La presse, 17 juillet 1999, B. Plus
[" B Montréal, samedi 17 juillet Plus La Presse EDITORIAL / OPINIONS / MONDE La crise iranienne : la société civile peut-elle avancer?I RED A.REED collaboration spéciale Apres une semaine de manifestations, d'émeutes et de heurts entre étudiants et forces de l'ordre, le calme s'est rétabli à Téhéran.C'est toutefois un calme lourd comme une chape de plomb tourne sur le mouvement d'ouverture en faveur d'une société civile lancé il y a deux ans par l'élection à la présidence de Mohammad Khatami.Car si quelqu'un risquait de tout perdre dans la foulée des éclats de violence et de slogans extrémistes qui ont secoué la capitale iranienne, cette semaine, ^ est bel et bien le Raïs souriant et le mouvement qu'il incarne.M.Khatami s'est présenté comme le porteur des espoirs des jeunes, des femmes et des plus démunis d'une société à la dérive.Depuis son élection en mai 1997, les étudiants avaient pris fait et cause pour lui.L'étendue de la contestation et la dureté de la répressioti menée .ni nom du statu quo religieux auront eu l'effet d'une double douche froide.M, Khatami n'avait d'autre choix que d'exiger de ses partisans qu'ils cessent leurs manifestations, explique M.Hossein Ragh-far, analyste et ancien collaborateur de l'actuel ministre de l'éducation supérieure, M.Mostala Moïn, dont la démission a été refusée par M.Khatami.« Les étudiants manquent d'expérience.Ils sont tenailles par le désespoir devant leur avenir incertain et la précarité de leur situation.S'il n'avait pas pris position contre les manifestants, le président risquait de se voir destituer par un Madjlis (parlement islamique) qui lui demeure foncièrement hostile, poursuit M.Raghiar.Telles sont en effet, les grandes lignes de la conspiration traînée contre M.Khatami par les purs et durs du régime, nous a affirmé M.Abdolkarim Sorouch, le philosophe dissident dont l'oeuvre et l'esprit frondeurs inspirent depuis bientôt dix ans celte jeunesse révoltée et survoltée, assoiffée de liberté et de justice soc laie.\u2022 L'opération dirigée contre lui a échoué », a-t-il dit sur un ton optimiste, lorsque nous l'avons rejoint à son bureau à Téhéran, dans le quartier de ['université quadrille jour et nuit par les milices des Ansar-é hezbollah.- Elle visait à profiter de la contestation pour provoquer les étudiants, a supprimer les éléments qui appuient le président, et à monter en épingle un danger fictif pour la sécurité de l'État islamique afin de le démettre de ses fonctions.Mais le sang-froid et la patience de M.Khatami ont su nous éviter le pire.» Les retombées de la contestation Dans îa foulu d'une Mriutiine sanglante* la mol loi rat ie aura tout de même réussi à transformer les revendications légitimes des étudiants contestataires en un procès d'intention des réformes amorcées.Haut et fort les mollahs clament aux Iraniens : « Voyez ce que ça donne, les idées libérales ?Du feu et du sang, et la mise en question de notre noble religion.» Habile manoeuvre qui tire un régime secoué jusqu'à CCS fondements d'un grand embarras à la fois politique et social.Mais ni la grande manifestation d'appui «m Guide suprême, M.Ali Khamene'i.tenue mercredi dans les rues de Téhéran, ni l'usage de bâtons, de gaz lacrymogènes et d'armes à feu contre les « enfants chéris de la nation », m la peine de mort promise aux « bandits, saboteurs, anti-révolutionnaires, gens corrompus sur terre et athées » ne pourront faire oublier le comportement arrogant d'un groupe restreint de grands turbans qui agissent dans l'impunité presque absolue depuis bientôt 20 ans.Au nom de Dieu, s'entend.Le film des événements Au sommet de l'Étal iranien logerait une cellule de mollahs sans scrupules qui.au fil des ans.s'.imusent à faire assassiner leurs adversaires* autant à l'étranger qu'en Iran.Mise sur pied pour combattre la menace que représente le mouvement terroriste des Moudjaheddines du peuple (MKO), protégée par Saddam Hussein et financée par les PHOTO AP La répression menée contre les étudiants a fait au moins un mort, cinq selon des sources dignes de foi, et des dizaines de blessés.États-Unis, cette cellule avait été dirigée par l'ancien ministre de l'Information M.Ali Fallahian, aujourd'hui conseiller auprès du Guide pour les questions de sécurité nationale.Elle aurait trempé dans l'assassinat des chefs du mouvement kurde iranien dans la funeste «< Affaire Mvkonos » survenue dans m un restaurant grec a Berlin en 1996.Peu après, une cour allemande a émis un avis d'inculpation non seulement a l'égard de M.Fallahian, mais aussi de M.Khamene'i.À titre de Guide suprême, lui seul possède le pouvoir d'émettre des ordonnances religieuses pouvant justifier la mise a mort, fut-ce d'un opposant.Cette même cellule fut mêlée à la série noire d'assassinats qui a fait cinq morts parmi des intellectuels non religieux en novembre, 1998.La presse indépendante, appuyée par M.Khatami, a tôt fait d'apprendre aux Iraniens que les assassins furent, en effet, des membres des services de renseignements « agissant à leur propre compte » et qu'ils avaient en main une liste de personnes a supprimer.La révélation du nom du chef de file des assassins par le quotidien Salant a mis le feu aux poudres.Celui que l'on décrivait comme un agent du Mossad israélien et de la CIA fut identifié comme étant un certain Said Emami ou Eslami, le bras droit du sinistre \\li Fallahian.Peu de temps après.M.Ema-mi-Eslami a été retrouve « suicide » dans sa cellule après avoir absorbé une surdose de produit dépilatoire.Bien sûr, personne n'a avalé l'histoire.Des centaines de dignitaires religieux ont participe aux cérémonies de commémoration organisées sept jours après sa mort selon la coutume des musulmans chiites, preuve qu'il a été tue (le suicide étant considère comme un pèche grave en Islam).Interroge par des journalistes, M.Fallahian a menacé de chanter comme un petit oiseau s'il était incommodé par quelque justice que ce soit.Et Salam d'ironiser à la une, « s'il (le défunt) était un agent du Mossad, vous n'êtes pas des agents de puissances étrangères vous aussi ?» Frapper la société civile La goutte qui fit déborder le vase tomba quelques jours plus tard.À la veille de la présentation au Madjlis d'un projet de loi draconien visant à museler la presse, Salam revient à la charge, plus agaçant que jamais.L'auteur du projet serait nul autre que feu M.Emami-Eslami ï En conférence de presse, le rédacteur en chef, M.Abbas Abdi, brandit une copie du document olographe rédige dans l'écriture du suppose espion.Le 6 juillet Salam esi frappe d'un interdit de publication et son éditeur, le hodjatoleslam Moussavi Khoe-niha est traîné devant la cour cléricale, le tribunal secret qu'utilise le régime pour sévir contre des mollahs insoumis.M.Khoeniha, très influent au sein du Ro-haniyoun, le regroupement des religieux « de gauche », est un ancien proche de l'Imam.Il a été conseiller auprès des étudiants qui ont occupé l'ambassade américaine a Téhéran en 1979.M.Abdi, son rédacteur en chef, fut l'un des chefs des étudiants islamiques qui ont séquestré et détenu les otages américains pendant 444 jours.En frappant Salam, les autorités voulaient porter un coup mortel à la société civile, e\\ plique le Dr Sorouch.S'ils réussissaient, la voie serait ouverte à la fermeture d'autres journaux indépendants, les Ris spirituels de Salam.Mais la reaction déterminée des étudiants les a pris de court.» Voila que le lendemain, plusieurs centai- nes d'étudiants descendent dans la rue, demandant la levée immédiate de l'interdiction.Les fiers-à-bras des Ansar-éHczbollah interviennent avec une violence inouïe, secondés par les forces del'ordre.On signale au moins un mort, cinq selon des sources dignes de foi, et plusieurs dizaines de blessés.La situation rappelle a plusieurs égards le soulèvement d'étudiants en faveur d'élections libres violemment réprimé en 1963 par le régime du chah.À cette époque, la mort de plusieurs jeunes manifestants a donné les premières lettres de noblesse au mouvement de contestation de la dictature, aboutissant 17 ans plus tard à la prise du pouvoir par la coalition de jeunes proches de l'Islam et des mollahs dirigée par feu l'Imam Khomeini.La légitimité à l'iranienne Depuis 1979, l'Iran vit une situation de double légitimité.Celle du clergé qui a su canaliser la haine que presque toutes les couches de la société nourrissent à l'endroit du chah, sauf, bien entendu, les riches citadins du nord de Téhéran.Et celle de la rue, où étudiants, ouvriers et employés ont affronté la poitrine nue les fusils de la police au nom d'une démocratie qu'ils voulaient iranienne et islamique, capable de rejeter l'occidentalisation.En faisant fi de la double dynamique dont il est issu, le régime des mollahs lait un pari risqué.En Iran, les étudiants incarnent les espoirs d'une nation deux lois millénaire.Cette semaine de violence et de sang verse deviendra inévitablement une référence pour l'avenir, souligne M.Amir Masoumi.militant de la première heure aujourd'hui établi à Montréal.« Maintenant, M.Khatami doit inciter à l'ouverture, dit-il.Après tout, sa force se trouve dans la rue.11 aurait dû être plus attentif au cri de la rue qu'à celui d'un certain ordre.» Fait cocasse, explique M.Masoumi, le président est en même temps chef de l'opposition : « Au lieu de prendre la tête de cette opposition, il s'est mis à sa remorque.Il y a donc lieu de craindre une crise de leadership au sein del'opposition.» Il ne pourra regagner la faveur populaire que s'il parvenait à renforcer la légalité et la société civile en fermant des tribunaux spéciaux, en abolissant les gigantesques fondations qui gèrent à perte d'énormes fortunes des alliés du chah récupérées après la révolution, et en faisant cesser l'impunité dont jouissent actuellement les hommes du pouvoir.Moins exigeant, le Dr Sorouch croit que la fin de la tension favoriserait la reprise et la bonne marche des reformes entamées par M.Khatami.« Il a montré de fac;on on ne peut plus claire, dit-il, qu'il déteste la violence.Ainsi il a donné des gages de sincérité à tout le peuple.Pour que naisse une véritable société civile, il nous faut éradiquer la violence.» En allumant et alimentant le feu, poursuit -il, le régime a créé une situation qu'il maîtrise peut-être en ce moment, mais pas pendant longtemps.«< Les étudiants reviendront à la charge.Ils n'ont pas l'intention de lâcher prise, ni de laisser tomber leurs revendications.Si, ajoute-t-il, le régime ne donne pas suite, ils vont recommencer, de façon pacifique mais déterminée.Et les professeurs d'université, sans organisation jusque-là.viennent de s'en donner une et d'exprimer leur solidarité envers les étudiants.» La crise aura révèle de façon éclatante la profondeur de la faille qui sépare le régime des mollahs encroûtés dans leurs fauteuils de privilèges et d'impunité, et la société civile naissante.Mais tous les deux devront faire face à une conjoncture économique des plus difficiles, à une monnaie nationale en chute libre, et une montée généralisée de l'insécurité, du chômage et de l'inflation.Sous ce jour, la révolte étudiante paraît plutôt comme le signe avant-coureur d'une crise généralisée, dont l'étendue échapperait et aux reformateurs et aux forces de repression.C'est l'été de tous les dangers.FreJ A.Retdtst l'auteur Je Versian Pestcank : Iran \\ttcr Khomeini.au\\ édition* Tahttbooks, Vancouver.Dr Sarah Bouchard.Chirurgienne.«S'il vous plaît, donnez du sang.On a besoin de vous tous les jours pour sauver des vies.» Donner du sang, une question de vie.HÉMA-QUÉBEC 6LP0202B0717 B2 samedi 6LP0202B0717 ZALLCALL 67 01:00:48 07/17/99 B B 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 Editorial ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ROGER D.LANDRY PRÉSIDENT ET ÉDITEUR CLAUDEMASSON ÉDITEUR ADJOINT MARCELDESJARDINS DIRECTEUR DE L\u2019INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF Emploi: la débâcle Combien s\u2019est-il créé d\u2019emplois au Québec depuis le début de l\u2019année ?Aucun.En 1999, le Québec n\u2019a pas créé d\u2019emplois, il en a perdu.Les données du mois de juin, rendues publiques la semaine dernière, indiquent que depuis la fin de l\u2019année dernière, 32 000 emplois sont disparus.Pendant que l\u2019Ontario en gagnait 47 000 et le reste du Canada 108 000.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca Nous l\u2019avons déjà écrit : la non-création d\u2019emplois au Québec est un problème grave qui exige une vaste réflexion collective, surtout au moment où certains politiciens, à commencer par le premier ministre Bouchard, célèbrent sans critique les vertus du modèle québécois.Et au moment où l\u2019Amérique du Nord traverse une période de forte croissance, y compris au Québec, qui, en toute logique, devrait se traduire ici aussi par une création d\u2019emplois.Il est vrai que le Québec, en juin, a connu un petit répit, avec un gain de 7000 emplois, trop peu pour combler les pertes de l\u2019année ou pour annoncer un renversement de tendance.Le taux d\u2019emploi, la proportion des citoyens qui détiennent un emploi, est, on le sait, la mesure la plus fidèle de la santé du marché du travail.Ce taux d\u2019emploi était à 56,0 pour cent en juin 1999, le même niveau qu\u2019en août 1998.Il y a un mot pour cela : la stagnation.Nous sommes loin des objectifs triomphalistes du sommet économique de Montréal.Fin 1996, les participants à cette grand-messe du modèle québécois s\u2019étaient engagés à la chose suivante : « Au cours des trois prochaines années, rattraper et dépasser le taux moyen de création d\u2019emplois au Canada, dans la perspective de réduire et d\u2019éliminer le plus rapidement possible l\u2019écart entre le taux de chômage du Québec par rapport à celui du Canada ».Cet objectif a été rappelé par le premier ministre Bouchard en campagne électorale, et même lors de son discours inaugural de ce mois de mars, où il disait : « Nous sommes en voie d\u2019atteindre cet objectif ».Nous revenons sur le sommet parce que les cibles qu\u2019il définissait devaient être atteintes à la fin de 1999.C\u2019est dans six mois.Ce sera impossible, car on est trop loin du but et que le délai est trop court.Le Québec, selon les dernières données, n\u2019a pas réussi à réduire l\u2019écart dans la création d\u2019emplois avec le Canada.Au contraire, certaines indications permettent de craindre que cet écart ne se soit même élargi.On ne se rapproche pas des objectifs, on s\u2019en éloigne.En gros, depuis novembre 1996, l\u2019augmentation de l\u2019emploi au Québec a été de 5,2 %, pendant qu\u2019elle était de 6,6 % au Canada, un écart de 26,9 %.Pour les six derniers mois, la croissance de l\u2019emploi a été de 2,27 % au Québec et de 2,98 % au Canada, un écart qui s\u2019est élargi à 31 pour cent.Pas de progrès, mais un léger recul.Mesuré autrement, depuis le début de l\u2019année, l\u2019écart du taux d\u2019emploi entre le Québec et le Canada, 56,1 % contre 60,5 pour cent, n\u2019a jamais été aussi élevé depuis le début de la décennie.Il est évident que le gouvernement Bouchard n\u2019est pas le seul responsable d\u2019une situation qui est l\u2019aboutissement de deux