La presse, 25 mai 2008, P. Plus: lectures
[" 3561056A PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES sur cyberpresse.ca CHAPLEAU Une caricature exclusive de Chapleau à découvrir sur cyberpresse.ca/edito BLOGUE Consultez le blogue de Mali Ilse Paquin, correspondante à Londres, sur cyberpresse.ca/paquin Pendant que l'Autrichienne Elizabeth Fritzl était séquestrée dans une cave et agressée sexuellement par son propre père, sa mère n'y voyait que du feu.Telle est du moins la version officielle du couple, dont la sordide histoire fait les manchettes depuis quelques semaines.Mais est-il possible qu'une mère ait été aussi aveugle face à ce qui s'est passé pendant 24 ans dans sa propre demeure?Difficile à croire, mais pas impossible, répondent les experts.Car le cas de Mme Fritzl n'est que l'expression extrême d'un phénomène connu: le silence de certaines mères face à l'inceste.Un mutisme qui peut s'expliquer, mais qui a aussi un prix.UNDOSSIER D'AGNÈS GRUDA, À LIRE EN PAGES 2 ET 3 LE SILENCE DES MÈRES ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE, LA PRESSE ENTREVUE LE SOMBRE CHEMIN DE JACQUES CÔTÉ PAGE 4 ENTREVUE SOPHIE KINSELLA, ACCRO DU SHOPPING PAGE 6 PLUS LE SILENCE DES MÈRES AGNÈS GRUDA L'histoire de Valérie Bédard peut se résumer en quelques chiffres.Quatre : c'est l'âge qu'elle avait lorsque le chum de sa mère a commencé à lui faire des attouchements.Onze : c'est le nombre d'années durant lesquelles elle a vécu dans la même maison que son agresseur.Dix-huit: c'est l'âge où elle a décidé de quitter sa ville natale, Jonquière, pour recommencer sa vie dans les paysages vallonnés de la Beauce.Vingt-trois : c'est l'âge qu'elle avait lorsque son passé a resurgi, sous forme de grosses crises d'angoisse, la poussant à intenter une poursuite contre son beau-père.Mais il y a un autre chiffre, encore plus significatif pour Valérie.C'est le deux : le nombre d'adultes qui, dans sa prime enfance, ont trahi sa confiance.Le premier, c 'est l'homme qu'el le a longtemps appelé «papa».La seconde, c'est sa mère qui a fermé les yeux.«C'est comme si j'avais reçu des coups de poignard de deux côtés.Si tes parents peuvent te faire ça, alors que peut-on attendre des autres?» demande-t-elle.Selon les spécialistes de l'inceste, certaines mères sont effectivement dupes des manèges qui se déroulent pourtant presque sous leurs yeux.D'autres, en revanche, prétendent n'avoir rien vu.Ou font tout pour détourner les yeux.À quelle catégorie appartenait la mère de Valérie ?La jeune femme suppose que celle-ci a longtemps eu des soupçons.«Si jamais ça t'arrivait, tu me le raconterais?» demandait-elle à sa fille lorsqu'il était question d'inceste à la télévision.Mais c'était une drôle de question, qui semblait entrebâiller une porte sans l'ouvrir tout à fait.«Je ne sentais pas que ma mère était vraiment prête à entendre la réponse», confie Valérie.Alors, elle se taisait.Un jeu Tout a commencé par un jeu.C'est comme ça, raconte Valérie, que son beau-père qualifiait les attouchements qu'il s'est mis à lui infliger peu de temps après avoir emménagé avec sa mère.Au début, Valérie croyait que «toutes les petites filles font ça avec leur papa».Quand elle s'est rendu compte que ce n'était pas le cas, il était déjà trop tard.Elle était déjà accablée par le poids de la culpabilité.Vu de l'extérieur, son beau-père était un homme doux, souriant, qui s'occupait des enfants de sa blonde.Comment pouvait-elle lui dire soudainement non, alors qu'elle avait jusque-là toujours dit oui?Comment le dénoncer alors qu'elle avait aussi, à l'occasion de ces «jeux», ressenti des sensations physiques troublantes, pas toujours désagréables ?Elle continuait donc et c'est son corps qui criait de révolte.Crises d'asthme, eczéma.À 9 ans, sa mère lui fait consulter un naturopathe.En un coup d'oeil, ce dernier saisit la situation.«Il m'a dit: \"Toi, tu as un secret à raconter à ta mère\"», se souvient la jeune femme.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE LADOUBLE TRAHISON DE L'INCESTE PLUS LE SILENCE DES MÈRES AGNÈS GRUDA Rosemary Reilly peine à croire que Josef Fritzl ait pu tenir sa femme complètement à l'écart de la deuxième vie qu'il menait avec sa propre fille, dans le sous-sol de la maison familiale.«Vingt-quatre ans, ça paraît difficile à imaginer », dit cette spécialiste des traumatismes familiaux qui s'est penchée sur de nombreux cas d'inceste.Quel rôle jouent les mères dans ces épisodes d'exploitation sexuelle de leur propres enfants?Professeure à l'Université Concordia, Mme Reilly classe les réactions maternelles en quatre catégories.D'abord, il y a celles qui ne savent vraiment rien: la découverte de la vérité arrive comme un coup de tonnerre dans leur vie.Puis celles qui savent, mais qui n'agissent pas en conséquence.Il s'agit souvent de femmes qui ont elles-mêmes été agressées dans le passé, des femmes dépendantes, à l'identité fragile, qui ont besoin du regard des autres pour exister.