Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus: samedi
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (13)

Références

La presse, 2008-03-29, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 514.985.2258 OPERADEMONTREAL.COM LA FANCIULLA DEL WEST PUCCINI LES PÊCHEURS DE PERLES BIZET MACBETH VERDI LUCIA DI LAMMERMOOR DONIZETTI OPÉRA PLUS STARMANIA PLAMONDON/BERGER ABONNEZ-VOUS 08/09 PLUS SAMEDI GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, FORUM BIENVENUE AU QUÉBEC, M.GORE UN TEXTE D'ANDRÉ BOISCLAIR PAGE 6 Bien d'autres auraient sombré dans la déprime.Pas Al Gore.Au lieu de se ratatiner après sa défaite crève-coeur contre George W.Bush à la présidentielle américaine de 2000, cet ancien viceprésident a pris son bâton du pèlerin pour une cause qui lui tenait déjà à coeur depuis des années: l'environnement et l'avenir de la planète.Une croisade qui l'amène partout dans le monde et lui a valu, l'an dernier, le prix Nobel de la paix.L'homme est convaincant et controversé.Ses thèses sont aux antipodes de celles défendues par la Maison-Blanche.Ses détracteurs lui reprochent ses exagérations et de consommer lui-même beaucoup d'énergie.D'autres l'adulent et se félicitent de sa force de persuasion, notamment auprès des gens d'affaires.À l'invitation de La Presse, M.Gore donnera une conférence vendredi prochain à la Place des Arts.Pour mieux comprendre l'homme et sa contribution, nous vous présentons une première série d'articles, en pages 2 à 5.QUI EST ALGORE?ILLUSTRATION KEVIN MASSÉ, LA PRESSE QUANDDION ENVIE CHAREST LA CARICATURE DE CHAPLEAU PAGE 7 MON T R É AL SA M E D I 29 M A R S 2 0 0 8 CE QUE DIT AL GORE «Notre monde fait face à une véritable urgence planétaire.Je sais que la phrase a l'air excessive, et je sais que ça défie ce qu'on peut moralement imaginer.» «Une des clés pour résoudre la crise climatique est de s'y adjoindre comme alliées les puissantes forces du capitalisme.» «Cette crise sera résolue seulement si chacun en assume une certaine responsabilité.En nous éduquant nous-mêmes et les autres, en faisant notre part pour minimiser notre utilisation et notre gaspillage des ressources, en devenant plus actif politiquement et en demandant du changement, chacun de nous peut changer les choses.» GORE EN DATES Albert Gore naît le 31 mars dans la capitale américaine, Washington.Il est admis à l'Université Harvard.Il est élu à la Chambre des représentants du Congrès américain, dans une circonscription du Tennessee.Il est élu au Sénat américain.Il participe à la course au leadership démocrate, mais est battu par Mike Dukakis.Bill Clinton, candidat à la présidence, le recrute comme colistier.Les deux hommes font leur entrée à la Maison-Blanche l'année suivante.En tandem avec Clinton, il est reporté au pouvoir pour quatre ans de plus.Il passe à un cheveu d'être élu président des États-Unis.Il doit concéder la victoire à George W.Bush.Il lance son film Une vérité qui dérange.Il reçoit à la fois le prix Nobel de la paix et l'Oscar du meilleur documentaire.ALEXANDRE SIROIS Cette histoire a commencé à Washington il y a tout près de 60 ans.Albert Gore père, sénateur du Tennessee, y habitait avec sa famille lorsqu'il siégeait au Congrès.Albert Gore fils est né dans la capitale américaine et a grandi dans la suite d'un hôtel de l'avenue Massachusetts, à deux kilomètres de la Maison-Blanche.Le rejeton, on l'aura compris, tombe dans la marmite de la politique dès son plus jeune âge.Il est donc naturel pour lui - après un passage à l'Université Harvard et quelques mois au Vietnam en tant que reporter pour l'armée américaine - de sauter dans la fosse aux lions.Il le fera dès 1976, avec succès.Il est élu à la Chambre des représentants, pendant américain de la Chambre des communes canadienne, à l'âge de 28 ans.Huit ans plus tard, il est promu au Sénat par les électeurs du Tennessee.Ambitieux, Gore ne se satisfait pas de cette ascension remarquable.Il rêve à la présidence.Il se lance dans la course à la Maison- Blanche dès 1988, mais mord la poussière face à un rival démocrate du Massachusetts, Mike Dukakis.Tenace, il pense poursuivre sa quête quatre ans plus tard.Jusqu'à ce qu'une tragédie personnelle lui fasse renoncer à ses ambitions présidentielles à court terme.En 1989, son fils de 6 ans, Albert III, est heurté par une voiture à Baltimore.Presque mortellement.On craindra pour sa vie pendant plusieurs semaines.Gore, qui est resté longtemps au chevet de son fils, affirme aujourd'hui que l'événement a été pour lui un tournant.Qu'à partir de ce moment-là, il est devenu «impatient face au statu quo».Ce passage à vide - politiquement parlant -, il l'a d'ailleurs mis à profit pour se consacrer à un sujet qui l'avait toujours passionné : l'environnement .Pendant ce retrait forcé de la vie publique, il a écrit le livre Sauver la planète Terre.L'essai est publié en 1992.Année où un politicien hors du commun fait son apparition sur la scène nationale américaine: Bill Clinton, gouverneur méconnu de l'Arkansas, État voisin du Tennessee.Il fait de Gore son colistier.Au nomdu père Le père de Gore n'est pas surpris le moins du monde de voir son fils devenir le premier choix au repêchage du futur président.«Nous l'avons élevé pour ça», aurait-il lancé.Son influence sur la carrière de son fils a été déterminante.Gore a déjà confié au journaliste américain Joe Klein qu'il ne serait probablement pas devenu politicien si son père n'avait pas été dans ce milieu.Selon Klein, cela a toujours paru.«Il semblait être l'éternel protégé, un fils plus qu'une figure paternelle, un étudiant - le meilleur au monde - plus qu'un professeur.Il était un numéro deux naturel», a écrit le reporter dans un essai sur Clinton intitulé The Natural.Ainsi, quand Gore décide de voler de ses propres ailes après huit ans aux côtés de Clinton, le résultat laisse à désirer.Les médias se déchaînent contre ce candidat à la présidence qu'ils considèrent hautain, froid et trop cérébral.L'accueil que lui réserve le public est plutôt tiède.«C'était un politicien relativement bon et solide.Mais il a beaucoup souffert d'être comparé à Bill Clinton », explique à La Presse Anthony J.Nownes, qui enseigne les sciences politiques à l'Université du Tennessee.La renaissance Gore tire malgré tout son épingle du jeu.Il récolte un demimillion de votes de plus que son rival, le républicain George W.Bush.Ce ne sera toutefois pas assez.Il perd officiellement l'élection à la suite d'une décision de la Cour suprême sur l'issue du scrutin en Floride.Initialement, Gore semble mal digérer sa défaite crève-coeur.Il prend de longues vacances en Europe et se laisse pousser la barbe.Puis il trouve sa voie.Il se remet à militer pour la cause qu'il avait reléguée au second plan lors de la campagne électorale.Le sort de la planète Terre.Il dépoussière sa conférence au sujet des dangers du réchauffement de la planète et en fait une présentation multimédia saisissante.Quelques années après sa défaite électorale, on le convainc d'adapter sa présentation au grand écran.Le succès est immédiat.Le documentaire Une vérité qui dérange est récompensé par un Oscar.Libéré de ses obligations de politicien, Gore se déchaîne contre les politiques de l'administration Bush avec une passion et une aisance verbale qu'on ne lui connaissait pas.Il reste que c'est son plaidoyer écolo qui, pardessus tout, touche la cible.C'est aussi ce qui lui permet, à la fin de l'année dernière, de recevoir le prix Nobel de la paix et, ce faisant, d'acquérir le statut de géant vert.Près de huit ans après avoir été relégué au second plan par George W.Bush, l'éternel numéro deux est incontestablement devenu numéro un.LE GÉANT VERT C'est l'histoire d'un ratage digne d'une tragédie grecque.Celle d'un homme qui a cru, il y a huit ans, être «le prochain président des États-Unis».Mais qui a dû concéder la victoire à George W.Bush au terme d'un scrutin des plus controversés.C'est aussi celle d'un retour en grâce exceptionnel.Qui a fait d'Al Gore un leader plus respecté - et vénéré - que l'actuel président américain.Si bien qu'il n'a même pas jugé bon de se lancer dans la course à la Maison-Blanche cette année.Quitte à décevoir ses nombreux partisans.FRANÇOIS CARDINAL Faites ce que je dis, pas ce que je fais.Voilà la critique la plus souvent adressée à Al Gore.On accuse l'ancien vice-président d'avoir une énorme maison, de consommer de l'énergie comme pas un, de rouler dans de gros véhicules et , surtout , de se déplacer en avion pour prêcher la bonne parole en environnement.En février 2007, par exemple, le lendemain de l'attribution d'un Oscar à Al Gore, le Tennessee Center for Policy Research a diffusé un communiqué de presse dévoilant ses habitudes de consommation énergétique : plus de 20 000 k Wh par mois, une facture de 1359$.