décennies de gestion déficiente.Mais le gouvernement Bouchard a choisi de susciter de grandes attentes et il est normal qu\u2019on lui demande des comptes.Les hasards de la vie politique font également que c\u2019est l\u2019équipe péquiste qui est en poste au moment où le Québec ne peut plus se payer le luxe de ne rien faire.Les causes de cette stagnation de l\u2019emploi sont complexes, les solutions pour y remédier aussi.Mais deux choses nous semblent limpides.La première, c\u2019est que la situation est assez préoccupante pour justifier un débat moins vaseux que ceux des sommets.La seconde, c\u2019est que la performance québécoise est assez pitoyable pour tous nous convaincre que notre façon de faire les choses n\u2019est pas la bonne et que le modèle dit québécois ne livre pas la marchandise.DROITS RÉSERVÉS PASCAL ÉLIE, collaboration spéciale Qui a peur des «bébés-passeports»?Mavis Baker, une Jamaïcaine qui vit en Ontario depuis 18 ans, n\u2019a pas été la seule à pousser un soupir de soulagement, la semaine dernière, quand la Cour suprême du Canada a rendu une décision qui lui permettra \u2014 peut-être \u2014 d\u2019éviter la déportation.Ce jugement pourrait avoir un impact sur les centaines d\u2019autres femmes qui, comme elle, ont réussi pendant des Agnès Gruda agruda@lapresse.ca années à se faufiler entre les mailles des filets de l\u2019Immigration.Mais dont les enfants, nés ici, sont de parfaits citoyens canadiens.Ces enfants ont des droits, dont celui de vivre avec leur mère si leur intérêt le commande, dit la Cour suprême.Le ministère de l\u2019Immigration, qui tente de déporter Mme Baker depuis qu\u2019il en a retrouvé la trace, a oublié ce petit détail.L\u2019histoire de Mme Baker est pathétique.Déjà mère de quatre enfants à son arrivée au pays, elle se réfugie dans la clandestinité dès l\u2019expiration de son visa.Pendant des années, elle travaille comme domestique.Et elle fait de nouveaux bébés.Un de ses accouchements la laisse en proie à une psychose postpartum, dont elle traînera longtemps des séquelles.Enfin, nouvelle tuile : ses demandes d\u2019immigration sont toutes rejetées.Le jugement de la Cour suprême ne signifie pas qu\u2019elle pourra automatiquement rester au pays.Mais il oblige Immigration Canada à entendre son cas une fois de plus.Et à tenir compte, cette fois, de la situation de ses quatre enfants « canadiens ».Mme Baker n\u2019est pas la seule à avoir voulu améliorer son sort en tirant parti de toutes les failles du système pour rester au pays.On peut comprendre que les autorités, excédées par ces « sans-papiers » qui leur glissent entre les mains, soient tentées de jouer les durs.On déporte : voilà qui découragera d\u2019autres femmes de venir faire des « bébés-passeports » au Canada.Cette attitude, dans un cas comme celui de Mme Baker, n\u2019en est pas moins absurde.Le plus âgé des enfants « canadiens » de Mme Baker a 14 ans.C\u2019est, paraît-il, un excellent élève.Pour maximiser ses chances de succès, le Canada a tout intérêt à ce que leur mère reste au pays.C\u2019est l\u2019évidence.Et l\u2019effet d\u2019entraînement sur les candidates à l\u2019immigration qui pourraient se mettre à procréer massivement sur le sol canadien ?Ne charrions pas.Le jugement de la Cour suprême ne donne pas des papiers à toutes les mères sans statut.Il ne fait qu\u2019obliger l\u2019Immigration à tenir compte de l\u2019intérêt des enfants, parmi tous les autres facteurs.C\u2019est évident que plus une famille aura passé de temps au Canada, plus la décision de déporter sera lourde de conséquences.Mais après tout, il appartient à Immigration Canada de corriger le tir et d\u2019accélérer ses procédures.Et puis, dans quatre ans, un des fils canadiens de Mme Baker sera majeur.Il pourra légalement parrainer sa mère.Quel intérêt y a-t-il à la chasser du pays \u2014 si c\u2019est pour la laisser revenir quelques années plus tard ?Le cas de Mme Baker ressemble à celui de Nancy Duran, une Vénézuélienne qui a, elle aussi, passé 18 ans au Canada, où elle a eu deux enfants.En mars dernier, Ottawa lui a accordé in extremis un permis de séjour de trois ans, conditionnel à son intégration au marché du travail.Si elle n\u2019a pas trouvé de boulot après ce délai, bye bye.Dans trois ans, ses deux enfants auront 18 et 15 ans.Que fera-t-on d\u2019eux, si jamais Mme Duran devait être déportée ?Ne nous énervons pas : la décision de la Cour suprême n\u2019ouvre pas la porte à une vague de grossesses opportunistes.Elle ne fait que forcer les autorités canadiennes à mettre de côté le légalisme et à faire appel à leur jugement et à leur compassion lorsque les intérêts d\u2019enfants canadiens sont en jeu.Ces facultés, espérons-le, joueront en faveur de Mavis Baker et de Nancy Duran dans leurs prochains démêlés avec l\u2019Immigration.Mais ce jugement devrait aussi inciter Ottawa à envisager une solution globale pour les centaines d\u2019autres femmes qui se trouvent dans une situation semblable.LA PRESSE ET VOUS Quinze années de lumière sur Montréal! Les feux s\u2019envolent et les écrits restent ! Par le biais de ses plumes et de ses caméras, La Presse tente de prolonger ces exceptionnelles soirées de lumière sur Montréal, aussi intenses qu\u2019éphémères.Il y a maintenant 15 ans que notre quotidien partage cette passion des feux d\u2019artifice avec ses lectrices et lecteurs.Depuis la première heure, à l\u2019été 1985, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, notre journal est fier d\u2019être étroitement associé à ce qui est devenu le plus grand concours d\u2019art pyromusical au monde : l\u2019International Benson & Hedges.L\u2019idée de ce festival international d\u2019art pyromusical est né au début des années 80, alors que 15 ans après l\u2019Expo 67, un peu tout le monde cherchait une grande idée pour exploiter au maximum les infrastructures, les services et le territoire de la Ronde.M.Luc Beauregard, actuel président de l\u2019agence National, avait succédé à M.Roger D.Landry, devenu président et éditeur de La Presse comme président du conseil d\u2019administration de l\u2019Association montréalaise d\u2019action récréative et culturelle (AMARC) La direction et le personnel de l\u2019AMARC du temps, les autorités de la Ville de Montréal et quelques cerveaux consultés cherchaient cette idée qui allait devenir géniale.Le choix arrêté : la tenue d\u2019un concours d\u2019art pyromusical mais à la stricte condition qu\u2019une participation financière et promotionnelle significative provienne de l\u2019entreprise privée.La Presse, par la décision de monsieur Landry, a été la première entreprise à s\u2019engager résolument dans ce projet, selon Christian Ouellet, autrefois de l\u2019AMARC et maintenant associé de National Evénement.Le poste de radio CKAC, par son directeur du temps, Pierre Arcand, aujourd\u2019hui vice-président exécutif de Métromédia, a été le premier partenaire-radio.Après le refus de plusieurs grandes entreprises de s\u2019y impliquer financièrement et à long terme, Benson and Hedges a accepté la sollicitation de Luc Beauregard et de son équipe.Ce choix n\u2019a pas fait l\u2019unanimité puisque Benson and Hedges était cliente de National.De là les grands cris de favoritisme pour un client.Quinze ans plus tard, Luc Beauregard en rit : plusieurs entreprises alors sollicitées se mordent aujourd\u2019hui les pouces et aimeraient bien commanditer les feux de la Ronde, compte tenu de leur popularité qui ne s\u2019est jamais démentie.Le succès a été tel que le commanditaire a exporté le modèle des feux de la Ronde à Toronto et à Vancouver.Dès le premier feu, présenté par l\u2019Italie, et qui a fait accourir les foules malgré des averses importantes, la réussite a été si incroyable et la foule tellement dense qu\u2019il a fallu fermer le pont Jacques-Cartier.C\u2019est après cette première expérience qu\u2019a été prise la décision de fermer le pont chaque soir des feux.En 15 ans, 131 feux d\u2019artifice auront été lancés sur Montréal.En tout, 44 firmes différentes ont participé jusqu\u2019ici à cette compétition internationale.L\u2019International Benson & Hedges est la plus importante compétition du genre au monde, considérant le nombre de participants \u2014 une moyenne de neuf par année \u2014 et sa représentation internationale, soit des participants de 19 pays d\u2019Europe, d\u2019Asie, d\u2019Australie et des deux Amériques.Quelque 30 millions de spectateurs ont assisté, au fil des ans, à la magie unique de ces feux musicaux avec un record canadien absolu de 5,7 millions pour la première année et une moyenne de 1,8 million les années subséquentes.Chaque spectacle pyromusical attire 200 000 personnes à la Ronde, sur le pont Jacques-Cartier et sur les deux rives du fleuve Saint-Laurent, dont environ 30 à 35 000 à la Ronde même.Les firmes lancent une moyenne de 3500 pièces pyrotechniques pour les spectacles, mais on a déjà vu des firmes débarquer avec un arsenal de 5000 pièces.Un tel spectacle représente l\u2019équivalent de 2000 kilos d\u2019explosifs.Pour « s\u2019éclater » à Montréal, les participants ont besoin de 4000 mortiers ou « canons » qui propulsent les pièces, de 300 tonnes de sable pour enfouir ces mortiers et de 30 kilomètres de fil électrique pour mettre à feu toutes les bombes.À ce jour, les États-Unis sont en tête du palmarès avec 14 mentions dont cinq jupiters d\u2019or, quatre d\u2019argent, un de bronze et quatre mentions pour l\u2019excellence de la bande sonore.Le pays qui a remporté le plus de jupiters est l\u2019Espagne, avec un total de 11 jupiters.La firme qui a remporté le plus grand nombre de jupiters est espagnole.Pirotécnia Igual, qui a présenté le feu de dimanche dernier, a gagné l\u2019or en 1988, l\u2019argent en 1996 et le bronze en 1985, 1987 et 1992.C\u2019est un jury populaire de 25 personnes qui accorde les jupiters en fonction de quatre critères : la qualité des pièces, la synchronisation, la conception pyromusicale et l\u2019appréciation générale.Outre le personnel de la Société du parc des îles, présidée par Mme Nicole Pageau- Goyette et dirigée par M.Pierre Bibeau, chaque soirée de feu mobilise plus de 400 personnes, soit environ 375 policiers de la Communauté urbaine, de la Sûreté du Québec, de la police de Longueuil, de la police des ports, de la GRC, et 70 pompiers à la Ronde même.Si les prochains feux de l\u2019Italie (ce dimanche), de la France (mercredi soir), des États- Unis (le 25 juillet) et le feu de clôtutre du maître artificier de la Ronde, Giovanni Panzera, (mercredi, le 28 juillet) sont à l\u2019égal de ceux offerts par l\u2019Espagne et le Canada dimanche et mercredi derniers, ça promet ! Bonnes vacances aux travailleurs de la construction ! Bon week-end à tous ! Claude MASSON Editeur adjoint cmasson@lapresse.ca 6LP0301B0717 b3-samedi-edito 6LP0301B0717 ZALLCALL 67 00:53:07 07/17/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 B 3 La règle de l\u2019uniformité «Pourquoi le gouvernement ne fait-il pas une exception pour les infirmières ?Pourquoi s\u2019obstine-t-il à dire que s\u2019il leur accorde plus de 5 %, il faudrait faire pareil pour les 400 000 employés du secteur public ?Les infirmières, qui ont subi les plus durs coups de la réforme de la santé, ne devraient-elles pas avoir un statut spécial ?» C\u2019est une réaction qu\u2019on entend couramment \u2014 une réaction d\u2019ailleurs parfaitement sensée et normale.Ce qui est anormal et insensé, c\u2019est le système de négociations dans lequel le Québec s\u2019est enfermé depuis plus de 30 ans.n n n À la faveur de la trêve, le gouvernement a tenté d\u2019utiliser le prétexte de l\u2019équité salariale pour ajouter de l\u2019argent dans la bourse des infirmières, mais il ne déroge pas du principe « 5 % pour tout le monde ».À cela, il y a une bonne raison et une mauvaise raison.La bonne : les infirmières ont beau être plus populaires que les autres employés du réseau de la santé, cela ne veut pas dire qu\u2019elles sont les seules à avoir souffert des compressions budgétaires, ni les seules à « mériter » une augmentation de salaire plus forte que la moyenne.Les techniciens de laboratoire, de radiologie, etc, ceux qui font les analyses de sang et qui font fonctionner l\u2019équipement sophistiqué sans lequel les diagnostics précis et les chirurgies électives sont impossibles, les physiothérapeutes essentiels à la réhabilitation des grands accidentés, tous ces professionnels moins visibles du réseau de la santé ont eux aussi vu leur tâche augmenter.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ont moins de contacts directs avec les patients qu\u2019ils sont moins importants.Les négociateurs patronaux auraient bien du mal, en tout cas, à leur faire avaler l\u2019idée que seules les infirmières ont droit à un traitement spécial.On n\u2019est pas à Hollywood, ici.Ce n\u2019est pas en fonction des cotes d\u2019écoute, du box-office ou des indices de popularité qu\u2019on doit évaluer les salaires.Sans compter qu\u2019il y a, dans le reste de la société, beaucoup d\u2019autres gens qui, en toute justice, devraient être mieux rémunérés.Les acteurs de la scène, par exemple, qui tirent le diable par la queue alors que leurs collègues des téléséries sont payés beaucoup plus cher pour un travail moins exigeant.La mauvaise raison tient au système luimême \u2014 au régime de négociations hypercentralisé que s\u2019est donné le Québec, sous l\u2019influence de Jacques Parizeau, grand jacobin devant l\u2019éternel qui fut conseiller économique auprès des gouvernements québécois durant les années 60.Emporté par son désir obsessionel de contrôle, M.Parizeau allait concevoir un système qui reste unique en Amérique du nord, un système où toutes les conventions collectives de tous les employés du secteur public et parapublic allaient arriver à échéance en même temps.Et toutes les négociations, tant au plan normatif que salarial, allaient se dérouler au sommet, sous l\u2019étroite supervision du gouvernement.Théoriquement, cela devait permettre au gouvernement d\u2019avoir un meilleur contrôle sur les finances publiques et d\u2019offrir à tous les citoyens des services d\u2019égale qualité, assurés par des employés travaillant dans des conditions identiques.Mais en pratique, les choses ont tourné autrement.Car le monstre patronal allait engendrer un monstre syndical.Au front commun patronal (gouvernement, hôpitaux, commissions scolaires, etc) allait correspondre un front commun de toutes les centrales syndicales, qui allaient évidemment définir conjointement leurs stratégies de négociation.