La presse, 24 avril 2005, C. Lectures - Arts et spectacles
[" PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Pour Lise Bissonnette, le moment le plus important sera celui où les portes de la nouvelle Grande Bibliothèque s\u2019ouvriront au grand public.LISE BISSONNETTE L\u2019étonnante directrice de la Bibliothèque nationale Depuis que Lise Bissonnette a quitté la direction du Devoir pour faire surgir de terre une Bibliothèque nationale de 33 000 mètres carrés, six années et demie ont passé.Passé comme un éclair, dit la PDG, qui attend avec enthousiasme le seul moment qui compte selon elle : l\u2019ouverture des portes au public à 10h tapantes le samedi 30 avril.À Seattle, 28 000 personnes se sont pressées pour l\u2019ouverture de leur bibliothèque.Lise Bissonnette a retenu le chiffre et espère le reproduire.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE Le bureau est moins grand que celui du Devoir ou celui de l\u2019ancien siège social de la Bibliothèque nationale, rue Holt.Les murs en bois couleur miel sont dépourvus pour l\u2019instant des grands tableaux modernes dont Lise Bissonnette a toujours aimé s\u2019entourer.Seuls quelques livres viennent égayer les tablettes devant une table au carré ergonomique dessinée par Michel Dallaire.Nous sommes au cinquième étage de la cathédrale de verre de la Bibliothèque nationale, rue Berri, et si le décor est nouveau, celle qui l\u2019habite depuis peu n\u2019a pas changé.À moins de huit mois de son 60e anniversaire, Bissonnette est toujours le même moulin à paroles, la même machine à mitrailler des idées, la même assoiffée de savoir, une femme fébrile, frénétique et animée par une énergie aussi inépuisable pour elle qu\u2019elle est épuisante pour les autres.On aurait pu croire qu\u2019après avoir accouché de la première institution culturelle québécoise du nouveau millénaire en respectant les échéances et le budget (ou presque) de 97,6 millions, Lise Bissonnette se serait calmée un peu et aurait pris le temps de souffler.Mais lors de notre rencontre, à deux semaines et demie de l\u2019ouverture officielle, Lise Bissonnette avait d\u2019autres chats à fouetter.Et si elle n\u2019était pas en mode de crise, elle était en état d\u2019alerte, prête à remettre toutes les pendules à l\u2019heure et à défendre chacune de ses décisions, y compris sa liste d\u2019invitations pour l\u2019inauguration officielle qui semble faire des vagues dans le milieu culturel.« Cette liste, c\u2019est mon plus grand casse-tête en ce moment, avoue-t-elle.Il y a tellement de monde que je voudrais inviter, en même temps je n\u2019ai que 800 invitations à distribuer.J\u2019ai donc dû établir des critères tout en sachant que tout critère peut être odieux, mais je n\u2019avais pas le choix.Avoir pu, j\u2019aurais invité tous les écrivains membres de l\u2019UNEQ, mais ils sont au-delà de 1000, alors c\u2019est impossible.De toute façon, pour moi, le moment qui compte vraiment, c\u2019est quand on va ouvrir les portes au public.Ce moment-là, je ne le manquerais pour rien au monde.» >Voir DIRECTRICE en page 2 PARTICIPEZ ÀNOTRE CONCOURS AU WWW.MARTINPETIT.COM/CONCOURS LES 29 ET 30 AVRIL 2005 AUSSI DU 16 AU 19 NOVEMBRE 2005 Théâtre St-Denis 790-1111 tel-spec.com SUPPLÉMENTAIRES P R É S E N T E 71 LA CHRONIQUE DE DANY LAFERRIÈRE PAGE 12 www.cyberpresse.ca/lectures MONT R É AL DI M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 > LA RELÈVE EST LÀ! PAGES 7 À 10 Marie-Mai .2 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 24 A V R IL 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SÉRIE NAISSANCED\u2019UNEGRANDEBIBLIOTHÈQUE PROFIL DU BIBLIOTHÉCAIRE Sexe : féminin Moyenne d\u2019âge : 45 ans Salaire moyen : 51000$ Bilingue TravailleàMontréal, à temps plein dans le secteur des bibliothèques publiques.1000 bibliothécaires actifs auQuébec.De ce nombre, 725 sont représentés par la Corporation des bibliothécaires professionnels duQuébec (CBPQ).Les bibliothécaires doivent nécessairement détenir une maîtrise, donnée seulement à l\u2019Université deMontréal et à McGill.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Située en plein coeur du quartier latin, la Grande Bibliothèque occupe le quadrilatère où se trouvait anciennement le Palais du commerce et des magasins de livres et de disques d\u2019occasion.L\u2019étonnante directrice de la Bibliothèque nationale DIRECTRICE suite de la page 1 Devant son regard qui s\u2019allume et son visage qui s\u2019éclaire d\u2019un sourire rêveur, je ne peux m\u2019empêcher de penser à L\u2019Étonnante Concierge.Le roman jeunesse de Dominique Demers met en scène un immense centre culturel dirigé d\u2019une main de fer par l\u2019acariâtre Lola Lalancette et construit sur les ruines de l\u2019Extaz, un parc intérieur de planches à roulettes qui n\u2019est pas sans rappeler un certain TazMahal.Le soir de l\u2019inauguration officielle, perturbée par trois jeunes planchistes révoltés, Lola Lalancette se retrouve couverte « d\u2019une pluie d\u2019escargots sur la tête, d\u2019une grêle d\u2019oeufs de poissons sur les joues, de grosses mottes de crème fouettée dans le cou et de coulis d\u2019asperges un peu partout ».Cela pour le plus grand bonheur des lecteurs de Dominique Demers, au nombre desquels on ne peut certainement pas compter Lise Bissonnette.« Ce que Dominique Demers a écrit est odieux, déclare sans ambages la directrice.Est-ce qu\u2019elle aurait préféré une tour à bureaux ?Est-ce qu\u2019elle croit honnêtement que sur un terrain de 9,5 millions, il y aurait encore aujourd\u2019hui le TazMahal ?Est-ce qu\u2019elle pense sérieusement que ces enfants-là, pour lesquels j\u2019ai la plus grande sympathie, n\u2019auraient pas été délogés par quelqu\u2019un d\u2019autre ?Je connais beaucoup de gens qui déplorent que le projet du TazMahal ne se soit pas réalisé.Mais je ne connais personne qui nous en tienne responsable.Dominique Demers est toute seule.De toute évidence, elle n\u2019a pas beaucoup réfléchi à la chose.Ça la regarde.Moi, je suis pour la liberté totale de l\u2019écrivain.Je comprends qu\u2019elle a écrit cela dans le cadre d\u2019une oeuvre de fiction.Il reste que l\u2019attaque personnelle dont je fais les frais est particulièrement odieuse.Le pire c\u2019est que les deux seules fois où on s\u2019est rencontrées c\u2019était dans des circonstances cordiales.Donc j\u2019ai été renversée de voir que je suscitais chez elle ce genre de propos pas très loin de la hargne.» Un authentique centre de ressources Lise Bissonnette reconnaît que la gestation de la BN a suscité il y a six ans et demi une bonne dose de scepticisme et de méfiance à l\u2019égard d\u2019un projet que certains qualifiaient de mégalomane.« Au début, ça me touchait davantage.Et puis j\u2019étais agacée que le milieu culturel ne comprenne pas que le développement culturel passait par une telle institution.Mais je peux vous assurer que ce courant de pensée a pratiquement disparu.Il suffit de voir les gens se presser au portillon pour l\u2019inauguration ou pour une visite pour s\u2019en convaincre.» À ceux qui clament encore que le Québec n\u2019avait pas besoin d\u2019une grande bibliothèque, mais plutôt d\u2019un chapelet de petites bibliothèques en région, elle répond sans sourciller : « Cette idée est un cliché.Parce que si le gouvernement avait décidé de prendre les 100 millions pour construire plein de petites bibliothèques, le résultat aurait été plein de petites bibliothèques, toutes avec les mêmes livres.N\u2019oublions pas que les 10 000 premiers livres d\u2019une bibliothèque, c\u2019est les mêmes partout.C\u2019est des dictionnaires, des livres de références et les classiques de la littérature québécoise.Alors que chez nous, nous avons 1,1 million de livres dont tous les livres québécois publiés depuis 1765, qui sont mis à la disposition de tous les Québécois pour autant qu\u2019ils soient abonnés chez nous.» Lise Bissonnette rappelle qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019habiter à Montréal pour être abonné à la BN.On peut très bien le faire de Rouyn ou de Rimouski.Afin que le message soit clair et bien entendu, elle a entrepris en janvier dernier une tournée de 47 rencontres en région auprès des élus municipaux comme de tous ceux qui travaillent dans le domaine du livre pour leur vendre non seulement la BN, mais ses services à distance.Une de ses grandes fiertés, c\u2019est d\u2019ailleurs que la BN soit pour les régions un authentique centre de ressources, doté d\u2019un secrétariat et d\u2019un réseau extranet mis en place uniquement pour elles.Quant au lecteur ordinaire de Rouyn ou de Port-Daniel (Gaspésie), il ne sera pas en reste et pourra lui aussi profiter de la vaste collection de la BN.Comment ?« Pour commencer, vous devez être abonné à votre bibliothèque locale.Vous devez aussi être à la recherche d\u2019un livre qui ne fait pas partie de ses collections.Autrement dit, si vous voulez lire le dernier Marie-Claire Blais ou le dernier Tom Clancy, mais que les quatre exemplaires de votre bibliothèque sont sortis, nous ne vous prêterons pas le cinquième.Ce n\u2019est pas notre rôle.En revanche, si vous cherchez un livre sur le cinéma publié à Bruxelles et qu\u2019on l\u2019a, nous vous le prêterons.Et si nous ne l\u2019avons pas, nous le ferons venir de Bruxelles en vertu d\u2019un protocole d\u2019entente entre les bibliothèques du monde.Bien sûr, si vous vivez en région éloignée, vous n\u2019aurez pas accès à autant de services que quelqu\u2019un qui vit rue Saint-Hubert, mais cette absence de proximité est valable pour quelqu\u2019un de Terrebonne ou de Brossard et la richesse de notre bibliothèque virtuelle compensera largement la distance.» Le droit de souffler Car la Bibliothèque nationale ne fera pas que prêter des livres.Elle prêtera des bases de données numériques qu\u2019un abonné pourra consulter sur place ou de chez lui grâce à un mot de passe.À cela s\u2019ajoutent déjà trois millions de pages de journaux numérisés ainsi que tous les numéros de La Vie en Rose publiés entre 1980 et 1987, déjà accessibles sur le site de la BN.Bref, rien de ce qui constitue la Bibliothèque nationale n\u2019a été laissé au hasard.Tout a été pensé, analysé, planifié et réalisé.Pas uniquement par Lise Bissonnette, mais par une équipe dont tous les membres semblaient marcher au même pas dans la même direction.Devant l\u2019immensité de la tâche accomplie, on se dit que Lise Bissonnette doit être comblée.Elle l\u2019est, c\u2019est clair.En même temps, cet immense chantier de béton comme d\u2019idées, s\u2019est fait au prix de quelques sacrifices.Elle n\u2019a pas eu le temps de terminer sa thèse de doctorat sur Maurice, le fils de George Sand, entreprise il y a deux ans.Elle n\u2019a pas pu non plus écrire un autre roman même si elle publiera à l\u2019automne un livre sur l\u2019histoire de sa maison, construite en 1885.« Par moments, je me sentais coupable de ne pas avoir un projet de fiction en marche, mais bon, j\u2019en avais déjà plein les bras et puis je me rends compte en vieillissant que j\u2019ai moins d\u2019énergie qu\u2019avant et qu\u2019il me reste peu de temps pour faire tout ce que je veux faire.» Que Lise Bissonnette soit rassurée.Même si elle n\u2019a pas tout fait, elle en a déjà fait beaucoup.Assez en tout cas pour avoir le droit de souffler.«Ce que Dominique Demers a écrit est odieux, déclare sans ambages la directrice.Est-ce qu\u2019elle aurait préféré une tour à bureaux?» «Si le gouvernement avait décidé de prendre les 100 millions pour construire des petites bibliothèques, le résultat aurait été plein de petites bibliothèques, toutes avec les mêmes livres.» Retrouvez notre dossier sur la Grande Bibliothèque sur www.cyberpresse.ca/bibliotheque Faites-nous part de vos réactions à commentaires@lapresse.ca NAISSANCE D\u2019UNE GRANDE BIBLIOTHÈQUE 1> La dévoreuse de livres 2> Une longue gestation FORUM L'éditorial de François Cardinal . .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 L E C T U R E S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2.Une longue gestation BIBLIOTHÉCAIRES DANS LE RÉSEAU DE L\u2019ÉDUCATIONAUQUÉBEC Écoles primaires : 5 Écoles secondaires : 7 Commissions scolaires : 9 Milieu collégial : 37 Milieu universitaire : 100 «C\u2019est un des secteurs les plus dynamiques du milieu culturel.» \u2014 YVONLACHANCE, président de l\u2019Association des libraires du Québec.665millions $ Ventes de livres au Québec en 2004 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Quand le privé vient en aide aux écoles SARA CHAMPAGNE Éclairage halogène sur fond marin.Des tables rondes, des coussins multicolores avec en arrière-plan des présentoirs de livres.À l\u2019entrée un vrai comptoir de prêt, avec un poste informatique à la fine pointe de la technologie.L\u2019école primaire Plateau Saint- Louis, située à Blainville, a inauguré sa nouvelle bibliothèque à la mimars, une bibliothèque où il fait bon lire.En plus du local, qui a subi une transformation extrême, l\u2019école a acheté pour 10 000$ de livres, l\u2019équivalent de 500 bouquins destinés aux quelque 500 élèves de l\u2019école.Coût total de l\u2019investissement : 25 000 $.Les sommes investies dans le projet ne sont pas tombées du ciel ni des poches du ministre de l\u2019Éducation.Le directeur de l\u2019école, Michel Parent, parle de la plus belle réussite de sa carrière de 20 ans dans le milieu de l\u2019enseignement.Il a convaincu la Fondation Brault & Martineau de financer le projet en quasi-totalité, un parrainage de deux ans.Son école est la plus ancienne de la commission scolaire de la Seigneuriedes- Mille-Îles.Quand M.Parent est arrivé en poste il y a quelques années, l\u2019établissement avait un déficit de 75 000 $.Le directeur a dû se débrouiller pour retaper un terrain de basket-ball qui tombe en ruine, et trouver des fonds pour la bibliothèque.« Les enfants du secteur proviennent pour la plupart de milieux défavorisés.On ne peut pas compter sur les parents pour financer les activités, explique-t-il.Et le plus difficile dans le cas d\u2019une bibliothèque c\u2019est que les livres sont des biens périssables, qu\u2019il faut toujours remplacer.C\u2019est donc un peu comme la pauvreté, il faut constamment revendiquer, c\u2019est toujours à refaire.» Un jour nous irons sur la Lune Mais l\u2019école Plateau Saint-Louis est une rare exception au Québec.Alors qu\u2019en 1989, le budget d\u2019acquisition de volumes du réseau de l\u2019éducation était de 5,27$ par élève, il est passé à 3,75 $ en 2003.(Le prix moyen d\u2019un livre au Québec est de 20 $.) Durant cette période, le nombre de bibliothécaires scolaires au Québec est passé de 140 à environ une trentaine pour desservir les 72 commissions scolaires de la province.À titre d\u2019exemple, dans plusieurs écoles primaires de la province, dont celles de la commission scolaire des Affluents de Lanaudière, il n\u2019y a pas de bibliothécaire attitré.Une technicienne en documentation se déplace quand il y a une demande provenant d\u2019une école.Sinon ce sont des parents bénévoles qui s\u2019occupent des livres.La vice-présidente du comité de parents de la commission scolaire des Affluents, Sylvie Hamel, admet que ce n\u2019est pas toujours évident pour un parent de s\u2019improviser bibliothécaire.« Ce sont les parents qui portent l\u2019odieux des responsabilités.Ça va pour placer les livres ou les réparer, mais ce n\u2019est pas évident quand vient le temps d\u2019utiliser le système informatique de recherche, de renouveler les livres ou d\u2019élaguer », dit-elle.