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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2006-03-12, Collections de BAnQ.

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[" PLUSUNEGRIPPE, DE MULTIPLES CONSÉQUENCES PAGES 4 ET 5 GRIPPE AVIAIRE CRAINTE FONDÉE OU PARANOÏA?La liste s'allonge.Vendredi, on annonce la mort de deux gamins en Indonésie, victimes de la grippe aviaire.Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure croit que la souche mortelle de la maladie pourrait atteindre les États-Unis dans les prochains mois.Leministre Philippe Couillard, lui, prévoit 8500 morts au Québec si la pandémie se déclare et met en branle un vigoureux plan de lutte.Des éleveurs de volaille craignent qu'on ait « peur d'avoir peur », que la population panique et que les marchés s'effondrent alors que rien de majeur n'est encore survenu.Que penser de cette menace ?Comment s'y préparer?Nos journalistes font le point.À lire en pages 2 à 5 PHOTO ROBERTMAILLOUX, LA PRESSE© Marie-Josée Garneau n'a pas peur que la grippe entre chez elle La proprio de Canard goulu craint la réaction des autorités en cas de pandémie Le spectre de la grippe aviaire n'inquiète pas que les autorités publiques.Les producteurs de volaille sont eux aussi sur les dents.Pour des raisons économiques évidentes, d'abord, même si la consommation de poulets, de dindons et de canards se maintient pour l'instant au Québec.Mais aussi parce que leurs volatiles, ils y sont attachés.C'est leur vie, et ils ne veulent pas la voir basculer du fait d'une pandémie encore hypothétique.STÉPHANIE BÉRUBÉ « C'est pas vrai qu'après avoir autant travaillé, tout va s'envoler.» Marie-Josée Garneau a laissé le droit pour se consacrer à l'élevage de la volaille en 1997.La petite ferme artisanale du Canard goulu est située à Saint-Apollinaire, dans un coin très tranquille de la rive-sud de Québec.Mais depuis quelques semaines, les nuits de l'éleveuse sont moins paisibles.Pas parce qu'elle craint la grippe aviaire : parce qu'elle croit que si on continue de parler de pandémie avant le temps, peut-être les gens finiront par avoir peur de la volaille.Et pour les éleveurs, ceux qui ont bâti leurs entreprises avec des heures de travail interminables et un dévouement sans limite pour leurs bêtes, ce serait une catastrophe.« Moi, je n'ai pas peur que la grippe aviaire entre dans mes bâtiments », dit Marie-Josée Garneau.Au Canard goulu, les normes de biosécuri té sont rigoureusement respectées afin de protéger les employés et les animaux.Mais si les oiseaux d'un éleveur moins consciencieux sont infectés et que le gouvernement décide de tuer tous les oiseaux des environs, ses canards y passeront peut-être.« Les éleveurs vous le diront : dans des situations comme ça, ils se rendent compte à quel point ils aiment leurs oiseaux, raconte le professeur et vétérinaire Jean-Pierre Vaillancourt.Ça peut paraître curieux de dire ça pour des oiseaux destinés à l'abattage.Mais là, on leur dit : on va les tuer et les composter dans vos bâtiments.» L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a prévu des compensations si des éleveurs perdent leurs volatiles.Mais l'argent n'est pas l'unique problème.Une fois l'abattage terminé, le producteur est laissé à lui-même.« On fait tout notre possible pour bien leur expliquer pourquoi on doit éradiquer, raconte le vétérinaire de l'ACIA, François Caya.Mais ça demeure une expérience très stressante pour un agriculteur.» En Colombie-Britannique, la crise de 2004 a coûté 450 millions de dollars à l'industrie de la volaille et 17 millions de volatiles ont été abattus.Le virus s'était présenté très sournoisement, ce qui avait ralenti la réaction des agriculteurs.« Ici, ça a été un cauchemar », raconte une éleveuse dont les canards ont été épargnés.Certaines de ses collègues ont eu moins de chance.Et deux ans après le drame, elles ne sont toujours pas capables d'en parler sans pleurer.Le professeur de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, Jean-Pierre Vaillancourt a beaucoup travaillé avec des éleveurs qui ont perdu leurs animaux dans des circonstances tragiques.« Je me souviens d'une conférence où un éleveur de Colombie-Britannique, un grand gars dans la cinquantaine, plus de six pieds, a dû interrompre sa présentation, raconte-til.À cause de l'émotion.» Le fermier avait perdu tout son élevage dans la crise.« Il a dû vivre avec une ferme vide durant six mois », poursuit le professeur Vaillancourt, qui est maintenant responsable de l'Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles.Les ventes de volailles n'ont pas baissé Apparemment, les Québécois n'ont pas perdu confiance.La fin de semaine dernière, malgré la mise en quarantaine hautement médiatisée de huit fermes québécoises, les ventes de volailles n'ont pas chuté, a-t-on observé à la Fédération des producteurs de volailles du Québec.Chez Canards du Lac Brome, on compte même profiter de la situation pour augmenter les exportations dans des marchés qui ont cessé l'importation de produits français depuis qu'on a découvert des cas de H5N1 dans un élevage de dindons.« La grippe aviaire, ça ne date pas d'hier, dit le président de Canards du Lac Brome, Claude Trottier.Il y a des problèmes avec tous les élevages.Est-ce qu'on devrait arrêter de tout manger ?Non ! » D'autant plus que le canard ne se mange pas en sushi : les rillettes, les pâtés de foie, les saucisses, les magrets et les confits qu'il produit se mangent cuits.La cuisson, on le sait, tue les virus, les bactéries et les parasites.