«Elles se disent: je dois laisser mon conjoint abuser de mon enfant de 3 ans parce qu'autrement il m'abandonnera et je n'ai nulle part où aller», explique Mme Reilly.Et puis, il y a celles qui ne peuvent pas se permettre de savoir, qui écartent les événements qui les dérangent, allant jusqu'à prétendre qu'ils n'ont jamais eu lieu.Si elles n'occultaient pas la réalité, elles seraient obligées d'agir - une éventualité trop lourde de conséquences pour ces mères qui vivent parfois dans la peur de leur conjoint.Elles choisissent donc de ne pas interpréter les signaux d'alarme qui fusent autour d'elles.Parfois, elles réussissent même à les effacer de leur mémoire.«Il y a aussi une quatrième catégorie, celle des femmes complices», souligne Mme Reilly.Une réalité troublante qui, selon elle, remet en question les stéréotypes sexuels.Il est évidemment impossible de savoir dans quelle catégorie tombe Mme Fritzl.Mme Reilly se contente de supposer qu'elle devait être terrorisée par son mari, qui régnait en roi et maître sur sa famille.«Il y a vraiment des hommes manipulateurs qui réussissent à duper tous leurs proches, des imposteurs prêts à tout pour leur propre plaisir », explique l'expert psycholégal Hubert Van Gijseghem, spécialiste des cas de pédophilie.Selon lui, il faut faire attention avant de trop accabler les mères : elles en ont déjà beaucoup sur les épaules.Et puis, dit-il, les mères qui se taisent finissent de toute façon par payer le gros prix : le lien qui les unissait à leur enfant est brisé à jamais.«Dans la plupart des cas, on ne peut pas le rafistoler.» Le secret Entre la porte d'entrée de la maison familiale et la chambre des parents, il y avait très précisément 38 pas.Effrayée par ses propres aveux, enfouie sous les couvertures, Valérie a compté un à un les pas lourds de son beaupère qui venait répondre à ses accusations.«De quoi tu parles?» s'est-il étonné quand la mère de Valérie lui a demandé ce qu'il faisait au juste avec l'enfant.Ce qui suit est un peu confus dans les souvenirs de la jeune femme : des déménagements, le CLSC, l'intervention de la protection de la jeunesse, des appels du beau-père qui pleurait et menaçait de se suicider, puis une thérapie qui devait remettre la famille à l'endroit.Pendant deux ans, c'est l'accalmie.Puis, de nouveaux incidents, plus épisodiques qu'autrefois.Valérie devient une ado révoltée, elle est en conflit avec sa mère.Lorsque celle-ci épouse son amoureux, ça n'arrange rien.Un jour, Valérie surprend son beau-père en train de la reluquer par la fenêtre.Sa mère ne la croit pas.Mais les traces de pas dans la neige trahissent le coupable.Cette fois, c'est le divorce.Valérie a 15 ans.La cassure C'est en devenant mère à son tour que Valérie a mesuré toute la profondeur de la blessure qu'elle a subie dans son enfance - et qu'elle croyait guérir en partant de chez elle, à l'âge de 18 ans.Quand sa fille a eu 4 ans, l'âge de ses premières agressions, le passé de Valérie est remonté à la surface.«J'ai vu ce que c'était un enfant de 4 ans non pollué par des pensées d'adulte.Aujourd'hui, ma fille a 6 ans et elle croit encore que la fée des dents viendra chercher ses dents sous l'oreiller!» Elle-même, à 4 ans, avait pris un méchant coup de vieux\u2026 Aujourd'hui, Valérie a 25 ans.L'hiver dernier, son ex-beau-père a été condamné à un an de prison avec sursis pour trois agressions qu'il a admis lui avoir fait subir au fil des ans.Un autre procès, au civil, l'a obligé à verser 50 000$ à sa belle-fille.Le témoignage de la jeune femme a été tellement poignant que «même la greffière de la cour a failli pleurer», raconte l'avocat de Valérie, Hans Mercier.Maintenant, Valérie a le sentiment d'avoir vraiment tourné la page.Elle travaille comme infirmière auxiliaire, s'occupe de sa fille, tient le rôle de grande soeur pour les ados du voisinage.Il fallait la voir tancer sa voisine de 16 ans parce que celle-ci était vêtue d'une jupe un peu trop courte et de talons un peu trop hauts\u2026 «Il faut qu'elle se respecte », disait-elle avec dans les yeux une immense tendresse pour l'adolescente.Mais surtout, Valérie refuse de justifier toutes ses défaillances par ses années d'agressions.Elle ne veut pas se résumer uniquement à ça : son statut de victime.À l'occasion, elle témoigne de son expérience devant des étudiants en sexologie à l'Université Laval.