRE .E.Tolle Esoterisme Ariane 35 LES REVES DE MON PERE .B.Obama Biographie Presses de la Cite 36 VOTRE GROSSESSE AU JOUR LE JOUR .L.Regan Maternite Hurtubise HMH 37 LA GUERISON INTERIEURE.Par l'acceptation et le.C.Portelance Psychologie Ed.du CRAM 38 DEPUIS LA FENETRE DE MES CINQ ANS A.Cousture R Roman Libre Expression 39 LES ACCOUCHEUSES, t.3 .La deroute A.-M.Sicotte R Roman VLB Editeur 40 COMMENT PARLER AUX MEDIAS B.Motulsky , R.Vezina R Communic.Transcontinental 41 QUATRE DECENNIES SUR CINQ CONTINENTS R.Tremblay R Sports Ed.Les Intouchables 42 BOITES A LUNCH SANTE G.O'Gleman R Cuisine La Semaine 43 LE FAIT DU PRINCE A.Nothomb Roman Albin Michel 44 UN BRILLANT AVENIR .C.Cusset Roman Gallimard 45 CUISINER AVEC LES ALIMENTS CONTRE LE CANCER .R.Beliveau, D.Gingras RCuisine Trecarre PALMARES DES VENTES 6 au 12 octobre 2008 Cette semaine, nous avons vendu 20 544 titres differents.3587740A LECTURES LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPECIALE PARIS.Tout a commence a cause du grandpere de Patrick Desbois, Claudius.Deporte en Allemagne pendant la Deuxieme Guerre mondiale, le malheureux avait fini a Rawa-Ruska (sur le territoire actuel de l'Ukraine), un camp punitif ou certains depecaient les cadavres pour ne pas mourir de faim.Pour nous, c'etait terrible, a dit un jour Claudius a son petit-fils.Mais pour les autres, c'etait bien pire.Les autres, c'etait les milliers de prisonniers sovietiques qu'on y avait massacres pour faire de la place.Et tous les Juifs de la region, qu'on avait extermines.Devenu pretre a l'age de 30 ans, charge par l'archeveque de Lyon des relations avec le judaisme, le pere Desbois a fait pour la premiere fois le voyage a Rawa- Ruska en juin 2002.Il n'en est jamais tout a fait revenu.Lors d'un deuxieme sejour en juin 2003, on lui a montre les vestiges de la presence juive dans la region: une synagogue devenue entrepot a machines agricoles, un ancien cimetiere juif sur lequel on a fait un stationnement.Je n'en revenais pas : les innombrables victimes de la Shoah en Ukraine n'avaient pas de sepulture; les fosses communes n'etaient ni signalees ni protegees; certaines avaient ete pillees pour l'or des dents ou des alliances, dit-il dans les bureaux parisiens de Yahad-In Unum, association judeo-chretienne qu'il a fondee en 2004 pour conserver la memoire des Juifs extermines a l'est de l'Allemagne.Depuis un peu plus de trois ans, Patrick Desbois et sa petite equipe sillonnent le territoire de l'actuelle Ukraine et dressent la liste des fosses communes pour permettre aux victimes d'avoir la priere des morts, puis un veritable cimetiere identifie.Les fosses communes, invisibles a l'oeil nu, se trouvent le plus souvent en plein champ, a la lisiere des villages, car les Allemands redoutaient de s'aventurer dans les bois, a cause des partisans, explique-t-il.Tous les survivants de cette epoque savent ou elles se trouvent, car cela se faisait au vu et au su de tout le village et que les Allemands requisitionnaient les enfants et les adolescents comme auxiliaires.Ces derniers sont aujourd'hui ages de 70 a 80 ans, mais ils se souviennent des circonstances des massacres, du nom de beaucoup de victimes, des voisins, des camarades de classe.Nous en sommes a notre 820e interview filmee et enregistree.Nous pensons poursuivre ce travail dans les sept ou huit ans qui viennent, en Bielorussie et en Russie.1,5 million de victimes par balles Selon les dernieres estimations, 1,5 million de Juifs auraient ete extermines par balles en Ukraine de 1941 a 1944.Le travail du pere Desbois et de son equipe consiste a rappeler a la memoire des noms et des visages, mais aussi a reconstituer la scene du crime comme dans un roman policier.Le modus operandi pourrait ressembler a ceci : on regroupait les Juifs d'un ou de plusieurs villages, on les enfermait un ou plusieurs jours dans une ecole ou une ecurie, on les faisait se deshabiller, puis partir au pas de course vers une fosse profonde de huit metres que d'autres Juifs avaient creusee, on les alignait par rangs de cinq ou plus, et les soldats tiraient .une seule balle par victime.Les victimes tombaient dans la fosse.Ailleurs, on les faisait s'etendre contre le sol avant de les abattre.Une couche de sable, puis de nouveaux Juifs arrivaient et s'etendaient sur les