La presse, 11 mars 1998, B. Politique
[" B Montréal, mercredi 11 mars 1998 ÉDITORIAL / OPINIONS / CYBERPRESSE LJ A vO.'/* dit.' , '24 rrx>«v.MflMinl *mtW m [2950 Sou éctanotéourva-\u2022ent Ta»e».transport tt pre-j } ovation tnsm.20 000 Km par année.| 4305, boul.Métropolitain, Est / (514) 725-9394 SCUTll SUBARU Sang contaminé : recours de 3,8 milliards Le recours collectif est requis par les hépatiques injectés avant 1986 et après 1990 MARIE-CLAUDE GIRARD La demande de recours collectif de 3,85 milliards déposée hier matin à Toronto par des victimes de l'hépatite C devrait s'appliquer également aux victimes québécoises infectées avant 1986 et après 1990.L'avocat qui a déposé la nouvelle requête, David Harvey, s'attend toutefois à ce que les gouvernements fassent valoir que la poursuite ne peut s'appliquer à l'extérieur de l'Ontario.Depuis quelques semaines, des informations circulent à l'effet que les gouvernements provinciaux et fédéral comptent indemniser uniquement les personnes infectées entre 1986 et 1990, années où les États-Unis et le Canada ont instauré leurs système de dépistage du virus de l'hépatite C.Craignant d'être exclus du plan de compensation parce que conta- L'affaire du dossier fiscal du député Lebei prend des allures de roman policier K ATI A GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Comment le dossier fiscal du député Ghislain Lebel s'est-il retrouvé au cabinet de l'ex-minis-tre du Revenu, Roger Bertrand, alors qu'il était conservé dans une filière sous clé et que personne ne l'en a sorti ?C'est à cette question, véritable intrigue de roman policier, que le procureur de la Commission d'accès à l'information, Marc Bergeron, a vainement tenté d'obtenir une réponse, hier, pendant toute une journée d'audiences publiques.Et personne, du sous-ministre au simple fonctionnaire, n'a été en mesure d'y répondre.Une chose est sûre, le dossier complet du député Lebel était au cabinet du ministre, où l'a retrouvé Sylvie Girard, la directrice de cabinet de l'actuelle titulaire du portefeuille, Rita Dionne-Marsolais, au moment où un journal a publié des informations sur le présumé coulage d'informations au bureau du premier ministre.Et une annotation sur une des pages, qui identifie M.Lebel comme étant un député du Bloc québécois, y avait été inscrite par Pierre-Sarto Blanchard, un employé du bureau du sous-ministre.Mais pour se retrouver au cabinet du ministre, le dossier a d'abord dû sortir de la filière de la fonctionnaire Johanne Daigle, qui est constamment gardée sous clé.Mme Daigle affirme ne pas avoir transmis le dossier de M.Lebel à quiconque.Roger Gendreau, le seul autre employé à posséder une clé du classeur, affirme lui aussi n'en avoir jamais fourni de copie à qui que ce soit et ne peut, pas plus que Mme Daigle, s'expliquer comment le dossier s'est retrouvé au cabinet du ministre.Bien plus, celui qui occupait à l'époque les fonctions de sous-ministre au Revenu, Pierre-André Paré, qui se trouve donc à être le grand patron de tous les fonctionnaires du ministère, s'est montré tout aussi laconique dans ses réponses.Comment se fait-il que figure au dossier de M.Lebel une annotation d'un employé du bureau du sous-ministre ?Aucune idée, a répondu M.Paré, affirmant qu'il n'existait aucune directive précise, au bureau du sous-ministre, de faire rapport au cabinet lors de dossiers litigieux impliquant des parlementaires.« Je ne connais pas l'existence de ça », a-t-il déclaré.C'est pourtant le même Pierre-André Paré qui, dès 1994, a demandé à ses fonctionnaires de suivre avec davantage d'attention les dossiers des parlementaires classés « délinquants » par le fisc et de lui dresser annuellement un tableau-bilan de la situation.Et de plus, au cabinet de l'actuelle ministre du Revenu, on dit « s'attendre » à ce que la ministre soit informée des dossiers traités par le ministère qui concernent des personnalités publiques.« Qui doit vous en informe r ?» a demandé Me Bergeron.