La presse, 11 mars 2007, P. Plus
[" PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE TORILL KOVE PAGE 6 Voici plus de 15 ans que l'industrie des sports extrêmes se développe dans la province.Fabricants de skate, boutiques de vêtements, maisons de production, revues : le sport made in Quebec sert de gagne-pain à des milliers de personnes.Et c'est sans compter les événements qui attirent un nombre grandissant de spectateurs.La Presse présente des acteurs méconnus de cette industrie millionnaire.PHOTO DAN MATHIEU, COLLABORATION SPÉCIALE LA MODE EST UN SPORT PHOTO DAN MATHIEU, COLLABORATION SPÉCIALE MARC ANTOINE GODIN Les compagnies québécoises Woodchuck Laminates et Control Skateboards sont les deux seuls manufacturiers de planches à roulettes au Canada.Ils fabriquent des skateboards pour leur marque maison, mais agissent aussi en soustraitants pour d'autres compagnies, ainsi que pour de nombreuses boutiques qui désirent avoir leur propre marque.« J'ai démarré Woodchuck en même temps que ma carrière de skater, raconte Max Dufour.Dans ce temps-là, le marché était concentré en Californie et tout le monde se vantait de travailler avec de l'érable canadien.Je trouvais ça un peu ironique : on leur exportait nos matières premières, mais elles revenaient ensuite sur le marché canadien.» Tout au long de sa carrière, Dufour a entretenu des contacts qui ont bien servi Woodchuck.En 2005, la compagnie a ouvert un bureau en Californie pour faciliter la distribution et la représentation.« Pourtant, on fabrique tout à Longueuil », précise-t-il.Woodchuck et Control sont confrontés à de dures réalités : un taux de change peu favorable à l'exportation et une concurrence féroce provenant de la Chine.« Les usines américaines de skateboards ont presque toutes fermé et ont déménagé en Chine ou au Mexique, explique Carl Savard, président de Control.Les temps sont plus durs que jamais.Les compagnies chinoises viennent faire une ou deux razzias par année dans nos scieries et achètent à peu près tout sur le marché.Ils envoient les érables se faire dérouler et se faire plaquer en Chine et ça occasionne une hausse de prix.« C'est un peu idiot d'épuiser nos ressources de cette façon.» Autant le ministère des Ressources naturelles que l'organisme Quebec Wood Export (Q-Web) ont refusé de nous donner des détails sur le sujet.Savard, lui, dit s'être découragé à force de réclamer des explications.Moins de quantités, plus de compagnies Pour contrer la concurrence chinoise, Control Skateboards s'est résolu à offrir de plus petites quantités.« Une compagnie chinoise peut te vendre sa planche 10 $, mais pour cela il faut que tu en achètes 500 ou 1000 du même modèle.Tandis que nous, on offre un minimum de 50 par modèle.» Une telle proposition a entraîné au Québec la création de plusieurs petites marques de planches qui ont inondé le marché.« Il y a eu un sale boom dans les compagnies de skateboards », confirme Micke Lemay, qui dirige Father, une entreprise établie depuis 10 ans.« Il y a eu ULC à Québec, Ripper au Saguenay, Premium, Trooper, Union.Avec tout ce monde-là, ça coûte cher de faire de l'argent.» Non seulement l'offre s'est-elle multipliée, mais les habitudes des Québécois ont changé.Les meilleurs skaters ont l'habitude de prêter leur nom à des marques pro models, mais celles-ci n'ont plus autant d'impact.« Aujourd'hui, les jeunes skatent avec la planche du magasin Performance à Saint-Sauveur, illustre Micke Lemay.Les boutiques spécialisées vont vendre quelques pro models au début de l'été, mais une fois qu'un jeune a cassé sa première planche, il va aller vers la moins chère.« De toute façon, tout le monde vend pas mal la même palette.Il y a juste la présentation qui change.» MARC ANTOINE GODIN Si la mode reliée à la planche à roulettes est devenue immensément populaire, les ventes de planches et autres accessoires sont en perte de vitesse.«Je vends de 20% à 30% de moins de skateboards aux boutiques spécialisées qu'il y a trois ou quatre ans, admet Carl Savard, président de Control Skateboards.À l'époque, on ne fournissait pas à la demande.Mais dans le skate, il y a toujours eu des cycles de ce genre-là.» On nous dit que le nombre de Québécois adeptes du snowboard et du ski continue d'augmenter chez les gars comme chez les filles.Pourquoi y aurait-il plafonnement en skateboards?