La presse, 16 mai 2000, Cahier A
[" 2LP0199A0516 Page A1/16mai 2LP0199A0516 ZALLCALL 67 12:12:38 05/16/00 B Le président algérien Bouteflika plaide la cause de l'Irak page A24 Le plus grand quotidien français d'Amérique Parents et amis rendent un dernier hommage à Dédé Fortin page A3 page S3 1 3 4 6 R MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 P 116e ANNÉE, NO 204, 76 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DE QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ «Les régies de la santé: une erreur» Le président du Conseil du Trésor a des propos corrosifs sur notre système de Santé DENIS LESSARD envoyé spécial, BUENOS AIRES La création des régies régionales dans le réseau de la Santé a été une erreur et il faut vite faire ce qu'il faut pour rendre cette structure responsable de ses décisions budgétaires.Dans une série de déclarations spontanées, le président du Conseil du Trésor, Jacques Léonard, a tenu des propos acides à l'endroit du système québécois de santé, une source permanente de maux de tête pour le grand argentier du gouvernement.M.Léonard avait mis de côté son flegme habituel, hier matin, en discutant à bâtons rompus avec une poignée de spécialistes québécois, un fonctionnaire du ministère de la Santé et quelques patrons de PME qui appliquent les innovations informatiques au secteur de la santé.Discutant des problèmes de structure et de financement dans le réseau de sa collègue Pauline Marois, M.Léonard a donné un exemple percutant.« Quand on pense que les syndicats siègent d'office sur les conseils d'administration des CLSC, cela n'a pas de maudit bon sens », a lancé, enflammé, M.Léonard.Or ces conseils d'administration devraient avoir toute la latitude nécessaire pour prendre des décisions de gestion qui peuvent ne pas faire l'affaire des employés syndiqués.M.Léonard a été visiblement surpris quand le journaliste de La Presse lui a demandé de clarifier ses propos.Il a alors demandé que rien ne soit publié.« Vous comprenez, ce n'est pas mon dossier », a-t-il expliqué.Dans la dernière année, avant que Voir LES RÉGIES en A2 Jean Béliveau atteint d'un cancer de la gorge Sourire de starlettes FRANÇOIS BÉLIVEAU Tout le milieu québécois du hockey, en fait tout le Québec, a été consterné, hier, d'apprendre qu'après le Rocket, c'est maintenant au tour du Gros Bill de livrer son combat contre le cancer.Le légendaire Jean Béliveau, 68 ans, est atteint d'une tumeur maligne dans la région du cou, mais le communiqué émis par le Canadien n'en dit pas plus pour l'instant.Pierre Boivin, le président du Tricolore, a déclaré à la suite d'une conversation avec l'ancien capitaine du Bleu-Blanc-Rouge hier matin, au Centre Molson, que malgré cette nouvelle, l'ancien no 4 garde un bon moral.« M.Béliveau m'a avisé que lors de son examen médical annuel, son médecin a découvert la présence d'une tumeur maligne.Il m'a mentionné qu'il se porte bien.» Le gentleman du hockey, celui qui a toujours représenté la distinction, comme joueur et comme homme, a refusé de parler à quiconque, malgré les nombreux appels téléphoniques chez lui.Il a néanmoins tenu à Voir JEAN en A2 La chronique de Réjean Tremblay: S5 PHOTO REUTERS La cofondatrice du groupe All Saints, Melanie Blatt (au centre), se prête à une séance de photos avec deux membres du groupe, Nicole Appleton (à gauche) et sa soeur Natalie Appleton, toutes deux d'origine canadienne.Les chanteuses tiennent la vedette dans le film Honest, de Dave Stewart, au programme du 53e Festival de Cannes.Le roi du cliché règne sur le festival Jean Béliveau MARC CASSIVI envoyé spécial, CANNES Gilles Traverso aime les clichés.Dans un lieu où l'image est reine, c'est lui le roi.Héritier d'une dynastie cannoise, ce photographe de 42 ans est le gardien de la mémoire d'un festival.Celui de sa ville natale, qui a vu les Traverso croquer les stars sur la Croisette depuis 60 ans.Photographes de père en fils depuis quatre générations, les Traverso ont collectionné, dès les débuts du Festival international du film, d'innombrables portraits de célébrit é s , a r t i s t e s , acteurs, cinéastes, mannequins et hommes politiques.Un trésor de pellicule, précieusement conservé dans un bureau exigu, rue de Bône.« En 1939, alors qu'on préparait ce qui devait être le premier Festival, mon grand-père était sur place pour photographier Louis Lumière, raconte Gilles Voir LE ROI en A2 Qui diantre choisit les films?B4 Augmentation de la toxicomanie chez les infirmières Une espèce d'omertà empêche de combattre efficacement le phénomène Rubriques Arts et spectacles .B4 à B7 - horaire spectacles B6 - horaire télévision B5 - Louise Cousineau B4 - Nathalie Petrowski B5 Bandes dessinées C21 Bridge C24 Cyberpresse C26 Décès C25 Économie D1 à D19 Éditorial B2 Êtes-vous observateur.C20 Foglia Pierre A5 Feuilleton C22 Horoscope C23 Le monde A24, A25 Loteries A2, A14 Mots croisés C22, S10 Mot mystère C21 Opinions B3 Petites annonces C20 - immobilier C20, C21 - marchandises C21, C22 - emplois C22, C23 - automobile C23, C24 - affaires C6 Politique B1 MÉTÉO Ciel variable Max.17, min.6 Cahier Sports, page 16 http://lapresse.infinit.net ANDRÉ PRATTE Un nombre croissant d'infirmières travaillent sous l'influence de l'alcool, de drogues ou de médicaments.Cependant, une sorte de loi du silence recouvre cette problématique, une omertà qui empêche de la combattre efficacement.Ces deux constats ressortent d'une étude réalisée par une infirmière du CLSC Ahuntsic, Suzanne Valois, dans le cadre de ses études de maîtrise en sciences infirmières.Mme Valois a présenté ses résultats hier à l'occasion du congrès annuel de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), qui se tient cette année à l'Université de Montréal.Entre 1983 et 1992, 38 infirmières ont comparu devant le comité de discipline de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec, accusées d'avoir pratiqué sous l'influence de substances psychoactives.C'est deux fois plus que durant la période précédente (1975-1983).« Le phénomène est en progression », affirme Mme Valois.Trente-huit infirmières sur les 67 000 que compte la profession, c'est minuscule.Mais, selon Mme Valois, « c'est la pointe de l'iceberg, parce que très peu de cas se rendent au comité de discipline ».De toute façon, estime-t-elle, « compte tenu du rôle de l'infirmière, c'est un problème très important pour la protection du public.Nous donnons des soins, nous avons besoin de toutes nos facultés ».S'il y a peu de cas qui se rendent au comité de discipline, c'est que des interventions sont d'abord tentées dans le milieu de travail même.Les personnes concernées ont tout avantage à éviter l'intervention de l'Ordre des infirmières, qui peut mener à une radiation temporaire ou permanente.De peine et de misère, Mme Valois a pu retracer trois infirmières qui ont déjà pratiqué sous l'influence de l'alcool ou de drogues.L'une d'elles a commencé à consommer alcool et médicaments à la suite d'un divorce.Elle se procurait des médicaments dans son milieu de travail.Il lui est même arrivé de remplacer le médicament que devait prendre un patient par un simple verre d'eau pour pouvoir elle-même consommer Voir AUGMENTATION en A2 Les employeurs boudent les travailleurs âgés: A16 Acfas 2LP0202A0516 Page A2/16mai 2LP0201A0516 ZALLCALL 67 01:00:31 05/16/00 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 «Les régies de la santé: une erreur» LES RÉGIES / Suite de la page A1 le ministère de la Santé bénéficie d'une injection de 2,7 milliards dans le budget de Bernard Landry, les frictions ont été fréquentes entre la ministre de la Santé, Pauline M arois, et M.Léonard, responsable des finances publiques.M.Léonard est toujours le ministre le plus laconique du gouvernement quand il s'agit de commenter les questions de son ministère et devient toujours muet comme une carpe sur les questions qui débordent ses responsabilités.Les déclarations du ministre Léonard ne sont pas sans rappeler celles de son collègue Bernard Landry qui avait soutenu, début mars, que « les problèmes dans la santé n'étaient pas qu'une affaire d'argent ».Le débat sur la santé annoncé à la fin de 1999 prendra la forme d'audiences publiques prévues pour septembre.La partie régionale de ce forum vient d'être reportée de juin à l'automne prochain.Le dépôt d'un projet de loi par la ministre Pauline Marois pour accroître l'imputabilité financière des régies régionales est attendu à l'automne.Jusqu'ici, cette structure n'a guère appuyé le gouvernement quand il a fallu comprimer les dépenses, a observé M.Léonard.« Les régies.elles ne sont jamais là quand ça chauffe », a-t-il lancé, lapidaire.D'entrée de jeu, M.Léonard avait eu une évaluation plus globale du monde de la santé.« La santé, c'est une série de corporations qui, une après l'autre, tentent de tirer la couverture de leur côté », a-t-il soutenu, faisant allusion à la série de conflits entre Québec et plusieurs groupes (des pharmaciens d'hôpitaux aux technologues en passant par les médecins), qui, chacun leur tour, ont mené ou mènent des opérations pour faire pression sur le gouvernement.Comble de malchance pour M.Léonard hier, après avoir attendu de longues minutes qu'un auditoire se présente, il a dû annuler, faute de temps, le discours qu'il devait faire à une présentation d'entreprises québécoises sur la télémédecine.Jean Béliveau atteint d'un cancer de la gorge JEAN / Suite de la page A1 livrer ses commentaires au directeur des communications du Canadien, Donald Beauchamp.« Je m'en remets entièrement aux médecins traitants et j'entends suivre à la lettre leurs directives et recommandations.Je suis confiant et j'ai bien l'intention de gagner cette prochaine bataille.Pendant la période de mes traitements, soit au cours des prochains mois, les membres de ma famille et moi-même demandons bien humblement à ce que notre intimité et notre tranquillité soient respectées.» Élyse, l'épouse du Grand Jean, a précisé que son mari a lui-même découvert, il y a plus d'un mois, une bosse de la grosseur d'une bille, à la gorge, entre l'oreille et le cou, alors qu'il se rasait.« C'était juste avant notre départ pour une croisière à Hawaii et Tahiti.Jean ne s'inquiétait pas trop à ce moment-là.Il savait qu'au retour, il avait un rendez-vous avec son médecin.Rentré à Longueuil, c'est la première chose qu'il a faite, et une biopsie a révélé la tumeur, ajoute Mme Béliveau.Nous sommes en attente de traitements à l'Hôpital Général de Montréal.Pour nous, il s'agit d'une autre aventure, mais cette fois, c'est l'inconnu, c'est inquiétant, mais je sais que Jean va se battre.Il n'a pas été possible d'obtenir d'avis médical de spécialistes hier.Selon un radio-oncologue qui a requis l'anonymat, c'est trop vaste, ça peut être plusieurs choses, tant qu'on ne dispose pas de plus de précisions.« Est-ce un lymphome ?Est-ce que ça touche le larynx, la thyroïde ?Les ganglions sont-ils affectés ?Ça peut être quelque chose qui se traite très bien, en chimio ou autrement, mais je ne peux m'avancer davantage.» Chez le Canadien, selon Donald Beauchamp, il n'y a pas de spécialiste dans ce domaine parmi le personnel médical.Lise, l'épouse d'Henri Richard, autre ancien « grand » capitaine du Canadien, a appris l'état de Jean Béliveau il y a une semaine déjà.« Mais je n'ai pas parlé à Élyse depuis, dit-elle.Nous sommes très proches, nous sommes de l'ancienne génération des joueurs du Canadien.Je sais qu'Élyse a un bon moral, c'est une femme extraordinaire, mais je trouvais inapproprié d'en discuter.Pour nous tous, c'est une très mauvaise nouvelle.Jean Béliveau a connu une glorieuse carrière avec le Canadien, de 1950 à 1971, remportant dix fois la Coupe Stanley.Seul Henri Richard a fait mieux dans toute l'histoire de la LNH avec onze coupes.Béliveau est considéré comme le meilleur joueur de centre et le plus grand capitaine en 81 ans d'histoire de l'équipe.Il a récolté 1219 points (507 buts et 712 aides) en 1125 matchs en saison régulière.En 1971, quand il a pris sa retraite en tant que joueur, il a été nommé vice-président du Canadien, poste qu'il a occupé jusqu'en 1993.Il agit depuis à titre d'ambassadeur du Canadien et il continue de siéger au conseil d'administration de Molson et de plusieurs autres entreprises québécoises.Jean Béliveau, qui a été intronisé au Temple de la Renommée du hockey en 1972, et au Panthéon des sports du Québec en 1990, entre autres, a toujours représenté la classe et la dignité dans l'esprit des amateurs de sport au Canada.« Je l'ai vu à Victoriaville à la fin des années 40, raconte un autre ex-grand capitaine du Canadien, Émile Butch Bouchard.On voulait lui faire signer un contrat avec la Palestre Nationale, mais il avait choisi les Citadelles de Québec à la place.Il avait de meilleures offres, et je crois qu'il avait pris la bonne décision.» Bouchard ignorait, hier encore, l'état de son ami le Gros Bill, avec qui il a joué pendant près de six ans, jusqu'en 1956.« Je l'ai toujours vu voyager.Jean aime ça découvrir le monde.J'espère que ce n'est pas trop grave.Je lui souhaite bonne chance.C'est tout un gentleman, le Grand Jean ! » Le roi du cliché règne sur le festival LE ROI / Suite de la page A1 Traverso, avec l'accent chantant de la Côte d'Azur.Le surlendemain, la guerre a éclaté et le Festival était terminé.» Ce n'était toutefois que le début de l'histoire d'amour entre la famille Traverso et la prestigieuse fête du film.En 1946, année du premier Festival de Cannes, le père de Gilles faisait ses débuts sur la Croisette, à 16 ans seulement, comme apprenti de son paternel.Depuis, chaque année sans exception, un Traverso a participé à la grande célébration de l'image.Si bien que le patronyme est désormais intimement lié à l'événement.« L'histoire s'est répétée et dure depuis 53 ans, lance Gilles Traverso, dans son bureau décoré des photos sépia de Maurice Chevalier, Jean-Paul Belmondo et Liz Taylor.En 1976, plutôt que de trouver un autre job d'été à la plage, j'ai rejoint mon père au Palais des Festivals.» Ce fut le coup de foudre.Avec Farah Fawcett d'abord, la belle du moment, puis Paul Newman, son acteur préféré.« Ce n'est jamais devenu une habitude, dit-il.Hier, j'étais avec Catherine Deneuve avant la montée des marches.C'est toujours excitant, même lorsqu'on doit se bousculer avec les paparrazzi.On ne se lasse pas de ça ! » Près du Palais des Festivals, au kiosque de photo Traverso, c'est la cohue.Sous un chapiteau blanc, on affiche tous les jours les centaines de clichés pris sur le tapis rouge.Penelope Cruz, Jane Birkin, Pedro Aldomovar, Gérard Depardieu.pour 80 francs pièce (20 $).Mais, ce qui plaît surtout aux festivaliers « ordinaires », c'est de tomber sur leur propre photo, noeud papillon, robe de gala, le temps d'une montée des marches.« C'est pas tous les jours qu'on met la papillote ! » lance le responsable du kiosque.« Ça fait partie de l'animation, dit Gilles Traverso, sourire en coin.Pour faire plaisir aux gens qui étaient trop loin pendant la montée des marches et à ceux qui ont eu l'honneur de gravir l'escalier, invités par leur société ou je ne sais quoi.C'est un beau souvenir.Le photographe, rencontré en coup de vent entre un « photo-call » officiel et un contrat avec l'Oréal (commanditaire du Festival), a grandi comme son père \u2014 décédé il y a un peu plus d'un an \u2014 dans les chambres noires.Aimerait-il que sa fille, qui a vu le jour il y a à peine six mois, suive ses traces, celles de son père, de son grand-père et de son arrière- grand-père ?« On verra bien dans quelques années ! » répond le nouveau papa, un flash de fierté au fond des yeux.Augmentation de la toxicomanie chez les infirmières AUGMENTATION / Suite de la page A1 le calmant en question.L'accès aux médicaments dans les hôpitaux a beau être strictement contrôlé, il est assez facile pour une infirmière de s'en procurer, selon Suzanne Valois.« Il y a toujours des moyens pour celles qui sont aux aguets.» Une autre infirmière interrogée dans le cadre de cette recherche consommait de l'alcool depuis sa tendre enfance.Pendant ses études en sciences infirmières, elle consommait alcool et drogues.Devenue professionnelle, elle a souvent travaillé sous l'influence de l'alcool, du cannabis ou de la cocaïne.Ce cas soulève une autre problématique : la nécessité de sensibiliser les professeures des futures infirmières à la toxicomanie, de sorte qu'elles puissent dépister et venir en aide aux étudiantes susceptibles de développer une dépendance.Un sujet tabou Si Mme Valois a eu tant de mal à retracer des infirmières qui ont souffert de toxicomanie, c'est notamment parce qu'elle n'a pas reçu beaucoup d'aide des syndicats d'infirmières et de l'Ordre des infirmières.Ainsi, on n'a pas voulu lui fournir de statistiques pertinentes.Dans un établissement de santé, on a refusé d'afficher son avis de recherche, de crainte d'effrayer les patients ou leur famille.« C'est très tabou, estime la chercheure.On craint de nuire à l'image des infirmières.Je comprends qu'on ne veuille pas alerter la population.Mais si on n'en parle pas, on fait comme si le problème n'existait pas.Je trouve ça très dangereux.» Cette même loi du silence règne dans l'entourage des infirmières toxicomanes.Confrontées à une collègue aux prises avec ce problème, les infirmières préfèrent fermer les yeux, quitte à faire le travail à sa place, plutôt que de porter une plainte qui risquerait de provoquer sa colère, et à la limite de lui faire perdre son emploi.Cela montre, selon Suzanne Valois et sa professeure, Hélène Lazure, qu'il faut au contraire soulever la question au grand jour, diffuser l'information le plus largement possible.« Dans les cours de sciences infirmières, il y a très peu de formation sur les toxicomanies, déplore Mme Lazure.Il faudrait bien expliquer aux futures candidates qu'elles sont à risque.Les infirmières ne sont pas des anges, elles sont des êtres humains.Or, on sait que les problèmes de toxicomanie dans la population s'aggravent de façon exponentielle.Joints par La Presse, l'Ordre des infirmières et le principal syndicat d'infirmières, la FIIQ, ont tous deux nié qu'ils cherchent à camoufler le problème.L'Ordre rappelle qu'il a publié dans son journal une publicité relative aux activités des Alcooliques Anonymes.La FIIQ a obtenu que le régime d'assurances des infirmières couvre les frais de programmes de désintoxication.La présidente de la FIIQ, Jennie Skeene, estime que les infirmières sont particulièrement fragiles depuis quelques années, en raison du stress que leur ont fait subir les transformations du réseau de la santé.« Compte tenu de l'accès qu'ont les infirmières aux médicaments, le nombre de cas de toxicomanies reste très petit », dit Mme Skeene.Au cours des trois dernières années, l'Ordre des infirmières a ouvert une vingtaine de dossiers par année relatifs à des problèmes de toxicomanie ou de consommation d'alcool.L'Ordre refuse de préciser comment ces dossiers ont été réglés, mais assure qu'ils l'ont été en tenant compte en premier lieu de la nécessité de protéger le public.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse Suzanne Valois et Hélène Lazure ont décidé de briser le silence entourant la toxicomanie chez les infirmières.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Faut-il punir les enfants lorsqu'ils ont des comportements inadmissibles?