La presse, 27 décembre 2004, P. Plus
[" M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 PLUS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ENVOYÉS SPÉCIAUX DE BAMAKO À BAGDAD, EN PASSANT PAR LA GRÈCE ET L\u2019OUGANDA, NOS JOURNALISTES ONT SILLONNÉ LA PLANÈTE EN 2004.ILS EN ONT RAPPORTÉ DES SOUVENIRS, DES ANECDOTES, SOUVENT DRÔLES, PARFOIS DRAMATIQUES.DANS CE CAHIER DE FIN D\u2019ANNÉE, ILS PARTAGENT CES MOMENTS AVEC VOUS.À LIRE AVEC DÉLICES.1.Une jeune Soudanaise, réfugiée dans un camp du Darfour: comme 1,6 million des siens, elle a dû quitter biens et maison en raison du conflit qui oppose deux mouvements rebelles de la région.n 2.L'été dernier, des milliards de criquets pèlerins se sont abattus sur l'ouest de l'Afrique.Une chasse amusante pour des enfants, une catastrophe pour les récoltes.n 3.Un jeune Bagdadi soulève une photographie du chef chiite Moqtada Al-Sadr, symbole de la résistance à l'invasion américaine en Irak.n 4.La sprinteuse Perdita Felicien, espoir olympique canadien, pleure de déception après sa chute dans les premières foulées du 100 mètres haies à Athènes.n 5.Le visage ravagé par un empoisonnement à la dioxine, le leader ukrainien Viktor Iouchtchenko a néanmoins continué à faire campagne, obtenant la tenue d'un nouveau scrutin après une première élection présidentielle entachée d'irrégularités.n 6.Un colon israélien protège sa fille durant une attaque menée par des militants palestiniens.n 7.Cent quatre-vingt-onze morts, 2000 blessés: les attentats de Madrid, en mars dernier, étaient les plus meurtriers à survenir en Occident depuis le 11 septembre 2001.n 8.Le perdant de l'une des campagnes présidentielles les plus suivies des dernières décennies: John Kerry.2 PIERRE HOLTZ / REUTERS © 3 CEERWAN AZIZ / REUTERS © 4 M.LEODOLTER / AFP PHOTO © 1 5 6 7 ANDREA COMAS / REUTERS © 8 PAUL CHIASSON / CP © EDI ISRAEL / AP PHOTO © FINBARR O\u2019REILLY / REUTERS © ROBERT SKINNER / LA PRESSE © 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX 2004 JANVIER FÉVRIER Tragédie aérienne en Égypte.Un avion avec 148 personnes à bord, dont 133 touristes français, s\u2019abîme dans la mer Rouge quelques minutes après le décollage.Il n\u2019y a aucun survivant.3 Quelques heures après avoir réussi son atterrissage sur la planète Mars, la sonde américaine Spirit achemine ses premières photographies de la planète rouge.4 Le recteur du Grand Séminaire de Montréal Marcel Demers annonce que les futurs candidats à la prêtrise devront passer un test de dépistage du sida.Les groupes de défense des droits des homosexuels sont indignés, y voyant une forme de discrimination.10 JOURNÉE DE TENSIONÀKANESATAKE OÙ DES OPPOSANTS AU MAIRE JAMES GABRIEL BRÛLENT SA MAISON À LA SUITE DU CONGÉDIEMENT DU CHEF DE POLICE, JUGÉ TROP MOU DANS SA LUTTE CONTRE LES CONTREBANDIERS DE CIGARETTES.12 Pour la seconde fois en moins d\u2019une semaine, le Québec est plongé dans une vague de froid, au point qu\u2019Hydro-Québec demande aux citoyens de réduire leur consommation d\u2019électricité.13 Le chef de la mafia montréalaise Vito Rizzuto est arrêté chez lui par des policiers de la GRC et de Montréal à la demande des autorités américaines qui l\u2019accusent d\u2019être l\u2019auteur de trois meurtres commis à New York en 1981.20 Commotion dans le milieu hospitalier de Montréal.L\u2019hôpital Sainte-Justine lance un rappel auprès de 2614 jeunes patients opérés entre 1990 et 2003 par une chirurgienne pédiatrique séropositive.Le médecin, Dr Maria Di Lorenzo, s\u2019était éteint quelques mois plus tôt.22 Àquelques jours de son retour au Canada, le caporal Jamie Murphy, 26 ans, de la base de Petawawa, meurt au cours d\u2019un attentat suicide près du camp Julien de Kaboul.Il s\u2019agit du septième soldat canadien à mourir en Afghanistan.Trois militaires de Petawawa sont aussi blessés dans l\u2019attaque.27 La Cour suprême du Canada décrète dans un jugement (6 voix pour et 3 voix contre) que la fessée donnée par les parents ou les professeurs aux enfants reste un châtiment acceptable.La Cour fixe toutefois des balises encadrant la sévérité des châtiments corporels.30 10 PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Texte et recherche : ANDRÉ DUCHESNE La vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser dépose un rapport dévastateur à l\u2019endroit du gouvernement fédéral concernant le programme de gestion des commandites.L\u2019ambassadeur canadien au Danemark Alfonso Gagliano est rappelé et le premier ministre Paul Martin instaure une commission d\u2019enquête publique.Haïti La justice du peuple PHOTO DANIEL AGUILAR, ARCHIVES REUTERS L\u2019année 2004 a été celle de tous les bouleversements en Haïti.Le séisme politique a précédé les catastrophes climatiques.Ici, un présumé assassin à la solde du président exilé Jean-Bertrand Aristide est détenu par des citoyens de Petit Goave, au sud de Port-au- Prince.L\u2019insomnie avant l\u2019insoutenable Michèle a passé un mois en Afrique : deux semaines au Mali et deux semaines au Tchad.Deux pays, quatre sujets de reportage, dont l\u2019excision et les camps de réfugiés du Darfour.Grosse commande, méchante logistique.MICHÈLE OUIMET MALI Cette nuit-là, j\u2019ai mal dormi.Le ronronnement du climatiseur n\u2019arrivait pas à calmer mes angoisses.Dehors, il faisait une chaleur d\u2019enfer, l\u2019air était moite, lourd.En Afrique, la nuit est toujours chaude, même en hiver.On était en septembre.J\u2019étais au Mali depuis deux semaines, un pays sub-saharien qui a réussi à prendre le virage de la démocratie.Le Mali tranche avec les États africains déchirés par une guerre civile ou tourmentés par des dictateurs qui font fi des droits les plus élémentaires de la population, comme celui de voter lors d\u2019élections qui ne sont pas truquées et de critiquer le régime sans risquer de se faire jeter en prison.Comme au Tchad, un pays logé au coeur de l\u2019Afrique.Ma prochaine destination après le Mali.J\u2019ai passé un mois en Afrique : deux semaines au Mali et deux semaines au Tchad.Deux pays, quatre sujets de reportage, dont l\u2019excision et les camps de réfugiés du Darfour.Grosse commande, méchante logistique.Angoisse et nervosité Dans le silence de ma chambre où le ronron du climatiseur étouffait les bruits de la nuit africaine, je baignais donc dans mes angoisses.Ce n\u2019était pas le Tchad, avec ses centaines de milliers de réfugiés du Darfour entassés dans des camps de fortune, qui m\u2019empêchaient de fermer l\u2019oeil, mais plutôt la perspective de me lever à 5h du matin pour assister à une séance d\u2019excision.Je fixais avec obstination les chiffres lumineux de mon réveille-matin.Trois heures.Incapable de m\u2019endormir, tourne dans le lit, jette, pour la millième fois, un oeil sur le réveil.Quatre heures.Misère.Rien à faire.Je me sentais nerveuse à l\u2019idée de voir des fillettes se faire trancher le clitoris avec une lame de rasoir manipulée par une exciseuse.Au Mali, 95% des femmes sont excisées \u2014 une pratique barbare qui horrifie les Occidentaux.Mais au coeur de l\u2019Afrique, où l\u2019excision est une coutume solidement établie depuis la nuit des temps, l\u2019indignation s\u2019effiloche.Seule une poignée de femmes et d\u2019hommes maliens s\u2019opposent à l\u2019excision.Ils ont formé une association, l\u2019Amsopt, qui se bat avec un minuscule budget et une équipe famélique.J\u2019avais contacté la responsable de l\u2019Amsopt, Kadidia Sidibé, avant de partir en Afrique et elle m\u2019avait expliqué que je ne pouvais pas assister à une séance d\u2019excision, encore moins avec un photographe, un homme de surcroît.Ça ne se fait pas, avait-elle précisé.Par contre, nous pouvions visiter un village, Makono, situé à une centaine de kilomètres de la capitale, Bamako, avec un travailleur de l\u2019Amsopt.Grâce au patient travail de l\u2019Association, le village a abandonné la pratique de l\u2019excision, mais la tâche a été rude et longue.Quatre ans d\u2019efforts et de sensibilisation, quatre ans à expliquer aux villageois les dégâts provoqués par l\u2019excision : mutilation des parties génitales, infections fréquentes, accouchements douloureux, etc.Un lien de confiance s\u2019est tissé avec l\u2019Amsopt.De retour à Bamako après la visite de Makono, une des responsables de l\u2019Association, Mme Traoré, m\u2019a dit qu\u2019elle connaissait une femme qui s\u2019apprêtait à exciser huit filles à Kati, en banlieue de Bamako.Les exciseuses travaillent tôt le matin, m\u2019a-t-elle prévenu.Elle me rejoindrait à mon hôtel à l\u2019aube.De là, on irait chez l\u2019exciseuse avant de filer pour Kati.L\u2019excision À cinq heures du matin, je suis prête.On sillonne les routes au lever du soleil, Mme Traoré, l\u2019exciseuse, le photographe, Robert Skinner, et moi.Après avoir roulé sur des chemins de terre défoncés, on arrive devant une maison entourée d\u2019une clôture qui abrite une grande cour intérieure.Quelques femmes attendent l\u2019exciseuse, d\u2019autres arrivent, traînant leur petite fille par la main ou tenant un bébé dans leurs bras.Pendant ce temps, l\u2019exciseuse se prépare.Elle sort ses lames de rasoir et ouvre des petits sacs de plastique contenant de la poudre sur laquelle elle crache en marmonnant des incantations.Robert prend des photos.