« Je crois qu'il y a un lien à faire avec la sortie du jeu vidéo Tony Hawk Pro Skater, l'un des plus populaires de l'histoire, suggère Daniel Mathieu.Après cela, les ventes de planches ont augmenté en malade.Mais les jeunes ont réalisé que c'était pas mal plus difficile d'en faire pour vrai.« Plusieurs ont donc laissé tomber.Il y a eu un déclin dans les ventes de planches, mais la scène se porte bien malgré tout.Les jeunes commencent maintenant à en faire dès l'âge de 9 ans.Et il y en a plusieurs qui sont à la fin de la trentaine et qui skatent encore.On a eu l'impression pendant un bout de temps que les vieux disparaissaient, mais c'est comme s'ils avaient ressorti leur planche de la garde-robe.» Max Dufour constate que le Québec est plus ouvert qu'avant à l'égard de la planche à roulettes.« Des villes qui offrent des cours de skate en été, on ne voyait pas ça quand j'ai commencé.L'image rebelle du sport est encore là, c'est juste le monde qui a vieilli.Les gens de mon âge sont devenus des parents.De nos jours, tu peux très bien tomber sur un policier qui faisait du skate autrefois.» La planche à roulettes a-t-elle plafonné?MARC ANTOINE GODIN Tous les acteurs de l'industrie connaissent la recette : pour entretenir l'engouement des jeunes, ça prend des événements.« Les événements jouent un gros rôle de visibilité, concède Brendan O'Dowd, des magasins Empire.Nous, on est commanditaires du Shakedown, une importante compétition de snowboard qui offre 20 000 $ en bourse et qui attire les meilleurs athlètes au monde.» L'événement, ça peut être une boutique qui met sur pied une compétition.Mais c'est aussi une compagnie de vêtements qui promène son équipe de riders professionnels pour véhiculer sa marque.« Pendant l'événement Pros and Powder Tour, on envoie nos athlètes de l'Équipe Orage dans 10 destinations en Amérique du Nord, où les jeunes ont l'occasion de les rencontrer et de skier avec eux », décrit Éric d'Anjou, de la compagnie Coalision.L'événement, c'est un athlète qui en profite pour se faire connaître.« Le Vans Warped Tour organise une compétition de skate dans chaque ville où il s'arrête pour ses concerts, explique Pierre-Luc Gagnon.Le gagnant va affronter les gagnants des autres villes à Hollywood.Celui qui remporte la finale obtient un contrat de commandite de Vans et un budget de voyage.C'est en gagnant ce concours-là que ma carrière a commencé.» Pour une organisation comme Rugged Riders, qui vise à encourager la pratique du skateboard et du snowboard chez les filles, les événements sont une gamme d'activités pour faire mousser l'intérêt.« On a un camp de snowboard appelé « tricks R4 chicks », décrit Elysha Bastien, cofondatrice de Rugged Riders.On loue un chalet privé où débarquent 25 filles.Sur place, il y a des entraîneurs certifiés ainsi que les professionnels de l'équipe Roxy.» Rugged Riders organise aussi des compétitions qui attirent des filles provenant de Montréal, des régions, mais aussi de tout l'est de l'Amérique du Nord.Elysha Bastien se dit heureuse de pouvoir enfin offrir une compétition destinée aux filles où des bourses intéressantes et des prix attrayants sont à l'enjeu.La culture de l'événement Du pain sur la planche À 27 ans, elle est une référence en snowboard féminin.Annie « tue » la demilune et s'illustre encore plus quand elle descend des montagnes de l'arrière-pays.C'est l'une des vedettes du film Ro Sham Bo, du groupe Misschief. L'an dernier, à 13 ans, «Seb Tout» a gagné la compétition de snowboard Shakedown au Mont Saint- Sauveur.En récompense: une bourse de 10000$ et des commanditaires.On l'a à l'oeil: le p'tit surdoué pourrait devenir le Shaun White du Québec.PHOTO OLIVIER GAGNON, COLLABORATION SPÉCIALE PHOTO OLIVIER CROTEAU, COLLABORATION SPÉCIALE Le rider de Saint-Rédempteur est en pleine éclosion, même s'il est déjà âgé de 27 ans.Il a pris part au dernier de Mack Dawg, une sommité dans les films de snowboard, ce qui lui permet d'envisager une année 2007 encore plus fastueuse.Pour l'instant, il n'a pas la visibilité d'un DCP, mais on parle de la même gamme de riders.SKATEBOARD Le style de planche à roulettes le plus populaire est le « street », où le skater utilise ce qu'il a sous la main, dans la ville, pour exercer son sport.Moins répandu mais plus propice à la compétition, le «vert» (de «vertical») se pratique sur une rampe ou une demilune.L'endroit où on le pratique, de même que la difficulté des figures qu'on essaie d'accomplir, rend le skate difficile.RIDER C'est le terme utilisé dans l'industrie pour désigner les athlètes.SNOWBOARD Tout comme le skate, le snowboard s'est servi de l'esprit du