Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus: lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

La presse, 2008-06-15, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES ENTREVUE CHRYSTINE BROUILLET PAGE 8 sur cyberpresse.ca FAMILLE Toutes les nouvelles pour mieux vivre en famille sur cyberpresse.ca/famille CHAPLEAU Voyez la ligne maligne en ligne de Chapleau sur cyberpresse.ca/edito PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Suzy Fréchette-Piperni, infirmière spécialisée en deuil périnatal, devant l'urne commune consacrée aux foetus dans le colombarium de la Maison Darche, à Longueuil.Perdre un enfant apparaît, avec raison, comme le pire drame qu'un parent puisse vivre.Mais quand cet enfant disparaît avant même de naître, une sorte d'omerta s'installe.Même les proches se défilent, évitent le sujet.Ou tentent de minimiser cette épreuve.Longtemps les parents ont ravalé leur peine, ruminé leur chagrin entre eux.Mais ils sont de plus en plus nombreux à vouloir exprimer leur désarroi, à vivre leur deuil en public.Aussi les funérailles pour foetus gagnent-elles en popularité, avec la bénédiction des hôpitaux et du gouvernement.Un dossier d'Isabelle Hachey, à lire pages 2 à 5.DOSSIER LITTÉRATURE AMÉRINDIENNE AIMITITAU! PARLONS-NOUS! PAGES 6 ET 7 ADIEUX À UN ENFANT À NAÎTRE ISABELLE HACHEY C'était un samedi matin de février.À l'église Saint- Antonin, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, une quinzaine de parents tentaient de retenir leurs marmots, qui brûlaient d'envie de courir entre les bancs.Mais l'heure était à la retenue.Ils étaient réunis pour pleurer la disparition d'Emma, une toute petite fille qu'ils n'avaient pourtant jamais connue.Emma est morte dans le ventre de sa mère, à 17 semaines de grossesse.Elle est née sans un cri à l'hôpital Sainte-Justine, le 22 janvier 2008, à 20h45.Elle pesait 145 grammes.Une poussière d'ange.Aux yeux de la loi, Emma n'était pas un bébé, mais un foetus, voire un simple « produit de conception ».Aux yeux de sa mère, Carolina Leon, Emma était la plus belle chose qui pouvait arriver.Cette petite fille, elle l'espérait, elle l'attendait depuis 12 longues années.À 45 ans, elle avait presque cessé d'y croire.Propriétaire d'une garderie, elle se contentait de couvrir d'amour les enfants des autres.Et puis, un jour de novembre, elle est tombée enceinte.Hélas! Le médecin a vite découvert que le coeur d'Emma ne tiendrait pas le coup.La mort était inévitable, probablement en cours de grossesse, sinon peu après la naissance.Anéantie, Mme Leon devait faire un choix.« On a pensé que ce serait mieux de la laisser partir.Alors, on a provoqué l'accouchement.Quand les infirmières m'ont dit : \"Pousse!\", j'ai beaucoup pleuré.Pousser, c'est pour donner la vie, pas pour donner la mort.» Avant de faire ses adieux à sa petite, Mme Leon devait faire connaissance avec elle.Pas question de laisser partir sa fille dans un bocal.«Une infirmière l'a lavée et me l'a amenée tout de suite.Je tremblais quand je l'ai prise dans mes bras pour la première fois.» Elle était si petite qu'elle tenait dans sa main.L'infirmière lui avait enfilé un minuscule tricot de laine blanche.« Je devais la voir pour savoir que ce n'était pas juste une chose.C'était un bébé », dit-elle.Rituel des adieux Puis, on a pris des photos d'Emma.On a fait des empreintes de ses petits pieds.Autant de souvenirs qui ne remplaceront jamais l'enfant mais qui aident à adoucir le deuil, explique Diane Gagnière, responsable de l'équipe interdisciplinaire du deuil périnatal à Sainte-Justine.« Le but, c'est de concrétiser une perte qui peut parfois sembler abstraite, d'inscrire l'enfant dans l'histoire de la famille.» Méconnus, parfois même choquants pour le public, les rituels entourant la mort des foetus sont de plus en plus nombreux au Québec.Et ils sont assez nouveaux : l'hôpital Sainte-Justine, où meurent chaque année des centaines de bébés avant terme, n'a adopté qu'en 2002 un plan d'intervention auprès des parents endeuillés.« La plupart des parents qui perdent un bébé sont heureux qu'on leur demande s'ils veulent le prendre, le bercer en lui chantant les chansons qu'ils avaient imaginé lui chanter à sa naissance, dit Mme Gagnière.Ils avaient ces besoins mais n'osaient pas les formuler parce qu'ils avaient peur de passer pour des gens morbides.» Sophie Caron s'est précipitée à l'hôpital quand ses eaux ont crevé, à 21 semaines de grossesse.Pendant des jours, elle et son conjoint, Michel Maltais, ont gardé espoir.Mais le liquide amniotique continuait à s'écouler et, à chaque échographie, le foetus semblait de plus en plus à l'étroit.« Lors de la dernière échographie, le médecin n'a pas dit un mot, mais on a tout de suite vu qu'il n'y avait plus de liquide.Le bébé était complètement coincé.» Édouard est né le 2 janvier 2002.Trop tôt pour survivre.« Avant l'accouchement, les infirmières nous ont demandé si on voulait voir le bébé, raconte Mme Caron.On ne savait pas.un foetus à 21 semaines, ça a l'air de quoi ?Est-ce que c'est laid, est-ce que ça va rester un mauvais souvenir dans ma tête?» Quand l'enfant est arrivé, dit M.Maltais, « toutes nos appréhensions sont tombées.C'est un bébé, TON bébé, avec ses petites mains et ses petits pieds.» Ce tout petit bout d'homme, ils avaient déjà l'impression de le connaître.Ils avaient entendu battre son coeur.Ils l'avaient vu bouger à l'échographie dès la 12e semaine.Grâce à la médecine moderne, les futurs parents font connaissance de plus en plus tôt avec leur enfant.Cela rend le deuil encore plus difficile.« Il y a 20 ans, quatre parents sur cinq ne voulaient pas voir leur bébé.Ils avaient peur d'être traumatisés par cette vision, ou de s'attacher et d'avoir encore plus de peine.Aujourd'hui, c'est très rare qu'ils refusent, surtout quand on leur explique que c'est important pour faire leur deuil.On va même suggérer aux parents de montrer le bébé mort aux autres enfants de la famille », dit Suzie Fréchette-Piperni, l'une des premières infirmières québécoises à s'être intéressée au deuil périnatal.Le besoin impératif de dire adieu fait céder bien des résistances.Au Centre hospitalier universitaire de Québec, « les petits cercueils en bois de cèdre sont vissés et non cloués parce que, bien souvent, des parents changent d'idée et veulent voir leur bébé, en fin de compte », raconte Pascale St-Pierre, porte-parole du CHUQ.Des regrets Sophie Caron et Michel Maltais n'ont pas organisé de funérailles.Le corps d'Édouard a été pris en charge par l'hôpital.Il a été enterré dans une fosse commune, au cimetière Saint-Charles de Québec.