La presse, 17 août 2003, Cahier A
[" MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 65 ¢ TAXES EN SUS ÉDITION PROVINCIALE > 70¢ 1 1 9e ANN É E > NO 2 93 > 38 P AG E S > 4 C A H I ER S PETITE MANIFESTATION POUR UN GRAND PRIX MÉGAPANNE Retour à la normale La thèse de l'Ohio se confirme TRISTAN PÉLOQUIN Tandis que la plupart des foyers ontariens et américains touchés par la panne historique de jeudi retrouvaient l'électricité, les enquêteurs affirmaient être « à peu près certains » que le dysfonctionnement responsable de l'effet d'entraînement a pris naissance près de Cleveland, en Ohio.En Ontario, la situation était presque entièrement revenue à la normale hier soir, malgré certains problèmes mineurs dus à la fragilité du réseau en redémarrage.La plupart des vols ont repris à l'aéroport Pearson, mais le métro, qui nécessite une quantité colossale d'électricité, ne fonctionnait toujours pas au moment de mettre sous presse.La situation était à peu près semblable à Ottawa et à Windsor.En conférence de presse en matinée, le premier ministre ontarien, Ernie Eves, a toutefois averti la population que des opérations de délestage pourraient avoir lieu au cours des prochaines heures pour permettre la remise en service complète du réseau.« Le réseau se rétablit beaucoup plus vite que prévu, mais la situation n'est toujours pas revenue entièrement à la normale.Des coupures pourraient notamment avoir lieu afin de permettre aux hôpitaux, aux services d'urgence ainsi qu'aux usines d'épuration d'eau de fonctionner adéquatement », a-t-il précisé.Voir MÉGAPANNE en A2 > Dans le noir et.dans le rouge, page A5 Photo BERNARD BRAULT, La Presse © Plusieurs manifestants craignent que le Grand Prix ne revienne pas dans la métropole en 2004.Environ 200 personnes répondent à l'appel NATHAËLLE MORISSETTE QUELQUE 200 personnes se sont rassemblées hier, place du Canada, pour participer à une manifestation organisée par la Coalition pour la sauvegarde du Grand Prix du Canada, un regroupement réunissant des commerçants de la Petite-Italie, du Vieux-Montréal ainsi que des rues Peel, Crescent et Saint-Laurent.Malgré le petit nombre de personnes qui se sont déplacées, Alain Creton, président de la Coalition, ne semblait pas déçu : « Pour moi, ce n'est pas important, souligne-t-il.Je crois qu'on peut quand même faire passer notre message, car nous voulons que le gouvernement canadien permette aux coureurs automobiles de circuler avec le nom des marques de cigarettes qui ne sont pas vendues ici.Nous sommes toutefois d'accord pour que la marque Benson & Hedges soit retirée puisqu'on la trouve sur les tablettes des magasins du pays.» M.Creton propose également que Santé Canada puisse s'afficher un peu partout sur le circuit du Grand Prix afin d'informer les gens sur les dangers de la cigarette.Présent au rassemblement, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a répété que la métropole ne pouvait pas se permettre de perdre son Grand Prix, retiré du calendrier 2004 en raison l'application de la loi antitabac.Selon lui, le meilleur moyen de sauver l'événement est de convaincre les constructeurs de courir à Montréal malgré les interdictions de commandites sur le tabac.« Notre première cible demeure les manufacturiers », mentionne- t-il.Voir MANIFESTATION en A2 > Le passe-droit des Américains, une chronique de Michel Girard, en page A3 > Les constructeurs veulent racheter Bernie, une chronique de Réjean Tremblay, en page D1 L'ancien dictateur ougandais Idi Amin Dada est mort Le courant politique En début de soirée, jeudi, le maire de New York, Michael Bloomberg, a imité un de ses prédécesseurs, Ed Koch, en se rendant sur le pont de Brooklyn pour encourager les New-Yorkais qui devaient rentrer à la maison à pied en raison de la panne d'électricité.Lors d'une grève du métro en 1980, Koch avait démontré l'importance de l'empathie en situation de crise.Accompagné de son entourage et suivi par les journalistes de la télévision, Bloomberg a été applaudi par quelques concitoyens qui semblaient apprécier ses encouragements.Mais plusieurs autres l'ont enguirlandé, lui reprochant de nuire à la circulation avec son cirque.Certains l'ont même hué, ce qui n'est jamais bon pour l'image d'un politicien.Heureusement pour Bloomberg, les New-Yorkais n'ont pas vu la scène à la télévision, pour la très bonne raison qu'il n'y avait pas de courant.Voir HÉTU en A2 À tire d'aile C10 À votre tour A9 Bandes dessinées B9 Bridge C9 Décès C9 Êtes-v.observateur?C6 Feuilleton B9 Forum A8 Horaire spectacles B4 Horaire télé B2 La presse d'ailleurs A7 Loteries A4 Mots croisés B9 Mot mystère C7 Personnalité B10 Petites annonces C6 - immobilier C6, C7 - marchandises C7 - emplois C7 - automobile C7 à C9 M É T É O Voir D8 Ciel variable Maximum 25 > minimum 14 Agence France-Presse et Associated Press L'ANCIEN DICTATEUR ougandais Idi Amin Dada, un des tyrans les plus sanguinaires au monde, est mort hier à Djeddah, en Arabie Saoudite, pays où il vivait en exil depuis plus de 20 ans, sans avoir jamais été jugé pour ses atrocités.M.Amin Dada est mort vers 8 h.Son état s'était détérioré vendredi et il est décédé hier matin dans l'unité des soins intensifs de l'hôpital spécialisé du roi Fayçal, à Djeddah.Ce décès avait auparavant été annoncé par la présidence ougandaise.« Amin a payé pour ses péchés », a indiqué à l'AFP John Nagenda, conseiller pour les médias du président ougandais Yoweri Museveni, joint au téléphone à Kampala.L'un des fils de l'ancien homme fort de l'Ouganda a annoncé hier soir que son père avait été enterré en Arabie Saoudite quelques heures après son décès.« Mon père a déjà été enterré à Djeddah », a déclaré Ali Amin par téléphone à l'AFP.Voir DADA en A2 Photo AP © L'ex-dictateur Idi Amin Dada photographié à l'occasion d'un rassemblement célébrant le septième anniversaire de son arrivée au pouvoir, le 25 janvier 1978, à Koboko.Automne 2003 LE MAÎTRE DU SITAR ENFIN DE RETOUR À MONTRÉAL ! RAVI ET ANOUSHKA SHANKAR BILLETS EN VENTE MAINTENANT En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Sur Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 SALLE WILFRID-PELLETIER, PLACE DES ARTS, 3 OCTOBRE À 20 H Place des Arts www.pda.qc.ca/(514) 842-2112 MON CLIN D'OEIL STÉPHANE LAPORTE Le ministre de l'énergie à Ottawa appelle Jean Chrétien à Shawinigan: \u2014 Monsieur le premier ministre, la lumière est revenue ! \u2014 Ben non, chus toujours en vacances! Choisir un médecin : homme ou femme?Cahier Actuel, page C1 Mike Weir Lina Krasnoroutskaya > Woods presque hors course > Weir à trois coups de la tête page D4 > Une finale Krasnoroutskaya - Henin page D5 GOLF TENNIS A2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 DEMAIN DANS LA PRESSE FUSION SUR MER Pas besoin d'habiter Québec ou Montréal pour causer défusion ces jours-ci.Dans le vénérable Town Hall de la rue Beach, une dizaine de citoyens de Metis Beach \u2014 comme ils tiennent à le préciser \u2014 en ont long à dire à ce sujet.La Presse poursuit sa série sur les « querelles de clocher » qui font rage dans la province.Dans l'arène, les villages de Metis Beach et Les Boules, un an après la fusion.À lire demain dans le cahier Actuel AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE > Pour tout savoir de la coupe Rogers AT&T, consultez notre dossier spécial cyberpresse.ca/couperogers > Suivez le Championnat de la PGA à partir de 10 h cyberpresse.ca/golf > Dernier jour pour les sportifs canadiens aux Jeux panaméricains cyberpresse.ca/jeuxpanamericains Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650.Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7 rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé aux ateliers de La Presse, ltée, également sis à cette adresse.LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 760 > À quatre chiffres : 9823 LOTO 6/49 > 11-15-17-19-32-39 Compl.: 30 > Extra : 109543 SUITES DE LA UNE MÉGAPANNE Suite de la page A1 HÉTU Suite de la page A1 M.Eves a du même souffle exhorté ses concitoyens à faire preuve de civisme en limitant au minimum leur consommation d'électricité, notamment en évitant d'allumer leurs climatiseurs.« L'Ontario doit normalement produire 19 000 mégawatts/heure à ce temps-ci de l'année, mais pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas dépasser 17 000 mégawatts/heure en cette première journée de reprise », a expliqué le premier ministre.À New York, probablement la ville la plus durement touchée par la panne, le gouverneur George Pataki a affirmé en matinée que « le courant a été rétabli essentiellement dans 100% des secteurs de l'État ».Pendant ce temps, dans l'État du Michigan, où se trouve la ville de Detroit, on notait toujours quelques zones sans électricité et de longues files devant les pompes à essence.La cause en Ohio Au cours d'une brève conférence téléphonique, le président du North American Electric Reliability Council, Michehl Gent, a déclaré que les enquêteurs étaient maintenant « à peu près certains que le dysfonctionnement de jeudi a pris naissance en Ohio ».Vraisemblablement provoqué par la défaillance de trois lignes de transport, l'incident d'une durée de neuf secondes qui aurait entraîné un déséquilibre tout au long de la boucle du lac Érié demeure cependant en grande partie inexpliqué.« Nous essayons de comprendre pourquoi cette situation n'a pas pu être circonscrite après que les trois premières lignes de transmission ont fait défaut, a affirmé M.Gent.Le système et ses règles de fonctionnement sont pourtant conçus de façon à prévenir les effets en cascade comme celui que nous avons connu.» M.Gent a ajouté que toutes les données générées automatiquement par les installations électriques seraient scrupuleusement analysées au cours des prochaines semaines afin de déterminer le déroulement exact, phase par phase, de l'incident.«Cela représente plus de 10 000 pages à fouiller.Aucune de ces données n'a été perdue, a assuré l'expert, mais cela prendra beaucoup de temps.» First Energy, l'entreprise qui détient toutes les centrales électriques de l'Ohio ainsi que plusieurs lignes de transport le long de la boucle du lac Érié, aurait récemment connu d'importantes difficultés financières, selon l'Associated Press.Sa centrale nucléaire Davis-Bessie, située près de Toledo, a été fermée en février dernier pour d'importants travaux d'entretien.La découverte, un mois plus tard, d'une fuite d'acide borique qui a presque transpercé le blindage du réacteur nucléaire aurait par la suite provoqué une fermeture prolongée de la centrale.Selon AP, l'entreprise a perdu près de 60 millions de dollars au cours du dernier trimestre, principalement à cause de ces problèmes.Le représentant en Chambre et candidat à la présidence Dennis Kucinich, de Cleveland, a assuré hier qu'il suivrait de près cette situation.« Si les affirmations des médias sont exactes et que First Energy a une fois de plus été incapable de répondre aux normes fédérales en matière d'énergie, je crois que de sérieuses questions devront être posées aux dirigeants de l'entreprise », a-t-il déclaré.Et le maire de New York, fort peu populaire, a peut-être réussi à cliquer pour la première fois avec la ville, malgré tout.Le « calme » et l'« autorité » de sa voix ont marqué ses points de presse de jeudi et vendredi, selon le New York Times.Distribuant les notes aux politiciens (et au Canada, ce dont on reparle dans un moment), le New York Post a pour sa part donné au maire un B+, qualifiant sa performance pendant la panne de « solide comme le roc ».Bloomberg ne s'est certainement pas fait d'amis au Canada en montrant du doigt les voisins du Nord quelques heures après le début de la panne gigantesque.Mais l'accusation péremptoire du maire a passé comme du beurre dans la poêle à New York.Et le Canada a décroché un D dans le bulletin du New York Post, qui reproche au bureau du premier ministre d'avoir dit, dans un premier temps, que la panne était due à un incendie dans une centrale de Con Edison située dans la 14e Rue, à Manhattan, puis, plus tard, qu'elle résultait d'un éclair ayant frappé une centrale de Niagara, du côté américain.« Complètement faux », a écrit le Post.Une note personnelle : la centrale de la 14e Rue est située en face de l'immeuble où j'habite, dans le quartier East Village.J'ai vu la fumée noire qui s'est échappée des hautes cheminées, quelques instants avant que New York et une bonne partie de l'Amérique ne s'éteignent.C'était les générateurs de la centrale qui envoyaient des signaux de détresse.