La presse, 2 juillet 2004, X. Arts et Spectacles: Cahier jazz
[" ARTS SPECTACLES > Voir CLEGG en 2 De jour, Johnny Clegg est un homme de 51 ans, marié depuis 22 ans à la même femme, père de deux fils de 9 et 16ans.Anthropologue de formation et intellectuel de gauche à ses heures, il vit en ville à Johannesburg et ne vivrait pas ailleurs.De nuit, Johnny Clegg est un Zoulou et un fou dansant à qui lamusique donne des ailes en l'entraînant dans des tourbillons diaboliques et des sarabandes survoltées, comme l'ont constaté des dizaines de milliers de festivaliers mercredi soir.a nuit, Johnny Clegg sort de sa peau.Le jour il y rentre sagement comme le chien rentre dans sa niche.Où est le lien?«Il n'y en a pas, je suis schizophrène», lance Jonathan Clegg avec autodérision sur la chaise droite du bureau vide où nous nous sommes réfugiés.Dans exactement six heures, le même homme va bondir sur scène et allumer des milliers de Montréalais venus célébrer avec lui les 10 ans de la fin de l'apartheid, rue Sainte-Catherine.Mais pour l'instant, en ce mercredi après-midi, l'homme donne l'impression qu'il ne pourrait même pas allumer une allumette tant il semble mal en point.Arrivé par le vol de nuit de Vancouver, il n'a pas dormi depuis deux jours et combat une vilaine intoxication alimentaire.Cela ne l'empêche pas de parler.Que non! Cet homme est un moulin à paroles et une machine à idées.C'est surtout un homme brillant, cultivé et d'une extrême dis-ponibilité, qui se livre avec franchise et sans affectation aucune.Chez les gens connus, c'est rare, pour ne pas dire du jamais vu.«Je ne suis pas venu au monde en dansant dans un champ de coton, vous savez.J'ai été à l'école, j'ai étudié l'anthropologie.Et de 1978 à 1982, j'ai enseigné l'anthropologie à l'Université de Johannesbourg.Suis-je un intellectuel?Oui, je suppose.Ma mère était chanteuse de jazz.Mon beau-père, journaliste, m'amenait avec lui en reportage dans les ghettos.C'est à lui que je dois une partie de ma conscience sociale.» NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca JOHNNY CLEGG UN ZOULOU LA NUIT PAOLO FRESU ASSIMILER LA TRADITION.PUIS L'OUBLIER PAGE 7 PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © JAZZ PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Dix ans après la fin de l'apartheid, Clegg reconnaît que sa vie a changé, qu'il n'est plus le jeune homme en colère qu'il était.Un Zoulou la nuit CLEGG suite de la page 1 On connaît la suite.À 17 ans, Clegg, qui a déjà multiplié les fugues dans les ghettos pour y apprendre le chant et la danse, fait la rencontre d'un musicien et ouvrier zoulou, Sipho Mchunu, qui a exactement le même âge que lui.Parce qu'ils sont jeunes, fous et déterminés à braver les interdits de l'apartheid, ils forment Juluka (sueur), le premier groupe multiracial de l'Afrique du Sud que la police ne cessera de harceler et de bannir.«À l'époque de Juluka, notre combat était avant tout culturel.On voulait exprimer nos racines et dénoncer le racisme.En 1986, lorsque Sipho, qui est polygame, s'est retiré sur une ferme pour y vivre avec ses 29 enfants et ses cinq femmes, j'ai fondé Savuka, un groupe beaucoup plus politique.» Aujourd'hui, pourtant, Johnny Clegg a complètement délaissé le combat politique et ne professe aucune critique contre le président Thabo Mbeki même si ce dernier n'est pas aussi à gauche qu'il l'aurait souhaité.« Moi, je me suis d'abord et avant tout battu contre l'apartheid.Mais aujourd'hui c'est une tout autre bataille qui se joue : celle entre autres du développement.Et puis des mécanismes politiques ont été mis en place, de sorte que je n'ai plus besoin d'écrire une chanson chaque fois qu'il y a une injustice.Quant à me lancer en politique comme certains me le suggèrent, je n'ai pas la patience ni la discipline pour suivre une ligne de parti et défendre une idée à laquelle je ne crois pas.» L'éclipse Dix ans après la fin de l'apartheid, Clegg reconnaît que sa vie a changé, qu'il a dû se réadapter comme beaucoup de gens de sa génération.D'abord musicalement en raison de la montée d'une nouvelle cohorte de hip hoppers hybrides qui l'ont forcé à revoir sa façon de faire de la musique.À partir de 1993, il s'est plus ou moins éclipsé de la scène internationale.Pourquoi ?« Mon mariage battait de l'aile.J'étais en tournée neuf mois par année.Je ne voyais pas mes fils grandir, ma femme en avait marre, alors j'ai décidé de prendre un peu de recul et de ne tourner qu'en Europe et seulement trois mois par année.Puis j'ai réalisé un documentaire, tâté de la radio, fondé une compagnie de disques et les années ont passé.» Au fil du temps, Clegg s'est rendu compte qu'il n'était plus un jeune homme en colère, qu'il avait vieilli, que son tour de taille s'était épaissi mais que ce n'était pas la fin du monde ni la mort de sa créativité.« Quand on est jeune, impétueux et innocent, c'est normal de se définir en défiant l'autorité.Mais on ne peut pas carburer à la haine du père ou du gouvernement éternellement.Il faut passer à autre chose.» Dans cet inévitable virage entre la jeunesse et l'âge adulte, Clegg a continué de danser avec les ouvriers zoulous qu'il retrouve dans un club les fins de semaine.Mais pendant que son corps se libérait en dansant ou suait en s'entraînant au gym, son cerveau s'est découvert une passion purement anthropologique pour la biogénétique.« Dans 20 ans, affirme-t-il avec un mélange d'effroi et de fébrilité, nous serons entrés de plain-pied dans l'ère posthumaine.Nous ferons partie de la technologie que nous avons créée.Nous pourrons prolonger notre vie par des interventions, voir mieux grâce à des puces nichées dans nos yeux.Notre corps sera connecté à notre maison, notre auto, notre cellulaire.Ça commence déjà mais personne n'en parle sauf au cinéma.Ma grande peur, c'est que cette évolution inévitable et menée par le profit ne recrée un nouveau système de classes biogénétiques où les riches comme d'habitude s'en sortiront et les pauvres crèveront.» Clegg a écrit deux chansons sur le phénomène.Une pour et une contre.Une pour l'anthropologue de jour et l'autre, comme de raison, pour le Zoulou de nuit.AUTRE TEXTE La critique du spectacle de Johnny Clegg en page 8.