« Je l'ai regretté, avoue Mme Caron.Je ne suis pas pratiquante, loin de là, mais c'est dans ces moments-là que tu te rends compte que le rituel des adieux, c'est important.» Carolina Leon a fait incinérer le corps d'Emma et a récupéré les cendres, qu'elle garde dans une urne minuscule, entre les photos de famille, dans le salon.Puis, elle a organisé une cérémonie à l'église Saint-Antonin.Tous les bambins qu'elle garde étaient présents.Ses bébés.Après la cérémonie, chacun d'eux a lâché un ballon blanc dans le ciel.C'était infiniment triste.Mais c'était, aussi, une célébration de la vie.« Ce sont mes petits qui m'ont donné la force de reprendre le travail, dit Mme Leon.Quand je suis revenue de l'hôpital, l'un d'eux m'a vue pleurer et a tendu les bras vers moi pour me donner un câlin.Une autre m'a dit que mon bébé était parti dans le ciel, avec les étoiles.Chacun m'a dit un mot qui restera en moi pour toujours.» À LA MÉMOIRE D'EMMA Les couples affligés par la perte d'un foetus sont de plus en plus nombreux à lui faire des adieux officiels.Encouragés par les hôpitaux, ils emmaillotent les minuscules dépouilles, les bercent, les prennent en photo.Certains organisent même des funérailles.Ce rituel contribue à adoucir le deuil d'un enfant qu'ils aimaient déjà, profondément, sans le connaître.Quoi qu'en disent les autres.ISABELLE HACHEY Marie-Ève Darveau était ronde comme la lune quand elle a quitté sa maison, le soir du 14 octobre dernier.Sa valise sous le bras, le siège du bébé dans l'auto et son amoureux, Vincent Sabourin, tout excité à ses côtés.Elle avait eu des contractions dans la journée.Ce soir-là, elle pensait que sa vie allait changer pour toujours, convaincue de revenir avec un bébé dans les bras.La vie de Mme Darveau a bel et bien changé.Sauf qu'elle est rentrée à la maison les bras vides.Et le coeur en miettes.À 39 semaines de grossesse, celui de sa petite Lili-Jeanne avait cessé de battre.Une mort subite, inexplicable.Le bébé était mort dans son ventre.Mme Darveau devait pourtant accoucher.Elle a ainsi passé la nuit dans une chambre de l'unité des naissances de l'hôpital.« En pleine nuit, j'ai été réveillée par les pleurs du bébé de la chambre voisine.J'étais perdue, désorientée.Je ne savais plus où j'étais, je cherchais mon bébé.» Au bout d'un moment, la réalité l'a rattrapée.Dans toute sa cruauté.« Je me suis mise en boule et j'ai sangloté.Vincent a tenté de me calmer, mais c'est l'épuisement qui est venu à bout de moi.» Comme Mme Darveau, bien des femmes endeuillées par la perte d'un enfant souffrent terriblement d'être hospitalisées parmi des parents fous de joie et des nouveau-nés criant toute leur vie de leurs petits poumons.« Il y a un manque, dit la jeune femme de 28 ans.Je suis certaine que les infirmières se battaient pour ne pas venir s'occuper de nous! » Au moins, depuis quelques années, la plupart des unités de naissances du Québec ont mis en place des plans d'intervention auprès des couples anéantis par la mort d'un foetus.Sauf que tous n'y ont pas accès.« Jusqu'à 20 semaines de grossesse, les femmes sont traitées à l'urgence, déplore Manon Cyr, infirmière spécialisée en deuil périnatal.Elles sont laissées à elles-mêmes, sans suivi ni soutien.On a vu des filles à 16 semaines de grossesse accoucher seules dans les toilettes des urgences.Au triage, ce n'est pas une priorité, un saignement vaginal.» Ça ne s'arrange pas à la sortie de l'hôpital.« Ces femmes vivent un deuil qui n'est pas reconnu, dit Mme Cyr.Elles se font dire par leurs proches : \"Ce n'est pas grave, tu vas te reprendre.\" Alors, elles ont tendance à se retirer, à se taire, et cela provoque des dépressions non traitées.» L'entourage pense soulager les parents en deuil en banalisant leur perte, en disant que, de toute façon, ils n'ont pas connu l'enfant.Que ce n'est rien.Or, cette apparente indifférence, c'est souvent ce qui fait le plus mal.Besoin de reconnaissance « Ce qui est important pour moi, c'est que le monde sache que David et Nathan ont existé », dit Claudyne, 35 ans.Ses garçons ont tous deux souffert d'une malformation des reins : énormes, ils ne laissaient aucune place au développement des poumons.Les bébés étaient condamnés avant même leur naissance.Claudyne a eu beaucoup de soutien à l'hôpital Sainte-Justine.Démolies « Jusqu'à 20 semaines de grossesse, les femmes sont traitées à l'urgence.Elles sont laissées à elles-mêmes.» Méconnus, les rituels entourant la mort des foetus sont de plus en plus nombreux au Québec.Carolina Leon garde les cendres d'Emma, morte à 17 semaines de grossesse, ADIEUX À UN ENFANT À NAÎTRE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Huit mois après la mort de sa petite Lili-Jeanne à 39 semaines de grossesse, Marie-Ève Darveau fait tout pour garder sa mémoire vivante.Son amoureux, Vincent Sabourin, l'appuie sans réserve.Jamais le personnel ne lui a refusé l'accès au corps de David, qui y est resté toute une semaine.Elle lui a rendu visite à deux reprises.« Pendant cette semaine, les moments où je me suis sentie le mieux sont ceux où j'avais David dans les bras.J'avais des choses à lui dire.» Mais son entourage a eu du mal à comprendre sa douleur.Et ce terrible besoin de reconnaissance.« Je peux compter sur les doigts de la main les gens qui ont pris le temps de regarder l'album de mes fils jusqu'à la fin », dit-elle.Seules quelques personnes ont compris.«Ma mère a des photos de ses 15 petits-enfants sur son frigo.Celles de David et Nathan sont là, et ça, je l'apprécie beaucoup.» « Il y a des gens qui ne veulent pas en entendre parler du tout, même parmi nos amis proches, dit Mme Darveau.Certains me disent qu'ils ne veulent plus venir chez moi à cause des photos de ma fille accrochées dans le salon.» Huit mois après la mort de Lili- Jeanne, la jeune femme de Saint- Roch-de-l'Achigan fait tout pour garder samémoirevivante.Elle tient même un blogue où elle raconte son histoire.Dix mille personnes l'ont déjà visité.« Le deuil périnatal, c'est un tabou, mais si je continue de me taire, ça le restera.» Son amou reu x , Vi ncent Sabourin, l'appuie sans réserve.Il s'est lui-même fait tatouer en souvenir de sa fille.Le symbole de la balance - le signe astrologique de Lili-Jeanne - et des ailes entourent son bras droit.«C'est un ange qui me protège et qui veille sur moi.» Blogue de Marie-Ève Darveau http://lilijeanne.blogspot.com Forum pour parents endeuillés http://groups.msn.com/Nospetitsangesauparadis Centre de soutien au deuil périnatal www.csdeuilperinatal.ca et incomprises Àla maison sans bébé Les femmes qui perdent leur bébé après 20 semaines de grossesse ont droit à un congé de maternité de 15 à 18 semaines.Plusieurs, mal informées par leur médecin, ne sont même pas au courant.D'autres renoncent à le prendre.« Elles ont peur d'être jugées parce qu'elles sont à la maison sans bébé », déplore Chantal Verdon, présidente du Centre de soutien au deuil périnatal.Pour les pères, rien.Michel Maltais est retourné au travail deux jours après avoir perdu son fils, Édouard.