La presse, 15 avril 2000, D. Arts et spectacles
[" 6LP0101D0415 D 1 samedi CIN MA 6LP0101D0415 ZALLCALL 67 00:55:41 04/15/00 B SEULEMENT 10 K 25 points diamants 14 K 100 points diamants 319$ SEULEMENT799$ Une seule adresse 7139, rue St-Hubert (coin Jean-Talon) www.bijouterieleroy.com (514) 277-3127 BRACELET \u2039\u2039TENNIS\u203a\u203a FILL02 6LP0201D0415 D-2 samedi - ARTS 6LP0201D0415 ZALLCALL 67 00:51:28 04/15/00 B D 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Nouvelles chaînes: les clients se font rares Imaginez un peu la folie : le CRTC vient de recevoir 452 demandes de nouvelles chaînes numériques.Quatre cent cinquantedeux.Surtout en anglais, mais il y en a plein en français aussi.Et cela au moment où les quatre nouvelles chaînes spécialisées qui viennent d'atterrir sur nos écrans \u2014 Évasion, Séries +, Historia et Z \u2014 ne semblent pas attirer encore la clientèle, à qui on vient d'offrir un nouveau mois gratuit.Seulement 12 % des abonnés de Vidéotron ont signifié qu'ils voulaient acheter les quatre chaînes, à 3,50 $ par mois.Les nouvelles chaînes pensaient attirer 60 % des abonnés.Le dernier étage des 16 chaînes spécialisées lancées au Canada anglais en 1997 n'a pas encore atteint 60 % des abonnés après plus de deux ans.Ces jours-ci, les clients de Vidéotron reçoivent des appels demandant s'ils veulent commander les chaînes.Le taux de réponses négatives est effarant.Pourtant Vidéotron a mis plus de 3,5 millions dans la publicité.Le président d'Astral, André Bureau, propriétaire de trois des nouvelles chaînes, parlait de son côté d'un budget de 4 millions de publicité.Mais ça ne marche pas.Le problème des nouvelles chaînes, c'est qu'elles viennent toutes ensemble.Même les abonnés du système numérique ne peuvent pas en choisir une ou deux.Il leur faut payer pour les quatre ou rien.Ainsi en a décidé le CRTC.L'autre problème, c'est le peu d'intérêt de bien des émissions.J'aime bien les voyages, mais je n'ai pas encore vu une émission d'Évasion qui soit vraiment excitante.J'aime bien les séries dramatiques, mais Séries + n'en offre pas beaucoup d'excellentes.Je croyais que cette nouvelle chaîne nous offrirait au moins quelques séries géniales, genre Moi, Claude, empereur, Les Rois maudits, Le Royaume, Heimat, Upstairs, Downstairs, les grandes séries françaises de Josée Dayan comme Le Comte de Monte-Cristo, etc.Mais non.Ce n'est que du policier.À part Docteur Halifax, la Anne Fortier australienne, L'Inspecteur Frost et Mc Cullum, le reste est peu fréquentable.Heureusement, il y a Sexe à New York le samedi soir, qui offre vraiment de la télévision moderne et différente.Historia offre ici et là un bon documentaire d'ici \u2014 si Dupuis Frères vous intéresse, ne le ratez pas demain soir à 20 h, c'est très intéressant, ce grand magasin qui obéissait à l'Église catholique et gâtait le clergé avec une salle à manger juste pour lui \u2014 mais le reste de la programmation d'ici n'est pas fortiche et pleine de têtes parlantes.On n'a pas envie de rester longtemps.À Z, La Revanche des Nerdz animée par Patrick Masbourian est un magazine sur tous les nouveaux gadgets et on s'amuse follement, surtout quand on apprend les prix.La série sur les mathématiques est assez bonne, mais les dramatiques m'ennuient.La science-fiction, j'aimais ça à 20 ans.Je pense surtout qu'il y a actuellement une saturation de télévision spécialisée chez nous.On n'a plus le temps de tout regarder.Les Québécois regardent un peu plus de 26 heures de télé par semaine.Plus que les Canadiens anglais, qui en consomment 24 heures.Mais en 1996, nous regardions 29 heures.Nous sommes revenus au niveau de 1993, et il y a toutes ces nouvelles chaînes disponibles.Le plus inquiétant, pour les fournisseurs des nouvelles chaînes, c'est que les câblodiffuseurs mettront beaucoup de temps à poser des filtres chez les clients qui ne les veulent pas.Chez Vidéotron, le plus gros de nos câblos, avec 1,4 million d'abonnés, ce serait presque deux millions de filtres à poser.Ce qui prendra des mois et des mois.Qu'est-ce que ca signifie ?Les chanceux qui seront les derniers à se faire poser le filtre dans leur poteau auront eu les quatre chaînes sans payer.Diane Dufresne, la carmélite électrique n Les chansons de Diane Dufresne, ses robes excessives signées Michel Robidas, celui qui fait celles de Julie Snyder maintenant, ses confidences, celles des gens qui l'ont connue : André Gagnon qui fut son premier accompagnateur, François Cousineau qui, avec Luc Plamondon, allait lui composer des mélodies qui sonnent encore à nos oreilles \u2014 Aujourd'hui, j'ai rencontré l'homme de ma vie \u2014 et qui allait vivre quelques années déchaînées avec elle.Yvon Deschamps qui lui a déjà donné une Bentley parce qu'il l'admirait.Luc Plamondon qui convient que jamais une interprète ne l'a amené si loin.Et des confidences sur la mort de sa mère.Diane Dufresne a renoncé à la voir une semaine avant sa mort : trop défaite, trop humiliée, sa pauvre jeune maman de 32 ans atteinte d'un cancer.Les débuts sages, Paris, puis le concert de Janis Joplin au Forum qui allait changer sa vie.Sa folie a explosé.Vous réentendrez des bouts de chansons qui ont bercé nos meilleures années, vous la reverrez la poitrine nue peinte aux couleurs du drapeau québécois.Elle voulait aller au bout de ses excès.Elle ne regrette rien.Vous rencontrerez son mari, qu'elle a épousé à 50 ans, un bel homme qui l'admire et veut la protéger pour qu'elle continue à s'éclater aussi longtemps qu'elle le voudra.« Une carmélite électrique », dit-il.Elle peint.Et surtout, la rage de vivre au maximum l'habite toujours.Une belle heure de télé pleine de vitalité.À Musi Max demain, 20 h.TÉLÉVISION Louise Cousineau PHOTOTHÈQUE ARMAND TROTTIER, La Presse © Diane Dufresne: des chansons, des témoignages, des souvenirs et des robes qui étonnent.Le tout donne une belle heure de télé, pleine de vitalité, à voir demain, à 20 h, à Musi Max.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Cinéma (23:46) CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC Le Téléjournal Franc Jeu / Dernière Hockey / Séries éliminatoires: Sénateurs - Maple Leafs Le Téléjournal Les Nouvelles du sport Cinéma / LES MISÉRABLES DU XXe SIÈCLE (4) (22:45) Le TVA Cinéma / UN INDIEN DANS LE PLACARD (4) avec Hal Scardino, Litefoot Cinéma / LES NERFS À VIF (3) avec Robert De Niro, Nick Nolte Le TVA Sports (23:24) La Dictée des Amériques Cinéma / PETIT OISEAU SOLITAIRE (PAJARICO) (4) avec Alejandro Martinez, Dafne Fernandez Cinéma / LA LECTRICE (3) avec Miou-Miou, Patrick Chesnais (21:58) Les Simpson Cinéma / COMMANDO SUPRÊME (6) avec Hulk Hogan, Christopher Lloyd Cinéma / TENSION (3) avec Al Pacino, Robert De Niro Pulse Expos.Star Trek: Voyager Little Men Cafe Campus Blues Nikita CTV News Pulse/sports News .Contact Twice in a Lifetime Comedy Now Cold Squad News Sat.Report Sat.Night Hockey / Séries éliminatoires: Sénateurs - Maple Leafs Cinéma / ICE STATION ZEBRA (4) avec R.Hudson, P.Mc Goohan News World News PBS/WETK Travel Auction Cinéma / TIN CUP (4) avec Kevin Costner, Rene Russo News Baywatch.CBS News Entertainment this Week Iwon.com Candid Camera Ice Wars: Four the World ER NBC News Jeopardy Wheel of.3rd Rock.Basketball / Jazz - Spurs Sat.Night The Lawrence Welk Show The VPT Travel Auction Cinéma / PRIDE AND.Austin City Limits The Editors Mc Laughlin Allo, Allo Goodnight.As Time.The Outside Red Dwarf Sessions at West 54th World News Investigative Reports Love Chronicles Biography / Spencer Tracy Cinéma / CASH CARTER: THE LADY IN QUESTION (4) A&E Top 10: Cities to have.Arts, Minds Black and White Gospel.Concerto .Notes Bach in Auschwitz Ed Sullivan Sex & the City .Animal .pour rire Le Goût du monde Couples.Scandales! Biographies / Jean Rougeau Les Enquêtes d'Hetty Cinéma / PARFAITEMENT.Paysage afromonde Philippines télé-série Horizons arméniens .iranienne Lamire (Portugais) Ici Tunésie Palestine.Les Amputés de guerre Multimedia Quartier.c'est pouvoir Portraits.Mémoire des arts .cours télévisés Capharnaum .propriétété Le Défi.Cosmic.Danger in.Storm Warning! Wild Discovery Wild Discovery Vets in.Insectia HMS Splendid Connection Gr.Illusions Prêt à partir .l'aventure Plaisirs.Carte postale de Floride Lonely Planet Vidéo Guide Prêt à partir Franklin Little Lulu.Hoze.Pete & Pete Cinéma / GROSS ANATOMY (4) avec Matthew Modine Cinéma / THE PRISONER OF ZENDA INC.(6) Cinéma (23:40) Popular Drew Carey 3rd Rock.Cops America's Most Wanted Angel Mad TV Wilderness Heart of.Flash.Ready.Traders Outer Limits PSI Factor A.Hitchcock Sat.Night Les Civilisations perdues 30 journées qui ont fait le Qc La Face cachée de l'Histoire Cinéma / CROMWELL (4) avec Richard Harris, Alec Guinness .Bites Haunted.Danger UXB Cold War / China Cinéma / THE GREAT ESCAPE (3) avec James Garner, Richard Attenborough TV Guide Flick Shiver Inferno Dogs, Jobs Horse Tales Extra TV Guide Flick Eros Cher Extravaganza-Live.Ed Sullivan Pop up vidéo Musicographie / Sting Sting Brand New Day, Live At Universal Amphitheatre Musicographie / Sting Box Office Le Cimetière Fax Groove Concert Plus / Caravane.Clip World News Culture Shock Fashion File On the Arts Antiques Roadshow Sat.Report Venture Rough Cuts Hot Type Undecurrents Canadien.Culture-Choc Le Monde.Médias Les Secrets de la CIA Journal RDI .artistes Canadien.Franc Jeu Zone libre Sport 30 .les lignes .le plus fort Championnat du Monde d'haltérophilie Boxe / Fernando Vergas - Ike Quartey (21:45) Sport 30 Hors-jeu.La Boutique aux maléfices Contre vents et marées Fréquence Crime Sexe à New York La Pieuvre Sirens Cinéma / NOWHERE TO HIDE (5) avec Amy Madigan Welcome to Paradox Prime Suspect Cinéma / BLUE.(4) (23:05) Battlestar Galactica Sir Arthur Conan Doyle's.Relic Hunter Cinéma / SPACEHUNTER (5) avec P.Strauss, M.Ringwald Cinéma / TIME RUNNER (7) Sportscentral Playoff Edition Auto Racing: Bush Grand National Wrestling: WWF Live Sportscentral Playoff Edition Game Nation Pas sorcier! Les Yeux.Né pour être libre Cinéma / BEN-HUR (3) avec Charlton Heston, Stephen Boyd (20:10) Duos Trauma - Life in the ER / Diffusion de trois épisodes.(17:00) .World of Mega-Structures 48 Hours: American Tragedy Save our Streets .World of Mega-Structures Baseball (16:00) Sportsdesk Strongman Classic's Boxing / Sugar Ray Classic's Boxing Boxing / Fernando Vergas - Ike Quartey (21:45) Sportsdesk .mouche Sabrina.Donkey.Archie.A.Anaconda Baskerville Simpson Cybersix Mythologies South Park Simpson Animania Thalassa (18:12) .rêver (18:38) Journal (19:03) Faut pas rêver Journal TV5 Trains.(20:13) Sur la route.(21:05) Faut pas rêver Journal belge Journal suisse Soir 3 Inquiring.Great Parks National Geographic Cinéma / THE INTERNS (5) avec C.Robertson, J.Mac Arthur .(22:10) Cinéma / THE YOUNG DOCTORS (4) Grandeur Nature L'Hôpital.Dos Ado / Sylvie Legault Trauma / Memphis Éros et Compagnie Sortie gaie Copines.Sex'plique Libre ce soir Cité Mag Rendez-vous avec.Vos finances Vox Golf .colline Cité Mag Parole et Vie Addams Big Wolf.Buffy the Vampire Slayer Freaky.Goosebumps Worst Witch Monster.Grade Alien Addams Goosebumps Beasties Nerdz / Jeux C'est math.Highlander: la série Zone extrême Babylone 5 Aux frontières de l'inexpliqué Cinéma / LE PRISONNIER.Smack (23:45) Boxe Rewind Louise Cousineau 18:00 A LA DICTÉE DES AMÉRIQUES Dany Laferrière a composé et lira cette dictée à 107 champions d'orthographe de 12 pays, ainsi qu'à tous les téléspectateurs qui aiment ce sport.20:00 0 LES SECRETS DE LA CIA Des témoins racontent pour la première fois les sales besognes commandées par la CIA au Vietnam, au Guatemala, au Chili et en Afrique.La CIA a fait assassiner des chefs d'État et fait tomber des gouvernements démocratiques.20:30 K TENSION Robert De Niro, Al Pacino et Val Kilmer dans un policier de haute volée.Version de Heat.21:58 A LA LECTRICE Un des rôles les plus délicieux de Miou-Miou.22:00 LA PIEUVRE La Mafia en Italie dans le bon vieux temps.Une dramatique qui ne vaut pas Le Parrain ou Omertà, mais qui se laisse voir.Suite et fin demain soir.22:45 a LES MISÉRABLES DU 20E SIÈCLE Attention, heure de début approximative à cause du hockey.L'adaptation de Victor Hugo par Claude Lelouch avec Jean-Paul Belmondo durant l'Occupation.Durée: trois heures et demie.Dany Laferrière 6LP0301D0415 D-3 samedi - ARTS 6LP0301D0415 ZALLCALL 67 00:45:15 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 3 Musique PHOTOTHÈQUE BERNARD BRAULT, La Presse © Charles Dutoit et l'OSM donneront encore cet été trois concerts dans les parcs de la métropole.Madeleine Careau testera sa recette La nouvelle directrice générale prendra tous les moyens pour convaincre le public de venir à l'OSM CLAUDE GINGRAS Madeleine Careau commence par nous révéler son âge.C'était, mardi dernier, la première interview officielle de la nouvelle directrice générale de l'Orchestre Symphonique de Montréal.« J'ai 50 ans aujourd'hui.Je suis née le 11 avril 1950.» De là à dire que Mme Careau a dévoilé avec la même candeur la stratégie qu'elle entend employer pour assurer la santé financière de l'OSM, il y a une marge.Une bonne heure à l'écouter répondre aux questions d'une dizaine de médias ne nous a pas appris grand-chose, en vérité.Des « nous voulons.», des « nous allons essayer.», des « il faut comprendre que je suis en fonction depuis deux mois seulement.», répétés d'une voix continuellement douce et lente où le demi-ton était à peine risqué pour souligner une idée, ont plutôt fait découvrir une gestionnaire extrêmement habile et prudente qui ne doit justement pas donner sa recette à tout le monde.Plutôt sympathique aussi, Mme Careau, célibataire et sans enfants, qu'on se surprend, à la fin de l'entretien, à appeler « Madeleine » sans qu'elle y objecte, bien au contraire.Son association avec le Festival Juste pour Rire, le Groupe Rozon et Luc Plamondon a fait pousser les hauts cris à l'annonce de sa nomination, à la mi-janvier.« Elle vient d'un milieu étranger à la musique classique ! » L'intéressée corrige.« Dès 1972, et pendant deux ans, j'ai été responsable de la campagne d'abonnement des Grands Ballets Canadiens.Puis, j'ai été pendant cinq ans directrice des Communications et des Relations publiques à l'Orchestre Symphonique de Québec.Ensuite, pendant deux autres années, chef de cabinet du ministre des Affaires culturelles Clément Richard et pendant six mois responsable des dossiers culturels sous le premier ministre Pierre Marc Johnson.Je ne me sens donc pas du tout en « milieu étranger » en venant à l'OSM puisqu'on me demande de gérer un organisme culturel comme j'en ai géré toute ma vie dans des secteurs privés ou publics dont le domaine d'activité était la culture.» Objection maintenue : Madeleine Careau n'appartient pas au monde de la musique classique.Correction encore.« J'aime la musique.Je ne me qualifierais pas de mélomane parce que, pour moi, un mélomane connaît très bien la musique.Mais je suis quelqu'un qui apprécie, qui a une sensibilité à la musique.» En passant, Mme Careau possède- t-elle des enregistrements de l'OSM dans sa discothèque ?« Je n'en avais pas.Maintenant, j'en ai.» L'arrivée à l'OSM de Madeleine Careau \u2014 que les mauvaises langues appellent déjà « Madame Plamondon » \u2014 risque-t-elle de modifier la programmation, afin de la rendre plus « populaire » ?Ici encore, la nouvelle « d.g.» tient à rassurer tout le monde.« L'orchestre est excellent.Le niveau des concerts est très haut.Charles Dutoit est l'un des meilleurs chefs au monde.Il fait une programmation qui, de toute évidence, plaît.Depuis mon arrivée, je ne vois que des ovations à la fin des concerts \u2014 les gens se lèvent pour applaudir.Tout cela démontre que le public est satisfait.Nous n'allons pas changer l'orchestre : nous allons convaincre le public de venir à l'orchestre.Nous n'allons pas changer la programmation \u2014 la programmation va rester ce qu'elle est.Nous allons communiquer davantage ce que nous faisons, nous rapprocher davantage des gens.» La programmation est-elle le choix final de Dutoit ou celui de la directrice générale ?