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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
D. À vos affaires
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-01-20, Collections de BAnQ.

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[" www.lapresseaffaires.com À VOS AFFAIRES LES FRAUDES PA R TÉLÉMARKETING LA MACHINE DÉCO RTIQUÉE MARC TISON Deschèques, deschèques, deschèques.Desliasses de chèques.Desboîtesde liassesdechèquesde2000 $à5000 $.Tous faux.Et en apparenceparfaitement authentiques.Da ns un corridor du quartier général du Cent re opérationnel de lutte cont re le télémarketingfrauduleux (COLT), rue Sainte-Catherine, à Montréal, unconteneur grillagédéborde deschèqueset des lettre s interceptés lors d'une enquête menée sur une orga nisation de télémarketing frauduleux.Nous sommes le 11 décembre.Da ns une semaine, unecon férencedepresseannoncera la saisie de quelque50000 le ttres, chacuneaccompagnée d'un chèque, comme celuifaitàl'ordre d'un habitant de l'Ontario, pour la sommede2765,72 $.Il estparfait jusquedanssadélicatetrame de fond et sontimbreholographié.Leur va leur totale approche les195 millions.Cettearnaque estune mutation de la fraude de l'Afriquedel'Ouest :lalettre annonceaudesti natairequ'il estl'heureux gagnantd'unprixpouvantatteindre 50 000 $, dans le cadred'une ca mpagne promotionnelle internationale.Onlui demande de déposerlechèquepréliminaireinclu sdansl'e nvoi .Cette somme, expl ique-t-onàlavictime, ser vira à acquitterles fraisadministrati fs -imposés pa runprétendu Règlement international de protection desconsommateurs !-qui lu idonneront ensuiteaccès àson prix.Tout se joue da ns le courtdélai imposé au gagnantpoureffectuer ce paiement : avantque la ba nque aiteuletemps de vérifier la va lidité du fau xchèque, lavictime au ra expédiéune sommeéquivalente àune case postaleouuncomptoir de transfertd'a rgent.Ces50065 lettres, adressées àdes Améric ains et des Canadiens, ont étésaisies par les enquêteurs du COLT, dans une opération de surveillance quis'e st étendue de la mi-novembreàlami-dé cembre.Le COLT avaitété avisé pa rles Services de sécurité et d'enquêtes de Postes Canada, qui avaient intercepté et ouvertdes enveloppes affranchiesavecdefau xtampons postaux.L'équipe du COLT compte environ25 enquêteu rs, dont le sbureaux sont regroupés dans unevaste sallecommune.Accrochés surdes cloisons séparatrices, lesinsignes du FBIetduUSHomeland Securityidentifientles bu reauxd'enq uêteursaméricains détachés à Montréal.Car outrelaGRC , le Bureau de la concurrence, l'Agencedes services front aliers du Canada, la Sûretédu Québec et le Servicedepolicedela Ville de Montréal, leCOLTcombineles efforts de quatre orga nismes américains -les US Postal ServiceetUSFederal Commission s'ajoutent au xprécédents.Àl'écart, le bu reau de l'analyste du service estàl'abrides conversationsetdubranlebas.Sonrôle estcapital :maîtredel'informatique, c'estlui quicompare lesbanques de données, fait lesrecoupements, regroupe l'information.Troisdeses «oeuv res», sur de larges feuilles de papier, ornentles cloisons du posted'unenquêteur.Rien, sansdoute, nedécritmieux le travail du COLT.Grâceàces troisorganig rammes ramifiés, etàl'information qu'ils contiennent, 22 Canadiensont étéaccusés de fraude à Los Angeles, le18décembreder nier.Notre dossier en pages 2 et 3 Prèsde200millionsdedollars en faux chèques.Pourune seule campagnede postage, d'une seule organisationdefraudeurs.Montréalcomptedes dizaines deces machinesbâtiesdans unseulobjectif :soutirerdes milliersdedollars aux personnesvulnérables\u2026 ounonprévenues.Les enquêtes du Centre opérationnel deluttecontre le télémarketingfrauduleux (COLT )permettentd'encomprendre le fonctionnement.Pourfaire suiteaudossier surles fraudes parule 25novembre, nousplongeons aucoeurdel'appareil.PHOTOMONTAGEPHILIPPE TARDIF, LAPRESSE ACHETER MIEUX L'ART EN LOCATION PAGE 4 LES DESSOUS DE VOS SOUS INTEMPÉRIES: JUSQU'OÙ SE MOUILLE VOTRE ASSUREUR?PAGE 6 MON T R É AL DI M A N C HE 2 0 J A N V I ER 2 0 0 8 votre ADO est-il inscrit AU CONCOURS Palmarès des carrières 2007 Plus de 2000 $ en prix! Ces ouvrages pourront également enrichir sa réflexion : Votre ado est-il inscrit au CONCOURS Palmarès des carrières 2008?À GAGNER : Playstation 3 i Pod touch Appareil photo numérique Chèques-cadeaux Renaud-Bray Offerts sur septembre.com, chez Renaud-Bray et autres librairies.Le Palmarès des carrières 2008 est une réalisation de : Avec la participation de : monemploi com TOUTPOURREUSSIR.COM Invitez-le à s'inscrire au www.1ermars.monemploi.com et profitez-en pour explorer ensemble les métiers et professions les plus prometteurs! 3534086A À VOS AFFAIRES LES FRAUDES PAR TÉLÉMARKETING DÉMANTELER Comment les réseaux de fraudeurs fonctionnent-ils ?Comment le COLT les traque-t-il.et les détraque-t-il?Portrait en trois tableaux.MARC TISON C hiffre d'a ffaires : de cinq à 10 millions par année depuis 2003.Nombre de victimes: 500 par semaine, au Canada et aux États-Unis.Le 18 décembre dernier, 22 des membres d'un réseau de fraudeurs, tous Canadiens, ont été accusés de fraude à Los Angeles, à la suite de l'enquête du Centre opérationnel de lutte contre le télémarketing frauduleux (COLT).Six autres seront accusés sous peu au Canada.Comment ont-ils été épinglés ?Le 11 décembre, trois semaines avant leur mise en accusation, la réponse est épinglée - elle aussi - dans le poste de travail du sergent d'état-major par intérim de la GRC Yves Leblanc, membre du COLT.Sur trois grandes feuilles blanches, toute l'information recueillie sur les activités du réseau est synthétisée en organigrammes.«Sans organigramme, on ne peut pas faire notre travail», explique Yves Leblanc.Le premier tableau recense les données qui ont permis, peu à peu, de cerner le réseau.On y trouve d'abord les indices issus des plaintes déposées au Centre d'appel antifraude du Canada (Phone Busters).Les pseudonymes utilisés par les fraudeurs et le nom de la fausse loterie permettent d'établir des liens avec d'autres victimes.