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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2006-04-22, Collections de BAnQ.

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[" PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © Pat Martel, qui purge une peine à l'établissement Leclerc de Laval, estime que les deux vols commis en février 2005 étaient un « suicide calculé ».PATMARTEL, EX-BATTEUR D'OFFENBACH CONFIDENCES D'UN CHAT SAUVAGE Du temps d'Offenbach, Pat Martel rencontrait les journalistes dans une loge ou dans un bar.Mais il y a quelques jours, c'est à l'établissement Leclerc de Laval, là où il purge une peine pour vols qualifiés, que l'ex-batteur du célèbre groupe a reçu La Presse.Sa jeunesse à tombeau ouvert, sa découverte de la gloire à 24 ans, sa consommation de cocaïne et d'alcool, mais aussi les blessures mal cicatrisées et la criminalité, le musicien a revisité tout cela.Àl'heure où la cuirette et le vinyle abondent dans le show-business, confidences d'un rockeur en cuir véritable.MARIO GIRARD Le jour de notre visite, les avenues du complexe pénitentiaire Saint-Vincent-de-Paul à Laval étaient désertes.Elles le furent moins le lendemain à l'occasion de la comparution très médiatisée de Guy Cloutier devant la Commission des libérations conditionnelles.C'est dans une salle d'audience, celle-là même où Pat Martel comparaîtra en août prochain afin de retrouver des morceaux de sa liberté, que nous avons rencontré le musicien.Il est arrivé tout frais rasé et habillé de l'incontournable t-shirt bleu imposé par l'établissement.Il sourit, rôde un peu et flaire.Pat Martel est un chat sauvage.Celui que Gerry Boulet aimait appeler « le kid » a l'air en forme.Depuis deux mois, il est au régime.Un cadeau qu'il s'offre pour ses 49 ans, un cap qu'il allait franchir le lendemain de notre rencontre.« Je vais fêter ça avec un Pepsi et une Cherry Blossom », dit-il en riant.Pat Martel purge actuellement une peine de 30 mois pour deux vols qu'il a commis dans un dépanneur de Trois-Rivières en février 2005.Avant cela, il avait connu d'autres peines du genre pour des vols commis en 1998 et 2003.Un gars du Plateau Pierre Martel (c'est son véritable nom) est né à Rockland en Ontario.Mais il préfère dire qu'il est un gars du Plateau.Ce quartier, c'est son fief.C'est là qu'à 14 ans, il découvre la musique.« Beaucoup de choses ont commencé à ce moment, dit-il.Des bonnes et des moins bonnes.Cette année-là, pour Noël, ses parents lui offrent une batterie.« J'avais tellement le drive pour la musique que je jouais sur des drums en carton.Mes parents étaient tannés de m'entendre piocher.» Rapidement, il forme un groupe avec des amis.« On reprenait des tounes de CCR.» Et du coup, il découvre la drogue.« Disons que je consommais de manière intense », ajoute-t-il.À 22 ans, il se joint au groupe Aquarelle, une formation de jazz fusion qui a connu une certaine renommée au Québec à la fin des années 70.>Voir MARTEL en page 2 EXPO-VENTE d'oeuvres de 100 femmes artistes en arts visuels au profit de sept maisons d'hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale.Chez Pratt &Whitney Canada, 1000, boul.Marie-Victorin, Longueuil Renseignements : (450) 647-3929 www.pwc.ca ENTRÉE LIBRE 20e EXPOSITION 29 et 30 avril 2006, de 10 h à 17 h CRÉATION : ZOUM ARMADA ROCK LA PETITE HISTOIRE DE MOBILE PAGE 17 BRUCE SPRINGSTEEN HOMMAGE À PETE SEEGER PAGE 3 Bruce Springsteen ARTS ET SPECTACLES PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Le groupe Offenbach lors du lancement \u2014 en 1986 n\u2014 de son ultime disque, Le Dernier Show ; dans l'ordre, Breen Leboeuf, John Mc Gale, Johnny Gravel, Gerry Boulet et Pat Martel.Confidences d'un chat sauvage MARTEL suite de la page 1 « La formation s'était produite au Festival de jazz de Montreux.J'étais fier d'en faire partie », dit-il.Durant cette période, on lui propose de créer un magazine rock, L'Artiste, appelé à faire concurrence à Québec Rock et Pop Rock.« Je ne connaissais rien à cela.Je devais me renseigner sur tout », dit Pat Martel.Audacieux et fonceur, le singulier patron recrute Jacques « Coco » Douglas, Mario Lirette, Michel W.Duguay et Eddy Toussaint.« Tant que je réglais les choses au téléphone, ça allait.On m'appelait Monsieur Martel.Mais quand on me rencontrait, ça se gâtait.J'avais les cheveux longs jusqu'à la ceinture, je m'habillais en cuir et je portais une boucle d'oreille qui pesait 15 livres.» Pierre Martel vit le pied sur la pédale d'accélération.Et comme si ce n'était pas assez, il devient également percussionniste pour un groupe krishna.« C'est fou le nombre d'occasions qui se sont présentées à moi.» Le tournant Offenbach En 1982, le groupe Offenbach se remet d'une succession de changements : nouveau bassiste (Breen Leboeuf), nouveau guitariste (John Mc Gale), nouvel agent, la formation est en constante mutation.Après le départ du batteur Roger « Wézo » Belval, on engage Bob Harrisson.Mais celui-ci quitte après trois ans.Le groupe a besoin d'un batteur au plus vite.Une connaissance parle de Pat Martel à Gerry Boulet.Un premier contact a lieu.« J'étais dans la pire des situations pour obtenir le poste de batteur, raconte Pat Martel.Non seulement je ne connaissais pas très bien les chansons d'Offenbach, mais je n'avais aucun disque du groupe à la maison.Au téléphone, Gerry me dit : Comment ça, t'as pas nos disques ?Il m'invite chez lui et sort les disques en cochant les titres que je devais apprendre.Mais là, je devais lui dire que je partais pendant plusieurs jours en tournée.Il aurait pu me flusher juste là.Malgré tout cela, il m'a engagé.» À fond d'train Pat Martel a 24 ans.Il effectue plusieurs tournées avec Offenbach, dont la fameuse À fond d'train en compagnie de Plume Latraverse.Il enregistre quatre disques (Tonnedebrick, À fond d'train, Rockorama, Le Dernier Show) et fait deux fois le Forum en 1983 et en 1985.« Faire le Forum, ça avait toujours été un objectif, dit-il.Jeune, je me disais : un jour, je vais jouer là.Je me souviens qu'à 20 ans, avec ma blonde et des amis, j'étais allé voir un show et là, pour la première fois, j'avais douté.Je m'étais dit que c'était juste pour les Britanniques et les Américains.Finalement, quatre ans plus tard, j'y étais.» Puis, en 1985, lors d'une rencontre chez Gerry Boulet, la nouvelle tombe.« Je m'y attendais tellement pas.On s'était réuni pour un simple meeting.Et là, Gerry nous annonce que c'est fini.» Musicien orphelin, Pat Martel accompagne quelques artistes, s'installe momentanément dans l'Ouest canadien et participe à la b.o.du film Le Party.La consommation de cocaïne et d'alcool dépasse le point de saturat i o n .« Deux ans apr ès Offenbach, j'étais brûlé, dit-il.Il y a des grands bouts de ma vie qui ont passé sans que je puisse les voir.C'est comme si je n'étais plus l'acteur mais le spectateur.» D'une cure à l'autre Il se lance dans des thérapies et des cures de toutes sortes, notamment au Portage.« Je réussissais à arrêter, mais comme j'avais très envie de faire de la musique, je me retrouvais dans des bars où tout le monde consommait.Les musiciens consommaient dans la loge et le public consommait dans la salle.» Les démons qui étaient au fond de lui en profitent pour brasser la cage.« Il y a eu trois deuils importants dans ma vie : mon père, ma mère et Gerry.La veille de la mort de la mère, je suis allé la voir à l'hôpital.En la quittant, j'ai voulu me pencher pour l'embrasser.Mais il y avait tous ces fils et ces tubes.Je me suis dit que j'allais sans doute la voir le lendemain.Elle est morte quelques heures après.Longtemps je me suis senti coupable de ça et encore aujourd'hui je me demande si ma vie aurait été différente si je l'avais embrassée.Ses besoins de drogue et son manque d'argent l'amènent à l'âge de 42 ans à commettre des vols.Les premiers ont lieu en 1998.D'autres se déroulent en 2003.Chaque fois, c'est le même scénario.Il part, misaoul, mi-cagoulé et, armé d'un couteau, demande le contenu de la caisse.« Je m'excusais auprès du commis en lui disant que j'allais revenir le rembourser.Il considère que les deux vols commis en février 2005 étaient un suicide calculé.« Je voulais qu'on m'arrête.Je voulais que quelqu'un me prenne en charge.Après l'un des vols, je suis retourné au dépanneur pour m'acheter des cigarettes.J'ai payé avec l'argent que je venais de voler.C'était un geste de détresse.J'ai fait cela pour ne pas mourir.» En prison, Pat Martel en profite pour mener des études collégiales.Solitaire, il a peu de contact avec le monde extérieur.« J'ai encore quelques amis dans le milieu de la musique, mais je ne reçois aucune visite.Tu sais, pour les gens autour de moi, pour ma famille surtout, ça a été très difficile.Je les comprends.Pat Martel est sobre depuis 14 mois.Mais comme il a déjà rechuté, a-t-il l'assurance que cette fois est la bonne ?« Je ne suis sûr de rien.Ce que je sais c'est que je veux travailler là-dessus.En fait, j'aimerais ça devenir animateur au Portage.» En attendant sa sortie, l'ex-batteur d'Offenbach qui est déjà allé faire des « promenades sur mars» rêve de voyages tout simples.« C'est sûr qu'il y a des soirs dans ma cellule, je trouve ça tough.Mais en temps, je me dis : Aye, t'es encore là.Je pense que je vais arriver à profiter du boutte qui me reste.» « J'ai encore quelques amis dans le milieu de la musique, mais je ne reçois aucune visite.Tu sais, pour les gens autour de moi, pour ma famille surtout, ça a été très difficile.Je les comprends.» La création derrière les barreaux À sa sortie de prison, Pat Martel a l'intention de présenter à des producteurs une pièce qu'il est en train de terminer.« Ça s'appelle Les Innocents et ça se passe en prison, dit-il.Bizarrement, c'est une comédie.Je m'identifie beaucoup à un des personnages et par lui j'aborde toutes sortes de sujets.Cette pièce est une vision de l'intérieur.Je regarde autour et je me laisse inspirer.Je suis bien placé pour parler de ce milieu, non ?» Le musicien a aussi des chansons qu'il interprète lui-même.Déjà, plusieurs maquettes ont été enregistrées.« Je pense qu'il y a un grand potentiel.Elles parlent d'amour, parce qu'au fond, c'est juste ça qu'on veut dans la vie, de l'amour.On veut faire de l'argent et être puissant pourquoi ?Pour obtenir de l'amour.» .\u2014 L'équipe des Arts + Spectacles EN HAUSSE.EN BAISSE > LOUIS-JOSÉ HOUDE Incroyable, mais vrai : l'infatigable Louis-José Houde promet de se retirer pour au moins un an, afin de se consacrer à l'écriture de son prochain spectacle.Eh oui ! Hier soir avait lieu la 500e et dernière représentation de son one man show, qui a été vu par au moins 300 000 personnes dans la province.Un tour de force et on comprend mieux pourquoi son tour de taille reste si mince.Et on ne veut entendre personne chialer parce qu'il ne restait plus de billets : vous avez eu 500 fois la chance de le voir, ce spectacle ! SÉPARÉS À LA NAISSANCE Notre appel à tous de la semaine dernière a fouetté l'ardeur des troupes d'Entracte.Vous vous êtes montrés à la hauteur, camarades.Des tonnes de suggestions, toutes plus loufoques les unes que les autres, ce qui nous permet aujourd'hui de commettre non pas un duo, mais un trio ! Patricia Huot et Julie Chapdelaine, les coquines, trouvent que le talentueux Pierre Lapointe ressemble à l'humoriste Nicolas Koretzky (particulièrement sur la photo du Paris Match) et au gentil M.Tumnus, du film Les Chroniques de Narnia\u2014vous êtes plusieurs à l'avoir remarqué depuis la sortie du film en DVD.M.Tumnus étant un faune, on se demande s'il est allé faire un tour dans la forêt des malaimés.Une rubrique qui a mis sur écoute le showbiz québécois Pierre Lapointe Nicolas Koretzky > HOLLYWOOD Le réalisateur de Piège de cristal, Une journée en enfer et Predator, John Mc Tiernan, a peut-être trop pataugé dans les scénarios policiers.Il vient de plaider coupable pour son implication dans l'affaire Pellicano qui irrite Hollywood, puisqu'il s'agit d'une affaire d'écoutes illégales.Le détective Pellicano, chouchou du jet-set, aurait espionné des acteurs et des décideurs de Hollywood pour le compte de ses clients.On sait que ça joue dur dans le milieu du cinéma, mais de là à se prendre pour Nixon.LESMATRICES RECHARGÉES Non, on n'est pas dans un film de science-fiction, mais on n'en est pas loin.Le destin est parfois très ironique.Katie Holmes et Brooke Shields \u2014 respectivement la blonde et l'ennemie de Tom Cruise \u2014 ont toutes les deux donné naissance à des filles le même jour, soit mardi.Rappelons que Cruise (fervent scientologue) et Shields (qui a vécu un post-partumdifficile) se sont engueulés par médias interposés au sujet de l'usage des antidépresseurs l'an dernier.Enfin, quand on sait que la scientologie prône un accouchement sans anesthésie et sans cris, on se doute que Katie n'aura pas droit à une petite pilule rose si elle déprime après sa grossesse.» PHOTO : RADIO-CANADA Papa Bougon DANS LA PEAU DE.«Ce qui me déprime, c'est que quand je suis libre, je fais la même maudite affaire.» \u2014PAPA BOUGON (Rémy Girard), emprisonné dans un centre de détention de luxe où il regarde la télé.entracte@lapresse.ca ILS, ELLESONT DIT\u2026 « Ma mère m'a dit qu'ils m'ont faite dans le portique.Et ils ont mis les bouchées doubles.» \u2014GINETTE RENO, sur les mystères de sa conception, à Tout le monde en parle.«Il a pété sur moi !» \u2014SOPHIE PRÉGENT, révélant le punch final de la pièce Cyrano de Bergerac, qu'elle a jouée avec Guy Nadon.« J'ai fait mon deuil du danseur.» \u2014JOSÉLITO MICHAUD, mauvais danseur réputé, qui a lancé la semaine dernière un livre sur le deuil.« Les sorties qu'on a eues des messieurs Landry, Victor-Lévy Beaulieu, Falardeau, reflètent cette logique de la guerre.Quand quelqu'un émet un doute dans un débat ouvert, on voit ça comme une ouverture au dialogue, à l'amélioration de notre position, à la limite.Dans cette logique de guerre, tout doute est de l'ordre de la traîtrise.» \u2014La savante analyse du philosophe DANIELWEINSTOCK, à Indicatif présent, sur les réactions suscitées par les propos de Michel Tremblay et Robert Lepage.Ginette Reno PHOTO : RADIO-CANADA PHOTO : ROBERT SKINNER, LA PRESSE© Josélito Michaud M.Tumnus ARTS ET SPECTACLES PHOTO TONY CENICOLA, THE NEWYORK TIMES WILL HERMES THE NEW YORK TIMES ASBURY PARK, NEW JERSEY \u2014 C'est un bel après-midi frais d'avril.Sur Ocean Avenue, un client s'attaque à son dîner et à sa bière à une table du Wonder Bar, qui annonce un party de danse ce soir avec le DJ Jersey Joe.Plus loin se trouve le Stone Pony, la boîte de nuit où le fils du pays, Bruce Springsteen, s'est fait un nom.Parmi les spectacles proposés, il y a celui de Nils Lofgren, guitariste au sein des collaborateurs de longue date de M.Springsteen, le E Street Band.De l'autre côté de la rue se dresse le complexe Convention Hall-Paramount Theater, une structure majestueuse conçue dans les années 1920 par Warren&Wetmore, les architectes de la gare Grand Central.À l'intérieur du Paramount, qui a ouvert ses portes en 1930 avec un spectacle des frères Marx et qui montre son âge, M.Springsteen, 56 ans, est en répétition avec un nouveau groupe et il s'attaque à de nouvelles chansons.« Est-ce qu'on a une intro pour celle-là?Non ?» lance M.Springsteen aux 17 musiciens qui l'entourent sur la scène.