Àla demande des parents, la technicienne en documentation de cette commission scolaire s\u2019est rendue dans une école de Mascouche la semaine dernière pour procéder à l\u2019élagage des livres (le tri des vieux livres).La Presse, qui voulait voir l\u2019état de la bibliothèque, n\u2019a pas obtenu de la direction la permission de visiter les lieux.« Il y a des écoles où c\u2019est très bien et d\u2019autres moins bien, explique la technicienne, Hélène Duquette-Marsolais.Il m\u2019arrive de voir des livres tellement vieux, du genre Un jour nous irons sur la Lune », commente-telle.Afin de redresser la situation, le ministère de l\u2019Éducation annonçait en janvier un investissement de 60 millions étalé sur trois ans devant servir à l\u2019achat de livres.Ce rattrapage correspond à environ 1500 livres par bibliothèque scolaire.En 1989, le rapport Bouchard intitulé Les Bibliothèques scolaires québécoises, plus que jamais recommandait une moyenne de 12 livres par écolier.La moyenne actuelle est d\u2019environ huit, et augmentera entre 8,5 et 9,7 dans trois ans avec l\u2019investissement promis.La présidente de l\u2019Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS), Jocelyne Dion, n\u2019a pu que se réjouir de cette annonce du gouvernement.«C\u2019est un signal de la volonté du Ministère », dit-elle.Mais, du même souffle, elle explique qu\u2019il y a un retard de 12 ans à rattraper.« La qualité de certaines bibliothèques est médiocre à cause des coupes de budget, de la restructuration du réseau et d\u2019Internet, remarque-t-elle.Je ne veux pas m\u2019inscrire en faux contre la technologie, mais je constate qu\u2019au moment où est arrivé le parc informatique dans les écoles, au milieu des années 90 sous le plan Marois, le nombre de bibliothécaires et les ressources ont commencé à diminuer dramatiquement dans les établissements scolaires », explique Mme Dion.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © La bibliothèque de l\u2019école Plateau Saint-Louis, de Blainville, a eu une approche créative en recourant à une fondation privée pour regarnir ses rayons.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Le lieu des premiers émois littéraires HUGO MEUNIER Enfant solitaire, la chanteuse Isabelle Boulay a souvent trouvé refuge à la bibliothèque de sa ville natale de Matane.« J\u2019y ai passé beaucoup de temps.Je me promenais dans les rayons, chaque livre était une présence, le fruit d\u2019une réflexion », raconte l\u2019interprète.Passionnée des livres, la célèbre rouquine n\u2019a pas hésité à prendre une pause, au beau milieu d\u2019une tournée en France, pour parler de son amour de la littérature à La Presse.« J\u2019ai toujours aimé tous les genres littéraires, des essais aux biographies.Je passe beaucoup de temps dans les libraires, où j\u2019achète plein de livres que je n\u2019ai pas le temps de lire ! » lance-t-elle.Elle avoue avoir pu paraître marginale à cause de ces longues heures passées à la bibliothèque.« J\u2019avais toujours des amendes, je prenais les cartes de bibliothèque de ma famille », confie-t-elle.Le souvenir du tout premier livre qu\u2019elle a ouvert est encore bien gravé dans sa mémoire.« L\u2019histoire du Chat botté », répond-elle du tac au tac.Mordue d\u2019histoires, la chanteuse s\u2019est souvent laissée transporter par les aventures de la comtesse de Ségur et de Walt Disney, que sa mère lui lisait au lit.« J\u2019aime me faire raconter des histoires », avoue-t-elle candidement.Sa passion pour la lecture ne s\u2019est jamais amenuisée avec les années.« J\u2019ai étudié la littérature au cégep de Limoilou, je voulais alors être professeure », souligne celle qui n\u2019écarte pas un retour sur les bancs d\u2019école en littérature.Natif d\u2019un petit village de 350 âmes situé en bordure du lac des Deux- Montagnes, dans les Basses-Laurentides, l\u2019écrivain Guillaume Vigneault, fils du célèbre chanteur Gilles Vigneault, a vécu un premier contact bien particulier avec les bibliothèques.«Chaque mercredi soir, une bibliothèque itinérante débarquait dans le village », raconte le jeune homme.Pour lui, l\u2019arrivée de la bibliothèque était une véritable fête.« Je pouvais lire des livres d\u2019Agatha Christie, de Bob Morane et des bandes dessinées », énumère l\u2019auteur de Chercher le vent.S\u2019il n\u2019avait pas fini de lire les livres empruntés, Guillaume Vigneault les gardait à la maison.« C\u2019était cinq sous de retard par semaine, je trouvais que c\u2019était un excellent deal », plaisante l\u2019écrivain.Plus tard, une bibliothèque permanente a été ouverte et les habitants du village pouvaient arpenter ses quatre rayons de livres quatre soirs par semaine.Son arrivée au secondaire, puis au cégep, a été un choc.« J\u2019étais abasourdi par le nombre de livres », se rappelle l\u2019auteur.Pour le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la lecture s\u2019avère un bon remède contre les tempêtes politiques qui secouent le parlement d\u2019Ottawa.Décrit comme un passionné de littérature, le politicien garde des souvenirs bien tangibles de ses nombreux séjours à la bibliothèque.« En 1965, j\u2019avais 18 ans, et j\u2019étudiais en Belles-Lettres (NDLR: l\u2019équivalent de la cinquième secondaire dans les collèges classiques).On m\u2019avait donné la permission de faire une recherche sur les autochtones du Canada les mercredis matin à la bibliothèque Saint-Sulpice.Tout était silencieux, paisible », se remémore le chef bloquiste.La lecture était aussi bien présente dans la maison familiale.« Papa (le défunt comédien Jean Duceppe) achetait toujours des livres à Noël et on lisait beaucoup les journaux.» Aujourd\u2019hui, Gilles Duceppe va rarement à la bibliothèque, ce qui ne l\u2019empêche pas d\u2019être un lecteur assidu.« Je lis encore un livre par deux semaines dans mes déplacements et avant de me coucher », affirme celui qui dit relire religieusement les poèmes de Verlaine.Les bibliothèques ont joué un rôle majeur dans la vie de nombreux Québécois, riches ou pauvres, inconnus ou célèbres.Quelques personnalités ont accepté de nous raconter leur premier contact avec ces lieux de savoir et de partager leur amour des livres.Le voyageur impénitent et militant de retour aux Francos après une longue absence! BERNARD LAVILLIERS 2 AOÛT, 20 H Les Événements FORD ESCAPE Théâtre Maisonneuve, PdA BILLETTERIE : (514) 842-2112 www.pda.qc.ca (514) 790-1245 www.admission.com RENSEIGNEMENTS : (514) 876-8989 ou 1 888 444-9114 www.francofolies.com 168 . 4 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 24 A V R I L 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .SÉRIE NAISSANCED\u2019UNEGRANDEBIBLIOTHÈQUE LESBIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES 91,5 % de la population est desservie par une bibliothèque auQuébec La mission des bibliothèques selon l\u2019UNESCO: démocratiser l\u2019accès à l\u2019information et à la culture, l\u2019éducation continue et l\u2019alphabétisation.Le lecteur moyen est d\u2019abord une lectrice Âgée entre 25et 55ans Possédant un niveaude scolarité supérieur Mère d\u2019unoudeux enfants Avec des revenus assez élevés PROFIL DU LECTEURQUÉBÉCOIS Les bibliothèques de quartier profiteront de laGBQ HUGO MEUNIER Les usagers ne déserteront pas leur bibliothèque de quartier après l\u2019inauguration de la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ), prédisent les gens qui sont au sein du réseau.Au contraire, ils croient que l\u2019élan d\u2019enthousiasme suscité par cette ouverture pourrait faire boule de neige.« L\u2019impact sera positif, ça va créer un effet d\u2019entraînement partout dans la province », déclare Régine Horinstein, directrice générale de la Corporation des bibliothécaires professionnelles du Québec (CBPQ).Elle espère que les gens profiteront de l\u2019ouverture de la nouvelle bibliothèque pour redécouvrir celles qui se trouvent près de chez eux.Les responsables du réseau des bibliothèques de Montréal abondent en ce sens.« Les gens vont la visiter (la GBQ) en curieux, mais ceux qui habitent à Pointe-aux- Trembles vont y rester pour emprunter leurs livres », explique Suzanne Asselin, responsable des communications.Ouverte à tous les Québécois, la GBQ risque de devenir un havre d\u2019étudiants, admet la directrice adjointe des bibliothèques de Montréal, Louise Guillemette-Laborie.« Ils auront accès à des outils de recherche plus spécifiques, complémentaires à ceux se trouvant dans les bibliothèques de quartier.» Bref, une sorte de CHUM littéraire, « mais sans problème d\u2019emplacement », plaisante Mme Guillemette- Laborie.Contrairement à plusieurs autres grandes métropoles, Montréal ne dispose de bibliothèques publiques que depuis le XXe siècle.« L\u2019habitude de lecture est très récente au Québec.On part de loin et le clergé n\u2019a pas aidé », explique Régine Horinstein, en référence aux nombreux ouvrages mis à l\u2019index par l\u2019Église dans la première moitié du siècle.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © Une des aires de travail de la Grande Bibliothèque.Le décor y est sobre, mais rien n\u2019a été laissé au hasard.Les panneaux muraux sont fait de bouleau jaune, l\u2019un des emblèmes du Québec.Petite histoire d\u2019une assez grande bibliothèque LOUISE LEDUC C\u2019est dans Le Devoir, sous la plume de Lise Bissonnette, sa directrice de l\u2019époque, que les Québécois ont pour la première fois été exposés à l\u2019idée d\u2019une TGBQ.Une « très grande bibliothèque du Québec ».« Le Parti québécois déteste qu\u2019on lui rappelle son dossier culturel, écrivait Mme Bissonnette le 10 février 1996.Neuf ans de pouvoir et pas l\u2019ombre d\u2019un grand équipement qui porte sa marque, neuf ans d\u2019opposition et pas l\u2019ombre d\u2019une réflexion sur les arts.Tandis que le Parti libéral du Québec, qui passe pour assez mal dégrossi, n\u2019a cessé au cours de son dernier mandat de signer théâtres, musées et monuments (.) » L\u2019idée : « une Très Grande Bibliothèque du Québec, oui, une TGBQ lointaine et modeste parente de la TGB comme on nomme familièrement à Paris la nouvelle Bibliothèque nationale de France dont les quatre tours du quai Tolbiac s\u2019ouvriront bientôt officiellement, en nous faisant mourir d\u2019envie.» Tout était là : ce regard d\u2019admiration mêlé d\u2019envie pour la France, mais surtout l\u2019importance d\u2019un chantier culturel qui porte durablement la marque péquiste.Tel était le souhait de Mme Bissonnette, de son amie Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture, et de Lucien Bouchard, tout juste assermenté comme premier ministre et qui fit vite du projet une réelle priorité.Le rapport final du comité sur le développement d\u2019une très grande bibliothèque, l\u2019année suivante, eut tôt fait de ramener chacun sur le plancher des vaches.Sa première recommandation : enlever le T de la GB, ce qui fit écrire à Mme Bissonnette un autre texte teinté de dépit intitulé « La moyenne bibliothèque ».N\u2019empêche, le 6 août 1998, Lise Bissonnette démissionnait du Devoir pour accepter de devenir la présidente-directrice générale de ce qui s\u2019appelle finalement une « Grande Bibliothèque ».1500 ouvrages numérisés Bien avant les premiers coups de pelle, les esprits se sont échauffés.Dans le communiqué annonçant sa saison littéraire automnale de 1997, l\u2019éditeur Jacques Lanctôt écrivait : « L\u2019édition littéraire est toujours, ici au Québec, le maillon le plus faible, le plus négligé et le plus menacé de la chaîne culturelle.Elle ne fait aucunement partie des préoccupations de nos dirigeants politiques, qui préfèrent miser sur des projets de prestige comme cette Grande Bibliothèque publique, où ce sera encore les « couleurs de béton » et autres Lavalin qui tireront leurs billes du feu (.) » Et vlan ! Il y eut donc ceux qui auraient voulu que l\u2019argent soit plutôt dirigé vers l\u2019édition, ou vers les bibliothèques de quartier.D\u2019autres mirent en doute la popularité du prêt interbibliothèque : les gens de Chicoutimi ou de Vald\u2019Or auront-ils vraiment le réflexe d\u2019emprunter un livre à Montréal et la patience d\u2019attendre qu\u2019il arrive à leur bibliothèque locale ?La diffusion de livres sur Internet, si tant est qu\u2019elle est vraiment courue, demeure limitée : la Grande Bibliothèque ne comptera à son ouverture que 1500 ouvrages numérisés.Le choix d\u2019un site Encore fallait-il trouver un toit à cette Grande Bibliothèque.Fallaitil privilégier le coeur du centre-ville ou le Quartier latin ?Même aujourd\u2019hui, et malgré la commode proximité de la très centrale station de métro Berri-UQAM, l\u2019architecte et urbaniste Jean-Claude Marsan, professeur à l\u2019Université de Montréal, regrette que la Grande Bibliothèque n\u2019ait pas été construite dans l\u2019ancien magasin Simpson, rue Sainte-Catherine ouest.« Pourquoi les francophones refusent-ils toujours la place centrale, les lieux où les choses se passent?Pourquoi nous identifionsnous toujours à la rue Saint Denis, à ce Quartier latin qui réfère à notre période de survivance ?Le quartier demeure le quartier des francophones.Or, la Grande Bibliothèque doit s\u2019ouvrir à tous.» Cette Grande Bibliothèque francophone s\u2019inscrit au demeurant dans une mouvance très francophile transposée ici sans grand intérêt, à son avis.« Paris a ses grands musées, sa grande bibliothèque.C\u2019est une ville royale, impériale.À l\u2019inverse, Montréal est une ville marchande, ce qui se reflète même dans la multiplicité de ses petites institutions culturelles : le musée McCord, le Musée des beaux-arts fait de pavillons.» Pour une affirmation nationale Bruno Roy, ex-président de l\u2019Union des écrivains du Québec et membre du conseil d\u2019administration de Montréal, capitale du livre, croit à l\u2019inverse que le Québec devait se « doter d\u2019institutions d\u2019une importance symbolique ».Le Québec est la seule province, note-t-il, à avoir sa propre « bibliothèque nationale ».Cette Grande Bibliothèque, croit M.Roy, « c\u2019est la nécessaire affirmation de notre culture ».Jean-Paul L\u2019Allier, maire de Québec, fait remarquer que cette Grande Bibliothèque, dans une ville qui avait laissé se dégrader son réseau de bibliothèques de quartier, était nécessaire.Pas question pour lui, donc, « d\u2019être bougon là-dessus », même s\u2019il aurait préféré que la Bibliothèque nationale \u2014celle où sont recueillis au moins un exemplaire de tout ce qui est publié au Québec\u2014 ne soit pas fondue à la collection municipale et trouve plutôt pignon sur rue dans la Vieille Capitale.Pour l\u2019heure, cette Grande Bibliothèque est selon lui la Grande Bibliothèque de Montréal, au même titre que le Musée des beaux-arts est le musée de Montréal, point à la ligne.« La chose la plus difficile reste à être réalisée.Mme Bissonnette devra prouver que c\u2019est bel et bien la Bibliothèque du Québec.J\u2019ai la présomption qu\u2019elle va réussir.Elle a dit qu\u2019elle le ferait, et j\u2019ai confiance.» La tâche n\u2019est pas simple.Car si la Grande Bibliothèque s\u2019est construite sous le règne péquiste, c\u2019est des libéraux qu\u2019elle doit obtenir son budget de fonctionnement.Pour 2005-2006, la Bibliothèque nationale du Québec a à tout le moins obtenu en gros ce qu\u2019elle espérait, à savoir 45 millions.S\u2019opposer à une bibliothèque, c\u2019est s\u2019opposer à la vertu même.La Grande Bibliothèque est pourtant née dans la controverse caractéristique des grands chantiers à saveur politique.UN BRIN D\u2019HISTOIRE 1899 :Westmount ouvre la première bibliothèque publique du Québec 1960 : élection de Jean Lesage et création d\u2019un service des bibliothèques publiques.D\u2019importantes sommes seront investies dans le secteur durant la Révolution tranquille.1961 :Àpeine 6%de la population fréquentait les rares bibliothèques publiques du Québec.Entre 1960 et 1979 : l\u2019accès aux bibliothèques est passé de 45 à 77%de la population.Aujourd\u2019hui : 91,5%de la population a accès à une bibliothèque de proximité.