La presse, 20 février 2005, C. Lectures - Arts et spectacles
[" ÉGALEMENT SUR VOTRE ÉCRAN.ÉDITION ÉLECTRONIQUE Téléchargez le contenu intégral d'un de ces journaux dès 5h, chaque matin.Pour vous abonner 42 \u203a Voir LOULOU en page 2 ttablée dans un petit café de la rue Saint-Denis, Louise Desjardins arbore une mine resplendissante.Alors que tout le monde, autour d\u2019elle, a le visage blême et l\u2019air déprimé par le mauvais temps, l\u2019auteure de La Love et de Darling a l\u2019air reposé, le teint éclatant, les cheveux frais coiffés.Le boa de plumes bleues que son éditrice lui a offert avant de partir pour le Caire («où les soirées, parfois, sont fraîches !») lui donne une allure de star.Une star de 62 ans qui en paraît à peine 55, soit l\u2019âge de l\u2019héroïne de son troisième roman, So Long.«J\u2019arrive tout juste d\u2019Égypte, lance-telle, je suis encore sous l\u2019effet du décalage horaire !» L\u2019auteure originaire d\u2019Abitibi- Témiscamingue était partie faire la promotion de Momo et Loulou, un irrésistible récit à deux voix écrit avec son amie Mona Latif-Ghattas, (la Momo du titre), où les deux femmes, amies de longue date, se racontent mutuellement leur enfance.«C\u2019était un voyage extraordinaire, et très émouvant, relate Louise Desjardins.Je suis allée là où Mona a passé son enfance, dans cet appartement dont elle parle dans notre livre ; un vieil appartement qui sent encore le whisky, un peu déglingué mais plein d\u2019atmosphère, avec sa véranda qui donne sur le Nil.» Comme elle était loin de son Rouyn- Noranda natal, cette femme qui a passé sa vie à enseigner la littérature à des étudiants de cégep ! Loin de «la grande rue qui nous sert de terrain de jeu, nos petits fossés de quenouilles derrière la mine, notre ciel à perte de vue».(Momo et Louise , page 118).Loin d\u2019Arntfield, cette petite ville minière de l\u2019Abitibi-Témiscamingue, où a vécu Katie McLeod, l\u2019héroïne de So Long, avant de s\u2019installer à Montréal, dans un «trois-pièces, chambre, cuisine, salle de séjour, rue Fullumà la frontière du Plateau Mont-Royal».Un voyage du Nord vers la grande ville que Louise Desjardins a ellemême effectué, dans sa vingtaine, quittant l\u2019Abitibi pour étudier la littérature à Montréal.MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE www.cyberpresse.ca/lectures M O N T R É A L D I M A N C H E 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 DARLING LOULOU lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll DANY LAFERRIÈRE UN DIMANCHE À CENTRAL PARK PAGE 11 l\u2019instar de Louise Desjardins, beaucoup d\u2019auteures de grand talent ont choisi l\u2019hiver 2005 pour faire leur retour sur la scène littéraire.À commencer par Marie-Claire Blais, qui fera paraître le dernier volet de son imposante trilogie romanesque amorcée en 1995 avec Soifs.Augustino ou le choeur de la destruction (Boréal, en librairie le 23 mars) poursuivra-t-il ce voyage «au bout du langage, dans l\u2019éblouissant fracas de la beauté», ainsi que l\u2019écrivait notre collègue Réginald Martel à propos de Dans la foudre et la lumière?Ayant pour décor le golfe du Mexique, le roman de l\u2019auteure de La Belle Bête sera l\u2019un des événements majeurs de la rentrée.Autre retour fort attendu, celui de Francine Noël, qui n\u2019avait rien publié depuis La Conjuration des bâtards, en 2000.Avec La Femme de ma vie (Leméac, parution le 16 mars), l\u2019un de ces récits autobiographiques si chers aux lecteurs, l\u2019auteure de Maryse raconte sa vie à travers celle de sa «drôle de mère» qui a longtemps été «sa référence, sa bible, son livre de vérité».Yolande Villemaire, autre grand nom de la littérature québécoise, fera paraître Poètes et centaures (XYZ, en librairie le 24 mars), un roman où elle redonne vie à Miliana Tremblay, cette artistepeintre croisée dans La Déferlante d\u2019Amsterdam (2003).Christiane Frenette nous revient avec Trois jours après la nuit rouge (Boréal, en librairie le 2 mars), un roman où l\u2019auteure de La Terre ferme (Prix du gouverneur-général 1998) fait habilement s\u2019enchevêtrer deux histoires, celle de Thomas, un homme qui retourne au bercail après cinq années d\u2019internement, et celle de Lou, «qui revient sur les lieux de son enfance, désertés depuis ses 16 ans, après une fugue qui a duré 30 ans».Le 2 mars, Abla Farhoud, l\u2019auteure du Bonheur a la queue glissante, nous revient avec Le Fou d\u2019Omar, une variation sur un thème grave, la maladie mentale et ses répercussions sur la vie des proches de ceux qui en sont atteints (L\u2019Hexagone).L\u2019hiver marque aussi le retour de notre collègue Aline Aposlolska qui, après L\u2019Homme de ma vie, vient de faire paraître Neretva (Québec/Amérique), flamboyante saga qui débute en plein hiver austro-hongrois, en 1929.Et celui de France Vézina, qui, 15 longues années après la parution d\u2019Osther, le chat criblé d\u2019étoiles, inoubliable roman paru d\u2019abord chez Québec Amérique puis réédité chez XYZ, publie Léonie Imbeault (XYZ), l\u2019histoire d\u2019une adoles-cente, poète et délinquante, héroïne tragique d\u2019un roman qui s\u2019écrit sous nos yeux.Un hiver au féminin \u203a Voir HIVER en page 2 À A PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © LOUISE DESJARDINS ARTS SPECTACLES LECTURES CINQUANTE IDÉES POUR LE CONGÉ SCOLAIRE PAGES 7 À 10 2 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R E AL DI M A N C H E 2 0 F E V R I ER 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .LECTURES LITTERATURE DU VOISIN Le sort de deux freres DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE Avec deux pieces de theatre, un Indien cri du nord du Manitoba a change le visage de la dramaturgie canadienne.Lfauteur sfappelle Tomson Highway, et il a ecrit The Rez Sisters et Dry Lips Oughta Move to Kapuskasing.Deux pieces ou se melent magie et grivoiserie, une satire sociale mordante et une tentative heroique de retrouver une langue et une identite perdues.Au Canada anglais, la plume de Tomson Highway a fait progresser la cause des Indiens plus que la crise dfOka, ca, cfest sur.Car cette plume est plus forte que lfepee.Mais avec ces deux pieces, Highway, qui est ne en 1951, nfa pas dit tout ce qufil avait sur le coeur.Il est revenu avec un roman, en 1998, qui vient dfetre traduit en francais chez Prise de Parole, une maison dfedition etablie a Sudbury, en Ontario.Nordicite oblige ! Le roman commence avec eclat et humour.En 1951, le vieil Abraham Okimasis, malgre son age, gagne une grande course de traineaux a chiens.Un brillant triomphe, recompense non seulement par une grande coupe en argent, mais par un baiser de la Reine des fourrures, une belle jeune Blanche elue reine du carnaval dont la course est une des activites.Il est champion, Abraham, champion du monde ! Et quand son fils naitra, il le nommera Champion.Et quand viendra son prochain fils, il le nommera Ooneemeetoo .á le danseur â.Ces deux jolis noms evocateurs seront effaces par la culture blanche de lfepoque car, pousses par le gouvernement, les deux garcons descendront vers le sud pour aller dans un pensionnat gere par des pretres catholiques.Champion deviendra Jeremiah, et Ooneemeetoo sera baptise Gabriel.Deux noms bibliques fournis par les maitres de lfecole ou les garcons connaitront des journees sombres.Mais auparavant, avant de nous montrer la main froide et lascive des pretres affames sfabattre sur les enfants, Tomson Highway nous depeint la societe cri dans son innocence.Mais attention, on est loin du noble sauvage ici, a Chipoocheech Point, au Manitoba, la terre dfAbraham Okimasis et de son clan.Highway nous offre une flopee de personnages loufoques : Annie Moostoos a la dent unique et ses neuf bebes bruns ; Jane Kaka McCrae, proprietaire du seul poste de radio qui lui confere un pouvoir enorme.Et Poupee joviale, qui est un homme, malgre son surnom.Nous sommes loin dfOka aussi.Tomson Highway a peuple son livre de personnages bigarres, bizarres, grivois, comiques, des noceurs grand cru.Les femmes sont plutot predatrices au lit, et les hommes des victimes consentantes.Tomson Highway a beaucoup dfaffection pour son peuple, mais il aime aussi en rire.Il sait lfecouter et transposer son imagination dans notre alphabet.Ce monde joyeux ne saura durer.Champion et Ooneemeetoo sont les premiers a prendre lfavion de brousse pour le sud.Leur destination : cette ecole ou ils apprendront a avoir honte de leur langue, de leur culture et, finalement, de ce que les pretres leur proposent, ensuite leur imposent, une fois la lumiere fermee dans le dortoir.Cfest Gabriel qui attire le plus la convoitise par sa beaute.Le pere Lafleur le choisira comme sa prochaine victime.Demuni, loin de tout soutien moral, Gabriel se soumettra.Le roman de Highway traite beaucoup de la genese de lfhomosexualite.Chez les freres Okimasis, elle a commence par un traumatisme .lfagression des pretres.(Dans beaucoup dfoeuvres dfecrivains gais, dfailleurs, la sexualite est consideree comme une reponse a un traumatisme, je me suis toujours demande pourquoi.) Gabriel, le cadet, deviendra gai.Son frere Jeremiah suivra le meme chemin, mais avec beaucoup plus dfambivalence.On sent le cote documentaire, personnel de ce roman.Le frere de Tomson Highway, Rene, danseur et choregraphe, est mort du sida.Pourtant, ce nfest pas un livre triste.Tomson Highway joue tres bien le registre de lfhumour.Les deux freres tentent de comprendre les phrases-cles de la religion catholique, mais au lieu de repeter mea culpa, mea maxima culpa au bon moment, ils disent : á Moi un cow-boy, moi un mexicain cow-boy â.Highway fut le premier a utiliser lfhumour indien dans ses oeuvres pour temperer lfamertume des situations dramatiques.Par la meme occasion, il a decrit la lutte contre lfalcool chez les Indiens sous une lumiere nouvelle.Dans le nord du Manitoba, les cuites ont un cote monumental, comme si se saouler etait un evenement communautaire qui permettait aux habitants de Chipoocheech Point de recrire leur histoire collective, tout en y ajoutant quelques chapitres.Pour chaque souffrance chez les deux freres, il y a un triomphe.Jeremiah et Gabriel deviendront artistes.Le cadet deviendra danseur, lfaine, Jeremiah, suivra un chemin plus conventionnel, il sera pianiste de musique classique.Mais un Cri de Chipoocheech Point qui joue du Rachmaninoff, il nfy a rien de classique la-dedans.Ensemble, les deux freres ajouteront un nouveau chapitre a lfhistoire des Indiens au Canada, et le lecteur sfamusera avec eux tout le long de leur odyssee.FFFF CHAMPION ET OONEEMEETOO Traduit par RobertDickson Prise de parole, 351 pages Tomson Highway a beaucoup dfaffection pour son peuple, mais il aime aussi en rire.Il sait lfecouter et transposer son imagination dans notre alphabet.PHOTO RACHELLE BERGERON, COLLABORATION SPECIALE Tomson Highway a ecrit The Rez Sisters et Dry Lips Oughta Move to Kapuskasing, deux pieces ou se melent magie et grivoiserie, une satire sociale mordante et une tentative heroique de retrouver une langue et une identite perdues.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Est-ce que ce livre vous fait ?lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LOUISE DESJARDINS So Long Darling Loulou Il fait froid, a Montreal.Cfest le 8 janvier de lfan 2000, il neige et les rues sont grises, Cathy McLeod a aujourdfhui 55 ans, et comme chaque annee, dans un rituel immuable, elle relit ses journaux intimes des annees precedentes.Celle ou elle avait passe sa soiree dfanniversaire toute seule, le nez dans un roman dfAnn-Marie McDonald.Cette autre, passee aupres dfun ancien á amant de transition â, á fournisseur de pot â, imprevisible et timbre.Ou ses annees dfenfance, dans un village minier de lfAbitibi, aupres dfun pere grand buveur, chanteur de pomme, violoniste au Look- Out Country Club, dfune mere amoureuse et trop souvent delaissee.Cfest le 8 janvier, Cathy a 55 ans, et entre le rendez-vous chez le coiffeur, les visites dans les boutiques et chez la pedicure, lui reviennent des pans entiers de sa vie.Sa carriere dfenseignante qufelle a quittee á a cause de toutes ces reformes, de ce charabia invente pour qualifier des notions simples comme savoir lire, ecrire et compter â.Ses deux mariages qui lui ont donne deux filles aussi differentes que possible.Jusqufa sa solitude dfaujourdfhui, desiree, mais qui lfinquiete un peu, et qufelle occupe en clavardant sur des sites de rencontres.Ce soir, son correspondant internaute qui lui ecrit depuis un an a pris lfavion pour venir la rencontrer en chair et en os.Ce soir, elle ira le chercher a lfaeroport.En attendant, il y a ses filles, qui lui preparent une fete a laquelle sont convies tous les membres eparpilles de sa grande famille eclatee.Et tous ses reves, qufelle nfa jamais realises.Ecrit dans une langue tres pres de la vie, dans un style depouille et pourtant plein de charme, So Long (un terme anglais qui veut a la fois dire au revoir et a bientot), est une chanson douce sur le theme du vieillissement, et une reflexion lucide sur ces familles eclatees, recomposees, eparpillees, que lfauteur depeint avec sensibilite et justesse.M.C.F.FFF1.2 SO LONG Boreal, 2005, 159 pages De plus en plus de livres sont faits sur mesure, a votre taille.Ils vous iront comme un gant, nous dit-on.Apres les livres pour enfants selon les differentes categories dfages, ceux pour les preados, les filles, les garcons, les ados, les adultes, les femmes de 30 ans celibataires, celles qui ont perdu un enfant dans une tragedie, les hommes qui ont un petit penis, les livres pour immigrants, les vrais hommes, et pour le troisieme sexe, voici le roman pour femmes de 50 ans.Cfest ainsi que sfannonce Dames, aux editions HMH, et, non, ce nfest pas un roman de Denise Bombardier.Il est signe Vera Pollak, un roman sur mesure pour les femmes de 50 ans et plus ! Dames raconte une histoire de madames qui se rencontrent plus ou moins chaque semaine dans un restaurant vietnamien pour discuter de choses et dfautres.La narratrice est lfepouse encore epousee et grassouillette, les trois autres sont celibataires, une tres riche et snob, lfautre riche et tres belle, la troisieme intello et anorexique.Ca semble sympatique.En librairie le 28 fevrier.Jocelyne Lepage LOULOU suite de la page 1 á Au depart, je voulais etre journaliste, raconte-t-elle.Mais ma mere pretendait que je ne pourrais pas gagner ma vie ! Comme je lisais tout le temps, et parfois, jusqufa 10 fois le meme livre quand je nfavais plus rien a lire, cfest elle qui mfa suggere dfetudier les lettres.