À la centralisation patronale répondit la centralisation syndicale.Et la coalition syndicale avait une arme susceptible de faire trembler n\u2019importe quel gouvernement : la grève générale.Ou les grèves en série dans des secteurs particulièrement névralgiques, comme les hôpitaux ou les écoles.Dans ces rondes de négociations hyperpolitisées, les gouvernements, loin de prendre le contrôle de l\u2019opération, allaient en fait le perdre, à plus forte raison quand les négociations surviennent à la veille d\u2019un référendum ou d\u2019une élection.Le système, né d\u2019un désir d\u2019uniformité, carbure à l\u2019uniformité.C\u2019est la règle sacrée, qui fait évidemment l\u2019affaire des syndicats.Tout gain obtenu par un groupe est instantanément revendiqué par l\u2019ensemble.Toute concession devient un précédent aux répercussions gigantesques.Dans la détermination des salaires, comme dans celle des conditions de travail, on ne tient plus compte des facteurs locaux, de la taille de l\u2019établissement, du coût de la vie, des prix de l\u2019immobilier, des conditions du marché.Le fonctionnaire unilingue, qui ne pourrait jamais trouver de meilleur emploi où que ce soit, reçoit les mêmes avantages que les infirmières qui seraient accueillies à bras ouverts n\u2019importe où en Amérique.Même dans sa gestion quotidienne, le gouvernement ne peut pas avantager un secteur en fonction des priorités du moment.Ainsi, lorsqu\u2019il a offert des incitations à la retraite prématurée, histoire de réduire les coûts de la fonction publique, le gouvernement aurait dû cibler exclusivement les secteurs qui pouvaient tolérer des départs, et exclure de cette opération les employés du réseau de la santé.Mais le front commun syndical ne l\u2019aurait pas toléré.Le gouvernement a été obligé d\u2019offrir ces « golden handshakes » à tout le monde, sans exception.Et ce qui était prévisible se produisit : les infirmières, exténuées, ont sauté sur l\u2019occasion en bien plus grand nombre que les fonctionnaires qui passent des petites journées pépère à pousser du papier dans des bureaux calfeutrés.En ce sens, les syndicats d\u2019infirmières qui refusaient un statut spécial au moment des mises à la retraite sont mal placés pour en réclamer un au chapitre des salaires.Évidemment, on pourrait dire qu\u2019un gouvernement capable de se tenir debout pourrait faire des distinctions entre ses employés \u2014 offrir davantage à ceux dont il a le plus besoin ou à ceux qu\u2019il a peur de perdre, encourager les départs là où les employés sont trop nombreux ou moins essentiels, etc.C\u2019est ce que ferait tout employeur intelligent.Mais cette philosophie est aux antipodes du régime actuel de négociations.Pour la changer, il faudrait un courage politique énorme.Cette année, le gouvernement veut céder du terrain au profit des institutions locales (hôpitaux, commissions scolaires, etc.) pour une partie du « normatif », par exemple sur l\u2019organisation du travail, les remplacements, etc.Cela n\u2019est pas trop tôt, mais ce n\u2019est pas suffisant.Il faudrait radicalement décentraliser ce système absurde qu\u2019aucune autre juridiction nord-américaine n\u2019a adopté (et pour cause).Mais hélas, cela ne se fera pas sans d\u2019autres parties de bras de fer.Lysiane Opinions La gestion de l\u2019eau au Québec: a-t-on vraiment débattu la question?MARCEL BOYER, MICHEL PATRY et PIERRE TREMBLAY M.Boyer est titulaire de la chaire Jarislowsky à l\u2019École polytechnique de Montréal, professeur à l\u2019Université de Montréal et président de CIRANO.M.Patry est professeur à l\u2019École des HEC et vice-président de CIRANO.M.Tremblay, ingénieur, est directeur de projet à CIRANO.Depuis le début des consultations organisées par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) sur une politique québécoise de l\u2019eau au Québec, la gestion de l\u2019eau potable et des eaux usées a très peu retenu l\u2019attention.L\u2019exportation de l\u2019eau, la gestion des eaux souterraines et la protection de nos cours d\u2019eau sont des sujets plus susceptibles de retenir l\u2019attention des médias et des analystes.Certains observateurs ont même avancé que la gestion actuelle de l\u2019eau par les pouvoirs publics et l\u2019état des infrastructures étaient très satisfaisants.Bref, qu\u2019il n\u2019y avait « pas de problème ».Pourtant, nos travaux, (disponibles sur demande ou sur le Web), indiquent que la gestion de l\u2019eau potable et des eaux usées connaît de sérieux ratés et mériterait l\u2019attention du public.En fait, le statu quo apparaît peu enviable.Une gestion efficace et équitable à long terme exigerait même qu\u2019un solide coup de barre soit donné.Au lieu d\u2019agiter l\u2019épouvantail de la menace que représenterait l\u2019intervention d\u2019entreprises privées dans la gestion et la provision de services d\u2019eau, on ferait mieux de se questionner sur l\u2019efficacité, l\u2019équité et l\u2019imputabilité de la gestion actuelle.Plusieurs questions capitales mériteraient notre attention.Nous en retenons cinq.Pourquoi les normes québécoises en matière d\u2019eau potable sontelles parmi les plus faibles de tous les pays d\u2019Amérique du Nord et d\u2019Europe occidentale ?Quel est le véritable état des infrastructures \u2014 aqueducs et égouts \u2014 au Québec et à combien se chiffrent les besoins de réfection pour les prochaines années ?Y aurait-il lieu d\u2019encourager l\u2019usage de débitmètres sur le territoire, pour l\u2019ensemble des utilisateurs de la ressource ou pour les usagers commerciaux, industriels et institutionnels ?La tarification au compteur devrait-elle être encouragée ?La réglementation québécoise assure-t-elle une utilisation efficiente, efficace et écologique de la ressource ?Assure-t-elle les citoyens d\u2019un minimum d\u2019imputabilité et de transparence ?Devrait-on explorer de nouvelles méthodes de gestion de l\u2019eau potable et des eaux usées ?Une eau pure?D\u2019aucuns affirment que le Québec, riche de ressources hydriques, dispose d\u2019une eau d\u2019une rare qualité.Pourtant, une analyse comparative des normes de qualité de l\u2019eau potable montre que les normes en vigueur au Québec sont inférieures aux normes canadiennes, américaines et européennes, ainsi qu\u2019aux normes suggérées par l\u2019Organisation mondiale de la santé.Les normes en vigueur présentement au Québec s\u2019inspirent des recommandations du gouvernement fédéral de 1978.Elles n\u2019ont pas été révisées depuis.Pourquoi en est-il ainsi ?Le ministère de l\u2019Environnement a à plusieurs reprises préparé un projet de règlement visant à actualiser ces normes, mais en vain.Tout récemment encore, soit en octobre dernier, le gouvernement québécois a refusé de modifier les normes prévues au règlement, vraisemblablement pour des raisons financières.Selon nos sources, une refonte du règlement serait prévue pour l\u2019automne.Cependant, elle serait moins exigeante que le projet de modification du règlement d\u2019avril 1998, lequel est déjà en deçà des normes américaines.Le projet dont on parle présentement pour l\u2019automne représenterait un investissement de l\u2019ordre de 100 millions alors que la Ville de Montréal estime qu\u2019il lui en coûterait à elle seule cette somme pour réduire la turbidité à moins de 1,0 UTN (unité de turbidité néphélométrique) Aux États-Unis, la norme actuelle est de 0,3 UTN.Elle est présentement de 5,0 UTN au Québec.Un rapport interne du MEF (1998) estime à 385 millions le coût d\u2019amener le système québécois de traitement de l\u2019eau potable au niveau des normes canadiennes de 1996.L\u2019état véritable du réseau d\u2019aqueducs et d\u2019égouts des municipalités québécoises est une grande inconnue.En effet, peu de municipalités disposent d\u2019une information fiable sur l\u2019état de leur réseau.Bien que les programmes d\u2019assainissement des eaux aient permis d\u2019effectuer des investissements importants dans les usines de traitement des eaux usées, il n\u2019y a eu que peu d\u2019investissements dans les usines de filtration et les réseaux de collection et de distribution.On estimait récemment que les besoins de réfection se situaient entre 3,6 et 9 milliards pour l\u2019ensemble du Québec, en excluant le territoire de la Ville de Montréal ! Quant à Montréal, Madame Noushig Eloyan déclarait récemment que des études en sa possession évaluaient à 40 pour cent le taux de fuite du réseau montréalais de distribution de l\u2019eau potable.Notons que l\u2019importance de ces fuites augmente significativement les coûts de traitement de l\u2019eau potable et des eaux usées.À titre d\u2019exemple, une réduction des fuites de 50 pour cent permettrait à la Communauté urbaine de Montréal de conserver 130 milliards de litres d\u2019eau annuellement.Non seulement les municipalités ne savent-elles que très approximativement quel est l\u2019état véritable de leur réseau, mais la plupart connaissent également assez mal le profil de consommation d\u2019eau des usagers qu\u2019elles desservent.Pourquoi la consommation moyenne d\u2019eau potable des Québécois surpasse- t-elle celle des autres Canadiens, qui est déjà supérieure à celle des Français, des Anglais ?Estimée à 800 litres par habitant par jour, la consommation québécoise est parmi les plus élevées au monde.Certains répondront que la ressource est abondante au Québec.Cette apparente abondance ne saurait cacher que l\u2019eau est une ressource rare qui exige que des moyens importants soient consacrés à sa production, à sa distribution et à sa collecte.Or, peu de municipalités savent combien il leur en coûte de produire un litre d\u2019eau potable.Cette carence administrative génère un manque de transparence évident : comment juger de la qualité de notre gestion en l\u2019absence de données précises sur les coûts d\u2019opération ?Cette carence réduit l\u2019imputabilité des responsables de la production et de la distribution de l\u2019eau et permet toutes sortes d\u2019abus.La question du coût réel de l\u2019eau est revenue trop souvent lors des audiences du BAPE pour être ignorée.Nous croyons que le BAPE devrait commander une étude économique pour connaître le coût réel de l\u2019eau.D\u2019autre part, l\u2019apparente gratuité des services d\u2019eau pour la très grande majorité des usagers résidentiels, institutionnels (hôpitaux, établissements d\u2019enseignements, etc.) et pour bon nombre d\u2019usagers commerciaux les incite peu à faire un usage économique de la ressource.Cela pourrait expliquer la surconsommation apparente d\u2019eau potable au Québec.Car, ce que nombre de travaux empiriques montrent de manière très convaincante, c\u2019est que la tarification au volume réduit significativement l\u2019utilisation de la ressource.Ce qui soulève la pertinence de la tarification et de l\u2019installation de débitmètres.L\u2019enjeu consiste à déterminer les avantages et les coûts d\u2019introduire une forme de tarification variable selon la consommation.Quels usagers, domestiques, commerciaux et industriels devraient être assujettis à une telle tarification ?Quelle forme de tarification serait souhaitable ?Quel impact la tarification aurait-elle sur la préservation de la ressource ?Doit-on continuer de subventionner certains gros utilisateurs, qui sont souvent relativement fortunés, à l\u2019aide des taxes de l\u2019ensemble de la population ?Quels avantages la pose de débitmètres offre-t-elle pour une gestion intégrée de la ressource et des réseaux ?Pourquoi seulement 15 pour cent des municipalités québécoises ontelles installé des débitmètres alors que plus de 70 pour cent des municipalités canadiennes, 80 pour cent en Ontario et la quasi-totalité des municipalités américaines l\u2019ont fait ?Qui du ministère de l\u2019Environnement, des Affaires municipales, de la Santé, des conseil municipaux veille au grain ?Les défenseurs du statu quo invoquent souvent que l\u2019intervention du secteur privé poserait le problème du contrôle de ses décisions et agissements.Or ce besoin, à l\u2019évidence, ne disparaît pas parce que la responsabilité de gestion a été confiée à des décideurs publics.Qui voit à ce que les citoyens soient convenablement informés ?Les Français, les Anglais et les Américains ont beaucoup plus d\u2019informations à leur disposition sur les coûts et la qualité de l\u2019eau potable que les Québécois.Pourtant, les premiers ont privilégié la gestion déléguée, les seconds la gestion privée et les troisièmes la gestion publique.En fait, en ce moment, la qualité des eaux usées des grandes entreprises polluantes est beaucoup plus sérieusement contrôlée et les écarts de conduite beaucoup plus sévèrement punis que ne le sont les eaux usées rejetées dans les cours d\u2019eau par les municipalités québécoises.L\u2019absence d\u2019une réglementation en cette matière, comme la faiblesse de la réglementation en matière de normes pour l\u2019eau potable, sont des manifestations d\u2019une intervention trop timide des pouvoirs publics.Quels intérêts défend-t-on ainsi ?Ces considérations nous amènent à discuter de l\u2019impossible démission de l\u2019État dans ce dossier.Il ne s\u2019agit pas de débattre si l\u2019État doit jouer un rôle mais plutôt de voir quel rôle il doit jouer et quelles responsabilités doivent être confiées à d\u2019autres agents.Un nouveau mode de gestion État de vétusté des réseaux, normes en décalage par rapport à nos partenaires commerciaux, ignorance des coûts, manque de transparence et d\u2019imputabilité : les questions que nous avons soulevées justifient que l\u2019on examine de manière critique les modes de gestion auxquels nous avons présentement recours.Or, évaluer notre gestion de l\u2019eau et considérer la possibilité d\u2019améliorer celle-ci nous renvoie à la possibilité de déléguer la gestion de l\u2019eau à des organisations publiques ou privées autres que les administrations municipales.Dans le cas de la gestion de l\u2019eau, les gouvernements nordaméricains ont typiquement adopté depuis le début du siècle la solution de l\u2019entreprise publique bien que la situation change et laisse de plus en plus de place au secteur privé.D\u2019ailleurs, la réglementation américaine a été récemment modifiée afin de permettre aux municipalités de conclure des ententes de longue période pour l\u2019opération, l\u2019entretien et la gérance des systèmes d\u2019eau.D\u2019autres solutions sont évidemment concevables, qui font une place plus ou moins grande à l\u2019intervention de l\u2019entreprise privée.Le « modèle » même de l\u2019entreprise publique existe dans une multitude de variantes.Le choix d\u2019un mode de gestion doit en dernière analyse dépendre d\u2019un examen rigoureux des différentes options.Le débat actuel sur cette question est empreint de partisanerie et cache souvent les intérêts de groupes influents qui profitent indûment du statu quo.On laisse entendre que de grandes entreprises s\u2019enrichiraient aux dépens des citoyens si l\u2019État concédait la gestion de l\u2019eau, en tout ou en partie, à des entreprises privées.Si la chose n\u2019est pas impossible, elle est certainement évitable, et un cadre de gestion déléguée adéquat devrait la prévenir.Ce qui compte, c\u2019est la performance des institutions à servir de manière crédible les intérêts de la collectivité.Au plan de l\u2019analyse de cette performance, il faut reconnaître que la gestion québécoise connaît des ratés importants.Il faut avoir le courage de questionner le statu quo et de récuser les nombreux clichés qui caractérisent présentement le débat.Dans le domaine de la gestion de l\u2019eau, le recours à la gestion déléguée s\u2019est beaucoup développé au cours des dix dernières années.Les gouvernements ont adopté depuis vingt ans des solutions où les administrations publiques confient d\u2019importants mandats à des entreprises privées.Cette délégation est normalement encadrée ou contrôlée par des ententes, des contrats, des règles, une réglementation, etc., qui visent à inciter les opérateurs à l\u2019efficacité tout en assurant que les objectifs de justice sociale et d\u2019imputabilité soient rencontrés.Ces changements profonds sont en partie attribuables à des modifications dans la perception que les gouvernements ont de leur rôle.Les gouvernements en Europe, en Amérique du Nord et de plus en plus dans le reste du monde en viennent à la conclusion que leur mission consiste davantage à déterminer ce qui doit être fait qu\u2019à réaliser eux-mêmes des opérations.L\u2019État entrepreneur a, dans bien des cas, cédé sa place à un État stratège.Les défenseurs du statu quo avancent que notre gestion est efficace, que l\u2019eau coûte peu aux Québécois et que celle-ci est d\u2019une qualité enviable.Notre analyse montre que ces conclusions sont au mieux prématurées et, au pire, carrément erronées ! L\u2019eau est une ressource rare.Une gestion efficace, écologique et responsable à long terme de cette précieuse ressource exige que nous procédions à un examen critique de nos pratiques actuelles de gestion. 