Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La presse, 2003-08-24, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 LE PLUS GRAND MONTR ÉAL PL US QUO TIDIEN FRANÇAIS D'AMÉR IQUE 1 1 9e A N N É E > N O 3 0 0 > 4 0 P A G E S > 4 C A H I E R S 65 ¢ TAXES EN SU S ÉDITION PR OVINCIALE > 70¢ Prêtre pédophile assassiné en prison TAGLIANI, LE PLUS VÉLOCE COLOMBIE-BRITANNIQUE Même les pompiers ont peur À KELOWNA TRISTAN PÉLOQUIN Envoyé spécial VUE DES hauteurs du parc Okanagan Mountain, la scène est effarante : des collines fumantes à perte de vue, rasées à fleur de roc par un immense brasier qui se rapproche d'heure en heure, sans répit, de la limite sud de Kelowna.et de ses 100 000 habitants.Le tout au milieu de forêts et de montagnes verdoyantes qui, tôt ou tard, craignent les autorités, subiront le même sort.Vendredi soir, aux prises avec des vents imprévisibles atteignant par moments 80 km/h, les pompiers ont été incapables de contenir les flammes de l'implacable brasier qui, en l'espace d'une semaine, a réduit en cendres plus de 190 km2 de verdure.Au pire du désastre, le feu a progressé à plus de 100 mètres à la minute, forçant l'évacuation de près de 30 000 personnes.En l'espace d'à peine quelques heures, plus de 200 maisons ont été complètement détruites par les flammes.« La nuit dernière a probablement été la plus difficile de l'histoire du service des incendies de Kelowna », a déclaré le chef du service des incendies de la ville, Gerry Zimmerman.Des pompiers avaient peur, et même les plus expérimentés ne croyaient pas s'en sortir vivants.Des balcons des hôtels bondés de Kelowna, hier, des dizaines de résidants évacués, équipés de jumelles, tentaient de deviner à travers la fumée ce qui restait de leur demeure.« On aperçoit parfois des fondations calcinées de maisons, mais on ne sait pas du tout à qui elle peuvent bien appartenir », a confié Barry Kerry, un résidant évacué qui espérait du plus profond de son coeur que les conditions météo soient plus clémentes au cours des prochains jours.« Vers 22h vendredi, les policiers sont passés dans les rues avec d'immenses haut-parleurs fixés à leurs voitures.Ils nous ont crié : Quittez vos domiciles maintenant, vous devez être partis d'ici une heure.Nous avions prévu le coup.Tous nos biens de valeur étaient rangés dans la voiture et nous étions prêts à partir 15 minutes plus tard », a-t-il expliqué.Voir FEU en A2 d'après Associated Press BOSTON \u2014 L'ancien prêtre John Geoghan, au centre du scandale de pédophilie qui a ébranlé l'archidiocèse de Boston et l'ensemble de l'Église catholique américaine voilà deux ans, a trouvé la mort en prison hier, a annoncé l'administration pénitentiaire.Agressé en mi-journée par un codétenu, John Geoghan est mort peu après son admission à l'hôpital Leominster, a précisé Kelly Nantel, porte-parole des services pénitentiaires du Massachusetts.Une enquête a été ouverte sur l'incident et l'autre détenu a été placé en isolement.Le scandale auquel le père Geoghan a été mêlé en 2002, dont les répercussions avaient largement dépassé les frontières américaines, était parti de révélations selon lesquelles l'Église l'avait laissé passer de paroisse en paroisse en dépit d'avertissements concernant son comportement déviant.Voir PRÊTRE en A2 John Geoghan Photo BERNARD BRAULT, La Presse Alexandre Tagliani s'apprête à embrasser sa femme, Bronte Kok, après avoir terminé premier lors de la séance de qualification du Molson Indy, hier.Tagliani est devenu le premier Québécois de l'histoire à décrocher la position de tête dans une course de monoplaces disputée au le circuit Gilles-Villeneuve.Les détails en pages D1 à D4 du cahier Sports.Le cauchemar de Karl Rove Bandes dessinées B9 Décès C9 Êtes-vous observateur C6 Génies en herbe B6 Grille thématique B6 Feuilleton B9 Forum A8, A9 Horaire spectacles B6 Horaire télévision B2 Horoscope C7 La presse d'ailleurs A10 Le bridge C9 Le monde A4 Loteries A2, A5 Mots croisés B9 Petites annonces - immobilier C6, C7 - marchandises C7 - emplois C7 - automobile C8, C9 M É T É O Voir page C10 Ensoleillé Maximum 21, Minimum 12 Karl Rove, stratège politique de George W.Bush, a dû mal dormir la semaine dernière.Chargé d'assurer la réélection du président des États-Unis, il a vu s'écrouler ses beaux plans à la suite de l'attentat suicide contre le siège de l'ONU à Bagdad, une catastrophe qui a illustré crûment les problèmes de l'occupation américaine en Irak.Selon la stratégie de Rove, Bush devait interrompre ses vacances au Texas pour effectuer une minitournée dans le Nord-Ouest des États- Unis, où il entendait prononcer des discours sur l'économie et l'environnement.Il avait l'intention de montrer aux Américains sa préoccupation face à ces dossiers domestiques qui risquent de lui faire perdre des votes à l'élection présidentielle de 2004.Bush s'est plié de bonne grâce aux demandes de Rove, n'ayant jamais eu de motifs de douter du pif politique de son éminence grise.Mais les événements du Moyen- Orient ont éclipsé ses beaux discours, attirant l'attention du public américain sur ce qui devait être son atout en 2004 : la guerre au terrorisme.Et Karl Rove de se mettre à faire des cauchemars.Car la guerre au terrorisme connaît des revers importants non seulement en Irak, mais également en Afghanistan, où les opposants au régime de Kaboul multiplient les attaques depuis quelques jours.Le conflit israélopalestinien n'est pas moins meurtrier qu'avant, comme l'a démontré l'explosion d'une bombe dans un autobus à Jérusalem, quelques heures après l'attentat de Bagdad.Et la menace d'une attaque terroriste en sol américain n'est pas moins grande qu'en septembre 2001.Au milieu de cette sombre semaine pour l'administration Bush, Rove a sans doute pris connaissance du dernier sondage Zogby, dont les résultats ont dû confirmer ses inquiétudes.Le coup de sonde révèle en effet que seulement 52% des Américains approuvent aujourd'hui la performance de Bush.On est très loin des 82% de l'après-11 septembre.Le président n'est peutêtre pas en chute libre, mais, à l'exception du début de la guerre en Irak, l'appui dont il jouit n'a jamais cessé de décliner au cours des deux dernières années.Le sondage Zogby contenait un autre résultat susceptible de troubler le sommeil du stratège républicain : si l'élection présidentielle avait eu lieu entre le 16 et le 19 août, 43% des Américains auraient choisi Bush contre un candidat démocrate (n'importe lequel), alors Voir CAUCHEMAR en A2 Automne 2003 LES CONCERTS D'ADIEU BILLETS EN VENTE MAINTENANT En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Sur Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 Vendredi 19 septembre à 21 h / Samedi 20 septembre à 19 h / Lundi 22 septembre à 20 h VENEZ DANSER AUX RYTHMES DU BRÉSIL AU MÉTROPOLIS ! 135 MON CLIN D'OEIL STÉPHANE LAPORTE José Théodore est-il à Montréal sur du temps emprunté?La Personnalité de la semaine > Sheila Twinkle Rudberg, page B10 Josélito Michaud > C'est bien meilleur à la radio, page B1 > La chronique de Dany Laferrière, page B1 Arts+Spectacles Cahier Sports, page D5 Alonso: la pole dans la peau GRAND PRIX DE HONGRIE LA PRESSE AU A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 DEMAIN DANS LA PRESSE La Grande Séduction à Harrington Harbour Le film La Grande Séduction a connu le succès que l'on sait cet été au Québec.Mais les quelque 300 habitants de Harrington Harbour, où ce film a été tourné, ne l'avaient pas encore vu avant ce week-end.La journaliste Isabelle Massé et le photographe Ivanoh Demers ont accompagné une partie de l'équipe de La Grande Séduction dans cette petite île de la Basse-Côte- Nord.À lire demain dans le cahier Arts et Spectacles AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE > Suivez en direct le Molson Indy de Montréal à 14 h: cyberpresse.ca/course > Vivez la dernière ronde de la série mondiale de golf: cberpresse.ca/golf > Pour tout savoir des Championnats du monde d'athlétisme: cyberpresse.ca/athletisme Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650.Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 8-9-0 > À quatre chiffres : 9-7-7-7 LOTO 6/49 > 02-06-19-27-35-47 Compl.: 01 > Extra : 346698 SUITES DE LA UNE PRÊTRE Suite de la page A1 FEU Suite de la page A1 L'affaire a éclaté lorsqu'un juge a ordonné la publication de dossiers prouvant que l'archidiocèse avait muté des dizaines de prêtres dans d'autres paroisses lorsque des accusations de pédophilie se faisaient jour.John Geoghan a notamment été reconnu coupable en janvier 2002 d'attentat à la pudeur et d'agression sexuelle sur un enfant de 10 ans.Il avait été condamné à 10 ans d'emprisonnement.Plus de 130 personnes ont porté plainte au civil contre le prêtre pour des agressions sexuelles qu'il aurait commises au cours des 30 ans qu'il a passés dans diverses paroisses de la région de Boston.En septembre 2002, l'archidiocèse était parvenu à s'entendre sur une indemnité de 10 millions de dollars avec 86 victimes de John Geoghan.Devant le tollé soulevé par cette affaire, les autorités religieuses avaient durci leur politique à l'égard des agresseurs sexuels et plus de 325 prêtres, des 46 000 que compte le clergé américain, ont été démis de leurs fonctions ou ont démissionné.Mitchell Garabedian, avocat de plusieurs familles de victimes de Geoghan, s'est déclaré « surpris et choqué » par la mort de l'ancien prêtre.« Beaucoup de mes clients auraient préféré voir le père Geoghan purger sa peine en prison et subir les rigueurs d'autres procès afin que ses actes pédophiles soient encore davantage connus », a-t-il dit.Le père Christopher Coyne, porte- parole de l'archidiocèse, a pour sa part offert ses prières à la famille du défunt.« Après la mort tragique de John Geoghan, l'archidiocèse de Boston prie pour le repos de son âme et adresse ses prières de consolation à Kathy, sa soeur bien-aimée », a-t-il indiqué.Quatre nouveaux cas à Boston Par ailleurs, l'archidiocèse de Boston a annoncé hier que quatre prêtres accusés d'inconduite sexuelle à l'égard de mineurs ont accepté de se retirer jusqu'à ce qu'une enquête ait éclairci leur cas.Il s'agit de John Chaisson, pasteur de la paroisse St.Adelaide, d'Edmund P.Charest, administrateur à la paroisse Blessed Sacrament à Cambridge, d'Edward Keohan, administrateur à la paroisse Our Lady of Lourdes à Revere, et d'Edward Sherry, pasteur de la paroisse Nativity à Merrimack.Les actes, qui remonteraient à plusieurs décennies, auraient été commis dans d'autres paroisses que celles où étaient affectés les quatre prêtres au moment de leur retrait.L'archidiocèse a précisé que la suspension ne devait pas être interprétée comme un aveu de culpabilité mais comme une mesure visant à protéger toutes les parties en cause et à assurer le bon déroulement du processus d'enquête : « Tout cela a été fait dans un esprit d'ouverture, dans le but de protéger les enfants et de maintenir une situation où toutes les parties seront respectées.Le problème, c'est qu'on ne sait absolument pas si notre maison est détruite.On n'a aucune idée du moment où on pourra retourner chez nous.Les autorités ont refusé hier de dire les noms des propriétaires dont les demeures ont été ravagées, mais des photos aériennes du quartier seront présentées aux résidants évacués afin de déterminer qui sont les victimes.Selon les médias locaux, la plupart des propriétés touchées sont des maisons cossues, situées à flanc de montagne.Les dommages étaient évalués hier à plus de 200 millions de dollars par les journalistes de Radio-Canada.Comble de malheur, un nouveau foyer d'incendie, apparu au nordest de la ville après un bref orage, semblait par ailleurs donner beaucoup de fil à retordre aux avions-citernes et aux hélicoptères hier.15 000 autres résidants sur le qui-vive Au moment de mettre sous presse, alors que le crépuscule laissait apparaître l'enfer orangé à l'extrémité de la ville, quelque 15 000 autres résidants se préparaient à quitter d'urgence leur domicile, attendant simplement l'ordre des policiers.Pendant ce temps, les coordonnateurs de la Croix-Rouge faisaient des pieds et des mains pour trouver un logement temporaire aux milliers d'évacués.Plus une seule chambre d'hôtel n'est disponible à Kelowna, et les églises, gymnases d'écoles et arénas sont remplis à pleine capacité, ont affirmé plusieurs résidants.Les villes voisines de Kamloops et de Vernon ont affirmé qu'elles pouvaient accueillir respectivement 4000 et 5000 personnes, mais l'espace commençait à manquer sérieusement.Le temps relativement calme de la journée d'hier a permis au pompiers de limiter la progression du feu, mais les prévisions météo ne laissaient rien présager de bon pour la nuit.Des vents forts accompagnés d'un temps sec et de possibles éclairs pourraient raviver le brasier, a prévenu le chef Zimmerman.Des centaines de pompiers réquisitionnés un peu partout dans la province, de même que 750 soldats de l'armée canadienne, sont attendus aujourd'hui pour donner un coup de main aux quelque 400 soldats et 500 pompiers déjà sur place.Une demi-douzaine de camions à incendie tout-terrain ont également été aperçus sur la route transcanadienne, qui relie Vancouver à Kelowna.Chrétien arrive aujourd'hui Devant l'ampleur des dégâts, le premier ministre Jean Chrétien, en voyage à Iqaluit, a décidé de plier bagages pour venir constater la situation de visu.Arrivé hier dans la région, le ministre de la Défense, John Mc Callum, a pour sa part promis que le gouvernement fédéral accorderait une aide financière à la province.« La crise est loin d'être terminée, alors nous ne pouvons pas avancer de chiffre pour le moment », a toutefois précisé le ministre.«C'est très impressionnant» Pilote d'avion-citerne, Jean-Pierre Guay a combattu les flammes pendant huit jours ÉLISABETH FLEURY « J'ai déjà eu à combattre des feux d'une grande intensité au Québec, mais je n'avais encore jamais travaillé dans un contexte où les flammes menacent à ce point les habitations.C'est très impressionnant.» Pilote d'avion-citerne depuis 1977, Jean-Pierre Guay revient tout juste de Colombie-Britannique, où il a combattu les incendies de forêt pendant huit jours.« C'était très exigeant, admet M.Guay.Le terrain est montagneux et la visibilité est réduite à cause de la fumée.Ça demande beaucoup d'attention.» Le travail est d'autant plus difficile que les flammes progressent à une vitesse folle, ajoute le chef pilote de la division avion-citerne du Service aérien gouvernemental.« Les gros incendies, on ne peut pas vraiment les éteindre, dit M.Guay.Il faut attendre qu'il pleuve.En attendant, on se concentre sur les lignes coupe-feu pour éviter que les flammes n'atteignent les résidences.Le problème, c'est que c'est tellement sec que les flammes passent en dessous des lignes coupe- feu.