La presse, 29 décembre 1999, B. Actualités
[" 3LP0101B1229 b1-mercredi 3LP0101B1229 ZALLCALL 67 00:34:15 12/29/99 B B Montréal, mercredi 29 décembre 1999 ÉDITORIAL / MONDE PHOTO AFP À Nice, un couple constate avec stupéfaction les dégâts causés à leur voiture par la chute d\u2019un arbre.L\u2019Italie n\u2019a pas été non plus épargnée; les vagues venaient déferler sur des édifices de Gènes, dans le nord du pays.Les dégâts occasionnés par les tempêtes qui ont balayé le nord puis le sud-ouest de la France depuis dimanche étaient difficiles à évaluer hier, mais la facture se mesurera en milliards.PHOTO AP Une sensation de « déjà-vécu » pour les Québécois de passage en France La tempête a déjà fait 115 morts Associated Press PARIS Une nouvelle tempête qui s\u2019est abattue sur l\u2019Europe dans la nuit de lundi à hier a fait au total 115 morts, causé d\u2019importants dégâts aux routes, aux forêts, voire aux monuments, ainsi que des coupures d\u2019électricité et des perturbations du trafic ferroviaire.Alors qu\u2019on recense 69 morts en France, 17 personnes au total ont été tuées en Allemagne, 13 autres en Suisse, 11 en Autriche et six en Espagne depuis dimanche.Et la neige, qui tombe des Alpes aux Carpathes, s\u2019ajoute désormais à la pluie et au vent pour engendrer d\u2019autres catastrophes.En Autriche, deux avalanches, dans l\u2019ouest et le centre du pays, ont ainsi fait au moins onze victimes, dont huit touristes allemands qui s\u2019étaient rendus dans des refuges tyroliens pour fêter le passage à l\u2019an 2000, a rapporté l\u2019agence APA.Les avalanches se sont produites entre les villages de Galtur et d\u2019Ischgl.La circulation a également été perturbée par de fortes chutes de neige, jusqu\u2019à 40 cm parfois, dans le sud et l\u2019est du pays.En Suisse, de nouvelles chutes de neige et de nouvelles rafales de vent ont provoqué des dégâts et des perturbations tôt hier en Suisse romande et dans la région de Berne.Si aucune nouvelle victime n\u2019est à déplorer, des centaines d\u2019arbres sont tombés et des coupures de courant sont signalées dans plusieurs régions.De nombreuses routes restent fermées alors que le réseau ferroviaire est à nouveau fortement perturbé.En Slovaquie, un quartier de la capitale Bratislava s\u2019est retrouvé isolé du reste de la ville, nombre de véhicules étant bloqués dans les rues en raison d\u2019importantes quantités de neige.L\u2019Espagne et l\u2019Italie, aux prises avec de puissantes rafales de vent et de violentes intempéries, ont elles aussi subi leur lot de dégâts et d\u2019accidents.En Italie, de forts vents ont ainsi continué hier à balayer de nombreuses régions, notamment dans les Alpes, le centre et le sud.Rome a essuyé des rafales de plus de 100km/h, qui ont perturbé le trafic routier, ferroviaire et aérien.Pluies et vent ont aussi endommagé des monuments historiques.En Sicile et en Sardaigne, les liaisons par ferry sont suspendues entre l\u2019île centrale et les Éoliennes.Dans la région alpine du Val d\u2019Aoste, les responsables de l\u2019environnement ont émis des bulletins d\u2019alerte maximale face au risque d\u2019avalanche.Des vents de plus de 160km/h ont de nouveau frappé lundi le nord de l\u2019Espagne, notamment en Galice, dans les Asturies, en Cantabrie et au Pays basque, perturbant fortement le trafic aérien.Après le décès de deux ouvriers tués par la chute d\u2019un mur en construction près d\u2019Oviedo, deux autres ont trouvé la mort dans la chute d\u2019une grue de chantier à Bilbao.MARIE-FRANCE LÉGER PARIS Pendant que les hauts gradés d\u2019EDF (Électricité de France) tentent de rassurer les quelque 2 millions de foyers encore privés de courant dans le pays et qui commencent à s\u2019inquiéter sérieusement pour leur réveillon de l\u2019an 2000, une étrange sensation de « déjàvécu » s\u2019empare du Québécois de passage dans la Ville lumière.D\u2019abord les arbres.Ici, ils ont tué.Ils sont responsables d\u2019une partie des 69 décès survenus depuis dimanche dans tout le pays.La tempête du week-end dans l\u2019Îlede- France, avec ses rafales de vents jusqu\u2019à 150 kilomètres/heure, a ravagé des parcs entiers.Hier, le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel, gardait tous les signes de la désolation.Le parc, ceinturé de grilles, invite à la prudence.De très gros arbres, déracinés, ont été débités puis abandonnés là en attendant le passage des grues.Comme de grosses bûches de Noël que les chiens du quartier viennent renifler avec étonnement.Des monceaux de petits arbres, des branches, des sapinages sont entassés à plusieurs endroits et entourés de bandes de plastiques rouges et blanches, signes évidents du sinistre.L\u2019incontournable théâtre de Guignol, qui n\u2019a pourtant pas l\u2019air si solide, a heureusement tenu le coup et on se prend à remercier M.Eiffel d\u2019avoir quand même limité les dégâts.Ensuite, le réseau d\u2019électricité.Salement atteint.Le quart des lignes ont été perdues depuis dimanche dans le pays.Au plus fort de la catastrophe, jusqu\u2019à 3,4 millions de foyers étaient privés d\u2019électricité, soit 10 millions de personnes \u2014 12 000 techniciens à l\u2019oeuvre pour réparer les pylônes, plus 40 000 personnes en renfort dont des ouvriers