(Source : Jean-Paul Baillargeon, Institut national de la recherche scientifique.) LES PRÊTS ÀMONTRÉAL Dans l\u2019île deMontréal, neuf arrondissements répondent à la norme d\u2019un bibliothécaire pour 10000 habitants: Il s\u2019agit deWestmount, Côte-Saint-Luc\u2014 Hampstead\u2014Montréal-Ouest, Mont- Royal, Pointe-Claire, Dorval, Kirkland, Beaconsfield\u2014Baie d\u2019Urfé, Sud-Ouest et Saint-Laurent.Dans ces arrondissements, un peu plus de la moitié de la population est abonnée à la bibliothèque.Le nombre de prêts par habitant se chiffre à 12,2 par année.Les arrondissements moins bien dotés en bibliothécaires (moins d\u2019un demibibliothécaire pour 10000 habitants) sont surtout des arrondissements de l\u2019est deMontréal.On y trouve les bibliothèques deMercier\u2014 Hochelaga- Maisonneuve, Langelier, Ahuntsic, Rosemont, Rosemont\u2014Petite Patrie, Villeray, Saint-Michel, Montréal- Nord et Frontenac.Dans ces bibliothèques, la moyenne des abonnés s\u2019établit à 19,4%.Le nombre de prêts par habitants est de 4,3 par année.Source: Réjean Savard, professeur de bibliothéconomie à l\u2019Université de Montréal . L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 L E C T U R E S 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .2.Une longue gestation De 23 % à 36 % Augmentation du taux de fréquentation des bibliothèques publiques au cours des 20 dernières années.Les 15-24ans Le plus fort pourcentage de fréquentation, avec45,7 % Le nombre d\u2019entrées dans les bibliothèques publiques duQuébec se compare à celui des entrées au cinéma, avec près de 20millions par année.HEURESCONSACRÉES PARSEMAINEÀLA LECTURE Colombie-Britannique : 11,3 Ontario : 10,3 Alberta : 9,9 Prairies : 9,9 Provinces de l\u2019Atlantique : 9 Québec : 7,3 Moyenne canadienne : 9,6 PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Au coeur de la vie culturelle montréalaise, l\u2019édifice abritant la Bibliothèque centrale de Montréal est désormais fermé.Seule la section jeunesse demeure ouverte.L\u2019immeuble, doté de 10 colonnes corinthiennes, a été conçu par l\u2019architecte Eugène Lafayette et inauguré le 13 mai 1917.Une porte s\u2019ouvre, trois autres se ferment SARA CHAMPAGNE Le compte à rebours est commencé.Dans moins d\u2019une semaine les portes de la Grande Bibliothèque vont s\u2019ouvrir au public.Pendant ce temps, trois édifices de valeur patrimoniale à Montréal se sont vidés de leurs bouquins.Ne reste qu\u2019un lourd silence pour meubler la bibliothèque Saint-Sulpice, l\u2019immeuble Aegidius-Fauteux et les étages de la Bibliothèque centrale de la rue Sherbrooke.La Société immobilière du Québec (SIQ), propriétaire des édifices Saint-Sulpice et Aegidius-Fauteux, évalue présentement plusieurs scénarios.Dans le cas de la bibliothèque Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis \u2014 édifice classé monument historique \u2014 la SIQ a reçu plusieurs suggestions, dont une provenant des éditeurs et des universitaires qui proposent d\u2019en faire un Institut du livre.« Il n\u2019y a cependant rien de concret sur la table.Je ne peux donc pas m\u2019avancer sur les idées reçues », explique le porte-parole de la SIQ, Martin Roy.À l\u2019intersection des avenues de l\u2019Esplanade et du Mont-Royal, rien n\u2019est encore décidé non plus pour l\u2019ancienne bibliothèque Aegidius- Fauteux, nommé ainsi en l\u2019honneur d\u2019un journaliste, bibliothécaire et historien né en 1876.Faute d\u2019idées, une pancarte «à vendre » pourrait bientôt être installée sur le terrain.La bibliothèque abritait autrefois des archives de revues et de journaux.Reste la Bibliothèque centrale, située en face du parc Lafontaine.Moins silencieuse que les autres puisqu\u2019elle abrite la bibliothèque des jeunes au sous-sol, (qui ne déménagera pas et aimerait pouvoir doubler sa superficie).Dans ce cas-ci, c\u2019est la Ville de Montréal qui en est propriétaire.Interrogée à ce sujet par La Presse, l\u2019administration de Montréal n\u2019était pas en mesure de fournir de détails sur la vocation future de l\u2019immeuble.Projet universitaire de 320 millions Pendant ce temps, à l\u2019Université du Québec à Montréal, la direction s\u2019apprête à dévoiler les grandes lignes de ses projets d\u2019expansion, dont un projet de 320 millions au terminus d\u2019autocars Berri, juste en face de la Grande Bibliothèque.Selon des informations obtenues auprès du département des communications, l\u2019UQAM désire implanter un vaste complexe comprenant un pavillon, des bureaux administratifs et des résidences universitaires à l\u2019endroit où se trouve présentement la gare centrale d\u2019autocars.L\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque, combinée au projet de l\u2019UQAM, pourrait donner un deuxième souffle à la rue Berri, croit le directeur des programmes d\u2019Héritage Montréal, Dinu Bumbaru.« Sauf que ce n\u2019est pas du ressort d\u2019une Grande Bibliothèque de revitaliser un quartier.Il faudrait que la Ville de Montréal se décide enfin à emboîter le pas et qu\u2019elle s\u2019entoure des meilleurs architectes du Québec pour redessiner l\u2019intersection Sherbrooke-Berri », dit-il.Pour l\u2019heure, la Ville de Montréal a décidé d\u2019injecter 1,6 million pour revitaliser la place Paul-Émile- Borduas et la ruelle Savoie, située tout juste derrière la GB.La viceprésidente du conseil exécutif, Francine Sénécal, explique que l\u2019administration attend la fin des travaux de l\u2019UQAM, à l\u2019automne, avant de se pencher sur la revitalisation de la rue Berri.Il y a quelques années, le service de la mise en valeur du territoire avait élaboré un concept pour retaper l\u2019artère.Mais il n\u2019y pas eu d\u2019ébauche des plans et devis, ni de budget.Si M.Bumbaru avait une baguette magique, il dit qu\u2019il s\u2019attaquerait tout d\u2019abord à la largeur de l\u2019artère, pour y ajouter des trottoirs, et ensuite planter des arbres.« Berri est une plaie pour Montréal, d\u2019une tristesse incroyable, où c\u2019est désagréable de circuler, à pied comme à vélo.» PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Pendant que tous les yeux étaient tournés vers la nouvelle Grande Bibliothèque, trois édifices se sont vidés de leurs bouquins : la bibliothèque Saint-Sulpice (ci-dessus), l\u2019immeuble Aegidius-Fauteux et la Bibliothèque centrale, rue Sherbrooke est. .6 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C HE 24 A V R IL 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉS «Àla lecture de votre journal, nous écrit un lecteur, j\u2019ai remarqué que vous faites beaucoup de fautes de syntaxe, c\u2019est-àdire que les adjectifs sont souvent placés avant le nom alors qu\u2019il faut les mettre après.Cela est souvent le cas en anglais mais pas en français.Voici quelques exemples relevés : un difficile jeu, un riche quartier, un fort vent et bien d\u2019autres encore.» Ce lecteur n\u2019a pas tout à fait raison, mais il est vrai que, sous l\u2019influence de l\u2019anglais (une fois de plus), on a tendance à antéposer l\u2019adjectif au lieu de le postposer.Toutefois, il faut éviter de crier à l\u2019anglicisme, car la place de l\u2019adjectif est très capricieuse en français.Ce dernier peut, en effet, tout aussi bien précéder le nom que le suivre.On dit, par exemple, une jolie femme mais une femme laide, un bel homme mais un homme laid, un bon fils mais un fils ingrat, la haute mer mais la marée haute, un vieux manteau mais un manteau neuf.Comment s\u2019y retrouver?Il y a bien quelques règles.« Mais, comme le font remarquer les auteurs de l\u2019Encyclopédie du bon français, elles sont très abstraites et ne peuvent remplacer ce qu\u2019on apprend par l\u2019usage.» Aussi conseillent-ils la prudence : « Il vaut mieux n\u2019employer chaque adjectif qu\u2019à la place où on l\u2019aura vu dans la même acception.» Ces bons conseils donnés, voici quelques règles qui peuvent guider l\u2019usage.1) On place habituellement avant le nom : \u2014 des adjectifs très courants et souvent très courts comme petit, moindre, vieux, bon, meilleur, grand, joli, autre, mauvais, pis, pire, jeune, gros et beau, ainsi que demi et mi ; > Un bon ami, un joli minois, un gros travail.\u2014 les adjectifs ordinaux ; > Son deuxième enfant, le troisième étage.\u2014 les adjectifs auxquels on veut donner une valeur affective, un sens fort ou figuré.> Les noirs desseins des conspirateurs.>Les vertes prairies de la patrie.> Une tendre amitié.2) On place habituellement après le nom : \u2014 les adjectifs longs ; > Une femme déterminée, un homme susceptible.\u2014 les adjectifs indiquant la couleur et la forme (sauf s\u2019ils sont employés, comme ci-dessus, au sens figuré) ; > Une robe rouge, un écran plat.\u2014 les épithètes de relation ; > Un chroniqueur littéraire, le président américain.\u2014 la plupart des adjectifs verbaux ; > Un homme dévoué, une femme estimée.> Un pont chancelant, une route montante.\u2014 les adjectifs servant à établir une classification (administrative, géographique, historique, sociale, etc.).> Un citoyen canadien, le Code civil, la physique quantique, la danse contemporaine.3) Certains adjectifs ont un sens différent, selon qu\u2019ils sont antéposés ou postposés.> Un brave homme, un homme brave.> Une curieuse femme, une femme curieuse.> Un personnage sacré, un sacré personnage.4) Enfin, la place de certains adjectifs est indifférente.On dit aussi bien, par exemple, une bien agréable journée qu\u2019une journée bien agréable, d\u2019odieuses gens que des gens odieux.Bref, la place de l\u2019adjectif est affaire d\u2019harmonie, d\u2019euphonie et de rythme, de coeur et de raison, de tradition et d\u2019usage.Conclusion : lisez de bons auteurs et fiez-vous à votre instinct.À saumon ou à saumons ?QVous avez peut-être remarqué, sur les écriteaux que l\u2019on retrouve parfois aux abords d\u2019une rivière, l\u2019inscription suivante : « Rivière à saumon ».Or saumon ne devrait-il pas s\u2019accorder au pluriel puisque la rivière doit en contenir plus d\u2019un ?Denis LeBreux RSelon le Grand Dictionnaire de l\u2019Office, on peut écrire rivière à saumon ou rivière à saumons.Dans le premier cas, saumon est un générique qui englobe toutes les espèces de saumon.Dans le second cas, on fait référence, comme vous le faites, aux saumons qui vivent dans les rivières.Motion de censure ou de défiance La « proposition par laquelle une chambre ou une assemblée met en cause la responsabilité du gouvernement » s\u2019appelle une motion de censure ou de défiance, et non une motion de non-confiance.Cette dernière est un calque de non-confidence motion.> Le Parti conservateur entend déposer une motion de censure à l\u2019égard du gouvernement libéral.Le vote de défiance devrait avoir lieu en mai.Saoulon et saoulonne QMa blonde m\u2019a prouvé que les mots saoulon et saoulonne ne figuraient pas dans le Petit Robert.Contrairement à soûlard et même soûlote.Il me semble pourtant avoir souvent entendu les premiers et rarement les seconds.Saoulon (ou soûlon) se trouve-t-il dans un autre dictionnaire ?Christian Dejoie RLes termes saoulon et soûlon sont des régionalismes.On les emploie au Québec mais également en Bourgogne et en Suisse.On les trouve dans plusieurs ouvrages, dont le Dictionnaire québécois français et Le Trésor de la langue française informatisé.Les synonymes sont soûlard, soûlaud, soûlot, ivrogne, poivrot et pochard.Petits pièges Voici les pièges de la dernière chronique : 1.Le quintette nous ont séduit.2.Elle calcule prendre sa retraite dans deux ans.\u2014 Dans la première phrase, il y a deux mauvais accords.Le mot quintette est le sujet et le pronom nous est un complément d\u2019objet direct placé avant le participe passé.\u2014 Le verbe calculer est un anglicisme au sens de compter, projeter de.Il aurait donc fallu écrire : 1.Le quintette nous a séduits.2.Elle compte prendre sa retraite dans deux ans.Voici les pièges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune au moins une faute.Quelles sont-elles ?1.Ma caméra donne de bonnes photos.2.La personne en charge est absent.Les réponses la semaine prochaine.Paul Roux est l\u2019auteur du Lexique des difficultés du français dans les médias, aux éditions La Presse.Faites-lui parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel à amoureux@ cyberpresse.ca, par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9, ou encore en écrivant directement sur la page www.cyberpresse.ca/amoureux La place des adjectifs 3306754A 3309632A Roman \u2022 464 p.\u2022 29,95 $ www.edvlb.com Fabienne Cliff Après la célèbre trilogie Le royaume de mon père, Fabienne Cliff nous présente son nouveau roman, Le nid du Faucon, une histoire haletante et pleine d\u2019imprévus.Voici, de Montréal aux Îles-de-la-Madeleine, puis jusqu\u2019à Kaboul, une intrépide chasse à l\u2019homme inspirée des événements politiques de l\u2019heure.3309109A 3309916A . .NOTRE FORUM SUR LE JOUR DE LA TERRE PAGE 3 www.cyberpresse.ca/oups MONT R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 L E C T U R E S 7 En quelques mois, MARIE-MAI s\u2019est imposée comme l\u2019une des chanteuses les plus populaires auQuébec, rejoignant ses idoles Isabelle Boulay ou André Watters.Propulsée par Star Académie, parrainée par Luc Plamondon, elle n\u2019a fait aucun compromis dans sa route vers le succès.Et elle respecte plus que tout son public, à qui elle ne veut rien refuser.Notre collaboratriceMélissa Viau lui a parlé et vous la présente.Et puisqu\u2019on parle de chanteuses,Oups s\u2019est intéressé à deux des plus prometteuses de la scène québécoise, Caroline Marcoux-Gendron et Marilou, qui présentent presque simultanément ces jours-ci leur premier album.ÀLIRE EN PAGE2 PHOTO DOMINIC BOURGET 8 L A P R E S S E MON T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 9 PAGE 2 PAGE 3 www.cyberpresse.ca/oups www.cyberpresse.ca/oups CONCOURS AMOS DARAGON> LESGAGNANTS Amos Daragon est décidément très populaire.Jamais un concours de Oups n\u2019avait suscité autant d\u2019intérêt.Plus de 2000 lecteurs ont participé au quiz dans l\u2019espoir de gagner le nouveau livre de la série Amos Daragon, le huitième, intitulé La Cité de Pégase.Un grand nombre d\u2019entre eux ont toutefois eu de la difficulté à obtenir la note parfaite de trois sur trois, qui permettait d\u2019être admissible au tirage au sort.>Àla question n° 1, «Lequel de ces personnages n\u2019est pas un compagnon d\u2019Amos?» il fallait répondre Aragorn, qui est plutôt un héros du Seigneur des anneaux.> À la question n° 2, «Comment s\u2019appelle la mère d\u2019Amos ?» la bonne réponse était Frilla.