« Il faut deux ou trois bribes de renseignements pour déduire qu'il s'agit de la même organisation, précise Yves Leblanc.Un nom de loterie comme National Sweepstake peut être utilisé par plusieurs réseaux.» Il montre une case où apparaît un numéro de téléphone, qu'on fournissait aux victimes pour qu'elles puissent informer le fraudeur du moment où le paiement serait effectué.«Simplement en vérifiant ce numéro, dit-il, on a pu faire le lien avec neuf plaintes chez Phone Busters.» L'écoute électronique des numéros repérés permet d'enregistrer le boniment du vendeur.Sous la tension et l'urgence, un malfrat fera peut-être l'erreur d'appeler son supérieur avec son téléphone personnel plutôt qu'avec son «dirty phone», son téléphone des basses oeuvres.Le téléphone personnel, celui qui lui sert à communiquer avec sa femme ou ses enfants, est inscrit sous son vrai nom.Une brique de plus dans l'édifice qu'on cherche à reconstituer\u2026 S'en suivront surveillance et filature -«une grosse partie de nos dossiers ».Les enquêteurs de COLT consultent aussi la base de données américaine Consumer Sentinel, qui concentre l'information relative à plus d'un million de plaintes de consommateurs victimes de fraudes.Peu à peu, la filière est remontée.L'organisation émerge du brouillard.Un travail patient\u2026 L'organigramme ressemble à une roue de chariot, avec son moyeu duquel rayonnent une série de traits.Ce second tableau décrit le réseau des fraudeurs, tel que patiemment reconstitué par les enquêteurs du COLT.«Habituellement, les organisations sont bâties en pyramide, fait observer le sergent Yves Leblanc.Celle-ci est articulée autour d'un noyau.» Tout gravite en effet autour du chef du réseau, M.B, et de son acolyte, Mme I.«Sans lui, il n'y a rien qui marche», précise-t-il.Cinq cellules sont regroupées dans le coin gauche.Chacune, ignorante de l'existence des autres, constitue une équipe d'appels de loterie frauduleuse.Dans chaque case sont inscrits les noms du chef d'équipe et de ses vendeurs\u2026 M.B est le moteur du réseau.«Il fournit les locaux, les téléphones, les listes d'appels », explique Yves Leblanc.Ces listes lui sont fournies par un autre canal, indépendant lui aussi, qui s'étale en une ligne horizontale sur l'organigramme.Quand une cellule de loterie coince une victime, l'information relative au paiement est transmise au noyau central, qui fait appel à un autre réseau pour la récupérer.Il y a alors deux possibilités - toutes deux inscrites dans l'organigramme.On demande souvent à la victime de faire transiter son paiement par une firme de transfert d'argent comme Western Union ou Money Gram.L'information relative au paiement est communiquée à un complice, employé dans un petit comptoir d'une de ces chaînes.Il encaissera discrètement le mandat et versera l'argent à un membre de l'organisation\u2026 en prélevant au passage une commission pouvant atteindre 33%.Cette rémunération est à la mesure de l'importance de son rôle: sans lui, l'argent ne peut être récupéré.L'enquête sur le réseau de M.B a permis l'arrestation de cinq de ces Judas, et a entraîné la fermeture de six comptoirs corrompus.«En arrêtant cet homme, on a retiré un important bloc des contacts de plusieurs télémarketeurs», affirme le sergent Leblanc.À ce propos, il faut faire une distinction entre les agences importantes et les minuscules comptoirs installés au fond d'un petit commerce.«Quand le comptoir Western Union est au fond d'un salon de coiffure, c'est plus louche», prévient le sergent.Une autre option de paiement apparaît elle aussi dans l'organigramme: une équipe recrute des quidams qui encaisseront l'argent sous leur nom véritable, puis le refileront à l'organisation pour une faible rémunération.Les chaufferies Une autre activité se greffe à l'organigramme de M.B: les chaufferies qui tentent de vendre des produits ou des services à des prix exorbitants.Deux de ces centres d'appels sont rattachés au noyau central de l'organisation.Divers exemples de ces attrape-nigauds sont rassemblés sur une étagère, d'où Yves Leblanc tire un bottin à couverture rigide.Des entreprises ont payé jusqu'à 500$ pour apparaître dans ce recueil, avec la certitude qu'il serait largement distribué.Elles sont les seules à en avoir jamais reçu un exemplaire.Le sergent Leblanc brandit ensuite un ouvrage de 300 pages, qui explique les procédures et les critères d'obtention de différents types de subventions ou de prestations gouvernementales.Ce document, intitulé Your Guide to Government Grants, a coûté des centaines de dollars à plusieurs personnes démunies, à qui on avait promis des milliers de dollars en aide et subventions gouvernementales.Elles auraient pu le commander sur l'internet pour 15,95$.Et toutes ces activités gravitaient autour de M.B., qui touchait sa large part des bénéfices.«C'était un monsieur très occupé, commente Yves Leblanc.Au moment des arrestations, trois serres hydroponiques ont été démantelées! Et il avait un pistolet 9 mm dans sa voiture : il y a aussi de la violence, dans tout ça\u2026» TABLEAU 2 UNEORGANISATION TENTACULAIRE\u2026 À CLOISONS ÉTANCHES TABLEAU 1 DÉMÊLER LES FILS PAYANT?Rentable, la fraude par télémarketing?Oui, dans la mesure où les fraudeurs ne sont pas arrêtés\u2026 et qu'ils sont haut placés dans l'organigramme.«C'est très payant, répond le sergent Yves Leblanc.Le problème, c'est que sur une organisation de 40 personnes, il y en a peut-être six qui font beaucoup d'argent.Plusieurs, à l'intérieur même de l'organisation, sont fraudés eux aussi et sont utilisés comme des pions.Sur 10000$, la personne à la tête du réseau va peut-être toucher 7000 ou 8000$, et deux ou trois autres acolytes ne recevront que des miettes.Ils manipulent des gens qui ont des problèmes de jeu, d'alcool, de drogues, se servent d'eux pour recueillir l'argent et faire les appels téléphoniques.Ils en font des victimes, qui s'ajoutent aux personnes fraudées.Ce sont les trois ou quatre au sommet qui font tout l'argent.On parle de 400 000$ ou 500 000$ par année.» Libre d'impôts, il va sans dire. À VOS AFFAIRES LA MACHINE Dernier tableau du triptyque: le troisième organigramme énumère les membres du réseau de M.B.Sous chacun sont inscrits les noms des victimes qu'il a prises au filet et les renseignements qui permettent d'établir ces liens.