La presse, 30 octobre 2000, Cahier A
[" 1LP0101A1030 A1 LUNDI 1LP0101A1030 ZALLCALL 67 00:37:10 10/30/00 B PROCHE-ORIENT Barak au pied du mur Yasser Arafat hausse le ton d'après AP JÉRUSALEM Ð La violence, toujours.Cinq Palestiniens ont été tués hier dans de sanglants affrontements en Cisjordanie et à Gaza tandis que les tractations se sont poursuivies en Israël pour la formation d'un gouvernement d'urgence nationale, et qu'Yasser Arafat a haussé le ton, affirmant que l'Intifada ne s'arrêterait que lorsque flotterait sur Jérusalem le drapeau de la Palestine.« Notre peuple restera inébranlable et fort jusqu'à ce que l'un de nos garçons, ou de nos filles brandisse le drapeau ( palestinien ) sur Jérusalem, capitale de l'État de Palestine », a lancé le président de l'Autorité palestinienne devant la presse, en inaugurant un hôpital à Gaza.Naplouse a été le point le plus chaud des territoires hier, l'armée israélienne ripostant aux Palestiniens qui lançaient pierres et bombes incendiaires: le bilan de la journée est de deux morts et quatre blessés, tandis qu'un autre Palestinien tombait dans des affrontements près de Djénine.Hébron a aussi été en proie à la violence, ainsi que le point de passage de Karni entre Israël et la Bande de Gaza, où des manifestants ont essayé de bloquer une route avec des pneus enflammés: des colonnes de chars ont ouvert le feu au passage, transformé en véritable champ de bataille et où deux Palestiniens ont trouvé la mort.Les violences de Gaza ont fait 25 blessés en tout.Avec la mort d'un Palestinien de 20 ans, blessé à la tête jeudi à Djénine, le nouveau bilan d'un mois de violences était hier de 139 morts, Palestiniens pour la plupart.Voir BARAK en A2 JEAN-FRANÇOIS BÉGIN QUÉBEC Ð Une étude inédite portant sur près de 10 000 signalements à la Direction de la protection de la jeunesse confirme le lien entre la pauvreté des familles et les situations mettant en cause le développement ou la sécurité des enfants.L'étude, rendue publique hier lors du congrès conjoint des associations des centres jeunesse et des CLSC, démontre également que les enfants dont les signalements ne sont pas retenus par la DPJ vivent tout de même une détresse importante.Fruit de plus de deux ans d'efforts de huit chercheurs universitaires, l'Étude sur l'incidence des mauvais traitements et des troubles de comportement signalés aux DPJ du Québec offre, pour la première fois, une description détaillée des enfants et des familles qui font l'objet de signalements à la DPJ.Quelque 9790 signalements ont été recensés, la quasi-totalité de ceux effectués au Québec ( le Nunavik et les Terres- Cries-de-la-Baie-James mises à part ) entre le 1er octobre et le 31 décembre 1998.Selon l'enquête, un signalement retenu sur deux concerne un enfant dont les parents vivent de l'aide sociale, alors que ces familles ne représentent que 8,7 % des familles québécoises.De plus, une famille « signalée » sur dix doit composer avec des revenus précaires provenant d'emplois occasionnels.« L'immense pauvreté de ces familles- là m'a bouleversée, a dit hier Micheline Mayer, coauteur de l'étude et membre de l'Institut de recherche pour le développement social, lors d'une rencontre de presse.On a beau savoir que toutes les études arrivent à la même conclusion, ces familles-là vivent vraiment dans des conditions de pauvreté intolérables.» Voir PAUVRETÉ en A2 Arts et spectacles C1-C8 - télévision C4 Auto D9-D14 Bandes dessinées C7 Bridge E6 Décès E6 Économie D1-D8 Éditorial A14 Élections A12, A13 Êtes-vous observateur?D15 Feuilleton C7 Forum A15 Horoscope E5 Loteries A2, B2 Monde A8-A11 Mots croisés C7, S10 Mot mystère C7 Petites annonces D15 - immobilier D15 - marchandises D16 - emplois D16 - automobile D18, E5 - affaires D4 Têtes d'affiche E3 Quoi faire E2 M É T É O Voir S16 Éclaircies Maximum 4 > minimum 2 G I L L E S TOUPIN OTTAWA Ð Stockwell Day, le chef de l'Alliance canadienne, entame ce matin en Ontario sa deuxième semaine de campagne, gonflé à bloc par une première semaine au delà de ses espérances.Dans son avion samedi soir, alors qu'il rentrait de Colombie-Britannique, la bonne humeur et la satisfaction du chef de l'opposition officielle se sont manifestés sous la forme d'une formidable bataille d'oreillers avec les journalistes.M.Day s'est jeté dans la joute avec l'enthousiasme d'un gamin qui a besoin de laisser s'exprimer sa joie.« La croisière s'amuse » aurions-nous pu nommer ce long voyage de retour vers Ottawa.Détendu, distribuant des fruits rapportés de son comté d'Okanagan- Coquihalla, se mêlant avec bonhomie à ceux qui scrutent les moindres détails de sa campagne, jouant même aux échecs ( une de ses passions avec le scrabble ) dans la cabine arrière avec un journaliste, Stockwell Day, de toute évidence, savourait le bilan de sa première étape.Non qu'il se soit laissé emporter par les sondages favorables Ð il s'en méfie comme de la peste Ð, mais il sent qu'il est sur l'erre d'aller et qu'il lui reste encore beaucoup de munitions pour les quatre semaines à venir.Ce qui l'a étonné le plus, que ce soit en Ontario ou dans les Maritimes, ont confié ses assistants, c'est la consistance et l'importance des foules qui sont venues le voir et l'entendre.Dans l'Ouest, dans son patelin, rien de plus normal, mais dans les petites villes ontariennes de Perth, de Belleville ou encore à Frederiction au Nouveau-Brunswick et même à l'aéroport du lointain Deer Lake à Terre-Neuve, voilà qui augurait bien.Jean Charest, en 1997, ne faisait pas aussi belle figure.La deuxième semaine sera donc consacrée à l'Ontario qu'il ratissera de long en large: Kempville, Peterborough, Oshawa, Brampton, Orangeville, etc.Aujourd'hui et demain, ses autocars bleus et verts tenteront de briser l'hégémonie libérale dans cette province clé de la campagne.Voir BASTION en A2 Les libéraux s'inquiètent, la campagne ne lève pas Le Bloc est plus nécessaire que jamais, selon Parizeau MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE DEPUIS 1884 60 ¢ TAXES EN 1 1 7e A N N É E > N O 1 1 > 7 2 P A G E S > 6 C A H I E R S SUS EST ET NORD-OUEST D U QUÉBEC > HU LL-OTTAWA > 70¢ FLORI DE 1,75 $ U.S .RIEN QU'UNE TRACE! PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Si la Gaspésie a été littéralement ensevelie sous une quarantaine de centimètres de neige, Montréal n'en a reçu qu'un maigre centimètre.Ce qui n'a pas empêché Brigitte Tauffen Berger et son fils Nicholas, 10 ans, de relancer la guerre des tuques à coups de boules de neige hier matin au parc La Fontaine.De nombreux automobilistes ont été surpris par la mince couche blanche qui rendait la chaussée glissante, d'où sorties de route, carambolages et accrochages heureusement sans trop de gravité.La tempête accompagnée de vents violents a durement frappé l'est du Québec, principalement la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine qui ont reçu plus de 60 mm de pluie.Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du- Prince-Édouard ont également été touchés par cette importante dépression.Nos informations en page A3 DPJ: la pauvreté et les signalements vont de pair L'OLF lance un cri d'alarme La francisation des entreprises est devenue d'une telle complexité que la Charte de la langue française est souvent sans réponse quand les problèmes surgissent, constate « avec inquiétude » Nicole Renée, présidente de l'Office de la langue.« Il y a tellement d'éléments nouveaux sur lesquels on n'a pas de contrôle », avertit-elle, deux jours avant l'ouverture des états généraux sur la langue, à Québec.Voir nos informations en A6 Gonflé à bloc, Stockwell Day s'attaque au bastion libéral pages A12 et A13 14 198$ CAVALIER VL 2001 Offre d'une durée limitée réservée aux particuliers, s'appliquant aux Cavaliers 4 portes VL 2001 neuves en stock.Photo à titre indicatif seulement.À l'achat, préparation incluse, transport (730 $), immatriculation, assurance et taxes en sus.Voyez votre concessionnaire pour tous les détails.à l'achat 1LP0201A1030 a2 LUNDI 1LP0201A1030 ZALLCALL 67 00:39:09 10/30/00 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 DEMAIN DANS LA PRESSE Le point sur les finances publiques Il n'est pas exagéré de dire que le Canada a frôlé la catastrophe financière au début des années 1990 lorsqu'il s'est enfoncé dans une récession avec des finances publiques dans un état lamentable.Aujourd'hui, il dégage des surplus budgétaires mais demeure un pays lourdement endetté.Comment en sommes-nous arrivés là et que proposent les partis dans la présente campagne électorale?Dès demain, notre chroniqueur Claude Picher amorce une série en cinq volets sur les finances publiques.À lire demain dans le cahier ÉCONOMIE.POUR NOUS J O I N D R E 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 www.cyberpresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 Nouvelles générales general@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Éditorial, Forum edito@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4816 Actuel actuel@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Auto, Mon toit, Santé Voyages aso@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4809 Quoi faire aujourd'hui andre.cloutier@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-6808 Arts, Spectacles, Cinéma, Livres arts@lapresse.ca Télécopieur: (514) 285-4814 Économie 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canadienne Contrat de vente numéro 0531650 Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 5-5-6 > À quatre chiffres : 4-0-6-3 SUITES DE LA UNE Churchill avait vraiment une doublure BARAK Suite de la page A1 Autre aspect de la crise, le bouclage des Territoires, en vigueur depuis le 6 octo bre, qui empêche quelque 120 000 travailleurs d'entrer en Israël, commence à peser très lourd sur l'économie palestinienne.Presque totalement dépendants de l'État hébreu, dont ils exportent 86 % des biens qu'ils consomment, les Palestiniens s'inquiètent des vélléités israéliennes de « séparation unilatérale », qui reviennent sur le devant de la scène en raison de l'incapacité actuelle à faire la paix.Dans le même temps, en Israël, Ehoud Barak était hier au pied du mur: la Knesset, où le premier ministre n'a plus de majorité, reprend ses travaux aujourd'hui, après trois mois de vacances parlementaires.Faute d'accord, M.Barak pourrait être immédiatement renversé et devoir déclencher des élections anticipées.Le parti ultra-orthodoxe Shas, qui avait claqué la porte de la coalition Barak, a annoncé hier qu'il voterait en faveur d'une motion de censure.Après une semaine de tractations serrées, le premier ministre s'est dit prêt à former une nouvelle coalition, prélude à un gouvernement d'urgence nationale.Selon lui, il ne reste qu'à régler des détails avec le chef du Likoud.Ariel Sharon, « faucon » dont le déplacement à l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem, le 28 septembre dernier, a été à l'origine de l'actuel soulèvement palestinien.Mais une nouvelle rencontre entre MM.Barak et Sharon s'est achevée sans résultats : selon les proches de Barak, elle a achoppé sur le droit de veto en matière de processus de paix, que réclame Ariel Sharon, l'un des Israéliens les plus haïs des Palestiniens, qui le considèrent comme responsable du massacre dans le camp de réfugiés de Sabra et Chatila au Liban en 1982, et qu'Ehoud Barak refuse.En revanche selon le Likoud, Barak serait revenu sur des promesses qu'il avait faites.Tant dans le camp travailliste, que chez les Palestiniens ou à l'étranger, nombreux estiment que l'entrée d'Ariel Sharon au gouvernement sonnerait le glas véritable de tous les efforts de paix.Agence France-Presse LONDRES Ð Certains des plus célèbres discours de Winston Churchill pendant la Deuxième Guerre mondiale ont bien été prononcés à la BBC par un acteur, Norman Shelley, a révélé le fils de celui-ci qui a retrouvé un enregistrement de son père, rapportait hier The Observer.« Dire que Churchill était trop occupé à l'époque serait la litote du siècle », a déclaré au journal londonnien Anthony Shelley, qui affirme que l'enregistrement, retrouvé parmi des o b j e t s appartenant à son père, met fin à plusieurs décennies de débats.Cet enregistrement est marqué « BBC, Churchill: discours.Artiste Norman Shelley.7 Septembre 1942 », selon The Observer.Norman Shelley avait affirmé pour la première fois à la fin des années 70 que le gouvernement britannique lui avait demandé confidentiellement de remplacer Churchill à la radio.« Mon père n'aurait certainement pas demandé de l'argent, a poursuivi Anthony Shelley.Il l'a fait secrètement pour Winston, qui était son grand héros ».« Mon père a gardé longtemps pour lui cette histoire et il a été assez embarrassé par toute l'agitation » qu'elle a ensuite provoquée, a-t-il ajouté, suggérant que Norman Shelley, mort en 1980, avait alors préféré se taire.Une polémique s'en était suivie, des historiens estimant que certains des discours de l'ancien Premier ministre, dont « We shall fight them on the beaches » du 4 juin 1940 et « Their finest hour » du 18 juin de la même année, avaient bien pu être lus sur les ondes par un acteur.Ces deux discours avaient été prononcés originellement par Churchill à la Chambre des communes, qui à l'époque n'était pas équipée de matériel d'enregistrement.Winston Churchill avait luimême ajouté à la confusion en enregistrant pour les archives de la BBC certains de ses discours prononcés pendant la guerre.des années après, dans sa résidence du Kent.PAUVRETÉ Suite de la page A1 Les situations de négligence constituent le principal motif de signalement ( 30 % ), suivies des troubles de comportement ( incluant l'absentéisme scolaire, 27 % ), des abus physiques ( 12 % ), des mauvais traitements psychologiques ( 11 % ), des abus sexuels ( 7 % ) et de l'abandon ( 6 % ).Selon l'étude, les signalements proviennent surtout de l'école, à l'origine de 38 % des appels à l'aide ( la période étudiée, en pleine année scolaire, augmente toutefois artificiellement cette proportion ).La mère, la police, les CLSC et les Centres jeunesse sont, dans l'ordre, les autres sources de signalement les plus fréquentes.Les enfants dont la sécurité ou le développement sont jugés compromis vivent avec des parents qui ont en moyenne 2,3 « problèmes », que ceux-ci soient de nature économique ( 39 % ), associés à une séparation ou un divorce ( 33 % ), à la consommation de drogue ( 30 % ) ou à un faible soutien social ( 27 % ), pour ne citer que les plus fréquents.Fait à souligner, 36 % des parents ont eux-mêmes été victimes de mauvais traitements dans leur enfance.Détresse de gravité variable À peine la moitié ( 50,3 % ) des signalements sont retenus, les autres ne tombant pas sous le coup de la Loi sur la protection de la jeunesse.Cela ne veut pas dire que les autres enfants n'ont pas de besoins: trois fois sur cinq, l'intervenant de la DPJ identifie un ou plusieurs services ( suivi psychosocial, soutien académique, aide psychiatrique, etc.) qui leur seraient utiles.« Tous les enfants signalés sont en détresse de gravité variable, que leur signalement soit retenu ou non en fonction de la Loi sur la protection de la jeunesse », soutient Micheline Mayer.Autre phénomène inquiétant, environ un enfant sur quatre dont le cas est porté à l'attention de la DPJ a déjà fait l'objet d'un signalement retenu dans la dernière année ou d'une prise en charge au cours des cinq années précédentes.Faut-il voir dans ce « récidivisme » un échec du système de protection de la jeunesse?Pas vraiment, rétorquent les chercheurs, qui rappellent que la loi n'est pas une « assurance tous risques ».Le nouveau signalement peut de plus être une manière d'attirer l'attention sur un problème réel, mais qui ne relève pas de la DPJ.Selon Marc Tourigny, professeur à l'Université du Québec à Hull, la banque de données générée par l'enquête occupera les chercheurs pour les cinq prochaines années et devrait permettre d'améliorer la répartition des budgets jeunesse.