La presse, 5 novembre 2006, D. À vos affaires
[" L'ARGENT AU QUOTIDIEN On donne souvent aux parents le judicieux conseil d'initier leur progéniture à l'argent et aux finances personnelles.C'est bien.Mais comment ?Il existe des outils gratuits, accessibles, pour briser la croyance voulant que l'argent sorte par magie d'une machine où l'on insert une petite carte en plastique.PAGE 3 SOUS LA LOUPE Colette est une femme économe et disciplinée qui a épargé toute sa vie.Mais voilà que la retraite est arrivée.et qu'elle a l'impression de s'être fait avoir.Puisqu'elle est maintenant obligée de retirer une certaine somme de son Fonds de revenu de retraite (FERR) à chaque année, le fisc est très gourmand.Trop à son goût.PAGE 4 GÉNÉRATION PASSE-PARTOUT Les élèves de cinquième secondaire courent tout un marathon dans le cadre du cours d'initiation à la vie économique.Pendant 100 heures, ils traitent de concurrence monopolistique, d'inflation, de PIB, de sociétés par actions, de coopératives, etc.Seriez-vous à la hauteur si on faisait faire l'examen?Faites notre test, vous saurez.PAGE 5 LES BONS COMPTES Que se passe-t-il si un père achète une voiture avec son fils et que celui-ci prend la poudre d'escampette et arrête de faire les paiements?Papa est dans le pétrin.C'est ce qu'un lecteur apprend à ses dépens.Découvrez ce qu'il aurait pu faire pour garder la situation en main, à défaut de mettre la main sur fiston.PAGE 6 Il en va des dettes comme des champignons : toutes ne sont pas vénéneuses.Il y a les mauvaises et les bonnes.Certaines méritent même d'être prolongées.Reste à savoir si votre dette tombe dans la première catégorie ou dans la seconde.BONNES DETTES, BAD DETTES ILLUSTRATION JULIEN CHUNG, LA PRESSE© MARC TISON Bonne dette ?Mauvaise dette?Il y a deux ordres de critères pour en juger.Il faut d'abord compter avec les paramètres financiers.Le taux d'intérêt est à cet égard le facteur le plus important.«Une dette à bas taux sera considérée comme bonne et une dette de carte de crédit à 12 ou 18%entrera dans les mauvaises», énonce le planificateur financier Éric Brassard.Si en plus les intérêts de cette dette sont déductibles des revenus, elle penche nettement du bon côté.«Une dette d'immeuble à revenu à 5 ou 6% d'intérêt, avec un taux d'imposition de 40%, correspond à un taux de 3%, observe-t-il.C'est une vraie farce.» Si cette dette vous permet d'accumuler un actif \u2014 une propriété, par exemple \u2014, elle est généralement positive.En théorie, le prêt levier, qui permet de faire un investissement boursier, entre dans cette catégorie.Dès que le rendement moyen est supérieur au taux d'intérêt du prêt, la manoeuvre est rentable.«La réalité, c'est que la dette est fixe et ne varie pas, alors que les placements vont fluctuer », avise toutefois Éric Brassard.Le problème se pose davantage du point de vue du profil de l'investisseur.Est-il prêt à supporter la pression?Son portefeuille peut-il faire de même?L'autre ordre de critères est davantage qualitatif.Certains emprunts de consommation vous permettront d'acquérir un bien dont vous voulez profiter tout de suite, même si vous n'avez pas encore le capital nécessaire \u2014 un ensemble de cinéma maison, par exemple.Les conseillers budgétaires honnissent ce type de dette.Soyons plus nuancé : à chacun de juger de l'importance de ce besoin, du coût en intérêts et de la satisfaction qu'il en tire.L'important est que cette dette soit parfaitement planifiée.Éric Brassard n'y voit aucun inconvénient si elle est contractée «en pleine conscience et dans le cadre d'une planification globale ».Les mensualités doivent être acquittées sans difficultés dans le cadre d'un budget sain.Si le taux d'intérêt est variable, une hausse ne doit pas mettre en péril l'équilibre budgétaire.Mais l'essentiel doit être assumé en priorité, rappelle le planificateur.Les risques de manquer d'argent à la retraite, de perdre son revenu, sa santé (ou même sa vie) doivent d'abord être évalués.Ensuite, chacun est libre d'utiliser ses surplus comme il l'entend, y compris en paiements d'intérêts.«Mieux vaut mourir pauvre que frustré», professe-t-il, pour rappeler que le coffre-fort ne suit pas le corbillard.NOTREDOSSIER EN PAGE 2 CONSOMMATION LE SOMMEIL, TOUT UN BUSINESS PAGE 7 À VIVRE ENFIN CHEZ VOUS www.bnc.ca/tout-en-un 3424405A À VOS AFFAIRES LE DOSSIER DE LA SEMAINE TEXTES: MARC TISON Est-ce une bonne ou une mauvaise dette?La question de sa pertinence ne se pose qu'avant de la contracter.«Une fois que la dette est là, sa provenance n'a plus aucune importance», soutient le planificateur financier Éric Brassard.«Il ne faut pas faire une deuxième gaffe si la dette en était une au départ.» Quel que soit son objet, il faudra faire avec.C'est alors la question du taux d'intérêt qui prime.«Que faire avec le dollar qu'on a en excédent?demande Éric Brassard.Est-il préférable de rembourser une dette, mettre de l'argent dans mes REER ou mes épargnes études, faire des placements hors REER?Il faut envoyer l'argent où il travaille le mieux.» On comparera le taux d'intérêt des dettes avec le rendement des placements \u2014impôts considérés.Et on appliquera le précieux dollar où il est le plus rentable.« Ce n'est pas grave d'être endetté si l'argent travaille bien ailleurs», énonce Éric Brassard.Première dette La conseillère Nathalie Lacharité utilise cette approche pour contrôler les dettes de consommation de ses clients.Elle leur brandit d'abord un joli tableau qui dépeint l'étalement du remboursement de la dette.«Je leur montre combien de temps ça va durer et combien ça va coûter s'ils ne paient que le montant minimum.C'est sûr que c'est démoralisant.» Là réside d'ailleurs l'objectif de la démonstration.Elle peut ensuite amener, fort opportunément, un programme de contrôle budgétaire qui dégagera une petite marge de manoeuvre.Cette somme \u2014250 $ par mois par exemple\u2014 sera ajoutée à la mensualité minimale de la dette qui comporte le taux d'intérêt le plus élevé.Pendant ce temps, les autres dettes continuent à être remboursées au minimum.Une fois la première dette acquittée, le versement minimal qui lui était consacré et les 250$ (par exemple) sont appliqués à la seconde dette en liste, en sus du versement minimal de cette autre dette.Et ainsi de suite\u2026 Vos dettes sont dispersées?Une autre approche consiste à regrouper ses dettes.Car, si vous pensez que vos dettes ont leur propre personnalité, que vous tenez à respecter, vous perdez peut-être des centaines de dollars chaque année.Un exemple éloquent de l'importance de la dépersonnalisation des dettes a été donné par les chercheurs Moshe Milovsky, de l'Université York, et Anna Abaimova, du Individual Finance and Insurance Center (IFID).S'il peut paraître plus rassurant et plus simple de contenir chaque dette dans sa case bien identifiée, les deux chercheurs ont montré (dans une étude financée par Manuvie), que réduire l'éparpillement des dettes peut faire économiser 1000$ par année.Ils ont donné l'exemple de deux familles typiques, que nous appellerons Lavigueur et Lavertu, aux prises avec la même dette totale de 94 709$, répartie entre hypothèque (76 000$), prêt auto (10 250$), carte de crédit (2450$) et marge de crédit (5695$), chacune assortie de son propre taux d'intérêt et de sa période d'amortissement.Ces dettes correspondent aux obligations moyennes des ménages canadiens.Dans les deux cas, les familles Lavertu et Lavigueur consacrent au remboursement de l'ensemble de leurs dettes le même montant de 1000$ par mois.Les deux familles maintiennent également un coussin de sécurité de 2700$ dans un compte courant.La famille Lavertu décide toutefois de consolider l'ensemble de ses dettes dans une marge de crédit à taux préférentiel.Elle réduit ainsi ce que les auteurs appellent la diversification des dettes dans l'espace.