« C'est le conseil d'administration qui décide.Bien sûr, Dutoit peut défendre son point de vue.Je le sais bien trop brillant et intelligent pour proposer des choses impossibles.Je fais confiance à quelqu'un qui est là depuis 22 ans.Il y a, c'est certain, des discussions administratives.Par exemple, la saison prochaine sera plus coûteuse, avec 12 concerts comportant des choeurs.Notre budget passe d'ailleurs à 16 millions.J'ai demandé si tout ce « choral » était vraiment nécessaire.On m'a dit que c'était le temps de donner certaines oeuvres et que les concerts avec choeurs, ça remplissait une salle.» Assistance : 62 % Actuellement, l'assistance moyenne aux concerts est de 62 % de la salle.Des dix séries, les populaires « Matins symphoniques Métro » et « Jeux d'enfants » sont les plus vendues : 90 % et 75 %, respectivement ; la moins vendue, les « Week-ends de l'OSM », le vendredi et le samedi, faisait double emploi avec les séries du mardi et du mercredi et a été repensée pour la saison prochaine.On y présentera du populaire, notamment Chick Corea, « afin d'attirer un public vraiment différent qui ne vient pas encore à l'OSM », explique Mme Careau, qui se dit tout à fait d'accord avec cette décision tout en précisant que la programmation entière pour 2000-2001 a été établie avant son arrivée.Mais il y a encore cette moyenne assez faible de 62 %.Inquiète, Mme Careau ?« Pas du tout.À Paris, où les salles sont beaucoup plus petites, ce chiffre correspondrait à une salle comble pour l'OSM.Nous avons d'ailleurs une augmentation de 2 % sur les années précédentes \u2014 2 %, c'est bon \u2014 et notre pourcentage de réabonnements est encore meilleur : 82 % de nos abonnés se réabonnent, et ce au moment où, partout, on remarque que les gens s'abonnent de moins en moins aux spectacles parce qu'ils ne veulent pas s'engager.Nous pouvons vous fournir tous les chiffres : notre public augmente d'année en année.Non, je ne suis pas du tout inquiète.Nous allons même augmenter le nombre de nos concerts.» L'idée d'une réduction du prix des billets est cependant écartée.« Nos prix ne changent pas beaucoup.De toute façon, il reste toujours ces « billets de dernière heure » à 10 $.Il y a des files d'attente chaque soir.En fait, j'ai été étonnée, en arrivant, de constater que nos billets n'étaient pas plus chers que pour certains humoristes.Pour la qualité du produit et la notoriété, je trouve, au contraire, que ce n'est pas cher ! » À vendre : 175 000 billets Mme Careau reconnaît que la salle Wilfrid- Pelletier (3000 places) est « trop grande » et favorise le projet d'une nouvelle salle, plus petite.Mais, pour l'instant, « il faut remplir cette salle qui peut l'être à 100 pour cent ».Et comment la remplir ?« Par toutes sortes de moyens.En nous rapprochant davantage des médias, en renforçant les communications, de façon à faire parler de l'OSM partout.En réussissant à convaincre les gens de la valeur de la musique classique.En reprenant des formules à succès comme le Radiothon de l'OSM.En isolant de nos séries un forfait de trois ou quatre concerts servant d'initiation.En rendant nos lancements plus accessibles, par exemple en illustrant notre programmation comme nous l'avons fait l'autre jour, avec Gérard Poirier costumé en Haydn, etc.Nous pourrons ainsi augmenter notre auditoire.Nous avons 79 concerts et entre 150 000 et 175 000 billets à vendre par année ! Il faut aussi rajeunir cet auditoire \u2014 nous y pensons sérieusement.Dernièrement, je donnais une conférence à des étudiants sur l'importance de la culture dans leur vie.À la fin, nous leur avons distribué des billets pour notre concert du 28 avril.» Un gros déficit La question noire tombe sur la table : le déficit accumulé, qui est actuellement de 5 600 000 $.Ici encore, Mme Careau reste absolument placide.« This is my job ! » Elle répondait à ce moment-là à un journaliste de langue anglaise.Traduction française : « Mon mandat, c'est de tenir ce bateau à flot financièrement.» L'aide de Hydro-Québec est évoquée : 500 000 $ annuellement, pour deux années encore.« Ensuite, nous verrons.Nous allons aussi intensifier les commandites d'entreprises.» Quelqu'un rappelle l'existence du Fonds de dotation, dont on était pour ainsi dire sans nouvelles.« Nous annoncerons quelque chose de très important à ce sujet le 31 mai.» Autres sources de revenus : les tournées.« Il n'y en aura pas la saison prochaine, sauf les deux concerts annuels à New York, parce que l'orchestre recommence à faire des disques régulièrement : trois ce printemps, un autre à l'automne.Pour ce qui concerne les tournées, nous avons une invitation de la Chine.» On reproche souvent à l'OSM de ne pas aller un peu partout au Québec.« Ce n'est pas notre mission.Notre mission est montréalaise et internationale.De toute façon, plusieurs villes ont déjà leur orchestre.» Elle signale cependant, pour cet été encore, quatre concerts à Lanaudière et trois dans les parcs, en plus des cinq à la basilique Notre- Dame.Et, pour l'été 2001, un « gros projet » réunissant, dans la Vieille Capitale, l'OSM et l'Orchestre Symphonique de Québec.Reste le fameux déficit.« Mon objectif, c'est de le réduire à zéro, en cinq ans.C'est un objectif.Pas une promesse.» Et ce n'est pas un contrat non plus.Madeleine Careau n'a pas de contrat à l'OSM.« On m'en a proposé un.Je n'en ai pas demandé.« Mon objectif, c'est de réduire le déficit à zéro, en cinq ans.C'est un objectif.Pas une promesse.» PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © Madeleine Careau, la nouvelle directrice générale de l'Orchestre Symphonique de Montréal. 6LP0401D0415 D04 sam.(Arts) 6LP0401D0415 ZALLCALL 67 00:43:22 04/15/00 B D 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Télévision Une orgie de demandes La télé de demain sera éclatée SUZANNE COLPRON Que diriez-vous d'une chaîne de télé vouée aux records mondiaux ?Une autre aux sports extrêmes ?Au monde des voitures ou à celui des petites filles ?Non ?Au yoga, aux gais et lesbiennes, aux chemins de fers, au théâtre, au cricket ?Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a reçu un nombre record de demandes de chaînes spécialisées numériques, le 3 avril, à la suite d'un appel lancé en février.Combien ?Quatre cent cinquante- deux.Oui, 452 demandes de licences pour exploiter de nouveaux services.Un nombre hallucinant.« Les gens qui présentent des demandes n'ont rien à perdre », fait remarquer Ken Goldstein, président de Communications Management.Bien sûr, tous ces projets ne seront pas acceptés par le Conseil.Plusieurs sont concurrents ou carrément inintéressants.Mais ils donnent une idée de la télévision qu'on regardera demain.En attendant, seuls ceux qui sont dotés d'un système numérique branché à leur téléviseur pourront capter les nouvelles chaînes.Actuellement, 12 % de la population est abonnée à la câblodistribution numérique (4 %) ou à un système de distribution numérique par satellite ou SDM (8 %).Selon l'Association des câblodistributeurs canadiens (ACR), ce pourcentage dépassera 60 % dans dix ans.Mais voulons-nous autant de canaux L'expérience du bouquet composé de quatre nouvelles chaînes francophones, Historia, Canal Évasion, Séries+ et Canal Z, fait réfléchir.Lancé en janvier, il ne récolte qu'un maigre 12 % d'adhésion auprès des abonnés de Vidéotron, malgré une campagne de publicité qui a coûté 3,6 millions de dollars au câblodistributeur.Les études de marché présentées au CRTC à l'appui de ces demandes de licences misaient plutôt sur un taux de pénétration de 50 % à 60 %.Le marché serait-il saturé ?« J'ai confiance.Si les plans d'affaires sont faits de façon réaliste, on va avoir des services qui vont répondre à des besoins de clientèles très ciblés », répond André Bureau, président d'Astral, qui possède trois des quatre chaînes francophones lancées au début de l'année et qui a présenté 16 nouvelles demandes de services numériques.« J'espère que le CRTC va donner la chance à tous les entrepreneurs canadiens parce que ça va vouloir dire qu'on occupe le terrain.Autrement, les Américains vont prendre l a place », ajoute-t-il.Daniel Lamarre, président de TVA, pense, lui, que la coupe est un peu pleine.« Il va falloir arriver avec des contenus plus agressifs si on veut aller chercher l'intérêt des consommateurs », explique- t-il.Selon lui, l'industrie de la télévision va suivre celle des magazines.Les grands réseaux vont conserver une part importante du marché, comme le font les quotidiens dans le monde de l'imprimé, tandis que les chaînes spécialisées vont jouer le rôle des magazines en mettant l'accent sur une clientèle plus ciblée et forcément plus limitée.« Il va y avoir des réussites et des échecs, prédit-il.Des gens vont se retirer du marché.Mais les grands réseaux vont continuer à rassembler les populations locales.Dans chaque pays, il va y avoir des chaînes dominantes et une prolifération de chaînes spécialisées, dont les contenus seront échangés dans le monde.» Télé interactive Et Internet ?Le mariage avec la télévision est-il inévitable ?Selon Dany Harrison, vice-président technologies et multimédia à TVA, il faut parler de télévision interactive.Quelle forme cela prendra- t-il ?Est-ce qu'on pourra interrompre l'écoute d'une émission et reprendre la suite plus tard ?Ou cliquer sur un icône au bas de l'écran pour aller vers un autre type de contenus ?Écouterons-nous les nouvelles télévisées sur notre téléphone portable ou sur notre ordinateur de poche ?Il y aura différentes options, assure M.Harrison.L'usage changera selon les pièces et l'endroit où l'on se trouve.Le salon, par exemple, n'est pas et ne deviendra pas le lieu où surfer sur Internet.Le demi-échec que connaît le WebTV, boudé par le public, le prouve.« Le salon est un endroit où on regarde la télé en famille.On ne veut pas que quelqu'un se mette à répondre à son courrier électronique pendant une émission », explique M.Harrison.On peut imaginer, en revanche, d'autres applications à la télé interactive.Daniel Lamarre a des idées sur le sujet : « On va cliquer sur la robe de Rita Lafontaine dans Le Retour pour découvrir de quel magasin elle provient et combien elle coûte ! » L'important, dit-il, c'est de répondre aux besoins et aux goûts des consommateurs.Si le salon est réservé à un usage familial, on pourrait un jour avoir un écran plat dans la cuisine pour consulter les dernières recettes de cuisine de Maman Dion ou de Daniel Pinard.De la même façon, on pourrait retrouver des consoles de jeux dans les chambres des enfants et des ordinateurs, au besoin, pour les devoirs.« Les broadcasters deviennent des mediacasters.Ils créent, produisent et mettent en marché des contenus.Être un radiodiffuseur et envoyer un signal dans une tour, ça ne veut plus rien dire », affirme M.Harrison.Le choix est vaste À part TVA et Astral, qui, ensemble, présentent 28 demandes de licences, on retrouve Métromédia (CKOI FM, Info690, CIEL FM) qui fait deux demandes et Quebecor qui propose quatre projets.Astral a un projet de chaîne consacrée aux gais et lesbiennes, G&L, une autre aux jeux, Zone jeux, une autre encore sur la formation professionnelle, Pro-TV.TVA, pour sa part, soumet notamment un projet de chaîne dédiée à l'humour, Télé Ha ! Ha !, une autre aux stars, Exit, une chaîne consacrée aux questions économiques et financières, LCN Affaires, un canal de jeux, Game One, et un autre pour les adolescents axé sur le suspense, en français et en anglais, appelé 13e Rue et 13th Street.Le choix est vaste et l'imagination ne connaît pas de limites.Parmi les autres demandes, il y a un projet de canal militaire, Military Channel, un autre consacré à la pêche, The Fishing Network, et un autre encore sur le patinage, Skating TV.On retrouve plusieurs projets de chaînes ethniques, plusieurs autres dédiées aux gais et lesbiennes, aux animaux, aux voyages, à la musique, au cinéma et aux livres.Le CRTC tiendra des audiences à la mi-août et prévoit rendre ses décisions avant la fin de l'année.Il a déjà fait savoir qu'il accorderait une dizaine de licences dans la catégorie 1, comprenant 91 projets, et des dizaines d'autres, dans la catégorie 2, regroupant 361 demandes.Tous les projets qui ne seront pas en concurrence directe avec des services existants seront appouvés dans la catégorie 2.Petit détail : les télédistributeurs et les câblos ne seront pas obligés de les offrir aux abonnés.À quand un canal consacré à la sexualité des animaux domestiques PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © Le CRTC a reçu un nombre record de demandes de chaînes spécialisées numériques à la suite d'un appel lancé en février : 452.Tous ces projets ne sont pas intéressants, mais ils donnent une idée de la télévision qu'on regardera demain.«Les gens qui présentent des demandes n'ont rien à perdre.» La Presse 15 avril 2000 Page D5 manquante 6LP0601D0415 D-6 sam 15 avril 6LP0601D0415 ZALLCALL 67 00:49:44 04/15/00 B D 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Musique Metallica poursuit Napster Nul n'est prophète en son pays Le groupe rock Metallica intente une poursuite contre la compagnie Napster Inc.et trois universités américaines, alléguant que l'entreprise enfreint la loi sur les droits d'auteur en permettant, à l'aide du logiciel Napster, d'échanger des enregistrements de toutes catégories, a-t-on appris hier sur le site de nouvelles ZD Net News.Metallica est le premier groupe d'artistes qui ose s'en prendre à Napster, un logiciel très répandu chez les adolescents et qui permet d'avoir accès à une immense banque de chansons en format MP3, de les échanger et de les copier.Le format MP3 a une qualité de reproduction sonore presque aussi bonne qu'un enregistrement sur CD.Plusieurs maisons d'enseignement américaines ont interdit l'usage de Napster sur leurs serveurs, à cause des engorgements produits par des dizaines de leurs étudiants se branchant en même temps sur la banque d'échange de Napster.Mais l'université Southern California, l'université Yale et l'université de l'Indiana tolèrent encore cette pratique.Napster, de San Mateo, en Californie, fait déjà l'objet d'une poursuite intentée par le Recording Industry Association of America qui prétend que le logiciel viole la loi sur la propriété intellectuelle.L'industrie du disque craint que cette discothèque numérique ne finisse par affecter de façon significative la vente des nouveaux enregistrements.Dans un communiqué émis hier, Lars Ulrich, le batteur du groupe Metallica, a dit déplorer que «notre art soit traité comme une marchandise plutôt que comme une oeuvre d'art».Hier, dans ce qui apparaît comme une réaction à la poursuite de Metallica, le site du groupe rock a été l'objet d'une attaque par des cybervandales qui y ont laissé un message: LEAVE NAPSTER ALONE.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE À 34 ans, ce jeune musicien est sollicité aux quatre coins de la planète.À Los Angeles, il arrive qu'on l'aborde dans la rue.À Las Vegas, il a partagé sa table avec Elton John et Quincy Jones.À la télé, il a écrit des musiques pour une série produite par Ridley Scott \u2014 le réalisateur de Alien.Chaque semaine, nous dit son agent Jack Bonin, il reçoit des offres pour des gros projets internationaux.Mais au Québec, étrangement, on le connaît à peine.Même si Benoît Jutras a signé les musiques de Mystère, Quidam, O, La Nouba et Alegria (film qui lui a valu un Jutra), il semble qu'il n'ait pas complètement réussi à faire oublier René Dupéré, son prédécesseur au Cirque du Soleil.Le musicien ne s'en cache pas : il aimerait être un peu plus populaire chez lui.C'est pourquoi il a choisi récemment d'embaucher un agent montréalais pour faire sa promotion.Benoît Jutras a envie qu'on sache qu'il existe, qu'il n'est pas René Dupéré et qu'il est ouvert à toutes les propositions.« Il y a des gens ici avec qui j'aimerais travailler », lance-t-il en évoquant Robert Lepage et le milieu de la danse contemporaine.Cet été, il reviendra passer quelques mois à Montréal, ce qu'il n'a pas fait depuis des siècles, tout pris qu'il était dans « un tourbillon de travail » et de contrats non-stop à travers le monde.Libéré du Cirque (temporairement : son prochain contrat n'est pas prévu avant 2004 ou 2005) il en profitera pour mener d'autres projets à bon port.D'abord souffler un peu, ensuite fonder une étiquette de disques avec quatre associés.