« O.K., une-deux-trois-quatre ! » Les musiciens se lancent dans John Henry, chanson folk qui raconte l'histoire d'un travailleur des chemins de fer et qui date du XIXe siècle.C e sujet est demeuré un puissant mythe aux États-Unis.Springsteen lève une jambe, grimace et beugle dans le micro.Derrière lui, les violons de Sam Bardfeld et de Soozie Tyrell y vont d'un swing à la texane tandis que l'accordéon de Charles Giordano ajoute une touche cajune.Les cuivres, composés de membres de Miami Horns, associés du E Street Band depuis longtemps, font dans le style dixieland.Les autres membres du groupe tapent des mains et s'époumonent tandis que leur « boss» malmène sa guitare acoustique.Un boucan du tonnerre Les répétitions portent sur des versions d'autres classiques folk telles que la chanson d'ouvriers Pay Me My Money Down, les spirituals O Mary Don't You Weep et Eyes on the Prize, la ballade de guerre irlandaise Mrs.Mc Grath, dont le poids politique est compensé par une belle joie de vivre.Le groupe interprète aussi des versions remaniées de Johnny 99 et de Open All Night, de l'album de 1982 Nebraska, de Springsteen.Le groupe, qui comprend la femme de Springsteen, Patti Scialfa, et Marc Anthony Thompson (sous le nom de Chocolate Genius), fait un boucan du tonnerre, avec plein de rythmes croisés à l'emporte-pièce et de notes étrangères.On est loin de la musique folk pour cafés ; c'est plutôt le genre folk d'aréna.Ces chansons traditionnelles feront partie du nouveau disque de Springsteen, We Shall Overcome : The Seeger Sessions, une collection de chansons popularisées par le vénérable chanteur folk Pete Seeger, qui sera sur les tablettes le 25 avril.M.Springsteen et ce nouveau groupe de musiciens entreprennent une tournée européenne au début de mai, pour revenir en Amérique plus tard en mai et en juin.Auparavant, il présentera son nouveau matériel au Festival de jazz de La Nouvelle-Orléans, le 30 avril prochain.Si vous entendez un grognement au loin, c'est peut-être l'écho de la réaction des fans de M.Springsteen à l'annonce de son deuxième projet consécutif loin de son style rock bien connu de même et du E Street Band.Depuis qu'il a lancé son dernier albumavec le E Street Band, The Rising, en 2002, il a produit un album solo surtout acoustique, Devils & Dust, l'an dernier, et a relancé son classique de 1975, remasterisé, Born to Run.En raison des dernières productions de M.Springsteen, certains fans s'interrogent non seulement sur l'avenir du E Street Band, mais aussi sur l'inspiration de l'artiste.« Pas de problème, dit-il, j'écris tout le temps.J'aimais les chansons de Devils & Dust et je ne voulais pas qu'elles soient perdues.J'ai déjà écrit beaucoup de matériel pour un disque avec le E Street Band.J'attends juste le moment propice pour le produire.» Tenant une grosse bouteille d'eau Fiji sur ses genoux, le chanteur jette parfois un regard au loin pendant notre conversation d'une heure, cherchant un mot, se rappelant le bon vieux temps dans le coin ou y allant de ses idées à propos de la musique folk.Le projet The Seeger Sessions est né, explique-t-il, d'un groupe de chansons qu'il avait enregistrées en 1997 pour un album en hommage à Pete Seeger intitulé Where Have All the Flowers Gone, et produit par l'étiquette Appleseed.Après sa tournée Devils & Dust, l'an dernier, il avait l'intention de s'accorder un repos et de lancer une suite à Tracks, un coffret de quatre disques lancé en 1998 et contenant des chansons moins connues ou inédites.Il a fait parvenir un paquet d'enregistrements à son imprésario de toujours, Jon Landau, et les deux ont convenu qu'il y avait quelque chose de spécial dans la première session Seeger.« Chaque fois que j'en avais assez du projet sur lequel je travaillais, j'y revenais », indique le chanteur en parlant de l'enregistrement de cette session.Le poids culturel M.Springsteen parle aussi de la difficulté de s'attaquer à des chansons qui ont acquis un tel poids culturel, telles que We Shall Overcome, qui fournit le titre au CD et qui a été un hymne des militants des droits civiques des années 60.« Lorsque quelqu'un a suggéré de faire We Shall Overcome, je me suis dit : « Je ne peux pas faire ça », raconte- t-il.Tout le monde connaît cette chanson symbole.Mais qu'était-elle avant qu'elle ne le devienne?Alors, je suis revenu en arrière, j'ai examiné la chose et je me suis rendu compte : « Oh, c'est une prière.Je peux faire cela.Je sais comment prier.» S'il est un sujet que M.Springsteen semble réticent à aborder, sinon de façon abstraite, c'est l'aspect politique des chansons de The Seeger Sessions.M.Seeger, qui fêtera ses 87 ans le mois prochain, est évidemment un héros de la gauche, un musicien, un auteur-compositeur et un historien et collectionneur de chansons qui a été à l'origine de la renaissance de la musique folk aux accents politiques dans les années 50 et 60.Il s'est prononcé contre la guerre du Vietnam et est demeuré un militant, notamment pour les causes environnementales.« C'est là, dit M.Springsteen à propos de l'élément politique.Mais mon approche est d'abord musicale.Je ne l'ai pas abordé dans une perspective idéologique, ou avec l'idée de démontrer ceci ou cela.J'ai seulement choisi les chansons que j'aimais sur les disques de Pete.» BRUCE SPRINGSTEEN /We Shall Overcome: The Seeger Sessions NÉ POUR GRATTER LA GUITARE Au moment où ses fans attendaient un nouvel album rock avec son fidèle E Street Band, Bruce Springsteen préparait un disque en hommage au folksinger légendaire Pete Seeger.Quelques jours avant la sortie de ce disque et le début d'une nouvelle tournée, le Boss s'explique.PHOTO TONY CENICOLA, THE NEWYORK TIMES « Mon approche est d'abord musicale, note Bruce Springsteen.Je n'ai pas abordé le projet dans une perspective idéologique, ou avec l'idée de démontrer ceci ou cela.J'ai seulement choisi les chansons que j'aimais sur les disques de Pete.» Monument vivant de la chanson folk américaine, Pete Seeger est né en 1919 d'une mère violoniste et d'un père pianiste qui a enseigné la musique à l'Université de la Californie à Berkeley et a perdu son poste après avoir prononcé des discours dénonçant la Première Guerre mondiale comme une guerre impérialiste.Après des études à Harvard, Pete Seeger est devenu membre du groupe The Almanac Singers, dont faisait partie une autre légende du folk américain, Woody Guthrie, et qui chantait lors de rassemblements de travailleurs ou pour des grévistes.Puis il a joint un autre groupe, The Weavers, qui a connu un immense succès avec la chanson Goodnight Irene de Leadbelly.Dénoncés pour leurs sympathies communistes, les Weavers se sont sabordés.Seeger a comparu devant la commission Mc Carthy en 1955 a été l'objet d'un boycott jusque dans les années 60, quand une nouvelle génération de folksingers politisés s'est réclamée de lui, reprenant même ses chansons Where Have All the Flowers Gone, If I Had a Hammer, chantée par Peter, Paul and Mary et Trini Lopez, aussi bien que par Claude François, ou Turn ! Turn ! Turn !, numéro un au palmarès pour The Byrds en 1965.À 86 ans, Pete Seeger vit à la campagne dans l'État de New York avec sa femme Toshi.Il ne chante plus, mais joue encore de la guitare et du banjo.Le mois dernier, il a enregistré des musiques avec son frère Mike et le guitariste Ry Cooder.Il travaille présentement à une édition améliorée de son autobiographie musicale Where Have All the Flowers Gone, d'abord publiée en 1993.S'il ne s'est pas investi dans le projet de Bruce Springsteen, il dit toutefois qu'il s'en réjouit.Sources : The New Yorke r , The New York Times AUTRE TEXTE La critique de l'album We Shall Overcome : The Seeger Sessions en page 16.PETE SEEGER, folksinger engagé PHOTO JIM McKNIGHT, AP ARTS ET SPECTACLES Comment seront Les Bougon dans le film?LOUISE COUSINEAU TÉLÉVISION Pour une fois, tous les journalistes qui avaient vu la dernière des Bougon ont gardé le secret du punch final.Et quel punch ! Une attaque nucléaire sur New York, Washington et Los Angeles puis sur le Canada.Toronto y passe et bang, la famille disparaît dans un éclair blanc.La dernière image nous montrait George W.Bush déclarant: « Ou bien vous êtes avec nous, ou avec les terroristes.» Les petits terroristes qu'étaient les Bougon vont-ils survivre à l'holocauste ?Comme les rats et les coquerelles qui ont traversé maintes catastrophes?Les auteurs François Avard et Jean-François Mercier nous promettent un film.En principe, ça doit se passer cinq ans plus tard.Mais ils ont aussi dit qu'ils réécrivaient sans cesse leur scénario.Énigme.Le film pourrait être un prequel comme disent les Américains.À la façon de Star Wars qui recule dans le temps.Ou alors, dans la grande tradition des soaps, nos Bougon pourraient ressusciter comme si de rien n'était.Bobby Ewing l'a bien fait dans Dallas.Ou alors l'explosion les aura épargnés physiquement, mais pas mentalement.Ils seront devenus aussi abominables que les grands de ce monde qu'ils ont tant dénoncés.Danger toutefois : on les aime comme ils sont et on n'irait pas voir le film.Je me demande si François Avard, qui voyage actuellement en Afrique, pense à son scénario.Et si nos Bougon devenaient travailleurs humanitaires dans quelque bled perdu ?Tout est possible.Être une victime des grands de ce monde Affronter une multinationale, est-ce possible pour les victimes ?Oui.Mais gagner, c'est autre chose, même quand on a subi la pire injustice.En 1989, le pétrolier Exxon Valdez a heurté un récif dans le golfe de l'Alaska et causé une horrible marée noire.Le capitaine était ivre.Les pêcheurs de Cordova, un village au fond de la baie, ont perdu leur gagne-pain.Encore aujourd'hui, on n'a qu'à creuser avec une pelle près du récif pour trouver du pétrole.Exxon a été condamnée à 5 milliards de dommages.La multinationale a fait appel et la cause traîne toujours.Le documentaire de Robert Cornellier, Ceux qui n'en meurent pas laissent toute espérance, est présenté lundi soir à 21h à Télé-Québec.Son sujet: l'insensibilité des grands de ce monde envers leurs victimes.Exxon a fait 36 milliards de profits à son dernier exercice.Au prochain, ce sera encore mieux sans doute.À Bhopal, en Inde, une fuite de produits chimiques servant à fabriquer des pesticides dans une usine de la Union Carbide a fait officiellement 8000 morts, mais le vrai décompte serait de 15 000.Ça s'est produit en 1984.Les victimes se sont fait offrir 1200 $ et protestent toujours contre cette injustice.L'usine est abandonnée avec plein de sacs de produits chimiques qui pourrissent lentement dans l'humidité et vont polluer la nappe phréatique.Union Carbide a été rachetée par Dow Chemical qui a déclaré qu'il fallait d'abord s'occuper de ses actionnaires.À Tchernobyl, en Ukraine, un réacteur nucléaire a explosé.Les ordres venus de Moscou n'ont pas protégé les employés et l'évacuation n'a commencé que 36 heures après la catastrophe.Officiellement, il n'y a eu que 32 morts.Vous verrez un quartier complet maintenant abandonné.Vous verrez aussi des survivants qui prennent une flopée de médicaments pour survivre.Un documentaire déprimant, mais éclairant.Téléréalité en canot d'écorce Ah, partir en canot sur une rivière sauvage ! Un rêve dans les gênes de bien des Québécois dont les ancêtres ont été coureurs de bois.À compter du 8 juin, TVA présentera une téléréalité nouveau genre qui nous montrera neuf braves, hommes et femmes, qui ont pagayé de Montréal à Winnipeg.Soit 2500 kilomètres ! Oubliez l'insectifuge et autres merveilles des temps modernes.Destination Nor'Ouest fait le voyage en canot d'écorce \u2014 qui prend beaucoup l'eau \u2014, les neuf avironneurs sont habillés en costumes d'époque et mangent à l'ancienne : soupe aux pois, lard salé et bannique.Pas de déshydraté.La plupart des participants sont des Québécois.Il y a même une retraitée de Val-d'Or, Diane Moreau, qui a une vaste expérience du canot de rivière et du camping sauvage.La série a été produite pour la chaîne ontarienne TFO en collaboration avec TVA.Le voyage a eu lieu l'été dernier.Quand j'avais parlé de cette série le printemps dernier, beaucoup de lecteurs m'avaient écrit leur intention de s'inscrire.On a tous hâte de les voir aller et peut-être un peu souffrir.À l'agenda ce week-end James Gandolfini, l'extraordinaire interprète du mafioso Tony Soprano, est à l'Actors Studio diffusé \u2014 avec sous-titres \u2014 à ARTV dimanche à 18h.La chaîne Mystère débrouille ses ondes depuis hier et jusqu'au 1er mai à 8h.Dans l'espoir de vous abonner bien sûr.Sa meilleure émission est Dr House, dont l'interprète Hugh Laurie a été couvert de prix.Un médecin malcommode à souhait, qui déteste parler aux patients mais est un superbe diagnosticien.La série est à l'affiche le samedi à midi, 20h et 4h.C'est la dernière émission régulière de Tout le monde en parle demain.Antoine \u2014 Junior Bougon \u2014 Bertrand, les cheveux fraîchement coupés, y sera.Robert Lepage aussi.Chambres en ville, ça vous rappelle de bons souvenirs?Éric Salvail a convié une bande d'artistes qui ont pour la plupart fait leurs débuts dans ce téléroman diffusé de 1989 à 1996 à TVA.Gregory Charles, Anne Dorval, Francis Reddy, Patricia Paquin, Louise Deschâtelets, Vincent Graton, Julie Deslauriers, Jasmin Roy, Valérie Valois, Isabelle Cyr, Gilbert Lachance et Danielle Leduc.À compter de demain à 19h à TVA.Ginette Reno y sera aussi pour son 60e anniversaire.À compter de ce soir 21h, C.R.A.ZY., le film qui a éclipsé tous les autres longs métrages québécois cette année, est à l'affiche de Super Écran.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : louise.cousineau@lapresse.ca PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE François Avard voyage actuellement en Afrique.Pense-t-il au scénario de son film ?Et si nos Bougon devenaient travailleurs humanitaires dans quelque bled perdu ?3397139A En partenariat avec Venise-en-Québec Olivier Choinière Jean-Frédéric Messier Christian Bégin Vincent Bilodeau Violette Chauveau Simone Chevalot Yvon Dubé Mathieu Gosselin Johanne Haberlin Michel Lavoie Daniel Rousse Stéphanie Capistran Lalonde Marie-Claude Pelletier Sharon Scott Yan Lee Chan Ludovic Bonnier du 18 avril au 13 mai 2006 au Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal( Sherbrooke) www.theatredaujourdhui.qc.ca 514-282-3900 Le Théâtre d'Aujourd'hui et le Théâtre du Grand Jour présentent Une création du Théâtre d'Aujourd'hui et du Théâtre du Grand Jour « Absolutely NOT politicaly correct » 3395875A Tous les samedis dans CE QU'ON A VU, CE QU'ON EN PENSE.Le dimanche dans CE QU'ON A LU, CE QU'ON EN PENSE. ARTS ET SPECTACLES MONTRÉAL, CAPITALE MONDIALE DU LIVRE JOCELYNE LEPAGE Demain, 23 avril, c'est la 11e Journée mondiale du livre et du droit d'auteur décrétée telle par l'UNESCO et célébrée un peu partout dans le monde.C'est aussi la journée qui marque la fin de Montréal, capitale mondiale du livre qui donna lieu, depuis le 23 avril 2005, à une multitude d'activités et d'événements divers dans les bibliothèques, les écoles, les maisons de la culture.Mais demain soir, avant de passer le flambeau à la ville de Turin qui sera à son tour Capitale mondiale du livre pour un an, une vingtaine d'artistes se retrouveront sur scène, à compter de 20 h, au Théâtre National pour une célébration toute en mots, et en musique.L'entrée est libre.Mis en scène par Michel Pomerlo, le spectacle intitulé Je t'écrirai encore demain réunira des gens comme Chloé Sainte-Marie, Pascale Montpetit, Dany Laferrière, Alain Stanké, Josh Freed, Michel Garneau, Hélène Loiselle et autres gens de paroles qui liront ou chanteront des extraits d'oeuvres d'auteurs.Des auteurs comme Hubert Aquin, Yves Beauchemin, Saul Bellow, Mordecai Richler, Marie-Claire Blais, Leonard Cohen, Réjean Ducharme, Gabrielle Roy et de nombreux autres écrivains qui ont, un jour dans leur oeuvre, parlé de Montréal.Les artistes sont accompagnés sur scène par les musiciens Réjean Bouchard, Jean Derome, Bernard Falaise, Normand Guibeault et Pierre Tanguay.Voilà pour la soirée de clôture.Mais d'un bout à l'autre du 23 avril, près de 200 activités sont prévues dans l'ensemble du Québec, en cette Journée spéciale.À 14h par exemple, à la Grande Bibliothèque, Luis Sepulveda (l'auteur du Vieux qui lisait des romans d'amour) se joindra à Dany Laferrière, David Homel, l'éditeur Robert Soulières et l'avocat Julieus Grey pour participer à un débat sur sur la création littéraire et le droit d'auteur, débat animé par Francine Moreau.L'entrée est libre.Pour en savoir davantage et connaître ce qui est offert dans votre région, il suffit d'aller sur le site www.jmlda.qc.ca Une fin en mots et musique Théâtre musical de Willy Russell mise en scène de René Richard Cyr traduction de Maryse Wardaet René Richard Cyr Maude Guérin Benoît Mc Ginnis Éric Paulhus Geneviève Alarie Éloi Archam Baudoin Stéphane Brulotte Martin Fortier Renaud Lacelle-Bourdon Jean Lachance Pascale Montreuil Catherine Vidal direction musicale Benoît Sarrasin musiciens Mario (Toyo) Chagnon Lauréat Cormier Joël Gagné concepteurs Réal Benoît, François St-Aubin Étienne Boucher, Normand Blais Monique Fauteux, Sylvain Gingras en collaboration avec Les Productions Libretto DU 19 AVRIL AU 27 MAI Frères desang www.duceppe.com 3394815A -DEMANDEZ VOTRE BROCHURE GRATUITE- -ABONNEZ-VOUS DÈS MAINTENANT!