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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et Spectacles - Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2004-01-25, Collections de BAnQ.

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[" NANETTE WORKMAN Une femme libre Sa vie sur l'autoroute du rock couvre plusieurs décennies.La liste des musiciens qu'elle a connus et accompagnés se lit comme une encyclopédie.Toujours au bon endroit au bon moment mais jamais pour très longtemps, Nanette Workman n'a cessé de se réinventer.À58 ans, alors qu'elle se prépare à remonter sur la scène du Casino, elle reste toujours aussi follement rock'n'roll.Portrait d'une incorrigible aventurière.NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca Il y a d'abord la silhouette longue et mince qui n'a pas pris une once ni accueilli le moindre bourrelet au fil des ans.Puis il y a la chevelure, épaisse et soyeuse, autrefois d'un roux envoûtant, maintenant d'un blond pâle nimbé d'or.Il y a le visage, marqué d'à peine quelques fines rides qui fondent sous la braise du regard marron.Et puis, il y a l'allure générale, détendue, habillée au goût du jour, mais pas de façon ostentatoire, avec un je-ne-sais-quoi de nonchalant qui invite à faire la fête plutôt qu'à travailler.Enveloppée dans un grand manteau de daim blanc, Nanette Workman vient d'entrer à la brasserie de la Mère Clavet, à un coin de rue du local où elle répète son spectacle en quatre actes pour le Casino.Les serveuses la saluent spontanément comme si elles la connaissaient depuis toujours.Quant à la journaliste, qui la connaît depuis longtemps aussi, elle ne peut s'empêcher de s'émerveiller de la forme splendide qu'affiche cette survivante de la grande messe sex, drugs and rock' n' roll.La journaliste constate une fois de plus que, de face comme de profil, à 10 h du matin en coton ouaté tout comme en lamé sur scène, Nanette Workman ne fait décidément pas son âge.Si elle n'avait que 40 ans, on n'en ferait pas un cas, mais le fait est que Nanette approche la soixantaine avec une rare élégance et un tonus déroutant.Quel est donc son secret ?La qualité de son code génétique ?La force de sa détermination à rester jeune ?Les talents cachés d'un chirurgien esthétique ?Difficile à dire.Chose certaine, Nanette n'est pas le genre de femme à se laisser aller ni à renoncer à un pouvoir de séduction qui manifestement n'a pas pâli avec l'âge.Aujourd'hui comme hier, Nanette continue de séduire des hordes d'hommes de tous les âges et de toutes les classes sociales qui voient en elle l'ultime fantasme.Son physique de mannequin, surtout lorsqu'elle arbore des jambières en cuir et autres tenues provocantes, alimente leur fantasmagorie.Mais il y a autre chose aussi.J'ose croire qu'au-delà de la fille sexy toujours prête à partir sur la go, au-delà de la disco queen, de Lady Marmalade et de Sadia, les hommes reconnaissent en Nanette une femme libre dans tous les sens du mot.Libre dans sa vie, qui n'a jamais été rangée malgré la maison à la campagne, les animaux, le statut temporaire d'agent immobilier et la maternité.Libre dans ses amours qui ont été nombreuses et tumultueuses.Libre de rester quand ça clique.Libre de partir quand l'ennui s'installe.Libre de passer du blues au rock, du rock au disco, d'Angelo Finaldi à Luc Plamondon, de chanteuse de bar à vedette de comédie musicale.Libre dans son corps comme dans son esprit.Un rapide survol de son parcours en dents de scie et de sa carrière de chanteuse-caméléon confirme l'impression que le mouvement est la seule constante de sa vie.À 58 ans, comme à 18, Nanette a toujours besoin de bouger, d'entreprendre un nouveau voyage dès qu'il se présente, de risquer un changement dès qu'elle en a l'occasion.Elle ne sait pas rester en place, ne l'a jamais su et ne se résoudra jamais à l'apprendre.La vie pour elle est une aventure.Ou plutôt une suite d'aventures dans lesquelles elle fonce tête première sans vraiment réfléchir et en se disant « advienne que pourra ».Parfois l'aventure s'est bien terminée, parfois un peu moins bien, mais Nanette, comme Édith Piaf, ne regrette rien.« Si c'était à refaire, je referais tout exactement de la même manière parce que je serais la même femme.Moi, ma maxime dans la vie a toujours été la même : if it ain't fun, run.Si t'as pas de fun, sacre ton camp.» Sacrer son camp, Nanette l'a fait plus souvent qu'à son tour, quittant son Mississippi natal à l'âge de 18 ans pour aller conquérir la Grosse Pomme, puis la Grosse Pomme pour le Montréal des années 60 au bras de Tony Roman, avant de se retrouver choriste pour les Stones, George Harrison et Peter Frampton à Londres, puis en vedette américaine dans la tournée de Johnny Hallyday, avec qui elle a vécu une relation torride et tumultueuse.« On était jeunes, on était fous mais c'est pas vrai qu'on jouait à la roulette russe avec un fusil et une vraie balle comme c'est écrit dans la dernière biographie de Johnny, lance-t-elle.En plus, c'est faux de prétendre que j'ai volé Johnny à Sylvie.Quand j'ai rencontré Johnny, ils n'étaient plus ensemble depuis longtemps.» Nanette affirme qu'elle est restée en bons termes avec la mégastar française et qu'ils se sont revus à plusieurs reprises, y compris lors de son récent passage au Québec Elle revoit Tony Roman à l'occasion aussi et se souvient encore de leur première rencontre au Rolling Stone Club de New York, où elle chantait se soir-là avec les Young Rascals.« Tony m'a invitée à danser et ça a cliqué tout de suite entre nous.J'ai été séduite par son énergie, son dynamisme.Je l'ai suivi à Montréal sans hésitation.Why not ?» À l'époque pourtant, Nanette avait de fichues de bonnes raisons de rester à New York.Elle était passée à un cheveu d'être acceptée à la prestigieuse école de musique Julliard.Elle venait de terminer la tournée d'une pièce de Broadway, réalisant le grand rêve de sa mère, ex-animatrice de télé.Elle aurait dû normalement enchaîner avec une autre production.Mais après seulement un an, Nanette en avait déjà marre de Broadway.L'envie de passer à autre chose la démangeait.Elle quitta donc Broadway pour le circuit des boîtes de nuit où elle accompagna pendant un temps divers groupes qui allaient bientôt émerger sur la scène rock.Ce changement de cap fut le premier d'une longue liste.If it ain't fun, run allait devenir une réalité autant qu'une habitude.« Je n'ai jamais été une carriériste, explique Nanette.La gloire et tout ça, ça ne m'intéressait pas.Je préférais me laisser porter par les événements.Autant j'admire ce que Céline (Dion) a fait de sa vie et de sa carrière, autant devenir la plus grande chanteuse au monde n'a jamais été un but pour moi.» Mais pourquoi alors continuer à chanter ?« Parce que c'est tout ce que je savais faire et c'est tout ce que j'avais envie de faire.I do what I do.Un point c'est tout.» La seule autre raison qui explique l'espèce de fuite en avant que Nanette a pratiquée avec art, est sa hantise d'être menée par qui que ce soit.« À quelques reprises, des gens ont voulu prendre le contrôle de ma vie et de mes affaires.Ça c'est toujours mal terminé.Je ne supporte pas qu'on me dise quoi faire.C'est ma vie et celle de personne d'autre.» Depuis cinq ans pourtant, Nanette a accepté pour ainsi dire de remettre son destin entre les mains d'un jeune imprésario du nom de Roch Saumure.Alors qu'il n'avait que 16 ans, cet inconditionnel de Nanette est allé cogner à sa porte en lui proposant ses services.Ils sont devenus amis.Quelques années plus tard, Nanette a accepté qu'il gère sa carrière.« Ce que j'aime avec Roch, c'est qu'il n'est pas contrôlant.Il me propose des choses et nous décidons ensemble si elles valent le coup ou non.Avant de rencontrer Roch, je n'avais pas de but.Je vivais dans l'instant présent sans jamais me soucier du lendemain.Tant pis si je ne faisais pas beaucoup d'argent, j'étais libre.Roch m'a appris à faire des compromis, à me concentrer davantage et à accepter des choses que j'avais tendance à refuser en bloc.» Cette reprise en main de sa carrière a débouché sur une reprise en main de sa vie et de son corps.Aujourd'hui, Nanette s'entraîne religieusement trois ou quatre fois par semaine, surveille son alimentation, a banni le junk food de son régime, et l'alcool fort aussi.Seuls le vin rouge et le champagne trouvent encore grâce à ses yeux.Surtout le champagne.>Voir NANETTE en 6 PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © De face comme de profil, à 10 h du matin en coton ouaté tout comme en lamé sur scène, Nanette Workman ne fait décidément pas son âge.« Si c'était à refaire, je referais tout exactement de la même manière parce que je serais la même femme.Moi, ma maxime dans la vie a toujours été la même : if it ain't fun, run.Si t'as pas de fun, sacre ton camp.» La chronique de Dany Laferrière reviendra le 1er février.D'ici là, vous pouvez lui écrire à : dlaferri@lapresse.ca ARIANE MOFFATT AQUANAUTE 5 MARS AU MÉTROPOLIS En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Par Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 BILLETS EN VENTE MAINTENANT SUPPLÉMENTAIRE ! ©photo: Laurence Labat 145 INDUSTRIE DE LA BD L'HÉRITAGE EMPOISONNÉ PAGE 7 RÉÉDITIONS DES INÉDITS D'ELVIS PAGE 3 ARTS ET SPECTACLES LINKIN PARK FESTIVAL DE SUNDANCE Heureux les gars, heureuse la foule Le film du Montréalais Federico Hidalgo bien reçu JIM HOLT PRESSE CANADIENNE PARK CITY (Utah) \u2014 Le réalisateur montréalais Federico Hidalgo a présenté la semaine dernière A Silent Love, son premier long métrage, au Festival du film de Sundance.Le film raconte l'histoire d'un vieil amateur montréalais de films muets et de son épouse «par correspondance ».Humblement, d'une voix douce, M.Hidalgo commence par définir la communication pour expliquer l'attrait du film.Bref, dit-il, des personnages crédibles et un dialogue authentique séduisent les auditoires.Le vieux cinéphile dans A Silent Love parle peu l'espagnol, et sa jeune épouse ne connaît guère l'anglais.Leur relation se développe par l'interprétation de gestes et d'expressions faciales.C'est ainsi, explique le personnage principal du film, qu'agissaient jadis les auditoires de films muets.« Il parle à une cadence officielle, bien élevée et non verbale, explique M.Hidalgo.La jeune femme est intensément verbale.La communication, c'est ce qui manque chez elle.Un compagnon, pour elle, c'est une personne à qui elle peut parler.Et quand elle n'en a pas, elle doit affronter la solitude.» Le film, d'une durée de 100 minutes, en langue espagnole avec soustitres anglais, a été présenté cinq fois à Sundance.Depuis son lancement en 1978, ce festival du film connaît une croissance constante, par son nombre de films et par sa popularité.Il attire annuellement dans cette région de centres de skis quelque 40 000 cinéphiles et gens de cinéma.On y présente des films de plus de 37 pays.Si l'attrait de A Silent Love réside dans la force de ses personnages et le dialogue, l'épouse et coscénariste de M.Hidalgo, Paulina Robles, originaire de Mexico avant d'immigrer au Canada, peut s'approprier la moitié du mérite.M.Hidalgo, pour sa part, a déjà enseigné l'histoire du cinéma à l'Université Concordia, à Montréal.Ensemble, Mme Robles et M.Hidalgo ont signé une histoire d'amour crédible.Ils se sont efforcés d'éviter les stéréotypes et de définir bravement des personnages complexes.Les réactions au film ont été positives, peu importe la culture des auditoires.« Le film a plu aux gens qui l'ont vu, affirme Mme Robles.Même aux Mexicains.Je puise dans mon expérience personnelle et j'écris d'un point de vue canadien, comme un immigrant dans un pays qui accueille chaleureusement les autres cultures.» Poétiquement, M.Hidalgo utilise les films muets comme métaphore pour raconter cette histoire d'un amour silencieux \u2014 notamment avec des images du comique triste Buster Keaton, renversé à répétition par une maison tournoyante dans le film muet One Week.A Silent Love met en vedette Noel Burton dans le rôle de Norman, le professeur esseulé.Vanessa Bauche incarne sa jeune épouse agitée, et Suzanna Salazar joue la mère stoïque de l'épouse.M.Hidalgo en est à son premier long métrage, mais il a réalisé plusieurs courts métrages primés et deux documentaires \u2014 Loteria (1997) et Gesture (1999), tourné au Mexique avec le cinéaste torontois Roberto Ariganello.ISABELLE MASSÉ CRITIQUE Faint, Numb, Crawling, In the End coup sur coup.C'est dire à quel point certaines carrières musicales opèrent à la vitesse grand V ! En quatre ans seulement \u2014 depuis la sortie de son premier album studio, Hybrid Theory\u2014 Linkin Park a réussi à imposer à la radio une demi-douzaine de hits.Le sextette californien, en spectacle à Montréal vendredi soir, a déjà tout pour servir un menu du tonnerre à ses fans.À 21 h 35, lorsque le météorite Linkin Park a heurté la scène (après les membres de P.O.D.), les 12 200 ados, préados et jeunes adultes réunis au Centre Bell ont aussitôt bondi de leur siège pour ne jamais se rasseoir ni baisser les bras.Il a suffi des premiers accords de With You (enregistrée sur Hybrid Theory) pour que la demeure du Canadien de Montréal s'embrase.Le nu-metal de Linkin Park fait autant d'effet sur scène que dans un lecteur CD.Il faut dire que les chanteurs (Chester Bennington et Mike Shinoda), le DJ (Joseph Hahn), le guitariste (Brad Delson), le bassiste (Phoenix) et le batteur (Rob Bourdon) n'ont accordé aucun répit à leurs disciples.En une heure et 20 minutes, ils ont mitraillé 18 titres des albums Hybrid Theory et Meteora.Énergiques et bruyants, les géniteurs de One Step Closer.Exactement comme on les attendait.Mais également loquaces, sociables et gentils.Pas de doigts d'honneur pendant le spectacle, ni de ces gros mots qui incitent maman à nous savonner la langue.À quelques reprises, Bennington et Shinoda ont pris le temps de lancer les phrases de circonstance que tout public adore entendre : « C'est à Montréal que nous donnons le plus gros show de la tournée (Meteora Tour).Nous vous aimons beaucoup.Nous avons les meilleurs fans au monde.Much respect ! » Heureux, les gars ?Autant que les spectateurs.Bennington a été capable de hurler jusqu'à la dernière seconde les paroles des Runaway, Don't Stay et autres Nobody's Listening.entre deux crachats sur la scène ! Pas une seconde, les membres du groupe ne sont restés en place sur la scène dégagée.Le public au parterre a même eu droit à des visites des chanteurs, qui ont sûrement fait des jaloux lorsqu'ils ont demandé à deux fans de venir chanter et jouer Faint à la guitare.Mission accomplie! Un exploit pour les deux jeunes (bien encadrés tout de même), compte tenu de la vitesse avec laquelle les paroles doivent être expédiées ! Doit-on en vouloir à Linkin Park de nous avoir livré les répliques exactes des chansons de leurs albums, outre l'intro de Breaking the Habit, plus épurée ?Disons que leur impétueuse performance et l'enchaînement rapide des titres, vendredi soir, excusent tout.même ces quelques rimes qu'on n'a pu capter, car enterrées sous trop de décibels.