6LP0401B0717 B-4 SAMEDI PLUS 6LP0401B0717 ZALLCALL 67 00:53:46 07/17/99 B B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 Plus Objectif Lune Le programme Apollo a propulsé les Américains vers une victoire contre les Soviétiques OLIVIER-LOUIS ROBERT collaboration spéciale Le 12 avril 1961, au moment même où le cosmonaute Youri Gagarine accomplit la première révolution d\u2019un être humain dans l\u2019espace, il fait encore nuit à Washington et John Fitzgerald Kennedy dort.Il a donné la consigne très stricte de ne pas le réveiller.Et pourtant, le jeune président américain sait que le vol spatial historique de Gagarine se déroule.Pierre Salinger, son attaché de presse, a même déjà préparé un communiqué pour féliciter le rival soviétique.Cette sérénité apparente provient de ce que le président, en poste depuis moins de trois mois, sait qu\u2019il ne peut pas être blâmé pour le retard américain dans l\u2019espace, une situation qu\u2019il a dénoncée durant la campagne électorale.De plus, ce succès soviétique dans l\u2019espace le force à accélérer la réflexion entamée dès le début de son mandat sur la direction à donner au programme spatial américain.À cet effet, il a un atout dans sa manche : James Webb, le nouvel administrateur de la NASA depuis le 14 février, l\u2019a informé sur un certain programme de vols habités vers la Lune que l\u2019agence spatiale développe depuis deux ans.Kennedy réalise rapidement l\u2019effet mobilisateur créé autour du gigantesque effort technologique qui devra être déployé afin de réaliser ce projet lunaire.Le 14 avril 1961, le président convoque une réunion de ses conseillers afin de reccueillir leurs opinions sur la meilleure façon de contrer l\u2019Union soviétique dans l\u2019espace.À la fin de cette réunion, à laquelle assistent aussi James Webb et son adjoint Hugh Dryden, Kennedy se retire dans le Bureau ovale en compagnie de son conseiller spécial Ted Sorensen.Hugh Sidey, présent à cette réunion, se souvient : « Cinq minutes plus tard, Sorensen sort de la pièce et me dit \u2019On s\u2019en va sur la Lune\u2019 ».Tout ce qui suivra, de l\u2019invasion ratée de la Baie des Cochons, trois jours plus tard, à la fameuse note du 19 avril adressée à son vice-président, Lyndon B.Johnson (« Qu\u2019est-ce qui nous donne le plus de chances de battre les Russes : lancer un laboratoire dans l\u2019espace ; faire atterrir un engin sur la Lune ; ou bien, envoyer un homme sur la Lune ?»), Kennedy s\u2019en sert pour appuyer la décision qu\u2019il a prise le 14 avril.Et hop vers la Lune Ainsi, le 25 mai 1961, vingt jours après qu\u2019Alan Shepard eût accompli son \u2019saut de puce\u2019 dans l\u2019espace à bord de la capsule Mercury Freedom 7, John F.Kennedy prononce devant les deux chambres du Congrès un discours qui marquera sa présidence à tout jamais.« Premièrement, je propose que cette nation s\u2019engage à réaliser le but, avant que cette décennie ne s\u2019achève, de faire atterrir un homme sur la Lune et de le ramener sain et sauf sur Terre.Aucun autre projet spatial (.) ne sera aussi difficile et coûteux à réaliser.» Le président américain propose ensuite l\u2019établissement d\u2019un budget et le développement des moyens pour y parvenir.Il s\u2019adresse ensuite à la nation : « Ce ne sera pas un seul homme qui ira sur la Lune, ce sera la nation entière.Parce que chacun d\u2019entre nous doit travailler à le placer là.» Kennedy était un étudiant de l\u2019histoire des peuples.Il comprenait instinctivement que les sociétés qui explorent, évoluent.Et en ce sens, son Objectif Lune, doté d\u2019un échéancier à date fixe qui inciterait l\u2019Amérique à se mobiliser rapidement, mettrait en branle le plus grand effort technologique de l\u2019histoire.Dès l\u2019établissement de la NASA, le 1er octobre 1958, le projet d\u2019envoyer un homme sur la Lune était à l\u2019étude.La nouvelle agence avait hérité, lors de sa formation, du programme Mercury, mis sur pied en vue de tester les technologies nécessaires pour placer un homme en orbite autour de la Terre.En mai 1959, Harry H.Goett, un ingénieur au Ames Research Center de la NASA, se voit confier la mise sur pied d\u2019un comité pour planifier à long terme différentes options de vols spatiaux habités.D\u2019emblée, le projet d\u2019un vol lunaire s\u2019impose comme une suite logique aux vols orbitaux du programme Mercury.Déjà, le légendaire Wernher von Braun, de l\u2019Army Ballistic Missile Arsenal (situé à Huntsville, en Alabama, l\u2019ABMA sera transféré à la NASA le 15 mars 1960 pour devenir ce qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui sous le nom de Marshall Space Flight Center), travaillait à la conception de la lignée des fusées géantes Saturn.La NASA, pour sa part, venait d\u2019accorder un contrat à la société North American Aviation (aujourd\u2019hui englobée dans l\u2019empire Boeing Aerospace) pour le développement des puissants moteurs Rocketdyne F-1, devant équiper à l\u2019origine le premier étage de la fusée nucléaire Nova et qui équiperont finalement l\u2019étage de base de la Saturn V.Von Braun, connaissant bien sûr l\u2019état des recherches entreprises depuis plusieurs années sur les gros propulseurs, écrira dans un memo adressé au vice-président Johnson en mai 1961 qu\u2019il était sûr que « les États-Unis avaient d\u2019excellentes chances de faire atterrir un équipage humain sur la Lune avant les Soviétiques parce qu\u2019il leur faudrait accroître leur capacité de propulsion par un facteur 10 pour accomplir ce que nos moteurs F-1 permettront de réaliser.» La trajectoire Les grandes lignes du projet lunaire sont arrêtées le 12 août 1959 lorsque le Space Task Group, présidé par le directeur des vols spatiaux habités de la NASA, George Low, se met à l\u2019étude d\u2019une capsule emportant trois astronautes autour de la Lune.Le 28 juillet 1960, la NASA présente à l\u2019industrie le Programme Apollo, baptisé ainsi trois jours plus tôt par Abe Silverstein, « afin de perpétuer l\u2019utilisation de dieux mythiques pour nommer des vaisseaux spatiaux habités ».Reste à régler la question cruciale de la trajectoire qu\u2019empruntera le train lunaire, compte tenu qu\u2019il faut faire vite, en évitant des solutions trop audacieuses.Trois écoles de pensée s\u2019affrontent pour le voyage Terre-Lune : Le mode direct (Direct Ascent), nécessitant une fusée démesurément puissante, aura longtemps la faveur de Jerome Wiesner, conseiller scientifique du président Kennedy ; Le rendez-vous et l\u2019assemblage en orbite terrestre (EOR\u2014 Earth Orbit Rendezvous), solution nécessitant des lanceurs moins puissants ; Le rendez-vous et l\u2019arrimage en orbite lunaire (LOR \u2014 Lunar Orbit Rendezvous).Cette solution risquée, proposée par John C.Houbolt, du Langley Research Center, sera finalement retenue par la NASA le 11 juillet 1962.Houbolt a développé son concept à partir des travaux du grand pionnier russe Youri Kondratiouk qui, au début du siècle, préconisait déjà l\u2019emploi d\u2019un vaisseau spatial autour de la Lune.En envoyant un équipage sur la Lune, les Américains ont pris le pas sur les Soviétiques dans la conquête de l\u2019espace.URSS USA URSS URSS URSS URSS USA USA USA Fred Garet Habitacle Moteur de décollage Carburant des moteurs Anneau d'amarrage au module de commande Propulseurs de contrôle d'attitude Plate-forme et échelle de descente Moteur d'alunissage Apollo XI Départ le 16 juillet Retour sur Terre le 24 Apollo XV Apollo XVII Apollo XIV Apollo XII novembre 1969 Apollo XVI Douze hommes au total sont allés sur la Lune Avril 1970 Apollo XIII Renonce à l'alunissage février 1971 juillet 1971 avril 1972 décembre 1972 1969 1957 Spoutnik 1 1er engin dans l'espace 1962 1er américain en orbite John Glenn Les Etats-Unis gagnent la course initiée par l'Union Soviétique 1957 1er vol habité Envoi de la chienne Laïka Avril 1961 1er homme dans l'espace, Youri Gagarine effectue une révolution terrestre Mai 1961 1er américain dans l'espace Alan Shepard Mars 1965 1ère sortie d'un homme dans l'espace Alexeï Leonov Juin 1965 1ère sortie Edward White 1966 1er vaisseau spatial en orbite lunaire 1968 Apollo VIII effectue 10 révolutions autour de la Lune Module lunaire (LEM) Hauteur totale : 6,9 m Poids total : 13,6 tonnes Lune Terre 02H56 GMT Mer de la Tranquilité Armstrong pose le pied sur la surface lunaire Le cosmonaute Michael Collins reste en orbite Module de commande 21 juillet 1969 : le premier homme sur la Lune LEM source : NASA L\u2019apport canadien au succès d\u2019Apollo Le rendez-vous manqué des Soviétiques OLIVIER-LOUIS ROBERT collaboration spéciale Pour Owen Maynard, le décollage de la puissante fusée Saturn V en ce matin du 16 juillet 1969 était le point culminant d\u2019une très longue journée de travail.L\u2019ingénieur canadien qui, dix ans auparavant, avait été mis à pied à la suite de l\u2019annulation du programme de chasseur Arrow, était responsable de l\u2019ingénierie pour tout le train lunaire d\u2019Apollo, incluant les interfaces entre la fusée Saturn, le module de commande d\u2019Apollo et le module lunaire.« Si quelque chose tournait mal, j\u2019étais celui qui prenait les coups.c\u2019est très clair qui était le responsable.» Son collègue Bryan Erb, un autre vétéran du projet Arrow et toujours actif, à Houston, où il dirige le Bureau canadien de la Station spatiale, était à la tête de l\u2019équipe de 25 personnes responsable du bouclier thermique d\u2019Apollo.Plus tard, M.Erb a assumé la direction des laboratoires de quarantaine où les astronautes ainsi que les échantillons ramenés de la Lune étaient testés pour savoir s\u2019ils n\u2019avaient pas introduit sur Terre des micro-organismes dangereux.« J\u2019ai eu le privilège d\u2019être parmi les premiers à pouvoir examiner des roches lunaires.» Ces deux ingénieurs, à l\u2019instar de 31 autres collègues du projet Arrow, dont Stanley Galezowski, responsable de toutes les opérations de simulation de la trajectoire de ré-entrée d\u2019Apollo, ont été associés au programme spatial américain dès le début du projet Mercury.En 1962, deux médecins se joignent à ce groupe sélect des Canadiens d\u2019Apollo.L\u2019un, le docteur Owen Coons, deviendra même le responsable médical des astronautes d\u2019Apollo.Mais la première contribution de l\u2019industrie canadienne au programme spatial américain demeure une petite antenne de communications déployable qui a équipé tous les vaisseaux spatiaux habités Mercury, Gemini et Apollo.Ce dispositif, appelé STEM (Storable Tubular Extendible Mechanism) demeurait enroulé dans son contenant pendant la phase de lancement puis était déployé dans l\u2019espace.Cette même technologie a été utilisée pour construire la rampe de descente de Sojourner, le petit robot de la sonde martienne Pathfinder.Grâce au travail acharné de son directeur des ventes de l\u2019époque, Lionel Whyte, la société Héroux, de Longueuil, après d\u2019intenses négociations avec Grumman Aircraft, se voyait attribuer, vers la fin de 1965, un contrat pour fournir neuf des dix articles entrant dans la composition du train d\u2019atterrissage du module lunaire.Avant la fin de l\u2019été 1967, Héroux livrera ainsi 68 jambes (et pieds !) des trains d\u2019atterrissage pour les 15 modules lunaires commandés par la NASA (quatre jambes par train ; deux trains de réserve).OLIVIER-LOUIS ROBERT collaboration spéciale Vassili Pavlovitch Michine, muni de jumelles, admire le profil élégant de la gigantesque flèche blanche qui se dresse sur son pas de tir, à Baïkonour.En ce 21 février 1969, le successeur du légendaire Sergueï Korolev à la tête de l\u2019OKB-1 (sigle russe signifiant Bureau spécial de construction ou Bureau d\u2019études, l\u2019OKB-1 est l\u2019ancêtre direct de la société RKK Energia, la principale firme spatiale de Russie) assiste au lancement inaugural de la fusée lunaire N-1 (Nossitel, porteur en russe).À 12 h 18 (heure de Moscou), l\u2019énorme fusée d\u2019une hauteur de 105 mètres, comparable seulement à la Saturn V américaine, commence à s\u2019élever majestueusement dans le ciel du Kazakhstan.Quelques secondes plus tard, le système informatique KORD qui coordonne les trente moteurs de l\u2019étage de base en désactive deux par erreur.Puis, à la soixante-sixième seconde de vol, un conduit d\u2019oxygène liquide se rompt sous l\u2019effet de vibrations excessives.L\u2019oxygène qui s\u2019échappe prend feu immédiatement.Quatre secondes plus tard, le système KORD désactive tous les moteurs.Et c\u2019est la destruction en vol.Le mince espoir que pouvait encore entretenir l\u2019Union soviétique de déposer le premier être humain dans l\u2019espace s\u2019évanouit complètement, d\u2019autant plus que cet échec de la N-1 était suivi du succès retentissant des missions Apollo 9, un mois plus tard, et Apollo 10, en mai.Un deuxième essai, le 3 juillet, conduit à un désastre lorsque, quelques secondes après le lancement, la fusée géante retombe sur son pas de tir, le détruisant d\u2019une manière irréparable.Michine persistera encore avec deux autres essais, le 27 juin 1971 et le 23 novembre 1972, qui se termineront également par des échecs.Les rivalités russes C\u2019est une longue suite de mauvaises décisions prises sur fond de rivalités personnelles qui sera la cause de ces déboires.Or, il devra attendre jusqu\u2019en février 1962 avant que Nikita Khrouchtchev lui donne son accord pour le développement de la N-1.Cependant, dans une décision typique de l\u2019époque, Khrouchtchev permet également au grand rival de Korolev, Vladimir Tchelomeï, d\u2019aller de l\u2019avant avec son concept de fusée lunaire UR-500 (l\u2019ancêtre de la fusée Proton encore utilisée de nos jours).Il faut souligner que le fils de Khrouchtchev, Sergueï (celui qui vient de recevoir la nationalité américaine), est un des adjoints de Tchelomeï.De plus, Korolev est engagé dans un combat personnel avec Valentin Gloushko, le grand concepteur de moteurs-fusées.Ce dernier, associé à Tchelomeï, refuse de travailler sur un moteur puissant pour équiper la N-1.En désespoir de cause, Korolev se tourne vers Nikolaï Kuznetsov, spécialisé dans la construction de moteurs pour avions à réaction.Devant lutter sur plusieurs fronts à la fois, Korolev doit se résigner à utiliser des moteurs moins puissants, qu\u2019il disposera en grappe de trente pour propulser l\u2019étage de base de sa fusée lunaire.C\u2019est le système de coordination de ces engins qui causera les malheurs évoqués plus haut.