La presse, 29 février 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" À lire, demain dans FILL15A CAHIER L'AUTO MATCH DU MOIS HYUNDAI ELANTRA GT CONTRE MAZDA 3 lusieurs observateurs, y compris des membres de l'Académie, s'interrogent sur le bien-fondé du mode de fonctionnement de la catégorie du meilleur film en langue étrangère (voir autre texte).L'abcès, qui gonfle d'année en année, risque de crever bientôt.La sélection du film brésilien Cidade de Deus dans quatre catégories (dont celle de la meilleure réalisation) forcera peut-être en effet la direction de l'Académie à se pencher sur cet épineux dossier.Bien sûr, il ne s'agit pas de la première fois qu'un film tournédansune autrelanguequel'anglais obtient des nominations dans les catégories de pointe (Tigre et dragon d'Ang Lee avait obtenu 10 nominations il y a trois ans), mais l'Académie fait face, cette année, à une situation particulière.Il faut en effet savoir que l'excellent film de Fernando Meirelles avait déjà été soumis l'an dernier par le Brésil au comité de sélection chargé de choisir les cinqfinalistes pour l'Oscar dumeilleur film en langue étrangère.Or, Cidade de Deus, un film-choc de facture très moderne, n'avait alors pas été retenu.Distribué par la société Miramax, City of God a pris l'affiche sur tout le territoire nord-américain en février 2003, devenant ainsi éligible à la présente course.Les membres de l'académie de toutes branches, estimant que le film faisait partie des meilleurs de l'année (toutes origines confondues), l'ont sélectionné à quatre reprises.Autrement dit, les académiciens «actifs» auraient voulu donner une gifle aux retraités faisant partie des comités de sélections pour le film en langue étrangère qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement.Une chose est sûre: vieille garde ou pas, la présence des Invasions barbares parmi les cinq finalistes fait pratiquement l'unanimité.On ne peut toutefois en dire autant des autres candidats.Allons quand même voir de plus près les caractéristiques des films qui livreront ce soir la lutte à Denys Arcand.Une simple observation: toutes ces productions se tournent vers le passé.Deux de celles-là ont pour cadre la Deuxième Guerre mondiale.VERS UNE REFONTE ?76E SOIRÉEDES OSCARS | L'OSCAR DU MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE LES QUATRE CONCURRENTS DES INVASIONS BARBARES MARC-ANDRÉ LUSSIER mlussier@lapresse.ca TASOGARE SEIBEI (THE TWILIGHT SAMURAI) JAPON Réalisé par Yoji Yamada.Avec Hiroyuki Sanada, Rie Miyazawa, Mitsu Fukikoshi.Présenté en compétition officielle au Festival de Berlin en 2003, de même qu'au Festival des films du monde de Montréal (Hors concours).Déjà fort d'un succès public et critique dans son pays d'origine (11 prix au Japan Academy Awards !), voici probablement le plus sérieux rival des Invasions barbares.Àtravers les doutes d'un samouraï de classe inférieure qui reçoit un ordre qu'il préférerait ne pas exécuter, le vétéran cinéaste Yamada (il en est à son 77e film !) propose une vison de cet univers aussi émouvante qu'inédite.CHANCES: Excellentes.En plus d'être magnifique, ce film est réalisé par un vétéran cinéaste très respecté.DE TWEELING (TWIN SISTERS) PAYS-BAS Réalisé par Ben Sombogaart.Avec Thekla Reuten, Nadja Uhl, Jeroen Spitzenberger.Présenté au Nederlands Film Festival, le film reste inédit en Amérique du Nord.La société Miramax en a toutefois acquis les droits.Tiré d'un roman très populaire aux Pays-Bas, écrit par Tessa de Loo, ce film relate le parcours de deux soeurs jumelles qui ont été séparées dès l'enfance dans les années 20.La façon\u2014très différente \u2014 dont chacune a vécu la guerre rend difficile un rapprochement.Ben Sombogaart est inconnu sur la scène internationale.Sa feuille de route indique qu'il a beaucoup travaillé à la télévision et qu'il a réalisé plusieurs films destinés aux enfants.CHANCES: Si l'on se fie au sujet, on peut affirmer que les chances du candidat néerlandais sont très bonnes.ZELARY RÉPUBLIQUE TCHÈQUE Réalisé par Ondrej Trojan.Avec Anna Geislerova, Gyorgy Cserhalmi, Jan Hrusinsky.Le film fait ici son entrée sur la scène internationale.Adapté d'un roman de Jozova Hanule, lequel était inspiré d'une histoire vécue, Zelary a pour cadre la Deuxième Guerre mondiale.On y relate le parcours d'une jeune femme ayant fait partie de la résistance, qui, à cause des circonstances, se voit forcée d'emprunter l'identité de l'épouse d'un montagnard.Le film est réalisé par un cinéaste qui, au cours des dernières années, s'est plutôt fait remarquer dans le domaine de la production.CHANCES: Toujours le même refrain: le sujet, et le cadre dans lequel celui-ci est traité, risque de séduire les vétérans académiciens.ONDSKAN(EVIL) SUÈDE Réalisé par Mikael Hafström.Avec Andreas Wilson, Henrik Lundstrom, Gustaf Skarsgard.Présenté au Festival de Viareggio, consacré au cinéma européen, Evil y a obtenu le prix de la critique.Le film a aussi été présenté en novembre dernier au Festival de l'American Film Institute.Adapté d'un roman autobiographique de Jan Guillou, Evil relate le parcours, dans les années 50, d'un jeune homme, fragile sur le plan psychologique, qui doit fréquenter une institution scolaire privée.Le cinéaste Mikael Hafström reste, lui aussi, inconnu sur la scène internationale.Pour Evil, son deuxième long métrage, le cinéaste privilégie une approche classique qui s'inscrit dans la grande tradition du cinéma scandinave.CHANCES: Compte tenu du sujet et de l'époque dans laquelle le récit se déroule, on peut présumer une sympathie du côté des vétérans académiciens.VICTOR-LÉVY BEAULIEU LA RELÈVE LITTÉRAIRE PAGE 9 LAFERRIÈRE LA RÉSISTANCED'UN PEUPLE PAGE 5 ARTS ET SPECTACLES ET L'OSCAR EST DÉCERNÉ À.MARC-ANDRÉ LUSSIER mlus s i e r@l a p r e s s e .c a On parle souvent de l'Oscar du meilleur film étranger mais aussi parfois de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.Ya-t-il une distinction?L'appellation officielle de la catégorie est: «Film en langue étrangère ».Certaines publications françaises parlent parfois de l'Oscar du meilleur film non anglophone mais l'expression n'est jamais passée dans l'usage.Cela dit, seuls les films tournés dans une autre langue que l'anglais sont admissibles dans cette catégorie.Voilà pourquoi le Canada propose pratiquement toujours des films québécois francophones (il y a deux ans, Atanarjuat, un film canadien tourné en inuktitut, avait été soumis mais n'avait pas été retenu parmi les cinq finalistes).Contrairement à la plupart des académies de cinéma dans le monde, qui ne tiennent compte que du pays d'origine d'une oeuvre, l'Académie des arts et techniques du cinéma de Hollywood préfère plutôt prendre en considération la langue parlée dans les films.L'Australie et l'Angleterre, par exemple, des pays qui, en principe, produisent des films dans la langue de Shakespeare, ne participent pratiquement jamais à la course (certains films du Pays de Galle, tournés en gallois, portent quand même parfois la bannière du Royaume-Uni).Les films produits à l'extérieur des États-Unis, qu'ils proviennent du Canada, de Grande-Bretagne, de Nouvelle- Zélande ou d'ailleurs, peuvent toutefois très bien concourir dans toutes les autres catégories, à partir du moment où ils ont été distribués commercialement aux États-Unis.Avant Les Invasions barbares, quel était le dernier film canadien à avoirétéchoisiparmilescinqfilmsfinalistes?Jésus de Montréal de Denys Arcand en 1990.Et avant, Le déclin de l'empire américain du même Denys Arcand en 1987.Le Canada ne doit ses seules sélections qu'aux films de Denys Arcand.Quel est le pays qui a obtenu l'Oscar du meilleur film en langue étrangère le plus souvent?L'Italie, avec 10 films lauréats.La France suit de près avec neuf.32 films français ont en revanche été retenus parmi les finalistes, alors que les productions italiennes n'ont eu droit à cet honneur «que» 26 fois.Cette année, les deux chefs de file ont été exclus de la course.Bon Voyage, de Jean-Paul Rappeneau (l'entrée française), et Io non ho paura (I'm not Scared), de Gabriele Salvatores (l'entrée italienne) n'ont pas été sélectionnés.Comment les films sont-ils choisis dans cette catégorie ?Voilà une question complexe quimérite bien des explications, dans la mesure où les règles régissant la catégorie dumeilleur film en langue étrangère sont différentes des autres.Et très particulières.Commençons par dire qu'un pays, peu importe l'importance de sa cinématographie, ne peut soumettre qu'un seul film au comité de sélection de l'Académie.En 2003, 56 pays se sont présentés à la ligne de départ.Pour déterminer les cinq finalistes, l'Académie doit organiser des projections destinées à des membres bénévoles qui ont accepté de faire partie du comité de sélection.On estime (l'Académie ne veut pas dévoiler de statistiques) à environ 500 le nombre de volontaires mais on en perdrait plusieurs au cours du processus.Comme on comptait cette année un nombre recordde 56 films, la direction de l'Académie a décidé de former non pas deux (c'était l'usage jusqu'à maintenant) mais trois groupes comptant environ 160 membres chacun, dont la mission est de visionner 18 ou 19 films.Chaque académicien doit accorder à ces longs métrages une note sur une échelle allant jusqu'à 10.Les cinq films ayant amassé le plus de points, peu importe le groupe devant lequel ils furent projetés, sont retenus.On remet évidemment en cause ce système puisque la sélection des films présentés aux différents groupes ne relève que du plus pur hasard.Si, par exemple, un groupe tombe sur une sélection plus faible, les «meilleurs des moins bons» seront quand même bien notés.En revanche, si un groupe tombe sur une sélection très forte, des films méritoires seront forcément cotés à la baisse.Voilà comment on explique les nominations de films sortis de nulle part, qui ont probablement obtenu un haut score dans des sélections plus obscures, alors que des favoris comme, cette année, Good Bye Lenin!, Osama ou Le Retour, présentés, présume-t-on, dans un contingent très fort, mordent la poussière.On estime aussi qu'en raison de l'âge vénérable des académiciens bénévoles, les films dont les histoires tournent autour de grands pères, d'enfants, de la Deuxième Guerre mondiale ou de l'Holocauste jouissent d'un préjugé favorable.Une fois choisis, les finalistes de l'Oscar du meilleur film en langue étran-gère sont choisis, est-ce que tous lesmembres de l'Académie peuvent voter?Non.Contrairement aux catégories «régulières», lesmembres de l'Académie qui veulent exercer leur droit de vote dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère doivent faire la preuve qu'ils ont vu les cinq productions finalistes.Ils doivent ainsiobligatoirement serendre à des projections officielles organisées par l'Académie, ou à des projections leur étant expressément destinées, organisées celles-là par les producteurs du film.Il se trouve que certains, encore là, remettent en question une procédure qui peut donner lieu à des jeux de coulisses.Dans le journal Variety, on expliquaitmêmerécemment que les producteurs d'un film moins en vueont intérêt, dumoins en théorie, à organiser le moins de projections possibles.Le but serait de s'assurer ainsi laprésenceduplus grandnombre d'académiciens «sympathisants» lorsque le film est présenté, mais de rendre ensuite plus difficile l'accès à ceux qui auraient malencontreusement raté les rares séances.Ainsi ces derniers ne peuvent plus exercer leur droit de vote puisque que, n'ayant pas vu les cinq films en lice, ils ne répondent alors plus aux exigencesde lacatégorie.Tordu, vous dites?Mettez-en.Mais ça expliquerait les raisons pour lesquelles il y a eu tant de surprises au fil des ans.Est-ce vrai que les académiciens bénévolesqui fontpartieducomité de sélection sont de vieux grabataires complètement déconnectés des courants actuels ?L'image est un peu dure, mais il est clair que les académiciens plus actifs n'ont tout simplement pas le temps de se rendre aux projections de l'Académie et de visionner près d'une vingtaine de longs métrages en langue étrangère.N'oublions pas non plus que ces séances ont lieu pendant la période de pointe du cinéma américain.Comptez tous les films à voir (productions étrangères, productions hollywoodiennes et films indépendants américains) et vous comprendrez pourquoi seuls les académiciens ayant beaucoup de temps libre peuvent se permettre de se farcir un tel marathon.La sensibilité des ces gens, généralement plus âgés, colore forcément les choix \u2014 parfois curieux \u2014 des comités de sélections.Est-ce qu'un film en langue étrangère doit nécessairement avoir fait une carrière en salle aux États- Unis pour être admissible dans cette catégorie?Pas du tout.En revanche, un film doit obligatoirement avoir fait l'objet d'une présentation en salle pour concourir dans les catégories «régulières».C'est ce qui explique pourquoi le film brésilien Cidade de Deus, laissé pour contre l'an dernier pour l'Oscar du film en langue étrangère, a pu être sélectionné dans quatre catégories cette année.Le film a en effet pris l'affiche partout en Amérique du Nord (sous le titre City of God) en février 2003.Est-ce que Les Invasions barbares ade réelles chances de remporter l'Oscar du meilleur film en langue étrangère ce soir ?Oui.Dans la mesure où il s'agit duplus connudes cinq finalistes et qu'à peu près tous les chroniqueurs le placent favori.Cela dit, l'histoire nous a appris qu'il ne fallait jamais rien tenir pour acquis dans cette catégorie.\u2014Marc-André Lussier Brother Bear POUR Le seul avantage qu'a ce long métrage d'animation est d'avoir été produit par le géant Disney.CONTRE La carrière commerciale désastreuseet l'accueil critiqueglacial font dire à certains que Brother Bear sert carrément ici de bouche-trou.Finding Nemo POUR Le film, produit par les studios Pixar, a fait l'unanimité.Non seulement les critiques l'ont encensé, mais Finding Nemo a aussi obtenu un énorme succès commercial.À Hollywood, on aime les gros chiffres.CONTRE À moins qu'un scandale ne vienne éclabousser la vie privée du petit Nemo d'ici ce soir, on voit mal comment l'Oscar pourrait lui échapper.Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la catégorie du filmen langue étrangère.MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL LONG MÉTRAGE D'ANIMATION Les Invasions barbares POUR Depuis que le jury du Festival de Cannes l'a distingué pour, notamment, ses qualités d'écriture, le film de Denys Arcand figure au premier rang des productions internationales qui ont marqué l'année.De plus, l'auteur québécois peut s'appuyer sur la puissante machine de son distributeur américain, Miramax.L'Académieaaussi prouvé l'andernier, en consacrant l'Espagnol Almodovar pour le scénario de Parle avec elle, que les films tournés dansune autre langue que l'anglais n'étaient pas d'emblée exclus.CONTRE La compétition est très forte.Les membres de l'Académie voudront probablement récompenser un «oublié » à travers cette catégorie.Dirty Pretty Things POUR La qualité du scénario qu'a écrit Steven Knight pour le film de Stephen Frears est indéniable.Ce drame aborde de surcroît des thèmes graves (l'immigration, le trafic d'organes) qui ne laissent personne indifférent.CONTRE Dirty Pretty Things a reçu un bon accueil critique mais sa carrière n'a pas eu beaucoup d'éclat.Certains parlent même ici d'une nomination surprise.In America POUR En écrivant le scénario de son film avec ses deux filles adultes, Jim Sheridan a donné à l'histoire de cette famille d'immigrants irlandais qui s'installe à New York au début des années 80, des accents d'authenticité qui ne s'inventent pas.Les académiciens sont particulièrement sensibles aux qualités d'écriture du le scénario d'In America.CONTRE Un peu comme dans le cas des Invasions barbares, In America risque d'être délaissé au profit d'un film auquel on voudra donner une récompense d'une manière ou d'une autre.Lost in Translation POUR L'un des films les plus en vue et les plus aimés de la compétition.Même si, à notre humble avis, la réussite du film tient beaucoup plus à la réalisation qu'à l'écriture, Sofia Coppola, qui affronte Peter Jackson dans la catégorie de la réalisation, est ici en très bonne position.CONTRE Certains membres de l'Académie préféreront peut-être vraiment tenir compte de la catégorie et donner leur vote au scénario le plus méritant.Auquel cas la victoire de Sofia Coppola n'est plus aussi sûre.PRÉDICTION Bien sûr, nous nous réjouirons si jamais, contre toute attente, Denys Arcand était le lauréat dans cette catégorie.Ne nous berçons toutefois pas d'illusions, l'Oscar ira à Sofia Coppola.PRÉDICTION Les académiciens ne voudront pas passer à côté de Finding Nemo, une réussite éclatantemade in U.S.A.Les Triplettes de Belleville POUR L'originalité, l'invention, la qualité graphique etmusicale du film de Sylvain Chomet inscrivent Les Triplettes dans une classe à part.Qui n'est pas sorti de la projection avec un sourire accroché aux lèvres en fredonnant la chanson thème composée par Benoît Charest?CONTRE Le film est peut-être un peu trop flyé aux yeux de certains académiciens.Et puis, ces sucettes à la grenouille ne sont-elles pas dégoûtantes?Finding Nemo POUR L'histoire du petit Nemo a touché tout le monde.Le film fait l'unanimité et a connu une immense popularité.Finding Nemo a d'ailleurs longtemps trôné au sommet du boxoffice de l'année avant d'être délogé par The Return of the King, un rival qui, ça tombe bien, n'est pas inscrit dans cette catégorie.CONTRE Le petit poisson a des ailes mais il risque quand même de finir en sushi au Japon, perdu dans l'infidélité d'une certaine traduction. NATHALIE PETROWSKI Une balle de neige en enfer LOS ANGELES \u2014 Les Américains ont une expression qui décrit parfaitement leurs chances de gagner lorsque les dés sont pipés.C'est l'expression préférée de Denys Arcand.Il s'est fait un plaisir de la répéter hier matin à un admirateur qui était venu l'entendre au traditionnel symposium des films étrangers organisé chaque année depuis 22 ans par l'Académie.« Pensez-vous que vous allez gagner l'Oscar du meilleur scénario ?» demanda l'admirateur.Sa petite Mingxia dans les bras, Denys Arcand braqua sur lui un oeil dubitatif avant de lancer avec un air malicieux : « Disons que j'ai autant de chances de gagner qu'une balle de neige a des chances de survivre en enfer.» Denys Arcand parlait, je le rappelle, de l'Oscar du meilleur scénario.Pour celui du meilleur film étranger, c'est une autre paire de manches.