«Au moment des accusations, on peut ainsi démontrer que cet individu est responsable de toutes ces victimes, explique le sergent Yves Leblanc.Il est relié à elles par les perquisitions dans sa résidence, où leurs noms ont été trouvés, par les enregistrements d'écoute électronique, ou par les transactions effectuées.» Ce sont précisément ces données qui ont permis la mise en accusation de 22 membres du réseau, à Los Angeles, il y a un mois.Entre-temps, d'autres enquêtes se poursuivent.Quatre d'entre elles sont à l'étape de la rédaction du résumé qui servira à l'acte d'accusation, pour des poursuites au Canada et aux États-Unis.«C'est un processus continuel», explique le sergent Leblanc.Les enquêtes de grande envergure durent en général de trois à quatre mois.Chaque année, l'équipe fait ainsi tomber deux ou trois réseaux majeurs.«Mais on démantèle aussi énormément de points de chute, poursuit-il.À toutes les semaines, on se rend aux douanes pour récupérer six ou sept paquets de chèques contrefaits, d'argent comptant ou de listes d'appels.» Lors de la création de COLT, en 1998, les enquêtes étaient menées de façon coutumière: chaque enquêteur travaillait sur un dossier qui lui était assigné.Mais les ramifications et les strates des organisations criminelles rendaient la charge trop lourde pour une seule personne.«C\u2018est en prenant connaissance de ce qu'était le télémarketing qu'on a changé nos stratégies, explique le sergent Leblanc.On s'est regroupés à quatre ou cinq enquêteurs par dossier.C'est là que ça a débloqué.» La collaboration entre corps policiers et services gouvernementaux s'est étendue par la même occasion.«COLT est un exemple type d'équipe multidisciplinaire », affirme Savario Orlando, inspecteur responsable des délits commerciaux.Quatre agences gouvernementales américaines sont membres du COLT.Certains de leurs agents travaillent à Montréal.«Ils peuvent faire des vérifications aux États-Unis pendant qu'on cherche de notre côté, explique Yves Leblanc.On obtient l'information immédiatement, on peut faire les recoupements et poursuivre l'enquête.Ça nous fait gagner beaucoup de temps.» La collaboration avec les autres corps policiers canadiens est très étroite.La SQ a ainsi transféré au COLT un dossier sur une fraude qui a fait une soixantaine de victimes au Québec : une dame vendait de faux agendas au profit d'hôpitaux montréalais.«Tout était faux, raconte Yves Leblanc : les locaux qu'elle louait pour deux mois étaient payés avec des faux chèques, ses employés étaient payés avec des faux chèques.» Cette dame patronnesse sera accusée sous peu.Depuis la création du COLT, en 1998, près de 20 millions de dollars ont pu être remboursés aux victimes escroquées.Mais il est rare que de très grosses sommes soient interceptées.«En 2002, on a réussi à renvoyer cinq millions aux victimes, en utilisant le Patriot Act aux États-Unis, précise Yves Leblanc.C'était la première fois que le Patriot Act était utilisé pour la fraude, et qu'autant d'argent était récupéré dans des comptes en Jordanie et en Israël.» Joseph Taillon, le chef du réseau en cavale, a finalement été arrêté en France.Il devrait être extradé incessamment aux États-Unis.Sur une période de 12 mois, Taillon et son groupe ont soutiré sept millions de dollars à des victimes américaines.Son équipe a notamment contacté des victimes de fraude, pour leur annoncer que leurs fraudeurs avaient été arrêtés, que leur argent était récupéré, mais qu'ils devaient d'abord payer certains frais pour le récupérer.L'ingéniosité malveillante et la crédulité semblent sans limites.FAIRE TOMBER LE RÉSEAU TABLEAU 3 MARC TISON En juin 2006, Mme C.L.a reçu un courriel à domicile : une firme établie en Grande- Bretagne voulait utiliser sa photo à des fins publicitaires.Surprenant?Pas tellement, si on sait que Mme L.gagne sa vie dans les arts de la scène et que des photos de son minois circulent dans ce milieu.«Comme des photos de moi ont déjà paru dans des journaux et programmes de spectacles, explique- t-elle, le fait qu'on veuille publier ma photo sur des panneaux publicitaires sous la bannière de Coca-Cola, à l'aéroport de Heathrow à Londres, ne m'a pas alertée -même si c'était un peu gros.» Mme L.a demandé davantage d'information sur l'origine des photos et l'agence en question, qu'elle ne trouvait nulle part sur l'internet.On lui a répondu que le site était en construction, et qu'un chèque lui serait envoyé sous peu en paiement des photos.Elle pourrait garder 25% du montant et devrait envoyer le solde à un agent, pour payer les frais juridiques et la commission de ce dernier.Mme L.a répliqué : quelles photos de moi avez-vous, quand et comment les avez-vous trouvées?Réponse : sur un site internet\u2026 et le temps presse.Nouvelles questions de Mme L.: combien de panneaux publicitaires, de quelles dimensions, pendant combien de temps et pour quelle rémunération?Réponse : on lui versera 10 000$, dont elle pourrait conserver 15%.Entre-temps, Mme L.a cherché à se renseigner auprès de l'Union des artistes et d'une importante agence de publicité montréalaise.«Personne n'a eu l'idée de m'envoyer à la GRC», déplore-t-elle.Après 10 jours d'échanges, elle a dénoncé l'affaire au Centre d'appel antifraude du Canada (Phone Busters).«Comme toutes les autres arnaques, le modus operandi est toujours le même, mais l'histoire utilisée pour convaincre les gens change continuellement», observe le sergent Yves Leblanc, du COLT.On ne sait pas si Mme L.a été ciblée au hasard, ou si les fraudeurs ont eu accès à des listes de personnes susceptibles de faire publier leurs photos pour des raisons professionnelles.