La presse, 27 juin 2004, Cahier A
[" LA SUPERGRILLE ARTS+SPECTACLES 4 SPORTS PLUS CANADIEN: BONK ARRIVE, GARON PART PAGE 1 ACTUEL SANTÉ TRASH AÉROBIE PLUS 5 À VOS AFFAIRES LES COÛTS RÉELS D'UNE PISCINE PAGE 1 RADEK BONK Montréal dimanche 27 juin 2004 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes en sus - Édition provinciale 70¢ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 120e année no 244 56 pages 5 cahiers Ciel variable, Max.22 Min.11 Harper dénonce une éventuelle coalition PLC-NPDet Bloc «CORRUPTION, TAXATION ET SÉPARATION!» GILLES TOUPIN KELOWNA, C.-B.\u2014 «Corruption, taxation et séparation ! », du trois pour un, a affirmé hier le chef conservateur Stephen Harper à propos de l'éventualité d'une coalition entre les libéraux, les néo-démocrates et le Bloc québécois au lendemain des élections.« Ce que M.Martin contemple ouvertement maintenant, c'est une combinaison libérale-NPD appuyée bien sûr par le Bloc québécois, a lancé le chef conservateur devant une foule de partisans réunis dans un grand parc municipal à Kelowna.Voilà tout un programme ! >Voir HARPER en A2 AUTRES TEXTES Élections 2004 \u2014 pages A6 à A11 Jacques Villeneuve pilote la Ferrari de son père IRAK Trois otages turcs menacés de décapitation D'APRÈS AFP ET AP BAGDAD \u2014 Des hommes se réclamant du réseau de l'islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui ont menacé d'exécuter trois otages turcs, tandis qu'un attentat perpétré hier soir à Hilla, au sud de Bagdad, a fait 32 morts.Le premier ministre irakien, Iyad Allaoui, a réaffirmé pour sa part être prêt à prendre les « mesures nécessaires » pour écraser la guérilla, mais a averti que la violence augmenterait après le transfert du pouvoir à son gouvernement, prévu dans quatre jours.L'insécurité dans le pays pourrait cependant retarder les élections législatives prévues en janvier 2005, a reconnu M.Allaoui.La Constitution provisoire irakienne prévoit la tenue d'élections en vue de la constitution d'une Assemblée nationale avant le 31 janvier 2005.Mais elles pourraient être retardées d'un ou deux mois, a déclaré le premier ministre, interviewé à Bagdad par la chaîne américaine CBS.>Voir IRAK en A2 PHOTO JOHN COLLEY, COLLABORATION SPÉCIALE Jacques Villeneuve a effectué un voyage dans le temps hier au Festival of Speed, une course de voitures anciennes qui a lieu tous les ans à Goodwood, dans le sud de l'Angleterre.En conduisant la Ferrari 312 T3 au volant de laquelle son père, Gilles, a remporté sa première victoire en F1 en 1978 dans l'île Notre-Dame, Villeneuve a eu ce commentaire : « Il a été chanceux de vivre aussi longtemps.Dans cette voiture-là, c'est facile de se faire mal très rapidement.» Gilles Villeneuve, qui poussait toujours sa Ferrari à l'extrême limite, est mort en piste à Zolder, en Belgique, en 1982.À lire dans le cahier Sports, pages 1 et 2.SEUL LIEN FERROVIAIRE ENTRE MONTRÉAL ET NEW YORK L'Adirondack retiré de la circulation mercredi?FRANÇOIS CARDINAL Le seul lien ferroviaire entre Montréal et New York est menacé de disparition.Si la société américaine Amtrack ne s'entend pas avec l'État de New York d'ici mercredi, c'en est fait de l'Adirondack, ce train reliant les deux villes depuis plus de 25 ans.Cela signifie qu'il n'y aurait plus aucun lien ferroviaire entre la métropole et la Grosse Pomme à court terme.mais peut-être aussi à long terme puisque les discussions entourant l'implantation d'un train à haute vitesse dans ce corridor sont au point mort, a appris La Presse.Lorsque la société Amtrack a commencé à exploiter l'Adirondack, en 1978, elle a signé une entente, reconduite à maintes reprises, avec l'État de New York, qui s'est engagé à couvrir une partie des frais d'exploitation du service.Le reste de la note était intégralement assumée par l'entreprise ferroviaire.« Or, depuis septembre 2003, nous sommes sans entente », explique Dan Stessel, porte-parole d'Amtrack.Conséquence : la facture s'allonge.L'État de New York doit maintenant plus de 4,4 millions à la société ferroviaire, une somme qui pourrait dépasser 6 millions si rien n'est fait d'ici la fin de l'année fiscale, le 30 septembre.>Voir ADIRONDACK en A2 Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE « Ici Paul Martin, premier ministre du Canada.C'est tout.J'en profite pendant que je peux encore le dire.» \u2014Paul Martin Fahrenheit zéro RICHARD HÉTU COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK Comment un documentariste de la trempe de Michael Moore peut-il tourner un film sur George W.Bush sans évoquer sa religion, qui est au coeur de sa démarche politique ?Oscarisé à Hollywood, empalmé à Cannes, l'artiste américain est-il: a) distrait ; b) aveugle ; c) retors ou d) trouillard, tout simplement ?Ce n'est pas comme si le sujet n'était pas intéressant, controversé ou sans conséquence.À l'âge de 40 ans, Bush a remplacé la bouteille par la Bible.Jésus est devenu son « philosophe » préféré, a-t-il révélé lors de la campagne présidentielle de 2000.À l'époque, le monde s'était moqué de ce candidat simplet.Aujourd'hui, le monde ne rit plus.Il craint et déteste Bush, qui présente la « guerre contre le terrorisme » comme un combat entre le «Bien et le Mal ».Au début, le président américain a même utilisé l'expression « croisade », illustrant ainsi son inculture crasse.Pourquoi Michael Moore n'a-t-il pas mis cet extrait dans son film?Fahrenheit 9/11 est enfin sorti aux États-Unis après avoir été acclamé en France.Avec ce film, Moore espère non seulement divertir le public, mais également contribuer à la défaite du président républicain, ce qui en fait un héros international.Il faut tout de suite noter que les Américains n'ont pas attendu le film de Moore pour se retourner contre la guerre en Irak et possiblement contre le président Bush.Pas moins de 54% d'entre eux (contre 44%) considèrent désormais que les États-Unis ont commis une erreur en attaquant l'Irak, selon un sondage Gallup publié la semaine dernière.>Voir HÉTU en A2 Météo Averses en après-midi, maximum 22, minimum 11, plus de détails en page SPORTS 7 SOMMAIRE Astrologie du jour AFFAIRES 10 Àtire-d'aile PLUS 10 Bandes dessinées ARTS 9 Bridge AFFAIRES 12 Décès AFFAIRES 11 Feuilleton ARTS 9 Forum A 13 à 15 Génies en herbe ARTS 8 Grille thématique ARTS 8 Horaire télévision ARTS 6 La presse d'ailleurs PLUS 9 Loteries A 4 Mots croisés ARTS 9 Mot mystère AFFAIRES 11 Observateur AFFAIRES 8 Petites annonces AFFAIRES 8 NNUUMMÉÉRRIIQQUUEE PPHHOOTTOO IMPRESSION PHOTO 3216645A MARIAGE DE BERNARD LANDRY ET DE CHANTAL RENAUD PAGE A3 SUITESDE LA UNE DEMAIN DANS LA PRESSE Tout ou rien ! Tout ou rien, voilà qui résume bien l'expérience vécue par les deux essayeurs du mois du cahier L'Auto, qui ont piloté la Mini Cooper S pendant une semaine chacun.« Tout » lorsqu'on tient compte du plaisir de conduire, mais « rien » si l'on considère le coût de la version essayée : 35 590 $.À lire demain dans le cahier L'Auto AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE Tous les grands moments de la campagne électorale cyberpresse.ca/elections Relisez le clavardage du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe cyberpresse.ca/clavardage Retrouvez les résultats et le calendrier de l'Euro cyberpresse.ca/soccer POUR JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 ABONNEMENT (514) 285-6911 cyberpresse.ca/abonnement 1 800 361-7453 PETITES ANNONCES (514) 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca 1 866 987-8363 DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.«Corruption, taxation et séparation!» HARPER suite de la page A1 La corruption, la taxation et la séparation au sein d'une même administration.» En plein château fort conservateur, Stephen Harper a néanmoins été accueilli hier sur les berges ensoleillées du lac Okanagan par une cinquantaine de manifestants libéraux et néo-démocrates qui ont tenté de perturber son assemblée électorale en brandissant des affiches \u2014 dont une qui le qualifiait de nazi \u2014 et en criant des slogans.Il y a même eu une bousculade entre un agent de la GRC en civil, le constable Reny Calanza, et un manifestant qui brandissait un énorme drapeau américain et qui se trouvait trop près du passage du chef conservateur.La police a procédé à l'arrestation du protestataire.Les manifestants n'ont pas réussi à empêcher M.Harper de parler tant les partisans conservateurs les écrasaient par leur nombre.Ils étaient plus de 300.Bref, M.Harper estime que Paul Martin réalise maintenant qu'il ne peut plus obtenir de majorité demain et que c'est pour cette raison qu'il tend la main aux néo-démocrates.« Je pense que les discussions entre les libéraux et les néo-démocrates ont déjà commencé sur une possible entente », a-t-il dit.Stephen Harper a exhorté l'assistance à ne pas se laisser prendre par ce qu'il a qualifié de « sale accord », affirmant que son parti était le seul qui faisait campagne collé à son programme électoral, contrairement à Paul Martin qui change son fusil d'épaule tous les jours à propos de ses politiques.« Je pense que lorsque les gens votent, a-t-il ajouté, ils doivent savoir pour quoi ils votent.» C'est le désespoir, a estimé M.Harper, qui pousse Paul Martin à dire aux néo-démocrates de se joindre à lui, leur promettant de mettre certaines de leurs politiques en application.« Celui qui dit cela, a commenté le chef conservateur, c'est un homme qui a passé une bonne partie des 10 dernières années à essayer de dire aux conservateurs qu'il était un conservateur et qui encore très récemment, qu'il s'agisse des soins de santé ou de la définition du mariage, avait des positions pas très éloignées des miennes.Soudainement, au lieu de vouloir devenir un clone de Stephen Harper, il veut devenir un clone de Jack Layton.» Le chef conservateur a encore refusé de discuter hier en point de presse de ce qu'il fera s'il est chargé de former un gouvernement minoritaire.« J'ai l'intention très clairement d'obtenir une majorité, a-t-il dit.C'est notre but.Mais peu importe ce qui adviendra, nous allons mettre de l'avant notre programme.De toute façon les Canadiens n'auront pas beaucoup de patience pour les partis qui forceront la tenue d'élections juste après cellesci.M.Harper a reconnu qu'il avait besoin de plus de votes demain pour obtenir une majorité, mais il a affirmé néanmoins qu'il pourrait y avoir des surprises le 28 au soir.Fahrenheit zéro Irak: trois otages turcs menacés de décapitation HÉTU suite de la page A1 Le même sondage donne la victoire au candidat démocrate John Kerry en novembre prochain.Cela dit, une bonne partie de l'Amérique débattra du film « controversé » de Moore, qui escamote une des questions les plus explosives de l'époque, la religion.On comprend Moore de ne pas vouloir s'étendre sur le jihad d'Oussama ben Laden et consorts, qui cherchent à tuer des Américains, à contrarier leurs idées et leurs desseins.Le documentariste engagé ne veut surtout pas compliquer son propos avec un bref aperçu de l'islamisme qui a contribué au 11 septembre 2001.Le simplisme s'impose.Et Cannes, qui hait normalement le simplisme, ovationne le démagogue, s'abaissant à son niveau.La sortie de Fahrenheit 9/11 a donné naissance à un phénomène remarquable au sein de la gauche américaine et européenne, l'apologie vigoureuse de la démagogie.Face à l'énorme propagande de Bush, la manipulation émotive est de rigueur, de même que les demi-vérités, les omissions, voire les mensonges cyniques.En bref, la fin justifie les moyens.Et la fin dont rêve la gauche \u2014 et une bonne partie de la planète \u2014, c'est celle de George W.Bush.« Si on dit la vérité au peuple, la République sera sauvée », dit Michael Moore en citant Abraham Lincoln.Mais le documentariste n'est pas plus intéressé à la vérité que le président Bush.Ainsi, dans Fahrenheit 9/11, l'intervention en Afghanistan est réduite à un mauvais western mettant en vedette Bush dans le rôle du shérif.Un shérif digne de la série de télévision Bonanza.Moore passe sous silence sa propre opposition à cette guerre endossée par la communauté internationale, à l'exception de quelques pays, dont la charmante Arabie Saoudite.L'omission permet au documentariste d'accuser Bush de ne pas avoir envoyé assez de soldats en Afghanistan pour capturer ben Laden.Il faudrait fermer les yeux sur toutes les contradictions de Moore, sous prétexte que Bush est un président épouvantable qui a exploité la peur des Américains pour attaquer l'Irak.En 2000, ce même Moore disait qu'il n'y avait pas de différence entre Bush et son adversaire démocrate, l'ancien vice-président Al Gore.Votez Nader ! conseillait-il à ses nombreux admirateurs en appuyant le candidat du Parti vert.Les démocrates étaient aux abois.Ralph Nader, disaient-ils, allait priver Gore de votes cruciaux.Il en a récolté 96 000 en Floride, où Bush a officiellement gagné par 587 voix.Mais Fahrenheit 9/11 n'en pipe mot.Moore se dit intéressé par les « faits », mais il passe sous silence le messianisme de Bush, qui veut « démocratiser » le Moyen- Orient pour la simple et bonne raison que la « liberté est un don de Dieu ».Il préfère s'éterniser sur le fameux oléoduc américain qui serait le principal objectif de l'intervention en Afghanistan.Le public de Cannes ne se serait certainement pas objecté à une dénonciation du messianisme de Bush.S'il y a quelque chose qui donne de l'urticaire aux Européens, c'est bien cette croyance selon laquelle les États-Unis ont une mission plus ou moins divine d'intervenir dans le monde.Mais Fahrenheit 9/11 évacue cette question centrale qui traverse l'histoire de son pays.Le réalisateur n'est pas distrait ou aveugle.Rusé, il l'est sûrement, comme l'attestent ses montages cinématographiques et ses campagnes promotionnelles.Mais peureux?Il faut croire qu'il pratique l'autocensure, qui est le degré zéro de la liberté d'expression, comme les grands médias qu'il dénonce.IRAK suite de la page A1 « Nous tenons à ces élections et l'une des tâches est de véritablement travailler à y parvenir.Mais la sécurité sera le principal facteur pour savoir si nous pourrons le faire en janvier, en février ou en mars », a-t-il déclaré.En soirée, la télévision qatariote Al-Jazira a diffusé un message vidéo sans son attribué à Tawhid wal jihad (Unification et guerre sainte), le groupe d'Abou Moussab Al-Zarqaoui, lié à Al-Qaeda, montrant les trois otages assis par terre et tenus en joue par deux hommes armés.Le présentateur a lu un communiqué attribué au groupe affirmant qu'il « retient en otage trois employés turcs qu'il va décapiter dans 72 heures si la Turquie ne retire pas toutes ses entreprises travaillant avec les forces d'occupation » en Irak.Al-Jazira a diffusé le 22 juin une séquence d'une vidéo envoyée par des membres du groupe Zarqaoui authentifiant la décapitation de leur otage sud-coréen, après l'expiration de leur ultimatum à Séoul.Ils exigeaient que son pays renonce à envoyer 3000 soldats en Irak à partir d'août, ce que la Corée du Sud a refusé.À Hilla, à 100 km au sud de Bagdad, un attentat a fait au moins 32 morts et 22 blessés ainsi que des dégâts matériels importants, selon Al-Jazira.L'explosion qui s'est produite au centre-ville a détruit une dizaine de véhicules.« Nous soupçonnons qu'il s'agit d'une voiture piégée », a déclaré le général Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations militaires en Irak.Auparavant, des partis politiques ont été visés à Baaqouba, au nordest de Bagdad, deux jours après des attaques sanglantes à travers les bastions sunnites au nord et à l'ouest de la capitale, revendiquées au nom du réseau Zarqaoui.Le général Kimmitt a estimé que les attaques se poursuivraient même si la « cible numéro un », Abou Moussab Al-Zarqaoui, était éliminée.À Baaqouba, des assaillants, dont un kamikaze, ont attaqué le siège d'un parti chiite représenté au sein des instances mises en place par la coalition, le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), tuant quatre personnes et en blessant deux autres.Des membres du CSRII ont indiqué avoir perdu trois gardes et ont montré le corps d'un kamikaze portant un système de minuterie.Peu de temps après, le siège de l'Entente nationale, le parti de M.Allaoui, a été dynamité par des hommes armés, mais aucune victime n'a été signalée.L'Adirondack retiré de la circulationmercredi?Précisions Pierre Pettigrew Contrairement à ce qui était indiqué dans notre article Les gains possibles du Bloc, en page A31 de notre numéro d'hier, le ministre Pierre Pettigrew a remporté la circonscription de Papineau\u2014 Saint-Denis en 2000 par une majorité de 12 176 voix et non de 8025 voix tel qu'indiqué erronément.Nos excuses.ADIRONDACK suite de la page A1 « Nous avons bien voulu continuer à exploiter le train, de bonne foi, précise M.Stessel.Mais le problème, c'est que nous n'avons toujours pas reçu d'argent.Lorsque vous ne payez pas votre hypothèque, on saisit la maison.C'est la même chose avec le train : si l'État ne paye pas, on le retire.La date butoir est fixée à mercredi.« Si rien n'est fait d'ici là, nous commencerons à annoncer aux passagers la suppression du service à partir de la fin septembre », a indiqué M.Stessel.Joint vendredi, le département de Transport de l'État de New York était furieux que l'entreprise ferroviaire ait violé l'entente de confidentialité entre les deux parties.Cela dit, les autorités soutiennent ne pas avoir reçu à temps les renseignements nécessaires pour verser à nouveau la subvention.« Nous n'avons eu les documents qu'au cours des derniers jours, a indiqué Jennifer Post, porte-parole.Ce lien avec Montréal est pour nous très important.Nous allons donc agir le plus rapidement possible pour qu'il soit maintenu.» Depuis l'abandon du Montrealer \u2014 un service quotidien de nuit entre les deux villes \u2014 par Amtrack, en décembre 1994, l'Adirondack est le seul lien ferroviaire entre Montréal et New York.Il s'agit d'une longue balade d'une dizaine d'heures qu'affectionnent tout particulièrement les skieurs, puisque le train s'arrête dans huit villages de la région montagneuse qui sépare Albany de Plattsburgh.Ce lien ferroviaire est aussi très populaire en raison de son caractère hautement panoramique.Il y a quelques années, le magazine National Geographic a d'ailleurs classé cette promenade ferroviaire parmi les 10 plus belles au monde.Mais au-delà de la beauté du parcours, il y a évidemment des impacts financiers pour Montréal, croit l'organisme Transport 2000.« Je ne crois pas que l'impact économique de ce lien ait été quantifié, mais il est indéniable que le potentiel de Montréal diminue, a indiqué le directeur, Normand Parisien.Si vous ajoutez à cela l'appréciation du dollar canadien, ce n'est pas une bonne nouvelle.Et ce n'est pas de bon augure pour le TGV entre Montréal et New York.» En mai 2002, dans le cadre du Sommet économique Québec-New York, le commissaire au département des Transports de l'État de New York, Joseph Boardman, avait annoncé le lancement d'une étude préliminaire de faisabilité en vue de l'implantation d'un train à haute vitesse entre les deux villes.Il semble toutefois que M.Parisien ait vu juste puisque, selon Dan Stessel, d'Amtrack, cette idée s'est récemment heurtée à un mur : « Il y a deux ou trois semaines, l'État nous a dit que les discussions à ce sujet étaient dans une impasse, a-t-il soutenu.Il n'y a donc plus aucune excuse de ne pas payer pour l'Adirondack.» Mais selon l'État de New York, les discussions se poursuivent « pour que le temps de parcours entre les deux villes soit plus court », selon Mme Post.Donc, l'idée du TGV est abandonnée?