italiens, suisses, allemands, espagnols, belges pour prêter main-forte.Du « déjà-vécu », disait-on.Et le questionnement a commencé : devrait-on penser à enterrer les lignes ?Faut-il importer de l\u2019électricité ?Hier soir, en direct à la télévision, le président d\u2019EDF \u2014 non, il ne portait pas de col roulé \u2014 expliquait, la mine sombre, qu\u2019on ne pensait pas pouvoir rétablir le courant dans tous les foyers pour le Nouvel An, contrairement à ce qu\u2019il espérait la veille.Tout ça sans compter les 360 000 abonnés privés de téléphone, une donnée qui pourrait s\u2019aggraver, dit-on, dans le Sud-Ouest, une région rudement atteinte lundi soir par la seconde vague de la tempête.Maintenant l\u2019armée.Le président Jacques Chirac s\u2019est interrogé hier soir sur l\u2019envoi de troupes dans les régions les plus sinistrés, qui pour aider au rétablissement des réseaux d\u2019eau et d\u2019électricité, qui pour remettre les infrastructures en état.Seulement, bon nombre de militaires luttent déjà sur la côte Atlantique contre la marée noire qui balaie quatre départements depuis quelques jours.Avec le nombre de bénévoles déjà à l\u2019oeuvre, la polémique est lancée sur l\u2019éventuelle utilité de ces militaires supplémentaires.La pénurie de matériel nous rappelle également des jours difficiles.On rapporte dans les magasins des régions les plus affectées, une pénurie de lampes de poche, de tuiles de recouvrement pour les toits, de bâches de plastique.Les génératrices qui n\u2019avaient pas été réquisitionnées depuis un moment déjà en prévision du bogue de l\u2019an 2000, sont parties comme des petits croissants chauds.Les agriculteurs, comme ceux du Québec, réapprennent à brancher des groupes électrogènes pour traire leurs vaches.On a vu aussi des paysans, bien portants, dont on se plaît à imaginer le menu des Fêtes, déverser, la larme à l\u2019oeil, des citernes de lait tourné sur le pavé.Là aussi, le parallèle est frappant : les pouvoirs publics commencent, en effet, à lancer des avertissements contre les dangers de l\u2019intoxication au monoxyde de carbone, quelques cas ayant été signalés dans le nord du pays.Des artisans sont très en demande : les couvreurs.Pas assez nombreux bien sûr pour suffire à la demande, ils se contentent d\u2019inscrire les sinistrés sur des listes d\u2019attente pour.l\u2019an prochain.L\u2019attente sera rude, car si le froid est beaucoup moins cinglant que les hivers du Québec, les météorologues ne prévoient guère ici que des vents, de la pluie, voire de la neige dans certaines régions.0 2 km 1 2 6 3 5 1 2 3 6 5 4 4 Fred Garet Versailles PARIS Versailles PARIS Bois de Boulogne Bois de Vincennes Château de Versailles 10 000 arbres arrachés, tuiles et fenêtres brisées L\u2019Abbaye du Mont-St-Michel La Tour Eiffel Pas de dégâts La cathédrale Notre-Dame La Madeleine Le Panthéon La Sainte Chapelle Chute d\u2019un clocheton, vitrail de la Genèse touché Toiture de plomb endommagée 70 m2 de toiture arrachée 6 pinacles tombés sur la nef.Sacristie, toiture et façade endommagées Toiture du transept roman et verrières du réfectoire Bois de Vincennes et Bois de Boulogne La Bibliothèque nationale de France Arbres arrachés Dans la ville FRANCE Les monuments de Paris touchés par la tempête 140 000 arbres devront être remplacés sur 300 000 2 000 arbres des parcs et jardins sur 35 000 500 arbres d\u2019alignement sur 90 000 1 000 arbres de cimetière sur 34 000 Les touristes québécois iront en France malgré tout Les puissantes rafales de vent ont cassé ou abîmé la moitié des arbres du Bois-de-Boulogne.La cathédrale Notre-Dame-de-Paris a subi de lourds dégâts.Qu\u2019à cela ne tienne : les touristes québécois iront festoyer l\u2019arrivée de l\u2019an 2000 au pied de la tour Eiffel ou sur les Champs-Élysées.Un petit coup sonde effectué hier chez les transporteurs aériens et les agences de voyages a en effet permis d\u2019apprendre que très peu de voyageurs du Québec ont annulé ou reporté leurs vacances des Fêtes à Paris.Et ce, malgré les mauvaises nouvelles qui traversent quotidiennement l\u2019océan Atlantique.« Les gens s\u2019informent si les conditions sont favorables.Mais nous avons eu que très peu d\u2019annulations.Environ trois ou quatre passagers par vol ne se sont pas présentés », dit Denis Jacob, viceprésident exécutif chez Air Transat.Air Transat n\u2019a annulé aucun vol à destination de Paris en raison de la tempête.Plus de 700 passagers ont quitté Mirabel, dimanche et lundi soirs, dans des appareils d\u2019Air Transat.À 20h hier, 360 autres passagers ont fait de même.L\u2019avion était rempli.« Il n\u2019y a donc pas eu de vent de panique », souligne M.Jacob.Situation semblable chez Air Canada, qui offre aux voyageurs des liaisons quotidiennes Dorval-Paris et Toronto-Paris.Depuis le passage dévastateur de la tempête sur la France, « il n\u2019y a eu aucune augmentation des annulations dans nos centres d\u2019appels de Toronto, Montréal et Saint-John », explique une porte-parole d\u2019Air Canada, Michèle Meier.Les deux avions du transporteur aérien, qui ont mis le cap sur la capitale française, en milieu de soirée hier, étaient « assez remplis », indique Mme Meier.Un appareil de Canada 3000 a décollé de Mirabel, tard lundi soir, pour l\u2019aéroport Charles-de-Gaulle, avec 222 passagers à bord.