â Pourtant, lfidee de devenir ecrivain ne lfa jamais effleuree.á Cfetait impensable pour moi.Un ecrivain, cfetait quelqufun qui etait soit mort, soit europeen ! â Ce sont les formalistes des annees 70, les Nicole Brossard, Louise Dupre, France Theoret (a qui elle emprunte une dedicace), qui lui ont donne envie dfecrire.á Il y avait une grande liberte dans leur ecriture, raconte Desjardins.En les lisant, je realisais enfin qufon pouvait sfapproprier la langue, defaire les phrases, arranger les mots comme on le voulait, et je me suis dit qufecrire etait peut-etre, tout compte fait, a ma portee.â Apres trois romans, une dizaine de recueils de poesie, et un savoureux recueil de nouvelles (Coeurs braises), Louise Desjardins poursuit une oeuvre ou reviennent les memes themes : les liens qui unissent et entravent la famille, lfempreinte inalterable de lfenfance, ces reves que lfon porte toute sa vie comme des secrets, et lfamour, rarement aussi beau que dans les á vues â.á Tous mes romans sont des romans de frontiere â, remarque lfauteure.Frontiere entre lfenfance et lfage adulte, entre le Nord, les forets et la ville, le Quebec et lfAmerique, le francais et lfanglais, les reves et la realite.Avec en toile de fond, lfAbitibi, ses histoires nous parlent dfheroines qui, si elles ne portent pas toutes le meme nom (Claude Ethier, lfadolescente de La Love ; Pauline Cloutier, la jeune femme de Darling, et Kathy McLeod, la femme mure de So Long), se suivent et se ressemblent.á Probablement parce qufil y a beaucoup de moi, dans ces personnages, concede-t-elle.De moi et des amies qui mfentourent.Je mfinspire beaucoup de ce que jfentends, ce que je vois, ce que je sens.â Et de la musique, qui est toujours la, parfois en filigrane, parfois en avant-plan.á Mon livre, je lfai ecrit un peu comme une piece musicale.â Pourtant, la soeur de Richard Desjardins se defend bien dfetre douee.á Je chante tres faux, je joue un peu de piano, et tres mal ! Mais ma mere etait musicienne, et notre enfance a baigne dans la musique, ce qui fait que quand jfecris, jfentends une musique.â Mais elle ecrit dans le silence, dans sa maison, a Rouyn, ou elle est retournee vivre depuis quelques annees.á Jfai absolument besoin de silence pour travailler, affirme-t-elle.Meme quand je suis seule a la maison, je ferme la porte de mon bureau.Mon petit espace plein de livres, ma table de travail, mon ordinateur, mon divan, une grande fenetre, mes petits cahiers Clairefontaine pour les poemes, cfest tout ce dont jfai besoin pour ecrire.â En attendant le prochain roman, Louise Desjardins caresse lfidee dfecrire pour la jeunesse.á Jfaimerais mettre en scene un petit garcon.Je connais tellement les gars ! Jfai quatre freres, deux fils, je voudrais inventer un personnage de petit garcon tannant ! Et cfest sur que je vais ecrire un autre roman, mais je ne commencerai pas tant que je nfai pas ce que jfappelle mon angle.Car tout a ete dit, tout a ete ecrit.Tout ce que lfon peut changer, cfest lfangle.â llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Un hiver au feminin HIVER suite de la page 1 Rejane Bouge, a qui lfon doit LfAmour cannibale et La Voix de la sirene, nous propose quant a elle ses propres á vues animees â, Je ne me leve jamais avant la fin du generique (Quebec/ Amerique, 9 mars), recit autobiographique dfune enfance marquee par le septieme art, des presentations du Cinema Kraft regardees a la tele chez une merveilleuse vieille tante, aux á belles vuesâ des cinemas de quartier.Enfin, les amateurs de romans historiques seront combles, grace a Diane Lacombe, qui lancera LfHermine de Mallaig, troisieme tome de sa saga historique ayant pour cadre lfEcosse medievale (parution le 18 avril, VLB editeur), et Maryse Rouy, qui nous replongera dans le Moyen Age francais avec LfHermine (Quebec/Amerique, 19 avril).lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Momo et Loulou Lfune a passe son enfance en Abitibi-Temiscamingue, entouree de nature, dans une famille ou á on nfest pas riche, mais on a de lfinstruction et des enfants â, et ou regne lfamour de la musique, des livres, et des arbres.Lfautre a ete elevee dans une famille aisee dfEgypte, par une mere raffinee et elegante, un pere depensier au grand coeur, et des domestiques devoues.Entre lfAbitibi á ou vivent deux personnes par kilometre carre â, et le Caire, á ou se cotoient 20 000 habitants â dans le meme espace, il y a un monde infini de differences.Pourtant, les enfances de Louise Desjardins et de Mona Latif-Ghattas se ressemblent.Et lfon sfy retrouve, chez lfune comme chez lfautre, en terrain familier.Nfavons-nous pas tous eu 10 ans, des freres ou des soeurs que nous adorions detester, un cousin prefere, une vieille tante celibataire, ou scandaleusement libre, et que nous admirions secretement, un oncle dandy, un grand-pere austere, une grand-maman qui cuisinait des biscuits dont on nfa jamais oublie le gout et lfodeur ?Presente comme un echange de lettres ecrites sur le ton feutre de la confidence, Momo et Loulou nous invite a revisiter lfenfance de ces auteures qui sfaiment comme des soeurs, á avant qufelle ne sfevapore dans le declin de (leur) memoire â.M.C.F.FFF1.2 MOMO ET LOULOU En collaboration avecMona Latif-Ghattas Remue-menage, 2004, 147 pages . .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES L\u2019esprit des lieux Le biographe et romancier Pierre Assouline raconte le Lutetia, palace mythique de la rive gauche qui accueillit Joyce, Gide et Matisse, l\u2019Abwehr sous l\u2019Occupation et les rescapés des camps de la mort à la Libération.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014 Il y a des lieux pour happy few à Paris.Ils ne font pas vraiment parler d\u2019eux dans Paris Match ou dans les émissions de variétés, et auraient même tendance à cultiver la discrétion.L\u2019hôtel Lutetia \u2014 « seul palace de la rive gauche », précise Pierre Assouline \u2014 est indéniablement l\u2019un de ces endroits réservés à la bonne société parisienne, infiniment moins connu du grand public que le Ritz ou le Plaza Athénée.Moins tape-à-l\u2019oeil également.Sans vouloir parler de moi, il se trouve que, à diverses reprises, c\u2019est au Lutetia que je me suis retrouvé pour des rendez-vous professionnels, dans le domaine culturel comme il se doit.Une interview avec le regretté Jacques Laurent ?Au Lutetia, qui était à deux pas de chez lui.Catherine Deneuve ?Sami Frey ?Ne vous posez pas de question : ce sera au bar du fameux hôtel où, me dit Assouline, « encore 50% de la clientèle est française, tandis qu\u2019elle est étrangère à 90% dans les palaces de la rive droite ».Le Lutetia est le quartier général clandestin de la fine fleur de l\u2019intelligentsia.Tous les soirs de semaine que le bon Dieu amène, à partir de 18 h 30, le bar se remplit d\u2019une faune d\u2019habitués, presque tous sortis des innombrables maisons d\u2019édition qui pullulent dans le quartier.Directeurs littéraires, critiques, auteurs à la mode ou désespérés, gens de théâtre, tout le monde se donne rendez-vous à cette heure-là de la journée pour un sacro- saint apéritif, tandis que d\u2019autres viennent simplement rôder pour voir ce qui se passe dans le petit univers clos et névrotique de l\u2019édition.À 20 h 30 ou 21 h au plus tard, tout ce beau monde aura quitté les lieux, généralement pour rentrer sagement à la maison ou pour aller à un « dîner en ville ».Dans un clin d\u2019oeil à Stefan Zweig et son « monde d\u2019hier », Assouline, qui avoue avoir toujours eu une passion pour les grands hôtels, d\u2019Évian ou de Venise, qu\u2019il fréquente depuis l\u2019âge de 10 ans, raconte d\u2019abord le «monde d\u2019avant », celui qui a précédé la grande catastrophe de la fin des années 30.Inauguré en 1910, le Lutetia doit son existence au fait que la famille Boucicaut, propriétaire du Bon Marché, « le » grand magasin des bonnes familles, avait pensé à lui adjoindre un grand hôtel de luxe, pratiquement de l\u2019autre côté de la rue, pour y accueillir dignement sa clientèle aisée venue de province.Mais, sans doute essentiellement dû au fait que ce carrefour du boulevard Raspail, des rues de Sèvres et Babylone, est juste à la périphérie du quartier des éditeurs \u2014 Grasset et Fayard ont toujours été à deux coins de rue \u2014 l\u2019hôtel devint le point de ralliement des écrivains.Dans ce «monde d\u2019avant », certains d\u2019entre eux étaient indépendants de fortune ou avaient de généreux admirateurs.Entre fin 1935 et début 1936, Albert Cohen y passa plusieurs mois pour terminer Belle du seigneur.Dans le roman-histoire de Pierre Assouline, on retrouve à la fin des années 30 un James Joyce toujours aussi imbibé de Jamieson que parfaitement digne, en train d\u2019égrener des notes sur le piano à queue du bar.Il avait séjourné à l\u2019hôtel plus de six mois car, dit l\u2019auteur, « Joyce n\u2019avait pas d\u2019argent personnel mais avait ses adorateurs, qui l\u2019entretenaient au besoin ».Pierre Assouline, qui s\u2019est surtout fait connaître par une série de biographies majeures \u2014 Gallimard, Kahnweiler, Simenon, Hergé \u2014 a décidé cette fois d\u2019emboîter une structure romanesque et une véritable histoire des lieux : « En dehors, essentiellement, du personnage du détective de l\u2019hôtel, Edouard Kiefer, tous ceux qui apparaissent ont existé et ont effectivement prononcé les paroles ou posé les gestes que je rapporte.» De sa longue habitude du travail en archives, il a déniché, notamment aux archives de Paris, un épais dossier sur les « réquisitions d\u2019hôtels » sous l\u2019Occupation qui lui a fourni mille détails.La liste de ses sources, publiée en annexe, fait trois pleines pages.Le Lutetia fut donc le théâtre de l\u2019un des derniers duels à l\u2019épée en plein Paris, sur le toit de l\u2019hôtel plus exactement, entre un militaire français et un aristo allemand.Un certain général de Gaulle, secrétaire d\u2019État à la Guerre juste avant la débâcle, y descendait lors de ses séjours parisiens.En juin 1940, le palace, comme tous les autres, fut réquisitionné par les Allemands, qui y installèrent l\u2019Abwehr, le fameux service de contre-espionnage de l\u2019amiral Canaris, qui était en quelque sorte le plus intello des chefs militaires du régime.L\u2019hôtel fut mis en coupe réglée par l\u2019occupant mais, Dieu merci, un responsable de la richissime cave à vins fit creuser puis murer un tunnel parallèle, où les plus grandes bouteilles furent mises à l\u2019abri jusqu\u2019à la Libération.Ce qui n\u2019empêcha pas les trafiquants au marché noir et divers profiteurs de l\u2019Occupation de s\u2019y donner rendez-vous.Peut-être en raison de la proximité des ministères, c\u2019est encore au Lutetia que la Croix-Rouge installa après la Libération des camps au printemps de 1945, un vaste centre national d\u2019accueil des déportés.Les deux filles d\u2019Irène Nemirovsky vinrent des jours durant attendre en vain le retour de leur mère.François Nourissier et Bertrand Poirot-Delpech, encore jeunes hommes, étaient brancardiers bénévoles.Lorsque je rencontre Pierre Assouline, son roman a atteint les toutes premières places du classement des meilleures ventes : « Au chapitre des romans français, ajoute-t-il, les deux autres succès de librairie sont le récit de Modiano, qui parle de l\u2019Occupation, et le roman posthume d\u2019Irène Nemirovsky.Trois livres écrits par des Juifs et qui parlent de la Guerre.» Il faut dire qu\u2019Assouline lui-même a toujours été fasciné par cette période, qui concerna singulièrement Simenon, Hergé ou Jean Jardin.Il écrivit Le Fleuve Combelle, conversations avec un ex-fasciste et collabo français, et Le Dernier des Camondo, récit d\u2019une famille de grands banquiers juifs dont les derniers descendants moururent dans les chambres à gaz.Le Lutetia était indéniablement un lieu privilégié pour observer ces années où l\u2019Histoire, tragique et grandiose, repassa encore une fois en France.Peut-être pour la dernière fois.En librairie jeudi.FFFF LUTETIA Pierre Assouline Éditions Gallimard, Paris, 440pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un jeu qui n\u2019amuse guère RÉGINALD MARTEL Bruno Hébert ne va pas chercher loin le nom de son protagoniste.Il se nomme Bruno Hébert, le voici au bout de sa nuit, comme Ferdinand Bardamu, sans une Molly pour le tenir à quai.Montréal lui pèse et il n\u2019y pèse pas lourd, ce qui lui permet de s\u2019enfuir à sa guise, non pas au Cameroun ou dans les usines américaines de Ford, comme le héros de Céline, mais plus banalement sur une plage de la mer des Antilles.Il veut y écrire un roman qui refuse de venir \u2014 l\u2019éditeur s\u2019impatiente \u2014, et qui ne viendra pas de toute manière.Le Jeu de l\u2019épave, roman du roman, est le produit de son effort.Le résultat est décevant, car on est loin de la truculence langagière de C\u2019est pas moi, je le jure ! (Boréal, 1997) ou de la fantaisie grinçante de Alice court avec René (Boréal, 2000).On s\u2019attendrait que le grand adolescent quadragénaire s\u2019intéressât un peu aux populations et cultures, mexicaines en l\u2019occurrence, qui sont à portée de regard.Il n\u2019en a que pour sa petite personne, bien différent en cela du docteur Bardamu, qui trimait dur dans sa banlieue parisienne, inspirant à Céline des pages criantes de vérité.On a droit seulement à quelques aventures assez anodines, comme la visite de ruines perdues dans la jungle ou l\u2019installation, dans un lieu improbable, d\u2019un guichet automatique.M.Hébert est si peu inspiré que lorsqu\u2019il lui vient une idée, il la déballe longuement, comme si les lecteurs étaient des handicapés de la comprenette.Dans un contexte aussi lourd, les considérations « philosophiques » tombent à plat.Si on me demandait : Que faites-vous dans la vie ?Et que par une sorte d\u2019ironie cruelle et vicieuse je sois obligé de répondre la stricte vérité, il me faudrait alors dire : « Je ne fais rien et ce rien-là, il est absolu.