« Mardi, on a réussi à contrôler un incendie qui se promenait très près des maisons, soit à moins de 100 mètres, continue le pilote.On a eu chaud, mais on a fini par en venir à bout en 50 minutes avec 60 largages.» En termes d'ampleur, les incendies de la Colombie-Britannique sont, selon M.Guay, comparables à ceux qui avaient ravagé les forêts de Baie-Comeau en 1991 et de Parent en 1995.« Les feux étaient aussi importants, à la différence qu'ils ne menaçaient pas les résidences, comme c'est le cas en Colombie- Britannique », note le pilote.Vincent Demers, officier de liaison pour la SOPFEU en Colombie- Britannique, souligne que «le Québec n'a jamais eu autant de feux actifs en même temps ».« Pour vous donner une idée, au Québec, on a deux équipes de feux majeurs, qui regroupent des combattants spécialisés dans la gestion d'incendies d'importance, et c'est très rare qu'on les utilise en même temps.En Colombie-Britannique, 51 équipes de feux majeurs provenant de toutes les provinces ont été déployées.» Pour les combattants de la SOPFEU, le travail en Colombie-Britannique est essentiellement le même qu'au Québec, à ceci près qu'ils doivent composer avec des pentes beaucoup plus abruptes.« Il y a également plus de combustibles, de sorte que le travail d'extinction est plus long.Le degré de sécheresse est phénoménal.Ce matin (hier), il y a eu un peu de pluie, et ça n'a rien changé.», raconte M.Demers.Le travail de l'officier de liaison de la SOPFEU est de coordonner les façons de faire de ses équipes avec celles des combattants des autres provinces.« On a différentes façons de travailler, et il faut s'ajuster, explique M.Demers.En Colombie- Britannique, les combattants ont l'habitude d'utiliser des outils pour faire des lignes d'arrêt parce qu'ils n'ont pas accès à beaucoup d'eau.Au Québec, on a l'habitude de travailler avec des motopompes parce qu'on a de l'eau en masse.Actuellement, on est jumelés à des équipes de l'Ontario, qui travaillent de la même façon que nous.» Quelque 45 combattants de la SOPFEU sont à Kamloops depuis le 9 août.Québec a également dépêché un spécialiste en comportement des incendies et acheminé 6100 longueurs de tuyau, 200 motopompes, 110 ensembles d'asperseurs de même que des pelles et des réservoirs portatifs.Photo PC Plus de 200 résidences ont été rasées par les incendies de forêt qui sévissent dans la région de Kelowna.CAUCHEMAR Suite de la page A1 qu'un pourcentage identique (43 %) aurait préféré un démocrate.En juillet dernier, selon la maison Zogby, Bush amassait 48% des intentions de vote contre 43% à un candidat démocrate.Sa réélection n'a jamais semblé moins sûre.Heureusement pour Rove, la baisse de popularité du président ne s'accompagne pas encore d'une diminution aussi importante de l'appui des Américains à l'intervention en Irak.Le mois dernier, un sondage de la maison Public Opinion Strategies indiquait que 63% des Américains étaient toujours d'avis que la guerre en Irak était un succès.Mais les difficultés s'accumulent.Et l'attentat de mardi dernier à Bagdad a remis en question la stratégie de l'administration Bush, qui avait promis d'heureux lendemains en Irak.Dans les médias américains, quelques commentateurs ont de nouveau évoqué le scénario du Vietnam, celui d'un conflit aussi coûteux que futile.À leurs yeux, de jeunes Américains perdent leur vie pour un projet arrogant et chimérique : l'imposition de la démocratie au Moyen-Orient.Mais ce point de vue demeure encore minoritaire aux États-Unis, même chez les commentateurs qui s'opposaient à la guerre.Selon ces derniers, l'administration Bush ne peut plus revenir en arrière, mais elle doit empêcher que l'Irak ne s'enfonce davantage dans le chaos et le violence.C'était le sens d'un éditorial publié mercredi dernier dans le New York Times, qui exhortait la Maison-Blanche à repenser son approche de façon « radicale ».Selon le quotidien, cela signifie notamment l'abandon de la « résistance idéologique » à un plus grand rôle de l'ONU dans l'aprèsguerre.Karl Rove n'a pas l'habitude de s'inspirer du New York Times pour concocter ses stratégies politiques.Mais il n'ignore pas que les prévisions optimistes de l'administration Bush ont jusqu'ici été démenties en Irak par la multiplication des actes de sabotage et des attentats anti-américains.La mission américaine connaîtra peut-être des jours meilleurs, mais ses coûts humains et financiers seront certainement plus élevés que prévu.Et le président américain n'a jamais préparé les Américains à une longue et difficile occupation.Aussi Rove a-t-il prévu une autre sortie importante pour le président.Mardi, celui-ci sera de passage au Missouri, un autre État-clé pour l'élection de 2004.Prenant la parole devant un groupe de vétérans, Bush aura ainsi l'occasion de raffiner ses explications sur les enjeux irakiens.Et Karl Rove priera pour une journée de calme au Moyen-Orient.Car son pire cauchemar \u2014 un deuxième Bush limité à un seul mandat à la Maison-Blanche \u2014 pourrait bien devenir réalité. LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 A3 ACTUALITÉS DÉFUSIONS La fronde s'aggrave à l'hôtel de ville LAURA- J U L I E PERREAULT DEUX AUTRES présidents d'arrondissement lancent un ultimatum au maire de Montréal : s'il ne modifie pas son plan de réorganisation de la Ville dans la prochaine semaine, John Meany, de Kirkland, et Edward Janiszewski, de Dollard-des-Ormeaux/Roxboro, vont quitter le parti du maire Gérald Tremblay pour aller rejoindre Luis Miranda du côté des indépendants.« On va attendre encore une semaine pour voir si le maire va changer sa position.Sinon, c'est clair, on part », a dit hier John Meany à La Presse, ajoutant que M.Janiszewski et lui faisaient front commun dans le dossier des défusions et qu'ils claqueraient la porte au même moment s'il le fallait.Les deux hommes aimeraient que le maire aille plus loin dans son plan de décentralisation en donnant un véritable statut juridique aux arrondissements et en leur permettant de percevoir certaines taxes.Interrogé hier à l'aéroport de Dorval, alors qu'il revenait tout juste d'un séjour à Budapest pour tenter de sauver le Grand Prix de Montréal, le maire Tremblay a réagi froidement à l'ultimatum des deux membres de son équipe.Dans une récente entrevue avec La Presse, Gérald Tremblay avait indiqué qu'il s'attendait à ce que tous les membres de son parti défendent le plan de réorganisation qui fera l'objet d'un vote au conseil municipal cette semaine.« Ceux qui ne le feront pas devront prendre une décision et, s'ils ne se décident pas, je les aiderai dans leur réflexion », avait tranché le maire.C'est cette ligne dure qui a forcé Luis Miranda, président de l'arrondissement d'Anjou, à faire ses adieux à l'UCIM cette semaine.Hier, le maire n'a pas démordu de sa position, même si le départ éventuel de deux autres présidents d'arrondissement ferait perdre à l'UCIM sa majorité au conseil municipal.« Ce n'est plus une question de majorité ! Je pense que le débat que nous avons au sujet de bâtir une ville transcende toute partisanerie politique.S'il y a des gens qui, pour des questions de principe, veulent quitter le parti parce qu'ils ne sont pas d'accord avec notre orientation, il y en a peut-être d'autres qui voudront se joindre à nous », a répliqué le maire.Une fin annoncée Hier, l'ancien maire de Westmount, Peter Trent, qui s'oppose depuis les premières heures à la fusion de toutes les villes de l'île de Montréal, a affirmé qu'il voyait venir depuis longtemps la dislocation de l'UCIM, parti formé de politiciens des banlieues opposés à la centralisation et de représentants du centreville.« Quand Gérald Tremblay a créé le parti, je l'ai dit, c'était une coalition arc-en-ciel qui avait pour but de mettre (Pierre) Bourque dehors.Mais, à long terme, le maire ne peut pas résoudre le conflit entre les deux factions du parti », a expliqué l'ancien maire.Outre M.Trent, qui compte attendre jusqu'en septembre pour mobiliser ses troupes dans Westmount, la croisade pour les défusions semble gagner rapidement des soldats dans l'ouest de l'île.L'ancien maire de Sainte-Anne-de-Bellevue, Bill Tierney, est aussi en train d'amasser des fonds pour financer sa campagne contre le projet du maire de Montréal.Des élus de Baie-d'Urfé, de Senneville et de Saint-Laurent veulent aussi participer à l'offensive.Le maire Tremblay, de son côté, promet de mettre le paquet pour convaincre les citoyens du bien-fondé de son projet de réorganisation, qui donne notamment plus d'autonomie aux arrondissements mais rend impossible tout projet de défusion.Photo MARTIN TREMBLAY, La Presse © De retour de Hongrie, le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'écartent pas l'idée d'avoir recours à une solution politique pour sauver le Grand Prix de Montréal.GRAND PRIX DE MONTRÉAL La solution politique n'est pas écartée LAURA- J U L I E PERREAULT DE RETOUR de Hongrie, le ministre du Sport et des Loisirs du Québec, Jean- Marc Fournier, n'écarte pas l'idée d'avoir recours à une solution politique pour sauver le Grand Prix de Montréal, si la stratégie mise de l'avant à Budapest par la mission de sauvetage de l'événement montréalais ne porte pas fruit d'ici peu.La Mission Grand Prix, composée de politiciens et d'hommes d'affaires, se donne deux semaines de plus pour tenter de convaincre les écuries de Formule 1, les différents commanditaires et les compagnies de tabac de l'importance de maintenir un championnat à Montréal tout en respectant les lois antitabac, qui empêchent les compagnies d'annoncer les marques de cigarettes sur les bolides.Le voyage des derniers jours au Grand Prix de Hongrie, qui avait pour but de rencontrer le plus grand nombre de décideurs possible dans le milieu de la F1, sera suivi de lettres et d'appels téléphoniques aux intervenants du milieu qui n'étaient pas sur place.Une fois ces démarches terminées, a expliqué hier le ministre Fournier, il sera alors temps de faire le bilan de l'opération charme qu'il mène avec Martin Cauchon, ministre fédéral de la Justice, Gérald Tremblay, maire de Montréal, et Normand Legault, promoteur du Grand Prix de Montréal, .« Tout le monde sait qu'il y a différentes hypothèses pour qu'il y ait un Grand Prix à Montréal », a dit le ministre, prudent, au sujet de la possibilité de modifier les lois canadiennes pour permettre la tenue d'un championnat en 2004.« Après le bilan, il sera temps de regarder cette solution, mais nous ne sommes pas encore rendus là », a dit le ministre, faisant allusion à la possibilité de demander au gouvernement fédéral d'harmoniser sa loi antitabac à celles des pays de l'Union européenne.Le ministre québécois a cependant refusé de confirmer les rumeurs voulant que le ministre Cauchon compte faire des pressions sur le premier ministre, Jean Chrétien, pour que ce dernier revoie sa position sur l'assouplissement de la loi.La semaine dernière, le premier ministre a fermé la porte à tout compromis politique.Si une intervention politique est possible en dernier recours, Jean-Marc Fournier continue de penser qu'il serait préférable de trouver une solution à long terme pour le Grand Prix de Montréal plutôt que de repousser le problème à l'année suivante.« Nous sommes allés en Hongrie pour avoir un Grand Prix à Montréal en 2004, mais aussi pour 2005, 2006 et les années qui vont suivre », a-t-il précisé hier.Besoin d'un front commun Dans cette optique, il croit qu'il est nécessaire de faire front commun avec les autres pays qui ont des lois antitabac et compte s'entretenir de cette option avec les ministres de la Santé et des Affaires internationales.Il a remarqué que, si le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, est bien organisé, les pays qui possèdent des lois antitabac le sont moins.« Les pays subissent des pressions les uns après les autres.Il y a sûrement place pour que ces pays là se parlent.Il faut créer ensemble des outils et les utiliser », a-t-il avancé, mentionnant la possibilité d'en appeler à l'Organisation mondiale de la santé.L'optimisme demeure S'il concède que rien n'est gagné après ce bref séjour en Hongrie, le ministre Fournier, qui était accompagné du maire Tremblay à son retour à Dorval, a dit avoir bon espoir de voir le Grand Prix de Montréal reprendre sa place dans le calendrier de l'an prochain, propos que le maire a appuyés.Les membres de la mission ont notamment eu des discussions encourageantes avec Bar, Renault, Mc Laren et Jordan.Ferrari s'est montré beaucoup moins flexible, estiment-ils.MM.Fournier et Tremblay ont pris soin de préciser que M.Ecclestone n'était pas opposé à l'idée d'avoir 18 Grand Prix l'an prochain et de présenter un de ceuxlà à Montréal sans la présence des compagnies de tabac.Mais ils ont aussi remarqué qu'un tel championnat, privé de ces commanditaires, devrait offrir des compensations financières importantes aux équipes.Les deux hommes ont refusé de chiffrer ces compensations.Ils croient que les autres commanditaires devraient donner un coup de pouce aux équipes.Le déménagement du bureau montréalais de Charest a coûté 460000$ CELLULAIRES AU VOLANT Québec préfère éviter de légiférer SIMON CHABOT LA PLUPART des études concluent que l'utilisation du téléphone cellulaire au volant cause de nombreux accidents de la route, mais Québec croit toujours pouvoir remédier à la situation sans légiférer, essentiellement grâce à une campagne de sensibilisation qui doit commencer à l'automne.« Pour l'instant, il n'est pas question d'interdire le cellulaire au volant, explique Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre du Transport, Yvon Marcoux.Nous comptons plutôt sur la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour informer les automobilistes des dangers de son utilisation sur la route.Nous croyons que cette mesure pourrait bien suffire à réduire le nombre d'incidents.» Jeudi dernier, un automobiliste de 28 ans s'est tué rue Notre-Dame, à Montréal, son cellulaire à la main.Mario Brown parlait à un ami quand il a perdu la maîtrise de son véhicule, qui a ensuite percuté de plein fouet un lampadaire.La police croit que l'utilisation du téléphone est sans doute l'une des causes de la tragédie.Cela n'a de toute évidence pas convaincu Québec de suivre la voie tracée par une trentaine de gouvernements dans le monde, dont ceux de Terre-Neuve et des États de New York et de la Floride, qui ont déjà réglementé ou interdit l'utilisation du cellulaire au volant.« Pour le moment, le lien de cause à effet entre l'utilisation du cellulaire et les accidents n'est pas tout à fait clair, explique Mme Merizzi.Les statistiques nous laissent croire qu'en général les distractions qui accompagnent les appels provoquent des accrochages mineurs.Nous ne voulons surtout pas adopter une loi qui serait inutile.» Une récente étude de la SAAQ a pourtant montré que le simple fait de parler au téléphone en conduisant augmentait de 38 % les risques d'avoir un accident.Cette étude servira notamment à alimenter la campagne publicitaire radiophonique de l'automne.Pour l'auteur de l'étude, le statisticien Urs Maag de l'Université de Montréal, le lien entre le téléphone cellulaire et les collisions ne fait d'ailleurs pas de doute.