« Ce ne sera pas un label traditionnel, ni commercial, promet-il.J'ai une carrière qui va bien.Je ne fais pas ça pour faire des sous.Tout sera possible.Un groupe en Inde, des gens d'ici, des mélanges, des ateliers de création.Un premier disque est déjà prévu, dit-il, ce sera le sien ! Jutras parle d'un possible mix entre Mahler, Ligetti (musique contemporaine) et Nine Inch Nails.Vous avez bien lu.Benoît d'Assise Dans un tout autre registre, et assez loin de Montréal merci, le compositeur vient de signer la musique d'un spectacle sur la vie de saint François d'Assise.Bien qu'américaine, cette production sera présentée en Italie, à Assise même, avant d'être exportée l'an prochain aux États-Unis et en Amérique du Sud.Jutras a longtemps hésité avant de plonger dans cette aventure un peu casse-gueule : « Ma plus grande crainte, dit-il, était de faire une musique qui représente l'essence d'un saint.devant les Italiens de surcroît ! Mais comme cette quête spirituelle est vue par les yeux d'un disciple et non par ceux de saint François, il était déjà plus facile pour moi d'humaniser la chose.» Entre théâtre et comédie musicale, Francesco il musical prendra l'affiche le 27 mai dans un théâtre construit expressément pour l'occasion.Avis à la guilde italienne des musiciens : toutes les musiques seront diffusées sur bandes.Ce n'est pas tout.Benoît Jutras a trois autres projets de comédies musicales à son agenda.Deux sur Broadway \u2014 dont il ne peut pas parler pour l'instant \u2014 et sa propre production, une histoire d'anges à laquelle collaborerait possiblement Wim Wenders.Il serait aussi question de long métrages à gros budgets et d'une série de télévision inspirée du livre Dune.Jutras, par ailleurs, signe la musique des deux nouveaux films IMAX du Cirque du Soleil, Ultimate G et le symphonique Journey of Man, dont la sortie est prévue pour très bientôt.Les trames sonores l'intéressent, bien sûr.Mais pas au détriment des arts de la scène, dont il ne veut surtout pas s'éloigner.« J'ai longtemps cru que j'aboutirais au cinéma, lance Jutras.Mais les musiques de scène ont une chaleur, un quelque chose de vivant qu'on ne retrouve pas ailleurs.» Ancien premier prix de composition au Conservatoire, Jutras fait de la musique depuis l'âge de 18 ans.Il en a arraché longtemps avant d'en arriver là.Mais aujourd'hui, pas de doute, les affaires roulent.Au point où il lui faut maintenant apprendre à dire non \u2014 sans quoi « c'est le travail qui te dirige et non le contraire.» Pas connu au Québec, vous dites ?Eh bien tant pis.Au moment où vous lirez ces lignes, le musicien ne sera déjà plus là, mais à Barcelone pour retrouver sa fille Audrey, qui chante sur le disque et dans le spectacle de Quidam.Comme on dit, l'histoire est à suivre.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Benoît Jutras ne s'en cache pas : il aimerait être un peu plus populaire chez lui.Moyennant frais de service La Presse 15 avril 2000 Page D7 manquante 6LP0801D0415 D-8 samedi - ARTS 6LP0801D0415 ZALLCALL 67 00:45:38 04/15/00 B D 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Théâtre Les fruits de la colère EN BREF Champagne et extasy n Des étudiants du Conservatoire d'art dramatique de Montréal.Des improvisations surveillées par Jean- Frédéric Messier.Une idée de Dominic Champagne.Résultat : extasy-land.com, présenté jusqu'au 22 avril au studio-théâtre du Conservatoire.Il y est question d'un propriétaire de bar qui dit vouloir donner une nouvelle noblesse au spectacle érotique.Du directeur d'une compagnie de théâtre de création qui se cherche un administrateur.De l'héritière d'une entreprise de ramassage de vers de terre qui a des problèmes avec le fisc.Et ce n'est qu'un début.Sacré trip en perspective ! Cruising Paradise en reprise n Paula de Vasconcelos s'est librement inspirée du recueil de nouvelles de Sam Shepard pour « écrire » son Cruising Paradise, en reprise du 18 au 29 avril à l'Usine C.Un spectacle qui raconte, à travers une myriade de tableaux, l'histoire de quelques personnages en transit dans ce paradis (perdu) qu'est l'Amérique.Un spectacle qui présente la vie.Dans tout ce qu'elle a à la fois de sacré et d'insignifiant.Carte blanche aux auteurs n Dix voix d'auteurs d'ici se feront entendre à la Balustrade du Monument-National, le 28 avril, dans le cadre de la soirée Carte blanche aux auteurs du Centre des auteurs dramatiques.Seront alors lues de courtes pièces signées Dominic Champagne, Olivier Choinière, Marie-Line Laplante, François-Étienne Paré, etc.On nous promet, entre autres, la présence de trois néosaints- martyrs-canadiens qui viendront empoisonner l'existence d'un vieux couple, une réflexion philosophique autour d'une chaise de sauveteur et d'un noyé, un échange à couteaux tirés entre une mère et son locataire intérieur.Gonflé, le théâtre ! n Le Théâtre gonflable de Fred Garbo occupera la scène du Centre Pierre-Péladeau, les 29 et 30 avril.Un spectacle familial qui s'inscrit dans la série Passion Jeunesse et dans lequel, d'entrée de jeu, un cylindre monumental glisse sur scène.Et implose.Un big-bang théâtral qui donne naissance à un monde de couleurs, de formes arrondies, de ballons légers.Les habitants de cet univers : l'artiste new-yorkais Fred Garbo et la danseuse brésilienne Daielma Santos.Glissades, culbutes, jonglerie, mime, pas de danse : rien n'est à leur épreuve.Pour le plus grand bonheur du public.Sonia Sarfati SONIA SARFATI Son exploration de la psyché féminine devait, un jour ou l'autre, conduire Brigitte Haentjens au mythe d'Électre.La metteure en scène aurait pu choisir celle d'Eschyle ou d'Euripide.Elle a élu celle de Sophocle.Quiconque connaît son travail ne peut s'en étonner.Chez Euripide, Électre pleure en silence.Chez Eschyle, dans Les Choéphores, elle disparaît au profit d'Oreste.Chez Sophocle, elle se bat.Ça, ça plaît à Brigitte Haentjens.Mettre en scène la colère des femmes, la violence des femmes.On se souviendra de sa création Je ne sais plus qui je suis.On se souviendra de Marie Stuart, donc de sa vision du duelchoc entre Marie Stuart et Élisabeth Ière imaginé par Dacia Maraini.On se souviendra de Quartett d'Heiner Müller, donc de sa manière d'étaler la cruauté et la crudité d'une relation entre une femme et un homme.On verra aussi cet automne (enfin !) son adaptation de l'oeuvre d'Ingeborg Bachmann, Malina \u2014 dérive d'une femme, parcours d'une folie de femme.Mais avant, Électre.Et, par le fait même, Clytemnestre.La confrontation entre une fille et sa mère.Un combat à mort.Car Électre ne pardonne pas à Clytemnestre d'avoir tué Agamemnon.Père de la première, époux de la seconde.Pendant la guerre de Troie, cette dernière s'est alliée à Égisthe.Le couple assassinera le roi à son retour.Oreste, le fils aîné, sera envoyé en exil.Électre, la fille, sera réduite à l'esclavage.Électre commence des années plus tard, au retour d'Oreste.Le frère et la soeur uniront alors leurs efforts et leur colère pour tuer leur mère.Bref, Électre est une anti-héroïne.« Elle se réclame d'un ordre plus ancien, d'un ordre patriarcal, alors que sa mère revendique le droit de vivre une vie de femme dégagée de tels principes », explique Brigitte Haentjens.Et puis, le personnage n'est pas franchement sympathique : « Électre entretient une colère à laquelle on a de la difficulté à adhérer.Elle pleure le meurtre de son père qui, en fait, était un fieffé imbécile.Et si, d'accord, il n'est pas raisonnable que Clytemnestre l'ai tué, le désir de vengeance d'Électre n'est pas, non plus, une cause juste.La justice qu'elle exige est la justice qui, encore aujourd'hui, justifie toutes les barbaries.» Peut-être est-ce pour tout cela que l'Électre de Sophocle n'a jamais été montée ici.Montée.Montrée, oui : il y a deux ans, le Théâtre National de Grèce l'a présentée à la Place des Arts.Un spectacle multimédia.Ce n'est pas ce que l'on verra à Espace Go, du 18 avril au 20 mai.Les intentions de Brigitte Haentjens sont ailleurs.« Peut-être qu'il faut monter cette pièce quatre fois, comme Jacques Lasalle, pour vouloir \u2014 et pouvoir \u2014 aller explorer autre chose.Moi, j'avais envie de toucher à ce matériel-là avec ses codes.Ses codes de théâtre ancien, ses codes sociaux anciens.» Le culte des morts, par exemple.« Eux, étaient en contact permanents avec leurs morts.Nous, nous ne sommes même plus en contact avec le vieillissement.» Ce matériel, elle le traitera par la pureté.Le dénuement.Sans folklore.Pas de temple grec ni de colonnes.Pas de ciel bleu-très-bleu, non plus.Les gris du nord des Balkans l'inspiraient davantage.Et puis, il y a le texte.« Un texte sur lequel tu ne peux mettre ta marque et le dominer parce qu'il est plus fort que toi, fait la metteure en scène.Un texte qui t'arrive, chargé d'histoire.Tellement de gens ont travaillé ces mots-là qu'ils te parviennent comme des habits trempés, très lourds de toutes les lectures qu'on a pu en faire.» Brigitte Haentjens s'est sentie petite, minuscule devant cette Électre \u2014 à qui elle a donné les traits, le corps, la voix d'Anne-Marie Cadieux.Un « matériel » qu'elle connaît bien, que celui-là.Et avec lequel elle travaille bien.« Anne-Marie, en dehors du fait qu'elle est une excellente actrice, est quelqu'un qui a une conscience globale de l'art.Elle est extrêmement généreuse et très préoccupée par l'oeuvre.Elle n'aborde donc pas les rôles de façon narcissique, mais pense à ses partenaires.» Parmi ceux-ci, dans le cas présent, Andrée Lachapelle (Clytemnestre), Marc Béland (Oreste), Anne Dorval (Chrysothémis).En leur compagnie, Brigitte Haentjens a cherché un niveau de jeu qui soit « un peu décalé mais pas formel ».Et une gestuelle très émotive.« Le texte est écrit comme des flots puissants, note-t-elle.Il est viscéral, logé dans le ventre à cause de la violence des rapports affectifs.Je veux en faire ressortir la cruauté, la crudité, la violence.» D'où la grande difficulté du jeu : les scènes se succèdent, les personnages entrent et sortent.Mais, dès qu'ils ont le pied sur la scène, ils doivent avoir le niveau émotif sur le high.Ne pas s'éteindre, donc, même en coulisses.C'est à cette fin que la metteure en scène leur a demandé, à tous, de savoir leur texte très tôt.Pour ne pas avoir, ou très peu, à travailler autour de la table.Cette Électre se modèle à même le corps.On n'atteint pas le coeur d'un mythe, une liasse de feuilles entre les mains.Or, là se trouve la cible de Brigitte Haentjens.Le coeur du mythe.L'entièreté dans le geste et dans le corps.« La métaphore, je crois, ne correspond pas à ma sensibilité », fait-elle en riant.Personne ne la contredira là-dessus.ÉLECTRE de Sophocle, mis en scène par Brigitte Haentjens.À Espace Go du 18 avril au 20 mai.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Brigitte Haentjens signe la mise en scène d'Électre de Sophocle : « Tellement de gens ont travaillé ces mots-là qu'ils te parviennent comme des habits trempés, très lourds de toutes les lectures qu'on a pu en faire.» ÇLe spectacle voir (.) celui de Bob WalshÈ C.Desch nes, Radio-Canada 6LP0901D0415 D09 sam.(Arts) 6LP0901D0415 ZALLCALL 67 00:43:30 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 9 NOUVELLES DU DISQUE Lortie et Liszt n Au milieu de son intégrale en cours des 32 Sonates de Beethoven, Louis Lortie entreprend, également pour Chandos, une autre intégrale : les oeuvres pour piano et orchestre de Liszt, avec l'Orchestre de la Résidence de La Haye dirigé par George Pehlivanian.Le « volume 1 » comprend des oeuvres peu connues : les arrangements de la Wanderer- Phantasie de Schubert et de la Polonaise brillante de Weber, la Fantaisie sur Les Ruines d'Athènes de Beethoven et la Fantaisie sur le Lelio de Berlioz.Leslie Howard, dans son intégrale terminée chez Hyperion, compte jusqu'à 16 oeuvres pour piano et orchestre de Liszt.Chandos n'indique pas si Lortie les enregistrera toutes.On se rappelle qu'à l'été 1994, avec l'OSM à la basilique Notre-Dame, le pianiste maintenant installé à Berlin s'était limité à sept oeuvres.Le « Chopin irlandais » n Après John O'Conor, c'est au tour de Benjamin Frith d'aborder la musique de John Field, le « Chopin irlandais ».Chez Naxos, Frith joue deux sonates et neuf nocturnes.Chez Teldec, Andreas Staier, qu'on entendra bientôt à Montréal, propose aussi du Field : deux des sept concertos, où son souci bien connu d'authenticité le fait choisir un pianoforte de 1802 restauré.Deux violons n Couplage inhabituel de la violoniste Juliette Kang pour son récent CD aux Disques SRC : le Concerto de Schumann et le deuxième de Wieniawski.De plus, chaque concerto est joué sur un violon différent : le Schumann sur un Montagnana, le Wieniawski sur un Camillus Camilli.Rameau chez Archiv n Archiv Produktion annonce comme une « première sur instruments anciens » sa nouvelle version de Dardanus, opéra de Rameau, avec John Mark Ainsley, Véronique Gens et les Musiciens du Louvre, dir.Mark Minkowski. 6LP1001D0415 D10 samedi 6LP1001D0415 ZALLCALL 67 00:45:29 04/15/00 B D 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Disques Dave Holland, grand chef de bande n Il y a longtemps que Dave Holland n'a pas autant excité les jazzophiles en tant que leader.Non pas que ce maître contrebassiste vienne d'accomplir une nouvelle révolution, mais l'effervescence générée par son nouveau quintette rappelle celle des années 80 \u2014 à l'époque où Holland nous faisait découvrir Steve Coleman et Marvin Smitty Smith.Pour un deuxième CD consécutif, le jazz de chambre du Britannique est joué désormais par un groupe de virtuoses dont l'interaction et le goût de la sont exemplaires.Le tromboniste Robin Eubanks (le s e u l vieux complice de Holland), le batteur Billy Kilson (une sensation, rien de moins), le vibraphoniste Steve Nelson et le multi-saxophoniste Chris Potter sont tous d'indéniables virtuoses qui créent ensemble un langage qui porte bien son nom : Prime Directive, qui est aussi le titre de ce CD lancé sur ECM.HHHH PRIME DIRECTIVE Dave Holland Quintet ECM / Universal Alain Brunet Très zen ! n DJ Food : nourriture de DJ.