(.) Je ne fais rien et puis c\u2019est tout.» C\u2019est un dogme, une philosophie.Ah ! bon ! Plus loin, le philosophe sévit encore : « Le prix de l\u2019écriture consiste à ne jamais nier ce que l\u2019on pourrait être ou devenir.» Revenons au Mexique, où le voyageur a rencontré quelques personnes.Surtout une petite Mexicaine de 15 ans, belle à croquer et fine comme une mouche, qu\u2019il ne cherchera pas à séduire, ce qui est tout à son honneur.À moins que sa délicatesse ne s\u2019explique par la masturbation qu\u2019il pratique allégrement, ou par l\u2019empressement de son neveu qui est dans les parages et qui s\u2019embarrasse de peu de scrupules.Qui d\u2019autre ?Des caricatures de personnages, saisis dans leur apparence surtout physique, qui ne semblent pas mériter qu\u2019on leur invente une histoire.Au bout de son paresseux exercice littéraire, le narrateur est bien conscient de n\u2019avoir pas grand-chose à offrir à son éditeur, Boréal.Il a pour lui une ébauche de roman, et pour Leméac une autre.Il ira finalement chez Leméac et on peut penser sans méchanceté que Boréal lui a volontiers donné l\u2019adresse.FF LE JEU DE L\u2019ÉPAVE Bruno Hébert Leméac, 136 pages llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ESSAI Un pavé dans la mare des médias GÉRALD LeBLANC Mario Cardinal est un vieux gentleman, au verbe châtié et à la plume raffinée, qui a fait une longue carrière dans le journalisme, d\u2019abord au Devoir et au Soleil, puis à Radio-Canada, à la direction de l\u2019information et au poste d\u2019ombudsman.Il a décidé de nous dire ce qu\u2019il pense du journalisme pratiqué aujourd\u2019hui au Québec et au Canada, avec de courtes et savantes incursions en France et aux États-Unis, dans un livre intitulé : Il ne faut pas toujours croire les journalistes.« Ces pages seront à n\u2019en point douter qualifiées par certains de derniers râlements d\u2019un dinosaure nostalgique de l\u2019époque des odeurs de plomb dans les imprimeries et du film dans les reportages de la télévision.Et pourtant, rien ne peut être plus loin de la vérité », écrit-il, en avant-propos, comme pour se prémunir contre l\u2019inévitable attaque.Eh bien, ce monsieur, qui écrit fort élégamment d\u2019ailleurs, a entièrement raison.Il ne fait pas dans la nostalgie, ni dans le pamphlet ni dans les coups de gueule, mais dans l\u2019analyse documentée des dossiers chauds de la confrérie journalistique.Tout le monde passe à l\u2019interrogatoire : Le Journal de Montréal, à qui il demande d\u2019expliquer en quoi c\u2019est du journalisme que de faire la manchette avec Star Académie, le show de TVA, autre enfant du père Péladeau ; La Presse qui se fait dire combien il est difficile de lui accorder toute sa crédibilité quand elle défend le choix de papa Desmarais pour le site du CHUM.De leur côté, les journalistes du Canada se font rappeler que leur métier se conjugue mal avec la ferveur partisane manifestée dans le débat sur la place du Québec dans le Canada.Et les journalistes se font conseiller de ne plus voyager avec les politiciens et de cesser d\u2019adopter leur méthode de séduction de l\u2019opinion publique.L\u2019auteur nous révèle aussi les dessous de deux affaires dans lesquelles il fut impliqué, comme directeur de l \u2019 i n f o rmation ou d\u2019ombudsman à la SRC.Il était le rédacteur en chef, du côté francophone, de la superproduction Le Canada, une histoire populaire.Une très grosse affaire : 27$ millions, quatre ans de travail, 32 heures de télévision à la SRC et autant à CBC.Le chapitre qu\u2019il consacre à cette série bien reçue au Canada, mais massacrée par les critiques et boudée par le public au Québec, nous en apprend beaucoup, autant sur la télé que sur le pays, mais sans nous permettre de savoir si l\u2019auteur, un nationaliste passionné, est fédéraliste ou souverainiste.Un vrai de vrai de la SRC ! Le chapitre sur l\u2019affaire Lester fait la petite histoire d\u2019incidents qui ont secoué la SRC.Sentant que son journaliste d\u2019enquête, Normand Lester, allait remonter la filière jusqu\u2019au sommet de la pyramide, Radio- Canada lui interdit de poursuivre ses recherches sur les émissions de Robert-Guy Scully, financées en sous-main par Ottawa.Clamant qu\u2019il s\u2019agissait de sa réponse aux Minutes du Patrimoine de Scully, le journaliste Lester publie un pamphlet intitulé Le Livre noir du Canada anglais.Accusé d\u2019avoir enfreint l\u2019interdiction de politique partisane imposée par la SRC, il est congédié.Ce qui suscite les hauts cris de censure de la part de la Société Saint-Jean-Baptiste, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ainsi que de députés de Québec ou d\u2019Ottawa.Comme dans le reste de son livre, l\u2019auteur fait ici la part des choses.Il est une chose cependant que l\u2019on peut reprocher à Mario Cardinal: son côté élitiste, son peu d\u2019empathie pour les faits divers et les médias populaires du secteur privé.Inutile de chercher chez lui un seul bon mot pour Le Journal de Montréal, TVA ou TQS.Le Devoir, par contre, ne reçoit que des éloges.La Presse goûte tantôt à la carotte et tantôt au bâton.Mais voilà quand même un livre incontournable pour quiconque s\u2019intéresse à la crédibilité des journalistes ! FFFF IL NE FAUT PAS TOUJOURS CROIRE LES JOURNALISTES Mario Cardinal BayardCanada, 2005, 284 pages . .4 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R E AL DI M A N C HE 2 0 F E V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES EN BREF Faut-il flusher áse vouloirâ?PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITES La locution á se vouloir â est mal percue au Quebec, notamment depuis que les auteurs du Dictionnaire quebecois instantane, un ouvrage qui connait beaucoup de succes, lfont classee dans la liste des mots ou expressions á a flusher de (notre) vocabulaire â.Lfemploi du verbe ávouloir â a la forme pronominale nfest pourtant pas incorrect au sens de á vouloir etre, pretendre etre â quand le sujet est un nom de personne ou de chose personnifiee.> Une fille qui se veut differente de sa mere.> Une police qui se veut proche de la population.> Une piece qui se veut drole mais qui ne fait rire personne.Il arrive meme que á se vouloir â ait pour sujet un nom de chose á sous lequel on decouvre difficilement, par metaphore ou par metonymie, lfintervention humaine â, comme lfexplique savamment Grevisse, qui ne condamne pas cette tournure mais la juge manieree.Il ne serait donc pas fautif de dire, par exemple, une voiture qui se veut pratique, mais cfest un emploi que jfhesiterais a vous conseiller.á Incontournableâ se trouve egalement parmi les mots a flusher.Pourtant, ce terme est tout a fait correct au sens de á dont il faut tenir compte â.Faudrait-il dire un must pour faire plaisir a Melancon et Popovic ?Cela dit, leur ouvrage est drole, interessant et tres bien ecrit.Pour connaitre les termes a la mode dans le village quebecois, jfoserais dire que ce dictionnaire est un incontournable.Decoupures de journaux QFaut-il dire des coupures ou des decoupures de journaux ?Gilles Bernier RDecoupures de journaux est un barbarisme.Lfexpression juste est coupure de journal ou de presse.Au pluriel : coupures de journaux.La prononciation de six et dix ?QNous entendons souvent les chroniqueurs et journalistes, lorsqufils parlent du chiffre 6 et du nombre 10, dire á si â et á di â plutot que á sisse â et á disse â.Quelle est donc la bonne prononciation pour ces chiffres ?Annie Bilodeau RIl faut prononcer sis et dis.Raisons sociales QIl me semble avoir lu dernierement que ce nfest pas parce que la graphie dfune denomination sociale parait sous une forme X dans les documents constitutifs dfune societe que cette orthographe est coulee dans le beton par la suite.Qufen est-il ?Par exemple, si une entreprise a ete enregistree sous le nom ABC Inc., a-t-on le loisir dfecrire, comme il se devrait, ABC inc.?Autre exemple : peut-on privilegier la forme Gestion de placements X au lieu de Gestion de Placements X ou devons-nous nous en tenir a cette derniere malgre un P majuscule qui nfa pas sa raison dfetre ?Richard Saint-Pierre RDans les textes courants, il nfest ni obligatoire ni meme souhaitable de respecter les graphies officielles quand elles-memes ne respectent pas les regles typographiques.Il faut ecrire, par exemple, ABC inc.Voici dfailleurs les principales regles qui doivent guider lfusage : Les noms de societes, dfassociations, de compagnies, etc., prennent une majuscule au premier mot faisant indiscutablement partie de la raison sociale.On remarquera que les mots societe, association, compagnie, etc., ne font pas necessairement partie de la raison sociale.Ce sont des noms communs qui sfecrivent avec une minuscule quand ils sont suffisamment individualises par un nom propre ou par un equivalent.> La societe Desourdy.> La plomberie Y.Beaudoin.> La brasserie Le Verseau.Ces memes mots sfecrivent cependant avec une majuscule quand ils sont suivis dfun substantif ou dfun adjectif.> LfAgence du livre francais.> La Compagnie republicaine de securite.Quand un article et un adjectif precedent le mot caracteristique, ils sfecrivent aussi avec une majuscule.> Le restaurant Le Grand Cafe.Les abreviations ltee, inc., enr.sfecrivent avec une minuscule.Elles appartiennent a la langue administrative.Aussi leur usage est-il generalement inutile .et particulierement laid .dans les textes courants.Lorsqufune raison sociale debute par les articles le ou les, ces derniers se contractent en au, aux, du ou des, selon le cas, a lfinterieur dfun texte suivi.> Nous sommes descendus au Grand Hotel.Petits pieges Voici les pieges de la derniere chronique : 1.Elle a fait venir son baptistere.2.La police a investi le repere des Hells.Lfá acte qui constate le bapteme â est un baptistaire, et non un baptistere.A noter que le p ne se prononce pas.Le á lieu servant de refuge a des individus dangereux â est un repaire, et non un repere.Soit dit en passant, on ecrit Hells Angels et non Hellfs Angels.Pourquoi ?Tout simplement parce que cfest ainsi que les Hells ecrivent leur nom.Et je ne tiens pas a devenir le premier chroniqueur de langue a se retrouver au fond du Saint-Laurent dans un sac de couchage.Jfai peur de lfeau et je nfaime pas le camping.Il aurait donc fallu ecrire : 1.Elle a fait venir son baptistaire.2.La police a investi le repaire des Hells.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune au moins une faute.Quelles sont-elles ?1.Elle a mangee une cantaloupe ce matin.2.Il aimerait vivre en Floride a lfannee longue.Les reponses la semaine prochaine.Paul Roux est lfauteur du Lexique des difficultes du francais dans les medias, aux editions La Presse.Faites-lui parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel a amoureux@ cyberpresse.ca, par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9, ou encore en ecrivant directement sur la page www.cyberpresse.ca/amoureux, ou vous trouverez le blogue des Amoureux du francais.Arsene Lupin a 100 ans Pauvre Maurice Leblanc ! Il a cree, il y a 100 ans, un personnage qui a pris toute la place et fait de lfombre a lfecrivain de grande litterature qufil revait de devenir.Pour ce 100e anniversaire dfArsene Lupin, Omnibus a rassemble les aventures du gentleman cambrioleur en deux tomes dfun millier de pages, papier luxe, offerts dans un coffret.Lfediteur y joint deux fascicules dfune soixantaine de pages chacun resumant lfun, la vie de Leblanc, lfautre la á vraie â vie dfArsene Lupin.Maurice Leblanc (1864-1941) a mis beaucoup de temps a se faire a lfidee qufil nfecrirait jamais rien de mieux que les aventures dfArsene Lupin.Lui qui frequentait lfelite litteraire, celle-la meme qui levait le nez sur la litterature populaire, lui qui avait ecrit des choses profondes que peu de gens lisaient, sfest senti une grande partie de sa vie pris au piege de son heros.Un heros dont lfintelligence etait exceptionnelle et lfimagination considerable.Il en a souffert, parait-il.Et finalement, il en a pris son parti apres que de vrais ecrivains comme Josef Kessel eurent vante son talent et son style.Et il en a aussi tire des profits sonnants.Quant a Arsene Lupin, anarchiste chic, cfest un plaisir de le retrouver dans ses aventures insolites et impossibles, toutes reunies.Ideal pour chasser les idees noires ou ne pas prendre la vie trop au serieux.Et contrairement a ce que certains colportent, cfest bien ecrit, quoique un peu demode.Jocelyne Lepage llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Bande dessinee FFFF LA NUIT DE SAINT-GERMAINDES- PRES Leo Malet-Moynot-Tardi Casterman Ce nfest pas Tardi, mais ca lui ressemble ; cfest du Leo Malet, mais pas aussi parfaitement que dans les romans, et la touche nouvelle sfappelle Moynot, un dessinateur qui fait bien son job de á secondes mains â.Le tout sfappelle La Nuit de Saint-Germain-des-Pres, mettant en vedette Nestor Burma dans le sixieme arrondissement.Cfest la cinquieme adaptation en BD des polars de Malet (1909-1996), les quatre premieres etant lfoeuvre du seul Tardi.Evidemment, il y pleut sur Paris, la grisaille va de soi, on visite les caves ou se tenait Juliette Greco a lfepoque ou elle avait un long nez, courbe comme celui de la belle qui accompagne le celebre detective prive.Il y a du jazz dans lfair et lfair du temps est existentialiste.Il y a des meurtres, bien sur, sinon a quoi sert le detective prive et cela permet de mettre quelques taches de rouge du plus bel effet dans cet univers noir.Quel