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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-10-05, Collections de BAnQ.

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[" 3579345A YING CHEN SE FAIT INDÉCENTE AVEC UN ENFANT À MA PORTE, UN PAVÉ DANS LA MARE DES DISCOURS VERTUEUX SUR LA MATERNITÉ BIENHEUREUSE.LECTURES ENTREVUE OLIVIER ROLIN, FAVORI AU GONCOURT PAGE 3 sur cyberpresse.ca CHRONIQUES Relisez les dernières chroniques de Chantal Guy sur cyberpresse.ca/guy DOSSIER Parcourez notre dossier sur les grands classiques de la littérature sur cyberpresse.ca/classiques ELSA PÉPIN COLLABORATION SPÉCIALE Toute menue, l'air réservé, Ying Chen n'a pourtant rien de soumis.Une fois la glace brisée, elle entame la conversation avec une franchise inébranlable.De passage à Montréal, l'écrivaine d'origine chinoise vivant à Vancouver fait le pari de raconter l'arrivée d'un enfant dans la vie d'un couple comme un fardeau, le cauchemar d'une femme qui découvre les affres de la maternité.Après avoir décortiqué la figure de la mère dans L'Ingratitude (Actes Sud, 1999), l'auteure s'attaque ici aux discours idéalistes sur le fameux instinct maternel.Pour Ying Chen, mère de deux garçons, le tabou de la maternité difficile est un fléau menaçant.«J'ai vu beaucoup de femmes avec des enfants qui trouvent ça difficile, mais c'est tabou de le dire.Il y a le jugement de la société, mais aussi le jugement des mères sur elles-mêmes, leur culpabilité.Elles doivent sortir du silence», croit l'auteure en lutte contre l'interdit qui muselle les mères.Stérile, la femme du roman voit son rêve d'enfanter transformé en une réalité cauchemardesque avec l'arrivée d'un enfant abandonné au pas de sa porte.Cette mère adoptive exprime sans réserve sa peur de l'enfant et de manquer à son rôle de mère.Cette femme frôlant la folie, accablée par la culpabilité de ne pas sentir l'instinct maternel, finit par emprisonner son enfant dans sa chambre.«La mère veut couver l'enfant, avoir le contrôle sur ce qu'elle fait », explique l'auteure.«J'ai vu des familles où les deux parents travaillent et dès qu'ils sont fatigués, ils mettent les enfants devant la télé.Ce n'est pas une solution», croit la romancière.Incommodante, Ying Chen ose donc dire tout ce qui rend la maternité épuisante, voire aliénante.Elle écrit qu'«il y a un immense prix à payer pour devenir mère», que c'est «une maladie sans remède», une servitude qui compromet l'individualité.En d'autres mots, l'auteure dit que l'instinct maternel n'est pas un don du ciel.«L'amour absolu n'existe pas, l'amour maternel est un concept abstrait, religieux», explique la romancière qui invite à prendre en considération le contexte social et les conditions matérielles pour comprendre la situation des parents.À travers cette mère indigne, le roman questionne notre capacité de sacrifice à une époque où règne la «mentalité de l'instant» qui ne s'accorde plus avec la reproduction humaine.«Nous avons besoin de 18 ans pour élever un enfant, mais les couples durent de moins en moins longtemps.On vit dans un monde qui valorise l'instantané, mais les humains prennent du temps à mûrir.On dirait que toute la vie moderne est contre l'instinct.En apparence, on a la liberté de faire autant d'enfants qu'on veut, mais on est contraint par beaucoup de choses», observe Ying Chen.«Les femmes qui choisissent de ne pas avoir d'enfant vont contre l'instinct.Dans la nature, tout est concentré vers la continuation de l'espèce.Il n'y a que l'homme qui s'y oppose», s'inquiète-t-elle.L'individu contre l'humanité Selon elle, il est difficile de jouir de la maternité aujourd'hui parce que la valeur individuelle domine.Son personnage craint littéralement d'être dévoré par l'enfant.«Elle observe le ver à soie, qui meurt d'épuisement après avoir enfanté, et ne veut pas mourir comme lui.Dans la vie humaine, les femmes vivent plus longtemps, mais c'est le même cycle.Le vieillissement coïncide avec l'enfantement.» Au-delà du portrait cruel sur la maternité, Ying Chen pose avec ce roman la question de l'avenir de l'être humain dans un monde égoïste.Le personnage du père adoptif affirme que «l'espèce humaine ne doit pas continuer à tout prix, qu'elle peut disparaître à jamais ».En face de ce cynisme glaçant, Ying Chen s'alarme : «Je suis fâchée parce qu'on parle de la protection des animaux, des plantes, mais à notre époque où l'individu est placé si haut, l'espèce humaine est négligée.» Dur et cinglant, certes, son roman a le mérite de montrer la maternité sous son vrai jour.Un enfant àma porte Ying Chen Boréal/Seuil, 2008, 19,95$ ENTREVUE/YING CHEN Maternité fatale L'écrivaine Ying Chen.PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE ESSAIS LES SNOBS SONT PARTOUT! PAGE 2 Olivier Rolin LECTURES DANIEL LEMAY ESSAIS On les conna ît tous\u2026 L'un a r r ive de Braga nce - « Tu connais pas ?! ! Dans le nord du Por tuga l: personne va là\u2026» - où il a découvert, dans une petite rue, un petit restaurant de cinq petites tables où il a mangé des calamars géants fourrés au foie de courlis: «É-coeur-rant ! Faut que tu ailles là!» L'autre, lui, n'écoute que de la musique berbère mais là, attention! pas n'importe quelle musique berbère: celle de Kabylie où ça chante en tamazight.Ici votre bellesoeur qui, «sous aucun prétexte », ne magasinerait à La Baie: «T'arrives au bureau le lundi et ta secrétaire porte la même robe que toi\u2026 Hello?» Et voilà Pier-Léonce De Mers qui va vous raconter comment il prend un verre aux côtés de l'animatrice de Brouhaha, tous les jeudis soirs au Zéphyr où le portier l'appelle «Monsieur De».Ils sont du type touristique, de la mode, artistique ou mondain; ils veulent se distinguer à tout prix de leur entourage par l'exotique, le rare ou le cher qui leur donne l'impression d'appartenir à quelque classe supérieure dont ils copient les goûts et les façons.Les vieux d'ici diraient qu'« ils pètent plus haut que le trou».Ce sont les snobs et ils sont partout.L'évolution d'une façon d'être Partout où ils peuvent paraître, explique Frédéric Rouvillois dans sa magistrale Histoire du snobisme qui, de la cour de Louis XIV au court central de Roland-Garros, retrace avec une souriante minutie (23 pages de notes) l'évolution d'une façon d'être qui touche toutes les couches sociales.Même celles du top d'où il n'est plus possible de monter ; pour ces happy few, il s'agira de faire différent en défilant avec les verts ou en se présentant à l'opéra en jeans délavés avec aux pieds, comble du chic «bobo» - bourgeois bohème -, des espadrilles dépareillées.La première par tie de l 'ouvrage, «Snobismes du monde», fait revivre la genèse du snobisme dans la France du XVIIIe siècle, où les roturiers ambitieux usent de tous les stratagèmes pour ajouter à leur nom une «particule» qui pourra les faire passer pour nobles.Avec les « entrées» idoines\u2026 M.Dubois commence à signer Du Bois, déjà plus chic, d'autres ajoutent à leur nom leur région ou village d'origine (exemple personnel : j'aurais pu devenir Daniel du May de Lanaudière, par ici les comtesses !) quand ils ne relèvent pas un nom «libre de droits ».Comme l'a fait Edmond Giscard, le père du futur président français qui, à la risée générale, a ajouté au sien le nom d'un amiral qui avait combattu glorieusement aux côtés de La Fayette ; et c'est ainsi que la France a eu plus tard comme président un faux noble du nom de Valéry Giscard d'Estaing.Ce voyage dans l'histoire de l'aristocratie française nous amène bientôt à l'un de ses grands snobismes qui, bien que par d'autres voies, a une belle histoire chez nous : l'anglomanie.Le snob français d'il y a un siècle portait la redingote (riding coat), le haut-de-forme et la canne comme les lords anglais, et s'il ne pouvait se payer une écurie de pur-sang, il se faisait un devoir d'être vu dans les grands hippodromes comme à Auteuil, le chic du chic.Après les courses de chevaux, passion des premiers sportsmen britanniques, l'Angleterre exportera en France ce qui s'avérera l'objet d'un snobisme persistant : le sport.De sport d'élite - seuls les gentlemen avaient le temps et les ressources pour les pratiquer -, le tennis et surtout le golf attirent les snobs aujourd'hui encore parce que, malgré la démocratisation du jeu, il y a toujours moyen de se mettre hors de portée du «laboureur» commun en se faisant admettre dans un club chic.