« J'étais assis devant mon écran sans bouger, sans rien faire.Finalement, j'ai dû rentrer chez moi.» De son côté, Vincent Sabourin, dont la fille Lili-Jeanne est morte à 39 semaines de grossesse, a réussi tant bien que mal à obtenir une dispense de travail d'un mois.« Mais j'ai dû me justifier d'être un homme brisé auprès du médecin ! » PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE dans une urne, dans le salon.Elle a également fait prendre des empreintes des petits pieds du foetus. ADIEUX À UN ENFANT À NAÎTRE ISABELLE HACHEY Le gouvernement du Québec entend modifier la loi régissant le traitement des cadavres afin de ne plus considérer les foetus de moins de 500 grammes comme de simples déchets biomédicaux, a appris La Presse.Cette décision, qui vise à adoucir le deuil des parents en offrant une sépulture décente au foetus, peu importe son stade de développement, risque toutefois de rallumer le débat sur l'avortement.Le ministère de la Santé et des Services sociaux s'apprête à réviser la loi touchant les arrangements funéraires des bébés morts avant terme.Un projet de loi sera déposé à l'Assemblée nationale en septembre au plus tôt.Québec veut ainsi généraliser une pratique ayant cours dans une poignée de centres hospitaliers de la province.À Longueuil, l'hôpital Pierre-Boucher, par exemple, récupère tous les foetus, même les embryons.Il les confie à la Maison Darche, une entreprise de pompes funèbres qui se charge de les incinérer et de les placer dans une urne commune, exposée dans son columbarium.De son côté, l'hôpital Sainte- Justine compte modifier sa politique afin d'acheminer tous les « foetus identifiables » au cimetière Mont-Royal, quel que soit leur poids ou la durée de la grossesse.La décision doit être ratifiée par le conseil d'administration de l'hôpital en septembre.Mais, déjà, l'établissement envoie des foetus minuscules au cimetière lorsque les parents en font la demande.Le plus petit foetus incinéré par le cimetière Mont- Royal ne pesait que 35 grammes.Cependant, la plupart des hôpitaux québécois traitent encore les foetus de moins de 500 grammes comme des déchets biomédicaux.Il n'y a aucun papier à remplir, aucune enquête médicale à effectuer, encore moins d'obsèques formelles à célébrer.Ces « produits d'avortement » sont généralement incinérés avec d'autres pièces anatomiques, comme des doigts ou des jambes amputées.Funérailles pour foetus Pour éviter pareil sort, de plus en plus de couples choisissent de prendre la petite dépouille en charge et d'organiser euxmêmes des funérailles.Cette tendance, observée un peu partout dans le monde occidental, est encouragée par les hôpitaux, qui commencent à prendre conscience des ravages psychologiques que peut causer la perte d'un foetus.Mais ces rituels soulèvent des questions dérangeantes.Sur le début de la vie.Sur l'avortement.Le phénomène commence d'ailleurs à être récupéré par des militants provie.Lors d'une manifestation à Ottawa, début mai, un prêtre américain s'est adressé à la foule en évoquant ce type de funérailles.« Notre association est tout à fait favorable à de telles cérémonies », dit Luc Gagnon, président de la Campagne Québec-Vie.TOUS LES FOETUS AURONT LEUR PLACE AU CIMETIÈRE Partout en Occident, des couples endeuillés font pression pour obtenir une reconnaissance, sociale ou juridique, de leur bébé perdu en cours de grossesse.Et les funérailles pour foetus sont de plus en plus populaires.Une tendance saluée par ceux qui se battent depuis des années pour briser les tabous entourant le deuil périnatal.Mais qui soulève une question dérangeante : quand commence la vie ?Les parents qui organisent des funérailles pour leur foetus ne sont pas nécessairement pro-vie.«Quand une mère apprend que son bébé a été brûlé avec des membres amputés, on se dirige vers un deuil compliqué », dit Manon Cyr.L'infirmière spécialisée en deuil périnatal a entrepris ADIEUX À UN ENFANT À NAÎTRE Le gouvernement commence à prendre conscience des ravages psychologiques provoqués par la perte d'un foetus.La nouvelle politique québécoise de périnatalité, dévoilée le 6 juin, comprend pour la première fois un volet sur le deuil périnatal.La politique prévoit l'adoption de «lignes directrices provinciales» destinées à mieux soutenir les parents aux prises avec ce drame encore «mal compris ».Les besoins sont criants.Le texte de la politique fait état de suivi «parfois difficile à assurer» et de services « inexistants dans certains cas».On déplore aussi « l'absence de protocoles et le manque de ressources humaines ».Depuis quelques années, plusieurs hôpitaux ont pourtant fait du chemin.Ils donnent aux parents un accès illimité à leur bébé mort-né.Ils les encouragent à prendre des photos du foetus, à l'habiller et à le bercer.Ils prennent des empreintes de leurs pieds et de leurs mains, récupèrent une mèche de cheveux ou la pince du cordon.Autant de souvenirs qui, selon les recherches, aident les parents à faire leur deuil.Mais, selon la région ou l'hôpital où ils sont traités, certains n'y ont toujours pas droit.\u2014 Isabelle Hachey UNIFORMISER LES PRATIQUES ISABELLE HACHEY Pour l'infirmière Manon Cyr, c'est une visite à domicile qui a fait déborder le vase.Une visite chez une femme qui venait de perdre un bébé en cours de grossesse - et qui avait laissé l'hôpital s'occuper du petit corps.Elle était maintenant rongée par les remords.« La première chose qu'elle m'a dite, c'est : \"Je ne saurai jamais où est mon bébé.Je ne pourrai jamaism'en sortir\" », raconte Mme Cyr.L'infirmière a fait des pieds et des mains pour retracer le foetus.Une véritable course contre la montre.« J'ai fait cinq morgues et, quand j'ai fini par le retracer, il était à 30 minutes des déchets biomédicaux! Je ne veux plus jamais avoir à courir après un bébé comme ça! » Sans cette interventionde dernière minute, le bébé aurait été incinéré avec des débris anatomiques.C'est le sort généralement réservé aux foetus de moins de 500 grammes au Québec.De quoi traumatiser bien des parents, regrette Mme Cyr.« Quand une mère apprend que son bébé a été brûlé avec des membres amputés, on se dirige vers un deuil compliqué », dit l'infirmière spécialisée en deuil périnatal.À la douleur immense d'avoir perdu un enfant s'ajoute la culpabilité d'avoir « jeté » la petite dépouille aux ordures.Certaines femmes ne s'en remettent jamais tout à fait.L'insupportable doute Catherine Laroche, 27 ans, vivra toujours dans le doute.Ennovembre, cette jeune femme de La Pocatière a perdu sa fille, Maude-Benjamine, à 20 semaines de grossesse.