La presse, 16 janvier 2005, C. Lecture - Arts et spectacles
[" DANY LAFERRIÈRE LE DROIT DE NE RIEN FAIRE PAGE 7 \u203a Voir FILLES en page 2 Le coeur découvert À29 ans, Chloé croit que le célibat est la voie qui mène au bonheur.Avec ses deux amis, Antoine, publicitaire dont elle a déjà été follement amoureuse, et Juliette, artiste visuelle qui ne croit plus en l'amour (et qui cohabite désormais avec un travesti jamaïcain «de six pieds quatre»), elle a même signé le Manifeste du célibat, dont la première clause est «être et demeurer célibataire».Une promesse beaucoup plus facile à écrire qu'à tenir.Quand elle retrouve Simon, flamme de ses 14 ans, elle réalise à quel point il est difficile de faire chanter à l'unisson coeur et raison.> Soutien-gorge rose et veston noir Libre-Expression, 2004, 453pages India Song Un jour, la jeune India découvre, en lisant l'une de ces listes de «In» et «Out» chères aux magazines féminins, que le célibat n'a plus la cote.Catastrophée, la jeune femme se met enmode «recherche intensive».Entre ce critique de musique croisé au show de Stefie Shock, son entraîneur, Daniel Fabert-Gagné, tombeur notoire, et son ex, ce ne sont pas les «prospects» qui manquent.Ni les amies compatissantes.Le problème, c'est l'«amourophobie », ce mal mystérieux dont sont atteints tous les gars de son entourage.Et qui l'a peut-être atteinte, à son insu.> Les aventures d'India Jones Les Intouchables, 2003, 237 pages Chick lit pour adolescentes Depuis quelques années, l'effet Bridget Jones a eu des répercussions jusque dans la littérature pour adolescentes.Quelques indispensables : Le Journal intime de Georgia Nicolson, adolescente complexée, complexe et drôle à mourir, écrit par Louise Rennison, et comptant aujourd'hui cinq tomes, dont le premier, Mon nez, mon chat, l'amour.et moi, est incontournable.Autres titres particulièrement prisés des adolescentes : Quatre filles et un jean, tomes I et II, d'Ann Brashares ; LBD, une affaire de filles, de Grace Dent ; Gilly, grave amoureuse, 13 ans, presque 14.de Claire Robertson.Lad lit, ou chick lit pour gars Si Nick Hornby (High Fidelity ; About a boy ; How to be good) est l'un des premiers à qui l'on a donné le titre d'auteur de lad lit, ou littérature de gars, il n'est plus le seul.Cet automne, aux États-Unis, paraissaient Booty Nomad, de Scott Megbus, et Love Monkey, de Kyle Smith, deux jeunes auteurs dont c'était le premier roman, deux romans écrits par des gars, pour des gars.En attendant qu'ils nous arrivent en traduction, on pourra lire, plus près de chez nous, Stéphane Dompierre (Un petit pas pour l'homme) et Matthieu Simard (Ça sent la coupe).MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE e l'Angleterre de Bridget Jones à l'Amérique de Sex and the City (Candace Bushnell) et de Rebecca Bloomwood (cette «accro du shopping» rendue célèbre par Sophie Kinsella, qui vient de publier Shopaholic & Sister, quatrième tome de ses mésaventures), la chick lit est en train de faire des petits chez nous.Cette semaine paraissait Les Aventures d'India Jones, premier roman de la jeune India Desjardins, 27 ans, journaliste, collaboratrice de magazines féminins comme Cool et Clin d'oeil, co-auteure de la nouvelle émission Casting et dévoreuse compulsive de chick lit.RROOMMAANNSS DDEE FFIILLLLEESS Tout est la faute de la journaliste Helen Fielding.Du jour où son Bridget Jones' Diary (Le Journal de Bridget Jones) atterrit sur les rayons des libraires, l'Angleterre était balayée par la première vague de ce qui allait devenir une véritable déferlante.C'était en 1996.On assistait à la naissance d'un nouveau genre littéraire prosaïquement baptisé chick lit, chick pour filles, et lit, pour littérature.Rencontre avec deux auteures québécoises de chick lit, Rafaële Germain et India Desjardins. LECTURES LITTÉRATURE DU VOISIN RAPPEL L'écrivain-soldat DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE Je me souviens d'un débat au festival littéraire Metropolis bleu l'année passée.La discussion portait sur les écrivains et la guerre et mettait en scène, notamment, le romancier bosniaque Aleksandar Hemon.Nous sommes vite arrivés à une conclusion avec laquelle le public était mal à l'aise : le conflit, la guerre, ce sont d'excellentes choses pour l'écrivain.Et cela, pour plusieurs raisons.Le conflit est à la base de toute oeuvre romanesque \u2014 il en faut un pour créer une intrigue \u2014 et un conflit à grande échelle fait naître des romans comme des champignons après une bonne pluie.La guerre fournit d'innombrables histoires aux écrivains, qui peuvent ensuite s'en servir, à condition d'y survivre, bien sûr.La guerre présente d'autres avantages encore : elle permet à des jeunes gens de devenir écrivains.Pensez aux Américains des années 60 et 70 qui ont fait la guerre au Vietnam.Pensez à Tim O'Brian, Philip Caputo, Larry Heinemanh, Stephen Wright, Michael Herr, et j'en passe.De très bons écrivains qui ne le seraient pas devenus (Heinemanh était chauffeur d'autobus à Chicago avant le Vietnam) si la guerre n'était pas entrée dans leur vie.Anthony Swofford, l'auteur de Jarhead, fait partie de cette illustre confrérie.Sa guerre, c'était celle du Golfe, la première, en 1991, à la suite de l'invasion du Koweït par l'Irak, une guerre que les Américains ont pompeusement baptisée la « Tempête du désert.» Il y avait du désert, oui, mais cette guerre a été plutôt un non-lieu pour le soldat Swofford.Le simple soldat ne participe pas au spectacle de la guerre technologique.Swofford fait partie des US Marines, d'où le titre du livre.Un jar-head, ou « tête de bocal », c'est un sobriquet pour un membre de ce corps d'élite, attribué en raison de leur horrible coupe de cheveux, rasée sur les côtés, plus fournie sur le haut du crâne.Swofford est marine, mais encore plus : c'est un tireur d'élite, un sniper, et un éclaireur aussi.La crème de la crème, quoi, avec une arme digne d'un film de science-fiction, genre Blade Runner ou Robocop.Cette tendance à chercher son identité par le moyen des armes, le jeune Swofford l'a héritée de son grand-père (la Seconde Guerre mondiale), et de son père (Vietnam).Il a appris la culture militaire à la maison, et n'a pas hésité à signer son contrat avec les marines (rappelezvous qu'il n'y a plus de conscription aux États-Unis).Si le jeune Swofford n'a pas posé trop de questions sur le vrai sens de l'expression « servir son pays» avant d'arriver en Arabie Saoudite pour préparer l'invasion du Koweït et de l'Irak, il aura pleinement le temps de se demander pourquoi il a mis son nomsur la dernière page de ce «maudit contrat », en attendant que la guerre éclate pour de vrai.Cette habitude de prendre les armes sans trop se demander pourquoi a nourri les rangs des armées depuis l'aube des temps.Alors Swofford, qui commence à en avoir marre de la stupidité des règles des marines, de l'ennui de la vie de soldat, de l'absurdité de mourir pour protéger les intérêts commerciaux des grandes compagnies pétrolières, apprend à poser pas mal de questions sur le pourquoi de la guerre du Golfe.C'est un personnage complexe, Swofford.Complexe, égoïste, perdu et à la limite de l'autodestruction.Il est surtout apolitique.Il emmerde le nouvel ordre mondial de Bush père, mais les opposants de Bush aussi.« Je me fous des atteintes aux droits de l'homme à Koweït City.Amnistie internationale, mon cul.» Apolitique et violent, ce jeune homme, et vulgaire à souhait.C'est un vrai soldat qui raconte volontiers son endoctrination pour « la Grande Baise » \u2014 la première tuerie.Films de guerre (selon lui, même un film antiguerre glorifie la guerre, et il a raison), création de l'esprit de corps, effacement de toute attache au monde des non-combattants (parenté, blonde ou femme).Maintenant, vous êtes prêts à aller au combat.On entrevoit le drame humain derrière la vie de soldat.« Mon père n'était que légèrement fêlé quand il rentra du Vietnam », dit le jeune Swofford.Mais bientôt, les mains de son père sont devenues des poings : « Il était assis par terre dans le garage à lire le journal, dont il tournait les pages avec ses poings.» Swofford avoue qu'il est devenu marine pour chercher « un semblant de structure familiale » qu'il n'a jamais eue chez lui.Ce livre triste, violent mais essentiel, prend fin sous une pluie de fine gouttelettes de pétrole, après la déroute irakienne.Swofford et son équipe tombent sur une installation ennemie remplie de cadavres.Ils voient la pauvreté de leurs moyens et le triste spectacle de la mort inutile.Nous le savons aujourd'hui, cette guerre n'a abouti à rien.Une guerre prépare la prochaine.Swofford achève ce témoignage ainsi : « De nouvelles bombes vont tomber.Creusez votre abri avec ces mains que le Seigneur vous a données.» FFFF JARHEAD Anthony Swofford Traduit par Ronald Blunden Calmann-Lévy, 279 pages Vous avez jusqu'au 25 janvier pour faire parvenir vos commentaires sur notre livre du mois, Ma vie en trois actes, de Janette Bertrand (Libre Expression).Quel rôle Janette Bertrand a-t-elle joué dans l'émancipation des femmes au Québec, et celle des gais ?A-telle eu une influence sur votre propre vie ?Croyez-vous que la retraite peut tuer, comme le dit Mme Bertrand, et qu'il faut se mettre en colère pour cela, ou pensez-vous, au contraire, qu'étant donné la proportion de gens âgés dans la population, il serait bon de faire plus de place aux jeunes ?Envoyez vos réponses à ces questions ou à d'autres que vous inspire l'ouvrage de cette grande communicatrice à clubdelecture@lapresse.ca ou en écrivant directement dans le Forum du Club de lecture sur cyberpresse.ca/arts, Lectures, Forum du Livre du mois.La meilleure lettre vaudra à son auteur(e) un certificat d'achat de 200 $ en livres dans les librairies Renaud-Bray.Janette Bertrand sera à la librairie Champigny-Renaud- Bray ce dimanche, 15 h 30, pour rencontrer les lecteurs en compagnie de Jean Fugère.Romans de filles FILLES suite de la page 1 « Le jour où j'ai épuisé toutes les traductions de chick lit disponibles en librairies, raconte-t-elle, j'ai eu l'idée d'écrire mon roman.Je me disais que ça serait bien de voir ce genre d'héroïne évoluer dans un cadre québécois.» Quelques mois plus tôt, Rafaële Germain faisait paraître Soutiengorge rose et veston noir, l'un des premiers romans de chick lit adapté à la réalité québécoise.« Je crois qu'il y avait vraiment un besoin, ici, pour ce genre de livre, explique la journaliste et chroniqueuse à La Presse.Pour moi, ce type de littérature répond un peu au même besoin d'évasion et de pure distraction qu'à une certaine époque, le faisaient les romans de cape et d'épée.» Mais qu'est-ce que la chick lit, au juste ?Ce sont des romans écrits par des filles pour des filles.Enfin, pour un certain type de filles, des héroïnes le plus souvent célibataires, plus ou moins mal dans leur peau, entourées d'une poignée d'amies loyales, solidaires, dévouées et tout aussi célibataires, aimant bien picoler, collectionner les vêtements griffés, rigoler, parler pour parler, voire médire, travaillant dans des milieux branchés (pub, télé, arts visuels), et cherchant désespérément l'homme de leur vie.Signe distinctif de la chick lit : tout est dédramatisé, les échecs amoureux, les imperfections des héroïnes, les gaffes qu'elles commettent à répétition.L'autodérision est constante.« On aime ça, rire de soi, explique Rafaële Germain.Quand j'ai lu Bridget Jones, j'ai trouvé ça très, très drôle ! Ce qui est attirant, c'est autant l'histoire d'amour qu'elle nous raconte que le fait qu'elle soit « normale », c'est-à-dire qu'elle sacre, fume, et passe son temps à faire des gaffes.Je me sentais tellement dédouanée ! » De fait, dans toute chick lit digne de ce nom, l'alcool coule à flot (surtout le Chardonnay et le champagne), on sort beaucoup dans des bars, les soupers de filles, sacrés, sont narrés dans le détail.Autres règles non écrites : ce genre de « roman de filles » est toujours rédigé à la première personne, souvent sous la forme journal intime.Et l'on s'amuse à faire des décomptes en fin de chapitres (nombre de consommations bues, de gars séduits, de cigarettes fumées, de kilos gagnés ou perdus) ; des palmarès (les plus beaux gars, de 1 à 5), des choix multiples (« en fait, je n'aime pas les voitures décapotables parce que 1) ça me dépeigne ; 2) on ne s'entend pas parler là-dedans et 3) je me rends compte en ce moment même que ça me donne le vertige quand je regarde le ciel.» \u2014 Les Aventures d'India Jones) et à jouer avec la ponctuation et la typographie pour appuyer certains passages (« Je sais exactement ce que tu veux dire.Pas.Un.Mot.» \u2014 Soutien-gorge rose et veston noir.) Romantisme au goût du jour La chick lit, c'est aussi le romantisme remis au goût du jour.Les filles cherchent l'homme idéal, l'amant parfait, beau, bon, libre.Elles rêvent de mariage tout en redoutant plus que tout que la passion ne s'estompe.De là à comparer le genre aux romans Harlequin, il n'y a qu'un pas, qu'India Desjardins refuse de franchir.« C'est accessible à tous et c'est romantique, oui, mais là s'arrête la ressemblance, réplique- t-elle.Personnellement, ce genre ne me rejoint pas.Je ne me reconnais pas dans ces femmes et je ne reconnais pas les gars de mon époque non plus.Moi, être tenue prisonnière sur un bateau et me faire cruiser par un pirate, ça ne me fait pas fantasmer ! » « Les romans Harlequin ne parlent pas de nous, renchérit Rafaële Germain.C'est de la pure histoire d'amour, les personnages ne sont jamais définis.Or je crois que les nouvelles générations de lectrices ont justement envie d'entendre parler d'elles.Je crois aussi que les filles de mon âge ne se reconnaissent pas non plus dans ce qui a été la littérature populaire des dernières années au Québec, les Marie Laberge ou Arlette Cousture.Avant, les gens lisaient pour s'évader, maintenant, on aime que l'on nous parle de nous.C'est sans doute symptomatique de notre génération.» «À mon sens, le succès de la chick lit vient du fait qu'on se reconnaît dans ces personnages qui vivent à la même époque que nous et qui ont à composer avec des situations qui ressemblent aux nôtres, renchérit India Desjardins.Quand on est célibataire, on se demande ce qu'on fait de pas correct.Quand on est mère, on voudrait être parfaite.Et quand on est femme, en général, on se demande si on est la seule à avoir autant de cellulite.Le fait de voir évoluer une héroïne aux prises avec la même réalité que la nôtre, ça nous rassure.On se dit : « Fiou, je suis pas toute seule ! » Depuis Bridget Jones, le succès de la chick lit ne se dément pas, les chiffres de vente en faisant foi.« Le roman de Rafaële s'est classé au 40e rang des ventes de l'année 2004 chez Renaud-Bray, toutes catégories confondues, se réjouit André Bastien, éditeurconseil chez Libre Expression.Et nous sommes sur le point d'aller en réimpression pour une deuxième fois ! » Quant à Michel Brûlé, l'éditeur d'India Desjardins, il mise beaucoup sur sa nouvelle recrue.« J'ai adoré Les Aventures d'India Jones à un tel point qu'on va l'annoncer sur le pont Jacques- Cartier ! affirme-t-il.C'est touchant et drôle et l'héroïne est terriblement attachante ! » Mais il ne faut pas se le cacher, si les « romans de filles » jouissent d'une grande popularité auprès des lectrices, on ne peut pas parler de succès critique, peu s'en faut.Bien des gens lèvent le nez sur cette littérature qu'ils jugent de bas étage.