À entendre les rires complices et les applaudissements chaleureux qui ont fusé dans la salle hier matin, lors de la présentation d'un extrait des Invasions barbares devant environ 800 membres du comité des films étrangers et leurs invités, on avait la nette impression qu'ils avaient tous voté pour lui.La réaction de la salle pour les quatre autres films \u2014 de la Suède (Evil), des Pays-Bas (Twin Sisters), du Japon (Twilight Samurai) et de la Tchécoslovaquie (Zelary) \u2014 fut chaleureuse aussi, mais davantage empreinte de politesse que d'enthousiasme.Même Marc Johnson, le modérateur de l'événement mais surtout le président du controversé comité, ne réussissait pas entièrement à cacher son parti pris pour Arcand et pour son film.À la fin de la séance, il a admis qu'il avait beaucoup, beaucoup aimé Les Invasions et qu'il brûlait d'en dire davantage mais que sa fonction, malheureusement, le lui interdisait.Rappelons que, pour l'instant, Les Invasions barbares est le seul film étranger en nomination présentement à l'affiche à Los Angeles et ailleurs aux États-Unis.Il partage avec le concurrent des Pays-Bas (Twin Sisters) le même distributeur, Miramax, à ceci près que le film des Pays-Bas n'est pas encore sorti.Et son grand rival demeure toujours le film tchèque Zelary, distribué par Sony Classics.Toutefois, si la taille d'une limousine est un signe, alors le réalisateur tchèque Ondrej Trojan semble avoir une longueur d'avance sur Arcand.La limousine noire qui l'attendait à la sortie du symposium faisait presque trois pâtés de maison.En revanche, les deux limos d'Arcand et de sa suite prenaient moins de place que trois Mini Cooper.Pourle reste, Denys Arcand n'a rien à envier à son concurrent tchèque.Connaissez-vous beaucoup de réalisateurs étrangers qui viennent à Hollywood avec une gardienne d'enfants qui, dans la vie civile, est présidente du Conseil du Trésor ?C'est pourtant le cas d'Arcand et de sa femme, Denise Robert.Les deux sont accompagnées par leur amie Monique Jérôme-Forget, qui s'est proposée comme gardienne pendant leur séjour au pays des stars.Mme Jérôme Forget n'est pas à Hollywood à titre officiel, seulement à titre d'amie du couple et de gardienne de Mingxia ce soir.Ce n'est pas tout.Vendredi soir, lors du cocktail de l'Académie donné en honneur des réalisateurs étrangers, chaque réalisateur était présenté par un parrain.Celui de Denys Arcand était nul autre que Tom Hanks, qui est venu dire publiquement tout le bien qu'il pense des Invasions barbares.Hanks, la seule vraie star du cocktail, a raconté devant l'auditoire médusé qu'il avait reçu une copie DVD du film, qu'il avait glissée distraitement dans le lecteur.Il est immédiatement tombé amoureux de ce qu'il considère ni plus ni moins comme un chef-d'oeuvre.« En plus, raconte Denise Robert, pas encore remise de ses émotions, c'est lui qui a insisté pour venir présenter le film.On n'aurait jamais osé lui demander, mais il était tellement enthousiaste et emballé qu'il a lui-même appelé.Il est resté avec nous pendant tout le cocktail.Il était tellement simple et gentil que j'avais l'impression de parler avec mon voisin.» Cette bénédiction royale n'empêche pas la productrice de garder les deux pieds sur terre et de s'interdire de rêver en couleurs.« On nous a tellement dit qu'on allait gagner à Cannes, quand ce n'est pas exactement ce qui s'est produit, qu'on ne veut plus écouter personne ni partir en peur.Dans ces affaires-là, rien n'est jamais assuré.Mieux vaut être prudent.» Denys Arcand, lui, est tellement prudent qu'il n'a même pas encore écrit son discours de remerciement.Pis encore : il ne sait même pas s'il va monter sur scène.« Je pense que je vais laisser Denise et Daniel Louis monter à ma place.De toute façon je n'ai pas le choix.Avez-vous déjà vu quelqu'un essayer de retenir Denise Robert ?C'est impossible.» Après quelques secondes d'hésitation, il ajoute toutefois qu'il va probablement monter lui aussi mais qu'il est vraiment trop tôt pour commencer à spéculer sur ce qu'il va faire ou comment il va se sentir à ce moment pour le moins fatidique.Plus tôt, pendant le symposium, Arcand a expliqué qu'il serait prêt à venir tourner à Hollywood si on lui proposait des projets qui ont un peu d'allure.« Malheureusement, a-t-il ajouté avec un humour qui n'a cessé de séduire l'auditoire, les bons scénarios, on les envoie à Steven Spielberg, pas à moi.Moi, on m'envoie des trucs comme White Men Can't Jump, un film sur le basket, alors que je suis un joueur de hockey.Mais si on m'avait proposé un projet comme Les Liaisons dangereuses, garanti que j'aurais sauté sur l'occasion ! » Interrogé sur l'importance d'un Oscar, il a lancé : « C'est sûr que c'est important.C'est la troisième fois que je me retrouve ici.Inutile de dire que je suis tout à fait disposé à perdre.Même que si ça arrive, je vous jure que je vais être poli et que je vais accueillir la défaite avec le sourire.» « Et si vous gagnez ?» lui a lancé Marc Johnson.Réponse : « Si je gagne, je ne sais pas ce que je vais faire.Je n'ai pas l'habitude.» Quoi qu'il en dise, Denys Arcand n'a pas à s'inquiéter.Les chances qu'il se retrouve ce soir comme une balle de neige en enfer semblent de plus en plus nulles.Si jamais c'est le cas, il pourra toujours fuir à Las Vegas.C'est d'ailleurs prévu au programme, qu'il gagne ou pas.lllllllllll EN BREF Le comédien Yvon Thiboutot n'est plus Touchants adieux à (et de) Guido Molinari Le fils de l'artiste montréalais annonce la création d'une fondation Rémy Girard consacré par le New York Times Magazine Le Jutra du meilleur acteur lui a peut-être échappé la semaine dernière, mais Rémy Girard pourra se consoler en voyant son nom figurer sur une liste sélecte établie par le New York Times Magazine.Dans son numéro d'aujourd'hui, le prestigieux magazine publie en effet un portrait de l'acteur québécois, dont la prestation dans Les Invasions barbares constitue, selon les chroniqueurs de cinéma, l'une des plus marquantes de l'année.La Presse Victoire du duo Affleck-Lopez aux Razzies Grande victoire pour le film Gigli : le « navet » du duo Ben Affleck et Jennifer Lopez a raflé hier à Los Angeles un nombre record de contre- récompenses lors de la cérémonie des Razzies, parodie des Oscars, dont il était le grand favori cette année.La liste des Golden Raspberry Awards ou Razzies (Framboises d'Or) remportés par Gigli est impressionnante: plus mauvais film de l'année 2003, plus mauvais acteur pour Ben Affleck, plus mauvaise actrice pour Jennifer Lopez, plus mauvais couple à l'écran pour le couple, plus mauvais réalisateur et plus mauvais scénario pour Martin Brest.Depuis la création de cette contre-cérémonie il y a une vingtaine d'années, c'est la première fois qu'un film remporte les six principaux « trophées ».Dans le passé, Showgirls et Battlefield Earth ont décroché chacun sept Razzies, mais pas les six principaux comme Gigli cette année.« Mais ces deux films-là étaient de bien meilleurs mauvais films, si cela peut avoir un sens », a ironisé le fondateur des Razzies, John Wilson.Gigli a coûté 54 millions US, mais n'en a rapporté que six.Cette comédie romantique, considérée comme le désastre cinématographique de l'année avant même sa sortie en août dernier, avait été nominée pas moins de neuf fois pour cette cérémonie.Parmi les autres « gagnants » d'hier figure un habitué des Razzies, l'inévitable Sylvester Stallone, qui, avec le prix du plus mauvais acteur dans un second rôle (dans Spy Kids 3-D), décroche la 10e Framboise d'or de sa carrière, un record.Lors d'une précédente cérémonie, Stallone s'était vu attribuer le prix du plus mauvais acteur du XXe siècle.Du coup, les organisateurs envisagent sérieusement de lui décerner un Razzie pour l'ensemble de sa carrière à l'occasion de la 25e cérémonie qui aura lieu l'année prochaine.Le Razzie de la plus mauvaise actrice dans un second rôle est allé à Demi Moore pour sa performance(!) Charlie's Angels: Full Throttle.Associated Press LAURA-JULIE PERREAULT Il y a de ces adieux qui se transforment inopinément en « au revoir ».Ce fut le cas des funérailles du peintre Guido Molinari, enfant terrible de la peinture québécoise et grand maître de l'abstraction, disparu le 21 février après une dure bataille contre le cancer.La cérémonie catholique qui avait lieu hier après-midi dans l'église de la Nativité-de-la-Sainte- Vierge, dans le quartier Hochelaga- Maisonneuve, tirait à sa fin quand le curé de la paroisse, Jean-Claude Girard, a invité Guy Molinari, le fils du peintre disparu, à prendre la parole.Visiblement ému, le jeune homme avait en poche le dernier message que son père voulait léguer à ses 400 amis, proches, collaborateurs, collègues de l'Université Concordia rassemblés pour l'occasion.« J'ai enfin une bonne nouvelle à vous livrer : la première depuis une semaine.La fondation Molinari est en voie d'être créée », a annoncé le fils du défunt.La fondation élira domicile dans l'atelier de l'artiste, campé au coin des rues Sainte-Catherine et Darling.Cette fondation, a continué Guy Molinari, aura pour but de promouvoir l'oeuvre de son père dont il a dit réaliser l'ampleur depuis qu'il a emménagé chez lui, mais aussi de mettre en valeur le travail des autres artistes majeurs du Québec dont M.Molinari collectionnait les oeuvres.L'héritage artistique de M.Molinari, peintre associé notamment au mouvement postautomatiste, ne quittera donc pas le quartier de l'est de Montréal qu'il a habité pendant de longues années.Selon la femme de l'artiste, l'exjournaliste et professeure d'université Fernande Saint-Martin, Guido Molinari a réglé les détails de la fondation sur son lit de mort.Un livre sur la vie et le legs artistique de son mari doit être publié bientôt en France.Guido Molinari, réputé pour sa verve, n'a donc pas dit son dernier mot.Une invitation Pendant la cérémonie, Guy Molinari a aussi transmis un autre message de son père, ardent défenseur de l'art et de la culture : « Allez dans les musées, allez dans les galeries ! Il y a des tonnes de jeunes artistes à soutenir », s'est exclamé Guy Molinari avant d'annoncer qu'il installerait les cendres de son père chez lui pour lui dire tout ce qu'il n'a pas eu le temps de lui dire.L'intervention de l'héritier de Guido Molinari, suivi par un dernier morceau du quatuor à cordes Molinari, à la fin d'une longue cérémonie très classique, a lancé une bouffée d'émotivité dans l'audience, qui semblait en grande partie souffrir du formalisme catholique de ce dernier hommage collectif.« J'ai été plutôt surpris par les propos du curé, très, très religieux alors que Guido n'était pas religieux du tout ! » a dit l'artiste et mécène Sam Abramovitch, fidèle ami de Guido Molinari, depuis les années 50.« Avant de mourir, il m'a dit qu'il aurait aimé disparaître sans que personne ne s'en aperçoive, pour être retrouvé des mois plus tard.Mais en même temps, je pense qu'il aurait aimé avoir une cérémonie énorme, avec tout le fla-fla.Il était déchiré entre les deux, comme le sont la plupart des artistes », a mentionné M.Abramovitch en souriant.Françoise Sullivan, peintre montréalaise qui a appartenu au mouvement automatiste avec Guido Molinari, n'oubliera jamais le sens de l'humour de l'homme qu'elle a fréquenté dès le début de sa carrière.« Dans les années 50, le parti communiste s'intéressait à nous et a demandé à nous rencontrer.Ils voulaient que nous fassions de l'art propagandiste pour eux.Pour se moquer un peu d'eux, Molinari est venu à la réunion avec un col roulé rouge sur lequel il avait enfilé une queue-depie », racontait hier Mme Sullivan en riant, malgré la gravité du moment.La femme de l'Artiste, pour sa part, avait peine à contenir ses larmes hier.« Nous avons été ensemble 53 ans, cet homme a été toute ma vie », a-t-elle réussi à glisser entre deux sanglots.La soeur du peintre, Mimi Molinari, se rappelait surtout des premiers jours de Guido, né à Montréal en 1933.« Quand il arrivait à la maison, il était comme un coup de vent.Il prenait quelque chose à manger, quelque chose à boire et il parlait de tout.Tout l'intéressait.On ne s'ennuyait pas avec lui.Je suis fière de l'avoir eu dans ma vie », a dit la soeur de l'artiste.PRESSE CANADIENNE Le comédien et syndicaliste Yvon Thiboutot est décédé hier matin à la suite d'une longue maladie.L'homme avait échappé à un cancer des poumons en 1987.La maladie avait réapparu, il y a deux ans et en septembre dernier.Il avait récemment participé à l'émission Enjeux de Radio-Canada portant sur l'art de combattre le cancer.« Il est sûr qu'une attitude négative, une attitude d'abandon, de défaitisme, ce n'est pas une attitude pour aider son corps à trouver le chemin de la guérison.Je suis totalement convaincu de ça », avait-il alors déclaré.À la télévision, il a joué dans de nombreuses séries pour enfants, incarnant, entre autres le général Tortillas dans Marie Quat'Poches, Arriviste Crétin dans Bidule de Tarmacadam, et l'agent secret dans Maigrichon et Gras-Double.M.Thiboutot a aussi occupé des rôles dans de nombreux téléromans dont Les Berger, Marylin, Entre chien et loup, La Petite Patrie et La Bonne Aventure.Il a également été actif dans le domaine de la postsynchronisation, étant la voix française du capitaine Kirk de La Patrouille du cosmos.Au grand écran, on l'avait vu dans Taureau et Panique.Le comédien a aussi été le narrateur de nombreux films, dont le documentaire de Jean Beaudin et Marcel Carrière sur les Jeux olympiques de Montréal et le film d'animation La Chasse- galerie.Théâtre et syndicalisme Le théâtre l'a également tenu très occupé, comme comédien et aussi comme metteur en scène.Il avait notamment monté La Maison de poupée d'Ibsen au NTC.Il avait aussi été professeur au Conservatoire.Enfin, M.Thiboutot s'est intéressé de près aux questions syndicales.Il fut secrétaire général de l'Union des artistes pendant plusieurs années et fut aussi responsable des négociations avec le gouvernement provincial alors qu'il faisait partie du comité du syndicat des professeurs du Conservatoire.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Le curé Jean-Claude Girard a béni hier les cendres du peintre Guido Molinari, disparu le 21 février.Plus de 400 personnes ont assisté aux funérailles de l'enfant terrible de la peinture québécoise.Tous les jeudis dans ARTS ET SPECTACLES ROCH VOISINE Accro de l'intimité CHRISTIAN CÔTÉ COLLABORATION SPÉCIALE « L'intimité, une fois que tu y as goûté, tu ne peux plus t'en passer.» Cette mise en garde, c'est Francis Cabrel qui l'avait lancée à Roch Voisine.Aujourd'hui, le chanteur néo-brunswickois commence à peine à comprendre de quoi il était question lorsque le Français parlait de cette « drogue » pour artistes en mal de simplicité.Pour un chanteur qui a connu la démesure des grands arénas remplis à craquer, l'idée de jouer devant une salle réduite devient presque un fantasme.Ce remède miracle, Roch Voisine se l'est administré parce qu'il en avait bien besoin.En se penchant sur ses indélogeables succès pop pour les rendre plus directs et simples, l'artiste a ouvert la voie à d'autres changements sur scène.Son nouvel album, Je te serai fidèle, et le spectacle qui y est rattaché, sont marqués du sceau du dépouillement.À 40 ans, l'homme voit la vie sous un autre angle.En 2004, Roch Voisine n'est plus au sommet des palmarès comme avant, ses albums ne s'envolent plus en une semaine.Mais une fidèle armée de fans, ceux de la première heure surtout, sont au poste et le soutiennent en attendant du matériel tout frais de leur idole.Je te serai fidèle n'est pas un disque entièrement nouveau.Sur 15 chansons, pas moins de neuf se sont déjà retrouvées sur un autre album de Voisine.Les premiers gros succès qui vous viennent en tête se trouvent probablement sur le CD.Darlin' par exemple, est là, propulsée par un heureux riff de guitare acoustique.On sent que Voisine vient de trouver un filon qui le réjouit.« Personne n'est jamais venu me dire qu'il fallait que je refasse Hélène d'une autre façon.Ces chansons- là sont restées figées dans la mémoire des gens et la plupart des fans ne peuvent les imaginer sous une autre forme.L'exercice vient de moi.Bien sûr, il a fallu que je me fasse violence en retravaillant mes succès, mais ça en valait drôlement la peine.» Après toutes ces années, ces succès de pop romantique qui l'ont propulsé au sommet sont loin de lui avoir faussé compagnie.Et l'observation est encore plus criante de vérité en France.Làbas, c'est Roch « Hélène » Voisine coulé dans le béton, un point c'est tout.Pas moyen de se départir des fantômes.En amorçant sa tournée en mars en France et en Belgique, l'auteur- compositeur-interprète tentera de remettre les pendules à l'heure en leur présentant un autre visage.D'ailleurs, les cousins risquent de tomber de leur siège lorsqu'ils apprendront que Voisine n'a pas l'intention de revisiter les immenses amphithéâtres qu'il a fréquentés maintes fois depuis ses débuts, il y a 15 ans.« J'étais un p'tit peu tanné de faire des spectacles ordinaires devant de grosses foules », avoue-t-il.Souhaitant se rapprocher de son public, lui parler et l'entendre parler, le rockeur au coeur tendre a soumis une proposition inédite pour pimenter ses shows.« Là, je veux avoir les spectateurs devant moi, je veux les entendre, je veux les voir, dit-il avec une étincelle dans les yeux.C'est pour cette raison que j'ai placé un micro en salle.Les spectateurs ont la chance de me parler, de me poser des questions.Tout est permis en autant que ça demeure respectueux.» Les récentes sorties de Voisine, dont les cinq soirs passés à la salle de l'Impérial à Québec il y a deux semaines, ont prouvé que l'exercice en valait la chandelle.Ses pièces, appuyées par trois guitaristes et un percussionniste, ont, semble-t-il, gagné en relief et en vivacité.Et sur scène, Voisine semble s'amuser comme un petit fou.Il faudra faire preuve de patience toutefois avant de constater de visu si le changement sied bien à l'homme à la guitare.Roch Voisine ne doit pas réapparaître chez nous avant l'été, sinon l'automne.