« Les chiffres sont explicites, dit-il.Plus les automobilistes utilisent le téléphone, plus ils risquent d'avoir un accident.» Une autre étude, australienne celle-là, soutient même que le cellulaire est deux fois plus dangereux que l'alcool quand il s'agit de conduite automobile.D'après les chercheurs du Royal Hospital de Melbourne, l'inattention est un facteur aggravant dans 35 % des accidents et les automobilistes qui téléphonent sont parmi les plus distraits.Les sources de distraction sont cependant nombreuses pour les automobilistes.Selon l'American Automobile Association, seulement 30% des propriétaires de voitures utilisent leur téléphone cellulaire en conduisant.Par contre, 97% d'entre eux se penchent à l'occasion pour ramasser un objet et 46%se maquillent ou se coiffent tout en tenant le volant, des écarts de conduite qui provoquent bon nombre d'accrochages.Avec l'arrivée prochaine des systèmes électroniques de navigation et de l'accès Internet à bord des automobiles, les problèmes d'attention risquent de se multiplier.Transports Canada envisage sérieusement de réglementer ces nouveaux gadgets.Les cellulaires pourraient donc n'être que la pointe de l'iceberg.Presse Canadienne LE DÉMÉNAGEMENT du bureau montréalais du premier ministre Charest, décidé au lendemain de sa victoire électorale en avril dernier, aura coûté près d'un demi-million de dollars aux contribuables.Selon des documents obtenus par le quotidien Le Soleil en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le budget pour les travaux d'aménagement des locaux du conseil exécutif \u2014 le ministère du premier ministre \u2014 s'élève à 460 000 $.Un contrat de 395 587 $ a été accordé par la Société immobilière du Québec à la SITQ pour le réaménagement des bureaux du conseil exécutif au quatrième étage du 2001, avenue Mc Gill College, au centre-ville de Montréal.De cette somme, précise la SIQ dans une lettre, 83 300 $ sont alloués à des travaux liés au bureau du premier ministre, 130 800 $ ont servi à financer des travaux au conseil exécutif, tandis que le gros de la facture, 245 900 $, est destiné à rendre l'espace plus sécuritaire, et « notamment à la construction d'un vestibule, d'un sas et d'une réception sécuritaire afin de répondre aux critères de la Sûreté du Québec », lit-on dans la missive.À la SIQ, le porte-parole, Martin Roy, explique que l'essentiel des travaux au bureau du premier ministre a consisté à refaire et à défaire des cloisons, à ajouter des toilettes et à réaménager le système de distribution de l'air.En se retirant de la tour d'Hydro-Québec, le premier ministre Charest aurait permis de diminuer l'espace de bureaux total occupé par le conseil exécutif à Montréal, ce qui engendrerait « des économies annuelles récurrentes de 68 000 $ ».Les factures fournies par la SIQ indiquent également que le chef libéral a profité de son arrivée dans le fauteuil de premier ministre pour faire réparer ses meubles, au coût de 6970 $.Les factures des Ateliers Sylvain Dansereau laissent voir que le bois de rose de la table du premier ministre a dû être replaqué, décapé et sablé.De petits buffets, également en bois de rose, ont aussi subi une cure de rajeunissement, tout comme cinq fauteuils en cuir.« La fin (des travaux) étant prévue pour le 30 août, il y a tout lieu de croire que le budget (total de 460 000 $) sera respecté », écrit le responsable de la Loi d'accès à l'information à la SIQ, Guy Joannis. A 4 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 4 A OÛT 2 0 0 3 MONDE Irak: pertes britanniques au sud, affrontements au nord Associated Press BAGDAD \u2014 Les risques d'attaques sont constants pour les forces d'occupation en Irak, et pas seulement pour les troupes américaines : trois soldats britanniques ont été tués et un autre a été grièvement blessé hier lors d'une embuscade à Bassora (sud), secteur à majorité chiite jusqu'alors moins agité que les zones sunnites, plus au nord.Au nord, justement, les soldats américains ont ouvert le feu sur des Irakiens d'origine turkmène, tuant deux d'entre eux et blessant deux autres à Tuz Kharmato, à 180 km au nord de Bagdad.Selon le commandant Josslyn Aberle, porte-parole de la 4e Division d'infanterie, les GI intervenaient pour faire cesser les premiers affrontements ethniques entre Kurdes et Turkmènes enregistrés dans cette région depuis mai.Selon les chaînes de télévision CNN-Turk et NTV, ces violences, qui ont déjà fait huit morts (cinq Turkmènes et trois Kurdes) et une dizaine de blessés, se sont poursuivies hier, plusieurs centaines de Turkmènes marchant vers le bureau du gouverneur de Kirkouk.À Bassora, l'armée britannique parlait d'une opération de guérilla après l'attaque qui a coûté la vie à trois de ses hommes lors d'une patrouille vers 8 h 30 (heure locale) dans le centre-ville.Selon des témoins, les deux véhicules du convoi ont été la cible de tireurs qui circulaient en voiture.Ces décès portent à 48 le nombre de soldats britanniques tués depuis le début des opérations militaires en Irak, contre 273 côté américain et un côté danois.Soixante-cinq militaires américains et 11 Britanniques ont été tués dans le pays depuis le 1er mai, date à laquelle le président américain George W.Bush a annoncé la fin des principaux combats.Malgré ces nouvelles pertes, l'administrateur américain de l'Irak, Paul Bremer, a assuré que les actes de terrorisme et les sabotages ne retarderaient pas la reconstruction du pays.« Nous n'avons jamais caché que nous avions des problèmes de sécurité en Irak », a-t-il déclaré devant la presse à Bagdad, reconnaissant l'existence de tensions entre ses services et le Conseil de gouvernement irakien.« Ils partagent la frustration que nous ressentons de ne pouvoir rétablir les services publics à leur niveau d'avantguerre », a-t-il expliqué.D'après lui, l'éclairage devrait toutefois être rétabli de manière permanente en Irak d'ici la fin septembre.Alors que M.Bremer se montrait rassurant, des collaborateurs des Nations unies ont repris leur travail dans des tentes installées dans l'enceinte du Canal Hotel de Bagdad, le QG onusien en partie détruit par l'attentat-suicide de mardi.Dans les débris du complexe, enquêteurs et militaires poursuivaient leur recherche d'indices et de restes humains.L'un des 23 morts de l'attentat, le représentant spécial de l'ONU Sergio Vieira de Mello, a été rapatrié hier dans sa ville natale de Rio, où le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a prononcé un éloge funèbre à sa mémoire.Le diplomate brésilien, âgé de 55 ans, n'a pu terminer la mission qui lui avait été confiée, mais sa dernière volonté a été que l'ONU reste en Irak, a souligné M.Annan.« Respectons cette volonté », a-t-il souhaité.« Faisons en sorte que Sergio, qui a donné sa vie à cette cause, trouve un mémorial à sa mesure dans un Irak libre et souverain.L'hommage a ensuite pris un tour plus personnel, le secrétaire général de l'ONU saluant le courage d'un homme qui, depuis plus de 30 ans, se consacrait à la paix dans le monde.« Sergio, mon ami, a-t-il dit, tu pénètres dans le panthéon des héros défunts que les Nations unies auraient souhaité ne pas avoir », a lancé Kofi Annan avec émotion.« Tu brilleras à jamais parmi nos étoiles les plus brillantes.» Outre M.Annan, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et Annie, la veuve de Sergio Vieira de Mello, ont assisté à l'hommage funèbre.Une veillée mortuaire était prévue à la demande de la mère du défunt, âgée de 86 ans, qui, en raison de son état de santé, ne pourra se rendre dans la ville française de Thonon-les-Bains, où vivait la famille du défunt et où il sera inhumé.EXPRESS INTERNATIONAL Gaza Raids palestiniens LA POLICE palestinienne a mené hier une série d'opérations dans la bande de Gaza, procédant notamment à Rafah à l'arrestation de 13 personnes, dont des trafiquants d'armes présumés, et à la saisie d'armes, ont annoncé les services de sécurité palestiniens.Des responsables palestiniens de la sécurité ont annoncé que des 13 personnes arrêtées, au moins 12 étaient concernées par un trafic d'armes de contrebande.Au cours de ces raids, deux tunnels qui étaient utilisés par des trafiquants d'armes et de drogue opérant entre la bande de Gaza et l'Égypte ont été condamnés, précisait- on de mêmes sources.Rien ne permettait d'affirmer que ces opérations marquaient le début de la répression réclamée par Israël et les États-Unis contre les militants radicaux.\u2014 d'après AP Gaza Projet d'assassinats UN GROUPE palestinien se réclamant des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa a publié hier une liste de 30 hauts responsables israéliens, dont le premier ministre Ariel Sharon, qu'ils se proposent d'assassiner, par vengeance.Les auteurs du communiqué reçu par l'AFP et publié sur le site Internet des Brigades, annoncent qu'ils vont tuer ces hauts responsables parmi lesquels figure également le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, « pour venger les assassinats » de Palestiniens.Ils réclament en outre la cessation de « tout contact» avec Israël, qu'ils traitent d'« État terroriste ».\u2014 d'après AFP Grande-Bretagne Blair en baisse LA CONTROVERSE entre le gouvernement britannique et la BBC à propos de la guerre en Irak et l'apparent suicide de l'expert en armement David Kelly ont sérieusement écorné la popularité du premier ministre Tony Blair, selon un sondage de l'Institut ICM publié hier soir.Selon ce sondage, 67% des personnes interrogées estiment avoir été trompées sur les armes de destruction massives, prétendument détenues par l'Irak.Cependant, seulement un tiers d'entre elles (33 %) sont d'avis que M.Blair doit démissionner à cause de cette affaire.61 % des personnes interrogées disent qu'elles croient les affirmations de la BBC et seulement 23 % pensent qu'elles sont fausses.58 % indiquent qu'elles ont moins confiance maintenant en Tony Blair, tandis que 55 % estiment que c'est le gouvernement qui est le plus à blâmer pour la mort mystérieuse de Kelly.\u2014 d'après AFP Colombie Attentat déjoué UN ATTENTAT contre le président Alvaro Uribe par la guérilla a été déjoué hier matin à Puerto Asis, a révélé lui-même le chef de l'État lors d'un conseil des ministres communautaire dans cette ville du sud-ouest.« J'invite ces miliciens du (département du) Putumayo, qui pensaient commettre un attentat ce matin sur ordre de la guérilla, ainsi que nous l'avons appris à temps, à se démobiliser », a annoncé le président Uribe en direct à la télévision.Situé à 700 km au sudouest de Bogota, Puerto Asis est l'une des principales villes du Putumayo, département riche en culture illégale de coca, la matière première de la cocaïne.Le chef de l'État n'a nommément désigné aucune organisation rebelle comme responsable de cette tentative d'attentat.\u2014 d'après AFP «I Have a Dream » immortalisé dans le granit SIOBHAN McDONOUGH Associated Press WASHINGTON \u2014 Quarante ans après l'appel de Martin Luther King à l'égalité de tous qui avait secoué l'Amérique ségrégationniste, les militants des droits civiques ont commémoré son célèbre discours «I Have a Dream », désormais inscrit sur la dalle où le pasteur noir l'avait prononcé.Sa veuve, Coretta Scott King, a assisté à la cérémonie de vendredi sur les marches du Memorial Lincoln, au cours de laquelle ont été dévoilés les mots de son mari gravés dans le granit de l'esplanade du monument situé à Washington.« Cette inscription complète le sens de ce lieu », a-t-elle déclaré.Environ un millier de personnes ont assisté sous une chaleur étouffante au lancement de deux jours de cérémonies marquant le 40e anniversaire de la Marche de Washington, arrivée dans la capitale américaine le 28 août 1963.Les organisateurs avaient également prévu une veillée de prières et une improvisation de poésies lors du point d'orgue de la manifestation hier.C'est dans ces marches de granit, un jour d'été particulièrement chaud et devant 250 000 personnes, que Martin Luther King avait lancé son appel historique en faveur de plus de justice.« Je rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la signification réelle de sa croyance ; nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux », avait-il dit.« Je rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas pour la couleur de leur peau, mais pour leur caractère.» Un de ses enfants, Martin Luther King III, âgé de 45 ans, a assuré que ces mots n'avaient pas été oubliés.« Je pense que c'est parce que ces mots sonnent si clairement que les gens s'en rappellent », a-t-il avancé dans une interview.Pour le fils du pasteur noir américain, l'appel lancé par son père il y a tant d'années n'est pas, aujourd'hui encore, complètement entendu.«Des éléments du rêve ont été réalisés, mais la vision complète de liberté, de justice et d'égalité pour toute l'humanité ne l'est pas », a-t-il précisé.Toute la famille devait se réunir hier lors d'une série de séminaires, suivis d'une manifestation dans l'après-midi sur le lieu où le Prix Nobel de la paix 1964 s'était exprimé devant la foule.Martin Luther King a été assassiné à l'âge de 39 ans, le 4 avril 1968, à Memphis.De nombreux sujets ont été abordés lors des discours d'hier, allant du droit du travail aux droits des femmes et des homosexuels, de la question du sida à celle de l'environnement.Devant plusieurs milliers de personnes, Martin Luther King III a expliqué « qu'en dépit des progrès accomplis au cours des 40 dernières années, les gens de couleur n'ont toujours pas le même traitement dans le monde du travail et n'ont pas les mêmes chances dans celui de l'éducation dans notre société ».La veuve du pasteur a déclaré pour sa part que «nous devons faire de nos coeurs des instruments de paix et de nonviolence, car quand le coeur est bon, l'esprit et le corps suivent ».Le révérend John Lewis, qui avait aidé à organiser la marche en 1963, était également présent.« J'étais ici il y a 40 ans, j'étais âgé de 23 ans et j'avais quelques kilos en moins mais tous mes cheveux », a-t-il dit, demandant aux jeunes et aux plus vieux d'agir plus.