La presse, 2 septembre 2006, Cahier A
[" TOMBER DANS LES MUSIQUE MONTRÉAL ROCKE ENCORE ET TOUJOURS ARTS ET SPECTACLES PAGES 1 À 3 CINÉMA LA VIE SECRÈTE DES GENS HEUREUX CINÉMA PAGES 1 À 3 Kim Gordon, du groupe Sonic Youth PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© .AVANTQU'IL NE SOIT TROP TARD.LA SAISON DES POMMES EST EN AVANCE CETTE ANNÉE.LES FRUITS SONT MOINS NOMBREUX QUE LES ANNÉES PASSÉES, MAIS ILS SONT PLUS ROUGES, PLUSGROS ET PLUS SAVOUREUX.PAGES A2 ET A3 CINQANS APRÈS LES ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE, LA PRESSE PREND LE POULS DE L'AMÉRIQUE Quand je me sens vulnérable LA CHRONIQUE DE PIERRE FOGLIA PAGE A7 Kent Nagano POMMES Montréal samedi 2 septembre 2006 Le plus grand quotidien français d'Amérique 2 $ taxes en sus - Édition provinciale 2,10 $ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 122e année no 309 170 pages 11 cahiers Afghanistan Les Canadiens ne gagneront pas.Et mourront pour rien.Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE «Comment ça, vous ne parlez déjà plus de ma dernière arrestation?Va-tu falloir que je montre un sein?» \u2014Michèle Richard Cinéaste et journaliste, Nelofer Pazira (à droite) revient d'un séjour en Afghanistan, où elle a pu constater le retour en force des talibans, notamment dans le sud du pays.« Kandahar est perdu, dit-elle.Les gens trouvent les Canadiens sympathiques, mais leur loyauté va vers les talibans.Ils ont pitié des soldats canadiens parce qu'ils estiment qu'ils ne savent pas se battre et croient que plusieurs d'entre eux vont mourir.» Météo Plutôt nuageux, maximum 22, minimum 11, plus de détails en page SPORTS 6 SAM 6 21924 45678 2 SOMMAIRE Astrologie P.ANNONCES 12 Avis P.ANNONCES 8 AFFASIRES 6 Décès P.ANNONCES 10et 11 Emplois CARRIÈRES 10 et 11 Encan AFFAIRES 6 Forum A 22 et 23 Grille des mordus VACANCES 14 Horaire télévision ARTS 12 Loteries A 19 Monde A 20 à 21 Mots croisés VACANCES 14 Mot mystère VACANCES 14 Mot fléché VACANCES 14 Observateur VACANCES 14 Trait d'union P.ANNONCES 12 Partis sans payer.JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Une réunion de militants qui appuient la candidature de Stéphane Dion à la direction du Parti libéral s'est terminée en queue de poisson cette semaine à Dartmouth, en banlieue de Halifax.D'abord, 50 personnes devaient venir rencontrer l'ancien ministre de l'Environnement au pub irlandais Celtic Corner, mais seulement 10 se sont présentées.Pis encore, tout ce beau monde est parti sans payer l'addition de 123 $.Le personnel de l'établissement a finalement pu retrouver l'organisateur de la rencontre, Colin Hebb, et la facture a été réglée au téléphone.Sauf que M.Hebb s'est montré plutôt chiche: il n'a laissé que 6,50$ de pourboire alors que la norme veut que l'on donne au moins 15%du total de l'addition.Renée Nicholson, la gérante du pub, a confirmé à La Presse hier qu'il avait fallu se montrer insistant pour que les organisateurs de M.Dion paient la facture.« J'ai réservé la salle pour ces gens.J'ai été informée de toute cette affaire.Il a fallu littéralement les pourchasser pour se faire payer.Le responsable nous a dit qu'il n'avait pas le temps de revenir nous payer parce qu'il avait des choses plus importantes à faire.Il a téléphoné plus tard pour nous donner un numéro de carte de crédit », a-t-elle déclaré.>Voir SANS PAYER en page A14 LES PASSES DE VO LS AFFAIRES.En uneseule transaction, achetezunforfait de vols aller simple pour combler vosbesoins en matièredevoyageetceux de votreentreprise.Obtenez votrepasse en ligne ou auprès de votreagent de voyages.Certaines conditions peuvent s'appliquer.Visitez www.aircanada.com pour tous les détails.3406836A À LIRE EN PAGE A8 PAGE A12 Dernière ovation pour Claude Blanchard Les soldats canadiens mènent actuellement en Afghanistan une guerre impopulaire et inutile.C'est du moins l'avis de Nelofer Pazira, Canadienne d'origine afghane qui revient d'un séjour à Kandahar, où la plupart de nos soldats sont déployés.Son verdict est sans équivoque: la ville est perdue, à l'instar des provinces du sud du pays.Les talibans en reprennent le contrôle.À moins d'un changement radical de stratégie, les Canadiens ne gagneront pas.Et mourront pour rien.Notre journaliste s'est entretenu avec Nelofer Pazira, une des rares Canadiennes à pouvoir se promener librement dans les rues de cette ville d'Afghanistan. PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE © Les pommes sont plus rouges, plus grosses et plus savoureuses cette année, disent les experts.STÉPHANIE BÉRUBÉ Vous comptez cueillir des pommes Melba en fin de semaine ?Bonne chance ! La saison des pommes est en avance cette année au Québec.Certaines variétés hâtives sont déjà introuvables dans les vergers.Et les fruits sont moins nombreux : on prévoit une diminution de 7 % de la récolte.Une bonne nouvelle toutefois : les fruits sont plus rouges, plus gros et plus savoureux, disent les experts.«L'année dernière, nous avons eu beaucoup de pommes, plus petites », confirme Daniel Ruel, président de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.Cette année, c'est plutôt l'inverse.Dans les vergers, les producteurs montrent certains pommiers presque nus.« Les arbres se reposent cette année », explique le pomiculteur Sylvain Lavallée, qui a repris le verger familial, legs de son arrière-grand-père.Les conditions météo du printemps ont aidé les pommiers mais leur ont également nui.Les grandes averses du début de l'été ont fait un nettoyage.Les fruits vulnérables sont tombés et ont laissé toute la place aux autres, qui ont eu une croissance exceptionnelle.Résultat : plusieurs arbres se retrouvent avec de très gros fruits.« Les arbres sont moins chargés, et cela favorise les fruits qui sont toujours là, dit Daniel Ruel.Un équilibre naturel s'est fait.» Selon les chiffres de la Fédération, les producteurs qui vendent leur récolte aux supermarchés recevront plus pour leurs fruits.Et le prix sera un peu plus élevé pour les consommateurs, parce que les conditions difficiles ont aussi nui à la pomiculture aux États-Unis, notamment dans l'État de Washington, qui produit 25 fois plus de pommes que le Québec.Dame Nature a donné un autre coup de pouce aux pomiculteurs québécois : les nuits fraîches de cette fin d'été favorisent la coloration des pommes, qui sont, en général, plus rouges.