La presse, 1 octobre 2004, Cahier A
[" ACTUEL DANIEL VÉZINA LE RETOUR AUX FOURNEAUX SPORTS LE DÉPART DES EXPOS EN PHOTOS PAGES 8 ET 9 YOUPPI À LIRE DÈS DEMAIN DOSSIER UNQUÉBÉCOIS SUR QUATRE ENTREAU TRAVAIL À RECULONS.ETVOUS?> REPORTAGES > TÉMOIGNAGES > TESTS Montréal vendredi 1er octobre 2004 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 75¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées États-Unis Le débat des candidats à la présidence, prise 1 «UNE COLOSSALE ERREUR DE JUGEMENT» Kerry critique vivement Bush quant à sa décision d'avoir attaqué l'Irak ALEXANDRE SIROIS CORAL GABLES \u2014 John Kerry a profité hier du premier débat présidentiel de la course à la Maison- Blanche pour livrer une charge à fond de train contre George W.Bush, dénonçant avec ardeur sa décision d'avoir attaqué l'Irak et sa gestion de la guerre.« Ce président a fait, j'ai le regret de le dire, une colossale erreur de jugement.Et le jugement est ce que nous recherchons chez le président des États-Unis d'Amérique », a soutenu le candidat démocrate.Au coeur du message de Kerry, martelé de telle façon qu'il a parfois semblé décontenancer Bush, se trouvait l'affirmation que le président s'est détourné du terroriste Oussama ben Laden et de l'Afghanistan pour attaquer l'Irak.>Voir ERREUR en A6 AUTRES TEXTES Le débat des candidats, A2 et A3 Merck retire un remède du marché L'anti-inflammatoire Vioxx fait doubler les risques d'accidents cardiaques et cardio-vasculaires DENIS ARCAND Vioxx, un anti-inflammatoire inventé à Montréal et prescrit dans 80 pays, a été volontairement retiré du marché hier par son fabricant parce qu'il fait doubler les risques d'accidents cardiaques et cardiovasculaires.La multinationale pharmaceutique américaine Merck & Co a dit hier avoir pris connaissance jeudi soir dernier de nouvelles données cliniques indiquant un taux d'infarctus et d'ACV de 15 par 1000 patients, tandis que ce taux n'est que de 7,5 par 1000 patients chez ceux qui ne prenaient pas de Vioxx.Merck a avisé les autorités pharmaceutiques américaines lundi et a pris la décision de retirer Vioxx du marché mardi.« Nous encourageons les patients qui prennent Vioxx à contacter leurs médecins pour discuter de l'arrêt du Vioxx et d'un traitement autre », a déclaré hier Raymond Gilmartin, le président de Merck, lors d'une conférence de presse tenue au New Jersey et diffusée sur Internet.>Voir REMÈDE en A8 PHOTO RON EDMONDS, AP John Kerry a entre autres reproché à George W.Bush de s'être détourné du terroriste Oussama ben Laden et de l'Afghanistan pour attaquer l'Irak.PHOTO RON EDMONDS, AP Le président Georges W.Bush a utilisé à plusieurs reprises sa tactique préférée : affirmer que John Kerry modifie constamment ses positions.Effroi en Irak La société civile est de nouveau touchée au coeur de Bagdad 120e année no 338 60 pages 5 cahiers Ensoleillé, Max.20 Min.10 Au moins 37 enfants tués dans trois attentats ANNE-SOPHIE LE MAUFF COLLABORATION SPÉCIALE BAGDAD \u2014 Après quelques jours d'accalmie, c'est de nouveau l'effroi à Bagdad où trois attentats ont plongé hier après-midi la capitale irakienne dans un véritable bain de sang.Deux véhicules piégés, dont au moins un conduit par un kamikaze, ont explosé à proximité d'une station de pompage d'eau qui était en train d'être inaugurée dans le quartier très populaire d'Al Amel, au sud-ouest de la capitale.Parmi les victimes, on dénombre une majorité d'enfants \u201437 au total \u2014 venus assister à la cérémonie avec leurs parents.Alors que d'épaisses fumées noirâtres se dégageaient des carlingues en feu, que des corps déchiquetés et carbonisés gisaient sur le bitume craquelé, une autre voiture piégée a explosé près d'un barrage de la garde nationale irakienne, à un kilomètre du premier lieu de l'attentat.Ce troisième véhicule chargé d'explosifs aurait tué au moins quatre autres Irakiens et provoqué un véritable mouvement de panique chez les survivants, parmi lesquels on compte 200 blessés.>Voir ENFANTS en A6 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Le mandat d'Adrienne Clarkson est prolongé.Le délai pour le remboursement de la dette nationale aussi.Le vaccin de la grippe sera offert gratuitement aux tout-petits SOMMAIRE Astrologie du jour AFFAIRES 11 Bandes dessinées AFFAIRES 14 Bridge AFFAIRES 12 Décès AFFAIRES 13 Feuilleton AFFAIRES 14 Forum A 14 et 15 Horaire cinémas ARTS 6, 7 Horaire télévision ARTS 2 Loteries A 7 Mots croisés AFFAIRES 14 et SPORTS 12 Mot mystère AFFAIRES 14 Observateur AFFAIRES 9 Petites annonces AFFAIRES 9 et AFFAIRES 2 Météo Ensoleillé, maximum 20, minimum 10, plus de détails en page SPORTS 16 SARA CHAMPAGNE Une première au Québec, le vaccin contre la grippe sera dorénavant offert gratuitement à tous les enfants âgés de 6 à 23 mois.La province répond ainsi aux recommandations émises par le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) en septembre, qui ajoute les enfants au groupe de ceux qui sont vaccinés gratuitement en raison de leur risque plus élevé de complications et d'hospitalisation secondaires à l'influenza, a annoncé hier à La Presse le ministère de la Santé.1,6 million de doses Québec compte distribuer près de 1,6 million de doses à l'ensemble de la population, au cours de sa campagne de vaccination qui doit débuter le 1er novembre.Il s'agit d'une augmentation de 100 000 doses comparativement à l'an dernier.Jusqu'à maintenant, le vaccin n'était offert gratuitement qu'aux personnes âgées de plus de 60 ans et aux enfants atteints d'un trouble cardiaque, pulmonaire chronique ou d'une immunodéficience.Selon Santé Canada, un enfant sur quatre contracte la grippe au cours d'une saison intense.L'an dernier, l'agence a été informée de quatre décès d'enfants attribués au virus grippal.Au pays, près de 1500 personnes sont mortes à cause de la grippe ou d'une pneumonie consécutive à la maladie l'an dernier.>Voir VACCIN en A8 Cliquez, imprimez, décollez ! Découvrez l'enregistrement aircanada.com Maintenant, pour tous vos voyages au Canada, vous pouvez passer de votre ordinateur à votre vol en un rien de temps.C'est simple: vous n'avez qu'à vous enregistrer en ligne sur aircanada.com, choisir votre siège et imprimer votre carte d'accès à bord.Une fois à l'aéroport, vous pouvez vous présenter directement à votre porte d'embarquement.Tout cela en un rien de temps.Pour connaître tous les détails, visitez aircanada.com 3214210A LA RUSSIE RATIFIERA KYOTO PAGE A10 DÉBAT BUSH-KERRY «Des signaux confus envoient lemauvais message ànos troupes, ànos alliés et aux citoyens de l'Irak.» \u2014GeorgeW.Bush PHOTO JIM BOURG, REUTERS Le journaliste Jim Lehrer, qui avait pensé et rédigé des questions à la fois fines et costaudes, a plutôt mené deux entrevues parallèles que dirigé un débat, hier soir.«C'est un travail difficile, Jim.» NATHALIE COLLARD John Kerry s'est inquiété pour rien.Le candidat démocrate craignait que l'utilisation de voyants lumineux sur les lutrins des candidats fasse ressembler le débat à un jeu télévisé.Mais le débat d'hier n'avait rien du quizz télévisé Jeopardy.En fait, peut-on vraiment parler d'un débat ?Il s'agissait plutôt de deux entrevues parallèles menées par le journaliste Jim Lehrer.Résultat : John Kerry et George W.Bush ont passé la soirée à s'adresser à Jim et à regarder dans sa direction plutôt que fixer la caméra et regarder le peuple américain dans les yeux.Il faut dire que les règles encadrant le débat d'hier étaient les plus sévères jamais adoptées depuis la tenue du premier débat présidentiel, en 1960.Les voyants verts, jaunes et rouges ponctuaient la durée des interventions des deux adversaires.Une sonnerie avait été prévue comme avertissement de dernier recours, mais on ne l'a jamais entendue.Kerry et Bush ont respecté à la lettre les 32 pages de règlements que leurs représentants avaient négociés, une entente allant de la distance entre les deux lutrins (trois mètres) à la température de la pièce (un peu plus de 21 degrés) en passant par le nombre de minutes allouées à chacun pour