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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2002-06-03, Collections de BAnQ.

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[" 1LP0101A0603 Page A1/3juin 1LP0101A0603 ZALLCALL 67 23:13:01 06/02/02 B MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 1 1 8e A N N É E > N O 2 2 0 > 6 0 P A G E S > 6 C A H I E R S 65 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST D U QUÉBEC > HU LL-OTTAWA > 70¢ Chrétien congédie Martin > Manley devient ministre des Finances > Le lien de confiance a été rompu, admet Martin G I L L E S TOUPIN OTTAWA \u2014 Dernier épisode d'une guerre encore à finir entre deux hommes, le premier ministre Jean Chrétien a congédié brutalement hier après-midi son ministre des Finances, Paul Martin, pour le remplacer par le vicepremier ministre John Manley, prenant ainsi le risque ce matin d'une certaine nervosité des marchés financiers.Le premier ministre a ainsi procédé hier à son deuxième remaniement ministériel en deux semaines.Outre son nouveau titre de grand argentier, M.Manley conserve son poste de vice-premier ministre et de ministre de l'Infrastructure.M.Chrétien a cependant confié la responsabilité des sociétés d'État à la présidente du Conseil du Trésor, Lucienne Robillard, une tâche qui aussi incombait au vice-premier ministre.« Ça a été deux jours difficiles pour quelques-uns d'entre nous, pour les membres du Parti libéral, pour les membres du cabinet », a affirmé Jean Chrétien sur la pelouse de Rideau Hall après l'assermentation de son nouveau ministre des Finances.Voir CHRÉTIEN en A2 > Autres informations \u2014 A3 à A5 > André Pratte en A10 JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Encore secoué par les événements qui ont mené à son limogeage, l'ancien ministre des Finances Paul Martin a admis hier soir que le lien de confiance déjà ténu qui existait entre lui et le premier ministre Jean Chrétien a finalement été rompu la semaine dernière.M.Martin, qui a réussi durant son règne comme grand argentier du pays à éliminer le déficit, commencer à rembourser la dette accumulée et réduire les impôts des particuliers en neuf ans de service, a indiqué que la relation professionnelle entre lui et son patron s'était grandement détériorée au cours des derniers jours au point de devenir « improductive ».La décision du premier ministre Chrétien d'interdire à tous les aspirants à sa succession de faire campagne en coulisse et les accusations voulant que les partisans de M.Martin soient responsables de fuites calculées dans les journaux au Voir CONFIANCE en A4 Photo Reuters Le premier ministre Jean Chrétien a fait appel au vice-premier ministre John Manley hier pour combler la brèche créée au ministère des Finances par le limogeage de Paul Martin.Attention, fragile ÇA NE SE verra sans doute pas à l'oeil nu à Montréal, mais cette année en sera une de refroidissement de la planète F1.Bien entendu, sur Crescent, sur Peel, sur Saint-Laurent, dans la petite Italie, un peu partout à Montréal, la Formule 1 fera le plein de visiteurs et de couleurs cette année encore.Mais après des années de croissance fulgurante, ce festival qui n'en a pas le nom a probablement touché une sorte de plateau.Jacques Villeneuve ?Celui par qui la F1 a explosé à Montréal n'a rien à offrir cette année, question performance.L'an dernier, à pareille date, il arrivait en ville avec un nouveau restaurant et sept petits points (chanceux) au championnat : une troisième place en Espagne, une quatrième à Monaco.De quoi causer et espérer.Cette année, il est à zéro et il ne fait même plus semblant.Les communiqués de BAR promettent encore un « nouveau » moteur et mille nouveautés pour ce Grand Prix-ci, le huitième des 17 de 2002.Mais le pilote québécois nous dit que c'est de la frime : Voir FRAGILE en A2 Les dessous du départ de Paul Martin et l'éventuelle succession de Jean Chrétien à: www.cyberpresse.ca/succession Tout sur le Grand Prix de Montréal et la saison de Formule 1 à: www.cyberpresse.ca/course Actuel cahierB Arts et Spectacles cahier C - horaire spectacles C5 - horaire télévision C2 - cinéma maison C3 Bandes dessinées C8 Bridge E7 Décès E7 Éditorial A10 Êtes-vous observateur E5 Feuilleton C8 Forum A11 Horoscope E6 La Presse Affaires cahier D Le monde A8, A9 Loteries A2, B8 Mots croisés C8, F8 Mot mystère C8 Petites annonces - immobilier E5, E6 - marchandises E6 - emplois E6 - automobile E6, E8 - affaires D5 Quoi faire C9 Têtes d'affiche E4 M É T É O Voir page C10 Généralement ensoleillé Maximum 18, minimum 7 La porte ouverte IL Y A LE THÉ, le chocolat et surtout le café, mais pas encore de bananes équitables, c'est-àdire achetées à un « juste prix » à des coopératives de producteurs respectant des normes sociales et environnementales.Même si ces bananes connaissent un grand succès en Europe, on hésite à en importer au Canada.Les consommateurs seraient- ils prêts à payer trois fois plus cher pour une banane « juste » ?Voir le dernier volet de notre série en page B5.BUCAREST \u2014 C'était à Otopeni, la petite ville moderne qui a donné son nom à l'aéroport international de Bucarest.Des banques, des trusts, des machins de finance, des tours à bureaux, des immeubles neufs de chaque côté d'un grand boulevard.Un terre-plein au milieu.Sur le terre- plein une vieille dame menait une vache au bout d'une corde.Si vous cherchez la Roumanie sur une carte, vous la trouverez entre l'Ukraine au nord et la Bulgarie au sud, mais dans la réalité elle n'est pas vraiment là.Dans la réalité, la Roumanie est une vache qui broute une herbe rase à la porte des banques.Il y a en ce moment en Roumanie une obsession de la finance.Je ne doute pas que les Roumains fassent d'aussi grandioses capitalistes que n'importe qui, mais on a l'impression d'un activisme financier un peu surréaliste, qui relève plus de la religion que de l'économie.Comme un endoctrinement à rebours.L'avenir radieux de la Roumanie est dans la finance comme il était dans le communisme, il y a quelques années.Place Universitatii, dans un vieux building, le Trust des Carpathes, d'anciens apparatchiks qui ont ouvert leur bureau juste à côté de Danube-Finance.Des amis à eux.Ils font des affaires.C'est pas clair quel genre d'affaires.Prêtent de l'argent.Regardent le foot à la télé.Attendent l'avenir radieux, comme avant.Posaient beaucoup de questions et j'ai dû insister : je ne suis pas un journaliste financier, j'hay s les finances.Celui qui parlait le mieux français a allumé très vite, il m'a dit : vous là, dans la vie, vous êtes plutôt socialiste, non ?Je suis pas la Corée du Nord, mais un petit peu, oui.Vous vous rappelez la pitié et l'effroi qu'inspiraient les premiers sidéens vers le milieu des années 80 ?Ils m'ont regardé comme ça, comme un sidéen des années 80.Voir FOGLIA en A2 www.bmw.ca 1 800 667-6679 BMWX5 4.6is Le plaisir de conduire.MC Il n'y a pas que les deux-places qui soient sport.3046358A 1LP0202A0603 Page A2/3juin 1LP0202A0603 ZALLCALL 67 00:00:08 06/03/02 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 7-6-2 > À quatre chiffres : 1-2-9-1 SUITES DE LA UNE CHRÉTIEN Suite de la page A1 « Mais cet après-midi, M.Martin et moi nous nous sommes mis d'accord, pour la bonne gouvernance du pays, qu'il était mieux qu'il ne soit plus ministre des Finances.» Le premier ministre a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un congédiement mais que les deux hommes s'étaient mis d'accord vers 15 h 30 au téléphone qu'il était dans l'intérêt du pays que le ministre des Finances laisse sa place à un autre.M.Martin n'a cependant pas produit de lettre de démission et la lettre que lui a fait parvenir le premier ministre commence en des termes plutôt froids : « C'est avec tristesse que je confirme que vous quittez le cabinet ».Depuis jeudi soir dernier, la tension était à son comble entre les deux ténors du gouvernement fédéral, alors que le premier ministre sommait à Winnipeg tous les participants à la course non déclarée à sa succession de remballer leurs affaires et de cesser toute campagne de financement faute de quoi ils seraient congédiés du cabinet.M.Chrétien annonçait du même coup qu'il avait bel et bien l'intention de rester en poste au moins jusqu'en 2004.Le lendemain soir, à Toronto, en plein congrès de la section ontarienne du Parti libéral du Canada, dans un geste d'exaspération et en réponse à l'ultimatum de son vieux rival, Paul Martin convoquait la presse pour annoncer qu'il réfléchissait sérieusement à son avenir au sein du cabinet.Le premier ministre a reçu cette décision comme une déclaration de guerre.Hier, les lieutenants de M.Chrétien et ceux de M.Martin ont maintenu le contact jusqu'à ce que le premier ministre rejoigne par téléphone son ministre des Finances vers 15 h 30.Au volant de sa voiture en direction d'Ottawa, M.Martin a dit à M.Chrétien qu'il n'avait pas encore décidé s'il démissionnait.Selon des proches du ministre, c'est à 16 h en écoutant les nouvelles à la radio que Paul Martin a appris qu'il venait de perdre son poste.M.Chrétien a tenté de minimiser le différend profond qui l'oppose à son ex-ministre.« Je lui ai dit que j'étais très triste, a-t-il dit aux journalistes dans les jardins de Rideau Hall, comme vous l'avez vu dans la lettre, parce qu'il a été un très bon ministre des Finances.Nous avons travaillé très bien ensemble pendant près de neuf ans.Nous sommes tous les deux fiers du succès de l'économie au cours de cette période.Nous avons connu des moments difficiles au début avec les coupes budgétaires.Nous avons travaillé ensemble.Il m'a toujours soutenu et je l'ai toujours soutenu.Le premier ministre a ajouté qu'il ne savait pas si Paul Martin demeurera au sein du caucus libéral mais qu'il le souhaitait.Il a confirmé que le départ de M.Martin était dû à la rixe entre les deux hommes au sujet de la direction du PLC.« Cela n'a rien à voir avec la situation au ministère des Finances ou avec les politiques économiques du gouvernement, a dit M.Chrétien.Il y a d'autres problèmes qui nous rendaient la vie mutuellement difficile.Nous nous sommes mis d'accord tous les deux qu'il devait partir.» Le premier ministre a répété à plusieurs reprises hier qu'il trouvait « un peu surprenant » que l'on songe à le remplacer en cours de route alors qu'il a été élu voici seulement 18 mois pour un mandat de cinq ans.« Ça créait des problèmes, a-t-il dit en faisant allusion à Paul Martin.Et j'ai décidé jeudi que la course à la chefferie était terminée, que la sollicitation de fonds était terminée et qu'il fallait que les ministres se consacrent uniquement à leur travail de ministre.» M.Chrétien a dit qu'il ne sait pas s'il briguera un quatrième mandat mais il a réaffirmé qu'il sera là en février 2003 lors du Congrès national du PLC pour le vote de confiance.« Il y avait un malaise au sein du caucus, a-t-il ajouté, et les membres m'ont demandé de trancher.J'ai tranché.Oui, je ferai face à une révision de mon leadership.C'est comme ça que fonctionne la constitution du parti.» Le chef de l'opposition officielle, l'allianciste Stephen Harper, a condamné le geste posé hier par le premier ministre.« Il a procédé, a-t-il dit, à ces changements pour des raisons purement politiques.C'est le pire exemple que l'on puisse avoir d'un changement politique et administratif.» Joe Clark, le chef du Parti conservateur, a pour sa part affirmé qu'à la fois MM.Martin et Chrétien étaient à blâmer pour la crise qui se secoue actuellement le gouvernement.« Les deux, a-t-il dit, ont mis leurs intérêts personnels avant les intérêts du pays.» Le nouveau ministre des Finances, John Manley, a voulu pour sa part se faire rassurant sur l'avenir économique du Canada, affirmant qu'il allait maintenir le cap choisi par son prédécesseur.« Je pense que les Canadiens savent combien j'ai été associé personnellement avec l'engagement de ce gouvernement de réduire le déficit, de maintenir un budget équilibré, de maintenir une croissance économique forte, de réduire les impôts, a-t-il dit.C'est la direction dans laquelle nous allons et il n'y aura pas, avec ma nomination, de changements dans nos politiques économiques.FRAGILE Suite de la page A1 >oss « Il n'y a aucune raison de penser que nous serons compétitifs cette année », a-t-il dit à Monaco.Ça commence bien.Qu'à cela ne tienne, nous disent les gens du Grand Prix : les touristes \u2014 plus nombreux qu'à n'importe quel autre événement au Canada \u2014 ne viennent pas pour Villeneuve.Et le public montréalais, « éduqué » à la F1 depuis le retour de Villeneuve en 1996, aime le spectacle avec ou sans le héros local.Même si c'était entièrement vrai, il se trouve justement que cette année, le spectacle est en panne.« Le reste » ennuie.Les poursuivants des Ferrari \u2014 Williams, Mc Laren \u2014 n'ont pas encore rempli leurs promesses.Et en Autriche, Ferrari a ajouté l'arrogance à l'ennui général en ordonnant à son pilote numéro 2, Rubens Barrichello, de ralentir pour laisser passer Michael Schumacher au fil d'arrivée.L'impact de ce petit événement se calcule en dollars perdus pour Marc Savoie, de Sportvac, un courtier en voyages de Saint-Lambert qui vend des forfaits de Formule 1.« Pendant les trois semaines qui ont précédé le Grand Prix d'Autriche, je vendais en moyenne quatre à six forfaits par jour pour Montréal, et parfois jusqu'à dix, dit-il.Depuis trois semaines, je n'en vends même pas un par jour : six en 20 jours ! Vous devriez voir les courriels que je reçois : les clients sont encore en colère.» L'an dernier, il a vendu 875 forfaits pour Montréal.Il en a vendu 510 cette année.Il vend aussi sur Monaco : des baisses de 50 % dans son cas.« Le produit s'essouffle dangereusement, mais les gens de la Formule se pensent au-dessus de tout ça.Ils sont mieux de faire attention.Moi, je suis en contact direct avec les consommateurs en Amérique latine, en Europe, aux États- Unis, au Canada.Il y a une baisse sérieuse d'intérêt en ce moment.» Mais on n'est pas convaincu que les organisateurs et les pilotes s'en soucient vraiment.« Chaque année, j'organise un cocktail pour nos clients.Pendant une heure, on les réunit, on leur remet des produits, ils rencontrent un pilote, etc.Cette année, j'offre 5000 $US pour une présence d'une heure.Même des pilotes de fond de grille refusent.Je comprends que ce n'est pas une grosse somme pour eux ; mais ils pourraient au moins avoir le souci des fans qui dépensent 2000 $ ou 3000 $ pour les voir pendant trois jours ! » À Monaco, j'ai pu voir des centaines de fans massés le long des grillages qui entourent le paddock s'écorcher les doigts pour tendre un bout de papier et un stylo à un Juan Pablo Montoya désoeuvré qui passait tranquillement par là.C'est à peine s'il s'est retourné une seconde pour leur envoyer vaguement la main.Évidemment, il se trouve que certains secteurs de l'économie se sont refroidis dangereusement eux aussi, ce qui n'a pas aidé.Encore l'an dernier, Nortel louait 100 chambres pendant le Grand Prix pour ses clients.Tout ça est bien fini.Fini aussi le temps où Téléglobe, sous Charles Sirois, commanditait BAR et avait un budget important pour recevoir au paddock.Plusieurs autres sociétés sont plus frileuses et commencent soudainement à comprimer leurs dépenses.Soudainement, le prix des chambres chatouille un peu plus : 375 $ la nuit au Delta, 450 $ au Reine Elizabeth, 495 $ au Sheraton.Une chambre ordinaire.Entendons-nous bien : même avec une baisse, la semaine sera un succès.Un des plus beaux du championnat.Simplement, après l'espèce de record de 2001, on sent qu'il y a des limites, et qu'on les a peut-être touchées.Il ne peut pas y avoir que des hauts.Et s'il s'en trouve pour dire que ce n'est qu'une accalmie en attendant la remontée des prétendants à la couronne de Schumacher, Marc Savoie, lui, est moins confiant.