« Je n'ai jamais snobé la chick lit, affirme India Desjardins, aussi amateure de « vraie littérature », et fan de Jane Austen (dont l'auteure du Journal de Bridget Jones se serait, dit-on, inspirée).Pour moi, ça n'est pas la même chose et ça ne se compare même pas.Quand j'ai écrit mon roman, j'étais très consciente que je voulais que ce soit un divertissement, accessible à tout le monde, même à ceux qui détestent lire.(Oui, ça se peut !) » « De toute façon, tranche Rafaële Germain, elle-même fervente lectrice de Proust et de Virginia Woolf, la chick lit est un genre4 littéraire qui ne se prend pas au sérieux.Je ne crois pas qu'il y ait aucune auteure de chick lit qui prétende faire de la grande littérature.Ce qu'on se dit quand on écrit de la chick lit, c'est qu'on va parler de nous exactement comme on en parlerait entre chums de filles, un soir, autour d'un verre.C'est léger, et ça se veut léger.» PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Les auteures India Desjardins (à gauche) et Rafaële Germain dans le bar de l'hôtel W.«Ce qu'on se dit quand on écrit de la chick lit, c'est qu'on va parler de nous exactement comme on en parlerait entre chums de filles, un soir, autour d'un verre.C'est léger, et ça se veut léger.» LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Aeviter JORGE SEMPRUN Dans les tumultes de l'Espagne franquiste ELIAS LEVY COLLABORATION SPECIALE Vingt ans et un jour (Veinte anos y un dia) .sous le regime de Franco, c'etait la peine qui etait reservee aux dirigeants politiques de l'opposition clandestine .est le premier roman que l'ecrivain espagnol Jorge Semprun, qui vit a Paris depuis le debut des annees 40, ecrit en castillan.Accueilli avec enthousiasme par la critique et le public espagnols lors de sa parution a l'automne 2003, ce roman magistral et tres captivant a ete couronne par le prix de la Fondation Jose Manuel Lara, recompense distinguant chaque annee le meilleur roman publie en Espagne.L'ancien ministre de la Culture dans le gouvernement socialiste espagnol de Felipe Gonzalez, qui est membre de l'Academie Goncourt depuis 1996, a recu recemment, pour l'ensemble de son oeuvre litteraire, la plus prestigieuse distinction decernee par les milieux academiques hispaniques, la Medaille d'honneur de l'Universite internationale Menendez Pelayo.La traduction en francais de Vingt ans et un jour est parue dernierement aux Editions Gallimard.Jorge Semprun nous a accorde une entrevue.Le point de depart du recit relate dans ce roman est une journee de 1936.A Quismondo, un village situe pres de la ville de Tolede, une troupe de paysans assassine l'un des heritiers d'une riche exploitation agricole.Des lors, chaque annee, les paysans reconstituent symboliquement cet assassinat en signe d'expiation, comme une sorte d'autosacramental.Un historien americain specialiste renomme de la guerre civile espagnole, qui a entendu cette histoire pathetique racontee deux ans auparavant par Domingo Dominguin (le frere du celebre torero) au cours d'un dejeuner du milieu taurin en presence de l'ecrivain americain Ernest Hemingway, vient assister en 1956 a cette etrange ceremonie qui sera la derniere.La veuve du bourgeois assassine l'a promis a son fils.Vingt ans et un jour plonge le lecteur dans les tumultes de l'Espagne franquiste, mais aussi au coeur d'une famille de la grande aristocratie espagnole qui, a defaut de cultiver la terre, cultive un art raffine de la perversion et de la decadence.Alors que sa langue litteraire est le francais, pourquoi Jorge Semprun a-t-il choisi d'ecrire dans sa langue maternelle cette histoire bouleversante d'amour et de mort ayant comme cadre une periode sombre ou la repression franquiste battait son plein ?C'est vrai que c'est une histoire espagnole, mais on peut aussi ecrire en francais des histoires espagnoles, dit Jorge Semprun.Il y a deux raisons fondamentales pour lesquelles j'ai decide d'ecrire ce roman en espagnol.La premiere fois que l'on m'a raconte l'histoire sur laquelle est basee ce livre, c'etait en espagnol, a Madrid, au debut des annees 60.C'etait la voix tres chere de mon ami Domingo Dominguin.Ernest Hemingway etait la.Cela s'est passe en espagnol.A partir de ce moment-la, cette histoire a fait peu a peu son travail narratif dans ma tete.C'est toujours en espagnol que ce recit rejaillissait dans ma memoire.La deuxieme raison de ce choix est que je me suis dit que je suis un ecrivain espagnol .en effet, tout le monde me considere en Espagne comme un ecrivain espagnol .mais qui ecrit en francais.J'ai un statut assez particulier.Je me suis lance a moi-meme un grand defi.Est-ce que j'etais capable d'ecrire en espagnol, pas un essai ou des memoires politiques .cela je l'ai deja fait deux fois .mais un vrai roman ?Je me suis pris au jeu, et j'ai fini par ecrire ce livre en espagnol.Un etranger Pourquoi l'auteur de L'Ecriture ou la Vie et du Mort qu'il faut, qui maitrise parfaitement la langue de Moliere, a-t-il fait appel aux services d'un traducteur pour ecrire la version francaise de ce roman ?Je ne voulais pas me traduire moi-meme.Si j'etais mon propre traducteur, je ne serais pas du tout oblige d'etre fidele a la narration du recit.Et, comme cette histoire peut etre racontee de beaucoup de facons, j'aurais eu la tentation et la tendance d'ecrire la meme histoire mais sous une forme completement differente.Je tenais aussi a ce que ce roman soit traduit et publie dans la collection Du Monde Entier de Gallimard.Le fait d'etre un ecrivain traduit me rappellera que je suis en fin de compte un etranger, un Espagnol.D'autre part, a mon age .il aura bientot 82 ans .le temps qui me reste pour ecrire est mesure.Je prefere consacrer ce temps precieux a ecrire un nouveau roman, qui est deja en chantier , confie-t-il.Qu'est-ce qui est plus facile pour cet ecrivain et intellectuel polyglotte, ecrire en francais ou en espagnol?Je dirais que pour moi, c'est aussi difficile d'ecrire en francais qu'en espagnol, ou aussi facile, cela depend des points de vue et des jours.Il n'y a vraiment pas de difference.Lorsque j'ecris, les deux langues interagissent entre elles.Je n'ecris pas en espagnol en faisant semblant d'ignorer le francais.Et vice-versa.L'espagnol est une langue magnifique, d'une beaute litteraire epoustouflante.Mais c'est une langue capricieuse qui peut devenir folle et grandiloquente si on lui lache la bride.Je crois que Cioran avait tout a fait raison lorsqu'il disait que le francais est une langue de discipline.Le francais, qui m'a habitue a une discipline lexicale et syntaxique terrible, m'aide souvent a maitriser mon espagnol.Une histoire dans l'Histoire Dans Vingt ans et un jour, Jorge Semprun a, comme dans tous ses autres livres, une facon tres particuliere d'apprehender l'Histoire, de la reconstruire patiemment, d'aborder la chronologie par le fragment.Tous ses livres, a des degres divers, sont toujours romanesques mais dans l'Histoire.Le rituel sanglant relate dans ce roman sert de trame a un recit a la construction complexe, fondee sur des associations d'idees ou d'images et nourrie par de multiples allers et retours entre passe et present.L'auteur a choisi comme cadre contextuel narratif une annee charniere .1956 .de l'histoire du franquisme.Vingt ans est un espace de temps traditionnel dans le roman.En plus de cela, ce qui est anecdotique, c'est que j'ai choisi l'annee 1956 parce que c'est vraiment une epoque fatidique ou se produisent les premiers craquements du systeme franquiste, dont l'implosion definitive ne surviendra que 20 ans plus tard.Ce n'etait pas encore le debut de la fin, comme on disait quand nous etions optimistes.Mais, pour la premiere fois, il y a eu cette annee-la des protestations etudiantes qui ont provoque une crise de gouvernement.Ce fut la premiere grande crise du regime, provoquee par la rue et non pas par une volonte directe ou un caprice de Franco.Il y a eu la brusque apparition d'un certain nombre d'opposants qui etaient issus des bonnes familles du regime, de l'interieur du systeme.Ces protestataires echaudes n'etaient plus uniquement les fils des rouges et des vaincus.Il y a donc eu en 1956 un vrai changement generationnel et d'ambiance culturelle.Pour moi, c'etait tres interessant de choisir cet espace de temps et de mettre en scene des jeunes de cette generation de 56, qui a joue un role majeur en Espagne dans tous les domaines : social, economique, artistique, culturel., explique Jorge Semprun.Par ailleurs, signalons que l'ecrivain Gerard de Cortanze vient de publier, dans la collection Folio de Gallimard, une remarquable biographie de l'ecrivain espagnol intitulee Jorge Semprun ou l'ecriture de la vie.FFFF VINGT ANS ET UN JOUR Jorge Semprun Editions Gallimard, collection Du Monde entier, 2004, 302 pages Jorge Semprun, qui vit a Paris depuis le debut des annees 40, ecrit aussi bien en francais qu'en espagnol.Mais il a choisi d'ecrire son roman en espagnol et a refuse d'en faire lui-meme la traduction en francais.A Quismondo, en 1936, des paysans assassinent l'un des heritiers d'une riche exploitation agricole.Des lors, chaque annee, les paysans reconstituent symboliquement cet assassinat en signe d'expiation.LES ENFANTS DE L'ETE REGINALD MARTEL La litterature quebecoise beneficie d'une diffusion modeste.Sans la lire, nous aimons a penser qu'elle est l'egale des grandes litteratures.L'illusion est telle que nous considerons les autres litteratures francophones du Canada comme de sympathiques effets de folklore, tout juste bons a soutenir la vision politicienne d'un pays multiculturel, whatever that means.Il faudrait plutot convenir que l'obliteration criminelle de la langue et de la culture francaises au Canada anglais a retarde l'eclosion des litteratures de l'Acadie ou de l'Ontario, entre autres, Elles sont nees pourtant, modestement, souvent sans les subventions massives qui ont permis aux editeurs quebecois de multiplier les titres, sinon les lecteurs.Ces litteratures voisines ont fait plus que naitre et progresser : elles ont assimile d'emblee et tout naturellement les parametres de la modernite.Rien n'est plus actuel qu'une oeuvre des Acadiens France Daigle ou Serge Patrice Thibodeau, du Manitobain J.Roger Leveille ou de la Franco-Ontarienne Estelle Beauchamp.Deux axes, vie et memoire, situent les realisations romanesques de Mme Beauchamp.On a vu, dans Les Memoires de Christine Marshall (1995) et dans La Vie empruntee (1998), la liberte extreme que ce cadre autorise.Il s'agissait, pour la narratrice du premier de ces romans, d'inventer a partir de souvenirs, de lettres et de photos la vie de ses parents disparus.La traversee du temps etait plus perilleuse encore dans le deuxieme roman, qui mettait en scene une femme vieille de mille ans, mere d'un fils age de quelques siecles et grand-mere d'une femme deux fois centenaire.Les protagonistes des Enfants de l'ete s'imposent elles aussi la tache de remonter le temps pour en consigner les moments decisifs.Ce temps est le leur, depuis l'enfance jusqu'a la vieillesse.Deux des cinq jumelles Therrien ont accepte le defi de raconter une histoire dont les versions sont forcement multiples, chacune des filles ayant une personnalite et un destin singuliers.Ce n'est pas si facile : A jamais perdus, les reves relegues au matin dans les tenebres, les vains appels a la tendresse, les ambivalences, les elans de mutinerie et d'affection, l'envers obscur du jour.On entre dans cet immense roman .immense pour la profondeur .sur la pointe des pieds, pour ne rien bousculer d'une ordonnance des faits que la fantaisie de l'une et le serieux de l'autre narratrice tiennent en equilibre precaire.Certes, les images premieres sont communes a toutes les quintuplees.Le gout acide des cerises sauvages, les jours de peche avec le pere, la presence attentive et aimante et inquiete de la mere, tout cela est imperissable.Puis vient le temps ou chacune choisit son avenir .ou est choisie par lui .et entre dans la vie adulte.Celle-ci deviendra professeur d'universite, cette autre sera comedienne, une autre enfin fera un temps carriere dans l'armee canadienne et reviendra d'Angleterre blessee.Il y aura des histoires d'amour et de trahison, de haine et de fidelite.Il y aura des enfants qui naissent et qui a leur tour s'en iront.Il y aura des couples qui s'usent jusqu'a n'en etre plus : Ils etaient devenus deux solistes perdus chacun dans sa douleur indicible.Il y aura encore et surtout le temps qui passe, trop lentement ou trop vite, et qui va emporter l'une apres l'autre .demain ?dans dix ans?.les jumelles survivantes.Rien qui ne soit au fond parfaitement banal, sauf quand la litterature s'en mele.Mme Beauchamp ne pretend pas tordre le cou a la nostalgie.Elle en fait plutot une valeur creatrice, pour faire mieux ressortir la tristesse ultime d'existences dont les etincelles se sont depuis longtemps eteintes dans le neant d'une memoire irremediablement usee.Les Enfants de l'ete n'est pas qu'un roman triste, car la joie est son autre couleur dominante.Ce roman dit la vie comme elle est, quand le talent la transforme en oeuvre d'art.C'est affaire de mille subtilites.Ainsi les episodes les plus noirs sont-ils enveloppes d'une aura de poesie, maniere de faire la nique au malheur.Le rappel des jours anciens peut rapprocher les soeurs, ou c'est le contraire : Mais cette fois l'ombre rose de Colombe nous a eloignees les unes des autres.Chacune est restee dressee dans ses pensees, ses regrets, sa vision des evenements, son role, son amertume, ses soupcons, ses rancoeurs.A travers ces evenements d'ordre personnel, Estelle Beauchamp evoque delicatement et discretement l'evolution de la societe, quebecoise en l'occurrence, et de ses valeurs mouvantes.Les Enfants de l'ete n'est affaire ni de modes ni de prouesses.Il suffit a sa grandeur d'absorber et de digerer tout ce qui tombe sous le regard exerce d'une romanciere qui se fait temoin de l'humanite tout entiere, revelee en cinq personnages et quelques decennies.Il apporte a la litterature universelle, qui n'en fera probablement rien, une connaissance unique et inestimable du temps de vivre des humains du XXe siecle.FFFF1.2 LES ENFANTS DE L'ETE Estelle Beauchamp Prise de parole, 208pages Un immense roman OPERATION 1mars ER Decouvre des valeurs sures de la formation et de l'emploi Ne manquez pas notre cahier special Le mercredi 19 janvier 2005 dans Reportage publicitaire ton As-tu fait choix ?3278385A . LECTURES Tsunami ou tsunamis?EN BREF PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITES QEst-ce qu'on dit le tsunami ou les tsunamis survenu(s) en Asie du Sud-Est ?Et quelle est la difference avec les raz-de-maree ?Simon Audy RDes le debut du cataclysme, toute la presse a hesite entre le singulier et le pluriel.Certains medias ont opte pour tsunami, d'autres pour tsunamis, et certains continuent a passer de l'un a l'autre.Le singulier decrit un gigantesque raz-demaree, vu dans sa totalite.Le pluriel fait reference a plusieurs raz-de-maree provoques par le meme seisme.Apres avoir moi-meme beaucoup hesite, je penche maintenant pour le singulier.L'encyclopedie Wikipedia (fr/wikepedia.org) decrit le desastre du 26 decembre d'une facon qui me parait claire : Le tremblement de terre a engendre un tsunami qui s'est propage concentriquement, depuis la verticale de l'epicentre sousmarin, vers les cotes des pays de l'ocean Indien et jusqu'en Afrique.Ce tsunami (etait) constitue de plusieurs series de vagues de tres grande longueur d'onde.Ce qui nous amene a votre seconde question.Si l'on se fie au Petit Robert, les deux termes sont pour ainsi dire synonymes.L'entree raz-demaree renvoie d'ailleurs a tsunami.Wikipedia considere egalement le tsunami et le raz-de-maree comme une seule et meme realite.Selon cette encyclopedie en ligne, c'est pour eviter l'association erronee de raz-de-maree avec les marees que les scientifiques preferent le terme tsunami (officialise en 1963).Soit dit en passant, tsunami est un mot japonais qui signifie litteralement vague portuaire .Quant au raz de raz-de-maree, c'est un mot de l'ancien scandinave adopte par le breton avant de passer dans le francais.Sous zero, en bas de zero Quand il fait tres froid, la temperature n'est pas sous zero (under zero) ou en bas de zero (below zero), mais au-dessous de zero.