« Notre interlocuteur, c'est le bureau du sous-ministre », a répondu sans hésiter la directrice de cabinet de Rita Dionne-Marsolais, Sylvie Girard.minés avant 1986, Derek Marchand, Michael McCarthy et son épouse Christine ont déposé une demande d'autorisation d'un recours collectif contre le gouvernement fédéral, le gouvernement on-tarien et la Société canadienne de la Croix-Rouge.Les autres gouvernements provinciaux sont liés inévitablement, estime Me Harvey.La Croix-Rouge pourrait avoir de la difficulté à affronter une nouvelle poursuite.Son négociateur.Bob Rae, affirmait la semaine dernière que l'organisme risquait de fermer ses portes s'il n'obtenait pas l'aide du gouvernement.La nouvelle menace de poursuite survient alors que le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, s'apprête à annoncer son plan de compensation des victimes de l'hépatite C.M.McCarthy souligne que l'offre du ministre sera examinée attentivement.« Si nous sommes exclus ou si l'offre est inadéquate, nous poursuivrons les démarches.» Son avocat estime que quelque 22 000 personnes pourraient prendre part au recours.Il a fixé le montant de la poursuite en se basant sur les sommes réclamées par le premier recours ontarien, lequel représente 20 000 personnes infectées entre 1986 et 1990.Me Harvey admet qu'il sera plus difficile de démontrer la négligence de la Croix-Rouge et des gouvernements avant 1986 et après 1990.« C'est triste de voir comment les politiciens canadiens agissent ac- tuellement, commente M.McCarthy.Pourquoi est-ce que je dois dévoiler ma vie privée sur la place publique alors qu'on sait que les gouvernements sont responsables ?» Le recours collectif accordé récemment au Québec ne s'applique qu'aux personnes infectées entre 1986 à 1990.Le montant réclamé et le nombre de personnes admissibles n'ont pas encore été établis.Atteint d'hémophilie, M.McCarthy a cessé d'utiliser des produits sanguins en .1985, après que des médecins l'eurent avisé des risques de contamination.Maintenant que le système de distribution est plus sûr, il a recommencé à utiliser des produits favorisant la coagulation du sang.Par ailleurs, la section québécoise de la Société canadienne de l'hémophilie craint que Québec ne puisse mettre en place un système PHOTOPC Le chef conservateur, Jean Charest, reçoit de la députée Elsie Wayne une chaleureuse accolade aux allures d'adieu.M.Charest a indiqué hier, lors d'une conférence de presse, qu'il se donnait une courte période de réflexion pour décider s'il briguerait le direction du Parti libéral du Québec.La réflexion de Charest entretient l'espoir chez les députés libéraux GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC La décision du chef conservateur, Jean Charest, de s'accorder quelque temps de réflexion est perçue par les députés du Parti libéral du Québec comme une raison de nourrir l'espoir qu'il se joindra à eux et leur permet d'entretenir l'enthousiasme auprès des militants.Mais c'est avec prudence qu'ils analysaient la situation, hier, comme pour éviter d'être piégés par une décision qui pourrait aussi ne pas être celle qu'ils souhaitent.En fait, personne ne parlait encore de soulagement, à la sortie de la période des question qui a marqué la reprise des travaux parlementaires.« Si je suis soulagé ?Il n'a pas pris sa décision.Il a indiqué clairement qu'il ne fermait pas la porte.En ce qui me concerne, je trouve ça intéressant pour le Parti libéral qu'une candidature aussi intéressante que celle de M.Charest soit envisagée.Mais ça ne ferme pas la porte à d'autres candidatures.Oui, C'est intéressant pour le parti », en conclut le whip en chef du PLQ, Georges Farrah, incidemment membre du comité d'organisation du Contres de direction, qui aura vraisemblablement lieu en juin.Invité à livrer ses commentaires, le vice-premier ministre Bernard Landry déplore que le Québec, le Canada et le PLQ attachent leur destin « à des facteurs aussi superficiels ».