Êtes-vous surpris de la révélation du troisième secret de Fatima, qui annonçait prophétiquement l'attentat contre le pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 53 % Non: 47 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 2-3-0 à quatre chiffres : 8-1-2-7 COLLECTES DE SANG Aujourd'hui, Héma-Québec attend les donneurs aux endroits suivants; n à Montréal: Centre des donneurs de sang, centre commercial Maisonneuve, 2991, Sherbrooke Est (métro Préfontaine), de 10 h à 19 h 30; n à Montréal: Institut de Cardiologie de Montréal et le Centre Épic (gymnase), 5055, rue Saint-Zotique, de 11 h 30 à 18 h 30.Objectif: 200 donneurs; n à Dorval: Cité de Dorval, poste de quartier 5, pompiers de Dorval en collaboration avec le Club Optimiste Dorval Inc.et Re/Max Dicaire Inc.530, boul.Bouchard, de 14 h à 20 h.Objectif: 175 donneurs; n à Mercier: organisée par les Chevaliers de Colomb, conseil 7554 de Mercier et les Filles d'Isabelle, Centre communautaire Maurice- Perron, 730, boul.Saint-Jean-Baptiste, de 14 h à 20 h 30.Objectif; 125 donneurs; n à Campbell's Bay: Centre récréatif De Campbell's Bay, 2, Second Street, de 13 h 30 à 20 h.Objectif; 175 donneurs.DEMAIN DANS LA PRESSE Le grand bleu Après des saisons difficiles, le jean reprend du service.Revu et modernisé à coups de broderies et de tatouages placés, injecté de lycra ou de lin, le grand bleu, lancé il y a plus de 150 ans, se refait un air de jeunesse et retrouve une place de choix au sein des collections estivales.À lire demain dans le cahier Mode, sous la plume de Viviane Roy. 2LP0302A0516 A-3 mardi 2LP0302A0516 ZALLCALL 67 01:00:10 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 R A 3 L'EXPRESS DU MATIN Les omnis règlent n La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec s'est finalement entendue avec le gouvernement provincial au sujet du renouvellement de son entente générale.L'annonce en sera faite ce matin à Montréal, en présence de la ministre de la Santé, Pauline Marois.Les omnipraticiens ont notamment obtenu de Québec l'effacement du dépassement de leur enveloppe salariale, qui se chiffrait à 53 millions l'an dernier.L'enveloppe sera majorée d'autant à compter de cette année.Répit pour les gazelles n L'étape marathon (48 heures), qui devait démarrer hier matin, a été repoussée à aujourd'hui et demain pour permettre aux gazelles et aux membres de l'organisation de souffler un peu, après les incidents des derniers jours.Par conséquent, l'étape 9 n'aura pas lieu.Le rallye se terminera vendredi prochain avec la huitième étape.La dixième édition du trophée Aïcha, qui se déroule au 11 au 20 mai, peut être suivie par Internet au www.gazelle.canada.com et au www.canoe.qc.ca .Meurtre inexpliqué n Les policiers de la CUM tentaient toujours, hier, de trouver une explication au meurtre de Patrick Mac Nicoll, tué à coups de couteau à l'arrière de l'auditorium de Verdun.Le corps du Verdunois de 19 ans a été découvert par hasard, vers 1h40 samedi, par deux passants qui se dirigeaient vers la piste cyclable située dans le secteur.Le jeune homme avait récemment été appréhendé par la police, une fois au mois d'avril pour une affaire de méfait, et une autre fois au début de mai pour une tentative d'introduction par effraction.Tout renseignement sur les allées et venues de Mac Nicoll dans les heures qui ont précédé son assassinat, vendredi soir dernier, peut être transmis en toute confidentialité aux sergents- détectives Richard Nardozza et Marius Bélanger, de la section des homicides du SPCUM, au 280-2052.Travaux sur la 116 n Les travaux entrepris à l'été 1999 sur la route 116 (boulevard Sir-Wilfrid-Laurier) à Saint-Basile- le-Grand se poursuivent dès aujourd'hui et jusqu'à la mi-juillet.Dans une zone qui s'étend sur 1,5 km vers l'ouest à partir de la rue Principale, les travaux consisteront essentiellement à terminer l'installation d'un collecteur et son raccordement au réseau d'égout pluvial ainsi qu'à compléter la reconstruction de la chaussée et l'installation d'un système d'éclairage et de feux de circulation.Une fois établies, les fermetures et déviations de voies requises pour la réalisation des travaux demeureront les mêmes jusqu'à la fin.Règle générale, deux voies seront ouvertes dans chaque direction.Ainsi, au cours du week-end, deux voies rétrécies, dont une sur l'accotement asphalté, seront disponibles en direction est.En direction ouest, la voie de gauche sera déviée à contresens sur la chaussée opposée dans toute la zone des travaux à partir d'un point situé avant l'intersection de la rue Principale.Il en sera de même de la voie de droite à partir de la montée des Trinitaires.Funérailles du juge Deschênes n Les funérailles du juge Jules Deschênes, figure marquante du droit canadien, ont été célébrées hier en l'église Saint-Germain d'Outremont.La cérémonie a débuté à 13h et le corps de l'exjuge en chef de la Cour supérieure du Québec a ensuite été inhumé au cimetière Notre-Dame- des-Neiges.Le juge Deschênes est mort mercredi à l'âge de 76 ans.De 1985 à 1987, il a présidé une commission d'enquête sur les criminels de guerre au Canada.Il a ensuite siégé, de 1993 à 1997, au Tribunal pénal international sur les crimes de guerre dans les Balkans.De nombreuses personnalités des milieux politique et juridique étaient présentes, dont le vicepremier ministre, Bernard Landry, et le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.Beaucoup de curieux et d'admirateurs de Dédé Fortin se massaient hier devant l'église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, à Sorel, pour les funérailles du fondateur des Colocs.Salut Dédé, le mystérieux! SUZANNE COLPRON SOREL Ta voix me touche jusqu'à l'enfance, Tes mots résonnent de vérité, Je t'envie dans mon silence, De chanter le monde tel qu'il est.Dans l'église Notre- Dame-du-Perpétuel- Secours, à Sorel, où s'entassaient parents, amis et curieux, Michel Rivard a lu hier un poème qu'il avait écrit pour son « chum », son « p'tit frère », Dédé Fortin, mort à 38 ans dans des circonstances tragiques la semaine dernière.« Je souhaite de tout coeur que s'il existe, le Bon Dieu ait une job pour toi », a-t-il ajouté devant une foule muette et fort triste, composée de la mère et du père du disparu, de ses dix frères et soeurs, de ses nombreux neveux et nièces et encore plus nombreux amis, dont Richard Desjardins, Paul Piché, Richard Petit, Mononc'Serge, François Gourd, Rick Weston, Mike Sawatzky et les membres du groupe africain Fakhass Sico.« Correspondant d'éternité, observateur d'humanité, donneur d'espoir aux désespérés.» Comme des centaines d'autres, Michel Rivard assistait à la cérémonie d'adieu du fondateur et de l'âme dirigeante des Colocs, célébrée avec beaucoup de chaleur et de simplicité.On aurait dit que toute la ville de Sorel était au rendez-vous tant il y avait du monde dans la rue et sur le parvis de l'église.Bizarrement, les gens ont applaudi en apercevant les membres de la famille à leur sortie du salon funéraire, qui marchaient en direction de l'église, derrière le cercueil soulevé par des porteurs.À l'intérieur de l'église, le curé a rappelé que la mort d'André Fortin avait pris tout le monde par surprise.« Ça fait mal, a-t-il dit.C'est comme un coup de couteau dans nos coeurs.Sa mort fait surgir toutes sortes de questions, toutes sortes de sentiments.» Doris, une des soeurs du disparu, a lu un court texte.« J'ai perdu un ami, a-t-elle confié.Mais l'amour reste.Salut André, le mystérieux.Un hommage qui a été suivi par une chanson de Richard Desjardins.« C'est vrai que la vie est rough par bouts », a poursuivi le curé, en relatant les derniers moments de la vie du Coloc en chef et les circonstances épouvantables dans lesquelles son corps a été découvert par des amis dans son appartement du Plateau.Des circonstances pénibles à rappeler.À la fin, les parents, les frères et les soeurs de l'auteur de La Rue Principale se sont approchés de l'autel.Une autre soeur, Lisette, a lu un dernier texte, puis le groupe Fakhass Sico a chanté une chanson créée avec les Colocs sur des paroles de Baudelaire, accompagné aux tams-tams.Un des moments les plus émouvants de la cérémonie, qui n'avait rien de conventionnel.« Je l'aimais sur le plan personnel.Moi, c'est ce qui me ressemble le plus, en chanson, au Québec.C'est le Québec nouveau », a dit la ministre de la Culture, Agnès Maltais, à sa sortie de l'église, où le son des cloches se mêlait à celui de la Fanfare Pour-Pour.Les parents de Dédé Fortin et une de leurs filles à leur sortie de l'église.Le chanteur Paul Piché, une idole de Dédé Fortin, complètement démoli par le chagrin.Richard Petit (à gauche), un grand ami de Dédé, avec Michel Rivard qui a lu un très beau poème aux funérailles.PHOTOS ROBERT MAILLOUX, La Presse © À la sortie de l'église, les gens étaient accueillis par la Fanfare Pour-Pour. 2LP0499A0516 A4 mardi 2LP0499A0516 ZALLCALL 67 12:13:17 05/16/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Les fabricants de pilules narguent Santé Canada Entre promiscuité et ignorance MATHIEU PERREAULT La première publicité de pilule anticonceptionnelle a ravivé les disputes sur l'éducation sexuelle.« Les pubs augmentent la promiscuité », titrait le National Post, citant des groupes pro-vie.Quand La Presse a demandé à Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec, son avis sur la question, elle a éclaté de rire.« Augmenter la promiscuité ?Voyons donc ! » La sexologue Joanne Otis, de l'UQAM, avait elle aussi de la misère à en croire ses oreilles.« Les études montrent que l'éducation sexuelle n'abaisse pas l'âge de la première relation sexuelle et n'augmente pas le nombre de partenaires », affirme Mme Otis.Au milieu des années quatre-vingt-dix, alors que les républicains américains subventionnaient à tour de bras de nouveaux programmes scolaires prônant l'abstinence avant le mariage, le sociologue californien Douglas Kirby avait publié une étude exhaustive sur les effets de l'éducation sexuelle et l'abstinence.Il y arrivait aux conclusions citées par Mme Otis.L'éducation sexuelle semblait fonctionner dans certains cas (moins de partenaires, âge plus élevé la première fois), alors que la promotion de l'abstinence n'affichait aucun résultat préliminaire encourageant.La technique, c'est bien beau, mais il faut penser aux valeurs, selon Diane Dupras, de Pour la vie et la famille, un organisme fondé par la Conférence des évêques catholiques du Canada.« Ce qui me frappe dans la pub d'Alesse, c'est l'absence de présence masculine, donc du couple.On recule beaucoup en remettant la contraception sur les épaules de la femme.Aussi, on ne peut plus dire que les relations sexuelles se limitent à la conception, donc aux enfants.Ça réduit la grandeur des relations sexuelles entre un homme et une femme.» MATHIEU PERREAULT Un visage couvert de boutons.Le même visage, lisse et rayonnant, sans acné.Sous les photos, « Diane avant », « Diane après ».Le médicament s'appelle « Diane 35 ».Bien que les règlements interdisent de nommer un médicament sous ordonnance et d'expliquer ses effets dans la même publicité, Santé Canada a mis plusieurs mois à obliger Berlex à modifier ses affiches d'abribus et ses annonces dans les magazines, affirme Ray Chepesiuk, du Conseil consultatif de publicité pharmaceutique, un organisme torontois qui donne des avis à qui en demande.« Pour nous, c'était clair que la pub dépassait les limites.» En exploitant les zones grises des lois, l'industrie pharmaceutique teste la détermination de Santé Canada à faire respecter ses propres règles sur la publicité.Au début du mois, la première publicité télévisée sur une pilule anticonceptionnelle a fait les manchettes au Canada anglais.Le premier volet de la campagne de Wyeth-Ayerst est en ondes depuis la semaine dernière à Much Music.On y voit des jeunes femmes discuter de contraception, sous le thème « Lessons in Life » (leçons de vie) : « A Lesson in.» Le nom de la pilule, Alesse, a la même consonance.Le deuxième volet mettra en vedette les mêmes acteurs, qui parleront alors de relations amoureuses, et le fournisseur de pilules Alesse.« Chaque pub, prise isolément, respecte les standards de Santé Canada, observe M.Chepesiuk.Mais s'ils se décidaient à les passer en même temps, je ne sais vraiment pas.C'est une zone grise.L'apparence des pubs est la même, les acteurs sont les mêmes.» Santé Canada réfléchit actuellement au délai qui sera imposé entre la fin du premier volet et le début du second.Wyeth- Ayerst a déjà prévu faire relâche en juillet et août, pour repartir en force cet automne.Selon Theodora Samiotis, porte- parole pour Wyeth-Ayerst à Toronto, les deux séries de pubs ne se côtoieront jamais à la télé.Début mai, tout juste après la fin de la campagne publicitaire de six mois de Berlex, une alliance de groupes de femmes hostiles aux publicités de médicaments a attaqué Berlex et Wyeth-Ayerst.Le Groupe de travail sur les femmes et la santé considère que les pubs de contraception doivent toujours mentionner le condom et parler de maladies transmises sexuellement.Berlex a réagi rapidement.Le jour même de la conférence de presse du Groupe de travail, un communiqué de la société lachinoise précisait que « la campagne d'information » sur Diane-35 n'avait pour but que « d'encourager les femmes à mieux s'informer ».« Le nom du médicament n'est jamais mentionné », proteste la relationniste Francine Bastien, qui représente Berlex auprès des médias.Wyeth-Ayerst a prévu le coup : le communiqué de presse qui accompagne la description de la campagne inclut un message du président de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Robert Gauthier.Le Dr Gauthier donne sa bénédiction, parce qu'il faut « éviter les grossesses non désirées ».Santé Canada a lancé en décembre dernier une consultation sur la publicité générale des médicaments sous ordonnance.Les effets sur la consommation de médicaments et les visites médicales seront disséqués, notamment l'influence au Canada des publicités diffusées depuis les États-Unis, où tout est permis.Depuis que les pubs sur les médicaments sous ordonnance y sont permises, les dépenses de marketing direct aux patients ont explosé aux États-Unis, passant de 55 millions US, en 1991, à 1,8 milliard l'an dernier.La progression à la télé s'est accélérée depuis 1997, quand la FDA a permis que l'information complémentaire (effets secondaires) soit reléguée à des dépliants ou à Internet.« C'est trop tôt pour savoir si ça a un effet sur le comportement des patients », dit le sociologue Mark Peyrot, du collège Loyola du Maryland.« L'étude que j'ai faite en 1997 montrait seulement que les patients parlaient davantage à leur médecin après avoir vu des pubs.» 2LP0501A0516 a5 mardi 2LP0501A0516 ZALLCALL 67 00:59:12 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 5 Gino est rentré chez lui Cafe Italia, vers midi.La faune habituelle.Les tables sont toutes occupées.Au comptoir, les clients sont debout sur deux rangées.Commerçants du quartier, épiciers en tablier, secrétaires, caissières des banques voisines enfilent leur espresso d'un trait.Ça rentre.Giornio Gino.Ça sort.Tchao Gino.Gino salue les gens par leur prénom.Il les connaît presque tous.Mais c'est pas le moment de causer.Aux manettes de sa Cimbali qui brille plein nickel, Gino a l'air d'un chauffeur de locomotive.Mais il a surtout l'air de Napoléon.Depuis 30 ans, Gino était le petit empereur du Cafe Italia, rue Saint- Laurent, au coeur de la Petite-Italie.Était.Gino est parti hier.Où ça ?Ben tiens, il est parti chez lui, à Roccamonfina près de Naples.Jeudi de la semaine dernière il avait tout envoyé par conteneurs, ses meubles, son auto.C'est fini pour lui le Canada.Il emporte tout, même sa soeur.Tu l'as mise aussi dans le conteneur ?Quoi ?Ta soeur.Il m'a fait cet air exaspéré que les clients du Cafe Italia connaissent bien.Gino n'avait pas besoin de parler, en bon Napolitain il disait tout avec les mains, paumes vers le ciel, les doigts comme pour une pincée de sel à l'envers : non mais t'es con ou quoi ?Langage muet.Mais on comprenait.Avec Gino, le client n'avait pas toujours raison.Les mauvais jours, les jours de défaite du FC Naples, ou de quelques revers plus personnels à Blue Bonnets, le client avait intérêt à filer doux.Gino, t'as oublié mon sandwich ?La chose à ne pas dire ! Ses mains s'agitent : tu me les gonfles, hein ! Tu vois mes mains ?Y'en a deux.Pas quatre.Deux.Alors fais-moi pas chier, tu veux ?Mes sandwiches, c'est les meilleurs du monde, si t'as pas deux minutes pour le meilleur sandwich du monde, tu t'en vas.Pas un mot n'était prononcé.Le regard et les mains disaient tout.Du pur napolitain.La vraie façon de pomper Gino, c'était avec les journaux.Vers la fin de l'après-midi, le Cafe Italia reçoit les quotidiens italiens du jour, Il Corriere, La Repubblica, la Gazzetta dello Sport.Les lire n'est pas un droit, mais un privilège qu'accordait ou non Gino, selon son humeur et selon la capacité du client à prendre grand soin dudit journal.Si tu renversais une goutte de café dessus, mais surtout si tu le rendais mal plié, ton cas était réglé : plus de journaux pour les trois prochaines années.Mais vous allez croire qu'on est contents que Gino soit parti.Vous n'avez rien compris.On adorait qu'il nous engueule.Et d'ailleurs il ne nous engueulait pas tout le temps.L'après-midi, quand le café était presque vide, c'était un plaisir de parler soccer, de Maradona dont il est le plus grand fan sur terre, de l'Italie, de rien, vous savez bien ces riens de comptoir qui sont comme la schiuma sur les cappuccini, un peu de mousse sur la vie.Qu'est-ce que je mets dans ton sandwich, Pierre ?Ce que tu veux Gino.Il mettait beaucoup de piments, du rôti de porc, des tomates confites.È buono ?Dégueulasse, Gino, dé-gueu-lasse.Il riait.Pour l'amour, Gino, qu'est-ce que tu vas faire à Naples ?Maradona est plus là.Ton club est en deuxième division, tu vas t'ennuyer de nous ! Au Cafe Italia, les paris sont pris : Gino sera de retour avant un an.Personnellement je gage le contraire.On ne le reverra pas.Rien à voir avec ces Italiens qui rêvent du moment où ils retourneront vivre en Italie, et rendus là-bas, se rendent compte que leur vie est au Canada.La différence c'est que Gino, lui, n'a jamais quitté l'Italie.Il a quitté Roccamonfina il y a 35 ans pour entrer directement au Cafe Italia où il arrive tous les jours à midi, parle italien avec des Italiens jusqu'à minuit, revient le lendemain.Depuis trente ans comme ça.Pas marié, pas d'enfants.Du Canada il connaît un peu Saint-Léonard où il avait sa maison, mais est-ce que Saint-Léonard est au Canada ?Vous en êtes sûr ?Gino s'en retourne vivre dans les collines de sa Campanie natale.Dans son bois de châtaigniers.Petite business de marrons glacés pour s'occuper.Le FC Naples qui remonte en première division.La mer à 20 kilomètres.Et Naples où il y a mieux à faire que mourir, n'en déplaise aux touristes.Naples où tout est magnifiquement tordu, les gens, les escaliers, les trilles qui pendent des balcons, les petites rues qui mènent au marché à la viande.La mer au bout du jardin de la villa Chiaia, il mare è sanza lische/e si puoi camminà, une mer sans ride où l'on peut marcher\u2014 Malaparte.Gino était arrivé à Montréal le 15 mai 1965.Il est parti hier, un 15 mai aussi.Il a tout emporté.Sauf ses parents qui sont au cimetière Côte-des-Neiges.Il est tout simplement rentré chez lui.Auguri, Gino.LA CÉLÉBRITÉ \u2014 Un courriel amusant que m'envoie la famille Drouin-Trempe de retour de vacances en Tunisie.Nous étions à Nabeul (Néopolis) sur la côte.En sortant d'un café Internet, nous achetons La Presse de Tunisie dans un kiosque voisin.La conversation s'engage avec le commerçant tunisien.Extrait : \u2014 Vous êtes Canadiens ?Du Québec ?Vous avez aussi un journal La Presse au Québec, je connais un de vos journalistes, comment s'appelle-t-il déjà ?Foglia, c'est ça, Foglia.Plus tard dans la soirée nous retrouvons à notre hôtel d'autres touristes Québécois, des Montréalais.Nous leur racontons cette anecdote.