À 21 h 03 vendredi, East Village a été le dernier quartier de New York à retrouver l'électricité.Dans la rue, une clameur s'est élevée quand les lumières se sont rallumées.Tout le monde avait le même sourire.Plus frénétique que rassurant ou informatif, le gouverneur de New York, George Pataki, a décroché un C- dans le bulletin du Post.La panne de 2003 risque d'avoir un impact majeur sur la politique américaine.Déjà, les candidats démocrates à la présidence ont sauté sur l'occasion pour critiquer la politique de George W.Bush en matière d'énergie.Les républicains ont accusé à leur tour les démocrates d'avoir bloqué leur programme énergétique, qui prévoyait des dépenses en matière d'infrastructures.Les démocrates ont refusé d'adopter ce programme, en raison notamment de l'insistance républicaine à exploiter les champs pétrolifères de la réserve naturelle de l'Alaska.On verra quel parti remportera ce débat éminemment politique et écologique.L'énergie est un sujet explosif, car il touche tout le monde de manière très directe.Le gouverneur démocrate de Californie, Gray Davis, en sait quelque chose.C'est la crise énergétique de 2001 qui a envoyé sa cote de popularité dans les bas-fonds.Aujourd'hui, une majorité de Californiens semblent prêts à le destituer.Mais le gouverneur pourrait tirer profit de la panne de 2003.Blâmé injustement pour les problèmes énergétiques de son État, il peut réinviter les Californiens à examiner les vraies causes de la crise.En Californie, une déréglementation ratée a permis à Enron de manipuler le marché et de subtiliser aux citoyens de l'État des dizaines de milliards de dollars.La panne de 2003 n'est certainement pas de nature à aider Arnold Schwarzenegger, qui compte parmi ses conseill e r s l 'ancien gouverneur républicain Pete Wilson, un des grands responsables de la déréglementation de l'énergie en Californie.Fait à noter, Schwarzenegger a glissé au deuxième rang dans la course pour remplacer Gray Davis, selon un sondage publié hier.L'acteur obtient 22% des intentions de vote contre 25 % au lieutenantgouverneur de Californie, Cruz Bustamante.Les deux hommes sont très en avance sur les autres candidats.Ce n'est bien sûr qu'un sondage, publié à plusieurs semaines du scrutin du 7 octobre.La suite dépendra du courant politique.Photo PC © Le premier ministre ontarien Ernie Eves félicite un des employés de Bruce Power après que le courant eut été rétabli dans la province.DADA Suite de la page A1 Le gouvernement ougandais avait proposé d'aider la famille d'Amin Dada à rapatrier son corps en Ouganda, si elle le souhaitait.Idi Amin Dada, 78 ans, avait été admis à l'hôpital le 18 juillet, apparemment pour une insuffisance rénale.Il était tombé dans le coma avant de reprendre conscience six jours plus tard.Plusieurs de ses proches, comme sa femme Madina, l'entouraient lorsqu'il a rendu l'âme hier matin.Son règne de terreur avait commencé en 1971, après qu'il eut chassé du pouvoir le président Milton Obote.Il s'était terminé le 11 avril 1979, quand le dictateur avait été destitué par le Front national de libération de l'Ouganda et l'armée tanzanienne.De 100 000 à 300 000 Ougandais seraient morts ou auraient été portés disparus pendant la présidence d'Amin Dada, selon diverses estimations.Le « boucher de l'Afrique », fasciné par Hitler, a également expulsé d'Ouganda, ancienne colonie britannique, quelque 80 000 résidents indo-pakistanais en 1972, dans une tentative d'« africanisation » de l'économie du pays estafricain.Ce geste avait d'abord été accueilli favorablement par les Ougandais, qui s'indignaient du pouvoir et de l'influence de ceux qu'il appelaient les « Asiatiques », propriétaires de la plupart des usines et petits commerces du pays.Mais la nationalisation réalisée à la vavite a abouti à l'effondrement de l'économie.Il s'en est suivi une période de grave crise économique et de pénuries dans le pays.Dalal Murtaza, le président de l'Association indienne d'Ouganda, forte de 15 000 membres, a déclaré ne pas avoir de « rancune à l'encontre d'Amin Dada maintenant que son ère est terminée ».L'expulsion des Indo-pakistanais il y a 30 ans fut selon lui un événement très triste : « Le pays a été ruiné et beaucoup de vies ont été perdues.À présent, ça fait partie de l'histoire puisqu'il est mort, et il n'y a pas de raison d'avoir de la rancune envers un mort.» Connu pour ses extravagances, l'ancien dictateur a également été accusé d'anthropophagie.Durant son règne sinistre, des témoignages ou d'insistantes rumeurs décrivaient le Nil charriant des cadavres et disaient que l'une de ses épouses avait été découverte découpée en morceaux dans une voiture.Les anciens serviteurs du palais évoquaient des têtes humaines dans les réfrigérateurs.Le président Museveni, qui a contribué à sa chute, a affirmé le 22 juillet que si Amin Dada rentrait vivant dans son pays, il serait poursuivi pour ses « atrocités ».Le décès d'Idi Amin Dada constitue « une triste illustration de l'incapacité de la communauté internationale à demander des comptes aux chefs d'État pour leurs abus en matière de droits de l'homme », a estimé pour sa part à Londres George Ngwa, d'Amnistie internationale.« C'est l'indifférence de la communauté internationale, y compris celle du Royaume- Uni et des gouvernements ougandais postérieurs à Amin Dada, qui lui a permis d'échapper à la justice », a-t-il ajouté.L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a pour sa part affirmé qu'Amin Dada aurait dû passer ses dernières années en prison plutôt qu'en vivant un exil confortable en Arabie, où il touchait une pension des autorités saoudiennes en tant que réfugié politique.Quant aux Ougandais, ils semblent partagés, certains mettant en avant les nombreuses victimes de son règne sanguinaire, d'autres préférant se souvenir de l'« africanisation » de l'économie.L'ancien président ougandais Godfrey Binaisa, qui avait succédé à Amin Dada, a indiqué qu'il ne pleurerait pas la mort de son prédécesseur.Il s'est ensuite interrogé sur les « nombreuses personnes exécutées sans jugement» durant les huit ans de règne d'Idi Amin Dada.« Je ne peux pas oublier, et je ne pense pas que les familles des victimes oublieront un jour cette période », a-t-il souligné.Interrogé sur les déclarations de sympathie de certains Ougandais à l'égard de l'ancien dictateur, il a simplement répondu : « Les gens oublient si facilement.En effet, de nombreuses personnes interrogées hier dans les rues de Kampala gardaient un souvenir plutôt positif du tyran sanguinaire.Safina Nasubuga, un vendeur de journaux de 50 ans, a essuyé quelques larmes en apprenant la nouvelle de la mort de « Big Daddy », affirmant que la majorité des personnes tuées durant son sinistre règne étaient impliquées dans des activités subversives.L'homme d'affaires Badru Bunkeddeko, 48 ans, a bénéficié de la politique d'« africanisation » forcée de l'économie ougandaise sous le règne de l'ancien dictateur.Pour lui, Amin Dada est « le père du milieu des affaires » en Ouganda.MANIFESTATION Suite de la page A1 Normand Legault, promoteur du Grand Prix du Canada, a pour sa part assuré que l'équipe mise sur pied par Québec pour sauver l'événement continuait à faire des démarches.Vers le milieu de la semaine, M.Legault et des membres de la mission s'envoleront pour Budapest, en Hongrie, afin de rencontrer des constructeurs d'automobiles.« Nous préparons nos rencontres pour Budapest, affirme-t-il.On va essayer d'être persuasifs.» L'ancien coureur automobile Bertrand Godin est également venu soutenir les troupes.«Le Grand Prix, c'est 80 millions de retombées.Si le gouvernement peut se passer de cet argent, c'est donc dire qu'il est riche et qu'il peut réduire nos impôts », ironise-t-il.Certains amateurs de course automobile craignent pour leur part que le Grand Prix ne revienne pas l'an prochain.« Nous sommes venus manifester parce que la tenue de l'événement nous tient à coeur, mais je ne pense pas que nous aurons un Grand Prix en 2004 », mentionne Mario Laquerre.La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac est furieuse Présente à la manifestation, Heidi Rathjen, directrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, n'accordait aucune crédibilité au rassemblement.« C'est organisé par Torchia Communications, une firme de relations publiques qui a comme client Player's, une compagnie de tabac, s'insurge-t-elle.L'objectif de la manifestation, c'est d'affaiblir la loi antitabac.Nous ne voulons pas que le gouvernement canadien cède devant ces pressions.» Mme Rathjen souhaite toutefois que le Grand Prix ait lieu à Montréal en 2004, mais pas au détriment de la santé publique.Paul Vaillancourt, vice-président chez Torchia Communications, ne comprend pas la réaction de la Coalition.« Il est vrai que Player's est notre client, mais nous en avons plusieurs autres qui n'ont rien à voir avec l'industrie du tabac, précise- t-il.Comme tout le monde, nous voulons garder le Grand Prix à Montréal.» En consultant la liste des clients et des projets récents de Torchia Communications, sur son site Internet, on constate que la compagnie fait ou a déjà fait affaire avec Imperial Tobacco Canada, Matinée et le Conseil des arts du Maurier. LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 A3 ACTUALITÉS Charest prêtera une oreille attentive aux jeunes PASCALE BRETON SHERBROOKE \u2014 Le gouvernement Charest promet une oreille attentive aux jeunes libéraux qui réclament la création d'un guichet unique regroupant tous les services à la jeunesse.Il prévient toutefois déjà que la tâche est colossale.Réunis ce week-end à Sherbrooke, les militants de la Commission-Jeunesse ont fait du guichet unique le thème central de leur congrès annuel.Les jeunes libéraux veulent mettre fin au fonctionnement « en silo » qui a cours dans les ministères.Ils proposent plutôt de coordonner l'ensemble des services destinés aux jeunes sous un même toit, qu'il s'agisse du programme de sécurité du revenu ou de l'aide financière aux études.Le réseau des Carrefours Jeunesse Emploi pourrait servir de lieu physique, où un intervenant guiderait les jeunes qui s'y présentent.« C'est très gros », a affirmé le ministre de la Solidarité sociale, de l'Emploi et de la Famille, Claude Béchard, tandis que le premier ministre Jean Charest parlait d'un «grand défi ».Aux yeux de M.Charest, qui est également responsable des dossiers jeunesse, la démarche de la Commission-Jeunesse est compatible avec le gouvernement en ligne qu'il veut mettre sur pied.« Elle s'inscrit en ligne droite avec toute l'idée du gouvernement en ligne, un projet qui m'est cher personnellement.Je vois un projet mobilisateur pour la fonction publique québécoise, une façon de livrer les services qui va nous rapprocher des citoyens.C'est une idée qui mérite d'être poussée », a déclaré le premier ministre.Le gouvernement Charest veut créer un portail qui permettra aux citoyens de se renseigner sur tous les services gouvernementaux en naviguant sur Internet.Le premier ministre se montre toutefois ouvert à l'idée d'augmenter la gamme des services offerts pour y ajouter des transactions au lieu de faire de ce site Internet une simple bibliothèque.La résolution adoptée hier par une majorité de délégués de la Commission-Jeunesse va cependant encore plus loin.La complexité de la tâche a d'ailleurs fait réagir quelques militants inquiets.« On veut créer un monstre, ça sent le péquiste, une proposition comme celle-là.On crée une nouvelle strate avant de trouver la personne à qui parler.C'est un nouveau palier pour éloigner le citoyen des services gouvernementaux », a ainsi lancé Frédéric Paré, de Beauce-Nord, en séance plénière.Concerné par cette proposition en raison des dossiers qu'il chapeaute, le ministre Béchard a réagi en parlant d'une « réforme majeure », tout en reconnaissant qu'il est temps que son ministère coordonne ses efforts avec celui de l'Éducation ainsi que celui de la Santé et des Services sociaux.« C'est très gros, mais pas trop gros, parce qu'on ne peut plus se permettre de dire non à un jeune.Il y a trop de jeunes encore à qui on dit : non, ce n'est pas dans notre ministère, c'est dans celui d'à côté.Dès le premier contact, le premier coup de fil, il faut que quelqu'un le prenne en charge », a dit M.Béchard.À la suite de la nomination d'un nouveau chef de cabinet, survenue à peine trois mois après celle du mandarin Michel Crête, le premier ministre Charest a par ailleurs reconnu hier que les racines politiques sont primordiales dans ce domaine.Fonctionnaire de carrière, Michel Crête a cédé sa place au mois de juillet à un militant libéral de longue date et ancien directeur général du Parti libéral du Québec, Stéphane Bertrand.La greffe entre le fonctionnaire de carrière, sans racines politiques, et les libéraux n'avait pas pris, avaient indiqué certaines sources lorsque le départ de M.Crête a été annoncé discrètement, par voie de communiqué, il y a trois semaines.« C'est un fait, pour le poste de chef de cabinet, c'est un facteur qui compte (les racines politiques) parce qu'il faut concilier la connaissance du parti, sa philosophie et les gens qui travaillent dans le parti.», a convenu M.Charest hier, assurant toutefois qu'il a toujours été convenu que M.Crête n'était en poste que le temps d'assurer la transition du nouveau gouvernement.Le projet Tremblay bien accueilli PASCALE BRETON et TRISTAN PÉLOQUIN SHERBROOKE \u2014 La vision du maire de Montréal, Gérald Tremblay, concernant la décentralisation de sa ville reçoit un accueil très favorable au gouvernement du Québec.« Elle semble aller dans le sens des préoccupations qu'avaient exprimées plusieurs citoyens et donne davantage de pouvoirs aux arrondissements.Nous allons examiner en détail ce que ça représente mais, dans l'ensemble, ce que nous avons vu et entendu est reçu très positivement chez nous », a indiqué le premier ministre Jean Charest.Le plan de réorganisation du maire Tremblay, accepté vendredi par les membres de son caucus, prévoit notamment l'établissement d'une taxe spéciale perçue par les arrondissements afin de bonifier les services dont ils ont la responsabilité.Les changements proposés prévoient également que les présidents d'arrondissement portent à l'avenir le titre de « maires d'arrondissement », que les arrondissements aient un certain pouvoir d'embauche et qu'ils définissent eux-mêmes leur plan triennal d'immobilisation.M.Charest a affirmé hier que les citoyens « devraient examiner ce plan de très près » avant de le rejeter.Le ministre aux Affaires municipales, au Sport et au Loisir, Jean- Marc Fournier, abonde en ce sens.La proposition de Montréal constitue une réelle démarche vers l'adhésion des citoyens, croit-il : « Beaucoup de citoyens se plaignaient du fait que la grande ville était peut-être un peu loin d'eux.Il y a un effort de proximité, de décentralisation et d'approche citoyenne qui est à mon avis très porteuse », a-t-il commenté alors qu'il assistait hier au congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral, à Sherbrooke.Le ministre Fournier a cependant souligné que des modifications législatives seront nécessaires à l'organisation municipale que le maire Tremblay veut mettre en place.Les municipalités ont jusqu'au mois d'octobre pour soumettre leurs propositions de décentralisation.Le gouvernement devra ensuite décider avant le 31 décembre s'il les autorise ou non.D'ici là, plusieurs partisans des défusions, qui estiment que le plan du maire Tremblay est loin de d'accorder suffisamment d'autonomie aux arrondissements, entendent convaincre le gouvernement que le retour aux anciennes villes est la meilleure solution.