La presse, 19 mars 2000, Cahier A
[" 7DA0101A0319 A1 DIMANCHE 7DA0101A0319 ZALLCALL 67 00:54:59 03/19/00 B 1 3 4 6 www.lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 19 mars 2000 60 ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, RÉGION HULL-OTTAWA 70 ¢ / FLORIDE 1,75 $ U.S.1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 Venez réserver votre TT ROADSTER, dès maintenant! www.lauzon.qc.ca 116e année No 148 56 pages, 4 cahiers Un gourou «Jeanne n'est pas coupable» incendie son église: 235 morts Son amour pour les enfants fait l'unanimité d'après AP et AFP KAMPALA, Ouganda Au moins 235 adeptes d'une secte apocalyptique ougandaise ont péri dans l'incendie de leur église où leur gourou, Joseph Kibweteere, les avait attirés, a annoncé la police ougandaise hier.Selon la BBC, il les aurait convaincus de s'immoler par le feu afin de rejoindre le paradis.Il s'agit apparemment d'un suicide ou d'un massacre collectif, a expliqué Asouman Mougenyi, porte- parole de la police ougandaise.D'après un autre responsable de la police qui a requis l'anonymat, le chef du Mouvement de rétablissement des dix commandements de Dieu, une secte forte de 240 membres persuadée de la disparition imminente du monde, à la fin de l'an 2000, avait attiré vendredi ses fidèles dans une église de Kanungu, 350 km au sud-ouest de Kampala, avant que l'édifice ne s'embrase.Asouman Mougenyi a de son côté parlé de la date de jeudi.« Nous ne savons pas encore combien de personnes sont mortes exactement ni qui elles sont, car les nombreux corps carbonisés à l'intérieur de l'église forment une masse compacte », a précisé l'inspecteur en chef John Kisembo, depuis Rukingiri.Il a également indiqué que l'on ignorait si le chef de la secte figurait parmi les victimes ou s'il avait pu s'échapper avant que ses adeptes ne s'immolent par le feu.La police a dépêché une équipe d'enquêteurs dans cette zone proche de la frontière avec la République démocratique du Congo ( RDC ) et du parc national de Bwindi.Une équipe de médecins se rendra également dans la région au cours des prochains jours pour examiner les restes humains calcinés, a indiqué M.Kisembo.Voir UN GOUROU en A2 ANDRÉ DUCHESNE NICOLET « On va essayer de trouver des coupables et Jeanne ne l'est pas.Elle est dans notre coeur et elle sera toujours une grande amie.» Propriétaire du restaurant Nimaluge de Nicolet, Line Boucher vit avec douleur la tragédie du chemin du Port où sept bambins de 2 à 5 ans ont trouvé la mort, jeudi matin.C'est que Jeanne Auger, la conductrice de la minifourgonnette dans laquelle se trouvaient dix enfants, est une amie de longue date et a travaillé à son restaurant durant une dizaine d'années.Toujours hospitalisée à Trois-Rivières, la conductrice et propriétaire de la garderie Mon autre maison de Saint-Jean-Baptiste a perdu un de ses fils, Samuel, 5 ans, dans la tragédie.Voir SON AMOUR en A2 n Autres textes, page A3 PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Des bouquets et des mots de sympathie marquent les lieux de l'accident qui a causé la mort de sept enfants, à Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet, jeudi.Une petite fille a laissé un message à son ami, Samuel.Âgé de 5 ans, Samuel Auger-Chauvette était le fils de Jeanne Auger, propriétaire de la garderie Mon autre maison et conductrice de la minifourgonnette impliquée dans la collision.La jeune femme de 31 ans est toujours hospitalisée.Jean Chrétien l'aimé, Paul Martin l'adoré GILLES TOUPIN et VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA Les libéraux fédéraux aiment bien Jean Chrétien, mais, de toute évidence, ils adorent Paul Martin et ne désespèrent pas de le voir bientôt à leur tête.Le ministre des Finances a littéralement volé la vedette hier lors de la traditionnelle séance de questions et de réponses entre les délégués, le premier ministre et les membres du cabinet réunis.À la suite des deux questions qui lui ont été adressées, M.Martin a reçu des ovations monstres de l'assistance, lançant certes un message on ne peut plus clair à un Jean Chrétien qui a même laissé échapper un mouvement d'impatience, lorsque Paul Martin a été interrogé sur le taux d'imposition unique défendu par l'Alliance canadienne.« J'ai déjà répondu à cette question hier soir », a lancé Jean Chrétien avant de passer le microphone à Paul Martin qui s'est lancé dans une grande envolée contre les coupes d'impôt d'un Mike Harris.« On ne réduit pas les impôts, a-t-il crié, avec de l'argent emprunté! C'est mal.Mike Harris a tort! » La foule de près de 3000 personnes s'est levée d'un bond pour acclamer dans un tonnerre de cris et d'applaudissements le ministre des Finances.Encore une fois, hier, la question du leadership était dans l'air, perçant à travers les questions des délégués et dans leurs réactions, malgré l'aisance avec laquelle le premier ministre a mené la rencontre.En point de presse, Paul Martin a, pour la première fois, déclaré qu'il aimerait un jour devenir premier ministre tout en insistant sur l'importance qu'il attachait en politique à la loyauté.« Ce que nous débattons ici, a-til dit, c'est la question de savoir où nous allons en tant que parti, où va ce pays.Ces questions se posent.Écoutez, je ne crois pas que ce soit un secret d'État que je me suis présenté à la course au leadership en 1990, ce n'est pas un secret d'État si l'occasion se représente que je reconsidérerai la chose.Mais une des grandes forces du Parti libéral, ça a toujours été sa loyauté, sa loyauté envers ses chefs.Et chaque personne présente dans cette salle ( du congrès ) comprend que notre force réside dans notre capacité de travailler en équipe.» Bon nombre de délégués présents au congrès biennal de leur parti croient toutefois que l'équipe serait mieux dirigée par Paul Martin et ils ne se gênent pas pour le dire ouvertement.Voir JEAN CHRÉTIEN en A2 n Autres textes, page A7 Les assistés clairvoyants RICHARD HÉTU collaboration spéciale Andrea Pink est la Jojo Savard de New York.Associée au Psychic Network, elle emploie des dizaines de clairvoyants qui dévoilent leurs prédictions à 4,99 $ la minute sur une ligne 800.Récemment, ses méthodes de recrutement ont mis le maire Rudolph Giuliani dans l'embarras.Sauf votre respect, la question de l'aide sociale n'a jamais été aussi désopilante.L'an dernier, Andrea Pink a frappé à la porte du Business Link, un organisme créé par l'hôtel de ville pour faire le pont entre l'entreprise privée et les assistés sociaux.À l'époque, plus de 150 compagnies, dont Bell Atlantic, Madison Square Garden et United Airlines, avaient réussi à recruter des employés en cognant à la même adresse.Avec l'aval de Business Link, Andrea Pink a donc lancé une campagne de recrutement chez les assistés sociaux de New York.Côté qualifications, elle n'était pas très exigeante.Pour travailler au Psychic Network, il suffisait d'avoir un diplôme d'études secondaires, une « personnalité compatissante », et savoir « lire, écrire et parler l'anglais ».Le salaire minimum : 10 $ de l'heure, sans compter les primes au rendement.Les assistés sociaux pouvaient trouver ces renseignements dans des dépliants distribués par le Business Link.Vous vous demandez: mais comment un organisme municipal peut-il se prêter à pareille arnaque?Tout s'explique peut-être par un discours prononcé par le maire Giuliani en juillet 1998.Comme s'il jouissait lui-même du don de clairvoyance, Rudy avait déclaré, sur un ton solennel: « En l'an 2000, New York sera la première ville du pays à mettre fin, par ses propres moyens, à l'aide sociale.» En vertu du plan Giuliani, tous les assistés aptes au travail à New York allaient être employés ou en formation dans le nouveau millénaire.Comme le défi était pour le moins ambitieux, les fonctionnaires du Business Link ne crurent peut-être pas pouvoir lever le nez sur les emplois du Psychic Network.Toujours est-il qu'Andrea Pink commença à former et à embaucher des assistés sociaux en avril 1999.Elle les initia au tarot.Et elle leur apprit à rester en ligne le plus longtemps possible avec les clients du Psychic Network.« Le truc est d'établir un contact avec votre interlocuteur et de gagner sa confiance », enseignait Andrea Pink aux assistés sociaux, selon des documents rendus publics par le New York Daily News la semaine dernière.« Parlez comme si vous vous adressiez à un vieil ami », ajoutait Pink.« Rappelez-vous toujours de poser beaucoup de questions.N'interrompez jamais votre interlocuteur.Laissez-le parler.Votre travail est d'aider les gens et d'accumuler les minutes.» À la fin de janvier, le Psychic Network employait 15 assistés sociaux, pour la plupart des mères attirées par la possibilité de gagner de l'argent en restant à la maison.Voir LES ASSISTÉS en A2 NEW YORK La Presse Les horlogers de l'âme.La chronobiologie est la science des rythmes biologiques, notamment les rythmes circadiens, ce cycle de 24 heures auquel obéissent plusieurs paramètres physiologiques et comportementaux, dont l'organisation du sommeil.L'hôpital Douglas étudie ces rythmes qui peuvent permettre de comprendre ( et peut-être traiter ) les maladies mentales.À lire en page A6 INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7 à C9 - marchandises C9 - emplois C9 et C10 - automobile C10 et C11 - affaires Alimentation C12 Arts et spectacles B6 à B11 - horaire spectacles B10 - horaire télévision B6 Bandes dessinées C8 Bridge A14 Consommation C6 Décès C11 Êtes-vous observateur?C7 Feuilleton C9 Génies en herbe B11 Horoscope C10 Loteries A2 et A5 Monde A10 à A14 Mots croisés B11 et C7 Mot mystère C9 Multimédia B10 Politique A4 et A7 Tabloïd Sports - Réjean Tremblay S5 Têtes d'affiche A15 SCIENCES Gare aux volcans qui dorment! page B12 MÉTÉO Passages nuageux Max.4, min.-4 cahier Sports page 16 7LP0202A0319 A2 DIMANCHE 7LP0201A0319 ZALLCALL 67 00:55:13 03/19/00 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Son amour pour les enfants fait l'unanimité SON AMOUR / Suite de la page A1 Elle ne se dirigeait pas vers une cabane à sucre de Saint-Wenceslas au moment de l'impact, mais plutôt au centre commercial situé à proximité.Là, un autobus devait prendre des enfants de plusieurs garderies pour les conduire à la cabane, a par ailleurs appris La Presse.Pour Line Boucher, comme pour toute la communauté nicoletaine d'ailleurs, il est hors de question de pointer un doigt accusateur vers Mme Auger ou de poser des questions quant au nombre d'enfants à bord.Au-delà même de la compassion, c'est avant tout l'amour de cette femme de 31 ans pour les enfants qui fait l'unanimité dans la population.« Je lui confierais mes enfants demain matin », a confié un homme connaissant Mme Auger et requérant l'anonymat.La garderie, un rêve Avoir une garderie était un rêve que mûrissait depuis longtemps Jeanne Auger lorsqu'elle a finalement ouvert son établissement, il y a environ deux ans.« Elle était enceinte de son deuxième enfant ( Zachary ) lorsqu'elle a quitté le restaurant, raconte Line Boucher.Elle m'a dit qu'avec un deuxième enfant, il en coûtait trop cher de les faire garder.Elle s'est dit qu'il valait mieux ouvrir sa propre garderie.Je pense qu'elle voulait partir ça depuis longtemps.» Les résultats ne se sont pas fait attendre.« Elle a ouvert ses portes et pouf! ça s'est rempli tout de suite, ajoute Line Boucher.J'étais peinée de perdre cette employée, mais je savais qu'elle serait dans son milieu.» Extrêmement émue, la propriétaire du restaurant raconte que Jeanne Auger était reconnue pour son ardeur au travail et sa grande gentillesse avec les clients.« Écrivez que je lui adresse ma sympathie, comme à toutes les familles des victimes.» Un lieu de recueillement Pendant ce temps, sur le chemin du Port, des gens venant de la région, mais aussi de Trois-Rivières et même de Victoriaville, s'arrêtaient sur les lieux de l'accident pour se recueillir, porter des bouquets de fleurs, lire les mots de sympathie ou sensibiliser leurs enfants aux dangers de la route.« Il arrive que les enfants se détachent en voiture.C'est très important de leur expliquer qu'il ne faut pas faire cela », dit Daniel Héon, un homme de Cap-de-la- Madeleine accompagné de sa fille Joanie, 6 ans, et de son fils Alexandre, 5 ans.« C'est très dur.Il n'y a pas de mots.Ma fille Érica s'en allait aussi à la cabane à sucre le jour de l'accident », raconte Michel Maillette, rencontré sur place avec son fils Kevin.Il ( Kevin ) se demande où sont ses amis.» Nancy Therrien, une autre amie de Jeanne Auger, s'est recueillie en bordure du chemin du Port avec ses fils, Étienne et Jonathan Rousseau, de 4 et 5 ans.« Je suis là autant pour les enfants décédés que pour Jeanne.C'est une super bonne mère.J'espère qu'elle ne sera accusée de rien.C'est assez comme ça », lance-t-elle en prenant un de ses enfants dans ses bras avant de partir.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Propriétaire du restaurant Nimaluge de Nicolet, Line Boucher vit avec douleur la tragédie du chemin du Port.Jeanne Auger, conductrice de la minifourgonnette dans laquelle se trouvaient dix enfants, est une amie de longue date et a travaillé à son restaurant durant une dizaine d'années.Un gourou incendie son église: 235 morts UN GOUROU / Suite de la page A1 Si ce bilan de 235 morts est confirmé, il s'agira, en importance, du second suicide collectif d'une secte depuis le drame de Jonestown en Guyana où 912 membres de la secte californienne du Temple du peuple ont trouvé la mort le 18 novembre 1978.Selon le journal ougandais The Monitor, qui cite des témoins, une explosion a précédé l'embrasement de l'église de Kanungu.Les témoins ont déclaré avoir senti une odeur d'essence.Le journal fait aussi état de déclarations de responsables locaux, non identifiés, selon lesquels les adeptes de la secte avaient sacrifié leur bétail la semaine dernière, avant de festoyer plusieurs jours durant.Le 18 septembre 1999, la police ougandaise avait pris d'assaut une ferme qui servait de campement à l'Église du Dernier Message d'avertissement mondial, une secte apocalyptique dont des membres étaient accusés d'enlèvements d'enfants et d'agressions sexuelles sur des mineurs.Cette secte, installée dans une ferme dans le centre du pays, était dirigée par un prétendu « prophète », Wilson Bushara, à Bukoto, dans le comté de Nakaseke.Wilson Bushara avait publiquement annoncé la fin du monde pour le 30 juin 1999.Selon la police, les membres de cette secte étaient exclusivement des Tutsis et des Bahima du sud de l'Ouganda, du Burundi, du nord de la Tanzanie et de l'est de la RDC.Le 19 novembre 1999, la police ougandaise avait dispersé un rassemblement illégal d'une autre secte, adepte de la jeune prophétesse Nabassa Gwajwa, dans l'ouest de l'Ouganda.Quelque 500 membres de la secte, des ethnies hima et tutsie, rassemblés dans un camp, à Muzeri, dans le district de Sembabule, avaient été dispersés par la police anti-émeute.La jeune prophétesse, âgée de 19 ans, affirmait être morte en 1996, puis renvoyée par Dieu sur la Terre pour exhorter son peuple au repentir avant l'avènement de l'an 2000.Les membres de cette secte étaient soupçonnés par les habitants de la région de se livrer à des orgies sexuelles.Le ministre ougandais des Affaires étrangères, Amama Mbabazi, a estimé qu'après la tragédie de Kanungu, l'État « devait se pencher sur le dossier des sectes et voir quelles mesures doivent être prises pour protéger les citoyens ordinaires ».Jean Chrétien l'aimé, Paul Martin l'adoré JEAN CHRÉTIEN / Suite de la page A1 De toute évidence, le discours de Jean Chrétien, qui leur a promis vendredi une nouvelle victoire électorale, n'a pas convaincu tout le monde.« Avec Paul Martin, tout le monde voudrait se présenter pour le Parti libéral, mais avec Jean Chrétien, il va falloir courir après les candidats dans les comtés, lance Gaétan Grenier, président de l'association libérale de Compton-Stanstead et lui-même candidat battu en 1997.« Moi, si Paul Martin devenait chef et me demandait de me présenter, j'irais sûrement, mais pas avec Jean Chrétien », ajoute M.Grenier.Le collègue de Gaétan Grenier dans Berthier- Montcalm, Louis-Victor Sylvestre, est allé encore plus loin la semaine dernière, affirmant qu'il n'ira pas à la guerre avec Jean Chrétien comme général.