« Korolev, n\u2019avait pas de Kennedy, de Johnson ou de Webb (l\u2019Administrateur de la NASA) pour l\u2019appuyer », explique à La Presse James Harford, auteur d\u2019une biographie du grand ingénieur.« Vous savez, même si l\u2019exploration humaine de la Lune a été l\u2019objectif de sa vie, Korolev avait trop de responsabilités qui, chez nous, dit-il, étaient partagées entre plusieurs centres de la NASA et plusieurs firmes.» Le 10 mars 1962, Korolev présente néanmoins le projet Soyouz (Union ou Jonction) qui prévoit l\u2019assemblage d\u2019un vaisseau lunaire en orbite terrestre.Ce projet évolue vers le développement de la fusée N-1 pour envoyer un vaiseau habité vers la Lune.Ressemblant au plan de vol adopté pour le programme Apollo, le programme N1/L3, adopté le 3 août 1964, prévoit l\u2019atterrissage d\u2019un seul cosmonaute sur la Lune (en 1967, celui-ci sera désigné : ce sera Alexeï Leonov, le premier être humain ayant marché dans l\u2019espace, en mars 1965). 6LP0501B0717 B-5 SAMEDI PLUS 6LP0501B0717 ZALLCALL 67 00:53:54 07/17/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 B 5 Plus Le syndrome de l\u2019autruche Depuis le Watergate, les présidents américains ont surtout appris à mentir Richard Hétu collaboration spéciale, NEW YORK Au cours du dernier quart de siècle, les successeurs de Richard Nixon à la présidence des États-Unis ont tous répété la même erreur.Lorsqu\u2019ils ont fait face à un scandale, ils ont cru naïvement pouvoir s\u2019en sortir en utilisant le mensonge, de Gerald Ford à Bill Clinton en passant par Jimmy Carter, Ronald Reagan et George Bush.Ce n\u2019est pas seulement le syndrome de Pinocchio qui est à l\u2019oeuvre, mais celui de l\u2019autruche.La thèse du nouveau livre de Bob Woodward, Shadow : Five Presidents and the Legacy of Watergate (Simon & Schuster), est peut-être incomplète, mais elle est présentée par le célèbre journaliste du Washington Post avec moult détails et anecdotes donnant aux lecteurs l\u2019impression d\u2019être présents dans la Maison-Blanche au moment des décisions les plus erronées et débilitantes.Dans la partie réservée à Clinton, la plus importante du livre, Woodward donne plusieurs exemples frappants de l\u2019incapacité du 42e président d\u2019être honnête avec luimême, avec sa femme, ses proches collaborateurs et même ses conseillers juridiques.Ainsi, quand un des avocats de Clinton, Robert Bennett, lui demande de passer aux aveux sur ses relations extraconjugales, celui-ci refuse d\u2019admettre quoi que ce soit, même s\u2019il sera bientôt interrogé sur Monica Lewinsky dans le cadre de la poursuite de Paula Jones.« C\u2019est une prison, répond Clinton à Bennett en faisant allusion à la Maison-Blanche.J\u2019ai fait exprès de ne pas mettre de rideaux aux fenêtres.» Quant aux femmes, le président jure : « Je suis retiré.» L\u2019avocat de Clinton apprendra la vérité en même temps que tout le monde, trop tard pour éviter à son client un scandale qui mettra en péril sa présidence.La manière Woodward Aux États-Unis, la sortie d\u2019un livre de Woodward est toujours un événement.Il y a 25 ans, avec son collègue Carl Bernstein, le journaliste a fait tomber le président Nixon en faisant la lumière sur le scandale du Watergate.Depuis, tous les deux ou trois ans, il livre un nouveau bouquin, faisant preuve d\u2019une énergie peu commune dans sa mission de décrire les coulisses du pouvoir.Au cours des dernières années, Woodward a écrit sur la CIA (Veil), sur la guerre du Golfe (The Commanders), sur les premiers mois de l\u2019administration Clinton (The Agenda) et sur la course à la présidence de 1996 (The Choice).Chacun de ces livres est arrivé sur la place publique dans des circonstances semblables : l\u2019ouvrage sort en librairie et le Washington Post en publie de longs extraits ; les journalistes des médias concurrents régurgitent les passages les plus croustillants, négligeant souvent la thèse centrale de Woodward ; les méthodes de travail de l\u2019auteur sont critiquées ; le livre devient un best-seller ; et, des années plus tard, les faits rapportés par le journaliste sont confirmés d\u2019une manière ou d\u2019une autre.Woodward a établi sa manière dès ses premiers livres, co-signés avec Bernstein, All the President\u2019s Men et The Final Days.Après avoir interrogé la plupart des acteurs d\u2019une administration, il recrée des scènes, des dialogues, des pensées, comme s\u2019il voyait ce qui se passait derrière les portes closes et dans la tête des protagonistes.Dans The Final Days, par exemple, il décrit une scène mémorable pendant laquelle Nixon, à la veille de sa démission, demande au secrétaire d\u2019État Henry Kissinger de s\u2019agenouiller avec lui pour prier.Et Kissinger de consoler un président pleurant et se recroquevillant sur le tapis comme un enfant.Pornographie politique ?Dans un article publié en avril 1976, l\u2019hebdomadaire U.S.News & World Report avait retenu ce passage de Final Days pour offrir une condamnation sans appel de la manière Woodward et Bernstein : « Les auteurs relatent, comme s\u2019ils étaient des témoins oculaires, des événements s\u2019étant déroulés derrière des portes closes.Ils attribuent aux protagonistes des citations n\u2019ayant pas été prises en note ou entendus par des personnes extérieures.Souvent, même les pensées des participants sont décrites.Le résultat est un livre qui tient davantage du roman que du reportage journalistique.» Mais Woodward a toujours défendu sa manière de travailler, mettant au défi quiconque de prouver l\u2019inexactitude de ses informations.Dans le cas de la fameuse prière de Nixon et Kissinger, les principaux intéressés ont confirmé la véracité de la scène dans leurs mémoires respectives.Mais que nous fait vraiment voir Woodward dans ses livres ?N\u2019estil pas souvent à la merci de ses sources, qui gagnent à se confier à lui pour pouvoir se donner la belle part dans la description des jeux de coulisses ?Chose certaine, en lisant The Commanders, le général Colin Powell n\u2019a pas dû regretter ses longues heures d\u2019interview avec le journaliste.Il y est décrit comme un grand chef militaire.Woodward n\u2019écrit peut-être pas de faussetés, mais son esprit critique lui fait gravement défaut, a soutenu la plus sévère critique du journaliste, la romancière et essayiste Joan Didion.En 1996, après la publication du livre The Choice, Didion a pris la plume dans la très intellectuelle New York Review of Books pour accuser Woodward de se livrer à de la « pornographie politique » en permettant à ses sujets de le manipuler même partiellement.Le pouvoir des faits Mais Woodward est loin d\u2019être toujours gentil avec ses sujets.Il a obtenu la collaboration de Bill et Hillary Clinton pour écrire The Agenda, mais le résultat a enragé le couple, décrivant dans le menu détail le chaos des premiers mois de la « co-présidence » des premiers baby- boomers à la Maison-Blanche.Woodward se présente comme un journaliste de la vieille école.Il préfère la cueillette des faits à l\u2019éditorial.Dans son dernier livre, Shadow, Woodward démontre clairement que les successeurs de Nixon n\u2019ont pas retenu les leçons du Watergate.Ford n\u2019a pas dit la vérité sur les circonstances entourant le pardon hâtif de son prédécesseur, une décision impopulaire qui lui a probablement coûté l\u2019élection de 1976.Carter s\u2019est fait élire en disant : « Je ne mentirai pas ».À la Maison- Blanche, il a été incapable de tenir sa promesse, faisant rapidement une exception pour son ami et directeur du budget, Bert Lance, aux prises avec de sérieux conflits d\u2019intérêt.Reagan et Bush ont tous les deux traîné l\u2019affaire Iran-Contra comme un boulet, n\u2019ayant pas dit toute la vérité sur la vente clandestine des armes à l\u2019Iran et le détournement illégal des profits vers la guérilla des Contras au Nicaragua.Et Clinton a rabaissé la présidence encore davantage avec tous ses mensonges dans l\u2019affaire que l\u2019on sait.S\u2019il avait accepté la leçon du Watergate, s\u2019il avait été franc, il aurait privé le procureur Ken Starr des armes nécessaires à la poursuite de la vendetta de la droite républicaine.Mais la thèse de Woodward est incomplète.En mettant tout sur le dos des présidents, il absout les médias, dont l\u2019appétit pour les scandales n\u2019est plus à démontrer.Il escamote aussi l\u2019importance du pouvoir délégué au procureur « indépendant », une fonction créée dans la foulée du Watergate, discréditée par l\u2019enquête de Starr et abolie récemment par le Congrès américain.Bill Clinton, George Bush, Ronald Reagan, Jimmy Carter et Gerald Ford.Bob Woodward a vu son dernier livre, Shadow, se hisser rapidement dans la liste des meilleurs vendeurs.L\u2019anglais élégant fout le camp VERA MURRAY collaboration spéciale, LONDRES Lorsque la nouvelle est arrivée, une vague de choc a traversé le pays : la reine Elisabeth faisait des fautes de grammaire ! C\u2019était d\u2019autant plus humiliant que l\u2019auteur de l\u2019attaque était un linguiste américain, Eric Wensberg, qui s\u2019était amusé à analyser les discours officiels de la souveraine.Non seulement le parler de la reine ne reflétait pas une éducation impeccable, affirmait Wensberg, mais la qualité de son langage n\u2019arrêtait pas d\u2019empirer.Désormais, le parler de la reine était tout simplement « commun ».Un des exemples venait de son dernier discours de Noël : « the young can sometimes be wiser than us » (les jeunes peuvent parfois avoir plus de sagesse que nous).Dans l\u2019anglais ultra-correct, il fallait bien sûr dire « the young can sometimes be wiser than we are », peu importe si cela sonnait nettement plus prétentieux.Wensberg accusait en plus la reine de prononcer maintenant certaines voyelles \u2014 quel acte de lèsemajesté ! \u2014 « à l\u2019américaine ».Un seul professeur anglais a eu le courage de défendre publiquement la reine et de traiter Wensberg de pédant.Dixit John Wells, professeur de phonétique à l\u2019université de Londres : « La reine a dit « than us » plutôt que « than we ».Tant mieux pour elle ! La langue évolue tout le temps et nous devrions applaudir la reine parce qu\u2019elle évolue en même temps.« Mais Kevin Botting, président de la Société royale de la langue anglaise, s\u2019est dit « profondément peiné » de devoir donner raison à Wensberg à propos du discours de Noël : « Hélas, la reine a fait une bourde épouvantable.» Comme par hasard, une autre bombe linguistique est tombée à la fin du mois de juin.La maison d\u2019édition Collins profitait de la publication d\u2019une nouvelle édition du célèbre dictionnaire du même nom pour demander à une centaine d\u2019écrivains et de journalistes de nommer les personnalités publiques qui « mangled » (mutilaient) le plus la langue anglaise.Résultat : aucun membre de la famille royale sur la liste, mais des hordes de politiciens.Et pas parmi les moindres.John Prescott, le premier ministre adjoint du gouvernement travailliste, était, selon la majorité des répondants, la personnalité publique qui avait le plus de mal avec la grammaire anglaise.Mais Prescott était suivi de près par.Tony Blair, Bill Clinton, Margaret Thatcher et William Hague, l\u2019actuel leader du parti conservateur ! Les phrases de Tony Blair On a eu également droit aux commentaires des répondants, sans que leur auteur soit identifié.On a ainsi appris que l\u2019anglais de l\u2019ancien syndicaliste John Prescott, « incapable de former une phrase qui aurait un début, un milieu et une fin », ressemblait à « une zone de sinistre grammatical et syntaxique ».Dans le cas de Tony Blair, son plus grand crime était de « former constamment des phrases sans verbes ».« Aussi longtemps que l\u2019image projetée est \u2019cool\u2019 et que cela passe bien à la télévision, tout, même la bonne grammaire, est sacrifié », écrivait un répondant à propos du premier ministre.Un autre se disait profondément agacé par le « côté délibérément vague du discours de Tony Blair, mais toujours ponctué par des mots accrocheurs ».Il terminait avec un cri du coeur : « Combien de fois peut-on vraiment utiliser une expression comme \u2019le combat du bien et du mal\u2019 ?» Ironiquement, c\u2019est encore le Spectator, une revue de droite, très critique à l\u2019égard du gouvernement travailliste, et toujours écrite dans un anglais exquis, qui est venue à la défense de John Prescott, pour envoyer à la même occasion une autre gifle à Tony Blair : « Tout le monde s\u2019acharne sur l\u2019anglais de John Prescott, mais au moins, il utilise la langue avec beaucoup d\u2019imagination.Une des ses qualités : il fuit les clichés.Ce qui n\u2019est absolument pas le cas de son patron Tony Blair, qui semble au contraire avoir du plaisir à se servir d\u2019un cliché après l\u2019autre.» Toujours au sujet de la langue, il m\u2019arrive parfois à Londres de ne pas du tout comprendre ce que se disent deux Anglais entre eux : deux policiers, deux chauffeurs d\u2019autobus, deux travailleurs de chantier.Ils parlent cockney, le patois londonien.Disons qu\u2019un policier dit à un autre : « Regarde, ces voleurs sont en train de voler ta matraque ! », ce qui se dit en anglais bien : « Look ! Those thieves are stealing your truncheon ! », et en cockney « Oy ! Them tea leaves is \u2019alf-inching yer truncheon ! » « Tea leaves », vous avez bien compris, n\u2019a rien à voir avec le thé, mais veut bel et bien dire « voleurs ».En Angleterre, ce n\u2019est pas uniquement parce qu\u2019une personne vient d\u2019une certaine région qu\u2019elle parle un certain dialecte avec un certain accent.C\u2019est aussi, et dans une grande mesure, une question de classe.La remarque du grand dramaturge anglais du début du siècle, George Bernard Shaw, est aussi valable aujourd\u2019hui qu\u2019à l\u2019époque : « Il est impossible qu\u2019un Anglais ouvre sa bouche sans qu\u2019il y ait un autre qui le méprise pour sa manière de parler.» Dans l\u2019Angleterre victorienne de George Bernard Shaw, on appelait l\u2019anglais du plus haut niveau.