« Seulement quatre personnes ont annulé, ce qui est tout à fait normal, estime Angela Saclamacis, porte-parole du transporteur aérien.PHOTO AFP Quelle tuile ! Les deux principaux groupes producteurs de tuiles en France, Lafarge et Imerys (ex Imetal), font tourner leurs usines à plein régime pour répondre à la demande accrue provoquée par les tempêtes sur la France.Les deux groupes ont rappelé leur personnel en congé.Une habitation sur quatre et peutêtre même sur trois a subi des dommages. 3LP0201B1229 b2-mercredi-edito 3LP0201B1229 ZALLCALL 67 00:34:22 12/29/99 B B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 29 DÉCEMBRE 1999 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Une réforme à achever «La Cour supérieure vient d\u2019asséner un coup de massue » à une des réformes dont le gouvernement Bouchard était, avec raison, le plus fier.Bien des lecteurs de La Presse sont sans doute restés froids, récemment, en lisant cette manchette selon laquelle « la justice administrative n\u2019offre pas de garantie d\u2019impartialité ».À moins d\u2019avoir été contraint de s\u2019y intéresser, on n\u2019a, en effet, bien souvent, qu\u2019une idée assez confuse du rôle de cette instance.Une instance judiciaire qui demeure pourtant toujours susceptible d\u2019avoir un impact majeur sur l\u2019existence de quiconque doit, à un moment ou à un autre, traiter avec un service gouvernemental.Pierre Gravel pgravel@lapresse.ca Et qui peut être certain de ne jamais être amené à se frotter à un fonctionnaire pour des questions relatives, par exemple, aux rentes ou allocations gouvernementales, aux permis requis pour à peu près n\u2019importe quel projet, aux indemnisations par la SAQ à la suite d\u2019un accident d\u2019automobile, à une menace d\u2019expropriation ou de changement de zonage agricole, etc ?Plus grave encore, qui peut vraiment se sentir à l\u2019abri de toute divergence d\u2019avis avec l\u2019employé de l\u2019État en charge de son dossier ?C\u2019est précisément là qu\u2019intervient le Tribunal administratif du Québec (TAQ) qui constitue, en quelque sorte, une cour d\u2019appel ou d\u2019arbitrage chargée de trancher.Quitte même, éventuellement, à se ranger du côté du simple citoyen en donnant tort à l\u2019énorme appareil administratif du gouvernement.Jusqu\u2019à avril 1998, c\u2019était le fouillis complet en matière de mécanisme de règlement des litiges, les formules et procédures variant à l\u2019infini selon chaque organisme ou ministère.C\u2019est ce à quoi le gouvernement s\u2019est attaqué en créant le TAQ qui, selon des commentaires entendus récemment à Vancouver, à une conférence internationale sur ce sujet, a été cité comme un modèle du genre par plusieurs conférenciers étrangers.Il est, par ailleurs, généralement admis que la crédibilité de tous les tribunaux est largement tributaire de facteurs comme la compétence des magistrats, leur neutralité dans les débats qu\u2019ils ont à arbitrer et leur indépendance totale par rapport à ceux qui les ont nommés à ce poste.Il saute aux yeux que ces éléments ont une importance encore plus déterminante lorsqu\u2019il est question de juges qui doivent toujours, par définition, donner tort ou raison à un service représentant le gouvernement auquel ils doivent leur nomination.Or le problème du TAQ, c\u2019est précisément d\u2019être le tribunal où l\u2019impartialité de ses membres est la moins évidente en raison, de l\u2019avis même de la Cour supérieure, de deux facteurs bien précis : la durée du mandat des juges et leur mode de rémunération.Ceux-ci sont en effet nommés pour cinq ans à un salaire qui est établi arbitrairement par le président du tribunal selon son évaluation personnelle du travail effectué et.de la qualité des décisions rendues ! De là à conclure au risque que des juges soient éventuellement soupçonnés d\u2019être influencés par le souci du renouvellement de leur mandat ou d\u2019un changement de leurs conditions de travail, il n\u2019y qu\u2019un pas que le Barreau du Québec n\u2019a pas hésité à franchir.Assumant pleinement, sur ce plan, ses responsabilités en matière de défense des intérêts du public, cette corporation a aussitôt entamé les procédures qui ont mené la Cour supérieure à confirmer ces craintes.Et à ordonner au gouvernement de voir, d\u2019ici six mois, à créer pour ces juges des conditions minimales de travail leur assurant une impartialité ne pouvant être mise en doute.Reste à espérer que le gouvernement résistera à toute velléité de se dérober à l\u2019application de ce jugement.Et qu\u2019il profitera, au contraire, de ce délai pour se rendre aux ordres du tribunal.Et achever ainsi une réforme qui était, au départ, bien engagée.DROITS RÉSERVÉS Serge.Chapleau@lapresse.ca OPINIONS Un revenu de base: et pourquoi pas?PIERRE DESJARDINS L\u2019auteur est professeur de philosophie.L\u2019idée peut paraître à première vue un peu surprenante : verser au citoyen un revenu minimum, un revenu plancher assumé par l\u2019État.Mais cette idée, soulignons-le, si révolutionnaire semble-telle, n\u2019est pourtant pas nouvelle : déjà en 1967, nul autre que le président américain Lyndon Johnson, pourtant très conservateur, avait créé une commission nationale sur