«Tellement de choses semblaient plausibles, dit-elle.J'aurais pu me faire avoir, car la demande était directement liée à mon métier.» Des fraudes de plus en plus ciblées N'envoyez jamais d'argent par la poste, par voie électronique ou autrement pour réclamer un prix.Au Canada, il est illégal de demander de l'argent en retour d'un prix quelconque.Refusez toute offre non sollicitée qui vous promet un paiement ou un cadeau sous un prétexte quelconque, que vous ne toucherez qu'après avoir payé des frais divers.Les sollicitations de ce type peuvent se faire par téléphone, par la poste, par courriel.Si vous êtes victime d'une escroquerie, ou si vous soupçonnez être l'objet d'une tentative de fraude, communiquez avec le Centre d'appel antifraude du Canada (Phone Busters): 1-888-495-8501, www.phonebusters.com RAPPEL\u2026 À LA PRUDENCE À VOS AFFAIRES CONSOMMATION TROUVAILLE FRANÇOIS PERREAULT, COLLABORATION SPÉCIALE CONSO ACHETER MIEUX LE PRODUIT EN QUESTION Vous avez des questions sur un produit ou un service?Écrivez-nous.Nous trouverons un expert pour y répondre: À VOS AFFAIRES La Presse / Rédaction 7, rue Saint-Jacques Montréal, Québec, H2Y 1K9 Notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com DE LA SUITE DANS LES IDÉES JACINTHE TREMBLAY COLLABORATION SPÉCIALE Pour acquérir une toile, une photo ou une sculpture, le commun des mortels se laisse souvent porter par un coup de coeur.Or, il arrive parfois que le tableau magnifique ou la photo inspirante sur les murs d'une exposition perdent leurs attraits dans un salon ou derrière un lit.Comment éviter les déceptions en s'offrant le plaisir de s'entourer d'oeuvres d'art?En les louant ou encore en les louant avant d'en faire l'acquisition.«La location permet de vivre avec une oeuvre et de l'apprivoiser avant de l'acheter », explique Beverly Goulet, codirectrice, avec Luce Vignola, de la Galerie Arte Montréal, qui propose 300 oeuvres d'artistes contemporains en location ou achat aux Amis du Musée des Beaux-Arts de Montréal.La Galerie d'art Stewart Hall de la Ville de Pointe-Claire propose pour sa part à tous -sans obligation de résidence dans cette ville- quelque 110 oeuvres d'artistes contemporains.Le plus important service de location de la métropole demeure toutefois l'Artothèque de Montréal.On peut y dénicher quelque 5000 oeuvres.Pour profiter de ses services, il faut payer une cotisation annuelle de 20$.Selon ces établissements et la valeur marchande des oeuvres, les coûts de location varient de 6$ à 150$ par mois.Arte Montréal : 514-285-1611 ; Galerie d'art Stewart Hall : www.ville.pointe-claire.qc.ca (cliquer sur l'onglet Galerie d'art) ; 514-630-1254; Artothèque de Montréal : www.artotheque.ca ; 514-278-8181.Art en location FRANÇOIS PERREAULT COLLABORATION SPÉCIALE Après les gommes (1984), timbres (1992) et inhalateurs (2004), des pastilles de nicotine à saveur de menthe pour arrêter de fumer sont apparues l'automne dernier.Sont-elles efficaces?«Tout comme les produits existants, elles doublent les chances de réussite, indique Michèle Tremblay, médecinconseil à l'Institut national de santé publique du Québec.Ces médicaments de sevrage permettent au fumeur de perdre progressivement son habitude plutôt que de tout stopper du jour au lendemain par sa seule volonté.» Le mode d'emploi est simple.On suce une pastille jusqu'à ce que le goût de nicotine devienne fort.Puis, on la garde entre la joue et la gencive, et l'on recommence à la sucer lorsque le goût a disparu.Habituellement, elle est dissoute en 30 minutes.Les fabricants recommandent aux fumeurs de 20 cigarettes quotidiennes des pastilles de 2 mg et aux autres des formats de 1 mg.On propose de consommer 10 pastilles par jour, avec un maximum de 15 pour les 2 mg et de 25 pour le 1 mg.Le cheminement durera de trois à six mois, avec une consommation diminuant graduellement.Reconnaissant que l'absorption buccale de nicotine est peu ragoûtante, la Dre Tremblay estime le geste moins dommageable que la consommation des 400 produits chimiques contenus dans les cigarettes.Elle ajoute qu'une telle démarche sera plus fructueuse si elle s'accompagne d'un encadrement avec la ligne 1866 J'ARRÊTE ou par une visite dans un centre d'abandon du tabagisme.Notez que si les gommes et timbres de nicotine consommés sous ordonnance pendant 12 semaines consécutives peuvent être remboursés par le régime d'assurance médicaments du Québec et par les régimes privés, ce n'est pas le cas des pastilles.Peut-on cesser de fumer grâce à une pastille de nicotine?Le blogue La Magasineuse (http://lamagasineuse.blogspot.com/) est un «bloguide associé aux consommateurs ».Il a été lancé en février 2007 par Francine Jacques, pour qui « le magasinage s'inscrit dans notre ADN».Son site propose notamment un riche calepin d'adresses dans diverses catégories : gadgets, cadeaux, maison, jardin, mode, beauté, etc.Une section présente également des outils et hyperliens afin de comparer les prix, calculer les taxes, connaître les aliments produits au Québec, convertir des volumes ou des devises, écouter de la musique avant de l'acheter, consulter un guide des produits sans OGM, lire des résultats de tests.Le blogue affiche aussi des renseignements comme les coûts le plus bas et le plus élevé de l'essence dans la région montréalaise ou encore les étapes d'un achat en ligne.Enfin, la responsable du site y offre de nombreuses suggestions de soldes et promotions en cours, ainsi que de découvertes provenant souvent de boutiques méconnues et de nouveaux sites web commerciaux.Un site québécois pour mieux magasiner JACINTHE TREMBLAY COLLABORATION SPÉCIALE «VOTRE TOIT EST FINI» L'homme «fait des travaux chez les voisins».Il s'engage à sauver votre toit rapidement et pour «pas cher ».La méfiance et quelques efforts de planification sont de mise.«Il ne faut jamais se fier au premier venu.Il faut vérifier le parcours des entrepreneurs et exiger des devis détaillés», rappelle Réal Coallier, directeur de la région de Montréal à l'Office de la protection du consommateur (OPC).