« Où est la véritable décentralisation dans tout cela ?Je ne vois dans le plan Tremblay aucun pouvoir de taxation digne de ce nom, et les arrondissement restent malgré tout des entités dépendantes de la ville », s'est insurgé pour sa prt hier l'ex-maire de Pointe-Claire, Bill Mc Murchie, qui a claqué la porte de l'UCIM en avril.Photo BERNARD BRAULT, La Presse © Le PDG du Grand Prix, Normand Legault, devant un écran géant, s'est adressé hier aux manifestants à Montréal.GRAND PRIX Les États-Unis jouissent d'un passe-droit Il n'y a pas seulement l'Angleterre et la France qui interdisent actuellement aux cigarettiers d'afficher leurs couleurs sur les bolides de Formule 1.Les États-Unis sévissent aussi contre les compagnies, et ce, sans risque de perdre leur Grand Prix, comme c'est le cas pour le Canada.Depuis le retour du Grand Prix des États- Unis, en 2001, sur le légendaire circuit de l'Indianapolis Motor Speedway, les trois principaux cigarettiers commanditaires, soit Marlboro (Ferrari), Lucky Strike (BAR) et Benson & Hedges (Jordan), ne peuvent arborer leurs marques sur les bolides de F1.La Loi américaine antitabac permet aux fabricants de s'associer à un seul événement annuel.Comme Marlboro, Lucky Strike et Benson & Hedges participent déjà à d'autres événements américains, ils ne peuvent s'annoncer sur les voitures qu'ils commanditent.Les cigarettiers ne rouspètent pas, même s'ils versent une petite fortune: British American Tobacco investit 125 millions pour inscrire Lucky Strike sur la BAR, Marlboro donne 122 millions à Ferrari et Galaher, 16 millions pour présenter Benson & Hedges sur les Jordan.Les deux autres marques de tabac, West (Mc Laren- Mercedes) et Mild Seven (Renault), ont le droit, elles, de s'annoncer pendant le Grand Prix des États-Unis parce qu'elles ne commanditent rien d'autre.D'ailleurs, les deux marques n'y sont même pas distribuées.Comme par hasard, ni le grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone, ni son bras droit, Max Mosley, de la Fédération internationale de l'automobile, ni les trois grands fabricants de cigarettes n'ont osé brandir la menace de faire disparaître le Grand Prix des États-Unis en raison de l'interdiction d'afficher les couleurs des cigarettiers.Pourquoi cette tolérance envers les États-Unis alors que les mêmes Ecclestone, Mosley et fabricants de cigarettes ont décidé de punir le Canada en lui retirant son Grand Prix dès la saison prochaine à cause de la nouvelle loi antitabac canadienne ?Réponse : parce que la Formule 1 a besoin des États-Unis en raison de son richissime marché de 280 millions de consommateurs.Les gros commanditaires des écuries de Formule 1, dont les constructeurs automobiles, les grandes pétrolières et les multinationales de l'informatique, tiennent à tout prix à courir aux États-Unis.Bernie Ecclestone, Max Mosley et les propriétaires des écuries de F1 ont le choix entre faire plaisir aux fabricants de cigarettes, qui injectent en commandite 375 millions par année, ou aux autres commanditaires, qui investissent 2,6 milliards.Comme Ecclestone et ses acolytes savent calculer, ils se montrent donc tolérants lorsqu'il est question du gouvernement américain et du Grand Prix d'Indianapolis.Par ailleurs, on voit mal les bonzes de Marlboro essayer de jouer les gros bras avec Washington.La multinationale américaine a compris depuis fort longtemps qu'elle ne détenait pas aux États-Unis une position de force dans la lutte antitabac, qui lui coûte déjà des milliards et des milliards de dollars en dommages et intérêts.Par extension, on peut présumer que British American Tobacco et Galaher se font également silencieux et bien petits devant Washington.Quant à Bernie Ecclestone et Max Mosley, ils étaient prêts à faire tous les compromis nécessaires pour permettre au cirque de la F1 de revenir courir en sol américain.Il ne faut pas oublier que, parmi les grands commanditaires de la F1 se trouvent un grand nombre de multinationales américaines.Pas le même poids au Canada Pendant ce temps, au Canada, les gouvernements Chrétien et Charest misent sur la contreoffensive organisée par une sorte de « Mission Québec » pour tenter de sauver le Grand Prix.Mission Québec regroupe des représentants des gouvernements fédéral et provincial, de la mairie de Montréal, du monde des affaires, plus précisément de l'industrie touristique et de la Chambre de commerce de Montréal.Mission Québec est pilotée par Normand Legault, promoteur et propriétaire du Grand Prix du Canada.La contre-offensive vise notamment à convaincre les sept constructeurs d'automobiles liés à des écuries (Ferrari/Fiat, Daimler Chrysler/Mc Laren Mercedes, Toyota, Ford/Jaguar, Honda/BAR, BMW/Williams, Renault) de faire pression sur Ecclestone pour remettre Montréal au calendrier F1 de 2004.Mission Québec va également essayer de persuader les principaux cigarettiers de se montrer compréhensifs envers la loi antitabac canadienne et, par ricochet, de dire à Ecclestone de revenir sur sa décision de boycotter le Grand Prix du Canada.Les intentions de Mission Québec sont merveilleuses.Mais sur papier seulement.Si les gouvernements Chrétien et Charest s'entêtent à ne pas vouloir harmoniser leurs lois antitabac avec la loi européenne pour permettre aux marques de cigarettes étrangères de s'afficher sur les bolides de F1, le Grand Prix du Canada ne retrouvera pas sa place dans le calendrier de 2004.Jusqu'à présent, à entendre Jean Chrétien, son ministre Denis Coderre et le ministre Jean- Marc Fournier, du cabinet Jean Charest, il ne faut pas s'attendre à ce que Québec et Ottawa acceptent la moindre dérogation temporaire à leur loi antitabac.Dommage.Cela aurait été si simple ! Ils préféreront rester sur leurs positions et tenir tête à Bernie Ecclestone.Tant qu'à perdre notre Grand Prix, j'ai une ultime solution à proposer aux deux gouvernements : ils devraient durcir royalement le ton en menaçant Ecclestone et ses cigarettiers de mettre en place les mesures suivantes si le Grand Prix n'est pas remis au calendrier 2004 : 1- Modifier la nouvelle loi antitabac en interdisant sur le territoire canadien la diffusion de tous les Grand Prix où les fabricants affichent leurs couleurs sur les voitures de F1, et ce, dès la saison 2004.2- Resserrer davantage le contrôle de la vente des produits de tabac.3- Aider davantage les victimes du tabagisme dans leur lutte juridique contre les cigarettiers.4- Hausser encore les taxes sur les produits du tabac.Autre stratégie d'ultime vengeance contre les cigarettiers.Les supporters du Grand Prix du Canada pourraient boycotter les produits des multinationales qui sont propriétaires des cigarettiers.Je pense entre autres au groupe américain Altria, propriétaire de Philip Morris et de sa plus importante marque de cigarettes, Marlboro.Pensons aussi à British American Tobacco, propriétaire des marques Lucky Strike, Player's et d'une panoplie de marques de cigarettes canadiennes, etc.Dans le giron du groupe Altria/Philip Morris, on trouve la multinationale de l'alimentation Kraft Foods et ses multiples marques : Cheez Whiz, Velveeta, Craker Barrel, Philadelphia, Maxwell House, Jell-O, Suchard, Frisco, Kool- Aid, Baker's, Bran Flakes, etc.Avis aux intéressés ! A 4 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 A OÛT 2 0 0 3 MONDE Sabotage d'un oléoduc au nord de l'Irak Les exportations vers la Turquie sont paralysées ALEXANDRE PEYRILLE Agence France-Presse BAGDAD \u2014 L'oléoduc souterrain reliant les champs pétrolifères de Kirkuk (nord de l'Irak) au port méditerranéen turc de Ceyhan était en feu hier, après un nouveau sabotage qui a provoqué l'arrêt des exportations de brut irakien par la Turquie trois jours après l'annonce de leur reprise.« Les exportations de pétrole ont été arrêtées à cause du sabotage (.) L'explosion a eu lieu (.) à 20 km au nord de la station de pompage de Baiji (200 km au nord de Bagdad), vendredi vers 3 h (heure locale) et a provoqué un incendie », a déclaré le haut responsable irakien du ministère du Pétrole, Thamer Ghadbane.Il faudra au moins une semaine pour réparer l'oléoduc, selon M.Ghadbane, qui a imputé le sabotage à « un vide sécuritaire » en Irak.« Dans le passé, il y avait la police du pétrole, l'armée et une coopération des tribus, de même que ce que nous appelons une sécurité intérieure.Maintenant, tout cela a disparu », a-t-il dit.L'oléoduc vers le port de Ceyhan et le terminal off-shore de Mina al-Bakr, dans le golfe, sont les deux portes de sortie pour le brut irakien.Plusieurs sabotages ont endommagé les oléoducs et gazoducs en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein, le 9 avril.Le ministère turc de l'Énergie avait annoncé que l'Irak avait repris mercredi le pompage de son pétrole à destination de Ceyhan, interrompu depuis le début de la guerre, mais que l'infrastructure de l'industrie pétrolière continuait de souffrir de pannes, de pillages et d'actes de sabotage.L'oléoduc Kirkuk-Ceyhan exportait 250 000 barils par jour avant l'attaque de vendredi, selon M.Ghadbane.Par ailleurs, les soldats américains ne patrouillaient pas, pour le troisième jour consécutif, dans Sadr City, un faubourg chiite populaire de Bagdad, à la suite de l'incident qui les a opposés aux habitants après qu'un de leurs hélicoptères eut fait tomber un drapeau chiite accroché à un pylône.En faction devant une base située à la lisière du quartier, un soldat américain a dit, sous le couvert de l'anonymat, que toutes les patrouilles avaient été annulées.Un Irakien a été tué durant les affrontements de mercredi.Vendredi, plus de 10 000 fidèles s'étaient rassemblés sur le terre-plein en face du pylône de télécommunications pour dénoncer « l'assaut américain contre les musulmans ».Un soldat américain a été légèrement blessé hier quand son convoi a été attaqué à la roquette antichars (RPG) dans un village près de Baaqouba (nord-est de Bagdad), selon un porte-parole de l'armée.La patrouille a riposté et un hélicoptère a tiré des missiles sur les assaillants, a-t-il ajouté, précisant qu'il n'avait pas eu d'informations sur des victimes irakiennes.Selon le lieutenant-colonel Mac Donald, l'armée a trouvé d'autres engins explosifs dans le village, grâce à des informations données par les habitants.Un soldat américain travaillant pour les renseignements militaires a été légèrement blessé vendredi, à 3 km au nord-ouest de Bagdad, par une explosion au passage de son véhicule, selon un porte-parole américain.Le chef de la police de Mossoul (nordouest) a été grièvement blessé et quatre de ses gardes du corps tués dans une attaque à la grenade hier dans cette ville, selon des témoins.Un convoi de 250 réfugiés irakiens est arrivé hier matin dans le sud de l'Irak après 12 années passées dans le camp de Rafha, situé dans le désert saoudien.Par ailleurs, 200 détenus irakiens, dont des prisonniers de guerre incarcérés dans le centre de détention d'Oum Qasr, près de la frontière avec le Koweït, ont été libérés hier devant le siège de la coalition américano-britannique à Bagdad, selon un journaliste de l'AFP.EXPRESS INTERNATIONAL Palestine Arafat autorisé à sortir ISRAËL a accepté de permettre à Yasser Arafat de quitter temporairement son quartier général de Ramallah pour se rendre sur la tombe de sa soeur décédée mercredi et enterrée dans la ville de Gaza, a confirmé hier Elias Zananiri, porte-parole du ministre palestinien de la Sécurité, Mohammed Dahlan.Pour l'heure, le chef de l'Autorité palestinienne n'a pas encore fait part de ses intentions.Cette offre est intervenue alors qu'Israël a donné son accord vendredi pour que soit transféré à l'Autorité palestinienne le contrôle des villes de Ramallah, Tulkarem, Kalkiliya et Jéricho en Cisjordanie.Yasser Arafat n'a pu assister aux funérailles de sa soeur Yousra Abdel Raouf al-Kidouah jeudi.Depuis que l'armée israélienne encercle les ruines de son QG de la Moukataâ, Yasser Arafat est autorisé à la quitter sans être certain de pouvoir revenir.\u2014 d'après AFP Liberia Nouveaux renforts DE NOUVEAUX renforts de la force ouest-africaine de paix (ECOMIL) sont arrivés hier à Monrovia pour sécuriser la ville, où l'aide humanitaire a commencé à être distribuée à une population à bout de souffle après deux mois de siège.Une compagnie d'infanterie nigériane de 110 hommes s'est posée à la mi-journée à l'aéroport international de Monrovia et doit se déployer en ville, selon son capitaine, Oryema Kanu.L'arrivée du bataillon au complet (776 hommes) permettra de doubler les effectifs de l'ECOMIL en les portant à plus de 1500 hommes.Le bataillon nigérian était bloqué depuis jeudi à Sokoto, dans le nord du Nigeria, en raison du mauvais temps.\u2014 d'après AFP Thaïlande Les plans d'Hambali ARRÊTÉ cette semaine en Thaïlande et détenu par les Américains dans un lieu tenu secret, Hambali, le cerveau présumé de l'organisation terroriste Jemaah Islamiyah, préparait un attentat contre le prochain sommet Asie-Pacifique à Bangkok, auquel le président des États-Unis, George W.Bush, prévoit participer, a affirmé hier le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra.«Les résultat de l'enquête montrent qu'Hambali n'est pas venu en Thaïlande uniquement pour trouver un abri sûr, mais qu'il préparait également un attentat terroriste pendant la réunion de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) », a déclaré le premier ministre devant la presse, sans en dire plus.Bangkok doit accueillir les 21 et 22 octobre le sommet de l'APEC en présence des dirigeants de 21 pays, dont M.Bush.\u2014 d'après AP France Un abbé populaire L'ABBÉ PIERRE reste la personnalité préférée des Français, juste devant le footballeur Zinedine Zidane et le chanteur Jean-Jacques Goldman, selon un sondage publié par le Journal du Dimanche.Les personnes interrogées devaient désigner, parmi une liste de 50 noms, les 10 qui « comptent le plus » ou qu'elles « aiment le mieux ».Le fondateur d'Emmaüs arrivait déjà en tête du classement lors d'un sondage similaire diffusé en décembre dernier.En revanche, l'international français du Real Madrid est passé de la quatrième à la deuxième place, détrônant l'ancien champion de judo David Douillet, désormais quatrième.\u2014 d'après AFP Photo Associated Press © Le premier ministre de France, Jean-Pierre Raffarin, s'entretenant avec une personne âgée à Fleurey-sur-Ouche, près de Dijon.La chaleur diminue en France Le pouvoir reste l'objet de vives critiques Agence France-Presse PARIS \u2014 La chaleur a diminué en France, mais le gouvernement reste l'objet de vives critiques tandis le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a appelé hier à une mobilisation en faveur des personnes âgées, principales victimes d'une canicule qui aurait fait plus de 3000 morts.«À travers cette douloureuse crise que nous avons vécue avec cette canicule, est apparu un drame français qui est cette solitude, parfois cet abandon, des personnes âgées », a dit M.Raffarin lors d'une visite dans une maison de retraite du centre de la France.Les personnes âgées ont été le plus durement touchées par la vague de chaleur, sans précédent depuis près de 30 ans, qui a submergé la France pendant une quinzaine de jours.