« Toutes les régions se plaignent que la distribution des ressources n'est pas adéquate en fonction des besoins de leur population.Avec cette étude-là, on va pouvoir faire avancer les débats au-delà des questions politiques et idéologiques », a-t-il dit.L'étude pourrait aussi contribuer à expliquer certains écarts de pratique ( taux de judiciarisation, de rétention des signalements, etc.) observés entre les régions.L'étude a été financée par le ministère québécois de la Santé, Santé Canada et l'Association des centres jeunesse du Québec.BASTION Suite de la page A1 Mercredi, M.Day retourne à Calgary.Jeudi, il se rend à Vancouver pour revenir le soir même à Toronto.Ensuite, il visitera onze localités de la province de Mike Harris en trois jours, ce qui veut dire à un rythme effréné de trois ou quatre événements par jour.L'homme paraît infatigable.Il semble bien que l'Alliance canadienne ait mis tout ses oeufs dans le panier ontarien; pas de visite prévue cette semaine dans les Maritimes, pas de visite non plus au Québec.Dans l'Est, les stratèges alliancistes pensent que pour gagner un ou deux comtés, il leur faudrait dépenser une énergie démesurée.L'investissement est trop grand pour le maigre résultat attendu.Aucune chance Au Québec, tout se passe comme si l'Alliance ne souhaitait pas véritablement faire des gains trop importants en pourcentage d'électeurs.Sachant à l'avance qu'elle n'a aucune chance de remporter un seul comté, un travail de terrain trop poussé par Stockwell Day pourrait convaincre certains bloquistes mous Ð séduits par les politiques fiscales de Day et sa volonté de redonner des pouvoirs aux provinces Ð de voter pour le parti de droite.Cela risquerait de donner un avantage aux libéraux qui décrocheraient quelques comtés supplémentaires en se faufilant entre le Bloc et l'Alliance.Alors, pensent les stratèges de Day, vaut mieux faire une croix sur le Québec.Concentrons les troupes au coeur de la bataille, se disent-ils, oublions tout ce qui pourrait être diversions coûteuses.Après les débats des 8 et 9 novembre, on verra s'il y a lieu d'agir autrement.La saucisse canadienne détrônée Associated Press SHEFFIELD, Grande-Bretagne Ð Des bouchers britanniques se sont associés pour battre un record, en fabriquant la plus longue saucisse du monde: près de 60 km de long.Travaillant sans relâche près de 42 heures, les employés d'Hazelwood Foods ont utilisé 19 tonnes de viande pour cette curiosité culinaire, officiellement mesurée à 59,28 km, battant de 13 km la précédente saucisse la plus longue du monde, fabriquée en 1995 au Canada.Coupée en rondelles, cette folle saucisse sera vendue en supermarché et les recettes iront à des oeuvres de bienfaisance.PHOTO CP Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, fait semblant à la blague de jeter un oreiller aux journalistes à bord de l'avion qui le ramenait de Penticton, en Colombie-Btritannique, à Ottawa samedi soir. 1LP0302A1030 A-3 LUNDI actualit s 1LP0302A1030 ZALLCALL 67 00:42:32 10/30/00 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 · A3 ACTUALITÉS Halloween tragique à Los Angeles Un vrai policier tire sur un homme armé d'un faux pistolet Associated Press Anthony Dwain Lee LOS ANGELES Ð Une fête d'Halloween a tourné au drame à Los Angeles : au milieu de plusieurs centaines d'invités déguisés, un vrai policier a tué un participant qui, pour plaisanter, pointait un faux pistolet dans sa direction.Dans la nuit de vendredi à samedi, le policier est intervenu dans cette soirée à la suite d'une plainte de voisinage pour tapage nocturne.On ignore si la victime, Anthony Dwain Lee, un acteur de 39 ans, savait qu'il s'agissait d'un vrai policier ou s'il a pris l'agent pour un invité de la fête déguisé en policier.Le policier, qui intervenait en compagnie d'un collègue, marchait dans cette propriété le long d'une allée extérieure à la recherche du propriétaire des lieux.Il a regardé par une fenêtre de la maison et a vu Anthony Dwain Lee et deux autres personnes dans une pièce.Lorsque Lee a remarqué la présence des policiers, il a pointé son faux pistolet dans leur direction, a rapporté Charlotte Broughton, porte-parole du LAPD, le département de la police de Los Angeles.Le policier, se sentant probablement menacé, a répondu à ce geste en tirant plusieurs coups de feu à travers la fenêtre.La victime est décédée sur place samedi matin.« Il ne semble pas que le policier ait fait quoi que ce soit de mal », a déclaré Mme Broughton.« Lorsque quelqu'un tient ce qui semble être une vraie arme, on répond de la manière dont on a été entraîné à répondre.» Pour sa part, Rick Hull, l'un des organisateurs de la soirée, a raconté à la chaîne KTLA que Lee a levé son arme-jouet lorsque le policier a braqué sa torche dans la pièce.Selon lui, le policier a ouvert le feu sans sommation.« Je ne peux pas m'expliquer comment un policier peut tirer dans une soirée déguisée sur une personne susceptible d'avoir un pistolet- jouet », a déploré de son côté la soeur de la victime, Tina Vogt, qui travaille pourtant dans les services du chef de la police au département de la police de Sacramento, capitale de la Californie, interrogée par la chaîne KTTV.Anthony Dwain Lee, acteur de métier, avait joué de petits rôles au cinéma et à la télévision.Il avait notamment interprété le personnage de Fred, en 1997, dans le film de Jim Carrey Liar, Liar.Photo PC Le Nouveau-Brunswick, tout comme les Îles-de-la-Madeleine, est sous l'influence des grandes marées d'automne qui, jumelées aux pluies abondantes et aux bourrasques de vent, ont causé de nombreuses inondations le long des côtes, comme ici à Pointe-du-Chêne.L'hiver arrive en coup de vent en Gaspésie Et sur la pointe des pieds dans la région métropolitaine RAYMOND GERVAIS L'hiver est arrivé, mais pas pour tout le monde.Si la Gaspésie a été littéralement ensevelie sous une quarantaine de centimètres de neige hier, Montréal a reçu moins d'un centimètre, tandis que le soleil a brillé au nord de Sainte-Agathe.Ce sont les régions du Bas-Saint-Laurent, la Beauce, la Gaspésie, Charlevoix et la Côte- Nord qui ont reçu des accumulations importantes de neige, tandis qu'aux Îles-de-la-Madeleine, les mesures d'urgence ont été déclarées.La route 199, qui relie les différentes municipalités de l'île, a été coupée par la mer entre Havre-aux-Maisons et Grosse-Île ainsi qu'entre Fatima et Grosse-Île.Quelque 60 mm de pluie ont surpris les Madelinots et des vents atteignant 110 km / h ont balayé l'archipel.Des pannes d'électricité et de téléphone ont été signalées un peu partout.Selon les météorologues, les Îles-de-la- Madeleine sont sous l'influence des grandes marées d'automne qui, jumelées aux pluies abondantes et aux bourrasques de vent, ont donné les conditions que l'on a connues hier.Dans Charlevoix, une personne a perdu la vie dans un accident de la route.Et un accident de la circulation impliquant un autobus d'Orléans Express a aussi causé des blessures à une quinzaine de personnes en Gaspésie.L'accident s'est produit vers 9 h 15, sur la route 132, 5 km à l'est de l'église de Cap- Chat.Selon les policiers, une forte bourrasque aurait soudainement déporté l'autobus vers la droite.Le conducteur a alors perdu la maîtrise du véhicule qui s'est retrouvé dans le fossé.Dans sa course folle, le mastodonte, de modèle récent, s'est renversé sur le flanc droit et a glissé sur une cinquantaine de mètres, fracassant au passage un poteau d'Hydro- Québec.Quinze personnes étaient dans l'autobus lorsque l'accident s'est produit.Treize d'entre elles ont subi des blessures mineures et ont rapidement reçu leur congé de l'hôpital des Monts.Deux autres victimes, des dames, ont subi des fractures, mais les autorités ne craignent pas pour leur vie.Une inspection mécanique sera effectuée sur le véhicule aujourd'hui, mais les agents croient que les conditions routières et climatiques sont responsables de l'accident.Les policiers de la SQ ne comptent plus les sorties de route.Julie Pelletier, 18 ans, de Beauport, a perdu la vie hier matin dans un accident de la route survenu sur la 138, à La Malbaie.Le conducteur d'une automobile qui roulait en direction opposée a perdu la maîtrise de sa voiture pour percuter le véhicule du côté passager où était assise la jeune fille.La mince couche de neige qui s'est abattue sur la région de Montréal a également surpris de nombreux automobilistes qui comme à chaque année, se laissent piéger Ð n'ayant pas encore installé leurs pneus d'hiver Ð en circulant trop rapidement et en suivant le véhicule qui les précède de trop près.La Sûreté du Québec a signalé hier de nombreuses sorties de routes, notamment sur l'autoroute des Cantons de l'Est et l'autoroute 15 en direction des États-Unis.Plusieurs carambolages et accrochages se sont produits hier matin, particulièrement sur les ponts qui enjambent les cours d'eau, la chaussée ayant gelé.Personne n'a toutefois été blessée dans ces différents accidents.Pour les Gaspésiens, l'hiver risque d'être long.Une première tempête de neige le 11 octobre dernier leur avait laissé de 20 à 30 cm de neige selon les régions.Hier, près de 40 cm se sont abattus à Gaspé et à Percé.Un record, selon Gilles Brien, météorologue à Environnement Canada.L'importante dépression qui a frappé l'est du Québec et le Nouveau-Brunswick où plus de 15 000 abonnés ont été privés d'électricité et où des routes ont été inondées, a remonté la côte de la Nouvelle-Écosse pour toucher l'Île-du-Prince-Édouard.« Tout ce qui est tombé en neige à Gaspé est tombé en pluie sur la côte est du Nouveau- Brunswick.La région de Miramichi a reçu près de 35 mm de pluie », a précisé M.Brien.Tout comme aux Îles-de-la-Madeleine, la côte acadienne a été balayée par des vents violents et les fortes marées d'hier ont causé des inondations importantes dans plusieurs villages bordant la côte.Dans la péninsule acadienne, plus de 1 000 personnes ont été privées d'électricité et de nombreuses résidences côtières ont été inondées.Malgré tout, l'hiver n'arrive officiellement que dans sept semaines.Pour la région métropolitaine, le mercure devrait remonter à compter d'aujourd'hui pour atteindre 9 degrés mercredi.Le soleil devrait aussi nous revenir au cours des prochains jours.CHAMPIONNAT DU MONDE D'ÉCHECS Kramnik à un point du titre Agence France-Presse LONDRES Ð Les Russes Gary Kasparov et Vladimir Kramnik ont fait nulle hier dans la 13e des 16 parties du championnat du monde d'échecs qu'ils disputent à Londres, et Kramnik n'a plus besoin que d'un point pour enlever le titre mondial à Kasparov.Kasparov, qui avait les Blancs, a proposé la nullité inhabituellement tôt, après seulement 14 coups, joués en 75 minutes.Son challenger Kramnik mène à présent par 7,5 points contre 5,5 (chaque victoire vaut un point et chaque partie nulle un demi- point).Avec trois parties à jouer, il suffit désormais à Kramnik d'un point pour atteindre 8,5 et ravir à Kasparov le titre de champion du monde qu'il détient depuis 1985.Si à l'issue des 16 parties le score est de 8 à 8, Kasparov conservera son titre.Personne ne s'attendait à ce que Kasparov, réputé pour sa combativité et sa ténacité, accepte aussi rapidement la nullité dans la partie jouée hier.Lors de la conférence de presse qui a suivi la partie, Kasparov a répondu à un journaliste qui lui demandait « Qu'est-ce qui ne va pas ?»: « J'ai eu quelques problèmes durant le match.C'est une longue histoire.J'en dirai plus après le match.» Vladimir Kramnik L'agent de Kasparov, Owen Williams, a affirmé qu'il n'avait « aucune idée » de ce à quoi Kasparov avait pu faire allusion dans cette réponse énigmatique.À un journaliste qui l'interrogeait sur ses 35 minutes de réflexion avant le 11e coup, Kasparov a répliqué avec une certaine agressivité : « Le jeu doit être professionnel, même pour vous.» Kramnik a remporté les 2e et 10e parties du tournoi.Les autres parties se sont soldées par des nulles.Le championnat du monde qui se joue à Londres est doté de 2 millions de dollars de prix, dont deux tiers pour le gagnant.Au vu du score actuel et de la physionomie du match Ð pas une seule victoire pour Kasparov en 13 parties Ð, la situation paraît presque irréversible.Très vraisemblablement, la semaine qui vient sera la dernière pour Kasparov en tant que numéro un mondial des échecs depuis quinze ans. 1LP0401A1030 A4 - LUNDI 1LP0401A1030 ZALLCALL 67 00:40:30 10/30/00 B D'autres corps extraits du Koursk Agence France-Presse SEVEROMORSK, Russie Ð De nouveaux cadavres de marins du Koursk ont été extraits par les plongeurs de l'épave du sous-marin, hier, alors qu'une cérémonie d'hommage aux quatre premiers corps extraits mercredi se tenait à la base de Severomorsk en présence de milliers de personnes.Les corps remontés à la surface, dont le nombre n'a pas été précisé, ont été extraits du compartiment numéro 9, celui de poupe, où avaient pu se réfugier 23 sous-mariniers restés en vie lors du naufrage le 12 août, sur un total de 118, a indiqué un porte-parole de la Flotte du Nord, Igor Babenko.Les travaux consistant à percer l'épaisse coque du submersible par 108 mètres de profondeur, interrompues depuis jeudi en raison de la tempête qui sévissait en mer de Barents, avaient repris samedi grâce à une accalmie.À Severomorsk, où avaient été amenés les quatre premiers corps, le ministre russe de la Défense Igor Sergueïev a demandé pardon lors d'une cérémonie à laquelle assistaient également le vice-premier ministre Ilia Klebanov et de nombreux membres des familles de l'équipage.« Pardonnez-nous, et adieu », a déclaré le maréchal Sergueïev lors de la cérémonie sur la place du Courage de la base navale de la Flotte du nord, où avaient été amenés quatre cercueils, recouverts de drapeaux de la marine russe et transportés par des blindés.« Ils ont rempli leur devoir jusqu'au bout.Il est difficile d'exprimer la peine que nous ressentons », a ajouté le ministre.Le président Vladimir Poutine, très critiqué pour son absence et son silence lors du naufrage du sous-marin, le 12 août, lors de manoeuvres en mer de Barents, n'était pas présent, partant hier pour une visite officielle en France.Certaines des personnes présentes ne cachaient pas leur amertume quant à l'attitude des autorités russes, comme Svetlana Vassilievna, 27 ans, une femme d'officier de la marine.« À la place d'une cérémonie normale et humaine, nous avons eu droit aux discours patriotiques du commandement militaire.À mon avis, c'est une marque d'irrespect envers les victimes, et envers nous », a-t-elle dit.Une note écrite par Dmitri Kolesnikov, un des marins du Koursk, avant sa mort, et retrouvée sur son corps mercredi, a révélé qu'au moins 23 membres d'équipage n'étaient pas morts sur le coup mais avaient pu se réfugier dans le compartiment de proue et y avaient survécu au moins quelques heures.Le contenu intégral de cette note, qui pourrait contenir des informations sur les causes du naufrage Ð collision ou explosion Ð toujours inconnues, n'a pas été révélé par les autorités.La femme du marin, Olga Kolesnikov, a déclaré que les autorités militaires ne lui avaient toujours pas remis la lettre qui lui est adressée, et ne lui avaient promis qu'une photocopie.Seuls quelques mots lui ont été révélés, a-t-elle dit en larmes : « Olga, je t'aime, n'aie pas de peine s'il te plaît.» Les autorités militaires lui ont indiqué que l'original de la lettre devait rester entre les mains des enquêteurs qui cherchent à déterminer les raisons de la catastrophe.Une chaîne de télévision privée soulignait hier soir que si la lettre écrite par le marin du Koursk confirmait la thèse d'une collision avec un sous-marin étranger, que les militaires russes ont affirmé à plusieurs reprises privilégier, ceux-ci n'auraient pas manqué d'en faire part.Photo AP Le corps de chacun des quatre marins honorés était transporté sur un transport de troupes blindé devant un imposant dispositif militaire et une foule nombreuse, hier, à Severomorsk.Photo AFP Un militaire et une jeune femme tenant sa fillette d'un bras assistaient éplorés, hier, à la cérémonie en l'honneur des victimes du Koursk.Banque Nationale/Fidelity Fonds Placements Banque Nationale inc., gérant et placeur des Fonds Banque Nationale (les « Fonds ») est une filiale à part entière de la Banque Nationale du Canada.Un investissement dans les Fonds peut donner lieu à des frais de gestion et autres frais.Veuillez lire le prospectus avant de faire un investissement.Les Fonds ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n'est pas indicatif de leur rendement dans l'avenir.MAR I E Z FIDELITY ET PERFORMANCE N O U V E A U ! La Banque Nationale s'unit à Fidelity Investments pour vous proposer une nouvelle gamme de Fonds.Combinez le savoir-faire d'un leader mondial en gestion de fonds communs de placement au plus grand réseau de distribution bancaire au Québec et vous obtenez les nouveaux Fonds Banque Nationale/Fidelity, disponibles par le biais du réseau Banque Nationale.Ces Fonds sont sans frais d'achat, de rachat ou de transfert, ce qui constitue un avantage unique dans le monde bancaire.Optez pour la nouvelle famille des Fonds Banque Nationale/Fidelity ; vous serez plus à l'aise.Renseignez-vous en succursale ou auprès du Service-conseils Fonds Banque Nationale au : (514) 871-2082 ou 1 888 270-3941 www.invesnet.com Vache folle : la maladie pourrait s'être étendue plus que prévu Agence France-Presse LONDRES Ð Le nombre de victimes de la forme humaine de la maladie de la vache folle en Grande- Bretagne pourrait dépasser de loin les estimations jusqu'à présent admises, selon de nouvelles indications scientifiques révélées ce week-end.Le ministre de l'Agriculture, Nick Brown, a donné crédit à ces sombres pronostics hier en soulignant sur la BBC-télévision que son gouvernement se préparait à ce que le nombre de victimes soit « beaucoup, beaucoup plus important » que la petite centaine aujourd'hui recensée.Par une douloureuse coïncidence, le pays qui a vu naître la maladie dans les années 80, a assisté samedi à la mort de sa victime la plus symbolique, Zoe Jeffries.