plaisir pervers ! .Jocelyne Lepage Beau livre FFFF JOHN HOWE ARTBOOK Propos recueillis par DavidQueille EditionsNesti Veqnen, 172pages John Howe est, avec Alan Lee, lfun des illustrateurs qui a participe a donner une forme visuelle a la Terre- du-Milieu imaginee par J.R.R.Tolkien.Les deux hommes ont dfailleurs ete tres presents, en Nouvelle- Zelande, pendant la preparation et le tournage du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson.Mais John Howe nfest pas qufun á tolkienologue â.Il a prete son talent a bien dfautres imaginaires nfayant en commun que la fantasy.Ses illustrations se sont retrouvees dansles romans de Guy Gavriel kay, de Robin Hobb et de bien dfautres.Cfest ce que lfon (re)decouvre dans le superbe John Howe Artbook, grand album en couleur ou, apres une longue et belle preface de lfacteur Viggo Mortensen, lfillustrateur repond aux questions de David Queille et, ensuite, sur quelque 150 pages, expose des centaines de planches et les commente.Sonia Sarfati Jeunesse FFF ERAGON Christopher Paolini Bayard, 698 pages, des9ans Premier tome dfune trilogie, Eragon est lfoeuvre dfun tres jeune auteur : il avait 15 ans quand il lfa ecrite.Succes international (merci Seigneur des Anneaux et Harry Potter !).Et ?Et cela sent le jeune auteur.Bien que Bayard annonce Christopher Paolini comme á deja entre au pantheon des grands auteurs de la litterature de fantasy â, on lui laissera le temps de prendre de lfexperience.Histoire dfeviter les cliches, dfapprofondir ses personnages, dfetoffer ses intrigues.Mais le jeune homme a du talent, ecrit a hauteur dfenfant (dfou son succes) et a consomme bien des romans du genre.Dont il livre ici une mouture convenue mais efficace ou lfon suit, dans un empire ou regne le Mal, un garcon qui se decouvre de grands pouvoirs, son dragon et son mentor, vieil homme dur au coeur tendre.Ca sonne une cloche, non ?.Sonia Sarfati Roman FFF1.2 LA FASCINATION DU PIRE Florian Zeller Flammarion, 211 pages Florian Zeller, 25 ans, a remporte le Prix Interallie avec La Fascination du pire.Un troisieme roman pour ce jeune homme.qui a, aussi, signe deux pieces de theatre ! On y suit deux romanciers, invites a un salon du livre tenu au Caire.Le narrateur á ressemble â a Florian Zeller.Lfautre, Martin Millet, est un clone de Houellebecq.Il va en Egypte pour une raison, les filles.Celles que Flaubert evoque dans sa Correspondance.Elles ne sont bien sur pas au rendez-vous.Dfou la charge contre lfislam que, par la bouche de Millet, Zeller deploie dans les pages de ce roman tres troublant.Mais dont on recoit la derniere page comme une gifle.Qui assomme ou qui reveille.Certains jugeront le procede choquant.Dfautres, brillant.Chose certaine, il ne laisse pas indifferent.Comme ce roman indeniablement fascinant.Pour le meilleur et pour.le pire.Sonia Sarfati RAPPEL Vous avez jusqufau 22 fevrier pour nous faire connaitre votre opinion sur le livre dfIrshad Manji, Musulmane, mais libre ou sur les propos tenus par notre lecteur du mois, le docteur Amir Khadir, dans une entrevue publiee dimanche dernier et que vous retrouverez sur www.cyberpresse.ca/lectures.La meilleure lettre vaudra a son auteur un bon dfachat de 200 $ en livres chez Renaud-Bray.Notre prochain livre du mois : Le Dernier Continent, de Francois Avard, un des deux auteurs des Bougon, lfemission tres populaire presentee a Radio-Canada.Club de lecture junior Le dimanche 7 mars, Dominique Demers rencontre les enfants et dedicace LfEtonnante Concierge, son roman le plus recent mettant en vedette Mademoiselle C.Les enfants ont jusqufau 3 mai pour nous envoyer leur recension de ce roman.Il y aura deux gagnants qui recevront chacun un bon dfachat de 100 $ en livres chez Renaud-Bray. .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES Le monde de Jules Verne RUDY LE COURS Il y aura un siècle le 25 mars que Jules Verne, le père de la sciencefiction vraisemblable et poétique, quittait ce monde dont il a tant redouté la dérive vers la fin de sa vie.Ce même monde s\u2019écroule peutêtre aujourd\u2019hui.Non pas tant sous les bombes d\u2019un fol inventeur comme il en a imaginé plusieurs, que sous les ravages du lucre qu\u2019il exécrait, croient ceux qui partagent son pessimisme.Les plus optimistes ironiseront en montrant plutôt l\u2019avalanche récente de rééditions opportunes sinon opportunistes de ses oeuvres ou de parutions parfois intéressantes qui lui sont consacrées.Pour les uns et les autres, la masse de bouquins attisera la curiosité pour un auteur plus méconnu qu\u2019il n\u2019y paraît.D\u2019ici la fin du mois de mars, au moins une soixantaine de rééditions seront proposées, tantôt enrichies de nouvelles illustrations ou annotations et préfaces, tantôt simples fac-similés, tantôt textes rétablis dans leur version d\u2019origine, c\u2019est-à-dire nettoyés du fard grossier dont son fils Michel avait maquillé six romans posthumes.À cette coulée d\u2019encre s\u2019ajoutent une quarantaine d\u2019ouvrages qui analysent, admirent, décryptent l\u2019oeuvre et la vie de l\u2019auteur du Volcan d\u2019or.Celui qui a décrit avant leur invention le vaisseau spatial (De la terre à la lune), le sous-marin nucléaire (Vingt milles lieues sous les mers), l\u2019hélicoptère (Robur le conquérant), voire le cinématographe (Le Château des Carpathes) ou le télécopieur (Paris au XXe siècle) avait reçu pour mandat de l\u2019éditeur Pierre-Jules Hetzel d\u2019intéresser le public lecteur aux progrès de la science et aux singularités de la nature.Voilà pourquoi l\u2019imagination de Verne reste bridée par le plausible.On cherchera en vain dans son oeuvre des extraterrestres, des androïdes ou des traversées du Temps, comme le relève Olivier Dumas, à la fois admirateur et biographe.L\u2019ensemble de cette collaboration fructueuse et unique entre un auteur et son éditeur a donné la fameuse collection illustrée des 64 Voyages extraordinaires dont les tirages originaux s\u2019arrachent à vil prix.On pourrait les regrouper en romans scientifiques et géographiques.Du vivant de Verne, les seconds ont connu les succès les plus francs, selon la recension méticuleuse faite par Charles-Noël Martin.Son bestseller reste Le Tour du monde en 80 jours, qui raconte la réalisation du pari insensé de Phileas Fogg, impassible joueur de whist, suivi de Cinq semaines en ballon, premier titre publié par Hetzel.Ses lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui s\u2019entichent toutefois davantage de ses savants, capables d\u2019inventer des machines jugées folles à l\u2019époque où il écrivait, mais qui se sont concrétisées par la suite.Suspense et humour Au premier plan se retrouve le capitaine Nemo et son Nautilus, dont la réplique réalisée pour le cinéma a failli engloutir les studios Disney dans une mer d\u2019encre rouge.Les Américains se sont passionnés pour le vaisseau spatial des disciples de Barbicane d\u2019Autour de la Lune, qui décollait de la Floride, comme le feront les capsules Apollo dans les années 60, devancées, il est vrai, par la fusée rouge et blanc de Tintin.Anticipation, géographie, certes, mais la lecture de Verne reste avant tout captivante parce que l\u2019écrivain est un formidable conteur au style précis et sans fioritures, qui manie suspense et humour sans embarrasser ses personnages, certes un peu sommaires, des névroses soporifiques de la fiction française d\u2019aujourd\u2019hui.Il invente le compte à rebours pour le lancement des spationautes dans De la terre à la lune.Il devance de plus d\u2019un siècle les scénaristes de 24 heures chrono dans la narration en temps réel de la dérive du Chancellor.Verne maîtrise aussi les jeux de mots en tout genre.Le savant qui veut faire dévier la Terre de son axe dans Sans dessus dessous ne s\u2019appellet- il pas Pierdeux (« Pi »R2 soit la formule du calcul de la circonférence d\u2019un cercle) ; Servadac, son héros échevelé qui veut atteindre le soleil, n\u2019est rien d\u2019autre que le mot « cadavres » écrit à l\u2019envers.Les balises du progrès S\u2019il était féru de cartographie, s\u2019il a beaucoup voyagé et navigué, Jules Verne n\u2019était pas cet apôtre naïf du progrès par la science souhaité par Hetzel.Il s\u2019en méfiait même, mais l\u2019éditeur l\u2019obligeait à réécrire les passages où il prenait trop de licences.On sait, depuis la découverte et la publication de Paris au XXe siècle en 1994, manuscrit refusé par l\u2019éditeur, que Verne cultivait une réflexion ambivalente sur les bienfaits d\u2019une société dominée par les prouesses de la technique.Verne, un catholique conservateur pourtant influencé par les socialistes utopiques Fourrier et Saint-Simon, craignait à la fin de sa vie que quelques potentats ne s\u2019approprient le pouvoir par la science autant que par l\u2019argent.Les savants fous ont la part belle dans la galerie de personnages souvent savoureux, parfois mémorables que sa plume industrieuse met en scène.Il ranime Robur une dizaine d\u2019années après un premier tour de piste.Entre-temps, le magicien des airs aura perdu la tête (Maître du monde).Wilhelm Storitz (roman posthume) rumine une vengeance grâce à sa découverte de l\u2019invisibilité.Une fantaisie du Docteur Ox décrit dans une métaphore loufoque la mécanique de la guerre chimique, voire de la propagande de masse.Il rêve toujours d\u2019un monde meilleur, qui s\u2019appuie toutefois sur les efforts du grand nombre, toujours guidé il est vrai par un esprit supérieur, mais généreux.C\u2019est le thème déjà esquissé dans Une île mystérieuse où revient Nemo.Dans En Magellanie, autre roman posthume, Verne imagine une forme de collectivisme menacé par la découverte accidentelle d\u2019un gisement d\u2019or.Verne s\u2019intéresse aussi à l\u2019émancipation des peuples.Il publie coup sur coup quatre romans historiques dont Famille-sans-nom qui a pour théâtre la Rébellion des patriotes de 1837.Il s\u2019abreuve un peu partout, y compris dans les livres de ses contemporains.Passionné d\u2019Edgar Allan Poe dont une nouvelle lui a fourni la clef du Tour du monde, il écrit Le Sphinx des glaces qui est une suite aux Aventures d\u2019Arthur Gordon Pym.Mathias Sandorf, héros dont la personnalité colle à la sienne, est dédié à Alexandre Dumas, car c\u2019est un remake avoué du Comte de Monte-Cristo.On l\u2019aura compris, la production vernienne est trop riche pour la réduire à de la littérature jeunesse, un genre qu\u2019il n\u2019a pas dénigré, mais dans lequel il aurait refusé qu\u2019on l\u2019engonce.CARICATURE DE GIL Détail de la jaquette du Jules Verne un univers fabuleux, d\u2019Eric Weissemberg.Le best-seller de Jules Verne reste Le Tour du monde en 80 jours, qui raconte la réalisation du pari insensé de Phileas Fogg, impassible joueur de whist, suivi de Cinq semaines en ballon, premier titre publié par Hetzel.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 3283091A Le tour de Verne en quelques titres RUDY LE COURS Ceux qui ont rêvé d\u2019aventures, de devenir globe-trotter ou marin au long cours grâce à la lecture des Voyages extraordinaires seront ravis de se (re)plonger dans les romans de l\u2019écrivain, tant ses plus grandes réussites que ceux qu\u2019on tire de l\u2019oubli.Ceux qui veulent aborder ce monument devraient quand même commencer par ses succès populaires.Deux collections à prix doux proposent un beau choix de titres avec les illustrations de Bennet et de Riou qui enjolivaient les éditions de Hetzel.Le Livre de poche en offre 17, tous du meilleur cru, auxquels il faut ajouter L\u2019Oncle Robinson, et Paris au XXe siècle, refusés par Hetzel.La collection Omnibus rassemble en six gros bouquins d\u2019un millier de pages une vingtaine de titres regroupés par thèmes : les quatre éléments et les cinq continents.Ici aussi, les illustrations originales sont incluses.Si l\u2019on a l\u2019intention de se lancer à fond dans les romans verniens, c\u2019est à coup sûr le meilleur rapport qualité-prix.Chez Stanké, on réédite cinq romans posthumes dans leur version d\u2019origine, préfacés par Olivier Dumas qui fait ressortir l\u2019intérêt de les déparer des remaniements malheureux apportés par son fils Michel.Bien qu\u2019aucun de ces titres n\u2019ait le zeste des grands succès des collections précédentes, ils intéresseront, si ce n\u2019est déjà fait, les plus mordus.Du nombre, En Magellanie est peut-être le plus emblématique de la pensée de l\u2019auteur.Il s\u2019agit d\u2019un deuxième tirage en cinq ans pour ces versions d\u2019origine, débusquées à la fin des années 80.Elles sont cette fois-ci relookées à la manière Art nouveau.L\u2019éditeur relance aussi Voyage à travers Jules Verne du même Dumas, une biographie solide bien que trop repliée peut-être sur l\u2019homme et son oeuvre au détriment de leur mise en contexte.Depuis une trentaine d\u2019années on trouve enfin chez Stanké, et chez Stanké seulement, Famille-sans-nom, le drame des Fils de la liberté.Jules Verne n\u2019est jamais venu au Canada, mais il s\u2019en est servi comme théâtre de quelques romans.Si Au pays des fourrures est aujourd\u2019hui introuvable, Le Volcan d\u2019or est à nouveau proposé dans la collection Folio de Gallimard.Cette critique du Klondike démarre et se conclut à Montréal.Chez Actes Sud, on lance en grand format une dizaine de titres enrichis d\u2019illustrations nouvelles et en couleurs qui en font de beaux objets à offrir.Du nombre, la collection propose Mirifiques aventures de maître Antifer, un roman depuis longtemps introuvable.Les collectionneurs attendront un peu plus tard dans l\u2019année la publication du Théâtre inédit au Cherche-midi.Pour organiser sa lecture de l\u2019oeuvre, en lisant les trilogies dans leur ordre ou en retraçant les passages d\u2019un personnage à travers différents romans, on se référera à la synthèse de Daniel Compère, Les Voyages extraordinaires de Jules Verne (chez Pocket).Pour se laisser bercer au rythme lent et envoûtant avec lequel la plume de Jules Verne nous guide dans des mondes oniriques