« On l'a fait une fois, on l'a refait une deuxième fois, mais pas une troisième, nous ne sommes pas de la chair à canon », a-t-il indiqué.Les libéraux de Châteauguay espèrent eux aussi un changement à la tête des troupes.« Il faut se poser la question: a-t-on les meilleurs éléments pour l'élection?demande le président de l'association libérale, Charles Ghorayeb.Dans le comté, l'idée générale, c'est qu'un changement aiderait, le message, surtout sur le fédéralisme, ne passe pas bien avec M.Chrétien.» La plupart des partisans de Paul Martin interrogés se disent prêts à rentrer dans les rangs pour le bien du parti si M.Chrétien se représente, mais ils craignent de voir le ministre des Finances tirer sa révérence.« Ce serait mauvais pour le parti, mais aussi pour le pays, affirme Gaétan Grenier.M.Chrétien doit rencontrer M.Martin pour se réconcilier avec lui.» Les délégués ont par ailleurs laissé transpirer leurs préoccupations face au scandale du ministère des Ressources humaines.Le premier ministre a défendu ses programmes de subvention à l'emploi en clamant qu'il ne s'excuserait pas d'avoir aidé les pauvres et il a promis que ceux qui avaient triché avec les fonds publics seraient punis.Jane Stewart, la ministre du DRHC, a alors reçu elle aussi une ovation des délégués.« Je suis vraiment honorée par l'accueil que j'ai reçu, ça fait du bien », a confié la ministre à La Presse.Les assistés clairvoyants LES ASSISTÉS / Suite de la page A1 Après avoir été embauché, un homme envoya à Pink une lettre bourrée de fautes pour lui dire combien il était heureux dans son nouveau travail.« Je fais des heures juste pour le plaisir, ce n'est pas difficile », écrivit l'homme.Andrea Pink était très fière de cette lettre.Elle en envoya une copie aux fonctionnaires du Business Link en y greffant un commentaire sur son employé.« Il ne sait pas écrire, mais il est excellent au téléphone », nota-t-elle, selon un des documents obtenus par le Daily News grâce la loi sur l'accès à l'information.Le 29 janvier dernier, cependant, Rudy Giuliani n'était pas d'humeur à partager la fierté de Pink.Ce jourlà, le New York Times publia un premier article sur les liens entre le Business Link et le Psychic Network.Le même jour, le maire mit fin à cette collaboration.Ironiquement, un mois plus tôt, Giuliani avait annoncé, sur un ton triomphal, la réalisation de sa promesse sur l'élimination de l'aide sociale à New York.À deux jours de l'arrivée du nouveau millénaire, il avait déclaré: « Nous marquons aujourd'hui une étape historique, celle du remplacement de la culture de dépendance à New York par une culture du travail.» À en croire Giuliani, tous les assistés aptes au travail à New York étaient désormais employés ou engagés dans des programmes de formation ou de traitement.Les sceptiques étaient nombreux.Au conseil municipal, ils accusèrent le maire de manipuler les données et les définitions afin de créer l'illusion d'une réussite susceptible de lui attirer des votes dans la course contre Hillary Clinton pour un siège au Sénat des États-Unis.Et puis les journaux de New York publièrent leurs révélations sur les assistés clairvoyants, suscitant des réactions allant de l'hilarité à l'indignation.« C'est bizarre », commenta un conseiller municipal.« C'est honteux », renchérit une clairvoyante professionnelle.Mais Andrea Pink, du Psychic Network, n'en continue pas moins à compter des assistés sociaux parmi ses employés.« Je dois vous dire, ce sont des gens phénoménaux », a-t-elle confié au Daily News, la semaine dernière.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 875 à quatre chiffres : 4060 6/49: 4 16 19 26 35 43 Compl.47 Extra: 9 3 6 6 6 8 DEMAIN DANS LA PRESSE Une Pontiac flamboyante On l'adore, on la hait, on en a honte, on en est fier.Complètement renouvelée l'année dernière, la Grand AM GT de Pontiac fait sans conteste le bonheur de beaucoup de monde \u2014 ses ventes sont en hausse de 60 % \u2014, mais elle dérange tout autant par son style outrancier dépourvu de toute finesse.Notre collaborateur Éric Le François nous donne de quoi lire sur une compacte visiblement attachante pour son public, mais toujours à rebrousse-poil avec la critique qui lui reproche à tort \u2014 et à raison \u2014 de lui jeter des paillettes dans les yeux.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net L'élection du candidat favorable à l'indépendance de Taïwan va-t-elle faire monter la tension entre l'île et Pékin?Selon vous, la police devrait-elle surveiller davantage l'installation des sièges d'auto pour enfants?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 69 % Non: 31 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Les ancêtres du condom Le British Museum de Londres a commencé à exposer hier pour la première fois les plus anciens préservatifs du monde, vieux de 350 ans, qui avaient été trouvés lors de fouilles menées dans les années 1980 au château de Dudley, dans la région des West Midlands.Ces étuis péniens, qui ont été fabriqués avec des intestins d'animaux, sont soigneusement cousus à une extrémité, tandis que l'autre bout comporte un ruban permettant de le maintenir serré une fois en place.Le musée expose des exemplaires remontant aux 16e, 17e et 18e siècles. 7LP0301A0319 a03 actus dim 19 mars 7LP0301A0319 ZALLCALL 67 00:54:47 03/19/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 A 3 L'EXPRESS DU MATIN Incendie mortel n Une femme de 46 ans, Marlène Turcotte, est morte tôt hier matin, lorsqu'un incendie s'est déclaré à l'intérieur de sa résidence unifamiliale située au 133, rue Sainte-Dorothée, à Louiseville.C'est une voisine qui a appelé les pompiers vers 7 h 20, après avoir constaté que de la fumée s'échappait d'une fenêtre du deuxième étage.La victime a été retrouvée inconsciente à l'intérieur de sa chambre à coucher par un pompier volontaire.Le pompier a tenté de la réanimer, mais le décès a été constaté à l'hôpital Comtois à Louiseville.Grande générosité n Les dons en argent affluent à l'organisme de charité Jeunesse au Soleil depuis l'accident qui a coûté la vie à sept jeunes enfants jeudi, dans la région de Nicolet.Pas moins de 20 000 $ ont été donnés à l'organisme par une cinquantaine de personnes qui désirent venir en aide aux familles éprouvées.Jeunesse au Soleil a communiqué avec le maire ainsi qu'avec le CLSC local, afin de déterminer comment l'argent peut être utilisé pour soulager les familles.Femme poignardée n Une femme de 61 ans a été poignardée à plusieurs reprises vendredi soir à l'intérieur de sa luxueuse résidence située au 4750, The Boulevard, à Westmount.C'est son fils de 34 ans qui, à son retour à la maison vers 1 h 30, a découvert sa mère qui gisait ensanglantée et sans connaissance sur le parquet.La femme a été transportée à l'hôpital.Sa vie ne serait pas en danger.Les enquêteurs de la police de la CUM l'ont rencontrée brièvement hier à l'hôpital.Elle ne se souvient pas de ce qui s'est passé.Comparution n Gérard Kennedy Alcius, 39 ans, arrêté vendredi par la section des homicides de la police de la CUM, relativement au meurtre du bambin de 3 ans de sa conjointe le 8 février dernier, a comparu hier au palais de justice de Montréal par le truchement de la vidéo.Alcius, accusé de meurtre non prémédité, demeurera derrière les barreaux jusqu'à la tenue de son enquête préliminaire, fixée au 22 mars.Comme chez soi demeure fermé n Un mois après avoir été forcé de cesser ses opérations pendant 30 jours pour avoir servi des restes d'aliments, la propriétaire du restaurant Resto-bar Comme chez soi, de Granby, a décidé de ne pas rouvrir ses portes.Prétextant la fatigue, Céline Ménard, dont le restaurant est affilié au motel Royal, a fait savoir au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec qu'elle n'avait pas l'intention de rouvrir de sitôt.La décision de la restauratrice a été accueillie comme « une bonne nouvelle », de la part des inspecteurs en alimentation du MAPAQ en Montérégie.Skieur emporté par une avalanche n Un homme a disparu hier après-midi dans une avalanche qui a déferlé sur un groupe de trois skieurs au mont Albert, dans la réserve faunique des Chic-Chocs, en Gaspésie.Des recherches ont été entreprises en fin de journée dans l'espoir de retrouver le skieur, mais elles ont été abandonnées à la tombée de la nuit.Selon la Sûreté du Québec, l'avalanche a surpris le groupe vers 15 h 30, dans un endroit difficilement accessible du mont Albert.Les deux compagnons du skieur disparu ont fait des recherches durant près d'une heure avant de se résigner à abandonner.Ils se sont rendus à un refuge pour demander de l'aide.Les recherches devraient reprendre ce matin à la levée du jour avec l'aide de chiens pisteurs.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Les joueurs du Canadien ont gardé une minute de silence avant le début de la partie à la mémoire des petites victimes de Nicolet.Le centre Gabrielle-Granger vient en aide aux personnes bouleversées par le drame ANDRÉ DUCHESNE NICOLET Réaménagé temporairement en lieu de rencontre, de recueillement et d'échange, le petit centre Gabrielle-Granger de Nicolet a déjà accueilli une vingtaine de personnes ayant besoin d'évacuer les vives émotions qu'elles ressentent depuis la tragédie du chemin du Port où sept bambins ont perdu la vie, jeudi matin.« Ce sont surtout des gens qui se trouvent dans la périphérie des familles éprouvées ou qui n'ont pas de réseau autour d'eux.Ils ont un trop-plein d'émotions et ont besoin de les exprimer », indique en entrevue le coordonnateur de la Corporation de développement communautaire Nicolet-Yamaska, Jean Fournier.En temps normal, l'édifice abrite une vingtaine d'organismes communautaires dont la Maison des jeunes, le Centre de femmes, l'Association des personnes handicapées, etc.Depuis vendredi soir, les gens nécessitant une écoute sont pris en charge par des personnes spécialisées en services psychosociaux et du personnel de l'hôpital Christ- Roi dépêché sur les lieux.La paroisse est aussi disponible pour accorder un accompagnement spirituel à ceux qui le désirent.En fait, c'est l'ensemble de la communauté qui apporte son aide.Des restaurateurs ont offert de la nourriture.Des bénévoles préparent des repas.Une quarantaine de personnes oeuvrent sur place.Tout est orchestré avec respect, dignité et sobriété.À l'entrée, on remarque une cuisine collective.Là, tous ceux qui se sentent concernés par la tragédie peuvent signer une grande carte de sympathies.C'est ce qu'ont d'ailleurs fait Gaston Pépin et Lucille Guinard de Louiseville.« Je suis touché par ce qui se passe, dit M.Pépin, journaliste retraité du Nouvelliste de Trois- Rivières.J'ai de la difficulté à lire les journaux sans pleurer.» Des bouquets de fleurs sont déposés sur les tables.Sur une colonne est collée une grande affiche réalisée par des élèves de cinquième année de l'école primaire Curé-Brassard de Nicolet.Il y a un soleil à sept branches sur lesquelles sont écrits les noms des sept victimes de l'accident.Il y a aussi des colombes de papier dans lesquelles les écoliers ont écrit des messages.Comme celuici : « Dieu, S.V.P.guide ces petits innocents qui n'ont rien fait de mal.» « Un homme de Longueuil est venu signer la carte et est reparti avec une rose, mentionne Jean Fournier.C'est un grand élan de sympathies qui s'exprime.» Situé au 690, Monseigneur-Panet, le centre sera encore ouvert aujourd'hui de 9 h à 21 h.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Cette grande affiche a été réalisée par des élèves de cinquième année de l'école primaire Curé- Brassard de Nicolet.Il y a un soleil à sept branches sur lesquelles sont écrits les noms des sept victimes de l'accident.L'hypothèse d'un bris mécanique est écartée ANDRÉ DUCHESNE NICOLET Les enquêteurs chargés de déterminer les causes exactes de l'accident de Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet ont commencé à écarter certaines hypothèses, notamment celle d'un bris mécanique de l'un ou l'autre des deux véhicules impliqués dans la collision.« Il n'y avait pas de défaillance importante », a commenté le coroner Raynald Gauthier, chargé de faire la lumière sur les circonstances du drame, hier soir sur les ondes de TVA.Hier matin, des policiers de la section des enquêtes de collision de la Sûreté du Québec étaient encore sur les lieux du drame afin de procéder à d'autres expertises.Ils devaient entre autres déterminer si un des deux conducteurs n'a pas été ébloui par le soleil.Des ingénieurs de l'École polytechnique de Montréal et de Transports Canada leur prêtaient assistance.Plus tard dans la journée, tous ces experts se sont déplacés dans un garage de Nicolet afin de faire l'analyse des ceintures de sécurité des deux véhicules.Il semble maintenant certain que trois des dix enfants se trouvant à bord de la minifourgonnette Ford Windstar conduite par Jeanne Auger étaient attachés.D'autres éléments seront analysés dans les prochains jours.Par ailleurs, l'état de santé du conducteur de l'autre véhicule, Wayne Kroeker, était jugé stable à l'hôpital Christ-Roi de Nicolet.Quant à l'état de santé de Kevin Roy, ce petit bonhomme blessé dans l'accident, il était toujours considéré comme sérieux.Frère de Stacy Roy, une bambine de 2 ans morte dans l'accident, Kevin se trouve au pavillon Saint-Joseph de Trois-Rivières.Pas de funérailles collectives ANDRÉ DUCHESNE NICOLET Il n'y aura pas de funérailles collectives pour les sept jeunes enfants morts tragiquement dans l'accident de la route survenu jeudi matin à Saint-Jean-Baptiste-de-Nicolet.C'est ce qu'a indiqué hier le curé de la paroisse de Nicolet, Jean Michaud, à La Presse.Deux cérémonies auront toutefois lieu simultanément, demain à 13 h 30, à la cathédrale de l'endroit, soit celles de Karl Tally-Duval, 5 ans, de Sainte-Monique, et de Viviane Cloutier, 4 ans, de Saint-Jean-Baptiste.Le lendemain, mardi, à 14 h 30, auront lieu à la cathédrale les funérailles de Léane Fleurant-Drouin, 5 ans, de Saint-Jean-Baptiste.« Les familles souhaitent des cérémonies simples, vraies et sobres », a expliqué le curé Michaud.Toujours mardi, les parents de Laurence Allaire, 4 ans, lui diront un dernier adieu à l'église de Saint-Severin.Son inhumation aura cependant lieu à Nicolet.Deux autres cérémonies seront tenues en dehors de la ville, soit celles de Stacy Roy à Saint-Grégoire et celles de Frédéric Isabel- Fournier à Magog. 7LP0401A0319 A4 DIMANCHE 7LP0401A0319 ZALLCALL 67 00:54:12 03/19/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Actualités « S.V.P., pas de Noirs.» Êtes-vous à l'aise en présence d'individus de ces différents groupes culturels?(pourcentage de réponses positives) Indo-Pakistanais Arabe Noir antillais anglophone Latino-Américains Asiatique Noir antillais francophone Blanc anglophone Blanc francophone Source: MRCI Direction de la planification stratégique Infographie La Presse RIMA ELKOURI 1996 « Envoyez-moi quelques C.V.Mais S.V.P., pas de Noirs.» De telles remarques racistes, prononcées par des employeurs, Pablo Altamirano, directeur général du Comité d'adaptation de la maind'oeuvre pour personnes immigrantes, dit en entendre assez souvent.« Il y a quelques jours, un employeur a fait exactement la même demande.Sauf que la personne au bout de la ligne était noire.Mais elle n'avait pas d'accent.» Oups ! Raciste, la société québécoise ?Règle générale, non.Des sondages commandés il y a quelques années par le ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration (MRCI) esquissaient le portrait d'une société de plus en plus ouverte et tolérante, qui valorise l'équité et le rapprochement interculturel.Malgré tout, certaines conclusions des sondages menés par les Services de recherche JTD en 1992 et en 1996 auprès de 2200 répondants, et remis sur le tapis à l'occasion de la Semaine d'actions contre le racisme qui commence demain, étonnent.Par exemple, si la majorité des Québécois disent se sentir à l'aise en présence de membres de différents groupes culturels, une proportion non négligeable manifeste des réticences à l'égard de certaines communautés.Trente-deux pour cent confient ne pas être à l'aise en présence d'Arabes, 30 % éprouvent un malaise avec les Noirs antillais anglophones et 29 % avec les Indo-Pakistanais.Depuis 1992, ce sentiment de malaise vis-à-vis de ces trois groupes persiste et s'intensifie (voir tableau).Pourquoi ?Une question de méconnaissance et de sousreprésentation des minorités, croit Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec.Un coup d'oeil jeté au profil des répondants semble lui donner raison.Ce sont généralement les résidants de l'extérieur de Montréal, moins en contact avec la diversité ethnique de la métropole, qui manifestent le plus de malaise en présence de Noirs anglophones ou d'Arabes.Aussi, les répondants les moins scolarisés et les plus pauvres évoquent plus souvent que tous les autres un sentiment de malaise.L'agente de recherche du MRCI responsable de cette étude, Aïcha El Haïli, dit ne pas avoir été surprise par les résultats.L'important, selon elle, c'est de tenir compte de l'opinion de la majorité.