- 514-985-2258 WWW.OPERADEMONTREAL.COM SAISON 2006-2007 3396993A MARC CASSIVI > CHRONIQUE Ode au théâtre Je ne pardonne rien au théâtre.L'ensemble doit être parfait pour que la magie opère.Or, cela arrive moins d'une fois sur 10.Pour joindre notre chroniqueur marc.cassivi@lapresse.ca LA LISTE Dix pièces de Robert Lepage 1) Vinci 2) La Trilogie des dragons 3) Le Polygraphe 4) Plaques tectoniques 5) Les Aiguilles et l'Opium 6) Les Sept Branches de la rivière Ota 7) Elseneur 8) La Géométrie des miracles 9) La Face cachée de la lune 10) Le Projet Andersen l n'y a pas d'endroit où je me sens plus transporté, plus bousculé, plus transi par l'art qu'au théâtre.La plus belle des musiques, le roman le plus achevé, le plus abouti des films n'arrive pas à susciter chez moi l'émotion brute d'une grande prestation théâtrale.Lethéâtre, àl'étatdegrâce, transcende la civilisation, comme dirait Malraux.Son instantanéité, son rapport aux sens, son amalgame de différentes formes d'expression en font pour moi le plus riche, le plus foisonnant, le plus complet des arts de la scène.Lorsque les astres sont parfaitement alignés, il n'y a rien de mieux que le théâtre (sauf, bien entendu, cette chose qui commence par la lettre «s»: le soccer).Pourquoi alors n'y vais-je pas plus souvent?D'abordparcequemablonde déteste le théâtre à s'en confesser.Ensuite parce que le théâtre est un art fragile.Il suffit d'un couac, du faux pas d'un interprète, d'une maladresse dumetteur en scène, d'une incohérence dans le texte pour que le charme soit rompu.Je ne pardonne rien au théâtre.L'ensemble doit être parfait pour que la magie opère.Or, cela arrive moins d'une fois sur 10.Et je n'ai pas la patience d'être déçu les neuf fois suivantes.Alors je ne vais plus au théâtre que rarement, moi qui ne ratais pratiquement jamais une pièce il y a 10 ans.C'est au début des années 90 que j'ai succombé au charme franc et cru du théâtre.À l'époque des Aiguilles et l'opium, de Cabaret Neiges noires et du Dortoir.Je me souviens d'une soirée mémorable à Espace libre, où Carbone 14 présentait Krieg, un show de théâtre-danse-rock apocalyptique mettant en scène un personnage en trench-coat qui déversait sur scène des anguilles sanguinolentes.Le théâtre n'est pas toujours aussi tranchant.Le Théâtre du Rideau Vert, dont on a célébré à juste titre la regrettée fondatrice cette semaine, a fini par avoir raison de malonganimitéilyaquelquesannées.Aujourd'hui, je sélectionne plus consciencieusement mon menu théâtral.Autant, je le répète, il n'y a rien de plus enivrant qu'une pièce réussie, autant il n'y a rien de plus affligeant qu'une oeuvre théâtrale ratée.Aller au théâtre reste un coup de dés.Parfois, on gagne le gros lot.Parfois, on gagneaujeudepoches.Je suis allé voir Le Projet Andersen cette semaine, guidé par la rumeur et la critique favorables.Je n'ai pas été déçu (ma blonde non plus).Je l'ai rarement été par Robert Lepage qui, s'il n'est pas un interprète de génie, joue toujours avec grande justesse, rendant justice aux traits d'esprit de ses textes et à la qualité de ses mises en scène.J'y suis allé en sachant à quoi m'attendre: à des trouvailles scénographiques, à de l'humour caustique, à une poésie sans prétention.Le Projet Andersen n'est peut-être pas l'oeuvre la plus aboutie de Lepage, mais c'est certainement une réussite éclatante.Aller à sa rencontre était pour moi un pari sans grand risque.J'ai toutefois réalisé cette semaine qu'il n'en allait pas de même pour tout le monde.Je n'ai rencontré jusqu'à présent que des gens qui ont été charmés par le plus récent one man showde notre dramaturge «international».Plusieurs d'entre eux n'y sont cependant pas allés comme moi en présumant du plaisir qu'ils retireraient de l'expérience.Le théâtre, ai-je constaté de nouveau cette semaine, souffre de préjugés tenaces.Austère, cérébral, élitiste, ennuyeux, inaccessible, hermétique: les épithètes d'hier sont celles d'aujourd'hui pour ceux qui connaissent mal le travail d'un Lepage ou d'un Frank Castorf (et pour ceux qui se fient trop aux clichés véhiculés par les Bougon).Le thé tre, évidemment, peut être tout ça à la fois.C'est alors qu'il est le plus pénible.Mais parfois\u2014et sans doute plus souvent qu'on ne le pense \u2014, il s'élève au-dessus de la mêlée et donne la pleine mesure de ce qu'est, plus que toute autre chose, l'art.L'Arcade en feu Un lecteur-espion \u2014 appelons-le Le Concombre masqué \u2014 me fait régulièrement le compte rendu des visites qu'il rend à sa mère dans le village des Cantons-de-l'Est oùle groupe montréalais The Arcade Fireaéludomicile afin de réaliser son prochain album.J'ai révélé, semble-t-il en primeur mondiale, l'identité soi-disant secrète de ce village, au moment où Arcade Firefaisait lapremièrepartieduspectacle de U2 au Centre Bell, l'automne dernier.En fait, c'est un des guitaristes qui m'a dit sans plus de formalités que le groupe y avait acheté une église pour la transformer en studio d'enregistrement.Le gérant de tournée d'Arcade Fire m'a reproché cette «indiscrétion» en des termes très peu élogieux, en m'assurant que le village en question serait bientôt pris d'assaut par des hordes d'adolescents fous, prêts à tout pour entrer en contact avec leurs idoles.Dans les circonstances, a-t-il laissé entendre, il serait bien difficile pour Arcade Fire de répéter l'exploit de l'album Funeral.À en croire mon lecteur-espion, il n'enestrien.«À Pâques, riendenouveau.Pas de bruit, pas de va-et-vient, même pas de chars parqués devant l'église.Le calme plat.Une chose étrangem'a frappé : la porte d'entrée est décorée comme si c'était Noël.Des lumières font le tour.Vous voyez le genre.Prochaine étape, la fête des Mères.» J'attends votre rapport.CHRONIQUE Commentez la chronique de Marc Cassivi sur www.cyberpresse.ca /arts ARTS ET SPECTACLES DVD La Ribouldingue, c'est nous, nous, nous MARIE-CHRISTINE BLAIS Combien avons-nous été, fin des années 70, à demander, dans la moindre pâtisserie, le moindre magasin de bonbons : « Est-ce que vous vendez des patates en chocolat ?» La réponse était toujours, toujours non : c'est que les patates en chocolat n'existaient que dans l'univers de La Ribouldingue, fabuleuse émission hebdomadaire pour enfants à Radio- Canada, aux côtés de Sol et Gobelet, Fanfreluche, Picolo et compagnie.Et celui qui raffolait le plus des patates en chocolat, c'était Paillasson, le clown tout rond (jaune et rose en plus !) de l'émission, interprété par le vraiment très regretté Jean-Louis Millette.Les patates en chocolat sont enfin de retour grâce au DVD (en magasin depuis mardi), de même que Paillasson et son drôle de picot sur le bout du nez, Monsieur Bedondaine, ses cheveux verts et sa vaste poitrine de carton pâte, Dame Plume, son derrière disproportionné et sa voix d'opéra qu'elle perdait tout le temps, Mandibule le scientifique qui hurlait « biiip biiip biiip, j'ai une idée ! », la jolie Prunelle, l'innocente Giroflée et, bien sûr, Friponneau qui n'avait qu'une fonction dans La Ribouldingue : jouer un «bon tour, un bon tour, pour l'amour d'un bon tour ».C'est André Montmorency qui interprétait le beau Friponneau, séduisant au max avec sa casquette en velours côtelé \u2014 car Friponneau était le seul des personnages à être habillé comme un être humain et non comme un clown, un peu comme si sa malice relevait de l'univers du « vrai » monde et non de celui de l'imaginaire.« J'avoue que c'est la première fois qu'on me le fait remarquer, dit en riant André Montmorency, qui multiplie les activités ces temps-ci (sa prochaine exposition de peintures se tiendra à compter du 2 mai à l'Espace Galerie).Mais ce que je sais, c'est que Friponneau était le seul personnage de la série à n'être pas une victime.Alors que tous les autres, et surtout Paillasson, ne cessaient d'être des victimes, mes victimes ! » Mais quelles victimes délicieuses, comme en témoignent les cinq épisodes réunis sur le DVD de La Ribouldingue (avec, en prime, un épisode en noir et blanc, un peu plus primitif).Les nostalgiques de l'époque (la série a été tournée de 1968 à 1971) y trouveront tout à fait leur compte, mais les enfants d'aujourd'hui aussi, semble-t-il : mon garçon de 8 ans regarde sans cesse La Ribouldingue depuis une semaine, et on le surprend régulièrement à fredonner la chanson-thème très réussie de l'émission, pendant qu'il joue.Neuf heures de répétitions « Tous les textes étaient écrits très précisément et nous répétions pendant neuf heures avant de passer toute une journée à enregistrer, explique André Montmorency.« Le seul qui pouvait sortir du texte, c'était le naïvissime Paillasson, autour duquel tournait l'émission : dans le scénario, Marcel Sabourin (qui interprétait aussi Mandibule) et Roland Lepage (qui était Monsieur Bedondaine) écrivaient une phrase du genre Paillasson fait un gâteau et là, Jean-Louis Millette s'en donnait à coeur joie ; on savait que les oeufs et la farine allaient revoler partout (rires).« Moi, il avait le droit de me baver dessus, de m'enfoncer la casquette jusqu'à la gorge, de me grimper dessus jusqu'à ce que je crie « stop » \u2014 c'était le code pour dire que j'avais atteint ma limite et Jean-Louis me lâchait tout de suite ! On ne peut évidemment pas en juger à partir des cinq épisodes sur le DVD, mais Marcel et Roland ont écrit des épisodes inspirés par Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, par Bertolt Brecht, etc.» Une sourdine Si les cinq épisodes (plus le supplément noir et blanc) font bien plaisir, on regrettera tout de même qu'il n'y ait pas en boni des entrevues avec les comédiens- auteurs survivants de cette absurde série inventive, où les coups de bâton de baseball en plastique et les tartes à la crème à barbe relevaient de la plus pure tradition de la commedia dell'arte.Sinon, comment savoir, par exemple, que l'hilarante façon dont Paillasson prononçait les mots « facile » et « difficile » étaient directement \u2014 et gentiment \u2014 inspirés de l'accent polono- français d'Herbert Ruff, exceptionnel compositeur de thèmes et de trames sonores d'émissions à Radio-Canada (il a travaillé à plus de 1000 émissions !) ?Et qui nous rappellera l'importance de comédiens aujourd'hui disparus, dont l'affection réciproque est tellement manifeste quand on regarde le DVD ?« C'était effectivement une équipe d'amis extrêmement soudés, comme je n'en ai plus connue, conclut André Montmorency.Après la journée d'enregistrement, c'était sacré, on allait souper ensemble de 18h à 2 h du matin.Dans ma vie personnelle, c'est une des pires périodes qui soient, et pourtant je ne me souviens que du fun qu'on avait.» Quand on songe au destin tragique de certains des membres de l'équipe (le réalisateur André Pagé s'est suicidé, la comédienne Denise « Dame Plume» Morelle a été sauvagement assassinée, Jean-Louis Millette est mort sur le pas de sa porte à 64 ans à peine.), on apprécie encore plus que «le fun », le plaisir, le rire \u2014 et les patates en chocolat! \u2014 soient toujours vivants.Au moins au petit écran.Quand on songe au destin tragique de certains des membres de l'équipe, on apprécie encore plus que le plaisir, le rire \u2014 et les patates en chocolat ! \u2014 soient toujours vivants.Au moins au petit écran.Celui qui raffolait le plus des patates en chocolat, c'était Paillasson, le clown tout rond (jaune et rose en plus !) de l'émission, interprété par le vraiment très regretté Jean-Louis Millette.27 28 29 AVRIL 2006 LES GRANDS BALLETS CANADIENS DE MONTRÉAL LES GRANDS BALLETS CANADIENS DE MONTRÉAL FAIREBOUGE R LE MONDEAUTREMENT C O M PA G N I E I N V ITÉE : HO USTO N B A L L ET 27, 28, 29 AVRIL 2006 SPECTACLES À PARTIR DE 30$ VENDREDI ÉTUDIANTS À 25 $ SPECTACLE : 20 H CAUSERIE : 19H À 19 H 30 3397308A 3398767A ARTS ET SPECTACLES DVD CHANSON Joe Dassin Atoi.Live a l'Olympia FFF1.2 Sony / BMG Derriere le costume blanc Nombreux sont les fans de Joe Dassin qui ne l'ont jamais vu sur scene.Le DVD A toi.Live a l'Olympia 77, en vente des mardi, permet de remedier a cette lacune, meme s'il souffre d'un transfert d'image couci-couca (quand les eclairages virent au rouge, ca craint).N'empeche, c'est un plaisir de voir l'artiste bouger, giguer sur Il faut naitre a Monaco et livrer, sur un rythme autre que celui des disques, les monologues de L'Ete indien et du Jardin du Luxembourg.On regrette seulement qu'il ne joue avec du micro comme d'un lasso ! Les supplements, eux, permettent d'aller derriere le costume blanc.Les deux clips inedits sont particuliement touchants : des photos personnelles defilent sur la chanson (inedite, aussi) Depuis l'annee derniere ; des films de famille accompagnent la chanson Mon fils, dans laquelle, de maniere troublante, il chante tu sais, je ne vais pas te voir grandir .Suivent deux karaokes (sur La Fleur aux dents et Le Chemin de papa) et Une chanson, une histoire, une entrevue avec le parolier Claude Lemesle qui parle des dessous de certaines chansons ; des relations parfois tendues que l'artiste avait avec ses auteurs ; et relate plusieurs anecdotes .comme le fait que Gainsbourg n'en pouvait plus de se faire feliciter pour Bebe requin qu'interpretait France Gall.puisque c'est Joe Dassin qui la lui avait ecrite.Enfin, l'agenda.On y trouve entre autres des films tournes en Super 8 pendant le mariage de Joe Dassin, ses vacances a Tahiti.Mais certains de ces documents ne durent qu'une vingtaine de secondes ! Moins que rien, d'accord.Mais qui laisse sur la faim.Les documents inedits Le mauvais transfert d'images Sonia Sar fat i Ce film est avant tout l'histoire d'une passion pour la Chine.Du nord au sud, d'est en ouest, un film surprenant, ponctue de coups de coeur et d'emotion.Des megalopoles futuristes aux villages moyenageux, des moines taoistes aux paysans du Yunan, de la somptueuse riviere Li a la majestueuse Grande Muraille, des glaces de Harbin au desert de la Porte de Jade.C'est l'ame du dragon qui, doucement, se devoilera a vous! presente par Chine 22 au 27 AVRIL Laval Salle Andre-Mathieu 1er et2MAI La Salle Salle Jean-Grimaldi (514) 521-1002 ou 1 800 558-1002 Reservez vos sieges des maintenant ! 3373457A 3394625A ARTS ET SPECTACLES SALONDU LIVRE DE QUÉBEC/ Alain Mabanckou SONIA SARFATI QUÉBEC \u2014 Quand Martin Luther King disait « J'ai un rêve.», il y avait là une utopie.Elle est devenue réalité.et cela ne surprend pas Alain Mabanckou : « Les utopies sont faites pour devenir réalités », croit le romancier et poète né en 1966 au Congo-Brazzaville, auteur de Verre cassé (Prix des cinq continents de la francophonie), invité au Salon international du livre de Québec (il en est même, aujourd'hui, l'invité d'honneur), professeur de littérature francophone aux États-Unis \u2014 et, à ses heures, utopiste.Celle qu'il défend, qui est en fait une position ferme plus qu'une simple chimère, concerne la situation de la littérature francophone par rapport à la littérature française : « On a tendance à penser que la littérature francophone est un département de la littérature française, ce qui est faux puisque la France, comme les autres pays où l'on parle français, est membre de la francophonie.Sauf qu'elle se comporte toujours comme si les autres pays francophones devaient marcher à son pas.Elle veut nous dicter la manière d'écrire, nous dicter ce qui est littéraire.Nous dicter quoi faire.» Le grand ensemble francophone Lui, s'il devait dicter quelque chose, ce serait carrément l'inverse : que la littérature française, qui est une littérature nationale, pénètre, elle, dans ce grand ensemble francophone.