La presse, 3 octobre 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" De quoi donc est faite la vie?DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Ne me prenez pas trop au sérieux avec ce titre, je ne cherche pas vraiment à savoir de quoi est faite la vie.Ce n'est pas mon genre de réflexion, et en général, je me contente de vivre.Mais voilà, que peut-on faire d'autre dans un avion, à part se laisser aller à des rêveries philosophiques ?Boire, manger, lire des journaux ou dormir.En parlant de manger, je signale le retour du couteau.Pas le couteau en plastique, le vrai.Je ne pensais plus le revoir dans un avion, du moins pas avant les élections américaines (genre si Bush gagne il reste banni, et ne revient que dans le cas d'une victoire de Kerry).On ne peut pas savoir le nombre incroyable de décisions, certaines touchant la vie quotidienne de gens vivant à l'autre bout du monde, qui dépendent du résultat des prochaines élections américaines.Je n'ai jamais vu des élections aussi attendues.Ce qui est sûr, c'est que l'Amérique risque autant que le reste du monde dans cette affaire.Si Bush passe, on saura ce que pensent vraiment les États-Unis des lois internationales.Et le plus puissant pays du monde ne pourra plus se cacher derrière un homme.On dira enfin les États-Unis et non simplement Bush.Et cela concernera autant ceux qui ont voté pour Bush que ceux qui ont voté contre lui, autant les intellectuels de Manhattan que les fanas du barbecue de Dallas.C'est cela aussi la démocratie : nous sommes responsables de nos actes comme de ceux de nos compatriotes.L'arbre Bush s'effacera alors pour nous laisser voir l'impressionnante forêt de petits drapeaux qu'il cachait.I.Une forêt de drapeaux Bon, c'est du réchauffé que je vous sers là.Ce texte a déjà paru dans un de mes obscurs bouquins (je ne vous dirai pas lequel), mais il me semble qu'il s'adapte bien à la situation présente.Le voici : Pendant longtemps, je me suis demandé ce que cachait cette forêt de petits drapeaux que les Américains ne cessent d'agiter avec un sourire épinglé au visage.Était-ce pour montrer au reste du monde qu'ils sont toujours les plus forts ?>Voir LAFERRIÈRE en 6 PHOTO PIERRE McCANN, LA PRESSE © La collaboratrice de La Presse Rafaële Germain ne craint pas d'avouer qu'elle est une jeune femme de 27 ans affreusement privilégiée : « Je suis snob, je suis née avec une cuillère d'argent dans la bouche.Je l'ai eu facile toute ma vie.» RAFAËLE GERMAIN NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE Rafaële Germain était à peine née que Gilles Vigneault lui écrivait un sonnet et que Jean Lapointe la prenait sur ses genoux.Elle a été initiée aux joies des promenades en forêt et du dessin avec Clémence.A passé une semaine avec Édith Butler dans son île.A découvert la tour Eiffel de l'appartement parisien de son parrain, Luc Plamondon, et vu les bobettes de Céline en faisant pipi dans la toilette de sa loge privée.« Le résultat, lance la jolie blonde aux yeux bleus teintés d'autodérision, c'est que les vedettes ne m'impressionnent pas du tout ! » Par mesure de prudence et d'humilité, elle croit tout le même bon d'ajouter : « Évidemment, c'est pas comme si j'avais été élevée par Gwyneth Paltrow et que mon parrain était Steven Spielberg.Ça, c'est une autre ligue.» Un brin snob, la fille de Georges- Hébert Germain et de Francine Chaloult?Absolument, concède-t-elle sans le moindre embarras.« Je suis snob, je suis née avec une cuillère d'argent dans la bouche.Je l'ai eu facile toute ma vie.Je suis allée dans les meilleures écoles (le collège Marie- de-France) où j'ai reçu une éducation extraordinaire sans avoir l'impression qu'on me bourrait le crâne.J'ai eu Jean Larose comme prof en études françaises à l'université.Bref, je suis snob comme le sont un peu tous les littéraires.Jusqu'à tout récemment, je crachais sur Le Journal de Bridget Jones et je méprisais le chick-lit (la littérature de pitounes) pour finalement me rendre compte que Bridget Jones était adorable et que mon premier roman était de la pure chicklit.C'est ben pour dire.» Un poncho en cachemire rose poupon sur un t-shirt blanc incrusté de zircons, les deux probablement achetés chez Holt Renfrew(son Winners à elle), les pieds sanglés dans des ballerines vert pomme tirées d'une vaste collection de souliers (sa passion), Rafaële Germain peut difficilement passer pour une digne représentante des jeunes femmes de 27 ans.Le milieu social particulier où elle est née, les amis célèbres de ses parents, la cage dorée où elle a grandi, la facilité avec laquelle les portes se sont ouvertes devant elle, tout cela concourt à faire d'elle une jeune femme de 27 ans affreusement privilégiée.Et pour ajouter à l'injustice, elle est douée et dotée d'une plume aussi élégante que drôle, qui lui a valu de passer en une saison de recherchiste à auteure à l'émission Le Grand Blond., et d'être recrutée par La Presse, où on l'a invitée à écrire une chronique inspirée de la chronique Sex and the City, de Candace Bushnell, dans le New York Observer.Le mandat était périlleux, mais Rafaële s'en est acquittée avec brio et n'a pas manqué un seul rendez-vous depuis deux ans.Si la chronique Je t'aime moi non plus a autant de succès, c'est d'abord parce que son auteure est complètement imprégnée par la culture ambiante populaire et qu'elle adhère, comme la plupart des filles urbaines et vaccinées de 27 ans, à des valeurs assez traditionnelles et étonnamment peu conflictuelles d'où ne perce aucun soupçon de révolte.>Voir GERMAIN en 2 La jeune fille et son double Avec un père journaliste et écrivain, une mère qui gère la plus grosse boîte de relations de presse du showbiz, des amis branchés, un chum connu et une chronique en vue publiée tous les samedis dans le cahier Actuel de La Presse, Rafaële Germain n'a rien de la jeune écrivaine souffreteuse, anonyme et crevant de faim dans un troisième sous-sol.Elle avoue en plus avoir écrit son premier roman, Soutien-gorge rose et veston noir, dans la joie et le plaisir.Que demander de plus ?Que ça dure, répond la principale intéressée.LE POT EST-IL L'ALCOOLISME DES JEUNES ?UN GRAND DOSSIER SAMEDI PROCHAIN DANS 3261234A JEAN-PAUL DUBOIS PAGE 7 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS POP Montréal, dernières escales Passages difficiles d'une biennale PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Prêts pour une dernière soirée de spectacles effrénés ?Allez courage MISSION OF BURMA Il est bon de savoir que ce groupe- culte s'est séparé en 1983 parce que les tympans de son leader, Roger Miller, ont excessivement souffert de la musique du groupe.Si vous vous dirigez vers le Cabaret ce soir, n'oubliez pas de mettre des bouchons ! L'histoire du rock a eu tendance à oublier cet intense quatuor bostonnais qui, dès 1979, produisait une musique terriblement sauvage, bruitiste, complètement en avance sur la production rock de l'époque.Cette propension au punk exploratoire (post-punk) en a fait davantage un précurseur qu'un influent, bien que plusieurs formations contemporaines à Mission se soient réclamées de leurs audaces sonores \u2014Pavement et Fugazi, pour ne nommer que celles- là.En fait, n'eussent été les problèmes d'ouïe de Miller, Mission of Burma aurait pu labourer la scène rock expérimentale aux côtés d'une autre légende issue de cette époque, Sonic Youth.À la faveur d'un concert-réunion, le groupe s'est reformé, a lancé un nouvel album (On Off On, sous étiquette Matador) et a repris le rythme de la tournée, avec en prime la reconnaissance que ces musiciens méritent.Au Cabaret (2111, boulevard Saint-Laurent), avec Read Yellow et Malajube en première partie.Début : 21 h.MAGNOLIA ELECTRIC CO.D'abord, soulignons que le dernier album de Magnolia Electric Co., portant l'intrigant titre Songs: Ohia, est paru sous un label baptisé Secretly Canadian, et c'est déjà très drôle.Derrière cette compagnie, l'auteur- compositeur-interprète Jason Molina livre pourtant une musique tout ce qui a de plus austère.Ici encore, c'est l'intensité des compositions du bonhomme qui nous séduit.Son véhicule musical doit autant au folk qu'au rock, les guitares prennent le premier plan et portent aux nues la mélancolie de ses chansons.On vous recommande aussi le travail de Howie Beck en première partie, autre chansonnier qui possède plusieurs flèches touchantes dans son carquois à chansons.Àla Sala Rossa (4848, boulevard Saint-Laurent), avec Howie Beck et Field Register en première partie.Début : 22 h.LAUNNIE ANDERSSOHN Si vous souhaitez terminer votre festival en vous offrant une pinte de bon sang, ne loupez pas cette soirée hallucinée en compagnie de Launnie Anderssohn, des Isotoners et du duo Canned Hamm.La farce mise en musique : les Montréalais du groupe Launnie Anderssohn invoquent l'inspiration divine pour alimenter leur rock d'une autre époque.Les New-Yorkais d'Isotoners se présentent comme « le seul groupe pop-rock gai », alors que Canned Hamm, formé des frères Big et Li'l Hamm, vous entraînera dans un karaoké déviant.Avec des marionnettes.Ayoye ! .Au Swimming (3649, boulevard Saint- Laurent), avec The Isotoners et Canned Hamm en première partie.Début : 22 h.JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE C'est par la ruelle des Fortifications, dans le Vieux-Montréal, que les gens entrent à la Biennale de Montréal 2004, présentée presque exclusivement dans l'ancien édifice du journal The Gazette.Charmant préambule pour cette manifestation d'art contemporain qui, pour sa quatrième version et pour l'avenir, fait du domaine public sa raison d'être.Ça commence donc dans le chaos d'un lieu laissé à lui-même, illustration parfaite d'un thème qui traite des nouvelles réalités de la place publique, espace aux frontières de plus en plus floues.À l'intérieur de ces centres commerciaux et réseaux piétonniers, l'artiste aurait encore son mot à dire, pas seulement à travers une oeuvre parachutée, mais bien comme acteur de premier ordre, actif et animateur.L'intérêt de cette quatrième Biennale, entretenu par un titre très large (Agora, le domaine public), s'estompe par contre rapidement.Si le fait d'occuper les anciens locaux du quotidien montréalais se traduit par un long labyrinthe, à l'instar des aménagements urbains, l'ensemble exposé s'avère mince.En quantité (sept univers) et, surtout, en qualité.Peut-on en vouloir à Claude Gosselin, âme de la Biennale, d'avoir réuni aussi peu d'artistes ?On lui a tant reproché d'en faire trop par le passé que cette cure d'amaigrissement, en partie obligée par des fonds de plus en plus limités, ne pouvait être que salutaire.Sauf qu'entre les travaux superficiels (les photos d'Ed Kostiner, spectaculaires vues à vol d'oiseau) et ceux récupérés à gauche et à droite (le projet C'est ma place de la galerie Monopoli, celui du collectif SYN, exposé dans la vitrine souterraine du CCA sous le Palais des congrès), il y a peu à se mettre sous la dent.On a l'impression que les guides, fort pressés à vous accueillir d'une salle à l'autre, sont plus nombreux que les oeuvres.On est loin des premières biennales fourre-tout (sans parler des ancestraux Cents jours d'art contemporain) d'où sortaient d'étonnants lapins (Jérôme Fortin, Emmanuel Galland en 1998, Massimo Guerrera, Jean-Pierre Gauthier, Nicolas Baier en 2000, pour ne nommer que quelques locaux).La mini rétrospective Rajak Ohanian permet, bien sûr, de découvrir un ancien photographe de presse français, portraitiste doué, par un survol de projets des 30 dernières années, que ce soit dans une manufacture (fascinant Portrait d'une PME) ou dans les rues de Chicago.Mais en quoi renouvellent-ils l'espace public Même chose dans le cas d'Armand Vaillancourt, dont le chantier à la fois privé et public apparaît avant tout comme la célébration d'un mythe.Le vénérable artiste de 75 ans, que Gosselin n'hésite pas à comparer à Joseph Beuys, occupe l'immense salle des presses de tout son savoir-faire : archives photos, sculptures, mots de rage (un « La pauvreté.une arme de destruction massive » bien senti et visible de la rue) et même présence physique \u2014Vaillancourt a installé sa chambre où il passera beaucoup de temps et dormira, même.En fait, on parcourt les lieux avec une question de plus en plus pesante.Où sont les jeunes artistes, les québécois surtout?On a l'impression que Gosselin est déconnecté de la création actuelle et que seul le filon Monopoli-CCA lui permet de sauver la face.Il aurait été tellement audacieux d'intégrer les centres d'artistes, ceux-là même qui ne demandent qu'à bousculer l'espace urbain.Pas un mot, par exemple, au sujet de Dare- Dare, occupant pourtant le très voisin square Viger depuis un mois.Quant aux interventions urbaines et conférences que le centre Artexte tenait ces jours-ci, appuyées pourtant par la Biennale, elles sont absentes du programme distribué gratuitement.Oui, l'architecte Ève Robidoux, Montréalaise établie à Rotterdam, est présente avec le projet gagnant d'un récent concours international.Mais, d'abord, sa place sera érigée à Taiwan (son oeuvre commémore un séisme dévastateur pour la ville de Chi-chi).Ensuite, elle n'est qu'une des membres d'un consortium formé de quatre individus.Oui, NYP paysage renouvelle les espaces d'ici.Mais son projet Impluvium, cherchant à mieux exploiter les toits de Montréal (dans ce cas, celui du Belgo) est bien seul.Et n'est présent, évidemment, qu'à travers une documentation.Quant au projet de l'architecte britannique de renom Will Aslop (Montréal, la ville créatrice), c'est une tribune unique d'expression (tous et chacun sont invités à étaler de la peinture sur un tunnel de toile), mais il s'avère un brin paternaliste.Un peu comme quand on autorise les graffiteurs à déverser leur rage sur un mur bien précis.Enfin, pour une manifestation tournée vers l'art dans l'espace public, on s'étonne du peu de projets de ce type.En attendant les deux reportés en mai, il faut se satisfaire d'un affichage sauvage de Didier Faustino et d'une structure en verre de Hal Ingberg, projets pas encore visibles au moment de mettre sous presse.Est-ce le chant du cygne pour le Centre international d'art contemporain fondé il y a 20 ans par Claude Gosselin?Souhaitons-lui le contraire, que cette première biennale plus « publique » ne soit qu'un essai, risqué, qu'il faudra reprendre.BIENNALE DE MONTRÉAL 2004, 250, rue Saint-Antoine Ouest (principal lieu), jusqu'au 31 octobre.Ouvert tous les jours.Info : 514 288-0811.