« C'est quand même 55 % qui sont à l'aise », souligne-t-elle en faisant référence à l'attitude des répondants à l'égard des Arabes.« Plus de 30 % qui ne sont pas à l'aise, ça suscite des questionnements.Mais ce n'est pas une situation catastrophique ! » Dans toute société, il existe des segments de population xénophobe, rappelle Mme El Haïli.Alors, quand 10 % des personnes interrogées dans le cadre de ce même sondage admettent qu'elles n'embaucheraient pas une personne noire ou de couleur, « ça reste dans la normalité des choses », dit-elle.Ce n'est pas un peu inquiétant, 10 %, compte tenu du fait que les sondés ne livrent pas forcément le fond de leur pensée ?« Je ne suis pas d'accord avec ce constat voulant que les gens ne disent pas ce qu'ils pensent, répond Mme El Haïli.Je crois que quand on fait un sondage bien structuré avec une centaine de questions assez poussées au niveau de l'analyse statistique multivariée, on contrôle la cohérence dans les questions.À un moment donné, la personne va se contredire elle-même.» Un point de vue que ne partage pas Pablo Altamirano.Dix pour cent de gens au point de vue raciste, c'est beaucoup, tranche le directeur général du Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre pour personnes immigrantes.Et le pire, dit-il, c'est que le sondage ne reflète même pas la réalité.« Si on me pose la question : « Estu raciste ?', je dirai non ! Si on me pose la question : « Es-tu macho ?', je dirai non ! Probablement que ma femme dirait tout le contraire ! » ironise-t-il.Si les réponses politically correct ont la cote dans les sondages, ça ne veut rien dire, conclut-il.« La rectitude politique dicte des normes, mais cache une réalité.» Raciste, la société québécoise ?Règle générale, non.La majorité des Québécois se sentent à l'aise en présence de tous les groupes culturels.Mais une proportion moins élevée se dit à l'aise en présence d'Arabes, de Noirs antillais anglophones et d'Indo-Pakistanais.Bouchard remet la souveraineté à l'ordre du jour Les péquistes de Montréal Ville-Marie s'inquiètent à leur tour de l'avenir du français MARTINE ROUX Enhardi par les excédents du dernier budget Landry, le premier ministre Lucien Bouchard a certifié hier aux péquistes de la circonscription Ville-Marie qu'il était temps de dépoussiérer la souveraineté.Mais il a aussi tenté de calmer l'agacement des militants, qui réclament à leur tour une tactique plus musclée dans l'application de la Charte de la langue française.Lors de son discours aux militants de Ville-Marie réunis hier en prévision du prochain congrès national du Parti québécois, Lucien Bouchard a martelé la pertinence de promouvoir l'idéal souverainiste.« Maintenant que nous avons les moyens d'avoir une prise sur l'avenir, il est plus que jamais temps de se mobiliser », a-t-il déclaré en référant à l'assainissement des finances québécoises.Mais si le mot souveraineté émaillera de plus en plus son discours, le premier ministre recommande aux péquistes d'être discrets sur la tenue d'un éventuel référendum.« Il faut qu'on parle moins de référendum, mais qu'on parle davantage de l'essentiel, qui est la souveraineté.» Comme les militants de Montréal- Centre et les jeunes péquistes avant eux, les péquistes de la circonscription Ville-Marie proposent notamment un retour à l'unilinguisme français dans l'affichage public, l'abolition de la loi 86 et l'application des dispositions sur la fréquentation obligatoire de l'école française aux institutions collégiales.Lucien Bouchard reconnaît la précarité du français en sol québécois, a-t-il longuement assuré aux militants.« Que les militants veuillent discuter de la langue est normal et légitime.C'est une obligation que je partage totalement.» Mais Québec a déjà entendu l'appel des protecteurs de la langue, a-t-il enchaîné en rappelant que son gouvernement a formé à l'automne un comité ministériel chargé d'étudier la question du français à Montréal.« Le comité doit rendre son rapport dans quelques semaines.Le gouvernement prendra acte des constats qui s'en dégageront avant de convoquer des états généraux sur la langue française.Il faut que le gouvernement prenne sa décision sur des assises élargies et solides.» Plusieurs militants souhaitent aussi que les électeurs s'identifient formellement aux bureaux de scrutin au moyen d'une carte d'électeur, a constaté le premier ministre au fil de ses récentes tournées.« On est même surpris de voir la persistance au sujet de la carte d'électeur, a-t-il expliqué.On continue de regarder la question.Le dossier n'est pas fermé.» Les récents propos du premier ministre canadien Jean Chrétien, qui comparaît la souveraineté à un chien malade, ont courroucé Lucien Bouchard.« Ce qui est malade présentement pour moi et pour beaucoup de gens, c'est la démocratie canadienne.Jean Chrétien ne parle qu'avec mépris et l'insulte à la bouche lorsqu'il parle des souverainistes, c'est-à-dire la moitié de la population du Québec.» PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Lucien Bouchard s'est adressé hier aux péquistes de la circonscription Ville-Marie, réunis en prévision du congrès national du parti, début mai.La Défense a payé au moins trois factures deux fois Presse Canadienne Une enquête fédérale effectuée au ministère de la Défense a mis au jour au moins trois cas de double facturation, totalisant plus de 1,9 millions.L'enquête a révélé les défauts du système informatique des services comptables de l'armée, qui devrait pourtant permettre d'éviter ce genre d'erreur.Les documents décrivant ces doubles facturations ont été obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information.Le cas le plus récent concerne un paiement de près de 590 000 $ effectué deux fois à un vendeur, dont le nom n'a pas été révélé, en avril dernier.Un chèque a été envoyé d'Ottawa, l'autre de Montréal.L'un des paiements a été encaissé immédiatement, alors que le vendeur a retenu l'autre pendant quatre mois avant que les vérificateurs fédéraux ne le retrouvent et l'annulent.Aucun argent public n'a été perdu et les enquêteurs n'ont trouvé aucun indice de fraude au ministère de la Défense.Néanmoins, l'enquête a conclu que les fonctionnaires peuvent facilement contourner un avertissement de double facturation émis par l'ordinateur si tel est le cas.Un autre cas remontant à octobre 1998 concerne une double facturation pour un montant de plus de 1,3 million à un autre vendeur, dont le nom a été rayé dans les documents rendus publics.Les vérificateurs ont découvert que le second chèque a été fait à la dernière minute parce que la compagnie était aux prises avec des problèmes de liquidités et était sur le point de se voir acculée à la faillite.La firme a rapidement renvoyé le premier chèque au ministère, comme convenu, et il n'y a eu aucune perte d'argent public.L'enquête qui a suivi a démontré une fois de plus que les employés pouvaient facilement contourner les mises en garde de double facturation.Dans un rapport soumis en septembre l'an dernier, les vérificateurs suggéraient fortement au ministère d'améliorer le système d'alerte en cas de double facturation.La semaine dernière, un porte-parole de l'armée canadienne affirmait que le système informatique permet toujours de faire des doubles facturations.« Si la double facturation est détectée une fois que le chèque a été envoyé, nous prenons immédiatement les mesures appropriées pour le retrouver », soutient le capitaine Darren Steele. 7LP0501A0319 A5 DIMANCHE 7LP0501A0319 ZALLCALL 67 00:55:51 03/19/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 A 5 Le pape va dormir sur le divan Stéphane Laporte collaboration spéciale Dimanche dernier, le pape a demandé pardon à Dieu, pour toutes les fautes commises par l'Église catholique en 2000 ans d'histoire.Et comme par enchantement, Jean-Paul II croit sûrement avoir été pardonné instantanément.Que tout est déjà oublié.Zap ! On n'en parle plus.On recommence à zéro.Allez en paix ! Wô ! Sa Sainteté ! C'est pas si facile que ça, se faire pardonner.Je comprends que vous l'ignoriez.Puisque vous êtes infaillible, c'est sûrement la première fois que vous demandez pardon.Mais tout homme qui a déjà vécu en couple sait que ce n'est pas parce qu'on demande le pardon qu'on le reçoit.Au contraire ! Le pardon, c'est comme l'indépendance, ça s'obtient par étapes ! Ça se gagne ! Ça se mérite ! Aussi, si vous permettez, cher Saint-Siège, laissez l'humble pécheur que je suis vous mettre au courant des diverses étapes à franchir pour l'obtention d'un pardon.Quand un pauvre homme demande pardon à sa femme pour une faute commise, c'est premièrement parce qu'il n'a pas le choix.Car sachant la complexité de ce douloureux processus, s'il y avait une autre façon de s'en sortir, il ferait autrement.Mais là, il s'est fait prendre.Il doit donc passer aux aveux.La femme commence par l'écouter et le comprendre.Ce qui étonne toujours l'homme.Mais au fond, c'est une ruse pour que l'homme avoue entièrement sa faute.Lorsque l'homme a tout dit, même les choses qu'il préférait ne pas dire, il y a un long silence.Très lourd.Puis soudain, le silence se brise.La femme pogne les nerfs.Et là, c'est pas beau ! Ça peut durer entre une heure et un an.Ça dépend de la gravité de la faute avouée.Et de la sensibilité de la femme éprouvée.Durant cette période, vous devez vous faire tout petit.Respirer le moins fort possible.Dormir sur le divan.Subir sans rien dire.Être invisible.Si vous essayez de vous expliquer, vous êtes mort.Puis la colère passée, débute la période du boudage.C'est la période cruciale.Tout se joue durant le boudage.Ça prend énormément de doigté.Vous devez filer doux.Faire le petit déjeuner.Ne jamais rouspéter.Être parfait.Montrer que votre demande de pardon va plus loin que les mots.Que vous allez changer votre attitude, votre manière d'être.Que vous allez être plus compréhensif, plus ouvert.Plus aimant.Un mari qui parvient à prendre son trou durant la crise et à être charmant durant la période de boudage reçoit normalement le pardon de sa conjointe.Mais ce n'est pas fini pour autant.Après la colère et le boudage, il y a la période de probation.La faute a beau être pardonnée, elle va être renotée ad nauseam.Vous n'avez pas fini d'en entendre parler.Vous devez endurer.Ne pas vous plaindre.Marcher les fesses serrées.Et éviter toute attitude qui laisserait entrevoir une possibilité de récidive.Finalement, au bout de dix ans de comportement exemplaire, vous êtes totalement pardonné et vous pouvez essayer de recommencer ! Eh oui ! cher pape, c'est si compliqué que ça se faire pardonner.Ça ne se fait pas seulement avec une petite déclaration.Fiez-vous sur nous, les hommes faillibles, nous l'avons souvent vécu.Et en plus, vous, c'est pas n'importe quel pardon que vous demandez.C'est le grand pardon.Avouer deux mille ans de péchés, c'est un peu comme un homme qui avouerait à sa femme toutes ses maîtresses d'un coup ! Il n'est pas pardonné tout de suite ! Oh non ! Il a beaucoup d'ouvrage devant lui.Ça prend du temps.Beaucoup de temps.Il va falloir que vous subissiez la colère que cet aveu peut entraîner.Sans essayez de vous défendre.Sans rien dire.En dormant sur le divan.Au lieu d'être infaillible, soyez invisible.Puis quand la colère sera calmée, vous devrez montrer que vous êtes rempli de bonnes intentions.Faire le petit déjeuner.Changer d'attitude envers les femmes.Et les minorités.Avoir un discours plus accueillant.Être plus ouvert.Plus conciliant.Et l'être pendant un bon bout de temps.Assez pour qu'on y croie.Alors comme un homme repentant, vous serez enfin pardonné.Parole de pécheur, vous allez vous sentir bien.Très bien.Pour l'instant, tout ce que l'on peut dire, c'est que vous avez fait le plus beau geste qu'aucun pape n'a jamais fait.Le geste le plus humain.Le geste le plus divin.En espérant que vous serez à même de faire tous les autres gestes qui conduisent au vrai pardon.Et nous aussi d'ailleurs.Parce que vos péchés, ce sont aussi les nôtres.Le premier pas est fait.Maintenant, allons tous nous coucher sur le divan.n n n Jean Chrétien a décidé de rester.C'est toujours les meilleurs qui s'en vont ! n n n La Presse a révélé cette semaine que lorsque le général de Gaulle a dit : « Vive le Québec libre ! », il pensait vraiment ce qu'il disait.Jean Chrétien a été très étonné d'apprendre cela.Il ne savait pas qu'un politicien pouvait vraiment penser ce qu'il dit ! n n n Si jamais vous tombez malade, allez tout de suite vous faire soigner au Chili.Là-bas, même pas besoin de se rendre à l'hôpital, juste en atterrissant au Chili, on guérit miraculeusement Le défilé est en branle C'est à midi aujourd'hui que se mettra en branle, coin Atwater et Sainte-Catherine, le défilé de la Saint-Patrick, qui se dirigera vers l'est jusqu'à la rue Saint-Urbain où il prendra fin vers 15 h.La rue Sainte-Catherine sera donc fermée à toute circulation automobile entre ces deux rues.De plus, les automobilistes ne pourront traverser le défilé s'ils circulent dans une rue perpendiculaire à la rue Sainte-Catherine.Les Juifs et le Christ : un prêtre dit avoir été mal cité Presse Canadienne TORONTO Un prêtre de l'Église catholique romaine, qui a qualifié de « fait historique indéniable » la crucifixion de Jésus-Christ par les Juifs durant une entrevue accordée à la télévision de la CBC, soutient maintenant que ses affirmations ont été citées hors contexte.Dans un communiqué publié hier, le jésuite allemand Peter Gumpel a dénoncé l'utilisation de ses propos, qui seront repris en partie durant le magazine télévisé américain 60 Minutes, ce soir.Dans cette portion de l'entrevue, Peter Gumpel a pris la défense du pape Pie XII, qui a été critiqué pour n'avoir presque rien fait pour freiner l'Holocauste durant la Deuxième Guerre mondiale.Le père Gumpel a cité pour la CBC les propos d'un professeur juif, un collègue : « Que voulezvous ?Nos ancêtres ont trouvé que le Christ était un faux prophète, alors nous l'avons tué.Pourquoi changerions-nous notre attitude à l'égard de ceux qui ont suivi ce faux prophète ?» Les remarques de Peter Gumpel, qui surviennent quelques jours après que le pape Jean-Paul II eut demandé pardon pour tous les péchés des catholiques en 2000 ans d'histoire, ont semé l'indignation dans les communautés juives du monde entier.Le prêtre allemand a ajouté hier que ses commentaires référaient aux enseignements du concile Vatican II, qui affirment que les autorités juives ont « exercé des pressions pour obtenir la mort du Christ », mais que cette mort ne peut être attribuée à tous les Juifs, vivants ou morts.Durant l'entrevue, le père Gumpel continue de défendre Pie XII, affirmant qu'il ne s'est pas opposé à Adolf Hitler à propos de l'Holocauste parce que cela aurait poussé le chef nazi à la violence.Le prêtre a ajouté que le Vatican ne pouvait rien faire parce qu'il était entouré par les troupes nazies et que le pape aurait pu être arrêté.00-03-18 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 00-03-18 8 578 958 $ 00-03-18 00-03-17 00-03-18 00-03-18 00-03-17 5 000 000,00 $ 172 686,70 $ 1 962,30 $ 149,20 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.9 389 366 $ 7 500 000 $ 7LP0601A0319 a06 dimanche 19 mars 7LP0601A0319 ZALLCALL 67 00:51:51 03/19/00 B A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Actualités En plus de ses recherches portant sur l'effet de la lumière sur les rythmes circadiens, le Dr Diane Boivin s'intéresse au rôle de l'horloge biologique interne dans la maladie mentale.