La presse, 22 mai 2004, C. Arts et Spectacles
[" Un cahier spécial à ne pas manquer, samedi prochain dans 3230923B L'ÉTÉ CULTUREL THÉÂTRE, ARTS VISUELS, MUSIQUE, DANSE, CINÉMA, FESTIVALS, SORTIES FAMILLE, LITTÉRATURE, HUMOUR ur la pochette des Beaux Dégâts, Cabrel regarde par la fenêtre d'une grande pièce à peu près vide.C'est là qu'a été enregistré son dixième album : «C'est une sorte de grange tout à côté de ma maison, quand même assez sophistiquée, et qui servait à stocker des céréales, à faire sécher des fruits, explique Cabrel, au bout du fil, directement d'Astaffort.Elle a un siècle, un siècle et demi.Et c'est devenu, peu à peu, quelque chose de vide et d'abandonné.Mais quand j'ai acheté cette maison, on a commencé à y faire des grands repas à la belle saison.Après les grands repas, on a sorti les guitares, on a commencé à jouer.Et les amis musiciens m'ont dit : tiens, une pièce qui sonne, c'est agréable de jouer là.C'est après des grands repas comme ça, après les vendanges par exemple, qu'on s'est dit: tiens, le prochain disque, pourquoi ne pas le faire ici?» C'est donc dans cette grange que, pour la toute première fois, Cabrel a fait appel à des cuivres pour certaines des pièces de l'album?«Tout à fait.Le monde des cuivres, je ne l'avais jamais abordé de façon aussi franche et aussi évidente avant dans mes chansons.Et pourtant, cela fait, quoi, 25 ans que je veux le faire et que je repousse toujours, alors que je suis un très vieux fan d'Otis Redding, des premiers disques d'Aretha Franklin, de James Brown.Tout ça, c'est aussi ma culture.Par contre, comme je n'écris pas moimême les partitions de cuivres, j'ai toujours de la réserve à donner mes chansons à habiller par quelqu'un d'autre.Et là, il se trouve que Gérard Bikialo a écrit des choses qui me convenaient parfaitement et qu'à la réflexion, une fois que je m'y suis fait, j'ai trouvé que c'était un bel écrin pour mes chansons.» Les écrins, ça prend du temps à ciseler : «Pendant les cinq dernières années, je ne me suis pas ennuyé, explique-t-il, j'ai collaboré avec plein de gens (enregistrement avec Patrick Bruel, écriture de chansons pour Isabelle Boulay, Patricia Kaas, Gérard Manset.); ce sont des années qui me sont utiles pour faire du vide et de la place pour les nouvelles chansons, vivre avec les miens (ses filles ont aujourd'hui 18 et 13 ans).Onnepeut pas écrire si on est toujours chanteur, chanteur, chanteur.».Et Cabrel a donc multiplié les activités «hors chanteur» \u2014 s'il n'est plus conseiller municipal de son village, il est tout de même président de l'école de musique de l'endroit, président de l'association Voix du Sud, vice-président de l'équipe de soccer d'Astaffort.et même arrièregauche de l'équipe! Ensuite seulement, vint le temps des Beaux Dégâts.Douze beaux dégâts Elles sont au nombre de 12, les pièces qui composent Les Beaux Dégâts.Douze chansons qui ont déjà valu à son auteur des articles dithyrambiques \u2014 dans le quotidien Libération, réputé pour sa sévérité, le journaliste Bruno Bayon affirme d'emblée : «Voilà un chanteur que tout le monde aime, mais nous aussi», avant de le comparer à un Brassens rock, rien de moins.Même chose dans L'Express, où on souligne tant «son lot de chansons romantiques et de colères froides, de blues-rock à la J.J.Cale et de feulements jazzy» que le film Lila Lili (de Marie Vermillard, 1999) dont l'héroïne ne fait pas un geste sans se demander ce que Cabrel ferait à sa place! MARIE-CHRISTINE BLAIS PHOTO W.SITRUK F RANC IS CAB R E L MELISSA AUF DER MAUR LIBRE COMME L'AIR PAGE 21 JOHNET YOKO LE BED-IN, 35 ANS PLUS TARD PAGE 2 Depuis ses débuts en 1977 jusqu'à 1985, Francis Cabrel a lancé un album tous les deux ans.Puis, à partir de Sarbacane en 1989, le rythme est devenu quinquennal : Samedi soir sur la terre en 1994, Hors Saison en 1999.Cinq ans plus tard, voici le dixième album studio de Francis Cabrel, baptisé Les Beaux Dégâts, enregistré chez lui à Astaffort et lancé ici mardi prochain.Chanteur de variétés «Ce sont des années qui me sont utiles pour faire du vide et de la place pour les nouvelles chansons» \u203a Voir CABREL en page 2 ARTS ET SPECTACLES LE BED-IN DE JOHN ET YOKO Suite 1742, 35 ans plus tard NATHALIE PETROWSKI À minuit, le mercredi 26 mai, cela fera 35 ans exactement que John et Yoko auront franchi le seuil de l'hôtel Reine-Elizabeth, pris l'ascenseur jusqu'au 17e étage, ouvert la porte de la suite 1742, enfilé leurs pyjamas, commandé du thé et des pétales de fleurs, vidé tous les meubles de l'endroit, exception faite du lit double où ils se sont étendus pour ne s'en relever que huit jours plus tard, fourbus, frippés mais néanmoins heureux du travail accompli.Ainsi naquit, après une répétition générale au Hilton d'Amsterdam, le bed-in le plus médiatisé de l'histoire, un coup publicitaire fumant qui a marqué les annales de Montréal et qui continue d'attirer chaque année au Reine-Elizabeth des hordes de nostalgiques, les uns demandant seulement à voir la suite, les autres prêts à payer entre 600 et 1969 $ la nuit, pour mettre en scène leur propre bed-in et se prendre, l'espace d'une nuit, pour John et Yoko.Habituellement les commémorations de l'événement sont discrètes : quelques articles dans les journaux locaux, la diffusion en boucle de Give Peace a Chance à la radio, deux ou trois caméras de télévision qui se glissent dans la suite pour constater qu'il ne reste plus rien, même pas un pauvre calorifère pour témoigner du passage des illustres peaceniks, rien sinon une poignée de photos encadrées et de 45 tours plastifiés trouant les murs repeints crème.Mais cette année c'est différent, comme si on venait subitement de prendre conscience que le temps a passé, qu'il ne reste plus que deux Beatles vivants, que Yoko est une septuagénaire et que la génération folle qui entonnait Give Peace a Chance en fumant du pot, a les cheveux blancs.De cette prise de conscience en a découlé une autre : le temps a passé, mais rien n'a changé.La guerre en Irak a remplacé celle au Vietnam, Bush a remplacé Nixon et les pacifistes ont beau descendre dans la rue par milliers, les chars d'assaut continuent d'avancer.Tant qu'à pleurer l'impossible paix, on a préféré lui donner une autre chance.Yoko Ono y est pour beaucoup.L'année dernière, elle a accordé les droits de la chanson Imagine à Amnistie internationale pour une campagne mondiale pour la paix destinée aux jeunes de la planète.Elle a participé à la vidéo, puis prêté à nouveau son visage pour une autre pub (Imagine New York), invitant les New-Yorkais à imaginer l'aménagement de Ground Zero et qui a valu un Emmy au réalisateur montréalais Peter Putka.Sachant tout cela, Robert Harrison, vice-président pour le Canada français d'Amnistie, a écrit à Yoko lui demandant les droits de Give Peace a Chance pour les 35 ans du bed-in.Son accord immédiat a fait boule de neige et entraîné la participation de Justin Trudeau, du producteur Donald K.Donald, un survivant du bed-in, et du Reine- Elizabeth dans l'organisation d'un bed-out au nom de la paix.C'est ainsi que le 1er juin, une soixantaine de chanteurs québécois comme Boom Desjardins, Nanette Workman, Corneille, Bruno Pelletier, Luce Dufault, Andrée Watters, Annie-Major Matte, les Respectables et j'en passe vont envahir la suite 1742, vidée de tous ses meubles.En se marchant sans doute sur les pieds, ils vont enregistrer à la bonne franquette une nouvelle version de Give Peace a Chance pendant qu'une équipe de CBC filmera le tout.Un CD de la captation sera mis sur le marché peu de temps après et les profits de ses ventes seront remis à Amnistie.Mercredi, le jour même du 35e anniversaire, le Reine-Elizabeth marquera le coup en inaugurant, dans son grand hall, une exposition de photos inédites prises par Gerry