« Le manoir de Gore (plus de 10 000 pieds carrés), situé dans le secteur aisé de Belle Meade, à Nashville, consomme plus d'électricité par mois que le ménage moyen en une année complète, déplorait-on.Gore mérite une statue de bronze pour son hypocrisie.» Dans la même veine, Fox News a réalisé un reportage à partir d'images d'Al Gore quittant une grosse automobile («qui n'est pas une hybride») pour s'engouffrer dans un jet privé (« l'un des plus inefficaces sur le plan énergétique »).«Il veut que nous nous rendions au travail en vélo et le voici se déplaçant avec style», raille l'animateur, qui parle de l'arroseur arrosé.Un argument faible L'a nc ien v ic e - pr é s iden t mérite-t-il de telles attaques ?«Absolument pas, répond Karel Mayrand, directeur du centre international Unisféra, organisme voué à l'avancement du développement durable.Je ne connais pas beaucoup de monde qui s'est investi autant dans une cause qu'Al Gore.C'est donc un argument faible que de l'accuser de ne pas être un saint.» «C'est ridicule de dire qu'Al Gore ne doit pas prendre l'avion parce qu'il est un écologiste, tonne François Rebello, consultant en investissement responsable.Comment pourrait-il se déplacer autrement que par les airs pour donner ses conférences?» Tout comme l'entourage de Gore l'an passé, MM.Maynard et Rebello se désolent des attaques faites contre le messager plutôt que contre le message.Cela est d'autant plus mesquin, ajoute-t-on, que l'ancien viceprésident a choisi la compensation volontaire pour réduire son impact environnemental.M.Gore s'est en effet déjà vanté de mener une vie «carboneutre», terme utilisé pour signifier que chaque tonne de CO2 qu'il produit est compensée par la réduction d'une tonne de CO2.Cela peut se faire par l'entremise de projets verts ou par la plantation d'arbres, par exemple.Al Gore a ainsi choisi d'investir dans des projets d'énergie renouvelable, comme le solaire et l'éolien.Mais cette réponse, répétée sur toutes les tribunes par son entourage au cours de la dernière année, ne convainc pas tout le monde.De nombreux blogues et articles continuent de critiquer l'homme pour ses habitudes de consommation et son train de vie princier.«Ce n'est pas qu'une question d'hypocrisie, c'en est aussi une de crédibilité, a écrit dans le USAToday Peter Schweizer, auteur du livre Do As I Say (Not As I Do): Profiles in Liberal Hypocrisy.Si Al Gore croit sincèrement en cette vision apocalyptique présentée dans ses conférences, pourquoi n'a-t-il fait aucun changement radical dans sa vie?» Prêcher.mais pas par l'exemple L'ancien vice-président subit des attaques en raison de ses habitudes de consommation énergétique.Il affirme cependant mener une vie « carboneutre ». LES INEXACTITUDES D'UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE AFFIRMATION DE GORE La fonte des glaces amènera une hausse du niveau de la mer qui pourrait atteindre jusqu'à 20 pieds (plus de 6 mètres) dans un «avenir rapproché».RÉPLIQUEDUJUGE L'affirmation est «clairement alarmiste».Une telle situation ne pourrait se produire que sur des millénaires.AFFIRMATION DE GORE Certains atolls du Pacifique (des îles formées de corail) ont déjà été évacués.RÉPLIQUEDUJUGE Aucune preuve ne démontre que de telles évacuations ont eu lieu.AFFIRMATION DE GORE Le courant océanique du Gulf Stream va s'arrêter.RÉPLIQUEDUJUGE L'affirmation d'Al Gore est contredite par les conclusions du GIEC, où un arrêt du Gulf Stream est jugé «très improbable».Il est par contre spécifié que ce courant pourrait ralentir.AFFIRMATION DE GORE Les graphiques indiquant une augmentation des concentrations de CO2 dans l'atmosphère et qui montrent les hausses de température sur une période de 650 000 ans présentent une «correspondance exacte».RÉPLIQUEDUJUGE Il y a une relation entre les deux graphiques, mais «ils ne démontrent pas ce que M.Gore prétend».AFFIRMATION DE GORE La disparition de la neige sur le Kilimandjaro est attribuable aux changements climatiques.RÉPLIQUEDUJUGE Il est impossible d'attribuer la fonte des neiges du Kilimandjaro aux changements climatiques produits par l'être humain.AFFIRMATION DE GORE L'assèchement du lac Tchad est un exemple éloquent des conséquences catastrophiques des changements climatiques.RÉPLIQUEDUJUGE Les preuves sont insuffisantes pour établir la cause exacte de l'assèchement.AFFIRMATION DE GORE L'ouragan Katrina est attribué aux changements climatiques.RÉPLIQUEDUJUGE « Les preuves sont insuffisantes pour démontrer cela.» AFFIRMATION DE GORE Des ours polaires ont été retrouvés noyés après avoir «nagé de longues distances - jusqu'à 60 milles (près de 100 kilomètres) - pour trouver de la glace».RÉPLIQUEDUJUGE Seulement quatre ours polaires ont été retrouvés noyés récemment à cause d'une tempête.AFFIRMATION DE GORE Les récifs de corail blanchissent à cause du réchauffement climatique et d'autres facteurs.RÉPLIQUEDUJUGE Il est difficile de distinguer les impacts des changements climatiques de ceux qui proviennent de causes différentes, par exemple de la surpêche et de la pollution.AL GORE S'EST DIT «SATISFAIT» DU JUGEMENT, ARGUANT QUE LES NEUF «ERREURS SCIENTIFIQUES» NE REPRÉSENTAIENT QU'UNE «POIGNÉE» DE FAITS PARMI DES MILLIERS D'AUTRES APPARAISSANT DANS LE FILM.À propos du plan vert des conservateurs : «À mon avis, c'est une imposture complète, destinée à tromper les Canadiens.» « Le Québec est la conscience du Canada en environnement.» «Si l'histoire de ce siècle peut servir de guide, on peut affirmer que si (les États- Unis) ne mènent pas le monde sur cette question, les chances d'accomplir les changements nécessaires pour sauver l'environnement sont minimes.» «Nous faisons face à la perspective d'une espèce de guerre civile mondiale entre ceux qui refusent de reconnaître les conséquences des progrès incessants de la civilisation, et ceux qui refusent d'assister silencieusement à sa destruction.» «Je crois que George W.Bush a une personnalité chaleureuse et attachante.Mais la présidence est davantage qu'un concours de popularité.» «Je n'ai absolument aucun projet et aucune attente d'être jamais candidat à nouveau.» PHILIPPE MERCURE Une montée de 6 mètres du niveau des océans.Des noyades d'ours polaires qui ne trouvaient plus de glace où se réfugier.Des évacuations dans les îles du Pacifique.Pas de doute: le film d'Al Gore dérange.Mais dit-il la vérité ?Ce procès a été fait, et par un juge.L'automne dernier, un directeur d'école anglais s'est opposé à la diffusion du film d'Al Gore dans les écoles du Royaume-Uni.Affirmant qu'il s'agissait d'un «lavage de cerveau», il a intenté une poursuite pour en interdire le visionnement.Le juge Michael Burton, de la Haute Cour de Londres, a donc été chargé d'examiner l'oeuvre.Verdict: le film est «en grande partie fondé sur la recherche et des faits scientifiques».Le juge a toutefois noté neuf inexactitudes qui ont contribué à créer un «contexte d'alarmisme et d'exagération».Les élèves britanniques ont finalement pu voir le film, mais le juge a exigé qu'on fournisse aux enseignants des informations supplémentaires leur permettant de présenter le documentaire aux enfants avec un point de vue critique.Le procès d'Al Gore PHOTO KIYOSHI OTA, REUTERS L'engagement d'Al Gore dans la lutte contre les changements climatiques lui a valu le prix Nobel de la paix l'an dernier.Son documentaire An Inconvenient Truth a été récompensé par un Oscar la même année. « Je vais vous dire une chose que je ne ferai pas.Je ne laisserai pas les États-Unis porter le fardeau de la purification de l'air du monde entier.C'est ce que le traité de Kyoto aurait fait.» 11 octobre 2000 «Nous ne savons pas de quelle façon notre climat pourrait changer ou changera à l'avenir.Nous ne savons pas à quel point ce changement sera rapide ou même si certaines de nos actions peuvent avoir un impact.» 