cadavres.Beaucoup d'entre eux n'etaient pas morts, raconte le pere Desbois.Les temoins disent que, pendant trois jours, on voyait la terre bouger.Il est arrive ici et la qu'un blesse leger reussisse a ressortir de la fosse apres la tuerie.La plupart des bebes tombaient vivants dans la fosse, on ne gaspillait pas de balles pour eux.Dans une lettre a sa fiancee, un soldat allemand raconte qu'ils jouaient au ballon avec les enfants juifs.Selon Patrick Desbois, un soldat allemand sur trois aurait participe aux massacres: les groupes speciaux, mais aussi la Wehrmacht, la police, la gendarmerie.On improvisait : a certains endroits, on a emmure des Juifs dans un puits, dans une mine, sous un marche, en attendant qu'ils meurent asphyxies.Quantauxenfantsukrainiens, aujourd'hui des vieillards, on les requisitionnait pour collecter les bijoux et transporter les vetements.Pour arracher les dents en or aux vivants.Pour descendre dans la fosse et tasser les couches de cadavres.Ce sont en premier lieu les requisitionnes qui viennent vers nous, dit le pere Desbois.Contrairement a ce qui a ete dit parfois, les Ukrainiens que je vois depuis quatre ans n'ont aucune reticence a temoigner.Bien sur, il y a eu des fascistes ukrainiens, une police ukrainienne formee par les Allemands.Il y a aussi eu des crimes horribles, commis contre des voisins, des rivaux, pour de vieilles querelles de voisinage.Les Allemands avaient donne carte blanche pour tuer des Juifs.Et quand on donne le droit de tuer, on bascule dans une autre societe.Mais, la comme ailleurs, il n'y aurait jamais eu de Shoah s'il n'y avait pas eu de Troisieme Reich.Et les survivants de l'horreur sont soulages de temoigner.PORTEURDEMEMOIRES Pere Patrick Desbois Ed.Michel Lafon, 330 pages, 24,95$ SHOAHPAR BALLES, L'HISTOIREOUBLIEE Film de Romain Icard DVD MK2-DOCS, 85 minutes ENTREVUE / Pere Patrick Desbois La meconnue Shoah ukrainienne Conference du pere Patrick Desbois Le Centre commemoratif de l'Holocauste a Montreal accueillera le pere Patrick Desbois, le 29 octobre, pour une conference a l'occasion du lancement de la 11e Serie educative sur l'Holocauste.L'evenement aura lieu a la salle Lucie et Andre Chagnon du Cinema Imperial Sandra et Leo Kolber, au 1430, rue de Bleury.Infos : 514-345-2605.PHOTO FOURNIE PAR L'ASSOCIATION YAHAD-IN UNUM Depuis trois ans, le pere Patrick Desbois sillonne le territoire de l'actuelle Ukraine afin de conserver la memoire des Juifs qui y ont ete extermines.1,5 million de Juifs auraient ete extermines par balles en Ukraine de 1941 a 1944.Les deux Goethe de Kundera L'ecrivain tcheque Milan Kundera a ecrit un nouveau chapitre dans l'histoire de la biographie.C'est dumoins la these d'un professeur de litterature de l'Universite de Toronto, qui presentait ses travaux aux recents Entretiens Jacques-Cartier.La conference de Pascal Riendeau, Les deux Goethe de Kundera , s'attarde au roman L'immortalite.Kundera se sert du personnage de Goethe pour critiquer la reduction d'un ecrivain a la somme des evenements de sa biographie.Cette denonciation des biographes etablissant des liens entre la vie et l'oeuvre d'un artiste n'est pas nouvelle.Ce qui est innovateur, selon M.Riendeau, c'est la maniere dont Kundera se sert de Goethe pour appuyer son argumentation.La sagesse de Goethe se porte garante de l'interpretation de Kundera, constate-t-il.Mathieu Perreault L'ecrivain indien Aravind Adiga remporte le Man Booker Prize Le Man Booker Prize, prestigieux prix litteraire britannique, a ete decerne mardi a Aravind Adiga, auteur du Tigre blanc.Le roman, qui dresse avec un humour feroce le portrait d'une Inde multiforme, met en scene un heros pret a tout pour echapper a la pauvrete de son village et pour reussir en ville.Le journaliste age de 34 ans, dont Le tigre blanc est le premier roman, etait le plus jeune des finalistes du Booker, qui recompense un auteur de Grande-Bretagne, du Commonwealth ou d'Irlande.Ne a Madras et vivant aujourd'hui a Bombay, Adiga devient le cinquieme auteur indien ou d'origine indienne a decrocher le Booker.La Presse Canadienne EN BREF PRECISIONS Une erreur s'est glissee la semaine derniere concernant notre article sur les editions des Allusifs.C'est le roman du Norvegien Dag Solstad, Honte et dignite, qui est en lice pour le Femina etranger.Les