À 14 ans, Zoe est à ce jour la plus jeune des victimes britanniques à décéder de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), forme humaine de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle.L'adolescente des faubourgs de Manchester incarnait le combat perdu contre la maladie depuis que sa mère avait laissé entrer les caméras de télévision à son chevet la semaine dernière.La Grande-Bretagne avait alors été bouleversée par les images de cette jeune fille silencieuse et gémissant doucement, dans sa chambre tapissée de posters de son idôle, l'acteur américain Leonardo Di Caprio.Sa mort oblige d'ores et déjà à reviser le dernier bilan de la maladie annoncé jeudi par M.Brown, qui était alors de 85 victimes dont 80 décédées.Mais c'est un autre décès qui suscite l'inquiétude des scientifiques : celui, l'an dernier, d'un homme de 74 ans dont il n'a été établi que tout récemment qu'il avait succombé à la forme humaine de la maladie de la vache folle.Une très mauvaise nouvelle qui signifie que la maladie frappe bien au-delà de la tranche d'âge envisagée Ð aucune victime n'approchait jusqu'à présent les 60 ans Ð, et que sa période d'incubation pourrait être encore plus longue qu'estimé jusqu'à présent.Il est possible en effet que la victime ait été contaminée par de la viande de boeuf mangée dans les années 70, alors que les scientifiques estimaient jusqu'à présent que la maladie s'était propagée chez l'homme dans les années 80.Le ministère de la Santé a reconnu à la lumière de ce décès qu'il pourrait être amené à « revoir » l'origine d'un certain nombre de morts de personnes âgées attribuées jusqu'ici, peut-être un peu vite, à la démence sénile.La vMCJ provoque en effet des troubles de la personnalité susceptibles d'induire en erreur les médecins dans leur diagnostic.Le décès du septuagénaire a incité un des experts britanniques en matière de vache folle, le professeur John Collinge, à faire passer de 100 à 1000 son estimation du nombre minimal de cas de vMCJ à attendre.« Plus la période d'incubation est longue, plus tout cela est potentiellement inquiétant », a reconnu cet expert cité hier par le Sunday Times.Un autre spécialiste, Stephen Deallar, a estimé que cette révision à la hausse de son collègue « était encore optimiste » et déclaré qu'il prévoyait pour sa part « un doublement (du nombre de victimes) pour un certain nombre d'années à venir ».Les commentaires percutants de Jean-Luc Mongrain 17 h Le Grand Journal avec Patricia Paquin et Alain Dumas 18 h 30 Flash les TQS 1LP0502A1030 A-5 LUNDI actualit s 1LP0502A1030 ZALLCALL 67 00:42:39 10/30/00 B Le retour de la femme tatouée RENCONTRE ÈVE SALVAIL Appuyée contre la balustrade de son balcon dominant le centre-ville, Ève Salvail, 29 ans, fixe intensément l'objectif de la caméra.Il y a à peine une minute, elle errait comme une âme en peine dans la pièce avec ses survêtements noirs et son crâne rasé de squeegee.Puis, de la minute que le photographe a armé son objectif, Ève Salvail s'est métamorphosée.Finie la squeegee maladroite, oubliée la petite fille gênée, disparue la déracinée de Matane qui ne sait pas toujours ce qu'elle veut ni où elle va ; devant un appareil photo, Ève Salvail est comme Jacques Villeneuve derrière le volant de sa Formule 1.Elle est en pleine possession de ses moyens.Qu'elle ait pris ses distances de la mode et orienté sa carrière vers la musique depuis deux ans, n'y change rien.Ève Salvail est née pour être photographiée.Je l'observe à la dérobée par la fenêtre.Tendue et projetée toute entière vers l'objectif, je vois non seulement un mannequin professionnel à l'oeuvre, mais aussi une artiste de la lumière, des lignes et des angles.Le photographe de La Presse, habitué aux sujets maladroits et récalcitrants, n'en revient pas.Il n'a qu'à appuyer sur le déclencheur pour qu'Ève Salvail change de visage et d'aura, bougeant imperceptiblement, mais toujours avec une précision foudroyante.Ève Salvail ne pose pas devant la caméra.Elle s'y abandonne.Au bout de sept minutes, tout est terminé.Le photographe enfile son manteau tandis qu'Ève Salvail se réinstalle dans l'anonymat devant moi.Nous sommes au sixième étage d'une tour du centre-ville où elle vient tout juste d'emménager.Au cours des prochains mois, l'appartement sera un pied à terre, mais surtout le laboratoire musical d'un disque qu'elle est en train d'écrire et d'enregistrer avec Luca, un ami musicien.Assise à l'indienne par terre, elle fume une American Spirit, une cigarette écologique qui ne contient aucune substance chimique.Une radio alternative joue en sourdine.Des boîtes de carton pas défaites traînent parmi les fauteuils écrus, entre la guitare électrique, l'ampli et l'ordinateur allumé en permanence.Pas une trace de maquillage sur son visage lisse, le crâne rasé cette fois par solidarité avec une amie atteinte de leucémie, habillée un peu n'importe comment, Ève Salvail me fait l'effet d'un oiseau fragile, étrange et totalement absorbé par le présent.Qu'elle ait déjà brillé chez Jean-Paul Gaulthier ou Hugo Boss l'indiffère.Ce qui l'obsède aujourd'hui, c'est la conviction intime qu'elle a mal chanté au gala de la Griffe d'or à TVA, le mois dernier.« Je pense que je n'ai jamais été aussi nerveuse de ma vie que ce jour-là.Mes amis, ma famille, tout monde était là et je n'ai pas été à la hauteur.Je n'ai qu'une hâte : remonter sur un stage pour me racheter ».Aujourd'hui, Ève Salvail a 10 ans de métier dans le corps, une éternité pour le milieu de la mode.Et pourtant, j'ai l'impression que la fille naturelle, simple et pas affectée devant moi est la même qui a fait craquer Jean-Paul Gaulthier il y a huit ans.Ce jour-là, le dieu de la mode parisienne venait d'entrer par hasard au Shed Café du boulevard Saint-Laurent.Son regard-radar a immédiatement remarqué les immenses photos d'une fille au crâne rasé et tatoué posant pour la campagne de Marcelle Danan.Il a demandé à son adjoint de la retrouver.Il n'a même pas voulu la voir à Montréal, mais qu'elle s'envole directement pour Paris le lendemain.La première fois qu'Ève Salvail a mis les pieds dans l'atelier du designer mythique, elle n'a rien compris.Ni ce que Gaulthier représentait dans le milieu de la mode internationale, ni ce qu'elle, une nobody de Matane, faisait là.« C'est pas mal cool », furent ses premières paroles.« Qu'estc e q u ' o n mange ?» s e s deuxièmes.« C'était en 92, j'avais 20 ans et j'étais un peu habitante », raconte-t-elle.Et pour cause.Vingt quatre heures plus tôt, Ève Salvail n'était qu'une serveuse parmi d'autres aux Foufounes électriques.Ses incartades dans le milieu de la mode se limitaient à quelques séances de photo et à deux défilés dont l'un pour le concours annuel du magazine Clin d'oeil.Si la mode internationale est une université, à l'époque Ève Salvail avait à peine terminé sa maternelle.Elle est partie à Paris sans savoir qu'elle s'en allait à la rencontre d'un mythe.Si on lui avait parlé des Dead Kennedys, des Sex Pistols ou de Shinead O'Connor, elle aurait été en terrain familier.Mais Jean-Paul Gaulthier ?C'est qui au juste ?demanda-t-elle.Avant de partir, elle appela une copine pour se faire remplacer aux Foufs pour quelques jours.Ève Salvail croyait sincèrement revenir à Montréal au bout d'une semaine.Elle est revenue à Montréal deux mois plus tard, auréolée de gloire et la valise remplie de contrats de Chanel, Versace, Mugler et Ralph Lauren.Une star était née.Une star de la rue, rebelle et tatouée qui allait paver la voie à une nouvelle vague de top-models, blêmes, hagards et en rupture totale avec les poupées chromées et en plastique qui faisaient la loi jusqu'à maintenant sur les podiums.« Pendant mes deux premières années dans le métier, j'étais très gênée, je ne parlais à personne et je me cachais.Quand les journalistes réussissaient à me coincer dans un coin, je voulais mourir.Le plus grand plaisir est le côté Cendrillon de l'affaire.Un jour j'étais une punk assise par terre dans le métro et le lendemain je portais un jacket de 30 000 dollars signé Chanel.» Née le 7 avril 1971, Cendrillon a grandi au fond d'un rang avec vue sur le fleuve, à 6 km de Matane.Ses parents, Lise Couturier et Renaud Salvail, n'étaient pas des granoles convertis aux vertus du retour à la terre.Seulement des profs d'arts plastiques qui aimaient la nature et qui changeaient de régions au gré des possibilités d'emploi.Lise Couturier se souvient que petite, Ève était sage, timide et peu portée à se donner en spectacle.« Encore que j'ai retrouvé un autoportrait qu'elle a fait à 6 ans.Elle s'était dessinée en robe colorée et en chapeau fleuri, mais à l'intérieur d'un cadre de télé comme si elle avait déjà deviné quelque chose.» Son premier geste de révolte fut de plonger dans la musique punk des années 80, de se raser la tête à la mohawk et de changer la couleur de sa crête tous les jours avec du colorant à gâteau.« Mes parents adorent l'art moderne et toutes les choses un peu folles.Ils sont le genre qui préfèrent Dali à Picasso, alors mon mohawk, ça ne les énervait pas une miette », rigole-t-elle.Fin des années 80, Ève Salvail termine un cours de photo au cégep de Matane et s'inscrit sans trop y croire au concours de mannequin de Clin d'oeil.Elle gagne le prix de la photogénie et obtient un contrat de photos à Tokyo où elle restera quatre mois.Loin de Matane et perdue dans la mégapole nippone, elle a un voeu : devenir le premier mannequin international au crâne rasé.Elle appelle immédiatement ses parents pour leur annoncer la grande nouvelle.Ils ne partagent pas son enthousiasme.« Les gens vont croire que tu imites Shinead O'Connor, c'est pas assez original », lui répondent-ils.« Avec un tattoo par contre, ça serait nettement plus intéressant », lui lance son père.Sitôt le téléphone raccroché, Eve se précipite chez un tatoueur.Elle lui montre le vieux dessin chinois d'un dragon reproduit dans un livre d'art.« L'idée, raconte-t-elle, c'était de ne pas être quétaine, plate et drab et de retenir l'attention des gens.» De retour à Matane, sa mère est néanmoins obligée de lui tenir les mains pour qu'elle ne gratte pas la peau brûlée de son crâne et qu'elle n'efface pas à jamais son tatouage.La suite, comme on dit, appartient à l'Histoire.À cause de son tatouage, de son crâne rasé, mais aussi de sa grâce naturelle, de sa détermination tranquille et de sa photogénie, Ève devient en l'espace de quelques mois la coqueluche des grands couturiers.Elle voyage tout le temps, elle gagne beaucoup d'argent, en flambe la moitié sur des fringues ou des gadgets techno.Elle fait aussi des cameos dans Prêt à porter de Robert Altman, puis dans Le Cinquième Élément de Luc Besson, mais surtout elle travaille comme un chien.« On pense que les mannequins ne foutent rien, mais elles travaillent très fort.D'abord, on est toujours bookées à la dernière minute.Ce qui fait qu'en débarquant de l'avion, tu files directement aux essayages.T'arrives devant une gang de monde que tu connais pas et tu te mets toute nue.T'as pas mangé, t'as pas pris ta douche, t'as même pas vu ton hôtel.Des fois, les robes qu'on a t'as réservées ne fittent pas pantoute.Faut les changer ou les recoudre.C'est comme ça semaine après semaine.T'es à New York, Paris, Milan, tu fais 30 défilés d'une shot, des fois tu traverses l'Atlantique deux fois dans la même semaine.Et puis veux, veux pas, ils te jugent sur ton physique.Si t'as pris du poids, si t'as des boutons, ils sont pas contents et toi, tu prends ça personnel, ça te fait mal, t'as l'impression que tu vaux rien.» Après avoir foncé à deux cents milles à l'heure sur tous les podiums de la planète, traîné son corps fatigué dans les avions, les aéroports, les limousines et les hôtels cinq étoiles, après avoir vécu en coup de vent à travers le prisme des miroirs, une certaine lassitude s'est emparée d'elle.Le jour où Versace est assassiné à Miami, Ève Salvail est sur le point de tout lâcher.« J'étais en essayage à Rome pour son défilé.J'avais même appris un peu d'italien parce que je le trouvais tellement gentil que j'avais envie de lui parler dans sa langue.Il devait arriver le lendemain ; puis mon cellulaire a sonné et une amie m'a appris la nouvelle.J'ai capoté ben raide.J'ai fait ma valise immédiatement et quand je suis descendue dans le lobby, tous ses mannequins étaient là.J'ai jamais autant pleuré de ma vie.» Après cela, Ève Salvail a cessé progressivement de faire les défilés à Paris, New York et Rome, n'acceptant que des contrats dans des villes comme Tokyo ou Dusseldorf.Pas à cause de la mort de Versace.Plutôt à cause du vide qu'elle sentait grandir dangereusement en elle.« Ève est quelqu'un de très créatif mais dans la mode, les mannequins ne participent jamais au processus créatif.Ça la frustrait.Peu importe si ça marche dans la musique, l'important aujourd'hui c'est qu'elle s'exprime enfin, » raconte sa mère.Le lendemain de notre rencontre, Ève Salvail a passé la nuit dans un studio à enregistrer une nouvelle chanson.Elle était tellement absorbée qu'elle a raté son avion pour Tokyo.Heureusement, elle a réussi à prendre celui du lendemain.N'empêche.La musique a définitivement remplacé la mode dans son coeur.Au nom de cette nouvelle passion, Ève Salvail est prête à manquer bien des avions pour Tokyo.«On pense que les mannequins ne foutent rien, mais elles travaillent très fort.Tu débarques de l'avion et tu files directement aux essayages.T'arrives devant une gang de monde que tu connais pas et tu te mets toute nue.T'as pas mangé, t'as pas pris ta douche, t'as même pas vu ton hôtel.» Photo ALAIN ROBERGE, La Presse © Devant un appareil photo, Ève Salvail est comme Jacques Villeneuve derrière le volant de sa Formule 1: en pleine possession de ses moyens! Dessiné en France, c'est toute la féminité et le raffinement d'un soutiengorge en coton côtelé, à bonnets pigeonnants et bretelles rebrodés de petites fleurs satinées et lisérés d'une magnifique dentelle florale.Blanc pur.32 à 36 A, 32 à 38 B-C.Culotte coordonnée 16.99 QUÉBEC PLACE STE-FOYGALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL 977 RUE STE-CATHERINE OUEST, SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE LE PRIX RÉGULIER SIGNIFIE LE PRIX AUQUEL CET ARTICLE EST HABITUELLEMENT VENDU CHEZ SIMONS ET N'EST PAS UNE INDICATION DU PRIX AUQUEL EST VENDUE LA MAJORITÉ DES ARTICLES EN QUESTION.RABAIS 35% le balconnet fleurs et dentelle 29 95 rég.49.00 VIOLENCE CONJUGALE La possible libération conditionnelle de son bourreau lui fait craindre le pire RAYMOND GERVAIS RACHEL SAVAGE, 44 ans, une résidante de Gatineau, en Outaouais, commençait à peine à se sentir en sécurité, mais voilà que son ex-conjoint, William Imming, 46 ans, déclaré criminel dangereux le 3 décembre dernier, doit se présenter demain devant la Commission nationale des libérations conditionnelles, afin de demander une révision de son dossier et bénéficier d'une libération conditionnelle.Reconnu coupable de voies de fait graves ayant causé des lésions corporelles, d'avoir forcé Mme Savage à avoir des relations sexuelles avec lui et de lui avoir proféré des menaces de mort, Imming n'a pas été condamné à purger une sentence déterminée.Le juge Paul Marcel Bellavance de la Cour supérieure, qui avait précisé le procès de Imming avait écrit dans son jugement «qu'il n'y avait aucun doute dans son esprit que si Imming recouvrait sa liberté après avoir purgé une sentence donnée, qu'il pourrait blesser et même tuer la plaignante».Le juge l'a donc déclaré criminel dangereux, souhaitant que l'accusé reçoive les traitements appropriés à son cas tout en demeurant à l'écart de la société.Or, la loi prévoit qu'une personne déclarée criminel dangereux peut se présenter tous les deux ans devant la Commission nationale des libérations conditionnelles afin de demander une révision de son dossier et, le cas échéant, obtenir une libération conditionnelle.Mme Savage a déclaré à La Presse, qu'elle ne faisait que commencer à se sentir en sécurité depuis que Imming avait été condamné en décembre dernier.«Je souhaitais ne plus jamais revoir celui qui m'a séquestré durant près d'une semaine, qui m'a violée, puis taillé la joue gauche avec un couteau de chasse au mois de juillet 1997.S'il obtient une libération conditionnelle, je suis certaine qu'il me tuera», a déclaré Mme Savage.Le 29 juin dernier, Mme Savage a reçu une lettre de la Commission nationale des libérations conditionnelles, dans laquelle on lui confirme que Imming qui purge une sentence indéterminée depuis le 3 décembre 1999 avec le statut de criminel dangereux, pourra appliquer afin d'obtenir une libération conditionnelle et que la Commission devra tenir compte de la période d'emprisonnement préventif qui remonte au 14 juillet 1997.Imming a un passé criminel chargé.En septembre 1994, il avait attaqué son ex-femme avec un pied de biche.Il avait alors écopé de 22 mois de prison.En 1995, après avoir obtenu une libération de jour, il s'était enfui de la maison de transition où il était incarcéré.L'année suivante, il a attaqué au couteau Mme Savage, lui infligeant des blessures à la figure nécessitant 22 points de suture.Après avoir purgé une sentence de quatre mois de prison, il a été relâché.Neuf jours plus tard, il a attaqué Mme Savage une seconde fois.Du 7 au 14 juillet 1997, il a séquestré Mme Savage dans son domicile de Gatineau lui infligeant des blessures corporelles.Au mois de juillet dernier, Imming s'est présenté devant la Commission afin d'obtenir des libérations de jour, mais sa demande a été refusée.Mme Savage espère que la Commission nationale des libérations conditionnelles refusera à nouveau demain la demande de Imming en prenant en considération que la sécurité du public doit passer avant toute autre considération. 