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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-07-30, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101A0730 A 1 dimanche paul 7LP0101A0730 ZALLCALL 67 01:15:18 07/30/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 P 116e ANNÉE, NO 276, 54 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ L'idée d'une coalition entre Bloc et Alliance crée des remous ALEXANDRE SIROIS Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, a vertement dénoncé l'intention de Stockwell Day de former une éventuelle alliance avec les bloquistes au Parlement canadien.« Je trouve cette déclaration irresponsable et ça me surprend que quelqu'un qui vise à devenir premier ministre du Canada tienne un propos aussi irresponsable, a lancé le ministre, joint par La Presse à Québec.C'est jouer avec le Canada, et on ne joue pas avec notre pays.» Vendredi, en visite à North Hatley, le leader de l'Alliance canadienne Stockwell Day a affirmé qu'il ne verrait pas de mal à former une coalition gouvernementale pouvant comprendre des bloquistes.« S'allier avec un parti qui vise la brisure du Canada est irresponsable et ce sera rejeté par les Canadiens qui croient dans le Canada, ce qui comprend une nette majorité de Québécois », a sèchement répliqué M.Dion.Pour le ministre, si une formation politique prend un jour la place des libéraux à la tête du pays, cela devra être un parti qui croit dans le Canada.« Et si on croit dans le Canada, on ne peut pas décemment proposer une alliance avec un parti qui n'y croit pas.C'est semer l'ambiguïté de prétendre qu'on peut gouverner avec un parti qui, légitimement, ne veut plus du Canada », a déclaré M.Dion M.Day a pour sa part, hier, souhaité édulcorer ses propos de la veille.Il a précisé que ceux qui seraient les bienvenus au sein d'une coalition avec son parti devraient « supporter les positions de l'Alliance canadienne » et, notamment, « vouloir voir un Canada fort ».« Si quelqu'un est déterminé à voir le Québec ou une province se séparer, ce n'est pas la position de l'Alliance canadienne.Alors évidemment, il y aura des difficultés », a confié M.Day à La Presse.Il a précisé qu'il ne songeait pas, de toute façon, à une coalition en vue de former le gouvernement au cas où les libéraux soient minoritaires.Il est plutôt convaincu que l'Alliance canadienne formera le prochain gouvernement, majoritaire.En revanche, l'un de députés de l'Alliance, Rahim Jaffer, a admis que certains représentants du parti avaient approché des bloquistes pour discuter d'une éventuelle coalition.Un porte-parole du Bloc, hier, a affirmé que le parti ne commenterait pas pour l'instant les déclarations de M.Day.Il est trop tôt pour commenter une éventuelle coalition du Bloc québécois avec l'Alliance canadienne afin de chasser les libéraux du pouvoir à Ottawa, mais le parti souverainiste fédéral a déjà evoqué ce scénario, a reconnu de son côté le porte-parole du Bloc, Louis Aucoin, joint par la Presse Canadienne.Voir COALITION en A2 Day nie être contre le bilinguisme : page A7 PHOTO AFP © Le candidat républicain George W.Bush salue la foule à la fin d'un rassemblement à Louisville.L'ombre de papa Bush RICHARD HÉTU collaboration spéciale, NEW YORK Il faut imaginer le patriarche de la famille Bush dans sa maison de villégiature, à Kennebunkport, dans le Maine.Ces temps-ci, au lieu de jouer au golf ou de pêcher la morue en haute mer, l'ancien président des États-Unis passe ses journées à parler au téléphone ou à surfer sur Internet.Encore en forme à 76 ans, le bonhomme veut tout savoir sur la campagne à la Maison-Blanche, du dernier potin au dernier sondage.À en croire ses proches, papa Bush est obsédé par le combat politique de son fils aîné contre Al Gore, ce qui est parfaitement compréhensible.Quel paternel pourrait rester indifférent en pareilles circonstances ?Quel géniteur ne ressentirait l'excitation la plus vive à l'approche d'un scrutin qui pourrait placer le fruit de sa semence à la tête du plus puissant pays du monde ?Si la réponse est évidente, la situation demeure exceptionnelle.Dans l'histoire des États-Unis, très peu de pères ont pu, de leur vivant, assister au triomphe de leur rejeton dans une élection présidentielle.Joseph Kennedy, en 1960, est le dernier à avoir connu cette joie rarissime.Selon les observateurs de l'époque, le patriarche de Boston affichait un air triomphaliste lors de la prestation de serment de son fils John.Après avoir tiré les ficelles et dépensé sans compter, l'ancien « bootlegger » réalisait son rêve le plus cher : placer un de ses garçons à la Maison-Blanche et entrer définitivement dans l'aristocratie.Voir BUSH en A2 Un homme tire sur sa conjointe sous les yeux de leur fils ANDRÉ DUCHESNE Un drame familial a secoué la communauté de Saint-Léonard en plein après-midi hier quand un homme en proie à une violente colère a tiré sur sa conjointe à bout portant avant de retourner l'arme contre lui.Cette scène pour le moins horrible s'est déroulée sous les yeux du garçon du couple, un bambin âgé d'à peine quatre ans.Il était 14h02 lorsque les policiers du poste 41 ont reçu plusieurs appels leur indiquant que des coups de feu avaient été tirés au 4581, rue Jarry Est, dans un des appartements se trouvant au-dessus d'un petit centre commercial.« Selon ce que nous savons, il y a eu un conflit entre l'homme et la femme.Cette dernière est sortie sur la terrasse.L'homme l'a suivie et a tiré sur elle des coups de révolver l'atteignant à la tête.Alertés, des voisins sont sortis.L'homme est retourné à l'intérieur de son appartement et se serait tiré une balle en pleine tête », a résumé l'agent Andrew Green du Service de police de la CUM.L'individu, âgé d'environ 45 ans, et sa conjointe, dans la trentaine, ont rapidement été conduits à l'hôpital du Sacré-Coeur.Selon le dernier bilan de santé obtenu hier soir, on ne craindrait pas pour la vie de cette dernière.Par contre, l'agresseur est dans un état très grave, étant maintenu en vie artificiellement.« À notre arrivée, l'homme ne respirait plus, mais on sentait encore son pouls.Les ambulanciers ont été obligés de lui donner de l'oxygène », a précisé l'agent Green.Les enquêteurs auraient retrouvé une arme, vraisemblablement de calibre .38, sur les lieux du drame.Jamais sans son fils Qu'est-ce qui a bien pu arriver à l'intérieur de ce logement pour dégénérer de cette façon.Hier aprèsmidi, les policiers tentaient toujours de répondre à cette question.Selon des connaissances de cette famille d'origine étrangère, l'individu qui aurait tiré les coups de feu était une personne aimable et très attentionnée avec son fils.Voir HOMME en A2 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Les policiers ont fait les constats d'usage à leur arrivée sur les lieux du crime.Rubriques Arts et spectacles .cahier B - télévision B2 - horaire spectacles B8 À votre tour A15 Bandes dessinées C5 Bridge C8 Décès C9 Feuilleton C5 Êtes-vous observateur?.C6 Horoscope C7 Jardin B12 Laporte A5 Les uns, les autres B8 Loteries A4, A7 Monde A12 Mots croisés C5 Mot mystère C7 Petites annonces C6 à C8 - immobilier C6 - marchandises C6, C7 - emplois C7 - automobile C7, C8 Personnalité A16 Presse d'ailleurs A11 Santé C1 à C3 Sciences C10 Super Grille A14 Têtes d'affiche C4 MÉTÉO Averses Max.27, min.19 cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net Arafat proclamera un État palestinien mais au « moment jugé opportun » d'après AFP et AP PARIS À peine quatre jours après d'échec du sommet israélo-palestinien de Camp David, le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a rencontré hier à Paris le président français Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin, afin de les informer du contenu des discussions avec Israël et évoquer avec eux plusieurs questions fondamentales qui restent à régler.Après avoir été reçu à l'Élysée, Yasser Arafat a réaffirmé son intention de proclamer l'État palestinien le 13 septembre prochain.Le leader palestinien a souligné, après des entretiens séparés avec MM.Jacques Chirac et Lionel Jospin, qu'il prendrait « en considération les recommandations » de ses « amis ».« Normalement l'échéance est en septembre, dans quelques semaines.Nous considèrerons le moment opportun pour la proclamation.On prend en considération toutes les recommandations de tous nos amis », a déclaré M.Arafat.Il était interrogé pour savoir s'il avait trouvé chez ses interlocuteurs français un encouragement pour la proclamation d'un État palestinien.Ses propos en arabe étaient traduits par la déléguée générale de Palestine à Paris, Leila Shahid.Peu auparavant, à l'issue de sa rencontre à l'Élysée avec le président Chirac, M.Arafat avait tenu à répliquer au président américain Bill Clinton qui l'a mis en garde contre une proclamation d'un État palestinien.M.Arafat a affirmé que cette proclamation aurait déjà dû avoir lieu et avait été reportée sur le conseil de Bill Clinton lui-même.Yasser Arafat était interrogé dans la cour de l'Élysée sur la menace proférée par Bill Clinton de réviser totalement ses relations avec Voir ARAFAT en A2 PHOTO AFP © Le président Jacques Chirac donne l'accolade au chef palestinien Yasser Arafat. 7LP0201A0730 A 2-30 juillet 7LP0201A0730 ZALLCALL 67 01:15:28 07/30/00 B Suites de la une A 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 L'ombre de papa Bush L'idée d'une coalition entre Bloc et Alliance crée des remous COALITION / Suite de la page A1 M.Aucoin n'a toutefois pas rejetée d'emblée cette hypothèse.« Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de répondre à cela maintenant, a-t-il dit.Je suis sûr que nous en aurons long à dire éventuellement.Même M.Day a dit que nous n'en étions pas encore à parler de coalition.« Il ne nous a jamais présenté d'invitation formelle (.) et nous ne commenterons pas les idées lancées par M.Day, ou quelqu'un d'autre, lors de conférences de presse », a indiqué M.Aucoin.Quant au chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, il est présentement en vacances et le parti n'a pu le joindre pour commenter la suggestion, a ajouté M.Aucoin.Sondage favorable Par ailleurs, un sondage publié par le quotidien torontois The Globe and Mail démontre que l'Alliance canadienne a encore beaucoup de chemin à faire si elle veut remporter les prochaines élections, mais que son support s'est accru au cours des deux derniers mois.La nouvelle formation de droite récolte actuellement 24 % des intentions de vote au Canada, une hausse de six points de pourcentage par rapport à mai denier.Les libéraux, en baisse de deux points par rapport à mai, disposent néanmoins, avec 45 % des intentions de vote, d'une solide avance sur leurs rivaux.Le sondage, qui a été effectué auprès de 1503 Canadiens entre le 20 et le 26 juillet, indique aussi que les conservateurs de Joe Clark sont en chute libre.Ils ont perdu quatre points de pourcentage depuis mai et se retrouvent aujourd'hui bons derniers parmi les cinq partis fédéraux, à égalité avec le Bloc québécois, à 10 %.Le NPD, à 11 %, se classe troisième.Au Québec, l'Alliance canadienne serait passée de 2 % (en mai) à 8 % (en juillet).Les bloquistes, avec 40 %, et les libéraux, avec 41 %, sont nez à nez.Quant à Jean Chrétien, il demeure le favori des Canadiens.Comme chef du Parti libéral, il reçoit l'approbation de 57 % des personnes interrogées.Joe Clark s'en tire moins bien.Ainsi, 51 % des Canadiens désapprouvent son leadership, alors que seuls 35 % l'appuient.BUSH / Suite de la page A1 Quarante ans plus tard, le cas de Bush père est encore plus spécial du fait que le bonhomme a lui-même été président des États-Unis, et ce, il y a à peine huit ans.Estil tenté d'utiliser son influence pour aider son fils et, du même coup, venger sa défaite contre le duo Clinton-Gore en 1992 ?Est-il tenté d'imposer ses idées à ce fiston qui n'a pas la réputation d'être un grand intellectuel Au cours des derniers jours, ces questions ont fait surface dans la campagne à la présidence.Elles ont été provoquées par la décision de George fils de choisir Dick Cheney, secrétaire à la Défense sous papa Bush, comme candidat à la vice-présidence des États-Unis.Le « ticket » Bush-Cheney sera intronisé cette semaine à la convention républicaine de Philadelphie.Personne n'a mis en doute le sérieux et l'expérience de Cheney.Il a servi le président Gerald Ford comme chef de cabinet, de 1974 à 1976 (il avait 34 ans à sa nomination).Il a représenté le Wyoming au Congrès, de 1979 à 1989.En 1991, pendant la guerre du Golfe, il a dirigé le Pentagone, contribuant fortement à la mise au point de l'opération Tempête du désert, considérée par certains comme le haut fait de l'administration Bush.La présence de Cheney aux côtés de Bush junior rassurera, espère-t-on, ceux qui s'interrogent encore sur la maturité et la compétence du gouverneur du Texas.Visuellement, en tout cas, Cheney est la personnification de l'establishment.Le front dégarni, la taille épaisse, l'habit conservateur, il pourrait quasiment passer pour le père de W., même s'il n'a que 59 ans (Bush junior a 54 ans).Pour le charisme, pour l'audace, il faudra repasser.Au lendemain de la présentation de Cheney, un conservateur pragmatique, certains journalistes ont sorti les poignards.« Une gardienne pour Junior », a titré le New York Times au-dessus d'un texte d'opinion de la chroniqueuse Maureen Dowd, assassine comme d'habitude.« Le choix de papa », a pour sa part opiné le webzine Salon.com, qui offre une couverture à la fois divertissante et intelligente de la campagne présidentielle.Derrière les moqueries, il y avait une part de vérité.Papa Bush a joué un rôle dans la sélection de Cheney.Comme la presse américaine l'a noté, c'est lui qui s'est chargé d'enquêter sur l'état de santé de Cheney, qui a connu des ennuis cardiaques sans gravité, avant de devoir toutefois subir un quadruple pontage coronarien en 1988.(Cheney est ok, mais, l'autre soir à la télévision, l'animateur Jay Leno n'a pas pu s'empêcher de blaguer : « Les républicains ont un « ticket » brillant.Voyez-vous, Cheney a besoin d'un coeur et Bush a besoin d'un cerveau.») Papa Bush a nié en avoir fait davantage pour le compte de Cheney.Il a pris la peine d'appeler un journaliste du New York Times pour dire que W.était pleinement responsable de son choix.Mais le patriarche de Kennebunkport en a déjà assez fait pour illustrer à quel point une administration Bush II ressemblerait à la première.W.représenterait la famille Bush, bien sûr.Dick Cheney serait toujours là aux côtés du président, de même que Colin Powell, un autre héros de la guerre du Golfe, qui agirait comme secrétaire d'État, la fonction qu'il convoite.Papa Bush serait au septième ciel.Il n'a jamais digéré sa défaite contre Clinton, ce roturier de l'Arkansas qui a surfé sur une croisssance économique commencée sous « son » administration.Il ne rêve pas seulement à la victoire de son fils, il rêve aussi à la restauration de son nom.Un homme tire sur sa conjointe sous les yeux de leur fils HOMME / Suite de la page A1 « Il était toujours souriant et n'a jamais été dérangeant avec nous.Il était gentil avec son petit gars et lui achetait tout ce qu'il voulait », raconte Lucie, une jeune employée du dépanneur voisin.Cette dernière avait aussi constaté n'avoir jamais rencontré l'homme avec sa conjointe.Même constat auprès de la voisine de palier du présumé agresseur.« Je n'ai jamais vu sa femme, mais ce monsieur était toujours poli.On se disait bonjour comme ça, quand on se rencontrait.Ils ne sont là que depuis le 1er juillet mais je n'avais jamais rien entendu de l'autre bord », raconte cette dame préférant que l'on taise son nom.Selon un autre témoin, l'enfant du couple était sur la terrasse extérieure quand son père a tiré en direction de sa mère.Un voisin aurait alors agrippé le bambin pour le mettre à l'abri.Environ une heure après le drame, l'enfant, tenant la main d'une policière attentionnée et serrant un ourson en peluche blanc de son bras droit, a descendu lentement l'escalier de secours de l'appartement, avant d'être installé à l'arrière d'une fourgonnette du SPCUM qui a quitté les lieux précipitamment.« Compte tenu des circonstances, l'enfant avait l'air bien.Il sera confié au Directeur de la protection de la jeunesse s'il ne trouve pas refuge dans sa famille », a indiqué l'inspecteur Carol Maltais du quartier général du SPCUM.Afin de protéger le garçonnet impliqué bien malgré lui dans cette sombre histoire, la police n'entend pas divulguer le nom de l'agresseur, même s'il rendait l'âme.Arafat proclamera un État palestinien mais au «moment jugé opportun» ARAFAT / Suite de la page A1 l'Autorité palestinienne si celle-ci proclamait l'indépendance le 13 septembre comme elle s'y est engagée.« Je voudrais rappeler à Clinton et au monde entier qu'en réalité nous aurions déjà dû proclamer un État palestinien, selon les accords d'Oslo, et ce à la date du 4 mai 1999 mais que, suite aux conseils qui nous ont été donnés par des pays amis, y compris par le président Clinton, nous avons reporté cette proclamation à une date ultérieure aux élections israéliennes », a-t-il déclaré.Et il a rappelé qu'il s'était agi à l'époque de « laisser sa chance » à Ehud Barak « parce qu'il avait annoncé qu'il marcherait dans les pas d'Yitzhak Rabin ».« Nous ne rêvons pas de choses impossibles.C'est selon les accords d'Oslo, et les accords de Charm-el-Cheikh que M.Barak a lui-même signés, que nous réclamons simplement la mise en oeuvre de ces accords », a insisté le dirigeant palestinien.Dans une interview à la télévision israélienne, le président américain avait déclaré vendredi qu'il réviserait totalement les relations avec l'Autorité palestinienne si elle proclamait un État le 13 septembre comme elle s'y est engagée, même en l'absence d'un accord de paix avec Israël.Et il a également irrité les Palestiniens en évoquant un possible transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.Hillary Clinton, quant à elle, candidate à un poste de sénateur dans l'État de New York, où l'électorat juif est important, a tenu Yasser Arafat responsable de l'échec du sommet de israélo-palestinien de Camp David La première dame américaine a déclaré qu'il était temps pour Yasser Arafat de démontrer sa volonté de conclure un accord de paix, et elle s'est prononcée pour le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem « avant la fin de l'année ».La question de la souveraineté palestinienne sur Jérusalem-Est a été la pierre d'achoppement du sommet de Camp David qui s'est tenu sous l'égide des États-Unis.À Jérusalem, on a assisté à une nouvelle montée de tension.Les musulmans en charge de la gestion de l'Esplanade des mosquées ont fermé hier pendant plusieurs heures l'une des portes y donnant accès, utilisée essentiellement par les fidèles juifs et les touriastes.À Gaza, les Palestiniens ont réagi avec colère aux déclarations du président Clinton, jugées pro-israéliennes, sans toutefois remettre en cause le rôle de médiateur des États- Unis au Proche-Orient.Quelques 2000 Palestiniens ont défilé dans le centre de Naplouse, en Cisjordanie.PHOTO AP © Le président Bill Clinton félicite sa femme Hillary Clinton, qui est candidate à un poste de sénateur dans l'État de New York.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse 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(prononcez Dayou) ?Peut-être avez-vous à la maison un four à micro-ondes ou un magnétoscope estampillé d'un coquillage, hiéroglyphe de la marque ?Eh bien, cette firme fabrique aussi des voitures et nous destine trois de ses modèles, dont la Lanos, le modèle le plus économique (financièrement, mais à la pompe aussi) de la gamme, le plus populaire, mais aussi le plus beau.Belle et pas chère, d'accord ! Mais est-elle bonne aussi ?Éric Le François nous en fera part demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Verriez-vous d'un bon oeil que le Bloc québécois participe à un gouvernement de coalition avec l'Alliance canadienne ?À la suite de l'écrasement du Concorde, craignezvous qu'un accident semblable puisse se produire à Dorval ?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 64 % Non: 36 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique. 7LP0301A0730 A3 - DIMANCHE 7LP0301A0730 ZALLCALL 67 01:16:00 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 3 André Montmorency, c'est aussi Pablo van Momo ANDRÉ DUCHESNE Dans la maison d'André Montmorency, rue Saint-André, dans le Plateau Mont-Royal, la porte du réfrigérateur illustre une histoire: celle de sa vie.Sous une palette de couleurs chaudes, une scène onirique représente le parc Belmont, l'effeuilleuse Lili St-Cyr, la maison où le comédien est né, celle où il a grandi, son premier personnage sur la scène du Rideau vert et son chat Bébé attrapant des soleils.