cette question ; le rapport de cette commission, formée d\u2019experts en tous genres, parut deux années plus tard et se montra très favorable à l\u2019établissement d\u2019un revenu minimum garanti pour tous, ce que l\u2019on appela provisoirement à l\u2019époque le « Minimum Guaranteed Income ».Ce revenu garanti voulait essentiellement contrer l\u2019effet pervers du sous-emploi et du chômage chez le citoyen.Mais, devant les protestations de certains « bien-pensants » d\u2019alors, on ne donna cependant pas suite à ce rapport qui resta sur les tablettes.Cette idée fût cependant ensuite reprise un peu partout à travers le monde sous différentes dénominations.Ainsi, l\u2019on parla « d\u2019Allocation universelle » en France, de « Basic Income » en Angleterre et de « Grundeinkommen » en Allemagne.Certains théoriciens, tel Alain Caillé, préféreront l\u2019expression « Revenu de citoyenneté ».Chez nous au Québec, le livre blanc sur la fiscalité de Jacques Parizeau y faisait allusion et, au Canada, le rapport Macdonald sur l\u2019avenir économique et social, en proposait un scénario d\u2019introduction.En octobre 1996, un colloque spécial réunissant universitaires, syndicalistes, représentants de groupes communautaires et fonctionnaires du gouvernement, eût lieu à l\u2019Université Laval sous le thème « l\u2019Allocation universelle : utopie ou nécessité ?».Et, il n\u2019y a pas si longtemps, le Regroupement des Régies régionales de la santé et des services sociaux du Québec demandait au ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité d\u2019en faire une étude approfondie de faisabilité pour le Québec ; soulignons que sous l\u2019égide de la ministre Louise Harel, ce ministère a déjà produit une première étude exploratoire sur le sujet.Disons d\u2019abord que le but d\u2019un tel revenu ne se réduit pas à un simple mode de survie ou, encore moins, à une invitation à ne plus travailler.Dans la plupart des formules proposées, il s\u2019agit, tout au contraire, d\u2019inciter la réinsertion du citoyen dans des activités économiques ou sociales en le libérant de l\u2019angoisse du lendemain ; en atténuant l\u2019effet le plus pervers des inégalités économiques entre citoyens \u2014 celui de la vulnérabilité psychosociale du travailleur en perte de revenu ou d\u2019emploi \u2014 ce revenu minimum garanti favoriserait, croit-on, les chances d\u2019insertion sociale du citoyen déclassé.Notons que, présentement, le citoyen se retrouve effectivement souvent dans un état d\u2019extrême vulnérabilité : dès qu\u2019il sort de la sphère reconnue et valorisante du travail salarié, il est presque condamné, selon l\u2019éthique traditionnelle, à perdre toute valeur et toute dignité.Libéré de cette vulnérabilité économique grâce à l\u2019assurance d\u2019un revenu de base, le citoyen retrouverait le goût du risque et d\u2019entreprendre ; un atout qui, dans le cadre d\u2019un régime comme le nôtre basé en grande partie sur l\u2019entrepreneurship de ses citoyens, reste précieux.En se prenant en mains grâce au soutien financier et psychologique qu\u2019offrirait un revenu minimum garanti, le citoyen déclassé retrouverait confiance en ses talents et cesserait de se percevoir comme un éternel et stérile pensionné à la charge de l\u2019État.Remarquons comment, dans les systèmes d\u2019assurance-chômage et d\u2019aide sociale actuels, c\u2019est trop souvent ce qui se produit : dès qu\u2019un individu retourne partiellement sur le marché du travail, il est pénalisé : on lui coupe au prorata de ses nouveaux revenus de travail ses prestations d\u2019aide.Ce qui n\u2019est certes pas pour lui un très gros incitatif à retourner travailler : d\u2019où la tendance, et c\u2019est compréhensible, pour plusieurs à vouloir s\u2019accrocher à perpétuité à un système d\u2019aide qui se voit alors réduit à un simple moyen de survie.Mais pour arriver à réaliser et à financer un projet de revenu de citoyenneté aussi ambitieux, il est clair qu\u2019une très grande solidarité sociale sera nécessaire.Notons également que la mise en place d\u2019un tel service de revenu minimum autorisera une révision de plusieurs systèmes de prestations actuellement en cours.On peut aussi facilement imaginer ici les sommes importantes récupérées, ne serait-ce qu\u2019en frais administratifs ou en contrôles bureaucratiques devenus inutiles sous un système de revenu minimum garanti.François Blais, professeur de sciences politiques à l\u2019Université Laval, a d\u2019ailleurs déjà calculé que, à la suite de ces différentes économies, une prestation à la moitié des barêmes actuels de l\u2019aide sociale serait possible pour tous immédiatement et sans aucun coûts additionnels ! (Le Soleil, 25 mai 1998, p.B7).Lors du colloque spécial à l\u2019Université Laval sur cette question, en octobre 1996, on examina la faisabilité d\u2019un régime de revenu minimum garanti.C\u2019est Philippe van Parijs, professeur titulaire en éthique économique et sociale de l\u2019Université catholique de Louvain, qui y présenta d\u2019abord la thèse du revenu minimum garanti.Pour van Parijs, chaque citoyen, sans distinction aucune, devrait avoir un droit inconditionnel à une part de la richesse collective.Selon plusieurs critiques présents au colloque, toutefois, la