«Être admis\u2026» Il y a des centaines de quatuors de golfeurs occasionnels qui seraient prêts à vendre leur mère pour «rentrer» à Laval-sur-le-Lac?Le sésame du snob: «Connaître les gens qu'il faut et mépriser les autres.» Truffes et caviar Comme ceux qui croient encore que le saumon fumé de Norvège est in\u2026 Dans le chapitre «Snobismes de la bouche », qui vaut à lui seul le prix du livre, M.Rouvillois - il a aussi écrit Histoire de la politesse - explique comment les truffes puis le caviar (russe et préférablement de contrebande) sont devenus et restés le fin du fin pour les snobs de la bouche.Mais, demande-t-il, «la jet-set s'intéresserait- elle au caviar s'il était au prix de la rillette»?Et s'il venait, disons, du Lac-Saint- Jean\u2026 Car la plupart des snobs sont touchés par ce que l'auteur appelle la «xénolâtrie», «l'amour systématique de tout ce qui est étranger ».Cela tient pour les arts et la musique comme, plus prosaïquement, pour la mode vestimentaire ou les autos : quoi de plus mortifiant que de se faire voir rue Saint-Denis au volant d'une Chevrolet?Détester tout ce qui est à la mode À l'opposé, finalement, au-delà de cette zone grise où le snobisme peut se confondre avec l'amour de la découverte, la passion du collectionneur ou la simple originalité, il y a les anti-snobs, « qui détestent systématiquement tout ce qui est à la mode ».Avec la moue de ceux qui sont au-dessus de ces minables contingences, ils diront bien fort qu'ils n'ont pas d'auto, pas de câble et pas de téléphone portable.C'est mon cas.Depuis toujours et à jamais.Pas par snobisme pantoute mais par conviction\u2026 que je peux emprunter le Black Berry de mes amis snobs en cas d'urgence.HHHH HISTOIRE DU SNOBISME Frédéric Rouvillois Flammarion, 450 pages, 49,95$ Ils sont partout, les snobs MARIE-CLAUDE FORTIN CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Depuis près de 15 ans, Dominique Demers multiplie les succès.Prolifique auteure pour les jeunes, cette spécialiste de littérature jeunesse qui a été journaliste, critique, essayiste, professeur et animatrice s'aventure, avec La grande quête de Jacob Jobin, dans un domaine qui lui est moins familier, la fantasy, en s'adressant cette fois au grand public.La grande quête de Jacob Jobin - L'Élu vise en effet les 10 à 77 ans.On nous raconte l'histoire extraordinaire de Jacob Jobin, un garçon bien ordinaire, du moins en apparence.Lors d'un séjour chez son parrain, un hurluberlu qui se dit elficologue, il découvrira qu'il a un don particulier, et une mission à accomplir dans un univers parallèle.Toute comparaison est cruelle, c'est vrai.Mais elles sont parfois inévitables.Souvenez-vous\u2026 Dès qu'il est apparu dans le premier tome de ce qui allait devenir une série-culte, Harry Potter s'est imprimé dans notre imagination.On savait qu'il était petit et maigre pour son âge, qu'il avait un visage mince, des genoux noueux, des cheveux noirs et des yeux d'un vert brillant, qu'il portait des lunettes rondes rafistolées avec du papier collant à cause des nombreux coups de poing que son infâme cousin Dudley lui avait donnés sur le nez, et qu'il avait une fine cicatrice sur le front de la forme d'un éclair.On le «voyait ».Un héros flou J'ai lu les 304 pages du premier tome de La grande quête de Jacob Jobin, et je me demande encore à quoi ressemble Jacob Jobin.Est-il grand ?Costaud?Maigre ?A-t-il un visage doux ?Des yeux bleus ?Des cheveux longs ?Noirs ?Tout comme je n'arrive pas à me représenter cette «petite boule de poils marrons », baptisée Petit Poilu, qui se prend d'affection pour Jacob.Pourtant, plus on s'éloigne de la réalité, plus on a besoin de descriptions fouillées, précises.D'un héros solidement campé.Et d'un ton aussi réaliste que possible, pour nous aider à croire à l'incroyable.L'auteure en est capable ; à preuve, cette longue scène, à la fin du livre, qui nous fait vivre de l'intérieur l'une des pires épreuves que le jeune Jacob doit traverser.Claustrophobes, s'abstenir ! Malheureusement , sauf quelques exceptions, la conteuse qui s'adresse aux enfants revient vite au galop.« Je pars, moi aussi, dit Grou, un Rouf vivant dans l'autre monde.C'est tout entendu et compris.Ça ne se discute pas et ça ne se négocie pas ! » On croirait entendre un personnage de Macaroni tout garni.Le style est parfois puéril.Les maladresses et les redites ne sont pas rares.Et les «messages» (il faut affronter ses peurs ; les livres peuvent procurer autant de sensations que les jeux vidéo\u2026) sont omniprésents.Clichés ou clins d'oeil ?Tous les codes du genre y sont - porte interdite que Jacob, bien entendu, ouvrira ; livre magique; forêt «remplie d'épreuves»; monde où le fragile équilibre entre les forces du bien et du mal est menacé.Clichés ou clins d'oeil aux classiques du genre?À vous de juger.En attendant, souhaitons que la suite sera plus convaincante.HH LA GRANDEQUÊTE DE JACOB JOBIN - L'ÉLU Dominique Demers Québec Amérique, 304 pages, 19,95$ LITTÉRATUREQUÉBÉCOISE De la jeunesse au grand public Le Prix Nobel de littérature sera annoncé le 9 octobre Le lauréat du prix Nobel de littérature 2008 sera annoncé le 9 octobre, a fait savoir vendredi l'Académie suédoise, complétant ainsi le calendrier des prestigieux prix.L'Académie suédoise est toujours la dernière des institutions des Nobel à faire connaître la date de l'annonce.Cette année, la firme britannique de paris Ladbrokes place parmi les favoris l'Italien Claudio Magris et le poète syrien Adonis.Le vainqueur est annoncé par le secrétaire permanent Horace Engdahl, au siège de l'Académie datant du XVIIIe siècle dans la vieille ville de Stockholm.Horace Engdahl a soulevé une controverse dans les milieux littéraires cette semaine en estimant, dans un entretien à l'Associated Press, que les États-Unis étaient trop repliés sur euxmêmes et ignorants pour prétendre remplacer l'Europe comme centre du monde littéraire.«Bien sûr, il y a des littératures puissantes dans toutes les grandes cultures, mais on ne peut pas écarter le fait que l'Europe est encore le centre du monde littéraire (.) pas les États- Unis», a-t-il dit mardi dans cet entretien.Les États-Unis ont remporté leur dernier Nobel de littérature en 1993 avec Toni Morrison.Les noms de Philip Roth et Joyce Carol Oates ont régulièrement été cités dans les spéculations sur les lauréats potentiels ces dernières années, sans jamais gagner.L'an dernier, c'est l'écrivaine britannique Doris Lessing qui avait reçu le prix.Le défilé des Nobel commencera demain, avec la médecine, suivie par la physique mardi et la chimie mercredi.La littérature, jeudi, précédera le Nobel de la paix, vendredi, avant l'économie, le 13 octobre.\u2014 AFP CHANTAL GUY J'ai perdu cet été un écrivain que j'aime beaucoup, Albert Cossery (1913-2008), vénérable résilient que je pensais increvable.Il a vu, connu et enterré toute la faune germanoprat ine.Physiquement, il avait l'air d'un lézard ou d'une momie vivante, avec un trou dans la gorge causé par le cancer.La paresse était pour lui un art de vivre, et il n'aura publié qu'une dizaine de livres dans sa longue «carrière», peuplés d'arabes fumeurs de haschisch et de chèvres lubriques.Dans une entrevue il y a quelques années, il s'énervait contre les auteurs qui profitaient de leur maladie pour s'attirer des lecteurs.«Je n'ai jamais fait d'argent avec mon cancer!» Pour cet aristocrate obstiné, rien de plus vulgaire que de faire son nom et sa fortune sur la pitié.Depuis, je me méfie des livrestémoignages, de l'écriture-thérapie.Il arrive trop souvent qu'on prenne les lecteurs pour des déversoirs de misère humaine, alors que le lecteur, comme tout un chacun, essaie de s'en sortir du mieux qu'il peut dans cette existence absurde.Il ne faut pas lui en vouloir de s'endormir sur les malheurs d'écrivains médiocres.Tout le monde a quelque chose à dire sur la souffrance, mais, c'est bête à dire, ce n'est pas tout le monde qui en a le talent.Aussi ai-je reculé lorsque mon collègue David Homel m'a chaudement recommandé l 'autobiographie de Brian Brett, Vacarme pour une musique, une traduction d'Aline Apostolska publiée dans la collection «Ici , l'ailleurs» de Leméac, dont il signe d'ailleurs la préface.Brian Brett souffre du syndrome de Kallman, un problème congénital assez rare et grave qui l'a confiné dans une interminable puberté.Les garçons touchés par cette anomalie ont l'air d'hermaphrodites.Toute sa vie, Brian a reçu des doses massives de testostérone pour combattre son déficit hormonal, sans qu'il puisse jamais se résoudre à faire un choix entre le féminin et le masculin en lui.«J'étais beau.J'étais étrange.Partout où j'allais, j'étais attaqué.Et je continuais à aller partout parce que je me sentais fichu.» Dans son livre, il aborde pudiquement le sujet, nous laisse sur notre faim, préférant parler de son père, de sa famille, de ses voyages, de la nature, de tout ce qui l'a constitué beaucoup plus que sa maladie.Ce poète de la Côte Ouest canadienne règle ses comptes avec l'existence en moins de 200 pages, mais il y a assez de matière là-dedans pour écrire plusieurs tomes ou une télésérie aussi riche en rebondissements que Les Soprano, avec une touche de l'imaginaire des frères Coen.Brett ne connaît pas la lourdeur.Là où un autre écrivain aurait écrit des pages et des pages, il se tait et raconte autre chose.Il est bizarre?D'accord, mais sa famille est plus fuckée que lui, et le monde, terriblement cruel.Dès le début, on apprend que sa grand-mère fleuriste a perdu son premier mari pendant la Grande Guerre, s'est remariée avec le frère du défunt, de qui elle a eu un fils, le père de Brian, qui a tué accidentellement son frère, puis perdu une jambe avant d'épouser une Italienne, et nous voilà plongés dans l'univers des immigrés de Vancouver, une bande de «durs à cuire », de «travailleurs acharnés ».Quand Brian lit trop, son père analphabète lui fait arracher des pissenlits.«Je grandis donc en intégrant la souffrance, considérant que c'était quelque chose de normal.J'appris à la garder en moi, à la ravaler, à la transformer avec fierté, comme dans cette chanson des années 60 qui dit que plus la douleur est grande, plus le rire est bruyant.» Convaincu qu'il va mourir jeune, il mène sa barque de façon suicidaire.Il dit oui à tous les risques, toutes les drogues, toutes les invitations.C'est Rimbaud qui l'a sauvé, dit-il.