« La réaction des gens va dépendre en grande partie de la façon dont les nouvelles vont être véhiculées, poursuit Claude Trottier.L'Agence canadienne est très sévère et le Canada est un des pays les plus sécuritaires.Il faut bien expliquer les choses.» Jusqu'à nouvel ordre, les volailles québécoises seront confinées, malgré l'arrivée du printemps.Au Canard goulu, les poules, les coqs, les oies et les canards qui prenaient l'air l'été, dans un étang où les visiteurs pique-niquaient, resteront à l'intérieur cette année.À la Ferme basque, dans Charlevoix, on est en train de refaire les bâtiments, afin que les canards puissent se promener quand même, dans l'ombre de leur poulailler.Ce qui pose tout un casse-tête pour leur propriétaire.« Les canards, ils aiment marcher, dit Isabelle Mihura, très triste.Ils mangent des insectes quand ils sont dehors.Ça nous fait de beaux canards costauds.» La propriétaire parle de ses oiseaux comme d'amis.Elle raconte la fois où une dame l'avait appelée, de l'autre bout du village, pour lui dire qu'un de ses canards avait fait une marche jusque chez elle.Il avait fallu aller le chercher en voiture pour le ramener à la maison ! « Les gens ne réalisent pas, explique M.Vaillancourt, que ce n'est pas qu'une crise de l'industrie qui se présente à nous.C'est une crise de tout le monde rural.» PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Marie-Josée Garneau possède la petite ferme artisanale du Canard goulu, à Saint-Apollinaire, sur la rive-sud de Québec : « Moi, je n'ai pas peur que la grippe aviaire entre dans mes bâtiments.» Du poulet au resto?La direction des restaurants Poulet frit Kentucky explique que si ses derniers résultats financiers ont été décevants, c'est en partie attribuable à la peur de la grippe aviaire.Il faut dire que la chaîne est très populaire en Asie, son plus grand restaurant dans le monde étant précisément situé face à la place Tiananmen, à Pékin.Espérant prévenir le coup, la chaîne a déjà produit une série de messages publicitaires rassurants pour le marché américain, au cas où il y aurait une pandémie de grippe.« Nous espérons ne jamais avoir à les montrer », a tout de même noté une porte-parole de PFK.Au Québec, les rôtisseries St-Hubert n'ont pas attendu l'apparition de la grippe aviaire.Leur personnel est, apparemment, prêt à répondre aux questions de la clientèle.En plus des habituels cours sur l'hygiène et la salubrité, la direction a mis à la disposition des serveuses des fiches questions-réponses pour rassurer la clientèle, si crainte il y a.La Fédération des producteurs de volailles du Québec a aussi préparé de la documentation pour les restaurants qui souhaiteraient informer leurs clients.Le resvératrol.Parmi les cures préventives à la grippe aviaire que l'on suggère sur différents sites Internet plus ou moins sérieux, le resvératrol est particulièrement populaire.Cette composante du raisin, qui se retrouve aussi dans le vin rouge, a des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires bien connues.La rumeur lui attribue maintenant des effets préventifs pour le virus de la grippe aviaire.« On ne sait pas trop, puisqu'il n'y a pas eu de recherches vraiment sérieuses à ce sujet », indique Jim Callahan, le porte-parole américain de la compagnie de jus de raisin Welch.Celle-ci a néanmoins publié un communiqué pour rappeler à sa clientèle que son jus contient justement du resvératrol.GRIPPE AVIAIRE LA CRAINTE D'UNE PANDÉMIE PRODUCTION MONDIALE DE POULET (Millions de tonnes) LES PRINCIPAUX PRODUCTEURS DE POULET (Millions de tonnes en 2005) LE POULET AU CANADA (Tonnes en 2005) États-Unis 16 Chine 10 Union européenne 8,6 Brésil 8,6 Mexique 2,2 Indonésie 1,2 Thaïlande 1,0 Malaisie 0,9 Canada : 934 000 Québec : 261 000 Ontario : 303 000 Colombie-Britannique : 148 000 Valeur de la production canadienne : 1,5milliard $ CAN Nombre d'emplois au Canada : 49 700 Source : FAO Source : FAO Source : Ministère de l'Agriculture du Canada GRIPPE AVIAIRE LA CRAINTE D'UNE PANDÉMIE Trois conditions doivent être réunies LA PANDÉMIE, C'EST POURQUAND?LES CONDITIONSD'APPARITIOND'UNE PANDÉMIE Quel est le risque réel que la grippe aviaire qui frappe l'Asie se transforme en pandémie de grippe humaine?L'inquiétude des spécialistes repose en partie sur des similitudes entre la grippe espagnole de 1918 et les cas humains de la grippe aviaire actuelle.Depuis plus de cinq siècles, les épidémiologistes estiment qu'il y a en moyenne trois ou quatre pandémies par siècle.Comme la dernière date de 1968, la prochaine devrait être imminente.Source : OMS Source : OMS Un nouveau sous-type du virus doit apparaître, contre lequel la population a peu ou pas d'immunité.1 Le nouveau virus doit être capable de se reproduire à l'intérieur du corps humain et de le rendre très malade.2 Le nouveau virus doit être facilement transmissible d'un humain à l'autre, pour se propager rapidement à l'intérieur d'une communauté, et d'une région à l'autre.Pays déjà touchés PHOTO RÉMI LEMÉE, ARCHIVES LA PRESSE Quelques-uns des pensionnaires de Canards du Lac Brome, dont le propriétaire, Claude Trottier, compte augmenter les exportations dans les marchés qui boudent les produits français depuis la découverte de H5N1 dans un élevage de dindes dans l'Ain, dans le centre-est de la France.Des prévisions alarmistes?MATHIEU PERREAULT « Si on avait présenté une version adoucie de la situation, cela aurait été irresponsable.» Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a présenté jeudi un scénario de pandémie de grippe « très sévère ».Selon lui, la première vague de la pandémie de grippe aviaire pourrait, en huit semaines, contaminer 35 % des Québécois et causer 34 000 hospitalisations.Il y aurait 8500 morts.D'autres simulations ont été faites par le ministère de la Santé, selon une présentation du directeur de la santé publique, le Dr Alain Poirier, datée du 3 mars et obtenue par La Presse.Deux de ces simulations prévoyaient un « taux d'attaque », ou d'infection, de 15% et de 20 %, au lieu de 35 %.Dans ces cas, le nombre de morts était respectivement de 3700 et de 4900.Une autre simulation était un « scénario catastrophe » qui prévoyait 50 000 décès et 300 000 hospitalisations.Le ministre Couillard est-il alarmiste en retenant l'une des simulations les plus élevées ?L'un des spécialistes de la grippe au Québec, le microbiologiste Karl Weiss, de l'hôpital Maisonneuve- Rosemont, pense que non.« Ce que je comprends, c'est que le Ministère a choisi de prévoir le pire pour voir si le réseau se tient, dit le Dr Weiss.Préparer le pire en espérant le mieux.» Le microbiologiste montréalais fait une analogie avec un grand projet d'infrastructure : il faut toujours prévoir des dépassements de coûts.Par exemple, le métro de Laval coûtera au moins quatre fois plus que prévu.Même une personne qui fait des rénovations à sa maison prévoit habituellement un coussin pour les imprévus, de 10, 15 ou même 20 %.Dans le cas de la pandémie, en visant un taux d'infection de 35 %, plutôt que de 20 %, le ministère de la Santé se donne un généreux coussin.Les estimations du Plan québécois de lutte contre une pandémie d'influenza sont faites avec le logiciel Flu Aid, préparé par le Centers for Disease Control, l'agence de santé publique du gouvernement américain.Selon le Dr Weiss, le CDC considère qu'un taux d'attaque de 15 % est « gentil », de 25 % « probable » et de 35 % « exceptionnel ».Flu Aid tient notamment compte de variables comme la proportion de la population qui a plus de 65 ans et moins de 18 ans, du nombre de lits d'hôpital et de lits de soins intensifs, du nombre de ventilateurs.Pour chaque taux d'attaque, le logiciel propose trois chiffres (minimum, moyen et maximum) de décès, d'hospitalisations, d'hospitalisations hebdomadaires au pic de la pandémie, et de consultations ambulatoires.Avec un taux d'attaque de 35 %, le nombre de décès va de 5300 à 14 000, le nombre d'hospitalisations de 13 000 à 44 000, et le nombre de consultations ambulatoires de 1,1 million à 2,1 millions, selon la présentation du Dr Poirier.Ces chiffres ne valent que pour la première vague.Il pourrait y en avoir au moins une autre, de trois à neuf mois plus tard, comme en 1918.Tous ces calculs sont compliqués par le fait que l'épidémiologie des maladies infectieuses manque cruellement de données.« On a tendance à se baser sur les données hospitalières, parce qu'elles sont fiables, dit le Dr Weiss.Mais où classe-t-on une personne âgée qui fait une crise cardiaque pendant qu'elle est grippée ?Et il y a beaucoup de gens qui sont infectés sans avoir de symptômes, ou qui ne sont pas assez malades pour aller voir un médecin.On manque de données sur la population en général.Avec un taux d'attaque de 35 %, le nombre de décès va de 5300 à 14 000, le nombre d'hospitalisations de 13 000 à 44 000.Pourquoi la quarantaine?Des contrôles plus serrés aux douanes Les huit fermes québécoises qui ont été mises en quarantaine après avoir importé des produits avicoles français appliquaient des mesures préventives.Soit un confinement et un contrôle quotidien de la volaille, pour s'assurer qu'aucun oiseau n'était porteur du virus de la grippe aviaire.Les producteurs pouvaient aller faire leur épicerie, et leurs enfants aller à l'école et jouer avec les copains.Si un cas de grippe aviaire était détecté dans un élevage, la quarantaine imposée au producteur serait autrement plus sévère.L'élevage serait complètement éliminé et un agent fédéral pourrait être posté devant la ferme, 24 heures sur 24.Le but, évidemment, est d'agir rapidement pour éviter qu'il n'y ait transmission, d'où l'idée d'abattre la volaille sur place.La ferme infectée serait entourée d'une zone de surveillance.Toutes les fermes avicoles voisines dans un rayon de cinq kilomètres seraient mises en quarantaine de 28 à 45 jours, selon la situation.L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a aussi le droit de procéder à des abattages préventifs.L'ACIA peut également imposer une quarantaine si un de ses agents suspecte un cas de maladie.Elle le fait déjà pour toutes sortes de pathologies.