La presse, 30 mai 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" Unmonde sans père DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca Je ne sais plus quand, vers l'âge de 12 ans peut-être, j'ai commencé à remarquer que la plupart de mes copains n'avaient pas de père.Le mien était déjà en exil depuis longtemps.François Duvalier, en 1965, était au sommet de sa gloire.L'année précédente, il venait de se faire proclamer président à vie.Ce qui fait que 1964 fut cette année terrible en Haïti, marquant la fin de toutes les illusions politiques.Et la chasse visait essentiellement les hommes.Les prisons étaient bondées.Les avions, aussi.Les hommes restants étaient emmenés de nuit à des endroits peu fréquentés pour être fusillés et enterrés sur place.Si Duvalier, surnommé Papa Doc, s'attaquait particulièrement aux hommes, c'était parce qu'il voulait devenir notre seul père.Cela s'est passé durant la seule année 1964.Ce qui fait que 1965 fut une année plutôt paisible, de cette paix qu'on ne trouve que dans les cimetières.J'avais 12 ans, et les hommes que je voyais autour de moi étaient soit des épouvantails que le pouvoir avait vidés de leurs tripes, soit des membres de la célèbre milice qui patrouillait le pays, l'arme au poing, à la recherche du moindre contestataire.On disait à l'époque que Duvalier avait des oreilles partout.Les adultes attendaient que les enfants soient au lit pour critiquer le régime parce que certains professeurs (des prêtres aussi) étaient des espions du gouvernement qui ne manquaient pas de tirer les vers du nez de leurs élèves pour savoir ce qui se disait chez eux.Ce fut une époque effroyable où les gens, selon le poète Anthony Phelps, ne se parlaient que par signes.La radio ne passait que des chansons légères ou des discours à la gloire du « père de la nation ».Les journaux étaient remplis de ces débats creux à propos du positivisme d'Auguste Comte.Tout pour éviter de voir ce qui se passait sous nos yeux.La vie réelle.Pourquoi je pense à cela?Cela fait deux fois cette semaine qu'on m'a demandé pourquoi il n'y a que des femmes dans mes livres.II \u2014 Où est passé Joseph ?Depuis quelque temps, je remarque un peu partout, à Montréal, cette magnifique photo qui nous montre une famille dans le besoin : une femme avec un doux regard de mère tenant un bébé bien joufflu dans ses bras.Il s'agit de Marie et de son fils, Jésus.L'Église catholique de Montréal fait sa collecte annuelle pour les aider, semble-t-il.Le problème, c'est qu'il manque quelqu'un sur la photo : le père.Joseph avait pourtant une réputation d'honnête charpentier.Il semblait prendre à coeur son rôle de père officiel et nourricier de l'Enfant- Dieu.Comme on a l'habitude de braquer le projecteur sur Marie, on oublie toujours que c'était Joseph le bon parti dans le couple.>Voir LAFERRIÈRE en 6 PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE © Au fil des ans, Ginette Reno a consigné les faits marquants de sa vie et de sa carrière.Aujourd'hui, elle rédige son autobiographie, constituée non pas de chapitres, mais des 26 lettres de l'alphabet.À la lettre A, par exemple, Ginette évoque son rapport à l'amour, son rapport à l'argent et ainsi de suite.Une carrière qui traverse 45 années, une discographie de plus de 60 disques, une voix qui fait trembler les montagnes, un appétit insatiable pour la vie, les hommes et la bouffe, un caractère qui n'en manque pas, Ginette Reno est un cas qui n'en finit plus de nous étonner.Juste au moment où on la croyait casée chez elle à écrire ses mémoires, voilà qu'elle rêve de faire le tour du monde avec la comédie musicale Bagdad Café.Pour autant que le plaisir, la paie et la santé le permettent.GINETTE RENO Ginette de A à G NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca Deux heures venaient de s'écouler lorsque Ginette Reno a subitement regardé sa montre et constaté que sa BMW décapotable, garée à quelques mètres du Café Cherrier, allait bientôt être en infraction.Dehors, il pleuvait des cordes mais Ginette s'en foutait.C'était le genre de journée plate et grise où Ginette avait besoin de tout sauf d'une contravention de 37 $.Qu'elle soit assise sur une fortune personnelle lui permettant d'absorber sans problème une année complète de contraventions n'y change rien.Pour Ginette Reno, chaque cent compte.Surtout, chaque cent gagné à la sueur de son front.Elle est donc repartie, est revenue aussi vite et a repris comme si de rien n'était le fil d'une conversation décousue où il fut un peu, beaucoup, question d'argent.Pourquoi ce sujetlà plutôt qu'un autre, je n'en sais trop rien.Je pense que cela a commencé avec le coffret, ou plutôt les quatre coffrets de sa vie en chansons, qu'elle a posés comme autant de briques lustrées sur la table, m'expliquant, chiffres et dessins à l'appui, comment Robert Watier, son premier mari, s'y était pris pour lui inculquer le sens de l'argent.À l'époque, Ginette était une jeune et naïve chanteuse qui donnait 22 spectacles par semaine au chic cabaret Caprice pour le modique salaire de 45 $.Un soir, son mari a sorti un bloc-notes, divisé 45 par 22, puis multiplié le prix du billet par le nombre de gens dans la salle (200) avant de décréter qu'elle se faisait avoir royalement et qu'il était temps que les choses changent.L'espace d'une négociation courte mais serrée, le cachet a été augmenté à 1200 $, changeant à jamais le train de vie de Ginette mais aussi sa façon de penser.Pour la première fois de sa vie, elle ne s'est plus vue comme une bonne à rien possédée par le démon, comme le lui répétait sa mère, mais bien comme une chanteuse qui valait de l'or.C'est ainsi qu'elle a quitté le circuit des cabarets pour la Comédie canadienne, accumulant autant de chansons à succès que de problèmes.Un jour, pour des raisons obscures, son mari a décidé de vendre les matrices de 180 de ses chansons au producteur Denis Pantis pour 150 000$ contre la promesse que ce dernier enverrait régulièrement un chèque de redevances.Selon Ginette, Pantis n'a jamais payé un sou en 25 ans, d'où l'idée de récupérer sa mise en réenregistrant toutes les chansons perdues et en les glissant dans les quatre coffrets empilés devant moi sur la table.Notre rencontre n'avait pas d'objet précis.Elle avait été arrangée à la bonne franquette par François Flamand, l'agent de Patrick Huard qui, sur un coup de tête, a failli devenir celui de Ginette avant que les deux nouveaux amis, unis par une complicité explosive, reviennent chacun sur terre.D'entrée de jeu, Ginette m'a assurée que je n'avais même pas besoin d'écrire un papier sur elle.Elle voulait simplement jaser.Elle aurait d'ailleurs aimé en faire autant avec Céline.Céline ?« Oui, Céline, sourit-elle.Je l'ai tellement enviée, mais plus aujourd'hui.En ce moment, je suis en train de lire Behind the Fairytale, une biographie non autorisée sur elle et, dans l'ensemble, j'ai l'impression que ce qui est écrit est vrai.Ce n'est jamais un conte de fées, ce métier-là.Vivre continuellement sous l'étiquette de chanteuse populaire, c'est quelque chose ! C'est pour ça que j'aimerais jaser avec Céline, partager avec elle des choses de chanteuse, mais surtout de femme.Oui, surtout de femme.» Ginette ayant ouvert ellemême la porte, je lui demande pourquoi Céline est devenue cette chanteuse internationale vénérée par la planète entière et pas elle.>Voir RENO en 2 « Vivre continuellement sous l'étiquette de chanteuse populaire, c'est quelque chose ! C'est pour ça que j'aimerais jaser avec Céline, partager avec elle des choses de chanteuse mais surtout de femme.Oui, surtout de femme.» BELA FLECK AND THE FLECKTONES / MARCUS MILLER BAND SAMEDI 3 JUILLET, Salle Wilfrid-Pelletier, PdA, 20 h 30 BILLETS PLEINS FEUX À LA BILLETTERIE CENTRALE Spectrum de Montréal : 318, rue Sainte-Catherine Ouest À LA PLACE DES ARTS www.pda.qc.ca / (514) 842-2112 RENSEIGNEMENTS : 134 PROGRAMME DOUBLE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! ! ! ! M O N T R É AL DI M A N C H E 3 0 M A I 2 0 0 4 HÉLÈNE MONETTE LETTRES INSOLITES PAGE 7 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS FLASHES CINÉMA Disney vend ses droits sur Fahrenheit 9/11 Bob et Harvey Weinstein, les présidents des studios Miramax, ont conclu un accord vendredi avec Walt Disney pour racheter les droits de Fahrenheit 9/11 et distribuer eux-mêmes aux États-Unis le documentaire de Michael Moore, palme d'or à Cannes.Les deux frères ont créé le Fellowship Adventure Group, « une nouvelle société à but spécifique », afin d'acquérir personnellement les droits du film, selon un communiqué conjoint de Disney et de Miramax.Bob et Harvey Weinstein ont remboursé à Disney, propriétaire de Miramax, tous les coûts engendrés jusqu'à présent par le documentaire, estimés à environ 6 millions US.L'accord prévoit que la société Disney ne tirera aucun profit du film qu'elle a refusé de distribuer.Tous les bénéfices dégagés qui iraient à Miramax ou à Disney seraient reversés à des oeuvres de charité, selon le communiqué.Les frères Weinstein avaient annoncé le 12 mai leur intention de conclure pareil accord.Le réalisateur Michael Moore avait alors dénoncé publiquement la censure imposée selon lui par Walt Disney.Le pdg de Disney, Michael Eisner, avait expliqué que sa firme « ne voulait pas d'un film au milieu du processus politique », la campagne pour la présidentielle de novembre 2004, les clients de Disney « n'attendent pas de nous que nous prenions parti ».Associated Press La mort pour Harry Potter?Harry Potter pourrait mourir dans le dernier tome de la série que lui consacre la romancière J.K.Rowling, a déclaré vendredi Daniel Radcliffe, le jeune acteur qui incarne l'apprentisorcier au cinéma.« Je vais être vraiment très impopulaire en disant ça de Harry mais j'ai toujours soupçonné \u2014avec tout ce qui se passe\u2014 qu'il allait peut-être mourir », a affirmé Daniel Radcliffe, 14 ans, lors d'une conférence de presse pour la sortie de Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, le troisième film adapté des romans de J.K.Rowling.L'auteure est restée silencieuse sur le sort de son héros dans le septième et dernier tome de ses aventures.Mais chaque nouvel épisode révèle de nouveaux liens entre Harry Potter et son ennemi juré, le vil sorcier Voldemort.«Harry et Voldemort ont le même noyau en eux, on le voit bien dans le quatrième film », a confié Daniel Radcliffe.Harry Potter et la Coupe de feu est actuellement en cours de tournage.Selon l'acteur, « la seule façon dont Voldemort pourrait mourir, c'est si Harry mourait aussi ».J.K.Rowling a déjà laissé entendre par le passé que son personnage pourrait mourir.Interrogée sur d'éventuels livres sur Harry Potter adulte, elle avait répondu : « Vous devez attendre pour voir s'il survit jusqu'à l'âge adulte.» Associated Press PHOTO GRACIEUSETÉ VOX Île rouge, une photographie signée Isabelle Hayeur.Nouvelles vues sur la Main JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE C'est aux côtés d'une porte affichant un flamboyant Sexe-Village que l'avant-gardiste Vox a rouvert ses salles.Après deux ans au Marché Bonsecours, le centre réputé pour ses efforts dans la diffusion d'une photographie haut de gamme ose sortir encore plus de la tour d'ivoire où se concentre souvent l'art contemporain.Le choc des cultures, élitistes et populistes, d'art et de consommation, n'aura jamais été autant mis à l'épreuve.Pour souligner sa renaissance dans ce local discret du boulevard Saint-Laurent, hier commerce de peep shows, Vox propose une première expo symbole, Éveil.Cette manifestation, réunissant le travail d'une photographe (Isabelle Hayeur), d'un cinéaste (Mark Lewis) et d'une vidéaste (Mary Kunuk), se veut une évocation de cet état équivoque et instable qui mène du sommeil à la prise de conscience.Images évanescentes et fluides, imaginaires et réalistes sont le lien entre les trois univers.Des univers d'un magnétisme implacable, malgré le peu de surprises.Les paysages construits de Hayeur ont, par exemple, été bien en vue à Montréal depuis quelques années (Skol, Mois de la photo 2001, maisons de la culture), alors que les lents travellings de Lewis, Canadien exilé à Londres, étaient un point fort du même Mois de la photo.La révélation Kunuk Kunuk, artiste du Nunavut, est la véritable révélation du trio.Sa vidéo Aqtuqsi (My Nightmare), que l'on pourrait qualifier de conte non narratif, mélange les genres, de l'animation au documentaire, avec un soin méticuleux pour la forme.Montage, son et voix hors champ contribuent passablement à créer cet état d'éveil fait de vérités et de non-dits.Peut-on vraiment reprocher à Marie Fraser, commissaire de l'expo et de celle qui suivra en juillet (intitulée Fabulation), d'avoir fait ces choix ?Les lieux mi-urbains mi-ruraux d'Isabelle Hayeur illustrent parfaitement cette frontière incertaine et impossible suggérée par le titre.Et ils fonctionnent encore (trop ?), des minuscules détails révélant l'incongruité des panoramas.Et les Algonquin Park de Mark Lewis nous happent, malgré la stabilité de l'image, cependant en mouvement.Et dans un sens, elles sont nécessaires, par contraste au reste du visuel offert à quelques pas de là.Mieux, la nuit, une oeuvre signée Hayeur, montrant un terrain insulaire, est offerte aux passants.Saura-elle rivaliser avec les néons voisins ?.ÉVEIL, Vox, centre de l'image contemporaine, 1211, boulevard Saint-Laurent, jusqu'au 10juillet.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 390-0382.EN BREF Artiste matérialiste Vidéaste et dessinateur, Patrice Duhamel est de la vague d'artistes issus des années 90, passionnés pour le quotidien, le banal et la légèreté des choses.Et à l'instar d'un Pascal Grandmaison qui vient de trouver sa place dans le réseau galerie-musée (nouveau poulain de René Blouin, il aura son solo au MAC à l'été 2005), Duhamel louange dans ses vidéos la lenteur et la nonchalance par des mises en scène épurées et absurdes.Dans La Vie matérielle, expo en cours jusqu'au 12 juin au centre Skol (460, rue Sainte-Catherine Ouest), ses personnages font des gestes aussi anodins qu'irréversibles comme s'enlacer au sol ou détruire des murs en carton.Moins déroutante, sa série de dessins, accrochée tout de même dans un beau chaos, n'en est pas moins évocatrice des comportements matérialistes qui déterminent nos sociétés.Constat plutôt que critique, l'art de Patrice Duhamel vaut pour sa poésie sans compromis.Info : 514-398-9322.Bleu biologie La photographe Ève K.Tremblay s'est fait un nom pour ses fictions, imaginaires mais toujours ancrées dans l'étude de l'environnement, de la science et des comportements humains.Dans ses mises en scène pleines d'humour et d'affection domine la figure humaine, incarnée plus qu'autrement par des jeunes femmes.Sa nouvelle série, intitulée Disparaître en bleu, ramenée d'un séjour en Suisse, est en ce sens fort différente.Images abstraites, composées de taches bleues, ou vues de laboratoire, elles découlent de théories de biologie inspirées de la sémiotique.Au-delà de certaines pièces qui magnétisent par leur composition, dont un grand panneau en trompe-l'oeil qui laisse croire à la superposition de plans, l'ensemble laisse un peu froid.On salue quand même son audace à renouveler son corpus.À la maison de la culture Frontenac, jusqu'au 12 juin.Info : 514 872-7882.Encore un mois pour Brisebois Pris entre la fête et le silence, le Musée d'art contemporain vit ces tempsci des jours contradictoires.D'une part, cette fin de semaine, on célébrait le 40e anniversaire avec trois jours d'activités inusitées (dont une nuit blanche), on inaugurait l'expo estivale (Histoires des Amériques) et, aujourd'hui, on participe à la traditionnelle Journée des musées montréalais (dont on s'enorgueillit chaque année du haut taux de fréquentation).D'autre part, le mystère persiste autour de la nomination d'un nouveau directeur, dont le processus reste nébuleux et maladroit.Il y a quelques semaines, Le Devoir annonçait le départ définitif, en mai, de Marcel Brisebois.Des candidats auraient déjà été rencontrés.Pourtant, d'après plusieurs sources, sa retraite a encore été repoussée.Fin juin serait la nouvelle échéance.On dit que Marc de Serres, le président du conseil d'administration, en poste depuis février, travaille dans le plus grand secret.L'avenir du musée d'État, dont plusieurs s'inquiètent depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir à Québec, n'est pas encore hypothéqué.Mais plus ça va, plus ça sent mauvais.Jérôme Delgado, collaboration spéciale Ginette de AàG RENO suite de la page 1 « J'ai eu peur, je me suis retirée.J'ai subi beaucoup d'injustices.Je ne cherche pas à savoir à qui la faute, je sais seulement que j'aurais pu être aussi connue que Céline.Je suis passée à côté de plein de choses.J'ai eu peur du succès.En même temps, si on m'avait sécurisée davantage, si on avait pris soin de moi davantage, ça se serait passé autrement.Au moment où tout s'est joué, Gilles Talbot était mon agent.J'étais en Angleterre, mes affaires marchaient bien, je devais faire le Tom Jones Show et il s'est passé quelque chose.J'ai jamais su quoi.J'ai jamais été capable de communiquer avec Gilles Talbot même pendant les trois mois où j'ai été sa maîtresse.» Plus tard, René Angélil a pris le relais comme agent mais, là aussi, l'insécurité maladive de Ginette aurait eu raison, selon elle, de leur association professionnelle.