11 juin 2001 « Je ne suis pas en faveur du traité de Kyoto.Le traité de Kyoto ferait énormément de tort à notre économie et je n'accepte pas ça.» 4 juin 2002 «Nous avons besoin d'un projet de loi sur l'énergie qui encourage la consommation.» 23 septembre 2002 LE DISCOURS DE BUSH AU FIL DU TEMPS FRANÇOIS CARDINAL Lorsque le sociologue Jea n-Guy Vaillancourt a rencontré Al Gore en 1992, au Sommet de la Terre à Rio, ce dernier n'était qu'un sénateur parmi d'autres.Il se doutait déjà de l'importance que prendrait l'homme, mais il n'aurait pu deviner qu'il changerait le monde.Car voilà ce que concluent bien des experts: avec son documentaire Une vérité qui dérange et ses nombreuses conférences livrées aux quatre coins de la planète, Al Gore a joué un rôle majeur ces dernières années, sensibilisant une bonne partie du monde aux dangers des changements climatiques.«Son documentaire et ses conférences sont tout simplement extraordinaires, estime le professeur Vaillancourt, de l'Université de Montréal.Son impact s'est ainsi fait sentir partout dans le monde, d'autant qu'il y avait un contexte favorable à cela, avec la publication des rapports du GIEC et du rapport Stern.» Autrement dit, Gore a fait une énorme différence, mais il n'aurait pu agir seul.Sans un contexte propice, sans une panoplie d'autres gestes et événements, son film n'aurait peut-être pas connu un tel succès.«Il y a eu certains cataclysmes, comme l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, qui ont rendu le message d'Al Gore encore plus crédible, note François Rebello, consultant en investissement responsable.Tout va ensemble, un peu comme les dominos qui tombent les uns sur les autres.» Impact sur les décideurs M.Rebello est d'autant plus à même de mesurer l'impact de M.Gore qu'il travaille dans un domaine cher à l'ancien vice-président.Il a ainsi eu droit à une projection privée du documentaire An Inconvenient Truth à New York, en présence d'Al Gore.Il l'a rencontré lors d'un colloque à Tremblant, en 2006.Et il est l'instigateur de la conférence donnée par ce dernier au Palais des congrès de Montréal, l'an dernier.«Le plus gros impact qu'a eu Al Gore est certainement sur le milieu des affaires, croit François Rebello.Lorsque l'homme se déplace, cela amène les hauts décideurs à se déplacer également.D'ailleurs, quand il est venu à Montréal, les plus gros banquiers étaient présents.Le plus drôle, c'est qu'ils étaient vraiment groupies!» Sidney Ribaux est tout à fait d'accord.Grand patron d'Équiterre, organisme qui vise à bâtir un mouvement citoyen en faveur de l'environnement, il se réjouit de l'impact qu'a eu le documentaire Une vérité qui dérange sur le grand public.Mais il estime que les conférences, même si elles touchent moins de monde, sont encore plus importantes.David Suzuki a beau prendre son bâton du pèlerin et discourir devant autant de gens que M.Gore, souligne-til, son message portera toujours moins, car il prêche souvent des convertis.L'ancien vice-président, un homme de pouvoir qui a gagné un Oscar ainsi que le prix Nobel, touche davantage les patrons d'entreprises.«L'impact des conférences se fait sentir auprès de personnes qui, a priori, ont plus de difficulté avec l'enjeu climatique, observe M.Ribaux.Cela est d'autant plus intéressant queM.Gore a une grande crédibilité, de par son parcours inhabituel, auprès de ces gens en particulier.» SENSIBILITÉ ENVIRONNEMENTALE Gore a-t-il vraiment fait une différence?ALEXANDRE SIROIS Quelques jours après avoir officiellement reçu le prix Nobel de la paix en Norvège, en décembre dernier, Al Gore s'est envolé vers l'Indonésie.Des représentants de 190 pays y préparaient la suite du protocole de Kyoto.Fidèle à sa réputation, l'ancien viceprésident a dit tout haut, là-bas, ce que beaucoup pensaient tout bas.«Mon propre pays, les États-Unis, est principalement responsable, ici, de l'obstruction aux progrès», a-t-il lancé lors d'un discours remarqué.Non seulement les États-Unis demeurent-ils au premier rang des pays émetteurs de CO2, mais leur président refuse toujours d'employer les grands moyens pour contrer le réchauffement de la planète.A priori, cela peut surprendre.George W.Bush n'a-t-il pas fait un virage à 180 degrés dans ce dossier ces dernières années?À son arrivée à la Maison-Blanche, en 2001, Bush s'est rapidement rangé du côté des sceptiques.Son administration a même muselé à plusieurs reprises les scientifiques dissidents.Elle a eu recours à la censure pour les empêcher de sonner l'alarme.Mais au fil des ans, le politicien texan a fini par admettre publiquement que Washington devait mettre la main à la pâte.Il a même convoqué 16 pays pour en discuter en septembre dernier dans la capitale américaine.Mais reconnaître la présence d'une menace ne signifie pas nécessairement agir pour la contrer.«Bush fait une sorte de danse étrange, similaire au Texas Two Steps - une danse très populaire à San Antonio au début du siècle dernier, qui fait tourner les gens en rond», raille Michael K.Dorsey, professeur d'études environnementales au collège Dartmouth, au New Hampshire.«Son discours a très certainement changé, mais pas ses gestes, ajoute l'expert.Tout le projet environnemental des républicains est un échec.» L'administration Bush refuse toujours de fixer des objectifs contraignants.Elle ne veut pas non plus chiffrer la réduction de gaz à effet de serre souhaitée.Et pas question pour Washington d'accepter de signer une entente internationale en la matière si les pays en développement - incluant la Chine - ne sont pas forcés de prendre des mesures similaires.C'est pourquoi la plupar t des Américains qui souhaitent un changement de cap n'ont qu'une date en tête : le 20 janvier 2009.Le dernier jour de Bush au pouvoir.Celui où il sera remplacé, espèrent-ils, par un politicien qui ne sera pas qu'un grand parleur sur les questions environnementales.Bush: l'art de tourner en rond PHOTO JOHN MCCONNICO, ASSOCIATED PRESS Sur cette photo prise au Groenland en juillet dernier, un chasseur de phoque se penche au-dessus d'un phoquemort sur un iceberg en train de fondre.DESGESTESMOINS VERTSQUE LES PAROLES «J'ai dit, invariablement, que le réchauffement de la planète est un problème sérieux.Il y a un débat à savoir si les humains en sont la source où si c'est provoqué de façon naturelle.» 26 juin 2006 «La surface de la Terre se réchauffe et (\u2026) une augmentation des gaz à effet de serre contribue au problème.» 6 juillet 2005 «Continuons le travail que nous avons accompli et réduisons de 20 % l'essence utilisée aux États-Unis au cours des 10 prochaines années.» 