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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1999-05-08, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, samedi 8 mai 1999 Plus La Presse ÉDITORIAL / OPINIONS / POLITIQUE / MONDE / PETITES ANNONCES Délire partisan en Israël Les candidats aux élections du 17 mai n \"épargnent rien à leurs adversaires Mario Fontaine envoyé spécial JÉRUSALEM Le monde entier a les yeux braqués sur Israël, où les élections ont toujours une saveur de fin du monde : la question palestinienne, le terrorisme, l'équilibre Occident-Orient.Le monde entier peut-être, mais pas les Israéliens eux-mêmes, qui viennent tout juste de sortir de leur torpeur.Peut-être parce qu'il y a déjà quatre mois qu'ils savent devoir aller aux urnes le 17 mai, les quelque 4 millions d'électeurs du pays ont d'abord superbement ignoré la question.Mais, depuis deux semaines, ils prennent leur revanche.Et quelle revanche.On se pince, en effet, en voyant le délire partisan qui inonde tout à coup tant les espaces publics que les heures de grande écoute à la télévision.Passer une soirée à regarder les publicités électorales israéliennes, c'est bien plus excitant que la lutte pour un Grand Prix, c'est un exercice unique très divertissant, mais aussi plutôt effrayant.Divertissant parce que ces messages sont très dynamiques, vivants, pleins de couleurs et d'imagination.Rien à voir avec le vieux monsieur assis derrière son bureau qui, ici, nous dit de voter pour lui.On sent que des concepteurs aguerris et jouissant de moyens importants sont aux commandes.Les capsules partisanes des principaux partis changent tous les jours, en fonction des attaques venues la veille des autres formations.On tourne à toute vapeur des répliques d'une rare qualité technique, avec des trouvailles à la fois cinglantes et souvent très drôles.Effrayant, aussi, parce qu'il n'y a visiblement aucune retenue dans le traitement des sujets.Le politicien québécois qui dirait le PHOTO REUTERS Ce commerçant de Jérusalem ne lésine pas sur la taille des affiches quand il est temps d'appuyer son poulain, l'actuel premier ministre Benjamin Netanyahu.dixième de ce qui se raconte à la télévision israélienne se retrouverait avec un procès sur le dos et l'opprobre populaire.On ne lésine pas devant les attaques vicieuses, les mensonges éhontés.On se qualifie de raciste, de traître et même, eh oui, de nazi ! Les accusations de démagogie fusent contre le premier ministre, le conservateur Benjamin Netanyahu.Celui-ci s'évertue, avec un certain succès, à faire passer son adversaire travailliste, Ehud Barak, pour un faiblard qui livrera le grand pays d'Israël aux Palestiniens.Pire, aux terroristes, ce qui est à peu près pareil dans les messages du Likoud, la formation qu'il dirige.On comprend vite que Netanyahu, c'est la sécurité et Barak, le retour aux bombes et aux attaques.Le chef travailliste se défend en ressortant son passé de héros militaire, diffuse des images de ses plus brillantes interventions comme chef d'état-major.Il dénonce l'immobilisme de Netanyahu, rappelle les multiples défections autour de lui, passe au crible le bilan économique du gouvernement sortant.Pas en reste de perfidie, A le Parti travailliste a dif- TfjF fusé sur Internet un pho- mLgmm tomontage montrant l'épouse de M.Neta- îlÊlcCtionS nyahu dans le plus simple appareil.Les deux chefs sont conseillés par des experts américains, des faiseurs d'images qui ont importé leurs méthodes peu orthodoxes au pays de David.Plusieurs s'en plaignent amèrement : il n'y a plus de débats d'idées, d'enjeux, mats seulement des attaques personnelles, du superficiel, entend-on.« On nous vend les candidats comme du dentifrice, en évacuant le contenu.C'est la campagne électorale la plus pauvre qu'on a jamais eue », se désespère Michel War-chawsky, directeur du Centre d'information alternative, un organisme qui tente d'établir des ponts entre juifs et arabes.D'aucuns y voient la preuve ultime de l'invasion de l'américanisme dans la société israélienne.Les Toys'R Us et les McDonald's pullulent, les centres commerciaux poussent comme des champignons.Il vient même de s'en ouvrir un pour les ultra-orthodoxes, le nec plus ultra du casher.On voit de l'anglais partout, tant dans l'affichage qu'au restaurant.La fête nationale n'est plus identifiée à l'indépendance, mais aux grillades qu'on prépare dans tout le pays.BBQ Day, raillent les puristes, une autre importation américaine dont ils se passeraient bien.Pis, leur futur premier ministre sortira inévitablement du sérail US.Ehud Barak, qui semble favori pour l'emporter, a fait ses études supérieures à Stanford, Californie.Benjamin Netanyahu a été ambassadeur aux Nations unies à New York, après avoir obtenu son MBA du Massachusetts Institute of Technology.« Bibi (le surnom donné à Netanyahu) est un Américain et son gouvernement est un gouvernement américain », soutient le plus sérieusement du monde l'écrivain Ze'ev Chafets.À neuf jours du vote, aucun parti n'a encore réussi à définir les vrais enjeux de sa campagne.Les questions domestiques ont pris le haut du pavé, on réfléchit moins qu'on s'insulte.Ça, c'est quand ça va bien.Les bureaux de Barak ont par exemple été cambriolés deux fois, le centriste Mordehaï a été mis sous écoute.Quant au chef du Shas, Arieh Deri, il vient d'être condamné à quatre ans de prison pour corruption.Les autres façons de faire la campagne israélienne ressemblent davantage aux nôtres, si on excepte de fréquents échanges de coups lors de manifestations partisanes.Les assemblées publiques sont bien organisées, les dépenses électorales sont contrôlées et le temps d'antenne donné gratuitement aux partis savamment calculé.Ne reste plus, maintenant, qu'à voir si on jugera les électeurs dignes d'un débat sur les enjeux fondamentaux dans le dernier droit.DEMAIN : Le poids des Russes et des orthodoxes.Qui sera premier ministre ?Ze'ev Benjamin Benny Begin ¦ Chef du Herut droite musclée.Né en 1943, études aux États-Unis.Géologue.Vibrant supporter d'un Grand Israël, très méfiant face aux leaders palestiniens.Partisan de la loi et de l'ordre.Fils de l'ancien premier ministre Menachem Begin.Honnête, agréable, il mène la campagne aux objectifs les plus clairement établis.Un éteignoir en public, fait montre d'une grande inflexibilité.Aucune chance de l'emporter.Netanyahu récoltera ses appuis advenant un deuxième tour.Yitzhak Mordehaï ¦ Chef du Parti du centre, modéré.Né en 1944 au Kurdistan, études en sciences politiques et en histoire.Ministre de la Défense dans le gouvernement Netanyahu jusqu'à sa démission fracassante en début d'année.Près des gens, identifie aux plus démunis, c'est le premier séfarade à pouvoir sérieusement prétendre au poste de premier ministre.A déçu depuis le lancement de sa nouvelle formation, qui n'a cessé de perdre du terrain.Possibilités de l'emporter désormais très minces.Pressions pour qu'il se désiste et appuie Barak.Benjamin Bibi Netanyahu ¦ Chef du Likoud, droite modérée.Né en 1949, études aux États-Unis, homme d'affaires puis ambassadeur d'Israël aux Nations unies et premier ministre depuis 1996.Populiste, orateur brillant, ambitieux, il a fait peu à peu le vide autour de lui.Colérique, négociateur ardu sur la question palestinienne, de plus en plus mal vu à la Maison-Blanche.En baisse dans les intentions de vote, il mène une campagne vigoureuse.A de bonnes chances de l'emporter, surtout si Mordehaï maintient sa candidature.Ehud Barak ¦ Chef du Parti travailliste, centre-gauche.Né en 1942, études aux Etats-Unis, brillante carrière comme chef d'état-major dans l'armée israélienne.Ministre des Affaires étrangères dans l'ancien gouvernement de Shimon Pérès.Intelligence supérieure, ambitieux, vaste connaissance des dossiers.Orateur terne, incapable de galvaniser les foules.Tendance à travailler seul.Ouvert à des concessions territoriales, plaide pour une aide accrue aux chômeurs et aux réseaux de santé et d'éducation.En tète pour le moment.Azmi Bishara ¦ Chef du Balad, parti arabe libéral.Né en 1956 à Nazareth.Chrétien.Fait ses études en philosophie en Allemagne.Supérieurement intelligent, inflexible, intègre intellectuellement.C'est la première fois qu'un Arabe israélien se présente au poste de premier ministre.On le lui a reproché, y compris chez les Arabes, l'accusant de diviser le vote dévolu à Barak.Souhaite qu'Israël devienne un État laïc où les Arabes jouiraient d'une autonomie culturelle.Chances inexistantes.Plomberie électorale Des voix s'élèvent au Québec pour réclamer une réforme du système électoral.Les Israéliens les ont devancés de quelques années.Le résultat : un régime à la proportionnelle avec l'élection directe du premier ministre.Le 17 mai, ils voteront ainsi à la fois pour désigner les 120 députés à la Knesset, le Parlement israélien, et pour choisir le chef du gouvernement.Si celui-ci n'obtient pas la majorité au premier essai, un second tour est prévu le 1er juin.Le véritable enjeu est là : qui, du conservateur Benjamin Netanyahu ou du travailliste Ehud Barak, formera le prochain cabinet.Car il est de plus en plus évident que le centriste Yitzhak Mordehaï n'est plus dans la course.Son étoile baisse avec une régularité dé- ¦ \u2022 concertante aux yeux de ceux qui voyaient en sa nouvelle formation et en lui un espoir de changement, la possibilité de se sortir du clivage droite-gauche.M.Mordehaï n'obtient plus que 6 % d'appuis dans les sondages.C'est déjà mieux que le candidat d'extrême droite Benny Begin et que le premier aspirant arabe pour le poste, Azmi Bishara.La fonction de président, en Israël, est purement honorifique.C'est le premier ministre qui forme un gouvernement à partir d'un nombre plus ou moins grand de petites formations incapables, à elles seules, d'obtenir une majorité des sièges.Telle est la force et la faiblesse d'un système à la proportionnelle : vous obtenez 10 % des voix, cela vous donne 12 députés, soit 10% des élus à la Knesset.Difficile à gérer, mais les multiples tendances sont ainsi mieux représentées.Il est possible, par exemple, que la formation réclamant l'ouverture d'un casino réussisse son entrée au Par- lement.La pulpeuse Penina Rosenblum, qui fait campagne pour elle-même en étalant ses charmes, en sera aussi, et toute une pléthore de petits partis depuis la droite religieuse jusqu'au très laïc Meretz.Chaque parti dépose une liste de candidats potentiels.S'il obtient dix sièges, les dix premiers noms sur sa liste se retrouveront au Parlement.La dimension géographique est inexistante : tous les députés pourraient, théoriquement, habiter la même rue.Pour former une coalition viable, le premier ministre répartit les ministères entre quelques partis qui lui retournent l'ascenseur en l'appuyant.Ce qui donne un poids disproportionné à certains groupuscules.