Étonnamment, personne ne proteste contre la présence de ce grand six pieds qui tranche dans cet univers féminin.Les petites filles sont excisées dans la toilette à ciel ouvert située dans le fond de la cour.L\u2019endroit est minuscule et une vague odeur d\u2019excréments flotte dans l\u2019air.Même s\u2019il n\u2019est que neuf heures du matin, le soleil tape dur.L\u2019exciseuse empoigne une jeune fille terrorisée et la couche par terre.Une femme l\u2019aide à la maintenir au sol, jambes écartées, bras solidement maintenus derrière la tête.La lame de rasoir fend l\u2019air et sectionne le clitoris.La fillette de cinq ans hurle en se tordant de douleur.Son sang forme une mince rigole.Tout se passe très vite.L\u2019exciseuse relève l\u2019enfant, applique de la poudre, lui enfile un tissu qui cache ses organes génitaux mutilés et la renvoie dans la cour.Coincé dans la porte, Robert prend des photos.Il sue à grosses gouttes.Debout sur la plaque de métal qui couvre maladroitement le trou des toilettes, plaquée contre le mur, je griffonne des notes dans mon calepin froissé.On ne parle pas, on ne se regarde pas, on travaille, concentrés.C\u2019est à peine si on frissonne en entendant les cris des enfants mutilés.Le choc, le malaise, viendront plus tard.Au total, l\u2019exciseuse «opérera» huit enfants, surtout des bébés.L\u2019excision est une fête, les mères sont fières.Elles discutent, rient et dansent pendant que leurs filles restent assises sans bouger, le temps d\u2019encaisser le choc de la douleur.Les femmes, curieuses, me demandent si j\u2019ai une fille.Oui.Est-elle excisée ?Non.Cette pratique est inacceptable au Canada.Elles me regardent avec un soupçon de pitié.Elles se disent que les Occidentaux ne comprennent rien à rien.Ce qu\u2019elles ignorent, c\u2019est que je pense la même chose de l\u2019Afrique. L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 P L U S 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE 2004 FÉVRIER (suite) MARS Un train de marchandises dans lequel se trouvait plusieurs wagons de soufre explose à Neishabour au nord-est de Téhéran, faisant plus de 300 morts.18 Le président de Postes Canada AndréOuellet et son homologue de VIA Rail Marc LeFrançois sont suspendus à la suite des révélations de la vérificatrice générale Sheila Fraser sur l\u2019implication de ces deux sociétés d\u2019État dans le scandale des commandites.Le président de la Banque de développement du Canada Michel Vennat est aussi suspendu à la suite du jugement dévastateur contre la BDC dans un procès intenté par l\u2019ancien président François Beaudoin.Un tremblement de terre cause la mort de plus de 560 personnes dans la province d\u2019Al Hoceïma dans le nord-est du Maroc.24 Devant l\u2019avancée des rebelles et le manque d\u2019appui de la communcauté internationale, le président d\u2019Haïti Jean-Bertrand Aristide abandonne le pouvoir.Il affirme, à son arrivée en République centrafricaine, qu\u2019il a été forcé de partir par les Américains.Denys Arcand, réalisateur du film Les Invasions barbares, rempor-te le prix du meilleur film étranger à la 76e cérémonie des Oscars à Hollywood.Peter Jackson remporte 11 Oscars pour son film Le Retour du roi, dernier épisode de la trilogie Le Seigneur des Anneaux.29 Le président du conseil d\u2019administration de VIA Rail Jean Pelletier est destitué de ses fonctions à la suite de ses propos à l\u2019endroit de la médaillée olympique MyriamBédard.Les neuf accusés du superprocès des Hells Angels sont reconnus coupables de 26 des 27 chefs d\u2019accusation de complots pour meurtres, trafic de drogue et gangstérisme portés contre eux.Il s\u2019agit des premiers verdicts de culpabilité prononcés en vertu de la loi antigang.Le procès, qui a duré 13 mois, fait suite à l\u2019enquête et aux arrestations réalisés dans le cadre de l\u2019opération Printemps 2001.1er La Direction de la santé publique de Montréal rappelle, pour leur faire passer des tests de dépistage de l\u2019hépatite B etCet du VIH/sida, quelque 1200 personnes ayant été traitées dans une clinique d\u2019acupuncture dont la propriétaire utilisait des aiguilles non stérilisées.15 Stephen Harper devient chef du nouveau Parti conservateur du Canada à l\u2019occasion du premier congrès de la nouvelle formation politique (issue de la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l\u2019Alliance canadienne) à Toronto.Harper l\u2019emporte avec 55%des voix au premier tour devant Belinda Stronach (35%) et Tony Clement (9,5%).20 Le fondateur et chef spirituel du mouvement islamiste Hamas, Cheikh Ahmad Yassine, est tué à la suite d\u2019un raid d\u2019hélicoptères israéliens à Gaza, amenant tous les groupes armés palestiniens à menacer l\u2019État hébreu de représailles massives et sans précédent.21 LE PRODUCTEUR DE SPECTACLES GUY CLOUTIER EST ARRÊTÉ ET DOIT RÉPONDREÀHUIT CHEFS D\u2019ACCUSATION D\u2019AGRESSION SEXUELLE, VOIES DE FAIT, VIOL ET ATTENTAT À LAPUDEUR À L\u2019ENDROIT D\u2019UNE FEMME QUI ÉTAIT MINEURE AU MOMENT DES PREMIÈRES AGRESSIONS.L\u2019ex-animateur de radio de Québec Robert Gillet est reconnu coupable de l\u2019un des trois chefs d\u2019accusation portés contre lui, soit d\u2019avoir reçu des services sexuels rétribués de la part d\u2019une mineure.25 Une dizaine d\u2019attentats à la bombe commis dans des trains bondés d\u2019étudiants et de travailleurs au petit matin font quelque 200 morts et autour de 1500 blessésàMadrid.la thèse la plus probable veut que ces attaques soient imputables à des extrémistes islamistes.Le joueur des Canucks de Vancouver Todd Bertuzzi est suspendu pour le reste de la saison et les séries éliminatoires à la suite de son geste violent contre le joueur Steve Moore de l\u2019Avalanche du Colorado.11 Ukraine Des fleurs pour la révolution PHOTO VASILY FEDOSENKO, ARCHIVES REUTERS Des manifestations sans précédent ont secoué l\u2019Ukraine après l\u2019élection présidentielle tenue au mois de novembre.Jour et nuit, des citoyens déçus ont convergé vers la capitale, Kiev, pour réclamer la tenue d\u2019un nouveau scrutin exempt d\u2019irrégularités.Heureusement, la crise n\u2019a pas donné lieu qu\u2019à des éruptions de violence isolées.Les photos souvenirs MARC THIBODEAU HAÏTI Les Gonaïves, ville du nord-ouest haïtien, n\u2019a rien à prime abord d\u2019une destination de sport extrême.L\u2019ouragan Jeanne a déversé en septembre sur la région des trombes d\u2019eau qui ont fait dévaler des montagnes voisines des torrents de boue.Les maisons des 200 000 habitants, souvent de simples bicoques, ont été frappées de plein fouet.Pour échapper aux flots, plusieurs résidants ont dû se réfugier sur les toits, qui demeureront leur seul refuge pendant des semaines.Lorsque j\u2019arrive dans la ville, quelques jours après la catastrophe, la boue est partout.L\u2019eau et la nourriture font défaut et de multiples cadavres en décomposition jonchent les rues, libérant une odeur insupportable.Le corps boursouflé et putréfié d\u2019un homme noyé dans la tempête est l\u2019une des premières choses que je croise.Les gens m\u2019interpellent et me montrent leur ventre dans l\u2019espoir de recevoir un peu d\u2019aide que je ne peux offrir.Un officiel de la Croix-Rouge prend une pause dans le brouhaha pour confier qu\u2019il faut absolument procéder dans les plus brefs délais au nettoyage de la ville pour éviter les épidémies.Bref, l\u2019endroit n\u2019a rien d\u2019une partie de plaisir.Je retourne deux jours de suite à Portau- Prince \u2014 un périple de 10 heures sur des routes cabossées qui réconcilieraient n\u2019importe quel Québécois avec notre réseau national \u2014 pour me réfugier dans un hôtel du centre-ville d\u2019où je peux facilement transmettre mes textes à Montréal.Mon troisième voyage aux Gonaïves est un peu différent puisque le Programme alimentaire mondial me permet de dénicher une place à bord de l\u2019un des hélicoptères qui font la navette entre la capitale et la ville sinistrée.Bordel onusien oblige, je me retrouve laissé de côté en matinée.Un officiel m\u2019invite à revenir l\u2019après-midi même, ce que je fais sans rechigner.Durant l\u2019attente, deux photographes allemands se pointent et revendiquent une place pour aller aux Gonaïves.Sachant que j\u2019y suis allé, ils me pressent de questions sur l\u2019état de la ville.Une fois dans l\u2019appareil, mes deux compagnons de route s\u2019amusent à se prendre en photo avec les casques fournis pour étouffer le son des rotors.La misère les attend au détour mais ils ont visiblement l\u2019air d\u2019apprécier le périple.Si le contexte n\u2019était pas aussi pénible, on pourrait presque croire qu\u2019ils s\u2019apprêtent à descendre un fleuve redoutable en kayak ou encore à sauter en parachute, pour le simple plaisir.Difficile de ne pas se demander, en les voyant immortaliser leur « aventure », si leurs mines réjouies finiront par orner les murs de leur appartement branché, à Berlin ou ailleurs, question d\u2019impressionner la galerie.J\u2019éprouverai la même irritation le lendemain en les voyant cribler de photos une femme handicapée qui se traîne dans la boue.Est-il vraiment nécessaire, pour dire la misère, de demander à cette femme de poser avec sa jeune fille dans la flotte sous le regard d\u2019une meute de curieux accourus observer la scène ?Là encore, les deux photographes ne semblent guère soucieux de la misère qui les entourent.Il y a un produit à livrer, un book à remplir, pas le temps de badiner.Le syndrome n\u2019est pas rare.Nombre de journalistes et de photographes croisés en reportage à l\u2019étranger semblent plus préoccupés par leur ego que par la situation des gens qu\u2019ils sont censés décrire.J\u2019avais vécu une expérience similaire en Afghanistan en 2002, quelques mois après la chute des talibans.Basé pendant trois semaines à Kaboul dans l\u2019un des seuls hôtels fonctionnels de la ville ravagée, je verrai chaque soir la bande de reporters de l\u2019endroit rivaliser de récits héroïques.Un s\u2019est rendu dans le sud-est, région très instable, en « risquant» sa peau.L\u2019autre a visité les marchés d\u2019armes illicites de Kaboul, se frottant à des bandits qui, dit-il, ont commencé à le menacer.Leur courage est indéniable, voire nécessaire, mais je ne peux m\u2019empêcher de me demander, en écoutant leurs fanfaronnades, ce qui motive véritablement leur périple.La soif de reconnaissance ?Le goût du risque ?Quelle place prennent l\u2019empathie, le souci de témoigner ?Venu faire le point sur la situation de la population afghane après des années de règne taliban, je me trouve bien modeste, voire trop, dans mes entreprises.La ville est remplie d\u2019histoires fascinantes qui ne demandent qu\u2019à être recueillies, comme cet homme rencontré dans une maison située à deux minutes de l\u2019hôtel, qui était présent lorsque le commandant Massoud a été assassiné par des envoyés d\u2019Al-Qaeda et qui me fait le récit de la mort de son « idole », la larme à l\u2019oeil.Je croiserai bien de près durant mon séjour dans la ville et mes sorties dans la région quelques mines antipersonnelles, des jeunes plus ou moins sympathiques portant des carabines désuètes et des « soldats» sans uniformes et armés jusqu\u2019aux dents ; mais rien qui puisse vraiment retenir l\u2019attention à la table de l\u2019hôtel.Je ne manquerai pas pour autant de relater quelques-uns de mes faits d\u2019armes au retour au Canada, cédant moi aussi, pour un temps, à la « mystique » du correspondant.Rien de tel au retour d\u2019Haïti.Le goût de plastronner est inexistant et le comportement de mes amis photographes n\u2019est pas étranger à la chose.Quelles que soient les raisons qui motivent un journaliste ou un photographe à accepter de se rendre dans un endroit chaud de la planète, il y a une constante : le voyage dure rarement plus de quelques semaines ou quelques mois.La chose n\u2019échappe pas aux résidants des pays visités, qui continueront pendant des années à se débattre avec les difficultés brièvement entrevues en reportage.