23 janvier 2007 «Au cours des dernières années, la science a amélioré notre compréhension des changements climatiques et nous a offert de nouvelles possibilités pour ce qui est d'y faire face.» 31 mai 2007 «Nous devons pousser le monde à produire moins de gaz à effet de serre et nous devons le faire d'une façon qui ne mine pas notre croissance économique.» 28 septembre 2007 FRANÇOIS CARDINAL L'environnement a pris une place grandissante dans le discours du gouvernement Harper ces deux dernières années.Or, selon les écologistes, cela ne signifie pas qu'il s'en préoccupe davantage.« Il y a eu deux stratégies depuis que les conservateurs ont pris le pouvoir, estime Dale Marshal, de la Fondation Suzuki.En 2006, c'était clair qu'ils n'avaient aucun respect pour le dossier, réduisant les fonds et les programmes.Puis en 2007, un nouveau ministre a été nommé, ce qui s'est traduit par une nouvelle stratégie de communication, rien de plus.» Le discours s'est donc précisé, mais, dans les faits, rien n'a changé, ajoute-t-il.Les efforts déployés n'ont servi qu'à mieux présenter le message, à donner l'impression que la sensibilité y est, sans plus.«Stephen Harper est politiquement opportuniste, renchérit John Bennett, de l'organisme Climate for Change.Il n'hésite donc pas à répéter lesmêmes platitudes pour donner l'impression qu'il prend ce dossier à coeur.Cela ne signifie pas qu'il admet la science des changements climatiques, mais simplement qu'il reconnaît qu'une grande partie de la population s'en soucie.» Un changement n'est-il pas survenu lors du Sommet du G8 de Heiligendamm, à l'été 2007, lorsque M.Harper a dit que le monde a besoin «d'une cible globale de réduction des gaz à effet de serre»?Oui, mais il ne s'agit là que d'un changement rhétorique, affirme M.Bennett, pour qui le récent plan vert des conservateurs prouve leur laxisme.«Ce changement dans le message n'a absolument aucune importance, car aucune action n'a suivi, dit-il.Le gouvernement a simplement décidé de parler du dossier climatique de manière moins négative qu'auparavant.» Pour les environnementalistes, la position des conservateurs a d'autant moins de crédibilité qu'ils ont par le passé profité de chaque tribune pour attaquer le protocole de Kyoto.Ils rappellent ainsi que Stephen Harper a envoyé une lettre pourfendant ce traité aux membres de l'Alliance canadienne en 2002.«Kyoto est essentiellement un complot socialiste, pouvait-on y lire, qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches.Les travailleurs et les consommateurs de partout au Canada y perdront.L'accord de Kyoto ne fait pas de gagnants au Canada.» Harper l'illusionniste Le premier ministre jette de la poudre aux yeux, jugent les écologistes Bush et Harper, même combat ?C'est en tout cas ce que soupçonnent les écologistes.À leurs yeux, les deux dirigeants ont un cheminement identique: ils ont commencé par minimiser le réchauffement planétaire, pour ensuite faire preuve de plus d'ouverture, mais en ne proposant que des solutions superficielles.Al Gore, lui, a plaidé pour des interventions beaucoup plus musclées en faveur de l'environnement.Et rallié un fort appui à ses thèses, d'autant plus qu'elles s'inscrivent dans un contexte favorable.DIX GRANDS DÉFIS De grands enjeux environnementaux attendent le Canada.Lesquels, comment y faire face ?La Presse publiera le 4 avril un cahier spécial sur l'environnement, dans le cadre de la conférence donnée le jour même par Al Gore.Un sujet d'autant plus d'actualité que la science évolue à la vitesse grand V dans ce domaine.À ne pas manquer vendredi prochain.À LIRE LUNDI Les résultats d'un grand sondage sur les Québécois et le réchauffement climatique.«Kyoto est un complot socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches.» 14 janvier 2006 Publication de la plateforme électorale du Parti conservateur : trois lignes portent sur les changements climatiques.23 janvier 2006 Stephen Harper devient premier ministre.«Nous favorisons une entente globale, mondiale, sur les gaz à effet de serre.» Avril 2006 Le gouvernement Harper juge irréaliste l'atteinte des cibles de Kyoto.Mai 2006 Les conservateurs abandonnent plusieurs initiatives libérales, comme Éner Guide.Décembre 2006 «C'est un grand problème, l'environnement.Mais on doit protéger l'environnement et préserver notre prospérité économique et notre sécurité énergétique.» Janvier 2007 Les conservateurs relancent sous un nouveau nom les anciennes initiatives libérales abandonnées.Février 2007 Stephen Harper dit reconnaître « la science des changements climatiques ».Juin 2007 «Le monde entier a besoin d'une cible globale de réduction des GES.» Septembre 2007 «Le Canada veut être un leader mondial dans la lutte contre les changements climatiques et le développement d'énergies propres.» Septembre 2007 Le Canada se joint au Partenariat Asie-Pacifique, qui regroupe certains opposants à Kyoto.Novembre 2007 Stephen Harper laisse entendre que Kyoto est une erreur à ne pas reproduire.Décembre 2007 «C'est essentiel.On doit agir (pour l'environnement).» LE DISCOURS DE HARPER AU FIL DU TEMPS (\u2026) La providence ne viendra pas à bout de la question des changements climatiques et les pistes d'actions que Gore propose sont aussi bien inspirées.Il a 100 fois raison de proposer de taxer le carbone.Alors que son nom figurait toujours parmi la liste des candidats à l'investiture démocrate, avouons qu'il fallait une certaine dose de courage pour rappeler aux Américains qu'ils devraient débourser davantage pour conduire leurs automobiles, de même que pour dire aux mineurs du Midwest que leur industrie devra s'adapter ou périr! Dans son discours d'acceptation du Nobel, l'ancien politicien a rappelé «qu'il faut abandonner la présomption selon laquelle les actions individuelles, isolées et privées constituent une solution.Elles aident certes, mais elles ne nous mèneront jamais aussi loin que si elles sont accompagnées d'actions collectives».En effet, la lutte contre les changements climatiques nécessite des changements organisationnels et comportementaux que seuls des outils économiques peuvent soutenir efficacement.En intégrant le coût des émissions dans le prix des carburants, une taxe crée une incitation à réduire la consommation et à recourir aux énergies renouvelables et aux technologies plus propres.D'ailleurs, chez nous, le gouvernement Charest a fait un pas en ce sens et a récemment imposé une taxe de 0,8 cent le litre d'essence pour financer son Fonds vert.Sur une note différente, le gouvernement de la Colombie-Britannique a fait le choix d'une taxe de 2,4 cents le litre qui passera à 7,2 cents en 2012, en contrepartie d'une diminution des impôts.Al Gore a aussi pavé la voie aux États- Unis vers l'instauration d'un système de permis échangeables.Son ancien candidat à la vice-présidence, le sénateur Joe Liberman, a cosigné un projet de loi en ce sens.D'autres initiatives de même nature sont à l'étude à la Chambre des représentants et, si le Congrès présentait un projet de loi au président Bush, il n'est pas interdit de penser qu'il le signerait.Finalement, et sans l'ombre d'un doute, lutter contre les changements climatiques, c'est oeuvrer pour la paix.La dégradation des eaux douces, le déclin de la production alimentaire, l'augmentation du nombre de tempêtes et d'inondations et les migrations inattendues, phénomènes tout expliqués par des raisons environnementales, auront un impact direct sur la sécurité des populations.Un rapport de l'ONU rendu public à Bali conclut d'ailleurs que si le problème des changements climatiques n'est pas endigué, certaines parties du monde pourraient sombrer dans la violence, les conflits et la guerre.Les changements climatiques risquent en effet de détruire les