« Il ne faut pas trop m'insécuriser, dit-elle.À un moment, il m'a associée à des producteurs français et il s'est retiré.Je l'ai pas pris.Je l'ai quitté.Je sais qu'il va m'en vouloir à vie.Je lui ai écrit une lettre pour faire amende honorable mais je sais que ça ne sert à rien.» Au fil des ans, Ginette s'est mise à consigner les faits marquants de sa vie et de sa carrière.Aujourd'hui, ses notes et ses lettres à elle-même remplissent cinq cartables complets qu'elle consulte régulièrement pour la rédaction d'une autobiographie constituée non pas de chapitres, mais des 26 lettres de l'alphabet.À la lettre A par exemple, Ginette évoque son rapport à l'amour, son rapport à l'argent, et ainsi de suite.Même si le bouquin est loin d'être terminé, Ginette s'est déjà engagée auprès de la productrice Nicole Robert pour que sa vie soit portée à l'écran.Le scénario sera de Marcel Beaulieu.On y apprendra qu'elle est sortie du ventre de sa mère par les pieds, avec un pied bot et des palmes en guise de mains.Sa mère, qu'elle qualifie de « drama queen », a poussé des hurlements d'horreur en décrétant qu'elle avait accouché d'un monstre.Mais le bon docteur Sansregret l'a rappelée à l'ordre avant de « tout couper ça » comme dit Ginette, et de lui redonner un vrai pied et des mains parfaitement normales où scintillent aujourd'hui une collection de bagues d'or et de diamants, cadeaux des anges successifs qui ont traversé sa vie.Pour dompter ses innombrables peurs et sa légendaire boulimie, Ginette a multiplié les thérapies et chiffre à 7000 le nombre de séances qu'elle s'est farcies.Pour la boulimie, c'est finalement un diagnostic de diabète révélé l'an dernier qui l'a obligée à la modération.« À cause du diabète, je suis passée de 325 livres à 214.Avant, quand j'allais chez Da Giovanni, je commandais une grosse salade en entrée, un plat de pâtes, une pizza all dressed et je terminais le tout avec un sundae aux guimauves.J'ai déjà eu très, très faim.Une chance finalement que j'ai eu le diabète.» De toutes ses thérapies, ce sont les séances d'analyse transactionnelle qui auraient le plus porté fruit.« En analyse transactionnelle, on nous enseigne que nous avons tous en nous un enfant, un petit prof et un adulte réfléchi.L'enfant remet tout à demain, le petit prof agit mais en fonction de ses peurs et de ses démons et l'adulte réfléchi apprend à faire la part des choses.Or pendant près de 40 ans, c'est le petit prof qui a mené ma carrière.Quand j'ai découvert ça, j'ai eu tellement de peine.Ça m'a démolie.Aujourd'hui, j'ai l'impression que le petit prof a été remplacé par une comptable.Le seul moment où j'ai l'impression d'avoir un sens de la mesure, c'est lorsque je négocie un cachet.» Cette déclaration ne fera pas l'unanimité dans un milieu où Ginette a la réputation de ne pas y aller avec le dos de la cuillère.À titre d'exemple, elle a exigé un cachet de 10 000 $ par jour pour tenir le rôle principal dans la télésérie Laura Cadieux.Le chiffre, calculé à partir du budget global, lui semblait parfaitement normal.Les producteurs étaient d'un autre avis et ont finalement engagé Lise Dion pour le rôle.Sage décision, dit-elle.Parmi les autres contrats perdus, il y a eu dernièrement celui de Star Académie.Que s'est-il passé ?« Faut demander à Julie », fait-elle d'un air rusé, ajoutant que son intuition lui disait depuis au moins une semaine que ça ne marcherait pas.Pourquoi ?« Parce que je n'étais plus avec Sélect (la maison de distribution de disques de Quebecor).» Se voir congédier de la soirée de clôture à la dernière minute lui a fait mal.« J'ai eu une grosse peine d'orgueil.Et dans mon orgueil, la seule chose que j'aurais voulu, ç'aurait été de les flusher avant qu'ils ne me flushent.Depuis, elle a tourné la page sur l'incident.C'est du moins ce qu'elle prétend, concentrant ses énergies sur l'enregistrement du premier disque de Pascalin, son fils chéri, sur le « service après-vente » de ses quatre coffrets et sur la préparation d'un numéro à Juste pour rire avec Patrick Huard et Peter Mc Leod.Mais sa dernière marotte est encore plus étonnante.Elle envisage le plus sérieusement du monde de partir en tournée avec la troupe de la comédie musicale Bagdad Café, qui prend l'affiche à Toronto en novembre, avant Paris, New York et L.A.Des producteurs américains l'ont pressentie récemment.Ginette n'a pas dit non.« J'ai 58 ans, je suis diabétique, je me pique quatre, cinq fois par jour mais j'ai encore de la voix, de l'énergie et le goût de faire un grand voyage une dernière fois.Je me vois bien jouer dans ce show-là.Pour que j'accepte, par contre, il faut que j'aie du plaisir, que la paie soit satisfaisante, d'autant plus que le rôle commande que je montre mes seins, qui devront être remontés.Il faut surtout que les producteurs réunissent toutes les conditions nécessaires (la loge, le cuisinier, le centre de conditionnement) pour que je puisse être une championne.Si jamais les conditions ne sont pas réunies, ce ne sera pas plus grave que ça.Pendant quelques mois, Ginette aura au moins pu rêver qu'elle recommençait sa vie.Encore une fois.MON DERNIER FILM Godsend, du britannique Nick Ham, avec Robert De Niro.MON DERNIER LIVRE Céline Dion: Behind the fairytale, de Ian Halperin.MON DERNIER DISQUE Closer, de Josh Groban, et le CD des chansons de Bagdad Café.DERNIER SPECTACLE Josh Groban au Centre Bell.AIR EN TÊTE I don't know why, une vieille chanson des années 40.UNE OEUVRE CHOC La Passion du Christ de Mel Gibson qu'elle a vu avec soeur Angèle.UN ARTISTE INSPIRANT Son vieux prof de peinture Robert Laframboise.UN PERSONNAGE DE FICTION QUI LUI RESSEMBLE le père Noël, parce que c'est un gros qui fait beaucoup de choses pour beaucoup de gens. ARTS ET SPECTACLES LE JOUR D'APRES OU SEREZ-VOUS?version francaise de THE DAY AFTER TOMORROW DU REALISATEUR DE INDEPENDENCE DAY VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES CINEPLEX ODEON CAVENDISH (Mail) CINEMA CARNAVAL CHATEAUGUAY CINEPLEX ODEON COTE-DES-NEIGES LES CINEMAS GUZZO DES SOURCES 10 MEGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 CINEPLEX ODEON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL MEGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINEPLEX ODEON ST-BRUNO CINEMA PINE STE-ADELE CINEMA ST-EUSTACHE MEGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 FAMOUS PLAYERS VERSAILLES DRIVE-IN LAVAL MEGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT FAMOUS PLAYERS COLISEE KIRKLAND VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON CHATEAUGUAY ENCORE CINEPLEX ODEON PLAZA DELSON CINEPLEX ODEON CARREFOUR DORION CINEMA CAPITOL DRUMMONDVILLE LE CARREFOUR 10 JOLIETTE MEGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 LES CINEMAS LANGELIER 6 CINEPLEX ODEON LASALLE (Place) FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL FAMOUS PLAYERS STARCITE MONTREAL LES CINEMAS GUZZO PARADIS MEGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN CINEMA TRIOMPHE LACHENAIE CINEMA ST-LAURENT SOREL-TRACY CINE-ENTREPRISE ST-BASILE CINEPLEX ODEON ST-BRUNO CINEMA PINE STE-ADELE LES CINEMAS GUZZO STE-THERESE 8 CINEMA ST-EUSTACHE GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CAPITOL ST-JEAN CARREFOUR DU NORD ST-JEROME MEGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 MEGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 CINEMA DE PARIS VALLEYFIELD DRIVE-IN ODEON BOUCHERVILLE DRIVE-IN CHATEAUGUAY DRIVE-IN DRUMMOND DRIVE-IN JOLIETTE DRIVE-IN LAVAL DRIVE-IN ST-EUSTACHE CINE-PARC ST-HILAIRE MEGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 CINEMA GALERIES GRANBY VERSION FRANCAISE FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE GVISA GENERAL Deconseille aux jeunes enfants 3232288A PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SEVILLE Cette photographie des Funk Brothers est tiree du film Standing in the Shadows of Motown TANTE HELEN L'ARRIVEE DE LA PREMIERE GRANDE COMEDIE DE L'ETE.DAVID SHEEHAN, HOLLYWOOD CLOSE-UPS KATE HUDSON ILLUMINEL'ECRAN! SANDIE NEWTON, CBS-TV Version francaise de RAISING HELEN CINE-ENTREPRISE TRIOMPHE LACHENAIE MAISON DU CINEMA CARNAVALCHATEAUGUAY\" SHERBROOKE\" CINE-ENTREPRISE CINEMA DU CAP CINE-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY CINEPLEX ODEON BIERMANS SHAWINIGAN CINEMA CAPITOL DRUMMONDVILLE\" FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES\" CINEMA 9 ROCK FOREST\" CINEMA DE PARIS VALLEYFIELD\" CINEMA ST.LAURENT SOREL-TRACY\" CAPITOL ST.JEAN\" LE CARREFOUR 10 JOLIETTE\" GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE CARREFOUR DU NORD ST.JEROME CINEPLEX ODEON DORION CARREFOUR FAMOUS PLAYERS STARCITE MONTREAL \" CINEPLEX ODEON DELSON PLAZA CINE-ENTREPRISE ST.BASILE CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE CINEPLEX ODEON ST.BRUNO FAMOUS PLAYERS JACQUES-CARTIER 14\" ANGRIGNON\" MEGA-PLEXMDGUZZO LES CINEMAS GUZZO TERREBONNE 14\" STE.THERESE 8\" GROUPE MATHERS MEGA-PLEXMDGUZZO ST.EUSTACHE\" MEGA-PLEX GUZZO PONT-VIAU 16 MD FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL \" FAMOUS PLAYERS PARISIEN\" CARNAVALCHATEAUGUAY\" CINEMA PINE STE.ADELE \" MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14 FAMOUS PLAYERS MD COLISEEKIRKLAND \" FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE \" MEGA-PLEX GUZZO LACORDAIRE 16 \" FAMOUS PLAYERS MD ANGRIGNON\" MEGA-PLEX GUZZO TASCHEREAU 18\" FAMOUS PLAYERS MD COLOSSUS LAVAL \" CINEPLEX ODEON CAVENDISH\" AMC THEATRES FORUM \" VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANCAISE GVISA GENERAL THX PRESENTE EN SON VOYEZ-LE MAINTENANT! CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS 3232269A REEDITIONS Les Funk Brothers, cols bleus du R&B PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE La legende des Funk Brothers, le groupe des studios Motown de Detroit qui sera invite sur une scene exterieure du prochain Festival de jazz, se resume a un fait d'armes : ces musiciens ont joue sur plus de numeros 1 du Billboard qu'Elvis, les Beatles et les Rolling Stones reunis.Inconnus du grand public, qui connait cependant leur travail sans le savoir, les membres survivants du groupe se sont recemment retrouves a la faveur d'un magnifique documentaire intitule Standing in the Shadows of Motown, paru a l'automne 2002.Mais depuis le succes du documentaire (prix du New York Film Critic Circle en 2002, deux Grammys pour la trame sonore en 2003 et un Grammy Lifetime Achievement Award decerne cette annee), on a extrapole la legende jusqu'a avancer que les Funk Brothers sont a la musique americaine ce que le Buena Vista Social Club est a la musique cubaine : des papis que l'histoire de la pop aurait presque oublies, n'eussent ete un musicien et un cineaste determine.Comme les Cubains, vraiment ?Nuancons.De 9 a 5 D'abord, une anecdote, rapportee dans le livret de la trame sonore (ainsi que dans le film), qui illustre parfaitement le travail des Funk Brothers.En 2000, l'auteur, musicien et cineaste Alan Slutsky reunit les Funk Brothers.Les guitaristes Eddie Willis et Joe Messina repetent en vue de l'enregistrement d'un spectacle, et Willis joue un riff qui titille l'oreille de Messina.Tu devrais t'en souvenir de celui-la, rigole Willis, tu l'as joue sur Your Precious Love (de Marvin Gaye et Tammi Terrell) ! Comment veux-tu que je m'en souvienne, a repondu Messina.Quatre-vingtdix pour cent du temps, nous ne savions pas a qui etait destinee la chanson, qui n'avait meme pas de titre.Ils nous garrochaient une succession d'accords en disant : jouez et faites-nous un hit.Nous ne savions jamais ou notre musique allait aboutir.En 1959, Berry Gordy Jr.emprunte 700 $ a sa soeur pour fonder le label Gordy, qui deviendra Tamla Motown (contraction de Motor Town, surnom de Detroit).Rapidement, son Hitsville U.S.A.etend sa domination dans les palmares pop et R&B.Son nouvel empire genere un nombre phenomenal de succes qui, 40 ans plus tard, n'ont rien perdu de leur vivacite .nous n'aurions pas assez d'un cahier de ce journal pour enumerer les tubes des Temptations, Supremes, Four Tops, Smokey Robinson, Marvin Gaye, Jackson 5 et des nombreux autres.Derriere ces succes, un groupe d'une bonne douzaine de musiciens issus des scenes jazz et blues de Detroit recrutes par Gordy.Officieusement, le leader du groupe etait le regrette organiste-pianiste Earl Van Dyke, decede en 1992 .officieusement parce qu'en plus de son jeu imposant et de sa forte personnalite, il etait le seul a savoir ou se trouvaient les musiciens pour les reunir lorsque le patron commandait une session ! Ces virtuoses jouaient de brillante facon.Il faut s'attarder sur une compilation comme Motown 1's pour realiser le raffinement et la complexite de leurs orchestrations dissimulees derriere les imparables ritournelles et les voix.De la grande pop, des chansons immortelles.Et une methode de travail impensable aujourd'hui: carrement du 9 a 5.Dans le Studio A, baptise le Snakepit en raison des nombreux cables qui trainaient partout dans le petit local, les Funk Brothers pouvaient enregistrer presque une dizaine de nouvelles chansons par jour, qu'ils composaient sur-lechamp grace a une methode de travail typique des autres influents studios des annees 60 .Stax, Muscle Shoals et Studio One (en Jamaique), pour ne nommer que les plus reconnus.En resume, les Funk Brothers etaient le produit d'une concentration de talent, de magie et de franche camaraderie, ce qui a permis l'eclosion de tant de succes et de vedettes internationales.Dans l'ombre L'auteur new-yorkais Alan Slutsky est un fan.Il y a quelques annees, il a lance le livre Standing in the Shadows of Motown : The Life and Music of Legendary Bassist James Jamerson (autour de la vie de Jamerson, le plus grand genie musical des Funk Brothers, decede en 1983).Mais sa demarche ne pouvait s'arreter la : il recrute son ami cineaste Paul Justman, reunit les musiciens (dont certains ne s'etaient plus revus depuis 20 ans) et raconte sur pellicule leur riche histoire.Pour les amateurs de soul, de funk et de R&B, le double DVD du documentaire est un objet fantastique.Le film regorge d'anecdotes remises en contexte, traversees par une performance speciale (incluse dans la trame sonore) ou les Brothers originaux reinterpretent leurs hits avec le concours de Ben Harper, Bootsie Collins, Me Shell N'Degeocello, Joan Osbourne, Chaka Khan et Gerald Levert.Des documents d'archives d'entrevues realisees avec les musiciens disparus achevent le recit de cette histoire meconnue doublee de touchantes retrouvailles.Le deuxieme disque est farci d'elements additionnels, de biographies, de la captation d'un souper de groupe et d'une repetition multi-angles , entre autres elements.Bref, il y a de la viande autour de l'os de ce projet qui a de plus le merite d'avoir redonne aux papis le gout de la scene ! Mais faut-il pour autant les mettre sur le meme piedestal que le Buena Vista Social Club ?Meme si les demarches de rehabilitation sont semblables .un documentaire et un disque celebres ., la chose est impensable.Alors que les papis cubains etaient des stars de leur epoque qu'une conjoncture sociale et politique a malencontreusement gardes dans l'ombre pendant trop d'annees, les Funk Brothers n'ont jamais aspire a la reconnaissance.Ils n'etaient pas des stars mais d'exceptionnels musiciens au service des stars.D'exceptionnels musiciens qui ont par ailleurs tres bien vecu de leur boulot et qui coulaient une retraite confortable avant que Slutski ne les mette, pour la premiere fois de leur vie, sous les projecteurs.Certes, l'importance de ces musiciens est fondamentale dans l'histoire de la pop ; apres tout, ce sont aussi eux que les Beatles et les Rolling Stones ont pilles au debut de leur carriere respective.Puis, en tant que musiciens de l'ombre, de cols bleus du R&B, l'histoire des individus qui formaient les Funk Brothers faisait deja l'objet d'un culte aupres des ferus de l'histoire de Motown.C'etait deja plus que ce que ces musiciens pouvaient oser esperer.Cela dit, le projet Standing in the Shadows of Motown est pleinement justifie, surtout que celui-ci a ete mene de facon attendrissante, detaillee, professionnelle.La riche histoire de ce groupe merite d'etre racontee, et c'est avec impatience que nous attendons leur concert, dans quelques semaines.FFFF1.2 STANDING IN THE SHADOWS OF MOTOWN (2 DVD) Artisan Entertainment/Universal Films FFFF STANDING IN THE SHADOWS OF MOTOWN Soundtrack: THE SOUL BEHIND THE SOUND (2 CD, Deluxe Edition) Hip-ORecords/UMGSoundtracks/Universal FFF1.2 THE FUNK BROTHERS The Best of: 20th Century Masters Collection Motown/Universal FFF1.2 ARTISTES VARIES Motown 1's Motown/Universal .Areecouter: l'album What's Going On de Marvin Gaye, peut-etre le plus important albumde la musique afroamericaine, sur lequel brillent les Funk Brothers.Un nouveau point de depart pour la soul et le R&B, autant dans les themes abordes (du jamais entendu dans ce genre musical) que dans la musique, qui a fait un bond de geant grace a cet album, le dernier a avoir ete enregistre dans le Snakepit.GVISA GENERAL FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINEPLEX ODEON CAVENDISH (Mail) / CINEMA CARNAVAL CHATEAUGUAY / CINEPLEX ODEON COTE-DES-NEIGES / LES CINEMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MEGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITE MONTREAL / MEGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINEMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINEMA SHERBROOKE / CINEMA PINE STE-ADELE / CINEMA ST-EUSTACHE / MEGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MEGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT IMAX/ FAMOUS PLAYERS COLISEE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITE HULL / CINEMA GALERIES AYLMER / CINEPLEX ODEON BOUCHERVILLE / CINE-ENTREPRISE CINEMA DU CAP / CINEPLEX ODEON CHATEAUGUAY ENCORE / CINEPLEX ODEON PLAZA DELSON / CINEPLEX ODEON CARREFOUR DORION / CINEMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINEMA 9 GATINEAU / CINE-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MEGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINEPLEX ODEON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITE MONTREAL / CINEMA MAGOG MAGOG / MEGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN / CINEMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINEMA SHERBROOKE / CINEMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINEMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINE-ENTREPRISE ST-BASILE / CINEPLEX ODEON ST-BRUNO / CINEMA PINE STE-ADELE / LES CINEMAS GUZZO STE-THERESE 8 / CINEMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JEROME / MEGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MEGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINEMA DE PARIS VALLEYFIELD / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINEMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINEMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITE HULL / MEGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIERES O./ CINEMA PIXEL LOUISEVILLE / VERSION FRANCAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINEMA 9 GATINEAU / CINE-PARC ODEON BOUCHERVILLE CINE-PARC CHATEAUGUAY CINE-PARC DRUMMOND LAURENTIEN GRENVILLE / CINE-PARC JOLIETTE CINE-PARC LAVAL CINE-PARC ORFORD CINE-PARC ST-EUSTACHE CINE-PARC ST-HILAIRE CINE-PARC TROIS-RIVIERES 2e film aux cine-parcs A L'AFFICHE VISITEZ LE SITE www.tribute.ca POUR LES HORAIRES DESOLE, LAISSEZ-PASSER REFUSES DES CRITIQUES MONSTRES version francaise CETTE MERVEILLEUSE COMEDIE EST ABSOLUMENT HILARANTE.JE N'AI QU'UNE CHOSE A DIRE: J'ADORE .Shrek 2.The Today Show .Gene Shalit VRAIMENT GENIAL.VOUS ADOREREZ.good morning america .joel siegel LA TRAME SONORE DE SHREK 2 EN VENTE MAINTENANT Mettant en vedette dans l'introduction du film la nouvelle chanson des Counting Crows Accidentally in Love.3232291A ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Monsieur Catastrophe! Depuis Independence Day, Godzilla et maintenant The Day After Tomorrow, Roland Emmerich est reconnu comme le chef de file du cinéma cataclysmique.Allo Ciné a fait le point avec lui.QSi on devait vous définir, on vous surnommerait Monsieur Catastrophe ! Vous vous êtes spécialisé dans un genre de film particulier.Êtes-vous friand de la politique du « toujours plus fort » ?RC'est comme ça qu'on me voit ?(rires) En fait, je n'ai pas toujours fait des films-catastrophes et je ne suis pas un fan absolu de la surenchère.Je n'ai véritablement commencé à réaliser ce genre de longs métrages qu'avec Independence Day puis Godzilla.J'y ai pris beaucoup de plaisir.Mais depuis un moment, je n'avais plus envie de recommencer à détruire le monde.Il a fallu que je lise ce fameux livre qui m'a amené à The Day After.pour que je m'y remette, car cette histoire me donnait l'occasion de « dire » quelque chose.Avec ce sujet, j'avais l'occasion de faire un film extrêmement spectaculaire au niveau visuel mais qui ait aussi un fond, c'est ce qui m'a intéressé.Donc, on ne peut pas vraiment dire que j'ai fait un «nouveau » filmcatastrophe, même si d'une certaine manière et d'une manière certaine c'en est un quand même.(sourire) QVous refusez donc d'être catalogué dans un genre ?RJe m'en fiche, en fait ! (rires) Très sincèrement, sans langue de bois, la seule chose qui m'attire, c'est l'histoire.Et je ne fais un film que si l'histoire me plaît ! Si ça ne m'intéresse pas, je ne le fais pas.Je me fiche de toutes les offres que je reçois où l'on me propose des films qui « collent » à mon style.Roland Emmerich ZOOM llllllllllllllll Anthony Hopkins mot à mot Le magazine L'Écran noir a proposé un certains nombre de thèmes à Anthony Hopkins.Voici quelques- unes de ses réponses.Sur ses facilités à jouer n'importe qui : « Tout dépend du scénario.C'est vrai que c'est un métier facile.Tout ce qu'on vous dit pour vous prouver l'inverse est absurde.Sur sa mauvaise réputation sur les plateaux : « Quand je dis non, c'est non.Quand je dis oui, c'est oui.» Sur ce qui l'irrite le plus dans ce métier : « Les journalistes stupides, les acteurs qui ne savent pas leurs répliques, les réalisateurs qui ne peuvent pas diriger un bac de sable.» Sur sa préférence entre le cinéma et le théâtre : « Le cinéma.On gagne plus d'argent.Et puis j'ai eu ma dose de Shakespeare.» Robin des bois au New Jersey Robin des bois va faire l'objet d'une nouvelle adaptation au cinéma intitulée Conrail.Exit les arcs et les costumes d'époque et place à un équipement de pointe pour une version moderne des aventures du « Prince des voleurs », situées en plein coeur du New Jersey.Inspiré d'une histoire vraie, le film racontera les péripéties d'Eddie Mongon, un jeune homme de 28 ans qui s'est livré aux autorités après que sa famille eut été arrêtée pour blanchiment d'argent et conspiration.Eddie Mongon a été pendant 10 ans le chef du gang des Conrail Boyz, avec lequel il avait pris l'habitude de dérober les cargaisons des trains de marchandises qu'il revendait ensuite au marché noir.Grand seigneur, il partageait les millions de dollars obtenus grâce à ce trafic avec la classe ouvrière pauvre du Hoboken.Duel au sommet ! Antoine Fuqua (Le Roi Arthur, Training Day) devrait se lancer prochainement dans Tru Blu ; le scénario de Steve Zaillian (Hannibal, La Liste de Schindler) relate l'histoire vraie du plus gros parrain de la drogue de Harlem dans les années 1970 : Frank Lucas.Ce dernier est connu pour avoir organisé le trafic d'héroïne aux États-Unis en se servant des casques d'américains morts au Vietnam pour convoyer la marchandise.Denzel Washington campera le parrain.Benicio Del Toro sera aussi de l'aventure ; il se glissera dans la peau du détective Richie Roberts, policier chargé de l'affaire.Mars va encore attaquer Après des années de spéculation, le remake de La Guerre des mondes, annoncé par Tom Cruise par la voix de sa firme C /W Productions, semble en bonne voie.Mars va donc de nouveau envahir la Terre, mais cette fois sous la supervision de Steven Spielberg, qui aurait accepté de le diriger.À la différence de la célèbre version de George Pal (1953), l'histoire se situe en Angleterre dans les années 1890, comme dans le roman de H.G.Wells.E X P R E S S Anjelica Huston, qui tenait le rôle de Morticia dans La Famille Addams en 1993, dirigera Christina Ricci, alias Mercredi Addams, dans un drame historique sur la Deuxième Guerre mondiale, The White Rose.Ce sera la troisième expérience de réalisatrice d'Anjelica Huston ; elle a déjà signé deux longs-métrages, Bastard out of Carolina et Agnes Browne.Christina Ricci sera Sophie Scholl, une jeune Allemande à la tête d'un groupe d'étudiants dissidents : La Rose Blanche.Le groupe dénoncera les positions du gouvernement et tentera d'éveiller la conscience des Allemands aux horreurs nazies.Le tournage débutera en novembre.David Fincher s'attelle à la réalisation de The Curious Case of Benjamin Button, ou les mésaventures d'un homme dont le cycle de la vie a été quelque peu chamboulé.Ce film inspiré d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald raconte les difficultés d'un quinquagénaire à rencontrer l'amour à cause d'un phénomène étrange qui le conduit inexorablement à rajeunir.Sources : Film Review, Variety, Allo Ciné, Vanity Fair Jean-Jacques Annaud « J'ai commencé par préférer les animaux aux hommes, comme tous les enfants.On s'identifie.On les comprend.J'avais une petite chienne que j'adorais.Elle m'a accompagné jusqu'à l'adolescence.J'étais fils unique.Le genre de petit garçon à prendre son vélo pour aller en forêt avec des jumelles et observer les oiseaux.Je collectionnais les plumes, les dents.Cet univers m'a apporté la sérénité, le bonheur.J'adorais la vie à la ferme.À Combloux, en Haute-Savoie, où je passais un mois par an, je faisais ma sieste sur un cochon qui s'appelait Roset.Il était mon copain, avec le chien Loulou et la vache Violette.Il y avait aussi la bergère.» Paris Match Anthony Hopkins VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 14H a JARDINS Ces jardins de toutes sortes imaginés par des concepteurspaysagistes vous donneront des idées pour aménager vos espaces.Deux épisodes en rafale.Dans le premier : Ricardo Larrivée suggère des mangeoires pour vos oiseaux.18H30 r L'ÉCOLE DES FANS L'invitée de Charles Lafortune: Ariane Moffatt.20H a LES BEAUX DIMANCHES Le Cirque du Soleil présente le spectacle La Nouba enregistré sur le site de Walt Disney à Orlando.Numéros de trampoline, de roue allemande, de ballets aériens.19H45 K CINÉMA: LA MINCE LIGNE ROUGE Un drame de guerre qui a reçu au moins sept mises en nomination aux Oscars en 1999.En 1942, des soldats s'enfoncent dans l'île Guadalcanal pour affronter les Japonais, mais sont pris au piège et se retrouvent face à leurs peurs et à la mort.Avec Sean Penn, George Clooney et d'autres têtes d'affiche.20H CD DOCU-D Inoffensive, l'ectasy?Pas sûr, pas sûr! Ce documentaire tente de remettre les pendules à l'heure sur l'une des drogues les plus lucratives sur le marché noir.21H r CINÉ-DIMANCHE: MICHAEL John Travolta refaisait surface après plusieurs années dans ce film où il incarne un archange bougon, ventripotent et mal rasé.Du même coup, sa carrière a pris un nouvel envol.Àses côtés dans cette petite comédie du dimanche: William Hurt et Andie Mc Dowell.Le Téléjournal Découverte / Plongée à l'Empress: les dangers Les Beaux Dimanches / Le Cirque du Soleil - La Nouba Le Téléjournal Musique du monde.d'ici Le TVA 18 heures L'École des fans / A.Moffatt Top 10: sauvetages périlleux Juste pour rire - Gala MICHAEL (4) avec John Travolta, William Hurt Pub (23:42) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Les Loutres du Yellowstone Boston Public TENDRESSE ORDINAIRE (3) avec Esther Auger, Jocelyn Bérubé TERRE EN TRANSE (3) avec Jardel Filho, Glauce Rocha (22:33) LAC PLACIDE (5) avec Bridget Fonda, Oliver Platt LA MINCE LIGNE ROUGE (2) avec Sean Penn, Jim Caviezel (19:45) LA GÂCHETTE EN TÊTE (23:45) News Assignment Degrassi:The Next Generation Cold Case Law& Order: Criminal Intent the eleventh hour / Dernière CTV News News News Taken / Mini-série avec Steve Burton, Joel Gretsch SUNSHINE (4) avec Ralph Fiennes, Rosemary Harris (1/2) Sunday Report The Last Chapter .Reflections ABC News .Homeowner America's Funniest Home Videos Extreme Makeover:Home Edition LINE OF FIRE - EMINENCE FRONT avec Leslie Bibb, Leslie Hope Beautiful.Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case TOMORROW NEVER DIES (4) avec Pierce Brosnan, Jonathan Pryce News .(16:00) News Dateline NBC Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan News .Machine Colonial House (4/4) (17:00) Trailside Naturescene National Memorial Day Concert Vermonters at War /World War II THE MIRACLE WORKER (3) BBC News Wall Street.Classic Gospel World War II Memorial.People Near.BBC News SUNSET.(1) Biography / Hulk Hogan Biography / The Rock Saddam Hussein: Butcher.Sons of Saddam The Horrors of Hussein The Hussein Family Je t'aime.de scène Relais.Visite libre Viens voir./ A.-M.Cadieux Thema: le sexe des femmes Thema: le sexe des femmes (22:10) Tablo Drew Barrymore Arts&Minds ROUSSIL.Documentaire MOULIN ROUGE (3) avec Nicole Kidman, Ewan Mc Gregor ONE FROM.L'humour après l'école Chroniques de l'ouest sauvage Docu-d / Méfaits de l'ecstasy Sans détour / .film érotique Danger dans les airs Vidéo Patrouille Bilan du siècle L'Ère du développement Le Cégep.NASA Educational File Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école Kindergarten Le Monde.Roswell Revealed / The New Roswell Roswell Revealed / The Roswell Crash Roswell Revealed / Invasion at Rendlesham L'Oeil du fils Roue de.La Route.plongée Maeva .le spa Itinéraires de rêve Bazaar Pilot Guides .(17:56) .(18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids DEAD POETS SOCIETY (3) avec Robin Williams, Robert S.Leonard .(23:09) .(23:26) NASCAR Nextel Cup / Coca-Cola 600 (17:00) THE OBJECT OF MY AFFECTION (5) avec Jennifer Aniston Global News Global Sunday King of the Hill The Simpsons .Half Men Malcolm.Raymond Crossing Jordan Global Sunday Global Sports Trouvailles &Trésors / Paris Sucre alors! Tournants de l'Histoire Légendes du hockey CHACAL (3) avec Edward Fox, Michel Lonsdale History's Courtroom Hitler's Henchmen Royal Secrets / Law& Order CRY FREEDOM (3) avec Kevin Kline, Denzel Washington Style Star Fashion File Birth Stories Adoption.Little Miracles .on Top .Weddings Merge Love 911 Skin Deep Stars &.L'Amour à.Nostalgia / Cat Stevens Musicographie / Elton John Fashion Rocks for the Prince's Trust /Week-end de stars Musicographie / Elton John Bécosse.Dans la peau.Babu à bord Concert Plus / Coldplay Live Viva la Bam Groulx Luxe Pauvres Filles! Vidéo Clips Ya Sou Mizik 60 Minutes Extreme Makeover:Home Edition Jase Cafe .Vietnam À communiquer Teleritmo BBC News CBC News Life and Times The Nature of Things Sunday Election Special The Passionate Eye / In the Name of God.Second Regard Le Téléjournal Le Journal RDI Part.(23:15) Zone libre / André Chagnon Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal RDI Part.(23:15) Golf Mag Sports 30 Le 21e Défi sportif Les hommes forts canadiens Sports 30 Les Grands Prix de Formule 1 / Europe Doc Amy Le Caméléon L'Empreinte du crime Au nom de l'amour L'Oeil du crime Prime Suspect SHOT THROUGH THE HEART (4) avec Vincent Perez Trailer Park Boys Mind of Married Man (22:04) Is Harry on the Boat?(22:45) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise X-MEN (4) avec Hugh Jackman, Patrick Stewart .(23:15) Hockeycentral Sportsnetnews JZone This Week in.Baseball / Diamondbacks - Dodgers Sportsnetnews Au max Volt Panorama Marchés Le Peuple d'Angkor LE CHAGRIN ET LA PITIÉ (3) Documentaire (2/2) .(23:10) .(23:40) Wild Weddings (17:00) Trading Spaces: Family While you were out Faking it / On the Range to.Trading Spaces: Family NASCAR / Coca-Cola 600 (17:00) Sportscentre Golf Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama L'Aventure.SO.D.A.Journal FR2 Portrait.Culture et Dépendance L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca It's a Living Serious Jungle Vox Renegadrepress Spelling Bee of Canada SINS OF THE FATHER (2/2) Person 2.Film 101 Interventions Miracles Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage .la cigogne Guy Corneau.toute confidence C'est pourtant vrai Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Des valeurs à vivre Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Gilmore Girls Caitlin Montana HOOK (4) (16:00) YTV's Hit List Mental Block Girlz TV .Hunters Timeblazers .Scholars 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane Les Chroniques du paranormal Le TVA / Loteries (23:15) Le Grand Journal (23:15) La Coupe de billard Molson CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE Sokolovic: reprise justifiée au Molinari CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Le Quatuor Molinari complétait jeudi soir son intégrale Bartok.En sept saisons d'existence, il avait joué tous les quatuors sauf le sixième et dernier.C'est maintenant chose faite.Prochaine étape: l'enregistrement de l'intégrale sur disques ATMA.Le Bartok venait à la fin d'un programme particulièrement dense et sévère qui, toutes proportions gardées, avait demandé autant aux auditeurs qu'aux exécutants.On avait d'abord entendu une reprise : Blanc dominant, commande à Ana Sokolovic créée par le Molinari en 1998, à la fin de sa première saison.Suivait, une première au Molinari : l'unique Quatuor de l'Américain John Corigliano (l'homme du Violon rouge), que le compositeur réutilisa dans sa deuxième Symphonie, pour cordes.Les trois oeuvres exigent de chacun des quatre cordistes et du quatuor comme tel une attention continuelle à toutes sortes de détails de jeu, de coordination rythmique, d'équilibre et de sonorité, sans oublier la concentration, qui doit être totale.Le programme entier fut préparé avec un soin évident, mais la première moitié \u2014 le Sokolovic et le Corigliano \u2014impressionna davantage.Ana Sokolovic décrit Blanc dominant comme un «hommage sonore » au peintre Guido Molinari, qui a donné son nom au groupe.Si la reprise rappelait le récent décès de l'artiste, elle soulignait d'abord la qualité d'une oeuvre que le Molinari pourrait inscrire sans crainte à sa tournée en Europe l'an prochain.