« Un job de marchand de tapis », commente un observateur au sujet de ce marchandage de ministères.Et, parfois, le tapis s'effiloche.Le Likoud de M.Netanyahu a ainsi dû se résoudre à dissoudre la Chambre après le départ fracassant de trois parlementaires de son groupe, partis former le Parti du centre.La droite n'avait plus alors que 57 députés, à court de trois pour diriger.Les centristes disposaient de 11 représentants et la gauche, les travaillistes en tête, de 52.Le scrutin du 17 sert surtout à situer les forces en présence, à partir desquelles le premier ministre dressera sa liste.Normalement à partir de sa formation, complétée par de petits partis plus ou moins proches idéologi-quement.Mais une autre hypothèse est de plus en plus souvent évoquée : celle d'un gouvernement d'union nationale, composé du Likoud et du Parti travailliste.Le Likoud est moins de droite qu'il n'y paraît, fait-on valoir, ses excès tiennent surtout à ses accointances stratégiques avec la droite religieuse et aux dérapages de son chef.Benjamin Netanyahu.Le Parti travailliste, pour sa part, n'a de travailliste que le nom.11 est plus au centre qu'à gauche, c'est un parti de pouvoir et un nombre surprenant de gens d'affaires souhaitent son élection.LE FESTIVAL DE LA SANTE / Inscrivez-vous du 13 au 15 mai au métro Berri-UQAM Patin à roues alignées \u2022 Vélo Bénévoles demandées INFORMATION Marche \u2022 Course (514)879-1027 sports experts ¦¦ni wt.ii .i rtMn»M TVA l.ul CITÉ CMC 730 nu;!\"» m^SfUHL T9.Nt:>fa» OE DIMANCHE 16 MA11999 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 MAI 1999 Editorial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Lutter contre notre retard Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca Le budget électoral du gouvernement conservateur oniarien, avec sa nouvelle vague de baisses d'impôts, a donné une nouvelle vigueur au débat que le Québec amorce sur la réduction de son fardeau fiscal.Il est évident que le Québec doit réduire son fardeau fiscal, le plus élevé d'Amérique, ce que le premier ministre Bouchard est le premier à reconnaître.Mais il est également évident que le contexte fiscal, économique et idéologique est si différent entre l'Ontario et le Québec qu'il ne faut pas songer à copier platement la province voisine.mmmmimamm^mmmm Le vrai débat n'est pas fiscal, il est économique, et c'est l'énorme écart entre la prospérité des deux provinces.Car, si l'Ontario peut tant baisser ses impôts, même sans avoir éliminé son déficit, c'est parce qu'elle est terriblement riche.Nous avons cité, ces dernières semaines, des comparaisons internationales qui montraient, par exemple, que le revenu des Québécois était inférieur à celui des Italiens.L'écart entre l'Ontario et le Québec est plus saisissant.L'an dernier, le revenu personnel disponible per capita des Ontariens était de 19 249 $, celui des Québécois, de 16 257 $, un écart de 18 %.Si le marché du travail québécois allait aussi bien que celui de la provinces voisine, nous aurions 400 000 emplois de plus.Vous avez bien lu, 400 000.Pourquoi ?Le problème des comparaisons Ontario-Québec, c'est qu'elles nous font rapidement quitter le terrain de l'économie pour nous amener dans le champ miné de la politique.Il suffit d'un sursaut de nationalisme primaire et hargneux pour expliquer que l'Ontario est plus riche parce qu'elle a profité de largesses dont le Québec a été privé.Guerre protocolaire La chicane de drapeaux entre Québec et Ottawa est en train de dégénérer en cirque.À preuve : l'engueulade entre Jean Chrétien, qui reprochait au Québec d'emmerder les pays étrangers, et Gilles Duceppe, qui accusait celui-ci de n'être qu'un « Canadien français de service ».Cet épisode, d'une désolante trivialité, montre à quel point cette guerre protocolaire n'a plus rien de rationnel.¦¦¦¦¦¦¦H Quel mal y avait-il à ce qu'Ottawa transmette au président mexicain une demande de rencontre du premier ministre du Québec ?Aucun.D'autres premiers ministres provinciaux ont déjà rencontré M.Zedillo, comme ils ont rencontré d'autres chefs d'État sans que personne ne proteste.En 93, l'ex-ministre libéral John Ciaccia avait été reçu par le président Salinas \u2014 tout avait baigné dans l'huile.La demande de M.Bouchard se justifiait : avec une rencontre au sommet, la mission commerciale québécoise au Mexique, prévue pour la semaine prochaine, aurait eu plus de panache, et potentiellement plus de retombées.Mais il y a le contexte.Le Québec profite de chaque occasion pour porter sur la scène internationale sa bataille en faveur des « conditions gagnantes ».À Ottawa, le moindre désir de visibilité internationale est maintenant interprété comme une manoeuvre en vue du Grand Soir.Souvent, c'est vrai.Ottawa s'est donc braqué, le Bloc a crié à la traîtrise, et Jean Chrétien est monté sur ses grands chevaux, faisant ainsi le jeu des stratèges de la souveraineté, tel le taureau qui fonce sur le drapeau rouge.Dire qu'il aurait suffi de transmettre la requête au président Zedillo : personne n'en aurait souffert et personne n'en aurait parlé.Agnès Gruda ayruda@lapresse.ca Hausse du niveau de vie de 1988 à 1998 1- Irlande >'\t90,3%\t14-Japon\t23,1 % 2- Corée\t65.3 %\t15-Australie\t20.5 % 3-Portugal\t46.2%\t16-Mexique\t20,1 % 4- Luxembourg\t38.4 %\t17- ÉTATS-UNIS\t17.1 % 5-Grèce\t34,4 %\t18* ITALIE\tÏM% 6- Norvège\t33.4 %\t19- Finlande\t16,7% 7- Danemark\t29,6%\t£0* Royaume-Uni\t13.2% 8- Pays-Bas\t29.5 %\t21-France\t11.5% 9- Autriche\t28.2 %\t22- Suisse\t1D G % 10-Espagne\t28.0 %\t23- CANADA\t9,6% 11- Belgique\t\t24- QUÉBEC\t9,17 % 12- Islande\t25.8 %\t25- Nouvelle-Zélande\t9.15% 13-Allemagne\t24.9%\t26- Suède\t5,1 % Infograpnie La Presse\t\t\t surtout le Pacte de l'auto qui a permis l'essor de cette industrie en Ontario.L'explication, simpliste, qu'affectionne le ministre Bernard Landry, n'en est pas une.Il est vrai, arithmétiquement, que si le Québec avait les emplois de l'auto, il aurait plus d'emplois.Comme s'il avait du pétrole.Mais ce qui est douteux, c'est qu'un autre arrangement, en 1960, aurait permis un essor de l'industrie automobile au Québec.Ou que le boom ontarien actuel s'explique par l'industrie automobile.La thèse du Pacte de l'auto, une variante économique de la culture de la persécution, est non seulement fausse, elle est dangereuse, parce qu'elle alimente un nationalisme de perdants.À force de dire que nous sommes des victimes, que c'est la faute aux autres, on finit par croire qu'on n'y peut rien et on oublie de poser les vraies questions.Pourquoi, en quarante ans, le Québec n'a pas pu trouver autre chose ?Comment se fait-il que le Nouveau-Brunswick, qui vit dans le même environnement, ait réussi à prendre ic3 bouchées doubles ?Comment expliquer que la plupart des régions performantes d'Amérique du Nord ne dépendent pas de l'auto ?Un retour sur le terrain des comparaisons internationales met encore plus en relief la futilité de ce défaitisme plaignard.Le tableau ci-contre, que nous a proposé l'économiste Pierre Fortin, mesure la croissance du produit intérieur brut par habitant sur une période de dix ans, de 1988 à 1998, pour les pays de l'OCDE, en termes réels, et mesurés en parité de pouvoir d'achat.Il décrit la hausse du niveau de vie en une décennie.Que nous dit ce tableau fascinant ?D'abord, que le Canada est vraiment en bas de liste, le 23e sur 25, un des pays où la croissance du revenu personnel a été la plus basse, 9,6 % en dix ans.Ensuite que le Québec est un peu, mais pas trop, en dessous du Canada.Mais surtout, pendant que le Canada stagnait, des pays explosaient.Certaines performances sont carrément exceptionnelles, comme celle de l'Irlande, dont le revenu a presque doublé en dix ans.D'autres, comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal, ont eu une croissance triple de la nôtre : mais c'étaient des pays qui partaient de loin.Mais comment expliquer les États-Unis, avec une croissance double de la nôtre, ou celle de pays riches d'Europe, Danemark, Pays-Bas, Autriche, Norvège, dont le revenu personnel a triplé ?Ces données rappellent également une chose importante pour le Québec.Les économies qui ont du retard, quand elle se remettent sur pied, ont tendance à faire du rattrapage et à prendre les bouchées doubles.Le Québec, retardataire, a pourtant une croissance similaire ou un peu inférieure à celle du Canada, ce qui est anormal.En toute logique, la croissance québécoise devrait être plus élevée.S'il y a un débat essentiel pour le Québec, c'est bien celui-là : réfléchir aux causes de notre sous-performance.Cela nous mènera, c'est une certitude, à montrer du doigt le modèle québécois qui, manifestement, ne livre pas la marchandise, parce que les institutions et les pratiques de la Révolution tranquille sont devenues un frein, plutôt qu'un accélérateur.DROITS RtSLRVLs LA PRESSE ET VOUS Droit à la réputation contre liberté de presse Deux droits fondamentaux s'affrontent régulièrement lorsque les médias sont mis en cause : celui du citoyen qui se croit lésé par un article et qui invoque le droit à la sauvegarde de sa réputation, et celui du journaliste qui se prévaut du droit à la liberté d'expression.Ce conflit entre deux droits