Dieter, photographe de Life Magazine, qui a passé la semaine avec le couple en 1969.Dans les bureaux montréalais d'Amnistie internationale, on ne tarit pas d'éloges à l'endroit du Reine-Elizabeth qui a gratuitement mis à la disposition de l'organisme non seulement la suite 1742, mais une boutique et sa vitrine pour y afficher leur bannière, leurs t-shirts et leurs cartes d'adhésion.Les relations sont si bonnes que vous ne trouverez personne chez Amnistie pour dénoncer le forfait Give Peace a Chance, un forfait Disney qui, pour la modique somme de 1969 $ la nuit, permet aux touristes et aux nostalgiques qui ont gagné au loto, d'arriver en limousine comme John et Yoko, d'enfiler des pyjamas semblables, de fouler un tapis couvert de pétales de fleurs, de se désaltérer avec des litres de thé et de manger pour déjeuner un filet de sole poché, du Jell-O deux couleurs, mais pas de soupe à la tortue, ce dernier plat étant désormais interdit.Yoko Ono ne sera évidemment pas de la partie, pas physiquement du moins.Mais elle a enregistré un message de paix sur vidéo pour l'occasion.Elle a également accepté d'accorder une entrevue à La Presse, mais par courriel seulement, l'Internet étant désormais son arme de persuasion préférée.Dix questions lui ont été envoyées il y a deux semaines.Les réponses sont arrivées quelques jours plus tard, chacune distillant l'étrange impression que Yoko est restée prisonnière des années 70 et n'a toujours que deux slogans à la bouche : War is over if you want it et Give peace a chance.Demandez-lui comment elle va, quel temps il fait au Japon ou quelle est la couleur de son chat, sa réponse sera invariablement : Give peace a chance.Trouve-t-elle que trop peu de choses ont changé depuis le bed-in ?Réponse : « La guerre est finie quand on le veut.Si la guerre au Vietnam s'est finalement terminée, c'est parce qu'un vaste nombre d'Américains ont décidé qu'ils ne voulaient plus faire la guerre.Nous ne devons jamais perdre de vue notre vision.Imaginez la paix.Je le répète.La guerre est finie quand on le veut.» Que pense-t-elle de la situation en Irak ?Trouve-t-elle que les Américains devraient se retirer ?«Je laisse aux puissants de ce monde le soin de décider de ces choses-là.Moi, je veux la paix et nous l'obtiendrons le jour où la paix sera plus importante que le contrôle des religions et des territoires.» Appuie-t-elle John Kerry ?Financièrement ou autrement ?« Je le répète, je ne me mêle pas de politique.Comme vous le savez, présentement les deux candidats à la présidence américains ne veulent pas la fin de la guerre.Un jour, ils devront suivre le mouvement populaire.Nous détenons la clé de ce que nous voulons, mais nous manquons de confiance.Même un peacenik pur et dur peut croire secrètement dans son coeur que c'est mieux de maintenir ce jeu de pouvoir.La distance la plus courte entre deux points est notre désir ! » Trouve-t-elle qu'elle a beaucoup changé depuis le bed-in?«Je suis toujours moi, Yoko.Je n'essaie pas de demeurer la même.Je n'essaie pas de changer, mais j'ai remarqué que depuis que j'ai eu 70 ans, j'apprends encore des choses et parfois à la vitesse de l'éclair, comme si le temps accélérait.Je me rends compte qu'il faut être à la fois sage et innocent.Je suis les deux.Je l'ai toujours été et il me reste encore un long chemin à parcourir.Où sera Yoko le 26 mai 2004 à minuit ?Elle a esquivé la question, préférant répondre que chaque jour était une célébration de la paix.J'en déduis qu'elle sera probablement en paix dans son lit.En train de dormir.PHOTO GERRY DIETER FOURNIE PAR LE REINE-ELIZABETH Les médias du monde entier ont pris d'assaut la suite 1742 du Reine-Elizabeth, en mai 1969.La guerre en Irak a remplacé celle au Vietnam, Bush a remplacé Nixon et les pacifistes ont beau descendre dans la rue par milliers, les chars d'assaut continuent d'avancer.PHOTO GERRY DIETER FOURNIE PAR LE REINE-ELIZABETH Entre les entrevues, John Lennon et Yoko Ono, qui ont passé huit jours dans la chambre d'hôtel, ont néanmoins semblé profiter de quelques moments d'intimité.PHOTO PETER HOVE OLESEN, AP Yoko Ono trouve-t-elle qu'elle a beaucoup changé depuis le bed-in ?« Je suis toujours moi, Yoko.Je n'essaie pas de demeurer la même.Je n'essaie pas de changer.» Chanteur de variétés CABREL suite de la page 1 À tout cela, Cabrel oppose un tranquille « je ne suis qu'un chanteur de variétés » : « Il y a tout un tas de gens qui se débattent pour qu'on les considère autrement, expliquet- il.C'est vrai que, annoncé comme ça, chanteur de variétés, ça n'a pas l'air d'un titre de gloire.Mais bon, je ne fais pas de rock, je ne suis pas un chanteur de blues et je chante tout un tas de rythmes différents, sur des thèmes différents.La variété des tempos, la variété des thèmes surtout, c'est peut-être ça, en fait, la variété.Sur disque, il faut passer d'un climat un peu lourd, avec des humeurs sur la société, à une autre chanson dont le climat est plus léger, plus aérien, ne serait- ce que pour ne pas faire d'ombre à la chanson précédente.C'est comme si les 12 chansons composaient un paysage qui est fait de collines légères, de montagnes plus hautes à franchir et de plaines très confortables.Un paysage où l'auditeur a la place pour s'allonger.» Au nombre de ces chansons, on soulignera la force de Bonne Nouvelle, la colère de Tête saoule, la tristesse de Elle dort ou Les Gens absents.Et puis, une fois de plus, on aura le plaisir de découvrir une chanson anglaise adaptée en français avec brio par Cabrel, comme il l'a fait tour à tour avec Rosie (de Jackson Browne), La Fabrique (Millworker de James Taylor), Depuis toujours (I've Been Loving You Too Long d'Otis Redding).Cette fois, le petit bijou, c'est S'abriter de l'orage, inspirée de Shelter from the Storm de Bob Dylan.De cette adaptation a d'ailleurs surgi le titre de l'album : « Comme ce sont des perles suspendues dans l'espace, je sais qu'il faut être très prudent avec ces chansons, dit Cabrel avec chaleur.Mais cette phrase de Dylan, ça fait 25 ans que je vis avec : Come in, she said, I'll give you a shelter from the storm.Depuis que son disque Blood on the Tracks est sorti (en 1975), j'ai cette obsession de traduire cette phrase au millimètre près, que ce soit aussi huilé que la phrase anglaise.Et j'ai fini par l'avoir l'année dernière, à peu près ! La phrase est tellement forte, on peut en faire 15 films et 15 autres chansons.Mais c'est pratiquement tout ce que j'ai gardé du texte originel, cette phrase et le titre.Vous allez me pardonner ?» Oui, surtout s'il finit par adapter une chanson de Radiohead, qu'il aime aussi beaucoup ! Le pardon est d'autant plus facile que Cabrel assume haut et fort ses liens avec le Québec.Le 12 juillet prochain, aux Francofolies de La Rochelle, il sera du spectacle d'ouverture avec Daniel Lavoie et Charlebois, pour chanter.des chansons québécoises : « L'idée de Foulquier (l'âme des Francos de La Rochelle), c'était de rendre hommage au Québec et, quand il a cherché quel chanteur français pourrait tenter l'aventure avec des chanteurs québécois, il a tout de suite pensé à moi.Cela m'a flatté.Et j'ai répondu oui tout de suite.On va mélanger nos répertoires, avec une forte proportion de chansons de chez vous.» Celui qui a déjà repris Desjardins (Quand j'aime une fois.) piaffe aussi d'impatience à l'idée de présenter ses propres chansons sur scène, à compter d'octobre en France et de janvier au Québec : « J'ai vraiment hâte, affirme-t-il.Justement parce que mon petit monde va changer : il va y avoir ces trois cuivres qui vont m'accompagner sur scène, il y a un nouveau guitariste.Et puis ces chansons, j'ai une grande tendresse pour elles et les musiciens et moi, on leur a tressé des costumes qui leur vont bien.Je suis un peu curieux de voir si on va pouvoir refaire le tout avec autant de fluidité, de douceur, de sérénité que pendant l'enregistrement.Bon, c'est vrai qu'on est tous des gens qui ont dépassé la cinquantaine \u2014 j'ai eu moi-même 50 ans \u2014 et je crois que ça nous a donné une sorte de calme (rires).Mais sur scène, pourra-t-on être en apesanteur, soir après soir ?C'est peut-être aussi pour cela que je tenais au titre de l'album: Les Beaux Dégâts, ça me rappelait l'expression beautiful losers de Leonard Cohen et comme on a tous bien vécu.