À la création, trois des musiciens étaient différents.Les deux musiciennes assises maintenant à l'alto et au violoncelle, respectivement Jasmine Schnarr et Julie Trudeau, ont indiscutablement leur part dans la réalisation supérieure de jeudi soir.On comptera aussi le jeu du premier-violon Olga Ranzenhofer, seule « survivante » de la formation originale, dont les tenues au suraigu étaient exceptionnellement pénétrantes.Ana Sokolovic a salué musiciens et auditeurs (au nombre de 50 environ, en ce soir où quatre concerts étaient à l'affiche).Le Corigliano était le résultat évident d'un énorme travail sur les sonorités, la dynamique et, surtout, les contrastes.On passait du quasisilence du Prélude à la violence extrême du Scherzo, des écrasants agrégats de la Fugue à l'hyper-raffinement du Postlude.L'oeuvre est tout simplement trop longue : 39 minutes.Résultats du Concours Le Molinari a annoncé jeudi soir les noms des gagnants de son deuxième Concours.Parmi 129 partitions inédites, de 38 pays, le jury a retenu celles de Tazuk Izan Tajuddin, de Malaisie (1er prix), Eun- Hwa Cho, de Corée du Sud (2e prix), et Alexios Porfyriadis, de Grèce (3e prix).Une mention d'honneur va à Sixto Manuel Herrero Rodes, d'Espagne.Les quatre oeuvres seront jouées en concert le 4 février.QUATUORÀ CORDES MOLINARI \u2014Olga Ranzenhofer et Johannes Jansonius (violons), Jasmine Schnarr (alto) et Julie Trudeau (violoncelle).Jeudi soir, Redpath Hall de l'université Mc Gill.Programme : « Blanc dominant » (1998) - Sokolovic Quatuor (1995) - Corigliano Quatuor no 6, Sz.114 (1939) - Bartok PHOTO ROLLINE LAPORTE, COLLABORATION SPÉCIALE Scène de La Pudeur des icebergs, de Daniel Léveillé, à l'Agora de la danse.DANSE Daniel Léveillé ou le voyeurisme autorisé CONCOURS 2388 rue Beaubien Est, suite 101, Montréal, Qc H2G 3H2 NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL ÂGE TÉL.(jour) TÉL.(soir) _ prière d'écrire lisiblement Pour Participer: Remplissez le coupon ci-joint et postez-le à l'adresse indiquée L'annonce sera publiée du 28 au 30 mai 2004 Le tirage aura lieu le 3 juin à midi 100 gagnants recevront une invitation double par la poste La valeur des prix est de 2 000$ Les facsimilés ne sont pas acceptés Règlements du concours disponibles chez Groupe Popcorn FILM EN ATTENTE DE CLASSIFICATION LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS LE LUNDI 14 JUIN À 19H AU CINÉMA STAR CITÉ en collaboration avec invitent 200 personnes à assister à l'avant-première de 4825 ave.Pierre de Coubertin, métro Viau version française de AROUND THE WORLD IN 80 DAYS 3231268A ALINE APOSTOLSKA COLLABORATION SPÉCIALE Assis à son bureau au dernier étage du bel immeuble de l'Agora de la Danse, Daniel Léveillé est un artiste comblé.Quelques jours avant la création de sa nouvelle pièce, La Pudeur des icebergs, où les six interprètes seront de nouveau nus, il apprend que sa pièce précédente, Acide, amour et noix, où il avait expérimenté la nudité pour la première fois, est en nomination pour le Dora Mavor Moore, au titre de meilleure chorégraphie vue à Toronto en 2004.« C'est très gratifiant, commente-t-il presque à chaud, mais en même temps, ça met encore plus la pression pour la prochaine création.» Et de la pression, il y en a déjà bien assez.Lorsqu'il a créé Acide.en 2001 \u2014 création en février et reprise en juin de la même année à Montréal, à l'Agora \u2014, il ne pouvait évidemment pas imaginer un tel succès international, la représentation torontoise de 2004 qui lui vaut cette nomination n'étant que l'aboutissement d'une grande tournée : de Munich à Paris, de New York à Glasgow, de Rome à Gand.« Cette pièce a été excessivement bien reçue, huit rappels à Rome, un de moins ailleurs, raconte-t-il.Je me suis vraiment demandé à quoi cela tenait.» Conclusion ?«C'est l'aboutissement d'une démarche de 30 fois finalement.Lorsque j'ai décidé d'utiliser le « costume » de la nudité totale, j'ai parié sur une théâtralité naturelle du corps nu, mais aussi sur notre besoin d'observer le corps nu.Après un moment de flottement, le spectateur se sent d'un coup autorisé à observer les corps, autorisé à être voyeur.Pour moi, le succès de la pièce correspond à une façon du public de dire «merci de nous avoir offert cette liberté là de voir ».Je suis moi-même très voyeur des corps, de tous les corps, gros, maigre, grand, laid, vieux, etc.» Et de rappeler à la blague que « l'extrême pointe du Canada est une plage nudiste ! » (à l'extrême pointe de la baie de Vancouver.) Évidemment, après un tel succès, la question est de savoir comment créer une autre pièce.Y a-t-il vie après le chef-d'oeuvre ?Daniel Léveillé est bien conscient de l'enjeu : « Le défi était de créer une pièce très différente de la précédente et elle l'est.» Un lien, la nudité des interprètes, demeure cependant entre Acide, amour et noix et La Pudeur des icebergs.Mais ils sont six (et une seule femme) dans la nouvelle pièce au lieu des quatre dans la précédente, et surtout, la structure est très différente : «Acide.était exclusivement construit sur des solos et des duos, et La Pudeur est uniquement faite de trios.Les scènes sont autant de réflexions, de propositions ou d'essais du triangle, car ce sont pour moi ici des trios qui fonctionnent, ce qui veut dire qu'à travers le trio on parvient à éviter les deux situations qu'on cherche principalement à éviter lorsqu'on se met dans un trio : la solitude absolue en même temps que l'engagement absolu.Il y a donc du détachement, du désengagement.La froideur globale de la pièce vient sans doute de là.» Nul doute que les interprètes magnifieront ce travail d'épuration que Daniel Léveillé estime être « la caractéristique de son travail au fil des années et de sa propre avancée en âge ».À partir du 2 juin, sur les Préludes de Chopin, Frédéric Boivin, Mathieu Campeau, Stéphane Gladyszewski, David Kilburn, Dave Saint-Pierre et Ivana Milicevic chaufferont nos portées voyeuristes tout en exaltant la pudeur de la nudité.Du grand art.LA PUDEUR DES ICEBERGS, de Daniel Léveillé, du 2 au 5 et du 10au 13 juin, à 20h, à l'Agora de la danse.Info: 525-1500.S I LA TENDANCE SE MAINTIENT\u2026.Tous les jours dans Tous les vendredis dans LA VIE FORMAT MAGAZINE Tous les jeudis dans OÙ, QUAND, COMMENT\u2026 ARTS ET SPECTACLES Un monde sans père SPECTACLES LAFERRIÈRE suite de la page 1 Joseph descend de la puissante tribu du roi David, des gens qui ont un contact direct avec Dieu.Marie n'avait pour elle que sa jeunesse et sa virginité.À part l'épisode de la naissance de Jésus dans une étable, et cela à cause de la paranoïa d'Hérode, ils ont mené une vie assez tranquille dans une coquette petite ville où Joseph était connu et respecté.Je ne vois pas pourquoi l'Église les présente aujourd'hui comme des sans-abri tout en s'autorisant le droit d'écrire sur le panneau publicitaire : « Nous avons une famille à faire vivre.» Quel est ce «nous» où le père est absent ?Joseph aurait-il jeté à la rue sa femme et son fils ?Ce n'est pas son genre.Et tous les témoignages concordent pour dire que c'est un père de famille modèle.Alors pourquoi n'estil pas sur la photo ?Pourquoi l'Église de Montréal s'est-elle substituée à Joseph pour s'occuper de sa femme et de son fils ?L'Église croit peut-être qu'une famille avec un père attirerait beaucoup moins la compassion du public qu'une mère de famille monoparentale.Je sais que le Kremlin avait l'habitude de faire disparaître, sur les photos officielles, les dirigeants qui n'étaient plus en odeur de sainteté.Le Vatican aurait-il agi de la même façon avec le bon vieux Joseph ?III \u2014 Le plan d'été de Bush C'est très étrange, cette histoire de « donner » son autonomie à un pays.Bush répète à tire-larigot que l'Irak retrouvera sa complète autonomie le 30 juin prochain.On dirait qu'il parle d'un adolescent, un mois avant ses 18 ans.C'est pourtant l'Amérique, avec à peine 200 ans, qui fait figure d'adolescent face à l'Irak plusieurs fois millénaire.Pour cet adolescent, Bush a un plan en cinq étapes : « Nous remettrons l'autorité à un gouvernement souverain irakien, aiderons à établir la sécurité, continuerons à reconstruire l'infrastructure irakienne, encouragerons davantage de soutien international, et avancerons vers la tenue d'une élection nationale.» Il a dit cela sans rire devant la planète entière, alors qu'il n'arrive même pas à protéger ses propres soldats, en plein Bagdad.Par contre, je l'écoute attentivement quand il annonce un été d'enfer, affirmant que les insurgés deviendront « plus actifs et brutaux » durant la période où les forces de coalition vont soi-disant remettre le pouvoir à l'Irak.Déjà, c'est le branle-bas aux États- Unis où on se prépare à des attaques terroristes.Ce n'est pas la première fois que Bush nous fait le coup.Au fond, c'est lui qui prépare de violentes offensives pour l'été (il a trois mois pour éteindre tous les foyers de résistance), tout en faisant croire que le danger vient d'en face.Il va intoxiquer le public de menaces terroristes de sorte que quand il passera à l'action, on aura l'impression qu'il n'a fait que se défendre.Alors quel est ce plan ?Visiblement, Bush se trouve ces jours-ci (disons depuis un bon moment) dans de beaux draps.Sa cote est au plus bas.Que va-t-il faire ?Sa stratégie semble simple : profiter de l'été pour descendre jusqu'au fond du puits.Il va tout déballer durant les mois de juin, juillet et août, tout en espérant que les gens ne vont pas passer leur été devant la télé à regarder des photos de prisonniers nus ou de Jeeps en train de brûler.En un mot, il va crever l'abcès au risque de passer sous la barre fatidique des 40% dans les sondages.De sorte qu'à la rentrée (la rentrée commencera vraiment le 11 septembre), il puisse jouer tout seul, jusqu'aux élections, sa partition favorite : celle du veuf de l'Amérique.Si j'étais Bush, je me méfierais d'un tel plan, car l'été n'est plus ce qu'il était.De plus en plus de gens restent en ville, vont voir des films intéressants, lisent de bons livres, et écoutent les informations.Le monde n'a plus les moyens d'être bête trois mois durant.L'été est une banlieue qui s'est fusionnée avec le reste de l'année.IV \u2014 L'Iliade C'est fou comme L'Iliade est à la mode, ces jours-ci.Tous les critiques de cinéma en parlent à cause de ce film (Troy) avec Brad Pitt.Ils ont tous écrit le même texte pour cracher une fois de plus sur Hollywood et ses détournements pervers des chefs-d'oeuvre de la littérature universelle, tout en déplorant les muscles trop saillants de Brad Pitt en Achille, le héros de la guerre de Troie.Ah oui, on a aussi parlé du manque de profondeur du film par rapport au bouquin d'Homère.Je n'ai pas vu le film, mais ont-ils lu le livre ?Visiblement non.Car le livre d'Homère est à périr d'ennui.C'est très répétitif.Des pages entières de noms de guerriers ou de demi-dieux.C'est le « who's who » de l'Antiquité.Très carton-pâte aussi.Même l'histoire ne tient pas debout.Je vois d'ici la tête des soldats de Ménélas quand on leur a annoncé qu'ils partaient en guerre pour aller délivrer une femme.Alors que l'enlèvement était la norme de l'époque.Jusqu'au XIXe siècle, les jeunes filles ne rêvaient que de se faire enlever.Voilà Homère qui avalise la version du vainqueur.C'est comme si dans 500 ans, on apprenait aux élèves que Bush avait envahi l'Irak pour délivrer Lady Diana, gardée prisonnière par Saddam Hussein.Des deux bouquins d'Homère, c'est L'Odyssée que je préfère.L'histoire de ce type qui traîne en chemin avant de rentrer chez lui.On connaît tous quelqu'un qui a fait un pareil coup.Le comportement d'Ulysse suscite des réactions opposées.En lisant le bouquin, Antoine Blondin n'arrêtait pas de s'exclamer : « Ulysse, ta femme t'attend ! » Je me souviens, pour ma part, avoir été déçu quand il est arrivé à Ithaque.Je voulais qu'il ne rentre jamais chez lui.J'espérais qu'il lui arrive sans fin des aventures.De ces rencontres qui vous font oublier le temps.Je ne comprenais pas qu'il cherche à résister au chant des sirènes.Achille est une tête brûlée tandis qu'Ulysse est si astucieux.Je ne comprendrai jamais l'engouement qu'a suscité L'Iliade.On nous l'a imposée comme oeuvre fondatrice de la culture occidentale.Il faudrait, un jour, qu'on se mette ensemble pour contester ces livres indigestes qui ont pourri notre adolescence.Quelqu'un m'avait dit à l'époque : « Tu comprendras L'Iliade plus tard ».Quand ?J'ai 51 ans, et je le déteste encore plus.V \u2014 C'est à ton tour, Foglia Je suis rentré de Québec sous une pluie battante.Une pluie glaciale vers la fin mai, c'est à vous casser le moral.J'avais à peine ouvert la porte que ma fille m'a remis un petit paquet.Je suis allé l'ouvrir dans les toilettes.C'était le bouquin de Foglia.Un livre (Le Tour de Foglia et chroniques françaises, publié par Vélo Mag et les Éditions La Presse, 2004) sobrement illustré par Pierre Pratt.Cela fait si longtemps que j'attendais un livre de Foglia que j'ai eu l'impression, durant un bref moment, de l'avoir moi-même écrit.Je l'ai ouvert à la page 77 : « Non seulement Ullrich a tenu, mais il a replanté Virenque dans L'Alpe d'Huez, fait jeu égal dans les étapes alpines, pour finalement montrer quelques signes de fatigue dans les Vosges ».Il y a là toute la manière de Foglia.Je pense à sa main, mais en fait c'est de son oeil qu'il s'agit.J'ai vite refermé le livre, car je ne veux pas le lire en urgence.Je vais au lit.Je me couche assez tôt, comme un cycliste.En fait, je travaille au lit.Je suis en retard sur plein de choses.Des articles à remettre.Des manuscrits à lire.Le «Foglia » me fait des clins d'oeil.Comment lire un livre quand c'est un autre qui nous intéresse ?Je le reprends, finalement.Je pinaille un moment pour tomber sur la mort de Fabio Casartelli.Les larmes des hommes.La pudeur de Foglia.Je remets doucement le bouquin à sa place.CINÉMAS INDÉPENDANTS BABOUSSIA Cinéma Parallèle: 13h40, 15h30, 19h15.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Parallèle: 12h.CORPORATION (THE) (LA CORPORATION) Ex-Centris: 12h.DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS Cinéma Beaubien: 11h30.DEPUIS QU'OTAR EST PARTI Cinéma Beaubien: 14h, 16h15, 18h45, 21h.; Ex-Centris: 14h40, 17h10, 19h10, 21h15.INCOMPARABLE MADEMOISELLE C.(L') Cinéma Beaubien: 12h.LE BONHEUR C'EST UNE CHANSON TRISTE Cinéma Parallèle: 17h25, 21h05.MONICA LA MITRAILLE Cinéma Beaubien: 13h45, 16h30, 19h, 21h30.MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN Cinéma Beaubien: 15h15.NOI ALBINONOI Cinéma du Parc (2): 15h15, 17h15, 19h15, 21h15.PENSION DES ÉTRANGES (LA) Cinéma Beaubien: 13h15, 17h15, 19h15, 21h15.7 KM 2 D'INFINI Cinéma ONF: 19h.SUPER SIZE ME Cinéma du Parc(1): 15h30, 17h30, 19h30, 21h30.UZAK (LOINTAIN) Ex-Centris: 15h05, 17h15, 19h20, 21h25.DANSE TANGENTE (840, Cherrier) Palestra Tanguera et Tangorazon, de Marie-Claude Rodrigue: 16h.GÉNI E S EN HERBE #1095 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca G- CHARADE 1 Mon premier est le nom que l'on donne à un ouvrage qui donne des renseignements classés.2 Mon second est le solvant universel.3 Mon troisième est l'unité de quantité de matière qui correspond à 6,022 x 1023 atomes, soit le nombre d'Avogadro.4 Mon quatrième est un préfixe indiquant la suppression ou la négation ou la position intérieure, le mélange.5 Mon cinquième correspond au la dans la nomenclature musicale anglo-saxonne et germanique.6 Mon dernier est un mets composé du thymus de l'agneau ou du veau.7 Mon tout est un peintre québécois mort en 2004, membre du groupe plasticien, et que l'on connaît pour ses Quantificateurs de 1975 à 1995 dont ses séries de bandes verticales colorées.A- ANNÉE 1921 1 Quelle hormone, contrôlant la quantité de sucre dans le sang, Charles Best et Frederick Banting ont-ils réussi à extraire du pancréas des chiens en 1921 ?2 Le vaccin contre quelle maladie est mis au point à l'Institut Pasteur et est désigné sous le sigle B.C.G., du nom du bacille bilié de Calmette et Guérin, un bacille bovin atténué?3 Quel pays obtient son indépendance après deux années de lutte contre la Couronne britannique 4 Quel premier long métrage de Charlie Chaplin prend l'affiche et triomphe avec le personnage de Charlot?5 Dans quelle base navale de Russie des marins voient-ils leur révolte écrasée par Trotsky du 7 au 17 mars 1921?B- INVENTIONS DU TRANSPORT 1 Quelle voiture du peuple, dont le prototype fut conçu par Frédéric Porsche, a été créé en 1936 et est le modèle qui a joui de la plus grande pérennité, ayant été recommercialisé depuis 1998 aux États-Unis?2 Ce moyen de transport est apparu en France en 1902 sous le nom d'Autofauteuil, il connut un grand succès avec la Vespa italienne à partir de 1946?3 Ce premier avion civil supersonique, ayant effectué son premier vol en 1969, était l'avion de ligne le plus rapide au monde?4 Cet avion supersonique et jumeau soviétique du Concorde, fut exploité d'abord pour le transport du courrier puis pour celui des passagers de 1974 à 1984?5 C'est le nom que l'on donna au premier chemin de fer urbain souterrain inauguré à Londres le 10 janvier 1863 et qui couvrait une distance de 6,4 km; en 1890, le premier métro électrique sera également inauguré dans cette ville.Peintre québécois E- ARMÉNIE 1 Quel parti politique fédéral a présenté une motion de reconnaissance du génocide arménien de 1915 qui fut adoptée par la Chambre des communes en 2004 par 153 votes contre 38?2 Selon la Bible, au sommet de quel mont de plus de 5000 mètres, disputé entre l'Arménie et la Turquie, l'arche de Noé se serait-elle arrêtée?3 Quelle région autonome de l'Azerbaïdjan est peuplée majoritairement d'Arméniens qui revendiquent son attachement à l'Arménie?4 En 1999, quel premier