ou cauchemardesques, au gré d\u2019histoires tissées comme de somptueuses tapisseries, quoi de mieux que la lecture d\u2019ouvrages qui attisent la curiosité sinon la rêverie ?Le rêve du progrès, de Jean-Paul Dekiss (Gallimard), représente le tremplin parfait.Très illustré, ce petit livre montre comment l\u2019écrivain est le produit de son temps.Plus savant, De la science à l\u2019imaginaire (Larousse) est une pure merveille.L\u2019oeuvre de l\u2019écrivain est découpée et classée par science, par pays, par époque.On y trouve les tracés sur une mappemonde des longs parcours des héros verniens.On va même jusqu\u2019à comparer les illustrations des romans avec des photos d\u2019aujourd\u2019hui pour montrer la véracité de son imagination qui guidait les dessinateurs.Verne s\u2019est gagné aussi des lecteurs, peu férus de science, mais épris de merveilleux.Eric Weissemberg est de ceuxlà.Collectionneur passionné, admirateur aguerri, son Jules Verne un univers fabuleux (Favre) parcourt un à un les romans de l\u2019écrivain, enrichi d\u2019illustrations tirées de plusieurs éditions rares, d\u2019affiches des adaptations cinématographies innombrables et même de leurs produits dérivés ou de marques de commerce.C\u2019est le livre idéal, à laisser sur la table à café pour consultation avant de fixer son choix pour un autre voyage extraordinaire. .6 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É AL DI M A N C H E 2 0 F É V R I ER 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LECTURES EN BREF Venise la stupéfiante Dany Laferrière à La Bagnole Dany Laferrière a accepté de monter à bord de La Bagnole, cette nouvelle maison d\u2019étidion de livres pour enfants dirigée par le comédien Martin Laroque.Il écrira pour les petits une version courte de L\u2019Odeur du café, ce récit dans lequel il parlait de son enfance à Haïti.Frédéric Normandin en sera l\u2019illustrateur.Le livre devrait paraître à l\u2019automne prochain.Margaret Atwood en lice pour un prix international L\u2019auteure canadienne Margaret Atwood figure sur une liste de 18 écrivains de 13 pays en lice pour un nouveau prix littéraire.Le prix Man Booker International, doté d\u2019environ 150 000$ CAN, récompensera tous les deux ans un écrivain pour l\u2019ensemble de son oeuvre de fiction.Ce prix diffère du prix Man Booker, qui n\u2019est réservé qu\u2019aux écrivains de pays membres du Commonwealth et qui n\u2019est attribué que pour une oeuvre.Le nom du premier récipiendaire sera proclamé en juin à Londres.Presse Canadienne JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE La découverte d\u2019une ville, Venise en l\u2019occurrence, ne se fait que progressivement, lentement, très lentement.Mais pour certaines, le premier contact est une révélation.Québec, Paris, Barcelone, New York, Venise (sans souci du classement, qui serait ici parfaitement imbécile).Souvenez-vous de la première fois : une révélation.J\u2019espère que cela vous est arrivé, sinon, je vous le souhaite.Comme l\u2019écrit Philippe Sollers : « Voici la ville qui, à tous, inspire la stupeur.Qui la voit une fois s\u2019en enamoure pour la vie et ne la quitte jamais plus, ou s\u2019il la quitte, c\u2019est pour bientôt la retrouver.De ce désir d\u2019y retourner qui pèse sur tous ceux qui la quittèrent elle prit le nom de venetia, comme pour dire à ceux qui la quittent, dans une douce prière : « Veni etiam, reviens encore ».Ce fut le cas pour Philippe Sollers, qui durant des années y fit deux séjours, au moins, par an.Accompagné d\u2019une femme qu\u2019il aimait, qu\u2019il aime encore sans doute, cette fameuse Dominique Rolin.Il nous en parle un peu, dans ce livre qui est une somme sur Venise.Il fallait quelqu\u2019un comme lui pour nous faire entrer dans les mille et un secrets d\u2019une Cité des Doges que l\u2019on appela la Sérénissime République (alors qu\u2019elle n\u2019en était peut-être pas une, ni république ni sérénissime), que Napoléon détesta, dévasta, puis vendit aux Autrichiens (le sot, comme il vendit la Floride aux Américains, le re-sot), croyant sans doute ainsi faire disparaître l\u2019esprit de Venise de la tête du Monde.Tâche impossible.Le monde entier, celui qui est allé à Venise au moins une fois, garde quelque chose de cette ville stupéfiante.Et il se trouve que tous, ils y sont allés.Tous : les écrivains, les artistes, les musiciens, les politiques, depuis au moins quatre siècles.Qu\u2019est-il resté en eux ?Il faut voir.Il faut lire ce livre qui est une sorte de dictionnaire de Venise, avec des « entrées » (comme dans un dictionnaire) consacrées à ces messieurs et dames dont il est plaisant, ici, mais fort incomplet, de citer les noms : Aragon (il tenta de se suicider à Venise), Chateaubriand (toujours mélancolique devant « l\u2019épouse de l\u2019Adriatique et dominatrice des mers » ce qui était, comme d\u2019habitude, très exagéré en son temps), Vivant Denon, amoureux d\u2019une comtesse vénitienne (voilà qui se répétera souvent, ah ça, mais qu\u2019est-ce qu\u2019elles ont donc, ces comtesses-là ?), André Gide (un peu indifférent) et Goethe (emballé), Heidegger (aveugle renfrogné), Marcel Proust et George Sand (on les attendait là, la voix publique les associe à la Ville des Amours ), Stendhal ( toujours amoureux, de plusieurs comtesses vénitiennes !), et bref, ils sont tous là les écrivains.Mieux que cela : les artistes.Ceux qui ont saisi cet esprit d\u2019un lieu exceptionnel, où ils ont pu peindre, sculpter, construire, pour une société qui porta l\u2019art au plus haut de ses valeurs.Ici, Venise est insurpassable : c\u2019est sans aucun doute la cité qui vécut d\u2019art, autant que de commerce, où l\u2019on subventionna des peintres qui, ailleurs, furent méprisés, où l\u2019on vota des crédits énormes pour construire, construire, construire, à tour de bras, et pas seulement ces palais des grandes familles du commerce, mais des constructions destinées à tous.À certains moments, ce livre est un véritable et fiable cours de peinture, de sculpture, d\u2019architecture.Quant à la musique, Wagner et Stravinsky sont là, évidemment, et surtout : c\u2019est la révélation de Vivaldi, où l\u2019on apprend ce qui s\u2019est passé exactement pour ce « prêtre rouquin », compositeur furieux, mort misérablement à Vienne, oublié pendant deux siècles de censure musicale \u2014 les critiques peuvent être féroces, parfois, et très bêtes\u2014 et redécouvert soudain par un succès populaire inattendu.Mieux encore : les philosophes, les penseurs de tout acabit, Jean-Jacques Rousseau, Sartre, Nietzsche (qui écrivit un poème pour Venise, un poème de Nietzsche, vraiment), Sartre (accompagné, devinez de qui ?Elle trouve tout « plaisant »).Il faudrait lire chacune des entrées de ce dictionnaire amoureux.Il y en a plus de 90.FFFF DICTIONNAIRE AMOUREUX DE VENISE Philippe Sollers, Plon, Paris, 481 pages, illustrées de dessins lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll GÉNI E S EN HERBE #1132 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca Première réalisation d\u2019Yves P.Pelletier E- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Fille du violoneux Ti-blanc, elle fait ses débuts à la télévision de Sherbrooke à l\u2019âge de 10 ans dans l\u2019émission de son père.2 Chanteuse, elle se fait connaître par les versions françaises de teen-idols américains telles que Du rouge sur ton collet.3 En 1963, elle anime Chansons intimes à la télévision de Sherbrooke et en 1965-66, elle coanime les émissions estivales de Jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui avec Pierre Lalonde.4 Découverte féminine du Gala de l\u2019ADISQ en 1963, ses plus grands succès sur disque sont La plus belle pour aller danser et Les boîtes à gogo.5 Aussi comédienne dans divers téléromans québécois, elle a fait plus récemment parler d\u2019elle pour ses frasques judiciaires.A- EXPOS 1 En quelle année les Expos ontils joué leur premier match d\u2019ouverture au parc Jarry?2 Quel conseiller municipal montréalais a fait la demande d\u2019obtention d\u2019une équipe de baseball majeur pour sa ville en 1967?3 Dans quelle enceinte les Expos déménagent-ils en avril 1977?4 En quelle année a eu lieu la grève des joueurs, alors que les Expos ont une fiche de 74- 40 et mènent devant Atlanta?5 Dans quelle ville les Expos sont-ils transférés en vue de la saison 2005?D- ASSOCIATIONS Associez la température moyenne du mois de janvier à sa ville.1 26 degrés Celsius a Istanbul 2 - 4 degrés Celsius b Séoul 3 15 degrés Celsius c Bangkok 4 - 10 degrés Celsius d Montréal 5 6 degrés Celsius e Hong Kong G- ANAGRAMMES Thème : Gomme 1 I E A T L H B C M N N 2 A A I E U Q R B 3 I A T M C S 4 E E I N S R 5 A I O N G M Ancien président chilien GEN20FR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES C- CINÉMA 1 Quel film paru en 2004 et mettant en vedette Gael Garcia Bernal raconte l\u2019histoire du jeune Che Guevara découvrant l\u2019Amérique du Sud avec un ami en 1952?2 Quelle première réalisation d\u2019Yves P.Pelletier à saveur de comédie romantique met en vedette Isabelle Blais et Sylvie Moreau?3 Dans Elles étaient cinq, écrit et réalisé par Ghyslaine Côté, quelle comédienne joue le rôle de Sophie, la jeune victime?4 Quel documentaire de Hagop Goudsouzian nous a emmenés à l\u2019automne 2004, en compagnie de Montréalais d\u2019origine arménienne, à la recherche des survivants du génocide de 1915?5 En quelle année Hollywood commence-t-elle à octroyer des récompenses pour les films mis en nomination par les membres de l\u2019Academy of Motion Picture Arts and Science en leur remettant une figurine qui ne prendra le nom d\u2019oscar qu\u2019en 1931?B- ACTUALITÉS 1 Avec quel pays la Commission européenne a-t-elle ouvert les négociations à l\u2019automne 2004 en vue d\u2019une adhésion à l\u2019UE, adhésion recherchée par cette nation depuis 1963?2 Quel pays a annoncé à l\u2019automne 2004 sa ratification du Protocole de Kyoto, qui permettra enfin à celui-ci d\u2019entrer en vigueur, sa signature ayant eu lieu en 1997?3 Le protocole de Kyoto est l\u2019engagement de 38 pays industrialisés de réduire les émissions de gaz à effet de serre d\u2019au moins 5,2% en 2012 par rapport à quelle année de référence?4 Quel ancien président chilien de 1974 à 1990 fait de nouveau face à un procès pour son rôle dans l\u2019Opération Condor, depuis la levée de son immunité par la Cour Suprême à l\u2019été 2004?5 Quelle série américaine mettant en vedette la Québécoise Caroline Dhavernas est présentée en version française à Télé- Québec cette année?F- CHARADE 1 Mon premier est le nom commun donné aux flatulences.2 Mon second est la 17e lettre l\u2019alphabet grec, équivalent au r français.3 Mon troisième est une tromperie qui, en droit, peut entraîner l\u2019annulation d\u2019un acte juridique, car une personne aurait été amenée à conclure celui-ci suivant de fausses informations.4 Mon quatrième constitue le tissu adipeux du porc, qui peut être gras ou maigre.5 Mon tout est le nom donné à l\u2019argent provenant de revenus pétroliers.H- MATERNITÉ 1 Selon la loi sur Les normes du travail au Québec, quelle est la durée maximale d\u2019un congé de maternité ?2 Quelle spécialité de la médecine traite de la grossesse et des techniques de l\u2019accouchement?3 Durant quel mois de la grossesse l\u2019embryon passe-t-il au stade de foetus?4 Quel organe relie l\u2019embryon à l\u2019utérus maternel durant la grossesse, lieu de rencontre des sangs de l\u2019embryon et de la mère, permettant les échanges de nutriments, d\u2019anticorps, d\u2019eau et d\u2019oxygène?5 Avant l\u2019accouchement, ce liquide dans lequel baigne le bébé va s\u2019accumuler afin de former la poche des eaux et dilater le col de l\u2019utérus jusqu\u2019à la perte des membranes (des eaux).Claudia Cardinale publie ses mémoires AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS \u2014 La comédienne italienne Claudia Cardinale publie en français, sous le titre Mes étoiles, ses mémoires peuplées des personnalités vivantes et mortes avec lesquelles elle a mené sa carrière, principalement cinématographique.Claudia Cardinale rappelle qu\u2019à 20 ans elle est devenue «la petite fiancée de l\u2019Italie, l\u2019héroïne d\u2019un conte de fées (.) le symbole d\u2019un pays dont je parlais à peine la langue.», écrit-elle.Elle est née en Tunisie dans une famille d\u2019immigrés italiens et sa première langue parlée fut le français.Selon la comédienne, le destin a décidé pour elle.Il lui fallait « tenter de conquérir Cinecitta ou mourir » et elle reconnaît avoir eu de la chance.Ses mémoires sont à son image, d\u2019une grande franchise, même sur sa vie privée.L\u2019amateur de cinéma y trouvera nombre de détails qui éclairent d\u2019incontestables personnalités du septième art, réalisateurs et comédiens avec lesquels elle a tourné quelque 150 films, de 1962 à 2001.Ainsi, le chapitre sur le tournage du Guépard est éloquent sur le grand seigneur italien qu\u2019était Lucchino Visconti, capable de conquérir l\u2019amitié de l\u2019Américain Burt Lancaster, qu\u2019il avait transformé en aristocrate sicilien.Ou encore le chapitre où elle évoque Fellini, « l\u2019enchanteur » avec lequel Claudia Cardinale a joué dans Huit et demi.MES ÉTOILES, par Claudia Cardinale, Michel Lafon, 328 pages, 20 euros). .www.cyberpresse.ca/oups M O N T R É A L D I M A N C H E 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 L E C T U R E S 7 RE LÂCHE SPÉCIAL 505050 IDÉES POUR LE CONGÉ SCOLAIRE meurt re Autopsie d\u2019un L\u2019ÉVALUATION DE DEUX JEUNES VISITEURS PAGE 2 Robofolies LE RETOUR DES Robofolies PAGE 4 8 L E C T U R E S L A P R E S S E MON T R É A L D I M A N C H E 2 0 F É V R I ER 2 0 0 5 L E C T U R E S 9 PAGE 2 PAGE 3 www.cyberpresse.ca/oups www.cyberpresse.ca/oups Manel et Antoine PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© < Les VJ de MusiquePlus Disney On Ice > Robofolies > IDÉES POUR LE CONGÉ SCOLAIRE Lecongé scolaire approche etvousn\u2019avezaucune idée pourvous