proposition de van Parijs, par son côté un peu trop universalisant, ne tiendrait peut-être pas suffisamment compte de la diversité sociale et viendrait finalement qu\u2019appauvrir davantage les vrais pauvres, c\u2019est-àdire ceux qui en ont le plus besoin et qui ont la chance présentement de bénéficier des programmes d\u2019aide « sur mesure » des gouvernements.Non seulement donc un tel système serait très coûteux pour l\u2019État, mais en plus, selon eux, il n\u2019aiderait peut-être pas les bonnes personnes.Si l\u2019on présume en effet que le montant du revenu minimum garanti serait approximativement le montant actuel de l\u2019aide sociale, alors certaines catégories de personnes \u2014 notamm e n t l e s p e r s o n n e s âgées et les chefs de familles monoparentales \u2014 ser a i e n t largement déf a v o r i s é e s , compte tenu du fait qu\u2019elle reçoivent act u e l l e m e n t plus que ce barème ; et par ailleurs, d\u2019autres catégories de personnes, telles celles des femmes au foyer et des étudiants bénéficieraient peut-être trop à leur avantage de l\u2019établissement d\u2019un tel système de revenu universel.Mais, comme l\u2019ont aussi souligné d\u2019autres intervenants lors de ce colloque, rien n\u2019empêche non plus qu\u2019à un système central d\u2019allocation universelle, viennent aussi s\u2019ajouter certains programmes complémentaires pour éviter de tels inconvénients : une aide supplémentaire pour la population à « risques », telles les personnes âgées, les handicapés, les accidentés du travail ou les chômeurs.En fait, on le voit, de multiples formules sont envisageables et peuvent même être améliorées en cours de route.Je crois que bien administré et en tant qu\u2019investissement à long terme, l\u2019idée d\u2019un revenu de citoyenneté pour tous pourrait représenter bien autre chose qu\u2019une simple prestation d\u2019aide sociale généralisée comme nos néo-libéraux s\u2019amusent actuellement à la qualifier de façon dénigrante.Elle aurait plutôt une incidence positive importante sur la réduction des coûts reliés notamment à la marginalité, à la délinquance, à la déqualification, au vieillissement de la population, aux maladies psychologiques et psychosomatiques ainsi qu\u2019à la consommation d\u2019alcools, de drogues et de médicaments.De plus, grâce à un tel revenu, le manque à travailler ne pourrait plus encourager, comme c\u2019est malheureusement trop souvent le cas présentement, la mise au rancart précoce et définitive d\u2019un travailleur.Dès qu\u2019une personne sort du marché du travail, elle est presque condamnée à perdre toute dignité.LA BOÎTE AUX LETTRES Une rareté n Début décembre, un magnifique complexe cinématographique, Le Colisée, ouvrait ses portes à Kirkland.Situé en bordure de l\u2019autoroute 40, sur la rue Jean- René, il comprend 12 salles de cinéma et intègre tous les nouveaux gadgets cinématotechnologiques et grand confort.Depuis plusieurs mois, les automobilistes, leurs passagers et les résidents avoisinants ont assisté à sa construction.Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu\u2019il n\u2019y en avait aucun à l\u2019affiche en français ?Je ne suis pourtant pas dans une autre province ou si près de la frontière ontarienne ! À Kirkland, la majorité des résidants est anglophone \u2014 plus de 9000 sur 18000 habitants.Mais qu\u2019à cela ne tienne, ne serait-ce que pour les 5000 habitants francophones de Kirkland et tous ceux de l\u2019ouest de l\u2019île, je vous répondrai qu\u2019il est inqualifiable que ce nouveau complexe n\u2019offre pas un seul film dans notre langue.Voilà pour le français minoritaire.à seulement vingt minutes de Montréal.Diane PARÉ Mauvaise foi ?n Je viens de terminer la lecture du livre du Dr Rock Banville au sujet de la CSST.Les deux bras m\u2019en sont tombés.Je ne puis croire qu\u2019en 1999 nous en sommes encore là avec un groupe de fonctionnaires et de médecins sans âme et de mauvaise foi, comme au temps de Duplessis, qui s\u2019acharnent sur de pauvres gens qui vivent dans des conditons difficiles et quasi sans défense.Même chose pour la lettre d\u2019une dame sur le BS qui se plaint de toutes les misères que lui fait l\u2019administration à cause d\u2019une pension alimentaire qu\u2019elle reçoit et qui lui est déduite du montant qui lui est alloué.Le Québec n\u2019est pas en bonne santé morale.En plus d\u2019une dureté de coeur de la part de l\u2019appareil gouvernemental, il y a aussi l\u2019indifférence honteuse envers la misère humaine d\u2019hommes qui investissent des millions dans des choses de second ordre, comme ce stade des Expos, quand un grand nombre d\u2019enfants ne peuvent même pas manger à leur faim.Ainsi en est-il dans notre société dite de « marchands ».Raymond LÉVESQUE Dans la plupart des formules proposées, il s\u2019agit d\u2019inciter la réinsertion du citoyen dans des activités économiques ou sociales en le libérant de l\u2019angoisse du lendemain. 