«Bien que du point de vue psychologique, la famille Lavertu aurait préféré devoir de plus petits montants à un plus grand nombre de créanciers, soulignent les deux chercheurs, ils comprennent les bénéfices qu'ils tirent à ne pas se piéger avec des comptes mentaux.» Ou, en d'autres termes, avec des cases imaginaires.Le taux préférentiel est fluctuant et induit un facteur de risque dans l'opération.Les chercheurs ont effectué des milliers de simulations avec des taux préférentiels fluctuants pour démontrer qu'après un an, la dette totale de la famille Lavertu était en moyenne inférieure de 929$ à celle de la famille Lavigueur.Dans des conditions d'intérêts défavorables \u2014le quart des probabilités\u2014, les gains sont encore de 776$.La diversification des dettes peut également s'étaler dans le temps.Pendant que le compte d'épargne stagne à des taux d'intérêt lilliputiens, les intérêts payés sur les dettes progressent à pas de géant.La famille Lavertu décide donc d'utiliser son coussin de sécurité de 2700$ pour réduire le montant total de la dette, qui se trouve ainsi ramené à 92 000$.La marge de crédit fournira le coussin nécessaire si une malchance survenait.En ajoutant cette mesure à la consolidation des dettes, la famille Lavertu épargnera en moyenne 1063$ après un an par rapport à leurs voisins \u2014toujours en conservant le même versement mensuel de 1000$.Pour ce qui concerne les dettes, concluent les auteurs, il y a avantage à mettre tous ses oeufs dans le même panier.Les dettes, c'est avant qu'il faut y penser! Que faut-il privilégier ?Dette ou placement ?Éric Brassard propose l'ordre de priorité suivant.D'abord, se concentrer sur le REER.Ensuite, s'attaquer à l'épargne- études et aux mauvaises dettes.En troisième lieu, se consacrer aux placements hors REER ou au remboursement de l'hypothèque.Il y a peu de différence, entre un placement hors REER à 6 ou 7% de rendement, une fois l'impôt soustrait, et une hypothèque à 5%, bien que la première voie soit souvent légèrement plus rentable.« Psychologiquement, les gens préféreront plutôt rembourser leur hypothèque, indique Éric Brassard.Je ne m'y oppose pas.» « Mais quand les REER et l'épargne-études ne sont pas pleins et qu'il y a de mauvaises dettes, il ne sert à rien de se dépêcher de payer son hypothèque.» Dettes ou placements ?Les spécial i stes proposent couramment de contracter un emprunt pour faire une cotisation REER qui sera remboursé en partie dès réception du remboursement d'impôts.Le prêt REER est en principe unve excellente dette parce qu'il permet de réaliser d'intéressantes économies d'impôts.Éric Brassard pousse le principe plus loin: il n'y a pas d'urgence à rembourser le prêt REER en un an.On peut même trouver avantage et profit à l'étirer sur cinq ans.«On peut ainsi déposer un plus gros montant dans le REER, avec de plus petites mensualités», indique-t-il.«Il se crée un effet de levier qui nous permet d'être à la fois en mode rattrapage et en mode épargne.» Nous avons fait l'exercice.Mise en situation: nous sommes le 1er janvier, et notre budget nous permet de consacrer 345$ par mois au REER.Les options Première option: nous versons cette somme chaque mois dans notre REER sur une période de cinq ans.En supposant que le remboursement d'impôts y soit lui aussi versé au milieu de l'année, et que le REER maintienne un rendement de 7%, nous y aurons accumulé 35 700$ au terme de la cinquième année.Deuxième option: nous consacrons plutôt ces 345$ par mois au remboursement, en l'espace d'un an, d'un emprunt REER de 4000$ à un taux de 6%.Cet emprunt est répété chaque année le 1er janvier.Cette fois, le retour d'impôts est calculé sur une cotisation de 4000$ dès le début.Ce départ sur les chapeaux de roues vaut, après cinq ans à ce régime, une épargne REER de 38 200$.C'est 2500$ de plus que dans la première option.Poussons la logique au maximum, comme nous le suggère Éric Brassard.La même somme de 345$ par mois est consacrée cette fois au remboursement du prêt le plus élevé qui puisse être obtenu sur cinq ans, sous un taux d'intérêt de 6%.Nous pouvons ainsi contracter un prêt REER de 17 800$, qui produira, quatre mois plus tard, un remboursement d'impôts de plus de 7000$, lui aussi versé dans le REER.Chaque année, les remboursements d'impôts sont réinvestis dans le REER.Au terme des cinq ans, le REER contiendra 40 300$, soit encore 2100$ de plus que dans la seconde option.Il faut bien sûr que le rendement du REER soit supérieur au taux d'intérêt du prêt.On doit tenir compte aussi de la variation du taux marginal d'imposition.Mais nous avons l'exemple ici d'une dette éminemment positive, quand contractée dans les conditions appropriées.Le prêt REER, une bonne dette «LE REER est un abri fiscal complet», tranche Éric Brassard.En effet, le rendement sur les placements dans un REER est pratiquement le même avant et après que l'impôt ait été payé, quel que soit la période durant laquelle on les détient.Difficile à croire?Voici la démonstration qu'en a faite Éric Brassard.Supposons que vous ayez un taux d'imposition marginal de 50%.En tenant compte de la déduction fiscale, une cotisation REER de 1000$ ne vous coûte donc que 500$.Ce placement rapporte 8% d'intérêts.Après un an, vous retirez le capital et les intérêts, soit 1080$.Vous acquittez alors les impôts de 50%, donc 540$.Il vous reste 540$.Votre investissement de 500$ vous a donc rapporté 8%.Cela signifie donc que pour savoir s'il vaut mieux rembourser son hypothèque ou investir dans son REER, il suffit de comparer les taux qui s'appliquent à l'un et à l'autre.Dès que le rendement de l'investissement dans le REER est supérieur au taux d'intérêt du prêt, mieux vaut privilégier le REER.La difficulté, c'est de connaître à l'avance le rendement du REER.La même logique s'applique avec le retour d'impôts obtenu grâce à la cotisation REER.Dans cette optique, mieux vaut donc le réinvestir dans son REER plutôt que d'accélérer le paiement de l'hypothèque.Hypothèque ou REER ?RÉPARTITION DE LEURS DETTES TYPIQUES DE 94 710 $ TAUX D'INTÉRÊT Solde de carte de crédit 2 451$ 18,00% Hypothèque 76 312$ 5,35% Prêt auto 10 251$ 7,93% Marge de crédit 5 695 $ Taux préférentiel ET SI LES DETTES SONT REGROUPÉES À UNTAUXPRÉFÉRENTIEL ?Économie réalisée durant la première année ÉCONOMIE DANS LE PIRE DANS LE MEILLEUR MOYENNE DES CAS DES CAS Consolidation de la dette de 94 710 $ 929 $ 776 $ 1081 $ Consolidation de la dette et utilisation du coussin de 2700 $ pour réduire la dette 1063$ 914$ 1210 $ Source : Milevski, Université York et Abaimova, Individual Finance and Insurance Center Note : le «pire» et le «meilleur» des cas correspondent aux différentes possiblités de fluctuation du taux préférentiel, des moins favorables aux plus favorables PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE © Angle Sainte-Catherine et Mc Gill College, les consommateurs sont prêts à prendre d'assaut les grandes maisons et boutiques spécialisées du centre-ville. À VOS AFFAIRES MARC TISON Les billets de banque, comme chacun sait, sont distribués à volonté par des boîtes munies d'un écran de jeu vidéo.Pour acheter un jouet, il suffit de tendre une petite carte de plastique.C'est à tout le moins ainsi qu'apparaissent les transactions monétaires aux yeux purs et innocents de l'enfance.On donne souvent aux parents le judicieux conseil d'initier leur progéniture à l'argent et aux finances personnelles.Splendide intention, mais existe-t-il des outils pour les aider?Gratuits si possible \u2014 après tout, nous parlons d'argent, n'estce pas\u2026 Au terme d'une tournée sommaire des principaux organismes et institutions, voici notre récolte.Une réussite du Bureau des faillites Le Bureau du surintendant des faillites Canada, s'attaquant au problème à sa racine, vient de publier une série de trois guides financiers destinés respectivement aux enfants de cinq et six ans, de sept et huit ans et de neuf à 12 ans.Chacun suggère aux parents des conseils, activités et jeux pour aider à «développer les connaissances f inancières de leurs enfants».Ils ont été conçus par des étudiants en science de la consommation de l'Université Laval et en droit civil de l'Université d'Ottawa.Ces cahiers de 20 à 25 pages décrivent en détails les notions à faire découvrir aux enfants, les façons d'aborder ces sujets, et les activités pour les rendre plus concrètes.Le guide destiné aux enfants de cinq et six ans propose par exemple des jeux d'association ou de mémoire et un casse-tête\u2026 Insérées au centre du cahier, des planches cartonnées, imprimées en couleur et microperforées, fournissent toutes les pièces nécessaires à ces jeux, qu'il suffit de détacher: pièces de monnaies, cartes, etc.Dans les guides suivants, les notions abordées et les activités croissent en complexité.Dans le même esprit, le Bureau du surintendant des faillites a également réalisé un petit jeu de société