«Nous avons des pommes de calibre supérieur cette année», estime le président de la Fédération.MOINS DE POMMES.STÉPHANIE BÉRUBÉ Il y a 650 membres dans la Fédération des producteurs de pommes du Québec.Du lot, seulement une dizaine produisent des pommes biologiques.Pourquoi si peu tentent-ils le coup, alors que le marché du bio est en constante croissance ?Selon le président de la Fédération, Daniel Ruel, il est très difficile d'avoir des vergers bio au Québec à cause des pluies et de l'humidité, qui favorisent la prolifération d'un champignon.Si on les protège moins, on risque de se retrouver avec des fruits imparfaits, comme c'est le cas pour l'ensemble de la production bio.Or, les consommateurs préfèrent encore, et de loin, de belles pommes rouges parfaites, qui ne sont pas piquées.«Mes pommes sont plus belles que les pommes ordinaires ! » rétorque Emmanuel Maniadakis, qui possède un verger à Franklin, en Montérégie.Pour arriver à produire de si beaux fruits en version bio, M.Maniadakis a passé un nombre incalculable d'heures à observer la nature, à mesurer la température et le nombre de millimètres de pluie qui tombait sur son verger afin de voir l'évolution du fameux champignon.«Quand on va à la guerre, il faut connaître son ennemi, dit-il.Si vous saviez tous les efforts que j'ai mis là-dedans ! » À l'écouter raconter ses aventures, produire des pommes biologiques au Québec tient un peu de l'alchimie et beaucoup d'une patience à l'épreuve des intempéries et des moustiques.Sa terre est entourée de pins, qui protègent les pommiers de certains insectes indésirables sans qu'on ait à utiliser des pesticides.Maintenant, il consacre près de trois hectares, soit la moitié de son verger, à la culture biologique.Il compte ouvrir ses portes au public pour la cueillette l'année prochaine, et sa femme a déjà commencé à vendre des pommes les fins de semaine au Marché de l'Ouest.Ses efforts ont.porté leurs fruits.Une culture exigeante Tous les vergers ne peuvent pas passer au mode biologique, indique l'agronome Andrew Fèvre, du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.Cela dépend du type de pommiers.«La pomme est une culture particulièrement exigeante, dit-il.Et les pertes peuvent être énormes pour le producteur.» Plutôt que de convertir toute leur production au biologique, de nombreux pomiculteurs québécois deviendraient plus écologiques : ils réduiraient la quantité de pesticides utilisée et feraient appel à des techniques naturelles d'agriculture.Aucune homologation n'existe toutefois pour la pomme écologique.Où sont les producteurs biologiques ?STÉPHANIE BÉRUBÉ Une vieille croyance prétend qu'une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours.Et si un verre de cidre avait le même effet?Une étude en cours en Grande- Bretagne souhaite démontrer que le cidre, comme le vin, possède des effets antioxydants.Les résultats préliminaires de la recherche menée par l'Université de Glasgow ont déjà conclu que le cidre contient un haut taux de composés phénoliques, ces fameux antioxydants.Reste à voir comment ils sont absorbés par le corps humain.Pour le calculer, une douzaine de cobayes boiront chaque jour une chopine (568 ml) de cidre anglais durant une partie de l'automne.Ils éviteront aussi de consommer d'autres sources d'antioxydant reconnues, comme le thé vert ou le jus de raisins.On mesurera ensuite leur taux d'absorption des composés phénoliques.L'industrie du cidre, qui participe à la recherche, attend les résultats avec impatience.Les antioxydants protégeraient contre certaines formes de cancer et maladies cardiovasculaires.Les produits qui en contiennent deviennent donc particulièrement populaires auprès des consommateurs.Près de la moitié des pommes produites au Royaume-Uni sont transformées en cidre.Les effets bénéfiques du cidre pour la santé PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © La pomme Mc Intosh perd du terrain au profit de nouvelles variétés.Pour Jean-Luc Lavallée, pomiculteur depuis toujours, c'est tout de même la meilleure pomme produite ici.Vista Bella Couleur : rouge à 75%, sur fond vert-jaune pâle Caractéristiques : croquante, juteuse, acide Utilisation : pomme à croquer ; pomme à cuire Cueillette : début août.La saison 2006 est terminée Jerseymac Couleur : rouge foncé Caractéristiques : croquante, très ferme, sucrée Utilisations : pomme à croquer ; pomme à jus Cueillette : août.La saison 2006 est terminée dans la plupart des vergers Paulared Couleur : lavée de rouge sur fond vert-jaune Caractéristiques : croquante, acide, juteuse Utilisations : pomme à croquer ; pomme à cuire Cueillette : fin août et septembre Lobo Couleur : jaune pâle, couverte d'un lavis de rouge à rayures Caractéristiques : croquante, juteuse, moyennement acide et sucrée Utilisations : pomme à croquer ; pomme à cuire Cueillette : septembre et octobre LES HUIT VARIÉTÉS DE POMMES DU QUÉBEC UNE RÉCOLTE HÂTIVE QUI EST LE PLUS GRAND CONSOMMATEUR DE POMMES DU MONDE ?MCDONALD' S.Lamultinationale du hamburger vend 50000 pommes par jour, aux États-Unis seulement.Mc Do a acheté 54 millions de pommes l'année dernière pour tous ses produits, incluant ses tranches de pommes avec petite trempette au caramel.La pomme tranchée gagne en popularité.On en retrouve désormais aussi au supermarché.Il y a 20 ans, le produit aurait semblé farfelu, mais les petits sacs de pommes déjà tranchées séduisentmaintenant assez de consommateurs pour que deux entreprises québécoises enaient fait leur spécialité.Malheureusement, c'est une société ontarienne qui a décroché le contrat canadien avec Mc Donald's\u2026 \u2014 STÉPHANIE BÉRUBÉ IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII La saison des pommes a débuté plus tôt cette année.La récolte est moins abondante, mais les fruits sont plus rouges, plus gros et plus savoureux. PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © Selon Richard Legault, la plupart des Québécois ne sont pas au courant que la saison des pommes a commencé plus tôt cette année.ET DE POMICULTEURS! Dans leurs vergers, les producteurs sont aussi enclins à vanter leurs fruits.«Cette année, il faut quatre pommes pour remplir un panier », lance à la blague le pomiculteur Richard Legault.Ce qui n'est pas nécessairement un bonne nouvelle pour lui.Les consommateurs ne sont pas attirés vers d'énormes pommes.