> Il a fait 16 degres au-dessous de zero la nuit derniere.On aura remarque au passage qu'il n'est pas necessaire de preciser le type de degre quand le contexte est clair.Quand cette precision s'impose, on peut utiliser le symbole, soit C pour Celsius et F pour Fahrenheit.> Il a fait -16oC la nuit derniere.Averses de neige ?QLe Petit Larousse 2005 definit ainsi une averse : Pluie subite et abondante, de courte duree.Le Petit Robert donne a peu pres la meme definition.Or, ces derniers mois, j'ai souvent entendu certains meteorologistes predire des averses de pluie, et meme des averses de neige ! D'abord, meme en ce qui concerne la pluie, il me semble que c'est incorrect d'annoncer continuellement des averses, etant donne que la pluie tombe generalement pendant des heures (plutot que pendant une courte duree).Mais, pire encore, ca me semble un double non-sens de parler d'averses de neige : d'abord parce que la neige n'est evidemment pas de la pluie ; ensuite parce qu'il ne tombe a peu pres jamais de la neige A LA FOIS de facon abondante ET en tres peu de temps.Nos meteorologistes ne devraientils pas se contenter d'annoncer simplement soit de la pluie, soit de la neige, voire des averses a l'occasion, lorsque la meteo prevoit reellement des ondees ?Nicole Gelinas RLa locution averse de pluie me parait en effet pleonastique.En outre, en parlant presque exclusivement d'averse de pluie, nos presentateurs de meteo se privent de nombreux termes, evocateurs et precis.> Pluie fine, bruine, crachin, ondee, pluie diluvienne, pluie torrentielle, pluie battante, grosse pluie, etc.Par ailleurs, peut-on parler d'une averse de neige ?Compte tenu de la definition d'averse, c'est discutable, de sorte que plusieurs terminologues vous donneront raison.Les meteorologues, de leur cote, semblent tenir mordicus a leur averse de neige et l'OLF leur a donne raison.Pour ma part, je suis loin d'etre convaincu de l'utilite de cette locution.Le francais dispose en effet de plusieurs autres solutions pour decrire ce phenomene.Selon l'intensite, on peut parler de flocons de neige, de chute de neige ou de tempete de neige.Au Quebec, on emploie aussi la locution bordee de neige pour decrire une chute de neige abondante.Il existe un autre mot qui pourrait remplacer avantageusement averse de neige, dans certains cas du moins.Il s'agit de giboulee, terme qui designe une pluie soudaine, parfois accompagnee de grele ou de neige .Petits pieges Voici les pieges de la derniere chronique : 1.La mise au jeu a ete retardee.2.Le porte-helicoptere francais Jeanned'Arc a quitte Djibouti.L'expression juste est mise en jeu, et non mise au jeu.Le compose porte-helicopteres prend toujours un s.Il aurait donc fallu ecrire : 1.La mise en jeu a ete retardee.2.Le porte-helicopteres francais Jeanne- d'Arc a quitte Djibouti.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune au moins une faute.Quelles sont-elles ?1.Elle a fait une ballade au mont Saint- Hilaire.2.Il porte des bas de laine en hiver.Les reponses la semaine prochaine.Paul Roux est l'auteur du Lexique des difficultes du francais dans les medias, aux editions La Presse.Faites-lui parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel a paul.roux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9.Deux Belles et deux belles histoires L'une a affronte la Bete et l'autre, le sommeil quasi eternel.Elles en sont sorties grandies.Tellement que le recit de leur vie fait partie du bagage culturel d'a peu pres tout un chacun.Bonne nouvelle pour ceux qui auraient des petits a qui les presenter : La Belle et la Bete et La Belle au bois dormant ont aujourd'hui de nouveaux et fort beaux atours.Dans le premier cas, le texte integral de Mme Leprince de Beaumont (ce qui est rare) s'accompagne de somptueuses illustrations qu'Anne Romby a tracees sur du papier artisanal .un effet bellement rehausse par l'impression sur un papier texture.Quant a La Belle au bois dormant, c'est Tahar Ben Jelloun qui la raconte ici, en faisant baigner l'ensemble dans une atmosphere des mille et une nuits.Les preoccupations de l'homme de lettres.concernant le racisme, par exemple .sont presentes dans ce beau texte qui risque par contre de destabiliser ceux qui ont adopte ce conte dans sa forme plus classique.En fait, ce sont ceux qui connaissent la version originale (et tres dure) du recit qui comprendront le mieux jusqu'ou va la demarche (im)pertinente du romancier.Sonia Sarfati FFFF LA BELLE ET LA BETE Jeanne-Marie Leprince de Beaummont Illustree par Anne Romby Milan, 64pages FFF1.2 LA BELLE AU BOIS DORMANT Tahar Ben Jelloun Illustre par Anne Buguet Seuil, 52pages .Munsch en gros Tant comme auteur que comme illustrateur, le Canadien Robert Munsch est a l'origine d'histoires dejantees qui comptent parmi les preferees des enfants.Pour ces fans, un superbe cadeau que Le Monde de Munsch, gros album a couverture rigide dans lequel on trouve cinq recits qu'il a ecrits et/ou illustres et que les petits connaissent .et aiment .depuis longtemps : Un bebe alligator ?, Ma dent ne veut pas tomber !, Ribambelle de rubans, Sors du lit, Annie !, et Mmm.des biscuits ! En prime, une nouvelle aventure que Munsch a concoctee avec son vieux complice Michael Martchenko : Papa, sors-nous de la ! .une histoire de saison (c'est-a-dire d'hiver et de motoneige).Pour accompagner le tout, des notes biographiques sur les auteurs et illustrateurs avec lesquels Munsch travaille et une mise en contexte de chaque histoire : d'ou est venue l'idee, ou il se trouvait quand il l'a eue, etc.Autant de questions qui fascinent les enfants : ce sont celles qu'ils posent aux auteurs en visite dans leur ecole ! Sonia Sarfati FFFF LE MONDE DE MUNSCH Robert Munsch Editions Scholastic 176pages, 24,99 $ (des4ans) BIOGRAPHIE Denys Arcand se devoile LUC PERREAULT L'evenement cinematographique de l'annee au Quebec en 2003 avait ete Les Invasions barbares.L'evenement de l'annee en matiere d'edition en cinema chez nous en 2004 avait pour titre Denys Arcand.Cette biographie signee Real La Rochelle vient a point nomme combler une lacune dans notre connaissance du realisateur quebecois le plus influent de l'heure.Fruit pour la plus grande part de longs entretiens avec l'interesse dont la radio nous avait deja donne un avant-gout, ce livre examine dans un premier temps l'enfance du futur cineaste a Deschambault, s'attardant sur l'influence des parents : pere pilote sur le fleuve, mere ex-religieuse obsedee par l'idee de la mort.De ses etudes au college Sainte- Marie, dirige par les jesuites, on retient surtout l'accent mis d'abord sur le sport puis sur les activites culturelles dont le theatre et le cine-club.Les breves etudes en histoire a l'Universite de Montreal seront malgre tout determinantes.Moins que le diplome obtenu, c'est le point de vue de l'historien qui marquera a jamais l'oeuvre cinematographique, sans oublier cette carte de visite inestimable lors de l'entree d'Arcand a l'Office national du film : une participation comme corealisateur et coscenariste a Seul ou avec d'autres, le film etudiant qui aura aussi lance Denis Heroux.Comme pour plusieurs cineastes quebecois a la meme epoque (les annees 60), l'ONF va tenir lieu a Arcand d'ecole de cinema.Cette periode onefienne (disponible depuis peu en DVD) consacre definitivement son talent.Apres des premiers essais a saveur historique, il s'attaque a des longs metrages documentaires qui vont faire du bruit : On est au coton sera censure pour son point de vue juge trop marxiste ; Quebec, Duplessis et apres traitera des moeurs politiques et du defunt cheuf execres ; Le Confort et l'indifference va renvoyer, tel un miroir, l'image d'un Arcand blase, cynique et desengage face a l'avenir du Quebec.La Rochelle ne neglige aucune piste, fait appel a l'entourage d'Arcand, sa famille, de meme qu'aux journaux de l'epoque pour tracer un portrait le plus vivant possible.Il met egalement en lumiere certains trous dans sa carriere, celui notamment consecutif a l'echec de Gina.Pour completer, il a reuni certains ecrits de jeunesse peu connus d'Arcand et d'autres plus recents.On regrettera le silence de La Rochelle sur la distance prise par Arcand apres ses etudes sur la pratique religieuse mais on croit comprendre que l'interesse se reserve d'aborder ce sujet dans le film qu'il est en train d'ecrire.Ce petit detail n'enleve rien au plaisir qu'on peut prendre a la lecture de cet ouvrage capital.FFFF DENYS ARCAND .L'ANGE EXTERMINATEUR Real La Rochelle Lemeac, 386pages PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE c Denys Arcand en novembre dernier au parc La Fontaine, a Montreal.On venait d'y planter un chene en son honneur.www.renaud-bray.com Ma vie en trois actes de Janette Bertrand Jean Fugere anime un debat : Ses invites : Janette Bertrand, auteure, Sophie Faucher, comedienne et Genevieve St-Germain, journaliste.Le dimanche 16 janvier, chez Renaud-Bray, succursale Champigny 4380, rue St-Denis.Metro Mont-Royal.Des 15 h 30 C'est un rendez-vous, aujourd'hui.Venez discuter du livre du mois www.renaud-bray.com Etre femme aujourd'hui, qu'est-ce que ca signifie Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Aeviter LECTURES Le retour de Martin Gray ELIAS LEVY COLLABORATION SPECIALE A82 ans, Martin Gray est toujours anime par une force de vivre irrepressible.Malgre les nombreuses tragedies qu'il a affrontees tout au long de sa vie, ce survivant de l'Holocauste continue a avoir une foi inebranlable en l'homme.L'itineraire insolite de Martin Gray est un condense de l'Histoire tumultueuse du XXe siecle.Deporte par les nazis au camp d'extermination de Treblinka, ou on lui confia l'abjecte tache de retirer les corps des chambres a gaz et de les enfouir dans des fosses communes ; combattant du ghetto de Varsovie, d'ou il parvint a s'enfuir par les egouts ; officier dans l'armee sovietique, avec qui il entra a Berlin en 1945.Cent dix membres de sa famille perirent dans l'Holocauste.En 1947, il emigre aux Etats- Unis, ou il fait fortune et rencontre sa premiere femme, Dina, qui lui donnera quatre enfants.La famille s'etablit en France, dans le massif du Tanneron, pres de Cannes.Peu de temps apres, il est afflige par un nouveau drame : sa femme et ses quatre enfants meurent dans l'incendie de leur maison.Martin Gray creera la Fondation Dina Gray pour la prevention des incendies de foret et la protection de l'homme a travers son cadre de vie.Depuis, ce Juif polyglotte .il parle couramment six langues.s'est remarie, a eu cinq enfants, a cree plusieurs fondations philanthropiques et continue a donner des conferences partout dans le monde, pour raconter l'indicible.Martin Gray a relate, en 1970, sa vie et les drames qui l'ont jalonnee dans un livre autobiographique bouleversant, Au nom de tous les miens, qui a connu un immense succes mondial .traduit en 26 langues et lu par plus de 30 millions de personnes .et dont fut tire un filmrealise par Robert Enrico.Apres 10 ans de silence, il a fait paraitre l'automne dernier un nouveau livre, Au nom de tous les hommes, Editions du Rocher.Un plaidoyer puissant et interpellant contre la violence, l'humiliation et l'intolerance envers les etres humains.Martin Gray, que nous avons rencontre lors de son passage a Montreal a l'occasion du Salon du livre, nous met en garde contre l'instinct barbare des hommes.Un instinct odieux et malefique qui sevit toujours avec force en ce debut du troisieme millenaire , rappelle- t-il en entrevue.Qu'est-ce qui l'a motive a reprendre la plume apres une si longue periode de silence ?C'est surtout la resurgence de l'antisemitisme en France qui m'a pousse a ecrire ce livre.J'ai entendu, abasourdi, des cris stridents qui hurlaient a nouveau : Mort aux Juifs ! Des vociferations qui avaient accompagne ma jeunesse, a Varsovie, dans cette Pologne antisemite ou j'ai grandi.Ma fille m'a raconte recemment, d'une voix tremblante et angoissee, qu'elle a vu, sur un quai d'une gare de Paris, des jeunes adolescents insulter et frapper un garcon juif portant une kippa.Je crois que ce qu'on attend de moi, c'est que je sois la voix d'un temoin qui doit crier ce qu'il a vu, vecu, ressenti, dit-il.C'est un devoir capital.Comme si tous ceux qui vous ont aime et qui ont disparu exigeaient de vous que vous preniez la parole.Ecrire, c'est une maniere de les faire revivre.C'est ce qui s'etait passe lorsque j'ai ecrit Au nom de tous les miens.Ce nouveau livre obeit a la meme demarche.J'ai ecrit aussi ce livre pour repondre aux quelque 800 000 personnes qui m'ont ecrit depuis la parution de mon premier livre.Des jeunes de 12, 13, 14 ans m'ecrivent aussi.Cela m'etonne toujours.Un demineur Au nom de tous les hommes, ajoute-t-il, est un cri de colere, un acte de fraternite et un message d'espoir .Cet humaniste invetere, qui se considere comme un utopiste lucide et realiste , lance un vibrant appel a l'humanite pour qu'elle en finisse avec la barbarie, l'humiliation et les guerres.Pour qu'une frontiere infranchissable soit elevee en chaque etre humain entre l'instinct deletere, qui incite a faire souffrir et a opprimer l'Autre, et l'esprit de fraternite.Ce que je veux, c'est alerter, etre ce que j'appelle un demineur .Quelqu'un qui crie fort : J'ai connu les horreurs de la barbarie.Elles m'ont blesse, ont tue les miens.Attention, tout peut recommencer ! Tout recommence deja ! Mais, je ne suis pas seulement un homme qui crie et qui annonce l'apocalypse.Ma vie est faite aussi de joies et d'esperance.A travers l'evocation du mythe biblique de Cain et Abel, Martin Gray rappelle que chaque homme est ecartele entre le bien et le mal, qu'en chaque etre humain se trouvent une victime et un bourreau potentiels, qui ressurgiront, ou pas, selon les circonstances de la vie.Selon lui, les violences qui ensanglantent aujourd'hui le monde en temoignent, tant il est facile de laisser libre cours a ses pulsions meurtrieres.Je crois malheureusement que nous allons continuer a vivre dans un monde meurtri par des guerres devastatrices, des massacres effroyables, des famines endemiques.Dans le livre, j'evoque souvent l'histoire de Cain et Abel.Ce premier crime, ce meurtre du frere, les hommes continuent a le perpetrer depuis les origines de la vie.Un homme peut rever de fraternite et en meme temps etre tente par le crime.Il faut trouver un moyen de mettre une museliere au Cain que chacun de nous porte dans ses trefonds pour l'empecher de mordre, de detruire, de tuer.En entrant en