« Queen\u2019s English », l\u2019anglais de la reine.Les Victoriens n\u2019en reviendraient sûrement pas de la situation actuelle.Mais l\u2019ironie ne s\u2019arrête pas là.En faisant l\u2019enquête sur l\u2019état de la langue anglaise mentionnée plus haut, la maison d\u2019édition Collins a donné à tous ses répondants intellos, qui dans la plupart des cas vivaient de l\u2019écriture, un « spelling test, une dictée » de dix mots particulièrement difficiles : « desiccate, rarefy, sacrilegious, resuscitate, inoculate.» Elle avait promis d\u2019annoncer les résultats sans dévoiler les scores personnels de chacun des participants.Sur les 104 participants, quatre seulement \u2014 dont on a tout de même annoncé les noms\u2014 n\u2019avaient commis aucune faute ! Deux personnes, dont on ne connait pas l\u2019identité, ont échoué sur toute la ligne.La moyenne n\u2019était que de cinq sur 10.Et des quatre participants qui avaient annoncé d\u2019emblée aux enquêteurs qu\u2019ils ne faisaient « jamais » de faute d\u2019ortographe, pas un seul n\u2019a obtenu le score maximum. 6LP0601B0717 B-6 SAMEDI PLUS 6LP0601B0717 ZALLCALL 67 00:52:14 07/17/99 B B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 Plus La révolution alimentaire Une journaliste canadienne enquête sur les aliments génétiquement modifiés Alexandre Sirois Du maïs dans lequel on a inséré le gène d\u2019une bactérie aux propriétés insecticides, du coton qui résiste à un type particulier d\u2019herbicide.En 2005, des cultures de ce type, génétiquement modifiées, devraient couvrir la quasi totalité des terres arables de l\u2019Amérique du Nord.Et la plupart des fruits et légumes que nous consommerons seront le produit du génie génétique.Cette véritable révolution alimentaire a déjà débuté, indique la journaliste canadienne Ingeborg Boyens.Depuis 1996, discrètement, les aliments génétiquement modifiés ont fait leur entrée au pays, dans les champs comme sur les tablettes.Au Québec, selon des statistiques de l\u2019Union des producteurs agricoles, 30 % à 50 % des plants de canola produits l\u2019an dernier étaient des organismes génétiquement modifiés (OGM).Dans un récent essai intitulé Unnatural Harvest (Une récolte peu naturelle), Mme Boyens qualifie avec justesse l\u2019arrivée des produits du génie génétique dans nos menus de silencieuse, remet en question l\u2019utilité de ces changements et indique que personne, jusqu\u2019ici, n\u2019a pu prédire leur impact à long terme.Après deux ans de recherche et d\u2019entrevues avec des scientifiques et des agriculteurs, la journaliste affirme que l\u2019entrée massive des OGM sur le marché aura « des retombées effrayantes sur l\u2019environnement, la santé humaine et animale, le système mondial d\u2019alimentation et la biodiversité de la planète ».Nous avons joint Mme Boyens chez-elle, à Winnipeg.La Presse : Nous avons probablement tous déjà consommé des OGM à notre insu.Ingeborg Boyens : Mon essai est soustitré : « Comment la science des entreprises modifie secrètement notre nourriture ».Ça semble peut-être un peu dramatique, mais c\u2019est juste.Le gouvernement canadien a déjà approuvé des OGM et la plupart des gens ne sont pas au courant parce que ces aliments génétiquement modifiés ne sont pas étiquetés.Ottawa estime qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019équivalent des aliments naturels.Je pense pour ma part que les OGM sont très différents.Si je veux un chien qui n\u2019aboie pas, est-ce que j\u2019utilise un gène de chat pour créer un chien qui miaule ?C\u2019est de cette technologie-là dont on parle.De la capacité de prendre le gène d\u2019une espèce et de l\u2019insérer dans une autre complètement différente.Vous qualifiez cette révolution alimentaire d\u2019inexorable.Il y a eu une énorme avalanche d\u2019aliments génétiquement modifiés ces dernières années en Amérique du Nord, instiguée et financée par les États-Unis et encouragée par le Canada.Les compagnies qui créent des OGM ont l\u2019intention de modifier presque tous les produits qu\u2019on voit à l\u2019épicerie.Certaines personnes estimaient qu\u2019on ne trouverait que des aliments génétiquement modifiés à l\u2019épicerie dès 2010.Depuis quelques semaines, les choses ont changé un peu.Je crois un peu plus au pouvoir des consommateurs.Les Européens ont fait savoir qu\u2019ils ne voulaient pas de ces produits et ça a marché.Si vous allez au McDonald\u2019s, au Burger King ou au Kentucky Fried Chicken en Angleterre, par exemple, on ne vous servira pas de pommes de terre transgéniques ni de hamburgers contenant du soya transgénique.Ce n\u2019est pas encore le cas en Amérique du Nord mais au cours des derniers mois, il y a eu, entre autres, des pressions pour l\u2019étiquetage des produits contenant des OGM.En Europe, la grogne est importante.Pourquoi les aliments génétiquement modifiés ne suscitent- ils pas ce genre de réaction ici ?En Europe, la proximité des fermes et des villes y est pour quelque chose.Il y a une compréhension de la production de la nourriture que nous n\u2019avons pas.Ici, vous pouvez habiter Montréal, par exemple, et ne jamais avoir vu de champ de canola.Et l\u2019Europe a connu la maladie de la vache folle et, plus récemment, la crise du poulet à la dioxine.Ça sensibilise.En plus, en Amérique du Nord, on n\u2019accorde pas autant d\u2019importance et de valeur à la nourriture.Vous remettez en question l\u2019utilité de cette révolution alimentaire.Absolument.Parce que les consommateurs ne bénéficient pas vraiment du canola ou du soya qui résistent aux herbicides, alors qu\u2019ils doivent envisager les risques potentiels.Nous ne savons pas encore s\u2019il y a des risques pour la santé et nous avons de plus en plus de preuves que les cultures et animaux génétiquement modifiés sont néfastes pour l\u2019environnement.Il y a tout de même des avantages pour les producteurs en termes de rendement.Dans certains cas, on a effectivement noté une amélioration de la productivité, mais pas dans tous les cas.En 1997, 600 000 acres de coton génétiquement modifiés ont été plantés dans le sud des États-Unis.Un peu plus tard, les balles de coton se sont mises à faner et à tomber des plants.L\u2019entreprise qui avait créé le coton n\u2019a pas pu expliquer pourquoi.Vous remettez également en question la sécurité des aliments génétiquement modifiés Ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que Santé Canada ne considère pas les OGM comme des produits pharmaceutiques (drugs) mais comme de la nourriture.Donc, pour eux, le maïs génétiquement modifié, par exemple, représente la même chose que du maïs naturel.Ils n\u2019effectuent pas de tests sur les rats, les souris ou les humains.Les OGM se retrouvent donc rapidement intégrés à notre système d\u2019approvisionnement en nourriture.Ce qui me préoccupe, c\u2019est que nous ne savons pas vraiment quel est l\u2019impact que les aliments génétiquement modifiés auront sur notre santé à long terme.Ce n\u2019est pas la première fois que l\u2019on affirme qu\u2019une découverte scientifique est bonne pour nous.Rappelez-vous du DDT.Dans les années 40 et 50, on nous disait que c\u2019était très bon pour nous.Maintenant, son utilisation est interdite.Un déficit embêtant pour la riche Alaska JEAN-LOUIS SENSE Agence France-Presse, WASHINGTON Faut-il, pour combler le déficit budgétaire, puiser dans le bas de laine de 26 milliards de dollars accumulé grâce aux revenus du pétrole ?En plein Arctique, bien loin du reste des États-Unis, l\u2019Alaska, devenu riche grâce à la manne du pétrole mais confronté aujourd\u2019hui à une baisse de production, s\u2019interroge sur son avenir et sur l\u2019utilisation d\u2019un bas de laine de 26 milliards de dollars que l\u2019or noir lui a permis d\u2019accumuler.Grand comme deux fois et demie la France mais peuplé seulement de 600 000 habitants dont plus du tiers vivent à Anchorage, dans le sud-est de l\u2019État, l\u2019Alaska était devenu en 1959 le 49e État des État-Unis en grande partie grâce au développement économique que lui assurait la richesse de son sous-sol.L\u2019État produit 20 % du pétrole extrait aux État-Unis, et l\u2019or noir a assuré jusqu\u2019à 90 % de ses ressources.Grâce à cela, les habitants de l\u2019Alaska ont le privilège de ne payer à leur État ni impôt sur le revenu ni impôt sur la consommation.C\u2019est au contraire l\u2019État qui leur verse tous les ans une partie des bénéfices tirés du pétrole : en octobre prochain, tous les résidents de l\u2019Alaska depuis au moins un an, adultes et enfants, recevront un chèque de quelque 1700 dollars américains.Pour une famille avec deux enfants, cela représente un revenu de plus de 560 dollars par mois.Les meilleures choses ont malheureusement une fin : s\u2019ils sont remontés cette année, les prix du pétrole ont chuté l\u2019an dernier de quelque 30 % et surtout les gisements s\u2019épuisent, connaissant un « déclin naturel de 6 à 7% par an », explique Kevin Banks, économiste au département des Ressources naturelles de l\u2019Alaska.« Notre meilleur espoir est de stabiliser le déclin avant que (l\u2019exploitation) ne chute.» Le résultat est que le budget de l\u2019État accuse cette année un déficit de 1,1 milliard de dollars.« Avec des prix et une production en baisse, nous ne pouvons plus retarder les décisions difficiles », avait déclaré il y a quelque mois le gouverneur de l\u2019État, Tony Knowles, dans son discours annuel sur l\u2019état de l\u2019État.La décision la plus difficile concerne le Fonds permanent, justement créé pour faire face à des moments difficiles.En 1976, les autorités de l\u2019État avaient décidé d\u2019investir environ 25 % des royalties perçues sur le pétrole et le gaz naturel.Un premier versement de 734 000 dollars avait été effectué le 22 février 1977 et aujourd\u2019hui ce Fonds permanent s\u2019élève à 26 milliards de dollars, l\u2019équivalent du produit intérieur brut d\u2019un pays comme le Cameroun.Faut-il l\u2019utiliser pour combler le déficit ?En janvier dernier, le gouverneur avait proposé un plan prévoyant notamment de puiser dans le Fonds et de crééer un impôt sur le revenu.L\u2019assemblée législative locale l\u2019a rejeté et décidé de soumettre le problème aux électeurs.Prospecter dans les réserves naturelles ?Le 14 septembre prochain, ceux-ci vont donc devoir donner leur avis sur un autre plan qui exclut toute création d\u2019un impôt sur le revenu mais qui attribue une partie des revenus du Fonds à la réduction du déficit.En outre, le dividende annuel versé aux résidents serait limité et tomberait à quelque 1300 dollars en 2000.En privé, les responsables de l\u2019État estiment que les électeurs vont s\u2019opposer à ce plan, laissant entier le problème du déficit.Certains replacent leurs espoirs dans le pétrole et escomptent qu\u2019une zone protégée, le Refuge naturel national arctique, va être ouverte à la prospection.Mais ils se heurtent à l\u2019hostilité farouche des écologistes, particulièrement puissants dans un État qui comprend un parc national de la taille de la Suisse.Pour eux, les beautés naturelles de l\u2019Alaska, ses fjords et ses montagnes enneigées surplombant l\u2019océan, constituent la richesse essentielle de l\u2019État.« Préserver l\u2019environnement est le problème le plus important pour l\u2019avenir de l\u2019Alaska », estime Deborah Williams, directrice de la Fondation pour la préservation de l\u2019Alaska.« En tant que société, nous avons appris à ne pas prendre nos décisions sur une base uniquement monétaire.» PHOTO, AP Les citoyens de l\u2019Alaska ne paient toujours aucun impôt grâce au pétrole que recèle le sous-sol.Mais toute bonne chose a une fin et des décisions difficiles devront bientôt être prises. 6LP0701B0717 b07 monde sam 17 juillet 6LP0701B0717 ZALLCALL 67 00:56:01 07/17/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 17 JUILLET 1999 B 7 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL Rugova boude Kouchner d\u2019après AFP et AP PRISTINA Début difficile pour Bernard Kouchner : en ouvrant hier la première réunion du Conseil des représentants politiques du Kosovo, l\u2019administrateur civil de l\u2019ONU dans la province a regretté l\u2019absence du parti d\u2019Ibrahim Rugova, qui a boycotté ces discussions.Le leader de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) aurait voulu ainsi protester contre le fait que l\u2019Armée de libération du Kosovo (UCK) et une autre faction rivale soient aussi largement représentées à la réunion que son parti.M.Rugova n\u2019a pas apprécié que la LDK ne dispose que de deux sièges au conseil, alors que l\u2019UCK et son allié de la Ligue démocratique unie en totalisent quatre, ont indiqué des responsables de l\u2019ONU.Cette politique de la chaise vide éloigne la perspective de voir les Kosovars administrer eux-mêmes les affaires de la province dans un proche avenir et présage d\u2019une possible lutte de pouvoir entre les forces en présence.Mince consolation, deux représentants serbes ont honoré leur invitation, ce qui est bon signe pour les efforts de réconciliation interethnique entrepris dans la province.Le Conseil s\u2019est tout de même réuni pendant trois heures à Pristina.À l\u2019issue de la réunion, M.Kouchner a annoncé que les participants s\u2019étaient mis d\u2019accord pour mettre en place une délégation serbo- albanaise chargée de lutter contre les tensions ethniques existant dans certaines villes et de traiter la question des prisonniers détenus par les deux camps.Le père Sava, un prêtre orthodoxe membre de la délégation serbe, a qualifié les discussions de « très bon commencement » et de « début important ».Le Conseil n\u2019a pas de pouvoir de décision, mais aura un rôle d\u2019intermédiaire avec l\u2019administration de l\u2019ONU.Parallèlement, de nouvelle violences ont éclaté dans la province.Les forces américaines ont arrêté 13 Albanophones soupçonnés d\u2019être membres de l\u2019UCK et de « vouloir incendier des maisons ».À Pristina, des tireurs non identifiés ont ouvert le feu sur un homme et une grenade a explosé non loin du siège de l\u2019Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).Les hommes de la KFOR ont également arrêté trois hommes dans un « poste de police illégal » de l\u2019UCK.De son côté, le Haut-Commissariat de l\u2019ONU aux réfugiés s\u2019est inquiété des meurtres, enlèvements et expulsions forcées perpétrés en guise de représailles par les Albanophones à l\u2019encontre des Serbes et des Tsiganes.Pendant ce temps le mouvement anti-Milosevic se poursuvait.Environ 10 000 personnes ont manifesté hier contre le président yougoslave à Kraljevo, une ville du centre de la Serbie à l\u2019appel de l\u2019Alliance pour le changement, coalition de partis d\u2019opposition serbes.Zoran Djindjic, l\u2019une des principales figures de l\u2019opposition, s\u2019est adressé à la foule.« Nous avons un mois ou deux pour mener des changements », a-t-il prévenu.