1LP0601A1030 A-6 LUNDI actualit s 1LP0601A1030 ZALLCALL 67 00:39:38 10/30/00 B La mondialisation nuit à la francisation L'Office ne peut protéger la langue si la population n'y tient pas Un poste de commissaire aux fusions est créé Huit petites villes-centres lancent la vague MARTIN PELCHAT QUÉBEC Ð Devant l'ampleur des regroupements municipaux qui s'annoncent, le gouvernement ajoute un vice-président affecté spécifiquement aux structures municipales à la tête de la Commission municipale du Québec.Le projet de loi 150, déposé jeudi à l'Assemblée nationale par la ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, prévoit la création d'un nouveau poste de vice-président doté des mêmes pouvoirs que le président dans les matières relevant de sa compétence, soit les regroupements municipaux et la désignation des équipements à caractère supralocal.La commission municipale exercera à compter de janvier prochain de nouvelles responsabilités.La loi 124, adoptée en juin, lui accorde le pouvoir de recommander une fusion après étude d'une proposition de regroupement, sauf pour les régions de Montréal, Québec et de l'Outaouais, où le gouvernement s'apprête plutôt à déposer des projets de loi.Dans plusieurs MRC, la commission devra aussi désigner les équipements à vocation régionale dont les coûts seront désormais à partager entre les villes.Par ailleurs, huit petites villes-centres profusions ont décidé de demander à la ministre des Affaires municipales de la Métropole, Louise Harel, d'exercer le pouvoir qui lui est attribué dans l'article 125,2 de la Loi 124.En vertu de cet article, la ministre peut exiger dans un délai prescrit que les municipalités d'un territoire donné lui présentent une demande commune de regroupement.Elle peut aussi désigner un conciliateur à cette fin.Les villes qui ont ainsi décidé de forcer la main à leurs voisines récalcitrantes sont Saint-Jérôme, Rimouski, Saint-Georges-de- Beauce, Matane, Shawinigan, Sept-Îles, Magog et Joliette.D'autres villes-centres des 25 agglomérations de recensement devraient suivre, selon leur porte-parole et maire de Saint-Jérôme, Marc Gascon.À Joliette, cette demande place Louise Harel dans une position inconfortable puisque le député de Joliette et ministre des Transports, Guy Chevrette, s'est déjà prononcé contre les fusions forcées.M.Chevrette a d'ailleurs accusé la semaine dernière la mairesse de Joliette, Danielle Laferrière, d'oeuvrer « en cachette » dans ce dossier et il envisage de présenter sa propre solution pour assurer « l'équité fiscale » aux citoyens de Joliette et des environs.DENIS LESSARD QUÉBEC Ð Dans un cri d'alarme lancé juste avant l'ouverture des états généraux sur la situation du français, mercredi à Québec, la présidente de l'Office de la langue, Nicole René, avoue son « inquiétude » quant à l'avenir du français comme langue de travail, devant l'émergence des tendances récentes, dont la mondialisation des échanges commerciaux.« Les problèmes de francisation des entreprises vont seulement en augmentant, ils sont de plus en plus complexes, et il sera de plus en plus difficile d'y faire face.Je ne sais plus ce que cela prendra pour faire avancer le français dans le milieu de travail », a laissé tomber la présidente de l'OLF dans une entrevue accordée à La Presse.« Il y a tellement d'éléments qui se sont ajoutés, et sur lesquels on n'a pas de contrôle.» constate celle qui préside, depuis mai 1995, aux destinées de l'organisme charnière pour l'application de la Charte de la langue.Or, devant cette situation, Québec devrait mettre les bouchées doubles pour imposer le français sur les éléments dont il a le contrôle.On doit donner par exemple un sérieux coup de barre pour s'assurer que la formation professionnelle et technique, la porte d'entrée du marché du travail, prépare des employés qui, clairement, décideront que leur vie se gagnera en français.« Si on ne se donne pas les moyens pour que le français reste une langue utile, on va se ramasser comme dans l'Ouest, cela ne prendra pas beaucoup de temps pour que cela devienne folklorique », prévient-elle.Les états généraux serviront à « vérifier les consensus » qui existent encore dans la population sur la question linguistique.L'Office est « la pierre d'assise » de l'application de la Charte, « et on ne peut faire respecter notre mandat, le droit des consommateurs et des travailleurs de vivre en français, si la population ne tient pas à faire respecter ce droit », résume-t-elle.L'adoption de la Charte de la langue, il y a désormais 23 ans, « a probablement créé un certain confort, un climat de confiance comme si la langue existait en dehors des gens ».Pour Mme René, « il n'y a pas d'intérêt à se donner davantage de moyens coercitifs si les gens n'y tiennent pas, s'ils ne sont pas prêts à faire valoir leurs droits », dit-elle.Plus de 40 % des articles de la Charte de la langue visent l'application du droit à travailler en français.Or, depuis un an, le processus de décision sur ces dossiers est paralysé, la compétence de l'Office a été niée par la Cour supérieure et Québec n'en a pas appelé ; une vingtaine de dossiers attendent que Québec modifie l'article 46 de la Charte.Selon les fichiers de l'Office, 275 entreprises qui ont plus de 50 employés n'ont toujours pas de certificats de francisation, dix ans après la mise en branle de programmes destinés à faire en sorte qu'on y travaille en français.L'Office peut vérifier assez étroitement la gestion des entreprises, constater si les dirigeants écrivent aux employés en français, « mais est-ce que les entreprises fonctionnent plus en français pour autant, c'est autre chose.On se fie aux déclarations des compagnies, on n'a pas le droit de s'imposer, on n'a pas de pouvoirs d'enquête.Pour Mme René, la défense du français requiert « la volonté des citoyens, le gouvernement ne sera jamais dans une shop pour voir dans quelle langue cela se passe », dit laconiquement Mme René.Aussi, au Québec, les droits des francophones et des anglophones ne sont pas tout à fait identiques, dénonce-t-elle aussi.Un anglophone est présumé bilingue et les offres d'emploi publiées dans les journaux francophones font bien plus souvent référence à l'obligation de parler anglais que celles publiées en anglais, indique une étude interne de l'OLF.« Il y a, selon moi, un préjudice à l'endroit des francophones dont on exige toujours plus », résume Nicole René.Le ministère de l'Éducation se traîne les pieds Les études montrent que les gens qui travaillent dans leur langue sont plus productifs, ceux qui par exemple se servent d'un logiciel dans leur langue en utilisent davantage le potentiel.Pour la présidente de l'Office, l'indifférence du ministère de l'Éducation quant à l'imposition du français est une source constante de déception.Les établissements d'enseignement postsecondaire utilisent fréquemment des versions anglaises des logiciels même quand une version française est disponible.Or, rien dans la Charte de la langue ne permet à l'Office d'intervenir auprès de ces établissements.Une étude interne de l'Office montrait que la disponibilité des logiciels en français au collégial avait connu un « léger progrès » depuis 1995.Mais « il reste encore beaucoup à faire », observait l'organisme soulignant que l'utilisation de logiciels en français n'était toujours pas la norme dans les techniques physiques, les arts et les communications graphiques.L'OLF a fait des pressions depuis des années auprès des compagnies qui conçoivent des logiciels, elle avait obtenu qu'Autodesk fournisse une version française de son produit Auto Cad, un logiciel de desssin technique.Or, à cause des professeurs, souvent cette version n'a jamais percé dans les établissements collégiaux.« Les boîtes sont revenues aux distributeurs sans même avoir été ouvertes », de déplorer Mme René.Depuis des années, l'OLF exerçait des pressions sur le ministère de l'Éducation pour que le MEQ utilise son pouvoir subventionnaire pour inciter les institutions à acheter les versions française des logiciels quand elles sont disponibles.Le ministère de François Legault vient tout juste d'obtempérer.« Il faut que la formation professionnelle et technique comprenne un volet terminologique, qu'on utilise du matériel, de la documentation, des logiciels en français », insiste Mme René.L'unilinguisme anglais de la documentation des appareils utilisés pour ces cours avait été dénoncé dans le bilan sur l'état du français en 1996, « et cela ne s'est pas redressé depuis », fait observer la présidente de l'OLF.Quand les appareils utilisés dans les cours professionnels sont en anglais, le message est clair : le travail se passera aussi dans cette langue, déplore Mme René.Dans le débat sur les marques de commerce, l'avis du conseil de la langue qui conforte les Second Cup était prévisible, « mais les grandes multinationales sont sensibles à la nécessité de s'adapter au niveau de la langue ».Photothèque ROBERT SKINNER, La Presse © Dans le débat sur les marques de commerce, l'avis du conseil de la langue qui conforte les Second Cup était prévisible. 1LP0701A1030 a07 actus lun 30 octobre 1LP0701A1030 ZALLCALL 67 00:40:53 10/30/00 B Burnt Church a coûté 2 millions pour la seule GRC L'Israélien soupçonné du meurtre d'un ado est rapatrié au Canada Presse Canadienne FREDERICTON Ð La Gendarmerie royale du Canada a dépensé 2 millions pour tenter de contrôler la situation lors du conflit sur la pêche au homard de l'été dernier à Burnt Church, au Nouveau- Brunswick.Ce conflit sur les droits de pêche au homard entre les Micmacs et les représentants du ministère fédéral des Pêches, dans la baie de Miramichi, a duré de mai à la fin août.Le surintendant en chef de la GRC pour le Nouveau-Brunswick, Michel Séguin, a déclaré que les opérations policières sur les eaux se sont avérées coûteuses et ont exigé beaucoup des forces de l'ordre.On ignore encore quelles sont les ressources financières que le ministère fédéral des Pêches a dû consacrer à ce conflit afin de faire respecter ses règlements sur la pêche au homard.Les Micmacs prétendent qu'un jugement de la Cour suprême rendu l'an dernier leur accorde le droit de gagner un revenu modéré tiré de la pêche au homard.Mais le gouvernement fédéral affirme pour sa part que la Cour a par la suite spécifié que le ministère des Pêches avait le droit de réglementer cette pêche.Le conflit sur la pêche au homard a débuté quand les agents du ministère des Pêches ont entrepris de retirer des eaux de la baie de Miramichi les casiers à homard des Micmacs.JAMES McCARTEN Presse Canadienne TORONTO Ð Après un an de démêlés juridiques internationaux, l'Israélien Daniel Weiz, l'un des quatre accusés du meurtre d'un adolescent torontois, il y a près d'un an, est rapatrié au Canada pour un procès qui sera vraisemblablement très suivi.La victime, Dmitri Baranovski, était âgée de 15 ans.Décrit comme un garçon gentil et généreux, aux excellents résultats scolaires, l'adolescent a été battu à mort en novembre 1999 pour un peu d'argent et un paquet de cigarettes.Sa mort, et le courage dont a fait preuve sa mère, Olga Baranovski, dont il était le fils unique, avaient ému les Torontois.Weiz, un immigrant reçu, est un soldat israélien qui effectuait son service militaire chez lui ; il jouissait d'une permission au moment du meurtre.Il doit comparaître aujourd'hui devant le tribunal à Toronto, pour son enquête préliminaire.Michael Issariotis, âgé de 19 ans, est également accusé, ainsi que deux jeunes de 16 ans qu'on ne peut identifier en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants.Ces deux accusés sauront aujourd'hui s'ils seront traduits en justice devant un tribunal pour adultes, où ils seraient passibles de peines plus sévères s'ils étaient reconnus coupables.Deux semaines avant l'agression, Weiz, qui rendait visite à son père à Toronto, avait plaidé coupable à l'accusation d'avoir agressé un garçon, en octobre ; il avait été condamné à 14 jours de prison.Il avait également été reconnu coupable d'avoir omis de se présenter devant le tribunal, en mars ; il a été condamné à 14 jours additionnels de détention, à être purgés concurremment à la peine initiale.Les arguments avancés par Weiz en Israël, alors qu'il tentait d'empêcher son extradition au Canada, indiquent que les quatre accusés vont vraisemblablement s'attribuer mutuellement la responsabilité du meurtre lors du procès.Au cours des onze mois de procédures juridiques à Jérusalem, les avocats de Weiz ont soutenu qu'il était victime d'un coup monté au Canada par des gens qui mentent pour protéger quelqu'un d'autre.Mais la semaine dernière, ses avocats ont abruptement changé de stratégie et accepté l'extradition immédiate de Weiz.Au début d'octobre, les Micmacs ont érigé un tipi sur le quai de Burnt Church.Le Canada favoriserait l'augmentation des gaz à effet de serre PIERRE APRIL Presse Canadienne QUÉBEC Ð La position canadienne en matière de changement climatique représente un véritable danger et permettrait aux pays industrialisés d'augmenter leurs émissions de gaz à effet de serre de 15 pour cent plutôt que de les réduide de cinq pour cent, conformément à nos engagements internationaux.Cette position sera défendue par la Fondation David-Suzuki dans le cadre du Sommet des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à La Haye du 13 au 24 novembre.Dans un long rapport scientifique que la Fondation s'apprête à rendre public, les chercheurs en sont venus à la conclusion que « le premier ministre Jean Chrétien et le gouvernement sont sur la mauvaise voie » et que de plus en plus de Canadiens exigent que les questions environnementales Ð dont le réchauffement de la planète et les changements climatiques Ð doivent remonter dans l'échelle des priorités, surtout dans le contexte électoral.Le directeur de la campagne de la Fondation sur l'état du climat, Gerry Scott, exige que le Canada tienne ses engagements de Kyoto, pris en 1997.« Non seulement les émissions au Canada en 1998 étaient-elles supérieures de 13 % à celles de 1990, mais elles continuent toujours d'augmenter », a-til soutenu.Selon les environnementalistes de la Fondation David-Suzuki, le défi du Canada à La Haye consistera à maintenir l'intégrité écologique du Protocole en permettant malgré tout cette flexibilité qui permettra aux pays industrialisés de respecter certains de leurs engagements.Des pays comme le Canada et les États-Unis, selon l'étude, continuent de prétendre que la situation est inéquitable parce que les pays en voie de développement ne se sont pas effectivement engagés à réduire leurs émissions, d'où leur tendance à vouloir en faire moins.La majorité des données scientifiques, partagées par l'ensemble des organismes de défense de l'environnement, démontrent que la combustion de charbon, de pétrole et de gaz, les techniques d'utilisation des sols et le déboisement ont fait considérablement augmenter les concentrations de gaz à effet de serre.Et rien n'indique que la situation sera revue et corrigée dans les plus brefs délais. 1LP0801A1030 A08, lundi, MONDE 1LP0801A1030 ZALLCALL 67 00:38:36 10/30/00 B A 8 L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 3 0 O C T O B R E 2 0 0 0 MONDE É.-U.: campagne âpre à huit jours du scrutin La légère avance de Bush sur Gore dure, mais de gros canons se pointent : Clinton appelle les Noirs à voter CHRISTOPHE DE ROQUEFEUIL Agence France-Presse WASHINGTON Ð La bataille politique s'est faite plus âpre hier à la veille d'une semaine décisive dans la course à la Maison-Blanche entre le vice-président démocrate Al Gore et le gouverneur républicain du Texas George W.Bush.Alors que les sondages donnent les deux hommes au coude à coude Ð avec toutefois une légère avance au candidat républicain Ð, les deux partis concentrent leur message en direction de l'énorme réservoir des électeurs indécis.À huit jours du scrutin, le camp démocrate met en avant l'expérience d'Al Gore et sa stature de dirigeant, le camp républicain répliquant en insistant sur ses relations empreintes de gêne avec le président sortant Bill Clinton.Joseph Lieberman, co-listier d'Al Gore pour la vice-présidence, est apparu sur les chaînes de télévision CBS et ABC pour marteler un leitmotiv : « Je ne pense pas que George Bush soit prêt pour être président des États-Unis.» Une opinion partagée par le quotidien New York Times qui, quelques jours après le Washington Post, a appelé hier à voter pour le candidat Al Gore, estimant qu'il est « l'homme le plus qualifié pour la présidence ».Selon le New York Times, le curriculum vitae de M.Bush est trop « mince » pour qu'il puisse prétendre à une charge qui ferait de lui le dirigeant le plus puissant de la planète.Le camp Bush a répliqué en ressortant l'argument des relations distantes et souvent empreintes de malaise entre le vice-président Gore et son mentor en politique, Bill Clinton, mal remis du scandale provoqué par ses frasques avec Monica Lewinski.« M.Gore n'ayant jamais mentionné le nom de Bill Clinton dans aucun des trois débats télévisés (qui l'ont opposé à George Bush), je suppose qu'il a un peu peur de lui être identifié », a souligné Karl Rove, un des stratèges politiques du camp républicain, sur la chaîne Fox.Et de retourner encore le couteau dans la plaie en assurant qu'Al Gore a prononcé plus de fois le nom de l'ancien président républicain Ronald Reagan que celui de Bill Clinton durant les débats télévisés.Le président Clinton, qui avait assuré samedi que son influence était faible vis-à-vis de l'électorat indécis, devrait toutefois mettre son poids dans la balance en faveur d'Al Gore en participant cette semaine à des meetings de soutien au candidat démocrate en Californie.