«Un enfant ne peut jamais manger tout ça », dit Richard Legault, une grosse pomme Lobo à la main.L'autre malheur, pour les vergers qui dépendent entièrement de la cueillette du public, c'est cette saison hâtive : «La plupart des gens ne sont pas au courant que la saison a commencé 10 jours plus tôt qu'à l'habitude, dit Richard Legault.Ils ne sont pas venus ici 10 jours plus tôt, en tout cas.» Ce qui fait que le producteur d'Oka s'est retrouvé avec un surplus de fruits en début de saison, et qu'il risque de ne plus avoir de pommes au mois d'octobre, quand les derniers cueilleurs vont se présenter.trop tard.Une espèce en voie de diminution Le marché de la pomme change, au Québec.Il y a 10 ans, 75 % des pommes récoltées ici étaient des Mc Intosh.L'espèce, toujours extrêmement populaire, perd néanmoins du terrain.Aujourd'hui, elle représente environ 60 % des pommes du Québec.Les goûts des consommateurs changent, expliquent Jean-Luc et Sylvain Lavallée, père et fils, dans leur verger d'Oka.Jean-Luc estime néanmoins que rien ne vaut une bonne Mc Intosh, quoi qu'en pensent les nouveaux consommateurspointilleux:« Parce que, dit-il, c'est une pomme qui ne goûte jamais la même chose.» La famille Lavallée doit tout de même se plier aux goûts de la clientèle: Sylvain met en valeur de nouvelles variétés.Comme la pomme grise, un petit fruit pas très attirant mais particulièrement populaire auprès de la clientèle asiatique, pour des raisons qu'il ne peut s'expliquer.Il y en aura plus, l'année prochaine, dans son verger.Et moins de Mc Intosh.Moins de pomiculteurs au Québec Le Québec ne perd pas seulement des pommes Mc Intosh : il perd aussi de nombreux producteurs.La Fédération a perdu 150 membres au cours des cinq dernières années.C'est énorme.Presque 20 % des effectifs ont disparu.« C'est vrai que ce n'est pas facile », concède Claire Brazeau, du Verger de la Montagne, à Mont-Saint-Grégoire.Selon la pomicultrice, les coûts de production ont monté en flèche : la maind'oeuvre, les pesticides et même le carburant qui sert au transport.Mais le prix des pommes, lui, n'a guère augmenté.Même qu'il est parfois à la baisse.Le ma rché de la pomme est particulièrement difficile depuis que la Chine est passée au premier rang de la production mondiale.«On exporte peu de pommes au Québec, explique M me Brazeau.C'est donc plus difficile lorsque des pommes de l'extérieur entrent dans le marché québécois.» Mélanie Noël, de la Fédération des producteurs de pommes, le confirme: il y a eu un effet de dominos dans l'industrie.Les pommes chinoises ont pris la place des pommes de Washington dans cer tains marchés internationaux.Par conséquent, il y aurait maintenant plus de pommes de Washington dans les supermarchés québécois.« Ça nous place en situation de surproduction au Québec, ditelle.Ce qui créer une énorme pression sur les prix.» En 2004, le Québec a exporté 8300 tonnes de pommes, alors que 27 000 tonnes sont venues de l'étranger.La moitié des pommes qui entrent au Québec sont des Granny Smith (des pommes vertes), une variété que les vergers québécois ne peuvent produire pour des raisons climatiques.« La plupart des gens ne sont pas au courant que la saison a commencé 10 jours plus tôt qu'à l'habitude.» Mc Intosh Couleur : jaune pâle, lavée et rayée de rouge Caractéristiques : croquante, juteuse, moyennement acide et sucrée Utilisations : pomme à croquer ; pomme à jus; pomme à cuire; pomme à cidre Cueillette : fin septembre et octobre Spartan Couleur : rouge foncé Caractéristiques : croquante, juteuse, sucrée, mi-acide Utilisations : pomme à croquer ; pomme à cidre Cueillette : octobre Empire Couleur : rouge foncé Caractéristiques : croquante, juteuse, sucrée Utilisations : pomme à croquer ; pomme à cidre Cueillette : octobre Cortland Couleur : lavée de rouge foncé Caractéristiques : croquante, sucrée Utilisations : pomme à croquer ; pomme à jus ; pomme à cuire; pomme à cidre Cueillette : octobre UNE RÉCOLTE HÂTIVE Source : La Fédération des producteurs de pommes du Québec ÉRIC CLÉMENT Faut-il recycler dans un bac vert, un conteneur roulant ou un sac en plastique ?Pressée par la nécessité de renouveler les contrats liés au recyclage, la Ville de Montréal se penche actuellement sur le type d'équipement à retenir.Le conteneur à rouletes, à la mode en Europe, a une longueur d'avance, mais les citoyens ont leurmot à dire jusqu'au 7 septembre.Responsable de la gestion des matières résiduelles à la Ville, Pierre Gravel a présenté aux citoyens, mercredi soir, une «étude des modes de collecte en vue d'améliorer la collecte sélective », produite dans le cadre de la réalisation du Plan directeur de gestion des matières résiduelles de l'agglomération montréalaise.L'étude propose de modifier les modes de collecte actuels « par le remplacement des bacs de 64 litres par des bacs roulants, majoritairement pour les logements individuels, duplex et triplex », afin d'accroître la participation des Montréalais au recyclage, a dit M.Gravel.Pour les immeubles de un à huit logements, où l'implantation des conteneurs roulants est impossible, le recyclage serait déposé dans des conteneurs de 64, 45 ou 24 litres, ou encore dans des sacs en plastique transparent.Au total, 61% des 800 000 logements montréalais disposeraient d'un conteneur roulant.Ce conteneur est utilisé par 5 % des citoyens des 22 grandes villes canadiennes (55 % pour le bac vert), 33 % des citoyens des 40 grandes villes américaines (50 % pour le bac vert) et 90 % des citoyens des grandes villes européennes, où le bac vert n'existe presque pas.Les propositions Les Montréalais ont jusqu'au 7 septembre pour se pencher sur ces propositions et sur la collecte sélective en général, et présenter ce jour-là un mémoire à la Commission sur le transport, la gestion des infrastructures et l'environnement.Une semaine plus tard, la Commission adoptera des recommandations, qu'elle présentera au comité exécutif de Montréal.Les détails se trouvent à www.ville.montreal.qc.ca/commissions.Le débat porte sur plusieurs questions.Doit-on conserver les filets ou les couvercles qui empêchent le papier de s'envoler des bacs verts ?Devrait-on replacer des cloches de recyclage dans les rues ?Doit-on généraliser les sacs en plastique transparent, que 4 % des villes québécoises