« C\u2019est maintenant ou jamais », a-til conclu après avoir toutefois mis en garde contre des affrontements en Serbie.L\u2019Alliance pour le changement a signé hier un accord avec une autre coalition d\u2019opposition, l\u2019Union des partis démocratiques.Vladan Batic, un porte-parole de l\u2019Alliance, a expliqué que les deux coalitions allaient tenter de « canaliser d\u2019une bonne façon le mécontentement des Serbes contre le régime actuel ».Jusqu\u2019à présent, l\u2019opposition n\u2019a pas réussi à présenter un front uni, faute d\u2019accord entre ces responsables.Le plus populaire d\u2019entre eux, Vuk Draskovic, président du Mouvement serbe du renouveau (PSO), a pour l\u2019heure refusé de rejoindre la coalition.Ibrahim Rugova n\u2019a pas participé à ces mouvements hier.Le chef modéré des Albanais du Kosovo avait quitté la province la veille pour aller chercher sa famille en Italie, a indiqué une porte-parole de sa formation, ajoutant qu\u2019il devrait revenir dans ses terres avec les siens dans les prochains jours pour s\u2019y installer définitivement.Il n\u2019avait passé que quelques heures jeudi dans sa patrie, une première visite après plus de deux mois d\u2019absence.CACHEMIRE Islamabad admet n Les autorités pakistanaises ont admis hier, pour la première fois, que leurs troupes s\u2019étaient infiltrées au Cachemire indien pendant les combats des deux derniers mois.Jusqu\u2019ici, Islamabad avait nié avoir été aux côtés des guérilleros islamistes actifs dans cette région, alors que New Delhi affirmait avoir surtout eu affaire à des soldats pakistanais.d\u2019après AFP MOLDAVIE Moscou prêt à partir n La Russie a affirmé hier être prête à retirer la majorité de son armement stationné en Transdniestrie, une enclave séparatiste de Moldavie, le dernier pays de l\u2019ancien bloc soviétique où la Russie maintient des troupes contre la volonté du gouvernement local.Actuellement, 2600 soldats et officiers russes se trouvent sur le territoire de la Transdniestrie, ainsi que 120 chars et plusieurs centaines de blindés légers.La Transdniestrie, région moldave à population majoritairement russophone, a fait en 1992 sécession du reste de la Moldavie roumanophone.Le conflit qui a suivi s\u2019est soldé par plusieurs centaines de morts et a été interrompu par l\u2019intervention de l\u2019armée russe.d\u2019après AFP TURQUIE Attentats kurdes n On imputait hier aux indépendantistes kurdes l\u2019attaque de deux commissariats de police dans l\u2019est de la Turquie.Les partisans d\u2019Abdullah Ocalan avaient promis au début de la semaine de mettre fin à la vague de violences contre des civils, qui a fait au moins six morts et plus de 50 blessés depuis la condamnation à mort de leur chef, Abdullah Ocalan.Les membres du PKK, la formation indépendantiste kurde, ont en revanche l\u2019intention de continuer à combattre les forces de l\u2019ordre turques.d\u2019après AP TCHÉTCHÉNIE Ministre inculpé n Le ministre de la Sécurité de la république indépendantiste tchétchène, Tourpal-Ali Atguériïev, a été interpellé hier à Moscou par le Parquet général de Russie et inculpé pour terrorisme.Son arrestation s\u2019est faite dans le cadre d\u2019une enquête sur une prise d\u2019otages par des indépendantistes tchétchènes en janvier 1996, qui avait fait 20 morts du côté russe et 13 du côté tchétchène.M.Atguériïev se trouvait à Moscou depuis une semaine pour préparer une rencontre entre les présidents tchétchène, Aslan Maskhadov, et russe, Boris Eltsine.Les accrochages se sont multipliés aux frontières de la Tchétchénie entre forces russes et groupes armés venus de Tchétchénie au cours des dernières semaines.d\u2019après AFP PÉROU La relève n Le Sentier lumineux, dont le leader Ramirez Durand, alias « Camarade Feliciano », a été capturé mercredi par l\u2019armée péruvienne, aurait déjà un nouveau chef en la personne de Filomeno Cerron Cardoso.Il s\u2019agit d\u2019un obscur commandant de la guérilla maoïste, connu de ses hommes sous le nom de « Camarade Artemio » et chargé au sein du mouvement de la collecte d\u2019argent provenant de trafics de drogue.Le Sentier lumineux, do n t l e s f o r c e s représentaient plus de 10 000 hommes au début des années 1990, compte aujourd\u2019hui moins d\u2019un millier de combattants.La capture en 1992 du fondateur du mouvement, Abimael Guzman, avait été annonciatrice de ce déclin.d\u2019après AP Autres informations page E8 PHOTO AFP Le chef de l\u2019Autorité palestinienne, Yasser Arafat, espère que les pourparlers de paix reprendront avec le nouveau premier ministre israélien Ehud Barak avant la fin du mois.M.Arafat a émis ce voeu au terme des prières du vendredi à la mosquée Abu Jehad, à Gaza, faites en compagnie du président turc Suliman Demirel.Israël: la paix avant novembre 2000 d\u2019après AP et AFP WASHINGTON Le nouveau premier ministre israélien Ehud Barak a fixé novembre 2000 comme date butoir pour parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens, la Syrie et le Liban, a annoncé hier la télévision israélienne.C\u2019est la première fois depuis le début des négociations de paix israélo- arabes que l\u2019État hébeu se serait fixé un échéancier pour leur aboutissement.Celui-ci a été convenu entre M.Barak et le président américain Bill Clinton lors de leurs entretiens dans la capitale américaine.Selon la télévision israélienne, M.Barak a estimé lors de ses rencontres qu\u2019il était possible de parvenir dans les douze prochains mois à un « accord de principe » concernant un règlement de paix avec la Syrie.Déjà il s\u2019était engagé à retirer les troupes isréaliennes du Sud-Liban d\u2019ici juin 2000.Le président de l\u2019Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a dit pour sa part hier qu\u2019il espérait reprendre les négociations formelles avec Israël d\u2019ici la fin du mois, dès que M.Barak aura achevé ses rencontres avec les leaders mondiaux.Ehud Barak « m\u2019a demandé un peu de temps pour achever sa tournée américaine et européenne, après quoi nous commencerons les négociations.Nous espérons que ce sera à la fin du mois », a expliqué M.Arafat.Pour l\u2019heure, le premier ministre Barak applique le dicton : Qui veut la paix prépare la guerre.Il a en effet informé hier les États-Unis qu\u2019Israël allait acquérir de nouveaux modèles d\u2019avions de combats F16 pour équiper son armée de l\u2019air, a révélé la radio israélienne.M.Barak, qui est aussi ministre de la Défense, a fait part de ce choix à son homologue américain William Cohen à l\u2019occasion de sa visite.Il s\u2019est rangé à l\u2019avis de l\u2019armée de l\u2019air israélienne, qui préférait le F16 fabriqué par Lockheed- Martin au F15 fabriqué par Boeing.Le successeur de Benjamin Netanyahu n\u2019aura donc pas chômé au cours de sa journée, qui avait débuté par un petit déjeuner au domicile même du chef de la diplomatie américaine, Madeleine Albright.Les États-Unis souhaitaient marquer par cet accueil chaleureux que le nouveau premier ministre israélien est vraiment le bienvenu, attendu comme le Messie de la relance du processus de paix après trois années de piétinements et de mauvaise volonté infligées à la paix par son prédécesseur.Au deuxième jour d\u2019une visite qui en comptera cinq, Ehud Barak n\u2019a pas démenti cet optimisme, promettant « changement et renouveau ».Une nouvelle fois, il s\u2019est engagé à appliquer tous les accords signés par Israël, y compris ceux de Wye Plantation, gelés par M.Netanyahu.Mme Albright a pour sa part fait savoir qu\u2019elle irait au Proche- Orient pour y « faire ce que je juge important afin que le processus de paix fonctionne ».La prochaine rencontre Clinton- Barak aura lieu demain à l\u2019occasion d\u2019un dîner de gala de 400 couverts à la Maison-Blanche.Suivront une nouvelle séance de discussions lundi en tête-à-tête et une conférence de presse conjointe, qui dressera le bilan de cette première rencontre.REPÈRES/Chine-Taïwan Orage sur le Détroit de Taïwan STÉPHANIE BÉRUBÉ collaboration spéciale Après Taïwan qui a augmenté l\u2019état d\u2019alerte de ses troupes postées sur l\u2019île de Quemoy, on apprenait hier que la Chine aurait également mis en alerte ses troupes situées dans la région de Nankin.De plus, selon le quotidien hong-kongais Sun, 110 navires civils ont été mobilisés jeudi dans la province du Fujian, territoire qui se trouve face à Taïwan, de l\u2019autre coté du détroit.Toute cette agitation survient à la suite des propos dits « séparatistes » tenus par le président taïwanais Lee Teng-hui, qui affirmait lors d\u2019un passage à la radio allemande samedi dernier que Taïwan devait rester un pays distinct de la Chine et, par conséquent, entretenir avec elle des relations d\u2019État à État.Cet audacieux choix de vocabulaire devait provoquer une tempête dans les fragiles relations Beijing- Taïpei qui pourtant vivaient une période d\u2019accalmie.La Chine affirmait plus tôt cette semaine qu\u2019elle était prête à intervenir militairement pour éviter que Taïwan ne déclare son indépendance.C\u2019est un coup dur qui n\u2019est pas sans rappeler la crise de 1995-96.La Chine avait alors effectué des manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan suite à la visite non-officielle du président Lee à Washington.Depuis quelques années, le dialogue avait repris et l\u2019automne dernier, une délégation taïwanaise se rendait en Chine pour rencontrer son homologue du continent.Une rencontre historique qui devait se reproduire, à Taïwan cette fois, l\u2019automne prochain.Or hier, Beijing a menacé d\u2019annuler la visite officielle de son négociateur si le président taïwanais ne clarifiait pas ses propos.Sur l\u2019île de Formose, le discours prononcé par Lee en Allemagne a surpris et déplu.« On ne parle que de ça », affirme Chang Shao-tang, jeune sociologue taïwanais.« La bourse a chuté de plus de 1000 points alors les gens portent plus attention au marché boursier qu\u2019à la sécurité nationale !.» Chang ajoute que bien que les propos incendiaires du président Lee soient critiqués dans les journaux de l\u2019île, les gens de Taïwan ne sont pas effrayés par la menace du Parti communiste, pas plus qu\u2019ils ne l\u2019étaient en 1995 lors de la crise des missiles.« Ils ne croient pas à l\u2019éventualité d\u2019une guerre ».Les paroles du président Lee n\u2019en demeurent pas moins surprenantes dans un contexte où l\u2019indépendance est en perte de popularité dans l\u2019opinion publique taïwanaise.Même le parti indépendantiste de l\u2019île avait annoncé au printemps dernier qu\u2019il était prêt à retirer l\u2019indépendance de son programme.Les résultats de sondages publiés dans les journaux taïwanais plus tôt cette année démontrent qu\u2019une majorité de la population souhaite un jour se réunifier avec la Chine continentale.C\u2019est aussi ce que le KMT, le parti de Lee, a toujours souhaité à condition que cette réunification se fasse avec une Chine démocratique.Autant dire que ce n\u2019est pas chose faite.Le climat demeure donc extrêmement tendu sur les deux rives du détroit de Taïwan.Parmi les nombreuses réactions de la communauté internationale cette semaine, les États-unis ont affirmé que la dissuasion nucléaire américaine pourrait suffire à paralyser une attaque de la part de Beijing. B 8 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 17 JUILLET IW » AVIS LEGAUX - APPELS D'OFFRES \u2022 SOUMISSIONS fflETRO ERRATUM Uni' erreur s'esf jilissée dans la circulaire Métro de la semaine du 19 au 25 juillet 7999, à la pape /.Le prix du bifteck de contre-filet aurait dû être: BIFTECK DE CONTRE-FILET à griller, coupe ordinaire - Bœuf Mérite 7,99$/lb 17,61 $/kg Nous nous on excusons fflETRO mef(SSI0l:EFI(liK Resto»Casino imc.Appel de propositions no 99-512 EXPLOITATION IMHTIQl I s 1)L SOI A IMRS dôCurc : Iv 12 août 1999, 11 h.heure locale Resto-Casino inc.filiale de Loto-Qucrxv.désire recevoir de- propositions relativement a l'exploitation dès \u2022 boutiques Je SOBVÇnifS du CtJino de Montréal et du Casino de Hull.I e présent appel de propositions s'adresse aux entreprises a>ant l'expérience et l'expertise requises pour gérer et opéftf les K»uuqucs de souvenirs des casinos» Toutes les condition» de cet appel de propositions sont contenues dans le document qui est disponible pour examen et qui peut être obtenu contre un paiement non remboursable de 50 $ présente sous tonne de chèque Certifié OU de mandat-poste fait à l'ordre de LOTO-QUÉBEC, du lundi au vendredi, de l> ha 12 h et de 13 h 30 à 16 h.à: Resto-Casino inc.Direction de l'apprinisioniirnient de LotO-QoébeC >iX).rue Sherbrooke Ouest, h'c étage Montréal (Québec) H3A Xîéi Aucune proposition reçue après les délais ne sera acceptée Les proposants intéressés pourront visiter la boutique du Casino de Montréal le 3 août, à 10 li et celle du C ftsinû de I Lui Se 4 u.-ui.à î I h.Pour être admissible a présenter une proposition, le proposant doit répondre aux critère* suivants eltoumir les diHruments requis, sans quoi sa proposition sera automatiquement rejetée : \u2022 avoir obtenu le document d'appel de propositions directement de la l>ircction de r.ippro\\isn»ii:ie'iient de Loto-Québec et avoir acquitté les trais de prise de possession .\u2022 avoir un bureau d'affaires au Québec \u2022 avoir oeuvre dans le domaine de la vente au détail depuis au moins deux «2» ans a lu date de remise des propositions : \u2022 fournir avec sj proposition >> un chèque certifié, une traite bancaire ou une lettre de garantie bancaire irrévocable crr.'s par une banque à charte du Canada ou par une Caisse populaire payable à l'ordre de Resto-Otsino inc.ou un cautionnement de pniposttion de 10 (XX) > émis par un assureur reconnu au Canada et légalement habilité à se porter caution au Québec, en faveur de Resto-Casino.inc.et valide p»»ur cent vingt (120) jours : et un engagement d'une banque à charte du Canada ou d'une Cuisse populaire i émettre, a la -ane d'une adjudication d'un contrat au proposant, une lettre de garantie bancaire irre\\i>cible de lOOdOo* pavable a l'ordre de Resto-C'usino inc.ihi une convention rejaûve à rémission d'un cautioniuiiuni d'exécution de 100 000$ émise par un assureur reconnu au Canada et légalement habilite à vé portei Caution au Québec, en faveur de Resto-Casino inc.Resto-Casioo inc.ne s'engage à accepter ni la plus basse ni nciff autre proposition eecite.Toute .nlormation peut être obtenue aupiès d'Alain Bcmbe au numéro (514» 4W-5lW< Claude Lac fiance Directeur Apm.»