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © « Personne n'est jamais venu me dire qu'il fallait que je refasse Hélène d'une autre façon, remarque Roch Voisine.Ces chansons-là sont restées figées dans la mémoire des gens et la plupart des fans ne peuvent les imaginer sous une autre forme.L'exercice vient de moi.Bien sûr, il a fallu que je me fasse violence en retravaillant mes succès, mais ça en valait drôlement la peine.» Une Victoire pour Cesaria Evora AGENCE FRANCE-PRESSE PARIS \u2014 La chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora a obtenu l'une des Victoires de la musique décernées hier à Paris pour son album Voz d'Amor.Cesaria Evora a été distinguée dans la catégorie reggae / ragga / world.Il s'agit de la deuxième Victoire de la Musique de sa carrière.Il y a quelques jours, la diva capverdienne avait décroché un Grammy Award aux États-Unis, après cinq nominations sans succès.Elle est également en lice pour les prochains BBC Awards.« L'année démarre très bien : je viens d'être récompensée par un Grammy Award, maintenant, c'est la France qui m'honore.J'adore la France et ce prix me touche beaucoup.Dans mon coeur, la France est comme mon pays, le Cap Vert », a déclaré la chanteuse.Révélée en France en 1992 avec « Saudade », Cesaria Evora est une des ambassadrices les plus connues des musiques du monde à travers le globe.Elle a connu une reconnaissance tardive, à 50 ans passés, après avoir fait l'essentiel de sa carrière dans les petites tavernes de l'archipel du Cap- Vert.La cérémonie des Victoires de la Musique 2004, 19e édition de cette manifestation, se déroulait dans la salle du Zénith à Paris.PHOTO GRACIEUTÉ DE FRANÇOIS BRUNELLE La Mémoire de l'eau doit à ses acteurs d'être sauvée du naufrage.Tout reposait sur eux, puisque chacun a droit à son morceau de bravoure.Ils répondent à l'appel avec un enthousiasme qui les honore.On voit ici Marie Michaud, Marie- Françoise Marcotte, Marie-Chantal Perron et Claude Prégent.THÉÂTRE La Mémoire de l'eau Le deuil rigolo ANNE-MARIE CLOUTIER CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE L'eau a de la mémoire.Prétendent les homéopathes.Même diluée et rediluée dans ses molécules les plus infimes, elle conserve ses propriétés.Nos proches ne meurent pas tout à fait non plus.Ils subsistent à travers nous, dans nos souvenirs, dans notre mémoire.Dans nos gènes.Telle est la prémisse de La Mémoire de l'eau.Laquelle prémisse se dilue elle aussi, sitôt les premières répliques passées.C'est qu'on a le deuil comique, dans cette famille ! De quel sens de la repartie ces trois soeurs font-elles preuve ! Une pluie de one-liners.À croire que le chagrin aiguise l'esprit.Teresa, Mary et Catherine se retrouvent à la veille des obsèques de leur mère, Vi.La première semble pétrie de culpabilité, la seconde, minée par la colère et Catherine, la benjamine, la seule qui avoue ne pas avoir aimé sa mère, est prisonnière de ses manques affectifs et de sa quête d'attention.Aucune des trois ne vit son deuil de la même façon ni ne se remémore la même enfance.Chacune est convaincue d'être dépositaire de la vérité, de souvenirs objectifs.Et, bien sûr, personne n'a tout à fait tort ou tout à fait raison.Déjà-vu peut-être, mais beau sujet quand même, non ?L'ennui, c'est que la pièce est mal construite, superficielle, et qu'elle oscille entre la comédie grasse et la gravité lourde.Les moments d'émotion n'atteignent pas leur but.Les éléments de réflexion \u2014 notamment les théories sur la mémoire \u2014 frisent le ridicule.Seules les scènes comiques sont efficaces.Appuyées (les jeux de séduction de Catherine, l'ivresse de Teresa), surabondantes, mais efficaces.L'auteure est censée avoir écrit sa pièce à la mort de sa mère.Elle aurait sûrement gagné à y réfléchir davantage.La Mémoire de l'eau doit cependant à ses acteurs d'être sauvée du naufrage.Tout reposait sur eux, puisque chacun a droit à son morceau de bravoure.Ils répondent à l'appel avec un enthousiasme qui les honore.D'une scène inintéressante au départ \u2014 que Teresa, saoule, dise ses quatre vérités aux autres est attendu ; mais que viennent faire ses histoires de couple et les rêves de réorientation de carrière du mari ?\u2014, Marie Michaud fait un moment de comique percutant.Il faut la voir vaciller sur ses bottes, se concentrer sur chaque syllabe et basculer dans le délire.Autant Catherine envahit l'espace de ses deux soeurs, autant Marie- Chantal Perron « vole le show ».Avec un naturel dont on devine de quelle énergie il se compose, elle s'éclate dans chaque scène et déclenche les rires presque à toutes ses répliques.À Marie-France Marcotte revient la tâche ingrate d'incarner le personnage, sinon le moins sympathique, du moins le plus sérieux.Mary n'est pas drôle, mais ironique.La comédienne hérite d'un rôle officiellement complexe mais dans les faits peu étoffé, qui ne lui permet pas de donner la mesure de son talent \u2014 sauf peut-être dans les échanges avec sa mère, incarnée avec finesse par Markita Boies.Tout ce beau monde est fort solidement soutenu par Henri Chassé, Mike, bon gars maladroit, homme marié et amant de Mary et par Claude Prégent, Frank, le mari de Teresa, très crédible aussi en bougon bougonnant.Il reste que, malheureusement, malgré tous ces efforts et quelques bons moments, La Mémoire de l'eau ne laissera pas de souvenir impérissable.Si ma mémoire est fidèle, bien sûr.LA MÉMOIRE DE L'EAU, de Shelagh Stephenson.Traduction: Michel Dumont et Marc Grégoire.Mise en scène : Monique Duceppe.Distribution: Markita Boies, Henri Chassé, Marie-France Marcotte, Marie Michaud, Marie-Chantal Perron, Claude Prégent.Décor : Marcel Dauphinais.Costumes : Anne Duceppe.Éclairages : Luc Prairie.Musique : Stéfane Richard.Àl'affiche du Théâtre Jean-Duceppe jusqu'au 27 mars.PHOTO AFP La chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora reçoit l'une des Victoires de la musique décernées hier à Paris pour son album Voz d'Amor.SPECTACLES MUSIQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Danièle Le Blanc, mezzo-soprano.Au piano: Esther Gonthier.Britten, Poulenc, Berg, Montsalvatge: 15h30 ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE David Guerrier, trompettiste, Vincent Boucher, organiste.Lebègue, Langlais, Tomasi, Bach, Escaich, Tournemire, Viviani.Spirituart: 16h ÉCOLE VINCENT-D'INDY (628, Côte-Sainte-Catherine) Ensemble Pentaèdre.Schubert, Schumann, Brahms, Lachner: 15h (Avec bières et choucroutes allemandes) SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE A Midsummer Night's Dream (Britten).Atelier d'opéra de l'Université de Montréal.Mise en scène: Alice Ronfard.Direction musicale: Jean-François Rivest.20h ARTS ET SPECTACLES SPECTACLES La résistance d'un peuple DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca J'ai passé la semaine à me demander si je devrais parler d'Haïti dans ces conditions- là.C'est qu'on entend subitement tant de choses à propos de ce pays ! Cette « conspiration du bruit » peut générer autant de ravages que la conspiration du silence qui se fait autour de certains pays africains qui sont, depuis des mois déjà, enfoncés dans les marécages de la guerre civile.On nous abreuve d'images choquantes sans prendre la peine de rien nous expliquer.Cette mitraillette existe, semble dire ce journaliste, je ne l'ai pas inventée, comme je n'ai pas inventé non plus le type vers lequel elle est dirigée.Je ne vois pourtant pas pourquoi je m'intéresserais à cette action plutôt qu'à une autre identique qui se passerait au même moment dans une ruelle sombre de New York, de Berlin ou de Tokyo.Pourquoi l'une est-elle reléguée aux faits divers, et l'autre se retrouve-t-elle aux premières pages des journaux du monde entier ?C'est que, dans un cas, il s'agit d'un geste individuel, et dans l'autre, d'un acte collectif.On a l'impression que le destin d'un peuple se joue là sous nos yeux.Pays rêvé Mais de quel peuple s'agit-il ?J'ai toujours été étonné de constater, un peu partout dans le monde, l'intérêt que suscite Haïti chez les gens.Il ne se passe pas un mois sans que je reçoive un appel téléphonique de quelqu'un qui voudrait qu'on parle d'Haïti avant son départ pour Port-au-Prince.Et la personne précise toujours que ce voyage en Haïti représente pour elle un vieux rêve.Des gens qui n'ont jamais été en Haïti (ou qui y ont passé un bref séjour) écrivent des romans ou des essais autour de ce pays.On se demande pourquoi Haïti occupe tant l'imaginaire populaire.Il y a quelques années, j'ai reçu, à Miami, un appel de Jean Fugère qui semblait tout excité à la veille d'un départ pour Haïti.\u2014Je crois que je vais louer une petite moto pour faire le tour de l'île.\u2014Écoute, Jean, ce n'est pas tout à fait une île (je voulais dire que ce n'était ni la Martinique, ni la Guadeloupe ou une de ces colonies britanniques flottant dans la mer turquoise des Antilles), c'est un pays.\u2014Qu'est-ce que tu veux dire par là ?\u2014Tu verras, ce n'est pas tout à fait touristique.Et il n'y a rien de véritablement attirant dans ce paysage dévasté, cette misère infernale, cette obsédante poussière.C'est le pays des grands désordres.\u2014Ah ! bon.\u2014Mais il y a les gens.C'est notre pétrole à nous.Un paysage humain très dense, remuant, vaquant toujours à des occupations qui pourraient sembler dérisoires à un Nord-Américain habitué à de grands projets.Ce n'est pas un peuple brisé, tu verras.\u2014Ah ! oui.\u2014Ce sont des alchimistes capables de changer leurs drames personnels en oeuvre joyeuse.Et c'est l'un des rares pays où la peinture est un art presque aussi populaire que le football.\u2014J'y vais et je te rappelle à mon retour.Un mois plus tard.\u2014C'est comme tu avais dit, mais j'y retournerai à la première occasion.L'Histoire Des millions d'esclaves sont transportés d'Afrique (la plus formidable force de travail gratuite de l'histoire humaine) jusqu'en Amérique durant plus de trois siècles.Pour être éparpillés dans toute la Caraïbe.Et les colons de Saint-Domingue (Haïti + la République dominicaine), étant parmi les plus riches de la région, faisaient alors l'acquisition des esclaves les plus forts et les plus intelligents.Les plus musclés iront travailler dans les champs de canne à sucre et les plus vifs deviendront des esclaves de maison.Quand la révolution française, suivie des conquêtes napoléoniennes, mettra le feu à une Europe endormie, les esclaves de maison prêteront une oreille attentive aux nouvelles venant de France.Bien sûr que ce n'est pas assez pour vouloir briser ses chaînes, car une punition indicible attend l'esclave (le nègre marron) qui s'enfuit de la plantation.L'une des raisons fondamentales de l'explosion du système colonial, c'est que l'être humain aspire puissamment à la liberté.Pour le rendre esclave, c'est-à-dire taillable et corvéable à merci, le colon, aidé du prêtre, a tenté d'abord de le déshumaniser.Une si blanche âme ne pourra jamais se loger dans un corps si noir, argumenta un philosophe des Lumières.Pourtant, le colon blanc n'hésitera pas à perdre son âme dans le corps de la femme noire.D'où la naissance du mulâtre.Et ce duel entre le corps et l'âme, que l'Église appelle le péché.Le volcan Les mulâtres et les Noirs libres forment la classe des affranchis, qui sera déterminante dans le déclenchement des hostilités.Vers la fin du XVIIIe siècle, Saint-Domingue était en ébullition.Toutes les composantes de la société coloniale montaient au front pour réclamer un droit quelconque.Le colon exigeait le droit de commercer avec des pays comme la Hollande et les États-Unis, qui offraient de bien meilleurs prix que la métropole, cette France de Colbert, qui avait déclaré : « Tout pour et par la métropole.» Les riches affranchis, eux, se battaient pour leurs droits civiques et politiques.Non seulement ils étaient libres, mais ces fils d'esclaves possédaient eux-mêmes des esclaves et des terres.Il ne leur manquait que le droit de voter et celui d'être éligibles à des fonctions publiques mieux adaptées à leur importante situation économique.L'esclave, lui, réclamait simplement la liberté.Mais la structure coloniale reposant sur les épaules de l'esclave, il était donc inadmissible d'accéder aux voeux de celuici.Malgré le fait que la liberté, l'égalité et la fraternité devenaient les trois piliers de la révolution française, malgré le cri humaniste du Contrat social de Rousseau, l'Europe restait sourde aux cris de douleur de l'esclave.Celui-ci a vite compris qu'il ne pouvait compter que sur lui-même.C'est ainsi qu'il a commencé par mettre le feu aux sucrières, ces usines qui fabriquaient du sucre avec de la canne, avant de se sauver dans les montagnes en emportant avec lui l'unique force de travail de la colonie.Saint-Domingue en flammes, Napoléon a immédiatement riposté en y envoyant 22 000 soldats, dans 86 vaisseaux de guerre, pour rétablir l'esclavage.La guerre d'indépendance allait commencer sous la direction de Toussaint Louverture.Et quand celui-ci fut capturé et jeté dans une prison glaciale en France où il mourut, ce fut l'intraitable Dessalines qui prit le commandement de l'armée des esclaves pour la mener jusqu'à la victoire finale, le 1er janvier 1804, il y a aujourd'hui 200 ans.Vaudou et créole Quand on veut coloniser un homme ou un pays, on commence (ou on finit) par lui imposer sa langue et sa religion.C'est ce que l'Europe a fait en Amérique avec les Noirs et les Indiens.Et quand ceux-ci veulent se libérer du joug colonial, ils commencent (ou finissent) par retrouver leur langue et leur religion originelles.Mais le colon de Saint-Domingue avait aussi prévu cela.Il s'est évertué alors à disperser les esclaves dans la colonie de manière à les empêcher de former des communautés linguistiques ou religieuses.C'est ainsi que les langues et les religions d'origine se sont comme éventées au fil du temps.Pour la langue, les esclaves de maison, ceux qui côtoyaient le maître, ont engrangé le plus de mots français possible (très peu d'espagnol, car la domination de l'Espagne fut très brève dans la partie occidentale de l'île, les Espagnols s'étant cantonnés dans sa partie orientale, qui deviendra plus tard la République dominicaine) qu'ils ont disposés dans la phrase d'une manière différente du français.Contrairement au français, l'article se place après le mot en créole.Si le français a une tendance vers la synthèse, le créole est plus analytique.Malgré le fait que presque tous les mots sont français, le créole possède une certaine autonomie du fait que sa grammaire est différente de la grammaire française.Point n'est besoin d'ajouter qu'à cette époque le créole était truffé encore de mots africains.Cette langue avait la double fonction d'unifier la population esclave tout en créant une nouvelle identité : l'individu né sur le continent américain.On n'était donc ni des Français ni davantage des Africains.C'est qu'on ne peut se battre jusqu'à la mort que pour une terre qu'on a faite sienne.La religion jouera à peu près la même fonction.Si le catholicisme a servi à garder le peuple en esclavage, le vaudou va l'aider à en sortir.En effet, le vaudou permettra aux gens de croire qu'ils sont approuvés par leurs dieux.Ce sera donc Erzulie Fréda Dahomey face à Marie Immaculée Conception.Si Marie est une jeune femme qui a accouché d'un garçon bien joufflu sans cesser d'être vierge, Erzulie ignore le nombre exact de ses amants (hommes et femmes).Elle est la maîtresse de tous ceux qui s'étaient réunis au Bois-Caïman dans la nuit du 22 au 23 août 1791, durant cette cérémonie où des esclaves des plantations du Nord s'étaient juré de mourir plutôt que de vivre en esclavage.Pour entreprendre, sans armes et pieds nus, une telle guerre coloniale, il fallait la protection des ancêtres, les dieux de l'Afrique.De ces dieux guerriers capables de terroriser l'armée napoléonienne après avoir garanti l'immortalité aux soldats de l'armée indigène.C'est ce même vaudou qui sera perçu plus tard, après l'indépendance, comme un frein au développement du pays.C'est que les stratégies de survie en temps de guerre sont différentes de celles en temps de paix.La culture Les arts ont fleuri dans la colonie.Le Cap-Français, aujourd'hui Cap- Haïtien, étincelait durant le XVIIIe siècle.Le théâtre surtout.Les ouvrages de Moreau de Saint-Méry et de Jean Fouchard racontent cette période.Deux tendances domineront après l'indépendance (il arrive qu'on retrouve les deux tendances dans le même texte) : une veine patriotique et une imitation servile de la littérature française.Comme c'est une époque où l'on tente de construire une nation, une époque donc fortement conservatrice, on retrouve un peu partout l'influence des Fables de La Fontaine.Si les fables bien ciselées de La Fontaine sont trop ambiguës (je n'ai jamais compris si La Fontaine était du côté du loup ou de l'agneau) pour être moralisatrices, ses imitateurs, eux, n'écrivent que pour former la jeunesse.Résultat : une littérature qui m'endormait à coup sûr à l'école.Et cela, jusqu'à l'école littéraire de 1836, laquelle proposait une littérature nationale qui ne soit pas forcément patriotique.Ce qui a permis au jeune poète Coriolan Ardouin de nous murmurer ses états d'âme dans un recueil posthume publié par son ami, le romancier Frédéric Marcellin.Et c'était parti pour une littérature romantique, historique, parfois sociologique, qui tient compte du paysage extérieur comme du paysage intérieur.