« On ne peut pas carburer à la haine du père ou du gouvernement éternellement.Il faut passer à autre chose.» PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © L'équipe de danseurs et de musiciens qui accompagne Johnny Clegg est toujours aussi multiraciale.JAZZERIES PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Charles Mingus ILS SONT LAS\u2026 «Ils sont fatigués», a avancé Alain Simard, le président du FIJM, pour excuser l'absence de représentants du gouvernement fédéral, mercredi à l'ouverture.Tellement fatigués qu'ils n'ont pas encore enlevé toutes leurs pancartes.Qui, depuis lundi, nous montrent des visages de perdants dans plus de 75%des cas.Pas bon pour le grand Festival qui, on nous le répète assez, porte jusqu'aux confins du monde connu la réputation de gagnant de Montréal.Vrai que les partis ont encore 10 jours pour arracher tout ça.Après quoi le FIJM, se substituant aux cols bleus, pourra enlever lesdits panneaux et envoyer la facture aux différents partis, comme le prévoit la loi.Voilà une source de financement, originale mais non récurrente, pour le FIJM.Plus : La Presse, amante de musique et toujours aux premiers rangs du combat contre la pollution graphique, offre l'idée gratuitement\u2026 (Mais on boit de la Bleue quand elle est froide.) \u2014Daniel Lemay MATIÈRE À RÉFLEXION «J'essaie, par ma musique, de faire sortir ma vérité.C'est difficile\u2026 parce que je change tout le temps.» \u2014 CHARLES MINGUS (1922- 1979).Entre autres chefs d'oeuvre, le contrebassiste a écrit Epitaph, une pièce de 4000mesures d'une durée de deux heures.Comme disait un collègue des Sports, «Une chance que ça se danse pas»\u2026 OH ! LA BITCH ! «Ted Lewis pouvait faire parler sa clarinette.Et la clarinette disait : \"Remets-moi dans mon étui!\"» \u2014EDDIE CONDON (1905-1973), un des premiers guitaristes blancs de l'école de Chicago qui, on le voit, cultivait l'art de se faire des amis.À ce que l'on sache, la clarinette de Louis Sclavis (ce soir au Spectrum, 21h30, avec Michel Portal et Henri Texier) n'a jamais fait pareille demande.La clarinette de Sclavis, française jusqu'au bout des doigts, parle de culture et, quand on lui demande si le jazz a un avenir, elle cite un compatriote, le compositeur et critique Maurice Boucher: «En vain fermera-t-on l'oreille au jazz.Il est vie.Il est art.Il est ivresse des sons et des bruits.Il est joie animale des mouvements souples.Il est mélancolie des passions.Il est nous d'aujourd'hui.» (In Le Jazz, d'André Coeuroy et André Schaffner, Éd.Claude Aveline, Paris, 1926.) VIC VOGEL : SAMEDI SEULEMENT Contrairement à ce que nous écrivions mercredi en Une de La Presse dans le compterendu du concert de Diana Krall, le big band de Vic Vogel ne se produira qu'une fois à la place des Nations : le samedi 10 juillet à 18 h.Attention! La disposition graphique du programme du FIJM porte à croire que V.V.pourrait aussi jouer dimanche.Il n'en est rien.Vic Vogel PHOTO ARCHIVE LA PRESSE © JAZZ Le poumon musical à plein régime ALAIN BRUNET CHRONIQUE alain.brunet@lapresse.ca Vous êtes dedans ?Votre 25e festival est bel et bien amorcé ?Le mien l'est aussi.Pas à peu près.Pour La Presse, j'en suis à ma 21e couverture ; en fait, je n'ai raté que les deux premières présentations de l'événement.Depuis, rien ne m'a fait manquer ce rendez-vous qui demeure, un quart de siècle après sa fondation, le poumon musical de cette ville.Qui, malgré ses carences, nous oxygène pour de longs mois de téléréalité et autres sympathiques retombées du sacrosaint marché.Le poumon s'est donc remis à l'oeuvre, il nous fait respirer dans un ensemble infini.Soir après soir, on y passe d'une salle à l'autre comme on passe d'une époque à une autre, d'une esthétique à une autre, d'un style de vie à un autre, d'un point de vue à l'autre.Incomparable mitraille de contrastes, je vous dis.Les dieux du jazz, cependant, n'y sont pas toujours de notre bord : à la toute dernière minute, Wynton Marsalis a dû annuler mercredi.Une petite blessure à la lèvre supérieure s'est aggravée, un médecin est intervenu en vain, le bobo a pris de l'expansion.Un trompettiste doit alors immédiatement se retirer de la circulation, sinon il pourrait être sans jouer pendant plusieurs mois.C'est à ce moment précis que la trompette emprunte à l'harmonica son affectueux sobriquet : ruine-babines ! Wynton, affirme- t-on du côté des organisateurs, fera tout en son pouvoir pour accommoder les festivaliers de Montréal.Dans un avenir proche, on l'espère.Vraiment dommage.Pour une fois qu'il avait une matière excitante à nous soumettre.Je ne me suis pas rabattu sur le concert du Spirit Music Sextet mené par la bassiste et compositrice Me'Shell Ndegé Ocello, ce n'était vraiment pas un prix de consolation.J'aurais d'ailleurs souhaité que les inconditionnels de Marcus Miller assistent à ce concert.Les fans du célèbre bassiste de retour cette année (on imagine déjà un triomphe comparable au dernier en 2002) auraient vu là où le funk jazz est rendu, du moins dans la tête de cette Afro-Américaine surdouée.Pendant que Miller s'accroche aux années 80 et à sa réputation surfaite (il a réalisé Tutu pour Miles Davis, un disque qui me semble mal vieillir), Me'Shell s'est mise au jazz, jusqu'alors un colorant à son R&B visionnaire \u2014et peu fédérateur, force est de constater.Mercredi soir au Spectrum, je m'attendais à un exercice de style, à une incursion touristique.Erreur.L'exercice n'est peut-être pas encore complété mais je puis dire que la qualité des harmonisations, le jeu des interactions entre ses musiciens, le type d'instrumentation (DJ, claviers, batterie, basse, une section de vents incluant le vénérable altiste Oliver Lake), la pulsion rythmique (quel batteur, ce Dave Christopher !) pourraient enfin propulser Me'Shell là où elle devrait être.Branford Marsalis m'a d'ailleurs déjà dit qu'il voyait en elle l'équivalent de Björk mais que, en raison de la couleur de sa peau, de son orientation ouvertement bisexuelle et de son look pas particulièrement sexy, elle devait encore ramer.La vie est ainsi faite.À l'entracte, une vingtaine de minutes passées au Gesù m'auront permis de constater que le jazz local y démarrait en beauté.Le saxophoniste Jean-Pierre Zanella était aux côtés de ses vieux potes (Michel Donato, Paul Brochu, James Gelfand et le pianiste-flûtiste brésilien Marcos Ariel), procédant à la livraison bien sentie de son monde musical, quelque part entre le jazz moderne et la samba.On traverse le site d'une extrémité à l'autre, on passe d'une extrémité jazzistique à l'autre.Nous voilà au Monument-National devant un Chick Corea en soliloque, souriant et communicatif, sur le mode de l'écoute commentée plutôt que du concert formel.Relectures de Bud Powell, interprétation de deux préludes du compositeur russe Scriabine environ 130 années après leur création, de portraits musicaux de Chick Corea environ 30 années après leur création.Ces « rondes » dont l'objet est d'évoquer « l'esprit de l'enfance » sont des thèmes connus des fans de Corea.Plus tard, on reconnaîtra un extrait de Song to the Pharoah Kings, sommet d'une inspiration perdue.Sur le dernier droit, Chick ne pourra refuser Armando's Rhumba, la demande spéciale ayant fusé de toutes parts.Au terme de cette rencontre conviviale, les inconditionnels du pianiste en résidence (pour encore deux soirs) seront aux oiseaux; il aura transformé l'auditoire en choeur à cinq voix.Manière de Club Med du jazz, est-on tenté de conclure.Mais bon, les fans du pianiste répliqueront que la musique n'a pas pour objectif de se prendre la tête.C'est aussi ce que vous diront les nombreux fans de Tony Bennett, dernier représentant d'une importante lignée de crooners italo-américains issus de l'après-guerre \u2014Frank Sinatra, Dean Martin, Perry Como.