La presse, 18 janvier 1998, B. Livres
[" iAontréal, dimanche 18 janvier 1998 ivre La Presse La France: chômage et déclin «La France est aujourd'hui l'homme malade d'une Europe décadente», affirme l'historien et économiste Nicolas Baverez.Et le chômage qui y sévit est la conséquence de cette crise à la fois économique, sociale et institutionnelle.page B3 'A /3a nouoeffe^ ce iexie cour/ aue ses défenseurs é>îc/ionnent cfepuîs cfes A/s/resy semble connaî/re un regain cf^intérêt après son âge c/yor des années quatre-vingt.¦«\"*w - - - '««*** v «www ACHMY HALLEY r collaboration spéciale » « Assiste-t- on au Québec à un retour de la nouvelle, ce genre littéraire rare et délicat qui fleurit à l'ombre hégémonique du roman-roi ?Les indécrottables récalcitrants, qui méprisent à mots couverts un genre dans lequel se sont pourtant illustrés des auteurs aussi talentueux que Maupassant, Dino Buzzati ou Vladimir Nabokov, demeureront sans doute sceptiques.Pourtant des signes annonciateurs incontestables témoignent d'un intérêt plus grand pour la nouvelle, qui semble enfin regagner le devant de la scène littéraire.Les saisons littéraires 1996-97 ont d'ailleurs fait une belle place au récit bref.Lancôt éditeur a publié un recueil inédit de nouvelles du poète Gérald Godin ( Tendres et emportés ).Fides propose un regard historique sur Les meilleures nouvelles québécoises du XIXe siècle, une passionnante anthologie concoctée par le spécialiste du genre, le professeur Aurélien Boivin.Gilles Pellerin signe une nouvelle réflexion autour de l'édition de la nouvelle au Québec ( Nous aurions un petit genre, à L'instant même ).L'automne dernier, la revue Lettres Québécoises consacrait un dossier complet à un genre un peu boudé par les éditeurs.Incontestablement, il y a de la nouvelle dans l'air.Phénomène rare qui mérite d'être signalé : en moins d'un an, plusieurs recueils de nouvelles publiés en 1996 et 1997 ont réussi à se hisser, le temps d'une saison, en tête des listes de best-sellers.Ce sont les très urbaines Aurores montréales d'une familière du genre, Monique Proulx ; OU vont les sizerinsflammés en été ?du bucolique Robert Lalonde ; et plus récemment, le premier recueil de nouvelles de Lise Bissonnette, Quittes et doubles.Ces trois livres, tous publiés au Boréal, ont connu un impact médiatique et populaire tels qu'ils ont sans doute attiré vers la nouvelle de nouveaux lecteurs.Ravi de tels succès en librairie, Jean Bernier, le directeur littéraire des éditions du ^ Boréal, avoue ne pas avoir « de théorie sur la nouvelle.Nous ne faisons pas de discrimination entre nouvelle et roman : ce qui nous intéresse, ce sont les bons textes.Avant de publier un livre on ne se demande pas si les lecteurs aiment ou pas la nouvelle, on se fie à nos pulsions d'éditeur ».Si les Éditions du Boréal n'ont pas de politique particulière en faveur du texte court, d'autres maisons mènent depuis des années une véritable croisade afin de populariser la nouvelle.L'éditeur et nouvelliste Gilles Pellerin mène depuis plus de dix ans au sein de la maison L'Instant même, qui a publié pendant longtemps exclusivement des textes courts, une véritable offensive éditoriale en faveur de la nouvelle.Une politique qu'il explicite d'ailleurs dans 1' essai touffu et militant ( mais parfois confus ) qu'il a consacré au texte bref sous le titre un brin ironique Nous aurions un petit genre.« J'aime la nouvelle parce que j'ai l'impression d'être en présence d'un genre littéraire qui a le sang chaud.Quand je lis une bonne nouvelle, je sens quelque chose qui palpite au sens charnel, quelque chose qui me parle directement », explique Gilles Pellerin, qui écrit dans son essai : « Non, la nouvelle n'est pas un petit roman.(.) La nouvelle est une phrase complète jetée sur la multiplicité des théâtres.» Même si plusieurs recueils de nouvelles publiés à L'Instant même ont connu d'honorables succès, Gilles Pellerin reconnaît que le public n'est pas toujours au rendez-vous : « Peut-être parce que que les gens ne connaissent pas assez ce genre qu'on a marginalisé.Enseignant moi-même, je me rends compte que les professeurs n'abordent presque jamais la nouvelle alors que cela pourrait être un instrument idéal pour faire / découvrir la littérature aux jeunes f générations.» Le directeur littéraire des éditions de l'Instant même, qui a connu l'an dernier un nouveau succès avec Haïr ?, le plus récent livre de Jean-Pierre Girard, parle pourtant d'un « printemps de la nouvelle au Québec.On constate régulièrement qu'il y a un intérêt cyclique pour le texte bref.Ces ' succès sont aussi parfois liés à des auteurs déjà connus.Je regrette que les critiques ne s'intéressent pas au travail d'un jeune nouvelliste comme on suit les premiers pas d'un nouveau romancier »\u2022 Gaétan Lévesque, le directeur de la revue de la nouvelle XYZ, créée en 1985, fait remonter l'essor de la nouvelle au Québec aux années 80 : « J'enseignais à l'UQAM et il n'était pas rare qu'on utilise la nouvelle dans les cours de création.C'est à ce moment-là que Radio-Canada a lancé son concours de nouvelles et que se sont créées plusieurs revues qui ont permis l'éclosion de toute une génération de nouveaux nouvelliers.» Lévesque préfère ce terme désuet qui remonte à Balzac à celui de « nouvelliste » qu'il laisse aux journalistes.Il explique la place marginale du texte court dans la littérature québécoise par le fait qu'il « n'existe pas de tradition de la nouvelle chez nous comme chez les Anglo-Saxons ».Pourtant, avec 500 abonnés et des tirages qui varient entre 1 200 et 1 500 exemplaires selon les numéros, XYZ a fidélisé de nombreux lecteurs.Ouvert sur le monde, la revue de la nouvelle a consacré plusieurs numéros à la nouvelle en Belgique, en Suisse et même en Chine.Son numéro du printemps dernier était entièrement consacré à des auteurs français, en collaboration avec la revue hexagonale Nouvelle Donne qui avait accueilli dans son numéro de janvier 1997 des textes de nouvellistes d'ici.Il existe bien une internationale de la nouvelle qui porte la bonne parole du texte bref au delà des frontières.Voir NOUVELLES en B 2 v / .