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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-10-12, Collections de BAnQ.

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[" 3579347A MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE El le avait la vingtaine en 68, tout comme son personnage de François Ladouceur, qui l'accompagne de livre en livre depuis Maryse, son premier roman publié en 1983.Aujourd'hui, comme François, elle a la soixantaine, elle est écrivaine, professeure à la retraite et.angoissée.Comment ne pas l'être?«Tout le monde est angoissé, dit-elle, sauf peut-être les maîtres bouddhistes, ou les carmélites.Et encore\u2026» Mais elle a l'angoisse légère, Francine Noël.Comme le titre, si joli, de son plus récent roman.«En tout cas, j'essaie.Et j'y réussis généralement.J'essaie d'atteindre un certain équilibre.» Après un détour par l'autobiographie, avec La femme de ma vie, ce livre beau et émouvant où elle nous parlait de sa mère qui l'a élevée seule, Francine Noël est revenue aux personnages de ceux qu'elle appelle affectueusement sa Tribu.Les François Ladouceur, Elvire, Myriam, Félix, cette bande d'amis, de vieux amants, de parents, enracinés dans le Montréal du Plateau et du parc La Fontaine, que l'on a vus évoluer dans Maryse, Myriam première puis La conjuration des bâtards.Portrait d'une époque - les années 2000 -, d'un milieu - celui des théâtres et des universités, des étudiants et des artistes -, J'ai l'angoisse légère met en scène un nouveau personnage, Garance Lemieux, une jeune femme dans la trentaine aux amours sans cesse déçues, ex-amante de François Ladouceur, son directeur de thèse, subjuguée par le charme de Vincent, un caméraman «beau comme un arbre oublié au milieu d'un site d'enfouissement», lequel est, malheureusement, secrètement épris de l'inaccessible Myriam.La sol itude, le sent iment d'échec, le regard, l'art sous toutes ses formes, ces grands thèmes chers à l'auteure tissent ce roman écrit dans une langue à la fois solide et délicate, précise et dénuée d'artifice.Tout comme François Ladouceur, Francine Noël doute constamment de son travail d'écrivain et craint l'échec.«J'ai cette fragilité, dit-elle.Et je la lui ai donnée.Je me suis vraiment mis le coeur sur la table, avec ce roman-là.J'ai eu une carrière en dents de scie, rappelle-t-elle.J'ai connu un très gros succès, puis une descente abrupte.Disons que ça m'a appris l'humilité.» Poursuivre dans l'autobiographie Mais heureusement pour nous, cela ne l'a pas contrainte au silence.Si Francine Noël publie relativement peu, elle écrit régulièrement, et construit une oeuvre remarquablement cohérente.Cette grande admiratrice de Gabrielle Roy et de Jacques Ferron («mon idole!»), mais aussi de ses contemporains, les Monique Proulx, Gaétan Soucy, Jean Barbe, entend poursuivre la veine autobiographique amorcée avec La femme de ma vie.«Pour le moment, je n'ai plus le goût de supporter le poids de personnages dans lesquels il faut faire entrer des choses.Je suis trop vieille! J'ai davantage le goût de parler en mon propre nom.» Son prochain texte, qu'elle écrira sous forme de lettres à un fils imaginaire, un interlocuteur de rêve, parlera, entre autres, de la multiplicité des regards.«Et de tout ce qui m'intéresse!» Mai s rassu rez-vous, el le reviendra à la fiction\u2026 «éventuellement.Je crois que Garance a d'autres choses à dire ».Garance qui, à l'instar des artistes de l'ATSA (l'Action terroriste socialement acceptable), ici rebaptisée RASI (Regroupement des artistes socialement inquiets), promène son art dans les rues de la ville, dénonçant les injustices sociales qui la préoccupent par le truchement de performances audacieuses, voire choquantes, éprise de liberté et de justice, est la figure de proue de ce roman qui colle à la réalité de façon troublante, alors que tout le débat sur l'art fait rage.La nécessité de l'art Coï nc idence ?B ien sû r .Francine Noël n'a jamais voulu peindre le tableau d'une époque.Mais encore une fois, l'air du temps souffle entre les pages de son roman.L'auteure, qui a enseigné le théâtre à l'UQAM pendant de nombreuses années, n'a pas hésité à aller manifester dans les rues contre les coupes du gouvernement Harper.C'est peu dire que Francine Noël croit à la nécessité de l'art.Pour sa Garance, comme pour elle-même, l'art est une lumière.«L'art nous fait du bien, nous aide à vivre, même quand c'est dur, affirme Francine Noël.Les arts visuels, le théâtre, la danse, nous nourrissent.C'est essentiel dans la vie d'un peuple.Ça ne règle peut-être pas les autres problèmes de la société, mais pendant que les gens reçoivent une oeuvre, ils sont en communion, ils sont heureux.» J'ai l'angoisse légère Francine Noël Leméac, 183 pages, 21,95$ ENTREVUE / FRANCINE NOËL LIBRE COMME L'ÈRE PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE Tout comme son personnage, François Ladouceur, Francine Noël doute constamment de son travail d'écrivaine et craint l'échec.«J'ai cette fragilité, et je la lui ai donnée.J'ai eu une carrière en dents de scie, rappelle-t-elle.J'ai connu un très gros succès, puis une descente abrupte.Disons que ça m'a appris l'humilité.» Quatrième (et dernier ?) volet d'une saga inaugurée il y a 20 ans avec Maryse, le plus récent roman de Francine Noël, J'ai l'angoisse légère, capte l'air du temps.« L'art nous fait du bien, nous aide à vivre, même quand c'est dur.Ça ne règle peut-être pas les autres problèmes de la société, mais pendant que les gens reçoivent une oeuvre, ils sont en communion, ils sont heureux.» LECTURES ENTREVUE STÉFANI MEUNIER LA MER POUR MIEUX SE RETROUVER PAGE 3 sur cyberpresse.ca CHRONIQUES Relisez les dernières chroniques de Chantal Guy sur cyberpresse.ca/guy DOSSIER Parcourez notre dossier sur les grands classiques de la littérature sur cyberpresse.ca/classiques PRIX NOBEL LE CLÉZIO FAIT L'UNANIMITÉ EN FRANCE PAGE 2 ENTREVUES ÉCRIRE À DEUX : RÊVE OU CAUCHEMAR?PAGE 4 LECTURES SIGNET CHANTAL GUY Quand nos rêves se terminent par un générique et qu'on se réveille tous les matins avec des jingles publicitaires comme vers d'oreille, on se dit que Flaubert n'a jamais connu ça, lui.Des décennies d'éducation chaotique plus que canonique de même qu'une vie entière couvée par la société de consommation ont fait de nous des Citizen Kane en puissance, perdus dans un entrepôt plein à craquer où la hiérarchisation est interdite, perpétuellement à la recherche de Rosebud.Ou alors nous sommes tous un peu archéologues, à recoller n'importe comment les pots cassés dans les ruines des traditions joyeusement détruites par la génération précédente, comme un enfant mélangeant les bonbons avec sa morve, pour citer le poète Denis Vanier.Le recyclage est non seulement devenu une des nouvelles vertus du citoyen du monde, mais aussi une école artistique: on écrit dans le même esprit que Quentin Tarantino fait ses films.J'ai souvent pensé que ma génération était plus encombrée que cultivée, pour la simple raison qu'elle n'a pas la capacité de faire le tri dans son terrible héritage.On ne le lui a pas appris, et tout est égal dans le meilleur des mondes.Je ne compte plus les soirées où l'on m'a servi pendant des heures la liste innombrable des objets, émissions ou souvenirs de mon enfance - tous des «classiques», bien entendu - que je n'ai jamais eu la chance d'oublier deux minutes, si bien que lorsque j'entends pour la millionième fois une chanson de Passe-Partout, j'ai une crise d'urticaire.La prochaine fois, je frappe, soyez prévenus.On peut devenir fou face au tsunami quotidien d'objets, d'images, de musique et d'information qu'on nous balance par la tête.Cet encombrement, je l'ai ressenti à la lecture de quelques livres récents.Des romans assez étourdissants pour que je me demande si le Quebec Gold est de retour ou si l'on assiste aux premiers ravages littéraires du Ritalin.J'ai lu dans la même semaine Bestiaire d'Éric Dupont (chez Marchand de feuilles), Le vengeur masqué contre les hommes-perchaudes de la Lune de François Blais (chez Hurtubise HMH) et, last, but not least, Téléthons de la grande surface -inventaire catégorique de Marc-Antoine K.Phaneuf (chez le Quartanier).Trois livres brillants et si foisonnants de références qu'on frise l'overdose.Dans le livre de Blais, un couple, qui n'est pas sans rappeler celui de L'hiver de force de Ducharme, a tout abandonné.«Nous avions renoncé au siècle sans savoir au juste à quoi nous renoncions, sans même que la question nous intéresse», nous dit la narratrice, qui possède un savoir encyclopédique sur les tueurs en série.