« Au début, tu ne veux pas vivre.Tu veux mourir avec ton bébé.» Peu après l'accouchement, Mme Laroche a été transférée aux soins intensifs.Curetage d'urgence.Infection de l'utérus.Dans tout ce chaos, elle n'a pas pensé à réclamer le corps de sa fille.« Les médecins légistes s'en sont occupés.j'ose croire avec dignité.J'ai beaucoup de regrets.» Pour éviter de tels drames, Mme Cyr a entrepris de prendre contact avec des hôpitaux et des maisons funéraires afin de les encourager à signer des ententes de coopération.« J'ai trop vu de parents regretter d'avoir laissé leur bébé à l'hôpital.» Ces ententes sont de plus en plus nombreuses.Des salons funéraires consentent même à offrir un service gratuit, en exigeant toutefois l'exclusivité sur tous les foetus de l'hôpital.« Pour les maisons funéraires, c'est une façon de se faire connaître de la clientèle, de jeunes couples dont les parents vont décéder, croit Mme Cyr.C'est une forme de rentabilisation à long terme.» En fait, pour les entreprises de pompes funèbres, les funérailles pour foetus représentent un nouveau marché potentiel alléchant.Après tout, un cinquième des grossesses se terminent en fausses couches.Si la majorité de ces pertes surviennent à la maison et se vivent en privé, de plus en plus de couples décident d'organiser des cérémonies à la mémoire de cet enfant parti beaucoup trop vite.Marc Poirier, directeur de la maison Magnus Poirier, organise parfois des funérailles pour des foetus à un stade très précoce de développement.« Si la mère ressent le besoin de l'inhumer avec ses grands-parents sur le terrain familial, on va le faire.Si on veut faire son deuil, il faut qu'il y ait un rituel.C'est important », dit le président de la Corporation des thanatologues du Québec.M.Poirier a aussi signé des ententes avec des hôpitaux de la région montréalaise, dont Saint- Luc et Maisonneuve-Rosemont.Les foetus de plus de 500 grammes confiés par les parents à ces hôpitaux sont enterrés dans une fosse commune, au cimetière de Laval.« Cela peut sembler étrange, mais cela réconforte parfois les parents de savoir que leur enfant est enterré avec d'autres enfants.» Un traitement inégal Le traitement réservé aux parents endeuillés varie selon le type d'entente conclue avec la maison funéraire.À l'Hôpital général juif, par exemple, les parents doivent y penser à deux fois avant de confier le corps de leur bébé à l'hôpital : s'ils le font, ils ne sauront jamais où leur enfant a été inhumé.Impossible d'aller se recueillir sur sa tombe.« C'est le salon funéraire qui refuse de le dire.Mêmenous, on n'est pas au courant, se défend Brenda Ferguson, travailleuse sociale à l'hôpital.Le parent signe une autorisation pour que l'hôpital prenne le corps en charge, et nous lui expliquons bien quelles en sont les conséquences.» Sauf que les parents sont souvent en état de choc quand ils perdent un foetus, dit Suzy Fréchette- Piperni, auteure des Rêves envolés, un livre sur le deuil périnatal.« Ce n'est que des mois plus tard qu'ils se demandent : mais qu'est-ce que l'hôpital a fait de mon bébé?» Au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), l'approche est plus ouverte.L'été dernier, une trentaine d'infirmières ont couru un marathon pour financer l'aménagement de la fosse commune des bébés mort-nés de l'hôpital, au cimetière Saint-Charles.On a érigé un monument, posé des bancs, planté des fleurs.« C'est à mesure que le projet avançait qu'on a vu l'ampleur des besoins, dit France Gagnon, infirmière- chef en obstétrique à risque du CHUQ.Pour les parents, c'était vraiment essentiel de pouvoir boucler la boucle, d'avoir un lieu pour se recueillir.On a même reçu une carte d'une dame qui a perdu son bébé il y a plus de 20 ans, et qui nous a dit à quel point cela lui faisait du bien.» Cela a aussi aidé Catherine Laroche à surmonter le deuil de sa fille.« Je savais que, logiquement, ce n'était pas grave où se trouvait son corps, mais cela m'obsédait de ne pas avoir de lien.Je ne suis pas croyante, mais quand j'ai trouvé ce monument au cimetière de Québec, j'y ai accroché sa tétine et ça m'a aidée à la laisser partir.Elle n'était pas toute seule, elle était avec d'autres petits anges.» À 30 minutes des déchets biomédicaux Selon lui, la société peut difficilement pleurer la mort d'un foetus à l'église tout en continuant à sanctionner sa destruction à l'hôpital.« Cela reflète l'hypocrisie de ceux qui veulent nier l'existence de ces êtres humains.» Ironiquement, les infirmières qui se battent depuis des années pour une reconnaissance du deuil périnatal - trop souvent banalisé - sont en général favorables à l'avortement.« Nous sommes pro-choix, c'est clair, dit Chantal Verdon, présidente du Centre de soutien au deuil périnatal.Il y a même des femmes qui nous appellent pour avoir de l'aide après avoir subi un avortement.Nous ne les jugeons pas.Nous nous occupons du deuil, et l'avortement, c'est un deuil, encore plus banalisé.» Même les parents qui organisent des funérailles pour leur foetus ne sont pas nécessairement pro-vie.Accablés par la perte de leur bébé, ils ont besoin qu'on reconnaisse leur douleur; le débat sur l'avortement reste pour eux assez théorique, explique Manon Cyr, infirmière spécialisée en deuil périnatal.« Les filles ne pensent pas à ça.Elles essaient juste de s'en sortir.» Risque de dérapage Il y a pourtant un risque de dérapage, craint Monika Dunn, coordonnatrice de la Fédération du Québec pour le planning des naissances.En France, par exemple, la Cour de cassation a jugé en février qu'un foetus né sans vie peut être déclaré à l'état civil, quel que soit son stade de développement.Le plus haut tribunal de l'Hexagone donnait ainsi raison à trois couples qui voulaient faire reconnaître l'existence juridique de leurs bébés mort-nés.La décision a soulagé bien des parents ayant perdu leur enfant en cours de grossesse, mais elle a suscité de vives inquiétudes du côté des mouvements féministes français, qui craignent la réouverture du débat sur l'avortement.Au Québec, les bébés sont inscrits à l'état civil seulement s'ils ont vécu hors du ventre de leur mère, ne serait-ce qu'une minute.Cela enrage Marie-Ève Darveau, dont la fille Lili-Jeanne est morte in utero, à 39 semaines de grossesse.« On ne reconnaît pas qu'elle a existé.Des bébés qui ont vécu cinq minutes à 30 semaines sont inscrits à l'état civil alors que ma fille, qui a vécu deux mois de plus dans mon ventre, n'a pas droit à ça! » Si la situation paraît injuste, il serait dangereux d'exiger des changements comme en France, prévient Mme Dunn.« Je reconnais qu'il y a un deuil à faire, mais il ne faut pas confondre l'aspect juridique et l'aspect émotif.Le deuil peut se vivre sans nécessairement qu'on ait besoin de faire reconnaître un droit ou un statut juridique, parce que cela risque d'ouvrir la porte à d'autres choses.» PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Épitaphe de l'hôpital Sainte-Justine.de prendre contact avec des hôpitaux et desmaisons funéraires afin de les encourager à coopérer.