\u2022i i Vous voulez Ve 11 d H-© - - - N.B.Vu les conditions particulières Je cette offre, aucun changement ne peut être apporté au texte original en cours de publication.On peut, d'autre part, se prévaloir du privilège d'annulation en tout temps à partir de la première parution, mais une telle annulation n'altère en rien la facturation qui s'établira obligatoirement sur 7 fours de publication.Autos, fourgonnettes, camions, 4X4, motocyclettes, véhicules tout terrain et même le covoiturage Los «énonces de 285-71H s» 3 7 lignes d'annonces jours consécutifs pour 24 99 $ (8,33 $ par ligne additionnelle) Appels interurbains sans frais 1 800 361-5013 B 2 LA PRESSE.MONTRÉAL, DIMANCHE 18 JANVIER 1998 Livres ROfVSAN Un personnage attachant, sympathique même, plausible tout à fait Réginald Martel m il leur arrive d'en-* vier leurs compatriotes, les Québécois ne boudent pas les travaux, romanesques ou historiques, qui racontent leurs succès.Ils ont une complaisance particulière pour les bâtisseurs d'empires industriels ( et de music-hall .aussi ), qui les vengent, croient-ils, des humiliations longtemps subies par notre peuple dans les entreprises qui étaient la propriété d'anglophones.Parmi d'autres, et avec un art très sûr, Madeleine Ferron avait brossé le portrait d'un de ces héros nouveau genre dans Le Baron écarla-te( H M H, 1971 ).La veine n'est pas épuisée, il s'en Taut de beaucoup.Alain Gagnon, qui depuis près de quarante ans fait son petit bonhomme de chemin dans la littérature québécoise, à sa manière qui a fini par être la bonne, nous propose l'histoire, fictive ou réelle \u2014mais la fiction doit toujours quelque chose à la réalité\u2014, de Thomas Kowalsky.fils d'une immigrante pauvre d'Europe de l'Est venue vivre dans la province du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Presque enfant, Thomas est envoyé aux chantiers.Il doit y défendre et sa dignité et son intégrité physique, victime de sévices inspirés par un racisme primaire, victime aussi de son jeune âge, puisqu'un vieux salaud voudra se servir de lui comme objet sexuel.Alors commence la séquence des meurtres sur lesquels Thomas K.finira par bâtir son indépendance et sa dignité d'abord, sa richesse matérielle ensuite, enfin sa consécration presque secrète à l'art.Pour un autodidacte, c'est beaucoup.Ce n'est pas trop car M.Gagnon, complice de Thomas, non seulement passe l'éponge sur des meurtres et assassinats que les circonstances tendraient à justifier, mais il fait de lui un personnage plutôt attachant, sympathique même, plausible tout à fait.Voilà pour une fois un homme puissant qui n'abuse pas de son pouvoir, et capable de ne jamais oublier ceux qui un jour l'ont aidé.Figure plus partemalîste que paternelle, dira-t-on, mais il faut se reporter à l'époque, Thomas étant né avec le siècle et ayant atteint le Marc-Aurèle Fortinf Laval-des-Rapides, repris par La Pleine Lune.sommet de son pouvoir économique après la Deuxième Guerre mondiale.Le sommet de son pouvoir politique aussi, car il devient alors l'organisateur en chef de l'Union nationale dans sa région, responsable de l'administration du patronage.M.Gagnon, qui a la plu- me lyrique quand il parle de sa province, a su tempérer les excès de son héros en faisant de lui un amoureux total.Amoureux de sa mère, amoureux d'une institutrice plus vieille que lui qui deviendra sa femme, amoureux par-dessus tout, peut-être, de la rivière Bleue Plus documentaire que romanesque RÉGINALD MARTEL Les provinces du Québec n'ont pas toutes une place égale dans notre corpus littéraire.L'Abitibi l'a grande, et aussi la Gaspésie et ' le Saguenay-Lac-Saint-Jean, régions de peuplement relativement récent dont l'histoire, une épopée dans tous les cas, ne pouvait manquer d'inspirer nos écrivains.Mais la Mauricie ?On me corrigera : Clément Marchand et, plus récemment, Pierre Chatillon et Louis Caron, quelques autres aussi, ont non seulement fait une oeuvre, ils ont été des leaders de la vie intellectuelle de leur région et parfois du pays tout entier.Tout de même, le bilan semble mince, sans doute parce que les moyens de communications modernes, dont la télévision, ont vite atténué les différences culturelles régionales.On ne manquera donc pas de jeter un coup d'oeil curieux sur le premier roman d'un fils de Trois-Rivières, Paul Dumont, qui, la cinquantaine avancée, s'est mis bien tard à l'ouvrage.L'expérience de la vie, malheureusement, ne pallie pas l'inexpérience du romancier.Les Gros Moulins est un roman criant de vérité, on en conviendra volontiers, mais la littérature à son meilleur fait l'économie de la vérité extérieure, vérifiable, .et impose la sienne propre.Même si les apparences de la fiction sont sauves, le roman de M.Durnont est un travail plus documen- taire, et d'ailleurs intéressant pour cela même, que romanesque.Les lecteurs des Gros Moulins pourront se faire une idée assez juste du climat social et économique de Trois-Rivières dans les années soixante.Contrairement aux auteurs ouvriéristes qui n'ont jamais mis les pieds dans une usine, M.Dumont a été, au temps de ses études classiques, papertnaker dans une des papetières de sa ville.Son père l'était avant lui, ce qui a certainement contribué à lui donner un accès direct, immédiat, à un monde qui était pour beaucoup de Trifluviens te monde, point.On lira dans Les Gros Moulins l'histoire d'un jeune homme qui pourrait bien être M.Dumont lui-même.Respectueux des valeurs de son milieu d'origine, faites de dépendance tolérable et d'ambitions modestes, le jeune héros entend tout de même aller voir ailleurs si on l'y attend.Collégien pendant trois saisons sur quatre, ouvrier l'été, Lawrence Saint-Laurent est de la génération de ceux à qui la Révolution tranquille offrira l'occasion d'une promotion sociale inespérée en des temps plus anciens.Mais au lieu de rompre avec les siens, il réussira une remarquable intégration des cultures prolétarienne et bourgeoise, en prenant bien soi de profiter de cette espèce d'impunité que sa jeunesse autorise.Il boit beaucoup, et tant de bière l'entraînera dans des aventures dont il n'aura pas la tentation de se repentir.