«Nous, on est déjà convaincus (convaincus d'aplomb) qu'il est inutile de faire quelque chose dans la vie, mais on en est convaincus sans savoir au juste ce que veut dire faire, sans savoir ce que veut dire quelque chose, sans même savoir ce que c'est qu'une vie.» Chez Dupont, où ça se corse encore plus dans un féroce mélange de souvenirs des années 70 et de la cour d'Henri VIII, le narrateur, un petit génie insupportable, nous dit: «Il s'agissait de faire table rase du passé sous toutes ses formes.Des mots nouveaux pour un monde nouveau.Les mots «père» et «mère», qui avaient depuis toujours occupé un champ sémantique bien circonscrit, avaient maintenant une définition élastique.L'un valait bien l'autre et les rôles étaient interchangeables.Nous faisions partie d'un nouveau genre, d'une nouvelle race d'humains qui ne s'embarrasserait plus des fardeaux de la morale d'un autre âge.Souverains, nous serions comme des dieux androgynes.» Phaneuf, lui, ne s'embarrasse même pas d'une histoire et se contente de nous servir un recueil de «namedropping » très drôle, où l'on se surprend à chercher son propre nom.Écrasée par tant de mots-objets, assez pour donner la migraine à n'importe qui, j'ai pensé à lanouvelle de Borges, Funes ou la mémoire.Funes se souvient de tout, absolument tout et tente de réduire à 70 000 par jour le nombre de ses souvenirs.«Je soupçonne cependant qu'il n'était pas très capable de penser, nous dit le narrateur.Penser c'est oublier des différences, c'est généraliser, abstraire.Dans le monde surchargé de Funes il n'y avait que des détails, presque immédiats.» L'espace et le temps pour penser, dans ce monde surchargé, c'est peut-être ça qu'on tente de retrouver.Notre Rosebud.Rosebud LLOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS Tout pays, petit ou grand, sable le champagne lorsque le prix Nobel de littérature est attribué à l'un de ses auteurs.Le couronnement, jeudi, de Jean-Marie Gustave Le Clézio a donc déclenché une déferlante dans les médias.La moitié de la une du Monde, avec photo et un éditorial de son directeur, Éric Fottorino.La moitié de la première page du Figaro, et trois pages intérieures.Le reste à l'avenant.JMG Le Clézio, connu pour sa réserve polie, avait la chance ou la malchance de se trouver ces jours-ci, non pas au Nouveau- Mexique où il réside depuis des décennies, mais en Bretagne, pays de ses ancêtres qui avaient émigré au XVIIIe siècle à l'île Maurice.On l'a donc retrouvé, jeudi après-midi, au milieu d'une cohue indescriptible, aux éditions Gallimard.Puis en direct au journal télévisé de 20h.Mais pas plus bavard que d'habitude, l'air de chercher ses mots et de s'excuser d'être là : «Ému et touché» de cette consécration, qui va lui assurer «la tranquillité matérielle» pour écrire, mais qui ne change rien à son métier d'écrivain: «On vous couronne pour vos livres passés, ça ne garantit rien pour les suivants.» Et pour finir, il a dédié ce prix à l'île Maurice, sa «petite partie », dont son père (anglophone) avait la nationalité.Les prix Nobel ne font pas nécessairement consensus.En 1985, son attribution à Claude Simon, le plus hermétique des tenants du Nouveau Roman, avait été diversement appréciée.Le Clézio, lui, fait l'unanimité.Tel un écrivain idéal, sans peur et sans reproche.Né à Nice en 1940, élevé par sa mère francophone, parfait anglophone par son père et diplômé de l'Université de Bristol en Grande-Bretagne, Le Clézio a tout pour lui.Grand, mince et blond, physique de cinéma, il a toujours limité au strict minimum ses contacts avec les médias.Malgré une entrée fracassante en littérature.En 1963, à 23 ans, il envoie le manuscrit du Procès-verbal, son premier roman, aux éditions Gallimard.Rate le Goncourt d'une voix.Et remporte le prix Renaudot.On lui trouve une écriture voisine de ses confrères du Nouveau Roman - et de fait il n'y aura jamais de concession à la facilité dans la cinquantaine de livres qu'il écrira par la suite.Mais, si l\u2018on ose dire, son rayon d'action est plus ample que celui des écrivains des éditions de Minuit.Comme l'écrit Éric Fottorino à la une du Monde, au-delà «du sortilège d'une langue ample et souple », cette oeuvre est «une sorte de grand concert sauvage célébrant la fraternité des humains, d'abord ceux que le vent de l'Histoire a dépossédés».Malgré la discrétion extrême de l'écrivain, ses engagements littéraires, et parfois publics, en faveur de minorités opprimées, ou pour la défense d'une nature massacrée par l'homme, ont trouvé un large écho dans le public.JMG Le Clézio a eu souvent de ces formules qui marquent lorsqu'il a dénoncé «le vacarme absurde et irritant de la civilisation urbaine pareille à une vaste cage à signes».Discret, peut-être légèrement asocial, le nouveau Nobel de la littérature a aussi été -pour la petite histoire- l'un des rares interlocuteurs d'un célèbre reclus littéraire du nom de Réjean Ducharme.Selon Robert Charlebois, qui le fréquentait quand ils écrivaient des chansons ensemble, Ducharme «restait en contact régulier avec Le Clézio ».À une occasion, il aurait même pris l 'avion de Miami pour une rencontre avec l'auteur du Chercheur d'or.Il y a de cela un quart de siècle.Enfin, le Prix Nobel de littérature sera de passage au Québec cette semaine, où il doit participer à plusieurs activités, notamment la remise du prix littéraire des Cinq continents de la francophonie, dont il est membre du jury, une rencontre à l'Université de Montréal, une conférence à la librairie Olivieri, et l'inauguration du colloque annuel des écrivains de l'Académie des lettres.L'écrivain précoce, discret et absolu Contrairement à de précédents Prix Nobel de littérature, JMG Le Clézio fait l'unanimité en France LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS\u2014 Cela fait peut-être partie des opérations trop bien menées, et trop assurées du triomphe.Dix jours après sa sortie en librairie, le livre à quatre mains -et deux ordinateurs- de Michel Houellebecq et Bernard-henri Lévy, Ennemis publics, marche «moins bien que prévu», comme on dit avec un sourire contrit dans les milieux de l'édition.«On a tellement parlé de ce livre de BHL et Houellebecq dans les médias, on l'a tellement bien résumé, que les gens ont l'impression de l'avoir lu », ironise un éditeur parisien.Selon des relevés fiables, Ennemis publics se vendrait actuellement au rythme de 1600 par semaine.Un chiffre qui ressemble à un échec vu l'ampleur de l'opération concoctée par Flammarion et sa redoutable patronne, Teresa Crimisi.Tout avait été préparé dans le plus grand secret.Flammarion, éditeur de Houellebecq, avait cherché dans le paysage un autre monstre sacré avec qui il correspondrait par courriel entre février et juin 2008.Le choix s'arrêta sur l'autre diva assoluta, côté essais, c'est-à-dire Bernard-Henri Lévy, qui accepta.Puis le bouquin fut «vendu sous X» aux libraires, c'est-à-dire qu'on leur annonça LE succès de la rentrée tout en gardant le secret sur le contenu et le nom des auteurs.À la suite de fuites distillées au compte-gouttes, on sut à la fin de l'été que Houellebecq faisait partie du dispositif.Fin septembre, que l'autre était BHL.Mais black-out sur le livre lui-même et son contenu.Jusqu'au 3 octobre, où des extraits devaient paraître dans le Nouvel Observateur.Petit couac de dernière minute : Libération met lamain sur le livre et en révèle le contenu le 1er octobre.On avance de deux jours la mise en place en librairie.Mais qu'importe, la machine est lancée.On estime que les libraires, alléchés ou mis sous pression, ont passé commande de 130 000 exemplaires.Les deux «ennemis publics», qui dans leur échange s'estiment victimes de la haine et de la persécution de leurs contemporains, sont invités au journal télévisé de France 2 le dimanche soir (cinq millions d'audience), puis au très chic Grand journal de Canal +, puis à l'émission littéraire de Picouly sur France 2.Entre le 1er et le 10 octobre, tous les quotidiens et hebdos consacrent de longs articles à l'événement de la saison.Cadeau empoisonné?Vu la personnalité controversée - pour ne pas dire plus - des deux auteurs, on pouvait s'attendre à un sérieux étripage sur la place publique.D'autant plus que les deux «ennemis publics» ne ménagent pas les journalistes et biographes qui, selon eux, les «persécutent » : pour Houellebecq, ce sont «des vésicules eczémateuses », «mes cloportes personnels», des «crapules» proches du nazisme, et même un «ténia»; pour BHL, des «biographes à gages», des «roquets », des «chasseurs de primes littéraires».Réaction des médias : certes, il y a des «excès» de langage un peu ridicules, mais dans l'ensemble «le tandem est bon», selon Libération.Pour Marianne, il y a dans ce livre «plus de feux que d'artifices».Ici et là, on signale que «les portraits de leurs pères respectifs sont touchants».Une quasi-unanimité, de gauche à droite et de la feuille intello au journal grand public, pour accorder la palme de la «sincérité» à cette correspondance.La critique louangeuse serait-elle aujourd'hui un cadeau empoisonné, surtout pour un livre qui se voulait polémique?Alors que BHL et Houellebecq démarrent à 1600 exemplaires dans la semaine, l'autobiographie tranquille de Benoîte Groult en est à 5000, et le énième essai du champion de la résilience, Boris Cyrulnik, à 6000.Cherchez l'erreur.Le dialogue Houellebecq-BHL tourne court en librairie PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI, AFP Le tandem Houellebecq-BHL serait-il -curieusement- victime d'une critique élogieuse ?PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS Jean-Marie Gustave Le Clezio, prix Nobel de littérature, sera de passage au Québec cette semaine, où il doit participer à plusieurs activités.