«Non.mais nous regardons aussi d'autres solutions », at- elle ajouté, hésitante.Salma Yaqoob Une erreur s'est produite en page A8 de notre numéro d'hier.La photo qui apparaît est celle de Mme Salma Yaqoob et de son fils Aslan, 2 ans.Mme Yaqoob est étudiante au doctorat en psychologie et est devenue une véritable leader du mouvement antiguerre en Angleterre.Elle parcourt le monde pour dénoncer la guerre.Nos excuses.CLSC Cité dans un article intitulé «Des CLSC privés de médecins» en page A7 de notre numéro d'hier, le Dr Vania Jimenez, chef de médecine générale au CSLC Côte-des- Neiges, tient à apporter la précision suivante : «Seul le modèle de médecine multidisciplinaire, modèle qui a cours actuellement dans les CLSC avec des équipes médicales, peut assurer la prise en charge de clientèles vulnérables, dont celles des réfugiés, et cela en comparaison avec un modèle de médecine principalement axé sur le sans rendez-vous, comme dans certaines polycliniques ». ACTUALITÉS PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Bernard Landry et Chantal Renaud n'ont pas été avares de baisers, hier, à leur sortie du Manoir ancestral de Verchères où ils se sont mariés.Bernard Landry dit «oui» Le chef du Parti québécois a uni sa destinée, hier, à celle de Chantal Renaud CAROLINE TOUZIN Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, était le plus heureux des hommes, hier, en raison d'un « oui ».le « oui, je le veux » prononcé par sa compagne depuis près de quatre ans, l'artiste Chantal Renaud.« Les mots bonheur et amour sont les seuls qui conviennent aujourd'hui », a affirmé hier un Bernard Landry radieux, à la sortie du Manoir ancestral de Verchères où il a uni sa destinée à celle de Mme Renaud.La chanteuse, comédienne et scénariste ayant déjà été mariée, le couple est passé devant le notaire Jacques Blondin, un ami de M.Landry.Le chef de l'opposition à l'Assemblée nationale a perdu sa première femme il y a cinq ans.Lorraine Laporte, une juriste, est décédée après avoir partagé 40 ans de sa vie avec le politicien.Le curé de l'église située tout près du Manoir a tout de même fait sonner les cloches à la fin de la cérémonie vers 16 h 30 faisant plaisir aux mariés et à la quarantaine de personnes venues voir le couple célèbre en ce samedi après-midi plutôt gris.La cérémonie se voulait intime.Une quinzaine de proches seulement ont été invités à y assister.La comédienne et grande amie de Mme Renaud, Louise Latraverse, a servi de témoin à la mariée, tandis que Julie, l'aînée des trois enfants de M.Landry, était témoin pour son père.« C'était très émouvant.Tout le monde pleurait, même le notaire », a confié à La Presse le seul fils de M.Landry, Philippe.Avant de se diriger vers sa résidence de Verchères où ont été conviés une centaine d'amis du couple pour une fête champêtre, M.Landry a tenu à serrer la main de tous les badauds, dont plusieurs de ses électeurs, amassés devant le Manoir.« On l'aime, il est tellement gentil », ont lancé Norbert et Pierrette Côté, venus de Saint-Hubert pour le voir.« Notre futur premier ministre », a crié une autre dame sur place.M.Landry portait un « habit de travail », comme il aime le dire, très simple avec une cravate bleue.Sa complice, elle, était vêtue d'une robe courte en soie de couleur champagne du créateur québécois Denis Gagnon.Le politicien s'est servi de sa voiture de tous les jours conduite par son chauffeur pour se rendre au mariage.Gilles Vigneault est venu chanter deux de ses oeuvres les plus célèbres durant la fête champêtre soit Gens du pays et Les gens de mon pays.Mme Renaud avait aussi concocté une surprise à son mari en invitant Ted Moses, grand chef des Cris et artisan de la paix des Braves signée il y a un peu plus de deux ans, alors que M.Landry était encore premier ministre.Et lorsque le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est arrivé en compagnie de sa conjointe chez M.Landry en début de soirée, tous les invités se sont levés spontanément pour l'applaudir.Plusieurs anciens ministres péquistes étaient aussi présents dont Agnès Maltais, Louise Harel, André Boisclair et Sylvain Simard.Le couple partira en voyage de noces le 2 juillet.Destination : l'Europe.Durant les deux premières semaines, M.Landry et Mme Renaud seront accompagnés de l'une des quatre petites-filles de M.Landry, Gabrielle.Le politicien respecte ainsi la tradition familiale d'offrir un voyage en France à chacun de ses enfants et de ses petitsenfants lorsqu'ils atteignent l'âge de 12 ans.Il remettra ensuite l'enfant à ses parents pour passer deux autres semaines, seul avec Chantal Renaud, en Italie, l'endroit où le couple est allé lorsque leur amour était encore naissant.En attendant le voyage, M.Landry surveillera de près les résultats des élections fédérales demain soir.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Les mariés étaient radieux, hier, même si le soleil, lui, a été plutôt timide.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Pascale Landry, la fille de M.Landry, et son conjoint, Maxime Pedneault- Jobin, sont arrivés à la cérémonie avec leurs filles Marguerite et Clémentine, visiblement intimidées par la présence des médias.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © La présence du grand chef des Cris, Ted Moses, accompagné de sa femme, constituait l'une des surprises de la soirée réservées par Chantal Renaud à son mari, lors de la fête champêtre dans leur résidence de Verchères. ACTUALITÉS L'impérialisme des coulisses Bras de fer entre l'UNESCO et les États-Unis sur la diversité culturelle JUDITH LACHAPELLE En Corée du Sud, il y a trois semaines, les partisans de la diversité culturelle se sont extasiés devant leur pays hôte, qui impose un quota de 30% de films coréens aux cinémas du pays pour compenser l'envahissement des superproductions hollywoodiennes.À la fin de la conférence, par contre, le président sudcoréen a dû admettre que le quota allait probablement être bientôt sacrifié à cause de pressions économiques exercées.par les Américains.Louise Beaudoin, ancienne ministre du gouvernement péquiste, était dans la salle.«Nous étions absolument éblouis devant leur magnifique politique culturelle, a-t-elle raconté hier en entrevue.Mais nous savions qu'il y a des négociations en cours avec les États-Unis pour un accord sur les investissements.Le président Roh nous a dit qu'il ne voyait pas comment il pourrait résister aux Américains.» Ainsi se battent à armes inégales les milieux culturels du monde entier pour tenter de faire échec aux États- Unis.Ces derniers sont engagés dans une course pour lever, dans un maximum de pays, toute mesure de protection de la diversité culturelle avant que ne commencent cet été les discussions de la convention sur la diversité culturelle de l'UNESCO.Louise Beaudoin sillonne actuellement le monde en vertu d'un mandat que lui a confié le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Abdou Diouf.Elle est accompagnée dans sa croisade de deux autres anciens ministres de la Culture de la francophonie, soit la Française Catherine Tasca et le Libanais Ghassan Salamé.Le but : convaincre les gouvernements de ne rien céder aux Américains sur le plan de la diversité culturelle avant que la convention de l'UNESCO ne soit signée.Ce traité, s'il est appuyé par une majorité de pays, devra permettre aux gouvernements d'adopter des lois pour protéger la diversité culturelle sur leur territoire, des lois comme celles qui, au Canada, imposent des quotas de chansons francophones aux radios québécoises, et de contenu canadien aux chaînes de télévision du pays.Prochaine destination de Louise Beaudoin: le Brésil, acteur incontournable, avec l'Argentine, de l'Amérique du Sud.« Il faut que le Brésil résiste, c'est la clef de l'Amérique latine », dit-elle.Que le Costa Rica ait déjà signé un traité sur la libéralisation des échanges culturels avec les Américains est malheureux, dit Mme Beaudoin, mais pas aussi dramatique que si le Brésil et sa riche cinématographie faisait la même chose.Le combat que mène la francophonie est le même que celui des hispanophones ou des arabophones.Dans le premier cas, souligne Louise Beaudoin, l'élection d'un nouveau gouvernement en Espagne a fermement établi le pays comme leader parmi les hispanophones.Chez les Arabes, par contre, la volonté de se battre semble encore tiède, surtout avec la signature de « la pire des ententes » par le Maroc, dit Louise Beaudoin.La Tunisie, l'Algérie, le Liban sauront-ils tenir tête aux États-Unis ?L'Australie, en apparence, semble avoir protégé sa politique culturelle.« Ils ont accepté que les Australiens maintiennent leur politique existante, dit Louise Beaudoin.Mais dans le fond, ce que dit cette entente entre l'Australie et les États-Unis, c'est que les Australiens ne pourront plus hausser leur quota de contenu australien à la télé, à moins que les Américains acceptent ! » « Ça va être un choc frontal avec les Américains, résume Mme Beaudoin.Il y aura des pays européens qui vont se battre à la vie à la mort.On espère aussi que le Canada va suivre.» D'ici environ deux semaines, l'UNESCO publiera le texte du traité qui servira de base à la négociation.Mais d'ici la signature, à l'automne 2005, combien des 189 pays membres de l'UNESCO auront déjà abandonné toute politique de protection culturelle en échange d'investissements économiques?Heureusement, estime la diplomate, avec la campagne électorale américaine, « je pense qu'on peut avoir espoir que les Américains vont ralentir le pas ».« Ils l'ont beaucoup accéléré dernièrement pour signer tout ce qu'ils pouvaient signer, mais le Congrès doit maintenant les ratifier », dit-elle, en soulignant que le Congrès critique ce genre d'ententes, qui causent le déplacement d'emplois locaux à l'étranger.« On va pouvoir souffler et faire en sorte que nos alliances en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud se solidifient et qu'on arrive à l'UNESCO à l'automne 2005 avec un bloc de pays majoritaire.» « C'est comme une campagne électorale, mais à l'échelle mondiale ! » s'esclaffe l'ex-députée.Et la mission des envoyés de la francophonie ne s'arrête pas aux membres de l'UNESCO ; elle vise également à diffuser la nouvelle en terrain « ennemi ».Avec la grogne mondiale face au bourbier irakien, la campagne électorale américaine qui prend son envol et la sortie médiatisée de Fahrenheit 9/11, le nom du cinéaste Michael Moore est rapidement évoqué.« C'est évident que quelqu'un va le pressentir », dit Louise Beaudoin, qui cite également le nom d'un autre cinéaste engagé, Woody Allen.«À mon avis, les Américains n'accepteront jamais un traité sur la diversité culturelle qui sera significatif.C'est pour ça qu'on aura besoin d'alliés américains qui vont écrire dans les journaux et qui feront un peu contrepoids, des personnalités politiques, des intellectuels.CÉLÉBRITÉS.MURIELLE ET ROSAIRE CHAPUT 50e anniversaire de mariage Félicitations à vous deux! Vous êtes une source d'inspiration pour nous tous.Vos enfants qui vous aiment.28 JUIN 1944 RITA ÉMARD ET ARMAND BRUNET DISENT OUI Ils étaient jeunes, ils étaient beaux.NOUS VOUS AIMONS Vos enfants, leurs conjoints, leurs enfants.MARIE-CATHERINE SARRAT-VÉZINA FÉLICITATIONS! Pour l'obtention de ton baccalauréat en ORTHOPÉDAGOGIE De tous ceux qui t'aiment et qui sont fiers de toi.Composez le (514) 285-6999 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER?tous les dimanches dans la Presse LUCY MOUSSEAU! BONNE FÊTE MON AMOUR! Ton mari pour la vie, Pierre A.B.xxx P.S.Merveilleux 60e à M.Serge Robillard.50e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE ( 19 juin 1954) JACQUELINE LATULIPPE ET MICHEL DRAGON se mariaient à St-Ours.Félicitations de toute la famille.CÉLÉBRITÉS.PHILIPPE SCHNOBB A 40 ANS AUJOURD'HUI BONNE FÊTE ET BRAVO De nous tous qui t'aimons et t'admirons PAPA MADELEINE LANOUETTE ET ROBERT BERNARDI (1er juillet 1954) Pour votre 50e anniversaire de mariage Félicitations et voeux les plus affectueux De votre fille.DOCTEUR MARIE-FRANCE PELLETIER FÉLICITATIONS! Pour l'obtention de ton Doctorat en « Médecine familiale » avec tout ton panache qui te caractérise Tes parents, ton frère et ta soeur.50e ANNIVERSAIRE C'est avec honneur que tous vos enfants et petits-enfants s'unissent pour souligner vos 50 ans de vie commune.Félicitations à Jean-Louis et Gisèle.Nous vous aimons.SINCÈRES FÉLICITATIONS! LUCIENNE ET PHILIPPE MASSÉ 50e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE (26 juin 1954) De vos enfants et petits-enfants.CÉLÉBRITÉS 270604 PHOTOALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE © L'ex-ministre péquiste Louise Beaudoin sillonne actuellement le monde en vertu d'un mandat que lui a confié le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO NUMÉRO Tirage du Tirage du Tirage du Tirage du Ventes totales: Prochain gros lot (appr.): Participation gratuite Complémentaire: 7/7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 GAGNANTS LOTS Complémentaire: Complémentaire: (21) 2004-06-26 2004-06-26 Tirage du 2004-06-26 Tirage du 2004-06-25 Tirage du 2004-06-25 (42) 2004-06-26 2004-06-26 (11) 12 901 660 $ 2 500 000 $ 5 000 000,00 $ 240 187,90 $ 2 101,60 $ 157,70 $ 10,00 $ 10,00 $ DES GROS LOTS PLUS GROS, PLUS SOUVENT La leçon de Westmount STÉPHANE LAPORTE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE stephane@stephanelaporte.com Le 4 novembre 2001, Westmount a été annexé à Montréal.Le 21 juin 2004, Westmount s'est séparé de Montréal.Il aura fallu 31 mois au mouvement séparatisme de Westmount pour arriver à ses fins.Si tous les Québécois étaient aussi efficaces, le Québec serait séparé du Canada depuis février 1870.134 ans plus tard, on est encore en train d'essayer.C'est quasiment honteux.Se faire faire la leçon par les plus farouches partisans du NON.Les gens de Westmount y'ont pas tatawouiné.Y'ont pas niaisé avec le puck.Pourtant on leur a sorti tous les beaux arguments.L'union fait la force.L'avenir appartient aux grandes villes.La défusion est néfaste économiquement.They don't care ! Réalisez-vous que des anglophones riches ont préféré l'appartenance à leur ville que les avantages monétaires ! Ils ont préféré le coeur plutôt que le cash.Leur maire Trent a été massacré lors des deux débats par le maire Tremblay.Non mais, entre vous et moi, faut vraiment défendre une cause pourrie pour être mis en boîte par Gérald Lagaffe.Mais they don't care ! Même si la raison disait de voter contre les défusions, les gens de Westmount ne l'ont pas écoutée.Ils voulaient juste être chez eux.Tant pis si c'est coûteux, à contre-courant et indéfendable.Phoque la mondialisation ! Westmount aux Westmountais.That's it ! C'est sûr qu'ils auraient pu voter NON aux défusions, et passer leur temps à se plaindre.À chialer contre Montréal, tout en en faisant partie et en profitant des avantages.Des poètes westmountais auraient écrit des chansons contestataires : «People of the town, it is your turn.» Tous les ans, le jour de la fête de Westmount, ils se seraient réunis sur le flanc ouest de la Montagne, pour branler le drapeau de leur arrondissement, en criant : « Un jour, on l'aura notre ville ! ».Ils auraient même pu créer un parti au conseil municipal de Montréal, le Bloc des blôques qui aurait défendu les intérêts des gens de Westmount dans la grosse ville de Montréal.Ce parti n'aurait jamais pu prendre le pouvoir car il n'aurait eu des candidats que dans l'arrondissement de Westmount.Les gens de Westmount auraient passé leur temps dans l'opposition, à dire que tout est de la faute du municipal.Mais en payant moins de taxes.Ils ne l'ont pas fait.La question du référendum avait beau être toute croche et pas claire.Les conditions du démembrement être désavantageuses.They don't care ! N'importe quoi pour que Westmount ait plus de pouvoir qu'avant.Les anglophones riches ont dit YES, parce qu'ils ne diront jamais NO à eux-mêmes, tout simplement.Nous autres, on regarde tout ça, et on est un peu surpris.Abasourdis.Parce que ça fait 50 ans que les gens de Westmount nous disent que notre nationalisme est dépassé.Qu'on est mieux dans le grand Canada.Qu'il faut penser BIG.On se trouvait même un peu épais d'être si attachés à notre langue et à notre nation.On se disait que ça devait être parce qu'on était francophones.Latin.Trop sentimentaux.On luttait contre notre nature.Et voilà que lorsque les anglophones font face au même dilemme, bingo, ils se séparent.Pis pas à 51% contre 49 %.Non, par une majorité écrasante.Ne laissant place à aucun doute.Westmount veut être une ville.Pas un quartier.Une décourageante conclusion s'impose : pour que l'indépendance du Québec se réalise, il faudrait que les anglophones s'en occupent.Tous les leaders des mouvements souverainistes du Québec devraient aller en stage à la mairie de Westmount.Apprendre que l'autonomie, ça doit être un réflexe.Pas quelque chose de réfléchi, de compliqué, d'étapisé, de camouflé.Tout le monde a dit aux gens de Westmount que le démembrement était pour être un paquet de troubles.They don't care ! Ils ont eu beau perdre tous les débats.Ils s'en foutent.Ils ne veulent pas avoir raison.Ils veulent être chez eux.C'est ce réflexe que nous n'avons pas.On l'a seulement le 24 juin.Dans le parc Maisonneuve.Quand Paul Piché chante le Québec souverain.On crie OUI ! Tout la gang ! Wow! Quel peuple révolutionnaire ! Le problème, c'est que personne nous opprime.Personne nous empêche d'être souverain.Si on voulait l'être, on le serait.Par deux fois, on avait juste à dire oui.Et on a dit non.Les gens de Westmount n'ont pas eu besoin de trois référendums.Arrêtons d'être schizophrènes.De voter NON et de se peinturer en bleu à la Saint-Jean.Soyons Canadiens ou Québécois.Mais arrêtons de nier ce que nous avons décidé d'être et d'idéaliser ce que nous refusons toujours de devenir.Sur ce, bonnes élections demain.Et que le moins pire gagne ! llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Ce n'est pas demain que les lunettes de lecture vont cesser de se vendre Il n'existe pas de solution miracle à la presbytie PASCALE BRETON Las des lunettes de lecture qu'ils doivent traîner partout, ennuyés par leur difficulté à déchiffrer le menu au restaurant ou un numéro dans l'annuaire téléphonique, beaucoup de baby-boomers recherchent la solution miracle à la presbytie.Mieux vaut le préciser tout de suite : elle n'existe pas.Du moins pas encore.Conscients du fait que le marché est prometteur \u2014 après tout, 100 % des gens deviennent presbytes \u2014, les compagnies s'activent toutefois à mettre au point de nouveaux traitements.À ce jour, certaines lentilles cornéennes de même que certains traitements au laser permettent de corriger la presbytie.Ces solutions demeurent encore des béquilles, mais elles permettent tout de même d'améliorer la vision de près pour un certain temps, explique le Dr Michel Podtetenev, spécialiste de la question à la clinique Ophtalmolaser et responsable de la section laser à l'Association des médecins ophtalmologistes du Québec.« La presbytie est un problème un peu plus complexe que la myopie, qui fait qu'avec l'âge on perd la capacité de zoomer.Si on veut redonner le pouvoir d'accommodation, il faudrait qu'on soit capable de rendre le cristallin souple comme avant », décrit-il.De plus en plus de patients se tournent vers le procédé de monovision, une technique qui permet de corriger l'oeil dominant pour voir de loin et l'oeil dominé pour la vision de près.Plusieurs techniques peuvent alors être utilisées : le port de lunettes, de lentilles cornéennes ou une opération au laser.Aux États-Unis, de plus en plus de presbytes se tournent aussi vers la kératoplastie, une opération qui permet de modifier une partie de la cornée.« Le problème est la régression, explique le Dr Podtetenev en émettant certains bémols face à ce procédé.C'est bon sur le coup, mais les fils de collagène ont ensuite tendance à reprendre leur place.C'est probablement moins permanent qu'une opération au laser, mais c'est une technique intéressante.» Le spécialiste préfère pour sa part le laser.Encore là, tous les patients ne sont pas de bons candidats à la monovision.« Nous ne cherchons pas la pleine correction de la vision de près.