«J'assume pleinement ce que j'ai vécu», affirme-t-elle avec aplomb.Le Grand Canyon Et sa mère ?Elle la voit parfois, mais le lien entre les deux femmes est très ténu.«Réalises-tu ce que j'ai vécu pendant 11 ans?» a lancé Valérie à sa mère, le jour où elle a compris que celle-ci n'avait pas complètement coupé les ponts avec son «ex».Valérie assure pourtant qu'ellen'a plus de colère.Reste le constat d'un lien brisé.«Je ne pourrai jamais dire que c'est grâceàmamère que je suis devenue ce que je suis», dit-elle avec une pointe de regret.Elle essaie aussi de comprendre: si sa mère n'a pas joué son rôle protecteur, c'est sans doute parce qu'elle a eu, elle aussi, une vie difficile, parsemée d'amoureux pas très délicats, avec des zones d'ombre sur lesquelles elle ne s'est jamais épanchée.«Jecroisquesielleest restée si longtemps avec cet homme, c'est parce qu'elle était dépendante affectivement et financièrement de lui», suppose Valérie.Puis, elle se dit que sa mère a dû l'avoir aimée à sa manière, qu'un jour elle a magasiné des petits pyjamas pour le bébé qui bougeait dans son ventre - tout comme Valérie l'a fait quand elle était enceinte de sa propre fille.C'est pourquoi au-dessus du «Grand Canyon» qui sépare désormais la mère de sa fille, il y a un petit pont de corde sur lequel les deux femmes s'aventurent parfois.Mais il est fragile, prévient Valérie: «Il ne faut pas être 10 à sauter dessus.» PHOTO AP Josef Fritzl PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Valérie Bédard Dans sa prime enfance, Valérie a vu sa confiance trahie par deux adultes.Le premier, c'est cet agresseur qu'elle a longtemps appelé «papa ».La seconde, c'est sa mère qui a fermé les yeux.Une cassure irréparable ABONNEZ-VOUS MAINTENANT! cyberpresse.ca/ee ÉDITION ÉLECTRONIQUE ACCESSIBLE N'IMPORTE OÙ DANS LE MONDE Téléchargez le contenu intégral de La Presse dès 5h, chaque matin.DESVACANCES ENVUE?L'INTÉGRALE SURVOTRE ÉCRAN PARTOUT PLUS LECTURES SIGNET Avec son quatrième polar mettant en scène l'inspecteur Daniel Duval, Jacques Côté se lance dans le «thriller régionaliste».Suivez le guide! MARIE-CLAUDE FORTIN L'histoire commence sur une note idyllique.Deux jeunes garçons s'apprêtent à partir à l'aventure avec leur grand-papa.Direction : la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en passant par le Parc.Du camping en roulotte (une Appalaches), tirée par la grosse Ford Mercury beige du grand-papa.Le bonheur! Ce retour aux sources avec ses petits-fils, c'était le rêve de Gilles Hébert.Mais bien entendu, comme dans tout bon polar, le rêve va virer au cauchemar.Le chemin des brumes, sorte de Délivrance version québécoise, est le quatrième polar de Jacques Côté, écrivain de Québec qui, après trois romans de jeunesse, d'amour et d'amitié, a trouvé son chemin dans le noir.Aux côtés du héros qu'il a mis au monde en 2000, dans Nébulosité croissante en fin de journée : Daniel Duval, lieutenant enquêteur de la Sûreté du Québec.Un homme imparfait mais droit.Un passionné de son métier, un enquêteur hors pair, mais aussi un homme bien ordinaire.Veuf récemment remarié, papa d'une grande fille et d'un nouveau bébé, qui peut très bien frôler la mort le jour et changer des couches la nuit.« Au départ , confie Jacques Côté, qui enseigne la littérature au cégep de Sainte-Foy, je ne pensais pas écrire quatre livres mettant en scène Daniel Duval.Mon premier polar n'avait pas été particulièrement remarqué.» Mais avec Le rouge idéal, qui remportait en 2003 le prix Arthur-Ellis, les choses ont changé.Ce thriller littéraire a été mis au programme de plusieurs écoles secondaires.Les lecteurs ont redécouvert Nébulosité.Et l'ont suivi jusque sur La rive noire.Conte cruel Dans Le chemin des brumes, Côté partage la narration avec un jeune garçon, Vincent, 13 ans.Son grand-père et son petit frère ont été agressés par un fou furieux pendant qu'il était en canot, sur le lac.Pourchassé, traqué comme une bête, au beau milieu de la forêt, il n'a que son petit chien, un fond de sac de guimauves et les quelques rudiments de vie en forêt appris chez les scouts pour s'en sortir.Est-ce le décor?L'âge, la vulnérabilité des victimes?Le chemin des brumes nous semble plus violent, plus angoissant encore que les polars précédents.«Pourtant, remarque Côté, il y a très peu de descriptions dans les scènes qui touchent les enfants.On n'assiste pas vraiment aux agressions.» Mais on les imagine.On les «entend» très bien.«Je ne suis pas un écrivain qui se complaît dans les descriptions sadiques, se défend ce père de deux petites filles de 3 et 6 ans.Je préfère ce qu'on appelle la focalisation à distance.Pour moi, c'est plus efficace.» Auteur d'un essai sociopolitique, Salut l'indépendance (2006), et d'une biographie de l'un des premiers médecins légistes québécois, le Dr Wilfrid Derome, Jacques Côté a trouvé dans le roman policier un lieu où ses multiples intérêts pourraient se rencontrer.