« C'est un spectacle qui illustre le désarroi canadien, hélas ! » « Dans le cas de M.Charest, il semble y avoir un tel gonflement à l'hélium de l'image pour un substrat d'idées tellement faibles que c'est tentant de dégonfler la baudruche le plus rapidement possible », soutient M.Landry en soulignant que Lucien Bouchard est un leader « éminemment charismatique », mais qu'il n'est pas que cela.« Il a des idées puissantes, profondes et arrêtées sur le destin du Québec », dit-il.Pour le président du caucus libéral, Jacques Chagnon, « ce n'est pas une question de soulagement.Il y a d'autres candidats.M.Charest demande du temps et la paix.On doit les lui laisser », estime-t-il.Le responsable du dossier constitutionnel au PLQ, Jean-Marc Fournier, député de Châteauguay, se dit content « dans la mesure où les gens tiennent compte de ce que la population exprime et de l'enthousiasme que cela attire ».« Je suis content mais à mon avis, il n'y a pas de décision qui a été rendue.Il y a une réflexion, je vais respecter cette réflexion et le délai que se donne M.Charest ».explique M.Fournier, qui insiste sur l'enthousiasme qu'il observe « sur le terrain à la perspective qu'à la fin de l'année M.Bouchard ne soit plus premier ministre ».La députée de Marguerite-Bour-geoys, Liza Frulla, répète qu'elle ne sera pas candidate si Jean Charest dit oui aux libéraux.« Essayons de conserver toute notre énergie parce qu'on a un objectif commun dans la foulée de la décision de Daniel Johnson, c'est de gagner les prochaines élections pour qu'il n'y ait pas d'autre référendum et pour assurer la stabilité politique et économique du Québec », lance-t-elle.Pour le prétendant à la direction Pierre Paradis, rien de changé.« Je suis dans la même situation qu'hier, je continue à rencontrer des militants (.) J'ai poursuivi au cours de la journée des consultations téléphoniques.Il faut continuer à travailler le programme, il faut continuer à travailler l'organisation.II faut s'assurer qu'on a les moyens de faire la lutte.» Le député libéral de Laurier, Chrlstos Sirros, l'un des premiers à tourner les yeux du côté de Sherbrooke, soutient avoir toujours eu confiant que M.Charest acceptera le défi qui lui est proposé.« Quand on regarde les enjeux, j'ai toujours été confiant qu'un homme politique mature qui croit en l'avenir du Québec dans le Canada, et à un meilleur avenir économique pour les Québécois, arriverait a la conclusion ultime que c'est ce qu'il doit faire », indique-t-il.r d'approvisionnement efficace et sécuritaire pour le 1er septembre, date à laquelle les nouveaux services prendront la relève de l'Agence canadienne du sang et de la Croix-Rouge.D'après le directeur de l'organisme, Pierre Desmarais, des questions de réglementation ne sont toujours pas réglées et le ministre Rochon n'a pas encore démontré la pertinence d'un système indépendant pour le Québec.«C'est une décision politique.Le ministre ne nous a pas convaincus que c'était justifié par des questions de sécurité ou d'économie.» Il s'inquiète qu'il n'y ait pas encore d'ententes entre les provinces pour le transfert des produits sanguins ou pour le traitement des produits aux États-Unis, notamment pour le fractionnement du facteur 8, un produit sanguin utilisé pour traiter l'hémophilie.\u2022 Une compensation aux victimes de l'hépatite C sera annoncée avant la fin du mois DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Le gouvernement du Québec, les autres provinces et le gouvernement fédéral annonceront d'ici la fin du mois un programme de compensation pour les hémophiles qui ont contracte l'hépatite C à partir de produits sanguins non sûrs, a promis hier le ministre de la Santé, Jean Rochon.Interrogé hier à l'Assemblée nationale M.Rochon a dit espérer « que d'ici le milieu ou la fin de mars on aura pu en venir à une entente avec le fédéral pour que le programme puisse être annoncé ».Les paramètres de ce programme sont actuellement en discussion avec les autres provinces, a-t-il précisé.