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © Des horlogers de l'âme.Jean-François Bégin La chronobiologie, cette science encore méconnue des rythmes biologiques, est habituellement l'apanage des laboratoires du sommeil, mais elle s'inscrit parfaitement dans les axes de recherche en santé mentale privilégiés à l'hôpital Douglas.Pour le directeur du centre de recherche de l'hôpital, le Dr Rémi Quirion, la création du Centre d'étude et de traitement des rythmes circadiens, que dirige le Dr Diane Boivin depuis 1997, est venue combler un vide important.« Il y a des évidences, tant pour la dépression que pour le vieillissement pathologique de type Alzheimer, que les rythmes circadiens et l'horloge biologique pourraient être modifiés, donc on voulait avoir de l'expertise dans ce domaine », explique-t-il.Les rythmes circadiens, rappelons- le, sont le nom donné au cycle d'environ 24 heures auquel obéissent plusieurs paramètres physiologiques et comportementaux, comme la température corporelle, la sécrétion d'hormones, l'organisation du sommeil et la propension à s'endormir ou le niveau de vigilance et d'humeur.« Dans à peu près toutes les maladies mentales, il y a des troubles de sommeil ou des troubles de l'humeur, et l'horloge biologique peut être impliquée dans l'expression de ces troubles », indique le Dr Boivin.Des études portant sur des schizophrènes et des maniacodépressifs sont présentement en cours dans son laboratoire, et une autre sur le syndrome prémenstruel débutera sous peu.Dans le cas de la maladie d'Alzheimer, les changements observés dans les rythmes circadiens pourraient, par hypothèse, s'avérer des marqueurs précoces du développement de la maladie, croit le Dr Quirion.« Il y a beaucoup de recherche, pas seulement ici, mais aussi dans le monde, sur le développement d'outils diagnostiques qui permettrait d'identifier plus tôt la maladie et peut-être d'intervenir dans le processus d'évolution de la pathologie », note le chercheur, qui qualifie l'embauche de Diane Boivin de « décision stratégique importante » pour le Centre de recherche de Douglas.Choisir le Douglas L'histoire du Dr Boivin n'en reste pas moins une illustration éloquente des difficultés vécues par les chercheurs d'ici qui tentent de revenir au Québec après avoir terminé une formation très poussée à l'étranger.Partie en 1992 au Brigham and Women's Hospital de Boston entreprendre des études postdoctorales sous la supervision du Dr Charles Czeisler, professeur à la Harvard Medical School et sommité de la chronobiologie, elle a dû patienter longtemps avant de réintégrer Montréal.« Je suis revenue de Boston en avril 1997, mais ma première entrevue d'emploi remontait à décembre 1994, dit-elle.Ça m'a pris tout ce temps-là pour être capable de revenir, c'est très difficile de démarrer un laboratoire de cette envergure.» Il faut dire que le milieu des années 90 marquait le creux de la vague pour le financement de la recherche au Canada, une situation qui s'est toutefois grandement améliorée depuis que le gouvernement fédéral a rouvert les vannes, il y a trois ans.Pourquoi avoir choisi de venir à l'hôpital Douglas plutôt que de s'intégrer à l'équipe d'un des nombreux hôpitaux québécois où l'on s'intéresse aux troubles du sommeil et même \u2014 c'est le cas à l'hôpital du Sacré-Coeur, notamment \u2014 à la chronobiologie ?« Si j'ai choisi le Douglas, c'est parce que les gens du centre de recherche comprenaient l'originalité des rythmes circadiens, ce qui n'était pas le cas ailleurs.J'ai été impressionnée par la qualité de l'environnement scientifique », répond le Dr Boivin, dont les travaux en santé mentale s'ajoutent évidemment à ceux portant sur l'influence de la lumière sur le fonctionnement de l ' h o r l o g e biologique.La création d'un centre d'étude et de traitement des rythmes circadiens représente un investissement important pour le centre de recherche, souligne le Dr Quirion.Il en a coûté environ 600 000 $ pour aménager les trois chambres expérimentales et la salle de contrôle d'où les techniciens assurent la bonne marche des différents protocoles de recherche.Le projet a été financé en bonne partie par la Fondation canadienne pour l'innovation, dont le fédéral vient de prolonger l'existence jusqu'en 2005.Outre le fait qu'il soit entièrement consacré à la chronobiologie, plutôt qu'à toute la panoplie des troubles du sommeil, le laboratoire se distingue par ses chambres spacieuses (environ 30 mètres carrés).« Les salles sont beaucoup plus grandes que dans les autres centres, ce qui permet de mener des protocoles beaucoup plus longs, note le Dr Boivin.On ne peut pas enfermer quelqu'un dans un placard pendant deux semaines ! Ici, rien ne nous empêcherait de garder des patients pendant six mois, s'ils le voulaient.On repousse les limites de l'exploration.DEMAIN : Les cobayes professionnels Dans la deuxième partie de notre série sur l'horloge biologique interne et les expériences sur des sujets humains, nous examinons les applications de la chronobiologie en santé mentale et revenons sur l'expérience récente du spéléologue Michel Siffre, un pionnier de cette discipline, qui a passé 76 jours en isolement dans une grotte, sans repère temporel.Michel Siffre, pionnier de la chronobiologie JEAN-FRANÇOIS BÉGIN La chronobiologie humaine a pris son essor dans la seconde moitié du XXe siècle, grâce entre autres aux travaux du géologue et spéléologue français Michel Siffre, véritable initiateur des expériences hors du temps de longue durée.Non content d'avoir fait franchir des bonds de géant à la discipline, avec des séjours hors du temps de deux mois en 1962 et de 205 jours en 1972, Michel Siffre \u2014 qui a aussi collaboré à aux expériences similaires de plusieurs de ses compatriotes \u2014 vient de remettre ça à l'occasion du passage à l'an 2000, passant 76 jours en isolement temporel dans la grotte de Clamouse, dans le sud de la France.Il est remonté à la surface le 14 février dernier, s'attirant l'attention des médias français et internationaux, qui se demandaient ce qui avait bien pu pousser l'homme de 61 ans à se couper du monde pendant plus de deux mois, une fois de plus.« L'idée était de faire une comparaison des rythmes biologiques en fonction de l'âge », a-til expliqué à La Presse dans une entrevue accordée au lendemain de sa sortie.« En 1962, j'avais 23 ans, j'étais un jeune homme, et en 1972, j'en avais 33.Je me suis dit qu'il serait intéressant d'étudier le fonctionnement de l'horloge biologique par rapport au vieillissement.» L'idée lui est d'abord venue en novembre 1998, lors du retour dans l'espace, à 77 ans, de l'astronaute américain John Glenn.« C'est une idée qui m'avait alors effleuré et puis je l'ai complètement oubliée, je l'ai laissé tomber.Elle m'est revenue deux mois avant le passage de l'an 2000.» En quelques semaines, il réunit une petite équipe chargée du suivi de l'expérience en surface et réussit à obtenir d'un ami des ordinateurs militaires étanches, capables de résister à un séjour souterrain prolongé.Le 30 novembre, il franchit les 800 mètres séparant l'entrée de la grotte de Clamouse et la partie non aménagée de celle-ci, où il installe son campement, sur une plate-forme de 40 mètres carrés \u2014 sa « maison » pour les deux mois et demi suivants.Réputée parmi les plus belles de France, la grotte de Clamouse (dans l'Hérault, à 30 kilomètres de Montpellier) est aussi, avec sa température immuable de 16 degrés, un environnement beaucoup moins hostile que le gouffre de Scarasson, la grotte d'origine glaciaire où Michel Siffre a mené sa première expérience hors du temps, il y a 38 ans.Là-bas, à 110 mètre sous terre, le mercure oscillait autour de zéro degré, le taux d'humidité atteignait 100 % et les chutes de blocs de glace risquaient à tout moment de mettre un terme définitif au projet.En 1962, Michel Siffre avait regagné la surface le 17 septembre, après 63 jours sous terre.Il se croyait le 20 août.Cette fois, il ne s'est trompé que d'environ une semaine : le 7 février, une semaine avant sa date de sortie prévue, il croyait en être à son 63e jour, alors qu'il s'agissait du 69e.Il faut dire que contrairement à certains autres volontaires s'étant prêtés à des expériences hors du temps, Michel Siffre n'a pas expérimenté de cycles veille-sommeil d'une longueur démesurée.« Plusieurs individus, au lieu d'avoir des journées de 24, 24 heures 30 ou 25 heures, se désynchronisent et vivent pendant plusieurs semaines des journées de 48 heures, avec 34-36 heures de veille continue et de 12 à 14 heures de sommeil.Moi, j'ai fait des cycles de 26 heures environ », explique Michel Siffre.Lors de sa première expérience, Michel Siffre ne mesurait que sa température corporelle et la durée de ses cycles veille-sommeil.Cette fois, il a recueilli plusieurs fois par jour des échantillons d'urine et de salive, qui serviront à mesurer la sécrétion des hormones obéissant à des rythmes circadiens.Le corps bardé en permanence d'électrodes et d'une sonde pour mesurer sa fréquence cardiaque, son activité cérébrale et sa température, il s'est assuré de compiler toutes les données nécessaires pour une analyse complète du comportement de son horloge interne.Ce lourd attirail, semblable à celui utilisé dans des laboratoires comme celui de l'hôpital Douglas, a fini par lui peser.À sa sortie de la grotte, il n'a d'ailleurs pas caché que l'expérience de cette année avait été plus difficile que les deux précédentes, se demandant même si elle n'avait pas été « l'expérience de trop ».« Deux mois, ça va, ce n'est pas la mer à boire, mais je me suis un peu plus ennuyé que dans les expériences antérieures, je n'avais pas envie de travailler, car je faisais déjà beaucoup de tests.J'ai lu des ouvrages pour me distraire, mais je n'ai pas travaillé, je n'ai pas étudié », at- il dit.Doit-on comprendre qu'on ne risque pas de le voir replonger encore une fois au fond d'une grotte, dans 10 ans, pour voir comment son corps s'adapte à la vie hors du temps ?La réponse fuse, rapide.« J'espère que c'était LA dernière expérience, LA dernière ! J'ai 61 ans, je ne vais pas faire des expériences toute ma vie ! » PHOTO AFP © Michel Siffre, 61 ans, en est probablement à sa dernière expérience du genre. La Presse 19 mars 2000 Page A7 manquante 7LP0801A0319 a08 actus dim 19 mars 7LP0801A0319 ZALLCALL 67 00:54:19 03/19/00 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Actualités Le faucon pèlerin, un oiseau de proie aussi cosmopolite que Montréal Une consultation populaire se tient jusqu'au 30 avril afin de choisir un oiseau emblème pour Montréal.Le faucon pèlerin est l'un des six candidats retenus.Ce maître du ciel est l'oiseau de proie le plus rapide et le plus populaire au monde.Mais a-t-il l'étoffe et le caractère recherchés ?À vous de juger.Chaque dimanche, depuis le 12 mars jusqu'au 16 avril, nous dresserons un portrait de l'un des candidats.Un article synthèse conclura la série le 23 avril.Alors, pensez-y ! Petits et grands peuvent voter pour leur candidat favori à l'aide du bulletin de participation publié dans cette page.VINCENT LÉTOURNEAU collaboration spéciale Dix heures du matin.Autoroute 40 Est, un peu avant Décarie.Je roule avec une attention plutôt « machinale » lorsque soudain, un oiseau attire mon regard.De la taille d'un goéland, il n'en a pourtant ni le vol ni la silhouette.« Qu'est-ce que c'est ?» Avant d'en savoir plus, je jette un oeil sur la route, histoire d'éviter que ce moment exaltant ne se termine par un accident.Au second coup d'oeil, je reconnais cet acrobate aux ailes pointues.Comme une hirondelle géante, il s'élance avec puissance, assurance et raffinement.Et il n'est pas seul.Depuis le toit d'un immeuble, un autre oiseau vient de prendre son envol.Déjà, ils sont derrière moi.Mais je les ai reconnus.C'était un couple de faucons pèlerins.Le chasseur le plus rapide Le faucon pèlerin chasse en milieu ouvert, frappant en plein vol des oiseaux de diverses tailles (du passereau au goéland).Comme tous les oiseaux de proie, le pèlerin est doté d'une vue perçante pour repérer ses victimes, de serres puissantes pour les saisir et d'un bec crochu pour en déchiqueter la chair.De plus, sa mandibule supérieure encochée lui permet de tuer des proies plus grosses tout en lui facilitant le dépeçage.Enfin, on croit que les larges favoris noirs serviraient à atténuer les reflets du soleil sur la vision de l'oiseau.Les joueurs de football, en appliquant de gros traits de crayon noir sous leurs yeux, suivent le même principe.Du haut de son perchoir (falaise, édifice ou pont), le faucon surveille son territoire de chasse.Lorsqu'il a repéré une proie, il s'élance et fonce sur elle à grande vitesse.Avec sa griffe arrière, le rapace assène à la nuque de sa victime un coup fatal.S'il ne la saisit pas à cet instant, le chasseur exécute un virage et récupère sa proie en plein vol ou au sol.N'étant pas de la même taille, mâle et femelle ne chassent pas tout à fait les mêmes proies.Mais, surprise ! Chez le faucon pèlerin, c'est la femelle qui est plus grande.Au cours d'un piqué, la vitesse du pèlerin peut dépasser les 200 km/h, ce qui en ferait l'oiseau le plus rapide au monde.Mais ce débat n'est pas clos, car le plongeon du martinet serait plus rapide encore.Le faucon pèlerin fait partie des falconiformes, ordre comptant un peu plus de 200 espèces de rapaces diurnes dans le monde, dont 15 au Québec.Un «fidèle gentleman» Comme son nom le laisse entendre, le pèlerin est un oiseau migrateur (les faucons de ville se montrent cependant plus sédentaires).Très fidèles à leur territoire, mâle et femelle s'y retrouvent chaque printemps, formant (par défaut) un couple uni pour la vie.Cherchant à reconquérir sa douce, le mâle lui offre de la nourriture, effectue des plongeons acrobatiques et lui propose des sites de nidification qu'il a pu dénicher dans les environs.C'est à elle que reviendra le choix final de ce site.La femelle pond trois ou quatre oeufs dans une dépression creusée à même le sol d'une corniche.En ville, on peut placer à son intention une boîte remplie de sable.Le mâle la nourrit durant l'incubation.Comme celleci débute avant la ponte du dernier oeuf, les premiers fauconneaux à éclore deviendront vite plus gros et plus forts.Les jeunes s'envolent à l'âge de cinq ou six semaines.Les parents continuent de s'en occuper encore un bon mois, le temps qu'ils acquièrent assez d'heures de vol pour se débrouiller seuls.Les pèlerins à Montréal Le faucon pèlerin nichait l'an dernier dans 80 villes en Amérique du Nord.Mais c'est à Montréal que s'est déroulée l'histoire la plus connue.En 1936, un couple de faucons a élu domicile sur l'édifice de la Sun Life.L'affaire ne pouvait passer inaperçue : la femelle y a niché pendant 16 ans, elle a eu trois compagnons et a produit 22 jeunes ! Divers facteurs, dont l'usage massif du DDT après la Deuxième Guerre mondiale, ont menacé la survie du pèlerin dans plusieurs régions du monde.L'accumulation de ce pesticide dans la chaîne alimentaire entraînait des comportements parentaux aberrants.De plus, les femelles pondaient des oeufs à la coquille amincie qui se brisait avant d'éclore.Les années suivantes, on vit naître plusieurs projets de réintroduction.En 1980, après des années d'efforts, un premier couple niche en Estrie.Le faucon pèlerin sera de retour à Montréal en 1984.Un couple niche depuis cinq ans sur l'ancien édifice de la Banque Royale.Dans le hall d'entrée de la Place Victoria, de mai à juillet, un écran montre en direct la nichée.Un étudiant passionné est sur place pour en parler.Un emblème prestigieux Docteur en ornithologie à l'Université Mc Gill, David Bird a été l'un des acteurs importants dans le rétablissement du faucon pèlerin au Québec.C'est aussi son plus ardent promoteur, dans le cadre de la présente consultation populaire.Rappelant l'épisode de la Sun Life, il choisit cet oiseau pour des raisons historiques.Et puis, « Montréal est une ville cosmopolite, la répartition du pèlerin l'est aussi », dit-il.« Après avoir frôlé l'extinction, poursuit David Bird, le retour du pèlerin est une véritable réussite en matière de conservation.C'est un oiseau spectaculaire, agressif et opportuniste.On peut le voir ici même en ville ou dans les falaises (au mont Saint-Hilaire).Aujourd'hui, son nom est si connu que pour bien des profanes, tous les rapaces sont (à tort) des faucons pèlerins.En somme, c'est un emblème dont on peut être fier.