> Enfin, à la question n° 3, «Quelle langue parlent Aélig, son père et leur peuple ?» il fallait répondre icarien.Parmi tous ceux qui ont bien répondu, le sort a désigné Nicholas Gosselin, de Brossard, Ariane Goulet, de Boucherville, AdamCaplette, de Saint-Robert, Michelle Le Maire, de Laval, et LiamWolfs, de l\u2019Île-Bizard.Félicitations aux gagnants et merci à tous ceux qui ont pris le temps de participer.SAUVER LA PLANÈTE Àl\u2019occasion du JOUR DE LA TERRE, les lecteurs deOups nous ont fait parvenir commentaires et suggestions.En voici une sélection.Auservicedegardedel\u2019école LaMajuscule,àLeGardeur, nous croyons que l\u2019implication de chacun est importante pour sauver la planète.Face à nos problèmes environnementaux, chaque petit geste compte.Nous recyclons le papier depuis longtemps,mais nous voulions en faire plus.Depuis deux ans, nous recyclons, à l\u2019heure du dîner, tout ce que nous pouvons: pots de yaourt, contenants de jus, etc.Mais nous voulions en faire encore plus.Car recycler c\u2019est bien, mais réduire les déchets à la source, c\u2019est encore mieux! Nous avons donc organisé une journée «Zéro déchet».Les enfants devaient faire un effort pour avoir le moins de déchets possibles dans leurs boîtes à lunch, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils devaient se servir de contenants, ustensiles, bouteilles réutilisables (pas de suremballage).Cette journée fut unréel succès.Chacun a fait un effort, chacun était fier de montrer le contenu de sa boîte à lunch et plusieurs n\u2019avaient aucun déchet.Les enfants ont ainsi développé un comportement plus responsable face à l\u2019environnement (les parents aussi).Nous avons organisé une autre journée «Zéro déchet», vendredi, pour souligner la Journée de la Terre et nous allons continuer à le faire à l\u2019avenir.Par ailleurs, le mégadépotoir de Lachenaie est à quelques kilomètres denotreécole.Il est rempli d\u2019ordures de plusieurs municipalités, dont Montréal et les villes avoisinantes.Puisque ce n\u2019est plus possible d\u2019en enfouir, la compagnie a reçu l\u2019autorisation d\u2019empiler.C\u2019est ainsi que, bientôt, nous aurons un gros tas d\u2019ordures de la hauteur de 17 étages! Il y a une prise de conscience importante à faire dans la population.Nous encourageons tous ceux qui travaillent dans le milieu de l\u2019éducation à organiser des journées «Zéro déchet» afin de conscientiser les jeunes et leurs parents et peut-être sauver notre planète! \u2014 MICHÈLEDUBOIS, éducatrice et les enfants du service de garde de l\u2019école La Majuscule, à Le Gardeur.Nous n\u2019avons qu\u2019une planète.Il faut en prendre soin, sinon notre qualité de vie diminuera à mesure que l\u2019air sera moins respirable, que les rayons ultraviolets seront plus dangereux pour notre peau.Sans compter les conséquences sur la couche d\u2019ozone.Pour éviter cela, nous pouvons faire plein de petits gestescommene pas rester troplongtempssousladouche, ne pas jeter nos papiers par terre, recycler tout ce que nous pouvons.Bref, tout ce qu\u2019on nous répète chaque année et qu\u2019on est supposé faire chaque jour.Mais pour protéger encore plus l\u2019environnement, on peut installer un bac à compost et éviter d\u2019arroser la pelouse quand ce n\u2019est pas nécessaire.Moi, je pense quandmême que nous sommes sur la bonne voie.Continuons à nous occuper de notre environnement.\u2014 ROXANE SICOTTE Saint-Lambert Moi, je trouve dommage que les grands ne soient pas capables de s\u2019entendre pour améliorer l\u2019environnement.Notre professeur nous a expliqué c\u2019était quoi le protocole de Kyoto et je trouve que ce n\u2019est vraiment pas assez pour régler tous les problèmes de la terre.S\u2019ils pensent que c\u2019est avec ça qu\u2019ils vont réparer la couche d\u2019ozone, ils setrompent.Jepenseque les jeunes sont plus sensibles à l\u2019environnement et si on pouvait voter, les dirigeants actuels seraient forcés de changer leurs politiques.Moi, j\u2019ai commencé à dire à mes parents qu\u2019il faut fairequelque chose.Ce serait bien si tous les jeunes faisaient ça, eux aussi.\u2014 LÉOMARCHAND Terrebonne Les jeunes parlent beaucoup de l\u2019environnement, mais ils oublient souvent les bases de la protection de notre planète.Moi, à mon école, il y a souvent des papiers et des déchets qui traînent à la cafétéria et dans les corridors.Et il faut traverserunmur de fuméedecigarettes quand on entre dans l\u2019école après les récréations ou le dîner.Parler c\u2019est bien, agir c\u2019est mieux! \u2014 LULU BISSON Trois-Rivières.Pour souligner les débuts sur disque de ces deux espoirs de la chanson québécoise, Oups vous propose un quiz dontlesgagnantssemériterontdescopiesdesCDCaroline MarcouxGendron et LaFillequi chante.Il faut répondre aux deux questions suivantes : 1>Qui a réalisé le disque Caroline Marcoux Gendron ?2>Qui a réalisé le disque La Fille qui chante ?Envoyez vos réponses à oups@lapresse.ca en n\u2019oubliant pas de nous indiquer vos coordonnées postales afin que nous puissions expédier vos prix si vous gagnez.Bonne chance à tous ! CONCOURS LEQUÉBEC, VUDUCIEL Parmi les participants de notre forum, nous avons choisi au hasard les gagnants de deux exemplaires du livre Le Québec, villes et villages vus du ciel, offerts par les Éditions de l\u2019Homme.Ce sont RoxaneSicotte,deSaint-Lambert,etlesenfants du service de garde de l\u2019école La Majuscule, à Le Gardeur.Merci à tous les participants.MMÉÉLLIISSSSAA VVIIAAUU CCOOLLLLAABBOORRAATTIIOONN SSPPÉÉCCIIAALLEE OOnn llaa vvooiitt eett ll\u2019\u2019eenntteenndd ppaarrttoouutt,, oonn llaa ttrroouuvvee bbeellllee,,cc\u2019\u2019eessttuunnmmooddèèlleeaaddmmiirraabbllee.BBrreeff,,MMaarriiee- MMaaii ssaaiitt ssee ffaaiirree rreemmaarrqquueerr ddaannss ccee qquu\u2019\u2019eellllee aaddoorree pplluuss qquuee ttoouutt aauummoonnddee:: llaa cchhaannssoonn.GGéénnéérreeuussee,, eellllee ssiiggnnee ttoouuss lleess aauuttoo- ggrraapphheess aapprrèèss sseess ssppeeccttaacclleess.UUnnee ffaaççoonn ddee rreemmeerrcciieerr ssoonn ppuubblliicc,, aauuqquueell eellllee nnee ppeeuutt rriieenn rreeffuusseerr!! MMaaiiss qquuii eesstt-eellllee?CCoommmmeenntt vviitt- eellllee ccee ssuuccccèèss ssii ffuullgguurraanntt?SSoouuffffrree- tt-eellllee ddee nnee ppaass aavvooiirr ffaaiitt llee cchheemmiinneemmeenntt ttrraaddiittiioonnnneell ddee nnoommbbrreeuuxxcchhaanntteeuurrssdduuQQuuéébbeecc?NNoonn.MMaarriiee-MMaaii aa ssuuiivvii eexxaacctteemmeenntt llee ppaarrccoouurrss qquuii lluuii ééttaaiitt ddeessttiinnéé.TToouutt ss\u2019\u2019eesstt ddéérroouulléé ccoommmmee eellllee ll\u2019\u2019aavvaaiitt ssoouuhhaaiittéé.SSttaarr AAccaaddéémmiiee lluuii aa ooffffeerrtt cceettttee iimmmmeennssee ssccèènnee ddoonntt eellllee rrêêvvaaiitt:: llaa ggrroossssee aaffffaaiirree!! EEnnffaanntt,, MMaarriiee-MMaaii ééttaaiitt ssii aaggiittééee qquu\u2019\u2019eellllee nnee tteennaaiitt ppaass eenn ppllaaccee.PPeennddaanntt sseess ppeettiittss mmoommeennttss ddee rrééppiitt,, eellllee pprreennaaiitt uunn ppllaaiissiirr ffoouu àà ffoouuiilllleerr ddaannss lleess vviinnyylleess ddee sseess ppaarreennttss eett àà ééccoouutteerr ddee llaa mmuussiiqquuee.PPoouurr eellllee,, cchhaanntteerr eesstt vviittee ddeevveennuu uunn mmooddee ddee vviiee,, iimmiittaanntt ssaa mmèèrree qquuii cchhaannttaaiitt ccoonnssttaammmmeenntt.MMaarriiee-MMaaii ssaavvaaiitt ddééjjàà ccee qquu\u2019\u2019eellllee vvoouullaaiitt ddeevveenniirr :: « JJee nnee mmee ssuuiiss jjaammaaiiss ddeemmaannddéé ccee qquuee jj\u2019\u2019aallllaaiiss ffaaiirree ddaannss mmaa vviiee.ÀÀ 55 aannss,, jj\u2019\u2019aaii ééccrriitt mmaa pprreemmiièèrree cchhaannssoonn!!» SSaa mmèèrree rriiaaiitt eenn eenntteennddaanntt ssaa ffiillllee lluuii ddiirree dd\u2019\u2019uunn ttoonn aassssuurréé :: «MMaammaann,, mmee ccrrooiiss-ttuu qquuee jjee vvaaiiss ddeevveenniirr cchhaanntteeuussee?» SSoonn ppèèrree,, aayyaanntt eessssaayyéé ddee ppeerrcceerr,, ssaannss ssuuccccèèss,, ddaannss llaa cchhaannssoonn,, lluuii aa ssoouuvveenntt rrééppééttéé qquuee cc\u2019\u2019ééttaaiitt uunn mmoonnddee ddiiffffiicciillee,, qquu\u2019\u2019eellllee ddeevvrraaiitt ddéébbuutteerr ddaannss lleess bbaarrss.SSaa ffiillllee,, eellllee,, nnee vvooyyaaiitt ppaass lleess bbaarrss,, mmaaiiss llaa ggrraannddee ssccèènnee.AAuujjoouurrdd\u2019\u2019hhuuii,, ssoonn ppèèrree eesstt ffiieerr eett MMaarriiee-MMaaii aa ll\u2019\u2019iimmpprreessssiioonn dd\u2019\u2019aassssuurreerr uunnee cceerrttaaiinnee ccoonnttiinnuuiittéé.ÀÀ ll\u2019\u2019aaddoolleesscceennccee,, cceett aammoouurr ppoouurr ll\u2019\u2019ééccrriittuurree ppeerrttuurrbbee mmêêmmee sseess ccoouurrss!! EEllllee mmaannqquuee ddee ccoonncceennttrraattiioonn ppaarrccee qquuee ssaa ttêêttee ddéébboorrddee dd\u2019\u2019iiddééeess ddee cchhaannssoonnss qquu\u2019\u2019eellllee vveeuutt ééccrriirree.PPeennddaanntt uunn ccoouurrss,, eellllee ééccrriitt dd\u2019\u2019aaiilllleeuurrss llaa cchhaannssoonn IIll ffaauutt qquuee ttuu tt\u2019\u2019eenn aaiilllleess.ÀÀ cceettttee ééppooqquuee,, eellllee ssee cchheerrcchhee bbeeaauuccoouupp eett eessssaaiiee ttoouuss lleess ssttyylleess !! HHiipp hhoopp,, ppuunnkk,, cchheevveeuuxx nnooiirrss.JJuussqquu\u2019\u2019àà ccee qquu\u2019\u2019eellllee ttrroouuvvee ssoonn ssttyyllee dd\u2019\u2019aauujjoouurrdd\u2019\u2019hhuuii,, uunn mmééllaannggee ddee ttoouuss cceeuuxx qquu\u2019\u2019eellllee aa eeuuss.EEnn cciinnqquuiièèmmee sseeccoonnddaaiirree,, aavveecc ssoonn ggrroouuppee ddee ffrraannççaaiiss- tthhééââttrree,, eellllee mmoonnttee llaa ccoommééddiiee mmuussiiccaallee RRoocckk\u2019\u2019nn NNoonnnnee .BBiizzaarrrreemmeenntt,, cceettttee ggaanngg eesstt ffoorrmmééee ddee jjeeuunneess ddééssiinnttéérreessssééss ddee ll\u2019\u2019ééccoollee.MMaaiiss pplluuss llee ssppeeccttaaccllee aapppprroocchhee,, pplluuss cceess jjeeuunneess ttrriippppeenntt !! SSuurr llaa ssccèènnee,, cc\u2019\u2019eesstt ll\u2019\u2019eexxttaassee :: «LLoorrssqquuee jjee mmee ssuuiiss ffaaiitt aappppllaauuddiirr ppoouurr llaa pprreemmiièèrree ffooiiss,, qquuee jj\u2019\u2019aaii vvuu lleess ssppeeccttaatteeuurrss,, ççaa ccoonnffiirrmmaaiitt ccee qquuee jjee vvoouullaaiiss ffaaiirree ddaannss llaa vviiee»,, rraaccoonntteeMMaarriiee-MMaaii.EEllllee ppoouurrssuuiitt sseess ééttuuddeess àà ll\u2019\u2019AAccaaddéémmiiee JJoohhaannnnee RRaabbyy ooùù eellllee aapppprreenndd lleess tteecchhnniiqquueess ddee tthhééââttrree,, llaa ddaannssee,, llee cchhaanntt.AAuu bboouutt dd\u2019\u2019uunn aann eett ddeemmii,,MMaarriiee-MMaaii aabbaannddoonnnnee sseessééttuuddeessppoouurrsseellaanncceerrddaannssll\u2019\u2019aavveennttuurreeddeeSSttaarrAAccaaddéémmiiee.MMaaiinntteennaanntt,, eellllee nnee ppeeuutt ppaasssseerr uunnee jjoouurrnnééee ssaannss ééccrriirree.EEllllee aaiimmee aauussssii aalllleerr aauu ppaarrcc nnoouurrrriirr lleess ooiisseeaauuxx,, mmaarrcchheerr.EEllllee aa eennccoorree pplleeiinn ddee rrêêvveess ddoonntt cceelluuii dd\u2019\u2019ééccrriirree ddee llaammuussiiqquueeppoouurrdd\u2019\u2019aauuttrreess,,ppoouurr llaa ttéélléévviissiioonn,, llee cciinnéémmaa.«MMêêmmee ssii llee mmoonnddee nnee mm\u2019\u2019aaiimmee pplluuss,, jjee vvaaiiss eennccoorree ppoouuvvooiirr ééccrriirree,, ccoommppoosseerr.» CCeettttee sseemmaaiinnee uunn ddee sseess ssiinngglleess eesstt ppaarrttii vveerrss llaa FFrraannccee.EEllllee nn\u2019\u2019oossee ppaass ttrroopp yy ppeennsseerr ppoouurr éévviitteerr dd\u2019\u2019êêttrree ddééççuuee.« TTaanntt mmiieeuuxx ssii ççaa mmaarrcchhee !! » ddiitt-eellllee.UNECARRIÈRE SANSLIMITES Pour le Jour de la Terre, plusieurs personnes et organismes ont mis sur pied de nombreuses activités et c\u2019est très bien.Ce qui manque parfois, c\u2019est un cadre général de principes pour relier ces activités à un mouvement vers le développement durable.Il existe une charte de la Terre, endossée par l\u2019UNESCO.Vous pouvez consulter la charte à: www.chartedelaterre.org Une charte de la Terre MARILOU CAROLINE LARELÈVE ESTLÀ! Deux des jeunes chanteuses québécoises les plus prometteuses, Caroline Marcoux-Gendron et Marilou, présentent, curieusement, leur premier album presque simultanément ces jours-ci.Respectivement âgées de 16 et 15 ans, les deux vedettes naviguent dans le milieu artistique depuis plusieurs années déjà et leur avenir s\u2019annonce brillant.Marilou est d\u2019ailleurs connue en France, où elle a chanté en première partie d\u2019une tournée de Garou, l\u2019automne dernier.Caroline, elle, a parcouru le Québec en long et en large, avec ses copines de Sans Regret, avant d\u2019amorcer, cette année, sa carrière solo.Gagnez lesCDdeCaroline et deMarilou CAROLINE MARCOUXGENDRON > Née le 16 avril 1989.> Cours de danse à 3ans et cours de violon à l\u2019école primaire.> Commence les cours de chant à 12 ans.> Participe à l\u2019aventureMixMania, où elle est choisie parmi 625 jeunes artistes pour se joindre au quatuor féminin Sans Regret > Tournée partout au Québec.> Chroniqueuse à la défunte émission Têtes@Kat à Radio-Canada.> Premier simple > Une page chaque jour.> Premier album > Caroline Marcoux Gendron, lancé le 19 avril.> Imprésario > Louis St-André.> Site Internet > www.carolinemarcouxgendron.com MARILOU > Née le 20 septembre 1990.> Chante depuis qu\u2019elle est toute petite.> Découverte à 11 ans, en novembre 2001, dans un gala au Club Soda, par l\u2019animatrice Clodine Desrochers.> Participe à l\u2019émission Stars à domicile, où Natasha St- Pier lui fait la surprise de chanter en duo avec elle.> Chante Ce n\u2019était qu\u2019un rêve à la Fureur de Céline, le 14 avril 2002, au Centre Molson, devant 15 000 spectateurs et 2,5millions de téléspectateurs.> Enregistre Je serai là pour toi, en duo avec Gino Quilico, qui devient disque d\u2019or en 2002.> Signe un contrat avec SonyMusic.> Premier simple > Chante.> Premier album > La Fille qui chante, lancé le 25 avril.> Imprésario > René Angelil.> Site Internet > www.marilou-lafillequichante.com BIOGRAPHIE > Nom > Marie-Mai Bouchard > Née le 7 juillet 1984, à Varennes.> Elle habite maintenant au Plateau, à Montréal, mais elle retourne dans sa ville d\u2019origine deux fois par semaine pour voir ses parents.> Participe en 2003, à la suggestion de sa grand-mère, à l\u2019aventure de Star Académie, où elle se rend en finale des filles.> Premier album > Inoxydable, lancé en septembre 2004.> Site Internet > www.marie-mai.ca TOURNÉE > Sherbrooke, 10mai.> Joliette,12 mai.>Montréal (Spectrum), 13mai > Laval, 3 juin.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND.LA PRESSE © PHOTO MARTIN CHAMBERLAND.LA PRESSE © PHOTO MARTIN CHAMBERLAND.LA PRESSE © PHOTO PATRICK SANFAÇON.LA PRESSE © .Titeuf Kid Paddle TIRÉ DE KID PADDLE 9, DE MIDAM©DUPUIS, 2000 > Suivez les aventures de Kid Paddle dans ses albums en vente dans toutes les bonnes librairies.TIRÉ DE TITEUF 6, DE ZEP,©GLÉNAT, 2000 10 PAGE 4 www.cyberpresse.ca/oups L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 2 4 A V R I L 2 0 0 5 10 TOP 1 > Doom 3 > Xbox (18 ans) 2 > Splinter Cell:Chaos Theory > Xbox (18 ans) 3 > Dragon Ball Z:Sagas > PS2 (13 ans) 4 > God of War > PS2 (18 ans) 5 > Gran Turismo 4 > PS2 (pour tous) 6 > Splinter Cell:Chaos Theory > PS2 (18 ans) 7 > Close Combat:First to Fight > Xbox (13 ans) 8 > MX vs.ATV Unleashed > PS2 (pour tous) 9 > Star Wars:Republic Commando > Xbox (13 ans) 10 > Fight Night:Round 2 > PS2 (13 ans) Voici une liste des 10jeux vidéo les plus populaires en location dans les boutiques spécialisées du Canada.Source: Blockbuster, Rogers, Vidéotron.Titre : Star Wars Republic Commando Éditeur : Lucasart Consoles : XBox et PC Classé : 13 ans Évaluation : B ESSAI S TA R W AR S HÉROS S TA R W SANS SES Star Wars Republic Commando Il faut vous imaginer que ce jeu est une variante Stars Wars d'un classique comme Full SpectrumWarrior; un jeu de guerre à la première personne où vous devez travailler en équipe.Dans ce jeu, vous êtes un «clone » spécialement entraîné et prêt à offrir sa vie au service de la République.Et croyez-moi, vous trouvez beaucoup d'occasions de la perdre face à une armée apparemment innombrable d'androïdes et de créatures à l'apparence d'insectes géants.Le réalisme du graphisme est à la fois saisissant et tout en nuances.L'apprentissage des commandes est relativement aisé et on est vite à l'aise dans cet univers.Des icônes indiquent où il faut déplacer ses troupes et quels sont les ennemis à abattre.N'hésitez pas à tirer sur tout ce qui bouge.Les munitions sont nombreuses et on peut faire le plein d'énergie un peu partout grâce à des «machines» de récupération.Le principal problème, avec Republic Commando, c'est que le jeu se déroule dans l'univers «préhistorique»deStarWars, avant donc l'apparition des personnages les plus populaires de la série.Les éléments qui contribuaient tant au succès de Star Wars Battlefront (comme s'attaquer à des Ewoks ou s'amuser aux dépens de Hoth) sont absents de cette version.Plutôt que d'avoir affaire à des héros familiers comme Luke ou Leia, on doit composer avec des clones et c'est bien difficile de s'emballer à l'idée d'être un clone.Ce jeu peut être transposé sur Internet, où il est sans doute plus intéressant. .