(rires).J'aime ces contrastes entre des mots qui ne sont pas faits en principe pour se rencontrer.C'est encore le paradoxe de la variété, finalement (rires).Les dégâts et les choses belles, est-ce que ça va ensemble ?En tout cas, ça inspire des chansons.» .L'album Les Beaux Dégâts de Francis Cabrel sera en magasin mardi.Cabrel sera en tournée de promotion au Québec à compter de lundi.PHOTO FOURNIE PAR ZONE 3 « Je ne fais pas de rock, je ne suis pas un chanteur de blues et je chante tout un tas de rythmes différents, sur des thèmes différents.La variété des tempos, la variété des thèmes surtout, c'est peut-être ça, en fait, la variété.» ARTS ET SPECTACLES PHOTO JEFF CHRISTENSEN, REUTERS Avec les six musiciens de Tosca Strings, David Byrne prévoit jouer un bon nombre des chansons de Talking Heads à Montréal, en plus des pièces de son dernier album, Grown Backward.DAVID BYRNE Une valeur sûre et toujours créative ALAIN BRUNET alain .brunet@lapress e .ca Un vendredi matin, le téléphone sonne dans la chambre d'un hôtel de Pittsburgh.David Byrne répond, laisse retentir jusqu'à Montréal un good morning ! bien senti, qui invite à la conversation.Pendant la demi-heure qui suivra, les réponses seront précises, circonspectes, courtoisement énoncées.Il sera question de chanson comme matière vivante, matière autoréflexive, matière à dissection, matière à reconstruction, matière à communication, matière à spectacle (le nôtre est prévu mardi prochain à la salle Maisonneuve de la Place des Arts).Il sera essentiellement question de Grown Backwards, le dernier disque de David Byrne que le principal intéressé dit s'inscrire dans le cycle du précédent \u2014 Look Into the Eyeball.L'Américain admet ne pas y penser très souvent, mais il estime que la période créative qu'il traverse actuellement est peut-être sa plus inspirée depuis les années 80, jeunes années qui représentent encore pour lui une période « souple et créative ».Il énumère alors quelques titres d'albums.The Catherine Wheel, My Life in the Bush of Ghosts, Remain In Light (avec The Talking Heads) ou encore Rei Momo, pour lequel il avait formé un grand orchestre latin, n'étaient-ils pas des disques majeurs?Raison de plus pour que Byrne nous les cite en plus de ses deux derniers.Notre interlocuteur s'enquiert ensuite de la réaction des fans montréalais.On lui répond par une question : que justifie ces choix opératiques ?Pourquoi cet extrait des Pêcheurs de perles de Bizet ou cette ponction dans La Traviata de Verdi ?« Un peu par accident, j'en suis venu à croire que ces versions représentent la clé émotionnelle de Grown Backwards.J'ai d'abord fait ma reprise de Verdi; j'ai alors réalisé que je pouvais interpréter certaines pièces du répertoire lyrique comme je le fais pour mes propres chansons ou n'importe quel répertoire.Aborder ce matériel comme on le fait pour d'autres très belles chansons revient évidemment à lui faire perdre une partie de son identité.Il ne s'agit pas de le transformer radicalement, mais de le laisser sortir de sa cage ! Tu peux respecter ce répertoire dans ses fondements, tu n'es pas tenu d'en respecter l'orthodoxie de la livraison.Bien sûr, cela peut ouvrir la porte à d'horribles interprétations, c'est inévitable.» Pour ce qui est du choix de notre Rufus Wainwright dans l'extrait de Bizet, David Byrne résume: « Je l'avais rencontré il y a quelques années alors que j'animais Sessions, une émission consacrée aux musiques non commerciales sur PBS, ce qui fut très amusant à faire \u2014bien que je ne me sois pas avéré un animateur « naturel ».Rufus était l'un des invités, j'avais alors appris qu'il était un grand fan d'opéra, fait plutôt inhabituel pour un chanteur pop.Je m'en suis souvenu lorsqu'est venu le temps de choisir mon partenaire en duo.Sa voix, son registre et sa connaissance du français étaient tout indiqués.Un léger soupir lui parvient alors de Montréal.« Nous ne prononçons pas très bien, dites-vous ?Alors c'est à Rufus qu'il faut le dire, c'était lui le coach ! De toute façon, je ne crois pas qu'il chante à Montréal, il risque peut-être alors d'être.à New York ! » ricane l'interviewé, à qui on rappelle que cette petite carence ne désamorce en rien l'effet d'ensemble créé par Grown Backwards.Sur scène, David Byrne n'a (certes) pas prévu reproduire les 15 orchestrations différentes de l'album.« Je tourne avec les Tosca Strings, un ensemble de six instruments à cordes auquel j'ai ajouté une section rythmique, ce qui a pour effet de reprendre plusieurs éléments sonores de mon dernier album.Nous jouons aussi un bon nombre des chansons de Talking Heads, avec le répertoire du dernier album.Cela me semble une combinaison très intéressante car les cordes mettent l'accent sur le côté émotionnel, romantique, sentimental de mon répertoire ; c'est peutêtre un cliché de voir les choses ainsi, mais je crois aussi qu'il y a une part de vérité là-dedans.J'ai toutefois gardé les rythmes très forts pour créer une tension.» Opposition à Bush Voilà le moment de parler politique, et l'artiste ne se fera pas prier.« En tant qu'Américain, déclare-t-il, j'ai le sentiment que la situation politique est devenue horrible.Prenons cette histoire de torture dans la prison de Bagdad, bien sûr que ça s'est produit ! Comme ça se produit probablement à Guantanamo.Ce ne sont pas des phénomènes isolés, il s'agit de politiques délibérées de la CIA et du gouvernement américain.» Est-il nécessaire d'ajouter que cet artiste éminemment progressiste réprouve l'ensemble de la politique étrangère de l'administration Bush, un sentiment de plus en plus partagé au sein de la communauté artistique.« On sent cette opposition monter depuis un bon moment déjà, mais les médias américains l'ont ignorée.Les médias, je suppose, ont eu peur d'être considérés comme antipatriotiques.Toute critique de Bush (et de sa guerre en Irak) a été ainsi mise en veilleuse et, lorsque la vérité a éclaté au grand jour, il était trop tard.Maintenant, je crois, les médias croient nettement moins au gouvernement, ce qui est une bonne nouvelle.« Cela ne m'inspirera pas de nouveau matériel pour autant, tient-il à préciser.La colère et la frustration ne sont pas de bonnes raisons d'écrire des chansons.» La quête mélodique semble le préoccuper davantage, force est de constater.« Les mélodies de mes nouvelles chansons, confie-t-il, ont représenté pour moi un vrai défi ; j'ai essayé de faire en sorte qu'elles s'incrustent dans l'imaginaire du public à la manière des chansons d'enfants.C'est d'autant plus difficile, après tant d'années de travail, d'éviter mes propres clichés en ce sens.J'essaie de ne pas trop y penser, mais ça me vient en tête de temps à autre.» Et comment l'ex-leader des Talking Heads, qui vient d'avoir 52 ans, se sent-il à l'âge des valeurs sûres ?« J'ai le sentiment d'être chanceux, d'autant plus que je remarque que plusieurs jeunes formations comme Franz Ferdinand se réclament entre autres des Talking Heads.Ces groupes reprennent des éléments de notre travail pour en faire quelque chose de neuf.Cela me fait sentir autrement qu'un de ces oldies acts.Ce qui m'est très agréable.» .David Byrne se produira le mardi 25 mai à la salle Maisonneuve de la Place des Arts.