Étonnant qu'un groupe qui ne laisse aucun son, accord ou échantillonnage au hasard ait autant de présence sur scène.Ce spectacle au Centre Bell aura permis de saisir le paradoxe Linkin Park : de gentils garçons qui rugissent comme des lions seulement pour divertir.Qui grattent leur guitare comme des défoncés toujours avec le sourire.Qui vocifèrent de durs refrains accrocheurs et ultra polis.Qui encouragent le body surfing.en rappelant qu'il est gentil de ramasser le garçon ou la fille qui plante sur le sol à nos pieds.Tout pour se défouler au max pendant 80 minutes.et ensuite rentrer calmement à la maison sans être tenté d'égorger le chien du voisin.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Un des membres du sextette californien qui a servi un menu du tonnerre à ses fans vendredi soir, au Centre Bell.Deux grands favoris Pas de doigts d'honneur pour le gala des Césars pendant le spectacle, ni de ces gros mots qui incitent maman à nous savonner la langue.D'APRÈS AP ET PC PARIS \u2014 La 29e cérémonie des Césars du cinéma français, le 21 février prochain, devrait être dominée par deux grands favoris: Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau et Pas sur la bouche d'Alain Resnais.Rappelons que Les Invasions barbares, de Denys Arcand, est quatre fois finaliste.Le film de Jean-Paul Rappeneau, qui représente la France dans la catégorie du meilleur film étranger aux Oscars (nominations le 27 janvier), a obtenu 11 nominations, devant la « comédie-opérette » d'Alain Resnais, qui totalise neuf nominations.Ces deux films, ainsi que Les Sentiments, de Noémie Lvovsky, Les Invasions barbares et Les Triplettes de Belleville, de Sylvain Chomet, concourront pour le César du meilleur film, ont annoncé vendredi au Fouquet's, à Paris, les organisateurs de l'Académie des arts et techniques du cinéma.Déjà récompensée par le César de la meilleure actrice l'an dernier pour son rôle dans Se souvenir des belles choses, Isabelle Carré est une nouvelle fois finaliste dans cette catégorie cette année, où elle sera opposée à Nathalie Baye, sa partenaire féminine dans Les Sentiments.Le succès québécois Les Invasions barbares est finaliste, outre pour le « meilleur film français », dans les catégories réalisation, scénario \u2014 pour lequel Arcand avait remporté le prix à Cannes en mai dernier \u2014 et meilleur espoir féminin pour Marie- Josée Croze.Elle avait remporté le prix d'interprétation féminine à Cannes, ce qui en avait étonné certains, puisqu'elle n'avait pas véritablement un premier rôle dans le film.À noter aussi qu'un dessin animé en partie montréalais aura les honneurs de la compétition puisque Les Triplettes de Belleville est finaliste dans les catégories du meilleur film français de l'année, de la meilleure première oeuvre de fiction et de la meilleure musique écrite pour un film \u2014celle, jazzée, du Montréalais Benoît Charest.Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, le premier long métrage de Sylvain Chomet, produit par la société Les Armateurs, a été désigné comme meilleur film d'animation 2003 par les membres du New York Film Critics Circle.Au total, 19 Césars seront décernés au cour de la cérémonie présentée au théâtre du Châtelet par Gad Elmaleh, qui succède à l'actrice Géraldine Pailhas.Le comédien pourrait aussi remporter le César du meilleur acteur pour son interprétation dans Chouchou.Voici la liste des principales mises en nomination aux Césars : > FILM FRANCAIS Bon voyage, de Jean-Paul Rappeneau; Les Invasions barbares, de Denys Arcand; Pas sur la bouche, d'Alain Resnais; Les Sentiments, de Noémie Lvovsky; Les Triplettes de Belleville, de Sylvain Chomet.> ACTEUR Daniel Auteuil dans Après vous; Jean- Pierre Bacri dans Les Sentiments; Gad Elmaleh dans Chouchou; Omar Sharif dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran; Bruno Todeschini dans Son frère.> ACTRICE Josiane Balasko dans Cette femme-là; Nathalie Baye dans Les Sentiments; Isabelle Carré dans Les Sentiments; Charlotte Rampling dans Swimming pool; Sylvie Testud dans Stupeur et tremblements.> RÉALISATEUR Denys Arcand pour Les Invasions barbares; Lucas Belvaux pour Un Couple épatant, Cavale, Après la vie; Claude Miller pour La Petite Lili; Jean-Paul Rappeneau pour Bon voyage; Alain Resnais pour Pas sur la bouche.> ACTEUR\u2014RÔLE DE SOUTIEN Yvon Attal dans Bon voyage; Clovis Cornillac dans À la petite semaine; Darry Cowl dans Pas sur la bouche; Marc Lavoine dans Le Coeur des hommes; Jean- Pierre Marielle dans La Petite Lili.> ACTRICE\u2014RÔLE DE SOUTIEN Julie Depardieu dans La Petite Lili; Judith Godrèche dans France boutique; Isabelle Nanty dans Pas sur la bouche; Géraldine Pailhas dans Le Coût de la vie; Ludivine Sagnier dans Swimming pool.> ESPOIR MASCULIN Grégori Derangère dans Bon voyage; Nicolas Duvauchelle dans Les Corps impatients; Pascal Elbé dans Père et fils; Grégoire Leprince-Ringuet dans Les Égarés; Gaspard Ulliel dans Les Égarés.> ESPOIR FÉMININ Marie-Josée Croze dans Les Invasions barbares; Julie Depardieu dans La Petite Lili; Dinora Droukarova dans Depuis qu'Otar est parti.; Sophie Quinton dans Qui a tué Bambi?; Laura Smet dans Les Corps impatients.> SCÉNARIO OU ADAPTATION Denys Arcand pour Les Invasions barbares; Lucas Belvaux pour Un couple épatant, Cavale, Après la vie; Julie Bertuccelli, Roger Bohbot, Bernard Renucci pour Depuis qu'Otar est parti; Alain Corneau pour Stupeur et tremblements; Jean-Paul Rappeneau, Patrick Modiano pour Bon voyage.> MUSIQUE Benoît Charest pour Les Triplettes de Belleville; Stephan Eicher pour Monsieur N.; Bruno Fontaine pour Pas sur la bouche; Gabriel Yared pour Bon voyage.> FILM ÉTRANGER Elephant, de Gus Van Sant; Gangs of New York, de Martin Scorsese; Mystic River, de Clint Eastwood; Le Retour, d'Andreï Zviaguintsev; The Hours, de Stephen Daldry.> FILM DE L'U.E.Dogville, de Lars Von Trier; Good bye Lenin!, de Wolfgang Becker; Nos meilleures années, de Marco Tullio Giordana; Respiro d'Emanuele Crialese; The Magdalene Sisters, de Peter Mullan.DOMINIQUE VISSE GUY MARCEAU CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Le billet du concert annonçait en petits caractères : « Carte blanche à Dominique Visse ».Voilà une carte blanche qui nous en a fait voir et entendre de toutes les couleurs ! On ne savait pas, avant d'assister au concert de l'Ensemble Arion intitulé Cantates et concertos comiques, vendredi, salle Redpath, que le « comique » en question ne viendrait pas tellement des oeuvres françaises (et obscures, disons-le), mais de l'invité Dominique Visse, l'alto masculin bien connu du milieu baroque international.Voilà un invité de marque, s'il en est un, qui aura laissé clairement la sienne dans la mémoire des quelque 350 personnes qui emplissaient le Redpath Hall.Il aura fait son (grand) coup de théâtre ! Le concert était consacré à des oeuvres de musique comique et burlesque du XVIIIe siècle français.Il proposait des concertos à l'italienne de Michel Corrette aux thèmes un brin descriptif (dont celui avec l'air connu J'ai du bon tabac), mais assez monotones, en fait.D'ailleurs, les quatre concertos de Corrette ici récupérés ont fait l'objet d'un enregistrement d'Arion en 1999.Et en alternance, des cantates burlesques (chantées en ancien « françoys ») de Nicolas Racot de Grandval, Philippe Courbois, Barbeau de Gervais et Pierre de La Garde, d'illustres.inconnus.De tout pour plaire.Il est clair qu'au point de vue documentaire et historique, l'effort de programmation mérite d'être souligné.Et dans les textes crus, grivois et irrévérencieux, je ne serais pas surpris que Visse y ait glissé quelques clins d'oeil.Ceux qui s'attendaient à du « jolijoli » chant de haute-contre ont certainement été déçus, et ceux qui assisteront à la reprise du concert cet après-midi au CCA seront avertis.On est au temps des Louis XIV et XV, dans une France plus libertine que jamais, où le théâtre et l'opéra copulent allègrement et où l'on est plus près de la chanson à boire que de la cantate.La parodie est partout, et Visse personnifie les hommes comme les femmes, aux caractères des plus exagérés.Finalement, on chantait populaire sur des musiques sérieuses.ou presque.Les 15 musiciens qui formaient Arion vendredi soir ont été inégaux (surtout les violons et le hautbois) mais ont offert le plus souvent un très bon soutien à leur invité français.Dominique Visse n'est pas seulement un alto masculin très en demande (il a chanté avec les plus grands noms de la musique ancienne), il a fondé l'Ensemble Clément Jannequin, voué à l'interprétation des répertoires du Moyen-Âge et de la Renaissance.Il sait donc de quoi il parle.plus qu'il ne chante.Mais voici un artiste dont l'extraversion (avec un look gothique incroyable !) a servi à merveille le ton des oeuvres au programme, et cela, qu'on ait aimé, comme le public semble l'avoir démontré (sans ovation toutefois), ou vertement détesté, comme moi.Les Anglais ont un terme très éloquent pour qualifier cela : annoying.Cependant, Dominique Visse possède un timbre nasillard singulier, étrangement naturel.Une vraie voix de fausset, avec beaucoup de facilité, un registre assez étendu, une maîtrise plus qu'honorable, une gouaille et une aisance qui lui permettent cette théâtralité débridée qui, nous le savions déjà, a teinté la réputation qui l'a précédé.Dans les cantates, qu'elles soient uniquement narrées (Actéon), chantées avec airs et récitatifs (Don Quichotte), à plusieurs personnages comme à l'opéra (La Matrone d'Éphèse, où Visse fut virtuose !), ou ce coup de maître, la cantate La Sonate (de La Garde), Visse a joué à fond la carte du burlesque et totalement assumé le comique de toutes les situations.Les rires ont émergé timidement au début, mais le ton était donné, et tous l'ont suivi, avec des applaudissements nourris.Presque inconnu ici, Visse a du courage d'être allé ainsi au front et, dans un contexte « classique », d'avoir éructé sa gouaille dans ce numéro de grand guignol (après tout, ce sont les Français qui l'ont inventé !).Le défi était de taille.Chapeau bas ! .L'Ensemble Arion et Dominique Visse reprennent ce concert aujourd'hui à 14 h, au Centre canadien d'architecture.Info: 514-355-1825 ou arion@early-music.com L'alto français: du grand guignol ARTS ET SPECTACLES RÉÉDITIONS Des inédits d'Elvis.et il en reste encore RÉJEAN TREMBLAY rtrembla@lapresse.ca Ça semble invraisemblable.Mais au cours des cinq dernières années, BMG, la compagnie de disques d'Elvis Presley, a mis en vente une quarantaine de compacts du mort le plus célèbre et le plus rentable de l'Histoire.Et 90% des centaines de chansons mises en marché sont des versions inédites.Le grand public a eu droit à au moins un coffret de quatre disques BMG chaque année.Plus au moins un lancement planétaire d'une nouvelle compilation remasterisée.On pense au 30 No.1 ou à sa suite Second to None, qu'on peut trouver dans les tous les magasins de disques au monde.Mais les vrais collectionneurs sont encore bien plus gâtés.BMG, grâce aux travaux de Ernst Jorgensen, l'homme derrière le catalogue d'Elvis, a fondé le label Follow That Dream avec un premier CD intitulé Burbank 68 en 1999.Il s'agit d'enregistrements réalisés dans la loge d'Elvis quand le chanteur et Scotty Moore se réchauffaient avant de monter sur scène pour le Comeback Special de 1968 (diffusé à NBC) et d'extraits des spectacles donnés devant un groupe de fans.C'était le premier d'une série d'albums qui couvrent toutes les périodes de la carrière d'Elvis.Aux dernières nouvelles, on était rendu à 26 ou 27 et selon Jorgensen, il reste du matériel pour quatre ou cinq ans au moins, à raison de cinq ou six albums par année.Sans compter ce qu'on espère encore découvrir auprès de collectionneurs qui acceptent de vendre leurs trésors personnels.Mais comment peut-on sortir une dizaine de disques de nouveautés par année quand le chanteur est mort il y a 26 ans ?La réponse est dans la méthode de travail en studio de Presley.À part quelques rares exceptions, Elvis s'installait dans le studio avec ses musiciens et ses choristes et travaillait une chanson jusqu'à ce qu'il soit satisfait.Parfois, la version éditée était complètement différente de la première prise.On pense à His Latest Flame où on a changé l'orgue par le piano à la quatrième prise.On pense à Little Sister quand Elvis a téléphoné au compositeur Mort Shuman à quatre heures du matin pour lui demander conseil sur le tempo.Finalement, le groupe a ralenti le tempo de moitié pour arriver au grand classique qu'on connaît.Dans certains cas \u2014 on pense à Can't Help Falling in Love \u2014, Elvis s'y est pris plus de 30 fois avant de se dire satisfait.Jorgensen a écouté toutes les bandes qu'il a pu trouvées au cours des 15 dernières années et ce sont les prises les plus intéressantes qu'on peut trouver sur les albums FTD.Souvent, ce n'est pas la meilleure version qui a été lancée à l'époque.Pour diverses raisons, RCA préférait des versions plus polies de certains rocks.C'était plus parfait et moins effarouchant.Les fans peuvent donc acheter Fame and Fortune, un album qui contient surtout des prises alternatives de l'album Elvis is Back.Ou Memphis Sessions, sur lequel on trouve une version rauque et dure de Long Black Limousine et des répétitions de Suspicious Minds.Ou The Jungle Room Sessions, les dernières séances d'enregistrements d'Elvis dans la Jungle Room de Graceland.Épurées de toutes les cordes et des choeurs que le producteur Felton Jarvis a ajoutés aux versions originales, on retrouve des chansons prenantes et de très haute qualité.C'est surprenant comme résultat.Bien meilleur que les albums lancés du vivant d'Elvis où on avait noyé le chanteur sous les cordes et les cuivres.Ça fait le bonheur des fans, mais fait rager le guitariste Scotty Moore, le compère d'Elvis pendant les 12 premières années de sa carrière : « C'est injuste pour les musiciens.Personne ne devrait être intéressé à entendre les fausses notes ou les mauvais accords des prises imparfaites.Quand on recommençait, il y avait une raison.» Pour la vaste majorité, une mauvaise note dans un solo de guitare ne pèse pas lourd dans une prise différente d'un classique du rock.Les concerts des années 70 L'autre source pour les disques FTD vient des concerts d'Elvis dans les années 70.Plus de 1000 concerts à guichets fermés.Joe Esposito, pour des raisons de sécurité légale, enregistrait la plupart de ces concerts sur une petite cassette C-120 directement de la console.Quand Elvis chantait une heure, on a tout le concert, quand il dépassait l'heure, personne ne prenait la peine de tourner la cassette.À la mort d'Elvis, des fans ont acheté ces cassettes pour des pinottes.Et des employés de RCA à Indianapolis ont vendu à de petits futés les rubans des séances en studio, que ce soit à Radio Recorders à Los Angeles ou au Studio B de Nashville.Il s'est vite organisé un formidable marché noir de bootlegs.C'est pour mettre fin à ce trafic que BMG a demandé à Jorgensen de fonder FTD.Il s'est mis à écouter les bandes enfouies dans les voûtes de RCA et à rencontrer des collectionneurs qui avaient des acétates ou des rubans volés.Les disques FTD ne sont pas faciles à trouver pour un acheteur moyen.La collection est vendue par les différents fan-clubs dans le monde ou via Internet.