ont choisis ?Faut-il collecter les matières recyclables pêle-mêle ou séparément ?Le pêle-mêle a la cote Le mode pêle-mêle est en vogue.C'est le mode choisi par Toronto, Ottawa, Seattle, Los Angeles, Paris et Lyon.Mais les papetières, qui récupèrent le papier, y sont plutôt opposées, à cause du verre cassé qui, mêlé au papier, érode leur équipement.Le fait que les arrondissements soient responsables de la collecte tandis que la Ville s'occupe du tri des matières crée un manque d'harmonie.L'idéal serait qu'on opte pour un seul modèle.Toutefois, a demandé un participant, quel sera l'effet sur les citoyens à qui on a appris de peine et de misère à bien séparer les matières recyclables si on change ce modèle pour un autre ?Pas d'erreur à faire «On prend notre temps pour faire ce choix, car on n'a pas droit à l'erreur, a dit Alain Leduc, conseiller en environnement à la Ville.Si on change le modèle séparatif pour le modèle pêle-mêle, il faudra garder ce système.» Actuellement, les Montréalais recyclent en moyenne 11,7 % du contenu de leur poubelle.Cela correspond à 34 % des matières recyclables qui s'y trouvent.Le gouvernement québécois souhaite que 60 % des matières recyclables de nos poubelles soient recyclées en 2008.La moitié du chemin seulement a donc été fait à Montréal, et il ne reste que deux ans pour atteindre l'objectif\u2026 COURRIEL Pour joindre notre journaliste : eric.clement@lapresse.ca ACTUALITÉS Doit-on conserver les filets ou les couvercles qui empêchent le papier de s'envoler des bacs ?Devrait-on replacer des cloches de recyclage dans les rues ?PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE © Assisterons-nous à la disparition du bac vert tel qu'on le connaît ?S'il n'en tient qu'à la Ville de Montréal, c'est un conteneur roulant qui prendra la relève.Mais les citoyens ont encore leur mot à dire.EN BREF Des porteurs du VIH demandent asile Cent trente-sept délégués étrangers ont profité de leur participation à la Conférence mondiale sur le sida, le mois dernier à Toronto, pour demander asile au Canada, a indiqué hier la porte-parole du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, Marina Wilson.La majorité des demandeurs seraient porteurs du VIH et allèguent qu'ils sont persécutés dans leur pays pour cette raison.Le groupe est principalement constitué de femmes sud-africaines ainsi que de citoyens du Salvador, de l'Érythrée, de l'Ouganda et du Zimbabwe.En attendant d'être entendus par Immigration Canada, plusieurs sont hébergés à Toronto.Selon Mme Wilson, les demandes ne seront pas traitées avant quelques mois.d'après PC, AFP et le Toronto Sun.RECYCLAGE Montréal veut généraliser le conteneur roulant PRESSE CANADIENNE Les opposants au projet de privatisation partielle du parc national du Mont-Orford remontent au créneau et dénoncent, avant même qu'elle ne soit rendue publique, la solution retenue pour régler cet épineux et interminable dossier.Selon Radio-Canada, le comité mandaté par Québec pour définir un projet «rassembleur» pour le mont Orford s'apprête à proposer au gouvernement Charest de contraindre le futur acquéreur du domaine skiable à céder la montagne à la MRC Memphrémagog.L'acheteur pourrait ainsi exploiter la station de ski et le terrain de golf mais il ne serait pas propriétaire de la montagne.De cette façon, le mont Orford demeurerait propriété du domaine public.Le comité proposerait aussi de limiter à 800 le nombre de condos pouvant être construits au pied de la montagne.Pour sa part, la Coalition SOS Parc-Orford préfère pour sa part attendre le dépôt du rapport mardi prochain avant de commenter plus avant.Orford: la solution déjà dénoncée QUÉBEC PLACE STE-FOY, GALERIES DE LA CAPITALE, VIEUX-QUÉBEC MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO LAVAL CARREFOUR LAVAL SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE RAYURES AIGUILLES LE COMPLET 525.00 PIQUÉE EN POINTILLÉ LA CHEMISE 88.00 MÉRINOS À RAYURES LE PULL 69.95 Économisez 25% sur un pull italien en fine laine mérinos de qualité supérieure signée Baruffa, confectionné spécialement pour nous.Rayures architecturées pour une touche mode, forme V coupe impeccable sous les vestons.Tons de marron ou charbon.P.m.g.tg.ttg.Rég.95.00 Une chemise classe affaires qui se marie aisément avec son tissage texturé très subtil.Coupe semi-ajustée, poignets réguliers, col semi-évasé.Effet de bleu chiné.14 1/2 à 17 manches régulières et 15 à 18 manches 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consultation publique prevue dans l'arrondissement de Montreal- Nord, les 19 et 20 septembre prochains.Bien qu'elles s'inscrivent dans un processus purement administratif et que la consultation porte essentiellement sur la pertinence de modifier le schema d'amenagement, ces audiences publiques pourraient donner lieu a un affrontement ouvert entre Quebec et la Ville de Montreal, qui n'ont pas du tout les memes priorites en matiere de transport et d'amenagement.Joint hier par La Presse , le responsable du dossier a la Ville, Andre Lavallee, a clairement laisse entendre que Montreal ne se presentera pas a ces consultations.L'an dernier, nous n'avons pas repondu aux demandes du MTQ pour modifier le schema d'amenagement en fonction du projet de la 25.Et au printemps, c'est par une resolution unanime du conseil d'agglomeration que nous avons declare ce projet non conforme.La question qui sera debattue, c'est de savoir s'il faut changer ou non le schema.Je pense que nous avons deja dit tout ce que nous avions a dire sur le sujet.Consensus M.Lavallee a aussi rappele hier que plusieurs autres projets de transport ont fait consensus dans la metropole et que ce sont ces projets-la qui devraient avoir priorite : la transformation de la rue Notre-Dame, dans l'est de Montreal ; la realisation d'une navette ferroviaire entre l'aeroport Pierre-Elliott-Trudeau et le centre-ville ; la mise en service du train de banlieue de l'Est.Le projet du MTQ prevoit la construction d'ici 2010 d'un pont de 1 km au-dessus de la riviere des Prairies, dans le prolongement de l'autoroute 25, entre Laval et Montreal.Le cout du projet est evalue a 400 millions de dollars.Il s'agira d'un pont a peage, construit et exploite par le secteur prive en vertu d'une entente qui devrait etre signee d'ici un an.Projet attendu Ce projet est attendu avec