« Cinquante pour cent des décès ont eu lieu hors de l'hôpital.C'est une profonde faille de la société française que cette solitude des personnes âgées », a dit M.Raffarin alors que lui-même et son gouvernement sont très critiqués depuis plusieurs jours.Dans une interview au journal Le Monde, le président de l'Association des médecins hospitaliers urgentistes de France, Patrick Pelloux, a réclamé « un vaste travail d'autopsie » du système de santé français pour « comprendre les raisons de tant de dysfonctionnement ».Il faut « repenser et revaloriser le système des urgences, lui redonner une autre place dans notre système de santé publique », a admis de son côté le premier ministre.Le bilan de la canicule en France pourrait dépasser les 3000 morts, un chiffre incomparablement plus élevé que dans d'autres pays européens où la chaleur a été d'une intensité semblable.Les socialistes ont demandé une commission d'enquête parlementaire et un responsable du PS, Arnaud Montebourg, a exigé, comme les Verts, la démission du ministre de la Santé, Jean-François Mattei.« Le temps est à la solidarité, pas à la polémique », a déclaré M.Raffarin comme pour apaiser les esprits alors que le président Jacques Chirac, qui n'a pas interrompu ses vacances, a lui aussi été critiqué.« Il est choquant que le chef de l'État, si prompt à intervenir lors de crises, ne dise aucun mot ou n'intervienne d'aucune manière », a dit Alain Rou, président du groupe Vert de Paris.Face à l'afflux de victimes de la chaleur, hôpitaux et pompes funèbres ont été débordés et depuis vendredi dernier les halles de Rungis qui alimentent Paris et sa région, sont devenues la plus grande morgue de France.Un vaste entrepôt désaffecté de 4000 m2 qui déjà abritait hier 35 victimes, peut désormais accueillir 2000 dépouilles en attente d'inhumation.Le hangar devrait recevoir 700 corps au plus jusqu'à demain ou mardi, a indiqué un responsable, le nombre de morts ayant diminué après une baisse sensible de la chaleur au cours des deux derniers jours.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NNUUMMÉÉRROO NNUUMMÉÉRROO TTiiraaggee dduu TTiiraaggee dduu TTiiraaggee dduu TTiiraaggee dduu Ventes totales: Prochain gros lot (appr.): PPaarrticcippaatioonn ggrraatuuitee CCoommppléémmeennttaairree:: 7/7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 GAGNANTS LOTS CCoommpplléémmeennttaaiiree:: CCoommpplléémmeennttaaiiree:: (2288) 22000033-0088-1166 22000033-0088-1166 TTiiraaggee dduu 22000033-0088-1166 TTiiraaggee dduu 22000033-0088-1155 TTiiraaggee dduu 22000033-0088-1155 (3300) 22000033-0088-1166 22000033-0088-1166 (1122) 11 403 948 $ 77 550000 $$ 55 , ,0000 $$ 220099 228888, ,3300 $$ 22 334477, ,8800 $$ 114455, ,6600 $$ 1100, ,0000 $$ 1100, ,0000 $$ Au bout de son rouleau Quelque chose s'est brisé en lui, il est tendu, nerveux au bout, vraiment au bout de son rouleau, je ne le reconnais plus.Il s'énerve pour tout et pour rien.La crispation des traits du visage, ça ne ment pas.Des tremblements des cordes vocales, une boule dans la gorge, ça ne ment pas.Par la transposition du physique au moral, et du moral au physique, nous exprimons tous, à certaines occasions, la nervosité, la tension, le surmenage.Il faut se décontracter et Décontrak-Tin décontracte.Les nerfs à fleur de peau?Décontrak-Tin décontracte.Tendu?Décontrak-Tin décontracte.Dominé par les nerfs?Décontrak-Tin décontracte.Insomnie?Décontrak-Tin décontracte et aide au sommeil.Eh oui! Décontrack-Tin, décontracte.C'est pour ça qu'il a été créé.(DIN : 02239962 émis par Santé Canada).Promotion Montréal : (514) 272-1365 Ligne extérieure : 1 800 272-1365 Mauricie : (819) 378-7777 Estrie : (819) 823-3322 Évaluation d'un nouveau médicament expérimental dans le traitement de la maladie osseuse de Paget Avoir un diagnostic confirmé de la maladie de Paget Ne pas recevoir de traitement contre la maladie de Paget depuis 6 mois Communiquez au : (514) 890-8383 (boîte vocale) Maladie osseuse de Paget Le Centre de recherche du CHUM recrute des hommes ou des femmes de plus de 30 ans.ÉTUDE : DURÉE : PROFIL : 6 mois avec suivi pour une période prolongée L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1 7 A O Û T 2 0 0 3 A 5 Le bonheur est dans la panne collaboration spéciale LE COMMENTATEUR à CNN n'en revenait pas : « Les New-Yorkais sont calmes.Les New-Yorkais ne paniquent pas.» C'est sûr! Les New-Yorkais ne vous entendent pas ! Ils n'ont pas d'électricité ! Ils ne vous écoutent pas dire toutes les 30 secondes que c'est le plus gros black-out de l'Histoire, que plus de 50 millions de personnes sont atteintes, que c'est effrayant.Ils sont relaxes.Ils ne le savent pas que c'est grave.Ils rentrent chez eux, ils mangent leur pizza froide avec leur Coke chaud, puis ils se couchent.Pas de trouble.Il n'y a rien à faire.Si leur télévision avait fonctionné, on leur aurait dit que leur situation était catastrophique, ils seraient restés scotchés à leur poste, ils n'auraient pas dormi de la nuit, mais là, comme elle ne fonctionne pas, ils l'ignorent.Alors ils ronflent, peinards.C'est nous autres, les caves, à Montréal, qui nous en faisons.C'est nous qui paniquons.Pourtant, toutes nos bébelles sont opérationnelles : notre télé, notre ordinateur, notre Internet.Pis c'est ça, le problème : même si ça va très bien, à force de regarder du monde nous dire que ça va mal, on finit par angoisser.Ce qui nous amène à conclure que ce sont les maris volages qui ont raison : « Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal.» Il y a des milliers de couples heureux grâce à cette maxime.Si les New-Yorkais, Torontois et autres victimes de la panne n'ont pas paniqué, c'est qu'ils étaient à l'abri du cirque médiatique.Entre vous et moi, manquer d'électricité une douzaine d'heures, ce n'est quand même pas la fin du monde.Léonard De Vinci n'a jamais eu d'électricité de sa vie, ça ne l'a pas empêché d'être une lumière.C'est la mayonnaise qu'en font les médias qui rend toute situation épouvantable.Au fond la nouvelle était simple : « Il y a une panne d'électricité dans une bonne partie de l'est de l'Amérique du Nord.C'est plate, mais faites-vous z'en pas, ça va revenir bientôt.» C'est tout.Point, à la ligne.Le problème, c'est que cet énoncé dure 10 secondes.Et les chaînes d'information sont en ondes 24 heures sur 24.Alors on a étiré.Pas à peu près.On nous a montré des images de gens qui marchent en essayant de nous émouvoir : « Regardez, les pauvres New-Yorkais sont pognés pour marcher.Ah ! Là ! là ! » Au début, ils nous ont eus.On s'est dit : « C'est effrayant ! » Mais après, en y pensant un peu, on a bien vu que ces images n'avaient rien d'épouvantable.Ça avait juste l'air du Festival de jazz pas de musique.Il y a des choses pires dans la vie que de marcher.Les Libériens qui courent en se faisant tirer dessus, ça, c'est troublant.Mais des New-Yorkais qui marchent par une belle journée d'été, y a rien là.OK, vous me direz qu'ils ne pouvaient pas se servir de leur cellulaire.C'est vrai que ça, c'est catastrophique.Quoique ça devait faire l'affaire de certains maris.Donc, on nous a montré des images de gens en train de marcher et de lumières pas allumées.On a déjà vu pire pour tirer les larmes.Juste quand on venait pour zapper, autour de minuit, le chef d'antenne nous a regardés avec un petit sourire en coin.Il était fier de son coup: « Mesdames, messieurs, nous avons des images exclusives, des images insoutenables.Figurezvous donc qu'il y a des personnes obligées de coucher dehors ! » Et là, ils nous ont montré du monde étendu par terre.C'était censé nous impressionner.Come on ! C'est sûr que si ces gens-là s'étaient déshabillés avant de se coucher, ç'aurait été plus impressionnant.Spencer Tunik aurait pu venir les photographier ! Mais il aurait fallu qu'il ait un bon flash ! Moi, voir des dizaines de personnes habillées dormir à la belle étoile, je trouve que ça plus l'air d'un show très plate de la Saint- Jean que d'une tragédie.Mais ils n'ont pas cessé de nous les montrer.En boucle.Le monde qui marche.Le monde qui dort.Le monde qui marche.Le monde qui dort.Et ils ont meublé, le reste du temps d'antenne avec des conférences de presse.Ça, y en a eu, des points de presse.La conférence de presse du maire de New York, du gouverneur de New York, du sénateur de New York, du maire de Toronto, du maire de Cleveland, du maire de Detroit, alouette.Ils n'arrêtaient pas de dire à la population de rester calme.Pauvres eux autres ! La population, elle ne vous entend pas, la population, elle n'a pas d'électricité ! Le monde qui vous écoute, c'est le monde du Québec.On est les seuls, dans le coin, qui en avons.Faque vous auriez pu vous forcer pour parler français ! Même le président Bush a parlé à la nation.Pour rassurer ceux qui ne le voyaient pas.Le président n'était pas inquiet du tout, parce qu'il y avait de l'électricité au Texas, alors ses chaises électriques pouvaient continuer à fonctionner.Tout était sous contrôle.Ce n'était vraiment pas facile pour CNN, LCN, RDI et les autres de virer une panne d'électricité en événement dramatique.On voyait que les journalistes s'ennuyaient du 11 septembre.D'ailleurs, ils n'arrêtaient pas d'en parler : « Ça nous rappelle le 11 septembre.» Allô?Le 11 septembre, deux avions plein de passagers sont rentrés dans deux tours pleines de monde qui se sont effondrées.Le 14 août, à part de la crème glacée fondue dans les frigidaires, y a pas grand chose qui a disparu ! Mais il faut les comprendre, les reporters : passer 24 heures à dire « il n'y a pas de problème, pas de crime, pas d'accident, tout est calme », ça ne doit pas être très motivant.Surtout que lorsque l'électricité est revenue, ils ont essayé encore d'étirer ça durant deux jours : « L'électricité est revenue ! L'électricité est revenue ! » Oui, pis ?Va donc jouer dans l'eau avec ton fil de micro ! Les gens privés de courant ne savent pas la chance qu'ils ont eue d'avoir la paix durant quelques heures.Une journée sans télé, sans cellulaire, sans courriel, sans tondeuse, sans scie électrique, ça doit faire du bien.Ça doit régénérer l'esprit.Même que ça devrait faire partie de l'accord de Kyoto.Une journée par année, on éteint.On débranche.Toutes les villes du monde déploguent.Congé.Pas de nouvelles, bonnes nouvelles.Non, mais c'est vrai, il y a de multiples avantages à la panne obligatoire : il n'y a pas eu de crime à New York durant le blackout, ce qui confirme une chose : les bandits commettent des délits pour se voir à la télé.Quand la télé ne fonctionne pas, ça ne vaut pas la peine, ils restent chez eux.Donc, si on établissait des journées sans courant, la pollution et la criminalité baisseraient.Deux gros problèmes de réglés.Je vous le dis, le bonheur est dans la panne.Sains et saufs RAYMOND GERVAIS TROIS ENFANTS qui s'étaient égarés en forêt dans le parc de la Mauricie en fin d'après-midi vendredi ont été retrouvés sains et saufs hier midi par un hélicoptère de la Sûreté du Québec.Les enfants, deux soeurs âgées de 9 et 11 ans ainsi que leur cousin de 9 ans, avaient quitté leurs parents vendredi vers 16 h, peu de temps après leur arrivée au terrain de camping du lac Mistagance.Les enfants se sont aventurés pour une courte randonnée au moment où leurs parents s'affairaient à monter les tentes.Vendredi, des recherches avaient été effectuées jusqu'à la tombée de la nuit, mais sans succès.Dès la levée du jour hier, les recherches ont repris à l'aide d'un maître-chien et d'un hélicoptère de la Sûreté du Québec équipé d'une caméra infrarouge.Soixante-dix personnes, dont une quarantaine de policiers de la SQ, des gardiens du parc ainsi qu'une équipe de spécialistes en recherche en forêt ont participé à la battue.Malgré leur nuit à la belle étoile, les enfants se portaient bien lorsque les policiers les ont enfin rejoints.Ils se trouvaient dans une clairière, à un peu plus de 2 kilomètres de leur camping.Selon le directeur du parc, Albert Van Dijk, ils ont fait preuve de débrouillardise malgré leur jeune âge.Après s'être rendu compte qu'ils étaient perdus et qu'ils passeraient probablement la nuit en forêt, ils ont cassé des fougères afin de se faire un lit et de couper l'humidité du sol.Ils se sont ensuite serrés les uns contre les autres afin de conserver leur chaleur et se sont endormis.Le fait qu'ils soient demeurés ensemble a grandement facilité les recherches.Des ambulanciers les ont examinés à leur sortie de la forêt et ont jugé que leur état ne nécessitait pas leur transport à l'hôpital.Inquiets et angoissés, leurs parents ont passé une bien plus mauvaise nuit que leurs petits.Photo BILL PUBLIANO, Getty Images Les journaux ont servi de couvre-plancher vendredi lorsque les voyageurs surpris par la panne ont du passer la nuit à l'aéroport John F.Kennedy.Dans le noir et.dans le rouge Politiciens américains et canadiens à la recherche d'un bouc émissaire Délit de fuite à Sainte-Adèle Presse Canadienne DÉLIT DE FUITE mortel la nuit dernière à Sainte- Adèle, dans les Laurentides.Trois hommes qui se trouvaient dans un groupe d'une cinquantaine de personnes rassemblées en bordure de la route 117, face à un bar, ont été happés par une automobile.L'un d'eux, un jeune de 18 ans, a perdu la vie.Il a fracassé le pare-brise de la voiture pour finir sa chute à l'intérieur de l'automobile.Le conducteur du véhicule, un homme de 59 ans, a fui les lieux de l'accident avec le corps de la victime.Il a été retrouvé et arrêté dans le stationnement d'un restaurant, une heure plus tard, alors que la victime était toujours à l'intérieur de la voiture.L'automobiliste, qui s'est soumis à un alcootest, fera face à de multiples accusations, dont celle d'avoir conduit avec les facultés affaiblies et d'avoir causé la mort.ALEXANDRE SIROIS LA PRESSE À WASHINGTON QUI A ÉTEINT LA LUMIÈRE ?Au cours des derniers jours, les autorités américaines et canadiennes se sont publiquement entredéchirées en tentant de répondre à cette question.