surf pour se développer.Et comme en skate, une frange « street » de la planche à neige s'est développée.Mais c'est sur la montagne que ça se passe vraiment, là où l'amplitude des sauts peut devenir la plus grisante.FREESKI Aussi appelé ski freestyle.Le skieur, plutôt que de s'en tenir à de techniques conventionnelles de slalom ou de descente, utilise tout ce qu'il a sous la main pour exécuter des sauts audacieux.BACK COUNTRY Faire du ski ou du snow dans l'arrière-pays, très loin des centres de ski habituels.SLOPESTYLE Un parcours truffé de modules qui permettent à un rider (de snowboard ou de freeski) d'exécuter ses sauts. MARC ANTOINE GODIN Les communautés des skaters et des adeptes du snowboard ont leurs lectures.Deux magazines en particulier s'adressent à eux.La revue Crux essaie de rejoindre le plus large public possible en traitant autant de snowboard que de vélo de montagne.Elle est disponible gratuitement dans plusieurs boutiques spécialisées.Le magazine Exposé, de son côté, est un pilier de la culture skate.Il traite d'ailleurs exclusivement de planche à roulettes.S'il survit avec seulement 15 000 exemplaires, c'est que les annonceurs sont confiants de rejoindre une clientèle différente.« Pendant longtemps , le s annonceurs ont voulu approcher le marché québécois, qui compte pour 30 % des ventes canadiennes de produits reliés au skateboard, explique le rédacteur en chef Daniel Mathieu.L'intérêt a augmenté quand l'industrie a remarqué que les marques à la mode ailleurs au Canada n'étaient pas les mêmes qu'au Québec.C'est carrément autre chose.» La même explication vaut pour le site Web www.33mag.com, qui rejoint autant les amateurs de skate que de snow.« Le marché jeune et underground est plus dur à percer.Sauf qu'on voit maintenant un engouement pour la publicité Web qui n'était pas là avant.Ces annonceurs-là nous permettent d'ajouter du contenu, de faire un suivi sur les trucs locaux, et de faire la promotion des choses que vendent nos amis dans l'industrie », avoue candidement Alexis Brault, qui est à la tête de 33mag.Cette plate-forme accueille 60 000 visiteurs uniques par mois, tandis que son forum de discussions axé sur le skateboard (www.islandproductions.org), en récolte 20 000.C'est beaucoup de monde ! Le site www.polarmedia.ca est un autre site de référence en matière de snowboard, quoiqu'il soit un peu moins fréquenté.MARC ANTOINE GODIN Certains jeunes entrepreneurs du sport extrême maîtrisent très bien le concept de la synergie.« Quand on a vu qu'on ramassait beaucoup d'images avec nos événements de l'Under Attack Tour, on a décidé d'en faire une émission de télé », explique Alex Bastide, propriétaire des boutiques Underworld.C'est sûr que c'est de la publicité pour nous, mais c'est aussi un rêve.N'importe quel jeune aimerait avoir son émission à Musique Plus! » Les plus sérieux rivaux d'Underworld sur le marché québécois, les magasins Empire, ont pu soutirer deux émissions à partir de leur événement maison, le Shakedown.« Il faut qu'on ait le contrôle sur notre image, sinon on n'embarque pas », avertit Brendan O'Dowd, de chez Empire.Une expérience peu fructueuse avec le Réseau des sports lui a servi de leçon.« Pour Tribal, on nous avait proposé d'être un partenaire important, mais on n'était pas convaincus que notre image et notre logo seraient bien véhiculés.Après la première émission, on a débarqué.Si l'animateur n'utilise pas les bons termes ou qu'il ne s'habille pas de la bonne manière, ça va être cheesy et ce ne sera pas crédible.» N'ajustez pas l'image.Le X qui se lit Un skieur freestyle de 21 ans qui a déjà gagné trois médailles d'or auxXGames d'hiver dans la compétition de «slopestyle ».Sa dernière trouvaille: «l'Octograb », un saut où il croise ses skis en allant toucher l'avant de son ski gauche avec sa main gauche et l'arrière de son ski droit avec sa main droite. Kasper, poète danois en vacances en Norvège, veut profiter de son séjour pour rencontrer la célèbre écrivaine Sigrid Undset.La route de la vie n'est jamais rectiligne et Kasper découvre que les coïncidences et les détours, même banals \u2014 le mauvais temps, un chien \u2014, nous entraînent souvent ailleurs.Kasper est le héros d'un court métrage d'animation de 14 minutes signé Torill Kove.Torill Kove LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ANNE RICHER The Danish Poet, produit par l'Office national du film du Canada, a obtenu l'Oscar du meilleur court métrage d'animation aux Academy Awards.C'est