« Pour parler aux consommateurs tous les jours, je pense que les bonzes de la F1 sont mieux de faire attention ; c'est très fragile, tout ça.» Vraiment ?Avec un peu de soleil et des degrés Celsius dans les 24, 25, c'est une fragilité qui ne se sentira pas nécessairement sur les terrasses et dans les rues de la ville.FOGLIA Suite de la page A1 Pour les Roumains, il y a quatre grands responsables de leurs malheurs : le couple Ceausescu, les juifs qui ont apporté le communisme en Roumanie (Anna Pauker notamment, plus stalinienne que Staline), les Tziganes \u2014 tout est toujours de la faute des Tziganes anyway \u2014, et les intellectuels occidentaux complices du communisme, complices des juifs (Jean- Paul Sartre étant le monstre absolu).J'oublie les Russes, je crois.N'allez pas tirer de trop vastes conclusions.Je vous parle d'une imperceptible odeur de soufre.Dans la réalité quotidienne, ce qui transpire d'abord, c'est l'exquise politesse des Roumains.Ainsi mes promenades dans Bucarest m'ont souvent mené près de la synagogue où, m'a-t-il semblé, les juifs bucarestois allaient à leur dévotions en toute sérénité.Ce ne doit pas être aussi invivable qu'on le prétend ici et là puisque de plus en plus de juifs immigrés en Israël reviennent faire des affaires dans leur première patrie, ainsi notre hôtel, le Bucaresti, appartient-il à des juifs roumains de retour.Je vous parle de la Roumanie comme si je l'avais parcourue alors que j'ai passé dix jours à Bucarest et ses alentours.J'ai adoré Bucarest.Ce n'est pas une belle ville.En tout cas pas d'une beauté évidente.Une ville décourageante pour le touriste, et rien que cela serait suffisant pour me la rendre attachante.Mais il y a plus.Il y a les parcs, magnifiques.Le Cismigiu, l'immense Herastrau où je me suis perdu.Le Tineretilui et son cimetière Belu où j'ai trouvé des touristes en train de rire comme des fous, des Roumains de Belgique venus faire un tour au pays.« Qu'est-ce qui vous amuse tant ?» Le fou rire faisait suffoquer la dame.Elle me disait deux mots et repartait à pouffer.Elle a fini par me traduire l'inscription vengeresse gravée dans la pierre : « C'est de la faute à mon médecin, cet âne ! » J'ai adoré cette ville qui se déguste comme un biscuit au hasch.Tu le manges, bof.Trois heures après, l'euphorie.J'ai aimé la musique des noms des rues, Fanzelarilor, Armeneasca, Popa Rusu.Institutul de la statistique.Institutul, comme cela dit bien ce qu'est un institut.Partout des petits squares qui somnolent sous une congrégation de tilleuls.Trois bancs, une marchande de fleurs.Un chien couché qui vous ignore.Une architecture de fin fond de province, on se croirait souvent à Angoulême.Les maisons retranchées dans leur cour de gravier, fermée par une grille.Souvent un jardin.Le lierre et la vigne vierge floconnent les façades.Et encore des arbres et leurs jaillissements d'ombres fraîches.Passe une famille de tziganes sur une charrette tirée par un cheval, les autos klaxonnent impatiemment.Passe une calèche avec des mariés.Passe un chat, mimine de rien, devant le pet shop de la rue Corbeni.Rue Pictor Verona, c'était la sortie des classes.Devant la Scola Centrala, les mamans récupéraient leurs petits, et les tiraient par la main vers la maison.Maman, est-ce que je peux aller jouer chez Virgil ?Non, faut que tu fasses tes devoirs avant.Je n'avais pas d'interprète, mais le roumain n'est pas du chinois, on pogne un mot latin ici et là, et de toute façon de quoi vouliez-vous que parlent ces deux-là ?Du produit national brut ?J'ai adoré cette ville que les Bucarestois font très belle et un peu triste.Plus de dix ans après la fin de son grand malheur, Bucarest n'a pas encore séché toutes ses larmes.Ses millions de roses ne le distraient pas de sa douleur ancienne.Son coeur gros, son coeur lourd se souvient de tout.J'ai adoré cette ville, sa poésie amère.Un autre chat traverse la rue, que vouliez-vous que je demande de plus à Bucarest ?Je tiens absolument à terminer ce voyage par une carte postale, à l'envers, puisque c'est moi, le voyageur, qui l'ai reçue, en Roumanie.Elle m'a été envoyée par Alina Dumitrescu, de Montréal.« Monsieur, j'ai su avec émotion que vous visitez la Roumanie sans moi.Je voulais vous donner ma clé du pays, mais j'ai, de toute façon, laissé la porte ouverte en partant.Je ne connais pas vos plans, mais si vous avez le temps et le désir de visiter mes parents, ils se feront un plaisir de vous recevoir et ma mère un devoir de vous sur-nourrir, je vous souhaite un bon voyage, ALINA.» Hélas non madame, je relis votre carte postale dans le taxi qui me mène à l'aéroport où je prends tantôt un avion pour Paris.C'est déjà fini.Moi aussi j'ai laissé la porte ouverte.Je vous embrasse. 1LP0301A0603 a3 lundi 1LP0301A0603 ZALLCALL 67 22:49:16 06/02/02 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 3 J U IN 2 0 0 2 A 3 l a M é g a a g e n c e Ouvert le dimanche (514) 858-00111 888 302-6221 de 12 h à 20 h Francfort 742$ Varsovie 898$ L E P R I X PEUT ÊTRE INFÉRIEUR.taxes incluses Sous certaines conditions MARTIN CONGÉDIÉ LYSIANE GAGNON l g a g n o n @ l a p r e s s e .c a Chrétien enclenche une lutte sans merci Le boss et l'aspirant OTTAWA \u2014 En congédiant de manière peu élégante son éternel rival, Paul Martin, hier, le premier ministre Jean Chrétien a donné le coup d'envoi àune lutte sans merci pour la direction du Parti libéral qui connaîtra son dénouement lors du prochain congrès du parti qui aura lieu à Ottawa en février.Pour l'heure, Jean Chrétien est toujours aux commandes du parti et du gouvernement, mais il doit soumettre son leadership à un vote de confiance des militants lors du congrès, comme le stipule la constitution du Parti libéral.Écarté du cabinet, où il était ministre des Finances depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir en 1993, M.Martin pourra désormais consacrer tout son temps et tous ses efforts à convaincre les militants qu'ils doivent changer de leader s'ils veulent remporter les prochaines élections, prévues d'ici à deux ans et quelques mois.Il pourra sillonner le pays à sa guise, continuer à recueillir des fonds et s'adresser directement aux militants sans avoir à répondre au premier ministre, qui jongle plus que jamais avec l'idée de solliciter un quatrième mandat.Au cours des huit prochains mois, les deux camps se livreront donc une guerre de tranchées dans l'espoir de convaincre les députés, les sénateurs et les militants du parti de se ranger derrière eux.Les deux hommes avaient livré un véritable duel de rue lors de la dernière course à la direction du parti en 1990.Ils ont réussi à mettre leurs différends de côté pendant les deux premiers mandats des libéraux, dominés par la lutte au déficit.Mais les relations étaient loin d'être au beau fixe depuis des mois.Le couvercle de la marmite saute Le couvercle de la marmite a finalement sauté la semaine dernière après que M.Chrétien eut ordonné aux aspirants candidats à sa succession de cesser leur campagne en coulisses sans quoi ils seraient chassés du cabinet.Les deux hommes pourront régler une fois pour toutes leurs comptes en février, douze ans après leur premier affrontement.En plus de contrer les attaques soutenues des partis d'opposition aux Communes, qui accusent son gouvernement de corruption, Jean Chrétien devra maintenant se soucier des charges venant des membres de son propre parti.Les prochains mois s'annoncent fort difficiles pour le chef du gouvernement libéral.D'autant plus que M.Chrétien aura toute la misère du monde à justifier sa décision devant les membres de son caucus dont la majorité désire voir Paul Martin prendre la relève avant les prochaines élections.Le président du caucus national, Stan Keyes, est un fervent partisan de l'ancien ministre des Finances.Il faisait partie d'un groupe d'une vingtaine de députés venant principalement de l'Ontario qui avaient publiquement souhaité voir M.Chrétien passer le flambeau à M.Martin en mars 2000, quelques mois avant les élections générales.Certains de ces députés, dont Joe Volpe, n'ont pas tardé à répéter cette même demande cde week-end après que M.Martin eut annoncé vendredi qu'il réfléchissait à son avenir politique au sein du gouvernement Chrétien.Samedi, à Toronto, à l'occasion d'une réunion de l'aile ontarienne du Parti libéral, des députés inquiets de voir leur poulain quitter le cabinet ont même évoqué l'idée de faire circuler une pétition au sein du caucus afin de forcer M.Chrétien à démissionner.Ils ont mis cette idée sur la glace pour le moment afin de ne pas déstabiliser le gouvernement davantage.En plus de jouir de l'appui d'au moins la moitié des députés libéraux aux Communes, M.Martin contrôle également l'aile du parti en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et une bonne partie de celle du Québec.Conscient de la puissance redoutable de son ancien ministre des Finances, M.Chrétien cachait mal sa nervosité hier devant l'ampleur de la lutte qui s'amorce.D'autant plus qu'il exerce un contrôle limité sur la machine du parti.De toute évidence, M.Chrétien a décidé de lancer la première salve hier en remerciant le plus influent ministre des Finances de l'histoire du pays avant qu'il n'ait formellement terminé sa réflexion au sujet de son avenir au sein du gouvernement libéral.M.Martin, qui a passé le week-end dans sa résidence en Estrie, était en route vers Ottawa quand il a reçu un appel de M.Chrétien vers 15 h 30.Le premier ministre lui a alors demandé s'il désirait poursuivre son travail de ministre des Finances.M.Martin lui a simplement indiqué qu'il n'avait pas encore arrêté sa décision, mais qu'il n'avait pas l'intention de faire traîner les choses.Moins de 15 minutes après cette difficile conversation, M.Martin a appris dans sa voiture, en écoutant les nouvelles de 16 h à la radio, que le premier ministre remaniait son cabinet pour la deuxième fois en une semaine et le reléguait au rand de simple député.Ce faisant, M.Chrétien a clairement fait savoir à son éternel adversaire qu'il ne lui ferait aucun cadeau durant la bataille qui commence.Paul Martin a tergiversé deux jours de trop.Il aurait dû se brancher sur-le-champ au lieu d'étaler ses états d'âme en public.Jean Chrétien n'allait pas se laisser humilier par ce rival qu'il en était venu à détester personnellement.Il l'a court-circuité.Résultat : au lieu de partir la tête haute, le ministre des Finances auquel le gouvernement Chrétien devait l'essentiel de sa crédibilité a été mis à la porte sans le moindre égard.Le ministre a appris son limogeage à la radio, comme vous et moi.Cet étrange comportement laisse planer des doutes sur les réflexes politiques de M.Martin.Car après tout, quand on occupe un poste aussi crucial, on ne laisse pas entendre pendant deux jours qu'on va démissionner.On le fait, ou on se tait.À moins que tout cela n'ait été qu'une savante stratégie de M.Martin pour forcer le premier ministre à le remercier \u2014 histoire d'éviter d'être accusé de déloyauté par les troupes libérales.En tout cas, ce ne sont pas les propos vagues de M.Martin, lors d'une conférence de presse tardive, convoquée six heures après son licenciement, qui nous éclaireront là-dessus.Ce nouvel épisode \u2014 le plus dramatique \u2014 de la guerre larvée que se livrent les deux hommes depuis douze ans montre que le premier ministre Chrétien est prêt à administrer un électrochoc à l'économie du pays pour éliminer son plus puissant rival.Le premier effet du congédiement de Paul Martin sera de faire reculer un dollar qui avait commencé à remonter.Même la présence de John Manley \u2014 un homme de centre droit comme Paul Martin, dont on ignore toutefois s'il pourra porter les grandes chaussures de son prédécesseur \u2014 ne suffira pas à rassurer les milieux financiers, qui craignent l'incertitude comme la peste.Or, c'est précisément une ère d'énorme incertitude qui s'ouvre.Cette crise en annonce d'autres, car l'organisation de Paul Martin contrôle aujourd'hui la majeure partie des postes de pouvoir au sein du PLC, en plus de rallier une majorité du caucus.On se rappellera que Jean Chrétien, en son temps, avait réussi à saboter le leadership de John Turner de l'extérieur des Communes, par personnes interposées.M.Martin, lui, entend rester député.Maintenant dégagé des exigences de la solidarité ministérielle, il sera encore mieux placé pour déstabiliser le gouvernement Chrétien.Le premier ministre voulait, par ce coup de force, démontrer qui est le boss de ce bateau.Mais cela ne fera qu'amplifier la contestation de l'intérieur, d'autant plus que son étoile a déjà singulièrement baissé.Au Canada anglais, l'indulgence envers le « p'tit gars de Shawinigan » a cédé la place à l'exaspération.Les derniers scandales \u2014 et surtout la façon dont M.Chrétien y a réagi \u2014 ont fait déborder le vase.Le Globe and Mail et le National Post souhaitent son départ.Le Toronto Star a cessé de lui donner le bénéfice du doute.Peter Newman, le doyen des journalistes libéraux, le qualifiait samedi de « Noriega du Nord ».Pire, les derniers coups de sonde montrent que l'électorat a sérieusement commencé à douter de l'intégrité du gouvernement.Bref, M.Chrétien voyait, la semaine dernière, le tapis se démailler sous ses pieds.Or, il se trouve que les fuites à l'origine des révélations qui ont affecté la crédibilité de son gouvernement visaient des « inconditionnels » du premier ministre \u2014 Stewart, Gagliano, Mc Auley, Boudria, Coderre.D'où, probablement, la conviction de M.Chrétien que cela venait du clan Martin.Du coup, le batailleur invétéré est devenu un taureau enragé.La semaine dernière, il sommait les journalistes de dénoncer leurs sources d'information, leur promettant de juteuses manchettes si seulement il pouvait mettre la main sur les « traîtres ».On aurait cru entendre un petit dictateur promettre des exécutions publiques.Dans un autre accès de colère, il affirmait que ce n'était pas bien grave que quelques millions de dollars aient été « volés », si c'était pour maintenir l'unité nationale.Et le lendemain, il affirmait, avec une incroyable arrogance, qu'il n'avait aucunement l'intention de s'excuser auprès des citoyens.Finalement, il ordonnait aux aspirants au leadership de cesser toute activité partisane, en affirmant qu'il repousserait à 2004 sa décision concernant son avenir.Ce qui, notons-le bien, est son droit le plus strict : il a été élu pour quatre ou cinq ans, pas pour deux ans.Mais dans le contexte, et parce que M.Chrétien avait toujours promis de se brancher après le vote sur son leadership, en février prochain, cela équivalait à une déclaration de guerre envers Paul Martin.La lutte de pouvoir qui vient d'exploser au grand jour durait, de manière souterraine, depuis la campagne au leadership de 1990.Avec le temps, elle avait gagné en intensité.M.Martin prenait en sourdine le contrôle du parti, et M.Chrétien ne cachait plus sa hargne envers son rival.La guerre est ouverte, sans possibilité de trêve.Photo PC Jean Chrétien et Paul Martin, qui s'étaient livré une véritable bataille de rue lors de la dernière course à la direction du parti en 1990, avaient réussi à mettre leurs différends de côté, mais hier le premier ministre a montré la porte au ministre des Finances.On voit ici les deux hommes photographiés en décembre dernier.3054236A 1LP0402A0603 a4 lundi 1LP0402A0603 ZALLCALL 67 00:03:18 06/03/02 B A4 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 MARTIN CONGÉDIÉ Étonnement, tristesse et colère Une vieille mésentente G I L L E S TOUPIN OTTAWA \u2014 La difficile relation entre le premier ministre Jean Chrétien et son ministre des Finances, Paul Martin, ne date pas d'hier.Si le lien de confiance entre les deux hommes a été brisé pour de bon hier, selon les propos mêmes de Paul Martin, c'est une accumulation d'événements depuis 1990 qui a mené au drame d'hier.Voici les principales dates de ce feuilleton qui a commencé voici plus de 10 ans.> 1990 : lors de la course à la direction du Parti libéral du Canada, Chrétien et Martin se livrent une lutte sans merci.Paul Martin accuse notamment son rival d'exploiter le dénouement de l'Accord du lac Meech et de faire mal au parti.C'est le premier grand schisme entre les deux hommes.Chrétien l'emportera et Martin terminera deuxième de cinq candidats.> 1993 : après la victoire électorale des libéraux de Jean Chrétien cette année-là, Paul Martin se fait tirer la patte par le premier ministre pour devenir ministre des Finances.M.Martin voulait, comme son père, devenir ministre de l'Industrie.Il était tellement réticent que M.Chrétien a dû nommer pour un court moment John Manley aux Finances.M.Martin a finalement accepté l'importante mission que lui confiait le premier ministre aux Finances.M.Martin deviendra l'un des plus grands et des plus populaires ministres des Finances de l'histoire du Canada, éliminant le déficit, équilibrant les comptes publics et réduisant la dette.> 2000 : avant le déclenchement des élections de novembre, le Parti libéral du Canada se réunit en Congrès à Ottawa en mars.Les partisans de Paul Martin tentent d'orchestrer un putsch contre Jean Chrétien \u2014 qui doit faire face à un vote de confiance.C'est l'échec du clan Martin.Malgré la forte houle qui secoue ce congrès, Jean Chrétien affirme haut et fort que la mutinerie du clan Martin est étouffée et qu'il mènera « très bientôt » le Parti libéral aux prochaines élections.« Je suis le chef ! » clamerat- il.Il tient sa promesse et remporte une victoire éclatante aux élections générales.