« J'ai eu tellement de tubes dans ma carrière, j'étais le Britney Spears de mon époque », a blagué le vieux monsieur, impeccablement fringué comme c'est son habitude.Je l'avais toujours loupé lors de ses passages précédents au festival, il me fallait le voir au moins une fois avant que sa voix ne décline.À cet âge vénérable, on ne sait jamais.Bien sûr, il fallait sacrifier Dee Dee Bridgewater et David Sanchez, mais je ne regrette pas mon choix.Voilà ce qu'on appelle un chanteur! L'organe est étonnamment préservé, même après un long passage à vide.plutôt arrosé, dit la légende.Qui nous apprend aussi que son fils l'aurait sauvé des eaux, relançant sa carrière, et le revoilà pimpant, fier de ses 50 ans de métier, enchaînant avec bonheur les classiques de Johnny Mercer, Duke Ellington et autres Irving Berlin.On se met alors à visualiser un Sting septuagénaire, réhabilité comme Tony, on l'imagine entonner Message In A Bottle à la Wilfrid.L'idée d'inviter sur scène la fille d'Antonio Benedetto aura cependant été un peu moins heureuse ; sa voix mince et nasillarde à la Vanessa Paradis sied mal au répertoire swing du paternel.J'ai préféré nettement la progéniture du Britannique Brian Auger, mythique joueur de Hammond B3 sorti miraculeusement des boules à mites.Mais où était-il passé ?Il était passé minuit.et le musicien, lui, savait pertinemment où il était : dans un Spectrum rempli de vieux fans venus à la rencontre de sa version familiale d'Oblivion Express.Il en beurre peut-être épais, mais il triture encore la B3 comme peu en sont capables.Sa fille Savannah, une grande blonde en jeans dont l'altitude est augmentée par ses talons aiguille, n'a rien à envier aux très bonnes chanteuses de soul/R&B.Le fils de Brian Auger ne donne pas sa place non plus, il sait ce qu'est un vrai groove à la batterie.Et dire qu'il se nomme Karma.Ah ces hippies.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Chick Corea n'avait rien de trop décoiffant à présenter à son public du Monument-National mercredi.En orbite avec Ariane ALEXANDRE VIGNEAULT CRITIQUE Elle n'a jamais caché qu'elle aimait flirter avec la note bleue, mais Ariane Moffatt ne s'était jamais complètement abandonnée à son versant jazz.Du moins pas depuis qu'elle a entrepris sa fructueuse carrière d'auteur-compositeur.Saisissant au vol l'invitation lancée par la direction du Festival international de jazz, elle a rassemblé un imposant groupe de musiciens d'ici et s'est payé tout un trip, hier soir, au Métropolis.L'heure tardive du concert et celle, moins indulgente, de l'heure de tombée ne m'ont permis d'entendre qu'une trentaine de minutes d'un concert qui devait en durer au moins 60 de plus.Mais au moment où j'ai dû me résoudre à quitter le Métropolis, Ariane Moffatt et ses musiciens venaient de se mettre en orbite avec une longue envolée atmosphérique, propulsée par son exceptionnelle section rythmique formée de Maurice Williams à la basse et de Tony Albino à la batterie.Dans son jargon, ça s'appelle un reaktor remix.La musicienne, qui avait promis de complètement réarranger ses chansons, a tenu parole Elle l'a prouvé dès la première chanson du concert, Hasard, où s'est glissée la trompette impressionniste et éthérée de Jacques Séguin.Ariane Moffatt aime bien le jazz scandinave ascendant électronique \u2014l'univers Jazzland, grosso modo.Elle s'en est beaucoup inspirée dans la portion du concert que j'ai pu voir.Replacées dans un contexte jazzy atmosphérique, ses chansons devenaient d'une fort belle élasticité et prenaient des teintes colorées derrières un voile nuageux.Après le démarrage en douceur, elle a délaissé son piano (vite repris par Alex Mc Mahon) pour aller s'installer derrière le micro afin de livrer une version tonique de Fracture du crâne.accompagnée d'un danseur à claquettes (Justin Jackson, sauf erreur) qui faisait littéralement office de percussionniste ! Un petit coup d'éclat fort réussi et que son public a joyeusement applaudi.Trente minutes, c'est évidemment trop peu pour juger d'un concert.Mais hier, c'était juste assez pour savoir qu'Ariane Moffatt était sur la bonne voie.Sur une fort belle lancée, devrais-je dire.Elle semblait à la fois maîriser sa trajectoire et totalement grisée par l'espace de liberté qui s'ouvrait à elle.Même du fond de la salle, on pouvait deviner son sourire très communicatif.« J'attends cette soirée-là depuis vraiment longtemps, a-t-elle annoncé en début de soirée.Depuis 25 ans, en fait, parce qu'il y a 25 ans, je venais au monde.» Le temps a bien fait les choses dans ce cas-ci et lui a permis de faire la connaissance de suffisamment de bons musiciens pour mener ce rêve à bonne destination.En plus des musiciens mentionnés plus haut, signalons que l'équipage de la fusée d'Ariane était composé hier de ses précieux collaborateurs Francis Collard (claviers) et Joseph Marchand (guitares), ainsi que de compagnons de vol occasionnels tels Adrian Vedady (contrebasse) et Christian Lagueux (percussions).Allez, je prends une chance et je retourne au Métropolis au pas de course PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Ariane Moffatt, 25 ans, l'âge du festival. Cinq questions à Daniel Thouin Le moins qu'on puisse dire, c'est que le claviériste et compositeur Daniel Thouin a du pain sur la planche ces 10 prochains jours.Mercredi soir, il a joué deux fois avec François D'Amours au parc Hydro-Québec avant de finir la nuit au Savoy du Métropolis où il anime des jam sessions (avec le batteur Max Sansalone et le contrebassiste Adrian Vedady) jusqu'à la fin du Festival de jazz.Combien de concerts à son agenda d'ici la fin ?« Aucune idée, mais ça va être toute une semaine ! » dit-il.