À l'origine, la série Jazz Breaks (vol.1 à 4) devait servir à alimenter les manieurs de platines à la recherche de frissons sur vinyle.Depuis Recipe For Disaster (sorti en 1997), le discours de ces pourvoyeurs de bons beats frais s'est considérablement raffiné, rejoignant ainsi les mélomanes de salon.Kaleidoscope fait le pont entre ces deux publics.Des titres comme Break et The Riff (dédié à Herbaliser) donne encore des munitions aux scratcheurs, alors que Nocturne, The Crow ou Nevermore, avec leur amalgame d'ambiances organiques et sophistiquées, leurs sections rythmiques qui plairaient à Miles, les flûtes aériennes et atmosphères éthérées, polissent nos tympans.Un album riche, recherché et très zen.HHHH KALEIDOSCOPE DJ Food Ninja Tune/Outside Philippe Renaud collaboration spéciale Électronique, substantiel et inclassable n Laurent Garnier, producteur et DJ clé de la nouvelle musique électronique française, vient de lancer un album de haute tenue.Plutôt que de ressasser ses formules technoïdes ou house (qui ont fait leurs preuves à l'échelle internationale), le Parisien a déserté les chapelles de la vague électronique.Il a entrepris de coucher ses fréquences sur des cellules rythmiques plus complexes (ce qui n'enlève rien à leur robustesse), il a échantillonné des contrebasses, embauché la chanteuse Delia et un flûtiste et saxophoniste du nom de Philippe Nadaud (pour quelques pistes seulement).Cette musique instrumentale, aussi raffinée soit-elle, n'en demeure pas moins tributaire de la club culture.Aussi substantiel qu'accessible.et inclassable.HHHH UNREASONABLE BEHAVIOUR F Commmunications Alain Brunet Essentiel n Le Motor City Five n'a pas fait long feu.Quelques albums plus ou moins obscurs il y a une trentaine d'années, une chanson depuis classée dans le grand livre des classiques du rock (Kick Out The Jams), quelques concerts mémorables, et puis voilà, c'était déjà terminé.Sauf qu'en 2000, l'influence du MC5 est encore présente.D'où la très bonne idée de lancer ce Best of., une galette de haute qualité qui, en 21 morceaux bien tassés, vient résumer l'oeuvre de ce groupe de Detroit.Un groupe qui était alors plus intéressé à fabriquer des petites bombes de furieux rock and roll au moment où le reste de l'Amérique (ou presque) se roulait dans les fleurs.Vraiment, on n'a rien oublié : démos, extraits des albums studio du groupe, quelques raretés aussi.et un petit texte parfaitement jouissif du guitariste Wayne Kramer en pochette.En un mot : essentiel.HHHH THE BIG BANG ! (BEST OF THE MC5) MC5 Rhino/Warner Richard Labbé L'amour avec un grand E n Les Chants d'Éros, seize microclimats qui chantent l'amour sur neuf siècles de chansons françaises, est un premier disque solo pour Claire Gignac (La Nef).La grain de sa voix chaude de contralto sème autant les terres anciennes de Christine de Pisan (XIIe siècle) que celles de Victor Hugo, Édith Piaf (Hymne à l'amour) ou Kurt Weill (Youkali).Singulier ?Je dirais pluriel et c'est ce qui en fait l'originalité.La chanteuse unifie ce long parcours musicologique par des textes à la poésie tour à tour triste et sereine, et de fins arrangements musicaux qui en soulignent la langueur (Marc Vallée et Normand Lachapelle, guitares, et Stéphane Allard, violon, mandoline, psaltérion).Claire Gignac ne pousse jamais sa voix, récitant même dans Un désordre agréable (Henriette de la Suze- XVIIe siècle) les tourments de l'amour.Oùest-ce la douleur ?L'amour n'est donc pas simple.Un disque à la force tranquille qui révèle, d'une écoute à l'autre, la subtilité des atmosphères.HHH 1/2 LES CHANTS D'ÉROS Claire Gignac Dorian Recordings Guy Marceau collaboration spéciale Boulevard des rêves brisés n On a voulu changer les choses mais les choses n'ont rien changé.Bori roule sur un boulevard des rêves brisés, chevauche la désillusion.Ce troisième album met en lumière un personnage de moins en moins mystérieux, dont l'identité (d'artiste, à tout le moins) peut être plus aisément circonscrite.Edgar Bori chante mieux, écrit mieux, présente le meilleur de ses trois disques.Cette approche s'enlisait dans un côté « vieille France », Michel Rivard l'a dépoussiérée en recrutant des musiciens chevronnés \u2014 Mario Légaré, Alain Lamontagne, Romulo Larrea, Francis Covan, etc.Soit.Bori a enfin quitté les années 60.pour faire escale quelque part dans les années 70.Je charrie un peu, reste que ces réformes, encore trop passéistes même si louables, devront être poursuivies.HHH 1/2 BORI GSI Musique / Musicor Alain Brunet « Shocking » style Gainsbourg n Nouveau venu sur les ondes québécoises, Stefie Shock propose une pop groovy et sexy, branchée sur l'Europe et de son temps.Musicalement, c'est du tout frais.Mais avouons-le en bloc : ce type respire, transpire, suinte et dégouline le Gainsbourg des sixties: la tronche, la voix de jeune b l a s é , l e rythme et les mots, le regard qui fuit la caméra (voir le brillant clip de Je combats le spleen), cette façon de chanter les femmes (Je suis à vous) ou les sémillantes jeunes filles (18), ces sons de basse à la Melody Nelson (Mythomane), cet accent plus franchouillard que québécois.Parce que le mec est prometteur, parce que son premier disque est quand même plus que Presque rien, parce que Gainsbourg, on aime aussi, Stefie Shock, ça nous va.Mais serait-il un peu moins Serge et un peu plus Stefie qu'on l'aimerait autant, sinon plus.HHH1/2 PRESQUE RIEN Stefie Shock Multi Pass / Dep Jean-Christophe Laurence Tourisme asian.n Six Degrees, un label californien très branché sur les déclinaisons électroniques de la world music, vient de lancer une compilation destinée aux néophytes.Celles et ceux qui s'abreuvent déjà de cette pop south asian n'apprendront pas grand-chose.Nombre des principaux acteurs de cette nouvelle pop électronique à base de musique traditionnelle indienne (ou pakistanaise, sri-lankaise, etc.) se retrouvent sur Asian Travels.Au menu, Najma remixé par Talvin Singh, Nusrat Fateh Ali Khan selon Joi, Euphoria d'après State of Bengal, etc.Des visages pâles y proposent aussi leur cari à l'indienne ; Fila Brasilia, Banco de Gaia, Transglobal Underground, Bob Holroyd.Tourisme asian.HHH A SIX DEGREES COLLECTION : ASIAN TRAVELS Compilation Six Degrees Records / Outside Alain Brunet Apaisante sérénité n À l'instar de David Lynch, dont il est le fidèle complice musical depuis Blue Velvet, Angelo Badalamenti effectue ici un virage radical.D'un style très différent, la partition de The Straight Story est, à l'image de ce road movie en mode mineur, très lente.Et verse même parfois (mais pas trop) dans la sentimentalité.En puisant à même les racines de la musique folk, le compositeur de Wild At Heart et de Twin Peaks nous offre des pièces délicates où priment la guitare acoustique et le violon.Celles-ci s'harmonisent ainsi au rythme du (long) voyage qu'effectue dans l'Amérique profonde un vieux monsieur au volant de sa tondeuse à gazon.Cet enregistrement de qualité distille, en tout cas, une apaisante sérénité.HHH THE STRAIGHT STORY Music from the Motion Picture Windham Hill Marc-André Lussier collaboration spéciale Jazzeuse Blouin n On peut reprocher bien des choses à Johanne Blouin, mais certainement pas d'avoir froid aux yeux.Après s'être mesuré avec plus ou moins de bonheur aux répertoires de Félix et Jean-Pierre, la chanteuse revient à ses premières amours en se coltinant aux grands standards du jazz vocal.Musicalement irréprochable, le disque a été enregistré à New York, avec un casting d'Américains chevronnés (dont John Hicks au piano) qui apporte velours et justesse.La voix claire de Blouin se laisse écouter, mais on cherche une couleur qui la rendrait vraiment reconnaissable.Un repertoire plus audacieux l'eut sans doute distinguée d'avantage, mais l'interprète a choisi de s'en tenir aux évidences (Lullaby In Birdland, My Funny Valentine, etc.) qui, pour intemporelles qu'elles soient, ne trouvent pas ici d'éclairage particulièrement neuf.Un crossover pop-jazz bien honnête toutefois, qui ne devrait pas déplaire au public de Diana Krall.HH1/2 JOHANNE BLOUIN Justin Time/Fusion III Jean-Christophe Laurence Zéro évolution n Oui, on aime bien les types de Pantera.On les aime parce qu'ils ont composé un hymne aux Stars de Dallas, parce que le batteur Vinnie Paul contribue à l'économie en ouvrant des bars de danseuses au Texas.Mais lorsque le groupe nous arrive avec un nouvel album au titre prometteur, titre qui annonce une certaine évolution, on est foncièrement déçu.Car Reinventing The Steel ne réinvente strictement rien.En fait, tout cela est du déjà entendu : les guitares lourdes, les cris, les changements de tempo sans crier gare.Quelques bons riffs sont au programme, mais sans plus.Question : Pantera va passer combien d'années à nous refaire le même album HH REINVENTING THE STEEL Pantera Elektra/Warner Richard Labbé Daran revient à la base JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Sur son album précédent, Déménagé, Jean-Jacques Daran avait osé une incursion en territoire électronique.Pertinente sur le plan artistique, l'expérience tranchait net avec les antécédents rock et blues-rock du chanteur français \u2014 ce qui explique en partie son échec commercial.Deux ans plus tard, au moment où sort son quatrième album intitulé Augustin & Anita, Daran ne regrette pas son aventure « techno ».Fiasco, peut-être.Mais il est parfois « bien de prendre des risques explorateurs », de faire des trucs « un peu décalés » et des disques « pour dix personnes au lieu de 100 000 », affirme le chanteur.De toutes façons, Daran ne s'attendait pas à répéter l'exploit de l'album 8 Barré qui, bien après le Québec, l'avait consacré en France.Et puis, avoue-t-il, cette parenthèse lui a fait comprendre certaines choses.Avec du recul, le chanteur reconnaît que tout ce gréement électronique ne l'avantageait pas sur scène ; qu'il constituait un « handicap » bien plus qu'une force et que bon, tout cela avait fini par « figer l'humanité » dans son groupe.Ceci expliquant cela, le chanteur a choisi de rebondir avec un disque tout simple et plus facile à traduire sur scène.Lancé simultanément au Québec et en France, Augustin & Anita a été enregistré selon la méthode du direct, sans fla-fla, avec la bonne vieille formule guitare-basse-batterie.Retour à la base ?« Disons qu'on avait besoin de retrouver la chaleur, la convivialité et l'humanité, répond Daran.Et aussi une sorte de simplicité, quatre personnes, quatre instruments, comme en spectacle.D'ailleurs, j'aime bien dire qu'il y a un côté bar dans Augustin & Anita.On s'est dit : on va faire un album où on pourra monter sur scène sans réfléchir et simplement commencer à jouer.» Sur tous les plans, Daran prétend avoir joué la carte de la sobriété : épuration dans les effets, moins d'arrangements, moins d'artifices.et plus d'espace pour l'essentiel.Un politicien parlerait sans doute de transparence.Lui évoque un exercice d'introspection et de mise à nu : « Ce fut de l'antiremplissage.J'ai essayé de gommer ce qui empêche l'accès à l'intérieur, dit-il.Parce qu'au fond, ce qui intéresse vraiment les gens, c'est ça.C'est qu'on se montre soimême, non ?» Un soi-même pas toujours très jojo, si on en juge par l'ambiance générale de l'album, nettement plus bleue que rock.À commencer par la pochette, où l'on aperçoit Daran et ses hommes (Philippe Paradis : guitare électrique, Erik Fostinelli : basse, Sylvain Joasson : batterie) qui tirent la gueule dans la vitrine d'un restaurant.Un disque triste ?« Mélancolique serait plus juste », lance le chanteur.Ainsi, n'espérez pas y trouver des chansons d'amour insouciantes et de grands sourires naïfs, ça n'a jamais été sa tasse de thé.Sur des textes de la chanteuse Alana Filippi (qui est aussi sa compagne dans la vie), Daran chante la répartition de l'eau dans le monde (L'Eau), les injustices sociales (Augustin & Anita) ou le droit au bonheur (Légalise).Surtout, ne le dites pas chanteur engagé.Son seul talent, croit-il, est de savoir observer et « cristalliser les idées de tout le monde ».D'ailleurs, il préfère de loin le terme de « chanteur socio-géo-politique ».Dans tous les cas, l'artiste de 41 ans ne croit plus au seul pouvoir de la colère.Si Augustin & Anita est un disque moins rock, c'est parce que, dit-il : « quand on grandit, il y a moins besoin de s'énerver pour dire des trucs ».Avec tout ça, voyez-nous surpris d'avoir devant nous un être foncièrement rieur.Alors qu'on s'attendait à un ténébreux aux sourcils froncés, genre Pagliaro dans un creux de biorythme, le Daran qui nous cause aujourd'hui n'a rien du type soucieux qui a le blues dans ses chansons.En France, Augustin & Anita semble d'ores et déjà susciter de bons commentaires, voire quelques coups de coeur.Au Québec, où il est de passage pour la treizième fois en moins de dix ans, le contact se passera aussi au Cabaret le 20 avril.Ce soir-là, Daran et ses potes monteront sur scène sans réfléchir et commenceront à jouer, tout simplement.AUGUSTIN & ANITA, Daran (East West/Warner).PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © De passage au Québec pour la treizième fois en moins de dix ans, Daran sera au Cabaret le 20 avril. 6LP1101D0415 D11 sam.(Arts) 6LP1101D0415 ZALLCALL 67 00:43:40 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 11 Théâtre Une histoire de coeur JENNIFER COUËLLE collaboration spéciale Être singulier s'il en est, Rober Racine est traversé par un amour des mots, comme par tout ce qui le dépasse.C'est dire à la fois son humilité et son audace.Notamment celles d'avoir interprété les Vexations pour piano d'Érik Satie, une partition qui ne dure même pas une minute, mais qui demande d'être jouée 840 fois de suite, ce qu'il a bel et bien fait ! Celles, aussi, d'avoir réalisé une installation à partir des 55 000 mots qu'il a littéralement découpés du dictionnaire Le Petit Robert.Ont suivi ses fascinantes Pages-Miroirs, pour lesquelles il a récupéré les plus de 2000 pages ajourées de ce même dictionnaire, les a enluminées, puis posées contre des glaces.Cet artiste, écrivain et musicien ne s'arrête à rien.Piqué, dites-vous ?L'auteur du Mal de Vienne et de Là-bas, tout près se prépare à voir porté à la scène son Coeur de Mattingly.Un texte où la sensibilité va main dans la main avec la démesure.Surpris ?Écrite pour les comédiens Izabelle Moreau et Ronald Houle, « pour leurs voix, pour leurs yeux, pour leur peau, leur force et leur fragilité », explique le dramaturge, cette pièce qui devait être créée le mois dernier et qui fut reportée en raison du congé de maladie subit de M.Houle verra enfin le jour.À compter de mercredi, donc, et sous la direction du metteur en scène Guy Lapierre, ce Coeur battra à la salle Beverley Webster- Rolph du Musée d'art contemporain.Avec cependant un nouveau visage.Le comédien Claude Gai remplace Ronald Houle.Un choix dont Rober Racine, qui avoue s'être distancié de la production depuis le retrait de Ronald Houle, se dit satisfait.« Ce fut un coup dur, c'est sûr ; pour moi, pour Izabelle Moreau, pour tout le monde, en fait.Mais aujourd'hui, je suis très heureux.Claude Gai a eu la générosité d'accepter à un mois d'avis d'apprendre ce rôle, alors qu'il jouait déjà dans une autre production (Les Vieux ne courent pas les rues au Théâtre d'Aujourd'hui), et je suis convaincu qu'il saura parfaitement l'interpréter.» C'est sur une île du Pacifique, dans l'attente d'une éclipse solaire, que se déroule en temps réel cette histoire à deux voix.Celle d'Oxymoron, collectionneur d'hommes, de femmes, de phénomènes naturels et d'événements extraordinaires.Celle, inoubliable, de Gabriella, la plus grande interprète des madrigaux du compositeur italien Gesualdo, la pièce maîtresse, aussi, de la collection d'Oxymoron.Gabriella vient de se faire greffer un coeur.Il s'agit, lui fait croire Oxymoron, de celui d'Edward Mattingly, un Américain exécuté pour double meurtre.Sacré scénario.Que rien ne viendra distraire de l'intensité du propos.« Ça sera dense, prévient l'auteur qui vit aussi à la scénographie, très minimale ici.C'est une pièce à texte, poursuitil.Les grandes machines, les gros effets visuels, il n'y en aura pas.Pas de trucs, mais du vécu.Ce qu'on verra, c'est deux êtres traversés par un texte, non-stop, pendant deux heures.» Un texte un peu, beaucoup métaphysique dans son sentiment.Une pièce qui, à l'image du nom d'Oxymoron, fait référence aux mille et une contradictions de notre existence.Un récit, aussi, d'actualité.« Il sera question, précise Racine, de manipulations génétiques, de trafics d'organes, comme des notions plus vastes du conscient et de l'inconscient, de l'identité et de l'identification.» Mais qui donc sont ces excentriques personnages dont l'éclipse totale du soleil qu'ils guettent serait, selon Rober Racine, une métaphore du couple qu'ils forment ?« Oxymoron et Gabriella sont un peu comme le Soleil et la Lune qui se rencontrent et s'éclipsent l'un l'autre, ils sont le jour et la nuit, le bien et le mal, l'amour et la haine.Oxymoron, lui, collectionne.Il peut aussi bien collectionner une oeuvre d'art qu'une chanteuse d'opéra, des aurores boréales et la face cachée de la Lune.Il veut s'approprier le monde.Il veut posséder les gens et leurs passions.Et ce qui l'intéresse tout particulièrement sont les êtres humains qui ont vécu des choses exceptionnelles.» Joli mégalomane.Pour sa part, Gabriella est bouleversée.