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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-12-29, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F1229 F-1 dimanche 7LP0101F1229 ZALLCALL 67 20:05:25 12/28/02 B NOËL, C'EST PAS DRÔLE POUR TOUT LE MONDE.12 DÉCEMBRE FILL133 Vous pouvez toujours faire un don en argent par la poste.S.V.P.émettre votre chèque à l'attention de la \u201cGrande Guignolée 2002\u201d Jeunesse au Soleil, 4251, St-Urbain, Montréal (Québec), H2W 1V6 Société Saint-Vincent de Paul, 1930, rue de Champlain, Montréal (Québec), H2L 2S8 Moisson Montréal inc., 6880, chemin de la Côte-de-Liesse, ville Saint-Laurent (Québec), H4T 2A1 12 7LP0201F1229 F2 DIMANCHE lect 7LP0201F1229 ZALLCALL 67 16:48:21 12/28/02 B L'écrivain de l'année: Yann Martel Les hauts et les bas de l'année littéraire 2002 Les temps changent.Quand le Booker Prize a été attribué cet automne à l'écrivain québécois francophone qui écrit en anglais, Yann Martel, personne ne s'est levé debout, ni n'a écrit dans les journaux, pour crier que Martel n'appartenait pas à la culture québécoise, comme cela avait été le cas, il y a quelques années, pour la Celine Dion, sans accent aigu sur le e, qui chantait en anglais.Yann Martel, fils de diplomates et traducteurs, est le troisième Canadien \u2014 après Michael Ondaatje et Margaret Atwood \u2014 et le premier Québécois, à remporter ce prix que l'on dit l'équivalent britannique du Goncourt en France, bien que les règles du jeu ne soient pas les mêmes.Le Booker Prize a été fondé en 1968 en Angleterre pour récompenser le meilleur roman de l'année écrit en langue anglaise dans les pays du Commonwealth britannique.S'il fut question, il y a quelques années, en changeant de commanditaires, d'ouvrir ce prix aux auteurs américains, le projet fut vite oublié à la suite des protestations de tous et chacun.Autre signe des temps peut-être : Life of Pi est un roman philosophique pour ne pas dire religieux.Tant qu'à dire religieux, ajoutons-y oecuménique, le héros étant tout à la fois mulsulman, hindou et chrétien.« Une réflexion sur la religion et la foi », a déjà dit Yann Martel à La Presse.L'histoire baroque qui nous est racontée évoque, selon les critiques, le réalisme magique de la littérature latino-américaine.Et Yann Martel, globe-trotteur de son état, ascète volontaire, n'a rien d'un Michel Houellebecq ou Maurice Dantec, ou d'une Christine Angot ou Nelly Arcan.Il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, ne s'épanche pas dans l'autofiction, ne se plaint pas, est végétarien, aime en particulier l'Inde, et milite pour des causes comme le commerce équitable et le bénévolat.Pour avoir assisté à l'une de ses séances de signatures, à la librairie Indigo, disons qu'il exerce un attrait certain auprès des gens qui sont nombreux à faire religieusement la queue dans le but d'obtenir un autographe.On peut prédire qu'il sera beaucoup question de lui, quand Life of Pi sortira en français, à l'automne 2003, traduit par ses parents, Nicole et Émile Martel aux éditions XYZ au Québec et par une autre maison d'édition en France dont le nom n'a pas encore été dévoilé.D'ici là, on se demande ce que les traducteurs inventeront pour justifier la transformation de Piscine Molitor Patel.le nom du narrateur, en Pi, une contraction justifiée par la connotation entre piscine et pissing, en anglais.Le titre, en français, ne peut pas être Vie de Pi quand même.Quelle bizarrerie ce serait ! CHANTAL GUY collaboration spéciale En fait, il n'y a qu'une seule réponse qui fait l'unanimité : l'attribution du prestigieux Booker Prize à un Québécois francophone écrivant en anglais, Yann Martel, pour son roman Life of Pi (voir le texte de Jocelyne Lepage ci-contre).« C'est un prix qui a un retentissement incroyable », explique notre critique Réginald Martel.Bruno Roy « C'est un événement majeur pour la littérature québécoise, d'autant plus que la démarche de Yann Martel est tout à fait originale » croit Bruno Roy, président de l'Union des écrivaines et écrivains québécois.L'animatrice de Cent titres à Télé-Québec, Danielle Laurin, est de cet avis, de même que le chroniqueur culturel Jean Fugère, qui anime depuis six ans les Mardis Fugère à la Maison de la culture Frontenac.Pour Jean Fugère, notre question permettait aussi de mettre en lumière le « non-événement » littéraire de l'année : les Prix Odyssée, diffusés à Télé-Québec en avril dernier.« Les prix quoi ?» diront certains.C'est justement le problème ! « Comment se fait-il que personne ne se souvienne de ce gala ?se demande l'animateur.Que les libraires n'aient pas emboîté le pas ?Quand on pense à la disparition d'émissions littéraires à la télé et à la radio ou aux difficultés des bibliothèques, on se dit que l'argent de ce gala passé inaperçu aurait pu être utilisé à autre chose.Je crois en fait que le monde du livre au Québec vit une crise de croissance et qu'il faudra bientôt une meilleure concertation des acteurs de la scène littéraire.» Une concertation qui s'avère difficile dans certains cas.Bruno Roy déplore la rupture des négociations entre l'UNEQ et l'Association nationale des éditeurs de livre sur la création d'un contrat-type dans le monde de l'édition.Une bataille qui, à ses yeux, rend encore plus important un organisme comme l'UNEQ, chargé de défendre les intérêts des écrivains, et qui fêtait cette année ses 25 ans d'existence.« Pour un organisme dont le but est de rassembler des « individualistes », 25 ans, c'est tout un exploit ! » Robert Laplante, animateur bénévole des émissions Parataxe à CISM et Au pays des bulles à Radio Centre- Ville, croit pour sa part que la disparition de l'émission Passages à la radio de Radio-Canada, a permis de constater le manque d'intérêt des médias pour la radio communautaire.« Tout le monde a déploré la suppression des émissions littéraires à la radio, sans jamais mentionner le travail des radios communautaires, qui en faisaient peut-être plus que Passages, affirme l'animateur.Le Quai des partances existe depuis 10 ans à Radio Centre-Ville, Parataxe depuis 12 ans, Au pays des bulles depuis sept ans, mais personne n'en a jamais fait mention parce qu'on juge que ce n'est pas important.En tout cas, ce qu'il faudra comprendre, c'est qu'une émission littéraire, par sa nature, ne pourra jamais obtenir des cotes d'écoute faramineuses ! » Une autre disparition inquiète Françoise Careil de la Librairie du Square sur la rue Saint-Denis.« C'est personnel, mais l'événement littéraire de l'année, pour moi, est la fermeture de la librairie Hermès, dit-elle.Je crois que tous les libraires indépendants se sentent concernés par cette annonce.Tout le monde devrait se sentir concerné.» Sans Laberge et Potter Autre son de cloche hors de Montréal de Normand Provençal, propriétaire de la librairie J.A.Boucher de Rivière-du-Loup et trésorier de l'Association des libraires du Québec.« Les ventes de livre ont progressé en 2002, mais pour le temps des Fêtes, elles ont baissé, dit-il.Je crois que ça s'explique par le fait qu'il n'y a pas de nouveaux titres de Marie Laberge ou de Harry Potter, qui étaient toujours très attendus et qui ont fait vivre les librairies ces dernières années.» Normand Provençal ajoute que l'événement de l'année dans son secteur fut la biographie de Pierre Cayouette sur le commandant Robert Piché qui, lors de son passage dans sa région d'origine, a signé au moins 800 autographes.Du côté des parutions-événements, Hélène Chassé de la librairie Olivieri et Saskia Deluy de la librairie Gallimard ont toutes deux suggéré La Tache de Philip Roth, comme un exemple d'achèvement et de perfection littéraire.Une libraire de Renaud-Bray\u2014Champigny, qui préfère taire son nom, dit en riant que la blague de l'année est l'attribution du prix Goncourt à Pascal Quignard pour Les Ombres errantes, un livre « difficile, qui se vend très mal, ce qui fait grincer beaucoup de dents ».Danielle Laurin estime que Les Corrections de Jonathan Franzen est le livre de l'année aux États-Unis.Du côté des prix, outre le Booker Prize à Yann Martel, l'animatrice tient à souligner le fait que Guillaume Vigneault a reçu en 2002 trois prix littéraires pour Chercher le vent, soit deux prix franco-québécois et le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec.« Pour un jeune auteur qui en est à son deuxième roman, cela me paraît très encourageant ! » Mentionnons que Guillaume Vigneault est aussi en lice pour le prix du public Archambault.À Paris, où le monde littéraire est sans cesse en bouillonnement, notre correspondant Louis-Bernard Robitaille affirme que le plus récent gag est le battage médiatique autour du livre Le Rappel à l'ordre, Enquête sur les nouveaux réactionnaires de Daniel Lindenberg qui tire sur tout ce qui bouge dans les milieux intellectuels.« Ce livre d'un illustre inconnu ne méritait que trois paragraphes dans un journal, mais tout le monde s'est excité comme s'il annonçait un coup d'État contre la démocratie.Avec pour résultat qu'on en vend 10 000 par semaine ces temps-ci ! » Pour terminer sur une note plus positive \u2014 et historique ! \u2014notre critique Jacques Folch-Ribas nous rappelle que 2002 a vu Alexandre Dumas entrer au Panthéon.