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PLUS LECTURES SIGNET JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE C'était un rêve de l'auteure et documentariste Laure Morali que de faire résonner la voix des auteurs autochtones francophones dans nos métropoles.«Je ressentais une énorme frustration de ne pas les entendre, affirme l'instigatrice de ces heureuses rencontres ayant donné naissance au livre Aimititau ! Parlons-nous !, un ouvrage aussi essentiel qu'étonnant.«Nous ne sommes pas connus, déplore Joséphine Bacon, Innue de Betsiamites, documentariste, poète et parolière de Chloé Sainte-Marie.«Il y a très peu d'Indiens qui sont publiés au Québec.Ce qui est bizarre, c'est que la littérature indienne aux États-Unis fonctionne, quant à elle, très bien.J'ai l'impression que les gens d'ici sont tout simplement surpris que l'on sache écrire, lance-t-elle en riant.Peut-être parce que le français n'est pas notre première langue.Mais nous l'avons appris à l'école! Il est vrai que notre nation a plutôt une tradition orale mais ça ne nous empêche pas d'avoir réussi un passage à l'écrit.» Invisible jusqu'à tout récemment, la littérature amérindienne francophone compte pourtant plus d'une cinquantaine d'auteurs répertoriés dans une anthologie de Maurizio Gatti parue en 2004.Toutefois, le stéréotype de l'amérindien sous-scolarisé a la vie dure.Il faut dire que l'écriture est relativement récente pour la majorité des communautés, même si leur maîtrise du français leur permet aujourd'hui d'aspirer à une culture littéraire d'une richesse et d'une spécificité surprenante.«Il y a toujours eu ce que j'appelle un esprit amérindien dans mes textes, indique l'auteur Jean Sioui, Wendat du clan de l'Ours, poète et directeur de la collection Les loups rouges aux Éditions Le loup de gouttière.«Alors que j'étais étudiant en création littéraire, un professeur m'a dit que je devais m'adapter au genre littéraire des Québécois.Je n'étais pas d'accord.J'étais conscient qu'il fallait créer un nouveau langage littéraire et cette pensée m'a toujours hanté.» La naissance des poètes Cer tains auteurs comme Lison Mestokosho n'écrivent qu'en français.D'autres préfèrent se limiter à l'écriture dans leur langue maternelle.C'est à l'invitation inspirée de Laure Morali que Joséphine Bacon s'est permis de prendre la plume, livrant des vers d'une rare beauté à la fois en innu et en français.«L'innu est une langue purement fonctionnelle alors que le français nous permet de penser en termes de poésie, souligne-t-elle.Ainsi, je peux dire en français que mon peuple est \"fardé de tristesse\", mais la traduction en innu est quasi impossible.» «Pourtant, la langue innue a pour nous des attraits poétiques, insiste Morali.Le mot \"septembre\" se traduit par : la lune pendant laquelle les caribous mâles frottent leur panache pour en enlever le velours.N'est-ce pas magnifique?» «C'est étrange, ajoute Joséphine Bacon, amusée.C'est quand on le traduit en français que ça m'apparaît poétique.Alors qu'en innu, je n'ai que la vision des caribous qui frottent leur panache, tout simplement.» L'intérêt pour la littérature autochtone ne se limite pas aux Blancs.Les diverses communautés s'ouvrent à leur littérature, se réjouissant de lire par exemple les écrits de Rita Mestokosho qui leur sont distribués.La reconnaissance du métier d'écrivain a d'ailleurs gagné les réserves, le chef du conseil des Innus de Mingan, Jean-Charles Piétacho, étant lui-même auteur.Jean Sioui forme chaque année de jeunes auteurs francophones dans le cadre d'une résidence pour écrivains autochtones en début de carrière, résidence offerte par le Conseil des arts du Canada.«On sent un enthousiasme, note-t-il.La littérature amérindienne est en plein essor.» Encore faut-il que les organismes culturels des grandes villes s'y intéressent aussi.«Lorsque j'ai lancé le projet, tous les auteurs québécois m'ont dit oui tout de suite, alors il y a un réel intérêt, se réjouit Laure Morali.Peutêtre que les lecteurs vont entendre le même appel\u2026» Le ravissement a d'ailleurs déjà gagné une bonne partie de la communauté littéraire alors que le projet de correspondance s'est récemment soldé par une table ronde festive à Pointe-Bleue.«Des amitiés naissent aujourd'hui entre des écrivains québécois et amérindiens et des projets littéraires vont forcément en découler, espère pour sa part Joséphine Bacon.Il y avait un vrai manque de contact et les gens commencent à le réaliser.» Avis aux intéressés, un grand rendezvous s'organise déjà pour le printemps 2009 à Mingan.En attendant, une rencontre internationale d'auteurs autochtones francophones est prévue pour septembre prochain à la maison de la culture de Wendake, en partenariat avec l'Université Laval.AIMITITAU! PARLONS-NOUS! Textes rassemblés et présentés par Laure Morali, Éditions Mémoire d'encrier, 336 pages, 24,50$ LITTÉRATUREAMÉRINDIENNE DUQUÉBEC Maurizio Gatti, Éditions Hurtubise HMH, 271 pages, 29,95$ ÊTRE ÉCRIVAINAMÉRINDIEN AUQUÉBEC Maurizio Gatti, Éditions Hurtubise HMH, 224 pages, 24,95$ AIMITITAU! PARLONS-NOUS! PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE «Des amitiés naissent aujourd'hui entre des écrivains québécois et amérindiens et des projets littéraires vont forcément en découler», espère Joséphine Bacon (au centre), documentariste, poète et parolière pour Chloé Sainte-Marie.On la voit ci-dessus en compagnie des auteurs Jean Désy et Laure Morali.DOSSIER / LITTÉRATURE AMÉRINDIENNE En pleine émergence, la littérature autochtone commence à faire connaître ses auteurs.Parallèlement au festival Présence autochtone, le collectif Aimititau propose une série d'émouvantes correspondances entre écrivains des Premières Nations et écrivains québécois.« J'ai l'impression que les gens d'ici sont tout simplement surpris que l'on sache écrire ! » CHANTAL GUY Trop de sujets pour une chronique qui sera bientôt en congé estival.Devant le flot de mauvaises nouvelles et de scandales, cette semaine, je me suis accrochée aux livres - comme d'habitude - et cela ne m'a donné le goût que du meilleur\u2026 Amérindiens Le gouvernement canadien s'excuse enfin auprès des communautés autochtones dont les enfants ont subi des sévices abominables dans les pensionnats où on voulait davantage les assimiler que les éduquer.J'ai pensé au dialogue entre Noah Richler et le grand artiste cri Tomson Highway dans l'essai Mon pays, c'est un roman.«Les langues ont toutes leur génie particulier, dit Highway.Pour moi, l'anglais, c'est la langue de l'intellect.- Le cri serait donc une langue plus charnelle?