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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-02-03, Collections de BAnQ.

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[" PLUS LECTURES GRANDS REPORTAGES, ANALYSES, LIVRES SIMONE DE BEAUVOIR L'ICÔNE AMBIGUË PAGE 6 SPEAK WHAT, AVEC MARCOMICONE LE TÊTE-À-TÊTE DE RIMA ELKOURI PAGE 5 PHOTO GETTY IMAGES, AFP, REUTERS La lutte épique entre Hillary Clinton et Barack Obama chez les démocrates porte ombrage à celle, tout aussi acharnée, qui se déroule chez les républicains.Parce que John Mc Cain a le vent dans les voiles et n'a pas l'intention de rater son ultime chance d'accéder à la Maison-Blanche.Et que Mitt Romney a beau tirer de l'arrière, il a déjà prouvé qu'il a plus d'une vie.Pour ces deux ténors aussi, le Super Tuesday, qui se tiendra dans 24 États dans deux jours, sera primordial.Voici les portraits de deux candidats aux antipodes : John Mc Cain et Mitt Romney.Notre dossier en pages 2 et 3 LE VÉTÉRAN ET LEMORMON PLUS John Mc Cain.PHOTO GETTY IMAGES, AFP ALEXANDRE SIROIS Faisant campagne au Michigan le mois dernier, un État où le ralentissement économique est particulièrement marqué, John Mc Cain a été traité de défaitiste.Son plus sérieux rival, Mitt Romney, a promis de «sauver les emplois» de l'industrie automobile, qui était jadis le fer de lance de l'État.Mc Cain, au contraire, a dit qu'il «aurait honte» de promettre une telle chose.Les travailleurs de cette industrie qui ont perdu leurs emplois devraient plutôt retourner sur les bancs d'école, a soutenu le sénateur de l'Arizona.C'est la maque de commerce de Mc Cain : son franc-parler.Une attitude qui le met parfois dans l'embarras, mais qui, plus souvent qu'autrement, fait son charme.Après plus d'un quart de siècle à Washington, il passe toujours pour l'un de politiciens les plus intègres et honnêtes de la capitale américaine.Depuis le début de la campagne, Mc Cain se déplace d'ailleurs dans un autocar baptisé Straight Talk Express.Le même véhicule qu'en 2000.Il avait à l'époque croisé le fer avec George W.Bush lors de la course à l'investiture du Parti républicain.Sa défaite avait été cuisante.Héros du Vietnam Mc Cain a appris de ses erreurs.En huit ans, il a tenté de se rapprocher de l'establishment du parti et a cessé de se présenter comme la solution de rechange à Bush.Dans le dossier irakien, notamment, il a offert un soutien indéfectible au président.L'appui du sénateur n'est pas passé inaperçu à Washington.Car il jouit depuis longtemps d'une solide réputation en matière de sécurité nationale.Son père et son grand-père étaient de célèbres amiraux.Mc Cain est d'ailleurs né sur une base militaire américaine au Panama en 1936.Son destin était tout tracé.Le jeune homme s'est d'abord inscrit à l'Académie navale d'Annapolis, au Maryland.Puis il est devenu pilote.Ce qui allait le conduire sur un porte-avions dans le golfe du Tonkin, au large du Vietnam, en 1967.Là où sa vie allait chavirer.Le 26 octobre, son avion est abattu.Salement amoché, il est capturé et mis derrière les barreaux.Il passe cinq ans et demi en prison où il est torturé.Lorsque ses géoliers apprennent qu'il est le fils d'un célèbre amiral, ils veulent le libérer.Mc Cain refuse, prétextant que d'autres militaires américains sont là depuis plus longtemps.De retour aux États-Unis en 1973, il est accueilli en héros.Comme Frankenstein Mc Cain quitte la vie militaire en 1981 et se lance en politique l'année suivante.Il est élu à la Chambre des représentants du Congrès américain dans un district de l'Arizona.Il devient sénateur en 1986.Cela en fait un vieux routier, selon les standards de Washington.Il écrira en fait une page d'histoire s'il accède à la Maison- Blanche.Il serait le plus vieux président à être élu pour un premier mandat.Quand George W.Bush tirera sa révérence en janvier prochain, Mc Cain aura 72 ans.Souvent questionné sur son âge avancé, Mc Cain désamorce la polémique potentielle avec humour.Un autre de ses traits de caractère.«Je suis plus vieux que la terre et j'ai plus de cicatrices que Frankenstein », a-t-il dit.Il suffit d'ailleurs de le voir en action pour que s'évanouisse tout doute relatif à sa forme physique.Il déborde d'énergie.Sur une scène, il ressemble parfois à un lion en cage.À ceux qui demeurent malgré tout sceptiques, il suggère de consulter sa mère.Roberta Mc Cain, 95 ans, est fringante.Et elle n'hésite jamais à prendre la défense de son fils, critiqué par les républicains les plus conservateurs.« Il a soutenu Bush sur tout, sauf Rumsfeld.Avez-vous entendu d'autres sénateurs et parlementaires soutenir Bush durant les huit dernières années?» a-t-elle lancé.L'argument a du poids.La loyauté de Mc Cain pourrait lui permettre de rallier la majorité des ténors du parti et de remporter la course à l'investiture dès mardi.Le franc-tireur JOHN MCCAIN EST UN POLITICIEN PARFOIS DÉCONCERTANT, DONT LE FRANCPARLER NE S'ÉMOUSSE PAS AVEC LES ANNÉES.DE TRÈS NOMBREUSES ANNÉES, QUI N'ALTÈRENT APPAREMMENT PAS LES CAPACITÉS INTELLECTUELLES ET PHYSIQUES DE CE POLITICIEN ATYPIQUE.29 août 1936 NAISSANCE DE JOHN SIDNEY MCCAIN III PROGRAMME SANTÉ Il ne veut pas obliger les Américains à souscrire à une assurance santé.Selon lui, le plus important est plutôt de réduire les coûts du système.Il promet entre autres d'importer des médicaments à rabais.AVORTEMENT « Je ne soutiens pas Roe versus Wade», a-t-il déjà dit.Il maintient que le jugement, qui a légalisé l'avortement aux États-Unis, doit être «renversé ».IMMIGRATION Il s'est fait de nombreux ennemis au sein de son propre parti en voulant offrir aux immigrants illégaux déjà en sol américain une chance d'obtenir la citoyenneté.Il affirme aujourd'hui que sa priorité est plutôt de sécuriser les frontières.«Une chose sur laquelle nous sommes probablement tous d'accord, c'est que le statu quo n'est pas acceptable.Nous devons sécuriser les frontières.(.) Mais nous devons aussi régler le problème des 12 millions de personnes qui vivent illégalement dans ce pays», a-t-il dit.IRAK Non seulement était-il en faveur de la guerre, mais il a été l'un des plus ardents promoteurs de l'envoi de renforts.Il accuse Hillary Clinton d'être prête à « agiter un drapeau blanc» en Irak.Les grandes dates de sa vie 26 octobre 1967 SON AVION EST ABATTU ET IL EST FAIT PRISONNIER AU VIETNAM Novembre 1982 ÉLECTION AU CONGRÈS AMÉRICAIN 25 avril 2007 LANCEMENT DE SA CAMPAGNE À LA PRÉSIDENCE PLUS Mitt Romney.PHOTO AP RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK «Il est mort», écrivit un peu vite le gendarme français dans le passeport américain de Willard Mitt Romney, dont le corps inerte était coincé entre la portière du conducteur et la colonne de direction d'une DS percutée par un chauffard, sur une route de Gironde.Le jeune missionnaire mormon survécut en effet à ses blessures, prenant la relève de l'«évêque» de son Église en France.Lequel retourna aux États-Unis pour enterrer sa femme, morte dans l'accident.C'était en mai 1968.Aujourd'hui, les journalistes semblent prêts à composer l'épitaphe de l'aspirant républicain: ci-gît le fils de George Romney, homme d'affaires brillant et gouverneur populaire, qui se révéla bien piètre candidat présidentiel, tout comme son père.Mais il ne faut pas commettre l'erreur du gendarme.N'empêche: la comparaison entre le père et le fils demeure irrésistible.Après avoir sauvé de la faillite le constructeur automobile American Motors dans les années 50, George Romney occupa le poste de gouverneur du Michigan de 1963 à 1969.Républicain modéré, voire progressiste, il dénonça la position de Barry Goldwater sur les droits civils et se lança à l'assaut de la Maison-Blanche en 1967, porté par des sondages encourageants.Mais sa campagne implosa à la suite d'une entrevue télévisée.Tentant d'expliquer comment il était passé de partisan à opposant de la guerre au Vietnam, il affirma avoir subi «un lavage de cerveau» de la part des généraux et des diplomates américains lors d'une visite en Asie du Sud-Est en 1965.George Romney devait mettre un terme à sa campagne en février 1968, à la veille des primaires du New Hampshire.Un pur et dur Tout en élevant cinq garçons avec sa femme Ann, sa flamme depuis l'école secondaire, Mitt Romney a eu autant de succès que son père en affaires.Après avoir décroché un MBA et une licence de droit à Harvard, il s'est établi à Boston où il a fondé une société d'investissement, Bain Capital, qui lui a permis d'amasser une fortune personnelle de plusieurs centaines de millions de dollars.Cadet de quatre enfants, Mitt Romney a écouté son père, dont l'un des préceptes était: «Avant de faire de la politique, mettez votre famille à l'abri du besoin.» Mais la première campagne électorale de ce républicain modéré s'est soldée par un échec retentissant face au sénateur démocrate du Massachusetts Edward Kennedy, qui avait réussi à le dépeindre comme un capitaliste sans coeur.Cinq ans plus tard, Mitt Romney a eu l'occasion de refaire son image en se portant à la rescousse des Jeux olympiques de Salt Lake City, qui risquaient la faillite à la suite d'une affaire de corruption.Le succès financier de ces Jeux l'a transformé en héros, tant dans l'Utah, l'État où se trouve le siège de l'Église mormone, qu'au Massachusetts.Finalement élu gouverneur du Massachusetts en 2002, Mitt Romney a fait sa marque en réglant les déséquilibres fiscaux de l'État et en faisant adopter une réforme de l'assurance maladie qui offre une couverture quasi universelle.Comme candidat présidentiel, il a effectué un virage à droite, devenant le candidat préféré des conservateurs purs et durs.Comme son père, il a un physique d'athlète, une coiffure abondante et un menton volontaire.Son style est cependant aux antipodes de celui de George Romney.Autant celui-ci était spontané (trop, en fait), autant l'autre donne parfois l'impression d'être un robot.