La presse, 11 mai 2005, C. Arts et spectacles
[" FESTIVAL DE JAZZ METHENY EN CINQ TEMPS\u2026 ET PLUS PAGE 2 PAT METHENY C'est le monde à l'envers: le gala qui célèbre l'excellence en télévision québécoise ne passera pas à la télé l'automne prochain.Idem pour le pré-gala, que diffuse traditionnellement RDI.Radio-Canada a confirmé hier qu'elle ne prenait aucune des deux cérémonies des Gémeaux à son antenne.Ironiquement, le gala des Gémeaux célèbreses20ans cette année et l'anniversaire devait être souligné de façon spectaculaire.Hier, l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision précisait que la cérémonie des Gémeaux se déroulera le premierweek-end de décembre, même si elle ne sera pas télédiffusée.Heureusement que les journaux et les radios pourront vous raconter ce qui s'y passera en circuit fermé.«L'invraisemblable s'est produit.Tous les galas passeront à la télé sauf celui de la télé », note le producteur Michel Bissonnette de Zone 3, également membre du conseil d'administration de l'Académie.Ni Mario Clément, le directeur des programmes de la SRC, ni Guy Fournier, le président de l'Académie, n'ont commentéhier.Un long communiqué commun a été publié, soulignant notamment l'importance de «trouver une solution durable aux problèmes », qui rongent l'organisation et la présentation du gala.«L'expérience des dernières années, confirméeencoreen2005 par l'absence d'inscriptions de deux diffuseursprivéset de deux producteurs importants, a démontré qu'il est de plus en plus difficile de produire unspectacle télévisuel rassembleur et de grande qualité dans un contexte où controverses et conflits précédant et suivant chacun des galas prennent le pas sur des choix de programmation éclairés.Plusieurs concepteurs, animateurs et réalisateurs ne souhaitent d'ailleurs plus travailler dans ce climat», peut-on lire dans le communiqué.Le retrait de Radio-Canada n'a pas du tout été une surprise.Depuisdesmois, laSRCnecache pas son mécontentement et dit ne plus vouloir porter seule la responsabilité des Gémeaux, un gala qui baigne dans la controverse et qui coûte environ unmillion à produire.En entrevue à La Presse en février, la patronne des variétés de la SRC, Dominique Chaloult, précisait : «J'en ai ras le bol.On se fait planter sur chacun des galas qu'on fait.Ça ne donne plus le goût d'en faire après ça .» Radio-Canada largue les Gémeaux : pas de gala à la télé HUGO DUMAS TÉLÉVISION > Voir GÉMEAUX en page 5 PHOTO AFP © Tout le monde se prépare pour le Festival de Cannes, qui s'ouvre aujourd'hui : les jeunes filles jouent aux starlettes et les mimes ont déjà pris la pause.58E FESTIVAL DE CANNES Le retour des «poids lourds» LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE CANNES \u2014 Certains avaient reproché l'an dernier au Festival de Cannes de se perdre dans des expérimentations hasardeuses, de manquer de grands noms et de points de repère indiscutables.Tout cela pour finir par une Palme d'or très politique attribuée à.un film documentaire, le Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.Bien que, mis à part une poignée de programmateurs, personne ne connaisse le contenu et la qualité des 21 films en compétition, on sait que la 58e présentation du plus célèbre festival de cinéma du monde mettra en présence une douzaine de poids lourds du cinéma d'auteur international.Un défilé de valeurs sûres.Une sorte de réunion familiale pour habitués illustres, dont bien souvent la gloire a justement commencé à Cannes.