\u2014 Aujourd'hui on a rencontré un Tunisien qui lit Foglia.\u2014 Qui ?\u2014 Foglia, le journaliste de La Presse.Ils ne vous connaissaient pas.LES ANALES \u2014 Vous ne pouvez pas dire que je vous ai beaucoup embêtés avec Internet jusqu'ici, (ce n'est pourtant pas faute d'y perdre un temps fou) anyway, pour une première fois je crois, je vous invite à visiter un site, je vous promets que vous en ferez le tour très rapidement, pas plus de cinq minutes, je serais très curieux d'entendre vos commentaires, je réserve les miens pour une prochaine chronique.Le site en question : www3.sympatico.ca/mariec/index.html Pas nécessaire d'éloigner les enfants, absolument rien de porno, même si le lecteur qui m'a mis sur le coup (merci M.Hanigan) dit de la chose qu'elle est unique dans « les anales » en insistant pour faire une faute : Je sais, dit-il, « anales » s'écrit en principe avec deux « n », mais ici, un seul s'impose.C'est son opinion.La vôtre ?Pierre Les deux hommes criblés de balles liés aux Rock Machine MARCEL LAROCHE Les deux hommes criblés de balles vendredi dernier à l'intérieur de leur voiture immobilisée à un feu rouge, dans le nord de Montréal, sont des supporters des Rock Machine, gang de motards en guerre contre les Hells Angels.Atteints de plusieurs projectiles d'arme à feu, Denis Boucher, 33 ans, de Repentigny, et Tony Duguay, 27 ans, de Québec, ont miraculeusement survécu à cette attaque reliée à la guerre des motards.L'attentat est survenu en pleine rue, vers 17 h 40, au moment où l'automobile des victimes, une Chrysler Intrepid verte, était arrêtée à un feu de circulation, à l'intersection de la rue Jules-Poitras et de la bretelle de sortie de l'autoroute 15, à Saint-Laurent.Profitant de ce court arrêt au feu rouge, un véhicule a soudainement surgi par la droite et a ralenti en passant près de la Chrysler.Au même instant, une rafale de coups de feu a été tirée à courte distance sur la Chrysler, faisant voler en éclats les vitres latérales et touchant les deux occupants.Atteint de plusieurs projectiles au corps, Boucher a été le plus grièvement blessé tandis que Duguay a eu plus de veine, ses blessures ne mettant pas sa vie en péril.Boucher, qui est associé directement aux Rock Machine, et Duguay, une relation de ce gang, étaient toujours hospitalisés hier.Les médecins se montrent maintenant optimistes quant aux chances de survie de Boucher.Comme il fallait s'y attendre, depuis que Normand Hamel, le principal lieutenant de Maurice Boucher, leader des Hells Angels, a été abattu par balles le 17 avril dernier à Laval, une bonne demi- douzaine d'individus associés de près ou de loin aux Rock Machine ont été la cible d'attentats à Montréal et Québec.La dernière victime, Gilles Lesage, 50 ans, aurait été torturée avant d'être abattue, puis brûlée dans une camionnette abandonnée mercredi dernier dans l'est de la métropole.La raison d'une telle atrocité : on espérait faire parler Lesage, beaufrère d'Alain Brunette, 36 ans, un membre en règle des Rock Machine.Denis Boucher Tony Duguay L'as-releveur des Expos, Ugueth Urbina.PHOTOS ROBERT NADON, La Presse © La victime alléguée, Leon Eloy Ledesma.À coups de pieds, de poings et de genoux Premiers témoignages au procès d'Ugueth Urbina CHRISTIANE DESJARDINS Leon Eloy Ledesma, 26 ans, était accoudé au bar du pub Vertigo avec un ami, dans la nuit du 7 septembre dernier, quand il a senti quelqu'un lui toucher brusquement l'épaule.« Je me suis retourné, Ugueth Urbina était là, et j'ai reçu un coup de poing dans le visage.» C'est ce qu'il est venu dire, hier, alors que débutait le procès d'Urbina, l'as-releveur des Expos de Montréal, accusé de voies de fait avec lésions.Ledesma ne se rappelle que de ce coup de poing car il a perdu connaissance par la suite et s'est retrouvé à l'hôpital.Mais selon l'ami qui l'accompagnait ce soir-là, Fernando Baldeone, qui a aussi témoigné hier, l'agresseur se serait acharné sur Ledesma.« Cela a été fait sadiquement.Il le frappait à coups de poings, de pieds et de genoux, pendant qu'un autre homme faisait un écran humain avec son corps », a raconté Baldeone.Il a dit qu'il avait tenté d'attraper l'agresseur par la ceinture pour l'arrêter de frapper, sans toutefois y parvenir à cause de « l'écran humain ».Ledesma, lui, s'était écroulé contre un mur.« C'était incroyable, il faisait vraiment pitié », a-t-il signalé.Ce sont finalement deux portiers qui ont réussi à stopper l'agresseur et à l'escorter jusqu'à la sortie.C'est à ce moment-là que Baldeone a vu l'agresseur de face (jusque-là, il ne l'avait vu que de dos).Il ne l'a pas reconnu tout de suite, mais ce visage lui disait quelque chose, en raison notamment de son air et de ses sourcils.Il a avoué être un fan de baseball, et posséder une carte de baseball d'Urbina.« J'ai vu une face passer devant moi.J'ai vu son visage méchant et frustré.Je ne m'attendais pas que ce serait Ugueth Urbina.J'ai entendu des gens autour dire que c'était Urbina.Je ne comprenais plus rien, je n'en revenais pas.» Antécédents judiciaires Un peu plus tôt, hier, Ledesma avait été longuement cuisiné par l'avocat de la défense, Pierre Dupras, qui a étalé tous les antécédents judiciaires de celui qui se dit victime.Ledesma a notamment été condamné pour voies de fait, menaces, harcèlement, possession d'arme prohibée, méfait.Un incident concerne une altercation avec la sécurité du Peel Pub, d'autres deux de ses ex-blondes, dont la mère de sa fille.« Dans ce pays, on croit tout ce que les femmes disent, alors l'homme est toujours perdant », a commenté Ledesma, un Colombien, tout comme Urbina.Ledesma affirme qu'il ne comprend pas pourquoi Urbina l'a attaqué, parce qu'ils étaient plutôt copains.Ils se connaissaient de vue et se saluaient quand ils se voyaient dans les bars.Ledesma a toutefois admis qu'il avait eu maille à partir avec le frère d'Urbina, environ deux mois avant l'incident, à la sortie du bar Salsathèque.Juan Manuel Urbina l'aurait poursuivi et frappé à plusieurs reprises.Pourquoi Ledesma dit l'ignorer.C'est peut-être parce que sa propre petite amie cohabitait avec la fiancée de Juan Manuel, et que ce dernier était jaloux qu'elle sorte parfois avec eux.Il ne voit vraiment rien d'autre.Il n'a pas porté plainte pour cet incident, parce qu'il venait de sortir de prison et qu'on lui avait fait comprendre que personne ne le croirait.Il en va autrement pour l'incident avec Ugueth Urbina, qui lui a causé une légère commotion cérébrale, une fracture du nez, une coupure à l'oreille, ainsi que de nombreuses ecchymoses.Outre le procès devant la cour criminelle, mené par la procureure de la Couronne Kathleen Caron, Ledesma a admis hier avoir engagé une poursuite civile de 144 250 $ contre le joueur des Expos.« Ce n'est pas pour l'argent, je veux que justice soit faite », assuret- il.Ledesma affirme souffrir encore de maux de tête, d'étourdissements et d'insomnie.Le procès devant le juge François Doyon se poursuit aujourd'hui.S'il devait s'étirer encore plus, il serait remis à une date ultérieure car Urbina doit subir une intervention chirurgicale au coude demain. 2LP0699A0516 A6 mardi 2LP0699A0516 ZALLCALL 67 12:14:20 05/16/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Le procès Samson sera observé à la loupe Marcel Samson est accusé d'avoir tué sa conjointe dans une maison d'hébergement MARTHA GAGNON « Nous serons là durant tout le procès.Une dizaine de femmes, des employées et des dirigeantes de maisons d'hébergement pour femmes violentées, ont assisté hier au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu à l'étude d'une requête préliminaire avant le début du procès de Marcel Samson, accusé d'avoir tué sa conjointe, Ginette Roger.Le drame est survenu le 10 juin 99 à la maison Coup d'Elle où s'était réfugiée la victime.Devant la juge Diane Marcellin, la Couronne et la défense ont débattu de l'admissibilité en preuve d'une déclaration de l'accusé.Le choix du jury devrait avoir lieu le 23 mai.Fleurette Boucher, représentante du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour les victimes de violence conjugale, a expliqué qu'il était important de suivre le processus judiciaire.Une avocate, Sylvie Bordelais, a reçu le mandat de représenter les employées de la maison concernée, ainsi que les autres victimes, les femmes et les enfants qui étaient hébergés au moment des événements.« Une modification nouvellement en vigueur dans le Code criminel permet ce genre de représentation », précise-t-elle.L'avocate n'a toutefois pas le droit d'intervenir durant le procès.Si l'accusé est reconnu coupable, elle pourra cependant le faire au moment de la sentence pour expliquer les dommages et traumatismes subis.Mme Boucher portait hier le ruban blanc, symbole de la lutte contre la violence à la suite de la tuerie à l'École polytechnique.« Notre présence est importante, dit-elle.Nous voulons nous assurer que le processus judiciaire est là pour garantir la sécurité et la réparation.Le jury est maître des faits et nous lui faisons confiance.Mais nous tenons à bien comprendre les aspects légaux autant que les aspects humains de ce drame.» Elle explique que ce meurtre a secoué l'ensemble des maisons d'hébergement qui, dans plusieurs cas, ont revu leurs procédures de sécurité et leurs façons de faire.« Même si c'est un drame exceptionnel, nous pouvons toujours améliorer les choses en installant des caméras de surveillance ou des boutons de panique reliés au service de police.Sans tomber dans l'excès et devenir des forteresses, nous devons tout faire pour rassurer les femmes qui sont hébergées dans nos centres.» Mme Boucher précise que la maison Coup d'Elle n'a cependant rien à se reprocher concernant les tristes événements.« Par notre présence au procès, nous voulons passer un message à l'effet que les femmes violentées ont besoin de ressources pour être mieux protégées et soutenues.Malgré l'onde de choc provoquée par ce meurtre, Mme Boucher ne pense pas que les femmes soient davantage réticentes à aller se réfugier dans les maisons d'hébergement.« J'ai vu, au contraire, une augmentation à certains endroits, dont celui où je travaille », assuret- elle.Des citoyens appuient le père qui a assailli un pédophile MARTHA GAGNON Des citoyens, dont Alain Robitaille, un homme d'affaires de Montréal, appuient la cause du père qui s'est fait justice en battant le pédophile qui a incité son fils et deux autres garçonnets à participer à des jeux sexuels.M.Robitaille était présent hier au palais de justice de Saint-Jeansur- Richelieu pour démontrer sa solidarité avec le père accusé de voies de fait graves à l'endroit de Mario Many, 45 ans, un ancien chauffeur de minibus scolaire qui profitait de son travail pour attirer les jeunes garçons.Le pédophile a récemment été condamné à 18 mois d'emprisonnement, assortis d'une probation de trois ans, après avoir plaidé coupable à des accusations d'agressions sexuelles contre des jeunes de 10, 11 et 13 ans.« C'est un appui spontané, a expliqué M.Robitaille.L'histoire de ce père m'a bouleversé et j'ai décidé de l'aider.J'ai même versé 2000 $ à son fonds de défense.Je ne le connaissais pas avant aujourd'hui.J'espère que le tribunal fera preuve de clémence à son endroit.Il ajoute qu'il comprend et même approuve son geste de révolte envers le pédophile.« J'aurais peutêtre fait la même chose.Ce pédophile avait déjà été arrêté pour des délits semblables.J'en ai assez de voir ces agresseurs d'enfants s'en tirer facilement.Les tribunaux ne sont pas assez sévères.Ils commettent des délits et recommencent tout de suite après.» Le père, dont on ne peut révéler l'identité pour protéger celle de son fils, a administré une sévère raclée à Many.Un geste qui a soulevé la sympathie chez les uns et la désapprobation chez les autres.D'après le père, plusieurs citoyens lui ont manifesté leur encouragement face au système judiciaire.Il a mis sur pied son propre fonds de défense et reçu quelques dons.« Avec mon petit salaire de 9 $ l'heure, je ne dispose pas de grands moyens financiers.Contrairement à Many, je n'ai pas droit à l'aide juridique pour me défendre.C'est très dur.J'ai bien hâte que tout cela soit fini.En attendant la fin des procédures judiciaires, on vit au jour le jour.J'espère au moins que cette cause fera avancer la justice et sensibilisera les gens.C'est ma plus grande motivation.» Selon lui, la sentence de 18 mois imposée à Many, « c'est du bonbon ».Il ajoute que son fils est suivi par un psychologue.« Dans son cas, ça prendra plus que 18 mois pour effacer ce qui s'est passé », dit-il.D'après la preuve, Many incitait les écoliers à se caresser mutuellement pendant qu'il se masturbait.Il n'a pas eu de relations sexuelles avec eux.Le juge a suivi la recommandation commune de la défense et de la Couronne pour imposer sa sentence.En compagnie de son avocat, Martin Tremblay, le père a fait une brève apparition en cour pour demander au juge de reporter sa cause au 10 juillet.« Nous avons demandé un délai pour étudier le dossier, a précisé Me Tremblay.Mon client a déjà enregistré un plaidoyer de non-culpabilité.C'est un cas plutôt exceptionnel.À ce stade-ci, je ne sais pas encore quel sera le type de défense.» À la question de savoir s'il pourrait modifier son plaidoyer, le père répond qu'il laisse le soin à son avocat de décider des procédures.« C'est à lui de faire son travail.» D'après la version qu'il a donnée à des médias après l'incident, le père aurait fait sortir Many de son autobus en lui disant qu'il était dénoncé.Le pédophile aurait alors laissé entendre que les garçonnets étaient consentants, ce qui aurait soulevé la colère du père, qui l'a frappé avec ses poings et un instrument de karaté. La Presse 16 mai 2000 Page A7 manquante 2LP0801A0516 A8 mardi 2LP0801A0516 ZALLCALL 67 00:59:03 05/16/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Île de Montréal Stationnement de Montréal: un gouffre financier ÉRIC TROTTIER Le vérificateur général de la Ville, Guy Lefebvre, recommande à l'administration Bourque de mettre un terme à l'entente sur la gestion des parcomètres liant Montréal à la société Stationnement de Montréal (SDM), parce que cette entente fait perdre au moins « trois millions de dollars » par année aux contribuables montréalais.« La Ville n'a aucun avantage pécuniaire dans ce type de contrat », déclare le vérificateur, dans son rapport annuel déposé hier soir à l'assemblée du conseil.« Ce constat suggère à lui seul que la Ville mette fin à l'entente, poursuit M.Lefebvre.Le non-respect par Accessum (une société appartenant à la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, qui contrôle SDM et donc, qui gère les parcomètres de la ville depuis la signature de l'entente en 1994) de certaines clauses de l'entente, les choix risqués, le manque de transparence ainsi que certaines pratiques comptables et administratives constituent d'autres éléments nous obligeant à recommander cette avenue.Dans son rapport, le vérificateur rappelle que la Ville a signé l'entente d'une durée de 30 ans pour accroître ses liquidités et augmenter sa rentabilité en matière de stationnement tarifé.Dès 1995, la Ville devait d'ailleurs recevoir une compensation de 10,2 millions de Stationnement de Montréal.Mais la Ville a vite déchanté : la Chambre de commerce, à l'origine du contrat, a créé six filiales (dont SDM et Accessum) pour gérer l'entente.D'une part, fait valoir le vérificateur, la Chambre de commerce n'a « jamais injecté de capitaux dans l'ensemble du groupe » et ne supporte donc « aucun risque financier ».Et puis, plusieurs opérations financières menées par les filiales de la Chambre de commerce ont été déficitaires.Par exemple, une de ses compagnies, Parcoflex, devait développer et fabriquer une nouvelle borne informatisée.L'entreprise a déclaré faillite en juin dernier, ce qui a entraîné des coûts inutiles de 1,1 million pour la Ville.Par ailleurs, le vérificateur estime que la Ville, dans son entente, doit assumer des coûts « directs et indirects » (compensation versée à la Chambre de commerce, frais de gestion et de démarrage du projet, taxes scolaires que la Ville n'avait pas à payer quand elle gérait ellemême son parc de stationnement, etc.) qui s'élèvent à 11,3 millions de dollars pour les quatre premières années de l'entente.Bref, l'entente est un gouffre sans fond pour la Ville : « Cette situation, s'il n'y a aucun changement, laisse entrevoir une perte totale de l'ordre de 87 millions sur l'ensemble de la période couverte par l'entente », conclut Guy Lefebvre, qui suggère à la Ville d'entreprendre des démarches pour qu'Accessum et la Chambre de commerce remboursent une partie des sommes perdues dans cette aventure.Hier, le maire Bourque a dit qu'il avait encore confiance en la Chambre de commerce.Mais il a refusé de commenter davantage, s'en remettant au président du comité exécutif, Jean Fortier, qui doit donner la position de la Ville au cours d'une conférence de presse, ce midi.Le rapport du vérificateur général regorge par ailleurs une fois de plus d'un bon nombre d'anomalies administratives : des contrats de moins de 100 000 $ accordés à des entreprises de construction sans mécanisme de contrôle, sans autorisation du comité exécutif et sans surveillance des travaux ; le salaire de certains cols bleus sont imputés systématiquement à l'activité « Enlèvement de la neige », peu importe leur assignation quotidienne réelle ; des locaux de la Ville sont loués sans contrôle à des organismes sans but lucratif, et à des tarifs comportant des « écarts importants » d'un organisme à l'autre, etc.Malgré tout, le Vérificateur estime que la situation s'améliore généralement à la Ville, où la dette brute a encore une fois diminué en 1999, passant de 2,703 à 2,681 milliards.Matrec à St-Henri : Bourque reconnaît son erreur ÉRIC TROTTIER Les citoyens de Saint-Henri peuvent recommencer à respirer : la Ville de Montréal a définitivement écarté le terrain de l'échangeur Turcot pour installer un centre de transbordement des déchets de la compagnie Matrec.C'est le maire Bourque qui l'a annoncé, hier, avant d'entrer à l'assemblée du conseil municipal.« Oui, c'est définitivement écarté ; de nouveaux éléments sont apparus au dossier.Avec ces nouvelles données, il est clair que nous ne pouvons plus installer un centre de transbordement des déchets à cet endroit.» Un peu mal à l'aise, le maire a expliqué que les fonctionnaires de la Ville, après étude approfondie du dossier, viennent de réaliser que la réglementation provinciale interdit d'installer un centre de transbordement à moins de 200 mètres des résidences.Depuis des mois, la Ville avait toujours soutenu que le règlement stipulait que le centre devait être à 150 mètres des habitations.