À Montréal, on en trouve quelques- uns au HMV du centre- ville.Mais ils coûtent plus de 50 $.On peut les commander du site officiel d'Elvis à Memphis ou de différents sites de fan-clubs.Dépendant de leur provenance, c'est environ 45 $.Mes favoris : Memphis Sessions.des prises alternatives de From Elvis in Memphis ; Elvis at the International, un concert complet d'Elvis lors de son retour sur scène à Las Vegas \u2014ça chauffe terriblement\u2014 et Long Lonely Highway.des chansons dans des versions différentes d'Elvis au Studio B de 1960 à 1968.Épurées de toutes les cordes et des choeurs que le producteur Felton Jarvis avait ajoutés aux versions originales, on retrouve des chansons prenantes et de très haute qualité.C'est surprenant comme résultat.Bien meilleur que les albums lancés du vivant d'Elvis où on avait noyé le chanteur sous les cordes et les cuivres.(Version française de CALENDAR GIRLS) calendargirls.movies.com FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT/ À L'AFFICHE! GVISA GÉNÉRAL VERSION ORIGINALE ANGLAISE THX PRÉSENTÉ EN SON CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS DÉCOUVREZ LE FILM QUI CAPTIVE LE COEUR DE TOUT LE MONDE! CANDIDATE AUX.GOLDEN GLOBE.Meilleure Actrice Helen Mirren (Musical ou Comédie) 3200606A MOINS CHER LADOUZAINE JOEL SIEGEL, GOOD MORNING AMERICA «Sur un possible 10 il obtient un12.» version française de «CHEAPER BY THE DOZEN» CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca GAGNANT! NOMINÉ AUX GOLDEN GLOBE® MEILLEUR SCÉNARIO ET MEILLEURE CHANSON ORIGINALE AMERICAN FILM INSTITUTE MEILLEUR FILM PRIX DU PUBLIC NATIONAL BOARD OF REVIEW UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉE MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL «\u2039Bienvenue en Amérique\u203a est un classique.» «Un des meilleurs films de l'année \u2026merveilleux\u2026lumineux!» - Claudia Puig, «De la magie pure sur grand écran.» - Joel Siegel, AMÉRIQUE BIENVENUE EN www.foxsearchlight.com Trame sonore disponible sur Atlantic Records version francaise de «IN AMERICA» 7NOMINATIONS AUX CRITICS' CHOICE MEILLEUR FILM INCLUANT / SON DIGITAL CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca CINÉMAS AMC LE FORUM 22 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / GVISA GÉNÉRAL version française version anglaise PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / CINÉMAS AMC LE FORUM 22 / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉMA GALERIES GRANBY / LES CINÉMAS LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY / GVISA GÉNÉRAL / SON DIGITAL 3200559A À L'AFFICHE DÈS 13 FÉVRIER 2004! CONCOURS DANS L'OEIL DU CHAT Alliance Atlantis Vivafilm, C.P.278, Succursale B, Montréal, (Qc.) H3B 3J7 Nom : Adresse : Ville: Code postal : Téléphone (jour): Téléphone (soir) : Le tirage sera effectué le 4 février 2004.Les gagnants recevront leur laissez-passer double par la poste.Valeur des prix: 1000$.Règlements du concours disponibles chez Vivafilm.VIVAFILM ET FILMS ZINGARO PRÉSENTENT UN FILM DE RUDY BARICHELLO INVITENT 100 PERSONNES À LA GRANDE PREMIÈRE DU FILM FILM D'OUVERTURE EN COMPAGNIE DES ARTISTES DU FILM LE 12 FÉVRIER Membre de L'Équipe Spectra En collaboration avec Pour courir la chance de gagner un des 50 laissez-passer doubles, remplissez le bon de participation et envoyez-le à l'adresse suivante: 3195249A «De Loin Le Meilleur Film De L'Année.\u2039Le Sourire De Mona Lisa\u203a vous fera sourire et va vous frapper droit au coeur.» David Sheehan, CBS-TV version française de «SOMETHING'S GOTTA GIVE» GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! 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» Brad Pitt aussi est intéressant, mais j'ai eu peu de scènes avec lui.QÇa ne vous ennuie pas qu'on insiste davantage sur votre physique que sur votre talent ?RPas vraiment, parce que, de toute façon, les gens vont retirer quelque chose de moi.Et il y aura toujours de nouveaux jeunes acteurs qui feront rêver les filles.Dans ce sens-là, ce n'est pas une si mauvaise chose, ou quelque chose de si important.Orlando Bloom en blond dans le rôle de l'archer Legolas du Seigneur des anneaux.ZOOM Acteurs, actrices, réalisateurs et réalisatrices sont amenées à parler de toutes sortes de choses, de leur métier, de la célébrité, d'eux-mêmes.Voici quelques-unes de leurs prises de position.Tom Cruise « Ma vision du métier de comédien a toujours été proche de celle que j'ai d'un musicien de jazz : desrépétitions non-stop, enfermé chez vous.Et quand vous devez jouer pour ou avec d'autres, vous pouvez laisser jaillir l'instant, l'inspiration du moment.Je n'approuve pas la méthode de l'Actors Studio : trop emprunter à son propre vécu empêche de se renouveler.» Quentin Tarantino « Il y a une chose que je ne filmerai jamais, c'est la souffrance d'un animal.Quand vous regardez des films japonais ou de Hong Kong, et même certains westerns spaghetti, vous vous apercevez que ceux qui les réalisent n'ont souvent aucun respect pour les animaux.J'ai toujours pensé que faire du cinéma comportait un certain risque, qu'il soit psychologique, comme pour les comédiens, ou physique, comme pour les cascadeurs, mais tourner une scène où il est décidé à l'avance qu'on va tuer un animal, qu'il s'agisse d'un scarabée ou d'un canari, me répugne.Ingmar Bergman a fait tuer des chevaux et des chiens au nom de l'art.Mais qu'y a-t-il de plus artistique que la vie d'un cheval ?Les animaux n'ont rien à foutre du cinéma et ne méritent pas de mourir pour un film.» Viggo Mortensen «À la fin de la journée, je ne me sens pas bien si je n'ai pas accompli un minimum de choses.On me demande parfois ce que je ferais si j'avais à choisir entre la photo, la peinture, l'écriture, la musique ou la comédie.Je réponds que c'est impossible car je ne sépare pas toutes ces activités.Elles se mêlent les unes aux autres et ont toutes le même objectif : poser des questions.À mes yeux, l'art est une façon de communiquer.C'est une conversation avec soi-même et son entourage.Nathalie Baye « Je trouve qu'il est beaucoup plus impudique de parler de soi que de jouer.J'éprouve d'ailleurs de plus en plus de mal à parler de moi et de plus en plus de facilité à jouer.Je vais donc plutôt bien.» Elijah Wood « Comme tous les autres acteurs, je me fais régulièrement arrêter dans la rue, et j'entends assez fréquemment mon nom, ou celui de Frodon.Mais ça ne me dérange pas, ça fait presque partie du contrat.Étant moi-même un fan des films, je comprends tout à fait ces réactions.Si je voyais Frodon se balader devant moi, je serais probablement excité moi aussi ( rire ) Après la sortie du premier film, un enfant très jeune \u2014 il devait avoir 4 ou 5 ans \u2014 est venu me voir.J'étais déjà étonné qu'il ait vu le film à un si jeune âge, encore plus quand il m'a demandé très sérieusement où était l'Anneau, et surtout si j'avais eu peur quand les cavaliers noirs m'ont attaqué.» E x p r e s s Dans Last First Kiss, dont le tournage est prévu pour le mois de mars, Will Smith sera le patron d'un service de rencontres qui se vante de pouvoir faire trouver l'âme soeur à ses clients en trois rendez-vous.Eva Mendes incarnera la journaliste déterminée à mettre au jour ce qu'elle soupçonne être une belle arnaque.Ben Affleck présidera la prochaine course Daytona 500 en Floride.« Le moteur à combustion interne est appelé à disparaître avant longtemps et j'en serai très triste », dit-il.L'acteur possède, en autres voitures, une Ferrari, une Aston-Martin et une Rolls-Royce.La Fox a proposé à Cameron Diaz l'un des rôles principaux de X-Girls.Inspiré d'un fait réel, le film racontera les aventures de trois playmates engagées dans l'Écho-challenge, une course d'endurance extrême de 500 kilomètres à travers la jungle de Bornéo.Première, Studio, People, Ciné Live Entre guillemets Daniel Auteuil « On doit toujours être libre ! Pour autant, ce n'est pas la peine qu'un auteur ait passé deux ans sur un scénario si l'on doit tout changer ! Je me souviens d'un film de Sautet où je n'arrivais pas à dire une phrase.J'étais allé le voir pour lui demander s'il ne voulait pas la modifier et Claude s'est alors mis à hurler ! Il avait passé deux ans à écrire le scénario et cette phrase avait un vrai sens.que je n'avais tout simplement pas saisi.C'est simple, on lit un scénario, on rencontre le réalisateur, puis on décide de se lancer dans l'aventure ou pas.Si j'y vais, j'accepte alors ce que l'on me propose et je ne vais pas remettre en question, sur le tournage, les raisons qui m'ont fait accepter.Studio THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 15h TV5 LA FINALE DES DICOS D'OR 2003 Sortez vos dictionnaires: Bernard Pivot nous offre une dictée pleine de pièges dans cette 18e finale des Dicos d'or.Le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, y participent.19h g THE 2004 GOLDEN GLOBE AWARDS Croisons-nous les doigts pour Les Invasions barbares de Denys Arcand en nomination comme meilleur film en langue étrangère ! Parmi les présentateurs de cette soirée pas trop guindée : Antonio Banderas, Jack Nicholson, Robin Williams, Uma Thurman, Richard Gere, Melanie Griffith, Dustin Hoffman, Nicole Kidman, Renée Zellweger.19h30 a LES BEAUX DIMANCHES: LE FABULEUX DESTIN D'AMÉLIE POULAIN Un film délicieux et revigorant qui fait oublier toutes les vagues de froid et les drames de ce monde.Amélie n'a qu'une idée en tête: rendre les gens heureux.Dans sa quête, la mignonne trouve le bonheur.Un pied de nez à la déprime de janvier! Avec Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz.20h r BIOGRAPHIE: SYLVESTER STALLONE Sylvester dans tous ses états, raconté par Sharon Stone, Travolta et George Bush! C'est suivi de La Loi du milieu dans lequel Stallone joue le rôle d'un tueur professionnel.21h CD SANS DÉTOUR Une histoire d'horreur, celle d'un jeune garçon que des adeptes d'un culte déviant ont offert en sacrifice à leurs dieux.Le Téléjournal Découverte / Cerveau et émotions; les origines du SRAS LE FABULEUX DESTIN D'AMÉLIE POULAIN (2) avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz Le Téléjournal Conversation Le Garage ELIZABETH (3) Le TVA 18 heures Un monde de fous Comicographie - Martin Petit Biographie / Sylvester Stallone - Un super héros à Hollywood LOI DUMILIEU (5) avec Sylvester Stallone, Rachael Leigh Cook Familles d'aujourd'hui (23:42) Cultivé et bien élevé Poudre d'escampette Les Grands Documentaires - Carnet rose pour les pandas Boston Public WAR BABIES.NÉS DE LA HAINE (3) Documentaire SITCOM(5) ave Evelyne Dandry (22:42) Les Secrets de la magie COMBINAISON GAGNANTE (5) avec John Travolta, Tim Roth LE MIROIR A DEUX VISAGES (5) avec Barbra Streisand, Jeff Bridges (21:15) News E.T.The Golden Globes Arrival Special The 61st Annual Golden Globe Awards CTV News News News CINDERELLA II (6) Dessins animés Cirque du Soleil's Solstrom Da Vinci's Inquest Sunday Report Venture Mary Walsh Reflections .(15:30) Homeowner American's Funniest Homes.10/8 / Dernière Alias The Practice Beautiful.Pub News CBS News 60 Minutes Cold Case DEEP IMPACT (5) avec Téa Leoni, Robert Duvall News NBC News The Golden Globes Arrival Special The 61st Annual Golden Globe Awards News Golden.Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Polar Bear Invasion Masterpiece Theatre / The Forsyte Saga And Thou Shalt Honor BBC News Wall Street Yalta: Peace, Power and Betrayal Masterpiece Theatre BBC News MY MAN.(17:30) Makeover.Crossing Jordan Biography / The Fondas Airline OPÉRA DO MALANDRO (17:00) Les Années Tony Blair MILENA (4) avec Valérie Kaprisky, Stacy Keach L'Actors Studio / Helen Hunt Silence.Dean Martin: Bravo! Profile Arts&Minds Artist's Life Memories of Earth.PLANES, TRAINS AND AUTOMOBILES (5) avec Steve Martin THE OUT-OF-TOWNERS (5) Y sont pas plus fous que.Docu-D / Le Ku Klux Klan, une histoire secrète Sans détour Cannibales / Hannibal Lecter.L'Ultime hélicoptère d'attaque Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale, vieillissement UQAR Bilan.Technologie Formation Le monde.Activités physiques.Frontiers of Construction Daily Planet Discovery's Sunday Showcase Discovery's Sunday Showcase Disaster Detectives Daily Planet Vidéo Guides Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides Hoze Hounds (18:20) .(19:10) King (19:35) Honey, I Shrunk the Kids F/X (4) avec Bryan Brown, Brian Dennehy .(22:31) TEEN WOLF (6) (22:47) Everwood King of the Hill The Simpsons Bernie Mac Malcolm in the Middle Arrested.Charmed The Surreal Life .(15:00) .Sunday Bob &.King of the Hill 2 1/2 Men The Shield Global News Sports Trouvailles &Trésors / Paris Made in Québec / La Police.Série noire / Grands Drames.JAG L'ÉTOFFE DES HÉROS (3) avec Sam Shepard, Scott Glenn War Surgeons Warships / Sea Powers The Royal Hour / Irish Crown.THE LAST OF THE MOHICANS (4) avec Daniel Day-Lewis, Madeleine Stowe Legend of.Crisis Zone Fashion File Matchmaker Skin Deep Birth Stories Little Miracles Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / Joni Mitchell Musicographie / Garou Week.Eric Clapton Week.Nanette Workman Musicographie / Garou Bécosse.the Pops Linkin Park Live à M+ Concert Plus / Sans Pression Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Music Box Sixty Minutes In Montreal .arménien La Caravane .Vietnam The Practice Teleritmo BBC News CBC News CBC News: Sunday Sunday Report Venture The Passionate Eye / A Dangerous Mind Hemispheres Second Regard Le Téléjournal Le Journal La Part.Zone libre / Chrétiens sionistes Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.(15:30) Sports 30 Mondial féminin de.Patinage artistique / Championnats canadiens Sports 30 L'Entraînement des Canadiens.Sports.Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Hommes en quarantaine Les Experts Prime Suspect THE ULTIMATE WEAPON (6) avec Tedd Dillon, Cindy Preston Trailer Park Boys Six Feet under Relic Hunter V Star Trek: Enterprise BLADE RUNNER (2) avec Harrison Ford, Rutger Hauer PSYCHO (4) Sportsnetnews Soccer / Spanish Premiera Liga Grand Slam of Curling / Finale Sportsnetnews Grand Galop .Palmarès Panorama Yparaît que.Hammamet au temps.LES ORGUEILLEUX (3) avec Gérard Philipe, Michèle Morgan Rythmes du monde What not to Wear (17:00) Trading Spaces: Family Repo Men: Stealing for a Living Trading Spaces: Family Sportscentre Hockey / Flyers - Capitals Tennis / 2004 Australian Open Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Henri, gang South Park Downtown Les Simpson Déchiqueteurs Aventuriers des îles oubliées Journal FR2 Portrait.Double JE - Spéciale Alexandrie L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox GALLIPOLI (3) avec Mark Lee, Mel Gibson FOREIGN BODIES (2/2) Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie Question Santé Guide de survie Parole et Vie Accès.com L'Agenda River to.solidaire Sur la colline Rendez-vous chasse-pêche Edgemont Loup-garou Smallville Dawson Degrassi.Montana Jacob Two.Mental Block YTV's Hit List Girlstuff Girlz TV .Scholars .