ministre arménien a été assassiné en plein débat parlementaire télévisé et en direct par un commando ultranationaliste opposé à la négociation quant à la situation ayant cours au Haut-Karabakh?5 Par quel traité de 1920 l'indépendance de l'Arménie, proclamée en 1918, est-elle officiellement reconnue par les Alliés, malgré le fait que son occupation par les troupes kémalistes et l'Armée rouge en fera une république fédérée de l'URSS par la suite?C- OEIL 1 Du nom d'un félin, c'est une pierre fine, variété d'amiante, aux reflets chatoyants.2 Donnez l'autre façon d'épeler l'expression signifiant se parler en tête à tête, entre quatre yeux.3 Complétez ce proverbe qui signifie qu'avec un mérite ou une intelligence médiocres, on brille au milieu des sots et des ignorants: Au royaume des aveugles.4 Quel trouble visuel consiste en une perte de transparence du cristallin, causée généralement par le vieillissement des yeux et dont le traitement consiste à remplacer le cristallin par une lentille intraoculaire?5 Comment nomme-t-on cette région de la rétine située au centre de la macula, qui contient 400 000 cônes et qui nous donne la vision la plus précise en éclairage diurne ?F- IDENTIFICATION Joueur des Canadiens PAR INDICES 1 Il naît le 15 septembre 1894 au Château des brouillards à Paris.Se destinant à une carrière militaire, il fut reçu à l'École de cavalerie de Saumur avant d'être blessé durant la Première Guerre mondiale.2 Il se familiarise avec le cinéma après la guerre en réalisant quelques films dont Nana, où il fait jouer sa première épouse Catherine Hessling, de son vrai nom Andrée Heuchling.3 Des oeuvres telles que Le crime de M.Lange, La vie est à nous et La grande illusion (interdite en Italie, Allemagne et Belgique) lui valurent d'être classé parmi les cinéastes de gauche.4 Durant la Seconde Guerre mondiale, il se rend aux États-Unis et réalise des films tels que L'étang tragique en 1941 et Vivre libre en 1943.De retour en France après onze ans d'absence, il réalise Le carrosse d'or et French-Cancan avant de s'éteindre en 1979.H- HOCKEY 1 Ce joueur et entraîneur des Canadiens a remporté huit titres de la Coupe Stanley en 13 ans, dont cinq lors de ses cinq premières années à titre d'entraîneur de l'équipe.2 Dans quelle ville se trouve le Temple de la Renommée du Hockey?3 En combien de parties les Canadiens se sont-ils fait éliminer en séries éliminatoires 2004 contre le Lightning de Tampa Bay?4 En 1967, quel joueur était le seul à détenir plus de 1000 buts en carrière, alors que de nos jours, plus de 50 joueurs peuvent s'enorgueillir d'une telle fiche?5 Quel poste occupait Lord Stanley de Preston lorsqu'il remit la première coupe portant son nom, destinée au départ à la meilleure équipe de hockey amateur canadienne, à l'Association Athlétique Amateur de Montréal en 1893?D- ASSOCIATIONS Associez l'autoroute au nom qu'elle porte.a de l'Acier b Jean-Lesage c Robert-Cliche d Ville-Marie e du Vallon GEN30MI SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Venez discuter du livre du mois\u2026 Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.Jean Fugère anime un débat: «Sommes-nous en train de créer de nouvelles solidarités, de nouvelles tribus?Y a-t-il une vie en dehors de la famille?» Ses invités : Lise Ravary, rédactrice en chef du magazine Châtelaine, Nicolas Langelier, journaliste et chroniqueur et Johanne Charbonneau, sociologue à l'INRS.Le dimanche 30 mai, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15h30 à 17h.3231129A C'est un rendez-vous, aujourd'hui.Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter \u203a Voir INSOLITES en page 8 PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE © MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE LETTRES INSOLITES HÉLÈNE MONETTE lle est l'un des secrets les mieux gardés de la littérature québécoise.Pas qu'on n'en entende jamais parler d'elle, loin de là.Pas qu'elle fasse une Réjean Ducharme d'elle-même \u2014 encore qu'elle en aurait le talent, n'ayons pas peur des mots et des noms, une fois n'est pas coutume et pour une fois, c'est vrai \u2014 mais elle est une inclassable de la «pure» espèce, et en cette époque où les éditeurs et les attachés de presse ne savent plus quoi inventer pour attirer l'attention des médias, ça ne pardonne pas.Et puis, il y a le mot «poète» dans sa feuille de route, et sur la couverture d'Il y a quelqu'un?, son dernier recueil, ce qui amincit, pour ne pas dire annihile, ses chances de passer à la télé, passage obligé pour accéder à une certaine célébrité.Pourtant, elle crèverait l'écran, si on osait l'inviter, avec ses grands yeux bleus très clairs et ce large sourire qui la transfigure le temps qu'il dure.N'entrant pas dans la case «romancière», puisqu'elle écrit des romans hors normes (Le Goudron et les plumes, Unless), n'entrant pas non plus dans le cadre strictement «poète», puisqu'elle écrit d'autres choses étranges, des récits et des contes à ne pas dormir du tout, des poésies comme de grinçantes berceuses («le marchand de réalités est passé / j'ouvre mes jolis yeux / de poisson à moitié mort au large»), Hélène Monette reste liée à l'underground, «l'off-paysage littéraire», et les malentendus la poursuivent comme une ombre infidèle.On la croit marginale, poquée, tourmentée, déprimée, «déprimiste» (trouvaille française pour étiqueter des auteurs comme Virginie Despentes ou Michel Houellebecq, avec qui elle n'a absolument rien en commun mais à qui ons'entêtait à la comparer), «poète urbaine», alors qu'elle aime tant la nature.«Quand j'entends ça, s'étonnet- elle encore, c'est comme si on coupait tous les peupliers, comme si on tuait tous lesoiseaux demeslivres!» Et si elle était juste une très grande écrivaine, cette «romancière de la poésie espérée mais désespérante de la vie humaine», comme le dit si bien le poète José Acquelin dans un petit poème qu'il a écrit pour nous parler d'elle (voir encadré) ?Et si elle avait tout simplement un don pour le langage, comme d'autres reçoivent, en venant au monde, une voix céleste ou une grande beauté ?«Je me souviens très bien de la première fois que je l'ai vue, se rappelle son éditrice, Hélène Girard.C'était en 1991, lors d'une soirée de poésie, à l'auberge de jeunesse de Baie-Saint-Paul.Elle avait lu de ses textes inédits, et ça m'avait jetée par terre, j'étais subjuguée, non seulement par le contenu de ses poèmes, mais par sa façon de les lire, par l'émotion qui se dégageait d'elle.Àcette époque, j'étais chez XYZ.Je suis allée la voir et lui ai dit que j'aimerais vraiment travailler avec elle.Elle nous a remis Crimes et chatouillements, un recueil de récits inclassable, mais où il y avait cette voix, unique.C'est pour elle, raconte son éditrice, aujourd'hui chez Boréal (où Monette l'a suivie), pour pouvoir l'accueillir, que nous avons créé la collection Les Vilains.C'est même elle qui a choisi le nom !» Hélène a toujours eu les mots nets pour le dire, en privé comme en public.Hélène est une pasionaria de l'écriture.Hélène est une poète du théâtre truqué du social.Hélène est une romancière de la poésie espérée mais désespérante de la vie humaine.Hélène est pardessus tout ou avant tout une terrienne hypersensible, hyper consciente et hyperlucide de la condition apocalyptique de la planète.José Acquelin, son frère de plume, de coeur ouvert et d'âme inquiète.Hélène Monette est souvent décrite comme une «poète urbaine», alors qu'elle aime tant la nature.«Quand j'entends ça, s'étonne-t-elle, c'est comme si on coupait tous les peupliers, comme si on tuait tous les oiseaux demes livres !» Àla hauteur de Grand Central Station.Elizabeth Smart \u203a Roman FFFF PAGE 9 L'Ombre du vent Carlos Ruiz Zafon \u203a Roman FFFF PAGE 9 Un amour de jeunesse Ann Packer \u203a Roman FF1/2 PAGE 8 Thérèse Pierre Caron \u203a Roman FFF1/2 PAGE 10 LECTURESLE SYSTÈME POUTINE PAGE 11 LECTURES POESIE Aimer, mais Plaisir et melancolie a quel point?CLAUDE BEAUSOLEIL COLLABORATION SPECIALE Avec ses Poemes du wah-wah, Jerome Lafond explore, sur un mode acrobatique, nourri des figures et des rythmes d'un quotidien qu'il cible d'un air complice.Tous les invites doivent/A leur arrivee/Saluer mon chat/ C'est comme ca.Mais il n'y a pas que ca dans ce wah-wah.Il y a du jeu, de l'amour, des resistances et beaucoup de tendresse que nous racontent Le cow-boy dans les nuages , Parmi les fleurs en cascade .Sur un ton qui badine parfois un peu trop, Jerome Lafond nous dit Un lendemain bien dessine entre les details de la vie de tous les jours, l'humour et, pourquoi pas, la poesie: Et peut-etre qu'en lisant ces mots/Entendrez-vous en sourdine/La sonate de l'impossible.Dans ce petit recueil il y a du Vian, il y a du vent, du rien et du bien, du rire et du pire.D'ailleurs, Jerome Lafond previent : La crevette nous guette.Et en quatrieme de couverture, il a tenu a nous informer qu'il habite maintenant un 41.2 a Saint- Jerome .Cher Jerome, va ! C'est a prendre ou a laisser.Ca deride, ca deboule, moteur a explosion poetique , parfois ca touche aussi par des allusions menant La ou le bonheur existe a volonte .Ce qui, entre nous, Parmi les fleurs en cascade , n'est pas tout a fait rien.Annie Molin Vasseur, elle, est poete et romanciere.Elle a ete galeriste et dirige en ce moment le Regroupement des artistes en arts visuels.Son nouveau recueil, Ce pourrait etre le recit d'un ete .illustre avec quatre photographies de Francine Larivee.est une promenade remplie de douce nostalgie.Il y a un jardin qui ressemble a la vie, les choses y passent, y derivent et lentement les mots en rendent compte.Apres des recherches plus experimentales, je me souviens d'elucubrations plus techniques dans Passion puissance 2, la poete laisse ici errer ses mots dans les horizons d'une memoire qui va vers la nature des choses et des songes.Elle ecrit dans une grande simplicite, qui est la qualite du livre: Tu semes des paroles/sous ta langue/et les pieds au sol/tu attaches hier et demain/en minuscules bouquets/ comme on cree le levain/Sans aucun et pour tout dessein/tu marches les pieds dans ton ame .Et Entre silence et bruit , c'est une voix qui fait des bilans, avec l'apaisement au bout des mots, la lucidite au bout des yeux, les petits riens donnant de la saveur aux experiences comme a la solitude : Dans la tasse transparente/le lait se mele a l'ambre/La tenir entre ses mains/chaude/savourer le devoilement de l'aube/dire boujours.Cet ete dans la poesie d'Annie Molin Vasseur est la saison qui annonce une Presence heureuse , une meditation sur le temps.D'un style melancolique et mesure, cette ecriture raconte avec emotion que La main corrige les blessures .On s'y delecte de moments qui, sans rancoeur aucune, affirment en toute quietude que l'aventure est un paysage quotidien dont l'ame appartient aux gestes naturels, Telle une necessaire repetition/un ballet dans son sang/pulse son present .Un beau recueil, ecrit dans l'equilibre des saisons.Enfin, Danny Plourde dans son premier livre, Vers quelque (sommes nombreux a etre seul), se montre engage, enrage, proche des etres qui souffrent comme de ceux qui revent.Il est social et intime, fou de joie devant le miracle de vivre et pret a exploser face a la betise humaine.Sensible a l'episode d'un debut , il y a dans cette poesie une musique du quotidien, de la ville en eclat, de la fievre d'etre.En une prose brisee persiste une idee qui traine ses utopies malgre la tricherie environnante et ce qui n'a pas de sens.L'auteur, ne en 1981, ecrit avec le flegme noir de sa generation : Nous nous mouvons vers/le bout des falaises et quelques/espoirs d'etre humain/nous poussent vers le vide.Il y a beaucoup d'emotion dans ce premier livre, rempli de sequences d'une realite qui reste a dechiffrer par celui qui veut ecrire et dire par les mots ce qui est perdu et ce qui perdure : Me suis mis a ecrire/l'instant d'un nouveau siecle/pour m'apercevoir qu'aucun crayon/ne rendait justice aux analphabetes/dans un monde ou la tradition orale s'est perdue/pour combler la secheresse de l'encre.Il y a une conscience politique, une jubilation, une denonciation qui chuintent et grincent dans ces pages qui vont vers quelque , on dirait quand meme Espoir qui En passant peut surgir de ce fouillis urbain, entre des scenes quotidiennes et des angoissses face a l'histoire.Cette ecriture est en exil dans son propre lieu.Elle vibre, ecorchee vive, entre les solitudes qui disent sommes nombreux a etre seul/un peu nulle part en meme temps .Et pointe toute une nostalgie des regroupements qui chercheraient a l'unisson une passion pour le changement.Dans la scene finale, le poete perdu dans Les banlieues du Quebec/les terrains scalpes au metre carre , s'identifie a la pulsion de devenir musique depuis le fond de l'etre jusqu'au ras des levres .Et il y a L'homme rapaille, avec son jargon authentique , et le desir de se fondre a ce son des origines.Par pur besoin, plaisir melancolique, urgence.Danny Plourde laisse entrevoir dans la poesie hachuree de son premier recueil au titre peut-etre un peu laborieux, des nouvelles rencontres.Pour ce compagnon des Ameriques , plaisir, humour et melancolie poursuivent leur route entre les mots troues de chaque jour, racontant la douce douleur d'etre l'enfant du peu qu'il reste .Un voyage commence et la jeune Amerique defile en images quelque part.A suivre.FFF POEMES DU WAH-WAH Jerome Lafond Marchand de feuilles, 62 pages FFF1.2 CE POURRAIT ETRE LE RECIT D'UN ETE Annie Molin Vasseur Les Heures bleues, 126 pages FFF VERS QUELQUE (SOMMES NOMBREUX A ETRE SEUL) Danny Plourde L'Hexagone, 96pages PASCALE MILLOT COLLABORATION SPECIALE Est-on redevable aux gens qui nous aiment au point de sacrifier sa vie pour eux ?C'est cette question profondement morale qui soutend la trame narrative de Un amour de jeunesse, premier roman de l'Americaine Ann Packer.Carrie Bell a 23 ans et mene une vie sans histoire dans la petite ville de Madison, au Wisconsin.Elle frequente les memes amis depuis des annees et est fiancee a Mike, un jeune homme charmant destine a un brillant avenir.Bref, son existence est tracee d'avance : elle epousera Mike, ils feront sans doute quelques enfants et vieilliront ensemble dans une grande maison au bord d'une falaise.Sauf que Carrie n'aime plus Mike, du moins plus comme on doit aimer celui avec qui on s'apprete a passer le restant de ses jours, et elle s'ennuie de plus en plus dans ce paysage trop familier ou elle sent confusement qu'elle ne pourra jamais se realiser pleinement.Il y avait tellement de gens que je n'avais pas connus, sur lesquels je ne m'etais pas interrogee.J'avais traverse toutes ces annees sans jamais envisager d'autres possibilites, d'autres choix.Elle est bel et bien decidee a quitter Mike quand, au cours d'un pique-nique entre amis, ce dernier plonge tete premiere dans un lac et se rompt le cou.Quand il sort du coma, il est paraplegique.Tout le reste du roman (plus de 500 pages) sera consacre a la lente transformation interieure de Carrie qui se trouve confrontee a un dilemne cruel : partir et briser une seconde fois la vie de Mike ; ou rester et gacher sa vie a elle.Coincee entre les conventions sociales et ses sentiments, entre la culpabilite et l'ennui, Carrie devra s'exiler a New York, tomber amoureuse d'un etre blesse et cynique, se decouvrir une vocation de designer de vetements avant de trouver reponse a ses questions.Certains ont vu dans ce roman realiste un thriller psychologique forcant le lecteur a se mettre a la place de Carrie.Il s'agit plus surement d'une sorte de roman d'apprentissage ou une grave epreuve permet a la jeune heroine de faire la difficile transition entre la fin de l'adolescence et l'age adulte.Nous, on travaillait qui dans une banque, qui dans une bibliotheque, qui chez un concessionnaire automobile, mais pour nous, d'une certaine facon, les signes exterieurs de l'age adulte se limitaient a des signes exterieurs, et c'est tout.Ann Packer possede un indeniable talent pour la description des details du quotidien.Pourtant, on a du mal a croire a la crise qui secoue son heroine qui semble plus hesitante que dechiree, ressassant son questionnement dans un effet de repetition un peu agacant.L'immaturite affective des personnages semble rejaillir sur le roman, privant le recit d'une certaine profondeur, malgre la gravite du sujet aborde.On trouve enfin quelques choix de traduction etranges qui feront sursauter le lecteur pointilleux : Genial, rapporte-moi un demi-litre de glace aux pacanes tous les soirs, sinon tu verras ton cul ; et un nombre incomprehensible de Ensuite de quoi , qui bien que non fautive, est une expression vieillie ne s'employant presque plus.Pour ceux qui ne sont pas trop sensibles a ces details linguistiques, Un amour de jeunesse demeure un livre facile a lire qui tient le lecteur en haleine jusqu'a la fin.FF1.2 UN AMOUR DE JEUNESSE Ann Packer, Boreal Lettres insolites INSOLITES suite de la page 7 Elle ne voudrait surtout pas faire mythique ou legendaire , s'opposet- elle a l'avance.Reste que ses premiers poemes, elle les a ecrits a 7 ou 8 ans .L'un celebrait la fete des Meres ( Ah ! je vois venir le printemps sur un beau bateau blanc , recite- t-elle en souriant) ; l'autre, la nature, celle de Saint-Philippe-de-La- Prairie, ou elle vivait, avec ses neuf freres et soeurs plus vieux, et ou ses parents tenaient le magasin general.Je ne viens pas du tout d'une famille d'intellectuels, raconte-t-elle, mais il y avait des livres, chez nous.Grace a un oncle qui etait dominicain et qui apportait regulierement des livres a la maison, comme s'il voulait constituer une sorte de fonds dans la petite bibliotheque du salon.On y trouvait autant des bouquins sur la botanique que l'astronomie, l'histoire de l'art, la theologie ou la philosophie.Ressentait-elle deja une attirance pour les livres ?Oui, mais j'etais attiree surtout par la nature, raconte-telle.Il y avait un bois derriere chez nous.On appelait ca le champ , mais en fait c'etait une petite foret, avec des buttes, un cote plus marecageux, une riviere, des collines, un grand plateau au soleil, des sapins, un autre sentier qui descendait jusqu'au chemin de fer.C'etait notre univers.Quand je lis ce que Gabrielle Roy a ecrit sur son enfance, sa decouverte de la nature, ca me touche enormement, c'est une conscience semblable, je ne sais pas comment dire ca, c'est comme une emotion qui voit.A 14, 15 ans, a l'age ou on a tous et toutes besoin de s'exprimer , Helene Monette ecrivait des poemes dans ses petits cahiers .A 22 ans, elle ecrivait, fabriquait puis publiait un recueil a compte d'auteur (Passions : poesie manifeste, Editions de la P'tite Voisine).Puis en 1987, apres avoir tenu une boite a chansons, cofonde un magazine de photographie (Ciel Variable), etudie les lettres, les arts plastiques, l'histoire de l'art, elle publie Montreal brule-t-elle (Ecrits des Forges), coup d'envoi d'une oeuvre qui compte aujourd'hui 12 titres, dont Unless et Un jardin dans la nuit, entre autres inoubliables.Il y a quelqu'un ?reunit, par themes, des poemes ecrits pour la plupart au cours des quatre dernieres annees.Pour moi, c'est presque comme un catalogue de poemes , s'amuse-t-elle.Il y a des poemes d'amour, des poemes sur la solitude, les femmes, sa soeur Loulou, sa fille Lili, l'etat du monde, de la planete.