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Présent de bien des façons à la quatrième Biennale, Armand Vaillancourt y a même installé son propre lit de mort.Voilà un cynisme qui fait cruellement défaut ailleurs dans cette exposition.La jeune fille et son double GERMAIN suite de la page 1 Une amoureuse moderne Dans ses chroniques comme dans son premier roman, la quête est la même : l'amour et encore l'amour, dans un pays dont la capitale est le célibat, pays où les gars tardent à se brancher, où les filles sont aussi autonomes que féminines, où l'amitié est la valeur dominante et où les relations avec les parents sont festives et cordiales.« S'il y a un sujet éculé dans la fiction québécoise, c'est bien le conflit des générations et la révolte contre le père.Moi, je ne comprends pas cette obsession du clash générationnel.Voyons donc, nos parents sont des boomers, qui ont tous fumé du pot et qui écoutent la même musique que nous.Pourquoi on se révolterait contre eux ?Pourquoi on se révolterait tout court ?» ironise-t-elle.Même si Rafaële passe des heures à rêver, parler et écrire l'amour comme une femme des années 50, elle n'en a ni l'habit ni la mentalité.L'autonomie financière, l'émancipation personnelle, l'humour et le sens de l'autodérision, tout comme une bonne dose de lucidité, ont fait d'elle une amoureuse moderne qui assume ses contradictions et ses nombreux défauts qui, selon elle, commencent avec l'insouciance, la paresse, la dépense outrancière et se terminent avec le manque d'ambition.Le manque d'ambition ?Oui, absolument, jure celle qui depuis deux ans n'a jamais raté une semaine de chronique à La Presse (même pendant les vacances), celle que les émissions de télé et de radio courtisent assidûment et qui publie cette semaine un premier roman de 450 pages qui donne plus dans la brique que la plaquette légère.Sans ambition?«Oui, répète-telle.Ma seule ambition, c'est de vivre une vie facile, agréable, où le bonheur ne passe pas par la réalisation de soi à travers le travail mais par l'amour, l'amitié, les livres, le cinéma.Si j'étais « pognée » à vendre des burgers, je tiendrais peut-être un autre discours, mais ce n'est pas le cas.Moi, tant que je peux continuer à écrire pour pouvoir m'acheter des souliers à 500 $ et du foie gras, je suis heureuse.Ajoutez à cela du Chardonnay, trois, quatre bouteilles de champagne, une couple de martinis et de shooters et son bonheur est complet.Car dans le roman et les chroniques de Rafaële Germain, il y a toujours beaucoup d'alcool.Coquetterie littéraire à la Bridget Jones ou penchant prononcé pour la bouteille ?« Oh ! là, je sens que je vais traumatiser mon père », fait-elle avant de tenter de mitonner une réponse un tant soit peu rationnelle.« D'abord, l'alcool au plan de la mise en scène dans une chronique, c'est pratique.Quand est-ce que les gens vous parlent de leur vie amoureuse ?En général, quand ils prennent un verre.Et comme mes chroniques parlent d'amour et se déroulent dans des bars, des restos ou des soupers d'amis, il y a nécessairement de l'alcool.Cela dit : j'aime prendre un coup, mes amis aussi.Parfois, je dirais même qu'on boit comme des trous.C'est la vérité.Aucune fierté dans cette dernière déclaration, aucune honte non plus.Et tant pis pour les Lacordaire, Rafaële Germain est une buveuse qui s'assume.Le complexe de l'imposteur Cette absence de culpabilité, ce refus de s'excuser ou de vouloir paraître parfaite alors qu'elle se sait pleine de failles, sont ce qu'il y a de plus charmant chez elle.Autre facteur de charme: sa lucidité.Quand elle déclare qu'elle n'a pas la prétention de faire de la grande littérature, qu'elle a écrit un roman léger sans se déchirer l'âme ni mettre ses tripes sur la table et qu'elle aurait voulu être une grande intello mais que c'est raté, on ne peut s'empêcher de trouver qu'elle est forte et capable d'en prendre.Mais c'est en partie un leurre.Car si vous avez le malheur de lui dire que son roman est un peu trop long ou que tel personnage n'existe pas vraiment, la belle façade lisse se lézarde et laisse poindre une vulnérabilité pas complètement assumée.Toujours prête à rationaliser même ce qui lui échappe, Rafaële Germain admet qu'elle gère un complexe d'imposteur bien installé.« Je connais un tas de gens de mon âge qui ont autant sinon plus de talent que moi, mais qui ne percent pas parce qu'ils ne sont pas à la bonne place, qu'ils ne connaissent pas le bon monde.J'ai une longueur d'avance sur eux, mais qu'est-ce que je peux y faire ?Aller travailler en usine ?Dormir sur un matelas poche ?Aller faire le service dans une soupe populaire pour me donner bonne conscience ?Je préfère de loin demeurer lucide et consciente et être le plus agréable possible avec les gens.» Agréable n'est peut-être pas le meilleur mot pour décrire une fille qui, de son propre aveu, s'est promenée avec un air de boeuf pendant toute son enfance et qui a concédé son premier sourire officiel à 11 ans.Mais il est vrai que, depuis, Rafaële Germain a changé.Et que les changements ne font que commencer.Dans 10 ans, si jamais elle relit cette entrevue, peut-être va-t-elle s'arracher les cheveux en criant : « Je peux pas croire que je pensais ça.» Ou peut-être va-t-elle trouver que, compte tenu de son âge et de tout ce qu'elle ignorait encore, elle n'était pas aussi légère et insouciante qu'elle le croyait.COURRIEL Pour joindre Nathalie Petrowski : nathalie.petrowski@lapresse.ca .SOUTIEN-GORGE ROSE ET VESTON NOIR, Rafaële Germain.Libre Expression.« S'il y a un sujet éculé dans la fiction québécoise, c'est bien le conflit des générations et la révolte contre le père.Moi, je ne comprends pas cette obsession du clash générationnel.» DERNIER FILM Pour le travail : Éternelle, avec Caroline Néron.Pour le plaisir : The Motorcycle Diaries, avec Gabriel Garcia Bernal.DERNIER LIVRE Comment devenir un monstre, de Jean Barbe (Leméac) et Scrapbook, de Nadine Bismuth (Boréal).DERNIER DISQUE The Nits et Hyms of the 49th Parallel, de k.d.lang.DERNIER SPECTACLE Serge Lama.Contre toute attente, elle a adoré.OEUVRE CHOC Voyage au bout de la nuit, de Louis- Ferdinand Céline, qu'elle a lu à 15 ans.ARTISTE INSPIRANT Virginia Woolf, tout particulièrement pour son roman Les Vagues.SI ELLE ÉTAIT UNE VILLE New York.SI ELLE ÉTAIT UN PERSONNAGE DE FICTION Carrie Bradshaw dans Sex and the City, mais aussi Ferdinand Bardamu, l'antihéros de Voyage au bout de la nuit, de Céline.Parce qu'il ose être faible et lâche.Tous les jeudis dans ARTS ET SPECTACLES AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / VERSION FRANÇAISE GVISA GÉNÉRAL Déconseillé aux jeunes enfants À L'AFFICHE! «LEFILM LEPLUSSURPRENANTDEPUIS\u2018LESIXIÈMESENS'.» Bill Bregoli, WESTWOOD ONE version française de THE FORGOTTEN LEFILM NO1AUCANADA / SON DIGITAL 3260483A DANSE Stephen Petronio: au coeur battant de l'humain ALINE APOSTOLSKA CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Une soirée très danse jeudi dernier.Tout d'abord un 5 à 7 à la Fondation Jean- Pierre Perreault pour présenter officiellement le nouveau directeur flamand, Guy Cools.Dramaturge, poète, animateur d'ateliers avec des artistes de la scène européenne, notamment au sein du célèbre Vooruit de Gand, Guy Cools est aussi depuis 13 ans un efficace coordonnateur des liens entre chorégraphes québécois et public flamand, et vice et versa.Cette soirée a permis au milieu de la danse de découvrir, ou redécouvrir, Guy Cools à travers son travail, mais aussi de le voir danser avec Lin Snelling \u2014 et ce, a-t-il dit « pour la première et dernière fois ».Une manière courageuse en tout cas, de prouver que son nouveau poste lui tient à coeur, et à corps ! Venait ensuite la soirée consacrée au chorégraphe new-yorkais Stephen Petronio, qui fête les 20 ans de sa compagnie et lançait la saison de Danse Danse.Une belle occasion pour le public montréalais, venu nombreux à la salle Maisonneuve de la Place des Arts, de saluer cette danse urbaine, rapide, exigeante et déjantée, où la musique est un élément majeur.Le tout sur le thème central de l'agitation angoissée et fracassée de l'homo urbanus, en particulier le New-Yorkais post-11 septembre 2001.Un retour sur scène La soirée s'ouvre sur le solo du chorégraphe lui-même, Broken Man, qui signe son premier retour sur scène depuis 1996.Cinq minutes intenses, en noir et blanc, sur une gestuelle globalement fluide, augmentée par les grandes manches de la veste asymétrique qui prolonge les mouvements comme une cape, mais avec une série de petits gestes agités, saccadés, ponctués des fameux jetés de bras à l'horizontale qui constitue une marque de fabrique Petronio.City of Twist rend hommage aux différentes heures de la ville, de la nuit à la nuit, en passant par différentes étapes d'une journée urbaine peuplée, où se croisent, et parfois se frôlent, les corps des sept danseurs.Magnifiques interprètes à la musculature savamment mise en valeur par l'exigence, la rapidité, la sophistication de la gestuelle, véritable défi à l'immobilité, qui laisse pressentir une sorte de danger imminent qui menace la ville, évoquée par des images projetées en toile de fond.Des images fortes, tour à tour sensuelles puis athlétiques, solitaires puis collectives, qui nous projettent au coeur battant de l'humain.Il ne faut surtout pas oublier la sublime musique originale de Laurie Anderson, qui commence et achève sur des cordes, violoncelle mais aussi guitare, pour varier en percussions et sons plus métalliques entrecoupés de bruits urbains, trains, crissements, téléphone, conversations.Un univers lyrique et sombre, dont plusieurs scènes sont si fortes que l'on regrette leur brièveté.Dans la dernière pièce, The Island of Misfit Toys, on retrouve la brièveté, mais on plonge dans la fantasmagorie, imposée par la puissance dérangeante et parfois irritante de la musique, et la voix narrative de Lou Reed, pour un univers aussi déglingué qu'ironique.Les danseurs errent et s'agitent seuls, individualistes apeurés ; les gars sont en pyjamas tandis que les filles portent de très courtes et très sexy robes de fillettes.Le tout, sans jamais aucune connexion entre musique et mouvements, ce qui évidemment n'est pas sans rappeler la révolution de Merce Cunningham et John Cage.L'univers Petronio s'inscrit d'ailleurs assurément à l'école new-yorkaise, celle de Cunningham, mais aussi de Trisha Brown.En définitive, cela donne une pièce qui reste complètement cérébrale, étonnamment, car les corps sont toujours très beaux et très exposés, mais comme totalement désincarnés.Malgré la grande qualité d'interprétation et la perfection minutieuse, esthétique et picturale, quasi mathématique, de l'ensemble, on attend que derrière le superbe discours vienne l'émotion.Mais elle ne se produit pas.CINÉ-ENTREPRISE MAGOG TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINÉMA CARNAVALCHATEAUGUAY SHERBROOKE CINÉ-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES CINÉMA 9 ROCK FOREST CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD CINÉMA ST.LAURENT SOREL-TRACY CAPITOL ST.JEAN LE CARREFOUR 10 JOLIETTE GALERIES ST.HYACINTHE ST.HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINÉ-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14 ANGRIGNON LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO STE.THERESE 8 TERREBONNE 14 GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS PARISIEN CINÉMA PINE STE.ADELE MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS MD COLISÉEKIRKLAND LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 MD FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18 FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL CINEPLEX ODEON CAVENDISH AMC THEATRES FORUM VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE GVISA GÉNÉRAL DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS VOYEZ-LE MAINTENANT! « DEUX FOIS BRAVO! » Ebert & Roeper « FORMIDABLE! » UN FILM PASSIONNANT « ET PUISSANT.» Larry King « PLEIN D'ACTION ET « D'ÉMOTION.UN APERÇU DES PLUS FIDÈLES À L'INTÉRIEUR DE LA « VIE DES POMPIERS.» Dave J.Iannone, FIREHOUSE.COM GVISAGÉNÉRAL 3261468A PHOTO SARAH SILVER, GRACIEUSETÉ DE DANSE-DANSE Tandis que le chorégraphe new-yorkais Stephen Petronio fête les 20 ans de sa compagnie, ses danseurs étaient invités à lancer la saison de Danse Danse jeudi dernier, à la salle Maisonneuve de la Place des Arts.Une belle occasion pour le public montréalais, venu nombreux à la salle Maisonneuve de la Place des Arts, de saluer cette danse urbaine, rapide, exigeante et déjantée, où la musique est un élément majeur.Nom: Adresse: Ville: Code postal : Téléphone (jour): Téléphone (soir) : Courriel : Cette annonce est publiée dans La Presse du 6 au 8 octobre inclusivement.Le tirage aura lieu le 14 octobre 2004.Les gagnants recevront leur prix par le courrier postal.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Seuls les coupons reçus par la postes sont acceptés.Valeur totale des prix : 2 000 $.Règlements disponibles chez Alliance Atlantis Vivafilm.vous invitent à la première du film À L'AFFICHE DÈS LE 22 octobre ! COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UN DES 100 LAISSEZ-PASSER DOUBLES POUR LA PREMIÈRE DU 21 OCTOBRE.Remplissez ce bon de particpation et envoyez-le à l'adresse suivante: TÊTE DANS LES NUAGES/VIVAFILM, C.P.278, , Succ.B, Montréal, QC H3B 3J7 Version française de HEAD IN THE CLOUDS 3256502A DÉSOLÉ, LAISSEZ-PASSER REFUSÉS VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES / SON DIGITAL «UN OCÉAN DE PLAISIRS; INGÉNIEUX ET DIVERTISSANT EN GRAND.TOUTE LA FAMILLE \u2018ACCROCHERA' AU CHARME FOU DE CE FILM ! » JEFFREY LYONS TRAME SONORE AVEC LA MUSIQUE DE: Christina Aguilera, Mary J.Blige, D12, Missy Elliott, Jo Jo, Ludacris, Ziggy Marley, Sean Paul, Will Smith, Justin Timberlake Unee nouvveellllee ééccollee monttrree sseess deenttss vveerrssiioonn ffrraannççaaiissee ddee SShhaarrkk TTaallee DAVID ANSEN «UN FESTIN VISUEL.CETTE MERVEILLEUSE AVENTURE SOUS-MARINE EST REMPLIE AUX OUIES DE RÉFÉRENCES DE CULTURE POP ET DE CLINS-D'OEIL AU CINÉMA POPULAIRE.» RICHARD CORLISS «UN \u2039DENTS DE LA MER\u203a JOVIAL.«TROUVER NEMO\u203a AVEC UNE SAVEUR CONTEMPORAINE ET URBAINE.» GENE SHALIT «APRÈS LES DEUX PREMIÈRES MINUTES DU FILM, J'ÉTAIS ACCROCHÉ!» AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE À l'affiche CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / CINÉMA PINE STE-ADÈLE / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / VERSION FRANÇAISE GVISA GÉNÉRAL 3260518A VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Gary Oldman joue le prisonnier d'Azkaban dans le troisième Harry Potter, et il a entrepris le tournage du nouveau Batman.Deux occasions pour le magazine Studio de faire le point avec cet acteur singulier et ce réalisateur sensible.QL'excitation que tu avais quand tu étais jeune acteur at- elle disparu ?RLa perspective d'apprendre est tellement plus grande, quand on est jeune.C'est sûr, l'énergie et l'enthousiasme ne sont plus les mêmes aujourd'hui.