Âgé de 60 ans, l'âge de son père au moment de briguer la présidence, Mitt Romney paraît affaibli, sur le plan politique, à la veille du Super Tuesday.Mais il faut toujours se méfier des apparences.Au nomdu père SON PÈRE A DÉJÀ TENTÉ DE DEVENIR PRÉSIDENT, EN VAIN.LUI-MÊME A JADIS MORDU LA POUSSIÈRE CONTRE EDWARD KENNEDY, MAIS MITT ROMNEY A LA RÉPUTATIONDE NE JAMAIS LÂCHER.MÊME QUANDON LE DONNE POUR MORT.Les grandes dates de sa vie PROGRAMME SANTÉ Après avoir contribué à faire adopter un ambitieux plan de couverture santé quasi universelle au Massachusetts, l'aspirant à la présidence entend «faire entrer tout le monde dans l'assurance maladie » en «réformant le marché État par État », pour rendre les assurances privées meilleur marché et plus accessibles et moins chères et non en «faisant intervenir le gouvernement ».AVORTEMENT De favorable au droit des femmes à l'avortement, l'ancien gouverneur du Massachusetts est devenu un opposant dont l'objectif est l'interdiction de cette pratique aux États- Unis.Il affirme s'être «trompé» sur cette question dans le passé.«Si les gens cherchent dans ce pays quelqu'un qui n'a jamais fait d'erreur, alors ils devront chercher quelqu'un d'autre», a-t-il dit pour justifier l'évolution de sa position sur cette question.IMMIGRATION Depuis le début de la campagne, le candidat républicain est de ceux qui tiennent le discours le plus ferme à l'encontre des illégaux.Sa position est de créer un registre des immigrants qui servira de base afin de «déterminer qui pourra recevoir un visa temporaire et qui sera tenu de retourner dans son pays».Il est également de ceux qui se sont fermement opposés au projet de réforme de George W.Bush .IRAK L'ancien gouverneur a pris ses distances avec l'administration Bush en critiquant la gestion de la guerre en Irak.«Je pense que nous avons effectué un travail peu efficace dans la gestion du conflit après la chute de Saddam Hussein», a-t-il déclaré, tout en promettant une victoire militaire sous son administration.12 mars 1947 NAISSANCE DE WILLARD MITT ROMNEY 21 mars 1969 MARIAGE AVEC ANN DAVIES 5 novembre 2002 ÉLECTION AU POSTE DE GOUVERNEUR DU MASSACHUSETTS 8 janvier 2007 LANCEMENT DE SA CAMPAGNE À LA PRÉSIDENCE PLUS DESOH! ET DES BAH! La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT 1250 Le prix, en dollars, payé pour chaque rein - revendu 10 fois plus cher à son nouveau propriétaire.1 Selon l'Organisation mondiale de la santé, le nombre d'étrangers qui vont se faire soigner en Inde chaque année.PHOTODE LA SEMAINE PHOTO ASSOCIATED PRESS Les violences ont fait plus de 800 morts depuis un mois au Kenya.Et la situation sur le terrain laisse présager le pire.Notre photo: un Kényan du groupe ethnique des Luos assurait mardi la garde d'une barricade à l'entrée de la ville de Kisumu, où des Kikuyus ont été tués ou chassés.NEW YORK TIMES À l'hôtel Radisson de Nashua, au New Hampshire, Jon Favreau buvait du Coke diète et grignotait pour passer le temps.Son patron, le sénateur Barack Obama, entrait et sortait de la pièce.Finalement, les résultats surprenants des primaires démocrates du New Hampshire ont commencé à entrer: Hillary Clinton devançait Obama, qui avait remporté les caucus de l'Iowa seulement cinq jours auparavant.Favreau, 26 ans et rédacteur principal de la campagne, avait moins de trois heures pour réviser ce qui aurait dû être un discours de victoire.Son travail était remis en question, Clinton ayant aidé à donner un nouveau souffle à sa campagne en discréditant les discours élégants d'Obama: «Vous faites campagne en poésie, vous gouvernez en prose.» «Honnêtement, révèle Favreau, la première fois que j'ai vraiment réfléchi à ce que cela me faisait, c'est quand il a commencé le discours.J'ai regardé les collaborateurs plus anciens et tous souriaient.J'ai ensuite regardé la salle et je me suis dit: \"Tout ira bien.\"» Favs, comme tout le monde l'appelle, a tout à fait l'air de son âge, avec son visage enfantin et sa barbe de trois jours.Il dirige deux autres jeunes rédacteurs : Adam Frankel, 26 ans, qui a travaillé sur les mémoires de Theodore C.Sorensen, conseiller et rédacteur de discours de John F.Kennedy, et Ben Rhodes, 30 ans, «l'homme d'État le plus expérimenté» du groupe, qui a participé à la rédaction du rapport du Groupe d'étude sur l'Irak en tant qu'assistant de Lee H.Hamilton.Ils travaillent ensemble pour un politicien reconnu pour son talent oratoire, qui a écrit deux bestsellers et qui a prononcé le très louangé discours-programme de la convention nationale du Parti démocrate en 2004.«Barack lui fait confiance, soutient David Axelrod, stratège principal de la campagne d'Obama.Et Barack ne fait pas confiance à beaucoupde gens dans ce domaine - le fait de céder autant de pouvoir sur ses propres mots.» Qui est ce jeune?Quand il a rencontré Obama, Favreau avait 23 ans et venait d'obtenir son diplôme du Holy Cross College à Worcester, au Massachusetts.Obama répétait son discours de la convention de 2004 en coulisse quand Favreau, alors membre du personnel de John Kerry, l'a interrompu pour rectifier une ligne.«Il m'a regardé, un peu confus, l'air de penser : \"Qui est ce jeune?\"» se souvient Favreau.Obama est devenu son patron l'année suivante.Favreau avait été promu rédacteur de discours pour la campagne de Kerry, mais s'est ensuite retrouvé sans emploi.Robert Gibbs, le directeur des communications d'Obama, avait connu Favreau pendant la campagne de Kerry et l'a recommandé.Obama et Favreau passaient alors beaucoup de temps ensemble.Le jeune rédacteur s'est servi de cette période pour saisir la voix d'Obama.Il relevait presque tout ce que le sénateur disait et l'assimilait.Maintenant, dit-il, quand il s'assoit pour écrire, il se connecte à Obama - à ses idées, ses phrases, ses expressions.«L'astuce dans la rédaction de discours est de faire dire vos phrases éloquentes à votre client en faisant croire qu'elles viennent directement de lui», révèle Christopher Buckley, rédacteur de discours pour George Bush père.«Imaginez mettre les mots \"Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous\" dans la bouche de Ron Paul, et vous pouvez voir le problème.» Plusieurs candidats démocrates ont tenté d'évoquer John et Robert Kennedy, mais Obama est l'un des seuls à l'avoir fait avec succès.Le fait qu'Obama semble avoir le même élan que John Kennedy, sans parler de sa famille photogénique, aide beaucoup.Pour s'inspirer, dit Favreau, « je lis beaucoup de Bobby (Kennedy)».«Je vois des ressemblances avec JFK et RFK», dit-il, avant d'ajouter «King aussi».Peu d'orateurs sont aussi fervents.Obama excelle dans l'art de prononcer des discours inspirants devant les caméras, mais plusieurs de ses autres discours de campagne n'ont pas soulevé les passions.Ted Widmer, historien à l'Université Brown, déclare que les discours d'Obama «étaient parfaits pour le mener là où il était au début de la course, mais maintenant que nous sommes dans une campagne sérieuse, il serait utile d'entendre des propositions plus concrètes».« Il y a plus à l'exercice du pouvoir, au fait d'être président, que la rédaction de discours», ajoute-t-il.Favreau raconte que lorsqu'il écrit, il reste debout jusqu'à 3h du matin et se lève dès 5h.Il n'a pas dormi plus de six heures d'aussi loin qu'il se souvienne.Deux jours avant la victoire en Iowa, il s'est cloîtré dans un café à Des Moines.Obama et lui avaient choisi le thème de l'unité et cette phrase d'ouverture pour le discours d'après-caucus: «Ils disaient que ce jour ne viendrait jamais.» «Je savais que cela aurait différentes significations pour différentes personnes, soutient Favreau.Barack et moi en avons parlé, et cette phrase fonctionnait pour la campagne.Pendant plusieurs mois, on disait qu'il ne gagnerait jamais.Et, bien sûr, il y avait aussi le jour qui ne viendrait jamais, celui où un Afro-Américain gagnerait les primaires dans un État blanc.» Dans les discussions, la question raciale n'a jamais été soulevée, affirme Favreau.Mais, ajoute-t-il, «je sais que j'y ai pensé».Si Obama est en pleine ascension, Favreau aussi.Au New Hampshire, Michael Gerson, ancien rédacteur de discours de George W.Bush, est venu le complimenter sur le discours de la victoire en Iowa.Le personnel de campagne a commencé à taquiner Favreau sur sa célébrité.Rien pour attirer les femmes, toutefois.Mais ce n'est pas son inquiétude principale.«Pouvez-vous traverser ce processus en préservant votre propre essence?demande-t-il.Vous savez, nous sommes en train de le découvrir.Je crois qu'Obama peut y arriver.Et je pense que je le peux aussi.» Le défi d'un rédacteur de discours Que dirait Obama?PHOTO JACOB SILBERBERG, THE NEW YORK TIMES Jon Favreau a 26 ans.et une responsabilité de taille: mettre des mots dans la bouche de Barack Obama.Pour s'inspirer dans la rédaction de discours pour Barack Obama, Jon Favreau lit des écrits de Robert Kennedy.400 Le nombre de reins transplantés dans un hôpital high tech de Gurgaon, en banlieue de New Delhi, depuis une décennnie - et qui ont été prélevés illégalement, parfois par la force, sur des Indiens pauvres.Le réseau de trafic d'organes a été démantelé cette semaine.Les médias locaux ont surnommé leur chef «Dr Horror ».ICI ET AILLEURS PARIS Le mot de la semaine «Pipolisation».En fait, ce serait plutôt le mot de l'année.Avec les frasques sentimentales qui secouent la scène politique française, habituée à davantage de discrétion, les médias de l'Hexagone montrent de plus en plus d'appétit pour les sujets qui, là-bas, sont qualifiés de «pipol ».Le mot est apprêté à différentes sauces.Cette semaine, un quotidien français lui faisait subir un nouvel avatar.Comment appelle-t-on le phénomène qui consiste à devenir de plus en plus «pipol»?Pipolisation, bien-sûr\u2026 ENCORE PARIS Grosse poursuite Et puisque nous parlons de pipolisation: le président Nicolas Sarkozy et sa nouvelle compagne Carla - quatre-consonnes-et-trois-voyelles - Bruni, poursuivent la compagnie aérienne Ryanair.Son méfait: avoir publié sans permission une photo du couple dans une campagne publicitaire.Monsieur le président réclame un euro de dommages et intérêts.La chanteuse-mannequin en réclame\u2026 500 000.Ah oui, la bulle de la pub qui les montrait tous deux sur fond d'appareil de cette compagnie spécialisée dans les vols bon marché, disait : «Avec Ryanair, toute ma famille peut venir assister à mon mariage.» ILS, ELLESONT DIT Optimiste (envers et contre tous) «Au cours des sept dernières années, nous avons fait de grands progrès dans des dossiers importants chez nous et à l'étranger.» George W.Bush dans son discours sur l'état de l'Union, cette semaine.Rassurez-vous, c'était son dernier.Prophétique «L'histoire de Norbourg n'est pas terminée.» C'est la seule phrase prononcée par Vincent Lacroix lors de l'audience à l'issue de laquelle il a reçu sa sentence de 12 ans de prison.EN HAUSSE, EN BAISSE LE TRAMWAY Le plan de transformation du quartier Griffintown qui doit être présenté mardi au grand public prévoit le retour de ce moyen de transport dans la métropole.On se croise les doigts pour que ça marche.ASADULLAH KHALID Le gouverneur de la province de Kandahar qui fait ami-ami avec le Canada tout en torturant personnellement les prisonniers qui lui sont remis par les forces canadiennes.Il entraîne dans sa baisse tous les officiels canadiens qui ont fait ami-ami avec lui, au point de rayer son nom des documents qui l'incriminent.Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca Avec l'AFP, Associated Press, Reuters, BBC et Libération.PHOTO AP PHOTO PC PHOTO AP PHOTO BLOOMBERG NEWS PLUS La dernière fois que j 'ai parlé à Marco Micone, c'était en 2001, au moment où l'on dévoilait les recommandations de la commission Larose sur l'avenir de la langue française.Même s'il s'enthousiasmait devant la proposition d'instaurer une citoyenneté québécoise, l'écrivain d'origine italienne confiait du même souffle trouver le débat sur la langue «un peu lassant ».Sept ans plus tard, l'homme que je rencontre dans un café de la rue Monkland, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce qu'il vient d'adopter, ne parle plus seulement de lassitude, mais aussi d'exaspération.Autour de nous, les gens causent surtout en anglais.Mais ce n'est pas ce qui exaspère l'auteur de Speak What, un poème qui répondait au célèbre Speak White de Michèle Lalonde.«J'adore vivre à Notre-Dame-de-Grâce pour ça.Parce que j'entends parler le français, l'anglais et parfois d'autres langues aussi.En tant qu'immigré, je me perçois comme un citoyen cosmopolite.Ce qui n'empêche pas qu'il faille rester vigilant et protéger la loi 101», dit l'intellectuel qui a milité au sein du Parti québécois dans les années 70.Fils d'immigrés italiens arrivé ici en 1958, Marco Micone a déjà raconté son parcours dans le très beau récit autobiographique Le figuier enchanté (Boréal, 1992).Faisant sienne la lutte pour la défense du français dans les années 70, il a aussi été l'un des premiers à parler d'immigration au Québec, ce qui lui a valu des critiques tant au sein de la communauté italienne qu'au sein de sa société d'accueil.Aujourd'hui, l'auteur qui a pris sa retraite comme professeur de cégep pour se consacrer exclusivement à l'écriture - il prépare un recueil de nouvelles sur l'immigration - se fait un peu plus discret, mais continue de jeter un regard intéressant sur toutes ces questions.Ce qui exaspère surtout Marco Micone, c'est l'actuel discours alarmiste sur la langue qui replonge le Québec dans une culture de la survivance.«Quand on a étudié la littérature québécoise, on sait à quel point cette culture était importante pour les francophones.On avait l'impression qu'on était en train d'en sortir par la Révolution tranquille, grâce à tous les effets positifs de la loi 101.Eh bien, non! Périodiquement, on nous replonge dans ce discours de la survivance qui est, selon moi, très passéiste.» Ce discours donne l'impression que, quoi que fasse l'immigrant, quel que soit son comportement culturel et linguistique, il ne va jamais satisfaire la majorité francophone de souche.«Il faut toujours en faire plus, malgré des progrès évidents du français», souligne Marco Micone.Des progrès évidents Le Québec est une nation cosmopolite riche et irréversiblement francophone, plaide-t-il.Il s'est donné les instruments juridiques, culturels et économiques pour assurer son avenir.Des progrès, ce n'est pas ce qui manque, ditil, en citant une série de chiffres.«En 1975, 85% des jeunes allophones fréquentaient les écoles anglaises.Maintenant, c'est l'inverse : 85% des allophones fréquentent l'école française.L'un des objectifs de la loi 101, à part le fait de réaliser l'affirmation du français, c'était d'assurer la prédominance socio-économique des francophones au Québec.Et je crois qu'on l'a atteint.» Quatre-vingt-quinze pour cent des Québécois connaissent le français, rappelle-t-il.«Ceux et celles qui veulent alimenter l'alarmisme sur la langue limitent toujours le territoire à Montréal et, s'ils le pouvaient, le limiteraient au centre-ville.Je trouve ça malhonnête.» Même dans les cégeps anglophones, fréquentés par 40% des enfants de la loi 101, les effets de cette loi se font sentir, plaide-til.«J'ai enseigné dans un cégep anglophone pendant une trentaine d'années.Or, pendant les 10 dernières années, on entendait parler français dans les corridors.C'était des enfants de la loi 101 qui avaient fait le choix du cégep anglophone, mais qui parlaient français entre eux.» Ne peut-on pas opposer à cet exemple celui d'élèves d'écoles secondaires francophones qui, dans la cour d'école, parlent anglais entre eux?«La situation est tellement complexe qu'on peut aller chercher les situations qu'on veut pour prouver son point », admet l'écrivain.Tout dépend de la façon dont on présente les choses.«Lorsqu'on veut faire peur au monde, on utilise l'indicateur qui est le plus susceptible de frapper l'imagination.» Si on dit que 3900 allophones, enfants de la loi 101, font le choix du cégep anglais, on peut estimer que 3900 sur 157 000 élèves, c'est une goutte d'eau dans l'océan.Mais si on parle plutôt de 50% d'allophones, c'est plus frappant comme statistique.Sauf que, dans les faits, les 4% d'élèves de langue maternelle française qui choisissent le collégial anglais sont plus nombreux (6000 élèves).Une situation qui rappelle à Marco Micone une discussion qu'il avait eue avec le père de la loi 101 lorsque l'écrivain était militant, dans les années 70.«Un soir, on était cinq ou six au restaurant; Camille Laurin nous avait dit : la raison pour laquelle il faut une loi, c'est bien entendu pour obliger les immigrants à fréquenter l'école française, mais c'est aussi pour empêcher les 10% de francophones qui fréquentent l'école anglaise de le faire.Parce que ces 10% sont bien plus nombreux que tous les allophones.» Marco Micone se sent insulté par l'ethnocentrisme du discours sur le déclin du français, qui n'admet comme «francophones» que ceux dont le français est la langue maternelle.«Je me suis battu pour le français.Je suis ici depuis 50 ans exactement.J'ai fait le choix de vivre en français à partir du moment où j'ai compris ce qui se passait ici.Et je n'ai pas le droit de me dire francophone ! On ne me reconnaît pas comme francophone!» Il y a un grand malentendu sur ce que signifie l'intégration pour un immigré, observe-t-il.«On peut être intégré tout en gardant sa langue maternelle comme langue d'usage à la maison.L'immigrant est foncièrement plurilingue.» L'obsession linguistique occulte des problèmes bien plus pressants pour les immigrants, souligne-t-il, notamment celui du chômage.«J'ai été sidéré d'apprendre que 18% des immigrés qui sont là depuis cinq ans sont chômeurs.C'est trois fois plus que la moyenne!» Et puis, en ressassant le même vieux discours, on oublie que Montréal est déjà ailleurs.«Le discours très étriqué sur la langue nous empêche de prendre conscience d'une réalité bien plus riche et bien plus actuelle qui est celle du caractère cosmopolite de Montréal», dit l'écrivain.Une réalité où le mot d'ordre de Speak White - «change de langue et tu feras partie des miens» - devrait appartenir pour de bon au passé.Speak White, Speak What PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE L'écrivain Marco Micone se sent insulté par l'ethnocentrisme du discours actuel sur le déclin du français qui n'admet comme «francophones » que ceux dont le français est la langue maternelle.«Je me suis battu pour le français.Je suis ici depuis 50 ans exactement.J'ai fait le choix de vivre en français à partir du moment où j'ai compris ce qui se passait ici.Et je n'ai pas le droit de me dire francophone ! On ne me reconnaît pas comme francophone ! » RIMA ELKOURI TÊTE-À-TÊTE CYBERPRESSE Voyez les dessins parus, jour après jour, dans La Presse, Le Soleil, Le Droit, La Tribune et Le Nouvelliste, sur www.cyberpresse.ca CARICATURESDE LA SEMAINE La Presse publie chaque semaine une sélection des dessins des caricaturistes de nos partenaires du réseau Gesca.LE NOUVELLISTE LA TRIBUNE LE SOLEIL Offert en librairie et sur www.septembre.com Réussir, ça s'apprend! Plus de 10 000 jeunes ont profité des trucs et conseils d'Étienne Lapointe pour réussir leur secondaire.Un livre écrit par un jeune pour ses pairs BEST- SELLER PLUS LECTURES Danièle Sallenave a passé au crible ses écrits publics et privés : elle oscille entre admiration et sévérité.