«Pour moi, dit-il, le polar n'a jamais été uniquement une distraction, un divertissement.J'ai toujours aimé, même dans mes premiers romans, parler du Québec, de sujets d'actualité, de préoccupations sociales.Or, le roman policier est le genre par excellence pour le faire.» En situant ses histoires à la fin des années 70 et au début des années 80, Côté prend ses distances avec l'époque actuelle.Un choix qui représente également un «petit défi historique », dit-il.«Ce que j'aime aussi, avec cette approche, c'est qu'elle me permet de faire écho à ce que nous vivons en 2008.Or, je me rends compte que sur plusieurs points, nous tournons en rond au Québec.» Thriller régionaliste Alors que la plupart des romans de Jacques Côté se situaient à Québec, l'auteur nous emmène cette fois en région.Il nous fait découvrir les alentours du Lac-Saint-Jean.«C'est une très belle région, dit Jacques Côté.La toponymie - Saint-André-de-l'Épouvante, la rivière Ouiatchouan, le village fantôme de Val- Jalbert - était très inspirante!» Du thriller régionaliste ?Pourquoi pas.«Je suis sans doute le seul de ma génération à apprécier les romans régionalistes du début du siècle, confie Côté.J'aime beaucoup l'idée de décrire un coin de pays, d'apprivoiser sa langue.D'ailleurs, j'aimerais bien situer mon prochain Duval dans la région de la Côte-Nord.» En attendant, Côté travaille déjà à un roman policier biographique qui devrait s'échelonner sur trois tomes, et qui nous fera connaître le Dr Villeneuve, ancien surintendant de l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu, et professeur du Dr Wilfrid Derome.Autant de projets grâce auxquels il continue d'alimenter sa passion pour la criminalistique et la police scientifique.«Aujourd'hui, dit-il, les policiers travaillent en collaboration avec de véritables cerveaux, des gens formés à l'université, qui appartiennent à différentes disciplines.» Ils sont devenus, pour Côté, les héros des temps modernes.«Le monde a plus que jamais soif de ce genre de modèles.Quand on voit les morons qui sont au pouvoir, on a besoin de personnages qui vont nous réconforter, dit-il.Des gens qui sont justes, honnêtes, en qui on peut avoir confiance.On est dans une période tellement sombre de l'humanité, à tous points de vue -les guerres, les désastres écologiques, les politiciens qui se font passer pour des environnementalistes alors qu'ils donnent leur aval pour qu'on pollue davantage.Vers qui se tourner?Je peux comprendre, dans ce contexte, que les gens se réfugient dans les livres.On préfère la compagnie, le réconfort des êtres de papier.» LECHEMINDESBRUMES Jacques Côté, Éditions Alire, 368 pages, 14,95$ POLAR QUÉBÉCOIS / Jacques Côté De la suite dans les idées.noires PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL Alors que la plupart des romans de Jacques Côté se situaient à Québec, l'auteur nous amène cette fois en région.« J'ai toujours aimé, même dans mes premiers romans, parler du Québec, de sujets d'actualité, de préoccupations sociales.Or, le roman policier est le genre par excellence pour le faire.» CHANTAL GUY Des hordes de filles attendent fébrilement la sortie du film Sex and the City, adapté de la série télé, elle-même inspirée du livre de Candace Bushnell publié en 1996.Depuis 10 ans, Carrie Bradshaw et Bridget Jones ont fait des petites, et par centaines, suffisamment pour qu'on donne le nom de chick-lit au phénomène.Une littérature qui s'adresse principalement aux femmes célibataires, professionnelles, citadines, mais toujours sous le joug de Cendrillon.Selon les goûts littéraires, le terme est péjoratif ou rigolo.Sophie Kinsella, vedette en ce domaine, confie à ma collègue Sonia Sarfati (en page 6) qu'elle préfère le terme «wit-lit ».«Wit pour l'humour et le w pour women.» Notre manie de tout cataloguer nous fait croire, à chaque buzzword, qu'un nouveau phénomène est à l'oeuvre, mais rien ne se perd et rien ne se crée.La chic-lit existe depuis longtemps, parce que les femmes aimeront toujours les histoires d'amour - les troubadours l'avaient compris, sans quoi ils n'auraient pas gagné leur croûte.Est-ce que je lis de la chick-lit?Ça m'arrive et ce n'est pas un plaisir coupable.