> 2001 : le clan Martin s'active partout dans les circonscriptions du pays.Le ministre des Finances a placé ses hommes dans chacune des associations libérales des circonscriptions du pays.Un de ses adversaires à la succession de Jean Chrétien, Allan Rock, l'accuse de tronquer les règlements du parti en Ontario en ce qui concerne l'enregistrement de nouveaux membres, cela afin de bloquer la voie à ses adversaires.Martin nie.En février, les partisans de Chrétien renforcent leurs rôles au sein du caucus libéral au détriment des partisans de Martin.Le 4 mai, le chef de cabinet du premier ministre depuis 10 ans, Jean Pelletier, prend sa retraite, ce qui laisse croire que son patron se prépare à faire de même.En juin, lors d'une réunion de l'OTAN à Bruxelles, M.Chrétien somme ceux qui rêvent de lui succéder de se calmer, faute de quoi ils seront limogés.> 2002 : le 15 janvier, à la suite de la démission de Brian Tobin, ministre de l'Industrie, M.Chrétien affirme qu'il n'a pas l'intention de prendre sa retraite.En février, Denis Coderre, un de ses fidèles partisans, annonce que le premier ministre a l'intention d'être là pour le vote de confiance d'avril 2003.Le 30 mai (la semaine dernière), Chrétien ordonne aux ministres de son cabinet, lors d'un Conseil des ministres, de cesser toute course à sa succession.Jeudi, à Toronto, Jean Chrétien déclare que quiconque fait fi de cet ordre sera chassé du cabinet.Martin annonce le lendemain qu'il songe à démissionner.ANDRÉ DUCHESNE DE L'ÉTONNEMENT à la colère, en passant par la tristesse ou encore par des questions quant à savoir de quoi seront faits les prochains mois, les réactions à l'expulsion de Paul Martin du cabinet Chrétien étaient, on s'en doute, diverses chez les libéraux, hier.Comme la veille, le vice-président de l'association libérale de Laurier/Sainte-Marie, Marc Tremblay, faisait partie de ceux qui se disaient irrités de voir ainsi Jean Chrétien montrer la porte à son principal lieutenant économique.« M.Chrétien voulait se débarrasser de M.Martin.Tout tourne autour de cela », a-t-il indiqué en entrevue.Selon lui, l'impatience manifestée par M.Chrétien à donner son bleu au ministre des Finances traduit sa propre inquiétude quant à sa popularité au sein des troupes.Et ce, à quelques semaines de la sélection des délégués en vue du congrès de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada qui doit avoir lieu en novembre à Montréal.« M.Chrétien sent qu'il pourrait avoir moins de délégués qu'il ne le souhaite.Or, c'est important en vue du congrès national de mars 2003 où doit avoir lieu un vote de confiance », estime-t-il.Cette baisse de popularité, le sénateur conservateur et ancien conseiller politique de Robert Bourassa, Jean-Claude Rivest, la note également.En coulisses, dit-il, tout le monde, même ceux et celles qui s'affichent pro-Chrétien, a bien hâte de tourner la page.« Tout le monde attend qu'il parte, même ses alliés.Après 40 ans de vie politique, M.Chrétien a bien servi son pays, mais il est temps qu'il parte.» M.Rivest est de ceux qui croient d'ailleurs qu'en dépit des promesses de rester en poste jusqu'en 2004, le premier ministre tirera sa révérence d'ici peu.Une fois le sommet du G-8 à Kananaskis terminé, il pourrait bien annoncer son départ, dit-il.Claude Dauphin, un des proches de M.Martin puisqu'il fut son principal conseiller politique avant de passer à la scène municipale, qualifie d'« assez ébranlants » les événements des dernières heures.« Cela nous montre à quel point les choses peuvent changer rapidement en politique », lance le responsable du dossier des transports dans le cabinet de Gérald Tremblay à Montréal.M.Dauphin ne croit pas cependant que Paul Martin laissera tomber le Parti libéral du Canada après 30 ans de travail partisan.« C'est un gars de parti et je crois qu'il va prendre des décisions dans l'intérêt du parti et de son pays », ajoute M.Dauphin.Lui qui a côtoyé Paul Martin chaque jour de leur collaboration se rappelle d'un homme qui manifestait un plaisir évident à préparer le budget de son gouvernement, même si le travail démarrait cinq ou six mois avant le dépôt.« Ce qui lui plaisait beaucoup aussi était de travailler sur des dossiers d'envergure internationale.Au début de son mandat, en 1993, il consacrait peut-être 15 % de son temps aux dossiers internationaux, mais là, ils prenaient de 40 à 50 % de son temps.» Et M.Martin aime les gens, ajoute M.Dauphin.Il aime aller rencontrer les partisans dans des assemblées politiques ou encore participer à des activités de levées de fonds.Partout au pays, c'était lui le plus demandé chez les membres du cabinet pour des activités partisanes.Discrétion et retenue Tout comme samedi, on faisait par ailleurs montre de retenue chez les députés et ministres libéraux.Joint chez lui, le député de Chicoutimi- Le Fjord, André Harvey, a indiqué qu'il ne faut pas oublier que les libéraux de M.Chrétien ont été réélus il y a à peine 18 mois et que les membres du gouvernement devaient travailler dans l'unité.« Lorsqu'un membre du cabinet fait part de telles interrogations, le premier ministre doit agir rapidement », a-t-il insisté.Son collègue de Brossard-La Prairie et whip adjoint en Chambre, Jacques Saada, s'est quant à lui dit « très triste » de la perte de « quelqu'un de très grande envergure ».En soirée, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain s'est dite satisfaite du travail accompli par Paul Martin, indiquant qu'il « a permis de redonner au Canada une précieuse crédibilité économique et budgétaire ».Du même souffle, on a conseillé aux libéraux fédéraux et au nouveau ministre des Finances, John Manley, de garder le cap.Selon la Chambre, il faut « maintenir les politiques qui ont assuré le renforcement et la stabilité » de l'économie enregistrés au cours des dernières années.Photo ROBERT SKINNER, La Presse © Marie Turcotte était sans pitié à l'endroit du premier ministre Jean Chrétien.« Ce ne sont pas ses hommes qui doivent s'en aller, c'est lui.» Les La Sallois digèrent mal l'éviction de leur député SÉBASTIEN RODRIGUE LA COTE DE popularité de Jean Chrétien n'était pas très forte hier auprès des citoyens du comté de La Salle-Émard quelques heures après qu'il eut montré la porte à leur député, Paul Martin.Marie Turcotte ne mâchait pas ses mots à l'endroit du chef du Parti libéral du Canada qui venait de faire un deuxième remaniement ministériel en autant de semaines.« C'est le temps qu'il débarque parce qu'il est en train de perdre tous ces hommes », dit-elle.Mme Turcotte, qui a déjà fait du porte-à-porte pour l'élection de M.Martin, trouve que Jean Chrétien est devenu arrogant avec le temps.« Il ne répond même plus aux journalistes.Je le trouve assez effronté.Ce ne sont pas ses hommes qui doivent s'en aller, c'est lui », conclut- elle.Dino Dioia s'inquiète pour sa part de l'impact du départ du ministre des Finances sur l'économie du pays, particulièrement sur le dollar canadien.Jérémie Lafond croit de son côté que le premier ministre Chrétien fait une erreur en se débarrassant de celui qui a redressé les finances du pays.« Il fait passer ses intérêts personnels avant ceux du pays », dit-il.Jean-Paul Drouin avait pour sa part de la difficulté à se faire une opinion sur les événements qui ont mené au départ de M.Martin.« C'est de valeur.On dit aux enfants de ne pas avoir de chicanes, et deux hommes hautement qualifiés en viennent à ce genre d'accrochage », constate-t-il.M.Drouin ne sait pas trop qui dit vrai dans toute cette affaire, mais « les gens vont juger parce que c'est le peuple qui décide », mentionne-t-il.Ginette Bissonnette estime pour sa part que la rivalité entre Jean Chrétien et Paul Martin démontre qu'un premier ministre ne devrait pas faire plus de deux mandats à la tête du gouvernement.« Il veut sa gloire plutôt que le bien du pays », se désole-t-elle.Mme Bissonnette croit donc que le premier ministre aurait dû laisser sa place à Paul Martin au lieu de s'accrocher.André Blanchette rappelle que cette prise de bec était à prévoir.« Ça ne date pas d'aujourd'hui ses ambitions d'être premier ministre et il va lui faire (à Jean Chrétien) une bonne bagarre », prévoit-il.Les élus du PLQ penchent pour Martin Charest refuse de se prononcer DENIS LESSARD LAVAL \u2014 Jean Chrétien ou Paul Martin ?Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, se disait hier indifférent devant l'épreuve de force entamée entre les deux politiciens fédéraux.Pour ses députés, toutefois, il est clair qu'un changement de leadership s'impose au Parti libéral du Canada.Se montrant très prudent, hier, en marge du conseil général de son parti, M.Charest a soutenu que « peu importe qui sera aux commandes au niveau fédéral, cela ne changera pas ma vision des intérêts du Québec ».Quand on lui rappelle les nombreuses passes d'armes qu'il a eu au cours des années avec M.Chrétien, Jean Charest souligne qu'il n'a, lui, jamais dérogé à ses positions.Sur le transfert des points d'impôts, M.Charest a rappelé qu'il s'était déjà prononcé en faveur de cette solution quand il était chef du Parti conservateur, en dépit du coût politique que cette position représentait pour lui au Canada anglais.Selon lui, le PLQ ne veut plus voir ses relations avec le reste du pays dans un rapport « bipolaire » Ottawa- Québec.« Au lieu de s'obséder à savoir qui est le chef d'un parti ou d'un autre », a-t-il dit.La circonspection de M.Charest était partagée hier par le président de la commission jeunesse du PLQ, Steve Leblanc.« Nous, à la commission jeunesse, on a des jeunes alliancistes, des jeunes libéraux, des jeunes conservateurs.il n'y a pas de mot d'ordre qui se donne.» Mais le nombre des députés libéraux provinciaux sympathiques au remplacement de Jean Chrétien par Paul Martin s'est accru encore hier.Christos Sirros, député de Dorion, estime qu'il « ne serait pas mauvais qu'une ouverture puisse se faire, que les gens puissent choisir d'autres gens ».L'avenir de Jean Chrétien dépend des libéraux fédéraux, a-t-il précisé, ajoutant : « Mais je peux dire que M.Martin a une vision qui cadre plus avec la mienne.» « Au sein du PLQ, je ne connais pas beaucoup de gens qui prônent que M.Chrétien reste », de conclure M.Sirros.Monique Jérôme Forget, dont le comté chevauche la circonscription fédérale de Paul Martin, est une farouche partisane du ministre des Finances.« J'ai beaucoup d'affinités avec M.Martin », souligne-t-elle.« Il faut savoir partir », dit-elle sans détour en référence à Jean Chrétien, soulignant que le PLQ est totalement indépendant du Parti libéral du Canada.« Quand les choses se mettent à aller comme elles vont actuellement à Ottawa, il y a un signal qui est donné, une occasion de revoir sa carrière politique.Il serait peut être sage pour M.Chrétien de s'interroger », estime-t-elle.Le PLQ a bien besoin à Ottawa « d'un gouvernement plus réceptif » que celui de M.Chrétien.Le changement d'attitude requis « passe ordinairement par un changement des personnes ».CONFIANCE Suite de la page A1 sujet de l'éthique et de l'intégrité du gouvernement ont fait éclater cette relation de confiance, a laissé entendre M.Martin.« Les événements de la semaine passée ont eu un effet.Ces événements sont très clairs.(.) La relation de confiance a certainement été rompue, en partie », a dit M.Martin.Dans une déclaration écrite qu'il a lue, l'ancien ministre a indiqué que les relations entre lui et le premier ministre étaient tellement difficiles qu'elles menaçaient la cohésion du cabinet et du gouvernement.« Pendant longtemps, les différences de vues entre le premier ministre et moi-même étaient naturelles et saines.Elles ne dépassaient pas les limites de ce qui se déroule normalement.En fait, nous avons toujours été capables de résoudre nos différends au fur et à mesure qu'ils se présentaient », a d'abord dit M.Martin.« Malheureusement, depuis quelques mois, et avec plus d'acuité, il faut dire ces derniers jours, la relation professionnelle entre le premier ministre et moi-même s'est détériorée au point de devenir improductive.Cela menaçait d'entraver les choix que nous devions poser face aux défis auxquels nous étions confrontés en tant que pays », a-t-il précisé.En conférence de presse, M.Martin a soigneusement esquivé toutes les questions au sujet de ses ambitions de devenir premier ministre du Canada.« Je n'ai pas l'intention d'aborder cette question ce soir.Les deux derniers jours ont été très difficiles », a déclaré l'ancien ministre des Finances.Tout au plus, il a indiqué qu'il demeurera député de La Salle-Émard afin de s'attarder « aux défis qui sont devant nous ».Toutefois, il est d'ores et déjà clair que M.Martin entend mettre sa machine en oeuvre au cours des prochaines semaines en prévision du prochain congrès du Parti libéral qui aura lieu à Ottawa en février.Lors de ce congrès, M.Chrétien devra soumettre son leadership à un vote de confiance des militants.« Quoique les derniers jours aient été difficiles, je ressens une passion profonde à l'égard de l'avenir de notre pays et des occasions qui s'offrent à nous.Je ressens une passion tout aussi égale à l'égard du Parti libéral du Canada au sein duquel je suis né et j'ai grandi.Je suis très attaché au caucus, aux députés et aux membres du cabinet, un groupe d'individus exceptionnels, dédiés et motivés par le désir de bâtir toujours meilleur », a-t-il soumis.M.Martin a profité de sa conférence de presse pour vanter les qualités de son successeur, John Manley et rassurer les marchés financiers qui ouvrent ce matin.« J'incite fortement les marchés financiers à réaliser pleinement l'extraordinaire force de l'économie canadienne.La croissance du PIB au cours du dernier trimestre de l'année 2002 a été remarquable.Le Canada est le seul pays du G7 qui affiche des surplus budgétaires et la création d'emplois continue d'être très forte », a-t-il dit.« Quand les marchés ouvriront, ce sont ces indicateurs qui devraient être pris en compte.Les ministres des Finances viennent et partent.Notre économie demeure très forte.Dorénavant, je m'attarderai aux défis qui sont devant nous », a-t-il ajouté.Mais M.Martin, reconnu comme l'un des meilleurs ministres des Finances dans l'histoire du pays, a refusé de dire ouvertement qu'il avait été congédié par M.Chrétien, son éternel rival.Il a indiqué s'être entretenu à quelques reprises avec les proches conseillers de M.Chrétien au cours des deux derniers jours.Lors de ces entretiens, il avait indiqué tant au premier ministre qu'à ses collaborateurs qu'il prendrait une décision finale hier soir ou ce matin avant l'ouverture des marchés financiers.« Je leur ai indiqué que la relation entre le premier ministre et moi était devenue très difficile et que j'avais des choix très difficiles à faire et que je songeais sérieusement à mon avenir », a déclaré M.Martin.« Mais j'ai appris en écoutant la radio qu'il y aurait un remaniement ministériel.M.Martin a expliqué que le conseiller du premier ministre, Eddie Goldenberg, a insisté pour que M.Martin et le premier ministre signent une lettre commune.