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS\u2014 Danièle Sallenave n'avait pas d'a priori en entreprenant ce voyage minutieux dans l'oeuvre, les mémoires et la correspondance (publiée) de Simone de Beauvoir.Ou plutôt: elle pensait (et pense toujours) que celle-ci constitue l'une des figures majeures du XXe siècle, mais elle ne s'interdisait aucun examen critique de ses contradictions personnelles et des zones d'ombre de sa biographie.Le résultat: un bilan «en dents de scie», comme elle le dit aujourd'hui : «Concernant certains épisodes de sa vie, j'ai été parfois obligée de tirer des conclusions dures.» «L'importance de Simone de Beauvoir dans la littérature et la vie intellectuelle du siècle dernier est irréfutable, dit-elle.D'un côté, Le deuxième sexe, paru en 1949, est un ouvrage dont l'importance historique reste capitale et dont les analyses n'ont pas pris une ride.Ensuite, il y a une oeuvre romanesque de grande qualité.Il y a, enfin, cet énorme massif que constituent les Mémoires, témoignage irremplaçable sur sa vie et son époque.L'admiration qu'on lui porte doit-elle être pour autant sans réserve?C'est une autre histoire.Sa trajectoire personnelle n'a pas été aussi limpide qu'elle l'a dit après coup.» Depuis toujours, le personnage suscite des passions.Il y a ceux qui l'accusent pêlemêle de tous les péchés du monde: d'avoir détruit le couple homme-femme, d'avoir collaboré pendant la Guerre puis soutenu le totalitarisme, d'avoir donné naissance à la gauche caviar.De l'autre côté, les thuriféraires, pour qui l'auteure du Deuxième sexe a été une bienfaitrice et une héroïne sans reproche de la cause des femmes et, avec Sartre, du bonheur du prolétariat mondial.La question féminine, un hasard?La réalité est plus complexe pour Danièle Sallenave: « Le deuxième sexe demeure la pierre angulaire du féminisme moderne et n'a pas pris une ride.C'est une référence pour les femmes du monde entier.Mais Simone de Beauvoir est arrivée à la question féminine presque par hasard, au moment où, dans les années de l'après-guerre, elle se cherchait un grand sujet.Rien ne la destinait à écrire là-dessus.Certes, elle avait une volonté farouche d'émancipation et de réalisation personnelle, et elle rejetait radicalement le modèle de soumission incarné par sa mère.Mais elle avait toujours pensé en termes individuels: elle avait l'ambition de s'en sortir par ses qualités personnelles, par son génie intellectuel et littéraire.Ce qui lui importait, c'était de devenir un grand écrivain reconnu, et davantage encore de faire de sa vie une oeuvre.Le fait d'être une femme ne comptait pas vraiment pour elle.» Plus troublant: en suivant le fil de cette relecture de la vie du «Castor» (le surnom que lui donnait Sartre), on est forcé de constater que la fondatrice du féminisme contemporain flirtait parfois avec la misogynie.Dans ses lettres et même dans ses Mémoires, elle a des mots assez durs pour «les bonnes femmes», qui n'ont pas d'activité créatrice, pour les femmes amoureuses qui perdent la tête sous le coup de la passion, se mettent dans un état de dépendance.«Tout n'est pas si clair chez elle, dit sa \"relectrice\".Ou plutôt, les faiblesses qu'elle semble traiter de haut, ce sont celles qu'elle redoute en elle-même.Elle en fait presque l'aveu dans L'invitée et les Mandarins: dans le premier cas, l'héroïne qui lui ressemble est poussée au suicide car elle ne peut supporter la liaison de son homme avec une jeune femme.Dans le second, elle tue la rivale.Beauvoir, qui avait un ego surdimensionné, avait effectivement du mépris pour celles qui n'étaient pas capables comme elle de se construire une vie exemplaire et qui se laissaient aller à ces faiblesses féminines.Et avait décidé de les nier chez elle-même: sa relation essentielle avec Sartre était par définition au-delà de ces contingences.Mais dans les romans, elle fait l'aveu de ses propres tourments.» «Jumeaux de sexe différent» Mais justement.Sa relation avec Sartre est non seulement essentielle : elle doit être exemplaire.Ce doit être pour le monde ent ier un modèle de liberté totale et de transparence.Et d'égalité.«Globalement, dit Danièle Sallenave, l e pa r i e st tenu .Qu'arrive-t-il immanquablement dans un couple où il y a deux créateurs ?L'homme se consacre à sa création, et la femme se met à son service.À deux exceptions près : Christa Wolf et Virginia Woolf, où ce fut le schéma inverse.Dans le cas de Sartre-Beauvoir, on constate que les deux ont produit en parallèle une oeuvre majeure, ce qui est unique.Et cette relation essentielle a tenu le coup 50 ans.Il y a un dialogue très touchant entre eux, dans ces conversations enregistrées à Rome en 1974.Où ils parlent d'égal à égal, en se disant tout.Bon, c'est vrai que cette relation essentielle et unique avait rapidement cessé d'être sexuelle, sept ou huit ans après leur rencontre.Mais après tout, n'est-ce pas le cas de beaucoup de couples, où l'entente perdure, à travers des projets, des enfants, même s'il n'y a plus de relations sexuelles?Sartre et Beauvoir ont passé la plus grande partie de leur vie ensemble.Un peu comme s'ils avaient été des jumeaux de sexe différent.» Un bémol cependant: «J'admets avec vous que s'il y a une véritable égalité entre les deux, il y a de l'asymétrie dans leur relation.Sauf pour Le deuxième sexe et Une mort très douce, sur la mort de sa mère, il est vrai que le personnage central de ses grands romans et de ses Mémoires, c'est Jean-Paul Sartre, qui occupe toute la place.Tandis qu'elle est rigoureusement absente de son oeuvre à lui.Relation asymétrique en effet.Même si, dans une lettre de 1950, il lui fait cet aveu touchant : il n'y a qu'avec vous que je suis moi-même.Avec vous c'est bien.Et Sartre a souligné le mot bien.» CASTORDEGUERRE Danièle Sallenave, Gallimard 2008, 603 pages, 39,95$ (le livre sera en librairie cette semaine).BIOGRAPHIE Simone de Beauvoir, l'icône ambiguë «Ce qui lui importait, c'était de devenir un grand écrivain reconnu, et davantage encore de faire de sa vie une oeuvre, croit la biographe Danièle Sallenave.Le fait d'être une femme ne comptait pas vraiment pour elle.» PHOTO TIRÉE DU ROMAN CORRESPONDANCE CROISÉE «Concernant certains épisodes de sa vie, j'ai été parfois obligée de tirer des conclusions dures», dit Danièle Sallenave, auteure du livre Castor de guerre, à propos de Simone de Beauvoir.SIGNET CHANTAL GUY Ah! Les foufounes de Simone de Beauvoir à la une du Nouvel Observateur, il fallait bien que je vous en parle, même si au Québec, cet important postérieur a été masqué sur la couverture.«Simone la scandaleuse», ont-ils titré, et pour bien souligner le scandale, une photo vaut mille mots, n'est-ce pas, en tout cas plus qu'une oeuvre, qu'on résume de toute façon à «on ne naît pas femme, on le devient », célèbre phrase du Deuxième sexe.Ai-je été scandalisée?Pas du tout, on voit des culs partout de nos jours, et j'ai vu plus osé.Mais je me sens fatiguée, tout à coup.Foutre à poil l'une des rares femmes philosophes du XXe siècle pour son 100e anniversaire de naissance, quelques jours seulement après la publication d'une photo de Hillary Clinton ridée - «L'Amérique a-t-elle vraiment besoin de voir une femme vieillir à la présidence?» - avant de se lancer dans un autre débat sur l'avortement, tout cela me confirme trop que l'histoire morale, politique et philosophique continue de s'écrire sur le corps des femmes, qui, si elles sont parvenues à l'égalité dans les lois, n'ont jamais eu droit à la neutralité dans les domaines où elles n'ont jamais été vues.Alors inversons la situation.Ce qu'on n'a jamais vu non plus, ce sont des philosophes, des écrivains, des premiers ministres ou des présidents nus.On ne leur ferait jamais ce coup-là.Cela ferait probablement trop penser au conte d'Andersen - «le roi est nu» - si un homme de pouvoir était présenté en tenue d'Adam.On n'a droit qu'aux calendriers de pompiers, mesdames - applaudissons bien fort ces hommes valeureux, aussi hot que leur profession l'exige.À ma connaissance (et je serai heureuse d'être corrigée en recevant des photos), un seul écrivain chez nous a osé poser nu: c'est mon collègue Dany Laferrière, dans un magazine il y a quelques années.Si je m'en souviens, c'est que c'était mémorable, je lui en parle encore et, croyez-moi, il ne regrette rien.Mais ai-je vraiment envie de voir Jean-Paul Sartre à poil?Camus, oui, je prendrais tout un catalogue.Jacques Derrida, pourquoi pas?Si le Nouvel Observateur titrait«Sartre le Scandaleux» avec photo coquine à l'appui, évidemment que jem'achèterais un exemplaire, mais je saurais d'avance que ce ne serait pas par concupiscence.J'irais vérifier la grosseur de l'appendice comme on a scruté la «baisabilité» de Simone.Il n'était pas très beau, le Jean-Paul, et je me souviens que sa laideur était l'un des sujets de discussion de La cérémonie des adieux, ces fascinantes conversations menées en 1974 par Simone qui ne l'épargne pas et à qui il répond ce que peu de femmes pourraient dire.- «Simone: Enfin, cette laideur ne vous a pas empêché de réussir auprès des femmes.- Jean-Paul: Parce que j'ai appris plus tard que cela n'a que peu d'importance.- S.: par conséquent, ça n'a entraîné chez vous aucune espèce de timidité ?- JP.: Non.- S.: Vous me disiez que vous teniez beaucoup à ne sortir qu'avec des femmes qui aient un minimum de charme, et même si possible qui soient jolies.- JP.: Oui, parce qu'un homme laid et une femme laide, le résultat est vraiment un peu trop\u2026 un peu trop remarqué.Alors je voulais une espèce d'équilibre, moi représentant la laideur, et la femme représentant sinon la beauté, du moins le charme ou la joliesse.» Bref, ce n'est pas demain la veille qu'on verra danser Bernard-Henri Lévy au Crazy Horse avec sa charmante épouse, Arielle Dombasle, ni qu'on saura tout sur le zizi de Sarkozy, même si on a vu sa Carla Bruni sous toutes ses coutures.De deux choses l'une; soit les intellectuels refusent d'être vus nus, soit les femmes qui pourraient les croquer en photo ne s'intéressent vraiment.qu'à leur tête.À poil, les intellectuels ! 