À l'invite d'un oncle dont la droiture morale est inversement proportionnelle au respect de la propriété des Autres ( celle des Anglais, évidemment ), il fera des coups en y risquant sa vie, pour payer l'avortement d'une très anglaise fille de grand patron, qu'il a rendue enceinte.M.Dumont raconte son histoire et ses histoires avec une jubilation communicative.Ce serait être mauvais coucheur que de refuser d'apprécier ces dons de conteur, surtout quand une phrase définitive, ronde et nette et parfaite, vient mettre à une scène un point final qui la résume et la justifie tout entière : « La ville vivait ainsi en harmonie avec ses vices et la conscience en paix.» Les dialogues, nombreux, sont moins heureux et de loin, plutôt mal amorcés et mal menés et mal clos, qui brisent le rythme de la narration au lieu de le relancer.Un petit coup de pouce de l'éditeur aurait pu sans doute extirper ces scories, et d'autres, en n'enlevant rien à la belle spontanéité langagière des personnages des Gros Moulins.LES GROS MOULINS.Paul Dumont.240 pages.Collection Autres Rives.Balzac-Le Griot éditeur.Montréal, 1997,240 pages.On peut joindre l'auteur de cet article à l'adresse électronique: regina@total.net qui est sa première source d'inspiration.Rien de superflu, ni dans la narration ni dans les dialogues.Alain Gagnon réussit à nous convaincre que nous accompagnons vraiment, en quelques heures de lecture, Thomas K.jusqu'aux sommets auxquels il aspire, à travers des inquiétudes existentielles qui ne semblent pas déplacées.Je regrette seulement que l'écrivain, qui a sans doute flirté trop longtemps avec les bons sentimente, se soit cru oblige d'investir Thomas K.vieillissant de vertus qui ne lui appartiennent pas, ni à son époque.11 cède l'administration de ses entreprises à sa fille, qui ne la sollicitait pas, et il accepte sans sourciller l'aveu, par son fils prêtre, de son homosexualité.Je reprocherais aussi à M.Gagnon de n'avoir pas toujours bien dénoué les fils qu'il avait tendus.Des personnages disparaissent dont on aurait voulu savoir ce qu'ils sont devenus, d'autres auraient mérité que l'écrivain les suivît de plus près, pour expliquer la motivation de gestes qui ont une incidence forte sur le déroulement du récit.Si, après l'extraordinaire Sud ( Pleine Lune, 1995 ).Thomas K.déçoit un peu, c'est que les attentes s'étaient faites immenses.THOMAS K., Alain Gagnon.Éditions Je la Pleine Lune.Lachine, 1997,240 pages.Appel de candidatures La Presse Les responsables du nouveau prix litiéraire Unesco-Françoise Gallimard, doté de 20 000 S ( US ), sollicitent des candidatures.Le prix \\.i récompenser « un jeune auteur de moins de 35 ans qui, par ses écrits, exprime les réalités et les tensions sociales et psychologiques de notre temps ».Le formulaire de soumisssion de candidature doit être envoyé au PEN Club de France avant le 15 février 1998.On peut l'obtenir du PEN Club québécois, au 271-4759, ou de Louise Gareau-Des Bois, au 285-5534.Comptoir d manuscrits e La Presse La firme CosmoWeb Communications annonce la création d'un nouveau service électronique, le « Comptoir des manuscrits », destiné à servir les auteurs, éditeurs et agents littéraires.Sera ainsi dressé sur un site Web un registre central où les auteurs pourront faire la promotion de leurs manuscrits, registre que pourront évidemment consulter sans frais éditeurs ei agents.On peut atteindre le site à : http//www.cosmu.com/mtpf/.| Donnez-nous de vos I nouvelles! NOUVELLES / Suite de lap.Bl \u2022 André Lemelin, directeur-fondateur de la revue STOP, l'autre organe officiel du récit bref au Québec, constate lui-aussi qu'il y a un «regain de la nouvelle et du conte iqui reviennent à la mode en ice moment».Fort de ses 1 500 lecteurs dont plus de 800 fidèles abonnés, STOP, qui a célébré l'année dernière la sortie de \"son cinquantième numéro, porte haut et fort récriture des nouvellistes de la relève.t< STOP a toujours été un tremplin pour les jeunes talents, insiste André Lemelin ; des écrivains aujourd'hui reconnus comme Jean-Pierre Girard, Stanley Péan ou Christian Mistral, on fait leurs premières armes chez nous.» La nouvelle serait-elle au roman ce que le court métrage représente pour les jeunes cinéastes qui revent de réaliser un grand film, c'est à dire un banc d'essai ?Évidemment non.La nouvelle est un art majeur qui n'aspire qu'à s'épanouir en français.Pourtant certains ne sont pas loin de penser que la nouvelle est un genre merveilleux pourvu qu'on s'en éloigne pour écrire des romans.Ce n'est sûrement pas le cas d'André Le-melin qui apprécie particulièrement dans le récit bref « le côté éphémère, frais et condensé.On peut exprimer beaucoup d'émotions en quelques pages avec une économie de personnage.C'est cela la magie de la nouvelle \"iy Stanley Péan ¦ « À cause de sa brièveté, du souci de l'immédiateté qu'elle nous impose, la nouvelle nous contraint à saisir le réel sans fard ni cérémonie.Les personnages de nouvelle sont précipités contre le miroir de leur vie avec une telle force que souvent les apparences volent en éclat, révélant ce qui se cache derrière le banal : les noirs désirs, les obsessions malsaines» les passions inavouables, les folies ordinaires, le rêve et le cauchemar.La nouvelle, c'est l'art de l'ici-maintenant, du prêt-à-fantasmer.C'est l'art du micro-détail hyperréaliste qui trahit les engrenages défectueux d'un monde où d'ailleurs tout ne tourne pas rond.» Jean Pierre Girard ¦ « Un texte appelle son genre.Point.Être écrivain, à mon sens, c'est être disponible au texte et ensuite maîtriser le genre dans lequel ce texte veut prendre forme.Puisque le classement et la segmentation du monde sont à ce point commodes, il est vrai qu'on me baptisera tantôt romancier, nouvelliste, scénariste, fabuliste, dramaturge, poète, n'importe quoi, mais il est également vrai, ne croyez-vous pas, que si un jour j'écris à l'endos d'une boîte de Corn Flakes, on me dira céréaliste ! Alors merci, ça va, je passe.Certes, pour moi, une nouvelle cherche toujours à décrire les moments clefs d'une vie, quand les choses basculent, ou deviennent claires, ou possibles, et c'est ce qui m'intéresse dans ce genre, mais tout de même voilà bien peu de choses, il me semble.Etre écrivain me suffit, l'écriture me suffit, et c'est à sa morale a elle, que je me plie.» I Pourquoi écrivez-vous des nouvelles ?Cinq écrivains répondent Propos recueillis par ACHMV HALLEY collaboration spéciale Gaétan Brulotte Mavis Gallant ¦ « J'aime l'audace et la liberté créatrices que permet la nouvelle.Dans le roman, on favorise davantage le sens, la connaissance du réel et le registre du piaisir.Dans la nouvelle, on penche plus vers