«Au début, je prenais de Rimbaud le style de vie autant que la poésie.Maintenant que j'ai survécu jusque dans ma cinquantaine, je préfère la poésie.» On lit ça et on se dit qu'on a vécu autant qu'une larve.Je l'ai déjà relu deux fois.Je n'avais pas ressenti plus forte impression depuis le Mars de Fritz Zorn - en quelque sorte l'antithèse de ce Vacarme pour une musique.Zorn constatait, au crépuscule précoce de sa vie, qu'il mourait de n'avoir pas osé vivre; Brian Brett ne cesse de s'étonner d'être encore là où personne n'a jamais osé le voir, pas même lui.COURRIEL pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Découvrir Brian Brett SIGNET LECTURES Sartre, le dramaturge, n'a pas autant atteint au dramatique; en comparaison du stupéfiant texte d'Atiq Rahimi inspiré de la furie talibane (terreur, tueries, viols, religion), le Huis clos de 1944 (« l'enfer, c'est les autres») a les tics et conventions du drame bourgeois, pose philosophique sèche, propos de salon.Rahimi enfonce le genre du «huis clos» de plusieurs crans pour en faire un ardent théâtre donnant à son récit une forme et une force sacrificielles dans l'ombre d'Artaud : cinglant brûlot politique autant que poétique au flanc de la Germanopratie littéraire\u2026 Une femme veille son homme dans une pièce délabrée, elle parle, lui dit tout et il n'entend rien.Une balle dans la nuque, il repose sur un lit, réduit à l'état de légume.Depuis qu'il est dans cet état, sa famille l'ayant abandonné, elle peut lui parler comme il est interdit de le faire, révéler ses secrets, ses peurs, ses misères, le toucher, l'embrasser, ce qu'elle n'a jamais fait bien qu'ils soient mariés depuis 10 ans.Couple musulman de l'Afghanistan, d'hier et d'aujourd'hui, aucun lieu ni temps ni action ne sont précisés; ce qui n'est pas à l'intérieur, elle ne le décrit pas.L'extérieur n'est que bruits, murmures, tirs, silence.Elle est désespérée; elle a amené ses deux bambines chez sa tante, seule parente compréhensive; elle revient au corps de son mari, humecte ses lèvres, règle le cathéter, chasse les mouches, compte ses souffles, et parle\u2026 Dans la mythologie perse, la syngué sabour est une pierre de patience à qui l'on peut dire tous ses malheurs.Elle absorbe tout.Jusqu'à ce qu'elle éclate, libérant la souffrance.Ce qu'elle dit, entre litanie et incantation, c'est sa vie: enfance sans affection, dépucelage sordide à 16 ans, le père qui la force à marier cet homme qu'elle ne connaît pas et qui partira «au front au nom d'Allah», la nuit de noces, ses règles faisant croire à sa virginité, ses filles nées de viols, sa honte, sa colère, la guerre sainte et fratricide - l'armée des Ténèbres - qui l'a rendu fou, les raclées qu'il lui a infligées, l'impossibilité d'un baiser, elle qui rêvait de faire «comme dans les films indiens », sa détresse, sa prostitution de survie.Tout.Libération.Éclatement.Mort ?Atiq Rahimi, qui a 45 ans, a fui Kaboul en 1984.Il a demandé l'asile politique en France, s'est inscrit à la Sorbonne.Il a écrit Syngué sabour en français d'un trait, dans une chambre d'hôtel de Séoul.Quelqu'un vient d'arriver.Les Goncourt (qui l'ont repéré) l'accompagneront s'ils ont, plus que du flair au nez, du coeur au ventre.- Robert Lévesque, collaboration spéciale Syngué sabour (Pierre de patience) Atiq Rahimi, P.O.L., 155 pages, 29,95$ HHHH1/2 Huis clos afghan LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE RUDY LE COURS De toutes les toiles peintes par Édouard Manet, Le chasseur de lions n'est pas passée à la postérité.Elle est exposée à São Paulo.Olivier Rolin, qui l'aperçoit au cours d'une de ses pérégrinations de bourlingueur, est frappé.Elle lui rappelle l'histoire d'un aventurier français du XIXe siècle dont il avait appris l'existence en consultant un livre ancien, 25 ans plus tôt.Il découvre qu'il s'agit du même Eugène Pertuiset.Qui était-il vraiment?Comment ce chasseur de lions aux allures de Tartarin de Tarascon a-t-il pu inspirer le père des Impressionnistes?Ces questions parcourent tout le dernier ouvrage de Rolin intitulé Un chasseur de lions.Ce fort beau texte éclaté relate une enquête minutieuse sur le personnage fantasque qui a laissé quelques traces aux confins du monde, depuis l'Afrique du Nord jusqu'à la Terre de Feu.Les fragments recueillis par Rolin sont liés par la recomposition de scènes tantôt loufoques, tantôt graves.Sa narration fait alterner les points de vue.Le «tu» succède au «il», au gré des paragraphes, selon qu'il s'agisse de lui-même, de Pertuiset ou de Manet.Il multiplie les bonds dans l'espace et le temps et télescope les références culturelles ou historiques.Ainsi, décrivant le drôle d'aventurier installant son chevalet sur la rive d'une rivière en Pantagonie, il enchaîne : «J'aurais voulu être un artiste/ Pour pouvoir faire mon numéro.» «Je m'voyais déjà en photographie\u2026 J'ai tout essayé pourtant pour sortir de l'ombre/Mais un jour viendra je leur montrerai que j'ai du talent.» Plamondon et Aznavour apprécieront.Il imagine aussi comment l'artiste a pu se lier d'amitié avec pareil excentrique, comment ils se fréquentaient sur les Grands Boulevards, dans les cafés ou l'atelier du maître.Le ton devient grave quand Pertuiset sert de modèle à Manet pour la fameuse toile.L'artiste est déjà très atteint par la syphilis qui allait peu après l'emporter, jeune quinquagénaire.Rolin présente le modèle en admiration devant le maître qui lui demande de narrer une milleet- unième fois ses pantalonnades afin de le distraire de sa douleur.Il s'attarde d'ailleurs beaucoup à rendre dans quel climat Manet composait ses plus grands tableaux: Olympia, Le buveur d'absinthe, L'exécution de Maximilien, etc.Rolin peint en somme un artiste à qui il déclare toute son admiration tant pour sa vie de bourgeois bohème, son credo républicain dans une société impériale que pour son oeuvre.«C'est une des poétiques conséquences du temps qui passe : les témoins meurent, puis ceux qui ont raconté les histoires, le silence se fait, les vies se dissipent dans l'oubli, le peu qui ne s'en perd pas devient roman», écrit-il.Unchasseur de lions Olivier Rolin Seuil.2008, 235 pages.HHH1/2 CRITIQUE / Un chasseur de lions Un voyage dans la création LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014 Si cela ne portait pas malheur, on dirait qu'Olivier Rolin est favori pour le prix Goncourt.Son nouveau roman figure sur presque toutes les listes des grands prix.Non sans raison : Un chasseur de lions n'est pas seulement superbement écrit, c'est un récit à la fois captivant, ironique, désopilant et mélancolique sur l'improbable rencontre entre le peintre Édouard Manet et un gros aventurier un peu ridicule.Eugène Pertuiset, dont il fait le portrait en 1881, posant devant la dépouille d'un lion, quelque part aux antipodes.Manet doit le trouver exotique et divertissant, et l'autre lui achète quelques oeuvres.Olivier Rolin fait le récit - plus ou moins inventé - de cette amitié presque contre nature.En y mêlant des bribes de sa propre biographie.«Bien sûr, c'était une manière de parler de moi-même, dit-il dans son appartement bohème et bricolé de la rue de l'Odéon, l'une des plus prisées de Saint- Germain-des-Prés.De moi-même il y a 25 ans, en pleine guerre des Malouines où m'avait envoyé en reportage le Nouvel Observateur : c'est là que pour la première fois j'ai fait la connaissance de ce Pertuiset.» Dans une librairie de Punta Arenas, en ce mois de juin 1982, Rolin découvre un livre intitulé Petite histoire australe, et qui relate une expédition de 1873 conduite en Terre de Feu par ce «Sancho Pança» de Patagonie.«Sur le coup, dit Rolin, il m'a fait penser à Blaise Cendrars.Je voyais en lui un homme qui avait pu fréquenter Rimbaud en Abyssinie.Après coup, j'ai découvert que c'était un être un peu ridicule, pompeux et vantard.» Le romancier sort de sa bibliothèque deux bouquins reliés - l'édition originale des souvenirs du sieur Pertuiset : «Tiens, dit-il, je n'avais pas remarqué: le premier s'appelle Chasseur de lions! Mais peu importe : on voit à le lire que c'était un amateur de style ampoulé.Un bonimenteur de salon.Comment Édouard Manet, à la fois bourgeois et bohème, et si raffiné, a-t-il pu s'acoquiner avec un type pareil?» Et puis il y a ce signe du destin, un quart de siècle plus tard.Dans un musée de São Paulo, il tombe sur une grande toile signée Manet et reconnaît instantanément « son» aventurier, grand, gros et rougeaud, comme sur l'illustration du livre de Punta Arenas, et qui avait posé pour son «cher Maître ».Un tableau et une relation dont Olivier Rolin ignorait l'existence.