«En neuf mois, j'ai peint 171 tableaux, parfois deux ou trois par jour.Je viens juste de recommencer mais je suis plus sage.J'en peins seulement un par jour», fait le comédien qui signe ses toiles du nom de Pablo van Momo.Souriant, ses fringues légèrement maculés de peinture, enfilant les cigarettes, Montmorency accueillait avec un plaisir évident hier le public invité à visiter sa maison, métamorphosée en lieu d'exposition et d'atelier.Le tout au profit de la Fondation Mario-Racine destinée à amasser des fonds pour la construction du Centre communautaire des gays et lesbiennes de Montréal.«On veut être le Centraide de la communauté gay», insiste le comédien.Serge Tremblay, à la fois directeur général du Centre et de la Fondation, se joint à la conversation.«Cela fait 10 ou 12 ans que le centre existe.Avant, nous avions un grand local au parc La Fontaine mais nous l'avons perdu.Nous sommes relogés dans un espace de 3000 pieds carrés, ce qui est loin d'être suffisant pour accueillir la centaine d'organismes gays et lesbiens de Montréal.Notre but est d'acquérir un terrain ou un bâtiment à rénover.Trois sites ont été retenus.Dans l'idéal, nous souhaiterions être situés rue Sainte-Catherine.Selon M.Tremblay, le projet a de bonnes chances de voir le jour au cours des prochaines années car l'organisme a reçu l'appui des deux paliers supérieurs de gouvernement et de nouveaux programmes de subventions lui seront disponibles sous peu.«Le centre n'est pas une fin en soi, poursuit M.Tremblay.On veut être présent pour soutenir tous ces organismes et leur fournir des locaux de réunion.Et on veut être autonome, fonctionner sans l'aide de subventions.Retour à André Montmorency dont le travail de peintre vaut vraiment le coup d'oeil.Vraiment pas mal pour ce comédien qui a donné son premier coup de pinceau le 14 juin 1999.«Je savais dessiner mais je ne savais pas que j'étais capable de peindre, raconte ce dernier.À mes 60 ans, le 30 mai 1999, ma femme de ménage a planté un chevalet devant moi et m'a dit qu'il était temps que je m'y mette, car j'avais déjà dit que voulais essayer.Je venais à peine de terminer l'écriture d'un livre et j'ai continué sur mon erre de création.» \u2014 On remarque beaucoup de visages féminins.Pourquoi?\u2014 Les femmes sont à l'origine de toute ma carrière, explique-t-il.J'ai été élevé par deux femmes, mon professeur d'art dramatique était une femme puis, j'ai joué pour Yvette Brind'Amour et Denise Filiatrault.Hier matin, les visiteurs étaient nombreux à se presser aux portes de la résidence.Diane Trempe.de Notre-Dame-de-Grâce, était au départ mal à l'aise d'y mettre les pieds.Mais ce qu'elle a vu l'a surprise.«Je ne m'attendais à rien alors que je trouve plusieurs toiles très belle, dit-elle.On sent le milieu théâtral dans sa peinture.» Bien calé sur une des tables basses de la maison, Bébé, le gros chat roux, regardait tous ces visiteurs passer avec une pointe d'indifférence dans l'oeil.Ce qui ne l'empêchait pas de quémander une caresse de temps à autre.L'exposition-vente se poursuit aujourd'hui, de 11h à 16h, au 4576, rue Saint-André.Toujours dans le cadre de la campagne de financement, une soirée-gala «opératique mettant en vedette Nathalie Choquette sera présentée demain soir au Théâtre Olympia.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse André Montmorency, dit Pablo van Momo, interprète une de ses oeuvres au bénéfice des visiteurs.Une fête nationale sans méchoui ni trompettes RIMA ELKOURI Oubliez le faste et les méchouis gargantuesques.La fête sera modeste.À Montréal, comme à Rabat, les Marocains célèbrent aujourd'hui la fête du Trône, premier anniversaire de l'accession au trône du roi Mohammed VI.Une célébration simple, à l'image d'un jeune monarque qui n'aime pas trop les fêtes nationales pompeuses.« Cette année, Sa Majesté a demandé que tous les budgets de la fête du Trône soient consacrés à des programmes sociaux », explique la consule générale du Royaume du Maroc à Montréal, Farida Jaïdi.« Les Marocains ont encore plus d'espoir avec ce jeune roi dynamique qui fait beaucoup pour les démunis, note le vice-consul Driff Ben Fares.C'est le roi qui symbolise l'unité de la nation.Il n'est pas le roi d'un Marocain.Il est le roi de tous les Marocains.» Au Québec, la communauté marocaine compte environ 40 000 membres, juifs et musulmans confondus, qui ont élu domicile, pour la plupart, dans la grande région de Montréal.Favorisés par les autorités provinciales qui désirent mettre le cap sur une immigration francophone et qualifiée, de plus en plus de diplômés de haut niveau et de gens d'affaires du Maroc atterrissent ici.Plus du tiers (37 %) des Marocains vivant au Canada sont des universitaires.Pour bien des Marocains, le Canada.c'est le Pérou, constate Mme Jaïdi.Ce qui crée parfois des désillusions.« Les gens pensent que c'est le paradis ici, que c'est très facile de s'installer.Mais tout n'est pas si simple.Souvent des gens reprennent leurs bagages et retournent au Maroc avec beaucoup moins que ce qu'ils avaient au départ.Chaque année, l'ambassade du Canada au Maroc reçoit environ 12 000 lettres de demandes d'immigration.L'an dernier, plus de 1400 Marocains ont vu leur requête acceptée au Québec.« Mon souhait, c'est que le Maroc ne se vide pas de ses capitaux et de sa matière grise », dit Mme Jaïdi.La connaissance du français facilite le processus d'intégration pour plusieurs d'entre eux.Mais l'immigration a beau être une aventure exaltante, elle pose aussi de sérieux défis, souligne Driff Ben Fares, qui est chargé des services sociaux au consulat.« On fait face à des problèmes de toutes sortes : questionnements sur l'éducation des enfants, conflits conjugaux, problèmes de mariage à la marocaine et de divorce à la canadienne.Pour ceux qui se sont mariés au Maroc, le divorce n'est pas valide tant qu'il n'est pas accepté par les tribunaux marocains.» Dans le but de mieux faire connaître aux Montréalais leurs concitoyens originaires du Maroc, le Canal 14 (CJNT) présente ce soir à 21h une émission spéciale intitulée Le Maroc en marche : traditions et modernité.Le documentaire de type carte postale, réalisé par Aïda Kamar, présente une foule d'informations sur divers aspects sociaux, historiques et culturels du Maroc.Pour ceux qui ne connaissent de ce pays que les clémentines, voilà l'occasion d'aller un peu plus loin.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Qui dit feu Panzera, dit chandelles romaines.Elles jailliront à profusion comme toujours dans le spectacle.En particulier à partir de la rampe près du lac.Devant un poste de chandelles, sur la photo, Pierpaolo Serafino, concepteur du feu, Michel Rioux, de Fiatlux, venu aider temporairement l'équipe Panzera en attendant de tirer son feu à Cannes le 24 août, Pietro S'elia, Bruno Gaudino et en arrière Nicolo Colonna.Place aux dessins animés pyrotechniques GEORGES LAMON Rattrapez vos souvenirs d'enfance et attendez-vous à passer une soirée inoubliable ! Place au spectacle de dessins animés.Au pupitre : Pierre Walder, à la musique et Pierpaolo Serafino, à la pyrotechnie.Un joyeux salut aux vacanciers qui reprennent le collier demain.Pour Montréal s'anime, spectacle de clôture de la 16e saison de l'International Benson & Hedges, le duo-Serafino-Walder a mitonné un pyromusical fort amusant à la manière d'une suite de dessins animés qui se déroulent comme un film.Y compris le bruit du projecteur noir et blanc (bengales blancs) ouvert sur Fox Movie Town.« L'idée de ce feu m'est venue il y a trois ans, raconte Pierpaolo Serafino, concepteur avec Walder du feu de clôture Panzera.Dans le bateau qui nous amenait à la régie, j'ai vu beaucoup d'enfants dans le public.Je me suis dit pourquoi pas un feu qui s'adresserait en partie aux enfants qui connaissent aussi les « carrtoons ».Tout à commencé là.» Une fois encore, Pierre Walder a choisi une trame musicale, très varée, très vivante sur 41 courts extraits de musique des célèbres films, en majorité de dessins animés.De Woody Woodpecker à Popeye, en passant par Félix le Chat, Mickey Mouse, Batman, les Pierrafeu, Yogi l'ours, Pink Panther, Laurel et Hardy, Georges de la Jungle et Pokémon.Chacun des huit tableaux sera entrecoupé d'un bref Merry Melodies, l'indicatif bien connu de Warner Brothers, animé de bombes italiennes de 150 mm.Toute une gamme qui ravira sans aucun doute jeunes et moins jeunes par le comique et l'enchaînement ininterrompu d'une pièce à l'autre.Plus de 3000 pièces pyrotechniques dont 1200 chandelles Panzera.Des bombes italiennes de 75 à 250 mm et des pièces chinoises constitueront la trame pyrotechnique.Un arsenal comparable à celui de l'an dernier.On pourra d'ailleurs admirer ce soir en première à Montréal une quinzaine de nouvelles chandelles de 75 mm (jaunes et blanches) qui grimperont à 70 m d'altitude et déploieront ensuite chacune cinq grosses comètes (étoiles) et des papillons.Elles ne sont pas encore en production à l'usine.Sur la musique de Pokémon, Serafino a choisi de placer des bombes crépitantes ainsi que de petites roues sur la rampe avant du lac.Et peut-être des pièces sur la grande roue ! « Moi ma conception de spectacles est orientée surtout sur la création de tableaux de 40 secondes à l'aide de bombes et de chandelles, précise-til.Le monde des cartoons est imprévisible.Un feu doit donc l'être tout autant.» C'est sur l'air de Yogi l'ours que s'amorcera le rythme du bouquet final « normal ».Par des chandelles avec papillons et des bombes.Pour atteindre son apothéose lors des trois dernières minutes, en compagnie de Popeye sur un air de rock.« Pour moi, ces derniers morceaux sont vraiment la finale », ajoute-til.Enfin un dernier salut de quelques secondes sur Merry Melodies au moyen de marrons et de bombes crépitantes pour clore cette saison.Sur les rampes, on note l'absence de Giovanni Panzera, directeur artistique de l'événement, retenu chez lui à Carignano pour raisons de santé.Une première dans les annales de cette compétition internationale.« On sent bien que sa présence nous manque, admet Serafino.Il a une très forte personnalité.C'est plus tranquille et plus relax avec lui pour le travail d'installation.» Avec l'arrivée tardive en fin d'après-midi hier de Pierre Walder, qui rencontre habituellement La Presse, Serafino se sent un peu coincé dans son travail, surtout qu'il n'est pas très familier avec la langue de Molière.Il se débrouille quand même très bien.Pour le 20e feu qu'il tire à Montréal, Pierpaolo Serafino a choisi la méthode traditionnelle de mise à feu.« Ce qui, dit-il, me permet de pouvoir mieux varier le spectacle.Avec le genre de feu que je fais, l'emploi du pyrodigital informatisé) est difficile.» À peine fera-t-il une brève incursion dans l'informatisé sur Inspector Gadget, au tiers du spectacle avec quelques coups rapides.« J'espère, conclut-il, que les amateurs vont aimer ce feu, que le temps sera de notre côté et que nous n'aurons pas de problèmes techniques.» C'est ce soir que se fera la remise des Jupiters.Pour lire la critique sur Internet : WWW.Mlink/glamon PHOTO PRODUCTIONS AÏDA KAMAR À l'occasion de la fête du Trône du Maroc, le Canal 14, dont l'objectif est de mieux faire connaître les différentes communautés vivant à Montréal, présente ce soir (à 21h) le documentaire Le Maroc en marche : traditions et modernité. 7LP0401A0730 A4 - DIMANCHE 7LP0401A0730 ZALLCALL 67 01:16:11 07/30/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 Fin tragique d'un résident d'un centre d'accueil ANDRÉ DUCHESNE Louis L'Heureux, un homme de 38 ans atteint d'une légère déficience intellectuelle, est mort la nuit dernière dans l'incendie d'un centre d'accueil pour personnes en voie de réinsertion sociale de Shawinigan.Les pompiers l'ont retrouvé gisant dans la salle de bains collective, au deuxième étage de l'immeuble, un extincteur chimique dans les mains.Tout indique qu'un article de fumeur serait à l'origine du sinistre qui a éclaté dans la chambre de M.L'Heureux.Mais d'autres éléments troublants ont incité le capitaine Jean-Guy Laterreur, rattaché au service de protection contre les incendies, à réclamer l'intervention du commissaire aux incendies Cyril Delâge.« Après avoir été informés de la fonction de ce bâtiment, nous en avons fait une inspection exhaustive et y avons relevé une douzaine d'infractions aux règlements municipaux.J'ai donc réclamé une enquête publique », a indiqué M.Laterreur en entrevue téléphonique.Le problème, explique-t-il, est que les propriétaires de tels centres ne sont pas régis par de quelconques règles lorsque leur résidence compte neuf personnes ou moins.Or, seize personnes atteintes de déficience demeuraient dans l'immeuble incendié, mais sous deux adresses différentes : 9 au premier étage et 7 au deuxième.Ceci dit, l'incendie a éclaté vers 02 h36.Les policiers-pompiers de l'endroit ont alors reçu un appel d'urgence signalant un duplex en flammes aux 2692 et 2694 de la rue Sainte-Angèle.« Le bâtiment est vieux de plusieurs décennies.Nous avons donc dû percer deux entre-toits, signale le capitaine Laterreur.De plus, le propriétaire venait de faire poser une couche de quatre pouces de goudron sur la toiture, ce qui la rendait très chaude.Et nous avons été retardés dans certaines manoeuvres en raison de l'arrivée tardive des employés d'Hydro-Québec.» Ce retard n'aurait toutefois rien changé au décès de l'occupant, précise le capitaine Laterreur qui se trouvait à la tête d'une vingtaine de policiers-pompiers.Le décès de M.L'Heureux a été constaté au centre hospitalier de Trois-Rivières et une autopsie sera pratiquée lundi, a fait savoir le capitaine Bruno Leduc du Service de la protection publique.Outre Louis L'Heureux, les quinze autres résidants, ainsi que le surveillant de l'immeuble, ont pu être évacués sains et saufs.La victime, qui demeurait à cet endroit depuis 2 ans et demi, aurait d'ailleurs tout fait pour éteindre les flammes et avertir les autres occupants de déguerpir en vitesse.On croit que son intervention a permis de sauver des vies.Les évacués ont été pris en charge par des membres de la Croix-Rouge qui les ont aidés à se reloger.PHOTOS ROBERT SKINNER, La Presse Où mieux qu'à la plage tous les membres de la famille peuvent-ils s'amuser et jouir d'une merveilleuse journée au grand air?Quant au bébé de la famille, il s'évertue peut-être à imaginer le futur château de Céline Dion.Du beau temps et des châteaux de sable Difficile d'étendre sa serviette hier au parc-nature Cap- Saint-Jacques, dans l'ouest de l'île.Encore plus de tremper ses orteils dans l'eau, mais pour une fois, ce n'est pas faute de beau temps.Au contraire.Le thermomètre qui a grimpé généreusement a donné un coup de pouce à la fête familiale organisée à la plage du Cap-Saint-Jacques pour une troisième année.Près de 2000 personnes ont franchi les guérites du parc selon les organisateurs.Le sable chaud a vite été recouvert de serviettes et de parasols tandis que le lac a résonné de cris joyeux et d'éclaboussures.Mais surtout, chaque recoin du rivage a été pris d'assaut pour le concours de châteaux de sable, l'une des activités les plus prisées de la fête familiale avec la séance de maquillage et la course au trésor.Les constructions ont mis au défi les plus imaginatifs qui ont ajouté tourelles, fossés remplis d'eau et décoration de toutes sortes.Mais l'activité s'est aussi avérée un terrain propice aux nouvelles rencontres.C'est le cas d'Alexandre Fatal- Silveira et de sa famille qui ont reçu l'aide de Sophie Simone et son conjoint.Petits et grands se sont acquittés de leur tâche avec application.« C'est la première fois que je viens ici et j'aime bien ça.C'est mieux que la piscine parce qu'on peut jouer dans le sable et c'est plus beau que d'autres plages.Il n'y a pas d'algues ou de bouts de bois qui flottent », a lancé Alexandre, ravi de sa journée.Affairé à la réalisation d'un autre château, quelques mètres plus loin, Daniel Beausoleil parle aussi de la qualité de l'eau.« Personne ne peut rejeter de déchets dans l'eau et ça paraît.Comme la plage est à l'embouchure de la rivière des Prairies et du lac des Deux-Montagnes, c'était très pollué il y a quelques années.Aujourd'hui, la qualité de l'eau est vraiment bonne.C'est rare les plages comme celle-ci où l'on peut se baigner à Montréal » , confie le résidant de Lachenaie qui travaille à l'usine de traitement des eaux usées de la Communauté urbaine de Montréal.Si l'eau est agréable pour la baignade, c'est tout de même le beau temps qui reste le sujet du jour.« Nous avons décidé de venir à la plage parce qu'il faisait chaud.C'est tellement rare cet été, alors nous en profitons quand il fait beau.J'ai grandi à la campagne et j'habite maintenant à Montréal, mais dès que c'est possible, je m'éloigne dans la nature.Ici, j'aime bien ça », lance Tommy Lapierre en jetant un oeil sur son bambin de 15 mois qui patauge dans l'eau sablonneuse du rivage pendant que son épouse et sa fille s'amusent sur les structures gonflantes qui flottent sur le lac.Sur l'eau comme sur la plage, les vacanciers étaient nombreux à profiter du beau temps hier.Même le stationnement était rempli.Personne ne voulait passer à côté de l'un des rares beaux samedis de l'été.Pascale Breton Vente de faillite officielle Tapis persans et asiatiques Nous avons le mandat de liquider le reste de l'actif de la Collection Ziai de Toronto, en faillite.Nous y avons ajouté des articles à l'intention des Montréalais.Il s'agit là de la plus extraordinaire et de la plus complète collection de tapis persans que vous ayez pu voir ou même imaginer.À titre d'exemple: Exceptionnels Tabriz, Isfahan, Nain et Qum en soie, Serapi, caucasiens, Kashan signés, Mashad antiques, Qashgani et beaucoup d'autres dans une variété de dimensions, de motifs et de couleurs.Aucune offre raisonnable ne sera refusée.Exemples de tapis persans: Maintenant Kashan signé 14'x10' 12 500 $ 999 $ Mashad 13'x10' 12 200 $ 959 $ Tabriz 7'x10' 9 200 $ 699 $ Nain a/soie 7'x10' 12 000 $ 989 $ Heriz 8'x11' 11 500 $ 1 099 $ Zanjan 5'x7' 2 900 $ 199 $ Tapis de couloir 2,6'x9' 1 900 $ 199 $ PRIX IMBATTABLES C'est garanti Et beaucoup d'autres tapis de 2'x3' à 12'x16' Dernière chance! 2 JOURS seulement DIMANCHE30JUILLET de10hà18h SAMEDI29JUILLET de11hà17h DE RABAIS Emplacement: HÔTEL DELTACENTRE-VILLE 777, rue University, Montréal (Québec) I Tél.: (514) 879-1370 Conditions: Comptant, Visa, Amex et par chèque.Tous les articles sont étiquetés et garantis authentiques.Encan mené par World of Art Inc.Pour plus de détails, composer le (416) 665-1441.Occasion possiblement unique! 2878230 Police des eaux Des plaisanciers sillonnant les eaux de la rivière des Prairies et du lac des Deux-Montagnes ont eu la surprise de faire connaissance, hier soir, avec des policiers et des agents de la Garde côtière dans le cadre d'une opération nautique.Soixante-quinze (75) embarcations ont ainsi été contrôlées tandis que 18 personnes ont été invitées à se soumettre à un alcootest; l'une d'entre elles a d'ailleurs été arrêtée pour conduite avec facultés affaiblies.Quatre autres propriétaires de bateaux ont également reçu une contravention (200$ plus les frais) pour des ceintures de sauvetage inadéquates ou manquantes.Prenant place à bord d'une demi-douzaine d'embarcations, 28 policiers du SPCUM et de Laval et trois agents de la Garde côtière ont participé à cette opération de quelques heures.Avis aux intéressés, il y en aura d'autres au cours de l'été.H O NUMÉRO COMPLET 100 000 $ 5 DERNIERS CHIFFRES 1 000 $ 4 DERNIERS CHIFFRES 100 $ 3 DERNIERS CHIFFRES 30 $ 2 DERNIERS CHIFFRES 20 $ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.1 million $ au tirage du 31 juillet 2000 (numéros décomposables) Numéro du 2000-07-30 176053 2000-07-16 792068 2000-07-17 564766 2000-07-18 253038 2000-07-19 228338 2000-07-20 724152 2000-07-21 379414 2000-07-22 825290 2000-07-23 846472 2000-07-24 382875 2000-07-25 714468 2000-07-26 283853 2000-07-27 144406 2000-07-28 348818 2000-07-29 679998 2000-07-01 238948 2000-07-02 000347 2000-07-03 407305 2000-07-04 873024 2000-07-05 432630 2000-07-06 593376 2000-07-07 657845 2000-07-08 169578 2000-07-09 308079 2000-07-10 735126 2000-07-11 596202 2000-07-12 788364 2000-07-13 829432 2000-07-14 809066 2000-07-15 536556 7LP0501A0730 A5 - DIMANCHE 7LP0501A0730 ZALLCALL 67 01:17:04 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 5 Big Brother à Camp David Le 11 juillet dernier, on a vu, à la télé, le président américain Bill Clinton, le premier ministre israélien Ehud Barak et le leader palestinien Yasser Arafat arriver à Camp David.Ils étaient tout sourire.Ils étaient tout poli.Sur le seuil de la porte, Barak et Arafat se faisaient mutuellement des politesses : \u2014 Après vous ! \u2014 Non, après vous ! \u2014 J'insiste, après vous ! \u2014 Yasser à rien d'insister, passez en premier \u2014 Ha ! Ha ! Non, je vous en prie, entrer dans la Barak avant moi ! \u2014 Ha ! Ha ! Maudit fou ! Finalement, ils sont entrés en même temps.Les portes se sont refermées.Et les politesses se sont terminées.Loin du regard des caméras, ce n'était plus après vous.C'était plutôt : \u2014 Moi, d'abord ! \u2014 Non, moi d'abord ! \u2014 J'insiste, moi d'abord ! \u2014 Jérusalem est à moi, sinon je casse la Barak ! \u2014 Arafat donc ça pour voir ! Le bordel ! Après 15 jours d'amères négociations, ce fut l'échec.Bien sûr ! Que voulez- vous, aussitôt que la télé est absente, les politiciens n'ont plus intérêt à bien paraître.