memoires de Maya Angelou, Tant que je serai noire, figurent sur la liste de l'important Prix des lectrices du magazine Elle. LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Les amours de papier ne sont pas plus assurées que les autres.Voyez comment en use François Blais dans Le Vengeur masqué contre les hommes- perchaudes de la Lune.Des amis d'enfance deviennent ce qu'on est convenu d'appeler un couple, parce qu'il n'y a pas d'autre mot pour définir un lien nécessaire et absolu entre deux humains.Comment ne pas s'attacher à ces jeunes gens un peu ducharmiens qui refusent l'âge adulte et «la vraie vie», l'âge qu'ils ont leur convenant tout à fait et la vie qu'ils mènent, sans gains ni débours, paresseuse avec acharnement, étant comblée de ces petits moments de grâce dont l'addition ressemble au bonheur?Le romancier, un coquin de la pire espèce, ne tarde pas à nous dire que le personnage féminin, Félonie, dont on allait justement devenir un peu amoureux, n'existe pas et n'a jamais existé, qu'il n'est qu'une fiction dans la fiction, une jolie fleur que le vent a emportée.Il aurait fallu se méfier: M.Blais est le spécialiste des chausse-trapes.Ses constructions romanesques, sous leur apparence ludique, atteignent un registre assez grave.Ce qu'il veut nous dire, c'est que qui nous aimons est la fusion, conçue selon notre propre convenance, d'un être réel et d'un être rêvé.L'un faillit-il à sa tâche, l'autre vient à la rescousse.Ainsi n'est-on jamais totalement trahi, ni par «la vraie vie» ni par la fausse.Quand Félonie décide de quitter T., pour aller voir comment vit le reste du monde, boulot et métro et tout le reste (plutôt que jeux vidéos et jeux de mots), on lui en veut un peu moins qu'à son inexistence.Elle a d'ailleurs la gentillesse d'être inquiète de celui qu'elle a quitté un peu lâchement, lui laissant une simple note d'au revoir.Si M.Blais la laissait faire, elle rentrerait vite au bercail, dans la vie pas vraie où le temps des jeux ne finit pas, où la recherche et la découverte de l'autre ne sont jamais rassasiées, où la tendresse ne peut pas épuiser ses dons de magicienne.Les romans de François Blais sont des laboratoires étonnants.Non seulement il y trafique le réel et le virtuel, sans s'embarrasser de la vraisemblance (cette pitance des esprits pragmatiques), il s'occupe encore à malmener les canons du roman, à congédier les narrateurs.Tandis que l'histoire de T.et de Félonie reste imaginable, sinon probable, une autre histoire, parallèle, est totalement déjantée.C'est celle d'une princesse qu'une trop lourde et trop ancienne noblesse rend intouchable.Une histoire à clés, peut-être, dont la fonction dans l'économie du roman n'est pas transparente.On ne va pas ergoter pour si peu.- Réginald Martel LE VENGEURMASQUÉ CONTRE LESHOMMESPERCHAUDESDELA LUNE François Blais Hurtubise HMH 120 pages, 18,95$ HHH Comment congédier le narrateur.DANIEL LEMAY ESSAIS Comme Robert Charlebois le chantait dans Dolorès, Jacques Godbout a eu «toutes sortes d'autos».Globe-trotter et citoyen du monde, il a connu les «étrangères » avant ses contemporains québécois (il est né en 1933) qui, dans les années 50, passaient pour des originaux quand ils conduisaient autre chose qu'une marque classique des «trois grands» Américains : Ford, Chrysler ou General Motors.Ainsi, Jacques Godbout a acheté son premier char en 1957 en Éthiopie, une Volkswagen Coccinelle, alors qu'il enseignait le français à l'Université d'Addis- Abeba.«À des élèves musulmans qui croyaient toujours la terre plate », lit-on dans Autos biographie, un petit livre où l'auteur de Salut Galarneau ! s'inspire de l'automobile «pour jeter un regard d'écrivain sur sa vie».Rien du «gars de chars » Écrivain, cinéaste, poète et polémiste, figure active de la Révolution tranquille, Jacques Godbout n'a rien, on s'en doute bien, du gars de chars.Vous savez, celui qui, devant sa grosse à la brasserie, peut vous parler pendant une heure de ses problèmes de transmission.Jacques Godbout n'a jamais démanché un carburateur, comme il n'avait jamais pu, sur ce plateau de tournage au lac Louise en 1957, embrayer la Buick à l'arrière de laquelle attendait une star nommée Marilyn.Dans cette «oeuvre d'autodérision», M.Godbout ne fait pas cachette de son ignorance «mécanique» pas plus, d'ailleurs, qu'il