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone Le TVA / Loteries (23:15) .Raymond CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS EN BREF Une fabuleuse arnaque JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE C'est l'histoire d'un périple purement fictif.Un conte comme ceux des plus beaux livres.Et pourtant, c'est aussi un piège dans lequel 70 personnes sont tombées.C'était comme une bouteille lancée à la mer.La lettre était postée un peu à l'aveuglette: les expéditeurs ne connaissaient pas le destinataire.Pourtant, ils signaient d'un «Ève et Édouard » aussi familier que s'ils étaient des parents chéris ou les amis de qui on attend des nouvelles.Et ils s'adressaient au lecteur par son prénom, en le tutoyant.Le jeu a duré des mois, le temps que circulent huit missives, toutes rédigées à la main, 70 fois.Les enveloppes venaient d'un peu partout (France, Chili, Maroc) et enfermaient le récit de voyage de l'énigmatique duo.Le mystère s'est peu à peu éclairci, sous la subtilité de phrasesclés, et s'est conclu par l'invitation à une exposition au centre Dare-Dare.C'est que les auteurs des lettres n'étaient pas des criminels dangereux, comme l'ont cru quelques-uns des 70 correspondants (la majorité choisie dans le bottin téléphonique), ni des gens qui s'étaient trompés d'adresse, mais des artistes.Et le projet des presque débutants Ève Dorais et Édouard Pretty, malgré son apparence de passe-temps boute-en-train, découle du même sérieux propre à toute initiative artistique.Avec un but plus que noble : introduire l'art chez les profanes.Par la force.« Nous voulions amener les gens qui ne s'y connaissent pas à des pratiques artistiques plus contemporaines, dit Ève.L'intention était de semer le doute, l'insécurité, de créer du mystère, des questionnements.» À l'instar du courrier de sollicitation, les artistes ont presque fait du harcèlement.Leur produit à vendre : une histoire réaliste, inventée de toutes pièces.Car de voyage, il n'y en a jamais eu (d'où le titre de l'expo, Voyage stationnaire): l'écriture était bien la leur (ils ont rédigé chacune des lettres, un travail de moine), mais les missives étaient postées par des complices basés à Paris ou à Grenoble, en Suisse ou en Afrique.En altérant un mode de communication si vieux et si innocent, à la portée de tous, Ève et Édouard ont réussi à mêler sournoisement réalité et fiction.Si elle rêve de littérature et considère la correspondance comme un terrain fertile pour inventer des récits (« on peut créer une vie sans que le lecteur puisse la vérifier »), c'est lui qui est l'instigateur du projet.Dans le passé, il a déjà cherché à partager un carnet de voyage dans lequel chaque correspondant devait mettre du sien.Cet « objet-témoin » est devenu lettre et un voyage est né.« Le voyage a existé vraiment parce que 70 personnes y ont cru, pense-til.Il est devenu une réalité.» Les réactions ont été fort diversifiées et, bien sûr, des anecdotes cocasses, ils en ont à la tonne.Il y a eu des gens frustrés, d'autres contents, de la dame malade et fragile bouleversée par ce mystérieux courrier (au point où elle a été rayée de la liste à la demande de sa petite-fille) au type, totalement emballé par le projet, qui offre son aide pour le montage et le démontage de l'expo.Il y a eu celle qui, piquée par la curiosité, a mené une enquête jusqu'à trouver d'autres destinataires.Puis celui qui, jouant le jeu, se confie, révèle même sa difficulté à vivre son homosexualité.Bref, le duo n'a pas connu les réactions des 70 individus, mais il sait qu'il a provoqué bien des discussions.À la quatrième ou cinquième lettre, les lecteurs ont commencé à avoir des indices.Et ils ont eu l'occasion de transformer ce discours unidirectionnel en véritable dialogue, grâce à un courriel de retour.À leur grande surprise, Ève et Édouard ont reçu une vingtaine de messages.Certains se demandaient ce que c'était tout ce charabia et, sachant au bout que c'était de l'ordre de la création, d'autres ont remis en question sa valeur artistique.« Il y en a qui pensent que ce n'est pas de l'art, dit Ève, mais d'autres ont été fascinés.» Et les meilleurs arguments sont venus d'un homme, envoûté par l'imaginaire suscité par les lettres.« Vous avez créé des tableaux dans ma tête », leur a-t-il confié.L'expo chez Dare-Dare lève une part du mystère, notamment par les témoignages de certains de ces correspondants involontaires.Et si l'ensemble se solde en peu d'objets, il n'en laisse pas moins le goût d'une fabuleuse arnaque.Réussie, bien sûr.VOYAGE STATIONNAIRE d'Ève Dorais et Édouard Pretty, centre Dare-Dare, 460, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu'au 14 février.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 878-1088.Un Esse nouveau Pour célébrer son 20e anniversaire, Esse arts + opinions a modifié son image graphique : en-tête plus discrète et retour du logo d'origine, plus adapté à la typographie actuelle.Finies les majuscules et la forme fermée, au profit d'un «esse » en minuscules et plus logique.Le numéro 50, portant sur la présence de la nourriture dans l'art, a été lancé début janvier et on annonce, pour la prochaine parution, un spécial 20e.Vox toujours actif Le centre de l'image contemporaine Vox, encore sans domicile fixe (le bail au Marché Bonsecours s'est terminé en décembre), organise des discussions avec des artistes, en attendant de pouvoir présenter des expos dans un local du centre-ville.Cette semaine, la photographe Lynne Cohen viendra parler de son travail, un travail raffiné porté sur des lieux étranges et exempt de figures humaines.À l'UQAM, salle des Boiseries (Pavillon Judith-Jasmin), le 28 janvier, 19 h.Infos : 514 390-0382.Jérôme Delgado co l laborat ion spéciale G É N I ES EN HER B E # 1 0 77 ghpanto@videotron.ca A-MYTHOLOGIE GRECQUE 1 Quel personnage mythologique a vaincu les Amazones, nettoyé les écuries d'Augias et tué à coups de flèches les oiseaux du lac Stymphale ?2 Quel est le nom de cette Gorgone, la tête couverte de serpent, qui fut tuée par Persée en lui coupant la tête ?3 Qui est le dieu grec de la mer qu'on représente armé d'un trident ?4 Que voulait conquérir Jason lorsqu'il organisa son expédition avec les Argonautes ?5 Quelle montagne grecque est considérée comme la demeure des dieux ?B-JOUEURS DE HOCKEY QUÉBÉCOIS 1 Quel joueur du Canadien de Montréal fut suspendu par Clarence Campbell en 1955, ce qui souleva l'ire des partisans montréalais et qui entraîna une émeute autour du Forum ?2 Quel défenseur du Canadien de Montréal se faisait constamment huer sur la glace du Centre Bell jusqu'à ce que Bob Gainey se fâche en octobre dernier ?3 Quel gardien de but québécois fut échangé aux Blackhawks de Chicago en retour de Jeff Hackett 4 Quel ancien joueur de l'Océanic de Rimouski, premier choix au repêchage en 1998, joue présentement avec le Lightning de Tampa Bay ?5 Quel gardien de but des Penguins de Pittsburgh a mené l'équipe canadienne à deux médailles d'argent consécutives au Championnat mondial de hockey junior en 2003 et 2004 ?Ancien premier ministre britannique D-ANNÉE 1997 1 Quelle comédienne québécoise perdit la vie dans un accident d'avion au mois d'août 1997 ?2 Qui remporta le championnat mondial de Formule 1 lors de l'ultime course à Jerez de la Frontera en 1997 ?3 Quel ancien Premier ministre britannique fut battu par les travaillistes de Tony Blair en 1997 ?4 Quelle religieuse, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1979, s'éteignit à Calcutta en 1997 ?5 Quelle province canadienne fut pratiquement balayée par les libéraux de Jean Chrétien lors de l'élection fédérale en 1997 ?F-MÉTIERS 1 Comment appelle-t-on celui qui panse et soigne les chevaux ?2 Quel apôtre de Jésus était percepteur d'impôt ?3 Quel métier agricole Adélard Godbout, Premier ministre du Québec durant la Seconde Guerre mondiale, exerçait-il ?4 Quel métier exerce celui qui fabrique des meubles ?5 Quelle profession exercera celui qui fait un baccalauréat à l'École Polytechnique ?E-CALCUL MENTAL Ne pas tenir compte de la priorité des opérations 1 5 × 9 + 90 - 3 ÷ 11 × 6 + 8 ÷ 10 = ?2 30 - 4 × 3 + 6 ÷ 7 - 30 × 2 + 17 = ?3 11 × 14 - 10 ÷ 2 ÷ 9 + 13 × 5 - 6 = ?4 4 + 9 × 3 - 1 ÷ 2 - 25 + 6 × 7 = ?5 24 + 59 + 13 ÷ 2 + 3 ÷ 3 - 7 × 25 = ?C-CHEVAUX 1 Comment appelle-t-on la partie antérieure de la tête du cheval qui va de la base du front jusqu'au nez ?2 Quelle ville de la région de l'Estrie a tenu les compétitions équestres lors des Jeux olympiques de Montréal en 1976 ?3 Quel est le cri du cheval ?4 Comment se nommait le cheval d'Alexandre le Grand ?5 Quelle expression contenant le mot chevaux signifie s'emporter Président français G-HISTOIRE DE LA FRANCE 1 Quel pays était opposé à la France lors de la guerre de 1870-1871 au cours de laquelle la France dut céder l'Alsace et une partie de la Lorraine ?2 Quel président français lança le célèbre «Vive le Québec libre» du haut du balcon de l'Hôtel de ville de Montréal un 24 juillet 1967 ?3 Quel roi de France, père de Charlemagne, fut le premier de la dynastie carolingienne ?4 Quel roi de France meurt guillotiné le 21 janvier 1793 ?5 Malgré son nom, combien d'années la guerre de Cent Ans opposant la France et l'Angleterre dura-t-elle réellement H-ASSOCIATIONS Associez la montagne à son continent 1 Mont Mc Kinley 2 Mont K2 3 Mont Aconcagua 4 Mont Cervin 5 Mont Erebus A Europe B Amérique du Sud C Amérique du Nord D Antarctique Il fut échangé en retour de Hackett.E Asie GEN25JR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © Ève Dorais et Edouard Pretty dans leur Galerie, avec leur courrier d'amis du monde entier.Ce soir.Télé-Québec, ça change de la télé Des soldats ont violé ma mère.20 h Boston Public Aisha a de sérieux problèmes avec son copain.Ronnie et Marla convoitent le poste de Gruber.21h War babies.nés de la haine Au Rwanda, en Bosnie.combien de femmes violées par l'ennemi se sont retrouvées enceintes?Gagnant de plusieurs prix dont 4 Gémeaux.3161034A STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Petite soirée aussi amusante que bizarroïde à Tangente cette semaine, gracieuseté de deux jeunes chorégraphes qui n'ont pas froid aux yeux.Tout comme Marie-Pascale Bélanger ou Audrey Lehouiller, Alexandra L'Heureux et Jean-Sébastien Lourdais font partie de cette nouvelle génération de chorégraphes qui ont laissé derrière eux les univers torturés et léchés de leurs aînés au profit de l'humour et de l'absurde.Dans son solo Règlement de compte, Lourdais expose les divagations intérieures d'un être pour le moins étrange.Enchâssé entre deux précaires pyramides de verres à eau, le chorégraphe et interprète fait brillamment et très subtilement osciller son énigmatique personnage entre l'inquiétant schyzophrène et le petit enfant qui s'invente des histoires dans sa chambre.Notre homme, leste à souhait, glisse, se tord et se perd au milieu de sa forêt de verres, lesquels tiennent, tout à tour, lieu de micro, de porte-voix et même de pièces d'échecs.La lumière qui se reflète à travers le verre donne lieu à de magnifiques jeux de clairs-obscurs qui font habilement écho à l'ambiguïté même du personnage.L'oeuvre peut paraître simpliste de prime abord, mais elle regorge de filons intéressants, tant au niveau de la scénographie que du jeux.En fait, Règlement de compte sert d'étape exploratoire pour une prochaine création.Espérons que Lourdais saura y conserver la ligne directrice simple et claire qui fait le beauté de la présente étude.Culture pop et naïveté Mongoles à batteries d'Alexandra L'Heureux prend des allures de comptine naïve.Ici, comme dans ses oeuvres précédentes, elle puise à plein dans la culture pop pour nous servir un travail éclectique et pour le moins déroutant.La jeune femme, qui a longtemps baigné dans l'univers des raves, ne se gêne pas pour donner à ce duo une facture très « sucre-candy », propre à ce courant naïf et hédoniste.Est-ce les habits de ski-doo aux couleurs pastels, le personnage de poupée mécanique ou celui de lapin-malin, mais Mongoles à batteries semble faire un amusant clin d'oeil aux séries pour enfants des années 70, tels Les Oraliens.Comme le font beaucoup de compagnies de danse en ce moment, tant en Europe qu'au Canada, L'Heureux tente ici à sa façon de théâtraliser le hip-hop, une forme de danse qu'elle enseigne depuis des années pour gagner sa croûte.La chorégraphe et sa partenaire Maryse Paré semblent littéralement ensorcelées par les scratchs et les loops de la musique électronique du musicien Jean-Sébastien Roux.Les complices n'ont aucunement cherché à masquer l'énergie brute et un peu brouillonne du break-dance de rue.Au contraire, ils semblent avoir voulu exacerber cet aspect en y apposant délibérément une facture amateur.Et parce que L'Heureux refuse à ce point de hiérachiser les styles de danse, elle soupoudre aussi allègrement Mongoles à batteries de « routines» genre funky/ ballet-jazz.Et au diable l'élitisme ! Résultat ?Une oeuvre divertissante et bien mignonne, mais qui comporte toutefois certains temps morts et des longueurs.Et, oserait-on dire, on aurait souhaité un tantinet plus de densité, mais c'est peut-être là une question de générations.RÈGLEMENT DE COMPTE de Jean- Sébastien Lourdais et MONGOLES À BATTERIES d'Alexandra L'Heureux.Jusqu'au 25 janvier à l'Espace Tangente.Infos : 514 525-1515.ARTS ET SPECTACLES DANSE Petite soirée bizarroïde PHOTO NICOLAS BRUNELLE GAGNON, FOURNIE PAR L'ESPACE TANGENTE Alexandra L'Heureux dans Mongoles à batteries.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll EN BREF Il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves Helmut Newton tué dans un accident Le célèbre photographe de mode Helmut Newton a été tué vendredi dans un accident de voiture à Los Angeles, à la sortie d'un hôtel au volant de sa Cadillac, a déclaré la police américaine.Il était âgé de 83 ans.Helmut Newton a perdu la maîtrise de sa voiture alors qu'il quittait l'hôtel Château Marmont à Hollywood.Photographe de mode à la renommée internationale, connu notamment pour ses photos en noir et blanc de femmes nues longilignes, Helmut Newton avait collaboré avec les plus grands titres de la presse mondiale, dont les magazines Vogue, Playboy, Elle ou Stern.Son oeuvre a été publiée sous forme de nombreux ouvrages.En 2003, il a cédé ses droits sur 80 photographies réunies dans un album, pour aider les journalistes emprisonnés dans le monde.D'après Associated Press Mort d'Ann Miller L'actrice américaine Ann Miller, célèbre pour sa danse à claquettes, est décédée jeudi d'un cancer des poumons à l'âge de 81 ans, a annoncé son agent.Ann Miller a joué dans une quarantaine de films à l'âge d'or du cinéma musical et d'Hollywood, dont les célèbres Embrasse-moi chéri, (Kiss me Kate) en 1953 et Parade du printemps en 1948.Elle apparut une dernière fois dans Mulholland Drive, de David Lynch, en 2001.D'après AFP Adieu «Captain Kangaroo» Bob Keeshan, qui a distrait des générations de jeunes Américains en incarnant « Captain Kangaroo » à la télévision, est mort vendredi à l'âge de 76 ans, à la suite d'une longue maladie.L'émission éducative qu'il présentait avait débuté au réseau CBS en 1955.Elle y a été diffusée pendant une trentaine d'années, avant de passer à la télévision publique six autres années.Très populaire chez les enfants, cette émission a récolté six prix Emmy.Associated Press NANETTE suite de la page 1 « Un corps, poursuit-elle, c'est comme une voiture.Faut en prendre soin et l'entretenir with good gas and good oil.Quand les freins ne vont plus, tu les changes.Quand le moteur ne marche plus, t'en mets un neuf.Si le body est rouillé, tu le repeins et le jour où la voiture est trop vieille, t'en achètes une nouvelle.That's it, that's all.» Qu'entend-elle au juste par acheter une nouvelle voiture quand l'ancienne rend l'âme, je ne le saurai jamais.Nanette n'est pas le genre à se perdre en longues conjectures sur le sens de la vie.Quand elle trouve une image pour exprimer sa pensée, elle s'y tient, puis passe rapidement à un autre appel.De fait, Nanette est beaucoup plus secrète qu'elle ne le laisse voir.Même si tous les jalons de sa carrière sont connus et font l'objet d'une biographie essentiellement photographique publiée chez Stanké en 1999, de grands pans de sa vie demeurent dans l'ombre.Nanette n'a rien fait pour dissiper le mystère, ayant toujours favorisé, comme elle l'écrit en préface de la photobiographie, la discrétion.Le seul aveu qu'elle consent à faire est d'ordre spirituel.Née de mère juive, Nanette a été élevée dans la religion judaïque.Petite, le samedi matin, elle prenait le chemin de la synagogue le plus naturellement du monde.Elle a cessé de pratiquer sa religion il y a longtemps.N'empêche.Elle affirme entretenir un rapport privilégié avec Dieu.Son dieu à elle, s'entend.Elle croit dur comme fer à la réincarnation.