À un moment donné, au début du XXe siècle, la France est revenue avec une telle force dans l'esthétique haïtienne que l'intellectuel Jean Price-Mars a pensé que notre culture était en danger, et il s'est fendu d'un essai fulgurant.Ainsi parla l'oncle, paru en 1928, a posé de nouveau le problème de l'identité nationale.Price-Mars croit qu'on risque de se perdre si l'Afrique ne devient pas la colonne vertébrale de notre culture.Pour lui, nous sommes avant tout des Africains en exil.Price-Mars ne sousestime pas l'importance de nos rapports avec la France, mais il croit qu'il nous faut un point d'ancrage si nous ne voulons pas nous égarer dans l'immensité américaine.On peut dire 70 % d'Afrique, pour 30% de France, jetés dans la mer des Caraïbes.Aujourd'hui, ce n'est plus la même chose : les références à l'Afrique se font rares, la France s'éloigne de plus en plus, et l'américanisation d'Haïti s'intensifie.C'est le même Price-Mars qui a défini les Haïtiens comme « un peuple qui danse et qui chante ».On pourrait ajouter : qui résiste aussi.Je parle du combat individuel contre la misère, la maladie, l'analphabétisme, et cela malgré la faillite totale d'une élite politique.On parle de plus en plus d'un pays qui a connu 33 coups d'État en 200 ans.On peut voir les choses autrement : comment se fait-il qu'un peuple qui a connu 33 coups d'État ne soit pas déjà brisé totalement ?CINÉMAS INDÉPENDANTS APPRENTICESHIP OF DUDDY KRAVITZ (THE) Cinéma du Parc (3): 17h10 ARBRES Cinéma Parallèle: 14h BEAUTÉ DU GESTE (LA) Cinémathèque québécoise: 19h COLD MOUNTAIN Cinéma du Parc (3): 14h15 DREAMERS (THE) Cinéma du Parc (1): 14h30, 16h55, 19h10, 21h30 EFFROYABLES JARDINS Cinéma Beaubien: 19h30, 21h30 ELEPHANT MAN (THE) Cinéma du Parc (3): 21h30 GOLEM DE MONTRÉAL (LE) Cinéma Beaubien: 11h15, 13h15, 15h15, 17h15 HELL'S HIGHWAY: THE TRUE STORY OF HIGHWAY SAFETY FILMS Cinéma du Parc (3): 19h40 JACK PARADISE (LES NUITS DE MONTRÉAL) Cinéma Beaubien: 19h15, 21h15 LA CUECA SOLA précédé de PIQUETEROS Cinéma Parallèle: 15h30, 19h15 LA MORT SUSPENDUE (TOUCHING THE VOID) Cinéma Beaubien: 15h, 17h, 19h, 21h LE ROI ET L'OISEAU Cinéma Beaubien: 11h45, 13h30 MADAME BROUETTE Ex-Centris: 15h15, 17h30, 19h30, 21h35 McDULL DANS LES NUAGES Ciné-Kid: 11h (À partir de 4 ans) MONSIEUR ROSSI VA ACHETER UNE VOITURE suivi de A HARD DAY'S NIGHT Cinémathèque québécoise: 20h45 MUHAMMAD ALL THE GREATEST Cinémathèque québécoise: 18h30 OSAMA Cinéma du Parc (2): 15h, 17h, 19h, 21h; Ex-Centris: 15h, 17h, 19h, 21h OTAGE (L') Cinéma Parallèle: 17h15, 21h15 ROGER TOUPIN, ÉPICIER VARIÉTÉ Ex-Centris (salle Fellini): 13h FESTIVAL DE FILMS POUR ENFANTS DE MONTRÉAL Cinéma Beaubien ERNST: 10h FIA ET SON CLOWN: 12h15 HOP: 15h15 JIMMY GRIMBLE: 12h45 KEES LE RÊVEUR: 14h30 LE BOSSU ET L'OIE: 11h LE CHIEN, LE GÉNÉRAL ET LES OISEAUX: 9h30 LE GOLEM DE MONTRÉAL: 13h, 17h15 LE ROI ET L'OISEAU: 11h15, 17h LES ENFANTS DE MA SOEUR DANS LA NEIGE: 10h15 LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE: 15h, 16h45 On parle de plus en plus d'un pays qui a connu 33 coups d'État en 200 ans.On peut voir les choses autrement : comment se fait-il qu'un peuple qui a connu 33 coups d'État ne soit pas déjà brisé totalement ?«BRAVO!» ROGER EBERT, EBERT & ROEPER version française de «WELCOME TO MOOSEPORT» SURVEILLEZ LES OSCAR® CE SOIR / SON DIGITAL VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / CINÉMAS AMC LE FORUM 22 / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA GALERIES GRANBY / LES CINÉMAS LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY / G VISA GÉNÉRAL À L'AFFICHE! 3209757A VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR5 CE SOIR À CTV DÈS 20H00 AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / VERSION FRANÇAISE version française de 50 FIRST DATES GVISA GÉNÉRAL / SON À L'AFFICHE DIGITAL ENCORELEFILMN01AUCANADA 3209694A VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR5 CE SOIR À CTV DÈS 20H00 «C'est \u2039Folies de Graduation\u203a en Europe! Totalement hilarant.Le continent ne sera jamais plus le même.Rien, vraiment RIEN, n'est sacré.\u201d JEFFREY LYONS, NBC-TV / SON DIGITAL DÉSOLÉ LAISSEZPASSER REFUSÉS 13 ANS + VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / CAPITOL ST-JEAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA GALERIES AYLMER / À L'AFFICHE 3209709A «C'est \u2039Folies de Graduation\u203a en Europe! / SON DIGITAL DÉSOLÉ LAISSEZPASSER REFUSÉS 13 ANS + VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / CAPITOL ST-JEAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉMA GALERIES AYLMER / À L'AFFICHE Totalement hilarant.Rien, vraiment RIEN, n'est sacré.\u201d JEFFREY LYONS, NBC-TV NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® 3209703A CE SOIR À 20H00 .ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES De Mulholland Drive à 21 Grammes Depuis que Mulholland Drive a mis Naomi Watts en orbite sur la planète Hollywood, elle accumule les rôles intéressants.Le dernier : celui d'une femme déchirée par la mort de ses proches dans 21 Grammes.Elle en a parlé avec le magazine Ciné Live.QComment vous êtes-vous préparée pour ce rôle ?RJ'ai participé à des groupes de soutien et assisté à des meetings des Alcooliques anonymes.Personne ne peut imaginer le chagrin de mon personnage, Christina, sans l'avoir vécu.Pour l'approcher, je devais être près de ceux qui avaient vécu la même chose et écouter leurs histoires, leur descente aux enfers et leur guérison.QIl n'a pas dû être facile de quitter ce personnage.RJ'espère toujours que chaque rôle m'apportera plus qu'une simple présence sur un écran.En ce qui concerne Christina, elle lutte contre son émotion, elle la retient puis elle l'exprime dans sa rage, dans sa vulnérabilité.Elle vit tellement de changements ! Je suis tombée amoureuse d'elle.C'est la personne la plus attendrissante et la plus belle que j'aie jamais incarnée.J'ai tendance à jouer des femmes qui traversent des crises et ce qui m'intéresse c'est leur façon de s'en sortir.Christina vit la plus inimaginable des douleurs, et non seulement elle s'en sort, mais elle reprend espoir dans la vie.Elle a vraiment enrichi mon âme et mon expérience de vie.QCe film parle aussi de secondes chances.On vous en a donné ?ROh oui ! (rires) J'ai dû travailler pendant 10 ans sans que personne ne me donne le genre de rôle que je voulais.Je m'étais résignée à cette situation, ne travailler qu'une ou deux fois par année, gagner peu d'argent Et David Lynch a pris ce risque qui a tout changé pour moi, avec Mulholland Drive.Si ça ce n'est pas une seconde chance.QVotre vie a beaucoup changé depuis ?RJe travaille plus et je suis reconnue par mes pairs, mais dans la rue, j'arrive encore à me fondre dans la masse.Je n'ai pas encore peur de sortir de chez moi, je mets toujours mon doigt dans mon nez en voiture, je fais toutes les choses normales que les êtres normaux font.Heureusement.Sans ces interactions avec les autres, mon travail en souffrirait.Qu'est-ce que je ferais alors ?Imiter le jeu des autres acteurs ?Naomi Watts ZOOM Benicio Del Toro interprète presque toujours des personnages torturés, mais il l'est aussi dans la vie, comme il l'a confié à Paris Match « J'aimerais pouvoir dire que ce sont les metteurs en scène qui projettent sur moi ces fantasmes de types déchirés, remarquet- il.Mais pour être honnête, je dois admettre que je les aide beaucoup ! C'est même ma force.J'ai perdu ma mère à l'âge de 9 ans.J'ai vécu (à Porto Rico) des choses qu'un enfant ne devrait pas vivre, en tout cas pas dans l'environnement douillet où j'habitais.J'en ai tiré une expérience précoce, mais un grand retard aussi.Émotionnellement j'étais blessé.J'ai une grande difficulté à gérer les émotions de ma vie.Mais à la maison, malgré ce chagrin immense, malgré l'instabilité, il y avait l'amour de mon père, resté veuf.Il nous a donné, à mon frère et à moi, une attention, un vrai amour.Même s'il n'a pas toujours eu les bonnes réactions, même si nous nous sommes affrontés.Après tout, il n'avait que 33 ans, plus jeune que moi aujourd'hui, et moi, je ne serais même pas capable de m'occuper d'un chat ! » Exceptionnel! Gerard et Patricia Del Re viennent de publier The Only Book, un ouvrage sur des faits et gestes uniques.Ils y rappellent notamment que Marlon Brando a été le seul acteur mis en nomination quatre fois de suite dans la course aux Oscars, que George Bernard Shawa été le seul à remporter le prix Nobel et un Oscar, que Lana Turner est la seule actrice à avoir perdu une dent pendant un baiser passionné (avec Anthony Quinn, dans Portrait in Black, en 1960).Batman, bien entouré Pour le cinquième Batman, réalisé par Christopher Nolan, la question la plus intéressante n'est pas : « Qui fait la chauve-souris ?»; tout le monde sait que c'est Christian Bale.Non, ce qui prend tout son sel, c'est la pléiade de seconds rôles : notamment, Michael Caine jouerait Alfred, le majordome de Batman et Clint Eastwood a été pressenti pour incarner le maire de Gotham City.E x p r e s s Après son immense villa avec parking pour son Boeing 707 et ses autres avions, John Travolta vient d'acheter un hôtel en Floride, The Blue Bay Hotel, qui lui permet de passer directement de sa suite à son yacht, amarré en face.Kiefer Sutherland reconnaît aujourd'hui que Julia Roberts a très bien fait de mettre un terme à leur projet de mariage, même si elle l'a fait à la dernière minute.« Ça été courageux de sa part, a-til confié à Playboy.Julia est une des personnes les plus amusantes que j'aie connues, mais je ne la reconnaît plus.Nous ne nous parlons plus.».Le tirage de Paris Match a atteint 770 000 exemplaires, confortant sa première place en tête des hebdomadaires français d'actualité générale.Première, Movie Idol, Ciné Vision La vie comme au cinéma Matt Damon « Avant le succès de La Mémoire dans la peau, j'ai connu deux échecs et, pendant un an et demi, mon téléphone n'a plus sonné.Mais le lundi suivant le gros démarrage de Deux en un, j'ai reçu 35 offres de tournage! Si auparavant, j'avais des illusions sur les raisons pour lesquelles Hollywood vous aime, aujourd'hui, je n'en ai plus.Il est faux de penser que les producteurs des studios vous apprécient pour ce que vous êtes.Seul le box-office compte à leurs yeux.» Studio Benicio Del Toro VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 13H30 a SECOND REGARD Les églises se vident, les communautés religieuses disparaissent, les prêtres vieillissent.Pour certains, ce sera l'effondrement de l'Église catholique d'ici cinq ans.D'autres gardent espoir.18H30 r STAR ACADÉMIE Gino Vannelli chante avec Jason et le choeur des filles, Luc De Larochellière interprète un medley de ses chansons et Laurence Jalbert offre une performance en duo avec Véronique.19H Dtl THE BARBARA WALTERS SPECIAL À Barbara Walters, Billy Crystal parle du trac qu'il vit avant d'animer la soirée des Oscars, Diane Keaton se confie sur sa vie amoureuse et Matt Le Blanc explique comment il vit l'après- Friends.20H r LE GALA DES OLIVIER Jean-Michel Anctil anime la grande tombola annuelle de l'humour en direct de la salle André-Mathieu à Laval.Qui sera l'humoriste de l'année lors de cette sixième remise des Olivier?Faites votre choix entre Lise Dion, Mario Jean, Claudine Mercier, Jean-Michel Anctil et Louis-José Houde.20H Dtl THE 76th ANNUAL ACADEMY AWARDS La question est sur toutes les lèvres: Denys Arcard repartirat- il avec un Oscar?Benoît Charest ajoutera-t-il un prix à son César?Billy Crystal anime sa huitième cérémonie en direct du Kodak Theater de Los Angeles.Parmi les présentateurs: Sandra Bullock, Jim Carrey, Tom Hanks, Will Smith, John Travolta, Charlize Theron, Tom Cruise, Julia Roberts, Jude Law, Robin Williams et Renée Zellweger.Le Téléjournal Découverte / L'Esprit humain: la personnalité Les Beaux Dimanches / Le Rire de la mer Les Beaux Dimanches / Montréal brûle les planches Le Téléjournal Conversation Le Garage MULHOLLAND DRIVE (2) Le TVA 18 heures Star Académie / Gino Vannelli, Luc De Larochellière, Laurence Jalbert Les Olivier Le TVA / Loteries Familles.(22:58) Pub (23:28) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires / Vie sauvage des animaux.Boston Public UNE JEUNE FILLE À LA FENÊTRE (4) avec Fanny Mallette, Evelyne Rompré HEDWIG (3) avec J.Cameron Mitchell, A.Martin (22:40) 101 misères de stars HEURE LIMITE 2 (5) avec Jackie Chan, Chris Tucker SHAFT (5) avec Samuel L.Jackson, Christian Bale Le Grand Journal (23:06) SECRETS D'ADOS (23:36) News E.T.Barbara Walters / Billy Crystal, Diane Keaton, Matt Le Blanc Oscars Countdown The 76th Annual Academy Awards CTV News .the Oscars A GOOFY MOVIE (5) Dessins animés Cirque du Soleil's Solstrom Sunday Report Venture Mary Walsh Reflections ABC News Homeowner Barbara Walters / Billy Crystal Oscars.The 76th Annual Academy Awards Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case RULES OF ENGAGEMENT (5) avec Samuel L.Jackson, Tommy Lee Jones News NBC News Dateline NBC Law& Order: C.I.(20:06) Law& Order (21:06) Law& Order: C.I.(22:07) News (23:08) .(23:38) Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Grizzlies of Siberia Masterpiece Theatre / Me and Mrs.Jones THE BEACHCOMBER (4) BBC News Wall Street Kids, Cash & Common Sense Masterpiece Theatre / The Forsyte Saga II BBC News CATCH-22 (3) Biography / Oscar DIRTY HARRY (4) avec Clint Eastwood, Andy Robinson Inside the Playboy Mansion La Fièvre des Oscars 2004 Orgueil et Préjugés LE REGARD D'ULYSSE (2) avec Harvey Keitel, Maïa Morgenstern L'Actors Studio /Will Smith Rosie Perez: Bravo! Profile Arts&Minds Shaping Art The Other Side of the Picture SCARFACE (4) avec Al Pacino, Steven Bauer Québec en humour Docu-D / Les dinosaures perdus d'Égypte Sans détour Attaques animales Chasseurs des mers Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale et vieillissement UQAR.Bilan.Technologie.La Formation.Le Monde.Activités physiques.Monster Garage / Diffusion de 12 émissions.Vidéo Guide Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides .(18:20) .(18:45) .(19:10) King (19:35) Disney, I Shrunk the Kids GONE WITH THE WIND (2) avec Vivien Leigh, Clark Gable Everwood STAR WARS: THE PHANTOM MENACE (4) avec Liam Neeson, Ewan Mc Gregor WILLYWONKA AND THE CHOCOLATE FACTORY (4) Global News Global Sunday King of the Hill The Simpsons .Half Men Malcolm.Raymond The Shield .Entertainment Global Sports Trouvailles &Trésors Made in Québec / N.-D.du Cap Série noire / Dieppe JAG DIMANCHE NOIR (4) avec Robert Shaw, Bruce Dern Betrayal / Gerard Bull Hitler: In his own Words (2/2) Crown and Country CAPONE (5) avec Ben Gazzara, Susan Blakely Betrayal / Gerard Bull Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / Patricia Kaas Musicographie / C.Léveillée Week-end de stars / Édith Piaf Week-end./ Jacques Brel Musicographie / C.Léveillée Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus / Coldplay Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Music Box 60 Minutes Extreme Makeover La Caravane .Vietnam JAG Teleritmo BBC News CBC News Inside Media Arctic Winter Games Special Sunday Report Venture The Passionate Eye / The True Story of Black Hawk Down Second Regard Le Téléjournal Le Journal La Part.Zone libre / Maher Arar Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.Ski Mag Sports 30 Hockey junior / Val d'Or - Gatineau Sports 30 Curling / Tournoi des coeurs Scott - finale Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Sexe à New York Les Experts Prime Suspect PITCH (4) Documentaire Trailer Park Boys Mind of.Is Harry on the Boat?(22:40) CSI.(23:40) Relic Hunter V Star Trek: Enterprise TREMORS (5) avec Kevin Bacon, Fred Ward Tremors Sportsnetnews Soccer / Spanish Premiera Liga World Sport Sportsnetnews Sacred Ride Warren Miller Grand Galop .Palmarès Panorama Yparaît que.L'Énigme des Nascas LA BELLE ET LA BÊTE (1) avec Josette Day, Jean Marais Rythmes du monde Sports Disasters Trading Spaces: Family In a Fix Clean Sweep Trading Spaces: Family Sportscentre Hockey / Flyers - Red Wings Sportscentre PGA Golf Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.SO.D.A Journal FR2 Portrait.Campus / La Femme et l'Islam L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox THE MADNESS OF KING GEORGE (3) avec Nigel Hawthorne TRUTH AND CONSEQUENCES Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Célibataires:mode d'emploi Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Dawson Caitlin Montana Jacob Two.Mental Block YTV'S Hit List Trading Spaces: Boys vs Girls GirlZ TV .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Même s'ils sont nés à quelques mois d'intervalle (en 1967 et 1966), Massimo Guerrera et Stéphanie Béliveau n'en semblent pas moins ancrés dans deux civilisations bien différentes.Le premier parle de l'humanité comme d'une grande famille, alors que la solitude règne dans l'univers de la seconde.Des points communs?Leur propre vie est au centre de leur travail et l'assemblage de matériaux leur permet de raconter des histoires complexes et biscornues.Puis, les deux ont réussi, depuis la dizaine d'années qu'ils (s')exposent, à se tailler une place dans deux galeries estimées.Lui, prix Ozias-Leduc 2001 (prestigieuse récompense de 25 000 $) et présent dans les grandes ligues depuis quelque temps (Biennale de Montréal 2000, Musée du Québec en 2002), se retrouve chez Joyce Yahouda.Elle, chez Simon Blais, après une présence régulière mais discrète dans le circuit et avec un prix en poche (le Pierre-Ayot 1997 de la Ville de Montréal).Guerrera, loin de sa dernière cène À la fois artiste de la performance et fabricant d'objets, connu pour sa cantine ambulante et pour ses tapis et ses repas communautaires, Massimo Guerrera prend plaisir à inclure l'autre, ami ou pur inconnu, dans sa création.Lancé en l'an 2000, son projet Porus consistait à passer du temps chez des gens.Pour lui, il s'agissait de comprendre les relations humaines, « d'être plus attentif, écrit-il dans le texte à l'entrée de la galerie, à l'autre et à son environnement ».Dessins, photos et sculptures, l'expo Porus (et quelques espaces-temps partageables) offre tout un éventail du résultat de ces expériences (des napperons ont servi de planche à dessin).L'individu fait partie d'un réseau, et son corps est une surface poreuse destinée à recevoir et à donner.D'où la représentation d'aliments et d'objets aux formes vaguement phalliques ou scatologiques.Si ce n'est pas la première fois que Guerrera couche sur papier sa vision bien particulière de l'humanité, c'est une des toutes premières où son travail matériel est à ce point mis en valeur.Ces objets ne sont pas pour autant sacralisés : le papier a du vécu (il est usé, sali), l'oeuvre se construit de rallonges plus ou moins permanentes, les photos sont des nouvelles versions d'images déjà existantes (dont Je te vois dans mon assiette, subtilement retouchée à l'ordinateur et au crayon).Bref, le geste même de l'artiste pose des questions éloquentes sur le caractère unique d'une pièce.De nature figurative (on y voit des personnages étranges, dans des lieux ambigus et sous une pluie de lignes et de cordons ombilicaux), son art, fortement poétique, reste tout de même près de la matière.Celle-ci, collée, pliée, presque maltraitée, sert aussi de métaphore aux relations humaines.Certaines oeuvres sont à vendre, mais d'autres ne sont pas terminées: Guerrera n'a pas, paraît-il, encore concocté sa dernière cène.Récits et matières Une des peintres les plus prometteuses de sa génération, Stéphanie Béliveau semble enfin être sur la grande route.Pour son premier solo chez Simon Blais, elle a envahi toute la galerie, ou presque, de ses personnages solitaires et de ses mises en scène sombres.L'artiste arrive à multiplier les points de vue.Ses grands formats semblent unir deux oeuvres, deux images presque antagonistes mariant figure féminine et forme abstraite, alors que ses petits tableaux forment un tout, une mosaïque de près de 30 éléments.