« Si tout le monte y compris le fédéral fait sa juste part là-dedans on devrait régler tout cela assez rapidement », a dit le ministre en réponse aux question du député libéral de Nelli-gan, Russell Williams.Plus tard, devant la presse, le ministre Rochon a précisé qu'on envisageait d'offrir « un règlement hors cour » aux hémophiles qui on entamé un processus de recours collectif de plus de trois milliards de dollars.« On souhaite aller le plus vite possible pour offrir une compensation pour ce qu'ils ont à souffrir et qui éviterait qu'ils aient à attendre durant des années.» Le programme pancanadien permettrait que des dédommagements soient offerts bien plus rapidement que de longues procédures judiciaires.On en est encore à dessiner les critères d'admission, comment identifier les gens qui ont été contaminés à cause d'un manque de contrôle des produits sanguins.Il y a aussi la période de temps ou est survenue la contamination.Les gouvernements ne voulaient compenser que les gens infectés entre 1986 et 1990, ce qui ne faisait pas l'affaire des hémophiles : seulement le tiers des hémophiles frappés par l'hépatite C l'ont été durant cette période.Selon le libéral Russell William, le ministre Rochon ne fait guère preuve de compassion dans ce dossier, en répondant vaguement aux hémophiles touches par cette maladie.M.Rochon, relevé M.William, ne se souvenait même pas du texte de la résolution adoptée unanimement en décembre dernier à l'Assemblée nationale où le Québec s'engageait dans un programme de compensation pour* ces hémophiles et leurs familles.Avec cette résolution, « Québec avait pris un leadership dans l'ensemble canadien ; trois mois plus tard on l'a perdu avec les réponses imprécises et techniques du ministre Rochon », a déclare M.Williams.Le sort des gens contaminés avant 1986, ce qui sera prévu pour leurs familles, toutes ces questions lancinantes des hémophiles n'ont pas trouve de réponse dans les déclarations du ministre, a déploré M.Williams.Jean Rochon v i B2i LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 1 1 MARS 1998 Editorial La Presse André Desmarais président du consbd d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson editeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Mais où est le problème ?^ W*\" e développement de l'hydroélectricité du La- ¦ brador par le Québec et Terre-Neuve est a ¦ peine à l'état d'ébauche que déjà les critiques ¦ se multiplient : manifestation d'Innus organi-9 j see pour des caméras de telé complaisantes, crainte des mégaprojets et de l'échec financier, indignation environnemenialiste.m\u2014ÊÊam Ces critiques reprennent, en substance, les reproches que l'on adressait à la deuxième Baie-James.Mais le projet commun, dévoilé lundi par les premiers ministres Lucien Bouchard et Brian Tobin, n'a rien à voir avec l'éléphant blanc de Grande-Baleine, que l'ex-premier ministre Jacques Parizeau a bien fait de mettre aux « boules à mites ».En plus, la situation énergétique s'est, elle aussi, radicalement transformée.Mais les cassettes de tous les lobbies, elles, n'ont pas changé et sont maintenant en porte-à-faux.D'après toutes les informations dont nous disposons, le développement de la rivière Churchill constitue un projet (l'investissement prometteur, le meilleur qu'Hydro-Qué-bec ait proposé depuis deux décennies.Pour le Québec, c'est une occasion à ne pas rater.Ce projet, on le sait, consiste à augmenter la capacité de la centrale de Churchill Falls en détournant des rivières de la Basse Côte-Nord, à construire une centrale à Gull Islam! et, éventuellement, une autre à Muskrat Falls.Des investissements de dix milliards de dollars et une puissance de 3 200 mégawatts, essentiellement pour le marché américain.C'est gros.\u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Ce gigantisme suscite une première crainte, celle Alain Dubuc Le gâchis Le stationnement étage qui devait être construit au marché Jean-Talon ne verra peut-être pas le jour, faute d'argent.Il manque les trois ou quatre millions qui permettraient de garder les tarifs de stationnement à leur niveau actuel.Le projet est momentanément dans les limbes.et ce serait une bonne occasion pour l'y laisser.