« Avec une limite à 150 mètres, on pouvait peut-être s'arranger, mais à 200, ce projet est impossible sous l'échangeur Turcot, parce qu'il y a trop de résidences autour dans la zone des 200 mètres », a dit le président du comité exécutif de la Ville, Jean Fortier.Exit, donc, le terrain de Matrec à Saint-Henri.La Ville étudie encore trois autres lieux, situés à Montréal, qui pourraient accueillir Matrec et ses 250 à 300 camions quotidiens remplis d'ordures.Rappelons que le dossier Matrec sous l'échangeur Turcot avait obtenu la sanction du conseil municipal, le mois dernier, avant d'être bloqué au ministère de l'Environnement, ce qui avait mis l'administration Bourque dans l'embarras.Depuis ce temps, le maire affirmait étudier d'autres lieux, mais se disait confiant de renverser la décision du ministre Paul Bégin.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Démolir pour mieux construire.Les travaux d'agrandissement du Palais des Congrès, au centre-ville de Montréal, suivent une cadence plutôt rapide.On a déjà rasé plus de la moitié de l'édifice abritant le magasin Bureau en Gros.Au mois d'août, quelque 500 ouvriers y travailleront.Le tout devrait être terminé d'ici deux ans.Le Palais des congrès renfermera plus de 50 salles sitôt les rénovations complétées.Prescott veut des excuses de Larivée ÉRIC TROTTIER Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, Michel Prescott, était bien décidé, hier soir, à obtenir des excuses à la suite de son expulsion du conseil, le mois dernier, pour avoir émis une opinion critique sur les liens entretenus par le maire Bourque et les promoteurs.« Je ne suis pas une tête brûlée, a-t-il déclaré avant son entrée au conseil, mais sur le respect des règles démocratiques, je vais demeurer inflexible.On ne m'empêchera pas de dire ce que je pense ! » Dès le début de l'assemblée, M.Prescott a soulevé une question de privilège afin que l'assemblée étudie le « comportement » de M.Larivée au dernier conseil.Fait inusité, le président Larivée a dû, pour ce débat, céder son siège à un autre conseiller, Maurice Beauchamp, du district de Saint- Sulpice, qui a ainsi agi à titre de président par intérim.Rappelant les événements du 18 avril, M.Prescott a déclaré que M.Larivée avait violé plusieurs règlements en ne lui demandant pas de s'excuser quand il a affirmé que « le maire couche avec les promoteurs », une phrase qui avait fait bondir M.Larivée.Michel Prescott estime que M.Larivée aurait dû lui demander de retirer ses paroles avant de décider de faire appel à la police pour l'expulser.Il soutient également que M.Larivée a manqué au règlement en refusant d'entendre un appel de sa décision.« J'estime que mes droits et privilèges comme membre du conseil ont été bafoués », a conclu M.Prescott sous les huées des membres de l'Équipe Bourque.Pour sa part, Luc Larivée a expliqué que l'assemblée se trouvait, le 18 avril, « dans une situation de tumulte évidente », que son rôle consistait à faire respecter l'ordre au conseil et qu'il avait averti le chef de l'opposition deux fois avant de l'expulser.Enfin, M.Larivée estime que ses « décisions sont finales et sans appel ».Bref, ce débat a rapidement fait place à un dialogue de sourds, M.Prescott étant appuyé par les membres de l'opposition et M.Larivée, par les conseillers au pouvoir.« Le fond du problème, a plus tard dit M.Prescott, c'est que le président est partial et refuse d'entendre les critiques de l'opposition sur l'administration Bourque.Cela engendre un autre problème : c'est que M.Larivée n'a plus la confiance de l'opposition.Le maire Bourque devrait comprendre ce fait et remplacer le président du conseil.Le « président » par intérim du conseil, Maurice Beauchamp, devrait rendre une décision aujourd'hui, à la reprise des travaux, sur la question soulevée par M.Prescott.Têtes d'affiche Un jeune scout du Montréal métropolitain, Jonathan Baillargeon, de Laval, a reçu la médaille d'héroïsme des mains de la gouverneure générale et chef scout du Canada, Adrienne Clarkson, lors de la cérémonie annuelle de décoration des Scouts du Canada.Les groupes scouts 52e poste Parallèle de la paroisse Notre-Dame du Rosaire à Montréal, et le 218e poste Radisson de La Salle, ont pour leur part reçu le badge Annapurna, la plus haute distinction pour les groupes scouts de 14 à 17 ans, alors que Josée Bastien, Danielle Dubreuil et Michel Leclerc obtenaient la médaille Service scout, pour leur engagement dans le mouvement scout tant dans le domaine de l'animation que de l'administration.Finalement Claude Masson (à titre posthume), et Pierre André Duchesneau, ont reçu la médaille Bienfaiteur pour la qualité de leurs services et leur engagement pour le scoutisme.n n n Les personnes qui ont bénéficié de soins orthopédiques ou de remplacement articulaire (genou ou hanche) sont invitées à participer à la marche Hip hip hourra dans le Vieux-Port (près de la Tour del'horloge) le dimanche 28 mai (inscription dès 10 h).Le public pourra visiter une exposition sur 874-9003.Les fonds recueillis à cette occasion seront remis à la Fondation orthopédique canadienne qui les redistribuera à différents hôpitaux.n n n Fernande Leblanc- Sénéchal Le souper-bénéfice de la maison Jonathan (pour jeunes en difficulté), de Longueuil, tenu sous la présidence d'honneur de Fernande Leblanc- Sénéchal, présidente de la commission scolaire Marie-Victorin, a amené cette dernière à remettre les profits de la soirée (20 000 $) à la directrice générale de l'organisme, Marlène Harvey.n n n Randonnée à pied et à roulettes, organisée par la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l'intestin (Crohn et colite), le dimanche 11 juin, au parc Maisonneuve.Renseignements : 342-0666, poste 19.n n n Pierre Gauthier Destiné à souligner l'excellence et l'innovation dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée, le prix Innovation- CHSLD a été attribué à Pierre Gauthier, du CHSLD Ermitage, de la MRC d'Arthabaska, pour un projet intitulé Support aux aînés.Le prix a été remis lors du congrès annuel de l'Association des CLSC et des CHSLD du Québec.n n n Sylvie Cordeau Quebecor, représentée par sa directrice aux affaires corporatives, Sylvie Cordeau, a remis un don de 20 000 $ aux représentants de la fondation Montmorency (du cégep du même nom à Laval) dans le cadre de sa campagne de financement.n n n Repas gastronomique au profit du Comité des personnes atteintes du VIH, au marché Bonsecours, jeudi, sous la présidence d'honneur de la ministre de la Santé et des Services sociaux Pauline Marois.Coût : 200 $.Renseignements : 277-5559.n n n Julien Berthiaume C'est à titre de représentant de SC J o h n s o n Wax, que Julien Berthiaume, directeur des ventes et du marketing, a remis un don de 10 000 $ aux représentants de la Société canadienne du cancer.n n n Le Centre de recherche et de traitement de Montréal pour les habiletés et les troubles d'apprentissage organise un concert-bénéfice, le samedi 27 mai au Gesù, sous l'égide de l'Organisation internationale de psychophysiologie (affiliée aux Nations unies).Les fonds recueillis serviront à la recherche sur le cerveau, le diagnostic et le traitement de personnes souffrant de troubles d'apprentissage et de désordres du développement, ainsi que sur la maladie d'Alzheimer.Coûts : 65 $, 45 $ pour les étudiants.Renseignements : 284-9404.n n n L'Université Concordia et la Fondation canadienne pour les études irlandaises seront les hôtes d'une réception pour les donateurs qui ont permis de financer les cours en études irlandaises dispensés par l'université.Des dignitaires des autorités fédérales, provinciales et municipales se joindront aux représentants des gouvernements irlandais et britannique qui participeront jeudi à cette réception de remerciement.n n n Janusz Sliwka Dernier concert de la saison de l'Orchestre de c h a m b r e d e Montréal, avec la basse polonaise Janusz Sliwka, jeudi à 20 h, à la salle Pollack (555, rue Sherbrooke Ouest), parrainé par Martin assurance et gestion de risques, et le Music Performance Trust Fund.Entrée libre.Laissez-passer : 871-1224. 2LP0901A0516 A-9 MARDI g n ral 2LP0901A0516 ZALLCALL 67 00:59:17 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 9 Île de Montréal Aéroports: Calgary devance Dorval MARTIN PELCHAT du bureau de La Presse, QUÉBEC Pendant que Vancouver poursuit son ascension dans le Top 5 des aéroports mondiaux, Montréal a son prix de consolation : l'aéroport de Dorval conserve sa place parmi les 10 aéroports de petite taille favoris des voyageurs.Dorval arrive en effet au neuvième rang des aéroports que fréquentent moins de 15 millions de passagers par an, en vertu de la dernière enquête de satisfaction \u2014 le Airport Monitor \u2014 réalisée en 1999 par l'Association du transport aérien international (IATA) auprès de 60 000 voyageurs.Dans cette catégorie, Dorval est cependant devancé par l'aéroport de Calgary, qui se retrouve au cinquième rang.Helsinki (Finlande) est le favori des passagers, suivi de Perth (Australie), Oslo (Norvège) et Birmingham (Angleterre).Bahreïn est au sixième rang, Portland (Oregon) au septième et Nagoya (Japon) au huitième.Évalué dans cette enquête pour une deuxième année à la place de Mirabel \u2014 en raison du transfert des vols internationaux réguliers \u2014 Dorval a obtenu une note plus élevée que la moyenne nord-américaine dans toutes les catégories de services, explique Martine Malka, porte-parole de l'IATA à Montréal.Parmi les aéroports d'Amérique du Nord, l'aéroport se retrouve au troisième rang dans les catégories suivantes, selon Mme Malka : disponibilité des chariots, stationnement et sécurité.Dorval a également eu de bonnes notes pour la courtoisie du personnel et la douane.À sa dernière année de classement, en 1997, Mirabel était au cinquième rang des moins de 15 millions de passagers pour les commodités générales offertes aux voyageurs.L'aéroport de Vancouver, qui a été agrandi en 1997, surclasse toutefois tous les autres aéroports canadiens en accaparant le quatrième rang toutes catégories parmi les 57 aéroports cotés dans l'enquête (dont 22 en Amérique du Nord).Il n'est devancé que par Copenhague, Singapour (Changi) et Helsinki.Vancouver fait encore mieux auprès de la clientèle des gens d'affaires, qui lui attribue le troisième rang mondial derrière Singapour et Copenhague.L'an dernier, l'aéroport de Vancouver avait décroché le cinquième rang mondial toutes catégories.Parmi les aéroports les plus améliorés en 1999, l'IATA mentionne Nagoya, Birmingham, Bruxelles et John-Kennedy, à New York.Archives La Presse © Vétustes avec leur vingt-cinq ans d'âge, les quatre salles du Cinéma du Complexe Desjardins fermeront leurs portes jeudi.Le cinéma du Complexe Desjardins victime des nouveaux mégaplexes ISABELLE HACHEY Un quart de siècle après son ouverture, le cinéma du Complexe Desjardins, au centre-ville de Montréal, fermera définitivement ses portes, jeudi, étouffé par les nouveaux temples du pop-corn et du divertissement.Les mégaplexes cinématographiques construits récemment au centre- ville auront eu raison de ce modeste cinéma de quatre salles, propriété de Cinéplex Odéon.La fin abrupte du cinéma du Complexe Desjardins fait suite à la fermeture de plusieurs autres cinémas du secteur, au cours des deux dernières années.Cinéplex Odéon, une chaîne canadienne dont le siège social est situé à Toronto, n'a pas renouvelé son bail avec le centre commercial Complexe Desjardins.Le bail de 25 ans, signé en 1975, prenait fin le 30 avril dernier.« Nous ne nous sommes pas entendus avec le propriétaire.Les discussions étaient très difficiles », affirme Anna Leroux, directrice des communications de Cinéplex Odéon à Montréal.Selon André Leblanc, vice-président du Complexe Desjardins, il est clair cependant que la chaîne ontarienne n'avait aucune intention de rester dans le centre commercial situé face à la Place des Arts.« Ils voulaient une entente renouvelable à chaque mois ! On savait que d'une façon ou d'une autre, le cinéma fermerait d'ici cinq mois au plus tard.C'était uniquement pour gagner du temps », explique M.Leblanc.L'an dernier, Cinéplex Odéon avait pourtant laissé entendre qu'il rénoverait le cinéma du Complexe Desjardins \u2014 et même qu'il en doublerait le nombre de salles, tout en conservant sa mission de projeter des films originaux, qui ne figurent pas nécessairement en tête du palmarès hollywoodien.Y aura-t-il une solution de rechange ?« Pas pour le moment », admet Mme Leroux, par ailleurs très peu loquace.M.Leblanc affirme de son côté ne jamais avoir entendu parler de projet de rénovation ou d'agrandissement.« On leur offrait le loyer pratiquement gratuitement, dit-il.En exigeant un bail renouvelable chaque mois, c'est évident qu'ils ne voulaient pas investir dans ce cinéma.L'homme d'affaires estime qu'il sera difficile de trouver un nouveau locataire au Complexe Desjardins.« Les dimensions de nos salles de cinéma ne correspondent plus au marché actuel », dit-il.En effet, la mode est plutôt aux mégaplexes de plusieurs étages avec pop-corn, pizzas, hot-dogs, bars, jeux vidéos et musique à plein volume en prime.En 1997, Cinéplex Odéon a ouvert le bal avec l'érection du Quartier Latin, un mégaplexe de 17 salles, rue Saint-Denis près de l'UQAM.Depuis, Cinéplex Odéon a fermé le cinéma Berri et le cinéma Centre-Ville, deux endroits où des projections étaient offertes quelques mois plus tard, mais avec d'intéressants rabais pour les cinéphiles économes.Le rival de Cinéplex Odéon au pays, Famous Players, a répliqué avec le clinquant Paramount (12 salles et un écran IMAX, en plus des divertissements en tout genre), construit en 1999 dans l'ancien édifice Simpson, rue Sainte-Catherine.Depuis, Famous Players a fermé le cinéma Loews et le cinéma Palace, qui faisaient concurrence au mégaplexe puisqu'ils étaient eux aussi situés dans cette section de la rue Sainte-Catherine.Refaire une beauté aux vieux cinémas est une opération beaucoup trop onéreuse pour les chaînes canadiennes, qui préfèrent concentrer leurs efforts sur les mégaplexes hypersophistiqués.D'autant plus que la concurrence est féroce.Le géant AMC, de Kansas City, s'implantera à Montréal au printemps 2001, avec la construction de 22 salles dans l'ancien Forum, converti en « Centre de divertissements ».Pour demeurer compétitif, Cinéplex Odéon entend investir 500 millions dans sa cure de jouvence au cours des prochaines années, et Famous Players projette d'ouvrir un mégaplexe de 17 salles au Parc olympique, après le déménagement des Expos au centre-ville.Laval se joint à la CUM pour l'analyse hebdomadaire de la qualité de l'eau JEAN-PAUL CHARBONNEAU Laval se joint à la Communauté urbaine de Montréal (CUM) pour réaliser au cours des prochains mois le programme hebdomadaire d'échantillonnage et de diffusion des résultats de la qualité bactériologique de l'eau des rives.Ce programme, qui vise à long terme à permettre à la population de se réapproprier les plans d'eau et de les utiliser à des fins récréatives, a débuté il y a deux ans sur le territoire de la CUM, qui prélevait des échantillons du fleuve, du lac Saint-Louis et de la rivière des Prairies du côté de l'île de Montréal.Le directeur du service de l'environnement de la CUM, le Dr Jean Troalen, a approché le service de l'ingénierie de Laval pour que les deux organismes mettent en valeur ensemble le cours d'eau commun qu'est la rivière des Prairies.« Les représentants de Laval nous ont alors proposé d'effectuer l'opération pour toute l'île Jésus de manière à pouvoir produire un tableau de l'ensemble des territoires des deux communautés.Et nous sommes heureux d'annoncer cette première en environnement entre la CUM et Laval au bénéfice de l'ensemble des citoyens », a dit hier le Dr Troalen lors d'une conférence de presse.Laval va investir 15 000 $ pour payer les tests sur l'eau prélevée aux abords des rivières des Prairies et des Mille-Îles.Le directeur du service de l'ingénierie de Laval, Claude de Guise, a déclaré que c'est avec beaucoup d'enthousiasme que l'administration municipale lavalloise avait souscrit à ce programme.« Cette démarche, a-t-il ajouté, revêt une importance particulière pour nous puisqu'elle indique que nous sommes maintenant arrivés à contrôler et à mesurer l'amélioration de la qualité d'eau de nos rivières.» Le programme d'échantillonnage permettra aux spécialistes de mieux cerner les sources de pollution en provenance des deux territoires et de voir à ce qu'elles soient corrigées conjointement avec les municipalités concernées.Cette action permettra éventuellement d'augmenter le nombre de sites où la population pourra pratiquer des activités de contact primaire, comme la baignade \u2014 on parle de moins de quatre ans \u2014 et la planche à voile, et de contact secondaire, par exemple la pêche sportive et le canotage, autour des territoires des îles Jésus, Montréal, Bizard et des Soeurs.C'est ainsi que sur le site Internet de la CUM (http:// www.cum.qc.ca/rsma), et en accès hyperlien (www.ville.laval.qc.ca) par celui de la ville de Laval, ainsi que dans certains médias, il sera possible chaque semaine de prendre connaissance de la qualité de l'eau entourant les deux territoires.La carte préparée entièrement par la CUM indiquera les résultats aux 31 stations d'échantillonnage de l'île Jésus et aux 101 stations du territoire de la CUM.MX607 2LP1001A0516 A10 mardi 2LP1001A0516 ZALLCALL 67 00:56:36 05/16/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 La justice vise davantage les pauvres, soutient le Conseil du bien-être L'organisme félicite le Québec pour l'approche qu'il a adoptée envers les jeunes délinquants JULES RICHER Presse Canadienne, OTTAWA Les personnes pauvres courent plus de risques que les autres d'être arrêtées par la police, de se faire refuser un cautionnement et de croupir en prison, soutient le Conseil national du bien-être social, dans une étude rendue publique hier.De l'avis du Conseil, les problèmes commencent avec la police qui est trop prompte à embarquer les gens les plus pauvres.« Alors que les criminels se retrouvent dans toutes les classes de la société, écrit-on dans l'étude, les services policiers se concentrent fortement sur la surveillance des jeunes hommes dans les quartiers pauvres.» Avec un pareil système, il n'est pas étonnant, soutient l'étude, que les suspects proviennent de ces milieux.L'étude du Conseil cite une pléthore d'études, mais n'apporte toutefois pas de données originales sur le sujet.Au passage, le Conseil félicite le Québec pour l'approche qu'il a adoptée envers les jeunes délinquants.Dans la province, le taux d'incarcération des jeunes est beaucoup moins élevé qu'ailleurs au Canada, ce qui devrait être, selon le Conseil, un modèle à suivre pour le reste du pays.L'organisme déplore que le crime soit devenu au Canada un enjeu politique.Résultat : le taux d'emprisonnement au pays est beaucoup trop élevé.