À peine sorti du lit, il a pris le temps de répondre à quelques questions sur ses fameux jams et le prochain concert de son éclectique Large Ensemble, mardi au Gesù.QComment se prépare-t-on pour un jam session ?RCette année, j'ai voulu bien faire et planifier les choses à l'avance.J'avais décidé de fouiller le répertoire brésilien pour que les gens puissent danser un peu.On a répété deux jours en mai pour se rendre compte que ce n'est pas ce qu'on voulait faire.J'ai fini de me préparer mercredi matin : j'ai fait des partitions pour 10 pièces que j'avais repiquées dans mes compositions à moi ou dans les disques de musique électronique que j'écoute.Ce ne sont que des points de départ pour extrapoler ensuite jusqu'à 2 h 30 ou 3 h du matin.QEst-il difficile de gagner un public qui, parfois, a déjà fêté pas mal ?RÇa dépend du show que les gens ont vu avant.Mercredi, ils arrivaient de Jon Spencer et étaient peut-être plus sur la brosse que ceux qui vont voir autre chose.On récupère pas mal de gens qui arrivent du show précédent du Métropolis, mais, l'an dernier, il y avait aussi beaucoup de gens qui faisaient la file exprès pour les jam sessions.La plupart des gens ne savent pas vraiment à quoi s'attendre, c'est pour ça que je veux que ça reste accessible.QY a-t-il un lien entre tous les projets pop ou jazz auxquels tu collabores ?RLe jeu d'équipe.La seule chose qui relie tout ce que je fais, c'est le plaisir de jouer avec les autres, le plaisir de créer les choses au moment présent avec des gens qui sont réceptifs et confiants.Il y a une partie de ce que je fais qui reste mouvante, j'aime répondre à ce que les autres font.C'est un esprit très sportif.QQuelle sera la matière du concert avec ton Large Ensemble ?ROn va sûrement reprendre des tounes à Yannick Rieu ou à moi qui se trouvent sur mes deux disques (NDLR : Mile End Waverly et Mile End St-Viateur) et aussi des affaires à Fred (Fortin) et Olivier (Langevin).Le show va être basé sur du matériel original.QQuel artiste entendu au Festival international de jazz t'a le plus marqué ?REivind Aarset.Live, j'ai trouvé que c'était vraiment de la nouvelle musique.Un gros alliage entre le jazz, le rock et les musiques folkloriques scandinaves.La façon dont il joue de la guitare, c'est incroyable, ça ne sonne jamais comme une guitare ! .Propos recueillis par Alexandre Vigneault Daniel Thouin ignore combien de concerts il a à son agenda d'ici la fin du Festival.Mais il sait que « ça va être toute une semaine ! » 12h Celso Machado Place du Complexe - Intérieur Gratuit 12h L'esprit de la Nouvelle-Orléans Terrasse Grand Marnier Gratuit 13h Streetnix Terrasse Grand Marnier Gratuit 14h La petite école du Jazz Place du Complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 14h Ensemble de Jazz de l'école Saint-Luc Scène General Motors Gratuit 15h30 La petite école du Jazz Place Du Complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 16h Streetnix Scène Bell Gratuit 17h Sweet Dixie Scène du Festival Gratuit 17h30 La parade du Festival avec Swing Tonique Départ scène Bell Gratuit 18h Bryn Roberts Scène General Motors Gratuit 18h Gonzalo Rubalcaba & Joao Bosco Théâtre Maisonneuve - PDA Payant 18h «Jazzland Evening»Wibutee&Eivind Aarset Trio Spectrumde Montréal Payant 18h Marilyn Lerner & Sonny Greenwich Gesù - Centre de créativité Payant 18h15 Sweet Dixie Scène du Festival Gratuit 18h30 Celso Machado Carrefour General Motors Gratuit 19h Fanfarcité de Québec Terrasse Grand Marnier Gratuit 19h Jonas Scène Labatt Bleue Gratuit 19h Julie Lamontagne Trio Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 19h Gabriela Club Soda Payant 19h Croisière Jazz avec Pascale Lavoie Quintette & Bateau Cavalier Maxim Payant Le Dixieband 19h30 Franck Biyong&Massak Scène Bleue Légère Gratuit 19h30 Chick Corea Acoustic Trio Monument-National Complet 20h Odd Jazz Group Scène du Festival Gratuit 20h Dibondoko Scène Bell Gratuit 20h David Linx&Diederik Wissels Quartet Scène Loto-Québec Gratuit 20h Lhasa Théâtre du Nouveau Monde Payant 20h30 Georges Benson / première partie : Richard Bona Salle Wilfrid-Pelletier - PDA Payant 21h Kokolo Scène General Motors Gratuit 21h Jon Paris Scène Labatt Bleue Gratuit 21h Dudu Araujo Carrefour General Motors Gratuit 21h Yves Dormoy&Rodolf Burger Salle Beverly Webster Rolph - MAC Payant 21h Burning Spear / Métropolis Payant première partie : Bedouin Soundclash 21h30 Michel Portal, Louis Sclavis, Daniel Humair & Spectrumde Montréal Payant Henri Texier 22h Dibondoko Scène Bell Gratuit 22h David Linx&Diederik Wissels Quartet Scène Loto-Québec Gratuit 22h Marsmobil Scène Bleue Légère Gratuit 22h Julie Lamontagne Trio Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 22h Odd Jazz Group Scène du Festival Gratuit 22h30 Dhafer Youssef, Eivind Aarset & Paolo Fresu Gesù - Centre de créativité Payant 23h Kokolo Scène General Motors Gratuit 23h Jam sessions avec Thuryn Von Pranke, Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance Gratuit Frédéric Alarie&Wali Muhammad 23h Jonas Scène Labatt Bleue Gratuit Minuit Trio Pulse Nu Jazz Sessions avec Dan Thouin, Savoy - Métropolis Gratuit Max Sansalone&Adrian Vedady Minuit Mocean Worker & Lady Kier Dj Club Soda Payant 0h30 Jon Paris Spectrumde Montréal Gratuit LE GUIDE DU FESTIVALIER HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU NOTRE VIRÉE JULIE LAMONTAGNE TRIO Comme Lorraine Desmarais, Julie Lamontagne embrasse son piano par passion du jazz.Les fans d'Isabelle Boulay reconnaîtront peut-être son accompagnatrice qui, en lice pour le Grand Prix du Jazz GM, proposera ses propres compositions ce soir, avec son trio.> Club Jazz Banque TD Canada Trust, 19h et 22h DIBONDOKO Les amateurs d'afro-beat sont servis cette année : avec Tony Allen au Spectrum, les Montréalais d'Afrodizz qui ont brassé de l'air sur une scène extérieure hier, voilà maintenant les New-Yorkais Dibondoko, qui injectent des épices latines à leur mouture nigériane.> Scène Bell, 20h et 22h MARSMOBIL Sur une note groovy, directement de la Bavière, les musiciens de Marsmobil seront dans leur élément dans le Parc des Festivals.Piloté par le pianiste d'origine italienne Roberto Di Giola, Marsmobil reprend à son compte la note bleue pour la colorer d'influences modernes et branchées, trip hop, acid jazz, lounge, électro et tout le truc.