« Le H5N1 est extrêmement facile à détecter, dit le vétérinaire Jean- Pierre Vaillancourt.Je dis toujours que la beauté de ce virus, c'est qu'il n'est pas subtil : il tue en quelques heures.» Jean-Pierre Vaillancourt a passé plusieurs années en Caroline du Nord, alors que l'État était aux prises avec une maladie qui tuait les dindons.Lorsqu'une ferme était mise en quarantaine, elle devait placer une petite pancarte rose avec un gros signe positif à sa porte.Une expérience traumatisante pour certains éleveurs, qui avaient l'impression de se promener avec un signe incriminant tatoué dans le front, raconte Jean-Pierre Vaillancourt, qui est maintenant responsable de l'Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles.Le groupe, indépendant des ministères fédéraux et provinciaux, a été mis sur pied et est soutenu par l'industrie de la volaille.Stéphanie Bérubé Les beagles des aéroports canadiens ont du pain sur la planche : ils devront renifler assidûment les bagages des voyageurs en provenance de 19 pays pointés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).Ils sont à la recherche de produits aviaires.« Les produits aviaires seront saisis, isolés et éventuellement détruits, indique Robert Gervais, porte- parole de l'Agence des services frontaliers.Ça peut inclure aussi de l'équipement de ferme qui aurait été utilisé avec de la volaille.» Les chiens renifleurs font toujours de la surveillance, mais les vols en provenance des pays où l'on a découvert des cas du virus H5N1 seront systématiquement contrôlés.Les douaniers resserrent aussi leur surveillance sur les passagers en provenance de ces pays, ce qui comprend notamment la Chine, la Thaïlande, l'Inde, la Russie, la Turquie et la France.Les passagers qui auront indiqué sur leur fiche de déclaration avoir visité des fermes durant leur séjour seront interrogés par des agents spécialisés de l'ACIA.Mais que les gourmands se rassurent : les produits commerciaux ne sont pas frappés d'interdiction.On peut donc toujours ramener du foie gras français, s'il est cuit, en boîte et stérilisé.Stéphanie Bérubé . PHOTO REUTERS Dogubayazit, Turquie, 8 janvier 2006.Des villageois observent une poule morte en attendant le vétérinaire et son verdict de grippe aviaire.Orgueuil et idéologie risquent deminer le débat scientifique MATHIEU PERREAULT Cet hiver, l'Organisation mondiale de la santé a demandé au gouvernement chinois des échantillons de grippe aviaire prélevés sur des humains infectés.Pas question, a répondu la patronne du Centre national de recherche sur la grippe de la Chine.Interloqués, les virologues de l'OMS se sont rendus à Harbin, une ville rendue célèbre par les expériences de vivisection humaine de l'armée japonaise durant la Deuxième Guerre mondiale.Là, ils ont rencontré leurs homologues chinois, qui leur ont expliqué la raison de leur manque de collaboration.En octobre, un article sur un vaccin antiviral avait été publié dans la revue académique Virology par une équipe américaine à partir d'échantillons chinois, sans que la collaboration du laboratoire de Harbin soit mentionnée.Avant de partager à nouveau leurs échantillons, les Chinois voulaient s'assurer que leur contribution soit évaluée à sa juste valeur.Cette histoire, révélée dans le Wall Street Journal, illustre bien les embûches scientifiques qui compliquent la lutte contre la grippe aviaire.Non seulement la propagation est-elle mal comprise, mais l'orgueil et l'idéologie mettent des bâtons dans les roues de la médecine.Cette semaine, un groupe environnementaliste établi en Espagne a profité d'un débat sur le rôle de la sauvagine dans la propagation du virus pour mettre de l'avant son opposition à l'agriculture industrielle.« La grippe aviaire existe depuis toujours », explique Devlin Kuyek, un politologue montréalais associé au groupe Grain, qui a publié le rapport.« Ce qui est nouveau, c'est l'agriculture industrielle.Au Laos, la grippe aviaire s'est déclarée seulement autour des fermes industrielles, pas chez les petits éleveurs.En France, la maladie s'est déclarée dans un élevage industriel de dindes qui n'avait pas de contacts avec les oiseaux migrateurs.Il ne faut pas condamner les basses-cours et les oiseaux migrateurs.Foutaises, dit Jean-Pierre Vaillancourt, professeur à l'École vétérinaire de l'Université de Montréal.« En Asie, l'élevage industriel ne se fait pas comme ici.Il y a des échanges entre les poulaillers, les oiseaux sortent parfois dehors.La meilleure preuve que l'élevage de masse fonctionne, c'est qu'il n'y a pas eu de foyers au Québec.» En Colombie- Britannique, où une épidémie de grippe aviaire a nécessité l'abattage de 17 millions de poulets en 2004, les éleveurs pratiquaient l'échange de mâles reproducteurs.Incertitude Une incertitude réelle entoure toutefois le rôle des oiseaux migrateurs.L'hebdomadaire britannique The New Scientist relevait récemment que la propagation du virus en Europe ne suit pas les routes de migration, et que son apparition au Nigeria semble liée à une importation illégale de poussins de pays d'Asie touchés par la grippe.N'empêche, les autorités sanitaires de toute l'Europe se sont lancées ces dernières semaines dans une grande opération de chasse à la sauvagine.Certains oiseaux migrateurs, dont la sterne arctique, partent de l'Afrique et de l'Europe pour se rendre au Canada.Mais selon M.Vaillancourt, le risque est faible.