répondre aux questions du journaliste.Malgré la température de l'auditorium de l'Université de Miami, John Kerry n'a pas sué.Quant à George W.Bush, il n'est pas sorti de ses gonds.Mais le président des États-Unis contenait mal son impatience, grimaçant et clignant des yeux lorsque que son adversaire parlait.Les spécialistes de la communication vous le diront, le langage du corps ne ment jamais.Et au bout des premières 30 minutes, il était clair que le sénateur Kerry avait placé son adversaire sur la défensive.Hésitant souvent, cherchant ses mots, George W.Bush a perdu son assurance à plusieurs reprises, s'appuyant sur des phrases toutes faites qui perdaient de leur impact à force d'être répétées : « Nous envoyons un message clair.C'est un travail difficile, Jim.Il y a des choix difficiles à faire, Jim.» Un vrai cours de démagogie 101.Pis encore, à plusieurs reprises, le président n'arrivait tout simplement pas à remplir son temps de parole, allant même jusqu'à déclarer: « Vous connaissez mon opinion là-dessus.».Pas fort.Pendant ce temps, John Kerry, souriant, visiblement très bien préparé, et malgré son air un peu figé \u2014moins figé qu'Al Gore, mais à des années-lumière de l'aisance de Bill Clinton \u2014, arrivait avec des arguments étayés, un débit calme et beaucoup d'assurance.À la télévision, c'est toujours gagnant.Enfin, une mention spéciale au journaliste Jim Lehrer, qui avait pensé et rédigé des questions à la fois fines et costaudes (tout à l'opposé des questions floues posées lors du dernier débat des chefs de nos élections fédérales.Prenons des notes).Le modérateur de la soirée a même pris le temps de demander des précisions aux candidats afin de s'assurer que les téléspectateurs avaient bien saisi toutes les nuances de la discussion concernant l'armement nucléaire de la Corée du Nord.Bref, sans être le débat du siècle, ce premier échange ne fût jamais ennuyant.Et si George W.Bush est élu le 2 novembre prochain, ce ne sera pas grâce à sa performance d'hier soir.Son équipe de communication le sait et doit déjà être en train de rectifier le tir en vue du second débat.PIERCE BROSNAN.www.omegawatches.com CHOIX DE VIE PERFORMANCE SUR LEFOND > Plutôt simpliste et louvoyant.PERFORMANCE SUR LA FORME > Mal à l'aise quand Kerry parlait.Bush est habitué aux audiences sympathiques.LA PHRASE ASSASSINE > Ce que je ne ferai pas, c'est changer mes convictions profondes sous la pression.L'ERREUR > Pas d'erreur IMPRESSION GÉNÉRALE > Il a fait pire que je ne le croyais.Il semblait ennuyé.PERFORMANCE SUR LEFOND > Cohérent, il a tablé sur la continuité.Il a refusé de répondre aux accusations.PERFORMANCE SUR LA FORME > Il était sur la défensive, il était répétitif, pas sûr de lui.LA PHRASE ASSASSINE > Message à Kerry qu'il ne peut pas dire aux soldats qu'ils étaient dans le mauvais groupe, au mauvais endroit et au mauvais moment.L'ERREUR > Quand il a répondu que c'était trop cher de mieux financer les services policiers, les pompiers et la sécurité dans les ports.IMPRESSION GÉNÉRALE > Bush sur la défensive.PERFORMANCE SUR LEFOND > Il a semblé se répéter.Il a martelé son message, mais il besoin de varier son langage.PERFORMANCE SUR LA FORME > Il avait l'air présidentiel, un peu sur la défensive, et connecté au peuple.LA PHRASE ASSASSINE > Je vous reviens, je cherche la citation\u2026 L'ERREUR > S'est répété et n'a pas joué sur les alliances de Kerry -avec la France, l'Allemagne ou l'ONU.IMPRESSION GÉNÉRALE > Consistant, élégant en refusant de trop attaquer Kerry.PERFORMANCE SUR LEFOND > Plutôt bien.Il a utilisé des platitudes idéalistes pour se défendre.PERFORMANCE SUR LA FORME > Agressif, présidentiel, agile.Il a répété fermement son message.LA PHRASE ASSASSINE > Comme les politiques changent, ses positions changent.Ce n'est pas ainsi qu'un chef doit agir.L'ERREUR > Aucune IMPRESSION GÉNÉRALE > Étonnamment bon.Il avait l'air d'un shérif de western.PERFORMANCE SUR LEFOND > Très articulé.PERFORMANCE SUR LA FORME > Plus relax, nettement en contrôle LA PHRASE ASSASSINE > Envahir l'Irak en réponse à 9/11 est comme attaquer le Mexique en réponse à Pearl Harbor L'ERREUR > Pas d'erreur IMPRESSION GÉNÉRALE > Il a fait mieux que je ne croyais: il a semblé plus présidentiel.PERFORMANCE SUR LEFOND > Mieux décrit sa position, aucune gaffe, bien répondu.PERFORMANCE SUR LA FORME > Mieux dans sa peau.Il a mis Bush sur la défensive.LA PHRASE ASSASSINE > Une citation de son livre au sujet de Bush père.«Il ne faut pas envahir Bagdad parce qu'on ne pourra pas en sortir.» L'ERREUR > Quand il a cité Charles de Gaulle IMPRESSION GÉNÉRALE > Bonne offensive, sans être cassant ni arrogant.PERFORMANCE SUR LEFOND > Consistant dans ses critiques.Mais il a semblé se contredire sur la menace de Saddam Hussein.PERFORMANCE SUR LA FORME > Il a réussi à être direct sans être irrespectueux, critique sans être antipatriotique.LA PHRASE ASSASSINE > La consistance est une vertu mais on doit avoir de la flexibilité.L'ERREUR > La contradiction à savoir si Saddam est une menace ou non IMPRESSION GÉNÉRALE > Solide, compétent, éloquent.Il a gagné en crédibilité et légitimité.PERFORMANCE SUR LEFOND > Une solide et substantielle critique des politiques de Bush.PERFORMANCE SUR LA FORME > Étonnamment ferme.Il a su éviter ses envolées oratoires habituelles.LA PHRASE ASSASSINE > C'est une chose d'être certain.Mais on peut être certain et se tromper.L'ERREUR > Aucune IMPRESSION GÉNÉRALE > La performance la plus forte de Kerry en public.GEORGEW.BUSH Rod Dreher : Éditorialiste et chroniqueur au Dallas News, au Texas JOHN KERRY Maura Casey : Éditorialiste au The Day of New London, au Connecticut.Gil Troy : Professeur d'histoire américaine à l'Université Mc Gill, à Montréal Jean-François Lisée : Directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM) ÉTATS-UNIS ÉLECTIONS BUSH / KERRY Signe des temps, le premier débat crucial entre John Kerry et GeorgeW.Bush a porté sur un thème qui n'enthousiasmait guère les foules américaines il y a peu : la politique étrangère.Des dizaines demillions d'Américains ont ainsi pu voir les deux hommes qui briguent la présidence s'affronter pour la première fois sur la guerre au terrorisme, l'Irak ou la sécurité du territoire des États-Unis.La Presse a demandé à quatre experts leur verdict sur la performance des deux politiciens.\u2014Propos recueillis par Karim Benessaieh PHOTO PC Kerrymarque des points 6/ 10 8/ 10 BUSH / KERRY 7/ 10 8.5/10 BUSH / KERRY 5/ 10 5/10 BUSH / KERRY 8/ 10 8/10 DÉBAT BUSH-KERRY «Vous pouvez être sûr de vous, et vous tromper (.) L'assurance peut parfois vous causer de graves problèmes » \u2014John Kerry PHOTO JEFF HAYNES, AGENCE FRANCE-PRESSE Un sondage fait par CBS News quelques instants après la fin du débat a donné le candidat démocrate gagnant.Ainsi, parmi les 200 personnes interviewées, 44 % ont estimé que John Kerry a eu le meilleur sur son rival, contre 26 % pour le président Bush.Trente pour cent y ont vu un match nul.Kerry fait une conquête RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE CHARLESTON, Virginie occidentale \u2014 Il y a deux semaines, Erin Atkins était indécise.Entre John Kerry et George W.Bush, elle avait du mal à choisir.Hier soir, cependant, le premier débat télévisé entre les candidats à la présidence l'a fait définitivement basculer dans le camp du démocrate du Massachusetts.« Il a donné l'impression de vraiment répondre aux questions, a déclaré la femme de 30 ans.À l'opposé, le président Bush s'en est souvent tenu à des formules toutes faites.Il n'avait pas l'air préparé.Il avait souvent un air sarcastique.» Erin Atkins a suivi le débat à l'université Charleston avec une quinzaine d'électeurs de la capitale de la Virginie occidentale, un des champs de bataille (swing states) de l'élection du 2 novembre à la Maison- Blanche.Les indécis étaient plutôt rares parmi ces téléspectateurs.Les partisans de John Kerry sont repartis avec la conviction que leur candidat avait remporté le débat.Et ceux de George W.Bush pensaient la même chose à propos de leur favori.