> Scène Bleue Légère, 22h VENDREDI 2 JUILLET VENDREDI 2 JUILLET Jam sessions: accès prioritaire, mais non exclusif, aux détenteurs de la carte des amis du Festival.Roberto Di Giola CABARET MUSIC-HALL METROPOLIS Club Soda MONUMENTNATIONAL GÉSÙ - Centre de créativité SPECTRUM SALLE WILFRID-PELLETIER CLUB JAZZ Banque TD Canada Trust SCÈNE Labatt Bleue SCÈNE SPÉCIALE Labatt Bleue pour les Funk Brothers SCÈNE CARREFOUR Loto-Québec General Motors SCÈNE General Motors SCÈNE Bell LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ SCÈNE Bleue légère TERRASSE Grand Marnier HÔTEL Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry boulevard de Maisonneuve avenue Président-Kennedy Scène extérieur Salles de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival B A Kiosque à musique du Festival MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL \u2014Philippe Renaud PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Les frères Diouf ont entamé leur spectacle devant une mer de drapeaux ; celui de la Grèce pour souligner la victoire-surprise aux dépens de la république Tchèque ainsi que l'unifolié de circonstance en ce 1er juillet.Karim, Jim, Nelly et Susie PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Tant de raisons de fêter, est-ce que la météo allait tout bousiller ?Contrairement à ce que le ciel et ses météorologues nous laissaient présager hier en début d'aprèsmidi, les festivaliers ont pu profiter d'un entre-deux-orages assez grand pour y loger toute une soirée de musiques.Hardis, les mélomanes sont sortis sans parapluie pour célébrer tantôt la fête du Canada, tantôt la victoire de la Grèce à l'Euro 2004, tantôt la musique et son festival.ou tout cela en même temps.En dépit de la compétition que se livraient les festivités du 1er juillet et celles du Festival de jazz, l'accalmie climatique a sûrement permis aux uns comme aux autres de faire salle comble, comme on dit même pour des événements extérieurs.Ne le disons pas trop fort, mais plusieurs Canadiens avaient mis le cap sur le centreville après être allés faire le plein de petits drapeaux dans le Vieux- Montréal ! Sauf qu'au moment où les frères Karim et El Hadj Diouf ont commencé leur spectacle, vers 19 h 30, on discernait autant le bleu du drapeau grec que le rouge de l'unifolié.Si quelqu'un cherchait encore une manifestation de notre multiculturalisme, c'est bien ici qu'il l'aurait trouvée.Et puis, vous en connaissez beaucoup, vous, des chansons à répondre africaines ?Nous non plus.Ce qui ne nous a pas empêchés de chanter et de taper des mains avec les Diouf.Les percussionnistes et chanteurs d'origine sénégalaise ont lentement démarré le concert mais rapidement mis le public, venu nombreux les applaudir, dans leurs poches.Ainsi, la soirée aura commencé beaucoup plus tôt pour les Montréalais en congé, qui n'ont pas tardé à s'approprier le centre-ville comme si c'était un samedi soir de festival.La vue qu'avaient les musiciens du quintette de Michel Morissette devait être réjouissante : les enfants qui courent, la bière qui coule à flots, les gens qui papotent en écoutant bopper ces vieux routiers de la scène jazz locale.Ils jouaient avec vigueur pour le Grand Prix du Jazz GM ; on verra bien si leur jazz à la section rythmique rugueuse et entraînante, sur laquelle surfait la trompette d'Yvanoh Jolicoeur, saura battre les autres.Le Nobel des festivals Et dans cette foule amusée, une découverte, la première grande découverte du festival : la cannetabouret.Une invention fantastique qui mérite le Nobel des festivals ! Sans blague.Moins encombrant que n'importe quelle chaise pliante, aussi facile à transporter qu'une vraie canne, la canne-tabouret se déplie sans forcer pour reposer justement celui ou celle qui n'aime pas forcer.Remarquable.« Plein de gens nous ont demandé où on avait trouvé ça », me confiait Gabrielle.Et c'est confortable ?Gérard me fait essayer : la totale.Le petit siège en plastique semble solide, et on s'accote sur le pommeau de la canne dressé face à soi.« Et en plus, on peut se défendre, avec ça ! » me disait, en me donnant des petits coups sur l'épaule, Mme Paula, une autre heureuse propriétaire du Sport Seat croisée plus tard.Elle était accompagnée de son mari Eddy, ce sont deux ex-Montréalais aujourd'hui installés à Niagara by the Lake qui assistent au festival « depuis le premier.Nous avons toujours été là, sauf une année ! » Faudra qu'ils reviennent pour célébrer leur propre 25e ! Jim, Nelly, Suzie Ensuite, destination place Fred- Barry, où se massent immanquablement les amateurs de blues.Ce qui nous oblige à traverser l'esplanade de la Place des Arts pour constater que plusieurs changements y ont été apportés.De subtils aménagements, de petits détails : une tente rapprochée d'un mur, une terrasse mieux délimitée, un stand déplacé, de petites attentions qui facilitent la circulation et optimisent l'utilisation des lieux.Mais nous y reviendrons puisque Jim Zellers n'attend pas, l'harmonica à la bouche et le guitariste Jean Millaire à ses côtés.Encore là, on a légèrement repensé le secteur en installant des haut-parleurs à l'arrière, au coin de la rue Saint-Urbain et du boulevard Maisonneuve.Le parc n'est jamais assez grand pour tous les fans de blues ; désormais, la musique crache jusqu'au fond.Parfait pour Zeller, qui faisait bouger les têtes avec son blues électrique.Mon boss m'avait dit de ne couvrir que les concerts extérieurs.Je ne l'ai pas écouté.Nelly Mc Kay, cette adorable petite peste du jazz qui dresse son art face à l'autorité, serait fière de moi ! La jeune auteure- compositrice-interprète (dont on dit qu'elle serait un croisement improbable entre Doris Day et Eminem) offrait son premier spectacle montréalais au Club Soda dans la série des Voix du monde.Seule au piano dans sa longue robe scintillante, elle canalise ses excès de jeunesse dans sa voix inégale mais forte et son accompagnement rythmé.Elle chante un refrain pour ensuite s'engager dans de longs couplets rappés avec vitesse et fermeté \u2014d'où, j'imagine, la comparaison avec Eminem.Mc Kay n'a pas une belle voix, même qu'elle marmonne trop souvent ses textes ainsi que ses interventions.Mais cette approche, ce mélange entre jazz vocal et rap revanchard est unique.Comme ses thèmes : dans ses textes, elle menace son boyfriend de lui trancher la gorge s'il ne vient pas s'asseoir à ses côtés.Elle règle une crise avec sa maman en lui rappelant qu'elle l'aime malgré tout.Et écorche G.W.Bush à plusieurs reprises.L'interprétation, qui déclenche des éclats de rire dans la salle, n'est pas au point, mais cette jeune femme se révèle une vraie bonne songwriter.On la surveille.Notre dernière escale de la soirée nous a permis de croiser de nouveau Eddy et Paula, bien installés sur leurs cannes-tabourets pour entendre swinguer Suzie Arioli, Jordan Officer et le reste de cette chaleureuse bande.Le succès d'Arioli ne se dément pas : il y avait de nombreux bouchons de circulation sur l'esplanade de la Place des Arts.Néanmoins, sous l'impulsion des chic ballades jazzées du groupe, personne