À l'instar de Guerrera, et même peut-être davantage, Stéphanie Béliveau utilise le matériau comme un élément narratif très riche.S'inscrivant dans une lignée de créateurs ayant fait appel à des objets imprégnés d'un lourd passé, elle puise là davantage une charge émotionnelle que dans les regards tristounets qu'elle peint.Comment ne pas penser, devant la série Femme de carton ou l'immense Le Code secret de ma vie, aux colis et bâches de Betty Goodwin ?Étonnamment régulière dans sa palette (un brun, un blanc noirci, comme sali), Béliveau donne à voir un ensemble hautement dramatique, où les êtres paraissent abandonnés à eux-mêmes.Si la figure humaine domine, son bestiaire (chien, singe, lapin, oiseau) vit tout aussi loin de l'esprit communautaire évoqué par un Massimo Guerrera.Devrait-on les réunir, ces deux-là ?.PORUS (ET QUELQUES ESPACESTEMPS PARTAGEABLES) de Massimo Guerrera, galerie Joyce Yahouda, jusqu'au 27 mars.Info: 514 875-2323.FIGURES ARCHAÏQUES de Stéphanie Béliveau, galerie Simon Blais, jusqu'au 20mars.Info: 514 849-1165.La communauté et sa solitude PHOTO MARTIN LABRIE, GRACIEUSETÉ DE LA GALERIE JOYCE YAHOUDA Un exemple du travail de Massimo Guerrera, tel qu'on peut le voir dans le cadre de l'exposition consacrée à son projet Porus lancé en l'an 2000.3 Quelle actrice du film Les Invasions barbares, réalisé par Denys Arcand, s'est vu décerner le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 2003?4 Quel est le titre de cette adaptation libre de l'histoire de la Corriveau, réalisée par Jean Beaudin et mettant en vedette Gérard Depardieu?5 En quelle année Le Déclin de l'empire américain avait-il obtenu une nomination aux Oscars dans la catégorie « meilleur film étranger »?GÉNI E S EN HERBE #1082 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A-LUNE 1 Quel terme définit la Lune en tant que corps en mouvement orbital autour de la Terre?2 Comment surnomme-t-on les premiers temps du mariage?3 Quel programme américain d'exploration humaine de la Lune permit à douze astronautes d'en fouler le sol de 1969 à 1972?4 Si le lundi est le jour de la Lune, à quel élément du système solaire fait référence le «mardi »?5 Dans la mythologie grecque, elle est la déesse de la chasse et la soeur jumelle d'Apollon.Infatigable, la nuit elle parcourt le ciel, représentant la Lune, alors que son frère symbolise le Soleil.B-SIGLES : ORGANISATIONS INTERNATIONALES Donnez la signification des sigles suivants.1 ACDI 2 OUA 3 ZLÉA 4 OACI 5 UNESCO C-CLÉOPÂTRE 1 Combien de reines d'Égypte ont porté ce nom?2 En compagnie de quel Romain Cléopâtre VII se suicide-t-elle en 30 avant Jésus-Christ?3 Quel personnage de la bande dessinée Astérix porte une affection particulière au nez de Cléopâtre?4 Qui a dit : « Le nez de Cléopâtre, s'il eut été plus court, la face du monde en eut été changée.» ?5 Qui joue le rôle de Cléopâtre dans le film d'Alain Chabat, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre?D-CINÉMA QUÉBÉCOIS 2003-2004 1 Qui est le réalisateur du film Séraphin : Un homme et son péché?2 Lors de quel festival de film indépendant La grande séduction a-t-elle remporté le Prix du public pour le cinéma non américain en janvier 2004?Réalisateur F-GUERRE FROIDE 1 Quel ancien Premier ministre britannique fut le premier à employer le terme « rideau de fer » lors d'un discours en 1946?2 Comment a-t-on appelé les régimes communistes populaires installés en Europe orientale et centrale par l'URSS?3 Quel est ce pays fracturé qui, de 1949 à 1990, a symbolisé la division du monde en deux camps adverses?4 Quel film récent, mettant en vedette Kevin Costner, met en scène l'une des grandes crises de la Guerre froide, la crise des missiles de Cuba?5 Quel mouvement contestataire de cette division du monde prend naissance à Bandoeng en 1955 et compte parmi ses leaders Nehru, Nasser et Tito?E-UNIVERSITÉ 1 Comment appelle-t-on la personne qui dirige une université?2 Quel nom porte celui qui administre une faculté?3 Comment nomme-t-on le réseau constitué des universités américaines les plus renommées telles que Harvard, Yale, Columbia et Princeton?4 Dans quelle ville asiatique retrouve- t-on l'Université des Nations Unies?5 Quelle est la plus ancienne université francophone au Canada?G-DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES 1 C'est en 1953 que la structure de la molécule d'ADN est finalement élucidée; que signifie l'acronyme ADN?2 Quels deux mathématiciens se sont longuement disputés afin de s'approprier la découverte du calcul différentiel et intégral?3 Quel scientifique a été le premier à affirmer que les planètes avaient des orbites elliptiques?4 Quelle découverte valut à Einstein le prix Nobel de physique en 1921?5 Quels deux éléments chimiques furent découverts par Pierre et Marie Curie?H-IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Il naît en 1913 à Mondovi en Algérie.Une bourse lui permet de poursuivre ses études, au lycée puis à l'université d'Alger, où il obtient un diplôme en philosophie.2 Durant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint la Résistance à Paris et sera rédacteur en chef du journal Combat à la Libération.3 En 1957, le prix Nobel de littérature lui est décerné.4 On compte parmi ses oeuvres Le Mythe de Sisyphe, l'Étranger Prix Nobel de littérature en 1957 et la Peste.SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES EN BREF Vox prend la place de peep shows Obligé de quitter le Marché Bonsecours en décembre, l'Espace Vox cherchait depuis à se relocaliser, de préférence sur la Main, là où semble régner un grand engouement afin d'en rehausser la vocation culturelle.Voilà donc que le « centre de l'image contemporaine » (et pas juste de la photographie, comme c'était le cas avant) louera le 1211, boulevard Saint-Laurent, en lieu et place d'un commerce de jeux vidéo et de peep shows, un local voisin du Club Soda, du Monument-National et de la Société des arts technologiques.La grande ouverture est prévue pour le 8 mai, à l'occasion de l'inauguration de la première de deux expos « interrogeant les enjeux de la culture visuelle contemporaine ».Jérôme Delgado, collaboration spéciale 21h Une jeune fille à la fenêtre En 1925, une musicienne, condamnée par la maladie, profite des plaisirs de la vie urbaine.Avec Fanny Mallette.Mordre dans la vie.Aujourd'hui.Télé-Québec, ça change de la télé 14h30 Marie-Nicole Lemieux, une voix humaine Portrait de la jeune contralto québécoise qui a su conquérir la scène internationale.17 h À ladi Stasio Dans les coulisses du fameux bistro L'Express.3161720A . ARTS ET SPECTACLES RÉÉDITIONS Audacieuse Julie London RÉJEAN TREMBLAY rtrembla@lapresse.ca C'est comme le reste.Diana Krall est arrivée, elle a chanté et elle a conquis.Et les fans ont pensé que c'était la première fois qu'une belle fille sexy chantait Cry Me A River.Pourtant, bien avant elle, Julie London avait enflammé les ondes et les coeurs avec des torching songs qui faisaient hérisser le poil sur la peau.Elle était rousse, belle à couper le souffle et chantait d'une voix incroyablement sexy des chansons à double sens qui n'en avait plus qu'un quand elle les avait terminées.Quand Julie chantait My Heart Belongs to Daddy, pas besoin d'un dessin pour savoir ce que daddy ressentait quand sa little girl s'assoyait sur ses genoux.Come on My House était une chanson mignonne quand Rosemary Clooney la chantait.Quand Julie London l'a reprise, on savait fort bien ce qui se passerait dans l'appartement de la chanteuse quand on fermerait la porte.Pour l'époque, c'était l'audace suprême.Une actrice confirmée Julie London, de son vrai nom Julie Peck, est née en 1926 et est morte en 2000, quelques mois après le décès de son mari, partenaire, arrangeur et producteur, Bobby Troup.C'est lui qui a composé la célèbre chanson Route 66 pour Nat King Cole.Elle était déjà une actrice confirmée quand elle a lancé son premier album en 1956, Julie is Her Name, quelques mois après avoir rencontré Bobby Troup.Ce fut un succès instantané.Accompagnée d'une contrebasse et de la guitare du jazzman Barney Kessel, Julie chantait Cry Me A River, la version finale et définitive de la chanson, ainsi que d'autres standards, comme pouvait en chanter Ella Fitzgerald avec un big band ou encore I'M in The Mood For Love.C'était le début d'une longue série d'albums qu'on peut trouver dans la collection Two On One éditée par EMI, qui a racheté Liberty.C'est sulfureux à souhait.Surtout les albums Julie.at Home et Around Midnight ou les deux Julie is Her Name et Julie is Her Name, Vol.2.Si vous préférez des albums plus orchestrés, alors demandez London By Night et About the Blues ou le double avec The End of The World et Nice Girls don't Stay For Breakfast.On peut en trouver quelques-uns au HMV du centre-ville, section jazz, et chez Archambeault, section vocale.Ses plus grands succès Si vous voulez un album de grands succès, vous avez le choix.Dans la collection Wild Cool and Swinging, on offre une vingtaine de ses chansons.Mais l'album est laid et les notes sont insignifiantes.Je vous conseille plutôt The Best of Julie London-Time for Love (Rhino-Capitol).Je possède plusieurs albums vinyle de Julie London.Mon préféré est All Through The Night avec le Bud Schink Quintet.Toutes des chansons swing de Cole Porter.Mais je ne l'ai jamais revu en compact.Si vous aimez des chanteuses comme Krall ou Holly Cole, vous allez adorer Julie London.Et pas rien qu'un peu.Ce n'est pas la plus grande voix au monde mais quand il s'agit de réinventer une chanson, elle est imbattable.Elle préfère un phrasé sur quelques mots contrairement à Sinatra, qui fait swinger toute une phrase, et elle sait extraire tout ce qu'une chanson peut avoir d'adulte derrière des paroles inoffensives imposées par une certaine époque.Les compilations vendues à prix moyen sont bien remasterisées.Vous pouvez les acheter en toute confiance.Il n'y a pas d'attrape.Mais vous allez vous priver du mood des albums originaux.PHOTOTHÈQUE LA PRESSE © Longtemps avant Diana Krall, une belle fille sexy avait chanté Cry Me A River.La rousse Julie London, d'abord connue comme actrice, a lancé son premier album en 1956.On trouve maintenant sur le marché des compilations des succès de cette chanteuse morte en 2000.AVEC L'ENSEMBLE AMATI EN COLLABORATION AVEC 20 h, SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA Réservations : (514) 842-2112 www.ticketpro.ca ou (514) 908-9090 En 1964, Claude Léveillée devenait le premier Québécois à l'affiche à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.Il y revient cette fois pour célébrer ce 40e anniversaire.Ses immortelles LES ARTS LA FINANCIÈRE SUN LIFE PRÉSENTÉ PAR LA FÊTE DE LA LUMIÈRE HYDRO-QUÉBEC HORAIREDES ACTIVITÉS GRATUITES CE SOIR :ANDY WILLIAMS Dès 13 h LA GLISSADE LE LAIT Située directement dans la rue Sainte-Catherine, longue de 25 mètres et haute de 8 mètres.Dès 17 h ASCENSION DE LA MONTAGNE Venez faire l'ascension de La Montagne et accédez à l'observatoire au sommet .Une installation de François Bérubé.18 h 15 LES AVENTURES DE TOM Une création multimédia appuyée d'une bande sonore originale et d'effets spéciaux (présentées à toutes les 30 minutes, jusqu'à 20 h 45) 18 h 30 MISE EN LUMIÈRE DE LA MONTAGNE 500 000 watts de lumière sur une musique originale ! (également à 19 h, 20 h et 20 h 30) 18 h 30 à TURBULENCES, COLLECTIF DES ARTISTES DE RUE 20 h 30 Acrobates, gitans, jongleurs, échassiers, etc.à l'Amphithéâtre Hydro-Québec 19 h 30 FEUX DU CANADA Spectacle de pyrotechnie urbaine 21 h à 23 hD.J.BLEUE DRY Les meilleurs D.J.montréalais vous proposent, les fins de soirées les plus chaudes en ville.21 h à 23 hV.J.La Montagne devient l'instrument des meilleurs V.J.SOIRÉE DE CLÔTURE DU FESTIVAL ! DÈS 18 H30, SUR L'ESPLANADE DE LA PLACE DES ARTS LES PLAISIRS SAQ DES RESTOS À DÉCOUVRIR ! « VILLAGE GLOBAL : LES ANNÉES 60 » FORFAIT MUSÉE ALEXANDRE (514) - 288-5105 LE BEAVER CLUB / FAIRMONT LE REINE ÉLIZABETH (514) - 861-3511 LES HALLES (514) - 844-2328 RENOIR / SOFITEL MONTRÉAL (514) 285-9000 LES 5 à 7 DU FESTIVAL LEMÉAC DE 17 h À 19 h - (514) 270-0999 LE TOUR DU MONDE EN 10 JOURS CHEZ QUEUX DE 17 h À 21 h 30 (514) 866-5194 TRIO DE VINS DE LA VALLÉE DU RHÔNE LE CAFÉ DU NOUVEAU MONDE DE 17 h 30 À 23 h - (514) 866-8669 LES BRUNCHS PARISIENS DES CONTINENTS LES CONTINENTS/ HÔTEL INTER CONTINENTAL MONTRÉAL À 10 h 30 ET 13 h 30 (514) 847-8729 BRUNCH NORDIQUE ET PISCINE ALASKA LA BOURGADE/HÔTEL HILTON MONTRÉAL BONAVENTURE À 11 h 30 (514) 878-2332 CLAUDE LÉVEILLÉE ET ROBERT LEPAGE EX MACHINA EN COLLABORATION AVEC LE FESTIVAL MONTRÉAL EN LUMIÈRBEBTuskheer's Opera The SUPPLÉMENTAIRES LES 5ET6MARS EN VENTE MAINTENANT CE SOIR, 4, 5 ET 6 MARS, 20 h Spectrum de Montréal Aménagé en gradins (sièges réservés) Présenté en anglais avec sous-titres français Réservations : www.ticketpro.ca ou (514) 908-9090 Représentations reportées : 20 février remis au 4 mars, 21 février remis au 29 février.Remboursement ou échange pour autres représentations au Spectrum, 318, rue Sainte-Catherine Ouest, avant le 4 mars.Renseignements : (514) 288-9955 © Érick Labbé LE GRAND FEU DE CLÔTURE DÈS 18 H 30 LES AMUSEURS PUBLICS LOTO-QUÉBEC SERONT DE LA FÊTE POUR DISTRIBUER QUELQUE 25 000 BÂTONS LUMINEUX AUX FESTIVALIERS POUR UNE PHOTO DE GROUPE.CE SOIR À 19 h 30, SUR LE SITE DU FESTIVAL RENSEIGNEMENTS : (514) 288-9955 1 888 477-9955 www.montrealenlumiere.com www.ticketpro.ca CE SOIR QUELQUES BILLETS ENCORE DISPONIBLE ! ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE SIGNÉES GRATUIT -CESOIR VENEZ EN GRAND NOMBRE ! 3210439A THÉÂTRE Louisiane Nord Insaisissable nowhere ÈVE DUMAS CRITIQUE Louisiane Nord est une de ces pièces qui se laisse difficilement épingler et fixer dans un sens unique.Elle nous coule entre les doigts.Pour bien apprécier l'univers de François Godin, calme et perméabilité sont de mise.La pureté du climat installé par Claude Poissant produit dès les premières minutes un effet apaisant.La musique très minimaliste de Ludovic Bonnier y est pour beaucoup.Entre les tableaux, quelques accords de guitare un peu blues accompagnent le temps qui passe.Un temps tout aussi indéfini et indéfinissable que le reste.Les cinq personnages sont tous orphelins de quelqu'un ou de quelque chose.Ils se retrouvent, en transit, sur un petit lopin vague.Parce que les éclairages sont d'abord chauds et caressants, on imagine un bord de mer plaisant.Mais en y regardant de plus près, on voit que le béton a recouvert ce qui restait de sable et de rêves.Pour offrir un point de comparaison, disons que la pièce de François Godin peut rappeler une chanson des Beatles : Nowhere Man.Assis dans leur nowhere land, ne sont-ils pas un peu comme vous et moi ?Louisiane Nord est une petite bourgade d'Amérique comme bien d'autres.Lyne (Louise Bombardier) et Madeleine (Marie- France Lambert) y reviennent, comme en pèlerinage.Liliane (Émilie Bibeau) et Jimmy (Olivier Morin), 16 ans, n'ont jamais connu autre chose.Fraser (Vincent Leclerc), pour sa part, y a un intérêt immédiat, mais aucun attachement particulier.Arrivés à un carrefour de leur vie, les personnages sont tous en quête d'ébranlement.Les jeunes regardent devant : la sensuelle Liliane sans grande ambition, Jimmy, nerveux et agité, avec la volonté de fuir à tout prix ce bled perdu.On ne peut dire, toutefois, que jeunesse est porteuse d'espoir.L'auteur ne tombe pas dans ce piège-là, heureusement.Madeleine et Lyne, de par leur âge plus avancé, sont déjà plus porteuses de nostalgie.La première, froide et stoïque, est infirmière et dans l'attente d'un poste au mystérieux Manoir Resort.L'autre, amère et renfrognée, travaille en garderie.Au centre de ce quatuor se trouve notre Teorema.Comme celui de Pasolini, qu'interprétait Terence Stamp en 1968, Fraser est un jeune séducteur par qui le changement et l'éveil à soi-même arrivent.Sanatorium de luxe ou mouroir, le Manoir Resort ?Sauveur ou asservisseur ?À chacun sa vision des choses.Volontairement indécise et imprécise, Louisiane Nord accumule les flous.On pourra y voir une référence à la fragilité de notre sentiment d'appartenance sociale, politique et même familiale.La langue très particulière de François Godin, maîtrisée avec naturel par les acteurs, n'est pas imperméable à l'anglais, ce qui reconduit l'idée d'ambivalence culturelle.À l'instar de la vie, les mouvements du texte sont lents et microscopiques, tant dans l'action que dans la transformation très germinative des personnages.C'est à se demander s'il s'est vraiment passé quelque chose pendant l'heure et demie que dure cette parenthèse remplie de sensations.Le sens, lui, se déposera lentement si on lui fait un peu de place.LOUISIANE NORD de François Godin.Mise en scène: Claude Poissant.Avec Émilie Bibeau, Louise Bombardier, Marie-France Lambert, Vincent Leclerc et Olivier Morin.Décor: Simon Guilbault.Costumes: Maory Gastelo.Musique: Ludovic Bonnier.