« Et soyez certains que si Montréal ne le prend pas, Toronto le choisira ! » L'auteur est animateur scientifique au Biodôme de Montréal SOURCE : Les oiseaux nicheurs du Québec Le faucon pèlerin niche sur tous les continents, sauf l'Antarctique.Il a disparu de plusieurs régions dans les années 60, mais la population d'origine a pu être rétablie dans le sud du Québec.PHOTO GREG SEPTON, collaboration spéciale Un capuchon et de larges favoris foncés distinguent le faucon pèlerin des autres oiseaux de proie.Le Viagra serait moins nocif que prévu DANIEL HANEY AP, ANAHEIM, Californie Contrairement à ce que l'on pensait, une étude américaine montre que le Viagra, le célèbre médicament contre l'impuissance masculine, n'entraîne pas autant de crises cardiaques que l'on croyait.Une équipe de l'hôpital Beth Israel Deaconess de Boston a ainsi analysé 82 études différentes sur le Viagra et en a conclu que le taux de décès et de crises cardiaques parmi les utilisateurs était conforme à celui enregistré au sein d'une population d'hommes mûrs ou âgés.De fait, beaucoup d'hommes ayant des problèmes d'érection ont également des problèmes cardiaques étant donné que ces deux maux ont souvent des origines communes, comme le diabète, un taux de cholestérol élevé et de la tension artérielle.« Ce sont des hommes qui présentent beaucoup de facteurs à risque et nombre d'entre eux auront des attaques cardiaques et en mourront, qu'ils aient pris du Viagra ou non », a expliqué le Dr Murray Mittleman.« Nous savons qu'une relation sexuelle elle-même peut déclencher une crise cardiaque ».Le chercheur a présenté mardi les résultats de son étude \u2014 financée par le laboratoire Pfizer, le fabricant du Viagra \u2014 lors d'une réunion du Collège américain de cardiologie à Anaheim en Californie.Il a ainsi compilé plusieurs études portant sur un total de 4.497 patients prenant du Viagra et 3.136 autres un placebo.On a alors recensé 21 crises cardiaques dans le premier groupe et 12 dans le second.Mais le Dr Mittleman souligne qu'il a pris en compte le fait que les utilisateurs de Viagra ont été suivis plus longtemps.En données corrigées, le chercheur aurait conclu que les risques d'accidents cardiaques étaient similaires dans les deux groupes.« Ces données sont rassurantes et suggèrent que le traitement des problèmes de l'érection et la reprise d'une activité sexuelle ne peuvent être associées à un risque, fût-il modéré, d'avoir une crise cardiaque », assure le Dr Mittleman.Dans une autre étude, le Dr Sanjay Kaul de l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles a comparé les rapports sur les effets secondaires du Viagra qui avaient été remis à la FDA (agence sanitaire américaine) entre avril 1998 et mai 1999.Au total, 522 morts ont été recensées parmi les utilisateurs de la pilule bleue.Sur ce chiffre, 200 sont dues à des crises cardiaques et 94 à des arrêts cardiaques.Une crise cardiaque résulte d'un caillot qui bloque l'arrivée du sang vers le coeur, alors qu'un arrêt cardiaque est une interruption soudaine du rythme cardiaque.On recommande aux malades du coeur prenant de la nitroglycérine pour se soigner de ne pas prendre du Viagra, car ce cocktail entraînerait une dangereuse baisse de la tension.Le Dr Kaul a ainsi relevé que 79 des crises cardiaques mortelles avaient frappé des hommes utilisant les deux médicaments.Selon lui, la plupart des décès frappant les utilisateurs de Viagra ont frappé des hommes ayant moins de 65 ans dont on pensait qu'ils n'étaient pas prédisposés à des troubles cardiaques.Mais il a noté que les rapports remis à la FDA étaient incomplets et qu'il est possible qu'on n'ait pas mentionné leur éventuelle prédisposition.Comme le Dr Mittleman, le Dr Kaul souligne que rien ne prouve que le Viagra soit à l'origine des décès signalés à la FDA.Mozambique: des milliers de gens ont encore faim MIKE COHEN AP, CHIBUTO En dépit d'une vaste opération internationale d'aide humanitaire, des milliers de Mozambicains souffrent encore de faim, s'est alarmé hier Abby Spring du Programme alimentaire mondial (PAM).Environ 360 000 personnes, chassées de leurs habitations par les pires inondations dans le pays depuis des années, ont trouvé refuge dans des camps érigés dans le centre et le sud du pays.Malgré quelques problèmes logistiques, la plupart d'entre eux font au moins un repas par jour.En revanche, des milliers d'autres qui ont choisi \u2014 contre l'avis des autorités \u2014 de retourner chez eux à la faveur de la décrue ont un besoin urgent de vivres, a déclaré Abby Spring.Le problème est particulièrement aigu dans la région de Chibuto située à 200km environ au nord-est de la capitale, Maputo.Il n'est pas rare d'y voir des villageois se nourrir de maïs pourrissant et de cacahouètes récupérées après les inondations.Dans le village de Mohambe, certains enfants avaient le ventre ballonné ou les cheveux tournant à l'orange.Des symptômes clairs de malnutrition.Le PAM a recensé douze zones autour de Chibuto où se trouvent 18 500 personnes sans nourriture.Mais leur apporter une aide humanitaire sera difficile en raison de leur dispersion.Il faudra donc recourir aux hélicoptères, mais ces derniers sont déjà largement mobilisés ailleurs et privilégient les grands camps.« Il y a des gens dispersés un peu partout le long du fleuve qui ne sont pas nourris », a confirmé Mark Jackson, un pilote de l'ONG Airserv International qui largue des vivres le long du fleuve Limpopo depuis la mi-février.« En cinq minutes de vol, je pourrais atteindre des milliers de gens » ayant besoin d'aide, déplore-t-il.Selon le gouvernement mozambicain, au moins 492 personnes ont péri dans les inondations survenues début février et près de 950 000 hectares de terres agricoles ont été détruits.De large portions de terres restent encore sous l'eau.La saison des pluies ne devant pas prendre fin avant la fin du mois de mars, on redoute de nouvelles crues.« Les gens doivent rester en état d'alerte maximum , parce qu'il pleut toujours et que la situation peut changer à tout instant », a averti Miguel Magalhaes de l'Agence nationale de l'eau. 7LP0901A0319 A 9 dimanche 7LP0901A0319 ZALLCALL 67 00:52:09 03/19/00 B La Presse 19 mars 2000 Page A10 manquante 7LP1101A0319 A11, dimanche, MONDE 7LP1101A0319 ZALLCALL 67 00:54:53 03/19/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 A 11 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Taïwan défie la Chine et porte Chen Shui-bian à la présidence OLIVIER BAUBE Agence France-Presse, TAIPEI Les Taïwanais ont défié la Chine en portant hier à la présidence Chen Shui-bian, honni de Pékin pour ses vues indépendantistes, un pari risqué qui met fin au règne du Kuomintang, au pouvoir depuis 1949, et ouvre une nouvelle ère pleine d'incertitudes.La Chine a réagi cinq heures après l'annonce de l'élection de M.Chen en réaffirmant qu'elle ne tolérerait jamais l'indépendance de Taïwan.« L'élection d'un nouveau dirigeant à Taïwan ne peut pas modifier le fait que Taïwan est une partie du territoire chinois », a assuré l'agence officielle Chine nouvelle.De son côté, le président américain Bill Clinton a adressé ses félicitations à M.Chen, tout en soulignant que les États-Unis soutenaient un « dialogue constructif » entre l'île et Pékin.M.Chen, 49 ans, a remporté un scrutin âprement disputé avec 39,3 % des voix, devant ses deux principaux rivaux, selon des résultats officiels.James Soong, candidat indépendant transfuge du Kuomintang, a recueilli 36,8 % des voix et Lien Chan, le vice-président taïwanais qui défendait les couleurs du vieux parti nationaliste au pouvoir, n'a rassemblé que 23,1 % des suffrages sur son nom.Avec près de 83 % de votants, la participation des 15,6 millions d'électeurs a été massive.S'adressant à ses partisans en liesse, le nouveau président élu a aussitôt confirmé qu'il rejetait l'offre chinoise de réunification sous l'égide du principe « un pays, deux systèmes ».« Nous devrions insister sur la souveraineté indépendante de Taïwan », a-t-il dit.« Ce n'est pas notre travail, c'est notre mission.Nous sommes déterminés à préserver cette terre », a ajouté M.Chen.Une foule énorme a manifesté sa joie à l'annonce des résultats, dans les clameurs et le bruit des pétards.Plus de 200 000 personnes ont envahi les rues de la capitale, agitant fanions et drapeaux aux couleurs du Parti démocratique et progressiste (DPP) de M.Chen.« Nous ne nous sommes pas laissés intimider » par la Chine, déclarait fièrement dans la foule Lo Hao, 19 ans.Le DPP prône dans ses statuts l'indépendance de Taïwan, au grand dam de Pékin qui a multiplié pressions et mises en garde pour empêcher son arrivée au pouvoir.M.Chen avait toutefois adopté une position conciliante tout au long de sa campagne mettant un bémol aux vues indépendantistes défendues par son parti.Il a ainsi confirmé hier exclure une déclaration d'indépendance ou un référendum.Il a également appelé au dialogue avec la Chine.« Nous aimerions engager une communication et un dialogue constructifs avec la Chine », a-t-il déclaré à l'occasion de son premier discours de président élu.Il s'est dit prêt à accueillir à Taïwan le premier ministre chinois Zhu Rongji, tout en confirmant qu'il était disposé à se rendre luimême en Chine.La victoire de M.Chen sonne comme une défaite retentissante pour Pékin qui tient depuis des années un discours belliqueux et menaçant à l'encontre de Taïwan.La Chine considère Taïwan comme une province rebelle depuis la fin de la guerre civile en 1949 qui a vu la fuite des forces nationalistes sur l'île après la victoire des communistes à Pékin.Les autorités chinoises ont depuis fait de la réunification de Taïwan avec la « mère patrie » leur objectif numéro un.Un demi-siècle de pouvoir du Kuomintang, largement considéré comme corrompu, et douze années de présidence de Lee teng-Hui, pourtant artisan de la démocratisation de Taïwan, ont aussi poussé les électeurs à choisir le changement.Le général Huang Kun-hui, secrétaire général du Kuomintang, a offert dès samedi sa démission.Furieux de la défaite, un millier de partisans du Kuomintang ont manifesté pour réclamer la démission de Lee Teng-hui de la présidence du parti, le tenant pour personnellement responsable de la débâcle électorale.Des policiers anti-émeutes ont chargé les manifestants rassemblés devant le siège du Kuomintang.M.Chen a par ailleurs annoncé avoir demandé au prix Nobel de chimie Lee Yuan-tseh de conduire le prochain gouvernement.M.Lee, prix Nobel de chimie 1986 et universitaire le plus respecté de Taïwan, n'a pas commenté cette offre.M.Chen sera officiellement investi président le 20 mai prochain.SOUDAN Opération militaire n Les forces gouvernementales de Khartoum ont lancé depuis 48 heures une opération terrestre et aérienne de grande envergure contre toutes les zones tenues par l'opposition armée, a déclaré à Asmara, le chef des rebelles soudanais John Garang.Cette opération a projeté sur le terrain « pas moins de deux ou trois brigades soutenues par de l'artillerie », a déclaré le chef de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA).d'après AFP ALLEMAGNE Les Verts se rallient n Les Verts allemands, après s'être déchirés sur l'abandon du nucléaire à leur congrès de Karslruhe (sud-ouest), se sont finalement ralliés à la position de leurs ministres au sein du gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates, hostile à tout ultimatum aux industriels.Au terme de quatre heures d'un débat houleux, 396 délégués ont soutenu la motion du ministre écologiste de l'Environnement, Juergen Trittin, tandis que 339 votaient contre.d'après AFP UNION EUROPÉENNE Front uni des 15 n Les quinze pays de l'Union européenne (UE) ont maintenu à Porto (Portugal) un front uni sur la nécessité de lancer un nouveau cycle de libéralisation du commerce mondial dont ils ont confirmé les objectifs, sans se fixer de délai.Les 135 pays de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'étaient séparés début décembre en total désaccord sur les objectifs et les contours d'un nouveau cycle de négociations commerciales internationales.d'après AFP ULSTER Trimble dérange n L'annonce du leader protestant David Trimble, qui s'est dit prêt à s'engager dans une nouvelle étape du processus de paix en Ulster sans désarmement préalable de l'IRA, a suscité étonnement et colère dans son propre camp, et scepticisme chez les catholiques républicains.M.Trimble, en déplacement à Washington à l'occasion de la Saint- Patrick, a créé la surprise en se disant prêt à s'« engager dans une nouvelle étape (du processus de paix) qui ne porterait probablement pas tout de suite sur les armes, mais qui devra aborder ce problème (du désarmement) ».d'après AFP KOSOVO Désarroi de Kouchner n L'administrateur civil de l'ONU au Kosovo, Bernard Kouchner, exprime son désarroi, dans un entretien au quotidien L'Humanité publié hier, face à la situation dans la province serbe, déclarant que la réconciliation y est aujourd'hui « absolument impossible ».« Nous avons échoué à Mitrovica », affirme M.Kouchner.« La haine est extraordinairement forte.Contrairement aux autres missions de paix auxquelles j'ai participé, ici il n'y a pas de relations entre les communautés.Selon l'administrateur civil, « la question est de savoir s'il faut séparer les gens pour les protéger ou s'il faut les mettre ensemble sans pouvoir les protéger ».d'après AP ZIMBABWE Fermes occupées n Les anciens combattants de la guerre d'indépendance du Zimbabwe ont décidé de défier l'ordre de justice leur enjoignant d'évacuer les centaines de fermes de Blancs qu'ils occupent depuis deux semaines, selon la radio d'État.Le dirigeant de l'association des vétérans, Joseph Chinotimba, a déclaré que les occupants, qu'il dirige, ignoreraient l'ordre donné vendredi par la justice zimbabwéenne d'évacuer ces terres dans les 24 heures, et intensifieraient l'occupation des fermes.d'après AFP PHOTO AFP Atmosphère de triomphe hier au siège du parti du vainqueur indépendantiste, Chen Shui-bian.Poutine annonce un retrait partiel des troupes russes en Tchétchénie Agence France-Presse VORONEJ, Russie Le président par intérim Vladimir Poutine a annoncé hier un prochain retrait partiel des troupes de Tchétchénie, à une semaine de l'élection présidentielle en Russie, alors que les rebelles continuaient de résister dans les montagnes du sud.« Nous allons retirer les troupes en surnombre en Tchétchénie et en terminer avec l'opération à grande échelle », a indiqué M.Poutine à Radio Maïak, ajoutant que l'intervention militaire touchait à sa fin.En outre, lors d'une rencontre avec des responsables régionaux à Voronej (500 km au sud de Moscou, le président russe par intérim, favori de l'élection présidentielle du 26 mars, a promis d'éradiquer la pauvreté et de mettre fin au règne des « oligarques » proches du Kremlin ces dernières années et honnis par la majorité.« Notre plus grand problème aujourd'hui est la pauvreté », a déclaré M.Poutine.« La tâche principale du gouvernement est de protéger les gens du besoin », a dit le chef de l'État par intérim qui s'est engagé, s'il est élu, à « faire tout son possible pour qu'un maximum de fonds soient consacrés au règlement des problèmes sociaux ».M.Poutine a promis de mettre en place une « politique sociale, problème clé » de la Russie selon lui.Mais la pauvreté ne peut être éradiquée que « grâce à une solide croissance économique », a-t-il reconnu.« Il faut donner aux gens du travail et une possibilité de gagner leur vie », a-t-il souligné.Le président par intérim, qui pourrait gagner la présidentielle dès le premier tour selon les sondages qui le créditent d'environ 55 % d'intentions de vote, a jusqu'à présent bâti sa popularité sur sa position de « faucon » face à la Tchétchénie indépendantiste, et sur la promesse d'une « dictature de la loi ».Il n'a guère précisé ses intentions en matière économique.Mais dans un pays qui sort à peine d'une profonde crise économique après l'effondrement du rouble en août 1998, et où la majorité de la population est réduite à une pauvreté parmi les plus cruelles en Europe, les dernières déclarations du président par intérim ont toutes les chances de conforter les espoirs qu'il suscite dans la société russe.Un Russe sur trois vit en effet en dessous du « minimum vital » fixé par les autorités à 1820 roubles (63 dollars) par mois, les retraites moyennes n'atteignant pas cette somme, et le système social et de santé publique hérité de l'Union soviétique est en déliquescence.Le principal rival de Vladimir Poutine, le communiste Guennadi Ziouganov, consacre certes une large part de son discours électoral à la promesse d'une justice sociale et à la répartition des richesses.Mais les analystes politiques soulignent que le discours de M.Ziouganov ne convainc guère audelà de l'électorat traditionnel du Parti communiste, qui s'établit autour de 20 % des suffrages.Mais une accusation maniée à l'envi par les leaders communistes pouvait être plus gênante pour le président par intérim : celle d'être, à la suite de son prédécesseur au Kremlin Boris Eltsine, trop proche des fameux « oligarques » honnis par la majorité de la population russe.Vladimir Poutine a tranché hier, promettant d'en finir avec les « oligarques » s'il était élu.