« Le président était très calme, a déclaré Cathy Pozega, 65 ans.Il a répondu à toutes les questions et il n'a pas fait de compromis sur ses positions.Il a projeté l'image d'un leader.» Cathy Pozega se définit comme une « security mom », la catégorie d'électrices qui a succédé à celle des « soccer moms ».Elle se sent en sécurité avec Bush à la Maison- Blanche.« Le président s'assure que la guerre n'aura pas lieu à l'intérieur de nos frontières », a-t-elle dit, préférant combattre les « terroristes » en Irak plutôt qu'en Virginie occidentale, un État rural de 1,8 million d'habitants qui compte cinq grands électeurs au collège électoral.En 2000, ces cinq grands électeurs sont allés à George W.Bush, qui a défait Al Gore par la plus infime des marges.En 1992 et 1996, la Virginie occidentale avait voté pour Bill Clinton, lui donnant de confortables majorités sur George Bush père puis Bob Dole.Cette année, l'État penche du bord des républicains.Mais les démocrates ne désespèrent pas.« Je trouve que le sénateur Kerry a montré beaucoup de fermeté ce soir, a déclaré Tommy Graby.Par ses expressions faciales, le président Bush a montré de son côté qu'il savait qu'il allait avoir une soirée difficile face à l'intelligence de Kerry.» La consigne était claire.Les téléspectateurs réunis à l'université de Charleston ne pouvaient réagir pendant le débat.Ils devaient conserver le silence.Mais ils n'ont pu s'empêcher de s'esclaffer à quelques reprises en voyant les expressions faciales de Bush.William Hairston, 60 ans, a ri pendant le débat, mais pas après.« J'ai été déçu par Bush, a déclaré Hairston.Son attitude ne m'a pas semblé digne d'un président.Il ne s'est pas tenu droit derrière le lutrin.Il n'a jamais vraiment souri.Ses expressions faciales étaient bizarres.Ses réponses étaient répétitives.On est en droit de s'attendre à plus d'un président.» Dans l'esprit de Hairston, il est clair que Kerry a gagné le débat.« Il a passé son message de façon claire et spécifique.Il avait l'air confiant », a-t-il dit.Un jugement subjectif, il va sans dire.Steve Simmons, 18 ans, est sorti du débat avec la conviction que Bush avait eu le meilleur sur Kerry.« Il est vraiment le meilleur homme pour nous guider dans la guerre contre le terrorisme, a-t-il dit.Il ne change pas d'opinion au gré du vent.» Une prière pour le sénateur NICOLAS BÉRUBÉ BURLINGTON \u2014 Carolyn Lockwood- Pitkin ne voulait pas rester seule pour regarder le débat Bush- Kerry hier soir.« J'ai 80 ans, dit-elle.Le débat me stresse trop.Mes nerfs auraient flanché si Kerry avait fait une gaffe.» La dame au visage parcheminé s'est donc rendue au Manhattan Pizza Pub, au centre-ville de Burlington, où une centaine de personnes s'étaient réunies pour écouter le débat.Le pub animé s'est presque transformé en sanctuaire quand les candidats ont pris la parole.Les conversations se sont arrêtées, les ventes de bière ont pratiquement cessé.Personne n'aurait songé à aller aux toilettes.« Je prie pour que Kerry réussisse à améliorer son image, explique Doug King, qui travaille dans une compagnie de systèmes électriques.Le débat de ce soir est le plus important des trois, et Kerry ne peut pas se permettre de le perdre.» Pour Matt Naimoli, 20 ans, le débat était crucial pour le candidat démocrate.« Jusqu'à présent, je n'ai pas été impressionnée par Kerry, dit-il.Après la convention démocrate, il s'est laissé avoir par les attaques des républicains contre son service au Vietnam.Il n'a pas réussi à reprendre le dessus depuis.» Danielle Fleury, 21 ans, estime que la presse n'a pas pris Kerry au sérieux depuis le début de la campagne.« J'espère que le débat va lui permettre de se faire connaître.Les gens ne réussissent pas à s'identifier à lui comme ils s'identifient à Bush.Il doit remonter la côte et changer son image.» À en juger par les réactions des gens pendant le débat, la prestation de Kerry a eu du mordant.Le candidat démocrate a réussi à arracher quelques cris à la foule quand il a énuméré les erreurs de Bush.Les applaudissements et les rires ont fusé quand Bush n'a pas réussi à répondre, et qu'il est resté immobile pendant quelques secondes, comme un boxeur sonné.Kerry prenait de l'assurance.Au bar, les ventes de bière ont repris.Dans la foule largement démocrate, une poignée de républicains écoutaient le débat.Parmi eux, Jeff Kinney, originaire du Maryland.« Je trouve que Bush aurait dû prendre un ton plus autoritaire, dit-il.C'est lui, le président, mais il a laissé Kerry prendre le dessus.J'ai trouvé que Kerry s'est bien tiré d'affaire », dit-il, en affirmant qu'il allait suivre les prochains débats avant d'arrêter son choix.« Tout est possible, mon idée n'est pas encore faite.» William Wells, 24 ans, un résidant de Burlington qui travaille dans l'assurance, s'est dit soulagé après de débat.« J'avais peur que Kerry se lance dans de grands discours endormants, comme il l'a souvent fait auparavant.Mais il a eu beaucoup de « punch ».Je crois que les craintes qu'avaient les gens à son égard ont pu s'estomper un peu ce soir.» Pour Sue Howard, qui travaille dans l'immobilier à Burlington, la question était de savoir si le candidat démocrate réussirait à imposer son rythme.« Bush est maître dans l'art de lancer des slogans qui passent pour des idées originales, dit-elle.Ce soir, nous avons vu que Kerry ne s'en laisse pas imposer, et qu'il est capable de bien répliquer en quelques phrases.C'est encourageant.» PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Au Manhattan Pizza Pub de Burlington, au Vermont, on écoutait religieusement les propos des deux candidats à la Maison- Blanche.Cette partisane démocrate souhaitait sans doute voir son candidat porter le coup fatal au président sortant. ACTUALITÉS EN BREF Les pressions financières des provinces réglées «à la pièce» Haïti : Pettigrew en visite Le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a indiqué hier aux Gonaïves que le nombre de centres de distribution d'aide humanitaire dans cette ville haïtienne victime de la tempête tropicale Jeanne, allait être augmenté en fin de semaine.Venu en hélicoptère pour une visite de deux heures dans cette ville de 250 000 habitants, M.Pettigrewa estimé que deux défis étaient à relever aujourd'hui dans le cadre de l'opération humanitaire : la distribution et la sécurité de la distribution.Il a indiqué avoir noté «une amélioration sensible dans la distribution grâce aux quatre centres mis en place ».Il y en aura six à la fin de la semaine, a-t-il assuré.« Le déficit de distribution demeure important mais il y a une amélioration d'heure en heure qui est très encourageante », s'est réjoui le ministre.Au cours de son déplacement, le chef de la diplomatie canadienne a visité les quartiers sinistrés et supervisé les opérations de distribution de l'aide humanitaire aux sinistrés.Selon lui, l'insécurité demeure un défi.Mais la coordination avec la force de stabilisation en Haïti de l'ONU (Minustah) dont les effectifs sur place ont augmenté, se fait beaucoup mieux, a-t-il déclaré.Agence France-Presse La loi sur la santé, pas du ressort des tribunaux Un juge de la Cour fédérale a refusé de dire si le ministre de la Santé échouait à mettre en application la Loi canadienne sur la santé, estimant qu'il ne revenait pas aux tribunaux d'en décider.Dans le cadre d'une décision rendue hier, le juge Richard Mosley a rejeté une poursuite intentée par plusieurs syndicats et groupes de revendication qui avançaient que le ministre n'avait pas été à la hauteur de ses obligations et n'avait pas défendu les règles du régime d'assurance maladie.