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 L E C T U R E S 11 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES Montréal, capitale mondiale du livre Le coup d\u2019envoi est donné RAYMOND GERVAIS C\u2019est en grande pompe qu\u2019a été lancé hier à la Place des Arts l\u2019événement Montréal, capitale mondiale du livre.En cette année consacrée par l\u2019UNESCO à la promotion du livre et de la culture, Montréal est la première ville du continent américain à décrocher le titre de capitale mondiale du livre.L\u2019événement s\u2019étendra du 23 avril 2005 au 22 avril 2006.«À travers toutes sortes d\u2019activités et de prestations, nous profiterons de cette année pour rappeler que le livre est un élément essentiel à notre qualité de vie », a déclaré Francine Senécal, coprésidente de l\u2019événement.Un spectacle réunissant sur scène les duos Robert Lalonde / Jorane, Gilles Vigneault / Angèle Dubeau, Nadine Bismuth / Taima, Bruno Roy / Yves Lambert et Lucien Francoeur / Ève Cournoyer a ouvert la cérémonie en paroles et en musique.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec et responsable de la région de Montréal, et Liza Frulla, ministre du Patrimoine et de la Condition féminine à Ottawa, ont participé à l\u2019ouverture officielle.« L\u2019année marquera la vie littéraire montréalaise et devrait constituer un tournant pour la place du livre dans la sphère publique », a précisé pour sa part Denis Vaugeois, coprésident de l\u2019événement.Le maire Tremblay a indiqué que l\u2019obtention du titre de capitale mondiale du livre était un grand honneur pour Montréal, une métropole d\u2019innovation et de créativité ouverte sur le monde.«Montréal est une métropole culturelle avec une visibilité internationale et nous avons réalisé de grandes choses.La culture est l\u2019élément qui nous rassemble », a dit le maire.Pour la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, cet événement donne à Montréal l\u2019occasion de mettre à l\u2019avant-scène ce qui fait sa richesse propre, soit sa culture, le talent de ses auteurs et de ses créateurs.« La multitude d\u2019activités qui se dérouleront au cours de l\u2019année mettront en contact les enfants, les familles et les parents avec tous les artisans de la chaîne du livre.Montréal est mis à l\u2019honneur, mais aussi nos poètes, romanciers et écrivains pour les bienfaits de la culture au Québec », a déclaré la ministre.Mme Beauchamp a rappelé que le gouvernement du Québec avait soutenu l\u2019organisation de Montréal en lui versant des subventions de près de 600 000$ provenant de différents ministères.Pour Liza Frulla, l\u2019occasion est belle de mettre en lumière la créativité et le travail remarquable de nos auteurs ainsi que le savoir-faire du milieu de l\u2019édition.La ministre fédérale a profité de l\u2019occasion pour annoncer l\u2019ajout de 750 000$ aux 250 000$ déjà annoncés pour la tenue de l\u2019événement.Montréal, capitale mondiale du livre s\u2019inscrit dans le prolongement de la 10e Journée mondiale du livre et du droit d\u2019auteur, qui se déroule cette année sur le thème Lire, un plaisir qui se célèbre.Instaurée par l\u2019UNESCO en 1995, cette journée, soulignée dans plus de 80 pays, vise à susciter le goût de la lecture tout en sensibilisant le grand public à l\u2019importance du livre et du droit d\u2019auteur.3283100A PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Les ministres Line Beauchamp et Liza Frulla ont eu beaucoup de plaisir à échanger avec les artistes Gilles Vigneault et Angèle Dubeau.« L\u2019année marquera la vie littéraire montréalaise et devrait constituer un tournant pour la place du livre dans la sphère publique.» PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Pendant que les coprésidents et les ministres y vont de leurs discours d\u2019inauguration, la jeune MariamAhmed s\u2019intéresse davantage à son livre.Depuis sa parution en octobre dernier, Ma vie en trois actes de Janette Bertrand nous a permis de mieux connaître celle qui nous a conseillés, divertis, bousculés, mais surtout aimés depuis tant de décennies.En cette Journée mondiale du livre et du droit d\u2019auteur, les Éditions Libre Expression tiennent à féliciter et à remercier madame Janette Bertrand, ainsi que que son éditrice madame Carole Levert.Plus de 200 000 exemplaires : une extraordinaire preuve d\u2019amour de tout le Québec ! 3311162A La saga du Liban PLON 39,95 $ 3309921A 3309898A 3309899 .Tous les mercredis et samedis dans LES VOYAGEURS EN PARTANCE POUR\u2026 .12 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANSE Borges, le bibliothécaire aveugle Divine Sarah STÉPHANIE BRODY COLLABORATION SPÉCIALE Imaginez un ciel noir d\u2019oiseaux, des milliards d\u2019oiseaux.Et pas question ici du film The Birds d\u2019Alfred Hitchcock, mais bien d\u2019un fait vécu.En 1832, une inimaginable volée de tourtes voyageuses \u2014 six kilomètres de largeur sur 500 kilomètres de long ! \u2014passe au-dessus de Toronto, de Montréal et de Québec, obscurcissant le soleil et la lune pendant trois jours et trois nuits.De ces majestueux oiseaux, dont le plumage irisé faisait miroiter le ciel comme la surface de la mer, il ne reste rien.Pourtant, les tourtes voyageuses furent longtemps une des plus abondantes espèces d\u2019oiseaux en Amérique du Nord.Massacrées par milliers, pour leur chair, leurs plumes ou pour le sport \u2014on rapporte qu\u2019au Michigan, 25 000 oiseaux pouvaient être tués en une seule journée de chasse \u2014la dernière tourte voyageuse meurt, en captivité, en 1914.Lorsque Sarah Chase tombe sur cette formidable histoire d\u2019oiseaux, dans un vieux livre chiné chez un bouquiniste, c\u2019est l\u2019étincelle.Exactement le genre de morceau d\u2019histoire oubliée que cette chorégraphe et danseuse, mais surtout formidable conteuse, adore raviver.Ainsi naît le solo Bird, qui sera présenté à compter de mardi à l\u2019Agora de la danse.Mariant le geste à la parole, avec le naturel désarmant qu\u2019on lui connaît, Chase y conjure non seulement les tourtes disparues des cieux au-dessus de Toronto \u2014« Je célèbre l\u2019incroyable miracle qu\u2019elles représentaient de leur vivant au lieu de pleurer leur mort », dit-elle \u2014, mais aussi tout un pan de la petite histoire de la Ville reine, également en voie d\u2019extinction.« Le présent nous échappe constamment, constate Sarah Chase, un brin nostalgique.Et j\u2019ai vite fait le lien entre ces oiseaux et les gens qui vivaient autour de moi, dans cette petite ruelle qui longe Trinity Bellwoods Park, près de Dundas, où j\u2019ai habité pendant plus de huit ans.Le quartier est en train de devenir très à la mode.Mais dans les années 50 et 60, les gens qui vivaient dans cette ruelle, c\u2019étaient d\u2019abord des immigrants \u2014des Polonais, des Ukrainiens, des Portugais, des Italiens\u2014 débarqués à Toronto, après la guerre, pour y chercher du travail.Et si on y regarde de plus près, on découvre que leurs histoires sont toutes aussi incroyables, mais qu\u2019on les tient pour acquises.» Et ce n\u2019est que maintenant, avec le recul, alors qu\u2019elle vient tout juste de quitter Toronto pour vivre à Hornby Island, une petite île de 900 habitants au large de Vancouver, que ses voisins de jadis se rappellent à sa mémoire.« Un jour que j\u2019allais payer mon loyer, par exemple, ma vieille propriétaire polonaise s\u2019est mise à me conter l\u2019exil de sa famille en Sibérie, la mort de ses parents.Un autre de mes voisins m\u2019a confié comm e nt o n l \u2019 a v a it so r t i clandestinement de Tchécoslovaquie, caché sous un sac de fèves, lorsqu\u2019il n\u2019avait que 2 ans.» Une tradition orale Ceux qui ont assisté à Portraits ou encore à Lamont Earth Observatory, deux oeuvres précédentes de Sarah Chase, savent avec quelle puissance d\u2019évocation et avec quelle infinie tendresse la jeune femme au charme fou tisse les souvenirs, à l\u2019instar entre autres de la chorégraphe montréalaise Estelle Clareton.Chase tente aussi, à sa manière, de sauvegarder la tradition orale.« Je ne couche jamais sur papier les histoires que je vais conter.J\u2019y perdrais au change.J\u2019aime le fait que mon esprit fonctionne d\u2019une manière tout à fait particulière quand mon corps est en mouvement et que, chaque soir, je sens l\u2019histoire différemment », explique Sarah Chase, qui rappelle que c\u2019est le chorégraphe Benoît Lachambre qui l\u2019a révélée ainsi à elle-même.Alors que la déjà très charismatique jeune femme danse professionnellement depuis des années, Lachambre crée pour elle, en 1998, l\u2019étrange L\u2019Âne et la Bouche où elle marie pour la toute première fois voix et gestes.« Cela dit, je ne prononce jamais un mot quand je commence à créer une pièce en studio, précise la danseuse.Je laisse les histoires me trotter dans la tête, habiter mon corps, tandis que j\u2019improvise des mouvements abstraits.» Quand la pièce commence à prendre forme, Sarah Chase invite des amis en studio.« Il faut qu\u2019il y ait quelqu\u2019un devant moi pour que je parle enfin.Sans ça, je trouve que j\u2019ai l\u2019air un peu cinglé ! (Rires) Mais c\u2019est surtout que l\u2019histoire devient autre quand il y a quelqu\u2019un qui écoute ce que j\u2019ai à dire.Conter, ça se vit en duo.C\u2019est l\u2019intérêt de mon auditeur qui m\u2019attire comme un aimant.» D\u2019ailleurs, en représentation, Sarah Chase demande toujours qu\u2019il y ait un très faible éclairage dirigé sur le public.« J\u2019aime regarder les gens quand je leur parle, pas nécessairement pour saisir les détails de leurs visages, mais parce que c\u2019est tout naturel pour moi de regarder une personne quand je m\u2019adresse à elle.Et les soirs où je sens l\u2019attention des gens rivée sur moi, cette concentration tranquille qui envahit l\u2019espace, alors là, c\u2019est magique ! » .BIRD de Sarah Chase, du 26 au 30 avril à l\u2019Agora de la danse, 20 h.DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Je me souviens de cette vieille voisine qui a empoisonné mon enfance en répétant à tout bout de champ que « toute bonne chose avait une fin ».Chaque fois qu\u2019elle lançait sa malédiction, en prenant toujours soin de souligner combien elle avait hâte de mourir (ces gens-là ne meurent jamais), je répliquais tout bas : « Ce n\u2019est pas vrai, ce n\u2019est pas vrai ».Pour moi, les choses n\u2019ont pas de fin, elles disparaissent simplement de notre regard pour continuer leur chemin ailleurs.Par contre, elles ont un commencement.C\u2019est ce moment mystérieux où tout un univers (le mien, le vôtre) s\u2019apprête à basculer qui m\u2019a toujours intrigué.Quand est-ce que j\u2019ai lu pour la première fois une phrase de Borges ?Cela fait des jours que je ne cesse d\u2019y penser.Était-ce chez quelqu\u2019un ?Possible, car dès que je pénètre dans une maison, je me dirige d\u2019abord vers la petite bibliothèque du salon.C\u2019est souvent rempli de gros livres d\u2019art disposés là pour épater la galerie.Il arrive qu\u2019on y fasse de jolies découvertes (un vrai livre gisant entre deux mastodontes).C\u2019est ainsi que je suis tombé sur Cendrars.Comme la maîtresse de maison semblait diablement occupée à préparer le cocktail, j\u2019en profitai pour feuilleter le bouquin.Je ne pouvais me détacher de cette prose claire, décontractée, en prise directe avec la vie.Je me suis arrangé pour emporter le bouquin (c\u2019était Le Lotissement du ciel) avec moi en partant.Je me sentais encore bien dans ma petite chambre à lire des romans de Carter Brown tout en regardant Colombo à la télé, jusqu\u2019à ce que ce vagabond de Cendrars, que je venais à peine de rencontrer, m\u2019offe en riant l\u2019Asie.Mais il fallait tout quitter si on voulait le rejoindre dans le transsibérien qui s\u2019enfonce dans les steppes glacées.Ce que j\u2019ai fait.Je n\u2019avais goûté à aucun alcool aussi fort depuis Kerouac.C\u2019est étonnant quand on y pense, j\u2019ai connu Kerouac avant Cendrars, et Miller avant Kerouac.Pourtant Miller aurait dû me conduire à Cendrars, c\u2019est un de ses potes.Miller est un de ces écrivains rabatteurs qui ne cessent de vous présenter à ses copains toujours « exceptionnels ».On marche dans la combine avant de découvrir que Miller est toujours plus intéressant que sa cohorte d\u2019amis.D\u2019ailleurs, c\u2019est Miller qui les a inventés ; ils ne prennent vie que sous sa plume (plutôt sa machine à écrire).C\u2019est en cessant de lire les bouquins des amis de Miller que j\u2019ai raté Cendrars.Mais on était à Borges, si je ne me trompe.Borges pour la vie J\u2019ai pris Jean Barbe (Comment devenir un monstre, Leméac, 2004) dans ma voiture, l\u2019autre jour.À peine installé, il remarque un bouquin sur le tableau de bord, à côté de mon cahier mauve où je prends constamment des notes.Ah, dit-il, toujours Borges, celuilà t\u2019aura accompagné toute ta vie.J\u2019ai aimé sa remarque, mais j\u2019ai surtout apprécié le fait qu\u2019il n\u2019ait rien ajouté après, car Borges agit toujours sur les neurones comme un excitant.Il est à la réflexion ce que la cigarette est au café ; l\u2019un suit l\u2019autre.>Voir LAFERRIÈRE en page 14 PHOTO RICHARDMORAN, GRACIEUSETÉ DE L\u2019AGORA DE LA DANSE Formidable conteuse, la chorégraphe et danseuse torontoise Sarah Chase est à Montréal cette semaine pour présenter son solo Bird.« Je ne couche jamais sur papier les histoires que je vais conter.J\u2019y perdrais au change.J\u2019aime le fait que mon esprit fonctionne d\u2019une manière tout à fait particulière quand mon corps est en mouvement et que, chaque soir, je sens l\u2019histoire différemment.» TANGO FLAMENCO PAR LE TALENT DANZA BALLET ESPAÑOL DE MADRID UN SPECTACLE ÉPOUSTOUFLANT AVEC 25 DANSEURS ET MUSICIENS DE TRÈS HAUT NIVEAU ! 6SOIRS ÀL'AFFICHE ! THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE, DU 29 JUIN AU 4JUILLET 29 JUIN À 18 H ET LES AUTRES SOIRS 20 H30 DE RETOUR APRÈS LEUR PASSAGE ÀGUICHETS FERMÉS CETAUTOMNE! ÀLAPLACE DES ARTS www.pda.qc.ca /(514) 842-2112 RÉSEAU ADMISSION www.admission.com \u2022(514) 790-1245 BILLETS : RENSEIGNEMENTS : FILL21P .ARTS ET SPECTACLES EN BREF .