impatience depuis 30 ans a Laval.Mais Montreal n'en veut pas.L'administration du maire Gerald Tremblay l'a clairement rejete.La Direction de la sante publique de Montreal a aussi denonce le projet et reclame, avec les groupes communautaires et ecologistes, des projets axes davantage sur les transports en commun, la marche et le velo.Dans un rapport publie l'an dernier, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avait donne largement raison a la Ville sans toutefois rejeter le projet.Quebec a tranche par decret en decembre dernier.Ironiquement, les modifications imposees par Quebec vont s'appliquer a un schema d'amenagement qui date de 20 ans.La Communaute metropolitaine de Montreal (CMM), formee en 2000, n'a pas encore adopte le nouveau schema, qui devait etre pret en 2005.Quebec devra donc modifier un schema d'amenagement datant de 1989, qui prevoyait expressement la construction d'un boulevard dans le prolongement de l'autoroute 25 actuelle.La modification reglementaire retablira ainsi la version de 1987 du schema d'amenagement de la defunte Communaute urbaine de Montreal, qui autorisait la construction d'une autoroute et d'un pont a ce meme endroit.COURRIEL Pour joindre notre journaliste : bbisson@lapresse.ca PONT DE L'AUTOROUTE 25 Quebec souhaite changer les regles du jeu PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE c Quebec devra modifier un schema d'amenagement datant de 1989, qui prevoyait expressement la construction d'un boulevard dans le prolongement de l'autoroute 25 actuelle.EN BREF La Presse poursuivie pour 5 $ L'homme d'affaires Jacques Tanguay de Quebec a intente une poursuite en diffamation de 500 000$ contre La Presse et le chroniqueur Ronald King.Jacques Tanguay accuse le chroniqueur d'avoir tenu des propos diffamatoires a son endroit dans une chronique publiee le 30 mai 2006.L'homme d'affaires reclame 300 000$ pour dommages moraux et 200 000$ pour dommages exemplaires.Presse Canadienne Rentree luxueuse a Sainte-Adele Les eleves de l'ecole primaire Saint-Joseph, a Sainte-Adele, ont eu droit a une rentree scolaire digne de Hollywood: leurs professeurs sont tour a tour arrives a l'ecole a bord d'une limousine, avant d'arpenter un tapis rouge.Si la mise en scene a plu aux toutpetits, elle a ete jugee excessive par quelque parents.L'ecole avait promis des clowns et des magiciens.Il n'y en a pas eu.C'est decourageant , deplore une mere qui prefere garder l'anonymat.La commission scolaire des Laurentides explique que la limousine a ete commandee a l'initiative de la directrice de l'etablissement, Michele Mackrous.Aucun fond de l'ecole ou de la Commission scolaire n'a ete utilise pour ca.Le directrice a elle-meme debourse les 156$ qu'a coute cette fantaisie , dit la secretaire generale de la commission scolaire, Marie- Jose Lorion.Ariane Lacoursiere Un Canadien escroque 100 000 Americains Un Canadien residant a Dollarddes- Ormeaux a plaide coupable hier a New York pour avoir escroque quelque 100 000 Americains en pres de deux ans a travers son entreprise de telemarketing.Stephen Clark etait le coproprietaire d'une societe montrealaise, First Choice Tele-Services Corporation, dont les employes etaient charges d'appeler des Americains a faibles revenus et endettes, pour leur proposer de nouvelles cartes de credit.Ces personnes, contactees entre 2002 et 2003, ne recevaient jamais de carte, tout en voyant leur compte debite de 249 a 299$ de frais de carte.AFP www.voyagesdegroupes.com 1-866-LES-GROUPES Sejour aux Baleares eta Barcelone 3 au 18octobre 2006 Longs sejours en Sicile Hotel Tourista Cefalu 15 mars au 5 avril 2007 Croisiere Costa Atlantica et sejour a la Romana 12 au 26 fevrier 2007 5 au 19mars 2007 12 au 26 mars 2007 Riviera del Sole 22 mars au 19 avril 2007 23 mars au 20 avril 2007 (de Quebec) 19 avril au 10 mai 2007 Croisiere 10 jours sur le Sun Princess 10 au 20 mars 2007 Hotel Capria Sorrento 31 mars au 20 avril 2007 [Groupes] Club Voyages [Groupes] est membrede Transat A.T.inc.et detenteur d'un permis du Quebec.Groupes accompagnes .Departs garantis 3425596A Centre d'education permanente Cours intensifs de langue Inscrivez-vous des maintenant ! (514) 398-1212 (programme d'anglais) (514) 398-1202 (programme de francais) Pour de plus amples informations :www.mcgill.ca/eflp Que ce soit en anglais ou en francais, nos cours vous permettront d'acquerir les competences linguistiques et communicatives necessaires pour vos objectifs professionnels et personnels.Du 18 septembre au 17 novembre.Groupes restreints vous permettant de partager une experience d'apprentissage unique avec des etudiants d'ici et d'ailleurs.Cinq niveaux (debutant, elementaire, intermediaires et avance).Programmes menant au Certificat de competence en anglais de Mc Gill ou au Certificat de competence en francais de Mc Gill.3424476A 3421866A PIERRE FOGLIA CHRONIQUE Quand je me sens vulnérable, j'aime prendre ma voiture et partir.descendre dans un motel banal et quelque peu déprimant.Ce sont les premiers mots de En marge, la récente autobiographie de Jim Harrison.Plus loin, il explique qu'il se sent vulnérable quand il a peur de retomber dans ses dérives éthyliques ou, au contraire, de tomber dans ces excès de conscience dont Dostoïevski dit, dans ses Notes du souterrain, qu'elles relèvent de la maladie.Je ne bois pas et mes excès de conscience sont trop espacés pour me rendre malade.Pourtant, moi aussi j'aime partir loin quand je me sens vulnérable.Le problème, c'est que je me sens vulnérable tout le temps.Le problème, c'est aussi que, une fois parti, je me sens encore plus vulnérable.Fautil le souligner?Changer le mal de place ne change que la place.Quand les patrons m'ont proposé ce voyage pour parler des États-Unis cinq ans après le 11 septembre, j'ai su tout de suite que je ne parlerais pas du 11 septembre, et peut-être pas beaucoup des États-Unis.Les États-Unis ceci, les États-Unis cela, je suis tanné.J'en ai jusque-là des opinions, des reportages, des livres qui commencent comme American Vertigo, de Bernard-Henri Lévy, par : où va l'Amérique ?Elle ira bien où elle doit aller et Lévy ne le sait pas plus que moi.Ce n'est pas que tous ces reportages, tous ces livres, toutes ces analyses soient inutiles ou inintelligents.C'est que, à la fin, on n'est plus devant un pays mais devant un corpus, devant un magma idéologique.