« Bien qu'il soit un des pays les plus sécuritaires au monde, le Canada a un bien piètre bilan pour ce qui est du nombre énorme de gens qui y sont emprisonnés \u2014 souvent pour des infractions mineures ou pour le non-paiement d'amende », écrit-on.Le taux d'emprisonnement est environ deux fois plus important au Canada que dans les pays européens.Mais, précisons-le, arrive à peine à la cheville de celui des États- Unis.Au Canada, il atteint 133 personnes incarcérées par 100 000 habitants, tandis qu'il est de 600 chez nos voisins du Sud.Le Conseil fait toute une série de recommandations à l'intention des gouvernements fédéral et provinciaux dans le but de rendre le système plus juste et plus humain, et pour réduire les écarts entre les couches sociales.Il faudrait, entre autres, réviser les règles de remise en liberté sous cautionnement, de façon à ce qu'elles soient moins arbitraires.On devrait également établir des lignes directrices pour les peines pour éviter les disparités considérables qui existent actuellement entre les juges.MONTRÉAL-AMSTERDAM à partir de $799$ aller-retour Tarif en vigueur au moment de la publication.Applicable aux nouvelles réservations seulement.Les taxes, les redevances de navigation de NAV CANADA et les frais d'aéroport ne sont pas inclus.Les billets doivent être achetés au plus tard le 24 mai 2000.Achat sept jours à l'avance.Le premier voyage entre en vigueur le 3 juillet 2000.La dernière date de départ est le 31 juillet 2000.Les billets sont totalement non remboursables.Le nombre de places est limité et fonction de la disponibilité.Le tarif peut différer selon les dates de départ et de retour.Séjour minimal et maximal ; d'autres conditions s'appliquent.Obtenez le double des milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC sur votre premier vol aller-retour entre Toronto et Amsterdam du 3 juillet 2000 au 31 août 2000.Applicable aux vols réguliers sans escale assurés par Air Canada.Les vols doivent être des allers-retours ou être constitués de deux allers simples.Cette offre ne peut être combinée à aucune autre promotion.Le double des milles Aéroplan/points Canadien Plus ne peut être obtenu qu'une seule fois.Plus de vols sans escale du Canada pour l'Europe que tout autre transporteur Nouveau dès le 3 juillet : vol quotidien sans escale pour Amsterdam, au départ de Toronto Double des milles AéroplanMD ou points Canadien PlusMC Téléphonez à votre agent de voyages, Air Canada ou Canadien Réservez par Internet : www.aircanada.ca ou www.cdnair.ca Les vols sont assurés par Air Canada.Veuillez vous présenter au comptoir d'enregistrement d'Air Canada. 2LP1101A0516 A11 mardi 2LP1101A0516 ZALLCALL 67 00:56:26 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 11 Bio Chem Pharma: Steven Thresh était le seul à avoir un motif, dit la Couronne Pure spéculation, a répondu hier la défense, à la fin des plaidoiries du procès sur les attentats à la bombe de novembre 1997 Pas d'examen pratique pour les motocyclistes La Table de concertation sur la motocyclette propose un examen théorique plus sévère CHRISTIANE DESJARDINS Steven Thresh est le seul dans l'île de Montréal qui avait un motif pour faire sauter des bombes à Bio Chem Pharma, en novembre 1997, affirme la Couronne.« Tout cela n'est que pure spéculation », dit de son côté la défense.C'est sur cette note que se sont terminées les plaidoiries des avocats hier dans le procès de Steven Thresh et Carole Perron, accusés d'avoir tenté d'influencer la valeur des actions de Bio Chem Pharma par des attentats à la bombe, en novembre 1997.Pour étayer la thèse de la Couronne, Me Jacques Dagenais a collé bout à bout les récits des nombreux témoins qui sont venus à la barre, les relevés de transactions chez les courtiers, les relevés des téléphones cellulaires, de même que les rapports de filature et l'écoute électronique.Tout se tient et prouve, selon lui, que Thresh a tenté de faire un coup d'argent en mettant des bombes au siège social de Bio Chem Pharma à Laval, et à l'usine de Montréal, le 25 novembre 1997.Thresh et Perron avaient une grosse somme en jeu : un peu plus de 113 000 $, qu'ils ont d'ailleurs perdue, puisqu'au lieu de laisser chuter les actions, la Bourse a stoppé les transactions tout de suite après les attentats.Me Dagenais a fait valoir que c'était un gros contrat, très risqué.Thresh et Perron étaient, selon lui, totalement incompétents dans ce domaine.La preuve : ils ont perdu beaucoup dans Bre-X.Ils avaient notamment continué d'acheter des actions, même quand elles avaient chuté à 3 $.Ils ont tenté de se refaire avec Bio Chem et cela n'a pas fonctionné non plus.Me Dagenais a admis que la preuve était moins évidente en ce qui concerne l'implication de Carole Perron, et que celle-ci n'était peut-être pas au courant de tout.En ce qui concerne le délateur Réal Bastien, Me Dagenais a souligné qu'on ne trouvait jamais de mère Teresa parmi eux.Bastien a toujours soutenu que Steven Thresh était l'instigateur du complot, et qu'il avait aidé à mettre les bombes qui n'ont pas explosé, le 19 novembre 1997.Une semaine plus tard, ce serait Thresh qui serait allé mettre les bombes qui, elles, ont explosé.D'autre part, ce n'est certes pas pour l'argent que Bastien est devenu délateur, car son contrat est modeste, a soutenu Me Dagenais.Spéculation, dit la défense Me Dominique Shoofey, avocat de Carole Perron, a défendu sa cliente en soulignant que même la Couronne dit qu'elle n'est pas coupable.Me Gary Martin, avocat de Thresh, a pour sa part attaqué la crédibilité du délateur Bastien, qu'il a qualifié de « plus pire des pires, des pires délateurs ».« À entendre parler la Couronne, c'est un gars que tu invites à souper chez toi.» Me Martin a reparlé du meurtre de Saint-Lin, et de ce qu'il estime être des contradictions de Bastien.Il s'est attardé par la suite à démolir la preuve présentée.Selon lui, l'écoute électronique et la filature pendant un an et demi ne nous apprennent pas grand-chose.« Après Bastien, c'est de la pure spéculation », a dit Me Martin.Il a admis que Thresh, son ami prête-nom (Peter Svoronos), ainsi que leurs pères respectifs, étaient des « gamblers ».Et c'est un coup de gambling que Thresh aurait fait en achetant des options de vente d'actions de Bio Chem.Thresh n'avait pas d'intérêt à mettre des bombes.La preuve, c'est qu'il a acheté 80 % de la valeur des actions après les attentats, alors que la nouvelle était connue et que tous les spéculateurs étaient alors sur le même pied.Aujourd'hui, le juge Jean-Guy Boilard donnera ses directives au jury, et ce dernier devrait commencer ses délibérations en aprèsmidi.MICHEL HÉBERT Presse Canadienne, QUÉBEC Les intervenants devant trouver des moyens destinés à corriger le comportement des motocyclistes ne recommandent pas qu'un individu doive subir avec succès un examen pratique avant d'acquérir une moto.Ils proposent plutôt de rendre plus sévère l'examen théorique actuel et d'obliger les demandeurs à obtenir un permis « restrictif » valide pour un maximum de deux mois sur « certaines routes ».Les apprentis motocyclistes devraient ensuite subir un examen pratique en circuit fermé.C'est seulement là que, en cas d'échec, ils perdraient pour 14 jours l'usage de leur moto ailleurs que sur un circuit fermé.Ceux qui auront réussi pourront circuler sans restriction durant douze mois avant de subir un vrai test sur route.Un permis en bonne et due forme leur sera accordé ensuite.Voilà ce que suggère la Table de concertation sur la motocyclette qui regroupait des motocyclistes, des marchands, des policiers, etc., et à qui le ministre des Transports, Guy Chevrette, a demandé en 1999 d'identifier des moyens pour réduire le nombre d'accidents sur les routes.Mais leurs recommandations risquent de décevoir M.Chevrette, qui ne cache plus son impatience devant le triste bilan routier vers lequel se dirige la belle saison 2000.La Table de concertation recommande surtout d'être plus sévère envers les contrevenants au Code de sécurité routière.Elle propose d'ajouter des points de démérite exclusivement applicables aux motocyclistes, de punir sévèrement ceux qui roulent sur une roue.Ceux qui fuient les policiers lors d'une interception risqueraient de voir leur véhicule saisi.Les experts suggèrent à la Société d'assurance automobile du Québec d'exiger des droits d'immatriculation et de permis de conduire plus élevés de ceux qui auront de tels points à leur dossier.Les marchands de motocyclettes peuvent souffler d'aise.Le comité n'envisage aucunement de limiter la vente des grosses cylindrées aux motocyclistes expérimentés.On leur demandera seulement « d'offir » un cours de perfectionnement à l'achat d'une motocyclette, cours qui devrait réduire la prime d'assurance de ceux qui l'auront réussi. La Presse 16 mai 2000 Page A12 manquante La Presse 16 mai 2000 Page A13 manquante 2LP1401A0516 a16 mardi 2LP1401A0516 ZALLCALL 67 01:00:20 05/16/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Les cancers de l'oesophage se multiplient depuis 20 ans La lutte contre le cancer progresse aux États-Unis Associated Press WASHINGTON C'est difficile à croire, mais la lutte contre le cancer progresse aux États-Unis : le nombre de malades diminue grâce à la baisse de la consommation de tabac, à la prévention, à des diagnostics de plus en plus précoces et à la qualité des nouveaux traitements, si l'on en croit une étude toute chaude.Les chercheurs ont découvert que l'incidence de nouveaux cas de cancers avait chuté de 0,8 %, en tenant compte de toutes les nouvelles tumeurs apparues entre 1990 et 1997.« Ces chiffres montrent les progrès remarquables de la lutte contre le cancer », estime le Dr Richard Klausner, directeur de l'Institut national du cancer (NCI).Ce sont d'abord les hommes qui ont bénéficié de cette chute de la prévalence du cancer, mais ce sont eux aussi qui sont les plus souvent atteints.Quatre type de tumeurs (poumon, prostate, sein, côlon et rectum) comptent pour plus de la moitié des nouveaux cas et constituent l'une des premières causes de mortalité.Le taux de cancers de la prostate est en diminution, tandis que celui du cancer du sein a peu évolué dans les années 90.Pourtant, le taux de mortalité associé à ce cancer a diminué d'environ 2 % tous les ans depuis 1990, avec une forte régression depuis 1995.Le nombre de cancers du poumon a beaucoup augmenté de 1973 à 1991 pour diminuer par la suite.Plus intéressant, le taux de mortalité du cancer du poumon a continué d'augmenter pour les femmes tout en diminuant chez les hommes depuis 1990, selon cette étude.Les chercheurs se sont rendus compte que les cancers du côlon et du rectum demeuraient la forme la plus facile à soigner, à condition qu'elle soient diagnostiquée rapidement.Lorsque le cancer colorectal est découvert à temps, le taux de survie est de 96 %.S'il a commencé à faire des métastases, le taux de survie tombe à 5 % seulement.Conclusion des chercheurs : il faut améliorer la détection des cancers colorectaux, car c'est l'un des secteurs où il existe encore de la marge pour sauver des vies, explique le Dr James Marks, auteur de l'étude.JEAN-FRANÇOIS BÉGIN Des chercheurs de l'hôpital Sainte- Justine tenteront au cours des deux prochaines années de déterminer pourquoi le nombre de cas de cancer de l'oesophage a quadruplé en moins de deux décennies au Canada.« Nous croyons qu'une augmentation de 400 % en 20 ans de l'incidence d'une maladie, quelle qu'elle soit, mérite qu'on se pose des questions », a dit hier en conférence de presse le Dr Damien Labuda, chercheur en génétique des populations à Sainte-Justine.Observée entre 1976 et 1994, sur la base de données canadiennes et américaines, l'augmentation est probablement attribuable à de meilleures méthodes diagnostiques, mais surtout à des changements dans les habitudes de vie, selon les scientifiques.Quelque 1300 nouveaux cas sont découverts chaque année au Canada.« On pense que c'est un facteur extérieur, environnemental, qui déclenche cette augmentation, dit le Dr Labuda.Mais pour comprendre ces facteurs et la manière dont ils agissent, il faut aussi comprendre la génétique de la population touchée.» D'où l'implication de l'hôpital Sainte-Justine, qui a développé au fil des ans une grande expertise dans le domaine de l'épidémiologie génétique du cancer.Les chercheurs de Sainte-Justine travailleront en collaboration avec des collègues de Toronto, Ottawa, Kingston et London, dans le cadre d'un projet financé par la Société de recherche sur le cancer, un organisme privé qui subventionne la recherche fondamentale.L'étude a débuté en mars et inclura, d'ici février 2002, 250 personnes souffrant d'un cancer de l'oesophage.Des échantillons sanguins seront prélevés et comparés avec ceux d'un groupe de gens en santé.On espère identifier les différences sur le plan de la génétique, mais aussi de l'alimentation et du style de vie.Les chercheurs s'attendent à découvrir deux, trois ou quatre gènes associés à un risque accru de cancer oesophagien, ainsi que les facteurs environnementaux pouvant causer le cancer chez les porteurs de ces gènes.« Notre étude s'intéresse à la diète et à la nourriture, et plus particulièrement à la façon dont les gens préparent leur nourriture », a expliqué le chercheur principal, le Dr Nicholas Birkett, de l'Université d'Ottawa.On sait par exemple que les viandes cuites à très haute température sur le barbecue peuvent accroître le risque de cancer chez les animaux, mais on ignore s'il en va de même chez les humains.À terme, les chercheurs espèrent formuler des recommandations qui permettront de prévenir l'apparition de nouveaux cas et d'inverser la tendance notée depuis le milieu des années 70.Le cancer oesophagien est relativement rare, mais il ne pardonne guère : à peine la moitié des gens atteints survivent plus de six mois.La maladie affecte généralement des gens de plus de 40 ans, les hommes un peu plus que les femmes, et se manifeste initialement par de la difficulté à avaler.Certains groupes ethniques (les Chinois, notamment) sont de 10 à 100 fois plus à risque.Les premiers résultats de l'étude et les recommandations en découlant doivent être rendus publics en août 2002.Gare à la créatine Agence France-Presse WASHINGTON La créatine, un complément alimentaire qui a aidé le joueur de baseball Mark Mc Gwire à établir le record de 70 coups de circuits en 1998, est potentiellement dangereuse pour la santé, selon la Healthy Competition Foundation, un organisme composé des principales compagnies d'assurances américaines.Interdite par la Ligue nationale de football, la créatine a attiré l'attention à la suite des performances de Mc Gwire, qui utilisait cette substance pour augmenter son endurance à l'entraînement sans risquer de se blesser.La saison dernière, le puissant cogneur des Cards de St-Louis n'a pas pris de créatine et n'a jamais été en mesure d'approcher son record, en raison de blessures répétées.Le succès de Mark Mc Gwire avait provoqué une explosion des ventes de créatine.Selon un rapport de la faculté de médecine de Mt.Sinai, publié samedi, 44 % de lycéens américains ont pris de la créatine et presque 6 % des étudiants âgés de moins de 20 ans reconnaissent avoir consommé ce produit.Jusqu'à présent, les effets à long terme de la créatine ont été très peu étudiés.Mais, selon les premières données, médecins, entraîneurs et athlètes associent cette substance à différentes maladies, comme l'hypertension et le dysfonctionnement des reins et du foie.Tirage du 2000-05-15 Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Tirage du 2000-05-15 Tirage du 2000-05-15 NUMÉRO: 7 CAMELOTS, ADOLESCENTS ET ADULTES demandés, à temps partiel, pour la livraison de à domicile I Avec ou sans voiture I À commission Dans les secteurs suivants: I Lorraine I Rosem re I Sainte-Th r se Responsabilités I Livraison de La Presse devant être effectuée avant 6 h 30 le matin, du lundi au vendredi, et avant 8 h 00, le week-end.I Perception des abonnés.Pour joindre l'entrepreneur de votre région, M.Roland Leblanc composez le (450) 969-3918 2LP1599A0516 A15 mardi 2LP1599A0516 ZALLCALL 67 12:14:53 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 15 Not Ready Une politique de fin de vie est réclamée On craint un glissement de l'éthique dans les hôpitaux Presse Canadienne QUÉBEC Pour libérer des lits d'hôpitaux, il arrive que des médicaments « qui entraînent un sommeil profond et un départ plus rapide », soient administrés à des patients, affirme le Dr Bernard Lapointe, président de l'Association québécoise de soins palliatifs.« C'est clair, poursuit le médecin, les acteurs sur le terrain sont inquiets d'un glissement de l'éthique.Des gestes anodins en apparence sont posés.C'est une réalité difficile à entendre.Mais elle existe.Pas sur une grande échelle, mais elle existe.Il y a beaucoup d'inquiétude à ce sujet.Et lorsqu'il n'y a pas de guide sur la fin de vie et qu'il faut gérer des lits, la tentation est forte.Il faut en être conscient.» Le gouvernement doit au plus vite énoncer une politique de fin de vie.« Sinon, la mort sera perçue comme sans importance.Et la façon de traiter les mourants en dit beaucoup sur le genre de société que nous sommes », ajoute le Dr Lapointe.Selon le médecin, trop peu de soins palliatifs sont offerts et de façon très disparate entre les différentes régions du Québec, et même sur les différents territoires d'une même ville.Certains secteurs, comme celui du cancer, sont mieux organisés ; des soins palliatifs sont offerts aux patients en phase terminale.Mais les patients qui se meurent d'insuffisance rénale ou de la maladie d'Alzheimer « ont peut de chances » de profiter de soins équivalents dit-il.Le contrôle de la douleur pour le patient, l'organisation physique permettant la présence des proches nuit et jour auprès du malade, la présence d'infirmières spécialisées font partie des soins palliatifs.Les soins donnés aux mourants par les proches concernent l'État, parce que les conséquences débordent dans plusieurs secteurs de la vie civile, remarque le médecin.Le conjoint ou l'enfant qui s'occupe d'un mourant sera absent du travail.Or, seuls les congés parentaux sont prévus dans la loi.Si la société juge important de bien mourir, des congés devront être prévus.La fiscalité devra aussi être révisée afin de tenir compte de l'accompagnement donné par les proches à un malade en phase terminale.Plutôt que de payer une ambulance pour emmener un mourant à l'hôpital, si on envoyait une infirmière ou un médecin à la maison ?On éviterait une mort inhumaine au patient et un deuil plus difficile aux proches, soutient le Dr Lapointe.Selon une étude récente, entre 5 et 10 % seulement des mourants ont accès aux soins palliatifs au Québec.« Dans le Québec moderne, l'expérience vécue par la personne mourante et ses proches se présente le plus souvent comme une dérive, une chute libre », constatent Micheline Lecomte et Pierrette Lambert, auteures d'une recherche exhaustive sur les soins palliatifs au Québec.En comparaison, l'Alberta offre des soins palliatifs à 98 % des cancéreux en phase terminale.Mmes Lambert et Lecomte notent que les Québécois ne sont pas prêts à faire face à l'augmentation des décès qui résultera du vieillissement de la population.Selon elles, les établissements de santé n'arrivent pas à répondre adéquatement à la demande actuelle et ne sont pas préparés à faire face à la plus grande vague de décès jamais connue à ce jour.Au cours de leur travail, les deux scientifiques ont consulté 577 personnes dont 16 experts, mené une enquête auprès de 331 établissements, organisé six consultations avec des groupes-témoins de malades et leurs proches et effectué une tournée dans chaque région du Québec.Les anticoagulants peuvent être dangereux pour les personnes âgées Agence France-Presse WASHINGTON Les anticoagulants, contrairement à ce qui est couramment admis, n'ont pas d'effet, ou peuvent même être dangereux pour les personnes âgées de plus de 75 ans victimes d'une attaque cardiaque, indique une étude à paraître aujourd'hui dans la revue Circulation.Les malades les plus âgés ayant reçu par intraveineuse cette classe de médicaments, la plus souvent utilisée en cas d'urgence pour dissoudre les caillots de sang dans les vaisseaux, ont près de 40 % de risques supplémentaires de mourir dans les 30 jours suivant le traitement que ceux non traités avec cette médication, soulignent les chercheurs, des Institutions Johns Hopkins à Baltimore (Maryland).