appelé Décisions, dans le noble but d'«initier la jeune génération aux composantes de l'économie familiale».Il s'adresse aux enfants de 7 ans et plus\u2026 et à leurs parents bien sûr.Encore une fois, planchettes, pions, cartes de jeu et billets sont imprimés en couleurs sur des planches microperforées.Tous ces guides et jeux peuvent être commandés gratuitement auprès du Bureau du surintendant des faillites, au numéro 1-800-635-7943.Ils sont également disponibles sur Internet en version imprimable (http://osb-bsf.ic.gc.ca).Aider les parents à aider leurs enfants Pour faciliter l'accompagnement des enfants qui adhèrent à la caisse scolaire, Desjardins a développé «une trousse éducative pour les parents», décrit Odette Duchesne, responsable des programmes d'éducation en milieu scolaire chez Desjardins.Ces outils sont d'abord distribués par le service des caisses scolaires mais ils seront utiles à tout parent.On pourra en faire la demande par l'entremise de sa succursale, particulièrement si celle-ci supervise une caisse scolaire.Se débrouiller avec l'argent La RBC Banque Royale tient une chronique de type publireportage sur l'argent et les finances personnelles dans la revue pour jeunes Les débrouillards.Malheureusement, ces chroniques ne sont pas reprises sur Internet, mais on peut consulter les revues en bibliothèque.L'argent en famille Mas ter Card a publ ié un guide financier à l'intention des familles.Ce document d'une dizaine de pages traite notamment des façons dont les parents peuvent initier leur enfant aux questions financières.On le trouve en version électronique (www.mastercard.com/ca/personal/fr/education/ family/index.html).Initiation aux valeurs\u2026 À défaut de guide, de jeu ou d'outil, la Banque TD, à l'instar de plusieurs institutions financières, est prodigue de conseils.Retenons-en un, tout à fait de saison : pour initier son enfant à l'argent, à l'épargne et à quelques valeurs fondamentales, pourquoi ne pas «l'encourager à mettre de l'argent de côté pour offrir un jouet à un organisme caritatif ?» Pour les jeunes.plus vieux Le guide financier pour adolescents de 13 à 15 ans.Le Bureau du surintendant des faillites Canada a également produit un guide s'adressant aux adolescents de 13 à 15 ans et à leurs parents.Fort bien fait, il aborde, sur 35 pages, des sujets comme le budget, les intérêts, le crédit, le travail étudiant, les comptes bancaires.1-800-635-7943 ou http://osb-bsf.ic.gc.ca.Les jeunes et l'argent Publié par la Fondation canadienne d'éducation économique, le guide Les jeunes et l'argent s'adresse aux élèves du secondaire.Ce document très complet de 132 pages est envoyé gratuitement (plus frais de port) aux enseignants qui en font la demande, en boîte de 38 exemplaires.Les parents peuvent le consulter sur Internet ou l'imprimer (www.cfee.org/fr/).Questions d'argent Dans le même esprit, l'Association des banquiers canadiens a mis sur pied un programme d'initiation destiné aux élèves du secondaire, appelé Questions d'argent.Un banquier vient donner en classe une session d'introduction aux finances personnelles de 70 minutes, appuyée par une série de fiches d'information et d'exercices, jeux, tests\u2026 Ces notions et activités sont repr ises sur le si te www.votreargent.cba.ca.L' argent : un jeu d'enfant Glissez dans la retraite tout en douceur grâce à un revenu mensuel La Banque Nationale vous propose sa nouvelle stratégie de retraite adaptée à votre profil d'investisseur.Elle vous permet de recevoir un revenu mensuel et ainsi de vivre des passions à la hauteur de vos attentes.1 888 270-3941 www.bnc.ca/revenu Les Fonds Banque Nationale de la catégorie portefeuilles de revenu mensuel (les «Fonds »), sont des fonds communs de placement offerts par Placements Banque Nationale inc., filiale en propriété exclusive de la Banque Nationale du Canada.Un placement dans les Fonds peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et autres frais.Veuillez lire le prospectus simplifié des Fonds avant de faire un placement.Les Fonds ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement dans l'avenir.Le premier mois sans horaire.La première banque.3424700A À VOS AFFAIRES SUR LA VOIE RAPIDE 2 3 LEMONDE L'an dernier, l'économie mondiale a présenté un essor de 4,9%, soit un peu moins que les 5,3% de 2004, qui était un sommet en 28 ans.- Earth Policy Institute Les lois bancaires françaises interdisent les transactions financières par des personnes hors du pays, une mesure qui limite la marge de manoeuvre des banques sur le plan des transferts de centres d'appels à l'étranger.- Financial Times Selon un sondage, seulement 35% des Chinois et 39% des Indiens disent faire confiance aux États-Unis pour agir de manière responsable dans le monde.- Chicago Council on Global Affairs Seulement le quart des 10,4 milliards $US d'aide fournis aux pays les plus touchés par le tsunami qui a frappé l'Asie en 2004 a été dépensé.La plus grande partie des fonds a été allouée à des projets de construction à long terme.- Nations Unies LESAMÉRIQUES La production économique réelle aux États-Unis a augmenté de 50% depuis que la Chine a établi sa monnaie à parité fixe en 1994.- Cato Institute Depuis l'an 2000, le nombre de travailleurs américains dans des pays étrangers a baissé de 9,6%, à 5,12 millions.La baisse observée en 2004 a été la quatrième de suite.- Associated Press Cette année, Pemex, monopole mexicain de l'industrie pétrolière, a fourni le tiers des revenus du gouvernement fédéral.Sans les contributions de Pemex, les recettes du gouvernement mexicain ne formeraient que 11% du PIB, la proportion la plus basse de la région après celle observée à Haïti.- Financial Times Les stocks invendus de GM et de Ford sont d'environ 88 et 84 jours respectivement, alors que la norme est de 65 jours.Chez, Toyota, c'est 26 jours.En ce qui concerne Chrysler, cela dépasse largement 100 jours.- Edmunds.com L'ASIE Le rapport dette publique/PIB est de 80% en Inde, soit trois fois celui de la Chine.- Financial Times D'ici la fin de la présente année, les exportations indiennes de logiciels atteindront environ 13,2 milliards $US, comparativement à 7,3 milliards $US en 2004, et les clients américains formeront près de 70% du total.- NASSCOM La moitié des Japonais sont persuadés que le pouvoir économique croissant de la Chine est quelque chose de négatif comparativement à 39% des Russes et à 28% des Indiens.- PEWResearch Center DILBERT SUDOKU POUR NOUS JOINDRE La Presse Affaires, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 lpa@lapresseaffaires.com ÉCRIVEZ-NOUS ! Le cahier À vos affaires du dimanche traite de vos préoccupations en matière de consommation, de finances personnelles et de formation.N'hésitez pas à nous faire part de vos suggestions et commentaires.DOGBERT FAIT DES RELATIONS PUBLIQUES L'OBJECTIF DES RELATIONS PUBLIQUES EST DE CORROMPRE LES ASPIRANTS JURÉS.NOUS ALLONS DÉMONTRER QUE LES VICTIMES ONT EU CE QU'ELLES MÉRITAIENT.VOUS SAVIEZ QUE VOTRE PRODUIT ÉTAIT MORTEL, MAIS VOUS N'AVEZ RIEN FAIT JUSQU'À CE QUE VOUS SOYEZ POURSUIVIS.NOUS DEVRIONS PEUT-ÊTRE DISCUTER DES IMPLICATIONS MORALES DE CETTE STRATÉGIE.BAH ! Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier sudoku Niveau de difficulté : TRÈS DIFFICILE Ce jeu est une réalisation de Ludipresse.Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site www.les-mordus.com ou écrivez-nous à info@les-mordus.com Par Fabien Savary SOUS LA LOUPE MARC TISON Mais pourquoi diantre contribuer à son REER toute sa vie, si c'est pour tout voir s'évaporer en impôt, une fois la retraite venue ?Collette est une femme économe et disciplinée - même si elle hésite à le reconnaître, sans doute par modestie.Sans enfant, elle a consciencieusement épargné durant toute sa vie active.Maintenant âgée de 72 ans, elle profite d'une retraite complète depuis six ans.Ancienne employée du gouvernement du Québec, elle touche une rente de retraite de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances (CARRA) de 3600 $ par mois.Pour se conformer aux règles fiscales, elle doit maintenant retirer un minimum de 7,5 % de son Fonds de revenus de retraite immobilisé (FERR) chaque année.Or, en raison d'une rigoureuse discipline d'épargne et de judicieux placements, son FERR contient (malheureusement) la confortable somme de 200 000 $.Elle en a retiré près de 20 000 $ en 2005, un peu plus que nécessaire, pour lesquels elle a versé des acomptes provisionnels de 16000 $ à l'impôt.Les acomptes provisionnels sont, comme le noml'indique, des sommes versées au fisc à l'avance, pour couvrir l'éventuelle facture d'impôts à la fin de l'année.