Allemagne, en 1945, en tant qu'officier de l'armee sovietique, Martin Gray aurait pu prendre une belle revanche sur les bourreaux de sa famille.Mais, raconte-t-il, une phrase de son pere surgit soudain dans son esprit : La vie est sacree.Ne laisse pas la flamme d'esperance qui brule en toi vaciller.J'aurais pu alors eliminer tous ceux qui se presentaient sur mon chemin.Apres tout, ils avaient assassine 110 membres innocents de ma famille dans les camps de la mort.J'aurais pu alors devenir a mon tour un bourreau impitoyable.Chacun de nous peut le devenir.Chaque homme peut devenir une bete sauvage.Il appartient a chacun de nous de tuer le Cain qui sommeille dans notre subconscient.Malgre les guerres fratricides, le terrorisme suicidaire, les hecatombes humaines, les genocides qui, selon lui, grevent serieusement aujourd'hui l'avenir de l'humanite , Martin Gray ne desespere pas.Il fait toujours confiance a l'homme.Le ressort de toute vie, c'est le Principe Esperance, dit-il avec entrain.Au fil de l'Histoire, c'est la vie et l'esperance qui ont toujours fini par gagner.J'ai pu survivre aux tragedies du XXe siecle grace a l'amour et a la fraternite.Si je m'insurge aujourd'hui avec colere, c'est parce qu'on veut etouffer cet amour et cet esprit de fraternite.Mais depuis que l'homme est homme, personne, aucun satrape feroce ni aucun regime despotique, n'a pu detruire la sempiternelle aspiration au bonheur.C'est une flamme eternelle que l'on ne pourra jamais eteindre.FFFF AU NOM DE TOUS LES HOMMES Martin Gray Editions du Rocher, 270pages Martin Gray : Un homme peut rever de fraternite et en meme temps etre tente par le crime.Voyages autour de chambres 3283028A RUDY LE COURS Olivier Rolin nous a habitues a la gravite dans ses precedents ouvrages dont l'ecriture refletait la recherche maniaque du mot juste, souvent rare, de la phrase ciselee dans une syntaxe inhabituelle, aux propositions insolites.Suite a l'hotel Crystal pousse plus loin la demarche formaliste, troquant en route la gravite pour l'absurde, le tragique pour le bouffe.Portant en exergues une phrase de Valery et une de Perec, le roman est avant tout un morceau de bravoure dans son architecture stylistique qui en desopilera plusieurs tout en en desolant bien d'autres.De quoi est-il question au juste ?En preface, l'auteur-editeur-manipulateur raconte qu'une certaine dame aurait trouve dans une consigne une valise contenant une liasse de documents ecrits sur divers supports.Apres examen, il en vient a conclure qu'il s'agit peut-etre de fragments d'un roman en preparation.Il previent le lecteur qu'il a tente d'y mettre de l'ordre, conscient qu'une belle part d'aleatoire subsiste.La liasse contient 43 documents dont le point commun est la description tres minutieuse d'une chambre d'hotel: mini-bar, marque du televiseur et du telephone, couleurs des boiseries et de la huisserie : rien de nous est epargne.L'interet surgit quand, en cours de description, s'installent de petites histoires, certaines isolees, d'autres qui seront reprises en partie dans la description d'une chambre prochaine.Apparaissent aussi une galerie de personnages excentriques, a commencer par l'auteur lui-meme, Olivier Rolin (mort a Bakou en 2009).Il ne nous menage rien de ses cuites, de sa couperose, de ses phantasmes.Il se campe en as de la combine planetaire, etant parvenu par exemple a mettre en contact un sbire de ben Laden avec un vieil aviateur franquiste afin de le convaincre de larguer une cargaison de bondieuseries audessus de La Mecque afin d'attiser la haine des musulmans contre les croises.L'episode ou il trafique les ecrans de la NASA retransmettant les images de Mars pour les remplacer par celles d'un match de football est tout aussi hilarant.Tout comme celui ou tour a tour il doit conseiller les presidents de la Reserve federale, de la Banque centrale europeenne et du Fonds monetaire international.S'il est beaucoup question d'alcool, la baise occupe une jolie place dans ces 43 brefs chapitres.Il en parle de maniere rigolote, comme dans l'episode qui se deroule au Hilton Bonaventure de Montreal; ou lorsqu'il decrit la peau lumineuse d'une Japonaise : J'affirme que, couche a cote d'elle dans l'obscurite, l'imbecile qui ne trouverait rien de mieux a faire pourrait presque lire a la lueur de son corps.Olivier Rolin est un homme cultive et informe.Cela se reflete dans sa maniere d'ecrire, autant quand il crie sa douleur comme dans Port-Soudan, sa nostalgie comme dans Tigre en papier, ou sa cynique jubilation, comme ici.FFF SUITE A L'HOTEL CRYSTAL Olivier Rolin Seuil.Paris 2004.242pages PHOTO PIERRE McCANN, LA PRESSE c Olivier Rolin Tout dans la tete FABIENNE COUTURIER Dans les annees 60, une jeune et brillante etudiante en philosophie entre dans une residence universitaire (les fameuses confreries americaines) nettement au-dessus de ses moyens.Elle qui s'etait toujours vue rejetee par sa famille revait de cette sororite , mais elle dechantera bien vite devant la superficialite et les exigences de ses consoeurs.Cet echec la plongera dans la depression et l'anorexie jusqu'a ce qu'elle soit expulsee de la residence, apres quoi elle tombera amoureuse (plus ou moins a sens unique) d'un etudiant noir, situation doublement insoluble dans les Etats-Unis d'alors, ou les couples mixtes etaient percus, au mieux, comme une sorte de perversion.Bref, l'heroine de Je vous emmene vit dans sa tete et multiplie les comportements autodestructeurs.Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si on n'apprend jamais son nom : sa quete d'identite est le noeud de l'affaire.Dans ce roman tres cerebral raconte a la premiere personne, l'ecriture dense, precise, intense, follement evocatrice de Joyce Carol Oates fait mouche une fois de plus : l'action est d'une lenteur extreme, mais on est fascine par la complexite du personnage, par son fatalisme et son etrangete.FFF1.2 JE VOUS EMMENE Joyce Carol Oates Joyce Carol Oates Editions Stock, 412 pages . LECTURES Don Quichotte a 400 ans GABRIELA CALOTTI AGENCE FRANCE-PRESSE MADRID \u2014 L'Espagne célèbre à travers le monde le 400 e anniversaire de la publication, le 16 janvier 1605, de Don Quichotte de la Manche, de Miguel de Cervantès, fondateur du roman moderne et d'un mythe d'idéaliste défenseur des plus hautes valeurs morales.Cervantès était loin d'imaginer la place que prendrait son oeuvre au Panthéon de la littérature mondiale lorsqu'il a commencé à écrire, entre 1592 et 1597, les aventures d'Alonso Quijano, un hidalgo cinquantenaire à qui la lecture de trop nombreux romans de chevalerie avait tourné la tête.Le 20 décembre 1604, l'imprimerie de Juan de la Cuesta, au coeur de Madrid, achevait la première impression de L'ingénieux hidalgo de la Manche.Moins d'un mois plus tard, les premiers volumes d'un tirage initial de 1200 exemplaires commençaient à se vendre à Madrid.Le succès fut immédiat.Cette première édition fut publiée en Castillan, la langue du florissant Empire espagnol de l'époque, parlée jusqu'en Italie et dans les Flandres.Suivirent des éditions de luxe en anglais, en 1612, et en français deux ans plus tard.La saga du « couard héroïque », comme le définit l'auteur espagnol à succès Arturo Perez- Reverte, se déroule essentiellement sur les plateaux du centre de l'Espagne, en Castille et dans la Manche.Dans la deuxième partie du roman, achevée en 1614, Don Quichotte et son écuyer matérialiste, Sancho Pança, s'aventurent jusqu'à Saragosse et Barcelone.Quatre siècles plus tard, Don Quichotte de la Manche est devenu l'un des livres les plus traduits au monde après la Bible, et les oeuvres complètes de Lénine, selon l'Unesco.En Espagne, le Quichotte a figuré en tête des ventes des librairies au cours des derniers mois de l'année 2004.Expositions de peintures, de gravures, d'illustrations, d'éditions de l'ouvrage en 50 langues, conférences, débats, représentations théâtrales, concerts : plus de 2000 manifestations célèbreront en 2005 ce roman fondateur de la littérature moderne occidentale.Alcala de Henares, ville natale de Cervantès, près de Madrid, Mexico, Paris, Bruxelles, Oran, Saint-Pétersbourg, Zagreb, Berlin ou Budapest, fêteront également les 400 ans de Don Quichotte.L'anniversaire a suscité en Espagne un feu nourri de nouvelles éditions, du modèle populaire à un euro jusqu'à l'édition de 3000 pages sur papiers bible, illustrée et annotée par les meilleurs spécialistes mondiaux.Les lieux de pérégrinations où Don Quichotte, juché sur sa Rossinante, partit à l'assaut des moulins à vents qu'il prenait pour des géants, ou rencontra sa dame Dulcinée, en réalité une paysanne, font aujourd'hui partie d'une route éco-touristique et culturelle.Les visiteurs peuvent marcher sur ses traces à travers 2500 km balisés de chemins anciens ou de rivières castillanes, au détours desquels subsistent encore quelques moulins à vent.PHOTO AP L'Espagne célèbre en grand le 400e anniversaire de Don Quichotte.Au fil de la plume et de l'épée.GABRIEL RUBIO AGENCE FRANCE-PRESSE MADRID \u2014Miguel de Cervantès Saavedra avait 58 ans à la publication de la première partie de Don Quichotte, qu'il avait commencé à écrire dans une prison de Séville où il était enfermé pour dettes.Écrivain, soldat, captif des Barbaresques, percepteur du roi, amoureux des femmes et du jeu : la vie de l'auteur du roman fondateur de la littérature occidentale moderne est en soi un roman d'aventures.De nombreuses zones d'ombre entourent l'existence de ce fils d'un chirurgien itinérant, Rodrigo de Cervantes, et de Leonor de Cortinas, troisième d'une fratrie de cinq enfants.On connaît sa date de baptême, le 9 octobre 1547.Mais celle de sa naissance dans la vieille cité universitaire d'Alcala de Henares, près de Madrid, souvent située au 29 septembre de la même année, demeure incertaine.La jeunesse du plus connu des écrivains hispaniques ?Ses études ?Mystère.Il a 22 ans lorsqu'il publie ses premiers écrits, quatre poèmes inspirés par la mort de la reine Isabelle de Valois, épouse du roi d'Espagne Philippe II.Quinze ans s'écouleront avant qu'il ne reprenne une plume troquée pour l'épée.En 1566, Cervantès s'installe à Madrid où Philippe II a déménagé sa cour.Quatre ans plus tard, il s'enfuit à Rome, après avoir blessé un adversaire en duel.À Madrid, on l'a condamné à l'exil et à être amputé de la main droite.C'est en Italie, alors en grande partie sous tutelle espagnole, qu'il entame sa carrière militaire.Cervantès participe à la légendaire bataille navale de Lépante (1571) remportée par la Sainte Alliance sur les Turcs.Il est blessé à la poitrine et y perd l'usage d'une main droite promise au bourreau.Mais il y gagne son surnom : « Le manchot de Lépante ».Cervantès abandonne la carrière militaire en 1574.À son retour d'Espagne, il est capturé en mer par des pirates barbaresques.Des lettres de recommandations de Jean d'Autriche, commandant de la flotte chrétienne à Lépante, lui évitent de finir sur un marché aux esclaves.Il reste néanmoins captif jusqu'en 1579.Ses souvenirs d'Italie et d'Alger alimenteront plus tard une oeuvre littéraire qui a abordé tous les genres, du théâtre à la poésie, en passant par le roman et son grand oeuvre : Don Quichotte.De retour en Espagne en 1584, il s'éprend d'une femme mariée, Ana de Villafranca, qui lui donne une fille.Mais Cervantès reprend ses vagabondages.Il quitte Madrid pour Esquivias, près de Tolède, où il rencontre Catalina de Salazar, sa future épouse.Il reprend alors la plume pour écrire des pièces de théâtre ; il écrit aussi son premier roman La Galatée suivant la tradition du roman pastoral qu'il tournera plus tard en dérision, comme il fera avec les romans de chevalerie à travers son Quichotte.En 1587, il est nommé commissaire du roi, chargé de réquisitionner de l'huile et du blé en vue de l'expédition de l'Invincible Armada contre l'Angleterre.Il parcourt les quatre coins de l'Andalousie jusqu'en 1594, en profite pour écrire ses romans Rinconete et Cortadillo et Le Jaloux d'Estrémadure.Fin 1594, on le jette en prison à Séville pour une affaire de dettes.Il y passe plusieurs mois, à l'ombre d'une ville rendue florissante par l'or que les galions ramènent des Amériques.C'est là qu'il écrit les premières lignes des aventures de son célèbre chevalier pourfendeur de moulins à vent.GÉNI E S EN HERBE #1127 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- SCIENCE 1 Quel philosophe des sciences explique les changements de paradigmes scientifiques dans La structure des révolutions scientifiques?2 Comment appelle-t-on la science qui étudie une langue en se fondant sur l'analyse critique de textes et de manuscrits?3 On dit de quelqu'un qui semble tout connaître qu'il a la science \u2014 \u2014.4 Cet astrophysicien montréalais et vulgarisateur est connu par ses ouvrages Patience dans l'azur (1981) et L'heure de s'enivrer (1986).5 Ce centre, situé dans le Vieux- Port de Montréal, a récemment fait l'objet d'une publicité énergique avec Jean-René Dufort.B- PRODUCTION CINÉMATOGRAPHIQUE ET TÉLÉVISUELLE 1 Cette société d'État relevant du ministère de la Culture et des Communications a pour mandat de soutenir le développement des entreprises culturelles québécoises, subventionnant ainsi plusieurs productions cinématographiques.2 Cet organisme culturel fédéral a pour mission le développement et la promotion des industries du film, de la télévision, des nouveaux médias et de la musique, subventionnant lui aussi de multiples productions cinématographiques canadiennes.3 Dans le domaine cinématographique, c'est la personne qui rassemble les moyens financiers, le personnel ainsi que les éléments nécessaires à la réalisation d'un film.4 Cette société de production québécoise, dont la cofondatrice était Micheline Charest, a produit plusieurs émissions pour enfants telles que Caillou, Ouimzie et Arthur.5 Quel grand réalisateur et producteur américain ayant créé sa propre société de production, Dream Works Pictures, compte parmi ses succès A.I.Intelligence artificielle et La liste de Schindler?C- VIÊT-NAM 1 Quel pays ayant colonisé le Viêt-nam doit finalement s'en retirer en 1954 suite aux Accords de Genève accordant l'indépendance et la partition provisoire du pays?2 Quel homme, initialement soutenu par Washington à la tête du Viêt-nam du Sud, sera finalement renversé en 1963 par ses généraux et remplacé par Nguyen Van Thieu?3 Selon quelle «théorie» la chute du Viêt-nam du Sud aux mains des communistes du Nord devait- t-elle entraîner le Laos, la Cambodge puis l'ensemble des pays du Sud-est asiatique dans une vague communiste?4 Sous quel président américain les forces de combat américaines au Viêt-nam furent-elles définitivement engagées en 1965 pour finalement atteindre le nombre de 543 000 hommes en 1969?5 Comment a-t-on appelé la route de ravitaillement du Viêt-cong permettant aux troupes et au matériel de se rendre du Viêtnam du Nord au Viêt-nam du Sud en passant par les jungles laotienne et cambodgienne?Astrophysicien montréalais D- ASSOCIATIONS Associez les héros de bande dessinée à leur album.F- CHARADE 1 Mon premier est le terme désignant les populations nord-africaines occidentales ayant autrefois occupé le sud de l'Espagne.2 Mon second qualifie un virage composé d'une succession de deux courbes en sens contraire.3 Mon troisième est le pluriel du nom «mal».4 Mon tout est une joueuse de tennis française gagnante de la Coupe Rogers 2004 et classée 3e au monde en 2004.1 Tintin 2 Astérix 3 Lucky Luke 4 Bob Morane 5 Garfield a Le secret de la Licorne b L'oiseau de feu c Le bouclier d'auvergne d La belle province e Mange plus vite que son ombre E- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Il est né 1887 en Suisse sous le nom de Charles-Édouard Jeanneret.