« La classe des oligarques doit La Serbie conviée à la modération au Monténégro MICHAEL THURSTON Agence France-Presse, BUDAPEST L'Union Européenne s'est jointe hier à l'OTAN pour avertir la Serbie de ne pas déclencher un conflit au Monténégro, alors que la tension remonte dans les Balkans un an après la guerre au Kosovo.« Nous avons dit très clairement à l'adresse du (président yougoslave Slobodan) Milosevic que nous ne tolèrerons pas l'apparition de quelque problème que ce soit au Monténégro », a déclaré le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE, Javier Solana.« J'espère énormément que nous ne connaîtrons pas d'autre conflit dans la région, mais si jamais cela se produisait, le responsable serait Milosevic, cela ne fait aucun doute », a-t-il ajouté après une réunion avec les premiers ministres des pays voisins de la République fédérale de Yougoslavie (RFY).Comme l'avait fait le secrétairegénéral de l'OTAN, George Robertson, la veille à Budapest, M.Solana a pressé hier Belgrade de lever son blocus économique contre le Monténégro.Cette république, la dernière encore fédérée à la Serbie au sein de la Yougoslavie, est hostile à la politique de Belgrade et manifeste des volontés d'indépendance.« Milosevic n'aurait jamais dû imposer de blocus économique (.).J'en appelle à lui pour lever ce blocus et permettre au gouvernement démocratique du Monténégro de s'occuper de ses affaires », avait déclaré George Robertson.« Je ne suis pas ici pour brandir des menaces mais l'OTAN regarde les événements au Monténégro avec grand intérêt et une préoccupation croissante », avait-il ajouté.« Nous aimerions voir une évolution en Serbie.Nous avons encore dans la région un trou noir qui est un pays gouverné par quelqu'un qui a été accusé de crimes contre l'humanité par le tribunal international », a dit M.Solana.M.Solana doit présenter un rapport sur la politique des Balkans aux ministres des Affaires étrangères de l'UE lundi à Bruxelles, avant le sommet européen de Lisbonne.Il a déclaré que l'Union européenne cherchait à recentrer les sanctions contre l'ex-Yougoslavie pour qu'elle frappent les dirigeants et non la population.« Nous aimerions mieux cibler les vrais responsables qui sont le régime de Milosevic, et son entourage », a-t-il expliqué.Cette réunion de l'OTAN et de l'UE avec les chefs de gouvernement de Hongrie, Albanie, Bosnie- Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Macédoine et Roumanie fait suite à une résurgence de la violence au Kosovo et une pression accrue exercée de Belgrade sur le Monténégro.Les pays voisins ont exprimé leurs inquiétudes croissantes devant ces regains de tension.« Il faut porter plus d'attention à la prévention de nouveaux conflits armés parce que nous avons eu des signaux alarmants du Kosovo, et du sud de la Serbie », a ainsi estimé le premier ministre Viktor Orban.M.Solana a assuré hier que les tensions en Yougoslavie ne feraient pas échouer le pacte de stabilité pour les Balkans, un programme international d'aide au développement de la région en échange de progrès vers la démocratie.Il a réitéré sa confiance au coordonnateur du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est, l'Allemand Bodo Hombach, contre lequel le parquet de Düsseldorf (ouest de l'Allemagne) a ouvert une information judiciaire pour malversations.Le pacte de stabilité avait été adopté le 30 juillet à Sarajevo par une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, mais critiqué depuis par la plupart des gouvernements de la région. 7LP1201A0319 A12, dimanche, MONDE 6LP1201A0319 ZALLCALL 67 07:40:31 03/21/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Monde Le Salon du livre, un an après Avec le recul d'une année, la participation du Québec au Salon du livre de Paris en mars 1999 demeure une fort belle opération médiatique et promotionnelle.Avec un budget somme toute modéré \u2014 1,4 million de dollars, dont un million de source québécoise \u2014 la littérature québécoise (c'est-à-dire d'abord une douzaine d'auteurs) a bénéficié d'un impressionnant coup de projecteur.Certes, on notera que cette année, le petit Portugal (onze millions d'habitants tout de même et une histoire européenne non négligeable) a obtenu d'un claquement de doigts un traitement médiatique équivalent.La quasi-totalité du cahier littéraire du Monde, douze pages dans L'Express, etc.D'autant plus facilement que le Portugal apporte dans ses bagages le Prix Nobel de littérature de 1998, José Saramago ; l'un des écrivains les plus mythiques du siècle, Fernando Pessoa, et une bonne quinzaine de romanciers régulièrement publiés dans les bonnes maisons d'édition françaises, dont certains déjà bien connus.Donc en librairie.La soixantaine de pages de « rédactionnel » majeur obtenues l'an dernier par le Québec signifierait d'abord que tout invité d'honneur a de bonnes chances d'obtenir de la presse à l'occasion du Salon (c'est devenu une tradition).Mais aussi que le travail de presse a été fort bien fait : le Québec a finalement obtenu plus de médias que le Portugal, alors que ses écrivains, souvent non publiés par des maisons parisiennes et pour la plupart inconnus, avaient un gros handicap à surmonter.La quantité d'articles \u2014 sur Gaétan Soucy, Monique Proulx, Rober Racine et autres Dany Laferrière \u2014 ne constitue pas un miracle unique dans l'histoire, mais un très gros succès.Cela dit, si l'on s'imaginait que d'un seul coup la foule des visiteurs prendrait d'assaut le stand du Québec, que tous les éditeurs québécois se retrouveraient en librairie et sur les listes de best-sellers, on pouvait manifester quelque déception.Effectivement, cela peut paraître assez étrange, pour des non-initiés, de voir les responsables du livre dépenser un million de dollars pour finalement vendre un peu moins de 200 000 $ de livres au Palais des expositions de Paris.Il n'y a pas eu non plus de miracle collectif et instantané pour la littérature et l'édition québécoises.À de rarissimes exceptions près, il n'y a toujours aucune édition québécoise en place dans les librairies françaises.Ce qui veut dire qu'il n'y aura non plus aucune critique dans les journaux.Aujourd'hui comme hier, les ouvrages publiés par les éditeurs les plus divers, petits, moyens ou gros, ne sont toujours que « disponibles » à la Librairie du Québec.Mais tout ça ne constitue pas une surprise pour les professionnels du livre, français ou québécois.Avec toute la presse \u2014 ou les télés \u2014 qu'on voudra, il n'y a pas de ces phénomènes surnaturels faisant que, soudain, « la France » dans son ensemble, lecteurs et libraires compris, découvre instantanément la totalité de la littérature québécoise.Pas plus que, cette année, quarante pages de rédactionnel transformeront des romanciers portugais, même géniaux et bien édités à Paris, qui vendent aujourd'hui 2000 ou 4000 exemplaires, en champions des ventes.En termes strictement comptables \u2014 et le Portugal a semble-t-il dépensé deux fois plus que le Québec pour le Salon \u2014 il ne s'agit pas d'opérations « rentables ».Ni sur le coup ni dans l'année qui suit.À titre d'exemple, les ventes du stand de Québec-Éditions, même en progrès, devraient revenir au niveau où elles étaient en 1998 \u2014 autour de 50 000 $ \u2014 ce qui n'en fait pas non plus l'affaire commerciale du siècle.Peut-on dire pour autant que l'opération de 1999 ne servait à rien de concret, sinon à flatter l'ego et les chimères des auteurs, sinon même des responsables gouvernementaux ?En aucune manière.Si l'on a l'ambition de faire des affaires, même modestes, en librairie française, ou d'obtenir, de temps à autre, la percée de tel ou tel auteur, le salon de 1999 demeurait une occasion inespérée de faire une percée, au moins dans les médias et le milieu professionnel, sinon dans le public lui-même.À titre de comparaison, une opération-catastrophe montée dans les années 70 par le gouvernement fédéral et baptisée Livres du Canada avait englouti deux millions de dollars sans que jamais les ouvrages expédiés depuis le Québec ne fassent leur apparition en librairie.De manière triviale, on pourra dire que le million dépensé l'an dernier pour le Québec.a au moins servi à faire connaître Gaétan Soucy, et de manière plutôt glorieuse.Son roman, La petite fille qui aimait trop les allumettes, avait pourtant été (aimablement) refusé par plusieurs grosses maisons parisiennes lorsque Boréal le leur avait proposé.Après la tornade médiatique (et pivotienne), plus des ventes supérieures à 5000 exemplaires du Soucy, le même roman qui n'intéressait pas vraiment les éditeurs s'est retrouvé publié en poche par le Seuil.Le même Seuil, soudain, décidant qu'il fallait absolument sortir une somme conséquente pour réserver à l'avance le prochain roman \u2014 non écrit \u2014 de la nouvelle vedette.Ce qui donne une idée du fonctionnement des grandes maisons de Saint-Germain.Ironie à part, c'est ce genre de succès individuel \u2014 celui de Soucy en l'occurrence \u2014 qui fait bouger les choses à Paris.Au moins en ce sens que de grosses maisons parisiennes prêteront une attention plus soutenue, non pas tellement à des manuscrits qui leur arrivent par la poste (il ne faut pas rêver), mais au moins à des romans déjà édités avec succès au Québec, et qui leur sont proposés en cession de droits par des éditeurs québécois qui ont pignon sur rue.On dira que la montagne du Salon a accouché d'une bien modeste souris.Mais, en réalité \u2014 comme on le verra demain dans un autre article \u2014 c'est sur les marges de l'activité éditoriale française que peut miser la littérature québécoise (comme celle de Belgique ou de Hollande ou même d'Espagne).Avec les espoirs modestes, disons, de faire éditer à Paris une demi-douzaine d'oeuvres dans une année, puis d'obtenir un beau succès de librairie par-ci par-là.Une percée comme celle de Soucy ouvre la voie à quelques autres, donne une réelle crédibilité à l'ensemble de l'entreprise.C'est peu de chose mais à ce stade, pouvait-on faire mieux ?Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS BUSH-DIM Not Found BUSH-DIM GORE-DIM Not Found GORE-DIM George W.Bush : Écoutez ! Le gars à votre droite, c'est un filou Al Gore : Écoutez ! Le gars à votre gauche, c'est un demeuré ! PHOTO AP PHOTO REUTER Le filou et le demeuré Dans le combat Gore-Bush, tous les coups seront permis.Richard Hétu collaboration spéciale NEW YORK Al Gore contre George W.Bush.Un combat assommant ?À première vue, ça semble être le cas.Les deux aspirants à la Maison-Blanche sortent du même moule.Nés dans des familles de politiciens riches et puissantes, ils ont été éduqués dans les écoles de l'élite américaine \u2014 Gore à Harvard, Bush à Yale.Baby- boomers, ils sont les favoris de l'establishment de leur parti respectif.Pour le charisme, il faudra repasser.Mais on pourrait être surpris.Au cours des derniers mois, la politique américaine a défié les conventions, catapultant un candidat présidentiel qui disait tout haut ce qu'il pensait tout bas.La campagne rafraîchissante de John Mc Cain a pris fin de façon abrupte, mais elle a mis en évidence un phénomène qui lui survivra.Avec ou sans Mc Cain, la campagne présidentielle de 2000 se déroulera dans un contexte inédit.Jamais le monde n'aura été autant médiatisé.La politique n'est plus confinée aux médias traditionnels, elle se répercute désormais aux quatre coins d'Internet et sur les chaînes d'information continue, jour après jour.En 1996, personne n'avait entendu parler de Matt Drudge et de Salon.Aujourd'hui, le potineur et le magazine traitent la politique comme un divertissement pour un public d'internautes qui en redemande.Les anciens et les nouveaux médias ont contribué à la création du phénomène John Mc Cain.Par moments, c'était une obsession.Mais la Mc Cainmanie a aussi provoqué une participation record des électeurs dans plusieurs États.Une durée inédite Le combat Gore-Bush sera également inédit par sa durée.Il a commencé le soir du « super mardi », après l'avalanche de primaires organisées par l'establishment des partis pour stopper les challengers et d'assurer le triomphe des favoris.Jamais les candidats démocrate et républicain à la Maison-Blanche n'auront été déterminés aussi tôt dans le calendrier.La course présidentielle s'étendra donc sur huit mois.Au milieu, elle sera marquée par les congrès d'investiture des partis, qui auront lieu fin juillet, début août.Tout ça semble bien loin, mais les candidats ne prennent aucun risque.Au coude à coude dans les sondages, ils ont déjà commencé à s'attaquer avec férocité.Si le ton devait empirer d'ici le scrutin du 7 novembre, cela donnerait lieu à une des campagnes électorales les plus brutales de l'histoire.Gore a déjà mis en doute la compétence de Bush, qui traîne toujours l'image d'un poids plume intellectuel.Selon le vice-président, le gouverneur du Texas n'est pas prêt pour la Maison-Blanche.Son programme économique n'est pas de « classe présidentielle ».Et sa promesse de réduire les impôts de 485 milliards sur cinq ans est une « affaire risquée » ne profitant qu'à ses riches partisans, tout en mettant en péril la prospérité économique des États-Unis.« Le gouverneur Bush a-t-il l'expérience pour être président ?Non », a déclaré Gore, cette semaine, au cours d'un discours à Dallas, dans la cour arrière du gouverneur texan.Un réformateur est né ! Quand il parle de son adversaire, Gore emploie toujours un ton condescendant, comme s'il avait affaire à un demeuré.De son côté, Bush a du mépris dans la voix quand il parle du vice-président des États- Unis, comme s'il avait affaire à un filou.« Je pense que le vice-président est prêt à dire n'importe quoi pour se faire élire », a déclaré Bush, cette semaine, au cours d'une conférence de presse à Alcoa, au Tennessee, l'État représenté pendant plusieurs années par Gore père et fils au Sénat des États-Unis.Bush réagissait à une question d'un journaliste sur un engagement électoral de Gore.La veille, le viceprésident avait annoncé au New York Times sa nouvelle priorité : la réforme du financement électoral, la cause préférée de Mc Cain.« Comme John Mc Cain, je suis animé par une passion qui vient de mon expérience personnelle dans la bataille pour réformer le financement des campagnes électorales », a déclaré Gore au Times.Côté « spin » politique, il n'y avait rien de plus transparent.Gore est la personnification même des excès condamnés par Mc Cain.En 1996, par exemple, il a visité un temple bouddhique à Los Angeles, où il a récolté 55 000 $ en contributions politiques.Officiellement, l'argent venait des moines du temple.En réalité, les moines n'étaient que les hommes de paille de Maria Hsia, une vieille amie de Gore qui a été reconnue coupable, au début du mois, d'avoir pompé illégalement 100 000 $ dans le Parti démocrate et la campagne Clinton-Gore de 1996.Bonjour réforme ! Des amis encombrants Dans ses publicités télévisées, Bush ne manquera pas de repasser les images de la visite de Gore chez les bouddhistes.Ces images, qui font déjà le bonheur des chaînes d'information continue, sont quasiment aussi gênantes que le fameux clip de Bill Clinton donnant l'accolade à Monica Lewinsky.Ainsi, pendant que Gore mettra en doute la compétence de son adversaire, Bush attaquera l'intégrité du vice-président.Il rappellera le silence de Gore dans l'affaire Lewinsky, de même que son rôle dans le « scandale » du financement de la campagne de 1996.