occuper ?Pasdeproblème:l\u2019équipe de Oups apréparé pourvousune listede50suggestions d\u2019activités.Undocumentàconserver età consulter pendanttouteladurée delarelâche.Bonne lecture.MUSÉE TROISEXPOS > Le Centre des sciences deMontréal, dans le Vieux-Port, offre une série d\u2019activités étonnantes et amusantes pour la famille durant tout le congé scolaire, du 26 février au 6 mars.L\u2019événement spécial, Les Robofolies, revient pour la cinquième année avec cette fois Robocité, la ville des robots.Aussi, il ne reste guère plus qu\u2019unmois pour visiter les deux expositions vedettes de la saison, Autopsie d\u2019unmeurtre et Le génie du génome, qui se terminent le 28mars.Et pour des heures de plaisir, les trois salles permanentes d\u2019exploration regorgent d\u2019activités.Info: 514-496-4724; www.centredessciencesdemontreal.com/fr .ESCAPADE GLISSERÀQUÉBEC > Si vous faites un tour dans le Vieux-Québec, ne manquez pas d\u2019aller glisser à la terrasse Dufferin.Trois glissoires totalisant 250 mètres à dévaler à toute vitesse, avec une vue sur la ville et le fleuve à couper le souffle.Et assurez-vous de visiter les musées qui ont prévu des activités spéciales pour les enfants.www.regiondequebec.com.DÉCOUVERTESÀOTTAWA > LeMusée canadien des enfants propose une formidable exposition, Je suis capable, qui sensibilise les visiteurs aux déficiences.Préparée par le réputé Children\u2019sMuseumde Boston, cette exposition est à la fois interactive et touchante.Quant auMusée des sciences et de la technologie, il annonce des bed in, une occasion unique pour les jeunes de passer la nuit sur les lieux.Et bien sûr, il y a le canal Rideau pour patiner.www.tourisme-outaouais.ca; www.civilisations.ca.GLISSER TROIS GLISSADES OÙÇAVAVITE LES SUPER GLISSADESDESAINT-JEAN-DE-MATHA > Pas moins de 23 pistes de tous les niveaux, dont trois spécialement destinées aux amateurs de rafting sur neige: www.golfmatha.com/glissades/matha/super.html.LEMONTROYAL > L\u2019endroit idéal pour jouir du plein air à deux pas de chez soi et profiter des glissades gratuites .LE CENTREDELANATUREDELAVAL > Gratuit aussi.Six pentes pour glisser, entretenues mécaniquement et étroitement surveillées.Pas de remonte-pente, mais une dépense d\u2019énergie sans pareille! Info: 450- 662-4942 .Ils sont des centaines à visiter le Centre des sciences de Montréal chaque jour.Chacun a ses coins préférés, mais l\u2019exposition Autopsie d\u2019unmeurtre fait habituellement l\u2019unanimité.Un groupe de l\u2019Académie Dunton l\u2019a visitée dans le cadre d\u2019une sortie scolaire.Deux élèves, Antoine Boucher-Roy et ManelMenouar, nous ont préparé une évaluation de l\u2019exposition et du centre.MANEL MENOUAR COLLABORATION SPÉCIALE Nous avons visité toutes les expositions du Centre des sciences et c\u2019est sûrement celle-là (l\u2019Autopsie d\u2019unmeurtre) que j\u2019ai préférée.La plupart des filles et des gars de notre groupe aussi.J\u2019ai beaucoup aimé la salle d\u2019autopsie.Il n\u2019y a rien d\u2019apeurant, rassurez-vous! Au contraire, il s\u2019agit d\u2019un jeu très amusant où il faut enquêter pour trouver un code qui nous aidera à déterminer qui a commis le meurtre et comment il a procédé.Il faut trouver le coupable parmi trois suspects.Il y a aussi une section sur les portaits-robots, une autre sur la reconstitution des crimes.Dans l\u2019ensemble, ça nous montre vraiment comment les enquêteurs doivent s\u2019y prendre pour résoudre les vrais crimes.Le reste du centre est aussi intéressant.Il y a plusieurs autres expositions\u2014dont Le Génie du génome\u2014et il y a toujours un volet interactif qui permet d\u2019apprendre des choses.Le cinéma IMAX est aussi intéressant.C\u2019est un endroit formidable pour une sortie scolaire, et ça ne doit pas être trop ennuyeux d\u2019y venir avec ses parents, même si c\u2019est plus amusant avec ses amies.ANTOINE BOUCHER-ROY COLLABORATION SPÉCIALE J\u2019ai beaucoup aimé cette exposition et ma visite au Centre des sciences.En parcourant les salles d\u2019Autopsie d\u2019un meurtre, on a vraiment l\u2019impression d\u2019avoir un rôle à jouer, comme de vrais enquêteurs.Les vidéos sur les enquêtes sont particulièrement intéressantes parce qu\u2019on y voit comment résoudre les meurtres.On doit faire une vraie enquête, trouver des indices et résoudre un crime nous aussi.On peut passer près d\u2019une heure dans cette exposition sans s\u2019ennuyer.Parmi les autres activités du centre, j\u2019ai beaucoup aimé la section interactive où on peut fabriquer des fusées et d\u2019autres choses pour voir comment ça fonctionne.On apprend tout en s\u2019amusant.Nous étions venus plus tôt cette année, avec notre classe de géographie, pour voir le film Force de la nature au cinéma IMAX du musée.J\u2019ai trouvé ça assez intéressant et très impressionnant.Les images des volcans sont très bonnes.Dans l\u2019ensemble, le Centre des sciences est un endroit où on peut passer un bon moment avec sa famille, ou mieux encore avec un groupe d\u2019amis.Je vous le conseille pendant le congé scolaire.AUTOPSIE D\u2019UN MEURTRE AU CENTRE DES SCIENCES Comme de vrais enquêteurs CINÉMA DEUXFILMS IMAX > Le cinéma IMAX du Centre des sciences deMontréal présente Les chimpanzés sauvages, de Jane Goodall.Ce film, à l\u2019affiche jusqu\u2019au 24 avril, vous fera découvrir les fascinantes recherches de cette éthologiste réputée sur les chimpanzés de la réserve nationale du Gombe, en Tanzanie.IMAXprésente aussi Forces de la nature, un film dont la réalisation s\u2019est échelonnée sur 10 ans et qui convie les spectateurs à pénétrer dans l\u2019univers spectaculaire des volcans, des tremblements de terre et des tornades.Info: (514) 496-4724 et www.centredessciencesdemontreal.com/fr/imax.LE FESTIVAL INTERNATIONALDUFILMPOURENFANTS > Le huitième Festival international du film pour enfants deMontréal (FIFEM), événement très couru, aura lieu, du 26 février au 6 mars, aux cinémas Impérial et Beaubien.FIFEM: (514) 848-3883 et www.cinemabeaubien.com/fifem.LA CINÉROBOTHÈQUE > Enmarge du FIFEM, la CinéRobothèque de l\u2019ONF (1564, rue Saint-Denis) marquera la semaine de relâche en ouvrant gratuitement ses portes aux enfants de moins de 12 ans.De plus, le réputé cinéaste d\u2019animation Co Hoedman présentera son dernier film, Le théâtre de Marianne, les 5 et 6 mars, à 13 h 30.Après la projection, le cinéaste dévoilera au public intéressé la mécanique derrière l\u2019image animée, ainsi que les personnages de son film.Les enfants qui le désirent pourront également être photographiés en compagnie de Co Hoedeman et de son Oscar.www.onf.ca.CULTURE 12MAISONSDELACULTURE > Les maisons de la culture deMontréal proposent une programmation très diversifiée à l\u2019intention des jeunes pendant la semaine de relâche.Suffit de consulter l\u2019horaire des activités et de se procurer un laissez-passer (gratuit) à l\u2019avance.www2.ville.montreal.qc.ca/ maisons/maisons.htm.AUCENTRE BELL > Le traditionnel spectacle Disney On Ice rend hommage cette année au 50e anniversaire de la célèbre compagnie de divertissement.Ce spectacle sur glace est présenté du 2 au 6 mars (huit représentations en français).(514) 790-1245.PATINER > CINQ PATINOIRESÀMONTRÉAL PARC LAFONTAINE > Le plan d\u2019eau du côté sud du parc La fontaine est aménagé pour accueillir plusieurs douzaines de patineurs à la fois.Côté sud du parc, entre l\u2019avenue du Parc La fontaine et l\u2019avenue Papineau (Métro Mont-Royal ou Sherbrooke).BASSINBONSECOURSDUVIEUX-PORT > C\u2019est au bassin Bonsecours que l\u2019on trouve la seule patinoire extérieure réfrigéréeàMontréal.www.vieuxportdemontreal.com, (514) 496-7678 (Métro Champ-de-Mars).LACAUXCASTORSSUR LEMONTROYAL > Immense patinoire située au sommet du mont Royal ouverte à tous.Le chalet est du lac aux Castors est mis à la disposition des skieurs et des patineurs.Parc duMont-Royal (avenue du Parc, puis prendre par Camillien-Houde, Autobus 11 à partir du métroMont-Royal).PARCANGRIGNON > Un parc magnifique de 184 hectares à quelques minutes du centre-ville.On y trouve un anneau de glace ainsi qu\u2019une patinoire de hockey.3400, boul.des Trinitaires (métro Angrignon).L\u2019ATRIUM > Patiner à l\u2019intérieur au coeur du centre-ville.Idéal pour les amis et la famille, surtout si les conditions météo gâchent les patinoires extérieures.1000, de La Gauchetière (métro Bonaventure).SURFER > CINQCENTRESPOURS\u2019ÉCLATER SKIBROMONT > Pendant la semaine de relâche, Ski Bromont a décidé de faire la fête.Dans la nuit du 26 février, les adeptes du ski auront la chance de pratiquer leur sport favori pendant toute la nuit.www.skibromont.com.MONTORFORD > C\u2019est sur des airs de musique que lemont Orford accueillera sa jeune clientèle.Jeux, animation, tirage et mascotte seront également au rendez-vous.Ce centre de ski des Cantons-de-l\u2019Est compte 52 pistes.www.orford.com.SUTTON > ÀSutton, les artistes en herbe pourront laisser libre cours à leur imagination en participant à un concours de sculptures sur glace.Du côté de la zone d\u2019habiletés, communément appelée snowparc, les adeptes de la planche à neige enmettront plein la vue aux spectateurs en effectuant différentes prouesses.www.montsutton.com.MONTTREMBLANT > Camp de ski, soirée de glisse, patin sur le lacMiroir, parties de ballon-balai, leMont- Tremblant sera grouillant d\u2019activités du 22 février au 6 mars.www.tremblant.ca.LEMASSIF > Situé au coeur de la région de Charlevoix, le Massif a tout prévu pour amuser les skieurs au cours de la semaine de relâche.Animation, musique, maquilleurs et clowns seront au rendezvous.www.lemassif.com.PLEIN AIR CINQPARCS-NATURE > Les cinq parcsnature deMontréal (Cap-Saint-Jacques, Île-de-la-Visitation, Bois-de-Liesse, Pointe-aux-Prairies, Bois de l\u2019Île- Bizard) sont autant de terrains de jeux parfaits pour une escapade en plein air.Une programmation très complète d\u2019activités est prévue tout au long du congé scolaire: Fête des mitaines, jeux en forêt, temps des sucres, rallyes autoguidés et plusieurs autres animations pour les jeunes.(514) 280-PARC.www.ville.montreal.qc.ca/parcs-nature.NATURE TROISPOURUN > Le Biodôme, le Planétarium et la Tour deMontréal s\u2019unissent pour vous inviter à vivre une escapade nocturne en famille! Du 26 février au 5 mars, le Biodôme restera exceptionnellement ouvert jusqu\u2019à 20h30 pour vous permettre d\u2019explorer le sentier des écosystèmes dans une ambiance bleutée et feutrée.Par la suite, dans la Tour deMontréal, le Planétarium organise une animation spéciale pour vous offrir une expérience du ciel montréalais comme vous ne l\u2019avez jamais vécue.www2.ville.montreal.qc.ca/biodome.PAPILLONSENLIBERTÉ > Le Jardin botanique de Montréal reprend l\u2019événement Papillons en liberté dans sa grande serre à compter du 24 février.Parmi les centaines de papillons multicolores, les «porte-queues» sont à l\u2019honneur cette année.les maîtres voltigeurs vous réservent unmagnifique spectacle dans la luxuriante serre du Jardin botanique.Par ailleurs, la Maison de l\u2019arbre vous propose un temps des sucres, tous les jours du 28 février au 6 mars.Une occasion de déguster le produit de l\u2019érable, en plein coeur de la ville! www2.ville.montreal.qc.ca/jardin.TÉLÉ UNEPROGRAMMATION SPÉCIALEÀVRAK.TV > Dès le lundi 28 février, VRAK.TV offrira plusieurs nouvelles séries de fiction et d\u2019animation, en plus des capsules de la série québécoise R-Force.Cette toute nouvelle émission met en scène deux animatrices, MarianneMoisan et Isabelle Marjorie Tremblay, ainsi que l\u2019animateur AntoineMongrain.Chaque jour, et même plusieurs fois par jour, montent dans leur limousine dans le but d\u2019accomplir une mission spéciale pour aider un téléspectateur.Les exploits de R-Force seront présentés sous forme de capsules réparties à travers la grille.PORTESOUVERTESÀMUSIQUEPLUS > L\u2019événement est devenu incontournable.Les 1er et 2 mars, entre 14 et 20h, les studios deMusique Plus seront ouverts à tous.De nombreux artistes\u2014Les Trois accords, les Denis Drolet et autres\u2014ont déjà confirmé leur présence.Info: www.musiqueplus.com/fr/ .SANSOUBLIER TELETOON > Vous n\u2019osez pas le dire, mais vous aimez bien jeter un coup d\u2019oeil du côté de Teletoon quand votre petite soeur ou votre petit frère fait sa sieste?Vous aimerez la programmation spéciale du congé scolaire: www.teletoon.com.ÀL\u2019INTÉRIEUR TROISCENTRESD\u2019ESCALADE > Vous rêvez d\u2019imiter Spider Man?Voici où il faut aller: Action Directe, 4377, boulevard Saint- Elzéar Ouest, Laval; (450) 688-0515; www.actiondirecte.qc.ca; Horizon Roc, 2350 Dickson, Montréal; (514) 899-5000; www.horizonroc.com.