À l'image d'Emir Kusturica, le gamin terrible de Sarajevo devenu cette année président du jury, et qui explique : «À l'époque, Cannes était la seule porte où je pouvais frapper pour me faire connaître.» Le magazine américain Hollywood Reporter a fait les comptes : 11 réalisateurs de la compétition officielle ont déjà fait partie du palmarès, et totalisent 37 récompenses, dont quatre Palmes d'or : Gus Van Sant, Lars von Trier, Wim Wenders et les frères Dardenne.Deux réalisateurs, Wenders et David Cronenberg, ont même été présidents du jury ! Alors que, l'an dernier, la plupart des réalisateurs étaient relativement peu connus en dehors des cercles de cinéphiles, on a droit cette année à un véritable catalogue de célébrités du cinéma d'auteur, souvent encensés par la critique la plus exigeante, et en même temps appréciés du grand public, au moins en Europe.Parmi les grands revenants, qui doivent une bonne partie de leur célébrité à Cannes, notons Jim Jarmusch, consacré en 1984 pour Stranger than Paradise.Gus Van Sant, deux ans après Elephant, revient avec Last Days, un film sur la mort du rocker Kurt Cobain.Lars von Trier, deux ans après Dogville, présente Manderlay, le deuxième volet de sa trilogie, mais avec, dans le rôle de Grace, Bryce Dallas Howard.Wim Wenders, Palme d'or pour Paris Texas en 1984, revient avec un road movie américain interprété par Sam Shepard et Jessica Lange.Michael Haneke, qui avait provoqué un certain scandale avec la morbidité de La Pianiste, en 2001, revient avec un thriller apparemment plus classique, Caché, avec Daniel Auteuil et Juliette Binoche.Parmi les autres habitués ou chouchous de la Croisette, il faut mentionner le vétéran israélien Amos Gitai, qui en est à sa sixième participation.Mais aussi deux cinéastes canadiens qui ont toujours eu beaucoup de succès, sur la Croisette puis dans les salles de cinéma, en France et en Europe.Il y a d'abord Atom Egoyan, dont la réputation avait explosé en 1994 avec Exotica.Trois ans après Ararat, un film un peu particulier dans sa carrière, consacré au génocide arménien de 1915, il semble être revenu à des thèmes plus familiers avec Where the Truth Lies, l'histoire d'une enquête un peu étrange, 15 ans après les faits, sur le meurtre d'une jeune beauté, dans les milieux du showbiz.Un « film noir » plus classique, selon The Reporter, avec Kevin Bacon en vedette.David Cronenberg, de son côté, aurait semble-t-il délaissé les fantasmes technologiques ou terrifiants pour un récit également plus traditionnel, où, malgré un titre inquiétant, A History of Violence, une affaire de double meurtre dans un hold-up, il s'attacherait davantage à analyser les relations personnelles dans une famille confrontée à la tragédie.Bref, selon les rumeurs distillées à gauche et à droite, ou à la lecture du script, les valeurs consacrées du cinéma cannois qui reviennent en force cette année auraient eu tendance à mettre de l'eau dans leur vin, et notamment à utiliser plus volontiers des acteurs connus du grand public.Mais tout cela relève en grande partie de la spéculation : « Ce qu'il y a d'excitant à Cannes, explique un professionnel du cinéma d'auteur, c'est que pratiquement personne ne sait ce qu'il y a dans les films en compétition.Je connais très bien Jim Jarmusch, c'est un ami, mais jamais il ne m'aurait montré un bout de Broken Flowers.Les films arrivent ici directement de la salle de montage.Et toutes les surprises sont possibles.De son côté, Hollywood Reporter, dans sa section spéciale sur Cannes, affirme avoir recueilli des confidences de la part de membres du comité de sélection, qui a visionné des centaines de films depuis 12 mois : « On ne reverra pas des films de nouveaux venus aussi infâmes que celui de Vincent Gallo en 2003.Mais, selon certains membres de l'équipe, une fois qu'on sort des grands noms et des valeurs sûres, beaucoup d'oeuvres signées par des noms plus modestes sont à peine regardables.» Des pronostics qui, bien entendu, ne demandent qu'à être démentis.La compétition aligne une douzaine d'habitués illustres, qui totalisent déjà quatre Palmes d'or et 37 récompenses.LE BARBECUE EN KIOSQUE MAINTENANT EST ENCORE RANGÉ ?VITE, LE NOUVEAU MAGAZINE RICARDO ! Cuisinez avec Ricardo, en rediffusion du lundi au vendredi, 11 h, sur les ondes de