ne joue les intellos anti-chars: «Ceux qui se moquent de la relation particulière qu'entretient un homme avec sa voiture n'ont pas compris qu'elle est plus qu'un symbole, elle est la liberté, la possibilité enfin de quitter son village», écrit-il dans la préface intitulée\u2026 Auto-défense.L'auteur y explique comment il a «finalement accepté» la proposition de l'illustrateur Rémy Simard de «revenir sur le passé», mais en se servant de l'auto comme fil conducteur.Autos et personnages Et les véhicules défilent, comme les personnages de la vie de Jacques Godbout qui, dans bien des cas, sont aussi des personnages de l'histoire récente du Québec.Comme le petit «Bobby» Bourassa qui lisait en arrière du bus (129) qui l'amenait au Collège Brébeuf ; un jour, au coin de Saint-Joseph et de Lorimier, il annonce à son ami Godbout qu'il sera premier ministre.Et que dire de cet improbable déplacement de nuit, à Shilo, Manitoba, en 53, d'une batterie d'artillerie commandée par le «pas reposant» lieutenant Pierre Bourgault\u2026 Godbout chauffe le deux-tonnes-et-demie: on imagine facilement la suite\u2026 Bribes de vie Les automobiles ne sont pas toujours au centre de l'action dans ces 26 chapitres d'où Jacques Godbout se remémore des bribes de sa vie.Ainsi, dans ce chapitre (1958 - Pétrole et farine) où l'auteur se rappelle le temps où il était rédacteur publicitaire chez Mac Laren avec André D'Allemagne, futur président du R.I.N.Mac Laren avait entre autres les comptes de la farine Five Roses et d'Esso, le commanditaire principal de la Soirée du hockey.«Jamais je n'avais mesuré la puissance immédiate du verbe avant de concevoir ces courts textes racoleurs qui chantaient la poésie des objets.» Ici une Sunbeam Rapier et une « Corva i r sous-v i reuse », là une Chevrolet Impala ou une Renault Fuego\u2026 Autos biographie touche, souvent avec humour, certaines facettes de la vie d'un créateur qui peut parler autant de littérature - «On ne peut écrire un roman avec une date de péremption» - que se tourner vers l'anecdote pour illustrer son propos.Ainsi, cet ahurissant voyage à Québec qui avait mené à la conception du pavillon L'Homme dans la cité d'Expo 67; cette fois-là, les passagers de la Mercury Cougar étaient, tenez-vous bien : Gilles Carle, Jacques Languirand et Paul Buissonneau\u2026 Tout cela se lit bien, coule comme ruisseau au printemps mais, au milieu du livre, on se prend à souhaiter que M.Godbout, un personnage important de l'histoire intellectuelle du Québec, aille un jour au-delà du «divertissement littéraire».Pour nous parler, sans concept, des gens et des époques qu'il a connus.Le monsieur a du millage\u2026 Ça donnerait aux Québécois, pas trop forts en histoire, on le sait, la chance de faire un beau «tour de machine» dans le temps.Avant que le chauffeur perde «ses licences»\u2026 Autos biographie Jacques Godbout Les 400 Coups, 152 pages 29,95$ HHH1/2 S'inspirer de l'auto pour écrire sa vie JADE BÉRUBÉ CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE L'ambitieux roman Uns de Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne n'est pas un simple roman de science-fiction.Véritable panorama de notre condition humaine à travers les âges et les civilisations, on y croise, certes, moult créatures fantastiques de l'espace vivant selon leurs propres structures sociales complexes.Or, celles-ci jettent un regard analytique, parfois attendri, parfois dédaigneux, sur notre humanité vivotant sur notre bonne vieille planète à feu et à sang.Les auteurs parviennent ainsi fort habilement à analyser les sciences humaines (et cela, non sans superficialité) tout en les comparant à ces hypothétiques civilisations inconnues.L'idée, somme toute assez fantasque, permet à Lamontagne et à Borne de poser un regard détaché, par le truchement d'observateurs non humains, sur notre prosaïque réalité.Des rapports pour voir notre Histoire Ces non-humains, ce sont les Uns, membres d'une organisation formée de communautés et de civilisations diverses ayant pour seul point commun leur comportement pacifique.Parmi eux, un Ventorx du nom de Nohog cumule les données sur la planète Terre, s'intéressant de près à son évolution.Ce sont ses rapports qui, s'étalant sur des milliers d'années terrestres, permettent au lecteur d'embrasser du regard