À l'époque, tout était bon à prendre.Tout ce que j'avais à découvrir était devant moi.Après avoir fait ça pendant 20 ans, forcément, ce n'est plus pareil.Lorsque j'ai envisagé de passer à la mise en scène, je pensais : « Je ne sais pas écrire, je ne sais pas réaliser, je vais donc le faire ! » C'était difficile, mais c'était un vrai défi.Quelque chose de très excitant.J'aurais dû m'y confronter plus tôt.QQuels sont tes sentiments par rapport à la pornographie ?RD'une certaine manière, les films porno font partie des plus grandes oeuvres du monde.Tu en regardes un, et c'est un chef-d'oeuvre, exactement comme les films de John Ford, Hitchcock ou Kubrick.C'est un chef-d'oeuvre, jusqu'à ce que tu jouisses.Après quoi, tu ne souhaites plus qu'une chose : trouver la télécommande, changer de chaîne, et tomber sur un match de foot.J'avais pour habitude de lire des livres porno en avion, parce que j'avais peur, mais aujourd'hui, ça ne m'intéresse plus.QQu'est-ce que tu trouves sexy ?RLe talent.Le talent est la chose la plus sexy au monde.La manière dont Eric Clapton joue de la guitare, c'est sexy.Ou la manière dont ma fiancée traverse la pièce \u2014 son port de tête, la façon dont se balance sa queue de cheval \u2014 ça, c'est sexy.Elle n'a pas besoin de porter un déshabillé ! Les défis d'Oldman Gary Oldman Les mots pour le dire E X P R E S S Après Eminem, c'est au tour de Lenny Kravitz de préparer son coming- out cinématographique.Autobiographique sans l'être, Barbecues and Bar Mitzvahs, prévu pour 2005, suivra le parcours d'un gars qui découvre les joies de la fête, mais sans être un film musical.Un rescapé des camps qui devient le cerveau d'un gang préparant le holdup d'une banque suisse gorgée des biens de Juifs déportés.Voilà un sujet qui aguiche Hollywood autant qu'il le tétanise.Le scénario de Josiah's Cannon a vu défiler scénaristes, réalisateurs (Ridley Scott, Mimi Leder) et stars (Michael Douglas, Dustin Hoffman) depuis huit ans, mais la valse est terminée.Sean Connery a dit banco ; la Fox respire, et Brett Ratner (Dragon rouge) s'y attaquera à l'automne.Ciné Live, Studio, Paris Match, Variety Quentin Tarantino « Mes goûts n'ont pas changé tant que ça au cours des années.Mais il y a certains films ou réalisateurs dont je me suis lassé.Ça fait partie de l'évolution de tout cinéphile : vous êtes accro à un cinéaste et puis, à un moment, vous vous apercevez que vous vous êtes fatigué de son style ou de son univers.Ces films continuent, néanmoins, d'occuper dans votre coeur une place à part, comme un premier amour que vous n'épouseriez plus.Mais il arrive également que l'on puisse se lasser d'un film et puis, cinq ou 10 ans plus tard, qu'on y revienne comme aux premiers jours.» Jean-Claude Van Damme « J'adore les cacahuètes.Tu bois une bière et tu en as marre du goût.Alors tu manges des cacahuètes.Les cacahuètes c'est doux et salé, fort et tendre, comme une femme.Manger des cacahuètes, it's a really strong feeling.Et après tu as de nouveau envie de boire de la bière.Les cacahuètes c'est le mouvement perpétuel à la portée de l'homme.» Virginie Ledoyen « J'aime le cinéma d'auteur.Ce n'est pas un snobisme et je n'ai pas l'exclusivité du bon goût, mais j'aime que ça me parle.Rien de systématique : il y a des films qui entrent dans cette catégorie que je trouve emmerdants, que je ne ferai jamais, et des comédies hilarantes dans lesquelles j'adorerais tourner.J'aime les gens qui réfléchissent à ce qu'ils font quel que soit le domaine qu'ils explorent.Dans la vie aussi, je préfère ceux qui se posent des questions aux êtres bourrés de certitudes.» José Garcia « J'ai une pudeur.Je me sentirais très mal à l'aise dans une scène d'amour, par exemple.Même quand je vois des baisers à l'écran qui durent des heures, ça m'énerve.J'ai l'impression de tenir la chandelle comme ça pouvait m'arriver quand j'avais 14 ans.Je suis là, dans mon salon, je les regarde s'embrasser et je me dis : Ben voilà, 38 piges et c'est moi qui suis le troisième connard encore une Quentin Tarantino fois ! » TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 VD VDO Soyons bêtes! Il va y avoir du sport! LE CERCLE (2) de Jafar Panahi Wonderfalls Tasse-toi Bocuse! UN ZOO LA NUIT (4) de Jean-Claude Lauzon À la di Stasio 3252537A THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 18H30 r L'ÉCOLE DES FANS Invitée: Lynda Lemay.17H a 5 SUR 5 Àquel moment unmilitaire est-il justifié de ne pas obéir aux ordres?19H r POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Cinq couples sur le point de se marier seront mis à rude épreuve pendant six semaines.Premier épisode de deux heures animé par Guy Jodoin.Téléréalité.19H30 a ET DIEU CRÉA.LAFLAQUE Gérard se prononce sur l'obésité.des autres! Il reçoit aussi le premier ministre Charest et le très énergiquemaire Tremblay, qui parle des gangs de rue.20H MMAX MUSICOGRAPHIE DE GERRY BOULET Un document sur Gerry, avec plein de témoignages et de films d'archives inédits.20H a TOUT LE MONDE EN PARLE De quoi jaserez-vous demain au bureau si vous manquez TLMP?Les invités sont Normand Brathwaite, Chantal Petitclerc, Louis Morissette, Dany Laferrière, Philippe Maurice et Vanessa Gold.21H45 K CINÉMA: POUR LE PIRE ET POUR LE MEILLEUR Jack Nicholson à son meilleur dans une délicieuse comédie! 22H30 a PLEINS FEUX: AMELIA Un filmd'Edouard Lock (La La La Human Steps) sur la musique planante de David Lang.Pure merveille pour qui aime la danse.23H30 a CINÉ-CLUB: FAHRENHEIT Ce soir, on brûle des livres.Science-fiction qui date de 1966, mais fait encore réfléchir.Le Téléjournal Découverte / Le jour où la Terre a failli mourir Et Dieu créa Laflaque Tout le monde en parle / Normand Brathwaite, Chantal Petitclerc, Louis Morissette Le Téléjournal Pleins Feux / Amelia FAHRENHEIT (4) Le TVA 18 heures L'École des fans / Lynda Lemay Pour le meilleur et pour le pire / Début ÉTERNELLE JEUNESSE (5) avec Dean Cain, Portia de Rossi Le TVA / Loteries Évangélisation (23:27) Soyons bêtes! Wonderfalls UN ZOO LA NUIT (4) avec Gilles Maheu, Roger Le Bel Il va y avoir du sport! / Michel Tremblay (22:04) LE CERCLE (2) avec F.Sadr Orafal (23:04) Festival d'humour de Québec - Le Grand Rire Bleue CE QUE FEMME VEUT (4) avec Mel Gibson, Helen Hunt POUR LE PIRE ET POUR LE MEILLEUR (4) avec Jack Nicholson, Helen Hunt (21:45) News Assignment Desperate Housewives Cold Case Law& Order: Criminal Intent The Sopranos CTV News News News THE ROOKIE (4) (17:00) Marketplace Venture THE LORD OF THE RINGS: THE FELLOWSHIP OF THE RING (2) (1/2) Sunday Night / Début Mary Walsh Reflections World News .Athlete Home Videos Extreme Makeover Desperate Wives Boston Legal Will & Grace NFL Football (16:00) 60 Minutes Cold Case SUBURBAN MADNESS avec Sela Ward, Elizabeth Pena News .Raymond News NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Outdoor.Wildlife Last of.Naturescene Nature / Cloud's Legacy:Wild Stallion Mystery / Death in Holy Orders (1/2) Servants (5/6) In the Life BBC News Wall Street Classic Gospel .Museums BBC News LIFEBOAT (3) Find & Design Airline UK Dog.GOOD WILL HUNTING (4) avec Matt Damon, Robin Williams Growing.Airline Family Plots Relais.Les Fous.Ces enfants d'ailleurs L'Actors Studio / John Travolta Thema / Almodovar TALONS AIGUILLES (3) avec Victoria Abril, Marisa Paredes The Definitive Elvis Arts&Minds Shaping Art Between the North Pole.CASINO (3) avec Robert De Niro, Joe Pesci Québec en humour Docu-d / .secret de la Bible Docu-d / .secret de la Bible II Sans détour / Hockey.Xtrémistes Opération Sauvetage Dixième.Lachimie.com Le Monde.UQAR Bilan.Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école .la croissance d'une PME Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Breaking Vegas.Myth Busters Daily Planet Vins du monde / Bordeaux Asslama La Route.la France La détente.Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides Les Routes oubliées Kim (17:39) Mentors (18:33) Radio Free.(19:25) Are you Afraid of the Dark (20:16) ILLEGALLY YOURS (6) avec Rob Lowe AN AMERICAN IN PARIS (2) (22:42) The Mountain King of the Hill Simpsons RUSH HOUR 2 (5) avec Jackie Chan, Chris Tucker Charmed Jack & Bobby Global News .Sunday Bob &.The Simpsons Arrested.Malcolm.That '70s Show Crossing Jordan .Sunday Sports Trouvailles et Trésors / Québec Destins / Ange déchu Des histoires d'alcool Le Polock (6/6) BARRY LYNDON (2) avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson Lost Inventions Antiques Roadshow Kings and Queens FRENCH CONNECTION 2 (4) avec Gene Hackman, Fernando Rey Master.Lives Obsessions Confessions of a Germ Birth Stories Adoption.Little Miracles Crisis Zone Med.Surgeons M.Richard L'amour à.Nostalgia / Offenbach Musicographie / Gerry Boulet Traversion - Offenbach Musicographie / Gerry Boulet Top20Metallica.com Pimp mon char Viva la Bam Les pourris.Filles! Les Jeunes.Le Mike.Pimp mon char Noir de monde American Dreams Extreme Makeover .arménien Acasa Boston Legal Teleritmo BBC News Inside Media Storm of the Century Juan Year Later CBC News: Sunday Night The Passionate Eye Sunday / No.17 Hemispheres Sec.Regard Téléjournal Le Journal La Part.Ushuaïa Nature Téléjournal Le Point 5 sur 5 Le Journal La Part.Football (16:00) Sports 30 Coupe du Monde de golf / Championnat American Express Sports 30 Combats ultimes TKO Motorisé Les Soeurs Mc Leod Saint-Tropez sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Miss Match Les Experts Prime Suspect THE MYTH OF THE MALE ORGASM (5) avec Bruce Dinsmore Trailer Park Boys .(22:01) Mind of Married Man (22:43) .(23:18) Ghost.Steve Smith Smallville Star Trek: Enterprise LARA CROFT: TOMB RAIDER (5) avec Angelina Jolie, Iain Glen .(23:15) Sportsnetnews Wk Baseball JZone Soccer / Spanish Primera Liga: Barcelona - Numacia Sportsnetnews JZone Au bout.Presserebelle.com Panorama Africa Trek Civilisations GUEULE D'AMOUR (4) avec Jean Gabin, Mireille Balin Duos: sessions jazz What not to Wear (17:00) Trading Spaces: Family What not to Wear Clean Sweep Trading Spaces: Family Sportscentre NFL Films.NFL Primetime NFL Football / Rams - 49ers Sportscentre Laboratoire .le meilleur Zeroman Duck.Les Simpson Futurama Daria Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama .(18:15) Journal FR2 Vivement dimanche / Véronique Genest Écrans.Culture et Dépendances / Occident.Le Journal Kiosque It's a Living Reach for.That'll Teach 'em 32 SHORT FILMS ABOUT GLENN GOULD (3) avec Colm Feore The Viewfrom Here Diplomatic.Film 101 Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose .Ménage Dre Nadia.Guy Corneau./ Malaise des hommes Une chance qu'on s'aime! Le sexe dans tous ses ébats Révélation Planifiez.Lé Zarts Parole et Vie Ma maison À l'heure de Montréal City Life Gilmore Girls Smallville Charmed Edgemont Radio Free.Drake & Josh 15/Love What I Like Girlz TV Gilmore Girls 15/Love Radio Active Fries with.Ready or not Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Futur extrême La Patente Sextek Tru Calling CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES REEDITIONS Souriez, voici Smile! Enregistre par les Beach Boys au milieu des annees 60, puis jete aux poubelles pour cause de paranoia wilsonienne , le disque Smile reste un des grands chefs-d'oeuvre perdus de l'histoire du rock.Trente-sept ans plus tard, voici l'album en version refaite, gracieusete d'un Brian Wilson revenu de ses psychoses.Pour l'histoire detaillee de ce feuilleton, voir notre entrevue d'hier dans le cahier Arts et Spectacles.COLLABORATION SPECIALE La premiere reaction que le fan des Beach Boys aura en entendant cette version reenregistree de Smile, le chef-d'oeuvre oublie de Brian Wilson, sera : ouf ! Au moins, le travail est bien fait, et le souci du detail transpire de chaque note.L'esprit de l'oeuvre a ete sauvegarde.Certes, les chansons ne gagnent rien sur ce nouvel enregistrement mais ne perdent pas forcement au change.Le principal defaut de Smile 2004 concerne les voix.Un defaut comprehensible et excusable : il est deja miraculeux que Brian Wilson soit encore en mesure de tenir une note, rejouissons-nous qu'il la tienne avec beaucoup plus de tonus que sur son album Gettin' In Over My Head, paru au debut de l'ete.Quand meme, si les Wondermints (son groupe) sont d'excellents chanteurs, il ne nous feront jamais oublier les harmonies de Mike Love et des freres Carl et Dennis Wilson.Notons aussi que le travail du librettiste Van Dyke Parks etait capital pour completer cet album.Smile 2004 nous revele surtout que ce sont les paroles de certaines chansons (Roll Plymouth Roll, entre autres) qui manquaient au puzzle.La plupart des nouveaux textes sont d'epoque : certains elements ont ete ajoutes au printemps dernier.Ensuite, on peut se questionner sur la presence de Good Vibrations a la fin de l'album.Enregistree entre Pet Sounds et Smile sous la pression de Capitol, la chanson ne devait pas etre au programme de l'album.Or, elle ne pourra jamais etre a la hauteur de la version de 1966.Justification de Brian Wilson : J'en avais marre du texte de Mike Love.Je prefere le texte original de Tony Asher.En effet, Good Vibrations n'etait pas prevu pour figurer sur Smile.Ce n'est que cette annee que nous avons decide de l'inclure sur l'album.Je voulais que la jeune generation decouvre cette chanson.Aussi magique que soit le resultat, Smile 2004 pose quand meme probleme.Nous avons beau apprecier cette version, elle ne sera jamais aussi revelatrice que les bandes originales enregistrees en 66 et 67.Il y manque l'innocence de la demarche originale, la fraicheur des voix, la spontaneite du travail que Brian Wilson avait pourtant bien planifie.Est-ce la version definitive de Smile ?Voici la reponse integrale de Brian Wilson : C'est la nouvelle version completee, repetee, enregistree, et enbellie pour les gens.On peut encore esperer une sortie du Smile original.Mais c'est peut-etre seulement le voeu d'un indecrottable fan.FFF1.2 BRIAN WILSON SMiLE! Rhino/Nonesuch/WEA La pochette, jamais sortie, du Smile original (1967) Faites votre propre Smile 67 PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE Bien sur, il y a maintenant le Smile version 2004.Mais on attend toujours la sortie officielle du Smile de 