À Québec, Roc-Gym, 2350 avenue du Colisée; 418- 647-4422; www.rocgyms.com.DEUXPARCSDEPLANCHEÀROULETTES > Vous dormez avec votre planche?Pourquoi pas un petit tour à Universe, un endroit à la mesure de votre appétit?Le centre devrait terminer sa rénovation juste à temps pour le congé scolaire: 222, boul.Brien, Repentigny; 450-581-1095; www.universextreme.com.On peut aussi aller chez Orkus, 4300, chemin de la Côte-de-Liesse, Mont- Royal; 514-789-ORKUS (6758); www.orkus.ca.DEUXPALADIUM > Le patin à roues alignées reste très populaire et les deux Paladiumde Longueuil et Brossard ont modifié leur horaire pour le congé scolaire, en ouvrant tous les après-midi: www.paladium.ca.UNAQUADOME > Envie d\u2019une folle baignade en plein hiver?L\u2019Aquadome de LaSalle comblera tes désirs: 1411, rue Lapierre; 514-367-6460.CUISINER DESLEÇONSPOURDEVENIRUNGRANDCHEF > L\u2019Académie culinaire propose des cours de cuisine aux 13-17 ans, mais aussi aux plus jeunes.En plus d\u2019apprendre des notions de base, ils prépareront plusieurs repas savoureux.On peut s\u2019inscrire à Montréal, Laval et Québec.www.academieculinaire.com.PHOTO DONALD MIRALLE, GETTY IMAGES PHOTO JIM MCKNIGHT, AFP PHOTO AFP PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © PHOTO ANDRÈ TREMBLAY, LA PRESSE © PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Aveclacollaboration deSophie Allard, Isabelle Audet,Marie-Christine Blais, Jean-Sébastien Gagnon,Nathaelle MorissetteetNicolasTrépanier Les pingouins du Biodôme > .Titeuf Kid Paddle TIRÉ DE KID PADDLE 9, DE MIDAM©DUPUIS, 2000 > Suivez les aventures de Kid Paddle dans ses albums en vente dans toutes les bonnes librairies.TIRÉ DE TITEUF 6, DE ZEP,©GLÉNAT, 2000 FORUM DES SSUUGGGGEESSTTIIOONNSS POURLECONGÉ SCOLAIRE?Nous vous proposons dans ce numéro une série de sorties et d'activités pour le long congé.Nous n'avons évidemment pas fait le tour complet de la question, il y a tant de choses à faire quand on n'a pas d'école! Et nos lecteurs ont sûrement d'excellentes idées pour nous aider à compléter notre liste.Nous vous invitons donc à nous écrire pour nous faire part de vos suggestions.Notre adresse : oups@lapresse.ca.Nous publierons les idées les plus amusantes la semaine prochaine.Le Centre des sciences deMontréal représente, à l'occasion du congé scolaire, son événement Les Robofolies.Pas moins de 60 petits robots, dont deux exemplaires du célèbre Aïbo qui vont interagir entre eux, sont réunis.Cette cinquième présentation se déroule dans la Robocité, la ville des robots.De la place publique au théâtre municipal, en empruntant la rue Principale, les visiteurs pourront rencontrer des acteurs robotisés, saluer US2, le maire de Robocité, transformer, bricoler et programmer plusieurs machines automatisées.En primeur cette année, la Cité robotisée d'Aïbo, un grand montage robotique réalisé par les élèves d'une douzaine d'écoles primaires et secondaires.Depuis plusieurs mois, des dizaines d'ingénieurs en herbe préparent les deux quartiers \u2014 Automaton, pour le primaire, Artificia, pour le secondaire \u2014 de cette cité qui ne manquera pas de vous étonner.On s'informe au 514- 496-4724 ou à www.centredessciencesdemontreal.com L'équipe de Oups, en collaboration avec le Centre des sciences de Montréal, vous offre la chance de visiter gratuitement les Robofolies \u2014 et l'ensemble du centre \u2014avec un parent ou un ami à l'occasion du congé scolaire.Nous avons cinq paires de billets à faire tirer.Il suffit de répondre à la question ci-dessous et de nous envoyer la réponse avecvos coordonnéesàl'adresse: oups@lapresse.ca Sur quel continent le film Les Chimpanzés sauvages, de JaneGoodall (à l'affiche du cinéma IMAXdu centre), a-t-il été tourné ?A) Asie B) Amérique du Sud C) Afrique D) Océanie LE RETOUR DES Robof Robof ol ies Le petit chien robot Aïbo CCOONNCCOOUURRSS Visiter lesRobofolies gratuitement 10 L E C T U R E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C H E 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 PAGE 4 www.cyberpresse.ca/oups .L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 A R T S & S P E C T A C L E S 11 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 55e BERLINALE Un dimanche Surprise: l\u2019Ours d\u2019or attribué à Central Park à une Carmen sud-africaine DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE C\u2019est toujours à la dernière minute que je choisis les livres que j\u2019emporterai avec moi en voyage.Cette fois, j\u2019ai glissé dans ma valise deux bouquins de James Baldwin (1924-1987).Pas des romans, plutôt des essais.Je n\u2019aime pas beaucoup les romans de Baldwin où on le surprend trop souvent en train de réfléchir lourdement.Le roman est fait pour ces esprits audacieux qui n\u2019hésitent pas une seconde à se jeter dans le fleuve impétueux de la fiction, tandis que l\u2019essayiste tente péniblement de remonter jusqu\u2019à la source le courant de la vie.Baldwin combine les deux caractères, mais je le préfère en train de m\u2019expliquer l\u2019Amérique que quand il tente de l\u2019inventer.Je reste impressionné par sa capacité d\u2019analyse, combinée à cette sensibilité exacerbée de quelqu\u2019un qui a connu assez tôt l\u2019humiliation.Pour comprendre son drame, il faut imaginer, dans l\u2019Amérique puritaine des années 50, un jeune Noir plutôt disgracieux, chétif, et homosexuel.Pourquoi je choisis Baldwin pour m\u2019accompagner à New York ?Eh bien, je ne sais pas si vous l\u2019avez remarqué, ces années 50 que nous avons tant ridiculisées sont revenues.Ses valeurs hypocrites se sont sournoisement installées dans toutes les sphères de notre vie quotidienne.On nommera assurément ce début de siècle, qui est bien notre époque, « les années bêtes ».Nous avions cru bêtement que le progrès technique allait nous sortir définitivement des ténèbres.Faisant fi de notre orgueil, le temps s\u2019est déplacé plutôt en crabe.J\u2019étais plongé avec Baldwin dans ce merdier des années 50 quand j\u2019ai entendu, pas loin de moi, des éclats de rire juvéniles.Un chant.De jeunes étudiantes, assises sur le plancher de l\u2019aéroport, en train de jouer aux cartes.C\u2019est une classe qui part visiter New York.Je sors mon calepin pour noter leur conversation.Elles parlent sans s\u2019écouter, ou en s\u2019écoutant à peine.Je tends malgré tout l\u2019oreille, toujours à l\u2019affût d\u2019une inquiétude nouvelle.À quoi pensent- elles?Comment vivent-elles l\u2019époque ?Savent-elles qu\u2019on remonte à toute vitesse vers les années 50 ?Elles causent de choses et d\u2019autres sans prendre la peine de fermer les parenthèses.Des histoires qui courent à la surface des choses.On peut tout dire du moment que le rythme reste soutenu.Sinon, on est zappé.L\u2019émotion est dans la couleur du verbe.Deux autres filles, assises juste derrière moi.Confidences.Pas de jugement, aucun ton moralisateur.On écoute l\u2019amie.À quel moment a-t-on perdu, je parle de nous, cette si charmante musique ?Les soucis, les factures, les enfants.Brooklyn Je suis dans un hôtel à Brooklyn.Cela fait un moment que je n\u2019ai pas été à Brooklyn.Quand je vais à New York, c\u2019est toujours à Manhattan que je descends.Et Manhattan n\u2019est là que pour cacher Brooklyn et le Bronx.On vous dira que Brooklyn n\u2019a pas toujours été aussi sale, aussi pauvre, ni même aussi noir (il y avait les Juifs et les Italiens).Miller, qui y a passé son enfance, raconte que quand il allait voir ses cousins à Manhattan, on le présentait ainsi : « Voici Henry Miller de Brooklyn ».Il y avait donc une fierté d\u2019être de Brooklyn.>Voir LAFERRIÈRE en page 13 MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL BERLIN La surprise était de taille.Le jury de la 55e Berlinale, présidé par le cinéaste hollywoodien d\u2019origine allemande Roland Emmerich, a attribué hier l\u2019Ours d\u2019or à U-Carmen eKhayelitsha, une adaptation de l\u2019opéra Carmen qui a pour cadre un township sud-africain.Bien que cette production, réalisée par Mark Dornford-May, présente d\u2019indéniables qualités, bien peu d\u2019observateurs l\u2019avaient en effet classée parmi les favoris de la course.Nous avions tous remarqué, bien entendu, les jolis traits de mise en scène qui ponctuent ce film chanté en langue xhosa, de même que la beauté d\u2019ensemble sur le plan musical, mais force était quand même de constater que la vision ici proposée ne se démarquait d\u2019aucune façon particulière, sinon par le cadre dans lequel elle était dessinée.En accordant la récompense suprême à un film musical, marquant ainsi de façon éclatante la toute première participation de l\u2019Afrique du Sud dans la compétition, le jury indique en tout cas clairement sa volonté de ne lancer aucun message politique.Tous les « gros » films à caractère historique ont d\u2019ailleurs pratiquement été écartés.Ainsi, l\u2019Ours d\u2019argent (le grand prix du jury) est allé à Kong Que (Le Paon), un film chinois de Gu Changwei relatant les difficultés de trois adolescents dans la Chine des années 70.Ce film ne nous avait pas semblé particulièrement emballant mais le choix du jury se défend quand même, dans la mesure où le récit fait écho à la condition d\u2019un peuple à travers le quotidien d\u2019une famille dont les trois enfants, chacun à leur façon, ont du mal à trouver leurs repères.The Wayward Cloud, le film du malais Tsai Ming-Liang, « controversé » à cause de ses scènes sexuelles crues, a de son côté récolté deux prix : celui de la meilleure contribution artistique (« pour la qualité de son scénario », souligne le jury) et le prix Alfred Bauer, remis au film le plus novateur.L\u2019honneur de la France, qui avait cinq films inscrits dans la compétition, aura par ailleurs été sauvé in extremis grâce à l\u2019Ours d\u2019argent de la meilleure musique, que le compositeur Alexandre Desplats a reçu pour De battre mon coeur s\u2019est arrêté, le film de Jacques Audiard qui, à notre avis, aurait franchement mérité mieux.L\u2019Ours d\u2019argent du meilleur acteur est allé à un quasi-inconnu : Lou Taylor Pucci est celui qui, dans Thumbsucker, prête ses traits à ce jeune homme de 17 ans qui, ayant du mal à s\u2019adapter au monde des adultes, suce toujours son pouce.Encore là, vive surprise.À vrai dire, seuls deux films qui proviennent de la veine plus politique de la compétition ont eu droit aux bonnes grâces du jury.Sophie Scholl : Die Letzten Tage (Les Derniers Jours) a obtenu deux prix importants : l\u2019Ours d\u2019argent de la meilleure mise en scène (Marc Rothemund) et l\u2019Ours d\u2019argent de la meilleure actrice (Julia Jentsch).Ce très beau film, qui relate les derniers jours d\u2019une résistante allemande condamnée à mort par un tribunal nazi, a aussi reçu le prix du jury oecuménique.L\u2019autre film à caractère politique qui figure au palmarès est Paradise Now, du cinéaste d\u2019origine palestinienne Hany Abu-Assad.Ce film, qui s\u2019attarde aux états d\u2019âme de deux Palestiniens qui ont été désignés pour aller perpétrer des attentats suicide à Tel-Aviv, a en effet obtenu le prix L\u2019Ange bleu, remis au meilleur film européen (Paradise Now est une coproduction entre les Pays-Bas, l\u2019Allemagne et la France).On se réjouit d\u2019autant plus pour le cinéaste que ce prix est accompagné d\u2019une bourse de 25 000 euros.Du coup, il ne restait plus rien pour Le Promeneur du Champ de Mars, ce film fascinant dans lequel François Mitterrand (sous les traits de Michel Bouquet, un grand oublié) se confie à un jeune journaliste ; plus rien non plus pour Alexander Sokourov, dont Solnze (Le Soleil) comptait ici d\u2019ardents défenseurs.Le vétéran Yoji Yamada rentre chez lui les mains vides, malgré la beauté de son film de samouraïs The Hidden Blade ; et le film hongrois Fateless, signé Lajos Koltai, devra se faire une victoire d\u2019avoir été sélectionné tout juste la veille de l\u2019ouverture du festival.Raoul Peck, dont le film Sometimes in April, qui aborde le génocide rwandais, a ému beaucoup de festivaliers, pourra de son côté dire que son film a été l\u2019un de ceux dont on a le plus parlé.Il serait très fastidieux de faire ici la nomenclature des nombreux prix remis par les autres jurys, mais mentionnons quand même que Va, vis et deviens, de Radu Mihaileanu, a obtenu le prix du meilleur film de la section Panorama, de même que le prix du public.The Wayward Cloud, de Tsai Ming- Liang, a été choisi par le jury de la FIPRESCI (prix de la presse) ; et Un Ano sin amor, de l\u2019Argentin Anahi Berneri, a reçu le prix Teddy, remis au meilleur film comportant une dimension homosexuelle.La 55e Berlinale s\u2019est terminée avec la présentation de l\u2019excellent Kinsey, un film réalisé par Bill Condon, dont les thèmes illustrent magnifiquement les deux grands axes de la sélection de la Berlinale : sexe et politique.Qui dit mieux ?.Les frais de ce reportage ont été en partie payés par le Festival de Berlin.COURRIEL Pour joindre notre journaliste : mlussier@lapresse.ca PHOTO JAN BAUER, AP L\u2019actrice Pauline Malefane, la Carmen du film récompensé à Berlin, tient fièrement l\u2019Ours d\u2019or devant le cinéaste Mark Dornford-May, tout aussi réjoui que sa vedette de l\u2019honneur que leur a réservé le jury de Berlin.À vrai dire, seuls deux films qui proviennent de la veine plus politique de la compétition ont eu droit aux bonnes grâces du jury.