« C'est le triomphe de la littérature populaire contre la littérature des élites ! » La Presse a demandé à quelques connaisseurs ce qui constituait, à leurs yeux, « l'événement littéraire de l'année ».Ce pouvait être un livre, un prix, un scandale, une célébration.n'importe quoi ! Étonnamment, parmi les réponses obtenues, peu se recoupent, ce qui nous a permis de faire un bref survol de la vie littéraire en 2002.Photothèque La Presse © L'auteur Guillaume Vigneault a reçu trois prix cette année pour Chercher le vent.MARTEL Suite de la page F1 SCLIAR Suite de la page F1 Je le remercie dans la note de l'auteur, au début du roman ; à chaque entrevue que j'ai faite depuis la parution du livre, dans la presse écrite, à la radio ou à la télé, j'ai raconté d'où m'était venue l'étincelle originelle ; j'ai même écrit un article pour un site web (allez voir ! www.powells.com) qui est affiché depuis des mois dans ce monde universel qu'est l'Internet, ce même article ayant été publié à nouveau par le National Post au Canada anglais et dans le Times de Londres.Pour moi, l'intérêt de l'affaire n'est pas là.Quand ma relationniste américaine m'a appelé, affolée, pour m'informer de la « catastrophe », moi, dans mon lointain Berlin, où je vis présentement, j'ai été simplement intrigué.Elle, elle gueulait comme le Capitaine Haddock ; moi, j'étais comme le professeur Tournesol.Peut-on plagier un livre qu'on n'a pas lu ?Quelle question fascinante.Voyons voir, maintenant que j'ai Max et les chats entre les mains.Après lecture, ce qui m'étonne, c'est à quel point, à partir d'une simple critique dans un journal, mon imaginaire s'était approprié ce livre.Je dis depuis des lustres aux journalistes que Max et les chats est l'histoire d'une famille juive qui gère un zoo à Berlin et qui, en 1933, les affaires allant mal, décide d'émigrer au Brésil.Le navire coule et le garçon de la famille se retrouve avec une panthère noire dans une chaloupe.Je pensais que c'était là la totalité de l'intrigue.Ah oui : et je disais aussi que la panthère noire, incarnation animale des nazis, portait le nom, délicieuse ironie, de « Rosie ».Eh bien, ce n'est pas ça du tout.Max et les chats est un roman plaisant à lire, à l'intrigue pleine de rebondissements, au symbolisme animal riche, à l'imagination foisonnante ; c'est une allégorie sur l'autoritarisme et comment s'en défaire.Mais ce n'est pas le roman que j'avais en mémoire.Max n'est pas juif.Sa famille ne gère pas de zoo.La date de son départ pour le Brésil, bien que durant l'ère nazie, n'est pas spécifiée.L'histoire du naufrage n'est qu'une petite partie close du roman, vingt pages sur 99 (mon roman en a 360 \u2014 plagier pendant 360 pages une histoire qui en a vingt, ça commence à ressembler au miracle de la multiplication des pains).Et, détail qui me sidère, la panthère \u2014 qui n'est pas une panthère, d'ailleurs, mais plutôt un jaguar \u2014 ne porte aucun nom.Cela veut dire qu'à la page 45 de Life of Pi, quand Pi parle des deux panthères du zoo de Pondichéry, Rosie et Copycat, personne, jamais, ne va comprendre le clin d'oeil que je fais à l'oeuvre qui m'a inspiré l'idée de départ.Une chose est claire : pour bien plagier, il faut avoir lu ! Parlons sérieusement.Que faire quand on est artiste et qu'on se sent inspiré ?Là est le vrai débat.Qu'est-ce qui est légitime comme source d'inspiration et qu'est-ce qui ne l'est pas ?Les écrivains qui se sont inspirés des classiques grecs sont légions.Shakespeare a emprunté du Boccace non seulement l'idée initiale mais la totalité de l'intrigue de Roméo et Juliette.Est-ce différent quand le Boccace en question est bien vivant (et très sympathique ; de New York, j'ai parlé au Senhor Scliar) ?Si je dois écrire un roman érotique, est-ce que j'ai le droit de m'inspirer de la femme de mon voisin ?Puis-je transformer un secret murmuré à mon oreille en oeuvre d'art publique ?Je ne sais pas.Il me semble que c'est le temps, par les lecteurs, qui va décider.Entre-temps, je veux dire ceci : je tiens Monsieur Scliar dans la plus haute estime et j'espère bien lui serrer la patte à la sortie de mon livre au Brésil.L'art est une forme de pont.Je souhaite que nos mains tendues et serrées symbolisent un pont entre le Canada et le Brésil et que sur ce pont il y ait tout un troc d'idées, de fraternité et de rires.Quand j'pense à mes p'tites panthères Rosie et Copycat.Un roman qui est, d'ailleurs, un livre d'idées : les considérations sur la religion, par exemple, occupent une bonne partie du texte.La famille décide de fermer le jardin zoologique et d'émigrer au Canada.Dans leur bateau voyagent aussi les animaux destinés à des zoos aux États-Unis.Le nom du bateau est d'ailleurs bien significatif des préoccupations métaphysiques de Martel ; malgré qu'il soit japonais, le navire porte le nom de Tsimtsum.C'est là une très belle image de la Kabbale : au début des temps, Dieu, pour ainsi dire, se recroqueville sur lui-même pour faire de la place à l'avènement de l'univers.Le bateau ne « se recroqueville » pas, mais coule plutôt.Pi s'en tire, partageant un canot de sauvetage avec un tigre \u2014 Richard Parker \u2014 une hyène, un orang-outan et un zèbre.En remplissant sa fonction de carnivore, le tigre dévore les autres bêtes ; bientôt, Pi se retrouve seul avec lui dans un voyage qui durera 227 jours, et qui se terminera sur la côte mexicaine.Pi Patel devra alors affronter d'autres fauves, c'est-à-dire les investigateurs de police qui veulent connaître les causes du naufrage et qui ne croient pas à son histoire.Il est alors obligé d'inventer une autre histoire, en remplaçant les animaux par des êtres humains qui entretiennent des rapports violents.Troublantes ressemblances La deuxième partie du livre correspond à la deuxième partie de mon Max e os felinos.Au début, le jeune Max est en Allemagne nazie, d'où il s'enfuit dans un bateau qui transporte aussi les animaux d'un zoo ; il y a naufrage et il se retrouve dans un canot de sauvetage en compagnie d'un jaguar.Ça se ressemble ?Beaucoup.Il est vrai que les textes sont différents, et que la métaphore fonctionne de manière différente dans chaque cas.La vision religieuse de Martel transparaît dans son livre.Max e os felinos a été publié en 1981, encore sous la dictature qui dominait alors le Brésil.Ma génération d'écrivains \u2014 ceux qui ont commencé à publier à la fin des années 1960 et au début des années 1970 \u2014 a été marquée par le climat d'autoritarisme de cette période, qui mettait chaque intellectuel \u2014 chaque citoyen \u2014 dans le rôle d'un naufragé dans une chaloupe et face à une créature énigmatique et menaçante.Par ailleurs, en tant que Juif, je fais partie d'un groupe humain qui a été persécuté et exterminé sous le régime nazi, le même régime devant lequel Max fuit, comme tant d'autres, pour recommencer la vie au Brésil.Pour Max comme pour moi, le jaguar était un symbole d'oppression.Il a été intéressant de voir l'idée resurgir sous une nouvelle forme dans Life of Pi.Cela représente, jusqu'à un certain point, une reconnaissance \u2014 perturbée, certes, par la polémique.Mais si on laisse de côté les controverses, j'espère que cet incident servira à montrer comment une même métaphore peut inspirer des lectures différentes.Cela, après tout, montre l'immensité de cet océan qu'est la littérature, et dans lequel chaque écrivain pilote son bateau comme il peut, même avec des fauves à bord.Cet article a été traduit du portuguais brésilien par Sergio Kokis.M.Kokis est un auteur québécois d'origine brésilienne qui écrit en français.Ses principales oeuvres, toutes publiées chez XYZ, sont Le Pavillon des miroirs, L'Art du maquillage, et la trilogie des Saltimbanques (Saltimbanques, Kaléidoscope brisé et Le Magicien).Ça se ressemble?Beaucoup.Iles t vrai que les textes sont différents, et que la métaphore fonctionne de manière différente dans chaque cas.Peut-on plagier un livre qu'on n'a pas lu?Quelle question fascinante. 7LP0301F1229 f3 lectures dimanche 7LP0301F1229 ZALLCALL 67 19:29:20 12/28/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 9 D É C EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 3 ENTREVUE Picasso, le roi-soleil KATIA CHAPOUTIER collaboration spéciale PARIS \u2014 Près de 30 ans après sa mort, Picasso continue à susciter fantasmes et rumeurs.Pour remettre les pendules à l'heure, Olivier Picasso, son petit-fils, publie Portraits de famille, une enquête où on découvre un génie difficile mais humain.« Mon grand-père était un roisoleil, un astre dominateur dont les femmes étaient les planètes satellites, tournant, s'écartant parfoisquand il ne décidait pas de les envoyer s'éteindre au fond de la galaxie.» Ainsi commence le livre d'Olivier Picasso, dont le but est de dresser un portrait juste et équitable du peintre.Picasso, roi-soleil encore adulé, décrié, admiré, n'a jamais laissé personne indifférent.Et pour cause : tous les ingrédients sont là pour la plus sulfureuse des sagas.Un génie, de l'argent, des femmes légitimes et illégitimes, des enfants adultérins pour la plupart, un héritage immense, une succession (« complexe mais pas compliquée », précise Olivier Picasso) et des suicides.Pas moins de trois proches : Marie-Thérèse Walter, grand-mère d'Olivier, Pablito Picasso, le premier petit-fils, et Jacqueline Roque, la dernière épouse.Pas étonnant que l'image de Picasso sente le soufre.Pour rectifier (voire redorer) l'image de son grand-père, Olivier Picasso est parti à la rencontre de tous ceux, anonymes ou célèbres, qui l'avaient côtoyé.Il revient sur le rapport du peintre avec les femmes, la politique, l'argent, la famille et la mort.Sans tabou.Tout simplement passionnant.Q La Presse : Pourquoi avoir eu besoin de faire ce livre ?R Olivier Picasso : Depuis une quinzaine d'années, toutes les biographies ou les articles qui sortaient étaient de plus en plus négatifs par rapport à l'homme Picasso.Et j'étais très surpris car, d'un côté, j'avais ma mère qui avait des souvenirs heureux, et de l'autre, j'avais une vision de Picasso qui semblait de plus en plus perverse donc plus difficile.On avait l'impression d'avoir un artiste heureux que l'on célébrait dans tous les musées et un homme difficile qu'on dénigrait à longueur d'articles.J'ai pensé qu'il était temps de faire une confrontation entre ce qu'on disait et ce qui était probablement une réalité différente.J'ai décidé de partir à la recherche de ce grandpère.Je suis parti à la recherche d'un siècle entier puisqu'il a traversé tout le 20e siècle.En retrouvant d'abord ceux qui avaient vécu avec lui, aussi bien les a n o n y m e s comme sa femme de chambre, son avoué, une gardienne de maison, que des gens plus connus comme de grands historiens d'art, des juristes, et j'ai croisé leurs informations.Q Mais n'avait-on pas tout dit sur Picasso ?R Deux de mes interlocuteurs sont morts, sa femme de chambre et son avocat de Cannes.J'étais le seul à les avoir interviewés.Or, qui mieux que celle qui apportait le café tous les matins dans la chambre de l'artiste