« Le fantôme (de Clinton) est de retour et va poursuivre Al Gore pendant la dernière semaine de sa campagne », a ironisé M.Rove.La Californie, État le plus peuplé du pays, sera également fermement courtisé par George Bush qui soit s'y rendre aujourd'hui et demain avec son ancien concurrent à l'investiture républicaine, John Mc Cain, toujours très populaire.Les derniers sondages confirment que l'élection risque de se jouer sur le fil du rasoir, avec toutefois un léger avantage pour M.Bush.Selon un sondage de l'hebdomadaire Newsweek George W.Bush obtiendrait 45 % des votes contre 42 % à Al Gore, 4 % à l'écologiste Ralph Nader et 2 % à l'ultra-conservateur Pat Buchanan.Bush de son côté aura lancé dans les deux semaines avant le scrutin « la plus vaste campagne de terrain jamais réalisée par le Parti républicain », a déclaré un porte-parole du gouverneur du Texas, Ari Fleischer, avec 52 millions d'appels téléphoniques, 110 millions de lettres et 1,5 million d'autocollants électoraux pour les voitures des sympathisants.Bill Clinton est également venu à la rescousse de son vice-président hier en se rendant dans deux églises fréquentées par la communauté noire afin d'inviter ces électeurs, traditionnellement pro-démocrates, à se rendre aux urnes en masse.Avec quelque 33 millions de personnes, la population noire américaine représente 12 % de la population totale des Etats-Unis et sa mobilisation pourrait s'avérer décisive.Photo AFP Un vrai de vrai.bec.Al Gore a été sollicité à cet effet par des partisans hier et ne s'est pas fait prier pour embrasser sa femme, Tipper, lors d'une assemblée électorale dans le Michigan.Le New York Times appuie Gore et s'explique Combat extrême Agence France-Presse NEW YORK Ð Le quotidien New York Times appelle dans son édition dominicale à voter pour le candidat démocrate à la Maison-Blanche Al Gore, estimant qu'il est « l'homme le plus qualifié pour la présidence », notamment en raison de son expérience.« Nous apportons aujourd'hui notre ferme soutien à Al Gore, l'homme le plus qualifié pour la présidence de par sa connaissance du gouvernement, son expérience au plus haut niveau de décision fédéral et diplomatique, et son dévouement envers l'intérêt général », affirme le journal dans un éditorial.Le quotidien ajoute que Gore « s'est battu de façon impressionnante et avec succès pour échapper à l'ombre des écarts éthiques de l'administration Clinton ».Selon le New York Times, le CV de M.Bush est trop « mince » pour que les États-Unis « parient sur sa transformation en l'espèce de dirigeant qu'il prétend déjà être ».Gore « n'aura pas besoin de s'entraîner sur le tas ».Le NYT dit que Gore a plus d'expérience en politique étrangère.d'après AFP WASHINGTON Ð Les principaux rendez-vous dans la course à la Maison-Blanche à neuf jours du scrutin présidentiel du 7 novembre Ð Le président Bill Clinton se rend en Californie cette semaine pour soutenir Al Gore.Ð Le républicain George W.Bush et le sénateur John Mc Cain, son ancien adversaire lors des élections primaires, font campagne ensemble aujord'hui et demain en Californie, où Bush vient de lancer une importante campagne publicitaire.Ð Diffusion dimanche prochain d'une émission télévisée satirique Saturday Night Live avec la participation pré-enregistrée des deux candidats.Par ailleurs, la chaîne publique PBS offre des temps d'antenne aux candidats.Où sont les candidats : Ð George W.Bush quitte Austin (Texas) aujourd'hui pour la Californie, après escale au Nouveau- Mexique.Après la Californie, le campagne mercredi en Oregon et Washington (nord-ouest) avant le Midwest.Ð Al Gore était hier dans le Michigan et se rend dans d'autres États indécis, selon un programme décidé au jour le jour.2902073 ANGLAIS COURS AXÉS SUR LA CONVERSATION Petits groupes : 3 à 7 personnes ; admission continue COURS INTENSIFS de jour, 25 h/semaine à temps partiel et semi-intensifs matin, après-midi, soir, samedi 135 $ à 145 $ /semaine 1 à 7 fois/sem.I 195 $/30 h Mat riel p dagogique inclus, pas de taxes, d ductible d imp t, frais d inscri ESPAGNOL Samedi : 9 h 30 à 16 h 30, 11 nov.au 9 déc.Formation en entreprise adaptée à vos besoins Cours privés : toutes les langues école de langues postmoderne accréditée par Emploi-Québec 1160, boul.St-Joseph Est, 3e étage, Mtl Laurier (514) 278-5309 www.converlang.com CAMELOTS, ADULTES AVEC VOITURE demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I À commission Dans les secteurs suivants: I St- tienne de Beauharnois I St-Louis de Gonzague I St-Stanislas de Kostka Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h, le week-end.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, M.Gilles S n cal composez le (450) 691-2668 Courriel : gsenecal@lapresse.ca La Presse 30 octobre 2000 Page A9 manquante 1LP1001A1030 A10 lundi, MONDE 1LP1001A1030 ZALLCALL 67 00:39:50 10/30/00 B Soulagée par la libération de 21 otages, la Colombie vote dans le calme JACQUES THOMET Agence France-Presse BOGOTA Ð Les élections municipales se sont déroulées dans le calme et ont été reléguées au second plan hier en Colombie après l'annonce de la prochaine libération des 21 otages de Cali par la guérilla de l'ELN, qui a provoqué un immense soulagement dans le pays.Pratiquement aucun des 42 millions de Colombiens n'a été épargné par les soubresauts d'une guerre civile de 36 ans, avec un bilan de près de 130 000 morts, une moyenne de 3000 enlèvements par an, et un total de deux millions de déplacés par la violence.Vingt millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire 1100 maires, 12 000 conseillers municipaux, 500 députés provinciaux et 32 gouverneurs de départements pour un mandat de trois ans, parmi 43 422 candidats.Près de 200 000 soldats, policiers et agents secrets avaient été mobilisés pour assurer un déroulement normal du scrutin.À Bogota, la bataille pour la mairie de la capitale oppose une femme, Maria Emma Mejia, ancienne ministre des Affaires étrangères, à un professeur d'université en mathématiques, Antanas Mockus, déjà maire de 1995 à 1997.La participation au scrutin, qui ne comporte qu'un seul tour, n'est pas obligatoire en Colombie.Les résultats devraient être connus dans la soirée.Seuls quelques affrontements, sans faire de victimes, ont eu lieu dans les Andes centrales entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), principale force rebelle avec 12 000 hommes, et les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite).Les violents combats de la semaine dernière dans le nord-ouest entre l'armée et les FARC avaient fait quelque 250 morts, dont 22 soldats tués dans un accident d'hélicoptère.La participation a été forte et sans incidents, selon les premières indications, dans la zone démilitarisée de 42 000 km2, grande comme la Suisse, octroyée aux FARC par le président conservateur Andrés Pastrana le 7 novembre 1998 comme « laboratoire de paix » pour faciliter le dialogue avec la guérilla.Devant les bureaux de vote hier, toutes les conversations tournaient autour de la libération imminente des 21 otages de Cali, retenus depuis le 17 septembre, par la guérilla de l'Armée de libération nationale (ELN, extrême gauche).Les pluies intenses dans les Andes occidentales près de Cali ont repoussé à aujourd'hui leur délivrance.Pinochet à l'hôpital Un show Castro-Chavez d'après AFP CARACAS Ð Les présidents cubain et vénézuélien, Fidel Castro et Hugo Chavez, ont offert hier aux télespectateurs de leurs pays respectifs un véritable « show télévisé » de près de quatre heures, alliant évocations historiques, souvenirs de campagne, anecdotes personnelles et professions de foi révolutionnaires.Écouteurs sur les oreilles, stylo en main, les deux chefs d'État, revêtus chacun de leur habituel uniforme militaire, ont répondu en direct aux questions d'une demidouzaine de télespectateurs cubains et vénézuéliens autorisés à les interroger dans le cadre de l'émission dominicale « Allo Président » d'Hugo Chavez.Tout au long de l'émission, les deux hommes n'ont cessé de manifester leur totale convergence de vues.d'après AFP SANTIAGO Ð L'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, âgé de 84 ans et admis dans la nuit de samedi à hier à l'hôpital militaire de Santiago, restera hospitalisé pour une durée de cinq jours au moins, a annoncé la fondation portant son nom.Le général, qui souffre de plusieurs maladies dont le diabète et une insuffisance cardio-vasculaire, a été hospitalisé à cause d'une douleur pulmonaire et ses médecins ont décidé de le garder en observation pour les cinq prochains jours au moins, a fait savoir la Fondation Augusto Pinochet.L'état de santé du général Pinochet « n'est pas grave » et il est peu probable qu'une complication intervienne étant donné qu'il se trouve sous le contrôle permanent de l'équipe médicale, a ajouté M.Briones.Pérou : militaires rebelles en fuite avec un général en otage d'après AFP LIMA Ð Les militaires péruviens menés par le lieutenant-colonel Ollanta Humala Tasso, qui se sont rebellés hier contre le gouvernement du président Alberto Fujimori, ont abandonné la mine de Toquepala (sud) où ils s'étaient retranchés emmenant avec eux un général de l'armée, a annoncé une station de radio du sud du Pérou.Un témoin, Mme Cecilia Paredes, qui vit à Toquepala, a indiqué qu'elle avait vu sortir les militaires de la mine et que le calme était revenu sur le site minier. 1LP1101A1030 A11 lundi, MONDE 1LP1101A1030 ZALLCALL 67 00:40:46 10/30/00 B L A P R E S S E MONT R É A L L UND I 3 0 O C T O B R E 2 0 0 0 MOND E A 1 1 La Côte d'Ivoire, entre le calme et la peur Pendant que le camp Ouattara soigne ses blessés, on fait le bilan du charnier : 57 morts SERGE ARNOLD Agence France-Presse ABIDJAN Ð Le calme est revenu, mais la peur subsistait hier en Côte d'Ivoire où, après les terribles violences interethniques des derniers jours, des manifestants blessés lors des affrontements continuaient d'affluer vers un hôpital de fortune.Les partisans blessés de l'ancien premier ministre Alassane Ouattara continuaient d'affluer à Abidjan devant la résidence de celui-ci où a été installé il y a 48 heures un hôpital de fortune.Certains des blessés sont restés pendant deux jours avec des balles dans le corps, ont indiqué les médecins.Le retour au calme enregistré au cours de la première nuit sans couvre- feu depuis le 24 octobre s'est confirmé dans la journée d'hier avec, dans des restaurants exceptionnellement pleins à midi, un véritable sentiment de soulagement pour des Abidjanais demeurés terrés chez eux depuis pratiquement une semaine.Un total de 281 personnes blessées Ð la plupart par balles Ð ont reçu de premiers soins devant le domicile d'Alassane Ouattara dans le quartier chic de Cocody.Ce bilan a été établi par l'équipe médicale qui travaille sur place, alors que des blessés continuaient d'arriver en provenance des divers quartiers de la ville, a constaté un journaliste de l'AFP.Neuf médecins et sept infirmiers s'affairaient encore dans des installations de fortune, sous des bâches montées devant la résidence de M.Ouattara.Les blessés, selon leurs témoignages, ont quasiment tous été touchés par des tirs de gendarmes, certains par des tirs de policiers.Après avoir obtenu des premiers soins, ils sont évacués sur des centres hospitaliers.La peur d'être livrés soit aux gendarmes, soit aux militants du Front populaire ivoirien (FPI, le parti du nouveau président Laurent Gbagbo) les a empêchés d'aller directement dans les hôpitaux officiels, selon leurs témoignages.Certains affirment avoir été lynchés par des partisans de M.Gbagbo après leur avoir été livrés par des gendarmes.456 personnes ont été interpellées après les violences des 26 et 27 octobre, qui ont fait quelque 155 morts Ð principalement des partisans d'Alassane Ouattara et des nordistes musulman Ð, selon le parti de M.Ouattara, le Rassemblement des Républicains (RDR).Le RDR a demandé la création d'une commission d'enquête internationale sur ces violences.Le gouvernement formé le 27 octobre par le président Gbagbo a promis samedi une enquête rapide et impartiale sur un charnier de découvert vendredi à Abidjan et dont on a officiellement dénombré 57 corps.« J'ai demandé que l'enquête soit menée sans a priori.La justice va faire son travail.Le gouvernement fera en sorte que les coupables soient châtiés conformément à la loi.Il n'y a personne pour quelque raison que ce soit qui puisse bénéficier de l'impunité », a assuré le ministre de l'Intérieur Émile Boga Doudou.Alors que des éléments de la gendarmerie ont été mis en cause par les partisans de M.Ouattara et un témoin affirmant avoir survécu au carnage, le ministre a souligné que « tant que l'enquête n'aura pas été menée, il n'est possible d'accuser personne ».Beaucoup d'Abidjanais, surtout les étrangers et les nordistes, conservent cependant une « énorme peur au ventre » qui n'est pas près de disparaître.Salimata, une Dioula (musulmane du nord) du grand quartier populaire de Yopougon, ne dort plus depuis quatre jours.Elle se demande quand elle pourra dormir sans être arrachée de son sommeil par des cris comme ceux entendus au cours des derniers jours : « Les Dioulas, on va les tuer ».Le gouvernement, avec en première ligne le ministre de l'Intérieur Émile Boga Doudou, s'efforce de rétablir rapidement la confiance.Photo AFP Le président russe, Vladimir Poutine, à son arrivée à Orly hier.Pas de poutine pour le gars.d'après AFP PARIS Ð Le président russe Vladimir Poutine et son épouse Loudmila Poutina ont profité de leur première soirée à Paris pour dîner hier soir dans un restaurant typique du quartier des Halles, le Pied de Cochon, a constaté un photographe de l'AFP.Le chef de l'État russe est arrivé en fin d'après-midi dans la capitale française pour participer aujourd'hui à un sommet Union européenne- Russie, présidé par Jacques Chirac, la France assurant la présidence tournante de l'UE. 1LP1201A1030 A12 - LUNDI 1LP1201A1030 ZALLCALL 67 00:35:36 10/30/00 B VINCENT MARISSAL TORONTO Ð Le manque d'enthousiasme des Québécois pour la campagne électorale inquiète les organisateurs libéraux, qui avouent avoir de la difficulté à mobiliser leurs propres militants.Samedi matin, les organisations des sept comtés de la région de Québec ont eu de la difficulté à rassembler 75 personnes pour la première visite de Jean Chrétien dans la région.La salle aménagée pour le discours du chef libéral, pourtant exiguë, était encore trop grande pour le petit nombre de militants.En enlevant les organisateurs locaux, les ministres invités et les proches des sept candidats, il devait y avoir 50 personnes tout au plus.En 1997, à sa première visite à Québec, Jean Chrétien avait attiré près d'un millier de militants enthousiastes dans une immense salle de Sainte-Foy.Le manque généralisé d'intérêt pour cette campagne hâtive s'est confirmé en après-midi, au Capitol où, malgré de grands efforts des organisateurs, à peine 150 jeunes militants se sont réunis pour entendre leur chef.La salle, réduite à ses dimensions minimales pour l'occasion, était encore beaucoup trop vaste.À l'extérieur, on a vu un autobus nolisé par le Parti libéral faire plusieurs fois la navette pour ramener à chaque fois quelques jeunes de plus.La plupart d'entre eux n'avaient même pas l'âge de voter.« On a beaucoup de difficulté à mobiliser notre monde, la campagne ne lève pas, admet à La Presse un membre de la machine électorale au Québec.On appelle des militants parce que l'on a besoin de monde dans les salles ou de bénévoles et on se fait répondre : pas cette fois-ci, appelle quelqu'un d'autre.» La désaffection est encore plus grande chez les jeunes, constate-ton au sein de l'organisation libérale.« Les gens, surtout les jeunes, ne sentent pas l'enjeu de cette campagne, reprend un stratège du clan Chrétien.Les militants pensent que M.Chrétien veut seulement se faire reconfirmer avant qu'il ne soit trop tard, mais ils ne participent pas à la campagne.» Malaise Le malaise semble d'ailleurs s'étendre partout au pays.Après une semaine de campagne, près de 14 000 kilomètres et sept provinces parcourues, le chef libéral n'a pas réussi à attirer les foules sur son passage.Le plus grand rassemblement a eu lieu à Toronto, lundi, où le premier ministre sortant a présenté son équipe de 40 candidats locaux devant moins de 1000 militants.Outre les foules Ð ou l'absence de foules Ð, certains stratèges du Québec se préoccupent aussi du message et du ton du premier ministre contre le Bloc québécois.Inquiets d'un retour du boomerang qui pourrait nuire aux libéraux en région, ces stratèges québécois insistent auprès de leur collègue de la campagne nationale pour que le chef libéral évite les attaques personnelles (du genre « Parizeau, le dentiste en chef ») et s'en tienne à des critiques plus générales sur la pertinence du Bloc.C'est que, même s'ils sont en avance au Québec, les libéraux savent très bien que cette avance dans les sondages ne leur permettra pas de renverser le Bloc en région, comme le prédisait samedi Jean Chrétien.En raison de la forte représentation dans les sondages du vote libéral des électeurs de la région montréalaise, les libéraux ont besoin d'une avance d'au moins huit points pour espérer rafler de nouveaux sièges aux bloquistes en région.Pour le moment, cette avance n'est que de six points au plus dans les sondages internes du Parti libéral.« On fait bien, mais pas encore assez pour faire mal au Bloc, ajoute- t-on.On est encore plus bas que l'on pensait au début de campagne.Le vote conservateur a pratiquement disparu, ce qui est bien pour nous, mais l'Alliance canadienne, à 11 %, est trop haute à notre avis.Il s'agit d'un vote de protestation qui est parqué là pour le moment, mais qui devrait bouger d'ici au vote.» LE RETOUR DU JEDI Le Bloc est plus nécessaire que jamais à Ottawa, selon Parizeau ANDRÉ DUCHESNE SAISISSANT AU BOND la boutade lancée par le ministre du Sport amateur, Denis Coderre, qui qualifiait son coup de main au Bloc québécois de « retour du Jedi », l'ancien premier ministre Jacques Parizeau a déclaré hier que la présence des souverainistes était plus que jamais nécessaire à Ottawa.