À bien agir.À soigner leur image.Alors leur naturel revient au galop.Et leur naturel n'est pas beau ! Voilà pourquoi, si on avait vraiment voulu que le sommet de Camp David soit un succès, il aurait fallu installer des caméras partout.Qui auraient tourné tout le temps.Comme dans Big Brother ! Big Brother, c'est l'émission de télé où l'on nous montre la vie de dix personnes ordinaires enfermées dans la même maison durant trois mois.Tout ce qu'ils font est sous l'oeil de la caméra.Les repas, la toilette, le cul.Tout.Tous les 15 jours, les téléspectateurs votent pour chasser de la maison l'un des participants.Celui dont on n'aime pas la face.À la dernière diffusion, le seul participant épargné remporte un demi-million.Imaginez si on appliquait ce concept aux grandes négociations internationales.Quel show, on aurait ! Big Brother à Camp David ! Au lieu que les vedettes soient du monde ordinaire dont on se fout pas mal, ce serait les êtres les plus puissants de la planète : Bill, Yasser et Ehud.Imaginez la cote d'écoute ! Durant toute la durée du sommet, le moindre des gestes des trois leaders serait capté par les caméras.On les verrait tout faire.On ne se contenterait pas de leurs petites stepettes au pas de la porte.On les suivrait à l'intérieur.On les verrait défaire leurs valises.Et s'installer dans leurs appartements.On verrait si Arafat traîne avec lui plusieurs keffiehs ou s'il porte toujours le même.Et s'il porte toujours le même, on saurait enfin s'il le lave.Et s'il en a plusieurs, on saurait s'il en a un pour faire dodo.Ou pour prendre sa douche.On les verrait s'installer dans leur chambre.On saurait si Bill Clinton met une petite photo d'Hillary sur sa table de chevet.Ou s'il en met une de Monica.On les verrait déjeuner le matin.Qu'est que ça mange un Américain, un Israélien et un Palestinien ensemble ?Ça ne doit pas être évident.Sûrement pas du jambon.Peut-être du Mc Do.On les suivrait toute la journée.On verrait s'ils négocient si fort que ça.S'ils mettent leurs pieds sur la table.S'ils comprennent ce qu'ils disent ou si c'est leurs aides qui leur soufflent leurs opinions.On les verrait durant la pause se détendre.Ou dans le cas de Bill, plutôt se tendre.Puis au souper, on verrait s'ils continuent de négocier ou s'ils se changent les idées en se parlant d'autres sujets d'actualité comme l'arrestation d'Yvan Demers.On entendrait quelle musique, ils écoutent.De la musique juive ?De la musique arabe ?Du Mario Pelchat ?On verrait Bill Clinton s'informer auprès d'Arafat si c'est vrai que chez un musulman avoir plusieurs femmes est bien vu.Et puis à l'heure de se retirer dans leurs appartements, on verrait quelle délégation est le plus sur le party.Et on saurait ce que disent nos trois leaders dans leur prière du soir.Prient-ils pour nous ou pour leur réélection ?Bref, on verrait tout.On saurait tout.Et la démocratie ne s'en porterait que mieux.Car devant les caméras, Bill, Yasser et Ehud n'auraient pas d'autre choix que d'être à leur mieux.Sympathiques, gentils, drôles et charmants.Surtout qu'au terme de la première semaine, les téléspectateurs auraient à choisir lequel des trois lève les pattes.Ça met de la pression sur des négociations, ça monsieur ! Élimine-t-on Bill parce qu'il mange tout le temps, Yasser parce qu'il a l'air grognon ou Ehud parce qu'il n'a pas aidé à faire la vaisselle Croyez-moi que les trois chefs d'État feraient tout pour arriver à une entente en moins d'une semaine.Pour ne pas avoir à subir le jugement des téléspectateurs.Pour éviter l'humiliation.« Tu prends ton bout de Jérusalem, je prends le mien, et on sacre notre camp de Camp David, avant d'avoir l'air fou ! » Pour tous les grands problèmes du monde, il n'y a pas à en douter, la solution est dans la télé.n n n Le premier-ministre Jean Chrétien a tout fait durant la dernière semaine pour nous prouver que même s'il est plus vieux que Stockwell Day, il est tout aussi en forme.On l'a vu en trottinette.On l'a vu jouer au hockey.Et on l'a vu en rafting.Il ne lui reste plus qu'à se lancer en bungee du haut de la tour du CN à Toronto.C'est prévu pour mardi.Mais qu'il fasse attention, c'est Paul Martin qui s'occupe de l'élastique.Stéphane Laporte collaboration spéciale 29993$ 7% 21,00 $ 7,5% 24,07 $ 345$/mois 39905$ 7% 27,93 $ 7,5% 32,02 $ 459$/mois TOUTE LA MARCHANDISE D'ÉTÉ À PRIX COUPÉS! 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Panier à pique-nique de luxe de 21 pièces Ens.à pâtes de 7 pièces Fait en Italie Pot à biscuits en céramique peint à la main Cour.39.95$ Cour.59,99 $ Cour.45,99 $ Batterie de cuisine antiadhésive de 9 pces Cour.199,99 $ Cuiseur à pâtes en acier inox.Cour.79,99 $ Ens.de couverts de 72 pièces Conçu à Solingen Cour.499,99 $ Service de vaisselle pour 8 avec bordure en platine Cour.499,99 $ 7LP0601A0730 A6 - DIMANCHE 7LP0601A0730 ZALLCALL 67 01:17:39 07/30/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 Au tour des Bleuets Le Lac Saint-Jean nous avait déjà donné Maria, Mario, Réjean et d'autres grandes pointures.C'était presque trop, avouons-le.Alors la Véloroute par-dessus le marché, c'est le bleuet sur le sundae Des fois, qu'ils disent, le monde de la ville fait simple.Le saviezvous, vous, que Rémi Girard est un Bleuet ?Ah ! vous le saviez.Certains cyclistes \u2014 OK mettons un cycliste ne le savait pas avant de voir le comédien rouler quelques kilomètres d'honneur au départ de la Véloroute.D'autres, désireux de se rendre au Lac en train, ont élargi leurs horizons en faisant les réservations auprès de l'agence de voyages Michel Barrette.C'est quand même merveilleux ! J'avais toujours cru qu'il venait de Saint-Tite.Mais on m'a appris que ce Barrette- là n'est pas un p'tit comique.n n n On ne l'avait pas vu au vestiairevélo de l'aréna Mario Tremblay.Pourtant il n'a échappé à l'attention de personne.Le temps d'un éclair, on l'a aperçu filant comme une machine, la bécane chargée comme une mule, dans une montée de la Damen- Terre où peinait plus d'une mémée sans bagages.Un brave garçon d'une onzaine d'années, pensez donc ! L'oncle du garçon suivait, tirant un porte-bébé dans lequel dormait le prochain cycliste de la famille.Le sort a voulu que je ne les retrouve \u2014 ou ne les rattrape \u2014 jamais au cours des deux jours de ma participation à la récente Randonnée d'ouverture de la Véloroute des Bleuets.Mais on a parlé de ces sympathiques et un peu mythiques pédaleux qui se tenaient discrètement à l'écart des haltes et des réunions de soirée, non par snobisme mais tout bonnement, à ce qu'on raconte, parce qu'ils n'avaient pu s'inscrire officiellement, faute de bidous.On s'attendrissait d'apprendre que la mère du bébé avait dû rester à la maison parce qu'elle était à deux semaines d'accoucher.Et on avait envie de délester un peu l'enfant en apprenant qu'il prenait très au sérieux son rôle de principal porteur : la tente, les sacs de couchage, le réchaud, les aliments, la mécanique d'urgence, alouette ! c'est lui qui trimbalait la maisonnée ! Parce que, bien sûr, ils campaient pour ne pas trop dépenser.Alors voilà, on ne l'a pas interviewé, ce Pierre Harvey en herbe, mais c'est tout comme.n n n Armés du guide de séjour de la Randonnée, on sortait d'Alma pour s'engager sur une piste, tantôt asphaltée, tantôt en poussière de roche, qui traverse le complexe touristique de la Dam-en-Terre et longe la rivière Petite-Décharge avant d'atteindre, à Saint-Gédéon, le Lac en question.Des rives invitantes, la forêt qui sent bon, des chalets et même un terrain de golf.Un joli coin pour passer l'été ! Le prix de la gentillesse, au jour 1 de cette virée, est allé aux gens de l'aluminerie Alcan, sortis saluer les cyclistes et leur offrir des gaminets.Le prix de la pingrerie ?À ceux qui ont concocté le repas du midi \u2014 pour lequel les participants payaient, merci beaucoup \u2014, une maigre boîte sur laquelle il ne manquait que le sceau des Weight Watchers.Après avoir roulé 35 ou 85 kilomètres, selon qu'on faisait ou pas la boucle vers Hébertville, ça causait un gastrochoc de voir ces deux tranches de pain blanc renfermant une indéfinissable pellicule blanchâtre en guise de plat de résistance.n n n Véloroute des Bleuets \u2014 qui fait officiellement partie de la Route verte \u2014 c'est une dizaine d'années de travail, près de 10 millions d'investissements, 17 municipalités et naturellement d'inévitables « intervenants » réunis autour d'un prétexte économico-touristique.Il s'agit d'un assemblage de pistes déjà existantes, de nouveaux tronçons et de raccordements, parfois sur des accotements de route, le tout étalé sur 256 kilomètres.Ici et là une municipalité a tiré de la patte, mais dans l'ensemble, la Véloroute était prête pour l'inauguration, initialement prévue pour l'an prochain.n n n Le circuit fait le tour du lac Saint-Jean et explore la région du même nom.Il est facile \u2014 ici recouvert d'asphalte, là en poussière de roche \u2014 et il se prête parfaitement à une virée en famille.Personnellement, je repartirais demain matin pour le pédaler au complet, sans négliger les boucles supplémentaires (Hébertville, Sainte- Hedwidge, Girardville, Mont-Lac- Vert, Jonquière) proposées aux gros appétits.Les attraits touristiques ne manquent pas le long de cette route, il va sans dire : à Mashteuiatsh, les Montagnais parlent français et continuent d'appeler leur sympathique patelin Pointe- Bleue ; Val Jalbert est un village fantôme qui n'est plus abandonné du tout, mais l'endroit vaut le détour ; le Zoo sauvage de Saint-Félicien est une pure merveille (et l'objet d'une chronique à venir) ; le parc de la Pointe-Taillon, c'est 20 kilomètres dans la verte nature et plusieurs participants à la Randonnée d'ouverture n'hésitent pas à dire que ce passage est le plus beau de la Véloroute.Et il y a la p'tite mer Saint-Jean qu'on serre de près pendant plus de la moitié du parcours.Les organisateurs ont affirmé que la Randonnée d'ouverture était un événement unique, mais certains d'entre eux ont chuchoté qu'ils « prenaient des notes », ce qui laisse supposer qu'une Randonnée annuelle soit envisagée.Gageons que c'est le bilan comptable qui décidera, les comptables étant les nouveaux maîtres du monde, n'est-ce pas ?Je serai de ceux qui espèrent.n n n Le Lac \u2014 d'un point de vue montréalais si nos amis Bleuets veulent bien accepter cette remarque \u2014 demeure une destination lointaine.La preuve en est que, malgré une excellente et pénétrante campagne publicitaire, les organisateurs de l'événement, qui a roulé du 27 juin au 2 juillet, n'ont pu attirer que 753 cyclistes alors qu'ils en espéraient 2000.L'idée de lancer autant de monde dans une piste de douze pieds de largeur peut ne pas entrer facilement dans la tête de gens qui en ont vu d'autres.Il faut également tenir compte de la multiplication des manifestations cyclistes qui, forcément, se divisent la clientèle.La majorité des participants venaient tout de même de la région métropolitaine de Montréal.n n n Onze pour cent seulement de pédaleux du Saguenay-Lac-Saint- Jean ont pris part à la Randonnée d'ouverture de la Véloroute des Bleuets.C'est la faute à Mario Lemelin et à sa compagne Josée Clermont \u2014 du monde de Saint-Bruno, près d'Alma \u2014 qui sont partis à la découverte de la Véloroute en compagnie des enfants deux jours après les autres.Une voiture au départ de la randonnée, une autre à Val Jalbert.Après ça, comment voulezvous que les intervenants vivent ?La petite Joanie Lemelin, deux ans, voyageait sur un siège de bébé, le petit Paul, quatre ans, dans la remorque-bébé.Et Louis, tout fier : « Moi j'ai mon vélo à moi.J'ai sept ans ! » Sept ans ?Ça explique tout ! Vous en profitez de votre Lac, madame, monsieur ?« Maintenant, on commence, parce que ça change.Le monde du Lac est bien accueillant, c'est vrai, mais le Lac lui-même n'a pas toujours été facilement accessible, à cause de toutes les propriétés privées qui le bordent.Quand ma mère a fait un tour sur la Véloroute, l'autre jour, elle m'a dit : Ils m'avaient volé mon Lac.Ils me l'ont redonné.» Courriel rchartie@lapresse.ca La Véloroute des Bleuets tél.: 418-668-4541 télécopie : 418-668-0849 www.veloroute-bleuets.qc.ca Tourisme Saguenay - Lac-Saint-Jean tél.: 1-800-463-9651, 418-543-9778 télécopie : 418-543-1805 À Metabetchouan, Sophie Lavoie, une élève en musique au cégep d'Alma, et Pierre-Antoine Gauthier, étudiant à l'UQAM, offraient leur musique aux cyclistes, qui étaient nombreux à faire une halte.À Mashteuiatsh (Pointe-Bleue), le petit Montagnais Patrick Verreault, trois ans, a patiemment entrepris de s'entraîner.Un jour, peut-être, bouclera-t-il la Véloroute.La nature suit son cours En collaboration avec le Biodôme de Montréal, La Presse publie chaque dimanche au cours de l'été une chronique sur les oiseaux.MARTINE LAGACÉ collaboration spéciale Vous apercevez un oiseau par terre.En faisant quelques pas en sa direction, vous vous rendez compte qu'il ne s'envole pas.Vous vous approchez encore un peu et découvrez qu'il s'agit d'un oisillon ; l'oiseau ne semble pas très bien voler et pousse de petits cris.Vous faites ni une ni deux, et vous concluez que le pauvre petit s'est égaré ou que ses parents l'ont abandonné.Et voilà que vous cédez à la tentation : certain de faire une bonne action, pensant donner un coup de pouce à la nature, vous vous penchez et vous le récupérez.Mais attention ! Il y a un piège.Tout au long de l'été, il est possible d'apercevoir, pour notre plus grande joie, des parents qui, nourriture au bec, sont accueillis au nid par des cris d'oisillons affamés.Le spectacle est commun, certaines espèces d'oiseaux donnant naissance à leur progéniture tôt dans la belle saison.Au cours de l'été, certains oiseaux se permettent même deux nichées, et parfois trois, comme c'est le cas pour quelques espèces de parulines.Ainsi, chaque espèce d'oiseau a ses propres comportements parentaux en ce qui a trait à l'éducation des petits.Il ne faut donc pas tomber dans le panneau et commettre une erreur de perception lorsque l'on trouve un oisillon qui paraît abandonné.Ce n'est peut-être pas le cas.Pour la majorité des espèces d'oiseaux, le nid devient vite trop petit pour les jeunes qui prennent du poids.Par ailleurs, plus les oisillons restent longtemps au nid, plus les risques qu'un prédateur les aperçoive sont élevés.Pour survivre, les petits doivent souvent quitter le nid.Voilà pourquoi il n'est pas rare de trouver un jeune oiseau plus ou moins inactif sur le sol ou sur la branche d'un bosquet.L'oisillon qui nous semble en mauvaise posture, puisqu'il sait plus ou moins voler, attend en réalité que ses parents viennent, de façon intermittente, lui porter sa nourriture.Ceux-ci continuent d'ailleurs, pendant ce temps, à le protéger.Pour ce jeune oiseau, les prochains jours constitueront une étape très importante de son développement, étape lors de laquelle il apprendra à voler et à se nourrir par lui-même.Récupérer ce jeune en pensant qu'il est abandonné est donc un geste inopportun.Et nous le faisons pourtant trop souvent, non par mauvaise volonté, mais croyant plutôt bien faire.La tentation de secourir un oisillon peut être grande, mais il faut éviter d'y céder, car ces jeunes oiseaux, malgré les apparences, sont rarement orphelins.S'occuper d'un oisillon n'est d'ailleurs pas une mince tâche pour un être humain.Il faut d'abord connaître la nourriture préférée de l'oiseau, trouver cette nourriture et la donner au jeune oiseau à toutes les 20 minutes environ ! Il ne faut jamais oublier que le milieu de vie idéal pour un oisillon est le milieu naturel.La vie en nature étant remplie d'embûches (prédateur, manque de nourriture, température difficile, etc.), il est certain que ce ne sont pas tous les jeunes qui parviendront à maturité.D'ailleurs, plus de la moitié échoueront.La nature suit son cours, ainsi va la vie.Organismes spécialisés Bien entendu, il existe certains cas où l'intervention humaine est la bienvenue.Par exemple, lorsque nous sommes en présence d'un très jeune oisillon, dont les plumes ne recouvrent pas parfaitement la peau, il est fort probable qu'il soit tombé du nid.Il faut alors retrouver le nid et y déposer très délicatement l'oisillon.D'autre part, lorsqu'un jeune oiseau, bien couvert de plumes, est seul depuis une très longue période et que les parents ne reviennent pas, il faut alors faire appel à un centre de réhabilitation de la faune.Ils sauront aider cet orphelin.Évidemment, au cours de votre observation, n'oubliez pas de vous tenir à une distance raisonnable de l'oisillon.Sinon, vous pouvez être certain que ses parents ne viendront pas.Enfin, lorsqu'un oisillon (ou un oiseau adulte) semble sérieusement blessé, il est tout indiqué de faire appel aux agents de la faune ou aux centres de réhabilitation pour la faune.Encore là, il faut se fier à notre bon jugement.Un oiseau qui s'est frappé dans une surface vitrée n'est habituellement qu'assommé.Il faut alors le tenir hors de la portée des prédateurs potentiels, tels les chats (dans une boîte à chaussures, par exemple), jusqu'à ce qu'il reprenne conscience et s'envole.Pour éviter cet incident fâcheux, il faut éliminer la réflexion dans nos fenêtres en utilisant divers moyens : rubans suspendus, silhouettes apposées, ombre créée par les arbres, etc.Les organismes spécialisés que vous pouvez contacter pour venir en aide à un oiseau en difficulté sont les suivants : le Centre de sauvetage et de réhabilitation de la faune d'Action pour les animaux urbains (514) 366-9965 ; le Nichoir (450) 458-2809 ; le Centre de réhabilitation des oiseaux blessés (CRIB) (450) 467-2375 ; et l'Union québécoise pour la réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) (514) 345-8521.L'auteur est membre de la Société des amis du Biodôme de Montréal PHOTO BIODÔME DE MONTRÉAL Oisillon de paruline dans la forêt laurentienne du Biodôme. 7LP0701A0730 a07 actus dim 30 juillet 7LP0701A0730 ZALLCALL 67 01:16:32 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 7 Day se défend d'être contre le bilinguisme ALEXANDRE SIROIS Même s'il a déjà publiquement critiqué la politique de bilinguisme officiel mise de l'avant par Ottawa, le leader de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, s'est défendu hier de s'opposer au bilinguisme en tant que tel.« Je dis tout le temps qu'il est important que les citoyens et citoyennes du Canada reconnaissent que nous sommes un pays bilingue.(.) J'ai tout le temps donné mon appui au bilinguisme », a-t-il déclaré au cours d'un entretien téléphonique.La Presse révélait samedi que Stockwell Day avait dénoncé la politique canadienne du bilinguisme au début des années 90, lors de son témoignage devant un comité fédéral qui se penchait sur le renouvellement du Canada.Il était alors whip du gouvernement albertain.M.Day, qui suit actuellement des cours de français à St-Jean-sur- Richelieu, avait soutenu à l'époque que le bilinguisme officiel coûtait trop cher aux contribuables canadiens.Il avait aussi dénoncé le fait que la politique en question empêchait les Albertains unilingues d'avoir accès à certains postes dans la fonction publique.Pour une politique intelligente « J'ai dit que les citoyens d'Alberta, qui avaient donné leur appui au fait que nous sommes un pays bilingue, trouvaient que les programmes du gouvernement fédéral devaient être mis sur pied de façon intelligente », a riposté hier M.Day.Le politicien albertain a affirmé qu'il avait lui-même favorisé l'ouverture d'une école francophone dans la circonscription de Red Deer, qu'il a représentée pendant plusieurs années au niveau provincial.« La province d'Alberta n'a pas besoin du gouvernement fédéral pour nous dire que les droits des francophones sont importants », a-t-il dit, afin d'illustrer que les provinces anglophones peuvent très bien soutenir les francophones.Les propos de M.Day tenus au début des années 90 ont par ailleurs été critiqués, hier, à la fois par les conservateurs et par les libéraux.« Ça va dans le sens de l'ensemble des politiques que représentent cet homme et son parti », a déclaré le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion.« La plate-forme (de l'Alliance canadienne) consiste à ne donner au gouvernement fédéral à peu près aucune responsabilité en matière de langues officielles, pour laisser ça aux provinces.Pour les Québécois francophones, ça ne changerait à peu près rien.Mais pour les francophones hors Québec ça aurait des conséquences très négatives », a soutenu M.Dion.Les minorités écoperaient Le ministre a maintenu que l'Alliance canadienne préconise des « compressions drastiques » dans l'aide fédérale aux minorités officielles.« Ces minorités-là on besoin du rôle du gouvernement du Canada, a-t-il dit.La commissaire aux langues officielles nous a reproché de ne pas en faire assez, et il faut qu'on regarde ça de très près pour voir comment on pourrait faire plus et mieux.Lui, il ferait beaucoup moins.» Si M.Dion a salué les efforts de M.Day pour perfectionner son français, le député conservateur Jean Dubé l'a pour sa part accusé d'opportunisme.« Je pense qu'il essaie d'endormir les Québécois et les Canadiens francophones, de leur jeter de la poudre aux yeux.Car le vrai discours du Parti réformiste était contre le bilinguisme officiel », a-t-il déclaré.L'Alliance canadienne est toutefois en faveur du bilinguisme dans les principales institutions fédérales, en tenant compte des réalités linguistiques des communautés.« Le bilinguisme officiel est non seulement important, il est primordial, a insisté M.Dubé, député francophone du Nouveau- Brunswick.On est le tiers de la population canadienne.On a joué un rôle très important dans la fondation de notre pays et on continue aujourd'hui à le jouer.» Chapters nie être en difficultés financières TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO: 416013 NUMÉRO: 532384 Ventes totales: 14 403 056 $ Prochain gros lot (approx.): 2 500 000 $ Tirage du 2000-07-29 Tirage du 2000-07-29 Tirage du 01 04 05 06 13 2000-07-29 Tirage du 2000-07-29 Tirage du 2000-07-28 Tirage du 2000-07-29 Tirage du 2000-07-28 GAGNANTS LOTS 7/7 1 10 000 000,00 $ 6/7+ 2 133 158,80 $ 6/7 84 2 774,10 $ 5/7 5 555 149,80 $ 4/7 117 741 10,00 $ 3/7+ 108 485 10,00 $ 3/7 989 049 participation gratuite Numéro complémentaire: 02 Numéro complémentaire: 44 Numéro complémentaire: 30 Célébrités.M.Robert Brunette prend sa retraite après 37 ans de loyaux services au collège Mont-St-Louis.D'abord enseignant, puis membre de la direction, il a marqué la vie du collège ainsi que celle de plusieurs générations d'élèves.Nos meilleurs voeux pour une retraite bien méritée.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 Reuters et AFP TORONTO Chapters, le premier libraire en importance au Canada, a déclaré hier avoir de solides assises financières malgré un article de presse voulant qu'Harper Collins Canada Ltée., un des éditeurs majeurs au pays, ait suspendu ses livraisons en raison d'une dette impayée de 11 millions $.Harpers Collins aussi a nié des allégations contenues hier dans un article du quotidien The National Post.Le National Post a affirmé que Chapters devait jusqu'à 11 millions $ à Harper Collins Canada pour des factures impayées, dont certaines datent de l'an dernier.Ceci aurait presque épuisé la marge de crédit de Chapters, évaluée à 80 millions $.Le plus grand libraire canadien a réfuté dans un communiqué les allégations du National Post et a souligné que ses revenus et ses bénéfices augmentaient à chaque année.« L'article d'aujourd'hui dans le National Post est incorrect et induit les gens en erreur.Chapters et Harper Collins Canada ont déjà réglé les dossiers en suspens et ont des bonnes relations de travail », a indiqué l'entreprise dans un communiqué.« Nous avons créé un réseau de librairies qui connait un réel succès, et les investissements sont pratiquement terminés.Au cours de cette année fiscale, Chapters fera des profits », a ajouté l'entreprise.À surveiller aujourd'hui 7LP0802A0730 A8 - DIMANCHE 7LP0802A0730 ZALLCALL 67 01:19:32 07/30/00 B A 8 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 Le stock-car à pleins gaz Intimidé, Anthony Mucci, 4 ans, s'entortille autour de la jambe de sa maman, puis rassemble quelques parcelles de courage pour s'avancer à petits pas saccadés vers son idole, nul autre que le pilote de stock-car américain Brett « The Jet » Hearn.« Vas-y, demande-lui son autographe, mais il va falloir que tu lui parles en anglais », conseille la mère d'Anthony, Chantal Provençal, les deux pieds plantés dans la terre battue au beau milieu des puits de ravitaillement de l'autodrome de Granby.Le jeune Anthony, qui porte un large gaminet à l'effigie de Brett Hearn par-dessus son chandail kangourou, reluque avec de grands yeux ébahis le bolide hyper coloré du pilote de Vernon, au New Jersey.« Ça fait deux ans qu'Anthony vient voir Brett avec son t-shirt, souligne Chantal Provençal, de Boucherville.Le stock-car, c'est une affaire de famille chez nous.Le grand-père et la grand-mère d'Anthony ont déjà couru.Moi, j'ai déjà fait du karting.Et nous suivons Brett Hearn partout où il va, que ce soit à Cornwall, Drummondville ou Granby.» Brett qui ?Brett Hearn, voyons.En carrière, le coureur automobile de 41 ans a raflé le titre de M.Dirt, abréviation du circuit Drivers independent race tracks, à quatre reprises.L'Américain de six pieds, bien baraqué, voyage dans une énorme caravane Budweiser rouge pompier \u2014 bardée de slogans « King of beers » \u2014 avec son équipe de mécanos, qui s'agitent fébrilement autour de sa voiture de course, écouteurs à l'oreille.Un site Internet lui est entièrement consacré : www.bretthearn.com.« Ici, Brett est le pilote qui fait le plus parler de lui.C'est lui qui a la faveur du public », dit Yvon Larrivée, promoteur et publiciste à l'autodrome de Granby.Après des décennies de courses folles et endiablées, la popularité du stock-car se maintient aux quatre coins de la province avec un fanatisme et une fidélité hors du commun.Cette année, 800 mordus ont flambé 275 $ pour un abonnement à l'autodrome de Granby.Télévision Quatre-Saisons présente même, le dimanche à 10h, le championnat Pro-Lab enregistré à l'autodrome de Saint-Eustache.« Le public est toujours en augmentation à Saint-Eustache.Ça monte.Plus il y a du monde sur la piste, plus il y a du monde dans les estrades », dit Yves Ladouceur, président de l'Association nationale des courses automobiles (ANCA), organisme qui veille à l'application des règlements sur la piste de Saint-Eustache.Auto 101 Tout d'abord, bref cours de sport automobile 101.Contrairement à une croyance répandue, le stock-car n'est pas un derby de démolition.Les courses, sur ovale de terre battue ou d'asphalte, se divisent en plusieurs catégories, selon le type de bolide qui y roule.Les voitures « modifiées » sont les plus populaires.Granby, Drummondville, Saint-Eustache, Chicoutimi, Saint- Félicien, Montmagny et Sainte- Croix hébergent les principaux autodromes de la province.Par un soir de semaine de juillet, une joyeuse ambiance de Daytona et de foire agricole anime le champ de Granby où l'autodrome est installé.Gros programme en perspective : c'est la 15e édition du Molson International, une étape de la Triple couronne de stock-cars avec Drummondville et Cornwall.Après avoir déboursé 25 $, les amateurs, en majorité des hommes, franchissent les tourniquets sourire aux lèvres, une couverture enfouie sous le bras et une casquette aux couleurs de Quaker State, Pennzoil, Advance Auto Parts, Sunoco ou Labatt Bleue (en cuir) enfoncée sur la tête.À l'entrée, deux Américains, Joe Ruege Jr et Jim Jeffers, offrent des abonnements aux magazines spécialisés Flat Out Illustrated, Trackside et Dirt Late Model.« Nous couvrons toutes les courses de la côte Est, de la Floride jusqu'au Québec.Les ventes vont bien.C'est pour ça que nous sommes ici.D'ailleurs, le tiers des spectateurs de ce soir sont des Américains », indique Jim Jeffers, qui arbore fièrement les couleurs du magazine pour lequel il bosse.Les verres en plastique de Molson Ex se vident rapidement.Quand les moteurs des bolides ne vrombissent plus, une musique country flotte dans la foule.Près de 4200 spectateurs s'entassent dans les gradins, peints en bleu, blanc et rouge, pour applaudir et siffler les pilotes.La lune éclaire un ciel sans nuage.« Gentlemen, start your engines ! » Les yeux de Sylvain Robillard et Jean-Noël Lévesque, de Dorion, sont rivés sur les bruyantes voitures qui rugissent sur la piste de terre battue d'un demi-mille.« J'aime la vitesse, le bruit », dit Sylvain Robillard.« Moi, c'est le feeling, les dérapages, l'ambiance.On aime ça venir en gang », ajoute Jean-Noël Lévesque, passionné de stock-cars depuis plus de 20 ans.Tous les vendredis et samedis de la saison de course, Guy Pellerin, de Princeville, travaille comme mécanicien bénévole pour le pilote Hugues Mercier.« C'est une passion, pour le spectacle, le show, le son, la puissance, la mécanique.C'est tout ça mélangé ensemble.Nos femmes n'ont pas le choix de suivre si elles veulent nous voir », dit-il en riant.Les pilotes québécois de stockcar, qui carburent évidemment à l'amour des « chars », ne roulent pas sur l'or.« On ne fait pas ça pour l'argent.C'est un hobby assez dispendieux.En partant, c'est un investissement d'au moins 10 000 $.J'ai gagné une course de 30 tours la semaine passée et ça m'a donné un gros 300 $ », explique le Granbyen Jean-Paul Daigneault, qui conduit, deux fois par semaine, sa Camaro Z28 jaune et blanche de 1980.Il court dans la catégorie des « récents modèles ».« Les pilotes québécois sont très talentueux.En majorité, ce sont des mécaniciens et des carrossiers de profession qui travaillent 40 heures par semaine et qui consacrent un autre 20 heures au stock-car », dit Yves Landry, chroniqueur automobile pour RDI et la station de radio CHOI-FM de Québec.Marie-Claude Hébert, 22 ans, est une des rares femmes dans le monde hyper masculin du stockcar.Comme bien d'autres pilotes, c'est son père qui l'a initiée à cet univers de drapeaux à damiers et de « pédale à gaz ».« J'adore pousser l'auto au maximum et la tenir.Tant que le budget va me le permettre, je vais continuer.Mais à 10 000 $ par année, ce n'est pas donné », explique la jeune femme de Brigham, inspectrice en machinage.« Les Américains font ça à temps plein.Les Québécois, sans vouloir les dénigrer, sont des semi-professionnels.Ils courent seulement les fins de semaine », note Yvon Larrivée.« Et pour que ça devienne rentable, il faut que tu finisses toujours dans les cinq premières positions et que tu participes aux courses l'hiver en Floride », note le pilote américain Brett Hearn, dont le bolide vaut plus de 60 000 $.Brett « The Jet » interrompra sa brève conversation avec La Presse à plusieurs reprises pour griffonner des autographes à une bande d'ados.Qui trippe sur les courses de stock-car ?« Plus de la moitié de la foule est composée de vieux routiers qui connaissent bien tous les pilotes », dit Yves Ladouceur, qui assiste à des courses depuis une trentaine d'années.Une nouvelle clientèle commence cependant à poindre dans les autodromes du Québec.Discrètement.« Ce sont des jeunes qui s'intéressent au sport automobile et qui vont au stock-car parce que c'est devenu populaire », précise le chroniqueur Yves Landry.Et l'avantage numéro un de ce sport automobile ?« Le vendredi soir, ça permet à monsieur d'aller aux courses et à madame de faire des commisssions pendant ce temps-là », souligne Yvon Larrivée de l'autodrome de Granby.Voilà.Hugo Dumas GRANBY PHOTOS PATRICK SANFAÇON, La Presse Scène croquée dans les puits de ravitaillement de l'Autodrome de Granby.Anthony Mucci, 4 ans, un amateur de stock-car dont les oreilles sont sensibles au bruit des bolides.Le petit Antony et sa maman, Chantal Provençal, admirent le bolide du pilote Brett Hearn.Le Granbyen Jean-Paul Daigneault et sa Camaro Z28, qu'il pilote deux fois par semaine.Les propriétaires d'autodromes plus sensibilisés à la sécurité HUGO DUMAS «J'ai tout fait pour le sauv e r .A p r è s , j ' a i p e n s é tout lâcher.Mais le stock-car, ce n'est pas l'histoire d'une seule nuit.C'est l'histoire de toute une vie.» Gilles Boisvert, propriétaire de l'autodrome Drummond, se remet lentement d'un burn-out.Le tragique accident qui a coûté la vie à un pilote sur son circuit, le 25 septembre 1999, l'a complètement « traumatisé ».Ce soir-là, Yvon Poulin, 36 ans, a péri dans son bolide, au beau milieu de la piste de Drummondville.Le coureur automobile est mort brûlé vif devant 2000 spectateurs.Dans son rapport sur l'accident, le coroner Gilles Campeau a conclu que Poulin était assis derrière le volant d'une véritable bombe ambulante, car le réservoir à essence de la voiture avait été installé tout près de la batterie.Son auto n'était pas dotée d'une fuel cell, un mécanisme qui empêche le réservoir d'essence de se vidanger si une voiture effectue des tonneaux.De plus, le pilote avait bu de l'alcool avant la course.« Maintenant, plus personne ne va embarquer sur la piste sans son fuel cell.Des inspecteurs vérifient », dit Gilles Boisvert, 59 ans, luimême ancien pilote de stock-car.Un gros accident, survenu en 1990, l'a d'ailleurs laissé partiellement infirme.Malgré les recommandations du coroner Campeau, le Secrétariat aux loisirs et aux sports du ministère de la Santé ne régit toujours pas les courses de stock-car, au Québec.Chacune des pistes dispose de ses propres règlements.Par exemple, les autodromes de Granby et de Drummondville se fient au petit livre jaune du circuit américain DIRT, où on peut lire que « le vilebrequin (crankshaft) doit être d'acier ou de fonte (cast iron) et doit conserver la course (stroke) originale du moteur utilisé.« Nous ne sommes jamais à l'abri d'un accident, mais nous sommes maintenant mieux équipés pour y faire face, explique Yves Ladouceur, président de l'ANCA.Nous avons trois camions de pompier et des réservoirs à mousse.» Le promoteur Bob Gatien, de l'autodrome de Granby, indique que peu de choses ont changé depuis la mort du pilote Yvon Gagnon.« L'ennemi numéro un du pilote, c'est le feu.Ça ne prend pas 10, 15 ou 20 secondes que tu es mort dans un incendie.Tu n'aurais même pas le temps de caller les pompiers, même s'ils avaient leur camion à côté », affirme-t-il.Le risque fait partie de la game, selon plusieurs promoteurs.« Moi, à chaque fois que je vois mon gars embarquer sur la piste, j'ai peur.Le coeur m'arrête.Mais c'est sa vie à lui.Ça ne prend pas du monde normal pour faire du stock-car.Ça prend du monde qui aime ça se faire peur.C'est un métier dangereux », souligne Gilles Boisvert.Les voitures qui roulent sur terre battue peuvent facilement atteindre 100 km/h. La Presse 30 juillet 2000 Page A9 manquante 7LP1001A0730 A10 - DIMANCHE 7LP1001A0730 ZALLCALL 67 01:14:25 07/30/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 Le fléau de la grippe espagnole sur les rives du Wabash Timothy Findley a rédigé cette nouvelle dans le cadre du projet Les grands moments de l'histoire du Canada conçu par l'Institut du Dominion, un organisme caritatif dédié à la promotion de l'histoire du Canada.Le projet est parrainé par Patrimoine Canada.Cette nouvelle a été traduite de l'anglais par Solenn Carriou, Lexique Ltd.Le texte a été écourté pour des raisons de publication.La version originale est disponible par l'intermédiaire de l'Institut du Dominion au 416 368-9627.TIMOTHY FINDLEY Mercredi matin, 1er mai 1918 Au loin, à l'arrière de la maison, un enfant à la voix douce et hésitante chantait.Oh, le clair de lune illumine ce soir le Wabash.Des champs monte une odeur de foin frais, À travers les sycomores les lumières étincellent Au loin sur les rives du Wabash.Un jeune homme en uniforme se trouvait au milieu du hall d'entrée, des pièces inondées de soleil de chaque côté de lui.Il se soutenait avec une canne.Fermant les yeux, il aurait presque repris la chanson \u2014 celle que sa mère avait chanté pour bercer chacun de ses enfants \u2014 mais il garda le silence.Le silence c'est la vie, lui avait-on appris pendant la guerre.Si vous restez silencieux, personne ne vous trouvera.Derrière lui, dans le vestibule, un setter roux était étalé sur le carrelage entre deux urnes chinoises remplies de fougères.Il faisait chaud \u2014 surtout pour le mois de mai.On aurait pu se croire en juillet.Dans la cuisine, quelqu'un fit tomber un objet en métal, rit et ferma un tiroir en bois.Puis il y eut le cliquetis des assiettes du dîner qu'on empile, le son clair des voix de femmes et le bruit d'une porte de moustiquaire qui claque.La chanson continuait.Le jeune homme attendait \u2014 immobile.Il ne voulait pas bouger.Il désirait saisir cet instant et le conserver à jamais.Pour la première fois en trois ans, il se sentait en sécurité.Lundi matin, 10 juin 1918 C'était encore une magnifique journée.Sans nuage, sans vent \u2014 embaumée des premiers coquelicots et des derniers freesias.« Je me demande où est Graeme », s'exclama Phoebe depuis le porche.« Probablement en train de faire la grasse matinée, » répondit Ned.« On ne peut pas lui en vouloir.L'école l'épuise.C'est bien qu'il soit à la maison pour l'été.Pour tenir compagnie à Midge.» « Non, s'écria Midge.Je ne veux plus jouer avec Gray.Il m'ennuie \u2014 et il me fait peur.C'est une brute.» Tom se remua sur sa chaise et posa sa tasse de café.Il ferma les yeux.Sa chemise était propre.Elle respirait le propre.Cela l'étonnait encore aujourd'hui.Propre.Plus de boue \u2014 plus de sang, chantonnaitil.« Je crains que ce ne soit la vérité sur ce garçon, dit Ned.J'ai reçu une lettre du directeur, annonçant que le comportement de Graeme était inquiétant.Il raconte que les parents de plusieurs enfants ont porté plainte.» Tom s'enfonça dans son fauteuil.Il essaya de se détendre les mains.N'écoute pas.Midge posa son regard sur Hunter.« Il a battu le chien, une fois », s'exclama-t-elle.« Ne raconte pas des histoires, je ne tolérerai pas que l'on raconte des vilaines choses sur ton frère.» « Maman, dit Ned en lui touchant la main.Il vaut mieux savoir les vilaines choses.Nous devons les affronter.» Phoebe ne dit rien.Elle regardait de côté.Les punitions ne résolvent rien, pensait-elle, se souvenant de la violence de son père battant ses frères querelleurs.Rien ne pouvait les maîtriser.C'était juste leur nature.Elle but son thé \u2014 alluma une autre cigarette \u2014 promena son regard sur la pelouse et s'exclama : « Quelle belle journée.Et nous voilà tous ici réunis.Quelle chance nous avons, n'est-ce pas ?» Personne ne répondit.Vingt minutes plus tard, Phoebe se retira dans la serre un verre de whisky à la main.Là, elle s'assit parmi les cascades de bégonias et médita sur la vie des enfants qui lui restaient.Tom est rentré \u2014 et Graeme aussi.Mais au moins je savais d'où venait la guerre de Tom.D'où vient celle de Graeme et pourquoi se bat-il ?Elle se pencha et toucha une des fleurs.Toute chose est un mystère, pensait-elle.Toute chose et toute personne.Même nos propres enfants.Phoebe Hart \u2014 la femme de Ned, originaire de l'Indiana \u2014 était une jolie femme menue, aux yeux américains malicieux et à la bouche généreuse.Néanmoins, elle était implacable.Il n'y aurait pas d'échec parmi sa progéniture.Les échecs et les douleurs faisaient partie du passé \u2014 enterrés avec ses parents et ses enfants décédés.Deux fils étaient morts \u2014 mais les autres avaient survécu : Tom et Edith, des jumeaux ; Graeme ensuite puis Midge enfin.Pas d'autres.Et plus de décès, avait-elle juré en 1914.1914 \u2014 C'était un autre monde.Un monde qu'ils pourraient tenter de recapturer \u2014 maintenant que Tom était en sécurité à la maison et que la guerre, apparemment, semblait s'apaiser.Mardi soir, 11 juillet 1918 \u2014 Est-ce que je peux dormir avec toi ?\u2014 Tu es trop âgé pour dormir avec moi.Je suis trop âgé.\u2014 J'ai peur.\u2014 De quoi ?Du noir ?\u2014 Non.Je n'aime pas être tout seul.» Graeme remua, l'air d'attendre quelque chose.« Alors, dit-il.Est-ce que je peux ?\u2014 Si tu veux vraiment \u2014 mais il fait chaud.Il n'y a qu'un drap.» Le clair de lune rentrait.Le lit émit un grincement lorsque Graeme monta.La fenêtre était ouverte.Un chien aboya, au bout de la rue.Dans une chorale nocturne, les criquets, les grenouilles et les rainettes chantaient.« Est-ce que je peux toucher tes blessures ?\u2014 Oh, pour l'amour de dieu.» Tom s'assit contre l'oreiller, attrapa une cigarette et l'alluma.Graeme, appuyé sur un coude, tira le drap et regarda la cuisse de Tom \u2014 son genou \u2014 son tibia.« Est-ce que ça te fait mal ?\u2014 Bien sûr que ça fait mal.Quelle question ! » Graeme étendit le bras et promena ses doigts le long de la jambe de Tom.« Qu'est ce que tu as ressenti quand c'est arrivé ?\u2014 Rien.\u2014 Oh, arrête ! Un obus a explosé.\u2014 Tu ne ressens rien au début.J'ai essayé de me lever pour courir et je ne pouvais même pas bouger les pieds.C'est à ce moment là que tu ressens la douleur.C'est là que tu paniques.\u2014 Qu'est ce qui est arrivé après ?\u2014 Tous les autres étaient morts.» Tom aspira une grosse bouffée de fumée et souffla dans le clair de lune.Il agita la main.