« Le virus devient de plus en plus virulent.Des oiseaux qui étaient asymptomatiques, comme le canard, tombent malades.En Europe, un oiseau malade peut se déplacer de quelques dizaines de kilomètres.Mais arrivera- t-il à en franchir des milliers pour traverser l'océan ?» Tensions diplomatiques à l'horizon MATHIEU PERREAULT En janvier, la Turquie a été frappée par la grippe aviaire.Détectée depuis l'automne, la maladie faisait ses premières victimes humaines dans l'est du pays, une zone rurale où la plupart des familles élèvent quelques poulets dans leur cour.Pour la Turquie, ce développement était catastrophique, particulièrement dans le contexte de son adhésion à l'Union européenne.Elle ne veut surtout pas être considérée comme un pays pauvre qui sera un boulet, voire un danger pour ses riches voisins.Le ministre turc de l'Agriculture, Mehdi Eker, n'a pas perdu de temps.Il s'en est pris à ses voisins, l'Arménie, la Syrie et l'Iran, où aucun cas de grippe aviaire n'avait été enregistré.« Il serait fort surprenant que la maladie s'arrête aux frontières », a dit M.Eker.Les foyers grippaux étaient situés à moins de 15 kilomètres des frontières.La Syrie a abattu des poulets dans des élevages situés près de la frontière, mais a affirmé qu'aucun cas de grippe n'avait été décelé.En quelque sorte, la Turquie a été victime de son ouverture.« Pour beaucoup de pays plus ou moins démocratiques, il n'y a pas beaucoup d'avantages à signaler la grippe aviaire », explique Jennifer Nuzzo, analyste au Centre de biosécurité de l'Université du Maryland.« Après, ils ne peuvent plus exporter leur volaille, font face à des contrôles douaniers plus élevés et se font assiéger par les organismes sanitaires internationaux.» Certains pays mettent donc des bâtons dans les roues des scientifiques.L'ONG néerlandaise Wetlands International vient de dénoncer la Tunisie, le Soudan, l'Iran et le Nigeria, parce que ces pays entravent le travail de ses chercheurs.Wetlands a été mandatée par la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour détecter les foyers de grippe chez la sauvagine.En cas de pandémie, les tensions deviendront encore plus grandes.De déclarer Mme Nuzzo, en entrevue téléphonique à La Presse de Baltimore : « Une pandémie bouleversera le commerce mondial.Les effets les plus dramatiques seront dans le domaine médical.Beaucoup d'équipement utilisés dans les hôpitaux américains, comme les gants chirurgicaux, sont fabriqués en Asie.» Les États-Unis, notamment, ne produisent sur leur territoire que 60 millions des 100 millions de doses de vaccin grippal qu'ils utilisent chaque année.Pendant une pandémie, il y a fort à parier que leurs fournisseurs français, allemands et britanniques ne pourront honorer leurs contrats que si les gouvernements de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni estiment qu'ils ont assez de vaccins, selon Mme Nuzzo.LA GRIPPE ET LES AVIONS Une pandémie de grippe changera radicalement les voyages en avion.Quand un passager se déclarera malade en vol, il faudra l'isoler, par exemple dans la rangée au fond de l'avion.Un agent de bord sera désigné pour s'occuper de lui et ne pourra servir les autres passagers ; le malade aura aussi ses propres toilettes.Avant le débarquement, le personnel de bord prendra les noms et numéros de téléphone des passagers qui étaient assis dans les trois rangées devant et derrière le passager malade, avant qu'il soit isolé.À chaque vol, suggère l'OMS, les filtres à air devraient être changés, une exigence à laquelle les lignes aériennes s'opposent.La santé financière des lignes aériennes, déjà chancelante, empirera encore.En 2003, l'année du SRAS et de l'invasion de l'Irak, les pertes mondiales de l'industrie aérienne avaient atteint 7,6 milliards US.En 2002, les pertes avaient été de 11,3 milliards, et en 2004 de 4,2 milliards.Le trafic aérien mondial a diminué de 10%en mars 2003, de 20%en avril et mai 2003, et de 10%en juin 2003 ; à Hong Kong, le trafic aérien a chuté de 80%en avril et mai.Comme la guerre en Irak s'est terminée à la mi-avril, on peut penser que le SRAS a eu un plus grand impact.Source : IATA, département des Transports des États-Unis.LA VACCINATION PAR PAYS Doses par 1000 habitants (2003) Canada : 344 Corée du Sud : 311 États-Unis : 286 Japon : 230 Australie : 214 Espagne : 212 Allemagne : 210 Italie : 206 Royaume-Uni : 200 Hong Kong : 191 Source : Groupe de travail sur la macroépidémiologie GRIPPE AVIAIRE LACRAINTE D'UNE PANDÉMIE Quand la grippe aviaire a touché pour la première fois l'Indonésie, en janvier 2004, le pays était déjà aux prises avec une épidémie de dengue majeure qui a touché près de 60000 personnes et fait 650morts.Les autorités sanitaires en avaient déjà plein les bras, et n'ont pu s'occuper immédiatement de la grippe aviaire qui en a profité pour se répandre dans tout le pays, et gagner la Malaisie.La lutte contre la grippe aviaire en Asie est compliquée par les nombreux problèmes demaladies transmissibles, qui monopolisent des services de santé déjà très restreints.Pourquoi la fameuse grippe de 1918 a-t-elle été appelée « espagnole » ?Ce n'est pas parce que la pandémie a commencé en Espagne, ou qu'elle y a fait davantage demorts.L'explication est simple : l'Espagne était l'un des seuls pays occidentaux épargnés par la censure de guerre, et la presse espagnole a pu librement rendre compte de la pandémie.Comme les premières informations sur la grippe étaient écrites dans la langue de Cervantès, on lui a donné le nom d'« espagnole », selon l'Organisation mondiale de la santé.Source : OMS DESRÉGIONS DÉJÀ AFFAIBLIES PARLESMALADIES LA GRIPPE ESPAGNOLE Source : OMS INDONÉSIE En 1918, des hôpitaux d'urgence sont ouverts pour recevoir les malades de la grippe