« Les mélodies de mes nouvelles chansons ont représenté pour moi un vrai défi ; j'ai essayé de faire en sorte qu'elles s'incrustent dans l'imaginaire du public à la manière des chansons d'enfants.» \u2014 L'équipe des Arts + Spectacles HÉROS ET ZÉRO > LE HÉROS: RÉAL BÉLAND Tout ce clinquant finit par tomber sur le gros nerf.N'écoutant que son courage, Réal Béland s'est rendu sur la Croisette achaler les vedettes, allant même jusqu'à se faire passer pour un acteur d'Europe de l'Est afin de fouler le célèbre tapis rouge de Cannes.Les policiers français, eux, l'ont pris pour un intermittent zélé lorsqu'il a interpellé l'acteur Mike Myers à l'aide d'un portevoix.Résultat: deux heures de prison, mais un DVD de ces beaux moments glamour est prévu pour cet automne.> LE ZÉRO: RADIO-CANADA Elle est au sommet de sa gloire, a remporté pour son émission trois Gémeaux et le dernier Métro Star de la meilleure animatrice.Pourtant, Christiane Charette ne sera pas de la prochaine grille horaire de Radio- Canada.On ne comprend tout simplement pas.ENTRACTE Réal Béland DÉJÀ VU Ashton Kutcher et Demi Moore dorment mal ces temps-ci, paraît-il.L'ordinateur de Jason Goldberg, le partenaire de Kutcher de l'émission Punk'd, a été volé.Le problème, c'est qu'il contient des photos «compromettantes» du couple \u2014 lire «cochonnes», pour ceux qui veulent plus de précisions.À moins qu'il ne s'agisse d'une spéciale Punk'd destinée au couple le plus en vue de Hollywood, les journalistes sont sur les dents (et scrutent avidement Internet où ces images pourraient se retrouver).Cela ne vous rappelle pas la vidéo olé-olé de Pamela Anderson et Tommy Lee?Ou celle de Paris Hilton?Mais qu'est-ce que faisaient ces photos «compromettantes» sur l'ordi d'un ami?Les stars n'apprennent donc rien des déboires de leurs collègues?Elles ne lisent pas les revues à potins?Jean-Luc Godard PHOTO REUTER PHOTO AP PHOTO AFP Une rubrique aussi transparente que la robe d'Alexandra Kerry Ce n'est pas nous qui le disons, mais Pedro Almodovar lui-même.Le cinéaste espagnol a confié au journaliste Herby Moreau, de Flash, sa fascination pour le profil Julia Roberts de Gael Garcia Bernal, la vedette de son dernier film, La Mauvaise Éducation, présenté à Cannes.C'est complètement fou.mais c'est vrai! Surtout si Gael porte la perruque rousse et le rouge à lèvres.SÉPARÉS À LANAISSANCE ILS, ELLES ONT DIT.«J'aurais voulu être un acteur.» \u2014LE PAPE JEAN-PAUL II, paraphrasant une célèbre toune de Plamondon.«J'ai appris plus tard que ma mère, avant ma naissance, n'avait vu que des films muets.Donc, elle ne s'est pas inquiétée quand je n'ai parlé qu'à l'âge de 5 ans.» \u2014 JEAN-LUC GODARD, surnommé JLG par la presse française.«C'est sûr qu'ils se doutent qu'il y a des armes de destruction massive; ils ont gardé tous les reçus.» \u2014RICHARD DESJARDINS pendant son spectacle, à propos de l'occupation américaine en Irak.«Je ne sais pas comment vous faites pour vivre ici sans vous tailler les veines.» \u2014DAVID CASSIDY à ses fans lors d'un concert à Cardiff au Pays de Galles.«J'ai besoin de me faire pincer les mamelons avant chaque spectacle.Ça me stimule pour entrer sur scène.Mon assistante Jackie fait ça comme une artiste.» \u2014La chanteuse PINK «Ma mère aurait été tellement fière de votre film.» \u2014 LA PRINCESSE CAROLINE DE MONACO au cinéaste Michael Moore.«Au prix que le cachet donne, on peut faire un peu de temps.» \u2014 CLAUDE POIRIER à Merci, bonsoir! en reprise.PHOTO PATHÉ DISTRIBUTION Julia Roberts Gael Garcia Bernal Demi Moore et Ashton Kutcher ARTS ET SPECTACLES LE MOINE NOIR Élégante Un Tchekhov symboliste démonstration ÈVE DUMAS CRITIQUE Vu dans la Vieille Capitale cette semaine, à l'occasion du Carrefour international de théâtre de Québec, Le Moine noir est d'une finesse exquise.Créée en Belgique au mois de mars dernier, la pièce est de passage à Montréal quatre soirs seulement.Denis Marleau monte Tchekhov « à sa manière », c'est-à-dire en jetant le naturalisme aux orties pour cultiver un jardin symboliste ensemencé d'évocations et de mystère.Quatre écrans servent à la fois de décor et d'espace mental en projetant tantôt des motifs de tapisserie, tantôt des gros plans de fleurs ou des vagues déchaînées.Le tout en noir et blanc, comme les costumes dont les déclinaisons de gris accompagnent la folie progressive du personnage central.Maître de conférence qui s'est « détraqué les nerfs » à force de travailler, Kovrine (Dutrieux) décide de passer quelque temps au domaine où il a grandi.Il retrouve le vieux Pessotski (Pelletier), qui fut son tuteur, et la fille de ce dernier, Tania (Clairembourg), qu'il finira par épouser.Mais plutôt que d'améliorer l'état mental du jeune professeur, le bon air frais de la campagne lui inspire une vision, celle d'un inquiétant moine noir (Naubert) avec qui il entame un dialogue sur les bienfaits du développement intellectuel et moral.Tout, dans cette production, est mis en place pour favoriser une bonne compréhension du texte : dépouillement scénographique, jeu retenu (bien qu'inégal), « pauses» musicales.L'emploi du russe dans la narration d'André Markowicz, qui sert de fil conducteur, a pour effet non pas de créer la confusion, mais de faire ressortir encore plus le texte français pour l'oreille aux aguets.Le metteur en scène nous fait une élégante démonstration : même sans samovar, Tchekhov demeure Tchekhov.LE MOINE NOIR d'Anton Tchekhov.Mise en scène et scénographie : Denis Marleau.Avec : Anne-Pascale Clairembourg, Sébastien Dutrieux, Gilles Pelletier.Au Monument-National du 26 au 29mai.ÈVE DUMAS Denis Marleau qualifie les grandes pièces de Tchekhov (La Mouette, La Cerisaie, Les Trois Soeurs, Oncle Vania) de « gouffres de recherche », qui peuvent se révéler « extrêmement importantes dans le développement artistique d'une compagnie ».Mais pour lui, la recherche est ailleurs.Comme il a pris l'habitude de le faire, le metteur en scène donne un nouvel éclairage à un texte assez peu connu et non théâtral de surcroît : Le Moine noir.« J'ai toujours travaillé un peu comme ça, sur les contours, en bordure du théâtre, expliquait-il pendant une entrevue réalisée à Québec, mercredi dernier.C'était la même chose avec Thomas Bernhard.Pendant que je montais Les Maîtres anciens, donc une adaptation, on me demandait : « Pourquoi tu ne montes pas une pièce de Thomas Bernhard ?» Je ne sais pas trop comment l'expliquer.C'est une recherche que je fais depuis nombre d'années.Je me suis souvent intéressé à un texte qui n'a pas nécessairement les vertus d'une pièce de théâtre.» Lorsque Le Moine noir est tombé sur sa table, Denis Marleau a tout de suite senti le potentiel dramatique du texte.Son entourage lui a confirmé qu'il avait bel et bien quelque chose à faire avec cette nouvelle inspirée par une vision que Tchekhov avait eue à l'été 1893.En rêve, l'auteur surmené avait vu un moine noir.La vision était si forte et angoissante qu'elle ne le quittait plus.Il avait écrit le texte pour exorciser ses hallucinations.« Ce qui est très intéressant à travers cette nouvelle, c'est que c'est un condensé de l'oeuvre de Tchekhov, c'està- dire que les grands thèmes, les grandes obsessions de Tchekhov, on les retrouve là, affirmait le directeur d'UBU et du Théâtre français du Centre national des Arts.Je n'avais pas nécessairement envie de travailler une grande forme avec une quinzaine de comédiens.J'aime bien les formes plus intimistes, qui engagent un autre type de travail moins axé sur la polyphonie et les grands espaces scéniques.Encore tout imprégné de ses travaux récents sur l'oeuvre de Maeterlinck, dont il a magnifiquement monté Intérieur et Les Aveugles, Denis Marleau affirme avoir voulu travailler Tchekhov autrement.