3532306A PLUS LECTURES AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY Il n'est pas mort sur la croix et ne croit plus en Dieu, même qu'il pense n'y avoir jamais cru.Il a coulé des jours tranquilles auprès de sa femme pendant plus de 50 ans\u2026 Dans Ceci est mon corps, Jean-François Beauchemin s'inspire de Jésus pour célébrer le mystère de la vie ici bas, sans recours à un hypothétique royaume des cieux qui n'appartient qu'aux étoiles.CHANTAL GUY Après La fabrication de l'aube, bouleversant récit de sa lente résurrection d'un profond coma (récit qui lui a valu le Prix des libraires l'an dernier), Jean-François Beauchemin continue de creuser un sillon qui manifestement l'anime, pas seulement comme écrivain mais comme homme.Non, cette épreuve physique qui la mené aux portes de la mort ne lui a pas fait découvrir la foi en Dieu.Ceci est mon corps, son 12e titre, est le deuxième roman de ce qui est annoncé comme une trilogie, mais surtout une réaction aux commentaires qu'a suscité La fabrication de l'aube.« Cela m'a toujours étonné d'entendre des gens dire et écrire que j'étais un miraculé, racontet- il.Quand je me suis relevé de ce coma, j'ai tellement eu ce sentiment profond d'avoir été dans un silence extraordinaire, dans un vide, que je ne pouvais pas concevoir que ce silence et ce vide correspondaient à quelque chose de vivant.C'était la mort.Je me suis dis que dans mon prochain livre, je voulais écrire une histoire dans laquelle un personnage souffre dans sa chair et survit à cette expérience douloureuse non pas à cause d'un miracle, mais grâce à son propre désir de vivre, grâce aux gens autour de lui.Quel personnage pouvait le mieux jouer ce rôle-là que le Christ, qui a beaucoup souffert?».L'écrivain est bien conscient qu'il s'approprie une figure vénérée, toujours aussi « à la mode» de nos jours avec les livres de Gérald Messadié ou Dan Brown, mais loin de lui l'idée de provoquer les croyants.« Cela ne me tentait pas de mettre en scène un demi-dieu et de le glorifier.Je suis athée, je n'ai pas la foi religieuse, mais cela n'empêche pas que cet homme m'a toujours intéressé.» D'ailleurs, dans ce long monologue d'un vieillard au chevet de son épouse à l'agonie, jamais le nom de Jésus n'est évoqué.Le narrateur luimême réfère à ce qu'il était dans sa jeunesse comme un personnage, on le devine plutôt inquiet de ce que son ancienne bande des 12 est en train d'écrire à son sujet, incrédule face aux rumeurs qui grossissent autour de ce qu'il a fait, de ce qui s'est réellement passé dans cette période trouble de sa jeunesse où il se cherchait.Il n'a jamais multiplié les pains, Lazare ne s'est pas relevé de sa tombe, le diable ne s'est pas manifesté dans le désert, et, surtout, il s'est leurré trop longtemps\u2026 Dans ce roman finement écrit, Jean-François Beauchemin s'approprie si bien le personnage de Jésus qu'on croirait entendre le narrateur de La fabrication de l'aube au crépuscule de sa vie, l'expérience douloureuse de la crucifixion (ou du coma), loin derrière, mais fondatrice de sa pensée.Beauchemin fait de Jésus un homme résolument moderne, peut-être trop moderne tant cet esprit a déjà fusionné toutes les traditions philosophiques qui feront l'Occident bien après lui.En cela, Ceci est mon corps n'est pas un roman historique, même s'il s'inspire de l'Histoire.Et encore, ce monologue est à la limite du roman et pas loin de l'essai.« C'est un récit hors du temps, une méditation » note Beauchemin, qui cite volontiers Montaigne ou Saint-Augustin comme sources d'inspiration.«Mais j'ai voulu libérer Jésus de son poids divin que j'ai toujours trouvé un peu lourd, de cet héritage juif qui est un monde pétri de merveilleux, de mythes et de rites.Je trouvais cela plutôt incompatible avec ce que j'ai voulu dépeindre.Mon Jésus est dans une lucidité face au monde, à la politique, aux arts.» Et face à la mort.L'un des messages essentiels de la foi chrétienne est la victoire de l'esprit sur la chair, alors que le Jésus de Beauchemin ne fait aucune différence entre les deux et ne croit qu'en la vérité du corps\u2026 « L'esprit est un prolongement de la chair et quand la chair meurt, l'esprit meurt, affirme l'écrivain.Il n'y a plus de vie, il n'y a plus rien.On n'est pas habitué d'entendre ça dans la bouche de Jésus! L'âme, si on en a une, ne vit que l'espace d'une existence, qu'entre la naissance et la mort.Avec cette idée-là, je vais à l'encontre du message de la chrétienté et, en fait, de toutes les religions.Mais je ne cherche à convaincre personne.Mon personnage ne croit qu'en ce monde-ci, qu'en la réalité, puisque cette réalité là, il sent qu'elle fait partie de lui et qu'il fait partie d'elle, si bien qu'il voit mal comment il pourrait faire partie d'un autre monde.» Jean-François Beauchemin est déjà attelé à l'écriture du troisième roman de sa trilogie, qui traitera sensiblement des mêmes thèmes.« La douleur, la mort, l'amitié, l'amour\u2026 Ce sont un peu les obsessions de cette trilogie.Je suis un peu obsédé, disons! Mais même si ces trois livres traitent pas mal souvent et longtemps de la mort, dans les trois cas, c'est la vie qui l'emporte toujours.C'est un passage obligé; si on veut parler de la vie avec vérité et profondeur, il faut qu'on passe par la question de la mort, mais ça ne veut pas dire qu'il faut s'y arrêter\u2026 » CECI ESTMONCORPS Jean-François Beauchemin, Québec Amérique, 193 pages, 19,95$ ENTREVUE/Jean-François Beauchemin Jésus l'existentialiste PHOTO FOURNIE PAR QUÉBEC AMÉRIQUE Avec Ceci est mon corps, Jean-François Beauchemin continue de creuser un sillon qui, manifestement, l'anime.ALAIN DE REPENTIGNY L'idée de colliger une trentaine de textes sur Bob Dylan, artiste secret s'il en est un, est intéressante.Au fil de ces interviews, rencontres (avec le dramaturge Sam Shepard ou le dylanologue déjanté A.J.Weberman) ou d'une conférence de presse, il est fascinant de voir Dylan jongler avec les mots, les concepts et ses propres contradictions - nombreuses.L'homme est passé maître dans l'art d'esquiver les questions, même s'il devient plus direct et transparent au fil des ans.Jonathan Cott a fait une sélection chronologique remarquable, mais on se passerait volontiers des deux articles qu'il a lui-même signés dans Rolling Stone, et qui baignent dans la prétention, le name-dropping et l'ésotérisme\u2026 Quand Cott demande à Dylan s'il ne serait pas préférable qu'un « autre personnage » fasse cette interview, le maître répond « quelqu'un de moins savant, vous êtes trop savant », et on a le goût d'applaudir.Tout le contraire des deux interviews du magazine Playboy dans lesquelles, à 12 ans d'intervalle, Dylan est d'un naturel étonnant.La lecture de cette brique peut s'avérer fastidieuse si on ne se permet pas de sauter par-dessus quelques- uns des articles qui ne sont pas tous du même intérêt.D'autant qu'au passage, on risque de buter sur des coquilles impardonnables du traducteur-David Letterman qui se prénomme Daniel, Robert Gover qui devient Guy Robert.Mais pour qui veut mieux comprendre l'énigmatique personnage et mesurer du même coup la complexité de son oeuvre, voilà une lecture éclairante, sinon essentielle.DYLANPARDYLAN Interviews 1962-2004, Éditions Bartillat, 560 pages, 56,95$ DOCUMENTS Les interviews de Dylan « Je suis athée, je n'ai pas la foi religieuse, mais cela n'empêche pas que Jésus m'a toujours intéressé.» ALTO (TER) Alto, la petite maison d'édition de Québec, peut se targuer de compter dans ses rangs trois des cinq finalistes de la catégorie Roman québécois des Prix des libraires du Québec, annoncés cette semaine.Ainsi Alto est en lice avec Les carnets de Douglas de Christine Eddie, Parfum de poussière de Rawi Hage et Tarquimpol de Serge Lamothe; la liste des finalistes québécois est complétée par Un taxi la nuit de Pierre-Léon Lalonde (Hamac-carnets) et Léon, Coco et Mulligan de Christian Mistral (Boréal).Même scénario dans la catégorie Roman hors Québec où les Éditions de l'Olivier ont aussi placé trois finalistes : À l'abri de rien d'Olivier Adam, Le dernier frère de Natacha Appenah et Cartographie des nuages de David Mitchell.Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel (Stock) et La Voleuse de livres de Markus Zusak (Oh !) sont les autres.Les 15e prix de l'Association des libraires du Québec seront attribués le lundi 12 mai au Lion d'or.L'an dernier, plus de 200 libraires québécois s'étaient prévalus de leur droit de vote pour primer La Fabrication de l'aube de JF Beauchemin (Québec Amérique) et Extrêmement fort et incroyablement près de Safran Foer (l'Olivier).LAFERRIÈRE LE JAPONAIS On attend au début du printemps chez Boréal le nouveau livre de Dany Laferrière, ancien collaborateur de La Presse mais toujours romancier.Laferrière, qui avait secoué les habitudes québécoises de titrage avec Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer (1985) nous propose maintenant Je suis un écrivain japonais.Ancien samouraï aussi, probablement.PARAGUAY Dans sa série «Des mots et des sons », l'Union des écrivains accueille Sergio Kokis qui lira des extraits de son roman Le Magicien dont l'intrigue se déroule au Paraguay, pays de tous les bouleversements.La partie musicale sera assurée par Robin Grenon à la harpe paragayenne.Jeudi 19h30 à la Maison des Écrivains, 3492 rue Laval.Sources : ALQ, Uneq.Dany Laferrière PHOTO ARCHIVES LA PRESSE PLUS LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Pour connaître Deszö Kosztolányi, il faut être hongrois ou bibliothécaire.Michel Lefebvre est bibliothécaire, et de toute évidence un fameux chasseur de scènes de la vie quotidienne.Sa besace remplie, il en tire la matière de nouvelles plutôt bien ficelées.S'inspirant du Hongrois susnommé, qui aurait créé le personnage valise de Karél Esti (cette fois, Google n'est d'aucun secours et cet Esti ressemble à un juron québécois), il donne au protagoniste de chacune le même nom, Bertin Lespérance, homme à tout faire d'âges variables, souvent accompagnateur de Jacques, son chien.Pas nécessairement sympathique, le bonhomme, pas forcément antipathique non plus, assez habile pour tirer son épingle d'un jeu auquel, sagement, il ne participe le plus souvent que de loin.Il est sans prétention en tout cas, ce qui rend très crédible l'ironie mordante qu'il inflige à ceux qui se donnent un genre, réservant une ironie plutôt tendre à ceux qui en ont vraiment un.Les uns et les autres forment ensemble une tribu qui reflète la singularité que la