Ça peut arriver, mais plus nous faisons de différence entre les deux yeux, moins bonne est la vision de loin.C'est un espèce de compromis », ajoute M.Podtetenev.Les meilleurs candidats pour cette technique sont d'ailleurs les hypermétropes, qui ne voient parfaitement ni de loin ni de près.Il y a six ans et demi, Francine Sabourin a tenté l'expérience.Elle ne le regrette pas aujourd'hui.« Vers l'âge de 44 ou 45 ans, lorsqu'on porte des verres de contact, il faut aussi commencer à porter les petites lunettes, qu'il faut constamment enlever ou remettre.C'était fatigant et pas du tout fonctionnel », se souvient-elle.Signe que ce problème de vision touche un nombre important de personnes, la chaire industrielle CRSNG-Essilor sur la presbytie et la perception visuelle a été mise sur pied il y a deux ans à l'Université de Montréal.Elle s'intéresse principalement aux problématiques de la correction de la vision et aux conséquences qu'elles entraînent sur le comportement.« La presbytie est un problème immense qui va être de plus en plus d'actualité avec les baby-boomers qui vieillissent mais restent actifs.Pour eux, la vision de près est très importante, pour lire ou travailler à l'ordinateur », indique le directeur de la chaire, Jocelyn Faubert.Si les recherches sont de plus en plus poussées \u2014 les compagnies tentent notamment de mettre au point une lentille permanente qui pourrait remplacer le cristallin \u2014, ce n'est pas demain que les lunettes de lecture vont cesser de se vendre.Il faudra probablement encore quelques années avant qu'une technique permanente et efficace pour tous soit implantée.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Dans les bras de Anna-Lisa Baxendale, Happy devrait être adopté d'ici ce soir.Une quinzaine de refuges se sont réunis cette fin de semaine pour offrir aux amoureux des bêtes une cinquantaine de chiens, chats et hamsters abandonnés.Adopter un animal, c'est possible CAROLINE TOUZIN Chloe Dickson n'a peut-être que deux ans, mais elle sait ce qu'elle veut.Elle cherche un ami pour Boston, son chien, un beau terrier Wheaton d'un an son aîné.Son père, Thomas, n'a pas voulu acheter une nouvelle petite bête dans une animalerie.Il a plutôt décidé de faire comme près de 300 personnes, hier, et de se rendre au premier marathon d'adoption d'animaux domestiques à Pointe-Claire.« C'est fantastique.On donne aux animaux abandonnés une deuxième chance d'avoir une vie dans une famille », lance M.Dickson tout en jetant un coup d'oeil à son bébé de trois mois, Keean, qui dort à poings fermés malgré tous les jappements des chiens.Une quinzaine de refuges d'adoption se sont réunis sous la grande tente du parc Alexandre-Bourgeau pour offrir aux amoureux des bêtes une cinquantaine de chiens, chats et hamsters abandonnés par leur propriétaire.Ils sont tous en bonne santé et stérilisés.L'événement se poursuit aujourd'hui de 11h à 16h.Ce marathon nommé « Les quatre pattes à l'air » est le premier du genre au Québec.Il a été imaginé essentiellement pour sensibiliser les gens au fait que chaque année, près de 500 000 chats et chiens sont abandonnés au Québec, la majorité durant la période des déménagements, selon la Société québécoise de défense des animaux.« Cette semaine, des gens m'ont amené deux ou même trois animaux de compagnie à la fois.Un peu avant le 1er juillet, c'est toujours une période très dure pour les bêtes », raconte Claudine Perret, propriétaire de la Chaumière pour quatre pattes à Notre-Damede- Stanbridge, près de Bedford, et participante à l'événement.Les animaux qui se retrouvent dans les refuges d'adoption se vendent de deux à trois fois moins cher que dans les animaleries et répondent aux mêmes critères de santé, selon Johanne Tassé, l'une des bénévoles de l'événement.Aussi responsable du marketing chez Animatch, un service d'adoption de chiens, elle vend ses toutous 150 $, vaccinés et inspectés pour qu'ils n'aient aucun vers.Plusieurs propriétaires de refuges d'adoption veulent combattre le préjugé que seuls les chiots peuvent s'adapter à leur nouvelle famille.Lucie Girard, rencontrée sous la tente, encore triste d'avoir perdu son chien il y a moins d'un mois, en est déjà convaincue.« Ceux qui sont adoptés plus vieux font de meilleurs animaux de compagnie.On n'a pas à les entraîner à être propres.Le plus gros est fait », affirme-t-elle.Des vétérinaires et la Société de prévention contre la cruauté envers les animaux sont aussi sous la tente pour donner des conseils.Ils peuvent vous fournir des références si jamais vous voulez vous débarrasser de votre animal, mais ils ne sont pas en mesure de les recueillir sur place.Les systèmes GPS et Galileo seront compatibles ASSOCIATED PRESS ENNIS, Irlande \u2014 L'Union européenne et les États-Unis ont conclu hier un accord de coopération entre le GPS et Galileo, permettant aux deux systèmes de radionavigation de cohabiter et de doubler ainsi la capacité de positionnement offerte par les satellites.Le texte a été paraphé par le ministre irlandais des Affaires étrangères, Brian Cowen, dont le pays achève d'exercer la présidence tournante de l'UE, la commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio, et le secrétaire d'État américain, Colin Powell, au début du sommet UE-É.U.en Irlande.« Aujourd'hui, nous confirmons notre engagement à développer une technologie clé qui apportera des bénéfices significatifs à notre avenir commun », a salué Mme De Palacio, précisant que cet accord va permettre de doubler le nombre de satellites de radionavigation.Pour M.Powell, il va donner des « opportunités majeures à la recherche scientifique et à l'ingénierie ».Loyola de Palacio a expliqué que, muni d'un seul récepteur, l'utilisateur pourra désormais accéder en même temps au système GPS américain et au Galileo européen.À l'origine, le Pentagone avait critiqué Galileo en expliquant qu'il y aurait des risques d'interférence avec la prochaine génération GPS actuellement mise au point pour l'armée américaine.Avec cet accord, le signal à usage civil retenu par le système européen ne risquera pas de chevaucher le signal militaire américain.D'un coût de 3,6 milliards d'euros, Galileo doit entrer en fonctions en 2008.Ses 27 satellites permettront de plus que doubler la couverture aujourd'hui offerte par le système GPS.Selon Brian Cowen, Galileo pourrait « créer plus de 150 000 emplois rien qu'en Europe ».Galileo devrait proposer des services payants pour des applications dont le degré de précision sera bien supérieur à celui offert par le GPS civil.Du côté de l'Union européenne, on envisage des prestations spéciales réservées aux corps gouvernementaux tels que les services de renseignements et les forces de sécurité.Chaque année, près de 500 000 chats et chiens sont abandonnés au Québec.PHOTO JOHNGILES, AGENCE FRANCE-PRESSE Le secrétaire d'État, américain Colin Powell, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Brian Cowen et la commissaire européenne aux Transports, Loyola de Palacio ont paraphé hier l'accord permettant aux deux systèmes de cohabiter. ÉLECTIONS 2004 BILANS LA CAMPAGNE VUE PAR LES QUOTIDIENS GESCA PAGES A8 ET A9 RETOUR SUR LES SONDAGES ET CE QU'ILS PRÉVOIENT PAGE A10 Dernier sprint de Martin Le chef libéral parcourra une dernière fois le pays dans l'espoir de coiffer les conservateurs JOËL-DENIS BELLAVANCE TORONTO \u2014 Déterminé à coiffer le Parti conservateur au fil d'arrivée demain soir après une bataille électorale de 36 jours, le chef du Parti libéral, Paul Martin, s'imposera un horaire de campagne de 24 heures sans arrêt à partir de ce matin afin de permettre à ses troupes de former le prochain gouvernement.M.Martin, qui était manifestement de bonne humeur hier après qu'un dernier sondage EKOS-La Presse-Toronto Star eut démontré que le PLC détient une avance suffisante dans les intentions de vote pour espérer former un gouvernement minoritaire, a même cru bon de s'excuser auprès des journalistes hier avant d'entreprendre ce voyage épuisant en cette dernière journée de la campagne électorale.Le chef libéral fera donc campagne ce matin à Halifax, effectuera un arrêt à Gatineau et reprendra ensuite la route vers Vancouver où il veut donner un dernier coup de main aux candidats de la Colombie-Britannique.Dans cette province qui compte 36 sièges à Ottawa, le Parti libéral est engagé dans une féroce lutte à trois dans plusieurs circonscriptions qui pourraient déterminer la couleur du prochain gouvernement.M.Martin, ses proches collaborateurs et les journalistes effectueront ensuite un vol de nuit pour rentrer à Montréal aux petites heures demain matin afin d'attendre le verdict des électeurs.« L'Ouest canadien est une région qui me tient à coeur.Tout le monde le sait.Nous demandons souvent aux Canadiens vivant dans l'ouest de venir tout le temps dans l'est du pays.Je crois qu'il est important que nous nous rendions là-bas à nouveau », a déclaré M.Martin au cours d'un point de presse impromptu dans un hôtel de Toronto.M.Martin s'est présenté dans la pièce armé de trois boîtes de beignets dans l'espoir d'amadouer des journalistes incrédules devant le long voyage qui les attend.« Je suis allé dans les Provinces atlantiques, je suis allé au Québec et en Ontario.Je croyais qu'il était essentiel, parce que c'est ma vision du Canada, de retourner en Colombie-Britannique.Nous sommes un pays et je crois que cela fait partie de ma vision d'ensemble.Aussi, c'est une campagne qui est très serrée.Je ne tiens rien pour acquis.Je n'aurais pas eu l'âme en paix si je n'avais pas donné tout ce que j'avais jusqu'à la fin pour obtenir tous les votes possible.Les deux prochains jours seront extrêmement importants pour déterminer l'issue de ces élections », a-t-il ajouté.Hier, M.Martin a pris un bain de foule en matinée à Brampton avant de se rendre à Saint-Jean, au Nouveau- Brunswick, et à Fredericton.Durant un point de presse dans une galerie d'art à Brampton, il a continué d'attaquer Stephen Harper en soutenant que le chef du PC n'hésitera pas un instant à affaiblir la Charte des droits et libertés s'il prend le pouvoir demain.M.Martin a affirmé que les propos du député conservateur Randy White, qui a vertement critiqué les tribunaux qui utilisent selon lui la Charte des droits et libertés pour accorder des droits à des groupes marginaux, est la preuve que le PC cache ses véritables intentions depuis le début de la campagne.M.White, qui a aussi affirmé qu'un gouvernement conservateur utiliserait à profusion la clause dérogatoire pour freiner cette propension des tribunaux à donner de nouveaux droits, a tenu ces propos controversés durant une entrevue accordée à un réseau de télévision quelques jours avant le déclenchement des élections.M.Martin a souligné que M.White était le dernier des candidats conservateurs en lice à mettre en doute les acquis sociaux au pays depuis le début de la campagne électorale après Scott Reid (bilinguisme), Rob Merrifield (avortement), Cheryl Gallant, (avortement) et d'autres « qui seront à l'avantplan d'un cabinet Harper ».«M.White s'en est pris à la Charte des droits et libertés.Il a fait ce que Stephen Harper a désespérément tenté d'éviter durant toute cette campagne électorale.Il s'en est tenu à l'ordre du jour du PC.Il a indiqué qu'un gouvernement conservateur mettrait en doute les droits garantis par la Charte, des droits que nous considérons tous comme sacrés, des droits chéris par tous les Canadiens et les Canadiennes, des droits considérés comme des piliers de notre démocratie », a précisé M.Martin.Le chef libéral a soutenu que les électeurs doivent rejeter en bloc le parti de Stephen Harper qui cherchera, selon lui, à utiliser de « façon fréquente et capricieuse » la clause dérogatoire afin d'imposer ses volontés politiques.« Retirer des droits et libertés à une minorité ou à des individus, même avec prudence, c'est se distancer de la tradition de leadership national avec lequel chaque premier ministre a fait sa marque, peu importe ses liens politiques.Une telle situation est non seulement inimaginable, elle est impensable et inacceptable », a déclaré M.Martin.PHOTO JIM YOUNG, REUTERS Paul Martin a tenté, hier à St.Stephen au Nouveau-Brunswick, de se cacher derrière Gabriel Mc Graw, 8 ans, qui portait sur la tête le tricolore étoilé à l'occasion du 400e anniversaire de l'Acadie.«Je n'aurais pas eu l'âme en paix si je n'avais pas donné tout ce que j'avais jusqu'à la fin pour obtenir tous les votes possible.» Le Bloc courtise les communautés culturelles NATHAËLLE MORISSETTE À moins de deux jours des élections, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe se lance dans une opération de séduction auprès des électeurs issus des communautés culturelles en vantant les mérites de ses candidats d'origine étrangère comme Maka Kotto, Maria Mourani et Meili Faille.Il dénonce également l'attitude des libéraux en les accusant « d'ethniciser le vote ».« En début de campagne, Pierre Pettigrew a dit que le Bloc, ça s'arrête à la rue Saint-Laurent et à la rue Jean- Talon, a déclaré le chef bloquiste lors d'un point de presse hier.Or, c'est ça que l'on combat dans ce débat.Ils ont toujours tenu les communautés culturelles pour acquises.» Même si le Bloc est en avance dans les sondages, le chef du parti sait pertinemment que le vote des gens issus de l'immigration est loin d'être acquis.Il a donc profité de la journée d'hier pour prendre un bain de foule au marché Jean-Talon et pour rencontrer les membres de la communauté haïtienne.Les troupes souverainistes devront toutefois travailler fort si elles veulent gagner la confiance de ces électeurs.« Il y a des habitudes qui ont été créées et il y a beaucoup de mythes qui ont été véhiculés.Or, c'est bien sûr que ça prend un effort particulier et c'est normal aussi.» « Les gens arrivent au Canada et viennent souvent de pays troublés et de génération en génération, ils finissent par développer un sentiment d'appartenance à leur terre d'accueil », a-t-il dit.Malgré tout, le chef bloquiste semble déterminé à faire élire ses candidats issus de l'immigration.Selon l'organisateur Gilbert Gardner, les minorités culturelles appuient de plus en plus le Bloc.« J'étais dans Vaudreuil-Soulanges ce matin et je suis confiant que Meili Faille sera élue et ça sera je pense la première députée d'origine chinoise, a mentionné Gilles Duceppe.Il faut qu'il y ait des représentants et des représentantes auxquels vont mieux s'identifier les gens de ces communautés.Par ailleurs je veux être clair.Ce n'est pas parce qu'on élira par exemple Maria Mourani qu'on aura réglé pour autant le taux de chômage de 20% dans la communauté arabe.On doit continuer le travail tant dans le cadre actuel que dans un Québec souverain.» Gilles Duceppe a également profité de ses activités d'hier pour critiquer l'attitude de ses adversaires libéraux depuis les dernières années.« Ils prétendent avoir réglé le déficit, mais ils ont fait payer les chômeurs, ils ont fait payer les provinces et le Québec.Après ça ils viennent nous faire des leçons de bonne administration.Ils ont utilisé l'argent des commandites pour les amis du régime et ils refusent de répondre aux questions.Ils nous ont dit qu'ils avaient un programme très ambitieux, on en a rien su pendant toute la campagne.C'est cette suffisance de dire : on aura 75 députés, participez, soyez du bord du pouvoir, on va balayer le Canada.Or, c'est ça l'arrogance.Bien là, je pense qu'ils devront prendre une leçon d'humilité.» À l'approche imminente des élections, des bénévoles se mobilisent un peu partout au Québec pour inciter les gens à aller voter demain.Des services de chauffeurs et de gardiennage seront même mis en place afin de permettre à un maximum de citoyens de se rendre aux urnes. ÉLECTIONS 2004 La dernière semaine de la campagne aura permis aux libéraux de Paul Martin de reprendre les devants dans les sondages.Mais leur avance est si mince qu'aucun sondeur n'ose se prononcer sur l'issue du scrutin de demain.Les chefs, tout comme les Canadiens, devront donc guetter le dépouillement des suffrages pour savoir ce qui les attend.Un vigoureux coup de barre Harper respire la confiance JOËL-DENIS BELLAVANCE TORONTO \u2014 Acculé au mur après qu'une série de sondages eut prédit que le Parti conservateur formerait un gouvernement minoritaire, Paul Martin a connu de loin sa meilleure séquence de la campagne électorale la semaine dernière en livrant des discours passionnés à Vancouver, Edmonton, Regina, Brossard et Belleville.Et ce vigoureux coup de barre au tout dernier tour de piste de la campagne semble avoir donné une nouvelle vie aux libéraux qui pourraient éviter le pire demain et conserver le pouvoir en remportant le plus grand nombre de sièges à la Chambre des communes, selon le dernier sondage EKOS-La Presse-Toronto Star publié hier.M.Martin a réussi à mettre son adversaire conservateur Stephen Harper sur la défensive pendant la majeure partie de la semaine en se présentant notamment comme le champion de la Loi canadienne sur la santé.Le chef libéral s'est servi à souhait des intentions du premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein, en matière de santé pour attaquer M.Harper.La stratégie a été tellement efficace que M.Martin a forcé le gouvernement Klein à dévoiler plus tôt que prévu les grandes lignes de sa fameuse réforme des soins de santé qui devait être rendue publique le 30 juin, soit deux jours après le scrutin.M.Martin avait mis au défi M.Klein de divulguer ses intentions \u2014ce qu'il a fait mercredi\u2014 avant que les Canadiens aillent voter et avait exhorté M.Harper à exercer la même pression sur le premier ministre albertain, ce qu'il n'a pas fait.À chacun de ses arrêts, M.Martin n'a cessé de répéter les différences profondes qui existent entre le PLC et le PC au chapitre du respect de la Charte des droits et libertés, du bilinguisme, du droit des femmes à l'avortement et du respect du protocole de Kyoto, entre autres choses.M.Martin a aussi fait ses choux gras des déclarations du chef du Parti québécois, Bernard Landry, qui a soutenu que la marche du Québec vers la souveraineté sera accélérée si le Bloc remporte la grande majorité des 75 sièges au Québec.Ces propos de M.Landry ont mis le chef bloquiste Gilles Duceppe dans l'embarras au point où ce dernier, craignant d'effrayer les fédéralistes, a dû répéter que les élections n'étaient pas un référendum sur la souveraineté.Après s'être résigné à l'idée que les Canadiens éliront vraisemblablement un gouvernement minoritaire demain, M.Martin a lancé un appel solennel aux fédéralistes du Québec qui songent à voter pour le Bloc et aux sociaux-démocrates qui comptent appuyer le NPD de se rallier au Parti libéral s'ils veulent empêcher Stephen Harper de prendre le pouvoir et éviter d'autres batailles référendaires.GILLES TOUPIN KELOWNA \u2014 Stephen Harper a lancé une balle cassante qui s'est écrasée dans le gant du receveur.Mission accomplie.Pas de gaffe.Pas de problème.L'image à la une de tous les grands journaux du pays était parfaite.Ce lancer d'ouverture à un match des Blue Jays de Toronto mercredi fut en quelque sorte à l'image de cette dernière semaine de campagne.Les petits dérapages de la semaine précédente \u2014un mauvais communiqué notamment du quartier général qui affirmait malencontreusement que Paul Martin «approuvait » la pornographie infantile\u2014 ne devaient plus se reproduire.Les stratèges ont donc limité l'accès du chef aux journalistes qui l'accompagnent, question d'empêcher que ces derniers fassent dévier le chef de son message.Hier, ici en Colombie-Britannique, il a néanmoins fait un petit bilan de campagne devant la presse, soulignant le caractère désespéré de la fin de campagne de Paul Martin, sa course folle d'un bout à l'autre du pays et ses appels du pied aux néo-démocrates et aux bloquistes.Il prépare une «sale entente », a-t-il lancé.N'empêche que la manoeuvre libérale jeudi de ressortir des déclarations anciennes du député conservateur Randy White, qui a affirmé en mai dernier que le Parti conservateur ne se gênerait pas pour faire usage de la clause dérogatoire afin de renverser plusieurs décisions des tribunaux, l'a agacé.Harper a dû condamner les propos de son député, mais c'est le genre d'incidents qui rappellent aux électeurs de l'est du pays en particulier que le parti de Stephen Harper est aussi le parti des ex-réformistes de l'Ouest.Le gros de la semaine de M.Harper a été consacré à l'Ontario.Il a parcouru la province d'un bout à l'autre, allant même dans l'ancien fief de Paul Martin, Windsor, de même qu'à Hamilton où les libéraux sont en difficulté, à Sarnia, à Belleville et évidemment dans la région du grand Toronto.Un peu ralenti dans cette province la semaine précédente, M.Harper a dû constater, grâce aux sondages, que ses efforts ont porté leurs fruits et qu'il pourrait faire une percée historique dans une province où les libéraux ont perdu pied.Quant aux derniers jours de campagne, au Manitoba, en Saskatchewan, en Colombie- Britannique et, aujourd'hui, chez lui en Alberta, où il ira de ville en ville pour saluer ses partisans, ils sont vécus par M.Harper comme une sorte de tour de la victoire.Il est en quelque sorte en terrain conquis et il ne sent pas le besoin, comme il l'a confié hier aux journalistes, de courir à gauche et à droite pour terminer le travail.Stephen Harper respire la confiance.Balade dans les fiefs libéraux Premiers pas vers une alliance?NATHAËLLE MORISSETTE Fort de son avance dans les sondages, le Bloc québécois a profité de la dernière semaine de la campagne pour se lancer à la conquête des « forteresses libérales » où le parti est déterminé à faire des gains.Après avoir mené une campagne sans trop de vagues, le chef Gilles Duceppe, visiblement optimiste, souhaite conquérir les électeurs des circonscriptions traditionnellement libérales telles que Jeanne-Le Ber, Outremont et Hull-Aylmer.Tous les espoirs sont permis pour les troupes souverainistes qui espèrent battre Jean Lapierre dans Outremont et déloger le ministre Denis Coderre dans Bourassa.Pour y arriver, toutes les instances du parti ont été mobilisées : les députés bloquistes, le forum jeunesse et la Commission de la citoyenneté.M.Duceppe est prêt à tout pour gagner des sièges.