« Si je n'avais que la pension, plus les rentes du Québec et quelques revenus d'intérêts, je pense que je vivrais mieux ! s'exclame- t-elle.Pratiquement tout ce que je retire s'en va en acomptes provisionnels ! Il y a quelque chose que je n'ai pas bien fait ou que je ne comprends pas.» Ses dépenses sont nettement inférieures à ses revenus, et la sécurité de sa retraite n'est pas compromise.Mais elle ne veut pas regretter toutes ces années de patientes épargnes.« Serait-il mieux de dépenser tout le FERR, demande-t-elle, de sorte que je n'aie plus d'acomptes provisionnels à payer, ce qui me Des années d'épargne REER inutiles ?permettrait de profiter de la pension au complet ?Ou de vendre mes obligations ?Ou tout dépenser ?Ou quoi encore ?» Trop de revenus à la retraite ! C'est ce « quoi encore » que le planificateur financier Daniel Lacroix, de BMO Banque de Montréal, s'est attaché à définir.Le problème de Collette -heureux problème- est le suivant : elle touche des revenus de retraite trop élevés.Avec les prestations de la Sécurité de la vieillesse (5700$), la RRQ (10 000 $), la rente de la CARRA (43 000 $), les retraits de son FERR (20 000 $), et les revenus d'intérêts sur ses placements non enregistrés (13 000$), elle a gagné plus de 90 000 $ en 2005.Or, comme le souligne Daniel Lacroix, «si le revenu dépasse 62 000 $, il faut commencer à rembourser les Prestations de la sécurité de la vieillesse ».En 2005, elle a donc été forcée de rendre 4658$ sur les 5700$ reçus à cette fin.Les retraits obligatoires du FERR font passer le taux d'imposition de Colette de 30 à 33%.Cette seule augmentation de 3 %, sur des revenus de 90 000$, entraîne déjà une ponction fiscale supplémentaire de 2700 $.« Ses retraits obligatoires de 15 000 $ lui coûtent près de 9000 $ en impôt et en remboursement de prestations », constate Daniel Lacroix.Cette somme correspond à un taux de 60 %.« Elle en paie davantage qu'au moment où elle a économisé ! » N'eut-elle pas été célibataire, c'aurait été une situation exemplaire pour une cotisation au REER du conjoint, fait-il encore observer.Une voie de solution « Mon but c'est qu'elle récupère sa prestation de la Sécurité de la vieillesse et que son barème d'impôt baisse d'environ 15 % », énonce le planificateur.Dans cet objectif, il propose une stratégie ambitieuse.En premier lieu, il suggère l'achat de 20 000 $ d'actions accréditives chaque année.Ces actions donnent droit à une déduction fiscale de 100 %, tant au fédéral qu'au provincial.« C'est un investissement très risqué mais on récupère ainsi une grande partie des Prestations de la sécurité de la vieillesse », observet- il.Ce recouvrement de près de 4000 $ correspond déjà à un rendement de 20 %.Ces actions doivent être conservées au moins deux ans.En les vendant au cours de la troisième année, Colette effectuerait ainsi un roulement régulier de ce portefeuille.Passons à la deuxième étape.Colette touche chaque année près de 13 000 $ en revenus d'intérêts et de dividendes en provenance de ses placements non enregistrés.Il est possible de les soustraire de ses revenus imposables.Daniel Lacroix suggère à cet effet de verser près de 320 000 $ dans des fonds dits catégorie.Ces produits forment des familles de fonds communs entre lesquels il est possible de déplacer une partie des sommes investies, sans devoir déclarer de gain en capital.Les profits ne sont imposés qu'au moment du retrait définitif.Ils seront alors imposés à titre de gain en capital, soit à 50 %, plutôt qu'aux 100 % appliqués aux revenus d'intérêts.Colette retrancherait ainsi dès maintenant une autre portion d'environ 10 000 $ de ses revenus.Ceux-ci seraient ramenés sous le seuil des 62 000 $, ce qui lui permettra de récupérer sa Prestation de la sécurité de la vieillesse.En même temps, le taux d'imposition serait abaissé de 33 % à 28 %, d'où une autre économie de près de 3000 $.Si ce n'est pas suffisant, ou simplement par alt ruisme, Colette peut également faire de généreux dons de charité à des oeuvres qui lui tiennent à coeur.Si ça ne met pas beaucoup plus d'argent dans les poches, on sait au moins où il s'en va.Écrivez-nous ! Vous aimeriez qu'un planificateur financier examine votre situation ?Investissement, immobilier, retraite, héritage, impôt, crédit, budget\u2026 Quelle que soit la nature de vos questions, écrivez-nous ! Les dossiers retenus seront analysés par un spécialiste, dans le cadre de la chronique «Sous la loupe».Voici notre adresse : À vos affaires, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 ou notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Il est important de bien connaître la situation de la personne avant de lui vendre des REER.Certains peuvent avoir de meilleurs revenus à la retraite que du temps où ils travaillaient.\u2014 Daniel Lacroix « Le fait que je doive retirer du FERR éteint presque la pension que je touche.Si bien que l'argent que j'ai mis dans mes REER, pendant une bonne partie de ma vie, me coûte plus cher maintenant.Pour moi, ça n'a pas valu la peine.» LA SITUATION Colette, âgée de 72 ans, touche de confortables revenus de retraite.Les retraits qu'elle doit obligatoirement faire de son FERR pénalisent très fortement ses autres revenus.Que faire pour ne pas avoir l'impression d'avoir épargné en vain ?LES FAITS Revenus RRQ : 10000 $ par année Rente d'employeur (CARRA) : 43000 $ Prestations de la sécurité de la vieillesse : 5700 $ Revenus d'intérêts et dividendes : 13 000 $ Retrait obligatoire du FERR : 15000 $ Placements FERR : 200 000 $ Actions : 195 000 $ Liquidités : 65 000 $ Obligations d'épargne : 53 000 $ Dépôts à terme : 80 000 $ LA SUGGESTION Il s'agit de ramener ses revenus sous le seuil critique de 62 000 $, ce qui fera réapparaître la prestation de la Sécurité de la vieillesse.Pour y parvenir, notre planificateur suggère d'investir 20 000 $ par année dans les actions accréditives et de transférer quelque 320 000 $ dans un fonds catégorie.DANIEL LACROIX Planificateur financier, BMO Banque de Montréal ÉDUCATION À VOS AFFAIRES VINCENT BROUSSEAU-POULIOT GÉNÉRATION PASSE-PARTOUT Concurrence monopolistique, inflation, PIB, société par actions, coopérative, taux de chômage, taux d'activité, cote de crédit, prêt hypothécaire, stratégies d'épargne, Banque du Canada, monnaie scripturale, rôle de l'État, libreéchange et mondialisation.Quel marathon économique ! C'est pourtant celui des élèves de cinquième secondaire du Québec.Coup de foudre pour les uns, passage obligé pour les autres, le cours d'économie de cinquième secondaire ne manque pas de contenu.Pendant 100 heures - l'année en compte 900-, les élèves s'éveillent aux réalités financières de la vie.«Ils sont surpris de voir qu'on paie notre maison deux fois en 25 ans\u2026 quand les taux hypothécaires sont bas!», dit Geneviève Perrault, enseignante d'économie au collège Jean-de- Brébeuf, à Montréal.Signe des temps, les enseignants d'économie ne s'adressent plus qu'à des élèves.Ils ont devant eux des jeunes sur le marché du travail.«La moitié des élèves ont travaillé l'été précédant leur cinquième secondaire, dit Mme Perrault.Et de 75% à 80% d'entre eux ont l'intention de travailler l'été suivant.Les relations du travail sont d'ailleurs mon entrée en matière pour les intéresser à l'économie.Nous voulons les conscientiser face à leurs droits.Certains s'aperçoivent qu'ils ont suivi des formations non rémunérées, ce qui est illégal.» Évidemment , qui dit t ravailleur dit consommateur.Une autre réalité à laquelle les enseignants doivent s'adapter.«Nous voulons les renseigner sur les aspects positifs et négatifs du crédit, et non simplement les mettre en garde contre le crédit », nuance Mme Perrault.«Certains de nos élèves partent vivre aux États-Unis ou en Ontario à la fin de l'année grâce à des bourses d'études, dit Marc-André Girard, enseignant d'économie au collège Jean- Eudes, à Montréal.Il faut leur montrer à faire un budget et à le respecter.» Entre leur chèque de vacances et le relevé de leur carte de crédit, les élèves s'initient aussi à la macroéconomie.