espagnole.PHOTONATIONAL MUSEUM OF HEALTH, AP Les soins courants écoperont; des malades en mourront MATHIEU PERREAULT Quand la pandémie de grippe frappera le Québec, les hôpitaux devront procéder à un «délestage ».Le terme peut paraître anodin.Mais il décrit l'une des conséquences les plus graves d'une pandémie: l'impossibilité pour les hôpitaux de prodiguer les soins courants, notamment les chirurgies électives.Pendant l'épidémie de SRAS à Toronto, au printemps 2003, 440 personnes ont été touchées et 43 en sont décédées.Mais au moins 150 autres personnes sont mortes à cause du report de chirurgies et de consultations médicales, selon une étude d'une microbiologiste de l'Université de Toronto, Kelly Macdonald.Si on applique cette analyse à la pandémie de grippe, qui fera entre 2300 et 50 000 morts selon le ministère de la Santé du Québec, entre 10 000 et 200 000 personnes supplémentaires mourront parce que leur chirurgie cardiaque, leur chimiothérapie, leur test de cancer ou la pose de leur prothèse de la hanche sera reportée.« Au pic de la pandémie, plus de la moitié des lits des hôpitaux pourraient être occupés par des malades grippés », explique Karl Weiss, microbiologiste à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.«Chaque hôpital doit avoir un plan pour délester ses activités.Les cliniques externes seront-elles ouvertes ?Quelles chirurgies électives seront reportées?Quels malades devront libérer leurs lits prématurément ?Comme la première vague de la pandémie durera deux mois, il faut que ces décisions soient pr ises dès maintenant.À Maisonneuve-Rosemont, je sais que nous sommes assez avancés.» Un compte rendu d'un chirurgien orthopédiste torontois, publié dans la revue de l'Association canadienne d'orthopédie après la crise du SRAS, donne une idée des conditions que l'on retrouvera dans les hôpitaux.« Tous les rendez-vous à nos bureaux et aux cliniques de fractures ont été annulés pendant deux mois.Nous avons dû mettre les bouchées doubles pour faire le triage, et nous savions que la charge de travail demeurerait élevée pendant plusieurs mois après la crise, parce qu'il faudrait rattraper le temps perdu.Près de la moitié des infirmières de mon département étaient malades.Alors je travaillais avec des infirmières d'autres étages, ou d'agences de placement.Nous étions tous masqués, nous ne voyions jamais nos visages.Ça augmentait le sentiment de stress et ça diminuait la cohésion des équipes.À la cafétéria, les employés devaient s'asseoir à au moins deux mètres l'un de l'autre.« J'étais en quarantaine de travail : je pouvais aller à la maison, mais je ne pouvais pas m'arrêter en chemin.L'hôpital a commandé des barils d'essence pour que les employés puissent faire le plein au travail.À la maison, je ne pouvais pas dormir dans la même chambre que ma femme, je devais manger à une table différente du reste de ma famille, et je portais un masque en tout temps.Nous ne pouvions pas recevoir de visite.» PHOTO PC Un homme entre avec des fleurs au Women's College Hospital de Toronto en mars 2003.L'épidémie de SRAS avait alors fait 43 victimes dans la Ville reine.Mais au moins 150 autres personnes étaient mortes à cause du report de chirurgies et de consultations médicales.Vacciner la volaille ?Le débat fait rage MATHIEU PERREAULT Depuis l'an dernier, les éleveurs de Vérone, dans le nord de l'Italie, vaccinent leur volaille contre la grippe.Au Nigeria, l'ONU a décidé de recourir à la vaccination antigrippale pour endiguer une épidémie de grippe aviaire incontrôlable.L'Union européenne a récemment accepté à reculons que les vaccins fassent partie de l'arsenal vétérinaire, comme le demandent la France et les Pays-Bas.La vaccination de la volaille suscite beaucoup de débats.Partisans et opposants ne s'entendent pas sur ses conséquences sur le contrôle de la grippe aviaire.Les critiques craignent que la volaille vaccinée soit refusée par les pays importateurs et snobée par les consommateurs.« Un vaccin brouille la science », explique Patrick Charrette, porteparole à l'Agence canadienne d'inspection des aliments.« Le virus pourrait se multiplier sans qu'on s'en aperçoive.La vaccination ne fait pas partie de nos plans, mais on garde cette possibilité dans la petite poche arrière.Le problème, c'est qu'un poulet vacciné ne peut être distingué d'un poulet malade.Pour cette raison, l'Organisation mondiale de la santé animale (dont l'acronyme est OIE parce que son nom originel était Office international des épizooties) suggère d'utiliser un vaccin légèrement différent du virus.C'est la solution qui a été appliquée en Italie, où les exportations de volaille ont pu recommencer malgré l'utilisation du vaccin, selon l'hebdomadaire britannique The New Scientist.La vaccination n'est pas une solution facile.L'OIE estime qu'elle ne doit être envisagée qu'en dernier recours, quand le virus résiste à l'éradication.Et elle recommande qu'elle s'accompagne d'une surveillance étroite des oiseaux, de mesures d'isolement strictes et de l'abattage massif en cas d'infection.Justement, les partisans de la vaccination pensent que ces abattages seront moins sévères.Dans le New Scientist, des experts néerlandais ont expliqué que leur pays a perdu la moitié de ses 60 millions de poulets, en 2003, dans une épidémie de H7N7.Comme les normes de l'OIE recommandent l'abattage de toute la volaille dans un rayon de plusieurs kilomètres autour d'un foyer d'infection, les régions où les élevages sont très concentrés peuvent être dévastées.Consommateurs prudents La vaccination pourrait aussi limiter les pertes des éleveurs dans les pays en voie de développement.En Asie, plus de 200 millions d'oiseaux ont été abattus pour lutter contre la grippe aviaire.L'OMS est notamment inquiète que le spectre de la ruine dissuade les éleveurs de rapporter leurs oiseaux grippés.