« Bien que cette requête soulève d'importantes questions, elles sont de nature politique et elles devraient être abordées lors d'une assemblée politique plutôt qu'au tribunal », a affirmé M.Mosley.La Loi canadienne sur la santé, établissant les règles du régime d'assurance maladie, stipule que les services médicaux nécessaires doivent être complets, accessibles à tous et administrés par l'État.Presse Canadienne Nouveau président à Postes Canada Après la tempête provoquée par le scandale des commandites qui a ébranlé la direction de la Société canadienne des postes (SCP), le gouvernement fédéral a nommé, hier, un nouveau président au conseil d'administration de la société d'État.Le ministre responsable de la société, John Mc Callum, a confirmé tard en journée la nomination de Gordon Feeney, un ancien dirigeant de la Banque Royale.M.Mc Callum est lui-même un ancien économiste et vice-président de cette institution bancaire.M.Feeney remplacera André Ouellet, qui a dû démissionner au courant de l'été après la publication de rapports de vérification accablants sur ses pratiques de gestion.Les vérifications concluaient que l'ancien ministre libéral avait dérogé aux pratiques d'embauche, s'était ingéré dans l'octroi de contrats et avait omis de fournir des pièces justificatives pour ses dépenses de voyage et d'accueil, un montant totalisant 2 millions de dollars en huit ans.Presse Canadienne Charest misera sur « l'asymétrie » avec les villes Si le Canada est prêt à appliquer le principe de l'asymétrie avec les provinces, le Québec est prêt à en faire autant dans ses relations avec le monde municipal.C'est qu'a soutenu hier soir le premier ministre Jean Charest, alors qu'il prenait la parole devant les membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) réunis pour leur congrès annuel à Québec.«Si l'asymétrie c'est bon dans la fédération canadienne, ça doit être bon aussi pour le Québec et la FQM », a-t-il dit, en faisant allusion à l'entente fédérale-provinciale sur la santé, signée à la mi-septembre, qui comporte une « clause Québec » lui permettant de ne pas se soumettre aux conditions de reddition de comptes imposées aux autres provinces par Ottawa.Il a donc assuré son public qu'il n'était pas question de faire des réformes « mur à mur », mais bien d'octroyer « sur mesure » aux villes les pouvoirs qu'elles veulent exercer.Presse Canadienne JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Le gouvernement Martin croit pouvoir réduire les pressions financières auxquelles sont confrontées les provinces en créant des programmes comme un réseau national de garderies, ou en concluant un nouveau pacte fiscal avec les municipalités, des domaines qui relèvent des provinces.À un mois de la conférence des premiers ministres sur le partage équitable des revenus entre les deux ordres de gouvernement, le premier ministre Paul Martin estime qu'il est possible de s'attaquer à la pièce aux pressions financières des provinces.Après avoir accepté d'injecter 18 milliards d'argent frais dans la santé au cours des six prochaines années, et avoir dit oui à la demande des provinces de bonifier le programme de péréquation, les stratèges libéraux croient pouvoir régler toute la question des pressions financières dont se plaignent les provinces en se contentant de mettre en oeuvre leur programme électoral.Dans le cas du Québec, la promesse des libéraux d'investir cinq milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour créer un réseau national de garderies lui permettra d'empocher 1,250 milliard sans conditions durant cette période, puisqu'Ottawa veut implanter ailleurs le système de garderies québécois.Et l'engagement de verser une partie de la taxe fédérale sur l'essence ou son équivalent aux municipalités, un transfert qui devrait atteindre au moins deux milliards par année d'ici cinq ans, permettrait au Québec de toucher environ 500 millions de dollars annuellement pour financer des projets d'infrastructures coûteux.«Toutes ces initiatives représentent des retombées financières importantes pour le Québec.Cela va lui permettre de surmonter les pressions financières auxquelles il est confronté», a déclaré à La Presse un proche conseiller de Paul Martin.Cette position du gouvernement Martin risque de faire grincer des dents le premier ministre Jean Charest, qui, après avoir arraché une entente asymétrique pour le Québec à la conférence sur la santé le mois dernier, espère remporter autant de succès à celle portant sur le déséquilibre fiscal.M.Charest, qui a marqué quelques points dans les sondages à la suite de cette entente, souhaite pousser M.Martin dans ses derniers retranchements et le forcer à se montrer plus généreux encore envers les provinces pour régler une fois pour toutes la question du déséquilibre fiscal.Mais les choses se sont déjà compliquées pour le Québec avant même le début de cette rencontre au sommet.C'est que le front commun des provinces pour bonifier le programme de péréquation est en train d'éclater.En effet, les huit provinces qui profitent de ce programme, qui leur permet d'obtenir de l'argent d'Ottawa pour être en mesure de financer des programmes sociaux tout en ayant des taux de taxation comparables à la moyenne nationale, ne s'entendent pas sur la formule de partage.Le gouvernement Martin est prêt à bonifier ce programme de 12 milliards au cours des six prochaines années, une somme comprend une indexation de 3,5% par année.Les provinces les plus pauvres veulent que cette somme soit répartie en fonction de la richesse des provinces, ce qui favoriserait les quatre provinces de l'Atlantique et le Manitoba.Les trois autres provinces, soit le Québec, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan, tiennent à ce que la hausse des paiements de transfert soit répartie par habitant, comme l'avait d'ailleurs proposé le fédéral à la conférence sur la santé.Cela dit, les trois partis de l'opposition aux Communes, qui appuient unanimement les provinces dans leur bataille pour forcer Ottawa à reconnaître qu'il existe un déséquilibre fiscal, auront le premier ministre Paul Martin à l'oeil le 26 octobre.D'ailleurs, le Bloc québécois dénonce déjà le plan d'attaque du gouvernement Martin.Le critique bloquiste en matière de Finances, Yvan Loubier, a souligné à La Presse que les trois partis de l'opposition, détenant désormais la majorité à la Chambre, n'hésiteront pas à unir leurs efforts pour punir les libéraux s'ils refusent de délier davantage les cordons de la bourse en faveur des provinces qui peinent à joindre les deux bouts depuis deux ans, à l'exception de la richissime Alberta.«M.Martin dirige un gouvernement minoritaire.Il va falloir qu'il se réveille parce que ce n'est pas comme cela qu'on va durer bien longtemps dans ce Parlement.Il a promis pendant la campagne électorale de régler de façon durable (le déséquilibre fiscal).S'il veut régler cela pièce par pièce, cela ne marchera pas», a martelé Yvan Loubier.PHOTOCHRISWATTIE, REUTERS © Paul Martin prépare la table en vue de la conférence des premiers ministres du mois prochain.Affaires étrangères Liza Frulla rappelée à l'ordre poliment Le Canada doit parler d'une «seule voix», souligne Jean Lapierre JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Deux ministres influents du gouvernement Martin rejettent l'idée que le Québec puisse parler au nom du Canada sur la scène internationale dans les forums abordant des questions reliées à la diversité culturelle, comme l'avait laissé entendre la semaine dernière la ministre du Patrimoine, Liza Frulla.Le ministre des Transports, Jean Lapierre, et sa collègue des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, ont donc remis les pendules à l'heure sur la délicate question du rôle du Québec sur la scène internationale après les remous causés au sein du Parti libéral par les propos de Mme Frulla.