ou qui mieux que celui qui a connu ses problèmes juridiques pour nous dévoiler l'homme ?Q À trop vouloir remettre les pendules à l'heure, n'avezvous pas envoyé le balancier trop loin ?R J'ai essayé très vite d'éviter de béatifier Picasso.Je n'ai pas eu de sujet tabou.Mais là où on a voulu le faire passer pour un homme difficile, je réponds que c'était un homme pas facile.Je ne dis pas un homme facile pour autant, parce qu'il ne l'était pas, son oeuvre ne l'est pas non plus.Il n'a pas joué dans la facilité, ni dans son oeuvre ni dans sa vie.De là à penser que sa démarche était basée sur du mal, c'est largement démesuré.Certains ont souffert, mais ont aussi accepté.Picasso offrait l'extraordinaire et parfois l'extraordin a i r e e s t Certains, ma propre grandmère par exemple, préférait l'extraordinaire à l'ordinaire.Peut-être de façon inconsciente au départ, puis de façon très consciente par la suite, ils acceptaient leur propre sort.Seule Françoise Gilot ne l'a pas fait, la mère de Claude et Paloma ; elle est partie et elle a survécu.Marie- Thérèse et Jacqueline se sont suicidées l'une et l'autre.Elles n'ont pas voulu dire non, elles ont accepté de se soumettre à des situations difficiles, elles ont accepté qu'un homme ait de gré ou de force d'autres femmes.Q L'art passait avant le reste ?R Picasso était avant tout convaincu d'être investi d'une mission.Alors qu'il était contre la religion, il avait un sens du sacré.Il était convaincu que cette énergie à renouveler son art était d'origine surnaturelle.Les gens n'étaient que des rencontres et des détonateurs mais le but exprimé était de réécrire le monde.Q Mais d'ailleurs, vous le présentez comme un homme très superstitieux.R Il ne sait pas où se trouve le donneur d'ordre.Pour lui, ce n'est pas Dieu tel qu'on l'imagine.Du coup, il avait un grand intérêt pour le mysticisme et les tables qui tournent.À partir du moment où il refuse le côté sacré de l'Église, qui lui paraît complètement faux, il va chercher ailleurs.C'est pour cela que, lorsqu'il voit les séances de spiritisme, il pense qu'il va trouver les réponses qu'il cherche.Il avait toutes sortes de manies comme garder ses cheveux qu'on venait de lui couper, des fois que.Q Il savait faire parler de lui.R Je crois qu'il avait un sens de la communication qu'aujourd'hui on appellerait du marketing.À l'époque, il découvrait les possibilités des médias.Il faisait des photos surprenantes.On le voit poser avec des petits pains qui remplacent ses mains sous l'objectif de Doisneau.Il savait se mettre en scène.Il avait en revanche une horreur des micros car il ne voulait pas montrer qu'il pouvait faire des fautes de français et, en plus, il avait très peur que l'on détourne ses propos.Q Vous êtes indulgent avec tout le monde sauf avec Marina, la petite-fille « officielle » de Picasso.Vous réfutez beaucoup d'informations de son livre, Grandpère.R Ce n'est pas de la rancoeur.Je remets juste les pendules à l'heure.Q Vous ne la ratez pas, quand même.R On ne peut pas la rater car elle ne nous a pas ratés.Si vous lisez ses interviews depuis 20 ans, vous verrez que Marina s'autorise des dérapages incontrôlés.On ne peut pas dire que Picasso est le génie du mal.On ne peut pas accepter un héritage et en même temps omettre un devoir de réserve.Elle n'a connu de Picasso que quelques après-midis dans sa maison, on ne peut pas en tirer des conclusions aussi hâtives et aussi désastreuses.Elle oublie deux choses, tout d'abord que Picasso est un homme hors du commun et elle oublie qu'elle n'est pas la fille de Picasso, seulement sa petite-fille, du coup elle zappe complètement l'importance de ses parents.Je réponds point par point aux éléments qui me semblent injustes ou infondés.Elle dit certaines choses en oubliant les détails les plus importants.Quand elle dit que Picasso ne veut pas la voir, elle oublie de parler du divorce désastreux de ses parents.Cela dit, si elle omet des pans entiers de l'histoire, c'est peut être parce qu'elle ne les connaît pas.Autre chose importante, quand on parle de bataille entre les héritiers de Picasso, la bataille n'a eu lieu qu'entre Marina et les autres parce que Marina a attaqué les autres et sa démarche était uniquement financière.Q Êtes-vous en contact avec elle ?R Non, je dirais que c'est elle qui n'est pas en contact avec nous.Cela fait 20 ans qu'elle est invitée à toutes les réunions de famille et qu'elle ne vient pas.Donc, soit cela ne l'intéresse pas et elle se tait ou bien cela l'intéresse et elle vient aux réunions s'informer.Mais c'est indigne de raconter n'importe quoi dans la presse.PICASSO, PORTRAITS DE FAMILLE Olivier Widmaier Picasso Éditions Ramsay Photothèque La Presse © Le grand Picasso.Olivier Picasso, petit-fils du grand Picasso.ENCYCLOPÉDIE Amusant, le jeu de la généalogie! GÉRALD LeBLANC Le temps des Fêtes ramène la parenté à l'avant-scène.Pour certains, des dizaines de milliers au Québec, la quête de racines et la chasse aux ancêtres est affaire de toute l'année.Et voilà que la mère-patrie craque elle aussi pour ses aïeux.L'engouement est tel en France que Larousse vient de publier une encyclopédie de la généalogie, Le Larousse de la généalogie, du genre de celles déjà parues sur la médecine et l'automobile.Un beau livre, richement illustré, surtout un guide pour les accros des arbres généalogiques mais aussi un recueil amusant pour tout le monde.On y confirme que Madonna et Céline Dion descendent toutes deux d'un même ancêtre Gamache, établi sur les rives du Saint-Laurent au XVIIIe siècle.On y apprend que la France compte 3000 personnes portant le nom de Cocu, plus de 3000 Crétin, 2000 Trouillard, 800 Conard, 700 Catin, 500 Putin, 400 Saloppe et de nombreux Cornichon, Fesse, Hideux, Nigot, Le Poil, Moche, Guenon, Soulard, Dufumier, Baveux, Cacat, Couilles.N'en pouvant plus de porter leur nom, certains en ont retranché une lettre ou ajouté une : Chier est devenu Cher et Rat s'est transformé en Prat.Moins pittoresque, le Québec compte tout de même des Lafournaise, Fourmoy, Ladéroute et Orifice, selon Marcel Fournier, président de la Société généalogique canadienne-française, qui a rédigé l'article portant sur le Québec.Bien que ce Larousse, comme tous les autres, s'adresse avant tout aux Français, on a fait un effort louable pour y intégrer les cousins belges, suisses romands et québécois.C'est ainsi que dans le dictionnaire des 500 patronymes les plus portés en France, on indique le nombre de porteurs en Belgique, en Suisse et au Québec.En France, la palme revient aux Martin (300 000) et aux Bernard (132 000) tandis qu'au Québec, ce sont les Tremblay (83 700), Gagnon (60 500), Roy (56 700) et Côté (54 500).Un chapitre traite de la chasse à la noble particule, toujours populaire en France.C'est ainsi que la famille de l'ancien président Giscard d'Estaing ne se nommait que Giscard jusqu'en 1922.Il y a donc encore de l'espoir pour un ancien collègue qui aimerait tant se nommer de Pinard.Les prénoms Quant aux prénoms, on observe des vogues passagères, souvent en décalage par rapport à leur apparition en France et au Québec.Dans les années 1920, la mode était aux « ette » (Yvette, Georgette.) ; aux « iane » (Christiane, Liliane.) dans les années 1940 ; aux « ine » (Catherine, Martine.) dans les années 1950-1960, 1980 (Caroline, Céline.) et 1990 (Pauline, Justine.).Sans doute à cause du célèbre guide de Bécaud, c'est le prénom Nathalie qui est le plus fréquent chez les filles (354 000) et Michel chez les gars (653 000).Tous pays et toutes langues confondus, c'est le prénom Sarah qui est le plus porté sur la planète.On ne dispose pas de cette statistique pour le Québec, mais un tableau indique les prénoms les plus souvent donnés en l'an 2000.On est surpris de trouver William en tête chez les garçons mais stupéfait d'apprendre que, chez les filles, la palme est allée à Mégane.De toute évidence une erreur, inhabituelle pour des gens habitués à la précision du dictionnaire.On signale enfin que le prénom Adolphe est tombé en désuétude depuis son association à celui de Hitler, tout comme on ne trouvera sans doute plus de Marc Lépine au Québec depuis la tuerie de 1989 à l'École polytechnique.Dans la pochette de la couverture, un cédérom d'accompagnement « pour créer de façon ludique et conviviale votre arbre généalogique ».\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LAROUSSE DE LA GÉNÉALOGIE \u2014 À LA RECHERCHE DE VOS RACINES Larousse Paris, 2002, 319 pages P R É S E N T E MARC DUPRÉ 8 ET 9 MARS 03 7 AU 10 MAI 03 THÉÂTRE ST-DENIS 514.790.1111 7LP0401F1229 F4 DIMANCHE lect 7LP0401F1229 ZALLCALL 67 15:38:15 12/28/02 B BEAUX LIVRES Le retour de l'aigle noir MARIE-CHRISTINE B L A I S collaboration speciale Quand soudain, semblant crever le ciel et venant de nulle part, surgit un aigle noir.Cet aigle noir, c'etait Barbara, dont la voix, suspendue par la mort en novembre 1997, nous revient grace a.un livre.En 1997, quelques mois avant sa mort, Barbara avait en effet entrepris de rediger, sur les instances de son frere, ce qu'on appelle des memoires.Le resultat, c'est une autobiographie a son image, avec des fulgurances, des silences, des cassures.et beaucoup d'emotion.Attention : Il etait un piano noir.Memoires interrompus a deja paru en 1999 en version reliee et en livre de poche.Ce que Fayard ressort aujourd'hui sous le meme titre, c'est donc le meme texte, mais dans une presentation plus prestigieuse, en format album, avec des photos mieux mises en valeur .toutes en noir et blanc, comme il sied a Barbara ., des caracteres plus gros, une mise en page plus aeree.Bref, c'est un cadeau a se faire si on n'a pas deja l'une ou l'autre des precedentes versions.Pour les fans de Barbara, en tout cas, c'est un ouvrage indispensable.Il donne toute la mesure de la pudeur et de la douleur de Barbara, de ces deuils qui ont jalonne sa vie : deuil de la mere qui n'a pas aime, deuil du pere qui a fait mal, mais aussi, mais surtout, deuil du public et de la scene quand Barbara doit se resoudre a ne plus se produire en spectacle pour raisons de sante imperieuses.En fait, ce qui frappe au coeur dans cette autobiographie ou la chanteuse se revele comme elle l'a tres rarement fait, c'est cet amour profond qu'elle avait pour son public.C'etait donc vrai, quand elle chantait Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous.Bien sur, les derniers chapitres sont plus incomplets, plus esquisses, la mort ayant interrompu la redaction.Cela ne donne que plus de valeur aux premiers chapitres de sa vie, a cette incroyable intensite de Barbara racontant Depardieu, ses amours, ses debuts, ses doutes, sa passion de chanter.jusqu'a ce que, en novembre 1997, l'aigle noir, dans un bruissement d'ailes, prenne son vol pour regagner le ciel.Il est quasi impossible de lire Il etait un piano noir.sans ecouter en meme temps les disques de Barbara.Comme il est quasi impossible de ne pas imaginer que, lahaut, sur un nuage blanc, Barbara se penche sur nous pour cueillir en tremblant des etoiles, des etoiles.