(.) le desordre en tout et le fracas dans le corps, la Terre qui perd la boule dans le cosmos, les yeux des hommes, le visage des femmes, le surtout froid et le trop chaud, la dereliction selon Gaston Miron, les etoiles et les petites maisons, mon amour et l'utopie, c'est ce que ca raconte, ecrit-elle en quatrieme de couverture, mais c'est comme de la poesie.Je crois qu'on peut reconnaitre les grands artistes par leur absence de pretention , avance le musicien Bob Olivier, qui l'accompagne tres souvent lors de soirees de poesie, et qui lui aussi a voulu travailler avec elle des la premiere fois qu'il l'a vue lire ses poemes sur une scene.Or il n'y a aucune espece de pretention dans le travail d'Helene Monette.Son oeuvre est limpide, honnete, tranchante, c'est quelqu'un qui a une tres grande maitrise de la langue.Pourtant, l'auteure doute de tout, tout le temps.Elle n'est jamais sure de rien, alors elle scintille de doutes, note le poete et dramaturge Michel Garneau, qui l'a souvent invitee a l'emission Les Decrocheurs d'etoiles (vendredi soir de 22h a 1 h sur la Chaine culturelle de Radio-Canada).Et nous sommes emus par l'intelligence en train d'apprendre, elle fait tout pour dejouer la derision, elle dit tout pour nourrir la compassion.Pourtant, periodiquement, devant l'insecurite financiere, l'incertitude, l'avenir, elle panique.Je me mets a regarder tous les programmes de formation qui existent, de la cuisine d'etablissement a l'horticulture.Dans une lettre ouverte publiee dans un quotidien montrealais en avril dernier, elle denoncait cette insecurite imposee aux ecrivains.J'en arrive donc a ceci : pas de bourses, pas de livres.Pas de livres, pas de culture.Que du Danielle Steel et des meilleurs vendeurs, que du marketing comme identite.Une bourse donne du temps, et le temps, c'est de l'art ; ce n'est pas juste de l'argent.Mais ce n'est pas seulement l'insecurite financiere, reconnait-elle.Parfois j'aimerais aussi avoir la paix, ne pas penser tout le temps a creer.Une eventualite qui serait, pour nous pauvres lecteurs en mal d'ecritures fortes, une petite tragedie.En attendant, heureusement, Helene Monette continue de dire et d'ecrire de belles choses inclassables, des textes ou les mots ont des ailes, ou les miroirs vous font des dessins, ou c'est parfois, souvent, la fin du monde, et ou elle continue de regarder la Terre tourner de travers, avec espoir, mais sans illusions.Le prochain qui me dit que le ciel est bleu, ecrit-elle, je lui fais voir des etoiles.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE c Jeune, Helene Monette etait attiree surtout par la nature.Il y avait un bois derriere chez nous. LECTURES Maitresses et concubines LITTERATURE ESPAGNOLE Les secrets de la ville moribonde SOPHIE DOUCET Elizabeth Abbott est une historienne pas comme les autres.Ancienne universitaire, elle a delaisse les sujets arides et l'ecriture academique pour rendre accessible au plus grand nombre l'experience intime des hommes et des femmes dans l'histoire.Trois ans apres la publication en francais de sa fascinante Histoire universelle de la chastete et du celibat, elle nous propose un autre grand voyage dans le temps, cette fois dans l'univers clandestin des maitresses.C'est en ecrivant son precedent livre et en realisant que plusieurs femmes dans l'histoire s'etaient servies de la chastete comme d'un outil d'emancipation qu'elle a commence a s'interroger sur celles qui avaient choisi un tout autre mode de vie : les maitresses.J'ai voulu saisir les motivations qui poussent une femme a devenir la partenaire sexuelle d'un homme dont elle n'est pas l'epouse, explique-t-elle en entrevue.Qu'y gagnent-elles ?Pour certaines, a-t-elle decouvert, devenir maitresse a ete un moyen fabuleux d'obtenir ce dont elles revaient : richesse, protection, celebrite ou liberte.C'est le cas d'esclaves noires d'Amerique et de roturieres europeennes du 17e siecle qui ont penetre des spheres pour elles interdites en devenant les amantes de contremaitres ou de rois.Pour d'autres, comme Simone de Beauvoir, qui a choisi de demeurer la maitresse de Sartre (et plus tard de Nelson Algren) par degout pour l'institution du mariage, ce fut un choix assume.Mais s'il y a des histoires heureuses, les recits de vie des maitresses sont le plus souvent tragiques , dit Elizabeth Abbott.Et comment! realise-t-on a la lecture de son livre.Quelle pitie que l'histoire des concubines chinoises exposees comme du betail devant des amants potentiels, qui leur examinaient les pieds et leur introduisaient une datte dans le vagin pour evaluer leur parfum intime avant de les acheter ! Tristes aussi, les recits de la vie de ces Amerindiennes qui fondaient une famille avec un partenaire blanc qu'elles aimaient et qu'elles voyaient un jour revenir d'Europe, une epouse legitime couleur de lait au bras ! Et que dire de ces prisonnieres des camps de concentration qui devenaient les protegees de SS pour avoir du pain ?On les tuait des qu'elles etaient enceintes pour que ne se perpetue pas leur race inferieure .Les mobiles pour devenir maitresse, comprend-on, sont differents d'une epoque a une autre, d'une civilisation a une autre, d'une femme a l'autre.Et ils sont varies : l'amour, l'arrivisme, la faim, la terreur, le systeme.Mais plutot que de faire une analyse approfondie du phenomene du concubinage a travers les siecles, Une histoire des maitresses se presente comme une vaste galerie de portraits de femmes.On y fait la rencontre de l'ambitieuse Theodora Theophylacte, qui, au 10e siecle, a pousse sa fille dans le lit d'un pape et a dormi dans celui de son successeur pour prendre le controle de la cour de Rome.On y decouvre Virginia Hill, sorte de Monica la Mitraille americaine qui a seduit de puissants gangsters pour se sortir de la misere.On fait aussi un inevitable detour chez Marilyn Monroe, qui aurait ete tuee par un membre de l'entourage de son amant, le president John F.Kennedy.Entre la touchante histoire d'amour unissant Camilla Parker- Bowles et le prince Charles, la tragique passion d'Heloise et d'Abelard, l'amour intellectuel de Voltaire et d'Emilie du Chatelet et le sombre recit de la jeune maitresse de Modigliani, Jeanne Hebuterne (qui se suicidera apres la mort de son amant), on a l'impression .pas desagreable ! .de feuilleter une espece de Paris Match historique qui revele tout ce que l'on a toujours voulu savoir sur ces grands personnages.Cela sans que la verite historique en souffre.J'ai garde de mon passe academique la rigueur dans le choix et l'analyse des sources , explique Elizabeth Abbott.On le sent, l'auteure a beaucoup d'empathie pour ses personnages et a manifestement eu du plaisir a ecrire son livre.Toutefois, a vouloir ratisser large .de l'Orient a l'Occident, de l'Antiquite aux annees 1960., Elizabeth Abbott a trace en hate quelques portraits qui auraient merite d'etre approfondis et nuances, et elle nous laisse parfois sur notre faim.Aussi, l'analyse globale du phenomene des maitresses semble avoir ete un peu escamotee au profit de la multiplication des portraits.Dommage.Mais s'il semble un peu moins reussi que son livre precedent sur la chastete, Une histoire des maitresses reste une lecture historique captivante qui s'insere dans une oeuvre originale.A quoi ressemblera la suite ?Je planche actuellement sur une histoire du mariage et sur l'histoire humaine de l'exploitation du sucre , revele l'auteure fraichement retraitee de l'Universite de Toronto.Ecrire et faire de la recherche, c'est tout ce que je veux faire jusqu'a ma mort , conclut-elle.FFF1.2 UNE HISTOIRE DES MAITRESSES Elizabeth Abbott Fides, 617 pages JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE La voici donc, cette Ombre du vent dont les lecteurs espagnols ont fait leurs choux gras durant quelques mois, et que l'infatigable Francois Maspero a traduite.Il s'agit d'un roman, d'un tres grand roman que j'ai eu tendance a trouver trop gros, d'emblee.Puis je me suis souvenu que l'ete arrive, que tous les lecteurs ne sont pas comme moi et ne bouderont pas leur plaisir pour cause de 500 pages.J'avais bien vu, ce bouquin vaut le detour.Et plus, si affinites.Le decor, c'est la ville de Barcelone.Encore ?Apres La Ville des prodiges, de Mendoza, Carlos Ruiz Zafon devra forcer son talent.Ce qui est le cas.Cette Barcelone-la est prise dans les annees d'apres-guerre, en 1945, alors que tout espoir de vivre s'evanouissait.Franco victorieux n'avait-il pas dit : Barcelone est malade et interdit de parler le catalan, meme aux terrasses de cafe ?( Le cafe y etait d'ailleurs infect.) La ville de la tristesse, les prodiges s'etaient tous produits dans les annees 20, et l'on en etait a la misere d'une dictature parmi les plus imbeciles du siecle.Elle allait durer 40 ans.Mais bon, c'est seulement pour planter le decor.Oublions.Carlos Ruiz Zafon ne semble pas l'avoir oublie, lui.Il ecrit des scenarii, il vit a Los Angeles, et il nous livre un roman etonnant, une sorte de fresque aventuriere qui a obtenu en Espagne l'une des plus prestigieuses recompenses : le prix Planeta.Et Zafon est fou de livres, fou de litterature.Cela tombe bien, voyons ce qu'il a invente.A Barcelone, donc, en 1945, un boutiquier de livres d'occasion emmene son fils Daniel au Cimetiere des Livres oublies.C'est au fin fond du Quartier Gothique.C'est un lieu garde secret par un groupe d'inities.Daniel a 8 ans, il reve continuellement a sa mere morte, qu'il veut croire vivante, avec la complicite de son pere.Il y a de la brume sur le quartier.Le cimetiere est la, avec son vieux gardien Isaac et sa jolie fille.Il contient des centaines de milliers de volumes, oublies du monde.Le pere de Daniel lui explique qu'il lui faudra adopter l'un de ces livres, le choisir comme sien, s'en occuper, afin de le tirer de l'oubli.Le petit garcon choisit L'Ombre du vent, qui est un livre etonnant, exceptionnel, ecrit par un certain Julian Carax, exile a Paris durant les annees 30, et oublie de tous.Sauf d'un homme terrible que nous rencontrerons tres vite, une sorte de monstre malfaisant qui recherche tous les ecrits de ce Carax, afin de les bruler.Belles metaphores, en gigogne, comme on le voit.Qu'il existe une grande quantite de livres oublies.Que L'Ombre du vent, titre de ce meme roman que nous lisons en est un, ou en sera un.Que l'auteur est presque inconnu, que c'est peut-etre lui-meme qui brule ses livres, par depit, par vengeance ?Bref, comme on disait dans la litterature populaire du siecle dernier, le mystere s'epaissit .J'ajoute : et le lecteur jubile.On dirait du Paul Feval ou du Gaston Leroux (la citation est de lui), on dirait aussi dans un registre plus savant, du Umberto Eco, ou du Victor Hugo des Miserables.Cela part dans tous les sens, les bandits sont flics, les trahisons et les jalousies se succedent.Bref, c'est irracontable.Et tant mieux, si l'on veut prendre son plaisir.Il s'agira donc, pour le petit garcon, de decouvrir qui etait ce Carax, fils d'un chapelier qui n'etait pas son pere, membre d'une sorte de clan qui comprenait un certain Fumero, devenu inspecteur de police, et qui semble en vouloir maintenant a Daniel, peut-etre d'avoir adopte un livre de Carax.Et si c'etait lui, Fumero, qui brulait les livres de Carax Compose de facon extremement efficace, ce roman, comme on le verra, c'est l'aventure, ce sont les 100 secrets enfouis dans la ville presque morte, c'est le mystere, c'est le suspense, c'est l'envoutement, c'est proprement extraordinaire.FFFF L'OMBRE DU VENT Carlos Ruiz Zafon Grasset, 525pages PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE c Elizabeth Abbott : J'ai voulu saisir les motivations qui poussent une femme a devenir la partenaire sexuelle d'un homme dont elle n'est pas l'epouse.LA LITTERATURE DU VOISIN Eloge de la douleur DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE En 1945, une jeune femme canadienne de bonne famille fait publier un tres court roman lyrique, par lequel le scandale arrivera.Selon la legende, sa mere achete tout le tirage et le fait bruler.Helas pour Mme Smart : sa fille Elizabeth sera a tout jamais connue pour son ode a la souffrance amoureuse, A la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleure.Grace aux Editions Les Herbes rouges, ce livre est encore une fois edite en francais.Longtemps epuise, il revient en edition scolaire, avec une introduction et une bibliographie que l'on doit a la femme de lettres Carole David.Ce livre a tout d'un mythe, son auteure aussi.Nee a Ottawa en 1913, la jeune Elizabeth Smart sejourne a Londres, ou elle tombe amoureuse d'un poete anglais, George Barker.S'ensuit le triangle classique: deux femmes, un homme.Barker ne quittera jamais son epouse, mais il aura quatre enfants avec Elizabeth Smart.Elle, de son cote, fera un livre.Apres A la hauteur., il y aura quelques minces recueils de poesie, un livre de jardinage .en somme, rien.Elizabeth Smart, morte en 1986, aura ete la femme d'un seul livre.Mais quel livre ! Je t'etais destinee , ecrit-elle a l'homme qui a refuse ce destin.Il y a une jouissance dans la douleur, ici.Une jouissance qui en a derange plusieurs.A l'epoque feministe, dans le Toronto des annees 1970, je me rappelle la gene qu'a provoquee ce livre.Oui, il etait genial.Oui, son auteure etait une pionniere de la modernite en litterature ( Pensez a ce qui s'ecrivait au Quebec a pareille epoque, ecrit Carole David.La bonne fiction realiste, ou le roman du terroir.) Mais cette subjugation chez Smart ! Ce desir d'aneantissement personnel qui faisait d'elle un personnage de Sade (moins la porno, bien sur) ! Politiquement, c'etait insupportable.Et, oui, il y a quelque chose d'insupportable chez Smart.Et de delicieux, aussi.Cette mise a nu, lorsqu'elle declare, fierement : Mon coeur est son propre bourreau.Il bat le rythme empoisonne de la verite.Car dans sa douleur de femme rejetee par l'homme a qui elle a tout donne, elle reste lucide.Lucide et, parfois, ironique.Chose que la critique feministe n'a pas remarquee.Lucide et fiere, lorsqu'elle declare au premier chapitre : Le fait de nier et de decevoir l'amour avec mesquinerie en pretextant que ce qui n'est pas consomme reste eternel est aussi repugnant que le visage de l'hypocrite confronte de trop pres a la verite.Elle plonge dans la sensualite de la douleur pour en sonder les abimes.En cela, elle suit les chemins traces par Charles Baudelaire.Chez elle, il n'y a pas d'amour sans les plaisirs et les souffrances de la chair.Elle se moque de l'idee selon laquelle l'amour sublime atteint a l'amour divin .La quete de l'amour la pousse a se revolter contre la bonne societe.Comment, tel l'oiseau, trouveraisje le repos dans l'amenagement du nid de tous les jours ?s'interroget- elle.Effectivement, c'est l'angoisse de la passion amoureuse : elle doit se consumer, se bruler.Ce constat la place en dehors des liens du mariage.Dans une serie de courtes scenes, la jeune Elizabeth essaie de faire comprendre a ses parents la source de sa subjugation et de sa gloire.C'est peine perdue.Pour eux, la passion l'a transformee en monstre.Sa passion, en fait, va faire d'elle une hors-la-loi.Car elle n'obeit qu'a ses propres lois.Dans la seule sequence du livre qui ressemble a une histoire realiste .mais pas banale.elle est arretee a la frontiere de l'Arizona car l'homme avec qui elle voyage n'est pas son