ne s'impatientait de se faire marcher sur les pieds ni d'entendre son voisin discuter pendant qu'on se concentrait sur la musique.Drôle de calme avant la tempête que l'on voyait s'annoncer au loin par de vifs éclairs.Avis aux intéressés : Arioli et Officer s'offrent le Cabaret Music-Hall ce soir et demain.Top 5 des choses à faire d'ici la fin du festival 1- Attendre un soir de canicule pour goûter ces thés glacés au Grand Marnier.Hmmm.2- Lancer un concours du plus grand nombre de futures mamans croisées en une journée.3- Tester la qualité des hot-dogs géants.Préférablement le dernier jour du festival.4- Trouver (et acheter) une canne- tabouret.5- Aller entendre le Trio Pulse Nu-Jazz Session de Dan Thouin au Savoy.Tiens, le soir où jouera Jacksoul au Club Soda (désolé pour l'excellent DJ Andy Williams, qui finit cette soirée.) PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © D'habitude réservé aux plus acrobates d'entre les musiciens, l'art de jouer du piano avec ses pieds était hier à la portée de tous, dont Nicolas Charest-Duguay. JAZZ DUDU ARAUJO Le blues d'un petit pays ALEXANDRE VIGNEAULT Perdu au milieu de l'Atlantique à deux heures d'avion de Dakar, l'archipel du Cap-Vert a véritablement fait son apparition dans l'univers musical occidental avec le succès de Cesaria Evora.La diva aux pieds nus est devenue le symbole vivant de ce petit pays et la plus célèbre interprète de la morna, sorte de blues local.Dans son ombre, des artistes comme sa nièce Fantcha et le Canadien d'adoption Dudu Araujo tentent de se faire une place sur la scène internationale.Comme son illustre compatriote, Dudu Araujo est originaire de Mindelo, dans l'île Sao Vicente.« Nous sommes de vieux amis, dit-il.Nous nous connaissions avant qu'elle ne devienne célèbre.» Mais alors que Cesaria Evora a attendu la quarantaine avant de tenter sa chance à l'étranger, le chanteur a vite commencé à voyager.Installé au Portugal pendant cinq ans, il a aussi vécu en Hollande (où se trouve l'une des plus importantes communautés cap-verdienne d'Europe) avant de s'établir de ce côté-ci de l'Atlantique en 1991.Pourquoi Toronto plutôt que les États-Unis ?« Parce que j'ai de la famille au Canada et qu'il me semblait que la meilleure chose pour moi était de vivre près d'eux », précise- t-il.Sur son album Pidrinha, la chanson Tanha aborde d'ailleurs la déchirante question de l'émigration.Une réalité qui préoccupe une bonne partie des Cap-Verdiens puisqu'ils vivent très majoritairement hors de leur pays \u2014 en Europe et en Nouvelle-Angleterre notamment.Tanha est l'une des chansons les plus mélancoliques de Dudu Araujo.Plutôt que de suivre la trace de Cesaria Evora et de magnifier le vague à l'âme, il a opté pour un ton souvent plus léger.« On a choisi les chansons, les compositeurs et les instruments de manière très prudente, car on voulait faire un album dansant, explique-t-il.On voulait une combinaison d'atmosphères, ne pas faire trop triste ni trop joyeux.On a voulu un juste milieu.» L'objectif est atteint, car son album invite aux déhanchements paresseux et pas seulement à la contemplation spleenétique.Bien qu'il intègre quelques éléments de jazz ou de musique brésilienne, le chanteur à la voix chaude se considère comme un traditionaliste.« Le Cap-Vert est formé de 10 îles et on y trouve plusieurs autres styles de musique, comme le batuco et la funana, expose-t-il.Mais je m'intéresse surtout aux deux principaux, la morna et la coladeira, car on en joue partout au Cap-Vert.» Loin de nier l'omniprésence de Cesaria Evora, il estime que sa popularité rejaillit sur les artistes comme lui.« Elle a piqué la curiosité des gens et, maintenant, ils sont intéressés à savoir si d'autres musiciens explorent le même genre musical », dit-il.Invité au Festival de jazz en 2002, Dudu Araujo avait dû déclarer forfait puisque certains de ses collaborateurs avaient des problèmes de visa.Les papiers seront en règle cette fois-ci ! .DUDU ARAUJO, ce soir, 21 h, au Carrefour General Motors.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM «On voulait faire un album dansant, dit le Cap-Verdien Dudu Araujo.On ne voulait pas faire trop triste ni trop joyeux.» Bravo Mister Bennett! PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Avant le concert d'ouverture du 25e FIJM, mercredi soir, Tony Bennett a reçu des mains d'André Ménard, directeur artistique du Festival, le prix Ella-Fitzgerald.Institué en 1999, ce prix veut souligner « l'originalité de l'improvisation » et la « qualité du répertoire » d'un grand nom du jazz chanté.« C'est merveilleux, a dit M.Bennett, d'être ainsi honoré par le meilleur de tous les festivals de jazz.» Avant lui, le prix Ella-Fitzgerald était allé à Diane Schuur, à Dee Dee Bridgewater, à Diana Krall, à Dianne Reeves et à Bobby Mc Ferrin.FLEURONS GLORIEUX > Le soir du 1er juillet, coin Saint-Denis et Ontario, le big band de Vic Vogel joue l'O Canada\u2026 sous les huées et une pluie de bière.Plus de 200 000 personnes assistent aux huit séries de concerts dont six en salle\u2026 Première série de films à la Cinémathèque.PAR-DELÀ L'HORIZON Lancé : le CD et son lecteur.Arrêté : le criminel de guerre Klaus Barbie.Décédés : Muddy Waters, un grand bluesman qui n'aura jamais joué au FIJM, Louis de Funès.Finie : la télé-série MASH.Dans les oreilles : Le rap à Billy (Lucien Francoeur), Coeur de rocker (Julien Clerc).«NOUGARONNE» En clôture, Claude Nougaro chante un hommage au jazz français.On entend aussi Piazzola, Hampton, Gismonti/ Vasconcelos, Petrucciani, Bley, Solal, Sanders, Hubbard, Barbieri, Grappelli, Portal, Lussier, Mayall, Butterfield, Galiano/ Capon/Mace, Cotton, Turner/Di Lauro, Sir R.Hanna, A.Jamal, G.Burton, DU GRAND OSCAR > Premier concert du FIJM au Forum, où le pianiste d'origine montréalaise Oscar Peterson se produit avec le violoniste français Jean-Luc Ponty, accompagnés par l'OSM sous la direction de Charles Dutoit.> La rue Saint-Denis ne dérougit pas; le Festival accueille plus de 280 000 spectateurs\u2026 La pianiste québécoise Lorraine Desmarais remporte le Concours de jazz Belvédère (du nom de la marque de cigarettes qui commandite le Festival)\u2026 Alain Brunet se joint à La Presse comme chroniqueur de musique.GROS VILLAGE «On peut voir à Montréal en 10 jours ce qu'on voit à New York en une année» \u2014 The Village Voice (N.Y.) HORS LES MURS Élu : Brian Mulroney, premier ministre du Canada.Né : le Cirque du Soleil.Décédé : Count Basie, une des véritables figures légendaires du jazz.Médaillés: Sylvie Bernier et Gaétan Boucher.On fredonne : Une colombe (Céline Dion);Quand on est en amour (Patrick Normand).LA FILIÈRE N.O.Tony Bennett en ouverture et Mel Tourmé, «The Velvet Fog», en clôture, avec le big band de Vic Vogel.Aussi : Miles Davis, UZEB, Biréli Lagrène, Stanley Jordan, Burning Spear, Charlie Haden Liberation Orchestra, Sphere, Dan Bigras, Pat Metheny, Max Roach, Art Blakey&the Jazz Messengers, Flora Purim, George Adams, Don Pullen.De la Nouvelle- Orléans : Dr.John, Neville Brothers, Buckwheat Zydeco, Zachary Richard.GROS CHIFFRES > Le Festival se réjouit : plus de 300 000 spectateurs, 80 000 billets vendus et un surplus de 100 000 $.Selon une étude des HEC, le Festival générerait des retombées de l'ordre de 10-15 millions.