«Plaisir» et «coupable» étant pour moi des mots incompatibles.Ma chick-lit préférée, c'est Jane Austen.Tout lu de Jane Austen.Tout vu adapté de Jane Austen.Ennuyé tous mes chums avec les films à-la-Jane Austen.Au fond, c'est encore une question de mode: je préfère le style du XVIIIe siècle, je soupire devant des corsets tandis que d'autres se pâment devant des Manolo Blahnik.Mais c'est du pareil aumême, qu'on soit en talons hauts ou en pantoufles de vair, le but est de courir vers le grand amour, et nous regardons ces héroïnes s'y rendre comme un joueur de hockey vers le filet en criant «plus vite, niaiseuse!!!».J'aime surtout la connivence entre les lectrices de chick-lit.Le rouge aux joues de cette collègue qui me rapporte en gloussant le dernier Rafaële Germain tout écorné.Le vendeur gai qui lance un clin d'oeil complice à mon chum à qui j'ai demandé de me racheter le livre de Candace Bushnell pour la sortie du film.«Chérie, c'est moins gênant d'acheter tes Tampax, m'a confié mon homme troublé.Il m'a dit devant tout le monde qu'il avait \"t llement\" hâte de voir le film!» Comme Carrie, j 'ai ma bande d'amies irréductibles.Un de nos moments mémorables concerne en quelque sorte la chick-lit.L'une d'elles, mère de trois enfants, avait convoqué la cavalerie pour un grand ménage du printemps.L'hilarité générale s'est installée lorsque nous avons découvert, sous le lit, dans les armoires, des tonnes de romans Harlequin.Mais des tonnes! Touchant squelette de placard, nous qui ignorions tout de sa dépendance.Ce «outing» s'est terminé par une lecture publique des meilleurs passages Harlequin, lors d'une soirée bien arrosée à laquelle nos conjoints n'ont strictement rien compris.Quand j'y pense, je me dis que c'est ce qui manquait à Madame Bovary, qui aimait tant les romans d'amour (c'est ce qui l'a perdue): une bande d'amies.Plus jeune, j'avais trop furieusement envie d'être sérieuse (et d'être prise au sérieux) pour lire des romans qui parlaient d'amour, alors j'ai lu, et assez pour m'en écoeurer, des romans qui ne parlaient que de mort.Ne s'attarder que sur la mort est le raccourci le plus efficace pour se sentir intelligent; on gomme tout ce qu'il y a avant pour ne s'en tenir qu'à la fin, un peu comme si on ne faisait que lire la dernière page de tous les livres qu'on ouvre.On se fait ensuite une fierté de dire qu'on sait comment ça finit.Dans la chick-lit aussi on sait comment ça finit (en général, elle dit «oui»), mais, comme dans la vie, c'est tout ce qui vient avant qui donne un sens à cette fin.Et on ne verra pas la fin de la chick-lit de sitôt, c'est certain.C'est la faute à la chick-lit 3553866A 3564232A PLUS LECTURES GROS CATALOGUE Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) vient de mettre en ligne les catalogues de plus de 60 bibliothèques québécoises à l'adresse cbq.banq.qc.ca.Le service permet d'abord de consulter les catalogues des institutions participantes - dont celui de la Grande Bibliothèque de Montréal -mais aussi de faire des demandes de prêt en ligne auprès des 20 bibliothèques déjà dotées du logiciel de gestion de prêt entre bibliothèques (PEB).Voilà les premiers pas vers l'objectif ultime que constituent la mise en ligne des ressources de toutes les bibliothèques et leur participation au PEB.DEUXMOTS\u2026 L'Union des écrivains annonce l'arrivée en résidence de l'écrivaine mexicaine Cristina Rascon Castro, qui séjournera au Québec jusqu'en septembre\u2026 Annie Ernaux, auteure de Les années, sera à la librairie Gallimard (3700 boulevard Saint-Laurent) demain à 17h pour une séance de signatures.On ne voudrait pas se mêler des affaires de Québec, mais apparence que Parcs Canada s'apprêterait à expulser les bouquinistes qui font commerce depuis 15 ans sur la terrasse Dufferin, entre le Château Frontenac et le fleuve; ils demandent l'appui du public à cette adresse: bouquinistesdelaterrasse@yahoo.ca.SOURCES: Flammarion, La Courte Échelle, BAnQ, UNEQ, Gallimard, Les Bouquinistes de la Terrasse.AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY JAMES ETMAUD James Bond, 007 lui-même, revient au Bureau jeudi, annonce Flammarion Québec.À l'occasion du centenaire d'Ian Fleming, le créateur du célèbre agent, le romancier Sebastian Faulks (Les désenchantés, L'empreinte de l'homme) fait revivre l'agent le moins secret du MI6 qui, dans Le diable l'emporte, affronte un adversaire aux desseins on ne peut plus sombres.Double zéro 7 contre Triple 6: de la casse à prévoir\u2026 Plus près de nous, pendant ce temps, la Vieille Capitale se prépare à des «révélations explosives» de Maud Graham, «enquêtrice téméraire» de la police de Québec que l'auteure Chrystine Brouillet, dans Silence de mort, envoie dans une huitième enquête (le 10juin à La Courte Échelle).Pas encore de la chicane au 400e ! Sebastian Faulks PHOTO AP/DOUBLEDAY NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPÉCIALE Parmi la dizaine de polars québécois parus récemment, trois