«On a tellement parlé de ce livre que les gens ont l'impression de l'avoir lu.» LECTURES AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY Fable humaniste douceamère, Et je te demanderai la mer raconte la distance entre les êtres et les moyens de se rapprocher.ELSA PÉPIN COLLABORATION SPÉCIALE Après un roman sur le passage de la jeunesse à l'âge adulte (Ce n'est pas une façon de dire adieu, 2007), Stéfani Meunier poursuit sa peinture d'une humanité en fuite, écorchée vive et en mal de communication, avec un magnifique portrait sur la famille décomposée.Dan, un homme dans la quarantaine, a tout quitté et s'est acheté un vieux motel.Il ne voit plus son fils, Marco, mais rencontre Léo, le fils d'une cliente alcoolique.À travers leur amitié, fondée en partie sur leur passion commune pour les océans et les monstres marins, Dan et Léo vont s'aider à reprendre contact : Léo avec sa mère, Dan avec son fils.Stéfani Meunier raconte avec une fine acuité psychologique les liens qui se tissent et se défont dans les familles.«J'avais surtout envie d'écrire un livre positif, de montrer que, dans n'importe quelle famille, c'est important de garder les liens et de les créer lorsqu'ils sont absents», explique l'auteure, fébrile et lumineuse, comme son roman.L'amitié devient à cet égard un moyen détourné pour reprendre contact avec nos proches.«Ça prend parfois des détours pour parvenir à nos fins», explique la romancière.«À l'origine, je voulais parler de la peur de l'engagement.Dan est l'homme type dans la quarantaine qui décroche, abandonnant femme, enfant et travail.Finalement, c'est devenu un livre sur le pouvoir de l'amitié.Dan a peur de son fils qu'il ne comprend plus et essaie de se réengager.Il pense aider Léo, mais finalement, c'est plus Léo qui l'aide à reprendre contact avec les siens.» Du décrochement, Stéfani Meunier est passée à un roman sur le rachat et la reconstruction.Elle abordait la fuite dans ses précédents livres, mais ici, il s'agit plutôt de comprendre pourquoi les gens qui s'aiment ont souvent tant de mal à se rejoindre.«Rachel et Dan ne se connaissent pas parce qu'ils ne parlent pas le même langage», explique l'auteure.«Peut-être que s'ils avaient réussi à se parler, ils ne se seraient pas séparés ou n'auraient même pas été ensemble.Dan apprend à connaître Rachel par le détour.Souvent, les gens les plus proches ne se connaissent pas.» Portée par trois narrateurs, la construction du roman rend bien compte des courts-circuits de la communication.Rachel, Dan et Léo offrent trois points de vue divergents qui cherchent à se joindre et s'éclairent l'un l'autre.Pour suggérer l'incompréhension, l'auteure a d'ailleurs inséré une conversation par MSN entre Dan et son fils Marco, un dialogue à sens unique (Marco ne répond pas).«Je voulais mettre MSN parce que c'est devenu un moyen de communication presque plus courant que le téléphone.» Au coeur des relations entre les personnages, Stéfani Meunier a placé la mer.Telle une force réunificatrice aux profondeurs abyssales , l 'océan inquiète, mais cimente aussi les rapports humains.«La mer est pour moi un lieu où on retourne en soi.J'ai vécu un an dans les Caraïbes et je suis devenue maniaque de plongée sous-marine », raconte la romancière.Dans le livre, Dan est hydrobiologiste, Léo se passionne pour les monstres marins et le plus beau souvenir de Dan est un moment où toute la famille était réunie dans la mer.Ensemble, ils formaient un cercle, un équilibre parfait.«Quand Marco dit à son père qu'il doit voir la mer, c'est une manière détournée de lui dire qu'il l'aime encore », ajoute l'auteure.Le titre fait aussi référence à la chanson Volcano de Damien Rice.« La chanson parle d'incompréhension.Rice dit: \"Tu me donnes des kilomètres de montagnes, et je te demanderai la mer.\" En somme, le couple ne se comprend pas.Pour Dan, les fonds marins lui paraissent plus familiers que le regard de son fils, mais il va émerger des abysses de la mer pour contrer ceux qui le séparent de Marco.Il n'est jamais trop tard pour se connaître.» Et je te demanderai la mer Stéfani Meunier Boréal, 184 pages, 22,95$ ENTREVUE / Stéfani Meunier SI PROCHE, SI LOIN Il est venu\u2026 et passé, le temps des cathédrales.Il aura fallu 18 ans, en effet, pour que Ken Follett donne une suite aux Piliers de la terre, cette formidable fresque qui racontait les bâtisseurs de l'Angleterre du XIIe siècle et qui, selon les chiffres officiels, a séduit 90 millions de lecteurs dans le monde.Publié il y a un an en anglais, italien, allemand et espagnol, Un monde sans fin, qui est arrivé jeudi (enfin !) dans nos librairies, caracole depuis six mois sur la liste des succès du New York Times et s'est vendu à près de quatre millions d'exemplaires.Alors, les lecteurs en ont-ils pour leur argent ?Au poids, c'est certain : cette brique de près de 1300 pages pèse environ deux kilos ! Au contenu aussi, même si cette suite n'atteint pas les sommets du livre fondateur.Lequel touchait carrément aux étoiles\u2026 en tout cas, dans les souvenirs, qui embellissent toujours les choses.Mais il est vrai que, par son sujet, son traitement et ses personnages (plus que pour ses qualités purement littéraires), Les piliers de la terre est un roman populaire d'exception.Un monde sans fin, qui s'éparpille davantage et apparaît donc moins puissant, en est un très bon.Ce qui est déjà très fort, quand on sait combien le risque de décevoir est grand dans un tel genre d'entreprise.Ce qu'il en est ?Nous sommes toujours à Kingsbridge.Mais deux siècles après que la cathédrale que l'on sait eut été bâtie par ceux que l'on sait : Tom le Bâtisseur et son « fils», Jack le Bâtisseur.Elle est toujours debout.Mais des failles apparaissent.Une tour penche.Une section de l'édifice s'effondre.La cathédrale est-elle condamnée ?Le parallèle avec l'incertitude de l'époque - la guerre avec la France, la grande épidémie de peste\u2026 - n'est certainement pas accidentel.Ken Follett sait trop y faire.Pour raconter ces troubles, ces tensions politiques, ces rivalités familiales, ces amours tourmentées, il utilise quatre personnages qu'il suit pendant 35 ans.Ils ont plus ou moins 10 ans quand il nous les présente.Ils sont Gwenda, voleuse et romantique; Caris, esprit libre qui rêve de devenir médecin; Ralph, fourbe et assoiffé de vengeance; et Merthin, son frère, constructeur de génie qui oeuvrera à Kingsbridge mais aussi en Italie.Quatre destins finement entremêlés, mais quatre destins quand même.D'où le sentiment d'éparpillement qui colle par moment à la lecture.Car pour se pencher sur l'un, Ken Follet abandonne les autres.Déplaçant son foyer\u2026 et le nôtre.Parfois, pour faire le point sur l'une de ces lignes de vie moins intéressantes, toutes n'ayant pas la même force ni la même pertinence.Comme les personnages: Ralph donne dans la caricature du méchant et son obstination semble tirée par les cheveux ; quant à Caris, bien que magnifique, son « féminisme» avant le temps fait parfois tiquer.N'empêche.Le terme page turner s'applique ici.Ce Monde sans fin n'est pas une lecture interminable, tant s'en faut.Et nous reviendrons dessus lors du Salon du livre de Montréal où, rappelons-le, Ken Follett sera de passage.Là, ce sera un cas de\u2026 file sans fin ! - Sonia Sarfati Il est revenu, le temps des cathédrales! LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE «Àl'origine, je voulais parler de la peur de l'engagement, mais, finalement, c'est devenu un livre sur le pouvoir de l'amitié », raconte la romancière Stéfani Meunier.« J'avais envie de montrer que, dans n'importe quelle famille, c'est important de garder les liens et de les créer lorsqu'ils sont absents.» Unmonde sans fin Ken Follett Robert Laffont, 1288 pages, 39,95$ HHH QUÉBEC ÉDITION VOYAGE En cette année du 400e anniversaire de fondation de Québec, le Québec était à l'honneur à la Foire du livre Libert de Barcelone (de mercredi à vendredi derniers) de même qu'au Salon du livre des 11e Rendez-vous de l'histoire de Blois (centre-ouest de la France) qui se terminent aujourd'hui.Sous la bannière de Québec Édition, une vingtaine d'écrivains, d'éditeurs et d'universitaires d'ici ont participé aux différentes activités du salon.