« On me croyait mort \u2014 comme tous les autres.J'ai fini dans une antenne chirurgicale française.C'est pour ça qu'ils ont dit que j'avais disparu.Personne ne pouvait localiser le corps.» Il grimaça et regarda son frère.« Puis Mernie est venue et m'a identifié.Dieu merci.Elle avait servi dans une infirmerie sur le même front.Je n'oublierai jamais ce moment où j'ai levé les yeux et je l'ai vue devant moi.Cette chère Mernie et son sourire.Graeme reposait sa main sur le ventre de Tom.« Tu as tué des gens ?demandat- il Bien sûr que oui.Quelle question stupide.Qu'est ce qui te prend ?» Il retira la main de Graeme et regarda par la fenêtre.« Tu ressens quoi \u2014 quand tu tues quelqu'un ?» Tom ne répondit pas.Il examinait Graeme \u2014 se demandant ce qui lui était arrivé.Qu'était-il devenu, cet enfant \u2014 celui qui avait été un si merveilleux compagnon ?Tous ces jeux, à faire semblant d'être des Indiens \u2014 se cacher dans les bois, apprendre à marcher sur les feuilles mortes ou à ramer sans faire aucun bruit.Tout envolé.Mais où ?Avec ce garçon étrange, sombre et difficile aux obsessions bizarres \u2014 les armes \u2014 la guerre \u2014 la chair meurtrie de son frère \u2014 Dieu sait quoi d'autre.Pendant le dîner, il n'avait parlé que de fusils.Le chien se remit à aboyer.Samedi soir, 27 juillet 1918 Plus de cent personnes.« Qui aurait imaginé que nous avions autant d'amis ! » soupira Phoebe.« Félicitations, maman, » s'exclama Ned, lui enroulant son bras autour de l'épaule.« Vous avez réussi un triomphe.» Toutes les pièces étaient remplies de fleurs.C'était pour l'annonce d'un mariage, bien que \u2014 comme toutes les mères \u2014 elle aurait voulu que le premier soit celui d'Edith.Pourtant, quelle importance ?Ils étaient tous les deux l'aîné.Des jumeaux.Tom allait épouser Georgia Carling.À présent, ils buvaient tous du champagne \u2014 ou ce qui passait pour du champagne, une concoction que l'on nommait mousseux, provenant de quelque part à Montréal.Après les toasts, Tom et Georgia se retirèrent dans l'écurie.Un orchestre jouait une valse.La musique était envoûtante.« Le morceau s'appelle Maytime, » dit Georgia.« Mais nous sommes en juillet ! » s'écria Tom, et ils se mirent à rire.« Je ne sais plus très bien danser, » ajouta t-il.\u2014 Ce n'est pas grave.Je t'aime.\u2014 Es-tu heureuse ?, demanda Tom.Il souriait.« Oui, dit Georgia.Plus que je ne le mériterai jamais.Oh, mon chéri.» Elle l'enlaça « .et si tu n'étais jamais revenu ?» C'était une histoire avec des dialogues vieux comme le monde, la même histoire qui se répétait encore et encore à chaque guerre depuis que les Grecs avaient pris la mer pour Troie.« Est-ce que tu m'attendras ?avait-il demandé.\u2014 Oui, je t'attendrai.» Vendredi, 13 septembre 1918 Quand Ned rentra de l'usine un vendredi soir, il fit une chose qu'il n'avait encore jamais faite.Il se dirigea vers la salle à manger, où Winona arrangeait la table pour le dîner, sortit un verre à whisky ciselé et se versa trois doigts de brandy.Puis il se retira dans l'écurie.Clara le salua d'un doux hennissement.« Hallo, ma belle, » dit Ned en lui caressant le museau.« Ça vient, ça vient, patience.» Il s'assit sur une marche et but.Trevor était sur le point de la nourrir.Il se trouvait dans le grenier en train de déficeler une botte de foin.« Vous leur avez dit ?» demanda t-il.« Non.» Ned regardait le poney boire.Puis il dit : « Déjà vingtdeux morts.Plus d'une centaine aux États-Unis.Et ce n'est que le début.Je ne crains pas d'en parler à ma soeur.Mernie est infirmière \u2014 elle pourra l'affronter.C'est pour Mme Hart que je m'inquiète.Il y a eu assez de danger \u2014 assez de maladie \u2014 trop de pertes comme cela.\u2014 Oui, Monsieur.\u2014 Nous prenons toujours un verre ensemble avant le dîner.Je lui en parlerai à ce moment-là, quand nous serons seuls.J'en parlerai aux autres ensuite.» Ils s'assirent dans la bibliothèque de Ned.Tout était masculin \u2014 fauteuils de cuir et bois sombre \u2014 et sentait la fumée de pipe.C'était dans ce lieu aussi qu'elle était venue trouver Ned pour lui apprendre la mort d'Andrew, sept ans plus tôt \u2014 le deuxième fils.À l'âge de neuf ans.D'une péritonite.Une mort qu'ils n'avaient pas vu venir.Elle observa Ned verser du whisky dans un verre.« Est-ce que quelque chose ne va pas ?« Ned lui tendit le verre et se dirigea vers la fenêtre.« Quelque chose est arrivé.» dit-il.Phoebe attendait, remuant les morceaux de glace dans son verre.« .nous devons nous préparer à faire face à un nouveau fléau.» Le whisky, c'est amer.Ça brûle.« .Il y a déjà des morts.Beaucoup de morts.\u2014 De quoi ?\u2014 Ça s'appelle la grippe espagnole, lui dit-il.Trois ouvriers l'ont attrapée et une de leurs femmes est décédée.» Il se retourna et la regarda.Phoebe posa son verre à moitié vide sur la table.« Oui ?dit-elle, sans le regarder.Et alors ?\u2014 Et nous sommes en danger.Tout le monde.Nous tous.» Ned attendit.Observant.D'abord, rien ne se produisit.Phoebe prit son verre et joua avec la tige.Et puis elle se mit à rire.Elle rit si doucement que, en la regardant, il n'était pas sûr que ce soit vraiment un rire.Puis elle explosa.Il vint à elle et s'agenouilla à ses pieds.« Non, dit-il.Ne fais pas cela.» Elle se libéra de son emprise et se leva.Le rire continua.Puis il s'arrêta.Baissant son regard vers lui, elle parla d'une voix sans vie.« Est-ce que nous avons un pistolet ?demanda t-elle.Je veux un pistolet.Avec six balles.\u2014 Non, dit-il.« Nous allons nous en tirer.Il n'y aura pas de pistolet.Mardi après-midi, 19 novembre 1918 La guerre est terminée.Personne ne s'en est réjoui.C'est vrai, ils sont tous descendus dans les rues.Les cloches ont sonné.Tout le monde a chanté.Il y a eu un feu d'artifice.Les gens sont montés sur leurs toits, et ont agité des drapeaux.Une longue et haute clameur s'est levée.Mais personne ne s'est réjoui.Le troisième jour de la paix, ce fut le silence.Un autre combat avait commencé.Le combat pour la survie.À l'est, on comptait maintenant plus de cent morts de la grippe espagnole \u2014 et un nombre croissant de victimes, station après station, village après village et ville après ville, alors que l'épidémie se déplaçait vers l'ouest du continent.En majeure partie, elle se déplaçait avec les trains de militaires, de soldats retournant chez eux depuis la France.En Europe, il y avait déjà cinquante mille morts.Personne ne pouvait rien y faire.Ni les médicaments.Toutes les solutions avait été essayées et rien ne marchait.Si vous vous en tiriez, c'était parce que votre système immunitaire avait développé un anticorps contre ce virus particulier \u2014 quel que fut ce virus.Personne ne savait.Graeme avait eu de la chance.Les premières fièvres mortelles l'atteignirent vers la fin de septembre \u2014 mais après une semaine de soins, il s'était rétabli.On avait décidé de ne pas le renvoyer à l'école, et Midge restait également à la maison à présent.Trois de ses camarades de classe étaient décédées.L'après-midi du 19 novembre, un mardi, elle courut dans la chambre de sa mère.Derrière les fenêtres, il y avait une lourde brume dans laquelle les maisons voisines semblaient flotter à la dérive.« Maman, je suis d'abord allée chercher Mernie, mais je crois que tu devrais venir.\u2014 Qu'est ce qui se passe ?\u2014 C'est Tom.» Il était allongé sur son lit comme sur un nouveau champ de bataille \u2014 un autre Ypres, une autre Somme \u2014 un autre Passchendaele.Ses bras étaient jetés de part et d'autre comme des vêtements sales dans un coin.Il portait une chaussure mais pas l'autre.Sa cravate, défaite, n'avait pas été enlevée.Ses cheveux étaient ternis, ses yeux miclos, sa bouche ouverte \u2014 béante \u2014 haletante \u2014 repoussante \u2014 un signe apparent de la mort.L'apercevant depuis la porte, Phoebe attendit, ferma les yeux et murmura : ne fais pas cela.Marian s'affairait autour de ce qui semblait déjà être un cadavre, déchirant des lambeaux de vêtements trempés et couvrant de serviettes sa nudité.Phoebe s'approcha du lit, sans rien dire \u2014 et promena sa main le long de la jambe mutilée.Après un moment \u2014 le regard fixé sur Tom, elle demanda : « Estce que c'est grave ?» \u2014 C'est grave.\u2014 Est-ce qu'il va.?\u2014 Dans la nuit, dit Mernie.À moins que.\u2014 À moins que ?\u2014 À moins que l'on trouve un poumon de métal.Il y a des cas \u2014 d'après ce que j'ai entendu \u2014 où un poumon de métal peut les aider à tenir.\u2014 Qui peut-on appeler ?Trouves- en un.Maintenant.\u2014 Je vais téléphoner au docteur Cooper-Cole, » dit Marian.Phoebe se mit à tamponner les serviettes, une par une, contre la chair de Tom.Il n'a pas de peau \u2014 seulement de la chair, pensa t-elle.À laquelle j'ai donné la vie.» Le poumon arriva à minuit.Le docteur Cooper-Cole arriva avec lui.Il était vieux et ravagé.Beaucoup mouraient \u2014 y compris les médecins et les infirmières.Quatre hommes portèrent le poumon dans le bureau de Ned.Deux d'entre eux descendirent la masse inanimée de Tom dans les escaliers.Le docteur Cooper-Cole surveilla le placement du corps dans la machine, qui fut ensuite activée.« Elle fait un bruit épouvantable, » s'écria Midge, qui se trouvait avec Hunter sur le pas de la porte.« L'une d'entre vous doit veiller auprès de lui à chaque instant, » ordonna le docteur.« Ne pourrais-je pas rester avec lui ?» demanda Midge depuis la porte.« Demain.» Mercredi, 20 novembre 1918 Tom divaguait.Où se trouvait-il à présent ?Sur le sol quelque part, incapable de bouger.Ses bras étaient immobilisés par la boue.Il ne pouvait pas sentir ses jambes.Elles n'étaient peut-être même plus là, il n'avait aucun moyen de le savoir.Sa respiration était très difficile.Quelque chose de vivant reposait sur sa poitrine.Qui était-ce ?Quoi ?Il se demandait si un des chevaux n'était pas tombé sur lui.Ces choses arrivent.Il y avait assisté un jour \u2014 un cheval tombé reposant mort sur un homme qui se noyait dans la boue, incapable de se relever.« Tom ?» Quelqu'un l'appelait.« Tom \u2014 est-ce que tu m'entends ?» La voix ressemblait à celle de sa mère, mais c'était impossible.« Tom \u2014 Georgia est avec moi.Elle est venue te voir.» « Bonjour, mon chéri.J'ai enfreint toutes les règles de quarantaine, mais je ne pouvais plus supporter d'être loin de toi.» Quelqu'un lui sécha le front avec un mouchoir.Il va être plein de boue, voulut dire Tom.Et puis : qu'est-ce que vous faites ici ?Je ne comprends pas.Il avait dû passer des heures ici, et maintenant ces femmes.Où étaient les Allemands ?Pourquoi ne tiraient-ils pas ?Et qu'était-ce que ce bruit ?On aurait dit un tank.Ou peut-être un train qui approchait.Quelles que soient les personnes qui étaient là, elles étaient maintenant parties.Il essaya de tourner la tête.Il était trempé.Il ne pouvait même pas tousser.Ses épaules auraient pu être une planche clouée au sol et le sol, du ciment.Et pourtant, il coulait.Je suis un navire, pensa t-il.Titanic, Lusitania.Quelque chose m'a fait couler.Dans une mer de gaz moutarde, de vapeurs de chlore, de boue.Une bombe de gaz tomba près de son oreille.Ne fait pas ça.La bombe se mit à siffler.À chuchoter.Maintenant.Maintenant.Viens.Non.Je ne veux pas.Je vous en prie ne m'obligez pas.Je vous en prie.Mais le moment est venu.Non.Je n'ai pas terminé.JE N'AI MÊME PAS COMMENCÉ Il sombra dans les profondeurs \u2014 dans le silence \u2014 dans.le néant.« Marian ! Vite ! » « Recule-toi.Reste en arrière.» Et puis : « Tom ?Tom ?» Ned et Edith firent irruption dans la pièce.Midge hésita à la porte, craintive.Elle n'avait jamais assisté à une mort.Graeme ne vint pas, mais Aggie entra.Et Winona.« Tom ! Tom ! » Marian donnait des ordres comme un sergent-major en essayant de le ressusciter.« Tom ! Tom ! Tom ! » Midge se retourna et s'assit dans le hall.Le soleil se mit à briller.Georgia revint de l'endroit où elle avait disparu et rejoignit les autres, caressant le visage de Midge en passant.Tout à coup, ce fut le silence.Total.Le poumon de métal fut éteint.Il émit un dernier soupir et ce fut tout.Bizarrement, Midge s'attendait à ce qu'une porte claque \u2014 comme s'il allait s'élever et quitter la maison.Edith s'approcha et prit la main de Midge.« Viens maintenant, » dit-elle \u2014 à mi-voix.« Il faut que tu le vois.Il a l'air si paisible.N'ai pas peur.» Elles retournèrent à l'intérieur et s'arrêtèrent devant le lit.Personne ne parla.En effet, c'était vrai.Il reposait en paix.C'était fini.Mercredi après-midi, 20 novembre 1918 Marian avait terminé la préparation du corps de Tom.Elle l'avait habillé dans son uniforme, mais avait gardé les rubans en souvenir.Les médailles étaient déjà bien placées sur la table de nuit de Phoebe dans une boîte ouverte en acajou qui ressemblait à un cercueil miniature.Ne prononce pas le mot cercueil.N'y pense même pas.Ils allaient venir le chercher bientôt et le couvercle allait se refermer.Même l'horloge semblait silencieuse.Les deux femmes s'installèrent de chaque côté de Tom et observèrent le jour diminuer autour d'elles.Les livres sur les étagères perdirent leurs titres étincelants, un par un, jusqu'à ce que la seule source d'éclairage proviennent du chandelier électrique du hall par la porte ouverte.Enfin, après une vingtaine de minutes, Phoebe se pencha et baisa le front de son fils.Puis elle se retourna et quitta la pièce.Elle n'avait pas prononcé un mot.Tous les mots qui convenaient avaient déjà été dits et n'avaient plus d'intérêt à présent.Graeme ne descendit pas pour le repas.Midge non plus.Au début.Elle traversa le couloir jusqu'au piano \u2014 Hunter la suivit, la queue basse, les oreilles abattues, la langue pendante.Il semblait avoir vieilli de dix ans.La lumière était faible, mais Midge connaissait les notes par coeur.Et les mots.Tout le monde l'entendit.Tout le monde écouta.À mi-chemin entre la cuisine et la salle à manger, Trevor attendait, ne voulant pas garnir le plateau avant que la chanson ne soit terminée.Aggie et Winona s'approchèrent de la porte ouverte et, se tenant les mains, se joignirent à la tranquillité.Oh, le clair de lune illumine ce soir le Wabash Des champs monte une odeur de foin frais, À travers les sycomores les lumières étincellent Au loin sur les rives du Wabash.D'un instant à l'autre, le futur commencerait.Timothy Findley 7LP1101A0730 A17, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0730 ZALLCALL 67 01:18:48 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 11 La révolution galopante des communications De Pétionville à Oulan Bator, on se branche.Seuls quatre pays n'y sont pas arrivés : l'Irak, la Corée du Nord, la Birmanie et l'Érythrée Rivé à son écran au fond d'un petit cybercafé à Pétionville, en Haïti, Dmitri Fourcand explique à un reporter du Los Angeles Times que grâce à la Toile, il se sent « citoyen du monde ».Devenue monnaie courante dans nos sociétés, cette scène ici n'a rien de banal dans un faubourg de banlieue de la capitale haïtienne.Dans ce petit café baptisé Click 123, une bande de jeunes Haïtiens émerveillés s'initient au maniement de la communication par Internet.Pétionville compte maintenant une douzaine de ces petits cybercafés.À quoi peuvent bien servir ces appareils ?Autour de Fourcand, des jeunes fouillent partout : certains cherchent de la documentation française, d'autres sont en communication avec des correspondants ailleurs dans le monde, certains scrutent les offres d'emploi en Floride.Dans ce pays parmi les plus pauvres et les plus isolés du monde, jouer à l'internaute n'est pas une mince affaire : Haïti ne dispose que de 60 000 téléphones pour une population de huit millions d'habitants, dont une grande majorité au surplus est privée d'électricité.Ce qui fait que les cybercafés de Pétionville fonctionnent à la génératrice, avec de vieux appareils déclassifiés obtenus en solde de l'Armée américaine.C'est tout ce que ça prend pour que s'exerce sur ces jeunes la magie de communiquer avec le reste du monde.On ne sait pas trop pour l'instant en quoi la Toile puisse aider une population aussi démunie, majoritairement illettrée de surcroît, mais les plus futés de ces jeunes soupçonnent qu'il y a de l'avenir dans cet engin-là.À Port-au-Prince, Nancy Roc, journaliste local réputé, a lui aussi ouvert son cybercafé, intégré à un centre culturel, et offre des escomptes aux étudiants et aux plus pauvres.Il rêve du jour où tous les Haïtiens seront branchés.Le cas de la Mongolie À l'autre bout du monde dans l'intervalle, la Mongolie-Extérieure s'initie aussi à la magie de la communication électronique.Pas banal ici non plus.Le pays compte aussi parmi les plus pauvres au monde, mais il a ceci de particulier que, coincé entre la Chine et la Russie au creux de l'Asie, il est l'un des plus isolés au monde.Sa population reste nomade à près de 40 %.Et si 70 ans de régime communiste en ont fait un pays pauvre et isolé, par contre 97 % de sa population sait lire et écrire, ce qui est plus qu'aux États-Unis.Et ce qui fait que les Mongoliens offrent un champ intéressant pour expérimenter l'implantation de Toile en tiersmonde.C'est à cause de ces caractéristiques \u2014 pauvreté, isolement (l'aéroport international d'Oulan Bator, la capitale, ne dessert que trois villes, Moscou, Séoul et Pékin), nomadisme (qui force le recours à la téléphonie cellulaire), éducation avancée \u2014 qu'un organisme comme Netaid, une entreprise conjointe des Nations unies et de la compagnie Cisco, a ciblé prioritairement la Mongolie dans son programme d'expansion du Net dans le tiers-monde.On a ainsi conçu le prototype d'un nomade mongolien installé sur son cheval accédant au Net par un appareil sans fil activé par l'énergie solaire et communiquant par satellite.Le pari de Netaid : permettre à des pays qui ont à peu près tout raté des développements du XXe siècle de faire un grand bond en avant par la révolution de la technologie de l'information.Et le gouvernement mongolien marche à fond, qui ambitionne, sur dix ans, de brancher sur le Net l'ensemble de sa population et 90 % des entreprises, des services gouvernementaux et des services financiers, indique un reportage du Chicago Tribune.Une révolution planétaire Qu'un pays comme la Mongolie en soit là mesure assez le rythme actuel de la révolution en cours.Il y a cinq ans à peine, une minorité de pays avaient accès à la Toile ; aujourd'hui, on ne compte plus que quatre pays qui en soient privés : l'Irak, la Corée du Nord, la Birmanie et l'Érythrée.Il y a un an, plus de la moitié des usagers d'Internet étaient américains ; mais depuis un an moins du quart des nouveaux usagers inscrits résident aux États- Unis.Pourtant les grandes applications de la révolution informatique restent à venir; les plus sensationnelles touchent l'Inde et la Chine, comme en font foi des reportages du Economist.En Chine, dit l'hebdo, déjà des villages parmi les plus reculés foisonnent de placards publicitaires annonçant tel téléphone cellulaire ou tel site de cybercommerce.Dans le bled perdu de Wanxian, à 1900 km en amont du fleuve Yangtseu, une banderole traversant la rue principale annonce : « Croissance des seins par ordinateur.» Le gouvernement chinois marche à fond dans la révolution des communications, le gros de ses investissements ayant été jusqu'ici consacré aux infrastructures.Pékin a quadrillé le pays entier d'un puissant réseau de fibre optique : huit lignes maîtresses dans le sens nord-sud, huit lignes également dans le sens est-ouest.En dix ans, le nombre d'abonnés au téléphone est passé de 10 millions à 125 millions et croît actuellement au rythme effarant de deux millions par mois.Du côté de la téléphonie cellulaire, la croissance est encore plus spectaculaire : on comptait cinq millions d'usagers en 1995, ils sont aujourd'hui 57 millions.Selon des informations gouvernementales, les usagers d'Internet étaient au nombre de 2,1 millions début 1999, et l'année se serait terminée à 8,9 millions.Le chiffre atteindrait 20 millions à la fin de l'an 2000.C'est proprement fulgurant et des entreprises occidentales comme Hugues, Ericsson et Motorola veillent au grain, espérant que l'adhésion formelle de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce et à ses règles libérales, prévue d'ici la fin de la l'an 2000, ne les obligera plus à forcer les portes de la bureaucratie chinoise comme c'est encore le cas.La révolution des communications en Inde suit un autre cheminement.Le pays compte déjà, outre un formidable réseau d'instituts de formation professionnelle liés aux communications, sa Silicon Valley nationale en la ville méridionnale de Bangalore.C'est dans cette ville que le premier ministre Atal Vajpayee a réuni il y a 15 jours les leaders des États de l'Inde pour leur annoncer un vaste programme de déréglementation au terme duquel le pays disposera d'un vaste réseau de communications