« Mais, ajoute-t-elle, c'est moi qui vais décider en qui ou quoi je vais me réincarner.Moi seulement.Elle croit aussi qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.Qu'à tout moment de sa vie, on peut choisir d'être heureux ou malheureux, d'être tyran ou victime.La musique et les musiciens ont été toute sa vie.Elle entend bien continuer à chanter sur scène tant qu'elle en aura l'énergie.Tant pis si elle ne devient jamais la plus grande chanteuse au monde.L'important, c'est qu'elle soit restée une femme libre.SPECTACLES CINÉMAS INDÉPENDANTS AFREERA HANEM (LADY GÉNIE) Cinéma ONF: 11h.AIME TON PÈRE Cinéma Beaubien: 13h45, 16h15, 18h45, 21h15.ARCTIQUE (L') - LES SEIGNEURS DE L'ARCTIQUE - COLLECTION MISSION ARCTIQUE - MENACES SUR LE TOIT DU MONDE Cinéma ONF: 15h et 21h.BIG FISH Cinéma du Parc: 14h, 16h30, 19h, 21h30.ENFANT QUI VOULAIT ÊTRE UN OURS (L') Ciné-Kid (Ex-Centris): 11h.GIRL WITH A PEARL EARRING Cinéma du Parc: 15h, 16h55, 18h50, 20h45.JE SUIS PIERRE RIVIÈRE Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 18h30.KILL BILL Cinéma du Parc: 21h40.LE PEUPLE DE LA GLACE - COLLECTION MISSION ARCTIQUE - IL PARLE AVEC LES LOUPS Cinéma ONF: 19h.MAGDALENE SISTERS (THE) Cinéma du Parc: 19h20.MILLE MOIS Cinéma Parallèle: 13h, 17h, 21h15.OUBLIÉS DE HÉRAT Cinéma Parallèle: 15h30, 19h30.PETITE LILI (LA) Cinéma Beaubien: 13h15, 15h45, 18h15, 20h45.Ex-Centris: 15h15, 17h30, 19h30, 21h35.ROGER TOUPIN, ÉPICIER VARIÉTÉ Ex-Centris: 13h.SI LE TEMPS LE PERMET - À LA DÉRIVE - COLLECTION MISSION ARCTIQUE Cinéma ONF : 17h.STUPIDITY Cinéma du Parc: 17h20.TRIPLETTES DE BELLEVILLE (LES) Cinéma Beaubien: 13h, 15h, 17h, 19h, 21h.Ex-Centris: 15h, 17h15, 19h, 21h.UNE AMBITION RÉDUITE EN CENDRES suivi de LA FEMME CAMBODGIENNE À L'HEURE DU SANGKUM Cinémathèque québécoise (salle Claude-Jutra): 20h30.MUSIQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Émilie Paré, violoniste, Claire Ouellet, pianiste.Beethoven, Bartok : 15h30.CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE Ensemble Arion.Dominique Visse, haute-contre.Corrette, Granval, Courbois, Gervais, La Garde: 14h.VARIÉTÉS SPECTRUM (318, Sainte-Catherine O.) Thomas Fersen: 20h.THÉÂTRE SAINT-DENIS Peter Mac Leod: 20h.CASINO DE MONTRÉAL Pierre Lalonde: 13h30.a u 8 f é v r i e r 2 0 0 4 D u 2 4 j a n v i e r À n e p as m a n q u e r A u j o u r d ' h u i P r e m i è r e m o n d i a l e Les mystères du lac Voldeau Dimanche 1er février Un super concours de tartes au sucre ouvert à toute la famille.Premier prix: une croisière aux Îles-de-la-Madeleine offerte par CTMA en collaboration avec la semaine des Arts du cirque.INSCRIPTION : www.fetedesneiges.com ou (514) 872-6120 GRANDE PREMIÈRE ! Pratique extérieure des Canadiens de Montréal présentée par Tim Hortons, sur une patinoire réglementaire de la LNH.De 11 h 30 à 14 h à la place des Nations www.fetedesneiges.com 3195534A .MON DERNIER FILM Out of Time, avec Denzel Washington.MON DERNIER LIVRE Bag of Bones, de Stephen King.MON DERNIER DISQUE Le CD éponyme du groupe Evanescence.UNE MAXIME Quand la vie te donne des citrons, fais de la limonade.UN ARTISTE INSPIRANT Les comédiennes Kate Blanchett, Susan Sarandon et Diane Keaton.UNE OEUVRE CHOC La chanson L'amour existe encore interprétée par Céline, paroles de Luc Plamondon.UN PERSONNAGE DE FICTION QUI LUI RESSEMBLE Lara Croft. 3200005A .EMPOISONNÉ LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter CLUB DE LECTURE CATHERINE, GUY ET ARLETTE PAGE 8 L'HÉRITAGE ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPÉCIALE e n'est quand même pas un phénomène récent», souligne Marc de Roussan, producteur et animateur d'Au Pays des Bulles, une émission radiophonique consacrée au neuvième art.Citant les éditeurs américains qui souscrivent à cette politique, l'animateur de Radio Centre-Ville précise que l'industrie européenne de la bande dessinée a quand même connu quel-ques cas similaires dans les décennies 60 et 70.«La tendance s'accélère parce que ceux qui ont littéralement créé la bande dessinée, les Hergé, Franquin, Greg, Roba et Morris, sont morts ou à la retraite, et comme ils se vendent encore très bien, les éditeurs n'ont pas envie de voir disparaître cette importante source de revenus.» Il est donc essentiel de rester présent sur le marché et d'avoir de nouvelles productions, les nouveaux albums faisant vendre les anciens.De nouvelles parutions qui doivent s'inscrire dans la lignée et dans l'esprit des autres albums.Le respect du style original «Le plus important c'est de se mouler dans l'univers du créateur.Il ne faut pas que la différence des styles soit trop évidente», reconnaît Verron, qui a repris les personnages de Boule et Bill, création de Roba.«Pendant un an j'ai dessiné les aventures de Modeste et Pompon, sous la supervision de Franquin, sans les signer.La transition se faisait doucement entre ses histoires et les miennes », renchérit Dino Attanasio, premier illustrateur de Bob Morane.Une stratégie gagnante selon Marc de Roussan, qui rappelle que l'histoire de la bande dessinée francobelge est truffée de reprises déstabilisantes et ratées.«Aux États-Unis, les lecteurs sont habitués aux changements de dessinateurs et aux modifications parfois spectaculaires des personnages.En Europe, c'est tout le contraire, ça peut être un véritable casse-gueule.Il faut les transformer en douceur», précise-t-il en nous rappelant les pathétiques reprises de Spirou après la démission de Franquin.«C'est vrai que nous sommes plutôt limités», acquiesce Widenlocher, qui a repris un véritable monument de la bande dessinée: Achille Talon.«Je ne peux pas me permettre beaucoup de changements.Je dois toujours l'habiller de la même façon avec son éternelle veste bleue et son gilet jaune.Je pourrais le dessiner en survêtement sportif, mais ça ne serait pas Achille Talon.» \u203a Voir EMPOISONNÉ en page 8 Dude, Where's my Country ?Michael Moore \u203a Essai FFFF PAGE 9 Les Sarcophages du 6e continent Sente et Juillard \u203a Bande dessinée FFFF PAGE 8 La Chambre d'amis M.Möring \u203a Roman FFFF PAGE 9 «C La parution des Sarcophages du 6e continent, nouvel opus des aventures de Blake et Mortimer et de Tintin et l'Alph-Art, relance le débat sur la deuxième vie des héros de papier.Une vie qui emprisonne les dessinateurs dans un style qui n'est pas le leur, mais qui rapporte bien.Achille Talon Blake et Mortimer Boule et Bill LECTURES Catherine et Guy parlent d'Arlette JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE D'emblée, ils mettent la table et affichent leurs couleurs.Tous deux, le téléromancier Guy Fournier et l'orthopédagogue Catherine Fouron, sont des adeptes du style, tous deux des inconditionnels du roman Soie, d'Alessandro Baricco.Ils aiment les romans évocateurs, remplis d'atmosphère.Catherine : « Et surtout de poésie.Je reviens toujours à ça : j'aime entendre ce qui n'est pas écrit.Pas uniquement le premier degré, mais aussi quand les mots suscitent autre chose, te font entendre autre chose entre les lignes.» Guy : « Oui, les romans où il y a une atmosphère, une musique, une sensualité extraordinaire.Le livre d'Arlette \u2014 et ça n'enlève rien à son excellent talent de conteuse \u2014 ce n'est pas mon genre de livres.D'abord, j'ai beaucoup de mal à lire des romans et particulièrement ce type de roman-là.C'est sûrement mieux écrit au niveau du style que les précédents et c'est plein de qualités pour ceux qui aiment le genre, mais ce n'est pas mon cas.» Nous sommes au Café La Croissanterie, il fait moins 30 dehors et nos deux lecteurs que plus de 30 ans séparent ont la langue plus que réchauffée.Guy Fournier regrette que les personnages de L'Abandon de la mésange, dont on suit la vie entre 1958 et 1992, ne soient pas davantage influencés par les événements mentionnés dans le roman.« Les éphémérides sont plaquées sur l'histoire.Les jeunes qui n'ont pas connu cette période-là vont apprendre les événements de l'époque, mais pas comment l'époque a influé sur les gens.» Plutôt d'accord, Catherine Fouron s'empresse quand même de souligner la présence de personnages haïtiens et surtout le fait que plus on avance dans le roman, plus leur importance est grande.« Même s'il n'y a aucun commentaire sur leur situation sociale, cela témoigne quand même de la société québécoise de l'époque », dit-elle.Si elle ne déborde pas d'enthousiasme à l'égard d'Élise, la fille de Blanche, Catherine, se retrouve dans le personnage.Elle se reconnaît dans cette mère de deux enfants qui a choisi de faire passer ses ambitions familiales avant ses ambitions personnelles et professionnelles.« Pourquoi j'étudierais ?Moi, ce que je veux, c'est élever des enfants, dit en somme Élise, en 1960 », rappelle Catherine.« Malgré tout, les filles de mon âge se posent encore aujourd'hui ce genre de questions et elles éprouvent un certain malaise à dire : je suis une diplômée et j'aime être à la maison avec des enfants.» En comparaison avec les héroïnes des deux romans précédents, soit Émilie et Blanche, Élise ne semble pas être de la même farine, comme si l'enjeu d'Arlette Cousture avait été de célébrer une femme moins panachée, de moindre tempérament que sa mère et sa grandmère.« Non, pas d'accord, ce n'est pas une antihéroïne, c'est une héroïne, réplique Catherine.Elle est magnifique, c'est un volcan, elle a la détermination des Lauzé et des Pronovost, c'est une amante fabuleuse, elle a des ambitions de fermière.Elle travaille beaucoup.Elle élève ses deux filles, elle est parfaite, elle est heureuse d'allaiter ses jumelles, elle découvre de nouvelles sortes de légumes, ses serres sont parfaites ! » Mais les deux héroïnes ou antihéroïnes, Micheline et Élise, sont deux femmes qui n'intéressent pas Guy Fournier.« Élise, c'est une romantique un peu gnangnan », ditil.Ce contre quoi se soulève Catherine.« Quand même, c'est elle qui tient tête aux religieuses, ce que probablement peu de filles faisaient à l'époque ! Et ce que j'ai aimé chez Élise, que je trouve très humain, c'est quand elle fantasme sur les autres hommes.Là, je m'identifiais : O.K., she's real ! En fait, les scènes que j'ai vraiment aimées, ce sont les scènes de sensualité, les scènes d'amour, que je trouve bien écrites.Là, les images sont tout à fait intéressantes, comme le goût de la salive de l'autre.Guy Fournier en convient.« Dans la description physique des choses de la femme, soit le plaisir, soit l'accouchement, tout ce qui touche au corps, dit-il, Arlette Cousture est excellente.Elle a un don pour cela.» Tous les deux reconnaissent spontanément que, outre sa dextérité de conteuse, c'est cette particularité qui prête d'ailleurs si bien ses romans au traitement télévisuel.Deux heures plus tard, la buée dans les vitres et dans les lunettes, nous sommes au bord de la franche rigolade.1967, pour Guy Fournier, c'est l'année de l'Expo, des nuits folles.« C'est sûr, comme le dit Arlette, que le pavillon de la Jeunesse était couru, mais le vrai centre d'attraction, jusqu'à 3-4 heures du matin, c'était le pavillon cubain.À cause de la musique et des Noirs.Toutes les filles qui sont parties pour la famille à l'époque sont passées par le pavillon cubain ! » De quoi avoir encore plus hâte à la télésérie.Celle d'Arlette ou, qui sait, une autre télésérie de Guy Fournier ?Recherche : Marie Sterlin NOUVELLES DU CLUB Veuillez prendre note que le livre du mois de février sera un essai, celui du Dr Marcel Rufo, Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants, aux éditions Anne Carrière, dont on parle beaucoup dans les journaux et sur les ondes ces jours-ci alors qu'il est en visite au Québec.Un ouvrage qui remet bien des attitudes et des certitudes en question.Vous trouverez l'entrevue qu'il a accordée à Lilianne Lacroix et que nous avons publiée dimanche dernier dans Lectures, sur www.cyberpresse.ca/arts, à la rubrique Livres, sous Club de lecture.Notez aussi que le Club de lecture vous propose une rencontre entre Arlette Cousture, Sophie Durocher et Fernand Dansereau sur le thème suivant : Les femmes et l'amour, de 1960 jusqu'à aujourd'hui.Animée par Jean Fugère, cette table ronde aura lieu à la librairie Champigny/Renaud-Bray, 4380, rue Saint-Denis, aujourd'hui, à 15 h 30.D'autre part, vous avez jusqu'au mercredi 3 février pour nous faire connaître votre opinion sur L'Abandon de la mésange, le tome 3 de la saga des Filles de Caleb.Envoyez vos lettres par courriel à clubdelecture@lapresse.ca ou par courrier à Jocelyne Lepage, la Presse, 7, rue Saint- Jacques, Montréal H2Y 1K9.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Jean Fugère en compagnie de Catherine Fouron et Guy Fournier.BANDE DESSINÉE Cent bougies pour Edgar P.Jacobs ROBERT LAPLANTE COLLABORATION SPÉCIALE Le 26 septembre 1946, dans une Belgique qui tente de se remettre des affres de la guerre, est lancé le premier numéro de la revue de bande dessinée Tintin.À l'intérieur on trouve la première planche du Secret de l'Espadon, opus originel des exploits de Blake et Mortimer, une série qui allait connaître rapidement un succès d'estime et de vente.Fin 2003, pendant que le Musée de l'homme à Paris présente une exposition sur Blake et Mortimer et que la revue Science & Vie publie un numéro spécial sur les relations entre la science et les deux célèbres personnages de papier, apparaissent dans les librairies coup sur coup Les Sarcophages du 6e continent, la 16e aventure des deux héros britanniques, et La Damnation d'Edgar P.Jacobs, la biographie la plus complète de ce bédéiste plus vivant que jamais.Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis ce mois d'automne où E.P.Jacobs, baryton frustré et dessinateur de 42 ans, publiait les premiers dessins de cette série qui sera analysée de toutes les façons et sous toutes ses coutures.Bien des pages, tantôt bonnes, tantôt médiocres, ont été écrites pour expliquer l'oeuvre du discret créateur belge.Pourtant, bien peu d'analystes se sont attardés à scruter sa vie.Un objectif que se sont donné Benoît Mouchart et François Rivière, journalistes, scénaristes, exégètes et grands admirateurs devant l'Éternel de celui qui, avant l'arrivée d'Astérix, était le véritable rival d'Hergé.Et cette admiration est peut-être la principale qualité et le principal défaut de cette biographie terriblement fascinante et complaisante à la fois.Fascinante quand les auteurs décrivent les débuts héroïques de la bande dessinée, les premiers pas du journal Tintin dans ce climat de suspicion exacerbée des lendemains de guerre où les accusations de collaboration fusaient de toutes parts.Fascinante quand ils abordent les relations de Jacobs avec Hergé, le roi tout-puissant, et le rôle obscur de Jacques Van Melkebeke, confident d'Hergé et de Jacobs, scénariste occasionnel, peintre maudit et collabo avoué, sacrifié par l'administration du magazine de bédé pour acheter la paix avec la justice belge.Ces superbes pages évocatrices laissent trop souvent la place à une critique dithyrambique des albums de Jacobs case par case, comme si chaque album, chaque dessin, chaque trait du dessinateur était digne de mention.Une analyse un peu trop enthousiaste qui occulte ses défauts, son dessin rigide, froid et ses textes trop explicatifs, un tantinet rébarbatifs, qui laissent peu de place aux lecteurs.Une biographie à l'image du sujet, pleine de bonnes intentions, parsemée de trouvailles exceptionnelles mais sans l'éclair de génie qui sépare une oeuvre moyenne d'une oeuvre hors du commun.Le nouveau Blake et Mortimer : un grand cru Si la biographie est un peu décevante, la nouvelle aventure de Blake et Mortimer, Les Sarcophages du 6e continent, est particulièrement réjouissante et se révèle être un grand cru.Beaucoup plus fluide et dynamique que les albums du créateur originel, les reprises signées Julliard et Sente donnent une profondeur nouvelle au célèbre duo.L'exposition universelle de 1958 est l'occasion pour nos deux héros de mettre au jour un trafic illégal d'uranium organisé par des nations pauvres, mais riches en ressources naturelles.Sur fond de luttes de libération nationale et de guerre froide, les bédéistes ont ficelé un captivant thriller d'espionnage où la fiction enrichie les épisodes historiques sans trahir l'univers et les thèmes « jacobsiens ».Les auteurs épurent son oeuvre, lui donnent une dimension plus politique, la débarrassent de son petit côté science-fiction nostalgique et explorent les possibilités que son merveilleux album La Marque jaune laissaient entrevoir.John Le Carré rencontre enfin Edgar P.Jacobs dans une ambiance digne du célèbre film The Third Man.Grands admirateurs du travail de Jacobs, les auteurs échafaudent une histoire riche qui se déroule sur deux époques, profitant de ce prétexte pour nous présenter la première rencontre entre les deux amis dans une Inde revendicatrice qui tolère de moins en moins la présence du colonisateur anglais.Une possibilité que n'avait jamais exploitée le créateur.Et cela est d'autant plus intéressant qu'au début des années 90, Julliard publiait chez Dargaud un court récit qui racontait les derniers exploits du tandem.La boucle est en train de se boucler.FFF LA DAMNATION D'EDGAR P.JACOBS Benoît Mouchart/François Rivière Seuil/Archimbaud, 340pages FFFF LES SARCOPHAGES DU 6e CONTINENT Yves Sente/André Julliard Éditions Blake et Mortimer, 56pages «Avant tout le plaisir de réaliser un rêve d'enfance» EMPOISONNÉ suite de la page 1 Une opinion que partage Verron : « C'est sûr que Boule et Bill sont figés dans les années 60 et je dois respecter ce contexte.Mais ça représente quand même un défi et puis j'ai mes projets personnels qui me permettent de me faire plaisir.» Pour Ted Benoît, qui après deux albums de Blake et Mortimer vient de passer la plume à Sterne, l'exercice lui a permis de se détacher du style qui l'a fait connaître.« Je revenais dans le monde de la bande dessinée après plusieurs années d'absence et j'avais envie de transformer mon dessin.Blake et Mortimer me permettaient, en me fondant dans l'environnement de Jacobs, d'expérimenter une nouvelle facette de la ligne claire », nous confiait-il lors de son plus récent passage au Québec.Une rémunération intéressante Mais si pour les Julliard, Ted Benoît et autres Vance les reprises deviennent prétexte à une exploration graphique, pour beaucoup d'autres dessinateurs moins connus, c'est la perspective de meilleurs revenus qui fait pencher la balance.« Le challenge m'intéressait, mais il faut avouer aussi que c'est plus payant de faire un Achille Talon qu'un Nabuchodonosor », soutient Widenlocher.Une constatation qui ne touche pas vraiment Achdé, qui reconnaît toutefois que ses reprises de Lucky Luke, dont le premier tome est attendu en 2004, rejoignent un plus large public.« C'est vrai qu'un Lucky Luke touche plus de lecteurs que mes albums de CRS=détresse, mais pour moi, c'était avant tout le plaisir de réaliser un rêve d'enfance.» Même si la rétribution est intéressante, la pression que subissent ces dessinateurs est énorme.« Ce sont des paris presque perdus d'avance, qu'ils ne pourront jamais véritablement gagner.Ils seront toujours comparés au créateur original ; au pire ils deviendront des profanateurs, au mieux ils seront considérés comme des successeurs consciencieux », assure Marc de Roussan.Un jugement qui ne fait pas peur à ces « repreneurs ».« Je suis conscient d'être le successeur de Roba.Mais j'avais envie de faire cette reprise et quand j'en aurai assez, je laisserai tomber la série », prévient Verron, qui comme Achdé ne s'inquiète pas vraiment de la réaction des anciens fans.« Vous savez, confie le dessinateur de Lucky Luke, ce qui m'intéresse ce sont les nouveaux fans, les anciens de toute façon ne sont jamais heureux.« Peut-être est-il préférable, finalement, de continuer à faire vivre une série que de publier tous les fonds de tiroir sans intérêt d'un auteur mort », ajoute Marc de Roussan, en faisant allusion au refus de la veuve de Hergé de continuer à faire vivre la célèbre création de son mari.« Tintin n'a peut-être plus jamais vécu d'aventures, mais, mais ça n'a pas empêché la succession d'inonder le marché d'un nombre incalculable de produits Tintin », conclutil. LECTURES ÉDITION QUÉBÉCOISE Marcel Möring, modèle vivant MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Il est encore méconnu de la francophonie.Pourtant, Marcel Möring est considéré comme l'un des plus importants romanciers néerlandais contemporains.Son premier roman, L'Héritage de Mendel, lui a valu le prix Geertjan Lubberhuizen.Son deuxième, Le Grand Désir, a reçu le prix AKO de littérature, l'un des prix littéraires les plus convoités des Pays-Bas.L'auteur de La Fabuleuse Histoire des Hollander a été traduit en neuf langues ; il a vendu plus de 100 000 exemplaires de ses livres dans le monde entier.Par quels détours se retrouve-t-il aujourd'hui sous la rubrique Édition québécoise de La Presse ?C'est qu'après avoir vu deux de ses romans traduits en français chez Flammarion, Marcel Möring a vendu les droits de traduction de La Chambre d'amis aux éditions Les Allusifs, la petite maison de Brigitte Bouchard, sise au coeur du Plateau Mont-Royal.« Au début, je n'étais pas chaud à l'idée de vendre mon livre à un petit éditeur canadien, confesse l'auteur, joint par Internet.J'avais déjà un éditeur français, alors à quoi bon ?Mais un jour j'ai rencontré Brigitte Bouchard, à Paris, et j'ai été impressionné par sa façon de parler de littérature, par le sérieux de son approche et par sa détermination.La littérature, c'est beaucoup plus qu'une affaire de modes passagères.Des éditeurs comme Brigitte Bouchard l'ont compris, et le démontrent bien.» Et il est indéniable que ce romanlà était fait sur mesure pour Les Allusifs.Non seulement par son format (Les Allusifs ne publie que des romans miniatures, celui-là compte à peine 100 pages), mais aussi par son sujet : l'histoire d'une petite famille qui cherche à se sortir d'une situation financière difficile en construisant des modèles réduits d'avions.L'auteur, né en 1957 à Enschede, petite ville du nord des Pays-Bas, raconte avoir écrit cette novella « par accident ».« Je travaillais depuis 1997 sur un gros roman, raconte-t-il, et je n'avais pas le moins du monde l'intention d'écrire ce livre.Mais un jour, comme je commençais à travailler, la première phrase de La Chambre d'amis m'est venue à l'esprit, et quoi que je fasse pour l'ignorer, je n'arrivais pas à m'en débarrasser.J'ai alors décidé d'écrire quelques pages que je classerais ensuite.J'en ai écrit sept ce jour-là.Et dix de plus le lendemain.Le troisième jour, j'étais accroché.Il fallait que je l'écrive, je ne m'en sortirais pas.» La Chambre d'amis a pris la forme d'un récit.Celui d'un enfant unique, un garçon élevé dans l'après-guerre par un père qui a dû quitter l'aviation après un accident d'avion, et une mère infirmière, marginale et fière.La famille modèle réduit habite au-dessus d'un magasin de jouets, La Clinique de la poupée, où l'on vend des kits d'avions à coller que les enfants voudraient acheter déjà tout faits, comme ceux que le propriétaire suspend au plafond.« Ceux-là ne sont pas à vendre, disait le réparateur de poupées.Je les ai accrochés pour montrer à quoi ils ressemblent.Ce sont des avions en kit.Tout l'intérêt est de les construire soi-même.» Quand ses parents se retrouvent sans emploi, le jeune narrateur de La Chambre d'amis conçoit donc ce projet toqué de gagner de l'argent en assemblant des Messerschmitt 109 et des Spitfire Mark V en plastique.Et se retrouve le premier surpris de voir ses parents embarquer dans cette légère galère.«Mon père grommela : Nous n'avons plus qu'à devenir les Henry Ford du modèle réduit.Si tu limes les soudures, moi je m'occupe de la peinture.L'assemblage, nous le répartirons par modèle.» Ici comme dans les autres romans de Marcel Möring, l'enfance est au coeur de l'histoire, elle en est le moteur, c'est de son point de vue que le lecteur est appelé à lire.« Nous ne sommes pas deux personnes, un enfant, puis un adulte, croit l'auteur qui vit aujourd'hui à Rotterdam.Il n'y a peut-être même pas de transition entre l'enfance et l'âge adulte, cette époque de notre vie que l'on imagine comme étant « la vraie vie ».En fait, je crois que nous sommes toujours des enfants, nous sommes toujours prématurément vieux.» Dans ce récit \u2014 un bijou, une perle d'eau douce qui rappelle à la fois le film belge Toto le héros, Les Champs d'honneur, de Jean Rouaud et les premiers romans d'Hubert Mingarelli (Une rivière verte et silencieuse) \u2014magnifiquement traduit par Emmy Bos, on ne distingue d'ailleurs plus les enfants des adultes.Pendant que les parents fabriquent des modèles réduits, le fils, qui a du génie pour la cuisine, prépare des repas extraordinaires.Et quand il va au restaurant, c'est pour faire la leçon au chef cuisinier.« Je suis moi-même cuisinier amateur, explique l'auteur.La cuisine a toujours joué un rôle important dans mes romans.Sans vouloir trop verser dans la philosophie, je crois que la culture gastronomique est le reflet de notre situation, de notre condition humaine.L'une des rares scènes autobiographiques de mon livre est justement celle qui se passe dans le restaurant.C'est peut-être même, inconsciemment, la raison pour laquelle j'ai commencé à écrire ce livre ! » Et peut-être aussi pour parler de sa passion pour les avions, née le jour où il a déniché dans la bibliothèque de son papa, ingénieur en mécanique, un livre sur l'ingénierie aérospatiale.« Dès lors, raconte Möring, ça m'a fasciné.J'ai construit, seul ou avec mon père, je ne sais combien de modèles réduits d'avions, mais aussi des planeurs et des cerfs-volants.» Möring était, à l'image du garçon de son roman, un enfant solitaire.« Mais c'était par choix, nuance-til.Je n'étais pas malheureux ! J'avais (et j'ai toujours), des parents aimants et attentifs, bien qu'un peu cinglés ! Et deux soeurs qui m'aimaient.La plupart de nos parents, oncles, tantes, étaient morts pendant la guerre, alors nous avions un peu l'impression d'être une petite île dans la mer de l'humanité.» Une petite île où il faisait bon rêver éveillé pendant des heures, et lire tout son soûl.« J'ai commencé à lire avant même d'aller à la maternelle, et je n'ai jamais arrêté depuis.Il n'y a rien comme la lecture, vraiment.Je pense que si je n'avais pas été écrivain, j'aurais été théologien.Je ne suis pas une personne religieuse, pas du tout, mais j'aurais aimé vivre plongé dans les profondeurs d'obscurs textes anciens, à essayer de découvrir comment la Genèse a été écrite.Je ne le crierais pas sur les toits, mais secrètement, je pense que le but de la vie, c'est ça : lire et écrire.» FFFF LA CHAMBRE D'AMIS Marcel Möring Traduit du néerlandais par Emmy Bos Les Allusifs, 2004, 105pages P.S.\u2014 L comme Lanctôt éditeur Parmi les nouveautés qui paraîtront chez Lanctôt le printemps prochain, on trouvera Mon enfance et autres tragédies politiques, un recueil de chroniques « pertinentes et audacieuses », d'Hélène Pedneault ; The Great Antonio et autres contes de cirque, d'André Trottier, qui rassemble des nouvelles tournant autour de la figure emblématique du Grand Antonio; et Je n'aime que toi, ce roman que Claude Fournier avait écrit il y a trois ans, et qu'il a transformé en scénario (le film mettant en vedette Noémie Godin- Vigneau et Michel Forget vient tout juste de sortir en salle).On fera également paraître un essai de Jacques Keable intitulé La Grande Peur de la télévision: le livre, où Jacques Keable « se penche sur les causes et les tristes conséquences de la fermeture bien réelle de ce média \u2014le plus populaire de tous\u2014 à l'égard du livre et en particulier à l'égard du livre québécois ».Un discours que tiennent depuis des années l'éditeur Jacques Lanctôt et Bruno Roy, président de l'UNEQ, qui signe la préface du livre.Débats en vue.Marcel Möring ESSAI Légitime défense NICOLAS BÉRUBÉ Avis à tous ceux qui seraient tentés de mettre la main sur Dude, Where's my country ?, le dernier livre de Michael Moore : attendez-vous à prendre du retard dans vos autres lectures.Écrit avec souffle, ce brûlot anti- Bush n'est pas de ces ouvrages que l'on dépose un soir pour le retrouver par hasard sous le lit en faisant le ménage.Michael Moore est en feu, il écrit avec une urgence peu commune, multiplie les mises en scène loufoques, les analogies troublantes.Et fait faire du surplace aux signets des livres qui s'empilent sur votre table de chevet.En introduction de Dude, Where's my country ?, l'auteur parle de son précédent livre, Stupid White Men, un succès en librairie qui a bien failli ne jamais voir le jour.Imprimé en septembre 2001, son livre, très critique envers l'administration Bush, a dormi pendant cinq mois dans un entrepôt: Harper Collins, sa maison d'édition de l'époque, le jugeait irrespectueux et « déconnecté des positions du peuple américain ».Le livre s'est finalement classé parmi les plus populaires.pour terminer l'année au sommet du palmarès des livres les plus vendus au États-Unis.