À moins de deux jours du scrutin, il a survolé une dernière fois le Québec afin de motiver les troupes et d'inciter les électeurs indécis à donner leur appui au Bloc.Il est même retourné à trois fois dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord pour aider son candidat Robert Bouchard opposé au député André Harvey, ancien conservateur devenu libéral.Rare embarras Même s'il a eu le vent dans les voiles tout au long de la campagne, M.Duceppe s'est retrouvé dans l'embarras pour la première fois mercredi dernier quand il a été forcé de freiner l'enthousiasme du chef du Parti québécois, Bernard Landry.Dans une entrevue accordée au Globe and Mail, M.Landry a déclaré qu'un vote massif pour le Bloc représentait une étape importante pour l'accession du Québec à la souveraineté.Cette semaine, M.Landry prévoyait déjà la tenue d'un référendum d'ici cinq ans, si son parti est porté au pouvoir.Bombardé de questions à ce sujet, Gilles Duceppe a été obligé de justifier les propos du chef du PQ en rappelant que les élections du 28 juin n'étaient pas un vote pour l'indépendance.Heureusement pour le chef bloquiste, cette bourde a été commise la veille de la Fête nationale.Dans le tourbillon des célébrations du 24 juin, l'histoire a vite été oubliée.D'ailleurs la Saint-Jean-Baptiste a été profitable pour le Bloc, même si M.Duceppe s'est défendu d'utiliser cette fête pour faire passer son message.Tout au long de la journée, il a participé à différentes fêtes de quartier où il arborait fièrement un autocollant où l'on pouvait lire « Le 24, je fête, le 28, je vote ! ».Et, depuis quelques jours, il se permet d'ajouter dans ses discours : « le 29, on fête encore ! » KARIM BENESSAIEH Jack Layton aura eu le mérite cette semaine de faciliter la tâche des négociateurs libéraux, eux qui tenteront peut-être d'obtenir son appui à un gouvernement minoritaire dès mardi matin.En abandonnant sa proposition d'imposer les héritages de plus de 1 million, en exigeant un référendum sur la représentation proportionnelle, et surtout en annonçant qu'il serait prêt à travailler avec les libéraux, le chef du Nouveau Parti démocratique a donné un bon aperçu des conditions qu'il compte imposer.D'abord, l'impopulaire promesse de taxer les héritages.« J'ai noté qu'aucun autre parti ne propose quelque chose du genre, a plaidé M.Layton.Je serais surpris que cela devienne une question décisive.» Le NPD, a-t-il précisé, est prêt à certains compromis au sein d'un gouvernement minoritaire.Il s'agissait d'un premier signal du genre de la part de M.Layton depuis le déclenchement de la campagne.Sur la représentation proportionnelle, toutefois, aucun recul : le NPD ferait de la tenue d'un référendum sur la question la condition de sa collaboration.« C'est le temps de faire renaître notre démocratie, a lancé M.Layton lors de son passage à Charlottetown, mercredi.Notre système électoral est faussé.» Paul Martin a déclaré en entrevue à un quotidien de Winnipeg qu'il était prêt à examiner la proposition du NPD.Mais outre ces deux précisions, le chef du NPD ne s'est guère avancé sur les modalités de sa participation à une coalition dirigée par les libéraux.Les journalistes de la caravane néo-démocrate ont tout au plus vu un signe dans le fait que M.Layton a plusieurs fois demandé aux libéraux depuis mardi de diluer leur plan de réduction de la dette.L'appel, étonnant pendant une campagne électorale, avait toutes les allures d'une demande faite à un futur partenaire.« C'est une politique très destructrice et je demande à M.Martin de mettre la santé, l'éducation et l'environnement devant la réduction de la dette.» Par ailleurs, comme tous les chefs de partis à l'exception de Stephen Harper, M.Layton a profité de la Fête nationale du Québec pour faire un détour dans la province.Il s'est arrêté à Montréal où il a évoqué ses origines québécoises.« Je suis fier de mes racines », a-t-il déclaré avant de rappeler qu'il avait fêté sa première Saint- Jean-Baptiste en 1968.« C'était l'époque des grands changements », a-t-il dit, précisant qu'il avait alors milité en faveur de Mc Gill français. ÉLECTIONS 2004 LA CAMPAGNE VUE DE.QUÉBEC Peu d'idées nouvelles pour la région ANNE-LOUISE CHAMPAGNE LE SOLEIL QUÉBEC \u2014 Retaper le pont de Québec ; construire des bassins de rétention et réaménager la rivière Saint- Charles ; faire de même à la baie de Beauport; fêter dignement le 400e anniversaire de Québec.Rarement at- on vu des programmes électoraux locaux aussi unanimes, convenus et uniformes.Il a fallu attendre les derniers jours de la campagne pour entendre parler d'un premier projet original dans la région de Québec, et il émane du candidat libéral dans Louis-Saint- Laurent, Michel Fragasso.L'économiste voudrait mettre sur pied un centre financier spécialisé dans le système coopératif.Au pays d'Alphonse Desjardins, l'expertise ne manque pas, et les débouchés pour de tels services seraient importants, croit M.Fragasso.Par contre, des candidats comme Robert Turcotte, pour le NPD, ou Christian Simard, pour le Bloc, ont trouvé l'occasion de rappeler qu'il y a des gens démunis, des étudiants fauchés, qui ont des besoins criants en matière de logement social, par exemple.Sinon, les candidats ne se sont « engagés » que dans des projets connus depuis longtemps.Et malgré cela, personne n'a pu chiffrer les engagements.Les candidats bloquistes se sont contentés de surfer sur la vague qui devrait les mener à bon port demain.À 50% des intentions de vote, pourquoi s'en faire ?Le Bloc mise sur le désabusement des électeurs vis-à-vis des libéraux et sur le scandale des commandites.Il estime aussi que le programme conservateur est trop loin de la mentalité québécoise pour que le parti de Stephen Harper espère quelque gain.Conclusion : les candidats font une campagne discrète et courtisent le plus possible les électeurs un à un sur le terrain.ou autour d'une bière, comme l'ont fait Richard Marceau et Christiane Gagnon.Ce qui exaspère d'ailleurs la ministre du Patrimoine, Hélène Scherrer.Si les dernières semaines ont paru mornes sur un plan local, « c'est à cause de la façon dont mes adversaires ont choisi de faire campagne, en restant cachés », dit-elle.Seul Bernard Cleary (Louis-Saint- Laurent) a connu sa part de remous.D'abord, pour avoir affirmé que le règlement de la crise de Kanesatake passait par l'armée.Son chef, Gilles Duceppe, a pris ses distances, mais il a par la suite appuyé son candidat lorsque Le Soleil a révélé que M.Cleary avait bénéficié d'abris fiscaux en établissant ses entreprises dans la réserve huronne.On est loin de la campagne de novembre 2000 qui avait les fusions forcées pour fond de scène.Le débat avait coûté quelques sièges au BQ et avait permis à Hélène Scherrer de faire son entrée à Ottawa.Les défusions ont occupé encore plus de place cette année, étant donné la coïncidence avec les référendums.«Ça faisait beaucoup de matière à décision pour les citoyens », note Josée Verner, candidate conservatrice dans Louis- Saint-Laurent.C'était toutefois au détriment de la campagne fédérale, d'abord à cause de tout l'espace médiatique occupé par le municipal.Et ensuite parce que les candidats ont unanimement refusé de se mêler du débat.Cette année, la toile de fond, c'est le scandale des commandites.Et cette fois, c'est Mme Scherrer qui pourrait bien être victime du mécontentement des électeurs.Lors de son passage, Stephen Harper a promis une ministre à la région \u2014Josée Verner\u2014 à la condition, bien entendu, que les électeurs de Louis-Saint-Laurent votent « du bon bord ».Quand à Gilles Duceppe, sa visite de la fin de semaine passée aura été tout simplement l'occasion d'un bon pep talk.Ce qui sortira de tout ça dépendra grandement du taux de participation, demain.PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC Le Très Honorable Paul J.Martin de la Canada Steamship Lies, baptisé en mémoire du père de l'actuel premier ministre, passe sous le pont de Québec, que tous les partis s'engagent à retaper.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SHERBROOKE Béchard n'a pu résister à la vague bloquiste DENIS DUFRESNE LA TRIBUNE SHERBROOKE \u2014 Malgré un départ en lion et d'indéniables qualités de leader, tout indique que le candidat libéral dans la circonscription de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard, sera lui aussi emporté par le raz-demarée bloquiste qui déferlera sur le Québec, si l'on se fie aux sondages.Candidat-vedette par excellence, le recteur de l'Université de Sherbrooke n'a vraisemblablement pas réussi à convaincre les Sherbrookois de choisir l'équipe de Paul Martin et, conséquemment, de se donner un député du côté du pouvoir.Longtemps courtisé par le PLC, l'ingénieur de 40 ans avait causé toute une surprise en confirmant à la mimai son intention de se joindre à ce parti.Reconnaissant lui-même qu'il fallait être un peu fou pour se lancer dans pareille aventure, M.Béchard avait pourtant beaucoup d'atouts dans son jeu : un curriculum vitae impressionnant, un parcours professionnel sans faille et une passion évidente pour la chose publique.« BMB », comme on le surnomme sur la colline universitaire, a livré tout au long de la campagne un message sans équivoque \u2014presque un leitmotiv\u2014 selon lequel que Sherbrooke devait sortir de l'opposition « stérile » et prendre sa place au plan national pour développer son plein potentiel.En dépit d'une vigoureuse campagne de terrain et de l'appui d'une bonne partie des décideurs locaux, il a été incapable de prendre le pas sur son principal adversaire, le bloquiste Serge Cardin, et de faire sa place dans le coeur de monsieur et madame Tout-le-Monde.Il faut dire que M.Béchard avait une bonne pente à remonter : son adversaire du Bloc avait été élu par plus de 2300 voix de majorité lors du scrutin de 2000 et a pu tabler tout au long de la campagne sur son rôle de député proche du monde ordinaire.De plus, à la suite d'un redécoupage électoral, la circonscription de Sherbrooke a perdu le secteur de Lennoxville, où une bonne partie des électeurs sont anglophones, donc peu enclins à voter pour le Bloc, pour gagner celui de Bromptonville, en très grande majorité francophone, donc susceptible de l'appuyer.Et à l'instar de nombreux autres candidats libéraux au Québec, Bruno- Marie Béchard a dû défendre le gouvernement sortant, traînant malgré lui le boulet du scandale des commandites.Il a aussi dû composer, en début de campagne, avec les attaques répétées de son adversaire bloquiste sur ses sympathies souverainistes passées.Et ses propres attaques souvent virulentes contre Serge Cardin \u2014M.Béchard a même laissé sous-entendre en plein débat à la radio que le bloquiste avait été courtisé par les libéraux fédéraux\u2014 n'auront pas suffi à renverser la tendance.Un sondage publié dans La Tribune du 17 juin donnait une avance quasi insurmontable au Bloc, avec 63% des intentions de vote dans Sherbrooke, contre 23% pour les libéraux, après répartition des indécis.La campagne libérale ne semble donc pas avoir décollé davantage ici qu'ailleurs au Québec.Alors que le dernier sondage EKOS \u2014 La Presse \u2014 Toronto Star prédit un razde- marée bloquiste demain, avec 51% des intentions de vote, l'élection de M.Béchard semble pour le moins hypothétique, à moins, bien sûr, d'un revirement de dernière minute.Dur revers de fortune pour un candidat qui déclarait, début juin, au quotidien The Globe and Mail, être certain de gagner « parce que je ne perds jamais ».PHOTO Stephane Lessard, LE NOUVELLISTE© La candidate libérale dans Saint-Maurice, Marie-Ève Bilodeau, a reçu l'appui du député sortant et ancien premier ministre, Jean Chrétien.TROIS-RIVIÈRES À la conquête du fief de Jean Chrétien MARC ROCHETTE LE NOUVELLISTE TROIS-RIVIÈRES \u2014 Avec des sondages qui n'ont jamais cessé de confirmer une vague bloquiste dans les circonscriptions francophones du Québec, le Bloc québécois peut rêver demain de conquérir le fief de l'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien.Déjà dépourvu du « p'tit gars de Shawinigan » pour ces élections fédérales, le Parti libéral a dû mener une campagne avec, comme toile de fond, une querelle intestine où la candidature de Steven Hogue, un proche de l'ancien premier ministre, a été écartée par le clan Martin au profit de Marie-Ève Bilodeau.Âgée de 25 ans, elle affronte un politicien expérimenté, Marcel Gagnon qui, à 68 ans, a accepté l'appel de son chef, Gilles Duceppe, pour tenter de remporter cette victoire historique.Celui-ci était déjà député bloquiste de Champlain jusqu'à ce que sa circonscription soit annexée à celle de Saint-Maurice.Ainsi, malgré la bonne volonté de la candidate libérale Ghislaine Provencher, le député du Bloc, Louis Plamondon, devrait poursuivre son règne dans la circonscription de Richelieu, ayant multiplié les fortes majorités au fil des 20 dernières années.Dans Berthier-Maskinongé, la vague bloquiste pourrait bien profiter au candidat Guy André qui aura eu un rival libéral plutôt fougueux, Laurier Thibault.Son expérience politique l'a souvent amené sous les feux de la rampe et au coeur de vifs débats, entre autres, sur la voie maritime du Saint-Laurent.À Trois-Rivières, la candidate du Bloc québécois, Paule Brunelle, respire la confiance, elle qui est avantageusement connue chez les souverainistes par ses fonctions de directrice générale de la Société Saint-Jean- Baptiste de la Mauricie depuis 16 ans.Il faut dire que la haute direction du Parti libéral n'a pas facilité la candidature de son opposant, Jean-Éric Guindon.Même s'il fut le premier à annoncer ses intentions, on aura cherché désespérément à attirer des candidats-vedettes, tel le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.Par ailleurs, le Parti conservateur a beau se retrouver dans la course au plan national, son impact régional est comparable à celui des partis secondaires, comme le Nouveau Parti démocratique, le Parti vert et le Parti marijuana.Tant dans l'ancienne circonscription de Saint-Maurice que dans celle de Trois-Rivières, les électeurs ont vu leur député respectif prendre leur retraite.Lors de son dernier scrutin de 2000, Jean Chrétien l'avait emporté par une majorité de 6524 voix sur son rival bloquiste, François Marchand.Quant au député du Bloc, Yves Rocheleau, il avait aussi été réélu en obtenant 22 405 voix contre 20 606 pour son adversaire libéral, Denis Normandin.Ironie du sort, les deux nouveaux retraités de la politique canadienne s'étaient livrés à une dernière prise de bec lorsque le député de Trois-Rivières y était allé d'une affirmation nationaliste en pleine Chambre des communes, soulevant l'ire du premier ministre.Finalement, son successeur potentiel dans cette circonscription, Marcel Gagnon, l'avait remporté de justesse en 2000 dans la défunte circonscription de Champlain, soit par 15 voix, contre une certaine Julie Boulet, aujourd'hui ministre libérale au Québec.PHOTO LA TRIBUNE© Bruno-Marie Béchard a déclaré, au début du mois, qu'il était certain de gagner « parce que je ne perds jamais ».Mais les électeurs ne seraient pas en voie de lui donner raison. ÉLECTIONS 2004 LA CAMPAGNE VUE DE.OTTAWA Des libéraux au bord de l'abîme PATRICE GAUDREAULT LE DROIT OTTAWA \u2014 La toile rougeâtre du paysage politique de la grande région de la capitale fédérale risque d'être relevée de plusieurs accents de bleu et même d'une teinte d'orangé, demain soir.Quatre ans après n'avoir fait qu'une bouchée des circonscriptions situées de part et d'autre de la rivière des Outaouais \u2014 fort d'appuis oscillant autour de 50 % \u2014, les libéraux sont aujourd'hui au bord de l'abîme.Sur la rive ontarienne, à tout le moins.Selon les projections de divers analystes, seul le ministre Mauril Bélanger demeurerait en selle dans Ottawa-Vanier, les circonscriptions voisines tombant une à une aux mains des conservateurs, exception faite d'Ottawa- Centre, où les néo-démocrates seraient roi et maître.L'entrée en scène du nouveau Parti conservateur promet de faire des ravages dans Ottawa-Ouest- Nepean et Nepean-Carleton, où les libéraux Marlene Catterall et David Pratt auraient tous deux été forcés de plier bagages si la droite avait été unifiée dès 2000.Le candidat libéral dans Glengarry- Prescott-Russell n'est pas non plus immunisé contre la colère des électeurs.Député de cette circonscription à majorité francophone depuis deux décennies, Don Boudria a chaussé ses souliers rouges pour répliquer aux attaques du conservateur Alain Lalonde qui tente de l'associer au scandale des commandites.Reste à savoir jusqu'à quel point ces attaques sauront gruger les 22 700 voix d'avance que Don Boudria détenait sur son plus proche rival lors des dernières élections.Dans Ottawa-Sud, chasse gardée de l'ex-ministre John Manley depuis 16 ans, le nouveau portecouleurs libéral, David Mc Guinty, doit quant à lui traiter avec la grogne de l'électorat ontarien au lendemain du budget provincial présenté par son frère aîné, le premier ministre de l'Ontario, Dalton Mc Guinty.