« Le Québec peut parler en son nom sur la scène internationale dans les forums où il est question de culture.Mais pas au nom du Canada.Cela ne fait pas partie de la Constitution canadienne et tous les précédents sont à l'effet qu'en matière d'affaires étrangères, le Canada parle d'une seule voix », a déclaré hier Jean Lapierre, le lieutenant politique de Paul Martin au Québec.La ministre Robillard s'est montrée tout aussi ferme en affirmant « qu'aucune province ne remplacera la voix du Canada à l'étranger », voulant ainsi tuer dans l'oeuf la controverse provoquée par les propos de Mme Frulla.En visite officielle à Paris, la semaine dernière, Mme Frulla avait salué la nouvelle ère de collaboration entre Ottawa et les provinces à la suite de la signature de l'entente particulière obtenue par le Québec sur la santé.Elle avait soutenu que ce fédéralisme asymétrique pratiqué par le gouvernement Martin pourrait aller jusqu'à permettre au gouvernement du Québec de parler au nom du Canada à l'occasion de rencontres internationales portant sur la diversité culturelle comme celles de l'UNESCO.Cela dit, Mme Robillard a tout de même rappelé hier que M.Martin a demandé en janvier au ministre des Affaires intergouvernementales de discuter avec les provinces de façons de mieux collaborer sur la scène internationale.Mais elle a indiqué qu'il n'y avait pas de négociations en cours encore à ce sujet.En fin de semaine dernière, son homologue du Québec, Benoît Pelletier, disait avoir reçu du premier ministre Jean Charest le mandat de négocier un accord bilatéral spécial avec Ottawa afin que le Québec puisse avoir un siège à l'UNESCO (l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) et parler en son nom propre.Avec la collaboration de la Presse Canadienne Àl'image de la CSN et de certaines organisations populaires La CSQne participera pas au forumnational GILLES NORMAND QUÉBEC \u2014 Il semble que, tout comme la CSN, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ne participera pas au forum national du gouvernement Charest, les 12, 13 et 14 octobre, à Saint-Augustin-de- Desmaures, près de Québec.En effet, le bureau de direction de la centrale a adopté à l'unanimité une recommandation voulant qu'elle ne participe pas à l'exercice.Les délégués, réunis en conseil général en banlieue de la capitale, se prononceront aujourd'hui sur cette proposition.« Nous sommes extrêmement mal à l'aise avec plusieurs aspects de cette opération de relations publiques et c'est pour cette raison que nous avons pris la décision de recommander de ne pas y participer », a expliqué le président de la CSQ, Réjean Parent.Selon la direction, la structure des débats projetés et l'absence d'une fraction importante de la société civile ne permettent pas un véritable échange sur les enjeux de la société québécoise.Mercredi, devant les présidents des conférences des élus (CRE), le premier ministre Jean Charest a proposé un projet de décentralisation des pouvoirs vers les régions en quatre volets.Le bureau de direction de la CSQ a dénoncé hier les prises de position du premier ministre devant les élus régionaux (CRE).« Ce que nous anticipions est arrivé, à savoir que le gouvernement tente d'attacher à la hâte des projets pour bien paraître au forum.Avec la rencontre des représentants des CRE, c'est ce qui arrive.Des décisions sont prises, des projets sont annoncées.Dans un tel contexte, à quoi sert le forum national ?» s'interroge Réjean Parent.Selon la direction de la CSQ, les forums régionaux qui ont précédé, sous le thème Place aux citoyens, ont été « l'illustration de la manière dont le gouvernement concevait la démocratie participative: ce sont des personnes choisies au hasard qui ont été invitées à discuter des enjeux présentés par le gouvernement, et c'est la même procédure qui prévaut dans le cadre du forum national ».La centrale précise qu'elle prendra part au forum parallèle Pour un Québec solidaire, du Réseau de vigilance, qui se tiendra les 6 et 7 octobre et qui proposera sa vision de la société québécoise.La CSN a aussi annoncé qu'elle ne voulait pas participer au forum du gouvernement Charest et il en est de même de certains organismes communautaires, dont le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). VINCENT MARISSAL Combien vaut undéputé?Vous voulez mesurer l'estime que portent les contribuables à leurs députés ?Facile, il existe une jauge hypersensible qui ne trompe jamais : leur salaire.Si Paul Martin voulait vérifier l'humeur de l'électorat canadien avant le début de la session (ce lundi), il a été servi.La rumeur selon laquelle les députés fédéraux pourraient se voir accorder (en fait, s'accorder eux-mêmes) une augmentation de salaire de 10% a rapidement dégénéré cette semaine en un déluge de critiques avant même de devenir une proposition en bonne et due forme.« Dix pour cent ! C'est de la folie ! », a immédiatement dénoncé la Canadian Tax Payers Federation, le très agressif chien de garde des deniers publics.Le syndicat canadien de la fonction publique, déjà sur le pied de guerre parce qu'Ottawa n'offre que 2,5 % à ses employés, en a rajouté en parlant d'une insulte aux Canadiens.Les bulletins d'information, les vox-pop des gens « ordinaires » dans les rues des grandes villes canadiennes et les lettres de lecteurs ont tous repris le même refrain : « 10 %, non mais, ça va pas.C'est scandaleux ! » Paul Martin a vite compris l'impopularité du sujet et a, comme prévu, rejeté hier la recommandation du comité chargé de revoir les émoluments des députés.Cela ne règle toutefois pas le problème fondamental : comment juger du salaire des élus fédéraux (et éventuellement leur accorder des augmentations) sans provoquer chaque fois une tempête ?On pourrait commencer, comme le suggère Stephen Harper, par la mise sur pied d'une commission indépendante, qui se baserait, entre autres indicateurs, sur le coût de la vie et sur la moyenne des augmentations au pays.On pourrait aussi annoncer les hausses de salaire avant les élections, pas après.Contrairement aux dernières hausses, aucun député ne s'est levé cette fois pour défendre cette augmentation, en prétextant, notamment, un urgent besoin de rattrapage avec le secteur privé.L'argument a longtemps servi : on ne peut attirer des « gens de qualité », notamment des gens d'affaires dans l'arène politique, en leur offrant des salaires ridiculement plus bas que ce qu'ils pourraient obtenir dans le secteur privé.Autre argument : il est anormal que les hauts fonctionnaires et les hauts gestionnaires des sociétés d'État fassent parfois jusqu'à deux fois le salaire moyen d'un député.Ces arguments se sont étiolés depuis quelques années en raison des augmentations successives du salaire et des autres avantages des députés fédéraux, ce qui rend, en effet, une hausse de 10%tout à fait inacceptable.Les odeurs de scandales et les milliards perdus au cours du long règne libéral ont aussi beaucoup irrité l'épiderme des électeurs ces derniers temps.Le moment est donc mal choisi de leur demander une telle faveur.Jean Chrétien, qui savait mieux que quiconque désamorcer les mines politiques sur son chemin, avait l'habitude de badiner quand il était question de son salaire de premier ministre.« Le pire des joueurs de la Ligue nationale de hockey gagne plus que moi », avait-il dit en 1998, au moment où il avait dû, avec ses collègues députés, faire une croix sur une augmentation pourtant bien « méritée », selon eux.C'est vrai que le salaire du premier ministre, comparé à celui d'un joueur de hockey, semble bien misérable (d'autant plus que les deux savent patiner), mais ce n'est toutefois pas la dèche.Quand Jean Chrétien est devenu premier ministre, en 1993, son salaire était de 164 000 $ par année (incluant 30 000 $ en indemnités non imposables).Quand il a quitté ses fonctions, 10 ans plus tard, il gagnait autour de 280 000 $, soit une augmentation de 70% en une décennie.C'est mieux que la grande majorité de ses concitoyens, en chiffres absolus et en pourcentage d'augmentation.Les « simples» députés ont eux aussi vu leur paye augmenter à bon rythme ces dernières années.Ils gagnent aujourd'hui 141 000 $, soit 10 000 $ de plus qu'en 2001.Si les députés obtenaient les 10% d'augmentation, leur salaire grimperait à 155 000 $, soit une hausse de 18% en trois ans.En empochant 10% de plus, le premier ministre Martin gagnerait 310 000 $, soit près du double de ce qu'un premier ministre touchait il y a 10 ans.C'est beaucoup.Beaucoup trop quand on pense que 98 % des Canadiens touchent moins qu'eux par année.Les