« D'autant que, sur le plan international, elle est minoritaire par rapport à la littérature francophone: les écrivains de la francophonie sont beaucoup plus traduits que les écrivains français », note celui qui est témoin de la situation qui règne dans les pays anglophones « où l'on a compris depuis longtemps que la richesse de la langue anglaise vient des écrivains de la périphérie.La même chose se voit dans la culture hispanique ».Une résistance bien gauloise, quoi.Regarder les livres autrement « Mais à force de répéter en groupe ce discours inclusif, les libraires vont regarder les livres autrement et on ne lancera plus de collections Continents noirs, comme vient de le faire Gallimard, de bonne foi, mais qui crée une catégorie d'écrivains à part », poursuit Alain Mabanckou qui, depuis quatre ans, enseigne la littérature francophone à l'Université du Michigan et qui, en octobre, commencera à enseigner à l'Université de Californie à Los Angeles.Son plan B à lui, c'est donc « l'intégration des auteurs francophones dans l'espace littéraire commun, dans lequel seule la singularité de la plume séparerait le bon grain de l'ivraie ».Et quand il en parle, avec verve et allant, ce plan B se dessine en fer forgé et non.en verre cassé \u2014 pour faire référence au personnage central de son dernier roman, qui vient de sortir en poche dans la collection Points et qui ne sera pas son dernier bien longtemps : Mémoires de porc-épic sera lancé l'automne prochain au Seuil.Ce livre-là, comme Verre cassé et African Psycho, il l'a écrit aux États- Unis.« Ça me permet de travailler avec une double nostalgie.Celle de l'Afrique où je suis né et où j'ai grandi, et celle de la France où je suis arrivé à 21 ans et où j'ai fait mes études supérieures », explique celui qui parle le français, l'anglais et six langues africaines.Un discours ininterrompu « J'ai un accent même dans mes livres ! » rigole-t-il.Peut-être en particulier dans Verre cassé, où il adopte le ton de l'oralité pour rendre hommage.à la littérature, en insérant dans son texte plus de 250 titres de romans.Ils défilent sous l'oeil du lecteur, s'intégrant à merveille au discours ininterrompu du narrateur.Ininterrompu, et pour cause : Verre cassé fait fi de toute ponctuation à l'exception de la virgule.Mais quelques lignes suffisent au lecteur pour comprendre que la démarche, loin d'être prise de tête, est enivrante.Et colle au récit comme Verre cassé colle au bar Le Crédit a voyagé où il met sur papier les aventures, les prouesses.bref, le quotidien loufoque d'habitués appelés Zéro Faute, L'Imprimeur, le type aux Pampers, etc.C'est brillamment coloré jusque dans les patronymes.qui ne sont pas pure invention de romancier : « Les noms africains ont une signification immédiate ayant un rapport à une attitude, à un événement.Mon nom, Mabanckou, signifie L'Enfant né avec les fièvres.J'aurai pu le traduire par Le Fiévreux, Le Fébrile.» Et il aurait été atteint par.disons, la fièvre de la francophonie \u2014 en autant qu'elle soit inclusive.Une fièvre nommée francophonie PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © « J'ai un accent même dans mes livres ! » note en riant Alain Mabanckou.Peut-être en particulier dans Verre cassé, où il adopte le ton de l'oralité pour rendre hommage.à la littérature, en insérant dans son texte plus de 250 titres de romans.3398118A . 3394485A ARTS ET SPECTACLES PHOTO DREW DONOVAN, FOURNIE PAR LE HOUSTON BALLET Le Houston Ballet, une des cinq plus grandes compagnies de ballet aux États-Unis, présente Giselle, un chef-d'oeuvre du ballet romantique.DANSE Giselle, Paris-Texas STÉPHANIE BRODY COLLABORATION SPÉCIALE Invité par les Grands Ballets canadiens de Montréal, le Houston Ballet présente Giselle la semaine prochaine.Au même titre que les oeuvres de Byron, Chopin ou Delacroix, ce ballet, créé à l'Opéra de Paris en 1841, est une des perles du romantisme.C'est l'époque des danseuses évanescentes, vêtues de longs tutus diaphanes et blancs, transformées en elfes, sylphides ou fantômes.Ces ballerines\u2014Marie Taglioni, Fanny Elssler ou Carlotta Grisi \u2014 sont des stars, célébrées et courtisées.Ainsi, c'est pour Carlotta Grisi, qui l'a envoûté, que le poète et critique d'art Théophile Gautier imagine Giselle.Dans un livre sur l'Allemagne, il découvre le monde des elfes et des wilis \u2014 « toutes ces délicieuses apparitions que vous avez rencontrées dans le Harz et sur le bord de l'Ilse, dans la brume veloutée du clair de lune allemand », écrira-t-il à l'auteur du livre, Heinrich Heine \u2014 et l'étincelle jaillit.En moins de deux semaines, le ballet est bouclé : livret de Gautier, en collaboration avec Vernoy de Saint-Georges, chorégraphie de Jean Corrali et du compagnon de Grisi, Jules Perrot, (qu'elle quittera d'ailleurs sous peu pour Gautier) et musique d'Adolphe Adam.Giselle triomphe ! De Londres à Vienne, de Saint-Pétersbourg à Lisbonne, les productions se multiplient.Cette histoire, c'est celle de la jeune paysanne Giselle, tombée sous le charme d'Albrecht.Il se joue d'elle ; elle se suicide.Devenue une wilis, esprit des jeunes filles, mortes avant leur mariage, Giselle, dans un dernier élan d'amour et de sacrifice, sauve Albrecht de ses consoeurs qui tuent tout homme qui s'aventure dans leur cimetière, et disparaît à jamais.Giselle est le plus ancien ballet du répertoire classique à avoir été présenté de façon continue, depuis sa création.Et tous les grands danseurs\u2014Pavlova, Markova, Nijinski ou Barychnikov\u2014 ont interprété les rôles de Giselle et d'Albrecht.De Paris au Texas Giselle s'est même forgé une place de choix au Texas, au pays des cow-boys et de la danse en ligne.C'est Giselle qui a conduit à la fondation du Houston Ballet.En 1967, les élèves de l'académie de danse de la Houston Ballet Foundation font un tel malheur avec Giselle que cette fondation décide d'instaurer la première compagnie de ballet professionnelle à Houston.En 1968, la compagnie compte 16 danseurs et cinq ballets dans son répertoire.En 2006, elle emploie 62 danseurs et est une des cinq plus grandes compagnies de ballet aux États- Unis.Stanton Welch, directeur artistique du Houston Ballet, a demandé à Maina Gielgud, directrice artistique associée du Houston Ballet et spécialiste de Giselle, de remonter le ballet pour sa compagnie.« Maina est un coach très juste, précise Welch.Elle sait obtenir des danseuses cette parfaite ligne arrondie des épaules et du cou, si typique du style romantique.Dans d'autres versions, les danseuses se tiennent plus droites, d'une façon plus contemporaine.Les wilis de Maina, elles, ont vraiment l'air de sortir d'une autre époque ! » Pour la jeune Sara Webb, qui incarne Giselle pour la première fois, adopter ce style est tout un défi : « Avec Maina, j'ai répété pendant des heures à simplement me tenir debout ! J'ai dû apprendre à positionner mon corps de façon correcte et à faire mes arabesques, avec les bras juste comme il faut, pour donner à Giselle son aspect éthéré.« Maina a passé des heures à me montrer comment marcher ! » renchérit le premier danseur Simon Ball, qui sera un des Albrecht.Quand Albrecht entre en scène, au deuxième acte, il déambule pendant un long moment avant de trouver la tombe de Giselle.Il faut que cette démarche soit naturelle et qu'elle permette au public de saisir tout ce qui se passe dans la tête du jeune homme.Mais au-delà des détails physiques, chaque danseur a toujours apporté sa touche personnelle aux personnages de Giselle.Welch adore ces nuances.« Mireille Hassenboehler, dit-il en parlant des distributions de Montréal, joue une Giselle plus introspective, comme elle l'est dans la vie.Leticia Oliveira, originaire du Brésil, est plus pétillante.Sara (Webb) a cette fragilité unique, une appréhension que l'on sent chez elle dès son entrée en scène.Comme si elle savait déjà que cet amour lui serait fatal.» Albrecht, souvent incarné comme un playboy malhonnête, est ici plus sympathique: « On sent chez Simon, poursuit Welch, qu'Albrecht est un gars passionné, qui a surtout commis une terrible erreur de jugement.» Quand on lui demande quel est son passage favori, Webb s'exclame : « J'adore l'acte II ! C'est tout un défi pour une ballerine de démontrer autant de contrôle et d'endurance à la fois.Quand Giselle descend dans sa tombe, je m'écrase au sol tellement je suis épuisée ! En fait, j'ai une relation d'amour-haine avec cet acte, je pense (rires).» Ball acquiesce : « Dans certaines versions de l'acte II, Albrecht sort de scène et peut se reposer un peu.Mais pas dans la version de Maina ! À un moment donné, je n'en peux tellement plus que j'ai envie de m'écrouler en position foetale ou de me lancer dans la fosse d'orchestre.Mais ça n'est pas encore arrivé », conclut Ball, pince-sans-rire.GISELLE du Houston Ballet, présenté du 27 au 29 avril, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.C'est Giselle qui a conduit à la fondation du Houston Ballet. N I G H T Une production extravagante mise en scène par RENÉ SIMARD Laissez-vous transporter à l'époque du disco ! CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE : RENÉ SIMARD ARRANGEMENTS MUSICAUX ET DIRECTION MUSICALE : ANDRÉ LECLAIR CHEF D'ORCHESTRE : PHILIPPE BROCHU ÉCLAIRAGES : NORMAND CHASSÉ COSTUMES : MIREILLE VACHON DÉCORS : PIERRE LABONTÉ CHORÉGRAPHIES : GENEVIÈVE DORION-COUPAL EN VENTE À MIDI DU 17 AU 21 MAI ENCORE 5 SUPPLÉMENTAIRES DÉBUTE CE JEUDI Au Théâtre St-Denis du 27 avril au 21 mai ACHATS TÉLÉPHONIQUES: (514) 790-1111 1 800 848-1594 ACHATS EN LIGNE: www.tel-spec.com 3398735A . 3397411A . ARTS ET SPECTACLES Mc Gill: un soir de raretés CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Le concert de fin de saison de la CBC à Mc Gill comportait comme attrait principal (et irrésistible) un programme constitué exclusivement de raretés : pages qu'on n'entend jamais (ou à peu près jamais) au concert et dont on trouve difficilement des enregistrements.La présence sur scène de musiciens reconnus et de nouveaux venus ajoutait à l'intérêt.Sans oeuvre familière, sans vedette, l'affiche n'avait attiré qu'une centaine d'auditeurs.Mais personne n'a pu être déçu car chaque oeuvre méritait d'être connue et chacune reçut une excellente exécution.Première découverte : le premier Quatuor à cordes de Ralph Vaughan Williams.Le compositeur anglais l'écrivit en 1909, après ses études avec Ravel (pourtant son cadet de trois ans).Même dans cette révision de 1921, l'oeuvre de 30 minutes fait encore écho à l'unique Quatuor du compositeur français, créé un peu plus tôt.Avec Scott St.John au premier-violon, le Quatuor Super Nova (un drôle de nom, quand même !) en livra une lecture toujours virtuose et toujours musicale.Des deux oeuvres pour voix et cordes qui suivaient, l'atmosphérique poème chanté Dover Beach, de Samuel Barber, ne semble pas avoir été donné ici depuis les années 50 et je n'ai retracé que deux exécutions locales du cycle shakespearien Let us garlands bring, de Gerald Finzi.Dans ce dernier cas, deux précisions : a) contrairement à la règle de l'anglais, la partition donne le titre en minuscules ; b) on avait choisi la version avec orchestre à cordes réduite à cinq instruments, dont une contrebasse, tenue par Yannick Chênevert.Deuxième prix au Concours international de Montréal l'an dernier, le baryton Peter Mc Gillivray fut magnifique dans les deux oeuvres : timbre riche, conduite vocale impeccable, intelligence du texte, présence imposante.Il montra ces mêmes qualités \u2014 dignes du premier prix \u2014 dans un lied tiré d'un recueil de Korngold qui annonçait le Quintette pour piano et cordes du célèbre compositeur de musique de film.Comme le Vaughan Williams d'entrée, une oeuvre ambitieuse de 30 minutes, avec cette fois Mark Fewer au premier-violon.Et une autre exécution pleinement sentie, menée du piano par l'Américain John Novacek.Rien ici qui rappelle l'op.34 de Brahms.On parlera plutôt d'un sous-Richard Strauss très schmalzy.Mais l'expérience valait le déplacement ! .QUATUORÀ CORDES SUPER NOVA (Mark Fewer et Scott St.John, violons, Douglas Mc Nabney, alto, et Denise Djokic, violoncelle), PETER McGILLIVRAY, baryton, et JOHN NOVACEK, pianiste.Jeudi soir, Pollack Hall de l'Université Mc Gill.Dans le cadre des Concerts CBC.Programme : Quatuor à cordes no 1, en sol mineur (1909, rév.1921) - Vaughan Williams « Dover Beach », pour baryton et quatuor à cordes, op.3 (1931) - Barber « Let us garlands bring », pour baryton et cordes, op.18 (1942) - Finzi Lied «Mond, so gehst du wieder auf », op.14 (1921) - Korngold Quintette pour piano et cordes en mi majeur, op.15 (1921-22) - Korngold SPECTACLES 3394844A VARIÉTÉS SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Salvatore Adamo : 20h.STUDIO-THÉÂTRE DE LA PLACE DES ARTS Joël Legendre : 20h.THÉÂTRE SAINT-DENIS 1 Claudine Mercier : 20h.THÉÂTRE SAINT-DENIS 2 Martin Petit : 20h.SPECTRUM (318, Sainte-Catherine O.) Badfish : 20h.3, 4, 5, 9, 10, 11, 12, 13, 17, 16, 18, 19 mai Au Théâtre Corona www.gsimusique.com LES BILLETS SONT EN VENTE DÈS MAINTENANT SUR ADMISSION 514 790-1245 ET www.theatrecorona.com À LA BILLETTERIE DU THÉÂTRE CORONA 514 931-2088.www.admission.com CENT DÉTOURS Réunis pour la première fois sur scène ! YVON DESCHAMPS LES ANNÉES 60-70 LES ANNÉES 70-80 OLIVIER DVD D'HUMOUR LES ANNÉES 80-90 MAINTENANT DISPONIBLE! 3395179A 3398113A ARTS ET SPECTACLES DVD JEUNESSE Kiri le clown Le cirque de Kiri FFF Du rêve.et des images/DEP Nous irons de ville en ville porter la joie de vivre.Dans les années 70, pour des milliers de petits Québécois, Télécino était le nom de la gentille personne invisible qui se chargeait, chaque jour, de projeter des dessins animés pendant l'émission pour enfants Bobino.Ce n'est pas un hasard si l'équipe qui vient de lancer le DVD Kiri le clown remercie Télécino dans le joli petit livret : c'est grâce à lui si nous avons suivi les aventures très simples de Kiri, de Pollux et sa petite « Margotte » dans le Manège enchanté, des rigolos petits Chapi Chapo, etc.Et ce n'est pas non plus un hasard si cette équipe a choisi, pour baptiser cette nouvelle collection de DVD faite au Québec, le nom Les P'tits Bonhommes : c'était le titre de l'émission de comics à l'époque, à Télé-Métropole, qui allait devenir TVA.Le premier DVD de la collection, qui compte 18 des 130 épisodes créés par Jean Image en 1966 (d'abord pour la télévision française), rend tout à fait compte de ce que Kiri était : un gentil clown particulièrement inoffensif qui allait de ville en ville avec la gracile acrobate Laura, une perruche bavarde et un chat très légèrement malicieux.Quelque 30 ans plus tard, c'est d'une innocence assez ravissante.On trouve également quelques bonis à l'intention des plus petits, notamment des jeux des cinq erreurs ou un « kirioké » de la chanson thème, plus quelques notes biographiques sur Jean Image.Pour les éternels enfants nostalgiques de 35 à 45 ans, c'est un petit plaisir bien agréable, un peu comme celui de sucer des « outils » en caramel brun ou de jouer à Twisters.Pas sûre, par contre, que les enfants d'aujourd'hui vont apprécier le gentil clown à la voix rauque.hormis les tout-petits.Les 2 à 3 ans qui aiment, par exemple, la récente série Ludovic de Co Hoedeman devraient prendre plaisir au rythme lent, à la trame narrative simple et à la palette de couleurs vives de Kiri \u2014 les deux séries ont d'ailleurs été réalisées à l'aide de la technique dite du stop motion (prise de vues image par image).Et je me suis, pour ma part, surprise à penser que je ferai sans doute « rouler» Kiri pendant le prochain party que j'organiserai, en raison des souvenirs chaleureux qu'il évoque et de la simplicité qui s'en dégage.Mais pour ne rien vous cacher, j'attends avec impatience la sortie du second volume de la collection des P'tits Bonhommes: Saturnin, Saturnin le vrai caneton, un brin bègue, en chair et en duvet ! Que voulez-vous, déjà à l'époque, je raffolais des « méchants » et Belette était bien méchante avec Saturnin.Mar i e-Ch r is tine Blai s SPECTACLES DANSE TANGENTE (840, Cherrier E.) Alcôve, de Erin Flynn, Louis Plourde et Andrew Watson : 20h30.STUDIO 303 (372, Sainte-Catherine O.) Spirit of the Mountain, de Manijeh Ali : 17h.DANSE-CITÉ (3680, Jeanne-Mance) L'Éducation physique, de Manon Oligny : 20h.CLASSIQUE OLD BRICK CHURCH (Brome-Ouest) Yegor Dyachkov, violoncelliste, et ensemble instrumental.Mozart, Chostakovitch, Schumann : 20h.3397972A ARTS ET SPECTACLES 5 QUESTIONS À.Pierre Flynn MARIE-CHRISTINE BLAIS C'est son ami le conteur Michel Faubert \u2014 aussi metteur en scène de son plus récent spectacle \u2014 qui a peut-être le mieux résumé qui est Pierre Flynn : « Un magnifique prince des ténèbres, un rockeur de lumière et le gardien de la tour.» Ces mots sont tirés de Traces dans le sable, le premier recueil de textes de chansons de Pierre Flynn, publié par