1967, dont les chansons se baladent d'un bootleg a l'autre depuis plus de 35 ans.En attendant l'improbable, il y a toujours moyen de reconstituer soi-meme ce grand disque perdu.Comment ?Avec le Web, evidemment.Depuis quelques annees, les avocats de Capitol se sont mis a la chasse aux ferus de Smile sur la Toile, forcant la fermeture de nombreux excellents sites qui offraient le telechargement gratuit de mp3 .nous avons a cet egard une petite pensee pour Ryan's Smile Site, l'un des plus complet en la matiere, disparu du Web en 2003.Pour reconstituer votre propre version de Smile, comptez sur la technologie Bit Torrent, un logiciel distribue gratuitement qui permet un partage facile de fichiers codes .torrent.Ce systeme est ideal pour les fichiers de grande taille ; on se proc u re le lo g i c i e l i ci : sonicsense.com/downloads.htm Ensuite, dirigez-vous a : sharingthegroove.org, ou vous devrez vous enregistrer.Il s'agit d'un babillard consacre a la musique introuvable .les disques rares, les albums hors de circulation, les enregistrements pirates, une vraie mine d'or pour les collectionneurs.Effectuez une recherche avec les mots-cles beach boys master thread ou simplement smile , faites votre choix et armez-vous de patience, les telechargements d'albums complets peuvent etre longs.Les labels Vigotone, Odeon et la collection Sea of Tunes : Unsurpassed Masters fournissent l'essentiel des bandes studio inedites du Smile original en circulation ; vous n'aurez qu'a remettre les fichiers dans l'ordre qui vous convient pour avoir une idee assez precise du Smile de 1967.De plus, recherchez le Anne Wallace mix, la premiere fan a avoir reconstitue Smile en se basant sur la recente tournee, tout comme le Fast Eddie Mix, base sur la nouvelle version CD.Enfin, l'histoire de l'enregistrement avorte de cet album est farcie de legendes.Le site thesmileshop.net est une source fantastique d'informations sur ce chef-d'oeuvre perdu.De plus, a partir du site brianwilson.com, il est possible d'ecouter Smile 2004 en entier (en streaming).La pochette de Smile 2004.Cesoir Tele-Quebec ca change de la tele 19 h 22 h 17h Plein d'idees inspirees des fruits et legumes de saison.Avec le chef Ian Perreault.A la di Stasio Une stagiaire dans la boutique.Complice ou hostile?Avec Caroline Dhavernas 2e de 13 Debats : une saison sans hockey, les familles gaies.Animation: Marie-France Bazzo Invite: Michel Tremblay Il va y avoir du sport! Wonderfalls 3252540A SPECTACLES CINEMAS INDEPENDANTS AIMANTS (LES) Cinema Beaubien: 13h, 15h, 17h, 19h, 21h.AMOUR (L') EN PEN precede de MEMOIRES DE CHATS - LES RUELLES Cinema Parallele: 15h15, 21h20.CARNETS DE VOYAGE (MOTORCYCLES DIARIES) Ex-Centris (salle Cassavetes): 14h, 16h30, 19h, 21h30.CECI N'EST PAS EINSTEIN Cinema ONF: 19h.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinema Beaubien: 16h45.COEUR A BOUT Cinema Beaubien: 12h, 15h15, 20h.DRACULA: PAGES FROM A VIRGIN'S DIARY Cinematheque quebecoise (salle Claude-Jutra): 18h30.ELLES ETAIENT CINQ Cinema Beaubien: 11h30, 15h30, 18h15, 21h30.FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L'ART - CLAUDIO ABBADO - ENTENDRE LE SILENCE - A CONSTRUCTIVE MADNESS Auditorium Maxwell- Cummings du Musee des beaux-arts de Montreal: 14h.HEROS (YING XIONG) Ex-Centris: 17h, 21h10.LAISSE TES MAINS SUR MES HANCHES Cinema Beaubien: 13h15, 17h15, 19h30, 21h45.MOTORCYCLE DIARIES Cinema du Parc (1): 14h, 16h30, 19h, 21h30.NAPOLEON DYNAMITE Cinema du Parc (3): 21h35.QUEBECOIS TOUT COURT - J'ATTENDAIS - CAPACITE 11 PERSONNES - POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE - CE N'ETAIT QU'UN REVE - A PART DE T'CA - TV DINNER.Cinema Beaubien: 13h30.ROGER AND ME Cinema du Parc (3): 17h15.SHAOLIN SOCCER Cinema du Parc (3): 15h.SILENT WATERS Cinema Parallele: 13h15, 17h15, 19h20.SOEURS (LES) OU LA BALANCE DU BONHEUR Goethe-Institut: 18h30.SON FRERE Ex-Centris (salle Fellini): 15h, 19h10.DANSE TANGENTE (840, Cherrier) Un 2 sur le dos, de Marie- Pascale Belanger, et Teardrop Terror, de Chris Yon: 16h.MUSIQUE FESTIVAL ORGUE ET COULEURS CHATEAU DUFRESNE Pierre Hantai, Skip Sempre et Olivier Fortin, clavecinistes: 15h.POLLACK HALL DE L'UNIVERSITE McGILL Quatuor a cordes Emerson.Extraits de L'Art de la fugue (Bach), Quatuor no 2 (Britten).LMMC: 15h30.MAISON DES JMC Francois Filiatrault : conference sur J.S.Bach: 14h.VARIETES THEATRE DU RIDEAU VERT (4664, Saint-Denis) Cabaret.Livret de Joe Masteroff.Mise en scene de Denise Filiatrault: 20h.THEATRE DU GESU Serge Lama: 20h.LA TULIPE (4530, Papineau) Auf Der Maur: 20h.CENTRE BELL Metallica: 20h.SALLE PAULINE-JULIEN (15615, boul.Gouin O.) Gilles Vigneault: 20h.3256503A ARTS ET SPECTACLES De quoi donc est faite la vie?LAFERRIÈRE suite de la page 1 Une manifestation primaire de leur triomphe ?Des champions heureux?La saine joie que peut procurer une victoire bien méritée ?En réalité, c'est plutôt le contraire.Les États-Unis, il faut le savoir, forment un vaste pays ou l'on trouve l'une des paysanneries les moins cultivées de la planète.Folklore très restreint (cowboy, dinde, Halloween, quelques danses).Pour comprendre la mentalité des petites villes, il faudrait retourner aux tableaux de Norman Rockwell.Et surtout, ne pas oublier que le personnage de bande dessinée (culture populaire) le plus apprécié en Amérique est un perdant: Charlie Brown.C'est que la vie se passe autour de l'église, du terrain de jeu, de l'école, du magasin général.Vous allez me dire que c'est partout ainsi.Oui, mais on imaginait l'Amérique différente des autres.Ces gens qui vivent dans un monde si cloisonné et qui passent le plus clair de leur temps à maudire Washington et le gouvernement fédéral sont loin d'imaginer qu'ils pourraient exercer une certaine influence sur la vie des autres habitants de cette planète.Le système est ainsi fait que leur vision ne peut aller au-delà des limites de la ville.Au-delà de la voie ferrée.Ailleurs n'existe pas.L'idée de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie leur est alors plus étonnante que l'idée de l'Amérique pour les contemporains de Christophe Colomb.L'univers n'existe que pour les pays minuscules et les anciennes nations colonisatrices (le tiers-monde et l'Europe).La puissance du moment se doit d'être bornée (en effet, peu d'Américains possèdent un passeport).Tout raffinement conduit droit à la décadence.Donc, chaque matin, l'Amérique se réveille, tout heureuse d'être encore là.Et agite un petit drapeau.Elle sait que le moindre coup peut lui être mortel.Certains pays peuvent continuer à vivre après avoir tué leur rêve.Les États-Unis, non.Et les Américains le savent.Uniquement la médaille d'or.C'est ainsi qu'ils ont construit leur système mental.Dans cette perspective, ils sont en train d'élaborer quelque chose d'assez nouveau : la guerre sans victimes du côté américain.Chaque soldat américain tombé au front annonce la défaite possible (ou future).L'Amérique prise à son propre piège.On n'a qu'à regarder attentivement le sourire figé de cette femme d'une cinquantaine d'années, impeccablement maquillée, agitant frénétiquement son petit drapeau, pour comprendre qu'elle se doute de quelque chose.Son sourire crispé (tout est dans le sourire) me fend le coeur.Les Américains dorment en se disant qu'un matin, quelqu'un, un fou sûrement, aura l'audace de les prendre au mot.Une attaque, donc, sur le sol américain.Et ce sera, ils le savent profondément, le début de la fin.Ce moment qui efface tout ce qui a existé avant.Car, comme dit le dicton américain (affiché dans la plupart des bureaux de ce pays), il n'est pas possible de faire deux fois une première impression.Ce texte a été écrit quelques mois avant que n'explosent les tours de New York.Il dit ce que je ne suis pas le seul à sentir : la peur des Américains.Pas la peur du terrorisme.Une peur plus profonde : la peur d'avoir peur et que cela se sache.Est-ce déjà la fin ?se demandent-ils un peu hagards.On a vu pour l'empire russe.Cette folle dégringolade en quelques mois.C'est pourquoi les rodomontades de Bush marchent si fort.Mais en même temps, les Américains restent quand même attentifs à la proposition de Kerry.Kerry propose de négocier, et de faire durer un peu l'affaire (cela ne concerne pas uniquement l'Irak, mais un réseau complexe de forces qui attirent les États-Unis vers l'abîme), le temps de reprendre peut-être les choses en main.Quand une grande puissance commence à négocier, c'est qu'elle n'a plus la force d'imposer.Mais Kerry n'est pas fiable ; il n'y a que Clinton, s'il était candidat, qui pourrait rassurer les Américains en ce moment.Clinton a du barbare (Bush) et du civilisé (Kerry) en lui.De toute façon, on est déjà sur l'autre versant.Ces prochaines élections nous diront seulement à quelle vitesse l'Amérique va glisser.II.Une si folle énergie Je me souviens de cette énergie étrange qui s'était emparée de moi, en marchant dans les rues de Petit-Goâve, le lendemain du passage du cyclone Flora, en 1963.J'avais 10 ans.Avec quelques amis, on a fait le tour de la ville.Tout était ravagé.La boue partout.On retrouvait des toits de maisons accrochés à des arbres.Une génisse gémissant au sommet d'un avocatier.Les adultes, trop affairés à rechercher leurs affaires personnelles éparpillées un peu partout pour s'occuper de nous.De vieilles femmes, près de l'église, pleurant et priant en même temps.Un sergent, sans voix, debout au milieu des casernes vides (les prisonniers s'étaient évaporés dans la nature, et les soldats étaient allés prêter main-forte à leur famille).Un désordre indescriptible.On voulait aller voir du côté de notre école.Aucun repère.L'impression que le Sud avait changé de place avec le nord.Ah, voici le terrain de football.En tournant à gauche, on devait tomber sur l'école des frères, juste après le lycée.La voilà, complètement dévastée.On a fait le tour.Comme une garnison qui vient prendre un fort que l'ennemi avait quitté après une furieuse bataille qui a duré toute la nuit.Le toit avait disparu, les bancs, envolés.Le sol couvert d'encre.Chacun de nous essayait de repérer l'endroit ou il était assis durant toute l'année dernière.Puis brusquement, ce choc.Comme une électrocution.Il n'y a plus d'ordre.L'église, les casernes, l'école, tout cela disparu d'un coup.Une folle énergie s'est alors emparée de nous.Et on s'est mis tous à courir comme des dératés.Enfin, la ville nous appartenait.Je sais que ce témoignage pourrait paraître provocateur dans un pareil contexte.Mais c'est en voyant des gamins marcher dans les rues inondées des Gonaïves que cette incroyable émotion m'est revenue.Je ne me suis jamais senti aussi vivant que ce matin d'octobre 1963.Alors on se demande : de quoi est faite la vie ?III.Sagan est une fête Sagan vient de mourir.Cela fait un moment qu'elle n'écrivait plus, bien qu'elle n'arrêtait pas de publier pour payer ses dettes, et pouvoir mener son coûteux train de vie.Cela la regarde totalement.De temps en temps, on la voyait dans les tabloïds, ce qui rendait ses confrères verts de jalousie.Ce n'est pas chaque jour qu'on voit un écrivain à côté d'une chanteuse populaire ou d'un champion dopé.Ainsi Sagan côtoyait les malfrats et les présidents.C'était une star.Pas besoin de l'avoir lue pour la connaître.Pas si vite : elle a été pendant longtemps l'un des écrivains français les plus lus.C'est Mauriac qui l'a lancée.Le titre de son premier livre Bonjour tristesse est d'Éluard.Je crois qu'il appartient aujourd'hui à Sagan.J'ai lu Bonjour tristesse, il y a très longtemps, avec deux autres minces romans (Un certain sourire et Aimez-vous Brahms?), et j'ai été très impressionné par ce style dégraissé et sans pathos.Une telle désinvolture cachait donc une vraie tristesse.Elle aurait dû se retirer beaucoup plus tôt, avant les mauvais livres.Les mauvais livres sont comme les fruits pourris, ils finissent par contaminer les autres.C'est pour cela que je l'ai évitée pendant des années.Jusqu'à sa mort.J'ai repris, la nuit dernière, les trois premiers livres pour retrouver instantanément la jeune romancière de mon adolescence.On imagine mal aujourd'hui l'arrivée de Sagan dans le paysage littéraire.Notre drame, c'était de choisir entre Bardot et Sagan.Les pieds nus de Bardot sur les plages de Saint-Tropez ou la petite machine à écrire portative de Sagan ?La moue de Bardot ou le regard aigu de Sagan ?Pour une rare fois, on avait un écrivain qui donnait l'impression de savoir dans quelle époque on vivait, sinon ils avaient tous l'air de vivre à la campagne ou d'être morts depuis longtemps.Sagan reste, pour le jeune provincial que je fus, une des plus scintillantes métaphores de Paris.COURRIEL Pour joindre Dany Laferrière : dany.laferriere@lapresse.ca Ces gens qui vivent dans un monde si cloisonné et qui passent le plus clair de leur temps à maudire Washington et le gouvernement fédéral sont loin d'imaginer qu'ils pourraient exercer une certaine influence sur la vie des autres habitants de cette planète.GÉNI E S EN HERBE #1113 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- JAUNE 1 Cette couleur jaune orangé désigne aussi une fleur de crocus dont on tire l'épice du même nom, épice que l'on retrouve dans la paella espagnole.2 Cet oiseau couramment associé à la couleur jaune est originaire des îles Canaries.3 Quel est le nom scientifique du jaune d'oeuf?4 Cette ville est la capitale des Territoires du Nord-Ouest.5 Ce parc national américain reconnu pour ses geysers est situé dans l'État du Wyoming.B- LITTÉRATURE JEUNESSE 1 Quelle chanteuse américaine a déja publié un livre pour enfants, Les Roses anglaises, et commercialisé une gamme de jouets dérivés du livre?2 Quelles éditions jeunesse publient romans et albums pour enfants de deux à seize ans, dont plusieurs ont été adaptés au petit écran dans une série télévision?3 Quel type de récit d'aventures imaginaires a fait le succès des frères Grimm?4 Quel bédéiste a continué la série Astérix après la mort de son collaborateur René Goscinny, jusqu'au récent Astérix et la rentrée gauloise?5 Quelle populaire trilogie de Dominique Demers raconte l'histoire d'une adolescente prénommée Marie-Lune?Promoteur du régime d'assurance-maladie E - IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Il est né à Toronto en 1959.Il entame sa carrière politique comme adjoint parlementaire en 1985.2 Détenteur d'une maîtrise en économie, il est, à partir de 1997, président de la Coalition nationale des citoyens, un groupe de défense d'intérêt public.3 En mars 2002, il est élu chef de l'Alliance canadienne et devient la même année chef