Radio-Canada CLAUDE CHAMBERLAN S'EXPLIQUE PAGE 4 PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE ARTS ET SPECTACLES Festival de jazz Lancement de la 26e programmation Metheny en cinq temps.et plus DANIEL LEMAY Ce matin, son nom apparaît dans sept cases mais quand le 26e Festival international de jazz de Montréal sera fini, le guitariste Pat Metheny aura probablement participé à une dizaine de spectacles, sinon plus.L'Américain domine d'une tête (toujours frisée) la grille des quelque 150 spectacles en salles du Festival, présentée hier midi dans l'ancien cabaret Casa Loma, haut lieu des nuits montréalaises du milieu du 20e siècles qui a vu défiler les Miles Davis, Duke Ellington et autres monstres sacrés d'une époque qui vivait de jazz à l'année.En 2005, « l'année jazz » montréalaise durera du jeudi 30 juin au dimanche 10 juillet, dans une continui té styl istico-stratégique consolidée l'an dernier, à l'occasion du 25e anniversaire du « plus grand festival de jazz au monde », affirme son président-fondateur, Alain Simard.« Notre programmation est solide et profonde.Nous continuons de présenter plus de créations, plus de rencontres, plus de premières et plus d'exclusivités que n'importe quel autre festival.Toute l'industrie se réunit ici en juillet : nous sommes devenus le congrès mondial du jazz.» Pat Metheny, le « congressiste » favori des Montréalais, n'est pas venu ici depuis 1997 mais son « plan » a toutes les chances de rallier ses fans, quels que soient le style de musique ou la formation qui les branchent.On a confié à Pat-le-chouchou la deuxième partie de la série Invitation, qui se promènera de salle en salle du mardi 5 au vendredi 8 juillet.Au Spectrum d'abord : P.M.en trio avec Scott Colley et Antonio Sanchez, à qui se joindront le lendemain ses amis David Sanchez (sax), Enrico Rava (trompette), Me'shell Ndegeocello (basse), Ron Blake (sax) et Chris Dave (batterie).Le jeudi, au théâtre Maisonneuve, Metheny retrouve son vieil ami Charlie Haden pour une reprise de Beyond the Missouri Sky, une fresque évoquant leur patrie commune (le Missouri) créée ici au festival de 1997.Le lendemain, grand conventum du Gary Burton Quartet (1966-1987), avec le bassiste Steve Swallow et Sanchez aux drums.Pour la finale du vendredi, au Gesù, Duos avec Mick Goodrick et réminiscences 80/81 avec le sax ténor Dewey Redmond avec qui Metheny avait joué dans ces années-là.Aucune trace, plusieurs l'auront noté, du Pat Metheny Group (PMG), qui vient pourtant de lancer son 14e disque, This Way Up, une oeuvre de 68 minutes dont tout le monde attend la version scénique.que présentera, apprend-on par ailleurs, le Festival de jazz d'Ottawa le samedi 9 juillet, pour marquer son 25e anniversaire.Comme disait hier, non sans humour, le programmateur Laurent Saulnier, « le Festival présente aussi des concerts dans lesquels Pat Metheny ne joue pas.» À peu près 140.(le programme est disponible à la SAQ et sur le site montrealjazzfest.com) Parmi eux, les quatre de Zakir Hussain, première vedette des musiques du monde à se voir confier la série Invitation.Le maître du tabla indien présidera, au Monument-National, à une soirée de musique classique indienne avec Sultan Khan au sarangui (instrument à archet), une soirée de musique contemporaine avec le même Sultan Khan et les percussionnistes Selva Ganesjh et Bhavani Shankar, une soirée jazz avec le saxo Charles Lloyd et le batteur Eric Harland et, finalement, célébrera ses retrouvailles avec le guitariste John Mc Laughlin, son vieux complice de l'époque Shakti.Ailleurs dans la grille, beaucoup de noms, autant de genres.Dans les Pleins Feux GM à Wilfrid-Pelletier : l'ex-Dire Straits Mark Knopfler, Paul Anka (avec ses versions de tubes modernes ; le disque sort à la fin du mois ), une soirée soul et Gregory Charles qui a tous les talents et plus encore.Grosse série aussi au Métropolis (21 h) : le party