Éclairages: André Rioux.Maquillages: Florence Cornet.Mouvement: Suzanne Trépanier.Une production du Théâtre PàP présentée au Théâtre Espace Go jusqu'au 20mars.CHIROLOGIE CLAIRVOYANCE PARANORMAL MÉDITATION SPIRITUALITÉ RÉINCARNATION LIVRES MÉDIUMS ASTROLOGIE SANTÉ HEALING AURAS TAROT 39e SALON INTERNATIONAL DE l'ÉSOTÉRISME de Montréal Prix d'entrée : Adultes : 9 $ Aîné(e)s : 6 $ (Taxes incluses) 5 mars 16 h - 23 h 6 mars 11 h - 22 h 7 mars 11 h - 19 h Conférences et démonstrations MARCHÉ BONSECOURS 350, rue St-Paul Est Vieux-Montréal P Champ-de-Mars Édifice Chaussegros-de-Léry Vieux-Port de Montréal Michael Moore Tous aux abris ! © Robbie Jack/Corbis/MAGMA L ' ARME DE DÉRISION MASSIVE Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l'Arme de Dérision massive, il s'attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam.Essai Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Saint-Upéry 304 pages 25,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca 3209012A Katerine Caron Geneviève Lauzon Anne-Marie Savoie Gregory Lemay Alain Laferrière Julie Hivon CHANTAL GUY ET ALEKSI K.LEPAGE COLLABORATION SPÉCIALE Dans l'abîme du temps VICTOR-LÉVY BEAULIEU COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir JEUNES en page 10 \u203a Voir TEMPS en page 12 LA P R E S S E MONTRÉAL DIMANCHE 29 F É V R I E R 2004 L E C T U R E S 9 VICTOR-LÉVY BEAULIEU S'INQUIÈTE SONT SI SEULS NOS JEUNES n 1969, Jacques Ferron disait de notre littérature qu'elle était en état d'ébullition parce qu'étaient nombreux les jeunes romanciers et nouveaux les discours qu'ils tenaient dans leurs ouvrages.Contrairement à leurs aînés, cette génération s'appropriait tout l'espace du pays québécois: on voyageait hardiment dans nos provinces, de la Gaspésie au Saguenay, de l'Abitibi à la Côte-Nord, de Montréal à Québec, de Trois-Rivières à Beaubassin.On nommait, on décrivait, on revendiquait, on brassait des idées et des émotions comme on n'en avait pas eu d'exemples jusqu'alors dans notre littérature.Ce n'était pas seulement une question de fond, mais de formes aussi.De la même façon qu'on s'appropriait tout l'espace québécois, on en expérimentait aussi toutes les possibilités de langage.On écrivait dans la foulée du nouveauromanfrançais, on sesustentait de Michel Butor et de Claude Simon, on empruntait chez William Faulkner et chez Jack Kerouac.Pour la première fois, notre littérature se donnaitdustyle.Etpour lapremière fois aussi, elle faisait du Québec luimême le centre du monde.Cette littérature-là était écrite par Louis Gauthier, Jean-Marie Poupart, Pierre Turgeon, Michel Beaulieu, Jacques Benoît, Roch Carrier, Paul Villeneuve, Jacques Poulin ou Charles Soucy, tous des écrivains de moins de 30 ans.Bien sûr, les grandes préoccupations de l'heure, les collectives comme les individuelles, étaient au rendez-vous: du terrorisme à l'indépendance du Québec, du refus de la famille nombreuse à la pauvreté d'argent et de culture, de la contestation de la ruralité au questionnement de la ville, de la religion à la sexualité, on tenait à parler de tout, à ouvrir tous les placards pour que les squelettes en sortent.Et il en sortit beaucoup, dans un foisonnement qui rendit notre littérature enfin contemporaine par rapport à celle du monde entier.AU MONDE énigmatique 29 février devrait être sacré Journée internationale du néant ou encore Jour mondial du vertige métaphysique.On ne vous expliquera pas en long et en large comment et pourquoi exactement on se retrouve tous les quatre ans avec ce mystérieux 24 heures en prime.Profitons justement de ce temps\u2014perdu ou retrouvé \u2014 pour nous livrer à l'exercice de la rêverie philosophique.Enfin, qu'est-ce que le temps?Avec quoi c'est fait?Et où peut-on s'en procurer de bonne qualité?Ceux qui sont nés un 29 février sont-ils un peu plus proches de l'éternité?Et nous, mourons-nous moins jeunes?Voici, pour rien, quelques citations, pensées et anecdotes à propos du temps\u2014celui qui passe ou qui reste \u2014piochés ici et là dans le merveilleux monde de la littérature.Eh! C'est dimanche en plus! On a vraiment tout notre temps, sachons le perdre avec élégance.«Laisse-moi dormir.Qui sait si nos jours de sommeil ne sont pas comptés!», dit l'oncle Mustapha à son agaçant neveu dans Les Fainéants dans la vallée fertile, d'Albert Cossery, qui fait souvent dire à ses paresseux personnages que, contrairement à ce que pensent les affairés, «la vie est longue!» Bien avant la compagnie Muzak, Érik Satie avait imaginé ce concept de musique d'ameublement, faite «pour qu'on ne l'écoute pas» et pour remplir du temps.La pièce Vexation doit idéalement être jouée par l'interprète 840 fois de suite, pendant 12 ou 24 heures selon le tempo choisi.Rober Racine, qui fait dans les arts visuels mais est aussi romancier, avait choisi la version longue.Pour tuer le temps, n'ayant rien à se dire qui soit un peu intéressant, les fameux Voisins de Claude Meunier échangent d'ineptes banalités.Au cours d'une soirée assez ennuyeuse, après un long silence gêné, l'hôtesse, pour briser la glace, dit à ses invités: «Hou.Ça fait du bien de pas parler deux minutes.» Un dimanche 29 février n'arrive qu'une fois tous les 28 ans.Lectures vous offre donc un cahier différent, un peu hors du temps.Ainsi, Victor-Lévy Beaulieu se penche sur les premiers romans d'écrivains de moins 30 ans.Sa réflexion suscitera la controverse, bien évidemment.Marie-Claude Fortin profite de ce congé pour voir ce que propose, au juste, la Fédération du loisir littéraire.Et vous verrez, avec Gilles G.Lamontagne, que Claude Gauvreau n'a pas de fond.L' LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter LE CIRQUE DU SOLEIL SUCCESS STORY PAGE 12 LECTURES Nos jeunes sont si seuls au monde JEUNES suite de la page 9 Trente-cinq ans plus tard, de quel univers rend compte la quinzaine de romanciers québécois dont les éditeurs ont publié récemment un premier ouvrage ?Peut-on y voir une continuité avec la fin des années 60 ou bien une cassure avec l'imaginaire que la Révolution tranquille a libéré ?Geneviève Lauzon, Anne-Marie Savoie, Anick Fortin, Marie-Hélène Poitras, Myriam Beaudoin, Alexandre Laferrière, Jean-François Lanseigne, Grégory Lemay, Katerine Caron, Stéphane Dompierre, Hélène Guy et Julie Hivon, qui sont tous dans la vingtaine, de quoi parlent-ils et comment en parlent-ils ?Voyons voir d'abord du côté des ancêtres.Vers la fin des années 60, les grands-pères étaient omniprésents dans la jeune littérature québécoise puisque, selon le titre même d'un roman de Roch Carrier publié en 1969, Il n'y a pas de pays sans grands-pères.Symboles de la plus haute autorité, les grands-pères représentaient la pérennité de la société québécoise et sa sagesse; ils remplaçaient les pères occupés à bâtir le pays ; ils accompagnaient les petits-fils dans leur apprentissage du monde en faisant le lien entre la société traditionnelle et la nouvelle que paraissait alors vouloir fonder le mouvement indépendantiste.Trente-cinq ans plus tard, les grands-pères ont complètement disparu du paysage de la jeune littérature, ils n'existent plus, même dans le simple souvenir.C'est désormais la grand-mère qui prend toute la place.Bien que parfois de loin, elle veille sur sa descendance, elle la conseille mais, surtout, elle la pourvoit d'argent et de nourriture.Ses rapports avec la jeune génération sont donc d'abord d'ordre trivial et dénués de toute symbolique: la grand-mère n'est qu'une passeuse de biens matériels, on ne fait pas appel à elle, ni pour sa sagesse ni pour sa puissance initiatique, comme c'était le cas pour les grands-pères de la fin des années 60.Pourquoi?Depuis 1969, la famille québécoise n'est plus ce qu'elle a été, ne serait-ce que pour le nombre de ses membres.D'une douzaine d'enfants, on est passé à un maximum de trois par famille, ce qui a eu une incidence énorme sur la parentèle : fini ce temps des mononques et des matantes parmi lesquels on en trouvait toujours quelques-uns si pittoresques qu'ils pouvaient remplacer un père manquant, ne serait-ce que pour le temps de l'adolescence.À la recherche de frères et soeurs Autre phénomène nouveau, qui a modifié aussi considérablement le paysage : la démocratisation du divorce et ses conséquences, notamment le problème de la garde des enfants.En 1969, les enfants étaient presque automatiquement confiés à la mère, le père n'obtenant souvent qu'un droit de visite, parcimonieux quant à sa fréquence.Forcé malgré lui-même de tenir un rôle de simple pourvoyeur, le père n'a pas vécu au même rythme que sa progéniture : de géniteur, il est devenu un simple étranger par-devers ses enfants.D'où sa presque totale absence dans les premiers romans de notre nouvelle littérature.Et quand on l'y rencontre, le portrait qu'on en fait est proprement hallucinant : dans le mieux des choses, le père est un fieffé égoïste qui a coupé tous les ponts affectifs avec ses enfants ; dans le pire de la description, c'est un alcoolique, un batteur de femmes et d'enfants, une brute à tête de linotte.S'il s'en trouve tout de même un que ses enfants aiment, il ne leur laissera pas le temps d'en profiter, un accident d'automobile, une crise cardiaque ou un cancer le déportant trop rapidement du côté du royaume des Ombres.Ceux qui croient que le matriarcat est une réalité périmée dans la société québécoise feraient bien de lire les premiers romans de nos jeunes romanciers : un choc culturel les y attend.Dans ce monde où les pères n'existent pas, on comprend que les mères prennent parfois tant de place qu'on rêve de les tuer, mais pas trop vite quand même puisqu'elles sont nourrissantes.On s'arrange donc pour les cannibaliser le plus longtemps possible avant de penser au meurtre propitiatoire.Et la mère n'y voit rien de répréhensible puisque elle-même vit mal l'échec de son mariage, essayant de le sublimer en faisant carrière et en changeant d'amants au gré de ses humeurs.De quoi comprendre que les enfants se sentent abandonnés aussi bien par leur père absent que par leur mère omniprésente.Mais il y a pire : carencés affectivement, les enfants devenus adolescents, puis adultes, n'arrivent pas à juguler cette blessure fondamentale, ils restent pris avec, ce qui rend infirmes leurs rapports amoureux et bancale leur appartenance au milieu social, politique et culturel québécois.Ils n'échangent ni avec les plus jeunes qu'eux ni avec leurs aînés.Ce qu'ils cherchent d'abord, ce sont des frères et des soeurs qui leur ressemblent comme une goutte d'eau à une autre ; ceux et celles qui n'entrent pas dans le cercle de leur affectivité atrophiée sont immédiatement rejetés.On vit donc dans de petits appartements du Plateau Mont-Royal dont on ne sort presque jamais.Un simple aller à Pointe-aux-Trembles est considéré comme un voyage au bout du monde.On abhorre tout ce qui ressemble de près ou de loin à la campagne parce que l'espace fait viscéralement peur et qu'il est plein de bêtes hostiles et cauchemardesques.Pour ne pas avoir à affronter la solitude, on boit, on fume, on drague dans les bars, on tombe amoureux de garçons ou de filles pour des raisons aussi innocentes que leurs beaux yeux ou leurs belles fesses.On leur fait l'amour à l'avenant, l'autre n'étant qu'un sexe interchangeable que vous pénétrez ou qui vous pénètre.Il n'y a pas de discours amoureux étant donné qu'on est privé de toute affectivité.Aucune relation ne peut donc durer.Plutôt que d'avoir à l'assumer, on rompt ou bien on se suicide.Certains jeunes auteurs poussent à son bout cette logique : étant donné qu'on est tous frères et soeurs dans cette société réinventée, les tabous n'ont plus aucun sens.On peut donc faire ménage avec les propres membres de sa famille du moment qu'ils ont à peu près le même âge que soi.Ainsi le frère réel peut-il faire un enfant à sa soeur réelle et ne pas s'en sentir coupable : le seul amour possible, ce sont eux qui le portent.Quand, en accouchant, la soeur réelle mourra, son frère de sang, enfin devenu un homme, fera comme tous les pères québécois : il s'escamotera de l'histoire.L'enfant sera élevé par des amis.Plus de grands-mères ni de grandspères, plus de mère ni de père, plus aucune famille véritable: le noyau n'est pas seulement qu'éclaté, il n'existe tout simplement plus.Le Québec absent Tout le monde ne vivant pas sur le Plateau Mont-Royal, qu'en est-il de ses histoires, et telles que les racontent les jeunes romanciers québécois Ces personnages-là viennent principalement du milieu petit-bourgeois : leurs parents roulent dans de rutilantes voitures, sont ingénieurs, médecins, professeurs, écrivains, peintres ou comédiens, et ne vivent que rarement ensemble, leur travail les amenant souvent à l'étranger.Si certains forment toujours un couple, ce n'est que pour des raisons de commodité, principalement d'argent.Leurs enfants n'en manquent d'ailleurs jamais, ce qui leur permet entre autres de poursuivre leurs études aussi longtemps qu'ils le désirent.Évidemment, la majorité d'entre eux choisissent les communications, généralement par souci utilitaire : quand on aspire à devenir écrivain (ce qui est presque tous leurs cas), les contacts qu'on peut avoir comptent autant que l'écriture elle-même.Ça n'empêche quand même pas cette jeunesse-là d'être aussi malheureuse que celle qui vit sur le Plateau Mont-Royal car elle aussi souffre d'une affectivité atrophiée.La seule différence, c'est qu'étant plus riche, elle peut y répondre autrement, par la fuite à l'étranger.On voyage donc beaucoup dans cette jeune littérature-là, non pas au Québec dont on ne différencie pas la Gaspésie de la Matapédia, mais au Guatemala, au Mexique, en Inde et dans presque tous les pays d'Afrique.La France et la Grande-Bretagne y sont ignorées, peut-être parce que la première a donné naissance à un Québec dont on a rien à faire, et la deuxième parce qu'elle fait partie d'un monde par-devers lequel, même inconsciemment, on se sent opprimé.Quoi qu'il en soit, le Québec comme pays, nation et société est tragiquement absent des premiers romans de notre jeune littérature.Dans plusieurs d'entre eux, on ne prend même pas la peine d'en nommer les lieux: il y a la ville indéfinie, le quartier et la rue, indéfinis aussi.On pourrait être n'importe où ailleurs qu'au Québec, ce qui serait sans doute vrai s'il n'y avait pas malgré tout la loi du sang qui oblige à un certain ancrage.Pas d'expérimentation langagière Dans les premiers romans de la jeune littérature, les personnages ont souvent un livre à la main, presque toujours étranger et jamais très récent : Camus, Bukowski, Salinger ou Kundera.La littérature québécoise, connaît pas.Ça explique sans doute pourquoi nos jeunes romanciers, par ailleurs de prétention si peu conformiste, le sont autant avec le langage.La phrase est généralement simplette, formée d'un sujet, d'un verbe et d'un complément, de sorte qu'on ne différencie pas vraiment le style d'un auteur de celui d'un autre.En fait, on y reconnaît davantage la signature de la maison d'édition que celle de l'auteur, sans doute parce que les manuscrits sont confiés aux mêmes réviseurs qui, comme on sait, ont la fâcheuse habitude de se prendre, eux, pour d'authentiques écrivains.Ne cherchez donc pas de véritables expérimentations langagières dans les premiers romans de la jeune littérature.Vous aurez plutôt l'impression d'un retour aux années 50 quand le romancier d'ici rêvait d'écrire un jour convenablement en français.Anatole France plutôt que Michel Butor, William Styron plutôt que William Faulkner, Léo-Paul Desrosiers plutôt que Jacques Ferron.Ce n'est pas ce qui peut réveiller en soi le génie de sa langue, peu s'en faut ! Bien d'autres choses seraient à dire sur ces premiers romans de notre jeune littérature puisqu'ils nous posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses.Ce dont ils rendent compte ne cesse toutefois pas de m'inquiéter: une telle déstructuration du tissu familial, social, culturel et politique est-elle irréversible ?Un tel enfermement, dans pareille réduction de l'espace-temps québécois, n'est-il qu'un épiphénomène de notre béance collective, grossi par la lunette de l'imaginaire, ou représente- t-il la nouvelle vérité d'une société en train de s'effondrer ?Si les jeunes romanciers disaient vrai, nous ne serions même plus, selon le mot de Jacques Ferron encore, des complices dans un semblant de pays, mais des débris d'humanité déraisonnables parce que devenus totalement déraisonnés.BIBLIOGRAPHIE Les premiers romans de la jeune littérature: Beaudoin, Myriam.Un petit bruit sec, Tryptique, 2003 Caron, Katerine.Vous devez être heureuse, Boréal, 2004 Dompierre, Stéphane.Un petit pas pour l'homme, Québec Amérique, 2003 Fortin, Anick.La Blasphème, Trois-Pistoles, 2003 Guy, Hélène.Amours au noir, XYZ, 2000 Hivon, Julie.Ce qu'il en reste, XYZ, 2000 Laferrière, Alexandre.Début et fin d'un espresso, Tryptique, Lanseigne, Jean-François.Orages, VLB, 2003 Lauzon, Geneviève.Un amour de soeur, Lanctôt, 2002 Lemay, Grégory.Le sourire des animaux, Tryptique, 2003 Poitras, Marie-Hélène.Soudain le Minotaure, Tryptique, 2002 Savoie, Anne-Marie.Ego, Lanctôt, 2003 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Victor-Lévy Beaulieu, en 1969.On vit donc dans de petits appartements du Plateau Mont- Royal dont on ne sort presque jamais.Un simple aller à Pointe-aux-Trembles est considéré comme un voyage au bout du monde.Réagissez à cette chronique Vous trouvez que Victor-Lévy Beaulieu exagère ou qu'il a frappé juste ?Vous pensez que c'est un vieux schnock trempant dans un bain de nostalgie?Vous êtes un jeune écrivain, un jeune lecteur, un écrivain mûr, une lectrice engagée?Faites-nous connaître votre opinion en envoyant votre lettre à : clubdelecture@lapresse.ca ou à Jocelyne lepage, La Presse, 7, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, H2Y1K9.Nous rendrons compte, dans Lectures et sur le site du Club de lecture La Presse: (www.cyberpresse.ca/arts) de ce que vous nous aurez écrit.L'opinion la plus percutante vaudra à son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies Renaud- Bray.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Jacques Hébert, éditeur (à gauche) et Jacques Poulin.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Jacques Benoît, en 1967.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Jean-Marie Poupart, en 1969.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Michel Beaulieu, en 1969. LECTURES JEUX DE MOTS Écrire pour le plaisir MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE «Po u rquo i é c r i v e z - vous ?» À cette question à 100 $, il y a eu de nombreuses réponses célèbres, dont le fameux « bon qu'à ça » de Becket, passé à l'histoire.Drieu la Rochelle disait écrire pour « devenir riche et célèbre ».Paul Valéry, « par faiblesse et par distraction » ; Borges, « pour quelques amis et pour adoucir le cours du temps », Stephen King, « pour rester sain d'esprit.».Quant à Anna Gavalda, l'auteure de bestsellers avouait écrire parce que « c'est le moyen le plus agréable que j'aie trouvé pour gagner ma vie.J'avais bien essayé le mariage, mais ça n'a pas marché ! » « Pourquoi écrivez-vous ?» Les membres de la Fédération québécoise du loisir littéraire répondraient sans doute tout simplement: « Pour le plaisir ! » Car l'écriture peut être une activité ludique, un passe-temps, un « hobby », bref, un loisir.C'est cette notion qui était à la base de l'organisme fondé par une religieuse, soeur Rose de l'Assomption, en 1962.Basé alors sur le modèle des Jeunesses littéraires françaises, les Jeunesses littéraires du Canada français, comme on les appelait à l'époque (avant de devenir les Jeunesses littéraires du Québec puis la Fédération québécoise du loisir littéraire), organisaient, dans les collèges, toutes sortes d'activités autour de l'écriture.Jusqu'au jour où l'organisme, victime des bouleversements du milieu de l'éducation, au début des années 70, se voit obligé de sortir des écoles.Aujourd'hui, la FQLL, membre du regroupement Loisir Québec et du Conseil québécois du loisir, est en pleine expansion.Thérèse Duvieusart, présidente et directrice générale « bénévole », tient-elle à préciser, est celle qui a donné son envol à une entreprise qui battait sérieusement de l'aile à la fin des années 90.Aujourd'hui, on compte près de 600 membres.On publie cinq fois par année un Bulletin, et deux fois l'an (bientôt trois, espère la présidente), la Revue du loisir littéraire où l'on trouve des textes écrits par des membres.On organise, bon an mal an, une quinzaine d'ateliers répartis sur deux ou trois rencontres (le coût de l'inscription varie entre 45 $ et 80 $.) Comment écrire Comment écrire un portrait ou des dialogues ; comment créer un héros pour la jeunesse; scénariser, écrire un bon roman ou un récit historique ; travailler son style ou écrire pour les magazines ; autant d'ateliers donnés par des professionnels dont, entre autres, Aline Apostolka (L'Homme de ma vie), Danielle Roger (Le Manteau de la femme de l'Est), ou Natasha Beaulieu (L'Ange écarlate).La recrue des éditions Alire (dont l'anniversaire est le 29 février !) y donne un atelier sur l'écriture de nouvelles.