« Bon voyage », m\u2019a ainsi souhaité en Haïti une femme qui venait de me décrire comment sa maison avait été emportée par les flots.C\u2019était dit avec le sourire, mais lourd de sous-entendus qui auraient mérité d\u2019être rapportés à la table des exploits journalistiques de Kaboul.ou dans le cahier des envoyés (spéciaux ?) de La Presse.Le passage de l\u2019ouragan Jeanne a détruit la ville des Gonaïves, située dans le nord d\u2019une Haïti déjà passablement décimée.Une tragédie qui, comme l\u2019a constaté Marc, ne donne pas au correspondant l\u2019envie de pavoiser.Nombre de journalistes et de photographes croisés en reportage à l\u2019étranger semblent plus préoccupés par leur ego que par la situation des gens qu\u2019ils sont censés décrire. 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX Proche-OrientMédecine de guerre PHOTO KEVIN FRAYER, ARCHIVES AP Un Palestinien hurle de douleur après avoir été blessé pendant une frappe aérienne dirigée par l\u2019armée israélienne contre la bande de Gaza.L\u2019homme est soigné à l\u2019hôpital Shifa, de Gaza, où sont transportées la plupart des victimes des attaques « ciblées » de Tsahal.Une visite au zoo de Bagdad Embourbés dans l\u2019Irak de l\u2019après-Saddam, les États-Unis se retrouvent aux prises depuis un an avec une insurrection au souffle inattendu.Isabelle s\u2019est rendue à Bagdad pour témoigner de la guérilla urbaine qui sévit là comme dans plusieurs régions de l\u2019Irak.ISABELLE HACHEY IRAK Les soirées mondaines sont rares à Bagdad.Il faut dire que, pour les journalistes, se risquer dehors après la tombée de la nuit dans le seul but de prendre un verre en société peut sembler hasardeux, pour ne pas dire idiot.De toute façon, après avoir couvert le carnage du jour, on a rarement le coeur à célébrer.Cela dit, si on ne veut pas craquer sous la pression, il faut parfois se donner la chance de décompresser.On le fait comme on peut.C\u2019est ainsi qu\u2019un soir de mars, j\u2019ai oublié les bombes un moment pour me rendre à une fête organisée dans une chambre du Sheraton de Bagdad \u2014 l\u2019hôtel le plus glauque du monde, avec ses tapis fatigués, ses cratères creusés à coups d\u2019obus et ses gardes armés jusqu\u2019aux dents.L\u2019expérience fut absolument surréaliste.Nos hôtesses étaient deux jeunes Françaises venues passer 10 jours de vacances (DE VACANCES !) à Bagdad, où leurs copains travaillaient comme gardes du corps auprès de diplomates et d\u2019entrepreneurs venus brasser des affaires dans un pays à reconstruire.Ce jour-là, elles avaient visité le zoo de Bagdad.Sans blague.Elles avaient été peinées du sort des animaux, un peu à l\u2019étroit dans leurs cages.Mais elles avaient vite chassé ces idées noires pour organiser leur fête d\u2019adieu.La veille, une roquette avait heurté le Sheraton.Elles avaient senti l\u2019hôtel trembler sous le choc.Nul doute que le récit de leurs aventures ferait sensation dans les soirées parisiennes.Surréaliste.Au milieu d\u2019une ville de sable, d\u2019une ville de larmes, les deux filles étaient fraîches comme des roses.Maquillées, épilées, parfumées, manucurées.Et chic, bien sûr.À la mode.À Bagdad.Sur le comptoir de leur salle de bain trônait un flacon de Chanel No 5.La dernière chose que j\u2019aurais pensé mettre dans mes valises avant de prendre la route de l\u2019Irak.Et puis, il y avait leurs copains.Le genre de brutes qui courent les points chauds de la planète pour y jouer à Rambo.Un Serbe à la mine patibulaire et aux souliers noirs, fraîchement cirés.D\u2019autres armoires à glace, des Français pour la plupart.Ils se sont mis à comparer leurs armes.La mienne a un super calibre.Oui, mais la mienne est plus grosse.Ça sentait la testostérone à plein nez.Dans le sillage des guerres Il paraît que ça arrive tout le temps.Que chaque guerre entraîne dans son sillage toute une faune d\u2019étranges étrangers.Une faune hétéroclite, vaguement inquiétante, toujours surprenante.Je ne parle pas des journalistes, mais des baroudeurs, des profiteurs, des mercenaires, des pacifistes naïfs et des opportunistes cyniques qui hantent les hôtels de Bagdad, comme ils ont hanté ceux de Kaboul et de Sarajevo.Je me souviens d\u2019un Américain installé à l\u2019hôtel Al Fanar de Bagdad, où je logeais moi-même.Bon vivant.Plutôt sympathique.Que faisait-il là ?Je n\u2019en ai pas la moindre idée.Il était là depuis des mois, mais semblait ne rien faire de ses journées.Je le croisais au restaurant, où il racontait des histoires barbantes aux journalistes de passage.Il parlait beaucoup, mais je n\u2019ai jamais réussi à percer son mystère.Il y a aussi les pacifistes, venus manifester leur solidarité au peuple irakien.L\u2019un d\u2019entre eux, Américain, logeait au Fanar.Il portait des sandales et une longue chemise indienne.Il était doux.Peut-être un peu trop.Un matin, il m\u2019a demandé conseil.Il voulait faire son jogging matinal le long du Tigre.Sans blague.Était-ce dangereux ?Je lui ai raconté l\u2019histoire de l\u2019homme qui tombe d\u2019un gratte-ciel et qui répète à chaque étage que «jusqu\u2019ici tout va bien ».Il n\u2019est pas allé jogger.Et puis, il y a tous ceux qui espèrent profiter de la reconstruction de l\u2019Irak, évaluée à 250 milliards de dollars US.Certains entrepreneurs sont devenus millionnaires, d\u2019autres ont été moins chanceux, comme Nick Berg, cet ingénieur américain venu chercher fortune dans ce pays en ruines.Non seulement n\u2019a-t-il décroché aucun contrat, mais le jeune homme, qui logeait au Fanar, fut le premier otage à être décapité face à la caméra des intégristes, en avril.Tourisme extrême Enfin, il y a les touristes extrêmes.Des accros de l\u2019adrénaline qui se paient des séjours sur la ligne de front.Tout ce qui compte, paraît-il, c\u2019est de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.C\u2019est du moins ce que m\u2019a expliqué un jour Geoffrey Hann, G.O.britannique de 66 ans qui a organisé un voyage pour un groupe en mal de sensations fortes.« Il y a sans doute plus de mauvais endroits et de mauvais moments en Irak qu\u2019ailleurs », a concédé M.Hann.C\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.Précisons tout de même que la plupart des casse-cous boudent les tours organisés.Ils voyagent seuls, avec leurs sacs à dos.En octobre, Shosei Koda, un routard japonais de 24 ans, a été pris en otage, puis décapité à Bagdad.Un garçon gentil, qui sympathisait avec les Irakiens, mais qui avait été prévenu : le pays était trop dangereux pour y faire du tourisme.Il n\u2019a pas compris, ou n\u2019a pas voulu comprendre.Parfois, la témérité des voyageurs se révèle être de la pure inconscience.En avril 2002, au Proche-Orient, j\u2019ai croisé deux Japonais qui s\u2019étaient mis en tête de visiter le lieu de naissance de Jésus, passage obligé pour tout bon touriste en Terre sainte.Sauf que le couple n\u2019avait pas lu les journaux: depuis deux semaines, Bethléem était soumise à un couvre-feu total.L\u2019église de la Nativité, assiégée, était le théâtre de combats sanglants entre militaires israéliens et combattants palestiniens.Les deux jeunes Japonais voyageaient léger.Dans leurs sacs, ils avaient probablement glissé le guide du parfait routard, des lunettes noires, une bouteille de lotion solaire.Ils avançaient dans la ville fantôme, entre les carcasses de voitures carbonisées et les éclats de verre, en s\u2019étonnant de ne rencontrer personne.Ce sont finalement des journalistes \u2014 nerveux, casqués et vêtus de vestes pare-balles \u2014 qui les ont convaincus de rebrousser le chemin.Sans blague.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO CHUCK STOODY, PC 2004 AVRIL MAI JUIN Un incendie criminel revendiqué par un groupe inconnu des policiers de Montréal détruit la bibliothèque de l\u2019école primaire juive Talmud Torah Unis de l\u2019arrondissement de Saint-Laurent.5 Pour le premier anniversaire de leur élection à Québec, Jean Charest et le Parti libéral goûtent aux manifestations de milliers de syndiqués, étudiants et parents de jeunes enfants en colère contre les mesures prises au cours des 12 mois précédents.14 Le député néo-démocrate Svend Robinson annonce de lui-même qu\u2019il a volé un bijou dans un enccan de bijoux et annonce son retrait temporaire de la vie politique.Il impute son geste au stress accumulé au cours des derniers mois et qu\u2019il part en congé de maladie.15 Enlevé depuis 10 jours en Irak où il se trouvait comme coopérant international, le Canadien d\u2019origine syrienne Fadi Fadel est relâché par ses ravisseurs.La joie éclate à la demeure de ses parents à Laval.16 APRÈS AVOIR ACCUSÉ UN RETARD DE 3À1 DANS LA PREMIÈRE RONDE DES SÉRIES ÉLIMINATOIRES DE HOCKEY, LE CANADIEN DE MONTRÉAL REMPORTE LE SEPTÈME ET DERNIER MATCH 2À0ET PASSE À LARONDE SUIVANTE.19 Dix nouveaux pays, dont huit de l\u2019ancien bloc soviétique, entrent à l\u2019Union européenne qui passe de 15 à 25 membres.1er La GRC procède à l\u2019arrestation de Charles «Chuck» Guité et de l\u2019ancien président de Groupaction Jean Brault dans la foulée du scandale des commandites.Chacun fait face à six chefs d\u2019accusation de complot et de fraude.10 Des inondations et coulées de boue provoquées par des pluies torrentielles font quelque 3300 morts et disparus en Haïti et en République dominicaine, les deux États de l\u2019île d\u2019Hispanola dans les Caraïbes.23 Faisant l\u2019objet de nombreuses critiques, notamment pour n\u2019avoir pu prévoir les attaques du 11 septembre 2001 et avoir évoqué la présence d\u2019armes de destruction massive (jamais retrouvées) en Irak, le directeur de la CIA George Tenet remet sa démission.3 Michael Schumacher remporte le Grand Prix de Formule 1 du Canada sur le circuit Gilles- Villeneuve.Pour le pilote de Ferrari, il s\u2019agit à la fois de sa septième victoire de la saison, de la 7e sur ce circuit et de sa 77e en carrière.12 EN BELGIQUE, MARC DUTROUX ET TROIS COACCUSÉS SONT RECONNUS COUPABLES D\u2019ENLÈVEMENT, SÉQUESTRATION ET VIOL DE SIX JEUNES FILLES ET DU MEURTRE DE DEUX D\u2019ENTRE ELLES, UNE AFFAIRE QUI SECOUE LE PAYS DEPUIS PRÈS DE 10 ANS.DUTROUX SERA CONDAMNÉÀLA PRISONÀVIE LE 22 JUIN.17 Le réseau CBS diffuse les premières photos de prisonniers irakiens maltraités dans les geôles de la prison d\u2019Abou Ghraib près de Bagdad, ce qui déclenche un tollé aux États-Unis comme dans le monde arabe.28 L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 P L U S 5 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX Irak Chronique de la violence ordinaire PHOTO AP Le cliché le plus connu de toutes les photographies prises dans la prison de Abou Ghraib, à Bagdad, où ont été torturés et humiliés des dizaines de prisonniers irakiens.Les procédures judiciaires contre la soldate Lynndie England, au coeur du scandale, sont toujours en cours.La jeune femme risque une peine de prison de 38 ans.Merci, Nuha JEAN-FRANÇOIS BÉGIN PALESTINE Je rentrais du travail, mercredi le 27 octobre, quand mon cellulaire s\u2019est mis à sonner.Au bout du fil, le directeur de l\u2019Information m\u2019a fait une proposition inattendue.