À la fin, le navire s'éloigne et on ne s'intéresse plus qu'à son remous.Le 11 septembre, raconte Harrison, la tête pleine d'éclaboussures de sang, j'ai fui la maison pour rejoindre la rivière, cinq jours de pêche sur la Yellowstone, je fuyais tout autant la catastrophe que les mille faux sages pontifiants vomissant les sempiternelles analyses des temps de crise.On voit où ce voyage a commencé : devant ma bibliothèque.La première journée de mon voyage fut complètement immobile à choisir les livres que je voulais emporter.Que des auteurs américains.Que des fictions.Une pleine de valise de romans.L'Amérique est toute dans John Updike, dans Barry Gifford, dans Salinger, dans Harrison, dans Stewart O'Nan et quelques milliers d'autres.Mais c'est Mark Twain le tout premier que j'ai tiré d'une tablette, dans une anthologie du Nonsense, cette petite nouvelle où il est question du directeur d'un journal d'agriculture qui reçoit un lecteur «au visage noble et sévère» dans son bureau.Vous êtes le directeur?Oui.Avez-vous déjà dirigé un journal d'agriculture avant celui-ci ?Non.Pourquoi ces questions ?Parce que je m'en doutais, figurez- vous.Cet article, c'est bien vous qui l'avez écrit ?Le lecteur au visage noble et sévère ajusta ses lunettes et se mit à lire: «On ne devrait jamais arracher les navets.Cela les abîme.Il est bien préférable de secouer l'arbre.» Moi qui n'ai jamais ri à une blague de Patrick Huard, ce genre de truc me tire des larmes.Quand je suis down de l'Amérique, j'aime me répéter que Mark Twain est Américain.Et quand les verbeuses analyses d'American Vertigo me saoulent, l'envie me prend de secouer l'arbre pour en faire tomber le navet.Je suis parti le lendemain matin.Je vous entends bien: vu le temps que ça lui a pris pour partir, on n'est pas arrivé! Aussi bien vous le dire tout de suite, non seulement on n'est pas arrivé, mais on sait à peine où on s'en va.Et on y va en train ! Amtrak.Et en autobus, Greyhound.L'autobus et le train, c'est ce qu'on a inventé de mieux pour lire entre les paysages.Visiter l'Amérique en lisant, c'est là mon projet.Cela pourrait s'appeler «quand la fiction rejoint la réalité», mais c'est un truisme, la fiction rejoint toujours la réalité.Même que la fiction est plus lourde de réel que la réalité, qui n'arrête pas, de son côté, de vouloir dépasser la fiction et, en cela, la réalité devient irréelle.Si c'est trop embrouillé vous me le dites, je vous fais un petit dessin.Je suis donc parti le lendemain matin à l'heure où, ces jours-ci, les agents de la faune passent relever leurs cages à ratons.Ce matin-là, pas de raton, mais ils avaient pogné Momo, un autre de mes chats, dont je ne vous ai jamais parlé parce qu'il n'y a rien à en dire, c'est juste un chat.C'est pas comme Zézette, que j'ai embrassée sur le museau avant de partir.Bon, on y va ?s'impatiente ma fiancée.Elle doit me conduire à la gare de Rouses Point.Sais-tu quoi, bébé ?Je pars avec 11 livres, pas un seul poète.J'ai honte.J'ai monté les escaliers quatre à quatre, je suis redescendu avec un Carver : Les Feux.On est partis par les petits chemins qui mènent à la douane de Morses Line, à moins de 10km de la maison.Je feuilletais Carver.Écoute ça, fiancée: Écris-moi un poème elle dit, un poème d'amour.Tous les poèmes sont des poèmes d'amour je dis.Je ne comprends pas elle dit.C'est dur à expliquer je dis.À la douane américaine, le douanier s'est pincé le nez : elle pue, ton auto, t'as écrasé une mouffette ?Pouvez-vous croire ! J'ai 65 ans, c'est ma première auto neuve, la première de toute-mavie.Et il me dit qu'a pue.Où tu vas ?Columbus, Ohio (j'ai dit n'importe quoi).T'as de la famille là ?Non.Je suis journaliste, je vais faire des reportages sur l'Amérique cinq ans après le 11 septembre.Il a demandé à son collègue si les journalistes devaient remplir des formulaires spéciaux.Le collègue ne savait pas.Ils ont laissé tomber.Il m'a fait ouvrir le coffre.A dézippé le sac des livres, l'a refermé aussitôt, m'a rendu mon passeport.OK, c'est beau.Ce qu'il y a de changé au passage de la douane depuis le 11 septembre 2001?La plupart du temps, rien du tout.Des fois on tombe sur des zélés, mais avant aussi y avait des zélés.Après Morses Line, la petite ville de Swanton.Même si on est au Vermont, on n'est toujours pas en Amérique, on est encore dans ma cour.On coupe à travers les marais du bout du lac Champlain pour atteindre Rouses Point, point d'entrée du train qui fait la liaison Montréal-New York-Washington.Mettons 30km entre le Vermont et l'État de New York et on a déjà changé de pays.La différence n'est peut-être pas aussi spectaculaire qu'entre le Connecticut et l'Alabama, mais elle est aussi irrévocable.Rouses Point est un village délabré plongé dans une misère poisseuse.On est en Albanie ou presque.La gare, qui a dû être très belle, tombe en ruine.On a installé les bureaux dans une cabane voisine.Quand on ouvre la porte, le morceau de carton qui la tenait fermée tombe, il faut le remettre en place.Les toilettes aussi, c'est l'Albanie.Une voie ferrée unique, rouillée, l'herbe à poux pousse sur le ballast.Remplacez- la par des cactus et c'est 3h10 pour Yuma.Ici , les choses ont changé depuis le 11 septembre 2001.Où un douanier suffisait à l'inspection, ils sont maintenant une douzaine, armés, casqués, bottés.Dessous, dedans, le train est passé au peigne fin.Cela a bien dû prendre une heure.J'attendais sur le quai.Excusez, il n'y a pas de quai.J'étais le seul voyageur à embarquer à Rouses Point.Adieu, fiancée.Le train s'est ébranlé (c'est pour ça qu'on dit sourd comme un train).Le train, disaisje, s'est enfoncé doucement dans le ventre mou de l'Amérique, j'ai repris Carver où je l'avais laissé: Nous n'irons nulle part mon amour, nous roulerons simplement, d'une minute à l'autre il arrivera quelque chose.Quand je me sens vulnérable À quelques jours du triste anniversaire du 11 septembre, notre chroniqueur Pierre Foglia est parti, les bagages pleins de livres, sur les routes de l'Amérique, pour nous faire découvrir comment fiction et réalité s'y rejoignent.