«En plus de vérifier si les entrepreneurs possèdent des permis de la Régie du bâtiment du Québec et de l'OPC, les propriétaires devraient aussi s'enquérir de la qualité de leurs réalisations auprès d'anciens clients», dit-il.COMPRENDRE SON TOIT Examiner trois soumissions avant d'engager des travaux de réfection de toiture.À cette recommandation de base, Réal Coallier, de l'OPC, en ajoute une autre: «Il faut comprendre ce qu'est un toit pour évaluer les propositions.» Les sites internet de la Société canadienne d'hypothèque et de logement (www.cmhc-schl.gc.ca) et de l'Association desmaîtres couvreurs du Québec (www.amcq.qc.ca) consacrent plusieurs pages aux toitures et aux règles de l'art de leur construction et réparation.LA CAUSE DE LA SEMAINE La toiture passoire Tenue responsable des infiltrations d'eau d'un duplex, Toiture J.D.Boisvert, de Saint-Mathieu-de-Beloeil, a été condamnée en Cour des petites créances à verser plus de 5000$ à un couple montréalais.En octobre 2004, l'homme et la femme avaient déboursé plus de 6000$ pour une réfection de toiture assortie d'une garantie de 10 ans.Dès le printemps 2005, elle commence à couler comme une passoire et les infiltrations d'eau endommagent l'immeuble.Malgré une mise en demeure, Toiture J.D.Boisvert refuse de réparer les dégâts et décline par écrit toute responsabilité.En 2006, le couple fait appel à l'expertise de Roome Léger (aujourd'hui LMV Technisol), qui conclut que «la cause de l'infiltration est une combinaison de déficiences du nouveau toit refait par Toiture J.D.Boisvert ».Devant son refus de colmater les brèches, le couple engage des poursuites et fait exécuter des travaux de plus de 3000$ par un autre entrepreneur.Dans sa décision, la juge Louise Comeau a, en plus d'accorder au couple le remboursement de ces frais, accueilli favorablement leur demande de remboursement de la facture de l'expert dont le rapport, souligne-t-elle, «s'est avéré utile et pertinent».Me Comeau a toutefois rejeté en partie la réclamation de 2980$ liée aux dommages à l'immeuble.«Les demandeurs n'ont produit, en soutien de cette réclamation, qu'un estimé plutôt sommaire et en l'absence d'une preuve précise et convaincante, le Tribunal accorde aux demandeurs une somme qu'il fixe arbitrairement à 750$», écrit-elle.En septembre 2007, Toiture J.D.Boisvert a fait l'objet d'une autre condamnation de près de 3000$ dans une affaire similaire.De plus, trois plaintes écrites contre cet entrepreneur ont été déposées à l'Office de protection du consommateur depuis deux ans (voir le Profil du commerçant dans le site www.opc.qc.ca).PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © À VOS AFFAIRES CONSOMMATION STÉPHANIE GRAMMOND LES BONS COMPTES FONT LES BONS AMIS 1 2 3 PLUS DE VOYAGEURS EN LIGNE En 2007, pour la première fois, les Américains ont bouclé davantage de voyages en ligne.Ainsi, 51% ont été achetés sur l'internet.Selon l'étude Pho Cus Wright Consumer Travel Trends, ce chiffre grimpera à 56% cette année et à 60% en 2009.Les auteurs de l'enquête notent toutefois que pour les périples complexes à multiples déplacements, les consommateurs recourent encore aux agences.ANIMAUX GÂTÉS Selon un sondage de la firme de recherche Harris Interactive, 65% des propriétaires d'animaux aux États-Unis ont acheté à leur bête un cadeau de Noël, alors que 37% d'entre eux font de même au moment de leur anniversaire.Près des trois quarts (71%) des propriétaires de chiens leur ont offert un présent contre 63% de ceux qui possèdent un chat.MARC TISON L'AFFAIRE ESTDANS LE SAC EN VRAC FRANÇOIS PERREAULT, COLLABORATION SPÉCIALE Vous êtes tombé dans un piège?Vous souhaitez dénoncer des pratiques commerciales douteuses ?Faites-nous part de vos problèmes de consommation.Écrivez-nous en fournissant vos coordonnées.Notre adresse : À VOS AFFAIRES La Presse / Rédaction 7, rue Saint-Jacques Montréal, Québec, H2Y 1K9 Notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com a/s Stéphanie Grammond Journaliste La Presse Affaires 514-285-7070 RÉVOLUTIONCULTURELLE Alors qu'en 2006, 44,4% des disques qu'achetaient les Chinois provenaient des États-Unis, ce nombre est tombé à 28,8%l'an dernier.Àl'opposé, les achats de musique de Chine ont grimpé de 10% pour la même période.De même, les ventes de vêtements d'origine américaine ont baissé de 19%.Les boissons et aliments provenant d'Amérique sont aussi en perte de popularité.Les maths sont abstraites, désinca rnées, froides, incolores, pensez-vous ?Faux.Erreur.Inexact.C'est ce que la revue québécoise Accromath veut démontrer, en multipliant les articles concrets et les démonstrations colorées.Son objectif : vendre les maths aux élèves du cégep et de la fin du secondaire.Et en effet, sa vitrine est étonnamment alléchante.Vivante, parsemée d'illustrations, la revue de 48 pages en couleurs aborde des sujets surprenants: Archimède, avec des miroirs paraboliques, a-t-il pu enflammer les galères romaines qui assiégeaient Syracuse ?Comment les gammes musicales sont-elles construites ?Qu'ont en commun galaxies, flocons de neige et choux-fleurs ?Produite par l' Institut des sciences mathématiques et le Centre de recherches mathématiques, Accromath s'adresse aux enseignants et à leurs élèves, «mais aussi au grand public, si ça intéresse les gens», précise l'instigatrice de l'aventure, Alexandra Haedrich.Directrice administrative de l'Institut - sans être mathématicienne elle-même -, elle a lancé en 2005 l'idée de cette revue de vulgarisation.Les professeurs de mathématiques des universités et cégeps québécois ont répondu à son appel avec enthousiasme.Le premier numéro de la revue semestrielle est paru à l'été 2006, tiré à 5000 exemplaires.Dès le départ, l'aspect visuel a été prépondérant.