\u0001\u0001\u0001\u0001 BARBARA.IL ETAIT UN PIANO NOIR.MEMOIRES INTERROMPUS Fayard Ah! la mer Alexandre Vialatte est irrefutable JOCELYNE LEPAGE Ce n'est pas une mer qu'on voit danser le long de golfes clairs.C'est une mer tourmentee, avec des flux et reflux gigantesques, qui frappe des rochers noirs.Ce sont des pecheurs marchant sur la plage, tout petits, dans l'immensite du sable.Ce sont les traces des bateaux sur le sable, ou celles des yachts qui ont tranche l'eau.La Mer, de Philip Plisson, est un beau et grand livre de photos de diverses mers du monde probablement prises, dans bien des cas, depuis un helicoptere, souvent aussi saisies a la brunante, prenant parfois des allures de tableaux impressionnistes.Pour les amoureux de la mer, c'est un cadeau precieux.Certaines doubles pages se deplient sur d'immenses paysages marins.Les legendes sont rassemblees a la fin du volume.On sait alors que les images viennent de Biarritz, de Dakar, de Bayonne, de Valparaiso (Chili), des Iles-de-la- Madeleine, de la Nouvelle-Orleans.aussi d'Australie, de la Martinique, du Japon, du Venezuela, de Mauritanie.Les textes, poetiques, sont de Yann Queffelec.\u0001\u0001\u0001\u0001 LA MER Philip Plisson Editions de La Martiniere, non pagine, tres grand format SOPHIE GIRONNAY collaboration speciale Les chroniqueurs de quotidiens ont un pere spirituel.Il est le tronc dont ils sont les branches.Quand la seve vient a leur manquer, ils remontent la souche paternelle.Ils y puisent des forces nouvelles, dans de grands acces d'hilarite.Par la seule vertu de son exemple, a raison de quelques lignes la dose, il guerit les crises d'abattement qui font hair la langue francaise et desesperer du subjonctif.Les chroniqueurs .qui, quoi qu'on en pense sont des betes fragiles munies d'une grosse tete et de petits doigts, une combinaison dangereuse pour l'equilibre de la sante .craignent par-dessus tout d'eventer le remede.Ils se le gardent, chacun pour soi.Certains le cachent sous leur lit, d'autres dans leur bibliotheque.Dans l'obscurite, il devient diaphane.Il est si leger, si drole et si poetique.Aussi doute-t-on parfois de son existence.Alexandre Vialatte etait-il un ange ?De ceux dont on decoupe les ailes pour en faire des plumitifs ?Il etait surtout Auvergnat.Il ecrivait pour La Montagne, quotidien de Clermont-Ferrand auquel il livrait des chefs-d'oeuvre, precis comme des mouvements d'horloge et fantaisistes comme le vent.On en compte 898, qu'on trouve aujourd'hui dans des recueils : Et c'est ainsi qu'Allah est grand, L'Elephant est irrefutable, Profitons de l'ornithorynque.On raconte que, sur la civiere qui l'amenait vers son heure derniere en 1971, Vialatte corrigeait encore un article.C'est dire le serieux du styliste.Ses chroniques chantent une musique.Elles possedent la sagesse des fables qui date de la plus haute antiquite .Toutes sortes d'animaux y jouent un grand role.En particulier les adjectifs.Vialatte est un zoologiste.D'ou l'idee de l'editeur Arlea de piger ca et la des extraits consacres uniquement aux betes.Le crocodile qui, quand il plie le bras fait comme un bruit de portefeuille , la girafe couleur de papier peint , l'Italien, le pou et le Russe.Le dessinateur Honore y adjoint ses illustrations.Caricaturiste des lettres, de Charlie Hebdo au magazine Lire, Honore se distingue, depuis 15 ans, par un trait noir et un humour d'encre qui rappelle l'age d'or de la gravure sur bois.Ce mariage Vialatte- Honore attendrit les bibliophiles.Alexandre Vialatte est ne en 1901, dans une famille d'officiers ou l'on ignorait la litterature.Plus tard, il devint romancier.Il traduisit Kafka et Nietzsche, avant de tout laisser tomber pour s'adonner a la chronique.On doit a l'auteur Henri Pourrat, qu'il a rencontre a l'age de 15 ans, d'avoir su deceler dans l'adolescent un jeune homme dont on fait les plumes.Il lui fit connaitre Valery Larbaud, Max Jacob, Leon-Paul Fargue, puis le fit rentrer a la Revue rhenane, ou son destin se decida.De la l'expression advienne que Pourrat .\u0001\u0001\u0001\u0001 BESTIAIRE Alexandre Vialatte, dessins d'Honore Arlea, 117 pages A chacun ses souvenirs GERALD LeBLANC L'irruption de la tele dans nos vies a entraine un tel bouleversement que chacun aime se rappeler ou inventer la petite histoire de l'avenement de la merveilleuse boite a images.Comme Marc Robitaille l'avait fait pour l'histoire du hockey .Une enfance bleu blanc rouge ., Raymond Plante et sa compagne, Renee Gravel, ont demande a une vingtaine d'ecrivains de raconter leur entree dans l'univers televise.Arlette Cousture s'y est initiee avec ses copines de Saint-Lambert ; Monique La Rue remercie la grandmere qui a surmonte les reticences d'un pere inquiet ; l'Abitibienne Louise Desjardins a du traverser chez les Anglais de l'Ontario ; Marc Robitaille decrit admirablement bien le meuble le plus regarde dans la maison et Marcel Jean y a decouvert la femme a travers les bottes de cuir d'Emma Peel.Chacun l'a vecue a sa maniere.Le tout est illustre de superbes photos qui font revivre cette enfance, en noir et blanc d'abord, puis en couleur.\u0001\u0001\u0001 UNE ENFANCE EN NOIR ET BLANC Sous la direction de Raymond Plante, Ed.400 coups, 96 pages Charlot se livre Quatre albums pour un carre d'as LUC PERREAULT La famille Chaplin a confie a la Cinematheque de Bologne la restauration des films de Charlie Chaplin en vue d'une nouvelle sortie en salles et d'une reedition sur DVD.Profitant de cette occasion, les Editions Robert Laffont ont eu la bonne idee de relancer son autobiographie d'abord parue en 1964.La traduction est signee Jean Rosenthal.Rien n'a ete change: jusqu'a la filmographie finale, toujours amputee du dernier film de Chaplin, La Comtesse de Hong Kong, qui date de 1967.Ces memoires se (re)lisent neanmoins avec plaisir.Charlot s'attarde longuement sur son enfance a la Dickens marquee par la pauvrete, un pere alcoolique absent et une mere sombrant dans la folie.Enfant de la balle .il a debute a cinq ans .il s'embarque en 1912 pour l'Amerique avec une troupe de music-hall, la Compagnie Karno.Remarque par Mack Sennett lors d'un second voyage, il entreprend en 1914 ses premiers films a la Keystone.C'est la qu'un matin, il improvise la tenue du clochard qu'il rendra universellement celebre.Apres le scandale Joan Barry .une aventure qui se termine sordidement par un proces en paternite .et Le Dictateur (qu'on reverra bientot en salle), le public boude de plus en plus Chaplin qui renonce difficilement au muet.On le soupconne meme de communisme.Apres Limelight, il s'exile avec sa jeune epouse Oona O'Neil (la fille du dramaturge) et sa nombreuse progeniture pour couler le parfait bonheur a Vevey en Suisse.Contrastant avec les details du debut, cette partie de l'autobiographie parait plutot expediee, comme s'il avait voulu oublier une periode penible.Pour cerner tout le personnage, il faudra recourir a d'autres sources.\u0001\u0001\u0001\u0001 HISTOIRE DE MA VIE Charles Chaplin Robert Laffont, 495 pages SONIA SARFATI Il a plu des albums, cet automne, sur les rayons des librairies.Une veritable averse, et quelques coups de foudre.En voici quatre qui feraient de beaux cadeaux, meme apres Noel.D'abord, L'Auberge de Nulle Part de Roberto Innocenti.Le genre de livre universel, qui convient a tous les publics mais qui occupera une place a part dans le coeur des amateurs de beaux livres et des createurs.Car c'est de cela qu'il est question, ici : de livres et de creation.Un illustrateur, dont on se doute qu'il est Roberto Innocenti, part a la recherche de son imagination.Il se retrouve ainsi dans une auberge etrange, pres des flots et sous les vents.Les clients, bien qu'inconnus de l'illustrateur et du lecteur, ont pourtant tous un petit quelque chose qui les rend (litterairement) familiers.Il y a le chevalier a la triste figure, le capitaine a jambe de bois, la jeune fille qui ne peut quitter son fauteuil roulant, mais qui est comme un poisson dans l'eau une fois dans l'ocean, etc.Les clins d'oeil aux classiques de la litterature jeunesse et a ses auteurs abondent dans les mots, les situations et les images, lesquelles se font parfois fresques, parfois cases de bande dessinee.Un merveilleux livre, vibrant d'intelligence, d'amour.Et de genie.Puis, grace a Celestine, un conte de formule classique signe Danielle Marcotte que l'illustrateur Francois Thisdale eleve au niveau d'oeuvre d'art, Les 400 coups livrent un autre coup de maitre.L'histoire est celle d'une jeune fille, Celestine, victime innocente du sort qu'une sorciere lui a jete.a cause de sa mere, qui ne croyait pas aux fees (l'inconsciente !).Le jour de ses 16 ans, la belle se change en harfang des neiges.Au fond de la foret ou elle se refugie, elle comprend que la metamorphose n'est pas permanente : elle est tantot humaine, tantot oiseau.Et, grace a une bonne fee, elle parviendra a conjurer le mauvais sort.Oui, l'histoire est classique.Ce sont les illustrations qui le sont moins : combinant des techniques traditionnelles (photos, dessins et peinture) aux techniques numeriques, Francois Thisdale fait decoller Celestine (oiseau ou pas) et l'installe dans un monde d'une immense poesie.Il y a, ensuite, la douceur d'un rayon de soleil et la caresse