les éditions Les 400 coups à compter de mardi prochain.jour même où sera lancé l'album Vol solo de Flynn, captation de son extraordinaire spectacle Mirador.Cela sans oublier que Flynn fait partie de la distribution de la bien bonne comédie musicale Dracula, en tournée dans 10 villes, fin mai.Et que son propre spectacle Mirador sera de nouveau présenté à Montréal le 11 mai, au Théâtre National.Bref, impossible de ne pas poser au grand Pierre à la chevelure noire au moins cinq questions.QComment avez-vous travaillé pour faire l'album live ?ROn a essayé de faire en sorte que les chansons puissent s'écouter toutes seules ; il y a un peu d'applaudissements, un peu de texte de lien, mais je crois que si on avait enregistré ces chansons en studio, le résultat aurait été sensiblement le même.Seulement, la force du live, c'est que tu ne t'arrêtes pas 10 fois pour reprendre une phrase (rires), il y a donc une spontanéité véritable, une façon différente aussi de chanter parce qu'on est sur scène et non dans un studio.On a enregistré cinq ou six représentations de Mirador pour pouvoir choisir les meilleures versions et, sur les 20 chansons du spectacle, on en a gardé 16.QMirador était votre premier concert vraiment solo, après 35 ans de spectacles, d'abord avec le groupe Octobre, ensuite avec toujours au moins un musicien.Qu'est-ce que cela signifiait pour vous ?RJ'ai suivi les commandements de Michel Faubert (rires) ! Au départ, j'avais pensé à des versions dépouillées des chansons, en compagnie d'un seul musicien.Mais Michel m'a convaincu d'être tout à fait seul.Seul avec mon piano, ma guitare, ma voix, mon pied aussi, qui marque les temps (rires).Et seul avec mes chansons.Contrairement à Desjardins, Séguin, Rivard, Faulkner, etc., je n'ai aucune expérience du solo, j'avais donc l'impression qu'il allait « manquer de quoi ».Mais peu à peu, j'ai assumé mon répertoire.Disons-le, j'ai finalement eu confiance dans mes chansons (rires).QLe même jour que l'album Vol solo sort un recueil de vos textes, intitulé Traces dans le sable.RL'idée du recueil est venue la première.Au départ, cela devait être 24 de mes textes, illustrés par certains des meilleurs illustrateurs du Québec (Pierre Pratt, Stéphane Jorisch, Lino, Gérard Dubois, etc.).Ensuite, le projet a pris de l'ampleur et c'est devenu l'intégrale des textes, avec commentaires, photos, etc.Moi, j'aurais bien aimé enlever quatre ou cinq textes que je trouvais poches, mais on m'a dit non, non, non ! Bref, c'est passé d'une belle plaquette artistique de 50 pages à un livre de 160 pages ! QCe qui frappe, tant dans le spectacle que le livre, c'est le thème du voyage qui revient souvent.REt pourtant, j'ai peu voyagé depuis que j'ai ma fille (aujourd'hui âgée de treize ans et demi) et ça me gêne toujours quand on m'en parle, je connais de « vrais » voyageurs qui visitent plein de pays.Mais je pense aussi qu'en faisant simplement le tour du bloc, on peut se mettre en état de voyager.En tout cas, c'est mon cas : j'ai écrit En cavale à Magog et Les Jardins de Babylone au chalet de Mario Légaré (bassiste et membre du défunt groupe-culte Octobre, comme Flynn), près de Joliette ! QVous allez reprendre également Dracula et faire des supplémentaires de votre spectacle Mirador ?RDire que, il y a un an et demi, je disais à tout le monde que je me retirais pour écrire mon prochain disque (rires) ! Dans le cas de Dracula, nous avons fait déjà 35 représentations, c'est extraordinaire quand on sait que c'est une production québécoise 100 %.Pour Mirador, je le présente à Québec le 29 avril et à Montréal le 11 mai, ensuite, je le reprendrai peut-être encore l'automne prochain.Mais surtout, je suis cet été le parrain du 24e festival Village en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie (www.festivalenchanson.com).Cela veut dire que je vais être extrêmement choyé : on va me faire deux spectacles hommages : l'un par les artistes, les participants et les villageois-chanteurs de Petite-Vallée ; l'autre par une chorale de 200 enfants écoliers gaspésiens, dans une église ! Après cela, je vais bien finir par avoir vraiment confiance dans mes chansons.PHOTO FOURNIE PAR AUDIOGRAM Pierre Flynn : « Un magnifique prince des ténèbres, un rockeur de lumière et le gardien de la tour.» Grande-Bretagne kram Khan Company 3 au 6 mai 2006 - 20 h Centre Pierre-Péladeau ma (514) 987-6919 Admission (514) 790-1245 ABONNEZ-VOUS ! www.dansedanse.net EN PRIMEUR CANADIENNE, APRÈS L'EUROPE, L'AUSTRALIE, L'ASIE ET L'AFRIQUE DU SUD «ILEXISTE UN VÉRITABLE PHÉNOMÈRE EN DANSE, ET SON NOMEST AKRAM KHAN.» London Evening Standard «BRAS QUIS'ABATTENT EN RAFALE, JAMBES QUIVOLENT, CE KHATA KCONTEMPORAINTRANCHEPAR SON EXUBÉRANCE ÉPURÉE.» Le Monde «(KHAN) DONNE À UNE TRADITION INDIENNE DE PLUS DE 500 ANS UNEDÉGAINE ACTUELLE.» The Asian Wall Street Journal 3394917A 23 février au 30 avril Grande serre du Jardin botanique de 9 h à 17 h, du mardi au dimanche 4101, rue Sherbrooke Est 514 872-1400 Papillons 26o Celsius en liberté 2000 papillons 1 coup de coeur www.museumsnature.ca 3395722A . ARTS ET SPECTACLES LES RINGOS JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE C'était le moins cute des quatre Beatles.Il chantait mal.Il était petit et il avait un gros nez.En plus, il jouait de la batterie, ce qui, on conviendra, n'est pas la position la plus stratégique à occuper dans un groupe de rock.Mais voilà : Ringo était aussi le plus sympathique des Fab Four.Et c'est pourquoi les Ringos se sont baptisés Les Ringos.Formé à Montréal, entre une bouteille de vin et un salon de coiffure (Ringo adorait les salons de coiffure), Les Ringos est un groupe hommage aux Beatles qui ne se prend pas au sérieux.Ici, pas de perruques, de vestons col Mao ou de bottes Beatles.Seulement des tounes de party, avec des ooooh et des h à profusion.D'où le « Ringo » du nom, qui évoque à lui seul le bon temps et la rigolade.« On voulait mettre en valeur le côté ludique des Beatles, explique Marc Chartrain, le batteur des Ringos.C'était plus une question de plaisir.On pige dans le répertoire le plus fun du groupe.Et on trouvait que Ringo était de loin le plus jovial des quatre Beatles.» Attention : on n'a pas dit que les Ringos jouaient n'importe quoi n'importe comment.Les chansons seront peut-être joviales, mais il n'est pas question de reprendre Hey Jude en cha cha.Les quatre membres de cette formation improvisée sont tous d'authentiques fans des Beatles et de vrais musiciens.Éric Goulet et Marc Chartrain font tous deux partie du groupe Les Chiens.Jean-François Fortier a au moins deux albums solo à son actif.André Papanicolaou fait partie du groupe André.Ironiquement, ce projet parallèle, né un soir de brosse, a suscité autant \u2014 sinon plus \u2014 d'int é r êt que les c a r r i è r e s respectives de chacun de ses membres.Dans la dernière semaine, on a entendu les Ringos chez Nuovo, René Homier-Roy, Monique Giroux, ainsi que dans le journal Voir et La Presse.La nostalgie, visiblement, se porte toujours bien.Surtout quand les boomers sont aux commandes.À ce sujet, les Ringos insistent : si leurs membres sont dans la trentaine, leur concert, intitulé Bring your Own Babyboomer, s'adresse à toutes les générations.« Ce spectacle a été initialement monté pour mes parents », lance Marc Chartrain.« Mon père et moi, on a pas vraiment les mêmes goûts, mais les Beatles, on se retrouve autour de ça.» Avis aux intéressés de 55 ans et plus, il y aura même un forfait baby-boomers ce soir au spectacle.« On donne un rabais à toute personne de 55 ans et plus, mais il faut voir sa carte d'identité !» s'esclaffe Marc Chartrain.Fait à noter : le groupe ne joue que deux chansons qu'interprétait jadis Ringo : What Goes On et I Wanna Be your Man.Apparemment, les quatre Ringos n'ont pas réussi à s'entendre sur d'autres, ce que La Presse déplore, évidemment.Car enfin quoi : quand on s'appelle Les Ringos, il faut assumer jusqu'au bout ! Marc Chartrain avoue, pour finir, que Ringo n'était pas un chanteur très « vargeux ».En revanche, le batteur ne tarit pas d'éloges sur son jeu de drums, d'une efficacité redoutable: « Est-ce que Ringo était bon ?Je suis content que tu m'en parles ! Ringo est un des musiciens les plus sous-estimés de la planète.Il a inventé un style unique.Il est excellent avec des beats simples qui rentrent au poste.Vers la fin des Beatles, il avait développé un style plus lyrique, avec une grosse utilisation de ses toms.Levon Helm, le batteur du groupe The Band, l'avait beaucoup inspiré.Il a essayé de reproduire le même genre de son étouffé, si distinctif, qui est revenu à la mode ces dernières années.Tu sais comment il faisait?Il mettait un linge mouillé sur sa caisse claire ! » .LES RINGOS, ce soir, 20 h, au Lion d'or Juste pour rire 3398126A l'un des trois voyages pour 4 Découvrez la nouvelle aventure familiale au Écoutez le et visitez rythmefm.com VOUS POURRIEZGAGNER Les éléments graphiques et logos sont une propriété de Disney : © Disney 3398674A . ARTS ET SPECTACLES DISQUES Le Springsteen qu'on n'attendait pas Prenez une pincee des soeurs Mc Garrigle, ajoutez un soupcon de Bottine souriante, incorporez une larme des Pogues, un doigt de musique tzigane ou zydeco et une belle louche de dixieland et vous n'aurez encore qu'une petite idee de ce que nous a prepare Bruce Springsteen sur son nouvel album.Au moment ou les fans du Boss esperaient un disque rock avec son E Street Band, il surprend tout le monde en proposant pour la premiere fois de sa carriere un album qu'il n'a pas ecrit, un disque en hommage a l'une des voix les plus influentes du XXe siecle americain, le folksinger Pete Seeger.Comme le veut la tradition folk, We Shall Overcome est d'abord et avant tout une relecture de chansons que Seeger a enregistrees, des pieces immortelles que la tradition a fait voyager dans le temps .et se transformer .sans qu'on en connaisse necessairement les auteurs, et qui ont souvent ete associees a des conflits ouvriers, raciaux ou sociaux.Pour que ces grandes chansons ne soient pas oubliees, il faut qu'elles soient reactualisees, affirme Springsteen dans le making-of du DVD a l'endos de ce CD.Le Boss s'y emploie avec un orchestre d'une quinzaine de musiciens qui leur donnent de nouvelles couleurs.La ou le texte a toujours ete predominant et l'accompagnement sommaire, Springsteen injecte une bonne grosse dose vitaminee de musique, qui donne souvent le gout de danser.Comme l'a deja fait la Bottine souriante, le Boss ajoute des cuivres .un peu plus dixieland que ceux de la Bottine toutefois.aux guitares, banjos et violons qu'on associe habituellement a ces chansons traditionnelles.Ainsi, ce qui aurait pu n'etre qu'un exercice academique se transforme en une joyeuse viree musicale.La plupart des 13 chansons .et les deux autres qu'on trouve du cote du DVD .ont ete enregistrees en trois jours, sans veritable repetition.L'auditeur est happe par l'entrain contagieux de cette musique creee sur le vif et il entend meme le Boss diriger son orchestre.Si on reconnait la voix eraillee de Springsteen qui mord dans le texte (John Henry, Old Dan Tucker) ou cet accent nasillard qu'il a perfectionne au fil de ses albums solos, c'est tout en douceur qu'il nous sert We Shall Overcome, l'hymne par excellence du genre protest-song, un grand moment d'emotion.J'ai aussi craque pour la superbe ballade irlandaise antiguerre Miss Mc Grath, et la tres belle chanson gospel Eyes on the Prize.Un seul bemol : ces chansons qui font partie du patrimoine americain et anglo-saxon, du XVIe siecle ecossais (Froggie Went a Courtin') aux annees 60 etats-uniennes (My Oklahoma Home), n'ont pas la meme resonance a nos oreilles et il vous faudra quelques ecoutes pour que leur charme opere vraiment.L'energie contagieuse Des chansons moins connues chez nous Alai n de Repentigny FOLK Bruce Springsteen We Shall Overcome The Seeger Sessions FFF1.2 Columbia CHANSON Pierre Flynn Vol solo FFFF Audiogram/Select La Romance du vin.gtet- unieme siecle Parmi les fans de musique quebecoise, il y a consensus : le disque Chants dans la nuit du groupe-culte Octobre (1972-1982) est un des meilleurs albums enregistres en spectacle jamais produits au Quebec.Pas etonnant qu'on puisse en dire autant de Vol solo, lui aussi disque live, mais cette fois de Pierre Flynn, ex-leader d'Octobre ! N'ayons pas peur des mots : c'est une pure splendeur, cet album, constitue de la captation de representations du spectacle solo Mirador de Flynn, cree en 2004.Splendeur du piano (et parfois de la guitare electrique) qui vibre magnifiquement sous les doigts de Flynn, splendeur de la voix chaude du chanteur et surtout splendeur des textes, veritables poemes lyriques, jamais hermetiques, jamais faciles, toujours empreints de vie, de ville, de voyage et de souffle.Flynn est bel et bien poete et c'est dans ces versions depouillees, epures qu'on le mesure.Poete et aussi realisateur puisque c'est Flynn qui signe la realisation de Vol solo.Or, le disque live est un art en soi, un equilibre a trouver pour qu'un spectacle devienne ecoutable dans un salon.Dans le cas de Vol solo, le resultat est probant : on va ecouter ce disque souvent, longtemps.Les poemes et le piano La pochette, ordinaire rare Mar i e-Ch r is tine Blai s POP Feist Open Season FFF1.2 Arts&Crafts Le cafe Melies de Feist Histoire de nous faire patienter d'ici son nouvel album, Feist sort mardi prochain Open Season.Un disque de reprises et de remix, ou la chanteuse, accompagnee de copains musiciens, se (et nous) fait plaisir.Feist a inclus son duo avec Jane Birkin (The Simple Story), de meme que sa version delicate et enfantine de Tout Doucement.Avec son acolyte Gonzales, elle reprend aussi une chanson de leur ami Peaches, Lovertits, dans une ambiance electro-jazz.Le reste d'Open Season consiste en des remix de Let it Die.Souvent multiples.Mushaboom est remixee quatre fois ! Mocky en fait une version lounge.Le rappeur canadien KOS y scratche et y va de son flow, alors que Postal Service y arrime ses bidouillages jeux video .Plusieurs pieces sont toutes designees pour accompagner un martini.Le tandem VV (Renaud Letang et Gonzalez) donne des airs de boite de nuit branchee a One Evening et a When I Was a Young Girl.Do Right ajoute des inflexions electro-latines a Gatekeeper, et One Room One Hour y glisse des airs de samba.Bref, Open Season est comme la compilation Cafe Melies de Feist.Avec sa jolie voix et ses douces melodies, cela ne peut qu'etre un bon 5 a 7.Meme si faire fi des titres originaux est parfois difficile.Les ambiances Difficile d'oublier les originaux Em i l ie Cot e FOLK Josh Ritter The Animal Years FFF1.2 V2 / Sony BMG Bonne plume, bonnes melodies Une vieille ame, lisait-on a propos de Josh Ritter, recemment.Il n'a meme pas 30 ans, mais sa musique folk et vagabonde rappelle Bob Dylan.Sa voix, celles de Bruce Springteen et James Taylor.Josh Ritter a aussi beaucoup ecoute Johnny Cash et Nick Drake.Les melodies coulantes, l'instrumentation et les inflexions de country de ses compositions evoquent l'Amerique profonde.Les textes aussi.Josh Ritter raconte de petites histoires comme un homme sur sa chaise bercante.Avec sa voix chaude et cuivree, il chante sur son Idaho natal, sur la guerre et sur la foi, s'exprimant avec des images poetiques mais quotidiennes.Comme les textes, la realisation de The Animal Years n'est pas ampoulee.Le realisateur Brian Deck, qui a travaille avec Iron and Wine, laisse respirer les instruments (guitare acoustique, lap steel, ukulele, piano, claviers retro).C'est apaisant et intime comme la musique d'Iron and Wine, mais le son est moins douillet.Josh Ritter donne plutot dans le country-folk-rock qui flirte avec la pop a l'occasion.The Animal Years est son quatrieme album, mais le premier a paraitre avec l'etiquette V2.On souhaite a Josh Ritter de se faire connaitre davantage.La profondeur, le naturel Rien de nouveau Em i l ie Cot e ROCK Mobile Tomorrow Starts Today FFF Universal De bons eleves Moonmaker, gagnant du concours CHOM L'Esprit 2001, est devenu Mobile.Apres un exil a Toronto, six mois a vivre dans le sous-sol du gerant et un showcase qui a mal tourne a New York, les cinq Montrealais ont deniche un contrat avec Interscope, filiale de Universal.Tomorrow