À l'âge de 13 ans, il entre à l'école d'art de La Chaux-de- Fonds.2 En 1919, il fonde la revue L'esprit nouveau.Trois ans plus tard, il s'installe à Paris, où il ouvre son atelier d'architecture.3 Ayant conçu plusieurs projets d'urbanisation, il se concentre sur les unités d'habitations dont la première sera la Cité radieuse à Marseille en 1952.4 Il meurt en 1965, laissant derrière lui une oeuvre immense où l'on retrouve la Chapelle de Ronchamp ainsi que la plan directeur et de multiples immeubles de la ville de Chandigarh au Penjab.G- ANNÉE 1926 1 Ce «Fils de ciel» devient empereur du Japon en 1926 et le restera jusqu'en 1989.2 Cet ourson voit le jour en 1926 lorsque son créateur, Alan Alexander Milne, publie un livre pour enfants illustré par E.H.Shepard.3 Ce film muet mettant en vedette Ramon Novarro sort en 1926 et est repris en 1959 avec Charlton Heston dans le rôle titre.4 Cet architecte espagnol de l'église inachevée de la Sagrada Familia meurt en juin 1926 après avoir été renversé par un tramway.5 Cette communauté de nations, anciennes colonies de l'Empire britannique reconnaissant leur dépendance envers la Couronne, voit le jour en 1926.H- PROVERBES 1 Complétez le proverbe ou la maxime.1 Bon chien.2 C'est l'hôpital qui se moque.3 La plus belle fille du monde.4 .n'a point d'oreilles.Président américain 5 Nécessité.GEN16JN SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Le droit de ne rien faire DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Ah que j'aime traîner, surtout les matins où j'ai à faire cette chronique.C'est amusant à écrire, mais le problème c'est de commencer, d'ouvrir la page pour taper les premiers mots.J'ai l'impression des fois de faire du jazz, d'être comme un vieux saxophoniste jouant tout seul sous un lampadaire.Déjà, le titre, c'est toute une affaire.Cela donne son ton à l'article.Il m'arrive de changer trois fois de titre en cours de route.Et c'est toujours lié à mon humeur.Si mon sang se met à bouillir tout à coup dans mes veines pour je ne sais quelle raison, on aura un titre cinglant, et l'article devra se mettre au diapason.Mais certains jours, je n'ai tout simplement pas envie de me mêler à cette foule, à cette histoire absurde, à tout ce bruit que fait la vie.Je voudrais alors rester dans ce monde enchanté du rêve où je suis encore un enfant.Je me souviens qu'il y a quelques années, je préférais nettement rêver à vivre.Je me sentais si heureux en glissant sous le drap pour me retrouver, presque instantanément, dans ce pays sans frontière ni loi.C'est un état qui peut durer quand même un certain moment.Puis au matin, sans raison apparente, je reviens au jour pour apprécier cette lumière qui me permet de distinguer les traits des visages.Mais, de temps en temps, me revient le goût de l'autre monde.Et ce matin est un de ces matins tout barbouillés de nuit.Je connais beaucoup de gens qui gardent les yeux ouverts pour affronter ce monde et tenter même de le changer.Mais moi, je préfère le rêver.Je ne parle pas ici d'imaginer un univers meilleur.L'impression plutôt que les drames de cette planète ne me touchent pas tous les jours.Mes yeux glissent alors, sans ciller, sur la douleur des autres.Je regarde et je ne vois rien.Le fait peut-être d'un trop-plein.C'est bizarre, chaque fois que le téléphone sonne et que je réponds que je suis au lit (vers midi, un jeudi), il y a toujours ce silence interrogateur à l'autre bout du fil.Qu'est-ce que tu fais?Rien.Ah, tu écris?(Voilà donc une étrange opinion de l'écriture).Non.Tu lis alors ?Non.Tu fais une dépression ?Pas à ma connaissance (faut dire qu'on est toujours le dernier à savoir ce genre de chose).Non, je ne fais simplement rien, et cela ne devrait, en fait, préoccuper personne.Ceux qui font constamment des choses sont à mon avis plus inquiétants.Imaginez ce qui arriverait si tout le monde était au lit en ce moment, en train de rêvasser ?La vie serait au repos.Rien à vendre, rien à acheter.Fermée, la boutique.Ce n'est pas venu tout d'un coup.Je fus un jeune homme plutôt agité, mais, il faut le dire, assez inquiet par rapport au problème que finit toujours par poser le mouvement perpétuel : l'usure.Comment être et ne pas être en même temps dans ce monde ?La magie dans la vie.Apparition, disparition.Je verrais bien sur ma tombe : « Il était là il y a à peine une minute ».>Voir LAFERRIÈRE en page 8 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE © Marc Messier a toujours cet air d'éternel jeune premier, comme s'il avait arrêté de vieillir à 40ans, entraînant dans la résistance son visage lisse et ses cheveux châtains.MARC MESSIER NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE Marc Messier se souvient de la scène comme si c'était hier.Il était 4 h du matin.La ville entière dormait, exception faite d'un petit groupe de gens agglutinés sur un trottoir autour d'échafaudages électriques et de machines à pluie.C'était en 1995, pendant le tournage du Sphinx, l'histoire d'un prof qui, du jour au lendemain, plaque sa petite vie normale de banlieusard pour suivre une danseuse qui lui fera connaître le meilleur comme le pire.Marc Messier attendait à l'écart et au sec que Louis Saïa, le réalisateur, lui donne son cue.Et subitement, il a pris conscience de sa singularité et de sa chance.« J'ai constaté que toute la ville dormait sauf nous et ça m'a fait plaisir d'être éveillé alors que mes semblables dormaient.Je me suis dit à cet instant-là que, si ça se trouvait, ce qu'on était en train de tourner, les gens étaient peut-être en train de le rêver.J'ai trouvé ça magique et fabuleux.Rien que pour ça, ce métier valait le coup.» Dix ans plus tard.Une neige grise a remplacé les machines à pluie du Sphinx et un café d'Outremont, les fast-foods de la banlieue.Marc Messier, qui habite à quelques coins de rue, a toujours cet air d'éternel jeune premier, comme s'il avait arrêté de vieillir à 40 ans, entraînant dans la résistance son visage lisse et ses cheveux châtains.« Même ma mère n'arrive pas à croire que je n'aie pas encore de cheveux blancs, lance-t-il en boutade.Pourtant, c'est vrai, je le jure.Quand je joue des personnages qui ont mon âge, je suis obligé de me teindre en gris, mais ne vous inquiétez pas, je devrais m'effondrer d'ici deux ou trois ans.» Par effondrer, Marc Messier entend rejoindre physiquement le reste de ses semblables, quinquagénaires grisonnants à qui on lance « tasse-toi mon oncle » sur les autoroutes et qu'on écarte discrètement au travail.« Je suis conscient de vivre sur du temps emprunté, poursuit-il.On ne pourra pas éternellement m'accorder des premiers rôles.En même temps, je ne sens pas du tout que j'ai 57 ans.C'est peut-être ce qui explique pourquoi je suis où je suis aujourd'hui et pourquoi j'ai la ferme intention de jouer jusqu'à la fin si j'ai la santé pour le faire.» J'ignore si Marc Messier est hypocondriaque, mais cette histoire de santé le préoccupe.Il a cessé de jouer au hockey avec les boys de sa ligue de garage de peur de se blesser.Il surveille sa ligne, s'entraîne au centre sportif, où il a d'ailleurs rencontré il y a six ans, par le plus grand des hasards, la future mère de son fils Félix.Jusqu'à ce moment- là, Marc Messier était considéré dans le milieu comme un célibataire invétéré qui n'avait aucune disposition pour la vie conjugale.« Je sais que j'ai longtemps passé pour un courailleux, avoue-t-il, mais le fait est que je ne l'étais pas tant que ça et que bien des samedis soir, alors qu'on me croyait en train de courir la galipote, j'étais assis tout seul chez nous en train de regarder le hockey.» Le miracle Il n'en demeure pas moins qu'à 50 ans, Messier avait plus ou moins fait une croix sur la vie en couple.Séparé de la mère de sa fille de 20 ans depuis des lustres, il ne croyait pas être capable de tomber à nouveau amoureux.Et puis le miracle s'est produit.Line Sainte- Marie revenait du Japon où elle avait vécu trop d'années pour savoir qui était Marc Messier et ce qu'il faisait dans la vie.Pour un homme qui se méfie encore du vedettariat, ce fut une bénédiction.Même si, pour la plupart des producteurs, Marc Messier est un gage de popularité et de rentabilité, ce dernier ne semble pas prendre sa valeur boursière au sérieux.Il rappelle avec un certain plaisir comment, dans les années 70, alors qu'il était fraîchement émoulu de la première fournée de l'option théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, Radio-Canada avait refusé qu'il passe les auditions générales.«À l'époque, on n'avait aucune confiance dans le théâtre qui s'enseignait au cégep.Si tu ne sortais pas d'une des deux écoles, t'étais barré.C'est ce qui m'est arrivé.» Un autre que lui aurait baissé les bras sans insister.Marc Messier s'est plutôt arrangé pour passer par la porte d'en arrière en donnant la réplique à Dorothée Berryman, qui, elle, avait été admise aux auditions.Très vite, en s'installant à Montréal, le natif de Granby, dont le père était barbier, a repéré les lieux où il était bon d'être vu.Il est devenu un habitué du Continental, un bar en face de la Place des Arts aujourd'hui rasé, où il a rencontré tous ceux qui allaient devenir ses partenaires de travail.« Pour moi, il y a quatre moments marquants dans l'histoire récente de la culture québécoise : L'Osstidcho, le Grand Cirque ordinaire, l'avènement d'Yvon Deschamps et de Michel Tremblay.Or, je me suis retrouvé au beau milieu de toute cette effervescence et j'ai eu envie d'y participer à ma manière.C'est ainsi qu'on a fondé, avec Michel (Côté), Marcel (Gauthier) et Véronique (Le Flaguais) la troupe des Voyagements, en s'inspirant du modèle du Grand Cirque ordinaire.L'idée, c'était d'écrire nos propres pièces et de générer notre propre emploi, plutôt que d'attendre après les autres.» La bande était loin de se douter à quel point leur idée porterait ses fruits.Vingt-six ans après la toute première représentation de Broue au théâtre des Voyagements, coin Saint-Laurent et Laurier, la pièce fait encore vivre ses trois acteurs devenus producteurs, mais aussi ses auteurs.Encore aujourd'hui, lorsque Broue part en tournée pour environ 75 représentations, Claude Meunier, Jean- Pierre Plante et Francine Ruel reçoivent un joli chèque de droits d'auteurs.Et personne ne s'en plaint, sauf peut-être Louis Saïa qui, dans un moment d'égarement, a vendu ses droits aux producteurs et ne fait plus partie des « rentiers» de Broue.>Voir MARC MESSIER en page 11 Une année à la fois Hirsute, hagard, mal rasé, sans attaches, sans repères autres que l'alcool et la culpabilité, Louis-Bernard Lapointe, le journaliste déchu de la série Grande Ourse, est la parfaite antithèse de celui qui l'incarne.Non seulement Marc Messier n'a pas ses problèmes mais, à 57 ans, avec une carrière qui ne se dément pas depuis 30 ans, une saison de Broue qui reprend sur scène, une femme et un fils de 17 mois, c'est le bonheur.Portrait d'un acteur heureux et d'un accro au travail à moitié guéri.« Pour moi, il y a quatre moments marquants dans l'histoire récente de la culture québécoise : L'Osstidcho, le Grand Cirque ordinaire, l'avènement d'Yvon Deschamps et de Michel Tremblay.Or, je me suis retrouvé au beau milieu de toute cette effervescence et j'ai eu envie d'y participer à ma manière.» Pas de problèmes ARTS ET SPECTACLES JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Une fois usé, déchiqueté et démodé, le vêtement est trop souvent envoyé à la poubelle.À la destruction.Il suffit pourtant d'un peu de bonne volonté pour lui redonner vie.Des organismes tels que l'Armée du Salut ou Certex s'attellent à la tâche de remettre ces fringues sur le marché ou de recycler les tissus.Puis, il y a ces artistes qui y voient matière à poétiser.Giorgia Volpe et Mario Duschesneau sont de ceux-là.Cinquante-deux ballots de fringues, bien ficelées et comprimées comme des sardines, composent l'essentiel de l'installation Canada/ Habitation de Giorgia Volpe.Déposés intacts dans la grande salle du centre Diagonale, la nouvelle vitrine de l'ancien Conseil des arts textiles, ces paquets lourds de 100 livres ne dénoncent pas pour autant.Objets de mémoire, traces d'un certain passé, puis éléments colorés et diversifiés, ils deviennent chez Volpe des fragments d'un espace à habiter, d'une architecture, comme elle le dit dans ses propres mots.D'où le titre du projet.Originaire du Brésil, au Québec depuis 1998, Giorgia Volpe se considère comme une nomade.C'est après un séjour à Edmonton et un passage au centre Vu de Québec qu'elle a décidé de s'établir ici et de poursuivre des études supérieures à l'Université Laval.Le Canada, pour elle une vaste terre désertique, la fascine pour le contraste qu'il lui offre avec son Sao Paolo natal, une ville de près de 20 millions d'habitants.Son travail l'a amenée à exposer notamment au Mexique, en Finlande, au Japon.Si aujourd'hui elle a un pied-à-terre à Québec (à la campagne, corrige-t-elle) et a fondé une famille, elle cherche encore à habiter pleinement sa terre d'accueil.Canada/Habitation, sa première expo montréalaise, est l'illustration de ses efforts.Elle invite d'ailleurs les gens à s'y introduire (malgré l'horizontalité de la structure), à monter dessus.Pas très radicale, l'expérience permet toutefois de percevoir le vêtement autrement qu'en objet malléable et périssable.Les ballots, étonnamment rigides, prennent d'ailleurs l'allure de briques.Briques tirées du passé pour construire le présent.L'intervention de Giorgia Volpe, minimaliste à souhait et forte de sa métaphore, semble par contre un peu retenue.Comme si l'artiste, connue pour son travail autour de tout ce qui concerne le corps, n'avait pas trouvé sa voie.Ainsi, Volpe s'est déjà démarquée en s'immisçant dans un lieu qu'elle transforme passablement: d'un parc en plein hiver (elle a brodé des prénoms sur les toiles protégeant les arbres des intempéries) à la fenestration d'un édifice abandonné, des corridors d'un cégep au hall du Musée national des beauxarts du Québec.Un étage au-dessous de Diagonale, Mario Duschesneau, lui, habite depuis août la salle d'eau de la galerie Clark.En fait, pas lui, mais son installation Walk-in-Progress, constituée d'un lot de vêtements usés et dépréciés.Et ces fringues, restes d'une intervention au Festival du théâtre de rue de Shawinigan, défigurent allégrement l'endroit.L'aspect de la petite salle est transformé, mais sa fonction demeure la même.Uriner reste un geste intime, Duschesneau accentuant même cette réalité en nous forçant à cohabiter, voire à nous frotter, avec des artefacts tout aussi privés.Avec le temps, l'oeuvre rapetisse, s'efface, au gré d'une paire de ciseaux.Comme si cette vie précédente, propre au vêtement, finissait par disparaître.Inévitablement.CANADA/HABITATION de Giorgia Volpe, Diagonale, centre des arts et des fibres du Québec, 5455, rue de Gaspé, jusqu'au 26 février.Info : 514 524-6645.WALK-IN-PROGRESS de Mario Duschesneau, Clark, 5455, rue de Gaspé, jusqu'au 18 juin.Info : 514 288-4972.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Giorgia Volpe étendue sur son oeuvre, exposée au centre Diagonale.ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS PAROLES Broder autour du vêtement D'ARTISTE Giorgia Volpe Le vêtement « Le vêtement porte une partie des mémoires d'une société.Tous les vêtements que j'ai réunis, c'est un rassemblement, une accumulation de toutes ces mémoires.Et des oublis aussi.J'ai voulu transformer ces vêtements comme je transforme n'importe quelle matière.C'est-àdire que je les ai pris de leur lieu d'origine pour leur donner un autre sens.Je fais d'eux un territoire.» Canada « Canada, pour moi, c'est avant tout le silence.Au Brésil, on est dans le monde, on est envahi.Au Canada, c'est le contraire.J'aime ces contrastes.Et vivre ici, c'est apprendre à être dans le silence.Puis Canada, Kanata en langue amérindienne (en huron), signifie ensemble d'habitations.J'essaie d'en construire un, de construire un lieu pour l'habiter.» La maison « J'ai une maison, parce qu'avec un enfant, il vaut mieux se fixer.J'ai été trop nomade.Mais habiter ne signifie pas nécessairement avoir une maison.Habiter, c'est où l'on vit (de façon plus large), où l'on est, où l'on agit.Une maison, c'est un abri, un lieu de repos, de concentration.Jérôme Delgado collaboration spéciale SPECTACLES Le droit de ne rien faire CINÉMAS INDÉPENDANTS BAD EDUCATION Cinéma du Parc (1): 14h50, 17h00, 19h10, 21h20.CANNES ADVERTISING FESTIVAL Cinéma du Parc (3): 15h, 19h15.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 17h30.CLAUDE SAUTET OU LA MAGIE INVISIBLE Ex-Centris : 12h30, 17h45, 21h15.DIG Cinéma du Parc (3): 17h.GUERRE DES TUQUES (LA) Ex-Centris - Salle Cassavetes: 11h.LA MALA EDUCACION (LA MAUVAISE ÉDUCATION) Cinéma Beaubien: 12h, 14h15, 16h30, 18h45, 21h.Ex-Centris - Salle Cassavetes: 15h, 17h10, 19h15, 21h20.LEGEND OF THE FLYING CANOE ONF; 13h.LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES (UN) (A VERY LONG ENGAGEMENT) Cinéma Beaubien: 12h30, 15h, 19h, 21h30.Ex-Centris - Salle Fellini: 14h, 16h30, 19h, 21h30.MA VIE EN CINÉMASCOPE Cinéma Beaubien: 12h, 15h45, 19h45, 21h45.MAIN INVISIBLE (LA) Cinémathèque québécoise: 18h30.MARIAGES! Cinéma Beaubien: 13h45, 17h45.MANSON FAMILY (THE) Cinéma du Parc (3): 21h10.NAHANNI SUIVI DE FLASH WILLIAM SUIVI DE THE SWORD OF THE LORD ONF: 19h.OR (MON TRÉSOR) Ex-Centris - Cinéma Parallèle: 15h30, 19h25.SEA INSIDE (THE) Cinéma du Parc (2): 14h15, 16h40, 19h05, 21h25.MUSIQUE SALLE PIERRE-MERCURE Ensemble Pentaèdre et ensemble d'instruments chinois: 15h.SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Jacques Lacombe.Mari Kodama, pianiste.Ouverture (Prévost), Concerto pour piano no 2 (Beethoven), L'Oiseau de feu (Stravinsky): à 14h30.Dimanches en musique.VARIÉTÉS CENTRE BELL (1260, rue de la Gauchetière) Hilary Duff: 19h.SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) Scissor Sisters: 20h.THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND (225, boul.L'Ange-Gardien, L'Assomption) Jeunesses Musicales du Canada.Concert commenté: Des voix qui racontent: 14h.LAFERRIÈRE suite de la page 7 Ah oui, cette phrase de Chateaubriand que Manguel cite dans son Journal d'un lecteur, page 95 : « La mort en nous touchant ne nous détruit pas ; elle nous rend seulement invisible.» Je l'ai lu dernièrement au café Les Gâteries pour un homme d'un certain âge à qui cela ne semblait rien dire.J'imagine que les gens qui sentent le souffle de la mort sur leur nuque (la mort aussi aime les nuques) ne sont pas sensibles aux plaisanteries littéraires touchant le sujet.En fait, la mort n'est pas un sujet pour eux.Toute cette agitation venait du fait que je m'ennuyais si vite des choses et des gens.J'en faisais trop rapidement le tour.Alors, j'allais ailleurs rencontrer d'autres gens, découvrir de nouveaux espaces, ou essayer de différents jeux.Aragon, qui connaissait le problème, ne proposait pas autre chose avec son La vie, c'est changer de café.Depuis un moment, je vais au même café.II.Borges et la rose Cette vitesse dont je parlais tout à l'heure enivre peut-être mais ne produit que du vide.Je ne parle pas ici sur un plan moral ni philosophique, mais plutôt esthétique.Voilà donc la motivation profonde qui m'a fait revenir sur mes livres pour les réécrire, qui m'a fait retrouver Montréal après 12 ans de Miami, qui me fait visiter Port-au- Prince plus fréquemment qu'auparavant.Revoir la même chose sous un nouvel angle.L'impression que je filais ailleurs juste au moment où l'autre allait montrer un nouvel aspect de lui-même.Mon départ précipité me faisait rater le moment magique.Borges \u2014 j'ai oublié dans quel livre \u2014 raconte cette histoire d'un disciple qui cherche le vrai maître.Il va partout pour tomber, chaque fois, sur un charlatan.Certains sont assez rusés pour le garder un moment sous leur coupe, lui promettant ce qu'ils n'ont malheureusement pas, mais il arrive toujours ce moment où le masque tombe.Finalement, il se rend dans une ville où on lui a dit que se trouvait un homme qui possède de vrais pouvoirs.Il le rencontre.C'est, effectivement, un homme exceptionnel, mais au fur et à mesure que le temps passe, il commence à comprendre qu'il n'avait pas les pouvoirs qu'on lui prêtait.Il propose alors au maître de faire une rose, comme si on demandait à un cuisinier de faire une omelette.Le maître tente vainement de créer la rose en mélangeant des ingrédients dans son laboratoire poussiéreux.Très embarrassé et bien peiné, il se lève, remercie gentiment le maître avant de s'en aller.Il était encore dans la cour quand le vieux maître claqua simplement des doigts pour faire surgir une rose fraîche.Le voilà parti trop tôt.Quant à moi, j'ai toujours vu en Borges ce vieux magicien ayant la capacité de transmuer le mot rose en une fleur du même nom.III.Tous des Québécois Un horrible fait divers.De jeunes voyous ont attaqué une vieille dame près de sa voiture, dans un parking.Encore des adolescents, mais ils savent déjà à qui s'en prendre : ceux qui sont sans défense.Ils l'ont frappée et l'ont même poignardée avant de filer avec sa voiture.Ils seront très vite rattrapés, car ce sont de jeunes têtes brûlées et non un de ces groupes bien organisés dont on entend parler de plus en plus.Dès que j'ai entendu l'histoire, je savais que c'était des Haïtiens.À cause du lieu : Montréal-Nord.Et je me suis demandé quand exactement les médias allaient lâcher le morceau.Ils ont tenu un bon moment.Bravo.Je sais qu'il est pratiquement interdit d'identifier les gens par leur race, mais il y a toujours un zozo qui finit par parler d'un « individu de race noire ».On ne dit plus cela maintenant, mais simplement « un membre d'un gang de rue », comme si la rue n'appartenait qu'aux Noirs.Il faudrait un jour analyser sérieusement (Bon Dieu, que fait l'université ?Nous, on n'a pas le temps, ni les moyens intellectuels, pour des études aussi pointues) ces nouvelles métaphores inventées souvent pour contourner les règlements.Bon, à un moment donné, on a su que c'était de jeunes Haïtiens, et la communauté haïtienne semblait en émoi.Et comme toujours, on voit des leaders communautaires évoquer pêle-mêle le manque d'intégration des jeunes, le chômage chronique dans les quartiers populaires, et l'absence de modèles, c'est-à-dire d'individus qui ont réussi dans la communauté.J'ai raconté une histoire très claire, mais un étranger peu habitué aux questions d'immigration aurait du mal à tout comprendre.Il se demanderait d'abord que font des Haïtiens à Montréal-Nord.En fait, il n'y a pas d'Haïtiens au Québec, il n'y a que des Québécois.Et les gens d'origine haïtienne n'ont aucunement à avoir honte des méfaits de ces jeunes voyous québécois.Ils sont nés ici, ils ont été à l'école ici, alors ils sont d'ici.C'est une responsabilité collective.Si un jeune voyou de Pointe-aux-Trembles ou d'Outremont commet un acte répréhensible, on ne dira pas que c'est parce qu'il n'est pas intégré (bien sûr qu'il y a des situations particulières, mais parle-t-on d'intégration à propos des Hells Angels, qui sont plutôt des criminels qui se promènent en groupe ?).Il faut que les leaders communautaires arrêtent de sortir de tels arguments chaque fois qu'un jeune d'une « communauté ethnique » (j'ai de l'urticaire juste à écrire ces mots) commet un méfait.Il y a des tribunaux pour entendre les faits et évaluer les circonstances.D'autre part : on ne manque pas de « modèles » ici, et cela dans de multiples domaines (on a tendance à confondre, de nos jours, un modèle et une vedette).Sauf si vous voulez qu'il soit exclusivement noir et haïtien.Le bien, comme le mal d'ailleurs, n'a pas de race.Arrêtons alors d'inviter uniquement des Noirs pour parler aux Noirs, des Asiatiques pour parler aux Asiatiques, des Indiens pour parler aux Indiens, et des Blancs pour parler aux Blancs.Quand serons-nous une ville, et non une agglomération de villages habités par d'étranges indigènes aux us et coutumes particuliers et n'obéissant qu'à leurs propres règles IV.Une bonne bagarre Cela n'a rien à voir avec Irshad Manji (ou peut-être si), l'auteure de Musulmane mais libre, paru chez Grasset, mais je remarque que chaque fois qu'un musulman critique l'islam, le Coran ou les pays arabes, il devient (presque) à coup sûr une star en Occident.Dans cet Occident où l'on confond tout d'ailleurs : musulman, Coran, islam, arabe, et finalement terroriste.Un peu comme autrefois, on disait l'Occident chrétien en ayant l'impression d'avoir tout dit sur tous les peuples et tous les pays situés à l'ouest du globe.Naturellement, chaque fois qu'un musulman devient une vedette ici, eh bien làbas il est honni.Cette invariable symétrie devrait nous mettre la puce à l'oreille.Regardons simplement les deux titres (en anglais et en français) du livre de Irshad Manji.En anglais, c'est The Trouble With Islam.On pointe du doigt les errements de l'islam, semble-t-il.Ou peut-être qu'on fait remarquer, avec un peu d'humeur, que le problème, c'est l'islam même.Dans les deux cas, un tel titre suggère une analyse assez distanciée de la question.Un certain ton protestant pour qui toute subjectivité ne peut être que péché d'orgueil.Tandis que le titre français place l'auteure au coeur de la mêlée.C'est exclusivement son moi qui parle (Musulmane mais libre).L'individu face à un dragon qu'il finira par terrasser, avec l'aide, bien sûr, de saint Georges.Point n'est besoin d'ajouter que saint Georges, c'est l'Occident dans cette fable bien orientée.Ce choix des titres a beaucoup plus à voir avec les cultures françaises et anglaises qu'avec l'islam.Ainsi donc, l'islam s'exprime différemment suivant qu'il s'adresse à nous en anglais ou en français.De plus, le titre français est d'origine biblique ; c'est une variante du fameux « Je suis Noire mais je suis belle » murmuré par la fiancée du jeune roi (Salomon ?) dans le Cantique des cantiques.Musulmane mais libre remplace enfin « Noire mais belle » qui avait tant choqué les femmes noires au fil des siècles.Ce « mais » leur était resté dans la gorge.Il leur semblait que le fait d'être Noires les rejetait hors de l'univers de la beauté.D'où ces poèmes de Léopold Seddar Senghor sur la beauté des femmes noires.Et plus tard, ce fameux cri des Noirs américains : « Black is beautiful.» La mémoire des peuples blessés est longue.Finalement, on ne peut lire l'autre que par sa propre culture.Aucun dialogue n'est donc possible.Il me semble que ces deux puissances religieuses, politiques et surtout, économiques (je parle de l'islam et de la chrétienté), se préparent à une bonne bagarre.Bon, cela peut bien attendre deux ou trois siècles encore (leur échelle n'est pas la nôtre).Je remarque qu'on n'a jamais autant parlé de l'islam, en Occident, que ces dernières années.D'un strict point de vue médiatique, l'islam fait, ces jours-ci, une jolie percée chez les infidèles.COURRIEL Pour joindre Dany Laferrière : dany.laferriere@lapresse.ca Le bien, comme le mal d'ailleurs, n'a pas de race.Arrêtons alors d'inviter uniquement des Noirs pour parler aux Noirs, des Asiatiques pour parler aux Asiatiques, des Indiens pour parler aux Indiens, et des Blancs pour parler aux Blancs. ARTS ET SPECTACLES Le groupe ontarien en concert au Métropolis SUM 41 en doit une à ses fans CHRISTIAN CÔTÉ CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE SUM 41 a des fans extra ! Disons- le franchement : le groupe punk-pop ne méritait pas un tel accueil lors de son passage à Montréal, vendredi soir.Le plaisir semblait mille fois plus intense au parterre du Métropolis que sur scène.Sans les torrents d'énergie déversés par des centaines de fans en feu, SUM 41 aurait lancé sa tournée canadienne avec un pétard détrempé.Quand on vous dit que le groupe n'avait pas la flamme, c'est que c'était évident.Non que les musiciens aient donné une prestation pourrie \u2014 l'exécution technique était correcte.Mais ils ont plutôt paru à côté de leurs pompes du début à la fin de leur numéro de 75 minutes.Comme décalés, absents ou peu intéressés à être là.Pourtant, les gars lançaient le deuxième volet de leur tournée Go Chuck Yourself, qui parcourt le Canada et le Japon.De quoi fouetter l'esprit des troupes, en principe.En pratique, c'était autre chose.Malgré un accueil on ne peut plus dément qui semblait de bon augure, les SUM 41 ont tenu à garder une réserve inhabituelle.On les souhaitait baveux, ridicules et drôles, on les a trouvés gris et mous, sans étincelles.Pourtant, ce n'était pas la matière à trasher qui manquait dans leur répertoire.Plusieurs des pièces du laser Chuck, paru à l'automne, y ont passé.La cinquième chanson offerte vendredi, We're All To Blame, et son refrain emprunté à la formation System of A Down, est venue déchaîner une tempête dans une foule déjà pas mal agitée.Il manquait l'émotion Un clin d'oeil aux défunts Rage Against the Machine par-ci, un autre à Elvis par-là, quelques harangues vers la foule : on sentait que tout concordait pour donner un show solide.Mais arrivé à l'agressive No Reason, servie en rappel avec The Bitter End, on pouvait confirmer une chose : il ne manquait qu'un ingrédient important.L'émotion.SUM 41 a eu beau administrer quelques autres morceaux tirés de Does This Look Infected et des albums précédents, démontrant que les pièces un peu plus pop pouvaient bien s'allier aux hymnes plus hardcore de Chuck, rien n'y fit.Quelque chose clochait.Quelque chose qui avait à voir avec la sincérité d'un groupe face à ses fans.On sentait que ça n'y était pas, chez les Ontariens.Le pilote automatique a été fortement utilisé ce soir-là et personne ne nous avait averti de cet état de chose.Trop faux pour être cool Même l'esprit irrévérencieux qui semble coller à la peau du quatuor faisait défaut.Le tout semblait forcé et un peu trop faux pour être cool.En fait, Deryck, Cone, Brownsound et Stevo n'avaient pas l'air complètement revenus en mode scène.Le dernier mois de vacances a peut-être été un peu trop faste pour nos gars.Qu'à cela ne tienne : dans la foule, ça ne dérougissait pas.Dans un Métropolis humide, ça sautillait à se donner mal aux mollets.Les fans, même les plus fidèles, semblaient goûter la succession de pièces comme s'il s'agissait de leur première et dernière écoute.Il reste que SUM 41 ne méritait pas des fans aussi démonstratifs et coopératifs.Le groupe est en dette face à ses admirateurs montréalais.Malgré un accueil on ne peut plus dément qui semblait de bon augure, les SUM 41 ont tenu à garder une réserve inhabituelle.On les souhaitait baveux, ridicules et drôles, on les a trouvés gris et mous, sans étincelles.