reconnus par les chartes des droits et libertés de la personne et par le Code civil du Québec n'est pas nouveau.Les tribunaux ont été appelés à se prononcer sur ce sujet dans de nombreux cas.Quelle est la prédominance de l'un des droits par rapport à l'autre ?Selon quels principes ?En quelles circonstances ?Ce litige vient à nouveau d'être tranché par l'honorable juge Gilles Hébert, de la Cour supérieure du Québec, à la suite d'une action en dommages pour atteinte à sa répu-i.ition engagée par Mr Luc Racicot, avocat et promoteur de Saint-Lambert, contre La Presse et son chroniqueur judiciaire Yves Boisvert.L'avocat réclamait 50 000$ de dommages et intérêts, soit 40 000 $ pour atteinte à sa crédibilité, sa réputation personnelle et son hon-neur.et 10 000$ pour dommages exemplaires» à la suite d'une chro- nique publiée le 10 octobre 1996 sous le titre « Ce qu'il en coûte de s'opposer à des promoteurs » >.Les faits d'abord Dans son jugement, le magistrat a d'abord scruté les faits énoncés dans la chronique contestée par Mc Racicot : ces faits étaient-ils véridi-ques ou erronés ?Après avoir cité et analysé chacun des faits soulevés dans l'article incriminé, « le tribunal conclut qu'au chapitre de l'énoncé des faits, le journaliste Boisvert s'est bien acquitté de sa tâche ».Le juge Hébert parle de «< description exacte des faits », qui sont « conformes à la réalité », et affirme que « le texte de l'article litigieux ne comporte pas d'inexactitudes ».Commentaire loyal Mais y avait-il un intérêt public à traiter des matières contenues dans la chronique mise en cause ?Y avait-il chez le journaliste une intention honnête de servir une cause ?Les conclusions du journaliste étaient-elles raisonnablement soutenables ?La chronique de notre journaliste contenait des faits et des commentaires.C'est à partir du concept de « commentaire loyal », tel qu'élaboré par les tribunaux depuis des années, que le juge Hébert a rendu sa décision favorable à La Presse et à son chroniqueur Boisvert, rejetant l'action de Me Racicot, avec dépens.Plusieurs tribunaux ont abordé la question de la défense du commentaire loyal rédigé par un journaliste en matière de diffamation.Déjà, il y a 20 ans, la Cour suprême du Canada avait statué : « Un commentaire loyal sur une question qui est d'intérêt public ou qui est soumise à la critique du public n'est pas passible de poursuite.Ce droit est un des aspects du principe fondamental de la liberté d'expression et les tribunaux veillent avec zèle à le conserver intact.Il ne doit pas être rogné par des subtilités juridiques.» Un autre juge de la Cour suprême avait ajouté : « Le droit de la diffamation doit trouver un juste équilibre entre la protection de la réputation et la protection de la liberté d'expression car une déclaration ne peut juridiquement faire l'objet d'une poursuite, même quand elle est diffamatoire, si elle énonce la vérité, si elle est privilégiée ou si elle constitue un commentaire loyal sur une question d'intérêt public formulée sans malice par l'éditeur.Ces moyens de défense ont une importance cruciale en droit de la diffamation car la frontière qui marque une décla- ration diffamatoire est vite franchie.» Trois critères de base, acceptés par les tribunaux depuis qu'ils ont été édictés par le juge François Chevalier, de la Cour supérieure du Québec, doivent guider le journaliste lorsqu'il fait un « commentaire loyal » : 1) l'existence d'un intérêt public dans la matière au sujet de laquelle il s'exprime ; 2) l'intention honnête de servir une cause juste par opposition à la simple intention de nuire à une personne ou à ses intérêts ; 3) si l'opinion s'exprime à l'occasion de faits ou de propos rapportés, une conclusion raisonnablement soutenable à leur égard.À la lumière de la jurisprudence pertinente établie par les tribunaux au cours des années, le juge Hébert a conclu : « Suite à l'examen minutieux de la chronique, le tribunal croit que l'objectif n'était pas de détruire qui que ce soit, ni la réputation de qui que ce soit mais plutôt, à partir de certaines constatations, d'amener à une réflexion et de s'interroger sur les solutions possibles.Il y a une intention honnête de poser des questions et de se demander si les remèdes sont appropriés.Somme toute, les conclusions de M.Boisvert son raisonnablement soutenables.» Et d'ajouter le magistrat : « Le tribunal conclut que M.Boisvert a exercé son droit à la liberté d'expression sans porter atteinte à l'honneur et à la réputation de M1' Racicot.» Yves Boisvert, journaliste à notre quotidien depuis 1988, s'est spécialisé dans les affaires judiciaires dès 1989.Il est détenteur d'un baccalauréat en droit de l'Université de Montréal depuis 1987.Sa chronique judiciaire n'est pas le fruit d'une vocation spontanée mais plutôt le résultat d'une longue implication dans le domaine.Son travail de chroniqueur judiciaire consiste à couvrir les activités quotidiennes des tribunaux et à vulgariser et commenter certains grands sujets d'actualité dans ce domaine.Yves Boisvert jouit d'une très bonne réputation professionnelle auprès de ses pairs et auprès des gens reliés au monde de la justice.Mc Joëlle Boisvert, du bureau Desjardins, Ducharme, Stein, Mo-nast, défendait La Presse tandis que l'avocat-promoteur Racicot était représenté par M* Jean-Félix Racicot.Claude MASSON Éditeur adjoint cmasson&lapresse.ca (I) La chronique « Ci qu il en coûte lie l'opposer à des promoteurs \u2022.publiée lo lo octobre 1996, peut être consultée jusau \\i mercredi prochain sur notre site internet./ l'adresse suivante : httpll lapresse.infinit, net t LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 MAI 1999 L'éléphant dans la porcelaine Estanislao Oziewicz, du Globe and Mail, l'un des rares journalistes canadiens à observer de Belgrade la guerre du Kosovo, raconte une anecdote qui en dit long sur l'improvisation qui a marqué l'intervention de l'OTAN dans les Balkans.Dans le hall du Hyatt de Belgrade, le pasteur Jesse Jackson, venu négocier la libération des trois pilotes américains, bute sur un grand type entouré de gardes du corps qui lui serre chaleureusement la main.Oziewicz, qui a assisté à la scène, demande à Jackson s'il sait à qui il vient de serrer la main.\u2014 Non, dit Jackson, c'était qui ?\u2014 Zeljko Raznatovic, celui qu'on appelle Arkan.Un criminel de guerre notoire.\u2014 Je ne suis qu'un Américain, de répliquer Jackson.Je ne connais rien à ça.Qu'est-ce qu'il a fait ?\u2014 Des massacres sur une grosse échelle.\u2014 I'm just an American, répète Jackson.I didn't know anything about that.Curieux, tout de même, qu'avant de s'engager dans cette histoire, Jackson n'ait pas pris la peine de se renseigner minimalement sur les récents événements du Kosovo ! Depuis le début de cet abominable conflit, telle est l'impression qu'a donnée l'OTAN : celle de s'être engagée dans cette région explosive avec la lourdeur, la maladresse et l'aveuglement d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, cassant tout sur son passage, faisant voler la baraque en éclats, empirant une situation déjà pourrie.Comment expliquer que les États-Unis, et surtout la France, alliée traditionnelle des Serbes, n'aient pas mesuré l'intensité du nationalisme serbe ?Qu'ils n'aient pas prévu que l'agression aérienne ne ferait que renforcer le pouvoir de Milosevic, et raffermir l'unité des Serbes à propos du Kosovo ?Les Serbes divergent d'opinion sur les moyens, c'est évident, mais sur la fin \u2014 garder le Kosovo, considéré comme le berceau de la nation \u2014 il y avait un consensus assez large bien avant les frappes de l'OTAN.Il n'était pas nécessaire d'avoir un doctorat en sciences po pour prévoir qu'une intervention extérieure n'allait que renforcer la paranoïa, ce sentiment d'être encerclé, envahi, menacé, qui était déjà à l'origine de la peur panique engendrée par l'accroissement de la population musulmane.Ce n'est pas rationnel, encore moins sympathique, mais depuis quand le nationalisme est-il une émotion rationnelle, à plus forte raison quand il est exploité jusqu'à la lie par des démagogues et des illuminés ?Comment expliquer qu'on n'ait pas prévu que les frappes empireraient le sort des Kosovars ?Que la destruction d'équipement militaire n'empêcherait pas les milices civiles de continuer leur action ?Que le « nettoyage ethnique » s'amplifierait, que l'exode des Kosovars en arriverait très vite à diviser le Monténégro et à déstabiliser la Macédoine, que cela ferait le jeu des terroristes de l'UCK et entraînerait l'Albanie dans le conflit ?Le rêve de la « Grande Serbie » a déjà mis l'ex-Yougoslavie à feu et à sang, voici maintenant un autre terrible foyer de violence représenté par le rêve de la « Grande Albanie ».dont les secousses se feront sentir jusqu'en Grèce et en Turquie.Mais l'OTAN est partie en guerre en sifflotant, avec l'arrogance des puissants, sûre que les Serbes, ces pauvres types à la pensée médiévale, s'écraseraient d'un seul coup ou qu'ils se soulèveraient contre Slobodan Milosevic pour tomber dans les bras de Bill Clinton.Après le Vietnam, on aurait pourtant cru que les États-Unis n'oseraient plus jamais aller s'enliser dans des marais complexes sans d'abord acquérir une excellente maîtrise de la donne historique, de la conjoncture politique et du terrain géographique.Lysiane GAGNON Le pire, c'est qu'au début, on ne se préoccupait même pas de la réaction des Russes.Trop pauvres pour réagir, semblait-on se dire à Washington et ailleurs.Encore l'arrogance, encore l'ignorance.On n'humilie pas très longtemps des géants endormis comme la Russie, et le pouvoir, dans ce pays, est instable.Heureusement, les Européens ont tout fait pour faire participer la Russie au processus diplomatique, et le désastre sera peut-être limité.Mais quel désastre ! De quelque côté que l'on regarde \u2014 chez les civils serbes comme chez les malheureux réfugiés \u2014 ce n'était, ce n'est toujours, que désastre.J'ai suivi la guerre du Kosovo de France et d'Italie, dans les médias français et américains.La guerre y était très présente, plus qu'ici, pour des raisons évidentes.Il était très frappant, et un peu désolant, de voir une espèce de pensée unique dominer toute la scène française.