3LP0301B1229 b03 mercredi 29 d cembre 3LP0301B1229 ZALLCALL 67 00:34:28 12/29/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 29 DÉCEMBRE 1999 B 3 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL Les pirates font monter les enchères Libération de 35 Cachemiris détenus en Inde et 200 millions d\u2019après AFP KANDAHAR, Afghanistan Les pirates de l\u2019air ont fait monter les enchères hier, au cinquième jour du détournement de l\u2019Airbus d\u2019Indian Airlines, en exigeant la libération de 35 militants cachemiris emprisonnés en Inde et 200 millions de dollars américains, en échange de leurs 160 otages.Selon un responsable taliban au Pakistan, aucune « avancée tangible » n\u2019a été enregistrée dans les discussions entre les négociateurs indiens et les pirates de l\u2019air de l\u2019avion, immobilisé depuis samedi sur l\u2019aéroport de Kandahar, dans le sud de l\u2019Afghanistan.Les nouvelles exigences des pirates \u2014 quatre Pakistanais, un Afghan et un Népalais, selon New Delhi \u2014 ont été annoncées à la presse dans la capitale indienne par le ministre des Affaires étrangères, Jaswant Singh, après un conseil de crise du cabinet.Selon l\u2019agence de presse indienne PTI, les pirates ont présenté leurs nouvelles exigences dans un texte lancé depuis l\u2019avion.L\u2019exigence de libération de 35 militants se rajoute à la première demande formulée par les pirates, de remise en liberté de Mashood Azhar, un religieux musulman pakistanais emprisonné en Inde.Les auteurs du détournement ont également réclamé hier que soit exhumé le corps de Sajjad Afghani, chef d\u2019un groupe séparatiste tué par les forces indiennes au Cachemire, et que la dépouille leur soit remise, a indiqué Jaswant Singh.Sajjad Afghani était le chef du Harkat ul-Ansar, groupe qui mène une lutte armée séparatiste dans l\u2019État indien du Jammu et Cachemire.Afghani et Azhar, chef spirituel du groupe, avaient été arrêtés ensemble au Cachemire en février 1994.Les négociateurs indiens ont poursuivi hier leurs discussions, qualifiées de « sérieuses », avec les pirates, et ont pu avoir accès aux otages.Les pirates ont cependant refusé de libérer les enfants, avait indiqué Singh dans la matinée.Le coordinateur de l\u2019ONU pour l\u2019Afghanistan, Erick de Mul, a mis en garde contre le risque que d\u2019autres otages soient tués.Vendredi, au premier jour du détournement, un jeune Indien de 25 ans avait été poignardé pour avoir seulement regardé les pirates, armés de fusils d\u2019assaut, pistolets, grenades et dynamite.Comme la veille, quelque 200 proches et parents d\u2019otages ont manifesté leur colère à New Delhi, hier, et demandé aux autorités indiennes de clarifier leur position.« Que le gouvernement prenne une attitude ferme et concrète plutôt que de perdre du temps, ce qui ne fait qu\u2019empirer les conditions infernales des otages » a expliqué Sanjay Garg, dont la soeur et le beau-frère, jeunes mariés, sont à bord de l\u2019avion détourné.Les talibans, au pouvoir en Afghanistan, ont annoncé qu\u2019ils remettraient les auteurs du détournement au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en cas de dénouement de la crise.« Nous ne voulons pas donner abri au moindre pirate », a déclaré le ministre des Affaires étrangères taliban, Wakil Ahmad Mutawakel, à la presse à Kandahar.Au total, 28 passagers ont été libérés, depuis le début du drame vendredi.Parmi les 160 personnes encore à bord figurent une quinzaine d\u2019Occcidentaux : quatre Espagnols, quatre Suisses, deux Français, un Italien, une Canadienne, un Belge, un Américain, un Australien et un Japonais.L\u2019Airbus a été détourné vendredi après son décollage de Katmandou au Népal.Il s\u2019est posé à Amritsar (Inde), Lahore (Pakistan), Dubai (Émirats arabes unis), puis Kandahar où il est immobilisé depuis samedi.ÉTATS-UNIS Clinton prédit n Le président américain Bill Clinton a prédit hier que grâce aux progrès de la technologie, le XXIe siècle serait passionnant, et viendrait à bout de fléaux comme le cancer et le sida, mais aussi dangereux, avec des risques accrus de terroristes recourant aux armes de destruction massive.« Il y aura toujours dans le monde des sales types qui essaieront de profiter des vulnérabilités des autres », a déclaré Clinton dans une entrevue télévisée hier soir.Il a estimé que la domination économique mondiale des États-Unis déclinerait au profit de la Chine, de l\u2019Inde et de l\u2019Union européenne.d\u2019après AFP EUROPE Schroeder appelle n L\u2019Europe doit parler d\u2019une seule voix si elle veut contrer la domination économique et politique des États-Unis, a jugé hier le chancelier allemand Gerhard Schroeder.Au cours d\u2019un entretien télévisé, il a estimé que les États-Unis manquaient d\u2019égards pour leurs alliés.Mais « geindre à propos de la domination américaine ne sert à rien », a dit le chancelier.L\u2019Europe doit s\u2019unir derrière des objectifs communs, a-t-il dit, jugeant que la nomination cette année d\u2019un « Monsieur PESC (Politique étrangère et de sécurité communes) » était le premier pas vers cette unité diplomatique.d\u2019après AP CÔTE D\u2019IVOIRE Suspension et concertation n Les États-Unis ont suspendu hier toute aide bilatérale à la Côte d\u2019Ivoire à la suite du coup d\u2019État dans ce pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest.« Nous allons aussi réévaluer notre soutien à ce pays au sein des institutions financières internationales », précise le secrétariat d\u2019État dans un communiqué condamnant le putsch.Le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, a demandé entre- temps à l\u2019Union européenne d\u2019engager une « concertation » avec les autorités ivoiriennes dans le cadre de la Convention de Lomé.Les présidents malien, Alpha Oumar Konaré, et gabonais, Omar Bongo, ont conjointement condamné hier à Libreville le putsch du général Robert Gueï en Côte d\u2019Ivoire.d\u2019après AFP ULSTER Violences n Douze hommes ont été blessés, dont deux grièvement, dans une rixe entre factions protestantes rivales à Portadown, petite ville au sud-ouest de Belfast, et fief des extrémistes loyalistes.Selon la police, la bagarre a commencé lundi après-midi après un match de football entre le club local et celui de la ville voisine de Glenavon, lorsqu\u2019un groupe armé de battes de baseball et de pioches est passé à l\u2019attaque dans un bar.La police est venue les séparer, puis une deuxième fois à l\u2019hôpital de Craigavon où les blessés avaient recommencé à se battre dans la salle d\u2019attente des urgences.d\u2019après AFP CHILI Devoir de réserve n Le gouvernement a rappelé aux militaires de s\u2019abstenir de toute intervention politique dans la campagne pour le second tour de la présidentielle le 16 janvier.Le ministre de la Défense, Edmundo Pérez Yoma, a envoyé aux commandants en chef des trois armes, ainsi qu\u2019au directeur des Carabiniers, un communiqué confidentiel soulignant que l\u2019armée et la police devaient observer une stricte neutralité dans le processus électoral.Huit millions d\u2019électeurs doivent choisir, le successeur pour cinq ans du président Eduardo Frei, entre le leader socialiste Ricardo Lagos, de la Concertation démocratique au pouvoir, et le droitiste Joaquin Lavin.d\u2019aprèsAFP Autres informations en pages B4 et B5 Barak verse des millions au Shass Grave crise gouvernementale évitée en Israël d\u2019après AFP JÉRUSALEM Le premier ministre israélien, Ehud Barak, a évité hier une grave crise gouvernementale en convaincant, à coups de millions de dollars, le puissant parti ultraorthodoxe Shass de rester dans la coalition à la veille de la reprise de négociations de paix cruciales avec la Syrie.« Nous sommes vraiment sur la bonne voie », a déclaré le chef du Shass, le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Eli Yishaï, qui venait d\u2019avoir un entretien avec Barak.« Le premier ministre a donné les instructions aux ministères du Travail, de la Santé et des Affaires religieuses pour qu\u2019ils débloquent les fonds nécessaires », a précisé le ministre, dont le parti menaçait de faire défection à cause d\u2019un différend sur le financement de son réseau éducatif.Selon des responsables du gouvernement, en vertu d\u2019un compromis négocié la nuit précédente, le Trésor doit octroyer au Shass une enveloppe de 16,5 millions de dollars américains pour lui permettre d\u2019éponger une partie du déficit de 30 milions de son réseau éducatif.Le reste du déficit devrait être résorbé en quatre ans, grâce à un plan prévoyant la fermeture d\u2019une quarantaine d\u2019institutions du Shass et le licenciement d\u2019employés.Le Trésor a aussi décidé d\u2019augmenter de 25 % la quote-part versée au Shass au titre du budget annuel de ses institutions qui sera porté à 38,5 millions.Le chef du Shass (17 députés), troisième parti israélien en importance et composante essentielle du cabinet, a révélé que le président américain Bill Clinton en personne s\u2019était enquis de la situation à la suite de ses menaces de défection, lors d\u2019un entretien téléphonique avec Barak.Le Shass est l\u2019expression politique des juifs sépharades (des pays du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient), qui se plaignent de leur statut social inférieur à celui des juifs ashkénazes (originaires d\u2019Europe de l\u2019Est).Barak a d\u2019autre part débloqué un peu l\u2019impasse avec les Palestiniens en ordonnant la libération, aujourd\u2019hui, de 26 prisonniers, dont des militants islamistes.« Israël va également libérer, à une date ultérieure, sept détenus originaires de Jérusalem », a indiqué le ministre palestinien chargé de la question des prisonniers, Hicham Abdelrazek, faisant état de « contacts continus » entre Israéliens et Palestiniens.Israël refusait jusqu\u2019ici d\u2019envisager la libération de détenus de Jérusalem, considérant la partie arabe de la ville occupée en 1967 comme partie intégrante de l\u2019État juif.Israël refuse aussi d\u2019élargir des auteurs d\u2019attentats anti-israéliens « ayant du sang sur la main ».Le président palestinien, Yasser Arafat, a cependant affirmé hier soir au Caire que les négociations avec Israël tournaient « dans un cercle vicieux ».