de l'opposition officielle.4 À l'automne 2003, il fonde avec Peter Mac Kay le Parti conservateur du Canada, devenant ainsi le plus grand rival de Paul Martin aux élections de juin 2004.G - CARTE SOLEIL 1 Quel ancien ministre de la Santé du Québec, de 1970 à 1973, fut le promoteur du Régime d'assurance-maladie?2 À quoi correspondent les six premiers chiffres du code figurant sur la carte d'assurance- maladie?3 De quel ministre de la Santé et des Services sociaux relève actuellement la Régie de l'assurance- maladie?4 Vrai ou Faux?La carte soleil est valide dans certaines autres provinces canadiennes?5 Vrai ou Faux?Une personne séjournant plus de 183 jours hors du Québec lors d'une année civile perd son admissibilité au régime d'assurancemaladie.C- CHARADE 1 Mon premier est un bois noir, dur et lourd des régions équatoriales.2 Mon second est le verbe être conjugué à la troisième personne du singulier du présent en anglais.3 Mon troisième est un pronom personnel associé à la deuxième personne du singulier.4 Mon quatrième est le participe passé du verbe rire.5 Mon tout est le métier d'un menuisier fabriquant des meubles de luxe.D- ASSOCIATIONS Associez l'album au groupe musical.1 War 2 Physical Graffiti 3 The Wall 4 Use your illusion 5 The Way we Walk a) Guns N'Roses b) U2 c) Led Zeppelin d) Pink Floyd e) Genesis Capitale fédérale Australienne F- CAPITALES 1 Cette capitale et principal port du Liberia a été nommée en l'honneur du cinquième président des États-Unis.2 Quelle ville ontarienne fut brièvement la capitale du Canada Uni de 1841 à 1844?3 Cette capitale fédérale australienne de 250 000 habitants est située au sud-ouest de Sydney.4 Cette capitale néo-zélandaise tire son nom du général britannique vainqueur de l'armée napoléonienne en 1815 à Waterloo.5 C'est dans cette capitale située sur les bords du Tigre que se déroulent les contes et légendes des mille et une nuits.H - BASKETBALL 1 De quelle nationalité était James Naismith, l'inventeur du basketball?2 Comment appelle-t-on un joueur de basketball?3 Quelle équipe de la NBA, comptant Kobe Bryant dans ses rangs, joue à Los Angeles?4 Combien y a-t-il de joueurs sur le court lors d'une partie de basketball?5 Comment s'appelle le tir lorsque le joueur saute et envoie le ballon directement dans le panier, atteignant ce- Chanteuse américaine lui-ci?GEN03OE SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES présente le en collaboration avec Renseignements : (514) 871-1881 ou 1 888 515-0515 www.montrealjazzfest.com Billets en vente sur www.ticketpro.ca ou au (514) 908-9090 Rokia Traoré SIMPLE, INTEMPORELLE ET TOUCHANTE ! première partie : NATHALIE CORA JEUDI, 14 OCTOBRE, 20 h SPECTRUM DE MONTRÉAL - 28,50 $ 215 .\u203a Voir DUBOIS en page 8 LECTURES Exceptionnel / Très bon FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter Le Jour des corneilles Jean-François Beauchemein / Roman / Page 9 FFFF Lettres de Russie Jacques Garneau / Roman / Page 8 FFFF Bonjour paresse Corinne Maier / Essai / Page 9 FFFF Biographie de la faim Amélie Nothomb / Roman / Page 11 FFF 1/2 PHOTO ROMAIN SAADA/OPALE © LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE L'apothéose du soixante-huitard JEAN-PAUL DUBOIS PARIS\u2014Jean-Paul Dubois fait partie de ces Français certes mino-ritaires mais que vous croisez épisodiquement à Paris, qui n'ont pas le comportement attendu d'un Français.À 54 ans, Dubois a tout, et davantage, pour mener grande vie parisienne: une douzaine d'années au Nouvel Observateur, l'un des phares du snobisme intellectuel; une allure de séducteur grisonnant genre Daniel Lavoie et, après une carrière déjà très honorable de romancier et d'essayiste, une soudaine percée foudroyante en librairie pour son dernier (et excellent) roman, Une vie française, encensé par la critique et inscrit sur les listes de cinq des six prix de l'automne.Une martingale en or, qui vous permet d'envisager de tutoyer Philippe Sollers quand vous le croisez, de taper dans le dos de Jean d'Ormesson ou de devenir la coqueluche des salons littéraires de la saison.Or Jean-Paul Dubois a bien l'air de détester Paris.Pas superficiellement : en profondeur.D'abord, au service de presse des éditions de l'Olivier, on me signale que, pour fixer un rendez-vous, il faudrait d'abord savoir à quelle date «Jean-Paul» vient à Paris.Peut-être dans 10 ou 15 jours.Manifestement, l'auteur à succès de la rentrée littéraire ne fait pas partie de ces obsessionnels qui, à la sortie d'un livre, harcèlent les médias et leur éditeur, écument toutes les librairies de la ville pour vérifier la mise en place.Il n'aime pas trop la ville, donc il y reste le moins longtemps possible, et tant pis pour la campagne médiatique! D'ailleurs, quelques jours plus tôt, à l'émission télévisée Campus, où normalement chacun essaie de briller, il attendait son tour avec un détachement parfait, comme s'il espérait passer inaperçu et ne pas avoir à intervenir.Certes, il n'est pas mécontent du succès qui lui tombe dessus.Mais il en est surtout étonné \u2014 «pourquoi maintenant?» dit-il en haussant les épaules \u2014 et, d'une certaine manière, totalement indifférent.Fils de Toulouse, où il a toujours habité, il a tout de même vécu certaines périodes à Paris.Juste assez, apparemment, pour savoir ce qu'il faut éviter comme la peste: par exemple le célèbre café La Palette, où les deux garçons-propriétaires ont dépassé depuis longtemps la frontière du désagréable.«Il y a des années que je n'y mets plus les pieds», dit-il.On va donc dans un petit café au coin de la rue, a priori moins agressant.Mais tout est relatif: on vous prend la commande en aboyant et sans écouter la réponse au complet.Cinq minutes plus tard, un coursier parisien à scooter passe à un mètre de notre table et, comme il est bloqué par une voiture, actionne le klaxon en égrenant un chapelet d'injures.Très zen, il note avec un sourire entendu: «Vous comprenez pourquoi je viens le moins possible à Paris.» Dans je ne sais quelle interview récente, à la question de savoir quelle avait été la plus grande réussite dans la vie, il expliquait: «D'avoir convaincu mon journal parisien de travailler depuis chez moi.» Une vie française a pour héros Paul Blick, né en 1950 comme son auteur, également dans une famille plutôt modeste où le père vend des téléviseurs (des Simcas dans le livre).Bref une vie qui ressemble, avec certains décalages à celle de Jean- Paul Dubois.Une famille haute en couleurs, où les déjeuners du dimanche ou de fin d'année se terminent sur des engueulades homériques entre une tante plutôt socialiste, un beau-frère gaulliste et un autre fascisant, raciste et partisan de l'Algérie française.Un mariage avec une belle femme, chef d'entreprise et autoritaire, dont il découvre à la fin qu'elle est morte dans un accident d'avion avec un amant régulier de longue date.Des enfants à problèmes.De son côté, quelques aventures un peu mélancoliques.Deux triomphes inattendus avec des albums de photos sur les arbres.Et, pour le reste, un manque total d'ambition.«Le héros, dit son romancier, n'est certainement pas un gagneur, un jeune loup, mais il ne manque pas d'ambition pour lui-même.Disons que c'est la vie qui se révèle décevante.D'autant plus désolante, peut-être, pour cette génération de mai 68, pour qui l'espérance avait été violente.C'est bien sûr un roman du désenchantement.» LECTURES Un livre et un café, S.V.P.L'apothéose du soixantehuitard JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE Les bibliothèques publiques annonçaient cette semaine la mise sur pied d'un projet-pilote.En partenariat avec la maison Van Houtte, 12 bibliothèques, parmi les plus fréquentées, abriteront un café pendant trois mois.Comment ne pas saluer haut et fort une initiative qui ne peut qu'ancrer davantage la vie des livres dans la vie des lecteurs ?Que voilà une ingénieuse façon de dépoussiérer la réputation et le silence des bibliothèques et d'en faire des lieux bruissants de vie ! Ces cafés ne sont-ils pas une merveilleuse façon de séduire les lecteurs-usagers, de les attirer, de les garder plus longtemps au milieu des livres ?« Hé, Denise, viendrais- tu prendre un café à la biblio du coin ?» Et ces cafés ont le potentiel de devenir des lieux d'animation : rencontres avec des auteurs, discussions de clubs de lecture, ateliers autour de livres de cuisine, discussions thématiques, heures du thé, petits-déjeuners-causeries, que de possibilités ! Pourquoi pas, tiens, un écran cathodique avec diffusion d'entrevues ou de tables rondes à la carte ?Je rêve, mais pourquoi pas ?À défaut d'avoir davantage de place accordée aux livres sur les ondes publiques, pourquoi le réseau des bibliothèques publiques ne créerait-il pas son propre canal de télé-radio-Internet?Un canal qui diffuserait ses propres émissions à travers ses mille bibliothèques publiques ?Déjà sources de référence et gardiennes d'un savoir et d'un passé livresques, les bibliothèques ne pourraient-elles devenir encore davantage des foyers vivants de diffusion ?Après tout, les mille et quelques bibliothèques publiques du Québec rejoignent plus de 90 %de la population.Le 18 septembre dernier, on se demandait à la première émission d'Il va y avoir du sport, animée par Marie-France Bazzo à Télé-Québec, s'il fallait ou non imposer des quotas de livres québécois dans les médias et surtout dans les écoles et les bibliothèques.Des quotas en 2004 ?Voilà une solution qui me semble anachronique et dépassée.Le gros bon sens le dit : ce n'est pas en forçant les lecteurs, en leur imposant des livres, qu'on les intéressera davantage, mais en les séduisant.Il n'y a pas mille façons de favoriser la lecture.Il s'agit tout simplement de créer, de maintenir, d'entretenir le désir de lire.Pas de mesures coercitives, comme diraient les fonctionnaires, mais des mesures incitatives.Dans sa salle de cours, le romancier Daniel Pennac ne lisait pas d'abord à ses étudiants les Racine, Voltaire, Chateaubriand et Hugo.Il leur faisait la lecture du Parfum, de Patrick Süskind, question d'abord d'éveiller leur appétit, d'aiguillonner au départ leur désir de lire.On aura beau avoir tous les quotas du monde ou tous les livres du monde à sa portée, si le ressort du désir de lire ne se déclenche pas, à quoi bon ?Et qui, en bibliothèque, peut le mieux susciter ce désir si ce n'est le bibliothécaire ?Un passeur de livres et un passeur du livre.Or, en ce moment \u2014 et c'est là justement que le bât blesse le plus \u2014 le biliothécaire serait une espèce sinon en voie de disparition, du moins menacée au Québec.Stéphane Legault, un jeune bibliothécaire, nous écrit : « Saviezvous que selon les statistiques de 1999, il n'y a que 304 bibliothécaires travaillant dans les bibliothèques publiques du Québec pour un nombre de plus de 1000 bibliothèques ?Saviez-vous que la dernière tendance dans les bibliothèques publiques du Québec est de ne pas remplacer ceux qui partent à la retraite ?Les postes sont abolis et les tâches sont confiées aux différents intervenants du milieu municipal, comme les techniciens en documentation ou les « chefs de division culture et communautaire ».Saviez-vous que, pour atteindre les normes, la nouvelle Ville de Montréal devrait augmenter le nombre de bibliothécaires de 88,86 % ?Que dans la grande région de Québec, il faudrait augmenter le nombre de bibliothécaires de 661,84 % ?» Derrière ces chiffres et statistiques, une information capitale : le lien lecteur-bibliothécaire est gravement précarisé, parfois inexistant.Dans quelques jours, du 17 au 23 octobre, se déroulera la Semaine des bibliothèques publiques.L'occasion rêvée de réfléchir à ce que sont les bibliothécaires et les bibliothèques dans vos vies de lecteurs.Qu'attendez-vous de vos bibliothèques publiques?Que souhaiteriez-vous qu'elles deviennent ?Racontez-nous le lien priviligié que vous avez avec votre bibliothécaire.Parlez-nous d'un passeur de livres extraordinaire ou du café, tiens, si vous comptez parmi les privilégiés, que vous avez pris cette semaine avec votre amie Denise dans le nouveau café de votre bibliothèque publique.Écrivez-nous à clubdelecture@ lapresse.ca.La date de tombée pour nous faire parvenir vos impressions (en moins de 500 mots) sur le roman de Micheline Lachance, Lady Cartier, est le 13 octobre.La meilleure lettre vaudra à son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies de la chaîne Renaud- Bray.DUBOIS suite de la page 7 La critique a souvent comparé Dubois à Philip Roth ou à Raymond Carver.Et il y a effectivement une certaine liberté dans la construction, presque de la nonchalance.Mais également une sorte de sens permanent de la dérision face aux événements de la vie, aux espoirs déçus et aux petites tragédies personnelles.Avec, au centre, un personnage un peu lunaire, qui se laisse ballotter dans des événements qui le dépassent et n'ont pas grande signification.La réserve naturelle de Jean-Paul Dubois donnerait à penser qu'il est volontiers un observateur et philosophe désabusé qui regarde rétrospectivement défiler « une» vie, sans rien prendre au tragique.En réalité, il prend les choses beaucoup plus au sérieux et, s'il excelle dans la discrétion souriante, c'est une autre forme de politesse du désespoir.Non seulement le Toulousain n'est pas ni ne sera jamais Parisien, mais encore il déclare qu'il a toujours été, irréductiblement, « un libertaire, réfractaire à toute idée d'autorité, à subir ou à exercer ».Malgré la douceur de la voix et du regard, un libertaire qui, même non violent comme il se doit, manifeste pas mal de compréhension pour certaines formes de violence politique \u2014par exemple les assassinats commis par les terroristes d'Action directe dans les années 80.En réalité, on se rend compte que l'observateur ironique et détaché n'est pas si détaché que cela : « Vous trouvez que mai 68 a changé des choses dans la société ?Peut-être, mais pas en mieux.Aujourd'hui, on dresse les jeunes à être déjà à genoux pour mendier du travail et un emploi.» De toute évidence, il y a quelque chose dans le monde actuel ou le modernisme, qui révulse Paul Blick, alias Dubois.Exemple les États- Unis : « Désormais, dit ce reporter affecté aux USA, j'y vais le moins souvent possible.Ce pays m'horrifie.Non seulement à cause de sa violence policière et de la peine de mort.À cause de la brutalité des rapports d'argent, du sort fait aux jeunes salariés ou aux vieux retraités en Floride.» Paul Blick serait-il misanthrope ou neurasthénique ?