¦noMnnHWBHK Non pas que tout soit parfait dans ce marché qui, depuis longtemps, souffre de congestion.Mais les bénéfices relativement minimes que l'on tirerait de l'ajout de 150 places surélevées font difficilement le poids quand on imagine le gâchis visuel créé par une masse de béton et de métal à l'entrée du marché.Même si elle devait être un miracle de légèreté, celle-ci boucherait forcément la vue, créerait une rupture avec le quartier et jurerait avec la profusion végétale qui donne au marché Jean-Talon toute sa poésie.Faut-il vraiment réserver aux résidants le stationnement dans les rues avoisinantes ?Le nouveau parking ne va-t-il pas simplement remplacer les places perdues à cause des «vignettes» \u2014auquel cas rien n'aura vraiment changé ?Ne devrait-on pas, au contraire, exploiter davantage les rues environnantes ?N'y a-t-îl vraiment pas d'autres moyens de rendre la circulation plus fluide ?Ne serait-ce qu'en aidant les clients à transporter leurs paquets \u2014 ce qui leur permettrait de se garer plus loin ?Avant d'ajouter une horreur dans un quartier qui n'en manque pas, cela vaut la peine de chercher des solutions de téchange.Ne serait-ce que pour ça : éviter qu'une rebutante protubérance ne fasse de l'ombre aux tomates, aux figues et aux topinambours.Agnès Gruda qu'Hydro, avec ce mégaprojet, se retrouve avec des surplus d'énergie coûteuse qu'elle devra ensuite vendre à rabais, comme cela aurait été le cas avec Grande-Baleine.Mais, grâce à la géologie de la région qui offre une forte dénivellation, l'électricité de Churchill sera bon marché.Elle coûtera quatre cents le kilowatt/heure aux États-Unis, ce qui la classera dans les formes d'énergie peu coûteuses et concurrentielles.En fait, la Churchill aurait été développée il y a longtemps sans le contentieux entre Québec et Terre-Neuve.L'amitié nouvelle entre les deux premiers ministres rend donc possible la réactivation d'un projet très rentable qui dormait sur les tablettes.L'autre crainte, c'est celle qu'Hydro-Québec n'ait pas de débouchés pour ses mégawatts, que la demande ne soit pas là.On ne peut plus poser le problème en ces termes-là, parce que le marché de l'électricité n'est plus le même.Il y encore dix ans, Hydro devait signer des contrats avec des producteurs américains pour assurer des débouchés à son énergie, un processus semé d'embûches.Dans le marché déréglementé, Hydro n'a plus à négocier des contrats ; elle offre son énergie sur une bourse.Il y aura une demande pour l'électricité québécoise si son prix est plus bas que celui des autres fournisseurs.Ce qui est le cas.Les vrais problèmes que pose ce projet sont d'un autre ordre.D'abord la question autochtone.Si la vie quotidienne des Innus ne sera pas autant bousculée qu'à la Baie-James ou à Grande-Baleine, parce que les travaux seront éloignés des zones de peuplement, il n'en reste pas moins que le projet sera érigé sur des territoires où les autochtones exercent des droits historiques.Oublions les « shows » pour les caméras, qui s'inscrivent dans un processus de négociation.Oublions aussi la fausse indignation provoquée par le fait que les deux provinces aient discuté du projet en secret : il était normal que Québec et Terre-Neuve sachent d'abord si elles pouvaient travailler ensemble.L'important, c'est que l'approche nouvelle qu'annonce Hydro-Québec, où les autochtones seraient des partenaires, actionnaires du projet, porte ses fruits.Nous sommes persuadés qu'après avoir appris des erreurs de la Baie-James et de Grande-Baleine, il est possible que les autochtones trouvent leur place dans un projet de développement dont ils ont eux aussi besoin.L'autre problème, ou plutôt l'autre débat, est de nature environnementale.Même si ce projet inonde moins de territoire, il est évident que le fait de détourner les rivières et de créer des réservoirs causera un impact sur l'environnement.Mais quand on veut sauver la planète, il faut penser en termes planétaires.Cette énergie du Labrador, aux effets environnementaux mineurs, déplacera de l'énergie thermique aux États-Unis, dont les impacts sont majeurs.