«Le PIB ne les laisse pas de glace, mais ça les intéresse moins que le crédit ou les relations du travail », admet Mme Perrault.Nouveau cours Même s'il est ambitieux, le cours d'économie de cinquième secondaire traîne une faiblesse: son âge.La dernière révision a eu lieu sous le gouvernement péquiste de René Lévesque, en 1982 ! «L'étude des économies collectivistes est un peu moins pertinente depuis la chute de l'URSS, dit Mme Perrault.Et la façon de présenter l'économie internationale est un peu caduque.» C'est pourquoi son collègue Marc-André Girard se permet de prendre ses distances face au programme d'études de l'économie internationale proposé par le ministère de l'Éducation.Il fait notamment découvrir à ses élèves Roger & Me, un film de Michael Moore sur la fermeture des usines de GM à Flint, au Michigan.«Ça leur permet de comprendre mieux le phénomène de la mondialisation et d'être capables d'en discuter», dit-il.Le cours d'économie subira une cure de rajeunissement à l'entrée en vigueur de la réforme scolaire en cinquième secondaire, en 2009-2010.Un comité d'économistes, d'universitaires et de fonctionnaires du ministère de l'Éducation rédige actuellement le nouveau programme d'études.Son mandat: mettre l'accent sur la macroéconomie, la discipline qui suscite le moins d'intérêt dans les classes.«Les notions du cours actuel qui ne seront pas retenues seront enseignées comme compétences transversales dans d'autres cours, précise Marie-France Boulay, porte-parole du Ministère.Par exemple, les élèves pourraient être appelés à faire un dépliant sur un budget dans un cours de français.» Comme en économie, il s'en trouve toujours pour prédire le pire.«Les compétences pratiques vont être évacuées, croit Yves St- Amand, président de la Société des professeurs d'économie du Québec au cours des quatre dernières années.On ne parlera plus d'entreprise ni de crédit ou de consommation.Ça va devenir des cours d'histoire.C'est inquiétant quand on sait que c'est le premier et dernier cours d'économie pour 45% des élèves.L'économie, c'est secondaire ! VINCENT BROUSSEAU-POULIOT Ah, la belle époque du secondaire! L'esprit de camaraderie, les turbulences de l'adolescence, les premières amours.Sans oublier le cours d'économie.Plusieurs années plus tard, la mémoire est-elle une faculté qui oublie?Il n'y a pas 50 façons de le vérifier: passer à nouveau l'examen de fin d'année.À vos Affaires a concocté le sien à partir des questions du collège Jean-Eudes.Éternels élèves, prenez garde: les années ont peutêtre passé, mais certaines choses n'ont pas changé.La note de passage est toujours de 60%.Et gardez vos yeux sur votre copie ! Bon examen.1.Dans quel type de marché évolue Petro-Canada?Concurrence parfaite Concurrence monopolistique Oligopole Monopole 2.Quel type de monnaie est géré par les banques à travers les comptes bancaires de sa clientèle?a) Monnaie fiduciaire b) Monnaie papier c) Monnaie marchandise d) Monnaie scripturale 3.Quelle est la forme juridique d'une entreprise dont le propriétaire désire se lancer en affaires avec une entreprise à son nom et sous sa responsabilité financière?a) Incorporation b) Enregistrement c) Responsabilité limitée d) Marque déposée 4.Comment définit-on le rapport entre la valeur de la production réalisée et le coût des ressources employées?a) b) c) d) a) Coût unitaire b) Bénéfices c) Indice de productivité d) Rentabilité 5.Dans quel type d'entreprise le propriétaire possède-t-il l'actif tout en étant responsable du passif?a) Entreprise individuelle b) Société en nom collectif c) Société en commandites d) Société de capitaux e) Coopérative 6.Dans quel type d'entreprise la part sociale investie par les membres donne-t-elle droit à une ristourne?a) Entreprise individuelle b) Société en nom collectif c) Société en commandites d) Société de capitaux e) Coopérative 7.Comment qualifie-t-on une cote de crédit de 900?a) Médiocre b) Bonne c) Parfaite 8.Laquelle des solutions suivantes ne permet pas de maîtriser l'inflation?a) Gel des salaires b) Établir un budget gouvernemental restrictif quant aux dépenses c) Augmenter le taux d'escompte d) Encourager lapopulationàdépenser 9.Quelle est la date limite à laquelle les particuliers doivent soumettre leurs déclarations de revenus?a) 30 février b) 30 mars c) 30 avril d) 30 mai 10.Quel premier ministre canadien a conclu l'Accord de libre-échange nord-américain?a) Jean Chrétien b) Pierre Trudeau c) René Lévesque d) Brian Mulroney Réponses : 1c, 2d, 3b, 4c, 5a, 6e, 7c, 8d, 9c, 10d.Source : collège Jean-Eudes.Des souvenirs.économiques! PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE © Les élèves « sont surpris de voir qu'on paie notre maison deux fois en 25 ans\u2026 quand les taux hypothécaires sont bas ! », dit Geneviève Perrault, enseignante d'économie au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.3438339A 3425300A Tous les jours dans À CHACUN SON CHOIX PERSPECTIVE WAL-MART, CET AMERICAIN Pas moins de 99,5% des Americains vivent a environ 40 km d'un magasin Wal-Mart.> Deux fois plus d'Americains frequentent un magasin Wal- Mart au cours d'une annee que le nombre d'electeurs lors de l'election presidentielle de 2004.> Wal-Mart fournit de l'emploi a pres de 1% de la main-d'oeuvre americaine.> S'etalant sur 46 kilometres carres, la superficie totale des 3289 magasins Wal-Mart aux Etats-Unis pourrait couvrir presque la totalite de l'ile de Manhattan, a New York.> Depuis l'an 2000, il y a eu en moyenne 6000 morts par annee dans les mines de charbon en Chine.Administration chinoise de la securite au travail LA QUESTION DE LA SEMAINE Quelle entreprise domine ?Les grandes corporations connaissent presentement un essor fabuleux partout dans le monde.Tandis que leurs profits atteignent des niveaux records ou s'en approchent, leur valeur boursiere se hausse d'autant.Question : laquelle des quatre compagnies suivantes est la seule a se classer parmi les cinq plus importantes societes au monde au chapitre de la capitalisation boursiere ?A.TOYOTA B.BP C.WAL-MART D.GAZPROM A.TOYOTA .N'EST PAS LA BONNE REPONSE Toyota est en voie de devenir le premier constructeur d'automobiles au monde.Sur une base mondiale, il produit deja plus d'autos que Ford et etant donne les ennuis actuels de General Motors, on prevoit qu'il construira plus de vehicules que GM des la fin de la presente annee.Mais en depit de ses succes, Toyota ne figure meme pas parmi les 10 plus grandes compagnies au monde en ce moment.Sa capitalisation boursiere de 188 milliards $ US lui confere le 13e rang mondial, selon Thomson Financial.B.BP .N'EST PAS LA BONNE REPONSE.L'industrie petroliere a genere des benefices records en 2005 et elle continue sur sa lancee cette annee.Mais en meme temps, une certaine incertitude entoure les grandes societes petrolieres.Les problemes vont de la securite de la production et des deversements affectant l'environnement jusqu'aux questions sur leur reserves veritables.Il en resulte que ni Royal Dutch Shell ni BP ne se classent actuellement parmi les cinq plus importantes compagnies au monde puisqu'ils occupent respectivement le 7e et 8e rangs.Toutefois, dans les deux cas, la valeur boursiere depasse les 200 milliards $US.C.WAL-MART .N'EST PAS LA BONNE REPONSE.Wal-Mart est le premier detaillant au monde et il compte plus de 3900 magasins aux Etats-Unis et 828 au Mexique, notamment.Depuis que l'actuel PDG, Lee Scott, a pris les renes de l'entreprise en janvier 2000, le titre de Wal-Mart a cependant chute d'environ 30%.Les principales raisons de cette desaffection de l'action de Wal-Mart sont la concurrence feroce sur les marches etrangers, la saturation du marche aux Etats-Unis et en particulier la stagnation des revenus des clients americains de la compagnie.Sa capitalisation boursiere etant d'environ 200 milliards $ US, Wal-Mart occupe le 11e rang mondial.D.GAZPROM .EST LA BONNE REPONSE.Gazprom est la plus importante compagnie de gaz naturel au monde et, poussee par le president russe Vladimir Poutine, elle a aussi gonfle son portefeuille petrolier.Environ 49% des actions de la compagnie ont ete offertes en Bourse pour la premiere fois en decembre 2005.La valeur boursiere de Gazprom oscille autour de 256 milliards $US, ce qui en fait la quatrieme compagnie mondiale a ce chapitre.Elle n'est devancee que par Exxon Mobil, General Electric et Microsoft, et elle se classe tout juste devant Citigroup, premiere