À quelques exceptions près (Chevènement à mots couverts, Jean-François Kahn, Jacques Attali) très peu d'intellectuels faisaient entendre des voix dissidentes.Ô le concert des bien-pensants, les Bernard-Henri Lévy et Cie se félicitant de cette « guerre juste », fondée sur des motifs humanitaires plutôt que sur des intérêts égoïstes.Mais si l'on veut se placer sur le terrain de la morale plutôt que sur celui de la géopolitique, alors on se demande pourquoi cette noble préoccupation pour l'humanitaire et le multiculturalisme ne s'est pas manifestée à propos du Rwanda ou des Kurdes.Ah ! mais les réfugiés kosovars ont dans leurs bras des enfants blonds qui ressemblent aux nôtres.Les chroniqueurs du Herald Tribune, humiliés par les échecs des frappes, étaient tous devenus des faucons, appelant à l'intervention terrestre avec une belle unanimité, dia-bolisant non seulement Milosevic mais les Serbes au grand complet.Chef de file des faucons : Tony Blair, dont l'enthousiasme pour cette solution était inversement proportionnel au nombre de soldats britanniques qui y participeraient.Chose certaine, cette guerre venait à point nommé pour certains chefs politiques.La télévision française interrompait servilement ses bulletins d'information pour diffuser d'interminables discours lénifiants de Jacques Chirac, un Chirac imbu de son importance, ravi de s'écouter parler et de regarder monter sa cote de popularité.m Et que dire de Bill Clinton, qui trouvait là l'occasion rêvée de se refaire une image ! Envolées, Monica et la honte ! Place au chef d'État et des Armées ! Cette guerre, à la fin d'un second mandat catastrophique, serait sa marque dans l'Histoire.Shroeder, à la tête d'une coalition divisée, en menait moins large.Les Italiens, voisins de la poudrière, étaient inquiets.Quant aux Grecs, historiquement plus proches des Serbes que des Albanais, ils étaient carrément furieux.Et que dire des nouveaux membres de l'OTAN, entrés là-dedans à reculons, les Tchèques plutôt solidaires des cousins slaves, les Hongrois s'inquiétant pour leur minorité en Serbie.Cette guerre dessinée par un comité, alourdie par un processus décisionnel compliqué, après avoir raté ses objectifs, allait rater ses cibles.Car c'était, en un sens, une guerre de lâches, faite de haut et de loin : d'abord la protection des pilotes, et tant pis pour les civils.D'où la confusion entre un tank et un tracteur, un convoi militaire et un convoi de réfugiés, un entrepôt et un immeuble d'habitation.Mais au fait, depuis quand la carrière militaire doit-elle être sans risque ?- Le prix de l'indépendance Yves Boisvert Combien faut-il payer un juge pour qu'il soit indépendant ?À partir de quelle somme peut-on présumer qu'il est à l'abri des influences occultes et de la corruption ?La question est sans doute mal posée.Même les juges les moins bien payés au Canada, parmi lesquels se trouvent ceux de la Cour du Québec, ne peuvent prétendre être dans une situation critique ou avoir peur de perdre leur emploi s'ils déplaisent au gouvernement.Leur salaire a beau être gelé depuis sept ans, les juges de nomination québécoise touchent quand même plus que l'immense majorité des citoyens.Difficile de mobiliser des autobus de protestataires pour aller reclamer des hausses de salaire pour les magistrats.Facile, au contraire, comme l'ont fait avec succès les centrales syndicales, de crier à l'injustice devant une hausse appréhendée de 17 %, telle que recommandée par un comité « indépendant ».Après avoir dit à sa ministre de la Justice qu'elle pouvait publiquement défendre la hausse de salaire recommandée par le comité Bisson, Lucien Bouchard l'a désavouée.Les juges auront 4 % cette année et 2 % pour chacune des deux années suivante, a dit M.Bouchard la semaine dernière.Pour les apparences, M.Bouchard a bien noté que les juges ne sont « pas des fonctionnaires ».Mais il a fait cette déclaration dans une allocution générale sur l'état des négociations dans le secteur public.Ceci contredisait évidemment cela.Au point de cynisme où on en est rendu, il importe peu de savoir que les sous-ministres en titre touchent jusqu'à 131 616$, le président de la Commission des droits de la personne 131 601 $, la directrice de la Grande Bibliothèque 130 000$.Ou que le comité Bis-son, après avoir également comparé les salaires dans les autres provinces, a conclu que les juges méritaient un salaire dans ces eaux-là.Mais dans le grand jeu politique des négociations collectives, il était devenu plus payant pour le premier ministre de désavouer i.int Linda Goupil que son prédécesseur, Serge Ménard, qui s'était engagé privément dans le même sens.Larguer « les juges » pour mieux affronter les vrais mastodontes de la négociation.Les juges nommés par Ottawa (Cour supérieure.Cour d'appel.Cour fédérale) reçoivent 178 600 $ par annn\\ Ceux nommes par Ouebec, 113 500 $.Pas besoin d'être un Nobel d'économie pour voir l'institutionnalise r une classe de juges à rabais.Lucien Bouchard Les juges se recrutent parmi les avocats ayant 10 ans d'expérience au moins.En général, ils en ont une bonne vingtaine.C'est évidemment dans cette catégorie d'âge que l'on retrouve les avocats les mieux payés.Or, le quart des avocats du Québec gagne plus de 125 000$.Il s'en trouve même 15 % pour gagner plus de 200 000 $ par année.Qu'il gagne 75 000 $ ou 250 000 $ par année, de toute manière, quel sera le premier choix d'un candidat à la magistrature ?Cour supérieure ou Cour du Québec ?Avec une différence de 65 000 $ par année, la réponse est évidente.On a beau trouver ça injuste ou estimer que les juges nommés par Ottawa gagnent trop, le fait est que les meilleurs candidats, qui ont le choix, bouderont de plus en plus les concours de la Cour du Québec.On y recrute maintenant essentiellement des avocats de la Couronne, de l'Aide juridique ou du secteur public, tous plafonnés bien en-dessous des 100 000 $ par année.Pour eux, même à 113 500 $, le gain est appréciable.Il s'y trouve évidemment d'excellents candidats, mais ceux-là aussi savent compter.La Cour du Québec entend la quasi-totalité des affaires criminelles, les causes civiles où les réclamation ne dépassent pas 30 000 $ et les affaires de protec-tion de la jeunesse et de délinquance juvénile.C'est 80 % des affaires judiciaires au Québec.Est-ce donc une « petite justice » pour laquelle de moindres juges suffisent à la tâche ?On peut bien estimer qu'ils gagnent suffisamment, au fait, le problème n'est déjà plus là.La Cour suprême, en 1997, a créé de toutes pièces une obligation pour tous les gouvernements au Canada de créer des comités indépendants.Il ne convient pas que les jue.es négocient leur salaire avec le pouvoir exécutif : le judiciaire doit en être le contrepoids indépendant : il doit parfois mettre un frein aux actions du gouvernement et annuler des lois ou des rcglc-nu'iits.D'où la création de comites indépendants, nommes avec l'accord du gouvernement.Encore là, on peut penser que le plus haut tribunal au pays a poussé le bouchon un peu trop.Le juge Gérard LaForest était d'ailleurs dissident.Qu'importe : c'est la loi.La Cour suprême a même donné un an aux législatures pour se conformer à son jugement.Le gouvernement peut ne pas suivre les recommandations du comité, mais sa décision doit être justifiée et raisonnable.Québec a créé son comité.« À l'invitation de la Cour suprême », a dit le premier ministre.Ce n'était pas une invitation ; c'était un ordre.C'était le quatrième comité québécois depuis une douzaine d'années.Jamais on n'a suivi leurs recommandations.Cette fois, vu les encouragements du ministre Ménard et l'engagement de la ministre Goupil, il semblait que la Cour suprême avait eu son effet.La tradition a été plus forte : le premier ministre a mis le rapport au panier.Très bien.Mais alors, pourquoi une loi sur le sujet, des rapports, des éludes, des déclara^ tions de ministre, si de toute manière on va décider du traitement des juges comme de celui de la fonction publique ?Pourquoi ces simagrées ?Ces comités sont présentement la moins mauvaise solution trouvée jusqu'ici pour arbitrer les salaires des juges.Faut-il rappeler qu'ils sont les gardiens de la liberté et des droits constitutionnels ?Le premier ministre sait que les juges québécois, comme ceux de quatre autres provinces avant eux, vont porter l'affaire devant les tribunaux \u2014 la Cour supérieure pour commencer.H sait aussi, à voir les récents jugements sur l'indépendance de la magistrature, que les juges provinciaux ont de bonnes chances de gagner.Mais à ce jeu-là, en vérité, personne ne gagne.Il y aura beaucoup d'argent gaspillé.Il y aura, chez plusieurs, l'impression que les juges décident « entre frères » de leurs conditions.Tout ça ne fera qu'eroder un peu plus la crédibilité du pouvoir judiciaire.Et ci* coût-la, ce ne seront pas les juges qui le paieront.La dette des pays pauvres: une forme moderne d'esclavage FABIEN LEB0EUF L'auteur est directeur gétîéral de Développement et Paix, une organisation catholique canadienne pour le dé\\'eloppement et la paix.En octobre 1998, Développement et Paix lançait une vaste campagne invitant les Canadiens et les Canadiennes à signer une pétition en faveur de l'annulation de la dette d'une cinquantaine de pays les plus pauvres.Plus de 450 000 personnes ont répondu à notre appel.Ces pétitions, ainsi que les 100 000 autres signées au Canada, seront présentées au gouvernement canadien le 11 mai.Elles seront ensuite acheminées, tout comme les millions d'autres pétitions recueillies partout dans le monde, au Sommet du G7 à Cologne (Allemagne).Cette campagne internationale connue sous le nom de Jubilé 2000, fait référence à une tradition biblique voulant qu'à tous les cinquante ans, on devait rendre la liberté aux esclaves, redistribuer la