« Au Vietnam, pour un éleveur qui subsiste avec 2 $ par jour, les pertes pouvaient atteindre de 15 à 20% de son revenu », note Jean-Pierre Vaillancourt, professeur à l'École vétérinaire de l'Université de Montréal.Selon une évaluation de la Banque mondiale, le coût de la vaccination de 60 millions de poulets au Vietnam a été de 22 millions US en 2005.Celui de l'abattage de 45 millions de poulets en 2003 et 2004 a été de 45 millions US, notamment à cause des compensations financières aux éleveurs.D'un autre côté, la vaccination pourrait augmenter le rythme des mutations.L'OIE rapporte qu'une vaccination contre le virus H5N2, au Mexique voilà une dizaine d'années, semble avoir eu cet effet.« La vaccination peut favoriser les souches résistantes », note Carl Gagnon, virologiste à l'École vétérinaire.L'autre inconnue est la réaction des consommateurs.En Italie, la consommation de poulet a chuté de 40%: même si la vaccination n'est pas la seule coupable, elle a peutêtre joué un rôle.Selon M.Gagnon, il n'y a toutefois aucun danger si la viande est bien cuite.« Le virus de la grippe est très fragile et sensible à la chaleur », dit-il.L'ORIGINE DU « H5N1 » Il y a trois types de virus de la grippe : A, B et C.> Le type Aest le plus virulent, s'accompagnant de fièvre et de douleurs musculaires ; il est notamment responsable des pandémies.> Le type B peut causer des difficultés respiratoires graves, mais surtout chez les jeunes enfants.> Le type C cause des difficultés respiratoires légères.Le type Ase divise ensuite en plus d'une centaine de sous-types.Ces sous- types sont caractérisés par deux protéines à la surface du virus : l'hémaglutinine (H), qui l'aide à s'accrocher aux cellules humaines et à y entrer, et la neuraminidase (N), qui contrôle la reproduction du virus à l'intérieur du corps humain.L'hémaglutinine est responsable de la virulence du virus.Ces deux protéines donnent au virus ses lettres Het N.Il y a 15 sous-types d'hémaglutinine et 9 sous- types de neuraminidase.Les vaccins contre la grippe aviaire visent seulement l'hémaglutinine du virus problématique ; la neuraminidase du vaccin provient d'un autre sous-type.De cette manière, les animaux vaccinés peuvent être distingués des animaux infectés.GRIPPE AVIAIRE LACRAINTE D'UNE PANDÉMIE H1N1 « GRIPPE ESPAGNOLE » 1918-1919 Environ 50% de la population mondiale affectée 20 à 40millions de décès dans lemonde 30000à 50000 décès au Canada LESPANDÉMIESD'INFLUENZA H2N2 « GRIPPE ASIATIQUE» 1957-1958 Environ 40%à50% de la population mondiale affectée 1 à2millions de décès dans lemonde H3N2 « GRIPPE DEHONGKONG» 1968-1970 Progression plus lente Environ1million de décès dans lemonde décès aux États-Unis Peu de décès au Canada et en Europe H5N1 Source : OMS PHOTO REUTERS PLUS La chronique ironique qui voit et entend tout\u2026 à sa façon DES CHIFFRES QUI PARLENT ICI ET AILLEURS DES OH! ET DES BAH! ILS, ELLES ONT DIT.Avec la collaboration de Marc Thibodeau, Agnès Gruda, AFP et BBC Envoyez-nous vos commentaires et suggestions à ohetbah@lapresse.ca QUE SONT-ILS DEVENUS ?Le français dans le sang Hier, on étalait leur vie sur toutes les tribunes.Aujourd'hui, ils ont disparu de l'écran radar.Ou presque.On les a rattrapés.Bienvenue au club des retrouvés.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE © Pascale Lefrançois 9 200 Nombre de personnes attendues le 1er avril prochain au Portugal à la première « conférence nationale de la sieste».À quand une section montréalaise ?1030 Nombre approximatif de reportages consacrés cette semaine à l'échange du gardien de but du Canadien de Montréal, José Théodore.On se demande comment la Terre peut continuer de tourner.Nombre de jours passés par un homme de 33 ans dans les montagnes russes d'un parc de Mexico, ce qui lui a permis de gagner une voiture décapotable.Un exploit qui décoiffe.EN HAUSSE.EN BAISSE » LES TOP MODELS ANOREXIQUES Les organisateurs d'un salon de la mariée de Barcelone ont annoncéqu'ils entendaient contribuer à la lutte contre l'anorexie en refusant de recourir à des top models portant une taille inférieure à 38.Pas question, disent-ils, demontrer des «corps efflanqués, d'aspect maladif et éloignés des critères élémentaires de santé».Ça donne espoir.» VINCENT LACROIX Après avoir clamé son innocence sur tous les toits, le président de Norbourg se trouve aux prises avec une flopée d'accusations déposéespar l'Autoritédesmarchés financiers.La justice dira s'il est un martyr.ou un menteur.PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © PHOTO AFP Lech Kaczynski PHOTO REUTERS Sharon Stone MARIE-ANDRÉE AMIOT mamiot@lapresse.ca Pascale Lefrançois a le rire franc, la répartie vive et de l'aplomb à revendre.La jeune championne de la dictée de Bernard Pivot, qui avait été couronnée en 1990 à l'âge de 16 ans, est restée solide.Très solide.Elle répond franchement aux questions, même les plus personnelles.Quand on lui demande si la notoriété qui l'avait talonnée après sa victoire a fini par lui tomber sur les nerfs, elle répond oui.Elle enrobe sa réponse, la polit, mais le oui ne fait aucun doute.Car après avoir été sacrée reine de l'orthographe dans l'une des compétitions les plus rigoureuses, elle n'aspirait à rien de plus que de fermer son dictionnaire.Et recommencer à vivre avec ses amis.Ce n'est pas tout à fait ce qui est arrivé.