band Pink Martinis, Medeski, Martin & Wood pour leur party annuel, Neville Brothers, l'afrobeat de Femi Kuti, Daniel Lanois.Pour les amateurs de blues, Bryan Lee, Dr.John, John Mayall, à qui il faut ajouter le Stephen Barry Band, égaré dans la série Jazz d'ici qui soulignera par ailleurs les 20 ans du Bernard Primeau Jazz Ensemble et des.Violons du Roy.Eh ! oui.Piano ?La Japonaise Hiromi, le Français Delbecq, l'Américain Charlap.Trompette ?Des habitués européens \u2014 Rava, Truffaz, Fresu\u2014 plus Hargrove et Blanchard.Au sax : le vénérable Sonny Rollins, le dernier des vrais, David Sanchez, Odean Pope et son Saxophone Choir (9 sax).Des voix : Evora, Jarreau, Omara Portuondo avec I Musici.À surveiller aussi : le mix flamenco- hip hop d'Ojos de Brujo (Les yeux du sorcier, Barcelone) ; la jeune sensation québécoise Samina, en première partie de Michael Bublé ; Dawn Tyler Watson (la vedette du film Jack Paradise) avec Paul Deslauriers ; le spectacle Glass & Steel du CD du même nom de Ramachandra Borcar (alias DJ Ram).Et ça se termine chaque soir au Club Soda, avec les Nuits Stella Artois, choisie par Labatt pour prendre le relais jazz de sa Bleue : groupes live de minuit à 1 h, puis des DJ, d'ici et d'ailleurs, jusqu'à trois.Et si Pat Metheny y va, ça risque de fermer plus tard.Une autre Stella, papa ?« Toute l'industrie se réunit ici en juillet : nous sommes devenus le congrès mondial du jazz.», affirme le président-fondateur Alain Simard PHOTO ROBERTMAILLOUX, LA PRESSE © Le programmateur du Festival de jazz, Laurent Saulnier, en conférence de presse hier.Les Stones ne viendront pasà Montréal Mais les Trois Accords les accompagnerontà Moncton! ALEXANDRE VIGNEAULT Le bruit courait depuis quelques semaines déjà.Les vénérables Rolling Stones, dont la moyenne d'âge est de 61 ans, entreprennent une nouvelle tournée mondiale.D'ici l'été 2006, Mick Jagger, Keith Richard, Charlie Watts et Ronnie Wood visiteront une trentaine de villes nord-américaines, le Mexique, l'Amérique du Sud, l'Asie du Sud-Est et l'Europe, passeront par Toronto, Ottawa et Moncton.mais pas par Montréal.L'annonce de la visite des Stones à Moncton, le 3 septembre, confirme une dépêche publiée vendredi par la Presse Canadienne dans laquelle il était aussi question de Tragically Hip, Bryan Adams et Santana.Le concert aura lieu sur le site de la côte magnétique, là où le regretté pape Jean-Paul II avait dit une messe lors de sa visite au Canada en 1984.Donald Tarlton, coproducteur des spectacles d'Ottawa et Moncton, admet que Gordon Downie et The Tragically Hip participeront au concert de Moncton et annonce également que Les Trois Accords figure parmi les autres groupes invités à prendre part à l'événement.« Notre objectif est de mettre sur pied le plus imposant concert à avoir été présenté dans l'Est du Canada », affirme sans ambages M.Tarlton, visiblement enthousiaste.Simon Proulx, chanteur des Trois Accords, trouve très « flatteur » d'avoir été considéré pour ce grand spectacle.« Mais pour être honnête, je n'en sais pas beaucoup à propos de tout ça, ditil.Ça se peut très bien qu'on soit la sixième première partie.» Qu'il se rassure : Donald Tarlton parle d'un concert à cinq têtes d'affiche seulement.Jouer en première partie des Rolling Stones ne représente visiblement pas la même chose pour Les Trois Accords que pour Les Respectables, qui réalisaient un rêve en étant invités lors de la tournée Licks.N'empêche, Simon Proulx affirme avoir beaucoup écouté ce groupe après avoir découvert une copie de l'album Aftermath que sa mère venait de mettre aux poubelles.Les Stones sont incontournables, selon lui.« On a pensé se louer des doublures pour Moncton, parce qu'on va être trop intimidés si on les rencontre pour vrai », lance le chanteur.L'autre surprise de l'itinéraire dévoilé hier, c'est le passage de Jagger et consorts à Ottawa, le 28 août.Paul Martin, qui a convaincu U2 de se produire dans la capitale fédérale, aurait-il une fois de plus usé de son influence ?