> François Bourassa, le fils du premier ministre (déc.85) Robert Bourassa, remporte le concours de jazz Bose et le pianiste James Gelfand est choisi meilleur soliste.La revue In the House of the Blues est présentée 11 soirs à guichets fermés au Club Soda.DANS LA PRESSE «Si le jazz est mort, qu'est-ce qu'il y a du monde à l'enterrement!» \u2014Le critique français Alain Gerber, citant André Persiani PENDANT CE TEMPS\u2026 Parti : René Lévesque démissionne.Àla télé : le concert Live Aid, diffusé en simultané de Philadelphie et Wembley, récolte 100 millions pour l'Éthiopie.Multi-oscarisé : le film Amadeus.Dans la tête : Question de feeling (F.Thibeault/R.Cocciante), Cochez oui, cochez non (Paul Piché).1983 4e FIJM NOS ANNÉES JAZZ Ella Fitzgerald PHOTO ARMAND TROTTIER, LA PRESSE © 1985 6e FIJM 1984 5e FIJM ELLA, ELLE L'A! Sarah Vaughan ouvre le festival et Ella Fitzgerald le clôt, avec un récital qui, selon La Presse, lui rapporterait 1000 $ la minute mais qui «vaut chaque cent».Entre les deux grandes : Miles, Oscar Peterson, à sa première visite au FIJM, le Modern Jazz Quartet et le World Saxophone Quartet, Zootv Sims, Lounge Lizards, Carla Bley, Ray Charles.Textes et recherche : Daniel Lemay JAZZ PAOLO FRESU Un trompettiste-clé du 25e festival ALAIN BRUNET alain .brunet@lapress e .ca Paolo Fresu parle non seulement le sarde, une langue distincte de l'italien (qu'il maîtrise évidemment), mais encore s'exprime- t-il dans un français à peu près impeccable.et qui traverse aisément l'Atlantique.Inutile d'ajouter que sa langue principale est.le jazz.À Montréal, ce superbe trompettiste était venu pour la première fois aux côtés d'Aldo Romano ; c'était au Gesù en 1997.Dès les premières mesures, on avait senti cette grande maîtrise, cette sonorité feutrée, cette précision du phrasé, cet indiscutable raffinement.Depuis lors, Fresu nous a rendu visite à maintes reprises avec ces délégations italiennes qui ont ravi tant d'auditoires du Festival international de jazz de Montréal.On le retrouvera cette fois dans des contextes fort différents car l'électronique se mettra de la partie.Avec l'Américain Jon Hassell comme avec le Tunisien Dhafer Youssef, la trompette de Paolo Fresu sera filtrée électroniquement.Juste retour des choses, car le musicien a jadis failli devenir ingénieur en électronique avant de choisir définitivement le jazz.D'autant plus qu'il a présenté maints projets électroniques sur les scènes européennes.Aux côtés du Français Érik Truffaz, Paolo Fresu joindra la formation de l'Américain Jon Hassell, on ne peut plus marquant pour les deux trompettistes européens.« J'ai toujours aimé la poétique de son jeu, sa philosophie du son, dira Fresu.En l'an 2000, le thème d'un petit festival que j'organise annuellement en Sardaigne était la « sonorité du rêve ».Inutile d'ajouter que Jon Hassell en était la tête d'affiche.Il avait alors accepté l'invitation, ce qui m'a conduit à réécouter son oeuvre.Une amitié et une estime mutuelle se sont ensuite développées.« Chaque fois que l'on peut se rencontrer ou jouer ensemble, je suis ravi.J'ai donc accepté tout de suite son invitation dans le cadre du Festival de Montréal, car une partie de mon monde musical se retrouve dans l'électronique, et la musique de Jon Hassell y est pour quelque chose.Lorsque nous avons joué ensemble à Milan, l'an dernier, j'ai constaté à quel point mon approche était près de la sienne.Nous parlions exactement cette langue que nous allons parler à Montréal.» Électronique = retour en arrière Comme c'est le cas chez le trompettiste californien, les équipements de Paolo Fresu sont relativement simples.« Depuis longtemps, ces outils me permettent de transformer les sons monodiques de la trompette en sons harmonisés.Je peux aussi créer des boucles, de la réverbération, des effets assez limités, en fait.Aujourd'hui, de nouvelles technologies permettent des traitements beaucoup plus raffinés.Or, pour moi, l'électronique est paradoxalement une manière de retourner un peu en arrière.» Machines à remonter dans le temps, en déduit-on.« Jon Hassel voit les choses du même oeil ; sa conception de la musique électronique passe par les traditions orientales et africaines.Pour lui comme pour moi, ces filtres électroniques donnent l'occasion d'explorer le passé en nous inspirant simultanément de conceptions plus traditionnelles, plus archaïques de la musique, formes oubliées par la modernité.Il ne faut pas s'imaginer pour autant que Paolo Fresu est un émule de Jon Hassel.Laissons-le préciser : « J'aime beaucoup Miles Davis et Chet Baker pour leur côté très mélodique ; étant de culture italienne, j'ai un penchant fort pour la mélodie.Je me définis donc comme un musicien de jazz.L'histoire du jazz est très fondamentale dans ma démarche, mais il y a aussi cette idée de trouver autre chose à côté.» Voilà qui justifie l'association de Paolo Fresu avec non seulement Jon Hassell mais aussi avec le guitariste norvégien Eivind Aarset et le Tunisien Dhafer Youssef, chanteur et redoutable joueur de oud, ce luth arabe de mieux en mieux connu des Occidentaux.« L'idée se fonde sur l'échange entre musiciens qui viennent de cultures et de traditions totalement différentes.Dhafer Youssef n'est pas vraiment un musicien de jazz, bien qu'il fréquente le genre.Eivind Aarset, lui, fait dans le jazz électronique avec une culture également proche du rock, alors que je suis associé au jazz tout court.On se permet beaucoup de liberté, les thèmes relativement simples qui en émanent sont des prétextes pour aller beaucoup plus loin dans l'improvisation.Concept très ouvert, somme toute.Pour Paolo Fresu, dans cette optique, il faut sans cesse « métaboliser l'histoire du jazz avant d'être contemporain », il faut apprendre des aînés pour ensuite « oublier » ce qu'on a appris et ainsi aller de l'avant.