« Non, pas du tout, me dit Jean-Paul Dubois d'une voix très douce : il est seulement lucide.» Entre-temps, cette saga du désenchantement semble rencontrer l'esprit du temps \u2014 ou d'autres rescapés du baby-boom et de mai 68.À moins que, à force de simple persévérance, le romancier, qui avait un peu plus que des succès d'estime pour la dizaine de livres précédents, ait simplement fini par accéder à la consécration publique.Dubois avait eu en 1987 un formidable succès de librairie pour Éloge du gaucher.Aujourd'hui, il est parti pour dépasser largement ce succès.Et, avec un quasi certain prix littéraire, il a de bonnes chances d'être LE roman français de l'automne.Au grand étonnement de son soixante-huitard d'auteur, qui n'en sera pas moins désenchanté pour autant.FFFF UNE VIE FRANÇAISE Jean-Paul Dubois L'Olivier, 357 pages FLASH LIVRE Encore Da Vinci Code Eh oui, on tourne encore autour du polar mystico-féministe de Dan Brown, Da Vinci Code, toujours dans les meilleures ventes en France, au Québec, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.Mais cette fois, c'est pour une bonne cause.Les Secrets du Code da Vinci, de Dan Burstein, qui vient de paraître en français aux éditions Les Intouchables, est un ouvrage sérieux auquel ont collaboré plusieurs spécialistes en différents domaines et qui comprend aussi des extraits de livres et d'autres documents.Dans l'introduction, Burstein écrit que, comme bien des gens, il a été tenu en haleine par ce thriller religieux et s'est posé des questions sur ce qui était vrai et ce qui était faux dans le roman.Il a donc mené son enquête auprès de spécialistes et est allé puisé à diverses sources de documentation.Sa plus grande déception, dit-il en entrevue au Droit (25 septembre), a été «de découvrir que le Prieuré de Sion n'a rien de sérieux bien que Dan Brown prétende que ce qu'il avance à propos de ce groupe secret relève de faits.» Dans l'ouvrage de 525 pages, on prouve qu'il s'agit d'un canular monté à partir de 1956 par Pierre Plantard, un Français à la réputation douteuse dont le Nouvel Observateur avait parlé dans son numéro du 9 au 15 septembre.L'ouvrage s'intéresse beaucoup à Marie Madeleine (son nom est écrit avec un trait d'union dans l'ouvrage, ce n'est pas le cas dans le Larousse) et fait le point sur les recherches historiques concernant ce personnage souvent confondu avec une autre Marie, une prostituée qui ne venait pas, elle, de Magdalena.On ne sait pas grandchose de Marie de Magdalena ou Marie Madeleine.Mais certains faits sont rapportés dans quatre évangiles, selon Susan Askins, citée dans le livre : « Marie Madeleine a été un des disciples du Christ, elle fut présente à sa crucifixion, elle a été témoin \u2014en fait selon l'Évangile de Saint-Jean LE témoin\u2014 de sa résurrection et elle a été la première personne à qui Jésus a attribué le ministère suprême, celui de proclamer le mystère chrétien.Le rôle attribué aux femmes disciples du Christ à titre de sympathisantes et de témoins pendant les événements de ces premières Pâques est l'un des aspects les plus frappants des récits évangéliques.» Des experts de Léonard de Vinci se prononcent sur ce qu'il est possible de voir dans La Dernière Cène.Rien, en fait, qui puisse étayer l'hypothèse que le personnage de saint Jean soit en réalité Marie Madeleine.La Cène est reproduite et y sont notés tous les éléments symboliques sujets à de multiples interprétations à travers le temps.On y traite aussi de ces évangiles dits apocryphes.Fascinant ! .LES SECRETS DU CODE DA VINCI, Dan Burstein, Les Intouchables, 527 pages.Jocelyne Lepage PHOTO FOURNIE PAR DAN BURSTEIN Dan Burstein LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Sacrée folie, damné poète RÉGINALD MARTEL Est-ce que la poésie rend fou?Ou serait-ce la folie qui vous fait poète ?Questions difficiles, de celles que Jacques Garneau, un écrivain de Québec qui se fait rare, a affrontées en éditant des oeuvres de fous.Le fantôme de Nelligan nous hante toujours, si proche de nos anciennes névroses collectives, tragique jusqu'au mythe.Le voici encore dans Lettres de Russie, le roman troublant d'un enfermement dont s'évade symboliquement le protagoniste, poète piégé par une démence dont il tient sa grand-mère responsable, car c'est elle qui l'a accueilli lorsque sa mère Julie, abandonnée par son mari, a glissé dans une longue dépression.L'aïeule lui a promis tous les succès, la gloire y compris, soit un destin exceptionnel.Interné, le jeune homme écrit des poèmes et il invente sa vie.Il se croit ou feint de croire qu'il est un poète russe en exil à Québec.Sa cellule devient la chambre d'hôtel de Moscou où un homme suspect l'épie, cherchant à le piéger.Allusion au psychiatre qui le soigne en vain ?Figure aussi dans son pauvre théâtre une femme de chambre qui lui prodigue toutes les gentillesses, qui semble apprécier les poèmes qu'il écrit, parfois pour elle, et qu'il désire au point de vouloir se dissoudre et disparaître en elle, avec elle.Rien n'est modéré chez lui, rien n'est prévisible.Cela donne la mesure de sa folie.Il lit ses poèmes à genoux, il veut tuer sa grand-mère, il va de dérive en dérive, pauvre épave baignant dans les eaux croupies du poème.Il peut sembler improbable que le poète fou soit aussi le narrateur de sa propre histoire.Jacques Garneau a réussi ce tour de force éblouissant.En effet, le narrateur situe les faits et gestes des personnages dans une perspective singulière, certes, mais cohérente.Sans jamais échapper à une vraisemblance minimale, il appose sa propre fiction et la réalité obvie dans laquelle vivent son professeur Paul, celui qui l'a encouragé sans lui promettre mer et monde, et sa mère Julie qui en fera son amant.Sous cette passion que célèbre le narrateur, on peut deviner un oui à la vie, même si c'est la vie des autres.Il aime sa mère, parce que c'est sa mère et que cela lui suffit, et sans doute veut-il l'arracher, en décrivant ou en inventant le nouvel amour qui l'envahit, à la culpabilité qui la mine.Le poète sait très bien ce que Paul, son professeur, découvrira dans ses oeuvres : « .une mère coupable, une grand-mère criminelle et un père délinquant.Ce sont les trois complices qui sont responsables de ma folie religieuse.» C'est possible, encore que la religion, certainement pathogène, ne semble pas être le noyau même des délires du poète.On évoquerait plutôt la solitude à laquelle sont confinés les poètes, ceux que personne ne lit.Lui qui a appris le russe et qui se définit comme « poète du peuple » se vante de triompher devant les badauds, place Rouge, malgré son accent « américain », à la manière de ceux qui cherchent ailleurs la reconnaissance que leur refuse le pays d'origine.Voilà des passages émouvants, bien sagement mis en place selon une stratégie absolument convaincante.Les Lettres de Russie nous transportent donc dans une Russie de cartes postales, hantée par ses poètes disparus ou exilés, dans une Beauce québécoise tout en délices et beautés, lieu d'enfance protégé des malheurs du monde, dans une ville de Québec enfin où coexistent le riche passé dont témoignent les vieilles pierres et une vie mondaine dont le ridicule échappe aux snobs qui la cultivent.Partout en ces lieux s'imposent les questions initiales.Le poète fou a peut-être des réponses.Il écrit à sa mère : « .être poète est ma grande punition, ma damnation.Je crois encore que je suis mon propre châtiment.Grand-mère aura été la complice de Dieu.Je ne sais pas vivre et ma vie me tue.De quoi suis-je coupable?La poésie est meurtrière : Dieu se venge.» .Écrire à la folie, recueil de textes de psychotiques, Québec, Éditions du GIFRIC, 1989 FFFF LETTRES DE RUSSIE Jacques Garneau XYZ, 120 pages FLASH LIVRE Les mots pour le dire « Si vous n'aviez pas traversé tant d'épreuves, demande Libération à Agota Kristof, auriez-vous écrit quand même ?» « Sûrement, répond-elle.J'aurais écrit autre chose.Des livres de femme.Si on n'a rien à dire, on écrit des livres de femme.» Agota Kristof, l'auteure du Grand Cahier, roman étrange qui avait créé une commotion au moment de sa sortie en 1986 et qui fut suivi du Troisième mensonge et de La Preuve (éd.du Seuil), vient de faire paraître un nouvel ouvrage, « une mini-somme autobiographique », L'Analphabète, cette fois aux éditions Zoé, qui lui vaut une longue et passionnante entrevue menée par Claire Devarrieux (2 septembre).Malheureusement, les éditions Zoé ne sont pas distribuées au Québec.Il faut donc commander l'ouvrage à la maison d'édition par courriel à l'adresse suivante : commandes@ editionszoe.ch ou en passant par un libraire qui fera la commande pour vous.Titre emprunté à un roman de Marie Cardinal Jocelyne Lepage LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Àéviter FLASH LIVRE LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Les enfants d'abord Travailler, c'est trop dur! Bonjour Paresse, le petit essai d'une économiste française au bord de la crise de nerf, a l'effet d'un raz-demarée.Plus de 100 000 exemplaires vendus à ce jour et de nombreuses traductions à venir.La presse française n'en revient pas et même l'anglaise et l'américaine \u2014 le Financial Times, le New York Times, par exemple \u2014 s'y intéresse.Quand un essai \u2014 genre peu populaire \u2014 fait autant parler \u2014 et ce n'est qu'un début semble-t-il \u2014, c'est qu'il révèle une tendance dans la société, selon le Nouvel Observateur et Le Point, qui consacrent un dossier au « phénomène » dans leur numéro du 23 au 29 septembre.Que dit Corinne Maier pour susciter autant de réactions ?Que plus personne ne croit en la grande entreprise.Que les cadres s'y ennuient à mourir.Que leur vie n'a pas de sens.Que la meilleure solution est de travailler juste assez pour survivre et d'aller cultiver des tomates jaunes, si c'est ce que l'on a envie de faire.Et que s'il faut y rester, autant en faire le moins possible dans l'entreprise \u2014c'est d'ailleurs le sous-titre du livre de 119 pages : De l'art et de la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise.« Oyez, oyez, cadres moyens des grandes sociétés ! Ce livre provocateur a pour but de vous « démoraliser » au sens de vous faire perdre la morale.Il vous aidera à vous servir de l'entreprise qui vous emploie, alors que jusque-là, c'est vous qui la serviez.Il vous expliquera pourquoi votre intérêt est de travailler le moins possible, et comment plomber le système de l'intérieur sans en avoir l'air.» Et Corinne Maier tient promesse.Par ailleurs, son chapitre sur la langue de bois de la grande entreprise (qu'elle appelle « no man's langue ») est un modèle du genre.On peut l'appliquer ici au langage des fonctionnaires du ministère québécois de l'Éducation.Corinne Maier, 40 ans, est une économiste intéressée par la psychalyse.Ce qui ne l'empêche pas d'être très drôle et vitriolique.C'est en mai dernier qu'elle a publié son essai-pamphlet Bonjour paresse aux éditions Michalon.L'essai n'aurait pas fait boule de neige si la société EDF pour laquelle l'économiste travaille à temps partiel n'avait pas accusé l'auteur de « non-respect de l'obligation de loyauté » à l'entreprise.Corinne Maier, fan de Jacques Lacan, a déjà publié Le Général de Gaulle à la lumière de Lacan, Lacan sans peine.Jocelyne Lepage MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Du Jimmy de Jacques Poulin à La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy, en passant Habéké et Hugues, les deux héros du Souffle de l'harmattan, de Sylvain Trudel, le Québec a une solide tradition de romans mettant en scène de jeunes narrateurs.Des enfants qui ont grandi trop vite, des adolescents insoumis, comme la Bérénice de L'Avalée des avalés, de Réjean Ducharme, ou accrochés à l'enfance comme à une bouée, telle l'inoubliable Mille Milles du Nez qui voque, qui a 16 ans mais qui est « un enfant de 8 ans ».Le garçon qui nous fait le récit de sa vie dans Le Jour des corneilles, de Jean-François Beauchemin, ne déparera pas cette liste de jeunes héros mémorables.Même s'il n'a, en fait, ni âge ni nom \u2014 on sait seulement qu'il est « le fils Courge », que sa mère est morte en couches, et qu'il vit seul avec son père, isolé du reste du monde, « au plus épais de la forêt, dans une cabane de billes érigée ci-devant le grand hêtre ».Le père et le fils, pas très sains d'esprit, vivent en autarcie dans cette maison auréolée de malheur, où règne une atmosphère de tragédie perpétuelle qui rappelle celle qui plane sur le récit de La petite fille qui aimait trop les allumettes.Le malheur est partout, sous le couvert des mots, entre les feuilles des arbres et les lignes d'un récit qui, lui, tourne autour faute de pouvoir l'affronter.S'adressant à un tribunal, le fils Courge relate son histoire.« .S'il me faut aujourd'hui tourner pour vous les pages de mon existence, dit-il au juge, il me faudra aussi, par même occasion et pour mieux traduire mon récit, ouvrir le livre de la vie de père, si étroitement emmaillotée à la mienne.Cela afin de vous instruire meilleurement des circonstances où je fus conduit à achever mon prochain, puis enseigné de vocabulaire et, enfin, mené ci-devant vous et les membres de ce tribuneau pour trancher mon cas.» Mais quelle est donc cette langue anachronique, ce discours moyenâgeux, décalé, si bizarrement attifé ?Bientôt, nous allons nous faire à ce parler, et comprendre comment un jeune garçon maltraité, battu par un père «lecteur d'astres et, par même occasion, déchiffreur des avenirs inscrits en eux », mais aussi fou à lier \u2014, en vient, devant l'inexplicable et l'innommable, à littéralement s'inventer un langage pour trouver un sens à son existence.Pour le lecteur, pendu à ses lèvres, ensorcelé par les tournures de ses phrases pleines d'une effrayante musique, l'effet est foudroyant.Pourquoi ne peut-on pas voir l'amour comme on voit « l'arbre, la pluie, le poisson-chat », s'interroge cet enfant qui a la faculté de voir « l'outre-monde » et ses morts (sa mère, bienveillant fantôme, traverse parfois le paysage) ?Un père ne devrait-il pas aimer son rejeton ?L'aime-t-il?L'aime-t-il seulement?