À une époque de prospérité économique et de paix relative, c'est probablement le meilleur atout du gouverneur du Texas.Mais Bush n'est pas seulement vulnérable sur le plan de l'expérience.Sa visite à l'Université Bob Jones, où l'anticatholicisme triomphe, ne sera pas oubliée par Gore, qui se fera également un plaisir de rappeler les liens de son adversaire avec la National Rifle Association, jugée extrémiste par plusieurs Américains.Cette semaine, la NRA a fait les manchettes aux États-Unis.Son vice- président a reproché à Clinton et à Gore de tolérer un certain nombre de meurtres afin de pouvoir marquer des points contre le lobby des armes à feu.L'accusation de la NRA a soulevé l'indignation de Clinton et de Gore.Elle a même été dénoncée par Bush.Mais elle sera récupérée par Gore en temps et lieu.Et les anciens et nouveaux médias ne manqueront pas d'en rajouter.Missing files that are needed to complete this page: BUSH-DIM GORE-DIM 7LP1301A0319 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1101A0319 ZALLCALL 67 00:53:37 03/19/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 A 13 «Star Wars»: c'est reparti! Sur un mode mineur.Mais cette fois Washington interpelle directement Ottawa Une fois les présidentielles américaines passées en novembre prochain, et peut-être même avant, le Canada sera vraisemblement confronté à un autre de ces choix pénibles qu'il doit faire périodiquement eu égard à son puissant voisin : Ottawa sera conduit à dire formellement s'il accepte ou non la proposition américaine d'aménager un bouclier le défense antimissiles.Ce programme (NMD, pour National Missile Defense ) est, de l'avis général, de nature à bousculer l'ensemble du fragile processus de désarmement en cours depuis la chute du Mur de Berlin, ce qui donne la mesure du choix qu'Ottawa sera amené à faire.Version réduite du fameux plan avorté dit « Star Wars » avancé par le président Reagan en 1983, l'actuel plan américain consiste à aménager sur son territoire \u2014 Alaska y compris \u2014 des lance-missiles capables d'intercepter des missiles porteurs d'ogives nucléaires.Le hic, c'est qu'il présuppose de la part de Washington l'abrogation ou à tout le moins l'amendement de l'actuel Traité sur les missiles intercontinentaux (le traité ABM), en vigueur depuis 1972.Washington a donc entrepris dans un premier temps de convaincre le Canada et ses alliés européens de faire pression sur Moscou pour que les Russes acceptent de modifier l'ABM.Dans l'éventualité d'un refus d'Ottawa, Washington a laissé entendre cette semaine que dans un deuxième temps, le programme antimissiles projeté pourrait bien être géré par NORAD mais sans que le Canada n'ait voix au chapitre.L'état de la question L'establishment militaire américain a déjà englouti, depuis Star Wars, rien moins que 60 milliards de dollars US dans la recherche et la mise au point de programmes de défense antimissiles.Les formules mises de l'avant, à commencer par celle \u2014 fabuleuse \u2014 du président Reagan en 1983 qui prévoyait des rampes de lancement installées dans l'espace, ont toutes subi les foudres de nombreux experts comme étant inefficaces, incapables en fait d'intercepter une pluie d'ogives dirigées simultanément vers les États-Unis.Ces experts en conséquence concluent que les énergies englouties dans ces boucliers antimissiles doivent plutôt être aiguillées sur la voie diplomatique, vers une réduction du parc nucléaire mondial.Mais voilà : la classe politique américaine dans son ensemble, cuisinée depuis longtemps par les lobbies de l'industrie militaire, paraît toute disposée à approuver le plan actuel antimissiles, un plan modeste \u2014 12 milliards \u2014 rendant les États-Unis capables hypothétiquement d'intercepter une quinzaine ou une vingtaine de missiles porteurs d'ogives nucléaires.Chez les candidats actuels à la présidence, seul le démocrate Bill Bradley \u2014 qui vient de se désister \u2014 s'est opposé au programme.Le républicain George W.Bush s'en fait le champion et, les lobbies étant ce qu'ils sont, le président Clinton a voulu soustraire la question du débat électoral présidentiel en choisissant d'annoncer luimême, vers juin ou juillet, la décision ferme de réaliser ce bouclier antimissiles.Mais comme l'initiative unilatérale américaine inquiète beaucoup de monde sur beaucoup de continents, l'offensive diplomatique est lancée.Le sous-secrétaire d'État américain Strobe Talbott rencontrait mardi dernier des hauts fonctionnaires européens pour les convaincre du bien-fondé du programme de Washington.Le lendemain, le sous-secrétaire à la Défense, John Hamre, réunissait, lui, les journalistes canadiens en poste à Washington pour diffuser la bonne parole.M.Hamre n'en était pas à son premier coup de sonde.Le mois dernier, il prononçait un discours singulièrement racoleur sur le sujet devant la chambre de commerce de Calgary, discours tombé à plat.En revenant à la charge la semaine dernière, M.Hamre a assorti sa carotte d'un petit bâton : si Ottawa devait refuser la proposition américaine, NORAD \u2014 le système actuel d'interception d'avions ennemis dont le Canada est partenaire « junior » des États-Unis \u2014 pourrait bien être appelé à gérer le programme antimissiles, mais sans que, sous ce rapport, le Canada n'ait son mot à dire.Jusqu'ici, le Canada boude l'initiative.Le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, s'est dit inquiet des effets du programme antimissiles sur l'actuel équilibre nucléaire atteint par une série de traités patiemment élaborés.Avant que le Canada ne donne sa réponse définitive \u2014 ce qui pourrait attendre l'avènement d'un nouveau patron à la Maison-Blanche \u2014, le ministre aura le loisir de relire l'avis de nombreux experts qui, dans la grande presse anglosaxonne, dénoncent depuis quelques mois ce plan de bouclier antimissiles.Des résistances Dans leur présentation, les promoteurs du projet prennent bien soin de lancer le message que ce bouclier n'est pas dirigé contre la Russie ou la Chine, mais qu'il ne vise qu'à pouvoir intercepter des missiles que d'éventuels tireurs un peu vagabonds, comme la Corée du Nord ou l'Irak, pourraient vouloir diriger contre une grande ville américaine.À la rigueur, le bouclier pourrait aussi bloquer un missile porteur d'ogive nucléaire venu accidentellement de Russie ou de Chine.Mais ces précautions de langage n'ébranlent aucunement les certitudes de nombreux spécialistes qui voient déjà la Chine, par exemple, vouloir multiplier ses rampes de lancements advenant l'installation de ce bouclier.C'est le cas de Robert A.Levine, ex-conseiller de la Maison-Blanche qui, dans le International Herald Tribune, se dit convaincu que Pékin considérera le bouclier comme une menace et répondra en accélérant son programme nucléaire.De leur côté, les universitaires Philipp C.Bleek et Frank N.von Hippel écrivent dans le Washington Post que dans la mesure de ses moyens financiers, la Russie pour sa part répliquera en plaçant en situation d'alerte la part la plus grande possible de son imposant parc nucléaire.Et si la Russie, à cause du bouclier américain antimissiles, redéploie ses propres missiles, c'est toute l'Europe qui s'en ressentira menacée, d'autant qu'elle se trouvera alors, elle, contrairement à l'Amérique, dépourvue de l'appareil antimissiles, donc en situation de vulnérabilité.Ajoutez à cela que la Russie post-soviétique présente des failles importantes dans nombre de secteurs administratifs et les craintes nucléaires montent d'un autre cran en Europe.Autrement dit, la froide logique qui engendre les réflexes de défense, figée depuis la fin de la guerre froide, se remettra à grincer dans sa rouille advenant que le bouclier américain anti-missiles voit le jour.Nombre d'experts s'entendent pour dire que ce bouclier n'assure en rien une protection efficace contre les armes nucléaires et que d'ailleurs il ne contrecarre d'aucune manière les dangers aussi graves d'attaques terroristes à caractère chimique ou bactériologique.Le programme de Washington n'aura pour effet que de ranimer la course aux armements nucléaires, pendant que stagnent la phase III des négociations START sur la réduction des arsenaux actuels, en raison notamment d'un blocage au Sénat américain.Des explications Dans le Los Angeles Times, deux autres experts, William D.Hartung et Michelle Ciarroca, du World Policy Institute perçoivent dans ce beau consensus de la classe politique américaine autour du projet de bouclier anti-missiles la main agissante du complexe militaro-industriel des États-Unis.Ils rappellent que le quarteron de producteurs de missiles antimissiles (Lockheed Martin, Boeing, TRW et Raytheon) ont déjà investi 34 millions $US en lobbying à l'appui de leurs programmes, plus 6,9 millions dans le seul cycle électoral de 1997-98.Ils identifient comme particulièrement actif dans leur démarche l'ancien secrétaire à la Défense Donald H.Rumsfeld qui, mandaté par le Congrès, a produit en 1998 un rapport indiquant que des États vagabonds comme la Corée du Nord, l'Iran et l'Iraq sont plus près que jamais de la possibilité technique d'acheminer des missiles nucléaires vers les États-Unis.Hartung et Ciarroca contestent cette prétention, affirmant que ces pays en ont pour des années, voire des décennies, avant de pouvoir réussir pareille opération.Entre-temps, rappellait le Wall Street Journal en octobre dernier, un sous-marin comme le USS Wyoming croise au large de la Floride, sur un pied d'alerte permanent, pouvant à tout moment expédier un missile nucléaire sur Moscou, par exemple, en un peu plus qu'une demi-heure.Ils sont 18 sous-marins comme ça dans les eaux du globe.C'est déjà pas mal comme force de dissuasion, non ?Les États-Unis disposent encore de 7000 appareils porteurs d'ogives nucléaires capables de frapper à tout moment.La note nucléaire américaine se maintient toujours annuellement à 20 milliards.PHOTOMONTAGE La Presse, collaboration spéciale Réchauffement Dérangement Médicament Regroupement n Effet de serre ou pas, les illustrations s'accumulent d'un processus rapide de réchauffement de la planète.Un rapport attendu en mai révélera que près de la moitié des glaces couvrant l'océan Arctique ont fondu, révèle le quotidien britannique The Independent.Il s'agit d'un rapport du Worldwatch Institute, de Washington, qui prédit en outre que toutes les glaces recouvrant l'Arctique pourraient avoir fondu d'ici quelques décennies.Plus : des plaques de glace complètes se détachent de l'Antarctique pendant que les glaciers de l'est des Himalayas ont diminué de 20 %.Ce qui frappe les chercheurs, c'est la rapidité avec laquelle le processus prend forme, accéléré disent-ils par les gaz émanant de la consommation de produits fossiles.Dans l'Arctique, 24 000 km2 de glaces disparaîtraient chaque année.La profondeur moyenne des glaces couvrant cet océan atteignait neuf pieds il y a 30 ans, elle n'est plus que de cinq pieds.L'été dernier, deux pêcheurs canadiens ont soudain aperçu la hanche d'un individu émergeant de la glace.Après recherches, il fut établi que le corps, parfaitement conservé, était celui d'un homme de l'ère préhistorique, qui aurait chuté dans une crevasse il y a quelque 12 000 ans.On a notamment trouvé à ses côtés une lance de bois, un couteau fait d'os et un reste de nourriture dans un sac rudimentaire.n Faut pas être informé de la situation réelle des agriculteurs de l'Ouest canadien pour agir ainsi mais toujours est-il que nombre d'agriculteurs britanniques, dégoûtés par le métier dans leur pays, ont choisi d'immigrer dans l'Ouest canadien, indique le Telegraph, de Londres.Le mouvement dure depuis 18 mois, aiguillonné par des courtiers en valeurs fermières dépêchés des Prairies et qui font salle comble dans certains hameaux retirés.L'engouement est particulièrement fort dans le Lake District où Jim Akrigg et sa femme Christine ont fait oeuvre de pionniers en vendant leur cheptel bovin et ovin pour aller s'installer au Manitoba.Là-bas ils ont troqué l'élevage pour la culture du blé, de l'avoine, du maïs et de l'orge, métier qu'ils découvrent à 62 ans.C'est un grand dérangement : la famille occupait les mêmes terres depuis plus de 1000 ans.Le journal britannique présente un portrait idyllique des conditions faites à ces cultivateurs britanniques immigrés dans l'Ouest.C'est à ne rien comprendre de la grogne qui nous parvient régulièrement par les vents d'ouest.Chose certaine, s'il y a des terres à vendre dans l'Ouest, c'est qu'il y a des gens là-bas qui ont accroché la fourche.Et que leurs terres vallent beaucoup moins cher que les terres anglaises convoitées entre-temps par les entrepreneurs immobiliers.n Journaliste à Business Week, Mary Hickey considère, en accord avec son médecin, qu'elle porte 15 livres en trop.C'est beaucoup, mais pas suffisant pour que son médecin lui prescrive un médicament pour maigrir.Qu'à cela ne tienne, pour 35 $ elle « consulte » par Internet un médecin louisianais et obtient le médicament amaigrissant à domicile une semaine plus tard.Le médecin n'aura jamais rencontré la patiente, n'aura fait aucune vérification des données fournies par la patiente et le médicament lui est acheminé à domicile sur simple indication des coordonnées de sa carte de crédit.La FDA (Food & Drug Administration) fait de la surveillance de ce commerce une priorité, mais un porte-parole de l'agence fédérale américaine concède que les commerces de médicaments par Internet prolifèrent tellement qu'elle est impuissante à contrôler la situation.Plusieurs grands noms de la distribution pharmaceutique font un effort de rigueur dans la vente des médicaments, mais d'autres pas.En particulier certaines entreprises installées au Mexique.Ou au Canada.Tiens, tiens ! L'histoire ne dit pas si les Canadiens eux-mêmes ont un accès facile à ces commerces.Mais ce que l'on sait, c'est que les douaniers américains ont intercepté 9725 envois l'an dernier, ce qui représente près de cinq fois plus qu'en 1998.n « Vieux médias, nouvelle approche », titre le New York Times à propos de deux piliers de la presse américaine qui vont fusionner.Le vénérable Los Angeles Times, propriétaire notamment de Newsday (Long Island) et du Baltimore Sun, ainsi que d'une brochette de grands magazines (Popular Science, Golf Magazine, etc.) passe aux mains du groupe qui contrôle le Chicago Tribune.Propriété familiale depuis 119 ans et voué presque exclusivement à l'imprimerie, le Los Angeles Times embarque dans l'aventure du Tribune qui, lui, est déjà largement imbriqué dans le multimédia, avec ses 22 antennes télé, ses trois radios et ses interventions \u2014 et ses actions \u2014 dans America Online et autres bricoles de la Toile.L'acquisition conduit à la formation du troisième plus important groupe de presse aux États-Unis, après Gannett et Knight Ridder.Le président du Tribune, John W.Madigan, croit que son groupe est en train de former « la première véritable entreprise multimédia en Amérique ».Selon le New York Times, des journalistes craignent que dans le processus, la fonction divertissement du groupe en vienne à affecter la fonction information.Le Chicago Tribune cultive déjà des projets assez révolutionnaires dans le champs du multimédia, comme ces salles de rédaction intégrées regroupant à la fois, sous desk unique et plans de reportage cohérents, des journalistes de l'imprimé et de l'électronique.Paraît que ça fera boule de neige. 7LP1401A0319 A14 DIMANCHE 7LP1401A0319 ZALLCALL 67 00:53:13 03/19/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 Iridium est déclarée en faillite Agence France-Presse WASHINGTON La société Iridium, système de télécommunications mobiles par satellites, a annoncé hier avoir cessé son service après avoir été officiellement déclarée en faillite.« Le tribunal des faillites de New York a donné son aval pour qu'Iridium utilise les fonds mis en dépôt pour mettre fin graduellement à ses opérations et procéder à la vente des actifs », a indiqué Iridium dans un communiqué.Le groupe Motorola, principal actionnaire d'Iridium, va maintenir le système de communications mobiles par satellites pour une période limitée afin de permettre aux abonnés de trouver un système alternatif, selon le communiqué.L'échec de ce système va entraîner la destruction du réseau de 66 satellites mis en place par Iridium, une opération longue et coûteuse et pour laquelle les fonds mis en dépôt, au moment de la mise en liquidation judiciaire en août, seront utilisés.Iridium, en déployant son système satellitaire, avait investi quelque cinq milliards de dollars.PHOTO REUTERS Une petite égratignure Le pape est apparu en bonne forme mais portant une petite égratignure sur le front hier en recevant sur la place des pèlerins du Jubilé place Saint Pierre au Vatican.Le Vatican s'est refusé à tout commentaire officiel sur cette très légère blessure.