À Washington aussi, on cherche désespérément un bouc émissaire.Démocrates et républicains se montrent mutuellement du doigt pour ne pas s'attirer le blâme des électeurs.Le président américain, George W.Bush, a abordé le sujet de la rupture de courant au cours de deux apparitions publiques.Il a chaque fois tenté de se mettre à l'abri des critiques avant même d'avoir à les essuyer.Il a expliqué à ses citoyens qu'il tentait depuis un certain temps de convaincre les membres du Congrès américain de donner le feu vert à la modernisation du réseau électrique.En vain.En effet, depuis maintenant deux ans, de sérieuses mésententes entre les parlementaires ont freiné l'adoption d'un projet de loi hautement controversé sur l'énergie.Avant la suspension des travaux pour le mois d'août, chacune des deux chambres du Congrès (toutes deux dominées par les républicains) a adopté un projet de loi à ce sujet.Le hic, c'est que ces projets de loi comportent des différences majeures.Dès septembre, des négociations seront nécessaires pour en arriver à un consensus.L'un des points en litige est une mesure visant à mettre sur pied des organisations régionales pour rassembler tous les acteurs du réseau et permettre, éventuellement, le partage des ressources électriques d'un océan à l'autre.Une telle initiative ne fait pas le bonheur des politiciens de l'ouest et du sud du pays, où l'électricité coûte moins cher.L'Arctique va y goûter Une autre pomme de discorde entre les parlementaires concerne un projet lourd de conséquences pour les Canadiens.La Chambre des représentants souhaite, à l'instar de M.Bush, ouvrir le refuge national de l'Arctique à la prospection pétrolière.Ce parc naturel de 7,7 millions d'hectares se situe en Alaska, à proximité de la frontière canadienne, et abrite quelque 150 000 caribous et 160 espèces d'oiseaux migrateurs.Le Canada s'est toujours fermement opposé à ce projet, qui déplaît à une majorité de sénateurs américains.Avec les événements des derniers jours, Ottawa aura certes fort à faire pour convaincre Washington de ne pas aller de l'avant avec ce projet.Les environnementalistes américains ont déjà dit être persuadés que la panne d'électricité jouera en leur défaveur dans ce dossier.Car si la tendance se maintient, les politiciens américains trouveront rapidement un terrain d'entente.Depuis jeudi, les deux grands partis se démènent pour ne pas être la cible de la grogne des électeurs éprouvés.Tous s'évertuent à montrer qu'ils sont préoccupés et pleins de bonne volonté.Le président républicain du comité sur l'énergie et le commerce de la Chambre des représentants a fait savoir qu'il y aurait en septembre des audiences sur la panne d'électricité.Un sénateur démocrate membre du comité équivalent au Sénat a réclamé la même chose auprès de ses pairs.Et le comité sur la sécurité intérieure de la Chambre des représentants a aussi annoncé qu'il se pencherait sur la question.Les baisses d'impôts décriées Les neuf candidats qui briguent le leadership du Parti démocrate ont également tenté de tirer leur épingle du jeu et de mettre à mal leurs adversaires.L'ancien gouverneur du Vermont, actuellement vedette de la course au leadership démocrate, a affirmé que c'était grâce à lui si les États de la Nouvelle-Angleterre avaient été épargnés par la panne : il aurait jadis refusé que le réseau électrique de ces États soit relié à celui de New York.Le sénateur floridien Bob Graham a pour sa part déclaré au New York Times : « L'Amérique n'a pas les ressources nécessaires pour reconstruire l'infrastructure (électrique) nationale en raison des baisses d'impôts de 900 millions (octroyées par le président américain) aux Américains les plus riches.» M.Graham sait très bien que le véritable talon d'Achille du président demeure la faiblesse de l'économie.Depuis son arrivée au pouvoir, près de 3 millions d'emplois ont disparu.Cette année, le déficit américain se chiffrera à 455 milliards de dollars américains.Les démocrates pourront faire valoir que la panne d'électricité est en quelque sorte la cerise sur le gâteau et reprocher à George W.Bush d'avoir plongé l'Amérique à la fois dans le noir et.dans le rouge.La bombe à l'ail Le phénomène a éclaté.Place à l'ail Sulfo-Génik, souverainement riche en allicine.Nous avons isolé l'allicine et les dérivés Sulfo-Génik de cette bulbe d'ail, une véritable bombe d'éléments soufrés.Nous avons concentré dans l'ail Sulfo-Génik, une richesse d'éléments Sulfo- Génik (soufrés), puisés dans l'allium sativum et l'allium capa.L'ail Bio-Complex Sulfo-Génik, issu de la conception Sur-Actif, est une véritable mine d'éléments Sulfo-Génik.Oui, un bénéfice, un gain supranutritionnel allicino-actif, un super aliment, meilleur que l'ail frais coupé ou broyé.Capté sous vide par lyophilisation de l'allicine et l'alliin qui génèrent une puissance de 4000 mcg d'allicine, un gain théorique de premier ordre et supérieur qui vous procure un ail giganteum Sulfo-Génik sans odeur.Une véritable bombe.Promotion Montréal : (514) 272-1365 Ligne extérieure : 1 800 272-1365 Mauricie : (819) 378-7777 Estrie : (819) 823-3322 A6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 Au secours, mon identité! À VOS AFFAIRES s g r a m m o n@l a p r e s s e .c a Comme 24 000 Canadiens l'an dernier, vous pourriez être victime d'usurpation d'identité.Les voleurs frappent au hasard, employant toutes sortes de stratagèmes.Ils utilisent vos données confidentielles pour vider vos comptes et en ouvrir d'autres.à votre nom.Pas facile de s'en sortir quand on est la cible d'un tel fraudeur ! « Avec une carte de crédit, votre risque final est faible.Il se limite généralement à 50 $.Mais avec une carte de débit, c'est le contraire.Le fardeau de la preuve est sur les épaules du client », dit Jim Gaston, coauteur de Protecting your Money, Privacy and Identity from Theft, Loss and Misuse.À vous d'établir que vous n'êtes aucunement responsable des dommages.« Cela exige des négociations avec votre banquier.Le résultat dépendra des circonstances du crime, mais aussi de la relation que vous avez avec votre banquier.Et ils essaieront de vous attraper, par exemple, en vous demandant à quel endroit vous aviez écrit votre NIP, alors que vous ne l'avez jamais écrit nulle part », raconte M.Gaston.Vous pourriez être tenu responsable des pertes si vous n'avez pas pris les mesures de sécurité nécessaires, comme choisir un NIP convenable, ne jamais écrire votre NIP, etc.« Ça a été dit et redit.À la limite, il se pourrait que l'institution refuse de payer », confirme Jacques Hébert, directeur au Québec de l'Association des banquiers canadiens.Malheureusement, près du quart des utilisateurs de cartes ont un NIP facile à deviner ou à obtenir, selon une enquête menée l'an dernier par la firme Ekos.Laver sa réputation « Il faut en moyenne 175 heures et 800 $ aux victimes pour remettre les choses en ordre », évalue Cairine Wilson, vice-présidente de l'Institut canadien des comptables agréés (ICCA).« Ça peut durer des années et des années.Le voleur peut toujours recommencer.Les chances qu'on l'attrape sont minimes.On n'a aucune espèce d'idée de qui ça peut être », déplore le lieutenant-détective Claude Bussière, du Service de police de la Ville de Montréal, citant le cas d'un individu qui a reçu pendant des années des contraventions dont il n'était pas responsable.Si vous êtres victime d'usurpation d'identité, voici tout de même quoi faire pour laver votre réputation de crédit.La première étape consiste à remplir un rapport de police.« Ensuite, allez voir votre institution financière et dites-lui : il faut qu'on se parle et ça va être long ! » dit M.Hébert.Il n'est pas possible de faire vous-même les rectifications auprès des agences d'évaluation de crédit, comme Trans Union et Equifax.Ce sont les commerçants et les institutions financières qui ont été fraudés qui doivent communiquer avec les agences de crédit pour vous disculper.Malgré tout, il faut appeler les agences de crédit pour faire ajouter une note à votre dossier.Si le fraudeur fait de nouvelles demandes de crédit en votre nom, l'agence alertera l'institution prêteuse.M.Gaston donne aussi le conseil suivant : dès que vous obtenez la collaboration d'un banquier ou d'un commerçant qui reconnaît votre innocence, demandez-lui une lettre qui vous facilitera la tâche lorsque vous vous présenterez chez les autres.Si vous éprouvez des difficultés à vous entendre avec votre banquier, adressez-vous à l'ombudsman de l'institution.Si le différend persiste, portez plainte à l'Ombudsman des services bancaires et d'investissement.Vous pouvez aussi communiquer avec l'Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACMFC) ou des organismes qui veillent à la protection des consommateurs.« Tout au long du processus de règlement de la plainte, la Banque n'a pas le droit de geler l'argent qui se trouve dans notre compte », précise Martin Pachéco, chef d'équipe à ACMFC.Illustration ANTHONY BAKER, collaboration spéciale © Des trucs pour réduire les risques Histoires d'horreur > La carte de débit reste coincée dans le guichet automatique.Un étranger s'approche du client en lui disant qu'il vient d'avoir le même problème.Il lui suggère de composer son numéro d'identification personnel (NIP) plusieurs fois.Rien à faire.Une fois le client parti, l'étranger qui avait préalablement inséré un mécanisme dans le guichet fait ressortir la carte.Parfois, les voleurs dissimulent une petite caméra audessus du clavier pour filmer le NIP.Ce genre d'arnaque est de plus en plus fréquent.On en compte parfois une demi-douzaine par semaine.p p p > Un voleur s'empare d'un relevé de compte dans une boîte aux lettres.Il remplit la demande de changement d'adresse et fait ensuite une demande pour une nouvelle carte.Ou encore il appelle le titulaire de la carte en se faisant passer pour un employé de la banque qui désire lui envoyer une carte plus récente.Ce genre de cas se produit très souvent, selon le Service de police de la Ville de Montréal.p p p > On commence aussi à voir des immigrants illégaux qui se font proposer une fausse identité à l'aide de laquelle ils peuvent se trouver un travail.En contrepartie, ils doivent verser un pourcentage de leur salaire au réseau qui leur a fourni les faux papiers.La personne qui s'est fait dérober sont identité découvre la supercherie lorsque le ministère du Revenu lui affirme qu'une partie de ses revenus n'apparaît pas sur sa déclaration.p p p > Le coup classique : un commerçant malhonnête passe la carte de débit du client dans une « glaneuse », un appareil qui copie la bande magnétique.Pendant ce temps, un complice épie le client et mémorise son NIP.La police a arrêté 18 personnes qui s'étaient approprié frauduleusement quelque 2 millions dollars, au cours des mois de septembre et octobre seulement.Votre vie de tous les jours 1- Signez immédiatement les cartes et les documents lorsque vous les recevez.2- Vérifiez tous vos relevés de comptes et signalez immédiatement toute anomalie.3- Votre numéro d'identification personnel (NIP) est votre signature électronique.Ne l'écrivez nulle part, surtout pas dans votre portefeuille ou votre agenda.4- Votre NIP ne doit pas être facilement décodable (ex: 12345, 2222, votre adresse, votre numéro de téléphone).5- Inscrivez toujours le NIP le plus long possible et changez-le souvent.6- Rangez vos documents personnels (passeport, relevés de compte, etc.) dans un lieu difficile à trouver, de préférence sous clé.Après un vol à domicile, prévenez la police des documents personnels disparus.7- Ne révélez pas d'information personnelle au téléphone, à moins d'avoir établi vous-même la communication ou d'être certain de l'identité de la personne au bout de la ligne.8- Déchiquetez tous les documents que vous jetez à la poubelle.Ne mettez rien au recyclage.p p p Votre portefeuille ou votre sac à main 1- Trimbaler seulement les cartes que vous utilisez quotidiennement.2- Laissez à la maison votre carte d'assurance sociale, votre certificat de naissance, etc.3- Ne laissez jamais votre portefeuille sans surveillance, ni à l'hôtel, ni dans votre auto, ni au travail.Il se vole plus de cartes de crédit dans les lieux de travail que partout ailleurs.4- Si vous perdez ou si vous vous faites voler votre portefeuille, avertissez tout de suite la police, les institutions financières et les autres émetteurs de vos cartes.Faites les démarches même si vous retrouvez votre portefeuille.p p p Votre courrier 1- N'utilisez pas une boîte aux lettres extérieure, où le courrier peut facilement être volé.2- Si vous avez une boîte postale communautaire, videz-la quotidiennement.Assurez- vous qu'elle n'a pas été forcée : parfois les voleurs ne prennent qu'une seule enveloppe, pour ne pas vous alarmer.3- Gardez en mémoire la date à laquelle vous recevez habituellement vos comptes.Faites enquête dès que vous constatez un retard.4- Allez chercher vous-même les documents plus précieux : carnet de chèques, permis de conduire, passeport, etc.5- Assurez-vous de bien faire suivre tout votre courrier lorsque vous déménagez.p p p Votre carte de crédit et de débit 1- Assurez-vous que la carte de crédit qu'on vous remet après une transaction est bien la vôtre.Les cartes peuvent être substituées, surtout si on l'apporte hors de votre vue (ex : au restaurant).2- Si un guichet automatique vous semble suspect, ne faites pas de transaction, sortez et appelez la police.3- Composer votre NIP à l'abri des regards.4- Reprenez toujours votre carte et vos relevés de transaction.5- Détruisez les cartes dont vous n'avez plus besoin.p p p Vos transactions sur Internet ou par téléphone 1- Ne faites pas de transactions bancaires sur votre téléphone cellulaire.L'information peut être interceptée, y compris votre code d'accès.Idéalement, n'utilisez pas non plus un téléphone sans fil.2- Munissez-vous d'un logiciel antivirus et coupe-feu (ex :Mc Afee ou Norton).Il en coûte environ 60 ou 70 $, mais cela vaut amplement le prix.3- Méfiez-vous des sites qui exigent des renseignements personnels et financiers avant de divulguer leur offre de produits.4- Ordinateur portable, agenda électronique, Palm Pilot ou iPAQ, peuvent contenir autant d'information que votre portefeuille.Gardez-les toujours sous surveillance.p p p Durant vos voyages 1- Transportez une liste des numéros de téléphone des institutions à alerter en cas de vol.2- Utilisez une carte de crédit « secondaire » pour faire vos réservations d'hôtels et de voitures.3- Faites le moins possible de transactions bancaires sur votre ordinateur branché à l'aide d'une connexion Internet de l'hôtel.www.lapresseaffaires.com LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 A7 Le labyrinthe irakien maintient ses défis Ni Schwarzenegger ni la «panne historique» ne soustrairont l'administration du bilan qu'elle devra faire Sur fond de vacances, de canicule et de dégradation de l'emploi, les États-Uniens d'août 2003 s'intéressent moins à la question dominante de l'actualité depuis un an : l'Irak.L'irruption d'un Arnold Schwarzenegger dans le paysage politique et autres pannes d'électricité record ne font rien pour ramener le sujet à l'avant-scène.Mais le dossier irakien ne sort pas pour autant du labyrinthe auquel il nous avait habitués, avec ses pièges sur le terrain, ses méandres diplomatiques, sa finalité aussi, plusieurs esprits conservateurs aux États-Unis commençant à s'interroger sur cette chaotique « reconstruction ».Sur le terrain irakien, on n'en est plus aux cambriolages et à l'assassinat presque quotidien de soldats américains : >>On évoque de plus en plus l'activité de cellules de résistance à l'occupation, certaines émanant d'éléments étrangers.Les attentats comme celui perpétré contre l'ambassade de Jordanie à Bagdad marquent une étape dans l'évolution de la résistance, en clair : l'émergence du terrorisme dans sa forme élémentaire qui consiste à tuer des civils, signale un analyste du New York Times.