firme de services financiers au monde.Source : The Globalist A VOS AFFAIRES CONSOMMATION PHOTO JOSHUA LOTT, REUTERS STEPHANIE GRAMMOND LES BONS COMPTES FONT LES BONS AMIS Il voulait aider son fils a demarrer dans la vie.Il a donc achete avec lui sa premiere voiture.Un an plus tard, tout a derape.Le jeune homme a quitte la maison et dilapide ses economies en quelques mois.Les paiements de sa voiture sont devenus le dernier de ses soucis.Je tente sans succes de rencontrer mon fils pour lui faire part du gouffre financier qui m'attend si je dois payer cette dette encore trois ans , raconte celui qui se decrit comme le pere d'un irresponsable .Ai-je un recours quelconque en tant que coacheteur ?nous demande-t-il.La reponse de la notaire Denise Archambault n'est pas rejouissante.Le pere et le fils sont conjointement et solidairement responsables .Cela signifie que le pere devra acquitter la facture au complet si son fils abandonne les paiements.Le pere aurait ensuite un recours juridique.Mais il est bien illusoire de penser qu'un pere poursuivra son enfant.Et meme s'il le faisait, son fils serait-il solvable ?Mais ce n'est pas le pire: Le pere est egalement responsable de tout ce qui peut arriver a la voiture , enchaine Me Archambault.Imaginons un scenario catastrophe: le fils irresponsable arrete de payer ses primes d'assurance, puis il heurte un camion qui transporte de l'essence Les degats materiels auront de quoi mettre le pere en faillite ! Pour eviter d'etre responsable de la voiture, le pere aurait pu se limiter a etre coemprunteur au lieu de coacheteur, dit Me Archambault.Ainsi, le pere aurait seulement ete responsable du pret.A propos, il n'est pas toujours necessaire de se porter garant de la totalite du pret, dit la notaire, qui voit souvent des parents donner un coup de pouce financier a leurs enfants.Disons que le creancier refuse de preter plus de 18 000$ pour l'achat d'une voiture qui vaut 30 000$.Les parents peuvent se porter garants seulement pour la difference (12 000$).Une fois cette somme remboursee, ils seront liberes pour la tranche de 18 000$.Cette facon de proceder s'applique aussi a une hypotheque.Pas necessaire de se porter garant de tout pour toute la vie ! Tout ca se negocie ! Mais les gens se posent la question une fois les faits accomplis, lorsque le dossier est rendu sur le bureau du notaire , deplore Me Archambault.Autre solution.Le pere aurait carrement pu acheter lui-meme la voiture et la preter a son fils, moyennant un paiement mensuel.De cette facon, il aurait toujours conserve la mainmise sur la voiture.Je sais que l'ultime solution serait de la revendre, mais j'hesite a le faire car son travail necessite une voiture, avance le pere.Soyons severes.Si le fils a absolument besoin d'une voiture pour son travail mais que son travail ne lui procure pas des revenus suffisants pour la payer peutetre devrait-il tout simplement changer de boulot ?De toute facon, le pere n'a pas autant de marge de manoeuvre qu'il le croit.Meme si son fils ne fait plus ses paiements, les deux signatures sont necessaires pour revendre la voiture.Le pere ne peut pas decider tout seul de la revendre , dit Me Archambault.Bref, le pere est dans un cul-desac.Que peut-on lui conseiller ?Rien a part d'essayer de ramener son fils dans le droit chemin.Acheter une auto en copropriete, ce n'est pas genial , meme pour un couple , estime la notaire, coauteure du livre Les bons comptes font le s bons couples.Cela peut entrainer bien des pepins en cas de separation.Disons que l'homme conserve la voiture et s'engage a terminer les paiements.Malgre tout, son ex-femme demeure responsable de l'auto.Pour qu'elle soit liberee aux yeux des creanciers, il faut que son ex-mari lui rachete sa part du vehicule (mais a quel prix ?n'oublions pas qu'une voiture se deprecie tres vite) et qu'il refinance le vehicule.Bref, il faut mieux acheter seul sa voiture.Dans un couple, celui qui l'utilise le plus souvent achete le vehicule et son conjoint lui verse un dedommagement mensuel.PRATIQUE Le produit : Une voiture achetee en copropriete avec son fils.Le hic : Le fils a quitte la maison et ne fait plus ses paiements.Le pere est force de prendre le relais.Ai-je un recours quelconque en tant que coacheteur ?.Pere d'un irresponsable Au bout du compte : Le pere est dans un cul de sac : il est conjointement et solidairement responsable de la voiture.Mais il ne peut pas decider tout seul de la revendre, car les deux signatures sont necessaires.INVITATION Ecrivez-nous Vous etes tombe dans un piege?Vous souhaitez denoncer des pratiques commerciales douteuses ?Faites-nous part de vos problemes de consommation.Ecrivez-nous en fournissant vos coordonnees.Notre adresse : A VOS AFFAIRES La Presse / Redaction 7, rue Saint-Jacques Montreal, Quebec, H2Y 1K9 Notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com a/s Stephanie Grammond Journaliste La Presse Affaires 514-285-7070 Acheter une voiture avec un irresponsable FRANCOIS PERREAULT DANS LES LIVRES COLLABORATION SPECIALE Comme il visait les clotures, le legendaire Babe Ruth etait a la fois un grand frappeur de circuits et un joueur souvent retire sur elan.Pour le Bambino, ce qui importait, c'etait l'ampleur de ses coups surs, et non leur frequence.Selon Michael J.Mauboussin, professeur adjoint a la Colombia Business School et directeur strategique de l'investissement pour la f i rme Legg Mason Capital Management, les investisseurs devraient s'inspirer de l'ancienne etoile des Yankees.Peu importe si plusieurs des titres qui composent un portefeuille de placements performent mal; l'important est d'arriver a cogner la longue balle le plus souvent possible, affirme celui qui est reconnu par ses pairs de Wall Street pour le succes de ses strategies innovatrices.Dans More Than You Know, il suggere d'abord des outils pour aider les investisseurs a mieux comprendre les concepts fondamentaux de choix et de risque.Outrepassant l'economie et la finance traditionnelle, l'auteur explique ensuite comment son approche multidisciplinaire, qui s'attarde au processus et a la psychologie de la prise de decision, peut offrir de meilleurs resultats a long terme.Empruntant des notions aux sciences humaines et physiques, Mauboussin explique quatre facettes de l'investissement, soient la philosophie d'investissement, la psychologie de l'investisseur, l'innovation et la strategie competitive, la science et la theorie de la complexite.La philosophie d'investissement est capitale puisqu'elle permet de dic ter comment prendre une decision.Comme l'investisseur ne peut prevoir le comportement des individus, des groupes, des entreprises ou du marche, il doit s'appuyer sur une ligne directrice et faire preuve de patience et de discipline pour chevaucher les f luctuations et atteindre ses objectifs a long terme.Si la philosophie permet de s'adapter a ces fluctuations, une bonne connaissance de la psychologie permet de mieux gerer les difficultes et meme d'y trouver des solutions.Mauboussin constate, par exemple, que les investisseurs mettent de deux a deux fois et demie plus de temps a digerer la perte d'une certaine somme qu'a jouir d'un gain de la meme valeur.Plutot que de se concentrer sur la demarche pour atteindre de bons resultats, ils focalisent sur leurs pertes et prennent de mauvaises decisions sous le coup des emotions.Dans un tel cas, une saine gestion du stress pourrait, selon l'auteur, s'averer tres utile pour supporter l'ascension spectaculaire ou la chute fulgurante qu'ont vecue plusieurs societes ces dernieres annees.Nettement different des ouvrages financiers traditionnels, More Than You Know se demarque dans un monde ou abondent les guides et methodes de placements ainsi que les livres du type How to.Un livre aussi captivant qu'un long coup de circuit au champ oppose.MORE THAN YOU KNOW: FINDING FINANCIAL WISDOMIN UNCONVENTIONAL PLACES Michael J.Mauboussin, Columbia University Press, 2006, 268 pages, Prix suggere : 38,95 $ La formule magique La formule magique pour obtenir des rendements boursiers superieurs a ceux du marche existe enfin! C'est Joel Greenblatt, le fondateur de la firme Gotham Capital, qui l'a concue.Dans Le petit livre qui bat le marche, un ouvrage que le Wall Street Journal considere comme l 'un des mei l leu rs jama i s ecrits pour investir en Bourse, Greenblatt partage sa methode, qui lui aurait permis d'obtenir depuis 20 ans un retour annuel moyen de 40% sur ses investissements.LE PETIT LIVRE QUI BAT LEMARCHE Joel Greenblatt, Editions Gutenberg, 2006, 160 pages, Prix suggere : 24,95$ L'auteur est journaliste pigiste et chroniqueur-associe a la librairie Coop HEC Montreal (www.coophec.com).Baseball, psychologie et investissement PHOTO ALEXANDER NEMENOV, ARCHIVES AFP Un gigantesque logo de Gazprom photographie en juillet dernier devant un edifice du parlement a Moscou. À VOS AFFAIRES RENÉ LEWANDOWSKI COLLABORATION SPÉCIALE Si vous avez du mal à dormir, ne désespérez pas, car il existe des solutions.