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Après un mois de vacances, le chanteur Deryck, à l'instar des autres membres du groupe SUM 41, n'avait pas l'air complètement revenu en mode scène vendredi soir, au Métropolis.À L'AFFICHE! GVISA GÉNÉRAL (Version française) INSPIRÉ pAR uNE hISTOIRE vRAIE À L'AFFICHE! CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON\" FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE \" FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND \" FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL \" FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT\" LAURIERVICTORIAVILLE CINÉ-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE LE CARREFOUR 10 JOLIETTE CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD\" CINÉ-ENTREPRISE GRANBYGALERIES ST.BASILE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINÉMA 9 ROCK FOREST CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CARNAVALCHATEAUGUAY\" CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINEPLEX ODEON ST.BRUNO CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE GROUPE MATHERS ST.EUSTACHE\" FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON\" FAMOUS PLAYERS PARISIEN\" FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL \" FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL \" VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS THX PRÉSENTÉ EN SON GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS CONSULTEZ LES HORAIRES DES CINÉMAS EBERT & ROEPER «DEUX FOIS BRAVO.» « VOUS METTRA SUR VOS PIEDS, APPLAUDISSANT À TOUT ROMPRE\u2026UN TRIOMPHE CINÉMATOGRAPHIQUE! » Earl Dittman, WIRELESS MAGAZINE COACH CARTER NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBE meilleur film MEILLEUR ACTEUR # DON CHEADLE MEILLEURE CHANSON ORIGINALE # \u201cMILLION VOICES\u201d INTERPRÉTÉE PARWYCLEF JEAN DRAME DRAME ® 3 ©HFPA À L'AFFICHE! GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS AUX ENFANTS MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14\" AMC THEATRES MD FORUM \" CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL \" VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉE NATIONAL BOARD OF REVIEW « DEUX FOIS BRAVO! » -EBERT & ROEPER « UN FILM D'UN RARE COURAGE LAISSANT UN SOUVENIR IMPÉRISSABLE DANS LE COEUR.» -PETER TRAVERS, ROLLING STONE « DON CHEADLE EST MAGNIFIQUE! » -Stephen Holden, THE NEW YORK TIMES 3285717A Le chef Edwin Bélanger n'est plus PRESSE CANADIENNE QUÉBEC \u2014 Le musicien et chef d'orchestre Edwin Bélanger est décédé vendredi, à Québec, à l'âge de 94 ans.Outre ses neuf enfants, il laisse dans le deuil la plus grande famille du monde: celle des amoureux de la musique.Edwin Bélanger fut un musicien d'exception.Toute sa vie, il se sera attaché à prouver qu'on ne naît pas musicien, mais qu'on peut le devenir.Professeur, chef d'orchestre, arrangeur pour la radio de Radio-Canada, violoniste, altiste, directeur de la fanfare du Royal 22e régiment durant 24 ans, le maître fut tout cela et bien plus.Au point où l'on peine à imaginer ce qu'aurait été la musique à Québec sans lui.Né à Montmagny, en 1910, Edwin Bélanger étudie à Paris en 1933 et 1934 avec Carl Flesch.À 25 ans, de retour à Québec, il dirige le Cercle philharmonique de Québec, avant de prendre la tête de l'Orchestre symphonique (OSQ) tel qu'on le connaît.Il osera y présenter des oeuvres modernes.Des oeuvres de compositeurs québécois aussi, au risque de troubler un public très conservateur.Il quittera finalement la direction de l'OSQ en 1951, mais il continuera d'y être invité jusqu'à un âge avancé.Il a aussi été invité à diriger en Europe et aux États-Unis.Demain, à Saint-Michel de Bellechasse, le village qu'Edwin Bélanger avait adopté depuis plus de 50 ans, c'est un peu de l'histoire de la musique de Québec que l'on portera en terre.v.f.de «CLOSER» MEILLEUR FILM NOMINATIONS AUXGOLDEN GLOBES DRAME 5 DONT ® 13 À L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca ANS + «\u2039SPANGLISH\u203a EST UN TRIOMPHE.» Rex Reed, THE NEW YORK OBSERVER «\u2039Spanglish\u203a est formidable.» Patrick Stoner, WHYY-TV (Philadelphia) Version Française «DEUX FOIS BRAVO!» EBERT & ROEPER G À L'AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca VISA GÉNÉRAL «verrsiion ffrrançaiise» G PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! VISA GÉNÉRAL Déconseillé aux jeunes enfants CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou VISITEZ www.ENPRIMEUR.ca AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE CINÉMA GALERIES GRANBY LE CARREFOUR 10 JOLIETTE MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 LES CINÉMAS LANGELIER 6 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL LES CINÉMAS GUZZO PARADIS MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO CINÉMA GALAXY VICTORIAVILLE LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 CINÉMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CAPITOL ST-JEAN CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 VERSION FRANÇAISE 3285910A Victoria de Los Angeles meurt à l'âge de 81 ans ASSOCIATED PRESS MADRID \u2014 La soprano espagnole Victoria de Los Angeles, l'une des plus célèbres cantatrices espagnoles dont la carrière s'est étendue sur un demi-siècle, est décédée hier dans une clinique de Barcelone, sa ville natale.Elle avait 81 ans.Hospitalisée le 31 décembre à la clinique Teknon pour une bronchite, elle a sombré dans le coma et a succombé à des complications cardiorespiratoires, a précisé Carmen Urgell, porte-parole du théâtre Liceo où elle avait entamé sa carrière à l'opéra en 1945, à l'âge de seulement 22 ans, dans le rôle de la comtesse dans Les Noces de Figaro de Mozart.Née dans une famille de musiciens en 1923, Victoria de Los Angeles expédie en seulement trois ans les six années d'études au Conservatoire du Liceo, dont elle sort avec les honneurs à l'âge de 18 ans.Trois ans plus tard, elle fait ses débuts dans Les Noces au Liceo.C'est le coup d'envoi d'une longue carrière qui la verra chanter au côté des plus grands chefs d'orchestre de l'époque : Thomas Beecham, John Barbirolli, Herbert von Karajan, Georg Solti ou encore Zubin Mehta.À l'âge de 24 ans, elle remporte le premier prix au Concours international de chant de Genève.Cette distinction lui permet d'être repérée par des producteurs de la BBC qui lui confient le rôle de Salud dans La Vie brève, de son compatriote Manuel de Falla, début d'une longue série de rôles lyriques.Au fil de sa carrière, Victoria de Los Angeles se produira dans les salles lyriques les plus prestigieuses du monde, de l'Opéra de Paris au Covent Garden de Londres, de La Scala de Milan au Met de New York.Sa voix était appréciée pour sa parfaite maîtrise tonale et son apparente facilité à monter en puissance.PHOTOARCHIVES AP La chanteuse Victoria de Los Angeles photographiée en 1999.Mort du batteur de Jefferson Airplane Spencer Dryden, le batteur du légendaire groupe de rock américain Jefferson Airplane, est mort du cancer.Il avait 66 ans.Dryden, qui est mort mardi dernier à son domicile californien, avait totalement cessé de se produire sur scène il y a 10 ans.Dryden a fait partie du Jefferson Airplane durant les années glorieuses du groupe, à partir de sa révélation en 1967 avec le disque Surrealistic Pillow, et avait joué dans les festivals historiques de rock comme Woodstock et Altamont.Il avait remplacé à la batterie Skip Spence, qui était parti pour Moby Grape, un autre groupe de rock de l'ère Fillmore à San Francisco.Dryden avait quitté le Jefferson Airplane en 1970. VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES .Pas de repos pour la guerrière Milla Jovovich est plus en forme que jamais pour faire valser les zombies dans Resident Evil: Apocalypse.Et accessoirement, souligne le magazine Ciné Live, pour confirmer, à 29 ans, sa position d'actrice de film d'action.Le pouvoir aux femmes QRipley dans Alien, Sarah Connor dans Terminator, Lara Croft dans Tomb Raider ou Alice dans Resident Evil.Vous pensez que les femmes vont garder le dessus et continuer à avoir autant de succès que les hommes dans les films d'action ?REt même plus (rires).Chaque année les femmes deviennent de plus en plus fortes, elles sont de plus en plus présentes dans les films, les médias, la politique.Les films d'action avec des héros ont été si souvent faits et refaits qu'on a l'impression d'avoir déjà tout vu.Le film d'action avec une héroïne reste encore un territoire à explorer.QMais ça reste pourtant interchangeable.Qu'il s'agisse d'un héros ou d'une héroïne, il y a toujours des méchants, de l'aventure, de l'action.RSauf que c'est toujours plus excitant de voir des femmes botter quelques culs sur grand écran (rires).De les voir maîtriser la situation.Elles sont superbes, sexy, fortes, intelligentes.Toutes les femmes peuvent relever ce défi.Milla Jovovich Harrison Ford à Fallouja Harrison Ford devrait être la tête d'affiche du premier long métrage \u2014 encore sans titre \u2014 qui traitera de l'intervention américaine en Irak ; le film sera adapté d'un roman à paraître en mai prochain, No True Glory: the Battle for Fallujah, de l'ancien marine et correspondant de guerre Bing West.Après le massacre et la mutilation de quatre Américains sur la place publique, la Maison-Blanche a ordonné l'assaut d'une base d'insurgés irakiens à Fallujah.Menés par le général Jim Mattis, que devrait interpréter Harrison Ford, les marines s'attaquèrent à la « forteresse », perdant dans leurs rangs 28 soldats.Au bout de 48 heures, les autorités américaines ont réclamé le retrait des troupes.Six mois plus tard, les militaires prenaient définitivement le contrôle de la base ; 50 d'entre eux ont trouvé la mort dans ce nouvel assaut.Tati relancé Au début des années 60, Jacques Tati devait tourner un film intitulé L'Illusionniste, qu'il avait coécrit avec Jean-Claude Carrière et qui racontait une histoire d'amour entre un magicien et une servante d'auberge dans l'est de l'Europe.Le réalisateur des Triplettes de Belleville, Sylvain Chomet, pourrait porter ce projet avorté à l'écran, sous la forme d'un film d'animation.Dennis Quaid, cowboy chantant Trois casquettes pour Dennis Quaid : celles d'acteur, de scénariste et de réalisateur pour son prochain long métrage Shame on You.Il passera pour la première fois derrière la caméra pour se mettre en scène dans ce drame racontant le destin tragique de Spade Cooley ; ce cowboy chantant qui a été condamné à la prison ferme pour avoir tué sa femme en 1961 et a été libéré en 1969 pour donner un concert durant lequel il a succombé à une crise cardiaque.Iron Man grand écran Iron Man, héros des bandes dessinées Marvel au même titre que Spider-Man et Daredevil, a trouvé son réalisateur: Nick Cassavetes, qui s'attaque ainsi à un registre inhabituel pour lui, celui des super-héros.Iron Man est l'appellation de combat de Tony Stark, magnat de l'industrie en lutte contre les forces du mal.Pour accomplir sa mission de justicier, il est paré d'une armure hors du commun.La sortie du film est prévue pour l'été 2006.E X P R E S S Pour se lancer dans la mise en scène, Russell Crowe a choisi The Long Green Shore, un roman de John Hepworth qui retrace la mission d'un bataillon australien pendant la Seconde Guerre mondiale chargé de débarrasser la Nouvelle-Guinée d'une poignée de Japonais en retraite.Kate Hudson va produire et jouer dans le « remake » d'Une femme qui s'affiche (1954) ; il s'agit de l'histoire d'une actrice prête à tout pour réussir.Vivre (1952), le classique d'Akira Kurosawa sera revisité par l'Irlandais Jim Sheridan.Avec Tom Hanks dans le rôle principal, celui d'un modeste employé de bureau qui, apprenant qu'il est atteint d'une maladie incurable, décide de créer un terrain de jeu dans un quartier pauvre.Patrick Bruel et Sandrine Bonnaire seront réunis pour la première fois à l'écran dans Skid, une comédie policière noire dont le tournage devrait commencer le mois prochain.Sources : The Hollywood Reporter, Variety, Premiere, Movieline Harrison Ford TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 31 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 19 VD VDO Qui dit vin.LES LÉGENDES DE RITA (4) de Volker Schlöndorff LE VIOL D'UNE JEUNE FILLE DOUCE (4) de Gilles Carle À la di Stasio Écran libre Maux d'amour Une pilule dure à avaler?Il va y avoir du sport! 3269636A THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 19H TV5 SOLIDARITÉ AVEC L'ASIE DU SUD Une soirée spéciale de France 2 animée par Michel Drucker où artistes et personnalités se mobilisent pour aider les victimes du tsunami.19H30 a CINÉ DIMANCHE: TITANIC Quatre heures intenses avec Leonardo Di Caprio et Kate Winslet.20H a GALA EXCELLENCE LA PRESSE\u2014RADIOCANADA Cette soirée célèbre 52 Québécois qui ont brillé au cours de la dernière année.Laquelle, parmi ces 52 Personnalités de la semaine, recevra la plus haute distinction?Christian Bégin anime ce gala mettant en vedette Rufus Wainwright et les soeurs Mc Garrigle, Pierre Lapointe, Coral Egan, France D'Amour, Luce Dufault, Benoît Charest et Béatrice Bonifassi, Jean-René Dufort et d'autres.20H g NBC SPECIAL: THE 2005 GOLDEN GLOBE AWARDS La 62e soirée de ces prix tant convoités commence à 20h, mais les plus curieux ne voudront pas manquer l'arrivée de tout ce beau monde sur le tapis rouge (19h) ni l'émission spéciale qui suivra (23h30) dans les coulisses de cette prestigieuse soirée.20H CBC THE HAMBURG CELL Un téléfilm dramatique \u2014 et crédible \u2014 sur les préparatifs des attentats du 11 septembre 2001 racontés du point de vue des terroristes! 21H Z GAMERZ Des fous de jeux vidéo partagent leur passion, leur ivresse et leurs stratégies! Les matches retransmis en direct sont commentés par Éric Ménard, Caroline Martin et l'analyste Alexandre Neszvecsko.Le Téléjournal Découverte / Cellules souches et cancer Et Dieu créa.Laflaque Gala Excellence La Presse - Radio-Canada / Rufus Wainwright et les soeurs Mc Garrigle, Pierre Lapointe, France D'Amour, Luce Dufault Le Téléjournal Pleins Feux / Maestro, Yannick Nézet-Séguin LES DERNIERS JOURS (23:35) Le TVA 18 heures L'École des fans / Les Meilleurs Moments TITANIC (3) avec Leonardo Di Caprio, Kate Winslet Le TVA Qui dit vin.Écran libre / Louise Portal Il va y avoir du sport! / Nathalie Petrowski LE VIOL D'UNE JEUNE FILLE DOUCE (4) avec Julie Lachapelle, Daniel Pilon LES LÉGENDES DE RITA (4) avec Bibiana Beglau, Martin Wuttke (21:31) Maux d'amour (23:19) MISSION: IMPOSSIBLE (3) avec Tom Cruise, Jon Voight LE CLONE (5) avec Jean-Claude Van Damme, Michael Rooker (20:15) Le Grand Journal (23:15) Automania (23:45) News E.T.Desperate Housewives The Golden Globe Awards CTV News News News THE EMPEROR'S NEW.(17:00) Marketplace Venture THE HAMBURG CELL (4) avec Karim Saleh, Kamel Sunday Night Mary Walsh: Open Book Special ABC News .Athlete Extreme Makeover:Home Edition Desperate Housewives Boston Legal Will & Grace NFL Football / Séries éliminatoires: Colts - Patriots (16:30) 60 Minutes Cold Case CSI:New York News .Raymond News NBC News Golden Globe Arrival Show 62nd Annual Golden Globe Awards NBC Special Ballykissangel Summer Wine Waiting.God Nature / Snow Leopard Masterpiece Theatre / He Knewhe was Right TOPPER RETURNS (4) avec Roland Young Bobby Darin:Mack is Back (17:30) Ind.Lens Find & Design Caesars 24/7 WINDTALKERS (4) avec Nicolas Cage, Adam Beach CSI:Miami Relais.Les Fous.Ces enfants d'ailleurs L'Actors Studio Thema / La Loire EUGÉNIE GRANDET (3) avec Jean Carmet .