«Visiter l'Amérique en lisant, c'est là mon projet », nous dit-il.EN BREF Contrôle renforcé à la frontière Les États-Unis ont décidé de renforcer les inspections sur les produits agricoles à leur frontière avec le Canada, estimant qu'il s'agit d'un point d'entrée potentiel pour les maladies, les parasites ou même le bioterrorisme.Au Canada, des représentants de l'industrie qualifient cette mesure d'insensée et égoïste et craignent qu'elle engorge la frontière et nuise au voyage aérien.À compter du 24 novembre, on fera payer des frais d'entrée de 5$ par passager aérien, de 488$ par navire, et de 7,50$ par wagon pour les trains.Les camions devront acquitter une taxe de 5$.«C'est inutile et c'est surtout un moyen pour eux de générer de nouveaux revenus, estime Fred Gaspar, porte-parole de l'Association canadienne du transport aérien.Ils disent que la taxe couvrira les frais d'un programme d'inspection agricole, mais ça va toucher tous les passagers et tous les transporteurs aériens.» AFP et PC 11 SEPTEMBRE CINQ ANS APRÈS PHOTO DOUG KANTER, AFP S'il a accepté volontiers l'offre de ses patrons d'un voyage aux États-Unis pour parler de nos voisins cinq ans après le 11 septembre, notre chroniqueur Pierre Foglia admet rapidement qu'il ne parlera pas du 11 septembre et peut-être pas beaucoup des États-Unis.Son projet : visiter l'Amérique en lisant.Des auteurs américains, évidemment ! Fondée en 1966 Le diplôme d'études secondaires (secteur jeunes) Permis 316501 Formation générale 1re à 5e secondaire Désirez-vous ?.Compléter votre diplôme d'études secondaires en peu de temps ?.Reprendre certains cours échoués ?.Répondre aux nouvelles exigences du collégial ?.Améliorer un résultat considéré faible ?.Possibilité de débuter en tout temps.Choix d'horaire selon vos disponibilités.Deux sessions d'examens du ministère de l'Éducation par année.L'école secondaire Duval vous offre, par son enseignement individualisé et dynamique, l'opportunité d'avancer à votre propre rythme.Également disponibles : cours en groupes restreints.Cours du samedi : pour prévenir un échec.L'école offre aussi des cours le samedi pour l'élève qui désire : améliorer un résultat considéré faible (prévenir l'échec); reprendre un cours échoué; suivre un cours obligatoire pour l'admission au collégial; suivre le cours mathématiques 436 et / ou sciences physiques 436.une école à la mesure de vos ambitions.Pour renseignements : (514) 382-6070 www.ecoleduval.com courriel : info@ecoleduval.com 260, boul.Henri-Bourassa Est, Montréal (Québec) H3L 1B8 à deux pas du Henri-Bourassa ENCAN PUBLIC CARGO CONFISQUÉ, SAISIE NO : 4973-02-0425 Sur la route de l'aéroport international P.-E.-Trudeau de Montréal ROLEX CARTIER PIAGET OMEGA PATEK GENEVE EBEL POUR HOMMES ET FEMMES BAGUES BAGUES À SOLITAIRES DORMEUSES BRACELETS COLLIERS BOUCLES D'OREILLES PENDENTIFS BAGUES DE FIANÇAILLES Bague à solitaire avec un diamant de 8,85 carats taillé finement Cargo de grande valeur, saisi par les douanes - 45 magnifiques pièces de bijouterie doivent être vendues.Plusieurs bijoux et des montres consignés provenant d'autres parties contractuelles se sont ajoutés.Seront vendus à la pièce au plus haut soumissionnaire.DIAMANTS, ÉMERAUDES, RUBIS, SAPHIRS, PERLES, TANZANITES, OPALES ET PLUS.DROITS ET TAXES À L'IMPORTATION PAYÉS - MARCHANDISES DÉDOUANÉES Le lundi 4 septembre 2006 Encan à 14 h.Visionnement à partir de 13 h.Heritage Auctioneers International : aéroport de Montréal 2070, av.Chartier (Côte-de-Liesse, 55e ave Nord, à droite sur Chartier) Photo d'identification exigée à l'enregistrement.Toutes les ventes sont finales.Conditions : Visa, Master Card, argent comptant, Interac, chèque certifié.Prime à l'acheteur de 15 %.Certaines restrictions peuvent s'appliquer.La vente est sujette à des ajouts, erreurs ou omissions.Heritage International.La fiction est plus lourde de réel que la réalité, qui n'arrête pas, de son côté, de vouloir dépasser la fiction et, en cela, la réalité devient irréelle. ANDRÉ NOËL Les Américains s'interrogent de plus en plus sur la capacité du président afghan, Hamid Karzaï, à diriger son pays.Ainsi , le New York Times a récemment publié un éditorial intitulé « Perdre l'Afghanistan ».«C'est une guerre que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de perdre », conclut l'influent quotidien, qui critique la performance de Karzaï.« Il (son gouvernement) n'a pas apporté la sécurité, le regain économique ou une administration efficace dans la majorité du pays.» Indécis et incohérent, Karzaï laisse trop d'espace aux barons de la drogue et aux bandits régionaux, notent des observateurs dans le Washington Post.I l fait des nominations qui choquent : il a ainsi placé un seigneur de la guerre et caïd du crime organisé à la tête de la police de Kaboul, la capitale.Les Américains ont versé 10,3 milliards de dollars à l'Afghanistan ent re 2001 et 2005.Pourtant, les conditions de vie et de sécurité se détériorent.Les 36 000 soldats afghans, mal payés et désillusionnés, se laissent facilement corrompre par les troupes talibanes, fortes de 12 000 hommes très motivés.De 2003 à 2005, la superficie des terres consacrées à la culture de l'opium a également triplé.« Karzaï vient de Kandahar, mais pourtant il y est très impopulaire, souligne Nelofer Pazira.Les Afghans se plaignent qu'il est plus difficile à voir que Dieu.Karzaï déçoit\u2026 mais je ne sais pas s'il y avait d'autres personnes que lui pour diriger le pays.» Le ministre canadien de la Défense, Gordon O'Connor, l'a rencontré cette semaine à Kaboul.Le Canada a déployé en Afghanistan un contingent de 2300 militaires, basés pour l'essentiel à Kandahar.Depuis 2002, 27 soldats canadiens ont perdu la vie là-bas.Le président afghan critiqué de toutes parts ANDRÉ NOËL Les soldats canadiens mènent actuellement en Afghanistan une guerre impopulaire et inutile.C'est du moins l'avis de Nelofer Pazira, une Canadienne d'origine afghane qui revient d'un séjour à Kandahar, où la plupart de nos soldats sont déployés.Cette cinéaste et journaliste, connue pour son rôle dans le film Kandahar, est l'une des rares Canadiennes à pouvoir se promener librement dans les rues de cette ville, deuxième en importance au pays.Elle en parle la langue, le pashto, et en connaît les coutumes.Son verdict est sans équivoque: la ville est perdue, à l'instar des provinces du sud du pays.Les talibans en reprennent le contrôle.