capacités adaptatives de nombreuses sociétés dans les prochaines décennies avec comme conséquence une déstabilisation, annonciatrice de violence qui compromettrait encore davantage la sécurité nationale et internationale, rien de moins.Oiseau de malheur?Non, simplement une vérité qui dérange.Bienvenue au Québec, M.Gore.FORUM LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca ANDRÉ BOISCLAIR Consultant en responsabilité d'entreprise et développement durable, l'auteur enseigne à l'Université Concordia.ll a été chef du Parti québécois et, notamment, ministre de l'Environnement du Québec.L'octroi du prix Nobel de la paix 2007 à Al Gore en a fait réagir plus d'un.Si chez nous la reconnaissance offerte à Gore a plutôt suscité des commentaires élogieux, aux États-Unis et en Europe un vif débat s'est engagé sur l'àpropos de la décision du comité Nobel.Réagissant à la décision de l'élite européenne, l'Institut Hayek, apôtre d'un libéralisme militant, a jugé très sévèrement la décision du comité Nobel : «une erreur majeure», «choix fortement contestable», ont-ils écrit.En France, Claude Allègre, ministre de l'Éducation sous Lionel Jospin et membre de l'Académie française des sciences, a affublé Gore du qualificatif de «truand», rien de moins.Au Royaume-Uni, le Telegraph s'est demandé ce que ce dernier a bien pu faire pour la paix.Pourtant, qui mieux qu'Al Gore a réussi à inscrire la question des changements climatiques à l'ordre du jour, et qui mieux que lui a su répliquer aux sceptiques et conservateurs de tout acabit ?Si l'on en croit la pluie de critiques, Al Gore continue d'attirer l'attention.Oui, son film, Une vérité qui dérange, contient certaines affirmations qui n'ont pas été validées par la communauté scientifique.Dans une intéressante affaire portée à l'attention de la haute Cour de justice de Londres, le juge Burton, en reconnaissant le film «globalement précis», identifie neuf erreurs qui participent d'un climat «alarmiste et d'exagération».Les critiques se sont emparés de l'affaire.Pourtant, quand on regarde les faits de près, rien n'altère ni les vertus ni la portée du film.Ce qui dérange plutôt, c'est de voir apparaître, dans le débat sur les mérites de l'oeuvre de l'ancien vice-président, une dissidence qui ouvre grand la porte à l'inaction.Incapables de répliquer sur le fond des choses, les adversaires se sont lancés dans des attaques personnelles qui répugnent.Tout y est passé! De la demande énergétique de sa luxueuse résidence aux émissions de carbone liées à ses déplacements en avion.Preuve de la colère qu'il suscite, le Wall Street Journal, commentant la décision du comité Nobel, n'a même pas réussi à nommer Gore, se limitant à énumérer des personnalités qui, selon le quotidien, auraient été plus méritantes.Comme souvent, à défaut de tuer le message, tuons le messager.Respect et admiration S'il m'apparaît clair qu'il faut voir dans la décision du comité Nobel une riposte de la vieille Europe à l'administration Bush, Al Gore n'a pas moins le droit à notre respect et notre admiration.Le prix, judicieusement coattribué au Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), est amplement mérité pour trois raisons.Al Gore a amplifié et généralisé la prise de conscience, il a jeté les fondations pour des politiques publiques efficaces et oui, son action contribue à la paix dans le monde.L'impact de Gore sur l'opinion américaine est certes difficile à mesurer, mais depuis les cinq dernières années, les Américains ont profondément évolué et Gore a joué un rôle déterminant dans cette évolution.Après le passage de l'ouragan Katrina, la sortie du documentaire réalisé par Davis Guggenheim est sans doute l'événement qui a le plus marqué l'imaginaire.S'il faut rendre hommage aux scientifiques et environnementalistes qui depuis 1990, année de la publication du premier rapport du GIEC, tirent la sonnette d'alarme, reconnaissons que Gore est celui qui a véritablement démocratisé et vulgarisé le débat.Au Québec, j'ai souvenir d'une époque pas si lointaine où nous n'étions qu'une poignée à pouvoir parler du protocole de Kyoto.(\u2026) Bienvenue au Québec, M.Gore Nul n'a mieux réussi que l'ancien vice-président américain à inscrire la question des changements climatiques à l'ordre du jour À L'OCCASION DE LA CONFÉRENCE PUBLIQUE QUE DONNERAÀMONTRÉAL VENDREDI PROCHAIN, À L'INVITATION DE LA PRESSE, LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2007, AL GORE, NOUS AVONS DEMANDÉÀ QUELQUES PERSONNALITÉS ET EXPERTS DES QUESTIONS ENVIRONNEMENTALES DE LIVRER LEURS RÉFLEXIONS SUR LA CONTRIBUTION DE L'ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS.NOUS PUBLIONS ICI LE PREMIERDE CES TEXTES.PHOTO RAVEENDERAN, AFP L'ex-vice-président américain Al Gore, prix Nobel de la paix 2007, seraà Montréal le 4 avril, pour une conférence sur le réchauffement climatique.Au Québec, j'ai souvenir d'une époque pas si lointaine où nous n'étions qu'une poignée à pouvoir parler du protocole de Kyoto.PHOTO FOURNIE PAR RICHARD POISSANT André Boiclair Une véritable oeuvre pour la paix Vous avez vu le film d'Al Gore, Une vérité qui dérange?Qu'en avezvous pensé?Vous a-t-il sensibilisé au problème des changements climatiques?Certains disent queM.Gore exagère les conséquences du problème, qu'en pensez-vous?Selon vous, l'ancien vice-président des États-Unis méritait-il le prix Nobel de la paix?Écrivez-nous en grand nombre! Les auteurs des 10 lettres jugées les plus pertinentes mériteront le DVD du film de M.Gore.Nous publierons quelques-unes des lettres reçues la semaine prochaine.Notre adresse : forum@lapresse.ca.APPEL À TOUS Une vérité qui vous dérange?Certes, la famille Khadr, bénéficiaire de la nationalité canadienne et domiciliée à Toronto, n'a rien de très sympathique.Cet te fami l le, dont le père (tué en Afghanistan après avoir entraîné ses fils dans la croisade antioccidentale) était l'un des lieutenants d'Al-Qaeda, a maintes fois vomi sur son pays d'accueil et clamé haut et fort son admiration pour le terrorisme islamiste.En somme, le magazine Maclean's n'avait pas tort de lui consacrer, il y a quelques années, un article intitulé: «La première famille terroriste du Canada».Mais cela n'en rend pas moins répugnant le traitement dont est victime Omar Khadr, le plus jeune enfant de la famille.Non seulement n'était-il qu'un préado quand son père l'a conscrit dans sa croisade criminelle, non seulement n'avait-il que 15 ans lorsqu'il fut capturé et emmené à Guantánamo, mais de tous les présumés terroristes internés dans ce camp qui échappe à toutes les lois en vigueur dans le monde civilisé, Omar Khadr est le seul à avoir été complètement lâché par son pays.Tous les pays occidentaux - France, Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne\u2026 - ont obtenu le rapatriement de leurs ressortissants pour qu'ils puissent être jugés chez eux.Pourquoi Omar Khadr est-il l'exception ?Parce que sa famille a mauvaise presse ?Parce que le gouvernement Harper a la déplorable habitude de laisser tomber les citoyens canadiens qui ont des démêlés avec des tribunaux étrangers ?Contrairement à une tradition bien établie, le Canada - un pays qui a aboli la peine de mort - n'a pas voulu demander la clémence au nom de Robert Allen Smith, un Albertain condamné à l'exécution dans l'État du Montana.C'est scandaleux, mais en un sens l'histoire d'Omar Khadr est encore pire.Les avocats canadiens qui se sont portés volontaires dans la cause de Khadr sont actuellement devant la Cour suprême, pour demander l'accès à des documents classés secrets qui pourraient aider à la défense de leur jeune client.Le cas d'Omar Khadr est d'autant plus pitoyable qu'au moment des faits, il était un mineur de 15 ans, manifestement un pauvre gosse