À deux pas de là, l'ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent semble voguer vers une victoire éclatante dans Ottawa-Centre, malgré la présence du libéral Richard Mahoney, un proche conseiller de Paul Martin que tous destinaient au prochain cabinet.Difficile de prédire la victoire de l'un ou l'autre des candidats dans la circonscription d'Ottawa-Orléans, un autre château fort libéral détenu depuis 1988 par Eugène Bellemare, forcé de baisser pavillon à la suite d'une assemblée d'investiture perdue aux mains de Marc Godbout.L'ancien directeur général du Conseil des écoles catholiques françaises du Centre-Est se frotte à l'ex-président de la Fédération des contribuables canadiens, Walter Robinson, por t e - é t e nda rd de s conservateurs.La soirée électorale risque d'être moins excitante sur la rive québécoise, où les libéraux détiennent trois des quatre circonscriptions.Le Bloc semble assuré d'accroître sa majorité dans Argenteuil- Mirabel, fournissant un deuxième mandat au député Mario Laframboise.Entretenant l'espoir que la vague bloquiste éclabousse les circonscriptions voisines de Gatineau et de Hull-Aylmer, le chef Gilles Duceppe a fait une visite éclair en Outaouais vendredi soir, à moins de 72 heures du scrutin.Les troupes de Stephen Harper, de leur côté, misent sur le Pontiac pour réaliser une incursion en terre québécoise.Dans tous les cas, par contre, la tradition libérale semble très profondément enracinée.PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS L'ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent, ici en compagnie de Jack Layton, semble voguer vers une victoire éclatante dans Ottawa-Centre.SAGUENAY Des bloquistes divisés, mais populaires SERGE LEMELIN LE QUOTIDIEN SAGUENAY \u2014 Le Saguenay\u2014Lac- Saint-Jean ne compte plus que trois circonscriptions depuis les modifications apportées par le Parlement.La circonscription de Lac-Saint- Jean, remportée trois fois par Lucien Bouchard entre 1988 et 1993, a été rayée de la carte électorale.Et 55 % de ses électeurs, en grande partie des citoyens d'Alma, se retrouvent dans la circonscription voisine de Jonquière qui devient Jonquière-Alma, tandis que les municipalités rurales du Lac- Saint-Jean-Est joignent la circonscription de Roberval.Ces chambardements ont provoqué des tiraillements au sein de la famille bloquiste qui représentait les trois anciennes circonscriptions touchées, ce qui a eu pour effet de laisser sans investiture la députée de Jonquière, Jocelyne Girard-Bujold.Elle tente sa chance comme indépendante, mais un sondage publié à la mi-juin la laisse loin derrière le candidat officiel du Bloc, Sébastien Gagnon, qui bénéficie d'une avance de 16 points sur le libéral Daniel Giguère, ex-candidat conservateur et ancien maire de Jonquière qui fut défait à la mairie de la ville de Saguenay.La seule question qui passionne vraiment la région revient à savoir si le Bloc réussira à déloger son vieil ennemi politique, le populiste André Harvey qui règne sur Chicoutimi-Le Fjord depuis 20 ans, exception faite d'un intervalle de 1993 à 1997.Il a été élu député conservateur en 1984 et en 1988, défait en 1993 par la vague du Bloc, puis réélu en 1997, après quoi il traversa la Chambre des communes pour joindre les libéraux et être réélu en 2000 sous cette bannière.Il serait présentement en difficulté derrière le candidat bloquiste Robert Bouchard, un ancien fonctionnaire municipal de Chicoutimi qui a reçu trois fois la visite de son chef Gilles Duceppe.Le député libéral fait campagne sous les couleurs du drapeau du Saguenay et accuse son adversaire de préférer la nation à la région.M.Harvey dispose en outre d'un réseau de partisans qu'il tisse depuis 20 ans et de l'appui du maire de Saguenay, Jean Tremblay.Depuis décembre 2003, la fermeture de la papeterie Port-Alfred d'Abitibi-Consolidated et le licenciement pour une durée indéterminée de 650 ouvriers sont venus assombrir deux annonces de la construction d'une autoroute dans la réserve faunique des Laurentides d'ici 2009, faites par les premiers ministres Landry et Chrétien, puis Charest et Martin.Il y a deux mois, Chicoutimi-Le Fjord était considérée acquise par les libéraux, mais demain, la lutte sera serrée.La visibilité apportée au leader parlementaire du Bloc, Michel Gauthier, dans les débats entourant le scandale des commandites lui procure une avance quasi insurmontable dans Roberval.Le libéral Michel Mallette, loin derrière dans les sondages, a cherché à faire un enjeu électoral de la valeur de la résidence que le député partage avec sa conjointe à Gatineau, prétendant qu'il n'a plus d'intérêt pour les gens de sa circonscription.PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC Gilles Duceppe est venu prêter main-forte, vendredi, au candidat du Bloc dans Chicoutimi, Robert Bouchard, qui pourrait déloger le libéral André Harvey.GRANBY Deux circonscriptions où tout est encore possible HUGO MEUNIER LA VOIX DE L'EST GRANBY \u2014Même si l'issue du scrutin demeure nébuleuse dans les circonscriptions de Shefford et de Brome-Missisquoi, la campagne électorale a davantage soulevé l'ire que les passions des citoyens de la région.La course s'est jouée proprement entre les adversaires et les candidats n'ont pas voulu « jouer l'homme », préférant écorcher les positions de chaque parti en lice.Sans surprise, le scandale des commandites a été sur toutes les lèvres, hantant les deux députés libéraux en poste et fournissant des munitions à leurs rivaux.Par ailleurs, rares sont les candidats à avoir formulé des engagements locaux clairs et ciblés, la plupart préférant plutôt se « coller » au programme officiel de leur formation respective.Quant aux électeurs qui devront trancher demain, ils cachent mal leur mécontentement et la vague de protestation qui s'abat sur les libéraux pourrait causer des remous.Dans le bilan publié chaque semaine dans La Voix de l'Est, on constatait que la colère et le désintérêt étaient systématiques et assez évocateurs.Dès le début, dans Shefford, une lutte serrée au dénouement imprévisible était prévue.Lors des dernières élections fédérales, la députée libérale sortante Diane St-Jacques l'avait emporté avec 650 voix d'avance sur son adversaire bloquiste.Sans la qualifier de baromètre, cette circonscription pourrait fort bien incarner l'ensemble du vote provincial, avec une montée bloquiste, un recul libéral et un faible vote conservateur.Reste à voir si la popularité de Diane St- Jacques, un visage connu et apprécié dans le paysage régional, sera suffisante pour calmer les électeurs et leur faire oublier le scandale qui empoisonne le PLC.Le porte-à-porte en compagnie du bloquiste Robert Vincent a permis à La Voix de l'Est de constater l'appui accordé au Bloc.Profitant d'une plus vaste expérience, Diane St-Jacques s'est aussi bien défendue à l'occasion du débat sur les ondes de M105, lundi soir dernier.Si Diane St-Jacques a nié systématiquement ressentir de l'inquiétude, elle a reçu de nombreux appuis durant la campagne.Le premier ministre Paul Martin a visité son fief à deux reprises, en plus d'accorder une entrevue exclusive à La Voix de l'Est, un geste qui pourrait paraître un peu désespéré aux yeux de certains commentateurs politiques.Outre le chef libéral, Jean Lapierre, Pierre Pettigrew, Lucienne Robillard, Céline Hervieux- Payette et Denis Coderre sont également venus prêter main-forte à Diane St-Jacques.Par ailleurs, le château fort libéral de Brome-Missisquoi suscite toutes les interrogations.Après avoir facilement conservé son poste aux dernières élections par une écrasante majorité de 8300 voix, Denis Paradis n'a pas cette fois le loisir de s'asseoir sur ses lauriers.Dans une circonscription à forte concentration anglophone (environ 40% de l'électorat), le candidat conservateur Peter Stastny, un visage familier là-bas grâce à son passage en politique municipale, pourrait offrir au député libéral la chaude lutte qu'il n'a pas connu aux dernières élections.Une rumeur qui aurait d'ailleurs fait son chemin jusqu'aux oreilles du chef Stephen Harper, qui, parmi toutes les circonscriptions québécoises, a choisi d'y arrêter son autobus.Pour ce qui est du candidat bloquiste et ardent environnementaliste Christian Ouellet, il pourrait tirer profit de la lutte farouche que se livreront conservateurs et libéraux, en récoltant le reste des voix.Outre leurs enjeux respectifs, les candidats de Brome-Missisquoi se targuent de mettre l'environnement au premier plan de leur programme régional.PHOTO FRANK GUNN, PC Stephen Harper a fait un saut, il y a une dizaine de jours, dans Brome- Missisquoi, où son candidat, Peter Stastny, a fait une bonne campagne. VINCENT MARISSAL Les conversions tardives S'il y a une chose que la campagne électorale qui s'achève aura démontré, c'est qu'il n'y a rien comme une chaude lutte pour forcer les différents partis politiques à mettre de l'eau dans leur vin.En cours de campagne électorale, les contradictions ou les conversions subites des chefs politiques peuvent amuser, parfois aussi choquer, mais à l'aube de l'élection d'un gouvernement minoritaire, la flexibilité et le compromis ne devraient pas être vus comme des défauts, mais plutôt comme des qualités essentielles pour la suite des choses.L'élection demain d'un gouvernement minoritaire ne serait pas, évidemment, le plus grand gage d'avancée pour le pays, mais à la lumière de la dernière campagne et considérant la modération des deux principaux concurrents, ce ne serait pas la fin du monde non plus.Positions extrémistes et gouvernement minoritaire ne vont jamais de pair.Pour survivre, un gouvernement minoritaire doit nécessairement éviter la confrontation et négocier à la pièce chacun de ses pas dans l'exercice du pouvoir.Enfin, quoique la perspective de se relancer dans une autre campagne électorale rebute une majorité d'électeurs, l'histoire canadienne démontre que les gouvernements minoritaires ne durent jamais bien longtemps.Plus c'est douloureux, normalement, plus c'est bref.Après les très (trop ?) tranquilles années Chrétien, le Canada a peut-être besoin, après tout, d'un bon électrochoc politique pour revoir ses priorités et s'assurer que toutes les régions du pays aient voix au chapitre.La peur de perdre le pouvoir, chez les libéraux, et celle de ne pas y accéder, chez les conservateurs, aura provoqué quelques conversions tardives chez Paul Martin et Stephen Harper.On pourrait évidemment les accuser de bas électoralisme, mais force est de constater que la plupart de ces conversions ont ramené les deux hommes à des positions plus modérées, ce qui va généralement dans le sens de l'intérêt public.Certaines volte-face de fin de campagne, toutefois, sont plus grossières que d'autres.Quand Stephen Harper, par exemple, accorde à La Presse une entrevue exclusive à 48 heures du vote pour dire qu'il reconnaîtra la nation québécoise, on ne peut s'empêcher de sourire en coin.Pour mémoire, voici ce que le même Stephen Harper avait à dire sur le sujet il y a moins de deux ans.« Le Québec n'a pas besoin d'un statut spécial.» Puis, en mars dernier.« Nous allons respecter le Québec, province fondatrice de l'État canadien, avec sa langue et sa culture uniques.Notez la progression.Qui sait, avec une semaine ou deux de plus en campagne, peut-être le chef conservateur finirait-il par promettre d'enchâsser le caractère distinct du Québec dans la Constitution.Autre conversion étonnante de Stephen Harper : les vertus du bilinguisme officiel au Canada.En 2002, voici ce qu'il disait de la Loi sur les langues officielles.« En tant que religion, le bilinguisme est le dieu qui a échoué.Cela n'a pas entraîné une plus grande justice, n'a pas aidé l'unité du pays et a coûté des millions de dollars aux contribuables.» Durant la présente campagne, M.Harper s'est engagé à maintenir les budgets consentis par l'ancien ministre responsable, Stéphane Dion, au programme des langues officielles et il a aussi promis (quoiqu'il ait fallu lui tordre le bras) de veiller au respect du français dans les avions d'Air Canada.Stephen Harper a aussi évolué sur la question du déséquilibre fiscal, dont il se fait le pourfendeur, lui qui a déjà pourtant suggéré au premier ministre albertain Ralph Klein d'ériger un mur coupe-feu autour de sa riche province pour la protéger d'Ottawa.Son mur coupe-feu n'était rien d'autre que le déséquilibre fiscal adapté à une province.Mais la plus spectaculaire des conversions de Stephen Harper (la plus hypocrite aussi) concerne l'Irak.Au début de l'invasion américaine, M.Harper clamait : « Nous ne sommes pas avec Chrétien, nous ne sommes pas avec Paul Martin, nous ne sommes pas avec Jacques Chirac, et nous ne sommes pas avec Bernard Landry.Nous sommes pour les traditions de liberté, de démocratie et de souveraineté de ce pays.» Aujourd'hui, il affirme qu'il ne préconisait pas l'envoi de troupes canadiennes en Irak, mais plutôt un « soutien » à nos alliés.Pas étonnant que M.Harper s'impatiente quand on insiste un peu sur le sujet.Cela dit, Paul Martin n'est pas en reste dans le riche domaine des contradictions, en particulier sur la question de l'Irak.Les libéraux, qui affirment dans leurs messages publicitaires, que Stephen Harper aurait envoyé nos boys au front oublient commodément que leur propre chef aurait fort probablement fait la même chose s'il avait réussi à putscher Jean Chrétien plus tôt.Que le faucon Martin soit devenu une colombe de peur de perdre des plumes aux élections, ce n'est pas pour déplaire aux Canadiens (et surtout pas aux Québécois), mais il pousse un peu loin en attaquant Stephen Harper sur ce front.On sourcille aussi en entendant Paul Martin affirmer qu'il n'hésitera pas à utiliser la Loi sur la « clarté » référendaire, lui qui n'a jamais défendu cet héritage de Jean Chrétien et qui a même défendu son lieutenant, Jean Lapierre, quand celui-ci a dit que la loi est « inutile ».Enfin, en vrac, trois autres pirouettes électorales de Paul Martin qui ne sont pas passées inaperçues, il défend maintenant : \u2014 le mariage gai, une expression qu'il n'était même pas capable de prononcer (il parlait d'union) l'an dernier, tellement le concept le rend mal à l'aise ; \u2014 le protocole de Kyoto, qui ne valait rien parce que les Américains n'y adhèrent pas, disait-il pendant la course à la direction du PLC ; \u2014 l'augmentation substantielle des budgets pour la santé, lui qui a affamé les provinces pendant des années quand il était ministre des Finances.Comme quoi, marcher sur la corde raide du pouvoir redonne à un gouvernement un sens de l'équilibre qu'il a tendance à oublier quand il se laisse simplement flotter d'une réélection à l'autre, comme les libéraux le font depuis 1993.COURRIEL Pour joindre Vincent Marissal vincent.marissal@lapresse.ca Le Canadaapeut-êtrebesoin, après tout, d'unbon électrochoc politiquepour revoir ses priorités et s'assurerquetoutes les régions dupays aient voix auchapitre.Un Québec politique timide CHRISTIAN GEISER COLLABORATION SPÉCIALE Les Américains parent leurs voitures d'autocollants politiques.Au Canada anglais, de nombreux électeurs plantent des pancartes électorales sur leurs terrains.Mais au Québec, rares sont ceux qui arborent fièrement leurs couleurs politiques.Pourquoi ?Tradition politique, particularité québécoise et lassitude, expliquent les experts.« Comme le disait le vieil adage : on ne parle pas de politique.Cela ne sert à rien de susciter des disputes », avance Jacques Beauchemin, professeur de sociologie à l'UQAM.Au Québec, les idées et les opinions politiques sont privées et peu influençables.« On était bleu ou rouge pour la vie.C'est le syndrome d'une société tricotée serrée », continue-t-il.En plus, « au Québec les enjeux sont toujours existentiels », souligne Michel Seymour, professeur de philosophie à l'Université de Montréal.Le débat nationaliste divise.Alors, « les Québécois ne s'affichent pas pour éviter de créer de l'animosité et d'être confrontés à des opposants farouches », poursuit- il.Ailleurs au Canada, le choix est moins dramatique.« Cela fait partie de la vie politique que de choisir un parti ou un autre.Il n'y a pas cette question existentielle qui est toujours présente », ajoute Michel Seymour.Par ailleurs, la question référendaire a lassé de nombreux partisans, croit Jean-Hermann Guay, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke.« Au Québec, cela fait 30 ans qu'on est coincé dans le choix de la communauté.C'est énergivore et ça finit par créer une lassitude.Le jeu des macarons s'est estompé : la lassitude est venue à bout d'une opinion politique », dit-il.Par contre, M.Guay croit que l'enthousiasme des électeurs peut réapparaître l'apparition de nouveaux enjeux, comme l'ont été récemment les défusions ou la guerre en Irak.L'effet de nouveauté pousse alors les gens à prendre position.Cette timidité démontre aussi que notre société est peu habituée à débattre.Contrairement à la France, où il y a une vieille tradition du débat, « les gens conçoivent difficilement que la démocratie implique la discussion », avance Jean-Hermann Guay.Enfin, selon Jules Duchastel, titulaire de la chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie, le contexte particulier de la présente campagne électorale y est aussi pour quelque chose.« En raison du scandale des commandites, les électeurs se retrouvent dans une situation de vote stratégique : on veut punir les libéraux, mais on ne veut pas voter pour les conservateurs.Certains font alors des choix par dépit, qu'ils ne sont pas fiers d'afficher.«Les gens conçoivent difficilement que la démocratie implique la discussion.» PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© Au Québec, l'affichage est permis sur la voie publique, contrairement en Ontario par exemple, ce qui peut expliquer pourquoi les pelouses sont relativement peu envahies par les pancartes ici.ANALYSE DES SONDAGES Le temps des girouettes, version canadienne MARIO CLOUTIER QUÉBEC \u2014 Le Canada vit à l'heure du Québec, celui d'il y a un peu plus d'un an, quand l'électorat québécois était hésitant, incertain.À l'approche des élections d'avril dernier, les Québécois ont d'abord voulu du changement, puis ont flirté avec la droite avant de revenir vers des valeurs sûres en abordant un virage électoral moins radical que prévu.Les sondages du dernier mois ont démontré qu'en dehors du Québec, l'humeur des électeurs canadiens était tout aussi changeante, volatile, voire imprévisible.Selon EKOS, entre le 27 mai et le 24 juin, les libéraux sont passés d'appuis à 38, 30, 29, avant d'atteindre les 33% en bout de piste.Pendant la même période, les conservateurs ont connu une variation moins ample de 30, 34, 31 puis 32 %.Le Parti libéral a perdu huit points durant la campagne, alors que le Parti conservateur, plus stable, aura monté de 2% dans les intentions de vote.Des élections serrées, dites-vous ?« Dans l'ensemble du pays, ça monte et ça baisse.On va rester incertain jusqu'à la dernière minute sur ce que ça va donner », pense le politologue de l'Université de Montréal, Louis Massicotte.Face au gouvernement libéral sortant, « l'opinion a changé de façon massive quelque part au mois de février avec un swing de 15% dans les intentions de vote », rappelle-t-il en faisant référence au scandale des commandites.Par la suite, les sondages ont montré toutes les couleurs de l'humeur instable de l'électorat, annonçant tantôt un gouvernement conservateur minoritaire, tantôt majoritaire.Mais quand le vote libéral s'est effondré, perdant huit points au début juin, la tendance n'aurait fait que respecter la tradition canadienne.Depuis 1962, pratiquement tous les gouvernements sortants ont perdu en moyenne 7% d'appui entre le début et la fin d'une campagne électorale, rappelait le professeur Barry Kay, de la Wilfrid Laurier University avant le début des hostilités en mai dernier.Se basant sur un sondage Compas accordant 34 % d'appuis au Parti libéral et 33% au Parti conservateur, le même professeur Kay prédisait vendredi que Paul Martin pourrait compter sur 112 députés et Stephen Harper sur 111.Mais le tout dernier sondage EKOS a rejoint plus de 5000 électeurs, un record pour cette firme.Avec un tel échantillon, EKOS pense avoir de « bonnes raisons », dit le vice-président de la firme, Andrew Sullivan, de croire en ses pronostics : 117 sièges pour le PLC, 109 pour le PC, 55 pour le Bloc et 27 pour le NPD.Pour les bloquistes, cette prévision est plus prudente que celle d'un autre sondage qui leur prédit 66 députés, mais elle tient compte de la difficulté de faire sortir les électeurs souverainistes pour aller voter.