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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Livres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1996-10-20, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, dimanche 20 octobre 1996 Livres ARTS ET SPECTACLES m- Deux pamphlets sur la langue: du «jouai» au « meneu-meneu » page B5 JOCEiYNE LEPAGE Je est un autre », pourrait dire Marcelle Ferron à propos de la biographie que lui consacre Michel Brûlé et qu'il présente à la manière d'une autobiographie.Il suffit de s'entretenir cinq minutes avec Ferron \u2014 comme elle se nomme elle-même dans la conversation \u2014 pour s'en rendre compte.Cette femme, sans doute la première peintre québécoise a vivre comme un homme de son art, tient un discours plus complexe et plus tortueux que celui que lui prête Bïûle et.pour tout dire, s'amuse dans la vie a échapper a ceux qui veulent la saisir.Mais la Ferron de Brûlé, c'est Marcelle Ferron quand même ! Une Ferron de cape et d'epee qui pourrait inspirer une formidable et coûteuse télésérie où interviennent quelques grands Québécois et \u2022 Canadiens de ce monde, pas toujours dans leur meilleur rôle, des étrangers célèbres, des fédéralistes corrompus, un ou deux tours du monde, trois maris et quelques espions.Une Ferron aventurière, courageuse, éprise de justice sociale comme son frère, le docteur Jacques Ferron.un des plus grands écrivains québécois, et comme son père, Alphonse, ce notaire qui fut un héros pour ses enfants.L'Esquisse d'une mémoire, de l'éditeur des Intouchables, sera en librairie dès mardi.Le livre se lit comme un polar.El certaines anecdotes, surtout celles qui concernent la crise d'Octobre a laquelle Jacques Ferron a été mêlé de près, pourraient secouer les puces que le temps a endormies.« C'est son texte a lui », dit Marcelle Ferron que nous avons rencontrée chez elle.«< Michel Brûlé a choisi des morceaux dans un ensemble d'entretiens.Nous nous sommes rencontrés une fois par semaine pendant trois mois.H n'a rien enregistré.Mais tout ce qu'il dit est vrai.J'espère que ça ne fait pas trop /W/i*> Police.Je veux bien régler quelques comptes, mais je ne veux * quand même pas finir en prison.» « C'est son histoire, a elle », dit pour sa part Michel Brûlé qui a choisi le je de l'histoire « parce que cela donne un caractère intimiste au texte et colle parfaitement à la personnalité attachante de Mme Ferron.» Et comme Ferron retient mieux les idées que les dates, l'éditeur a fait de nombreuses vérifications pour tout ce qui était véri fiable.Il faut dire par ailleurs que le fait de se confier ainsi a un jeune auteur, éditeur de livres populaires en plus, et de lui laisser carte blanche, ressemble à Marcelle Ferron.« Pourquoi j'ai accepte sa proposition ?Eh bien, vous savez, Michel a 32 ans, c'est comme s'il était mon petit-fils.( Je suis grand-mère et même arrière-grand-mere maintenant ).Je le trouvais sympathique.Et comme il n'y a pas grand-chose d'écrit sur moi, sauf quelques petits catalogues, surtout faits en Europe, je me suis dit pourquoi pas, j'ai une oeuvre importante et je continue toujours de travailler, on montrera mon travail, ce sont les photos qui comptent le plus dans ce livre ! » Il y a trois cahiers de photos dans la biographie.Un premier contient une trentaine de photos de famille et d'archives.Les deux autres sont consacrés à des reproductions en \u201e couleurs des tableaux et des verrières réalisés par Mme Ferron.Aventurière, Marcelle Ferron, née infirme comme elle dit, promise à Sune mort précoce mais toujours très __vivante à 72 ans, l'a certainement été.Elle l'a été dans sa vie ir personnelle sur laquelle elle est d'une discrétion à peu près absolue.Marcelle Ferron en compagnie de l'auteur et éditeur Michel Brûlé, devant une oeuvre de Ferron datant de 1994, Le Promeneur.'A \u2014 ¦ Voir FERRON en B 6 ¦ Après la terre ( L'Oeil américain ), - .après l'air ( Lumière des oiseaux ), >$ierrc Morcncy perpétue la magie ;.