l'effet immédiat du discours sur l'interlocuteur et on est plutôt du côté de l'acte, dans le champ du langage comme jouissance.L'un repose sur le mythe de Tristan, où le désir vit des obstacles et du sursis ; l'autre sur le mythe de Don Juan et la réalisation non différée du désir.Le roman est le genre rassurant du rendez-vous, la nouvelle celui des rencontres fulgurantes.» ¦ « Pourquoi personne ne demande aux romanciers pour quelles raisons ils écrivent des romans et aux auteurs dramatiques pourquoi ils écrivent des pièces de théâtre ?J'écris des nouvelles pour les mêmes raisons que les poètes écrivent de la poésie.Les idées pour mes nouvelles me viennent dans la forme qui leur convient, chacune impose son propre mode narratif, sa propre structure temporelle et sa longueur.Je ne fais que suivre le mouvement.» m 1 Marguerite Yourcenar ¦ « Un correspond inconnu m'a fait cette remarque qui m'a parue très intelligente au sujet non seulement de Noti-velles orientales mais de la nouvelle en général : un livre de nouvelles c'est très bien.On l'ouvre comme on coupe un jeu de caries.C'csi-à-dire qu'au lieu de devoir s'enfoncer dans une action qui peut-être nous décevra, on a une série d'images avec lesquelles on peut jouer.Et il me semble qu'il y a de grandes nouvelles et de grandes nouvelles infiniment variées car rien n'est plus loin d'une nouvelle de Tolstoï qu'une nouvelle de Tchékhov ou une nouvelle de Katherine Mansfield qu'une nouvelle de Maupas-sant.Le champ des possibilités est presque infini ( .).Une des choses que j'apprécie dans la nouvelle c'est la possibilité de couper court, de n'être pas obligé au développement d'un roman quand peut-être il n'y a rien de plus à développer.» ( nx-trait de l'émission Radioscopie de Jacques Chancel , France Inter, 19J9 ). LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 18 JANVIER 1998 B 3 Livres IDÉES Le déclin de la France : une résistance acharnée au changement s: cman dey rs m ¦ ¦.\u2022 s.i.K Mario Roy La France s'érige aujourd'hui en lugubre modèle d'une société laissée en panne par sa glaciation idéologique, politique, sociale et économique.C'est ce qu'affirme l'historien et économiste Nicolas Baverez dans un ouvrage.Les Trente piteuses, qui tombe à pic au moment où les révoltes de chômeurs se font de plus en plus nombreuses et violentes à Paris, notamment : mardi, des protestataires ont saccagé la Bourse du commerce et d'autres manifestations devaient avoir lieu, hier.Le gouvernement Jospin, qui hésite entre la carotte et le bâton, a à ce jour envisagé des programmes de retraite anticipée, la réduction de la semaine de travail et l'allocation d'une aide supplémentaire aux chômeurs, en même temps qu'il recourait à la force policière pour calmer les belligérants ; chacune de ces « solutions » va à coup sûr aggraver encore la situation.Cette nouvelle vague d'agitation ( en fait inaugurée en 1995 par les manifestations monstres des employés du secteur public ) ainsi que les discours creux qui l'accompagnent à droite comme à gauche, ne font que confirmer la thèse de Baverez, lequel se demande « si les Français sont capables de réformes fondamentales en dehors d'une révolution, d'une défaite militaire ou d'un changement de Constitution ».Il ajoute : «< Dans le monde mobile de l'après-guerre troide, la France reste immobile », de sorte que le risque est réel « de voir les Trente Piteuses succéder aux Trente Glorieuses, et la nation divisée incapable de surmonter ces nouvelles années décisives », ce à quoi elle se condamne si elle ne retrouve pas « la force de penser et d'agir dans le monde réel, au lieu de se mouvoir dans l'utopie ou de se tourner vers le passé ».Tout cela n'est pas sans intérêt pour nous, est-il utile de le rappeler, puisque, depuis la Révolution tranquille, le Québec s'est à maints égards rebâti sur le modèle français, dans les grandes choses comme dans les petites.De la nature de notre État-providence à la création d'« arrondissements >» montréalais.De notre cadre idéologique institutionnel à la transformation de notre rété le Prélude à l'après-midi d'un faune ) et William Douglas avant de se consacrer davantage à la création.En ce premier week-end des Bancs d'essai, il faut bien dire que la jeune chorégraphe a fait grande impression.Dominique Porte présentait Sautes d'humeur, un solo inspiré d'un projet qu'elle a réalisé l'été dernier au Festival d'Orford, î une création pour cinq danseurs ; sur une musique de Gyôrgy Ligeti.t^En- voyant évoluer la danseuse j 3anVsa robe aigue-marine, crinière .\u2022 blôrfde en bataille, on croirait voir la Vénus de Botticelli aux prises avec son syndrome prémenstruel.Ses sautes d'humeur suivent le cours de la musique, tantôt énergique, tantôt exaspérante, mais toujours un peu souriante.La danseuse maîtrise ses hormones avec virtuosité et sa mise en scène est aussi soignée que raffinée.Les éclairages, signés Philippe Dupeyroux, et le jeu avec le cadre reflètent avec ingéniosité d'autres dimensions de ses éclats d'âme.Du beau travail.Ce solo suivait la prestation des Suisses, Jean-Marc Heim et Anne Rosset, qui interprétaient Le jeu de Pierre et Jeanne, une histoire de séduction dans une discothèque.Rien de neuf et rien de transcendant non plus, malheureusement.Sur l'Ode à la joie de Beethoven, version « disco », une jeune femme un peu coincée reluque le jars de la discothèque qui ne tarde pas à déployer son plumage devant elle.Ces deux rêveurs mal assortis auront tôt fait d'étreindre un nuage de déceptions.La Britannique Fin Walker boucle cette soirée avec Reasons for Knoc-king, un solo ténébreux qui nous fait pénétrer dans l'univers d'une femme bien mal en point.Sa gestuelle en témoigne alors que son corps se plie, exécute des spirales, saute vers l'arrière à la manière d'un enfant qui n'a pourtant pas envie déjouer.Vulnérable.Fait à noter, ce programme inclut aussi une vidéo-danse où l'on voit le grand William Forsythe se dépenser dans un solo survolté qui doit bien faire dans le mégawatt.Un mot en terminant sur le prochain week-end : les amateurs auront cette fois l'occasion de voir Do-ris Ebner, Roderich Madl et Chris Haring de Vienne, Angela Guerrei-ro de Hambourg et, de Paris, Martine Pisani.LES BANCS D'ESSAI INTERNATIONAUX.