proposent des intrigues dont l'action principale se déroule dans les rues de Montréal.Avec La tendresse du serpent, André Jacques signe une troisième aventure de son héros, l'antiquaire Alexandre Jobin, retraité des services de renseignement de l'armée canadienne.Ce bon vivant qui n'aspire qu'à une vie paisible a le chic pour se mêler d'affaires dangereuses et se mettre dans le pétrin.Cette fois, il est plongé bien malgré lui dans des événements dramatiques où interviennent successivement des groupes de motards, la mafia russe, les triades chinoises, de hauts fonctionnaires corrompus et autres personnages peu fréquentables.Alors que des journalistes enquêtant sur le crime organisé sont assassinés, Jobin reçoit la visite de deux jeunes Chinois qui tentent d'écouler des trésors artistiques chinois de provenance douteuse.Évidemment, ces deux éléments de l'histoire sont liés et, à son corps défendant, Jobin est entraîné dans une aventure aussi complexe que périlleuse.Le boulevard Saint-Laurent, où se trouve sa boutique, est le pivot géographique de ce thriller qui nous promène aussi dans le Quartier Chinois, la Petite Italie et le Vieux-Montréal.La tendresse du serpent est un bon divertissement, avec un personnage principal fort sympathique.Le livre idéal pour la plage ou le balcon, cet été! L'intrigue principale de La mue du serpent de terre de Benoît Bouthillette se situe dans le Montréal souterrain.Un meurtrier en série sévit dans les couloirs du métro.L'inspecteur Benjamin Sioui, déjà rencontré dans La trace de l'escargot (JCL, 2005), devra déployer des prodiges d'imagination ainsi que des tactiques policières plutôt originales pour tenter d'identifier et de neutraliser le tueur.Par exemple, il ira jusqu'à déclamer des poèmes de Gaston Miron dans les couloirs du métro, dans l'espoir d'attirer l'attention du tueur.Cetteméthode peu orthodoxe ne figure certainement pas dans les manuels de procédure de la police de Montréal.Mais elle est efficace.Cette deuxième enquête de Sioui se présente sous forme de bref roman où les amateurs retrouveront avec plaisir le style inimitable de Bouthillette.Le récit évolue au rythme fluide de la pensée vagabonde et fantasque de l'enquêteur, comme une impro de jazz libre et inspirée.Même les dialogues sont filtrés par la perception du narrateur.Ce bref récit n'a peut-être pas la puissance dramatique de son premier roman, mais c'est tout de même une oeuvre de qualité qui confirme l'originalité et le talent de ce jeune écrivain qui n'a pas fini de nous surprendre.Quant aux habitués dumétro, ils vont sans doute retrouver des personnages qui leur sont familiers, mais dans des rôles inhabituels.Maxime Houde nous plonge dans le Montréal des années 40, avec son détective Stan Coveleski, antihéros notoire d'une série hard-boiled rétro dont Le poids des illusions est le cinquième volet.Le roman comprend deux parties assez inégales.Dans la première, Coveleski est au bord du gouffre.La mort de sa femme l'a plongé dans une grave dépression.Abandonné par Emma, sa fidèle secrétaire, il sabote une affaire courante, se fait tabasser à plusieurs reprises et se met à dos un ancien collègue de la police de Montréal.Grâce à l'intervention de son ange gardien, le sergent-détective Maranda, qui lui confie une nouvelle affaire, Coveleski va peu à peu émerger de son abîme éthylique.Cette deuxième partie est nettement plus intéressante que la première.Maxime Houde y renoue astucieusement tous les fils d'une histoire qui semblait aller nulle part.La résolution du crime (une noyade pas si accidentelle que ça) sera l'occasion pour Stan Coveleski de prendre une revanche méritée sur ses ennemis, de dénoncer des flics corrompus et de retrouver sa dévouée secrétaire, personnage clé de tout polar hard-boiled mettant en scène un privé paumé.À lire en dégustant une lampée de gin Croix d'Or tout en fumant une Grads.Dans les années 40, même à Montréal, on ne vous excommuniait pas pour si peu! LA TENDRESSEDUSERPENT André Jacques, Québec-Amérique, 504 pages, 27,95$ LEPOIDSDES ILLUSIONS Maxime Houde, Alire, 480 pages, 15,95$ LAMUEDUSERPENTDETERRE Benoît Bouthillette, La bagnole, 124 pages, 14,95$ POLAR QUÉBÉCOIS Montréal, métropole du crime PLUS LECTURES BIBLIO PETITES HISTOIRES AVECUNCHAT DEDANS (SAUFUNE) VÉRONIQUEPAPINEAU ÉDITIONS BORÉAL 184 PAGES 19,95$ Un seul regard ne suffit pas à embrasser la jeunesse.Elle cache dans ses replis de petits riens qui veulent dire beaucoup.L'auteure Véronique Papineau, qui signe ici son premier livre, fait partie de ces gens qui remarquent les détails.Les sourires francs qui deviennent des sourires sans que l'on puisse voir les dents, par exemple.Signe à