>>Les occupants travaillent d'arrache- pied à former rapidement des polices capables d'assurer l'ordre public mais les résultats restent maigres.Depuis deux mois, explique le Washington Post, le vol de véhicules est devenu le crime le plus courant à Bagdad.Il a ceci de particulier qu'il vise surtout les grandes marques, Mercedes, BMW, Opel, et qu'il se pratique à la pointe du fusil en pleine rue, au rythme de 70 véhicules par jour.>>L'électricité ne revient toujours pas sur une bonne partie du territoire, suscitant la colère des citoyens, pendant que les Irakiens du sud se demandent s'ils obtiendront le nécessaire kérosène pour se chauffer cet hiver, tout en voyant reprendre les exportations de leur brut.Risques d'émeutes à Bassora, redoute le New York Times.>>Les Américains triment dur sur la remise en marche de la production pétrolière et s'en félicitent, bien que les objectifs ne soient pas atteints.Mais le Wall Street Journal décrivait avec force détails la semaine dernière les embûches quotidiennes dressées par les forces ennemies : attentats et vandalisme.>>Fort de son bon droit et de sa certitude de tout savoir sur l'organisation d'une économie nationale, l'occupant américain scrute dans le détail les 48 grandes entreprises d'État irakiennes \u2014armature de l'industrie nationale avec leurs 100 000 employés\u2014 et explore leur transformation en sociétés privées livrées au jeu du marché, rapporte le Journal.Grogne républicaine On vise loin et haut, mais cela coûte cher et, à Washington, même des républicains en vue commencent à se poser des questions.Le sénateur républicain Richard Lugar, président de la Commission des affaires étrangères, n'hésite pas à parler d'une mauvaise planification de l'après-guerre en Irak, une guerre d'ailleurs « qu'il nous faut encore gagner », s'est-il plaint avec amertume à l'émission Meet the Press, au réseau NBC.L'International Herald Tribune, de son côté, dans une dépêche datée de Washington, cite des analystes privés qui n'exluent pas une facture globale de 600 milliards de dollars US pour la reconstruction de l'Irak.Tant dans l'entourage du président Bush que du côté du patron de la reconstruction en Irak, Paul Bremer, on évoque des coûts fragmentaires de l'opération, mais personne n'ose avancer un coût d'ensemble ; un chiffre qui ferait bondir le Congrès, estime, amer, le républicain Jim Kolbe, président de la Commission des crédits budgétaires de la Chambre des représentants.Nombre d'analystes américains subodorent l'ampleur de ces chiffres.Mais faute de pouvoir les additionner, ils militent en faveur d'une forme d'internationalisation de la tâche de reconstruire l'Irak, histoire de faire partager la facture et l'effort humain par d'autres pays.Partager la tâche ?Plusieurs ont évoqué les Nations unies comme partenaires de l'opération.« Pilons sur notre orgueil, nous avons besoin de troupes et d'argent en Irak », écrivait début août Max Boot, fellow du Council on Foreign Relations, dans le New York Times, en appui à une collaboration de l'ONU en Irak.M.Boot et d'autres estiment que l'intervention de l'ONU dans ce dossier dissiperait l'image d'une « reconstruction par l'occupant » sans détruire l'autorité réelle des États-Unis dans la marche de l'opération.Le débat aura été de courte durée : le New York Times nous apprenait jeudi dernier que l'administration Bush a fait son lit : il est exclu que les Nations unies jouent un rôle dans l'occupation de l'Irak (comme l'exigeaient la France, l'Inde et d'autres pays comme conditions de participation au maintien de la paix) et les États-Unis verront eux-mêmes à aller recruter les troupes étrangères désireuses d'oeuvrer sous l'occupant actuel.Ce choix est risqué pour l'administration en raison de la pression grandissante aux États-Unis \u2014 et chez leurs soldats en Irak \u2014 pour un rapatriement des boys.Les 139 000 militaires américains en Irak ne peuvent compter à ce jour que sur 21 000 soldats venus de 18 pays, dont 11 000 de Grande-Bretagne.L'administration compte embarquer une douzaine d'autres pays dans les manoeuvres irakiennes.Un porte-parole du Pentagone rêve d'un bloc de 44 pays.Dans un premier temps, le président Bush avait paru pencher pour l'option onusienne défendue par le secrétaire d'État, Colin Powell.Mais le vice-président, Dick Cheneyé et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qui nourrissent une méfiance profonde envers l'ONU, paraissent ainsi l'avoir emporté.Chez les patrons du Pentagone, on redoute que la présence de l'ONU en Irak n'entrave la liberté de manoeuvre des États-Unis dans le maintien de la sécurité en Irak tout comme d'ailleurs dans la guerre au terrorisme.Le chroniqueur Thomas L.Friedman, du New York Times, qui s'est installé à Bagdad depuis un moment, doute que les États-Unis disposent « du temps, de l'argent et du personnel » voulus pour mener à bien la reconstruction en Irak, l'impuissance à réactiver la distribution de l'électricité se présentant comme l'exemple le plus frappant.On laisse tout tomber ?Edward Luttwak, réputé analyste du Centre for Strategic ad International Studies, va, lui, au-delà du doute : « Le temps est venu pour nous de plier bagage en Irak », dit le titre d'un article paru en page éditoriale du Sunday Telegraph, de Londres.L'auteur évoque les coûts, mais surtout ridiculise les prétentions de construire une démocratie en Irak.Il paraît évident, dit-il, qu'aucun groupe signicatif de population en Irak ne veut de la démocratie que souhaite leur imposer l'administration Bush.Les sunnites ou les chrétiens instruits de l'élite de Bagdad vouent volontiers du respect à la démocratie théorique mais n'accepteront jamais d'être gouvernés par une majorité chiite, et encore moins par un axe chiite-kurde.Quant aux chiites (55% de la population irakienne), ils ne reconnaîtront pas l'autorité des élus mais celle de leurs imams et de leurs ayatollahs.Bâtir une démocratie dans ce contexte prendra 30 ans, sinon 60, poursuit M.Luttwak.L'administration Bush ne peut escompter un gouvernement colonial de plusieurs décennies.d'autant que plusieurs Américains présents sur le terrain sont déjà « dégoûtés de la futilité de leurs tâches ».L'auteur souhaite que les Américains équipent rapidement l'actuel Conseil de gouvernement de forces de sécurité, lui cèdent tous les pouvoirs et s'en aillent.Photo Associated Press © Cette photo, prise avant le lever du soleil le 7 août dernier, à Tikrit, à 180 kilomètres au nord-ouest de Bagdad, illustre à sa façon l'ambiguïté de la présence américaine en Irak.Un soldat américain pose gentiment la main sur l'épaule d'un prévenu.Mais des 35 prévenus de ce raid nocturne, un seul a pris le chemin des cellules pour interrogatoire.Dans le pays, racontent des Irakiens, ce qui pouvait avoir l'allure de « reconnaissance » s'est transformé en « humiliation ».Coeur Odeur Climatiseur Noirceur LA MÉDECINE privée peut avoir ses ratés.Le New York Times signale le cas d'un hôpital privé de la petite ville de Redding, en Californie, devenu une sorte de champion de la chirurgie cardiaque.Au point que des médecins ont porté l'affaire à l'attention du gouvernement.Après enquête, le gouvernement et le petit hôpital ont convenu d'une amende de 54 millions de dollars pour tests et opérations chirurgicales jugés non nécessaires.Deux médecins, le cardiologue Chae Hyun Moon et le chirurgien Fidel Reallyvasquez, ont été montrés du doigt dans cette affaire, le premier s'étant adonné à 876 recours au cathéter de la partie gauche du coeur en un an, soit au minimum quatre fois la performance de n'importe quel de ses collègues du Nord-Est de la Californie.Les problèmes du petit hôpital ne s'arrêtent pas là : des centaines d'opérés songent à des poursuites.Et les actions du petit hôpital jadis prospère ont chuté des trois quarts.ÇA SENT FORT, le purin de porc ?Beaucoup de gens le constatent au Québec, mais pas autant que dans le petit Danemark, l'un des plus importants exportateurs de porcs au monde.Ce pays de 5,4 millions d'habitants élève 24 millions de porcs par année.Cette année, les producteurs affrontent un puissant lobby formé d'une coalition circonstancielle d'écologistes, d'amis des animaux et de magnats du tourisme.Comme ailleurs, l'industrie du porc devient de plus en plus concentrée au Danemark, note The Economist.Il y a 20 ans, 60 000 éleveurs danois produisaient 13 millions de porcs ; aujourd'hui, 13 000 éleveurs en produisent deux fois plus.Ce qui veut dire, au nez commun, des concentrations d'odeurs beaucoup plus élevées.De petites entreprises de proximité ont dû fermer leurs portes, l'air étant devenu insupportable.Des maisons deviennent invendables.Et par jours de canicule, il faut garder les fenêtres fermées.SI LES NORD-AMÉRICAINS ont découvert à la maison les vertus de la climatisation, les Européens en général s'y sont familiarisés surtout par le lieu de travail et l'automobile.Mais les canicules se multipliant depuis quelques années, les Européens à leur tour s'équipent de plus en plus de climatiseurs à domicile, rapporte le New York Times.Le marché s'est stabilisé aux États-Unis mais augmente au rythme de 10% par année en Europe.Japonais, Chinois et Coréens ont pris le haut du marché avec de petits appareils adaptés aux minuscules appartements des villes européennes.En cette année d'une chaleur exceptionnelle, la croissance du marché pourrait atteindre les 20 %, dit un distributeur français.Mais comme dans le cas des OGM, nombre d'Européens trouvent les climatiseurs malsains.Malsains ou pas, quand il fait chaud, c'est chaud : un magasin Carrefour, d'Aulnay-sous-Bois, en banlieue de Paris, a vendu 200 appareils par jour cet été.PENDANT QUE des millions de New-Yorkais et autres Nord-Américains jouissent du retour de l'air climatisé, des sociétés ici et là de par le monde se demandent comment réduire la consommation d'énergie.La République tchèque à cet égard y va d'une proposition tout à fait inusitée: réduire au minimum l'éclairage de nuit.C'est le premier pays à légiférer en ce sens, rapporte le Los Angeles Times.L'astronome Jan Hollan est le chef de file de ce mouvement.L'éclairage de nuit, dit-il, perturbe la vie animale, menace la vie des gens et gâche le pur plaisir d'observer les étoiles.L'éclairage de nuit de la ville de Brno (400 000 habitants), se plaint M.Hollan, est devenu tellement intense qu'il faut un téléscope pour observer la Voie lactée.L'astronome croit que cette « pollution par la lumière » brise l'équilibre des êtres vivants : les faisceaux attirent les oiseaux la nuit, l'éclairage urbain fait se déplacer des millions d'insectes.Pour les humains, la pollution par la lumière gêne leur sommeil et la sécrétion de certaines hormones essentielles. A8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 Afghanistan: un pays hors de contrôle?ANDRÉ DESMARAIS > Pr é s i d e nt du cons e i l d'ad m i n i s t rat i o n GUY CREVIER > Pr é s i d e nt et é d i t e u r P H I L I P P E CANTIN > Vi c e - p r é s i d e nt à l ' i n f o rmat i o n et é d i t e u r ad j o i n t m i c h e l e .o u i m e t@l a p r e s s e .c a Sécurité.C'est l'ingrédient essentiel pour réussir la reconstruction de l'Afghanistan.Pourtant, jamais elle n'a été aussi précaire.Mercredi, l'Afghanistan a été secoué par des incidents meurtriers.Une bombe a explosé dans un minibus au sud du pays, tuant 10 civils, dont six enfants ; dans le nord, des combats entre factions rivales ont fait une vingtaine de morts et 25 blessés ; dans l'est, huit talibans ont été tués par l'armée afghane.Total : une soixantaine de morts et des dizaines de blessés.En une journée.Sombre bilan.Les problèmes de sécurité sont énormes, colossaux.Les 5000 soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ne se déploient qu'à Kaboul, la capitale.Reste un immense territoire que le gouvernement afghan ne contrôle pas.Ou si peu.Deux ans après le départ des talibans, un an et demi après la conférence de Bonn, au cours de laquelle les pays occidentaux ont promis, la main sur le coeur, d'injecter des milliards de dollars, l'Afghanistan risque de basculer dans l'anarchie.Pour l'instant, un semblant d'ordre règne, mais personne n'est dupe.Le président Hamid Karzaï, en dépit de sa toute bonne volonté, se bat contre des seigneurs de la guerre 10 fois plus puissants qui l'ignorent superbement.Ironiquement, l'Afghanistan se retrouve à peu près dans la même situation qu'au début des années 1990 alors que les seigneurs de la guerre contrôlaient le pays et multipliaient les actes de violence et les exactions contre la population.Dix ans plus tard, ce sont toujours les mêmes seigneurs qui contrôlent les mêmes territoires : Ismaïl Khan dans l'ouest, Rachid Dostom dans le nord, Gul Agha Sherzai dans le sud.p p p En deux ans, l'Afghanistan a fait peu de progrès : les seigneurs de la guerre narguent Karzaï, l'argent promis par les pays occidentaux se fait rare, la production d'opium n'a jamais été aussi florissante et Kaboul a toujours des airs de ville bombardée.Tout est à faire dans ce pays, où seulement trois des 32 provinces sont reliées par téléphone et où la paie des fonctionnaires est transportée à la main d'une province à l'autre.Pourtant, en 2001, la reconstruction de l'Afghanistan était la priorité des priorités des pays occidentaux.Mais une crise en chasse une autre.Aujourd'hui, l'Afghanistan se retrouve un peu seul, l'Irak prend toute la place.L'OTAN a pris en charge l'ISAF mais ce n'est pas suffisant.La force internationale doit s'étendre audelà de Kaboul.Sinon, comment organiser des élections libres et démocratiques en juin 2004 et comment venir en aide à la population, qui a cru, peut-être naïvement, aux promesses de l'Occident ?Si l'ISAF couvre tout le territoire, elle devra trouver 10 000 nouveaux soldats.