À compter de mercredi, Québec Édition - un comité de l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) - installe son stand à la 60e Foire du livre de Francfort où sont attendus jusqu'à dimanche quelque 300 000 professionnels du livre; une vingtaine de maisons québécoises et canadiennes de la langue française sont du voyage en Allemagne.J.-M.G.LE CLÉZIO À L'ALQ L'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui vient de remporter le Nobel, prononcera la conférence inaugurale du 26e Colloque des écrivains de l'Académie des lettres du Québec, qui se tient vendredi à l'auditorium de la Grande Bibliothèque sur le thème «Les littératures de langue française à l'heure de la mondialisation».Lise Bissonnette, Paul Chamberland, Joël Des Rosiers, Madeleine Gagnon, Venus Khoury-Ghata, Dany Laferrière, Monique La Rue et Gilles Pellerin participeront ensuite à une table ronde sur la même question tandis que Jean-Daniel Lafond livrera ses commentaires après la projection de son film La manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant.DES PRIX! Les finalistes du 3e Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal sont : Alain M.Bergeron et Sampar pour Capitaine Static (Québec Amérique), François Gravel et Virgine Egger pour Débile toi-même ! (Les 400 coups), Hélène Vachon pour L'Arbre tombé (Québec Amérique), Mélanie Watt pour Frisson l'écureuil se fait un ami (Scholastic) et Danielle Simard et Geneviève Côté pour La petite rapporteuse de mots (Les 400 coups).Sylvain Meunier a remporté le prix Saint-Pacôme 2008 du roman policier pour son polar L'homme qui détestait le golf, publié à La Courte Échelle.Jean-Marie Le Clézio LECTURES JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE «Nous étions tous les deux en voiture lorsque nous avons eu l'idée, lance Marie-Ève Mathieu, visiblement amusée à l'idée de faire le bilan de cette drôle d'expérience que fut la création en tandem du roman Plus loin.Puisque nous avons souvent fait du pouce dans notre vie, nous délirions autour de nos multiples histoires.Ce jour-là, en voiture, nous avons même créé un plan.Nous étions très emballés.» «Puisque nous nous inspirions de nos vraies expériences, c'était plutôt facile, poursuit son compagnon de vie et coauteur, David Dorais.Faire du pouce, c'est une occasion rare de vivre le brassage social.Tu peux te faire prendre par des riches, des paumés, des jeunes, des vieux.Ça nous apparaissait riche comme univers.» Pour l'auteure Marie-Andrée Lamontagne, qui signe avec Philippe Borne Uns, roman alliant science-fiction et philosophie, l'idée d'écrire à deux paraissait également séduisante.«Philippe jonglait avec une histoire depuis une quinzaine d'années sans parvenir à l'écrire, n'étant pas écrivain de son propre aveu.Un jour, il m'a tout simplement proposé de l'écrire avec lui.L'intrigue du roman m'a beaucoup intéressée en raison de la richesse de son contenu et surtout de sa dimension historique.» «J'étais loin de penser que j'écrirais un jour un roman de science-fiction, souligne la nouvelliste et essayiste, mais j'aime assez le fantastique et je n'ai pas d'a priori contre la littérature de genre.Je suis curieuse et ouverte aux expériences.Je me suis donc prise au jeu.Au canevas de départ se sont ajoutés, au fil de nos discussions et de l'écriture, des tas d'éléments qui ne figuraient pas dans l'histoire initiale.Ainsi va la littérature qui n'en fait souvent qu'à sa tête ! » L'art du compromis Si l'idée d'écrire en tandem semblait au départ stimulante, la question du processus d'écriture s'est rapidement posée.«Pour ma part, j 'ai impérativement besoin d'être seule dans une pièce et de ne pas être dérangée pour écrire, avoue Marie-Andrée Lamontagne.Philippe et moi nous sommes donc réparti le travail.Chaque matin, je m'enfermais dans ma chambre jusqu'à midi et j'écrivais un premier jet.De son côté, Philippe faisait toutes les recherches scientifiques et historiques.Il relisait également les pages que j'avais écrites quelques jours plus tôt pour s'assurer de leur cohérence.Ensuite, nous nous remettions au travail, cette fois côte à côte.Nous discutions des remarques et corrections qu'il proposait.La nécessité de passer par la discussion obligeait chacun à clarifier ses positions et ses choix, stylistiques ou factuels.» Il aura fallu cinq années de travail commun à Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne pour mener à terme cet ambitieux projet.«C'était une vie très disciplinée, austère même, mais qui nous plaisait beaucoup par son intensité, affirme l'auteure.Nous étions littéralement plongés dans l'univers historico-galactique que nous avions créé.Les chapitres se sont accumulés, le roman a pris forme.Il a trouvé sa voix et sa cohérence propre.Écrire à deux ne me paraît possible que lorsque les territoires respectifs sont bien délimités et que les deux partenaires ont le regard tourné vers un but commun.» Coauteurs aux antipodes Pour les auteurs David Dorais et Marie-Ève Mathieu, la question des territoires s'est avérée plus épineuse.«L'écriture de David est très stylisée, avoue Marie-Ève Mathieu.Moi, je tends vers le contemporain, je vais faire des phrases courtes, j'écris plus hachuré.Nous sommes aux antipodes.Nous avions donc décidé que j'écrirais les dialogues et que David peaufinerait.Mais, en cours d'écriture, nous nous sommes rendu compte, à notre grand étonnement, que nous étions capables d'unifier notre style.» Le choc des écritures fut donc moins violent que prévu.«Du fait qu'on se recorrigeait sans cesse, les lectures étaient multiples, renchérit David Dorais.Nous avons donc abouti à un style commun qui n'est ni le mien ni le sien.Une sorte de niveau moyen.À tel point que nous avons de la difficulté à définir qui a créé quoi.Nous avons perdu la paternité des idées et des gags.» « Disons, en fa it , que ça demande une bonne dose d'humilité », résume Marie-Ève Mathieu avant de partager un sourire complice avec son partenaire.PLUS LOIN David Dorais et Marie-Ève Mathieu Éditions Boréal, 312 pages 27,95$ LESUNS Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne Éditions Leméac, 566 pages, 29,95$ Écrire à deux, rêve ou cauchemar ?Chez certains auteurs, l'idée d'écrire en tandem provoque une poussée d'urticaire.Pourtant, nous retrouvons cette année sur les tablettes deux romans écrits à quatre mains : Plus loin, de David Dorais et Marie-Ève Mathieu, et Uns, de Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne.Nous avons rencontré les auteurs afin de discuter processus, compromis et territoires.PLUS LOIN David Dorais et Marie-Ève Mathieu Plus loin raconte les pérégrinations de David et Marie, deux jeunes «pouceux» se disant humanistes et souhaitant faire le plus de rencontres possible au fil d'un voyage improvisé.Ils sont fauchés, rois de la débrouille, heureux libres penseurs qui oscillent entre le dégoût pour le capitalisme et l'envie de faire partie du système.Complètement dépendants des conducteurs qui veulent bien les emmener avec eux sur la route, ils chérissent une liberté de façade que les deux auteurs soulignent à gros traits.Sur la route, nos deux comparses rencontreront donc des vieillards séniles, des improductifs hippies, des hommes d'affaires, «des gros pleins de cash », des agriculteurs, des voyous.I ls aboutiront aux États-Unis, ayant traversé la frontière sans s'en rendre compte, dans ce pays où les gens parlent une langue incompréhensible.De «pouceux», ils deviennent fuyards, illégaux, ce qui ne les empêche pas de longer leur étrange quête.Le road trip s'éternise, si bien que les notions de temps et d'espace s'étiolent sur la route.UNS Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne réussissent ici un véritable tour de force en imaginant la structure sociale de civilisations inconnues de l'univers.On y qualifie d'ailleurs d'«Uns» les membres d'une communauté fort complexe qui ont rejeté toute forme de violence.Alors que les Nés Percés sillonnent l'Amérique dans le tourbillon sanglant des premières guerres indiennes, avant même l'arrivée des Blancs, les yeux des Uns sont tournés vers la Terre.Ils sont intrigués par ces Terriens condamnés par leur comportement et pourtant si créatifs.Nohog, un Ventorx troublé par les mille fleurs de Baudelaire, est donc envoyé sur la Terre afin de redresser la nature contradictoire de ses habitants.À des milliers de kilomètres de la surface, l'exobiologiste cumule les données en attendant de risquer une première approche avec celui qui sera le premier des Contactés, groupe qui travaillera bientôt sur tous les continents sous le couvert de l'anonymat afin que les Terriens puissent espérer joindre.les Uns.