de l'amour dans Mon rayon de soleil, un texte chaleureux de Marie-Francine Hebert auquel les illustrations de Steve Adams, collaborateur regulier de La Presse qui fait ici une remarquable premiere incursion en litterature jeunesse, insufflent une tendresse telle que l'album se fait doudou.D'autant que le sujet s'y prete a merveille : dans la maison blanche de Luca vivent aussi papa et maman.Maman surtout, plus presente que presente aux yeux et au coeur du petit garcon.Le rayon de soleil de l'enfant.mais, aussi, de son papa.Et cela, il aime moins, Luca.Jusqu'au jour ou il rencontre deux coccinelles.Celles qui chaussent les pieds de la jolie voisine.Un album dont il emane une douceur et une lumiere inouies, grace aux mots comme aux illustrations .dont la texture, les angles et les couleurs jouent d'originalite, menant de surprise en surprise.Et finalement, parlant doudou, la lecture et la vue de Polo et le Roulouboulou ne donnent qu'une envie : pouvoir acheter un Polo quelque part afin de se nicher contre lui, la nuit venue.Polo et le Roulouboulou, c'est le nouveau fruit du travail de Ginette Anfousse et de sa fille Marisol Sarrazin.Polo Pepin, lui, n'est pas un fruit.Ni un petit pain.Ni une gerbille.Polo Pepin est une souris.Un bebe souris.Quant aux Roulouboulou, ils ne sont pas des marchands de sable.Ni des bonhommes Sept Heures.Ni des vampires.Les Roulouboulou sont mille fois pires.Ils surgissent, la nuit venue, pour effrayer les petits Polo de rien du tout dans leur chambre trop grande et trop nouvelle ! L'histoire est adorable et elle est servie avec bonheur par les illustrations au pastel de Marisol Sarrazin .douces en textures et en formes, mais vives en couleurs.L'AUBERGE DE NULLE PART Roberto Innocenti Gallimard, 48 pages (des 7 ans) \u0001\u0001\u0001\u0001 1.2 CELESTINE Danielle Marcotte et Francois Thisdale Les 400 coups, 40 pages (des 5 ans) \u0001\u0001\u0001\u0001 1.2 MON RAYON DE SOLEIL Marie-Francine Hebert et Steve Adams Dominique et compagnie, 32 pages (des 3 ans) \u0001\u0001\u0001\u0001 POLO ET LE ROULOUBOULOU Ginette Anfousse et Marisol Sarrazin La courte echelle, 36 pages (des 2 ans) 7LP0501F1229 f5 dim 7LP0501F1229 ZALLCALL 67 15:53:16 12/28/02 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 2 9 D E C EMB R E 2 0 0 2 L E C T U R E S F 5 Chere Marguerite.BIOGRAPHIE Un prophete revu et corrige ISABELLE POULIOT collaboration speciale Dans son dernier roman, Un jardin entoure de murailles, Robert Lalonde nous convie dans l'intimite de la grande ecrivaine Marguerite Yourcenar et de Grace Frick, sa partenaire, amie, correctrice et traductrice.Puisque, selon les ecrits de Mme Yourcenar, tout grand amour est un jardin entoure de murailles , Lalonde a choisi de sauter allegrement le mur.Par l'intermediaire de la fiction s'ouvre a nous une Marguerite qui doute, qui tyrannise son entourage et qui, comme tous ceux qui sont possedes par l'ecriture, semble a la fois etre dans le reel et vivre sa fiction.Prenant pretexte d'une visite de Marguerite Yourcenar au Quebec en 1957 .et d'une rencontre qui provoque chez elle ce bouillonnement qui ramene a la conscience les souvenirs, les personnages et tout ce qui allait former la genese de son roman Un homme obscur, Lalonde explore les mecanismes du couple Yourcenar-Frick.Couple singulier, forme d'une Europeenne exigeante, sure de son droit, et d'une Americaine plus timide, la femme du couple , qui cache en elle une tigresse prete a harceler tous les editeurs qui ne veulent payer son du a Marg .Ce qui se revele au premier coup d'oeil comme une relation maitreeleve est en fait beaucoup plus complexe, et l'auteur s'amuse a brouiller les pistes, chacune finissant par menager l'autre, a sa maniere.Ceux qui seraient tentes d'y voir une realite fictionnalisee doivent se rendre a l'evidence, et le debut du roman, vraisemblable, cede bientot la place a la fantaisie de Lalonde.Des la deuxieme page du roman, Marguerite jaspine , meme si elle reprend tous ceux qui n'osent pas parler un francais impeccable.Le Montreal de 1957, fortement anglicise, lui donnera bien du fil a retordre ! Un bref sejour de Marguerite a l'hopital, Grace qui rencontre une aubergiste pleine de vie ; si les deux femmes rentrent ensemble a la fin de leur voyage, un tout petit ressort s'est rompu.Mais la vie reprend ses droits : l'ecrivaine ecrit a nouveau et, dans la vraie vie , Marguerite de Crayencour sera en 1980 la premiere femme recue a l'Academie francaise.Tout comme plusieurs romans de Yourcenar, Un jardin entoure de murailles met en scene des personnages tourmentes par les exigences de leurs passions et l'intendance de la vie quotidienne.Privee de Grace, Marguerite serait-elle capable d'affronter le seul fait de regler des factures ?Sans Marguerite, Grace se morfondrait-elle encore au fin fond du Kansas ?Ce 10e roman de Robert Lalonde, comedien et romancier, reprend quelques themes chers a l'auteur, dont l'importance de la nature, l'ecrivain et le dur labeur de la creation, la renaissance de l'humain.Amoureux de Yourcenar, et quelque peu terrorise par celle-ci, Lalonde a eu le courage d'imaginer la vie personnelle d'une ecrivaine aussi secrete.En entrevue au quotidien Le Soleil, il s'exprimait ainsi : Nous sommes dans une epoque ou nous avons l'impression qu'on ne peut etre libre dans une pratique amoureuse ou sexuelle si on n'est pas affiche.Yourcenar ne croyait pas a ca.Et c'est ainsi qu'une relation d'une duree de 40 ans n'a jamais ete sur la place publique, Grace Frick etant officiellement la secretaire de Marguerite de Crayencour, laissant toute la place a Robert Lalonde pour imaginer tout ce qui aurait pu se passer derriere ces grandes murailles.\u0001\u0001\u0001 UN JARDIN ENTOURE DE MURAILLES Robert Lalonde Boreal, 195 pages FRANCOIS BERGER Un prophete est mort , avait titre un quotidien new-yorkais au lendemain du deces de Khalil Gibran, le 10 avril 1931.L'immigrant libanais laissait derriere lui, a 48 ans, une oeuvre importante et surtout un texte en particulier, devenu un livre-culte de la spiritualite et de la fraternite entre les hommes.Vendu a des millions d'exemplaires depuis 1923, Le Prophete, cette petite Bible , ne laisse personne indifferent encore aujourd'hui, tout comme son auteur dont la vie est magistralement depeinte par l'ecrivain Alexandre Najjar, lui aussi d'origine libanaise.Il existe de nombreuses biographies de Gibran, mais celle de Najjar n'a pas uniquement le merite d'etre fraichement sortie des presses, elle est surtout tres complete, basee sur des recherches etendues qui ont mene notamment a la decouverte d'informations inedites.Etaye de documents, dont des extraits de correspondance, et d'analyses succinctes mais profondes des oeuvres de Gibran, le livre de Najjar contient egalement une bibliographie hors pair.A certains moments du recit, construit tantot comme un portrait et tantot quasiment comme un roman, le biographe se fait exegete et critique ou rectifie les affirmations de biographies anterieures sur Gibran, notes a l'appui.Ainsi, la vie de Gibran racontee par Najjar constitue-t-elle, jusqu'a un certain point, une biographie des biographies.On y trouve les incontournables de toute biographie du philosophe et poete, a savoir les mentors et mecenes qui l'ont accompagne dans son developpement artistique, tels Mary Haskell, philanthrope de Boston, ou s'etait installee la famille de Gibran des 1895, et Fred Holland Day, celebre photographe qui avait pris le jeune homme sous son aile.Najjar fait une grande place a la personnalite meme de Gibran, qu'il traite sans complaisance.Petit de taille, le poete exile avait, grace a l'ascendant que lui donnait sa faconde, du succes aupres des gens et des femmes en particulier .qu'il preferait plus agees que lui.Il racontait voir en reve Jesus, ce qui pouvait contribuer a polir une image de prophete oriental que le poete maronite semblait vouloir cultiver.Gibran etait un etre susceptible et rancunier de nature , ecrit Najjar.Il ne tolerait pas la critique et etait narcissique et meme suffisant au point de parler de luimeme a la troisieme personne.Il fumait et buvait de l'alcool comme un trou, ce qui lui couta d'ailleurs la vie.Gibran etait aussi fabulateur, pretendant, par exemple, etre ne a Bombay ou avoir ete l'eleve de Rodin.Car il etait aussi peintre, quoique ses nombreux tableaux ne soient generalement pas passes a la posterite.D'ailleurs, ses oeuvres picturales ne comportaient ni titre, ni date, ni meme signature.D'autre part, il etait genereux et ne s'attachait pas a l'argent, oubliant meme de comptabiliser ses droits d'auteur.Plus qu'un mythomane de salon, Gibran etait un grand visionnaire.En 1911, il publie a New York, en arabe, un roman intitule Les Ailes brisees, un des premiers romans de la nouvelle litterature arabe, qui etait dominee jusqu'alors par la poesie.De l'Amerique .qu'il decrit plaisamment comme la civilisation qui marche sur des roues ., il participe a la renaissance des lettres arabes.Il fit un sejour de deux ans a Paris, centre mondial des arts au debut du XXe siecle et capitale de la politique syro-libanaise de l'epoque.Il fut egalement engage politiquement pour la liberation de son pays natal de la domination ottomane.Certains de ses ecrits furent censures au Proche- Orient.Gibran reste universellement connu pour Le Prophete, qu'il redigea en langue anglaise, surtout de 1919 a 1923, mais qu'il mit tout de meme 20 ans a concevoir.C'est le plus grand livre de ma vie.Tout mon etre est dans Le Prophete , clamait-il.Avant de donner ce titre definitif a son oeuvre en 28 chapitres, il l'avait intitulee successivement Pour que l'univers soit bon, Le Dieu de l'ile et Les Conseils.Aujourd'hui, la tombe du prophete fait partie du patrimoine libanais, a Becharre, dans le nord du pays, ou un musee lui est consacre.