Starts Today est dans les bacs depuis mardi dernier.A ses debuts, le son du quintette respirait U2.Maintenant, Mobile nous sert des pieces rock plus dansantes, dans la lignee des Killers.Tres radio friendly, les chansons de Mobile reunissent des conditions gagnantes : voix sous tension, riffs aceres, basse haletante, melodies explosives, hooks accrocheurs et claviers ambiants d'inspiration annees 80.Et pour affiner l'ensemble, des ballades.See Right Through You et Scars transpirent plus qu'elles ne respirent l'emotion.C'est trop.A l'oppose, les arrangements electroacoustiques de Dusting Down The Stars sont plus atypiques et la voix de Mathieu Joly se montre sous un jour plus epure.L'intro de guitares de Tomorrow Starts Today propose un changement de ton interessant.Lovedrug aussi, meme si on voit l'ombre d'Interpol.Les gars de Mobile ont bien fait leurs devoirs, mais ils auraient interet a desobeir un peu plus aux consignes.Le sens du hit Inspiration impersonnelle Em i l ie Cot e ROCK Galaxie 500 Le Temps au point mort FFF1.2 C4/DEP Le temps fait son oeuvre Galaxie 500 a fait beaucoup de chemin depuis la parution de l'album eponyme en 2002, comme si le temps avait fait oeuvre de maturite sur la notion du rock telle qu'embrassee par le guitariste, ici auteurcompositeur- interprete Olivier Langevin.De stoner-rock'n roll assommant, le projet Galaxie 500 a adouci ses angles et met desormais de l'avant un son etudie, dans les riches jeux de guitares, dans les arrangements fastueux et dans la realisation (de Langevin et Pierre Girard) aux antipodes du lo-fi revendique sur le premier disque.L'album eponyme sonnait comme un excellent et prometteur demo, Le Temps au point mort est un disque abouti.Langevin, qui a pris de l'assurance comme chanteur et auteur, s'entoure de musiciens de calibre pour habiller ses chansons: Fred Fortin est a la basse apres un passage a la batterie qu'occupe desormais Alain Berge, Dan Thouin apparait sur l'aigre-douce Nuages a boire (un des sommets du disque, touchant et puissant), les collegues Julien Sagot (percussions) et Frank Lafontaine (synthes) de Karkwa mettent la main a la pate, sinon le poing .les Eeehhh ! ! ! et Envoye qui concluent l'album sont de la pure dynamite G500.Nourrissant : lancement mardi au Diable Vert, rue Saint-Denis.Visceral Des textes moins poignants Ph ilippe Renaud , co ll .speciale ROCK Islands Return to the Sea FFF1.2 Equator Records Plus acheve que prevu Islands est bel et bien en voie de trouver un son et un synchronisme essentiels a une vraie carriere indie rock.Le premier disque de cette formation dirigee par deux ex-Unicorn (le chanteur Nick Diamonds et le batteur J'aime Tamber) infirme cette perception de trop touffu, trop mal joue ou trop Arcade Fire.Alors?L'ambitieuse Swans (Life After Death) me semble encore collee sur le vaisseau amiral de l'indie montrealais : rock des visceres renforce par un piano fort en staccato, le tout recouvert d'une couche supplementaire d'instruments acoustiques.Islands reussit neanmoins a se distinguer avec Humans, une marche rock aux accents brechtiens assortie d'un cor et d'une clarinette basse.Autour du folk pop avec Don't Call Me Whitney, Bobby, puis une pop a peine plus classique avec vents et cordes pincees.Retour au rock avec Where There's a Will There's a Whalebone, la contribution la plus originale de cet opus.On nous sert alors Jogging Gorgeous Summer, calypsofolk a la Paul Simon, en plus deglingue.Volcanoes, country folk a peine deconstruit, s'ensuit.Apres la ballade If , on se dirige vers la finale avec Ones, rock plus abstrait, plus aerien.Comparable aux sing along de la famille Mc Garrigle, la finale pour piano/voix surgit au terme d'une pluie de cinq minutes.Plus acheve que prevu, en somme.Le sens de la composition Encore trop touffu Alai n Brunet HIP HOP Diam's Dans ma bulle FFF1.2 EMI Bulle ouverte sur le monde Diam's kiffe les kebabs, les troquets parisiens, la nicotine et reve d'un mec mortel.Diam's emmerde le Front National, les filles qui, a 7 ans, portent le string, et la France profonde qui se gratte les couilles en regardant Laurent Gerra .Melanie Georgiades, 26 ans, Francaise par sa mere, Chypriote par son pere, poete urbaine et rappeuse par la vie, conforte avec ce troisieme album sa place dans le milieu o combien machiste du rap hexagonal.Les poemes de Diam's, crus, engages, sont soutenus par des rythmes rap, R'n'B (Dans ma bulle) composes par ses soins et ceux de sa bande (DJ Maitre, Tefa, Elio, Skread, Vitaa).Parfois desespere (TS), enjoue (Big Up), le flow de Diam's se fait arrogant et drole (Me revoila) J'ai tellement fait de featurings que t'as des rides, putain d'MC ! / Tu cherches tes couilles mais elles sont cachees dans mon string ! Et si Diam's est revoltee, excessive, enragee, c'est parce qu'elle est citoyenne (Ma France a moi, La Boulette).J'ai toujours prefere la folie des passions a la sagesse de l'indifference , dit-elle, citant Anatole France.Poesie qui cogne, rap nerveux Langue des banlieues francaises Anabe l le Nicoud , coll speciale JAZZ Pat Martino Remember /A tribute to Wes Montgomery FFF1.2 Blue Note Pat Martino joue Wes Montgomery Comment refuser une influence aussi majeure de la guitare electrique moderne?Impossible d'y echapper.Combien de guitaristes de jazz ont-ils rendu hommage a Wes Montgomery?Tous finissent par faire l'offrande.Pat Martino n'en demeure pas moins une pointure pour eviter la redite.La dizaine de titres ici joues ont ete crees ou souvent interpretees par feu Wes, l'esprit y est aussi maintenu par Martino.Le virtuose de 61 ans est loin de se renier dans ses relectures, on n'y sent aucune perte d'identite au profit de quelque mimetisme.bien que Martino puisse sonner bien au-dela de ces sonorites feutrees et parfaitement fluides a la maniere de Montgomery.L'equipe du soliste y est d'ailleurs plus que respectable : le contrebassiste John Patitucci, le pianiste David Kikoski, le batteur Scott Allan Robinson, le percussionniste Daniel Sadownick rendent l'esprit necessaire sans transcender quoi que ce soit de ce qu'on leur demande d'accomplir.Un leger manque d'intelligibilite dans le mix ne contribue peut-etre a amoindrir les performances individuelles et la cohesion de l'ensemble.Voila somme toute un exercice un tantinet previsible pour un musicien de cette trempe.La perfection du jeu guitaristique Mix un peu flou, peu de transcendance Alai n Brunet ELECTRO Monsieur Max Oncle bijoux FFF1.2 Metronome Musik / Local Distribution Ah j'adore les phoques! Si on l'avait su en mars, lorsque les BB, Mc Cartney et autres Morrissey ont fait leurs frasques animalistes, on en aurait fait la chanson emblematique de la controverse entourant la chasse aux phoques.Hilarante et sexy, la chanson Gentil Phoque est un veritable tube ! La phonetique du nom de l'animal repete absurdement en boucle, maniere Bardot, peut aussi produire des effets deroutants.Detenteur d'une maitrise en musicologie, Maxim Lepage reste attache a ces ambiances electrolounge qui l'ont branche a une epoque encore recente ou la vague electro avait englouti le rock.Bien qu'elle n'occupe plus une position dominante, cette musique a progresse vers une mixite des lutheries : aux machines elegamment actionnees par Monsieur Max, s'ajoutent les guitares, la basse ou les claviers.Sous forme de chant ou de recitatif, des voix feminines se sont posees sur ces grooves matines de references plus savantes qu'elles ne le laissent paraitre.Voix francaise sur Le Quai, Gentil Phoque ou Faust (Muriel de Zangroniz), voix anglo avec leger accent franco sur Shining Orchid (Anik Gagnon), voix quebecoise de souche dans Les Bois (les soeurs Lepage), voix francaise avec accent anglo sur Loin de l'amour (Lady Kim), voix carrement anglo sur Busy Day et Happier (Danette Mac- Kay).Gentil Monsieur Max ! Les references cachees Son d'ensemble date Alai n Brunet ELECTRO Gotan Project Lunatico FFFF !Ya Basta !/XL/Select Electro-tango, bis Autant j'avais craque sur les premiers extraits de La Revancha del Tango, autant je trouvais pretentieuse leur mission avouee, celle de rafraichir la facade du tango.Faut cependant convenir que la bande a Philippe Cohen Solal a beaucoup de gout.Lunatico .apparemment le nom du cheval de course de Carlos Gardel .est encore une delicieuse galette sur laquelle plusieurs invites viennent ajouter leur touche a la formule tango-breakbeat du projet Gotan.Calexico, tiens, qui avait deja rearrange le titre La Del Ruso et qui, en ouverture de Lunatico, sert d'aussi de soyeux arrangements sur lesquels la chanteuse Cristina Vilallonga (la meme que sur La Revancha.) vient poser sa voix.Cette chanson, intitulee Amor Porteno, ainsi que la collaboration avec le groupe hip hop argentin Koxmoz (tres bonne Mi Confesion) sont les deux seules veritables surprises de l'album qu'on annoncait davantage axe sur les racines du tango que le premier.Les fans ne seront pas depayses, malgre quelques moments depouilles de ses oripeaux digitaux.En contrepartie, les arrangements soignes par la presence d'une section de cordes et un jeu de batterie/boite a rythmes plus colore conferent a Lunatico toute la magie qu'on apprecie du projet.Superbes arrangements Ca commence a sentir la formule Ph ilippe Renaud , co ll .speciale ARTS ET SPECTACLES PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Le groupe Mobile : Christian Brais, Pierre-Marc Hamelin, Dominic Viola, François Williamson et Mathieu Joly.ROCK La petite histoire de Mobile ÉMILIE CÔTÉ Moonraker, ça vous dit peut-être quelque chose.Un groupe rock qui avait remporté le concours CHOM L'Esprit, en 2001.Après un premier album indépendant qui n'a pas marché, le quintette a déménagé à Toronto.Les temps ont été durs, le groupe s'est fait dire non, a changé de nom, mais la détermination du quintette a porté fruits.Mardi dernier, Mobile a sorti le disque Tomorrow Starts Today avec Interscope, filiale de Universal poussant les Gwen Stefani, Beck, Eminem et U2.Mais reprenons l'histoire du début.En septembre 2003, Mathieu Joly (chant, textes), Christian Blais (guitare, claviers, musique), Frank Wi ll iamson (guitare), Dominic Viola (basse) et Pierre-Marc Hamelin (batterie) sont déçus du sort de leur groupe à Montréal.Ils ont gagné le concours CHOM L'Esprit, mais leur album indépendant Radiowave Transmission est « passé dans le beurre ».« Nous avions gagné le respect du public, nous remplissions des salles comme le Cabaret, mais nous n'étions pas capables de nous vendre aux compagnies de disques », raconte le chanteur Mathieu Joly.Cap sur Toronto Ses acolytes et lui \u2014 tous des amis d'enfance de la Rive-Nord \u2014veulent aller tenter leur chance à New York, mais ils n'en ont pas les moyens.Ils mettent donc le cap sur Toronto, où bien des têtes dirigeantes des majors ont un pied à terre.« Nous ne connaissions personne.Nous étions cinq dans un quatre et demi.Tout était à recommencer », se souvient le guitariste Christian Brais.Histoire de se faire des contacts, les gars traînent six soirs par semaine au Horseshoe Tavern, une salle de concert renommée où se croisent bien des musiciens.Outre Christian Brais qui signe les musiques, tout le monde a un boulot en marge du groupe.Tous pour un et un pour tous.« Nous avions un système communiste.Nous séparions l'argent en cinq.» Lentement mais sûrement, les gars se font connaître, se produisant quand ils en ont l'occasion.Avec le réalisateur canadien Matt De Matteo (Hawksley Workman, I Mother Earth ), les gars font un démo de trois chansons.En 2004, ils remportent le concours national Xtreme Band Slam, organisé par le Canadian Music Week.Et Bob Luhtala, ex-agent de I Mother Earth, les prend sous son aile.Entretemps, le groupe change de nom pour Mobile, Moonraker étant déjà pris par une formation de Boston.Vient un important showcase à New York devant des représentants des compagnies de disques.Malheureusement, la réaction est plutôt froide.Mais la bande des cinq ne lâche pas.Une fois de plus, les gars ont recours aux services de Matt De- Matteo.Cette fois-ci, c'est pour un album complet (essentiellement le même que celui lancé mardi dernier).Les gens d'Atlantic, filiale de Warner, démontrent de l'intérêt envers la galette.Ils invitent Mobile pour un autre showcase à New York.Tous les frais sont payés.Heureusement, car les Montréalais ont gratté leurs fonds de tiroirs jusqu'au sang.À la fin de 2004, ils vivent à cinq dans la cave de leur gérant.« Welcome to Interscope » Puis, le tapis rouge se déroule devant Mathieu, Frank, Christian, Dominic et Pierre-Marc.Outre Atlantic, plusieurs étiquettes tendent l'oreille à leur musique.Ils rencontrent Robert Reynolds, l'avocat (devenu gérant) du groupe The Killers.Ils font aussi connaissance avec Randy Lennox et Allan Reid de Universal Canada.Un contrat de distribution est signé pour le territoire canadien, et leur disque se retrouve sur le bureau de Jimmy Lovine, président d'Interscope.Ça tombe bien, les gars veulent signer avec une étiquette américaine.Après un autre showcase, on leur lance : « Welcome to Interscope.» « C'était malade, au-delà de nos espérances », souligne Christian.Après tout, Mobile était le premier groupe canadien à dénicher un contrat avec Interscope.C'était en mai 2005, il y a un peu moins d'un an.Depuis, les gars sont traités aux petits oignons.Ils sont de retour à Montréal, mais surtout, ils sont payés.À la demande d'Interscope, ils ont choisi qui allait mixer leur album, rien de moins.Leur choix s'est arrêté sur Mark « Spike » Stent, qui a travaillé avec les Massive Attack, U2 et Oasis.Mobile a assuré des premières parties un peu partout au Canada et donné des spectacles en Europe, réchauffant la salle pour All American Rejects.« Une approche old-school, indique Mathieu Joly.On prend le pouls du public avant de lancer le disque.» Le premier extrait, Montreal Calling, s'est fait entendre sur les ondes radio à l'automne.Out of My Head a suivi sur la bande FM.Des chansons dansantes dans la lignée rock des Killers et d'Interpol.À l'époque de Moonraker, le groupe était plutôt comparé à U2.«J'aime mieux être comparé à U2 et The Killers qu'à Creed, répond Mathieu Joly.Les groupes de notre génération ont grandi en écoutant The Cure et Joy Division.Tomorrow Starts Today est sorti au Canada mardi dernier.Et il sortira en Europe avant d'être lancé aux États-Unis, à l'automne.« Interscope veut percer le marché avec une histoire à raconter », explique Mathieu.À l'heure actuelle, c'est le branle-bas de combat promotionnel partout au pays.Plusieurs spectacles sont annoncés, dont celui du Club Soda, le 6 mai.Juste à en parler, Christian et Mathieu sont fébriles.« Ça fait deux ans que nous n'avons pas joué à Montréal en tête d'affiche », signale le guitariste.Voilà pour la petite histoire de Mobile.Interscope ne met pas de pression, disent Christian et Mathieu.Le but semble plutôt de passer le mot, de créer un hype.Un Simple Plan, non ?Si cinq francophones de l'Ouest-de-l'île ont été capables, pourquoi pas cinq gars de la Rive-Nord ?Mobile a lancé mardi le disque Tomorrow Starts Today avec Interscope, filiale de Universal.FILL158P .DISQUES Retrouvez toutes nos critiques de CD sur www.cyberpresse.ca /arts COLONNE DE SONS PAUL JOURNET COLLABORATION SPÉCIALE SOURCES : SOURCES: BBC.CO.UK, EXCLAIM.CA, BILLBOARD.COM, ROLLINGSTONE.COM LU « J'ai parlé pas mal de Dieu et des croyants récemment.Des chrétiens ont quitténos concerts en disant : « Merde, je ne suis pas venu pour qu'on insultemareligion.»