«À la dernière élection provinciale, les sondages nous ont donné l'heure juste.En 1993, on est allé jusqu'à prédire 56 % des voix au Bloc, ce qui aurait été un balayage, et cela a finalement été 49 %, le meilleur score souverainiste avec la victoire de René Lévesque en 1981 », explique Louis Massicotte.Mais les nuances échappent parfois aux sondeurs.Certaines circonscriptions offrent un panorama particulier et, le soir du vote, des surprises.Dans Louis-Saint-Laurent à Québec, par exemple, le Parti libéral est plongé dans une guerre fratricide interminable.La conservatrice Josée Verner, à qui Stephen Harper a déjà promis un poste de ministre, pourrait surprendre, devant le candidat bloquiste, Bernard Cleary, rabroué par Gilles Duceppe en début de campagne pour avoir évoqué le recours à l'armée à Kanesatake. Fin de campagne Les cultivateurs ont fait leurs foins, à Sainte-Perpétue, durant la campagne électorale.La ferme Clerest, rang Saint-Joseph, à l'entrée du village, a fait encan.C'était l'ancienne propriété de Jean Leclerc.« Dispersion complète » : 68 vaches laitières à vendre.Le Festival du cochon a tenu sa journée « prélude », destinée aux amateurs de drags de motos et de concours de tracteurs.Un nouveau casse-croûte, le Pignon-à-Porc, a ouvert, remplaçant L'Arrêt, qui avait fermé à la fin de la saison précédente.La saison de « balle donnée » (comme la balle molle, mais en plus balloune) a repris au terrain municipal.Le resto-bar Le St-Père a maintenu sa populaire offre de deux consommations pour le prix d'une, aux dames, le mardi soir.Comme ailleurs au Québec, il a plu et il a fait froid.À l'église, le curé Gilles Coderre a demandé aux fidèles de réfléchir à l'avenir de leur communauté chrétienne.« On a beaucoup de chrétiens endormis », m'a-t-il confié après la messe.Ah, oui, et il y a eu un vol à la caisse pop.Les types ont cassé la vitre avec une barre à clous.Ils seraient repartis avec pas grand-chose, à ce qu'on dit.Et la campagne électorale à Sainte- Perpétue ?Le député bloquiste Louis Plamondon est passé quelques fois serrer des mains ; son adversaire libérale Ghislaine Provencher a aussi été aperçue au magasin général, en fin de campagne ; le candidat du Parti marijuana, Daniel Blackburn, qui habite Montréal, s'est déplacé avec femme et enfants pour venir coller ses affiches «Y faut que ça roule ! » sur des poteaux.À la télé, c'était comme chez vous : les chefs, les débats, les sondages, les analyses.Ce qui semble avoir surtout retenu l'attention des électeurs?Eh oui ! le scandale des commandites.On a eu beau entendre qu'il fallait « en revenir », passer à autre chose : la santé, les garderies.À Sainte- Perpétue, comme ailleurs sans doute, on n'en est pas revenu.Cette tromperie-là a vraiment frappé les imaginations.Même celles de « vieux rouges» qui m'ont avoué qu'ils voteraient encore libéral, mais en se pinçant le nez cette foisci.Les autres questions: baisses d'impôt, réduction de la dette, avortement, mariage gai, bouclier antimissile, souveraineté ?Ni vues ni connues, ou peu s'en faut.Quelques personnes m'ont avoué que « le fédéral, c'est loin ».Plusieurs m'ont dit être souverainistes, séparatistes, bloquistes, ou les trois à la fois.D'autres se sont déclarées fédéralistes et hésitantes entre les libéraux et les conservateurs.Le NPD ?« Sympa, mais on a le Bloc.Merci quand même.» Pour le reste, le climat m'a semblé plutôt serein dans ce village de 993 habitants, dont on dit qu'il est « au centre du Centre-du-Québec» parce qu'il est entre Drummondville, Trois- Rivières et Victoriaville, sur la rive sud.Ici, pas d'embouteillages sur les ponts, pas de cohue.Les gens se connaissent, souvent depuis la petite enfance alors qu'ils ont 30, 50, 75 ans.Ils s'envoient la main au volant de leurs autos, dont ils se servent parfois pour faire des courses à l'intérieur même du village.Quelques personnes font tout de même des marches santé, dont des femmes, l'après-midi, rang Saint-Joseph ou rang Notre-Dame.Je suis allé marcher une couple de fois avec Micheline, chez qui je restais.« Te souviens-tu de.C'était sa maison.» Après souper, un soir qu'il ne pleuvait pas, on a aperçu Pierre Lampron, l'ex-maire et ex-préfet de la MRC, rentrer d'une balade à bicyclette avec sa femme, Thérèse Boucher.Il y a quelques années, François Roy et sa compagne Agathe Lacharité ont songé à déménager en ville leur boîte de communication, marketing et design graphique Signé François Roy.L'entreprise, qui emploie une dizaine de personnes et qui fait même du lettrage d'enseignes et de camions, n'arrêtait pas de grandir et recrutait de plus en plus de clients à l'extérieur, à Drummondville, mais aussi à Montréal.« François n'a pas pu se résoudre à ne plus traverser la rue, trois fois par jour, pour aller prendre son petit café avec ses frères, au magasin général, m'a confié Agathe.On est restés et, aujourd'hui, notre plus grande fierté c'est que des gens viennent à Sainte- Perpétue pour faire affaires avec nous.» Mais tous n'ont pas ce luxe.Et plusieurs jeunes prennent le chemin de la ville chaque année, certains à contrecoeur.Sainte-Perpétue a beau être un village prospère et avoir une entreprise de vitres d'autos, P.H.Vitres, qui emploie à elle seule 300 personnes, il n'échappe pas à cette tendance de fond.Lors de certains matchs de sport, les organisateurs du Festival du cochon de Sainte-Perpétue ouvrent leur scène multifonctionnelle dotée d'écrans géants à la population.Demain soir, ils feront de même pour la soirée des élections.Victoires et déconfitures y apparaîtront plus grandes que nature.La Presse y sera.Vous en doutiez ?Eh oui ! le scandale des commandites.On a eu beau entendre qu'il fallait « en revenir », passer à autre chose : la santé, les garderies.À Sainte-Perpétue, comme ailleurs sans doute, on n'en est pas revenu.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Les grands enjeux des petits partis Avortement, défense nationale, relations avec le voisin américain, bilinguisme, santé : depuis cinq semaines, les partis poids lourds ont pu faire entendre sur toutes les tribunes leur avis sur ces enjeux qui ont marqué la campagne électorale.Mais que pensent les autres partis ?Survol de leurs positions sur ces sujets controversés.LAURA-JULIE PERREAULT Parti vert du Canada Chef : Jim Harris Défense : le Parti vert suggère de fusionner le ministère de la Défense avec l'Agence canadienne de développement international et le ministère des Affaires étrangères pour développer une politique d'aide internationale et de sécurité mondiale.Santé : pour régler le problème chronique du système de santé canadien, le PVC propose de désengorger les hôpitaux en réglant certains problèmes de santé à la base.Comment ?En investissant dans la prévention et l'éducation.En assainissant l'environnement.Bilinguisme : pas question de passe-droit pour qui que ce soit ! Toutes les sociétés d'État devraient aussi respecter le bilinguisme.Air Canada doit continuer de refléter le biculturalisme canadien.Avortement : le corps d'une femme lui appartient.Point à la ligne.Questions constitutionnelles : le PVC reconnaîtrait la souveraineté du Québec si les Québécois votaient à majorité simple (50 % plus un) en faveur de la séparation.Parti communiste Chef : Miguel Figueroa Défense : le Canada devrait se retirer de l'OTAN puisque la menace qui justifiait la création de l'Alliance a disparu.Le Canada devrait continuer à faire partie des missions de maintien de la paix, mais devrait se retirer de la course à l'armement.Santé : les communistes ne reconnaissent qu'un seul système de santé, universel, gratuit et aimerait étendre la gratuité aux soins des dents et des yeux.Bilinguisme : le bilinguisme ne doit pas se substituer à la reconnaissance des droits nationaux du Québec.Le Parti communiste fait remarquer qu'il y a plus de service pour les anglophones du Québec que pour les communautés francophones hors Québec.Avortement : le Parti communiste se porte à la défense des droits reproductifs des femmes.Toutes les femmes du pays devraient avoir accès au libre choix, mais aussi à des services gratuits.Questions constitutionnelles : le Parti communiste s'oppose à la Loi sur la clarté.« C'est une attaque contre le droit à l'autodétermination du peuple québécois », précise M.Figueroa qui propose la négociation d'une nouvelle Constitution entre les trois peuples fondateurs du Canada.Action canadienne Chef : Connie Fogal Défense : l'armée doit être mieux financée, non pas pour devenir une grande force, mais pour assurer la souveraineté du Canada vis-à-vis des États-Unis.Nous devons freiner l'intégration militaire de l'Amérique du Nord.Santé : en utilisant mieux la Banque du Canada et en ayant moins recours aux banques privées, le Canada pourrait trouver l'argent pour garder un système de santé gratuit et universel.Bilinguisme : ce pays est bilingue et est basé sur la cohabitation de deux cultures.Il faut tout faire pour nourrir ce fait.Avortement : le choix de garder un enfant ou non revient à la femme, mais le pays doit lui donner le soutien adéquat si elle décide de le garder.Questions constitutionnelles : « Québec est ce qui définit le Canada.Nous ne pouvons imaginer le Canada sans le Québec », note Connie Fogal.Parti marijuana Chef : Marc-Boris Saint-Maurice Défense : « Si les Américains acceptaient la légalisation du cannabis, le Parti marijuana aurait une meilleure oreille pour le projet de bouclier antimissile de Bush », dit-il.Santé : la facture de la santé descendra quand on pourra remplacer certains médicaments très chers par la marijuana.Bilinguisme : les francophones et les anglophones devraient tous avoir le droit de fumer du pot.Avortement : cette question appartient aux femmes.Les mêmes standards de soins devraient prévaloir dans tout le pays.Questions constitutionnelles : le parti n'a aucune position.Il prône la légalisation de la marijuana dans un Québec souverain tout autant que dans un Canada uni.Parti marxiste-léniniste Chef : Sandra Smith Défense : l'élection du Parti marxiste-léniniste amènerait la création d'un gouvernement antiguerre.Le Canada doit se retirer des pactes agressifs et s'opposer au bouclier antimissile.Santé : il faut arrêter de payer les riches pour investir massivement dans le régime de santé universel.La société et l'État devraient répondre à tous les besoins des citoyens.En ce moment, il y a une privatisation non déclarée mais effective des soins.Bilinguisme : partout dans le pays, les gens devraient être servis dans la langue qui leur convient.Que ce soit en français, en anglais, mais aussi en chinois, en italien, quand le nombre le justifie.Le bilinguisme ne devrait pas créer de divisions.Avortement : pour les marxistesléninistes, la question est simple : c'est le droit des femmes de disposer de leur corps.« On défend ça à 300 % », tranche Claude Brunelle, porte-parole du parti.Questions constitutionnelles : le Québec est une nation qui a droit à l'autodétermination, personne ne devrait s'ingérer.Les autochtones ont les mêmes droits.PHOTO LYLE STAFFORD, REUTERS « J'espère que les Canadiens ne feront pas un choix motivé par la peur », a lancé hier Jack Layton, qui a aussi pu goûter aux cerises de Colombie-Britannique.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE© Le chef du Parti marijuana, Marc-Boris Saint-Maurice Layton dénonce la mise en garde de Martin LES PERREAUX PRESSE CANADIENNE HAMILTON \u2014 Au moment où qu'achève la campagne électorale, Jack Layton a accentué ses attaques contre Paul Martin, hier, dans l'espoir d'empêcher les néo-démocrates peu convaincus de passer dans le camp des libéraux.M.Layton tente de conserver le soutien des électeurs qui pourraient au dernier moment se dire que seul le dirigeant libéral est en mesure d'empêcher les conservateurs de former un gouvernement avec à sa tête Stephen Harper.« J'espère que les Canadiens ne feront pas un choix motivé par la peur », a affirmé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).« En quoi le programme de Paul Martin, tel que livré lors des 11 dernières années à titre de ministre des Finances, diffère-t-il de ce que nous voyons chez Stephen Harper ?» M.Layton a complété une tournée éclair de l'Ontario et a pris la direction de l'Ouest canadien, tentant de galvaniser les militants du parti qui auront leur mot à dire afin d'inciter les sympathisants néo-démocrates à se rendre aux urnes.Une importante foule attendait M.Layton quand il s'est rendu dans un pub de Guelph, aux petites heures du matin, dans la nuit de vendredi à hier, juste à temps pour le dernier service.Il mettait alors un terme à une tournée l'ayant vu faire escale dans neuf villes.Cinq heures plus tard, il reprenait son rythme de forcené lors d'un déjeuner à Hamilton, en compagnie de quelque 500 sympathisants, avant de se rendre dans l'Ouest.Les résultats de sondages rendus publics hier laissent entendre que le soutien accordé au NPD demeure sous la barre des 20 %, mais ils ne reflètent pas la mise en garde adressée cette semaine par M.Martin aux électeurs néodémocrates.Le premier ministre a laissé entendre que les Canadiens qui voteront pour le NPD pourraient faire élire M.Harper de façon accidentelle.Le chef néo-démocrate a affirmé qu'on ne pouvait croire que M.Martin allait protéger l'environnement ou la santé après qu'il eut écarté de son parti des libéraux de gauche, notamment l'ex-ministre Sheila Copps.Certains anciens dirigeants de l'association de circonscription de Mme Copps ont abandonné les libéraux et se trouvaient parmi la foule, hier, quand M.Layton a pris la parole.PAUL ROY Pendant ce temps à Sainte-Perpétue\u2026 LE TOUR DU MONDE L'OTAN formera l'armée irakienne Accord de principe à cet effet obtenu IRAN avant le sommet d'Istanbul Un camion fou fait 71 morts La course folle d'un camion-citerne qui a transformé jeudi soir en brasier une halte sur une route du sud-est de l'Iran a fait 71 morts et 107 blessés, selon un bilan révisé et toujours provisoire des secours et des autorités.Un précédent bilan de sources médicales faisait état d'au moins 90 morts.« Le nombre de personnes tuées s'élève à 71, dont les corps ont été remis à la médecine légale, et 107 blessés », a déclaré à l'AFP le chef du bureau des catastrophes naturelles de Zahédan, Mahdi Dast-tang.« Toutefois certains blessés sont toujours dans un état critique, certains d'entre eux ont été brûlés de 90 à 95 % », a-t-il ajouté.Le gouverneur de Zahédan, Haidar Ali Nourai, a dit ignorer la cause du drame.d'après AFP PRÉSIDENTIELLE Hitler s'en mêle Les républicains ont à leur tour agité l'épouvantail d'Adolf Hitler pour discréditer leurs adversaires démocrates dans la campagne électorale pour l'élection présidentielle américaine.Un clip électoral en faveur de la réélection du tandem Bush-Cheney diffusé depuis jeudi sur le site de campagne des républicains et envoyé par courrier électronique à six millions de partisans fait se succéder des images du dictateur allemand avec celles du candidat démocrate John Kerry et d'autres démocrates.Ces mêmes images avaient été précédemment utilisées dans un spot politique diffusé sur le site du groupe activiste libéral Move On.org en janvier, ce qu'avaient vivement critiqué les républicains.d'après AP PROCHE-ORIENT Trêve suggérée Yasser Arafat a appelé à une trêve avec Israël pendant les Jeux olympiques d'Athènes qui se dérouleront du 13 au 29 août.Le président de l'Autorité palestinienne organisait une cérémonie symbolique d'allumage de la flamme dans son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, où il est bloqué depuis plus de deux ans par Israël, qui l'accuse de soutenir les attentats.La consule générale grecque, Héléna Sourani, était présente.Les Palestiniens espèrent envoyer trois athlètes aux JO.Israël n'a pas réagi dans l'immédiat mais, par le passé, n'avait pas pris au sérieux des appels similaires d'Arafat.d'après AP PAKISTAN Démission du premier ministre Le premier ministre pakistanais, Zafarullah Khan Jamali, a démissionné hier, a annoncé le gouvernement, après des mois de conjectures sur des relations tendues entre le chef du gouvernement et le président, le général Pervez Musharraf.« Le premier ministre Jamali a démissionné et il annoncera le nom de son successeur lors de la réunion », a déclaré le ministre de l'Information, Sheikh Rashid Ahmed, en référence à la réunion de la Ligue musulmane pakistanaise Quaid (PML-Q, parti au pouvoir et qui soutient Pervez Musharraf) convoquée plus tard hier.D'après des observateurs, le général Musharraf reprochait à Zafarullah Khan Jamali, qui était devenu premier ministre en novembre 2002, de n'avoir pas réussi à serrer la bride aux députés de l'opposition et de n'avoir pas défendu assez efficacement ses politiques.d'après AP ENRON Lay se disculpe L'ancien président d'Enron, Kenneth Lay, assume la responsabilité de la faillite spectaculaire d'Enron en 2001 mais nie avoir commis quelque acte criminel que ce soit dans une interview fleuve publiée sur le site Internet du New York Times hier.d'après AP LÉON BRUNEAU AGENCE FRANCE-PRESSE ISTANBUL \u2014À deux jours de son sommet à Istanbul, l'OTAN est parvenue à un accord de principe hier pour aider à la formation des forces armées irakiennes, ce qui devrait permettre aux dirigeants de l'Alliance d'éviter une nouvelle brouille à propos de l'Irak.Les ambassadeurs des pays membres de l'OTAN ont négocié jusqu'à tard vendredi soir à Bruxelles un projet de déclaration en réponse à la demande d'assistance formulée par l'Irak, qui a ensuite été transmis pour avis aux capitales.Celles-ci avaient jusqu'à hier aprèsmidi pour donner ou non leur feu vert.Aucune capitale n'ayant émis d'objections à l'issue de ce délai, le projet de déclaration a été jugé de facto adopté, a-t-on expliqué hier de source diplomatique.« Le document sur l'Irak a passé le délai sans problème.C'est adopté ».Peu après, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a confirmé qu'un accord de principe avait été atteint.« Il est prévu que les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'OTAN approuvent cet accord à leur réunion au sommet », a déclaré le secrétaire général dans un communiqué.Le projet de déclaration sera soumis au feu vert officiel du sommet qui se tient à partir de demain dans la métropole turque.Peu de détails ont filtré sur le contenu de cette déclaration, qui doit seulement être dévoilée à Istanbul, mais elle affirme en termes assez généraux que l'OTAN est prête à fournir une assistance technique à l'Irak pour la formation de ses forces armées et de sécurité, selon un diplomate.Dans une lettre envoyée à l'OTAN en début de semaine, le premier ministre irakien désigné, Iyad Allaoui, avait demandé l'assistance de l'Alliance pour aider à entraîner les forces armées de son pays et fournir « d'autres formes d'assistance technique ».En Irlande hier avant de se rendre à Ankara, le président américain, George W.Bush, a dit « espérer » que l'OTAN dira « oui » à la formation des forces armées irakiennes.« L'OTAN a la capacité \u2014et je crois la responsabilité \u2014 d'aider les Irakiens à combattre la menace terroriste contre leur pays », a-t-il affirmé.De son côté, la France, qui est réticente à voir l'OTAN « planter son drapeau en Irak », souhaitait qu'un accord au sommet d'Istanbul reste limité à la formation de la future armée irakienne et excluant une présence directe de l'Alliance dans le pays en préférant une contribution de l'OTAN « à travers les nations », selon des diplomates.