rumeur accorde au Plateau Mont-Royal.Bertin Lespérance et les autres personnages vivent dans ce quartier comme des poissons dans l'eau, ce qui témoigne de la prégnance de l'espace culturel, sinon de son authenticité.Il n'y a pas de contadins dans cette famille, ou alors ils l'ont oublié.On est de la ville et on a ce qu'il faut d'urbanité, on est bourgeois sans remords, ce qui n'empêche pas d'estimer, de loin bien sûr, les marginaux qui ont survécu à la «gentrification» galopante.Quant aux chiens, qui sont plutôt nombreux, ce qui est un peu dégoûtant, ils semblent avoir plus de sagesse que les maîtres dont ils pallient parfois l'orgueilleuse solitude.Les tableaux de moeurs ont toujours la cote, surtout quand ils sont férocement amoraux.Pour qui veut s'encanailler un brin, On va gagner ! a tout ce qu'il faut.Bassesses et tromperies sont le menu ordinaire de quelques personnages, tandis qu'un autre n'hésite pas à étaler, en mentant peut-être, sa longue carrière de prédateur sexuel.Aux historiettes bien léchées, dont la chute est trop prévisible, M.Lefebvre préfère la mécanique grinçante des histoires vraiment tordues.Habile à créer des climats convaincants, c'est dans les dialogues qu'il excelle surtout.Ceux-ci sont plus vrais que possible, de contenu et de ton, et on se surprend parfois, en les lisant, à les entendre.Même les deux ados qui veulent voler un dépanneur pour vivre quelque chose d'excitant, et qui ont un vocabulaire minimal, man, parviennent à faire entendre clairement leur désarroi et leur naïveté.Il y a peut-être chez M.Lefebvre un dramaturge qui s'ignore.\u2014 Réginald Martel ONVAGAGNER! Michel Lefebvre Les Herbes rouges, 208 pages, 16,95$ Le tombeau des bons sentiments BIBLIO LES RECETTES DE LA CALLAS RÉAL LA ROCHELLE LEMÉAC, 104 PAGES 15,95$ Julian Barnes a écrit un chef-d'oeuvre de critique littéraire.Dans Flaubert's Parrot, un retraité anglais se met à la recherche du volatile empaillé qui veillait sur la rédaction d'Un coeur simple.Quête vaine, non pas parce que le perroquet n'existe pas, mais parce qu'il existe trop.Il s'en trouverait une cinquantaine dans divers musées de Haute-Normandie.Dans ce qui est un pur bijou d'intelligence et d'aimable science, le protagoniste du récit de Réal La Rochelle s'est mis plutôt à la recherche des recettes de la Callas, à la demande d'un éditeur.La célèbre diva n'a sans doute jamais cuisiné, trop occupée à manger ou à maigrir, diront les méchantes langues, mais la quête du Graal est plus excitante que sa découverte.Si le narrateur n'a accepté le contrat que pour le fric, c'est dans la passion qu'il l'exécute.Grâce au soutien du Spécialiste, dont la science rappelle celle d'un Jean-Jacques Nattiez en sémiologie musicale, le prétexte culinaire devient une occasion de fricoter joliment les légendes et rumeurs qui sont le lot des célébrités.Le plat est étonnant, de forme et de texture, et surtout délicieux.Sans négliger tout à fait la référence culinaire, et en y revenant chaque fois qu'une hypothèse l'intéresse, Réal La Rochelle reconstruit par petites touches le monde dans lequel la Callas a connu triomphes et humiliations.Au passage, il écorche « l'industrie antimusicale des Trois Ténors ».À Callas, il reconnaît un sens musical aigu, lié à un manque de jugement qui le serait tout autant.Les fanas de Maria lui pardonneront-ils cet hommage ambigu?\u2014 Réginald Martel NOUS SEULS EMMANUEL KATTAN BORÉAL 232 PAGES 19.95$ Peut-on réécrire à deux une histoire d'amour qui nous a filé entre les doigts des années plus tôt ?Encore faudrait-il accepter une conjugaison au présent.Or, Antoine et Judith ont beau se tenir par la main, de nouveau réunis après une rupture qui aura duré neuf ans, le regard est derrière l'épaule, fixé sur un moment où tout ne s'était pas encore fracassé, alors que les deux amants n'en étaient qu'aux balbutiements de leur découverte d'eux-mêmes.Pour un premier roman, Emmanuel Kattan (le fils de Naïm Kattan) choisit donc d'explorer le romantisme amoureux.Ici, l'obsession des obstacles galvanise certes le sentiment mais détruit leur équilibre.À la manière d'un thème musical persistant, la nostalgie de Judith empoisonnera leurs retrouvailles jusqu'à gruger à la moelle leur réunion.Voulant gommer les neuf années perdues, les deux amants basculeront dans une névrose qui les mènera au crime.L'idée générale ne manque pas d'intérêt.Le lecteur n'aura d'ailleurs jamais accès à l'histoire heureuse de ce couple, histoire qui semble réellement prise d'assaut par une brume épaisse.Mais Emmanuel Kattan ne réussit malheureusement pas à transcender son propos.Privilégiant une forme où se côtoient les confessions intimes des protagonistes sous forme de journal, l'auteur illustre l'aliénation de ses personnages par des redites, peinant à rendre intéressants sur le plan narratif ou langagier ces êtres prisonniers de leur spleen\u2026 \u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale LES TERRITOIRES DU NORD-OUEST LAURENT CHABIN COUPS DE TÊTE 82 PAGES.10,95$ Quatrième titre de la maison d'édition Coups de tête, Les Territoires du Nord-Ouest de Laurent Chabin ne décevra pas son public cible.Fondée l'année dernière par Michel Vézina, la maison Coups de tête s'est engagée à fournir aux jeunes adultes (précisément aux jeunes hommes) des livres susceptibles de les rejoindre.Lire: qui se lisent vite et qui grouillent d'action.Certes le numéro le plus noir depuis le lancement de la maison, la plaquette de Laurent Chabin explore l'appétit de violence de l'être humain lorsque celui-ci se voit confronté au pouvoir.Sur les territoires, royaume du tout-terrain où la faune n'est constituée que de camions et d'excavatrices, la désolation s'accroche au décor.Pour abrutir les hordes de mineurs, on organise des spectacles de gladiateurs des temps modernes, combats entre hommes et chiens enragés.Le sang gicle.L'univers de Chabin sent fort la viande, la bile et le rut.Appelé en renfort par la compagnie soudainement inquiète d'une insurrection, le narrateur choisit alors d'instaurer le système de l'arène au sein même de la vie dans les Territoires, exacerbant les instincts de survie jusqu'au délire collectif.Écrit sous la forme d'un manifeste virulent, Les Territoires du Nord-Ouest pousse le cynisme dans ses derniers retranchements, offrant au lecteur une incursion cauchemardesque dans les sentiers sinueux du vice.\u2014 Jade Bérubé, collaboration spéciale JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE «Ce livre fut écrit en tant que manuel de sauvetage pendant mon naufrage sur l'île de la Chine» peut-on lire à la fin de l'étonnant roman de l'auteure québécoise d'origine roumaine, Felicia Mihali (Le pays du fromage).«Quand je suis partie en Chine, je n'avais pas du tout l'intention d'écrire un livre, confirme l'auteure qui fut appelée à se rendre là-bas, en 2002, afind'aider des groupes de Chinois dans leur demande d'immigration au Québec.«J'étais au Québec depuis trois ans et, ce n'est pas que je ne trouvais pas ma place mais je me posais des questions.Est-ce que j'ai bien fait de venir ici?Devrais-je retourner en Roumanie?.Je pense qu'il est sain que chaque immigrant se questionne sur sa nouvelle identité.» L'auteure a donc sauté sur l'occasion de renouer avec ses études de chinois pour entreprendre une quête initiatique de 10 mois.«Ce fut un véritable retour dans le passé, relate Mihali, qui a vécu 23 ans sous le régime communiste dans son pays natal avant d'émigrer au Québec.«Pékin m'est apparue comme un Bucarest multiplié par 10.J'ai alors commencé à écrire, à tenir un journal et à prendre des photos, pour ne pas sombrer, tant j'étais perdue.Je regardais beaucoup tous ces westerns chinois à la télé qui essaient de récupérer un passé détruit.J'entendais aussi des histoires que me racontaient mes étudiants.J'ai eu alors très envie de faire un album d'art, un projet à la fois littéraire et visuel avec tout ça.» Le pari semble impossible et pourtant, Felicia Mihali réussit avec virtuosité et intelligence à lier cette matière, transformant de simples carnets de voyage en véritable oeuvre littéraire foisonnante.Ajoutant une touche de réalisme magique, créant des entités traversant le temps, l'auteur fait entrer son alter ego, Augusta, en Chine comme dans un palais des miroirs où les épouses d'empereur, comme les étrangères, se cachent dans les replis d'encre des estampes, pendant que les étudiants chinois se perdent en conjectures à tenter de comprendre comment entrer au Québec.«Je trouvais intéressant que la Chine soit découverte à travers les sens empiriques, poursuit-elle.En ce qui a trait aux photos, je ne voulais pas simplement souligner le propos.À l'aide d'une amie artiste en arts visuels, j'ai utilisé la technique du collage.Les photos sont donc un reflet de la technique narrative.L'aspect visuel reflète lui aussi une pensée cohérente, un discours.» Au pays des mensonges Si Felicia se renomme Augusta au sein du récit («je me sentais au mois d'août de ma vie», dirat- elle), les extraits de son journal, eux, demeurent inchangés.Aucune contrefaçon donc dans cet ouvrage mais beaucoup de fantaisie et de mirages.«J'ai voulu rendre la frontière entre la réalité et la fiction très floue, explique l'auteure, si bien qu'on ne sait pas où sont les mensonges.» C'est peut-être d'ailleurs le seul clin d'oeil que se permet l'auteure au régime communiste, un sujet planant comme un fantôme audessus des pages sans jamais s'y poser réellement.«Le communisme est un régime où la liberté ne fonctionne pas vraiment , répond Mihali lorsqu'on la questionne sur sa réserve.Or, dans mon travail, je devais aider les Chinois à répondre à la question: pourquoi voulez-vous partir ?Vous comprendrez que la question était doublement délicate.