manipulé depuis des années par son fanatique de père.Il a été arrêté en Afghanistan en juillet 2002 et interné à Guantánamo comme « combattant ennemi» sous l'accusation d'avoir lancé la grenade qui a tué le sergent américain Christ Speer.Une pièce importante au dossier vient d'être apportée par deux avocats du département de la Défense des États-Unis affectés au Bureau des missions militaires (Office of Military Commissions).Avec beaucoup de courage, compte tenu de leurs fonctions, William C.Kuebler et Rebecca S.Snyder affirment sur la foi de documents jusqu'ici occultés qu'Omar Khadr n'était pas en mesure de lancer une grenade au moment des faits, et que celle qui a tué le sergent Speer venait d'un autre «combattant ».Ces faits sont relatés, disentils, dans un mémo de la GRC transmis d'Islamabad aux Affaires extérieures (c'est l'un des documents que les défenseurs du jeune Khadr demandent à la Cour suprême).Selon ce document, il y avait au moins deux survivants dans le bunker afghan qui avait été pilonné pendant quatre heures par l'aviation américaine.L'un d'eux était encore en position de combat et ce serait lui qui aurait lancé la grenade avant d'être abattu par un autre soldat américain.Le jeune Khadr, pendant ce temps, aurait été assis, le dos tourné et la tête baissée parce qu'il avait été préalablement blessé aux yeux et au dos.Il semble en outre qu'Omar Khadr ait été torturé durant ses interrogatoires, et que les rapports concernant les circonstances de son arrestation aient été considérablement altérés.«Ce garçon, qui a été exploité et maltraité toute sa vie, mérite une seconde chance », écrivent les deux avocats américains dans le National Post.Une seconde chance, cela veut dire un procès en bonne et due forme devant un tribunal canadien ; la possibilité de poursuivre ou d'entreprendre des études et de passer par un programme de réhabilitation ; et éventuellement, de devenir un citoyen responsable.Ce garçon de 21 ans n'est pas responsable des gestes criminels de son père, ni des outrances verbales de sa famille.Ramenez Omar Khadr! Omar Khadr, maintenant âgé de 21 ans, n'est pas responsable des gestes criminels de son père, ni des outrances verbales de sa famille. ÉDITORIAUX FORUM@LAPRESSE.CA serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef Je désire commenter le sondage CROP publié dans La Presse d'hier.À mon avis, le gouvernement Charest est un bon gouvernement et Mme Jérôme-Forget administre les finances avec un sens des responsabilités que n'avait pas notre Bernard Landry national.Peut-être que le fait d'avoir un gouvernement minoritaire et deux partis de l'opposition constitue une bonne chose afin de surveiller, critiquer, analyser les politiques du gouvernement.Ce dernier est ainsi forcé d'écouter, de revoir ses décisions.Est-ce que l'élection de gouvernements minoritaires ne serait pas la solution pour s'assurer d'une bonne «gérance» des affaires de l'État?À cet égard, ne pourrait-il pas s'établir au Québec une «tradition» de gouvernements de coalition comme dans les autres pays ?Marie-France Legault Des adversaires faibles Jean Charest dure et perdure ! Sa force est en grande partie due à la faiblesse de ses adversaires.Dumont et Marois ne font pas le poids.Mais l'aura de Jean Charest demeure fragile.Il peut toujours gaffer, ce qui arrivera sans aucun doute.Mais je le répète : l'homme profite surtout de la faiblesse de ses adversaires.M.Lebel Montréal Un bon gouvernement Une série minable Je suis entièrement d'accord avec Martine Tremblay dans La Presse d'hier.La série de Radio-Canada sur René Lévesque est minable et réductrice.C'est une insulte à sa mémoire.Il n'était pas un saint, mais certainement pas un crétin ! Yves Michel Allard Un comportement excusable ?À la suite des récents événements au Tibet, je suis plutôt étonné de voir quelques chroniqueurs de La Presse excuser le comportement de la Chine et prôner la patience pour laisser au gouvernement chinois le temps de se réformer, de commencer à respecter les droits de l'homme, la liberté de la presse, etc.Il me semble que, il y a quelques années, lorsque l'on a donné à la Chine l'organisation des Jeux de 2008, c'était avec le sousentendu que le gouvernement chinois prendrait le chemin du respect des droits et libertés.Or, depuis ces quelques années, on a eu droit à la répression de centaines de manifestations annuelles, dont celles du Tibet des jours derniers n'ont été que les plus médiatisées ; on a eu droit à l'expropriation illégale de milliers de paysans chassés des terres qu'ils cultivaient depuis des générations pour que les membres du parti et leurs amis puis s'y construire de somptueuses villas ou des usines pour fabriquer des jouets décorés à la peinture au plomb; on a eu droit à la censure de l'internet imposée à Google et Yahoo; on a eu droit à l'incarcération de dissidents politiques, etc.François Gros d'Aillon Rosemère Le portefeuille ou les convictions ?Je n'ai aucune intention de boycotter les Jeux olympiques de Pékin.Et pourquoi des athlètes qui s'entraînent depuis des années devraient-ils assumer le poids de mes convictions?Si l'attitude de la Chine en matière de droits humains nous irrite tant, pourquoi continuons-nous d'acheter Made in China ?Seraitce que le portefeuille l'emporte sur les convictions?Un peu de cohérence, de grâce! Hélène Lemire Boisbriand Des projections irréalistes Dès qu'un gouvernement décide d'instaurer un programme d'aide quel qu'il soit, jamais les projections de coût ne sont réalistes.Il en est de même pour les grands projets gouvernementaux tels que le métro de Laval et le CHUM.Pendant que les employeurs et les travailleurs voient leurs profits et salaires diminués, le gouvernement Charest y va d'une nouvelle annonce chaque semaine.Sommes-nous en campagne électorale ou quoi ?Pendant qu'il y a, en moyenne, une fermeture de compagnie par semaine, Jean Charest instaure l'attitude du «on est pas si pire que ça au Québec ».Je ne suis plus capable d'entendre les discours creux et sans sentiment et surtout sans vérité de nos leaders politiques.Tout est fait et dit en fonction de leur réélection et non pas pour le bien de la population.Jean Bottari Manque de transparence La réforme de la Loi sur l'immigration récemment proposée par la ministre Finley est un exemple flagrant du manque de transparence du gouvernement Harper.Les pouvoirs discrétionnaires qu'il souhaite accorder à la ministre de l'Immigration ne permettront de réduire les listes d'attente que d'une manière arbitraire : les demandeurs, incluant ceux pour motifs humanitaires, devront participer à une loterie obscure dont les règles ne seront connues que de la ministre elle-même et contre laquelle ils n'auront aucun droit d'appel.Cette solution à court terme risque d'endommager à long terme la réputation du Canada comme terre d'accueil.Pas surprenant que le gouvernement Harper accule les citoyens et les partis de l'opposition au mur en tentant de dissimuler ces changements importants à l'intérieur projet du loi C-50.Marie-Claude Nadeau mroy@lapresse.ca MARIO ROY Toute campagne électorale se déroule à une allure telle qu'un événement majeur s'y produisant peut, dès le lendemain, être enseveli sous la plus triviale des pirouettes politico-médiatiques.Ainsi, il est utile de revenir à un événement de cette sorte, survenu il y a 10 jours dans le cadre de la course à l'investiture démocrate: l'allocution de Barack Obama sur la race.Car ses conséquences s'épanouissent aujourd'hui.D'abord, il est exact que le candidat a alors livré un grand discours politique.Une envolée, ont notamment jugé le New York Times et Newsweek, digne des grandes fresques oratoires de Lincoln, Roosevelt ou Kennedy.Or, le fait est rare: quand, ici, avons-nous eu droit pour la dernière fois à une telle hauteur politique?Au surplus, Obama a remis sur le tapis une question qui n'est pas vidée aux États-Unis: celle de la cohabitation raciale.Une phalange de commentateurs ont compris que le candidat conviait ainsi le pays à une vaste\u2026 conversation nationale! À terme, il n'est même pas certain que ce discours va servir les intérêts de celui qui l'a prononcé.Les plus récents sondages indiquent en effet que la cote de popularité de Barack Obama a chuté de 10 points.Et il a été durement critiqué, principalement à trois points de vue.Un, et il s'agit d'une question souvent posée à son sujet : derrière cette éblouissante rhétorique, trouve-t-on réellement le renouveau «post-racial» annoncé et promis?L'affaire n'est toujours pas claire.Deux: le candidat a-t-il mis suffisamment de distance entre lui et Jeremiah Wright, ce preacher qui, comme beaucoup d'autres, peut être vu comme donnant dans l'affabulation, la paranoïa et la prophétie apocalyptique?On peut juger que non.Et l'auteur Christopher Hitchens remarque en l'occurrence à quel point «la religion empoisonne tout», constat servant précisément de sous-titre à son récent essai, Dieu n'est pas grand (God Is Not Great, non traduit en français).Trois: nul besoin de démontrer que la race est un thème récurrent, irritant, diviseur.De sorte que les Américains ont envied'une nouvelle «conversation» sur la race à peu près autant que les Québécois aspirent à une nouvelle «conversation» sur la souveraineté! Pourtant, les premiers devront s'y résoudre.Aux États-Unis, un Noir court 447% plus de risques d'être emprisonné qu'un Blanc, 521% plus de risques d'être assassiné; il gagnera 40% de moins au cours de sa vie active.En face (et Obama a évoqué ce fait dans son discours), les Blancs de la classe moyenne vivent aussi un très dur ressac économique; par conséquent, ils se montrent souvent réceptifs aux positions d'un Ward Connerly, par exemple, qui intensifie en ce moment même sa lutte contre les politiques de discrimination positive.Au total, Barack Obama sortira grandi du débat fondamental qu'il a lancé.Ou alors, il sera broyé, s'il ne peut échapper ni à ce qu'il est, ni à ce qu'est son pays, se révélant alors incapable de livrer cette projection dans l'avenir constituant la substantifique moelle de sa rhétorique.Conversation américaine Barack Obama a remis sur le tapis une question qui n'est pas vidée: celle de la cohabitation raciale.PHOTO ARCHIVES AFP Faut-il boycotter les JO de Pékin ?nathalie.collard@lapresse.ca NATHALIE COLLARD En réponse aux parents qui se plaignaient de ne pas comprendre grandchose au bulletin de leur enfant, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a pris deux décisions: imposer le retour aux bulletins chiffrés (les bonnes vieilles notes) et demander un avis au Conseil supérieur de l'éducation sur la meilleure façon de communiquer la performance des élèves.Neu f moi s plus tard, on n'est guère plus avancé.Le retour au bulletin chiffré est toujours cahoteux.Quant à l'avis du Conseil supérieur de l'éducation, rendu public jeudi, il ne nous dit rien que nous ne sachions déjà.Si la ministre s'attendait à une révélation, elle n'en trouvera pas dans ce document de plus de 80 pages.En gros, les auteurs de l'avis nous disent que tous les outils de communication existent.Aux écoles et aux parents de mieux les utiliser.Commençons par le bulletin.C'est un moyen parmi tant d'autres, nous rappelle le Conseil qui réitère son opposition à l'imposition obligatoire d'un bulletin avec des notes.Aux écoles de décider, en fonction de leur clientèle, la façon dont elles communiqueront avec les parents.N'est-ce pas un retour à la case départ?En effet, lorsque la ministre a tranché en faveur du bulletin chiffré l'an dernier, les conseils d'établissement étaient justement en train de plancher sur un modèle de bulletin.Avec raison croyons-nous, la ministre a plutôt opté pour un bulletin uniforme pour tout le Québec.Ce bulletin chiffré, semblable d'une commission scolaire à une autre, doit demeurer.Par contre, comme le rappelle avec justesse le CSE, le bulletin n'est pas le seul outil de communication.Il y en a d'autres, que la plupart des parents d'enfants fréquentant l'école primaire et le premier cycle du secondaire connaissent déjà: l'agenda, le code de vie, les notes dans les différents cahiers d'exercices de l'enfant, les tests hebdomadaires, les lettres de l'enseignant aux parents\u2026Ce sont tous des moyens de suivre de près ce qui se passe à l'école, de déceler les difficultés de l'enfant et d'ajuster le tir au besoin.Si on ajoute à cela les quelques rencontres parentsenseignants prévues durant l 'année, la possibilité de communiquer par téléphone, par courriel ou par lettre avec l'enseignant, il y a actuellement, nous dit-on, suffisamment de canaux pour favoriser une bonne communication.Comment expliquer, dans ce cas, que des parents ne s'y retrouvent toujours pas?Le Conseil croit que ces moyens ne sont pas utilisés par tous les enseignants dans toutes les écoles.Il recommande donc que chaque établissement de la province développe sa propre stratégie de communication.Entre les lignes on comprend aussi que les parents ont également une responsabilité: celle de s'impliquer et de consulter toutes les informations mises à leur disposition\u2026 Il aura fallu au Conseil supérieur de l'éducation neuf mois et ô combien de consultations, d'études documentaires et d'analyses pour accoucher de cet avis.Tout ça pour nous rappeler, dans une langue parfois très hermétique, des évidences que des parents et des enseignants auraient pu expliquer à la ministre en quelques heures.Tout ça pour ça.Tout ça pour ça ARCHIVES LA PRESSE À VOTRE TOUR VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 LETTRE DE LA SEMAINE ANDRÉ QUERRY L'auteur est un Montréalais.Depuis quelques années, le nombre de gîtes et de résidences touristiques ne cesse d'augmenter.Le ministère du Tourisme du Québec établissait, le 1er décembre 2007, la présence au Québec de 1605 gîtes et de 1958 résidences de tourisme.Si Montréal ne possède que 140 gîtes et 85 résidences de tourisme sur l'ensemble de son territoire, la majorité (70%) sont situés dans les quartiers Centre- Sud et Plateau-Mont-Royal.Le quartier Centre-Sud a été grandement affecté par l'adoption en 2002 de la Loi sur les établissements d'hébergement touristique, qui permet maintenant l'ouverture de services hôteliers dans une résidence.Faut-il préciser qu'il y a actuellement dans le seul arrondissement Ville-Marie plus de 13 600 chambres d'hôtel disponibles et qu'on prévoit en ouvrir 1000 autres d'ici deux ans.C'est dans cette optique que les arrondissements de la Ville de Montréal ont adopté des règlements d'urbanismes qui n'autorisent pas l'ouverture des gîtes touristiques de moins de quatre chambres.Actuellement, le ministère du Tourisme sème à tout vent des attestations de classification pour les établissements d'hébergement touristique sans se soucier du respect des règlements municipaux.Des logements et maisons de chambres ont ainsi été transformés en hôtels, en gîtes et en résidences de tourisme.Pour résultat que des rues entières sont sur le point de se transformer en zone hôtelière.L'exemple de la rue Saint-Hubert est assez frappant.Dans une étude commune de la Ville de Montréal et du ministère des Affaires culturelles du Québec sur la mise en valeur du patrimoine montréalais, publié en 1991 dans le livre Pignon sur rue - les quartiers de Montréal, ont nous présentait une photo de la rue Saint-Hubert entre la rue Ontario et le boulevard De Maisonneuve comme un bel exemple de l'architecture résidentielle de Montréal.Sur la photo, on peut apercevoir de