propriété et donner à la terre une année de repos et de renouveau.Des millions de personnes veulent ainsi signifier aux dirigeants des pays riches qu'il y a lieu de marquer le tournant d'un nouveau millénaire en donnant un peu d'espoir aux personnes démunies.La dette constitue un important fardeau pour les pays du Sud et affecte la vie de millions de personnes.Le Honduras, récemment frappé par l'ouragan Mitch, a accumulé une dette extérieure de 4 milliards de dollars US, celle du Nicaragua s'élève à 6,5 milliards.Le tiers des revenus annuels d'exportation de ces pays est consacré au remboursement de la dette.Ces exemples illustrent de façon dramatique le problème de la dette des pays en développement, qui dépasse les 2000 milliards de dollars.L'annulation de la dette demandée par la campagne Jubilé 2000 représente une somme de 341 milliards de dollars.Il est certain qu'un pays, comme un individu, doit respecter ses engagements.Mais est-ce tout aussi justifié lorsque cela signifie une plus grande pauvreté pour la majorité de la population ?Et surtout lorsque les intérêts versés dépassent plusieurs fois le montant initial emprunté ?Nos partenaires dans les pays du Sud connaissent trop bien les effets de la dette : « Une bonne partie de nos exportations doit servir à rembourser la dette plutôt qu'à des investissements de première nécessité dans l'éducation, la santé, l'habitation, les routes, l'électricité et l'eau potable », raconte Olga Es-pinoza, responsable d'un programme de défense des droits humains au Pérou.En Haïti, le gouvernement consacre annuellement jusqu'à 50 millions de dollars au service de la dette.Cinq fois plus que ce qu'il investit dans ! agriculture.Le directeur de l'Institut culturel Karl-l .eveque.centre de formation populaire haïtien, constate les liens étroits entre la gestion de la dette et les programmes d'ajustement Structure] : « Le Fonds monétaire international et la Banque Mondiale, qui détiennent la plus importante partie de notre dette extérieure, nous ordonnent de procéder à des privatisations.Ils nous demandent d'exclure de nos priorités les systèmes éducatif et sanitaire, le développement rural et la réforme agraire.Nous estimons pourtant que ce sont des mesures essentielles au développement de notre pays.» C'est en Afrique subsaharienne que le problème de la dette est le plus catastrophique.On y consacre quatre fois plus de ressources au remboursement de la dette qu'à la santé.Au Sénégal, premier pays à avoir mis en oeuvre une politique d'ajustement structurel en 1984, les dépenses publiques dans les domaines de la santé et de l'éducation ont diminué de plus de 20 % ; la dette atteint 4 milliards de dollars.Le gouvernement canadien reconnaît la gravité de la crise de l'endettement.Il a lancé, en mars dernier, son Initiative pour la réduction de la dette des pays les plus pauvres.Nous félicitons le gouvernement canadien de ce geste.Le Canada pourra inciter les autres gouvernements des pays riches à adopter des politiques en ce sens et jouer un rôle de leader international au sein du G7.Nous croyons cependant qu'il faut examiner attentivement les mécanismes qui seraient mis en place pour rendre effective l'annulation de la dette.Si celle-ci est assortie de conditions où ce sont les pays riches qui fixent entièrement les règles du jeu et qui obligent les pays pauvres à adopter des politiques économiques qui vont à rencontre des intérêts de la majorité de la population, nous ne serons pas plus avancés.La participation de la société civile des pays concernés aux mécanismes mis en place devrait aussi être fortement encouragée.Même les dirigeants de la Banque mondiale reconnaissent que l'Initiative d'aide aux pays pauvres très endettés (PPTE) qu'ils ont instauré en 1995 et qui devait ramener le niveau de la dette d'une quarantaine de pays à un niveau soutenable n'a pas eu les résultats escomptés.Seuls deux pays, l'Ouganda et la Bolivie, ont pu jusqu'à maintenant se qualifier au titre de cette initiative.La lenteur et la complexité du processus devraient inciter le Canada à ne pas miser uniquement sur ce mécanisme pour mettre en ouvre une politique efficace d'annulation de la dette.Développement et Paix demande également au gouvernement du Canada de réexaminer la liste des pays susceptibles de profiter de l'annulation de la dette.Le gouvernement canadien propose une liste de 30 pays, alors que la campagne Jubile 2000 considère que 50 pays pauvres très endettés devraient figurer sur cette liste.Il n'est pas exagère d'affirmer que la dette des pays pauvres constitue aujourd'hui une forme moderne d'esclavage.Il serait temps d'en finir, c'est une question île justice ï B 4_ LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 MAI 1 999 Plus - Un référendum sur l'avenir.de l'Ontario ! Ontariens décideront du sort de la « Révolution du bon sens » le 3 r PHOTOPC Mike Harris a entamé sa campagne mardi à Newmarket, au nord de Toronto.GÉRALD LeBLANC La façon même de déclencher les élections en dit long sur la révolution survenue depuis quatre ans en Ontario.Ce n'est pas au Parlement de Queen's Park, ni nulle part ailleurs dans la capitale de Toronto, mais en banlieue, à Newmarket, chez Lind-say Mason, là même où il avait promis des coupes de 30 % de l'impôt sur le revenu des particuliers en 1995, que Mike Harris a dit qu'il sollicitait un second mandat.Pas de changement de cap donc, mais une promesse de « maintenir l'Ontario dans la bonne voie », slogan conservateur de cette courte campagne électorale de 30 jours qui revêt toutes les allures d'un référendum sur la « Révolution du bon sens ».Nous avons réalisé nos promesses et nous irons encore plus loin, annonce l'imperturbable Mike Harris, qui promet même de faire subir des tests de dépistage de drogue aux assistés sociaux et de faire payer leurs frais de détention aux criminels.Le même appel aux cordes sensibles de l'électoral, élaboré dans le programme qui lui avait permis d'obtenir, le 8 juin 1995, 45 % du vote et 82 des 130 sièges de l'assemblée législative de l'Ontario.Les Ontariens sont-ils prêts à continuer à voyager sur la route cahoteuse des croisés du bon sens ?Veut-on enfoncer le clou pour, ne plus revenir en arrière ou prendre un moment de repos après tant de changements ?Les sondeurs, aussi volatiles que les sujets de leurs enquêtes, ne peuvent hélas ! nous aider.Des sept sondages effectués au cours des dernières semaines, quatre mettaient les libéraux en avance et trois les conservateurs, les néo-démocrates traînant loin derrière.Faites vos jeux ! Les avantages de Mike Harris « Tout dépend de la question qui s'imposera à l'électeur.Si elle porte sur le meilleur gestionnaire de l'économie, Harris l'emportera facilement.Si l'on se demande plutôt qui peut mieux préserver les écoles et les hôpitaux, ce sera très serré entre conservateurs et libéraux », dit Bob Richardson, analyste chez Angus Reid.« Mike Harris part certes en bonne position, mais il est trop tôt pour déclarer un vainqueur », ajoute Jane Armstrong, vice-présidente de la firme Environics.Quatre facteurs jouent en faveur de la réélection du gouvernement conservateur : ¦ Avec un taux de croissance de plus de 4 % et un taux de chômage de moins de 6 %, il est difficile de réclamer un changement de manager.¦ Rares sont les électeurs qui ont oublié les 30 % qu'ils ont payés en moins sur leur im- L'Ontario gardera-t-il un marginal aux commandes ?« Mike Harris est un marginal : géographiquement, professionnellement et politiquement.» Cette description du premier ministre de l'Ontario figure dans le récent livre de Brooke Jeffrey \u2014Hard Ri$ht Tum, aux éditions Harper Collins\u2014 sur Ralph Klein, Mike Harris et Preston Manning, les trois figures de proue de la nouvelle droite canadienne.La professeure Jeffrey insiste sur la différence entre l'actuel premier ministre et ses prédécesseurs (Robarts, Davis, Peterson et Rae), tous avocats et habitués des grands salons ontariens.Mike Harris, lui, vient de North Bay, petite ville forestière reculée du nord-est de la province, dont le seul titre de gloire est d'avoir vu naître les quintuplées Dionne.Décrocheur du collège, pro de golf et moniteur de ski, enseignant au primaire après une année d'école normale, commissaire d'école, député d'arrière-ban, Mike Harris a accédé par défaut à la direction des conservateurs en 1990.On le surnommait déjà le tax fighter\u2014 l'an-titaxe\u2014 et il cadrait mal dans l'univers des red tories qui avaient dirigé l'Ontario de 1943 à 1985.Entouré d'une meute de jeunes loups, qui lui sont toujours fidèles, il produit en 1994 un programme électoral \u2014 la Révolution du bon sens\u2014 dans le sillage de la nouvelle droite républicaine du New Jersey et du Midi igan, avec qui ses conseillers entretenaient des contacts.Au pouvoir, Mike Harris nomme un seul représentant des minorités visibles, très peu de femmes et seulement deux députés de Toronto à son cabinet : un club de Blancs, notables de banlieue et de petites villes de province.Sans grande expérience parlementaire et sans vernis métropolitain, cette bande de fervents néophytes décide de remanier l'appareil gouvernemental « brisé et victime d'embonpoint ».On abolit les lois d'équité dans l'emploi et antiscabs, on diminue le nombre de députés, de commissaires d'écoles et de conseillers municipaux, on restaure l'état de la structure de gouvernement des années soixante-dix.L'intelligentsia déchire ses vêtements et s'arrache les cheveux, mais rien n'arrête la bande de Mike, maintenant surnommé « Mike le couteau » et «« Mike la tronçonneuse » tellement les coupes sont draconiennes, tellement elles sont faites sans ménagement et sans consultation.Quand les observateurs prédisent une campagne électorale vicieuse et acrimonieuse* ils font surtout référence au style de Depuis l'annonce des élections provinciales, mercredi dernier, Mike Harris est talonné chaque jour par des groupes de protestataires.PHOTOPC Mike Harris qui, tout en se présentant comme monsieur Tout-le-Monde, utilise un langage primaire pour stigmatiser ses adversaires.On reproche surtout à ce marginal d'avoir ignoré l'ancien establishment dans sa transformation radicale de la structure de gouvernement en Ontario.On estime que le tiers des Ontariens est derrière Mike Harris à 100 7.tandis qu'un autre tiers le déteste au plus haut point.Les étincelles et les escarmouches ne manqueront pas de surgir entre ces deux groupes polarises de l'électoral* Il faut aussi souligner la polarisation au sein de la nouvelle intelligentsia canadienne dont les principaux ténors logent en Ontario.Si le Toronto Star demeure libéral et social-démocrate, donc farouchement opposé à Mike Harris, c'est tout le contraire au National Post, le nouveau quotidien national de Conrad Black, qui trouve même que les croisés du bon sens ne vont pas assez loin.L'enjeu est de taille car il ne s'agit pas uniquement de choisir un gouvernement, mais de décider de la direction à donner à l'Ontario, et donc au Canada, pour le début du pro-h.un millénaire.Un plébiscite sur Mike Harris et un rél< rendum sur sa Révolution du bon sens.Dalton McGuinty Howard Hampton pôt sur le revenu, avec en prime la promesse d'une autre coupe de 20 % si l'on garde le même gérant.