«J'aurais voulu pouvoir me moquer de certaines choses, en parler du moins, poursuit-elle.Mais connaissant le système, je savais qu'il peut toujours y avoir, même parmi mes étudiants, quelqu'un qui risque de rapporter ce que j'ai dit.Ici, on ne sent pas l'appareil oppressif.On associe la Chine à la mauvaise marchandise.Mais le régime, là-bas, ça fonctionne.La peine capitale, les emprisonnements, ça existe.Alors, il faut bien tenir sa langue.On ne parle pas de politique là-bas.De même qu'on ne joue pas avec le communisme.» L'esprit et l'originalité de l'oeuvre n'empêchent pas l'auteure de glisser certaines notions historiques judicieusement choisies, nous ouvrant la porte sur un monde magique ayant des assises dans la réalité.Mais surtout, Sweet, sweet China effleure avec tendresse les vertiges identitaires des nouveaux nomades, les immigrants.«Tout comme pour le personnage d'Augusta, la Chine fut pour moi la cime d'un triangle qui réconcilie les deux parties de mon identité, l'identité roumaine et québécoise, témoigne Mihali.Ce fut d'ailleurs un choc de découvrir que j'appartenais finalement aux valeurs de l'Ouest.Cette aventure m'a donc permis d'échapper à la nostalgie.Mais voilà, pour vivre l'expérience de l'intégration, il faut être patient et ne rien brusquer\u2026» SWEET, SWEETCHINA Felicia Mihali, Éditions XYZ, 330 p., 28$ ENTREVUE / Felicia Mihali Délicieuses chinoiseries Alliant carnets de voyage, données historiques et rêveries, Felicia Mihali livre un portrait résolument intime de la Chine et des mouvances intérieures des immigrants dans Sweet, sweet China.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE D'origine roumaine, l'auteure Felicia Mihali a vécu 23 ans sous le régime communiste avant d'émigrer au Québec. PLUS LECTURES CÉLÉBRITÉS.DIANE LALONDE BERGERON Après toutes ces années à être à l'écoute des autres et, tous tes proches le savent, à souvent t'inquiéter, c'est aujourd'hui à ton tour de goûter à une belle retraite bien méritée.De ta grande famille qui t'aime énormément et qui se réjouit que tu aies enfin tout ton temps.VÉRONIQUE FOREST Félicitations pour ta réussite à l'examen du Barreau 2007 Nous sommes fiers de toi.Papa, maman, Pascal, Philippe, Diane, Sophie.Viet et les petits.cELEB_08-02-03 MARcELLE ROBILLARD ET LUcILLE GONNEVILLE Elles ont 90 ans! Bonne fête aux jumelles à l'occasion de leur anniversaire.Quelle chance de vous avoir toujours avec nous, nous qui vous aimons tant et tant! Vos enfants et petits-enfants.Vos trognons.MARcELLE TOUPIN ET JAcQUES cHRISTIN unissaient leur destinée le 7 février 1948 pour 60 merveilleuses années.Félicitations! De vos enfants Manon, Jean-Pierre, Chantal et vos petits-enfants Maryse, Véronique, Guillaume, et Gabriel.NOËLLA BARON ET GASTON DESJARDINS Heureux 60e anniversaire de mariage.Félicitations! Vos enfants Jean (Francine), Lise (Chris), Monique (Jean), Luc, Jacques (Hillary), Anne, Daniel (Lucie), vos petits-enfants Christian, Mariève, Mathew, Christopher, Jonathan, Marianne, David, Jean-Sébastien, Charles, Caroline, Simon, Marie-Claude, Isabelle, Amélie et votre arrière-petite-fille Laurence.Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca Vous a Vez un é Vénement à célébrer ?tous les dimanches dans La Presse LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE C'est bien simple: tout le monde meurt.Ce fait, s'il est tenu loin de notre conscience par le travail, la vie amoureuse, le besoin de sortir les poubelles et payer les comptes, reste acceptable.Mais à l'approche de la mort réelle, physique, la puanteur de son haleine, le personnage d'Un homme, dernier roman de Philip Roth, est pris d'une de ces terreurs.Et on le comprend.Ce livre commence avec les funérailles du personnage principal, qui restera sans nom.Ce qui est normal, car ce n'est qu'un homme qui connaît le sort de tous les êtres humains.Aux funérailles, on trouve son frère aîné Howie, un homme qui continue de jouir d'une santé parfaite.Il y a ses deux fils nés d'un premier mariage qui lui en veulent encore d'avoir quitté leur mère, et il y a sa fille Nancy, née d'un deuxième mariage, qui l'a aimé sans condition toute sa vie.Et quelques anciens collègues, car notre homme a été directeur artistique dans une agence de publicité.Mais nous ne restons que quelques pages au cimetière.Très vite, nous remontons le cours de la vie de cet homme, à commencer par son enfance.Son père était bijoutier dans le New Jersey, et ses clients, les travailleurs de cette région.Ce monde, on l'a déjà rencontré dans plusieurs romans de Roth, et pourtant, je ne me lasse jamais de lire ses évocations des quartiers industriels du New Jersey, des rues peuplées par des immigrants juifs, irlandais et polonais.Le monde de Roth est éternel.Dans un sens, Un homme est le récit des rencontres du personnage avec les différents visages de la mort durant toute sa vie.La première a lieu quand l'homme n'est qu'un garçon, lorsqu'il doit entrer à l'hôpital pour se faire opérer pour une hernie.On dirait que cet homme porte en lui sa mort depuis sa naissance, et que le dénouement final n'est que la suite logique du temps.La source de vie, chez Roth (et chez beaucoup d'auteurs masculins !), ce sont les femmes, les rencontres avec elles, la séduction, la possession.Mais l'homme de Roth ne peut se contenter de ce qu'il possède déjà.Disons que c'est un gourmand, ou un cavaleur, ou un imbécile irresponsable, c'est selon.Dans le récit de sa vie, il court d'une femme à l'autre, à la recherche de la passion qui naît de la nouveauté.Résultat: à la fin de sa vie, il se retrouve seul, en proie à une solitude qui tue.Philip Roth, grand moraliste?Bien sûr.Il l'a toujours été, d'une oeuvre à l'autre, pendant toute son extraordinaire carrière.\u2014 David Homel, Collaboration spéciale Unhomme Philip Roth traduit par Josée Kamoun Gallimard, 153 pages, $29.50 Ça arrive à tout le monde DANIEL LEMAY Plus que quiconque, il a incarné le self made man québécois, cet entrepreneur qui, parti de rien, se construit un empire par sa seule volonté.Certains trouvent leur motivation en eux-mêmes, d'autres veulent réaliser le rêve de leurs parents.Ou venger leurs rêves brisés.Pierre Péladeau, fondateur de la multinationale Quebecor disparu il y a 10 ans, a passé sa vie à accumuler les millions pour venger l'humiliation de sa famille après que le père, riche marchand de bois d'Outremont, fut acculé à la faillite par des associés peu scrupuleux.La motivation était claire, comme le sera la manière, lit-on dans la biographie du magnat de la presse québécoise que vient de lancer le journaliste Julien Brault chez Québec Amérique.«Sans dogme ni morale», le cadet de sept enfants se lancera au début des années 50 dans une quête effrénée de richesse et de pouvoir qui fera de lui, en moins de 15 ans, un des personnages les plus en vue de ce qui ne s'appelait pas encore Québec Inc.Point de départ : le Journal de Rosemont que le jeune entrepreneur - il en fera la base de son empire et de son mythe - achète pour 1500$ empruntés à sa mère, la seule femme qui comptera vraiment dans sa vie.Pour acheter ensuite sa première imprimerie, le tremplin vers le titre de numéro 1 de l'imprimerie mondiale, Pierre Péladeau empruntera l'argent au père de celle qu'il se verra obligé de prendre pour femme, pour cette raison même de liquidités.De ce premier mariage malheureux naîtront les quatre héritiers les plus médiatisés du Québec moderne : Érik, Isabelle, Pierre Karl et Anne-Marie Péladeau.Leur père aura trois autres enfants de deux autres femmes.Pierre Péladeau qui, de son propre aveu, n'aura connu que des «instants d'amour », était un homme à femmes, mais le lecteur avide de «noms » sera déçu: la biographie de Julien Brault ne fait pas de révélation à ce chapitre.Plus importants à la compréhension du sujet sont les anciens collaborateurs de «Monsieur P.» qui constituent une partie de la nomenklatura du Québec médiatique et corporatif : Claude J.Charron, éditeur de génie (La Semaine), l'ex-PDg de Radio-Québec Jacques girard, Rémi Marcoux, mentor discret de Transcontinental, et bien d'autres que l'auteur replace dans l'évolution des médias d'ici.Bien que l'on apprécie la concision du propos, on aurait aimé que M.Brault élabore un peu sur d'autres ; sur le journaliste sportif Jacques Beauchamp, notamment, véritable architecte du succès du Journal de Montréal, lancé au début d'une grève de La Presse à l'été de 1964 et vite adopté par la «masse francophone» qui appréciait les trois s : sexe, sang, sport.La manière Péladeau S'il n'avait pas de «vision journalistique » à proprement parler, Pierre Péladeau savait certainement reconnaître une circonstance opportune ; ainsi, le Journal de Québec sera lancé au lendemain même, le 6 mars 1967, de la mort du général georges Vanier, premier Québécois à accéder au trône du gouverneur général du Canada.Une institution pour laquelle, à l'instar de toutes les autres, il disait n'avoir aucun respect bien qu'il acceptât avec empressement doctorats honorifiques et autres récompenses de prestige.Longtemps alcoolique, sympa th isa nt fa s c i s te , délinquant aux «manières de butor», Pierre Péladeau avait tous les défauts et «pas d'autre talent que celui d'être capable d'en dénicher », écrit Julien Brault qui , outre une rigoureuse recherche documentaire, a rencontré une dizaine de proches de son sujet dont Érik, son fils aîné.Ce qui ne fait pas pour autant de son livre une biographie «autorisée» qui, on peut le supposer, n'aurait pas paru chez un «indépendant» comme Québec Amérique.Au-delà des considérations personnelles, le lecteur verra donc apparaître au fil des pages la façon Péladeau: acheter à rabais sans jamais se laisser entraîner dans la surenchère, ne pas s'entêter à poursuivre un projet voué à l'échec et, surtout, surtout, garder le contrôle de chacune des composantes.Quitte à marcher - la fondateur le faisait sans crainte - sur «la mince frontière qui sépare la ruse des opérations frauduleuses ».Aujourd'hui, l'empire Quebecor s'étend sur trois continents et, avec le Journal de Montréal, TVA, Vidéotron et ses propriétés dans la musique et le livre, s'avère toujours l'acteur principal de la scène