À l'échelle du nord-est de l'Amérique, ce développement hydroélectrique constitue un progrès environnemental évident.À moins d'être un grand prêtre du culte des éoliennes.Il y a un dernier problème, moral, pour ceux qui réagissent mal au fait qu'Hydro puisse exporter notre énergie.Une vision où Hydro devrait être une grosse coop, statique, en marge du développement du reste de la société.Nous vivons dans une culture qui valorise toujours les investissements et la création d'emplois.Qui souhaite que ses sociétés d'État soient rentables.Qui sait que notre essor dépend de notre capacité d'exporter.Et on frémirait parce qu'Hydro investit, exporte, crée des emplois, fait des profits, qui financent de surcroît des services publics ?Quand on ajoute à cela le fait que le Québec réussira ainsi à restaurer des rapports cordiaux avec ses voisins terre-neuviens et à effacer l'amertume que le projet de Churchill Falls avait provoquée, il n'y a qu'une seule chose à dire.Bravo ! LD61EVJ BûOOtèES) & \"SRiMJ TbStvJ < BUT£UX>EK5T k CETTE.OtJÎôU- riRofTS RI servît LA BOITE AUX LETTRES Analyse lucide ¦ Je liens à féliciter Mathieu Bock-Côté qui a eu le courage de dire certaines vérités sur ma génération ( La Presse, 21 février ).Voilà vraiment une analyse lucide des jeunes Québécois d'aujourd'hui, qui ne se rendent pas compte qu'ils sont privilégiés par rapport aux générations antérieures en ce qui a trait notamment à l'accès à l'enseignement supérieur, de même qu'aux conditions qui président à cet accès.Les étudiants d'aujourd'hui, non contents de vivre dans un pays où les frais de scolarité sont parmi les plus bas au monde, sont prêts à monter aux barricades dès que l'on évoque la possibilité de leur faire contribuer à l'effort collectif visant a redresser les finances publiques.Ce sont tes mêmes étudiants qui s'indignent de ce que le gouvernement impose une « taxe à l'échec », comme s'il était normal de reprendre des cours aussi souvent que possible, jusqu'à ce que l'étudiant maîtrise suffisamment le cours pour obtenir la note de passage.Pénalisant du même coup les étudiants plus doués ou plus studieux cjui devront compétitionner avec des médiocres qui auront le même diplôme qu'eux lorsque viendra le temps de chercher un emploi.Il est vrai, toutefois, que le marche du travail n'est pas rose, du moins dans plusieurs disciplines.Mais la situation de l'emploi est comparable ailleurs au pays.a Toronto, par exemple, la chance d'obtenir un emploi n'est guère beaucoup plus réjouissante, alors que la dette des étudiants est en néral plus élevée, sans compter » J que le prix du loyer est deux fois plus cher qu'à Montréal.Là-bas, toutefois, on ne parle pas de révolution dès que le gouvernement tente de restreindre les ressources aux étudiants ou de proposer des incitatifs à la réussite scolaire.Jean-Daniel LACHANCE Montréal Pas de droits sans obligations ¦ Je désire réagir à l'opinion parue dans La Presse du 23 février dernier sous le titre : « Dépenser davantage pour les autochtones ?L'opinion publique ne suit pas.» L'opinion publique ne suit pas ?.et pour cause ! Quand mes impôts servent à payer des maisons aux autochtones, des études supérieures et des soins d'orthodontie a leurs enfants, alors que je suis incapable de me payer cela moi-même, oui, j'ai la perception que la situation des autochtones est meilleure que la mienne.Surtout si je considère qu'ils ne payent pas de taxe.Pour ne pas en payer, les autochtones invoquent un traité conclu à une époque où les taxes servaient avant tout à enrichir les maîtres et à entretenir une armée le plus souvent d'oppression.Il me semble que les conditions ont changé et qu'un tel traité est périmé.Les Anglais ont émis le principe très démocratique « pas de taxe sans représentation » qui devrait