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll BERLINOTES Fin de compétition Kong Que (Le Paon), la première réalisation du célèbre directeur photo chinois Gu Changwei, n\u2019a pas suscité, malgré des qualités narratives évidentes, d\u2019excès d\u2019enthousiasme.En proposant une histoire familiale ayant pour cadre la Chine des années 70, celui qui a notamment travaillé avec Zhang Yimou, Chen Kaige et Robert Altman accouche en effet d\u2019un film qui, s\u2019il comporte quand même de beaux traits de mise en scène, ne possède pas vraiment de caractère distinctif.Anklaget (Accused), premier long métrage du danois Jacob Thuesen, a en revanche suscité beaucoup d\u2019intérêt en abordant un sujet délicat avec une approche originale.Accusé d\u2019avoir agressé sexuellement sa fille, un homme dont la vie était sans histoire jusque-là est innocenté par la cour.Le cinéaste s\u2019attarde ainsi à ce qu\u2019il advient après que le jugement a été rendu.Non seulement la vie familiale est évidemment difficile à reconstruire, mais la réputation de cet homme est entachée à jamais, tant dans son milieu professionnel que dans son cercle d\u2019amis.Le doute, en effet, n\u2019est jamais dissipé, les allégations devant forcément contenir une parcelle de vérité.Le récit se révèle, à cet égard, implacablement juste.Et culmine en un dénouement aussi troublant que surprenant.Un exemple à suivre En Allemagne, il n\u2019existe qu\u2019une seule langue officielle : l\u2019allemand.Pourtant, les descriptions dans le catalogue sont écrites en trois langues (allemand, anglais et français), et les journalistes ont toujours droit à des traductions simultanées lors des conférences de presse, dans la langue de leur choix s\u2019il vous plaît.D\u2019une redoutable efficacité, le système est même assez souple pour permettre l\u2019ajout de langues supplémentaires selon les besoins.Du coup, on ne peut faire autrement que penser à Toronto, métropole d\u2019un pays où le français est, aux dernières nouvelles, encore une langue officielle, et dont le festival est unilingue au point où les journalistes francophones doivent parfois poser leurs questions en anglais à des vedettes françaises ! Souhaitons que la direction du Toronto International Film Festival, qui fait partie du carré d\u2019as des grands festivals du monde, s\u2019internationalise un peu plus le jour où elle intégrera son nouveau complexe.Marc-André Lussier Réponse : Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Tél.domicile :( ) Courriel : Tél.travail :( ) Date à laquelle la question a été posée en ondes : Remplissez ce bulletin de participation et postez-le avant le 1er mars 2005 (cachet de la poste faisant foi) à : DESTINATION ÉGYPTE Pour participer, répondez à la question posée en ondes les samedis et dimanches à 8h15 et 9h15 sur le bulletin de participation publié dans La Presse.Concours «Destination Égypte», Radio-Canada - 21e étage 1400, boul.René-Lévesque Est, Montréal (Québec) H2L 2M2 Concours réservé aux 18 ans et plus.Fac-similés non acceptés.Le prix consiste en un voyage en Égypte pour deux personnes, à l'automne 2005 ou au printemps 2006, d'une valeur de 7000 $.Dates du voyage selon les disponibilités.Certaines conditions s'appliquent.Aucun équivalent en argent.Règlements complets à Radio-Canada et sur www.radio-canada.ca/radio Je suis intéressé(e) à recevoir de la documentation de Radio-Canada, de La Presse, du Musée des beaux-arts de Montréal et de rêvatours.conc ours Jusqu'au 27 février, écoutez Joël Le Bigot le week-end dès 7h au 95,1 FM, lisez La Presse et courez la chance de gagner un voyage en Égypte.AVEC JOËL LE BIGOT É GY P T E É T E R N E L L E 3290804A 3290806 .ARTS ET SPECTACLES 12 A R T S & S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L D I M A N C HE 2 0 F É V R I E R 2 0 0 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ARTS ET SPECTACLES MONTRÉAL EN LUMIÈRE Vrai froid et fausse glace DANIEL LEMAY D\u2019autres patineurs potentiels y étaient déjà quand je suis arrivé.C\u2019était peu après 13 h, heure annoncée de l\u2019ouverture de la patinoire Le Lait de Montréal en lumière.« C\u2019est fermé », a dit la jeune surveillante, un peu sèche.« La glace n\u2019est pas prête.Et elle ne le sera pas avant 14 h, au moins.Voilà ! » Voilà.Pendant que j\u2019essayais d\u2019aligner les raisons possibles de ce surprenant état de choses, trois ados \u201414, 15 ans, manteau ouvert et pantalon tombant, yo !\u2014 arrivaient pour s\u2019enquérir à leur tour.Même réponse : pas prête.Celui avec le crâne rasé a regardé ses chums et a dit : « Fait pas assez frette.» Hier après-midi, dit MétéoMédia, la température était « un peu au-dessous de la normale» de -8 Celsius.Temps idéal pour les patinoires.Et les petits comiques.La glace, donc, n\u2019avait « pas fini de geler ».Une jeune fille s\u2019est chicanée avec sa mère à propos de ce qu\u2019elles devraient faire en attendant.Nous avions, au moins, une heure à perdre et je l\u2019ai perdue en me promenant dans le complexe Desjardins.Les livres de cuisine sont en vedette \u2014et les vedettes sont dans les livres de cuisine\u2014chez Renaud- Bray en raison de la Semaine des saveurs de Montréal en lumière, qui commence demain.Près de la grande scène, où avait lieu hier soir le spectacle Chicago Style, une centaine de bambins suivaient l\u2019action d\u2019un théâtre de marionnettes.Et il y a les soldes de février: cinq paires de chaussettes (coton) pour 14 $.Retour à la patinoire, 13 h 50.Un préposé marche dessus, ici sur la glace dure, là sur la fausse glace.On entend le crac fatal.J\u2019avais eu la puce à l\u2019oreille hier matin en regardant MétéoMédia où, derrière la jeune et pimpante reporter, on voyait les gens de Montréal en lumière arroser la patinoire avec un boyau de pompiers.«Mettent trop d\u2019eau », je me suis dit.André Ratelle, ancien maître de glace à L\u2019Assomption (aréna et rivière) maintenant établi au lac Connely, où il entretient un joli rond, a rappelé hier les grands principes de la chose, au bénéfice des lecteurs de La Presse : « Il faut arroser fin, juste un peu d\u2019eau à la fois, pour qu\u2019elle gèle le plus vite possible.La nuit, c\u2019est mieux, quand il fait le plus froid.Un bout, puis l\u2019autre: ça prend plusieurs couches pour faire une bonne glace.Quand tu mets trop épais d\u2019eau à la fois, y a juste le dessus qui gèle et ça fait de la fausse glace.Avec des bulles d\u2019air.Pas bon.» Peu avant 14 h, nous étions plusieurs à attendre le verdict.Un deuxième préposé arrive, en patins celui-là.Il a fait quelques virages brusques sur la vraie glace, a hoché la tête.Puis, avec son collègue, il a fermé le secteur « fausse glace » avec un ruban jaune.On pouvait y aller ! Je me suis élancé sur ces deux tiers de patinoire, vite rejoint par trois fillettes, adeptes souriantes de la fantaisie.La surveillante a alors ordonné à tout le monde de tourner dans le sens contraire des aiguilles d\u2019une montre (le sens classique, ce qui explique que la plupart des patineursneuses québécois sont incapables de tourner à droite ; mais, ça, ce n\u2019est pas la faute de Montréal en lumière).Vers 14 h 30 nous étions une trentaine à patiner, dans une joyeuse virevolte d\u2019âges, de styles et de couleurs.Avec plein de monde autour du rond pour nous admirer.En me montrant les nombreux haut-parleurs, une dame m\u2019a demandé pourquoi il n\u2019y avait pas de musique.J\u2019ai dit : « Je ne sais pas, madame.Il devrait.» Je suis allé demander au surveillant et il m\u2019a dit : « Je ne sais pas, monsieur.Il devrait.» Quand on leur parle de la patinoire, les gens de Montréal en lumière nous disent que «c\u2019est la première année », qu\u2019ils « cherchent », etc.Ce matin, le PDG du festival explique à mon collègue Chartier (dans le cahier Actuel) que, à l\u2019instar de la patinoire du Rockefeller Center à New York, la patinoire de la PdA pourrait devenir une autre « signature » pour Montréal.Ce serait, comme on dit, un « naturel ».Montréal a inventé le patinage « social » il y a presque deux siècles, a construit, sauf erreur, la première patinoire couverte en Amérique : le Victoria Rink (c.1860, coin Drummond et Dorchester).En haute saison, il y a jusqu\u2019à nos trottoirs qui sont des patinoires ! Pour la « signature » internationale, toutefois, faudrait attendre encore un peu.C\u2019est que la fausse glace, voyezvous, n\u2019a pas fini de geler.llllllllllllllllllllllllllllll Gianmaria Testa n\u2019est pas juste un auteur-compositeur- interprète de talent, c\u2019est un merveilleux conteur \u2014 oui, il parle français \u2014, subtil, drôle comme dix.Si vous avez raté les deux prestations du cantautore (cantante + autore) au Spectrum, la chaîne Espace Musique de Radio-Canada vous offre la chance de vous reprendre.Signore Testa est l\u2019invité d\u2019honneur de l\u2019émission Italia mia ! qui sera enregistrée mercredi prochain au Lion d\u2019or (rue Ontario à l\u2019ouest de Papineau) à 19 h 30.Il sera entouré pour l\u2019occasion d\u2019une demi-douzaine de Québécois d\u2019origine italienne, dont Nicola Ciccone, Marco Calliari, Laure Péré, Franco Roverselli, Angelo Finaldi et sa fille Coco.La Brésilienne Bïa y sera aussi et, dit-on, d\u2019autres « surprises ».L\u2019entrée est gratuite mais il faut réserver: 1-866-588-FETE (3383).Italia mia ! sera diffusée le samedi 12 mars à 20 h au 100,7 FM.« Ça prend plusieurs couches pour faire une bonne glace.Quand tu mets trop épais d\u2019eau à la fois, y a juste le dessus qui gèle et ça fait de la fausse glace.Avec des bulles d\u2019air.Pas bon.» PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © À l\u2019instar de la patinoire du Rockefeller Center à New York, les organisateurs du festival Montréal en lumière aimeraient que la patinoire de la Place des Arts devienne une autre « signature » pour Montréal.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll NOTRE SUGGESTION POUR AUJOURD\u2019HUI DUOS D\u2019AMOUR Le retour des deux enfants chéris du chant baroque est à marquer d\u2019une pierre blanche.Avec leurs voix aux timbres symbiotiques, Daniel Taylor (contre-ténor) et Suzie LeBlanc (soprano) chanteront les beautés des duos d\u2019amour et autres arias de Handel.À19h30, à la chapelle Notre-Dame-de- Bon-Secours.MAD SHAK DANCE COMPANY Magnifique découverte ALINE APOSTOLSKA CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE En faisant venir Molly Shanahan et sa compagnie Mad Shak de Chicago pour la première fois à Montréal, l\u2019Espace Tangente et le Festival Montréal en lumière nous ont offert une magnifique et vraie découverte.Il est rare pour un critique de danse de se trouver soudain devant un univers singulier, inédit, au langage propre et inclassable, issu d\u2019une fusion de genres et de références réinterprétés avec maturité et audace.Lorsque cela se produit, on ne boude pas son plaisir et l\u2019on est heureux de le transmettre.C\u2019est le cas avec Eye Cycle.Ce duo de filles joue d\u2019abord sur la gémellité.Les deux danseuses, la blonde Molly Shanahan en noir, et la brune Kristina Fully en blanc, semblent l\u2019exact opposé l\u2019une de l\u2019autre : même taille, même coiffure, même faciès, même silhouette \u2014 jusqu\u2019à la forme des pieds et des jambes, et jusqu\u2019au galbe des épaules, des bras et des hanches pleines \u2014, mêmes costumes de fluides tissus transparents.Le tout dans un décor noir et blanc, dépouillé, minimaliste, qui laisse toute la place aux transparences et aux jeux de lumières et de vidéo qui constituent le motif pictural de la pièce.Siamoises, ces deux superbes et généreuses danseuses partagent la même stature, délicieusement ronde, voluptueuse et sensuelle, une belle féminité tout en courbes et, étonnamment, tout en fluidité et circularité alors même que la gestuelle est très recherchée et, surtout, extrêmement exigeante sur le plan de la force musculaire.Cette pièce envoûtante distille une subtile plénitude, mystérieuse et inspirante, et le travail sur les percussions de Kevin O\u2019Donnell ajoute à la fascination.L\u2019un des grands mérites de l\u2019oeuvre est que la complexité de la recherche chorégraphique, son approche à la fois cognitive et abstraite sont rendues avec une harmonie douce et tranquille.La recherche chorégraphique et scénique ainsi que l\u2019inventivité formelle se fondent dans une harmonie visuelle des plus agréables.Molly Shanahan parvient à unir l\u2019abstraction de la forme propre à l\u2019école américaine avec des apports de théâtralité.Son travail intègre à la fois la recherche du mouvement pur et l\u2019esthétique picturale, les jeux d\u2019ombre et de lumière, les gestes qui se rencontrent en des duos unis puis désunis, des éloignements puis un rapprochement final, le tout dans une perpétuelle transformation de la perspective.Le spectateur voit sans cesse plusieurs strates d\u2019images les unes dans les autres.Molly Shanahan induit ainsi de nouvelles façons de voir et d\u2019appréhender les formes humaines qui dansent de toutes parts sur l\u2019espace scénique.Elle ne cherche pas forcément l\u2019émotion mais plutôt une manière formelle de déstabiliser les conventions, les frontières des attentes et des habitudes.Le travail du concepteur des lumières, Josh Weckesser, l\u2019accompagne parfaitement dans ce sens.Dans une belle complicité avec ses compagnons de création, Molly Shanahan réussit à créer non seulement une danse nouvelle mais une nouvelle façon de regarder la danse.Espérons qu\u2019on pourra désormais la voir régulièrement chez nous.EYE CYCLE, de Mad Shak Dance Company, jusqu\u2019au 27 février à Tangente, à 20h30 (attention, horaires différents suivant les jours).Info : 514 525-1500.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SPECTACLES CINÉMAS INDÉPENDANTS CE QU\u2019IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 17h30.INSIDE DEEP THROAT Cinéma du Parc (1): 14h, 15h50, 17h40, 19h30, 21h20.LA MALA EDUCACION (LA MAUVAISE ÉDUCATION) Cinéma Beaubien: 19h, 21h15.Ex-Centris: 15h, 17h10, 19h15, 21h20.LE PÈRE DE GRACILE Ex-Centris: 17h45, 21h25.LES CONTES DE LA MÈRE POULE Ex-Centris: 11h.LES TORTUES VOLENT AUSSI (LAKPOSHTHA HÂM PARVAZ MIKONAND) Ex-Centris: 12h15, 14h05, 16h, 19h25.LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES (UN) (A VERY LONG ENGAGEMENT) Cinéma Beaubien: 12h30.MAMAN LAST CALL Cinéma Beaubien: 12h, 14h15, 16h30, 18h45, 21h.MA VIE EN CINÉMASCOPE Cinéma du Parc: 16h40.SORAIDA UNE FEMME DE PALESTINE Cinéma Beaubien: 15h.TARNATION Cinéma du Parc: 21h45.THE ASSASSINATION OF RICHARD NIXON (L\u2019ASSASSINAT DE RICHARD NIXON) Ex-Centris: 15h10, 17h20, 19h30, 21h35.THE AVIATOR Cinéma du Parc (3): 13h30, 18h35.TURTLES CAN FLY Cinéma du Parc (2): 13h15, 15h10, 17h15, 19h10.VIPÈRE AU POING Cinéma Beaubien: 12h30, 14h45, 17h, 19h15, 21h30.PHOTO FOURNIE PAR MONTRÉAL EN LUMIÈRE Dans Eye Cycle, le décor dépouillé laisse toute la place aux transparences et aux jeux de lumières et de vidéo, dans lequel évoluent les danseuses Molly Shanahan, en noir, et Kristina Fully, en blanc. .L A P R E S S E D I M A N C H E 2 0 F É V R I ER AR T S & S P E C T A C L E S 13 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 888#/1064*&.*0.7/-*4*#(1/ P;?*HH*F;*G Q G3$I>8A.M$ D1/>8%H- K 4'2(5 &;2*'&'2 ?2&L 8A$ GH+/>$*#H>)$8+/$ EA$9> \"M.+99+1/ K 4'2(5 :0C*2@(' BBB6HM.+99+1/6I1.F-HI$ M$9 \"8>9 K 4'2(5 &(@*@22@ BBB63MH67I6IH 2:'L 8A$ GH+/>$*#H>)$8+/$ EA$9> F*AG*;6A*@*AHG Q 0(.)1 :%%+-(( O.%%% )55+-(( KKK2@BAHF*\"?*A?I@;*F*2#B@ .*5 &465 .& +-0&0(-%4* 570 .-+* .*5 2.&-5-45 5&3 )=DB)I )= #>E;6CC)C % 9R .g 99 .IR $H 9+ .g 9F .IR -^[WY-\" G6=#) T-\\ #WV]NV-V]\\m JX]-T NV]-[ #WV]NV-V]\"T [-VWN[ )^ \\WAN]-T UWV][2\"T FD &) ;-\";C\"#) #8LB$Q 4e j.e6j$ n$ ,e,6$B L6 M8Pe,$ ;8LB n$LO $6 \"4Cej$m 06j4Le6H L6 n16$B _NY g 4e B%;LH%$ #eM$ Y(e(($6.$05' i \\W]W UjENTT /$4.+H,HL$ L$ +H .+HJ$ L$4 H3740 n>3> TKi \\dP7:8l h M>3> VK8C N2G0 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