« Cu r i e u seme n t , d i t - i l aujourd'hui, j'avais, avant même de voir ce tableau, commencé dans les années 90 un roman où apparaissait Pertuiset.C'était la première ébauche de Tigre de papier, ce roman sur ma période gauchiste d'après 1968: une sorte de parallèle ironique entre nous, aventuriers maos et clandestins pas très sérieux, et ce Falstaff des antipodes\u2026 Le roman ne marchait pas.J'ai jeté la centaine de pages.Et Pertuiset avec.Il revient aujourd'hui sous une autre forme.» Avec son frère Jean - deux ans de moins que lui -, Olivier Rolin a eu un parcours étonnamment parallèle: tous deux dirigeants anarcho-maos de la gauche prolétarienne, puis passés à «clandestinité» et devenus un temps apprentis terroristes.Avant de quitter le militantisme, puis de devenir tous deux écrivains réputés au milieu des années 80: Olivier a gagné le prix Fémina en 1994, et Jean le prix Médicis en 1996 ! «Bien entendu, dit Olivier Rolin, c'est un peu en souvenir de cette époque lointaine que j'ai voulu camper ce personnage pétaradant et dérisoire.Mais en même temps, c'est un livre qui m'a plus angoissé que les autres.Il y a certes un fil ténu entre les éléments qui composent le livre : Pertuiset dans les immensités désertes que j'adore, Manet, sa carrière artistique et la vie mondaine des années 1870-80, moimême entre 1980 et le début des années 2000.Et en même temps c'est un livre dépourvu de centre de gravité, qui parle du côté dérisoire de la vie, mais aussi de la création artistique, des mesquineries de la vie parisienne, de mon désenchantement politique et de mes regrets d'être devenu aussi désabusé.C'est un mélange de tout cela, et je n'étais pas sûr d'en venir à bout\u2026» En fin de compte, la mission a été accomplie, les lecteurs sont au rendez-vous.Et, si Rolin a prévu un déplacement fin octobre au Québec - qu'il «adore» - ce sera rapide.Retour à Paris pour le deuxième lundi de novembre, date d'ouverture de la chasse au Goncourt.Au cas où\u2026 ENTREVUE / Olivier Rolin Un aventurier dérisoire PHOTO FOURNIE PAR L'AGENCE OPALE Olivier Rolin sera de passage au Québec à la fin du mois.«C'est un livre dépourvu de centre de gravité, qui parle du côté dérisoire de la vie, mais aussi de la création artistique, des mesquineries de la vie parisienne, de mon désenchantement politique et de mes regrets d'être devenu aussi désabusé.» L E C T U R E S 3 LECTURES MATHIEU PERREAULT Quand Elizabeth Abbott écrivait son Histoire du célibat, elle venait de décider de vivre seule, après plusieurs relations amoureuses houleuses.Dans son Histoire des maîtresses, elle a raconté l'histoire de son grand-père maternel, magnat de la bière et politicien municipal à Detroit, qui entretenait un harem plus ou moins discret.Le dernier livre de l'historienne torontoise, Le sucre, une histoire douce-amère, trotte dans sa tête depuis qu'elle a dormi dans le lit de sa grand-mère paternelle à Antigua, et rencontré une grandtante qui a dû prendre un travail difficile dans une usine de sucre pour nourrir sa famille après la mort de son mari.Une chose est certaine, Mme Abbott sait établir des liens personnels avec les sujets qu'elle choisit d'aborder.«Le sucre, c'était une histoire familiale que j'ai toujours eue dans mon coeur», explique-t-elle dans un café du Quartier latin.«Ma famille avait une plantation de sucre à Antigua.Quand le secteur s'est écroulé dans l'île, tous les enfants de mes grands-parents sont allés au Canada pour étudier.Mon père y est resté.Je suis très attachée aux histoires de ma famille, à l'histoire des Antilles.» Voi là une demi-douzaine d'années, elle a enfin compris comment approcher le sujet pour en faire un livre.«J'ai vécu en Haïti pour suivre un homme.J'ai fait plusieurs entrevues avec des coupeurs de canne haïtiens.J'ai compris qu'il y avait toute une politique, une lutte de pouvoir autour du sucre.Duvalier avait reçu un million de dollars de la République dominicaine pour fermer les yeux sur le quasi-esclavage des coupeurs haïtiens qui y vivaient.J'ai été témoin d'un événement très triste, la fermeture de l'usine de la Haitian American Sugar Company, à cause de la corruption.C'était la seule manière pour les petits planteurs de vendre leur production.Ils déposaient leur canne à sucre dans un petit train qui faisait le tour des villages.» L'historienne connaît Haïti depuis longtemps, ayant publié en 1988 un livre sur les Duvalier.Dans son livre, Mme Abbott raconte les débuts de la canne à sucre.Originaire de la Nouvelle- Guinée, elle a été utilisée en Inde dès l'époque de Périclès.Elle a atteint le Moyen-Orient au début de l'ère islamique, et les médecins arabes s'en sont servis pour préserver leurs médicaments.Les Espagnols ont été familiarisés avec le sucre avec la Reconquista.Le sucre a même favorisé l'émergence de l'Amérique du Nord britannique : au XVIIe siècle, les Hollandais ont échangé New York contre l'Indonésie pour y établir des plantations, et au XVIIIe, la France a préféré garder la Guadeloupe plutôt que la Nouvelle-France.« Les planteurs anglais ont beaucoup contribué à l'échange «neige contre sucre », affirme Mme Abbott.Ils avaient acheté une cinquantaine de sièges au Parlement de Londres pour être capables de faire pression sur le gouvernement.Ils ne voulaient pas de la concurrence directe du sucre de la Guadeloupe, qui était une très grande île.Alors, ils voulaient que l'Angleterre s'en débarrasse.» L'historienne torontoise, qui a été «doyenne des femmes» de 1991 à 2004 à l'Université de Toronto, a aussi des observations intéressantes sur l'esclavage.Celui des plantationsdu Nouveau- Monde était «radicalement différent » de l'esclavage qui avait lieu auparavant, depuis l'Antiquité.«Jusqu'en 1807, quand la traite des esclaves a été abolie, il y avait très peu d'enfants dans les plantations.Les conditions y étaient si dures qu'il était impossible de mener un enfant à terme.Les esclaves étaient carrément remplacés à tous les sept à 10 ans, tellement la mortalité était élevée.Le seul exemple à grande échelle qui s'en approche, c'est celui des Juifs qui travaillaient jusqu'à la mort dans les usines d'armement de Hitler.» En près de trois siècles, 13 millions de Noirs ont pris la route du Nouveau-Monde.De ce nombre, deux millions sont morts à bord des bateaux et la moitié a travaillé dans les plantations.C'est un peu moins que la traite des esclaves dans le monde islamique, mais cette dernière a duré près de 15 siècles.Pour expliquer l'émergence de l'esclavage dans les plantations, Mme Abbott remonte jusqu'à la Peste noire qui a dévasté l'Europe au milieu du XIVe siècle.«Il y avait tellement peu de survivants qu'il y a eu une pénurie de main-d'oeuvre.Les travailleurs avaient le gros bout du bâton.Alors, l'Europe a commencé à utiliser de plus en plus d'esclaves, tout d'abord du monde islamique, puis de l'Afrique.L'Espagne s'est ainsi servie d'esclaves noirs dans ses plantations des Canaries, et le modèle a traversé l'Atlantique.Quand Colomb est arrivé en Haïti, il a imposé à tous les colons de cultiver la canne à sucre avec l'aide des esclaves.» Les livres de Mme Abbott font une large place aux personnalités historiques, souvent des femmes.Elle approfondit parfois les mêmes figures d'un livre à l'autre, comme, par exemple, une maîtresse de l'Amérique coloniale qui se retrouve dans le livre sur le sucre.Malheureusement, la traduction française n'a pas d'index.HHH LE SUCRE, UNE HISTOIRE DOUCE-AMÈRE Elizabeth Abbott, Fides, 449 pages, 29,95$ ENTREVUE / Elizabeth Abbott Du sucre dans la famille PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE L'historienne torontoise Elizabeth Abbott sait établir des liens personnels avec les sujets qu'elle choisit d'aborder.ALEXANDRE SIROIS À quelques semaines du scrutin présidentiel aux États-Unis, en plein coeur d'une crise financière historique, l'arrivée du plus récent essai de Paul Krugman en librairie tombe à point nommé.L'Amérique que nous voulons est non seulement un livre d'histoire économique - celle des 100 dernières années aux États-Unis -, c'est aussi un essai politique.Un réquisitoire contre le Parti républicain tel qu'on le connaît aujourd'hui et un appel vigoureux à des réformes d'envergure en sol américain.Mais parlons d'abord un peu de Krugman.Considéré comme l'un des plus brillants économistes de sa génération, il s'est transformé ces dernières années en un redoutable polémiste.Embauché par le New York Times comme chroniqueur il y a huit ans, il est devenu l'un des plus féroces critiques de l'administration de George W.Bush.Contrairement à la plupart de ses confrères journalistes, il n'a pas modéré ses ardeurs dans la foulée des attaques terroristes de septembre 2001 et de l'invasion irakienne.Ce qui était forcément gênant pour la direction du quotidien à l'époque confère aujourd'hui à ce franc-tireur une aura de respectabilité.Krugman n'a jamais décoléré.Dans L'Amérique que nous voulons, il en rajoute.Il ne s'en prend pas uniquement à Bush, mais à l'ensemble des républicains.Le parti d'Abraham Lincoln, explique-t-il, est dorénavant contrôlé par des idéologues.Il n'y a plus de place, en son sein, pour les politiciens modérés.La prise de contrôle du parti par des «réactionnaires radicaux» s'est effectuée, selon Krugman, à partir des années 70.Leur but avoué: liquider les acquis du New Deal, politique mise de l'avant par le démocrate Franklin D.Roosevelt pour remettre le pays sur ses rails dans les années 30, après la grande dépression.Une politique à l'époque jugée révolutionnaire, rappelle l'essayiste, puisqu'il s'agissait d'« imposer les riches, verser des pensions de retraite et des indemnités de chômage et renforcer le pouvoir de négociation des travailleurs ».Le résultat a été spectaculaire.Les revenus ont été redistribués, la société américaine est devenue beaucoup plus égalitaire et une classe moyenne solide et prospère a fait son apparition.Les politiques des républicains au cours des dernières décennies, au contraire, ont permis aux plus riches de s'enrichir.Les 10% des Américains les plus fortunés ont vu leurs revenus s'envoler.La croissance des revenus des autres a été inférieure à la moyenne.Les États-Unis, on le sent depuis quelques années, sont à la croisée des chemins.Comme au début des années 30, estime Krugman.Il pense qu'il s'agit d'une occasion politique à saisir.