belles maisons, des résidences et des maisons de chambres et un petit bar situé au rez-de-chaussée.Aujourd'hui, sur cette même section de rue, on retrouve maintenant huit hôtels, un gîte, une résidence de tourisme et toujours un petit bar.Pour l'ensemble de la rue Saint-Hubert, entre les rues Viger et Sherbrooke - moins de 1,5 km - on retrouve 16 hôtels, trois gîtes et deux résidences pour tourisme.Le même phénomène commence à se répéter dans d'autres rues, qui sont actuellement résidentielles : quatre gîtes dans les rues Alexandre-de-Sève et Saint-Christophe; cinq gîtes et une résidence de tourisme formée de plusieurs maisons rue Montcalm, et tous les autres gîtes qui ouvrent ici et là dans le quartier.Il faut agir maintenant pour éviter que le quartier Centre-Sud se transforme en une immense zone hôtelière et se vide de ses résidants.L'auteur de la lettre de la semaine, André Querry, recevra une copie laminée de cette page.Hôtel Centre-Sud! PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE André Querry s'inquiète de la multiplication d'établissements d'hébergement touristiques dans le quartier Centre- Sud, notamment dans la rue Saint-Hubert.Il faut agirmaintenant pour éviter que le quartier Centre- Sud se transforme en une immense zone hôtelière et se vide de ses résidants.ÉMILIE DANSEREAU-TRAHAN ET GUILLAUME RAYMOND Mme Dansereau-Trahan est candidate au doctorat en psychologie et M.Raymond est entraîneur privé.Le Québec actuel tend de plus en plus à devenir un état laïque.Au temps de nos grandsparents, cette idée aurait semblé bien farfelue et bien lointaine.Il paraissait impossible de croire à l'époque que la religion ne soit pas une valeur au centre de la famille et au coeur de la communauté.Depuis la création et l'avènement de la santé publique, cette dernière s'est attaquée à de nombreux problèmes avec succès.Nous référons ici à la santé publique dans son sens large, tout professionnel de la santé inclus, toute personne impliquée dans la prévention, la promotion et le maintien optimal de la santé de la population.Actuellement, au Québec, le poids des citoyens est devenu une préoccupation importante pour les agents de la santé publique étant donné que toute augmentation pondérale peut avoir des conséquences indésirables sur l'état de santé physique.Plusieurs actions sont ainsi mises en branle dans le but de freiner cette augmentation et sensibiliser les citoyens aux habitudes de vie favorisant, entre autres, le maintien d'un poids «santé ».Toutefois, en agissant de la sorte, un nouveau problème semble prendre de l'ampleur : l '« or thorexie ».Que signi fie cette nouvelle expression?Elle concerne le fait de vénérer l'alimentation saine et pure et de considérer comme péché tout ce qui s'en éloigne de près ou de loin.Où est le problème?N'estce pas ce que nous souhaitons tous?Le problème réside justement dans l'aspect excessif de cet idéal utopiste.À l'extrême, le fait de manger devient un acte impossible à accomplir, étant donné l'incertitude qui demeure entourant la provenance de l'aliment et, par conséquent, sa pureté.Tout comme la religion à l'époque à laquelle nos grandsparents ne pouvaient s'opposer sans subir le courroux des prêtres, la santé semble être devenue une valeur suprême à laquelle tous doivent adhérer sans pouvoir se questionner.Le geste alimentaire est devenu un quasigeste médical et le plaisir d'un bon repas peut difficilement y trouver sa place.Nous ne mangeons plus une délicieuse lasagne, mais plutôt X nombres de calories, comprenant tant de pourcentage de lipides, de glucides, et espérons-le, zéro gramme de gras trans.À l'extrême, afin de diminuer l'anxiété engendrée par l'acte alimentaire, la solution pourrait être de créer une pilule comprenant tous les nutriments essentiels, le nombre de calories nécessaires à notre survie et permettant de s'assurer de ne laisser pénétrer aucun agent indésirable dans notre corps qui lui, est devenu une forme de temple.Nous ne voulons pas d'un tel monde, ni des étapes intermédiaires menant à celui-ci.Nous prônons plutôt un retour à la notion de plaisir et d'équilibre.Loin de nier la présente problématique du poids au Québec, nous sommes aussi conscients de l'envers de la médaille, soit : l'anorexie mentale maintenant observée chez des personnes de plus en plus jeunes et de plus en plus vieilles, l'orthorexie pour laquelle un terme a dû être créé, la boulimie, l'hyperphagie et tous les problèmes d'image de soi et d'anxiété.La santé est une valeur importante à nos yeux et la problématique du poids menace effectivement cette dernière, mais la santé, c'est aussi le plaisir, et le plaisir doit faire partie, selon nous, de toute intervention s'adressant à la problématique du poids puisque les nouvelles habitudes de vie acquises devront s'intégrer dans le quotidien des gens.Hypocondrie alimentaire JACQUES E.BOUCHARD L'auteur réside à Montréal.Mardi matin, je quitte la maison pour aller travailler, et, encore une fois, j'aperçois mon sac bleu laissé pour compte parmi les bacs verts qui, eux, ont été vidés par la collecte du lundi soir.Depuis que mon fidèle bac vert a rendu l'âme, après plusieurs années de service, j'ai dû me rabattre sur ces nouveaux sacs bleus pour mettre mes matières recyclables à la rue.Je recycle consciencieusement, allant même jusqu'à enlever la pellicule de plastique sur les boîtes de mouchoirs.Mais voilà, je ne dois pas utiliser la bonne incantation ou bien j'oublie d'orienter mes sacs vers le nord, car depuis que j'utilise les sacs bleus, au moins une fois sur trois, le gros camion vert refuse de les prendre.Une fois sur trois, mes sacs se font plutôt ramasser par le camion à déchets le jour suivant en direction du lieu d'enfouissement.Par ailleurs, un sac par semaine, 52 semaines par année, ça fait beaucoup de sacs à usage unique pour remplacer un bac vert dont la vie utile peut atteindre cinq ans.Même si ces sacs sont recyclés, le processus de recyclage et de fabrication de 260 sacs pendant une période de cinq ans doit sûrement être beaucoup plus polluant que la fabrication d'un seul bac - surtout si on tient compte des 86 sacs, et leur contenu, qui se retrouvent au dépotoir.Le bac ou le sac ?SIMON LEDUC L'auteur demeure à Terrebonne.Lors du ménage printanier de la pharmacie, des armoires et des dessous d'éviers, je me suis rendu compte du nombre incroyable de contenants de plastique, de verre et autres, renfermant des produits cosmétiques de toutes sortes.Il s'agit surtout de produits de beauté pour femmes.J'ai même remarqué des bouteilles de dissolvant de vernis à ongles munis d'un pinceau.Il faut le faire ! Certains contenants pèsent jusqu'à 10 fois plus que leur contenu.Je me demande si les entreprises qui fabriquent tous ces produits ont une idée de tout ce qu'ils engendrent comme pollution, car la majorité de ces contenants, bouteilles, petits pots et tubes finissent à la poubelle.En effet, ils ne peuvent être recyclés parce qu'ils sont souillés par les vernis, les crèmes et les solvants.Est-il vraiment nécessaire, mesdames, d'avoir autant de produits?Je sais que vous voulez être belles et que vous aimez prendre soin de vous, mais peut-être pourriez-vous envoyer un message à tous ces manufacturiers de suremballage en les invitant à penser à l'environnement.Quel gaspillage ! PHOTO FOURNIE PAR L'AUTEUR Une fois sur trois, le sac recyclable se retrouve au dépotoir.PHOTO FOURNIE PAR L'AUTEUR Il faut mettre fin au suremballage.La santé semble être devenue une valeur suprême à laquelle tous doivent adhérer sans pouvoir se questionner.Le geste alimentaire est devenu un quasi-geste médical et le plaisir d'un bon repas peut difficilement y trouver sa place."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.