\\ isionnement Émis le 17 juillet ivog ¦aa \u2022si AVIS DE QUALITE Conformément aux Dispositions de lattide 209.18 du Code de la sécurité routière, le Curateur public donne avis qu'il est administrateur provisoire des véhicules délaissés par les personnes o-dessous mentionnées: Les véhiculée routiers confiée par le Société de l'assurance automobile du Québec: Nom\tMarque/Mode lo\tNo d'identification ALBERT.Johrwy\tChevrolet Cavalier 1987\tiGUFilW4H7if567.: ARCHIBALD.Donald\tToyota Corolle 1967\tJT2AE82L8H3438599 BARETTE.Claude\tDodge 600 1986\t1B38V55D7GG220631 BARON.Sylvain\tPontiac 6000 1989\t1G2AF51R3K62Ô9076 BEAULIEU.Marco\tPlymouth Sundance 1988\t1P36S48D2JNir)7307 BELISLE.Stéphane\tPonîiac Flretly 1968\tJG7MR6157JK757583 BERGERON.Johanno\tHonda Accord 1987\t2HGCA563PHH006624 BERGEVIN.Lorraine\tDodge Lance 1985\t1B3BX'=9D2FN 100624 BERNARD.Ano>e\tPontiac Firefly 1994\tJG7MRS1*2PK2C1667 BERNIER.Antonm\tHanauit bncore i&bi»\t1 XMAC»Î*3 *.F*Jl 12 ftyd BOUCHARD.Johanne\tChevrolet Cavater 1985\t1GUE77W1F7226736 BOURASSA.Denis\tPontiac Léman 1983\t2G7AF69A1D2704373 BOURGEOIS.Eric\tDodge Mini 1966\t2B7FK13C9FR294478 BOVTE.Norman\tAudi 5000 1987\tWAUHD0444HN024446 CAMDEN.Pftihppn\tChevrolet Cavalier 1988\t1G1JC1112J7190099 CHAMPAGNE.André\tPontiac 6000 1968\t2G2AF81W1J9257300 CHARLAND.Johnatan\tChevrotât Cors*ca 1987\t1Y1LT51W0HY103221 CHATELAIN.Marie Uure\tNissan 240s* 1990\tJN1HS36S8LWni213 CHEVALIER.André\tVolkswagen Fox 1989\t9BWBA03Û3KP010779 COTF.Steve\tDodge Anes 1988\t1B3BD480XJC178501 COUSIN.Diane\tFord Mustang 1986\t1FABP26A4GF158869 CYR, Stéphane\tChevrolet Celebmy 1985\t2G1AW19X8F1169133 DAGENAIS, Stéphane\tOWsmobile Cutlass 1985\t1G3GM69A3FR413147 DAVIES.Stephen\tGmcC15 1985\t2GTDC14N8F1540715 D6 MACEDO.Luc\tSubaru Gi 1984\tJF1AW43B9EB301083 DE W1T.Nicholas J\tBcick Le sabre 1981\t1G4AP69Y3BH487738 DECARUFEL Lucien\tPontiac Grand 1967\t1G2NV11UÛHC907800 DENIS.Jean Pierre\tHonde C170 1979\tCT705003782 DESMEULES.Josée\tChevrolet Cavalier 1984\t1G1AC69B9E7201850 DES5UREAULT.Gilfcs\tHonda Prélude 1985\tJHMAB522CFC8O0197 DESSUREAULT.Jacques\tFord Ranger 1985\t1FTBR10SV FUB50092 DOUCETTE.Johanne\tPlymouth Sundance 1991\t1P38P48K0MN642731 DUPUIS MtflO\tPtymoufh Horizon 1985\tlP3BM18CXFD?6453e DUROCHER.Enc\tToyota Mr2 1985\tJT2AW15C3F0028579 DUROCHER.Menai\tFord Ranger 1988\t1FTBR10C7JUB10617 ETHIER.Richard\tToyota Ccofla 1967 (\tJT2AE82L4H3486262 FABBRO.Carol Anne\tFord Tempo 198S\t2FABP21R3FB265146 FLEURANT.Robert\tFord Escort 1989\t1FABP9195KW352440 FORTIN.Tama\tIsuzu Imark 1967\tJ87RT5172H9802748 FRADET.Joceryn\tPontiac Orand 198C\t1G2NV27U6GC568813 FRF MERE, Nco*as\tHonoaCnvtOO 1979\tNC0120O7183 GAGNE.Dar.iel\tFord Tempo 1997\t1FABF33S3HK265729 GAGNE.Rare\tChevrolet Celebrity 1968\t2Q1AW51R0J2126655 GAGNON.Gilbert\tChevrolet Nova 1985\t1Y1SK1943G2251501 GAGNON.Jean Clauoe\tChevrolet Cetobrity 1966\t2Q1AW19R2G1181622 GARNEAU.AUen\tHonda Se50 1989\tjh2ar228ks20q582 GAUCHER.Marco\tMercury Topai 1988\t2ME6M36X7JB623407 GREGOIRE.Gérard\tChevrolet Camaro 1981\t1G1AP87JOBN120425 LALIBERTE.Philippe\tPontiac Firefly 1988\tJG7MR2150JK730802 LALONDE.Royal\tFord Lgtco 1986\t2FTEF15Y6GCB39806 LAPLANTE, Yves\tMazda 32.3 1987\tJM1BFP318H0561033 LAPOlNTE.Sonny\tPontiac Grand 1987\t1G2NV11UXHC770445 LARIN.Caroline\tChevrolet Ceiebnr/ 1984\t2G1AW19XXE1146015 LAUTURE.Marc\tMercury Topaz 1990\t2MEBM35X8LB615448 LAVIGNE.Ciauoe\tVolkswagen Fox 1988\t9BWBA0308JP011537 LEVESOUE.Dany\tHyundai Accent 1995\tKMHVD11N5SU072619 LEVESOUE.Syhram\tFord F150 1986\t1FTEX15N4GKA45307 MAHEUX.Louise\tPontiac Bonnevii'e 1987\t1G2H25132HW232059 MAHTIN Jean\tOWsmobiie Cutlass I9fa4\t1G3AM19X3EG361364 MASSE.Robert\tFord Escort 198b\t1FABP369XG W320760 MCKENNA Ronald WMSem\tGmcCl5 1983\t1G5CS18BXD0518598 NADEAU.Raphaël\tMercury Topaz 1991\t2MEBM35X4MB814184 PEETERS Véronique\tPontiac 6000 1965\t2G2AF19R1F9751752 PFLLETIER.Guette\tToyota Bjreaj 1966\tJT2AL32H7G0407784 PELLETIER.Serge\tForaMusUng 1989\t1FABP41A5KF193514 POiTRAS.Sébastian\tChrysker Frtth Ave 1984\t1C38F66PXEX529909 RACINE.Unda\tChevrolet Sport 1988\tJG1MR6152JK719219 ROCHON.Eric\tPontiac 6000 1966\t2G2AG19R3G9287765 RODRIGUE.Jaoqjes\tBaick Perk Avenue 1990\t1G4CW51C4L1602475 roy.Mario\tChevroiei Celebmy 1987\t1G1AW51W5HG196122 roy Mtahee\tOtdsmobiW} Cutlass 1961\t2G3AK47J882438013 roy Patrick\tBuick Régal 1980\t2G4WB11W2K1403610 SAIN DON.Yves\tChevrolet 1971\tCS1411635761 SHANK.Daniel\tSu/uk Forsa 1968\tJS2AA43S9J5114692 SPYROPOUL0S.Constantin\tVolkswagen Fo» 1988\t9BWBA0309JP012079 TARDIF.Chnstian\tSuzuki 750 1977\t7403970359 TROTTIER.Philippe\tPlymouth Reliant 1985\t1P3BP2CC8FC177825 VIGNEAULT Enc\tPontiac 6000 1986\t2G2AF19POG9301947 2039-6424 Québec Inc\tPontiac Grand 1989\t1G2NE51UXKC627588 9063-3637 Québec Inc\tDodge Di5 1983\tlB7FD14Mr?DS4G0126 Lee propnAtai'es des véhicules identifiés eu présent avis peuvert en reprendra poatassion sur paiement des honoraires du Curateur public et déboursés engages par oekji-ci A défaut, le Curateur pubkc sera autorise à vendre les véhicules é compter du onzième jour suivant la date de cette puDUcahon La Curateur pubkc remettra les produits os vente, déduction faite de ses honoraires et ne ses déboursés, aux propriétaires qui se manifesteront dans les dur ans du début de son admvirstration Le Curateur public du Québec Service des tuons non réclamés 600 bout René-Lévesque Ouest, bureau 500 Montréal (Ouéhec) H3B 4W9 Tel 1-514-673-4074 1-600-363-9020 le Curateur public du Québec appel d'offres VILLE DE BLAINVILLE Soumission S 9985 ACQUISITION D'UN SYSTEME TELEPHONIQUE I l il KU'IIKUIQI I S POUR NOUVEL HÔTFL DE VILLE DE BLAINVILLE Des soumissions sous enveloppes scellées portant l'inscription Soumission S 9985, et adressées à M.Michel Bouchard, ingénieur, directeur du Génie.1005, chemin du Plan-Bouchard, Blainville (Québec) J7C 4N4, soront reçues jusqu'à 14 heures le mercredi 4 août 1999.Les soumissions seront ouvertes à 14h01, le même jour au centre professionnel situé au 1005, chemin du Plan-Bouchard, Blainville (Québec).Ne seront considérées que les soumissions préparées sur les formules officielles de soumissions fournies par la division des Approvisionnements & Services.On obtiendra ces formules et autres documents nécessaires à la préparation des soumissions en s'adressant au comptoir des Travaux Publics, 60 boulevard de la Seigneurie Est, Blainville (Québec) J7C 4N1.Les documents de soumission seront disponibles à compter du lundi 19 juillet 1999.Chaque soumission sera accompagnée d'un chèque visé, tiré sur une banque canadienne à charte ou une caisse populaire en faveur de la Ville de Blainville pour un montant égal à dix pour cent (10 %) de la soumission.La Ville de Blainville ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues ni à encourir aucune obligation, ni aucun frais de quelque sorte, envers le ou les soumissionnaires.Gisèle Gauvreau Directrice des Services juridiques et greffière ¦ CE Le Curateur public ' du Québec AVIS PUBLIC Message aux parents et amis des personnes sous régime de protection public Veuillez prendre note qu'à compter du 1«* juillet 1999.et jusqu'au 31 mars 2000.le Curateur public du Québec n'imposera plus de tarifs pour les services qu'il rend aux personnes dont il assure la protection et la représentation.Ces personnes continueront toutefois d'être facturées, comme elles le sont présentement, pour les dépenses que doit faire le Curateur public à leur endroit.À compter du 1* avril 2000.une nouveiie griiie de taniication sera adoptée par le gouvernement.Le Curateur public du Québec 600, boulevard René-Lévesque O.bureau 500 Montréal (Québec) H3B 4W9 Gouvernement du Quête-Conseil du trésor Direction générale des acquisitions À VENDRE FAIRCHILD, F-27F DOSSIER : S.P.99-0061 Le directeur général des achats au nom du gouvernement du Québec, sollicite des soumissions pour l'achat de deux (2) aéronels Fairchild, F-27F, 1959 et 1961.CONDITIONS DE VENTE Les conditions do vente, les spécifications des aéronefs ainsi qua les instructions pour l'inspection sont contenues dans les documents d'appel d'offresysoumissions no : 99-0061 disponibles auprès du : Bureau des appels d'offres 1500-H.rue Jean-Talon.1* étage, local 1.12 Sainte-Foy (Québec) Canada G1N 4T5 Téléphone : (418) 646-6208 Télécopieur : (418) 644-0009 M.Léo Valois Courriel : leo.valois@sgo.gouv.qc.ca Site internet : http^/www.tresor.gouv.qc.ca/services/appelofr.htm CLÔTURE ET OUVERTURE DES SOUMISSIONS Seules les soumissions dont les pnx sont supérieurs à 525 000,00 $ US pour le lot # 1 et 400 000.00 $ US pour le lot n 2.accompagnées des garanties prescrites seront considérées.Elles devront parvenir dûment remplies à l'adresse précitée avant quinze (15h), heure locale, le 25 août 1999 L'ouverture des soumissions suivra immédiatement.Le directeur général des achats se réserve le droit, au moment de l'analyse des soumissions, de refuser toutes les soumissions présentées, mémo la plus haute.Cet avis est assujetti aux conditions apparaissant aux documents d appel d'offres.Le directeur général des achats par intérim, Byme Amyot Québec dcs on APPEL D 1 O F F R E S DEMANDE DE SOUMISSIONS PUBLIQUES VENTE DES PROPRIÉTÉS 205, RUE LAURIER, HULL (QUÉBEC) 344.RUE CHAMPLAIN, HULL (QUÉBEC) ûurremoot APPEL D'OFFRES CONCERNANT LA QESTtON DU PROJET DE RENOVATION OU THIrÂT«e OUTREMONT Dans le cadre de son projet dé rénovation du tnéàtre Outremont *a ville d'Ouf remont souhaite retenir te* services d'un gestionnaire 'de projet dont le mandat consistera dans un premier tempsHà coordonner la procédure d'appel d offres qui sera prochainement lancée par ta municipalité, et dans un second temps, à coordonner, pour et au nom de cette dernière, toutes les étapes de la construction amsi que celles qu> lui sont postérieures.À cette fm.des offres de service sous enveloppes cachetées ponant la mention APPEL D'OFFRES CONCERNANT LA GESTION DU PROJET DE RENOVATION DU THEATRE OUTREMONT-seront reçues |usqu'a 14 h le mercredi 28 juillet 1999 nu bureau du soussip/w» situe au: 543, chemin de la Côto-Sainte-Catherine Outremont (Québec) H2V4R2 Elles seront publiquement ouvertes aux mêmes heure et jour à la salle du conseil d'Outremont située au 530.avenue Davaar à Outremont.Toute personne intéressée a présenter une offre à la municipalité peut se procurer un exemplare du cahier des charges auprès du bureau du directeur du Service de l'approvisionnement de la municipalité.M.Eugène Deschamps, lequel est dilue a l'adresse suivanu» 543, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Outremom (Québec) H2V 4R2 Tél.: (514) 495-6228 La ville d'Oufrernont.sans obligation envers les soumissionnaires, ne s'engage a accepter, m la soumission ayant obtenu te plus haut pointage, ni aucune des soumissions reçues dans le cadre de cet appel d'offres.Mario Gerbe su Greffier 0e la municipale Héritage l|£J Collège Le Collège Héritage demande des soumissions pour la vente des propriétés suivantes: Campus sis au 205, nie Laurier.Hull (Québec) Le campus mis en vente est situé près de la rive québécoise de la rivière des Ouiaouais au centre-ville de Hull, à deux minutes de la Colline parlementaire fédérale et du centre-ville d'Ottawa.Terrain sis au 344, rue Chaniplain.Ilull (Québec) Le terrain mis en vente est situé à deux pas du Campus sis au 205.rue Laurier, Hull (Québec).Lés ventes de ces proriétés sont indépendantes mais pourraient être combinées si le Collège le jugeait nécessaire Les soumissions, pour être déclarées conformes, devront être complétées >ur les formulaires prévus à cette tin et un formulaire de soumission par propriété devra élre complété.Toute offre d'achat devra être accompagnée d'une garantie de soumission égale ou supérieure à 1CW du montant de la soumission, par propriété, sous forme de chèque visé à Tordre du Collège Héritage ou de cautionnement de soumission valide pour une période de soixante (60) jours de la date d'ouverture des soumissions.Les soumissions dans des enveloppes cachetées et adressées au soussigné portant la mention « Soumission pour la vente de la propriété sise au 205.rue Laurier.Hull (Québec) » et/ou « Soumissions pour la vente de la propriété sise au 344.rue Champlain, Hull (Québec) ».seront reçues au bureau des Services administratifs, local 109 du Collège Héritage situé au 325.boni.Cité des Jeunes.Hull (Québec) jusqu'à 15 heures, heure en vigueur localement, le lôième jour du mois d'août 1999.pour être ouvertes publiquement à la Salle du conseil (local 127) au 325.boulevard Cité des Jeunes, Hull (Québec), le même jour et à la même heure.Le Collège Héritage ne s'engage à accepter ni la plus haute ni aucune des soumissions reçues.Cependant, si des soumissionnaires (ou un soumissionnaire) sont retenus, ils devront signer un contrat conforme a leur soumission dans les soixante (60) jours de la date d'acceptation et payer comptant le montant offert, à cette même occasion.Un cas de désistement des soumissionnaires (ou du soumissionnaire) retenus, le Collège Héritage gardera les garanties de soumission île i() < \"t nue de dommages et intérêts.Les acquéreurs intéressés pourront obtenir tous les renseignements et documents nécessaires pour soumissionner en s'adressant à : Monsieur Donald Marteau .Coordonatcur des services de l'équipement et de l'informatique 325, boul.Cite des Jeunes Hull (Québec) JSY 6T3 Télv: (819) 778-2270 poste 1112 Télécopieur : (819) 778-7364 Le directeur généra) Claude J.Chénier m ENCANS ENCAN PUBLIC DANS LA FAILLITE DÉ: QUESTENDI9018-3732 Québec Inc.RESTAURANT w iots oniiuES et ou ri ri&sm wsiivi \u2022 ww nom compïï RM NIKS paiïiis iurtwsstcs LIQUIDATION a LE: MARDI 20 JUILLET 1999 A 10 H 30 J ENDROIT: 3240, JEAN BERAUD, X CHOMEDEY, LAVAL (QUÉBEC) (une rue au sud de la 440, entre boul.Chomedey et Daniel Johnson) \u2022 INSPECITON: LUNDI 19 JUILLET 1999 DE 10 H À 18 H (S4) CHAISES BOIS ACAJOU ET TISSU VERT \u2022 (50) CHAISES NOIRES.OR \u2022 (19) TABLES 24X30 \u2022 (3) TABLES BOIS RONDES ET CARREES \u2022 (2) CHAISES PNFANTS RUBBERMAID \u2022 CHAMBRE FROIDE CURTI3 70X8?\u2022 (?) CONGELATEURS POSTER \u2022 CONGELATEUR CAMCO \u2022 FRIGIDAIRE BEVEPAGE AIR 1 PORTE INCLUANT DISTRIBUTEUR BIÈRE EN FÛT.COMP INT.\u2022 SYSTEMES DE BOISSON BERG \u2022 (2) REFRIG A BREUVAGES \u2022 REFRIG PÂTISSERIES CUSTOM 2 PORTES A/INOX, \u2022 COMPTOIR A SALADE RÉFRIGÈRE ASTOR 2 PORTES COMP.INT \u2022 REFRIGERATEUR FOSTER 2 PORTES COMP INT.\u2022 pi REFRIGERATEUR DE BAR \u2022 FOUR CONVECTION GARLAND A/INOX 2 POR-TES \u2022 CUISINIERE AU GAZ VULCAN 2 RONDS.1 PLAQUE 12\" \u2022 POÊLE GAZ MKE A/INOX.\u2022 GRILLE-PAIN HOlMAN \u2022 COMPTOIR RECHAUD INOX.FAB \u2022 MACHINE ESPRESSO FAEMA \u2022 MOULIN CAFÉ FAEMA \u2022 MACHINE A CAFÉ 2 SILEX \u2022 MACHINE A GLACE WHIRLPOOL \u2022 LAVABO DOUBLE A/INOX \u2022 LA-VE-VAISSELLE HOONVED \u2022 TABLE DE RINÇAGE AVEC PRE RINCE \u2022 TRAN-CHEUR OMEGA \u2022 (4) GAUFRIERS \u2022 MACHINE A 3 CROQUE-MONSIEUR EUREKA \u2022 (2) RÉCHAUDS A SOUPE \u2022 (2) MICRO-ONDES SANYO.CITIZEN \u2022 TABLE DE TRAVAIL A/iNOX 30X60 2 TABLETTES \u2022 TABLE TRAVAIL 24X60 A/ INOX \u2022 (3) ÉTAGÈRES A/INOX INCLUANT INFRAROUGE \u2022 COMPTOIR DESSUS A/INOX 4 PORTES ET LAVABO \u2022 (?) MEUBLES RANGEMENT DESSUS A1NOX 1 ET 4 PORTES \u2022 (3) ETAGERES MÉTRO A/INOX.\u2022 CAISSE ENREGISTREUSE SAMSUNG ER 4100 \u2022 (?) CHARIOTS VOLLRATH \u2022 13) ARMOIRES RANGEMENT (2) ENSEIGNES NÉON CAFÉ BISTRO.OUVERT \u2022 LOTS DE CHAU0RONS.VAISSELLE.VERRES.USTENSILES.NAPPES.COUVRE-TABLE EN PLEXI GLASS.CABARETS.PLANTES.BUREAU TABLETTES.POUBELLES.ETC ÉQUIPEMENT EN TRES BON ETAT.KEflTIMG MIRA CLEAH, PÛQUE CHIUFFINTE âU GftZ 30\" i 48\" (2) MEUMGEURS HOBflRT 30 ET 20 PINTES, HACHE LEGUMES ET ICC.CONDITIONS 25% COMPTANT A L ADJUDICATION \" SOLDE PAYABLE COMPTANT OU PAR CHEQUE CERTIFIÉ.FRAIS D'ACHETEUR 10% ENCAN VOX (514) 594-1160 ENCANTEURS 1 ÉVALUATEURS * LIQUIDATEURS CARROUSSEL WHITE 4000 SECTIONS 1984 \u2022 Informatisé, logiciel WHITE \u2022 No de série: 522-5109264-704-0663-120 \u2022 Intégral pad controller \u2022 Plate-forme électrique hydraulique de 12' x T 1500 sections d'étagères READY RACK 19' x 34\" - 8000 poutres READY RACK 12,0' x 6\" - BABY RACK - Étagères à gravité - Chariot élévateur RAYMOND m: 38 - 75 OOÔ p» ca.do mezzanine assortie.lojptcl.on: Sur rtndtz-vous taultmtnt.Four uit inspection dts letfft, contacter Oauy Rty an (514) 983-7039 tu âlaiu RlancaaHe an (514) 945 6045.four téttnrr une Ittt dnfmllnn: (458) 464-9899.Unn collabof atKKi LIOUITOM INC UanMaNMr* 143.C«|n«a BcIm.I
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