- Absolument.Je me plais à dire que l'anglais vient d'ici.(Highway montre sa tête).- Le français vient d'ici.- L'estomac.- .et de là.- Le coeur.- Devinez d'où vient le cri?- Il ne reste que l'entrejambe.- En plein dans le mille.C'est la partie la plus amusante, la plus hystérique, la plus sensuelle.Selon la mythologie, cette langue vient tout droit du jardin d'où les deux autres langues ont été chassées il y a une éternité.C'est le jardin des plaisirs, le jardin de la joie, où l'arbre de la connaissance est honoré - et sucé.Cinq fois par jour dans la mesure du possible.» Pour Highway, qui a connu les pensionnats, aucun fruit n'est défendu.Quand on pense à ce que des religieux blancs et frustrés ont commis contre les enfants autochtones, on se dit que la «civilisation» a parfois un arrière-goût de mort.S'il est un crime immonde en ce monde, c'est bien de tuer à la source une telle jouissance d'exister et d'apprendre.Et si on apprenait le cri, pour changer?Féminisme Je viens tout juste de recevoir les Cahiers de jeunesse (1926-1930) de Simone de Beauvoir.Au beau milieu des engueulades concernant les déclarations du Conseil du statut de la femme et son rapport sur l'hypersexualisation, l'échec du féminisme, etc., je tombe, dès la première page, sur cette phrase de Simone, alors qu'elle n'a que 18 ans : «J'ai eu honte de vivre, mais puisque la vie m'a été donnée, j'ai le devoir de la vivre, et le mieux possible.» Ça promet, comme lecture et comme destin.Quand je pense qu'à cet âge, mon journal était rempli d'angoisses amoureuses et scolaires.Cette phrase m'apparaît comme le plus beau des programmes pour n'importe qui, peu importe son sexe.Immigrés Vous dire combien je suis contente que l'écrivain montréalais Rawi Hage ait remporté le prix IMPAC Dublin pour son premier roman De Niro's Game, traduit en français chez Alto sous le titre Parfum de poussière.Une bourse de 100 000 \u20ac, ce n'est pas rien.Et je ne suis pas peu fière d'avoir écrit en décembre qu'il s'agissait de mon coup de coeur de l'année - je tire ici la langue à Foglia, qui n'a pas aimé.Surtout, je trouve magnifique qu'un homme qui a survécu à des années de guerre civile au Liban et qui a choisi de s'installer au Québec puisse transcender l'horreur par l'écriture, et être récompensé par cet honneur qui rejaillit sur nous tous.Bonnes nouvelles Je vous ai raconté comment je trompais mon libraire en achetant des livres dans l'internet.Je n'aurai plus à me sentir coupable puisque les Librairies indépendantes du Québec ont lancé cette semaine un portail consacré à la littérature québécoise.Cette grande librairie virtuelle se trouve à cette adresse: www.Livres Quebecois.com.Les acheteurs peuvent encourager la librairie de leur choix, qui recevra un pourcentage sur la vente - et tout ça, dans le confort de leur foyer.Enfin, j'écrivais la semaine dernière qu'un essai sur la culture populaire et le 11 septembre 2001 serait le bienvenu.Eh bien! c'est en cours et c'est très sérieux: le professeur et chercheur de l'UQAM Bertrand Gervais m'avise qu'il pilote le projet Lower Manhattan, qui se donne pour mission «d'analyser le processus de fictionnalisation et de mythification amorcé à partir des événements du 11 septembre ».Romans, essais, bédés, films: tout y est : http : lmp.ericlint.uqam.ca.COURRIEL: Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Jouissances 3553869A PLUS LECTURES JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE «Il est vrai que même notre propre fonds littéraire se préoccupe peu de la nordicité alors qu'il couvre le tiers du territoire de la province », remarque le poète Jean Désy, qui a choisi de faire traduire en inuktitut son prochain recueil de poésie, Mourir en liesse dans la toundra, qui paraîtra prochainement aux Éditions des Hautes Terres.«Pour les Inuits, nous habitons d'ailleurs dans le Sud.C'est déjà très signifiant.» Au sein même de la communauté, la littérature est presque inexistante.«Les mondes du Nord sont des mondes en pleine évolution, poursuit l'auteur qui a sillonné le Grand Nord en tant que médecin avant d'en devenir le chantre.«Là-bas, les conditions socio-sanitaires ne permettent pas vraiment l'éclosion d'une littérature.C'est un territoire en voie de développement.Les Inuits sont présentement entre deux mondes.Ils passent de chasseurs-cueilleurs à l'informatique, et la transition est extrêmement rapide.» Un constat que par tage Nadia Plourde, professeure de français dans la communauté de Kangiqsujuaq de janvier 2006 à juin 2007 et auteure de La gloire de mes élèves, chroniques du Nunavik, publié aux Éditions 400 Coups.« Il n'y a jamais de transition facile pour un peuple.Mais ici, il y a beaucoup d'argent dans l'histoire.Leur territoire est plein de ressources naturelles, les multinationales s'y installent.Quand on peut gagner 45 000$ par année en étant concierge à l'âge de 12 ans et que le professeur avec sa maîtrise gagne 20 000$, pourquoi aller à l'école?» De surcroît, l'école provoque un très grand choc culturel chez ces élèves.«Leur manière d'apprendre n'est pas du tout la question- réponse, poursuit-elle.Ils ont l'habitude de regarder faire l'aîné et de l'imiter lorsqu'ils se sentent prêts.L'apprentissage n'est en aucun cas dans la parole, alors il faut leur laisser le temps de s'adapter.» Pas si loin du Québec Les Inuits étudient en inuktitut jusqu'en troisième année avant de poursuivre leurs études en anglais ou en français.Mais des 10 finissantes francophones sur toute l'étendue du territoire au cours de l'année 2007, Nadia Plourde considère qu'une seule d'entre elles semblait réellement prête au DEC.« Au début, j'étais découragée, relate-t-elle.Mais je me dis que même si ces jeunes ne descendent pas au Sud pour poursuivre leurs études, elles peuvent aujourd'hui apprécier des textes qu'elles n'auraient pas pu lire si elles étaient restées à la maison.C'est intéressant à observer aussi parce que le Québec n'est pas si loin de ça après tout, poursuit-elle.Il n'y a pas si longtemps, les Québécois du monde rural n'étaient pas si convaincus que ça servait à quelque chose d'aller à l'école.Alors je suis curieuse de voir comment les Inuits vont choisir de se développer.Vont-ils établir des règles de scolarité pour l'emploi ?Peut-être.Tout est à construire encore\u2026 » «La population autochtone est souffrante de toujours être considérée de haut, insiste pour sa part Jean Désy.Elle tente de s'affirmer et l'échange est fertile pour tous.Dans la communauté amérindienne, il y a des forces poétiques et littéraires existantes qu'il faut révéler.Peut-être que dans une dizaine d'années, ça sera émergent dans le Grand Nord\u2026» LA GLOIRE DEMESÉLÈVES\u2014 Chroniques du Nunavik Nadia Plourde, Éditions 400 Coups, 288 pages, 24,95$ SANAAQ Mitiarjuk Nappaaluk, Traduction et édition par Bernard Saladin d'Anglure, Éditions Stanké, 303 pages, 19,95$ MÉMOIRED'INUKSUK Dorothée Banville-Cormier, Éditions de la Pleine Lune, 114 pages, 17,95$ Les chantres du Grand Nord DOSSIER / LITTÉRATURE AMÉRINDIENNE PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE «Pour les Inuits, nous habitons dans le Sud.C'est déjà très signifiant », estime Jean Désy, qui a choisi de faire traduire en inuktitut son prochain recueil de poésie, Mourir en liesse dans la toundra.Outre l'atypique roman Sanaaq de Mitiarjuk Nappaaluk, rédigé en inuktitut et traduit par Bernard Saladin d'Anglure, les écrits des Inuits demeurent rares.Ce sont encore majoritairement des auteurs blancs (ou amérindiens, comme Dorothée Banville-Cormier) qui prennent la parole pour eux.