legitime epoux.A la question Aviez-vous l'intention de forniquer en Arizona ?, elle repond avec des versets du Cantique des cantiques: Mon bien-aime est un sachet de myrrhe qui repose entre mes seins.Mais les bons policiers de cet Etat desertique se foutent des Saintes Ecritures.Nous sommes peres de familles, dirent-ils.L'amour, ca ne nous interesse pas tellement.Lorsque Elizabeth Smart cite des versets de la Bible, son dessein est plutot ironique.Ca commence avec le titre meme du livre.Dans l'Ancien Testament, les exiles de la Terre promise se sont assis sur les rives des rivieres de Babylone pour se lamenter.Son cas a elle est un peu plus laique, un peu moins glorieux : elle s'assoit pres de Grand Central Station, au coeur de Manhattan.Voila une autre ville qui l'a vue souffrir, avec sincerite, mais lucidite aussi.La peine etait insupportable, note-t-elle vers la fin du livre, pourtant je ne voulais pas qu'elle cesse : elle avait la grandeur tragique d'un opera.Elle illuminait Grand Central Station comme un jour de Jugement dernier.Tout le paradoxe du livre est la : souffrir, connaitre la douleur intensement, tout en l'observant, en s'observant aussi.C'est le paradoxe de l'ecrivain tout entier.FFFF A LA HAUTEUR DE GRAND CENTRAL STATION JE ME SUIS ASSISE ET J'AI PLEURE Elizabeth Smart (traduit de l'anglais par Helene Filion) Herbes rouges, 116pages Savourez le magazine Ricardo EN KIOSQUE DES MAINTENANT ON S'ENFLAMME POUR LUI ! LECTURES Anatomie d'un joual de parade PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITE proux@lapresse.ca Savez-vous que le gouvernement du Quebec a accorde une genereuse subvention de pres de six millions de dollars a deux linguistes ultranationalistes de l'Universite de Sherbrooke, Pierre Martel et Helene Cajolet-Laganiere, pour la redaction d'un grand dictionnaire du francais quebecois, qui devrait consacrer l'autonomie de notre variete de francais ?Non sans doute, et ca n'a rien d'etonnant, car cette aide a un projet eminemment discutable et controverse a ete attribuee sans appel d'offres et presque en catimini par le Conseil des ministres de Lucien Bouchard, en 2001.Heureusement que la polemiste Diane Lamonde, reviseur de son metier, est la pour nous mettre en garde.Apres avoir publie Le Maquignon et son joual, en 1998, ou elle denoncait deja la mainmise d'un petit groupe de linguistes amenagistes sur le francais au Quebec, elle revient a la charge avec un essai polemique, Anatomie d'un joual de parade, ou elle s'en prend, avec une ironie particulierement mordante (trop peut-etre), a ce quebecois standard que tentent de nous imposer les amenagistes.Mais avant d'aller plus loin, qui sont ces amenagistes ?Outre Martel et Cajolet-Laganiere, les plus militants et les plus connus, on en trouve plusieurs dans les universites du Quebec et quelques-uns a l'Office de la langue francaise.Ils aiment bien se presenter comme la voie du juste milieu entre les puristes, partisans inconditionnels du francais de Paris , et les quebecisants, a qui ils reprochent de trop s'eloigner du francais international .Ou est le probleme ?direzvous.C'est que vous connaissez mal les amenagistes, passes maitres dans l'art des demi-verites et des pieux mensonges.Tout d'abord, comme le fait remarquer Mme Lamonde, les partisans d'une norme a la parisienne ont aujourd'hui presque disparu.Meme ceux qui souhaitent que notre francais reste proche du francais europeen acceptent volontiers que le francais parle et ecrit par les Quebecois contienne un bon nombre de particularismes.On trouve d'ailleurs dans le Multidictionnaire et le Grand Dictionnaire terminologique, deux ouvrages abondamment consultes, un nombre considerable de quebecismes dits de bon aloi, et personne ne semble s'en offusquer.En fait, les tenants du francais standard (dont je suis) sont toujours caricatures par les amenagistes, qui les presentent comme une elite a qui l'insecurite linguistique aurait fait perdre tout jugement .A en croire (les amenagistes), ecrit Diane Lamonde, tous les peuples normaux auraient leur norme propre et leur dictionnaire national.Or c'est parfaitement faux ; il y a des dizaines de nations qui suivent une norme linguistique definie dans un pays etranger.C'est le cas notamment des Belges wallons et des Suisses romands eu egard au francais, des Autrichiens et des Suisses alemaniques vis-avis de l'allemand, ou encore des Irlandais, des Ecossais et des Canadiens par rapport a l'anglais.Certaines nations, il est vrai, se sont donne une norme nationale.C'est le cas, notamment, des Etats-Unis, qui, comme le fait remarquer Mme Lamonde, ont les moyens d'imposer leur variete d'anglais et leur culture au monde entier.C'est le cas egalement du Bresil, dont la population est douze fois plus nombreuse que celle du Portugal .On conviendra sans doute que la situation du Quebec s'apparente plus a celle de la Belgique qu'a celle des Etats-Unis.En essayant de definir une norme quebecoise qui ne serait pas le francais standard mais qui ne s'en eloignerait pas trop, les amenagistes cherchent a realiser la quadrature du cercle.Mission impossible ! On ne peut, en effet, normaliser des milliers de mots dissidents par rapport au francais europeen , comme s'apprete a le faire ce pretentieux ouvrage, et soutenir que ce bon francais d'ici ne nous marginalisera pas.Le gouvernement du Quebec doit imperativement se retirer de ce projet.Les liberaux, qui aiment bien faire des economies, ont ici une occasion en or d'epargner six beaux millions (ou du moins ce qu'il en reste).Pour une fois, on ne les blamera pas.Surtout s'ils les reinvestissent dans Tele-Quebec.Ce serait bien plus utile a la collectivite.Le patronage du gouvernement donnerait a l'ouvrage de M.Martel et de Mme Cajolet-Laganiere une credibilite, une notoriete et une autorite indues.Laissons-les publier leur dictionnaire par leurs propres moyens.Le public pourra ensuite lui reserver l'accueil qu'il merite.Je serais etonne, pour ma part, qu'il soit mieux recu que le Robert quebecois ne l'a ete au debut des annees 90.FFF1.2 ANATOMIE D'UN JOUAL DE PARADE Diane Lamonde Les Editions Varia Collection Essais et Polemiques Montreal, 294 pages Objecter ou s'objecter ?QBravo au juge Jacques Delisle qui, dans La Presse du 9 mai 2004, deplore l'usage quasi universel dans le monde judiciaire du mot sentence au lieu de peine dans une expression comme la Cour a inflige une sentence de X mois de prison.Il y a un autre mot qui est erronement employe tout aussi souvent.Il s'agit du verbe objecter.Presque tous les avocats disent, par exemple : Je m'objecte a la remise en liberte.Il faut plutot dire : Je m'oppose a la remise en liberte.Le journaliste dira : Le procureur s'est oppose a.Le verbe objecter est un verbe transitif qui ne peut s'utiliser a la forme pronominale.On l'emploiera correctement dans une expression comme : L'avocat objecte que les pretentions de son confrere ne sont pas fondees.Jacques Roy, Gatineau RLe juge Delisle et vous etes en train de me piquer ma chronique.Vous voulez me mettre au chomage.Mais bon, vous avez raison.S'objecter est un quebecisme frequent certes, mais fautif.Il faut plutot dire, comme vous le soulignez, s'opposer a, s'elever contre.Et bien entendu, comme vous le mentionnez encore fort justement, on peut utiliser le verbe objecter correctement, mais au sens de repliquer.A la une mais page un QPourquoi les journaux emploient-ils la locution a la une alors que l'on dit page un ?.Marcel Charrette, Repentigny RLa premiere page d'un journal s'appelle la une.On peut aussi parler de la page un.Mais dans ce cas, on emploie un et non une, car un est ici un nom de nombre.Soit dit en passant, on voit souvent le mot une entre guillemets, mais ces derniers sont tout a fait inutiles.On le rencontre aussi, parfois, ecrit avec une majuscule, voire avec trois majuscules, mais ces emplois sont contraires au bon usage.> L'evenement a fait la une.> Le graphisme de la page un a ete modifie.Petits pieges La semaine derniere, les phrases suivantes contenaient chacune deux fautes : > La lutte a la pauvrete pourrait etre un des enjeux de l'election federale.> L'equipe manque sa vedette, au rancart en raison d'une blessure.L'usage veut qu'on ne fasse pas la lutte a quelque chose ou a quelqu'un, mais contre quelque chose ou contre quelqu'un.Par ailleurs, on peut parler de l'election du pape par le conclave, d'un president ou d'un maire au suffrage universel, mais on ecrira les elections municipales, provinciales, federales, etc.Il aurait donc fallu ecrire : > La lutte contre la pauvrete pourrait etre un des enjeux des elections federales.Mettre une chose au rancart, c'est l'abandonner, la mettre de cote, la jeter au rebut.> Il a mis au rancart son vieux chauffeeau.Au rancart n'a donc pas le sens neutre de a l'ecart de.C'est pourquoi on ne dira pas qu'une blessure tiendra un joueur au rancart, mais a l'ecart du jeu.Par ailleurs, une personne peut manquer a une autre, un joueur peut manquer a son equipe, mais on ne manque pas quelqu'un, pas plus qu'une equipe manque un joueur.Il aurait donc fallu ecrire : > La vedette, a l'ecart du jeu en raison d'une blessure, manque a son equipe.Voici les pieges de cette semaine.Les phrases suivantes contiennent chacune une faute.Quelles sont-elles > Il a marche cinq kilometres ce matin.> La nouvelle ville de Montreal compte 1,8 millions d'habitants.Les reponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions a Paul Roux par courriel a proux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montreal (QC), H2Y1K9.Anatomie d'un joual de parade, un ouvrage d'une ironie mordante sur le bon francais d'ici.llllllllllllllll LITTERATURE QUEBECOISE .Therese : dans la tradition du roman historique REGINALD MARTEL Les romans historiques se ressemblent.La matiere premiere est la meme, c'est celle que les historiens patentes ont reconstituee .la vraie histoire.L'auteur y glane un peu de tout : ce qui peut conforter sa propre vision du passe, les details et anecdotes qui etaient le mieux la dimension dramatique du recit, les valeurs morales, sociales ou individuelles, qu'il juge utile de defendre et d'illustrer.Pour le reste, l'inspiration n'a pas de contraintes.S'il s'agit de litterature populaire, les amours contrariees feront l'affaire, comme elles font l'affaire de la grande litterature.Tant de choses exigent tant d'espace, ce qui produit de tres gros romans, souvent etales sur plusieurs tomes.Therese, de Pierre Caron, est le premier de la serie La naissance d'une nation .Il n'echappe pas a ce qu'on pourrait appeler le modele de la jeune tradition du roman historique ecrit au Quebec.L'action se deroule entre 1663 et 1695, a Ville-Marie surtout mais aussi a Quebec et partout ou les Francais et les Iroquois se faisaient la guerre.On reconnait quelquesuns des personnages de l'epoque, considerables compte tenu de la grosseur minuscule de la colonie : des politiques, des religieux et des militaires.Sous leur gouverne pas toujours eclairee, un petit peuple de defricheurs et d'artisans, deracines d'une vieille France qu'ils ne semblent pas regretter.Cette poignee de colons travaille vaillamment a la naissance d'une nation , malgre le denuement, la rigueur du climat, la menace des Sauvages , l'insensibilite de la metropole.Une fois encore, il y a lieu de s'emouvoir de tant de courage, de tenacite, de foi en l'avenir.Les notables, comme d'habitude, s'occupent a consolider leur pouvoir, sans negliger necessairement l'interet des colons.M.Caron a fait dans Therese la part juste au peuple et a ses chefs.Les nombreux fragments qu'il emprunte a l'histoire officielle sont conformes a ce que la plupart des lecteurs d'aujourd'hui connaissent, avec une legere tendance a maintenir comme modeles des personnages desormais contestes, comme les heros du Long-Sault.On remarquera aussi que les bons, M.de Maisonneuve ou Marguerite Bourgeoys par exemple, sont des parangons de vertu, dont l'action genereuse n'est jamais entravee par leurs propres limites, mais par quelque conjoncture defavorable.De meme, les mechants le sont entierement, sans la moindre faille dans leur dure cuirasse.En fin de compte, on n'apprend rien d'eux, bons et mechants, qui ne soit conforme a l'histoire edifiante dont les religieux ont eu si longtemps chez nous l'inquietant monopole.Le vrai parti pris de M.Caron, il est heureusement du cote des colons, de leur vie quotidienne et de leurs amours supposees.En accord avec la tendance actuelle, il nous presente aussi des femmes de caractere, insoumises, indomptables, qui affichent dans l'expression de leurs idees et opinions la meme liberte qu'elles accordent a leurs desirs et a leurs appetits.Therese est de celles-la, plus que toutes les autres.Belle comme il se doit, c'esta- dire assez pour ne laisser aucun homme indifferent, elle dispose des importuns avec une franchise presque brutale et accueille qui lui plait sans calcul ni reticence.Sa force et sa determination sont telles que tout le monde la respecte, meme ceux qu'elle a rejetes.Et malheur a ceux qui chercheront a se venger ! Il faut croire que la liberte de l'esprit et du coeur et du corps est hereditaire, puisque la fille de Therese, Marie-Eve, lui ressemblera beaucoup.Est-ce plausible ?La verite de l'ecrivain vaut bien celle de l'historien.La premiere partie du roman, datee du printemps 1663, est essentiellement consacree a un combat prioritaire: Les habitants de Montreal souffraient constamment d'une meme blessure, toujours rouverte d'une fois a l'autre : la crainte de perdre les siens un a un, de voir la petite colonie peu a peu saignee, mutilee.Survivre, donc.A cette epoque surtout, survivre a la menace iroquoise.Les scenes decrites par M.Caron, avec trop de complaisance peut-etre, sont atroces, pire encore que celles que relaient ces temps-ci les reseaux de television sur l'oeuvre de civilisation de M.Bush en Irak.En revanche, les Indiens de la famille algonquine, qui ont choisi de s'allier aux Francais, s'ils sont capables aussi de violence, ont tout de meme le bon gout de s'initier poliment aux moeurs des conquerants.Bref, le romancier ne fait pas dans la dentelle.Construite sur le mode binaire, la premiere partie n'egare pas les lecteurs dans toutes les directions.La deuxieme, qui commence en 1677 et porte le nom de Marie Eve, la fille de Therese, est de facture plus complexe.M.Caron, selon un decoupage qui s'apparente a celui des teleromans, multiplie, en utilisant systematiquement le procede, les scenes courtes qui tiennent les lecteurs en haleine.Le rythme y gagne .il en faut pour maintenir l'interet sur pres de 650 pages ., tandis que la densite historique se delite un peu.Il reste que ces pages sont particulierement riches en apercus bien documentes sur des themes aussi varies que les techniques de construction, les echanges economiques, les activites de loisirs, etc.Voila un beau cimetiere de mots disparus.N'oublions surtout pas, projet collectif exige, les politiques natalistes qui imposaient le mariage a tous les celibataires en age de faire des enfants.Dans la derniere partie, le romancier doit couper ou renouer toutes les ficelles du recit.C'est assez laborieux.Il faut a la fois pousser les premiers protagonistes au cercueil, le plus gentiment possible, et faire place a leurs descendants.Exit Pierre Gagne, qui fut le grand amour empeche de Therese, exit Therese aussi.Voici venir le fils du premier, Vadeboncoeur.Il est parti etudier en France, apres avoir promis a Marie Eve, dans la moiteur d'une nuit d'amour torride, qu'il reviendrait.Il revient en effet, marie, elle lui en veut, elle le veut.Ils s'aimeront sans doute beaucoup et longtemps, dans la clandestinite, et les lecteurs seront heureux avec eux.N'anticipons pas trop.M.Caron nous reserve probablement des surprises.Souhaitons seulement qu'il s'en tienne a la langue tres claire et tres juste, assez scolaire cependant, dont il fait dans ce premier tome un usage elegant.FFF1.2 THERESE : LA NAISSANCE D'UNE NATION, TOME 1 Pierre Caron VLB editeur, 640pages De qui, les Devinettes ?SONIA SARFATI C'est un petit mot, un tout petit mot.Un mot pour rever, pour imaginer.Un mot pour voyager jusqu'aux confins de l'univers.Qui est-il ?Il est si , comme dans si facile a trouver , quand on est un grand.Sauf que Les Devinettes d'Henriette, le nouveau livre d'Henriette Major .auquel Philippe Beha a prete ses pinceaux energiques et ses couleurs petaradantes .ne s'adresse pas aux grands, a moins qu'ils ne jouent les seconds des tout-petits.Les commandes, c'est a ces derniers qu'il faut les laisser.Et ils y prendront grand plaisir ! Pour eux, donc, 40 enigmes .la plupart, poetico-rigolotes ; mais certaines, pas tres musicales a l'oreille .divisees en trois categories : Devinatoi, Devinature et Devinatout.Des titres qui parlent d'eux-memes.Les reponses se trouvent a la fin de ce bel album carre et flamboyant, et c'est tant mieux : la tentation de tricher est, ainsi, drolement ralentie.D'autant que la mise en page eclatee (follement dejantee, meme) ne livre pas aisement ses secrets : le numero de la devinette ne saute pas aux yeux .et c'est re-tant mieux ! Une petite derniere pour la route ?Je suis plein de surprises.Pour me trouver, il faut me deshabiller.Et, non, ce n'est pas la poupee G.I.Joe ! FFF1.2 LES DEVINETTES D'HENRIETTE