« La partie israélienne a présenté des cartes (de redéploiement de l\u2019armée en Cisjordanie) que nous ne pouvons accepter », a-t-il dit à la presse à l\u2019issue d\u2019un entretien avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Amr Moussa.L\u2019accord de Charm el-Cheikh, signé le 5 septembre, « n\u2019a pas été appliquée jusqu\u2019à présent », a-t-il ajouté.Le retrait de Cisjordanie prévu par cet accord a six semaines de retard.Mais il a affirmé que l\u2019État palestinien « sera une réalité dans neuf mois que certains le veuillent ou non ».PHOTO Associated Press Le premier ministre israélien, Ehud Barak, et le chef du Shass, Eli Yishaï, ont scellé d\u2019une poignée de main, à la Knesset, l\u2019accord intervenu plus tôt en privé.REPÈRES/PÉROU L\u2019opposition se déchaîne REYNALDO MUNOZ Agence France-Presse, LIMA L\u2019opposition péruvienne a vivement condamné hier la décision du président Alberto Fujimori de se présenter à la présidentielle du 9 avril 2000, la qualifiant de « provocation irresponsable et inconstitutionnelle ».Les principaux candidats indépendants ou d\u2019opposition ont estimé qu\u2019un troisième mandat de cinq ans d\u2019Alberto Fujimori ouvrirait une période d\u2019incertitude et d\u2019affrontement politique qui aurait de graves répercussions pour le pays.Dix partis d\u2019opposition, représentant la droite, le centre et la gauche, ont déclaré, dans un communiqué diffusé hier, que la décision de Fujimori, annoncée lundi soir, constituait « un viol de la Constitution péruvienne qui autorise une seule réélection ».« La candidature du président Fujimori est un nouveau coup d\u2019État visant à consolider l\u2019autocratie dans le pays », estime le texte signé notamment par les deux principaux candidats de l\u2019opposition à la présidence, le maire de Lima, Alberto Andrade, de Somos Peru (Nous sommes le Pérou) et Luis Castaneda, de Solidaridad Nacional (Solidarité nationale).Avec l\u2019appui des forces armées, le chef de l\u2019État avait perpétré, le 5 avril 1992, un « auto-coup d\u2019État » marqué par la fermeture du Congrès et une réorganisation du pouvoir judiciaire.Le porte-parole de Somos Peru, Manuel Masias, a estimé que les Péruviens étaient confrontés avec Fujimori à « un messianisme sectaire qui va utiliser tous les moyens de l\u2019État à des fins réélectoralistes ».Le député Javier Diez Canseco, du Parti unifié Mariateguista (gauche), a pour sa part appelé les Péruviens « à organiser la résistance civile face à un probable troisième gouvernement de Fujimori ».Plusieurs partis et organisations d\u2019opposition \u2014 dont Forum démocratique, qui avait réuni en 1996 un million et demi de signatures à l\u2019appui d\u2019un référendum pour que les Péruviens se prononcent pour ou contre une troisième candidature de Fujimori \u2014 ont annoncé une bataille juridique afin d\u2019empêcher le chef de l\u2019État de se représenter.« La Constitution de 1993 n\u2019autorise que deux mandats de cinq ans chacun, c\u2019est-à-dire, une élection et une réélection, totalisant dix années de gouvernement consécutif et non quinze », a déclaré lundi le doyen du Collège des avocats de Lima, Vladimir Paz de la Barra.Les partisans de Fujimori estiment quant à eux que sa candidature est juridiquement valable : depuis l\u2019application de la nouvelle Constitution en 1993, il n\u2019a été élu qu\u2019une seule fois, en 1995, et sa première élection de 1990 ne compte pas parce que la Constitution de 1979 était encore en vigueur, argumentent-ils.La majorité au Congrès a adopté en 1996 une loi d\u2019interprétation authentique, interprétant en ce sens la nouvelle Constitution.Dans son message à la nation annonçant sa décision, Fujimori a déclaré que le chemin parcouru depuis qu\u2019il est au pouvoir « doit être défendu démocratiquement contre le risque d\u2019un retour au passé », inéluctable, selon lui, si un candidat de l\u2019opposition, qu\u2019il accuse d\u2019« improvisation et néopopulisme », remporte la prochaine présidentielle.Fujimori s\u2019est engagé, s\u2019il est réélu, à « en finir définitivement avec tout vestige du terrorisme » et à « créer des emplois ».Il a affirmé avoir réussi au cours de ses premiers mandats à améliorer la situation économique, à éradiquer le terrorisme et à mettre un terme aux différends frontaliers du Pérou avec les États voisins.Selon la plupart des sondages d\u2019opinion, Alberto Fujimori a de grandes chances d\u2019être réélu au second tour, après un premier tour où il n\u2019atteindrait pas la majorité requise de 50 %. B4 LA PRIiSSli, MONTRÉAL MERCREDI 29 DÉCEMBRE 1999 Monde I Moscou dément utiliser des bombes incendiaires d'après AFP MOSCOU L'aviation russe n'a pas utilisé de bombes incendiaires sur le sud tchétchène, contrairement à ce qu'ont rapporté des médias russes, a affirmé hier le no 2 de Pétat-major, Valeri Mani-lov.« Nous n'utilisons pas dé telles bombes, nous n'en voyons pas la nécessité », a affirmé le général lors d'une conférence de presse.Lundi, une source russe au quartier général des forces dans le Caucase du Nord, citée par l'agence Interfax, avait affirmé que l'aviation larguait des bombes incendiaires de 250 et 500 kilos sur « des régions peu peuplées du sud » de la république russe indépendantiste.Le président Boris Eltsine a décoré entre-temps six généraux qui commandent l'opération en Tchétchénie, estimant que « l'armée a mérité d'être décorée pour ce qu'elle fait dans le Caucase du Nord », selon les médias russes.Des erreurs ont été commises au Caucase du Nord, mais « plus maintenant et l'armée se comporte impeccablement bien, suivant les directives du président et du gouvernement », a dit Eltsine.« Les gens regardent l'armée avec plus de respect, c'est très important pour nous », s'est réjoui Eltsine, qui s'est en outre dit Œ> :
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