« Jamais le rôle du Bloc n'a été aussi important qu'aujourd'hui.Le Québec a subi, de la part du Parti libéral fédéral, des assauts importants depuis quatre ou cinq ans.Toutes sortes de tentatives ont été faites pour mettre le Québec à sa place.Et on sait bien de quelle place il s'agit », a-t-il lancé devant un auditoire de jeunes réunis au Boudoir Café-Bar, établissement situé au coeur du Plateau Mont- Royal, dans le comté (Laurier/ Sainte-Marie) du chef du Bloc, Gilles Duceppe.L'ancien premier ministre péquiste a entre autres rappelé la demande déposée devant la Cour suprême de se prononcer sur le droit du Québec à faire sécession.« C'était un phénomène d'agression dans un certain sens », a poursuivi M.Parizeau.Il a également mentionné l'adoption de la loi C- 20 sur la clarté référendaire et l'Union sociale, une entente entre Ottawa et neuf provinces consacrant le droit du fédéral de dépenser dans certains domaines de compétences provinciales.« Ça n'arrête pas, ces assauts, constate M.Parizeau.Donc, il faut reprendre le discours de la souveraineté : (expliquer) comment estce qu'on se sort du carcan actuel par la souveraineté ?» Ce qui l'amène à expliquer sa participation à la campagne électorale, particulièrement auprès des jeunes : « Peu de gens peuvent traiter (de la souveraineté) avec autant d'enthousiasme que les jeunes.Parce qu'après tout, c'est leur avenir, c'est un pays qu'ils vont bâtir.Déridant son auditoire, M.Parizeau avait plus tôt déclaré qu'« effectivement, il paraît que c'est le retour du Jedi ».La veille, dans une assemblée libérale à Québec, le ministre Coderre s'était moqué de son retour sur la scène politique, qualifiant justement sa sortie de « retour du Jedi ».« Je vous rappelle, a dit l'ancien chef du PQ, que les Jedi luttaient contre une fédération et qu'à la fin, ils ont gagné.» M.Parizeau apportera son appui au Forum jeunesse du Bloc durant la campagne en faisant une tournée des cégeps et des universités québécoises.Plate-forme Cela dit, les éléments de la plateforme bloquiste en matière jeunesse énumérés hier par le chef Gilles Duceppe convergent dans l'ensemble vers un même point : un accroissement des compétences pour le Québec.Au chapitre de l'éducation par exemple, le Bloc propose « un respect des compétences exclusives du Québec » et une hausse substantielle des transferts fédéraux, afin que la province puisse améliorer son système d'éducation.Même constat au plan de la main-d'oeuvre où le Bloc réclame « le transfert au gouvernement du Québec de tous les budgets fédéraux ».Au chapitre des congés parentaux, le Bloc fait campagne pour « la reprise des négociations avec le Québec pour le rétablissement d'un véritable régime québécois, plus complet et plus généreux que le régime fédéral actuel ».Photo ROBERT SKINNER, La Presse Face aux partisans bloquistes, l'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau a de nouveau dénoncé les tentatives du fédéral pour mettre le Québec au pas.A12 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 La campagne ne lève pas Duceppe évite Les libéraux s'inquiètent du peu d'enthousiasme des militants la tempête EN TOURNÉE AUX Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie, samedi, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et sa suite ont évité la tempête.de neige qui s'est abattue sur cette région au cours du weekend.Un avion a ramené le chef du Bloc de Rimouski à Montréal, samedi soir, alors que les premiers flocons commençaient à tomber sur la petite ville universitaire de l'est du Québec.Hier matin, de passage au local électoral de son comté de Laurier/Sainte-Marie, rue Amherst, quelques militants lui ont d'ailleurs demandé s'il avait pu éviter la première importante bordée de la saison.Il y a cinq ans.PETIT ANNIVERSAIRE au milieu de cette campagne électorale fédérale.Il y a cinq ans aujourd'hui, le Québec tenait le second référendum de son histoire après celui du 20 mai 1980.Le 30 octobre 1995, les résultats ont été on ne peut plus serrés, donnant la victoire au camp du NON avec une très mince majorité de 50,6 % des voix, contre 49,4 % pour le camp du OUI.En nombre d'électeurs, la majorité du NON fut de quelque 53 500 voix sur près de cinq millions.Les francophones avaient voté en faveur du OUI à près de 60 % des voix.À l'occasion de ce référendum, les Québécois ont voté dans une proportion record, soit à 94 %.Tout au cours de la soirée du dépouillement du scrutin, le vote était si serré que Radio-Canada n'a annoncé un vainqueur qu'à 22h20.Le « Qu'en pensez-vous » du jour APRÈS LA PENSÉE du jour, voici le « Qu'en pensez-vous » du jour.L'Alliance canadienne a ouvert cette rubrique sur son site Internet.Celle d'hier se lisait comme suit : « Je serais bien heureuse qu'il disparaisse de la scène politique ce Jean Chrétien gaffeur qui n'en finit pas de s'imposer ».C'est signé T.L., Montréal.L'« Extrait du jour » L'Alliance nous offre aussi l'« Extrait du jour ».Celui d'hier reprenait le passage d'un article paru dans La Presse dans lequel Jean Chrétien reconnaît que son gouvernement a été dur dans ses décisions à l'endroit des citoyens des Maritimes.Puis, sous les mots NON-DIT, cette phrase : « Tout a été donné à ma circonscription, désolé ! » Sikh et inquiet L'arrestation de deux militants sikhs relativement à l'attentat à la bombe qui a coûté la vie à 329 personnes à bord du vol 182 d'Air India, il y a quinze ans, inquiète Tim Uppal, candidat de l'Alliance canadienne dans le comté d'Edmonton sud-est, en Alberta.Lui-même sikh, M.Uppal souhaite que ces arrestations, faites en Colombie-Britannique, n'auront pas un effet négatif sur sa propre campagne.Selon lui, le groupe religieux dont il est membre a parfois été l'objet d'intolérance au pays.Ce crime n'était en rien un acte religieux, mais bien terroriste, souligne-t-il.Son adversaire libéral, David Kilgour, a tenu des propos semblables, disant qu'il serait outrageusement injuste de blâmer une communauté, une religion ou une foi pour des événements associés à un petit groupe d'individus.André DUCHESNE La colère des jeunes bloquistes De l'utilité (ou non) du Bloc « Je pense qu'on va convaincre les Québécois et les Québécoises que (nous sommes) ceux et celles qui peuvent les défendre librement à Ottawa Ð et pas faire comme les libéraux qui ne disent mot.Le secrétaire d'État Gilbert Normand a dit lui-même : On a abandonné les régions.C'est un libéral qui dit ça.Lui, il était en position.Vous voyez qu'est-ce que ça donne quelqu'un qui est élu et qui dit : Je suis au pouvoir mais je me tais.Depuis trois ans, le seul parti qui s'est levé en Chambre pour demander, continuellement, de remettre de l'argent dans le domaine de la santé, de l'éducation postsecondaire et du bien-être social, c'est le Bloc.Continuellement ! Et Jean Chrétien nous répondait, tout comme dans le dossier de la main-d'oeuvre : Il n'y a pas de problème là, c'est la faute des provinces.Il a dû l'admettre en bout de ligne, parce qu'on l'a poursuivi.(.) Ça, c'est la preuve de l'importance de gens.S'il y avait eu 75 libéraux du Québec là-bas, il aurait dit : Tout est parfait, il n'y a pas de problème.» Gilles Duceppe, à RDI, hier matin « Ça fait deux fois qu'on va à des référendums.Il est temps que nous au Québec, on concentre toutes nos énergies à prendre notre place dans ce pays, le Canada.On est capables de le faire.Faut pas se consacrer simplement dans le noir.Nous, nous avons une équipe, et nous n'avons pas peur de faire face aux problèmes.Prenez le problème de l'assurance-chômage.Nous avons décidé (de revoir) la clause qui pénalisait, jusqu'à un certain point , les gens qui travaillaient à temps partiel dans les industries saisonnières.Nous avons présenté un projet de loi, et croyez-le ou pas, c'est presque incroyable, ça a été bloqué à la Chambre des communes par le Bloc québécois, alors qu'on voulait aider des gens qui en ont besoin.J'espère que les gens s'en rappelleront lorsque viendra le temps des élections.(Les bloquistes ne font que) broyer du noir.C'est toujours de vouloir refaire les batailles du passé, alors que les jeunes qui sont avec moi aujourd'hui veulent regarder l'avenir.» Jean Chrétien, à Québec, samedi dernier DENIS LESSARD QUÉBECÐ La mise au rancart d'un jeune comme candidat du Bloc québécois dans Chicoutimi a soulevé un agacement débordant largement ce comté, mais il est peu probable que l'incident prenne d'importantes proportions.Des groupes de pression représentant des jeunes à travers le Québec veulent rédiger une lettre ouverte rappelant la nécessité pour les partis politiques de faire place aux jeunes et de respecter les règles démocratiques.«On veut que ce soit au-dessus des lignes partisanes, il n'y aura pas de parti ciblé là-dedans», d'expliquer Patrick Lebel, président de la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal.Juste après le lancement de la campagne électorale, Gilles Duceppe a désigné Noël Tremblay comme candidat du Bloc dans Chicoutimi, laissant de côté le jeune Sylvain Gaudreault qui se préparait depuis un an.Le geste a provoqué la démission du président du Forum Jeunesse du Bloc, Nicolas Brisson qui, encore hier, se disait «convaincu qu'avec ce geste le Bloc ne remportera pas Chicoutimi», qui aurait été une prise facile sans cette bisbille.Patrick Lebel, tout comme Christian Robitaille, de la Fédération universitaire du Québec, ne croit pas que le Bloc aura à subir un impact électoral, un désaveu des jeunes électeurs à cause de ces frictions.Tous deux restent toutefois catégoriques: la tenue d'une assemblée de mise en candidature en bonne et due forme aurait été de loin préférable.«Dans Chicoutimi ce n'est pas un geste qui a été posé contre un jeune», d'insister Caroline St-Hilaire, députée bloquiste de Longueuil, qui aura 30 ans durant la campagne électorale.Déjà en 1997, le Bloc avait fait élire cinq candidats de moins de 30 ans.Une dizaine de jeunes briguent les suffrages cette fois-ci.Dans une lettre publique, François Rebello, qui a démissionné d'un comité du Bloc sur la mondialisation pour protester contre la décision «illégitime» de Gilles Duceppe dans Chicoutimi, a maintenu son appui «aux candidats du Bloc dans les autres comtés».LES CHEFS AUJOURD'HUI Après une journée d'accalmie, la campagne reprend de plus belle.Le chef libéral Jean Chrétien, son principal adversaire Stockwell Day, de l'Alliance canadienne, et le chef du NPD, Alexa Mc Donough, feront tous trois campagne en Ontario aujourd'hui.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, rencontre en matinée les représentants du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).En après-midi, il visitera les installations du groupe ADF, à Terrebonne.À 19h, il sera à Laval pour une assemblée publique à laquelle participera le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard.L'assemblée aura lieu à la Salle du Parc, 1950, rue Notre- Dame-de-Fatima.Le chef du Parti conservateur, Joe Clark, fera une première visite électorale au Québec.À 11h15, il inaugure les bureaux de campagne de son candidat dans Laval-Ouest, Michael Fortier.M.Clark se rend ensuite à Québec. 1LP1301A1030 A13 - LUNDI 1LP1301A1030 ZALLCALL 67 00:34:34 10/30/00 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 A13 BEAUHARNOIS-SALABERRY L'universitaire bardé de diplômes contre le p'tit gars de Valleyfield KATIA GAGNON À première vue, le combat semble inégal.Dans le coin gauche, Daniel Turp, universitaire bardé de diplômes, qui quitte chaque jour son domicile de Westmount pour venir faire campagne à Valleyfield.Dans le coin droit, Serge Marcil, l'enfant du comté, député provincial pendant neuf ans, qui connaît tout le monde par son petit nom dans la ville.Les deux hommes qui se font la lutte dans Beauharnois-Salaberry, un des terrains de bataille électoraux les plus chauds de la Rive- Sud de Montréal, sont aux antipodes.M.Turp, du Bloc québécois, tente de se faire réélire dans ce comté où il passé de justesse en 1997.Trois mille voix de majorité, que les libéraux ont résolu de lui ravir en lui opposant un candidatvedette, Serge Marcil, ancien député libéral au provincial.Sa mission : convaincre les 13 000 électeurs qui ont voté conservateur en 1997 d'appuyer les libéraux.Et pour y parvenir, M.Marcil possède d'incontestables atouts.D'abord, le comté de Beauharnois- Salaberry englobe son ancien comté provincial, Salaberry-Soulanges, qui recoupe la partie la plus populeuse Ð et la plus pauvre Ð de la circonscription.Le reste du comté, plus rural et plus prospère, qui s'étend de la frontière américaine au Sud jusqu'à Châteauguay et Lacolle à l'est, est patrouillé par son ancien collègue, le libéral provincial André Chenail, qui a pris fait et cause pour son ami Marcil dans cette campagne.Pendant quatre ans, Daniel Turp a tout fait pour s'intégrer à ce comté ouvrier.« J'ai travaillé comme un forcené pour le comté », dit-il.Épluchettes de blé d'inde, courses de canot, il était présent partout, s'est démené pour obtenir des subventions aux entreprises du coin.« Tu nous avais dit que tu serais présent : tu as tenu parole », lui lance Pierrette Poirier, de l'exécutif régional de la CSN.« Je n'ai jamais vu un député aussi disponible », dit Réal Lefebvre, le chauffeur d'autobus qui a conduit Daniel Turp au boulot pendant quatre ans.Pourtant, s'il a abandonné le noeud papillon qui était sa marque de commerce, le député du Bloc détonne encore dans les rues de Valleyfield.Alors que Serge Marcil joue à fond la carte du p'tit gars de Valleyfield.« Ma mère a travaillé toute sa vie ici pour la Montreal Cotton », raconte-t-il.Député pendant deux mandats, il a été battu en 1994 par le péquiste Serge Deslières.Mais même après cette éclipse de six ans, qui l'a conduit jusqu'en Afrique, Serge Marcil est demeuré politicien jusqu'au bout des ongles.Au casse-croûte du coin, son fish'n chips refroidit dans l'assiette, occupé qu'il est à serrer des mains.En faisant du porte-àporte, son collaborateur, André Vaudrin, connaît par coeur l'histoire de chaque résidant : « Ici, c'est les demoiselles Lacombe.Il y en a une qui fait de l'arthrite, l'autre a mal aux yeux.» En sonnant à la porte, Marcil fera un plaisir fou aux deux vieilles dames en s'informant de leur santé.Mais, après une semaine de campagne, rien n'est encore joué.D'abord parce que Serge Marcil, qui avait toujours été identifié à l'aile nationaliste du PLQ, est devenu le candidat de Jean Chrétien.Et Jean Chrétien, c'est le handicap de Marcil : en deux heures avec lui, il ne prononcera le nom de son chef qu'avec réticence.« Je fais campagne sur les enjeux locaux », dit-il.« Il a honte de dire qu'il est le candidat de Chrétien », raille Turp.Et les syndicats, grands alliés du Bloc québécois, martèleront à leurs membres, ouvriers chez Goodyear ou Alcan « qu'un vote pour Serge Marcil, c'est un vote pour Jean Chrétien », résume Pierre Lagrenade, de la CSN.Depuis qu'il a été ministre du Travail dans un gouvernement qui a déréglementé le secteur de la construction avec la loi 142, le courant est coupé entre Marcil et les syndicats.C'est d'ailleurs ce qui l'a perdu aux élections provinciales de 1994, dont il garde un souvenir amer.Et ces vieux démons risquent de revenir le hanter.« Je me souviens de la loi 142.Ça fait partie de son bilan.Qu'il soit au fédéral ou au provincial, ça ne change rien », dit Pierrette Poirier, de la CSN.« Plusieurs se souviennent, c'est vrai.Mais certains ont pardonné », tempère Yves Caza, officier syndical chez Goodyear.Photos BERNARD BRAULT, La Presse Deux candidats qui devraient se faire une chaude lutte : Serge Marcil, ci-dessus, l'enfant du comté, député provincial pendant neuf ans, qui connaît tout le monde par son petit nom dans la ville, et Daniel Turp (ci-contre), du Bloc québécois, qui tente de se faire réélire dans ce comté où il a passé de justesse en 1997.Un internaute audacieux Ces Québécois qui aiment Jean Chrétien lance un défi à Élections Canada Presse Canadienne Une nouvelle empoigne s'annonce entre les adeptes de l'instantanéité de l'Internet et les cybergendarmes d'Élections Canada.Paul Bryan, un producteur de logiciels de la Colombie-Britannique, a fait connaître son intention de publier sur son site Web, au soir du 27 novembre, les résultats électoraux dans l'Est du pays avant même que tous les bureaux de scrutin ne soient fermés dans l'Ouest, ce qui représente une violation de la Loi électorale du Canada.M.Bryan affirme qu'il a décidé de rendre publique cette information après avoir été mis au courant de la descente effectuée chez Ivan Smith, un internaute néo-écossais qui avait mis en ligne les résultats de l'élection complémentaire remportée par Joe Clark dans Kings- Hants, le 11 septembre dernier, avant que ne soient fermés les bureaux de scrutin de la circonscription d'Okanagan, en Colombie-Britannique, où Stockwell Day briguait au même moment les suffrages.Au moment où la GRC saisissait l'ordinateur et les dossiers informatiques d'Ivan Smith, un porte-parole d'Élections Canada avait déclaré qu'« il ne devrait plus y avoir de sites Web illégaux dans l'avenir ».Mais M.Bryan, propriétaire de la firme In-Touch Software à Burnaby, en Colombie-Britannique, a indiqué qu'il ne pouvait pas rester assis et laisser la liberté d'expression être malmenée de la sorte.