« Aujourd'hui, nous sommes redevenus une nation écoeurée de l'action gouvernementale conservatrice », écrit l'économiste.Il est convaincu que « l'échec f lagra nt des politiques existantes» va pousser ses concitoyens à «soutenir des changements considérables».Il exhorte donc le prochain président américain à parachever le New Deal et à faire la guerre aux inégalités et à l'insécurité économique.Une offensive dont la pièce maîtresse serait un système de santé universel.Son essai, érudit, mais fort bien vulgarisé, se lit donc comme une feuille de route destinée à une éventuelle administration américaine menée par le démocrate Barack Obama.Et comme une mise en garde de ce qui attend les Américains s'ils se rangent cette année encore derrière le candidat républicain à la présidence.HHHH L'AMÉRIQUEQUE NOUS VOULONS Paul Krugman, Flammarion, 32,95$ ESSAI POLITIQUE Cette Amérique qui inquiète Paul Krugman Les États-Unis, on le sent depuis quelques années, sont à la croisée des chemins.« J'ai fait plusieurs entrevues avec des coupeurs de canne haïtiens.J'ai compris qu'il y avait toute une politique, une lutte de pouvoir autour du sucre.» La poésie à toutes les sauces à Trois-Rivières TROIS-RIVIÈRES \u2014 Souper-poésie, cinépoésie, récital-poésie, apéro-poésie, scotch et poésie, muffin et poésie, thé et poésie.La poésie est partout à Trois-Rivières depuis vendredi, et ce sera le cas jusqu'au 12 octobre à l'occasion du 24e Festival international de la poésie de Trois-Rivières.Quelque 400 activités sont au menu, allant des repas-poésie aux ateliers d'écriture, en passant par les lectures, spectacles, expositions, rencontres et autres.Une centaine de poètes provenant d'une trentaine de pays des cinq continents partageront leurs créations et interagiront pendant les 10jours du rendezvous international.C'est d'ailleurs cette diversité qui distingue le festival trifluvien, selon son président fondateur, Gaston Bellemare : diversité de poètes, diversité de pays, diversité de lieux, diversité des heures des activités.«On amène la poésie là où les gens aiment aller, dans des endroits de détente », décrit le président du festival.Il y a certes la Grande Soirée de poésie, le 11 octobre, qui fait se succéder 30 poètes sur la scène de la Maison de la culture.Mais la programmation comprend aussi une foule de soirées de poésie dans des bars et de formules repas-poésie.Le concept durepas aurestaurant peut constituer une bonne initiationpour ceux qui sont intimidés par lemonde des poètes.«Écouter unpoème au restaurant, ça passe facilement!Unbon repas, dubon vin.Même si vous n'aimez pas lepoème, le vin serabon quandmême!» illustre Gaston Bellemare.\u2014Le Nouvelliste .Coup de coeur Nouvelle entree R Quebecois PALMARES DES VENTES 22 au 28 septembre 2008 Cette semaine, nous avons vendu 21 442 titres differents.Un reseau de 24 librairies Service aux entreprises et aux institutions : 1 800 667-3628 renaud-bray.com 1 KILO CARDIO I.Huot, J.Lavigueur R Sante Ed.de l'Homme 2 LES CHEVALIERS D'EMERAUDE, t.12.Irianeth A.Robillard R Science-fiction Ed.de Mortagne 3 AQUI FERAIS-JE DE LA PEINE SI J'ETAIS MOI-MEME J.Salome Psychologie Ed.de l'Homme 4 LE GUIDE DE L'AUTO 2009 Collectif Guide Trecarre 5 MILLENIUM, t.1 ., 2 ., 3 .S.Larsson Polar Actes Sud 6 38 ANS DERRIERE LES BARREAUX F.Paradis R Essai Novalis 7 L'AUTO 2009 J.Duval R Guide La Presse 8 LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT .E.Tolle Esoterisme Ariane 9 ELEGIE POUR UN AMERICAIN .S.Hustvedt Roman Lemeac 10 LES PETITES BOUCHESANOURRIR S.Demeules R Cuisine Quebecor 11 CHERE LAURETTE, t.1.Des reves plein la tete M.David R Roman Hurtubise HMH 12 LA PRINCESSE DES GLACES C.Lackberg Polar Actes Sud 13 CEQUE LE JOUR DOITALANUIT .Y.Khadra Roman Julliard 14 L'ANNUEL DE L'AUTOMOBILE 2009 Collectif Guide Autojournal 15 SOUTIEN-GORGE ROSE ET VESTON NOIR .R.Germain R Roman Libre Expression 16 MANGE, PRIE, AIME .E.Gilbert Biographie Calmann-Levy 17 REJEAN THOMAS L.Boulanger R Biographie Voix paralleles 18 LA GUERISON INTERIEURE.Par l'acceptation et le C.Portelance Psychologie Ed.du CRAM 19 M.ETMME JEAN-BAPTISTEROUET D.Monette R Roman Ed.Logiques 20 LES ACCOUCHEUSES, t.2 .La revolte A.-M.Sicotte R Roman VLB Editeur 21 DEPUIS LA FENETRE DE MES CINQ ANS A.Cousture R Roman Libre Expression 22 BOITESALUNCH SANTE G.O'Gleman R Cuisine La Semaine 23 GIN TONIC ET CONCOMBRE .R.Germain R Roman Libre Expression 24 UN LIEU INCERTAIN .F.Vargas Polar Viviane Hamy 25 LE FAIT DU PRINCE A.Nothomb Roman Albin Michel 26 2009 : LAGRANDE TRANSFORMATION Collectif Esoterisme Ariane 27 TOUTES CES CHOSES QU'ON NE S'EST PAS DITES M.Levy Roman Laffont 28 NOUVELLE TERRE .E.Tolle Esoterisme Ariane Pour une deuxieme saison, Luck Mervil recoit chez lui.SAMEDI 19 H 29 VOTREGROSSESSE AU JOUR LE JOUR .L.Regan Maternite Hurtubise HMH 30 PRENDS-MOI DANS TES BRAS .M.Petrowski Biographie VLB Editeur 31 QUE S'EST-IL VRAIMENT PASSE ?Collectif Histoire Reader's Digest 32 CHAGRIN D'ECOLE .D.Pennac Roman Gallimard 33 CESSEZ D'ETRE GENTIL, SOYEZ VRAI .T.D'Ansembourg Psychologie Ed.de l'Homme 34 MISERERE J.-C.Grange Polar Albin Michel 35 JE N'AURAI PAS LE TEMPS .H.Reeves R Sciences Ed.du Seuil 36 LESECRET .R.Byrne Psychologie Un monde different 37 LES REVES DE MON PERE .B.Obama Biographie Presses de la Cite 38 LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES J.-P.Dubois Roman Ed.de l'Olivier 39 AU MENU CE SOIR Collectif Cuisine Transcontinental 40 LA SUPPLEANTE A.Bonhomme R Roman Stanke 41 S'ORGANISER POUR REUSSIR D.Allen Gestion Transcontinental 42 L'ELEGANCE DU HERISSON .M.Barbery Roman Gallimard 43 INDEPENDANCE FINANCIERE GRACEAL'IMMOBILIER J.Lepine R Economie Un monde different 44 QUE FUIS-JE?OUCOURS-TU?AQUOI SERVONS-NOUS ?T.D'Ansembourg Psychologie Ed.de l'Homme 45 PASTA ET CETERAALADI STASIO .J.Di Stasio R Cuisine Flammarion Quebec 3587738A Boreal www.editionsboreal.qc.ca le livre + l'acces au site les deux pour 24,95 $ A l'achat du livre : Acces gratuit d'un an a www.etatdumonde.com L'Encyclopedie de L'Etat du monde en ligne Toutes les donnees statistiques en un seul clic UNE FORMULE ENTIEREMENT RENOUVELEE L'etat du monde 2009 UN LIVRE POUR COMPRENDRE LES ENJEUX GEOPOLITIQUES DE LA PLANETE UN SITE POUR MAITRISER TOUTES LES DONNEES L'ouvrage phare des relations internationales depuis 1981 3587679A LECTURES On ne peut accuser la romanciere Madeleine Thien d'etre une ecrivaine pantouflarde.Nee a Vancouver, de parents chinois originaires de la Malaisie, elle a vecu a Quebec.Et dernierement, il semblerait qu'elle passe une saison a Shanghai, histoire de renouer avec ses racines chinoises, peut-etre.Dans son roman Certitudes, elle nous fait voyager, nous aussi, dans le temps comme dans l'espace.L'action se deroule a Vancouver, mais tres vite nous sommes transportes au nord de Borneo, en Indonesie, aux Pays- Bas, avec un petit detour en Australie.Tout ce voyagement vise a suivre une intrigue passablement compliquee, mettant en scene des Chinois, des gens de l'Indonesie, des Neerlandais et meme un Canadien, tous pris dans la tourmente de la Deuxieme Guerre mondiale, sous l'occupation japonaise.(Les Neerlandais avaient etabli une presence coloniale dans l'Indonesie d'aujourd'hui.) Plusieurs des personnages ont pris le chemin de l'exil qui les a menes jusqu'au Canada, terre des refugies.Madeleine Thien fait justement partie des ecrivains qui voient notre pays et notre identite comme un lieu tisse d'histoires d'immigrants.Dont celle de Gail Lim.Documentariste pour la radio, elle se passionne pour l'histoire de William Sullivan, prisonnier de guerre dans un camp japonais, qui a ecrit le journal intime de son emprisonnement en code numerique, afin de cacher son contenu a ses geoliers.Conjoint d'un medecin qui la trompe, Gail Lim mourra bientot de pneumonie, ce qui ne l'empechera pas de revenir durant tout le roman, car le temps dans l'oeuvre de Madeleine Thien est tout sauf lineaire.Son pere Matthew (ici, les Chinois prennent des noms occidentaux) cache un secret.Bien qu'il vive paisiblement avec sa femme Clara, il a connu l'amour a Borneo avec Ani, une fille du village de Sandakan, passe a feu et a sang par les Japonais.C'a ete un amour d'enfance .et un peu plus, car Ani a eu un fils de cette liaison brisee par la guerre.Le pere de Matthew, ayant collabore avec l'occupant, est mort lors de la retraite japonaise, et son fils a du payer le prix des peches du pere.Ajoutez a tout cela les amours entre Ani et Sipke, un photojournaliste neerlandais qui apprend le metier au fils d'Ani, le voyage de Gail en Hollande pour rencontrer le cryptographe qui a decrypte le journal de William Sullivan, et le deuil d'Ansel apres la mort de Gail, et vous avez un recit pas mal touffu.Une intrigue a passions multiples?Oui et non.Madeleine Thien a choisi une approche lyrique, pudique meme.Elle prefere froler