Çamerend heureux.Je ne veux pas de ces fans.» \u2014 Fat Mike, du groupe NOFX, coupable d'anticatholicisme primaire.L'apôtre de l'intolérance prêche encore son credo punk dans Wolves In Wolves Clothing, disque lancé mardi dernier.Le chanteur assure que l'album contient ses meilleurs textes, mais la « même putain de musique que d'habitude » Une rubrique qui cède ses droitsà Michael Jackson PHOTO AP PHOTO REUTERS NEIL CONTRE GEORGE Le rock triomphera-t-il un jour du mal politique ?Neil Young rêve que oui.Il prépare la 17 824e offensive anti-Bush de la planète rock.Le Canadien vient d'enregistrer Living With War, un disque de 10 chansons contestataires.Dans la pièce-titre, il chante « I raise my hand in peace / I never bow to the laws of the thought police / I take a holy vow to never kill again / In the big hotels / In the mosques and the doors of the old museum ».Une autre chanson s'intitule Impeach the President.Pour canaliser cette frustration, le grand-papa du grunge retourne à un son plus musclé.Exit le country mélancolique de son dernier disque, Prairie Wind.Neil Young compare son nouveau matériel à une version « métalfolk » des hymnes protestataires des années 60.Le retour aux sources rassurera les vieux fans.Après des décennies à rocker plutôt à gauche, Neil Young avait publiquement appuyé le Patriot Act après les attentats du 11 septembre.UNE HEURE AVEC BOB DYLAN Bob Dylan animera enfin son émission à la radio satellite XM.Theme Time Radio Hour With Your Host Bob Dylan commencera le 3 mai.Deux mois plus tard que prévu.Chaque émission portera sur un thème.Pour la première, il parlera de météo.Les suivantes traiteront de danse, police, auto et whiskey.Habituellement peu loquace, le chanteur racontera des histoires personnelles et répondra aux questions soumises par courriel.Des invités comme Elvis Costello et Charlie Sheen partageront aussi le micro avec le chanteur de 64 ans.MICHAEL JACKSON EN FAILLITE ?La faillite menace le roi de la pop.Coïncidence, il prépare aussi un nouveau disque.L'album paraîtra l'année prochaine.« Je suis très excité », assurait récemment l'homme de téflon.Probablement car la musique lui change les idées.Depuis son acquittement pour agression sexuelle en juin 2005, Jackson s'est réfugié au royaume de Bahreïn.Il y partage son temps entre esquive de nouvelles poursuites, magasinage déguisé en femme voilée et contrôle de son hémorragie financière.Pour éviter la faillite, Jackson a vendu son domaine Neverland et ses indispensables villages d'Indiens, zoos et manèges pour enfants.Des créanciers refinanceront aussi ses dettes estimées à 325 millions.Pour ce faire, Jackson leur céderait la moitié du catalogue de droits musicaux qu'il partage avec Sony.Comprenant plus de 200 chansons des Beatles et quelques succès de Bob Dylan et Joni Mitchell, le catalogue vaut environ un milliard.Neil Young Michael Jackson Bob Dylan PHOTO REUTERS ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE C'était écrit dans le communiqué, loin à la deuxième page : « Dernière chance de visiter l'expo- vente Les Femmeuses ».Tout un cadeau pour les 20 ans de cette populaire exposition au profit des maisons d'accueil pour victimes de violence conjugale.Si l'annonce étonne, c'est que le traditionnel événement de la fin avril a la réputation d'être un franc succès.Sa marque ?Des foules, une ambiance de fête et une course à l'achat.C'est connu, le gros des ventes se fait dans l'heure qui suit l'ouverture des portes.Pourquoi alors y mettre fin ?Pour changer, simplement, répond- on chez ratt & Whitney, le constructeur de moteurs d'avion de Longueuil.« On a envie de se renouveler, de trouver une autre formule », dit Annick Laberge, la directrice des affaires publiques chez Pratt &Whitney.Ça n'a rien à voir avec un quelconque essoufflement.Il y a toujours plus de visiteurs et plus d'oeuvres vendues.» Un million en 20 ans Les 4500 $ amassés en 1986 paraissent infimes, en sachant que depuis 10 ans, 100 000$ puis 150 000$ ont été atteints.Pour 2006, l'objectif est de totaliser, sur l'ensemble des 20 ans, le million.Ces sommes ont été recueillies grâce à la vente d'oeuvres, de catalogues, de billets pour un tirage et de divers dons.Créées dans le but de venir en aide aux victimes de violence, les Femmeuses distribuent désormais quelque 70 000 $ annuels à sept maisons d'hébergement de Montérégie.À compter de 2007, Pratt & Whitney continuera à verser une somme similaire aux mêmes organismes.L'expo-vente n'a pas enrayé la violence conjugale, mais elle « l'a fait connaître », s'enorgueillit Annick Laberge.Elle a aussi, rappelle-t-elle, servi de vitrine aux femmes artistes.L'idée de départ était simple : réunir deux causes.« Des femmes qui aident des femmes », résume-t-elle en précisant que 50% des revenus de la vente d'oeuvres vont à leurs auteures.Les Femmeuses sont-elles encore nécessaires ?Oui, croit une des membres du comité de sélection depuis le début, Lorraine Palardy, directrice des Impatients.« Mais on peut se poser des questions, dit-elle.Est-ce que c'est correct de rester sectaire, de ne réunir que des femmes ?» Lorraine Palardy admet que l'art au féminin est moins méprisé qu'il y a 20 ans.Mais elle estime que cet événement rassembleur était unique.« Les artistes ont pris cette place et (celle- ci) va tomber.Je ne sais pas quelle sera la réaction, je suppose qu'elles continueront à produire.Mais c'est sûr que la fin des Femmeuses est une perte pour leur visibilité.» Un public assez large Rassembleuse, l'exposition ?Et comment.Parmi les 100 artistes choisies à chaque année, il y en a de tous les genres et niveaux, des pros et des amateures.Pour François Babineau, de la galerie Simon Blais, qui a toujours fourni son lot d'oeuvres (signées Marcelle Ferron, Catherine Farish, Rita Letendre, Violaine Gaudreau.), la chose avait sa logique.« L'expo était assez inégale, dit-il, mais c'était correct parce que ça rejoignait un public assez large.» Large public, comme les prix des oeuvres (de 200 $ à 6000 $, cette année), et fidèle.« Ce sont des collectionneurs occasionnels, ils achètent une fois par année, à ce moment.C'est ça Les Femmeuses », croit Lorraine Palardy.Pour ce public et pour les artistes, la fondatrice des Impatients espère qu'une autre entreprise prendra la relève, qui aura la même énergie de transformer « une cafétéria en galerie d'art ».Pratt & Whitney, elle, ne laissera pas tomber les artistes.« On conserve le nom des Femmeuses, assure Annick Laberge.Le 29 avril, on annoncera de quelle façon.» .LES FEMMEUSES, les 29 et 30avril, de 10h à 17 h, chez Pratt&Whitney Canada, 1000, boul.Marie-Victorin, Longueuil ; infos : 450647-3929.Vingtièmes et dernières Femmeuses VINGT ANS DE FEMMEUSES > Première exposition, décembre 1986 : 19 tableaux vendus, 4500 $ amassés.> 19e exposition, avril 2005 : 113 oeuvres vendues (sur 144), 150000 $ amassés.> Depuis 1986 \u2014500 artistes exposées \u201493 000 visiteurs \u2014 1300 oeuvres vendues \u2014900 000 $ amassés > Plus grosse vente : 20 000 $, en 2002, pour une oeuvre de Marcelle Ferron.> Plus gros prix demandé en 2006 : 6500 $ pour une huile de 1975 de Marcelle Ferron.PHOTO FOURNIE PAR PRATT&WHITNEY La fin des Femmeuses n'a rien à voir avec un quelconque essoufflement.Il y a toujours plus de visiteurs et plus d'oeuvres vendues.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H00 TV5 ÉCRANS DU MONDE Rencontre avec Caroline Dhavernas, qui joue aux côtés de Kevin Pollack dans Niagara Hotel.18H30 a CINÉMA : SIGNES Un veuf vit tranquille sur sa ferme avec ses enfants quand surviennent des phénomènes étranges sur sa terre.Avec Mel Gibson et Joaquin Phoenix.19H00 A MA VIE, C'EST LE THÉÂTRE En hommage à la directrice du Théâtre du Rideau Vert, Mercedes Palomino, décédée cette semaine, on a la bonne idée de rediffuser ce documentaire d'une heure sur sa carrière et son oeuvre.Pour réentendre Mme Palomino parler avec passion de son théâtre et les témoignages de Gérard Poirier, Marc Labrèche, Denise Filiatrault, Andrée Lachapelle et d'autres.19H00 RDS COUPE STANLEY 2006 Pour son premier match en séries éliminatoires, le Canadien affronte les Hurricanes.Commencez une neuvaine.20H00 MMAX MUSICOGRAPHIE DE RAYMOND LÉVESQUE Un voyage dans l'univers de l'auteur-compositeur, poète, écrivain et militant Raymond Lévesque, avec la participation de Charlebois, Vigneault, Ferland, Clémence et plusieurs autres.Quand les hommes vivront d'amour a 50ans ! 21H00 SE CINÉMA : C.R.A.Z.Y.Le film aux multiples prix de Jean- Marc Vallée qui dépeint le portrait d'une famille québécoise dans les années 60 à 80.Un petit bijou à découvrir ou à revoir, avec Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx et Pierre-Luc Brillant.Le Téléjournal SIGNES (3) avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix Les Missions de Patrice / Normand Brathwaite Le Téléjournal Perdus Le TVA 18 heures L'ARME FATALE III (5) avec Mel Gibson, Danny Glover LES GIRLS DE LAS VEGAS (6) avec Elizabeth Berkley, Kyle Mac Lachlan Rire et Délire MISSION: IMPOSSIBLE (3) avec Tom Cruise, Jon Voight LA MAISON SUR LA FALAISE (5) avec Kevin Kline, Hayden Christensen (20:45) Le Grand Journal Doc Nature / Fifi, la chimpanzé (2/2) Ma vie, c'est le théâtre Libre Échange Belle et Bum/ Jorane, Oliver Jones, Sylvie Desgroseilliers THÉRÈSE (2) avec Catherine Mouchet, Aurore Prieto CTV News Sportsnight W-Five / RCPM - Siamese Twins PLAGUE CITY: SARS IN TORONTO (5) avec Kari Matchett, Lannette New Cold Squad CTV News CTV News Reg.Contact Sat.Report Sat.Night Hockey / Séries éliminatoires: Canadiens - Hurricanes CHARIOTS OF FIRE (3) avec Ben Cross, Ian Charleson ABC News The Insider Will & Grace PRETTY WOMAN (5) avec Julia Roberts, Richard Gere Sex & the City News CBS News Entertainment this Week 48 Hours Mystery SOMETHING'S GOTTA GIVE (4) avec Jack Nicholson, Diane Keaton News NBC News Stargate SG-1 Celebrity Cooking Showdown Law& Order: Criminal Intent News Sat.Night The Lawrence Welk Show As Time.Neighbors .Served?Chef! Jeeves and Wooster JUDGMENT AT NUREMBERG (3) avec Spencer Tracy BBC News Great.Mountain.Mc Laughlin Monarch of the Glen My Family Fresh Fields Pie in the Sky BBC News HEARTBEAT American Justice City Confidential Cold Case Files American Justice Vive les mariés! Pour l'amour du country Viens voir./ Yves Jacques Toute une soirée au cirque TRAPÈZE (3) avec Burt Lancaster, Gina Lollobrigida (22:10) Arts, Minds StarTV Legends of Madiba Soweto Gospel Choir Godiva's Sex and the City Mon oeil! / Sang, sexe.Fou! Fou! Fou! Premier spectacle de Mario Jean Excès de stars / Crimes.Excès de stars .face au défi chinois .showbusiness Capharnaüm Le Choc Amérique Europe.La FAD.Bilan.télé_vision Durs à cuire Jeux de vie Howit's Made Beyond Tomorrow Myth Busters Canada's worst Handyman American Chopper Breaking Vegas .la France Julie.Au fil de l'eau Destination Monde .haciendas Xin Chào / Hanoi .plongée Inspiration Pub .Sadie (18:06) Darcy's(18:33) .so Raven .(19:25) Life.(19:49) .movies (20:42) I DO, THEY DON'T avec Josie Bissett, Rob Estes A FINE MESS (5) avec Ted Danson, Howie Mandel Pub .70s Show Seinfeld NASCAR:Nextel Cup Series / Phoenix 500 Mad TV House.2 Chance Canwest Spelling Bee 2006 Final 24 Blue Murder Queens of Diamond Driving TV Sat.Night .qui ont changé le monde Passion Maisons / La Prairie Avions / .volent au secours JAG UN APRÈS-MIDI DE CHIEN (2) avec Al Pacino, John Cazale Turning Points of History Masterminds Things.Betrayal THE NEWTON BOYS (4) avec Matthew Mc Conaughey, Skeet Ulrich Masterminds .(16:00) Benezra .le monde?Made in.Musico./ Raymond Lévesque Les 101 faux pas les plus.Génération 80: 1989 La vie.Les stars.BO2 Roule.Exposé Exposé Hogan.Tommy Lee Pimp mon char Mes vieux.Concert Plus: Black Eyed Peas La Caravane From Egypt Magazine libanais Paysage.Arigato Parsvision Polonia Teleritmo Mad TV World News Fashion File Marketplace/Venture Antique Roadshow Sat.Report Mansbridge The Lens:Moscow Freestyle Marketplace Special La Semaine verte Le Monde L'Épicerie Enjeux Le Téléjournal Vivre ici Zone libre Le Téléjournal Vu du large Sports 30 (17:30) Hockey / Séries éliminatoires: Canadiens - Hurricanes Sports 30 La Série Indycar / Japon Destins croisés Doc La Loi & l'Ordre Trafic sexuel Témoins silencieux Nos vies secrètes Laurel Canyon (17:35) Brice de Nice (19:15) C.R.A.Z.Y.(21:05) .(23:15) Silent Witness NORTH OF SIXTY: DREAM STORM avec Tina Keeper Blue Murder SEX & LUCIA (5) avec Paz Vega, Tristan Ulloa MutantX Supernatural Battlestar Galactica THE ONE (5) avec Jet Li, Jason Statham TIMECOP (5) Hockeycentral Sportsnetnews Saturday Night Poker NASCAR 2006 / Nextel: Phoenix 500 Sportsnetnews Je vis ta vie Visez.mille Panorama Affaires.La Cité durable MOUVEMENTS DU DÉSIR (5) avec Valérie Kaprisky Abasaruzi Shalom in the Home Little People, Big Convention Little People, Big World Trading Spaces Tuckerville Little People, Big World Sportscentre Hockey / Séries éliminatoires: Flyers - Sabres Sportscentre IRL Auto.Bratz.(17:00) Billy.Titans .Tweety Futurama Les Simpson Les Griffin South Park La Côte.Les Simpson Polyvalente Écrans.Journal FR2 Passep Art Tous avec Vigneault au bout du monde Ma vie, c'est le théâtre Le Journal d.On ne peut.Animal.Undersea.National Geographic THE UGLY AMERICAN (5) avec Marlon Brando, Eiji Okada (20:05) THE CHASE (2) avec Marlon Brando Superwoman.ras-le-bol! Décore ta vie Métamorphose Oui, je le veux! .la cigogne On a échangé nos mères .parents gèrent ma dette Erreurs médicales .dada Parole et Vie .arts Esprit libre Baromètre Top plus City Life Que-ritmo Le Guide de l'auto Méchant.Une grenade.galaxie .j'aime Touche pas.Parents.70 Il était une.Anormal Réal-TV Loup-garou Prank Patrol Zixx: Level2 Ghost.Dark Oracle Smallville THE KARATE KID (4) avec Ralph Macchio, Noriyuki Morita Bolides Délire techno Tru Calling Alias L'EFFROYABLE CHOSE (4) avec Kurt Russell, Wilford Brimley Le TVA (23:45) CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 BEV VD VDO CÂBLE PBS CTV :S+: :SE: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :NW: :HI: :HIST: :MMAX: :MP: :MTL: :RDI: :RDS: CBC ABC CBS NBC TVA TQS TQc CÂBLE PBS CTV VD VDO SRC ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE/ Philippe Avron Rire fragile Le saumon retraverse l'Atlantique Une lune de miel avec Philippe Avron JADE BÉRUBÉ CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Le rire, c'est étrange.Voilà la petite phrase avec laquelle l'acteur et créateur Philippe Avron entame son huitième solo Rire fragile.Chose étrange que le rire, en effet.Petite cascade que l'on ne sait pas maîtriser.Petit soulagement devant un monde qui tourne de plus en plus.au vinaigre.Après le parcours initiatique de Je suis un saumon et l'apprivoisement des morts avec Le Fantôme de Shakespeare, Philippe Avron semble ici en quête de communions.Au pluriel.L'acteur de 77 ans monte cette fois sur scène, non pas pour raconter une histoire, mais bien pour y rechercher ce qu'il appelle des rapports d'abeilles, ces petits liens amicaux et tendres que l'on entretient parfois avec son prochain.Pour bien nous faire comprendre, Avron interprète tout d'abord tour à tour les habitants de son quartier d'Issy-les-Moulinots avec qui celuici butine tous les jours : l'Arménien qui tient un centre de photocopies à des kilomètres de son pays, le vieux garçon de café qui a l'air « d'un vieux jeune marié» dans son éternel habit de manchot défraîchi, monsieur chaussure, monsieur mafemme- m'attend, la bouchère qui, un matin, se fait mordre par son chien et madame Sauvageau, que l'on voit de moins en moins.Chacun a sa verve, chacun son caractère.Et Avron remplit, grâce à eux, ses corbeilles à pollen.La description des ces relations amicales sera suivie d'un retour aux sources.Avron retrouve avec bonheur la classe de philo que l'on retrouve dans quelques-uns de ses solos.Dix ans plus tard, les élèves reviennent sur les lieux de l'apprentissage, rendre un dernier hommage à monsieur le professeur, sous forme de petits comptes-rendus de leurs expériences de vie.Le rire en sera bien sûr le thème.Contrairement aux deux précédentes créations, le propos des petites histoires que nous raconte ici Avron ne m'apparaît pas la véritable matière première de ce solo.Il sert plutôt de prétexte à faire bouger les antennes.Si Avron a toujours soutenu que le public est l'enjeu d'un spectacle, il en fait clairement la démonstration ici.À l'affût de nos éclats de rire, de nos sourires, de nos silences, de notre attention, Avron nous parle tout en nous voyant dans sa soupe.L'impression troublante d'un insolite rendez-vous amoureux s'installe.Reste à savoir si tout le monde dans la salle a envie de butiner.Juste pour l'expérience, la participation vaut certes la peine.Mais Avron ne se contente pas de faire des observations sous cape (nous savons qu'il prépare un prochain solo sur le lien privilégié entre l'acteur et le public).