« Je lui ai dit que je n'avais pas l'intention de faire cela.» 1LP0502A0603 a5 lundi 1LP0502A0603 ZALLCALL 67 00:05:20 06/03/02 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 A5 MARTIN CONGÉDIÉ CLAUDE PICHER > LA VIE ÉCONOMIQUE c p i c h e r @ l a p r e s s e .c a Le bilan de Paul Martin SPONTANÉMENT, beaucoup de gens seront portés à penser qu'avec le départ abrupt de Paul Martin, le Canada vient de perdre un excellent ministre des Finances, sans doute le meilleur depuis bien longtemps.Effectivement, M.Martin laisse derrière lui un héritage impressionnant.Lorsqu'il s'est assis pour la première fois dans le fauteuil du ministre des Finances, il y a neuf ans, il a été confronté à une situation presque désespérée.Son prédécesseur, Don Mazankowski, lui laissait un déficit de 42 milliards, le plus important de l'histoire canadienne.Le gouvernement canadien était virtuellement en faillite.Quelques mois plus tôt, le Wall Street Journal, bible des milieux financiers américains, avait qualifié le Canada de « membre honoraire du tiersmonde ».Le FMI menaçait d'intervenir.Au début, M.Martin a déçu : son premier budget annonçait encore un déficit, de 37 milliards celui-là, un résultat à peine meilleur que celui de son prédécesseur.Plusieurs observateurs ont dit qu'il fallait lui donner le temps de s'habituer à ses nouvelles responsabilités.Ce qui est certain, c'est qu'il n'a pas mis de temps à apprendre : il lui faudra moins de cinq ans pour rétablir l'équilibre.La performance est tout à fait digne de mention quand on sait d'où il partait.Depuis quatre ans, les finances publiques sont fortement excédentaires.Année après année, le ministre canalise ces surplus vers le remboursement de la dette.Exprimée en pourcentage du PIB, c'est-à-dire par rapport à la capacité de payer du Canada, la dette fédérale nette est passée en sept ans de 71 % à 49 %.Au cabinet, le ministre a très bien su résister aux pressions de ses collègues qui voulaient utiliser les surplus pour augmenter les dépenses.Il a préféré financer les plus importantes baisses d'impôts de l'histoire canadienne.Tout au long de son passage au ministère, enfin, il a été d'une prudence exemplaire.Trop, ont dit certains.N'empêche : les résultats sont là.Pour toutes ces raisons, il ne faut pas se surprendre que M.Martin jouisse d'un prestige immense dans les milieux financiers.Le plus récent sondage de l'Institut Fraser auprès des gestionnaires de grands portefeuilles lui accordent un taux d'approbation de 89 %.Dans ces conditions, on peut comprendre la nervosité qui a gagné, hier soir, certains milieux : ce départsurprise ne risque-t-il pas d'entraîner des perturbations sur les marchés financiers, aujourd'hui ?Si c'est le cas, il s'agira évidemment de réactions beaucoup plus émotives que rationnelles, mais ce ne sera pas la première fois qu'on voit cela.Pour plus de détails sur ce sujet, je vous invite à lire l'article de mon collègue Réjean Bourdeau, ci-dessous.Même s'il a très bien géré une situation difficile, M.Martin doit quand même une fière chandelle à un autre prédécesseur, le conservateur Michael Wilson.En six ans, M.Martin va transformer un déficit de 42 milliards en un surplus de trois milliards, un revirement de 45 milliards.Comment cela a-t-il été possible ?Essentiellement à cause de l'augmentation des recettes budgétaires, c'est-à-dire des taxes et des impôts.Pendant cette période, les recettes budgétaires vont passer de 116 à 160 milliards, une hausse de 44 milliards ou 38 %.Les dépenses du gouvernement, elles, passeront de 158 à 157 milliards, une baisse de 0,6 % qui permettra d'ajouter un autre milliard à la lutte contre le déficit.Le sacrifice que le gouvernement s'est imposé n'est rien en comparaison avec ce qu'il a demandé aux contribuables.Or, cette spectaculaire augmentation des recettes fiscales est due en majeure partie à trois mesures prises par les conservateurs.Deux d'entre elles, les surtaxes sur l'impôt des particuliers et surtout, la désindexation des tables et des crédits d'impôt, vont puissamment contribuer à catapulter les recettes budgétaires à des niveaux jamais atteints.La troisième mesure, la réforme de l'assurance-emploi, amorcée par les conservateurs et poursuivie par les libéraux, a permis au ministre des Finances de dégager des milliards additionnels qui ont été directement affectés à la lutte contre le déficit.Dans la colonne du passif, on peut enfin reprocher à Paul Martin d'avoir utilisé une partie de ses surplus pour envahir des champs de compétence provinciale, comme dans le projet des bourses du millénaire.Quelques jours avant son départ, le ministre parlait ouvertement d'engager le gouvernement fédéral dans le champ de la fiscalité municipale.Il y a beaucoup plus qu'une banale guerre de drapeaux derrière ces intrusions.Quoi qu'en dise Ottawa, il existe dans les provinces des problèmes de financement aigus, notamment en raison de l'explosion des dépenses en santé.Les montants en jeu sont énormes, et il est assez désolant de voir Ottawa engloutir des milliards dans toutes sortes de projets qui devaient normalement relever des provinces alors que les réseaux publics de santé, au Canada, croulent de toutes parts.Malgré cela, il saute aux yeux que le bilan de Paul Martin est largement positif.Il n'y a aucune comparaison entre l'état de santé des finances publiques, il y a neuf ans et aujourd'hui.Certes, il a pu profiter de conditions favorables, mais les occasions de dérapages ont été nombreuses, surtout lorsque Ottawa a recommencé à dégager des surplus.M.Martin, et c'est sûrement un de ses grands mérites, y a toujours résisté, de la même façon qu'il a été capable, dès que sa marge de manoeuvre le lui a permis, d'être reconnaissant envers les contribuables à qui il avait tant demandé.John Manley, le favori de Paul Martin BRUCE CHEADLE Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Au milieu des turbulences qui ont agité la vie politique canadienne ces trois derniers jours, au moins une nomination n'a surpris personne et ne risque pas de prêter à controverse.John Manley a été choisi hier pour combler la brèche qui s'est ouverte entre le premier ministre Jean Chrétien et son ex-ministre des Finances et premier lieutenant, Paul Martin.Le nouveau ministre, âgé de 51 ans, était considéré comme le favori pour occuper ce poste.Il semble même que M.Martin lui-même l'avait désigné pour lui succéder avant que le couperet du premier ministre ne tombe, hier après-midi.M.Chrétien a déclaré hier, à l'extérieur de Rideau Hall, que M.Manley était son candidat de rechange pour le ministère des Finances en 1993, lorsqu'il a formé son premier cabinet.« Tout est bien qui finit bien pour quelqu'un qui voulait être ministre des Finances », a-t-il déclaré, flanqué de M.Manley.John Manley, qui conserve son titre de vice-premier ministre, a nié avoir nourri de telles ambitions.« Cette nomination n'entraînera aucun changement de la politique économique », a-t-il déclaré d'un ton calme.Mathématicien de formation et avocat fiscaliste, M.Manley, qui est originaire d'Ottawa, a travaillé plus ou moins dans l'ombre pendant sept ans comme ministre de l'Industrie avant d'être nommé aux Affaires étrangères, en octobre 2000.À la suite des attentats terroristes commis aux États-Unis le 11 septembre 2001, il est devenu le plus ardent défenseur de la guerre au terrorisme menée par les États- Unis.Le magazine Time l'a élu Homme de l'année 2001, et Jean Chrétien l'a nommé vice-premier ministre lors d'un remaniement de son cabinet, en janvier.Le nouveau ministre des Finances a fait l'éloge du travail de Paul Martin.« C'est tout un défi d'entrer en fonctions alors que l'économie se porte tellement bien, car si la situation venait à changer, on croirait que je suis responsable », a-t-il ajouté.Bien que le ministre Manley a déjà indiqué qu'il était intéressé à succéder à Jean Chrétien lorsqu'il prendra sa retraite, il est généralement considéré comme un parfait joueur d'équipe, donc loyal à son leader.C'est un atout pour le détenteur du portefeuille le plus prestigieux du cabinet, alors que le Parti libéral semble ébranlé par les récents scandales.Photo PC À court terme, les cambistes prévoient un effet plutôt négatif du limogeage de Paul Martin sur le huard.En apprenant la nouvelle hier, les marchés asiatiques ont fait glisser le dollar canadien.Le dollar frissonne RÉJEAN BOURDEAU Le limogeage du grand argentier fédéral, Paul Martin, par le premier ministre Jean Chrétien, a fait frissonner le marché des devises.Aussitôt, les cambistes asiatiques, déjà à leurs pupitres pour la séance d'aujourd'hui, ont vivement réagi.Pour marquer la nouvelle, ils ont fait glisser instantanément le dollar canadien de 60 centièmes de cents, à 64,9 cents US.Plus tard en soirée, le dollar canadien avait repris un peu de mieux, cotant à 65,1 cents US.Au moment d'aller sous presse, les négociateurs européens n'étaient pas encore en poste.À Londres, en raison des fêtes marquant le Jubilé de la Reine Élisabeth II, le marché des changes tournera au ralenti pendant la journée.Vendredi, après la publication de bonnes données économiques, le huard avait clôturé à 65,5 cents US.En février, notre dollar avait touché un creux historique d'un peu plus de 61 cents US.« Le limogeage de Paul Martin est une mauvaise nouvelle pour les marchés, a constaté Normand Faubert, vice-président, change étranger, à la Banque Laurentienne.Pour le moment, on parle d'incertitude avec un grand I.» Il est trop tôt, selon le cambiste, pour savoir comment les marchés vont digérer tout ça.Chose certaine, M.Faubert ne veut pas sous-estimer le « potentiel » de cette annonce.« À court terme, l'incertitude pourrait mettre fin à la remontée du dollar canadien, a-t-il souligné.Et si cette affaire se transforme en crise politique, la devise pourrait dégringoler davantage.Son collègue Simon Prévost, vice-président et économiste en chef du courtier Valeurs mobilières Banque Laurentienne, s'attend également à des vagues à très court terme, tout en soulignant que les impacts sur le dollar canadien et sur le marché des obligations ne seront pas durables.« Les marchés n'aiment pas les changements, a-t-il souligné.Mais le départ de M.Martin aurait fait beaucoup plus mal il y a quelques années, au plus fort de sa lutte contre le déficit ».Le vice-président et économiste en chef de la Banque Nationale, Clément Gignac, pense que la période de turbulence fera rapidement place à l'accalmie.« Je dis cela en tout respect pour M.Martin que je considère le meilleur ministre des Finances depuis, au moins, la Deuxième Guerre mondiale », a-t-il précisé.Selon lui, les marchés prendront note qu'il s'agit d'un congédiement lié à une éventuelle course à la direction d'un parti politique et non pas à des causes plus fondamentales, comme les politiques budgétaires, fiscales et économiques.« Les bases de l'économie restent en place, at- il rappelé.Le Canada garde toujours le premier rang des pays industrialisés en terme de croissance économique et de création d'emplois ».M.Gignac a aussi indiqué que le choix du vice- premier ministre John Manley comme ministre des Finances (un ancien ministre de l'Industrie) assure une succession solide.Simon Prévost, de la Laurentienne, a ajouté que la lutte contre le déficit de Paul Martin était aussi celle de son gouvernement.Sans oublier que le ministère des Finances, une machine bien réputée, reste en selle pour appuyer le nouveau ministre.Clément Gignac, de la Nationale, a soutenu que l'incertitude aurait été encore plus grande, ce matin, si aucune décision n'avait été prise pendant le week-end concernant l'avenir politique de Paul Martin, en réflexion depuis vendredi.« Tous savaient que le mariage entre les deux hommes était sur le point d'éclater de toute façon », a-t-il dit.Selon le spécialiste, M.Martin « livre un bon héritage comme trésorier ».À son arrivée en poste en 1993, le ratio d'endettement du pays équivalait à 73 % de son produit intérieur brut alors qu'il sera sous les 50 % pendant l'exercice actuel.Le mot de la fin revient à Paul Martin.Lors de son point de presse, en soirée, il a lancé un appel aux négociateurs et aux arbitragistes, question de calmer le jeu.« J'incite fortement les marchés financiers à réaliser pleinement l'extraordinaire force de l'économie canadienne », a-t-il lancé, en rappelant que le Canada est le seul pays du G7 qui affiche des surplus budgétaires et une forte création d'emplois.« Quand les marchés ouvriront demain (aujourd'hui), ce sont ces indicateurs qui devraient être pris en compte, a dit M.Martin.Les ministres des Finances viennent et partent, notre économie demeure très forte.» 1LP0601A0603 a6 lundi 1LP0601A0603 ZALLCALL 67 21:43:41 06/02/02 B DENIS LESSARD LAVAL \u2014 Selon le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, le retour du secteur privé dans les soins de santé envisagé par l'Action démocratique ferait reculer le Québec de 50 ans.Quant au principe d'un taux unique de taxation, avancé dans le programme de Mario Dumont, il assènerait un très dur coup à l'ensemble de la classe moyenne.« Et je fais le pari que l'ADQ va reculer sur cet engagement avant les prochaines élections », a soutenu hier le chef libéral dans une charge à fond de train contre le programme de l'Action démocratique, devant environ 400 délégués, réunis pour leur conseil général à Laval.Devant la montée de l'ADQ dans les sondages, Jean Charest a clairement pointé tous ses canons vers Mario Dumont et son programme, laissant pratiquement dans l'ombre le gouvernement péquiste de Bernard Landry.À ses militants inquiets des conséquences électorales de la remontée de l'ADQ, M.Charest a donné un avant-goût du débat de la prochaine campagne électorale, un match où Mario Dumont est clairement devenu l'adversaire.Le chef libéral s'en est pris à la proposition de taux de taxation unique du programme de l'ADQ, « la solution de Stockwell Day », l'éphémère chef de l'Alliance canadienne.M.Day avait d'ailleurs dû battre en retraite et Mario Dumont devra faire de même, prédit M.Charest.Ce taux d'imposition unique, sans égard au revenu, avait aussi été mis de l'avant par le milliardaire Steve Forbes qui tentait d'obtenir l'investiture républicaine.« Même par les républicains américains, cette idée a été rejetée ! » souligne M.Charest.Ce principe suppose l'abolition des crédits d'impôts et la hausse des planchers pour permettre d'abaisser les taux pour les nantis.« Si vous allez chercher le même montant d'impôt, qui paie plus ?C'est la classe moyenne qui va en manger un coup », a averti le chef libéral.Les engagements de l'ADQ dans le domaine de la santé, annoncés en fin de semaine, ont été encore plus malmenés par les libéraux.« L'ADQ propose quelque chose de pas très compliqué en santé.Il y aura une file d'attente pour la première classe, une autre pour les autres patients.Cela nous ramène dans les années 1950 ; c'est un recul majeur que nous n'accepterons jamais.Les libéraux du Québec vont se lever et se battre avant qu'on permette à qui que ce soit de rétrograder notre système de santé », a martelé le chef libéral.L'ADQ affirme qu'il y a suffisamment d'argent en santé, « alors que même le vérificateur général dit que le parc d'équipement est tellement désuet que les diagnostics sont faussés », a souligné M.Charest, qui rappelle que l'accès universel et gratuit au réseau de la santé fait partie du patrimoine du Parti libéral du Québec.« Si vous cherchez un enjeu pour remonter le ressort des militants libéraux, pour les inciter à faire campagne, M.Dumont a choisi le bon angle », a averti M.Charest.Au surplus, avec la pénurie de professionnels de la santé, l'apparition d'une filière privée mobilisera des ressources aux dépens des démunis ; « l'effet sera multiplié par 10 dans les régions », a-t-il soutenu en conférence de presse.Le critique libéral en matière de Santé, Jean-Marc Fournier, avait été encore plus alarmiste en commentant les décisions du conseil général de l'ADQ, à Rivière-du- Loup.Selon lui, les propositions de Mario Dumont risquent de déboucher sur des faillites personnelles, des saisies pour les gens qui devront désormais payer pour se faire soigner.Studieux, les délégués du PLQ ont décidé qu'un gouvernement libéral devrait s'engager « dans un premier mandat » à ramener le niveau des taxes et impôts au Québec au niveau de la moyenne canadienne.Un amendement a été apporté à la résolution originale qui parlait d'atteindre cette moyenne « aussi rapidement que possible ».Visiblement, on avait oublié de prévenir M.Charest de cette modification et, en conférence de presse, il a expliqué pourquoi un gouvernement libéral ne pouvait s'engager à atteindre cet objectif au cours d'un premier mandat.« Ce qu'on veut, c'est le faire le plus rapidement possible, je serais le plus heureux du monde si on pouvait le faire plus vite ».Selon lui toutefois, le PLQ ne pourra s'engager formellement tant qu'il ne connaîtra pas exactement la situation des finances publiques quand il arrivera au pouvoir.Les engagements seront de toutes façons chiffrés lors de la prochaine campagne électorale et il apparaîtra alors que cette cible pourrait être atteinte en moins de quatre ans, a assuré un conseiller de M.Charest.Le chef libéral a aussi confirmé les informations publiées hier par La Presse.De nouveaux contrôles seront bien mis en place par le PLQ pour vérifier les antécédents des aspirants candidats.M.Charest a endossé le tour de vis que viennent de donner les permanents libéraux.Chaque candidat devra accepter que le PLQ puisse enquêter sur lui.On vérifiera non seulement l'existence d'infractions à la loi, mais aussi le dossier de crédit et le respect des règles déontologiques dans le cas d'un membre d'une corporation professionnelle.« Tout ce que nous faisons est conforme à la loi, et à l'esprit de la loi, a indiqué M.Charest.Un parti politique, c'est beaucoup de monde et on ne veut pas de mauvaises surprises.» Pas question de lancer des chasses aux sorcières, « on appliquera cela avec un certain jugement ».En marge du conseil, l'organisateur Pierre Bibeau a confirmé que le PLQ avait repoussé la candidature de Sylvie L'Espérance dans Joliette précisément parce que son dossier montrait qu'elle avait commis des infractions à la loi de l'impôt.