« Je ne me préoccupe pas des conséquences potentielles que mon geste pourrait avoir à court terme », a-t-il affirmé, la semaine dernière, dans une communication transmise à un forum Internet.« Je sais que ce pourrait être la fouille de mon appartement et la saisie de mon matériel », a ajouté M.Bryan.Le 18 septembre, la GRC et deux inspecteurs d'Élections Canada ont investi la maison d'Ivan Smith et ont emporté avec eux son ordinateur de 3900 $ ainsi que ses documents informatiques.Ennuis légaux Élections Canada n'a pas encore précisé si une poursuite pour violation de l'article 329 de la Loi électoral Ð avec amende pouvant atteindre 25 000 $ Ð serait déposée contre M.Smith.Âgé de 68 ans et se décrivant comme un « incorrigible » utilisateur de l'Internet, surtout pour y transmettre de l'information qu'il juge d'intérêt public, M.Smith a reconnu que ses ennuis légaux le poussaient à s'abstenir de diffuser les résultats du vote du 27 novembre.ANDRÉ PRATTE C'EST DEVENU UNE vérité de La Palice, Jean Chrétien est détesté au Québec.C'est sur cette base que font campagne les souverainistes depuis des années.Sur cette base que la publicité électorale du Bloc québécois, cette fois-ci encore, est construite.Mais si c'était moins vrai qu'on le dit ?Le dernier sondage Ekos-La Presse-Toronto Star-Radio-Canada- CBC révèle que les Québécois, même les Québécois francophones, sont loin d'être unanimes dans leur supposée haine à l'égard du premier ministre.Ainsi, quand on leur demande, sur une échelle de 1 à 7, quel degré de confiance ils ont en Jean Chrétien, 27 % des Québécois francophones lui donnent une note de 5 ou plus (grande confiance) et 24 % une note de 4 (confiance moyenne).C'est-à-dire que 51 % des francophones du Québec ont une confiance modérée ou élevée en Jean Chrétien.Cinquante et un pour cent, cela fait bien une majorité, ce ne sont pas les souverainistes qui le contesteront.À entendre ce qu'on dit du chef libéral, on se serait attendu à ce qu'un grand nombre de Québécois lui donne la note minimale, 1 sur 7, signifiant qu'ils ne lui font aucunement confiance.C'est le cas, en effet, de 32 % des francophones interrogés.On entend souvent dire, aussi, que le chef conservateur Joe Clark a mérité le respect et l'amitié des Québécois.Or, il s'en trouve 31 %, parmi les francophones, pour dire qu'ils ne lui font pas confiance du tout.C'est autant que pour Jean Chrétien.Au total, il se trouve moins de Québécois francophones (42 %) à faire confiance à Joe Clark qu'il y en a qui ont confiance en Jean Chrétien.Et Gilles Duceppe ?De tous les chefs dans la course, c'est celui qui recueille la plus grande confiance des Québécois francophones.Mais cet appui n'est pas unanime : 35 % des francophones ne lui font pas, ou à peu près pas confiance.Les sondages ont bien des défauts, mais ils ont comme qualité de nous permettre de mesurer avec précision certains phénomènes.Et, dans le cas présent, de relativiser des idées reçues.Le Québec francophone est divisé au sujet de Jean Chrétien, comme il l'est au sujet de la souveraineté.Il l'est aussi au sujet du Bloc québécois.C'est-à-dire que les Québécois ne sont pas en bloc derrière le Bloc.EKOS a soumis aux 800 Québécois participant au sondage deux énoncés contradictoires au sujet de la présence des députés bloquistes à Ottawa.Cinquante-trois pour cent (53 %) des francophones interrogés se sont dits d'accord avec l'énoncé selon lequel « les députés bloquistes sont mieux placés pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa, parce qu'ils n'ont pas à tenir compte des intérêts des autres régions du Canada ».Quarante et un pour cent (41 %) des francophones ne sont pas d'accord avec cette façon de voir les choses.En revanche, 53 % des Québécois francophones ne croient pas qu'« un vote pour le Bloc québécois soit un vote perdu parce que ce parti ne formera jamais le gouvernement », tandis que 42 % sont de cet avis.On le voit, les choses ne sont jamais aussi simples que veulent nous le faire croire les politiciens.ou les journalistes ! 60% 51% 44% 42% 35% GILLES DUCEPPE JEAN CHRÉTIEN STOCKWELL DAY JOE CLARK ALEXA MCDONOUGH (FRANCOPHONES SEULEMENT) % AYANT UNE CONFIANCE GRANDE OU MOYENNE 1LP1401A1030 A14 lundi edito 1LP1401A1030 ZALLCALL 67 00:38:25 10/30/00 B A14 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 Les démons yougoslaves a g r u d a @ l a p r e s s e .c a Le nationalisme est-il soluble dans la démocratie ?Voilà la grande question qui se pose au sujet de la Yougoslavie, moins de trois semaines après la spectaculaire chute de Slobodan Milosevic et l'avènement d'un régime démocratique à Belgrade.Dix années de guerres, de débandade économique et d'oppression ont finalement poussé les Serbes de Yougoslavie à se débarrasser de l'homme qui les a entraînés dans une folie suicidaire.Mais cela ne signifie pas que le patriotisme exacerbé au nom duquel ces guerres ont été conduites se soit du jour au lendemain évanoui dans la nature.Si le nouveau président Vojislav Kostunica a reçu l'appui populaire, c'est parce qu'il a réussi à canaliser non seulement le ras-le-bol des Serbes et leur soif de « normalité » démocratique, mais aussi parce qu'il a su exprimer leurs sentiments nationaux, entre autres en s'affirmant face à un Occident unanimement honni.Mais même si Kostunica propose des moyens pragmatiques pour établir un nouveau modèle de coexistence pour les peuples qui se partagent le territoire de la fédération yougoslave, il est loin d'être acquis que cela permettra à la Yougoslavie de conjurer une fois pour toutes ses démons.En plus de devoir se réconcilier avec les voisins que son prédécesseur avait tour à tour combattus, le nouveau régime se heurte surtout à des écueils intérieurs.Ainsi, Kostunica doit rafistoler ses liens avec le Monténégro, seule ancienne république yougoslave à n'avoir pas quitté le giron fédéral, mais qui s'est peu à peu éloignée de Belgrade.Aujourd'hui, les Monténégrins jonglent avec l'idée de la sécession et leur président revendique grosso modo l'égalité ou l'indépendance.Mais le Monténégro compte 600 000 habitants.La Serbie, pas loin de 10 millions.Comment établir des relations égalitaires ?Kostunica propose une réforme constitutionnelle qui serait soumise à un référendum dans les deux républiques.Comme le Monténégro et la Serbie sont proches sur le plan ethnique et ne nourrissent pas de vieilles haines, bref comme ils n'ont pas trop de cadavres dans le placard, on peut imaginer qu'ils trouveront un terrain d'entente.La situation est autrement plus corsée au Kosovo.Terrain de la dernière guerre des Balkans, cette province de la Serbie habitée à plus de 90 % par des Albanais a été placée sous tutelle internationale.Mais son sort n'a toujours pas été scellé.La résolution de l'ONU qui a permis de pacifier la région prévoit toujours que les Kosovars pourront décider de leur avenir.Et une commission internationale s'est prononcée en faveur de l'indépendance du Kosovo.Or, l'idée de « perdre » le Kosovo demeure une aberration pour la majorité de l'opinion serbe.Malgré le changement de régime, la vaste majorité des Albanais du Kosovo veulent, au contraire, s'affranchir de tout lien avec Belgrade.Aussi démocratique soit-il, Kostunica risque d'avoir du mal à réconcilier ces deux volontés populaires.Pour neutraliser les sécessionnistes, il a l'intention d'offrir une grande autonomie non seulement au Kosovo, mais aussi à d'autres régions de la Serbie qui aspirent à une plus grande liberté.Le pari de Kostunica, c'est de damer le pion aux forces centrifuges par une réforme constitutionnelle qui diviserait la Serbie en une dizaine de régions autonomes, libres de gérer leurs affaires à leur guise.Ce modèle, qu'un journal a qualifié de « formule espagnole moins l'ETA » satisfera peut-être la Voïvodine, riche province du nord où habite une forte population hongroise.Pour le Kosovo, où la mémoire de l'oppression est encore très vive, et où l'élite penche unanimement en faveur de l'indépendance, c'est une autre histoire.Si jamais les indépendantistes devaient remporter un référendum, Kostunica pourrait-il vraiment laisser aller ce « berceau » de la culture serbe sans s'aliéner sa propre population La démocratie a ses pièges et elle ne permet pas de régler définitivement les conflits nationaux : le Canada en est une preuve vivante.Mais parce que l'information y circule librement, parce que les élans nationalistes ne sont pas exacerbés par la répression et que les politiciens qui utilisent les frustrations nationales comme un tremplin vers le pouvoir ont des comptes à rendre à la population, elle civilise les rapports entre les groupes ethniques.À défaut de réconcilier magiquement les Serbes et les Albanais, au moins le démocrate Vojislav Kostunica leur donne-t-il une chance de reprendre leurs esprits et de rebâtir quelques ponts avant de décider de leur avenir commun Ð ou pas.La question est de savoir s'il n'est pas trop tard.FORUM Droits réservés Pascal Élie, collaboration spéciale LA BOÎTE AUX LETTRES edito@lapresse.ca Les jeunes auront-ils voix au chapitre électoral ?DANS le cadre des élections fédérales, plusieurs acteurs sociaux ont l'occasion de mettre de l'avant leurs commentaires et leurs critiques à l'égard des programmes électoraux des différents partis politiques.Malheureusement, ces débats se font trop souvent entre les chefs et les porte-parole des principaux partis, excluant ainsi les citoyens, qui se voient réduits au rôle de spectateurs.L'information dans les médias de masse étant l'un des principaux instruments permettant d'assurer la santé de la démocratie, les médias doivent faire en sorte que le contenu de l'information reflète l'ensemble des différents points de vue sur les questions sociales, politiques, culturelles et économiques au Canada et au Québec.Il importe donc que les groupes jeunes prennent part au débat sur la place publique.La jeunesse, c'est l'avenir.Soit.Les jeunes désirent définir leur avenir, mais surtout et avant tout intervenir sur les questions qui les concernent.En cette période électorale fédérale, les groupes jeunes doivent avoir la possibilité d'exprimer haut et fort les revendications qui reflètent les intérêts et les inquiétudes des jeunes et de commenter les programmes des différents partis politiques.(.) Nombreux sont les domaines d'intervention du gouvernement fédéral qui touchent directement les jeunes.Notons, entre autres, les programmes sociaux dont l'éducation, les programmes d'aide à l'emploi, ou encore, le financement des étudiants et jeunes chercheurs universitaires.La parole doit être donnée aux groupes jeunes afin qu'ils puissent inclure au débat électoral les enjeux concernant la jeunesse et que les politiciens en prennent bonne note.FRANCE LAJOIE Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Photo répugnante PHOTO POLICE, édition du 21 octobre 2000.À la une trône une photo couleur d'un jeune enfant, dont les fesses bien en vue sont couvertes de sperme.L'image est autant répugnante que bouleversante.Répugnante, parce qu'elle nous confronte au phénomène malheureusement bien réel de la pornographie infantile.Bouleversante, parce que l'on ne peut ignorer que l'enfant qui a participé à cette séance de photo a été exploité, abusé et restera sans doute traumatisé pour le reste de ces jours.Avait-on besoin d'une telle photo pour nous rappeler ces tristes réalités ?Je ne crois pas.C'est un manque total de respect envers une victime qui, à mon avis, a déjà suffisamment souffert.Pourtant, un hebdomadaire, qui ne brille déjà pas par son bon goût, ose publier une telle photo.De surcroît, cela se produit dans un pays où le Code criminel interdit la publication et la distribution de pornographie infantile ; à une époque où les recherches menées sur la pédophilie démontrent clairement que l'utilisation de matériel pornographique de cette nature alimente les fantaisies sexuelles déviantes et contribue de ce fait à augmenter le risque de passage à l'acte.Mais, le pire dans tout cela c'est que les gens dotés d'une conscience sociale n'ont aucun pouvoir face à la décision d'un éditeur qui semble d'ailleurs plus préoccupé par la possibilité d'augmenter sont tirage que par les questions d'éthique.En effet, les différents corps de police contactés nous ont conseillé de nous plaindre à notre député ou simplement indiqué que dans le contexte journalistique, la publication de telle photo ne serait pas punissable.Les médias auraientt- il même le pouvoir d'échapper aux lois ?CLAUDE LACHANCE Rimouski Un art, le cinéma?J'AIMERAIS porter à votre attention l'inefficacité flagrante et le laxisme dont font preuve les employés de la Régie du Cinéma, et notamment le directeur du classement des films, monsieur Paul Simard.En effet, la Régie a classé, après révision, le film Scary Movie dans la catégorie « 13 ans et plus », alors qu'il contient des scènes de nudité et de violence particulièrement explicites, choquantes, vulgaires et dégradantes.Non satisfait de la piètre performance et du manque de conscience sociale qu'il affiche publiquement et à son travail, monsieur Simard a récidivé dernièrement en laissant circuler librement le film Baise-moi, qui s'intitule plus précisément Rape me en anglais, c'est-à-dire « Viole- moi ».Je vous signale à titre d'exemple que par le passé la journaliste Denise Bombardier s'était offusquée en direct sur les ondes de la télévision française devant des millions de téléspectateurs concernant la production de matériel pornographique destiné à une clientèle de pédophiles.À l'époque, les bien-pensants s'accordaient pour dire que l'art contemporain et la pédophilie n'avaient aucune commune mesure.Qu'en est-il aujourd'hui de la moralité publique ?À cause du mauvais travail de la Régie du Cinéma et de son directeur, monsieur Paul Simard, les rôles se sont malheureusement inversés.Les Français nous font la morale en interdisant promptement la diffusion du film Baise-moi dans les cinémas populaires du pays.Pourquoi n'en aurions- nous pas fait autant ?LUC BENOIT Trois-Rivières Les moutons noirs p g r a v e l @ l a p r e s s e .c a Presque quatre ans après l'incident qui l'avait provoquée, la mémorable bavure de trois policiers de la Sûreté du Québec du poste de Cowansville vient de faire ses derniers remous.Du moins en ce qui a trait à la dimension proprement « éthique » de cette affaire dont les conséquences personnelles pour certains de ses acteurs peuvent encore changer.On se rappelle que toute cette histoire avait débuté avec un accident survenu dans la nuit du jour de l'An 1997 dans lequel était impliqué, en état évident d'ébriété, la fille d'un membre de la SQ, Marcel Brodeur.Soucieux de camoufler la bévue d'une proche de leur collègue, les agents Jean-François Cloutier et Pierre-Yves Deragon avaient d'abord convenu avec celui-ci de modifier les rapports d'enquête montrant un taux d'alcoolémie trop élevé chez sa fille.Regrettant vite son geste, Cloutier devait faire marche arrière peu après.Sauf qu'en rétablissant les faits, il attirait inévitablement du même coup l'attention des autorités sur cette tentative de camouflage.Résultat : le procès de Sophie Brodeur pour conduite avec facultés affaiblies et pour blessures causées à trois personnes commencera, à Granby, le 9 novembre.Quant à l'aspect criminel de la manoeuvre des policiers pour lui éviter des ennuis, il s'est soldé par la condamnation, pour entrave à la justice, à neuf mois de prison pour son père qui a finalement pris le chemin du centre de détention de Sherbrooke au début du mois.Quant à Deragon, son avocat a déjà entrepris les procédures d'appel de sa peine d'un an.Pour ce qui est de Cloutier, sans qui cette manipulation aurait bien pu ne jamais être dévoilée, il a été absous sans condition par la cour après avoir plaidé coupable à l'accusation de rédaction d'un faux document.Restait l'indiscutable faute professionnelle commise par ce dernier qui, en dépit des remords qui lui ont valu ce pardon, a néanmoins manqué à son devoir.Même si ce n'est que momentanément.Sur ce plan, il méritait bien la sanction que vient de décréter le Comité de déontologie policière en imposant une suspension de huit jours.Sans salaire évidemment.En fait, cette punition, aussi symbolique qu'elle soit, ne se justifie pas uniquement par l'entorse délibérée faite à la procédure.Elle devrait aussi servir d'avertissement à tous les collègues de l'agent Cloutier qui seraient tentés de succomber à cette vieille habitude, dans la SQ et dans la plupart des autres corps policiers, en vertu de laquelle il est toujours possible de « s'arranger » en se rendant des « petits services » entre membres de la même famille.Finalement, après avoir contribué à alimenter le cynisme de bien des gens envers la police, cette lamentable histoire aura eu aussi un effet positif.Elle aura montré qu'il y a des policiers capables d'honnêteté et de courage face aux conséquences de leurs erreurs.Et qu'il peut arriver que la justice prévale.En dépit de certains moutons noirs qui n'ont pas encore compris que les règles du jeu sont en train de changer.PHOTOTHÈQUE La Presse © Les opposants aux fusions municipales voudront-ils lancer un message au gouvernement de Lucien Bouchard en votant contre les troupes bloquistes de Gilles Duceppe, lors du prochain scrutin fédéral?Le mal de Bloc PEUT-ÊTRE la voix des citoyens des municipalités