« Yasser Arafat est mourant.Voudrais-tu aller à Ramallah couvrir ça ?» De reportage en reportage, j\u2019avais vu ma blonde environ 10 jours en trois mois.Une vilaine grippe me faisait tousser comme un vieux bronchitique.Et soyons franc : depuis quelque temps, j\u2019avais suivi le dossier palestinien d\u2019un oeil distrait et d\u2019une oreille inattentive \u2014 et ça, c\u2019était dans les bonnes semaines.Pourquoi envoyer un «gars des sports » vagabonder autour de la mouqataa d\u2019Arafat, dites-vous ?Bonne question.Après tout, le conflit israélo-palestinien est autrement plus compliqué que la guéguerre qui oppose Gary Bettman et Bob Goodenow.Mais bon, j\u2019avais couvert le conflit en Israël et dans les territoires occupés, il y a trois ans.J\u2019avais donc quelques repères, essentiels pour s\u2019y retrouver dans ce bourbier.Et puis, surtout, les élections américaines approchaient et La Presse avait déjà dépêché une dizaine de journalistes aux États-Unis.Caricaturons : c\u2019était moi ou le fil de presse.J\u2019ai accepté l\u2019offre.llllllllllllllllllllllllllllll J\u2019ai reçu l\u2019appel du boss à sept heures du soir.Le lendemain, j\u2019étais dans l\u2019avion pour Tel-Aviv, le nez dans un dossier de presse compilé à la hâte, tentant d\u2019assimiler une quantité démesurée d\u2019informations sur Arafat, l\u2019Autorité palestinienne, le Hamas, Fatah et que sais-je encore.Pour la préparation approfondie, on repassera.C\u2019est là que Nuha entre en scène.Nuha Musleh.Une Palestinienne de Ramallah.Quarante-huit ans, mariée, mère de deux enfants.Diplômée en traduction, prof d\u2019arabe et d\u2019anglais, commerçante en bijoux et tapis traditionnels.Et surtout \u2014 prononcez à l\u2019anglaise \u2014 fixer.Le fixer, c\u2019est la personne qui vous déniche le numéro de cellulaire d\u2019un ministre injoignable.C\u2019est l\u2019intermédiaire qui négocie le prix de votre chambre d\u2019hôtel, c\u2019est l\u2019interprète qui traduit les propos d\u2019une vieille dame dans la rue, c\u2019est un guide, un conseiller, parfois même un chauffeur.C\u2019est un allié indispensable pour tout journaliste catapulté à l\u2019étranger.Surtout à 24 heures d\u2019avis.Nuha avait déjà travaillé avec plusieurs journalistes de La Presse.On m\u2019avait prévenu : « Tu vas voir, elle est hyper et elle coûte cher.Mais elle est efficace.» Efficace ?Le mot est faible.Avant mon départ de Montréal, je l\u2019ai appelée à sa maison de Ramallah, en pleine nuit.Elle rentrait à peine du quartier général d\u2019Arafat, où elle faisait depuis la veille le pied de grue aux côtés de dizaines de journalistes des quatre coins du monde, en quête de nouvelles fraîches sur l\u2019état de santé de celui que les Palestiniens aimaient appeler par son nom de guerre, Abou Ammar.Au beau milieu de la nuit, Nuha m\u2019a écouté comme si on se connaissait depuis toujours.Un chauffeur pour venir me cueillir à l\u2019aéroport et me conduire à Ramallah ?Pas de problème, Youssef, mon frère, va être là.Un hôtel dans Jérusalem- Est ?J\u2019ai des bons prix, c\u2019est comme si c\u2019était déjà fait.Et des entrevues avec des analystes politiques palestiniens ?J\u2019en ai une liste longue comme le bras.Nuha a été fidèle à sa parole.À ma descente d\u2019avion à l\u2019aéroport David Ben Gourion, Youssef était là avec son taxi.Youssef est citoyen israélien et sa voiture est immatriculée en Israël.Il peut donc aller et venir à sa guise entre l\u2019État hébreu et les territoires occupés, un luxe interdit aux chauffeurs palestiniens.En moins de deux, nous étions à Ramallah, où nous attendait Nuha.Comment la décrire ?Une boule d\u2019énergie, un ouragan humain, un vrai lapin Energizer, perpétuellement en mouvement, l\u2019oreille vissée à un téléphone cellulaire qui la relie à au moins une demi-douzaine de journalistes originaires des États-Unis, du Canada, d\u2019Europe et d\u2019Israël.Elle parle fort et s\u2019affirme avec une force inhabituelle pour une femme palestinienne.Et elle travaille sans arrêt.En allumant mon ordinateur chaque matin, je trouvais dans ma boîte de courriels un résumé des grands titres de la presse palestinienne, que Nuha préparait à l\u2019aube.Elle peut facilement bosser avec trois ou quatre journalistes différents au cours d\u2019une même journée, passant de l\u2019un à l\u2019autre au fur et à mesure que l\u2019heure avance.La matinée avec des paysans dans les champs d\u2019oliviers de Qalqilya, le midi à une conférence de presse à la mouqataa, l\u2019après-midi dans les camps de réfugiés de Ramallah et la soirée à discuter avec des Américano-Palestiniens dans les cafés d\u2019El-Bireh : voilà à quoi pouvait ressembler une journée typique de Nuha dans les deux semaines de folie qui ont séparé le départ d\u2019Arafat vers un hôpital parisien de sa mise en terre devant une foule survoltée à Ramallah.Cela ne fait que quatre ans environ, soit depuis le début de la seconde intifada, que Nuha travaille avec des journalistes.Mais il y a longtemps qu\u2019elle a compris comment le métier fonctionne.Elle a l\u2019oeil pour trouver le décor idéal pour une entrevue et le don de recouper des informations provenant de plusieurs sources.Ses services ne sont pas donnés.Pour un reportage qu\u2019elle aide à organiser et pour lequel elle accompagne le journaliste pendant quelques heures, elle peut exiger 200 $ US.Sans parler des frais de transport.Mais elle est toujours prête à refiler un numéro de téléphone, à suggérer le nom d\u2019un interlocuteur potentiellement intéressant.Et elle connaît absolument tout le monde en Cisjordanie.J\u2019ai profité de ses contacts et de ses connaissances, sans lesquels le « gars des sports» aurait été fort dépourvu.Mais surtout, j\u2019ai profité de sa chaleureuse hospitalité.Peut-être plus que les scènes chaotiques de l\u2019enterrement d\u2019Arafat, où j\u2019ai fait du body slam au milieu d\u2019une foule déchaînée, le souvenir que je garderai de ce reportage sera celui, plus paisible, des repas pris avec la famille de Nuha.L\u2019agonie d\u2019Arafat s\u2019est déroulée pendant le ramadan et souvent, à la fin de la journée, plutôt que de reprendre tout de suite la route de Jérusalem, je me dirigeais chez elle, où sa mère, un cuistot extraordinaire, préparait l\u2019iftar, le repas que les musulmans avalent au coucher du soleil après leur jeûne quotidien.Des moments privilégiés, un bref répit avant de m\u2019asseoir devant mon clavier pour taper tard dans la nuit.Merci pour tout, Nuha.Mais surtout, merci pour ça.L\u2019agonie de Yasser Arafat, chef de l\u2019Autorité palestinienne, a causé tout un émoi au Moyen-Orient.Deux semaines de tumulte et d\u2019émotions intenses auxquelles a assisté Jean-François, pourtant « un gars de sports ».Nuha avait déjà travaillé avec plusieurs journalistes de La Presse.On m\u2019avait prévenu : « Tu vas voir, elle est hyper et elle coûte cher.Mais elle est efficace.» .PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS PHOTO STEFANO RELLANDINI, REUTERS 2004 JUIN (suite) Le démembrement de Montréal en tant qu\u2019«une île une ville» est confirmé alors que les citoyens de 15 anciennes municipalités votent en faveur de la défusion.Au total, au Québec, 32 municipalités disent OUI aux défusions.20 JUILLET L\u2019avion fusée SpaceShipOne réussit à atteindre une altitude de 100 kilomètres après avoir décollé d\u2019un petit aéroport du désert de Mojave en Californie, ce qui en fait le premier vol spatial privé dans l\u2019histoire.21 L\u2019ancien président d\u2019Enron, Kenneth Lay, se rend aux autorités du FBI à Houston.Le même jour, il comparaît devant un tribunal pour répondre à 11 accusations de complot, de fausses déclarations et d\u2019omissions de faits quant aux résultats financiers trimestriels de l\u2019ancien courtier en énergie tombé en faillite.Reconnue coupable de délit d\u2019initié en mars, Martha Stewart est condamnée à purger une peine de cinq mois de prison (assignée à résidence), à deux ans de liberté surveillée et à 30 000 $ d\u2019amende.8 16 Le rapport final de la commission d\u2019enquête américaine sur les attentats du 11 septembre 2001 conclut que le gouvernement des États-Unis a échoué dans son mandat de protéger la population contre la menace terroriste et recommande une réorganisation des services de renseignement.22 Le gouvernement canadien accorde un contrat évalué à cinq milliards de dollars à la firme américaine Sikorsky pour l\u2019achat de 28 hélicoptères maritimes destinés à remplacer les vieux Sea King de la marine.Le contrat inclut un contrat de services de 20 ans.23 LE CYCLISTE AMÉRICAIN LANCE ARMSTRONG REMPORTE UN SIXIÈME TOUR DE FRANCE CONSÉCUTIF, UN EXPLOIT INÉGALÉ DANS CETTE COMPÉTITION ANNUELLE CENTENAIRE.25 Un attentat et plusieurs affrontements font plus de 120 morts en Irak, la pire journée depuis le transfert du pouvoir le 28 juin.28 LE PARTI LIBÉRAL DU CANADA RÉUSSITÀÊTRE REPORTÉ AU POUVOIR EN FAISANT ÉLIRE 135 DÉPUTÉS AUX ÉLECTIONS FÉDÉRALES.MAIS CE SCORE L\u2019AMÈNEÀFORMER UN GOUVERNEMENT MINORITAIRE.LE PARTI CONSERVATEUR REMPORTE 99 SIÈGES, LE BLOC QUÉBÉCOIS 54 ET LES NÉO-DÉMOCRATES 19.UN INDÉPENDANT SE FAIT ÉLIRE EN COLOMBIE-BRITANNIQUE.La Grèce bat le Portugal 1 à 0 et remporte contre toute attente le championnat de football Euro 2004 présenté à Lisbonne.28 Le Mali et le Tchad, deux pays enclavés au coeur de l\u2019Afrique.L\u2019automne dernier, le photographe Bob Skinner y a passé un mois, la caméra vissée sur son oeil.Il a pris plus de 2000 photos.La Presse en a choisi cinq.Le choix a été difficile.Très.Mais bon\u2026 Un camion rempli à ras bord de paille tressée, qui sert à construire le toit des huttes, est en panne sur la route menant à N\u2019Djamena, la capitale du Tchad.Une scène banale dans ce pays où le revenu annuel moyen oscille autour de 240$ US par année.Mali-Mama