À condition d'y mettre le prix.L'industrie du sommeil, longtemps mal exploitée au Québec, se réveille à toute vitesse avec l'introduction d'une panoplie de nouveaux produits et services.Matelas haut de gamme, traitements de pointe en clinique privée, produits naturels, gadgets de toutes sortes\u2026 Sans compter l'arrivée de nouveaux somnifères, dont les ventes ont explosé ces dernières années.En 2002, Statistique Canada estimait que 3,3 millions de Canadiens souffraient d'insomnie, soit 13,4 % de la population.Et près d'une personne sur trois avait pris des médicaments pour dormir au cours des 12 mois précédents.Avec le vieillissement de la population, on s'attend à ce que ces chiffres grimpent dans les prochaines années puisque les problèmes de sommeil augmentent avec l'âge.Cette perspective en fait d'ailleurs saliver plusieurs.«C'est un marché énorme! » dit Alain Isabelle, 53 ans, inhalothérapeute de Saint-Jérôme.Il a fondé la Clinique du sommeil des Laurentides (www.cliniquesommeil.ca), un établissement privé qui diagnostique et traite à peu près tous les troubles du sommeil: insomnie, apnée, ronflements, somnolence, etc.Ouverte l'an dernier, la clinique est déjà rentable, dit son propriétaire, qui prévoit créer un réseau de franchises.Dans une des deux chambres de la clinique, vous pouvez passer la nuit branché à des électrodes reliés à un ordinateur.Dans la pièce d'à coté, un technicien analyse votre sommeil.Ondes cérébrales, respiration, taux d'oxygène dans le sang, pouls, mouvements des jambes, une multitude de données sont passées au peigne fin.Sur un écran témoin muni de haut-parleurs, le technicien vous entend même ronfler ! Tout cela pour 1400$ la nuit.«C'est l'hôtel le plus cher en ville!» dit en rigolant Alain Isabelle.Un marché convoité Il n'est pas le seul à lorgner vos dodo-dollars.Alors que jusqu'ici les cliniques du sommeil étaient l'apanage du secteur public - on en trouve une douzaine dans les hôpitaux du Québec -, voilà que le privé a décidé d'investir ce créneau.Il est vrai que l'occasion est belle.Parce que les listes d'attente dans les cliniques publiques s'allongent - il faut parfois jusqu'à 34 mois pour obtenir un diagnostic -, bien des gens préfèrent délier les cordons de leur bourse pour un rendez-vous plus rapide.Autre élément : si l'État offre le diagnostic, il ne paie pas pour le traitement, ce qui laisse toute la place au privé.Pour le moment, seulement quatre cliniques offrent à la fois les services de diagnostic et de traitement.Mais une vingtaine sont déjà en affaires dans les soins thérapeutiques et la vente d'équipement.Au Québec, ce créneau est dominé par deux multinationales, Vital Air, filiale du géant français Air Liquide, et Medigas, propriété de l'américaine Praxair.Vital Air compte une demidouzaine de centres du sommeil au Québec et prévoit en ouvrir quatre ou cinq de plus dans la prochaine année.«Le marché est en pleine ébullition», dit Denis Landry, directeur du développement pour l'est du Canada.Selon M, Landry, la demande pour ce type de services croît à un rythme de 20 % par an au Canada.L'entreprise se spécialise dans le traitement de troubles respiratoires, responsables de bien des problèmes de sommeil.L'un des plus courants est l'apnée du sommeil, qui provoque des pauses respiratoires répétées chez la personne qui dort.Vital Air traite les patients (munis d'une prescription médicale) à l'aide d'un CPAP (Continuous Positive Airway Pressure), appareil qui permet de restaurer une activité respiratoire régulière.Ces appareils coûtent de 1500 à 2000 $, mais on peut aussi les louer pour environ 150 $ par mois.À moins d'avoir des assurances privées, ce traitement n'est pas à la portée de toutes les bourses.Se faire connaître Vital Air vend aussi de l'équipement aux hôpitaux.Comme ses concurrentes, elle en donne parfois aux fondations hospitalières, dont beaucoup sont sous-financées.L'objectif est double : permettre de meilleurs diagnostics et se retrouver en tête de liste lorsque les médecins auront à diriger des patients vers un traitement.Les plus petites entreprises se prêtent aussi au jeu.Ainsi, avec quelques partenaires, Alain Isabelle s'apprête à «investir» plusieurs dizaines de milliers de dollars à l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme dans l'espoir qu'on ne l'oublie pas.Pendant ce temps, les fabricants et détaillants de matelas font des affaires d'or, en axant notamment leur stratégie de communication sur les bienfaits d'un bon dodo.Dormez-Vous, Sommeil Davantage, autant de commerçants dont les noms évocateurs ne laissent aucun doute.Récemment, une brochure publicitaire d'un clamait : DORMIR = Matelas Bonheur.Nouvelle technologie En 2002, l'industrie s'est regroupée pour fonder le Conseil canadien pour un mei l leur sommeil afin de « sensibiliser les Canadiens aux bienfaits de dormir sur un bon matelas », explique la porte-parole, Valérie Stranix.À l'aide de campagnes publicitaires et de publireportages dans les magazines, le CCMS diffuse notamment des conseils pour mieux dormir.On y prône également l'importance de changer de matelas plus souvent.Il est vrai que la technologie a bien changé.Il y a 10 ans, l'offre se limitait aux matelas à ressorts ou en mousse polyéther.Aujourd'hui, on trouve des matelas de mousse en latex (haut de gamme), en polyuréthane, des matelas à ressorts ensachés ou entrelacés (haut à milieu de gamme).On peut même se procurer des matelas Tempur - dont certains se détaillent jusqu'à 6000$ -, matériau viscoélastique de pointe mis au point par la NASA pour le programme spatial américain! «Ce n'est que du marketing!» dit le chercheur Charles Morin, professeur de psychologie et directeur du Centre d'études des troubles du sommeil à l'Université Laval.Selon lui , i l n'existe aucune recherche pour confirmer qu'un type de matelas particulier peut avoir un effet sur la qualité du sommeil.Oui, dit-il, un matelas confortable et de bons oreillers peuvent aider à dormir.Mais ce ne sont que des règles d'hygiène de base.«Il existe bien d'autres moyens pour mieux dormir, et surtout moins chers !» Le chercheur a d'ailleurs sensiblement la même opinion sur les produits naturels censés faciliter le sommeil, que l'on trouve en vente libre.Au mieux, dit-il, ils ont un effet modeste.Chose certaine, si les consommateurs n'y trouvent pas leur compte, les investisseurs, eux, en profitent.Le détaillant ontarien Sleep Country Canada Income Fund, qui compte 110 magasins au Canada, dont cinq Dormezvous au Québec, a vu son titre passer de 10 à 25,50 $ depuis son inscription en 2003.Un rendement de 155 %! De quoi aider certains à mieux dormir la nuit.Le business du dodo S'il y a une industrie qui profite des troubles du sommeil c'est bien le secteur pharmaceutique.Au Canada, les ventes de sédatifs (dont la plupart sont utilisés pour les troubles du sommeil) avec ou sans ordonnance ont augmenté de 16% entre 2003 et 2005, selon IMS Health Canada.Et aux États-Unis, il se vend annuellement pour plus de deux milliards de dollars américains de somnifères.Pas étonnant que les grandes pharmaceutiques injectent des millions en recherche et en frais de marketing.