rejoignant ses plus profonds replis.Curieusement, l'opposition que rencontre M.Vajpayee se manifeste surtout dans ses propres rangs : son aile « travailliste », mue par le plus puissant syndicat du pays, craint les pertes d'emplois ; son aile « culturelle » redoute la main mise étrangère sur l'appareil.L'industrie de l'informatique en Inde connaît déjà une croissance phénoménale, ses exportations de logiciels augmentant de 40 à 50 % par année, pour un chiffre d'affaires de quatre milliards US l'an dernier et vraisemblablement 5,7 milliards cette année.Les revenus de l'industrie de la communication devraient atteindre les 87 milliards en 2008, occupant 2,2 millions d'Indiens, avec des exportations de 50 milliards.Câbler la totalité de ce pays d'un milliard d'habitants ne peut qu'enfler le mouvement.Et la demande est là.Dans certains villages reculés, des artisans ont converti la cabine du téléphone public en poste d'Internet auquel les citoyens accèdent pour quelques sous.Les politiciens en prennent note.Le G8 s'en mêle Dans ce contexte, pas étonnant que le dernier Sommet du G8, la semaine dernière à Nago, au Japon, ait émis le voeu \u2014 pieux, comme c'est souvent le cas à ce niveau, mais quand même \u2014 de faire profiter les plus pauvres du monde de l'accès à la nouvelle économie.Le président Clinton y est allé d'une déclaration que d'aucuns ont jugé un brin ronflante sur un « plan d'action planétaire » à cet effet, appuyée par 50 des fondations et entreprises les plus prestigieuses des États-Unis, notamment America Online et IBM.Mais tout ça n'impressionne guère un mouvement tiers-mondiste comme Jubilee 2000 qui a voulu rappeler aux dignitaires du G8, à Nago, que les ordinateurs, c'est pas ça qui nourrit son tiersmonde, note l'envoyé spécial du Boston Globe.Jubilee 2000 observe qu'au précédent G8 tenu à Cologne l'an dernier, les grands pays industriels avaient promis d'éradiquer 100 milliards US de la dette des pays les plus pauvres, mais qu'on en a gommé que pour 15 milliards à ce jour.PHOTOS AP Cybercafés du monde ; dans l'ordre des aiguilles d'une montre, en commençant en haut à gauche : à Djakarta, à Pékin, à Dubai et à Téhéran.Marchandage Arrérages Racolage Jardinage n Les États-Unis aiment bien faire étalage de leur générosité envers les pays en développement mais certaines données contredisent le discours triomphaliste.La contribution américaine per capita à l'aide directe au tiers-monde n'est que de 5$, l'une des plus faibles des sociétés industrielles.Et quand le Congrès des États- Unis décide d'adopter des lois favorisant le commerce avec la Chine ou avec l'Afrique par exemple, c'est généralement à l'avantage prépondérant des États-Unis, notent, dans le Financial Times, de Londres, deux profs d'économie, l'un de Columbia, l'autre de l'Université du Maryland.L'accord avec la Chine ouvre grand les portes du marché chinois aux entreprises américaines et la Chine obtient peu en retour.L'«African Act», disent-ils, est du même ordre ; il illustre une tendance corrosive à Washington de privilégier les accords préférentiels, à l'avantage des États-Unis, au détriment d'accords plus généraux et plus équitables.Ainsi les États-Unis voudront bien dispenser de droits de douane des chemises africaines, à la condition que les tissus proviennent des États-Unis et qu'ils aient été coupés aux É.-U.Les Africains se trouvent ainsi à payer le prix fort pour la marchandise composant une chemise, ce qui restreint leur liberté de commerce.n Le grand cirque quadriennal des conventions politiques américaines débute demain à Philadelphie, les républicains étant les premiers à se présenter au bâton.Même si le choix de George W.Bush, pour les républicains, et d'Al Gore plus tard pour les démocrates, ne fait aucun doute, les deux conventions promettent des dépenses somptuaires inégalées dans l'histoire des États-Unis.Les entreprises américaines assumeront la presque totalité des 95 millions US que coûteront ces conventions, mais leurs dépenses ne s'arrêteront pas là.Profitant du regroupement exceptionnel des élites des partis, elles dépenseront des millions en partys se déroulant à la périphérie des conventions, histoire de mettre en contact leurs grands patrons et leur lobbyistes avec les élites politiques, note Business Week, qui présente ces deux grands événements comme une sorte de Super Bowl du lobbyisme.À peu près tout le monde, de GM à Playboy, embarque.Fred Wertheimer, président du mouvement Democracy 21, chien de garde de la démocratie, estime de son côté qu'on assistera là «à un haut niveau d'indécence.Il s'agit, dit-il, d'acheter un accès à des hommes politiques et tout ça se fait au détriment de 250 millions d'Américains qui, eux, ne peuvent le faire».n Imaginez un instant ce que peut représenter comme surface globale l'ensemble des toits de tous les bâtiments d'une ville comme Montréal.Imaginez ensuite ce que pourrait signifier pour l'environnement, la qualité de l'air notamment, le fait que toutes ces surfaces deviennent des espaces verts, avec leurs plantes et leurs arbres.On peut toujours rêver, mais dans l'intervalle, le maire de Chicago, Richard Daley, rêve et agit.À tout le moins souhaite-t-il que les toits des gratteciel de Chicago soient convertis en minijardins de cette nature, rapporte le Financial Times, de Londres.Le maire Daley donnera l'exemple en installant un jardin de 12 750 pi.cubes sur le toit de l'hôtel de ville de Chicago, un bâtiment néoclassique de 11 étages.L'entreprenant maire souhaite ensuite que les propriétaires de gratte-ciel emboîtent le pas, suivis des propriétaires de conciergeries.Entre autres avantages, le maire estime qu'un jardin sur le toit constitue un bon isolant préservant les occupants de la chaleur produite par les rayons solaires.La multiplication de ces minijardins agirait aussi contre le smog.Le jardin suspendu de l'hôtel de ville de Chicago comprendra 20 000 plantes rendues accessibles par des allées piétonnières.Il est étonnant que Pierre Bourque, le maire au pouce le plus vert d'Amérique, se soit fait damer le pion par son homologue de Chicago.n L'Allemagne espère bien avoir fermé le dossier des réparations résultant de la dernière guerre maintenant que son parlement vient d'accepter de contribuer au fonds de compensation destiné aux victimes du travail obligatoire dont ont bénéficié des entreprises allemandes.Un chroniqueur du New York Times se demande quand les États-Unis feront preuve de pareil sens de l'équité envers leurs anciens esclaves noirs.Il rappelle qu'un représentant démocrate du Michigan, John Conyers, échoue chaque année, depuis plus de dix ans, dans sa tentative de présenter un projet de loi à cet effet au Congrès.La classe politique en général est d'avis que l'enrichissement des entreprises actuelles ne doit rien aux pratiques esclavagistes du passé.Mais une avocate, Deadria Farmer- Paellmann, a pu établir par des recherches qu'effectivement, des entreprises actuelles ont par le passé connu un enrichissement par l'esclavage et elle compte en conséquence engager des poursuites en réparations.Et contrairement à des idées reçues, il n'y aurait pas seulement des entreprises du Sud d'impliquées.Même la Nouvelle- Angleterre, leader dans la lutte anti-esclavagiste, serait impliquée, comme la Fleet- Boston Financial Corp., héritière de l'ancienne Providence Bank. 7LP1202A0730 A12, dimanche, MONDE 7LP1202A0730 ZALLCALL 67 01:19:08 07/30/00 B A 12 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Le Forum sur la sécurité en Asie consacre la sortie d'isolement de la Corée du Nord MATTHEW PENNINGTON, Associated Press, BANGKOK « Le rideau de glace est brisé.» En conclusion du Forum sur la sécurité en Asie, le chef de la diplomatie thaïlandaise a ainsi résumé la fin de l'ère de glaciation entre le régime communiste nord-coréen et les autres pays de la région.Pendant une semaine, les responsables de 23 pays ont discuté de problèmes intérieurs à chaque pays et de menace nucléaire.Mais le temps fort aura été ce retour de Pyongyang.« De nombreuses possibilités sont désormais ouvertes », a ajouté Surin Pitsuwan à l'issue de la conférence de presse de clôture.Son homologue nord-coréen Paek Nam Sun, qui a quitté Bangkok hier, a eu de nombreuses rencontres bilatérales, dont une très attendue avec Madeleine Albright et a pu passer des accords en vue de la normalisation avec le Canada et la Nouvelle-Zélande.Vendredi, la rencontre avec le chef de la diplomatie américaine aura été plus longue que prévu.Si peu en est sorti concrètement, notamment sur le programme de missiles de Pyongyang, l'occasion était historique.« Je crois que le fait que la Corée du Nord fasse partie du système est important pour la faire sortir de son isolement », a déclaré Mme Albright avant de partir pour le Japon.De son côté, le ministre des Affaires étrangères chinois Tang Jiaxuan a rappelé son opposition au projet de système de défense antimissiles des États-Unis, considéré comme une menace pour la stabilité régionale capable de relancer la course aux armements.« La question n'est pas une querelle uniquement entre la Chine et les États-Unis, mais plutôt entre les États-Unis et le reste du monde », a-t-il déclaré.Russie et Vietnam avaient émis le même genre d'avis plus tôt dans la semaine.AUTRICHE Sous observation n Les «trois sages» chargés d'évaluer la situation politique en Autriche pour le compte de l'Union européenne (UE) ont terminé hier soir leurs entretiens de la journée, en recevant notamment les représentants des Églises catholique et protestante, a rapporté l'agence autrichienne APA.Les trois personnalités, l'ex-président finlandais Martti Ahtisaari, le directeur de l'Institut Max-Planck de Heidelberg (Allemagne) Jochen Frowein et l'ancien chef de la diplomatie espagnole Marcelino Oreja ont observé le plus grand mutisme sur la teneur de leurs entretiens.Plusieurs de leurs interlocuteurs ont en revanche révélé certains aspects des sujets abordés, dont la situation du parti d'extrême droite FPOe.d'après AFP ESPAGNE Assassinat n Un ancien préfet du dernier gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez a été assassiné par balles hier à Tolosa, au Pays basque (nord), dans un attentat attribué à l'ETA qui mène depuis un mois l'une des campagnes terroristes les plus dures de son histoire.Juan Maria Jauregui, 49 ans, militant socialiste et ex-gouverneur civil de la province basque de Guipuzcoa, prenait un verre dans un café du centre de Tolosa lorsque deux hommes âgés d'environ 30 à 35 ans ont fait irruption et lui ont tiré deux balles dans la tête avant de prendre la fuite.d'après AFP CUBA Fidel en remet n Fidel Castro a affirmé hier devant 200.000 personnes rassemblées à Santa Clara (centre) que la révolution cubaine «ne pourra être détruite ni par la force ni par la séduction», dans une allusion à l'actuelle politique de Washington face à l'île communiste.Le meeting était organisé pour dénoncer l'embargo imposé à Cuba par les États-Unis depuis près de 40 ans et que Washington s'apprête à alléger.Les théoriciens et les devins de la politique impériale rêvent que la révolution qui n'a pu être détruite par des moyens perfides et criminels, pourrait l'être par des méthodes de séduction, comme celle qui a été baptisée politique de contacts de peuple à peuple», a dit le président cubain dans un discours retransmis en direct par la télévision d'État.d'après AFP USA Bush creuse l'écart n Le candidat républicain à la Maison-Blanche George W.Bush creuse l'écart avec le viceprésident démocrate Al Gore, dans les intentions de vote pour l'élection présidentielle du 7 novembre, selon un sondage rendu public hier qui lui donne 5 points d'avance.C'est le troisième sondage qui, en 24 heures, montre la même évolution, situant M.Bush de 5 à 16 points devant M.Gore.Ce sondage Newsweek accorde 49 % des intentions de vote au gouverneur républicain du Texas et 44 % à M.Gore.Le mois dernier, un sondage similaire accordait 46 % des intentions de vote à M.Gore et 45 % à M.Bush, rappelle l'hebdomadaire.Vendredi, deux autres sondages accordaient une avance encore plus substantielle à M.Bush, qui sera intronisé jeudi candidat républicain pour l'élection présidentielle, à l'issue de la convention républicaine qui démarre lundi à Philadelphie.d'après AFP AL GORE Colistier le 8 août n Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Al Gore rendra public le nom de son colistier peu après la fin de la Convention républicaine.Selon ses conseillers, il annoncera son choix le 8 août dans le Tennessee.Selon le porte-parole Chris Lehane, Al Gore, actuellement en vacances, a ramené ses hésitations concernant son candidat à la vice-présidence à une liste de dix personnalités «variées».d'après AP Les pro-vie américains encouragés par l'avance de Bush Chavez part favori au Venezuela Agence France-Presse , CARACAS Le président vénézuélien Hugo Chavez part favori pour renouveler son mandat aux élections générales prévues aujourd'hui au Venezuela, où il va affronter son ancien compagnon d'armes Francisco Arias.L'ancien lieutenant-colonel Chavez, élu président en 1998, a décidé de remettre son mandat en jeu à la suite de l'approbation d'une nouvelle Constitution.Mais Francisco Arias, qui était à ses côtés lors d'un putsch manqué en 1992 contre le président Carlos Andrés Perez, a décidé de lui disputer le pouvoir, lui reprochant d'avoir trahi leur projet de « révolution démocratique ».Si M.Chavez est crédité dans les sondages de 16 à 21 points d'avance sur son rival, l'opposition semble mieux placée pour emporter la majorité des mandats de députés, gouverneurs et maires, également en jeu aujourd'hui.Plus de 11 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour ces élections qui vont se dérouler sous l'oeil attentif d'observateurs internationaux, tels le Centre Carter et l'Organisation des États américains (OEA).Craignant une lassitude de la population, consultée pour la sixième fois en moins de deux ans, le Conseil national électoral (CNE) prévoyait samedi un taux d'abstention pouvant aller jusqu'à 52 % et a appelé les Vénézuéliens à voter massivement.Ce scrutin aurait dû intervenir trois mois après l'approbation de la nouvelle loi fondamentale le 15 décembre dernier.Mais la nuit du référendum constitutionnel, de gigantesques inondations et glissements de terrain dévastaient le nord du pays, faisant de 20 000 à 50 000 morts et quelque 200 000 sinistrés.De « méga-élections », destinées à renouveler plus de 6000 mandats publics, avaient alors été programmées pour le 28 mai.Puis, en raison de problèmes techniques, elles avaient été reportées et divisées, les conseillers municipaux et de quartier devant être pour leur part élus le 1er octobre.Le président Chavez qui bénéficie d'un fort soutien populaire dans un pays comptant plus de 80 % de pauvres, s'est dit assuré de « gagner par KO » contre les « oligarchies » et les « contre-révolutionnaires ».Agence France-Presse WASHINGTON Les opposants à l'avortement aux États-Unis, encouragés par les résultats des sondages indiquant que le républicain George W.Bush pourrait gagner l'élection présidentielle en novembre, se mobilisent et laissent entendre que l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pourrait bientôt devenir illégale.Les adversaires de l'IVG, très actifs dans le pays et proches du Parti républicain, ont été confortés dans leur opinion par la récente présentation de Dick Cheney comme viceprésident, si Bush était élu le 7 novembre : l'ancien secrétaire à la Défense est connu pour son opposition à l'avortement.« La ligne a été tracée et le choix auquel sont confrontés les Américains est clair », a souligné Alice Germond, de la Ligue nationale pour l'avortement et le droit à la liberté de procréer (NARAL).Pour elle, il est en effet « maintenant impossible à Bush de prétendre qu'il n'est pas solidement opposé » à l'IVG : Dick Cheney a toujours voté pour une restriction du droit à l'avortement lorsqu'il était au Congrès.Le gouverneur du Texas, en revanche, a jusqu'ici tenté de présenter une image modérée sur la question, soutenant l'interdiction de l'intervention, tout en acceptant des exceptions dans le cas du viol, de l'inceste ou d'un danger pour la vie de la mère.Mais son camp a baissé la garde devant l'aile droite de son parti, qui a insisté pour garder une position dure contre l'IVG dans la plate- forme républicaine qui sera présentée à la convention de Philadelphie, qui s'ouvre demain.M.Bush a par ailleurs rejeté le nom d'un vice-président potentiel connu pour ses idées pro-avortement.« Il n'y a aucun doute que l'élection de Bush mettrait très nettement en danger le droit de la femme à choisir », a estimé Ellen Malcolm, présidente de l'association Emily's List, proche des démocrates.Mais certains républicains craignent que Bush ne réussissent pas à rassembler suffisamment d'élus pro-vie.PHOTO AP Le retour de Ralph Nader Ralph Nader, qui milite depuis des décennies aux États-Unis pour la protection des consommateurs, est candidat présidentiel du Parti Vert américain et c'est à ce titre qu'il est arrivé à Philadelphie pour contester le congrès du Parti républicain cette semaine.Les observateurs s'entendent néanmoins pour dire que Ralph Nader devrait soutirer des votes à l'éventuel candidat démocrate, Al Gore, et favoriser ainsi l'élection du républicain George W.Bush.REPÈRES / La guerre du Golfe Des leçons difficiles à tirer CARLOS HAMANN Agence France-Presse, WASHINGTON Dix ans après l'invasion du Koweit par les troupes irakiennes, les Américains tentent toujours de tirer les leçons de la guerre du Golfe et de déterminer la meilleure politique à suivre dans cette région.Une récente rencontre d'experts américains, comprenant notamment un général à la retraite et un sénateur, a montré à quel point les avis sont partagés sur les résultats de cette guerre (1990-1991) et sur les actions futures à prendre contre l'Irak.Ces experts ont estimé que le principal problème des États-Unis et de leurs alliés est que le travail n'a pas été achevé : le dirigeant irakien Saddam Hussein a certes « perdu » la guerre, mais se maintient au pouvoir et continue à narguer Washington et ses alliés.Au cours de cette réunion organisée par l'institut d'Études sur le Proche-Orient (Institute for Near East Studies) à Washington, le sénateur démocrate du Nebraska Bob Kerrey, un ancien combattant de la guerre du Vietnam, a prôné « une stratégie militaire visant à remplacer Saddam Hussein par (un régime) démocratique ».« Nous dépensons au moins 2 milliards de dollars par an pour une politique d'endiguement, et cela ne marche pas », a dit Bob Kerrey.Kerrey a appelé à un plus grand soutien des opposants au régime de Bagdad à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak, « ainsi qu'à « un plan de bataille qui prévoierait de terminer le travail ».Il a toutefois noté que la question « est de savoir quelle stratégie militaire adopter ».Le général de corps de la Marine à la retraite Bernard Trainor a critiqué les propos de Kerrey, les estimant « trop belliqueux et optimistes ».Selon, lui, plusieurs fausses conclusions ont été tirées de cette guerre.Pour Trainor, la victoire rapide des alliés contre le régime irakien est en grande partie due à un défaut de stratégie de l'Irak qui a cru à tort que les États-Unis céderaient et l'alliance éclaterait, une fois que les pertes s'alourdiraient.Les commandants irakiens sur le front, a-t-il ajouté, ont été toutefois suffisamment intelligents pour ne pas opposer de résistance, parfaitement conscients qu'ils n'avaient aucune chance de battre les alliés.De plus, l'armée américaine a pu déployer une force considérable dans la région parce qu'elle était encore préparée à se battre contre l'Union soviétique même si cette menace n'existait plus en 1990, selon lui.Conséquence de cette victoire éclair avec peu de pertes : l'armée américaine est atteinte aujourd'hui d'« orgueil démesuré », croyant que « les guerres peuvent être menées et remportées à peu de frais », a affirmé Trainor.Le principal souci de ce général américain est néanmoins de savoir si l'armée est « une institution de combat ou une institution de police ».Daniel Pipes, un expert du Proche- Orient, a pour sa part affirmé être frappé par le fait que la situation ait si peu changé en Irak ces dix dernières années.Selon lui, la guerre a été « une victoire modeste qui a conduit au statu quo ».L'objectif militaire de la guerre, a-t-il dit, consistait uniquement à libérer le Koweit et non à renverser Saddam Hussein.Un avis que ne partage pas Trainor, pour qui « l'objectif non déclaré était de se débarrasser » du dirigeant irakien.Un autre expert, Peter Rodman, qui était conseiller spécial du président américain George Bush pour la sécurité en août 1990, a souligné que les responsables américains n'ont pas poussé plus en avant en Irak, car ils voulaient éviter la désintégration de l'État irakien.Rétrospectivement, « c'était une erreur de jugement », a-t-il estimé. 