\u0001\u0001\u0001\u00011.2 KHALIL GIBRAN Alexandre Najjar Flammarion, 240 pages, 20 photos 3079074A LITTERATURE QUEBECOISE Un delicieux dessert REGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Une pointe de terre se detache de la terre ferme, quelque part, emportant un hotel de villegiature.L'ile flottante voyage au gre des courants, des marees et des vents.Un seul indice permettra de situer le lieu ou l'ile mouille en passant, au large de la cote mediterraneenne.L'itineraire importe peu, puisque l'hotel des Brumes est une prison.Doree, sans doute, mais ou on doit vivre le quotidien avec des etrangers, ce qui n'est pas toujours desagreable, et aussi avec son conjoint, s'il y a lieu, ou soi-meme.La belle vie, en apparence.Dormir, manger, nager, jouer au bridge.Le farniente a son charme.Il peut etre epuisant, s'il invite a reflechir sur sa propre histoire, sur ses desirs, sur son destin.Christiane Lahaie avait une idee trop fertile pour la laisser filer.Elle a reuni dans son roman en nouvelles 17 histoires, chacune portant le numero de chambre de son ou de ses occupants.Il y a meme une chambre nuptiale : on a pense a tout.Le tiers des nouvelles a paru deja dans des revues, sous une forme differente , selon l'expression d'usage.Leur reunion, qui impose l'unite de lieu, donne un impact certain a l'ensemble.Cela ne veut pas dire que Mme Lahaie cherche a tout prix a composer un livre fracassant.Elle pratique plutot une sage economie de moyens, ce qui est une politesse envers les lecteurs qui n'ont pas necessairement envie de se laisser eblouir p a r d e s tours de force narratifs ou par des personnages et des situations demesures.Les seuls exces, qui sont rares, on les trouve dans l'abus d'epithetes.Toutes les nouvelles n'ont pas le meme interet.On retiendra sans doute celles qui mettent en scene des couples.Sans que ce soit systematique, l'auteur fait sentir, discretement, a quel point les relations entre femmes et hommes sont peu marquees par cette connivence profonde qu'on prete aux couples, anciens ou nouveaux.Ce qui pourrait etre dit entre les conjoints ne l'est pas necessairement, comme si cela ne valait pas la peine ; ce qui est dit n'a parfois que des rapports lointains avec ce que pense le locuteur.Tout se passe comme si l'un ne voulait pas ennuyer l'autre, ou le blesser.On inscrit toute la distance possible par rapport a l'autre, au risque de cesser de se definir, au moins en partie, a travers lui, mais la distance n'est pas telle qu'elle provoquerait la rupture du couple.La sobriete de l'ecriture se manifeste dans une certaine maniere de ne pas forcer la chute et de ne rien brusquer dans le lent deroulement des jours, meme si dans la nouvelle, le temps a tendance a presser.Ainsi a-t-on droit a des tranches de vie plutot qu'a la traversee eclair des existences.Les protagonistes sont saisis dans l'instant meme , par un regard exterieur qui ne cherche pas a les juger et encore moins a les condamner.Pourtant, ou grace a cela, bien des pages apportent une vision lucide des rapports entre les humains.Pour tout cela, l'ile flottante de Mme Lahaie est un delicieux dessert.Un amour monstre Il faut etre indulgent pour les premieres oeuvres, meme si les editeurs feraient mieux de renvoyer quelques auteurs a leur stylographe ou a leur clavier.Ce n'est pas le cas de Genevieve Lauzon.Son premier roman est tout plein de maladresses, certes.Si on en avait refuse l'edition, on aurait risque de perdre un talent qui saura probablement s'affiner et s'affirmer.La toute jeune auteure a resiste a la tentation, si elle lui est venue, d'ecrire la chronique des gens de son age, la vingtaine.Elle s'est attaque a un sujet difficile, l'amour excessif que porte une jeune femme a sa soeur cadette, Helene.Excessif ?C'est peu dire.Cela frole l'inceste, dans ses aspects a la fois psychologique et physique.La grande soeur, qui est la narratrice, ne tolere pas que celle dont elle a partage intimement l'enfance, au point de jouer aux soeurs siamoises, se detache d'elle de plus en plus, pour vivre sa vie et ses amours.Quand l'enieme petit copain d'Helene .elle en change souvent .s'installe dans l'appartement des deux soeurs, au lieu d'etre vite remplace comme les autres, l'ainee ne peut pas le supporter.Faute de pouvoir chasser l'intrus, elle decide de s'insinuer dans le couple, bref, d'en faire partie.Pari perdu.L'ainee sombre dans la nevrose que des comportements bizarres avaient deja annoncee.Ses gestes sont absurdes, elle ne s'en rend plus compte.A-t-on idee de filmer au moyen d'une camera cachee les ebats bien legitimes de deux jeunes amoureux ?Il faut aimer souffrir.Parce qu'elle n'accepte rien, la jeune femme perdra tout, y compris la raison.Elle aura quand meme trouve le moyen de raconter son histoire, avec une emphase et une boursouflure ( .mes os s'entrechoquent.Je les entends se cogner les uns contre les autres.) dont l'inexperience de Mme Lauzon est la cause.Il y avait dans cette histoire, et compte tenu des moyens litteraires de l'auteur, la matiere d'une longue nouvelle bien serree.En avoir fait un roman, c'est toute une performance.\u0001\u0001\u0001 HOTEL DES BRUMES Christiane Lahaie L'instant meme, 114 pages \u0001\u00011.2 UN AMOUR DE SOEUR Genevieve Lauzon Lanctot editeur, 112 pages 7DU0601F1229 DIMANCHEÀ 7DU0601F1229 ZALLCALL 67 15:29:23 12/27/02 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 29 DÉCEMBRE 2002 EN DÉCEMBRE, cinq gagnants recevront chacun une bibliothèque de 25 livres offerts gracieusement par 25 éditeurs québécois.En tout, 125 livres témoignant de la vitalité de nos auteurs et de l'édition au Québec.Une façon de célébrer les 25 ans de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.À cette occasion, voici la supergrille sur la littérature québécoise et ses auteurs.Pour participer Nom: Âge: Adresse : App.: Ville : Code postal : Tél.(rés.) : Tél.(travail) : Remplissez la Supergrille et le coupon de participation.Les fac-similés ne sont pas acceptés.Retournez le tout avant 17h, le mercredi 15 janvier 2003 à l'adresse indiquée.Un tirage au sort, parmi tout le courrier reçu, déterminera les gagnants.Ces personnes devront avoir rempli correctement la grille.La valeur totale approximative des prix offerts est de 2 525$.Les règlements du concours sont disponibles à La Presse.La solution de la Supergrille sera publiée le mardi 21 janvier 2003 dans la section Sports et la liste des gagnants le vendredi 24 janvier 2003 dans l'édition régulière de La Presse.Concours « Supergrille 29 12 2002 » La Presse, Ltée C.P.11620, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 5W7 Pour obtenir toute information sur cette grille : www.uneq.qc.ca www.litterature.org ou encore à compter du 6 janvier : (514) 849-8540 1 (888) 849-8540 29/12 HORIZONTALEMENT 1 Ces enfants d'ailleurs - Bousille et les justes - Le Torrent - Les Roses sauvages.2 Dans le titre d'une oeuvre de Tremblay - Orphelines chez Bouchard - Charme - Très apprécié ou.incompris! - Passé.3 Étonne le public - Costume de scène - Confisquer - Symbole - Kyrielle.4 Titre - Auteur dramatique français - Spécialiste des jeux de mots - Poète québécois - D'un verbe gai - Blanche, elle est une jeune fille candide.5 Masques - Sorties - Nombre - A un secrétaire - Méchanceté - Désert de sable.6 Identique - Banal - Graisse - Lettre grecque - Se comporta bravement - Dans le Calvados.7 Plus brillante - Sauvage - Hypocrites - Acide.8 Se lit souvent.avec effroi! - Satisfait - Fait sortir les lecteurs - Doux et lisse - Remarquable.9 Aluminium - Dans le titre d'un roman de Gaétan Soucy - Ancien libéral - Carte de tarot - Sa tête n'est pas plate.10 Ses fleurs ont une bonne odeur - Pousser - Pas seul avec une dinde - Discipline musicale - Va souvent lire à la bibliothèque.11 Blesseur de coeurs - Roman de Maupassant (Bel-.) - Rehausser - Part du choeur - Unit des bêtes - Conjonction.12 Personnel - Sélénium - Lettre à laquelle on ne peut répondre - Pas comme la fiction - C'est très long! 13 Corrigent - Dans le courrier - Partagés chez Gommé.14 Tableau - Marquises - Poisson - Symbole - Ne manquent pas de sel - Possessif.15 Hic - Amorphes - Patrie de la Sagouine - Nouvelle - Insouciance.16 Lieu de travail - Lettres numérales - Mammifère carnivore - Fibre - Dans un alphabet - Longue histoire - Article.17 Revient souvent en espagnol - Qui ne contiennent aucun signe écrit - Graine - D'un auxiliaire - On tire sur sa corde.18 Personnages importants - Qui ne se manifestent pas extérieurement - Dangereuses chez Choderlos de Laclos - Affranchi.19 Le rouge ou le noir - Parfaite - Prix - Elle a bien connu Henry Miller - Auteur d'Ailleurs en Arizona - Envolée.20 Recevoir - Sur la Marne - Ensemble des faits qui ont concouru à la création d'un roman - Négation - Sublime.21 Premier - Brasseur - Se boit surtout l'hiver - Mal grave - Fichue.22 Pas inventés - Note - Lever une difficulté - Dieu - Philosophe allemand - Fourrage.23 Enchaînement logique - Patrie d'Oscar Wilde - On y retrouve bien des livres - Action de remuer - Pas doux.24 Terme de couture - Filet de pêche - Concours - Comportements - Ne manque pas de pattes - Fit une déduction - Possession.25 Gaulois - Qui n'en a jamais emprunté une ?- Confuse - Au bridge, demande supérieure à celle de l'adversaire.26 Coule au Maroc - Fer - Composition - Le gardien du sommeil, selon Freud - Au début d'une série de coups - Auteur d'Un simple soldat.27 Moins dangereux - Analogie - Madame de Sévigné disait que le coeur n'en a pas - Poète québécois.28 Film de Robert Lepage - Nombre de points à un test - Exacte - Livre - Plante des montagnes.29 Façon d'avancer - Qui a donc de l'avenir.