« Alors qu'elle est dans la reconnaissance et dans la gratitude d'être vivante, explique Racine, elle se fait dire que le coeur qui bat en elle a tué.Mais son intuition l'infirme.Vous savez, c'est un peu comme lorsque quelqu'un nous dit quelque chose, puis qu'on ne le sent pas, et que même si on ne peut pas se l'expliquer, on est persuadé que ce n'est pas vrai.» Et c'est durant l'éclipse que, paradoxalement, se fera la lumière.Que Gabriella verra clair et qu'Oxymoron se dira.Il ne reste plus qu'à guetter le ciel.LE COEUR DE MATTINGLY de Rober Racine, une coproduction du Musée d'art contemporain de Montréal et de la Compagnie Théâtre Acte 3.Du 19 au 29 avril, au Musée d'art contemporain.Info : 514 847-6226.Izabelle Moreau dans Le Coeur de Mattingly.Le comédien Claude Gai remplace Ronald Houle dans cette pièce qui devait être créée le mois dernier.Rober Racine 6LP1201D0415 D-12 sam 15 avril 6LP1201D0415 ZALLCALL 67 00:44:25 04/15/00 B D 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Télévision Vivre en technicolor ISABELLE MASSÉ collaboration spéciale Yves Pelletier ne bégaye plus lorsqu'il prononce son nom.Avec le temps, sans qu'on s'en rende vraiment compte, le P entre son prénom et son nom a disparu.Tout naturellement.Est-ce à dire que l'humoriste a fait son deuil de Rock et Belles Oreilles ?Que ces 14 années à tout faire (surtout le pitre) à cinq sont bel et bien derrière lui ?« Je vais être un RBO toute ma vie, affirme- t-il.Au tout début de RBO à CIBL, Guy (A.Lepage ou Lepage, c'est selon) et Richard (Z.Sirois ou Sirois, c'est selon) avaient un projet d'émission qui s'appelait Le Rock de A à Z.Nous nous sommes alors inspirés de Michel W.Duguay qui était au sommet de sa popularité à CKOIFM ! C'est tout.» Pas de quoi alerter les médias donc.Cela dit, RBO ne lui manque pas, même s'il est demeuré une caricature ambulante, qu'il adore se contorsionner les muscles faciaux pour un rien et qu'il tire encore des blagues plus vite que son ombre.Par les temps qui courent, le maigre du défunt quintette est.encore maigre, mais surtout gay depuis qu'il répond au nom de Pascal, le réceptionniste de la clinique médicale dans Histoires de filles (mardi, 20h à TVA).Le rôle lui a été offert par l'auteur Louis Saïa il y a un an et demi.Difficile de refuser.« Avec Histoires de filles, j'ai l'impression d'être en formation.Ce n'est pas l'école, mais j'apprends beaucoup.Du temps de RBO, nous étions une gang de chums qui déconnaient devant la caméra.Nous ne nous sommes jamais vraiment interrogés sur le sous-texte ou les motivations profondes de nos personnages ! On jouait par instinct.» Pascal n'est pas le premier rôle que l'humoriste de 39 ans (déjà !) revêt.Depuis ces dernières années, il a été le vampire Vlad du film fantastique Karmina et le frère existentialiste de Charlotte Laurier dans le film 2 Secondes de Manon Briand.« Est-ce que je suis un comédien aujourd'hui ?Ça dépend de ce qu'on m'offre.Quand RBO s'est séparé, je n'avais aucun projet.Gabriel Pelletier (aucun lien de parenté) m'a téléphoné deux semaines plus tard pour retoucher les textes de Karmina.D'autres appels ont suivi.Il est alors tour à tour devenu reporter pour L'Enfer, c'est nous autres (avec Julie Snyder) et réalisateur pour l'émission YUL de Yanie Dupont-Hébert, il y a deux ans, le temps d'un tournage à Bombay.« Il est extrêmement difficile et coûteux d'avoir des permis pour tourner à Bombay.Nous avons donc filmé en cachette.J'ai été sur le gros nerf pendant dix jours.Mais le montage m'a fait triper.Ça a fait mon année.mais pas financièrement ! » Bref, il n'a jamais eu à se démener pour se retrouver devant la caméra, dans sa peau comme dans celle d'un autre.Les propositions sont venues d'elles-mêmes.« J'ai même auditionné pour un rôle principal dans la télésérie Lobby de Jean- Claude Lord.J'étais sûr que c'était un coup de Surprise sur prise ! Jusqu'à présent, j'ai la chance de pouvoir choisir.Quand on m'a demandé d'incarner Ovila dans Les Filles de Caleb, j'ai refusé ! » Yves Pelletier n'a jamais pensé non plus à un plan de carrière.Pour l'instant, il est comblé.« Si on m'offre un rôle qui m'intéresse et que je me sens capable de le rendre, je vais l'accepter.Mais je ne rêve pas de ça.J'ai surtout des rêves d'écriture et de création.» Il écrit présentement la suite de Karmina, toujours avec Gabriel Pelletier \u2014qui n'est pas son frère, rappelons-le, « mais avec qui je m'entends comme un frère ! » dit-il pour faire le téteux.Juste avant, pendant des mois, il a coécrit le spectacle d'humour Yves et Martin qu'il promène partout au Québec, depuis un an et demi, avec Martin Drainville.Un autre avec qui il s'entend comme un frère.« Depuis la séparation de RBO, on me demandait de faire un one-man show.Mais sur scène, j'ai besoin de parler à quelqu'un tout en incarnant des personnages.Il y a trois ans, en jouant Damien Bouchard aux Parlementeries, j'ai eu la piqûre.J'ai alors pensé à Martin Drainville que j'avais rencontré à L'Enfer, c'est nous autres.J'aime me déguiser et mettre des perruques.Faire des essayages m'amuse.J'ai encore quelques costumes de RBO dans ma garde-robe.» Yves Pelletier vit en technicolor.Normal pour celui qui a d'abord voulu être bédéiste.« J'ai appris à lire avec Tintin.J'inventais mes histoires d'après les images.À l'université, j'ai dessiné dans le journal étudiant.Je suis même allé proposer mes services à Paris, mais je n'étais pas de taille.» Heureusement, il y a eu RBO pour le mettre sur le bon chemin, à défaut du droit chemin ! Étonnamment, il n'a jamais remporté de prix pour le meilleur costume à l'Halloween.Pourtant, il est le roi du déguisement à Piment Fort.« Lorsque je suis invité à l'émission, je m'achète des vêtements laids dans les friperies de l'avenue du Mont-Royal.Aucun problème quand on me demande de faire le zouf ! » Galerie d'Art Le Bourget VERNISSAGE des oeuvres récentes de MICHEL PLEAU Le dimanche 16 avril de 13 h à 17 h Exposition jusqu'au 24 avril 34, rue Saint-Paul Ouest, Vieux-Montréal Tél.: (514) 845-2525 Site Web : www.galerielebourget.com «Voir la ville en couleurs» P.Rodrigue, Tougas, L.Zegray Vernissage 16 avril à 14 h (Les artistes seront présents) 1108, avenue Laurier Ouest Outremont (Québec) H2V 2L4 Tél.: (514) 270-2962 PHOTO MARTIN C.CHAMBERLAND, La Presse © En avril, Yves ne se découvre pas d'un fil! samedi et dimanche 15 et 16 avril 10 h à 17 h / plus de 50 artisans : verre peint à la main, bonnets et robes d'été pour enfants, cages d'oiseaux, meubles décorés dernière mode, chandelles et beaucoup plus encore.Admission et stationnement gratuits Centre Civique de Dollard 12001, boul.de Salaberry, D.D.O.Route 40 Ouest, sortie 55 à des Sources Nord à gauche sur boul.de Salaberry Ouest (514) 684-1012 (213) Déjà plus de 50 000 spectateurs ! ÉCOLES les cours débutent en avril peinture dessin aquarelle joaillerie vitrail céramique poterie sculpture La Presse 15 avril 2000 Page D13 manquante 6LP1402D0415 D-14 sam 15 avril 6LP1401D0415 ZALLCALL 67 00:57:41 04/15/00 B D 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Théâtre R Rock Le timide retour de Noir Silence Les Beaucerons sont plus mordants et font preuve d'une belle chimie musicale Après un an d'absence à Montréal, le groupe rock Noir Silence a renoué avec ses fans au Cabaret du Musée Juste pour Rire, qui n'étaient pas particulièrement nombreux, hier soir.Pas plus d'une centaine de curieux ont assisté au retour du nouveau groupe Noir Silence amputé de son chanteur soliste Jean-François Dubé, qui a choisi d'explorer une musique plus acoustique.Hier, c'est devant un auditoire timide, fort peu bruyant et qui avait physiquement gardé ses distances, alors qu'on avait placé les tables au fond de la salle, que Noir Silence a repris ses anciens succès en plus d'interpréter des extraits du dernier album Tout l'monde.Après la première partie pour le moins pénible que Jimmy Fecteau nous a fait supporter, Noir Silence a rapidement fait sentir sa présence avec un rock plus heavy, plus délinquant et définitivement plus agressif.Comme si on avait voulu salir l'image du groupe nourri au V-8 et aux vitamines dans le but d'aller chercher un nouveau public, beaucoup moins sage, chez les jeunes.On sacre sur scène, on se démanche, on pousse les décibels au maximum et on provoque un auditoire qui, hier, ne réagissait pas aussi rapidement qu'on avait souhaité.Devant un grand espace vide qui faisait penser à une salle de danse inoccupée, Noir Silence a tenté de réveiller le public avec Malade, En attendant de partir, Le vent a tourné.C'est finalement avec Made in USA que les jeunes filles se sont approchées timidement de la scène, alors que Samuel Busque tentait désespérément de créer une ambiance de fête.Par la suite, le nouveau soliste Jean-François Bernatchez a raconté l'histoire des changements majeurs qu'a vécu le groupe en engageant un nouveau bassiste, Éric Maheu, qui nous a interprété Ne laisse pas passer la chance d'être aimé.Selon une légende de la Beauce, c'est en interprétant cette chanson que Maheu a passé l'audition et a été retenu par les autres membres du groupe.Nous avons eu droit par la suite à une nouvelle version de la chanson de Patrick Normand, dans un genre particulièrement heavy.Vêtu d'un bermuda plutôt ample, Maheu, qui ne craignait aucunement le froid d'avril, s'est révélé une bonne acquisition pour le groupe.Bon chanteur, excellent musicien, il s'est intégré à Noir Silence comme s'il en avait toujours fait partie.On a également ajouté à la formation le batteur Stéphane Gaudreau, qui a déjà fait partie du groupe de Michel Pagliaro en tournée.De plus, la violoncelliste Mélanie Auclair complétait la formation Noir Silence, hier.Il s'agissait de sa toute première prestation avec ce groupe.Poursuivant avec Rack a bécyk, qui ne gagnera sûrement aucun prix pour la qualité de la langue dans le monde de la chanson francophone, Noir Silence a poursuivi avec Vous pouvez pas m'aimer, On jase de toi et autres succès, sans oublier l'hommage à Jérôme Lemay.Après Pierre Bertrand, Noir Silence a également enregistré Méo Penché, version raggae et rock.Peut-être la meilleure version.Somme toute, Noir Silence revient tonifié, plus mordant, envahissant avec d'excellents arrangements, une belle chimie musicale mais avec des textes toujours aussi pauvres.En autant qu'on oublie les paroles, on se laisse emporter, mais les mots viendront toujours nous chercher quelque part dans notre vie.Et ça, on devrait l'apprendre très tôt.Jean Beaunoyer PHOTO MAXIME CÔTÉ Imaginez une Colombine défraîchie et un vieux Pierrot sur l'acide.défendus avec brio par Marie-Josée Gauthier et Dominic La Vallée.Assis entre deux chaises MARIE-CHRISTINE BLAIS collaboration spéciale L'auteure et metteure en scène Marie-Line Laplante a peut-être un sens de l'humour un peu tordu qu'on ne lui soupçonne pas a priori.C'est du moins la réflexion que je me suis faite pendant son doublé tragédiecomédie L'Homme assis et Comme des chaises, présenté à la salle Fred-Barry jusqu'au 29 avril.Car, comment prendre au sérieux sa tragédie L'Homme assis, où de sombres vilains à la mine patibulaire (comme le veut le cliché) gravitent autour de leur tyrannique chef, Môle, l'homme toujours assis en raison d'horribles douleurs abdominales, dont la servante Rose est évidemment laconique (désolée, je n'ai pu ici m'empêcher de penser à Astérix chez les Corses.) et qui attend que sa fille Natte vienne le saluer comme tous les matins ?Tout en respectant les règles du genre (unité de temps, de lieu et d'espace, tabou bafoué en toute ignorance, innocence inexorablement crucifiée par le mal, etc.) et en maniant adroitement une belle langue, Marie-Line Laplante a créé un univers dont la pertinence échappe singulièrement.Ce n'est pas faute des comédiens, notamment le rôle de Môle bien incarné par Denis Lavalou ; le problème, c'est qu'on a l'impression d'assister à un de ces mélos invraisemblables à images d'Épinal et haute teneur exotique dont l'opéra a longtemps eu le secret.Plus triste, toujours plus triste, la tragédie doit en principe éveiller la frayeur ou la pitié du spectateur.Dans le cas présent, elle éveille tout au plus la volonté d'aller arracher à Môle sa maudite canne, qu'il frappe au sol toutes les cinq minutes pour marquer ses paroles.Certains spectateurs ont donc décidé d'aller voir ailleurs s'ils y étaient après L'Homme assis, ce qui est particulièrement dommage car ils ont manqué, ce faisant, Comme des chaises, la comédie qui suit immédiatement, une pièce délicieusement absurde, avec juste ce qu'il faut de grinçant, où l'on suit Bibe et Tuppe dans un Ministère, en attente d'indications pour se rendre sur la Lune où leur fils Boppe a élu domicile.Imaginez un vieux Pierrot et une Colombine défraîchie sur l'acide, défendus avec brio par Dominic La Vallée et surtout Marie- Josée Gauthier en Tuppe verbo-motrice délirante.Bien sûr, une fois de plus, les règles du genre sont respectés presque à la lettre, ce qui en fait un ingénieux pastiche de tout ce que les arts à saveur absurde compte (tout y passe, de Kafka à Bunuel à Beckett à Ionesco à Dali, etc.), mais Marie- Line Laplante a su y insuffler quelque chose de personnel, notamment en suggérant que Bibe et Tuppe, sous leurs dehors de parents inquiets, sont peut-être bien des parents abuseurs.Par ailleurs, l'utilisation de la trame sonore, plutôt maladroite dans L'Homme assis, est nettement plus convaincante dans Comme des chaises Et, je le répète, la prestation de Marie-Josée Gauthier dans le rôle de Tuppe est remarquable.L'HOMME ASSIS et COMME DES CHAISES, texte et mise en scène de Marie-Line Laplante.Distribution : Michel Bérubé, Marie-Josée Gauthier, Dominic La Vallée, Denis Lavalou, Michel Lavoie et Vincent Magnat.Scénographie : Lise Boisseau.Costumes : Sofie Fékété.Éclairages : Stéphane Ménigot.Musique : Chantale Laplante.Une production du Théâtre Complice présenté à la salle Fred- Barry du théâtre Denise-Pelletier jusqu'au 29 avril, 19h30. 6LP1501D0415 D15 sam.(Arts) 6LP1501D0415 ZALLCALL 67 00:43:50 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 15 Expositions Semaine du 16 avril 2000 SD CS 1 1 MARIA MARIA Santana 5 2 I'M OUTTA LOVE Anastacia 4 3 ONLY GOD KNOWS WHY Kid Rock 2 4 OTHERSIDE Red Hot Chili Peppers 9 5 I TRY Macy Gray 3 6 AMERICAN PIE Madonna 8 7 BETTER MAN J.Gaines & Soul Attorneys 6 8 NEVER LET YOU GO Third Eye Blind 14 9 YOU SANG TO ME Marc Anthony 15 10 BE WITH YOU Enrique Iglesias 7 11 IS ANYBODY HOME?Our Lady Peace 13 12 THIS TIME AROUND Hanson 17 13 SEXBOMB Tom Jones 16 14 THE BAD TOUCH Bloodhound Gang 10 15 RUN TO THE WATER Live 11 16 FEELIN' SO GOOD Jennifer Lopez 18 17 THE GROUND BENEATH HER FEET U2 21 18 WHEN Shania Twain 22 19 HE WASN'T MAN ENOUGH Toni Braxton 23 20 THONG SONG Sisqo 12 21 IT FEELS SO GOOD Sonique 25 22 PRIVATE EMOTION Ricky Martin 26 23 CRASH AND BURN Savage Garden 27 24 SHACKLES (PRAISE YOU) Mary Mary 29 25 CAN'T STOP Jacksoul 29 26 S CLUB PARTY S Club 7 30 27 I WANNA BE LIKE YOU Big Bad Voodoo Daddy 24 28 THE MESSENGER The Tea Party \u2014 29 OOPS.! I DID IT AGAIN Britney Spears \u2014 30 THE ONE Backstreet Boys SD CS 1 1 TENDRE FESSE Éric Lapointe 3 2 QUAND JE PENSE À TOI Chris de Burg 4 3 LE MENTEUR Nicola Ciccone 5 4 TU DIS RIEN Louise Attaque 7 5 JUSTE POUR TE PLAIRE Sylvain Cossette 8 6 LES NOTES Natalie Lorio 9 7 PSYCHOLOGUE Kevin Parent 2 8 VIVRE SANS ELLE Allan Théo 11 9 COMME-TOI Infini-T 6 10 TOMBÉE DE TOI Isabelle Boulay et France d'Amour 12 11 SOLEDAD Pascal Obispo 13 12 JE VOUS EMMERDE Katerine 15 13 ROCK POUR UN GARS DE BICYCLE (REMIX) Diane Dufresne 16 14 LES PARFUMS DE SA VIE Florent Pagny 17 15 JE RESTERAI MOI Jodie Resther 19 16 SI TU M'AIMES ENCORE Mitsou 20 17 RIEN DE NOUVEAU Francis Cabrel 21 18 J'IRAI OU J'IRAI PAS Luc de Larochellière 10 19 CLOSE TO ME 22 20 SEPTIÈME CIEL Jane Fostin Art qui grise JENNIFER COUËLLE collaboration spéciale Landon Mackenzie compte parmi ces artistes qui vous font écarquiller les yeux.Littéralement.Coup sur coup, dans son cas.De retour à l'Espace 502, où, il y a quatre ans, elle a ni plus ni moins ébloui le public comme la critique avec ses Saskatchewan Paintings, cette peintre de Vancouver n'a rien perdu ni de sa verve ni de sa gaie démesure.Fidèle à elle-même, nous sommes servis.Réalisées en 1998 et 1999, quatre, non pas grandes, mais immenses toiles fourmillantes, multicolores, frottées et triturées sont réunies ici sous le titre Tracking Athabasca.Athabasca, comme dans la rivière des Rocheuses.Comme dans un motif de cartographie.Celui d'un acte de reconnaissance territoriale que cette artiste affectionne tant sous son jour céleste que terrestre.Des lieux, donc.Sortes de célébrations de la place de l'homme dans l'univers, ils sont reportés, annotés, mais éclatés, aussi, et infiniment imagés.Il y a son ciel d'un bleu presque noir, avec sa station spatiale imbriquée rendue manière jouets Mécanos, avec ses étoiles et ses comètes, sous lesquels sont dessinées rivières et montagnes.Il y a cet horizon accidenté, avec ses silhouettes de petits pins, avec ses astres, ses trous noirs et ses très jaunes et informes motifs-phénomènes.Il y a aussi cet explosif réseau de lignes qui reprend vaguement la forme d'un arbre contre le firmament.Puis, enfin, ce voile pastel, le plus all-over parmi tous, le plus sucré par ailleurs, où l'étendue de l'hiver se fait plus tendre que glacée.Où le vert menthe et le rosé se mêlent au blanc, incorporent des collages de dentelles- flocons qui suggèrent le vaporeux texturé d'une robe de mariée.Inutile de préciser que ces peintures sont soûlantes.