«Je voulais des lignes claires, nettes, dynamiques, avec une certaine rigueur, tous des éléments qui peuvent définir les mathématiques, indique Mme Haedrich.Je voulais une véritable esthétique, car c'est une chose que j'ai apprise : les mathématiques sont très esthétiques.» Elle se charge elle-même de la recherche iconographique.Chaque dossier est introduit par une illustration ou une photo grand format - la fusée lunaire de Tintin, par exemple.Mais il peut y avoir loin des principes à la pratique: comment illustrer l'infini ou les nombres irrationnels?Le responsable de la conception graphique, Pierre Lavallée, de Neograf Design, a déployé des trésors de créativité, ce qui lui a d'ailleurs valu en 2007 une médaille de bronze au concours des Summit Creative Awards.Le rédacteur en chef, André Ross, est un professeur retraité du cégep de Lévis-Lauzon.Il consacre au moins une soixantaine d'heures à la préparation d'un numéro et il réalise lui-même les illustrations à contenu mathématique.Les articles, pour la plupart soumis par des professeurs universitaires ou collégiaux, sont soigneusement révisés, et si nécessaire corrigés, par le comité de lecture.Car n'est pas vulgarisateur qui veut.«La vulgarisation n'est pas une tradition chez les mathématiciens, souligne André Ross.Pour tout le monde, c'était une expertise à développer.» D'où viennent les sujets ?« Chaque prof a une expérience de vie, répond M.Ross, dans le sens où chaque prof a des sujets qui l'intéressent particulièrement.» France Caron, professeure de didactique des mathématiques à l'Université de Montréal, a ainsi rédigé un surprenant dossier sur les liens entre poésie et mathématiques.«Je suis allé chercher des poèmes qui pour moi évoquaient les mathématiques et en creusant un peu, je me suis rendu compte que les poètes que j'avais choisis avaient une certaine sensibilité mathématique connue», racontet- elle avec enthousiasme.«C'est une caractéristique commune des professeurs de mathématiques de ne pas avoir la caution sociale derrière eux mais d'être passionnés par ce qu'ils font, ajoute-t-elle.On essaie à tout prix de faire partager cette passion.» À tout prix mais gratuitement: Accromath est distribuée sans frais dans les écoles secondaires et les cégeps.Tout le contenu des numéros est disponible sur le site de la revue, à www.accromath.ca.On peut le consulter sans compter.Vendre les maths LE PRODUIT Un voyage pour deux personnes en Argentine LE HIC L'une des voyageuses a annulé son voyage pour des raisons médicales.Son assureur l'a indemnisée.Le voyagiste exige un supplément pour l'autre voyageuse qui est partie seule.Est-ce normal?Cemontant est-il couvert par l'assureur?Si oui, lequel?«Je veux bienpayer si légalement je dois le faire.Mais j'ai l'impression que legrossiste veut le beurre et l'argent dubeurre.» - Diane Chiasson AU BOUT DU COMPTE La cliente doit payer le supplément.Son propre assureur la dédommagera.Payer en double pour une occupation simple Tout était payé depuis plusieurs mois: 7592$ par personne, en occupation double, pour un périple de trois semaines en Argentine, en octobre dernier.Mais avant le départ, l'une des deux voyageuses a eu un problème de santé.Diane Chiasson n'a pas hésité longtemps : elle est partie seule, même si son agence de voyage l'avait prévenue que le voyagiste lui imposerait peut-être des frais supplémentaires pour occupation simple.Comme de fait, elle a reçu une facture de 745$ à son retour.Mme Chiasson se demande selon quelle logique elle devrait payer.Après tout, les deux voyageuses ont déjà payé leur voyage en entier, en occupation double.Il est vrai que sa compagne, qui n'a pas voyagé, a été partiellement indemnisée par la compagnie d'assurance qui la couvrait jusqu'à 5000$.Mais si elle n'avait pas été assurée, le voyagiste aurait eu le culot d'exiger des frais pour occupation simple ?Mme Chiasson se demande si le voyagiste exagère.«Je veux bien payer si légalement je dois le faire.Mais j'ai l'impression qu'il veut le beurre et l'argent du beurre», dit-elle.Est-il normal qu'un grossiste perçoive des frais supplémentaires pour occupation simple, alors que le voyage a été entièrement payé en occupation double?Si oui, cette pénalité est-elle couverte par l'assurance annulation de voyage?Et si tel est le cas, quel assureur devrait payer: celui de la voyageuse qui a eu le problème de santé, ou celui de la voyageuse en santé qui a fait le voyage en occupation simple ?En réponse à la première question, Patrick Martinet, directeur général au Québec, de l'Association canadienne des agences de voyages, affirme qu'il n'y a rien de surprenant à ce qu'un voyagiste exige des frais additionnels pour occupation simple.Même son de cloche de la part de Michel Courtemanche, porteparole de Can Assistance.Cet organisme gère les réclamations d'assurance voyage pour plusieurs compagnies d'assurances, dont La Capitale, la compagnie qui couvre Mme Chiasson.«Mon expérience passée et actuelle dans l'industrie du voyage me dit que c'est pratique courante chez plusieurs voyagistes de charger ces frais.Ils le font en toute légalité si, dans les clauses et conditions de la brochure, il est écrit que le tour opérateur est en droit de facturer des frais pour occupation simple », précise M.Courtemanche.C'était bien le cas pour le voyage de Mme Chiasson: le contrat d'achat fait état des frais supplémentaires pour occupation simple.I l est donc clai r que Mme Chiasson devra payer les 745$ qu'on lui réclame.Il est tout aussi clair que son assureur, La Capitale, la remboursera.C'est écrit noir sur blanc dans son contrat d'assurance, dont voici un extrait.En cas d'annulation avant le départ, sont couverts: «les frais supplémentaires engagés par l'assuré qui décide de voyager seul dans le cas où son compagnon de voyage doit annuler son voyage pour des raisons prévues à la présente garantie ».Mme Chiasson peut être tranquille: son assureur l'indemnisera dès qu'elle aura rempli sa réclamation en bonne et due forme.La dame aurait trouvé plus logique que le voyagiste n'impose pas ces frais, mais comme son assureur insiste pour payer dans ce genre de circonstance\u2026 elle ne se le fera pas