« Trop, parmi nous, sont trop contents d'eux-mêmes, trop satisfaits.Nous devons faire un peu plus de bruit », a-t-il dit.Photo AP Le candidat à l'investiture présidentielle démocrate, Al Sharpton, a présenté ses hommages hier à la veuve du pasteur Martin Luther King, Coretta Scott, lors du 40e anniversaire du célèbre discours sur le thème « I Have a Dream ».Un vrai paquet d'nerfs! Vous avez les nerfs à fleur de peau?Les mâchoires serrées, le visage tendu, le front crispé, les épaules levées, pression dans les épaules, tout vous tape sur les nerfs?Si vous êtes à bout de nerfs, irritable, un produit nervin peut vous aider.Un produit qui explore la physiologie des nerfs qui touche au système nerveux, un produit nerval et naturel.Décontrak-Tin qui exprime la décontraction, l'action de décontracter exprimant ainsi l'aisance et la détente.Le suffixe « Tin » représente les mots Tension, Insomnie et Nervosité (Tin).Din : 02239962 émis par Santé Canada.Décontrak-Tin agit sur votre tensio-activité et vous aide à obtenir moins de tension, moins de nervosité, moins d'insomnie.Décontrak-Tin décontracte.Montréal : (514) 272-1365 Ligne extérieure : 1 800 272-1365 Mauricie : (819) 378-7777 Estrie : (819) 823-3322 Promotion Canicule: Raffarin s'explique $$ Recherché $$ 1901 à 1975 De 10 h à 17 h Nous serons à Laval Hôtel Hilton Laval 25 août Montréal Hôtel Gouverneur 26 août Rive-Sud Hôtel Gouverneur 28 août St-Jean Hôtel Gouverneur 29 août St-Jérôme Hotel Best Western 30 août Photos et cartes de hockey Photos et cartes de baseball Revues, cédules, tout, tout.Lutte, boxe, golf, football, etc NOUS ACHETONS AUSSI : Cartes postales Jouets Cartes autres que sport : Batman, Cow-boy et autres RENSEIGNEMENTS EN TOUT TEMPS VILLENEUVE COLLECTION DE SPORT AZ (514) 386-2119 Nous allons aussi à domicile sur rendez-vous Associated Press PARIS\u2014Le premier ministre français, Jean- Pierre Raffarin, tente de corriger ses erreurs de communication sur la canicule.Critiqué pour son manque de réactivité, voire de coeur, face à l'hécatombe de début août parmi les personnes âgéees, M.Raffarin a exprimé hier son « immense tristesse » et sa « profonde colère » devant cet « infarctus sanitaire » dans un entretien accordé à trois radios.« J'ai vécu cette épreuve avec intensité, avec une immense tristesse et une profonde colère aussi », a déclaré le premier ministre de son bureau de Matignon à RTL, France- Inter et Europe-1.Dans cette première intervention à la radio depuis la crise, M.Raffarin a dit partager l'« immense tristesse » des familles des victimes.« Je pense à ces décès dans la solitude et dans l'isolement, sans l'affection des siens quand on se voit partir », a déclaré le chef du gouvernement, des trémolos dans la voix.« Le président de la République a eu les mots justes, les mots du coeur pour exprimer la solidarité nationale face à ce drame humain, drame de société », a jugé M.Raffarin, rendant hommage comme Jacques Chirac aux professionnels et aux bénévoles des services de secours, qui «sont allés jusqu'à l'épuisement ».« C'est une épreuve pour tous.C'est aussi \u2014 je le dis sincèrement\u2014 une épreuve pour moi, profonde », a poursuivi M.Raffarin, conscient que la mauvaise gestion de cette crise par le gouvernement a gâché sa rentrée et porté atteinte à son image. L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 4 A O Û T 2 0 0 3 A 5 Papa et les chats collaboration spéciale Il est midi, le 21 juillet 1969.Tout le monde dort dans la maison.C'est qu'on a passé la nuit debout à regarder l'Homme marcher sur la Lune.Et on s'est couché la tête pleine de rêves.Le téléphone sonne.Une fois, deux fois, 10 fois.Ma mère répond.C'est ma tante Louise, de Ville d'Anjou.Elle a une grande nouvelle à annoncer : hier, sa chatte a eu des petits.Huit petits.Et elle voudrait bien que ma mère lui en place quelques-uns.Maman nous apprend ça au déjeuner.Nos yeux s'allument.Mon frère, ma soeur et moi lâchons le même cri du coeur : « On en veut un ! On en veut un ! » On décolle de joie.On est sur la Lune.Entre deux bouchées de Corn Flakes, mon père nous ramène sur Terre : « Y aura pas de chat ici.Ça laisse des poils partout.Ça défait tout le mobilier.\u2014Mais papa.\u2014Oubliez ça.» Ma mère intervient : « Bertrand, ça serait peut-être une bonne idée.\u2014Ça fait.» Quand mon père disait « Ça fait », valait mieux que ça fasse.Parce qu'un mot de plus, et ça n'aurait pas fait.Alors on se taisait.Maman s'est donc mise à la recherche de foyers d'accueil pour les chatons.Une semaine plus tard, elle avait trouvé deux preneuses: cousine Huguette et tante Irène.Les chanceuses.Il y a juste un petit problème : ma tante Louise et toute sa famille partent dans le Sud cet après-midi, cousine Huguette a un mariage en ce beau samedi, et tante Irène ne revient du Nord que dimanche.Il faut donc aller chercher les chats à Ville d'Anjou, et leurs nouvelles maîtresses viendront les récupérer chez nous demain.Mon père est contrarié.Nous, on est emballés : « On va les voir ! On va les voir ! » Mon père grogne : « Faut vraiment que les chats passent une journée dans la maison ?\u2014 On n'a pas le choix, Bertrand, c'est pour rendre service.» On embarque tous dans l'Impala de papa, direction Ville d'Anjou.Nos petites cousines Johanne et Danièle nous accueillent avec les petits chatons dans les mains.Ils sont tellement petits ! Ils sont tellement beaux ! Il en reste seulement trois : un tout noir, un caramel et un tigré gris et noir.Il nous faut choisir les deux que nous ramènerons.Pas évident, ils sont si mignons ! Ma soeur a la solution : « On prend les trois, et on en garde un pour nous.Dis oui, papa ! Dis oui ! \u2014Non.» Il n'y a rien à faire.On prend le caramel.Parce qu'il est caramel.Et le tigré gris et noir.Parce qu'il n'arrête pas de nous regarder.Je devrais dire qu'elle n'arrête pas de nous regarder, car le gris et noir est une femelle.Mon oncle André nous l'a montré.Mais je n'ai rien vu.On rentre à la maison.Mon frère, ma soeur et moi, on n'a jamais été aussi excités.On n'en a que pour quelques heures à avoir des chats chez nous, on va en profiter comme si c'était toute une vie.On ne les lâche pas d'une patte.On leur lance la balle.On les fait courir après une ficelle.On les épuise tellement qu'après trois heures, ils ne font que dormir.On leur a fait chacun un panier, avec une petite couverture et un petit oreiller.Et on les regarde dormir toute la veillée.Maman nous oblige à aller nous coucher.Mais durant la nuit, avec une petite lampe de poche, on continue à les regarder.Et au matin, on se lève tôt.Pour leur courir après.Cousine Huguette et tante Irène sont censées passer vers 15 h.Il ne nous reste pas grand temps.Pendant qu'on s'extasie sur les minous, mon père reste à l'écart, allongé sur son sofa.Ma soeur s'est bien risquée à s'approcher en lui tendant le petit caramel pour le faire craquer.Il a juste dit : « J'aime pas les chats.» Ma soeur est repartie.Plus le temps passe, plus notre joie se transforme en peine.En fin de compte, ce n'était pas une si bonne idée d'héberger les chatons pour la nuit.Ça va être encore pire quand ils vont partir.C'est tellement beau de les voir mettre de la vie dans notre demeure.Ça sonne.Pas déjà ?La cousine de ma mère est en avance.Elle est venue avec sa fille Sylvie.Elles se pâment toutes les deux devant le caramel.Elles le prennent et partent avec lui.Ma soeur sanglote un peu.Heureusement, il nous reste la chatte tigrée gris et noir.Pour une heure.On veut la serrer fort dans nos bras.Pour qu'elle se souvienne de nous.Mais on ne la trouve pas.Où s'est-elle cachée?On fouille partout.La chambre de Dodo, celle de Bert et moi, dans le bain, en dessous des calorifères, dans la cave.Elle n'est nulle part.On angoisse.Serait-elle sortie en même temps qu'Huguette et Sylvie ?On regarde sous la galerie.Chez le voisin.Rien.Il va falloir prendre l'auto et explorer le quartier.On s'en va réveiller papa.Et qu'est-ce qu'on voit?La chatte couchée sur son coeur ! C'est le seul endroit où on n'avait pas regardé.On ne dit pas un mot.Et on s'en va tous se coucher autour de papa, mon frère, ma soeur et moi.Papa n'a jamais été aussi peu seul dans son coin.La chatte ronronne.Mon père ronfle.On est bien.Soudain, mon père ronfle si fort que ça le réveille lui-même.Il nous voit : « Qu'est-ce que vous faites là ?\u2014 On cherchait la chatte, et elle était couchée avec toi, alors on s'est couchés avec vous.\u2014Ben oui, elle est là.\u2014 Papa, est-ce qu'on pourrait la garder, juste un mois ?À l'essai ?Tout d'un coup qu'elle laisse pas ses poils partout, tout d'un coup qu'elle défait pas tout le mobilier, tout d'un coup qu'elle est juste fine comme là.\u2014 OK, mais après un mois, si ça fait pas, on la donne à quelqu'un ! » On embrasse papa très fort.On est heureux comme on ne le sera pas souvent durant notre vie.Ma tante Irène a hérité du tout noir au retour des vacances de ma tante Louise.Et nous, on a gardé la tigrée, qu'on a appelée Fétiche.Durant son mois d'essai, Fétiche a laissé ses poils partout et a fait ses griffes sur le mobilier.Mais il était trop tard.Mon père n'aimait pas les chats, mais il aimait encore moins nous faire de la peine.Il a boudé Fétiche pendant un bon bout de temps.Ne voulait pas la prendre.Nous disait de nous en occuper.L'appelait « votre chat ».Mais au fil des ans, elle a réussi à le conquérir.Ils étaient faits pour s'entendre.Ils avaient le même caractère : solitaires, grognons, mais tendres au fond.Vingt-trois ans plus tard, quand Fétiche nous a quittés, c'est sûrement mon père qui a eu le plus de peine.C'est sûrement mon père qui a le plus pleuré.Seul.Dans son coin.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NNUUMMÉÉRROO: NNUUMMÉÉRROO: TTiirraaggee dduu TTiirraaggee dduu TTiirraaggee dduu TTiirraaggee dduu TTiirraaggee dduu Ventes totales: Prochain gros lot (appr.): PPaarrttiicciippaattiioonn ggrraattuuiittee TTiirraaggee dduu CCoommpplléémmeennttaaiirree:: 7/7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 GAGNANTS LOTS CCoommpplléémmeennttaaiirree:: CCoommpplléémmeennttaaiirree:: ( 3344) 22000033-0088-2233 22000033-0088-2233 ( 0011) 22000033-0088-2233 22000033-0088-2222 22000033-0088-2233 22000033-0088-2222 (1199) 16 009 238 $ 1100 $$ 77 550000 , ,0000 $$ 7744 996633, ,8800 $$ 22 559977, ,7700 $$ 115533, ,9900 $$ 1100, ,0000 $$ 1100, ,0000 $$ TTiirraaggee dduu 22000033-0088-2233 22000033-0088-2233 TTiirraaggee dduu SSeeuulleess lleess sséélleeccttiioonnss ppaarrttiicciippaanntt aauu LLoottttoo 66 4499 eett aauu QQuuéébbeecc 4499 ssuurr llee mmêêmmee bbiilllleett ssoonntt aaddmmiissssiibblleess àà llaa pprroommoottiioonn.CCaaggnnootttteess ppaarrttaaggeeaabblleess.VVooiirr ddééttaaiillss aauuxx ppooiinnttss ddee vveenntteess.5500 $$ 2255 $$ 2255 $$ CAGNOTTES Évaluation d'un nouveau médicament expérimental dans le traitement de la maladie osseuse de Paget Avoir un diagnostic confirmé de la maladie de Paget Ne pas recevoir de traitement contre la maladie de Paget depuis 6 mois Communiquez au : (514) 890-8383 (boîte vocale) Maladie osseuse de Paget Le Centre de recherche du CHUM recrute des hommes ou des femmes de plus de 30 ans.ÉTUDE : DURÉE : PROFIL : 6 mois avec suivi pour une période prolongée Au coeur de ce complexe, se cache une plaque tournante de la défense antioxydante Le coeur de Phytobec possède un système majeur de protection contre les radicaux libres, responsables du vieillissement.Une de ses activités protectrices est très dépendante de l'apport nutritionnel en sélénium.Le sélénium, dans la formule Phytobec, n'est qu'un radical libre.On compte neuf autres anti-radicaux libres parmi les quarante éléments constitutifs anticarentiels de phytobec.Faut-il prévoir le vieillissement précoce?Il n'est jamais trop tôt pour bien faire! Promotion Montréal : (514) 272-1365 Ligne extérieure : 1 800 272-1365 Mauricie : (819) 378-7777 Estrie : (819) 823-3322 Annonçant 3 vols quotidiens sans escale entre Montréal et Hamilton.Ou LA DESSERTE DE L'AÉROPORT DE DORVAL À West Jet, nous sommes excités de présenter des vols sans escale entre Montréal et Hamilton.À partir du 15 septembre, nous offrirons 3 vols sans escale les jours de semaine et 2 vols sans escale chaque samedi et dimanche.En plus de ces vols convenables, vous pouvez toujours compter sur notre service sans pareil et nos tarifs bas quotidiens imbattables.Avec autant d'avantages sans arrêt avec West Jet, qu'est-ce qui vous empêche de réserver aujourd'hui?Obtenez un mille de récompense AIR MILES pour chaque 20,00 $ dépensé lorsque vous réservez un vol en ligne à westjet.com.Les milles de récompense ont accordés sur le tarif total, non compris toutes les taxes et les frais d'améliorations aéroportuaires.Les milles de récompense AIR MILES seront décernés après la fin d'un voyage.md/mc Marque déposée/de commerce d'AIR MILES International Trading B.V.employée en vertu d'une licence par Loyalty Management Group Canada Inc.et par West Jet.Obtenez un mille de récompense AIR MILES pour chaque 20 $ dépensé lorsque vous ou votre agent de voyages réservez vos vols en ligne à westjet.com 3163263A A6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 Il y a eu le rêve, il y a la réalité Un dépliant publié en 1973 ou 1974, retrouvé au hasard d'un ménage dans de vieilles boîtes : le ministère fédéral des Transports présente Mirabel, le nouvel aéroport international de Montréal.L'hôtel Château Mirabel, annoncé dans le dépliant, a fermé ses portes il y a un an.Récemment, la Cour d'appel a confirmé la victoire de l'hôtelier sur Aéroports de Montréal, qui devra payer 20 millions en compensation des pertes de revenus engendrées par le transfert des vols internationaux à Dorval en 1997.Quant à l'aéroport de Dorval, on apprend maintenant qu'il portera le nom de Pierre Elliott Trudeau.Un geste que plusieurs interprètent comme le dernier clou dans le cercueil de Mirabel.Avec 30 ans de recul, l'optimisme délirant affiché dans la petite brochure du ministère des Transports a quelque chose de troublant.Le dépliant est imprimé en bleu et vert avec une carte des projets autoroutiers en jaune éclatant.Le mot « Mirabel » se détache en caractères ronds, affichant un petit air de modernité.Tel un gros béluga sur fond bleu de mer, un avion en gros plan se dirige droit sur le lecteur.On a longtemps disserté sur les causes de l'échec de Mirabel.Mauvaise justification d'un nouvel aéroport, mauvais choix de site, démesure du projet, choc pétrolier, plus grande autonomie de vol des nouveaux aéronefs, déplacement du centre des affaires vers Toronto, perte des voyageurs en correspondance au profit de la Ville reine.Combien de prévisions faites à la fin des années 60 ont tenu la route ?Partout dans le monde, les gouvernements concevaient des projets énormes.L'histoire de Mirabel n'y échappe pas.Il y a eu le rêve.et il y a la réalité.« Montréal.Porte d'entrée du trafic aérien au Canada et centre géant de transport.à 60 minutes de vol de New York, 3 heures de Nassau, 6 heures de Paris, Bruxelles ou Madrid.De 1963 à 1972, le nombre de voyageurs y est passé de 2,5 millions à 6,5 millions.une augmentation de 160 % en 9 ans.13 millions de voyageurs attendus en 1980, 20 millions en 1985, plus de 40 millions en l'an 2000.» Ça, c'était le rêve.En réalité, Mirabel a accueilli 235 000 passagers en 1980 et 270 000 en 1985.Dorval a reçu 6,28 millions de passagers en 1980 et 5,5 millions en 1985.Ensemble, les deux aéroports ont servi 8,8 millions de passagers en 2002, selon ADM.Quant à la « porte d'entrée au Canada », Montréal ne l'est plus depuis les années 70.Entre 1972 et 1976, des compagnies aériennes européennes ont fait pression sur le gouvernement fédéral pour obtenir le droit d'atterrir directement à Toronto.