¦ 11 est difficile de ne pas admirer l'audace manifestée pour forcer la fusion municipale de l'ancienne Communauté urbaine de Toronto en une seule ville de 2,3 millions d'habitants.¦ À peu près tout le monde applaudit la troupe de Mike Harris pour avoir fait exactement ce qu'elle avait promis dans son petit catéchisme du bon sens.Le bleu léger de McGuinty Même si on félicite Harris d'avoir tenu ses promesses, on n'est pas nécessairement heureux des résultats obtenus, surtout avec la brutalité avec laquelle on a vire la province à l'envers.« Le gouvernement Harris propose non pas de rénover la large maison ten-taculaire de l'Ontario, mais de la raser au bulldozer et d'en bâtir une plus petite », écrivait récemment le politologue Sid Noël, de l'université Western Ontario.L'Ontario a ainsi connu la pire période de son histoire pour les grèves du secteur public et les manifestations devant Queen's Park ainsi que dans une demi-douzaine de villes de la province.Même David Combie, ancien maire de Toronto et ancien ministre conservateur présidant la commission de restructuration de l'appareil gouvernemental, a qualifié de « mauvais en principe et dévastateurs en pratique » certains projets du gouvernement Harris.Une coalition de leaders des principaux groupes religieux de la province a même parlé de « crise morale » et l'evêque John Sherlock a mis Harris en garde contre « le danger de bafouer les valeurs chrétiennes ».Derrière toutes ces critiques pointait le ressentiment de voir la société compatissante construite en Ontario depuis 50 ans faire place au modèle américain, plus individu.i-liste et plus brutal pour les exclus.C'est le libéral Dalton McGuinty qui fait figure de vrai conservateur \u2014 //»//// Mue ou bleu léger\u2014, selon le qualificatif malicieux de son adversaire néo-démocrate.L'avocat d'Ottawa promet de conserver les acquis de la révolution Harris, mais avec la compassion et le sens du compromis qui ont fait la fortune de la plus grosse et plus riche province du Canada.C'est lui le nouveau Bill Davis, l'ancien premier ministre conservateur qui vantait les mérites de la politique sans relief qui lui a permis de garder le pouvoir pendant une quinzaine d'années.Le problème de M.McGuinty, homme de devoir et de modération, c'est que ses vertus sont moins à la mode que par le passe.Sa modération risque de ressembler à de l'indécision devant la détermination et l'inflexibilité de Mike Harris.Son autre problème est qu'il devra partager avec un troisième larron, le néo-démocrate Howard Hampton, le vote de désenchantement et de protestation de ceux qui ne peuvent plus sentir Mike Harris.Sauver les meubles Le NPD brouille en effet souvent les cartes en Ontario et l'a même emporté en 1990 sous le leadership de Bob Rae.On est cependant bien loin de ces jours de gloire et les sondages indiquent maintenant que le NPD ne recueille plus les 20 % du vote qui lui étaient auparavant acquis.Si tel était le cas le 3 juin, le parti qui a fait élire 17 députés en 1995 pourrait ne pas franchir la barre des 12 circonscriptions requises pour le titre de parti reconnu.Le leader Howard Hampton, député du nord de la province, tout comme sa femme Shelley Martel, doit donc garder le vieux fond syndical et social-démocrate du parti.Homme de dialogue et de compromis, l'ancien avocat syndical a déjà réussi à réconcilier le NPD avec les grands syndicats de la province.H peut en effet se vanter d'avoir convaincu Syd Ryan, l'ancien président du syndicat des fonctionnaires qui avait recommandé de punir Bob Rae en 1995, de se porter candidat à ses côtés.Le puissant président des Travailleurs unis de l'automobile (TUA), Buzz Hargrove, a cependant évoqué la possibilité d'un vote-stratégique dans les circonscriptions où le libéral a de meilleures chances de battre le candidat de Mike Harris.Avec une caisse électorale moins bien garnie que celle des libéraux et surtout des conservateurs, le NPD ne peut effectivement se passer des travailleurs d'élection que peut lui fournir le mouvement syndical.Hampton entend faire campagne presque uniquement sur les dommages infliges aux services de santé depuis quatre ans.H a d'ailleurs lancé sa campagne électorale devant le bureau du coroner, dont deux des derniers rapports ont réclamé de meilleurs soins dans les urgences et les services clc santé mentale.Si jamais il formait le prochain gouvernement, ou détenait la balance du pouvoir, Hampton promet de réviser les baisses de taxe consenties aux hauts salariés par Harris. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 MAI 1999 Plus Le dauphin de Clinton patauge Al Gore gaffe et perd du terrain au profit de ses adversaires à la présidence Richard Hétu collaboration spéciale NEW YORK De tous les vice-présidents des États-Unis, Al Gore est peut-être celui à qui un président a donné le plus de place au cours de son mandat.À la fin d'avril, lors d'un service à la mémoire des victimes de la tuerie de Littleton, c'est lui qui a offert les condoléances de la nation américaine.Cette semaine, à la Maison-Blanche, il jouait encore un rôle de premier plan en s'entretenant pendant de longues heures avec l'envoyé spécial de la Russie auprès de la Serbie, Victor Tchemomyrdine.De tous les candidats aux élections présidentielles de l'an 2000, Gore est aussi celui à qui le sort semble le plus sourire.À 52 ans, il a non seulement l'expérience de la Maison-Blanche, mais également celle du Sénat et de la Chambre des représentants.Il a écrit un livre important sur l'environnement, Earth in the Balance.Il a servi son pays au Vietnam.Il mène une vie familiale irréprochable.Et il est au pouvoir à une époque où l'économie américaine est rugissante.Et pourtant, les Américains boudent Al Gore.Selon tous les sondages, ils ne sont pas prêts à confier au bras droit de Bill Clinton les destinées de leur pays en l'an 2000.Ils préfèrent au vice-président les deux candidats favoris des républicains, George W.Bush et Elizabeth Dole.Et ils sont de plus en plus nombreux à tendre l'oreille à l'unique adversaire déclaré de Gore pour l'investiture du Parti démocrate, Bill Bradley, qui a connu une brillante carrière au basketball professionnel avant d'être élu sénateur du New Jersey.Le mythomane Gore n'a que lui à blâmer pour ses difficultés.Lorsqu'il ouvre la bouche, il lui arrive très souvent de tenir des propos qui l'exposent au ridicule.Dans une entrevue récente à la télévision, par exemple, il a revendiqué la paternité d'une des plus importantes innovations de la fin du XXe siècle.« J'ai pris l'initiative dans la création d'Internet », a-t-il déclaré.Gore voulait sans doute dire qu'il avait joué un rôle important au Congrès dans De tous les candidats aux élections présidentielles de Tan 2000, Al Gore est celui à qui le sort semble le plus sourire.À 52 ans, il a non seulement l'expérience de la Maison-Blanche, mais également celle du Sénat et de la Chambre des représentants.l'adoption de lois qui ont contribué à l'avènement de l'autoroute électronique.Mais sa façon de s'exprimer sur le sujet n'a fait que rappeler aux Américains sa propension à l'exagération, voire à la mythomanie.La meilleure de Gore date d'il y a deux ans, quand il a prétendu être le modèle d'Oliver Barrett IV, cet étudiant d'Harvard dont l'histoire est racontée par l'auteur Erich Segal dans son livre Love Story, porté plus tard au grand écran.Gore a bel et bien vécu à Harvard une histoire d'amour avec celle qui allait devenir sa femme, Tipper.Il a également été camarade de classe de Segal.Mais celui-ci a nié les prétentions de Gore, rapportées par le magazine Time.Ce que les journalistes ont pu se bidonner.Plus récemment, Gore a tenté de séduire les électeurs de l'Iowa en s'inventant un passé agricole au Tennessee, où il a vu le jour.En parlant de son père, il a déclaré : « Il m'a appris à nettoyer le purin de porc avec une pelle et un tuyau d'arrosage.Il m'a appris à défricher la terre avec une hache à deux tranchants.Il m'a appris à labourer à flanc de colline avec une paire de mules.Il m'a appris à soulever des bottes de foin toute la journée sous le soleil brûlant.» L'ennui, c'est que Gore a vécu sa jeunesse à Washington, où son père était sénateur et De curieux objets promotionnels sont apparus sur le marché en prévision de la candidature de Gore à la présidence, notamment le GoreMay Coffee (« gourmet coffee »).où il a fréquenté la plus huppée des écoles privées.Les petites idées Gore est également tourné en ridicule par les médias pour les thèmes qu'il défend dans sa campagne à la présidence.Le vice-président semble vouloir suivre l'exemple de Clinton qui a été réélu en 1996 en mettant l'accent sur de petites idées susceptibles de plaire à l'électoral de la