débusquer.Indice.Chamboulement à prévoir, comme une mauvaise météo.Dans ce recueil de nouvelles, Papineau choisit de s'attarder à ces petits signes précurseurs en apparence anodins.Répandre une bouteille d'huile sur le plancher.Crier de toutes ses forces dans la grange.Essayer une robe de demoiselle d'honneur.Et puis, il y a les chats.Toujours présents, comme d'étranges cassandres, rôdant autour des protagonistes avec leurs messages codés.Ce chat de l'amoureux que l'on s'impose malgré l'allergie.Celui qui revient au bercail après une longue absence, éclopé mais néanmoins de retour.Celui à qui l'on donne des coups de pied en rentrant du travail.Celui qui se meurt en même temps que le bonheur.Trouvez le chat, semble nous dire l'auteure.Histoires hétérogènes, diversifiées mais néanmoins remplies d'échos si on a envie de les entendre, les nouvelles de Papineau explorent les petits recoins du printemps de la vie.Ce n'est rien.Seulement le début des égratignures sur la peau tendre et lisse.Avant la vague déferlante.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale BLAZE STEPHEN KING ALIAS RICHARD BACHMAN ALBIN MICHEL 328 PAGES, 29,95$ Stephen King l'admet d'entrée de jeu, dans les «aveux publics» qu'il signe en guise de préface de Blaze, qu'il a écrit autrefois, au début des années 70, sous le nom de Richard Bachman (aussi «auteur » de Rage, Running Man et autres Marche ou crève) : ce roman est un fond de tiroir.Qu'il n'a jamais eu la courage - ou la lâcheté?- de jeter aux poubelles.On ne peut que l'en féliciter.Ce texte douloureusement noir, plutôt court selon les normes «kingsiennes », méritait mieux, beaucoup mieux, que la déchiqueteuse puis le bac de recyclage.Grâce à son personnage titre, Clayton Blaisdell Junior dit Blaze, qui est parmi les créatures les plus mémorables sorties de l'imaginaire prolifique et tordu du maître de l'horreur.Blaze, donc, est un colosse.De l'extérieur.Mais ce corps de géant est habité par un enfant.Parce que le garçon, aussi gentil que brillant, est né sous une mauvaise étoile.Violences à répétition.Abandons.Séquelles mentales et physiques.C'est son histoire ; et celle de George, son étonnant complice; et celle de Gerard, le bébé qu'il kidnappe\u2026 que raconte King/ Bachman.Blaze est donc un roman psychologique avant toute chose.En partie réécrit par le premier ( !) avant publication, il est poignant, riche en émotions.Il sonne vrai.Et il est triste à mourir.Stephen King avoue avoir craint, par ce texte, de faire pleurer de rire.Il peut mettre le point après pleurer.Et, surtout, ne pas en avoir honte.\u2014 Sonia Sarfati L'AMOURESTUN CARBURANTPROPRE VIRGINIE JOUANNET ROUSSEL ÉDITIONS L'INSTANTMÊME 175 PAGES, 20$ Avec un si joli titre, la nouvelliste Virginie Jouannet Roussel (Les hommes sont des petits poucets, Prix Prométhée 2000) laisse présager un nouveau recueil de nouvelles aussi délicieux que lucide.Et c'est bien le cas.S'intéressant de près au fonctionnement de l'organe mystérieux de l'amour (d'ailleurs, lequel est-ce vraiment ?), l'auteure nous livre neuf courts récits où l'étrange enchantement de l'esprit empoigne le corps des femmes, parfois malgré elles, les laissant tremblantes et confuses, épanouies ou enchaînées.Souvent étranglées par la crise de la mi-temps de la vie, les femmes sautent ici des fenêtres, cherchent l'illumination, suivent le miracle.Dans chacune de ses nouvelles, l'auteure s'amuse à nier le mythe de la féminitude résignée.De celle qui esquive les coups de poing, refusant soudainement d'être marquée comme une cible, à la ménagère amoureuse de Monsieur Propre, dessiné sur la bouteille de javellisant, elles se dressent soudainement dans les vents contraires, regardant l'avenir dans une direction inattendue.Entre le secret bien gardé des mères, les révélations que l'on peut lire dans une chaussette perdue, le claquement neuf d'une porte, la vie bascule, tourne à 180 degrés.Les femmes de Virginie Jouannet Roussel prennent une décision, posent le geste, passent à l'acte, enrubannée d'amour, pour le meilleur et pour le pire.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale SONIA SARFATI Becky Brandon n'est pas une fashion victim à la manière de Carrie Bradshaw.Son cas est pire.Du moment que «ça» peut s'acheter, elle le veut.Becky Brandon est une shopaholic.Une accro du shopping, diton en bon français.Elle est aussi l'héroïne d'une série de romans hilarants signés Sophie Kinsella - dont le véritable nom est Madeleine Wickham.