À ce jour, quatre millions d'exemplaires se sont écoulés dans le monde entier.L'exploit se répètera-t-il pour Dude, Where's my Country ?Chose certaine, au lieu de se donner des coups de poignard dans le dos, les candidats démocrates feraient mieux d'acheter des caisses du livre et de le distribuer de porte en porte.Car si les démocrates semblent incapables de trouver une faille dans l'armure de Bush, Moore le répète ad nauseam : la faille, c'est George Bush luimême.Dans son livre, l'auteur s'adresse directement au président en lui posant des questions troublantes rarement soulevées par la presse américaine.Pourquoi Bush ne parle-t-il jamais de l'Arabie Saoudite, cet « allié » d'où sont issus 15 des 19 terroristes responsables des attaques du 11 septembre ?Pourquoi Bush est-il resté assis devant une classe d'enfants sans rien faire pendant sept minutes (sept minutes !) alors qu'il venait d'apprendre que l'Amérique était attaquée?Pourquoi était-il si urgent de décapiter l'Irak alors que les États-Unis marchent main dans la main avec les pires régimes dictatoriaux de la planète (dont l'Arabie Saoudite) depuis des années ?Moore a fait ses devoirs : les informations qu'il cite sont tirées de publications telles le Wall Street Journal, Time, le Boston Globe, le Washington Post et même Fox News.On est en terrain connu et non en pleine théorie de la conspiration.La rhétorique guerrière de Bush est passée elle aussi au peigne fin.Sous la plume de Moore, chaque mensonge avancé comme prétexte à la guerre en Irak devient un Whopper : « Ils sont gros, juteux, ils contiennent une foule d'ingrédients secrets et on ne s'en lasse jamais ! » « Quel est le pire mensonge qu'un président puisse dire ?demande Moore: Je n'ai pas eu de relations sexuelles avec (Monica) Lewinsky ou (Saddam) Hussein a des armes de destruction massive, les armes les plus meurtrières du monde, qui menacent directement les États-Unis, nos citoyens et nos amis et alliés ?» Moore concède que les républicains ont de bons côtés : il admire même certains de leurs idéaux.Il condamne le sexe entre personnes mineures, souligne que les drogues « rendent stupides », que certains syndicats sont paresseux et que le retour à la nature est une mauvaise idée.(La nature a créé les villes parce qu'elle ne veut rien savoir de nous ! ») Loin de se limiter à critiquer, Michael Moore propose des solutions.Il suggère aux démocrates de recruter l'animatrice Oprah Winfrey pour les élections de 2004.La principale intéressée ne veut rien savoir de la politique, mais qu'importe ! Michael Moore a les deux pieds plantés dans le présent et se moque des idées reçues.Pourquoi pas Oprah ?Les républicains ont bien Arnold.Moore offre aussi son mode d'emploi pour parler aux conservateurs (How to talk to your conservative brother-in-law), un des chapitres les plus inspirés du livre.Ce qui n'empêche pas l'auteur de verser parfois dans l'insulte pure et simple, ce qui joue le jeu de ses adversaires et n'apporte rien au propos du livre.De toute évidence, Michael Moore en a assez des Whoppers, qui lui donnent des brûlures d'estomac.Souhaitons-lui bon courage et un régime plus sain pour les quatre prochaines années.FFFF DUDE, WHERE'S MY COUNTRY ?Michael Moore Warner Books, 249 pages PHOTO PC Michael Moore 173P . LECTURES LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un essai qui se lit comme un roman RÉGINALD MARTEL L'écrivain peut-il être ignorant de tout, sinon de la langue qui est son matériau premier?Certes non, puisque l'apprentissage de la langue est aussi l'apprentissage du monde, de son état et de son histoire.Il arrive pourtant que des oeuvres semblent naître de l'intuition plutôt que de la connaissance, de l'expérience personnelle plutôt que de rapports soutenus avec une culture, une société ou une vision scientifique du réel.On peut observer aussi, sans cynisme, qu'une connaissance approfondie de la langue échappe à bon nombre d'auteurs.Séduits malgré tout par des manuscrits qui ressemblent à des gemmes brutes, des éditeurs viennent au secours de ces handicapés de la grammaire ou du dictionnaire : parmi les balbutiements, ils ont reconnu une petite musique.Le professeur Claude Vaillancourt, qui est aussi un romancier et nouvelliste estimable (Le Conservatoire, La Déchirure, Les Onze Fils et L'Eunuque à la voix d'or), a eu l'heureuse idée de s'interroger, dans Le Paradoxe de l'écrivain, sur les rapports entre savoir et écriture.Son essai n'est pas savant, il est intelligent.En pédagogue rusé, il use abondamment de comparaisons.Il oppose ainsi, de manière soutenue ou incidente, des écrivains comme James A.Michener et Michel Tournier, Arthur Rimbaud et Jean Genet, Émile Zola et Umberto Eco, etc.Son travail est d'autant plus intéressant qu'il préfère les questions aux réponses, sans doute parce qu'elles servent à raffiner l'appareil critique, le sien et le nôtre.S'il ne s'adresse pas particulièrement aux auteurs et écrivains avérés ou à venir, ses observations peuvent leur être extrêmement utiles.Les témoignages d'écrivains se font très nombreux au Québec ces temps-ci.Pourquoi écrire ?Pour qui écrire ?Comment écrire ?\u2014telles sont les questions que les écrivains abordent avec sincérité toujours, avec humour parfois, avec componction plus rarement.Tout se passe comme si, faute d'être lus par un large public, ils consentaient à démontrer, ailleurs que dans les mensonges vrais de leur oeuvre, la légitimité de leur activité.Sur le comment de leur écriture, le dossier est généralement mince.On peut croire qu'ils se fient à leur instinct, une valeur pas nécessairement fiable, pour séduire les lecteurs.Car c'est bien de séduction qu'il s'agit.Michener et Tournier M.Vaillancourt, qui sait lire et a beaucoup lu, mesure la distance qui sépare James A.Michener et Michel Tournier, cités plus haut.L'un et l'autre ont écrit sur la Pologne.Dans le premier cas, il s'agit d'une véritable entreprise commerciale, avec ce que cela comporte d'investissement lourd en recherche documentaire et en personnel, de recours aux techniques modernes de distribution et de diffusion, bref, de tout ce qui peut faire vendre (avec grand succès en l'occurrence) un produit nouveau.Sa Pologne est le résumé, et peut-être guère plus, d'une accumulation d'informations de nature surtout objective.Mais « .la rigueur de son enquête entrave la liberté du romancier ; l'historien se voit dévalué par la présence dans son oeuvre de personnages fictifs ».La démarche de Tournier serait tout autre.Elle est nourrie de recherches elle aussi, plus livresques, mais sa qualité, supérieure selon l'essayiste, tiendrait à ceci : « Tournier transcende littéralement son sujet, il s'intéresse à cette magnifique terre de légendes qu'est la Prusse-Orientale, dans laquelle il ancre des mythes fascinants (.).» Le roman, et ce n'est pas son moindre mérite, non seulement témoigne du réel, il peut aussi l'annoncer.On peut supposer alors que les écrivains ont appris du passé ce dont l'avenir malheureux pourrait s'inspirer.M.Vaillancourt cite l'Ubu Roi d'Alfred Jarry pour y découvrir, sans audaces particulières, les figures à venir de Mussolini, Hitler, Staline, Idi Amine Dada, Kadhafi ou Saddam Hussein, qui allaient chacune assombrir le XXe et faire reculer tout espoir de progrès humain.On pourrait citer aussi bien Robert Musil et quelques autres.Le savoir, qui n'est essentiellement pour l'écrivain qu'un instrument de travail parmi d'autres, peut être mis au service d'une cause.Cause perdue pour ce qui concerne les horreurs du siècle dernier, cause moins désespérée quand Voltaire, faute de lui rendre la vie, réhabilite Calas, qui en 1761 à Toulouse aurait tué son fils pour s'être converti au catholicisme contre le gré du père ; ou quand Zola, révolté par la parodie de justice qu'est le procès de Dreyfus, écrit son célèbre «J'accuse ».Il n'est pas sans intérêt de noter, après M.Vaillancourt, que Zola a fondé son action au moins autant sur sa conviction intime de l'innocence de l'accusé (et sa notoriété et son influence d'artiste \u2014 heureuse époque malgré tout !) que sur les faits objectivement scandaleux dont il avait pris connaissance.Le roman historique L'essayiste n'allait pas oublier le roman historique, ce genre en soi dont la popularité ne se dément pas.Il reproche à certains de ses praticiens leur sentiment de supériorité : ils « .retiennent avec difficulté leurs jugements nécessairement modernes et éclairés sur des époques qui ne le sont pas ».Il leur faut en tout cas instruire, puisque les lecteurs cherchent dans le roman historique des connaissances qui sont exposées ailleurs de manière plus austère, parfois difficilement accessible.L'avenue qui s'offre à l'auteur est riche : « Il cherche (.) la faille, le mystère, la zone dans laquelle l'historien n'a pas osé s'aventurer, il prend alors le risque d'une interprétation, d'inventer une hypothèse (.) » Un célèbre historien du Québec, Marcel Trudel, a reconnu que certaines hypothèses justifiaient que les historiens y regardent de plus près.Sans lourdeur et sans prétention, mais témoignant d'une curiosité intellectuelle toujours en alerte, cet essai se lit comme.un roman.Il est richement documenté, écrit dans une langue claire, pas toujours convaincant mais sans cesse stimulant ; il apporte à la compréhension de l'acte d'écrire, dans ses rapports à la connaissance, un appareil historique et critique de première valeur.Si M.Vaillancourt était universitaire plutôt que professeur de l'ordre collégial, l'institution littéraire lui ferait un magnifique accueil.FFFF LE PARADOXE DE L'ÉCRIVAIN.LE SAVOIR ET L'ÉCRITURE Claude Vaillancourt Triptyque, 224pages ESSAI Les Français et la littérature: une question d'identité PIERRE MONETTE COLLABORATION SPÉCIALE La France, affirme Pierre Lepape, est Le Pays de la littérature.Le constat n'a cependant rien de chauvin.Lepape ne prétend nullement que la France ait l'exclusivité des chefsd'oeuvre de la littérature.Il signale seulement qu'il est peu de pays où la chose écrite occupe une pareille place à l'avant-scène de la vie sociale et politique.En France, on est un homme ou une femme d'influence dans la mesure où on est homme ou femme de lettres.« Nulle part ailleurs, note-t-il, la langue n'y est une affaire d'État, au point qu'un modeste débarbouillage de ses usages orthographiques suscite des débats parlementaires de guerre civile ; nulle part ailleurs la littérature fait ainsi corps avec le sentiment de l'identité nationale.Nos chefs politiques viennent encore chercher dans les vitrines des libraires l'onction de la légitimité : ils écrivent des livres.» Le Pays de la littérature ne propose pas une on-ne-sait-plus-combientième histoire de la littérature française ; le livre présente une quarantaine de moments marquants du passé de la France en soulignant en quoi ces tournants de l'histoire sont liés à diverses entreprises littéraires.L'ouvrage commence en 842, avec les Serments de Strasbourg, qui ne sont, de prime abord, rien de plus qu'un traité de paix entre seigneurs de guerre.Jusqu'alors, les documents de ce genre étaient rédigés en latin ; ces textes ont été écrits en langue «vulgaire » : en roman et en tudesque, les ancêtres du français et de l'allemand moderne.Ainsi a-t-on tracé littéralement du même souffle les premières frontières de la France et les premiers mots de français.Quelques siècles plus tard, l'Angleterre allait se doter d'une identité sociopolitique nationale en rompant avec le pape et en créant sa propre Église ; la France, de son côté, a affirmé la sienne par l'établissement du français comme langue officielle et en subventionnant la rédaction d'un dictionnaire.La première du Mariage de Figaro, de Beaumarchais, est un des moments clés de la Révolution française, au même titre que la prise de la Bastille.La création des grands journaux modernes est redevable du succès des feuilletons de Balzac et d'Eugène Sue.Ce n'est pas la force des armes, mais le poids des signatures de 121 écrivains qui a mis un terme à la guerre d'Algérie.D'ordinaire, les ouvrages traitant de sujets de ce genre sont soit platement et ennuyeusement scolaires, soit d'indigestes pâtés de chinoiseries universitaires.Or Le Pays de la littérature est une lecture rien de moins que passionnante.Son auteur marie savoir et saveur avec un rare bonheur ; jamais verbeux, il écrit dans une langue pleine de verve et de verdeur : celle de Rutebeuf, de Rabelais, de Montaigne, de Céline (Louis-Fernidand, évidemment : pas celle de Las Vegas.) On prend un grand plaisir à goûter aux fruits de la généreuse érudition de Pierre Lepape et à se laisser convaincre que la littérature est un plaisir typiquement français, au même titre que les fromages ou le vin \u2014ce qui n'enlève évidemment rien aux grands crus d'Italie ou de Californie.FFFF LE PAYS DE LA LITTÉRATURE Des Serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre Pierre Lepape Éditions du Seuil, coll.Fiction&Cie, 730 pages photo : Catherine Cabrol Albin Michel Venez rencontrer Shan Sa à la Librairie Renaud-Bray Champigny 4380, rue Saint-Denis Montréal Dimanche 1er février à 15 h LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Les Anglais d'Europe JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE L'Angleterre, pour les Français qui d'aventure osent oublier l'agacement politique envers une nation qu'ils envient sans la comprendre en tout, est une pépinière d'écrivains \u2014 donc de livres que chacun prétend connaître, mais aux réponses embarrassées ou chiches, l'on en est de moins en moins certain.Que nous disent les noms des grands classiques anglais ?.Ah oui, il y a eu Dickens, bien sûr, celui qui fut le plus grand des écrivains de son siècle, et écrivit.quoi, déjà?Ah oui, David Copperfield.Qui raconte, quoi ?Bernique, nous ne nous souvenons plus.Quelqu'un d'autre répondra, si nous avons de la chance, qu'il écrivit peut-être aussi Oliver Twist, ou Les Grandes Espérances .« Oui ?Non?C'est pas clair ! » comme le disait l'une de nos célèbres publicités de télévision.Quant à la vie, à l'existence du petit Charles, elle reste dans un flou à peine artistique.Comment le papa de Charles fut écrasé de dettes, et le petit humilié, obligé d'aller travailler comme commis dans une fabrique de cirage, lui, le futur inventeur de Mister Pickwick, Samuel Pickwick, Esquire, le plus drôle des bourgeois niaiseux et pompeux, auprès duquel les amis Bouvard et Pécuchet font piètre figure.Peut-être du côté de la poésie, et du théâtre ?Croyons-nous que nous connaissons William Shakespeare ?Oh, nous savons des choses, sur le plus grand des hommes de théâtre depuis Sophocle.Des cancans, des racontars, des incertitudes.Que c'est peut-être le comte de Southampton, ou encore le comte d'Oxford, à moins que ce ne soit Francis Bacon, qui écrivirent ses pièces ?Ce serait intéressant de débrouiller tout cela, mais plus encore de connaître un peu mieux celui qui fut, ou ne fut pas.