élus vous diront qu'ils n'ont pas de sécurité d'emploi, qu'ils mettent leur poste en jeu tous les quatre ans, qu'ils n'ont pas droit à l'assurance emploi (ils n'y cotisent pas).Ils vous parleront aussi de l'ingratitude de la vie publique et des longues heures passées au Parlement, au bureau de circonscription ou dans un avion entre les deux.Tout cela est vrai (enfin, pour la plupart, les députés travaillent fort, en effet), mais ils oublient de mentionner qu'ils bénéficient d'un généreux régime de pension en plus d'une indemnité de départ (versée une seule fois au moment du départ aux députés de moins de 55 ans) s'ils sont battus ou s'ils démissionnent.En gros, un député commence à accumuler une pension après six ans de mandat (et deux élections), pension qui augmente avec le nombre d'années de service jusqu'à 75% des cinq meilleures années (qu'il touche à partir de 55 ans).Quelques exemples sonnants et trébuchants: Sheila Copps (qui a siégé 20 ans) est partie avec une indemnité de 70 500 $ et une pension de 119 869 $ par année.Son collègue John Manley (16 ans député) : 70 500$ d'indemnité et une pension de 105 868 $.Martin Cauchon, jeune ex-ministre dans la quarantaine (10 ans aux Communes) sait déjà qu'une pension de 65 257 $ l'attend à 55 ans (plus encore s'il se fait réélire).En attendant, il est parti en juin avec un chèque de 70 500 $.Quant à Jean Chrétien (près de 40 ans député), il n'a pas eu d'indemnité parce qu'il a plus de 55 ans, mais sa pension atteint un montant record de 154 179 $.En plus du fric, les députés, surtout les ministres et les chefs de parti, jouissent de quelques avantages difficiles à chiffrer, mais néanmoins fort agréables : voyages (en première le plus clair du temps), séjour dans les meilleurs hôtels du monde, accueil VIP, repas et réceptions sur-le-bras, bref, vous ne voyez pas souvent un député fouiller dans sa poche quand il représente le Canada à l'étranger.Quant au premier ministre, il pourrait perdre son portefeuille qu'il ne s'en rendrait probablement jamais compte.Pour ce qui est de l'absence de sécurité d'emploi, il suffit de voir à quelle vitesse se replacent les députés battus à chaque élection pour constater que leur carrière publique leur procure des contacts inaccessibles au commun des mortels (sans oublier, bien sûr, les nominations partisanes dans les ambassades, au Sénat, etc.).Conclusion : personne ne versera de larmes sur le sort des députés et même un mécanisme neutre de révision de leur salaire ne les mettra pas à l'abri des critiques.Ça vient avec le job, mais à 141 000 $ par année (de base), on peut supporter quelques sarcasmes.COURRIEL Pour joindre Vincent Marissal vincent.marissal@lapresse.ca C'est vrai que le salairedupremier ministre, comparéàcelui d'un joueur de hockey, semble bienmisérable (d'autant plus que les deux savent patiner), mais cen'est toutefois pas ladèche.Le mandat d'Adrienne Clarkson est prolongé d'un an QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO, LAVAL CARREFOUR LAVAL, SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE C'est le tweed redessiné dans un esprit moderne avec son motif texturé en vagues horizontales.C'est un manteau aux lignes toutes simples, irrésistiblement rehaussé par un col à larges pointes mousquetaires et trois gros boutons.Noir et blanc, rose et blanc ou sable et blanc.4 à 14.Bibi 32.00 le manteau tweed bohème 199.95 3258425A JIM BROWN PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 En demeurant une année de plus au poste de gouverneure générale, Adrienne Clarkson sort d'une situation délicate le premier ministre Paul Martin et son gouvernement minoritaire.« Nul doute qu'elle a une vaste expérience, qui est précieuse quand nous avons un gouvernement minoritaire », a confié M.Martin hier, en marge d'une réunion du cabinet.La décision survient à quelques jours d'une session qui s'annonce mouvementée, vu la position précaire du gouvernement libéral.Pour sa part le chef de l'opposition, Stephen Harper, accepte que Mme Clarkson \u2014bientôt depuis cinq ans chef de l'État et représentante au Canada de la couronne d'Angleterre\u2014 reste à son poste.« Je ne serais pas rassuré si le premier ministre devait, dans ces circonstances, nommer un nouveau gouverneur général », a dit le chef conservateur.Ce serait problématique qu'il soit nommé par quelqu'un (M.Martin) faisant face à des situations difficiles au Parlement.» Ainsi advenant que les libéraux soient mis en minorité aux Communes, à l'occasion d'un vote de confiance, la décision appartiendrait à Mme Clarkson de tenir de nouvelles élections ou bien de donner à M.Harper l'occasion de former à son tour un gouvernement.Le premier test aura lieu la semaine prochaine, quand Adrienne Clarkson prononcera le discours du Trône, cet exercice traditionnel où un gouvernement énumère le menu législatif de la session.Or, Stephen Harper a déjà prévenu que les conservateurs se sentiront libres de voter contre si le discours ne les satisfait pas.Et si les libéraux devaient perdre un vote, croit M.Harper, la gouverneure générale devrait consulter les chefs des autres partis avant d'envisager un scrutin.Un mandat de chef de l'État fédéral n'a pas de durée fixe, mais, depuis longtemps, il est d'environ cinq ans avec parfois une année de plus.La déclaration du bureau du premier ministre dit seulement que ce dernier a demandé à Mme Clarkson de rester jusqu'en septembre 2005 et qu'elle avait accepté.Selon un porteparole de M.Martin, il n'y a pas eu à ce sujet de consultation de M.Harper ou tout autre chef de parti.EN BREF Fonctionnaires fédéraux : menaces de grève Mercredi, le Bureau de conciliation a conclu que le Conseil du Trésor et l'Alliance de la fonction publique du Canada ne sont pas tellement loin d'une entente, et surtout que le gouvernement fédéral a les moyens de payer davantage ses employés.La présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Nycole Turmel, y a vu une invitation claire à retourner à la table de négociations afin de régler les questions en litige.Mais avec en main un vote de grève, les membres de l'AFPC pourraient ainsi déclencher une grève légale dès le 6 octobre.À la sortie de la réunion du cabinet hier midi, le président du Conseil du Trésor, Reg Alcock a été plutôt avare de commentaires au sujet de ce rapport du Bureau de conciliation, et il n'a pas voulu dire quand il allait donner le signal pour un retour à la table de négociations.Il préfère plutôt s'en remettre aux négociateurs pour décider d'un tel retour à la table.« Nous sommes prêts à retourner à la table, mais je vais suivre les conseils que me donneront les professionnels qui sont à la table », a dit Reg Alcock.Le Droit .Salaire de base Indemnité non imposable Revenu total Fédéral \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 C.-B.ALB.SASK.MANIT.ONT.QUÉBEC Î.-P.-É.LES SALAIRES DENOS ÉLUS QUI GAGNE COMBIEN?Paul Martin, premier ministre : 282 000 $ (plus tous les avantages du 24, Sussex\u2026) Stephen Harper, chef de l'opposition officielle : 208600 $ (plus la résidence officielle de Stornoway) Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois : 189 200 $ Jack Layton, chef du NPD : 189 200 $ Jean Lapierre, ministre des Transports (et tous les autres ministres): 208600 $ Peter Miliken, président de la Chambre des communes : 208600 $ (plus 3000 $ d'allocation de logement, plus une magnifique maison de campagne en Outaouais) Claudette Bradshaw (et tous les autres secrétaires d'État : 191 700 $ Claude Drouin (et tous les autres secrétaires parlementaires) : 155 300 $ Sénateurs : 165 600 $ (plus 3000 $ d'allocation de logement) SUITESDE LA UNE POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca Le virus du Nil moins actif cet été « Une colossale erreur de jugement » ERREUR suite de la page A1 « Envahir l'Irak après le 11 septembre, c'est comme si Franklin Roosevelt avait envahi le Mexique après Pearl Harbor », a lancé le démocrate, citant l'ancien tsar antiterroriste de la maison blanche, Richard Clarke.Il a aussi reproché au président d'avoir eu recours à des mercenaires afghans plutôt qu'aux troupes Américaines pour capturer ben Laden.Du même souffle, il a ajouté que de nombreux militaires importants lui ont accordé leur appui.