(23:25) Dead Famous: James Dean Arts&Minds Landscape.Harry Gulkin: Red Dawn.AWALK IN THE CLOUDS (4) avec Keanu Reeves, A.Sanchez-Gijon COMING HOME (3) Québec en humour Docu-d / Génération \"Boomer\" Sans détour / Ben Johnson NYPD Blue 48 heures Pour une agriculture équitable Lachimie.com Home Biz TV Planète Terre Contexte.des psychotropes L'ère du développement.Initiation à l'astronomie Frontiers of Construction Discovery Channel Special Discovery Presents / Dive to Bermuda Triangle Myth Busters Discovery Channel Special Itinéraires de rêve / Virginie Asslama .l'Espagne .des restos .le spa Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides / Voyage spirituel Documentaires européens Disney (18:06) Tremors (18:33) Radio Free.(19:50) Are you Afraid of the Dark (20:16) CHARIOTS OF FIRE (3) avec Ben Cross, Ian Charleson LADYHAWKE (4) (23:04) Jack & Bobby King of the Hill Malcolm.The Simpsons Arrested Development Family Guy Charmed The Mountain NFL Football / Séries éliminatoires: Colts - Patriots (16:30) My Big Fat Obnoxious Boss Crossing Jordan .Sunday Sports Trouvailles et Trésors Made in Québec / Citadelle Pare-chocs à pare-chocs JAG LE MISSISSIPPI BRÛLE (4) avec Gene Hackman, Willem Dafoe The Sea Hunters Antiques Roadshow Britain's Real Monarch LEGENDS OF THE FALL (5) avec Brad Pitt, Aidan Quinn Style Star Fashion File Taking it off Head to Toe Sexy Girl Crash Test Mommy .on Top Skin Deep Taking it off Les Idoles.nos idoles Nostalgia / Michel Rivard Musicographie / Gloria Estefan Week-end de stars / Gloria Estefan Musicographie / Gloria Estefan Top5M+.Top5M+.Ashlee.Babu à planche Crampe.Viva la Bam Les pourris.Pauvres.Les Jeunes.Le Mike.Pimp mon char Noir de monde American Dreams Extreme Makeover .arménien Acasa Boston Legal Teleritmo BBC News Country.the fifth estate CBC News: Correspondent CBC News: Sunday Night Death on the Staircase: Crime Scene or Accident?Michaëlle / Daniel Pinard Le Journal La Part.Ushuaïa Nature Le Téléjournal Le Point 5 sur 5 Le Journal Second Regard NFL Football / Colts - Patriots (16:30) Golf PGA / Sony Open - dernière ronde Sports 30 En forme.NFL Football / Vikings - Eagles Les Soeurs Mc Leod Saint-Tropez, sous le soleil Pour la cause L'Oeil du crime L'Heure de vérité Les Experts Prime Suspect INFERNO (5) avec Ray Liotta, Gloria Reuben Trailer Park Boys Six Feet Under .(23:15) Battlestar Galactica Smallville Star Trek: Enterprise BRAM STOKER'S DRACULA (3) avec Gary Oldman, Winona Ryder Sportsnetnews CHL Hockey / Regina - Calgary Sportsnetnews World Sport Degrassi.théâtre Panorama Éclaireurs Musique de chambre.BOUDU SAUVÉ DES EAUX (3) avec Michel Simon .(22:40) Rythmes du monde Overhaulin' Trading Spaces: Family Crop Circles: in Search of a Sign Area 51: Fact of Fiction Noah's Ark:The True Story Trading Spaces: Family Sportscentre PGA Golf / Sony Open - dernière ronde .Primetime Sportscentre Tennis Eteen .le meilleur Zéroman Duck.Les Simpson Futurama Duck.Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama Passepart Journal FR2 Solidarité avec l'Asie Écrans.Le Journal Kiosque Workforce Rough.Vox Renegadepress AN AUTUMN SHROUD (4) avec Warren Clarke, Colin Buchanan The Viewfrom Here Diplomatic.Film 101 Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose .Ménage Dre Nadia.toute confidence Une chance qu'on s'aime! Le sexe dans tous ses ébats Révélation Planifiez.Boxe Rock Parole et Vie Ma maison Point de vue 100% écolo City Life Gilmore Girls Le Temple de la renommée Drake & Josh 15/Love Gilmore Girls YTV's Hit List Girlz TV Fries with that 15/Love Radio Active Fries with that Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Gamerz La Patente E.Sexe Tru Calling Un monde bizarre (22:15) North Country Ballet Ensemble / Nutcracker Get Down Tonight:The Disco Explosion CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES DANSE Le Lait de vache STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Il était une fois une famille de fermiers et leurs deux vaches.Ainsi se présente Le Lait de vache, la toute dernière création du chorégraphe montréalais Jean-Sébastien Lourdais.Le jeune homme, d'origine française, fait partie de cette nouvelle génération de chorégraphes qui affectionne l'humour et l'absurde.Dans un décor bucolique digne d'un livre d'images pour tout-petits, Lourdais, qui joue le rôle du narrateur, nous présente la petite famille : madame, d'allure un peu nunuche, ses mignonnes fillettes et l'ado léthargique.Et puis il y a monsieur.et sa face de boeuf.Pas commode, le fermier ! Il faut le voir beuglant après ses vaches \u2014 «Enwèye ! Enwèye !» \u2014 jusqu'à les faire danser et même marcher sur deux pattes.Puis, retour au beau fixe.Les fillettes, ricaneuses et excitées comme des puces, célèbrent leur anniversaire (« Vos yeules, les filles ! » beugle de temps en temps le fermier).Une représentante, ma foi assez étrange, de la célèbre compagnie La Vache qui rit, vient inspecter les fameuses vaches si douées et tombe littéralement sous leur charme.Et puis, il y a l'ado qui passe, de temps en temps, en marmonnant quelque chose d'incompréhensible.Le public s'amuse ferme à la vue de ces êtres caricaturaux, à la gestuelle rentre-dedans, pleine d'élan.Car tout ça, c'est bien mignon et très drôle, quoiqu'un peu longuet.D'ailleurs, on finit quand même par se demander à quoi peuvent bien rimer toutes ces simagrées.Et puis, tout à coup, pan ! dans les dents! L'ado, qui jusque-là n'était qu'une ombre passagère, refait surface.Et elle se lance, sans crier gare, dans une explosion corporelle et verbale des plus complètes.Elle hurle, titube, se pitche ! Et au beau milieu de tout ce délire, le spectateur finit par discerner ce qu'elle marmonne depuis le début : les « Enwèye ! Enwèye !» de son con de père.Sa rancoeur envers cet homme est si terrible qu'elle explose de partout.Et on comprend tout à coup que le but de tout ce cirque, c'est elle, sa révolte, celle qu'elle accumule d'ailleurs au nom de sa mère, de ses soeurs, même des pauvres vaches.Une chute simple, magnifique, qui donne froid dans le dos.Bravo ! Pan! dans les dents! VENEZ RENCONTRER LES AUTEURS DE L'AUTO 2005 AU KIOSQUE DE LA PRESSE DU SALON INTERNATIONAL DE L'AUTO DE MONTRÉAL ET VENEZ PROFITER DE NOTRE OFFRE SPÉCIALE À L'ACHAT DU LIVRE L'AUTO 2005 Vendredi 21 janvier 19h à 21h Samedi 22 janvier 11h à 14h Éric Lefrançois Samedi 22 janvier 14h à 17h Éric Descarries Jeudi 20 janvier 14h à 18h Alain Raymond Samedi 15 janvier 13h à 16h Dimanche 16 janvier 13h à 16h Alain Mc Kenna 3285983A PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE © Marc Messier, en compagnie de ses deux comparses de Broue, Michel Côté et Marcel Gauthier, photographiés en 1999 à l'occasion du 20e anniversaire de la pièce.Une année à la fois Cesoir Télé-Québec ça change de la télé 17 h 18 h À la di Stasio Botanas, salsa, guacamole, chili, fondues au fromage.19 h Il va y avoir du sport! La pilule qui fait maigrir et l'interdiction du skidoo dans nos campagnes.Geneviève Brouillette et les vins d'Alsace.Qui dit vin.Animation : Chrystine Brouillet Invité : Philippe de Vienne nouveau rendez-vous nouveau rendez-vous Animation : Marie-France Bazzo Invitée : Nathalie Petrowski 3269730A MARC MESSIER suite de la page 7 La vie sans Broue Lorsque je demande à Marc Messier ce que sa vie serait sans Broue, il ne sait trop quoi imaginer, sinon sa situation financière.« Disons que j'aurais un chalet plutôt qu'une maison à la campagne et que je vivrais sans doute dans le Plateau plutôt que dans une cabane d'Outremont.En revanche, j'aurais peut-être travaillé davantage et participé à plus de projets différents.Pourtant, côté travail, Marc Messier a été plutôt bien servi.Il a tourné dans une dizaine de films, dont Une histoire inventée et Le Vent du Wyoming, d'André Forcier.À la télé, le personnage de Marc Gagnon de Lance et Compte a préparé le terrain pour une foule de rôles dans les séries Urgence, Omertà, Paparazzi.Finalement, La Petite Vie, où, pendant cinq ans, il a incarné l'ineffable Réjean, a consacré à jamais ses talents de comique.Au théâtre, il a joué Broue au-delà de 2500 fois et trouvé le temps, entre deux bocks de bière, de jouer dans Appelez-moi Stéphane, Les Voisins et, plus récemment, Les Noces de tôle, de Claude Meunier.Marc Messier a peut-être souvent dit non à l'amour mais certainement pas au travail.Il reconnaît avoir travaillé comme un malade, sautant sur chaque occasion professionnelle qui se présentait, sans doute pour calmer des insécurités artistiques qui refusaient de se taire.Mais l'arrivée d'un nouvel enfant a tout fait basculer.Alors qu'il avait à peine vu grandir sa fille tant il était occupé à travailler, Messier a décidé que, cette fois, la paternité passerait avant le travail.C'est ainsi que, pressenti pour jouer aux côtés de son grand ami Claude Meunier dans Détect Inc., il s'est désisté en apprenant qu'il allait être père.Pendant le tournage de Grande Ourse (le seul projet qu'il tenait à faire), son horaire a été entièrement organisé en fonction de celui de fiston, cette année comme l'année dernière.Et aujourd'hui, alors qu'il s'apprête à repartir pour une courte tournée avec Broue, il admet qu'il n'a pas d'autre projets à l'horizon que de passer le plus de temps possible avec sa femme et son fils.De toute évidence, la domesticité, dont il a longtemps été privé, est une grande nouveauté dans la vie de Marc Messier.Il a la ferme intention d'en profiter et de rattraper le temps perdu.Le voilà encore à l'envers du monde, comme toutes les fois où il s'est levé à 4 h du matin pour réaliser ce que ses semblables endormis étaient en train de rêver.COURRIEL Pour joindre Nathalie Petrowski: nathalie.petrowski@lapresse.ca 3286195A DERNIER FILM Sideways, d'Alexander Payne.Film sur la crise de la quarantaine de deux amis.DERNIER LIVRE Une vie française, de Jean-Paul Dubois.Éditions de l'Olivier.DERNIER DISQUE Rufus Wainwright.OEUVRE-CHOC Le film Citizen Kane, du grand cinéaste Orson Welles.ARTISTE INSPIRANT Yvon Deschamps ACTEURS FÉTICHES De Niro, Pacino mais aussi Marcello Mastroianni.S'IL ÉTAIT UNE VILLE Paris S'IL ÉTAIT UN PERSONNAGE DE L'HISTOIRE René Lévesque UN AUTRE QUE LUI-MÊME Boris Vian 3244848A QUELS SONT VOS INTÉRÊTS EN DEHORS DE LA RECHERCHE?J'aime beaucoup la poésie, française en particulier.En musique, je suis fidèle à mes héros de toujours: le pianiste Vladimir Horowitz, le baryton Leonard Warren.LA PRINCIPALE QUALITÉ D'UN MÉDECIN ?L'empathie.C'est la clef.On doit reconnaître la souffrance du malade et l'accompagner dans le temps.En psychiatrie, c'est exigeant: rien se fait en peu de temps.JUSTEMENT, PARLONS DU TEMPS.Une petite phrase pleine de sagesse: «Les heures ne comptent pas à moins qu'elles soient sereines.» LA PERSONNALITÉ DDEE LLAA SSEEMMAAIINNEE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN «Les personnes avec une déficience intellectuelle, comme les autres êtres humains, naissent libres et égales en dignité et en droits.» L'article 1 de la déclaration de Montréal sur la déficience intellectuelle souligne d'entrée de jeu l'esprit dans lequel elle a été adoptée, en octobre dernier, à la Conférence internationale OPS/OMS de Montréal sur la déficience intellectuelle.Cette conférence était présidée par le psychiatre Gaston P.Harnois.Gaston P.Harnois PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © ANNE RICHER e Dr Harnois dirige le Centre collaborateur de l'Organisation panaméricaine de santé (OPS), Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la consultation et la recherche en santé mentale, qui fait partie du centre de recherche de l'hôpital Douglas.Pour son rôle de leader, de consultant international et de professeur, et parce qu'il a cherché toute sa vie à améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de maladie mentale, La Presse lui accorde son titre de personnalité de la semaine.Les parias, les exclus «On confond toujours maladies mentales et déficience intellectuelle.Cette dernière touche 3% de la population mondiale», dit le Dr Harnois, qui ajoute que les connaissances en matière de déficience sont limitées.Quant aux problèmes de santé mentale, ils font encore l'objet de tabous, d'exclusions, de crainte.«Un infarctus ou un cancer, voilà des maladies quantifiables, visibles.Mais ce qui se passe dans la tête risque d'être contagieux, peut-être.» Pince-sans-rire, le médecin, qui a longtemps fait des recherches dans les archives de l'hôpital Douglas, a déniché une pétition signée à la fin du siècle dernier par des agriculteurs des alentours, qui demandaient qu'on n'installe pasde fous dansl'entourage de leurs troupeaux, de crainte.que leurs vaches ne deviennent folles! «Vous voyez que la vache folle, ça ne date pas d'hier!» L'organisme qu'il dirige s'est donné des rôles consultatif, scientifique et éducatif.La recherche en vue de la formulation d'une politique nationale en santé mentale au Mexique a été un mandat important.Mais le médecin et son équipe s'attaquent maintenant à un phénomène qui prend de l'ampleur, au sujet duquel un rapport pour le compte de l'OMS sortira en mai: celui des problèmes de santé mentale en milieu de travail.«Temps de travail, bruit, harcèlement, non-performance.Il en coûte 30 milliards par année aux entreprises et aux compagnies d'assurances en absentéisme, remplacement, compensations.L'organisation du travail est peut-être un facteur de risques.» Petit tambour Le psychiatre est aussi chanteur d'opéra, baryton plus précisément.«La musique a été bonne pour moi», reconnaît-il.Omniprésente, cette musique.Lorsqu'il avait 3 ans, ses parents l'ont perdu dans les rues de Shawinigan parce que le petit blond avait suivi la fanfare.Il a fréquenté le même jardin d'enfance que Jean Chrétien.À l'adolescence, déjà il se passionne pour l'âme humaine.Tenté par la carrière musicale un peu, car il a du talent, c'est finalement la médecine qui l'emporte.Et la psychiatrie.Un cliché: peut-être pour se comprendre luimême?«Oui, mais surtout pour comprendre le véhicule des émotions, leur fonctionnement.» Pourtant, personne autour de lui ne souffre de maladie mentale.Il était aux États-Unis, boursier du gouvernement du Québec, lorsque le président Kennedy a été assassiné.«L'interface entre la folie et la criminalité devient évidente.» Il fait donc deux années de droit pour comprendre la partie judiciaire de la problématique.Les Américains ont voulu le garder, mais il a craint l'assimilation.Revenu au Québec, marié et père de trois enfants, il pratique à Hull et met sur pied l'hôpital Pierre-Janet.«Où je découvre ma passion pour l'organisation des choses.» Puis il rentre à Montréal pour devenir le premier directeur général francophone de l'hôpital Douglas, poste qu'il a occupé de 1971 à 1988.«Le plus grand plaisir que je tire de mon travail est de côtoyer mes semblables, de qui j'ai beaucoup appris, de reconnaître l'excellence là où elle se trouve.Et pour conserver sa sérénité, parole de psychiatre, rien de tel que de faire la part des choses, de relativiser, et de garder sa bonne humeur.» «Pour conserver sa sérénité, parole de psychiatre, rien de tel que de faire la part des choses, de relativiser, et de garder sa bonne humeur.» "]
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