« Non, il n'a rien à voir là-dedans! rigole Donald Tarlton.L'un des objectifs des Rolling Stones est de se produire dans des lieux qu'ils n'ont jamais visités ou dans des villes où ils ne sont pas allés depuis 25 ans et plus.» Ottawa correspond à ce profil puisque les Stones n'y ont pas mis les pieds depuis 40 ans, selon le producteur.Est-ce à dire que Montréal, qui a reçu la visite du groupe lors de toutes ses tournées depuis 1989, n'a aucune chance de les recevoir cette fois-ci ?Donald Tarlton n'a pas de réponse précise.Il confirme que le calendrier actuel exclut toute visite à Montréal dans le cadre de la première partie de la tournée.Et dans la deuxième ?« Je ne sais pas.En ce moment, il n'y a aucun plan officiel pour Montréal.Mais je suis du genre à penser positif, il ne faut jamais dire jamais.» La tournée, qui débute le 21 août à Boston et qui sera vraisemblablement précédée par la sortie d'un nouvel album, passera également par New York (au Giants Stadium, le 15 septembre), Toronto (le 26 septembre) et Washington (le 3 octobre).Fait intéressant, le dispositif scénique permettra à un certain nombre de spectateurs d'assister au concert sur la scène.« Ça va être phénoménal ! » jubile Donald Tarlton.Les Stones, fidèles à leur habitude, répéteront à Toronto en vue de la prochaine tournée.qui s'annonce un peu pépère.Comptant trois sexagénaires sur quatre (Ronnie Wood n'a « que » 58 ans), le groupe prendra au minimum deux jours de congé (et parfois jusqu'à cinq) entre chaque représentation.Les Stones, fidèles à leur habitude, répéteront à Toronto en vue de la prochaine tournée.qui s'annonce un peu pépère.TRIO Pour nous envoyer une question : arts@lapresse.ca.Une sélection de réponses est déjà en ligne à www.cyberpresse.ca 1 QUIZ Quel film a gagné la Palme d'or l'année dernière au Festival de Cannes ?A) Elephant B) Fahrenheit 9/11 C) Les Invasions barbares D) Meet The Fockers SUR LATABLEDECHEVET 2 3 D'ALEXANDRE PRATT HAVEGLOVE, WILL TRAVEL de Bill Lee et Richard Lally.Congédié par les Expos de Montréal en 1982, le lanceur Bill Lee est incapable de se faire embaucher de nouveau dans les ligues majeures.Il décide donc d'aller jouer partout où on l'invite dans le monde.Première escale : Longueuil, où 500spectateurs viennent l'acclamer comme nouveau lanceur des Sénateurs, une équipe semiprofessionnelle.Àlire pour l'épopée sportive, mais surtout pour l'expérience culturelle tirée de ces voyages.Notez que la librairie Paragraphe, sur l'avenue Mc Gill College, vend des exemplaires déjà signés par le Spaceman.Alexandre Pratt est chef de division aux Arts DANSLECOURRIER DE HUGODUMAS Très souvent, on voit dans La Presse que telle émission est première dans sa case horaire pour les cotes d'écoute.Ces résultats sont-ils publics?- Gilles Piché Malheureusement, les cotes d'écoute de toutes les émissions de télévision ne sont pas accessibles au grand public.Ces statistiques coûtent très cher et il faut payer pour pouvoir les consulter.La maison de sondages BBM et les réseaux de télé (TQS, TVA et la SRC) transmettent quotidiennement les cotes d'écoute aux journalistes qui couvrent la télé.Nous les intégrons ensuite dans nos articles.Les agences de publicité ont aussi accès aux chiffres d'audience.Hugo Dumas est journaliste aux Arts RÉPONSE : B) Fahrenheit 9/11 NATHALIE PETROWSKI Le couac et le bon coup de Wajdi Refuser un prix n'est pas donné à tout le monde.Passe encore quand le prix en forme de feuille d'érable attaque l'intégrité de la fleur de lys tatouée sur le coeur du lauréat.Mais quand le prix vient d'aussi loin que Paris ?Qu'il est décerné par le milieu du théâtre et coiffé d'un titre glorieux se réclamant de nul autre que Molière Je ne connais aucun auteur ou dramaturge québécois assez fou pour refuser un Molière.Surtout pas le Molière du plus grand auteur francophone vivant.Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai.J'en connais un : un drôle de numéro du nom de Wajdi Mouawad.Avec un sens inné du drame, Wajdi a fait un Marlon Brando de lui-même au théâtre Modagor à Paris lundi soir.Mais au lieu d'envoyer une madame avec des mocassins et des plumes d'Indien refuser son prix comme Marlon aux Oscars, il a envoyé sa metteure en scène.Magali Leris, qui a signé la mise en scène de Littoral, a lu un texte signé par l'absent.Ce dernier y dénonçait les théâtres sans comité de lecture et les directeurs de théâtre, qui foutent à la poubelle les textes d'auteurs inconnus sans même les avoir lus.Le tout a duré quelques minutes, a soulevé un mélange d'applaudissements tièdes et de sifflements timides et hop! on passait à un autre appel.Cinq minutes plus tard, alors que la salle réservait une ovation debout à l'acteur Michel Bouquet, tout le monde avait oublié l'incident.Tous sauf le journaliste du Figaro.Le lendemain, on pouvait lire en manchette dans les pages culturelles : Les 19es Molières et le couac de Mouawad, preuve que le geste du plus grand auteur francophone n'est pas entièrement tombé dans le beurre.de l'indifférence.Inutile de dire que le scribe du Figaro a trouvé le couac québécois déplorable.Personnellement, je crois qu'il a tort.Non seulement Wajdi a-t-il bien fait, mais en plus, il savait ce qu'il faisait, et surtout, il savait dans quel contexte il le faisait.Et dans ce contexte- là, le geste était pleinement justifié.Évidemment, je doute que mon opinion soit partagée par l'ensemble du milieu du théâtre québécois.Car vue d'ici, la cérémonie des Molières a l'air d'être un truc chic, classe et de bon goût.Je ne serais d'ailleurs pas étonnée d'apprendre que plusieurs personnes du milieu culturel d'ici seraient prêtes à vendre leur mère pour y assister.Ceux-là ignorent sans doute que depuis leur création en 1987, les Molières ont rarement fait l'unanimité.Comme l'explique le journal Libération: les Molières sont vite apparus pour ce qu'ils étaient : une sauterie à la gloire du théâtre privé, organisée selon des modalités suspectes, avec des votants opaques et des critères mystérieux.Ces tensions entre le théâtre privé (67 salles seulement à Paris) et le théâtre public (plus de 600 salles dans le pays) ont atteint un point culminant en 1996.Cette année-là, les théâtres publics ont claqué la porte des Molière.Idem pour Dieu le père.Je parle du metteur en scène Patrice Chéreau, qui s'est retiré de la course en déclarant, magnanime : la grande famille du théâtre n'existe plus.« La suite, poursuit Libération, fut une longue agonie déguisée en pantalonnade.» L'année dernière, faute d'audience et d'intérêt, France 2 a carrément annulé la retransmission de la cérémonie qui s'est déroulée tout de même.On y a aperçu Michel Drucker dans le rôle de l'animateur ahuri et incapable de reprendre son micro des mains d'une bande d'intermittents qui l'ont interrompu.Cette année, va savoir pourquoi, on a voulu faire table rase du passé et recommencer à neuf.On a sorti le cadavre du cercueil, on lui a déroulé le tapis rouge et on lui a flanqué deux animateurs pour le prix d'un, dont l'humoriste Laurent Ruquier.Pendant la première partie de la soirée, tout baignait.La foule était poudrée et souriante.Les blagues pas trop pesantes et l'atmosphère générale, détendue et amicale.Et cela, même si rien n'avait changé, hormis le décor.Mais les gens de théâtre (surtout ceux du théâtre privé) avaient décidé de montrer que la grande famille du théâtre était à nouveau unie.Malheureusement pour eux, le couac du plus grand auteur francophone vivant a remis les pendules à l'heure et confirmé que tout cela n'était qu'une vaste fumisterie.Aujourd'hui, je suis prête à mettre ma main au feu que Wajdi est un héros à Paris.Pas pour Le Figaro ni pour les