toute notre Histoire, de l'émergence du monde bactérien à notre autodestruction annoncée.Si la lecture semble rébarbative au début (le lecteur doit s'adapter non seulement à une structure politique différente, mais également à un système de pensée et à un vocabulaire différent), elle se révèle pourtant d'une étonnante logique au fil de l'avancée dans l'histoire, arpentant le monde humain, ses histoires entremêlées et son Histoire globale, mais aussi les mondes de l'«ailleurs» et leurs propres courants, philosophies, sociologies.Contradictions humaines Ainsi, une contradiction typiquement humaine qui veut que l'esprit artistique se développe chez des êtres aussi belliqueux viendra perturber la mentalité des Uns.«L'imagination prenait chez eux un tour si exubérant qu'il forçait l'admiration.Et dire que cette fleur poussait sur le fumier d'une sauvagerie généralisée », peut-on lire dans un des rapports du Ventorx, lui-même bouleversé par les vers de Baudelaire.L'« anomalie de comportement » des humains entraînera une forte incidence sur la pensée habituellement placide des Uns.De même, le regard de ces « autres » sur les humains aura des impac ts concrets sur les Hommes, les faisant progresser tout en les menant à la catastrophe.Une autre contradiction humaine sera la pierre d'assise de cette étrange oeuvre chorale : le désir toujours renouvelé des humains, ces êtres violents de nature, de faire la paix.Les auteurs en profitent pour dresser un bilan des grandes institutions pour la paix, des Nations unies à Amnistie internationale, de la Charte des droits de l'homme à l'organisation de la première conférence pour la paix de La Haye, traversant les époques, jetant de nouveau la lumière sur les différents systèmes, de l'anarchie au communisme et ultimement au capitalisme.De petites victoires en grands échecs, les humains, sous l'oeil des Uns, y jouent bientôt leurs dernières cartes au seuil de leur disparition, tentant de livrer la plus improbable des batailles.Une bataille contre leurs propres instincts.LITTÉRATUREQUÉBÉCOISE Aux confins de la paix Les véhicules défilent, comme les personnages de la vie de Jacques Godbout qui, dans bien des cas, sont aussi des personnages de l'histoire récente du Québec.L'« anomalie de comportement » des humains entraînera une forte incidence sur la pensée habituellement placide des Uns.De même, le regard de ces « autres » sur les humains aura des impacts concrets sur les Hommes.Uns Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne Éditions Leméac, 566 pages, 29,95$ HHH1/2 Dominique Demers Photo: Martine Doyon La gran De quête De Jacob Jobin QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com « [\u2026] une oeuvre enlevante qui n'a rien à envier à celles de ses collègues anglo-saxons et qui se compare avantageusement à des classiques comme The Spiderwick Chronicles d'Holly black.» :un bi Jou robert Laplante, Entre les lignes «et nous, lecteurs de 10 à 77 ans, suivons ses aventures avec plaisir et fascination.c'est avec impatience qu'on attend la suite des aventures de Jacob, prévue pour l'automne 2009.» christine Fortier, Voir Dominique Demers en surprendra plus d'un avec ce roman de fantasy au rythme enlevant, où l'on reconnaît son imaginaire ensorcelant et son immense talent pour créer des personnages aux destinées bouleversantes.3592041A BORDEL, LE RÉCIT POIGNANT ET VÉRIDIQUE D'UNE EX-PROSTITUÉE « Chaque fois que Camille rencontre quelqu'un qui lui plaît, je suis l'assurance qu'il lui manque.Chaque fois qu'elle veut qu'un homme la touche, et que les mots justes refusent de sortir de sa bouche àcause de sa nervosité, je suis la sensualité qui lui manque.