À moins d'un changement radical de stratégie, les Canadiens ne gagneront pas.Et mourront pour rien.La Presse l'a jointe à Toronto.Q Quand êtes-vous allée en Afghanistan et comment avezvous voyagé là-bas ?R J'y suis allée en août.J'ai laissé mon passeport canadien à Kaboul avant de quitter la ville.Les talibans arrêtent régulièrement les voyageurs sur les routes.S'ils voient que vous êtes étranger, cela peut être dangereux pour vous.J'ai mis une burqa et je suis partie pour Kandahar.Je disais aux gens que j'allais voir une cousine.QQuelle impression avez-vous eue en arrivant ?R La situation est très inquiétante.Il y a beaucoup de soutien aux talibans.Je dirais que 90% des Kandaharis ne sont pas contre eux.Au marché, les gens disent ouvertement qu'ils préfèrent les talibans au gouvernement actuel.Ils disent que les prix étaient moins élevés lorsqu'ils étaient au pouvoir et qu'il n'y avait pas de corruption.Ils disent qu'on pouvait oublier un sac d'or dans la rue et que personne ne le volait, parce que les talibans réprimaient sévèrement le vol.Ils disent que, maintenant, tout le monde vole et qu'il y a beaucoup d'insécurité.Ils reconnaissent que les talibans ne font pas grand cas des droits de la personne, mais la population non plus: les femmes ne participent pas à la vie sociale, et les hommes n'accordent pas d'importance à leurs droits.Q La situation s'est-elle détériorée depuis votre précédent voyage, en 2002, un an après la chute des talibans ?R De façon radicale.Selon les gens à qui j'ai parlé, elle s'est même détériorée depuis quelques mois.L'année dernière encore, ils avaient espoir que les choses allaient se tasser.Les Américains avaient apporté beaucoup d'argent, de projets.Mais dès qu'ils ont annoncé qu'ils se retiraient de la région et qu'ils cédaient le contrôle à l'OTAN (les Canadiens ont pris la relève des Américains le 31 juillet à Kandahar), les talibans sont revenus en force.Maintenant, les Afghans qui ont fait des affaires avec les étrangers ou avec le gouvernement ont peur de se faire tuer par les talibans.Il n'y a pas de reconstruction.Q Les Canadiens ne peuvent pas marcher dans les rues de Kandahar ?R Pendant mon séjour, je n'ai vu aucun étranger se promener dans Kandahar, sauf dans des convois militaires.Les étrangers ne vont pas au bazar : c'est beaucoup trop dangereux.Q Quelle est la situation dans les autres villes du sud du pays ?R À Panjwai, à 30km à l'ouest de Kandahar, les talibans ne se cachent pas.Ils utilisent des haut-parleurs pour inviter les soldats canadiens à se battre contre eux.Au mois d'août, des soldats canadiens se sont effectivement rendus à Panjwai, mais ils peuvent contrôler seulement le centre de la ville.Maiwand, siège de la grande défaite de l'armée britannique à la fin du XVIIIe siècle, est maintenant le centre de la résistance au gouvernement et à l'OTAN.Un habitant de cette ville m'a dit que les talibans ont émis des décrets affirmant que c'était un «devoir islamique» de tuer tous ceux qui ont travaillé pour le gouvernement ou les étrangers.Q Pourquoi la population a-t-elle tant de ressentiment envers le gouvernement ?R Parce qu'il est totalement corrompu.Les candidats aux élections parlementaires donnaient 30 $ aux électeurs pour acheter leur vote.Les soldats et les policiers arrêtent les gens pour rien et exigent de l'argent.L'exemple vient de haut.Le frère du président, Wali Karzaï, qui dirige le conseil provincial de Kandahar, est accusé de participer au trafic de drogue.Il y a quelque temps, Kandahar était une ville relativement prospère, moins pauvre que les autres villes afghanes.Il y avait de l'électricité 24 heures sur 24.Plus maintenant.La principale centrale hydroélectrique ne fonctionne plus.Les Américains ont installé des groupes électrogènes, mais ils fonctionnent au gazole et celui-ci coûte une fortune.Par conséquent, les factures d'électricité sont faramineuses.Q Pourquoi la population appuiet- elle les talibans contre les forces étrangères ?R Parce que ces dernières soutiennent le gouvernement.Elles ne font pas régner l'ordre et n'assurent pas la prospérité.Dans les campagnes, les troupes britanniques et canadiennes détruisent les champs de pavot.Or, cette culture (le pavot sert à produire l'opium et à l'héroïne) est une grande source de revenus.Les paysans invitent les talibans à rester chez eux, en sachant qu'ainsi, les soldats canadiens et britanniques n'oseront pas venir détruire leurs champs.En combattant la drogue, l'OTAN veut affaiblir les seigneurs de la guerre.Il aurait fallu faire ce combat lors de la chute des talibans.Les Américains ne l'ont pas fait.Maintenant, il est trop tard.Q Et alors ?R Alors Kandahar est perdu.Du moins, pour le moment.L'OTAN dit qu'elle veut gagner le coeur et l'esprit de la population.Cette bataille est perdue à Kandahar.Les gens se sont tournés contre le gouvernement.Rien de ce qui est associé à ce gouvernement n'est apprécié.Pour l'instant, les Canadiens mènent une guerre inutile.Les gens trouvent les Canadiens sympathiques, mais leur loyauté va vers les talibans.Ils ont pitié des soldats canadiens parce qu'ils estiment qu'ils ne savent pas se battre et croient que plusieurs d'entre eux vont mourir.Q Pourquoi dites-vous que la guerre est perdue pour le moment ?R Parce qu'il y aurait une possibilité de la gagner si l'OTAN changeait sa stratégie.Sur un plan militaire, la seule façon d'aboutir à quelque chose serait d'envoyer une force internationale pour surveiller la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.C'est par là que transitent l'argent, les armes et bien des combattants.Les talibans ont leur base au Pakistan (à Quetta).Al- Qaeda aussi.Oussama ben Laden pourrait franchir cette frontière huit fois par jour s'il le souhaitait.C'est Al-Qaeda qui organise les attentats suicide.Je ne sais pas si ben Laden lui-même y est, mais les dirigeants d'Al-Qaeda se trouvent au Pakistan.Les services secrets de ce pays soutiennent les talibans.ACTUALITÉS Entrevue avec la cinéaste Nelofer Pazira, de retour d'Afghanistan Les soldats canadiens courent à leur perte PHOTO ISMAIL SAMEEM, REUTERS Dans la région de Kandahar, où la majorité des troupes canadiennes sont déployées, l'influence des talibans de fait de plus en plus sentir.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © Les américains reprochent à Hamid Karzaï d'être indécis et incohérent.C2F6B 6C 5:B?>=:3;6 :=4;DB6B 7:=2=46= $ 4>
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