« La proportion du fret, autre secteur important d'activité, double tous les 4 ou 5 ans.En 1985, plus d'un million de tonnes sont prévues.Mirabel a été conçu pour répondre à cet accroissement.et ce, au-delà de l'an 2000 », poursuit le dépliant.La réalité, c'est qu'en 1985, 82 503 tonnes de marchandise passaient par Mirabel et 31 245 par Dorval, d'après les données de Transport Canada.En 2002, selon Aéroports de Montréal, 100 156 tonnes sont passées par Mirabel et 233 206 par Dorval.Autre prévision des années 1970 : « L'amélioration des réseaux de transport et de communications suscitera de nouveaux emplois.5000 emplois seront disponibles à Mirabel en 1975.13 000 en 1985.» Les installations aéroportuaires de Mirabel fournissent plus de 4500 emplois à l'heure actuelle, en comptant Bell Helicopter et Messier Dowty, qui se sont installés à l'extérieur des terrains fédéraux.De ce nombre, on estime qu'il y a 2000 emplois dans la Zone de commerce international, que le gouvernement libéral vient de priver des mesures fiscales incitatives dont elle bénéficiait depuis trois ans.Pour sa part, ADM calcule que Mirabel crée 8567 emplois, dont 4899 directs, 2643 indirects et 1026 indus.« Comme les nouveaux aéroports de Dallas/Fort Worth et Charles de Gaulle, Mirabel continuera de grandir au cours des 10, 20 et 30 prochaines années.Au début, deux pistes et une aérogare accueilleront le secteur des vols internationaux, transféré de Dorval.Entre 1980 et 1985, de nouvelles installations seront ajoutées pour recevoir les vols entre le Canada et les États-Unis et les vols nationaux (long courrier).» Mirabel s'est arrêté à la phase 1 : deux pistes, une aérogare.« Vers 2025, 6 pistes et 6 aérogares couvriront les 17 000 acres de la zone opérationnelle.Une fois complété, l'aéroport pourra recevoir 50 à 60 millions de voyageurs et plusieurs millions de tonnes de fret.soit 10 fois la capacité de Dorval.En 2025.qui oserait faire aujourd'hui des prévisions ?Le plan publié dans le dépliant prévoyait le prolongement de l'autoroute 25 vers Laval et de la 19 jusqu'à la route 158, près de Mirabel ; la construction de l'autoroute 50 vers Ottawa (on voulait faire de Mirabel l'aéroport d'Ottawa), la création de l'autoroute 13 jusqu'à la 50 ainsi qu'une boucle de transport rapide reliant Mirabel au centreville.Aujourd'hui, on planche encore sur un pont reliant Montréal et Laval par l'autroute 25.L'autoroute 19 a été réalisée jusqu'au milieu de l'île Jésus.La 13 s'est arrêtée à Boisbriand.La 50 a été faite entre Lachute et la 15.Le prolongement vers Hull, entre Lachute et Masson- Angers, promis par le gouvernement péquiste pour 2007, a été reporté à plus tard par le nouveau gouvernement libéral.Quant à la boucle de transport rapide, qui suit plus ou moins le réseau actuel de trains de banlieue vers le nord, elle n'a jamais vu le jour.L'Agence métropolitaine de transport s'apprête toutefois à étendre la ligne de train de banlieue de Blainville jusqu'à Saint-Jérôme, en s'arrêtant à Saint-Janvier.« Un vaste territoire a été exproprié autour de l'aéroport.Pour en assurer un aménagement compatible avec la présence de l'aéroport, les autorités fédérales et provinciales ont collaboré à la mise en valeur de ces 71 000 acres : 40 000 acres réservés à l'agriculture.plus de 500 fermes déjà exploitées, une nouvelle municipalité et des services pour 9000 résidants(.).On parle aujourd'hui de 97 000 acres expropriées.De ce nombre, 80 000 ont été revendues.Des 17 000 demeurant toujours sous l'autorité fédérale, environ 6000 sont utilisées à des fins aéroportuaires et 11 000 sont louées à des agriculteurs, d'après le Conseil local de développement de Mirabel.Les baux de 20 ans tirent d'ailleurs à leur fin.La municipalité de Mirabel compte maintenant 30 000 habitants.Leur nombre a plus que doublé en 15 ans.Autoroutes construites ou prolongées, boucle de transport rapide créée vers le centre-ville : le plan publié dans le dépliant trentenaire du ministère des Transports refaçonnait le visage de Mirabel et des environs.Métier dangereux: prévisionniste MARIE-CLAUDE GIRARD UN MÉTIER DANGEREUX que celui de prévisionniste, surtout lorsque des fonds publics considérables sont en jeu.« C'est facile aujourd'hui de lancer la pierre à ceux qui ont fait les prévisions dans les années 60.On en discute parfois avec mes étudiants.Avec les mêmes informations, on prédirait peut-être les mêmes choses ! » note Jacques Roy, professeur de gestion des transports à l'École des Hautes études commerciales de l'Université de Montréal.Le commentaire peut étonner venant d'un expert qui pourfend depuis des années la société Aéroports de Montréal pour sa décision de déménager les vols internationaux à Dorval.Le spécialiste prédit que Dorval sera un jour rempli à capacité.ADM prévoit plutôt que les installations vont suffire à la demande dans un avenir.prévisible.La fin des années 60, c'était une époque de croissance sans précédent.L'époque de la conquête spatiale, d'Expo 67, du « beau rêve du Concorde ».« Les fonctionnaires qui ont planifié Mirabel se basaient sur ce qu'ils constataient : une croissance du trafic aérien de 15% par année, année après année.Quand on se replace dans le contexte, on peut comprendre qu'on ait voulu faire un gros aéroport loin de la ville.Mais il aurait fallu fermer le vieux en ouvrant le neuf, le compléter, consolider les liens.« Par contre, en 1972, ils auraient dû savoir qu'il n'était pas nécessaire de construire Mirabel.Mais il était trop tard.Les terrains étaient expropriés », estime M.Roy.D'autres éléments se sont ajoutés avec les ans.Montréal a perdu les passagers en transit.« Il y a eu le déménagement de familles anglophones à l'extérieur du Québec, qui se déplaçaient beaucoup à l'intérieur du Canada.Il y a eu la privatisation d'Air Canada, la consolidation de Toronto.» A-t-on appris des erreurs du passé ?Les gestionnaires sont aujourd'hui plus prudents, croit Jacques Roy.La commission Nicolet s'est montrée plutôt tiède à l'idée de nouveaux ponts, souligne-t-il.Elle a pris en considération le vieillissement de la population.En outre, il est possible que, dans 10 ans, les liaisons avec Québec, Toronto et Ottawa se fassent en train.« Je continue à penser qu'on a dépensé beaucoup pour rapatrier les vols à Dorval.Ou peut-être que je me suis trompé et qu'on n'atteindra jamais les limites de la capacité de Dorval ! » Ce qui reste aussi, 30 ans plus tard, c'est une déchirure encore vive chez les expropriés de Mirabel.On en compte quelques-uns au conseil d'administration du Conseil local de développement, l'organisme qui soutient les entreprises de la région.« Quand ils voient la situation, ils ont encore la rage au coeur, affirme Jean-Luc Riopel, directeur général du CLD.Le sujet reste sensible.Ça vient les chercher.» LES DOSSIERS DU DIMANCHE M I R A B E L 3 0 A N S P LU S TA R D FAITS ET GESTES FRANÇOIS BERGER, f b e r g e r @ l a p r e s s e .c a Un survol d'informations sur des faits de société La loi du marché ?L'impôt foncier payé annuellement par les Québécois propriétaires de leur logement équivaut en moyenne à 1,9% de la valeur marchande de leur propriété, a calculé Statistique Canada.C'est le plus haut pourcentage au pays avec le Manitoba, qui a le même.En Colombie-Britannique, où le prix des maisons est deux fois plus élevé, l'impôt foncier représente 0,7%de leur valeur marchande.En moyenne, les propriétaires québécois versent aux municipalités 2030 $ par an, comparativement à 2230 $ en Ontario et 1435 $ en Colombie-Britannique.Les taxes grimpent avec la valeur des maisons, mais les mieux nantis paient moins proportionnellement: une propriété valant plus de 200 000$ est taxée à 1,5% de sa valeur au Québec, tandis que celle valant moins de 50 000 $ l'est à 2,5%.Les Québécois sont aussi les plus taxés au pays sur leurs gains, le fisc prenant enmoyenne 20,5% du revenu d'un ménage de deux personnes ou plus, contre 18% en Ontario.Act of God Les catastrophes climatiques, provoquant feux de forêt, inondations ou tempêtes de verglas, sont en augmentation constante sur la planète.Leur nombre annuel moyen a été de 331 entre 1998 et 2002, contre200 de 1993à1997.L'année dernière, plus de 680 millions de personnes ont souffert de catastrophes climatiques, comme des sécheresses en Inde et en Afrique ou des inondations en Chine et en Thaïlande.Le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaireatriplé en 2002.Cesont les famines qui causent le plus de décès.Suivent les épidémies, les inondations et les tremblements de terre.Les catastrophes industrielles et les gros accidents ont touché 63 000 personnes l'an dernier.Les guerres sont souvent plus meurtrièresquelanature, commeen République démocratique du Congo, où les conflits armés ont causé depuis cinq ans 600 fois plus de morts que les catastrophes naturelles! Sources: Centre for Research on the Epidemiology of Disasters, The Economist, Croix-Rouge, Croissant-Rouge L'amour, toujours l'amour ! Les sites Webdédiés aux rencontres amoureuses sont devenus, après la pornographie, le secteur le plus lucratif d'Internet aux États-Unis, où presque un internaute sur quatre y a recours.302 millions de dollars américains ont été dépensés en ligne sur ces sites, l'an dernier, rapporte The Wall Street Journal.Plus de la moitié des gens en quête de l'âme soeur fréquentent un seul site, tandis qu'une personne sur six tente sa chance à plus de trois endroits.Les plus de 35 ans dominent le paysage de l'amour virtuel, où les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes.Moins de citrons Les voitures neuves de toute provenance sont de plus en plus fiables et nécessitent moins de réparations et d'ajustements en cours de garantie, a constaté une étude menée cette année aux États-Unis auprès de 106 000 automobilistes.Les réparations durant les trois premières années - la durée typique des garanties - représentent maintenant 43% des travaux confiés aux concessionnaires de véhicules, comparativement à 53% en 1999.Les propriétaires de voitures luxueuses sont généralement plus satisfaits que les autres de la qualité du service aprèsvente.Aphorisme «Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts.» \u2014Karl Marx, économiste et philosophe allemand (1818-1883) > Source: CIFFC, 20/08/03 Forêt brûlée en km2, 2003 T-N-Labrador 25 Québec 66 Ontario 300 Manitoba 381 Saskatchewan 120 Territoires N-O 125 Alberta 49 Colombie- Britannique 156 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 A7 Utiles, les prolongations de garantie?À VOS AFFAIRES s g r a m m o n@l a p r e s s e .c a La télévision est en solde à 285 $ au Centre Hi-Fi.Le vendeur ne tarit pas d'éloges pour cet appareil.« Parfait, je l'achète », dit le client, espérant couper court à son baratin.Que non ! Les arguments de vente fusent de plus belle, cette fois pour mettre de l'avant la prolongation de garantie d'une durée de trois ans, moyennant 69 $.Celle-ci ajoute presque 25 % au prix de l'appareil ! Que vous achetiez des électroménagers, un ordinateur, une télévision ou un climatiseur, le commerçant vous vantera inévitablement les mérites d'une prolongation de garantie ou d'un contrat d'entretien.Certaines institutions financières, comme la Banque Nationale, proposent même avec leurs hypothèques une garantie résidentielle qui protège les principaux systèmes de la maison (chauffage, plomberie, électroménagers).Mais toutes ces prolongations de garanties ont-elles de l'intérêt ?Les commerçants vous diront qu'elles vous assurent une « paix d'esprit », qu'elles constituent une « assurance-citron » et que vous serez gagnant dès la première réparation que l'appareil nécessitera.« Je pense que les garanties ont vraiment une valeur.Mais c'est une question de personnalité.Si vous êtes un parieur, vous ne prendrez pas la garantie », dit Nick Carter, directeur général des services aux consommateurs chez Camco, le plus important fabricant, distributeur et réparateur d'électroménagers au Canada (marques GE, Hotpoint et Moffat).D'autres ont un point de vue diamétralement opposé.« Il y a fort peu d'intérêt à souscrire à une assurance supplémentaire », estime Georges-André Levac, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur.À son avis, il vaut tout simplement mieux mettre les sous de côté et payer la réparation de sa poche si jamais l'appareil brise.Mais il met quand même un bémol : « La prolongation de garantie peut être intéressante si vous êtes un consommateur très avant-gardiste et que vous achetez un produit qui est presque à l'état expérimental dont on ne connaît pas les aléas de l'utilisation.En ce sens, la prolongation de garantie sur un électroménager est parmi les moins intéressantes puisqu'il s'agit d'une très vieille technologie », dit M.Levac.Déjà couverts Les consommateurs ne savent pas nécessairement qu'ils ont déjà droit à d'autres garanties.Premièrement, il existe une « garantie légale », qui les met à l'abri des « citrons ».Selon la Loi sur la protection des consommateurs, les commerçants sont responsables de réparer ou de remplacer à leurs frais un produit qui comporte un vice caché ou qui brise de manière anormale.Le problème est que la loi demeure floue sur la définition de la durée de vie normale des différents biens.En fait, la durée de la garantie légale que le commerçant doit fournir est précisée uniquement pour les véhicules d'occasion.Pour tout le reste, le consommateur qui ne s'entend pas avec le commerçant devra se battre en cour pour faire valoir ses droits.D'autre part, les consommateurs disposent aussi très souvent d'une garantie offerte par le manufacturier qui s'étire parfois jusqu'à un an.« C'est au cours des trois à neuf premiers mois d'utilisation qu'il y a le plus de problèmes », affirme M.Carter.Un bris au cours des années suivantes n'est pas exclu pour autant.Comme le prix d'une prolongation de garantie de deux ans pour un électroménager s'élève à environ 100 $, il est vrai que le consommateur sera gagnant de l'avoir prise si un problème apparaît, puisque le coût des réparations s'échelonne entre 100$ et 350 $ (voir tableau).Mais selon M.Carter, la qualité des électroménagers s'améliore constamment.« Chaque année, il y a 5 à 10% moins de personnes qui font faire des réparations alors que l'appareil est encore protégé par la garantie de base du manufacturier (un an) », affirme M.Carter.Si les consommateurs remplacent leurs appareils aussi souvent que par le passé (aux 15 ans en moyenne pour un lave-vaisselle, par exemple) ce n'est pas parce qu'ils sont brisés.