- Fouille - Chef - Plante vénéneuse.30 Moment de repos - Vache - Arrive à la puberté - Dieux romains - Juge des Hébreux.31 Au printemps - Faites de rondins - Avant - Sensé - Viola Léger en fait partie - Dans la boîte de bien des jeux.32 Il écrit en arabe - Avenue - Écrits d'une manière franche - Explicite - Sans ferveur.33 Décision importante - Appris - Pas prudents.34 Le moindre détail - À la page - Symbole - Permettent de réussir - N'a pratiquement plus rien de sec - Propre.35 Démonstratif - Poisson vorace - Il s'applique - Exprime le soulagement - Symbole - Lac finlandais.36 Interjection - Action de remettre à neuf - Héros d'un recueil de contes - Baie d'Asie - Auteur dramatique brésilien - Personnel latin.37 Position - Flèche - Guide le crayon - Constitue - Place - Bruit.38 Auteur de Pleure pas, Germaine - Néon - Production cornée - Écrivain, collaborateur à La Presse - Prix remporté par Madeleine Gagnon en 2002 (Athanase-.) .39 Chanta Rimbaud - Dans le titre d'un roman de Marie-Claire Blais - On peut facilement le suivre - Triste - C'est important qu'ils lisent - Genre littéraire du Moyen Âge.40 Prise en examen - Intime - Provocante - Broutait - Annexe - Lecture de table.VERTICALEMENT 1 Roman de Gilles Gougeon - Roman de Beauchemin - Pièce de Réjean Ducharme - Roman de Marie Laberge - Roman de Gaétan Soucy .2 Gave des Pyrénées- Atlantiques - Magistrat - Pas enveloppée - Ne voulait sûrement pas jouer au pendu! - Son dernier roman s'intitule Cap-au-renard - Elles sont sottes - Conjonction.3 Personnage d'une comédie - Peintre italien - Éclaté - Rivière de Chine - Elle a écrit Mon père et moi - Tokyo - Beaux reflets - Elle a beaucoup écrit pour les enfants.4 Personnage de Claude- Henri Grignon - En 1910, il a participé à la fondation du Devoir - Passe à Hanovre - Temps de la conjugaison en grec - Figure biblique - Exclamation.5 Tour - Danse - Fait - Son héros savait voler - Auteur de l'Écume des jours - Mise de niveau.6 Dans les Rocheuses - Physicien né à Lyon - Louche - Divisions d'un ouvrage - Passe-temps - Titre.7 Rigolé - Il passe en silence - Couvent - Force nationale - Note - Poisson - Solution - Fait sortir le loup du bois.8 Accès au théâtre - Tourne et retourne quelque chose dans son esprit - Bien avant la fin de l'histoire - Conflit - Forme la limite avant de la carène d'un navire - Qui se rapporte au printemps.9 Fut comte de Paris - Drogue - C'est bien peu - Groupe de trois vers - Remporté - Grecque - Coutumes - Plus petit que le pouce - Négation.10 Roman de Germaine Guèvremont - Y monter, fait peur à plus d'un! - Se dit de certains vents - A lieu après les cours.11 Touchés - Elle est attendue - Armée - Ne se boit pas comme de l'eau - Installé pour lire - Conjonction - La Suisse n'en fait pas partie.12 Feuilleté - Qui peut scandaliser - Écrivain prolifique qui a reçu de nombreux prix - Bonheur d'occasion - Qui survient pendant un repas - Peinture - Auteur de Anna braillé ène shot.13 Abstrait - Commandait en anglais - Qui a vu le jour - Trinquer - Plante bulbeuse - Actinium - Plante à fleurs jaunes.14 Clair - Reçoit le Tessin - Titre - L'hiver, il est tout blanc - Poète qui a reçu le prix Duvernay en 1950 - Au courant - Craint la chaleur.15 Sans originalité - Imprimé - Immédiatement - Éclaire - Attrapé - La langue maternelle de l'écrivain Yasar Kemal - Fait mal.16 Île - C'est un drame - Se fait dans la joie - Romains - Peuple amérindien de l'Alaska - Essayiste, il fondé le Bloc Populaire en 1942 - Prénom.17 Position de méditation - Dans le titre d'un roman de Louis Hémon - Inventée il y a très longtemps - Elle a été présidente d'honneur du Salon du livre de Montréal 2002 - Personnel - Possessif.18 Écrivain né à Brest et mort à Chapleau - Comme l'Homme de Miron - On y parle espagnol - En mémoire - Modifie la forme - Port nippon - Grecque.19 Diserte - Paysage de Bretagne - Timide - Plaisanté - Sud-est - Auteur de Voyage au bout de la nuit - Auteur de Miami et de La vie est un rêve.20 Préfixe - Couvertures - Mets provençal - Agence spatiale - Chansonnier, il a aussi enseigné la littérature - Un bon coup - Bloque les rayons.21 Robert Lalonde - Vieil air - Arbre - Survolé - Fournit des plumes - Dressée dehors - Préfixe.22 Agatha Christie est sans aucun doute celle du roman policier - Se fixe au cadre - Partie du cerveau - Anciennes circonscriptions administratives chez les Grecs - Avait plusieurs pages - Personnel.23 Vieux marin - Consolidé - Démodé - Dirige de manière trop autoritaire - Col français - Pièce de Marcel Dubé.24 Qui fait donc chercher beaucoup - Finit par faire rêver - Ne va pas au fond des choses - Prix - Roman de Dostoïevski - Romains.25 Prix littéraire - Écrit pour un autre - Reçoit une corde - Aéroport de Tel-Aviv-Jaffa - Appel - Surprise - A été remporté en 2002 par Gérard de Cortanze pour Assam.26 Une île près de la Corse - Virtuose - Monnaies - Souriant - Se scinde - Auteur de Pauline Pinchaud, servante - Risques.27 Elle est toujours bien plus longue que large - Tape - N'est pas silencieux - Auteur de la pièce Ben-Ur - On lui doit Les mots pour le dire - Affluent du Danube.28 Elle a écrit Sous le signe du Lion - Son université date de 1557 - Lieu de conservation - Poète tragique grec - Papillon.29 Force - Ce qui n'existe pas - Auteur de Soleil noir - Série de coups - Follement - Déformée - Vieil acte législatif - Poète, romancier et nouvelliste, il a été le compagnon de Pauline Julien.30 Essaim - N'approuve pas - L'étranger - Connus - Le mot de la fin - Prénom de la présidente- directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec - Contribution - Pas publié.La Supergrille par Michel Hannequart www.hannequart.com 7LP0701F1229 f-7 dimanche 7LP0701F1229 ZALLCALL 67 16:35:17 12/28/02 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 9 D É C EMB R E 2 0 0 2 F 7 Un soir, sur le bateau, alors que maman était assommée par les cocktails exotiques et les tranquillisants, et que ma petite soeur dormait comme un ange, le monsieur si généreux est venu me rejoindre dans la cabine, sur la pointe des pieds en faisant «Chut!».Tout s'est passé très vite.Tellement vite que ce serait facile à oublier.Et j'oublie.Puis un après-midi de pluie, dans le bureau du psy, je craque.Je pleure et je crie: «Maman! Je veux ma maman!» Peu après, je me retrouve parmi une gang d'illuminés qu'on appelle les AA.Je lève le nez sur ces imbéciles qui affirment s'en remettre à une Puissance supérieure.Plusieurs l'appellent Dieu, mais ce n'est pas essentiel, me dit-on.Ils me font suer avec leurs DOUZE ÉTAPES qui leur assurent un bonheur désalcoolisé au-delà de toute espérance! Après tout, ces éclopés affectifs ne font que déplacer le problème: échanger leur béquille spiritueuse pour une spirituelle! Mais ces rescapés du fond de l'abîme, que je juge en silence, m'ouvrent leurs bras et leur coeur, sans jamais rien me demander en retour.Ils me disent: «Reviens!» Ils m'énervent, mais je reviens.À reculons, mais je reviens; parce que je n'ai rien à perdre.J'ai déjà tout perdu, à commencer par ma dignité.Je reviens aussi pour une autre raison: je suis de plus en plus jalouse de la sérénité de certains membres! Je suis de moins en moins obsédée par la bouteille et la neige.Qui est cette Puissance supérieure?Peut-elle vraiment m'aider?On me suggère de lui confier ma volonté et ma vie.Je ne sais pas qui elle est ni même si elle existe, mais je décide d'essayer.Au cas où! Je commence juste à croire que je mérite d'être heureuse.J'ai encore beaucoup de chemin à faire.Mais être heureux, il paraît que cela s'apprend! Un soir, une membre qui me tombe royalement sur les nerfs me l'accueil et de la compréhension.Sans avoir à faire d'acrobatie! J'ai souvent montré mon corps à des inconnus, mais je n'avais jamais mis mon coeur à nu devant une assemblée d'amis; ça me fait vraiment tout drôle! Je pense que je vais terminer làdessus.Je vous remercie de m'avoir écoutée.» Les membres applaudissent.L'air gêné, Mandoline se lève et vient se rasseoir à côté de moi.Son récit m'a bouleversée.Je ne sais pas quoi lui dire.Simplement que je l'aime encore plus qu'avant.Ma main prend la sienne.- Tu es toujours aussi braillarde, me dit-elle en embrassant ma joue mouillée.CHAPITRE 97 Je suis la proie d'un trac fou.L'heure d'entrer en scène va sonner.J'aurais voulu que Sylvain soit là.C'est lui qui m'avait donné la réplique lors de mon audition.C'est avec lui que je l'avais préparée.Sa confiance en moi, inébranlable, avait réussi à faire taire ma grande terreur intérieure.Ce soir, je jouerai pour la première fois en public, sur la scène du Conservatoire.Mon prof et mon ami me manquent.- Tu étais merveilleuse, me dit François-Martin en effleurant mon épaule du bout de son doigt.- 95 - dit: «Mandoline, rappelle-toi comme tu te détruisais avec acharnement.Tu te rends compte de tout ce que tu pourras accomplir quand tu utiliseras cette énergie pour te faire du bien?» Je lui réponds:«Va donc jouer à la mère avec quelqu'un d'autre, connasse! Je t'ai rien demandé!» Rien n'empêche que, dernièrement, je me suis inscrite à l'Éducation des adultes pour terminer mon secondaire.un jour à la fois.Et, à ma grande surprise, ce n'est pas aussi difficile que je l'avais imaginé.Quelques mois plus tard, cette même membre AA, que j'avais traitée de conne, est devenue ma marraine.Je l'aime vraiment beaucoup maintenant.Quand elle m'a demandé de témoigner, j'ai beaucoup hésité.J'ai fini par accepter parce qu'elle m'a juré que mon témoignage pourrait en aider d'autres, à commencer par moi-même.S'il y a des nouveaux, ce soir, dans la salle, qui se demandent ce qu'ils sont venus chercher ici, je vais vous dire, au risque de vous faire suer: «Revenez!» Une chose est sûre, vous trouverez de l'amour, de À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 2000 Éditions Québec Amérique Inc.ROM29DE LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC29DEM 7LP0801F1229 F-8 dimanche 7LP0801F1229 ZALLCALL 67 15:42:23 12/28/02 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 29 DÉCEMBRE 2002 Photo PIERRE McCANN, La Presse © Photo JEAN-PIERRE MORENCY, collaboration spéciale Le grand pic est le géant de la grande famille des charpentiers à plumes.Ses travaux de forage ne passent jamais inaperçus.Un géant parmi les pics À TIRE D'AILE Àla première rencontre du grand pic, on a peine à le croire.C'est un géant.Avec sa grande huppe rouge flamboyante, son cri inusité et perçant, ses récitals de batterie qui s'entendent à un kilomètre à la ronde, il passe rarement inaperçu, même s'il ne court pas les rues.Par rapport à ses cousins charpentiers, chez lui, tout est démesure.Sa taille est considérable, presque identique à celle de la corneille.Son poids dépasse les 500 g, sa longueur varie de 40 à 50 cm et son envergure d'ailes frôle les 70 cm.Imaginez, son petit cousin, le pic mineur, atteint à peine 15 cm de longueur, un petit six pouces.En réalité, sa taille est telle que durant plusieurs années, au début du siècle dernier, il a été l'objet d'une chasse commerciale.On le vendait comme gibier sur les étals des marchés publics, notamment à Montréal.Autre temps, autres moeurs.Heureusement.