« Il y avait aussi l'idée de monter Tchekhov un peu sous influence, de faire quelque chose qui tourne le dos à un certain réalisme.On le confine à une espèce de naturalisme qui historiquement n'est pas tout à fait juste.Lui-même s'en défendait bien.Il disait toujours à Stanislavski : « Un jour je vais écrire une pièce qui va se passer au pôle Nord !» Moi, je ne veux pas qu'on tourne le dos à Tchekhov, mais à une certaine façon de monter Tchekhov.» En effet, on sent très bien l'auteur du Moine noir dans la pièce, d'autant plus qu'on l'entend par moments dans sa langue.Denis Marleau a fait appel à l'un des deux traducteurs de la pièce, André Markowicz (qui a travaillé avec Françoise Morvan), pour faire la narration en voix off.« Je trouvais intéressant de ne pas chercher à occulter la source du texte.Le projet c'était de faire entendre la musicalité du texte d'origine.André étant parfaitement bilingue du russe au français, je lui ai demandé de lire toute la nouvelle en russe et toute la nouvelle en français et ensuite j'ai fait un montage.Au fil des représentations, le travail a continué et je suis arrivé à un certain équilibre entre l'informatif, qui nous permet de suivre l'histoire, et ce tapis sonore qui, même si on ne comprend pas, procure un certain plaisir d'entendre une langue riche de sonorités.Markowicz a une façon particulière de traduire.Pour lui, le rythme, la récurrence et le travail sur le motif sont extrêmement importants.Donc ce que vous entendez en russe, vous l'entendez en français.Coproduction entre le Canada, la France et la Belgique, Le Moine noir semble avoir donné la piqûre des rencontres artistiques interculturelles à Denis Marleau.« Je suis en train de travailler à un autre projet qui m'amènera complètement ailleurs.C'est bien, là où j'en suis rendu, de me mettre sur des nouvelles plateformes où il y a plus d'inconnu, moins d'habitude.Je trouve ça important dans une direction artistique de s'ouvrir, parce qu'on reçoit beaucoup.L'intérêt de ce type de projet est de décloisonner un peu les approches et d'essayer de nouvelles choses.J'ai envie de m'impliquer en tant que metteur en scène dans des aventures qui m'emmèneront ailleurs.C'est vrai qu'à un moment donné, il faut se mettre en danger.J'ai toujours peur de me répéter.Quoi qu'il arrive, j'ai peur.» PHOTO SYLVAIN MARIER, LE DROIT Denis Marleau a voulu tourner le dos à une certaine manière de monter Anton Tchekhov.« On le confine à une espèce de naturalisme qui historiquement n'est pas tout à fait juste.Lui-même s'en défendait bien.» 3225418A DÈS LE 1 6 JUIN Cascades présente une production du THÉÂTRE DES GRANDS CHÊNES de Kingsey Falls 5ÉTOILES AVEC BENOÎT BRIÈRE, MARTIN DRAINVILLE, MARCEL LEBOEUF, DIANE LAVALLÉE, LISE MARTIN.D'APRÈS Hotel Suites UNE COMÉDIE ÉCRITE PAR NEIL SIMON ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE NORMAND CHOUINARD RÉSERVEZ MAINTENANT (819) 363-2900 www.grandschenes.ca Crédit d'impôt spectacles Gestion SODEC Bourret Transport BILLETS EN VENTE MAINTENANT 3227721A Une aventure pour toute la famille Du 12 juin au 9 octobre 2004 www.chateaumedieval.com Forfait hébergement 1 888 263-7373 u COMPÉTITIONS u JOUTES À St-Adolphe d'Howard u 40 PERSONNAGES u 16 CHEVAUX CHÂTEAU MÉDIÉVAL 5 e SAISON RÉSERVEZ MAINTENANT NOUVEAU SPECTACLE LA REVANCHE Souper-spectacle à partir de 6495 $ Spectacle seulement 3850 $ taxes incluses taxes incluses 3229308A Jean-Louis Roux Louis-Olivier Mauffette Myriam Poirier Jean-Bernard Hébert Sylvain Dubois Sylvio Archambault Marjorie Vaillancourt David Fontaine Mélissa Dion des Landes Maxime Allard Photographe : Pierre Desjardins R SERVATIONS: (450) 584-4446 ou 1 (866) 774-4446 ¥ Forfaits groupe et forfaits souper-théâtre disponibles en collaboration avec le au Bateau-Théâtre L'Escale à Saint-Marc-sur-Richelieu 555, boul.Richelieu - Aut.20 Est- Sortie 112 (Beloeil-Saint-Marc-sur-Richelieu) Les Productions Jean-Bernard Hébert Inc.en collaboration avec la Corporation financière Brome Inc.LLA BBOUTTIIQUEE AU CCOIIN DEE LLA RRUEE une comédie de Miklos Laszlo adaptation Evelyne Fallot et Jean-Jacques Zilbermann ENFIN DE RETOUR ! Du 17 juin au 4 septembre Le charme op re tout au long de ce conte aussi optimiste que nostalgique D.Cantin Le Devoir Une distribution extraordinaire pour un spectacle d une l gance tout fait r jouissante M.Vallerand Radio-Canada Cette histoire glisse en nous avec la fra cheur d un Muscadet parce qu elle est bien racont e J.St-Hilaire Le Soleil Le bonheur est dans la Boutique J.Beaunoyer La Presse 3231264A . ARTS ET SPECTACLES Le candidat chips au ketchup MARC CASSIVI BILLET mcassivi@lapresse.ca On sait l'admiration des intellectuels, français en particulier, pour le cinéma américain à contrecourant de Hollywood.Le cinéma des David Lynch, Jim Jarmusch, Gus Van Sant, Todd Solondz, Terry Zwigoff, Amos Kollek, Larry Clark.On pourrait appeler ça « le syndrome Woody Allen ».Pour bien des cinéphiles français, Woody \u2014 ce Charlot des temps modernes\u2014 reste un demi-dieu, même si plusieurs le considèrent comme une relique aux États- Unis.Il en est de même, à plus petite échelle, pour tous ces cinéastes indépendants célébrés à l'étranger mais méconnus du grand public américain.Le phénomène se mesure chaque année, de façon éloquente, à Cannes.Combien aux États-Unis ont vu Elephant, le film qui a valu la Palme d'or à Gus Van Sant l'an dernier ?À l'extérieur des grands centres, le box-office de ce faux documentaire qui s'inspire des événements de Columbine s'apparente aux recettes de Pinpon, le film au Québec.Aussi bien dire qu'il est inexistant.Il serait tentant de faire le parallèle entre Van Sant et Michael Moore, acclamé comme un héros cette semaine sur la Croisette.Tous les deux tournent plus ou moins le dos à Hollywood et n'en font qu'à leur tête (Gerry, l'un des plus récents films de Gus Van Sant, compte à peine des dialogues).L'admiration des cinéphiles pour ces cinéastes d'exception n'en est que plus grande.Or, contrairement à Van Sant et tant d'autres, Michael Moore n'est pas victime du « syndrome de Woody ».C'est un prophète en son propre pays, aussi populaire chez lui qu'à l'étranger.Ses livres sont des best-sellers, ses films attendus comme la pluie dans les prairies du Midwest, ses fans plus nombreux que ceux de bien des acteurs de Hollywood.Bowling for Columbine, récompensé autant aux Oscars qu'à Cannes et aux Césars l'an dernier, a battu tous les records au box-office pour un long métrage documentaire.Moore semble pourtant une cible facile pour certains chroniqueurs de droite qui, ici comme ailleurs, aimeraient que l'on perçoive ce trouble-fête comme un fou du roi inoffensif, chouchou d'une certaine gauche, envoyé à Cannes pour amuser quelques riches locaux et célébrités du monde du showbiz.C'est mal connaître l'influence de cette anti-star bedonnante (ainsi que le Festival de Cannes, qui s'adresse pour l'essentiel à des journalistes, ni riches ni célèbres).La vérité, c'est que Michael Moore n'est plus un artiste marginal, au sens strict du terme.Bien des missiles Scud sont tombés depuis qu'il a connu, à 35 ans, son premier succès d'estime avec Roger and Me, un documentaire sur les déboires de l'usine GM de sa ville natale du Michigan.C'était en 1989.Aujourd'hui, Moore, qui n'a pratiquement pas changé physiquement \u2014 même silhouette bourrue, même t-shirt extra-grand, même jeans, même casquette de baseball \u2014, est devenu une icône de la gauche populiste.Le fer de lance d'une révolte contre un gouvernement de moins en moins populaire.Un working-class hero sans diplôme universitaire, qui rallie autant la gauche caviar de New York que la gauche chips au ketchup de l'Idaho.Un justicier sans masque qui dérange l'establishment, de droite aussi bien que de gauche.Pourquoi ?Parce que Michael Moore se réclame, à juste titre, du peuple américain.C'est un Américain fier de l'être qui se bat pour les valeurs américaines.Un peu plus et on croirait qu'il est républicain.Là se trouve toute la force de son discours.Un discours manichéen au possible, complètement assumé et teinté d'un humour irrésistible.Un discours qui, surtout, ne semble pas adapté, mais naturellement destiné à monsieur et madame Tout-le-Monde, c'est-àdire à une majorité d'Américains pas du tout imbécile et qui sait faire la part des choses.C'est à cette majorité que Moore s'adresse lorsqu'il implore, sur son site Internet, Oprah Winfrey de se lancer dans la course à la présidence des États-Unis.