À l'Espace Tangente.Dominique Porte ( Montréal ).Fin Walker ( Londres ), Anne Rosset et Jean-Marc Heim ( Lausanne ).ce soir à 19 h 30.Doris Ebner, Roderich Madl et Chris Haring ( Vienne ).Angola Guerreiro ( Hambourg ) et Martine Pisani ( Paris ).du 22 au 24 janvier à 20 h 30 et le 25 à 19 h 00.La Britannique Fin Walker boucle cette soirée avec Reasons for Knocking, un solo ténébreux qui nous fait pénétrer dans l'univers d'une femme bien mal en point._ Diamand n'est plus TTavait fondé le Festival de Hollande et dirigé celui d'Edimbourg pendant plus de 20 ans A gence Fra nce-Presse PARIS Peter Diamand, conseiller artistique depuis 1976 de l'Orchestre de Paris et ancien directeur des Festivals de Hollande et d'Edimbourg, est décédé vendredi à Doetinchem ( Pays-Bas ), à l'âge de 85 ans, a-t-.on\" appris hier par l'Orchestre de Paris-.Né à Berlin en 1913, d'un père roumain et d'une mère cantatrice roumaine, fuyant le nazisme avec sa famille qui s'installa en 1933 aux Pays-Bas, Peter Diamand dut interrompre ses études universitai-.res, pour devenir en 1934 le secré-* taire particulier en Italie du pianis-; te Artur Schnabel.Lorsque celui-ci '.«migra aux États-Unis en 1939, Pe-* 1er \"Diamand ne put le suivre faute de visa et il vécut aux Pays-Bas en 1942 et 1943 dans la clandestinité.La paix revenue, il fut dans son pays d'adoption, en 1947, le co-fondateur du Festival de Hollande dont il a été jusqu'en 1965 le directeur, passant ensuite à la direction du Festival d'Edimbourg jusqu'en 1978.À ces postes, il noua de nombreuses amitiés avec les chanteurs et musiciens en vue à cette époque.Peter Diamand fut également en 1977 et 1978, le conseiller artistique de la Scala de Milan et de 1978 à 1981 le directeur général du Royal Philharmonie Orchestra à Londres.Pendant cette dernière période, à la demande du chef et pianiste israélien Daniel Barenboïm auquel il fit faire à Edimbourg ses premières expériences de chef lyrique.Peter Diamand fut appelé à l'Orchestre de Paris.Il était commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique et en France commandeur de l'Ordre des Arts et Lettres.EN BREF Le Smithsonian recette ¦ La fréquentation des musées de Washington regroupés au sein de la Smithsonian Institution a connu un véritable sursaut en 1997, avec 27 millions de visites, selon l'organisation.Cela représente une hausse de 22 % par rapport à la fréquentation de 1996, où 22 millions de personnes s'étaient rendues dans ces musées, a indiqué la Smithsonian dans un communiqué.Les musées sont le plus fréquentés pendant le mois de juillet ( 3,5 millions de personnes ), tandis que janvier est traditionnellement le moins prisé.En tête du palmarès, le Musée de l'Air et de l'Espace, le plus visité dans le monde, a accueilli 9 millions de personnes à lui seul en 1997.Les musées du Smithsonian sont gratuits et ouverts sept jours sur sept, fermant seulement le jour de Noël.Dernière tournée ?¦ A 60 ans, le chanteur country Merle Haggard vient d'amorcer une tournée et il affirme que ce ne sera pas sa dernière.Opéré pour le coeur, l'été dernier, l'auteur de Mania Tried et An Okie front Muskogee affirme : « Non, je n'arrêterai pas, j'ai trop d'impôt à payer.» Vedettes, à vos casques ! ¦ Ceux qui veulent skier, en marge du festival de cinéma Sundance, doivent porter le casque, écrit le quotidien Varie-ty.La mort accidentelle de Mi-chael Kennedy, fin décembre au Colorado, et celle de Sonny Bono, le 4 janvier à South Lake Tahoe, en Utah, ont incité les responsables de la sécurité à prendre cette mesure.Sundance s'est ouvert jeudi et durera jusqu'au dimanche 25.Le festival propose 103 films dont Affliction , de Paul Schrader.VENTES FRANCO _ 1 Dubmatique La force de comprendre Miserere 3 Zachary Richard Cap enrage 2 Bruno Pelletier 4 Noir Silence 5 Ginette Reno 6 Jean Leloup 7 Eric Lapointe 8 Luce Dufauli 9 Kevin Parent 10 Serge Lama P;ege Versions Reno Le Dôme Invitez les vautours Luce Dufault Pigeon d argile Lama Symphomqùe Ml L fc S C I N E M A S FÂMOUS PLAYERS 1 ECRAN GEANT! QUALITÉ DO SON! GRANDE DIFFÉRENCE! culs HORAIRES DU 18 au 22 JANV.98 ?INFO-FILM: 866-Cmi '\u2022QP EN MATINEE Sîihee.EPRÉSENWIONS AVANT 1 DhOO iouBJéfi ' \"UNE SAGA ROMANTIQUE A BORD D'UN BATEAU ET LES EFFETS SPÉCIAUX LES PLUS SPECTACULAIRES DE L'HISTOIRE DU CINÉMA.\" \u2022 John Gnttin.THE GAZETTE 480 rue Ste-Camenne O 866-3856 PLAXMOL (G) 12 15 2 20 4 25 LE LOUP-GAROU OE PARIS (13*) 715 9 20 MATUSALEM II: LE DERNIER DES BEAUCHESNE (G) 100 3 30 MON ONCLE ANTOINE (G) 12 45 2 50 5 00 7 10 9 25 ?TITANIC V.F.(G) 12 00 12 30 4 00 4 30 B 00 8 30 ALERTE METEO (13*) 1 103 10 5 10 7309 40 ?DEMAIN NE MEURT JAMAIS (13*) 1 30 4 15 6 45 7 20 9 15 9 45 CENTRE EATON 705 Ste-Catncine o , tomme la Québécoise Denise Chrzanowska, n'ont guère fait mieux.Certes, le langage utilisé dans leurs revues spécialisées est de bien meilleure qualité que celui des D'Amour et Chalifoux.Mais au bout de la ligne, le résultat est le même : les événements les plus spectaculaires de la dernière année, ou même des 10 dernières années ( découverte possible d'une forme de vie sur Mars, bactérie mangeuse de chair chez Lucien Bouchard, chute du mur de Berlin, etc.).n'ont nulle part été prédits.Pourtant, Mme Chrzanowska réfute cette conclusion.Lorsque le journaliste, parcourant un article où elle annonçait qu'en 1993, les États-Unis signeront « un traité avec les Arabes »>, lui signale que rien de tel ne s'est produit, elle réfléchit un moment puis : « Mais oui.Ils ont fait signer un traité entre Israël et les Palestiniens.» Difficile, dans ses conditions, de ne pas obtenir un taux de réussite élevé.surdoué précoce MATHIEU PERREAULT Depuis que, vers 10 ans, sa maîtresse d'école lui a mis zéro pour un travail sur la télévision, parce qu'il «était impossible qu'il ait compris ça tout seul », Michel Ouellette n'a pas cessé de suivre sa curiosité insatiable.Je n'ai pas choisi la médecine parce que ça ne me tentait pas d'appliquer des techniques sans vraiment les comprendre », affirme l'un des chercheurs qui ont prouvé que la té-lomérase agit comme « fontaine de jouvence » cellulaire.