dire deux fois! À VOS AFFAIRES LA SITUATION Sur le marché du travail depuis peu, Joëlle veut orienter ses finances personnelles.Or, plusieurs projets tirent à hue et à dia : voyage, dettes à rembourser, études à temps partiel, achat d'un condo, REER\u2026 « Je commence ma vie d'adulte et je veux être certaine de partir dans la bonne direction.» \u2014 Joëlle LES CHIFFRES Âge: 24 ans Revenus : 48 000$ REER: 500$ Épargne non enregistrée: 350$ Dettes d'études : 13 682$ Solde sur carte de crédit : 800$ LA RECOMMANDATION Inutile d'étirer le remboursement de sa dette d'études pour réduire ses mensualités.Le prix en intérêts serait trop élevé.Les bénéfices sociaux offerts par son employeur lui permettront d'annuler l'assurance vie et invalidité de son prêt et d'en réduire le coût.SOUS LA LOUPE NATHALIE BACHAND Nathalie Bachand est actuaire et planificatrice financière à son compte, et Josée Jeffrey est fiscaliste et planificatrice financière, Focus Retraite.«Qu'elle fasse son voyage! À 24 ans, oui, il faut épargner et être raisonnable, mais il ne faut pas oublier de profiter de la vie! » \u2014 Nathalie Bachand Écrivez-nous ! Vous aimeriez qu'un planificateur financier examine votre situation ?Investissement, immobilier, retraite, héritage, impôt, crédit, budget\u2026 Quelle que soit la nature de vos questions, écrivez-nous ! Les dossiers retenus seront analysés par un spécialiste, dans le cadre de la chronique «Sous la loupe ».Voici notre adresse : À vos affaires, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 ou notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE MARC TISON La carrière de Joëlle vient à peine de décoller, et elle veut s'assurer de prendre le bon cap.Détentrice d'un bac en administration, la jeune femme de 24 ans travaille depuis quatre mois pour un nouvel employeur.Son salaire est de 48 000$.Son appartement lui coûte 615 $ par mois, incluant le chauffage et l'électricité.Elle conduit une petite voiture qu'elle a louée pour cinq ans, et dont les mensualités et les assurances totalisent 324$ par mois.Fort raisonnable, tout cela\u2026 Depuis quelques semaines, Joëlle s'est imposé la discipline de déposer 25$ dans un compte REER.«Comme je viens de commencer, mon solde n'est que de 400$», confie-t-elle, amusée.Après un an de service, elle pourrait participer au REER collectif de son employeur, qui offre une cotisation équivalant à 4% de son salaire, si elle en met autant de son côté.Elle prévoit faire un voyage ce printemps, au coût d'environ 2000 $.qu'il faut mettre de côté d'ici là.Elle songe en outre à acquérir un condo ou une maison d'ici cinq à sept ans.Enfin, elle aimerait entreprendre sous peu des études à temps partiel, «ce qui me coûtera également quelques dollars».Ce qui lui rogne un peu les ailes, c'est la dette de 18 000$ qu'elle a accumulée pour des cours de pilotage commercial.«Pour l'instant, je n'entrevois pas une carrière dans ce milieu, à cause des coûts élevés de la formation », confie-t-elle.Le solde du prêt s'élève encore à 13 700$, à rembourser en un peu plus de quatre ans.Le taux d'intérêt est de 9,5% - «ce qui me semble élevé», dit-elle.La jeune femme de 24 ans veut prendre son envol sans être plombée par ses dettes.«Est-ce que je devrais étaler un remboursement de prêt sur une plus longue période?» s'interroge-telle.Comment piloter au mieux son budget ?Survol de la situation Nathalie Bachand, actuaire, et Josée Jeffrey, fiscaliste, toutes deux planificatrices financières, ont conjugué leurs efforts pour aiguiller Joëlle.Première observation : si on tient compte du versement de 25$ par semaine à son REER, son salaire de 48 000$ lui procure un revenu net d'environ 33 000$ par année.Cette cotisation totalise 1300$ par année.Une participation au régime de REER collectif de son employeur lui permettrait d'y accumuler 3840$ par année.Cette différence de 2400$ ne représente qu'une différence de 400$ sur son revenu net, qui s'établirait alors à 32 600$.Il est assez évident qu'elle doit cotiser au REER collectif, commentent nos deux spécialistes.De plus, cela lui permettra dans cinq ans de retirer 20 000$ de ces sommes dans le cadre du programme de Régime d'accession à la propriété (RAP) pour l'achat de son condo.En effet, en supposant un rendement de 5% par année, elle y aura accumulé quelque 23 500$.Nathalie Bachand et Josée Jeffrey déconseillent d'étirer le remboursement du prêt sur sept ans.Les paiements s'en trouveraient réduits de 1400$ par année, soit 27$ par semaine, mais cet allongement de trois ans ajouterait 2255$ en frais d'intérêts.Mieux vaut maintenir la discipline actuelle, d'autant plus qu'au moment où Joëlle sera prête à acheter une propriété, elle se sera débarrassée de ce poids.À ce propos, nos expertes ont observé que le prêt pour études de Joëlle est en fait un prêt personnel.Le paiement de 79,53$ par semaine inclut une assurance vie et invalidité, qui porte le taux d'intérêt effectif de 9,5% à 10,2%.Or, Joëlle bénéficiera bientôt de l'assurance vie et de l'assurance invalidité qu'offre son employeur.Elle pourra alors songer à résilier les assurances liées à son prêt, et ainsi réduire ses paiements.Elle devra prendre soin de nommer son père bénéficiaire de son assurance vie, puisqu'il a endossé ce prêt, conseillent les expertes.Et puisqu'on parle de dette, Joëlle a accumulé un solde de 700$ sur une carte de crédit, qu'elle rembourse au rythme de 80$ par mois.Cette dette sera elle aussi acquittée dans huit mois, ce qui dégagera une somme additionnelle de 80$ par mois.Pour le voyage prévu ce printemps, la jeune femme épargne 60$ par semaine.Au début décembre, elle avait ainsi mis de côté 350$.