« Vous avez de bonnes valeurs, lui dit-il.Les gens vous aiment et vous font confiance.Il est temps qu'une femme, noire, déterminée, dirige ce pays.» C'est à cette même majorité qu'il présente, toujours sur son site Web, des lettres touchantes de soldats américains en poste en Irak, de leurs familles et amis.À tous ces gens encore qu'il propose de verser l'équivalent des exemptions fiscales auxquelles il a droit au candidat démocrate de leur choix.Évidemment, comme tout polémiste qui se respecte, Michael Moore pèche souvent par des excès de tous genres.L'image idyllique qu'il donnait des Canadiens dans Bowling for Columbine était loin de correspondre à la réalité.Le trublion tourne parfois les coins ronds.Et on n'a pas de difficulté à croire qu'il en beurre parfois épais dans son nouveau documentaire- choc, Fahrenheit 9/11, qui taille le gouvernement américain en pièces.Si on peut parfois lui reprocher sa mauvaise foi envers George W.Bush, on ne peut mettre en doute sa bonne volonté.Michael Moore parle aux gens d'égal à égal.C'est pour cette raison qu'à six mois des élections présidentielles, bien plus que John Kerry, c'est lui qui s'impose tout bonnement comme le redresseur de torts, l'homme de la situation, le candidat du peuple.Un candidat chips au ketchup bougrement efficace.Michael Moore se réclame, à juste titre, du peuple américain.C'est un Américain fier de l'être qui se bat pour les valeurs américaines.Un peu plus et on croirait qu'il est républicain.Là se trouve toute la force de son discours.PHOTO BORIS HORVAT, AFP Contrairement à Van Sant et tant d'autres, Michael Moore n'est pas victime du « syndrome de Woody ».C'est un prophète en son propre pays, aussi populaire chez lui qu'à l'étranger.SPECTACLES DANSE THÉÂTRE MAISONNEUVE DE LA PLACE DES ARTS Épisodes, de Geoge Balanchine, Polyphonia, de Christopher Wheeldon, et Prism, de Helgi Tomasson.Présentation des Grands Ballets Canadiens de Montréal: 20h.TANGENTE (840, Cherrier) Intima, de David Flewelling, Nouvelle Création, de Nikolas Dixon, Bridge of Fools, de Jeremy Nelson, et There is no such Thing, de Luis Lara Malvacias: 20h30.MUSIQUE THÉÂTRE DE LA VILLE (Longueuil) La Grande Duchesse de Gérolstein (Offenbach).Production: Théâtre lyrique de la Montérégie: 20h.OLD BRICK CHURCH (Brome- Ouest) Quatuor à cordes Alcan, Jacinthe Couture, pianiste.Quatuor op.71 no 1 (Haydn), Quatuor op.96 (Dvorak), Quintette op.1 (Dohnanyi): 20h.THÉÂTRE DU VIEUXTERREBONNE (867, Saint-Pierre, Terrebonne) Angèle Dubeau, violoniste, et La Pietà: 20h30.VARIÉTÉS THÉÂTRE SAINT-DENIS Gary Kurtz: 17h et 20h.SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) Richard Desjardins: 20h.CABARET DU CASINO DE MONTRÉAL Viva Casino: 21h.VIEUX CLOCHER DE MAGOG (64, Merry N., Magog) Josée Boudreault: 20h30.VIEUX CLOCHER DE SHERBROOKE (1590, Galt O., Sherbrooke) Pierre Prince: 20h30.PRÉSENTÉE PAR LA FAUSSE SUIVANTEDE MARIVAUX MISE EN SCÈNE DE CLAUDE POISSANT LE PROCÈS DE FRANZ KAFKA ADAPTATION THÉÂTRALE DE SERGE LAMOTHE D'APRÈS LA TRADUCTION DE AXEL NESME MISE EN SCÈNE DE FRANÇOIS GIRARD LA SAVETIÈRE PRODIGIEUSEDE FEDERICO GARCÍA LORCA TRADUCTION DE ANDRÉ BELAMICH MISE EN SCÈNE DE MARTINE BEAULNE EN COLLABORATION AVEC LE THÉÂTRE DE L'OEIL LA TEMPÊTEDE WILLIAM SHAKESPEARE TRADUCTION ET ADAPTATION DE NORMAND CHAURETTE UN SPECTACLE CONÇU PAR MICHEL LEMIEUX, VICTOR PILON ET DENISE GUILBAULT EN COPRODUCTION AVEC 4D ART UNE ADORATIONDE NANCY HUSTON ADAPTATION THÉÂTRALE ET MISE EN SCÈNE DE LORRAINE PINTAL LES TROIS SOEURSDE ANTON TCHEKHOV TRADUCTION DE ANNE-CATHERINE LEBEAU EN COLLABORATION AVEC AMÉLIE BRAULT MISE EN SCÈNE DE WAJDI MOUAWAD PRODUCTION DU THÉÂTRE DU TRIDENT POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, VEUILLEZ CONSULTER NOTRE MAGAZINE D'ABONNEMENT OU VISITER NOTRE SITE WWW.TNM.QC.CA 3220758A Tous les jeudis dans QU'EST-CE QU'ON FAIT ? APRÈS LES GRANDS SUCCÈS DES PARAPLUIES DE CHERBOURG ET DE L'HOMME DE LA MANCHA, LES PRODUCTIONS LIBRETTO PRÉSENTENT MAUDE GUÉRIN DANS Patrimoine canadien Canadian Heritage MISE EN SCÈNE DE RENÉ RICHARD CYR ASSISTÉ DE LOU ARTEAU AVEC BENOÎT MCGINNIS, ÉRIC PAULHUS ET GENEVIÈVE ALARIE, PASCALE MONTREUIL, SYLVAIN SCOTT, ÉLOI ARCHAMBAUDOIN, RENAUD LACELLE-BOURDON, CATHERINE VIDAL, MARTIN FORTIER, JEAN LACHANCE THÉÂTRE MUSICAL DE WILLY RUSSELL TRADUCTION DE MARYSE WARDA ET RENÉ RICHARD CYR DIRECTION MUSICALE ET ARRANGEMENTS MUSICAUX : BENOÎT SARRASIN SCÉNOGRAPHIE : RÉAL BENOÎT COSTUMES : FRANÇOIS ST-AUBIN ÉCLAIRAGES : ÉTIENNE BOUCHER ACCESSOIRES : NORMAND BLAIS SONORISATION : SYLVAIN GINGRAS PRODUCTION : CHARLES F.JORON BILLETS : 1 (450) 759-6202 514-BILLETS1-800-361-4595 FORFAITS SOUPER-SPECTACLE DISPONIBLES WWW.CCULTJOLIETTE.QC.CA COMPLET DU 14 AU 18 JUIN DU 14 JUIN AU 14 AOÛT À LASALLE ROLLAND-BRUNELLE DE JOLIETTE 3229733A pprréésseennttee llaa nnoouuvveellllee ccrrééaattiioonn dduu Écrit et mis en scène par DANIELE FINZI PASCA SUPPLÉMENTAIRES DU 2 AU 5 JUIN 1248 av.Bernard Ouest (514)495-9944 MÉTRO OUTREMONT RENSEIGNEMENT / BILLETS : TÉLÉPHONE : (514) 908-9090 INTERNET : WWW.TICKETPRO.CA Photo : Solomon Krueger / Graphisme : Éric Beauséjour POUR CHAQUE BILLET VENDU LORS DES REPRÉSENTATIONSÀ MONTRÉAL, 1 $ SERA VERSÉ À LA FONDATION LE PHARE, ENFANTS ET FAMILLES.TA RIF RÉDUIT POUR ENFANTS ! «Unhymne àlavie, un véritable appel au bonheur !» -TVA «[.] c'est leur meilleur spectacle jusqu'à maintenant.» -CBF «Une pluie qui inonde le coeur de bonheur ![.] » - Radio-Canada «Une soirée magique [.] » - TQS 3231309A 10 AU 21 NOVEMBRE 2004 Représentations à 20 h du mardi au samedi / Matinée les samedis et dimanches à 14 h (relâche le lundi) Théâtre Maisonneuve, Place des Arts www.t i c k e t p r o .c a ( 51 4 ) 9 0 8 - 9 090 « Une vraie machine à bonheur ! » - Le Figaro « Frais, charmant et euphorisant [.] d'une ef+cacité enthousiasmante : son rythme est soutenu, les voix sont belles, les costumes sont superbes.» - Le Parisien « [.] délicieux spectacle que nous propose l'Opéra Royal de Wallonie : un véritable feu d'arti+ce sonore et visuel » - Le Soir « Tout est admirablement réussi dans ce spectacle [.].À voir et à revoir ! » - Père Ubu 13 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT ! Plus de 30 artistes sur scène accompagnés par un orchestre de 18 musiciens ! Singin' in the Rain L'Opéra Royal de Wallonie, Centre lyrique de la Communauté française de Belgique, présente Gagnant du Molière du Meilleur spectacle musical -2001 Chorégraphie originale de Gene Kelly et Stanley Donen Scénario et adaptation de Betty Comden et Adolphe Green Chansons de Nacio Herb Brown et Arthur Freed Basé sur le +lm SINGIN' IN THE RAIN produit par les studios MGM Chansons en anglais Adaptation française et mise en scène :Jean-Louis Grinda Chorégraphie :Barry Collins; direction musicale :Didier Benetti Décors et costumes :Michel Fresnay; lumières :Jacques Chatelet Production originale à Broadway de Maurice Rosen+eld, Lois F.Rosen+eld et Cindy Pritzker, Inc.Musique éditée par EMI Music Publishing.Achetez vos billets maintenant ! POUR LA PREMIÈRE FOIS EN FRANÇAIS EN AMÉRIQUE DU NORD !BILLETS EN VENTE MAINTENANT ! 