« Nous avons trouvé que dans la pratique, l'efficacité de ces médicaments variait beaucoup avec l'âge », note le principal auteur de l'étude, le Dr David Thiemann.« Si les plus jeunes malades en tirent nettement des avantages, le tiers des victimes d'attaques cardiaquees, qui sont plus âgés que 75 ans, ont peu de chances d'en tirer profit et pourraient avoir plus de risque de mort », dit-il en estimant que « des études complémentaires sur la façon de soigner les personnes âgées devraient être réalisées de toute urgence ».Cette étude a été faite à partir des dossiers de plus de 7800 malades âgés de 65 à 86 ans hospitalisés à la suite d'une attaque.Ceux de 65 à 75 ans soignés avec des anticoagulants ont eu un taux de décès de 6,8 % dans les 30 jours, comparés à 9,8 % pour les autres.Cigarette et maladies cardiaques Le fait de fumer diminue dans le sang le taux des antioxidants, une « arme » chimique qui permet d'éviter le bouchage des artères et donc les affections cardiovasculaires, révèle une autre étude à paraître aujourd'hui dans Circulation.Les fumeurs ont deux fois plus de risques que les autres de souffrir de maladies cardiaques et cette étude, selon ses auteurs, fournirait une explication.Les antioxidants contrecarrent les radicaux libres d'oxygène, des molécules qui peuvent oxyder certaines substances comme le mauvais cholestérol.Cellesci peuvent alors former des plaques sur les parois internes des vaisseaux sanguins et petit à petit les boucher.Or, les chercheurs ont découvert que le taux d'un de ces antioxidants, la paraoxonase, était beaucoup plus faible chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.« Étant donné que le sang des fumeurs contient moins de paraoxonase, ils ont plus d'oxydation, ce qui peut avoir pour conséquence une plus grande quantité de cholestérol dans les vaisseaux sanguins (et) provoquer des obturations, ou plaques, qui peuvent déclencher une attaque cardiaque ou une congestion cérébrale », souligne le Pr Richard James, de l'hôpital de l'Université de Genève.Cette étude a été réalisée sur 596 personnes souffrant de troubles de l'artère coronaire, dont 139 n'avaient jamais fumé, 315 avaient cessé et 142 fumaient toujours.Les taux de paraoxonase étaient nettenment plus faibles chez les fumeurs et chez les anciens qui avaient arrêté moins de trois mois auparavant.AVIS PUBLIC DU CRTC Le processus enclenché par l'avis 2000-38 afin d'accroître la disponibilité des services spécialisés dans la langue officielle de la minorité, est reporté.Le CRTC annoncera plus tard la date de reprise du processus, qui tiendra compte des nouvelles questions soulevées dans un décret du gouverneur en conseil au CRTC reçu le 6 avril 2000 dernier.Pour plus d'information: 1-877-249-CRTC (sans frais) ou Internet: http://www.crtc.gc.ca.Documents de référence: Avis Public CRTC 2000-38 et 2000-38-1.Not Ready Not Ready 2857326?+ 04X090.00 Reno Not Ready 2857661?+ 03X031.00 comp 2LP1601A0516 A-16 MARDI g n ral 2LP1601A0516 ZALLCALL 67 01:00:27 05/16/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Les employeurs boudent les travailleurs plus âgés ANDRÉ PRATTE La main-d'oeuvre se faisant plus rare, la population vieillissant, on pourrait croire que les employeurs cherchent de plus en plus à conserver, ou même à embaucher des employés plus âgés.Ce n'est pas le cas.Diverses études menées en Europe montrent que les employeurs continuent à bouder les travailleurs de 55 ans et plus, même lorsqu'il y a pénurie de main-d'oeuvre.« Depuis 20 ou 30 ans, les entreprises ont vu les travailleurs plus âgés comme une main-d'oeuvre dont ils peuvent se débarrasser.Lorsque l'entreprise est en difficulté, la retraite anticipée est LA solution.Les organisations n'ont jamais pensé aux façons de garder leurs vieux employés », a expliqué hier Philip Taylor, professeur d'administration à l'Open University, en Angleterre.M.Taylor participait à un colloque sur la situation des travailleurs âgés, organisé dans le cadre du 68e congrès de l'ACFAS.Lui et son équipe ont réalisé des enquêtes dans plusieurs entreprises britanniques.Ils ont constaté que les employeurs entretenaient une perception généralement négative des travailleurs âgés.« Certes, ils jugent ces employés fiables, stables, appréciés par les consommateurs.Mais les travailleurs âgés sont surtout perçus comme réticents au recyclage.On estime qu'ils ne font qu'attendre la retraite.Les employeurs leur concèdent des qualités, mais ils s'en débarrassent quand même », a dit M.Taylor au cours d'une entrevue accordée à La Presse.Cette attitude peut avoir des conséquences néfastes.Le responsable des ressources humaines d'une grande banque a confié aux chercheurs qu'à la suite d'un programme de retraite anticipée, « tous ceux qui savaient quelque chose au sujet de l'industrie bancaire sont partis ».Ce qui fait penser, bien sûr, à ce qui s'est passé ces dernières années dans les hôpitaux du Québec.Aujourd'hui, au Royaume-Uni, le marché de l'emploi est plus serré que jamais, à la faveur d'une forte croissance économique.De plus, soucieux d'équité entre les générations, le gouvernement travailliste a lancé un programme pour inciter les entreprises à conserver leur main-d'oeuvre d'expérience.Pourtant, les employeurs résistent, rapporte Philip Taylor.« Actuellement, les employeurs sont tout simplement incapables de trouver les travailleurs dont ils ont besoin.J'espère que cela va mener à des politiques plus favorables aux travailleurs âgés, mais j'ai des doutes.» Un vieillissement inéluctable La grande popularité des programmes de préretraite, à l'occasion de la plus récente récession au Canada, a créé une situation paradoxale, a fait remarquer pour sa part Diane Bellemarre, professeure d'économie à l'UQAM.« On est vieux de plus en plus jeune dans une société vieillissante ! » « Le vieillissement de la main-d'oeuvre est un fait inéluctable, a dit Mme Bellemarre lors de sa présentation.On a beau essayer de la rajeunir, les travailleurs continueront de vieillir.» Pourtant, très peu d'entreprises ont adopté des programmes destinés à conserver leur main-d'oeuvre âgée.De plus, les programmes de préretraite ont eu un effet pervers : les employés s'attendent désormais à pouvoir se retirer à 55 ans, voire plus tôt.Acfas Les vieux sont les victimes de choix du télémarketing frauduleux ANDRÉ PRATTE Les trois quarts des victimes des faux concours par téléphone sont des personnes âgées.Un phénomène étonnant, estime Jean- Luc Bacher, professeur de criminologie à l'Université de Montréal.« Les personnes de plus de 60 ans ne représentent que 26 % de la population adulte au Canada.De plus, des études ont montré qu'elles résistent mieux que les plus jeunes à d'autres types de fraudes », a souligné M.Bacher lors d'une présentation faite dans le cadre du congrès de l'ACFAS, qui se tient cette semaine à Montréal.M.Bacher et une de ses étudiantes de maîtrise, Claudine Gagnon, ont entrepris une recherche sur le télémarketing trompeur.Ils espèrent notamment pouvoir comprendre pourquoi les personnes âgées en sont plus souvent victimes.Il se peut que ces personnes soient tout simplement davantage visées par les fraudeurs.Il se peut aussi que les personnes âgées signalent plus fréquemment les fraudes téléphoniques dont elles sont victimes.Selon une estimation d'Industrie Canada, la fraude par téléphone entraîne des pertes directes et indirectes de quatre milliards par année.« Ça me paraît beaucoup, a commenté Jean-Luc Bacher.Mais même si ce n'était que la moitié de ça, ça serait déjà très important.Pour fins de comparaison, la fraude à l'assurance représente des pertes de 1,3 milliard.Les faux concours sont la forme la plus répandue de télémarketing frauduleux.Une méthode parmi d'autres : les fraudeurs annoncent à la victime qu'elle a remporté un prix.Pour l'obtenir, il lui suffit d'acquitter certains frais, substantiels.Une fois ces frais déboursés, la victime ne reçoit aucun prix, ou au mieux un prix insignifiant.En 1995, les sommes gaspillées dans ces faux concours ont été évaluées à 108 millions.En 1998, ce montant avait chuté à 73 millions.Les consommateurs étant mieux informés, le télémarketing frauduleux semble donc en léger ralentissement depuis quelques années.Mais le criminologue Bacher croit que cette forme de crime est tout de même promise à un bel avenir.« Le telémarketing légitime est en grande croissance, a-t-il dit à La Presse au cours d'une entrevue.S'il y a une catégorie d'emploi où on cherche du monde à Montréal, c'est précisément celle des agents de télémarketing.Or, plus cette forme de commerce se pratique, plus il sera facile pour les fraudeurs de se dissimuler dans la masse.» En consultant les dossiers du procureur de la Couronne concernant des cas de fraudes téléphoniques, M.Bacher et Mme Gagnon ont été impressionnés par l'habileté des fraudeurs.« Nous avons acquis l'intime conviction que nous aurions pu nous faire avoir nous aussi.» 2LP1701A0516 A-17 MARDI 2LP1701A0516 ZALLCALL 67 00:57:21 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 17 La SAAQ a un surplus de 258 millions Presse Canadienne QUÉBEC La caisse de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) a un surplus de 258 millions $.Il s'agit d'un « excédent non affecté », selon les termes utilisés dans le dernier rapport annuel de la SAAQ, qui vient d'être déposé à l'Assemblée nationale.Si on retournait cet « excédent » aux automobilistes, cela se traduirait par un chèque de 50 $ à chaque détenteur de permis.Une telle solution avait été mise de l'avant en 1997, où on avait retourné 30 $ à chaque automobiliste.Mais le conseil d'administration de l'organisme suggère d'utiliser cette somme pour « des fins liées à la mission » de la SAAQ.La décision finale repose entre les mains du gouvernement, a rappelé hier le vice-président aux finances de la Société, Julien Lemieux.La SAAQ a eu des revenus l'an dernier de 1,2 milliard provenant principalement des contributions des cinq millions d'automobilistes québécois, soit pour l'immatriculation (117 $ annuellement pour un véhicule de promenade) ou pour l'obtention d'un permis de conduire (25 $ par année).Une partie des revenus provient également des placements réalisés par la société d'État.La SAAQ a par ailleurs des dépenses de 1,69 milliard.Elle verse notamment 625 millions en prestations aux accidentés et coûte 238 millions en administration.Mais la SAAQ a réussi à accumuler une « réserve de stabilisation » de 263,5 millions pour faire face aux imprévus.Outre cette « réserve de stabilisation », la SAAQ a aussi accumulé un « excédent non affecté » de 258 millions.C'est pour cette somme non encore « affectée » qu'il faudra trouver une « affectation ».Le vice-président Lemieux a indiqué hier diverses solutions qui pourraient être retenues, comme investir dans l'amélioration de la sécurité du réseau routier ou encore bonifier les primes versées aux accidentés de la route. La Presse 16 mai 2000 Page A18 manquante La Presse 16 mai 2000 Page A19 manquante 2LP2099A0516 A20 mardi 2LP2099A0516 ZALLCALL 67 12:15:23 05/16/00 B A 20 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Léon Mugesera: «Rumeurs et commérages», dit Me Bertrand Presse Canadienne QUÉBEC La confiance régnait, hier, dans le camp Mugesera où Me Guy Bertrand a conclu sa plaidoirie, commencée le 11 janvier, en faisant observer au juge Marc Nadon qu'il ne restait plus que le fameux discours du 22 novembre 1992 comme preuve contre son client, le reste n'étant que rumeurs et commérages.« Dans mon pays, dans ma justice, on ne peut pas condamner làdessus.C'est honteux.Je vous demande, M.le juge, de rejeter de façon catégorique cette preuve de l'Akazu, du Comité du salut, des Escadrons de la mort.De vous élever contre ce simulacre de justice », a lancé le procureur de la famille de Léon Mugesera sur qui pèse une ordonnance d'expulsion du Canada prononcée par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR).Tout au long de sa plaidoirie, Me Bertrand s'est employé à démontrer la partialité de la Commission durant les quelque 60 jours d'audition de cette « cause exceptionnelle, la première au pays où quelqu'un est accusé de crime contre l'humanité et de crime de guerre ».« Le tribunal doit être prudent.Il n'a pas le droit de se tromper sur un dossier comme celui-là et d'ordonner le retour d'une famille dans un pays où règne le terrorisme.Si on reprochait des faits à M.Mugesera, comme d'avoir tiré sur quelqu'un, ce serait une chose.Mais ce qui est en cause ici, ce sont des interprétations différentes d'un discours, d'un crime commis par la parole », a-t-il ajouté en rappelant que la barbarie s'était installée au Rwanda un an et demi après le départ précipité de Léon Mugesera.Au juge Nadon qui lui faisait remarquer que c'est un fait pris pour acquis dans certains milieux que le discours du 22 novembre 1992 est un « discours effrayant », Me Bertrand a répliqué qu'on peut faire pendre n'importe qui avec une phrase sortie de son contexte.Le procureur des Mugesera s'en est particulièrement pris à la décision de la Commission de l'immigration qui a accepté d'entendre, à la fois comme témoins ordinaires et comme témoins experts, les deux coprésidents de la Commission internationale d'enquête (CIE) sur les violations des droits de l'homme au Rwanda entre 1990 et 1994, le Dr Alison Des Forges et Me Eric Gillet, qui avaient tous deux conclu à la culpabilité de Léon Mugesera.Me Bertrand ne mâche pas ses mots.Ce sont « l'honorable activiste américaine » Alison Des Forges et « le grand expert de Belgique » Eric Gillet, des personnages « arrogants et insolents », qui ont « bâti tout cet échafaudage contre Léon Mugesera », histoire qui s'est ensuite répercutée dans le monde entier.« La Commission de l'immigration s'est agenouillée devant Mme Des Forges et Me Gillet, a-t-il dit.Elle avait nettement choisi son camp dès le départ.La vérité était toujours du même bord.Les décisions toujours prises dans le même sens.C'est la justice à sens unique.L'audition se poursuit ce matin avec les plaidoiries des procureures du ministère fédéral de la Justice, Mes Louise-Marie Courtemanche et Barbara Boily.\u2014 PC 53,30 38,79 38,70 37,02 32,50 31,50 46,00 46,95 41,03 49,59 Le gouvernement fédéral songe a augmenter les taxes sur le tabac.Voici le prix actuel du carton de cigarettes, par province: Province Prix (en $) Source: Smoking and Health Action Foundation Terre-Neuve Île-du-Prince-Édouard Nouvelle-Écosse Nouveau-Brunswick Québec Ontario Manitoba Saskatchewan Alberta Colombie-Britannique Prix des cigarettes Taxes sur le tabac: les statistiques fédérales semblent donner tort à Martin Presse Canadienne OTTAWA Le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a beau clamer qu'il veut hausser les taxes sur les cigarettes pour décourager les jeunes de fumer, les statistiques produites par Ottawa semblent vouloir lui donner tort.Statistique Canada rapporte que le nombre de fumeurs parmi les jeunes n'a pas bougé, malgré les baisses de taxes survenues en 1994, l'année où Ottawa a décidé de s'attaquer au problème de la contrebande du tabac.Pendant que les taxes sur le tabac chutaient, le nombre de fumeurs suivait la même courbe, passant de 31 % en 1994 à 25 ou 27 % en 1999, dans l'ensemble de la population.« Le gouvernement a dépensé des sommes considérables en études pour déterminer dans quelle mesure les baisses de taxes avaient un impact sur la consommation de tabac.Mais il n'y a pas d'impact », a soutenu hier Marie-Josée Lapointe, porte-parole du Conseil canadien des manufacturiers de tabac.La semaine dernière, le ministre Paul Martin disait que le fait d'augmenter les taxes sur le tabac était motivé par le lien qu'il voyait entre « l'usage de la cigarette chez les jeunes et le prix des cigarettes ».Quant à eux, les groupes anti-tabac ont appuyé l'initiative du ministre, qui dit vouloir augmenter le prix de la cartouche de 12 $ à 16 $.Ils soutiennent que diverses études menées à l'échelle provinciale tendent à démontrer un lien entre le déclin de la consommation de tabac et la hausse du prix des cigarettes.Le prix d'une cartouche varie beaucoup, d'une région à l'autre du pays.En Ontario, elle coûte 31,50 $, au Québec, 32,50 $, en Colombie- Britannique, 49,59 $ et à Terre-Neuve, 53,30 $.La proportion des jeunes qui font usage du tabac a augmenté au début des années 90, à l'époque où la contrebande faisait des ravages et qu'on pouvait trouver des cigarettes à bon prix.Entre 1991 et 1994, la proportion de jeunes fumeurs est passée de 23 à 29 %.À l'époque, les cigarettes acquises sur le marché noir constituaient entre 40 et 60 % du total des cigarettes vendues.Mme Lapointe fait un lien direct de cause à effet entre la hausse du nombre de fumeurs parmi les jeunes et l'explosion du marché des cigarettes de contrebande.Elle est d'avis que ce problème va s'aggraver si les gouvernements décident de hausser les taxes sur le tabac. 2LP2101A0516 A21 mardi 2LP2101A0516 ZALLCALL 67 00:58:16 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 21 Monde Explosion dans une usine de feux d'artifice en Espagne Associated Press RAFELCOFER, Espagne Une forte explosion a ravagé hier une fabrique de feux d'artifice à Rafelcofer, dans le sud-est de l'Espagne, faisant cinq morts et huit blessés, selon le Centre de coordination des secours du gouvernement régional.Un des blessés, brûlé à 90 %, se trouvait dans un état très grave.Un employé de la fabrique était porté disparu, mais un autre porté manquant auparavant a finalement été retrouvé sain et sauf, chez lui : il ne s'était pas rendu au travail hier matin.La cause de l'explosion de la fabrique Hermanos Borreda de Rafelcofer, une localité de 1400 habitants située à 40 km de Valence, n'a pas encore été déterminée.La déflagration dans l'usine employant une vingtaine d'employés a mis le feu a un petit bois voisin, mais les pompiers ont pu maîtriser le sinistre.Selon un ouvrier, la fabrique, composée d'un ensemble de petits bâtiments, a été complètement détruite.« Il n'en reste absolument plus rien », a-t-il expliqué à la télévision espagnole.PHOTO REUTERS © Des voitures ont été carbonisées tellement l'explosion de l'usine de feux d'artifice, située en plein coeur d'un quartier résidentiel de Enschede, aux Pays- Bas, a été violente.Catastrophe d'Enschede: peu d'espoir de retrouver des survivants PHOTO REUTERS © Il ne reste plus rien de l'usine de feux d'artifice de la petite ville de Rafelcofer.ANTHONY DEUTSCH Associated Press, ENSCHEDE, Pays-Bas Les sauveteurs avaient peu d'espoir hier de retrouver des survivants dans les décombres du quartier d'Enschede, à l'est des Pays-Bas, ravagé samedi par l'explosion d'un entrepôt de feux d'artifice qui a fait 20 morts et 628 blessés.Revêtus de masques et de combinaisons, les 144 spécialistes de l'équipe d'identification des victimes ont poursuivi leurs fouilles dans les gravats, maison par maison, à la recherche du moindre signe de vie.Mais Dick de Jong, le chef de l'équipe, ne se montrait guère optimiste.