« Elle est allée se présenter pour l'ADQ, je ne sais pas s'ils ont des critères, mais cela fait une candidate dont les convictions ne sont pas bien profondes », a noté M.Bibeau.PASCALE BRETON RIVIÈRE-DU-LOUP \u2014 Une assurance nouvelle teinte le discours tenu à l'Action démocratique du Québec (ADQ).Discrets il y a quelques jours encore face à la montée fulgurante du parti, les ténors adéquistes parlent maintenant de plate-forme électorale et de luttes à trois dans toute la province.Tout en concentrant leurs efforts en vue des quatre élections complémentaires du 17 juin, les militants se tiennent prêts pour le déclenchement des élections générales.« Le scénario qu'on prépare, dès le 18 juin, c'est vraiment l'élection de cet automne en sachant que c'est loin d'être certain qu'il y en ait.Mais notre devoir de préparation ne peut pas nous conduire ailleurs », a expliqué le chef Mario Dumont au terme du conseil général de la fin de semaine.Préparant le terrain, il s'est même exprimé pour une rare fois en anglais dans son discours afin d'inviter les anglophones et les immigrants à rejoindre les rangs de l'ADQ.Il s'agit de deux catégories de personnes avec lesquelles le parti a eu peu de succès jusqu'à maintenant.« Si on avait mis autant d'énergie dans les dernières années à préparer l'avenir qu'à diviser le Québec, (il) serait dans le peloton de tête à bien des niveaux et c'est là qu'on veut l'amener en unissant les Québécois », a lancé le chef en appelant à une démocratie renouvelée.« Un Québec autrement, c'est possible et c'est à portée de main.(.) La politique, ça peut être beau.Additionner des énergies et du talent pour améliorer le mieux-être du monde, c'est beau », a lancé M.Dumont devant les militants enthousiastes au terme du conseil général de la fin de semaine.Travail sur le programme Après avoir dressé les grandes orientations de l'ADQ en matière de santé samedi, les participants au conseil général ont adopté hier certaines propositions régionales.Au menu des ces recommandations, il y a celle d'un dégel des frais de scolarité, mais en ayant préalablement établi un revenu minimum garanti à tous les citoyens.Au terme des réflexions, la présidente du parti, Isabelle Marquis, n'a pas manqué de souligner l'apport des militants à l'élaboration de la plateforme de travail qui deviendra le programme électoral du parti.« Un édifice, comme un programme politique, se construit morceau par morceau, brique par brique.Et votre grand mérite cette fin de semaine est d'avoir ajouté vos briques à l'édifice de changement que propose l'ADQ.» Élu avec une majorité écrasante en avril, le nouveau député de Saguenay, François Corriveau, a quant à lui fait un pied de nez à ceux qui voudraient voir des vedettes au sein du parti.« Dans chaque circonscription au Québec pour la prochaine année, nous aurons des vedettes, des vedettes locales, les meilleurs candidats disponibles.Nous aurons ce qu'il y a de mieux à proposer à la population et c'est comme ça que nous pourrons former le meilleur gouvernement.» Avec cet espoir nouveau qui se fait sentir, les regards se font cependant plus sévères et exigeants face à l'ADQ.Pour les élections complémentaires, les péquistes comme les libéraux ont ciblé leur publicité en s'attaquant au programme de l'ADQ.Au cours de la fin de semaine, Mario Dumont a pour sa part été invité à préciser davantage les idées de son parti.Samedi, les journalistes lui ont demandé s'il était moralement acceptable que les riches puissent payer pour se faire soigner plus rapidement.Hier, ce sont les bons de garde et les coûts qui en résultent qui ont été scrutés à la loupe.« Le système de garde actuel est un puits sans fond au niveau du financement.Année après année, ça coûte une fortune pour faire de nouvelles places », a expliqué M.Dumont en précisant que l'objectif est de maintenir des places à 5 $ pour ceux qui le désirent et de financer le programme avec le budget disponible actuellement.Par contre, il a ajouté qu'il faudra peut-être accepter de débourser un peu plus si le Québec veut mettre l'accent sur la famille.Refusant de dévoiler « le programme à la cenne près » parce que le moment n'est pas venu de le faire, M.Dumont a ajouté qu'il souhaitait relancer le programme de garderies en milieu de travail, un secteur quelque peu abandonné selon lui par le PQ et dans lequel il est important d'investir.Mario Dumont comme Stockwell Day Charest pointe tous ses canons vers l'ADQ Photo PC Les militants de l'Action démocratique du Québec et leur chef, Mario Dumont, ont adopté un ton beaucoup plus confiant cette fin de semaine, lors de leur conseil général.L'ADQ se prépare pour les élections « Nous aurons des vedettes, des vedettes locales, les meilleurs candidats disponibles.» \u2014 Mario Dumont 3058096 1LP0701A0603 a7 lundi 1LP0701A0603 ZALLCALL 67 21:43:12 06/02/02 B «Tout est en place » L'Agence mondiale antidopage ouvre ses bureaux à Montréal, sous la présidence de Richard Pound CRÉÉE PAR LA DÉCLARATION de Lausanne à la suite du scandale qui a secoué le Tour de France de 1998, l'Agence mondiale antidopage ( AMA ) inaugure aujourd'hui son siège social à la Tour de la Bourse, à Montréal.Président du Conseil de formation de l'AMA, l'avocat montréalais Richard W.Pound supervise la mise en place de cette structure qui emploiera quelque 40 personnes d'une quinzaine de nationalités.Budget annuel : 20 millions US.Mission : « promouvoir et coordonner, au niveau international, la lutte contre le dopage dans le sport, sous toutes ses formes ».« L'AMA est une organisation indépendante », a expliqué M.Pound à La Presse la semaine dernière.« À Lausanne, en 1999, nous en étions venus à la conclusion que ni le mouvement olympique ni les pouvoirs publics n'étaient en mesure de mener seuls une lutte efficace contre le dopage.La structure de l'agence découle de ce constat : elle est divisée moitié-moitié entre le mouvement olympique et les pouvoirs publics, avec des représentants des cinq continents.» Paul Devillers, le nouveau secrétaire d'État au Sport, représente le Canada.M.Pound attribue le choix de Montréal \u2014 préférée à Lausanne, Vienne, Bonn et Stockholm \u2014 à un ensemble de facteurs : « l'excellent travail » de Denis Coderre, l'ancien secrétaire d'État au Sport, la réputation du Canada en matière de lutte contre le dopage, dont les assises remontent à l'affaire Ben Johnson en 1988, et la qualité du dossier présenté par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.« Peut-être aussi ma défaite à Moscou », ajoute Richard Pound, évoquant la campagne à la présidence du Comité international olympique ( CIO ), l'an dernier, qui a vu le Belge Jacques Rogge succéder à Juan Antonio Samaranch.À la hauteur du défi ?Qu'est-ce qui fait croire à l'ancien viceprésident du CIO que l'AMA sera à la hauteur du défi ?« Pour la première fois, nous avons à la table toutes les autorités impliquées dans la lutte contre le dopage, avec les ressources nécessaires pour remplir leur mission.Pour la recherche, par exemple, nous avons un budget quinquennal de 30 millions US ; l'an passé, l'Agence a financé 20 projets de recherche.« Les fédérations internationales \u2014 ce n'est souvent qu'une dizaine de personnes dans le bureau 26 \u2014 sont partie prenante, comme les gouvernements.N'oublions pas que c'est le gouvernement français qui a initié les enquêtes qui ont mis au jour les réseaux de dopage au Tour de France de 98.Avec le mouvement olympique d'un côté et les pouvoirs publics de l'autre, l'AMA a des assises solides pour remplir son mandat.» \u2014 Et l'appui américain ?\u2014 En paroles, il est total.S'ils ont des réserves, je ne suis pas au courant.De toute façon, il deviendra de plus en plus difficile d'éviter l'AMA, à cause du caractère international de sa structure et de son action.\u2014 Avez-vous des ententes avec toutes les fédérations internationales des sports olympiques ?\u2014 Toutes, à l'exception de la FIFA ( la Fédération internationale de football \u2014 association, qui régit le soccer ).J'ai parlé souvent à M.Blatter ( le président de la FIFA, reconduit la semaine dernière ) et nous sommes en accord sur de nombreux points, mais nous avons été déçus que la FIFA ne nous accepte pas au Mondial comme observateur indépendant.Ils disent qu'ils ont pleine confiance en leur propre système.» Tolérance zéro Richard Pound croit par ailleurs que le grand public, comme la majorité des athlètes, a atteint le niveau de « tolérance zéro » face au dopage sportif.\u2014 Croyez-vous que les grands sports professionnels vont emboîter le pas ?\u2014 Je le pense.À Salt Lake City, nous avons eu l'appui total de la Ligue nationale de hockey quant aux contrôles antidopage de ses joueurs.L'élément principal est que nous avons l'appui des gouvernements.Pour les Jeux d'Athènes en 2004, l'AMA aura accouché de son code d'éthique « universel » et aura établi « des normes minimales communes et efficaces qui soient compatibles avec les normes qualitatives reconnues sur le plan international, tout particulièrement en matière de contrôles hors compétition ».« Une nouveauté importante, souligne M.Pound, est que nous pouvons désormais cibler des athlètes pour les tests.» Notons que l'AMA doit coordonner le travail de quelque 25 laboratoires, indépendants mais dûment accrédités ; Montréal a le sien, dirigé par le Dr Christiane Ayotte.Quand l'AMA aura véritablement pris son envol, Richard Pound n'en aura pas pour autant fini son oeuvre « olympique ».« J'ai été chanceux.Dans les années 80 et 90, le problème du mouvement olympique était de trouver de l'argent pour vivre, pour survivre ; j'ai été impliqué dans ça.Maintenant, c'est la lutte contre le dopage qui nous occupe et j'ai la chance d'aider à mettre sur pied cette agence.Après, il faudra se pencher sur la grandeur des Jeux, sur leur coût.» Pas de surprise : l'infatigable Dick Pound présidera la commission du CIO qui va étudier cette question.Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse © L'avocat montréalais Richard W.Pound supervise la mise en place de l'Agence mondiale antidopage qui emploiera quelque 40 personnes d'une quinzaine de nationalités.Le stress oxydant Ça passe ou ça casse Une explosion oxydative, une explosion agressive des polluants de l'environnement de toutes sortes, des agressions tant physiologiques que psychologiques - Le stress est entraîné par des stressants qui viennent sous toutes les formes, à partir d'une surcharge de travail, de conflits de personnes, de fumée de cigarettes, d'embouteillages quotidiens, d'une mauvaise alimentation, etc.Il n'y a pas de remède universel contre le stress.C'est à chacun d'entre nous d'élaborer la stratégie qui nous convient le mieux.Nous n'avons aucune chance d'y échapper.Il est donc préférable de mettre au point une technique de défense, comme faire de l'exercice, l'activité physique étant l'un des meilleurs remèdes qui soient contre le stress; surveiller son alimentation, un régime bien équilibré est souvent déterminant; essayer d'éliminer certains agents stresseurs, sinon ça casse\u2026 ça nous casse.Comment briser le stress avant qu'il ne nous brise?Il convient au début d'apporter à notre métabolisme le carburant nerveux nécessaire, sinon il vient à manquer.Bio-Sirum formule stress, une toute nouvelle formule, peut faire partie de notre stratégie de lutte tout autant contre le stress oxydatif par ses antioxydants externes que contre tout stress psychologique par son groupe de nutriments préventifs.Bio-Sirum formule stress pour aider à contrer les dommages attribuables à tout 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et sept enfants de 2 à 7 ans, et 23 blessés, a indique le commandant des forces de police locales, le colonel Jorge Pinto.Un second attentat, qui serait l'oeuvre cette fois des paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite), contre un bar de Corinto, dans le département de Cauca (sudouest), a fait sept morts et 12 blessés.L'Armée colombienne a poursuivi par ailleurs ses opérations contre les guérillas d'extrême gauche et les paramilitaires d'extrême droite.\u2014 d'après AFP AFGHANISTAN Retour au pays UN MILLION D'AFGHANS, réfugiés notamment au Pakistan, sont revenus en Afghanistan en l'espace de six mois à la faveur d'une amélioration rapide des conditions de sécurité, selon les chiffres du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).Environ 850 000 réfugiés ont bénéficié du programme d'assistance aux retours volontaires lancé par le HCR le 1er mars pour le Pakistan et le 9 avril pour l'Iran, les deux pays qui ont accueilli le plus d'Afghans depuis le début de la guerre dans le pays il y a plus de 20 ans.Environ 150 000 Afghans les avaient précédés depuis la chute du régime des talibans.\u2014 AFP SUISSE Dépénalisation de l'avortement UNE FORTE MAJORITÉ d'électeurs suisses a voté hier en faveur de la dépénalisation, sous conditions, de l'avortement, en théorie interdit par une loi vieille de 60 ans, mais cependant pratiqué dans la plupart des cantons, a annoncé la radio suisse.Selon des résultats quasi-définitifs cités par la radio, 72 % des électeurs ont voté pour la légalisation de l'avortement pendant les 12 premières semaines de grossesse.La femme devra en outre faire valoir une situation de détresse et présenter une demande écrite.\u2014 d'après AFP PROCHE-ORIENT Ballet diplomatique INTENSE ACTIVITÉ diplomatique hier au Proche- Orient, tandis qu'Israel poursuit ses incursions en territoire palestinien.La priorité est d'organiser, « le plus vite possible », selon Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne, une conférence internationale de paix, avec comme objectif la deuxième moitié de juillet.« Plus tôt nous réussissons à mettre le processus en route, mieux ce sera », a déclaré, à l'issue d'entretiens avec le chef de la diplomatie israélienne Shimon Pérès, le « Monsieur politique étrangère » des Quinze.Selon lui, la date de la création de l'État palestinien devrait également être fixée lors de cette conférence.\u2014 d'après AFP Photos AP Le président du Pakistan, Pervez Musharraf, (au centre) a souhaité un tête-à-tête avec le premier ministre de l'Inde, Atal Bihari Vajpayee (à droite ci-dessus); ce dernier n'en veut pas.Le conflit indo-pakistanais aucoeu r dusommet d'Almaty DIRK BEVERIDGE Associated Press NEW DELHI \u2014 En pleine crise entre l'Inde et le Pakistan, les dirigeants des deux puissances nucléaires vont se croiser \u2014 mais probablement pas se parler \u2014 au sommet d'Almaty qui s'ouvre aujourd'hui au Kazakhstan.Si le président du Pakistan Pervez Musharraf a souhaité hier un tête-à-tête avec le premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee, ce dernier exclut pour l'heure toute rencontre.Les tensions entre les deux frères ennemis, qui suscitent une inquiétude croissante au sein de la communauté internationale, vont dominer ce sommet régional sur la sécurité en Asie qui réunit les responsables de 16 pays de la région, de l'Egypte à la Chine.La Russie, notamment, compte user de son influence pour tenter d'orienter New Delhi et Islamabad sur la voie du dialogue.Le président Vladimir Poutine, que l'OTAN a d'ailleurs chargé de transmettre aux deux pays son appel à la retenue, espère organiser un face-à-face entre Atal Bihari Vajpayee et le général Musharraf.Ce dernier a souhaité hier rencontrer le chef du gouvernement indien.« Mais s'il ne veut pas, je n'insisterai pas », a-t-il déclaré lors d'une étape à Douchanbé au Tadjikistan, sur le chemin d'Almaty.Même si Atal Bihari Vajpayee a répété dimanche n'avoir « aucune intention de le rencontrer », Pervez Musharraf a dit croire que « le président Poutine peut convaincre l'Inde de participer au dialogue ».Le général pakistanais a tenté de rassurer la communauté internationale en proclamant devant les journalistes que le « Pakistan n'initiera pas une guerre ».Au lieu de cela, Islamabad a lancé une offensive diplomatique, chargeant hier cinq émissaires de porter ce message aux États-Unis (qui envoient dans la région deux émissaires, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le secrétaire d'État adjoint Richard Armitage), en Europe, au Proche-Orient et en Asie.En résumé : le Pakistan ne veut pas la guerre, et voudrait bien discuter si l'Inde ne refusait pas tout dialogue.New Delhi a de son côté promis hier de se garder de toute « impulsivité », sans pour autant céder d'un pouce sur ses exigences.Le ministre de la Défense de l'Inde George Fernandes a ainsi déclaré que l'Inde ne « faiblirait » pas dans sa lutte contre le terrorisme.New Delhi exige toujours que le Pakistan prenne des mesures pour lutter contre les séparatistes cachemiris qui agissent depuis son terrritoire, et estime qu'il ne pourra y avoir de dialogue tant que le terrorisme transfrontalier n'aura pas cessé.Toutefois, le ministre indien a minimisé le risque que la situation actuelle échappe à tout contrôle.