3231104A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE Quand le thriller devient politique ANNE-MARIE CLOUTIER COLLABORATION SPÉCIALE Mais où donc est passé Yvan Bienvenue, dramaturge, poète, conteur, metteur en scène, cofondateur et éditeur de Dramaturges Éditeurs, cofondateur et directeur artistique du Théâtre Urbi et Orbi, créateur du concept des Contes urbains, et, plus récemment, cofondateur et codirecteur artistique de LOGOS, une compagnie spécialisée en littérature orale?Angoisse de la journaliste.Le temps passant, il faut se rendre à l'évidence : cet homme sirotant calmement son café, barbu comme le capitaine Haddock et chevelu comme une vahiné, c'est lui.Absolument méconnaissable.« J'ai été très occupé, je n'ai pas eu le temps de penser à tout ça.Mais j'aurai mon look habituel à la première ! » Parmi ses nombreuses tâches, l'auteur, qui n'avait pas écrit de pièce depuis cinq ans, incluait celle, nouvelle, de se mettre en scène.« Je fais les choses par nécessité.À six semaines du spectacle, j'aurais perdu un temps fou si je m'étais mis à chercher quelqu'un.» Expérience fructueuse ?« J'étais quand même initié, j'ai fait beaucoup de direction d'acteurs.Dans l'ensemble, les acteurs sont plutôt étonnés des libertés que j'ai prises avec mon texte.» Bill 101 mijote depuis plusieurs années dans la tête d'Yvan Bienvenue.Elle était déjà avancée un peu avant la tenue des états généraux du français tenus par le Parti québécois (en 2001).« J'avais renoncé au projet, à l'époque, parce que j'avais peur que le texte ne perde de son actualité.Mais comme les états généraux n'ont rien changé.» Au départ, l'homme de convictions voulait donner à sa pièce un ton lyrique, poétique, et souhaitait qu'elle dure au moins deux heures.Au fil des versions, la poésie est tombée.« Et comme je ne voulais surtout pas qu'elle devienne didactique, j'en ai fait un thriller policier où prime l'action.Qui dure une heure à peine.» Comment ne pas basculer dans la pièce à thèse, quand on aborde des thèmes tels que la justice sociale, l'immigration, l'identité québécoise, la culture ?« C'est par la réaction des personnages à certaines situations que mes idées se dégagent.Aussi, j'ai intégré 16 minutes d'une entrevue que fait mon personnages principal, un documentariste.avec moi! Je veux simplement amener les gens à réfléchir sur ces questions, à en discuter.Le sujet de la pièce, la loi sur la langue d'affichage, est-il entièrement contenu dans son titre ?« C'est l'élément déclencheur.Je suis un démocrate.Je n'ai jamais compris qu'on interdise ce qui n'est pas un crime.Cela dit, je parle d'injustice nécessaire, dans la pièce.Le bill 101 était un passage obligé si on voulait assurer la survie du français.Il reste qu'un anglophone qui affiche dans sa langue n'est pas un criminel.» C'est ce que fait William English, Bill pour les intimes, ébéniste, unilingue anglophone, dans Bill 101.Il se fait repérer par François, membre fanatique de la PLF (pour Police de la langue française), qui emmène Bill de force à son bureau, où il lui fera subir un interrogatoire.S'en mêlent entre autres Philippe, le protagoniste de la pièce, un documentariste qui exprime au plus près les idées de l'auteur, et Hortense, directrice du REF (le Regroupement des eugénistes francophiles), avec qui Philippe aura quelques solides échanges.Tel est le point de départ du thriller (interprété par Martin Desgagné, Renée Cossette, André Ouellette, Jacques L'Heureux et Paul Stewart).Les malentendus se multiplient \u2014 et pour cause: les unilingues anglophone et francophones ne se comprennent pas \u2014, la situation s'envenime, jusqu'à « l'explosion finale ».« Tout va très, très vite, dans cette pièce, il y a beaucoup d'action.De l'humour aussi.» Le dénouement prend cependant une tournure plus dramatique.Ce n'est pas innocent.« Il faut être vigilant, par rapport au clivage actuel entre francophones et anglophones.Des dérapages, il y en a eu.Mes amis purs et durs me disent : « Ce sont des exceptions.Peut-être, mais quand on place des bombes incendiaires dans des restaurants à raison sociale anglaise comme les Second Cup, quand on peint des slogans du genre Canadians go home sur les murs de l'hôtel de ville de Baied'Urfé, cela devient des exceptions sur lesquelles il faut se pencher.Tant qu'à faire, éliminons tous ceux avec qui on n'est pas d'accord ! Est-ce qu'on peut bâtir un pays comme ça ?« Par ailleurs, on a souvent tendance à faire l'amalgame entre démocratie et justice.Un pays démocratique peut être injuste, d'un point de vue philosophique.La majorité, c'est au plus fort la poche ! Cinquante plus un, ça veut dire 50 moins un de gens pas contents.D'ailleurs, la vraie démocratie n'existe pas.Le peuple ne décide rien.Nous sommes dans une démocratie représentative, où ce sont les élus qui décident et qui agissent en gardiens de l'équité.Et si on ne peut pas réfléchir là-dessus, s'interroger, alors on n'est plus en démocratie, mais en plein totalitarisme ! » .BILL 101, d'Yvan Bienvenue, prend l'affiche d'Espace libre du 25mai au 19 juin.«Le bill 101 était un passage obligé si on voulait assurer la survie du français.Il reste qu'un anglophone qui affiche dans sa langue n'est pas un criminel.» La COMÉDIE De ROBIN HAWDON MISE EN SCÈNE : VINCENT BILODEAU ADAPTATION : MICHEL FORGET DÈS LE 4 JUIN 2004 FORFAIT SOUPER THÉÂTRE SUR PLACE THÉÂTRE SAINT-SAUVEUR Sortie 60 Aut.15 Nord www.theatrestsauveur.com RÉSERVEZ TÔT ! RÉSERVATIONS : 450.227.8466 514.990.4343 France Parent, Luc Guérin Catherine Sénart, Alain Zouvi Andrée Cousineau, Isabelle Lemme d i s p o n ib l e La COMÉDIE De DAVID TRISTAM MISE EN SCÈNE : YVON BILODEAU ADAPTATION : MICHEL FORGET DÈS LE 4 JUIN 2004 FORFAIT SOUPER THÉÂTRE SUR PLACE THÉÂTRE SAINTE-ADÈLE Sortie 67 Aut.15 Nord www.theatrestadele.com RÉSERVEZ TÔT ! RÉSERVATIONS : 450.227.1389 514.990.7272 Michel Forget, Sylvie Boucher Valérie Valois, René Gagnon Pierre Collin, Nico Gagnon Délicate Balance d'Edward Albee mise en scène de Daniel Roussel Les bonbons qui sauvent la vie une création de Serge Boucher mise en scène de René Richard Cyr Des Hommes en habits de Jason Milligan mise en scène de Denis Bernard Billy l'éclopé de Martin Mc Donagh mise en scène de Monique Duceppe Appelez-moi Stéphane de Claude Meunier et Louis Saia mise en scène de Denis Bouchard Présenté en collaboration avec www.du ceppe.com 8 4 2 - 8 1 9 4 Abonnez-vous 2004 - 2005 3224722A ARTS ET SPECTACLES SIMON GAUTHIER ANNE-MARIE CLOUTIER COLLABORATION SPÉCIALE Physiquement, il pourrait être un cousin un peu enveloppé de Tintin.Quand il parle, on pense à un Capitaine Bonhomme qui aurait eu Gilles Vigneault dans sa classe.Avec ça, chaleureux comme un coup de soleil.Tapageur comme à 5 ans.Et bavard comme une volière de pies.Simon Gauthier, Simon-du-fleuve pour les intimes, est un conteur plus grand que nature.Tous les dimanches de mai, il envahit \u2014et conquiert\u2014 la petite salle du Sergent recruteur.Âge moyen : le soir où j'y étais, entre 20 et 30 ans.Les deux premières semaines, il y a présenté Corne de brume, une série de contes racontant son Sept-Îles natal, le vent de la Côte-Nord, les bateaux et les frégates, les baleines et les harponneurs, la lutte à finir entre l'amiral Walker, dont « le diable était jaloux parce qu'il avait trois cornes » et le capitaine Jean Paradis.À partir de demain, Simon pète les plombs.Changement de cap, cette fois le voyage est temporel, des années 60 à 2003.On y évoque Neil Armstrong, le frère André et la famille Bezeau, en particulier Jean, personnage réel et légendaire de Sept-Îles, « un genre de prêteur sur gages.Il a tellement marqué la région qu'on dit encore : « Fais pas ton Jean Bezeau ! » dans certaines situations ».Isidore Bezeau, son fils (et heureux père de 25 enfants), sera aussi de la partie.Tout comme plusieurs femmes, dont une enceinte.