À la fin des années 1990, l'OTAN a fourni un soldat pour 65 Bosniaques et un pour 68 Kosovars.Actuellement, il n'y a qu'un soldat pour 5555 Afghans.La communauté internationale doit fournir un effort supplémentaire sinon plus personne ne la croira lorsqu'elle interviendra militairement dans un pays en promettant de le reconstruire.Serge.Chapleau@lapresse.ca Droits réservés CELSIUS L'été ou la chasse à cours ARLETTE COUSTURE L'auteure est écrivaine.QUI EÛT cru ?La vie s'annonçait sans histoire et j'ai été la première surprise d'apprendre que dans ce match, j'aurais la santé en berne et l'imagination déployée.Puisque je n'avais qu'une seule vie à vivre et que je n'avais plus le choix des armes, aussi bien la vivre en montréalaise, en parisienne et en piscénoise pour en tripler le bonheur.Le printemps était ma saison préférée.Il effaçait le blanc sale de la neige aplatie et laissait apparaître les pousses fragiles des fleurs sauvages et vivaces.Il sentait la promesse des capiteux parfums de la touffeur.J'ai commencé à le regarder d'un autre oeil, il y a près de dix ans maintenant.Le printemps avalait le néant blanc du Saint-Laurent, allumait les réverbères qui balisaient la voie maritime de leur halo jaunâtre et accueillait les lacquiers imposants, moins imposants, les horsbords et les véliplanchistes insensibles au froid.En quelques saisons à peine, le printemps a cessé d'être ma saison préférée et est devenu le seuil de l'été.J'ai commencé à le vivre autrement.Chanceuse, j'ai pu abandonner mon printemps québécois pour me précipiter sur celui de la France où les narcisses, les jonquilles et les autres fleurs du bouquet de mars étaient déjà là, alors qu'ici rien n'avait percé la terre trop froide pour y vivre.J'ai vécu mon printemps d'avril à Paris, qui ressemble à notre été de juin.L'air embaume les lilas et les mimosas.Les glycines ont déjà la tête courbée sous le poids de leurs fleurs.Et les paulownias dont les branches offrent des grappes de fleurs si hautes, que presque personne ne peut les cueillir.À Paris, dans les cafés, les magasins, on porte le sourire comme une écharpe légère.Le soleil est là avec son cortège d'ombres.Ma cour est là aussi, avec ses fleurs en pots, ses coquettes d'été.Sur les quais de la Seine, on m'a déjà vendu les petits brins de muguet.Aussitôt mes articulations réchauffées, je rentre à Montréal, triste de voir les pelouses encore incolores, les trottoirs toujours abandonnés.Je regarde ma cour, sinistrée par le froid.J'ai perdu trois immenses chèvrefeuilles, un prunus pourtant majeur, mes rhododendrons n'ont plus de bourgeons, l'été tarde Je hante les pépinières.Binette, sarcloir, fleurs, je passe à l'attaque.Mai est loin d'être fini que les annuelles sont en terre, les arbres morts essouchés, les gicleurs branchés dans le fleuve qui charrie son engrais.Mes plates-bandes, grâce à ces derniers, sont à l'abri du gel.Mes cabanes d'hirondelles sont prêtes.Les oiseaux sont arrivés.Je retourne à l'été chaud tandis que ma cour et mon jardin de Montréal sont en incubateur.Cette fois c'est le Midi de la France qui m'attend.Seule ma cour est fraîche à cause des pierres des murs qui la ceignent.Il fait chaud, la Méditerranée lèche le sable et les coquillages qui attendent d'être ramassés.Sur les plages encore abandonnées, on monte les cantines saisonnières, on prépare des parasols sous un soleil qui brûle la peau des maîtres nageurs occupés à surveiller les sabots des mousses des écoles de voile et les catamarans des plus grands.Je sais qu'à Montréal, les tulipes et les jonquilles ont réussi à percer l'écorce, les muguets promettent de belles clochettes et les lilas sont lourds.La terre du Languedoc, elle, se fait bichonner et gratter et poudrer.Les vignes enjambent département après département, accrochées à flancs de montagne parfois uniquement accessibles à pied aux métayers des Cévennes.Ma belle petite ville de Pézenas est déjà ouverte aux amateurs d'architecture, d'artisanat ou aux fans de Molière.Dans la vieille ville, presque toutes les maisons ont retrouvé preneur.C'est déjà l'été chaud et odorant.C'est déjà les murs délavés par l'éclairage vif du soleil.Je suis lézard, je suis scorpion et je me réfugie dans la vielle pierre qui était là, taillée par le tailleur et ouvrée par le sculpteur avant même que Champlain n'ait mouillé en face du cap Diamant.Pézenas était fréquenté par le Roi Soleil ou sa mère alors que le beau Saint-Laurent venait à peine d'être tracé sur les cartes maritimes des mappemondes.Et tout à coup l'ocre des pierres, l'ocre des lampadaires, l'ocre de la terre sous les pieds de vignes me font manquer l'ocre des couchers de soleil sur le fleuve.Et je rentre pour ne plus bouger pendant des mois.Ma cour est là, les rosiers du jardin fiers de milliers de roses, les lilas embaument, la pelouse est verte et le clapotis du fleuve me berce.L'été est ici aussi et je m'en goinfre.Les fleurs sont d'une générosité à faire pleurer.Tous les matins, si le vent du fleuve les a trop assoiffées, je leur donne à boire.Je les connais toutes.J'arrache les pétales qui ont fini leur spectacle et leur vie, j'attends ceux qui donneront.Je respire le parfum des pétunias mauves, de la rose rustique, du lilas.Les hirondelles sont affairées, le mâle à protéger sa femelle qui couvera encore une semaine avant que les jeunes n'apparaissent et les occupent pour vingt et un jours.Leur trissement me réveille tous les matins.Les goélands aussi.Les canards sont là et auront des petits tout l'été, même en août.Je mange dehors, je lis dehors, je fais la sieste dehors, je me baigne dans la piscine, je vais faire la fête chez des amis, je reçois ici aussi, je suis heureuse.C'est l'été.Je le veux immortel et pourtant il me trahit.À peine nées, les fleurs sont fatiguées, la pelouse roussit, les arbres perdent leur fierté.Vivement, tromper la vie, me mentir encore un peu et me faire croire que je peux prolonger l'été.Les treillis tombent et les fleurs si généreuses sont arrachées, sauf les pensées.Les bulbes sont mis en terre.Je ne veux pas regarder.J'ai peur de l'automne qui s'annonce.Alors je me sauve.Je retourne dans le Midi qui sent la fin des vendanges.Les champs sont encore verts, le platane de Saint-Guilhem-le-Désert encore plus vieux, plus gros, les routes sont rouges des raisins tombés des cageots.C'est l'été dont on commence à parler au passé.On dit qu'il a été chaud, ou sec, ou pluvieux, ou court, ou long.On le blâme pour tout.Pour les mauvaises récoltes, les feux de forêts, la sécheresse, les inondations, le manque de touristes, le débordement de touristes, les vacances pourries, la hausse des prix, la chute des prix et celle de Lance Armstrong.Je ferme les volets et soupire.Je vais à Paris où ce n'est plus l'été.Les écrivains parlent de la rentrée littéraire, les comédiens de leur première, les peintres de leur vernissage, les syndicats de grèves.Ce n'est plus l'été, il me faut ouvrir les convectairs.Je rentre et me terre.Angoissée.J'ai toujours collée au ventre l'angoisse que la terre décide de ne pas renaître.Fasse la grève ou soit atteinte d'Alzheimer.J'ai toujours peur que mon au revoir au jardin et à mes cours soit le dernier.J'ai toujours peur que mon été ait été.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © «L'été est ici aussi et je m'en goinfre.Les fleurs sont d'une générosité à faire pleurer.» \u2014 Arlette Cousture Écoutez Arlette Cousture faire la lecture de ce texte ce matin à 9 h 20 à l'émission L'Été et rien d'autre qu'anime Franco Nuovo à la Première Chaîne radio de Radio-Canada (95,1 FM à Montréal).L'Été et rien d'autre LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 A9 Invitée de la Terre Une honte YVES HAMEL L'auteur est un Montréalais.NON SEULEMENT la ville de Montréal ne va pas éliminer ces nids de criminalité que constituent les bars dits « after hours », ces bars qui fonctionnent en dehors des heures normales d'affaires dans le centre-ville de Montréal, mais elle va accepter d'en augmenter le nombre.C'est ce qu'on pourrait appeler une volte-face du style « virage à 360 degrés » de la part du conseiller Robert Laramée et ses acolytes.Faut-il le rappeler, ces bars particuliers constituent les endroits publics de la ville où il s'est commis le plus de meurtres et de tentatives de meurtres au cours des trois dernières années dans la ville de Montréal.Ça c'est une belle image pour la Ville de Montréal ! Les dirigeants de ces « after hours » disent pourtant qu'il faut maintenir ouverts ces bars pour l'image auprès des touristes.Il faudrait se poser la question : « Vis-àvis quels touristes ?».les New-Yorkais qui sont habitués de voir ce genre de nids de crimes ou les touristes d'ailleurs dans le monde, principalement européens ?Personnellement, comme plusieurs des résidants du centre-ville, je suis parmi ceux qui croient que ces bars donnent une très mauvaise image de la ville.Il m'est arrivé à de nombreuses occasions de passer devant ces bars tard dans la nuit.On y trouve toujours une file d'attente de clients indisciplinés et bruyants qui vous bloquent effrontément le trottoir lorsque vous essayez d'y circuler sans passer sur le trottoir de l'autre côté de la rue.Qui plus est, les espèces de gros boeufs généralement vêtus de noir qui sont supposés maintenir l'ordre devant la porte, sont des employés unilingues anglais et qui vous envoient promener en anglais si vous osez manifester votre mécontentement.Il me semble que si la Ville de Montréal n'est pas capable de se tenir debout pour éliminer ces endroits de bas étage dans le centre-ville, elle devait à tout le moins poser des exigences minimales quant à l'image extérieur de l'établissement.Elle devrait exiger que les membres du personnel de ces bars « after hours » (.et cela vaut aussi pour les autres bars du centre-ville !) parlent d'abord français.puis, l'anglais comme langue seconde La ville de Montréal n'est-elle pas supposément la deuxième ville de langue française au monde ?Alors, faudrait peutêtre l'afficher devant les touristes qui la fréquentent non ?SARAH DROLET-LAFLAMME Âgée de 18 ans, l'auteure est étudiante en sciences humaines.J'ÉCRIS À TOUS les gens qui sont sceptiques face à la vie.J'écris à tout ceux qui rêvent d'un monde pur et sain.J'écris à ceux qui aiment la terre, à ceux qui aiment la vie.Il est difficile de comprendre le comportement des humains, qui est souvent irréfléchi et qui a de lourdes conséquences.C'est au bord d'un lac que j'ai compris.J'étais en camping avec trois copines à la réserve écologique Mastigouche, près de Joliette.Je me suis assise et j'ai admiré la beauté et la richesse d'un paysage sans pylône électrique, sans civilisation, sans asphalte.J'ai senti que j'étais bien petite de taille et de nombre face à cet immense lac et à la forêt qui m'enveloppait chaleureusement.Je me suis rendue compte que l'on devait tout à la nature, à la terre.Dans ce petit coin de paradis, j'ai pris conscience que je n'étais pas habitante mais bien invitée de la Terre.Une invitée privilégiée.Je me suis sentie chanceuse d'être invitée à admirer ce spectacle unique.Un spectacle qui est joué continuellement et qui passe pourtant souvent inaperçu.La vie m'avait permis, à moi, d'être là.Moi et mon amie Nadine avons observé les étoiles et la vie nocturne.Le silence.Nous étions sidérées ou plutôt émerveillées.Le monde doit changer.Le monde est en train de changer.J'ai compris qu'on ne doit pas attendre des grandes institutions.Nous sommes des fourmis qui changeons le monde tranquillement par dessous la terre.La terre change, le monde a compris.J'ai ressenti l'urgent désir d'agir et de prendre soin de cette terre et de ce qui l'habite.Ce n'était pas un ordre que j'ai reçu.C'est la reconnaissance naturelle que je dois à la planète.Celle que tout le monde doit également.Le lendemain, ma copine et moi admirions les grenouilles, les oiseaux.Nous admirions la vie.C'est là que j'ai décidé, au bord de ce lac, que je veux transmettre ma passion pour la terre.Je serai professeur de géographie.Je veux enseigner l'amour de la terre.L'art d'en prendre soin.Donner l'heure juste sur la place de l'homme sur la terre.Là, sur le bord de ce lac, j'ai senti la vie.C'était intense.C'était vrai.À titre d'auteure de la lettre primée de la semaine, Mme Drolet-Laflamme recevra une copie laminée de cette page.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse © Sarah Drolet-Laflamme souhaite devenir professeure de géographie afin d'enseigner l'amour de la terre et l'art d'en prendre soin.Des boîtes noires Manque de respect! pour les voitures! BERNARD VIAU L'auteur demeure à Saint-Jérôme.ENFIN UNE proposition intelligente, pratique et moderne pour en finir avec les conducteurs au cerveau liquéfié qui se rient des cours de justice, du gros bon sens et des victimes qu'ils laissent estropiées pour la vie en conduisant comme des cons, en boisson ou gelés comme des glaçons.Une proposition du ministère des Transports serait à l'étude qui obligerait les constructeurs automobiles à équiper toutes leurs nouvelles voitures de boîtes noires comme dans les avions.Au départ, l'idée serait de facturer les automobilistes en fonction des routes qu'ils empruntent et des heures de pointe choisies.Pas besoin d'un quotient intellectuel élevé pour en déduire qu'il deviendra alors possible de déterminer si un conducteur dépasse les limites de vitesse.Un prototype de système à l'étude permettrait à la boîte noire de détecter les limites permises pour ensuite limiter la vitesse de la voiture.La « boîte » permettrait également de cibler les conducteurs sans assurance car elle utiliserait le système de positionnement GPS pour les localiser.Elle pourrait être équipée de façon à barrer le volant s'il détecte des particules de boisson ou de drogue dans l'haleine des conducteurs.Les procureurs de la Couronne salivent d'avance à l'idée d'avoir des preuves en béton pour leurs causes et enfin, nos routes seraient débarrassées des chauffards, bouffons et autres imbéciles motorisés qui se prennent pour Jacques Villeneuve.Vie privée Le problème reste évidemment de nature politique car les défenseurs de la vie privée ne manqueront pas de crier au scandale.Que les estropiés, les survivants et les endeuillés de la route rongent donc leur frein, une telle loi est loin d'être passée.Une chose est probable, lorsque ma fille passera son premier permis de conduire, les boîtes noires seront devenues obligatoires.Oh, j'oubliais un détail ! L'étude a été déposée au Parlement britannique.Pas si tête carrée que ça les Britanniques ! Quelqu'un pourrait-il payer un voyage à notre ministre des Transports pour qu'il aille s'informer en Angleterre ?Le bon sens c'est contagieux, parfois ! PATRICK LEDUC L'auteur est Lavallois.J'AI RÉCEMMENT fait un voyage familial en camping au Québec.Notre très petite roulotte n'était équipée ni de toilette ni de douche.Nous avons donc fait l'expérience d'utiliser les installations sanitaires des terrains de camping.Dans tous les cas, l'absence de la plus élémentaire coquetterie caractérise ces lieux.Pour avoir accompagné ma conjointe lors de concours équestres, il est navrant de constater que les box des chevaux sont, dans la plupart des cas, mieux décorés que les installations sanitaires de nos campings et souvent plus propres.Des tuyaux de plomberie apparents qui vont dans tous les sens, des traces de moisissure, une finition rudimentaire réalisée avec des matériaux le plus bas de gamme possible ainsi qu'une absence d'eau potable sont au nombre des éléments observés.