« Monsieur l'artiste » tend des perches, truffe son texte de références à Nietzsche, Montaigne, Kant, Brel, Reggiani (!) et j'en passe.Impossible de tout attraper au vol.C'est peut-être ici que certains d'entre nous seront perplexes car il faut avoir la culture générale en alerte pour apprécier les nombreux clins d'oeil qu'Avron nous offre à une vitesse folle.Néanmoins, le néophyte y trouvera son compte.Les rapports d'abeilles, c'est tout sauf théorique.JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Il est saumon mais aussi charmeur de fantômes.À 77 ans, l'auteur et acteur Philippe Avron tient toujours le pari qu'il a fait à Shakespeare: être un gamin éternel.Joint au téléphone un peu plus tôt cette semaine pour parler de son dernier solo intitulé Rire fragile, Avron tend des perches, semble tenir par la main les grands de ce monde et soudainement éclate de son rire taquin.Parler à Philippe Avron, c'est parler aux anges.Pourtant, après avoir remonté la rivière et joué avec les spectres dans son grenier imaginaire, l'homme qui a enchanté le Québec avec Je suis un saumon et Le Fantôme de Shakespeare s'inquiète.Si l'enchantement reste l'essence du monde, la capacité de s'émerveiller semble de plus en plus difficile à atteindre.D'où le titre de son plus récent solo qu'il viendra présenter à Montréal dans quelques jours, Rire fragile.« Il y a tellement de misère et de malheur autour de nous que lorsqu'on rit, on n'est plus sûr d'en être rassuré », explique-til, inquiet.Nietzsche a dit : le rire est ce qui libère du malheur du monde.Mais je ne suis pas certain que cela soit encore possible.On rit encore, bien sûr, parce qu'on en a besoin, parce que c'est vital.Mais c'est fragile.Parce que tout désormais est menace.» Cette vulnérabilité, Avron décide de la contrer de front.« Je me suis aperçu que lorsque je n'avais pas ri avec quelqu'un, il me manquait quelque chose.Si je n'ai pas la complicité du rire, je ne parviens pas à une relation idéale pour moi.» Il consacre donc un nouveau solo à ces complicités totales qui sauvent la vie, inopinément.« Ce sont étrangement les rencontres simples qui permettent ça.Ces rencontres que l'on a dans notre quartier, avec le boucher, le boulanger, le charcutier, le fromager, le papetier, le pâtissier, le pharmacien.» J'entends alors le sourire contagieux de mon interlocuteur à travers le combiné du téléphone.« J'appelle ça des rapports d'abeille.Parce que lorsqu'on se voit, il y a les antennes, le pollen et les corbeilles à pollen.Quand on rentre chez soi après, on a tout ce qu'il faut pour butiner.» À cette comparaison toute animale, je ne résiste pas davantage : le rire, propre à l'humain, n'est-il pas doublement hors de portée.pour un saumon ?« Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation scientifique, me répond- il le plus sérieusement du monde.Les animaux rient.J'ai eu une colombe que j'aimais beaucoup.On jouait souvent à Kant tous les deux.(Selon Kant, la colombe croit que s'il n'y avait pas d'air, elle volerait mieux.) Eh bien, cette colombe elle riait.Elle essayait de voler de la table à la chaise et si elle réussissait son vol, elle riait vraiment.» L'imitation sonore que m'offre Avron est à la fois indiscutable et intraduisible.« J'ai aussi eu un chien qui avait beaucoup d'humour.Vous voyez bien.» Dans les étoiles Constamment en ébullition, devrions-nous dire en émerveillement, Avron étire généralement son processus de création sur une période de trois ans.« Je tourne et tourne autour d'une idée.La poussière en tournant crée soudainement une forme, comme dans l'espace.Et si cette forme semble assez riche pour faire des associations d'images et de personnages susceptibles d'intéresser le public \u2014 car c'est le public qui est engagé dans ce processus de création \u2014 j'essaie d'aller au bout de cette idée.Le public croit souvent qu'il est simple spectateur, mais il est l'enjeu, poursuit- il.Je suis certain que Molière entendait les rires du public en écrivant ses pièces, seul dans son bureau.Il m'arrive parfois d'écrire directement au lieu d'improviser à haute voix et je remarque que le résultat est trop littéraire.Ce n'est pas du théâtre.Parce que le théâtre ce sont des questions et non des affirmations.Ça doit se tenir loin des certitudes.» Le créateur septuagénaire qui a joué sous la direction de Jean Villar revient donc à notre grand plaisir à Montréal pour présenter trois solos en rafale les 27, 28 et 29 avril au Théâtre Denise-Pelletier.Le solo Je suis un saumon (Molière du meilleur solo 1999), qui a ravi le public montréalais il y a sept ans, sera suivi du solo Le Fantôme de Shakespeare (Molière du meilleur solo 2002) et du huitième et plus récent solo d'Avron, Rire fragile.Une occasion de (re)découvrir la magie saumonette.TRILOGIE AVRON, au Théâtre Denise-Pelletier : Je suis un saumon, le 27 avril à 20 h ; Le Fantôme de Shakespeare, le 28 avril à 20h ; Rire fragile, le 29 avril à 20 h.PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION « Je me suis aperçu, note Philippe Avron, que lorsque je n'avais pas ri avec quelqu'un, il me manquait quelque chose.Si je n'ai pas la complicité du rire, je ne parviens pas à une relation idéale pour moi.» L'acteur de 77 ans monte cette fois sur scène, non pas pour raconter une histoire, mais bien pour y rechercher ce qu'il appelle des rapports d'abeilles.« Il y a tellement de misère et de malheur autour de nous que lorsqu'on rit, on n'est plus sûr d'en être rassuré.» THÉÂTRES D'ÉTÉ Le cahier spécial L'Été culturel sera publié le samedi 27 mai.Les responsables des théâtres d'été sont priés de faire parvenir leurs programmations, au plus tard le 10 mai, à : Pierrette Bouchard La Presse 7, rue Saint-Jacques Montréal, Québec, H2Y 1K9 Télécopieur : 514 285-4814 Courriel : lp2@lapresse.ca PARIS NEW YORK LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE LA RECONVERSION DE BRICE DE NICE Avant Un gars, une fille, version française, Jean Dujardin était un parfait inconnu.Devenu célèbre grâce à cette minisérie quotidienne devenue culte, il a réussi à en sortir à temps, après trois ans de diffusion.Et à connaître un nouveau genre de célébrité, avec un film débilo-délirant pour ados, Brice de Nice, le troisième succès de l'année 2005 avec 4,2 millions d'entrées.Avec OSS 117, Le Caire, nid d'espions, sorti mercredi dans 400 salles, Dujardin vient peut-être de franchir une étape de plus: la reconnaissance officielle de la presse intello et culturelle.Pour cette parodie très drôle et très réussie \u2014 décors de carte postale, défilé de clichés coloniaux des années 50 \u2014, Dujardin vient d'être couvert de fleurs par Les Inrockuptibles, Télérama, Libération et Le Monde.En franchouillard prétentieux et crétin, comme dans la série à succès de Jean Bruce dans les années 50, Hubert Bonisseur de la Bath envoie tous ses ennemis au tapis et vous fait mourir de rire.LES MENACES CONTRE BÉATRICE Béatrice Schönberg est très belle, elle fait bien son métier de présentatrice du journal télévisé de France 2 (audience: plus de 5 millions), les vendredi, samedi et dimanche.Le seul problème: son mari, Jean-Louis Boorlo, est également le très important ministre des Affaires sociales, c'est-à-dire le numéro trois du gouvernement Villepin.Et souvent sous les feux de l'actualité.Dans des pays de tradition anglo-saxonne, on ne tolérerait pas une telle confusion des genres.En France, rien n'est jamais aussi clair: sur France 3, Christine Okrent, qui dirige une grosse émission politique, est aussi la femme du socialiste Bernard Kouchner, longtemps ministre et toujours vedette de la politique.Mais la crise récente du CPE a provoqué un profond malaise au sein de la rédaction de France 2.Et Béatrice est sur un fauteuil éjectable.FRANCE-SOIR : LE CADAVRE DE LA PRESSE POPULAIRE On a déjà vu ça dans l'histoire des médias, mais tout de même! Un quotidien parisien, qui ne compte plus que 100 salariés, avec une diffusion tombée à 50 000 exemplaires, décide ces jours-ci à quelle sauce il veut être mangé.D'un côté, un milliardaire russe poursuivi par la justice française et réfugié en Israël qui assure ne vouloir licencier personne.De l'autre, un duo formé d'un journaliste sportif et d'un homme d'affaires, qui proposent de virer 50 personnes, de supprimer les pages politique, culture et spectacles et le service photo.Ce cadavre médiatique a pour nom : France-Soir.Fondé en 1944 par Pierre Lazareff, il avait atteint une diffusion de 1 350 000 exemplaires en 1957.Avant d'amorcer un lent déclin, qui s'est accéléré dans les 20 dernières années, tandis que le journal changeait cinq fois de propriétaire.France-Soir n'a pas réussi à prendre le virage, contrairement aux tabloïds anglais, explique un historien de la presse, Patrick Eveno.Ce sont de mauvais journaux, mais cette presse est mieux que rien: elle donne l'occasion aux gens de discuter, de foot, de crime, de sexe, un peu de politique.Sans eux, il ne reste à cette clientèle populaire que la télé.» VILLEPIN: CPE, CONTRAT PREMIÈRE EXPO?Après les très gros ennuis connus sous le nom de CPE (contrat première embauche), qui ont mis des millions de gens dans la rue, voici des ennuis bien plus modestes, mais que les mauvais esprits ont aussitôt baptisé CPE, Contrat première expo.Dans la veine du «patriotisme économique», récemment vanté, Dominique de Villepin avait expressément commandé à son ministre de la Culture l'organisation d'une grande exposition, La Force de l'art, qui ouvrira ses portes le 9 mai au Grand Palais.Avec l'ambition de devenir triennale.Or ce qu'on appelle désormais «l'expo Villepin» a cette particularité de ne programmer.que des artistes français.Il y a ceux qui déplorent tant de moyens (3 millions d'euros) pour une manifestation trop «locale»: «Que dirait-on si la Biennale de Venise ne présentait que des Italiens?» Et les autres, qui dénoncent la précipitation\u2014toute politique et électorale de Villepin \u2014 de cette expo, finalement organisée dans la confusion par 15 commissaires.Après que, notamment, Catherine Millet, directrice d'Art Press, eut décliné une offre qui sentait trop l'improvisation, «l'expo Villepin» s'ouvrira dans une ambiance de boycottage du milieu artistique.Jean Dujardin DOMINIQUE DE VILLEPIN PHOTO AFP / JOEL SAGET © ARTS ET SPECTACLES NOUVELLES DU DISQUE Intégrale Nielsen Brilliant, qui ne fait pas que de la réédition mais fait aussi de la production récente, sort une intégrale des six Symphonies de Carl Nielsen réalisée l'an dernier en République tchèque.Les interprètes : l'Orchestre Philharmonique Janacek, d'Ostrava, dirigé par Theodor Kuchar.Casavant au Tennessee L'organiste Robert Delcamp signe chez Naxos un programme d'oeuvres d'Alexandre Guilmant au Casavant de la Chapelle de l'Université de Sewanee, Tennessee.Symphonies de Eybler Joseph Eybler, l'un des musiciens de l'entourage de Mozart qui travaillèrent à compléter le Requiem du maître, figure comme compositeur sur un récent disque CPO avec deux symphonies jouées par l'Orchestre de chambre de Genève, dir.Michael Hofstetter.Sibelius à Londres LSO, la marque-maison du London Symphony Orchestra, sort un enregistrement du « poème symphonique vocal » Kullervo, de Sibelius, réalisé en concert l'an dernier.À l'orchestre dirigé par Sir Colin Davis s'ajoutent le baryton Peter Mattei, la mezzo Monica Groop (entendue ici récemment dans la Clemenza de Mozart) et le choeur masculin du LSO.CLASSIQUE Le tuba soliste CLAUDE GINGRAS Le plus grave des cuivres de l'orchestre et, avec la harpe et la contrebasse, le plus encombrant de la formation, le tuba est rarement utilisé comme soliste.En fait, le Concerto en fa mineur que lui destina Ralph Vaughan Williams en 1954 est à peu près unique au catalogue.James Gourlay, virtuose écossais du tuba, a pourtant déniché trois autres concertos britanniques pour son instrument \u2014 précision : le tuba- basse, le plus fréquenté de la famille des tubas \u2014 et les a enregistrés, avec l'inévitable Vaughan Williams.Comme le Concerto de Vaughan Williams est le plus connu et le plus ancien des quatre, il eût été plus logique de le placer en premier plutôt que vers la fin du disque.Les trois autres compositeurs sont d'ailleurs très peu connus.On entend d'abord le Concerto de 1978 d'Edward Gregson, écrit à l'origine avec harmonie et transcrit plus tard avec orchestre.Autre transcription : le Concerto de Roger Steptoe, de 1983, dont les trois mouvements étaient à l'origine des pièces pour tuba et piano.Les deux concertos comportent, comme le Vaughan Williams, les cadences traditionnelles, alors que le Concerto de John Golland, datant des années 80, n'en compte pas.Le tuba étant un instrument très difficile à maîtriser, les quatre oeuvres font précisément appel à la pleine virtuosité du soliste et James Gourlay s'y révèle un technicien de première force, atteignant les notes les plus profondes de l'ambitus avec justesse et rondeur.En même temps, il tire le plus d'expression possible d'un instrument plutôt grotesque, il sait jouer legato comme il sait jouer staccato, et il a le sens de la dynamique.Conscients des limites du tuba comme instrument soliste, les quatre compositeurs se rejoignent autour d'une même idée : obtenir de l'orchestre la variété et la couleur que le tuba ne possède pas.Autrement dit : lorsqu'on trouve le tuba un peu monotone, on écoute l'orchestre tout autour ! FFFF .JAMES GOURLAY, tuba, Royal Ballet Sinfonia, dir.Gavin Sutherland : Vaughan Williams, Gregson, Steptoe, Golland\u2014Naxos, 8.557754 www.mbam.qc.ca UNE PRÉSENTATION DE DÉJÀ PLUS DE 125000 VISITEURS DERNIÈRE CHANCE DE VOIR LE CARROSSE DU COURONNEMENT DE LA GRANDE CATHERINE EN CIRCULATION CE CHEF-D'OEUVRE RETOURNE EN RUSSIE POUR NE PLUS JAMAIS EN SORTIR.POUR AVOIR LE TEMPS D'APPRÉCIER PLEINEMENT LES PEINTURES ET DORURES QUI LE PARENT, ÉVITEZ L'AFFLUENCE DES DERNIERS JOURS.OUVERT DU MARDI AU DIMANCHE DE 11H À 17H LES MERCREDIS SOIRS À MOITIÉ PRIX DE 17H À 21H 514.285.2000 OU 1 800 899.MUSE 1379, RUE SHERBROOKE OUEST Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins.Accompagnés de leurs parents.Non applicable pour les groupes.L'exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée des beaux-arts de l'Ontario et le musée de l'Ermitage, en collaboration avec la Fondation canadienne du musée de l'Ermitage.Manufacture royale des Gobelins, Carrosse du couronnement des Romanov (détail), premier quart du XVIIIe s., restauré en 1856, chêne, hêtre, frêne, pin, fer, acier, cuivre, bronze, argent, verre, cuir, soie, tissu.Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.CATHERINE DE RUS S I E J U S Q U' A U 7 MA I 2 0 0 6 3376632A Olivier Greif: pourquoi?CLAUDE GINGRAS L'existence d'Olivier Greif, compositeur français d'origine judéopolonaise, correspond exactement à la seconde moitié du XXe siècle : né en 1950, il est mort en 2000.Sa musique est celle d'un homme extrêmement tourmenté.C'est en tout cas l'impression qu'on retire du disque groupant en 62 minutes deux oeuvres de lui : une Sonate de Requiem pour violoncelle et piano et un Trio pour piano, violon et violoncelle.Deux des interprètes sont bien connus : la violoncelliste Emmanuelle Bertrand et le pianiste Pascal Amoyel.Le nom de la violoniste est nouveau: Antje Weithaas, qui est Allemande.En quatre mouvements enchaînés, la Sonate pour violoncelle et piano est décrite par son auteur comme « une méditation sur la mort », la mort étant considérée ici « comme perte, comme voyage et comme contemplation ».Quant au Trio, il contient de nombreuses citations de musiques familières, de Chostakovitch à Cilea (!), en passant par une fameuse chanson napolitaine où l'auteur affirme son « horreur du bel canto », confondant bel canto et chanson napolitaine avec une rare inconscience.On peut ignorer le risible Trio.Pour ce qui est de la Sonate, les effets sonores requis des deux instruments sont souvent très originaux, mais le résultat s'arrête là : aux effets.On reconnaît la recherche, l'extrême difficulté d'exécution et le brio avec lequel les deux musiciens s'en tirent.On attend simplement \u2014 en vain \u2014 une idée, une pensée, une émotion.Les notes sont à lire.On y apprend qu'Emmanuelle Bertrand a joué avec l'« Orchestre Symphonique du Grand Montréal ».OLIVIER GREIF : musique de chambre.Harmonia Mundi, HMC 901900 ."]
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