Ça lui arriveaussi d'avoir envie d'êtremoi, j'imagine, et c'est pour cela qu'elle m'asortie du garde-robe et qu'elle me donne carte blanche toutes ces nuits où je prends les rênes de notresurvie.» Offert en librairie et sur librairie.cyberpresse.ca 3591901A LEC TURES BIBLIO IL FAUT SE QUITTER DÉJÀ JEAN-LUC COATALEM GRASSET 120 PAGES, 18,95$ HH Gainsbourg, quand il se barre d'une séduite, c'est à la franchise, c'est : Je suis venu te dire que je m'en vais\u2026 Et il s'en va «au vent mauvais », comme dit si bien Verlaine, et les sanglots longs durent le temps de la chanson, si belle, si triste, si au regret\u2026 Coatalem, lui, qui est un écrivain qui s'en va (entendez un écrivain-voyageur), qui fait métier de partir, qui cachetonne pour des revues qui font rêver (Géo), il vient de s'inventer un alter ego salaud, le type qui ne dit pas à la séduite qu'il a son billet en poche, qu'il s'envole dans quelques jours.Exercice de dédouanement, sans doute, son bref roman esquisse le portrait d'un menteur qui s'assume mal, et qui partira sans se retourner.Après «une poignée de jours et deux nuits ensemble », ce ne sera même pas bonjour; elle espérait filer le parfait amour et lui file à l'anglaise\u2026 Curieux roman, à contre-courant du romanesque, dans lequel la franchise est d'analyser (un peu, pas trop) la non-franchise dans le rapport de séduction rapide.Le jury du Renaudot, au printemps, avait été séduit par l'affaire, sélectionnant Il faut se quitter déjà (au titre trompeur, en plus, car que représente ce « il » ?).Manque de pot, Coatalem, ce jury vous a maintenant faussé compagnie.Il est parti, au vent mauvais de la rentrée\u2026 - Robert Lévesque, collaboration spéciale TÉLÉTHONS DE LA GRANDE SURFACE MARC-ANTOINE K.PHANEUF LE QUARTANIER 188 PAGES, 18,95$ HHH 1/2 Voici le fruit d'un mystérieux travail d'empaquetage où l'auteur, dans un élan ludique et foufou, s'amuse à entasser des mots et des noms, propres et communs, des bouts de phrases connues, des slogans publicitaires, en une centaine de listes intrigantes, rangées aléatoirement en chapitres et qui relèvent à la fois de l'esprit de système, de la «sémiologie brute» (comme on parle de l'art brut), de l'humour «générationnel», d'une sorte de poésie industrielle digne du pop art et de l'exercice oulipien façon Georges Perec.Cela semble ne servir à rien, et pourtant on s'y plonge avec délice et curiosité, comme à la recherche de gens dans le bottin du téléphone ou d'objets dans le catalogue Sears.Marc-Antoine K.Phaneuf aura la plupart du temps pioché, pour ramasser les stocks de ces réjouissants Téléthons de la grande surface dans l'immense et inépuisable lexique de la culture populaire générale, y mêlant ici et là quelques références aux arts dits élitistes.Ainsi trouve-t-on, à la liste joliment intitulée «Le chemin de croix», des choses aussi variées qu'une préface de Claude Grauveau (sic), un smoked-meat pornographique, La revanche des nerds, Luc Plamondon et le cancer de la bouche (Phaneuf fonctionne-t-il par association d'idées pour faire ses listes?).La maquette de couverture de cet invraisemblable catalogue de l'inutile est à l'image du titre: d'une hideur à prendre au troisième degré.S'il existe quelque chose comme la littérature psychotronique, Téléthons de la grande surface en est un bel exemple.- Aleksi K.Lepage, collaboration spéciale TERREUR À TRACADIE KATHY REICHS ROBERT-LAFFONT 381 PAGES, 26,95$ HHH 1/2 C'est la 10e fois que Kathy Reichs prend la plume (ou le clavier) pour lever le voile sur le destin de son alter ego, Temperance Brennan, elle aussi anthropologue judiciaire qui partage sa vie entre Montréal et Charlotte, en Caroline-du-Sud.Et ce 10e roman, Terreur à Tracadie, est l'un des meilleurs crus fomentés par la femme de science devenue femme de lettres.En fait, le talent des deux est à l'oeuvre dans ce récit qui entraîne le personnage dans ses souvenirs d'enfance.Tempe était en vacances quand elle a rencontré Évangéline Landry.Évangéline qui rêvait d'être poète.Qui a disparu mystérieusement.N'a jamais répondu aux lettres de son amie.Trente ans plus tard, appelée à « faire parler » le squelette d'une adolescente découvert en Acadie, près du lieu où vivait la famille Landry, Tempe a un doute: ces ossements seraient-ils ceux d'Évangéline?La coïncidence serait phénoménale, mais des indices la poussent dans cette direction.Et lui font croiser l'enquête que mène le beau Ryan, avec qui elle est maintenant en froid.Lui, s'occupe de la disparition de toutes jeunes filles.L'ensemble peut sembler classique.Il l'est, mais n'est pas que ça.Kathy Reichs fait, ici, des « fouilles » au Nouveau-Brunswick, dans un passé fascinant dont on sait bien peu.N'en disons pas plus sur le sujet.Mais soulignons qu'encore une fois, l'humour de Tempe est au rendezvous, de même que la précision quant aux techniques scientifiques utilisées, les fins de chapitres punchées, et un Montréal totalement crédible dans ses lieux, sa vie, ses gens.