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 13 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Dès le corridor menant à la salle Sawyer, sorte d\u2019arrière-scène du centre Gesù, les passants sont interpellés par une série de feuilles « blanches» collées brutalement au mur.En fait, ces feuilles ne sont pas tout à fait blanches.La teinte jaunâtre propre à leur âge parle déjà beaucoup.L\u2019expo, signée Claudia Baltazar, s\u2019appelle en toute logique Le Musée de la nostalgie.Ce n\u2019est pas la première fois que Claudia Baltazar travaille sur ce thème.Son musée, elle l\u2019a déjà monté sous plusieurs formes.Dans son aspect actuel, il prend racine sur ces feuilles, tirées, visiblement, de vieux bouquins.Dans d\u2019autres mises en scène, comme au MAI en 2002, l\u2019artiste proposait un «regard sur une collection personnelle d\u2019artefacts ».Au Gesù, le corridor n\u2019est qu\u2019un préambule à plusieurs chapitres, une deuxième, puis une troisième série de feuilles (cette dernière formant un amas à trier) se succèdent.Le clou, le coeur de l\u2019installation, est à découvrir dans cette petite salle Sawyer presque cachée.Ses murs, entièrement recouverts de feuilles, ne sont pas moins apparents.Sa silhouette, en tout cas, qui est révélée comme dans un bon Christo.Le recto faisant face au mur, le lot de feuilles forme un espace immaculé.Les quelques exceptions proviennent des versos retouchés par l\u2019artiste.Dessins, symboles ou figures y apparaissent ici et là.Une iconographie, en tout cas, qui évoque aussi des temps lointains.Cette apparence de nostalgie n\u2019est pas à prendre au premier degré.Pas plus que le musée.Plus critique que béate, Claudia Baltazar simule un contexte d\u2019archivage, de préservation, de collection pour broder une (fausse) histoire.Des « fausses réminiscences », selon ses propres mots.Comme d\u2019autres (Raphaëlle de Groot, par exemple, qui était de l\u2019expo Histoires des Amériques au Musée d\u2019art contemporain à l\u2019été 2004), Baltazar rappelle à quel point la mémoire collective peut être une fabulation subjective, dictée par certaines élites.Et elle n\u2019hésite pas à toucher à un objet de savoir aussi sacré que le livre \u2014elle le détruit même \u2014, et à ternir l\u2019image soignée et sage du musée.Visiblement, elle invite à accepter la fragilité.Son propos est habilement soutenu par son geste d\u2019artiste-conservatrice, un toucher que le personnel de musée, habituellement, doit plutôt camoufler.Son goût pour la matière, plus que pour le contenu, en tout cas, est tout aussi révélateur.Épinglées légèrement au mur, les feuilles volent au vent et donnent à l\u2019ensemble l\u2019allure fort agréable du non-fini.Pour Claudia Baltazar, le musée peut être malléable et sans propos fixe.Aussi solide qu\u2019un château de cartes.Et pourquoi pas ?.LE MUSÉE DE LA NOSTALGIE de Claudia Baltazar, Gesù, centre de créativité, 1200, rue de Bleury, jusqu\u2019au 27 avril.Info : 514 861-4378.Plaidoyer pour la fragilité PHOTO FOURNIE PAR LE CENTRE DE CRÉATIVITÉ Détail d\u2019une oeuvre de Claudia Baltazar exposée au Gesù.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll GÉNI E S EN HERBE #1141 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A-BEETHOVEN 1 Quel handicap frappa Beethoven vers la fin de sa vingtaine?2 En l\u2019honneur de quel personnage Beethoven avait-il intitulé sa 3e symphonie avant de la rebaptiser «héroïque »?3 Laquelle des symphonies de Beethoven porte le nom de «pastorale», car elle constitue un hymne à la nature?4 C\u2019est la 9e et dernière des symphonies de Beethoven, mais aussi la première de l\u2019histoire musicale faisant intervenir la voix humaine.5 Dans quel courant artistique du 19e siècle, représenté au niveau littéraire par Victor Hugo, Beethoven se situet- il?B-ACTUALITÉ 1 Quelle série diffusée sur les ondes de Radio-Canada en 2004 a remporté le Gémeau de la meilleure série dramatique, ainsi que le Gémeau des meilleurs textes écrits par Frédéric Fortier?2 Dans quelle ville québécoise les employés d\u2019un premier Wal-Mart ont-ils obtenu leur accréditation syndicale à l\u2019été 2004?3 Quelle ministre canadienne de l\u2019Immigration s\u2019est retrouvée dans l\u2019eau chaude relativement à un programme d\u2019attribution de permis à des danseuses nues à l\u2019automne 2004?4 Quelle équipe de football universitaire canadien a remporté la Coupe Vanier en 2004?5 Quel mouvement politique de gauche a récemment été créé par l\u2019ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David?C-DOCUMENTAIRE 1 Quel documentaire de Susan Gray reprend le titre d\u2019un célèbre film d\u2019Orson Welles, mais cette fois à l\u2019italienne, portant sur la concentration du pouvoir entre les mains du chef d\u2019État Berlusconi?2 Ce documentaire de Michael Moore paru en 1989 met en scène ce dernier à la recherche du PDG de General Motors afin qu\u2019il justifie la mise au chômage de 50 000 personnes dans sa ville natale de Flint.3 Ce réalisateur argentin connu pour son dernier film, Historias ménimas, se positionne à nouveau à la frontière entre la fiction et la réalité proche du documentaire avec la sortie à l\u2019automne 2004 de son nouveau film El Perro.4 Ce réalisateur de La femme qui boit (2001) a un long parcours de documentariste avec notamment Le temps et le lieu (2000) portant sur la vie d\u2019agriculteurs de Saint-Denis.5 Quel documentaire d\u2019Errol Morris nous présente Robert McNamara et sa vision des événements marquants du 20e siècle, dont la guerre du Vietnam?i Ministre canadienne de l\u2019immigration D-ASSOCIATIONS Associez l\u2019unité du système international à ce qu\u2019elle permet de quantifier.1 Coulomb 2 Weber 3 Volt 4 Watt 5 Farad G-UKRAINE 1 Cette presqu\u2019île de l\u2019Ukraine qui s\u2019avance dans la mer Noire a fait l\u2019objet d\u2019un conflit en 1854-1855, dans lequel la Russie a dû s\u2019incliner face à la France, la Grande- Bretagne et l\u2019Empire ottoman?2 Quelle est cette région d\u2019Europe orientale appartenant à la Hongrie au Moyen-Âge, rattachée à la Tchécoslovaquie durant l\u2019entre-deuxguerres puis finalement à l\u2019URSS et par ricochet à l\u2019Ukraine en 1945?3 Ce fleuve traverse l\u2019Ukraine du nord au sud, irriguant sa capitale Kiev, avant de se jeter dans la mer Noire.4 Malgré l\u2019importante production d\u2019électricité par le nucléaire, quel autre mode de production est très présent en Ukraine, représentant quelque 7% de l\u2019apport énergétique?5 En 1986, c\u2019est dans cette ville qu\u2019eut lieu le plus important incident nucléaire de l\u2019histoire suite à l\u2019explosion d\u2019un réacteur.H-CHEVEUX 1 Quelle est cette substance sécrétée par les glandes sébacées et qui rend les cheveux gras?2 Semblable à des «rastas», ce type de coiffure consiste à nouer puis crêper les cheveux.3 Au Moyen-Âge, c\u2019était un haut bonnet de femme de forme conique recouvert d\u2019un voile.4 Ce personnage biblique tenait sa force herculéenne de se chevelure et fit ainsi s\u2019écrouler le temple philistin dans lequel il était captif.5 C\u2019est l\u2019arrêt de la synthèse de ce pigment qui cause le blanchissement des cheveux.a Potentiel électrique b Charge électrique c Capacité électrique d Flux magnétique e Puissance électrique E-IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Cet animal au nom d\u2019origine népalaise pèse environ 100 grammes à sa naissance.2 Il était à l\u2019honneur dans le dessin animé Tao-Tao, dont la chanson thème était interprétée par Nathalie Simard.3 Emblème du World Wildlife Fund, ce symbole de la protection du milieu naturel est lui-même menacé.5 On le retrouve principalement en Chine et en Inde, sa quasi-extinction étant liée à la disparition de sa source principale de nourriture, le bambou.F-CHARADE 1 Mon premier est le nom d\u2019un pays ayant signé un accord bilatéral de libre-échange avec le Canada en 1997.2 Mon second est le type de dîner auquel veut participer Thierry Lhermitte en compagnie de Jacques Villeret dans un célèbre film.3 Mon troisième est une conjonction de coordination indiquant la cause.4 Mon quatrième réfère à la racine grecque rhino.5 Mon tout est un plat mexicain à saveur piquante fait à base de haricots et de viande.GEN24AL SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Une Dery prometteuse JÉRÔME DELGADO CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE La peinture dans sa plus simple expression, dans sa plus belle finalité.Sans flafla ni gavage.C\u2019est ce que livre Suzanne Dery, pour sa toute première exposition.L\u2019ensemble de gouaches regroupées à la Fonderie Darling sous le titre Turkey Dreams ne révolutionne rien.Mais de ce coup de pinceau porté par la spontanéité et la légèreté se dégage un plaisir évident à dessiner.À composer des images.Que demander de plus ?Sans doute, la première série (en tenant compte que la visite du fait dans le sens des aiguilles d\u2019une montre), est la plus forte.Tirée d\u2019un séjour en Espagne, sans en être le récit, les 24 petites scènes Fountain Series 2 Valencia and Barcelona explorent, sous la seule couleur noire, un même motif : une fontaine fort exubérante, devenant par bouts un palmier ou prenant place sur le toit d\u2019un autobus.Rien de réaliste, place à l\u2019imaginaire et aux variations sur un même thème.Que demander de plus ?Le support, le papier.Suzanne Dery en est certainement friande, chaque série ayant pour ainsi dire son propre papier.Celui des fontaines se démarque d\u2019ailleurs par sa blancheur, d\u2019autres par leur texture.La suite Spain Series 3 August, réduite à seulement six gouaches, est un pas de plus vers l\u2019expérience très personnelle de l\u2019auteure.Les référents au sud annihilés, il ne reste qu\u2019un élément fort intrigant, flottant seul dans le cadre (le papier n\u2019est que plus présent), presque brillant.Mais Suzanne Dery, qui expose aussi en ce moment à l\u2019Usine C en tant que membre du collectif Orange / Brown, fait aussi appel à d\u2019autres univers que celui propre à la peinture.La culture populaire (un David Bowie caricaturé) et les produits de la société de consommation (de la viande rouge humanisée) lui fournissent en effet bien des idées.Et entre un travail de collage utilisant par exemple plus d\u2019un proverbe (de biscuit) chinois et l\u2019hyperréalisme dans la reproduction d\u2019emballages de bonbons, Dery signe des oeuvres parfois plus éclatées, plus cyniques, presque trash.Le coup de pinceau (de crayon aussi) et la présence de la feuille assurant la liaison, l\u2019ensemble reste d\u2019une belle cohérence.Excepté la série Scrabble.Ces grandes reproductions sur panneau de bois de parties jouées par l\u2019artiste détonnent passablement, manquent de raffinement.Mettons ça au compte de l\u2019essai.TURKEY DREAMS de Suzanne Dery, Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, jusqu\u2019au 1er mai.Ouvert du mercredi au dimanche.Info : 514 392-1554.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Découverte d\u2019un tableau rare de la peintre Helen McNicoll PRESSE CANADIENNE VANCOUVER \u2014 Hilda Good, une femme de la côte ouest, a eu la surprise \u2014et la joie \u2014 d\u2019apprendre qu\u2019un tableau qu\u2019elle avait trimballé sans précaution particulière depuis plus de 25 ans était une oeuvre rare d\u2019une peintre montréalaise renommée.Le tableau abîmé par le temps et les déménagements avait été laissé à Mme Good par une tante.Il a été peint vers 1911 par Helen McNicoll, une peintre de tendance impressionniste issue d\u2019une famille aisée de Montréal et décédée en 1915 à l\u2019âge de 35 ans.L\u2019oeuvre fait 56 cm sur 53 cm (22 pouces sur 21) et représente une mère et sa fillette cueillant des baies.Elle a une valeur de 60 000 $ à 80 000 $.La maison de ventes aux enchères Heffel de Vancouver la mettra en vente le 25 mai.Elle sera présentée en prévente à la galerie Heffel à Vancouver, ainsi qu\u2019à Toronto et Montréal.Le tableau a été initialement vendu par la galerie montréalaise W.Scott and Sons \u2014maintenant fermée\u2014 à un collectionneur de Montréal avant de se retrouver à Vancouver chez les Good.La peinture était accrochée dans la chambre à coucher d\u2019un des enfants de la grand-mère de 79 ans, jusqu\u2019à ce qu\u2019un membre de la famille décide de mettre en vente un autre tableau de la maisonnée, une oeuvre d\u2019Arthur Lismer, un peintre membre du Groupe des Sept.« Nous avons pris le McNicoll par pur hasard, a expliqué Mme Good, vendredi.Nous nous sommes soudainement dit : pourquoi ne pas voir ce que nous pouvons faire avec ce tableau dans la chambre de Ian.» En voyant la pièce, Robert Heffel, de la compagnie Heffel Fine Art Auction House, a immédiatement reconnu la signature de la peintre, a indiqué la fille de Hilda Good, Jane.Les personnages et les couleurs du tableau intitulé Mother and Child Picking Berries étaient à peine visibles, mais ont pu réapparaître grâce à un nettoyage effectué par un expert.« Son marché est vraiment très fort en ce moment, a affirmé M.Heffel.C\u2019est un tableau incroyable et tout indique que son prix de vente sera plus élevé que son prix estimé.» La maison de ventes aux enchères Heffel a récemment vendu un autre McNicoll pour un prix record de 322 000 $ et en aura deux autres à vendre le 25 mai.Quant au Lismer, intitulé On Pender Island, East Coast of Vancouver Island, B.C., il vaut entre 30 000 $ et 40 000 $.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Décès de John Mills L\u2019acteur britannique John Mills, qui avait remporté l\u2019Oscar du meilleur acteur dans un rôle de soutien en 1970 pour son interprétation dans La Fille de Ryan, de David Lean, est décédé hier à son domicile près de Londres, à l\u2019âge de 97 ans.Sir John Mills, dont la carrière avait débuté en 1932, a notamment incarné de nombreux officiers britanniques au cours de sa carrière.Parmi les films dans lesquels il a joué, on peut citer Les Grandes Espérances en 1946, Chaussure à son pied en 1954, deux films de David Lean, ou encore Gandhi, de Richard Attenborough en 1982.John Mills est mort à son domicile de Denham, à l\u2019ouest de Londres, après une courte maladie, ont annoncé ses proches dans un bref communiqué.Le jury de Cannes Les organisateurs du 58e Festival de Cannes, qui aura lieu du 11 au 22 mai, ont annoncé vendredi soir la composition du jury, qui sera présidé par Emir Kusturica.Le réalisateur serbe sera entouré de l\u2019actrice mexicaine Salma Hayek, de la réalisatrice française Agnès Varda, du réalisateur français Benoît Jacquot, de l\u2019acteur espagnol Javier Bardem, du réalisateur chinois John Woo, de la romancière américaine Toni Morrison, de l\u2019actrice indienne Nandita Das et du réalisateur allemand Fatih Akin. 14 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R IL 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ARTS ET SPECTACLES Borges, le bibliothécaire aveugle SPECTACLES CINÉMAS INDÉPENDANTS 538 FOIS LA VIE Cinéma Beaubien: 14h15, 21h.CE QU\u2019IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 17h.ESQUIVE (L\u2019) Cinéma Parallèle: 13h, 17h, 19h15.ÉTATS-UNIS D\u2019ALBERT (LES) Cinéma Beaubien: 15h30, 21h30.GENESIS Cinéma Beaubien: 13h45, 17h30.Ex-Centris: 11h.GRAND VOYAGE (LE) Ex-Centris: 15h, 17h05, 19h10, 21h10.HISTOIRE D\u2019ETRE HUMAIN Cinéma Beaubien: 12h15, 19h.INTÉRIEUR D\u2019UN COUVENT Cinéma du Parc (2): minuit.JIMMYWORK Ex-Centris: 15h15, 21h30.KUNG FU HUSTLE Cinéma du Parc (1): 15h10, 17h10, 19h10, 21h10.MARIAGES Cinémathèque québécoise: 18h30.NOBODY KNOWS Cinéma du Parc (2): 13h40, 16h20, 19h, 21h40.OLDBOY Cinéma du Parc (3): 15h, 17h20, 19h40, 22h ; Ex-Centris: 14h30, 17h05, 19h25, 21h40.SURVENANT (LE) Cinéma Beaubien: 11h, 14h, 18h30, 21h30.VIE AVEC MON PÈRE (LA) Beaubien: 11h30, 16h30, 19h15.MUSIQUE CHAPELLE DU BON-PASTEUR Frédéric Chalifoux, clarinettiste, Mia Lennox-Williams, soprano.Schumann, Debussy: 15h30.SALLE TUDOR DU MAGASIN OGILVY I Musici de Montréal.Dir.Yuli Turovsky.Catherine Perrin, récitante : 14h30.VARIÉTÉS CABARET DU CASINO Pied de poule: 20h30.CENTRE BELL Motley Crue: 19h30.GÉSÙ (1200, rue de Bleury) Aghanina musique: 19h30.MÉTROPOLIS Garbage: 20h.THÉÂTRE CORONA The Arcade Fire: 20h.THÉÂTRE SAINT-DENIS Elvis Story: 20h.LAFERRIÈRE suite de la page 12 Mais Borges ne me pousse plus à penser, il est simplement là, comme un objet devenu indispensable avec le temps : le téléphone ou un dictionnaire.On devrait donner le nom de Borges non à une place ou à une rue, mais plutôt à une encyclopédie, lui qui n\u2019a jamais cessé de fréquenter l\u2019Encyclopedia Universalis.Le Borges.Mais qui est donc cet homme qui reste pour moi le seul écrivain contemporain à saveur antique ?Il est né à Buenos Aires en 1899.Selon la petite chronologie préparée par Rodriguez Monegal pour la fameuse collection du Seuil « Écrivains de toujours » : à l\u2019âge de 6 ans, Jorge Luis Borges déclare à son père qu\u2019il veut être écrivain et ce dernier l\u2019y encourage.