« Il n'est pas question pour l'Inde d'utiliser l'arme nucléaire autrement que comme dissuasion », a-t-il assuré.Sur le terrain, de nouveaux tirs de mortiers et d'artillerie ont éclaté hier le long de la ligne de cessez-le-feu qui sépare les parties indienne et pakistanaise du Cachemire, une région himalayenne pour laquelle l'Inde et le Pakistan ont déjà livré deux guerres.Un barrage d'artillerie tiré depuis le Pakistan a tué une jeune femme de 20 ans et blessé cinq autres civils, selon des témoins dans le village de Garkhal, à environ 30 km de Jammu, la capitale d'hiver de l'État indien de Jammu-et-Cachemire.À Naugam, à 28 km au sud-ouest de Srinagar, la capitale d'été de l'État, un militant islamiste présumé a été abattu par des soldats indiens lors d'une fusillade, selon un porte-parole de l'armée indienne.De son côté un porte-parole de l'armée pakistanaise a déclaré que des tirs « non provoqués » du côté indien avaient tué deux civils et fait sept blessés, dont trois enfants.Il a revanche démenti les informations de l'armée indienne qui a dit avoir tué cinq soldats pakistanais samedi lors de tirs d'artillerie dans les zones pakistanaises de Naushahara et Sunderbani au nord de Srinagar.Des centaines de personnes ont fui la région frontalière.Par ailleurs, l'Iran a appelé hier ses citoyens à éviter de se rendre en Inde ou au Pakistan tandis que la Malaisie appelait les familles des diplomates et le personnel non indispensable de ses ambassades à Islamabad et New Delhi à partir.Une consigne déjà donnée par plusieurs pays cette semaine, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israel, la Corée- du-Sud et les Nations unies.Pour mieux comprendre les raisons et les enjeux du conflit au Cachemire, tapez www.cyberpresse.ca/cachemire Le Solde de créations griffées de Holt Renfrew À COMPTER D'AUJOURD'HUI économisez jusqu'à 40% de réduction sur le prix courant d'une sélection de créations griffées pour hommes et femmes.Cette offre exclut les cosmétiques, les fragrances, les services, la boutique Tiffany et d'autres rayons sélectionnés.Aucun rajustement de prix sur les achats antérieurs.Pour plus de renseignements, veuillez vous adresser à un conseiller à la vente.QUÉBEC MONTRÉAL OTTAWA TORONTO CALGARY EDMONTON VANCOUVER WWW.HOLTRENFREW.COM 3057927A Incendie au palais de Buckingham UNE OMBRE s'est abattue hier sur les célébrations du jubilé d'or de la reine Élisabeth II.Dix ans après le grand incendie du château de Windsor, l'aile ouest du palais de Buckingham a été la proie des flammes, forçant l'évacuation de centaines de musiciens et de techniciens en pleine répétition du concert rock qui aura lieu ce soir, comme prévu, dans les jardins du palais.L'incendie, qui aurait pris naissance dans une salle de toilettes désaffectée, a rapidement été maîtrisé par les pompiers, appelés sur les lieux à 18 h 41.La famille royale n'était pas présente, et personne n'a été blessé.La reine et son mari, le duc d'Édimbourg, étaient au château de Windsor.Le prince Charles et ses deux fils, William et Harry, étaient au Pays-de-Galles.Les musiciens, qui répétaient sur une grande scène extérieure, ont été évacués par mesure de précaution, a indiqué un porte-parole de Scotland Yard.C'est la première évacuation du palais de Buckingham depuis la Seconde Guerre mondiale, quand la résidence londonienne d'Élisabeth, alors jeune princesse, avait été la cible des bombes allemandes.« Tout allait extrêmement bien.Et puis tout s'est arrêté », a raconté le guitariste du groupe Queen, Brian May, à la BBC.« Nous avons tous été rassemblés près des courts de tennis.Tout le monde était très calme.» Tom Jones, Phil Collins, Paul Mc Cartney, Ricky Martin, Joe Cocker, Eric Clapton et Ozzy Osbourne font partie des artistes invités au concert rock, présenté ce soir devant 12 000 personnes, dans le cadre des célébrations des 50 ans de règne d'Élisabeth II.L'incendie, d'origine indéterminée, a été éteint en moins d'une heure par une douzaine d'équipes de pompiers.La fumée blanche et les flammes qui s'élevaient du toit ont rappelé un instant l'incendie qui a ravagé le château de Windsor, en 1992, une année aussi marquée par les déboires conjugaux de la famille royale et qualifiée d'annus horribilis par la reine.Une centaine de pièces avaient été endommagées, mais la famille royale était si impopulaire que le premier ministre de l'époque, John Major, avait déclenché un tollé en demandant au Trésor public de payer pour les réparations.La reine s'était alors résolue à ouvrir le Palais de Buckingham au public, durant l'été, pour financer la restauration du château de Windsor.Cette fois, les dommages sont beaucoup plus limités.L'aile ouest du palais de Buckingham comprend toutefois des tapisseries rares, qui risquent d'avoir été détruites par l'eau et la fumée.Mais l'incendie n'était pas suffisamment grave pour provoquer l'annulation du concert rock, l'une des pièces maîtresses des quatre jours de festivités du jubilé de la reine.Comme le disait Shakespeare, the show must go on.Tél.: (514) 324-9100 MD www.concordiaauto.com 6464, boul.Henri-Bourassa Est, Montréal GARAGE RECOMMANDÉ GRAND CHEROKEE LAREDO 2002 SEBRING 2002 transmission automatique climatiseur vitres et portes électriques radio AM/FM/CD CARAVAN 2002 489$ 399$ 343$ Location 48 mois avec 20400 km par année.Taxes en sus, transport et préparation inclus.Les photos sont à titre indicatif seulement.moteur v6 climatiseur 4 sièges capitaine vitres et rétroviseurs électriques radio AM/FM/CD moteur 6 cylindres freins abs climatiseur siège du conducteur électrique vitres et verrouillage des portes électrique radio AM/FM/CD ØTRANSPORT ØCOMPTANT ØPRÉPARATION 3055319A 11 SEPTEMBRE Inévitable Associated Press WASHINGTON \u2014 Les services de renseignement américains auraient certes pu mieux analyser les signes avant-coureurs du 11 septembre, mais ils n'auraient probablement pas pu pour autant éviter que les attentats aient lieu, a estimé hier le ministre de la Justice John Ashcroft.Ni lui ni le directeur du FBI Robert Mueller n'ont cependant commenté les nouvelles révélations de la presse sur les failles dans la communication entre les différents services fédéraux : selon « Newsweek », la CIA était au courant d'une rencontre entre deux des futurs pirates de l'air du 11 septembre au cours d'une réunion de membres d'Al-Qaida en Malaisie en janvier 2000.Mais elle n'en a informé ni les services de l'immigration ni le FBI.La CIA s'est refusée à tout commentaire. 1LP0901A0603 a9 khan lun 3 juin 1LP0901A0603 ZALLCALL 67 18:44:08 06/02/02 B Le choc de deux Indes: une guerre très peu civile Une épreuve de force épique, digne du Mahabharata, oppose l'Inde laïque et tolérante du mahatma Gandhi et de Nehru, à l'Inde hindouiste du parti BJP et de ses multiples réseaux regroupés dans le Sangh Parivar (Famille hindouiste).Les musulmans, de même que les chrétiens et les sikhs, en sont les cibles, mais c'est la majorité hindoue que l'intégrisme veut uniformiser.DELHI \u2014 « Le Cachemire est accessible à toute la presse.Vous n'avez pas besoin d'autorisations spéciales pour y aller », dit sèchement le responsable du ministère de l'Information, à New Delhi.« Il a dû être soulagé que tu n'aies pas demandé d'aller au Gujarat.Avec le massacre des musulmans par des fanatiques hindous, et la complicité des forces de l'ordre, il préfère envoyer les journalistes au Cachemire », commentera un journaliste indien qui m'accompagnait.Au bout du long couloir du Shastri Bhavan, siège du ministère aux murs et plafonds éventrés pour installer les réseaux informatiques, le bureau des accréditations est vide \u2014 sauf pour un monsieur, sévère et peu loquace, aux allures de policier, pianotant sur son clavier d'ordinateur, qui s'empare de mes documents et me dit d'attendre.Du fond de la salle, qui abrite une dizaine de postes de travail avec ordinateurs et imprimantes, provient d'un système sonore invisible la psalmodie sans cesse reprise d'un mantra en sanskrit récitée par une voix d'homme.L'Inde, démocratie laïque, la plus grande au monde avec plus d'un milliard d'habitants, n'est plus ce qu'elle était.Au bout d'une heure de cette triste litanie, et du silence de plomb du seul employé qui ne soit pas parti dîner, les autres reviennent, dont le chef des accréditations.« Son visa est valide jusqu'en mai, mais son départ est pour fin mars », souligne celui qui avait longuement examiné mes documents.« Il veut aller au Cachemire comme journaliste, mais son visa dit qu'il va aussi visiter des lieux touristiques », ajoute-t-il avec un zèle suspect.« Et alors ?» fait le chargé des accréditations avec irritation.« Il peut écrire des articles sur le tourisme également », rétorque-t-il.La grande mutation de l'Inde, la lutte colossale que se livrent l'Inde laïque de Nehru et l'Inde hindouiste de la nouvelle vague « safran » (la couleur du fondamentalisme hindou), se trouvent condensées dans cet échange \u2014 et dans cette prière de fond vibrant jusque dans les locaux autrefois détendus du ministère de l'Information.J'y étais après l'assassinat d'Indira Gandhi en 1984, mais cette fois, pour un instant, je me suis cru dans l'Iran des ayatollahs.« Le massacre des musulmans au Gujarat actuellement, celui de chrétiens un peu partout dans le pays, le massacre de musulmans en 1992 et 1993 après la destruction de la mosquée Babri, celui de sikhs après l'assassinat d'Indira Gandhi en 1984, apparaissent comme des crimes de la majorité hindoue contre les minorités », explique le journaliste autour d'une tasse de thé épicé à la cantine située sous les arbres, sur le trottoir devant le Shastri Bhavan.« Mais c'est avant tout une lutte féroce d'une minorité d'intégristes pour imposer son idéologie sur tous les hindous et pour définir non seulement qui est indien mais aussi qui est hindou », poursuit-il.Une lutte épique digne du Mahabharata, épopée de l'hindouisme, qui s'étend ces jours-ci du Gujarat, sur la mer d'Oman, jusqu'à Ayodhya, au coeur de la plaine du Gange, opposant les brigades musclées de l'Hindutva (hindouité) aux instances juridiques, aux élites intellectuelles et aux réseaux médiatiques de l'Inde nehruvienne \u2014 et plaçant le parti hindouiste minoritaire BJP, au centre de la coalition régnante, en porte-àfaux avec sa base fanatique déchaînée.Au Gujarat, l'incendie d'un wagon de train à Godhra, où 58 hindouistes, y compris des femmes et des enfants, étaient brûlés vifs le 27 février, déclenchait des pogroms antimusulmans qui faisaient, selon les versions, entre 1000 et 2000 morts pendant les 10 semaines de massacres ciblés qui suivirent, notamment à Ahmedabad, la métropole de l'État, .Les reportages de la presse anglophone indienne montrèrent que les émeutiers recrutaient jusque dans les nouvelles classes moyennes, ciblant aussi, pour la première fois, les classes moyennes musulmanes.Dans leur rage, les militants hindouistes du Gujarat, qui fut l'État natal du mahatma Gandhi, père de l'indépendance indienne assassiné en 1948 par des fanatiques hindous justement, allèrent jusqu'à vandaliser les tombes de Wali Dakhani, l'un des premiers orfèvres de la langue ourdoue, à Ahmedabad, et de Fayyaaz Khan, l'un des plus célèbres chanteurs classiques de l'Inde du Nord au XXe siècle, à Baroda.« Tout ce qui est musulman rappelle aux hindouistes sept siècles de règne musulman, de massacres, de guerres, ça leur rappelle leur propre faiblesse à protéger la terre sacrée de l'hindouisme, ça leur rappelle la partition de 1947, le découpage de la Mère Inde avec son cortège de pogroms et de migrations forcées », explique le journaliste.L'opposition, les médias, les organisations des droits de l'homme, les pays étrangers dont le Canada, les alliés même du BJP au sein de la coalition NDA au pouvoir, dénonçaient la passivité complice des autorités BJP de l'État du Gujarat, et de New Delhi, dans ce que certains appelaient « un génocide ».L'affaire de Godhra était ellemême liée à celle d'Ayodhya, où des dizaines de milliers d'hindouistes se massaient pour construire le 15 mars, sur l'emplacement de la mosquée Babri détruite en 1992, un temple honorant le Dieu-roi Rama, héros du Ramayana, autre épopée de l'hindouisme ; depuis des semaines, le mouvement Hindutva du Gujarat transportait par train vers Ayodhya des militants qui harcelaient et agressaient des musulmans et leurs femmes dans le train et dans les gares, les obligeant à scander « Jaï Shri Ramji » (Vive le seigneur Rama).Le projet du temple mobilisait des dizaines de courants idéologiques et paramilitaires hindouistes regroupés au sein du Sangh Parivar (Famille hindouiste) ainsi que des grands prêtres hindous de tout le pays, mais c'est le très politique VHP (Vishva Hindu Parishad ou Conseil mondial hindou) qui en était le maître d'oeuvre \u2014 avec l'aide de certains chefs spirituels hindous, et d'hindouistes de la diaspora, dont du Canada.Mais, bien que comptant sur le soutien du BJP au pouvoir à Delhi, le VHP se heurtait à la Cour suprême qui décida, à la veille du 15 mars, que le statu quo devait être respecté à Ayodhya : ni temple ni mosquée en attendant une décision finale ; les briques et sculptures accumulées pour le temple, certaines venant du Canada, ne pouvaient pas, entre-temps, être entreposées sur les lieux disputés.Pour permettre au VHP de sauver la face, le premier ministre fédéral Atal Bihari Vajpayee envoya un membre de son personnel immédiat recevoir quelques briques \u2014 symboliquement.Ce fut une débandade pour le VHP et son projet de politisation de l'hindouisme, cela au moment où le BJP était hors jeu dans l'État clé d'Uttar Pradesh, là même où est situé Ayodhya.Mais l'Hindutva entendait bien revenir à la charge.Le Gujarat, seul État où le BJP est actuellement au pouvoir (hormis la coalition qu'il dirige à New Delhi), devenait son « laboratoire », les tueries de musulmans se poursuivaient sans relâche, et le premier ministre provincial Narendra Modi s'accrochait au pouvoir, avec le soutien de New Delhi, malgré les appels croissants et généralisés à ce qu'il soit démis de ses fonctions.Au Gujarat, l'incendie d'un wagon de train à Godhra, dans lequel 58 hindouistes, y compris des femmes et des enfants, étaient brûlés vifs le 27 février, déclenchait des pogroms antimusulmans qui faisaient, selon les versions, entre 1000 et 2000 morts pendant les 10 semaines de massacres ciblés qui suivirent, notamment à Ahmedabad, la métropole de l'État.Ci-dessus, on procède à l'évacuation des cadavres.Mondialisation et hindouisation DELHI \u2014 L'Inde s'hindouise alors même qu'elle se mondialise.C'est le paradoxe du jour, visible dans le consumérisme américain des centres commerciaux climatisés de South Extension, à Delhi, et dans le cirque menaçant des fanatiques aux barbes et chevelures abondantes, drapés de safran et armés de tridents et de cellulaires, massés à Ayodhya pour bâtir un temple sur les ruines d'une mosquée détruite par eux il y a 10 ans.« Deux choses ont causé cette éruption d'intégrisme hindou : le déclin du Parti du Congrès après l'assassinat d'Indira Gandhi en 1984 et l'ouverture de l'économie après celui de son fils Rajiv, en 1991 », dit le politologue Sunil Khilnani, auteur du livre The Idea of India, publié en 1997.Face à la poussée des basses castes, et des provinces, sous Indira Gandhi, l'aile hindouiste de son Parti du Congrès, dominée par les brahmines (les lettrés), les baniyas (les commerçants), les riches fermiers et les nouveaux riches des villes, orchestra le massacre des sikhs après son assassinat.« Ce sont ces mêmes castes qui militent depuis plus d'un siècle pour faire de l'Inde un État hindou », dit R.R.Puniyani, du mouvement laïc EKTA (Unité).