les emotions de ses personnages que de s'y plonger.Selon vos gouts, vous serez emus par la poesie de ce roman, ou bien frustres de rester a l'exterieur des passions de ses acteurs.David Homel, collaboration speciale Certitudes Madeleine Thien, traduit par Helene Rioux XYZ Editeur, 238 pages, 25$ HHH Le pays de tous les exils LITTERATURE CANADIENNE NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE Mao, Hitler, Staline.Trois dictateurs parmi les plus sanglants du siecle dernier! Trois tueurs responsables de la mort de millions de victimes dont les fantomes sinistres hantent les coulisses de l'histoire et de l'imaginaire collectif.Et pourtant, il y a toujours des nostalgiques de l'epoque ou sevissaient ces monstres, des gens qui venerent encore leur souvenir, qui ont en fait des idoles, des exemples, des personnages emblematiques, voire mythiques.Une manne pour les ecrivains en general et les auteurs de polars en particulier.Dans La danseuse de Mao, de Qiu Xialong, l'inspecteur Chen se voit confier une affaire tres delicate : recuperer un document compromettant que detiendrait une jeune et jolie demoiselle, document dans lequel il serait question, avec force details scabreux, d'une liaison de Mao, le Grand Timonier, avec une accorte jeune dame morte dans des conditions mysterieuses.Dans la Chine actuelle, en pleine mutation, Mao reste officiellement l'idole des masses.Pas question de toucher a son image sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'a la mort.Pour l'inspecteur Chen, l'affaire Mao est sans doute la plus delicate de sa carriere.A travers cette histoire policiere, le lecteur decouvre de multiples facettes de cette societe chinoise en pleine mutation: la politique, le socialisme de marche, la gastronomie (pour estomacs solides!), les relations humaines et en prime, la vie privee de Mao, tout aussi epicee! L'ombre sinistre du Fuhrer du Troisieme Reich plane sur l'intrigue du roman Le violon d'Hitler, d'Igal Shamir.En 1940, lors d'une soiree au cours de laquelle les dignitaires nazis et Hitler fetent l'occupation de la France, le violoniste Gustav Schultz donne un recital au cours duquel il interprete des oeuvres de Salomone Rossi, un protege de Monteverdi.A l'issue du concert donne en son honneur, Adolf Hitler pique une crise de colere epouvantable, fracasse le violon de Schultz puis ordonne son execution immediate.Cinquante ans plus tard, le violoniste Gal Knobel, un ancien agent du Mossad israelien, specialise dans la traque des criminels de guerre nazis, se voit proposer de decouvrir ce qui a declenche la rage meurtriere du dictateur.Knobel apprendra vite qu'il y a des secrets qu'il vaut mieux ne pas reveler, alors que son enquete reveille de vieux demons.La resolution du mystere est plutot decevante (tout ca pour ca ?), deception en partie compensee par un denouement tragique et inattendu.Le violon d'Hitler est un thriller erudit qui mele a l'histoire la plus sombre du XXe siecle une enigme artistique pas tres captivante, sauf peut-etre pour quelques amateurs de musique classique! Dans Le spectre de Staline, de Martin Cruz Smith, nous retrouvons le commissaire Arkady Renko, heros de Park Gorki et de quatre autres polars remarquables.Alors que la neige tombe sur Moscou, le fantome de Joseph Staline apparait sur le quai d'une station de metro.Embetees par cette affaire bizarre qui a des repercussions politiques indesirables, les autorites confient le dossier a Renko, pour qui les ennuis commencent.Au cours de son enquete, il va se heurter a l'hostilite d'un groupe de collegues de la police de Moscou, d'anciens Berets noirs, heros de la guerre de Tchetchenie, et dont le chef, Isakov, se presente sous la banniere des Patriotes russes a la senatoriale de Tver.Nostalgiques de l'ancien regime, ces fanatiques revent d'un retour de la Grande Russie.Le spectre de Staline est un thriller fort interessant, a l'intrigue complexe, dans lequel Martin Cruz Smith trace un portrait tres realiste de la societe russe actuelle dechiree entre la modernite capitaliste, la tentation de la democratie, et la nostalgie de l'ancien regime communiste dirige par des hommes forts comme Staline dont la figure paternelle ( le petit pere des peuples!) occulte souvent celle du dictateur paranoiaque et meurtrier.Comme quoi, il reste encore bien des demons a exorciser, que ce soit en Chine, en Allemagne ou en Russie ! La danseuse de Mao Qiu Xialong Liana Levi, 318 pages, 39.95$ HHH Le violond'Hitler Igal Shamir Plon, 290 pages, 39,95$ HHH Le spectre de Staline Martin Cruz Smith Seuil, 338 pages, 31,95$ HHHH Les vices de Mao, la fureur d'Hitler, le spectre de Staline POLARS Tous les jours dans A CHACUN SON CHOIX DÉCOUVREZ L' HOMME, LE MÉDECIN, LE LIBREPENSEUR\u2026 Offert en librairie et sur librairie.cyberpresse.ca «Celivre-là est plein d'amitié\u2026 très inspirant » Christiane Charette, Christiane Charette SRC «Un bouquin très bien écrit\u2026 dans lequel on apprend plein, plein de choses\u2026 » René Homier-Roy, C'est bien meilleur le matin SRC 3589325A LECTURES LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Alberto Aragon, diplomate déchu et alcoolique, fuit le Salvador.Son pays émerge d'une guerre civile qui a fait 100 000 morts.Il a servi les deux camps, la junte militaire et la guerilla marxiste.Si mal qu'il n'a plus d'amis nulle part.Une seule personne l'aime, « l'Infante », une fille grassouillette et envahissante qui a la moitié de son âge.Il échoue à Mexico, dans une chambre misérable, d'où il la chasse.Il tente de joindre ses contacts, qui ont abouti eux aussi dans la plus grande ville du monde, n'y arrive pas, part en quête d'une bouteille de vodka, se perd, se fait aborder par de mystérieux exilés et meurt.Assassinat, crise cardiaque, delirium tremens ?Le lecteur l'ignore.Un riche Salvadorien, qui a déjà connu Aragon, ne le sait pas plus.Il embauche un détective privé pour trouver la réponse.Ce détective raté, ancien journaliste, partage avec Aragon un goût immodéré pour les femmes et l'alcool.Anéanti par le départ d'une beauté dont il s'est aperçu, trop tard qu'il l'aimait, il s'impose l'abstinence.Son enquête, titre de la deuxième partie du roman, est écrite à la première personne, avec un humour noir.Voilà un livre aussi formidable que singulier.Il vous présente un monde où vous n'avez jamais été.Le roman mélange les genres : une trame policière sur fond politique, dont la puissance se trouve ailleurs, soit dans la perspicacité psychologique de l'auteur.Le récit trouve sa force dans l'originalité du style.Celle-ci se manifeste avec éclat dans la deuxième partie.Les phrases s'étendent parfois sur des pages et pourtant, cette démesure ne s'accompagne d'aucune confusion.Au contraire, le rythme est haletant, parfois très drôle malgré la tristesse du propos.L'intrigue devient secondaire.La pièce de choix, c'est justement le délire du fameux «détective», qui rappelle celui d'un Don Quichotte à l'envers, dans ce cas un homme totalement immoral.Les seuls torts qu'il veut redresser, ce sont les affronts que des femmes, sortes de moulins à vent idéalisés, lui ont fait subir.Horacio Castellanos Moya a lui-même fui son pays.Né au Honduras en 1957, il a vécu son enfance et sa jeunesse au Salvador.Il s'est exilé dans de nombreuses contrées, notamment au Canada.Journaliste, il est connu pour ses romans, qui témoignent d'un monde violent.Il faut rendre grâce aux Allusifs, cette petite maison québécoise, qui s'est spécialisée dans la recherche et la traduction de perles exotiques comme ce roman.- André Noël Là où vous ne serez pas Horacio Castellanos Moya, Les Allusifs, 272 pages, 29,95$ HHHH Beauté baroque LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Fresque humaine tragicomique, Victoria et le vagabond rendhommageà Chaplin et au cinéma, le plus séduisant des miroirs aux alouettes.Après avoir exploré l'autofiction sous toutes ses coutures, notamment avec Alia, un troublant roman familial sur l'obsession de l'image, Mélikah Abdelmoumen troque la narration à la première personne pour une narration cinématographique, se promenant telle une caméra à travers des histoires entremêlées.On entre d'emblée dans l'atmosphère surannée du Paris des années 30, suivant deux jeunes filles éprises du cinéma de Chaplin, pour sauter ensuite à Lyon, 78 ans plus tard, alors que Victoria, âgée de 93 ans, se lie d'amitié avec Peter Kelman, un acteur montréalais de 36 ans.