« C'est seulement une égratignure », a cependant déclaré une source autorisée au Vatican à l'agence de presse italienne Ansa qui a exclu toute inquiétude sur la santé de Jean- Paul II.Le pape s'était blessé au front pratiquement au même endroit le 12 juin 1999 lors d'un voyage en Pologne, en tombant dans la nonciature de Varsovie.Jean-Paul II quittera demain Rome pour un voyage éprouvant en Terre Sainte jusqu'au 26 mars.EN BREF Nouveau « Life » n La presse magazine américaine va perdre un de ses plus vieux titres, et un des plus connus : Life Magazine va cesser de paraître sous sa forme mensuelle.Le dernier numéro sortira en mai, a précisé Time Incorporated, la société éditrice.Le magazine sera ensuite publié occasionnellement, pour des numéros spéciaux.Fondé en 1936 par Henry Luce, à qui l'on doit également Time et Fortune, Life Magazine avait déjà cessé sa parution mensuelle en 1972, pour une durée de six ans.Le magazine était « moyennement rentable », selon Henry Muller, directeur de la publication.Fertiles, les Américains n Les hommes, aux États-Unis, sont aussi fertiles qu'il y a 50 ans, selon une nouvelle étude américaine contredisant les théories selon lesquelles les sous-vêtements trop serrés, la pollution et une vie trop sédentaire abaissent dangereusement la concentration en spermatozoides.Les résultats de cette étude menée par des chercheurs de Los Angeles sont publiés ce mois de mars dans la revue scientifique américaine Fertilité et Stérilité.Les scientifiques ont procédé à l'analyse du sperme de 1385 hommes entre 1994 et 1997 et comparé le nombre de spermatozoïdes par millilitre avec les résultats d'une étude réalisée en 1951.En près de 50 ans, les chiffres ont très peu varié : dans 18 % des cas, la concentration en spermatozoïdes atteint moins de 20 millions par millilitres, contre 17 % en 1951.Ceci montre qu'il « ne faut pas s'alarmer ».Une lampe cause un crash n Une lampe d'éclairage intérieur, située au plafond du cockpit et permettant la lecture de cartes, pourrait avoir constitué un foyer d'incendie débouchant sur l'accident en 1998 d'un Mac Donnel Douglas MD-11 de la Swissair, a rapporté samedi le New York Times.Le gros-porteur assurant le vol 111 entre New York et Genève s'est abîmé au large de la Nouvelle-Écosse le 2 septembre 1998, provoquant la mort de ses 229 occupants.Les causes de l'accident n'ont toujours pas été déterminées.Jim Harris, porteparole du Bureau de sécurité des transports canadiens, a expliqué au New York Times que les enquêteurs étudiaient les débris de l'appareil pour tenter de retrouver cette lampe.Boeing, qui a acquis en 1996 Mc Donnell Douglas, a demandé aux compagnies exploitant des MD-11 de vérifier ces plafonniers et de renforcer leur isolation électrique. 7LP1501A0319 a15 tcons dim 19 mars 7LP1501A0319 ZALLCALL 67 00:52:52 03/19/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 A 15 Têtes d'affiche Adressez vos communiqués à: Têtes d'affiche La Presse 7, rue St-Jacques Montréal H2Y 1K9 Maurice Barnabé, engagé pratiquement à vie pour la cause de l'épilepsie, qu'il cherche à démythifier depuis plus d'une quarantaine d'années, vient de remporter le prix d'excellence de la régie régionale de la santé et des services sociaux de la Montérégie, dans le cadre d'un gala pour souligner la générosité et l'engagement de personnes et organismes ayant contribué à la santé et au bien-être des Montérégiens.Le grand prix est assorti d'une bourse de 5000 $ commanditée par Bell.Bénévole exemplaire, M.Barnabé a fondé la Ligue de l'épilepsie qui est devenue l'Association québécoise de l'épilepsie.Des mentions ont été accordées à l'Association des retraités et des préretraités du Bas-Richelieu, au programme « Vérification-terrain » de la Direction de la protection de la jeunesse, à la maison la Virevolte de Longueuil, aux tables de concertations de la Vallée des Patriotes, au personnel de l'urgence de l'hôpital Pierre-Boucher de Longueuil, et au regroupement Satellite, qui travaille en prévention de la toxicomanie.n n n Jean-Pierre Ménard Ardent défenseur des droits des déficients intellectuels, l'avocat Jean-Pierre Ménard vient de recevoir le prix Personnalité provinciale de l'Association du Québec pour l'intégration sociale, attribué dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle.Des personnes affectées, des bénévoles et organismes ont également remporté des prix en témoignage de leur réussite en matière d'intégration sociale.Chez les bénévoles, les lauréats sont Lucille Latourelle, de Laval ; Micheline Ouellette, de Rimouski ; Vincent de Villiers, de Montréal et Réjean Huard, de Shawinigan.On a également salué les mérites et réussites de personnes vivant avec une déficience intellectuelle, soit Sylvain Vallée, de Pointe-aux- Trembles (domaine du travail) ; Alain Giroux, de Verdun (domaine socioculturel) ; France Gendron, de Sherbrooke (communautaire) ; Annie- Joie Brunet-Frappier, du lac Nominingue (éducation) ; la troupe montréalaise Pourquoi pas nous (groupe) ; et Lina et Albert Tenasco, de Maniwaki (famille).On a également reconnu, dans la catégorie « milieu professionnel », les mérites de personnes ayant contribué à l'intégration sociale, soit Sylvie Roy (domaine du travail), et Margaret O'Byrne (socioculturel) de Montréal ; Lise Poulin (communautaire) de Saint-Georges-de- Beauce ; Jean-Charles Juhel, de Loretteville, et le groupe Joujou Recup- R, de Saint-Eustache.n n n La fondation Mode Matinée a remis 750 000 $ à plus d'une trentaine de créateurs de mode canadiens.Les lauréats pour le Québec sont : Dimitri Hatzepetros, de chez Ike & Dean ; Marcel Denommé, et Louise Vincent, de Dénommé Vincent ; Christian Chenail, de chez Muse ; Dina Merulla, de Boz international ; Hélène Barbeau, de Barbeau inc.; Philippe Dubuc, de Dubuc mode de vie ; Nadya Toto, de Nadya Toto prêt-à-porter ; Evik Asatoorian, de Rudsak, Aali Davoudi, de Marmouz designs, tous de Montréal, et Marie-Chantal Le Breton, de chez Myco Anna, de Québec.n n n Isabelle Boulay Afin de mettre sur pied des programmes de prévention et d'intervention pour contrer toute forme d'abus et de violence commis à l'endroit des enfants, la fondation Marie- Vincent organise une soirée-bénéfice mettant en vedette la chanteuse Isabelle Boulay.Le tout aura lieu le lundi 8 mai, au Monument-National.Coût : 100 $.Renseignements : 362-6226.n n n L'Institut de droit aérien et spatial et le Centre d'études sur les industries réglementées, de la faculté de droit de l'Université Mc Gill organisent une tribune publique pour débattre si l'industrie aérienne canadienne est en situation de monopole ou de compétition.Le tout aura lieu mardi, à 16 h, à la salle du tribunal, salle 100 du pavillon New Chancellor Day (644, rue Peel, angle de la rue Docteur- Penfield).Des représentants d'Air Canada, de Transports Canada et d'autres experts participeront à la discussion sur les avantages, inconvénients et risques de la restructuration de l'industrie aérienne canadienne, dans le contexte actuel de l'acquisition de Canadian Airlines par Air Canada.Renseignements : 398-6616.n n n Du 20 mars au 8 avril, le Club des petits déjeuners du Québec récoltera des fonds par la vente de tasses à café autographiées par l'animateur du Grand Journal à TQS, Jean-Luc Mongrain.On peut se les procurer, au coût de 2,99 $, dans les magasins Wal-Mart, Brault et Martineau, et Rona.Soulignons que le Club des petits déjeuners est un organisme qui voit à servir des déjeuners complets et nutritifs aux enfants fréquentant des écoles en milieu défavorisé.n n n Recherche des anciens membres de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées (FAFMRQ), pour participer à un souper de retrouvailles devant se dérouler le vendredi 24 mars, dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire de la Fédération.Renseignements : 729-6666.n n n Cent huitième anniversaire de naissance de Mme Blanche Marinier, demain.La plus que centenaire sera dignement fêtée à la résidence Laurendeau (1725, boulevard Gouin Est).Encan de vins pour Leucan et Réussite jeunesse La Société des alcools a procédé à la vente aux enchères de vins rares et prestigieux et redistribué également les profits (110 000 $) entre Leucan et la fondation Réussite jeunesse.Ont participé à la remise des deux dons de 55 000 $, dans l'ordre habituel : Alain Proteau, viceprésident à l'exploitation de détail à la SAQ ; Jean-Pierre Simard, de la fondation Réussite jeunesse ; Denis Marsan, directeur des achats de vins rares et prestigieux ; Iégor de Saint-Hippolyte, commissaire-priseur ; et Jacques Chénier, président de Leucan.230000$ de CGI La campagne de financement 1999 de Centraide du Grand Montréal a suscité un remarquable geste de générosité chez les employés du groupe CGI (consultation-impartition en informatique).En y ajoutant le don corporatif, on a pu procéder à la présentation d'un chèque de 230 000 $.Dans l'ordre habituel : Jacques Leclerc, Guy Vigeant, Paule Doré, et Chantal Sylvestre, de CGI ; Michèle Thibodeau-De Guire, PDG de Centraide ; Yves Mercier et Susan Pilotte, également de CGI.Don à l'UQAM La Société de bienfaisance du Canadien Pacifique vient de remettre une contribution de 150 000 $ à la fondation de l'Université du Québec à Montréal, pour l'acquisition d'un microscope confocal pour le Centre de recherche en toxicologie de l'environnement (TOXEN).Dans l'ordre habituel, on retrouve le vice-président de CP navigation-logistiques, Michel Tosini ; la vice-rectrice à la recherche, à la création et à la planification, Louise Dandurand ; le directeur de l'hôtel Reine Elizabeth, Richard Payette ; et le directeur du Centre TOXEN, le professeur Philip Spear.150000$ de Cascades Le personnel des différentes installations de Cascades au Québec a versé 150 000 $ à la campagne de financement des Centraide du Québec.Nous retrouvons sur la photo de présentation du don, un groupe d'employés de l'entreprise, Chantal Grandmont, Simon Lachance, Geneviève Péloquin et Nadia Deshaies, et, devant à droite, le président et chef de la direction de Cascades, Laurent Lemaire. 7LP1601A0319 a16 perso dim 19 mars 7LP1601A0319 ZALLCALL 67 00:54:08 03/19/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 19 MARS 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 19 MARS 2000 André Charrette JEAN-PAUL SOULIÉ Le chimiste André Charrette, professeur à l'Université de Montréal, dirige un laboratoire qui compte 26 chercheurs, à 38 ans.Auteur de plus de 50 publications scientifiques, il a reçu les éloges de la communauté scientifique du monde entier pour ses travaux sur la synthèse des architectures moléculaires à trois dimensions.Il vient de se voir attribuer une des prestigieuses bourses Steacie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le CRSNG.Pour l'année 2000, quatre chercheurs au Canada ont obtenu cette bourse d'une valeur de 180 000 $.Il est le seul du Québec à recevoir cette distinction.Autre reconnaissance majeure de la grande valeur des travaux du chercheur montréalais, depuis le début de l'année, le professeur Charrette s'est vu confier la direction d'une nouvelle chaire industrielle en synthèse stéréosélective des médicaments, financée par deux grandes entreprises pharmaceutiques, Merck Frosst et Bio-Mega.Cette chaire est dotée d'un budget de 1,9 million sur cinq ans.La Presse souligne les deux grandes distinctions reçues par André Charrette en le nommant Personnalité de la semaine.« Substance naturelle, produit de synthèse, au bout du compte, c'est pareil, explique le professeur Charrette.Pourtant, parvenir à la synthèse d'une molécule pour fabriquer un médicament n'est pas sans risque.On a découvert des médicaments efficaces, mais qui ont de nombreux effets secondaires.Il faut trouver des méthodes permettant d'éliminer ces effets en améliorant la synthèse d'énantiomères.» Et le chercheur d'illustrer son propos en montrant ses deux mains « images-miroirs non superposables », et d'énoncer simplement : « Un énantiomère est fait d'une paire d'isomères non superposables.» Les recherches en connaissances fondamentales du laboratoire que dirige le professeur Charrette et la recherche appliquée que privilégie la chaire dont il a la responsabilité se complètent et s'harmonisent.La thalidomide, médicament tristement célèbre, en est un exemple.Sa molécule est formée de deux énantiomères, un bon, l'autre mauvais.Aujourd'hui, grâce aux travaux du professeur Charrette, on serait capable de supprimer la partie néfaste de la molécule.De nombreux médicaments, des anti-sida entre autres, sont actuellement étudiés.Il faut les débarrasser d'un énantiomère.Le laboratoire du professeur Charrette cherche à synthétiser sélectivement un des deux énantiomères d'une molécule donnée.Quand il était encore au secondaire, rien ne permettait d'envisager que le jeune André Charrette deviendrait, avant d'avoir atteint la quarantaine, « un des jeunes chimistes de synthèse les plus brillants du Canada », comme l'a qualifié le Dr Gilbert Normand, secrétaire d'État (Science, Recherche et Développement) en lui décernant la bourse Steacie.« J'étais meilleur en maths qu'en français, mais mes premiers résultats dans les cours de sciences n'étaient pas fameux », raconte l'ancien élève du collège Notre-Dame et du collège Brébeuf.Fils unique d'une mère infirmière et d'un père professeur aux Hautes Études commerciales, André se voit offrir un jour un jeu de chimie.C'est le début d'une passion.« Devenir passionné pour quelque chose peut faire toute la différence, dit-il.C'est ce que je souhaite à tous mes étudiants.Quand on aime quelque chose, il n'y a aucune limite à ce qu'on peut atteindre.L'important, c'est de trouver la niche qui nous convient.» Parfaitement heureux avec ses étudiants, André Charrette avoue que « la relation professeurétudiant est difficile à cerner.Une façon d'enseigner ne peut être universelle ».Travaillant six jours par semaine, 12 heures par jour, il ne parle jamais de chimie avec sa femme, qui détient pourtant un Ph.D en chimie des polymères et travaille en génie biomédical.Ensemble, ils font des voyages, et du sport, « pour se maintenir en forme, mon travail est très exigeant », explique M.Charrette.« Je suis un scientifique très pur, dit-il.Je fais beaucoup de recherche fondamentale.Mon but est de donner à la communauté scientifique, universitaire ou industrielle les moyens de progresser.» Il a fait ses études universitaires à l'Université de Montréal, puis à l'Université de Rochester, et ses études postdoctorales à Harvard, avant de revenir à Montréal.La plupart de ses étudiants suivent le même chemin, mais 30 % des Ph.D qu'il a formés sont restés aux États Unis.Une grande perte, dit-il.Mais il recommande quand même à ses étudiants de viser haut et de se joindre aux meilleurs groupes possibles.Très à l'aise parmi ses pairs scientifiques, André Charrette connaît souvent les « affres » de la communication : « J'ai beaucoup d'oncles et de tantes, du côté de ma mère, qui me demandent souvent en riant : « As-tu trouvé ce que tu cherchais ?» Sans parler, pour lui qui voyage souvent, des compagnons de vol à qui il est bien difficile d'expliquer les splendeurs et le charme des énantiomères, ces paires d'isomères non superposables.«J'étais meilleur en maths qu'en français, mais mes premiers résultats dans les cours de sciences n'étaient pas PHOTO ÉRIC ST-PIERRE, La Presse © fameux» Substance naturelle, produit de synthèse, au bout du compte, c'est pareil, explique le professeur Charrette.Pourtant, parvenir à la synthèse d'une molécule pour fabriquer un médicament n'est pas sans risque.On a découvert des médicaments efficaces, mais qui ont de nombreux effets secondaires.B0P01PROMO Not Found Not Found Missing files that are needed to complete this page: B0P01PROMO 2837204 Not Found B0P01PROMO?10X054.00 PROMOTION.PERSONNALI Not Found 2837204?10X060 00 PERSONNALITEE SEMAIN LA PRESSE LTEE 14600 LLP "]
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