« J'aime mieux aller au fond d'un sujet.» La « curiosité intellectuelle » n'explique cependant pas tout : après un doctorat à jl'Université de Montréal sur l'expression dans les cellules cardiaques d'une morphine naturelle, il a croisé le fer avec le cancer quand son père en est mort, voilà quelques années.Né à Montréal voilà 35 ans, premier fils d'un père notaire et d'une mère secrétaire dans une école, le petit Michel dévore les encyclopédies familiales.Supervisé par son père, il réorganise le circuit électrique de son foyer, sous le regard « inquiet » de sa mère.« Elle m'appelait le professeur Tournesol.» Après des études secondaires à Brébeuf, il découvre la réplication de l'acide désoxyri-bose-nucléique durant son cégep, en lisant le Scientific American.« Jusque-là, je m'intéressais surtout à la chimie organique.Je suis devenu un mordu de l'ADN.» L'université a confirmé ce penchant.Exilé au Texas, et bientôt en Californie, Michel Ouellette aimerait bien rentrer à Montréal.« Mais avec les coupes dans le monde de l'éducation, je suis mieux de ne pas espérer trouver un travail.» LA GRILLE THEMATIQUE de Michel Hannequart FEU ET LUMIÈRE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 HORIZONTALEMENT 1 Nous en sommes tous très dépendants \u2014 Base d'un art.2 Appareil de chauffage \u2014 Infinitif.3 Chiffres romains \u2014 Câblé \u2014 Servent à éclairer.4 Le coin du feu \u2014 À skis, enchaînement de virages courts suivant la ligne de plus grande pente \u2014 Pronom personnel.5 II est parfois très chaud \u2014 Dieu solaire \u2014 Lumière faible.6 Symbole d'un métal alcalin \u2014 Appareil d'éclairage \u2014 Antagonisme.7 Coutelas \u2014 Impayés \u2014 Fiel du boeuf.8 Adverbe \u2014 Baudet \u2014 Source d'énergie.9 Porté au pouvoir \u2014 Qui ne brûle plus \u2014 Décimètre.710 10 Infernal (D\\.) \u2014 Aveuglé.11 Demande avec humilité \u2014 Frotter avec de l'huile \u2014 Pronom.12 Supporte sans fai- uni \u2014 oans veio- ments \u2014 Partie d'une partie.13 Souffrance \u2014 Outil.14 Laize \u2014 Greffe \u2014 Monnaie de l'Iran.15 Piquant \u2014 Soutiré \u2014 Pas bien grosses.VERTICALEMENT 1 Peut se faire à la bougie \u2014 On y met du bois.2 Boisson \u2014 Détruire par le feu \u2014 Vitalité.3 Désigner \u2014 Mousseron.4 Cobalt \u2014 Liquide très volatil et inflammable \u2014 Journaliste et critique français.5 Répartition \u2014 Aire de vent \u2014 Espace économique européen \u2014 Impayé.6 Grand tisonnier utilisé pour activer la combustion sur une grille \u2014 Découvre par hasard.7 Arbre \u2014 Elle est déposée par la fumée \u2014 Impératrice d'Orior-»*-v>i loi il.8 Résidus de la combustion de certaines matières \u2014 Qui est en feu \u2014 Caché.9 Terminaison \u2014 C'est-à-dire \u2014 Son début se fête \u2014 Personnel.10 Héros helvétique \u2014 Boîte à parois transparentes qui abrite une lumière.11 Met le feu à \u2014 Matière grasse alimentaire.12 Sédition \u2014 Article espagnol \u2014 Son bois brûle bien.13 Peintre surréaliste \u2014 Personne \u2014 Il vole.14 Attendrie \u2014 Témoigne une admiration passionnée à \u2014 Article.15 Placer judicieusement \u2014 Spécialiste de l'entretien des cheminées, de l'installation des appareils de chauffage.¦ SOLUTION DIMANCHE PROCHAIN « 10 II 12 H 14 1S SOLUTION DE DIMANCHE DERNIEH Génies en herbe En collaboration avac Génies on hc-rtxj PantoJogle Inc.3535.bout.Roafimont, Montréal H1X 1K7 A) ASSOCIATIONS Associez ces compositeurs aux siècles qui les ont vus naître.1 Johann Sebastien Bach A 20e 2 Franz Shubert B 17e 3 George Gershwin C 18e 4 Andrew Lloyd Webber D 19e 5 Ciaude Le Jeune E 16e B) CINÉMA FRANÇAIS CONTEMPORAIN Quel film de Claude Zidi (1984) met en vedette deux flics à la morale plutôt élastique interprétés par Thierry Lhermitte et Philippe Noiret?Quel film de Costa-Ga-vras (1968) mettant en vedette Yves Montand dénonce le terrorisme d'État?Quel film de Claude Le-louch (1983) avec Colu-che raconte l'histoire d'un employé de station ser- vice qui tente de se faire justicier?Qui a réalisé le Cyrano de Bergerac de 1990 mettant en vedette Gérard Depardieu, Anne Brochet et Jacques Weber?Quel film de Claude Le-louch (1988) avec Jean-Paul Belmondo raconte la grandeur et la déchéance d'un acrobate devenu PDG d'une entreprise en perdition?comme le reste de sa progéniture?4 Dans quelle île envoya-t-on Zeus afin qu'il ne fût dévore par son pére?5 Comment s'appelaient les géants à cent bras engendrés par Ouranos et Gaïa?E) DES YEUX D'ANIMAUX Les réponses sont des mots composés du mot oeil et d'un nom d'animal.1 Comment appelle-t-on une lucarne à fenêtre ronde ou ovale?2 Quelle pierre fine, une variété de chrysobil.emprunte le nom de la partie oculaire d'un petit felm?3 Quel nom a-t-on donné aux ouvertures pratiquées dans les bords d'une voile?4 Quel nom plus poétique porte le cor entre les orteils du pied?5 Quelle pierre composée de quartz chatoyant rend hommage à la beauté de l'appareil oculaire d'un grand félin?F) ISLAM Yves Montand .v\\ ' 1 Quelle nom a-t-on donné à l'ensemble des cinq observances qui résument l'essentiel des devoirs et du témoignage de la communauté islamique?2 Quel nom porte la personne responsable de l'appel de la prière rituelle (salât) chez les islamistes?3 Quel nom porte le livre saint des musulmans?4 Quel est le nom du neuvième mois lunaire de l'année islamique, durant lequel le jeûne est prescrit?5 Dans quelle ville sainte tout musulman doit-il se rendre au moins une fois dans sa vie?G) GARE À L'INTRUS Coluche C) SAINT-JEAN 1 Combien d'années avant le Christ, saint Jean-Bab-tiste fut-il exécuté?2 De combien de mois saint Jean-Baptiste était-il l'aîné du Christ?3 Quel est le dicton qui fart allusion au fait que les deux saints Jean (Baptiste et l'Évangéliste) se D) MYTHOLOGIE 1 Qui vola le feu du ciel à Zeus pour donner vie à l'Homme alors constitué d'argile?2 Quelle femme envoyée par Zeus jetta sur l'huma- partagent chacun un solstice?4 Que symbolisent les feux allumés à la St-Jean?5 Qu'avaient de particulier, selon le dicton, les herbes médicinales cueillies à la veille de la Samt-Jean?nité, par sa curiosité, tous les malheurs qui l'affligent, qui étaient alors contenus dans une jarre?3 Quel Titan engendra Zeus et voulut le dévorer Lequel de ces mots n'est pas un emprunt du français à l'arabe?1 Masque 2 Magasin 3 Moka 4 Muscade 5 Monstre H) PETIT MAIS CONNU 1 Quel est le nom de ce petit qui est probablement le plus célèbre des personnages des contes de Perrault, qui aimait tant sa mère-grand?2 Quel est l'autre petit des contes de Perrault qui fut sauvé par sa grande