«On me reconnaissait, ce qui me faisait plaisir.Mais c'était parfois difficile.» Son statut lui a valu des quolibets du genre «bolée» et «intello ».Pas la meilleure façon de se faire des amis ni de passer incognito, concède-t-elle aujourd'hui.« Au Québec, être une intellectuelle, ce n'est pas très populaire.» Mais elle ne regrette rien.Ni la célébrité, ni même la publicité où on la voyait plus grande que nature, aux côtés des dictionnaires qu'elle annonçait.Sa mère et sa grand-mère, qui l'avaient beaucoup aidée dans sa préparation à la compétition, sont décédées.Sa grand-mère, il y a 14 ans, sa mère, il y a un an et demi, d'un cancer du poumon.« C'est elle qui me préparait des dictées quand j'étais petite.On était très unies.J'ai toujours gardé une belle complicité avec ma famille.»Son pèreaprissaretraite de son cabinet de dentiste.Elle est toujours boulimique de lecture.Enfant, elle dévorait les livres quand elle ne les écrivait pas.Des petits romans qu'elle rédigeait sur la table de cuisine, elle est passée aux deux ouvrages sur l'orthographe qu'elle a écrits avec sa mère.Son éditeur ne s'en est pas occupé et les livres n'ont pas connu beaucoup de succès.Depuissixans, elleestprofesseur en sciences de l'éducation à l'Universitéde Montréal.Une jeune prof de 32 ans.Elle enseigne \u2014 bien sûr! \u2014 le français.Elle avait obtenu un baccalauréat en économie et en sciences politiques à Mc Gill (pour ne pas être reconnue) mais s'est aperçue très tôt qu'elle manquait de passion pour ces sujets.Les mots l'ont emporté sur les chiffres.Et pour s'amuser?Elle lit, ô surprise.Son dernier coup de coeur, l'oeuvre complète d'Eric- Emmanuel Schmitt.Elle va au théâtre, à l'opéra, au concert.Il y a quelques années, elle s'est passionnée pour la danse, celle de la musique latino-américaine, et cela lui a permis de rencontrer son amoureux.Qui est devenu son mari il y a sept ans.Quant à l'orthographe, elle s'y intéresse toujours.Depuis 1994, elle fait partie du jury de la Dictée des Amériques.Elle y sera le 18 mars, aux prochaines compétitions.Que sont-ils devenus ?Écrivez-vous et nous tenterons de les retracer.mamiot@lapresse.ca LES PHOTOS DE LA SEMAINE PHOTO ERIC GUAY, AP Les semaines se suivent à Bagdad et, hélas, se ressemblent.Tragiquement.Des corps sont retrouvés chaque jour, morts, souvent mutilés.Dix-huit hommes et enfants ont ainsi été découverts empilés dans un minibus, étranglés ou tirés à bout portant.Parfois aussi il s'agit de militants qui tombent sous les balles.Comme les trois hommes de l'armée du Medhi qui ont été tués dans le quartier de Sadr City.Leurs amis ne cachaient pas leur peine, mercredi, en suivant leur cortège funèbre.PHOTOS AFP Imagé « Les fonds publics, c'est devenu un bar ouvert.» \u2014L'économiste LÉO-PAUL LAUZON, déplorant que l'État québécois verse grosso modo un milliard de plus en subventions aux entreprises qu'il n'en reçoit en impôts.Étourdie « Je n'arrive pas à faire des divisions à plusieurs chiffres, mais je peux fabriquer une petite personne.Ça ne semble pas très juste à mon âge.» \u2014Une adolescente britannique de 13 ans qui n'a réalisé qu'au moment de l'accouchement qu'elle était enceinte.Apocalyptique « Il n'y a aucune raison d'encourager l'homosexualité, car sinon l'humanité est menacée de mort lente.» \u2014Le président de la Pologne, LECH KACZYNSKI, qui ne rate pas une occasion d'étaler son homophobie.Il va bien s'entendre avec les autorités chinoises, celui-là.CHINE Enthousiasme sélectif Les médias chinois se sont enthousiasmés du fait que le réalisateur Ang Lee, d'origine taïwanaise, a remporté l'Oscar du meilleur réalisateur pour le film Brokeback Mountain, qui met en scène deux cow-boys homosexuels.Ils n'ont cependant pas apprécié autant son petit mot de remerciement, dans lequel il saluait ses admirateurs tant en Chine qu'à Hong Kong et Taïwan, considérés par Pékin comme des parties intégrantes du territoire national.En plus de biffer ces références, ils ont coupé le passage où le réalisateur soulignait l'importance du message véhiculé par l'histoire des deux hommes.Il faut dire qu'en Chine l'homosexualité était officiellement considérée comme un trouble psychiatrique jusqu'en 2001.ISRAËL Hollywood à la rescousse Faut-il reconnaître un gouvernement palestinien dirigé par le Hamas même s'il refuse de renoncer à la violence dans sa lutte contre Israël?Faire pression pour que les colons juifs se retirent de la Cisjordanie?Cessez de vous torturer l'esprit.La solution aux tensions israélopalestiniennes ne dépend pas de telles considérations mais plutôt.de Hollywood.Parlez-en à Sharon Stone.Lors de sa première visite en Terre sainte, l'actrice américaine, rendue célèbre par son rôle sulfureux dans Basic Instinct, a déclaré qu'elle était prête à « embrasser à peu près n'importe qui » pour mettre fin au conflit.Il suffisait d'y penser."]
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