«C'est pourquoi je fais parfois des disques très jazz et d'autres plus ouverts avec entre autres des citations de Sardaigne, de Bretagne et d'Afrique.Nous, musiciens de jazz, avons moins de difficultés à nous rapprocher des musiques traditionnelles d'autres peuples, étant donné que les racines du jazz étaient aussi populaires.» Pour Paolo Fresu, citoyen européen vivant entre Paris, Bologne et la Sardaigne, le jazz est aussi une façon de se regarder soi-même.«À travers le jazz, conclut le trompettiste, je me positionne par rapport aux États-Unis où est né le genre à travers un métissage incroyable et d'énormes contradictions.Par le jazz, je trouve ma relation avec ma propre culture italienne ou européenne.Une culture riche et ancienne qui me permet de dire les choses différemment.PAOLO FRESU, ce soir au Gesù, 22 h, avec Dhafer Youssef et Eivind Aarset.Dimanche soir au Spectrum, 21 h 30, avec l'ensemble de Jon Hassell et trompettiste Érik Truffaz.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Les festivaliers retrouveront cette année Paolo Fresu aux côtés de l'Américain Jon Hassell ainsi que du Tunisien Dhafer Youssef.Dans les deux cas, sa trompette sera filtrée électroniquement.DISQUE DU JOUR 3239252A Jazz Eivind Aarset Connected FFFF Jazzland Connecté ?Pas à peu près ! Vraiment pas à court d'inspiration, Eivind Aarset continue d'accumuler les disques excellents : Connected est un chapitre hautement inspiré de l'électrojazz, qui fait suite aux excellents concepts imaginés sous la bannière Électronique Noire depuis la fin des années 90.Moins porté sur la club culture bien qu'elle soit encore très présente dans ce disque, le monde du guitariste norvégien s'est enrichi de musiques traditionnelles (africaines ou maghrébines) avec notamment la collaboration du chanteur et oudiste Dhafer Youssef.Les musiques du monde sont loin d'être proéminentes, remarquez ; comme c'est le cas dans les disques précédents du Norvégien, les références puisent dans le rock presque autant que dans le jazz, les ambiances rappellent immanquablement la première vague du jazz électrique à laquelle on greffe des éléments probants de culture électronique.Voilà à mon sens le terreau la plus fertile de l'électro-jazz, dont Eivind Aarset s'impose comme l'un des incontestables leaders.Connected ?Pas à peu près ! Alai n Brunet .EIVIND AARSET, avec Dhafer Youssef et Paolo Fresu, ce soir au Gesù.Le dimanche dans VOUS DÉVOREREZ ! 3239726A JAZZ PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © Mercredi, au Festival de jazz, la soirée en douceur.Thandi Klaasen a d'abord chanté l'hymne national sud-africain, que plusieurs spectateurs ont écouté le poing levé, en signe de solidarité.Chants de la résistance ALEXANDRE VIGNEAULT Coincé dans la circulation au milieu d'un pont et condamné à subir la radio de l'auto voisine, on oublie facilement que la musique peut changer le monde.Mercredi soir, le Festival international de jazz de Montréal a trouvé une bonne façon de nous le rappeler en proposant un grand spectacle conçu autour de chansons et d'artistes qui ont contribué à faire tomber l'apartheid : Lorraine Klaasen, sa mère, Thandi, le choeur masculin Ladysmith Black Mambazo et Johnny Clegg.Dix ans et deux mois après « le jour de la liberté » \u2014 le 27 avril 1994 \u2014, des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées devant la plus grande scène du Festival pour entendre les chants de liberté qui ont ouvert la voie au retour de la démocratie en Afrique du Sud.Nelson Mandela lui-même avait enregistré un message à l'intention des festivaliers dans lequel il souglinait le « rôle capital » joué par la musique dans la libération de ce pays où le racisme avait été érigé en système.La grande soirée musicale aux accents humanistes a commencé en douceur avec plusieurs chansons a capella.Thandi Klaasen a d'abord chanté l'hymne national sud-africain, que plusieurs spectateurs ont écouté le poing levé, en signe de solidarité.Sa fille Lorraine, qui vit à Montréal, l'a ensuite rejointe pour faire Meadowlands, toujours sans accompagnement musical.L'arrivée du choeur Ladysmith Black Mambazo et de ses chants au ton liturgique a donné un petit coup d'accélérateur à ce spectacle lent à démarrer.La cohésion des chanteurs était belle à voir et à entendre, mais il a fallu attendre l'arrivée de Johnny Clegg et de sa pop africanisée pour que le show lève enfin pour de vrai.Dès sa première chanson, Giyani, la foule s'est mise à grouiller joyeusement.La basse claquait, les guitares sonnaient et même le clavier un peu « passé date » faisait plaisir à entendre.Seize ans après son grand concert extérieur au Festival de jazz (1988), Johnny Clegg garde la forme.Son énergie s'est maintenue durant toute sa prestation, au cours de laquelle il a notamment livré I Call Your Name, Dela et Scatterlings of Africa.En plus d'habiter la scène avec un dynamisme réjouissant, il a prouvé qu'un peu d'exercice n'affectait en rien ses performances vocales, plus solides hier que sur son récent Best Of Live enregistré l'automne dernier au Nelson Mandela Theater.« En 1998, j'ai chanté ici et je venais d'un pays très troublé, a-t-il lancé, en français, aux milliers de spectateurs massés devant lui.J'apporte une bonne nouvelle aujourd'hui : 10 ans de démocratie en Afrique du Sud.Beaucoup ont payé le sacrifice ultime, pour eux et pour nous.On leur dédie la prochaine chanson.» Le chanteur a alors entonné One Man One Vote, accompagné du Ladysmith Black Mambazo.Le choeur a conféré beaucoup de puissance à la chanson.Et l'émotion a été démultipliée par les images qui défilaient sur les écrans bordant la scène : d'abord des danses zouloues, des scènes de la vie quotidienne et.Nelson Mandela déposant son premier bulletin de vote.Dans notre pays où voter est un devoir, cette image bouleversante rappelait que c'est aussi un privilège.Le retour de Johnny Clegg à Montréal a été réussi.Par ricochet, ce grand spectacle sudafricain l'a été, lui aussi.Quand, à la fin, des centaines de bras se sont levés pour accompagner Asimbonanga (une chanson qui fait référence à Mandela, à Stephen Biko et à Victoria Mxenge, tous à la fois victimes et héros de la lutte contre l'apartheid), je me disais que la rue Sainte-Catherine n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle est barrée par une grande scène où il se passe quelque chose d'important.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © Seize ans après son grand concert extérieur au Festival de jazz (1988), Johnny Clegg garde la forme.Son énergie s'est maintenue tout au long de sa prestation de mercredi, au cours de laquelle il a notamment livré I Call Your Name, Dela et Scatterlings of Africa."]
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