À cela s'ajoute l'histoire de Renée St-Cyr, une cinéphile montréalaise qui débarque à Lyon pour travailler à un film avec Peter Kelman.Séduite par l'acteur, elle se libère des griffes de son maître, le réalisateur Jerome Kerr, qui pastiche de vieux films américains.Apparemment dispersé, le roman tisse plutôt des toiles, à commencer par celle lancée entre les générations par la relation entre Victoria et les deux jeunes déchirés par leurs incertitudes.Inspirée d'une réelle complicité entre l'auteure, son mari et une vieille dame rencontrée à Lyon, cette amitié particulière permet de mettre le présent en perspective.Victoria jette un éclairage nouveau sur les petits drames des jeunes, bien minces à côté de sa vie de deuils, elle qui a perdu son mari durant la Seconde Guerre mondiale et son fils, mort d'une sale maladie.Au recul offert par l'âge s'ajoute celui du rire de Chaplin, que l'auteure cite à cet égard: «La vie est tragique lorsqu'elle est vue en gros plan, mais elle devient parfois comique quand on la montre en plan large.» Encore préoccupée par l'image, l'auteure construit un roman où tout le monde oscille entre le fantasme et la volonté de trouver sa vérité, de s'extraire du mensonge.L'acteur veut briser l'écran entre lui et le monde, Renée St-Cyr cherche l'amour vrai au milieu de ses rêves romantiques inspirés par les films rose bonbon.Finalement, chacun se fait son cinéma dans cette valse-hésitation qui aborde, pêle-mêle, les dangers de la célébrité, la ségrégation des Noirs, la Shoah et le mythe de Pygmalion.Tel un point focal à ce joyeux bal, Chaplin éclaire le livre et fait même son apparition dans l'histoire.En ce sens, Mélikah Abdelmoumen réussit à faire venir le cinéma à la vie, à donner, à travers une fiction, une part de réel au célèbre acteur et réalisateur.Elle-même passionnée de cinéma, l'auteure d'origine québécoise établie à Lyon offre un portrait doux-amer du septième art et de notre attirance pour les chimères.- Elsa Pépin, collaboration spéciale Victoria et le vagabond Mélikah Abdelmoumen Marchand de feuilles, 2008, 282 pages HHH1/2 À chacun son cinéma INDIFFÉRENCE DEUXMOTS\u2026 AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY DEUX ÉCRITURES Demain et mardi, dans le cadre des Entretiens Jacques- Cartier, six universitaires français, britannique et québécois échangeront leurs vues sur la biographie d'écrivain, un genre où «s'entrecroisent deux subjectivités et deux écritures ».À mi-chemin entre la biographie et l'essai, rappelons le très dense Rimbaud le fils, de Pierre Michon (Gallimard, 1991), et Monsieur Melville, de Victor-Lévy Beaulieu, qui donnera plus tard au genre une ampleur nouvelle avec l 'immense James Joyce, l'Irlande, le Québec et les mots (2006).Lucie Robert et Robert Dion (UQAM), et Pierre Nepveu (UdeM) comptent parmi les spécialistes qui participeront à ce colloque, au Centre d'archives de Montréal (535, avenue Viger Est ; métro Champ-de-Mars).L'entrée est gratuite.Devant « l'indifférence consternante» dans laquelle a sombré le rapport Bouchard- Taylor, la revue Spirale - qui consacre son numéro d'automne à la question - organise une table ronde sur le thème «Immigration, justice et diversité culturelle ».À la table, les universitaires et auteurs Jacques Beauchemin (UQAM, La société des identités (Athéna)), Jocelyne Maclure (U.Laval, Récits identitaires: le Québec à l'épreuve du pluralisme (Québec-Amérique)), Christian Nadeau (Justice et démocratie (PUM)) et Michel Seymour (UdeM, De la tolérance à la reconnaissance (Boréal)).Jeudi 9 octobre à 19h à la librairie Olivieri (5219, chemin de la Côte-des-Neiges); on réserve au 514-739-3639.Sophie Faucher est la lectrice de la semaine à l'émission Vous m'en lirez tant, aujourd'hui 14h à la Première Chaîne de RC\u2026 Les Éditions Trois-Pistoles soulignent aujourd'hui à Amqui les 40 ans d'écriture de Bertrand B.Le Blanc (Les trottoirs de bois, Les chemins de l'écriture, etc.)\u2026 SOURCES : BAnQ, UQAM, Spirale, SRC, Éd.Trois-Pistoles.1 Victor-Lévy Beaulieu PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Dimanche dernier, la couverture qui illustrait la critique de notre collaborateur David Homel du livre Fugitives d'Alice Munro n'était pas la bonne.Il s'agissait en fait de la couverture européenne.La couverture québécoise, chez Boréal, ressemble plutôt à ceci! Nos excuses.PRÉCISION Une Bible écrite à la main L'éditeur américain de livres chrétiens Zondervanaannoncéque sa prochaine édition de la Bible serait écrite à la main par plus de 31 000 Américains.La maison d'édition a amorcé mardi dernier une tournée de 25 000km qui traversera 90 villes américaines pour marquer le 30e anniversaire de sa nouvelle version internationale de la Bible.À chaque étape de la «caravane », des Américains pourront venir écrire des versets.L'ensemble des versets sera publié à l'issue de la tournée.\u2014 Associated Press EN BREF CÉLÉBRITÉS.Thérèse BissonneTTe eT Maurice Marchand Y a pas si longtemps, nous fêtions vos noces d`or avec l`espoir de plusieurs lendemains.Vous en êtes maintenant à votre 60e anniversaire et toujours aussi unis et proches l`un de l`autre.Félicitations! Avec amour, vos enfants, petits-enfants, famille, amis.Jean-PauL dussauLT 80 ans, 4 oc To Bre Félicitations et meilleurs voeux à un homme merveilleux, avec l'amour et la gratitude.De ton épouse, de nos enfants et petits-enfants, ainsi que leurs conjoints et conjointes.Fernande For GeT eT rené MoneTTe Le 26 septembre 2008 marquait leur 66e anniversaire de mariage célébré le 26 septembre 1942.Félicitations pour ce bel exemple d'engagement et longue vie à nos deux amoureux de toujours! Avec tendresse, vos enfants: Serge, Ronald, Diane, Chantal.JeanneTTe drain ViLLe Le GauLT De Dollard-des-Ormeaux 90e anniversaire de naissance le 6 octobre Meilleurs voeux De son cher époux, Fernand Legault richard sT-Geor Ges Le 16 août dernier, amis et parents étaient réunis pour célébrer son 75e anniversaire de naissance.Toujours plus jeune de coeur d'année en année.Ce fut un beau moment de réjouissance d'avoir toutes ces personnes chères à ses côtés Longue vie à toi ! De la part de ta douce.Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca Vous a Vez un é Vénement à célébrer ?tous les dimanches dans La Presse celeb_08-10-05 LECTURES BIBLIO PRENDS-MOI DANS TES BRAS MINOU PETROWSKI VLB ÉDITEUR, 332 PAGES, 24,95$ HHH1/2 De Minou Petrowski, on connaît évidement la personnalité publique, celle qui, pendant une quarantaine d'années, a fait sa marque à Radio-Canada.On la sait entière, passionnée, parfois râleuse, anticonformiste.On sait surtout qu'elle est animée d'un feu intérieur qui ne s'éteindra pour ainsi dire jamais.On apprend toutefois, dans cette autobiographie toujours écrite au présent, que la vie de cette femme, blessée dans la petite enfance, est placée sous l'égide de la honte et de l'abandon.La lecture de Prends-moi dans tes bras est intéressante - et touchante - à plus d'un titre.D'abord, le parcours de cette femme née «sous X» dans les années d'avant-guerre n'est pas banal.Abandonnée par des parents inconnus dans une clinique médicale de Nice, la petite Minou en est quitte pour une quête identitaire qui la tenaille en permanence.De son adolescence vécue pendant la guerre jusqu'à son arrivée au Canada en 1957, de ses amours exaltées (dont certaines sont déchirantes) jusqu'à son rapport affectif avec les stars qu'elle interviewe, Minou se livre à coeur ouvert avec beaucoup de lucidité, quitte à confronter directement les passages plus douloureux.Cette femme de lettres, qui a écrit des romans avant de travailler à la télévision et à la radio, accouche ainsi sans complaisance d'un récit éminemment sincère, lequel survole accessoirement des époques marquantes du siècle dernier.En prime, le lecteur trouvera dans ce bouquin un regard sur le Festival de Cannes, où ont pu se cristalliser les goûts de luxe et de cinéma de l'auteure, comme une douce revanche sur l'enfance, vécue à proximité.À 76 ans, Minou Petrowski évoque à travers ce livre une liberté d'esprit nouvelle.Et c'est beau à lire.- Marc-André Lussier LE CADEAU CLAUDE PÉLOQUINET ZILON ÉDITIONS MICHEL BRÛLÉ, 29,95$ HHH On nous promettait un happening de Claude Péloquin en compagnie du portraitiste et ancien graffiteur Zilon.Voici plutôt un livre dans lequel les réflexions du poète «marqué au fer fou» se lient aux dessins de l'artiste urbain qui, au début des années 80, a peint sur les murs de la métropole ses visages tout en angles rappelant les traits de crayon de Cocteau.Un an après la sortie de Coeur Everest, survol de la carrière et de la production du poète à qui l'on doit les paroles déjantées de Lindberg, nous retrouvons ici ses pensées brutes, piochées et étalées sur les pages, amalgamées aux dessins de Zilon à la manière des tags, parfois oeuvres donc, rappelant certaines toiles de Déborah Choc mais aussi parfois simple trace, la plume ayant remplacé l'aérosol.Péloquin évoque les sorts érotiques ou amoureux que lui jettent les femmes (un écho aux yeux Zilon, toujours envoûtants) mais traite aussi d'écologie, constatant le «décès des océans ».Un état du monde bien sombre, il faut le dire.«J'écris en totales larmes », écrit Péloquin avant de signer « je ne suis plus là».Les idées du poète jaillissent et éclatent d'ailleurs sur les feuilles une à une.L'objet, qui renferme autant de gribouillages permettant les jeux de mots naïfs que de véritables rendez-vous entre deux artistes accomplis, laisse entrevoir la portée autrement plus forte de l'original, un cadeau (d'où le titre) que l'on aimerait bien pouvoir feuilleter.La reproduction, quant à elle, nous laisse à voir la chevauchée qui piaffe dans la tête de l'auteur qui tangue encore et toujours entre « la furie » et le désir «d'être un heureux accalmé avec la mer».- Jade Bérubé, collaboration spéciale MISERERE JEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ ALBIN MICHEL, 524 PAGES, 34,95$ HHH1/2 Lionel Kasdan est un superflic parisien à la retraite un peu bourru.Le maître de chorale d'une église arménienne, Wilhelm Goetz, est assassiné de manière brutale: on lui a percé les tympans.Kasdan démarre son enquête avant même que la police n'arrive sur les lieux.Kasdan est arménien; cette église est son église, son territoire.Cédric Volokine est lui aussi un superflic.