Bamani, étudiant en lettres à la faculté des arts et des sciences humaines à l\u2019Université de Bamako, révise ses notes de cours.Au Mali, 48%des hommes et 62%des femmes sont analphabètes.La petite Awa Konaké, 5 ans, est terrorisée à l\u2019idée de se faire exciser.La photo a été prise à Kati, du Mali, petite ville située en banlieue de la capitale, Bamako.L\u2019excision est un sujet tabou qui commence toutefois à soulever quelques protestations.Certains groupes militent pour bannir cette pratique, mais sans Scène de la vie quotidienne au Mali.Les femmes lavent leur linge dans le fleuve Niger qui baigne la capitale, Bamako.Elles étendent ensuite leurs vêtements par terre pour qu\u2019ils sèchent.Un homme se repose sous un arbre, au bord de la rivière Chari, en banlieue de N\u2019Djamena, au Tchad.L\u2019ombre est une bénédiction dans ce pays semi-désertique où le thermomètre frôle les 40degrés plusieurs mois par année.PHOTO BOB SKINNER LA PRESSE © PHOTO BOB SKINNER LA PRESSE © PHOTO BOB SKINNER LA PRESSE © PHOTO BOB SKINNER LA PRESSE © PHOTO BOB SKINNER LA PRESSE © Coup d\u2019oeil sur l\u2019Afrique REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE DE BOB SKINNER 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 D É C E M B R E 2 0 0 4 L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 2 7 D É C E M B R E 2 0 04 P L U S 7 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ENVOYÉS SPÉCIAUX ENVOYÉS SPÉCIAUX 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L L U N DI 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX Venezuela Feu sur le président PHOTO RODRIGUO ARANGUA, ARCHIVES AFP Un opposant au président vénézuélien Hugo Chavez lance un cocktail Molotov durant une manifestation à Caracas, en février dernier.Les manifestants espéraient la tenue d\u2019un référendum, qui a finalement eu lieu au mois d\u2019août, sur le maintien au pouvoir de Chavez.Après maints débats, un audit mené par des observateurs internationaux et malgré l\u2019opposition de Washington, le président vénézuélien a obtenu la poursuite de son mandat jusqu\u2019en 2006.Entendez-vous le grondement?Venu assister au procès de l\u2019ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, accusé de crime contre l\u2019humanité, Yves a atterri aux Pays- Bas quelques semaines après l\u2019assassinat du cinéaste Theo Van Gogh par des intégristes musulmans.Dur réveil au pays de la tolérance.YVES BOISVERT PAYS-BAS Vous débarquez à l\u2019aéroport Schipol d\u2019Amsterdam.La gare est à l\u2019étage en dessous.Les trains pour La Haye sont aux 15 minutes.Des trains à deux étages \u2014 des Bombardier\u2014 absolument silencieux.Il fait encore noir en ce petit matin de novembre où se glissent les wagons.Les passagers entrent sans cohue.Ils s\u2019en vont travailler.Certains lisent un journal.Une dame tient à la main un étonnant vélo pliable.Je débarque en plein centre de la vieille ville.La Haye est un lieu civilisé et organisé.Le tramway ronronne dans la ville jusqu\u2019à mon hôtel.Il n\u2019est pas le seul à ronronner.La Haye est une ville ronronnante.Ville de la reine Beatrix, ville du Parlement, ville de fonctionnaires, d\u2019institutions internationales.Tiens, au bout de la rue, les grilles du palais royal sont fermées.Ça ne s\u2019est jamais vu.« C\u2019est à cause du terrorisme », me dit aimablement un policier de faction.Il n\u2019a pas encore le ton de circonstance.Il me dit ça comme il me dirait : il y a eu une panne d\u2019électricité, on est désolé.Il n\u2019a pas le visage bétonné des CRS français, le ton cassant des agents américains.La Haye vient de connaître un traumatisme.La semaine précédente, les forces spéciales de police ont fait une descente dans un appartement pour arrêter deux jeunes islamistes radicaux soupçonnés de planifier des attentats contre des personnalités politiques.Les policiers ont été accueillis avec des grenades.Quatre d\u2019entre eux ont été blessés.Plusieurs maisons ont été évacuées et 200 personnes ont dû passer deux nuits à l\u2019extérieur.Cela survenait un mois après l\u2019assassinat, en pleine rue, du cinéaste et polémiste Theo Van Gogh, qui a tourné un film critiquant le sort des femmes dans l\u2019islam et qui a fait plusieurs sorties médiatiques musclées.En représailles, une quinzaine de mosquées ont été vandalisées.Des églises aussi.Il y a de la nervosité dans l\u2019air humide de cette ville autrement flegmatique et bourgeoise.L\u2019assassin présumé de Van Gogh a été arrêté et accusé.Il s\u2019appelle Mohammed Bouyeri.Il vivait en banlieue d\u2019Amsterdam et était dans la mouvance d\u2019un imam radical qui a depuis été expulsé.Étonnamment, la police avait à l\u2019oeil le jeune homme.Sa ligne téléphonique était sur écoute.Son appartement était surveillé et plusieurs de ses amis étaient déjà en prison au moment du meurtre.Son groupe avait des liens avec certains auteurs des attentats de Madrid.« Mais on ne peut pas arrêter des gens simplement à cause de la manière dont ils s\u2019habillent », a dit le ministre de la Justice, Jan Piet Han Donner.En effet.Mais plusieurs se demandent si les Pays-Bas, encore plus que le reste de l\u2019Europe, n\u2019ont pas été passablement incompétents à deux chapitres : l\u2019intégration et la lutte antiterroriste.La critique est facile quand on sait que la police antiterroriste espagnole, pourtant expérimentée, connaissait bien la plupart des auteurs des attentats de Madrid du 11 mars 2003, qu\u2019elle n\u2019a pas su empêcher.Le résultat net, cet automne, est ce qu\u2019on appelle aux Pays-Bas de fortes « tensions communautaires ».Et une montée de la droite.La télévision néerlandaise a présenté cet automne une émission sur le plus grand Néerlandais de l\u2019histoire, sur le modèle de la BBC, repris au Canada par la CBC : on présente une dizaine de personnalités et on demande aux téléspectateurs de voter.Le vainqueur ?Pim Fortuyn, leader de droite populiste assassiné en 2002 et connu pour ses positions antiimmigration (le meurtrier serait un militant des droits des animaux).Il a devancé un des pères de la Hollande, Guillaume d\u2019Orange, qui a bouté les Espagnols hors du pays au XVIe siècle.Certains ont protesté parce que le vote se terminait à la fin de l\u2019émission, sans quoi Fortuyn n\u2019aurait pas gagné, mais enfin, les règles sont les règles.La même semaine, un imam local a déclaré à la télévision qu\u2019il ne serait « pas malheureux» si un nouveau leader de droite, Geert Wilders, objet de quelques menaces, venait à mourir.Wilders, lui, voit sa popularité monter : les sondages lui accordent 20 % des sièges.Le pays se découvre soudain embrouillé.Comme la brume de la mer du Nord, qu\u2019on voit monter dans les rues certains matins ensoleillés et qui recouvre la ville de gris subitement.Ce pays de 16 millions d\u2019habitants se trouve un peu dépassé par les événements.On cherche bien entendu à concilier une répression efficace de la menace terroriste et l\u2019intégration de la communauté musulmane.Contrairement à d\u2019autres \u2014 France, Grande-Bretagne, Espagne \u2014, la police et la loi du pays n\u2019ont pas pris acte du terrorisme.On le combat comme on combat les crimes « ordinaires », disent certains, tandis qu\u2019ailleurs ont émergé non seulement une expertise policière, mais des lois spécifiques, qui donnent des pouvoirs exceptionnels aux autorités.D\u2019un autre côté, on se demande quelle est la véritable nature de la légendaire « tolérance hollandaise ».Ne serait-elle que pure indifférence ?« Tout au long de l\u2019histoire de ce pays, la tolérance a été un engagement d\u2019élites sachant que la paix sociale n\u2019était pas garantie, compte tenu de la présence de minorités », disait le mois dernier le sociologue néerlandais Paul Scheffer dans Le Monde.La tolérance a « viré au laisser-faire au cours des 30 dernières années ».Imprégnées des idées du relativisme culturel, les élites n\u2019ont plus osé interdire quoi que ce soit.On n\u2019a pas surveillé les islamistes radicaux, on n\u2019a fait aucun effort d\u2019intégration véritable, dit-il.« En fait, on n\u2019a plus pensé la tolérance, on était imprégné de la notion de société satisfaite, n\u2019ayant plus rien à défendre.» Pour lui, l\u2019assassinat de Van Gogh était un assassinat « contre l\u2019intégration des musulmans », les extrémistes refusant l\u2019intégration, dit-il.Il y a des grondements derrière le ronron.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Quelque 400 personnes meurent dans l\u2019incendie d\u2019un centre commercial à Asuncion au Paraguay.Les autorités du centre, qui avaient fait verrouiller les portes, sont montrées du doigt.2004 AOÛT SEPTEMBRE 1er Le cigarettier JTI-Macdonald reçoit un avis de cotisation de 1,36 milliard de RevenuQuébec à la suite du feu vert de la Cour.Revenu Québec estime avoir été lésé de cette somme en taxes à la suite de la contrebande des années 90.Deux semaines plus tard, la compagnie s\u2019est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.11 Ouverture des Jeux olympiques d\u2019Athènes où sont rassemblés 10 500 athlètes de 202 nations.Après avoir causé d\u2019importants dommages à Cuba, l\u2019ouragan Charley frappe de plein fouet les côtes de la Floride, faisant 16 morts et des milliards de dollars de dommages.Alors qu\u2019en Chine, un typhon tue plus de 150 personnes.13 Au Venezuela, le président Hugo Chavez évite l\u2019humiliation d\u2019une destitution deux ans avant la fin de son mandat.Un référendumtenu dans le pays lui accorde la faveur de 58%de la population.15 Des malfaiteurs volent deux tableaux célèbres du célèbre peintre norvégien Edvard Munch, Le Cri et La Madone au musée Munch d\u2019Oslo.22 La Cour supérieure de l\u2019Ontario donne le feu vert au plan de restructuration d\u2019Air Canada, permettant à la compagnie aérienne de se retirer de la protection de la loi sur les faillites.23 FIN DES JEUX OLYMPIQUES D\u2019ÉTÉ À ATHÈNES.LE CANADA REMPORTE 12 MÉDAILLES, UNE CONTREPERFORMANCE QUI FAIT RÉAGIR JUSQU\u2019AU PRÉSIDENT DU COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE, JACQUES ROGGE, SELON QUI LE PAYS DEVRA INVESTIR DAVANTAGE DANS LE SOUTIENT AU SPORT D\u2019ÉLITE.29 En Ossétie du Nord, dans le Caucase russe, des militants tchétchènes profitent de la rentrée des classes pour prendre en otages des centaines de jeunes enfants et des professeurs.Deux jours plus tard, la crise se conclut dans un carnage indescriptible (plus de 330 morts dont 155 enfants) à la suite de la charge des forces russes.1er ÀOttawa, début des travaux de la