« Mais derrière leur slogan de Hindutva (hindouité) et du Hindu Rashtra (Nation hindoue) se cache la volonté de renforcer leur hégémonie machiste sur la communauté hindoue », poursuit-il.La Constitution indienne impose une discrimination positive en faveur des exclus (Harijans ou Intouchables, Dalits ou autres basses castes, Adivasis ou tribaux) en leur réservant des quotas dans la fonction publique et les universités.Le pouvoir des urnes a enhardi ces masses.Le féminisme a lancé dans les années 1980 un défi de plus à l'hégémonie brahministe.Le Parti du Congrès fut battu une première fois après l'état d'urgence en 1977.La coalition Janata qui prit le pouvoir comprenait le BJS (Bharatiya Jan Sangh, hindouiste) dont le chef, Atal Bihari Vajpayee, devint ministre des Affaires étrangères.Le Jan Sangh étant directement associé à l'intégrisme hindou fascisant, le BJS se réincarna en 1980 en BJP.Quand le premier ministre socialiste V.P.Singh secoua en 1990 l'hégémonie des hautes castes en appliquant les recommandations du Rapport Mandal sur la protection des exclus, le BJP contre-attaqua avec sa stratégie du Mandir, le temple de Rama à bâtir à Ayodhya : l'agitation mena à la destruction de la mosquée en 1992.Le BJP était sérieusement en affaires.En 1996 il s'imposa comme premier parti de l'Inde, avec 25 % des suffrages exprimés et 175 sièges (sur les 545 du Parlement fédéral).Il prenait le pouvoir dans plusieurs États, s'alliant même, par opportunisme, aux basses castes dans l'Uttar Pradesh.À Delhi, il concoctait en 1998 une coalition de 24 partis, appelée NDA (National Democratic Alliance), qui fut reconduite aux élections anticipées de 1999.Pour y arriver, le BJP a tiré parti des craintes des castes dominantes face à la montée des basses castes, et de celles des nouveaux riches urbains et ruraux d'avoir à partager leur prospérité néolibérale, souvent liée à la corruption, avec les damnés de l'Inde.C'est un réflexe que l'auteur Pavan K.Varma (The Great Indian Middle Class, 1998) appelle « la sécesssion des gagnants » de la mondialisation, un repli d'égoïsme de classe/caste voué à l'échec, selon lui.Pour consolider le réveil hindouiste, le BJP a démonisé les minorités, qui continuent d'être les victimes de pogroms.Celles-ci se sont radicalisées, et même armées, au sein de groupes sectaires, de mafias ou de guérillas qui s'en prennent aux castes dominantes.Contre la mondialisation, le BJP joue le swadeshi, l'autosuffisance, et le Hindutva, le nationalisme hindou, ancré désormais sur l'arme nucléaire, la technologie balistique et l'informatique.Cela force aussi le BJP à jouer le jeu de la mondialisation : VSNL, groupe indien de l'Internet, est associé au consortium qui vient de lancer un projet visant à relier 15 pays d'Europe, d'Afrique et d'Asie par câble sous-marin.Des Indiens et des Indiennes s'illustrent à l'étranger dans les domaines de l'informatique, des échecs, du tennis, des concours de beauté, du roman de langue anglaise.Les liens avec la diaspora se renforcent, cela se voit dans les scénarios et les lieux de tournage de films indiens.Face à la pakistanisation du pays, l'Inde laïque est sur la défensive.Mais elle ne désarme pas.La résistance foisonne dans tous les milieux, depuis les artistes et le cinéma jusqu'aux harijans et dalits, pour mettre un holà à la folie fascisante.En août 2001, les dalits s'étaient mobilisés à Durban pour que le Sommet de l'ONU contre le racisme reconnaisse le système des castes en Inde comme une forme d'apartheid.Demain: une sortie annulée 1LP1001A0603 a10 lundi 1LP1001A0603 ZALLCALL 67 23:37:03 06/02/02 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 Une bataille de rue a p r a t t e @ l a p r e s s e .c a Le départ de Paul Martin du cabinet fédéral est un événement déplorable qui aura des effets néfastes, de façon passagère sur certaines données économiques, mais surtout à moyen terme sur l'efficacité (déjà diminuée) du gouvernement du Canada.Toute l'attention des libéraux, du simple militant jusqu'au premier ministre, sera maintenant monopolisée par une impitoyable bataille de rue entre les clans Martin et Chrétien.Paul Martin passera à l'histoire comme l'un des grands ministres des Finances que le Canada ait connus, celui qui a sorti le pays de la spirale de l'endettement.En 1993-94, le gouvernement canadien enregistrait un déficit de 42 milliards.Quatre ans plus tard, Ottawa annonçait son premier surplus depuis des décennies.Les prévisions économiques et financières du gouvernement étaient devenues la risée des économistes.M.Martin a redonné au ministère des Finances sa crédibilité, et une réputation de prudence dont les milieux financiers lui sont gré.Toutefois, les moyens choisis pour réaliser ce revirement ont fait très mal, et la prudence était devenue pingrerie.En outre, M.Martin cédait à la tentation d'utiliser les surplus du fédéral pour intervenir dans les champs de compétence des provinces (santé, affaires municipales).Ce dernier fait, de même que l'attitude fermée de M.Martin sur la question du déséquilibre fiscal, devraient faire réfléchir ceux qui, au Québec, voient en lui un grand décentralisateur.D'ailleurs, il faut prendre garde de se laisser emporter par l'opinion très répandue ces temps-ci, qui suppose que tout irait nécessairement mieux si Paul Martin devenait premier ministre.Plusieurs commentateurs, par exemple, ont réclamé la démission de Jean Chrétien.En vertu de quel principe démocratique devrait-on en arriver à cette conclusion ?M.Chrétien, faut-il le rappeler, a été réélu avec une forte majorité de sièges il y a moins de deux ans.Les sondages indiquent qu'il serait reporté au pouvoir pour une quatrième fois s'il y avait des élections aujourd'hui.Dans ces circonstances, il est difficile de soutenir que le chef libéral n'a plus la légitimité nécessaire pour gouverner.Pour ce qui est de M.Martin, malgré ses grandes qualités, personne ne sait comment les choses se seraient passées s'il avait été élu chef du Parti libéral en 1990, au lieu d'être battu par M.Chrétien.Personne ne sait, non plus, ce qui se passera s'il finit par avoir raison du premier ministre.Les cimetières politiques sont remplis de sauveurs qui, arrivés au poste de commande, ont lamentablement échoué.Les libéraux fédéraux le savent bien, eux qui ont porté John Turner aux nues, pour le voir ensuite les mener en enfer.Paul Martin compte un nombre considérable de supporters au sein du Parti libéral, comme dans la population, et c'est tout à son honneur.Mais tous lui pardonnerontils de plonger par son départ le parti et le gouvernement dans une crise sans précédent ?Sans précédent, puisque de telles tentatives de putsch ne se produisent généralement que dans les partis en difficulté.\u0001 \u0001 \u0001 M.Martin a-t-il été congédié, ou a-t-il démissionné ?L'affaire est l'objet d'une première guerre de mots entre les deux camps.En réalité, il est évident que les torts sont partagés.Évident aussi qu'en semonçant ses successeurs potentiels cette semaine, et en annonçant son intention de compléter son présent mandat, le premier ministre a choisi la voie de l'affrontement à finir plutôt que de la conciliation à tout prix.L'affrontement aura donc lieu, en vue du vote sur le leadership de M.Chrétien qui aura lieu au congrès de février prochain.Cela aura peutêtre comme vertu de crever un abcès qui distrayait de plus en plus le gouvernement de sa tâche, et pour effet inattendu de secouer un gouvernement devenu à la fois suffisant et insouciant.Ceci dit, il est nécessaire de rappeler aux libéraux un fait démocratique fondamental : le 27 novembre 2000, ils ont été élus pour gouverner le Canada.Pas pour se chamailler.Patrick Dea, collaboration spéciale Droits réservés DIALOGUE Vous patinez.Chaque semaine, nos éditorialistes répondent à vos questions et commentaires.M.Pratte, IL ÉTAIT intéressant de lire votre éditorial du 24 mai, intitulé « Les amis du régime » et de vous voir.patiner.Vous mettez sur le même pied le scandale à Ottawa et celui à Québec.Et pourtant, me semble-til, il existe une différence énorme : à Ottawa, il s'agit bel et bien d'argent qui vient du gouvernement ; à Québec, dans l'affaire Duhaime, l'argent vient des « Marchands unis sous la bannière Métro », et non du gouvernement.Deux faits.Et les sommes ne sont pas de la même importance.D'ailleurs, quelque chose trahit peut-être un certain inconfort à forcer le parallèle : vous traitez bien plus longuement de la situation politique à Ottawa que de celle au Québec.(.) On établit des liens, des suppositions.On salit, sans le dire, on interprète les fait.Et les affaires de l'Almanach du peuple.Rien, ou si peu.Les commandites du fédéral.Rien, ou si peu.J'oubliais : ça vient d'Ottawa.C'est pour l'unité du pays.L'honneur est sauf.C'est bien navrant de lire ce genre d'articles.Il faut bien que vous écriviez quelque chose.et souvent.La quantité plutôt que la qualité.MARC-ANDRÉ LÉTOURNEAU D'abord l'intérêt public M.Létourneau, DANS plusieurs éditoriaux et chroniques publiés au cours des derniers mois, La Presse a condamné l'attitude désinvolte du gouvernement Chrétien à l'égard de la gestion des fonds publics.En outre, La Presse est à l'origine de certaines des nouvelles qui ont mis le gouvernement Chrétien dans l'embarras.Cela étant dit, je comprends mal votre affirmation selon laquelle, quand il s'agit du fédéral, nous ne faisons « rien ou si peu ».Comme le soulignait la semaine dernière notre président et éditeur Guy Crevier, en ces matières, La Presse n'a qu'un guide, l'intérêt public.Un tabou puissant André Pratte Nous publions aujourd'hui et demain une série de deux éditoriaux sur le clonage.m i c h e l e .o u i m e t @ l a p r e s s e .c a Le controversé médecin italien, Severino Antinori, a annoncé la semaine dernière que trois femmes étaient enceintes de clones.Cette nouvelle n'a étonné personne.Antinori s'est forgé une réputation de cow-boy en faisant sauter les barrières biologiques naturelles.C'est lui qui a permis à une femme ménopausée de 63 ans d'avoir un enfant.Antinori, qui prétend piloter un réseau de spécialistes engagés dans le clonage humain, n'est pas le seul à se lancer dans la course au premier bébé cloné.Les raéliens, une secte qui croit aux petits bonhommes verts, affirment qu'ils ont déjà implanté des embryons clonés chez des femmes.Faut-il prendre les Antinori et autres « pionniers » du clonage au sérieux ?Faut-il avoir peur de ces cow-boys et de leurs tentatives farfelues \u0001 \u0001 \u0001 Même si des centaines d'animaux ont déjà été clonés, aucun scientifique n'a encore créé une copie conforme de l'être humain.Une firme américaine, Advanced Cell Technology, a réussi en novembre à cloner des embryons humains mais leur vie n'a duré que quelques heures, le temps de produire six cellules.On ne peut qualifier cet insignifiant amas de cellules de trouée scientifique spectaculaire même si Advanced Cell Technology en a fait tout un plat médiatique.Et on est loin des prétendus clones du professeur Antinori.N'empêche.La méthode est là et depuis que le clone d'une brebis, Dolly, est né en 1996, jetant le monde dans la stupeur, la technique s'est raffinée.Pour créer Dolly, les scientifiques ont procédé à 276 essais.Aujourd'hui, ils réussissent à cloner des animaux après une vingtaine de tentatives.Certains clones se portent bien, ont des bébés et vivent parfois plus longtemps que la copie originale.D'autres naissent avec des tares.L'homme ne contrôle pas tout et les clones sont encore jeunes.Vont-ils développer des maladies graves ou souffrir de vieillissement précoce ou d'arthrite comme Dolly ?La technique de clonage utilisée pour l'animal et l'homme est la même.Il suffit de prendre un ovule et d'en extraire le noyau où est stocké le matériel génétique.Une cellule est ensuite prélevée sur le corps de l'adulte que l'on veut cloner.La cellule et l'ovule sont fusionnés.Sous l'impulsion d'un choc électrique, cet amalgame se transforme en un embryon qui contient tout le bagage génétique de la cellule adulte.Pour que l'embryon survive et devienne un bébé, il doit être implanté dans un utérus.C'est ce qu'on appelle le clonage reproductif qui est différent du clonage thérapeutique où l'embryon cloné n'est pas transféré dans le ventre d'une femme.On y prélève plutôt des cellules souches puis on le détruit.Ces cellules sont porteuses d'un immense espoir.Elles peuvent traiter des maladies graves comme le Parkinson et l'Alzheimer.Le clonage thérapeutique est loin de faire l'unanimité.Les opposants affirment qu'un embryon est vivant, donc sacré.D'autres craignent un glissement vers le clonage reproductif.Le clonage frappe un mur de désapprobation.Mais faut-il le bannir totalement ?Il y a 50 ans, les dons d'organes soulevaient une forte réprobation et lorsque le premier bébé éprouvette est né en 1978, plusieurs ont brandi des scénarios catastrophiques.Aujourd'hui, la fécondation in vitro et les dons d'organes sont largement acceptés.Et si c'était la même chose pour le clonage Demain : Faut-il avoir peur du clonage ?Perte de sens et barbarie Monsieur Roy, AVANT d'accuser quelqu'un de donner une mauvaise définition d'un terme (dans Détournement de sens, 30 mai), vous devez proposer une définition différente.Le fascisme consiste en la suppression de la démocratie, donc à la remise du pouvoir entre les mains d'un individu ou d'une corporation.Sur la scène politique actuelle, on observe que le citoyen est mis de côté dans tous les processus décisionnels importants.Bien sûr, il vote tous les quatre ans et participe à de rares référendums, mais quels qu'en soient les résultats, les décisions sont prises en coulisse en fonction des influences de groupes d'intérêts, que l'on pourrait nommer des corporations.Alors, n'assistons-nous pas à du fascisme ?Je pense que oui, jusqu'à un certain point.Je ne suis ni de gauche, ni de droite, je suis contre la barbarie.L'économisme est la pire barbarie.Pourtant, les partis de droite considèrent le capitalisme comme une fin au service de groupes particuliers plutôt qu'un moyen.Finalement, on utilise l'économie pour justifier un régime stalinien.C'est aujourd'hui la première fois que je lis un article écrit par vous.Je suis particulièrement déçu par votre attitude.SERGE-ÉTIENNE PARENT étudiant en maîtrise environnement Fasciste ou stalinien ?Monsieur, PREMIÈRE remarque : j'ai bel et bien proposé \u2014assez longuement, d'ailleurs\u2014une définition du fascisme, qui est tout simplement celle du dictionnaire.Si le mot était utilisé dans son sens véritable, disparaîtraient du débat public 99,9 % des accusations de fascisme lancées à la tête de l'un et de l'autre.C'était le sens de mon intervention.Deuxième remarque : il vous faut décider si ce que vous appelez l'« économisme » est fasciste ou stalinien ! Pas pareil.D'autre part, si vous croyez que ce même « économisme »\u2014dont j'aimerais bien, d'ailleurs, que vous me proposiez une définition\u2014est la pire barbarie, je vous propose, moi, de jeter un oeil sur l'Histoire, de la caverne au bungalow.Des barbaries, vous en rencontrerez quelquesunes.Et qui ne sont pas piquées des vers ! Mario Roy Paresse intellectuelle?Madame Gagnon, VOTRE éditorial du 29 mai sur les mascottes est d'une trivialité (lire : nullité) à faire frémir.« Certaines nouvelles, en apparence anodines, en disent long sur.» La Presse n'a-t-elle vraiment rien d'autre à présenter que les propos de créateurs de mascottes qui disent des bêtises, puis de les commenter dans un éditorial ?Sauf erreur, vous êtes censée donner à penser à votre lectorat.Or, votre article se résume à : « Eh qu'il y en a des épais, là-dehors ».Haute-voltige ! Il y a aussi de la paresse intellectuelle dans la salle de rédaction, je crois.FRÉDÉRIC MESSIER Rien de nouveau Mme Gagnon, LE comportement envers les mascottes que vous commentez n'est hélas ! pas récent et ne touche pas que les ados.Je me souviens d'avoir fait la mascotte avec ma soeur, il y a près d'une vingtaine d'années, au Marché 440 à Laval.Nous étions en légume, elle patate, moi céleri.S'il était plutôt anodin que les enfants veuillent se pendre après les branches que j'arborais, il y avait des cas beaucoup plus violents.Un entre autres fut ce bon père de famille qui dit à son enfant en voyant ma soeur arriver « regarde la patate, va lui donner un coup de pied.» Pas étonnant d'avoir une société violente quand on apprend à socialiser de la sorte.ÉRIC LEFEBVRE Comportement toléré par les parents JE N'AI pas grand-chose à ajouter à la lettre de M.Lefebvre, qui répond parfaitement, me semble-t-il, au propos de M.Messier.À mon avis, le comportement des enfants dans une société en dit long sur les valeurs qu'elle propage.Si les enfants s'attaquent aux mascottes, c'est peut-être parce qu'il s'agit là d'un comportement toléré, voire encouragé par les parents.On a d'ailleurs longuement épilogué sur la question de la violence au hockey dans les ligues mineures.Ces enfants qui brutalisent des toutous à dix ou douze ans, quels comportements adopteront-ils dans leur vie adulte ?