« J'ai bien peur qu'on ne puisse pas retrouver de gens vivants, quand on voit ce qui s'est passé et l'état » de ce quartier populaire, aux allures de ville bombardée.L'explosion samedi après-midi de cent tonnes d'explosifs dans l'entrepôt de l'entreprise S.E.Fireworks a provoqué d'énormes dégâts.Dans un rayon de 500 mètres, toutes les habitations ont été dévastées et les voitures ont été transformées en carcasses fumantes, un cratère géant s'est ouvert en lieu et place de l'entrepôt.Quatre cents maisons ont été détruites, un millier d'autres endommagées.Les recherches avançaient très lentement, en raison de l'ampleur du travail à accomplir : déblaiement des décombres, recherche des indices.Et le travail d'identification, a noté M.de Jong, est « extrêmement difficile » en raison de la violence de l'explosion.Jusqu'à présent, quatre rues seulement ont été explorées, représentant moins de 20 % de la zone sinistrée, a précisé Dick de Jong.Quinze cadavres, dont ceux de quatre pompiers, ont été retrouvés depuis samedi, mais les sauveteurs ont confirmé le décès de 20 personnes.Erik Helder, maire-adjoint d'Enschede, a précisé que le nombre de blessés atteignait désormais 628 : les autorités n'avaient pas recensé jusqu'à présent 25 personnes qui ont reçu des soins dans une base aérienne proche de la ville.Des centaines d'habitants du quartier sinistré ont passé la nuit de dimanche à hier dans un gymnase aménagé, par crainte d'un éventuel effondrement de leur maison.Les autorités espèrent que quelques uns des 2500 riverains du quartier vont pouvoir regagner leur domicile une fois que les pompiers se seront assurés de la salubrité de 400 maisons endommagées.Selon le maire Jan Mans, les autorités tentaient de localiser quelque 200 habitants qui ne se sont toujours pas manifestés.La municipalité insiste toutefois sur le fait que ces personnes ne sont pas considérées comme disparues.Le Premier ministre néerlandais Wim Kok, qui s'est rendu sur les lieux dimanche, a déclaré qu'il s'adresserait au Parlement aujourd'hui.« Une enquête approfondie devra avoir lieu pour déterminer ce qui s'est produit, mais notre préoccupation immédiate est de venir en aide à ceux qui en besoin », a-t-il déclaré à Budapest où il effectue une visite officielle.Selon Eric Helder, maire adjoint d'Enschede, les propriétaires de l'entrepôt ont contacté les autorités par l'intermédiaire de leur avocat, afin de les assurer de leur pleine coopération dans l'enquête.Les causes de l'incendie à l'origine de l'explosion n'ont pas été déterminées, mais le chef des pompiers Aad Groos n'exclut pas un acte criminel : trois entreprises de la région d'Enschede ont été incendiées au cours des dernières semaines.Les enfants de trois écoles du quartier ne sont pas allés en cours tandis que des psychologues ont été dépêchés dans les autres établissements scolaires.PHOTO AP © L'homme qui avait pris en otages une vingtaine d'enfants s'est rendu aux autorités.Prise d'otages dans une garderie en Norvège : reddition du ravisseur KAARE LUNDE Associated press, HJELMELAND, Norvège L'homme qui retenait encore cinq enfants et deux employées d'une garderie de Hjelmeland, une petite ville située à 300 km de la capitale norvégienne Oslo, s'est rendu hier soir à la police après avoir libéré ses otages sains et saufs.L'homme âgé de 40 ans avait relâché auparavant dans la journée 28 autres otages \u2014 vingt enfants âgés de moins de six ans et huit employés \u2014 après avoir obtenu la médiation d'un des plus célèbres avocats pénalistes norvégiens, Tor Erling Staff.Après sa reddition, le ravisseur, dont l'identité n'a pas été divulguée, a immédiatement été emmené dans une voiture de police.L'homme avait expliqué avoir pris des otages parce qu'on lui refusait la garde de ses deux enfants.« Je suis là alors que mon premier enfant vient d'avoir 13 ans, en mai, et je ne peux même pas lui passer un coup de fil », avait-il affirmé dans un appel à la chaîne de télévision norvégienne TV-2.« Beaucoup se tueraient parce qu'ils ne peuvent pas le supporter », avait-il ajouté.Odd Forsell, l'avocat du preneur d'otages, a déclaré que son client est poursuivi dans une affaire de viol, qui doit être jugée au cours du mois.La justice lui a par ailleurs refusé la garde de ses deux enfants, qui ne se trouvaient pas dans le jardin d'enfants.Durant son appel téléphonique à TV-2, l'homme avait affirmé qu'il n'avait « rien à perdre ».« Plusieurs fois, je me suis passé une corde autour du cou ».Au cours de la journée, le preneur d'otages avait laissé les enfants se rendre, par petits groupes, dans la cour de récréation.La police, avait expliqué un porte-parole, avait rapidement exclu toute tentative de libération dans la cour par crainte que l'homme ne devienne violent ou ne rompe les négociations.Le ravisseur avait affirmé qu'il n'arriverait rien aux enfants.Mais, avait-il averti, « je ne sais pas ce que je pourrais faire » en cas d'intervention de la police.Invité a préciser pourquoi il se comporterait de façon aussi désespérée, il avait ajouté : « Quand vous avez été traités aussi mal par les services sociaux et la police, il ne vous reste pas d'autre possibilités ».« Les enfants relâchés vont bien, toutes choses considérées », a commenté Olav Sonderland, patron de la police de Stavanger, le chef-lieu de la région.Encore une explosion dans une fabrique clandestine de feux d'artifice mexicaine Associated Press MEXICO Une explosion dans une fabrique clandestine de feux d'artifice à fait un mort et trois blessés hier dans une maison de Tepic, localité située sur la côte ouest du Mexique.Selon la presse locale, la victime décédée est un homme de 67 ans, propriétaire de l'habitation où était entreposée une réserve de poudre à canon.Les tirs de feux d'artifice sont courants lors des festivals au Mexique et leur fabrication est une industrie artisanale dans de nombreux endroits du pays.Le 26 septembre dernier, 63 personnes avaient été tuées, plusieurs centaines d'autres blessées et quatre pâtés de maisons avaient été détruits lors de l'explosion de plusieurs de ces fabriques à Celaya, une ville du centre du pays.Samedi, un entrepôt contenant 100 tonnes de feux d'artifice avait sauté à Enschede, dans l'est des Pays-Bas, faisant 20 morts et 628 blessés.Hier, une déflagration similaire a ravagé une fabrique à Rafelcofer, dans le sud-est de l'Espagne, faisant cinq morts et huit blessés. 2LP2201A0516 a22 mardi 2LP2201A0516 ZALLCALL 67 00:55:37 05/16/00 B A 22 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Éducation Réduire le nombre d'élèves dans les classes serait inefficace Les leçons de la Californie: petits résultats, gros problèmes Réduire le nombre d'élèves dans les classes, comme le Québec s'apprête à le faire en vertu de sa nouvelle politique d'adaptation scolaire, est une mesure très coûteuse dont l'efficacité reste à démontrer, soutient un économiste américain.Professeur à l'Université de Rochester, Eric Hanushek étudie l'économie de l'éducation depuis une trentaine d'années.Devant la popularité croissante des mesures de réduction du nombre d'élèves dans les classes aux États-Unis, il a voulu voir s'il existait des preuves de l'efficacité de telles politiques.Il n'en a pas trouvé.« C'est une politique qui semble être pleine de bon sens, mais cela est très différent que de prétendre que les élèves réussissent mieux », a affirmé M.Hanushek au cours d'une entrevue à La Presse.L'économiste a passé en revue toutes les études faites sur la question.À peine 15 % des résultats montrent que la réduction du nombre d'élèves par professeur a eu un effet positif significatif sur les notes des enfants.Et 13 % ont trouvé un effet négatif.Les autres données compilées par les chercheurs n'indiquent aucun impact significatif.« La preuve économétrique est claire, écrit Eric Hanushek dans un rapport de recherche sur la question.Il y a peu de raisons de croire que des classes plus petites produisent systématiquement de meilleurs résultats scolaires.Si certaines études indiquent que c'est le cas, il s'en trouve presque autant pour démontrer le contraire.» (1) Au Québec, le ministère de l'Éducation prévoit une diminution substantielle du nombre d'élèves dans les classes de maternelle, de première année et de deuxième année.D'ici quatre ans, le nombre d'élèves à la maternelle se situera entre 18 et 20, contre 20 à 22 présentement.En première année, les classes passeront de 23 à 25 à 20-22, et même à 18-20 dans les écoles de milieux défavorisés.En deuxième année, les classes passeront de 25-27 élèves à 22-24 élèves, et à 18-20 élèves en milieux défavorisés.Ces changements sont inscrits dans une annexe à la nouvelle convention collective des enseignants.Il y est précisé que cette mesure sera évaluée périodiquement, et que le ministre pourra décider de la reconduire ou non en 2007-8.L'économiste Eric Hanushek concède qu'en certaines circonstances spécifiques, la diminution de la taille des groupes peut être efficace.Mais il se méfie des politiques appliquées à tout un réseau scolaire.« La recherche montre en effet que dans la mesure où la baisse du nombre d'élèves par classe donne des résultats, cela arrive quand on l'applique dans les premières années de la scolarité, explique l'économiste.Mais ces résultats sont petits par rapport aux coûts d'une telle mesure.» M.Hanushek souligne qu'un tel projet, entré en vigueur en Californie en 1996, coûte 1,5 milliard par année.« On ne peut penser à une mesure plus coûteuse pour un réseau d'éducation ! » lance l'économiste.Au Québec, l'embauche de près de 2000 enseignants supplémentaires coûtera un peu plus de 100 millions de dollars par an.Selon le professeur de l'Université de Rochester, des mesures moins coûteuses permettraient d'obtenir de bien meilleurs résultats.Il songe, surtout, à une amélioration de la qualité du corps enseignant.« Il faut trouver une façon de garder les meilleurs enseignants et de se débarrasser des pires enseignants », dit-il.Enthousiasme La politique annoncée l'an dernier par le ministre François Legault est applaudie par les commissions scolaires et par les enseignants.Au ministère de l'Éducation, on explique qu'on a décidé de réduire le nombre d'élèves dans les classes du début du primaire sur la base, notamment, de résultats obtenus au Tennessee, en Indiana et en Californie.Ces recherches ont montré, selon Denise Gosselin, de la direction de l'adaptation scolaire, qu'une telle mesure était efficace si la réduction du nombre d'élèves était substantielle et si elle se produisait au début du cheminement scolaire.L'économiste Hanushek estime que ces résultats ne sont pas concluants, mais ce n'est pas l'avis du MEQ.« La réduction du nombre d'élèves permet une intervention très tôt, quand l'enfant arrive à l'école.On met en place des conditions pour que l'enseignant puisse passer plus de temps avec chacun des jeunes », a expliqué Mme Gosselin à La Presse.Mme Gosselin souligne aussi qu'au Québec, la réduction du nombre d'élèves n'est pas une mesure isolée.Elle est implantée en même temps qu'on révise les programmes, qu'on donne une nouvelle formation aux enseignants et qu'on augmente le nombre de professionnels susceptibles d'aider les élèves en difficultés.1.E.Hanushek, « The Evidence on Class Size », Occasional Paper 98-1, University of Rochester.RECHERCHE UNIVERSITAIRE Il y a trois ans, l'État de la Californie a lancé un programme de réduction du nombre d'élèves dans les classes de la maternelle à la troisième année.D'une moyenne de 30, le nombre d'enfants par classe devait tomber à 20 ou moins.Budget prévu : un milliard de dollars par année.Objectif visé : sortir la Californie des derniers rangs des États américains en matière de résultats scolaires.L'an dernier, des chercheurs mandatés par l'État ont dressé un premier bilan de cette politique à grand déploiement.En troisième année, les élèves qui ont été placés dans de plus petites classes ont eu des résultats légèrement supérieurs à ceux des élèves qui n'ont pu profiter de cette mesure.En outre, les enseignants rapportent avoir pu passer plus de temps à aider chaque élève.Par contre, les commissions scolaires ont fait face à de graves problèmes de locaux et de recrutement de professeurs.Plus du quart des écoles ont dû sacrifier des locaux qui servaient à l'adaptation scolaire, à l'enseignement de la musique et des arts ou à la bibliothèque pour loger les nouvelles classes.Incapables de combler tous les nouveaux postes, les commissions scolaires ont dû embaucher des jeunes enseignants qui n'avaient pas toutes les qualifications requises.En 1997-98, 12 % des enseignants n'avaient pas encore obtenu la certification de l'État de la Californie.En outre, pour diverses raisons, les coûts ont dépassé les prévisions.« Même si de légers gains ont été observés durant la première année, il faut se demander si les bénéfices valent les coûts du programme », ont souligné les auteurs du bilan.« Il est très périlleux de croire qu'une seule mesure va régler un problème qui existe depuis longtemps et que cette mesure n'aura pas d'effets pervers », a renchéri l'un des chercheurs chargés d'évaluer la politique californienne, George Bohrnstedt, des American Institutes for Research, au cours d'une entrevue accordée à La Presse.M.Bohrnstedt et ses collègues soulignent que le projet STAR, mené au Tennessee dans les années 80, et qui sert de référence aux tenants de la réduction de la taille des groupes, comportait des conditions très particulières.Les groupes étaient particulièrement petits (15 élèves), et le nombre d'élèves touchés était modeste (10 000).En d'autres termes, il s'agissait d'une expérience contrôlée, et non d'une implantation à l'échelle de tout un réseau scolaire.Maux de tête Les écoles du Québec risquentelles de vivre des problèmes similaires à ce que vivent les écoles de la Californie ?Sans doute pas au même point, puisque la nouvelle politique entrera en vigueur graduellement.« Réduire la taille des groupes un niveau à la fois, comme ce qui est proposé chez vous, a bien du sens », selon George Reste qu'en certains milieux, la multiplication du nombre de classes menace de causer de gros maux de tête.C'est le cas à la Commission scolaire de Montréal, où plusieurs écoles débordent déjà.La CSDM sera particulièrement touchée, parce que la diminution des rapports élèves-professeurs prévue par le ministère de l'Éducation est plus importante dans les écoles situées en milieu défavorisé.André Pratte À peine 15 % des résultats d'une étude américaine montrent que la réduction du nombre d'élèves par professeur a eu un effet positif significatif sur les notes des enfants. 2LP2399A0516 A-23 MARDI g n ral 2LP2399A0516 ZALLCALL 67 12:15:53 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 23 Le «collier d'explosifs» fait une seconde victime en Colombie Agence France-Presse BOGOTA Un policier qui avait tenté en vain de désamorcer le collier d'explosifs scotché par un commando de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, communistes) autour d'une femme, tuée par la déflagration à Chiquinquira après son refus d'être rançonnée, est décédé hier soir des suites de ses blessures, a-t-on appris de source militaire.Elvia Cortés, une fermière de 55 ans, avait été tuée hier à l'aube par l'éclatement de ce sautoir mortel collé autour de son cou avec du scotch par un commando des FARC dans sa propriété de Chiquinquira (à 110 km au nord-est de Bogota), selon le général Fabio Bedoya, commandant de la première Brigade de l'armée de terre.Elle venait de refuser de payer une rançon de 7500 dollars.L'engin, en forme de carré, aurait été composé de tubes en polychlorure de vinyle (PVC) bourrés d'explosifs, avec trois détonateurs dont l'un à télécommande, selon la télévision privée RCN de Bogota.Trois militaires et un policier avaient été gravement blessés par l'explosion au moment où ils tentaient de désamorcer l'engin.Jairo Lopez, le policier hospitalisé, bras gauche et main droite arrachés, a succombé à ses blessures hier soir durant son transfert à l'hôpital militaire de Bogota, a annoncé le général Bedoya.Cet attentat a révulsé l'ensemble de la Colombie, confrontée depuis 36 ans à une guerre civile qui a déjà fait plus de 120 000 morts et s'est traduite par un bilan de 2 millions de déplacés par la violence, avec une moyenne de 2500 enlèvements par an.Aucune déclaration des FARC sur cette exécution, attribuée au front 11 des rebelles par l'armée, n'avait été rendue publique hier en début de soirée. 2LP2401A0516 a24 mardi 16 mai 2000 2LP2401A0516 ZALLCALL 67 00:59:23 05/16/00 B A 24 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Mea culpa de la Banque mondiale à la Conférence de Montréal JOONEED KHAN Pour sa sixième édition inaugurée dimanche soir, la Conférence de Montréal n'a pas été perturbée, comme les fois précédentes, par les militants d'une mondialisation « humaniste et solidaire ».C'est peut-être que, après l'Opération salAMI, après Seattle et après Washington récemment, le discours des contestataires est en train de gagner les tribunes officielles.« Trop souvent, dans le passé, les étrangers sont allés en Afrique sans la connaître, mais avec des réponses toutes faites, et ça a échoué », a déclaré hier devant une plénière Jean-Louis Sarbib, viceprésident sortant de la Banque mondiale pour l'Afrique.« Laissons les Africains écrire leur propre avenir et offrons leur notre appui et notre soutien », a-til ajouté.Sarbib n'a pas reconnu formellement que la Banque mondiale était l'une des grandes fautives, mais ses propos reflètaient le mea culpa en cours à la BM et au FMI.À la façon de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui, dans son rapport annuel 2000 publié hier, juge que ses « critiques les plus virulents » sont en train de « perdre leur crédit » parce qu'elle « démontre sa capacité d'adaptation » après le fiasco de Seattle en décembre.Parallèlement, le président Olusegun Obasanjo, du Nigeria, qui a dominé le début des travaux, a plaidé pour l'abolition de la dette des pays les plus pauvres, pour la lutte contre le sida, et surtout pour le retour à la paix « sans laquelle rien ne saurait se construire ».Élu en février 1999, Obasanjo a marqué un retour à l'État de droit dans son pays multi-ethnique de 120 millions d'habitants, géant pétrolier et gazier de l'Afrique, et pilier militaire de l'ECOMOG, la force africaine de maintien de la paix au Liberia et en Sierra Leone.Obasanjo est aussi président du « Groupe des 77 » depuis le récent sommet de ce groupe de 126 pays du Sud à La Havane.Et c'est avec l'autorité de ce bloc représentant quatre terriens sur cinq qu'il a contesté la « mondialisation sauvage » des 10 dernières années.Si bien que David Kilgour, secrétaire d'État à l'Afrique, a admis que « l'Afrique triplerait ses exportations sur le marché canadien si le Canada abolissait ses barrières tarifaires et autres ».Obasanjo, qui a dû écourter son programme pour regagner Abuja en raison de la crise en Sierra Leone, a fait une profession de foi dans les vertus du secteur privé qui a été de la musique pour les centaines de cadres et chefs d'entreprises ayant déboursé jusqu'à 1200 $ pour participer à ce « Davos montréalais ».Mais il a souligné que « le secteur privé n'est guère intéressé à bâtir des routes ou à apporter du courant et de l'eau potable aux villages, ce qui pour moi sont des priorités absolues ».Et il a insisté, dimanche, pour que l'ONU, c'est-àdire les pays riches, finance et équipe l'ÉCOMOG en Sierra Leon \u2014 ce que le Canada s'est engagé à faire à titre de membre de l'ONU.Aziz Pahad, ministre des Affaires étrangères d'Afrique du Sud, a lui aussi souligné le virage idéologique en cours au sein des institutions clés de la mondialisation.« En quittant la tête du FMI, Michel Camdessus a appelé à une nouvelle solidarité globale, et l'on souhaite que cet appel soit entendu par les pays riches », a dit Pahad.