«Ces entreprises y voient l'occasion de faire beaucoup d'argent», dit le chercheur Charles Morin.Le lancement d'un nouveau produit est souvent accueilli à bras ouverts par les consommateurs, toujours à l'affût de la recette miracle pour les faire dormir.Par exemple, entre avril et décembre 2005, l'américaine Sepracor a engrangé des ventes de 329 millions de dollars avec Lunesta, premier somnifère de longue durée approuvé par la Food & Drugs Administration.Sepracor prévoit doubler ses ventes cette année, grâce à une campagne de publicité de 186 millions.Sur son site Web, Sepracor offre même un essai gratuit de sept jours aux patients munis d'une ordonnance.Plusieurs médicaments efficaces ne sont toutefois pas vendus au Canada.C'est le cas notamment d'Ambien, le somnifère le plus vendu au monde.La raison ?Le prix.Parce que les médicaments se vendent moins cher au Canada qu'aux États-Unis, certaines compagnies pharmaceutiques préfèrent se limiter au marché américain et ainsi ôter toute possibilité aux consommateurs astucieux de s'approvisionner en sol canadien.Une industrie florissante Si vous dormez mal ou peu, la Boutique Tout pour le dos (www.toutpourledos.com), de Montréal, a une solution pour vous : le coussin Zéro-Gravité pour le dos ou les jambes.Pour seulement 130 $, ce coussin ajustable vous permettra de vous reposer et d'éprouver la position de détente ressentie par les astronautes de la NASA pendant le décollage d'une navette spatiale.«Ça facilite le sommeil! » dit Martin Mainville, le propriétaire du commerce, qui distribue une foule de produits du même type.Alors que, il y a une dizaine d'années, le créneau dodo était occupé principalement par les fabricants de matelas et l'industrie pharmaceutique, le marché est aujourd'hui inondé de nouveaux produits aussi innovateurs que cocasses.Pour 35 $, par exemple, vous pouvez vous procurer un coussin «espaceur» pour genoux, ce qui vous permettra de mieux dormir sur le côté.Pour 5$ de plus, vous pourrez y ajouter des attaches en velcro et ainsi tenir vos genoux en place pour la nuit.Dans ce créneau élargi, plusieurs voient une occasion d'affaires.À Minneapolis, dans un centre commercial, une PME propose aux passants la possibilité de faire une petite sieste dans une chambre.Le coût : 7$ pour 10 minutes.À New York, Metro Naps a construit des chambres aux allures futuristes : pour 14 $, les New-Yorkais peuvent ainsi faire un somme de 20 minutes.Metro Naps veut maintenant vendre des franchises, au coût de 25 000 $US.Même l'industrie touristique se met de la partie.Ainsi, en 2005, la chaîne hôtelière Marriott a investi 190 millions de dollars américains pour remplacer les 628 000 lits de ses 2400 établissements.Draps plus doux, matelas moelleux, plus d'oreillers, rien n'a été laissé au hasard pour que les clients dorment mieux.Certains hôtels sont équipés d'un système d'arômathérapie laissant filtrer dans les chambres diverses fragrances.Les produits miracles SOCIÉTÉ PHOTO GUS RUELAS, LOS ANGELES DAILY NEWS Le sommeil réparateur devient de plus en plus difficile à trouver.Normal qu'une industrie soit née pour aider à le retrouver ! En 2002, Statistique Canada estimait que 13,4% Canadiens souffraient d'insomnie. Travailler, se réjouir, faire ce qu'on peut autour de soi, c'est ce qui est merveilleux, et ce merveilleux, en dépit des horreurs, va toujours continuer.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Nancy Huston a créé une oeuvre.L'écrivaine vient de recevoir une consécration avec son dernier roman, Lignes de faille, publié chez Actes Sud/Leméac.Elle a reçu le prestigieux prix Femina 2006, remis à Paris par un jury exclusivement féminin.Elle était également en nomination pour le prix Goncourt.C'est un point culminant dans une carrière d'écrivaine bien remplie jusqu'ici : 13 romans, quelques livres pour enfants, de nombreux essais et également du théâtre.Et que l'on se rassure : elle n'a pas encore dit son dernier mot ! Mme Huston est la troisième Canadienne à recevoir cet honneur depuis la fondation du prix.Avant elle, il y eut Gabrielle Roy en 1947 pour Bonheur d'occasion et Anne Hébert, en 1982, pour Les fous de Bassan.Nancy Huston PHOTO JACK GUEZ, AFP ANNE RICHER Lignes de faille est une incursion audacieuse dans la têtes de quatre enfants de 6 ans, de quatre générations différentes : Sol, Randall, Sadie et Kristina.Leurs voix disent chacune à sa manière la violence du monde, l'éternel recommencement des choses, qu'il s'agisse de la guerre en Irak, de la Deuxième Guerre mondiale, de l'Allemagne nazie ou des États-Unis de maintenant.Jointe à Paris, Nancy Huston se dit émerveillée de l'accueil réservé à son livre, car l'écriture en a été complexe, prenante.Le résultat est fabuleux et La Presse et Radio- Canada accordent à l'écrivaine le titre de Personnalité de la semaine.Le lecteur complice L'enfance est d'une grande richesse poétique et imaginaire.«C'est vrai qu'on a tendance à raconter un peu de sa propre histoire», dit-elle.Mais elle n'a eu aucune difficulté à se retrouver «dans un enfant joyeux, un pervers ou un mélancolique\u2026 Car notre expérience est infinie et de toutes les couleurs».Elle a craint un moment d'être hors champ et admet qu'elle aurait pu se tromper.L'écriture de ce roman a exigé une grande maîtrise.Un véritable défi.Celui de savoir si c'était lisible dans toutes les directions.Car il est vrai que, si elle n'écrit pas pour un public en général, elle a tout de même un lecteur imaginaire: «Lorsque j'écris, je pense à un certain lecteur idéal, bienveillant et intelligent.Et il a le droit d'avoir le meilleur de moi-même.» Elle ne veut en aucun cas l'agresser ni le bousculer.Elle garde sa liberté pleine et entière, sans compromis.C'est une forme de dialogue qu'elle entreprend chaque fois qu'elle s'installe à sa table de travail, dans le silence et la solitude.Et ce que donne son travail une fois accompli et mis au monde pour les autres, ce qu'il peut apporter dans leur vie, est important pour elle.A-t-elle un autre roman en préparation?Elle refuse de le dire.Comme elle refuse de s'étendre sur différents aspects de sa vie intime.Elle nous dit en quelque sorte: «Lisez mon travail et découvrez-moi à travers lui.» Car de sa réalité à son imaginaire et vice versa, c'est une femme entière et passionnée, une écrivaine chevronnée que l'on apprend à connaître.Un peu de nous Elle est née en Alberta il y a 53 ans.«Une histoire compliquée», dit-elle d'entrée de jeu, comme pour décourager les questions qui vont suivre.«En gros, ma famille a beaucoup déménagé.À 14 ans et demi nous étions aux États-Unis et, à 20 ans, je suis partie vivre à Paris.» La langue française est devenue son outil de prédilection.«Contrairement à ce que les Français croient, ce n'est pas parce que je suis Canadienne que je suis bilingue! » Son enfance.Une autre histoire d'ombres et de lumières : une mère qui a quitté le foyer conjugal lorsqu'elle était enfant, un père scientifique avec qui elle a eu «d'immenses conversations philosophiques».Ses premiers modèles, les héroïnes de sa prime enfance ont été les Helen Keller et Florence Nightingale : «Dévouées, altruistes et un peu Jeanne d'Arc.» Plus tard, elle s'est tournée avec les stars de cinéma.Sa vision de l'enfance n'est pas celle des romantiques qui voudraient y voir la plus belle partie de la vie.«C'est plutôt angoissant, être enfant.» Elle explique qu'elle l'a ressenti vivement en s'incarnant dans les enfants de son livre.«Personnellement, je suis mieux aujourd'hui.» Son mari est l'intellectuel d'origine bulgare Tzvetan Todorov, de qui elle a eu deux enfants qui ont 24 et 18 ans.La musique a toujours occupé une place importante dans sa vie, le piano notamment.«Je m'y remets, maintenant.Je viens d'acheter un piano, j'ai un clavecin, je joue de la flûte, j'adore chanter et danser.» Elle écoute de la musique en travaillant.C'est une présence organique et spirituelle, nécessaire autant que le silence et la solitude.Même si elle décrit souvent quelques horreurs de notre monde, des douleurs profondes, des folies même, elle ne ferme jamais les yeux devant la beauté.Elle considère que «le désespoir est un luxe de nantis».Elle ne se fait pas l'apôtre non plus du pessimisme.«Travailler, se réjouir, faire ce qu'on peut autour de soi, c'est ce qui est merveilleux, et ce merveilleux, en dépit des horreurs, va toujours continuer.» Elle conclut en disant qu'il faut se donner un autre regard.«S'adonner plus à l'amour qu'à la haine.» AUJOURD´HUI Avec Louis Lemieux VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 6h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 9h40 DEMAIN MATIN C'EST BIEN MEILLEUR LE MATIN Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h À 9h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 A RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA www.radio-canada.ca 3428913A "]
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