À la limite du trop-plein, voire du ringard, avec leurs ajouts, notamment, de petits bijoux bien brillants.Mais s'il y a débordement, il y a également savoir-faire.Une expérience des couleurs et de la matière qui permet cette impression de resserrement.De direction.Qui donne droit, de plus, à un habile chevauchement de perspective en profondeur et de surface plane.Il y a des fois, comme ça, où la complexité est à ce point harmonieuse, qu'elle semble le fruit d'un geste parfaitement naturel.Qu'elle nous donne envie de l'infirmer pour parler, plutôt, de ce qui est simple.Et chez Landon Mackenzie, la simplicité regorge de générosité.TRACKING ATHABASCA de Landon Mackenzie, Espace 502, jusqu'au 29 avril.Tracking Athabasca, acrylique sur toile de lin, 1998.Landon Mackenzie. 6LP1601D0415 D16 sam.(Arts) 6LP1601D0415 ZALLCALL 67 00:44:42 04/15/00 B D 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Théâtre Par ma faute, ma très grande faute MARIE-CHRISTINE BLAIS collaboration spéciale Dans la salle d'attente d'un dentiste, chaussons de papier aux pieds et Cabrel dans les oreilles, quelques êtres humains ordinaires \u2014 une dame un peu pincée, un jeune homme arrogant, une jeune femme aux moeurs légères et un homme mûr sans envergure \u2014 sont soudain arrêtés sans raison apparente, isolés les uns des autres et mis sous surveillance.Devant l'accablant silence des autorités, ils finiront tous par se reconnaître à la fois victimes de leur enfance et coupables d'une mort, ceci expliquant cela.C'est à partir de cette prémisse intéressante, à savoir que nous sommes tous coupables de quelque chose, il suffit simplement de circonstances déstabilisantes pour que nous le reconnaissions, qu'Evelyne de la Chenelière (Masque du meilleur texte original pour Des fraises en janvier, il y a quelques mois) a écrit la courte pièce Culpa, présentée à Espace libre jusqu'au 22 avril.Culpa a quelque chose qui rappelle le quatuor à cordes, mais un quatuor dont aucun instrumentiste n'entendrait la partition des autres et ne connaîtrait même sa propre partition.Ce faisant, il y a parfois harmonie, parfois dissonance ou déséquilibre dans cette pièce sans prétention aucune, mise en scène très simplement par Daniel Brière.Ainsi, c'est le personnage de femme frustrée, tenu avec son habituel brio par Violette Chauveau, qui est à la fois le plus complet et le plus troublant, alors que celui de jeune goujat attribué à Miro n'est pas encore suffisamment développé pour qu'il nous touche vraiment.Le professeur veule incarné par Paul Savoie et la fabulatrice prostituée défendue par Evelyne de la Chenelière elle-même n'ont pas non plus tout à fait le naturel, le banal terrifiant que l'on retrouve dans le personnage de Violette Chauveau.C'est un peu comme si les instruments n'étaient pas accordés sur le même ton.À moins que ce ne soit le compositeur, en l'occurrence la dramaturge, qui n'a pas assez ciselé la petite musique des trois autres personnages.Mais au-delà de ce déséquilibre, on retiendra de Culpa l'intéressante variation sur le thème de l'enfant, celui qu'on a été ou qu'on est toujours, celui qu'on a eu ou qu'on n'aurait pu avoir, celui qu'on a ignoré ou tué.Sur ce sujet pourtant éculé de l'enfant, il se dit dans Culpa des choses qu'on entend rarement, une réflexion multiforme vraiment pas banale.Enfin, pour ajouter au sentiment d'étrangeté vécu par les protagonistes, la plupart des représentations ont lieu à 23 h, ce qui ne facilite pas la concentration du spectateur, c'est vrai, mais qui a le mérite de nous déstabiliser à notre tour, ne serait-ce que parce que c'est nous, après tout, qui tenons le rôle d'autorités silencieuses (et rieuses, parfois) dans Culpa.CULPA, d'Evelyne de la Chenelière, mise en scène de Daniel Brière.Distribution : Violette Chauveau, Evelyne de la Chenelière, Miro, Paul Savoie, Jacques L'Heureux.Une production Méa, présentée à Espace libre, du mercredi au samedi à 23 h, le dimanche à 20 h 30, jusqu'au 22 avril.Info : 514 521-4191.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Violette Chauveau, Miro, Evelyne de la Chenelière et Paul Savoie, dans la courte pièce Culpa, présentée à Espace libre jusqu'au 22 avril. 6LP1701D0415 D17 sam.(Arts) 6LP1701D0415 ZALLCALL 67 00:43:59 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 17 À l'affiche cette semaine Les horaires de cette page doivent parvenir avant mercredi au Service des arts et spectacles, LA PRESSE, 7 Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9 Théâtre THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE (Place des Arts) La Chatte sur un toit brûlant, de Tennessee Williams.Mise en scène de Fernand Rainville.Trad.de Michel Dumont et Marc Grégoire.Avec Maude Guérin, Normand D'Amour, Michel Dumont, Rita Lafontaine, Marc Legault, Guy Provost, Adèle Reinhardt et Alain Zouvi.Du mar.au ven., 20h; sam., 16h et 20h30.Jusqu'au 13 mai.THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE (84, Ste-Catherine O.) La Cerisaie, de Anton Tchekhov, texte français de Pierre-Yves Lemieux.Mise en scène de Serge Denoncourt.Avec Monique Miller, Annick Bergeron, Micheline Bernard, Vincent Bilodeau, Jean- François Casabonne, Suzanne Clément, Antoine Durand, Jeremy Gagnon, Benoît Girard, Jacques Godin, Germain Houde, Anne-Catherine Lebeau et David Savard.Du mar.au ven., 20h; sam., 15h et 20h.Jusqu'au 23 avril.THÉÂTRE DE QUAT'SOUS (100, av.des Pins E.) Rêves, de Wajdi Mouawad.Avec Éric Bernier, Manon Brunelle, Estelle Clareton, Pierre Collin, Pascal Contamine, Claude Despins, Michel F.Côté, Marie-Claude Langlois, Steve Laplante, Isabelle Leblanc, Hélène Loiselle et Louise Turcot: 20h.Jusqu'au 6 mai.THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI (salle Jean-Claude Germain, 3900, St-Denis) Dès mer., 20h, Exils, de Philippe Soldevia, Robert Bellefeuille et Marcia Babineau.Mise en scène de Philippe Soldevila.Avec Marcel Aymar, Robert Bellefeuille, Ginette Chevalier, Annie La Rochelle, France La Rochelle, Diane Losier et Éloi Savoie.SALLE FRED-BARRY (4353, Ste-Catherine E.) L'Homme assis et comme des chaises, de Marie- Line Laplante.Avec Michel Bérubé, Marie-Josée Gauthier, Dominic La Vallée, Denis Lavalou, Michel Lavoie et Vincent Magnat.Du mar.au sam., 19h30.Jusqu'au 29 avril.THÉÂTRE ESPACE GO (4890, St-Laurent) Dès mar., 20h, Électre, de Sophocle.Trad.de Jacques Lacarrière.Mise en scène de Brigitte Haentjens.Avec Anne-Marie Cadieux, Andrée Lachapelle, Marc Béland, Anne Dorval, Christiane Pasquier.ESPACE LIBRE (1945, Fullum) Élyse 111, de Diane Dubeau et Michel Laporte.Avec Daniel Desputeau, Diane Dubeau, Hugues Fortin et Jean Maheux.Du mar.au sam., 20h30.Jusqu'au 22 avril.- Culpa, de Evelyne de la Chenelière.Mise en scène de Daniel Brière.Avec Violette Chauveau, Évelyne de la Chenelière, Miro, Paul Savoie.Mer.au sam., 23h; dim., 20h30.Jusqu'au 22 avril.LA LICORNE (4559, Papineau) Les 7 jours de Simon Labrosse, de Carole Fréchette.Mise en scène de Martin Faucher.Avec Philippe Cousineau, Daniel Parent et Sophie Vajda.Production du Théâtre de la Manufacture.Mar., jeu., ven., sam., 20h; mer.: 19h.Jusqu'au 29 avril.LA PETITE LICORNE (4559, Papineau) Pucci.un jour tu verras, de Olivier Aubin et Stéphane Bellavance.Mise en scène de Olivier Aubin.Avec Stéphane Bellavance.Production du Théâtre de l'Escargot Rouge.Du jeu.au dim., 22h; dim., 20h.Jusqu'au 28 avril.- La Légende de la femme squelette, conte de Patrick Quintal, avec collaboration avec Sylvie Marchand.Avec Sylvie Marchand et René Béchard.Lun., 20h.MONUMENT-NATIONAL (La Balustrade, 1182, St-Laurent) Lun., mar., mer., 20h30, Parachute.Avec Éric Jean, Étienne Boucher, Magalie Amyot, Annie Beaudoin, Chantale Beaudoin, Gabriel Genest, Johanne Lebrun, Anne-Sylvie Gosselin, Anne Casabonne, Marika Lhoumeau et Dominic Anctil.X (182, Ste-Catherine E.) Auj., 20h, Ceci n'est pas un road movie., de Christian Brisson Dargis.Présentation du Théâtre du Grand Jour.STUDIO-THÉÂTRE JEAN-VALCOURT (100, Notre-Dame E.) Extasy-land.com, de Jean-Frédéric Messier.Mise en scène de Dominic Champagne.Avec Karine Beauchamp, Patrice Bélanger, Salomé Corbo, Stanislas Da Col, Tristan Dubois, Eve Duranceau, Vladana Milicevic, Frédéric Paquet, Marie-Hélène Racicot et Dominic Théberge: 20h, sauf le 16 avril.Jusqu'au 22 avril.3997 (St-Laurent) Dummies in the Mirror.Présentation de Dummies Theatre.Du mer.au dim., 20h45.Jusqu'au 30 avril.CAFÉ-THÉÂTRE DE CHAMBLY (2447, av.Bourgogne, Chambly) Presque par hasard une femme, Élizabeth, de Dario Fo.Mise en scène de Patrice Tremblay.Avec Sylvie Bibeau, Ghislain Bourdeau, Manon Cardinal, Érik Christensen, Judith Gauthier et Patrice Tremblay.Ven., sam., 20h.Jusqu'au 13 mai.Pour Enfants LA MAISON THÉÂTRE (245, Ontario E.) Auj.et dim., 15h, Les Amis de Loulou, de Nicola Lusuardi.Mise en scène de Fabrizio Montecchi.Avec Antonella Enrietto, Cesare Lavezzoli et Cristiano Petretto.Création du Teatro Gioco Vita.(4 à 8 ans) CENTRE CULTUREL DE BELOEIL (600, Richelieu, Beloeil) Dim., 15h, La Merle, de Jasmine Dubé.Avec Jacky Boileau, Marie-Hélène Fortin et Diane Loiselle.Création du Théâtre Bouches Décousues.(4 à 8 ans) THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND (225, boul.l'Ange-Gardien, L'Assomption) Dim., 15h, Miroir.Présentation du Théâtre du Papyrus de Belgique.Danse STUDIO DE L'AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier E.) Auj., 20h, Vingt jours 20 nuits, de Danièle Desnoyers.AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier E.) Dès lun., 20h, Peggy Baker Dance Projects, de Paul-André Fortier.Avec Peggy Baker.ESPACE TANGENTE (840, Cherrier) Auj., 20h30; dim., 19h30, Nouvelle création, de Marie-Pascale Bélanger, Vous avez une plume de paon monsieur?, d'Audrey Lehouillier, 3 Centauromachia4, d'Emmanuel Jouthe, et Les Beltanes, de Marie-Julie Asselin.USINE C (1345, av.Lalonde) Dès mar., 20h, Cruising Paradise, théâtre danse de Pigeons International.Mise en scène de Paula de Vasconcelos.Avec Nathalie Claude, Stéphane Crête, Anne Bruce Falconer, Geneviève Martin, François Papineau, Luc Proulx et Paul-Antoine Taillefer.Musique CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Auj., 14 h, Nouvel Ensemble Moderne.Dir.Lorraine Vaillancourt.Répétition publique: Pascal's Sphere (Finsterer); 16 h, Jonathan Crow, violoniste: master-class.Dim., 15 h 30, Julian Armour, violoncelliste, et Stéphan Sylvestre, pianiste.Beethoven, Busoni, Archer.Mar., 20 h, Flavio Manganaro, pianiste.Debussy, Satie, Scriabine, Stravinsky, Ligeti, Petrassi.Mer., 12 h, Jean-Philippe Sylvestre, pianiste.Bach, Haydn, Debussy, Chopin, Liszt.Jeu., 20 h, Lise Boucher, pianiste.Debussy, Tournemire.Ven., 20 h, Françoise Faucher, lectrice, et Jean Marchand, pianiste.Via Crucis (Liszt).ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE Auj., 20 h, Orchestre et Choeur de l'Université de Montréal.Dir.Jean-François Rivest.Michelle Bolduc, soprano, Line Comtois, mezzo-soprano, Éric Thériault, ténor, Claudel Callender, baryton.Suite pour orchestre no 4, extraits de L'Art de la fugue et extraits de la Passion selon saint Jean (Bach).Dim., 16 h, Choeur Polyphonique de Montréal.Dir.Olivier Godin.Hélène Dugal, organiste.Mendelssohn, Brahms.SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE Auj., 20 h, I Musici de Montréal.Dir.Yuli Turovsky.Chantal Lambert, narratrice.Musique arménienne (concert commémoratif).Lun., 19 h 30, Orchestre Symphonique de l'École Européenne de Bruxelles.Dir.Adrian Knott.Anderson, Boieldieu, Britten, Bruch, Dvorak, Mendelssohn, Rossini.Entrée libre.ÉGLISE SAINT-LÉON DE WESTMOUNT (4311, de Maisonneuve O.) Auj., 20h, Choeur Saint-Léon de Westmount.Dir.Chantal Rioux.Cantate Christ lag in Todesbanden (Bach), et oeuvres de Pergolesi, Arcadelt, Marx.UNIVERSITÉ McGILL (Redpath Hall) Auj., 20 h, Julie Nesrallah, mezzo-soprano.Au piano: Robin Wheeler.Rossini, Strauss, Turina, Hahn, Bizet, Bolcom.UNITARIAN CHURCH (5035, Maisonneuve O.) Auj., 20 h, Johannes Jansonius, violoniste, Gary Russell, violoncelliste, et Sandra Hunt, pianiste.Beethoven.JARDIN BOTANIQUE Dim., 14 h, Cedric Cohen-Mc Collum, violoniste.ÉGLISE IMMACULÉE-CONCEPTION Dim., 15 h, Mariusz et Nadia Monczak, violonistes, Réal Gauthier, organiste.Bach, Handel, Vivaldi, Gorecki.CHAPELLE N.-D.-DE-BON-SECOURS (400, Saint-Paul E.) Dim., 19 h, Chorale et Ensemble instrumental du Conservatoire.Dir.Stéphane Laforest.Vivaldi.UNIVERSITÉ McGILL (Pollack Hall) Dim., 20 h, Orchestre symphonique des Jeunes de Montréal.Dir.Louis Lavigueur.Solistes: anciens lauréats de la série Début.Mozart, Saint- Saëns, Glinka.Entrée libre.Concert-hommage, Sandra Wilson.Anim.Richard Turp.CHÂTEAU RAMEZAY Lun., 20 h, Lucas et Cécile (Joseph Quesnel, reconstitution: John Beckwith et Pierre Turcotte).L'Opéra du Château.Première.Pascale Beaulieu, soprano, Michèle Losier, mezzo-soprano, Dominic Alexandre, Yves Gauvin et Marc Louis, ténors.Mise en scène: Pierre Turcotte.Au piano: Denis Alain Dion.Jusqu'au 29 avril (relâche les dim.et mer.) PLACE DES ARTS (Salle Maisonneuve) Lun., 20 h, Orchestre de chambre Mc Gill.Dir.Alexander et Boris Brott.Lara St.John, violoniste.Symphonie K.124 et Concertos K.207 et 216 (Mozart) PLACE DES ARTS (Cinquième Salle) Lun., 20 h, Quatuor Arthur-Le Blanc et James Campbell, clarinettiste.Quatuor D.810 (Schubert), Quatuor no 7 (Chostakovitch), Quintette (Françaix).Pro Musica.PLACE DES ARTS (Salle Wilfrid-Pelletier) Mar.et jeu., 20 h, Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Sir Neville Marriner.Kyoko Takezawa, violoniste.Cockaigne, Concerto pour violon et Enigma Variations (Elgar).Concerts Gala.BASILIQUE NOTRE-DAME Mer., 19 h 30, Orchestre Symphonique de Montréal et Choeur OSM.Dir.Iwan Edwards.Monica Whicher, soprano, Catherine Robbin, mezzo-soprano, Benjamin Butterfield, ténor, Gary Relyea, basse.Missa solemnis (Beethoven).ÉGLISE DU T.-S.-SACREMENT (500, Mont-Royal E.) Ven., 20 h, La Chapelle de Montréal.Dir.Yannick Nézet-Séguin.Stéphanie Pothier, soprano, Claudine Ledoux, mezzo-soprano, Björn Kuhn, ténor, Joshua Hopkins et Joseph Kaiser, barytons Passion selon saint Jean (Bach).ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-ROSAIRE (angle Saint-Hubert et Villeray) Ven., 20 h, Grand Choeur de Montréal, avec orchestre.Dir.Martin Dagenais.Frédérique Vézina, soprano, Noëlla Huet, mezzo-soprano, Hugues Saint-Gelais et Frédéric Antoun, ténors, Marc Belleau, baryton, Yves Saint-Amant, basse.Passion selon saint Jean (Bach).SALLE CLAUDE-POTVIN (Laval) Auj., 20 h, et dim., 14 h, Die Fledermaus (Strauss).Théâtre d'Art lyrique de Laval.OLD BRICK CHURCH (Brome-Ouest) Auj., 20 h, et dim., 15 h, Les Boréades.Variétés GESÙ (1200, Bleury) Auj., 20h, Ensemble Romulo Larréa et Veronica Larc.OLYMPIA Auj., 20h, Daniel Lemire.CASINO DE MONTRÉAL Au Cabaret qui chante.Avec Roger Sylvain, Pierret Beauchamps, Richard Huet, Sylvie Jasmin, Norman Knight, Jenny Rock, Michel Stax et Patricia Pétrie.Du mar.au jeu., 13h30.CASINO DE MONTRÉAL Country 2000, hommage aux grands noms du country, tels que Kenny Rogers, Anne Murray, Willie Nelson, Dolly Parton, Garth Bookds, Shania Twain, Patrick Norman, Renée Martel, Willie Lamothe.Du mer.au dim., 21h.Jusqu'au 7 mai.SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) Auj., 20h, François Massicotte; mar., 20h, String Cheese Incident; mer., 20h, MXPX.CENTRE MOLSON Auj., 20h, Roch Voisine.CABARET (2111, St-Laurent) Dim., 20h, Ligue d'improvisation montréalaise: Noirs Vs Blancs.LE NOUVEAU CLUB SODA (1225, St-Laurent) Mer., 20h, Keys.MEDLEY (1170, St-Denis) Auj., 22h, Juan Miguel; dim., 19h, la Grande Chaîne, Bagg Street Klezmer Band et Pierre Chartrand; lun., 20h, Ligue nationale d'improvisation; mer., 21h, Chris Chown; jeu., 21h, Thomas Chapland avec la participation de Rick Hughes; 22h30, Dawn Tyler; ven., 21h, Boppin Blues Band; 22h30, Paul James.SALON ÉMILE-NELLIGAN (Maison des écrivains, 3492, Laval) Mer., 20h, place aux poètes, avec Hélène Monette et Neli Ivanova.THÉÂTRE DE L'ESQUISSE (1650, Marie-Anne E.) Auj.et dim., 20h, Geneviève Martin.PETIT CAMPUS (57, Prince-Arthur E.) Auj., 20h, Undercovers avec The Datsons et The Frenetics; dim., 19h30, Stand up pour la relève IV, spectacle d'humour; mar., 20h30, Hashimoto Band; ven., 20h30, Jean-François Fortier.CAFÉ CAMPUS (57, Prince-Arthur E.) Lun., 20h30, Shawn Phillips; mer., 21h, Kenny Blues Boss Wayne.LE PIERROT (114, St-Paul E.) Auj., 20h, Dany Pouliot et Serge Lachapelle.LES DEUX PIERROTS (104, St-Paul E.) Auj., 20h, groupe Yelo Molo et Gilbert Lauzon.BALATTOU (4372, St-Laurent) Dim., 21h, Muna Mingole; mar., 21h30, Youssou Seck.KOLA NOTE (5240, av.du Parc) Jeu., 20h, The Cosmic Cocktail Show Band.