« Il faut qu'ils aient la volonté politique d'annuler le poids de la dette, d'accroître l'investissement privé direct et l'Aide publique au développement en Afrique, d'ouvrir leurs marchés aux exportations africaines, y compris aux produits agricoles », a-t-il ajouté.Le vétéran anti-apartheid a contrasté l'appel de Camdessus avec la couverture de la dernière édition du Economist, l'hebdomadaire britannique, intitulé « The Hopeless Continent » (Le continent sans espoir), qu'il a qualifiée de « sensationnaliste » et de « raciste ».L'article fourre-tout blâme les Africains eux-mêmes, voire leur habitat et leur climat, égratignant au passage le FMI et la BM.Pahad a rappelé la traite d'esclaves, le colonialisme, la ruée vers les matières premières et les richesses minières, et ensuite « l'implosion des États après l'abandon des régimes néocoloniaux maintenus artificiellement durant la guerre froide ».« L'ethnicité se politise et la politique s'ethnicise, dans le cadre d'une nouvelle ruée vers les ressources de l'Afrique en Angola, au Congo, dans la Corne, en Sierra Leone », a-t-il ajouté.SIERRA LEONE Taylor sauveur ?n Ex-chef de guerre libérien et « parrain » du rebelle sierra-léonais Foday Sankoh, le président Charles Taylor s'impose à l'ONU comme médiateur en obtenant hier la libération de 139 Casques bleus.Depuis Monrovia, Taylor a même appelé hier à un cessez-le-feu en Sierra Leone pour que puisse se poursuivre la libération de tous les Casques bleus.L'ONU, qui y mène avec plus de 8700 hommes sa plus importante opération de maintien de la paix dans le monde, s'est félicitée de l'issue heureuse de la médiation de Taylor.d'après AFP SAINT-DOMINGUE Trois candidats n La République dominicaine va aux urnes aujourd'hui pour élire son prochain président entre l'opposant social-démocrate Hipolito Mejia, favori au premier tour, l'ex-président conservateur Joaquin Balaguer, 94 ans, et le centriste Danilo Medina, dauphin du président sortant Leonel Fernandez.Si aucun n'obtient plus de 50 % des suffrages, un second tour, prévu le 30 juin, opposera les deux candidats les mieux placés.d'après AFP RFY Appel d'opposition n Des leaders de l'opposition serbe ont appelé hier les citoyens, la police et l'armée à la désobéissance contre le pouvoir du président yougoslave Slobodan Milosevic, devant plus de 20 000 personnes rassemblées à Belgrade pour réclamer des élections anticipées.Les manifestants, certains agitant des drapeaux serbes et des partis de l'opposition, ont scandé « Insurrection » et « Résistance ».Le meeting, qui a duré près de deux heures, s'est déroulé sans incidents sur la place de la République.d'après AFP ZIMBABWE Législatives n Les élections législatives au Zimbabwe auront lieu les 24 et 25 juin, a annoncé hier à Harare le gouvernement.Des émissaires de l'Union européenne et du Commonwealth sont arrivés dans la journée à Harare pour s'entretenir avec le gouvernement et l'opposition des violences politiques qui menacent l'organisation du scrutin.Depuis le début, en février, du mouvement des « squatters » qui occupent des propriétés de fermiers blancs, les violences ont entraîné la mort de quatre fermiers et de plusieurs opposants.d'après AP IRLANDE Inspection n Les protestants unionistes ont salué hier à Belfast l'arrivée à pied d'oeuvre des deux inspecteurs internationaux des dépôts d'armes de l'IRA, mais continuent à soumettre à son désarmement effectif toute relance du processus de paix en Irlande du Nord.Le chef du Parti unioniste d'Ulster (UUP), David Trimble, a estimé que la mission de l'ancien président finlandais, Martti Ahtisaari, et de l'ex-secrétaire général du Congrès national sud-africain (ANC), Cyril Ramaphosa, était « une mesure de nature à établir la confiance ».d'après AFP PHILIPPINES Journalistes n Neuf journalistes occidentaux, dont on était sans nouvelle depuis plus de deux jours, sont « en bonne santé » et doivent regagner ce matin la ville de Jolo, dans le sud des Philippines, a indiqué le rédacteur en chef d'une radio publique française après un contact téléphonique avec son envoyé spécial.Le groupe était parti à la rencontre du groupe d'Abu Sayyaf, qui retient en otage neuf Malaisiens, trois Allemands, deux Français, deux Finlandais, deux Sud-africains, deux Philippins et une Libanaise, capturés en avril sur l'île voisine de Sipadan, en Malaisie.d'après AFP PHOTO AFP Abdelaziz Bouteflika Bouteflika plaide la cause de l'Irak GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA Le président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, a entamé hier une visite officielle de quatre jours au Canada en lançant un appel au premier ministre Jean Chrétien pour la levée de l'embargo économique contre l'Irak.Au cours d'un déjeuner d'État chez la gouverneure générale, Adrienne Clarkson, et en présence du premier ministre Chrétien, le président algérien a déclaré que son pays était « gravement préoccupé par les conséquences inhumaines de l'embargo imposé au peuple irakien ».M.Bouteflika a en appelé « instamment à la levée de cette mesure injuste » qu'avait appuyée le Canada à l'ONU.Cette visite du chef de l'État algérien, 13 mois jour pour jour après son élection le 15 avril 1999, a pour les deux pays un caractère de grande importance.C'est d'abord la première fois qu'un président algérien visite officiellement le Canada.Ensuite, l'Algérie demeure toujours le premier partenaire commercial du Canada en Afrique du Nord et au Moyen- Orient.Les exportations du Canada à destination de l'Algérie ont été évaluées à 475 millions de dollars en 1999, principalement du blé, des légumineuses, des produits laitiers et du papier journal, alors que le Canada importait au cours de la même période quelque 654 millions de dollars de produits pétroliers et agricoles.De plus, le Canada compte 25 000 ressortissants algériens, principalement dans la région de Montréal.Aucune annonce majeure n'a été faite hier après le tête-à-tête de la matinée entre MM.Chrétien et Bouteflika.Mais il semble bien, selon des sources, que les Algériens souhaiteraient voir l'établissement par Air Canada d'une liaison aérienne directe entre Alger et Montréal, ce que les autorités canadiennes ne voient pas d'un bon oeil en raison des problèmes de sécurité que cela risque de poser.De plus, le gouvernement algérien aurait quelques récriminations à faire à Ottawa au sujet des difficultés pour les Algériens à obtenir des visas temporaires pour le Canada.Mais, outre ces points de discorde mineurs, les relations entre le Canada et l'Algérie sont au mieux, selon MM.Chrétien et Bouteflika.Le président algérien s'est même lancé dans une tirade élogieuse, hier, en présence des journalistes et du premier ministre Chrétien, pour qualifier le Canada de meilleur pays au monde.Il a évoqué la situation intérieure de son pays, rappelant que l'Algérie émergeait « d'une période douloureuse de son histoire grâce à un ressaisissement collectif exprimé par le référendum sur la concorde civile qui a manifesté la volonté presque unanime des Algériens d'assumer par la compréhension et le pardon les séquelles du déchirement national.» M.Bouteflika a évoqué de plus ses efforts de réformes et sa volonté d'inscrire l'Algérie dans le courant majeur de l'économie mondiale.Le président de l'Algérie a également parlé de la scène politique internationale et du rôle que son pays joue pour apaiser les conflits fratricides africains.Il s'est dit aussi préoccupé « par les atermoiements et les obstacles mis par Israël au développement du processus de paix au Moyen-Orient.Abdelaziz Bouteflika poursuit sa visite ce matin à Ottawa pour ensuite gagner Montréal cet aprèsmidi où il doit rencontrer, demain, le vice-premier ministre du Québec, Bernard Landry.Jeudi, il termine son voyage par une visite à Toronto.Non aux sanctions Des centaines de milliers d'Éthiopiens ont envahi les rues d'Addis-Abeba hier pour protester contre la résolution parrainée par les États-Unis et la Grande- Bretagne visant à convaincre les Nations unies à imposer des sanctions économiques contre ce pays.La résolution visait à sanctionner la reprise des hostilités entre l'Éthiopie et l'Érythrée.PHOTO ASSOCIATED PRESS © REPÈRES / Algérie Quand l'espoir se heurte au quotidien GILLES PAQUIN Lorsque les Algériens ont plébiscité le plan de Concorde civile d'Abdelaziz Bouteflika en septembre dernier, ils espéraient d'abord retrouver la paix, mais ils s'attendaient également à ce que le nouveau président s'attaque à la crise sociale et politique qui afflige leur pays.C'est d'ailleurs ce que Bouteflika faisait miroiter tout au long de la campagne référendaire en s'engageant à en finir avec la violence pour ensuite entreprendre un grand nettoyage dans l'administration, le système judiciaire et les pratiques commerciales mafieuses.Huit mois plus tard, la violence aveugle frappe encore.Selon la presse algérienne, plus de 900 personnes ont été tuées depuis la fin de l'application de la Concorde civile, le 13 janvier dernier.Le GIA défie encore l'armée et sème la terreur jusqu'aux portes d'Alger.Le ministre algérien de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, a déclaré la semaine dernière que les autorités continuaient de combattre les « noyaux d'irréductibles » des groupes islamistes armés dans cinq régions du pays.Tout indique que la guerre va se poursuivre longtemps.Le quotidien algérien El Watan écrivait par ailleurs jeudi dernier que « la politique des autorités actuelles demeure encore au stade des intentions ».Le pays profond est en pleine dérive et les mesures énergiques tardent à venir.« L'échec des administrations locales est consommé depuis qu'elles ne sont mêmes plus arrivés à assurer le balayage des rues, à distribuer l'eau potable, entretenir les écoles, sauvegarder les terres.Elles sont dépassées par le poids terrifiant de la tâche à accomplir.», notait El Watan.En outre, près du tiers de la population, soit neuf millions de personnes, vivent au-dessous du seuil de la pauvreté.Le taux de chômage officiel est de 27 %, mais en réalité il atteint 32 % et même le double de ce chiffre chez les jeunes.Une délégation d'Amnistie internationale a, pour la première fois depuis l'expulsion de l'organisme de ce pays en 1996, visité l'Algérie la semaine dernière pour faire le point sur la crise des droits de l'homme.« La situation s'améliore, mais plusieurs des problèmes graves qui avaient été signalés en matière des droits de l'homme n'ont toujours pas été abordés », estime Amnistie.L'organisme note que le niveau de violence et le nombre de morts ont diminué, que les arrestations arbitraires, les détentions incommunicado, les cas de torture, de « disparitions » et de procès injustes ont également diminués de manière importante.« Néanmoins, Amnistie demeure préoccupée du fait qu'aucune mesure concrète et efficace n'ait encore été adoptée par les autorités algériennes pour faire enquête sur les milliers de massacres, de disparitions, d'enlèvements, de cas de torture, d'exécutions extra-judiciaires et d'assassinats de civils qui se sont produits au cours des dernières années, et qui continuent, dans une moindre mesure, de se produire.» Le porte parole de la délégation, l'ex-secrétaire général de la section anglaise d'Amnistie au Canada, Roger Clark, a ajouté, dans un communiqué, que l'organisme partageait l'inquiétude des victimes et de leurs familles qui réclament la vérité et la justice tout en refusant l'impunité.« On ne peut tourner la page et obtenir de paix durable aux dépens de la vérité et de la justice en offrant l'impunité \u2014 que ce soit aux forces de sécurité ou aux groupes armés », a conlu M.Clark.Amnistie a réitéré son appel en faveur d'une enquête « complète, impartiale et indépendante » sur les atteintes aux droits de l'homme commis par les forces de sécurité, les milices paramilitaires et les groupes armés (AIS et GIA).L'amnistie à des conditions secrètes accordée par le président Bouteflika à un nombre indéterminé de membres de l'Armée islamique du salut, et à d'autres groupes, nous fait craindre que des individus responsables de meurtres, de viols et d'autres crimes graves obtiennent ainsi l'impunité. 2LP2501A0516 a25 mardi 16 mai 2000 2LP2501A0516 ZALLCALL 67 00:58:11 05/16/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 16 MAI 2000 A 25 Monde Qui a tué Lumumba ?, documentaire accablant pour les Belges Agence France-Presse BRUXELLES L'émission Qui a tué Patrice Lumumba ?, diffusée dimanche soir par la télévision publique belge RTBF, a mis en évidence de façon accablante la responsabilité de nombreux Belges, sinon de la Belgique, dans l'assassinat en 1961 du nationaliste congolais.Le jour même de la présentation au Festival de Cannes (sud de la France) de Lumumba, fiction du cinéaste haïtien Raoul Peck sur les derniers mois du « père de l'indépendance congolaise », ce travail journalistique apporte son écot à l'examen en cours du passé colonial de la Belgique.Après la parution du livre L'Assassinat de Lumumba du sociologue flamand Ludo De Witte, qui accuse Bruxelles de porter la responsabilité principale dans ce crime, une commission d'enquête parlementaire belge a entamé ses travaux le 2 mai pour déterminer les responsables de l'exécution.Officiellement, l'assassinat de Lumumba a toujours été présenté comme le résultat de règlements de compte entre Congolais.Après la victoire de son parti aux élections, Lumumba était devenu président du Conseil à la veille de l'indépendance, le 30 juin 1960.Rapidement, le pays avait sombré dans le chaos.Révoqué le 5 septembre, Patrice Lumumba était arrêté le 2 décembre par les troupes du colonel Joseph-Désiré Mobutu, chef d'étatmajor.Avant même le début des auditions de cette commission, le documentaire réalisé par la télévision publique flamande VRT, puis acheté par la RTBF et traduit en français, révèle combien les témoins belges, vivants et l'esprit vif, sont encore nombreux.« Par des émissaires, on sentait que Bruxelles aimait autant s'en défaire », explique Louis Marlière, alors conseiller du chef d'état-major congolais Joseph-Désiré Mobutu, en évoquant la mort du premier chef de gouvernement du Congo indépendant.« On est sûrs qu'il va mourir et on est muets comme des carpes », juge de son côté Jacques Brassinne, un Belge présent à l'époque au Katanga, la province sécessionniste où sera transféré Lumumba, sur ordre du ministre belge des Affaires africaines, Harold d'Aspremont Lynden, puis exécuté.Une fois Lumumba abattu, le 17 janvier 1961 en présence de nombreux ministres katangais et de soldats belges, « le ministère belge des Affaires étrangères participe activement à la mystification » qui consista à annoncer la mort de Lumumba le 13 février, à la suite d'une tentative d'évasion, selon les auteurs du documentaire.Au courant de la mort, le ministre d'Aspremont Lynden « insiste », dans un télégramme du 24 janvier, « de façon spécialement pressante, pour qu'un traitement humain soit réservé à Lumumba dont la vie ne peut-être mise en danger sous aucun prétexte ».Entre-temps, le commissaire de police belge Gerard Soete a fait disparaître le corps dans de l'acide, ce qu'il détaille devant la caméra quarante années après.« J'ai envie de vomir », s'insurge en plateau, à l'issue du documentaire, le journaliste belge Pierre De Vos, correspondant à l'époque du quotidien français Le Monde à Léopoldville (actuelle Kinshasa), et auteur dès 1961 du livre Vie et mort de Lumumba.« Je suis honteux de voir des Belges qui se sont comportés comme de véritables SS, et qui racontent froidement qu'ils ont découpé le cadavre, qu'ils ont pris des dents qu'ils ont gardées.Cela dépasse tout ce qu'on pouvait deviner », ajoute-t-il.« Chez nous, si on n'a pas le corps, on ne peut pas faire le deuil », juge ensuite François Lumumba, le fils aîné du dirigeant assassiné.« Le peuple congolais a le droit à la mémoire, exactement comme le peuple européen », ajoute- t-il.Et l'émission de donner un avant-goût de ce qui attend la commission d'enquête : la responsabilité belge est-elle celle d'un « complot » ourdi par les plus hautes autorités du pays, comme le pense Ludo De Witte, où le résultat de la « confusion » et de « l'improvisation » d'une décolonisation manquée, comme le croit Pierre De Vos ?PHOTO AP Au loin, un rang serré de soldats israéliens; à l'avant-plan, des Palestiniens tentent d'échapper à leurs balles.Abou Dis passe aux Palestiniens Violence dans les territoires occupés : cinq morts Agence France-Presse JÉRUSALEM Le Parlement israélien a approuvé hier soir le transfert aux Palestiniens de trois localités proches de Jérusalem, dont Abou Dis, peu après de sanglants échanges de tirs entre soldats israéliens et policiers palestiniens.Le premier ministre israélien Ehud Barak a indiqué devant le Parlement que ces heurts, les premiers du genre en quatre ans, avaient fait quatre tués palestiniens et six blessés israéliens.Selon les services de sécurité palestiniens, cinq Palestiniens ont été tués hier.Trois Palestiniens, dont un policier, ont été tués par les balles de l'armée israélienne, tandis que deux enfants palestiniens ont été tués lorsque des colons les ont « délibérément » renversés avec leur voiture, selon eux.« J'ai appelé le président (palestinien) Yasser Arafat pour lui demander d'intervenir et nous avons averti l'Autorité palestinienne qu'elle devait ramener le calme », a déclaré M.Barak.Le bureau du premier ministre a précisé dans la soirée que M.Barak avait exhorté les Palestiniens « à prendre toutes les dispositions requises pour empêcher qu'il y ait d'autres victimes ».Le Comité exécutif de l'OLP (CEOLP), réuni à Ramallah en présence de M.Arafat, a fait porter à Israël la responsabilité des heurts sanglants, soulignant à la fois le « caractère pacifique » des manifestations palestiniennes et les « provocations » des forces de l'ordre israéliennes.Les échanges de tirs ont émaillé la commémoration par les Palestiniens de la « Nakba » (catastrophe) que représente pour eux la création de l'État d'Israël en 1948.C'est la première fois que de véritables batailles rangées opposent soldats israéliens et policiers palestiniens depuis les affrontements de septembre 1996, qui avaient fait plus de 80 morts, dont une quinzaine d'Israéliens, à la suite de l'ouverture par le gouvernement de Benjamin Netanyahu d'un tunnel sous l'Esplanade des mosquées, à Jérusalem.M.Barak a indiqué aux députés que « le transfert effectif des trois localités à l'Autorité palestinienne serait différé jusqu'à ce que des éclaircissements soient apportés sur ce qui s'est passé hier et que nous ayons la certitude que de tels événements ne se reproduiront pas ».Le transfert a été approuvé au Parlement par 56 voix contre 48 et une abstention.Quinze députés n'ont pas pris part au vote.La décision a suscité des réactions indignées de certains partenaires de la majorité qui ont participé à un rassemblement de protestation de plusieurs milliers de personnes à l'appel de la droite hier soir à Jérusalem.Le ministre démissionnaire de l'Habitat, Yitzhak Lévy, du Parti national religieux (PNR, cinq élus), principal représentant des colons juifs, a été très applaudi, alors que le ministre de l'Intérieur, Nathan Chtcharansky, du parti russophone Israël Be Alya (quatre députés), a estimé que « renoncer à Abou Dis, c'est renoncer à Jérusalem ».Le chef du parti Likoud (droite), Ariel Sharon, a de son côté qualifié cette décision de « capitulation ». La Presse 16 mai 2000 Page A26 manquante "]
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