« Ils croient tous que je ferais un commandant en chef plus fort.Et ils le croient car ils savent que je ne détournerais pas les yeux du but : Oussama ben Laden », a-t-il dit.Bush a répliqué en utilisant à plusieurs reprises sa tactique préférée : affirmer que son rival modifie constamment ses positions.Il a rappelé que Kerry, en tant que sénateur au Congrès américain, a affirmé que Saddam Hussein était « une menace sérieuse » et a donné son appui à la guerre.« Ce que mon adversaire veut que vous oubliiez, c'est qu'il a voté pour autoriser la force et qu'il dit maintenant que c'est la mauvaise guerre au mauvais moment et au mauvais endroit.Quel message est-ce que cela envoie à nos troupes ?Quel message est-ce que cela envoie à nos alliés ?Quel message est-ce que cela envoie aux Irakiens ?» a déclaré le président.Plus tard au cours du débat de 90 minutes qui se déroulait en banlieue de Miami, Bush a dit que ce type de message n'est pas celui d'un commandant en chef.Le président a parallèlement affirmé que «le monde est plus sûr sans Saddam Hussein ».Il a cité l'avènement prochain d'élections en Afghanistan et en Irak pour faire la preuve de son succès.Un Irak libre, a-t-il dit, « fera de ce monde un endroit plus sûr ».Au sujet de ben Laden, le candidat républicain a affirmé que depuis les attaques du 11 septembre 2001, il a lutté contre son organisation terroriste «partout où Al-Qaeda tente de se cacher » et que 75% des leaders connus de ce groupe ont été capturés.Mais en tentant de montrer qu'il était sérieux face à cet ennemi, il a commis un lapsus que certains jugeront peut-être révélateur : « Bien sûr nous pourchassons Saddam Huss.Je veux dire ben Laden », a-t-il échappé.Kerry n'a laissé aucun répit à Bush.Parmi ses attaques les plus féroces, il a insinué que le président a menti lorsqu'il a promis que les États-Unis n'entreraient en guerre qu'en dernier recours.« Ces mots signifient quelque chose pour moi, qui est allé au combat.Dernier recours.Vous devez être capables de regarder les familles (des soldats) dans les yeux et de dire à ces parents : J'ai tenté de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour prévenir la perte de votre fils ou fille », a-t-il dit.L'événement d'hier, qui donnera vraisemblablement le ton aux prochains jours de la campagne, était crucial pour John Kerry.Depuis le début du mois de septembre, le candidat démocrate est supplanté par son rival dans les sondages.Il perd même du terrain dans certains États où on jugeait qu'il triompherait aisément.Le débat, qui a été ponctué par des manifestations sur le campus de l'Université de Miami où il avait lieu, était crucial parce que des dizaines de millions d'Américains avaient hier soir les yeux rivés sur leur télévision.En l'an 2000, près de 50 millions de personnes avaient regardé le débat entre Bush et Gore.On prévoit cette année que le nombre de téléspectateurs sera encore plus important.Le tout avait été encadré de façon rigoureuse.Un accord de 32 pages avait été signé par les deux parties après de longues négociations.Il était par exemple interdit aux candidats de parler pendant plus de deux minutes pour répondre à une question.Le droit de réplique initial était limité à une minute et demie par candidat.Ni Bush ni Kerry ne pouvaient se poser de questions.Il leur était aussi interdit de quitter leur pupitre.Parallèlement, l'accord avait prévu que des voyants s'allumeraient chaque fois qu'un candidat approcherait de la fin de son temps de parole.Or, quelques heures avant l'événement, la présence de ces lumières sur les pupitres des candidats a soulevé la controverse.Les organisateurs de Kerry ont déchanté lorsqu'ils ont vu à quel point les voyants verts, jaunes et rouges étaient très.voyants.Un porte-parole du candidat démocrate, Joe Lockhart, a reproché aux républicains de vouloir un débat qui s'apparente à un « jeu télévisé ».Le directeur du Comité national républicain, Ed Gillespie, a répliqué en qualifiant une fois de plus Kerry de girouette.Dans un bref communiqué distribué aux journalistes environ une heure avant le début du débat, il raillait que « seul John Kerry peut être en faveur des voyants lumineux avant d'être contre les voyants lumineux ».Plus tôt dans la journée, comme il l'avait fait à la suite des attaques du 11 septembre, le président a joué le rôle du « consolateur en chef ».Il s'est déplacé dans les régions dévastées par les ouragans pour réconforter les Floridiens éprouvés.À Stuart, localité située à quelque 160 kilomètres au Nord de Miami, les médias ont par exemple pu voir Bush serrer dans ses bras une femme qui avait les larmes aux yeux.Il était accompagné par son frère, Jeb, gouverneur de l'État.PRESSE CANADIENNE QUÉBEC \u2014 Les autorités de la santé publique ont constaté un net ralentissement de l'activité du Virus du Nil au cours des derniers mois.C'est ce qui les pousse à mettre fin à la saison de surveillance dès demain, un mois plus tôt que l'an dernier.On a signalé 2300 carcasses d'oiseaux au cours des derniers mois contre 7000 l'an dernier.Un peu plus d'une centaine d'oiseaux infectés ont été retrouvés, soit huit fois moins qu'en 2003.Aucun cas d'infection humaine n'a été signalé jusqu'à maintenant.Précision Air Canada Une erreur s'est glissée dans le reportage publié hier sur Air Canada et la fin de sa restructuration de faillite, en page une du cahier La Presse Affaires.La firme où travaille l'analyste Jacques Kavafian est Research Capital et non First Associates Investments, tel que mentionné.Nos excuses.Au moins 37 enfants tués dans trois attentats ENFANTS suite de la page A1 Affalés sur la route, recroquevillés dans des positions foetales, les corps ensanglantés et criblés de fragments métalliques gisaient par dizaines.Sur place, des Irakiens témoins et victimes de la tragédie s'attelaient à ramasser les morceaux de chair étalés sur le sol brûlant.La terreur était visible sur tous les visages tuméfiés et parfois brûlés par les éclats de tôle.« Je me rendais à mon travail lorsque j'ai été projeté contre un mur.Je suis resté inconscient pendant plusieurs minutes.J'ai senti mon corps se disloquer et éclater en morceaux.C'était épouvantable », sanglote, Chakir, qui a eu un bras à moitié déchiré.Sur place, les scènes d'horreur se confondent alors que des ambulances affluent sur le théâtre des violences.Les cris se perdent dans le va-et-vient des véhicules militaires et civiles.Les gens courent comme des pantins désarticulés à la recherche d'un ou de plusieurs de leurs proches souvent terrassés par les explosions.À proximité d'une voiture en feu, une femme s'empoigne les cheveux comme pour se prouver qu'elle est encore vivante.Elle ne le sait pas encore, mais le petit corps frêle de son fils gît à une vingtaine de mètres d'elle, sans vie au milieu de chaussures, papiers, portefeuilles éparpillés.Alors que policiers irakiens et militaires américains tentent de porter secours aux victimes, des Irakiens hurlent leur haine et désespoir.«À quand la fin de la violence, à quand la fin de l'occupation ?se révolte l'un d'entre eux dont le teeshirt est maculé de sang.Nous n'en pouvons plus de tous ces massacres.Le peuple irakien se meurt dans l'indifférence la plus totale de la communauté internationale.Je vous en supplie, dites au monde que nous voulons vivre et voir nos enfants grandir dans la paix », suffoque une femme vêtue d'une longue tunique noire.Derrière elle, un trou béant sur la chaussée trahit la violence du choc.Selon des témoins, ces explosions minutieusement coordonnées et qui, hier soir encore, n'étaient toujours pas revendiquées, auraient visé le passage d'un convoi de blindés.Le colonel américain James Hutton, a pour sa part annoncé que 10 soldats auraient été blessés dans le premier attentat.Au travers de ces attaques ciblées, c'est une fois de plus la société civile qui est touchée au coeur de sa capitale.En proie à une véritable folie meurtrière, l'Irak pourrait bien voir le nombre de ses victimes s'alourdir à mesure que le pays s'achemine vers les élections générales de janvier prochain.PHOTO CEERWAN AZIZ, REUTERS Un homme en pleurs transporte son fils, probablement mort, vers l'hôpital Yarmouk, peu de temps après l'attentat terroriste qui a tué au moins 37 enfants, hier à Bagdad.Voyagez en Amérique du Nord: valable sur les tarifs et vols admissibles assurés par Air Canada, Jazz Air inc.