valoir dans l'autre sens ; pas de représentation sans taxe, pas de droits sans obligations.Accorder dis droits et des privi- 1 lèges à une partie de la population en s'appuyam sur la notion de race mène tout droit à un régime d'apartheid propre à exacerber le racisme latent de la population.Le problème autochtone n'est pas un problème de race, mais de mode de vie.C'est la confrontation d'une population nomade de chas-seurs-cueilleurs avec la société industrielle.Celle-ci exerce un tel pouvoir d'attraction sur ces populations qu'elles abandonnent leur mode de vie nomade, mais également la culture qui l'accompagne avec toutes sortes de difficultés d'intégration.Les fonds publics doivent servir à faciliter cette intégration et non pas a accorder des privilèges financiers et autres dont sont prives les contribuables.U faut éviter de pousser les autochtones a devenir des parasites de la société industrielle.André CHEVALIER Chute Saint-Philippe Québec-Montréal : même combat ! ¦ En tant qu'ancien directeur du Salon du livre de Montréal et membre fondateur de l'Association québécoise des salons du livre ( AQSL ) j'aimerais ajouter quelques éléments au dossier de « l'affaire » du Salon du livre de Québec.Tout d'abord* affirmons qu'il n'y a jamais eu, qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura jamais de concurrence entre Montréal et Québec, du point de vue des salons du livre, pour savoir qui est le plus gros, le plus grand ou le plus fin finaud.M est \\ m Louise Beaudoin de l'intérêt de tous que chacun des neuf salons du livre du Québec et pas seulement ceux de Montréal et de Québec attirent le plus de visiteurs possible.Qu'il s'agisse de l'Estrie, de Rimouski, de Montréal, du Sa-guenay-Lac-St-Jean, de la Côte Nord, de l'Ou-taouais, de Que-bec, de Trois-Ri-vières ou de l'Abitibi-Témis-camingue, c'est le rôle de chacun des salons de mettre en contact les Québécois de tous âges avec le livre, ses auteurs et ses artisans.L'AQSL a d'ailleurs été fondée dans un esprit de collaboration entre Us différents salons pour le plus grand bien de tous dans la réalisation de ces objectifs.Quelques salons montrent une progression suivie, correspondant au développement de l'édition au Québec, d'autres connaissent parfois de moins bonnes années mais tous font des efforts constants pour attirer le plus d'auteurs, le plus d'éditeurs et le plus de lectrices et de lecteurs possible-.Cependant, tous doivent tenir compte de la répartition géographique des éditeurs et des distributeurs.Plus de 85 % des maisons d'édition et de distribution de livres sont situées dans la région de Montréal.Il est évidemment plus facile pour un éditeur de participer a un salon du livre situe dans sa région qu'à l'extérieur où il faut ajouter les frais de déplacement et de séjour sans compter que beaucoup de maisons d'édition québécoises n'ont pas les ressources humaines et financières suffisantes pour assurer les affaires courantes et participer à plusieurs salons en même temps.Le ministère des Affaires culturelles et des Communications, dirige par Mme Louise Beaudoin, l'avait bien compris en mettant sur pied un programme d'aide pour encourager les éditeurs à participer aux salons régionaux.Que l'on passe une année c'est déjà fort regrettable, que le Salon du livre de Québec ne soit plus, c'est impensable ! Que l'on reprenne au plus vite le dialogue dans un état d'esprit serein, que Québec soit dotée à nouveau d'un Salon du livre qui attirera la foule des jeunes et des moins jeunes qui ont déjà ou à qui l'on veut donner le goût de la lecture.Que vive le Salon du livre de Québec ! Thomas DÉRI N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se reserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone Adresser toute cor- respotuktotct cotiune îuiu la boite au\\ lettres» la Presse, 7, rue Saint-Jaupny Montréal.H2Y IK9.les textes peuvent également être acheminés par fax au 2H5-48lh ott par email à /'tïc/r
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