«Le ciel s'embarrasse-t-il au moins de nous?Ou n'est-il simplement que bâche sur nos casques fiévreux et peu instruits ?» Jean-François Beauchemin semble avoir écrit ce livre dans un état de grâce.Son récit envoûte, blesse et séduit.Les âmes sensibles s'effondreront avec son jeune héros, quand son rêve d'amour avec une jeune fille croisée au village s'envolera en fumée noire (« Que tenais- je en mon coeur ?Un brisement de vitre »).Et elles comprendront, avec lui, que le langage, les mots, sont salvateurs, que le vocabulaire, fut-il inventé, « est ainsi que le drap posé sur le fantôme, lui donnant apparence et dehors, et lui retirant enfin sa détestable invisibleté ! » Le Jour des corneilles n'est pas un livre plaisant ni complaisant, c'est un roman d'une grande force, plein de bruit et de fureur.Voleurs de sucre Le narrateur de Voleurs de sucre n'est plus un enfant, mais pour nous raconter ses premiers pas dans son univers, il s'est remis tout entier dans les chaussures du petit garçon qu'il a été, à Amqui, « bourgade minuscule de 5000 âmes, sertie comme un bijou dans la vallée de la rivière Matapédia ».C'est ainsi qu'il remonte jusqu'au temps de la chaise haute et du biberon, cette époque charnière de sa vie où il goûte pour la première fois au sirop d'érable, véritable drogue dure pour le petit Éric, qui deviendra tout de suite accro.Voleurs de sucre raconte les coups pendables et les plans invraisemblables qu'Éric et sa soeur traficotent afin d'assouvir leur faim de sucre.Pillage du potager de la voisine qui cultive d'infâmes légumes ; trafic avec les des motards (« les Ailzes »), recel de bouteilles vides, tentative de meurtre sur la personne d'une petite délatrice ; alliance avec un fabriquant de cerfs-volants (clin d'oeil à Romain Gary ?) ; tout ça pour « la substance divine », le sucre, « qui est une raison de vivre, une fin en soi ».En arrière-plan, les années 70, Dalida, Nixon, les « Bittèlzes » chantant Love mi doux, et une famille qui, comme tant d'autres, est en train de se défaire.Écrit par un jeune auteur né en 1970 en Gaspésie, aujourd'hui enseignant et traducteur à Montréal, Voleurs de sucre est un premier roman amusant et original.Un peu échevelé, pas tellement maîtrisé \u2014 la narration ne se décidant pas entre le parler enfantin et le langage adulte, entre le point de vue du petit et celui de la grande personne qui se souvient \u2014on y passe tout de même un bon moment.FFFF LE JOUR DES CORNEILLES Jean-François Beauchemin Les Allusifs, 2004, 152pages FFF VOLEURS DE SUCRE Éric Dupont Éd.Marchand de feuilles, 2004, 164pages PHOTO ROBERT NADON, LA PRESSE © Jean-François Beauchemin et sa chienne Clara.LITTÉRATURE DU VOISIN Huit leçons dans la vie d'une femme DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE En 2003, sur les ailes de son roman Disgrâce, l'écrivain sud-africain J.M.Coetzee a gagné le prix Nobel.La question se pose : quoi faire après un tel honneur ?Et surtout, quoi écrire ?La réponse de Coetzee se trouve dans son oeuvre la plus récente, Elizabeth Costello.Ce livre est paru juste avant l'été, dans la plus grande discrétion, chose étrange pour un auteur fraîchement « nobelisé ».Allons voir pourquoi.L'héroïne du livre, Elizabeth Costello, qui donne son nom au roman, est un écrivain qui fait face à la vieillesse.Elle est née en 1928, contrairement à J.M.Coetzee, qui est tout jeune, né en 1940.Mais on sent tout de suite que Coetzee écrit sur sa propre vieillesse qui s'annonce, sur la peur de manquer de forces.De finir ses jours isolé, affaibli, dépassé par le monde \u2014voilà la situation d'Elizabeth Costello.En outre, ce qui la contrarie et la fâche, c'est que sa notoriété est basée sur un livre qu'elle a écrit il y a des décennies.Elle a beau produire un roman après l'autre, ses admirateurs (surtout des admiratrices) sont fixés sur une seule oeuvre, celle de son passé lointain.Rien de plus frustrant pour un écrivain, qui croit que son meilleur livre reste à venir.Elizabeth Costello n'est pas un roman, mais plutôt une série de huit chapitres qui prennent souvent la forme de discours.Voilà qui rend la lecture un peu laborieuse.Mme Costello voyage de par le monde, elle donne des conférences sur ses sujets fétiches (les droits des animaux, le problème du réalisme dans le roman d'aujourd'hui), et ses conférences, assemblées, forment le roman.Et, cela n'aide pas sa cause, Mme Costello est antipathique.Elle voyage, mais à son âge, le voyage la fatigue.Elle donne des conférences, mais elle a peu de respect et encore moins de patience pour son public.Son oeuvre a été appuyée par de jeunes féministes avec qui elle partage peu.« Ces dix dernières années, lit-on au tout début du livre, il s'est développé autour d'elle une petite industrie critique.» Il y a même une Société Elizabeth Costello qui sort un bulletin trois fois par an.Bien malgré elle, cet écrivain est devenu un objet.Ici, on sent que Coetzee parle de sa propre relation avec la notoriété \u2014avec le fait d'être devenu célèbre après le prix Nobel.Il choisit souvent le cadre universitaire pour poser la question de la notoriété.La consécration universitaire fait vivre beaucoup d'écrivains ; rien de mieux que de se trouver sur une liste de lecture dans un cégep ou une université.Mais Mme Costello apprécie peu ce coup de chance.Dans certains chapitres, on la voit en interaction avec ses enfants, ou bien avec des amants de son très long passé, et là, elle devient humaine.Lors d'une croisière singulière pendant laquelle quelques écrivains jouent le rôle d'animateurs culturels afin de distraire les passagers, Costello entretient un débat avec l'écrivain nigérien Emmanuel Egudu (c'est clair que Coetzee fait allusion à de vraies personnes, car ce livre est aussi un roman à clefs, et un long commérage) sur l'utilité du roman en Afrique.Ce n'est qu'après le débat politique que nous apprenons que Costello et l'Africain ont été amants pendant trois nuits d'affilée, lors d'un festival littéraire, ailleurs dans le monde.Finalement, c'est ça le sujet du livre : les coulisses de la vie d'écrivain international.Par exemple, lorsque Costello se rend aux États-Unis pour accepter un prix richement doté par une université en Pennsylvanie, elle invite son fils John à l'accompagner.Coetzee fait un portrait assez acerbe du milieu universtaire, et de l'utilisation des écrivains par les profs carriéristes (il ne faudrait pourtant pas oublier que Coetzee était professeur de lettres).À la fin de l'épisode, le fils d'Elizabeth finit dans le lit de Susan Moebius (un nom lourd de conséquence).Une affaire passionnelle ?Pas du tout.C'est que la critique et professeure féministe Moebius cherche à s'approcher de la grande dame de lettres, et elle est passée par le fils.Jeux de pouvoir où l'écriture joue un rôle secondaire.Plus difficiles à lire sont les longs chapitres pendant lesquels Costello s'attaque à l'utilisation des animaux.Nous lisons ces chapitres comme nous lirions le discours d'un politicien pas particulièrement doué.Aucune nuance, aucune interaction avec le public.Costello compare les abattoirs aux camps de concentration nazis, une comparaison aussi ridicule qu'odieuse.Coetzee crée des personnages qui sont en désaccord avec cette position (la fille d'Elizabeth, ou bien un vieux Juif qui a connu l'horreur des camps).Mais je n'ai saisi ni le but de ces longs discours, ni la position de Coetzee qui, pourtant, s'occupe de la dimension morale de l'écriture ailleurs dans le livre.Appelons ça le piège du prix Nobel.José Saramago a gagné ce prix grâce à son roman L'Aveuglement, un chef-d'oeuvre.Il l'a fait suivre par le piètre Caverne.Coetzee a connu les mêmes effets pervers.Peut-être vaut-il mieux ne pas gagner de prix ?FFF ELIZABETH COSTELLO J.M.Coetzee, traduit par Catherine Lauga du Plessis Seuil, 309pages 33 . LECTURES LITTERATURE FRANCAISE Partenariats public-prive (bis) Le couple et l'Enfer selon Christine Angot PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITES Une lectrice particulierement determinee soutient qu'on fait une faute lorsqu'on ne met pas au pluriel public-prive quand ce compose est accole a partenariats.En francais, ecrit-elle, un adjectif s'accorde avec le nom auquel il se rapporte et qui figure dans le texte.Certes, on utilise Les gouvernements federal et provincial lorsque le contexte etablit clairement qu'il s'agit du gouvernement du Canada et du gouvernement d'une province canadienne, donc de deux entites gouvernementales distinctes, l'une federale et l'autre provinciale.Toutefois, dans le contexte-ci, les mots public et prive sont des adjectifs et doivent donc s'accorder selon les regles de la grammaire francaise.Donc, on ecrira : Les partenariats du secteur public, Les partenariats du public et Les partenariats publics et non Les partenariats public.De meme, on ecrira : Les ententes du secteur prive, Les ententes du prive et Les ententes privees et non Les ententes prive.Il faut reconnaitre, lui ai-je repondu, que l'usage est a cet egard un peu hesitant.Ainsi, une recherche effectuee sur Google a revele 3390 emplois au pluriel, mais 14 300 au singulier.Et parmi ceux qui ont opte pour le singulier, on trouve des organismes officiels comme la Commission europeenne, qui a publie un livre vert sur les partenariats publicprive, le Bureau des partenariats public-prive (Canada), l'Agence des partenariats publicprive (Quebec) et des grands journaux comme Le Monde, Le Figaro et Liberation.Ce n'est sans doute pas parce que tout ce monde-la ignore la regle de l'accord de l'adjectif en francais, mais vraisemblablement, comme le souligne le Grand Dictionnaire terminologique de l'OLF, parce que les termes public et prive ne se rapportent pas a partenariats et (que) l'ellipse est encore sentie .Il est donc preferable, ajoute-t-on, de ne pas accorder l'expression.Un point de vue que je partage entierement.Cela dit, je profite de l'occasion pour rappeler qu'on dirait plus justement partenariat entre le secteur public et le secteur prive ou partenariat entre le public et le prive.Mais comme c'est plus long, je ne me fais pas trop d'illusions.Soit ou soient ?QDans votre reponse a Pierre La Rochelle (Cyberpresse, 17 juin), vous affirmez que soit est invariable dans une phrase comme Soit quatre villages.Pourtant dans le Larousse, on semble accepter egalement la forme plurielle.Y a-t-il une regle permettant de determiner quand le pluriel est acceptable ?Michel Lemire RVous m'avez oblige a consulter ce cher Grevisse.Voici de quoi il retourne.Soit est invariable quand il signifie c'est-a-dire.Mais au sens de supposons, il est le plus souvent considere comme un verbe personnel.Il s'accorde en consequence avec le ou les sujets places apres lui.> Soient deux paralleles.Mais on peut aussi considerer soit comme une formule impersonnelle qui a le sens de voici .Soit est alors invariable.> Soit deux paralleles.L'origine des ligatures QJe suis a la recherche d'une information sur la fusion de la double voyelle oe comme dans oeuvre, oeil, etc.Ce caractere porte-t-il un nom et quelle est son origine ?Jean Seguin REn typographie, on appelle ligature les lettres liees ou soudees comme oe ou ae.Le Tresor de la langue francaise informatise explique ainsi leur presence : L'ecriture des manuscrits avait multiplie l'emploi des lettres liees, ou ligatures, dont le principe fut conserve par les premiers imprimeurs.Reliant deux lettres ou plus en un seul signe, elles faisaient gagner du temps, de la place et apportaient dans la page une note d'elegante fantaisie.Petits pieges Voici les pieges de la semaine derniere : 1.De nombreux realisateurs, tels Polanski, donnent un role a leur compagne.2.La flotte de taxis de Montreal n'est pas en tres bon etat.Lorsque tel n'est pas suivi de que, il s'accorde generalement avec le substantif qui suit.Le mot flotte designe l' ensemble des navires ou des avions d'une societe, d'un pays .Pour parler de l' ensemble des taxis, des camions, des autobus ou des voitures , on emploiera plutot parc.Il aurait donc fallu ecrire : 1.De nombreux realisateurs, tel Polanski, donnent un role a leur compagne.2.Le parc de taxis de Montreal n'est pas en tres bon etat.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune une faute.Quelles sont-elles ?1.Dans le prochain budget, le focus sera mis sur la sante.2.De puissants hauts-parleurs.Les reponses la semaine prochaine.L'auteur sera de retour a la mi-octobre.Vous pourrez de nouveau lui faire parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel a paul.roux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y 1K9.JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Comment se detruit un couple, tout doucement, et l'explication de ce tres joli mot : le desamour, voila ce que Christine Angot nous offre dans son nouveau livre.Mais ce n'est pas triste, c'est tout simplement enrageant.On s'y croirait : le gachis nous guette tous, allons- nous y succomber a notre tour ?Ah, la vache ! Christine Angot nous a encore eus, avec son ecriture au vitriol.Pourtant, cette fois, elle avait fait patte de velours.Elle avait roucoule sa phrase, pas dit une seule fois JE, l'air de rien, papelarde, feline, comme pour nous glisser dans l'oreille un joli conte d'amour avec deux personnages qu'elle semblait aimer.Il faut se mefier des chattes, c'est bien connu.Il s'agit de l'histoire de Sylvie et de Francois.Francois est scenariste, eventuellement producteur.Ces gens-la sont toujours tres occupes, ils ont 32 fers au feu, 200 dejeuners en retard et presque pas de maitresses, contrairement a la rumeur, pas le temps.Mais lui, Francois, pour le moment, non : c'est la panne.Le vide.Son dernier film a ete un fiasco, et il faudrait encore ecrire les 31scenarii demandes ?Surtout, pour cette affreuse productrice qu'on appelle la grosse Lopez , sur laquelle l'auteur (a moins que ce ne soit Francois lui-meme) jette avec une sorte de jubilation tous les noms d'oiseaux du vocabulaire, monstre, pretentieuse, vulgaire, grosse vache, on en passe ?.Il parait que cette Madame existe, que les gens de la Ferme de Paris l'ont reconnue et en veulent a la petite Angot pour son impolitesse, et alors ?Ce portrait campagnard, fait a la hache, de la meme facon que la Lopez filme, a la hache, est une reussite de mechancete, Christine Angot etant au mieux de sa forme d'ecrivain lorsqu'elle hait quelqu'un.N'empeche, lorsque Francois est en panne, il est bien oblige d'en passer par Madame Lopez qui voudrait un scenario, n'importe quoi, pourvu qu'il y ait un passage par la Belgique parce que l'un des commanditaires est un Belge.On voit le genre.C'est vraiment la grosse deprime.Le cas de Sylvie est beaucoup plus complexe.C'est ce que l'on nomme une maniaco- depressive (diagnostic medical).Dans les phases maniaques, il faut la faire soigner a l'hopital, placer les enfants chez la grand-mere, s'occuper de tout.Dans les phases depressives, il faut affronter une intense depression qu'elle transmet evidemment a son entourage.Il lui reste peu de temps pour travailler, ecrire, tourner