À première vue, ces observations peuvent être mises sur le compte de la rusticité volontaire des lieux.Après réflexion, il s'agit plutôt, selon moi, d'un manque de respect envers l'être humain et le goût du beau qui le particularise et le magnifie en quelques occasions.De plus, dans un pays de grands espaces comme le nôtre, pourquoi les cubicules des toilettes et des douches sont-ils si petits, à peine fonctionnels ?J'ai posé la question à un propriétaire.Il semble qu'on applique bêtement les mêmes standards de dimensions d'un terrain à l'autre sans souci de satisfaire la clientèle ! On applique tout aussi bêtement les mêmes standards sur la dimension des sites, qui sont tout aussi ridiculement petits.Bref, fini pour nous des stationnements de roulottes sales et laids ! Vive les auberges qui respectent la nature humaine ! Act of dog.NICOLE GAUTHIER L'auteure exploite le gîte touristique Le Petit Bonheur, à Montréal.J'AI « FÊTÉ », le 3 avril dernier, le deuxième anniversaire de mon agression par le chien de mes voisins ; c'était pas le gentil toutou qui « donne la patte », mais celui qui mord celles des autres.En l'occurrence les miennes, ce qui a causé ma chute dans un escalier.Et c'est en tentant de rejoindre la rampe de l'escalier que j'ai basculé, tête première contre le mur de plâtre en bas.Je vais vous faire grâce de la « période urgence et clinique d'orthopédie », je vous la résume par cette phrase : « je fus reçue comme un chien dans un jeu de quilles ».Me voilà le bras en écharpe, le cou dans un collet cervical, la hanche gauche amochée ; je me suis « patenté » une canne avec mon parapluie.J'ai un gros hématome à la jambe droite qui est enflée et boursouflée à cause des morsures ; et en plus, des ecchymoses à plusieurs endroits.Beau portrait.Moi, la travailleuse autonome, exploitante d'un gîte touristique, l'hyperactive, me voilà confinée à la maison, très souffrante.Je dois référer mes clients présents et futurs à d'autres gîtes.Je défais le travail que j'avais fait au cours des semaines et des mois précédents, ce, toujours à cause de ce maudit chien.Le toutou a été euthanasié, mais la dame m'a informée après coup qu'ils n'étaient pas « obligés ».Vu ma situation professionnelle et personnelle, je n'ai droit ni au bien-être social, ni à l'assurance-emploi ; pour l'IVAC, il faut avoir été agressé par un humain ! Des assurances personnelles ?Il n'y a rien pour les exploitants de gîtes touristique.Les responsables dans ça, c'est la compagnie d'assurance habitation des propriétaires du chien, soit la responsabilité civile.D'après vous, combien vaut une carcasse féminine de 56 ans qui était en bon état ?D'après la compagnie d'assurance, pas beaucoup.Au fil des mois le travail s'accumule, je souffre et je pleure.J'assiste impuissante au « crash » de mon entreprise.La mise en demeure, la réclamation des dépenses et du salaire perdu ont été envoyées ; je n'ai eu aucune aide, financière ou autre.Un peu plus tard dans l'été, j'ai tenté une reprise de mes activités car mon moral, et mon portefeuilles, n'en peuvent plus.Le tout s'est soldé par une détérioration de mon état.Puis en 2002, commence la partie de ping pong, expertises, avocat, rapports médicaux, offre, contre-offre ridicule.On se passe le dossier, on inscrit une note, puis on discute, on se téléphone, et moi j'attends.Ils pensent m'avoir à l'usure : ils se trompent ! Tout ce que je fais me prend plus de temps et si j'en fais trop j'ai des douleurs physiques qui me rappellent que maintenant j'ai des limites.Quand c'est le temps de payer notre prime d'assurance, faut pas que ça traîne ! Pour eux, tous les moyens sont bons pour écoeurer les victimes, dans le but évident qu'elles se lassent, acceptent un dédommagement ridicule ou abandonnent carrément.Alphonse doit avoir honte, et se retourner dans sa tombe.Nicole Gauthier A1 0 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 17 AOÛT 2003 La nouvelle vie d'Oetzi Il a d'abord blessé deux de ses poursuivants avec sa flèche, puis l'a brisée.Il a reçu une flèche dans le dos.Il s'est battu au corps à corps avec deux autres.Perdant son sang, il a probablement agonisé pendant plusieurs heures, voire un ou deux jours.Le drame s'est déroulé voilà 5300 ans, sur le glacier du Similaun, à la frontière austro-italienne, à plus de 3000 mètres d'altitude.Mais ce n'est que cette semaine qu'il a été élucidé, grâce aux efforts des archéologues italiens, autrichiens et australiens qui dissèquent le corps de ce chasseur de l'âge de cuivre.Le corps d'Oetzi, baptisé d'après le lieu où il a été découvert, est conservé au musée archéologique de Bolzano, une province germanophone de l'Italie.Il avait tout d'abord pris le chemin d'Innsbruck, mais l'Italie a réussi à en revendiquer la propriété.« Oetzi était un chasseur spécialisé des Hautes-Alpes », explique l'archéologue australien Thomas Loy, expert en analyses d'ADN ancien, qui a passé trois semaines à Bolzano cet été et a identifié le sang de quatre personnes sur la flèche, le poignard et le manteau d'Oetzi.« J'étais arrivé à cette conclusion en 1994, à ma première visite à Bolzano, en constatant que ses flèches étaient longues et légères, et son arc très puissant.S'il s'en était servi dans la forêt, les flèches auraient été trop fragiles pour les contacts avec les branches.» Pointe de flèche En 2001, des analyses radiographiques ont révélé une anomalie de deux centimètres dans l'épaule gauche d'Oetzi.Avec leurs mains, les archéologues ont alors dégelé délicatement la région en question et ont pu constater la présence d'une pointe de flèche qui a certainement causé la mort d'Oetzi, dont le corps est conservé dans un caveau réfrigéré.Un doute demeurait: Oetzi avait-il été assassiné, ou était-il mort à la suite d'un accident ?L'endroit de la blessure rendait peu probable la thèse de l'accident, mais les chercheurs ne pouvaient exclure qu'il soit tombé sur la pointe de flèche.C'est alors qu'est entré en jeu M.Loy, qui analyse l'ADN ancien depuis une vingtaine d'années, d'abord à l'Université de Colombie- Britannique, puis à l'Université de Queensland, en Australie, où la présence aborigène est beaucoup plus ancienne.« Dès qu'il m'ont appelé, j'ai accepté de venir avec mon équipement.J'ai aussi emmené un étudiant au doctorat.Ça nous a pris trois semaines pour identifier le sang humain sur les restes d'Oetzi », a raconté M.Loy, joint par téléphone à sa chambre d'hôtel, à la veille de son retour en Océanie.Tout d'abord, le sang de deux individus différents a été identifié sur la pointe d'une flèche d'Oetzi.Puis celui de deux autres personnes près d'une coupure dans le manteau de cuir d'Oetzi.« J'ai conclu que sa flèche s'était cassée après qu'il eut touché deux de ses assaillants », relate M.Loy, qui a également fait des études de biologie moléculaire.« Il les a probablement tués, parce qu'il a récupéré sa flèche après les avoir blessés.Cela ne signifie pas qu'il était sans défense : il y avait aussi du sang humain sur son couteau.Tous les échantillons avaient un ADN différent de celui d'Oetzi.La lutte a dû être rude : Oetzi avait des coupures à un bras et sur les doigts, comme s'il avait cherché à parer de la main des coups de couteau.Après la bataille, Oetzi a agonisé durant plusieurs heures : il a eu le temps de refaire une flèche avec les morceaux de deux flèches cassées.La reconstitution de l'histoire d'Oetzi est extraordinaire, vu le temps écoulé et, surtout, les dommages qu'a subis le corps à sa découverte.Le couple d'Autrichiens qui ont vu sa tête et ses épaules sortis de la glace ont d'abord cru qu'il s'agissait d'un promeneur mort récemment.Les secouristes ont donc utilisé un marteau et d'autres outils pour dégager le corps.L'arc d'Oetzi a été cassé en deux et des objets ont été abandonnés sur place \u2014les archéologues ont notamment récupéré son poignard au cours d'une expédition subséquente.L'équipement d'Oetzi était évolué, pour l'époque : hache en cuivre, poignard en pierre, arc et flèches en bois équipées de plumes pour leur imprimer un mouvement de rotation garantissant une meilleure visée.Il était vêtu d'un manteau de cuir, d'un pantalon et d'un pagne cousus, d'un béret et de bottes rembourrées de paille.Aussi humain que nous Thomas Loy compte revenir éventuellement pour compléter son analyse du sang trouvé sur les effets d'Oetzi.« On pourra voir quels animaux il chassait.Je trouve toujours cela émouvant de saisir un instant dans la vie d'un homme qui a vécu dans un passé si lointain.J'ai notamment trouvé des traces d'amidon cuit sur la hache d'Oetzi.Savoir ce qu'il mangeait pour déjeuner me le rend plus humain, plus proche.» L'analyse d'ADN ouvre des possibilités énormes à l'archéologie.Après 15 ans au Musée royal de la Colombie-Britannique, à Victoria, M.Loy a déménagé en Australie en 1987, où il a trouvé récemment de la matière organique \u2014sang et végétaux\u2014 sur des outils vieux de 300 000 ans.« Au Canada, je ne pouvais que remonter à 10 000 ans.Mais en Australie, ça remonte facilement à plusieurs dizaines de millénaires.En Afrique du Sud, un archéologue a trouvé des traces de matière organique sur des outils vieux de 2 millions d'années.» M.Loy, qui a 62 ans et est né a Los Angeles, a commencé sa carrière en tant que géologue.« Je travaillais pour l'industrie pétrolière en Alaska.Quand j'en ai eu assez, j'ai pris des cours d'archéologie à l'Université de Colombie-Britannique.Connaître des gens si éloignés de nous m'a rapidement passionné.Je me souviens d'un site, dans le nord de la Colombie-Britannique, où nous avons trouvé des traces de plumes et du sang de lapin.Je pouvais voir la personne qui, voilà 1300 ans, trempait des plumes dans du sang pour faire des dessins.Ça m'a terriblement frappé.» D'où lui vient cette fascination pour les scènes de la vie d'autrefois?Thomas Loy n'hésite pas longtemps : « Mon père et mon grand-père étaient ministres méthodistes.Pour eux, l'idée de la religion est de trouver ce qui rend les gens humains, de déterminer ce que c'est que d'être humain.À ma manière, avec la science, je fais la même chose.» Cette semaine, une mort remontant à 5300 ans a été élucidée.Oetzi aurait été assassiné à la suite d'une âpre lutte, ont découvert des archéologues au terme d'un minutieux travail de laboratoire, dont des analyses d'ADN millénaire.Le corps d'Oetzi, préservé par les glaces, a été découvert en 1991 à 3200 m d'altitude à la frontière austroaustralienne.L'archéologue australien Thomas Loy, ci-dessus, expert en analyses d'ADN ancien, a passé trois semaines à Bolzano cet été et a identifié le sang de quatre personnes sur la flèche, le poignard et le manteau d'Oetzi.La reconstitution de l'histoire d'Oetzi est extraordinaire, vu le temps écoulé et, surtout, les dommages qu'a subis le corps à sa découverte.Oetzi, baptisé d'après le lieu où il a été découvert, était un chasseur spécialisé des Hautes- Alpes italiennes.FAITS ET GESTES FRANÇOIS BERGER, f b e r g e r @ l a p r e s s e .c a Un survol d'informations sur des faits de société Couette, café et casino Le traditionnel motel en bordure de la route est graduellement délaissé pour le gîte touristique, aussi appelé couette-café (bed and breakfeast), montre une enquête de Statistique Canada sur les voyages des Canadiens à l'intérieur du pays.De 1996 à 2001, la fréquentation des motels a diminué de 26% au Canada, tandis que celle des gîtes a bondi de 64%.Phénomène surtout québécois dans les années 90, le gîte est maintenant populaire ailleurs au pays, surtout en Ontario.Les nuits passées à l'hôtel ont augmenté de 27% en cinq ans, tandis que l'hébergement chez des parents ou amis a chuté de 10%.Au cours de leurs voyages à l'intérieur du pays, 3%des Canadiens et 2%des Québécois ont fréquenté un casino en 2001, trois fois plus que cinq ans auparavant.Les Québécois font en moyenne trois voyages et demi par année à l'intérieur de leur propre province et un voyage tous les deux ans ailleurs au pays.Si la tendance se maintient.Lesfemmesobtiennent lamajoritédesnouveaux emplois, à temps plein comme à temps partiel, depuis les années 70 au Québec.De 1976 à 2001, elles ont décroché 73% des nouveaux emplois nets (ceux créés moins ceux perdus), une proportion qui a diminué à 52% en ce moment.Il y a plus de 25 ans, elles occupaient 35,4% de tous les postes, contre 45,4% en 2001.Si la tendance actuelle se maintient, l'égalité des sexes dans le monde du travail (on ne parle pas des salaires) devrait être réalité au Québec vers.2030.Dans l'ensemble du Canada, les femmes occupent encore les deux tiers des postes à temps partiel et 41% de ceux à temps plein.Cependant, en juin dernier, tous les nouveaux emploischezleshommesétaientàtempspartiel! La montée des femmes dans le monde du travail reflète leur prédominance à l'université, où seuls les doctorats sont encore décernés à une majorité masculine.Sources: Institut de la statistique du Québec, Statistique Canada Pas à pas L'exercice physique n'a pas les mêmes effets chez tout le monde en raison des différences génétiques d'un individu à l'autre, rapporte The Wall Street Journal en citant des études, dont une de l'Université Laval, à Québec.Un gène particulier, le récepteur mélanocortine- 4, expliquerait en partie la propension des gens à l'inactivité.Quoi qu'il en soit, la marche demeure l'exercice physique le plus acessible: la moitié des Québécois la pratiquent régulièrement.On recommande de faire entre 6000 et 10 000 pas chaque jour (de 4 à 7 kilomètres) pour garder la forme.L'homme de 45 millions Les avancées de la biotechnologie permettent de récupérer à peu près toutes les substances composant le corps humain.Si les organes, tissus, fluides et anticorps étaient revendus aux «prix du marché», ils vaudraient au total 45 millions $ US, a calculé le magazine Wired.La moelle osseuse rapporterait le gros lot, 23 millions, mais son porteur serait évidemment mort! L'ADN, qui contient le code génétique des cellules, irait cherher 9,7 mllions.Un coeur ne vaudrait que 57 000 $.Un ovule rapporterait 7000 $, mais le produit d'une éjaculation seulement 78 $.Aphorisme «L'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain.» \u2014 Stendhal, écrivain français (1783-1842) LES DOSSIERS DU DIMANCHE EXTRAORDINAIRE ENQUÊTE ARCHÉOLOGIQUE "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.