À cette époque, la coupe accélérée des vieilles forêts et de nombreux incendies de forêts sont venus porter un autre grand coup au pic géant.Si bien que durant les deux premières décennies de 1900, tant au Canada qu'aux États-Unis, l'espèce a commencé à décliner sérieusement.Ouvrier du bois depuis toujours, le grand pic a justement besoin d'une forêt mature pour se nourrir, s'abriter et élever sa famille, des arbres d'au moins 30 cm de diamètre, à hauteur de poitrine d'homme, sans oublier les grands chicots, nous dit l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.D'ailleurs, la densité des populations sur un territoire donné est proportionnelle à la qualité de son milieu, au nombre d'arbres de grandes tailles et de chicots.Mais il a su s'adapter aux nouvelles conditions de son habitat, d'autant plus que les arbres des anciennes coupes devenaient plus vieux.Autour des années 1940 et 1950, la population a pris de l'ampleur et s'est stabilisée.Aujourd'hui, il arrive parfois que l'oiseau s'établisse dans les grands parcs publics, s'il n'est pas dérangé.D'ailleurs, la relation étroite entre le grand pic et la forêt apparaît encore plus évidente si on examine sa carte de distribution sur le continent.Son territoire prend la forme d'un immense fer à cheval qui s'étend du Québec aux Maritimes jusqu'en Floride et au Texas, à l'Est, en passant au nord des Prairies et par la large bande de la Colombie- Britannique et des États du Pacifique, jusqu'à la Californie.Le centre du fer à cheval correspond à peu de chose près aux territoires des Prairies et du Midwest, le royaume des herbes.Au Québec, il préfère les forêts mixtes du sud.Il est moins commun sur la Côte-Nord, en Gaspésie, en Abitibi et au Lac-Saint-Jean et il est très rare dans le Nord, mais il y est parfois présent si on trouve des arbres qui lui conviennent.Un père dévoué Doté d'un bec long, solide et puissant, le grand pic s'est spécialisé dans les grands travaux.À la recherche d'insectes, il pourra creuser des cavités rectangulaires qui atteignent une dizaine de centimètres de largeur par 20 ou 30 centimètres de longueur.Plus discret, son nid n'en est pas moins une ouvre de titan, mais aussi un travail d'équipe, mâle et femelle faisant le même boulot.Si l'entrée fait à peine une dizaine de centimètres de diamètre, l'intérieur est habituellement beaucoup plus spacieux.Le couloir qui mène à la chambre familiale peut atteindre 20 cm de diamètre et une longueur variant de 25 à 75 cm.Le complexe immobilier est construit normalement dans le coeur pourri d'un arbre, ce qui facilite les travaux, qui pourront néanmoins exiger une trentaine de jours de labeur.Avec un tel espace de plancher et d'accès, on peut facilement comprendre pourquoi les nids abandonnés de grands pics sont très prisés des canards arboricoles, comme le branchu et certains garrots, d'autant plus qu'ils sont souvent situés près d'un cours d'eau ou d'un lac.Les écureuils, surtout le grand polatouche, sont aussi de ceux qui apprécient ces logements gratuits.Les squatteurs sont particulièrement privilégiés, car notre spécialiste en menuiserie construit habituellement plusieurs nouvelles cavités de nidification à chaque printemps avant de jeter son choix sur celle qui convient le mieux à la future famille.Il pourra aussi aménager son nid dans le même arbre que les années précédentes si les sites de nidification se font rares.Les trous inachevés seront terminés et occupés au cours des années suivantes.Ces cavités ne servent pas que de refuge à la progéniture.Ils deviennent aussi des abris pour les adultes durant la nuit et les jours de mauvais temps.À Ithaca, dans l'État de New York, un grand pic a occupé le même trou durant six hivers consécutifs, arrivant sur les lieux environ une demi-heure avant la noirceur pour quitter la place avec le lever du soleil.Au cours de la saison de reproduction, mâle et femelle se relaient pour couver les oeufs durant le jour, par période d'une à deux heures.Mais à la brunante, c'est le père qui prendra en charge les rejetons en devenir ou les oisillons, alors que madame ira se reposer seule dans une autre cavité.Des insectes foreurs Unis pour la vie, papa et maman grand pic peuvent se reproduire à l'âge d'un an.Ils élèvent habituellement quatre petits par année.La couvaison dure 18 jours et les petits ouvriront les yeux seulement huit jours après l'éclosion.À une quinzaine de jours, ils seront cependant assez grands pour se hisser à l'entrée du nid afin d'observer ce qui ce passe dans le vaste monde extérieur.Il faudra attendre beaucoup plus longtemps, de 24 à 28 jours, avant que la marmaille ne vole de ses propres ailes et ne quitte le nid douillet.Prévenant, chaque parent amènera une partie de la nichée se nourrir sur un territoire différent, histoire de profiter au maximum des ressources alimentaires disponibles.Le grand pic se nourrit surtout d'insectes foreurs qui sont détectés par le bruit émis lorsqu'ils construisent leurs tunnels.Ils y mettent beaucoup d'énergie et ils ont déjà détruit un mur entier d'un chalet en bois rond afin de satisfaire leur appétit.Ils se nourrissent aussi très souvent sur le sol en quête de fourmis dans les souches ou les bûches en décomposition.Cette pratique prend beaucoup d'ampleur au cours de l'hiver et les fourmilières sont alors particulièrement recherchées.Ces oiseaux se nourrissent aussi de noix, de glands, de petits fruits (cerisier, vinaigrier, herbe à la puce), de même que de mouches, de moustiques et de certaines espèces de papillons.Dans son habitat, le grand pic peut aussi se présenter aux mangeoires si on lui offre du suif, mieux encore, un mélange de suif et de pacanes, ou de suif et de noix de Grenoble.Femelle et mâle ont des talents de musiciens, mais ce dernier donne beaucoup plus de concerts.Il tambourine sur un arbre creux, comportement qui permet de signaler ses revendications ou leur occupation territoriales.Au printemps, la musique instrumentale du mâle sert aussi à séduire les femelles qui sauront reconnaître le vrai talent.Ces dernières se distinguent de leur partenaire par la partie avant de leur huppe qui est noire (elle est entièrement rouge chez le mâle) et par leurs « moustaches » qui forment un trait noir continu alors que chez le mâle, il s'agit d'une tache rouge vif.Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, dirigé par Jean Gauthier et Yves Aubry ; éd.Service canadien de la faune, Montréal 1995 The Audubon Society Encyclopedia of North American Birds, par John K.Terres ; éd.Afred A.Knopf, New York 1982 The Sibley Guide to Bird Life Behavior, par David Allen Sibley ; éd.Alfred A.Knopf, New York 2002 Smithsonia Birds of North America, par Fred J.Alsop III ; éd.Dk Publishing, New York 2001 Secrets d'oiseaux, par Pierre Gingras ; éd.de l'Homme, Montréal 1995 Les guides Stokes de la nature, Tome III, par Donald W.et Lilian Q.Stokes ; éd.De l'Homme, Montréal 1990 Photo CLAUDE BOISCLAIR, collaboration spéciale Le grand pic mâle est un père attentif et dévoué.C'est lui seul qui prend soin de la marmaille au cours de la nuit.Ce cliché a été soumis au concours le Biodôme\u2014La Presse.LE CARNET D'OBSERVATION Des ratons laveurs dans la mangeoire! LES MANGEOIRES à oiseaux n'attirent pas que des volatiles.Tamias rayés (suisse), écureuils roux, noirs ou gris et polatouches sont aussi des visiteurs assidus, mais habituellement tolérables.La situation se corse quand c'est un raton laveur qui a investi le poste d'alimentation.Il peut tout détruire.C'est ce qui s'est produit récemment chez Denise Jérôme, de l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal.« Depuis quelques années, je suspends des mangeoires à ma pergola, écrit-elle.Or, durant tout le mois de novembre, des ratons laveurs grimpent dessus, les décrochent, les brisent et mangent les graines destinées aux oiseaux.J'ai tenté de les éloigner en les arrosant, mais ils me regardent, ne bougent pas et semblent me dire merci ! « J'ai téléphoné à la SPCA, qui m'a donné le numéro de téléphone du contrôle de la faune.La personne qui m'a répondu m'a dit qu'il n'y avait rien à faire car il fallait les protéger.La solution était d'enlever les mangeoires.Ce que j'ai fait.Je suis très déçue (et les petits oiseaux aussi), car j'adorais les nourrir et les observer.Auriez-vous une autre solution ?» Un autre lecteur, Claude Lavallée, de Stukeley- Sud, près de Québec, a le même problème.« Le raton laveur nous a assailli durant trois jours, nullement impressionné par mes invectives, ni par le balai avec lequel j'ai tenté de le repousser.Nous en serons quitte pour remplacer trois moustiquaires et relaver les vitres.La bête m'a suivi vers l'auto, elle a tenté d'entrer dans la maison par le tuyau de la sécheuse, elle grattait aux portes.» La loi sur la conservation de la faune stipule en effet qu'avant de capturer ou d'éliminer un animal « nuisible », on doit d'abord éliminer la cause du problème ou encore tenter de le faire fuir, indique Réal Carbonneau, directeur du Service protection de la faune pour l'Estrie, qu'il s'agisse d'écureuil, de chevreuil ou de raton laveur.Dans le cas de notre « chat-sauvage », le problème sera éliminé au bout de quelques jours si on range les mangeoires pour un certain temps, fait-il valoir.« Les ratons laveurs vont tout simplement aller ailleurs pour se nourrir.On pourra aussi remédier à la situation plus simplement : en rendant le poste d'alimentation inaccessible en l'installant au bout d'un tuyau de métal, par exemple.» Grand amateur d'oiseaux, M.Carbonneau explique que la capture de l'animal vivant avec une trappe appropriée n'est pas vraiment une solution même s'il laisse entendre que cette mesure peut être tolérable par les autorités.« Le hic, c'est que même si vous avez exilé la bête, un nouveau venu s'appropriera très rapidement le territoire délaissé.» "]
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