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE Marie Ève Mathieu et David Dorais se sont inspirés de leur histoire de «pouceux» pour écrire, à deux, le roman Plus loin.ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPÉCIALE Voici deux bouquins «concept» issus du travail honnête, quoique un peu folâtre, d'une paire de journalistes, un gars et une fille (en l'occurrence Steve Proulx et Sophie Bérubé) et à ranger dans la bibliothèque face à face, dos à dos ou en cuillères.Ces livres des Intouchables aux titres cucul mais appropriés - S'amuser au masculin et, forcément, S'amuser au féminin - n'ont d'autre objectif que de divertir et, après lecture, d'inviter poliment sinon à de nouvelles réflexions sur le grand «débat des sexes », du moins à la discussion conviviale à propos de ce qui rassemble ou oppose madame et monsieur (il y sera, et c'est assez surprenant avec des titres pareils, assez peu question de sexe).Chaque ouvrage, fort bien mis en pages, joliment illustré ou agrémenté de photographies, propose une dizaine d'entretiens avec des personnalités du monde médiatique québécois, lesquelles livrent ici ni plus ni moins que l'idée qu'elles se font d'une vie intérieure réussie, c'est-à-dire d'une existence agréable et stimulante.Chez ces dames sont entre autres interrogées Pauline Marois, Rosalee Jacques, Sophie Cadieux et Judi Richards, chacune y allant de ses considérations selon ses intérêts personnels et son expérience intime de la vie.Chez les hommes, Martin Petit, Yves P.Pelletier, Claude Rajotte et Philippe Falardeau, parmi la dizaine de participants, font de même et placotent, avec sérieux ou fantaisie, de ce qui les anime.On y jase ambition, travail, enfance, rapport au corps et à l'esprit, humour, politique, arts, célébrité, amours et mettez-en.Proulx opte pour l'approche objective, pratique et virile de l'entretien à «questions et réponses », tandis que sa collègue Bérubé opte, selon son intuition ou la tenue de l'entrevue, soit pour le texte suivi, en forme de confidence recueillie, soit pour l'interview classique.Aucun intervenant n'a été soumis à la torture de l'interrogatoire, aussi n'attendez pas de révélation-choc ni d'aveu fracassant, les «confessions» parfois inédites relevant de l'autoexamen modeste, de la conversation intime et non de l'étalage impudique de potins piquants.Tout cela se rapproche immanquablement de « l'entrevue de fond» où la vedette se prête au jeu «en toute simplicité », à la manière des magazines féminins.Cela dit, l'exercice est fait sans aucune complaisance de la part des intervieweurs, avec une curiosité saine et sincère, sans grand souci d'actualité, sans louvoiement ni provocation, avec intelligence et légèreté.S'AMUSER AUMASCULIN Steve Proulx Les Intouchables, 132 pages, 24,95$ S'AMUSER AU FÉMININ Sophie Bérubé Les Intouchables, 156 pages 24,95$ HHH CURIOSITÉ Belle paire de textes Écrire en tandem implique un processus de création bien particulier. PALMARES DES VENTES 29 septembre au 5 octobre 2008 Cette semaine, nous avons vendu 21 299 titres differents.Un reseau de 24 librairies Service aux entreprises et aux institutions : 1 800 667-3628 renaud-bray.com 1 LES CHEVALIERS D'EMERAUDE, t.12.Irianeth A.Robillard R Science-fiction Ed.de Mortagne 2 MILLENIUM, t.1 ., 2 ., 3 .S.Larsson Polar Actes Sud 3 A QUI FERAIS-JE DE LA PEINE SI J'ETAIS MOI-MEME J.Salome Psychologie Ed.de l'Homme 4 MON HISTOIRE J.Couillard R Biographie Ed.de l'Homme 5 LES PETITES BOUCHES A NOURRIR S.Demeules R Cuisine Quebecor 6 LE GUIDE DE L'AUTO 2009 Collectif Guide Trecarre 7 LA PETITE VOIX M.Cyr R Psychologie Transcontinental 8 LE NOUVEAU DEFI ALIMENTAIRE DE LA FEMME L.Lambert-Lagace R Cuisine Ed.de l'Homme 9 LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT .E.Tolle Esoterisme Ariane 10 LES CHRONIQUES D'UNE MERE INDIGNE C.Allard R Roman Septentrion 11 L'AUTO 2009 J.Duval R Guide La Presse 12 BRISINGR C.Paolini Jeunesse Randhom House 13 LA GUERISON INTERIEURE.Par l'acceptation et le C.Portelance Psychologie Ed.du CRAM 14 CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT .Y.Khadra Roman Julliard 15 ELEGIE POUR UN AMERICAIN .S.Hustvedt Roman Lemeac 16 MANGE, PRIE, AIME .E.Gilbert Biographie Calmann-Levy 17 DEPUIS LA FENETRE DE MES CINQ ANS A.Cousture R Roman Libre Expression 18 LES ACCOUCHEUSES, t.3 .La deroute A.-M.Sicotte R Roman VLB Editeur 19 TOUTES CES CHOSES QU'ON NE S'EST PAS DITES M.Levy Roman Laffont 20 MANGER, UN JEU D'ENFANT M.-C.Lortie R Cuisine Ed.La Presse 21 SOUTIEN-GORGE ROSE ET VESTON NOIR .R.Germain R Roman Libre Expression 22 M.ET MME JEAN-BAPTISTE ROUET D.Monette R Roman Logiques 23 REJEAN THOMAS L.Boulanger R Biographie Voix paralleles 24 BOITES A LUNCH SANTE G.O'Gleman R Cuisine La Semaine 25 CHERE LAURETTE, t.1 .Des reves plein la tete M.David R Roman Hurtubise HMH 26 NOUVELLE TERRE .E.Tolle Esoterisme Ariane 27 UN LIEU INCERTAIN .F.Vargas Polar Viviane Hamy 28 LA PRINCESSE DES GLACES C.Lackberg Polar Actes Sud Pour une deuxieme saison, Luck Mervil recoit chez lui.SAMEDI 19 H 29 LE SECRET .R.Byrne Psychologie Un monde different 30 KILO CARDIO I.Huot, J.Lavigueur RSante Ed.de l'Homme 31 VOTRE GROSSESSE AU JOUR LE JOUR .L.Regan Maternite Hurtubise HMH 32 LE GRAND LIVRE DE LA MIJOTEUSE Collectif Cuisine Broquet 33 MISERERE J.-C.Grange Polar Albin Michel 34 LE FAIT DU PRINCE A.Nothomb Roman Albin Michel 35 HORMONES AU FEMININ .S.Demers R Sante Ed.de l'Homme 36 GIN TONIC ET CONCOMBRE .R.Germain R Roman Libre Expression 37 MONTFERRAND, t.1 .Le prix de l'honneur P.Ohl Roman Libre Expression 38 L'ELEGANCE DU HERISSON .M.Barbery Roman Gallimard 39 JE N'AURAI PAS LE TEMPS .H.Reeves R Sciences Ed.du Seuil 40 L'ANNUEL DE L'AUTOMOBILE 2009 Collectif Guide Autojournal 41 L'ETAT DU MONDE 2009 Collectif Politique Boreal 42 CHAGRIN D'ECOLE .D.Pennac Roman Gallimard 43 ODE A LA JOIE A.B.Winter Science-fiction Un monde different 44 LES REVES DE MON PERE .B.Obama Biographie Presses de la Cite 45 2009 : LA GRANDE TRANSFORMATION Collectif Esoterisme Ariane .Coup de coeur Nouvelle entree R Quebecois 3587739A 360 pages 27,95 $ c Jerry Bauer Boreal www.editionsboreal.qc.ca Alice Munro FUGITIVES Nouvelles Les histoires d'Alice Munro illuminent des vies entieres en quelques pages seulement.The New York Times 3587682A LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE Roman philosophique teinte par l'amour de l'auteure pour la culture antique, Entheos aborde une crise d'identite a la lumiere des oeuvres classiques.Thomas abandonne la theologie et une these sur l'Apocalypse de Jean pour etudier la litterature grecque.Il a perdu la foi a la suite d'un drame, le suicide de Christian, son frere jumeau fascine par la mort qui le visite en reve chaque nuit.Ayant quitte Montreal pour Quebec, il entame sa nouvelle vie avec peu d'enthousiasme, en misanthrope degoute de tout, qui se vautre dans la vie intellectuelle.Sa rencontre avec Elsa Fontaine, sa prof de litterature grecque, va lui insuffler un peu de vie et faire renaitre le desir endormi.Condamnee par un cancer, Elsa va orienter Thomas vers ses vraies amours delaissees.Classique, le recit porte par une langue riche, mais un peu seche, s'inscrit dans la lignee des grandes tragedies grecques avec plethore de references mythologiques, bibliques, litteraires et philosophiques.Julie Gravel-Richard, specialiste des civilisations anciennes a F.-X.