« On peut faire des choses utiles sans avoir besoin d'affichage », a souligné l'un d'eux.Pour en arriver là, les représentants des pays membres de l'OTAN ont dû se réunir à trois reprises vendredi pour « trouver une solution acceptable pour tous », selon la même source.Ils ont laissé pour plus tard la négociation des modalités précises de l'aide de l'OTAN.Mais chacun s'accordait pour dire que les discussions à l'OTAN ont été constructives et se sont déroulées « dans un souci d'unité », personne ne souhaitant visiblement une répétition de la crise de l'an passée avant la guerre en Irak.Ainsi, malgré des désaccords persistants entre alliés, il existe une double volonté de décrispation et d'afficher un soutien clair au nouveau gouvernement irakien intérimaire, qui doit officiellement prendre ses fonctions le 30 juin.Bush arrive à Ankara sous haute tension BURAK AKINCI AGENCE FRANCE-PRESSE ANKARA \u2014 Le président américain George W.Bush est arrivé hier soir à Ankara pour une visite officielle qui sera suivie, demain et mardi, du sommet de l'OTAN à Istanbul, un déplacement pour lequel des moyens de sécurité exceptionnels ont été mis en place.Il s'agit de la première visite de M.Bush en Turquie.Le président américain, accompagné de son épouse Laura, a été accueilli à sa descente d'avion par le ministre d'État turc Besir Atalay avant de monter dans une voiture blindée sur le tarmac de l'aéroport et de se diriger immédiatement à l'hôtel Hilton où il doit loger.Jeudi, l'explosion d'un paquet piégé placé devant cet hôtel a fait trois blessés, dont deux policiers, tandis que l'explosion prématurée d'un autre engin le même jour dans un bus municipal d'Istanbul a tué quatre personnes, dont l'extrémiste de gauche qui la transportait, selon les autorités.Vingt-etune autres personnes ont été blessées.Hier matin, une bombe de faible puissance attachée à une banderole anti-OTAN a explosé sur une passerelle pour piétons à Istanbul, sans faire de blessés, selon la police.Il s'agit de la troisième explosion en trois jours.Des centaines de gendarmes et membres des forces spéciales ont été postés tout au long des 34 km qui séparent l'aéroport de l'hôtel Hilton, au centre-ville.Selon les médias, les mesures de sécurité déployées pour Bush « surpassent de loin » celles mises en place pour son prédécesseur, Bill Clinton, en 1999.À quelques heures de l'arrivée du président, Ankara a été le théâtre d'une manifestation antiaméricaine à laquelle ont participé quelque 5000 manifestants.Quatre policiers ont été blessés par des jets de pierres lors d'incidents entre un groupe d'une cinquantaine de personnes armés de bâtons et de pierres et la police qui a fait usage de gaz lacrymogène, selon l'agence Anatolie.D'autres petites manifestations se sont terminées dans le calme à Istanbul.M.Bush doit s'entretenir ce matin avec son homologue turc, Ahmet Necdet Sezer, et avec le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, des questions bilatérales, de l'Irak et du Proche-Orient.Dans l'après-midi, il rejoindra Istanbul où il assistera demain et mardi au sommet de l'OTAN en compagnie de 45 chefs d'État ou de gouvernement.PHOTO REUTERS Grimpés sur le toit de l'aérogare d'Ankara, ces policiers turcs munis d'armes automatiques surveillaient hier l'arrivée du président des États-Unis, George W.Bush.Le chef des Brigades d'Al-Aqsa tué par Israël à Naplouse Les verts lâchent Nader ASSOCIATED PRESS MILWAUKEE\u2014Le Parti vert américain, dont la Convention s'est ouverte mercredi à Milwaukee, a désigné hier son candidat à l'élection présidentielle américaine, l'avocat David Cobb, décevant du même coup les espoirs de Ralph Nader d'obtenir le soutien officiel du parti et de se présenter dans certains États tels que le Wisconsin ou la Californie.Ralph Nader, candidat du parti en 1996 et 2000, avait annoncé aux responsables écologistes qu'il ne serait pas cette fois-ci leur candidat car il préférait former une coalition de partis et de groupes indépendants plutôt que de se présenter sous une bannière particulière.Il avait cependant essayé d'obtenir leur soutien officiel afin de pouvoir se présenter dans les 22 États plus Washington, D.C.où le parti a des grands électeurs.Mais 408 délégués du parti en ont décidé autrement en désignant David Cobb candidat.IMAD SAADA AGENCE FRANCE-PRESSE NAPLOUSE, Cisjordanie \u2014 L'armée israélienne est parvenue hier à tuer le chef des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa pour toute la Cisjordanie lors d'une opération de ratissage meurtrière dans la casbah de Naplouse.Nayef Abou Charekh, 42 ans, était traqué depuis plusieurs années par les forces de sécurité israéliennes qui le rendaient responsable d'une série d'attaques sanglantes, dont un attentat à Tel-Aviv qui avait fait 23 morts en 2002.Il a été tué dans une cache en compagnie de cinq autres activistes armés, dont un chef local du Hamas et un autre du Jihad islamique, qui y avaient trouvé abri.Groupe armé lié au Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, mais relativement autonome, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa ont ensuite publié un communiqué annonçant des représailles et leur volonté de « riposter d'une façon qui ne s'est jamais vue, en attaquant des soldats, des colons et en Israël même ».Au total, sept activistes palestiniens armés ont été tués hier par l'armée à Naplouse.La veille, deux Palestiniens, non armés, avaient été abattus par les soldats.Un lieutenant colonel israélien, qui commande le bataillon parachutiste opérant dans la casbah, a déclaré à l'AFP que ses soldats avaient découvert la cache en poursuivant un activiste armé qui s'y était réfugié l'après-midi après la mort d'un autre activiste dans une ruelle.« Nous avons découvert la cache soigneusement camouflée, qui s'enfonçait de quatre mètres sous le sol d'une maison » a-t-il précisé.Selon lui, les soldats ont appelé de vive voix les Palestiniens à se rendre, puis faute de réponse, ont fait sauter la cache avec des grenades et des explosifs.Six hommes ont été tués par l'explosion et un septième s'est rendu aux militaires, selon lui.Nabil Abou Roudeina, le principal conseiller du dirigeant Yasser Arafat, a condamné « les crimes israéliens à Naplouse », qui, a-til dit, « constituent une dangereuse escalade, destinée à saboter les efforts égyptiens et américains pour un retrait israélien de la bande de Gaza ».Un porte-parole militaire israélien s'est félicité que l'armée ait réussi à décapiter « la direction terroriste qui se trouvait dans la maison » de Naplouse.Depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, les violences ont fait 4127 morts, dont 3135 Palestiniens et 920 Israéliens.Sur le plan diplomatique, le secrétaire d'État adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns, a déclaré hier que son pays ferait son possible pour que réussisse le plan israélien de retrait de la bande de Gaza.MONDE FORUM Des enjeuxmajeurs Que cache la vente rapide des terrains du Canadien National dans l'arrondissement Sud-Ouest de Montréal?Le texte suivant est cosigné par : Karine Triollet, Table de concertation communautaire Action- Gardien ; Pierre Richard, Regroupement économique et social du Sud-Ouest ; Édith Cyr, Groupe de ressources techniques ;Michel Seguin, Regroupement Information Logement ; Mychèle Antony et Jean-Guy Dutil, aunom de citoyenNEs du quartier Pointe Saint-Charles.MM.Martin, Charest et Tremblay, Vous n'êtes pas sans savoir que les terrains du Canadien National dans l'arrondissement Sud-Ouest de Montréal subiront prochainement des transformations majeures.Pour le milieu de Pointe Saint-Charles, il est fondamental que le développement futur de ces terrains se fasse en continuité avec le quartier et réponde aux besoins de la population locale.Or l'intention du CN de procéder à une vente rapide nous inquiète.C'est pourquoi, face à l'urgence de la situation, nous sollicitons votre aide afin que le développement de ce site stratégique se fasse de façon harmonieuse, en tenant compte de la population locale.Par exemple, à l'instar de ce qui s'est fait sur le site des ateliers Angus du Canadian Pacific, nous souhaiterions que les pouvoirs publics considèrent la possibilité d'acquérir le site afin d'en orienter le développement en faveur des populations locales.Une vente hâtive Nous savions que l'ensemble du secteur du Havre, comprenant les terrains du CN, connaîtrait dans les prochaines années des transformations importantes.Ce que nous avons appris tout récemment, c'est que le Canadien National a sollicité un nombre restreint d'investisseurs afin de vérifier l'intérêt que pouvait représenter le site des anciens ateliers ferroviaires, dont les installations étaient occupées depuis quelques années par Alstom qui vient de fermer ses portes dans le Sud-Ouest.Ces terrains de plus de trois millions et demi de pieds carrés, situés à proximité du centre- ville, représentent un énorme potentiel de développement.Tout porte à croire que le CN finalisera la vente de cet emplacement d'ici la fin de 2004.Depuis plus d'un an, les rencontres se multiplient dans le quartier de Pointe Saint-Charles sur l'avenir des terrains du CN.Le 28 avril dernier, plus de 250 citoyens ont participé à une assemblée publique convoquée par la Table de concertation communautaire Action- Gardien, le Regroupement Information Logement, Bâtir son quartier et le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO).Les citoyens ont des projets pour leur quartier ! Ils ont exprimé leur volonté que le développement des terrains du CN se fasse en continuité avec le quartier, qu'il contribue à leur maintien dans le quartier et à l'amélioration de leurs conditions de vie, et qu'il réponde à leurs besoins en termes de construction de logements abordables, de création d'emplois accessibles et d'implantation de services de proximité.Ils veulent être partie prenante de la réalisation d'un plan d'ensemble concerté et demandent que les terrains du CN deviennent propriété publique, afin que soit garanti un développement qui leur soit favorable.L'urgence d'intervenir Or la vente hâtive des terrains à des promoteurs privés pourrait compromettre fortement un développement tel que souhaité par le milieu.L'enjeu est majeur et il y a urgence à intervenir.C'est donc à vous que nous nous adressons pour vous demander de faire en sorte que tous les moyens adéquats soient mis en oeuvre pour garantir sur les terrains du CN un développement concerté, dans le meilleur intérêt de Montréal et de la communauté du Sud-Ouest et d'intervenir dès maintenant auprès du Canadien National pour que cette société mette fin au processus de mise en vente hâtif et consente à discuter avec les autorités publiques.La situation n'est pas sans rappeler celle qu'a vécu le quartier Rosemont dans les années 80 avec la fermeture des ateliers ferroviaires du Canadien Pacifique sur le site Angus.Des interventions publiques avaient alors permis un développement qui est maintenant cité en exemple.Vous devez savoir que le sudouest de Montréal, l'une des plus anciennes parties du territoire montréalais, vit encore aujourd'hui des heures difficiles qui ont débuté au lendemain de la fermeture du canal de Lachine et de nombreuses entreprises à partir des années 50.La population s'en remet difficilement.À Pointe Saint-Charles, 50 % des ménages sont sous le seuil de faible revenu, 51 % des familles avec enfants sont monoparentales, 52% de la population de 15 ans et plus est actuellement sans-emploi.La rareté des logements et les augmentations de loyer ou les reprises de possession augmentent la vulnérabilité de cette population.Dans le contexte d'un taux d'inoccupation à peine supérieur à 1 % et des pressions qui s'exercent sur le marché immobilier, les ménages du Sud-Ouest ont de plus en plus de difficultés à se loger convenablement.En 2001, dans le Sud-Ouest, 47,5 % des ménages locataires consacraient plus du quart de leur revenu au logement et 35,6% d'entre eux plus de 30 % de leur revenu.Toujours dans le Sud-Ouest, 4190 ménages locataires consacraient plus de la moitié de leur revenu au logement.Les transformations majeures qui se dessinent pourraient comporter des possibilités prometteuses pour un milieu encore marqué par plusieurs années difficiles, mais suscitent également des inquiétudes légitimes dans le contexte actuel.Intérêt grandissant Les quartiers du sud-ouest suscitent aujourd'hui un intérêt grandissant de la part des ménages plus fortunés.La transformation de ces secteurs pose le défi du maintien de la mixité sociale.Le Plateau Mont-Royal est souvent donné comme exemple de quartier où il est de plus en plus difficile voire impossible de se loger à prix abordable mais il est loin d'être le seul.Par ailleurs des projets d'envergure métropolitaine et internationale sont actuellement à l'étude pour ce secteur, dont le déplacement de l'autoroute Bonaventure, l'établissement d'un gigantesque centre de foires international, la relocalisation du Casino de Montréal, la construction d'hôtels de luxe et de salles de spectacles, autant de scénarios évoqués dans le rapport déposé récemment par la Société du Havre.La population du Sud-Ouest est d'ores et déjà mobilisée par l'avenir de ces terrains et s'inquiète des impacts des changements à venir.Ces développements auront lieu au bénéfice de qui ?Ces aménagements sont-ils compatibles avec le prolongement de la trame résidentielle des quartiers ?Sont-ils même compatibles avec le maintien de quartiers populaires et seront-ils créateurs d'emplois pour la population locale Enjeux majeurs Vous comprenez que les enjeux sont majeurs pour Pointe Saint- Charles, pour le Sud-Ouest, et plus largement pour la Ville de Montréal.Il est pour nous évident que les développements futurs des terrains du CN doivent permettre un prolongement du milieu de vie de Pointe Saint-Charles et s'intégrer à un quartier ouvrier qui compte parmi les plus anciens de Montréal.Les pouvoirs publics ont les moyens de garantir un développement orienté en faveur des populations locales, en intervenant auprès du Canadien National pour empêcher la vente hâtive des terrains, en évaluant la possibilité de se porter acquéreurs des terrains, et en mettant en oeuvre un processus de consultation.Nous comptons sur votre aide, et sommes assurés qu'avec votre collaboration le Sud-Ouest pourra poursuivre son développement de façon harmonieuse.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Les ateliers de réparation de la compagnie Alstom, à Pointe-Saint-Charles, à Montréal.Les développements futurs des terrains duCN doivent permettreunprolongement dumilieude vie de Pointe Saint-Charles.LA BOÎTE AUX LETTRES L'erreur boréale se poursuit.Guerre en Irak ! Élections fédérales ! Référendumsur les défusions ! Voici les grands titres qui accaparent les médias.Cependant, lors de mon dernier voyage dans la région de la Mauricie, plus précisément sur la route 155 qui longe la magnifique rivière Saint- Maurice, au nord du village de Grandes-Piles, c'est avec stupeur et tristesse que j'ai constaté que les compagnies forestières ont débuté la coupe de bois en bordure des routes.Après avoir ravagé plus de 70 % du territoire québécois et épuisé la ressource, en sont-elles à bûcher dans notre cour ?À détruire cette zone visuelle que l'on protégeait pour ne pas effrayer la population et les touristes ?La voracité et l'appétit sans fond de l'industrie forestière, dictées par le seul profit de leurs actionnaires, nous amènent à ce triste constat : l'erreur boréale se poursuit.Jean-Paul Bertrand Laval .J'en tremble encore Depuis un an, quatre personnes sont mortes noyées en rafting : un jeune guide sur la rivière Jacques- Cartier, à Québec ; deux personnes de grande expérience au cours d'une expédition sur la rivière Incomapleux, en Colombie- Britannique ; et ce pauvre homme, le week-end dernier, sur la rivière Magog.Je me souviens de ces morts car elles sont toutes survenues depuis mon expérience de rafting sur la rivière Rouge.Je ne suis pas obèse, je ne suis pas sédentaire, je sais très bien nager, je n'ai pas peur de l'eau (je fais du ski nautique).Et pourtant, j'ai cru mourir à 40 ans.La puissance mortelle de trombes d'eau qui vous calent au fond, vous rentrent dans le nez, la bouche, vous étouffent au point de vous empêcher de penser.J'en parle aujourd'hui et j'en tremble encore.Réaction posttraumatique.De grâce, évitez ces activités extrêmes.On n'a pas besoin de ça pour accéder au bonheur.Solange Paquet Longueuil .« Ça fait dur.» Surprise ce matin en lisant La Presse et en apprenant que l'ancienne filiale récréative de Bombardier, rachetée dernièrement par la famille de Joseph-Armand, porte maintenant le titre de « BRP » pour Bombardier recreational products.Je trouve que « ça fait dur » et que ça manque de respect envers les Québécois qui ont toujours supporté d'estime et financièrement ce « fleuron québécois ».Je ne sais pas si Joseph-Armand se tourne dans sa tombe ?Gabriel Deschambault Montréal .Encore du marketing Aux responsables de l'Industrielle Alliance, Pour encourager une bonne cause, nous avons acheté, il y a plusieurs semaines, 10 billets de Loto- Pompier.Je viens d'aller sur le site www.inalco.com dans le but de vérifier si par hasard nous n'aurions pas gagné l'un des lots instantanés mentionnés sur les billets.Surprise, je me retrouve sur le site de l'Industrielle Alliance où, pour obtenir les informations concernant les lots, je dois obligatoirement remplir un formulaire comprenant mes coordonnées personnelles, ainsi que la date d'échéance de mon assurance habitation ! De plus, je dois accepter de recevoir diverses promotions de l'Industrielle Alliance et de sa filiale.Il n'est pas question, dans ces conditions, que je participe au concours de Loto-Pompier.Je suis outrée que l'Industrielle Alliance se serve d'une cause humanitaire pour tenter de vendre ses produits.J'ose espérer cependant que l'argent que j'ai donné en achetant les billets ira réellement aux grands brûlés.Mais vu ces pratiques répugnantes de marketing, j'ai des doutes.Des doutes qui me feront malheureusement hésiter à contribuer de nouveau à Loto- Pompier.Lucie Chagnon . FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef Nous sommes tous (de gros) Américains La plus récente étude sur la santé des Canadiens réalisée par Statistiques Canada nous confirme que la proportion d'obèses et de gens souffrant d'embonpoint augmente au pays.Au Québec, la seule province avec la Colombie-Britannique qui pouvait encore se vanter d'être moins grosse que la moyenne nationale, le nombre d'obèses a augmenté de 10 % depuis 2001.Selon les données de Statistiques Canada, le tiers de la population canadienne serait trop gros, le plus grand nombre d'obèses se trouvant chez les 46-65 ans.Les résultats de cette étude en ont fait sourciller plus d'un.Par exemple, l'utilisation de l'indice de masse corporelle (IMC) est souvent remise en question car elle ne fait pas la distinction entre le poids de la graisse et le poids des muscles.Ainsi, sur une balance, un culturiste pèserait plus lourd qu'un gros monsieur qui ne fait pas d'exercice.Par contre, l'enquête de Statistiques Canada est basée sur des entrevues téléphoniques.Or selon les chercheurs, les gens qui répondent à ce type de questionnaire ont tendance à se décrire comme plus grand et moins gros qu'ils ne le sont en réalité.La situation demeure donc inquiétante.Aujourd'hui, nous sommes face à un choix : la résignation ou l'action.On peut se résigner en se disant que notre mode de vie a changé et que l'augmentation du poids moyen de l'être humain est inévitable.La société et l'industrie s'adaptent à cette nouvelle réalité et nous proposent des nouveaux modes de vie extra-large : vêtements de taille forte, fauteuils pouvant supporter des poids supérieurs à 350 livres, etc.Cette option a un prix nous avertissent toutefois les spécialistes de la santé : au cours des prochaines années, il en coûtera très cher pour soigner les conséquences de l'obésité et de l'embonpoint.L'autre solution, celle qui est mise de l'avant pas les chercheurs en obésité, les professeurs d'éducation physique et autres pourfendeurs de la sédentarité, c'est le choix d'un mode de vie équilibré.On ne le répétera jamais assez : il faut bouger et manger sainement.Ce choix exige des efforts individuels