« Les gens changent parce que l'appareil n'est plus à la mode, ou parce qu'ils font des rénovations.et c'est encore plus vrai au Québec », dit M.Carter.Ouvrez l'oeil ! Il faut prendre ses précautions avant d'acheter une prolongation de garantie.Tout d'abord, méfiezvous des sociétés moins bien établies.Des dizaines de milliers de consommateurs ont perdu leur prolongation de garantie dans la faillite d'un commerçant.On n'a qu'à penser au cas d'Atlantique Image et Son et de Garantie Universelle, dans les années 90.Autre mise en garde : « Souvent, les consommateurs ne voient pas le contrat de prolongation de garantie avant de signer », déplore Annie Hudon, d'Option Consommateur.Or, certains contrats comportent une très, très longue liste d'exclusions > Souvent, seules les composantes essentielles au fonctionnement de l'appareil sont couvertes.Si votre lave-vaisselle coule parce que les joints d'étanchéité sont défectueux.tant pis pour vous.Même chose si la machine à glaçons de votre frigo rend l'âme ou si l'horloge de votre cuisinière ne donne plus l'heure juste.> D'autres contrats exigent que le consommateur paie une franchise, par exemple de 50 $ par année.Si la réparation coûte 100 ou 150 $, le consommateur doit donc en payer une bonne partie de sa poche.> Il se peut également que le contrat exige que le client ait fait faire l'entretien annuel de l'appareil, ou qu'il ait rempli toutes sorte d'obligations, pour que la garantie soit honorée.Petit guide pour l'auto Les concessionnaires d'automobiles offrent au moment de la vente d'un véh i c u l e n e uf de s prolongations de garantie de cinq ou sept ans qui peuvent coûter jusqu'à 2500 $.Pour vous aider à jauger l'intérêt de ces garanties, voici quelques remarques tirées de l'ouvrage d'Éric Brassard, Finances au volant.> Les voitures sont de plus en plus fiables.S'il s'agit d'un modèle réputé, la garantie est peut-être superflue.Les dépenses importantes surviennent vers la cinquième ou la sixième année pour les américaines, et vers la septième ou la huitième année pour les japonaises.> La garantie prolongée ne vaut pas la peine si on pense conserver le véhicule seulement trois ou quatre ans, car on n'en récupérera pas le coût au moment de la revente.> Sur une longue période, l'achat de garanties prolongées à répétition ne sera probablement pas rentable.Mais une personne dont le budget est serré et qui n'a pas de garantie en subira parfois les contrecoups à court terme.Voiture d'occasion En ce qui a trait à l'achat d'une voiture d'occasion chez un commerçant, la Loi sur la protection du consommateur prévoit des garanties minimales > Pour un véhicule de deux ans ou moins (max.40 000 km), la garantie est de six mois ou 10 000 km ; > Pour un véhicule de trois ans ou moins (max.60 000 km), la garantie est de trois mois ou 5000 km ; > Pour un véhicule de cinq ans ou moins (max.80 000 km), la garantie est de un mois ou 1700 km ; > Pour les autres véhicules d'occasion, il n'y a aucune garantie.« De plus en plus de fabricants donnent des garanties de base pour les véhicules d'occasion vendus par leurs concessionnaires », mentionne Éric Brassard dans son livre Finances au volant.Certains donnent, par exemple, une garantie d'un an sur le groupe motopropulseur.Les marchands de voitures d'occasion vendent aussi des garanties supplémentaires, après avoir fait l'inspection du véhicule.Mais ces garanties comportent souvent beaucoup d'exclusions et sont plus difficile à faire appliquer.L'intérêt méconnu des cartes de crédit STÉPHANIE GRAMMOND Un grand nombre de cartes de crédit sont assorties d'une protection d'achat et d'une prolongation de garantie, ce qui enlève beaucoup d'intérêt aux prolongations de garantie vendues à prix fort par les commerçants.« C'est un avantage encore méconnu », affirme Marc L'Écuyer, directeur de produit à la Banque Nationale.Ainsi, bon nombre de détenteurs ne savent probablement pas qu'ils disposent d'une police d'assurance pour les produits achetés avec leur carte.Pourtant, la quasi-totalité des cartes Or et Platine disposent d'un tel programme.« Si on a déjà opté pour une carte de crédit Or ou Platine pour une autre raison (programme de récompense, assurancevoyage, etc.) c'est un avantage intéressant qui se greffe.Mais il ne faut pas payer des frais annuels de 50 ou 100$ seulement pour avoir droit à la garantie prolongée », pense Martin Pachéco, chef d'équipe à l'Agence de la consommation en matière financière du Canada.Cependant, un bon nombre de cartes de crédit de base, qui n'exigent pas de frais annuels, offrent aussi une protection d'achat et une garantie prolongée.C'est également le cas de certaines cartes à taux réduit.Les programmes des cartes de crédit comportent deux volets : > Premièrement, les sociétés émettrices de cartes de crédit offrent une protection minimale de trois mois contre le vol et les dommages que pourraient subir les biens achetés avec la carte.Comme dans la publicité d'American Express, si vous échappez par terre le vase que vous veniez d'acheter avec votre carte de crédit, on vous en donnera un autre identique.> Deuxièmement, les cartes de crédit permettent de doubler la période de garantie offerte par le manufacturier, ajoutant jusqu'à un an à la période normale de garantie.Si votre lecteur de DVD qui était garanti pour un an par le manufacturier brise au cours de la deuxième année, vous serez couvert par votre carte.Évidemment, le programme ne fournit aucune garantie sur les objets qui n'étaient pas couverts au départ, comme les vêtements.« Pour réclamer, il faut simplement appeler l'assureur avec, en main, la facture du commerçant, la garantie du manufacturier et le relevé de transaction de la carte de crédit », explique M.L'Écuyer.Prenez garde aux exclusions.La garantie pourrait ne pas s'appliquer si vous résiliez votre carte ou si votre compte est en souffrance.Et certains biens ne sont pas toujours couverts : auto, bateau et autre véhicule motorisé ; les biens immobiliers (maison et rénovation, etc.) ; animaux et plantes.www.lapresseaffaires.com Électronique : des garanties parfois très coûteuses Sources : Radio Shack, Dumoulin, Centre Hi-Fi, Future Shop Prix de détail Coût de la prolongation de 3 ans du prix de vente Écouteurs Sony 39,99 $ 18$ 45% Minichaîne stéréo Panasonic 199,99 $ 45$ 23% Imprimante couleur Hewlett Packard 149,99 $ 59$ 40% Télévision à écran plat JVC 1 099$ 200$ 18% Caméscope JCV 598 $ 119$ 20% Ordinateur portatif Toshiba 1 799$ 399$ 22% Appareil photo numérique Canon 500$ 90$ 18% Électroménagers : le coût des réparations versus le coût d'une prolongation de garantie Prix approximatif des réparations Prix d'une garantie prolongée de 2 ans Sécheuse Minuterie 100-150$ Roulement à bille 90-95$ 64,99 $ Lessiveuse Transmission 200 $ Minuterie 150 $ 94,99 $ Lave-vaisselle Moteur et pompe 200-225$ 94,99 $ Réfrigérateur Thermostat 100 $ Compresseur 300 $ 89,99 $ Cuisinière Minuterie 200 $ Élément 100 $ Surface en vitrocéramique 350 $ 99,99 $ NB : Le prix de la prolongation de garantie est fondé sur les programmes offerts après une réparation lorsque l'électroménager est encore couvert par la garantie de base (1 an) Source : Camco A8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 ANDRÉ DESMARAIS > Pr é s i d e nt du cons e i l d'ad m i n i s t rat i o n GUY CREVIER > Pr é s i d e nt et é d i t e u r P H I L I P P E CANTIN > Vi c e - p r é s i d e nt à l ' i n f o rmat i o n et é d i t e u r ad j o i n t L'hémorragie a p r a t t e@l a p r e s s e .c a Les plus récentes données de l'OCDE montrent que les pays développés consacrent aujourd'hui une proportion plus élevée que jamais de leur richesse aux soins de santé.Partout, les gouvernements se mettent la tête dans le sable.Un jour ou l'autre pourtant, ils devront bien trouver un moyen de stopper l'hémorragie.En 1990, les pays de l'OCDE consacraient 7,3% de leur PIB à la santé ; en 2001, c'était 8,4 %.Hors les effets de l'inflation, les dépenses de santé ont augmenté en moyenne de 3,4 % par année, alors que la richesse des pays n'augmentait que de 2,1 % par année.Pas besoin d'être sorcier (ou médecin.) pour comprendre que ça ne pourra pas continuer comme ça indéfiniment.Au Canada et au Québec, pourtant, la plupart des gens continuent de croire (et de faire croire.) qu'il faut investir beaucoup plus en santé, que c'est une question de volonté politique plutôt que de capacité financière.Les comparaisons internationales forcent cependant à s'interroger à ce sujet.Dans le monde industrialisé, les gouvernements du Canada sont parmi ceux qui dépensent le plus pour la santé, les dépenses publiques dans ce secteur représentant 6,9 % du PIB.Les récriminations des lobbys et des gouvernements provinciaux, encouragées par la commission Romanow, ont mis un terme à tout débat sérieux sur les moyens de limiter la croissance des dépenses.Au Québec, l'écrasement de l'ADQ et l'élection du « gouvernement santé » de Jean Charest ont eu le même effet.La poussière se fait d'ailleurs de plus en plus épaisse sur le rapport Clair, qui recommandait sagement une « gestion préventive » de la croissance des coûts, ayant constaté que « le niveau actuel de dépenses a atteint un seuil et une vitesse de croissance critiques ».p p p Certains pays ont été forcés de prendre le taureau par les cornes.C'est le cas de l'Allemagne, dont les dépenses publiques pour la santé sont les plus élevées de l'OCDE en proportion du PIB (8 %).Le gouvernement allemand vient d'adopter, en accord avec l'opposition, une vaste réforme du financement de la santé.Notamment, des frais modérateurs ont été instaurés pour chaque visite chez le médecin (entre 5 et 10 euros \u2014 8 $ à 16 $).En France, le gouvernement Raffarin a retiré de la liste des médicaments remboursés 84 produits dont le « service médical rendu » a été jugé insuffisant.Cela permettra au régime de sécurité sociale d'économiser 42 millions d'euros (66 millions de dollars) par année.Il faut dire que, dans beaucoup de pays industrialisés, la plupart de ces médicaments sont déjà en vente libre et ne sont pas remboursés.Pour le reste, malgré un déficit cumulé de l'assurance-maladie de 30 milliards d'euros (47 milliards de dollars), le gouvernement français « allume des cierges» plutôt que d'agir, déplore un ancien président de la Caisse nationale d'assurance- maladie.Les gouvernements canadiens n'adoptent-ils pas exactement la même attitude?Il leur faudrait sortir de cet état comateux et amorcer une réflexion ambitieuse et vigoureuse visant à mettre en place des mécanismes cohérents de limitation des coûts.À défaut de cela, la prochaine récession se chargera de forcer les pouvoirs publics à sabrer les dépenses.Malheureusement, comme dans le passé, il s'agira de compressions sauvages et destructrices, plutôt que réfléchies et salvatrices.Serge.Chapleau@lapresse.ca Droits réservés RÉPLIQUES Il y a bigots et bigots! Nous publions ici quelques-unes des lettres que nous avons reçues en réaction au texte de Réjean Tremblay, publié jeudi dernier, sous le titre « Les nouveaux bigots ».M.Réjean Tremblay, J'AI APPRÉCIÉ votre texte de jeudi dernier sur les bigots antitabac qui nous feront perdre notre Grand Prix à cause de leur entêtement vis-à-vis la loi antipub sur le tabac.Mais, de l'autre côté, revenir sur cette loi serait donner raison à d'autres bigots : ceux qui croient que tout passe par le commerce.Que la démocratie s'arrête à la liberté commerciale.Que si la Chine fait du commerce mondial c'est le début de sa démocratisation, même si les gens y travaillent pour des peanuts et qu'on y emprisonne encore des gens pour avoir dit et manifesté leur opposition à quoi que ce soit ! Ce serait dire qu'un gouvernement démocratiquement élu doit avoir l'aval des corporations mondiales avant de passer une loi ! Que les citoyens sont en tutelle des corporations.Aussi bien cesser de voter et faire des appels d'offres auprès de grandes entreprises de comptabilité, de management et de relations publiques tant qu'à y être.Ce n'est pas la meilleure loi et j'en conviens.Car commandite et consommation ne vont pas aussi de pair que certains bigots veulent nous le faire croire.Je n'ai jamais bu de bière et pourtant tous les étés je suis un accro de la scène « Labatt blues » depuis les débuts du Festival de jazz de Montréal.Mais revenir sur la loi pour faire plaisir à des entreprises multinationales serait pire, car ce serait dire qu'au nom de quelques dollars on est prêt à laisser aller la démocratie et à se transformer de citoyens en clients.C'est pour cette raison que le gouvernement ne doit pas reculer sur cette question ; pas pour faire plaisir au lobby antitabac.MICHEL HANDFIELD Montréal Pathétique ! IL EST ASSEZ pathétique de voir les chroniqueurs sportifs, dont Réjean Tremblay, se démener comme des diables dans l'eau bénite pour « sauver » le Grand Prix de Montréal en tentant d'influencer les gouvernements.Et de jour en jour, ils deviennent plus agressifs et paniqués.Selon eux, Montréal, déjà menacée de perdre, Ô malheur, les Expos et le Canadien, ne peut revendiquer le statut de ville internationale sans ces grands événements sportifs.Faut-il être une société malade pour que notre bien-être ne se mesure qu'à l'image sportive que l'on projette.On se croirait dans la Rome antique où le bonheur ne se résumait qu'à une phrase : Du pain et des jeux.Pour ces chroniqueurs, la solution est évidente : modifions les lois antitabac.Pour une rare fois, j'admire et j'appuie Jean Chrétien, qui ne veut pas plier face à ce chantage éhonté, dernière tentative des compagnies de tabac de nous faire sentir coupables de ne plus acheter leurs produits.Montréal vaut plus qu'un Grand Prix et s'en sortira très bien sans la Formule Un.Si Bernie Ecclestone ne veut plus de Montréal, qu'il aille faire son cirque ailleurs.Nous n'avons pas à nous sentir coupables de perdre le Grand Prix.Il y a bien d'autres problèmes sociaux dont les gouvernements devraient s'occuper avant de lui venir en aide.Pour une fois, je suis d'accord avec les règles du néolibéralisme : le gouvernement ne devrait pas s'impliquer dans les affaires des riches compagnies privées.STÉPHANE OSTIGUY Montréal De l'acharnement M.Tremblay, ENFIN QUELQU'UN qui touche le centre du débat sur la cigarette avec réalisme.J'ai été personnellement fumeur pendant une bonne vingtaine d'années et je suis bien content d'avoir arrêté de me contaminer les poumons, mais je ne suis pas devenu pour autant un puriste sur ce sujet.Ma mère fumait et mon père buvait.Il était alcoolique, et je vous affirme que ce ne sont pas les cigarettes que ma mère fumait qui ont tant fait souffrir notre famille.Je n'ai jamais compris pourquoi on s'acharne à ce point sur la cigarette alors que l'on incite ouvertement à l'habitude de la boisson par des spots publicitaires où le party est roi, ce qui est bien pire selon moi.Non, je ne suis pas un bigot de la boisson alcoolisée et j'aime prendre un verre à l'occasion, mais je crois que c'est l'incitation à l'habitude du party pour avoir du fun qui est un bien plus grand fautif de bien des problèmes de notre société, et qui invite à l'excès de recherche du plaisir.PIERRE GIRARD Longueuil Quelle liberté ?DANS SA chronique au sujet des « nouveaux bigots » (La Presse, 21 août), Réjean Tremblay parle également des « hommes libres ».Mais quelle farce monumentale ! Connaissez-vous quelqu'un de moins libre qu'un fumeur accroché ?Et pour une fois, nos politiciens font preuve de courage en tenant tête au cartel de la nicotine et sans céder devant le chantage de son fidèle serviteur, M.Bernie Ecclestone.Le tabac tue 12 000 personnes au Québec chaque année, 45 000 au Canada et monsieur Tremblay n'est pas en mesure de contredire ces faits.Pourquoi M.Tremblay fait-il preuve d'autant de hargne à l'endroit de ceux qui clament, avec une urgence tout à fait justifiée, que l'industrie du tabac est meurtrière ?Pourquoi ne réserve-t-il pas autant de colère pour British American Tobacco, détentrice à 100 p.cent d'Imperial Tobacco qui domine les marchés québécois et canadien, qui montre sa profonde indifférence au sort de ses millions d'adeptes dans les colonies ?Est-ce qu'on est vraiment né pour un petit pain au Québec ?Que l'on soit d'accord ou pas avec les termes de la loi sur le tabac, cette dernière a été adoptée à l'unanimité par nos élus.La loi canadienne sur le tabac mérite autant d'être respectée.Fini le chantage de Bernie Ecclestone.STAN SHATENSTEIN Contributing Editor, Tobacco Control Les vertus cachées d'un dollar fort mb o i s v e r@l a p r e s s e .c a La montée en flèche du dollar canadien face à la devise américaine a été à maintes reprises montrée du doigt pour expliquer la baisse des profits de plusieurs de nos entreprises exportatrices.Alcan, par exemple, a estimé que chaque hausse d'un cent du huard diminuait ses profits de 11 millions de dollars.Plusieurs analystes s'attendent d'ailleurs à ce que les résultats du deuxième trimestre que présentera Bombardier, mercredi prochain, soient eux aussi touchés par l'appréciation de notre devise.Il faut dire à la décharge de ces entreprises qu'elles n'ont vraiment pas eu le temps de s'ajuster, compte tenu de la progression radicale, voire historique du huard.Jamais auparavant notre dollar ne s'était apprécié aussi rapidement face au billet vert, affichant un gain de 19% entre janvier et juin dernier.Bien que la valeur du dollar canadien se soit un peu dégonflée depuis, il n'en demeure pas moins qu'elle est toujours supérieure de 13% à ce qu'elle était au début de l'année.Il est évident que la hausse de notre devise face au dollar américain est une très mauvaise nouvelle lorsqu'on la regarde uniquement à travers la lorgnette des exportations, puisque 85 % d'entre elles prennent le chemin des États-Unis.Mais comme toutes les médailles ont un revers, la progression de notre dollar a aussi des vertus, si on l'aborde cette fois sous l'angle de la productivité.La productivité du travail représente la quantité de travail nécessaire pour produire un bien donné.À un coût de maind'oeuvre précis, moins une entreprise mettra de temps à fabriquer un bien, plus elle sera productive.Or, à ce chapitre, la performance des entreprises canadiennes laisse à désirer.Selon une étude récente publiée par Andrew Sharpe, un des plus grands spécialistes canadiens de la question, le fossé qui sépare la productivité des entreprises canadiennes à celle de leur contrepartie américaine ne cesse de se creuser depuis le début des années 90.Il évalue aujourd'hui que la productivité canadienne est de 11% à 19 % inférieure à celle enregistrée aux États-Unis.Or, la faiblesse relative des dépenses en capital, c'est-à-dire les investissements consentis par les entreprises en biens d'équipements, figurent parmi les raisons que cite M.Sharpe pour expliquer cet écart.Et c'est là que les bienfaits de la hausse de notre dollar entrent en jeu.Pourquoi ?Tout simplement parce que les entreprises canadiennes importent entre 70 % et 80% de leurs machines et équipements des États-Unis.L'appréciation du huard devient donc une incitation à l'amélioration de la productivité, et ce, pour deux raisons.D'abord, parce qu'investir dans les équipements s'avère du coup moins cher et, ensuite, parce que les entreprises canadiennes n'auront plus le choix.Comme la majorité des experts s'accordent pour dire que les gains de notre dollar vont se maintenir, elles devront s'ajuster et devenir plus productives.Dans le contexte actuel de mondialisation des marchés, une fois l'avantage d'une devise faible disparu, seules les entreprises qui afficheront les plus bas coûts de production réussiront à se démarquer.PHOTOTHÈQUE, La Presse La progression de notre dollar a aussi des vertus. LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 A9 Merde! Été 2003 JEAN-FRANÇOIS BEAUCHEMIN L'auteur habite à Sainte-Anne-des-Lacs.VOICI QUE, déjà, l'été donne les premiers signes de sa fin : dans la forêt qui commence derrière chez moi, deux, trois érables ont commencé à rougir.Et déjà des images me reviennent de ce bel été de 2003.C'était un rituel, presque une messe : le matin, j'allais défaire le calme de l'étang.Je lançais un caillou sur la surface, puis un autre, et d'autres encore.Le trouble qui naissait de l'eau me réconfortait.J'y voyais une victoire sur l'indifférence des choses.La prière du croyant, jetée à la face lisse du ciel, a-t-elle autre objectif que celui-là ?Les petites vagues provoquées par mon caillou venaient se frotter aux lumières nouvelles.Ainsi se formaient sur l'étang des épées liquides, des bijoux précieux : j'étais fort, et riche.Ensuite je restais un moment parmi les herbes.Rien n'était immobile désormais.J'avais cassé quelque chose.C'était toute ma religion : j'aimais croire qu'une fois émus par mes gestes, le ciel, ou son reflet, restaient penchés sur moi, vibrants.p p p D'autres jours, ce sont les renards qui retenaient mon attention.Ce n'était pas tant leur émouvante beauté qui exerçait sur moi son pouvoir : d'autres bêtes irisaient la forêt, peut-être avec plus de grâce encore.Mais je guettais le feu qui cavalait dans les fougères à leur passage.Car j'avais noué, plus tôt dans les années, des amitiés fortes avec les clartés, les plus fugitives surtout.Cependant il y avait autre chose que la flamme touffue de leur queue, que le bois se calcinant sans douleur à leurs pattes.Je voyais sur ces dos lumineux et vite saisis par les bosquets une brièveté, parente de celle qui ne cessait de me consumer.J'aimais les renards pour cela : ils me rappelaient de vivre.Et puis, il y avait les oiseaux.Leur dos était une paume, et les ailes aussi enfermaient quelque chose : des mappemondes, des sextants, des lorgnettes ?J'approchais des branches pour mieux connaître cela.J'y surprenais des tisserands, des fabricants de crainte et de vitesse, des coloristes éclaboussés de leurs propres encres, des chanteurs, de petits avions d'étoffes et de pattes.Mais je n'avais pas accès à leurs secrètes arithmétiques.Je retournais à mes cahiers, je couchais sur le papier de formidables thèses.Enfin, certains jours tranquilles, j'allais à la pêche.Cependant on ne me voyait guère attraper les poissons, tout occupé que j'étais à les observer plutôt.Comment faisaient-ils ?Je cherchais sur leurs écailles la clef de leur mystère.Mais peut-être n'était-ce pas suffisant.Peut-être aurais-je dû interroger le jour aussi, qui noue avec eux l'accord le plus évident : que sont les poissons sans la lumière ?Des navires coulés, tous signaux éteints, flottant à la dérive.Mais je les voyais, un feu sur les flancs, se glisser entre les draperies de l'eau, lancés pareils à des couteaux affûtés.L'étang cependant sortait indemne de ce carnage : derrière eux se refermait la plaie, et le tissu liquide pardonnait, se cicatrisait aussitôt.Aujourd'hui encore mes questions sont les mêmes : d'où viennent- ils, hormis des ombres du limon ?Où vont-ils, insaisissables et étincelants ?Et surtout comment font-ils, ces êtres si différents de nous, pour ne laisser derrière eux qu'une blessure aussi brève ?GUY V E I L L E T T E L'auteur est Montréalais.EXCRÉ- MENT : matière évacuée du corps par les voies naturelles, et particulièrement résidus solides de la digestion évacués par le rectum (Le petit Larousse).J'adore trouver des excréments, quel bonheur ! Je ne possède pas d'animaux.Pourtant, pour ma plus grande joie, chaque matin je découvre sur mon terrain ces jolis résidus solides, de formes rondes, allongées, croisées, enroulées ou encore pyramidales.De toutes les couleurs aussi : brun pâle, brun foncé, noir pâle ou beige foncé.Un phénomène fascinant à observer, une diversité d'étrons.J'adore aussi l'odeur excrémentielle qui se dégage de cette matière fécale.Quel bonheur lors des journées chaudes d'été de respirer l'arôme des roses, des lys et de la merde fraîche.Un parfumsublime enveloppe mon terrain.Et comment décrire le bonheur que je ressens lorsque pareille émanation envahit mes voies nasales lors de la cuisson d'un bon steak sur le barbecue.Cette senteur exquise est aussi présente dans mon garage toute la semaine, soit à chaque fois que je soulève le couvercle de la poubelle.Quelle jouissance ! Et que dire du plaisir immense que j'éprouve à observer mon gazon jauni par l'acidité de ces dons de la nature ou encore ces cadeaux gracieusement enveloppés dans le paillis de cèdres de mes plates-bandes de fleurs.Mes outils de jardin adorent côtoyer ces selles de consistances variées de même que les mouches.p p p Ces joyaux affectent aussi mon humeur.Qu'y a-t-il de plus agréable dans la vie que de poser le pied sur un étron moelleux ?Et je vous fais grâce de tous les agréments auxquels ma fille de 3 ans peut se livrer.Pourtant, certains de mes amis ne comprennent pas mon bonheur.Un cruel me dit d'acheter un piège, du poison ou bien une carabine.Un rancunier me dit de ramasser ces petits bijoux et d'aller les étendre sur le terrain des heureux propriétaires de ces belles petites bêtes poilues.Ou encore d'essayer ce bon vieux truc : prendre un sac de papier brun, mettre les selles à l'intérieur, aller sonner à la porte des maîtres, mettre le feu et partir en courant.Résultat, le maître piétine le sac pour éteindre le feu.D'autres me disent que ça prend des gens irresponsables et effrontés pour laisser leurs animaux se promener dans le quartier sans laisse et déféquer chez les autres, s'ils ne font pas leurs besoins chez eux, ils le font ailleurs.De mon côté, je vis un bonheur extrême et je ne comprends pas pourquoi, merde ! , certains propriétaires d'animaux ne veulent pas connaître le même bonheur que moi en gardant leurs excréments chez eux.À titre d'auteur de la lettre primée de la semaine, M.Veillette recevra une copie laminée de cette page.PHOTO JEAN-CHARLES HUBERT, La Presse© Guy Veillette n'en finit plus de ramasser des excréments de chien sur son terrain.Affaire classée! CINDY BUTTERFIELD L'auteure est Montréalaise.JE N'AURAIS jamais imaginé que mon fils serait victime de discrimination à l'âge de 13 mois.Jamais je n'aurais pu imaginer non plus que son inscription à la garderie me demanderait autant d'efforts, me causerait autant de frustrations et me ferait réaliser à quel point rien n'est mis sur pied pour encourager la famille au Québec.En décembre 2002, à la suite de démarches entreprises par un ami, nous sommes mis en contact avec les responsables d'une garderie en milieu familial dans la rue derrière chez nous.Ils nous disent être ouverts à la possibilité de prendre notre fils à compter de l'été 2003.Rien n'est alors confirmé.En janvier, ils nous invitent à nous rendre à la garderie le 14 février pour célébrer la Saint- Valentin.Ce serait l'occasion pour Émile, notre fils, de rencontrer ses futurs amis.Nous étions privilégiés : une place à 5 $ sur le Plateau Mont-Royal et pour un poupon par-dessus le marché.C'est alors que la dame nous confirme qu'à l'été Émile allait remplacer un petit garçon, que nous appellerons William, qui partirait vivre en banlieue.Nous sommes enchantés.Le 18 juin dernier, la dame de la garderie nous laisse un message.Elle nous demande de déterminer une date d'entrée à la garderie.Le message se termine par le numéro de téléphone dont on ne peut saisir les derniers chiffres.Le lendemain matin, mon conjoint, ma mère et Émile se rendent donc à la garderie pour confirmer que la date d'entrée serait le 28 juillet 2003.Ils rencontrent alors les deux responsables.Nous sommes enchantés et nous partons en vacances pour une semaine la tête tranquille.À notre retour, un autre message de la garderie nous attend.Cette fois-ci, le monsieur nous annonce que finalement ils ne prendront pas Émile, qu'ils préfèrent avoir des filles puisqu'il vient d'y avoir quelques départs de filles.Nous écoutons le message à trois reprises et nous concluons qu'il y a dû y avoir erreur sur la personne, ils doivent parler d'un autre Émile.Le lendemain de notre retour au Québec, soit le 30 juin, nous nous rendons à la garderie.C'est le monsieur qui nous ouvre.Je lui dis que j'ai reçu un message mais que je suis certaine qu'il y a erreur.Il répond qu'il n'y a pas d'erreur, que le CPE a appelé pour des ouvertures.Il dit que des filles sont parties et qu'il veut les remplacer par d'autres filles parce que les garçons c'est trop tough.Je comprends qu'il veuille remplacer les filles par des filles car je sais que la gestion de groupes d'enfants nécessite de la planification.J'insiste par contre en précisant qu'Émile n'est pas concerné par ces nouveaux départs puisqu'il prend la place de William et que Williamc'est un garçon.Je lui répète que ce qu'il fait est dégueulasse parce qu'on avait une entente qui venait d'être reconfirmée quelques jours auparavant.Il me répond : « De toute façon, on n'a rien d'écrit.» Estomaqués nous nous rendons au CPE qui supervise cette garderie.Le responsable nous promet d'investiguer.Il nous suggère de rencontrer le couple pour éclaircir la situation.Il nous rassure et nous dit qu'il rappellera le lendemain.Ce qu'il fait mais sans résultats.Deux jours plus tard nous avons une nouvelle surprise.Le responsable du CPE nous annonce qu'il a essayé de replacer Émile en vérifiant auprès de toutes ses ressources mais en vain.Et c'est là qu'il nous offre dans un élan de générosité de nous inscrire sur la liste d'attente du CPE.Elle compte des centaines de noms ! Je lui réponds que je préfère garder mon rang puisque Émile est déjà sur la liste depuis octobre 2001 et que malgré tout le temps écoulé, il n'est qu'au tiers de la liste.En terminant, j'aimerais dire aux gens de la garderie de la rue derrière chez nous qu'ils ont manqué une chance extraordinaire de faire connaissance avec Émile.C'est un petit garçon merveilleux et charmant qui rayonne et transmet le bonheur à tous les gens qu'il croise.PHOTO ROBERT NADON, La Presse© Le petit Émile, seulement 18 mois, a beau être bien encadré par ses parents, il est déjà victime de discrimination : c'est un garçon.et la garderie préfère les filles.Le frisson de la rentrée BENOÎT DESCÔTEAUX L'auteur demeure à Montréal.ON NE PEUT pas avoir passé 37 ans de sa vie professionnelle dans le monde de l'enseignement public au Québec sans ressentir un petit frisson à l'approche de chaque rentrée scolaire.Passe alors un mince