-Garneau, convie tous les Anciens de l'antiquite pour eclairer les questionnements de son personnage.La jeune ecrivain fait honneur a son savoir, se faisant l'exegete des sentiments humains en remontant a la racine des concepts.L'espoir, le deuil, le divin sont examines a travers le prisme des oeuvres d'Euripide, Nietzsche, Gide ou de l'Apocalypse.A premiere vue, le propos d'Entheos peut sembler depasse ou du moins, reserve aux petits cercles de specialistes de culture antique, mais si Thomas cherche a comprendre pourquoi la foi l'a abandonne, sa crise s'apparente a toutes les crises existentielles.Thomas connait l'errance puis la resurrection.Il apprend a defier la mort et a renaitre de ses cendres.Julie Gravel-Richard cree un pont entre le monde ancien et le moderne, en consultant les auteurs et philosophes anciens dont les paraboles renvoient a toute realite.Un penchant pour l'abstraction alourdit cependant le recit tres academique.La reconstruction du jeune Thomas, en quete de verite et aux prises avec une passion coupable, rejoint, certes, les grands questionnements humains et n'est pas denue de reflexions profondes, nourries chez les meilleurs penseurs.Or il semble que l'auteure ait, par un etrange effet miroir, le meme probleme que son personnage: elle manque d'ame, son histoire est desincarnee.Progressivement, Thomas va s'epanouir, renouer avec son instinct et retrouver l'inspiration, l'entheos, qui signifie etre habite par la divinite.Dans l'eclosion des sentiments, le roman gagne alors un peu de vie, mais il demeure tres theorique.Un roman qui plaira aux intellectuels et qui donnera envie de lire ou de relire les classiques.Elsa Pepin, collaboration speciale ENTHEOS Julie Gravel-Richard Septentrion, 260 pages.HH Ressusciter les Anciens JADE BERUBE COLLABORATION SPECIALE Apres le cri de colere de Cassandre, la poetesse Catherine Lalonde nous offre Corps etranger, broussailles d'amour perdu entre deux corps qui ne parlent pas la meme langue.C'est Babel dans nos bouches , ecrit-elle avant de marquer les possibles ecueils de cette alliance dans la chair.dans le peut-etre de ta langue inconnue / se revele plus d'abandon / que dans ma foret / Rapidement, l'amour happe et concasse.l'amour a Montreal pousse comme le chiendent / fauche en fouets / les etres moi et les filles / .En signant l'avant-propos, Nancy Huston souligne justement ces lieux du silence feminin ancestral , alors que Lalonde ouvre ce recit de bataille a tout son sexe, souffrante de cette echarde leguee par les femmes d'avant .Sa voix emprunte aux aieules entre la lessive Dieu et / douze enfants / mais aussi aux Rapunzel des contes, liant sa voix aux oraisons de toutes princesses effeuillant les marguerites.D'ailleurs, elle n'aura jamais hesite a faire le saut de l'ange pour la volupte et la deraison alors qu'Alice lui glisse a l'oreille de suivre le lapin blanc des Merveilles.Or, l'amour a quitte le jardin et tu es / parti avec tout le paysage / .Laissant parfois echapper quelques vapeurs crues de l'erotisme, la parole de Lalonde glisse surtout dans un impressionnisme qui lui va a ravir entre le corps-terroir, la laine mouillee de l'enfance et l'incendie de la solitude.Assumant pleinement la racine moi Mironee battue , osant meme quelques emprunts, Catherine Lalonde s'inscrit encore une fois dans un fort heritage poetique et nous livre de magnifiques et riches futaies autour d'un je t'aime prisonnier, le mot trop tard pour se le remettre en bouche et / deja on sait / qu'il n'en restera rien / que coquilles miettes que restes / .CORPSETRANGER Catherine Lalonde Quebec Amerique, 125 pages, 18,95$ HHHH Broussailles d'amour GERALD LEBLANC Il fait plus de six pieds et plus de 200 livres, avec un front de boeuf et l'assurance d'un caporal en plein assaut.Et il est partout, dans le journal, a la radio, a diverses antennes, a la tele, devant et derriere l'ecran.Un Bleuet bionique.Et voila que Michel Brule, l'impayable editeur des Intouchables, vient de consacrer un livre a Rejean Tremblay et au gotha de ses celebres amis.C'est le personnel de la maison d'edition qui a choisi les 250 chroniques retenues, sur un total de 15 000, en tenant compte des must de Rejean, une dizaine de chroniques dont une sur les Jeux olympiques de Moscou, une sur le deces de Gilles Villeneuve (le pere de Jacques) et une sur le duo Angelil-Dion.Il est frappant de voir l'evolution du Bleuet journaliste, au debut devore d'une incessante soif de scoops et d'histoires humaines, comme celles reprises dans ses teleseries (Lance et compte, Scoop) puis de plus en plus defenseur de ses propres convictions et de ses amis.Une partie novatrice du volume donne justement la parole a 11 personnalites a qui on a demande qui es t Rej ean T remblay pou r elles : Rene Angelil, Marcel Aubut, Lucien Bouchard, Gaetan Boucher, Guy Ca rbonneau, Jean Cha rest , Liza Frulla, Guy Laf leur, Richard Legendre, Jean-Claude Lord, Jacques Villeneuve.Tout un areopage ! Les entrevues, signees S.G., ressemblent cependant plus aux temoignages des dossiers de beatification qu'a la recherche d'information.Il faut reconnaitre le professionnalisme hors normes de Rejean.Il a toujours signe des articles fouilles et non des chroniques d'opinion ou de caractere , affirme sans broncher Liza Frulla, qui signe la preface du livre.Il n'est pas calculateur et avec lui les gens sont encourages a ne pas l'etre non plus , soutient Richard Legendre.Qu'il ne fasse jamais de compromis, parce que c'est comme ca qu'on l'aime.Et mon dernier message, c'est que je l'aime , lit-on a la fin de l'entrevue avec Rene Angelil.Ces temoignages nous apprennent tout de meme que Rejean et Marcel Aubut sont des amis tellement intimes que ce dernier est venu de Toronto pour ramasser Rejean apres sa rupture avec Fabienne Larouche.Et que Jacques Villeneuve rencontre Rejean comme ami et non comme journaliste, sachant que s'il ecrit quelque chose ce sera correct.Car le journalisme est devenu son hobby.Son vrai gagne-pain n'est en effet plus la, mais a la television avec ses series , ajoute l'ami Jacques.Des confidences qui aident a comprendre pourquoi, sous la plume de Rejean, Marcel Aubut etait pratiquement sans reproche et Jean-Paul L'Allier, le fossoyeur des Nordiques.Et pourquoi ce n'etait pas de sa faute si Jacques Villeneuve ne finissait jamais ses courses.Dans son mot de la fin .Quatre decennies sur cinq continents .Rejean nous raconte lui-meme comment il a contacte Jacques Olivier, ancien ministre et concessionnaire automobile, pour avoir un prix d'ami sur la Mustang decapotable qu'il convoitait.Et puis apres ! nous dira le celebre Bleuet.L'important pour le lecteur, ajoutera-t-il sans doute, c'est l'histoire qu'on lui raconte, et la-dessus, Rejean est dur a battre.QUATREDECENNIES SURCINQCONTINENTS Rejean Tremblay Les Intouchables, 351 pages, 24,95$ HHH RECUEIL Le Gotha de Rejean Tremblay CÉLÉBRITÉS.Jeanne D'arc Vachon et Joseph ra Jotte Félicitations pour votre 60e anniversaire de mariage (11 octobre 1948) Avec tout notre amour et notre admiration! De la part de vos enfants, leurs conjoint(e)s, petits-enfants et arrière-petit-enfant.clau Dette cayer et Geor Ge laszlo Félicitations pour votre 40e anniversaire de mariage et pour une vie de famille bien remplie.Avec tout notre amour.De vos enfants Alexandra, Jean-François, Sébastian, Karine et les petits-enfants Véronique, Vincent et Brigitte.Ma Dele Ine sÉGu In Fuller aujourd'hui 12 octobre, nous nous réunissons pour fêter les 90 ans de Madeleine.Bonne fête de la part de tes enfants, petits-enfants, tes amis et tous ceux et celles qui t'aiment.Ta famille.MMe rolan De Mor In Bravo pour tes 90 ans.On t'aime beaucoup.Ton fils Michel et ta belle-fille Nicole.yolan De hurteau et rÉal charest Chaleureux remerciements pour cette rencontre familiale exceptionnelle à New-York célébrant notre 50e anniversaire de mariage.Nous tenons surtout à exprimer notre immense fierté à nos trois fils et conjointes qui facilitent notre bonheur; Clément, Martine, Hubert Jean-Antoine, Christelle Louis-Martin, Alisia, Samuelle Vaugh.Et la grande surprise de voir avec nous Marcelle, Huguette, Claudette Et la participation de Mme Céline Pérusse et Mme Marthe Caron.Manon Besner et GIlles For Get Félicitations pour votre 40e anniversaire de mariage de la part de Stéphanie, Michel, Mariane et Marc.celeb_08-10-12 PIERRE VAN DYKE Doctorat en génie mécanique Bravo pour les efforts soutenus.Tu as toute notre admiration Toutes nos félicitations.Tes parents et ta famille.Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca Vous a Vez un é Vénement à célébrer ?tous les dimanches dans La Presse Jacquel Ine BÉnarD et VIateur che Vr Ier Félicitations pour 60 ans de mariage 9 octobre 2008 Nous sommes fiers de vous et nous vous remercions pour tous les efforts, peines, joies et sourires des 60 dernières années.De la part de vos enfants et petits-enfants, de leurs conjointes et de vos arrière-petits-enfants.LECTURES RÉGINALD MARTEL C'est une histoire de chats et de musique, de souffrance tranquille et d'humble espérance.Autour du protagoniste et en lui-même, tout meurt.Son chat d'abord, et c'est l'annonce d'autres fins : «Blaise est mort, et mourra un peu plus chaque jour, dans un processus de deuil qui me conduira vers une intolérable sérénité.» Le personnage est singulier, attachant peut-être, mais peu de gens l'entourent.Il semble si fragile et si vulnérable que le moindre heurt des corps, des âmes, des mots même, pourrait le réduire à moins qu'il est, un homme errant aux rivages des choses et de la vie en y abordant à peine.L'existence passée de ce musicien est faite de quelques échecs, dont une audition désastreuse.Il est devenu professeur de piano et collectionneur de musique populaire, chansonnettes de rien du tout, souvent traduites de l'américain, qui firent la renommée instantanée et passagère de chanteurs et de chanteuses d'ici et de France, il y a un demi-siècle.Voilà une passion qui en vaut d'autres, moins aiguë que celle qui pousse le narrateur vers les chats, parmi