débrouillardise et quelques cailloux?3 Quel est le nom de ce petit personnage amical qui charma les petits et les plus grands, tout droit sorti de l'imaginaire d'un aviateur disparu?4 Quel animal de la forêt de la Clairefontaine «était le plus petit mais le plus fort-?5 Qu'était en fait le vilain petit canard «qui n'était pas comme les autres»»?SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES B 12 LA PRliSSl:, MONTRÉAL, DIMANCHE 18 JANV1E:R 1998 Sceptiques Existe-t-il des astrologues « scientifiques » ?page B 11 ¦ Recherche _._ Des chercheurs suédois et amé-r i c a i n s viennent d'isoler le gène qui permet à la bactérie à l'origine de la plupart des cas d'ulcère de se fixer sur l'estomac et de gravement l'endommager.Selon l'étude réalisée par des équipes de l'Université d'Umea ( Suède ) et de l'Université Washington de Saint-Louis ( Missouri ), ce gène, identifié sous le nom de BabA, permet à la bactérie « He-licobacter pylori » ( H.Pylori ) de se coller sur les parois de l'estomac tout en se protégeant de son extrême acidité.La découverte de ce gène et de son rôle indispensable au développement de la bactérie pourrait constituer la cible d'un éventuel vaccin contre ce type d'ulcère, concluent les scientifiques.Selon une récente enquête des Centres de contrôle et de prévention des maladies ( CDC ) d'Atlanta ( Géorgie ), neuf ulcères sur dix sont provoqués par la bactérie H.Pylori.Son dépistage peut être réalisé par un simple test sanguin et elle peut être éradiquée par un traitement classique de deux semaines aux antibiotiques.Paléontologie Deux paléon-t o 1 o g u e s viennent de réaliser une analyse des squelettes des oiseaux et des dinosaures qui remet sérieusement en cause la théorie largement acceptée selon laquelle les deux espèces appartiennent à la même famille.L'existence d'un éventuel lien de parenté entre le dinosaure et l'oiseau n'a pas cessé d'agiter la communauté scientifique, depuis la découverte au XIXe siècle en Allemagne, des deux premiers fossiles parfaitement conservés de l'archacopte-ryx, un animal doté à la fois d'ailés et d'un squelette de reptile.Comme les dinosaures théro-podes, les archaeopteryx et les oiseaux modernes ne disposent en effet que de trois « doigts » au bout de leurs membres antérieurs ou ailes.En examinant la disposition des trois « doigts » ou extrémités osseuses des ailes d'un oiseau, Ann Burke et Alan Peduccia, de l'université de Caroline du Nord se sont aperçu qu'ils étaient les numéros 2, 3 et 4 de la série de cinq présente chez la plupart des autres vertébrés.Par contre, les trois doigts des dinosaures ihéropodes étaient les numéros 1, 2 et 3 de la même série, affirment-ils.Biologie L'horloge biologique chez l'homme, ce dispositif qui permet à l'orga nisme de se régler sur une période de 24 heures, serait également commandée par la face postérieure du genou, rapporte une étude publiée dans le magazine Science.Les scientifiques ont remarqué que l'homme s.idapte, selon les saisons, aux durées différentes du jour et de la nuit.Ils estimaient jusqu'à présent que ce réglage de l'horloge interne se faisait uniquement grâce à la stimulation de la rétine de l'oeil par la lumière.Une équipe dirigée par le Pr Scott Campbell, de l'Université Cornell à White Plains ( Etat de New York ), s'est interrogée sur le fait que même des aveugles, qui ne voient donc pas la lumière, ont une horloge biologique fondée sur la succession du jour et de la nuit.Selon eux, ces rythmes circadiens sont commandés par l'exposition de l'arrière de l'articulation du genou à la lumière.Médecine Les dons de sperme diminuent d'année en année en France, inquiétant les spécial istes qui constatent une baisse nettement plus marquée que celle des couples en attente d'enfants.« En 1996, seulement 386 donneurs se sont présentés dans les 22 centres français, soit 40,3 % de moins que l'année précédente », a expliqué à l'AFP le Dr Marie Odile Alnot, responsable du centre d'étude ci de conservation du sperme humain ( CECOS ) d'un grand hôpital parisien.Le taux moyen de succès des grossesses obtenues par don de sperme est de 12% environ, comparable à celui des autres techniques de procréation médicalement assistée.Agence France-Presse 1 L'immortalité des ¦ pas celle \\ \\ MATHIEU PERREAULT Loin d'annoncer une fontaine de jouvence, la preuve que l'enzyme télomérase accroît la durée de vie des cellules humaines permettra d'abord de mettre au point des médicaments biotcchnologiques.« La sénescence cellulaire, l'expression de gènes associés à la vieillesse et l'incapacité des cellules à se diviser, n'est que l'une des facettes du vieillissement.Nous ne réglons pas le problème des dommages structurels, de l'oxydation des particules, l'équivalent de la rouille, et des radicaux libres, produits dans les mitochondries par la respiration », prévient Michel Ouellette, un microbiologiste montréalais membre de l'équipe de l'Université du Texas qui a fait la preuve dans la revue Science de la validité de l'une des explications du vieillissement humain.Avec une équipe de la firme Geron, de San Francisco, qui vient d'offrir à M.Ouellette un poste de chercheur, les Texans ont accru de façon significative le nombre de divisions cellulaires, et retardé l'expression de gènes associés à des cellules vieilles, en introduisant dans des cellules de prépuce et de rétine une enzyme, la télomérase, qui reproduit la séquence génétique qui forme l'extrémité du chromosome, le télomère.À chaque division cellulaire, la quantité de télomères diminue, conséquence d'une difficulté de reproduction intrinsèque à la structure hélicoïdale du chromosome.De 20 000 paires de bases ( séquence d'acides aminés équivalant aux legos de la génétique ) à la naissance d'une cellule, la quantité de télomères chute de façon linéaire à 6000 paires à l'article de la mort cellulaire \u2014 les deux chaînes d'un chromosome en ont environ 100 millions.Un mécanisme intracellulaire encore nébuleux permet de constater cette baisse, d'arrêter la division cellulaire et d'amorcer la sénescence.La télomérase se retrouve notamment chez 85 % des cellules cancéreuses, ainsi que dans les gamètes, précurseurs des spermatozoïdes et des ovules, et en moins grande quantité dans certaines cellules souches comme celles du système immunitaire ( quand ce dernier est stimulé, l'activité de la télomérase augmente cependant ) ou celles qui régénèrent les parois de l'intestin, dont le taux de division est rapide.