le 12e Oscar de l'ONF et sa 69e mise en nomination.Torill Kove, quant à elle, avait déjà connu un immense succès avec son film Ma grand-mère repassait les chemises du roi.Le talent de cette cinéaste canadienne d'origine norvégienne dépasse nos frontières.Son film, depuis sa sortie, en 2006, a été projeté dans les principaux festivals de films d'animation et de courts métrages du monde.La Presse et Radio-Canada ajoutent leurs voix à l'admiration des jurys en nommant Torill Kove Personnalité de la semaine.Une idée toute simple L'idée des coïncidences de la vie, « une idée banale, somme toute », souligne la réalisatrice, est devenue peu à peu obsédante au point qu'elle a voulu en faire un film d'animation.« Elle vient de ma vie, de mes propres expériences.Si je n'avais pas quitté la Norvège, si je n'étais pas venue au Canada\u2026 La difficulté, en abordant ce sujet, était de raconter une histoire qui aurait ses qualités personnelles.» Le film est attendrissant, drôle parfois.« Au départ, je ne voulais pas que ce soit drôle, car le sujet est sérieux.» Le dessin naïf, les couleurs, la représentation de l'architecture et des paysages norvégiens et danois apportent la note poétique.La narratrice, l'actrice Liv Ullman, donne au texte de Torill Kove, une fois qu'on a vu le film, l'élan d'une réflexion qui ne fait que commencer.« Je crois qu'il existe des liens entre nous et les gens que l'on voit tous les jours, au-delà de l'éducation, de la culture et du bagage génétique.» Malgré le succès obtenu, elle ne pense pas au long métrage ni à une autre forme créative.« J'aime le format du court métrage, dit-elle.J'aime écrire des histoires, créer de petits mondes.Le court métrage me donne beaucoup plus de liberté, plus d'intimité aussi.» Tandis que The Danish Poet fait son tour du monde, Torill Kove a déjà en tête une autre idée.« Les images viendront après.» Une fois encore, il y aura un peu d'ellemême, de sa vie.Elle a une fille de 4 ans à la personnalité forte.« Il faut garder ça, ne pas la détruire.» Ce qui la passionne dans cette situation est la différence entre les besoins fondamentaux d'un enfant et ce que le parent peut ou veut donner.Comment réussira-t-elle à rendre cette réflexion en images?C'est à suivre.Lointaine Norvège Sa propre enfance et la nostalgie de son pays d'origine font partie de l'étape actuelle de sa vie.À 48 ans, la réalisatrice revient à ses sources.L'imagerie de la Norvège nous parle de fiords et de musique \u2014 de Grieg, notamment.Peut-être a-telle hérité du caractère à la fois poétique et mélancolique des lieux de sa jeunesse, d'une certaine langueur aux échos de sa musique?« Je sens une sorte d'exil », ditelle, en ajoutant très vite que ce n'est pas seulement ici, à Montréal, mais également en Norvège, lorsqu'elle y retourne.C'est un état qui l'inspirera sans doute pour un autre court métrage.« Ce que je vis, des millions de personnes le vivent partout dans le monde, de plus en plus.» Que l'on se rassure.Elle adore le Québec.Elle y a de nombreux amis.« Ça n'a rien à voir avec les autres, c'est moi.» Elle était venue ici en vacances dans les années 80, visiter sa soeur, mariée à un Canadien.« J'ai beaucoup aimé Montréal, je suis restée.C'est aussi simple que ça.» À l'époque, ses parents, architectes, vivaient en Afrique pour leur travail.À part une autre soeur restée en Norvège, rien ne l'obligeait à rentrer dans son pays.« Je me sentais libre », dit-elle.Et puis voilà que d'autres coïncidences ont ajouté au déroulement de sa destinée : elle a rencontré ici l'homme de sa vie, Kevin Dean, musicien qui a composé la musique de ses films.Elle dessine depuis qu'elle est toute petite.Elle voulait, en venant ici, assurer sa propre subsistance, être autonome.Pour se donner une chance de réussir, elle s'est inscrite en animation à l'Université Concordia.Ce fut tout de suite le succès : prix Kodak pour All You Can Eat, Fallen Angel et Squash and Stretch.Elle entre à l'ONF, où elle occupe divers postes.« J'ai commencé tardivement, dans la trentaine, ma carrière de réalisatrice.» Elle ignore à quel point ce témoignage donnera espoir à tous ceux et celles qui portent secrètement en eux leur créativité ! Et Torill Kove n'a pas fini de nous émerveiller.Je crois qu'il existe des liens entre nous et les gens que l'on voit tous les jours, au-delà de l'éducation, de la culture et du bagage génétique.PHOTO CHRIS PIZZELLO, REUTERS 3449965A "]
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