À la fin avril, elle aura ainsi accumulé 1550$.Il lui manquera encore 450$ pour lui permettre de s'envoler.Il se peut qu'elle récupère une partie de l'impôt payé sur son revenu à temps plein puisqu'elle ne l'a reçu que depuis quatre mois, observent les planificatrices.Ce pourrait être la différence pour réaliser son voyage! Par ailleurs, Joëlle estime consacrer une centaine de dollars chaque semaine aux restaurants et aux loisirs.Toutes ces dépenses et paiements totalisent 24 680$.Par rapport aux 33 000$ de revenus nets, les autres dépenses - nourriture, téléphone, essence\u2026 - accaparent donc 8320$.Mais dans quelles proportions?Pour le savoir et mieux contrôler ces dépenses, Joëlle aurait intérêt à faire un budget en bonne et due forme.Nathalie Bachand et Josée Jeffrey lui conseillent enfin de se constituer, au fil du temps, un fonds d'urgence de 8000$.Illusoire?Après son voyage et le remboursement de sa carte de crédit, Joëlle épargnera plus de 4000$ par année, ce qui lui permettra de retourner aux études et de constituer son fonds d'urgence, répondent nos conseillères.Le ciel est dégagé\u2026 Prendre le bon cap dès l'âge de 24 ans ÉCRIVEZ-NOUS! Le cahier À vos affaires du dimanche traite de vos préoccupations en matière de consommation, de finances personnelles et de formation.N'hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et commentaires.DILBERT POUR NOUS JOINDRE La Presse Affaires, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 lpa@lapresseaffaires.com SUDOKU MON PREMIER BÉBÉ PESAIT 11 LIVRES.C'EST RIEN.J'AI DÉJÀ EU UNE PIERRE AUX REINS DE LA GROSSEUR D'UN PETIT CHEVAL.DIFFICILE À CROIRE.MA PIERRE AUX REINS A ENSUITE GAGNÉ LE DERBY DU KENTUCKY ! TOPPER 5 7 8 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier sudoku Niveau de difficulté : MOYEN Ce jeu est une réalisation de Ludipresse.Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site www.les-mordus.com ou écrivez-nous à info@les-mordus.com Par Fabien Savary STÉPHANIE GRAMMOND LES DESSOUS DE VOS SOUS Pluie verglaçante, pluies abondantes, tempêtes de neige ou de vent, redoux\u2026 Les conditions météorologiques extrêmes occasionnent de plus en plus de dégâts.Avec les vents violents d'il y a 10 jours, le téléphone n'a pas arrêté de sonner chez les assureurs, aux prises avec deux fois plus de réclamations que la normale, rapporte Alexandre Royer, porte-parole du Bureau d'assurance du Canada (BAC).Jeudi dès 10h, par exemple, plus de 800 clients avaient déjà téléphoné chez Desjardins Assurances Générales, qui reçoit normalement 1000 appels par jour.La grande question: est-ce que les dommages sont couverts?À tort, beaucoup d'assurés pensent que dès qu'il s'agit d'un «Act of God», les assureurs ne couvrent rien.«C'est un mythe», dit M.Royer.La plupart des dommages sont couverts\u2026 sauf exception.Prenez les bourrasques récentes.Les assureurs vont indemniser leurs clients pour les bardeaux arrachés du toit, l'abri d'auto (le fameux Tempo) qui s'est envolé, la voiture, l'ensemble de patio ou le cabanon écrasé par une branche ou un arbre déraciné\u2026 Par contre, les assureurs ne couvrent pas le coût de remplacement des arbres ou des arbustes lorsqu'ils sont emportés par les tempêtes (mais ils les couvrent dans d'autres circonstances : incendie, foudre, vandalisme, choc par une voiture, etc.).Les antennes extérieures ne sont pas couvertes non plus.Dans un autre registre, lorsque les intempéries provoquent une longue panne d'électricité, bien des assurés perdent le contenu de leur congélateur.Les assureurs remboursent jusqu'à 1000$, et certains sont plus généreux.Sauf que depuis quelques années, la franchise de la police (Par exemple: 300$) est déduite du montant de la réclamation, explique André Veilleux, vice-président à l'indemnisation chez Desjardins Assurances Générales.Mais attention: si le congélateur est débranché à cause d'un pépin dans la maison (problème de disjoncteur, par exemple), l'assureur refuse la réclamation, ajoute M.Royer.Même s'ils provoquent souvent des dégâts, la pluie verglaçante, la grêle, les tempêtes de neige, le gel et le dégel ne sont pas assujettis à des dispositions particulières dans les polices d'assurance.Il faut plutôt vérifier si le dommage en tant que tel est couvert.Par exemple, les piscines qui éclatent ou qui sont écrasées sont couvertes.«Mais il faut avoir l'avenant», explique M.Veilleux.D'ailleurs, les assureurs sont préoccupés par l'effet du gel et du dégel sur les piscines, cette année, à cause de la quantité de neige tombée.L'eau, grande source de réclamations Par ailleurs, les dommages causés par les tremblements de terre et les inondations sont spécifiquement exclus des couvertures d'assurances.Ainsi, les riverains qui subissent la crue des eaux doivent payer de leur poche, à moins que le ministère de la Sécurité publique ne leur vienne en aide.Cependant, les assureurs proposent un avenant qui couvre les refoulements d'égout et l'infiltration d'eau.«La protection est optionnelle, car le risque n'est pas le même si on demeure dans un condo au 10e étage, sans sous-sol ni toit au dessus de sa tête.C'est le principe de l'utilisateur payeur», dit M.Royer.Toutefois, les dégâts d'eau découlant d'un bris d'aqueduc ou d'un appareil dans la maison (chauffe-eau, laveuse, etc.) sont toujours couverts.Les dégâts d'eau sont devenus la principale source de réclamation au Québec.En 2005, les assureurs ont versé quelque 500 millions de dollars en indemnisation.Cela représente 45% de toutes les réclamations, par rapport à seulement 21% en 2001.«Il y a 10 ans, ces réclamations étaient peu fréquente.Maintenant, on a beaucoup de précipitations d'un seul coup: il tombe une quantité d'eau importante dans un courte période de temps», dit M.Veilleux.Ajoutez à cela des réseaux de distribution d'eau désuets et mal entretenus, et vous comprenez pourquoi le nombre de réclamations a explosé.En plus, le coût des réclamations est plus élevé, car les soussols ne sont plus les débarras qu'ils étaient.On y trouve maintenant de coûteux cinémas maison ou des caves à vin bien garnies, pour ne donner que ces deux exemples.POUR EN SAVOIR PLUS Le BAC: www.infoassurance.ca (514) 288-4321 / 1 877 288-4321 Intempéries : Jusqu'où se mouille votre assureur ?"]
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