7LP1301A0730 A13 - DIMANCHE 7LP1301A0730 ZALLCALL 67 01:17:49 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 13 Actualités L'héritage du président Zedillo: feux rouges sur la route de Fox BRIGITTE MORISSETTE collaboration spéciale, MEXICO L'euphorie après un renversement inespéré du régime s'émousse lentement.Cependant, les Mexicains n'en finissent pas d'épiloguer sur les élections historiques du 2 juillet : comment expliquer la sérénité du président Ernesto Zedillo au moment de concéder la victoire au tombeur de son parti, Vicente Fox ?Un passage pacifique des pouvoirs à l'opposition faisait-il partie de l'ordre du jour personnel de Zedillo \u2014 anxieux de laisser à l'Histoire l'image d'un démocrate après sa semonce de Davos contre les « mondialophobes » ?Les Mexicains, convaincus que le PRI n'abandonnerait jamais le pouvoir sans de cruelles manoeuvres de dissuasion, n'en sont pas revenus ! Le président et ses proches collaborateurs, mieux informés que quiconque de la situation politique, auraient-ils accepté une probable défaite plusieurs jours avant la fatidique déroute du PRI ?Et voilà que le peso jubile à son tour : recouvrant sa parité d'avant la campagne électorale (9.35 au US) ! On en oublierait presque que le président Ernesto Zedillo, élu dans un climat de peur, ait été incapable de contenir une monnaie qui s'est dévaluée de 280 % en six ans.Ou retiendra-t-on les efforts d'un économiste obstiné qui a su profiter de la conjoncture \u2014 la prospérité américaine, la triple hausse des prix du pétrole \u2014 pour redresser les finances mexicaines qu'il avait maladroitement plongées dans l'abîme juste trois semaines après son arrivée au pouvoir, fin décembre 1994 ?Les pauvres (vivant avec 3 $ par jour, parfois moins) sont passés officiellement de 27 à 40 % de la population.Et pourtant l'indice de popularité de Zedillo demeure élevé dans les circonstances.« Les Mexicains sont reconnaissants au président d'avoir compensé son immobilisme par les gestes qui ont facilité des élections honnêtes, puis l'alternance déclenchée le 2 juillet, estime Luis Pasos, économiste qui a échoué à se faire élire gouverneur de Veracruz sous la même étiquette PAN que Vicente Fox.Les Mexicains n'additionnent pas les erreurs de Zedillo.Ce qui les intéresse, c'est qu'il ait appuyé la transition et qu'il l'ait même facilitée.On a pu éviter une explosion de mécontentement social.Et stabiliser l'économie contre une éventuelle fuite de capitaux, comme en 1994.» Zedillo n'a pas décroché la même cote de popularité auprès de son propre parti ! Certains membres du PRI réclamaient l'expulsion du président au lendemain des élections.Quel héritage Ernesto Zedillo laissera-t-il à son successeur, le 1er décembre ?L'image d'un Sisyphe qui aura passé six ans à renégocier la dette \u2014 amplifiée par les prêts d'urgence de 1995 au moment d'une crise ayant coûté au Mexique, selon le propre aveu du président, 70 milliards US ?Son successeur Vicente Fox se retrouve aux prises avec le spectre de l'IPAB (ancien FOBAPROA) \u2014 ce fonds de sauvetage des banques qui a mieux servi les banquiers que les épargnants ! Fox devra faire toute la lumière sur les profiteurs d'une mesure refilant au Trésor public un passif bancaire évalué à 100 milliards CAN et dont les entreprises de sa famille pourraient avoir involontairement bénéficié ! Ce scandale a eu pourtant l'effet d'un pétard mouillé aux élections ; reste le plus embarrassant : la fragilité du système bancaire rescapé en partie par les banques étrangères.Cela dit, le Mexique est devenu une grande puissance exportatrice, un important constructeur automobile, lié à 27 pays dont l'Union européenne par des traités de libreéchange.Les industriels nationaux, au bord de l'indigestion, ont lancé récemment au président Zedillo ce cri d'alarme : « Assez, n'en signez plus.Il faut d'abord digérer les engagements pris ! » Le président Fox proposera sans doute pour les Amériques, au Sommet de Québec, un libre-échange à visage social, tenant compte des déséquilibres et asymétries des partenaires.Les élections ont diminué miraculeusement l'effet détonateur d'autres bombes à retardement et semblent faciliter des solutions \u2014 y compris au Chiapas.Ou comme l'ouverture de la Compagnie fédérale d'électricité aux investissements privés, sans privatisation \u2014 ouverture retardée par le président Zedillo malgré l'urgence de moderniser ce secteur.Les quelques syndicats indépendants comptent sur Fox pour appliquer les lois syndicales au profit des travailleurs \u2014 et non plus des entreprises comme dans les maquiladoras.Même les ONG défendant les droits humains se réunissent pour affirmer qu'une opposition systématique serait contreproductive.On collaborera avec le prochain gouvernement Fox \u2014 le temps tout au moins d'une lune de miel ! Le bilan le plus cruel du régime Zedillo, c'est finalement l'OCDE qui le dresse avec une franchise rare.« De tous les pays de l'organisation économique, affirme Bénédicte Larre, chef de division, c'est le Mexique qui affiche la redistribution la moins égalitaire \u2014 après la Turquie.Le gouvernement mexicain possède le plus bas revenu per capita des pays de l'OCDE.L'assiette fiscale représente à peine 11 % du PIB \u2014 entre 20 et 40 % dans les autres pays.» Il va sans dire que le futur gouvernement Fox devra réaliser une douloureuse réforme fiscale qu'aucun de ses prédécesseurs n'a eu le courage d'entreprendre.Déjà la proposition de diminuer la taxe de vente (15 %) pour appliquer cependant une taxe sur les aliments et médicaments (exemptés jusqu'ici) amorce d'acrimonieux débats.Après les années Zedillo rythmées par un constant appel à « se serrer la ceinture », les années Fox annoncées stimulent les Mexicains à faire preuve d'une vertu ancestrale : la patience ! Une patience nouvellement armée, il est vrai, par l'espoir et la raison ! Tout au plus un sursis pour Napster Agence France-Presse SAN FRANCISCO Le site d'échange de musique en ligne Napster savourait hier sa victoire, après avoir obtenu un sursis d'au moins plusieurs semaines, mais la guerre n'est pas terminée avec l'industrie du disque.Deux juges de la Cour d'appel fédérale de Californie ont suspendu vendredi, jusqu'à ce que la question soit étudiée sur le fond, la décision d'un juge fédéral qui avait ordonné la fermeture temporaire de Napster vendredi à minuit.L'industrie du disque peut faire appel de la décision des deux juges d'appel, soit auprès de la Cour d'appel dans sa totalité, soit auprès de la Cour suprême.Cette décision « est évidemment une déception », a affirmé Hilary Rosen la présidente de l'Association de l'industrie de l'enregistrement (RIAA), qui poursuit Napster pour violation des droits d'auteur.Napster est un service Internet extrêmement populaire, créé l'an dernier par un étudiant américain de 19 ans, Shawn Fanning.Il permet à ses quelque 20 millions d'utilisateurs de télécharger gratuitement des fichiers de musique au format MP3.« Quand le tribunal aura examiné les faits et le droit », il nous donnera raison, a cependant estimé Mme Rosen, tout en jugeant « frustrant » de constater que ces derniers jours « le téléchargement illégal de musique d'auteur (.) a sans doute battu tous les records ».Vendredi soir, la Cour d'appel a également décidé d'accélérer la procédure dans cette affaire, et le répit de Napster pourrait être de courte durée.Les avocats de Napster ont jusqu'au 18 août pour expliquer en détail pourquoi ils s'opposent à la fermeture temporaire du site, qui avait été décidée par le juge Marilyn Hall Patel mercredi, dans l'attente du procès intenté en décembre dernier par l'industrie du disque à Napster.Aucune date n'a encore été fixée pour ce procès.La RIAA aura ensuite jusqu'au 12 septembre pour présenter ses contre-arguments, et la Cour d'appel devrait ensuite prendre une à deux semaines pour se prononcer définitivement sur l'ordre de fermeture temporaire.Mercredi, le juge Hall Patel avait tenu des propos très durs sur Napster en ordonnant sa fermeture jusqu'au procès.« Ils avaient le piratage en tête », avait-elle estimé à propos des inventeurs de Napster qui s'en sont toujours défendus.Ces derniers sont restés d'ailleurs prudents après la décision de la Cour d'appel.« Je suis heureux et reconnaissant de ne pas avoir à éconduire nos 20 millions d'utilisateurs et que nous puissions continuer à aider les artistes », a déclaré Shawn Fanning.Aux arguments des maisons de disques qui dénoncent les violations des droits d'auteur, Napster a toujours répondu que le téléchargement à usage privé de musique ne violait pas ces droits d'auteur.PHOTO AP Des spécialistes de l'aéronautique poursuivaient les fouilles, hier, dans les débris du Concorde qui s'ést écrasé en banlieue de Paris.Le Concorde a évité la catastrophe à cinq reprises, entre 1979 à 1981 Associated Press WASHINGTON Un pneu qui éclate, perçant un réservoir de carburant et endommageant gravement un moteur : cette mésaventure, qui ressemble à ce qui pourrait s'être passé mardi avant que le Concorde s'écrase sur un hôtel de Gonesse, s'était déjà produit en 1979.Mais cette fois, le supersonique s'en était tiré avec « seulement » un large trou dans l'aile.Pas moins de cinq incidents de ce type ont touché le Concorde entre 1979 et 1981, c'est-à-dire dans les premières années de son exploitation, selon les informations fournies par l'agence américaine en charge de la sécurité aérienne (National Transportation Safety Board, NTSB).Des accidents qualifiés alors par le NTSB de « potentiellement catastrophiques » dans une note de recommandation envoyée en 1981 à Air France.Selon les premiers éléments de l'enquête sur l'accident du Concorde, mardi à Gonesse, la destruction d'au moins un des deux pneus du train principal gauche pourrait être à l'origine de la catastrophe qui a fait 114 morts, un morceau de gomme pouvant s'être fiché dans le réacteur No2, provoquant l'apparition de flammes, puis la panne.Or, dans un document en date du 9 novembre 1981, le NTSB faisait déjà état d'un incident étrangement similaire qui s'était produit deux années auparavant, lors du décollage d'un Concorde d'Air France de l'aéroport international de Dulles, près de Washington.Suite à l'explosion d'un pneu, « des débris du pneu et des éclats de la roue ont endommagé le moteur No2, percé trois réservoirs de carburant et rompu plusieurs conduites hydrauliques et fils électriques », précisait alors l'agence américaine de sécurité aérienne.Si l'avion avait réussi à faire demitour pour atterrir, il y avait « un large trou dans le revêtement de l'aile qui couvre la zone de la roue ».Cinq semaines plus tard, le 21 juillet 1979, un pneu éclatait encore sur le Concorde au moment de son décollage de Dulles.Soulignant la « similarité entre les deux incidents », le NTSB avait immédiatement réagi, ordonnant à Air France de prendre des mesures.Les autorités françaises avaient alors décrété une inspection obligatoire de chaque roue avant tout décollage et donné pour instruction aux équipages, en cas d'explosion d'un pneu, de ne pas tenter de relever les trains d'atterrissage.Des mesures apparemment insuffisantes : en octobre 1979, deux pneus éclataient encore sur un Concorde alors qu'il décollait de l'aéroport Kennedy, à New York.Le vol s'était normalement poursuivi jusqu'à Paris et aucune enquête n'avait été ouverte.Mais en février 1981, un incident équivalent endommageait le moteur et provoquait un atterrissage d'urgence, à New York.Enfin, le 9 août 1981, un Concorde de British Airways devait interrompre brutalement son décollage de New York, l'équipage ayant aperçu une fuite de carburant.Selon le rapport du NTSB, deux pneus du supersonique s'étaient « désintégrés, moyeu et jante cassés », provoquant « des dégâts mineurs à la cellule de l'avion », dont un trou de 2,5 cm dans le réservoir de carburant situé sous l'aile gauche.Le NTSB avait alors adressé une ferme mise en garde à Air France, critiquée pour l'inefficacité de ses mesures de sécurité.« La nature répétitive de ces incidents et en particulier la réaction des équipages aux incidents les plus récents sont un sujet de préoccupation », avait alors souligné le National Transportation Safety Board à la compagnie française.PHOTO AP Près de 2000 personnes ont assisté hier à une cérémonie funèbre dans la principale église luthérienne de Moenchenglabad, dans l'ouest de l'Allemagne, dont étaient originaires 13 des 96 victimes allemandes de l'accident du Concorde.Une vive émotion a saisi l'assistance, les familles des disparus et les 1700 habitants de la ville qui étaient venus leur manifester leur solidarité, lorsque le pasteur a lu solennellement les noms des six couples et de l'enfant qui ont péri dans cette tragédie. 7LP1401A0730 DIMANCHE 7LP1401A0730 ZALLCALL 67 16:32:10 07/31/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 HORIZONTALEMENT 1 Aboutir à un résultat ridicule après beaucoup d'efforts - On les achète à la douzaine.2 À l'abandon - Il veut absolument réussir par n'importe quel moyen - Fosse d'aisances mobile.3 Filé - Pronom personnel - Elle mange des roses - Il est attendu.4 Petite brise - D'un abord désagréable - Donne la date - Se dit d'un navire n'ayant ni chargement ni cargaison - Oiseau aujourd'hui disparu - Petit citron.5 Gribouillé - Île de France - Couche - Famélique - Choisi.6 Plante à fleurs jaunes - Il a besoin d'eau pour progresser - Font (des affaires) - Se porte - Grand oiseau ratite d'Australie.7 Entre deux roues - Maigre - Elle s'y connaît en toile! - Attendri - On les remarque en voyageant.8 Interjection - Montées - Être vivant capturé et dévoré par un animal - Grand dieu - Immenses.9 Alliée - Attaque aérienne contre un objectif éloigné - Violent - Abattue.10 Lac d'Europe - Venues au monde - Armée irlandaise - Crack - Vers plats - Bruit.11 Indique le moyen - Dans la pâte à crêpes - Situation embarrassante - Récipient - Bouclier - Style d'improvisation vocale.12 Petit mot latin - Favoris - Tranchée - Réduire à un état de dépendance absolue.13 Manteau ample - Personne considérée comme infaillible - Venu au monde - Proférer des jurons - Montagne de Grèce.14 Qui cherche sa route - Pousse en haut - Symbole d'un métal blanc, dur - Pascal - Île située entre la Sicile et l'Afrique - Malchances.15 Des notes - Fervent - Ville de la Mésopotamie - Conduit - Abréviation religieuse.16 Mélange confus, désordonné - Compère-loriot - Curieux - Classement - Ultraviolet.17 Encouragement - Descend plus bas qu'il ne faudrait - Jeu chinois - Camomille - Mauvais violon.18 Rejoint le Rhône - Ablation chirurgicale du globe oculaire - Attachement exclusif à ce qui est avantageux pour soi - Homme misérable.19 Vigueur - Terme de tennis - Service du travail obligatoire - Fruit très énergétique - Ancienne monnaie française d'or, puis d'argent - Marque une liaison.20 Symbole chimique - Pour détacher - Vol - Division du compas - Filet pour prendre des oiseaux - Estuaire profond et découpé.21 A cours au Danemark - Pièce métallique protégeant la détente d'une arme à feu portative - Reste vert - Cuistre - Mise pour la première fois.22 Sans fringues - Surface de la terre, aménagée ou non - Période de formation - Entre Montréal et Québec - Le soleil s'y lève - Continuer à séjourner dans un lieu.23 Arbuste à fruits noirs - Démonstratif - Coup - On y expose des denrées - Grandes voies urbaines.24 En matière de - Récalcitrant - Sans mérite intellectuel - Ancienne note - Se dit d'un vin peu sucré - Fruits rouges aigrelets - Opération postale.25 Avalé - S'enjambe facilement - Recoins - Écarté - Petit trou.26 Figé - Petite baie - Parties arrondies et saillantes - Banale - Difficulté cachée.27 Époque - Décortiqué - Raccordé - Pour désigner - Affûter.28 Vents - Dévoré - Protégée des influences thermiques - Ville de France - Lieu sale et humide.29 Bête - Matraque - Possession - Projet de grande envergure - Petit trait horizontal.30 Titane - Grain de beauté - Unité de poids des Romains - On peut même maintenant la regarder à l'écran de l'ordinateur - A deux branches - Débitée.31 Préfixe qui multiplie - De naissance - Il se sert des autres pour satisfaire ses besoins - Métis canadien - Roulement bref - Capucin.32 Écarteur chirurgical - Tornade au-dessus de la mer - Imbéciles - Fait partie des édentés - Article - Préfixe.33 Coule au Zaïre - Un des points collatéraux - Pour imiter les premiers sons émis par un bébé - Introduit - Prennent un repas - Canneberges.34 Prénom - Coquille des mollusques - Sang-froid - D'une partie de l'Asie - Ville de Côte d'Ivoire.35 Supérieur - Oiseau de proie - Vague - 52 semaines - Résine malodorante - Montagne isolée, dont le sommet dessine une pointe.36 Conjonction - État hallucinatoire - Symbole - Outil - Autre nom de l'Irlande - Connaît la technique du placage.37 Sport de combat - Nickel - Stère - Plantes grimpantes - Préconisés - Infinitif.38 Arbre d'Extrême-Orient - C'est une partie de l'Atlantique - Saint - Indique l'antériorité dans le temps - Roue à gorge.39 Installent - Revers - Apprend les rudiments d'une science à - Occupée - Cellules femelles.40 Marque la façon - Visible - C'est un ongulé - Ignoble - Obtenu - Coupe le haut d'un arbre.VERTICALEMENT 1 Sans s'arrêter - Machine agricole - Boit comme un chien.2 De façon abondante - Peuple celtique - Grivoises - Chevelure abondante - Petit tas de foin.3 On les montre plus l'été que l'hiver - Note inversée - Plaques dures des reptiles - Parle avec un défaut de prononciation - Préparations de charcuterie.4 Risquées - Rêvé - Peu touchés par le progrès - Maladie chronique de l'intestin - Sportif - Envoyer ad patres.5 Habitudes - Il niche sur les côtes - Sous les verres et les assiettes - Léger - Jamaïcain - Gros réservoir.6 Poil - Élaborer - Mécontentement - Dynamisme - Transformation graduelle et continuelle - Tenues par ceux qui montent - Tour - Se disait à la fin de la messe.7 Se divisent couramment en quatre - Équilibre de la personnalité - Meurtrie - Une ou plusieurs personnes - Négation - La perdre, c'est parler pour rien - Qui ne brûle plus.8 Sépare l'Ontario des États-Unis - On peut le confondre avec un autre - Abondants - Homme d'apparence chétive - Partie inférieure d'une montagne.9 Note - État d'agitation bref et soudain avec cris et gesticulation - Hibou aux aigrettes bien marquées - À la fin d'une liste - Coutumes - Effleura - Il est jaune brillant.10 Poire - Dieu solaire - Fut changée en génisse - Authentique - La Chine en fait partie - Huître.11 Élimée - Épreuve - Lourd pendentif, attribut des pharaons - Se remplissent le jour du scrutin - Fusil - Possessif.12 Impeccable - A cours à Bucarest - Cépage blanc à petits raisins - Coquins - Plat italien - Application.13 D'accord - Graminée - N'approuve pas, mais ne propose rien - Goutte de liquide ronde et brillante - Symbole du fer - Sert à réparer une chambre à air.14 Chien - Groupe compact de concurrents dans une course - Qui sort peut-être d'un bar?