médiatique et culturelle québécoise.Comme son père à qui il a succédé, Pierre Karl Péladeau a étudié la philosophie et le droit; comme son père, «PKP» est honni par l'intelligentsia.Comme son père encore, le «fils en colère» brasse la cage et règne sans partage.Peut-être en tentant de se réconcilier avec le fait que, dans son humiliation perpétuelle, son père affichait pour les fils de riches le plus profond mépris.PÉLADEAU Une histoire de vengeance, d'argent et de journaux Julien Brault, Québec Amérique, 284 pages, 24,95$ BIOGRAPHIE Pour laver l'humiliation PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Pierre Péladeau, fondateur de Quebecor.Julien Brault a rencontré une dizaine de proches de son sujet dont Érik, son fils aîné.Ce qui ne fait pas de son livre une biographie « autorisée ». AMUSEZ-VOUS! La griLLe thématique So Lution du dernier numéro Horizonta Lement 1 Capitale fédérale de l'Australie - Sa capitale est Édimbourg.2 Capitale des Samoa - Sa capitale est Columbus - Capitale de la Norvège.3 Type - Couper les branches inutiles d'un arbre - Calife assassiné à Kufa.4 Passionné - Paisible.5 Ancienne capitale du Brésil - Rhésus - Phénomène hivernal.6 Supprima - In naturalibus - Existent - Se porte.7 Qui ne peut attendre - Gaz intestinal - Sa capitale est Mascate.8 Qui n'a presque pas servi - Article contracté - Sa capitale est Dublin.9 Capitale du Kenya - Deux moitiés - Boulevard.10Indique une addition - République de Russie dont la capitale est Kazan.11 Musardent - Scandium - Entier.12 On y forme des administratrices - Autour de Tahiti - Sa capitale est Beijing.13 Pitrerie - Trois fois quatre.14 Arme silencieuse - Circule à Abuja - Désavouant.15 Nunuche - Sigle de Schutz Staffel - Supprimés.Vertica Lement 1 Sa capitale est Yaoundé - Capitale de l'Arménie.2 Sommet végétal - Capitale du New Jersey - Gloussé.3 Sa capitale est Managua - Capitale du Bangladesh.4 Terme de scout - Peuple de l'île de Hainan - Se garde de.5 Sidérer - Éclairent Las Vegas.6 Capitale d'Europe - Do - Capitale du Canada.7 Lettre grecque - Sélénium - Ville du Nigeria - Homogènes.8 De cette façon - Cavité circulaire - Légumineuses.9 Port du Danemark - Capitale du Ghana.10Il est toujours en train de contester - Exprime le rire.11 On le parle à Séoul - Instruisent.12Fémur - Dieu guerrier scandinave - Il est mort à Londres - Id est.13Se parle aux États-Unis - Des Caraïbes ou de Beaufort - Sa capitale est Austin.14Monnaie du Pérou - Prénom féminin - État fédéral d'Amérique du Nord - À la mode.15Sa capitale est Reykjavik - Préparations pour le corps.Solution au prochain numéro michel hannequart www.hannequart.com États et capitales Génies en herbe solution l'Année 2007 1 Rio Tinto 2 Patrick Huard 3 Les Roughriders de la Saskatchewan 4 Taking Chances (de Céline Dion) 5 Russell Martin ARts et lett Res 1 Delphes 2 À la recherche du temps perdu 3 Amsterdam 4 L'Iliade 5 Au clair de la lune iDées et Reli Gions 1 Le Bouddhisme 2 La Mecque 3 Emmanuel Kant 4 La Genèse 5 Le rationalisme Asso Ci Ation 1 e 2 a 3 b 4 c 5 d CeRVe Au Di Re Ction 1 pied 2 route 3 tête 4 nord 5 italien Mots PAR « M » 1 myopie 2 Mercure 3 mépris 4 ménéstrel 5 menotte teRRe et MeR 1 Un plat composé d'un steak et d'un poisson (ou de fruits de mer) 2 Le parc Forillon 3 Québec à la carte 4 Un isthme 5 Terre des hommes olYMPis Me 1 République démocratique allemande 2 9,79 secondes 3 14 ans 4 Jim Thorpe 5 La torpille l'Année 2007 1 Quelle compagnie minière anglo-australienne acheta Alcan en 2007?2 Qui réalisa le film québécois Les trois petits cochons mettant en vedette Claude Legault et Guillaume Lemay-Thivierge?3 Quelle équipe de la LCF remporta la Coupe Grey en 2007?4 À la production de quel album pop-rock fort attendu les artistes suivants ont-ils participé : Peer Astrom, Babyface, Bryan Michael Cox, Jean-Pierre Ferland et Aldo Nova ?5 Né d'un musicien afro-américain et d'une actrice québécoise, quel gradué de la polyvalente Édouard-Montpetit remporta un gant doré et un bâton d'argent dans la Ligue Nationale à titre de receveur des Dodgers de Los Angeles ?ARts et lett Res 1 Complétez le nom de cette célèbre statue de l'Antiquité représentant un conducteur de char avec un nom de ville grecque: l'Aurige de\u2026?2 Dans quel monument de la littérature française créé par Marcel Proust retrouve-t-on les romans Du côté de chez Swann, À l'ombre des jeunes filles en fleur et Albertine disparue?3 Très riche en peintures du XVIIe, siècle appelé le « Siècle d'or » des Pays-Bas, dans quelle ville peut-on visiter le fameux Rijksmuseum?4 Quelle oeuvre d'Homère comptant 15 337 mètres se termine avec la prise de Troie ?5 Je suis une comédie fantaisiste d'André Forcier mettant en vedette Michel Côté dans le rôle d'un albinos fantasque ainsi qu'une chanson populaire dont la première strophe se termine par « Ouvre-moi ta porte, pour l'amour de Dieu »?iDées et Reli Gions 1 De quelle religion le temple Hôryû-ji, dans le parc de Nara, au Japon, est-il un sanctuaire ?2 Dans quelle ville d'Orient se trouve la Kaaba, vers laquelle se tournent les Musulmans pour prier ?3 De quel philosophe né et mort à Konigsberg, en Prusse orientale, Critique de la raison pure est-il l'ouvrage le plus connu ?4 Écrit par Moïse selon la tradition juive et appelé « Bereshit » par les Hébreux, comment s'appelle le premier livre de la Bible qui retrace la création du monde ainsi que le déluge?5 En philosophie, comment appelle-t-on la doctrine selon laquelle toute connaissance vient de la raison et non des sens, que ses adeptes considèrent comme incertains ?Asso Ci Ation Associez l'entreprise à sa province d'origine 1 Irving a) Québec 2 Rona b) Ontario 3 Research in Motion c) Alberta 4 Husky Energy d) Colombie-Britannique 5 Lululemon Athletic a) Nouveau-Brunswick CeRVe Au Di Re Ction Trouvez le mot qui relie les membres de chaque suite: 1 Biche, athlète, argile 2 Panoramique, accès, secondaire 3 Turc, enflée, mal 4 Perdre, magnétique, grand 5 Spaghetti, accent, vin Mots CoMMenÇAnt PAR « M » 1 Trouble de la réfraction de l'oeil dans lequel l'image se forme en avant de la rétine, quand on regarde au loin.2 Planète la plus rapprochée du Soleil ainsi qu'un dieu grec, celui du commerce.3 Sentiment par lequel on juge quelqu'un ou sa conduite de condamnables, d'indignes.4 Au Moyen-âge, musicien de basse condition qui chantait ou récitait des vers en s'accompagnant d'un instrument de musique.5 Petite main ou bracelet métallique.teRRe et MeR 1 En anglais, que désigne-t-on par un « surf and turf »?2 Comment appelle-t-on le Parc Fédéral situé sur une avancé de terre dans le golfe du St-Laurent, près de Gaspé, et dont la création en 1970 fut associée à de nombreuses expropriations ?3 Quel jeu télévisé des années -80 animé par Guy Mongrain utilisait la Transat Québec-St- Malo comme thématique ?4 Comment appelle-t-on une bande de terre étroite, située entre deux étendues d'eau et réunissant deux régions terrestres ?5 Roman autobiographique de St-Exupéry connu en anglais sous le titre Wind, sand and stars, je fus aussi le thème de l'exposition universelle de Montréal tenue en 1967?olYMPis Me 1 Quel pays la patineuse artistique Katarina Witt représentait-elle aux Jeux Olympiques de Calgary en 1988?2 Quel fut le temps exact de Ben Johnson en finale du 100 mètres aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988?3 Quel âge Nadia Comaneci avait-elle lors de sa prestation parfaite en gymnastique à Montréal en 1976?4 Quel joueur de football américain d'origine autochtone remporta le décathlon aux J.O.de Stockholm en 1912 ?5 Comment le nageur australien Ian Thorpe estil familièrement surnommé?no1288 en collaboration avec Génies en herbe Pantologie inc.lapresse@mpghp.ca mots croisés solution du dernier numéro www.hannequart.com Du lundi au dimanche Horizontalement 1 Elle est mauvaise conseillère - Corde de gaucho.2 Estuaire breton - Ils guident des alpinistes.3 Fenaison - Laisse aller sa pensée.4 Exprimés - Mettre en colère.5 Colère - Creuse pour retirer le centre.6 On y va pour voter - Insolite.7 Dans le calendrier - Possessif.8 Vaut 576 m environ - Acarien du fromage - Médecin spécialiste.9 Annonce des funérailles - Gros oiseau ratite.10Attrape-mouche - Baguettes.11 Plébiscitée - Édifice circulaire.12 Recommencé - Développement.Verticalement 1 Conseiller du pape - Se dit à la belote.2 Obtempérer - Surveillant.3 On y met un CD - Il vit en meute.4 Divinité de l'Amour - Rire stupidement.5 Embourbé.6 Pâturage d'été, en montagne - Lentilles.7 Personne d'un abord difficile.8 Article - Milieu de jardin - Incapable.9 En retard - Salle centrale d'un temple.10Voisin du barracuda - Sans importance.11 Goût - Pièce musicale.12 Prendre des risques - Boire beaucoup d'alcool.Êtes-vous observateur Ces deux dessins sont en apparence identiques.En réalité, il y a entre eux HUIT petites différences.solution 1 Nez de l'homme plus court.2 Dossier indiqué dans le dos de l'homme.3 Tige du rétroviseur plus longue.4 Pare-chocs plus court devant la roue avant.5 Portière incomplète au-dessous du cadenas.6 La nervure au-dessus du garde-boue arrière.7 Camion incomplet derrière le gyrophare.8 Trottoir incomplet derrière le poteau de droite.Citation secrète Placez les lettres de chaque colonne dans la case appropriée de manière à former une phrase complète.Les mots sont séparés par une case noire.Solution du dernier numéro Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles.thème : Citation de Oscar Wilde ED Eu aE ED Et EG nD oR Eu Et mot mystère Solution du dernier numéro | tunGSt EnE monna Ies | Un mot de 7 lettres ARGENT AVERS BALBOA BLANC BOURSE BRONZE CHAMP COIN COLON DOURO ESCUDO ESPECES ETALON EURO FIGURE FMI FRAI GOURDE GRISBI INCUSE JAUNET KIP LEGENDE LINGOT LIVRE LOUIS MARC MONNAIE MOUTON NAIRA NUMERAIRE OBOLE OSEILLE OUGUIYA PILE RAND REAL RICHE RIEL RUPIAH SCHILLING SICLE SOL SOMME SUCRE TAEL TESTON THUNE TICAL TITRE TOURNOIS TUNE UNITE YEN YUAN "]
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