commission Gomery chargée de faire la lumière sur le «scandale» des commandites impliquant des contrats accordés par le gouvernement fédéral à des firmes de publicité.7 Après un voyage de trois ans et 32 millions de kilomètres, la capsule contenant des particules solaires captées par la sonde américaine Genesis s\u2019écrase dans le désert de l\u2019Utah, ses parachutes ne s\u2019étant pas déployés comme prévu.8 Àla veille du début de leur procès, les anciens conseillers municipaux deMontréal Irving Grundman et René Dussault plaident coupable à des accusations de corruption dans une affaire de versements de pots-de-vin pour un changement de zonage.Le Canada remporte la Coupe du monde de hockey à la suite d\u2019un gain de 3 à 2 contre l\u2019équipe de la Finlande.Quelques heures plus tard, un lockout est décrété par les équipes de la Ligue nationale.14 Le double médaillé canadien, AdamVan Koeverden La conférence des premiers ministres du Canada et du Québec sur les soins de santé débouche sur une entente de six ans durant laquelle Ottawa consent à verser 18 milliards de dollars supplémentaires aux provinces.En Formule 1, Jacques Villeneuve signe une entente de deux ans avec l\u2019écurie Sauber.La même semaine, Renault l\u2019embauche pour courir les trois derniers Grands Prix de la saison.15 L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 P L U S 9 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX États-Unis Semi-détaché.PHOTOMARK WALLHEISER, ARCHIVES REUTERS Un résidant de Tallahassee, en Floride, examine les dégâts causés à son domicile par l\u2019ouragan Jeanne, qui a frappé le sud de l\u2019État en septembre.En deux mois, quatre ouragans se sont abattus sur la région, provoquant 56 milliards de dollars de dommages.Back in the USSR JUDITH LACHAPELLE MOLDAVIE Eugénia ne voulait pas y aller.Depuis le premier jour où elle a su que nous allions nous rendre à Tiraspol, elle a toujours dit que l\u2019entreprise serait difficile.Très, très, très, très difficile.Et une fois à Chisinau, et devant mon insistance, le moins qu\u2019on pût dire, c\u2019est que mon interprète ne s\u2019étouffait pas d\u2019enthousiasme.Chisinau est la capitale de la Moldavie, ancienne république soviétique et plat pays de quatre millions d\u2019habitants, coincés entre la Roumanie et l\u2019Ukraine, écartelés entre l\u2019Europe et la Russie.La majorité des Moldaves sont de langue maternelle roumaine, la plupart parlent aussi le russe, héritage des années de soviétisme.Mais à l\u2019est du fleuve Dniestr, dans cette province appelée justement Transdniestrie, la langue de Tolstoï règne sur toute la région.Transdniestrie.Le nom suffit à faire rêver.Non, ce n\u2019est pas la Syldavie imaginaire de Tintin, mais la contrée n\u2019en est pas moins surréaliste pour les Occidentaux.Tiraspol est à moins d\u2019une heure en voiture de Chisinau, mais c\u2019est aussi au moins dix ans en arrière.Quand la Moldavie a arraché son indépendance de l\u2019URSS en 1991, la Transdniestrie a craint de voir son influence diminuer dans cette Moldavie qui songeait alors à s\u2019annexer à la Roumanie.Faut dire que les racines entre les deux régions ne sont pas très profondes : ce sont les Soviétiques qui, en 1941, ont fusionné la Transdniestrie avec la Moldavie, autrefois la province roumaine de Bessarabie.En 1992, la Transdniestrie, appuyée par la Russie, a pris les armes contre la Moldavie.Quelques 700 personnes ont été tuées sur les bords du Dniestr et les soldats russes en ont profité pour s\u2019installer à demeure.Depuis la signature d\u2019un cessez-le-feu, la Transdniestrie se considère comme une république autonome.Petit problème : elle est la seule à reconnaître son indépendance.Igor Smirnov dirige ce bout de terre depuis sa proclamation d\u2019indépendance et les disputes avec le gouvernement de Chisinau ont fini par attirer l\u2019attention de l\u2019Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).Raison : en 2007, la Roumanie joindra les rangs de l\u2019Union européenne.Plusieurs Moldaves ont la citoyenneté roumaine.L\u2019instabilité politique de la Moldavie devient donc une menace potentielle pour l\u2019Europe, d\u2019autant plus que tout le monde sait que le trafic d\u2019armes, notamment, y est florissant.Ce qui n\u2019est pas sans faire sourire Moscou, qui est un interlocuteur indispensable pour influencer la Transdniestrie.Eugénia, donc, n\u2019était guère emballée à l\u2019idée de se rendre à Tiraspol.\u2014 Ça va te coûter cherrr pour trrrouver un taxi qui accepterrra d\u2019y aller, disait-elle avec son accent roumain.\u2014Pas grave.\u2014 Ils vont nous arrrnaquer, surrtout toi puisque tu es une étrrangèrre.\u2014 Pas grave non plus, je m\u2019y attends déjà.À bout d\u2019arguments, elle a fini par céder.Une visite en Transdniestrie est un incontournable pour tous ceux qui sont curieux de savoir à quoi ressemblait la vie en rouge sous le marteau et la faucille.Le guide Lonely Planet, l\u2019un des rares à traiter de la Moldavie et de la Transdniestrie, parle de cette dernière région comme étant « sans aucun doute le plus grand musée en plein air du communisme soviétique ».Mais le ministère des Affaires étrangères du Canada n\u2019est guère rassurant.« La situation sur le plan de la sécurité est instable et imprévisible, et la région n\u2019est pas sous le contrôle du gouvernement.Les points de contrôle y sont fréquents.» En effet.Dès notre arrivée en Transdniestrie, un soldat ordonne au chauffeur de se présenter à la guérite.Eugénia, assise à l\u2019avant, soupire d\u2019exaspération.Il revient après quelques minutes et annonce qu\u2019il en coûtera cinq dollars pour la Canadienne.Eugénia tente d\u2019argumenter mais je tends l\u2019argent sans broncher.Il faut choisir ses luttes et celle-là est perdue d\u2019avance.Mais pour Eugénia, qui gagne moins de 60 $ par mois comme enseignante, la somme est exorbitante.Ça n\u2019allait pas être la dernière fois où Eugénia allait s\u2019indigner.Quelques minutes plus tard, juste avant d\u2019arriver à Tiraspol, des policiers colleront arbitrairement une « amende» au chauffeur de taxi.Ce dernier, nullement étonné, se plie docilement aux ordres, même si ça l\u2019oblige à marcher une vingtaine de minutes pour changer quelques billets de lei moldaves en roubles de Transdniestrie.Des roubles ?Oui, car lorsque la Transdniestrie a proclamé son indépendance, elle ne l\u2019a pas fait à moitié.Le «gouvernement » émet donc sa propre monnaie : le rouble et les kopecks, sans surprise.Une monnaie par ailleurs impossible à échanger hors des frontières du territoire.Pendant que nous attendons le chauffeur, un contingent de jeunes militaires passe devant nous.Ils chantent très fort, en russe, et marchent, une, deux, une, deux, en levant bien haut les pieds.Eugénia écarquille les yeux d\u2019étonnement.Le cortège passe devant un char d\u2019assaut maladroitement dissimulé sous une bâche.L\u2019indignation d\u2019Eugénia se transforme peu à peu en amusement.Sur la rue du 25 octobre, l\u2019artère principale de Tiraspol, nous nous arrêtons devant le Dvorets Respubliki (Palais de la république) et la Dom Sovetov (Maison des Soviets), tous deux flanqués d\u2019une statue de Lenine à l\u2019air sévère et fâché, que les (très) rares touristes occidentaux adorent photographier.Le tout donne une envie irrépressible de fredonner Back in the USSR.« C\u2019est trrrrès étrrrange ici, a dit Eugénia.On se crrroirait de rretourr à l\u2019èrrre communiste ! » Une vieille cabine téléphonique russe la fait crouler de rire, de même qu\u2019un marchand qui vend de l\u2019eau au verre, deux scènes courantes en Moldavie d\u2019avant 1991.Nous nous arrêtons dans une boutique acheter la grande spécialité de Transdniestrie: une bouteille de cognac Kvint.De nous deux, c\u2019est peut-être Eugénia qui a vécu le plus gros choc culturel en son propre pays.La plupart des Moldaves trouvent que leur gouvernement perd beaucoup trop de temps avec ces « séparatistes » de Transdniestrie.Mais sans cette « société distincte », la Moldavie serait-elle toujours la Moldavie ?Certains en doutent.« Si les négociations pour créer une fédération échouent et que la Transdniestrie reste indépendante, alors la Moldavie n\u2019aura plus de raison d\u2019être », dit Arcadie Barbarosie, directeur de l\u2019Institut de politique publique de Chisinau.« Il ne restera qu\u2019à nous annexer à la Roumanie.» Lors d\u2019un périple en Moldavie aux fins d\u2019un reportage sur l\u2019esclavage, Judith a découvert la Transdniestrie, une province rebelle de la Moldavie et surtout une enclave anachronique où vivent moins de 700 000 personnes.Une visite en Transdniestrie est un incontournable pour tous ceux qui sont curieux de savoir à quoi ressemblait la vie en rouge sous le marteau et la faucille.PHOTO PAUL CHIASSON, PC PHOTO JOHN SOMMERS, REUTERS 2004 SEPTEMBRE (suite) OCTOBRE L\u2019Impact deMontréal est couronné champion de la A-League de soccer nord-américain en remportant son match de finale 2 à 0 face aux Sounders de Seattle.Le match est présenté devant 13 648 fans réunis au centre Claude-Robillard.18 La GRC admet avoir cafouillé dans l\u2019affaire Maher Arar, cet ingénieur d\u2019origine syrienne envoyé dans son pays où il fut torturé durant des mois avant de revenir au Canada.La police fédérale admet avoir délivré sans conditions certains renseignements aux autorités américaines qui les ont utilisés à toutes les sauces.24 Le gouvernement duQuébec reporte aux calendes grecques le projet de construction de centrale au gaz du Suroît, selon des sources bien informées à La Presse.Le président des Expos de Montréal Tony Tavares annonce le déménagement de l\u2019équipe à Washington, mettant ainsi fin à 35 ans de baseball majeur à Montréal.29 La Russie annonce qu\u2019elle adhérera officiellement au protocole de Kyoto.Son accord fait en sorte que le protocole a maintenant suffisamment d\u2019adhérents pour entrer en vigueur.30 Àson voyage inaugural, le sous-marin canadien Chicoutimi subit des avaries en mer à la suite d\u2019un incendie à bord.Neuf marins sont incommodés par la fumée alors que les moteurs ne redémarrent plus.4 Un des sous-mariniers du Chicoutimi, le lieutenant Chris Saunders, meurt alors qu\u2019il est transporté par hélicoptère vers un hôpital d\u2019Irlande.6 BOMBARDIER ANNONCE LA SUPPRESSION DE 2000 EMPLOIS DANS SON SECTEUR AÉRONAUTIQUE, DONT 1440DANS SES USINES DE LA RÉGION DE MONTRÉAL.LA DÉCISION EST RENDUE NÉCESSAIRE PAR LA BAISSE DE PRODUCTION DES AVIONS RÉGIONAUX DE TYPE CRJ.7 Le Cirque du Soleil s\u2019associe aux Beatles pour la présentation d\u2019un grand spectacle permanent à Las Vegas.14 Les Red Sox de Boston remportent la Série mondiale du baseball majeur en balayant les Cards de Saint-Louis 4 victoires à 0.Mais leur exploit est surtout survenu en demi-finales contre les Yankees de New York qu\u2019ils ont finalement battus 4 à 3 après avoir traîné 0-3 dans la série.27 10 P L U S L A P R E S S E M O N T R É AL LU N DI 27 D É C E M B RE 2 0 0 4 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX Mars L\u2019aventure du Spirit.ou l\u2019esprit d\u2019aventure PHOTO AFP/NASA Trois kilomètres : c\u2019est la distance totale qu\u2019a parcouru sur Mars le robot d\u2019exploration Spirit, envoyé par la NASA au début de l\u2019année.Aidé de son petit frère Opportunity, le module de recherche a envoyé vers la Terre plus de 12 000 clichés, les plus saisissants à avoir été pris sur la planète rouge.D\u2019une durée de trois mois, la mission des deux robots visaient à déterminer si l\u2019environnement de Mars a pu permettre l\u2019apparition de la vie.