« Les gamètes garantissent l'immortalité quand on passe d'une génération à une autre », relève M.Ouellette, en entrevue téléphonique.Sur 26 cellules épithéliales du pigment de la rétine, les chercheurs de Geron ont dépassé d'une quarantaine de divisions la limite moyenne de 60 divisions des cellules-témoins, alors que six cellules fibroblastiques de la peau du prépuce ont dépassé de plus de 35 divisions la limite de 70 divisions des cellules-témoins.Un accroissement plutôt qu'une diminution de la longueur des télomères a été observé.« À Geron, les résultats ont été plus rapides, car ils ont introduit la télomérase juste avant que les cellules entrent en sénescence », commente M.Ouellette.Les cellules rétiniennes ont été modifiées à 37 divisions et celles du prépuce à 44 divisions.Un microbiologiste québécois fait partie de Véquipe de chercheurs de l'Université du Texas qui vient défaire une importante percée dans Vexplication du vieillissement Le vieillissement normal de la cellule télomères ADN La manipulation scientifique *1 ¦ ¦ télomères ADN â.-___________________.- alors que le nombre maximal respectif de divisions dans la population est de 60 et 90.Les deux types de cellules se divisent environ aux deux jours.Un gène marqueur du vieillissement, le bêtagalactosidase, une enzyme servant à la digestion, a été remarqué dans la majorité des cellules-témoins, mais dans peu des cellules où se manifestait la télomérase.« Le maintien de la longueur des télomères permet de maintenir un phénotype associé à la jeunesse cellulaire », explique le microbiologiste.Cette jeunesse prolongée évite que « les cellules ne deviennent de plus en plus vieilles sans mourir, comme Dorian Gray », le héros d'un roman d'Oscar Wilde, souligne Calvin Harley, directeur de l'équipe scientifique à Geron, qui a démontré le premier que les télomères étaient plus longs dans les cellules vieilles que dans les courtes, au début des années 90 à l'université McMaster, en Ontario.L'un des problèmes cruciaux de la culture de cellules de moelle épinière en vue d'une transplantation, leur vieillissement, pourrait ainsi être réglé, croit M.Harley, qui est né au Nouveau-Brunswick.« On pourrait aussi traiter la dystrophie musculaire en cultivant des cellules musculaires où les gènes de la dystrophine ( une cellule dont les malades ont une carence ) et de la télomérase auront été activés, suggère M.Ouellette.Présentement, les cellules vieillissent trop avant qu'on les réinjecte dans le muscle.» La culture de facteurs sanguins est aussi au programme.Mais pour ce faire, l'activité de la télomérase devra être mieux connue.« Des protéines du noyau La plupart des cellules se divisent 20 à 100 fois au cours de leur vie Certaines cellules ont apparemment une capacité de division illimitée o \\ * A.'S fi ; À chaque division,.la cellule perd un segment de télomère lîextrcmite d'un chromosome Une enzyme, la télomérase leur permet de reproduire la séquence du télomère -;¦¦\u2022>.a i La disparition des télomères commandele vieillissement puis la.mait.de la cellule L'introduction de télomérase dans des cellules qui n'en ont pas permet de prolonger leur vie tourna: SflKirtc-.ittn!! interagissent avec la télomérase, indique M.Har!ey, depuis ses bureaux californiens.Il nous faut comprendre ces relations, et voir comment augmenter l'activité de ces protéines.Chaque enzyme, et il s'en trouve entre 100 et 500 par cellule, peut reproduire quelques centaines de télomères avant de se dégrader.» Le fonctionnement du promoteur de la télomérase, qui contrôle son expression via des protéines, est aussi à l'ordre du jour : « Nous voulons savoir pourquoi l'enzyme ne se trouve que dans les gamètes.Pour l'expérience, nous avons utilisé un promoteur qui commande toujours l'expression de la télomérase.Tout ça se trouve sur le chromosome 5.» Prévus depuis les années 60, quand la structure en hélice du chromosome a été démontrée, les télomères sont très populaires depuis cinq ans, selon M.Michel Ouellette ( à gauche ), un microbiologiste montréalais membre de l'équipe de l'Université du Texas qui a fait la preuve de la validité de Tune des explications du vieillissement humain, et trois de ses collègues : Woodring Wright, Jerry Shay et Shawn HoH.« « AP ncqnpne - Nota Chaban Ouellette.« On a alors identifié leur séquence, faite des bases TTAGGG.En avril, Geron et notre labo avons isolé le gène qui encode la télomérase.Geron avait isolé son ARN ( une enzyme est constituée de protéines et d'acide ribonucléique ) qui encode à son tour les télomères.Moi, j'ai tout mis ça dans une cellule normale.» La clé du vieillissement de l'homme se profile-t-elle ?« Le système nerveux central vieillit, et pourtant ses neurones ne se divisent pas.Par contre, les cellules gliales ( qui entourent les neurones ) se divisent : peut-être qu'une partie du vieillissement des neurones est liée à la sénescence des cellules gliales », estime M.Ouellette.Comme la télomérase est associée au cancer, certains craignent que son expression forcée n'entraîne des mutations.« Dans les cancers, la télomérase vient en dernier parmi les mutations, assure Michel Ouellette.Elle est indépendante des mutations.Sans elle, un cancer est bénin.\u2022 Contrairement aux cellules cancéreuses, celles que nous avons étudiées cessaient de se diviser quand elles se touchaient, et avaient besoin d'un support solide pour croître.Ces deux traits expliquent en partie la prolifération et le déplacement des cancers.» Selon M.Harley, les essais sur souris devraient débuter « bientôt ».« Pour le modèle humain, il est vraiment prématuré de donner des échéances.» De même, le chercheur de Geron considère « prématuré » de parler de « fontaine de jouvence ».Mardi, à la parution d'un résumé de l'article, les actions de Geron ont bondi de 4,37 $ à 14,37 $ US.Les \u2022 titres de la firme ont l'habitude de jouer ainsi au yoyo : en août, t jimik! elle a annoncé qu'elle était en mesure de clouer le gène de la télomérase, ils avaient grimpé de 7,50$ à 14$.www.science.com www.geron.com www.swmed.edu Si Un surdoué précoce, page Bll "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.