(faisant affaire sous le nom d'Air Canada JazzMC), United et United Express, et les vols à quatre chiffres d'Air Canada assurés par Air Georgian Limited (faisant affaire sous le nom d'Air AllianceMD), Central Mountain Air et Air Labrador.Le double des milles Aéroplan: valable pour chaque aller-retour ou pour deux segments en service Super Affaires (classe de réservation J) sur la plupart des vols internationaux d'Air Canada, ou en classe Affaires (classe de réservation C) sur les vols de Lufthansa ou de LOT Polish Airlines entre le Canada et l'Europe.D'autres conditions sont également en vigueur.Visitez aeroplan.com pour obtenir tous les détails.MDAéroplan et Air Alliance sont des marques déposées d'Air Canada.MC Super Affaires et Air Canada Jazz sont des marques de commerce d'Air Canada.Envolez-vous en toute liberté avec les primes-voyages Obtenez encore plus de milles Aéroplan cet automne La promotion Des milles à voyager d'Air Canada vous offre deux façons avantageuses d'accumuler des milles-bonis AéroplanMD! Voyagez entre le 13 septembre et le 15 décembre 2004 et recevez jusqu'à 75% plus de milles Aéroplan lorsque vous voyagez en Amérique du Nord, et le double des milles Aéroplan lorsque vous voyagez en service Super AffairesMC sur la plupart des vols internationaux.Pour profiter de cette offre exceptionnelle, inscrivez-vous jusqu'au 15 décembre 2004 et voyagez pour recevoir des milles-bonis Aéroplan échangeables contre des primes-voyages.Inscrivez-vous maintenant sur aircanada.com ou composez le 1 800 342-8026.Réservez votre vol ou obtenez plus d'information sur aircanada.com 3254957A ACTUALITÉS Drame dans une résidence de Lorraine Le père, la mère et leur fille adolescente retrouvés morts MARCEL LAROCHE ET SARA CHAMPAGNE Un incident qui a toutes les apparences d'un drame familial a fait trois victimes, soit le père, la mère et leur fille adolescente.Les corps ont été découverts vers 10 h 30, hier matin, au sous-sol de leur résidence du 25, boulevard de Reims, à Lorraine, au nord de Montréal.Inquiet de l'absence inhabituelle de l'homme qui n'était pas rentré au travail hier matin, son employeur, qui était apparemment une compagnie d'assurances, a jugé bon d'alerter la Régie de police de Thérèse-de-Blainville.Des agents de cette nouvelle régie de police, couvrant la municipalité de Lorraine, se sont présentés au domicile du boulevard de Reims pour se heurter à des portes verrouillées.Après avoir pénétré dans la résidence, les policiers ont découvert les corps des trois occupants : un homme de 48 ans, sa conjointe de 54 ans ainsi que leur fille âgée de 17 ans.Ils ont aussi trouvé une arme de poing sur le sol, à proximité des victimes.Selon les premières constatations, les trois membres de cette famille étaient morts depuis un certain temps.Ils seraient natifs des États-Unis et habitaient cet endroit depuis cinq ans.Les enquêteurs de la Régie de police de Thérèse-de-Blainville, assistés par des enquêteurs des crimes contre la personne de la SQ de Montréal, ont passé la majorité de la journée d'hier à l'intérieur de cette résidence située dans un secteur aisé de Lorraine.Dans le voisinage de ce quartier cossu et paisible, c'était la consternation pour plusieurs, hier en fin d'après-midi, qui constataient l'ampleur du drame.De l'avis de plusieurs personnes interrogées par La Presse, le couple avait l'habitude de se chamailler.La police a confirmé qu'elle a dû intervenir à quelques reprises au cours de la dernière année pour mettre un frein à des querelles intempestives.« Les chicanes étaient quotidiennes.C'est surtout la femme que nous entendions hurler.Toujours des injures, puis des cris, des larmes, des éclats de verre et des portes qui claquent », a confié une voisine immédiate qui a préféré taire son identité.Une autre voisine, Marie-Thérèse Bertrand, affirme que cette famille ne recevait jamais de proches ou d'amis à la maison.« L'homme disait bonjour de façon courtoise, mais c'est tout.Hier, j'ai croisé la femme et elle avait l'air bouleversée, elle avait une démarche bizarre, ce n'était pas normal », a-t-elle ajouté.Yasmine ira enfin au cégep en janvier Le ministre de l'Éducation accorde une dérogation à l'Algérienne non résidente CAROLINE TOUZIN La jeune Algérienne Yasmine Behlouli, 20 ans, pourra finalement entrer au cégep, même si elle n'a toujours pas reçu son statut de résidente permanente, et ce, après deux ans d'attente.Le ministre de l'Éducation a décidé de lui accorder une dérogation à la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel pour motif humanitaire.En effet, la loi permet seulement à quelqu'un qui est citoyen canadien ou résident permanent d'étudier au cégep « gratuitement ».Sans la dérogation, Mme Behlouli aurait dû payer les droits de scolarité d'une étudiante étrangère, qui varient de 3931 $ à 6093 $ par semestre selon le programme d'études.Le ministre Pierre Reid a toutefois émis une condition : Yasmine Behlouli doit d'abord se procurer un permis d'étudiant auprès du ministère de l'Immigration.Elle devra payer 125 $ et attendre 45 jours avant de le recevoir.« Ça veut dire que je vais pouvoir aller au cégep en janvier ! Je vais remplir le formulaire aujourd'hui », a-t-elle dit lorsque La Presse lui a annoncé la nouvelle hier.Le cabinet du ministre de l'Éducation l'avait déjà jointe après que La Presse eut raconté son histoire le 2 septembre, mais elle n'avait pas compris qu'un permis d'étudiant lui permettrait d'entrer « gratuitement au cégep ».Normalement, un tel permis est nécessaire aux étudiants étrangers qui paient les droits de scolarité associés à leur statut.Confuse, Mme Behlouli s'est même rendue au bureau du ministre de l'Éducation à Montréal, hier, avec une dizaine d'élèves du cégep venus l'appuyer, pour dire à M.Reid à quel point elle en avait assez d'attendre.Les parents de la jeune adulte ont fait une demande de résidence permanente pour motif humanitaire en 2002 dans le cadre de l'entente Canada-Québec sur les sans-papiers algériens.Les cinq membres de la famille ont obtenu en mars 2003 leur certificat de sélection du Québec, mais attendent toujours leur statut de résident permanent du Canada.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Yasmine Behlouli s'est fait refuser l'accès au bureau du ministre de l'Éducation à Montréal, hier matin, juste avant d'apprendre que le ministre lui accordait une dérogation à la loi pour motif humanitaire.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.22000044-0099-2299 Tirage du 44 111199 110000, ,0000 $$ 229944 222211, ,3300 $$ 11 991133, ,8800 $$ 6655, ,7700 $$ 1100, ,0000 $$ 55, ,0000 $$ 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 2/6+ CCoommpplléémmeennttaaiirree :: ((2266)) GAGNANTS LOTS 14 638 390 $ 44 $$ Ventes totales : Prochain gros lot (appr.) : 22000044-0099-2299 Tirage du 22000044-0099-3300 Tirage du 11 , ,0000 $$ 5500 , ,0000 $$ 550000, ,0000 $$ 5500, ,0000 $$ 55, ,0000 $$ 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 CCoommpplléémmeennttaaiirree :: ((1122)) 1155 5599 6688 7700 CCoommppll.((1166)) GAGNANTS LOTS Ventes totales : 488 961,50 $ 22000044-0099-3300 Tirage du Tirage du Tirage du Tirage du 22000044-0099-3300 22000044-0099-2299 22000044-0099-3300 3 889988 4 33112222 NNUUMMÉÉRROO 889944881144 NNUUMMÉÉRROO 660044557766 DES GROS LOTS PLUS GROS, PLUS SOUVENT 5A ;/ 48>;< ./ 9/; ?/7=/ ?/7.;/.3#
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