et collectifs.L'État doit faire sa part, c'est vrai, mais en bout de ligne, aucune campagne de promotion de la santé ne pourra nous éjecter de notre la-z-boy.C'est aux individus, en particulier les parents de jeunes enfants pour qui les adultes sont des modèles, de se motiver.L'exercice quotidien devrait être considéré comme un geste hygiénique au même titre que le brossage de dents.Pas besoin d'un gymnase personnel.Commençons par 30 minutes de marche par jour.C'est facile, agréable et surtout, ça ne coûte rien.Nathalie Collard patrick dea pdea@lapresse.ca, collaboration spéciale DROITS RÉSERVÉS D'UN CANADA À L'AUTRE \u2014 ÉLECTIONS 2004 Attention! Un gouvernement minoritaire sera presque certainement un mauvais gouvernement Ruée vers le confortable centre La présente campagne témoigne du triomphe de la tradition de modération que l'on trouve au Canada LAWRENCE MARTIN L'auteur est journaliste.Il vient de publier le deuxième tome d'une biographie de Jean Chrétien.Comme tant d'autres choses typiques du Canada, la présente campagne électorale est entièrement axée sur la modération.L'idéologie est rarement bienvenue dans ce pays.Au Canada, le dogme n'a pas la cote.Depuis le signal de départ, tout le monde s'est rué vers le confortable centre.Gilles Duceppe a volé la vedette.La raison de ses succès ?Il s'est présenté comme le Canadien ordinaire.Cette semaine encore, on l'a vu s'empresser de nier qu'un vote pour lui était un vote pour la raison d'être de son parti.La stratégie a porté ses fruits.Au Canada anglais, on serait bien en mal de trouver quelqu'un encore effrayé par le Bloc québécois.Les bloquistes font maintenant partie du paysage.C'est tout un exploit.On dirait presque qu'ils sont devenus le Bloc canadien.Pour leur part, les libéraux de Paul Martin ont été présentés comme étant à droite des libéraux traditionnels.La campagne de M.Martin a consisté à tourner le dos au type de libéralisme de centre-gauche illustré par Jean Chrétien et Pierre Trudeau.Sa campagne porte principalement sur le Canada ancien.Parfois, à entendre M.Martin, on dirait un nationaliste.Chez les conservateurs, on nous dit maintenant que Stephen Harper ne souhaitait pas vraiment que le Canada participe à la guerre en Irak alors que c'est ce qu'il affirmait il y a un an.La présente campagne lui fournit un cours accéléré sur l'art d'être Canadien.Autre exemple dans le domaine des soins de santé : ce champion de la libre entreprise veut consacrer plus d'argent aux soins de santé que les libéraux eux-mêmes.Ralph Klein, son collègue conservateur de l'Alberta, a aussi droit à un cours sur l'art d'être Canadien.Après avoir laissé entendre qu'il songeait à d'autres formes de privatisation des soins de santé, les pressions ont été telles qu'il a rapidement dû faire marche arrière.Il existe de grandes différences dans les programmes des grands partis, mais aucun ne souhaite s'attaquer trop hardiment au statu quo.Les changements radicaux ne sont pas synonymes de victoire dans cette campagne.On n'a pas le sentiment que les Canadiens rêvent de grands changements.Lorsque la grande question du jour porte sur les listes d'attente dans des hôpitaux au pays, ça en dit long sur la situation.Ça signifie que le pays s'en tire pas si mal.Colère On sent de la colère chez les électeurs, mais elle porte sur la franchise, l'honnêteté, le francjeu, l'arrogance et le gaspillage.C'est sur ces questions d'intégrité et de style que les libéraux ont mordu la poussière et non pas tant sur les politiques.Il y a la question de l'usure chez un vieux parti au pouvoir et des doutes quant au nouveau appelé potentiellement à gouverner.La fascination est palpable parce que la course est tellement serrée, et non pas en raison de l'importance des enjeux.Si certains craignent qu'un triomphe de Harper ne se traduise par un grand coup de barre à droite, l'opinion publique canadienne constitue une police d'assurance qui le ramènera vers le centre.À de nombreux égards, la présente campagne témoigne du triomphe de la tradition de modération que l'on trouve en ce pays.Les élections de 2004 ne portent pas sur l'avenir.Elles sont axées sur le passé.Au cours de la campagne, les Canadiens ont indiqué qu'ils étaient en général satisfaits de la maison qu'ils ont bâtie et qu'ils veulent de bons propriétaires, honnêtes et compétents, pour en assurer l'entretien.JEFFREY SIMPSON L'auteur est chroniqueur aux affaires nationales au journal The Globe and Mail.Un grand nombre de Canadiens indiquent aux sondeurs qu'ils souhaitent un gouvernement minoritaire.Ces gens devraient faire attention.Le Canada a connu deux gouvernements minoritaires au cours de récentes décennies, soit en 1972 et en 1979.À la suite des élections de 1972, le Parlement a tenu 13 mois ; celui formé au lendemain des élections de 1979 n'a duré que deux mois et demi.L'histoire des gouvernements minoritaires à Ottawa et dans les provinces enseigne qu'ils font long feu, leur durée de vie n'excédant pas deux ans.Et leurs réalisations sont minces.Les gouvernements minoritaires entraînent toutes sortes de tactiques, chaque heure, chaque semaine, chaque mois.La survie politique fait foi de tout.Il n'y a pas, et il ne peut pas y avoir, de pensée à long terme ou d'élaboration de politiques.Et on ne prend aucune décision difficile.Les gouvernements minoritaires se caractérisent par les négociations, les compromis, les marchés.Ils n'ont rien à voir avec le leadership, l'esprit de décision et la vision.C'est peut-être ce que veulent les Canadiens, du moins ceux hors- Québec.Un sentiment a caractérisé cette campagne hors-Québec : les électeurs ne font pas confiance aux politiciens.Alors, si tel est le cas, si les électeurs sont convaincus que tous les politiciens ne disent pas la vérité, un gouvernement minoritaire est la solution parfaite, car les politiciens ne pourront pas faire grandchose.Si les conservateurs remportent véritablement le plus grand nombre de sièges et forment ainsi le gouvernement, ils pourraient être en mesure de survivre plus longtemps que ce que de nombreuses personnes croient en ce moment.Peut-être 18 mois.Peut-être deux ans.Peut-être même plus longtemps.Les conservateurs auront l'appui du Bloc québécois, non pas au sein d'une alliance formelle, mais au cas par cas.Les deux partis n'ont à peu près rien en commun, mais ils pourraient se satisfaire d'un mariage de convenance.Le Bloc ne souhaitera pas des élections dans de brefs délais.Demain, il remportera tous les sièges dont il pourrait rêver au Québec.Son score ne peut pas s'améliorer.Le parti voudra profiter de sa force puisque, par définition, il ne pourra pas devenir plus fort.Les conservateurs, qui n'ont pas goûté au pouvoir depuis 1993, profiteront tout à coup de voitures officielles et du pouvoir.Ils ne voudront pas renoncer à ces privilèges rapidement.De même, les conservateurs ont déjà fait savoir que seuls quelques votes au Parlement seront considérés comme des votes de confiance.Seuls ces votes, s'ils sont perdus, feront tomber le gouvernement.Le discours du Trône.Le budget.Les estimations.Voilà les votes de confiance.Tous les autres, s'ils sont perdus, n'entraîneront pas la chute du gouvernement.Le premier budget des conservateurs comprendra des baisses d'impôts et une hausse des dépenses de la santé.Qui votera contre cette combinaison?Sûrement pas le Bloc.Pour leur part, les libéraux et le NPD, si le total de leurs sièges leur assure une majorité, pourraient facilement travailler ensemble pendant une année ou plus d'un vote à l'autre.Un budget libéral prévoyant plus d'argent pour la santé, les villes et l'environnement emporterait facilement l'aval du NPD.Les Canadiens ne souhaiteront pas des élections hâtives.Le parti qui en serait prématurément la cause serait puni.Mais les calculs politiques finiront pas amener un ou plusieurs partis à souhaiter des élections.Celles- ci se tiendront donc certainement avant la fin du mandat normal de quatre ans.Un gouvernement minoritaire sera presque certainement un mauvais gouvernement marqué par de nombreux et coûteux graissages de patte et sans politique à long terme.Mais il pourrait tenir.quelque temps.PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE© Rencontre entre le premier ministre élu, Joe Clark (à gauche), et le premier ministre sortant de poste, Pierre Trudeau, au lendemain du scrutin général, en mai 1979.Les bloquistes font tellement partie du paysage qu'on dirait presque qu'ils sont devenus le Bloc canadien.Les gouvernements minoritaires se caractérisent par les négociations, les compromis et lesmarchés. À VOTRE TOUR Dimanchematin LETTREDE LA SEMAINE MICHELINE DUFF-MASSON L'auteure est romancière lavalloise.Elleapublié chez JCL Clé de coeur, Plume et pinceaux et Mon grand.Aujourd'hui, c'est dimanche.Dimanche matin.Il y a une vingtaine d'années, la question ne se posait pas, le dimanche matin, nous allions à la messe sans remettre en question ce geste routinier et largement répandu dans la société.Nos jeunes enfants suivaient, endoctrinés par leurs cours de catéchèse.Mon mari a été le premier à s'ennuyer à la messe et à ne plus vouloir m'accompagner.Pour ma part, je sortais de l'église frustrée de n'avoir pu, comme à chaque fois, trouver un seul moment de paix et de silence pour me recueillir et prier directement Dieu présent dans ce temple.On devait se lever, se rasseoir, se relever pour chanter, s'asseoir de nouveau pour écouter des lectures insipides des temps anciens sans rapport avec la vie.Encore chanceux si on entendait, dans le sermon, quelques mots concernant l'actualité et le quotidien.Pourtant, j'aurais voulu qu'on me parle des vraies choses, pour m'aider à mieux supporter le voisin déplaisant, le compagnon de travail agressif, l'autre de mauvaise langue ou de mauvaise foi, ou de mauvaise humeur, et tous ces exploiteurs et profiteurs rencontrés durant ma semaine.J'aurais voulu qu'on m'éclaire sur la précocité sexuelle de mes ados, sur le travail au noir si tentant, sur les conseils à donner à ma copine au bord du divorce.J'aurais voulu qu'on me console, qu'on me rassure, qu'on me guide.Mais.rien ! À la messe du dimanche, je ne trouvais pas ce que je venais chercher.Me restait l'Eucharistie, ce merveilleux mystère où un simple geste symbolique me mettait automatiquement en contact direct avec Dieu.« Ah ! Seigneur, aide-moi à rester une bonne mère, une honnête citoyenne, une amie sincère.Montre-moi à pratiquer le respect, la tolérance, la générosité.» Mes adolescents, emportés par la libération des moeurs, abandonnèrent un à un la pratique religieuse.Je n'ai pas insisté, respectant leur choix et convaincue que, tôt ou tard, ils reviendraient d'eux-mêmes à la religion pour chercher des réponses aux questions existentielles.À la longue, j'ai moi-même abandonné la messe du dimanche.Mais il m'arrive encore, à de rares occasions, de pénétrer dans une église, de préférence un jour de semaine, pour retrouver la joie silencieuse de la communion et me sentir en présence réelle de Dieu, comme dans mon enfance.Moment magique auquel le doute et les remises en question ne résistent pas encore.Aujourd'hui, c'est dimanche matin.Je m'installe dans mon fauteuil à bascule, un rayon de soleil sur les genoux, le journal La Presse et un café fumant sur ma table.Moment privilégié, moment de repos, moment de ressourcement.Ma messe.En page frontispice, mes yeux tombent sur un article concernant « la politisation de l'hostie ».Les cheveux me dressent sur la tête : aux États-Unis, l'Église veut empêcher de communier les politiciens catholiques élus s'ils ne se conforment pas aux doctrines du Vatican ! C'est le comble ! Quoi ?Quelle est cette Église qui se prétend notre mère et refuse un précieux sacrement à un dirigeant à cause de ses idées?Le devoir de cet homme n'est-il pas de respecter les droits de TOUS les citoyens de son pays ?Je peux comprendre les raisons de l'Église de s'opposer à l'avortement.Mais elle devrait s'ouvrir les yeux et admettre que, malgré ses consignes, l'avortement existe bel et bien, et se trouve là pour rester.Vaut-il mieux se mettre la tête dans le sable et laisser les femmes se faire avorter dans des conditions dangereuses ?Qu'on le veuille ou non, il faut vivre avec son siècle.Même chose pour le divorce et le mariage des gais.Que l'Église se soucie de morale, soit ! mais, de grâce, qu'elle respecte la conscience de ses membres et ne les prive pas de communier, ils en ont rudement besoin ! Écoeurée, je rejette le journal et me ferme les yeux.Tout à coup, je ressens le besoin d'un retour en arrière pour en appeler à Dieu qui semble nous avoir abandonnés.Ou peut-être est-ce l'homme qui a abandonné Dieu?Je songe aux nouvelles d'hier, à la télé, invariablement remplies d'horreurs et alimentées de mensonges, de fraudes, de drames effroyables.Et toujours ce dieu argent présent partout, partout.J'aurais le goût de crier.« Au secours, mon Dieu, reviens! Fais quelque chose, on va périr ! » Mystérieusement, j'entends la réponse du Christ à ses apôtres lui tenant le même discours alors qu'il dort au fond de la barque, en pleine tempête : « Ne craignez rien.Ne savezvous pas que je suis avec vous ?» La sonnerie du téléphone me tire de ma méditation.« Allô ?grandmaman ?Est-ce que tu peux venir souper chez-nous, ce soir ?» Ah oui !.Dehors, ça sent le muguet et j'entends un bruant chanter.Je me lève, me secoue les ailes, je vais terminer mon café dehors.J'ai tout à coup le goût de sortir, c'est dimanche matin et.il fait si beau ! .Àtitre d'auteur de la lettre primée de la semaine, Mme Duff-Masson recevra une copie laminée de cette page.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE© Mme Micheline Duff-Masson aime encore aujourd'hui profiter du calme d'une église pour se recueillir.Les voleurs d'indentité! ÉVELYNE ET JEAN-CLAUDE SCHUHMACHER Les auteurs résident àSainte-Adèle.Le jeudi 27 mai dernier, je rentrais à ma résidence (domaine du Loupgarou, à Sainte-Adèle) vers 18 h, après ma journée de travail.Je venais de chercher mes deux petits à la garderie et mes deux grandes filles (12 et 8 ans) m'attendaient dehors, pieds nus dans la rue, affolées car elles s'étaient rendues compte que quelque chose d'inhabituel avait eu lieu dans la maison.Oui, nous avions été cambriolés ! On avait violé notre maison en notre absence, pénétré dans notre intimité, touché à nos objets, fouillé dans nos vies, emmené nos choses (vidéos, ordinateur, DVD, outils, bijoux.) Ma fille de 8 ans pensait juste que maman avait fait un peu de désordre avant de partir au travail, et qu'elle n'avait pas eu le temps de ranger.Et si elle avait surpris les voleurs, que lui serait-il arrivé Mais au-delà de ces interrogations, Messieurs les voleurs, vous nous avez volé nos vies, nos choses les plus précieuses : nos cassettes vidéo (environ une vingtaine) sur lesquelles se trouvaient nos plus précieux souvenirs : la naissance de nos enfants, leurs premiers pas, leurs premiers mots, leurs grands-parents qui vivent au loin.Vous nous avez volé notre histoire, notre identité, notre mémoire de famille qui se sont envolés à tout jamais ! Nos enfants qui adoraient se revoir plus jeunes ne pourront plus se construire leurs souvenirs et rire de leurs petites folies, ni se raconter aux autres.Ils ne pourront plus ré-entendre leurs voix lorsqu'ils étaient petits.Leurs grands-parents ne pourront plus les voir grandir loin d'eux.Les vacances en famille sont effacées à jamais.Et j'en passe.Car des photos nous n'en avons que très peu.De grâce, messieurs les voleurs, si vous vous reconnaissez, rendeznous nos vies, ou vous, chers lecteurs (lectrices), s'il vous arrivait de retrouver nos cassettes jetées au hasard, contactez-moi à l'adresse suivante: jean-claude.schuhmacher@ sgdl-sys.com .Ne nous en privez pas de nos heureux moments.Profmarquant, école modèle.Une partie de Marie-Paule Mission vers Mars réussie! GENEVIÈVE CARON L'auteure habiteà Repentigny.Voilà maintenant treize ans que j'ai vu, pour la dernière fois, mon enseignante de cinquième année, Marie-Paule Ouellette.Récemment, je lui ai fait parvenir mon tout premier travail d'université.Ce travail consistait à raconter un souvenir d'écolier important et Marie-Paule fut, sans le savoir, une personne déterminante dans mon cheminement scolaire.Aujourd'hui, à 25 ans, je réalise combien cette femme a cru en moi malgré les grandes difficultés d'apprentissage que j'avais à l'époque, et malgré le fait que je venais de redoubler ma cinquième année.Jamais elle ne m'a jugée ni découragée.Bien au contraire, cette enseignante, qui prenait sa retraite l'année suivante, avait une patience exceptionnelle et beaucoup d'amour pour ses élèves.En septembre, je commencerai ma troisième année d'université en éducation préscolaire et enseignement du primaire.Je crois, au fond de mon coeur, que dans mon cheminement, il y a une partie de Marie-Paule.Sa douceur et ses nombreux encouragements de l'époque m'auront rassurée et permis de prendre confiance en moi.Perles rares Les enseignantes significatives qui marquent nos vies sont plutôt rares.Pour ma part, il y a eu Marie-Paule à l'école primaire et Jocelyne Lacroix qui a été, durant trois ans, mon enseignante de mathématiques au secondaire et qui sans elle, j'en suis certaine, ma vie aurait pris une mauvaise direction.Sans son appui et sans sa façon déterminée de croire en moi, j'aurais tout simplement lâché et serait probablement entrée dans le cercle de l'abandon scolaire.Pour l'année scolaire qui se termine à grands pas, je désire remercier ces deux enseignantes exceptionnelles qui ont changé ma vie et possiblement celles de d'autres jeunes qui en ont eu besoin.Dans deux ans, je serai à mon tour une enseignante.Mon but sera exactement le même que ces deux femmes : être significative pour les élèves, les encourager et leur faire croire en eux et en ce qu'ils sont vraiment.BENOÎ T COURTOIS L'auteur est unrésidant de Laval.Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un, décollage.Rien à faire.Après trois tentatives infructueuses pour faire décoller la fusée, le petit véhicule spatial refuse de quitter la Terre.Petit problème technique.La petite Mélodie, qui a apporté la fusée et qui actionne désespérément le détonateur, voudrait sans doute être à quelques annéeslumière de la cours d'école.Qu'importe, l'ambiance est à la fête pour les quelques centaines d'élèves de l'école Raymond, à Laval, qui ont mis sur pied une exposition d'envergure sur l'astronomie avec pour thème central Mission vers Mars.De la maternelle à la sixième année, tous ont mis la main à la pâte afin que la mission réussisse.Il est toujours touchant de voir combien des efforts soutenus et dirigés dans une même direction peuvent donner des résultats remarquables.Il était impressionnant de marcher le long des kiosques et de voir toutes ces petites bouilles aux yeux allumés nous donner de l'information sur la planète Mars et ses amies du système solaire.Ils se sont documentés, ont été créatifs.Comme les chercheurs des temps anciens ou modernes, ils ont exploré l'imaginaire et l'ont fait réalité.De nombreux parents sont venus voir l'exposition et on pouvait voir dans leur réaction l'étonnement et l'admiration.Les jeunes ont pris ce projet très au sérieux.Rafraîchissant À une époque où l'on décrie un relatif fiasco dans l'enseignement, où l'on s'élève contre l'indiscipline et le non-respect de la part des étudiants d'aujourd'hui, où l'on accuse les enfants de passer le plus clair de leur temps devant les consoles de jeux, les ordinateurs et la télé, cette communion vers Mars est très rafraîchissante.Un dépassement collectif émouvant.Le franchissement d'un pont entre l'imaginaire et le réel qui donne des résultats concrets et riches.Bravo aux élèves de l'école Raymond! Au-delà de cette mission vers Mars, vous avez effectué une mission vers la vie.Gardez le cap ! . 3229703A "]
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