«J'ai commencé à l'automne 2002, explique Natasha Beaulieu.J'adore ça ! Je parle de ce que j'aime, de ce qui m'enthousiasme.En général, les ateliers sont assez structurés, poursuit l'auteure, mais j'aime bien, à la première rencontre, prendre le temps de voir quel genre de groupe j'ai, quels sont les intérêts des membres et leurs goûts.» L'an passé, le journaliste et auteur André Ducharme (L'Homme en morceaux) a donné un atelier sur l'écriture journalistique.« Le local n'était pas idéal (sans fenêtre, au Stade olympique), les participants venaient d'horizons vraiment différents, donc leurs attentes étaient très diverses, ce qui a compliqué un peu mon choix de matière, mais je crois que chacun y a trouvé son compte.J'ai particulièrement apprécié leur écoute, leur entrain au travail \u2014 je donnais beaucoup d'exercices à faire \u2014 et leurs commentaires sur la pratique journalistique au Québec.Ils étaient une dizaine : la classe parfaite ! » « Il y a toutes sortes de participants, explique Anne-Marie Pelletier, coordonnatrice de l'organisme.La majorité sont des femmes.On a des membres très fidèles, qui paient leur cotisation année après année.On en a d'autres qui viennent ponctuellement, pour une activité en particulier.» Les ateliers les plus populaires?«Écrire un bon roman ; écrire pour les magazines ; le dialogue ; la nouvelle; énumère Mme Pelletier.Mais chaque année, c'est différent.» Lire, dire, écrire Parmi les participants aux ateliers, il y a ceux qui viennent vraiment pour le plaisir, ajoute Natasha Beaulieu, il y a des jeunes pleins d'ambition, d'autres qui viennent, par curiosité, voir ce dont ils sont capables, ou pour extérioriser des choses qu'ils ont vécues.Et il y a ceux qui ont toujours rêvé d'écrire mais n'avaient pas le temps, et qui sont maintenant à la retraite.» C'est le cas de Lucie Roberge, membre de la Fédération depuis un peu plus de quatre ans.« J'ai toujours aimé mettre mes réflexions et mes émotions sur papier, raconte-t-elle, mais je n'avais jamais écrit sérieusement.Jusqu'à ce que je m'inscrive à mes premiers ateliers.J'y suis allée pour avoir une base.En atelier, il y a quelque chose qui se passe, on dirait que les idées viennent, comme si elles flottaient dans l'air.Je n'ai jamais d'angoisse de la page blanche quand je travaille en groupe ! Et je crois que mes meilleurs textes, c'est en atelier que je les ai écrits.« Nous avons trois mots d'ordre, résume Thérèse Duvieusart : lire, dire, écrire.» Ainsi, outre les ateliers d'écriture, il y a les soirées « Je vous entends écrire », ouvertes aussi aux non-membres, où les gens se rencontrent pour discuter lecture et écriture ou lire leurs textes devant public, en présence d'un auteur invité.Des réunions qui se terminent par « un concours amical de dictée » ! Au mois de mai, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal (le prix de l'inscription inclura une visite de l'exposition Jean Cocteau), on offrira des ateliers d'écriture créative s'inspirant des oeuvres de la collection du musée, animés par Natasha Beaulieu.Le 10 mars, au Centre culturel Calixa- Lavallée, un spectacle littéraire intitulé Vertiges (dont fait partie Lucie Roberge) sera présenté sous la présidence d'honneur de Bruno Roy, écrivain et président de l'Union nationale des écrivaines et écrivains du Québec.Et comme chaque année, la FQLL organise un concours littéraire.Le thème de cette année : Les Yeux d'un rêveur.Les règlements du concours se trouvent sur le site de l'organisme : 206.167.20.246/fqll/ index.html.Mais aussi sur les couvercles de 48 000 pots de yogourt Liberté, gracieuseté de la compagnie ! Bref, la FLLQ a le vent dans les voiles.L'objectif de sa présidente ?Atteindre les 1000 membres, et continuer d'étendre les activités aux régions.Pour devenir membre, il en coûte annuellement 35 $ (30$ pour l'âge d'or, et 22$ pour les étudiants de 15 à 25 ans), soit à peu près le prix d'un bon roman.P.S.: La semaine dernière, dans l'article intitulé La littérature d'Haïti vue d'ici, nous vous parlions des éditions Mémoires d'encrier, dirigées par Rodney Saint Éloi.En plus des titres qu'elle publie, Mémoire d'encrier diffuse bon nombre de livres jusqu'ici introuvables, dont la fameuse trilogie de Marie Chauvet, Amour, colère et folie (éditions Voix de femmes), autrefois publiée chez Gallimard, mais dont les droits avaient été rachetés par le mari de l'auteure, un pro-Duvalier qui n'acceptait pas que le roman de sa femme dénonce le régime de Papa Doc.Pour qui chercherait des titres rares ou voudrait s'informer sur les activités de Mémoires d'encrier, voir le site : www.memoiredencrier.com.P.P.S.: La série des Studios littéraires présentée depuis janvier par le Studiothéâtre de la Place des Arts se poursuit.Dans le prochain spectacle, Les Écrivains et la Terre, présenté le 10mars, des auteurs parleront des rapports qu'ils entretiennent avec « la planète bleue », » le type d'attention qu'ils lui portent, ce qu'elle leur inspire dans la pensée, la méditation, la rêverie ».Les écrivains Robert Lalonde, Yvon Rivard et Suzanne Robert participeront à cette soirée animée par Stéphane Lépine.Billetterie : (514) 842-2112 / 1 866 842-2112 / www.pda.qc.ca PHOTO PIERREMCCANN, LA PRESSE Thérèse Duvieusart et Anne-Marie Pelletier, respectivement PDG « bénévole » et coordonnatrice de la Fédération québécoise du loisir littéraire.Natasha Beaulieu (L'Ange écarlate), recrue des éditions Alire, donne un atelier sur l'écriture de nouvelles.La vie est un pèlerinage Voici la lettre gagnante du Club de lecture pour le mois de février où le livre soumis à votre attention était Tout ce que ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants, du pédopsychiatre Marcel Rufo.Vos commentaires ont été dans certains cas, féroces, en particulier ceux de Mme Carmen Moral- Suarez qui signe quasiment un manifeste contre tous ces psys qui finissent par empoisonner la vie des parents.Nous vous invitons à la lire sur cyberpresse.ca/arts, à la rubrique Club de lecture, Lettre des lecteurs.Rappelons que le livre du mois de mars est Le Survenant, de Germaine Guèvremont, un roman qui refait surface depuis que l'on sait qu'il sera transposé au cinéma.On peut le trouver en format de poche.BENOÎT COURTOIS J'ai pris connaissance des propos du Dr Marcel Rufo avec amusement.Avec sérieux aussi.Pour moi, le discours du Dr Rufo sert à me situer en tant que parent (ici, lire père).Il favorise le questionnement, l'ouverture d'esprit et valorise le parent que je suis dans des situations de vie tout à fait contraires à celle prônées ou décriées par le personnage.Bref, la polémique ou la controverse qu'il suscite stimule le débat et la réflexion.C'est déjà beaucoup.« Le besoin supposé d'explications détaillées et techniques, c'est une vision de l'adulte qui a oublié son enfance.» Voilà une des phrases- clés, à mon sens, du Dr Rufo.Trop souvent malheureusement, le parent s'approprie la mécanique émotionnelle de l'enfant pour la faire sienne, pour « corriger » ses propres déficiences.Inconscient de pénétrer dans une bulle qui ne lui appartient pas, le parent annule l'enfant en tant qu'être humain autonome et libre pour tenter d'en faire un « clone ».Il est certes louable de vouloir le meilleur pour sa progéniture, mais c'est un peu oublier que la vie est une aventure, une succession de découvertes que l'on doit faire soi-même.Des balises oui, une marche à suivre stricte et rigide, non ! La vie est un pèlerinage, une quête intime destinée à se rencontrer soi-même, un chemin personnel dans un contexte social.Alors ici, les propos du pédopsychiatre me rejoignent sans me heurter.Par contre, le Dr Rufo fait des postulats un peu gros.Quand, par exemple, il s'élève contre la garde alternée, manifestement, il n'a pas rencontré de gens, ou d'enfants pour lesquels ce compromis s'avère le meilleur.« Les enfants ont besoin de leurs deux parents et d'une seule maison.» C'est quoi une « maison » monsieur Rufo ?Quatre murs physiques ?La maison, nous la portons en nous.La maison doit nous habiter bien plus que l'on doit l'habiter.Mes enfants sont en garde alternée et la relation avec la mère est exceptionnelle.Nous n'avions plus d'amour « conjugal » l'un pour l'autre et poursuivre la relation n'aurait servi qu'à construire un environnement faux à nos deux enfants.Qu'ils soient chez maman ou papa, nos rejetons reçoivent de l'amour, des tonnes, et le lieu physique où ils se trouvent est devenu bien secondaire.Ils s'épanouissent admirablement.Ils sont forts aussi.La vie est une aventure monsieur Rufo, la planification à outrance, c'est pour les bouquins ! Quand on connaît les ravages que peut faire l'absence de modèles masculins pour les jeunes garçons d'aujourd'hui en terme d'identification ou d'estime de soi, la garde alternée, quand elle est possible et bien vécue, est plutôt souhaitable.Enfin, le respect de la sexualité de l'enfant est aussi à privilégier.Découvrir les transformations qui se produisent sur notre corps est une expérience intime et solitaire qui n'a rien à voir avec les parents.Les parents sont une ressource, seulement une ressource.La sexualité est un mode de communication, et s'immiscer dans cette sphère intime qui ne nous appartient pas, c'est de dire à l'autre comment il doit communiquer, comment il doit vivre.C'est un peu, comme je le disais au début, tenter de fabriquer un être humain à l'image de ce que l'on souhaite.Comme le chante Bruel : « Qui a le droit de faire ça à des enfants qui croient vraiment ce que disent les grands.» LECTURES ENTREVUE Dans l'abime du temps Le cirque des gagnants TEMPS suite de la page 9 Les tout derniers ecrits de Cioran, ramasses dans l'ultime Aveux et Anathemes, resument a la fois sa propre vie et sa pensee : Apres tout, je n'ai pas perdu mon temps, moi aussi je me suis tremousse, comme tout un chacun, dans cet univers aberrant.Vivons-nous la fin des temps ?La premiere chose qui me vient a l'esprit, et qui est indiscutable, c'est que nous assistons a une fin de certains temps grammaticaux.Ou est passe le futur anterieur ?Qu'est-il advenu du passe simple ?On n'utilise plus que tres rarement l'imparfait du subjonctif.Que signifie cette simplification ?Que sont les temps grammaticaux, sinon une tentative minutieuse de nos esprits precis, meticuleux, pour envisager toutes les formes possibles, tous les rapports que nous entretenons avec le temps a l'interieur meme de notre action, de notre pensee ?Qu'est-ce que la conjugaison ?Une tentative de penser et de dire toute la diversite des situations dans le temps.Je me garde bien de donner un sens a cette disparition des temps grammaticaux.Je la remarque.On aurait envie d'en conclure que cette evolution va dans le sens d'une simplification de la langue, exigee par le fait que nos vies, sans que nous sachions pourquoi, sans cesse s'accelerent.Jean-Claude Carriere dans Entretiens sur la fin des temps.Le temps est la substance dont je suis fait.Le temps est un fleuve qui me ravit, mais je suis le fleuve ; un tigre qui me detruit, mais je suis le tigre ; un feu qui me consume, mais je suis le feu.Le monde, helas, est reel et moi, helas, je suis Borges.Jorge Luis Borges La seule chose que l'on puisse decider est quoi faire du temps qui nous est imparti.J.R.R.Tolkien Le Seigneur des Anneaux Notre vie est toujours emportee par le temps, qui ne cesse de nous echapper.Bossuet Ce grand muet de temps nous vieillit en silence Et des jours debrides precipite la danse.Ovide Qu'est-ce donc que le temps ?Si personne ne me le demande, je le sais bien ; mais si on me le demande et que j'entreprenne de l'expliquer, je trouve que je l'ignore.Saint Augustin Le temps est le sens de la vie.Paul Claudel Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui etait et qui vient, le Tout-Puissant.Apocalypse de Jean Le futur anterieur exprime un fait qui, a tel moment maintenant a venir, sera accompli ; il marque l'anteriorite a l'egard d'un fait futur.Maurice Grevisse, Precis de grammaire francaise C'est parce qu'ils contiennent ainsi les heures du passe que les corps humains peuvent faire tant de mal a ceux qui les aiment.Marcel Proust, Le Temps retrouve L'espace semble etre, ou plus apprivoise, ou plus inoffensif que le temps : on rencontre partout des gens qui ont des montres, et tres rarement des gens qui ont des boussoles.Georges Perec, Especes d'espaces O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides delices Des plus beaux de nos jours ! .Lamartine, Le Lac .Suggestions de lectures: A La Recherche du temps perdu, de Marcel Proust; La Machine a explorer le temps, de H.G.Wells; Le livre XI des Confessions, de saint Augustin; Dans l'abime du temps, de H.P.Lovecraft ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPECIALE Alors que le prestigieux metteur en scene Robert Lepage s'associe au Cirque du Soleil pour explorer de nouvelles voies de la creati o n c i rque s t re , Je an Beaunoyer vient de publier aux editions Quebec Amerique Dans les coulisses du Cirque du Soleil, un portrait fascinant de cette entreprise tres chere au coeur des Quebecois.Le Cirque du Soleil depasse le simple phenomene artistique.Non seulement il a servi de modele a une kyrielle de nouveaux cirques quebecois, mais il est aussi une de nos premieres manifestations veritablement gagnantes , affirme le journaliste rencontre la semaine derniere.Notre histoire est jonchee d'Alys Robi, d'Andre Mathieu, d'Ernest Ouimet, des heros au destin tragique.Le Cirque du Soleil, au contraire d'eux, a triomphe a travers le monde et a meme fait plier les gens de Las Vegas et de Disney , rencherit-il avec verve.Un cirque en vedette Dans l'esprit de Jean Beaunoyer, il n'existe aucun doute, la creation de Guy Laliberte et de ses acolytes se range aux cotes de nos plus grands personnages dans le pantheon de l'imaginaire quebecois.Plus qu'une entreprise, le Cirque du Soleil est un organisme vivant avec ses reactions et ses emotions.J'avais envie, a l'origine, d'intituler le livre Le Cirque du Soleil demasque, parce qu'effectivement tout est fait en fonction de lui.Les artistes sont masques, anonymes, interchangeables, personne n'est plus important que le Cirque lui-meme et son spectacle.Une idee qui est d'ailleurs exprimee avec justesse par Frank Langella dans l'adaptation cinematographique plus ou moins reussie du spectacle Alegria.Pour le biographe, cette position est une consequence directe de la crise qui secoue le Cirque durant l'annee 1987 et dont on peut voir les echos dans Un Cirque en Amerique, le documentaire que realisa Nathalie Petrowski pour le compte de l'ONF la meme annee.Apres les succes de la tournee americaine et le triomphe newyorkais, le climat change radicalement parmi les membres de la troupe.La soudaine notoriete, le rythme de travail effrene et les reves demesures des fondateurs erodent peu a peu l'enthousiasme des artistes qui remettent en question leur avenir en son sein.C'est une crise de croissance normale.Le Cirque passait d'une grande famille a une PME, explique l'auteur.Ceux qui etaient avec le Cirque depuis ses debuts ne se retrouvaient plus dans cette nouvelle mouture plus structuree.Ils n'acceptaient pas cette nouvelle vision plus planifiee, moins improvisee.Une douzaine d'employes quitteront la troupe, dont Angela Laurier, une de ses premieres veritables etoiles.C'est a ce moment-la que la direction a decide que le Cirque serait la seule vedette du spectacle et que les artistes ne seraient plus identifiables.Et c'est ce qui est devenu une partie de sa marque de commerce , souligne Jean Beaunoyer.A mesure que toutes les activites se centrent autour du cirque, le directeur Guy Laliberte devient peu a peu sa figure emblematique, meme si les Franco Dragone, Angela Laurier et Rene Dupere ont ete eux aussi fortement mediatises.Le journaliste nous presente un Laliberte insaisissable.Fils d'un vicepresident de l'Alcan, drop-out a 14 ans, le pere du cirque jaune et bleu est a la fois un artiste visionnaire engage socialement, un gestionnaire implacable a la memoire longue et un seducteur impenitent, un surprenant individu, conjonction parfaite des hippies et des yuppies.Mais c'est avant tout un rassembleur qui savait s'entourer de gens competents.A la difference des autres fondateurs du Cirque, il avait une vision a long terme et il a tout fait pour la realiser.Une idee et une conception de l'avenir qui est a la fois sa force et sa faiblesse, Laliberte n'hesitant pas a se debarrasser de ses amis et de ses meilleurs elements quand les visions divergent.Seul maitre a bord, sans les avis et les conseils des autres membres fondateurs, qui savaient le freiner un peu, il engage maintenant le Cirque dans de nouvelles avenues un peu plus hasardeuses.On a l'impression qu'il n'y a plus personne pour le raisonner et que le Cirque se disperse de plus en plus dans des domaines ou son expertise est moins solide , raconte l'auteur en faisant allusion aux complexes hoteliers, aux emissions de television, aux films et aux autres projets nebuleux de l'entreprise.Mais, precise Beaunoyer, ce n'est peut-etre qu'une impression.Laliberte sait retomber sur ses pattes et il est possible que ce que nous croyons etre une erreur de strategie ne soit qu'une periode d'adaptation , ajoute-t-il en nous rappelant que le Cirque a toujours su s'adapter aux defis qu'il s'imposait.Quand il a entrepris son aventure americaine, il n'a pas cherche a changer son style, a traduire sa raison sociale ou le titre de son spectacle.Il a mise sur la specificite quebecoise francaise et a seduit les Americains qui, pour la plupart, ont toujours confondu arts raffines et France , conclut avec enthousiasme le premier biographe de ce megacirque ne modestement dans la petite