État de grâce olympique Cet été en Grèce, Simon en était à son deuxième rendez-vous olympique.Si les Jeux d\u2019Athènes n\u2019ont pas été le capaharnaüm annoncé, ils ont quand même donné peu de répit à ceux qui en faisaient la couverture.SIMON DROUIN GRÈCE «JJe vais au plongeon ou au judo ?» Au bout du fil, Alexandre Pratt, mon chef de division, a répondu à la question de la manière la plus naturelle du monde.Pourtant, il était cinq heures du matin à Montréal et aucune bombe ne venait d\u2019exploser à Athènes.Quatre heures plus tard, en déambulant dans le centre de presse, je demande l\u2019heure de Montréal à un collègue : « Neuf heures ».À cet instant précis, j\u2019ai compris que j\u2019avais appelé mon boss à une heure impossible.Merde, c\u2019était donc ça la voix enrouée d\u2019Isabelle, sa douce moitié.Quel con je suis ! Comprenant dans quel état je me trouvais, Alex n\u2019a pas pris la peine de relever l\u2019incongruité de l\u2019heure de l\u2019appel.llllllllllllllllllllllllllllll La veille, comme d\u2019habitude, j\u2019ai dû finir d\u2019écrire ma troisième histoire à 3h15 du matin, profitant du décalage horaire au maximum.En entrant dans l\u2019unité de logement 1N21, j\u2019ai dû croiser le photographe japonais qui prenait toujours sa douche.Ça me frappait chaque fois : il se préparait pour sa journée, je venais de finir la mienne.Bon, j\u2019ai quatre heures devant moi avant que le cadran ne sonne.Ordre à mon cerveau : dors ! Malgré les boules Quies et l\u2019affreux bandeau d\u2019avion, ça ne marchait évidemment pas.Le décalage horaire pas encore tout à fait assimilé, les textes qu\u2019on se repasse dans la tête, le stress, les flashes pour le lendemain, l\u2019adrénaline dans le tapis : le cerveau ne parvient jamais à se mettre tout à fait à off.Le mercure systématiquement à 34 degrés Celsius et une alimentation misérable (des hot-dogs à la saucisse trop bouillie et des sandwichs au pain emballés sous vide depuis des mois, c\u2019est à peu près tout ce qu\u2019on trouvait sur les lieux de compétition) ont achevé de faire moi un zombie fonctionnel.Le genre d\u2019humeur où manquer une foutue navette d\u2019autobus qui, de toute façon, repassera dans cinq minutes te laisse au bord de la dépression.Après une dizaine de jours de ce régime, il a fallu me résoudre : pour tenir le coup et briller parmi les meilleurs, pas le choix de me mettre au dopage.Voyant mon état lamentable, un collègue de Québec, dont je tairai l\u2019identité, a eu pitié.Il m\u2019a donc refilé son produit : des Gravol.La nuit suivante, miracle, mon cerveau a cessé de s\u2019agiter et j\u2019ai pu profiter de quatre heures complètes de sommeil.Le lendemain, ça a aidé quand l\u2019employée de la boutique de téléphones cellulaires a mis 25 minutes pour me facturer.Mon adresse ?Blockhaus 1N21, chambre C, bordel.Inspirer, expirer, inspirer.llllllllllllllllllllllllllllll Au fil des jours, cet état a fini par devenir normal.À un certain moment, on ne s\u2019émeut même plus quand un collègue nous réveille en pleine nuit parce que son ordinateur brisé n\u2019est plus en mesure de transmettre des textes.Il s\u2019agit d\u2019accélérer le pas un peu pour éviter que le lancer de l\u2019ordinateur ne devienne officiellement une épreuve olympique.À force de faire trois journées en une, les textes finissent par s\u2019écrire tout seul dans notre tête.Dans l\u2019autobus, sous la douche, la nuit, en marchant, n\u2019importe où ; les mots se bousculent et la trame se dessine d\u2019elle-même.Quand on ouvre l\u2019ordinateur, les doigts nous brûlent et on pourrait écrire comme ça pendant des heures.Du brouhaha surgit un état de grâce journalistique.Ça doit ressembler à ce que ressentent les athlètes quand ils se disent dans leur zone.C\u2019est merveilleux et c\u2019est la meilleure drogue naturelle.llllllllllllllllllllllllllllll Et les Jeux dans tout ça ?On a beau être sur place, on n\u2019en voit qu\u2019une partie infinitésimale.On s\u2019en rend surtout compte en revenant à la maison.Guylaine Dumont et Annie Martin, c\u2019était cool, hein ?Euh, c\u2019est parce que je n\u2019ai n\u2019a pas vu une seule seconde de volleyball de plage.Idem pour le canoë-kayak, l\u2019escrime ou la nage synchronisée.Question de temps et de choix.Ce qui est formidable, par contre, c\u2019est la petite télé installée dans nos chambres.On avait accès à toutes les compétitions qui se déroulaient en direct.sans commentateurs.Il était donc possible de devenir son propre réalisateur.Un p\u2019tit match de ping-pong en se levant ?Pourquoi pas.Le bonheur.Une seule fois, j\u2019ai laissé le plaisir l\u2019emporter sur le travail.C\u2019était un mercredi soir et je m\u2019apprêtais à commencer un texte sur le contre-la-montre féminin.J\u2019avais en ma possession un convoité billet pour la piscine, où serait présenté le 100 mètres libre masculin.Cinq minutes d\u2019autobus et j\u2019étais sur place.J\u2019ai pris le téléphone et appelé le collègue François Foisy, du Journal de Montréal : « Lâche tout, on s\u2019en va à la natation.» Pour la seule fois des Jeux, on a assisté à une épreuve sans chercher à en savoir plus.À mon grand désarroi, le Russe Popov n\u2019était pas de la partie.Un certain Ian Thorpe lui avait volé la dernière place disponible lors de la demifinale, disputée en après-midi.Partie dans le couloir huit, une position généralement handicapante, la Thorpille australienne a vogué jusqu\u2019à la médaille de bronze, une performance phénoménale pour ce spécialiste de plus longues distances.Une demi-heure plus tard, on était de retour devant nos claviers, les yeux toujours pochés, mais galvanisé d\u2019avoir assisté à une performance sportive hors de l\u2019ordinaire.Là, juste là, on se dit : pincez-moi, quelqu\u2019un.PHOTO CHARLES DHARAPAK, AP PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS, AP PHOTO JAKE WRIGHT, PC 2004 NOVEMBRE ÉLECTIONS AMÉRICAINES : GEORGEW.BUSH ET LES RÉPUBLICAINS REMPORTENT UNE VICTOIRE BEAUCOUP PLUS NETTE QU\u2019AUX PRÉSIDENTIELLES DE 2000.LE PRÉSIDENT SORTANT EST RÉÉLU AVEC 286 GRANDS ÉLECTEURS AU COLLÈGE ÉLECTORAL ET 3,5 MILLIONS DE VOIX DE PLUS QUE SON ADVERSAIRE DÉMOCRATE JOHN KERRY.2 Quelque 20 000 soldats américains et irakiens déclenchent une offensive sur la ville de Fallouja contrôlée depuis six mois par des insurgés irakiens.8 Le président américain GeorgeW.Bush confirme la nomination de Condoleezza Rice au poste de secrétaire d\u2019État en remplacement de Colin Powell qui avait annoncé sa démission la veille.C\u2019est l\u2019adjoint de Mme Rice, Stephen Hadley, qui lui succède au poste de conseiller à la Sécurité nationale.16 Le producteur Guy Cloutier plaide coupable à cinq des neuf chefs d\u2019accusation portés contre lui pour des actes à caractère sexuel commis à l\u2019endroit de deux personnes.Le gouvernement du Québec annonce la mort du projet de centrale au gaz du Suroît à Beauharnois.17 LE PREMIER MINISTRE PAUL MARTIN EXPULSE LA DÉPUTÉ CAROLYN PARRISH DE SON CAUCUS À LA SUITE DE SES FRASQUES ANTIAMÉRICAINES.17 Les quelque 3800 employés syndiqués de la SAQ 19 déclenchent une grève générale illimitée.Àla veille d\u2019une conférence internationale sur l\u2019avenir du pays, on annonce que des élections générales auront lieu en Irak le 30 janvier.De plus, les grandes nations industrialisées réduisent de 80 % la dette de quelque 40 milliards que l\u2019Irak doit aux 19 pays du Club de Paris.21 Àla suite d\u2019un vote à la Chambre des communes, Ottawa s\u2019engage à bannir dès 2006 les gras trans de tous les aliments vendus sur le marché.23 L\u2019Ukraine est au bord de la guerre civile à la suite de l\u2019annonce, par les autoirités électorales, de la victoire de Viktor Ianoukovitch, candidat soutenu par Moscou.Une grande partie de la population manifeste contre ces résultats que l\u2019ensemble des pays occidentaux, dont le Canada, ne reconnaissent pas.24 L A P R E S S E M O N T R É A L L U N D I 27 D É C E M B R E 2 0 0 4 P L U S 11 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll .ENVOYÉS SPÉCIAUX Irak Le langage des armes ANJA NIEDRINGHAUS, ARCHIVES AP Des marines américains se réunissent pour ce qu\u2019ils appellent une « photo de famille » à Fallouja.Les forces de la coalition ont envahi la ville rebelle en novembre dernier dans l\u2019espoir de mettre un terme à la révolte contre l\u2019occupation américaine qui couve dans la région.SOPHIE COUSINEAU CHINE Dans le petit salon surchauffé, nous sommes huit affalés dans des La- Z- boy, une Tsingtao à la main.Trois femmes, cinq gars.Quatre d\u2019un côté, quatre de l\u2019autre.Tout au bout de la pièce, une télévision crache les nouvelles chinoises à tue-tête.Il est 22 heures.U ne nuée de jeunes filles en uniformes blancs entre en coup de vent.L\u2019une des masseuses s\u2019approche et s\u2019empare tout doucement de mon pied.Mais ce premier toucher est trompeur.Ses doigts effilés se mettent à broyer les phalanges de mes orteils.Alors que cette douleur a l\u2019effet d\u2019un électrochoc, mon corps assoupi par l\u2019alcool et la chaleur se dresse d\u2019un seul coup comme un point d\u2019interrogation.Pourquoi avais-je pensé que, dans la précipitation du départ, je pouvais sauter le rendez-vous chez l\u2019esthéticienne ?Aucun inconnu ne devait voir mes pieds rugueux et mes ongles décapés en plein hiver ! Et plus fondamentalement, qu\u2019est-ce que je fichais là ?En quittant l\u2019hôtel au matin, je n\u2019avais jamais imaginé aboutir là.Par ce