« Être ou ne pas être, telle est la question.» Si nous avons le coeur à l'intrigue policière, ou à l'espionnage, et que nous avons vu tous les James Bond, alors lisons Le Carré, John, qui ne s'appelle pas ainsi et créa un personnage immortel, n'ayons pas peur des mots, Mister George Smiley, agent secret désabusé, cocu et sublime.Et nous pouvons, dans la même veine, apprendre aussi qui fut Agatha Christie, celle qui inventa le roman policier, dit-on, et ce n'est pas rien, celle qui en est la première grande dame, l'un des écrivains les plus lus de son siècle, et qui créa Miss Marple et Hercule Poirot.Voilà des créatures bien vivantes, comme le sont aussi Sherlock Holmes, Robinson Crusoé, ou Gulliver.Quels sont leurs créateurs, et qui furent-ils ?Ainsi nous allons de mieux en mieux, au gré de ces courts récits \u2014quelques pages, à travers une littérature passionnante, qui semble inépuisable.Qui étaient les soeurs Brontë ?Laquelle écrivit Les Hauts de Hurlevent dont le titre proprement génial donna un mal fou aux traducteurs ?« Passions funestes, paysage d'éléments déchaînés, violence des sentiments.» Plus romantique que cela, il n'y a pas.Si nous sommes plus sérieux, nous rencontrerons Virginia Woolf, éditrice, romancière, essayiste, féministe, dépressive.Et violente lorsqu'il le fallait, en particulier lorsque parut l'Ulysse de son grand ennemi adoré James Joyce, dont on trouvera une superbe explication dans ce livre, Joyce qui inventa un roman construit autour d'un monologue intérieur.Il faut voir nos deux concurrents lutter contre la vie, Virginia se suicider, et James fuir l'Irlande.Et puis, et puis.Ce livre, Lettres anglaises, une promenade littéraire de Shakespeare à Le Carré, est un panorama.Un paysage dans lequel se dressent quelques géants statufiés par la vox populi, celle des lecteurs mais aussi celle des écrivains d'Europe \u2014 et d'Amérique.Nous ne vous citerons pas tous ces écrivains, il y en a vingtsix.Pas un seul ne laisse indifférent.C'est qu'ils sont présentés par deux anglophiles, critiques et vulgarisateurs de grand chemin, Olivier Barrot et Bernard Rapp.C'est la littérature vêtue de tweed, de dentelles à l'occasion, et de talent.C'est à mettre sur la première tablette de votre bibliothèque \u2014anglaise\u2014 idéale.FFFF LETTRES ANGLAISES, UNE PROMENADE LITTÉRAIRE DE SHAKESPEARE À LE CARRÉ Olivier Barrot, Bernard Rapp Nil éditions, Paris, 293pages . LECTURES LITTERATURE ETRANGERE Les Haitiens sont encore des traumatises de l'histoire JOONEED KHAN Fils illegitime, il dira incestueux , d'un Americain responsable des chemins de fer et de sa fille adoptive haitienne qui n'avait alors que 13 ans, il fut d'abord Frank Etienne, du nom de jeune fille de sa mere, rejetee de la maison du maitre des qu'elle tomba enceinte.Apres une dure enfance et une adolescence torturee, le garcon devenu romancier, poete, dramaturge, comedien, peintre et musicien, grace aux sacrifices de sa mere pour faire de lui un lettre, se rebaptisa Franketienne, en un seul mot.C'etait il y a 32 ans.J'en ai aujourd'hui 68.Alors que d'autres se font une identite en assassinant leur pere, je me suis invente un pere et un repere : je represente l'unite de mon etre dans un pays ravage par le virus de la division , lance-t-il, truculent.Mon oeuvre reflete la vraie realite haitienne, les problemes de fond , dit-il, en short et chemise sur la veranda de sa maison de Delmas 31, sa cour ombragee d'arbres fruitiers protegee de la cohue et des ordures par un mur haut et un lourd portail en metal.Sa maison est aussi le musee permanent de ses toiles, dont il vit litteralement.Nous, Haitiens, sommes encore les traumatises de l'histoire.Nous sommes comme des acteurs executant un strip-tease psychodramatique, morbide, suicidaire, et inachevable.Haiti est un pays qui flotte entre le reel et l'imaginaire, entre la vie et la mort , dit-il.La cause profonde?C'est d'abord le caractere exceptionnel de la geste meme de 1804 : l'esclavage a l'echelle mondiale etait le mode de production par excellence et une petite communaute de 500 000 esclaves defie le systeme sur un tiers d'ile et sort victorieuse de la plus grande puissance de l'epoque, la France.C'etait inattendu, imprevisible, anormal.Comment gerer cela ?L'independance ne fait pas une nation.Il fallait un projet national, et on le cherche toujours , explique-t-il.Les ecrivains haitiens ont tour a tour raconte, chacun a sa facon, ces traumatismes.Jean Price Mars l'a fait avec La Vocation de l'elite (1919) et Ainsi parla l'oncle (1928).Mais le recit historique de l'organisation de la traite et de l'esclavage, fonde sur les documents d'archives, c'est l'ecrivain trinidadien C.L.R.James qu'il l'a realise, avec son ouvrage monumental intitule Les Jacobins noirs, et publie en 1938.La traite etait devenue un circuit commercial dont la dynamique dependait de la demande permanente et croissante d'esclaves sur les plantations coloniales.Aussi, l'esclave etait-il une denree dispensable, aussitot remplacee par de nouveaux arrivants.Une bourgeoisie entiere en vivait dans les grands ports de la metropole.Les supplices prevus au Code noir pour la moindre incartade etaient horribles ; et les maitres en rajoutaient volontiers.A la veille du soulevement de 1791 a Saint-Domingue, le nom d'Haiti a l'epoque, la societe coloniale comprenait des esclaves de champs, des esclaves de maisons, des esclaves marrons (evades), des esclaves affranchis, des mulatres libres, des militaires francais, des maitres blancs (francais), et des commercants et administrateurs blancs et mulatres, autant de couches sociales, de classes et de castes, qui s'allient et s'opposent jusqu'a la victoire decisive de Vertieres en 1803.Mais ces divisions restent profondement ancrees dans la societe haitienne d'aujourd'hui.Au-dela de la polarisation entre noiristes et mulatristes , qui revient dans le debat pour et contre le president Jean-Bertrand Aristide, subsistent des nuances complexes et impitoyables que la grande romanciere Marie Chauvet (Vieux) rend avec une precision insoutenable dans les romans Amour, Colere et Folie et Les Rapaces.Franketienne lui-meme a signe pres d'une quarantaine d'oeuvres litteraires.La plus recente, Miraculeuse, une brique grand format de 800 pages faite de poemes, textes d'analyses, maximes, confessions psychanalytiques et dessins, s'ouvre sur ces mots : O ma terre cruelle et douce a la fois.Tendre et sauvage.Genereuse et barbare.Toi qui m'echappes et me reviens tresor de chair et de terreur.Tu me fais.Me defais.Me fascines.M'epouvantes.Et m'etourdis par l'insolite beaute d'une catastrophe toujours recommencee.La maison de Franketienne est aussi le musee permanent de ses toiles, dont il vit litteralement.3196383A Panne d'inspiration FABIENNE COUTURIER Isabel Allende, romanciere chilienne nee au Perou et vivant en Californie, nous a habitues a des oeuvres palpitantes, pleines d'humour et de tendresse, ou la magie, le reve, l'ecrasante touffeur de l'air tropical et les debordements d'une vegetation envahissante servent de cadre a des personnages plus grands que nature.En cela, ses premiers romans sont dignes de l'oeuvre d'un Garcia- Marquez, ce qui n'est pas peu dire.Helas, son avant-dernier roman traduit en francais, Fille du destin, etait si decevant qu'il decourageait la lecture du suivant, Portrait sepia.Et le dernier ouvrage de la romanciere donne a penser que Mme Allende est sur une pente descendante : Mon pays reinvente a tout de la panne d'inspiration.On se demande bien, en effet, quel est le but d'un tel ouvrage, si ce n'est celui d'honorer un contrat avec l'editeur.Est-ce une autobiographie ?Est-ce un guide touristique ?Est-ce une cle pour decoder les romans de l'ecrivaine ?Isabel Allende elle-meme ne semble se decider pour aucun des genres et picore de-ci de-la, sautant d'un sujet a l'autre sans direction precise.Ce ne serait pas bien grave si l'on s'amusait un peu, si l'on etait touche par quelque chose.La legerete n'est pas forcement un defaut.Mais malgre le regard ironique qu'elle porte sur le Chili et sur ses habitants, on ne peut que trouver l'exercice un peu vain, a la limite du narcissisme, et en tout cas debordant de lieux communs (on apprendra entre autres choses que les Chiliens sont machos, superstitieux, orgueilleux et plaignards).Elle raconte ici et la quelques souvenirs d'enfance, passe sur le coup d'Etat de 1973 comme s'il s'agissait d'un accident de trottinette et emaille le tout de laborieuses explications sur l'origine de tel ou tel personnage de ses romans.A vrai dire, le lecteur qui a aime La Maison aux esprits ou Eva Luna n'en demande pas tant.Et pour ceux que ca interesse, il ne manque pas de savants professeurs pour analyser l'oeuvre de Mme Allende.C'est l'un des rares cas ou l'on est souvent mieux servi par autrui.Mon pays reinvente n'est pourtant pas completement depourvu de qualites.On sent que l'auteure nourrit une relation complexe avec ce pays ou elle a somme toute bien peu vecu, et dont elle parle comme d'un pere qui l'aurait abandonnee (ce qui est d'ailleurs le cas), avec un melange d'amour et de ressentiment.On pourra aussi, pour peu que les observations de Mme Allende sur ses compatriotes soient justes, s'amuser de certaines ressemblances entre les Quebecois et les Chiliens.Dans le rapport avec la reussite, par exemple : Nous detestons qu'un compatriote se montre au-dessus des autres, sauf lorsqu'il le fait dans un autre pays, auquel cas l'heureux homme devient une sorte de heros national.Ou sur la superstition : La moitie du Chili se fie a l'horoscope, aux diseuses de bonne aventure ou aux vagues pronostics du Yi-King, l'autre moitie porte des cristaux autour du cou ou etudie le feng-shui.Pareil pour le faux matriarcat, la religion et le reste.Mais, pour ce qu'on en sait, ce sont sans doute des traits communs a bien des peuples.En tout cas, il n'y a franchement pas de quoi ecrire a sa mere, comme disent nos amis les Anglais.Encore moins tout un bouquin.FF1.2 MON PAYS REINVENTE Isabel Allende, Grasset, 291 pages 3199897A 3198281A 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Après avoir séduit le public, la critique et la direction du Metropolitan Opera, à New York, en dirigeant de mémoire Werther, de Massenet, le «premier chef invité» de l'OSMet directeur musical des Grands Ballets canadiens a reçu plusieurs offres d'Europe.Portrait d'une carrière internationale bien amorcée.PHOTOS ALLEN MCINNIS JEAN-PAUL SOULIÉ irecteur musical et chef attitré des Grands Ballets canadiens de Montréal, nommé premier chef invité de l'Orchestre symphonique de Montréal pour une deuxième saison consécutive en 2003-2004, Jacques Lacombe a conquis la critique newyorkaise et le public du Metropolitan Opera en dirigeant six représentations de Werther, de Massenet.Phénomène rare au «Met», il a reçu les applaudissements de sesmusiciens, une ovation du public lors du concert radiodiffusé samedi dernier et.une bouteille de champagne du directeur artistique du Met, James Levine.Résultat immédiat de cet accueil extraordinaire sur une des scènes lyriques les plus importantes en Amérique du Nord, Jacques Lacombe s'est vu invité de nouveau au Met pour la saison 2005-2006, la prochaine étant complètement programmée.Son nom a aussi été placé sur la liste des «sauveteurs» capables de remplacer un chef qui se décommande à la dernière minute, comme ce fut le cas pour le Werther.Et la semaine dernière, il a reçu trois offres importantes d'Europe, où il a beaucoup travaillé dans le passé.La Presse souligne le succès complet d'un jeune chef d'orchestre québécois sur les scènes internationales et nomme Jacques Lacombe Personnalité de la semaine.Néà Cap-de-la-Madeleine dans une famille où on était cordonnier de père en fils depuis trois générations, rien ne semblait destiner Jacques Lacombe à la musique.«Mon père chantemerveilleusement faux, dit-il en riant, et ma mère, qui travaille dans un commerce, n'est pas non plus musicienne.Au départ, j'ai fait des études en sciences pures.Au secondaire, j'étais en option latin, et je construisais des fuséesminiatures.Mon père, qui a toujours regretté de ne pas avoir fait de longues études, me laissait faire.Au hasard d'un déménagement, nous avons héritéd'unpiano: j'avais 11 ans.» Des mathématiques avancées, où il réussissait bien, Jacques Lacombe va sauter à la musique au collégial puis à l'université.À Cap-de-la-Madeleine, il bénéficie de l'existence des plus grandes orgues du Québec, dont Noella Genest était titulaire.À18 ans, Jacques Lacombe obtient le premier prix d'orgue du conservatoire de Trois-Rivières.Puis Raymond Daveluy, qu'il considère comme son «père en musique», l'attireà Montréal et l'oriente vers la direction d'orchestre.Jacques Lacombe n'est pas un maestro traditionnel.L'appellation elle-même semble le rebuter quelque peu.Il préfère les contacts simples et directs avec ses musiciens, et il utilise souvent le tutoiement.«En anglais, il n'y a pas de problème.À l'OSM, je veux connaître tous les prénoms, etmesmusiciens m'appellent par le mien.Je me considère comme unmusicienqui a unrôle particulier.Il y a de moins en moins de chefs qui jouent les divas.Quand ils le sont trop, ça peut poser des problèmes dans le travail.Il faut user de psychologie, donner l'envie aux gens de se dépasser.Comment donner des encouragements ou faire des remarques, ça ne s'apprend pas réellement: il faut avoir le don.» Jacques Lacombe se démarque également de la plupart de ses confrères par deux caractéristiques : il dirige généralement sans partition, «par coeur», et il est aussi à l'aise dansle ballet quedans l'opéraoule répertoire symphonique.«Le par-coeur, dit-il, c'est un peu ma marque de commerce, mais ce n'est pas un but, c'est un moyen.Ça me donne une plus grande liberté pour communiquer avec les musiciens ou avec les chanteurs à l'opéra.Le regard a alors une très grande importance.On voit ça plus souvent en Europe.Àl'opéra, connaître la partition par coeur est un plus qui permet d'avoir une plusgrandeemprisesur l'orchestre.Lelangage du chef d'orchestre est corporel.Il y a la baguette, mais aussi le langage physique, et c'est ce qui permet de diriger partout dans le monde, au Japon ou en Allemagne commeau Canada.Ilyacertainesconventions de base, des chorégraphies qui peuvent changer, mais ces signes peuvent être compris et interprétés par tous les musiciens.On arrive ainsi à conduire sans aucune répétition, mais ça demande beaucoup de métier, des nerfs, de la psychologie et une grande force de concentration.» Son premier voyage de musicien, Jacques Lacombe l'a fait avec une bourse du Conseil des arts du Canada, en 1986.«J'ai d'ailleurs été le dernier à bénéficier d'une bourse de longue durée: le Conseil des arts a jugé que ça ne donnait pas de résultats», dit-il en riant.Il a ensuite dirigé à l'Opéra de Metz, au Covent Garden de Londres, au Philadelphia Opera Company, à Edmonton, à Toronto, etc.Demain lundi, de retour à Montréal, il dirigera l'OSM pour un concert bénéfice auquel participera le violoncelliste Yo-Yo Ma.Depuis le printemps dernier, Jacques Lacombe voyage avec sa compagne, Janet, une informaticienne qui n'est pasmusicienne.Ses parents viennent régulièrement pour assister à chaque nouveau programme à Montréal.L'an dernier, il les avait invités à Paris, où il dirigeait les Concerts Lamoureux au Théâtre des Champs-Élysées.Jacques Lacombe «Je me considère comme un musicien qui a un rôle particulier.Il y a de moins en moins de chefs qui jouent les divas.Quand ils le sont trop, ça peut poser des problèmes dans le travail.Il faut user de psychologie, donner l'envie aux gens de se dépasser.» "]
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