À la brigade de la protection des mineurs, Volo mène à sa façon une croisade contre les pédophiles et autres agresseurs d'enfants.Mais le jeune policier a aussi un penchant pour la drogue.Il est en pleine cure de désintoxication lorsqu'il est informé du meurtre de Goetz.Il le sent, cette enquête est pour lui une sorte de rédemption.Il plonge.Les deux policiers finissent par faire équipe.Ils doivent faire vite, ils n'ont aucune autorité officielle dans cette enquête.Surtout qu'un deuxième meurtre survient rapidement, suivi d'un troisième.La série vient de commencer.La piste politique est d'abord envisagée.Goetz était du côté des bourreaux sous le régime de Pinochet au Chili.Mais le maître de chorale semblait aussi aimer les petits garçons à la voix pure.Dans les deux cas, la vengeance d'une ancienne victime du Chilien est envisagée.Mais ils imaginent difficilement un enfant tueur en série.Habitués à procéder par élimination, les deux flics s'aperçoivent que toutes leurs hypothèses sont fondées.Et que l'ennemi qu'ils pourchassent pourrait bien être le plus terrifiant qu'ils aient jamais affronté.Jean-Christophe Grangé signe ici un autre thriller aux limites du roman policier et du fantastique.Un roman d'une redoutable efficacité qui donne des frissons tant l'invraisemblable finit par devenir réalité\u2026 - Éric-Pierre Gibeault JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE On sait ce qui intéresse les lecteurs français : des histoires de famille, et l'histoire politique du demi-siècle passé.Voici un roman qui va les combler.Ils ne seront pas les seuls.Helen vit à New York, dans un appartement avec terrasse qui regarde l'Hudson entre les deux tours Trump.Elle est mariée avec Jacob qui commence un Alzheimer.Vous lisez le premier chapitre, qui se termine très mal d'ailleurs, et vous êtes pris au piège.On ne peut plus arrêter la lecture.C'est le secret de Catherine Cusset qui, déjà, nous avait charmés avec des romans comme Jouir et La haine de la famille, et qui écrit sec, rapide, attirant.Nous allons apprendre peu à peu, en courts chapitres qui s'emboîtent les uns les autres, quelle fut l'histoire aventureuse de cette Helen, éternelle immigrante.Jadis, elle s'appelait Elena, dans la Roumanie communiste et antisémite de ce clown appelé Ceausescu.Elle avait fait des études en physique nucléaire, puis épousé un juif, Jacob, avec lequel elle était partie pour Israël avant de s'installer aux États-Unis.Du coup, elle est devenue Elen, programmeuse en informatique.Elle avait eu un garçon, Alexandru.Le problème d'Alexandru, c'est qu'il épousa une Française, au grand regret de ses parents - tout comme Elena avait épousé Jacob malgré l'opposition familiale.Cette Française est égoïste, arrogante, on dirait un produit national hexagonal (pardonnez-moi), attaché à un pays «fermé et élitiste ».Sic.Elle se nomme Marie, et ne cessera pas de s'opposer à sa belle-mère.Le récit de cette sorte de haine, à peine larvée, mais solide, entre les deux femmes, Marie et Helen, se fait par petites touches, comme toujours, et vaut à lui seul la lecture par son humour parfois voilé, mais brillant, et sa critique de l'immigration, ses difficultés, parfois ses évidences.Les deux femmes se dévoilent, se détestent, et finalement, ô surprise, se trouvent des points communs.Elles finiront par devenir des amies, enfin, réunies par leur amour commun du même homme, le mari et le fils.C'est une histoire de famille, certes, dans laquelle les événements et les sentiments se dévoilent avec des allers-retours politico-historiques, une sorte de saga qui se passe en Roumanie, à Paris en 68, en Bretagne, à New York.C'est excellent.La critique française adore déjà, on promet à ce roman un prix littéraire (le Goncourt ?).On le lui souhaite.Unbrillant avenir Catherine Cusset Gallimard, Paris, 374 pages, 29,95$ HHHH LITTÉRATURE FRANÇAISE Une belle histoire de belle-mère AUJOURD´HUI ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ : 9h45 R D I EN D I R E C T Avec Louis Lemieux VENDREDI DÈS 5h SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 5h30 DEMAIN MATIN ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 C ' E S T B I E N MEILLEUR L E MAT I N Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h30 À 9h À RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA Radio-Canada.ca 3574910A L'homme est un animal de meute qui a besoin d'être entouré d'autres humains.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Ce ne serait pas étonnant qu'il y ait, à l'intérieur des murs du cinéma Beaubien, quelque nostalgique fantôme.Le «navire amiral», comme l'appelle affectueusement son directeur général, Mario Fortin, depuis sa mise à l'eau, le 3 décembre 1937, n'a pas sombré.Mieux encore, il maintient son service, véritable phare de quartier.Mario Fortin ANNE RICHER Cette analogie avec la mer convient bien au Beaubien, car on doit se rappeler qu'il s'appelait le Dauphin dans les années 60.Aujourd'hui, 70 ans plus tard, devant les poutres d'acier et les murs mis à nu, dans la poussière et le vacarme intérieur, Mario Fortin a de quoi pavoiser.Son établissement offrira dès décembre prochain deux nouvelles salles de 50 et 80 places.De quoi ravir les cinéphiles, ceux du quartier Rosemont et ceux d'ailleurs.Pour sa vision et la passion qui l'anime depuis qu'il a repris le gouvernail de cette institution appartenant à la communauté, La Presse et Radio-Canada nomment Mario Fortin Personnalité de la semaine.Il a été embobiné Dès ses premières semaines comme jeune travailleur, il y a de cela 35 ans, dès qu'il a franchi les portes de l'ancien cinéma Séville, dans l'atmosphère survoltée de l'après-guerre, le tintamarre des avions de chasse sur grand écran et des héros qui ont enflammé son imaginaire, Mario Fortin a tout appris de l'organisation d'un cinéma, de sa gestion, de la promotion.À 20 ans à peine, il a été directeur adjoint, puis vice-président au marketing.Il y est resté 15 ans.«Le cinéma, à l'époque, était en pleine ébullition», dit-il.S'il avait rêvé un jour d'être pilote de chasse comme ceux des films qu'il voyait à longueur d'année, il a vite renoncé.Son chemin parallèle était déjà tracé.Sa compétence l'a conduit au fil des années à Téléfilm Canada, au Festival des films du monde, au Festival international du film pour enfants de Montréal, etc.Aux premières lignes du comité pour la survie du cinéma Dauphin, devenu Beaubien, il assure depuis 2001 la destinée d'un exemple parfait d'entreprise économie sociale bien ancrée dans le milieu.«Le public a bien répondu à nos rêves, à l'époque, rappelle-t-il, et c'est encore le cas aujourd'hui.» Ce qui le séduit dans ses tâches actuelles, c'est le défi constant, entre autres, de faire une sélection de films qui plaira à ses publics variés, dont il tente de cerner les attentes.«Plus de 200 000 clients par année! dit-il, enthousiaste.Ce sont eux, mes patrons», ajoute-t-il en boutade, car il doit aussi rendre des comptes à un conseil d'administration.Homme d'équipe Aucun problème ne le rebute, qu'il soit d'ordre artistique ou organisationnel.Il adore son équipe, composée d'une vingtaine d'employés, dont quatre directeurs.Avec eux, une fois qu'il a tracé la voie, les choses vont bon train.Fragile, le cinéma en salle?Pas pour le Beaubien, qui offre une programmation plus ciblée, plus film d'art.Et que l'on se rassure car, à son avis, aller au cinéma semble être de mise lorsque les conditions économiques sont difficiles.C'est encore le divertissement le plus démocratique.«Les prophètes de malheur ont maintes fois prédit la mort du cinéma en salle.Malgré toutes les crises, voyez, nous, on bâtit de nouvelles places.» Il ajoute que le cinéma, du fait que l'on y côtoie ses semblables dans l'obscurité d'une salle pour rire ou pleurer ensemble, est un élément rassembleur.«L'homme est un animal de meute qui a besoin d'être entouré d'autres humains.» Il a passé toute sa jeunesse à l'angle de la 18e Avenue et de la rue Masson.À titre d'aîné de cinq enfants, il a très tôt dans la vie appris à bien faire les choses, à ne pas compter les heures.«Ne pas tourner les coins rond.» Pour nourrir sa famille, son père occupait deux emplois, sa mère a repris le travail lorsque les enfants ont été plus âgés.Cet te énergie qui le ca ractér ise aujourd'hui, à mener de front tous les aspects de la nouvelle construction, à maintenir le cinéma en fonction, est une attitude de bon père de famille qui assume toutes ses responsabilités.«Je ne changerais rien à ma vie, dit-il, songeur.Si j'ai un seul regret, c'est de ne pas avoir voyagé plus tôt, mais je me reprends bien aujourd'hui.» Et il le fait avec sa compagne, complice et amie avec qui il est marié depuis 33 ans.Pour se détendre, rien ne vaut pour lui la lecture des livres de cuisine, l'échappée vers la gourmandise, les voyages, l'exotisme.Une fois qu'il a bien assimilé les conseils, il compare, crée et adapte à sa manière.C'est ainsi que le chef Mario fait sa renommée auprès de ses amis.Mais jamais rien ne le garde longtemps loin de son cinéma.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE "]
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