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Auj., 21h, Rythmes du monde; lun., 20h30, Stephen Barry Band; mer., 21h, John Mc Gale; jeu., 21h, J.D.Slim.L'AIR DU TEMPS (191, St-Paul O.) Auj.et dim., 22h, String Swing; lun., 21h30, Spirale; mer., 21h30, Quartette Greg Amirault.BOÎTE À MARIUS (5885, Papineau) Auj., 22h, Mario Fredette et Richard Lachapelle; mer., 22h, July d'Ann.CAFÉ LUDIK (552, Ste-Catherine E.) Auj., 20h45, Marie Delaval.JAZZONS (300, Ontario E.) Auj., 22h, No Name Quintet; dim., 22h, Skip Bey et Tim Jackson; mer., 22h, Félix Stüssi et Alex Bellegarde; jeu., 22h, Trio Éric St-Jean.LE LAURIER (5141, St-Denis) Auj., 22h, Something Blue.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Auj., 22h, Gaston Breton et Pierre Robichaud; dim., 22h, Nick Payne et Rick Weston.CENTRE DES ARTS SAIDYE BRONFMAN (5170, chemin de la Côte-Ste-Catherine) Auj.et dim., 20h, The Great Houdini, de Melville Shavelson.Musique originale d'Ellan Kunin en collaboration avec Alexandre Ary.Mise en scène de Bryna Wasserman.P'TIT BAR (3451, St-Denis) Auj., 22h, soirée Brassens avec Jean Viau et Alain Legault; dim., 21h, Thierry Fortuit chante Brel; lun., 21h30, Tomas Jensen chante Renaud, Desjardins; mar., 21h30, Raphaël Torr chante Joe Dassin; mer., 21h30, Didier Dumoutier.VERRE BOUTEILLE (2111, Mont-Royal E.) Auj., 22h, Christiane Raby.LE SOFA (451, Rachel E.) Auj., 22h30, Sky Juice.SERGENT RECRUTEUR (4650, St-Laurent) Dim., 19h30, Les Contes de la camisole de force, avec Claudette L'Heureux, Denis Gadoury, André Lemelin, Éric Gauthier, Yves Robitaille et Jean- Marc Massie.JELLO (151, Ontario E.) Auj., Buzz Station; dim., Caroline Harvey: dès 21h.PUB ST-PAUL (124, St-Paul E.) Auj., dès 21h, groupe Goldylocks.LE SWIMMING (3643, St-Laurent) Auj., dès 21h, Aliens.CAFÉ SARAJEVO (2080, Clark) Auj., 22h, les Gitans d'Osman.CABARET DU ST-SULPICE (1680, St-Denis) Auj., 20h, Jérôme Lemay.BRUTOPIA (1219, Crescent) Auj., dès 21h, Johnny Owen.À L'ÉCART (245, St-Jean, Longueuil) Auj., 20h, Claude Semal.CABARET DE L'ARCANE (341, St-Charles O., Longueuil) Jeu., 21h30, Anic Proulx.THÉÂTRE DE LA VILLE (180, de Gentilly E., Longueuil) Auj., ven., 20h, Jesus Christ Superstar, d'Andrew Lloyd Webber, adapt.française d'Édith Myers.Avec Jean-François Poulin.Présentation de Kazida.THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND (225, boul.l'Ange-Gardien, L'Assomption) Auj., 20h, Pierre Légaré.SALLE DU COLLÈGE LIONEL-GROULX (100, Duquet, Ste-Thérèse) Auj., 20h, Jorane Peltier; dim., 20h, Roch Voisine.LE VIEUX CLOCHER DE MAGOG (64, Merry N., Magog) Auj., 20h30, Dan Bigras et Laurence Jalbert.Expositions MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN Expositions Culbutes: oeuvre d'impertinence et Ligne abstraite: série langage plastique .Du mar.au dim., de 11h à 18h; mer., de 18h à 21h.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL (pavillon Jean-Noël Desmarais) Auj.et dim., de 11h à 18h, exposition De Gauguin à Toulouse-Lautrec: l'estampe en France dans les années 1890.Expositions Dallaire, Geneviève Cadieux, Terrain de jeux artistiques.Du mar.au dim., de 11h à 18h.LA GALERIE D'ART (1390, Sherbrooke O.) Exposition Réalité ou Illusion?.Mar., jeu., ven., de 11h à 16h; mer., de 11h à 20h; sam., dim., de midi à 16h.MUSÉE D'ART DE ST-LAURENT (615, av.Ste-Croix) Expositions Trajectoires, la céramique au Québec des années 1930 à nos jours, Cols et manchettes de dentelle, Phantasses et soucoupes, céramiques de Léopold L.Foulem.Du mer.au dim., de midi à 17h.Jusqu'au 30 avril.MUSÉE JUSTE POUR RIRE (2111, St-Laurent) Exposition Les Amuseurs.Jeu., ven., de 9h30 à 15h30; sam., dim., de 10h à 17h.Jusqu'au 30 juin.(pour les enfants de 4 à 10 ans) ARTICULE (4001, Berri, espace 105) Oeuvres de Hrafnhildur Arnardottir, Margret Haraldsdottir Blondal, Hildur Bjarnadottir, Magnus Sigurdarson et Katrin Sigurdardottir.Du mer.au dim., de midi à 17h.Jusqu'au 7 mai.ATELIER CIRCULAIRE (40, Molière, espace 401) Oeuvres de Michelle Lanteigne.Du lun.au ven., de 10h à 16h.Jusqu'au 20 avril.ATELIER ZÉRO ZOO (3615, St-Denis) Exposition Métamorphose Zérozoïste, oeuvres de Zéro Zoo.Du jeu.au lun., de midi à 17h.Jusqu'au 10 juin.BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC (1700, St-Denis) Auj., de 9h à 17h, estampes de Louis-Pierre Bougie.BORDUAS (207, Laurier O.) Cartes géographiques anciennes (1695-1783) et gravures anciennes de W.H.Bartlett.Du lun.au ven., de 9h à 18h; sam., de 10h à 17h.LA CENTRALE (460, Ste-Catherine O., espace 506) Oeuvres d'Aude Moreau et sculptures de Millie Chen.Du mar.au sam., de midi à 17h.Jusqu'au 6 mai.CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE (1920, Baile) Expositions En chantier: les collections du CCA et Vues et points de vue: l'architecture de Borromini dans les photographies d'Edward Burtynsky, et Les lieux de la couleur.Du mar.au ven., de 11h à 18h; jeu., de 11h à 21h; sam., dim., de 11h à 17h.CENTRE COPIE-ART (813, Ontario E.) Oeuvres de Sylvain Lavallée.Du mer.au sam., de midi à 18h.Jusqu'au 10 mai.CENTRE DE CRÉATIVITÉ - LES SALLES DU GESÙ (1200, de Bleury) Exposition Chaises Création.Du lun.au sam., de midi à 18h.Jusqu'au 29 avril.CENTRE DES ARTS ACTUELS SKOL (460, Ste-Catherine O., espace 511) Oeuvres de Clint Griffin, Jennifer Mc Mackon, Kelly Richardson, Brent Roe et Melody Young.Du mar.au sam., de midi à 17h.Jusqu'au 22 avril.CENTRE DES ARTS CONTEMPORAINS DU QUÉBEC À MONTRÉAL (4247, St-Dominique) Oeuvres de Micheline Beauchemin, Carole Gauron, Nathalie Lafortune, Dominique Morel, Vita Plume et Carole Simard-Laflamme.Du mar.au sam., de 11h à 17h.Jusqu'au 28 avril.CENTRE D'HISTOIRE DE MONTRÉAL (335, place d'Youville) Exposition Témoins, chronique d'un non-événement, photographies de Gunther Gamper, Pascal Teste, David Kopytko et Patricia Gonzalez.Du mar.au dim., de 10h à 17h.Jusqu'au 23 avril.CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE (335, de Maisonneuve E.) Raoul Servais - Itinéraire d'un ciné-peintre.Du mar.au dim., de 13h à 18h; entrée libre le mercredi de 18h à 20h30.Jusqu'au 30 avril.GALERIE BERNARD (90, av.Laurier O.) Peintures de Jean Gaudreau.Du mar.au ven., de 11h à 17h; sam., de midi à 17h.Jusqu'au 6 mai.GALERIES D'ARTS CONTEMPORAINS (2165, Crescent) Oeuvres de Riopelle, Borduas, Lemieux, Mousseau, Dumouchel, Fortin, Surrey, Hurtubise, Brandtner, Castelli.GALERIE D'AVIGNON (102, av.Laurier O.) Auj.et dim., oeuvres de Catherine Young Bates.GALERIE DE LA VILLE (12001, de Salaberry) Oeuvres de Dorothy Grostern.Du mar.au ven., de 14h à 17h; sam., dim., de 13h à 16h.Jusqu'au 30 avril.GALERIE DES MÉTIERS D'ART DU QUÉBEC (350, St-Paul E.) Exposition Formes multiples.Tous les jours de 10h à 18h.Jusqu'au 28 mai.GALERIE D'ART D'OUTREMONT (41, av., St-Just) Peintures de Michel Beaucage.Du mar.au ven., de 13h à 18h; sam., dim., de 13h à 16h.Jusqu'au 30 avril.GALERIE DU GAZON-COUTURE (1460, Sherbrooke O.) Sculptures de Jean Brillant.Jusqu'au 29 avril.GALERIE GORA (460, Ste-Catherine O., espace 502) Oeuvres de Marc Tremblay et André Boisvert.Du mar.au sam., de 13h à 18h.Jusqu'au 29 avril.GALERIE KLIMANTIRIS (742, boul.Décarie) Oeuvres de Michel Coatanroch, Jean-Guy Desrosiers, Manon Otis et Nori Peter.GALERIE D'ART YVES LAROCHE (4, St-Paul E.) Oeuvres de Johanne Cullen, André Leblanc et Janusz Migacz.Jusqu'à lundi.GALERIE ELENA LEE - VERRE D'ART (1428, Sherbrooke O.) Oeuvres de Daniel Crichton.Du mar.au ven., de 11h à 18h; sam., de 11h à 17h.Jusqu'au 25 avril.GALERIE LES MODERNES (460, Ste-Catherine O., espace 305) Oeuvres de Laylah Ali.Du mer.au ven., de 10h à 18h; sam., dim., de midi à 17h.Jusqu'au 30 avril.GALERIE MAZARINE (1448, Sherbrooke O.) Gravures anciennes de John Fitch, Miss Drke et E.de Puydt.Du mar.au ven., de 11h à 18h; sam., de 10h à 17h.GALERIE MICHEL-ANGE (430, Bonsecours) Oeuvres d'Alexis Arts, Jean-Pierre Lafrance et Nicole Payette.Du mar.au dim., de 11h à 17h.GALERIE MISTRAL (372, Ste-Catherine O., espace 424) Expositions Mont Royal - un monde à part, photographies de Linda Rutenberg, et Dans les profondeurs de la ville: les ravins de Toronto, photographies de Steven Evans.Du mer.au sam., de midi à 18h.Jusqu'au 3 juin.GALERIE MONARO (34, St-Paul O.) Oeuvres de Monique Harvey, Pierre Patry, Janusz Migacz et Manon Otis.GALERIE NEXUS (1350, av.Greene) Peintures de Esauht Hernandez Solano, Juan Murrieta, Nolasco Martinez, Juan Jose Camacho, Richard Leon Garcia, Enrique Nunez.Sculptures de Chucho et de Juan Estrada.Du lun.au sam., de 10 h à 18h.GALERIE PORT-MAURICE (8420, boul.Lacordaire) Exposition La peinture tingatinga.Jusqu'au 30 avril.GALERIE SAINT-DIZIER (20, St-Paul) Auj., oeuvres de Lise Balcer, Diane Desmarais et Claude St-Jacques.GALERIE SCHORER (5686, av.Monkland) Oeuvres de Betty Galbraith Cornell et Micheline Landry.Jusqu'au 18 avril.GALERIE SEAGRAM'S (453, St-François-Xavier) Oeuvres de Juan Aquino.Jusqu'au 14 mai.GALERIE TREMBLAY-MONET (460, Ste-Catherine O., espace 300) Oeuvres de Steven Spazuk.Du mer.au sam., de 13h à 17h.Jusqu'au 29 avril.GALERIE TROIS POINTS (372, Ste-Catherine O., espace 520) Oeuvres de Suzy Lake.Du mer.au ven., de midi à 18h; sam., de midi à 17h.Jusqu'au 22 avril.GALERIE DE L'UQAM (1400, Berri) Exposition Printemps Plein temps 2000.Tous les jours de midi à 18h.Jusqu'au 30 avril.GALERIE JEAN-PIERRE VALENTIN (1490, Sherbrooke O.) LIthographies et oeuvres sur papier de Jean-Paul Riopelle.Du mar.au ven., de 10h à 17h30; sam., de 10h à 17h.Jusqu'au 29 avril.GALERIE VERMEILLE (4464, Ste-Catherine O.0 Oeuvres de John Vandenengel.Jusqu'au 22 avril.GALERIE VOX (460, Ste-Catherine O., espace 320) Exposition Les Interstices, oeuvres de Suzanne Grégoire et Lynn St-Germain.Du mar.au sam., de midi à 17h.Jusqu'au 30 avril.GALERIE ZEKE (3955, St-Laurent) Installation de Patricia Reed.Jusqu'au 7 mai.HAN ART CONTEMPORAIN (460, Ste-Catherine O., espace 409) Peintures de Leng Heng.Du mar.au dim., de midi à 18h.Jusqu'au 7 mai.OBORO (4001, Berri, espace 301) Oeuvres de France Choinière.Du mer.au dim., de midi à 17h.Jusqu'au 30 avril.OPTICA (372, Ste-Catherine O., espace 508) Oeuvres de David Blatherwick et Alexandre David.Du mar.au sam., de midi à 17h.Jusqu'au 20 mai.USINE C (1345, av.Lalonde) Auj., peintures d'Alain Bouchard.- Dès mar., oeuvres d'Yves Boucher.Du mar.au sam., de midi à 18h. 6LP1801D0415 D18 sam.(Arts) 6LP1801D0415 ZALLCALL 67 00:45:48 04/15/00 B D 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Un cuisinier chez lui Chocolat et chocolats Souvent, on appelle chocolat ce qui n'en est pas.Habitués dès la petite enfance à toutes les barres qui n'en sont que des ersatz, adeptes des tasses de chocolat chaud qui n'ont de ressemblance avec cette boisson que le nom dont on le coiffe, comment pouvons-nous distinguer le vrai du faux ?Pâques qui arrive ne fait rien pour corriger l'erreur.Les poules, les oeufs et les lapins, enrubannés et bien enveloppés, tentent la clientèle depuis déjà longtemps.Il ne s'agit pas de résister à l'envie d'offrir des chocolats à Pâques.Il s'agit de choisir.Le chocolat n'est pas un produit simple.Le « fait à la main » n'est pas une garantie de qualité dans la fabrication du chocolat.Tout dépend du chocolat que l'on a façonné, à la main ou autrement.Et, pour ce chocolat de base, bien des qualités sont offertes, que l'on choisisse le chocolat noir ou le chocolat au lait.Le chocolat est fabriqué à partir des graines produites par un arbre qui pousse sous les climats tropicaux, le cacoyer.Comme pour toutes les espèces, il n'existe pas une, mais plusieurs variétés de cacaoyers.Tous ne poussent pas, non plus, dans les mêmes endroits.Si bien que les différences de crus jouent là comme elles jouent, d'une certaine manière, pour la vigne.D'autant plus que, pour le chocolat comme pour le vin, on peut faire des assemblages.De ces graines, on extrait des fèves qui sont séchées, fermentées, broyées, etc.À la fin, on obtient une pâte dont on extrait, d'une part, le gras, le beurre de cacao et, d'autre part, le cacao.À cette étape, le cacao est immangeable, terriblement amer.Pour en faire du chocolat, on le travaille avec du sucre et du beurre de cacao.Idéalement.Car tous les chocolats ne sont pas obtenus de cette façon.On remplace souvent le beurre de cacao par d'autres gras, on ajoute d'autres ingrédients, etc.Une législation européenne protégeait, d'une certaine façon, l'appellation chocolat.Elle vient d'être modifiée.L'Union européenne vient d'autoriser l'emploi d'un pourcentage de matières grasses, autre que le beurre de cacao, dans la fabrication du vrai chocolat.Ce qui veut dire que, maintenant, on devra lire les étiquettes des tablettes suisses, françaises, belges que l'on achetait les yeux fermés.Certaines maisons resteront fidèles et n'utiliseront que du beurre de cacao.Certains chocolatiers ne prendront pas de raccourci.Comme dans d'autres cas, on devra se fier à certaines marques ou aux chocolatiers artisans de réputation.Avec des chocolats, on pourrait offrir, pour Pâques, des livres sur le chocolat ! La Passion du chocolat (Flammarion), écrit par Maurice Bernachon et La Maison du chocolat (Robert Laffont), écrit par Robert Linxe, sont deux ouvrages signés par des chocolatiers de renom.Le Chocolat, une passion dévorante (Robert Laffont) et La Magie du chocolat (Albin Michel) sont deux beaux ouvrages offrant recettes et illustrations.Le Bon Chocolat (Archimède) est un tout petit livre destiné aux enfants.GASTRONOTES Françoise Kayler RESTAURANTS Françoise Kayler La face cachée d'un restaurant, c'est souvent la cuisine.Chez Christian Dommange elle est ouverte sur l'entrée, blanche, lumineuse, avec juste ce qu'il faut d'espace pour qu'une personne y travaille.C'est le premier contact que l'on a.C'est une bonne mise en appétit.Cette disposition des lieux crée une atmosphère particulière, donnant au cuisinier le loisir de prendre contact avec sa clientèle.Il est chez lui.Et l'on sent qu'il aime être chez lui.Le restaurant n'est pas grand et ne cherche pas à faire illusion.Installé dans une maison typique du quartier qui a gardé sa silhouette et ses fenêtres, ses anciennes cloisons ont été abattues, les murs porteurs et les arches des anciennes portes ont été conservés.L'atmosphère est légèrement surannée.On ne baigne plus les salles à manger dans cette sorte de pénombre.Cela a son charme.Le choix des couleurs referme l'espace, les nappes donnent du ton.L'ensemble a un petit air vieillot et confortable.Dommange propose une série de tables d'hôte complètes, du midi et du soir, composées pour deux, ou pour jouer la séquence gastronomique.En principe, on ne change pas l'ordre des propositions, mais un cuisinier a toujours le choix de faire plaisir.Quelques entrées sont offertes à la carte.Un dessert l'est aussi : la tarte Tatin.Une Tatin rarement servie ainsi puisqu'il faut la commander en début de repas.Faite pour deux, ou pour quatre, elle arrivera brûlante dans l'assiette, entourée d'une bonne crème anglaise, ses pommes fondantes et bien caramélisées couchées (ou renversées) sur une pâte feuilletée friable et légère.Présenté dans une immense assiette en forme de coquille, le filet de doré avait la fraîcheur des poissons que l'on sort de l'eau.Cuit à peine, il avait cette petite saveur particulière de chair qui fait sa réputation.Courte, légère en crème et bien parfumée, une sauce l'accompagnait.Et accompagnait aussi une garniture de beaux légumes, d'un choix parfait et d'une cuisson impeccable.Le sanglier, servi lui aussi dans une grande assiette, était entouré d'une garniture presque identique.Nappée d'une sauce qui lui allait comme un gant, traitée en gibier avec bière et baies de genièvre, la viande avait plus de caractère que celle du porc.La salade de Christian Dommange intrigue.Le secret de sa vinaigrette reste entier.Comme quoi même les choses les plus simples ont leur importance.Le potage Crécy servi ce soir-là redonnait ses lettres de noblesse à la carotte.Les cuisiniers n'accordent souvent que trop peu d'importance au vin.Les restaurateurs suivent un peu mieux l'évolution en composant des cartes plus vivantes et en offrant un service de vin au verre.Un cuisinierrestaurateur met toutes les chances de son côté s'il a des notions de sommellerie.La qualité de la cuisine de Christian Dommange mériterait que l'on puisse l'accompagner plus justement.CHRISTIAN DOMMANGE RESTAURATEUR 1283, boul.de Maisonneuve Est 514 522-7001 Potage Crécy Salade Filet de doré Sanglier à la bière Tarte Tatin Café Menu pour deux, avant vin, taxes et service : 48 $ (table d'hôte de 17,95 $ à 22 $) Brunch musical de Pâques à l'italienne 15,95$ adulte 8,95$ enfant Fondé en 1968 FINE CUISINE ITALIENNE FRUITS DE MER I PIZZA FOUR À BOIS 3132, rue Sherbrooke Est Montr al (514) 527-8313 (514) 521-0194 3872, boul.Saint-Charles, Pierrefonds R servations: (514) 620-4444 Réservez-tôt.Super brunch de Pâques.1695$ 6LP1901D0415 D19 sam.