ville de Baie-Saint- Paul.FFFF DANS LES COULISSES DU CIRQUE DU SOLEIL Jean Beaunoyer, Editions Quebec Amerique PHOTO ANDRE PICHETTE, LA PRESSE c Dans l'esprit de Jean Beaunoyer, journaliste a La Presse, il n'existe aucun doute, la creation de Guy Laliberte et de ses acolytes se range aux cotes de nos plus grands personnages dans le pantheon de l'imaginaire quebecois.LITTERATURE QUEBECOISE Une decouverte: Emilie Andrewes REGINALD MARTEL C'est un roman d'amour et d'eau fraiche, aussi bien dire de presque rien.On y reconnait dada et, en ne cherchant pas tres loin, Boris Vian, Jean Cocteau, Rejean Ducharme et meme, en passant, Franz Kafka.Esope aussi, pour la fable du titre.On y decouvre surtout Emilie Andrewes.Elle est etudiante en anthropologie, elle a vingt et un ans.Son editeur pretend qu'elle defait les noeuds dans les cheveux des morts et demaquille les vivants .On a envie de le croire, tant cette jeune femme, meme si elle parait devoir beaucoup a d'autres ecrivains, ne fait rien comme les autres.Une inspiration, un ton et une maniere neufs, presque un style, voila qui decrit un peu Les Mouches pauvres d'Esope.Le roman est fragile et tendre, il faut y entrer sur la pointe des pieds pour ne pas bousculer les quatre personnages qui s'y donnent en spectacle avec une pudeur insolente.Il y a fete mensuelle chez Sima et Jorn.Berenice (ou Berenne) en est.Son compagnon Galvin est en prison a jamais, accuse d'un meurtre qu'il n'a pas commis et auquel, brise par la solitude et la torture, il essaie de croire.Les trois commensaux se livrent a des rituels etranges, comprehensibles par eux seuls.Leur univers est singulier, derealise.Le langage devient un tissu de codes esoteriques, les nourritures terrestres ne ressemblent a rien de connu.Tout est pretexte a des scenes venues de l'onirisme le plus exalte.C'est plus etrange que terrifiant et parfois c'est amusant.Ainsi dans cette scene ou il est question du lit, ou on dort ou ne dort pas.Quand on n'y a pas que dormi, il serait vain de dire He ! si je me suis reveillee avec ta culotte dans la bouche, c'est tout simplement hereditaire ! Bien plus que par l'erotisme, le roman est traverse par une sensualite extremement pregnante.Mme Andrewes a d'ailleurs construit son recit autour des amours enfantines, totales et devastatrices, que les personnages ont vecues.Amour de fillettes qui se rencontrent a l'ecole et se promettent une devotion eternelle, contree par le depart de l'une d'elles.Amour du Lapon Jorn pour une enfant de son age, seize ans, qu'il va accueillir a la gare pour apprendre qu'elle est morte la veille.Devenus grands, ces enfants sont restes enfants, probablement moins par crainte du monde adulte que par precaution contre la mort dont ils esperent retarder l'echeance.Sous la legerete apparente du discours, on devine beaucoup de gravite.La naivete, qui n'est pas absente, est presque toujours soluble dans la magie.La poesie est sans emphase, mise en valeur par l'irruption d'expressions du langage ordinaire qui creent un effet comique.Malgre quelques maladresses, dont certaines transitions difficultueuses entre les scenes, l'auteur parvient a soutenir une coherence narrative que le materiau romanesque, ethere on ne peut plus, aurait pu empecher.Dans un monde ou on marche sans toucher le sol, ou on se vet d'une odeur ou de vent, ou on s'aime dans un impossible absolu, c'etait un defi exigeant.Emilie Andrews est un ecrivain.FFF1.2 LES MOUCHES PAUVRES D'ESOPE Emilie Andrewes XYZ editeur, 104 pages Emilie Andrewes. LECTURES Gauvreau sans fonds GILLES G.LAMONTAGNE COLLABORATION SPÉCIALE Le retour de Claude Gauvreau dans l'actualité, avec la création magistrale par Lorraine Pintal de sa pièce L'Asile de la pureté, au TNM, fait resurgir les deux mêmes questions depuis 33 ans : où ira le fonds Claude Gauvreau et quand ?Poète extrême, dramaturge redouté autant qu'idolâtré, artiste visuel méconnu, écrivain de tous les taxages, dieu damné de notre littérature depuis sa mort en 1971, le fonds d'archives de Claude Gauvreau est sous la bonne garde de son frère, le peintre et auteur Pierre Gauvreau, et de sa conjointe, qui gère la succession, Janine Carreau.Tellement sous bonne garde que le précieux patrimoine n'est en définitive accessible à personne.« Ses archives sont très volumineuses.De temps en temps, j'en classe, par ordre chronologique.Tout est en bon état.Il écrivait à la main, avec un crayon à mine, des deux côtés de la page.Plastiquement déjà, c'est très intéressant.Éventuellement, ses archives vont aller quelque part.Mais la société québécoise ne s'est jamais tellement montrée une alliée des signataires de Refus global, et des Gauvreau en particulier », dit Janine Carreau, pour qui la tâche de dresser d'abord un inventaire est éreintante.Cela se comprend.L'affaire est colossale.Gauvreau gardait tout, méticuleusement.Ses archives ne contiennent pas seulement les manuscrits et tapuscrits annotés des 18 titres réunis dans les Oeuvres créatrices complètes (OCC), qu'il aura fallu récupérer au moyen d'une longue poursuite judiciaire.Il y a aussi les brouillons de l'abondante correspondance avec le groupe des automatistes, Borduas en tête, avec des artistes comme Molinari, les amis et relations diverses avant de se brouiller avec un peu tout le monde.Il y a les nombreux textes pour la radio, et la somme de ses critiques et pamphlets parus dans des revues et journaux presque tous disparus, comme Le Haut-parleur ou Le Quartier latin.Et il y a aussi des inédits, dont les 100 courts poèmes en hommage à la comédienne Ginette Letondal, indifférente aux ardeurs de l'auteur de La Charge de l'orignal épormyable, et qui a inspiré le personnage de Jane Rameau dans L'Asile.Il y a même un « journal » et des carnets que seuls les deux héritiers ont lus, et enfin, des dessins à l'encre et des aquarelles jamais exposés.Personne ne sait exactement ce qui se trouve dans ces boîtes.D'autant que certains documents prêtés pour commémorer le 40e anniversaire de Refus global en 1988 n'auraient pas été rendus, et que Gauvreau lui-même a été cambriolé, comme Mousseau et Borduas.La Patente, redoutable société secrète chargée de défendre la langue et la foi dans le Québec des années 50, est soupçonnée de vendetta contre les signataires du fameux manifeste.Un journal très douloureux « Une partie du journal de Claude, vers la fin de sa vie, est davantage le récit d'une expérience psychique.J'ai trouvé aussi un petit cahier noir, très intéressant, où il notait toutes ses lectures.Son journal, c'est tellement douloureux.Je l'ai lu en 1977, et je n'y ai pas retouché », dit Janine Carreau à propos de l'écrivain, qui a fait de nombreux séjours à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu, et dont toute l'oeuvre, même dans ses périodes plus lyriques, est traversée par la souffrance morale, la quête farouche d'absolu, la hargne contre le conformisme et la véhémence contre toutes les formes de pouvoir.Sa bibliothèque personnelle est aussi d'un grand intérêt, au regard des auteurs qu'il soutenait et de sa fréquentation toujours remarquée des lancements, quand il est devenu le principal animateur du mouvement automatiste après l'exil de Borduas à New York.Elle renferme, entre autres choses, une collection de littérature érotique, genre que Gauvreau affectionnait particulièrement.Bon nombre de ces livres sont dédicacés, ce qui ferait l'envie de tout collectionneur.Combien de boîtes, de caisses, de classeurs, de rayons constituent le patrimoine manquant de l'oeuvre et de la vie de l'un de nos écrivains majeurs?«Je ne le sais pas.», avoue tout simplement Janine Carreau.« Fidèle aux enseignements de Refus global, à un certain moment, j'ai décidé de vivre dans le présent.» Son présent, ce sont les demandes d'autorisation de toutes sortes en rapport avec les droits de suite de l'oeuvre, et c'est son travail de peintre qu'elle partage avec Pierre Gauvreau.Elle est une aidante naturelle depuis que l'auteur du Temps d'une paix, 81 ans, a eu un AVC qui le laisse diminué et souffrant.« Je dois gérer les tableaux et les affaires de Pierre avant les archives de Claude, parce que Pierre, lui, est encore vivant », dit-elle en rappelant que la première partie du fonds Pierre Gauvreau, en voie d'être complété par les Archives nationales du Canada (ANC), lui a demandé beaucoup de travail.Les ANC, qui détiennent entre autres les fonds de Gratien Gélinas et Henri Deyglun, sont-elles intéressées aussi par Claude Gauvreau ?« C'est notre travail de déceler les fonds d'intérêt national », dit l'archiviste Andrée Lavoie.Y aurait-il une aide à l'inventaire ?« Lorsque le fonds se fait par donation, c'est nous qui faisons le classement.Mais quand il s'agit d'un achat, il faut que les documents soient déjà classés pour les évaluateurs.Quand tout le fonds est là, il y a une valeur ajoutée.» Un début de fonds à la BNQ La famille n'a encore rien déposé nulle part, mais un début de fonds Claude Gauvreau a été constitué à la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), par l'entremise de l'homme d'affaires et ami Michel Lortie, du libraire François Côté, et de la fille de Georges Ouvrard, un relieur chez qui Gauvreau a déjà habité.La BNQ conserve également plusieurs objets dans différents fonds, comme le fonds Gérald Godin, l'éditeur des OCC, le fonds Louis Geoffroy, un ami poète, avec deux dessins à l'encre qui seraient mieux au Musée d'art contemporain plutôt qu'enfermés dans une chemise, le fonds Janou Saint-Denis, une disciple inconditionnelle, et d'autres comme le fonds Réginald Martel, qui contient deux lettres de Gauvreau adressées au critique littéraire de La Presse.Une émotion ultime s'empare de nous au contact privilégié de ces textes écrits à vif.La correspondance à Michel Lortie, qui a servi d'intermédiaire dans les relations houleuses avec Gérald Godin pour la publication des OCC (1504 pages) chez Parti Pris, démontre toute l'intransigeance qu'a pu y mettre l'auteur, jusque dans le contrat d'édition, où il argumente pour louer ses droits à l'éditeur plutôt que de les céder.Ailleurs, on découvre une lettre où Gauvreau, interné, réduit à écrire au verso d'un formulaire de soins, réclame désespérément à son ami Georges un bloc de papier et des cigarettes.« Nous n'avons que des bribes, déplore Michel Biron, chargé des archives privées à la BNQ.Il faudrait que la famille prenne contact avec nous si elle est intéressée à créer un fonds.C'est notre politique d'acquérir les archives d'écrivains québécois.Nous le faisons surtout par reçus fiscaux, mais aussi par des achats ou une combinaison des deux.Habituellement, celui qui cède prépare une liste des documents pour évaluation.Nous n'avons pas d'aide à l'inventaire.La BNQ vient de se doter d'un comité d'acquisition, ce qui pourrait changer la donne.Elle protège déjà les fonds de plusieurs écrivains québécois, parmi lesquels Yves Thériault, Émile Nelligan, Jacques Ferron, Marcel Dubé et Françoise Loranger.Quant aux Archives nationales du Québec, tous leurs fonds artistiques ont été confiés à la BNQ dans les années 70.Pas le coeur aux dons « Nous n'avons pas le coeur aux dons, affirme Janine Carreau.Et nous n'allons pas solliciter nousmêmes, par principe.Il faudra nous prouver que l'on veut vraiment les archives de Claude Gauvreau, que l'on respecte Claude Gauvreau et qu'on le reconnaît enfin à sa juste valeur.» Nous avons tous à l'esprit l'épisode regrettable où un Réjean Ducharme, totalement sans le sou, s'est vu refuser l'achat de ses archives par les institutions québécoises sous prétexte qu'il n'était pas assez connu.Humilié et dépité, il s'est tourné vers la Bibliothèque nationale du Canada (BNC), qui s'est empressée de les acquérir pour une bouchée de pain.Mais depuis, les choses ont changé sur la route d'Ottawa.La BNC, en voie de fusionner avec les ANC dont la révélation des mauvaises conditions de conservation inquiète ces jours-ci, se montre particulièrement accommodante.« Gauvreau, ce serait un fonds magnifique ! Une mine d'or pour les chercheurs.Je suis vivement intéressée.Il ne s'agit pas de couper l'herbe sous le pied de la BNQ, mais peut-être que je réussirais à débloquer un budget spécial », dit Monique Ostiguy, archiviste à la BNC.Sa collection de manuscrits littéraires, très enviable, comprend déjà Michel Tremblay, Marie-Claire Blais, Robert Lalonde, Jacques Poulin et Gabrielle Roy.Pour le moment du moins, Janine Carreau émet une réserve.« Je pense qu'un poète québécois, ça doit rester au Québec.Nous sommes d'accord pour créer un fonds et coopérer.Mais il faudra que l'on sente une volonté de ne pas seulement acquérir les archives, mais aussi de les mettre en valeur pour les jeunes qui découvrent Claude Gauvreau.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Claude Gauvreau était un poète extrême, un dramaturge redouté autant qu'idolâtré, un artiste visuel méconnu, écrivain de tous les taxages, dieu damné de notre littérature, mort en 1971.3196652A Des expériences sans relâche ! www.bayardjeunesse.ca 1-866-844-2111 64 pages en couleurs 9'' X 12'' 17,95 $ ISBN: 2 -89507-46 8-2 Disponible dans toutes les librairies 3209973A 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Leur film, La Grande Séduction, remporte un succès phénoménal ici et dans le reste du monde.En nomination pour 13 prix au dernier gala des Jutra, il a remporté celui du meilleur film et de la meilleure réalisation en plus de battre les records d'assistance pour 2003.PHOTO REUTERS © PHOTO PIERRE CÔTÉ LA PRESSE© JEAN-PAUL SOULIÉ udernier Festival de Cannes, en mai 2003, le film québécois La Grande Séduction avait été sélectionné pour clôturer la Quinzaine des réalisateurs.Depuis, il a connuune carrière exceptionnelle.À la fin de janvier 2004, il a remporté le prix du public dans la catégorie cinéma non américain au Sundance Film Festival.Misennomination 13foisauderniergalades Jutra, notamment comme meilleur film et meilleure réalisation, La Grande Séduction a raflé sept trophées, en plus du Billet d'or récompensant le film quiafait les meilleurs recettes de l'année.Àl'origine de cebrillant succès, il y a un humoriste, stand-up comic et scénariste, Ken Scott, et un réali-sateur vétéran du tournage de publicités de trois minutes, Jean-François Pouliot, dont c'était le premier long métrage.La Presse salue la réussite de ces deux cinéastes qui ont, avec les producteurs Roger Frappier et Luc Vandal, mis au monde une oeuvre cinématogra-phique universelle et nomme Jean-François Pouliot et Ken Scott Personnalités de la semaine.Dès sa présentation à la clôture de la prestigieuse Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, La Grande Séduction était achetée par trois pays : la Corée du Sud, l'Italie et Israël.«Nous n'avons pu découvrir qu'un seul lien entre ces trois premiers acheteurs, raconte Jean-François Pouliot en riant, et c'était La Grande Séduction!» Pourquedesspectateurs coréens, italiens ouisraé-liens sepassionnent pour l'histoire des habitants de Sainte-Marie- La-Mauderne imaginée et écrite par Ken Scott, il faut nécessairement que La Grande Séduction ait une portée universelle.Les pêcheurs au chômage d'unminuscule village de la Basse-Côte-Nord réduits à vivre d'aide sociale, le manque de médecin, les mensonges et les manipulations nécessaires pour attirer des investisseurs pourraient être situés n'importe où sur la planète.La réussite mondiale du film en est la preuve.«Nous, Québécois, sommes de plus en plus sûrs de notre identité, dit Jean-François Pouliot.C'est notre regard qui nous définit.On n'a plus besoin de s'afficher, notre regard est unique, et pour ça, le film est extrêmement québécois.Seuls des gens qui vivent entre l'Europe et l'Amérique peuvent avoir fait ça.La Grande Séduction est très européenne pour les gens des États-Unis, et c'est un film vachement américain pour les Français.» Jean-François Pouliot et Ken Scott ne se connaissaient pas avant La Grande Séduction.Le premier vient du monde de la publicité, mais il affirme avoir trois vies : réalisateur publicitaire, il a fait les pubs de Bell avec les multiples personnages de Benoît Brière, celles de Mc Donald's et beaucoup d'autres depuis 20 ans.Entrepreneur, il a inventé un robot qui scrute les publicités diffusées dans tout le pays.Et il est cinéaste.Ancien élève du collège Brébeuf, où il a fait son cégep en sciences pures, il voulait être directeur photo, mais il a fait des études en communication à Loyola, en même temps que de la philo.Assistant caméraman de Sergio Leone et de Tony Richardson, il a aussi fait du cinéma d'animation à l'ONF et s'est inscrit en droit à l'Université de Montréal et à Mc Gill avant d'entrer dans une agence de publicité comme concepteur.Il a pris des cours de mécanique automobile et de pilotage d'avion.«J'ai des goûts très variés, dit-il, ça me rend la vie difficile mais excitante.» Ken Scott, de son côté, a une feuille de route presque aussi complexe.Il est comédien et joue dans le film dont il a écrit le scénario, mais il a déjà été humoriste.Il faisait partie du groupe Les Bizarroïdes, avec Martin Petit, et il a fait du spectacle solo.Il a écrit la série Plateau pour la télé et le scénario du film La Vie après l'amour.«J'ai eu l'impression en le rencontrant de savoir enfin cequ'était un vrai scénariste, dit Jean-François Pouliot.Il a vécu la scène, il a un sens aigu de ce qu'est le spectateur, et quand nous discutions, nous avions toujours la conscience de la salle.» Très attentif au rythme, il «plante» des idées, les ramène dans la suite de l'histoire pour enfin arriver aupunch désiré.«Il tisse son scénario comme ça», dit le réalisateur.Vendredi dernier, Ken Scott a remis la première mouture du scénario qu'il écrit sur Maurice Richard, qui doit être tourné par Charles Binamé.Il est immédiatement parti en vacances au soleil, sans doute avec sa femme et leur petite fille de 2 ans.Pour Jean-François Pouliot, le succès de leur film ne fait pas oublier celui de son entreprise, Eloda.Passionné de communication, il reviendraaucinéma.«Surtout avec un scénario de Ken Scott, dit-il.J'aurai un préjugé favorable.Nous sommes sortis grands gagnants de notre aventure.Les gens comme Ken, c'est agréable.Toutel'équipeaétécontaminée.» Jean-François Pouliot et Ken Scott «Seuls des gens qui vivent entre l'Europe et l'Amérique peuvent avoir fait ça.La Grande Séduction est très européenne pour les gens des États-Unis, et c'est un film vachement américain pour les Français.» "]
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