banlieue, comme le port de l'uniforme à l'école, la lutte contre le tabac chez les adolescents et les couvre-feux dans les municipalités.Ainsi, au cours des dernières semaines, Gore a sommé les fabricants de médicaments de grossir les lettres sur leurs étiquettes.Il s'en est pris aux compagnies aériennes pour leur façon de traiter leurs passagers.Et ii a dénoncé les affres des bouchons de circulation sur les autoroutes.Selon Gore, le prochain président des États-Unis sera celui qui comprendra « jusqu'à quel point les parents au travail sont fatigués, jusqu'à quel point ceux-ci détestent être pris dans des bouchons de circulation ».Les médias ne sont pas les seuls à se moquer des petites idées de Gore.Bradley, son adversaire à l'investiture du Parti démocrate, ne manque jamais une occasion de les évoquer pour souligner le contraste avec ses propres idées, qui sont ambitieuses.Bradley, qui s'est retiré du Sénat en 1996 après s'être bâti une réputation de politicien cérébral, veut se porter au secours du quart des enfants américains vivant dans la pauvreté.Il veut aussi s'attaquer au fossé qui sépare encore les Blancs et les Noirs aux États-Unis.Le boulet du Kosovo Les discours de Bradley ont fait de l'ancien sénateur du New Jersey la coqueluche des médias, qui ne cachent pas leur irritation à l'endroit de Gore.Récemment, l'hebdomadaire The New York Observer, a publié un titre à la une qui résume bien l'opinion de la classe journalistique concernant les deux candidats démocrates : « Gore gaffe, Bradley flotte.» Reste évidemment à voir si les idées ambitieuses de Bradley trouveront un écho au sein de la population américaine, généralement réfractaire aux grands projets gouvernementaux.L'ex-sénateur est peut-être populaire auprès des journalistes, mais il n'es pas l'orateur le plus enlevant ni le politicier le plus charismatique.A plus d'un an des présidentielles de i'ar 2000, Gore ne se retrouve pas moins aujourd'hui dans une position fort semblable .celle de George Bush à la fin du règne de Ro nald Reagan.Vice-président, il veut succède à un président dont la popularité et le cha risme ne font aucun doute.Il espère san doute refaire le coup de Bush, élu par un< population qui ne voulait pas toucher à uni formule gagnante.Mais il a au pied un bou let que le père de George W.n'avait pas une guerre à l'étranger.Gore est solidaire du président dans s.campagne contre le régime de Milosevic Mais, avant de rejoindre Tipper dans le li conjugal, il doit chaque soir prier pou qu'elle prenne fin avant le début officiel d la prochaine campagne présidentielle.Sinon ses petites idées risquent vraiment de ne pa peser lourd dans la balance.Le modèle japonais des retraites Un système qui marie avec bonheur répartition et capitalisation JEAN-PIERRE ROBIN Le Figaro Les Japonais sont fiers de leurs dons d'imitation et d'industriels, qu'ils estiment sans limite.On fabrique de tout dans l'Archipel, y compris les produits les plus étrangers à la tradition nationale, des pianos ou du Champagne.De leurs contacts avec l'Occident, il n'y a que le christianisme qui n'ait pas réellement réussi à s'acclimater, malgré les efforts des jésuites venus dès le XVIe siècle.En revanche, les institutions sociales occidentales ont été observées et assimilées.Les retraites par répartition, par capitalisation, les pécules de fin de carrière ou la pension universelle de base coexistent aujourd'hui sans complexe : « Pour un extraterrestre débarquant sur nôtre planète, le Japon constituerait un laboratoire permettant en un seul lieu de connaître l'ensemble des dispositifs existant et ayant existé sur Terre », considère Jean-François Estienne, dans son ouvrage Réforme et avenir des retraites : les enseignements de l'exemple japonais A J pf3(jj0 Bombolong ' i Ziguinchor l O\"\u2014\u2014 BISSAU Bafata ; 0 «cas?V' T BISSAU 2 km ^^TsSSf ' \"jjtiPSUs .-^.-v, ?présidt [Ambassade du Portugal!_;-r - loi' 11 GUINEE BISSAU présidentiel 1 ?lies Bijagos GUINEE Ambassade de France et centre culturel \u20142a\u2014t-^- j Caserne de la Marine Ï6ËBM Hôpital o Cathédrale ssfcr QG armée 0 L JL 100 km C0NAKRYD | Principaux W combats AFP= bonne a démenti cette demande d'asile, sans toutefois en exclure l'éventualité.Le commandant Zamora Induta, porte-parole de la junte militaire, a annoncé la fin des combats après la reddition des loyalistes et assuré que la junte « n'avait aucune intention de tuer » le président déchu.Son éviction met un terme à une rébellion militaire commencée le 7 juin 1998 avec à sa tête le chef d'état-major, le général Ansumané Mané, 59 ans, et qui a fait depuis plusieurs centaines de morts.Cette crise a paralysé l'économie, tournée vers la pêche et l'agriculture, de ce pays coincé entre le Sénégal et la Guinée et composé d'un territoire continental et de quelque 25 îles.La rébellion avait pour origine le limogeage en juin 1998 du général Mané dans le cadre d'une affaire de trafic d'armes vers la Casamance (sud du Sénégal), dont il a été blanchi depuis par une commission d'enquête parlementaire.Les forces rebelles avaient dès octobre 1998 pris le dessus en contrôlant toutes les villes de l'intérieur du pays.Jeudi d'intenses tirs, y compris à l'arme lourde, avaient repris dans la capitale, marquant une nouvelle rupture d'un cessez-le-feu signé le 1er novembre 1998 à Abuja (Nigeria) et renouvelé depuis.L'accord d'Abuja prévoyait le retrait des forces étrangères \u2014 3000 soldats sénégalais et guinéens venus prêter main-forte aux troupes loyalistes\u2014, le déploiement d'une force d'interposition ouest-africaine (ECOMOG) de 600 hommes et l'organisation d'élections.Selon le Premier ministre du gouvernement d'unité nationale mis en place dans le cadre de cet accord, Francisco Fadul, les combats ont repris à cause du refus de désarmer 600 soldats de la garde présidentielle, comme le prévoyait le processus de règlement de la crise.Ancien électricien passé dans la lutte contre le pouvoir colonial rjoY-tugais qui a abouti en 1974 à l'indépendance officielle du pays,; le président Vieira était arrivé au pouvoir en novembre 1980 à la faveur d'un coup d'État contre le premier président.Luis Cabrai.Il avait en 1984 été constitutionnel lenu-nt élu à la tête de l'État.La Turquie prépare l'interdiction d'un parti islamiste CEYHUN ERGUVEN Agence France-Presse, ANKARA Le parquet de la Cour de cassation turque a lancé hier une procédure d'interdiction contre le parti islamiste de la Vertu (Fazilet) de Recai K titan, en pleine crise du foulard au parlement.Cette procédure, lancée par le procureur général de la Cour Vural Savas, devrait aboutir à la fermeture du Fazilet, troisième parti au parlement issu des législatives du 18 avril avec 111 députés sur 550.L'acte d'accusation de sept pages demande à la Cour constitutionnelle la dissolution du Fazilet conformément aux articles 68 et 69 de la loi fondamentale, qui stipulent que « les programmes et les activités des partis politiques ne doivent pas être incompatibles avec les ca- ractères démocratique et laïque de l'État ».L'ouverture de cette procédure a été précipitée par le scandale créé par une députée du Fazilet, Merve Kavackci, qui s'était présentée dimanche à la session inaugurale du parlement avec un foulard islamique, symbole de l'Islam politique aux yeux de l'armée et des milieux pro-laïques.Mmc Kavakci, 31 ans, avait dû quitter le parlement sans prêter serment, face au tollé provoqué par sa présence.Le foulard est interdit dans les écoles, les universités et la fonction publique en Turquie, mais il n'est pas explicitement banni au parlement.Dans son acte d'accusation, M.Savas fait référé iue à cette al la ire en notant que « tous les dirigeants du Fazilet, y compris son président.ont fait volontairement de la provocation sur le port du foulard en exploitant les croyances religieuses de notre peuple comme des vampires en quête de sang ».Il compare le parti islamiste à « une tumeur cancéreuse maligne qui produit des métastases ».Il affirme que ses activités sont contraires aux articles 2 et 24 de la Constitution, qui définissent les « caractères de la République de Turquie laïque » et les « libertés de religion et de foi ».Le procureur réclame l'interdiction de politique pendant cinq ans de tous les cadres de ce parti, y compris Recai Kutan, et le retrait du mandat de tous les députés du Fazilet.M.Kutan a dénoncé la procédure « plus politique que juridique », affirmant que son parti mènerait sa « lutte juridique jusqu'au bout », lors d'une conférence de presse au siège de son parti à Ankara.Vural Savas avait déjà lancé une information judiciaire en mai 1997 contre le parti islamiste de la Prospérité (Refah), prédécesseur du Fazilet, de M.Necmettin Erbakan, alors à la tête d'une coalition gouvernementale à dominante islamiste.Cette procédure, basée sur les mêmes chefs d'accusation, avait entraîné l'interdiction du Refah en janvier 1998 pour « activités anti-laïques ».M.Erbakan et cinq autres députés du Refah avaient été interdits de politique pour cinq ans.Dans son acte d'accusation, M.Savas affirme que le Fazilet « est la poursuite non seulement du Refah, mais de tous les partis politiques islamistes dissous par \\r passé par la justice ».1 \u2022\u2022B 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 8 MAI 1999 Monde n Ecosse et au Pays de Galles, le Labour est minoritaire d'après AP et AFP IONDRES s Si les travaillistes de Tony Blair l'ont emporté dans les élections historiques portant création de Parlements auto ' ^n'ornes en Ecosse et au Pays de Galles, ils ont néanmoins raté la majorité absolue, la faute aux formations nationalistes.De surcroît, le Labour enregistre un certain recul aux élections municipales.