«Sophie est mon deuxième prénom.Kinsella, le nom de jeune fille de ma mère.Ce n'est donc pas une identité totalement étrangère à ce que je suis », dit la romanicière londonienne, jointe à Paris alors qu'elle faisait une tournée de promotion pour son dernier-né, L'accro du shopping attend un bébé.Tournée des médias et séance de signatures.aux Galeries Lafayette.De quoi rendre folle Becky.Et Sophie/ Madeleine?«J'ai mes périodes shopaholic.Jamais avec l'intensité de Becky, mais j'ai indéniablement mes moments », rigole la romancière, qui a décidé de prendre un pseudonyme pour ne pas embrouiller son lectorat déjà existant.Parce qu'après une carrière de journaliste financière, la jeune femme a répondu à l'appel de la fiction.«Honnêtement, ce n'est pas une expérience mémorable, dit-elle de son ancienne profession.Le sujet ne m'intéresse pas et.j'ai de la difficulté à m'en tenir aux faits.Un peu comme Becky, qui ne colle pas trop à la réalité.C'est peut-être par dérision que, dans un premier temps, je lui ai d'ailleurs donné ce métier.» Sous son propre nom, l'auteure a d'abord fait paraître Une maison de rêve, La madone des enterrements et autres Vacances inoubliables.Histoire d'une femme qui court les enterrements pour faire connaissance avec de riches veufs.Histoire de retrouvailles d'amis de longue date qui ne se sont pas vus depuis 10 ans.Histoire de deux couples coincés en vacances dans la même maison de rêve (ou de cauchemar).«Ce sont des romans à plusieurs voix, drôles mais pas que drôles.Avec Shopaholic, je voulais donner dans la comédie pure, dans l'évasion totale.» Le début d'une série L'inspiration lui est tombée dessus alors qu'elle faisait du lèche-vitrine.Elle a imaginé une femme qui voudrait acheter tout ce qu'elle voyait.Complètement accro à tout ce qui coûte de l'argent - qu'elle en ait besoin ou pas.«À partir de là, j'ai été obsédée par ce sujet.Je n'en revenais pas que personne n'y ait pensé avant.J'ai écrit le premier roman très vite, tant j'avais l'impression que quelqu'un d'autre aurait la même idée.» Ça a donné Confessions d'une accro du shopping.Sophie Kinsella n'avait pas pensé «série ».Mais.«J'ai dit à mon éditrice que si ça marchait, je pourrais envoyer Becky à New York.» Haut lieu de shopping, comme chacun sait.Ça a marché.D'où la publication de Becky à Manhattan.Qui, amalgamé au premier tome, est en train de faire l'objet d'une adaptation cinématographique : Confessions of a Shopaholic de P.J.Hogan sortira en février et mettra en vedette Isla Fisher et Hugh Dancy dans les rôles de Becky et de Luke.Luke?Le richissime (ouf!) propriétaire d'une agence de relations publiques que Becky rencontre au début de ses aventures, qu'elle fréquente, qu'elle épouse.Et avec qui elle va avoir un enfant.Une relation qui a des hauts et des bas, et la propension qu'a Becky à dépenser n'est pas la seule coupable.La jeune femme a une solide tendance à fantasmer.«Moi aussi», pouffe Sophie Kinsella.Ainsi, elle s'imagine rencontrer une célébrité et «tout de suite, nous devenons les meilleures copines du monde».Fouler le tapis rouge de Sex and the City, par exemple, et se lier d'amitié avec Sarah Jessica Parker.Le hic: «Je n'étais pas à Londres au moment de l'avant-première mondiale du film.» Rires.On voit ici de qui tient Becky! Laquelle, malgré ses travers, est extrêmement attachante.«À première vue, elle semble frivole, naïve, superficielle.Elle l'est.Mais elle est bien d'autres choses.Elle a un coeur immense, elle est chaleureuse, ingénieuse, généreuse.Elle est extrêmement fidèle en amour comme en amitié et elle est prête à tout pour ceux qu'elle aime.C'est une personne formidable.» Une de ces filles que l'on rencontre régulièrement entre les pages de ces romans qualifiés de chick-lit.Terme péjoratif pour certains, pas pour d'autres.Sophie Kinsella, elle, n'y pense pas vraiment.«Je ne me suis pas assise en me disant: \"Je vais écrire de la chick-lit.\" C'est le genre de commentaire que les autres font quand ils ouvrent votre roman.Mais, vous savez, je préfère le terme wit-lit.J'ai vu ça dans une librairie, un jour, et j'ai trouvé ça chouette.Wit pour l'humour, avec le w pour women.Ça rend mieux l'esprit de ce genre de livres.» Des siens, en tout cas, c'est certain.L'ACCRODUSHOPPINGATTENDUNBÉBÉ Sophie Kinsella, Belfond, 430 pages, 24,95$ ENTREVUE / Sophie Kinsella La grande évasion PHOTO FOURNIE PAR INTERFORUM De la chick-lit, l'oeuvre de Sophie Kinsella?Plutôt de la wit-lit, suggère l'auteure.Alors que la fièvre Sex and the City grimpe au thermomètre des attentes à cause de la sortie, vendredi, du film éponyme, La Presse s'est entretenue avec la créatrice d'un autre univers très féminin qui sera bientôt porté au grand écran.En attendant Carrie, voici Becky.Et Sophie.«Avec Shopaholic, je voulais donner dans l'évasion totale.» "]
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