À 7 ans, il écrit en anglais un résumé de la mythologie grecque, à 8 ans son premier conte, La Visière fatale, inspiré d\u2019un épisode du Quichotte, et à 9 ans, il traduit de l\u2019anglais à l\u2019espagnol Le Prince heureux, d\u2019Oscar Wilde, qui sera publié dans le grand quotidien de Buenos Aires.Ce n\u2019est pourtant pas ce côté enfant prodige qui retient l\u2019attention, mais plutôt l\u2019image puissante d\u2019un vieil OEdipe aux yeux crevés par la culture.Borges a commencé par cette poésie (il fréquentait alors des jeunes gens assez agités), qui accordait décidément une trop grande importance à l\u2019image.Suit une époque où se mêlent provincialisme, nationalisme et mauvaise conscience d\u2019un petit-bourgeois qui croit encore que seule la culture populaire est légitime (il concocte donc la biographie d\u2019une vedette des faubourgs : Macedonio Fernandez).De retour d\u2019Europe, il replonge dans le Buenos Aires de son enfance, et cette émotion lui fait retrouver cette manière assez naïve qui rappelle les dessins d\u2019enfant : « Les rues de Buenos Aires Sont déjà passées dans ma chair.Non pas les rues énergiques agitées de hâte et de trafic mais bien la douce rue du faubourg attendrie d\u2019arbres et de couchers de soleil » La bibliothèque personnelle Il faut imaginer deux enfants, impeccablement habillés, jouant dans un joli petit jardin intérieur : Borges et sa soeur Norah, qui deviendra peintre par la suite.Plus d\u2019un demi-siècle plus tard, Borges raconte qu\u2019un jour, las de ces jeux d\u2019enfants, il entra dans cette chambre toujours obscure et fraîche qui servait de bibliothèque à son père : « Mon père avait une grande bibliothèque.On me permettait de lire m\u2019importe quel livre, même ceux qu\u2019on interdit aux enfants.» C\u2019est là qu\u2019il découvrit tout de suite Les Mille et Une Nuits dans la traduction plutôt salace du capitaine Burton.Il y eut aussi la découverte d\u2019un autre livre capital dans la formation de sa sensibilité : Don Quichotte qu\u2019il a lu dans l\u2019ancienne édition Garnier.C\u2019était une édition assez médiocre, mais Borges resta fidèle toute sa vie à cette première impression.Par la suite, il a souvent reçu en cadeau d\u2019autres éditions moins fautives et plus complètes que celle de Garnier, mais il les consultera toujours distraitement en ayant l\u2019impression que ce n\u2019est jamais le vrai Quichotte.Le vrai Quichotte, c\u2019est celui de la première lecture.C\u2019était une bibliothèque bourrée de livres classiques, celle de tout Argentin cultivé de cette époque.Pour Borges, la lecture est une conversation avec l\u2019auteur.Alors pour lui, relire c\u2019est revoir un ami.Cette constante fréquentation des meilleurs esprits a développé chez l\u2019enfant un goût si sûr que tout jeune on le consultait déjà pour juger de la qualité d\u2019une oeuvre.Pour lui, ce n\u2019était qu\u2019un jeu, un jeu infini, car le livre change à chaque lecture.Et ce n\u2019est jamais le même lecteur qui relit, car il a lu, entre temps, d\u2019autres livres et connu d\u2019autres expériences.On sent cette joie physique qui habite Borges quand il trouve quelqu\u2019un pour parler de ses auteurs favoris (Chesterton, De Quincey, Dante, Cervantès, Keats).Cette énergie enfantine, combinée à une mémoire fabuleuse (il me fait alors penser à Irenée Funes, ce personnage qui est une métaphore de l\u2019insomnie), et un sens aigu de l\u2019analyse font de lui le lecteur parfait qui est simplement un lecteur heureux.On doit parler dans son cas d\u2019érudition merveilleuse.Toute son oeuvre brode autour de la bibliothèque, qu\u2019il voit comme une sorte de banlieue du paradis.L\u2019un de ses plus célèbres textes, La Bibliothèque de Babel, débute ainsi : « L\u2019univers que d\u2019autres nomment la Bibliothèque.» Borges croit que tous les livres ont été écrits par un seul auteur anonyme car, pour lui, « l\u2019originalité n\u2019est qu\u2019une superstition moderne ».La bibliothèque publique Depuis l\u2019accident, sa vue s\u2019est mise doucement à baisser (le jaune fut la dernière couleur qu\u2019il perçut).Borges en parle avec une certaine élégance : « La célébrité comme la cécité m\u2019est venue un peu tard », murmure-t-il sans aucune amertume apparente.En fait, il cherche à cacher sa tristesse à sa mère dont le mari (Borges tient beaucoup de son père \u2014 sa timidité et cette désarmante modestie) est mort aveugle.D\u2019où peut-être cette fascination pour les grands aveugles de la littérature : Milton, Homère.La seule haine qu\u2019on lui connaît va au dictateur Perón dont la vulgarité l\u2019indispose fortement, car pour Borges la démagogie reste la faute inexpiable.Il fut révoqué, sans raison officielle, de son poste (il était directeur d\u2019une modeste bibliothèque de banlieue) pour être nommé inspecteur des volailles au marché.La gifle publique.Après la chute de Perón, le nouveau gouvernement le nomma directeur de la Bibliothèque nationale.Il écrivit un poème (Le Don) qui parle de ce destin qui lui accorda en même temps « les livres et la nuit ».Il est le premier à arriver au bureau et le dernier à le quitter, ne laissant dernière lui que le chat.Borges croit que les chats lisent la nuit.Les chats et les fantômes, car il a vite appris qu\u2019il ne fut pas le seul aveugle à occuper ce fauteuil.Deux autres l\u2019ont précédé.Pourtant quand Rodriguez Monegal le visita, le critique fut véritablement impressionné par sa connaissance si précise des lieux.Il note : « Dans l\u2019obscurité de la bibliothèque, Borges se fraye son chemin avec la délicate précision d\u2019un funambule.Voici enfin que le monde dans lequel je suis momentanément inséré n\u2019est pas réel : c\u2019est un monde fait de mots, de signes, de symboles.C\u2019est la Bibliothèque de Babel.C\u2019est un rêve de Borges.» Entre-temps, le vieux poète s\u2019est cristallisé pour rejoindre les éléments dans cet étrange autoportrait où l\u2019on retrouve toutes ses obsessions : « Le temps est un fleuve qui m\u2019emporte, mais je suis le fleuve ; c\u2019est un tigre qui me déchire, mais je suis le tigre.C\u2019est un feu qui me consume, mais je suis le feu.Le monde, malheureusement est réel ; moi, malheureusement, je suis Borges.» Et pour Borges, l\u2019univers n\u2019est qu\u2019une vaste bibliothèque.COURRIEL Pour joindre notre collaborateur : dany.laferriere@lapresse.ca Cette constante fréquentation des meilleurs esprits a développé chez l\u2019enfant un goût si sûr que tout jeune on le consultait déjà pour juger de la qualité d\u2019une oeuvre.Pour lui, ce n\u2019était qu\u2019un jeu, un jeu infini, car le livre change à chaque lecture.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H30 ARTV VISITE LIBRE Visite guidée de laGrande Bibliothèque deMontréal avec Lise Bissonnette.19H30 a ET DIEU CRÉA.LAFLAQUE Sortez vos mouchoirs, la finale sera émouvante, mais ça commence mal : Gérard se réveille dans une chambre d\u2019hôtel.aux côtés d\u2019une personnalité artistique connue ! 20H r COMICOGRAPHIE : SPÉCIAL CAMÉRAS CACHÉES Un bouquet de fausses entrevues et de canulars avecMichel Côté, Louis-José Houde, Yvon Deschamps,Michel Barrette et Pierre Richard.20H a TOUT LE MONDE EN PARLE Les meilleurs moments de la saison avec René Simard, DominiqueMichel, Les Trois Accords, Garou, Isabelle Boulay, Daniel Lemire, Stéphane Rousseau, Éric Salvail, Anthony Kavanagh, ClaudeMeunier, Antoine Bertrand, Simple Plan et d\u2019autres.20H JO NATURE : DEEP JUNGLE Un fameux documentaire animalier plein d\u2019images évocatrices.À découvrir.21H r CINÉ DIMANCHE : LA BELLE FAMILLE Une comédie réjouissante avec Ben Stiller et Robert De Niro.21H b LOCUSTS Une invasion de sauterelles tueuses menace les États-Unis ! Un suspense mettant en vedette l\u2019ex-Xena Lucy Lawless.21H ARTV THEMA: CHARLIE CHAPLIN D\u2019abord un émouvant documentaire sur les années d\u2019exil de Chaplin, suivi du film Les Feux de la rampe.TIMECOP (23:45) Le Téléjournal Découverte / Le Prochain Mégaséisme Et Dieu créa.Laflaque Tout le monde en parle / Les meilleurs moments de la saison - René Simard, Stéphane Rousseau, Élise Guilbault, Antoine Bertrand Le Téléjournal Caméra témoin / Passage LES CHASSÉSCROISÉS (3) Le TVA 18 heures L'École des fans Demandes spéciales / Robert Charlebois, Corneille Comicographie / Spéciale Caméras cachées LA BELLE-FAMILLE (4) avec Robert De Niro, Ben Stiller Evangélisation (23:42) Qui dit vin.Une pilule, une petite granule Il va y avoir du sport! / Rémy Girard QUE RESTE-T-IL?Documentaire CAPITAINES D'AVRIL (4) avec Maria De Medeiros, Stefano Accorsi Maux d'amour (23:38) LE SAINT (5) avec Val Kilmer, Elisabeth Shue SALE FRIC (6) avec Christian Slater, Daryl Hannah Un monde bizarre Le Grand Journal News E.T.The Simple Life: Interns Instant Star Cold Case Desperate Housewives Grey's Anatomy (22:02) CTV News News News A KID IN KING.(17:00) Coronation Street Special GONE WITH THE WIND (2) avec Vivien Leigh, Clark Gable (1/2) Sunday Night Reflections Sports.ABC News .Athlete America's Funniest Home Videos Extreme Makeover:Home Edition Desperate Housewives Grey's Anatomy Will & Grace News CBS News 60 Minutes Cold Case LOCUSTS avec Lucy Lawless News .Raymond NBC News Dateline NBC The Contender The Contender Crossing Jordan G.Michaels Ballykissangel SummerWine Waiting.Nature / Deep Jungle.Mystery! Miss Marple.TOM JONES (3) avec Albert Finney, Susannah York BBC News Wall Street Arts Auction 2005 / Encan d'objets d'art BBC News MR.HULOT'S.Find & Design Caesars 24/7 The First 48 Family Plots Interventions CSI:Miami Relais.Visite libre Coups de théâtre L'Actors Studio Thema: Chaplin LES FEUX DE LA RAMPE (2) avec Claire Bloom (22:10) Denzel Washington: Profile Arts&Minds Anne-Marie.Spirited.Artist's Life SHINE (3) avec Armin Mueller-Stahl, Noah Taylor MUSIC OF THE HEART (4) Y sont pas plus fous que.Docu-d / Richard Gere Sans détour / La Corporation: Planète inc.Samedi de rire 48 heures .(17:30) La FAD.Lachimie.com Paroles de.véhicules lourds UQAR.Websexo.Les Enjeux de.Initiation à l'astronomie Frontiers of Construction Discovery Channel Special Discovery Presents / Ghost Fleet - Submarine:Hidden Hunter MythBusters Discovery Channel Special Paquebot.Soif de.Asslama Parcours d'artistes La Route.Top des stars Gilles Proulx Destination Monde / Bali Airport Repères .Dave (18:06) Mentors (18:33) Radio Free.In a.(19:25) .First (19:50) Movies (20:42) DIRTY ROTTEN SCOUNDRELS (4) avec M.Caine THE DOVE (5) avec Joseph Bottoms Jack & Bobby The Simpsons Malcolm in the Middle American Top 40 Awards Charmed Global News National The Contender Crossing Jordan Global Sunday Global Sports Trouvailles et Trésors Made in Québec Pare-chocs à pare-chocs JAG VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (2) avec Robert De Niro The Sea Hunters Antiques Roadshow Royal Secrets WHO'LL STOP THE RAIN?(4) avec Nick Nolte,Michael Moriarty Master.Style Star .Hollywood Taking it off So Chic Skin Deep Crash Test Mommy Making it Big Taking it off Les Idoles.nos idoles M.Jackson.Musicographie / Cindy Lauper Week-end de stars / Diva live 2004 Musicographie / Cindy Lauper Top5M+.Top5M+.Ashlee.Babu à planche Crampe.Viva la Bam Les Pourris.Pauvres.Les Jeunes.Le Mike Ward Pimp mon char Noir de monde Extreme Makeover:Home Edition .arménien .Vietnam Boston Legal Teleritmo BBC News The Desk The Nature of Things CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night The Passionate Eye / The Power of Nightmares (1/3) Michaëlle / Françoise Hardy Le Journal L'Épicerie Ushuaïa Nature Téléjournal Le Point Zone libre / Soccer africain belge Le Téléjournal Second Regard .(17:30) Sports 30 Golf PGA / OmniumShell - dernière ronde Sports 30 Hockey / Championnat des moins de 18 ans.Les Soeurs McLeod Saint-Tropez, sous le soleil Pour la cause L'Oeil du crime Les Ex Sexe à N.Y.Les Experts SilentWitness HIGHLANDER III (6) avec Christopher Lambert Trailer Park Boys Six Feet under (22:01) .(23:16) The Dead Zone Smallville Star Trek: Enterprise SUPERMAN II (4) avec Christopher Reeve ,Margot Kidder NBA Basketball / Séries éliminatoires: Bulls -Wizards (17:30) Baseball / Athletics - Angels Sportsnetnews Nos cousins.Presserebelle Panorama .Dimension Les Vagabonds de la forêt UN HOMME MARCHE DANS LA VILLE (4) avec Ginette Leclerc Boudiaf: un espoir assassiné In a Fix (17:00) Trading Spaces: Family The MysteriousWorld of Alain Nu David Blaine / Vertigo - Frozen in Time Trading Spaces: Family Sportscentre Boxing / Klitschko - Castillo NBA Basketball / Séries éliminatoires:Nuggets - Spurs Sportscentre 6teen .le meilleur Les Tofou Zéroman Les Simpson Futurama Malice et.Polyvalente La Clique Décalés.Les Simpson Futurama .santé (17:30) Journal FR2 Vivement dimanche / Christian Clavier Écrans.Campus / Max Gallo Le Journal Bibliotheca Kiosque It's a Living .Jungle Vox Renegadepress A CUNNING OLD FOX avecWarren Clarke, Colin Buchanan The Corporation Diplomatic.Film 101 Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose .Ménage Dre Nadia.toute confidence C'est pourtant vrai Le sexe dans tous ses ébats .(17:30) Planifiez.Esprit libre .École Parole et Vie Ma maison À l'heure de Montréal BoxeRock Parents à.Les jumelles Le Temple de la renommée Drake & Josh 15 Love Gilmore Girls Smallville Girlz TV Fries with that 15 Love Radio Active Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Gamerz La Patente Sextek Tru Calling Le TVA (23:15) CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: - :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: t l CBC h ABC D CBS b NBC g J O aq v cj or yA EM zH K VD VDO 4 4 7 7 CANAUX VD VDO 8 8 5 5 11 11 45 61 13 13 22 22 21 21 18 23 43 64 46 24 73 39 31 31 72 34 20 20 47 26 37 37 23 51 67 36 46 3 3 25 53 33 33 24 52 26 54 44 18 16 16 9 9 35 44 74 56 15 15 34 45 28 28 39 27 40 40 32 38 38 19 19 48 25 30 30 32 48 49 47 14 14 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 71 29 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 15 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS ET SPECTACLES DANSE / Première Biennale de gigue contemporaine Une gigue à l\u2019image de Montréal ALINE APOSTOLSKA CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE En sortant du premier volet de cette toute première Biennale de gigue contemporaine, lancée à Tangente, où le jeune chorégraphe Lük Fleury fait magistralement montre de son talent inspiré et éclectique, on pense d\u2019emblée « quelle merveilleuse idée ! » et l\u2019on affiche un large sourire.On aperçoit alors le visage non moins illuminé de nos voisins.Tiens, tiens : plus qu\u2019une bonne idée, ce nouveau pari de marier folklore québécois et danse contemporaine aurait-il de plus le pouvoir de mettre de bonne humeur ?De fait, c\u2019est le cas.On sort de ce spectacle ébloui et rasséréné.Le pari est d\u2019autant plus impressionnant que le programme est inhabituellement long (une heure et demie), mais ciselé avec la précision architecturale d\u2019une pièce d\u2019art, autant dans les rythmes, les structures, la recherche de figures et de pas que dans l\u2019esthétique.Là où l\u2019on aurait pu craindre une répétition cyclique de quelques figures de gigue traditionnelle, on reste vraiment surpris et captivé par l\u2019inventivité et les mixages audacieux issus d\u2019une fusion subtile entre des figures pures de gigue et des emprunts à d\u2019autres références culturelles.On finit par comprendre : la gigue, c\u2019est avant tout une rythmique \u2014talon, pointe, pointe, talon \u2014, mais aussi un maintien, des figures et une stature.Rien n\u2019empêche, à partir de là, de les mixer avec toutes nos autres influences.Ainsi, un quadrille prend une allure de boîte de funky et peut se décomposer à l\u2019infini, un pas de deux peut tendre vers un penchant de tango, un solo peut avoir un air très chinois.Au final, les huit danseurs de la troupe peuvent jouer littéralement \u2014 avec quelle virtuosité communicative !