- Sonia Sarfati LAURA-JULIE PERREAULT Quand Kaylene Johnson, une journaliste d'une petite bourgade a laskienne, a éc rit la biographie de son ancienne mairesse, Sarah Palin, elle ne se doutait pas que, cinq mois après la publication, cette dernière deviendrait l'un des personnages politiques les plus critiqués du monde.Disponible en anglais seulement au Canada comme aux États-Unis, Sarah (« comment une \"hockey mom\" a bouleversé l'élite politique de l'Alaska ») raconte comment une fillette de Wasilla, élevée dans une famille mordue de religion, de sport et de chasse, a pu gravir les échelons jusqu'à son élection, à l'âge de 42 ans, au poste de gouverneure de l'Alaska.Artisanal, ce livre illustré par une trentaine de photos de famille offre un portrait très peu critique de la candidate à la vice-présidence américaine.Mais il a le mérite de mettre en contexte Sarah Palin dans la culture très particulière de l'Alaska.On apprend notamment que le nom de sa fille cadette, Piper, est inspiré du nom d'un avion et le prénom de son fils aîné, Track, du sport préféré du mari de Sarah Palin, la course à pied.La petite biographie de 145 pages, écrite à partir d'entrevues avec les proches de la dame au chignon, s'arrête cependant bien avant qu'un certain John Mc Cain ne surprenne la galerie en faisant de la jeune politicienne sa colistière dans la course à la Maison-Blanche.SARAH, HOWAHOCKEY MOMTURNEDALASKA'S POLITICALESTABLISHMENT UPSIDEDOWN Kaylene Johnson 145 pages, Epicenter Press, 34,95$ HH 1/2 EN ANGLAIS Sarah l'Alaskienne Roberto Saviano songe à quitter l'Italie La Foire du livre de Francfort a décerné son prix 2008 de l'adaptation au film Gomorra et à l'auteur de l'ouvrage original, l'Italien Roberto Saviano, menacé de mort par la mafia, ont annoncé les organisateurs vendredi.«Pour la première fois de l'histoire de ce prix, nous avons décidé de récompenser non seulement le réalisateur, Matteo Garrone, mais aussi l'écrivain Roberto Saviano», indique le communiqué.Menacé par la mafia, l'auteur de Gomorra, Roberto Saviano, a confirmé mercredi soir à la télévision italienne qu'il avait l'intention de quitter l'Italie.«Je pense à partir.Ils m'ont tout pris, mais pas la rage», a-t-il déclaré à propos du clan mafieux des Casalesi, ajoutant qu'il continuerait à écrire sur le clan le plus puissant de la mafia napolitaine.La presse italienne a attribué mardi la «révélation» de ce projet d'attentat qui devait être commis d'ici Noël à un membre repenti des Casalesi, mais ce dernier a démenti être à l'origine de cette information.Saviano a précisé que l'information parvenue au parquet de Naples sur le projet d'attentat était «très détaillée», avec des indications sur les véhicules qu'il utilise et sur son escorte.\u2014 Agence France-Presse EN BREF AUJOURD´HUI ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ : 9h45 R D I EN D I R E C T Avec Louis Lemieux VENDREDI DÈS 5h SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 5h30 DEMAIN MATIN ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 C ' E S T B I E N MEILLEUR L E MAT I N Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h30 À 9h À RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA Radio-Canada.ca 3574910A Martin Matte LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Pour faire rire, il s'inspire souvent de ce qui n'est pas drôle du tout.Il réussit pourtant, avec la magie des mots et des mimiques, à nous faire «mourir » de rire.Le plus souvent, Martin Matte utilise en climax la tendresse, où les larmes ne sont plus très loin.Avec un déconcertant sourire.Ce talent est sans contredit unique.ANNE RICHER Au-delà de la scène, il y a la vie quotidienne, ses peines et ses drames.Martin Matte en a vécu son lot lorsque, le 10 août 1986, un accident de la route lui a ravi en partie son frère Christian, alors âgé de 17 ans.Ce frère aîné, ce modèle, a survécu.Mais le traumatisme crânien qu'il a subi a, à jamais, détruit une vie qui s'annonçait sous de meilleurs auspices.Son état difficile a anéanti toute une famille.Martin Matte rappelle que chaque année, au Québec, 13 000 personnes subissent un traumatisme crânien, et que le tiers d'entre elles restent dans un état grave.Après une vingtaine d'années d'attentions, de soins, d'incertitudes ; 20 ans à voir sa mère, entre autres, user sa patience et son énergie à soigner son grand frère, Martin Matte a enfin réalisé son vieux rêve d'un toit stable, une «maison» à Laval où Christian peut vivre entouré d'autres malades et d'intervenants chevronnés.Il est en sécurité.Avec l'aide de nombreux partenaires, en mettant sur pied sa propre fondation, Martin Matte offre ainsi à 11 pensionnaires - et, par ricochet, à leurs familles épuisées - une nouvelle vie.La Presse et Radio-Canada tiennent à souligner l'humanisme et l'opiniâtreté du petit frère de Christian en le nommant Personnalité de la semaine.Un baume «C'est beau, c'est neuf, avec un look résidentiel », annonce fièrement le président de la Fondation Martin Matte en parlant de la maison.Et il ajoute modestement : «La notoriété, n'est-ce pas, ça fait bouger les choses\u2026» Plus sérieux, ému il dit : «Il y a longtemps qu'on en parlait, dans la famille, de créer une ressource.Ouverte il y a trois semaines, je réalise qu'elle existe enfin\u2026» Cette réalisation met du baume sur les années de brouillard qu'il a traversées : «Sur l'événement le plus pénible de ma vie.» Un projet de 1 860 000$, associé à l'Hôpital juif de réadaptation de Laval.Le «condamné à l'excellence» fait rire, mais il provoque, émeut et garde au fond de lui l'enfant qui a souffert et qui, un jour, a décidé d'agir pour évacuer, exorciser, sublimer cette souffrance.D'abord en osant en parler sur scène et transfigurer le chagrin en éclats de rire.Ensuite, en agissant pour construire des murs, un toit, donner corps à une idée.Martin Matte a aujourd'hui 38 ans; son frère, un an de plus.Il n'a pas oublié : «Adolescent, je le suivais, c'était lui qui m'ouvrait la voie.» Cette nostalgie ouvre aussi la porte des larmes.«Mon grand frère est devenu mon petit frère.» Les enfants Matte - deux garçons, une fille - ont vécu à Laval une enfance heureuse.Le héros de Martin était Guy Lafleur.Cette période d'«avant l'accident» les soudait déjà.Son souvenir est devenu un moteur d'action.Soulager la souffrance Ceux qui ont vu le spectacle de Martin Matte connaissent l'existence d'une petite boîte à monnaie.Une idée de Martin, presque une boutade, mais qui connaît un franc succès et l'émeut à chaque fin de spectacle.En fin de soirée, les spectateurs qui ont payé leurs billets pour rire un bon coup se laissent émouvoir par la Fondation et laissent en quittant la salle leur petite monnaie, parfois même de gros billets ! «C'est la magie des 3000 personnes qui se soulagent de leur monnaie et repartent plus légers!» Peut-être le coeur plus léger?Martin Matte a étudié en administration.Ah! On comprend tout! Blague à part : «Toute cause est bonne, reconnaît-il.Je suis beaucoup sollicité, mais j'ai choisi MA cause.» Il ne s'éparpille pas.Il est lui-même.L'humoriste fait rire depuis toujours: «Je suis imbibé d'humour.C'est une deuxième nature.» Ce naturel chez lui est la clé de son succès, sans doute.Il ne cherche pas à tromper son public, et ce métier qu'il exerce depuis plusieurs années lui a valu de nombreux témoignages et récompenses.Ce n'est pas pour rien.Il lui faut être unique, authentique.Son humour est un partage d'humanité.Une fragilité qu'il reconnaît chez tous ceux qu'il rencontre et observe, et qui se transforme en humour parfois caustique.«Ce que j'aime, dit-il, c'est l'autre côté de la vie.» Voilà sa façon de voir les choses.«Le non-dit me stimule.» Et s'il faut parfois pousser l'audace jusqu'à parler de la maladie ou de la mort, il n'hésite pas.«C'est comme se vanter.Ça ne se fait pas\u2026» Et Dieu sait qu'il ne s'en prive pas.Mais la pirouette parvient à nous attendrir.Torturé?Il se soigne avec candeur.Et vit avec intensité toutes les émotions qu'il traverse, sans se gêner de pleurer au cinéma dans des scènes où père et fils s'affrontent.Croyant?«La religion, ça t'empêche de réfléchir\u2026» Lucide?«On peut souhaiter la paix dans le monde, mais c'est une utopie.Depuis toujours la violence existe, l'homme est comme ça.» Alors pour s'adoucir, ou se racheter, l'homme rit.On peut souhaiter la paix dans le monde, mais c'est une utopie.Depuis toujours la violence existe, l'homme est comme ça.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE "]
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