« Là-bas, les conditions sociosanitaires ne permettent pas vraiment l'éclosion d'une littérature.C'est un territoire en voie de développement.» POURLEBOURREAU Le scénariste et romancier Mario Bolduc a remporté l'Arthur Ellis Award 2008 du «meilleur roman policier en langue française» pour Tsiganes, publié l'an dernier chez Libre Expression.Depuis 25 ans, l'association Crime Writers of Canada décerne ces prix nommés en l'honneur d'Arthur Ellis, pseudonyme historique des bourreaux canadian.L'histoire de Tsiganes se passe dans la Roumanie de Ceausescu.DEUXMOTS\u2026.Les romans fantastiques Eloik - Combattant des cauchemars de Sébastien Lévesque et Martin Bois (Vents d'Ouest) sortiront en anglais et en chinois (dans le marché de Hong-Kong) à l'été de 2009\u2026 Dans le cadre du festival Présence autochtone, la Grande Bibliothèque présente jusqu'en octobre l'exposition Dialogues avec un sauvage, pour laquelle huit artistes des Premières Nations se sont inspirés de l'ouvrage Dialogue de M.le baron Lahontan et d'un Sauvage dans l'Amérique (1703), de Louis-Armand de Lom d'Arce, troisième baron de Lahontan (1666-1715), un des 200 militaires que Louis XIV envoya à Québec en 1688 pour mater les Iroquois des Grands-Lacs.SOURCES : BAnQ, Librex, Vents d'Ouest.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY BENJELLOUNÀ LAG.B.L'écrivain d'origine marocaine Tahar Ben Jelloun - Cette aveuglante absence de lumière, Sur ma mère, etc.- est le conférencier invité de la Grande Bibliothèque, mercredi à 19 h 30.La prestigieuse recrue de Gallimard est l'écrivain francophone le plus traduit dans le monde: on compte ainsi 43 versions de La nuit sacrée, prix Goncourt 1987, qui lui a ouvert les portes de l'Académie du même nom, où il vient d'être élu.L'amphithéâtre de la G.B.(475, boulevard de Maisonneuve Est) n'a que 300 places : arrivez tôt.PHOTO FOURNIE PAR IXION COMMUNICATIONS PLUS LECTURES SYLVIE ST-JACQUES Dans le grand café lumineux où je lui ai donné rendez-vous pour sa énième entrevue sur Silence de mort, Chrystine Brouillet s'extasie sur la pimpante couleur du jus de pastèque que nous avons toutes les deux choisi.«On aime ça ! Ça va même avec mes vêtements! » On ne se réinvente pas: épicurienne, la créatrice de Maud Graham le demeure.On retrouve son goût pour les belles et bonnes choses du quotidien dans Silence de mort, surtout chez le personnage de Vivien, homme raffiné poussé à bout par sa bruyante voisine.La grâce d'assister à l'éclosion de ses violettes.Les bons vins.Les petits plats partagés avec les amis.Autant de menus ravissements qui peuvent être bousillés par le hip-hop tonitruant d'une voisine écervelée.«J'aime le quotidien, les petits rituels.Je pense que dans la vie, on peut être très heureux si on est capable d'être heureux de beaucoup de choses.J'ai du plaisir à planter mes tomates, à caresser mon chat, à prendre le thé dehors le matin, en regardant les feuilles qui se déploient.» Chez Chrystine Brouillet, ce penchant pour la sérénité quotidienne cohabite avec une inquiétude perpétuelle.«Je pense tout le temps au pire.Si j'attends quelqu'un 10 minutes au resto, je me vois à la morgue en train d'identifier le corps.C'est la cuisine qui me branche sur la vie.Je suis peut-être paranoïaque: à force de travailler dans le crime, tu sais qu'il se passe beaucoup de choses et qu'il faut être vigilant.» Infernale banlieue Deux intrigues se juxtaposent, dans ces huitièmes aventures de l'attachante Maud Graham.Brouillet décrit les liens complexes (et meurtriers! ) qui se sont tissés entre les résidants d'une banlieue en périphérie de Québec.En filigrane, elle raconte une histoire de drogue qui fait des victimes et met en danger Maxime, l'ado que Graham a pris sous son aile.«Certains journalistes, peutêtre les plus jeunes, ont senti que l'histoire de drogue était plus près de leur vie, parce qu'ils ont vu ça à l'école ou ont des enfants.Mais d'autres, qui ont eu des voisins bruyants, s'identifient davantage au personnage de Vivien», exprime Brouillet qui, dans Silence de mort, fait une place importante à l'univers des ados.«Pour un auteur, les ados sont des mines d'or, parce qu'ils sont spontanés, impulsifs, curieux et qu'ils prennent des risques.J'ai des ados dans ma vie et comme Maud, je les regarde, les observe, m'inquiète pour eux.» Or, comme elle le répète depuis le début des intrigues de Maud Graham, il y a 20 ans, la détective n'est pas son alter ego, mais plutôt une bonne copine.«Le seul avantage de vieillir, ce sont les amitiés qui sont plus longues et plus profondes.J'ai le même rapport avec Maud Graham: je l'aide à mener son enquête et elle m'aide à écrire.Cela dit, beaucoup de femmes s'identifient à elle.Parce qu'elles ont des problèmes avec leurs ados.Ou parce que comme Maud, elles jonglent avec la carrière, la famille et la vie intime.Et qu'en vieillissant, on hésite avant de succomber à un sac de chips, sachant que ça va directement sur les hanches.» Depuis que Le collectionneur a été porté au grand écran, Graham a pris dans l'esprit de sa créatrice les traits de la comédienne Maude Guérin.«Je la voulais, pour jouer dans Le collectionneur.Après la projection du film, j'ai dit à la mère de Maude: \"Madame Graham, je suis contente de vous avoir rencontrée!\" » Puisque Maud Graham n'a plus besoin de présentation, l'auteure de Silence de mort en profite désormais pour esquisser de nouveaux personnages.Celui de Nicole, par exemple, calculatrice et redoutable banlieusarde, bien déterminée à trouver un mari pour Noël (ou idéalement l'Halloween.) Le choix de conserver un personnage, souligne Chrystine Brouillet, est très souvent motivé par les opinions de ses fidèles lecteurs.Ces derniers retrouveront d'ailleurs la ville de Québec, personnage à part entière des intrigues de Maud Graham.