nuage de nostalgie qu'un moment de réflexion aide à chasser.C'est tout un monde que celui d'une école, qu'elle soit de petite taille ou de très grande taille.C'est plein de vie là-dedans.Tout un personnel s'active au service des élèves.Car, c'est pour eux, et ce doit être pour eux seulement, qu'ils sont là.Aucune réforme, aucun renouveau pédagogique, aucune méthode et même aucun projet éducatif ne doivent viser d'autres buts que le bien-être et la réussite des élèves.J'oserais dire la réussite de chacun des élèves car, il me semble, celle-ci peut être différente pour chacun d'entre eux.Chaque élève est unique.Il n'y a pas de copies conformes.L'enseignant qui en vient à percevoir ce qui caractérise chacun, l'enseignant qui s'efforce de reconnaître ce qui fait que Jean n'est pas Pierre réussira à rejoindre son élève.Il sera alors davantage sur la voie qui favorisera les progrès de celui-ci, au plan de sa personnalité et au plan de ses apprentissages.L'élève qui se sent reconnu et accepté tel qu'il est sera plus en confiance.Celle-ci est la clé de toute relation éducative positive et constructive.Si un tel lien de confiance ne s'établit pas, l'année scolaire risque d'être plus difficile pour l'élève et pour l'enseignant.Mais si un tel lien se développe, l'élève acceptera mieux les efforts qu'on exigera de lui, efforts incontournables s'il veut progresser.Certes, cela est plus facile à dire ou à écrire qu'à faire.Si la volonté d'y arriver est bien là, c'est déjà beaucoup.L'élève perçoit vite une telle intention à l'accueil inconditionnel de la part de son enseignant.Au primaire, au secondaire et même au collégial et à l'université, on n'y échappe pas avec, bien évidemment, les adaptations appropriées.C'est par là que passe d'abord et avant tout la réussite scolaire, bien avant les règles administratives, les conventions collectives, les changements de programme, les méthodes miracles et les ordinateurs, aussi sophistiqués et performants qu'ils soient.p p p C'est ce qu'il me reste de mon expérience, moi qui ait enseigné au secondaire, au primaire dans les classes régulières et dans celles dites alors « spéciales ».J'étais davantage satisfait de mon année scolaire lorsque j'avais rejoint personnellement la plupart des élèves du groupe et, à l'inverse, plutôt déçu lorsque je réalisais ne pas avoir atteint cet objectif.Je devais me questionner et chercher encore à m'améliorer.Les nouveaux élèves que je recevais dans ma classe au mois de septembre suivant me fournissaient l'occasion de relever encore une fois le défi que représente cette vision de la relation maître-élève. A1 0 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 24 AOÛT 2003 Un brillant homme de guerre qui a du mal avec la paix Donald Rumsfeld a bâti son pouvoir par ses victoires en Afghanistan et en Irak, mais la suite le confond Grand patron des opérations militaires américaines dans le monde, Donald Rumsfeld a acquis, par ses victoires rapides et impressionnantes en Afghanistan et en Irak, un poids considérable à Washington.Le Pentagone aujourd'hui exerce une influence déterminante dans les débats de politique étrangère et de sécurité nationale, y compris le dossier irakien.À 71 ans, son ambition profonde pourtant demeure professionelle : il rêve de « débureaucratiser » le Pentagone et le mettre complètement à sa main.Il reste essentiellement un mandarin de la chose militaire et, si les réformes qu'il envisage se matérialisent, il pourrait passer à l'histoire comme le plus important patron que le Pentagone ait connu, aux côtés de Robert S.Mc Namara, qui a rebâti l'institution dans les années 60.Voilà l'évaluation que fait de Donald Rumsfeld le journaliste Doyle Mc Manus dans un long portrait paru dans le Los Angeles Times de dimanche dernier.La comparaison avec Robert Mc Namara n'est pas nécessairement flatteuse, car ce dernier s'est finalement cassé les dents dans la guerre du Vietnam.Les ennemis politiques de M.Rumsfeld, à Washington comme à l'étranger, pensent que la même chose pourrait lui arriver avec l'Irak.La problématique irakienne en effet ternit la victoire militaire rapide que le président Bush célébrait le 1er mai dernier : >>129 soldats américains ont été tués depuis cette date.>>L'émergence d'une guérilla de résistance intimide les militaires sur le terrain et retarde leur rapatriement.>>Le Pentagone a du mal à recruter à l'étranger les forces militaires d'appoint qui soulageraient les Américains ; on ne compte guère que 6000 soldats étrangers dans cette « coalition » faite essentiellement d'Américains et de Britanniques.Le secrétaire à la Défense jure que l'Irak ne deviendra pas un autre Vietnam.En cela, il obtient la confiance de ses admirateurs et de plusieurs de ses critiques, qui demeurent fascinés par ses talents de militaire et de gestionnaire.« Il ne fait aucun doute qu'il est l'un des secrétaires à la Défense les plus puissants que nous ayons eus », estime Robert S.Strauss, patriarche du Parti démocrate.« Qu'on l'aime ou non, on est forcé de reconnaître qu'il est habile comme un singe et qu'il n'a pas son pareil dans les épreuves de force bureaucratiques à Washington.» Un homme déterminé L'homme est pugnace, exigeant et brusque à l'occasion, ce qui a l'heur de rendre ses adversaires furieux.Alors qu'il remplissait un premier mandat de secrétaire à la Défense sous le président Ford, il se colletait déjà avec le secrétaire d'État de l'époque, le puissant Henry Kissinger.Dans ses mémoires, M.Kissinger décrit M.Rumsfeld comme « un phénomène washingtonien particulier : le politicien-bureaucrate à temps plein imbu d'ambition, d'habileté et de cohérence ».Un dynamo qui a l'art de placer ses adversaires sur la défensive.Un collègue constate que M.Rumsfeld a contraint le secrétaire d'État, Colin Powell, à passer la majeure partie de son temps à réagir aux initiatives du secrétaire à la Défense, ce qui a eu pour effet « de placer M.Rumsfeld en position dominante.Dans plusieurs dossiers, il est devenu le leader intellectuel de cette administration ».Habile, M.Rumsfeld n'hésite pas à dépêcher des subalternes pour négocier certains dossiers, sachant qu'il pourra toujours renverser leurs positions si les choses n'évoluent pas à son goût.La tactique met les gens du département d'État en rogne.Le personnage cultive l'art de tenir l'entourage sur le qui-vive par une technique particulière : les notes de service.Les « rummygrams » fusent constamment à gauche et à droite : « Qu'est-ce que vous faites à propos de ce problème ?» Ou encore : « Dans combien de temps ce sera fait ?» Des collaborateurs rêvent de lui piquer un jour son dictaphone.Au département d'État, des haut placés jugent que ces « rummygrams » sont une nuisance et souvent n'y répondent pas.Dans le dossier irakien, Donald Rumsfeld a eu une multitude d'entretiens avec le commandant militaire américain au Moyen-Orient, le général Tommy Franks, pour préparer le plan de guerre.C'est la manière Rumsfeld.Le général Wesley Clark, qui avait commandé les opérations au Kosovo en 1999, a écrit qu'il n'avait pratiquement pas eu de contact avec le secrétaire à la Défense du temps, William Cohen.M.Rumsfeld, lui, intervient, et souvent, dans la conduite de la guerre.Ça se sait et le fait d'avoir gagné rapidement les guerres en Afghanistan et en Irak lui a procuré du prestige et a, en tout cas, cassé la résistance de certains officiers supérieurs qui n'appréciaient pas les façons de faire du patron du Pentagone.En pleines hostilités, en avril dernier, M.Rumsfeld proclamait que « la guerre, c'est une sorte de laboratoire géant ».Le secrétaire à la Défense a manoeuvré avec succès pour tenir le haut du pavé dans ce laboratoire, mais le brillant homme de guerre qu'il est se voit aujourd'hui aux prises avec des tests auxquels il paraît moins bien préparé : la reconstruction et la contre-insurrection en Irak.Déjà avec la fin de la guerre officielle, le patron du Pentagone a été pris à contre-courant par le pillage généralisé qui s'est manifesté à Bagdad, ainsi que par le délabrement total des services publics dans le pays.Il avait tout prévu pour gagner la guerre mais se retrouvait impuissant devant le pillage et la guérilla.Il jure que les baassistes fidèles à Saddam ne reviendront pas à Bagdad autrement que pour « répondre de leurs crimes devant les tribunaux » et rejette même le terme « guérilla ».Mais même son commandant en chef dans la région, le général John Abizaid, reconnaît qu'il s'agit là de guérilla.Diplomatie cahoteuse L'homme est suffisamment perspicace néanmoins pour prendre la mesure des problèmes et est allé jusqu'à souhaiter que des soldats français et allemands viennent prêter main-forte aux Américains en Irak.Mais la diplomatie n'étant pas son fort, il ne rate pas une occasion de picosser l'Allemagne et la France.Le département d'État, qui a perdu l'initiative de la reconstruction, ramasse les pots cassés.Le reporter du Los Angeles Times cite un diplomate américain de haut rang : « Pour plusieurs Européens, Rumsfeld, c'est l'image des États-Unis \u2014 et c'est une image assez détestable.» De fait, la rivalité entre Donald Rumsfeld et Colin Powell n'est pas seulement une question de pouvoir, mais aussi d'idéologie, poursuit le reporter Doyle Mc Manus.M.Rumsfeld, dit-il, est dans le camp de ceux qui pensent que les États-Unis doivent tout faire tout seuls.Et il possède un allié de taille sur ce point : le vice-président Dick Cheney, lui-même proche du président Bush, estime Kenneth Adelman, un «ex» de l'administration Reagan et ami de Rumsfeld et de Cheney.Ce qui ne fait pas nécessairement de M.Rumsfeld un néoconservateur.Pendant que son adjoint, l'influent Paul Wolfowitz, voit la présence américaine en Irak comme un effort pour implanter la démocratie dans l'ensemble du monde arabe, M.Rumsfeld n'y voit qu'une simple opération de sécurité nationale.À l'heure du cafouillis de la reconstruction de l'Irak, il reste l'homme de la stratégie et de la gestion militaires.Et Colin Powell doit faire avec.Photo d'archives AP Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense des États-Unis.Punition Disruption Sudation Musculation LES FRANÇAIS en général et leurs médias s'étaient profondément émus des événements du 11 septembre.Plusieurs médias américains en revanche se sont arrêtés au seuil des gorges chaudes devant l'incapacité des autorités françaises à circonscrire le problème social causé par la canicule cet été.Eric Klinenberg, de l'Université de New York, explique dans l'International Herald Tribune que tant les Américains que les Européens restent froids devant le drame que vivent leurs citoyens âgés aux prises avec la canicule.Il rappelle, après avoir publié un livre sur le sujet, que 739 personnes sont mortes par la chaleur en quelques jours à Chicago, en juillet 1995, et que des milliers se seraient ajoutées si la canicule avait duré deux semaines.À Paris, la classe politique, harcelée par la presse, va payer le prix de sa négligence, mais rien de tel ne s'est produit avec le drame de Chicago.Un éditorialiste s'est même porté à la défense du maire, que l'on ne pouvait tenir responsable d'une catastrophe naturelle (act of God).Mais il n'y a rien de « naturel », dit l'auteur, dans le fait que des personnes âgées et seules se barricadent derrière leur porte en temps de canicule.AU DÉPART, Arnold Schwarzenegger a toutes sortes d'avantages sur ses adversaires dans un éventuel scrutin qui désignerait un gouverneur de la Californie.Il est déjà très connu comme acteur, son nom est plus long que tous les autres sur le bulletin de vote, mais il a aussi l'insigne avantage d'être un corps avant d'être un homme.On n'a rien vu de tel depuis Jane Mansfield, écrit un analyste du Washington Post.qui est chroniqueur de cinéma et non de politique.Arnold, c'est d'abord une masse dans laquelle siège un cerveau, une architecture en V, un aménagement symétrique d'ondulations, de tumescences et de veines, marbrées de concavités que le commun des mortels ne distingue pas dans son miroir.Le corps réinventé au gré d'une expérimentation en expansion pneumatique et extension hydraulique.John Wayne aussi en imposait par sa stature, avec sa façon de mettre un pied devant l'autre, un balancement de bras singulier, mais on n'a jamais vu \u2014 il n'enlevait jamais sa chemise \u2014 l'arrangement musculaire qui faisait marcher tout ça.Ni les corsets qui tenaient tout ça ensemble.Arnold, lui, ce n'est même pas une image mais un paquet de chair.À la rigueur, c'est une image sculptée dans la chair, et c'est la chair qui prédomine.LE SUISSE Jean Ziegler, remarqué pour ses combats humanitaires, rentre d'un voyage en Territoires occupés par Israël comme rapporteur spécial de l'ONU et en fait un compte rendu dans le magazine Jeune Afrique / L'Intelligent.Cela lui permet de mettre en évidence, au-delà des actions militaires ou terroristes auxquelles on est habitué, des faits dramatiques touchant la misère galopante des Palestiniens.L'auteur cite la Banque mondiale : depuis 2001, le produit intérieur brut de Palestine s'est effondré de 46%; 61 % des Palestiniens vivent maintenant sous le seuil de pauvreté ; 15,6% des enfants de moins de 5 ans souffrent de sous-alimentation et d'anémie grave.L'occupant israélien, dit M.Ziegler, a détruit des plantations palestiniennes ou bloqué leur accès, et détourné 40% des ressources en eau de Cisjordanie vers les colonies juives des Territoires occupés et vers Israël.C'en est au point où la Croix-Rouge doit aujourd'hui nourrir et approvisionner en eau 50 000 familles, soit 650 000 personnes, là où il y a peu vivaient des marchands et des paysans prospères.« Inadmissible punition collective de tout un peuple », écrit Ziegler.LE GOUVERNEMENT britannique pensait faire un coup de maître en imposant un programme d'énergie éolienne, mais il se heurte à un obstacle imprévu : les banques refusent de marcher.Le programme est assez remarquable : porter à 10% en 2010 la part faite aux énergies renouvelables (vent, soleil, etc.) dans la consommation d'électricité en Grande-Bretagne.Et éventuellement à 20% en 2020.Pareille politique signifie une expansion formidable du parc d'éoliennes.Et comme les communautés n'apprécient guère ces engins trônant dans leur environnement immédiat, la mode se porte sur les parcs d'éoliennes construits en mer.Le plan anglais prévoit donc dans les prochaines années l'érection de 12 000 turbines en mer au coût de quelque 28 milliards de dollars canadiens.Le hic : les banques ne marchent pas parce qu'elles ont déjà financé les centrales classiques et qu'une surproduction actuelle a fait baisser les prix de l'électricité.Les banques ont beaucoup investi dans ces centrales dans les années 90 alors que les prix grimpaient, mais ils baissent depuis deux ans : 26 banques risquent déjà de perdre une douzaine de milliards de dollars dans cette aventure."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.