un film, ce qu'elle reussit pourtant a faire de temps en temps.Avec crises d'hysterie nombreuses et variees.C'est donc un couple en situation exceptionnelle.Le metier, la maladie mentale, le milieu intello parisien, une certaine aisance lorsqu'un scenario prend forme, des amities branchees a la francaise, c'est-a-dire superficielles, tout pourrait faire croire qu'il s'agit d'un cas particulier, du portrait de la defaite d'un couple singulier.Or, ce qui est frappant et que le lecteur decouvre peu a peu, c'est au contraire le portrait du desamour d'un couple qui pourrait etre universel.Petites remarques acerbes.Fatigue.Griffures.Impatiences.Allusions.Accusations.Engueulades.Brouilles.Mais c'est l'enfer, la vie en couple ! disait Sacha Guitry (cinq fois mari, et marri).La vie de deux solitudes.On songe a se quitter, on finit par le faire, puis on revient, puis on est tres malheureux, et cela recommence.Et puis, lorsqu'une separation s'est faite, malgre tout, en desespoir, quels sont les fils qui nous attachent encore et qui semblent impossibles a couper ?Le lecteur appreciera, nous en sommes surs, la maitrise de l'ecriture et celle du sujet.C'est le premier roman de Christine Angot .puisque les autres livres etaient des vengeances autobiographiques.Pour un premier roman, c'est tres reussi.On croirait une tranche de biographie.FFF1.2 LES DESAXES Christine Angot Stock, Paris, 209pages EDITIONS ART GLOBAL A l'occasion de la parution de la biographie de Claude Leveillee ART GLOBAL et vous offrent la chance de gagner Les Inseparables, une reproduction d'art en couleurs, publiee en 1982 a 220 exemplaires et signee Felix Leclerc, Claude Leveillee, Gilles Vigneault et le peintre Claude Le Sauteur, ainsi que 25 exemplaires de l'ouvrage accompagne de l'album double Mes Immortelles de Claude Leveillee.Pour participer, veuillez remplir le coupon ci-contre et le faire parvenir a : Concours Claude Leveillee Art Global, 384, avenue Laurier Ouest, Montreal (Quebec), H2V 2K7.Seuls les coupons recus par la poste sont acceptes.Les fac-similes sont refuses.Valeur totale des prix : 1850$.Les reglements du concours sont disponibles chez Art Global.Le tirage aura lieu le mercredi 27 octobre 2004 a midi dans les locaux d'Art Global.Prevoir un delai de deux semaines pour la reception des prix.Ecrire lisiblement en lettres moulees Nom : Prenom : Adresse : Ville : Code postal : Telephone : Courriel : 3254453A Marc Fisher auteur de Mort subite Nelly Arcan auteure de Folle ECRIRE un atelier intensif de Marc Fisher avec la participation speciale de Nelly Arcan et Michel Brule, editeur .structurez e2cacement votre histoire .creez un suspense irresistible .15moyens pour ameliorer vos dialogues .les 20 types d'intrigues .les techniques utilisees dans le best-seller Da Vinci Code Invitee speciale, Nelly Arcan parlera de sa methode d'ecriture De plus, Michel Brule, editeur des Intouchables, vous expliquera ce que recherchent les editeurs DATE: Le 31 octobre, de 9 h a 17 h LIEU: Hotel Holiday Inn, 420 Sherbrooke, ouest COUT: Tarif regulier: 115$ (taxes incluses) TARIF ETUDIANT: 95$ (taxes incluses) INFORMATIONSETINSCRIPTION: telephone (514) 326-8485 courriel : \"sher_globe@hotmail.com 3260635A Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF /Aeviter LECTURES CURIOSITE LITTERATURE FRANCAISE La (tres petite) enfance d'Amelie JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Amelie Nothomb, celle qui publie plus vite que son ombre, le Lucky Luke du roman, nous donne cette annee un bon livre.Cela nous rassure, les deux annees precedentes ayant ete un peu decevantes.Cette saison des vendanges, le cru s'intitule Biographie de la faim, il est gouleyant et un peu acide, avec des arriere- saveurs de LITCHI.On y retrouve la veine autobiographique de l'auteur, toujours cachee sous la fiction, cette fois-ci discrete .il y a bien une histoire d'amour de l'un des personnages, mais sans insistance.Il s'agit surtout d'Amelie, de son enfance, et de ses faims.C'est bourre d'humour.Cette personne se regarde vivre avec interet mais distance, sans illusions et sans complaisance .c'est assez rare en litterature, au point que cela puisse etre pris comme une preuve de talent.La faim, donc.Les faims, plutot.Petite enfant a l'ecole, au Japon, elevee a la nippone, on ressent ce manque effroyable de l'etre entier, ce vide tenaillant, cette aspiration non tant a l'utopique plenitude qu'a la simple realite : la ou il n'y a rien, j'implore qu'il y ait quelque chose.C'est le cote Heidegger d'Amelie, bon, mais ne croyez absolument pas que l'auteur va vous bassiner avec une philosophie pour enfanconnes.car elle est, pour le moment, a l'ecole maternelle, dans la classe des pissenlits , en beret et jupette bleu marine.Qu'est-ce qu'on y fait, dans cette classe ?On y apprend a sourire, veut, veut pas, et naturellement on y chante l'air des pissenlits .Qu'est-ce qu'on s'amuse ! Mais le lecteur ne cesse de se bidonner a la prose de ce livre qui est telle que son auteur elle-meme, incisive, curieuse, espiegle et soudain absurde.Amelie s'enfuit de l'ecole.Elle a faim de sa servante (on est entre gens riches, diplomates et tout ca).Elle a faim de sa soeur et de sa mere, elle a faim du regard de son pere.C'est ce qu'elle ecrit, et elle ajoute : Je n'avais pas faim de mon frere, pas plus que je n'avais faim des autres enfants, Je n'avais rien contre eux ; ils ne suscitaient en moi aucun appetit d'aucune sorte.Mais l'alcool de prune semble lui plaire : L'ivresse, je connaissais : j'adorais.Pourquoi la reserver aux adultes ?Il faut quitter l'alcool de prune, le paradis, le Japon.Gros chagrin.On est nomme diplomate a Pekin.On a 5 ans.On vivra la Chine de Mao comme une longue apocalypse jusqu'a l'age de 8 ans.Heureusement qu'il y a M.Tchang, cuisinier, qui parfois reussit a preparer de facon decente le chou et la graisse de porc que l'on trouve au marche.Amelie decouvrira en Chine une autre sorte de faim : la faim des autres enfants.Revelation.Cela a-t-il un rapport avec le gout du suicide qui s'empare d'elle ?Car la tres petite fille a fixe son deces a 12 ans .apres, il est vrai, un second chagrin d'amour.On vous le dit, ce livre, c'est n'importe quoi, comme d'habitude, et on aime cela aussi, parce que cela finit par etre drole, cette absurdite enfantine rendue tout a fait credible.Nous ne vous dirons pas tout, evidemment.Pour l'age de mes huit ans, je recus donc le cadeau le plus fantastique: New York.C'est le paradis, c'est le bonheur violent, l'assouvissement de toutes les faims (y compris celle de cette amie qui eut un gros chagrin d'amour).Puis le Bangladesh, la faim des livres, la faim de la lecture.Nous suivons, nous suivons.En Birmanie, Amelie grandit, 12 centimetres en un an.Bigre ! Ses seins poussent, elle essaie de les bruler avec un briquet.Elle se trouve laide.C'est de son age.Ce qu'on peut etre bete, a cet age.Enfin, elle debarque a 17 ans a l'Universite libre de Bruxelles.Diplomee de philologie, elle s'ennuie de son cher Japon, elle a faim de son passe d'enfance.Tres faim.Avion, donc, pour le Japon.Elle se trouvera la-bas un travail dans une grande compagnie japonaise et insignifiante.On sait la suite : c'est dans Stupeurs et tremblements.FFF1.2 BIOGRAPHIE DE LA FAIM Amelie Nothomb Albin Michel, Paris, 241 pages Du grand Art ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPECIALE Les attentats du 11 septembre auront apporte pas mal d'eau aux moulins des editeurs.Il a du se publier des conteneurs de bouquins portant sur la tragedie (ou s'en inspirant).Des essais, des temoignages, des analyses politiques, assez de livres enfin pour remplir au moins un rayon de la bibliotheque municipale.En voici donc un autre, et ce n'est pas n'importe quoi : A l'ombre des Tours Mortes, de Art Spiegelman.Rappelons que Spiegelman est le seul artiste de la bande dessinee a jamais avoir recu un prix Pulitzer.Merite, c'est le mot juste.Maus, ou il racontait l'Holocauste par l'entremise de personnages fictifs (des animaux), histoire inspiree des experiences de son propre pere qui a bien connu les camps de la mort.Des animaux, ca ne fait jamais tres serieux.Pourtant, Maus est sans doute l'un des chef-d'oeuvre de l'histoire du neuvieme art.Apres des annees a enjoliver de ses illustrations les pages du New Yorker, Art Spiegelman renoue avec ses anciennes amours et reprend la BD qu'il avait delaissee.A l'ombre des tours mortes n'est pas un recit lineaire, plutot une sorte d'etrange et fascinant scrap book , fait d'extraits de comics celebres, d'illustrations, de photographies trafiquees, de fausses publicites ou coupures de journaux ; une courtepointe ou chaque piece renvoie aux attentats du 11 septembre.Il faut savoir que Spiegelman, qui habite a Manhattan, a vecu sur place ce que nous avons tous vu a la television.Ca l'a, evidemment, beaucoup marque.S'il dit lui-meme ne pas faire de politique, il ne s'en degage pas moins de son oeuvre .parfois par la seule force de l'image.des propos tres engages.On comprend tres vite qu'il ne porte pas Bush tres pres de son coeur.Quand les avions ont frappe ces tours, je me suis retrouve propulse dans une autre realite, ou George W.Bush est president , fait-il dire a son double dessine.L'album d'une vingtaine de pages est un objet d'art, a ranger soigneusement.Imprime sur des pages de carton glace, les bandes et les illustrations sont tres souvent inspirees de l'histoire de la BD americaine, de Windsor Mc Kay et W.R.Hearst (dont il pique des planches completes) a Robert Crumb, cite ici et la, passant bien sur par Spiegelman lui-meme.Cette oeuvretemoignage touchante, tres drole et assez mordante n'est evidemment pas gratuite, mais elle vaut qu'on etale quelques billets, environ 45 $.FFFF A L'OMBRE DES DEUX TOURS Art Spiegelman, Casterman Amelie Nothomb se regarde vivre avec interet mais distance.3223277A PHOTO REUTERS Art Spiegelman LANCEMENT a la LIBRAIRIE OLIVIERI d'un livre illustre pour jeunes jeudi 7 octobre 2004, 16 h - 18 h 5219, Cote-des-Neiges, Montreal Narration de Chantal Beauregard Les Aventures de Shadow et The Adventures of Shadow 3260733 . 3244848A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN «Je n'ai pas attendu qu'elle ait 20 ans », déclare ce visionnaire télévisuel et avant-gardiste.Le cap des 18 ans, «c'est majeur» pour un être humain; c'est important pour une télévision différente.Pierre Marchand, à la fois directeur général et gourou de Musique Plus, peut contempler avec un peu plus de recul cette belle aventure.Pierre Marchand «Tout le monde a vieilli depuis les débuts, mais on a réussi à se renouveler, à suivre les nouvelles tendances, à rester collés à la réalité des jeunes.» ANNE RICHER e 2 septembre 1986 naissait à Montréal, au canal 20, ce qui allait devenir, chez les jeunes de 12 à 24 ans, le nec plus ultra des clips et de la musique qui colle à cette génération.«Tout le monde a vieilli depuis les débuts, mais on a réussi à se renouveler, à suivre les nouvelles tendances, à rester collés à la réalité des jeunes», dit avec fierté Pierre Marchand.C'est peut-être là, avec ses 47ans, le secret d'une allure juvénile qui ne semble pas vouloir le quitter.«Le genre ado fait vieillir moins vite», dit-il en riant.La Presse lui décerne le titre de Personnalité de la semaine.Création et marketing Ce n'est pourtant pas si loin.«Peut-on imaginer qu'au commencement il n'y avait pas de cellulaires, pas de télécopieurs, presque pas d'ordinateurs dans les maisons, pas de chaîne spéciale à la télé?Onavaitenréserve24vidéoclips quand on a ouvert!» Il ajoute: «En1986, le vinyle, c'était hier.» Musique et télévision sont ses deux passions depuis toujours.On n'a pas de mal à le croire, il est au boulot de 10 à 12 heures par jour encore, et il commence tout juste à réfléchir à la possibilité de réduire un peu.«J'aime les défis, accomplir des choses, travailler fort ne m'inquiète pas, surtout s'ilya des gens autour.» Dans ce tintamarre, dans cette télé qui s'affiche dans la rue, dans les jeux de caméras mobiles, dans ces sons qui battent comme un coeur affolé, il faut voir lacultured'une génération.«La musique marque le cerveau adolescent.» Comme elle a marqué le sien, avec des parents qui trouvaient que les Beatles, cen'était pas de lavraiemusique et qu'ils avaient les cheveux sales! Hier comme aujourd'hui: «La musique de la jeunesse est instinctive, elle ne calcule pas.» Il en convient: «J'endosse un artiste que je diffuse», pour expliquer qu'il privilégie les «bonnes» valeurs.Mais ne lui demandez pas de faire de la morale.«Je ne suis ni parent ni éducateur.Je suis une espèce de grand frère qui essaie de ne pas faire trop de niaiseries.» Un «Tanguy» Né à Montréal le 20 octobre 1957, il a grandi à Duvernay entre ses parents et un frère plus jeune.Une adolescence sage, sans révolte, où contrairement à son frère, qui fait beaucoup de sports, lui, l'artiste, rêve de devenir un autre Beatle.«Mes parents sont encore ensemble après plus de 50 ans de mariage et ils m'ont confié bien des valeurs et des secrets sur la vie.» Il les a quittés à l'âge d'au moins 20 ans.Entre-temps, en 1976, 10 jours avant d'entrer aux Hautes études commerciales en comptabilité, en grande partie pour faire plaisir à ses parents, il se fait heurter par une auto.Il a 18 ans.Sa vie fragile tient à un fil et bascule.Il perd un rein.«On n'est pas maître de son destin, on ne peut pas tout planifier.» Et cet accident, en dépit de son aspect dramatique, lui évite de s'orienter dans une voie qui n'était pas la sienne.Dans son enfance, dans son adolescence et même encore aujourd'hui, il est collectionneur dans l'âme.Pourtant, il reconnaît que ses vrais souvenirs ont trait à des gens, et non pas à des objets.Les vieilles autos, les vieilles maisons.«J'ai encore des jouets d'enfant.J'ai gardé ma première auto: une Triumph décapotable.» «On vieillit vite, le temps passe, sachons profiter des petits moments de bonheur.» Voilà où la maturité l'entraîne désormais: un côté plus zen de sa personnalité émerge.«J'adore les arbres, les animaux, je cherche un nouvel équilibre à ma vie.» Il veut surtout s'occuper davantage des gens qu'il aime, entretenir l'amitié.Son rêve réalisé atteint ses 18 ans.Il est importantpour l'entrepreneur etpour l'artiste, ce sentiment d'avoir bâti quelque chose d'utile.Le bilan peut le rendre nostalgique, certes, mais on ne prendra pas Pierre Marchand en train de tourner en rond.Il est encore résolument un clip en avant.PHOTO CP PHOTO REUTERS "]
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