- Sa capitale est Tallinn - Eau-de-vie - Hypothèse.15 Diapré - Phalanges - Défaite des Prussiens - Etai de bois maintenant sur sa quille un navire en construction - Métal très malléable - Hameaux antillais.16 Boeuf sauvage - Préparé secrètement et avec des moyens plus ou moins honnêtes - Roi de Grèce - Conjugaison - Personnel - Il aboie - Monnaies - Prêtresse d'Héra.17 Pouffé - Fleur - Lentilles - Actionné - Immergées - Crâneur - Pas à moi - Tribu israélite.18 Transport - Oiseaux rapaces - Pur - Ils ne boivent plus d'alcool - Organe animal inachevé, non fonctionnel.19 Ville où réside un évêque - Argument - Qui devient acide - Empereur romain - Vaut 3,1416.20 Hirondelle de mer - Choisi parmi d'autres, en vue d'une épreuve - Semblable - Homologué - Tendre et savoureuse, sa chair est très recherchée.21 Mouvement basque - Allongés - L'hégire est celle de l'islam - Certaines sont minuscules - C'est pour très bientôt - Col des Alpes - Monde des humains.22 Dont le cas est désespéré - Revenu annuel - Personnel - Période des vacances - Terrain en pente - Abandonne - Femme de lettres américaine - Longueur d'une enjambée.23 Proportionnée - Sans goût - Sur la tête du coq - Chercher à atteindre - Raconte en détaillant les circonstances - Elle est dans la Mayenne.24 Degrés d'un développement - Que l'on doit - Pénètre - Pas détendues - Il n'est pas très grand.25 De même - Se monte en plein air - Gravité - Prénom féminin - Éclater - Ville des Pays-Bas.26 Grande école - Marin de moins de dix-sept ans - Dans le vent - Dernier roi de Lydie - Chardon bleu - Horripilé.27 Plus généreuse - Pense - Fait entendre un sifflement sourd - Instrument de musique - Substantif - Héroïne d'une légende médiévale.28 Pièce principale des maisons romaines - Accident - Endormies - Pointes de terre - Bière.29 En outre - D'avoir - Inflammation - Terrasse étroite sur la paroi verticale d'une montagne - Fin de verbe - Bisquent - Champignon - Pour unir deux mots.30 Aire de vent - Mésothorax (des insectes) - Ne passe pas loin - Se dit d'une bonne vue - Chose de peu d'importance - Elles sont bavardes - Coeur-de-pigeon.LA SUPERGRILLE par Michel Hannequart www.hannequart.com 7LP1501A0730 A15 dimanche EDITO 7LP1501A0730 ZALLCALL 67 01:12:50 07/30/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 A 15 Maladie mentale ou environnementale?LETTRE DE LA SEMAINE ANDRÉ DUHAIME L'auteur habite Saint-Lazare.Mon épouse et moi avons un fils qui souffre de sévères allergies, surtout alimentaires, dont certaines sont mortelles (arachides et fruits de mer).Sa maladie nous a littéralement plongés dans tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à la santé.La médecine conventionnelle nord-américaine, notre première avenue, ne pouvait nous aider autrement que par la prescription de médicaments visant à contrôler les symptômes.Imaginez qu'on vous explique que votre fils de cinq mois doit se contenter de vivre avec ses symptômes et que, avec un peu d'espoir, certains disparaîtront peut-être avec le temps.Très impliqués, nous nous sommes posés beaucoup de questions puisque nous ne connaissions personne, dans nos deux familles, qui souffrait d'allergies, si ce n'est d'intolérances mineures.Nous avions alors deux choix.Le plus facile était de faire ce qu'on nous disait sans plus de réflexion et d'accepter de donner les médicaments et antihistaminiques prescrits sans tenter d'explorer les solutions de rechange.L'autre, beaucoup plus difficile, était d'essayer de comprendre le phénomène et d'agir dans le but d'améliorer la situation.De toute évidence, il est plus facile de donner simplement une pilule à quelqu'un si cela règle son problème.Mais, est-ce une attitude responsable si l'on sait que le problème demeurera ?Je ne tente pas ici de faire le procès des médecins qui, souvent, travaillent avec bien peu de moyens, mais plutôt de mettre en doute l'entretien de la maladie plutôt que l'option de trouver des solutions permanentes.Le cancer, entre autres, en est un parfait exemple.On se contente de dire avec fierté que le taux de survie est de 75 % mais on néglige de parler du fait que le cancer n'a cessé d'augmenter depuis 40 ans.D'un ratio de 1/22, il n'y a pas si longtemps, le cancer du sein touche maintenant 1/5 femmes.On ne parle jamais des causes de tels phénomènes.Pour revenir aux allergies de mon fils, plusieurs études scientifiques présentées par la National Cancer Society, l'OMBH, de nombreuses universités et même notre propre gouvernement, font des liens très précis entre les maladies environnementales telles l'asthme, les allergies, l'hyperactivité, la leucémie infantile, le cancer, etc.et l'utilisation abusive de produits chimiques dans notre société.Depuis les 20 dernières années, on a multiplié l'utilisation de ces produits et l'épandage de pesticides sur nos pelouses est devenu chose courante.Il ne faut surtout pas minimiser leur impact puisque certains de ces produits n'ont jamais été conçus pour un usage de tous les jours mais bien comme solutions de dernier recours.Comment en sommesnous venus à opter pour la facilité au détriment de la santé ?Le problème, malheureusement, ne dépend pas seulement de nous puisque, bien souvent, nous sommes victimes de voisins ou de commerces peu préoccupés par la question ou mal informés, qui imposent ces puissants poisons dans notre environnement, nos parcs et même nos écoles.Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, regardons plus attentivement les statistiques publiées par Santé Canada qui démontrent une augmentation de 500 % de l'asthme, entre 1984 et 1996.On estime que 20 % de la population en est atteinte à divers degrés.De leur côté, les allergies alimentaires connaissent une hausse de 300 % depuis 1995 pendant que l'hyperactivité augmentait de 400 % entre 1993 et 1998.Des statistiques troublantes si l'on compare avec les chiffres des années 1980.Qu'est-ce qui peut bien avoir tant changé depuis 20 ans, à part l'utilisation sans retenue de produits chimiques dans notre nourriture, notre eau, dans l'air et maintenant dans nos maisons ?Ceux qui continuent d'ignorer le problème contribuent considérablement aux conséquences sociales rés environnementales.Pourquoi ne pas nous appuyer sur l'évidence plutôt que de nous fier à des opinions sans profondeur ?À titre d'auteur primé de la semaine, M.Duhaime recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse.À votre tour PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse© M.André Duhaime peut s'asseoir sans crainte, avec sa petite famille, sur son gazon qui n'est pas traité aux produits chimiques, sources de maux et maladies reliés à l'environnement.Un héros, le général Dallaire CLAIRE CHARRON L'auteure réside à Aylmer.Imaginez un instant que vous appreniez qu'une vingtaine de tueurs armés de mitraillettes vont se présenter chez votre voisin dans trente minutes et vont assassiner toute la famille : le père, la mère, et les trois enfants.Première réaction, vous quittez les lieux.Puis, vite, vous cherchez un téléphone.Il faut alerter la police.Vous faites le 911, pas de réponse.Vous insistez, toujours pas de réponse.En désespoir de cause, vous appelez l'armée.mais là, c'est le répondeur.Vous regardez votre montre.Vous constatez avec horreur que, déjà, 27 minutes se sont écoulées.Dans trois minutes exactement, il y aura une tuerie.Dans votre quartier.Dans votre rue.Juste à côté.Chez votre voisin.Jacques, Rachelle et leurs trois enfants.On va les tuer.Ce n'est pas possible.Et vous êtes là.Perdu.Effaré.Comme frappé par la foudre.Vous savez, mais vous ne bougez plus.Vous implorez alors le diable.Y a t-il pire supplice que l'on puisse imposer à un seul homme ?Oui.Imaginez que vous êtes au Rwanda.Qu'on vous y a affecté en mission de paix.Là-bas, il y a les Hutus qui en veulent très sérieusement aux Tutsis et vice-versa.Et les deux sont très habiles à la machette.Il suffirait de 5000 casques bleus pour éviter l'affrontement.Vous le savez.Vous le dites à vos supérieurs.Et vous le redites.Mais rien ni personne ne vient.Vous savez alors qu'on massacrera froidement des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants.Roméo Dallaire, notre lieutenant-général canadien, l'a vécu, lui, ce supplice.On l'a catapulté dans l'enfer rwandais.On lui a fait prendre connaissance de la situation.Et, au moment où l'affrontement était imminent, on n'a pas répondu à son appel.Il l'avait dit.Il l'avait redit.Plutôt que de réagir et de dépêcher des troupes « au plus sacrant », on l'a laissé là, planté au beau milieu de l'hécatombe.Il savait que ça arriverait et il l'a crié.Le Canada a fait la sourde oreille.Les Forces armées canadiennes ont abandonné leur homme à l'incommensurable souffrance que doit endurer celui qui sait, mais qui ne peut agir.Et, après ce premier coup, on lui en assène un second : quand le conflit s'est déclaré, l'armée canadienne l'a abandonné là, à son sort.On ne l'a pas ramené, lui et ses hommes, au bercail comme il eut été nécessaire.Puis, l'inéluctable s'est produit : il a été exposé à des scènes insoutenables.Des scènes à ce point insoutenables qu'elles resteront probablement à jamais gravées, dans toute leur horreur, dans son esprit et dans son coeur.Notre lieutenant- général a assisté, impuissant, à la torture mortelle de milliers de personnes.Il a vu des enfants se faire trancher les bras et d'autres se faire découper les pieds.C'est trop de mal pour un seul homme.Nul ne peut demander à u n s e u l homme de porter toute la misère du monde.L'immobilisme des Forces canadiennes dans ce dossier est irrecevable et parfaitement immoral.Il est impérieux que le ministère de la Défense nationale canadienne se penche sur ce cas inclassable et l'analyse en profondeur pour que plus jamais il ne se reproduise.Il est urgent de créer des mécanismes à même le processus décisionnel des Forces qui permettent d'assurer un suivi serré de l'état de nos hommes en mission de paix.Nos hommes en mission ne sont pas de vains scouts sans âme ; ils sont des êtres de chair et de sang.Ils sont parfaitement mortels tant sur le plan physique que psychologique ; certains haut gradés en douteraient- ils ?Si tous les pays sont partiellement responsables du massacre rwandais, le Canada est seul responsable de ses propres hommes.Le concept de mission de paix a perdu son sens.Il n'a plus sa connotation de noblesse.Le lieutenant-général Dallaire est un héros.Il mérite tous les honneurs que lui confère l'importance de sa mission.Il mérite qu'on souligne son courage, ses incroyables sacrifices et son humanisme indéfectible.Il mérite qu'on déroule le tapis rouge et qu'on lui demande pardon pour toute la violence qu'il a subie.Il mérite enfin les meilleurs soins et le repos, loin des abrutis médiatiques.0.61 3.57 PHOTOTHÈQUE, La Presse Vestige d'un passé plus glorieux, la ville de Schefferville n'est guère plus que l'ombre d'elle-même.Schefferville: quel avenir?PHOTOTHÈQUE, La Presse© Le lieutenant-général Roméo Dallaire.La lettre suivante est cosignée par Marie-Aimée Einish, Noella Jean-Pierre, David André, Jean- Eudes André, Nathalie André, Cora Mckenzie, Rodrigue Mckenzie, Martine Vollant, Anita Mckenzie, Louisette André, Marc Jean-Pierre, Chantal Basque et Gilberte Mckenzie.Les auteurs se définissent comme des mères et des pères désespérés de la communauté Matimekush- Lac John.Nous rêvions de plein de belles choses pour nos enfants, entre autres de leur offrir une enfance comme la nôtre.Dans notre jeunesse, nous pouvions nous baigner dans une vraie piscine, jouer au curling à l'école ou encore au quilles.C'était à l'époque où nous avions un centre récréatif à Schefferville.C'était avant que la compagnie minière Iron Ore (I.O.C.) ferme sa mine et déguerpisse après avoir, entre autres, détruit le centre récréatif et n'avoir laissé comme souvenir de son passage que ruines et montagnes de déchets.Depuis, nous regardons nos enfants grandir et nous nous demandons pourquoi la compagnie minière I.O.C.n'a pas fait don du centre aux petits autochtones de Matimekush\u2014Lac-John, pourquoi ne pas avoir pensé à nos enfants ?Après tout ce qu'elle a détruit du territoire, après avoir rasé tant de montagnes.Nous écrivons ces quelques lignes parce que nous sommes tristes quand nous voyons les enfants qui essaient tant bien que mal de jouer dehors.Il n'y a pas de terrain de jeux, pas de balançoire, et le temps a eu raison des quelques jeux qui restaient.Personne ne s'est préoccupé de les remplacer.La plupart des enfants ne savent pas nager.Mais ils peuvent patauger dans un petit lac avec des nuées de moustiques au-dessus de leur tête et des débris au fond du lac ! Il n'y a plus rien non plus pour les adolescents à Schefferville.Les garçons et les filles traînent autour de l'hôtel Royal, du bar et de la discothèque, dans l'attente de leurs 18 ans.Alors, ils pourront enfin réaliser leur rêve : entrer au bar, se mettre à consommer et jouer au vidéo poker.Pour plusieurs d'entre eux, la vie s'arrête là.Les études aussi.Qui pourrait les blâmer ?Il n'y a rien dans notre communauté pour semer l'espoir et entretenir un idéal chez ces jeunes-là.Alors ils se saoulent, prennent de la drogue et font du vandalisme.Autant de messages qu'ils lancent malhabilement pour qu'on trouve une solution au problème, pour que nous les encouragions à vivre.Malgré tout, certains tentent des choses.Des jeunes filles essayent de jouer au tournoi de hockey bottine, le seul sport qu'elles peuvent pratiquer en hiver.Elles ont toutes les misères du monde à trouver le matériel nécessaire.Quelques-unes réussissent à emprunter l'équipement à des garçons et à former une équipe de 8 ou 9 joueuses seulement.Malheureusement, ce genre d'efforts est fait dans l'indifférence générale.Et pourtant, dans leurs magnifiques discours des soirs d'élection, les leaders promettent de s'occuper des jeunes parce que, selon eux, ils sont l'avenir de la communauté.De belles paroles qui s'envolent rapidement, emportées par la brise de Nitassinan.Au lieu de faire des symboles une priorité, ne pourrait-on pas travailler sur du concret ?Au lieu d'ériger sur une montagne une croix de plus de cent mille dollars, n'aurait-on pas pu prendre cet argent pour réaliser l'éternelle promesse d'une maison des jeunes ?Au lieu de dépenser des dizaines de milliers de dollars pour le 50e anniversaire de Lac-John, ne pourrait-on pas aménager un terrain de jeux pour les petits enfants ?Ces événements peuvent être importants pour certaines personnes tournées vers la passé.Mais l'avenir de nos enfants ne l'est-il pas plus ?Quand nous regardons par le fenêtre et que nous voyons les jeunes errer, il nous arrive de nous dire que si effectivement l'avenir passe par celui de nos enfants, et bien cet avenir, il n'est pas bien rose.Les bedaines répondent.JONATHAN PAINCHAUD Je désire répondre à la lettre de M.Yves Randon, publiée dimanche dernier dans cette même page, sur le « port » abusif des bedaines en public.Je désire lui dire que, pas si loin des petits bureaux climatisés du fonctionnariat gouvernemental criblant notre Vieille Capitale, il existe un monde parallèle où, heureusement, complets trois pièces et cols roulés ne sont plus la norme.Pas plus que l'obscurantisme prérévolution sexuelle dont il nous fait si savamment l'étalage.Allez donc passer une journée avec ces hommes qui travaillent de 9 à 5 à goudronner une couverture par 30 degrés Celsius et essayez de leur balancer votre psycho-blabla sur « l'exhibitionnisme et le sans-gêne dû à un contexte social et idéologique de plus en plus féministe ».Je pratique personnellement la « délinquance plus ou moins consciente » qui me dicte de façon relativement aléatoire de me dévêtir le torse.Comme lorsque mon corps, par excès de chaleur, finit d'humidifier le peu de coton qui me sert de T-shirt et que chaque pore de ma peau semble se distendre pour quémander de l'air.Ou encore, quand mon teint a cette couleur blanche bleutée du lait écrémé, me conférant une apparence spectrale pour le moins inquiétante.Vous disiez que « la poésie du corps enrichie par le vêtement et son mouvement, prenant son centre dans le visage, est inhibée par une nudité partielle ».Sachez, mon cher, que toute la poésie du monde se trouve dans les nus de Rodin ou encore dans la « Naissance de Vénus » de Cabanel.(.) Écrivez-nous! Vous avec point de vue à exprimer, une opinion à soumettre, un cri du coeur à lancer ?La boîte aux lettres quotidienne de La Presse, publiée en page B 2, de même que dans cette page, est l'endroit idéal pour ce faire.Écrivez-nous.Notre adresse par courriel est : edito@lapresse.ca.Vou pouvez aussi nous joindre en adressant votre lettre comme suit : La boîte aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9 ; ou par fax au (514) 285-4816. 7LP1601A0730 a16 dimanche 30 juillet 7LP1601A0730 ZALLCALL 67 16:16:30 07/31/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 30 JUILLET 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 30 JUILLET 2000 Amanda Vincent JEAN-PAUL SOULIÉ Sur notre planète, 99 % de l'espace où la vie est possible est situé dans la mer.C'est le domaine, immense, que la biologiste Amanda Vincent a choisi comme cadre de ses activités de recherches.Depuis le début des années 80, elle se passionne pour un petit animal dont les diverses espèces vivent sur le littoral de la plupart des océans et des mers du globe, l'hippocampe.Curieux petit poisson, que cet hippocampe, accroché à des algues par sa queue annelée, et dont le mâle « porte » les oeufs pondus par la femelle, et se retrouve enceint pendant que madame se promène au gré des courants marins.Quand elle découvre l'hippocampe, Amanda Vincent est à l'Université de Cambridge, en Angleterre, où elle prépare un doctorat.Elle s'intéresse au sexe et à l'évolution des rôles, mais veut rester près de la mer.À sa grande surprise, personne, depuis le début du siècle, ne s'est encore intéressé réellement à ce drôle de petit poisson.Dans les années 90, alors qu'elle est à Oxford, elle apprend que ces créatures très spéciales disparaissent, victimes de pêches accidentelles ou excessives et à cause de la dégradation de leur habitat naturel.Devenue professeure de biologie à l'Université Mc Gill, à Montréal, Amanda met sur pied en 1996 le Projet Hippocampe, 40 biologistes et travailleurs sociaux qui travaillent à l'étude et à la préservation des fonds marins en collaboration avec les populations intéressées, un peu partout autour du monde, aux Philippines, au Vietnam, à Hong Kong, en Australie, en Europe, en Afrique du Sud.Cette approche globale fait de l'hippocampe, animal charismatique, le cheval de bataille de la préservation de toute la faune marine.Elle a valu à la professeure Amanda Vincent une reconnaissance internationale, et de nombreuses distinctions : prix Rollex en 1998, prix Witley de la Royal Geographic Society en 1995, et tout récemment, une prestigieuse bourse Pew de 150 000 $ US.C'est la première fois qu'une telle bourse est attribuée à un professeur de l'Université Mc Gill, et Mme Vincent est la deuxième Canadienne à en bénéficier.La Presse souligne cet honneur et nomme la biologiste Amanda Vincent Personnalité de la semaine.Ce n'est pas un hasard si le Projet Hippocampe mis sur pied par Amanda Vincent a explosé bien au-delà de l'étude du petit animal et de sa survie problématique.Née à Vancouver, Amanda a fait des études universitaires en Ontario, après avoir vécu longtemps en Amérique du Sud avec sa famille.Son père était conseiller politique, sa mère est photographe, et parcourt toujours le monde.Un de ses frères a été ambassadeur du Canada en Espagne, un autre est skipper de voiliers dans les Caraïbes et le troisième s'occupe de transport écologique.Avant de se lancer dans des études de doctorat en Angleterre, Amanda prend trois années de réflexion à bicyclette.Elle voyage en Asie, en Europe, en Australie.Elle gagne sa vie en chemin, faisant les vendanges en France, la tonte des moutons en Australie.Elle travaille aussi dans une station de sports d'hiver en Savoie et comme barmaid en Irlande.Aujourd'hui, à 40 ans, elle regrette de ne plus faire autant de plongée sous-marine : « C'est triste, je ne plonge plus que deux ou trois fois par semaine.Mais il faut administrer le projet, rencontrer les gens sur place, avec les travailleurs sociaux.C'est très important de régler la gestion de la pêche avec les pêcheurs.» Aux Philippines, pour préserver la faune d'un récif de 140 kilomètres de long, Projet Hippocampe travaille avec le gouvernement.Ailleurs, c'est avec l'ONU.Seulement en ce qui concerne l'hippocampe, plus de cinquante pays en font le commerce.Il est très utilisé par la médecine traditionnelle qui soigne depuis 2000 ans environ 80 % de la population du globe et qui est reconnue par l'Organisation mondiale de la santé.Il faut créer des alliances entre les consommateurs et les producteurs, les médecins et les commerçants.L'hippocampe est, paraîtil, très bon pour soigner l'asthme, l'artériosclérose et certains problèmes sexuels.« En Asie, ils sont prêts à collaborer, ça fait avancer la cause, dit la professeure Vincent.Il n'est pas question d'interdire, mais de réglementer, de limiter les prises en fonction de la capacité des stocks.À Nairobi, au Kenya, une importante réunion s'est tenue où il a été question de l'hippocampe : on a pris les choses par le bon bout.On va étudier, prendre tous les renseignements.Avec d'autres espèces, il faut être plus rigoureux.Mais avec les hippocampes, il faut trouver des solutions créatives.» Amanda Vincent constate qu'on en sait beaucoup plus long sur les baleines, les éléphants et les ours que sur des centaines d'espèces aquatiques, particulièrement des poissons qui ne sont pas l'objet d'une pêche systématique.« Il faut faire une grande étude, avoir un contact constant avec l'ONU, c'est très excitant.C'est de la recherche en biologie qui n'a rien de traditionnel.Nous voulons être reconnus mondialement, et que nos ambitions soient acceptées, tout comme elles le sont par l'Université Mc Gill.» Elle met sur pied, en 1996, le Projet Hippocampe pour l'étude et la préservation des fonds marins.« C'est de la recherche en biologie qui n'a rien de traditionnel.Nous voulons être reconnus mondialement, et que nos ambitions soient acceptées, tout comme elles le sont par l'Université Mc Gill.» B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2872075 Not Found B0P01PROMO80 10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Found 287207580 10X060 00 PERSONNALITEE SEMAIN LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
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