« Oui, je vais accoucher sur scène », dit-il, presque étonné de son audace.Son étonnement ne fera qu'un temps.Parce qu'une fois en spectacle, le conteur, qui ne donne déjà pas sa place en entrevue, prend la salle d'assaut et la rive à son récit.Ce qui serait considéré chez un comédien comme du cabotinage s'avère ici un atout.Il ne parle pas, il projette des mots en cascade, d'une voix qui s'enfle avec le courant du fleuve, ou chante avec les sirènes.Il a le ton et le rire sardonique de Belzébuth et celui, aérien de l'ange Gabriel, quand celui-ci laisse tomber d'un panier des îles sur le fleuve.Accompagné par la violoniste Karina Laliberté, qui pressent son moindre souffle et ponctue ses récits d'une palette de sons lumineuse (elle chante aussi), Simon Gauthier, en équilibre sur une patte, grimaçant, en proie à des fous rires et des trous de mémoire qu'il réussit toujours à rattraper, claironnant des chansons à répondre en s'accompagnant à la guitare, nous tient captifs.Et nous fait chanter à tue-tête.« Le conte, c'est une porte qu'on ouvre et qui mène à un autre monde.» Pourtant, rien ne prédisposait le Sept-Îlien de 22 ans à ouvrir cette porte.Nous sommes à la fin des années 90.Étudiant à Montréal en animation culturelle à l'UQAM, il se fait inviter à un spectacle de Michel Faubert.« J'ai dit, voyons donc, un conteur ! J'y allais à reculons.Moi, j'aimais Pink Floyd.Mais j'ai passé la plus belle soirée de ma vie.En sortant, j'avais encore la magie qui me tombait en grenailles tout le long du corps.Je savais que c'était ce que je voulais faire.» Et tant qu'à se décider, il n'y est pas allé à moitié.Il s'est monté un petit répertoire, puis a convaincu la Côte-Nord, un village après l'autre, de l'écouter.« Je leur disais, je suis booké à Natashquan dans trois jours \u2014ce qui était vrai \u2014, mais donnezmoi 15 minutes et si vous aimez ce que je vais vous raconter, je reviens chez vous, après Natashquan.» Ils sont tous gagnés.Simon Gauthier devient une célébrité dans son coin de pays.En 2002, on le nomme auteur nord-côtier de l'année.Plus fort encore, il a procédé de la même façon en France, pendant deux ans.« J'ai plus tourné là-bas qu'ici.J'entrais dans les bars, je leur disais : je suis un conteur.Donnezmoi 15 minutes.» Il se gagne là aussi un public et participe à des festivals.Mais derrière cet incroyable bagout, se cachent beaucoup de travail et une part importante de recherche.« Il y a des gens à l'Îleaux- Coudres qui pensent que je suis un méchant disjoncté, parce qu'ils me voient « jongler » d'abord mes idées à haute voix, en marchant.» Il les met ensuite en mots, environ quatre versions avant la définitive (qui sera remaniée pendant plusieurs mois, selon la réaction du public).Parallèlement, il interroge des vieux de la région, consulte des encyclopédies.Pour faire des pieds de nez à l'Histoire, encore faut-il la connaître.D'ailleurs, même pour le fameux accouchement de Simon pète les plombs, il a assailli de questions des sages-femmes, sa mère et toutes celles qui voulaient lui répondre.« Je voulais savoir comment une femme enceinte se sent.» Et pour tout ce qui concerne la structure de ce spectacle, il s'est inspiré de contes soufis (le soufisme étant une branche de l'islam).S'il n'exclut pas, un jour, d'écrire des contes urbains, « la rue Sainte- Catherine, c'est riche », Simon Gauthier peut continuer encore longtemps à parler du fleuve et de ses richesses.Le public l'écoute avec enthousiasme.« On a tellement d'images imposées, de nos jours, ça fait du bien de voyager dans sa tête.De s'émerveiller.» À la fin du spectacle, le présentateur du Sergent Recruteur demandait aux gens de revenir le dimanche suivant avec « des tam-tam et des percus, pour le show de Simon.Ça va être le party ! » Vrai comme chu là ! .SIMON PÈTE LES PLOMBS.Texte et interprétation : Simon Gauthier.Accompagnement musical : Karina Laliberté.Àl'affiche du Sergent Recruteur, les dimanches 23 et 30mai.Contes du Haut-du-Fleuve 3230969A 3 au 13 juin 2004 École nationale de cirque dans la Cité des arts du cirque 8181, 2e Avenue (coin Jarry) Montréal Métro Iberville / Stationnement disponible www.enc.qc.ca Mise en scène JULIE LACHANCE, RÉNALD LAURIN, HOWARD RICHARD Éclairages BRUNO RAFIE Costumes MIREILLE VACHON Scénographie PIERRE LABONTÉ 3 au 12 juin à 19h30 / samedi et dimanche à 14h00 Billets en vente à 22 $ (Taxes incluses) 12 ans et moins à moitié prix Tarif de groupe à 18 $ : (514) 982-0859 3231007A MARIO JEAN PRÉSENTE 8 AU 11 SEPTEMBRE Théâtre St-Denis 790-1111 www.tel-spec.com SAINT- SAUVEUR 2 5 JUIN AU 4 SEPTEMBRE CHAPITEAU SAINT- SAUVEUR 450 - 227- 0 4 33 WWW.ADMISSION.COM WWW.CHAPITEAUX.CA KURTZ 21 AU 25 SEPTEMBRE AUSSI DISPONIBLE DU 22 AU 26 MAI Théâtre St-Denis 790-1111 WWW.TEL-SPEC.COM SAINT-SAUVEUR 18, 19, 25 ET 26 JUILLET 2004 450.227.0433 BROMONT 1ER ET 8 AOÛT 2004 450.534.0433 WWW.CHAPITEAUX.CA WWW.ADMISSION.COM www.riezencore.com www.riezencore.com www.riezencore.com 3229378A www.du ceppe.com CHARBONNEAU ET LE CHEF de John Thomas Mc Donough adaptation de PaulH bert et Pierre Morency mise en sc ne de Claude Maher Jean-Pierre Chartrand S bastien Delorme Antoine Durand Benoit Girard Michel Laperri re Raymond Legault Normand L vesque Sylvain Mass Guy Sprung Yvan Benoit Sylvain G.Bissonnette Jeff Boudreault ric Cabana Gaston Caron Gilles Cazabon Martin Dion Pierre Gendron Vincent Giroux Denis Houle Fr d ric Paquet Philippe Provencher Andr Richard Jean-L on Rondeau Daniel Roy Francis Vachon D cor Michel Demers Costumes Anne Duceppe clairages Guy Simard Vid o Yves Labelle Musique Michel Smith Michel Dumont Marcel Sabourin Présenté en collaboration avec Dernières chances! SUPPLÉMENTAIRES 25 28 29 MAI « \u2026demeure une oeuvre troublante 30 ans après sa création.» Le Journal de Montréal « \u2026une équipe convaincue qui réussit aisément à maintenir l'intérêt de l'auditoire jusqu'à la dernière minute.» Le Devoir « À voir, à voir, et à revoir\u2026 Michel Dumont rejoue encore Charbonneau avec autorité, grandiloquence.» Samedi et rien d'autre, Première Chaîne « Michel Dumont toujours plus grand que nature\u2026 formidable présence de Marcel Sabourin.Le plongeon dans ce pan de notre histoire est fascinant et mérite d'être vu\u2026 » Aujourd'hui, SRC « Pour ce duo-duel entre Dumont et Sabourin et aussi pour la joute entre l'Église et l'État c'est un spectacle qu'il faut voir\u2026 » Aux arts, etc, Chaîne culturelle 3216967A LE MOINE NOIR texte Anton Tchekhov traduction André Markowicz et Françoise Morvan musique originale Denis Gougeon adaptation, mise en scène et scénographie Denis Marleau Une coproduction du Théâtre français du Centre national des Arts du Canada, du manège.mons/centre dramatique (Belgique), du Festival Borderline, dans le cadre de Lille 2004 Capitale européenne de la Culture, et d'UBU, compagnie de création (Montréal).avec Anne-Pascale Clairembourg, Sébastien Dutrieux, Louise Naubert, Gilles Pelletier André Markowicz voix du narrateur, Charles-Étienne Marchand violoniste, Marie-Danielle Parent chanteuse concepteurs Stéphanie Jasmin, Daniel Fortin, Stéphane Jolicoeur, Nancy Tobin, Pierre Laniel, Yves Labelle, Angelo Barsetti 26/05 /04 2 9 /05 /04 20h B illette r ie : (514) 8 7 1-2224 DU AU Q u a tre s oirs s e u lement Design : Stéphane Huot Photo : Norbert Ghisoland 3223363A L'ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN DU GRAND MONTRÉAL SOUS LA DIRECTION DE EUGENE KOHN BILLETS À PARTIR DE 50 $ :: ODM 514.985.2258 :: PDA 514.842.2112 LE TÉNOR I TALIEN QUE LE NEW YORK TIMES COMPARE À PAVAR O T T I ET DOMINGO, POUR LA PREMIÈRE F O I S À MONTRÉAL 3201653A 14+.(-, )/3' &' +-,20\"$ ' $ & ( & % # ) ) ' $ HHH$ F G E $ C B $ 5- /0>@4(60 70 147 /0
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