visées par le projet de fusions forcées de la ministre Harel pourra-t-elle se faire entendre durant ces élections.fédérales ?Pourquoi ne pas envoyer un sérieux avertissement au gouvernement provincial du Parti québécois lors de ces élections fédérales ?En boudant le Bloc québécois (le p'tit frère du PQ) au prochain scrutin fédéral du 27 novembre, nous pourrions signifier démocratiquement au grand frère de Québec notre opposition à tout projet de fusions municipales qui se ferait sans le consentement des citoyens concernés.Qu'avons-nous à perdre ?Les souverainistes doivent bien se rendre compte que le Bloc québécois ne parle presque plus de souveraineté.Les fédéralistes, quant à eux, n'ont aucun intérêt à voter pour ce parti à Ottawa.Mais ce qui est dans notre intérêt, à tous, est de faire entendre enfin une voix ignorée jusqu'à présent dans le dossier de la ministre Harel : celle des citoyens ! M.Lucien Bouchard et la ministre Harel entendront sûrement l'écho de nos voix à travers les états d'âme des candidats défaits du Bloc québécois au lendemain d'une débâcle électorale.Qu'en pensez-vous ?NON aux fusions forcées du Parti québécois ! Donc pas question d'appuyer son p'tit frère d'Ottawa car, soudainement, cette réforme me donne tout un mal de Bloc ! À nous de jouer (voter) maintenant ! FRANÇOIS LÉPINE Saint-Bruno-de-Montarville 1LP1501A1030 a15 lundi 1LP1501A1030 ZALLCALL 67 00:41:15 10/30/00 B LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 30 OCTOBRE 2000 A15 FORUM Prévention ou réadaptation : un débat mal orienté ?Y a-t-il encore quelque chose à faire lorsqu'un adolescent est devenu délinquant ?Depuis le début de l'automne, la télévision de Radio-Canada présente une nouvelle série, Tag, qui porte sur l'adolescence et la délinquance, la violence et l'exclusion.Nous profitons de l'intérêt que suscitent ces dramatiques pour poursuivre plus loin la réflexion et prolonger dans la réalité le questionnement amorcé dans l'univers de la fiction.MARC Le BLANC L'auteur est professeur titulaire à l'École de psychoéducation et à l'École de criminologie de l'Université de Montréal.Le professeur Tremblay diffuse dans les médias (La Presse, 23 octobre) une appréciation de l'efficacité de la réadaptation des adolescents, qui date des années 1970.Ses prises de position contribuent à soutenir l'opinion de la population selon laquelle il n'y a rien à faire lorsqu'un adolescent est devenu un délinquant.Il est juste de soutenir que le Québec a longtemps privilégié la réadaptation.Nous reconnaissons qu'il existe des programmes de prévention qui donnent des résultats intéressants.Certains pourraient remplacer des interventions dans les milieux communautaires et institutionnels.Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de dénigrer la réadaptation pour promouvoir la prévention.La réadaptation des délinquants est d'une efficacité limitée mais comparable à ce qui se fait en psychologie et en éducation.Les recherches évaluatives montraient que la méthode psychoéducative, telle qu'elle était appliquée à Boscoville, était efficace.Elle réduisait la récidive de manière significative, elle accroissait la maturité psychologique d'une façon marquée et elle favorisait l'intégration sociale des adolescents.Plus important encore, ces gains étaient supérieurs à ceux qui étaient obtenus par d'autres interventions et ils sont encore substantiels après 25 ans.Ces observations ne sont peut-être pas suffisamment crédibles.Acceptons l'opinion du professeur Tremblay selon laquelle la réadaptation des délinquants n'est pas suffisamment efficace pour que la société québécoise y investisse autant qu'elle le fait.Cette position est défendable s'il est possible d'établir que la réussite de la prévention est supérieure à celle de la réadaptation.Le professeur Tremblay a publié une analyse des programmes de prévention.Sa conclusion est prudente et nuancée « .Delinquency prevention experiments.tend to be successful.mainly when the intervention aims at more than one risk factor.last for a relatively long period of time.and is implemented before adolescence.they can also be powerful enough to have negative long-term effects in some cases.» Pourtant, cette conclusion ne correspond pas à ses prises de position publiques.Pour sa part, le professeur Lösel a comparé l'efficacité de la prévention et de la réadaptation avec des méta-analyses, 11 sur la réadaptation et neuf sur la prévention.Il rapporte, sur une échelle de 0 à 1, que leur efficacité est respectivement de 0,22 et 0,28 en moyenne.La différence est minime.Les experts ajouteront que les adolescents en réadaptation affichent des problématiques diversifiées et consolidées en comparaison des enfants en prévention dont la problématique est en construction.Pourquoi privilégier les jeunes mères célibataires ?La prédiction est une science encore imprécise.Les données de recherche indiquent que toutes les jeunes mères célibataires ne donnent pas naissance à des adolescents délinquants et que la très grande majorité des délinquants n'avaient pas une jeune mère célibataire.Il s'agit d'un facteur de risque important, il ne s'agit pas d'une cause de la violence.Beaucoup d'autres facteurs de risque proviennent de la famille, de l'école, des amis.Pourquoi mettre l'accent seulement sur les habitudes de vie de la mère à la naissance ?Privilégier les jeunes mères célibataires soulève une question éthique, sans référer aux questions des droits de la personne et de la stigmatisation.La très grande majorité des enfants qui sont à risque de devenir des délinquants ne se verraient pas offrir une intervention.Quelle discrimination ! Ce choix est peut-être soutenable s'il est possible de démontrer que les délinquants persistants avaient tous une jeune mère célibataire.Nos attendons cette démonstration.Rappelons que les délinquants persistants représentent environ 5 % de la population et qu'ils sont responsables d'au moins 50 % des crimes et de 60 % des crimes violents ; les autres crimes sont commis par les délinquants temporaires et occasionnels.Que faire des échecs de la prévention ?Le professeur Tremblay soutient que la réadaptation est un gaspillage.Nous avons démontré que la réadaptation ne réunit pas toutes les conditions nécessaires à sa réussite.Elle est difficile parce que les tribunaux ne laissent en moyenne que six mois pour l'accomplir alors qu'elle exige au moins une année ; les structures ne la favorisent pas toujours ; les chapelles disciplinaires la freinent ; la formation de base et continue est trop souvent éloignée de la réalité ; surtout, les méthodes utilisées sont périmées.N'oublions pas que les causes de ces déficiences ne se limitent pas à un manque de fonds.Cet argument est trop facile.Devant l'efficacité mitigée de la réadaptation, le professeur Tremblay nous propose sa solution : prévenir la délinquance en intervenant d'abord auprès des jeunes mères célibataires.Ne sont-elles pas d'abord des adolescentes en difficulté dont les besoins exigent une réadaptation comme première étape pour prendre soin de leur enfant ?Qu'est-ce que la société devrait faire des autres adolescents délinquants ?Devrait-elle les laisser s'enliser dans la délinquance au détriment des victimes ou devraitelle les enfermer, les laisser pourrir dans des prisons.C'est la solution d'États américains et de la France.Puisque le professeur Tremblay ne croit pas en la réadaptation et que la prévention n'est pas totalement efficace, il ne lui reste que l'enfermement.Notre solution est différente.Investissons des sommes adéquates pour prévenir la délinquance, mais pas seulement auprès des jeunes mères célibataires, et, en même temps, améliorons nos méthodes de réadaptation.Cette solution est probablement la plus raisonnable et la moins coûteuse.Elle est raisonnable parce qu'aucun programme de prévention est très efficace avec les délinquants persistants.La prévention seule ne risque pas de réduire substantiellement la délinquance et de protéger les victimes.Les gains monétaires de la prévention et de la réadaptation sont comparables.Le professeur Tremblay a raison de soutenir que la prévention réduit les coûts qu'occasionne la délinquance.Selon une étude des professeurs Welsh et Farrington, chaque dollar (US) réduit les coûts de 1,06 à 7,16 $.Par ailleurs, ces mêmes chercheurs calculent que le traitement des adultes en milieu correctionnel réduit les coûts de 1,13 à 7,14 $.La différence entre la prévention et la réadaptation est nulle.De son côté, le professeur Cohen calcule que la réadaptation d'un délinquant persistant fait économiser deux millions ( $US) à la société.Appliquons cette donnée à la société québécoise.Le rapport Lebon rapporte que 22 762 jeunes contrevenants ont fait l'objet d'une intervention en 1997-98.Ils constituent 40 % des enfants hébergés dans les centres de réadaptation.Un coût d'environ 180 millions par année.Nos études longitudinales permettent d'estimer qu'au moins 700 de ces adolescents sont des délinquants persistants.Selon l'estimé des coûts, leur carrière criminelle nous coûterait 1,4 milliard.Si un taux minimum de succès de 12 % est atteint, il pourrait être de 40 %, la réadaptation pourrait sauver de 150 à 350 millions à la société québécoise.Elle débourse 70 millions pour ces adolescents.Opposer prévention et réadaptation introduit un autre débat.Avec les adolescents délinquants, faut-il tenter la réadaptation ou les traiter comme des adultes ?Cette dernière option signifie l'emploi plus fréquent de l'emprisonnement pour des périodes plus longues.C'est cette solution que le gouvernement canadien a choisi et que le Québec conteste.Malgré les déficiences de la réadaptation, préférons-nous construire des prisons pour adolescents ou des centres de réadaptation ?L'Assemblée nationale du Québec, les commissions d'enquêtes depuis 25 ans, dont le rapport Gendreau-Tardif en 1999, et les intervenants des milieux policiers, judiciaires et sociaux de la Coalition pour la justice des mineurs ont opté pour la réadaptation.Nous sommes convaincu qu'ils sont d'accord avec le rapport Bouchard pour augmenter l'effort de l'État dans le domaine de la prévention.En terminant, j'aimerais rappeler que les scientifiques discutent des écueils rencontrés lorsqu'ils s'aventurent dans le domaine de la politique.Les scientifiques sont nuancés et prudents lorsqu'ils concluent leurs travaux, pendant que les politiques recherchent des solutions immédiates, une panacée comme la prévention auprès des jeunes mères.Nous privilégions une solution à facettes multiples : développer en parallèle la prévention et la réadaptation.Nous sommes peut-être prêt, comme société, pour des solutions diversifiées à des problèmes très complexes.La délinquance et la violence des adolescents sont un de ceux-là.Il n'y a pas un délinquant mais des délinquants persistants, temporaires et occasionnels qui requièrent, d'abord, des interventions préventives diversifiées et, plus tard, des interventions de réadaptation également diversifiées.Marc Le Blanc Les délinquants persistants représentent environ 5 % de la population et ils sont responsables de 60 % des crimes violents.RÉPLIQUES Godbout et les historiens Un bel exemple de désinformation JACQUES ROUILLARD L'auteur est professeur au département d'histoire de l'Université de Montréal.Le dévoilement de la statue d'Adélard Godbout, premier ministre du Québec de 1939 à 1944, a été l'occasion de reprocher à nouveau aux historiens d'avoir oublié de mettre en relief la contribution constructive de ce personnage à l'histoire du Québec.Il y aurait là un « trou de mémoire », selon le titre du documentaire de l'écrivain Jacques Gobdout.Ce dernier a entrepris de réhabiliter son grand-oncle au détriment des historiens qui, selon lui, biaisent le passé et véhiculent des préjugés.Il est vrai que la mémoire collective des Québécois a ignoré l'apport important de l'administration Godbout à l'avènement de la modernité au Québec.Mais on se trompe de cible en faisant porter la responsabilité sur les épaules des historiens.En 1977, le professeur Jean-Guy Genest a fait de Godbout le sujet de sa thèse de doctorat en histoire qu'il a publiée en 1996.L'ouvrage, très bien documenté, est sympathique à la cause du premier ministre.Mais il n'est pas besoin de se référer à un ouvrage aussi spécialisé pour connaître les réalisations du gouvernement Godbout.La synthèse classique en histoire du Québec contemporain, celle de Paul-André Linteau et al.publiée en 1986, fait état de ses réformes qui marquent « un net virage réformiste du Québec ».Les étudiants de niveau secondaire sont aussi en mesure de connaître depuis longtemps les réalisations de Godbout.Ainsi dans un des manuels les plus répandus dans les écoles, celui de Jean-François Cardin et al.(1984, 1994), on peut lire avec force détails, photo de Godbout à l'appui, que le gouvernement libéral a adopté plusieurs mesures importantes, dont le droit de vote aux femmes, l'instruction obligatoire, la Commission de l'assurance maladie, la loi des relations ouvrières et la création d'Hydro-Québec.La relative ignorance des politiques de Godbout dans l'opinion publique tient bien davantage à l'interprétation que les artisans de la Révolution tranquille ont donné à l'histoire du Québec.Dès les années 1950, parmi les intellectuels, les Dumont, Rioux, Falardeau et Trudeau par exemple ont eu tendance à l'interpréter de façon univoque en la réduisant à ses tendances les plus conservatrices.Le Québec francophone leur apparaît unanimement dominé depuis la Nouvelle-France, ou à tout le moins depuis l'échec des Rébellions, par une vision cléricale et traditionaliste qu'incarne, de leur vivant, le gouvernement Duplessis.Le réveil du Québec à la modernité se serait effectué sous leur inspiration à travers, entre autres, le truchement du journal Le Devoir, de Cité libre et de l'École des sciences sociales de l'Université Laval.De façon assez étonnante, ils ne se voient aucun lien avec des prédécesseurs, y compris l'administration Godbout, qui n'est pourtant pas très éloignée d'eux et avec qui, dans les années 1950, ils partagent une méfiance du nationalisme.La vision réductrice du passé qui fait débuter la modernité du Québec avec la Révolution tranquille est depuis longtemps dépassée dans les études historiques.L'écrivain Jacques Godbout devrait mieux connaître son histoire avant de se poser en Godbout offensé.DENIS BOISCLAIR Pour un reportage le 5 octobre portant sur l'enseignement de la crise d'octobre dans les établissements d'enseignement publics du Québec, la journaliste Julie Miville-Dechêne et son équipe avaient sélectionné une enseignante dans une école pluriethnique, un enseignant dans une école publique anglophone et un enseignant dans une école publique francophone.En ce qui concerne l'enseignant choisi dans une école publique francophone, j'ai été l'heureux élu.Mon prénom est Denis et non André tel que présenté dans le reportage et mon nom de famille est Boisclair.J'enseigne l'histoire du Québec et du Canada, depuis environ dix ans, à l'Académie les Estacades de Cap-de-la- Madeleine (Commission scolare du Chemin-du-Roy).Dans le reportage diffusé à l'émission Le Point, de Radio- Canada, il est clair que Mme Miville-Dechêne (l'intervieweuse) n'a fait ressortir que les propos qui faisaient son affaire ! Elle voulait démontrer qu'un enseignant anglophone ne présentait pas la crise d'octobre de la même manière qu'un enseignant francophone.Cet objectif fut atteint, elle voulait nous comparer et montrer nos différences, c'est ce qu'elle a fait.De toute façon, il est évident qu'un enseignant anglophone ne va pas aborder et surtout interpréter les faits historiques de la même manière qu'un enseignant amérindien ou francophone pour diverses raisons culturelles.Mais, dans le reportage, ce que je déplore c'est qu'en aucun moment on n'a fait entendre mes propos dans lesquels je condamnais, et ce à plusieurs reprises, les moyens brutaux et illégaux utilisés par les membres du FLQ : bombes, kidnapping, séquestration, etc.Cela faisait bien l'affaire de Julie Miville-Dechêne.Elle a préféré laisser sous-entendre que j'endossais tous les faits et gestes posés par les membres du FLQ, dans le but très net de démontrer qu'un enseignant francophone nationaliste était forcément un extrémiste qui appuyait tous les moyens auxquels les membres du FLQ ont eu recours.S'il est vrai que j'ai dit qu'en général les revendications felquistes m'apparaissaient plus ou moins extravagantes et que j'ai insisté sur la gravité des conséquences de la Loi des mesures de guerre qui supprimait temporairement les libertés civiles au Québec ; il est aussi vrai que, dans l'entrevue, je lui ai dit que je comprenais les autorités politiques en place de l'avoir appliquée, compte tenu du fait qu'il était très difficile de savoir, à l'époque, l'ampleur de la crise.Dans son reportage, Julie Mivi Ile- Dechêne passe sous silence cette partie de l'entrevue.En conclusion, comme Julie Miville-Dechêne m'a accusé de donner un enseignement biaisé à mes élèves en leur présentant un extrait du film Octobre, de Pierre Falardeau, eh bien moi, je l'accuse, elle, comme journaliste, de faire de la désinformation ! Jacques Godbout et le premier ministre Lucien Bouchard (à droite) conversent devant la statue de l'ex-premier ministre Adélard Godbout. La Presse 30 octobre 2000 Page A16 manquante "]
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