directeurs de théâtres privés qui, de toute façon, ne programmeront jamais une de ses pièces.Mais pour les autres, les directeurs de théâtres publics, les amis de Patrice Chéreau, toute la haute gomme artistico-théâtrale, c'est un héros.Mieux encore : c'est Marlon Brando.Sans plumes ni mocassins.L'accent d'Audrey, le béguin de Thierry Chapeau à Audrey Benoît.Malgré son accent « débandant » et ses origines suspectes de bûcheronne du Bas- Canada, elle a réussi à mettre Thierry Ardisson dans sa poche et à le séduire jusqu'à l'envoûtement.Qu'a-t-elle fait pour réussir un exploit qui lui assure d'avance de grosses ventes en France pour un roman qui, au Québec, a connu un succès confidentiel ?Rien de spécial, sinon répondre du tac au tac à l'animateur.« Vous savez, Thierry, pour plein de gens de la francophonie, votre accent est débandant aussi, ce qui ne vous empêche pas d'être sexy.» Une baffe, une fleur et un peu d'humour, voilà la recette pour réussir son passage à Tout le monde en parle.Pour le reste, il suffit d'être belle, lumineuse, mince et racée, d'avoir de l'assurance, de l'aplomb et du charme, de traîner une ancienne carrière de top model qu'on a lâchée pour devenir écrivain et d'avoir eu la bonne idée de pimenter son dernier roman de quelques scènes de cul imagées qui permettent aux animateurs branchés baise de les imaginer en rêvant.Ah ! j'oubliais : ça prend aussi Frédéric Beigbeder, le grand, grand copain de Thierry Ardisson, pour faire le coup de fil qui ouvrira la porte de Tout le monde en parle.Aussi simple que ça.Non seulement Wajdiabien fait, mais il savait ce qu'il faisait, et surtout, il savait dans quel contexte il le faisait.La tenue du Concours musical international de Montréal est compromise ÉMILIE CÔTÉ La grève des 90 musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) nuira à la tenue du Concours Musical international de Montréal ou du concert avec Charles Aznavour si elle persiste jusqu'au début du mois de juin.« C'est dommage, mais nous devons nous faire entendre à un moment donné ! » a clamé hier Gérard Masse, président de la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec.Il s'est exprimé avec fougue en conférence de presse, invitant ses membres à être solidaires à la cause des 90 grévistes de l'OSM.Il a également demandé au public de ne pas assister aux concerts boycottés par les musiciens, et déploré que les Jeunesses musicales du Canada soient à la recherche de pigistes pour les trois soirs de finale du Concours, la semaine prochaine.« Une de leurs missions est le développement des activités musicales, plaide M.Masse.Elles sont les premières à savoir qu'un jour, les musiciens auront besoin d'un salaire.» Jacques Marquis, directeur général et artistique du Concours, considère que d'être «pris en otage» de la sorte est « bas ».Il a expliqué avoir engagé un sous-traitant afin de dénicher la trentaine de musiciens pigistes qu'il reste à trouver sur un total de 65.« Comme producteur de l'événement et organisation sérieuse, les Jeunesses musicales se doivent de trouver des solutions.» De son côté, M.Masse dit avoir diffusé son message de solidarité à près de 600 musiciens.Il a déjà contacté des regroupements de musiciens de l'Est des États-Unis et des autres provinces canadiennes.« Je ferai les représentations nécessaires.Il a laissé entendre qu'il fallait remplacer la directrice générale de l 'OSM, Madeleine Careau.« L'OSM est un bateau amiral de la culture pour le Canada, mais il faut changer de direction.» L'administration et le syndicat de l'OSM négocient depuis plus de 18 mois.La grève des 90 musiciens a été annoncée la semaine dernière et déclenchée avant-hier.Outre les demandes salariales, les négociations achoppent sur 15 clauses reliées aux conditions de travail.La direction refuse pour le moment de se prononcer.&0536 .' 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