\u2014 sur des airs carrément maghrébins, en inventant une gestuelle inspirée du folklore d\u2019Europe de l\u2019Est, du flamenco masculin ou des danses orientales, mais en respectant strictement des figures complexes de la gigue de nos ancêtres.Cette gigue contemporaine, fidèle mais réinventée, est bien à l\u2019image de Montréal : une danse cosmopolite, à la tradition enracinée mais abreuvée d\u2019influences interculturelles.Lük Fleury et ses remarquables interprètes créent ainsi pas moins de 12 figures de longueurs diverses.Ils redoublent d\u2019ingéniosité mais surtout de cette rigueur linéaire absolument indispensable qui impose la figure collective, où chaque geste, chaque pas, chaque ligne ou carré s\u2019inscrit dans une discipline dynamique.C\u2019est à cette rigueur même que s\u2019abreuve la grande liberté imaginaire et gestuelle qui fait de cette création une chorégraphie véritablement contemporaine.Lük Fleury, qui, depuis 1999, se consacre à faire découvrir la gigue nouvelle, notamment dans son groupe le Fuxi Club, gagne ici son pari.On a hâte de voir la suite plus tard cette semaine, du 28 avril au 1er mai.Trois autres chorégraphes montreront aussi leur gigue contemporaine, notamment Nancy Gloutnez, une autre magnifique interprète de Fleury.BIENNALE DE GIGUE CONTEMPORAINE, aujourd\u2019hui à Tangente, à 16h.Info : 514 525-1500 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ((VVEERRSSIIOONN FFRRAANNÇÇAAIISSEE)) «UNE ESCAPADE DÉLIRANTE ET MERVEILLEUSE.» STEPHEN HOLDEN, THE NEW YORK TIMES 13 À L\u2019AFFICHE! CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS ANS+ « FORMIDABLEMENT TERRORISANT.» Kevin Thomas, LOS ANGELES TIMES « PLUS EFFRAYANT QUE L\u2019ORIGINAL! » Connie Ogle, THE MIAMI HERALD « UN THRILLER TERRIBLEMENT EFFICACE.» Bruce Westbrook, HOUSTON CHRONICLE « UN FILM D\u2019HORREUR QUI VOUS FERA TRESSAUTER.» Walt Belcher, THE TAMPA TRIBUNE LE FILM No1 AU CANADA! MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14\" MD MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18\" CINEPLEX ODEON MD CARNAVALCHATEAUGUAY\" LASALLE LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10\" MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 \" MD CINEPLEX ODEON CAVENDISH CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES AMC THEATRES FORUM \" FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND \"* FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL \" LOUISEVILLE\" CINEMA PIXEL MAGOG\" LE CARREFOUR 10 JOLIETTE CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD\" CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINÉ-ENTREPRISE ÉLYSÉE GRANBY CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CAPITOL ST.JEAN GALERIES ST.HYACINTHE ST.HYACINTHE MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE\" CINÉMA GALAXY SHERBROOKE CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINEPLEX ODEON CHATEAUGUAY ENCORE TERREBONNE 14\" CINÉMA ST.LAURENT MEGA-PLEXMDGUZZO SOREL-TRACY LES CINÉMAS GUZZO STE.THERESE 8\" LES CINÉMAS GUZZO PARADIS \" MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 \" MD CINÉ-ENTREPRISE JONQUIERE CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINEPLEX ODEON ST.BRUNO CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINÉ-ENTREPRISE JACQUES-CARTIER 14\" TRIOMPHE LACHENAIE MEGA-PLEX GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO SPHERETECH 14\" MEGA-PLEX GUZZO MD PONT-VIAU 16 MD \" MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18\" GROUPE MATHERS MD ST.EUSTACHE\" CINEPLEX ODEON LASALLE LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6\" CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL \" FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL \" VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE 13 HORREUR ANS+ À l\u2019affiche! THX CONSULTEZ LES GUIDES PRÉSENTÉ EN SON HORAIRES DES CINÉMAS « INTELLIGENT, DRÔLE ET ASTUCIEUX! » C\u2019est le Quand Harry rencontre Sally de cette génération.» Jim Svejda, KNX/CBS RADIO Distribué par Buena Vista Pictures Distribution ©Touchstone Pictures (Version française de A Lot Like Love) MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18 FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINÉMA CARNAVALCHATEAUGUAY SHERBROOKE CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINÉ-ENTREPRISE ÉLYSÉE GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA GALAXY SHERBROOKE CAPITOL ST.JEAN LE CARREFOUR 10 JOLIETTE GALERIES ST.HYACINTHE ST.HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON JACQUES-CARTIER 14 LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO TERREBONNE 14 STE.THERESE 8 GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE GVISA GÉNÉRAL VOYEZ-LE MAINTENANT! 3311724A RÉÉDITIONS Ameriachi, mon kiki! Redécouvrir Herb Alpert et les Tijuana Brass, au bord d\u2019une piscine.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Une brunette à moitié nue tient une rose.Elle est couverte de crème fouettée et se lèche les doigts d\u2019un air langoureux.Classique de la muzak, Whipped Cream & Other Delights a fait fantasmer bien des mâles lors de sa sortie, en 1965.C\u2019était l\u2019époque où les disques de musique instrumentale se vendaient avec une jolie fille sur la pochette.Fausto Papetti fut peut-être le plus osé (que de poitrines !), mais c\u2019est à Herb Alpert et à ses Tijuana Brass qu\u2019on doit la plus célèbre d\u2019entre toutes.Pour la petite histoire, la crème fouettée était en fait de la mousse à raser et la « pitoune » se nommait Dolorès Erickson.Quant à l\u2019album Whipped Cream & Other Delights, il resta 61 semaines au Top 10 du Hit Parade et pas moins 141 semaines dans le Top 40, confirmant pour de bon le fulgurant succès de Herb Alpert et de son groupe.Trompettiste feutré et superstar de la musique d\u2019ascenseur, Alpert fut aussi un des hommes d\u2019affaires les plus efficaces du show business américain.C\u2019est lui qui, en 1962, fonda l\u2019étiquette de disques A&M avec Jerry Moss (A pour Alpert, M pour Moss), label qui connut la gloire avec les Carpenters, Cat Stevens, Joe Cocker, Sergio Mendes et, bien sûr, les Tijuana Brass, dont les albums se vendirent par millions jusqu\u2019au début des années 70, avant d\u2019échouer en nombre dans tous les Colisées du disque de la planète.Pour ceux qui ne le sauraient pas, Tijuana est la première ville mexicaine après la frontière américaine.C\u2019est là, en assistant à une corrida, qu\u2019Herb Alpert eut l\u2019idée du style ameriachi.Le concept était simple : créer une musique instrumentale enjouée mais inoffensive, en s\u2019inspirant des orchestres de mariachis.Si simple, en fait, que la formule ne mit pas de temps à exploser.The Lonely Bull, premier 45 tours des Tijuana Brass, fut le premier d\u2019une longue lignée de tubes instantanés.Évidemment, le groupe n\u2019avait rien de mexicain.Et Herb Alpert, golden boy hollywoodien, était loin d\u2019un vrai mariachi.C\u2019était à la fois le charme et le défaut des Tijuana Brass.Trop propre pour être vraiment authentique, cette formation de sept musiciens (dont deux trompettes) offrait la version édulcorée d\u2019une musique traditionnelle venue d\u2019ailleurs.Mais au début des années 60, l\u2019exotisme de pacotille avait la cote.C\u2019était l\u2019époque des restaurants Tiki, des films d\u2019Elvis à Acapulco et des brasseries munichoises commanditées par Budweiser.L\u2019Amérique s\u2019ouvrait sur le monde.pourvu que ce monde s\u2019américanise.Avec ses dents trop blanches et son look de beau Brummel, Herb Alpert était l\u2019ambassadeur idéal pour cette world music plus kitsch que kitsch, devenue depuis la risée des « mélomanes ».Méprisés par les puristes du jazz (qui les trouvaient frileux), conspués par les trippeux de rock (qui les trouvaient niaiseux), les Tijuana Brass ne furent pour plusieurs qu\u2019un groupe de muzak avec sombreros, à classer pas trop loin de James Last, Saint- Preux et autres Lucien Hétu.Mais n\u2019enlevons pas à César ce qui lui revient.Après des années de disgrâce, il est temps de redécouvrir cet irrésistible mélange à tacos.Malgré les arrangements proprets et les sourires Pepsodent, les Tijuana Brass étaient une machine musicale sans pareil.La preuve par trois albums (The Lonely Bull, South of the Border, Whipped Cream) et un CD d\u2019inédits (Lost Treasures) remastérisés et réédités en rafale au cours des dernières semaines, en version de luxe avec livrets dignes de ce nom.Qu\u2019on écoute au premier, au second ou au 12edegré, force est d\u2019admettre que ces ameriachis étaient des pros.Enfin, pourquoi bouder son plaisir ?Près de la piscine ou du barbecue, un verre de pina colada à la main, rien ne peut battre Herb Alpert et son garden party à gogo.Fun in Acapulco! FFF THE LONELY BULL FFF1/2 SOUTH OF THE BORDER FFF1/2 WHIPPED CREAM&OTHER DELIGHTS FFF LOST TREASURES HerbAlpert\u2019s Tijuana Brass Shout Factory / Sony COURRIEL Pour joindre notre journaliste : jlaurenc@lapresse.ca 3307824A 3307829 GVISA GÉNÉRAL Consultez les guides-horaires des cinémas ou visitez le SonyPicturesReleasing.ca version française de guess who «Un film absolument parfait! Une comédie extraordinairement drôle, délirante et hilarante.» Earl Dittman, WIRELESS MAGAZINES 3311732A .Tous les mercredis et samedis dans LES VOYAGEURS EN PARTANCE POUR\u2026 QUELS SONT VOS LIVRES PRÉFÉRÉS?L\u2019ensemble de l\u2019oeuvre de Hermann Hesse.QUEL EST LE SENS DE VOTRE VIE, À CE STADE-CI?L\u2019échange avec les autres, les relations humaines.L\u2019amour.La présence de ceux que j\u2019aime dans ma vie me donne de l\u2019énergie.Je voudrais être aimée pour ce que je suis davantage que pour ce que je fais.QU\u2019EST-CE QUI VOUS ÉMEUT LE PLUS?La détresse des autres, les gens que j\u2019aime qui ont de la peine.Et les enfants.Je me souviens de ceux que j\u2019ai vus au Honduras, ces petits de 8 ans avec des bâtons de colle.Ce qui m\u2019a bouleversée a été de constater que ce fait était considéré comme la norme.LA PERSONNALITÉ DDEE LLAA SSEEMMAAIINNEE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L\u2019INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L\u2019EXCELLENCE NAÎT DE L\u2019EFFORT Travailler intellectuellement, s\u2019entraîner, jouer au tennis avec les Carabins de l\u2019Université deMontréal, se dépasser et gagner pour son équipe, et puis rentrer à la maison, régénérée.Avoir du temps pour les autres, chercher à améliorer leur vie, trouver ce qui les distingue et ne jamais perdre de vue la vie.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Catherine Ouimet C\u2019 ANNE RICHER est le portrait succinct d\u2019une jeune femmede 23 ans,CatherineOuimet, étudiante au doctorat en neuropsychologie, qui a reçu, le 2 avril dernier, dans le cadre du Gala Méritas des sports de l\u2019Université deMontréal, le Méritas du Leadership.Il souligne l\u2019excellence sportive et universitaire du lauréat, de même que son engagement communautaire.Hyperactive?«Je suis jeune, c\u2019est le temps de le faire.» Elle étudie dans un programme très exigeant de recherche/intervention qui lui permettra d\u2019obtenir les titres de psychologue et de chercheuse.De plus, lauréate d\u2019une bourse Rhodes, elle se rendra en octobre à l\u2019Université d\u2019Oxford, en Angleterre, pour y poursuivre un doctorat en psychologie expérimentale d\u2019une durée de trois ans.Afin de souligner la contribution présente et surtoutàvenir de cettescientifiquehumaniste à la compréhension et à l\u2019amélioration de la vie humaine, La Presse lui accorde le titre de Personnalité de la semaine.Où prend-elle le temps de frapper des balles de tennis, de lire, d\u2019aller au théâtre, de faire du bénévolat, mais surtout d\u2019entretenir une telle énergie?Sans doute la curiosité de tout, la passion dans tout ce qu\u2019elle fait, le goût de bien faire et de gagner.L\u2019équilibre Ses travaux?L\u2019étude fondamentale des limites des mécanismes attentionnels par l\u2019intermédiaire de techniques comportementales et électrophysiologiques.Elle a déjà participéàdes recherches auprès de populations cliniques comme les patients ayant subi un traumatisme crânien et les bébés prématurés.Elle a publié en collaboration nombre d\u2019articles scientifiques.Le cheminement et le moteur des actions de Catherine Ouimet ne se dissocient jamais de l\u2019humain.«Je reconnais que j\u2019ai été bénie des dieux, j\u2019ai des ressources humaines et matérielles, je voudrais contribuer.» Sa démarche est tout le contraire de l\u2019isolement.«Complémentaire à la recherche en psychologie, il y a le pendant clinique, qui satisfait mon besoin d\u2019entrer en relation, d\u2019écouter et de partager.Ce côté humain m\u2019aide à me rappeler ce qui doit animer mes recherches: tenter de contribuer à l\u2019amélioration de la vie humaine.» Son leadership naturel s\u2019est affirmé dès l\u2019adolescence, à la fin du secondaire.Toujours partante pour de nouveaux projets, des initiatives visant à rallier ses semblables autour d\u2019une même cause.Forgée à l\u2019amour Enfant unique, elle est née à Boucherville le 6 avril 1982.Très tôt, elle pratique tous les sports et elle adore l\u2019école.Bien sûr, ses parents ne trouvent pas beaucoup à redire sur des résultats scolaires toujours excellents.«Ils m\u2019ont entourée d\u2019attention et d\u2019amour.Mais même si je n\u2019avais pas été aussi bonne ni aussi fine, ils m\u2019auraient aimée tout autant.» Pour ce qui est de l\u2019image de superwoman qu\u2019elle projette, elle tient à préciser qu\u2019elle ne cherche pas à l\u2019alimenter: «Je veux surtout vivre le plus grand nombre d\u2019expériences possibles.» Ce qui est frappant chez elle est sa joie de vivre, sa bonne humeur et sa simplicité.Inscrite à un programme sport-études à l\u2019adolescence, elle joue beaucoup au tennis jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se blesse les chevilles.Elle n\u2019a repris sérieusement l\u2019entraînement que depuis deux ans, avec les Carabins.«À l\u2019université, explique-t-elle, les relations entre les gens changent.J\u2019aime le groupe.Le laboratoire, c\u2019est l\u2019équipe.La gang de tennis, c\u2019est extraordinaire.C\u2019est là qu\u2019on se défoule», dit-elle en riant.Dans quelques années, espèret- elle, elle saura créer un équilibre entre sa vie professionnelle et ses rêves: fonder une famille, notamment.Tant d\u2019honneurs publics aujourd\u2019hui la rendent mal à l\u2019aise.«Je ne suis pas différente de ceux qui m\u2019entourent.Lorsqu\u2019on a un objectif précis, avec de l\u2019organisation et une bonne structure, on devient plus productif.» Et elle rend hommage à la part des autres, ceux qui lui ont donné une parcelle d\u2019euxmêmes au fil des années, qui l\u2019ont nourrie et qu\u2019elle ne voudrait pour rien au monde décevoir.«Complémentaire à la recherche en psychologie, il y a le pendant clinique, qui satisfait mon besoin d\u2019entrer en relation, d\u2019écouter et de partager.Ce côté humain m\u2019aide à me rappeler ce qui doit animer mes recherches: tenter de contribuer à l\u2019amélioration de la vie humaine.» PHOTO ROBERT SKINNER.LA PRESSE © .16 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 24 A V R I L 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3300421A 3300422 ."]
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