« Je crois et j'espère que l'union du Royaume-Uni sortira renforcée et non affaiblie de ces élections », a commenté le Premier ministre Tony Blair, grand artisan de la décentralisation.Sur les 129 sièges à pourvoir, ils en ont obtenu 56, soit environ 40 % des voix, contre 35 (30 %) aux indépendantistes du Parti national écossais (SNP), leurs grands rivaux.Les conservateurs et les libéraux-démocrates arrivaient loin derrière avec 18 et 17 élus.Pour les observateurs, ces résultats confirment que la grande majorité des 5,1 millions d'Écossais se satisfont, pour le moment, d'une d'autonomie élargie au sein de la Grande-Bretagne.En revanche le leader du SNP, Alex Salmond, a estimé que la nouvelle assemblée devait « emmener (la) nation (écossaise) vers la liberté nationale et l'indépendance.« Le Parlement écossais, qui se réunira pour la première fois le W juillet, aura compétence dans de nombreux domaines, notamment la santé, l'éducation, le développement économique, le tourisme, la police, la justice et la politique sociale.Il pourra modifier l'impôt sur le revenu fixé par Londres dans une marge de 3 % et avoir une re- sièges : les Travaillistes en tête Prpiection sur plus de 90% des bulletins de voie dépouillés 129 sièges à pourvoir Travaillistes Parti national écossais Conservateurs Libéraux- Parti démocrates socialiste écossais Vert AFP= présentation permanente auprès de l'Union européenne- Au Pays de Galles, les élections ont été marquées par une forte abstention, plus d'un électeur sur deux ayant boudé le scrutin.Il faut dire que la nouvelle assemblée, la première de la région depuis plus de cinq siècles, aura beaucoup moins de pouvoirs qu'en Ecosse.Là encore, le Labour n'a pas obtenu la majorité des 60 sièges attribués, n'en remportant que 28, contre 17 aux nationalistes du Plaid Cymru, neuf aux conservateurs et six aux libéraux-démocrates.Mais la mauvaise nouvelle, côté travailliste, vient surtout des élections locales, qui avaient été* organisées la veille dans toute la grande-Bretagne, avec pour «njeu l'élection-de 362 conseils municipaux, v ; ;V J Selon des résultats provisoires, le parti de Tony Blair perd quelque 1014 sièges, alors que les conservateurs se refont une santé après leur déroute aux élections générales de 1997, avec un gain de plus de 1300 sièges.Le dirigeant du Parti conservateur britannique, William Hague, a provisoirement sauvé sa tête.Tel un condamné qui découvre àue la sentence est suspendue, William Hague ne cachait pas son soulagement de bon matin sur la JBC à l'annonce de ce qu'il a appelé avec quelque exagération les « résultats extraordinaires » des Tories.1 Tous les experts pronostiquaient une guillotine certaine au dirigeant s'il ne parvenait pas à regagner au moins un millier de sièges lors d'un scrutin destiné à renouveler 13 000 conseillers municipaux.L'ex-préfet de Corse, en grève de la faim, dédouane le gouvernement Agence France-Presse PARIS L'ex-préfet de Corse Bernard Bonnet, accusé d'être l'instigateur de l'incendie criminel d'un restaurant, a commencé une grève de la faim pour protester contre son incarcération tout en dédouanant le gouvernement de toute responsabilité dans ce scandale, a-t-on appris hier de source judiciaire.Cependant l'ancien chef des gendarmes de Corse, le colonel Henri Mazères, responsable des cinq gen- darmes d'élite qui ont commis cet incendie, a accusé devant le juge l'ex-préfet d'en avoir donné l'instruction.Le colonel Mazères a reconnu qu'« il avait donné l'ordre de brûler la paillote sur les instructions formelles du préfet Bernard Bonnet », a affirmé son avocat Mc Mario Stasi.Selon l'avocat, le préfet « voulait marquer ainsi une espèce d'arrêt à ce qu'il estimait être des atteintes à l'État, dont l'autorité était bafouée à longueur de temps ».La déposition du colonel, inculpé et écroué à la prison de la Santé à Paris, pour complicité dans l'incendie, constitue la plus forte accusation portée contre l'ex-préfet Bonnet depuis le début de l'affaire.Par ailleurs, selon M?Stasi, le colonel a également reconnu avoir participé à une autre tentative d'incendie, le 7 mars, visant la paillote « Aria Marina », au nord d'Ajaccio, confirmant l'accusation d'un des cinq gendarmes impliqués.Selon la presse, le colonel Mazères aurait planifié plusieurs mis- sions de commatndos dans le golfe d'Ajaccio, sur la côte ouest de cette île méditerranéennen.À propos de l'implication de l'ex-directeur de cabinet du préfet, Mc Stasi a déclaré que « Gérard Pardini a fait des dépositions très complètes qui vont dans le même sens que celle du colonel Mazères ».Les cinq gendarmes ont accusé directement leurs supérieurs, le colonel Mazères et Bernard Bonnet, d'avoir commandité l'incendie, le 20 avril, de la paillote « Chez Fran- cis », bâtie illégalement sur une plage.Tous ces hommes ont été inculpés et emprisonnés cette semaine.Bernard Bonnet et Gérard Pradini, emprisonnés à Paris, ont été démis de leurs fonctions.La question-clef est maintenant de déterminer qui a été tenu informé au plus haut niveau de cette opération catastrophique pour le crédit de l'État, dans une île de 250 000 habitants en proie à de multiples maux, dont le terrorisme nationaliste et la corruption.Plus vous jouez, plus vous avez la chance de Aucun ochot requis.GAGNER Le gognont doit être présent ]ç prix de TIRAGE DU GRAND PRIX le 27 mai 21 h ÎOOOO comptant Plus prix de 500$ comptant tous les jours Lundi au jeudi 21 h \u2022 10 au 27 mai Us gognonts du prix quotidien sont odmissibles ou Grand prix.Le prix quotidien est attribué seulement oux billets émis ce jourJo.Ouvert 24 heures par jour \u2022 Stationnement avec chasseur GRATUIT \u2022 Route 37, Hogansburg, NY (à 16 km de Cornwall) 1-888-622-11 5 5 MONTRÉAL ET LES ENVIRONS AUJOURD'HUI LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES MAXIMUM Nuageux avec averses.Probabilité de précipitations: 60%.Vents du sud de 15 km/h à 25 km/h.21 CETTE NUIT c\tMINIMUM a| Ciel dégagé.DEMAIN\tMAX/MIN A Nuageux.V £t M 1 Probabilité de précipitations: 40%.LUNDI\tMAX/MIN ^ f\" È0\\ Nuageux avec averses.V VI Probabilité de précipitations: 60%.QUÉBEC\tOTTAWA TORONTO AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.21/9.DEMAIN Nuageux avec averses.22/8.LAME Not I AUJOURD'HUI Nuageux avec averses.21/11.Nuageux avec averses.24/10.AUJOURD'HUI Ciel variable.21/10.DEMAIN Nuageux avec averses.2279.\t\t\t \t\t\\ VI\tY\" (\\ \t\t\t \t\t/ \u2014^jy.j\t1 / / / \u2022 MU Edtnonton / ^ Jxy / \\\tA .[ Winnipeg \u2022\t\t A / / / îudbi Halifax mm /I/ / / y / / / / Chi< le*.Qa8** Misas/ © Services Comrf MM 199' \t/\t\t \tV/\t\t \t/\t*\t40 \t/\t/\t30 \t/\t/\t20 fy\t/\t/\t10 / /\t/\t/\tn / /\t/\t\tw \t\t\t-10 / /\t/\t\t y y\t\t\t-20 \t\t\t \t\t\t-30 Miami\t\t\t Les systèmes météorologiques sont pour 14h00 cet aprôs-midi.Front chaud Front froid Occlusion Creux 121 ** ' ' o o Anticyclone Dépression Neige Pluie Pluie verglaçante Orages PRÉVISIONS RÉGIONALES L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL Val-d'Or 22/7 Chicoutimi 23/9 La Tuque 21/9 Maniwaki 22/9 _ i ^.Trois-Rivières Sainte-Agathe 2i/i2 21/8.% QUÉBEC 21/9 Rimouski 20/8 HULL/0TTAWA 21/11 Plattsbuigfc MONTRÉAL 21/11 îheffirtoke 22/9 Burlington 22/14 Température Max Min Hier 26 17 Normales du jour 16 5 Auj.l'an passé 22 12 Records Plus haut maximum: Plus bas minimum: 27 en 1979 -3 en 1956 Facteur Vent Aujourd'hui : Précipitation Nul Hier: 0mm 1 mm d'eau = environ 1 cm de neige Le Soleil et La Lune 5h34 20h10 1h00 11h00 Durée totale du jour: 14h36 C O D O 08 mai 15 mai 22 mai 30 mai AU PAYS LE MONDE AU SOLEIL BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPÉ SEPT-ÎLES AUJOURD'HUI Nuageux avec percées de soleil 20/7.DEMAIN Nuageux avec averses.17/4.AUJOURD'HUI Plutôt nuageux 19/4.DEMAIN Nuageux avec percées de soleil.14/2.AUJOURD'HUI Passages nuageux.23/4.DEMAIN Nuageux avec averses.20/4.AUJOURD'HUI Ciel vanable.19/6.DEMAIN Nuageux avec averses.13/6.\tAUJOURD'HUI\t\tDEMAIN\t\t\tAUJOURD'HUI\t\t\tAUJOURD'HUI\t Calgary\tNuageux\t8/-1\tPluie\t9/3\tAmsterdam\tBeau\t18/11\tAcapulco\tBeau\t33/21 Charlottetown\tBeau\t21/7\tNuageux\t21/8\tAthènes\tSoleil\t24/8\tBahamas\tSoleil\t29/23 Cornwall\tAverses\t21/11\tNuageux\t24/10\tBeijing\tNuageux\t33/19\tBarbade\tBeau\t31/24 Edmonton\tAverses\t8/2\tAverses\t10/2\tBerlin\tPluie\t21/9\tBermudes\tSoleil\t23/18 Frédéricton\tVariable\t24/8\tAverses\t23/8\tBruxelles\tVariable\t19/9\tCancun\tSoleil\t33/24 Halifax\tBeau\t20/5\tAverses\t17/6\tBuenos Aires\tVariable\t19/11\tDaytona B.\tOrages\t31/20 Iqaluit\tAverses\t13/0\tAverses\t10/-4\tLisbonne\tSoleil\t20/11\tFt.Lauderdale Beau\t\t31/23 Moncton\tBeau\t22/7\tAverses\t21/7\tLondres\tPluie\t17/10\tHonolulu\tBeau\t28/21 Régine\tVariable\t13/3\tVariable\t14/2\tLos Angeles\tBeau\t21/13\tJacksonville\tOrages\t31/22 Rouyn\tNuageux\t22/7\tPluie\t21/3\tMadrid\tSoleil\t23/3\tKeyWest\tBeau\t29/26 Saint-Jean\tVariable\t12/2\tVariable\t13/4\tMexico\tBeau\t28/11\tLa Havane\tBeau\t30/23 g Saskatoon\tAverses\t11/2\tÉclaircies\t15/2\tMoscou\tBeau\t11-2\tLas Vegas\tBeau\t31/185 Sudbury\tAverses\t19/8\tPluie\t21/6\tNew Delhi\tBeau\t46/28\tMiami\tBeau\t31/24^ M Thunder Bay\tVariable\t14/4\tVariable\t17/-1\tNew York\tAverses\t21/14\tMontego Bay\tSoleil\t31/25 ! Vancouver\tÉclaircies\t13/4\tBeau\t13/6\tParis\tNuageux\t18/7\tOriando\tOrages\t31/21 § Victoria\tEclaircies\t13/4\tVariable\t14/5\tPort-au-Prince\tSoleil\t31/25\tPalm Springs\tSoleil\t36/18 ! Whitehorse\tEclaircies\t7/-3\tVariable\t8/-3\tRio\tBeau\t26/19\tPuerto Plata\tSoleil\t30/24*3 Windsor\tÉclaircies\t22/11\tAverses\t22/9\tRome\tBeau\t23/11\tTallahasse\tOrages\t31/19 1 Winnipeg\tEnsoleillé\t10/0\tVariable\t12/3\tTokyo\tVariable\t23/18\tTampa\tOrages\t29/231 Yellowknife\tBeau\t7/-3\tVariable\t8/-1\tWashington\tAverses\t27/17\tW.Palm B\tBeau\t31/23© Lee modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité I ! SUPER ± 13 17 19 27 32 37 Tirage du 99-05-07 Numéro complémentaire 46 Tirage du 99-05-07 3 4 167 1426 Itra NUMÉROS 419347 19347 9347 347 47 7 Tirage du 99-05-07 LOTS 100 000S 1 000 S 250$ 50$ 10$ 2S 9 Tirage du 99-05-07 13 22 25 36 37 40 41 42 43 44 47 56 59 60 63 65 67 68 ÉC3S8: NUMÉROS 470298 70298 0298 470291 47021 47011 Tirage du 99-05-07 LOTS 50 000$ 5000$ 250$ 25$ 5$ 1 000$ 100$ 10$ "]
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