froid samedi, nous étions partis visiter des entreprises qui roulent six, voire sept jours semaine.L\u2019idée, c\u2019était d\u2019aller voir les conditions de travail dans les usines chinoises, là où se font les objets et les vêtements qui, hier encore, étaient fabriqués ici.Une firme de consultants montréalais qui recherchent des sous-traitants pour des entreprises québécoises, Giolong International, m\u2019avaient ouvert quelques portes.Après avoir roulé pendant une heure et laissé loin derrière nous les gratte-ciel surréalistes de Shanghai, nous arrivons à la première usine, Shanghai Load Furniture, tout au bout d\u2019un chemin cahoteux qui traverse un quartier industriel de ferrailleurs.Un petit groupe de femmes enduisent de colle le placage de planches de bois qui serviront à assembler des lits et des commodes.Lorsqu\u2019elles croient que le patron ne les observe pas, elles bavardent et échangent des regards espiègles.Les tôles et les bâches qui servent de plafond laissent entrevoir le ciel par endroits, mais cela n\u2019a aucune importance puisque les usines ne sont jamais chauffées.Une heure de trafic plus tard, nous arrivons à la deuxième usine, dans le parc industriel Ming-Hang, au nord-ouest de Shanghai.Les équipements de l\u2019usine YY Metal sont nettement plus modernes, mais ici, aucun des employés ne sourit.Ils travaillent 12 heures par jour, sept jours semaine.Et en raison d\u2019un surcroît de commandes pour les boîtiers de lecteurs de DVD qu\u2019ils fabriquent pour JVC, Yamaha et Pioneer, ils n\u2019ont pas eu une seule journée de congé depuis six mois.Éloignés de leurs familles, qu\u2019ils ne revoient qu\u2019à l\u2019occasion des grandes fêtes, les hommes vivent à huit par chambre dans un dortoir qui jouxte l\u2019usine.Les femmes sous-louent chez les habitants du coin.De l\u2019autre côté de la rue, c\u2019est l\u2019usine Shanghai Herxin Stainless Steel Products.Elle n\u2019était pas au programme, mais nous la visitons à l\u2019improviste.Cette spécialiste de l\u2019inox fabrique des bouteilles d\u2019eau Roots, des tasses à café IKEA, des thermos et des carafes Zellers.Il est rendu 18 heures, mais tout le monde besogne à toute vitesse sans dire un mot.De toute façon, ils ne s\u2019entendraient pas parler, la machinerie produisant un son strident, à l\u2019extrême limite de l\u2019insupportable.Le froid et l\u2019humidité, les longues heures passées debout et la fatigue du voyage m\u2019accablent.Les thés wu-long et kong-fu dégustés lors d\u2019une séance de négociations qui s\u2019est tenue dans l\u2019arrière boutique d\u2019Acosma, une entreprise soeur de YY Metal, ne sont pas parvenus à me réchauffer.Mais il ne me viendrait jamais à l\u2019idée de me plaindre devant des Chinois qui se tuent presque littéralement au travail.Je rêve d\u2019un long bain chaud lorsque Mme Ho se pointe à l\u2019usine, toute endimanchée.Mme Ho, c\u2019est la matriarche.Son mari, Ming-Ching Ho, a fondé l\u2019entreprise familiale à Taiwan.Son fils Anson dirige l\u2019usine YY de Shanghai.Elle nous invite à souper au restaurant.Impossible de refuser.N ous partons dans une mini-fourgonette, les consultants de Giolong et toute la famille Ho, dont l\u2019oncle qui dirige Acosma.Il fait nuit noire et la route est à peine éclairée.La voiture freine brusquement sous le viaduc de la voie rapide Songjiang.Beding begang.Nous venons de heurter un des nombreux cyclistes qui pédalent le long de la route.Le vélo est tout déglingué.L\u2019homme invective copieusement le chauffeur, qui lui rend la pareille.Au bout d\u2019une minute d\u2019engueulades, nous repartons sans autre forme de réparation.Ce n\u2019est pas une gargote, c\u2019est un immense restaurant à la devanture toute illuminée.Vêtue d\u2019une jolie robe de satin, l\u2019hôtesse du Mei Ling Ge nous conduit à l\u2019une des salles de réception privées.Les plats fumants de poissons, de fruits de mer, de volaille et de champignons tournoient sur le plateau au centre de la table.Les petits verres de bai jiu (un alcool blanc) et de huang jiu (un alcool de riz de couleur paille appelé vin jaune) tourbillonnent aussi.Apparemment, tous les prétextes sont bons pour faire cul sec, même si je ne comprends rien à la conversation en chinois, traduite par bribes.Les visages s\u2019empourprent.L\u2019oncle fait un salut militaire et crie « Longue vie à Taïwan ! » Je m\u2019attends à ce que la police chinoise débarque à tout moment.Mais ce coin de Shanghai est un mini Taipei, là où les industrialistes taïwanais ont choisi de s\u2019installer maintenant que la maind\u2019oeuvre de leur île est devenue trop chère.Ils ont leurs restos et leurs écoles et ils fréquentent assez peu la population chinoise du continent.Mme Ho propose de poursuivre la soirée ailleurs.Est-ce que j\u2019ai bien compris que nous irions tous nous faire masser ensemble ?Cette façon de terminer le souper me paraît complètement saugrenue.Mais rendue là, pourquoi pas.Un samedi à Shanghai Au début de l\u2019année, Sophie s\u2019est rendue en Asie pour expliquer le phénomène de la délocalisation de la production manufacturière et ses conséquences sur notre économie.Un petit groupe de femmes enduisent de colle le placage de planches de bois qui serviront à assembler des lits et des commodes.Lorsqu\u2019elles croient que le patron ne les observe pas, elles bavardent et échangent des regards espiègles.PHOTO REGIS DUVIGNAU, REUTERS PHOTO NORM BETTS, BLOOMBERG NEWS PHOTO BEN MARGO, AP NOVEMBRE (suite) 2004 DÉCEMBRE Le président américain GeorgeW.Bush entame une visite officielle de deux jours au Canada.Pendant ce temps, à Washington, son secrétaire d\u2019État à la Sécurité nationale, Tom Ridge, annonce sa démission.30 EN FRANCE, L\u2019ANCIEN PREMIER MINISTRE ALAIN JUPPÉ EST CONDAMNÉÀ14 MOIS DE PRISON AVEC SURSIS APRÈS AVOIR ÉTÉ RECONNU COUPABLE D\u2019AVOIR UTILISÉ DES FONDS PUBLICS POUR PAYER SEPT PERSONNES TRAVAILLANT POUR SON PARTI POLITIQUE, LE RPR (GAULLISTE).1er En Ukraine, la Cour suprême invalide les résultats du deuxième tour de scrutin donnant la victoire au candidat pro-russe.Au baseball majeur, Barry Bonds reconnaît avoir consommé des stéroïdes.3 L\u2019ancien producteur Guy Cloutier est condamné à 20 42 mois de prison.L\u2019Assemblée nationale du Québec adopte à toute vapeur une loi suspendant les poursuites contre les MRC au sujet de l\u2019aménagement de pistes de motoneige sur les anciennes prises de voie ferrée.15 BOMBARDIER ANNONCE LE DÉPART DE SON PDG PAUL TELLIER, UNAN AVANT LA FIN DE SON MANDAT.EN BOURSE, L\u2019ACTION DÉGRINGOLE.13 Bras de fer entre les cols bleus et la Ville de 10 Montréal sur le déglaçage des trottoirs. MAISON 50 % à 70%de rabais serviettes, flacons-pompes, linge de table, gâteaux, paniers-gourmets, vaisselle, verrerie, articles en céramique, linge de maison, ornements, lumières, cartes en boîte, bougies enveloppées, bougeoirs et arbres de Noël jusqu\u2019à 33%de rabais celliers Haier Pour 24 bouteilles.Avant 549,99 $.Maintenant 369,99 $.Pour 42 bouteilles.Avant 749,99 $.Maintenant 499,99 $.Pour 60 bouteilles.Avant 949,99 $.Maintenant 679,99 $.jusqu\u2019à 75 % de rabais literie sélectionnée ToGoMC, Market Square®, Nautica et autres 60%de rabais \u2022 sélection de batteries de cuisine et articles suivis Jamie Oliver, Circulon, Anolon et autres \u2022 sélection de fauteuils inclinables 15 % de rabais appareils électroniques Bla seAmaLineAYAGE HOMME ET ENFANT FEMME jusqu\u2019à 40 % de rabais sélection mode griffée pour elle Tailles courantes et petites.50 % de rabais mode, jeans et tenues d\u2018extérieur automnehiver pour elle et lui.Tommy Jeans, CK Jeans, Point Zero, Global Mind, Buffalo et Chaps Denim Exception : articles « Achat-choc ».solde 4,99 $ à 24,99 $ hauts, jupes et pantalons pour enfant.Ord.7,99 $ à 45 $.50%de rabais tricots pour lui Claiborne, Wayne Gretzky, Mexx et autres 50%de rabais tenues d\u2019extérieur pour enfant 40%de rabais pantalons sport pour lui Calvin Klein, Pacific Trail et ToGoMC 40%de rabais tenues d\u2019extérieur tout-aller pour lui 14,99 $ à 24,99 $ tenues molletonnées et sportivespour elle Outline®, ToGoMC Sport et Sportek 50 % de rabais additionnel mode griffée à prix de liquidation pour elle Sur nos derniers prix étiquetés.50 % de rabais additionnel \u2022 accessoires et sacs à main à prix de liquidation pour elle \u2022 chemises habillées et cravates à prix de liquidation pour lui Sur nos derniers prix étiquetés.40 % de rabais additionnel \u2022 tenues de nuit, peignoirs, soutiensgorge mode, slips et lingerie de jour à prix de liquidation pour elle \u2022 chaussures à prix de liquidation pour tous Sur nos derniers prix étiquetés.jusqu\u2019à 50 % de rabais tenues d\u2019automne et des fêtes pour elle MantlesMC, ToGoMC, mac & jac, Nygård Collection et Melrose.Sélection de modèles aussi en tailles petites et grandes.50 % de rabais tricots automne-hiver pour elle ToGoMC, MantlesMC, Melrose, mac & jac, Nygård Collection et Style&Co.Exception : nouveautés.ACCESSOIRES ET CHAUSSURES jusqu\u2019à 60 % de rabais tenues d\u2019extérieur automne-hiver pour elle 60 % de rabais bagages Freeport de Skyway Ord.48 $ à 195 $.Solde 19,19 $ à 77,99 $.jusqu\u2019à 50%de rabais choix de tenues de nuit, peignoirs, slips, soutiens-gorgemodeet lingerie de jour 40 % à 60%de rabais bottes pour homme, femme et enfant 40 % de rabais couvre-chefs, écharpes et gants d\u2019hiver pour elle Avez-vous reçu une carte-cadeau Hbc à Noël?Profitez de nos aubaines de la semaine après Noël! Du lundi 27 au jeudi 30 décembre, nos magasins ouvrent à9h La Baie, rue Sainte-Catherine O., à 8 h jusqu\u2019au jeudi 30 décembre Le choix varie selon le magasin.Les rabais sont sur nos prix ordinaires, sauf avis contraire.Exceptions : Liz Claiborne Home, Home Studio, offres spéciales de la direction, articles « Bon prix la Baie tous les jours », « Nouvellement réduit », « Achat-choc » et ceux des rayons concédés.La mention « ACHAT-CHOC » indique que nous avons trouvé une aubaine incroyable dont nous voulons vous faire profiter.Si nous indiquons un PRIX DE COMPARAISON, il s\u2019agit du prix qu\u2019un autre détaillant canadien a établi pour un article de qualité identique ou comparable.Les articles « Achat-choc » sont offerts en quantités limitées; pas de bons d\u2019achat différé.Prenez note que la mention « PRIX CISEAUX » signifie que le bas prix au quotidien existant est temporairement réduit.Précisions en magasin.encore plus jusqu\u2019à60% de rabais d\u2019après Noël se poursuit\u2026 3280795A ."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.