«Maud fait à ma place des choses que je n'ai jamais le temps de faire, quand je passe par Québec.Aller prendre un dry martini au Château Frontenac, par exemple.Ce sont vraiment les meilleurs ! » Heureusement, le bruyant voisin de Chrystine Brouillet a désormais adopté un comportement plus civilisé, en cessant de se prendre pour le DJ officiel de la rue.Une tranquillité retrouvée qui permettra à l'auteure de Silence de mort de travailler tout l'été sur son prochain roman.«C'est un drame», résume Brouillet, avare de détails sur cet énigmatique projet.«J'aime écrire l'été, parce que j'aime écrire en lumière naturelle.Je me lève tôt, je vais au gym et j'écris le matin.L'aprèsmidi est consacré à la recherche et à la cuisine.D'ailleurs, dans les Maud Graham, tous les plats ont été testés.C'est la partie agréable du travail ! » Un livre de recettes de Maud Graham.Voilà de quoi mettre en appétit les gourmands amateurs de frissons de terreur.SILENCEDEMORT Éditions La courte échelle, 371 pages.ENTREVUE / Chrystine Brouillet Silence, on tue Silence de mort, huitième titre de la série des «Maud Graham», est né d'une exaspération.Un amoureux de musique forte et de karaoké avait eu la tapageuse idée d'installer son haut-parleur dehors, au grand désespoir de tout le voisinage.En mal de quiétude, Chrystine Brouillet s'est mise à ruminer des pensées sadiques.«Je voulais le tuer, je rêvais de kalachnikov.Mais comme je ne pouvais pas fuir cette situation, il m'a semblé plus profitable d'en faire un livre.» PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Comme Chrystine Brouillet le répète depuis le début des intrigues de Maud Graham, il y a 20 ans, la détective n'est pas son alter ego, mais plutôt une bonne copine.«Le seul avantage de vieillir, ce sont les amitiés qui sont plus longues et plus profondes.J'ai le même rapport avec Maud Graham: je l'aide à mener son enquête et elle m'aide à écrire.» « Je pense tout le temps au pire.Si j'attends quelqu'un 10 minutes au resto, je me vois à la morgue en train d'identifier le corps.» BIBLIO MISTERIOSO ARNE DAHL SEUIL, 336 PAGES, 29,95$ Misterioso est le premier volume d'une série policière suédoise écrite par Arne Dahl, pseudonyme d'un auteur, critique, et collaborateur de l'Académie suédoise qui décerne le prix Nobel.Alors qu'un tueur s'en prend à des gros bonnets de la finance, la police de Stockholm met sur pied une unité spéciale de six enquêteurs pour résoudre la plus grande affaire criminelle depuis le meurtre du premier ministre Olof Palme.Pour cette première aventure, l'auteur a privilégié le point de vue de Paul Hjelm, un policier d'élite qui vient de résoudre une prise d'otage de manière héroïque, mais avec quelques fâcheuses entorses à la procédure.Son intégration dans cette escouade spéciale lui sauve la mise et relance sa carrière.Dans cette enquête aux multiples ramifications, qui met à rude épreuve les talents particuliers de chacun des six policiers, c'est finalement une cassette de jazz qui livrera la clé du mystère et l'identité du meurtrier.Sur la cassette, il y a Misterioso, une rare improvisation de Thelonious Monk, très prisée des collectioneurs.Dans ce polar, nous sommes en terrain de connaissance.Il s'agit d'un récit de procédure policière écrit dans les règles de l'art, comme il en existe des dizaines.L'intrigue est bien ficelée, quoique sans surprise.Nous faisons connaissance avec de nouveaux personnages, des flics d'élite qui doivent s'apprivoiser, apprendre à travailler ensemble, car cette nouvelle équipe, qui n'a de comptes à rendre qu'aux plus hautes instances, ne s'occupe que d'affaires criminelles exceptionnelles.On va donc certainement les revoir.Une affaire à suivre.- Norbert Spehner, collaboration spéciale VOYAGE D'UN EUROPÉEN À TRAVERS LE XXe SIÈCLE GEERT MAK, GALLIMARD 1057 PAGES, 59,95$.Si vous avez l'occasion de fouler le sol européen cet été, ce livre monumental pourrait vous servir de guide, tout en jetant une petite ombre sur vos vacances.L'écrivain néerlandais Geert Mak a entrepris de voyager partout dans les vieux pays, de la frontière russo-asiatique jusqu'au Portugal.Où qu'il aille, il raconte l'histoire du coin pendant le XXe siècle.Ce qu'il trouve reflète souvent la souffrance de ce continent inquiet.L'Ukraine?Tchernobyl.Munich?L'arrivée au pouvoir des nazis.Le Pays basque en Espagne?La guerre civile espagnole et la campagne de terreur de l'ETA.C'est à se demander comment l'Europe a fait pour ne pas disparaître entièrement\u2026 Puisque Mak est néerlandais, puisque son pays a vécu l'occupation allemande, il se penche beaucoup sur la Deuxième Guerre mondiale, et des épisodes moins connus : la révolte des officers allemands contre Hitler, par exemple.Geert Mak a fait des dizaines de milliers de kilomètres par toutes les saisons, mais son livre n'a rien d'une chronique personnelle.Il ne se raconte pas; il raconte l'histoire du coin.Il écrit aussi pour son pays.Il parle de la libération des Pays-Bas par les soldats canadiens lors de la Deuxième Guerre mondiale, et il n'a pas peur d'aborder le rôle malheureux qu'ont joué une poignée de soldats néerlandais dans le massacre de Srebrenica en 1995.Ce livre, quoiqu'il ne soit pas à la portée de toutes les bourses, devrait se trouver dans toutes les bibliothèques pour nous ouvrir les portes de l'Europe.- David Homel, collaboration spéciale NUES VALÉRIE BANVILLE LA COURTE ÉCHELLE 136 PAGES, 18,95$ Pas facile de fuir le passé.Anne-Marie, étudiante en médecine, est rapidement rattrapée par son enfance lorsque sa soeur Véronique, qui gagne sa vie comme danseuse nue, lui demande de la remplacer pour une soirée.S'étant fait la promesse de ne jamais retomber dans ce milieu qu'elle considère dangereux et plutôt glauque, l'étudiante se raccroche à un drôle de pacte.D'accord, juste une dernière fois.Or, la résilience semble ici avoir ses limites.Partageant depuis la mort de leur mère un appartement tout en se tenant à distance comme deux étrangères qui se jaugent, les deux soeurs tentent de délimiter sans succès leurs frontières et échouent quant à la définition de la réussite de l'une et la déchéance de l'autre.Entité bicéphale, le tandem se débat en vain contre la moitié qui lui résiste et c'est Anne-Marie qui risque de perdre le duel.Ce deuxième livre de Valérie Banville (Canons) décrit la vie tourmentée des effeuilleuses selon certains clichés qui en agaceront certains.Leur fuite d'une enfance malheureuse demeure moins intéressante que leur émotion furtive devant les caisses de vêtements de leur mère décédée et pourtant omniprésente.Toutefois, l'intrigue bien ficelée tient en haleine, le récit semblant cacher sous le lit un énorme monstre grognant de satisfaction qui n'attend que le noir pour surgir, les crocs en avant.Et le monstre est bien là.Énorme.Prévisible peut-être, mais néanmoins troublant.- Jade Bérubé, collaboration spéciale "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.