lesquels Blaise, qu'il a fallu se résigner à supprimer, figure emblématique de l'amour inconditionnel.C'est un enfant, Alexandre, qui maintient le lien entre l'artiste et les humains.Par son charme sans artifices et son impudente innocence, il oblige son professeur à vivre de nouveau, ou tout au moins à vivre quand même, malgré des blessures anciennes innommées et une carrière avortée, malgré la solitude surtout qui sans cet ange-enfant, don du hasard, autrement serait seulement peuplée de chats.Le drame couve pourtant, le héros l'appelle, l'élève pourrait-il y contribuer ?Le romancier en a décidé autrement: un collapsus psychique, ce sera bien suffisant.Sans ef for t apparent, M.Mercure compose la musique du temps qui passe.Elle est tout en mineur, libre d'effets d'éloquence et de componction.Elle est la petite musique d'un écrivain qui noue et dénoue avec une intensité contenue une aventure intérieure pleine de fines nuances, sans craindre de plonger dans les zones les plus troubles de la conscience humaine.LAMORTDEBLAISE Luc Mercure Leméac éditeur, 136 pages, 17,95$ HHH LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Chat mort, homme en sursis ROBERT LÉVESQUE COLLABORATION SPÉCIALE Un personnage fait un roman.Retournons à l'envers le vers de Lamartine : un seul être vous arrive et tout va se peupler\u2026 C'est ainsi, c'était ainsi, avec Margaret Laurence (1926-1987) que l'on découvre ou redécouvre grâce aux maisons Alto et Nota Bene.Un livre, une femme.Une histoire, un destin.À tout coup, mouche! C'était Hagar Shipley, 90 ans et toutes ses dents dans L'Ange de pierre, premier titre du cycle de Manawaka qui en compte cinq, c'est Rachel Cameron dans Une divine plaisanterie, second portrait de la galerie laurencienne ; ce sont des portraits que signaient cette Gabrielle Roy anglophone du Manitoba.Les romans de Ma rga ret Laurence sont peints, comme les tableaux d'Edward Hopper sont écrits.À ce degré d'observation, et de «rendu», des nuances et des minimes détails insignifiants et persistants qui forment une personnalité romanesque, c'est-àdire une complexité humaine, on parle d'art, et Margaret Laurence est une grande artiste qui, dans un Canada anglais engoncé, écrivit des romans dégagés, osés, si tant est qu'aborder avec empathie des sujets comme le désir, la solitude, la détresse, est une audace.Chez elle, c'était de la justesse de vue, de l'honnêteté, de la compassion, du talent rare.Pour Hagar Shipley, tout était joué.La mort l'attendait de près.Nonagénaire, tout de même.Mais elle la défia la Faucheuse, s'en foutant, quittant ce monde frustré qu'elle n'avait pas aimé en lui tenant tête, pas folle la vieille, une fugue en guise de requiem, une aventure aux marches de la nuit finale, une sortie sans se retourner, buvant ferme un verre d'eau qu'elle arrache des mains de sa belle-fille, sans adieu ni regret, requiescat in bellum ! L'Ange de pierre, un chef-d'oeuvre.Et Une divine plaisanterie aussi ! C'est Rachel, une enseignantenée, elle a 34 ans, elle est une célibataire en voie de disparition dans le gouffre de la «vieille fille », mais elle a des rêves érotiques, et une mère psychologiquement cannibale.Cet été-là, le temps du roman, elle couche avec Nick, elle aime ça, mais Nick est de passage, on ne reste pas à Manawaka ! Seul le personnage choisi de Margaret Laurence, le personnage miré, pivot et portrait, emblématique, anti-charismatique et anti-hystérique, demeure dans la toile, au tissu du roman, centre du tableau.Il faut lire Margaret Laurence ! Paul Newman, qui vient de mourir, a transposé à l'écran ce personnage de Rachel Cameron, car il était dans les cordes interprétatives de sa femme, l'actrice Joanne Woodward.Ce film s'appelait Rachel, Rachel.Cette répétition du prénom de la douce (malheu)reuse sonne comme un appel, tentative d'apprivoisement, d'acclimatement, Rachel, qui mérite tant, qui démérite de rien\u2026 UNEDIVINEPLAISANTERIE Margaret Laurence Alto et Nota Bene, 334 pages, 18,95$ HHHH LITTÉRATURE CANADIENNE L'art du portrait PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Margaret Laurence a écrit des romans audacieux dans un Canada engoncé. Dominique Demers Photo: Martine Doyon La gran De quête De Jacob Jobin QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com grâce à son imaginaire ensorcelant, Dominique Demers nous propulse dans une grande quête où la magie et les forces intérieures s'affrontent et s'allient.elle en surprendra plus d'un avec ce roman de fantasy au rythme enlevant, où l'on reconnaît son immense talent pour créer des personnages aux destinées bouleversantes.3590818A © Hannah/Opale 240 pages 27,95 $ «Un chasseur de lions n'est pas seulement superbement écrit, c'est un récit à la fois captivant, ironique, désopilant et mélancolique.» Louis-Bernard Robitaille, La Presse «Toute l'abondance du monde et de l'histoire des hommes, toute l'ampleur sans mesure de leur rêverie miraculeusement rassemblées en quelque deux cent cinquante pages profondes et drôles.» Nathalie Crom, Télérama «Olivier Rolin signe peut-être son chef d'oeuvre.» Tristan Malavoy-Racine, Voir Olivier Rolin Un chasseur de lions 3591147A LECTURES BIBLIO Mouve Ment d'indienne Johanne alice côté ÉDITIONS MICHEL BRÛLÉ 80 PAGES 14,95$ HHHH Johanne Alice Côté vient de faire paraître un petit bijou de recueil de nouvelles (Mégot mégot petite mitaine) aux Éditions Triptyque.Or, on nage également dans sa poésie comme dans une rivière vive.L'auteure (également parolière) s'incline ici sur le sentiment de dépossession.Sur des territoires éventrés, «dévastée, dévêtue, la terre », Côté dessine la mort de tout un peuple floué par l'étranger et son arrogante imposture.«Les fleurs de ma robe s'étaient refermées et les coutures éclataient sans bruit, gênées d'offrir si peu de résistance.» Le temps a suivi sa courbe, rien ne résonne plus entre les épinettes que la douleur de s'être perdue.L'autochtonie s'est égarée.«Flibustière infirme, la cale éclatée, les paupières pleines», elle n'a plus à offrir que sa «pâle figure d'amnésie ».Sous la main de Côté, l'amour rampe pourtant sur les sols incurables comme dans un ultime effort de beauté dans le carnage.Ce sont les mots d'une humanité déchiquetée par l'appât du gain faisant un triste écho à ceux d'une nation noyée dans sa tristesse.«Maintenant nous nous tairons », écrit-elle encore avant de préciser: «Le silence ne me sauvera pas.En lui, ma joie s'est enlisée\u2026» L'édition nous offre, en amont de la prose, une passionnante réflexion de l'auteure sur le processus de création qui donnera aux amateurs de poésie l'envie d'avaler ses mots comme une eau de mélisse consolante.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale 1968-2008\u2026 n'effacez pas nos traces! do Minique Gran Ge et Jacques tardi CASTERMAN, 64 PAGES, 37,95$ HHHH «Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une fois pour toutes.Je veux tourner la page de Mai 68.» Et Nicolas Sarkozy est devenu, après ces belles paroles, président de la France.Dominique Grange, chanteuse engagée, et son mari Jacques Tardi, auteur de bandes dessinées anti-guerre, ont avalé de travers les mots du président.«N'effacez pas nos traces\u2026» disent-ils dans un livre-disque d'une soixantaine de pages.«Ce n'était qu'un début, chante Mme Grange en réponse à Sarkozy, elle vient la relève.Et de Mai 68 elle héritera demain.N'en déplaise à certains, fossoyeurs de nos rêves.Qui auraient tant voulu nous voir baisser le poing\u2026» Le petit livre, un très bel objet fabriqué chez Casterman, est en quelque sorte un cri du coeur, chanté et dessiné en choeur par un couple qui a gardé la mémoire des grands élans communautaires.Et chez qui la volonté de changer le monde n'a pas fondu avec l'âge.Les chansons de Dominique Grange se trouvent à la fin du volume.Les dessins de Tardi remplissent les pages.Elles racontent l'histoire de Mai 68 certes, mais aussi d'autres histoires dont celle de la Commune, ou encore cette affaire révoltante de la révocation, 25 ans après, du droit d'asile accordé par Mitterrand aux révolutionnaires italiens.Dans ses dessins, Tardi s'inspire des images qui ont fait la manchette des médias et les détourne à sa manière.Il y place même quelques monstres sortis de ses bandes dessinées.Un coup de coeur, mais aussi un coup de poing.\u2014 Jocelyne lepage zulu caryl férey GALLIMARD, 394 PAGES, 36,95$ L'intrigue de ce polar exceptionnel se déroule en Afrique du Sud, un pays ravagé par deux fléaux majeurs : la violence et le sida.Quelqu'un assassine de manière effroyable de jeunes Blancs des milieux aisés.Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre.Pour résoudre cette affaire qui prend des dimensions politiques, on fait appel à Ali Neuman, chef de la police criminelle de la ville du Cap, vitrine de l'Afrique du Sud où mijotent de vieilles haines et où de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale.Neuman, qui cache un terrible secret, fait équipe avec Dan Fletcher, un jeune flic ambitieux dont la femme est atteinte d'un cancer, et avec Brian Epkeen, un électron libre, aux méthodes efficaces, mais dont la hiérarchie se méfie à cause de sa vie sentimentale aussi complexe que chaotique ! Les trois comparses enquêtent dans des townships dévastés par la misère, la drogue, la prostitution, sans se douter qu'ils affrontent un adversaire terrifiant qui a recours à la sorcellerie africaine et à certains rites barbares d'une cruauté inouïe.Bref, c'est la descente aux enfers ! Des trois personnages principaux, deux connaîtront un destin tragique alors qu'un seul des trois verra une relative lumière au bout de ce tunnel des horreurs dans lequel ils ont plongé.Rarement aura-t-on lu un polar avec des dénouements aussi dramatiques, aussi brutaux ! On en sort ébranlé.Caryl Férey (un pseudonyme) est un auteur qui s'est imposé comme l'un des meilleurs espoirs du thriller français et Zulu est un chef-d'oeuvre ! \u2014 norbert spehner, collaboration spéciale louis-Bernard ro Bitaille COLLABORATION SPÉCIALE paris \u2014 La maison d'édition montréalaise Les Allusifs poursuit sur sa lancée (modestement) triomphale à Paris.Modeste, car les ventes en librairie restent généralement en deçà des 5000 exemplaires.Triomphal, car beaucoup d'éditeurs parisiens aimeraient engranger autant de succès critiques.Le 25 septembre dernier, le cahier Livres de Libération a consacré la totalité de sa une à Là où vous ne serez pas, le dernier roman du Salvadorien Horacio Castellanos Moya, auteur vedette des Allusifs, salué une semaine plus tôt dans Le Monde.Vous refermez le supplément littéraire et, en 12e et dernière page, vous trouvez une demi-page consacrée à Honte et dignité, autre roman publié aux Allusifs.Une oeuvre du Norvégien Dag Solstad, 67 ans, célèbre dans son pays, mais jamais traduit en français.Brigitte Bouchard, patronne des Allusifs, avait découvert son existence au dernier salon du livre de Francfort, lors d'un dîner organisé pour son auteur danois Knud Romer, auteur du remarquable Cochon d'Allemand, qui a eu droit, il y a un an, à des critiques dithyrambiques, à une place de finaliste au Médicis étranger.À ce joli succès éditorial, il faut ajouter la présence sur la liste du Femina essais de Tant que je serai noire, les mémoires de la militante américaine des droits de l'homme Maya Angelou.Qui a eu droit à un énorme papier dans l'hebdomadaire Elle.Les exploits parisiens des Allusifs, la suite AUJOURD´HUI ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ : 9h45 R D I EN D I R E C T Avec Louis Lemieux VENDREDI DÈS 5h SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 5h30 DEMAIN MATIN ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 C ' E S T B I E N MEILLEUR L E MAT I N Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h30 À 9h À RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA Radio-Canada.ca 3574910A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Jean-Sébastien Dufresne Des ponts entre les hommes Il a 26 ans, une lumière dans les yeux qui dit que la vie vaut d'être vécue dans le bonheur de l'engagement social.Et il consacre la meilleure part de son énergie à vouloir convaincre le plus grand nombre de personnes.Jean-Sébastien Dufresne a remporté les honneurs du 10e gala Forces Avenir, qui vise à reconnaître et à promouvoir l'engagement étudiant.ANNE RICHER Il appartient à cette élite de jeunes qui croit que «beaucoup de petits gestes, par beaucoup de petites gens, dans beaucoup de petits lieux, peuvent bouleverser la face du monde».Doté d'une bourse de 15 000$, le prix est un encouragement et une reconnaissance de l'engagement d'un jeune leader.Soulignons que Jean-Sébastien Dufresne a déjà reçu le prix Hommage Bénévolat Québec et le prix humanitaire Terry-Fox.Il est aussi représentant au Forum Jeunesse.La Presse et Radio-Canada ajoutent à ces récompenses et nomment Jean-Sébastien Dufresne Personnalité de la semaine.Sur tous les fronts Étudiant libre à l'Université du Québec à Montréal, Jean-François a un agenda qui déborde en même temps qu'il le gère de manière fort habile.Comment en est-il arrivé là?C'est en 2002, à l'occasion d'un échange au Mali avec l'organisme Jeunesse Canada Monde, qu'il découvre, au-delà de son existence, des centaines d'autres personnes avides de partage, de solidarité, de justice.Autant que lui.C'est un choc dont il reviendra transformé.«Trois mois à vivre dans une autre communauté change notre regard.On apprend à connaître l'autre avant de juger.» Mais sa sensibilité le mène plus loin: «J'en connaissais assez peu sur les conditions de vie ailleurs.Je me suis senti responsable de ce qui se passe dans le monde et j'ai pris conscience que le moindre geste d'entraide a un impact.» Sa nouvelle vision d'une société pacifique, équitable, doit nécessairement, à son avis, passer par des liens concrets entre humains de tous horizons qui, en dépit de leurs différences, peuvent partager les mêmes idées, se comprendre, voire travailler ensemble.Un an après son retour d'Afrique, il a mis sur pied le Réseau citoyen de solidarité Iciéla, qui réunit des groupes de citoyens (et pas seulement des jeunes) d'ici et d'autres pays, notamment le Mali, le Guatemala, l'Uruguay, l'Argentine, le Congo, le Burkina Faso, le Maroc, la France, la Belgique et la Slovénie.C'est un pont que Jean-Sébastien établit par jumelages, ateliers, cafés rencontres, mais surtout vidéoconférences.Ces échanges sensibilisent, éclairent.Et c'est de cela dont il est le plus fier.L'impact des autres C'est un peu comme la flamme olympique.L'étudiant cherche à allumer la flamme chez les autres.Et les autres sont, à ses yeux, extraordinaires.Jean-Sébastien est doté de nombreuses qualités, notamment du sens de la pédagogie; la passion qui l'anime transparaît dans chacun de ses gestes et elle est communicative.Aussi, il est patient, n'hésite pas à enfoncer le clou.«Moi, ce qui me gratifie le plus, c'est d'ouvrir une brèche dans un esprit.Aller chercher le plein potentiel d'engagement de quelqu'un qui ne soupçonnait même pas son existence.» Pour cela, il lui faut beaucoup d'énergie et de patience, mais il en a et ne se décourage pas.«Je puise mon énergie chez les gens que je rencontre, les passionnés, les engagés, particulièrement les jeunes d'ici, dont on connaît peu la valeur et l'engagement.» Il est né à Sept-Îles, «au beau milieu d'une bande de Montagnais », ajoute-t-il en riant.Il s'est vite rendu compte du clivage entre les communautés.«On se lançait des roches et on ne savait pas pourquoi\u2026» Il a su qu'il fallait comprendre l'autre d'abord.Son père médecin, sa mère, son chien Flanelle, voilà ce qui constituait la cellule familiale, qui finit un jour par éclater.Cependant, sa vie suit son cours et prend la couleur de ses valeurs de pacifisme, de fraternité, d'accueil.À la fin de l'adolescence, c'est Claude Choquette, son grand-père, qui le met sur la voie de Jeunesse Canada Monde, et c'est par cet outil qu'il formule son idéalisme.«Je me sens privilégié, ditil, d'avoir été mis sur ce chemin-là.» Il est attentif aux cris du coeur lancés par ces personnes qu'il ne connaissait pas avant.Des cris du coeur qui ne sont pas entendus, précise-t-il.À qui on peut donner, de qui on peut apprendre.Comment développer une économie durable dans les plus petits villages, être là quand se prennent les décisions, garder la direction des projets.Et surtout comment rester solidaires, en dépit des divergences.«Il suffirait, pour mettre fin à notre indifférence sur ce qui se passe ailleurs, de connaître une seule personne et de la savoir victime de violence ou d'injustice, et déjà notre regard changerait.Il n'y aurait alors plus de génocides.On ne tolérerait pas cette injustice et ce drame.» Il ajoute: «On ne peut pas fermer les yeux, on ne peut pas rester inactif.» Quant à lui, s'il veut mener sa tâche sur tous les fronts, notamment réunir 78 pays par l'internet, représenter le Canada à l'UNESCO, etc., il sait qu'il doit mettre en sourdine certains aspects de sa vie d'homme, mais il poursuit tout de même ses études en travail social.«Pour l'instant, je construis», dit-il, enthousiaste.Oui, mais a-t-il une vie?«C'est quoi, avoir une vie?réplique-t-il.On a la vie qu'on veut avoir.C'est mon cas et j'en suis heureux.» PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Je puise mon énergie chez les gens que je rencontre, les passionnés, les engagés, particulièrement les jeunes d'ici, dont on connaît peu la valeur et l'engagement."]
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