À mon avis, la question est inquiétante et mérite d'être posée, n'en déplaise à M.Messier.Katia Gagnon 1LP1101A0603 a11 lundi 1LP1101A0603 ZALLCALL 67 22:53:06 06/02/02 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 A 1 1 LA BOÎTE AUX LETTRES Chrétien-Martin: la fin «Il est dans l'intérêt du gouvernement et du pays que vous quittiez le Cabinet» Une loi inexorable MANIFESTEMENT l'homme a fait son temps.Tout long usage du pouvoir finit par miner la personne qui le détient.Cette loi semble inexorable.Rares sont les politiciens qui réussissent leur sortie.Jean Chrétien semble être de ce lot.Hargne, vocabulaire de chat de ruelle, esprit de vengeance et patronage ne sont jamais les bonnes façons.À un moment, il faut retrouver l'humilité, se savoir non indispensable et se rappeler ce mot prêté à Galilée : Eppur, si muove !(Et pourtant, elle tourne !) MICHEL LEBEL Entrelacs Fin de régime OUAIS, une indéniable odeur de fin de régime plane sur Ottawa.Mais que Jean Chrétien ne craigne pas que ses ministres et collaborateurs ne deviennent des eunuques, ils le sont déjà.Simple psychologie familiale : avec un pèrefouettard tel que Chrétien, il ne peut lui-même que s'entourer d'eunuques.Son attitude méprisante et hautaine contribue à émasculer ses collaborateurs.Ceux-ci, par compensation, cherchent à lui faire plaisir comme de bons chiens battus, c'est-à-dire sans réfléchir, se croyant imperméables et inamovibles comme l'empereur.Oui, Jean Chrétien renforce l'image multiculturelle du Canada par son administration byzantine : il mène au knout ses serfs terrorisés alors qu'il parcourt le monde comme un pacha sur son nouveau tapis volant et que ses petits et grands vizirs pataugent dans les eaux glauques des bakchichs dans les antichambres du palais.Et dans le harem, son eunuque conseiller en éthique ne cesse de hocher la tête comme un poussah.ANDRÉ DUSSAULT Québec Quittez la tête haute M.CHRÉTIEN, je suis désolé d'avoir à vous apprendre quelque chose : lors de la dernière élection, nous avons voté libéral, non pas à cause de vous mais plutôt parce que Paul Martin faisait partie de votre équipe.C'est à lui que vous devez et que nous devons l'excellente réputation et les résultats du Canada sur le plan économique.M.Martin est une sommité reconnue mondialement pour ses talents tout à fait remarquables aussi bien en politique qu'en économie.Je vous en prie, M.Chrétien, ne sacrifiez pas les Canadiens sur l'autel de vos ambitions personnelles.Vous avez fait du bon travail dans le passé mais, s'il vous plaît, quittez vite, dans la gloire et l'honneur.Vous avez déjà trop tardé.Votre chute est imminente et le verdict sera sans pitié.Recevez nos remerciements pour vos réalisations mais l'heure est venue de partir.Quittez la tête haute, mais partez maintenant, avec sagesse, gratitude et courtoisie.Je réserve mon vote en regard de votre successeur mais je sais que M.Martin a toutes les qualités et la compétence requises pour tirer le meilleur parti du potentiel remarquable et remarqué de tous les citoyens canadiens.LÉONARD BERGERON Charlesbourg Liza Frulla au Cabinet Monsieur Pratte, BON, maintenant c'est clair.Jean Chrétien ne veut pas partir ou, du moins, ne veut pas céder sa place à Paul Martin.On a eu la première confirmation du « Je reste » de Monsieur Chrétien quand Brian Tobin (Monsieur Capitaine Canada lui-même) a quitté.Quant à Paul Martin, je pense qu'on lui a montré la porte de sortie la journée où Raymond Lavigne a été nommé sénateur et que Liza Frulla est venue le remplacer dans Verdun-St-Henri.Évidemment, la relation Chrétien-Martin est nettement plus compliquée que ce que je vous raconte.Mais je souligne quand même que Liza Frulla est ministrable et que, politiquement parlant, c'est pas logique d'avoir deux vedettes dans des circonscriptions voisines.Bien oui, Liza Frulla est la nouvelle voisine de Paul Martin.Moi, je vous prédis que si Paul Martin quitte, Liza Frulla va faire son entrée au Cabinet.Enfin, je vous raconte tout ça Monsieur Pratte pour vous dire que Jean Chrétien est un plus grand stratège que nous le croyons.Et puis pourquoi partir ?Il est en santé et le Canada est un pays nettement plus intéressant depuis qu'il le dirige, plus qu'il ne l'a été sous les conservateurs de Mulroney et plus aussi que du temps de l'arrogance de Pierre Trudeau.DANIEL PERRON À Martin d'agir Monsieur Pratte, J'AI BIEN aimé votre éditorial sur monsieur Chrétien.Là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous c'est quand vous écrivez : « Monsieur Chrétien doit prendre des mesures énergiques.» Monsieur Chrétien, à mon avis, ne doit pas prendre de mesures énergiques, il doit PARTIR au plus vite.Monsieur Martin est celui qui devra prendre les mesures énergiques dont vous parlez.ANDRÉ WALSH Retirez-vous! LE PREMIER ministre Chrétien s'emporte et veut connaître les traîtres qui trahissent le conseil des ministres et le caucus.Il n'y en n'a pas parmi eux, car ils sont trop lâches.Les traîtres dans cette situation, il n'y en n'a pas.Ce sont plutôt, je l'espère d'honnêtes fonctionnaires qui sont révoltés, sinon écoeurés de voir la clique libérale dilapider de la sorte les taxes et les impôts des Canadiens.M.Chrétien vous êtes rendu au 4e niveau de l'être humain.Pour le plus grand bien de la démocratie, s.v.p.vous et votre clique retirez-vous.MARCEL HÉBERT Nous publions ici le texte intégral de la lettre que le premier ministre Jean Chrétien a fait parvenir à l'ex-ministre des Finances, Paul Martin, hier après-midi.Cher Paul, C'EST AVEC tristesse que je confirme notre entente selon laquelle vous quittez le Cabinet.Comme je vous l'ai dit, je vous serai toujours reconnaissant pour votre travail remarquable à titre de ministre des Finances.Très peu de Canadiens ont servi un Cabinet avec autant de distinction.Nous avons accompli de grandes choses ensemble pour le Canada et les Canadiens.Le succès de la politique économique du gouvernement a très bien positionné le Canada sur la voie d'une croissance et d'une prospérité continues.Votre contribution comme ministre des Finances sera toujours une source de fierté pour vous comme pour moi.Depuis que nous avons pris le pouvoir en novembre 1993, nous avons extrêmement bien travaillé ensemble, vous et moi, sur toutes les questions touchant la politique gouvernementale.Nous avons toujours partagé le même avis au sujet de la politique économique et fiscale.Malheureusement, des questions n'ayant aucun rapport avec la conduite des affaires publiques sont devenues des obstacles à notre capacité de travailler ensemble sur la politique gouvernementale.Par conséquent et avec regret, nous reconnaissons tous deux qu'il est dans l'intérêt du gouvernement et du pays que vous quittiez le Cabinet.En tant que premier ministre et au nom de tous nos collègues au sein du Cabinet, je vous remercie pour votre excellent travail.Aline et moi vous offrons, à vous et à Sheila, nos meilleurs voeux pour l'avenir.Je vous prie d'agréer, cher Paul, mes plus sincères salutations.JEAN CHRÉTIEN premier ministre du Canada «Dorénavant, je m'attarderai aux défis qui sont devant nous» \u2014 Martin PAUL MARTIN Nous vous présentons ici le texte intégral de la déclaration que l'ex-ministre des Finances du Canada a lue, hier soir, lors de sa conférence de presse.GRÂCE AU sacrifice et au travail des Canadiens et des Canadiennes, nous pouvons maintenant envisager comme pays de réaliser nos plus grands rêves.Il y a peu de moments dans l'histoire d'un pays où nous pouvons raisonnablement nous fixer les plus grands objectifs qui pavent la voie aux plus grandes réalisations.Nous en sommes là aujourd'hui.Il nous est possible de bâtir une économie encore plus forte.Nous pouvons aspirer à une société juste et digne.Ces objectifs nécessitent toutefois une unité de vision au sein du cabinet.Cela est d'autant plus vrai pour le premier ministre et le ministre des Finances qui doivent faire cause commune quant à la direction à adopter et aux approches pour y parvenir.Pendant longtemps, les différences de vue entre le premier ministre et moi-même étaient naturelles et saines.Elles ne dépassaient pas les limites de ce qui se déroule normalement.En fait, nous avons toujours été capables de résoudre nos différences au fur et à mesure où elles se présentaient.Malheureusement, depuis quelques mois et avec plus d'acuité, il faut le dire, ces derniers jours, la relation professionnelle entre le premier ministre et moimême s'est détériorée au point d'en devenir improductive.Cela menaçait d'entraver les choix que nous devions poser face au défi auquel nous étions confrontés en tant que pays.Comme je l'ai indiqué vendredi soir, j'ai voulu réfléchir sérieusement aux options qui s'offraient à moi, mais les événements nous ont rattrapés.Je ne suis donc plus membre du cabinet.John Manley est maintenant le ministre des Finances.Le pays a déjà confiance en ses capacités.Ses grandes qualifications et sa volonté le préparent à remplir ses fonctions avec distinction et je lui souhaite le meilleur des succès.J'aimerais également remercier sincèrement le premier ministre de m'avoir permis d'agir à titre de ministre des Finances au cours des neuf dernières années.Ce fut pour moi un très grand honneur de servir mon pays.Maintenant, avant de conclure, j'aimerais présenter quelques points.D'abord, quoique les derniers jours ont été difficiles, je ressens une passion profonde à l'égard de l'avenir de notre pays et des occasions qui s'offrent à nous.Je ressens une passion tout aussi égale à l'égard du Parti libéral du Canada au sein duquel je suis né et j'ai grandi.Et je suis très attaché au caucus, aux députés et aux membres du Cabinet.Un groupe d'individus exceptionnels, dédiés et motivés par le désir de bâtir un pays toujours meilleur.Deuxièmement, je continuerai de servir activement à titre de député le comté de La Salle-Émard.Et troisièmement, je veux remercier sincèrement tous mes amis qui m'ont témoigné leur affection au cours des derniers jours.Leur amitié et leur appui m'ont été les plus précieux.Aussi j'aimerais par-dessus tout remercier et rendre hommage à mon épouse Sheila et à ma famille pour leur grande patience et leurs conseils.Et finalement j'incite fortement les marchés financiers à réaliser pleinement l'extraordinaire force de l'économie canadienne.La croissance du PIB, au cours du premier trimestre de l'année 2002, a été remarquable.Le Canada est le seul pays du G7 qui affiche des surplus budgétaires et la création d'emplois continue d'être très forte.Quand les marchés ouvriront demain, ce sont ces indicateurs qui devraient être pris en compte.Des ministres des Finances viennent et partent, notre économie demeure très forte.Et dorénavant je m'attarderai aux défis qui sont devant nous.PHOTO PC Paul Martin lors de son arrivée à la conférence de presse, hier soir, à Ottawa.Une situation ambiguë Chrétien et Martin peuvent tous deux se réclamer de leur popularité ANDRÉ B L A I S L'auteur est professeur de science politique à l'Université de Montréal.Il est coauteur d'une vaste étude des dernières élections fédérales, « Anatomy of a Liberal Victory », qui vient d'être publié chez Broaview Press.LE DÉPART de M.Martin peut s'expliquer par plusieurs facteurs, dont certains relèvent de la psychologie du premier ministre et de celle de l'ex-ministre des Finances, ainsi que de la rivalité personnelle entre les deux.Mais il y a également des facteurs plus structurels, qui découlent de la situation « objective » dans laquelle se retrouve le Parti libéral du Canada.Voici donc un certain nombre de tendances dont il convient de tenir compte pour comprendre les derniers événements.> Le Parti libéral est le parti « naturel » de gouvernement au Canada.Plus du quart des Canadiens se définissent comme libéraux alors que les autres partis n'ont que très peu de fidèles partisans.Le Parti libéral domine la scène politique fédérale, de sorte qu'à moins de circonstances exceptionnelles, les libéraux peuvent croire que leurs chances de gagner la prochaine élection, quel que soit le chef, sont excellentes.Ajoutons un bémol toutefois.Ils sont moins certains de pouvoir former un gouvernement majoritaire.> M.Chrétien ne peut prétendre que c'est grâce à sa popularité personnelle que le Parti libéral a remporté la dernière élection.À l'extérieur du Québec, la popularité personnelle de M.Chrétien était similaire à celle de messieurs Clark et Day et de madame Mc Donough.Au Québec, M.Chrétien était moins populaire que M.Duceppe mais au Québec les chefs comptent moins à cause de la polarisation du vote autour de la question constitutionnelle.Pas un handicap M.Chrétien ne fut pas un handicap pour son parti mais il ne fut pas non plus la clef du succès libéral.Notons toutefois, au crédit de M.Chrétien, que sa grande réussite fut de voir sa popularité personnelle ne s'effriter que légèrement au cours des ans.Il a réussi à ne pas se faire dépasser par les nouveaux chefs des autres partis, un exploit digne de mention.> La popularité personnelle de M.Martin est plus grande que celle de M.Chrétien.Il ne faudrait cependant pas exagérer l'ampleur de l'écart.Dans l'enquête de l'Étude sur l'élection canadienne menée au cours de la dernière campagne électorale, 55 % des électeurs ont donné une cote positive à M.Martin, contre 48 % pour M.Chrétien.Un écart qui n'est ni négligeable ni énorme, qui peut inciter M.Martin à croire que les libéraux feraient mieux sous sa gouverne et M.Chrétien à se dire qu'ils feraient presque aussi bien avec lui.> L'histoire récente nous indique qu'au Canada la popularité personnelle des politiciens a tendance à diminuer avec le temps.Il y a un effet d'usure qui fait qu'un certain nombre d'électeurs deviennent insatisfaits du chef de parti en place et désirent du sang neuf.Cela s'applique à l'ensemble des politiciens, y compris les plus populaires comme M.Trudeau.Dans la même veine, un parti voit généralement ses appuis augmenter lorsqu'il choisit un nouveau chef.Ce fut le cas, en particulier, de l'Alliance, dont on oublie trop facilement qu'il fut le parti qui fit les plus grands gains (eu égard à l'élection précédente) en 2000, gains qui survinrent après la nomination d'un nouveau chef.Nous nous trouvons donc dans une situation où le Parti libéral profiterait probablement de la venue d'un nouveau chef mais où le parti devance toujours nettement tous les autres partis dans les sondages.Une situation suffisamment ambiguë pour susciter la convoitise de M.Martin, qui attend depuis longtemps la chance de devenir premier ministre.Mais aussi une situation suffisamment ambiguë pour que M.Chrétien estime qu'il n'y a pas de raison de mettre en question son leadership. 1DU1201A0603 LUNDIÀ 1DU1201A0603 ZALLCALL 67 23:05:16 06/01/02 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 JUIN 2002 L'Association marketing des concessionnaires Pontiac Buick GMC du Québec suggère aux consommateurs de lire ce qui suit.Offres d'une durée limitée réservées aux particuliers, s'appliquant aux véhicules neufs 2002 en stock suivants : Jimmy (TT10516/R7B), Envoy (TT15506/R7A), Sonoma (TS10653/R7C, TT10653/R7B) et Sierra (TC15903/R7E, TC15753/R7F).Photos à titre indicatif seulement.Sujet à l'approbation du crédit de GMAC.\u2020Taux de financement à l'achat de 0 % disponible jusqu'à 36 mois.Le concessionnaire peut fixer son propre prix.Paiements mensuels basés sur un bail avec versement initial ou échange équivalent (Jimmy : 4 140 $, Envoy : 4 681 $, Sonoma à cabine allongée 4 x 2 : 1 599 $, Sonoma à cabine allongée 4 x 4 : 1 651 $, Sierra à cabine régulière : 2 543 $, Sierra à cabine allongée : 3 093 $).À la location, transport et préparation inclus, immatriculation, assurance et taxes en sus.Dépôt de sécurité d'au plus 575 $ et première mensualité exigés à la livraison.Frais de 12 ¢ du km après 80 000 km (60 000 km pour Sierra).Un échange de véhicules entre concessionnaires peut être requis.Renseignez-vous chez votre concessionnaire participant, à gmcanada.com ou au 1800 463-7483.368$ /mois Location 36 mois Transmission automatique sans frais.Congé pour le poignet.Congé pour le mollet.+0% à l'achat\u2020 Utilitaire sport de l'année 2002 selon Motor Trend La force d'un pick-up.L'âme d'une voiture de sport.La robustesse d'un GMC à prix confortable Capacité maximale de chargement en version compacte Combinaison parfaite de puissance, de durabilité et de maniabilité 488$ /mois Location 48 mois Envoy SLE 268$ /mois Location 48 mois Sonoma SLS à cabine allongée 4 x 2 Sierra SL à cabine allongée Combinaison de puissance (moteur Vortec V8) et de confort (climatiseur) 298$ /mois Location 48 mois Jimmy SLS 2 portes 4x4 328$ /m o i s Location 48 mois Sonoma SLS à cabine allongée 4 x 4 298$ /mois Location 36 mois Sierra SL à cabine régulière 3039855A 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