Henriette Major et Philippe Beha Hurtubise HMH, des4ans Therese, de Pierre Caron, est le premier de la serie La naissance d'une nation .Il n'echappe pas a ce qu'on pourrait appeler le modele de la jeune tradition du roman historique ecrit au Quebec.Les habitants de Montreal souffraient constamment d'une meme blessure, toujours rouverte d'une fois a l'autre : la crainte de perdre les siens un a un. LECTURES Merci a Anna Gavalda JEAN FUGERE COLLABORATION SPECIALE Reconnaissance.C'est le mot qu'on lit dans toutes toutes vos lettres repondant a notre question Est-ce que la litterature vous aide a vivre ?ou commentant le livre Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda.Un immense merci a tous les auteurs qui aident a vivre.Denyse Langlois rappelle que les livres lui sont aussi necessaires que le pain et l'eau et partage ce que disait Montaigne : Je n'y cherche que la science qui traicte de la connaissance de moy mesmes et qui m'intruise a bien mourir et a bien vivre.Merci aux livres et aux auteurs car reflechir seul avec soimeme, avec son unique experience, ecrit Jean-Bernard Benoit, n'est que sterilite .Pas etonnant, comme l'observe si justement Bernard Marcoux, que tous les conquerants pour soumettre et controler leurs nouveaux sujets aient brule leurs bibliotheques, marquant ainsi clairement leur volonte d'annihiler le passe, la memoire, l'heritage, les racines de ces peuples conquis .Vous etes quelques-uns a lancer un merci tout particulier a Anna Gavalda et a son dernier roman.Ce livre est un acte de resilience, au-dela du discours.Son histoire ne peut qu'amener une resilience chez les lecteurs.Ce fut mon cas, ecrit Maria Vieira, de Chateauguay.Un hymne a la vie et a la foi en soi.Une beaute qui se partage.Une fragilite qu'ont en commun des marginaux, des eclopes de la vie.Merci a vous, pour ce bouquet de reconnaissance.Comme il fallait retenir, nous avons retenu la belle lettre de Layla Khanji, pour le fin alliage d'elle-meme, du livre de Gavalda et de la place de la litterature dans sa vie.La lettre gagnante Il n'est pas de grand chagrin qu'un livre ne puisse consoler.Montesquieu Chere Anna, Eh bien, je me sens, et pour la premiere fois, comme une adolescente a qui l'on avait demande d'ecrire un compte rendu de lecture pour le dernier roman qu'elle devait lire pour son cours de francais.La difference est que cette adolescente est devenue enseignante dans une ecole publique de Montreal ou, contrairement a ce que l'on veut nous faire croire, les jeunes lisent malgre toutes les contraintes que la vie leur impose.Alors, que je te raconte ( je me permets le tutoiement parce que tu sembles le preferer) la premiere fois que je t'ai vue a la television francaise, entouree de quelques intellos comme les appellerait Franck, mon personnage prefere du roman Ensemble, c'est tout.Je n'oublierai pas le commentaire a deux sous d'un pseudo-lecteur qui disait avoir ferme ton livre apres avoir lu quelques pages pour le garder pour l'ete parce qu'il etait superbe ! Je me rappelle aussi de ta presence et de ta simplicite qui m'avaient touchee au point ou je m'etais dit : cette auteure, j'aimerais bien la lire.Des les premieres pages, j'ai ete seduite par cette facon directe et vraie avec laquelle tu as fait parler tes personnages.On se croirait parmi les notres.Paulette, la grandmere qui n'est pas si folle que ca, comme tu l'as simplement dit dans la premiere phrase du livre.La voisine, Yvonne, qui a envoye promener le petit-fils de Paulette qui ne menage pas ses mots et ne parle que de fourriere ou d'hospice parce qu'il aurait prefere quelque chose de mieux pour sa grand-mere cherie.Celle qui l'avait aime inconditionnellement.Ne sommes-nous pas tous a la recherche de cet amour qui finit par faire des miracles s'il est sain et des degats irreparables s'il a manque a certains comme dans le cas de la petite Camille qui n'a pas grandi depuis que son pere l'avait quittee ?La Camille qui restera jusqu'a la fin de ce roman ce personnage qui a tant d'amour a donner aux autres mais qui a garde cette cicatrice de son enfance qui ne sera jamais entierement devoilee dans le roman.Est-ce la petite Amelie Poulain que tu as voulu nous depeindre ?Celle qui veut rendre heureux tout le monde qui l'entoure, mais reussirat- elle a se rendre heureuse ?Franck, le beau et grand qui ne jure que par la bonne bouffe puisque c'est la sienne et qui habite dans cet appartement qui donne sur le Champ-de-Mars et dont Philibert avait heritee de sa grand-mere maternelle.Philibert Marquet de la Durbelliere, tu parles d'un nom ! L'aristocrate passionne de Herni IV qui avait lu des milliers de livres lorsqu'il ne vendait pas des cartes postales.Philibert que tu as fait disparaitre alors que je le croyais amoureux fou de Camille mais qui a finalement laisse le terrain a Frank pour la conquerir.Vivront-ils longtemps heureux ensemble ces deux-la alors qu'ils n'ont que leurs petits bobos pour les rapprocher ?Qui reviendra dans cet appartement qui les aura unis et fait grandir en meme temps?Lui, le chef, la nourrira et elle, l'artiste, le comblera de ses dessins.Ton roman traite de grands themes, dont la vieillesse et l'enfance.Deux grands themes parce que la realite est tout autre lorsque nous devons prendre le temps d'ecouter un enfant nous parler de sa journee a l'ecole ou un vieux raconter la meme histoire que nous avons entendue plusieurs fois deja.Cette solitude interieure qui habite chacun de tes personnages et a laquelle nous faisons face un jour ou l'autre mais que la litterature a le don d'apprivoiser.N'as-tu pas cite Montesquieu en disant : Il n'est pas de grand chagrin qu'un livre ne puisse pas consoler ?.Layla Khanji Da Vinci Code Mardi, on arrache la page du calendrier : quel sera notre livre du mois de juin?Le best-seller de Dan Brown, Da Vinci Code (JCLattes), qui trone en premiere place au palmares de Renaud-Bray depuis pres de 10 semaines.Un thriller dont on sort avec mille questions sur Leonard de Vinci, bien sur, mais surtout sur Marie-Madeleine, sur ce mouvement laique qu'est l'Opus Dei et sur les pouvoirs secrets de l'Eglise.Un livre de gars ?A vous de nous le dire et de nous l'ecrire.Debat Aujourd'hui a 15 h 30, n'oubliez pas notre rencontre-debat autour du livre d'Anna Gavalda.Lise Ravary, redactrice en chef du magazine Chatelaine, y sera.Le chroniqueur Nicolas Langelier aussi, de meme que la sociologue Johanne Charbonneau.Et vous ?PHOTO MATHIEU BOURGOIS, LE DILETTANTE Nos lecteurs ont beaucoup aime le livre du mois, Ensemble, c'est tout, d'Anna Gavalda.3201295A La Russie de toutes les manipulations Helene Blanc dresse un portrait tout en noir de la nouvelle Russie LAURA-JULIE PERREAULT En 1991, l'Union sovietique a signe son propre arret de mort.Selon la croyance populaire, c'est aux democraties liberales qu'on devait l'implosion de l'Empire rouge.Le capitalisme avait assene une raclee au totalitarisme communiste.Tout est bien qui finit bien, s'est-on plu a croire dans les chaumieres du monde occidental.Et si on avait eu tout faux ?Helene Blanc, politologue du Centre national de recherche scientifique en France, ne croit pas un mot de l'histoire officielle de la Russie des 20 dernieres annees.Dans KGB Connexion .Le systeme Poutine, la specialiste des etudes slaves entreprend de deboulonner un par un les mythes qui entourent la mort du communisme et du bloc de l'Est.Le constat qu'elle tente d'etablir en 322 pages de deductions et de citations est des plus troublants : la chute de l'Union sovietique, loin d'avoir ete provoquee par le grand aigle americain, a ete fabriquee de toutes pieces dans les laboratoires d'idees et de faux-semblants du KGB, soutient la chercheuse.L'Union sovietique est morte, vive le Sovietique post-Union ! C'est avec l'arrivee de Youri Andropov au pouvoir, en 1982, que commence le recit de l'ombre de la politologue francaise d'origine russe.Chef du KGB avant de devenir le grand patron du royaume du marteau et de la faucille, ce dernier met en place ses pions, dont son disciple prefere, Gorbatchev , note l'auteure.Le KGB prenait alors definitivement le pouvoir, qu'il a reussi a garder jusqu'a aujourd'hui, l'arrivee de Vladimir Poutine au Kremlin en 1999 ayant confirme l'emprise de la police secrete sur le plus grand pays du monde.Pour en arriver la, le KGB a du user de toutes les ruses mises au point pendant les 70 annees du regime communiste, avance celle qui a aussi signe, avec Renata Lesnik, L'Empire corrompu, L'Empire de toutes les mafias et Le mal russe, avant de mettre au monde KGB Connexion.Sous la lentille d'Helene Blanc, le putsch de 1991 contre Gorbatchev, maladroitement mene par ses plus proches collaborateurs, n'etait rien d'autre qu'un coup de theatre destine a emouvoir l'Ouest.Eveillant la sympathie europeenne, le putsch avorte a permis a l'Union sovietique d'emprunter pour se sortir du petrin.L'intervention spectaculaire de Boris Eltsine en faveur de son rival de toujours preparait le terrain a une passation de pouvoir planifiee, raconte KGB Connexion.Le KGB a continue a avoir le bras long pendant la periode Eltsine.Helene Blanc rapporte que le president, malade, affaibli, signait les decrets que preparait pour lui son entourage, compose de conseillers issus de la Loubyanka, siege du defunt KGB et nouvelle maison de son successeur, le FSB, dans l'ere postsovietique.Mais apres pres de 10 ans de montagnes russes avec Boris Stepanovitch, le KGB en a eu assez.Nos travaux recents ont debouche sur l'intime conviction que Vladimir Poutine a ete choisi et forme pour succeder a Eltsine, imprevisible et difficile a controler, car il ne pouvait etre question, pour l'ex-KGB, d'abandonner la direction du pays aux hasards du suffrage universel , ecrit Helene Blanc.En creant Poutine, dit la politologue, la Russie se dotait d'un Pinochet et le KGB consolidait son pouvoir.Dans les derniers chapitres de son essai, Helene Blanc n'epargne en rien l'actuel president de la Russie, reelu en mars pour un deuxieme mandat.Selon elle, le monde occidental croit encore une fois l'histoire inventee de toutes pieces par le KGB et ferme les yeux trop facilement sur le personnage ombrageux qu'est Vladimir Poutine.Incurablement naif quand il s'agit du monde slave, l'Occident se trompe sans doute en considerant Vladimir Poutine comme un ancien du KGB, la version soft a usage occidental.En fait, on integre le KGB comme on entre en religion et si, d'aventure, on parvient a s'en sortir, on garde a vie un fil a la patte , soutient-elle.Le pouvoir de Poutine, conclut-elle, annonce une resovietisation de la Russie et une infiltration des ex-Sovietiques en Europe.La marque du KGB et des mafias russes, proches du pouvoir, est a la fois economique, politique, scientifique et mediatique, conclut Helene Blanc dans son expose.Si KGB Connexion a le merite de relever des zones d'ombre entourant l'histoire recente de la Russie, la rigueur du travail de l'auteure, qui tente de faire la demonstration de son hypothese, est parfois quelque peu bancale.Au lieu de tabler sur les faits, Helene Blanc utilise les analyses de plusieurs specialistes qui partagent ses idees pour prouver ses dires.Il faudra peut-etre laisser couler beaucoup d'eau dans la riviere Moskva avant de prouver que le KGB est le seul roi et maitre au Kremlin.Mais d'ici la, les suppositions de la chercheuse ont de quoi nourrir les amoureux de la theorie du complot.FF1.2 KGB CONNEXION - LE SYSTEME POUTINE Helene Blanc Editions Hors Commerce, 322 pages.Dans KGB Connexion .Le systeme Poutine, Helene Blanc, politologue du Centre national de recherche scientifique en France, entreprend de deboulonner un par un les mythes qui entourent la mort du Nos travaux recents ont communisme et du bloc de l'Est.debouche sur l'intime conviction que Vladimir Poutine a ete choisi et forme pour succeder a Eltsine. 3219547A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN «Beaucoup de gens croient qu'être patient est un signe de faiblesse.Je pense que c'est une erreur.C'est la colère qui est un signe de faiblesse, alors que la patience est un signe de force.» \u2014 Le dalaï-lama.«Le plus grand risque pour la santé dans le monde, ce ne sont pas les maladies, c'est l'armement nucléaire.» ANNE RICHER es Tibétains résistent, sans violence, depuis plus de 50 ans à l'occupation chinoise.Il a fallu huit ans aux Québécois Hugo Latulippe et François Prévost pour faire état en images et en mots de cette étonnante patience, sans doute issue du bouddhisme.Le film documentaire produit par l'Office national du film (ONF), Ce qu'il reste de nous, a été présenté à Cannes et reçu avec succès.Le cinéma Ex-Centris offre des supplémentaires, à midi, jusqu'à mardi, parce que le public en redemande.Le film n'est pas encore au bout de sa route et les cinéastes comptent bien l'accompagner longtemps pour que l'exemple de ce peuple courageux soit connu du plus grand nombre.La Presse accorde le titre de Personnalité de la semaine aux deux cinéastes pour une aventurequin'étaitpassansdanger, désormais fixée sur pellicule et livrée au monde grâce à leur opiniâtreté.Tibétains à coeur ouvert Le dalaï-lama a pu parler à son peuple à travers la caméra des deux cinéastes.Son peuple, ému, a aussi parlé, en dépit des risques.Kalsang Dolma, la conjointe de François Prévost, Tibétaine en exil au Québec, a servi d'interprète et de miroir.Les deux amis entêtés ont fait plusieurs allers-retours en simples touristes pour tromper la vigilance des autorités.Grâce à la complicité d'une technologie de pointe, de petites caméras, ils ont pu rassembler prudemment, patiemment, les paroles d'un peuple en détresse.D'un lieu «où rien ne rentre, d'où rien ne sort».L'aventure a pour point de départ la Course Destination monde, au milieu des années 90, où tous les deux ont fait bonne figure.Complices dès le début, ils ont décidé de travailler ensemble.François est allé chercher Hugo et chacun, avec son tempérament, ses différences, a réussi à ne jamais perdre de vue la mission.Ils se considèrent comme âme et corps, indissociables dans Ce qu'il reste de nous.Même vision du monde, même sentiment d'urgence.Pour François, la non-violence est une solution à la course aux armements, unmessage d'espoir : «Le plus grand risque pour la santé dans le monde, ce ne sont pas lesmaladies, c'est l'armement nucléaire.» Préoccupés d'écologie, de justice, ils croient qu'il faut agir pour les générations futures: «Je crois à la contribution du cinéma documentaire à notre monde», ajoute Hugo.Dans la vie de tous les jours, François roule à bicyclette et travaille six mois par année dans le Grand Nord comme médecin, en compagnie de Kalsang, qui retrouve là-bas un peu de son Tibet, un peu de la pureté du monde.Hugo aspire à la vie simple du fleuve et de la campagne disant tout simplement : «Je ne suis pas tellement intégré.Je ne me sens pas tellement de ma génération (il a 30 ans), elle fait beaucoup de bruit.» Il est clair que l'un et l'autre ont été profondément façonnés par leur travail et leurs rencontres, remettant à l'endroit des principes transmis par leur famille, colorés par quelques préceptes bouddhistes.Unmot sur et de la part d'Hugo «Au Tibet, le groupe est sacré, passe avant l'individu.Les générations précédentes ont fait des sacrifices pour l'avenir.C'est unmessage à l'humanité.C'est plus cohérent qu'uneluttearmée.Onabesoindecemessagelà.Né le 10 juin 1973 au Lac-Beauport, l'aîné de trois enfants, élevé dans la nature, dit : «Je suis un enfant de l'écosystème.» Il a toujours aimé l'image du film «qui est un événement social», contrairement à celle de la télévision.Il a euungrand-père pianiste de concert, c'est de là que lui vient sa fibre artistique.Avec sa conjointe, Laure Waridel, qui a cofondé le groupe Équiterre, il aimerait voir la mer et les bateaux, voir grandir ses enfants.«J'aime la lenteur et la douceur.Contemplatif, oui, mais il faut se battre, car la vie est menacée.Et comme cinéaste, je me dois de résister.Mes films sont une contribution dans ce sens-là.» Unmot sur et de la part de François «Je tenais la caméra et je suis devenu producteur par défaut», dit-il en riant.Il devait travailler comme médecin pour aider au financement du film.Au Tibet, il a aussi soigné\u2014sa boîte de premiers soins a été bien utilisée.«Être médecin m'a permis de créer des liens de confiance.» Il a tenté de s'améliorer personnellement par rapport à la violence.Pour ce qui est du Tibet, il insiste pour dire que tout le monde n'est pas parfait, là-bas.Parfois la colère éclate.«Mais si personne n'écoute, à la longue, ça mène au désespoir.» Né à Montmagny le 6 novembre 1965, il est le troisième d'une famille de quatre enfants.Le père médecin de campagne, la mère travailleuse sociale.Il ne faut pas chercher plus loin le sens du social et de la responsabilité.Si le Tibet était libre, il irait y vivre: les paysagesautantquelesgenssontmagnifiques.Pour se libérer soi-même et libérer les autres, il faut agir, s'engager.Au lieu d'armes de destruction massive, «il faut se doter d'outils pour la construction massive.» Hugo Latulippe et François Prévost PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE © PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE © Hugo Latulippe François Prévost "]
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