(Arts) 6LP1901D0415 ZALLCALL 67 00:46:10 04/15/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 D 19 Les vins à boire, les vins à attendre.Il y a des années, bénies des dieux, où à peu près tous les vignobles sur terre produisent des vins de qualité, comme ce fut le cas, à quelques exceptions près, en 1995 et 1990.Une autre année relativement récente \u2014 1985 \u2014 fut également très réussie à peu près partout, comme si le climat mondial tendait, parfois, à s'uniformiser.Cependant, la réussite semble loin d'avoir été aussi générale en 1998, qui fut une année pluvieuse à plusieurs endroits (à Bordeaux et à Chablis, entre autres) et qui est donc un millésime en dents de scie, nettement plus contrasté.Certaines régions viticoles, néanmoins, ont produit des vins jugés exceptionnels, et ce sont ceux-là, naturellement, qui suscitent déjà le plus d'intérêt.Pour la France, les deux régions à avoir pris en 1998 la tête du convoi (si on peut dire !) sont le Languedoc- Roussillon, et puis la vallée du Rhône, mais tout particulièrement sa partie méridionale, au sud, pour laquelle 1998 est un millésime de très grande qualité, et même exceptionnel, juge-t-on.Cette partie réunit entre autres les appellations Châteauneuf-du- Pape, Gigondas, Vacqueyras, Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages, dont il faudra sans faute goûter les vins.(Très peu ont été commercialisés jusqu'ici sur notre marché, où on trouve en ce moment surtout des 96 et des 97 de ces appellations.) Pour le Languedoc-Roussillon, la réussite est de niveau similaire, et, dans ce cas également, le millésime est considéré comme exceptionnel.Déjà, toutefois, on trouve bon nombre de vins de cette région sur notre marché (d'appellations telles que Coteaux du Languedoc, Corbières, Costières de Nîmes, Minervois, Saint-Chinian, etc.), qui confirment qu'il s'agit bel et bien d'un grand millésime.Car les vins ont beaucoup de chair, d'éclat au nez et en bouche, avec, pour les meilleurs vins rouges, des tannins à la fois consistants et veloutés, irrésistibles.Après le millésime de très grande qualité, et même encore là exceptionnel, que fut 1997 pour le Piémont (Barolo, Barbaresco, Barbera d'Alba, etc.) et la Toscane (Brunello di Montalcino, Chianti classico, etc.), ces deux régions réputées d'Italie, sans avoir enregistré un succès équivalent en 1998, ont toutefois très bien tiré leur épingle du jeu dans ce millésime, dit-on.Voici donc, comme tous les ans, le tableau annuel des millésimes que publie La Presse.Chose à noter : 1984, qui a été une année très moyenne pour tous les vignobles de la planète (sauf pour la Californie), n'y figure plus, ce qui permet d'y laisser 1982, qui a été globalement beaucoup plus réussie.Enfin, il faut rappeler que toutes ces indications sur les millésimes et l'état actuel des vins sont d'ordre très général et concernent avant tout les meilleurs vins.Exemple, les 83 de la vallée du Rhône, notés ici 18C (excellents, et prêts à boire), alors que nombre de vins de qualité moyenne, eux, sont sans doute sur leur déclin.Et puis, le millésime n'est pas tout.Car il arrive que de bons viticulteurs fassent de très bons vins dans des millésimes moyens.Et, à l'inverse, que certains les ratent des années où la plupart les réussissent.Alsace.Cette région a produit une quantité record de vin en 98, soit en moyenne 87 hectolitres (8700 litres) à l'hectare, ce qui est considérable.De sorte que « le problème de l'appellation contrôlée est clairement posé \u2014 elle n'a plus aucun sens en Alsace », écrivait à ce propos l'été dernier le magazine la Revue du vin de France, qui est la plus réputée des publications françaises sur le vin.Autre problème : de plus en plus de vins d'Alsace, traditionnellement secs, sont maintenant plus ou moins sucrés, sans que le consommateur en soit informé par l'étiquette.Bordeaux.Malgré des pluies abondantes à l'automne, 98, sans atteindre les sommets, est jugé nettement supérieur à 97.Tous les vins de millésimes plus vieux que 88 sont à boire.L'exception : 86, dont les meilleurs vins, particulièrement ceux du Médoc (Pauillac, Saint-Julien, etc.) sont encore très jeunes.Bourgogne.La Bourgogne a elle aussi reçu beaucoup de pluie à l'automne 98.Ses vins rouges, estime- t-on, sont néanmoins de bonne qualité.Et, règle générale, davantage en Côtes de Nuits (elle va de Fixin et Gevrey-Chambertin à Nuits Saint-Georges) qu'en Côte de Beaune.Californie.On range 98, du moins pour les vins de Cabernet Sauvignon, comme l'un des moins bons millésimes des dix dernières années, sans que ce soit une mauvaise année.Néanmoins, c'est souvent dans les petites années que ce vignoble produit ses vins les plus élégants, a déjà écrit un grand connaisseur des vins de Californie, Bob Thompson, auteur du Pocket Encyclopedia of California Wines.(Regoûté pas plus tard qu'il y a une semaine, le Merlot 89 Napa Valley Three Palms Vineyards Duckhorn, d'un millésime noté 16, comme d'ailleurs 98, était ainsi de toute beauté, et d'une impeccable fraîcheur.) Loire.C'est une région à découvrir, entre autres à cause de la folle augmentation des prix des bordeaux.Toutefois, et après trois très bons millésimes, 98 est un millésime très moyen pour cette région, où il a beaucoup plu cette année-là.Mais il faut retenir que la Loire est très diversifiée.Et qu'une seule note (14B pour 98) dit bien peu de choses à son sujet, puisqu'elle produit une large gamme de vins : rouges secs, blancs secs, blancs demi- secs, blancs doux et mousseux.Portos.Bon nombre de portos millésimés, ou vintages, du très bon millésime qu'est 97, coûtent beaucoup plus cher \u2014 parfois presque le double \u2014 que les 95, 91, 94 et 92.Or, il reste des vins de tous ces millésimes sur le marché du Québec.Quelques vins Très supérieur en 98 à ce qu'on pouvait s'attendre de son statut officiel, le Vin de pays des Cévennes Domaine de Gournier, élaboré surtout avec du Merlot, vient de réapparaître, cette fois dans le millésime 99.Il n'a ni la concentration, ni l'ampleur du 98, mais reste tout à fait délicieux dans ce millésime.Bien coloré, son bouquet est peu intense, quoique pourvu d'un beau fruité, et légèrement floral, avec une bouche moyennement corsée, un bon goût de fruits, des tannins tendres.Et le prix reste bien doux.Dans les succursales ordinaires (SO), 9,75 $, HH $ 1-2 ans.Assez délicat dans ce millésime, très légèrement sucré (mais sans exagération), typé Riesling, peu corsé et avec toute l'acidité voulue, le Riesling 97 Hugel reste, comme toujours, fidèle à lui-même.Et compte, à son habitude, parmi les valeurs sûres d'Alsace, à prix raisonnable.SO, 16,95 $, HH(H) $$ 3-4 ans.Autre valeur sûre, cette fois du Bordelais, et d'une rare élégance dans ce millésime pour un vin d'appellation Bordeaux supérieur : le Domaine de l'île Margaux 98, d'un pourpre épiscopal superbe, au beau bouquet de fruits rouges, relevé de notes boisées savamment dosées, un peu plus que moyennement corsé, aux tannins fermes mais sans dureté.Et \u2014 surtout \u2014 aux belles saveurs pures.SO, 19,95 $, HHH $$ 3-4 ans.DU VIN Jacques Benoit Fine cuisine française Table d'hôte le midi et menu gastronomique 5 services tous les soirs Salon disponible pour parties 410, place Jacques-Cartier I (514) 866-3471 Dimanche 23 avril de 10 h à 15 h Brunch de Pâques Rôti d'agneau, rôti de boeuf au jus, poulet, pâtes, déjeuner complet, fruits de mer, fromages, salades, fruits, délicieux desserts.et plus! 1695$ Venez en famille Chocolat pour les enfants (Enfants moins de 10 ans 7 95 $) Réservations: (514) 866-3175 39, rue St-Paul Est, Vieux-Montréal AU VIEUX-PORT par personne Stationnement gratuit en arrière 6LP2009D0415 D20 sam.(Arts) 6LP2009D0415 ZALLCALL 67 15:49:33 04/16/00 B D 20 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 AVRIL 2000 Musique Jean Derome s'expose ALAIN BRUNET Pendant l'heure qui suit, ses flûtes, son sax alto et ses instruments miniatures sont au repos.Faisant face à son Grand Ensemble Canot-Camping, le petit homme suggère à ses collègues de transformer le plateau en insectarium.Mais si ! Les archets se mettent à frotter les cordes en évoquant un vol de bibitte, les instruments à vent bourdonnent à leur tour, les tables tournantes grésillent, ça butine sur les cymbales.Un peu plus tard, les évocations de moustiques feront place à la pluie.Calmement, Jean Derome distribue des métronomes, et voici la consigne ; l'accelerando des petites machines à beat produira l'effet d'une.averse ! Nous n'assistons plus à une répétition publique au Théâtre La Chapelle, nous pagayons sur une rivière du Bouclier canadien.Caprice d'avant-gardiste, tout ça ?Détrompez-vous, Jean Derome n'est pas que bruitiste, ce mouvement qui magnifie les sons ambiants, qui les organise, en prétendant qu'ils peuvent aussi générer une musique authentique.Ces sons de gugusses ne sont que les matériaux d'un langage orchestral riche et multiforme, un des innombrables volets de cette Exposition de musique de Jean Derome qui se tient jusqu'au 22 avril.Depuis les années 70, l'artiste maintient le cap.Pour qui s'intéresse un tant soit peu à la musique contemporaine créée en marge des institutions, Jean Derome a été la bougie d'allumage de tant de projets ; Nébu, la Grande Urkestre de Montréal, Jonas, les Granules, une quinzaine d'albums sur le label Ambiances Magnétiques (dont il est l'un des fondateurs), de nombreuses collaborations en tant qu'instrumentiste ou arrangeur.Deux semaines de résidence au Théâtre La Chapelle, c'est-à-dire 14 projets musicaux, 17 répétitions publiques, deux ateliers et huit concerts « achevés », ne peuvent résumer l'univers de Jean Derome.Ces derniers mois, l'artiste montréalais a composé pas moins de cinq musiques de film, il devra bientôt livrer une oeuvre qu'interpréteront les 40 musiciens de l'orchestre symphonique de Radio-Canada (établi à Vancouver) et son Grand Ensemble Canot-Camping se produira au festival de Victo le 22 mai.C'est dire.Si peu de créateurs sont en mesure de mobiliser un lieu public et faire en sorte que leur musique se décline en autant de variantes.Jean Derome le peut.Chef de file dans cette zone hybride nommée musique actuelle, Jean Derome doit être considéré comme un de nos meilleurs compositeurs « sérieux », toutes catégories confondues.Comme son vieux complice René Lussier, Jean Derome ne jouit peutêtre pas de la reconnaissance institutionnelle d'un Walter Boudreau ou d'une Lorraine Vaillancourt, son travail n'en demeure pas moins considérable.Et de même envergure.« L'idée de départ, confie le musicien, c'était de passer un mois au Théâtre La Chapelle.C'est déjà beau qu'on puisse faire deux semaines.Cette expérience se veut aussi une étude de faisabilité ; on s'acharne à développer des concepts orchestraux qui ne sont joués que deux ou trois fois.Tant de troupes de théâtre ou de danse ont leurs petits théâtres où ils présentent leurs productions.Pourquoi pas nous ?« Avec les petits moyens qu'on a (une bourse de 15 000 $ pour deux semaines de concerts et un même montant injecté par le Théâtre La Chapelle), on réalise des choses incroyables.Ça prend tout un sens de l'organisation », clame-t-il fièrement.Jean Derome est un homme droit, fidèle aux principes qui l'animent depuis les débuts de sa carrière.« Ma musique, c'est comme un jardin botanique ; on y trouve de vieux arbres, des fleurs, des bourgeons, de jeunes pousses.Serge accordéoniste (présenté ce soir), je l'avais d'abord monté en 1985, ça avait été à l'origine de mon travail dans les Granules.Évidemment, je ne peux relater toutes mes expériences marquantes au cours de ces deux semaines.Il y a des musiciens très importants pour moi qui ne sont pas là.René Lussier, par exemple, est en sabbatique.de moi », laisse-t-il tomber en riant.Jean Derome n'aime pas faire de distinction entre jeu et composition.Entre improvisation et partition écrite.Entre jazz, musique contemporaine, bruitisme, folklore ou variété.« La musique, soulève-t-il, est une carte géographique.Je pars du point de vue que chaque région mérite d'être visitée, que tous les styles ont quelque chose d'important.Que des artistes qui passent leur vie à parfaire un style ne le font pas pour rien.Qu'un orchestre mexicain développe quelque chose d'unique.Qu'il n'existe donc pas de hiérarchie des genres.» Ce maître de l'éclectisme sonore fut pourtant associé au jazz.« Le jazz est fondamental dans mon travail, mais je ne suis pas jazzman.Lorsque j'avais lu dans un magazine spécialisé, dans les années 70, que j'étais en voie de devenir un superb canadian flutist, je me suis dit non ! Je ne veux pas remplacer Moe Koffman (rires).Je veux avancer.» Puissant malaxeur de styles, le musicien se défend bien de faire dans le collage.« Mélanger des genres, dit-il, comporte quelque chose de plus profond.J'essaie ainsi d'évoquer chaque style avec le plus de spontanéité et de créativité possible.J'apporte un maximum de soins au contrepoint, à l'harmonie, au moindre bruit.Rien n'est garroché.» Ellington, Mingus et Monk ont profondément marqué Jean Derome.De ces géants, il a appris que la musique d'un orchestre repose non seulement sur celui qui en imagine les formes, mais sur celles et ceux qui les interprètent, qui les étoffent de leurs personnalités.Cette communauté authentique est formée, entre autres, de Pierre Cartier, Pierre Tanguay, Joane Hétu (sa compagne), Diane Labrosse, Martin Tétreault et Tom Walsh.« Au cours des 10 ou 15 années passées avec eux, il s'est développé quelque chose de très fort.Je sais ce qu'ils peuvent me donner, je sais aussi leurs limites.Quelques signes suffisent pour leur expliquer ce que je veux.C'est pourquoi je ne crois pas que les musiciens sont interchangeables.C'est pourquoi Jean Derome est irremplaçable.UNE EXPOSITION DE MUSIQUE, jusqu'au 22 avril, au Théâtre La Chapelle.Info : 514 843-7738.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse Pilier de notre musique actuelle, Jean Derome est en résidence, depuis mardi, au Théâtre La Chapelle.Au programme : 14 projets musicaux, 17 répétitions publiques, deux ateliers et huit concerts « achevés »."]
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