¦ de ses « Histoires naturelles du -Nouveau Monde » avec La Vie entiè->re dont le thème central est cette -fois l'eau, plus précisément le - : Saint -Laurent, ce « chemin qui T- jparche ».En fait, ce livre, c'est une *.iiistoire d'amour, une histoire de * bonheur : « Depuis le début, écrit-il, je suis en toi et en toi je coulerai jusqu'à la fin.» 9 m Et il y a tant de moments bénis - dans ces pages, tant d'exaltations et 'de ravissements, tant de regards ; -étonnés sur la vie, les choses, les oi-jseaux, les bêtes, la flore, les hom-' mes et les souvenirs de l'enfance que l'on se demande bien comment le poète peut être si heureux, malgré le siècle, malgré la mort, malgré « l'envers de la merveille » comme il dit lui-même.En entrevue, Pierre Morency expliquera que tout n'est pas si simple, qu'il y a dans l'écriture ces longs mois de profonde solitude, de labeur incessant reclus dans la mal-son d'été de Gabrlelle Roy à Petite-Rivière Saint-François, qu'il n'a pas une haute opinion de ce siècle.comme il le montre bien dans un chapitre intitulé « Époque », pas plus d'ailleurs qu'il ne tient en haute estime la nature humaine en général.« Heureusement, dit-il, que la vie m'a fait rencontrer quelques êtres humains exceptionnels.» La réponse du bec-scie Or, La Vie entière est une recherche émouvante \u2022 de réponses, de contrepoids à la lourdeur et même à l'horreur de l'époque : « Dans §uel temps aura passé mon temps e vivant ?» demande Pierre Morency.La réponse, c'est un « canard lumineux >», un bec-scie couronné qui la lui apporte : « Il plongea encore et m'entraîna si loin à sa poursuite que bientôt une sorte de lueur monta des obscurités liquides.Elle était là la réponse.Elle se nom-malt : profondeur.Nous aurons vécu, me souffla une voix venue de loin, dans un temps témoin de toutes les plongées.» Comme dans L'Oeil américain et Lumière des oiseaux, c'est à travers ses expériences de la faune et de la flore, amassées au fil des ans comme autant de couches sédlmcntées de souvenirs, que Pierre Morency débusque des instants de grâce qui l'amènent parfois à une sorte d'Illumination, comme lors de cet après-midi de septembre dans son Ile d'Orléans où 11 sentit son « corps tout à coup » se délester «de ses enveloppes de pesanteur *.Et «j'ai senti, écrit-il, ruisseler dans mes membres ce bien-être qui vient parfois de la fusion amoureuse, quand on a touché le rivage désirable.(.) Ce qui s'appelle l'éternité n'est sans doute pas plus ample.* Mais ces souvenirs, à la dlfféren- LES BEST SELLERS\t\t\t Éditions québécoises\t\t\t Fiction (romans]\t\t\t 1 Annabelto\tMarie Laberge\tBoréal\t(2) 2 Instruments des ténèbrat\tNancy Muston\tLemôac / Actes-Sud\t(6) 3 C'est pour mieux t'aimer mon tnfant\tChrystlne Brouillât\tLa Courte ÉcheHe\t(5) Estais\t\t\t 1 L'amour en guerre\tGuy Comeau\tL'Homme\t(2) 2 Dialogues on ruines\tLaurent-Michel Vacher\tLiber\t(2) 3 Ma petit* histoire de la Nouvelle-France\tGilles Proutx\tProteau\t(D Éditions étrangères\t\t\t Fiction [romans)\t\t\t 1 Le Monde perdu\tMichael Cnchton\tLaffont\t(3) 2 La Galère d' Astérix\tA.Uderzo/R.Goscinny\tAlbert René\t(D 3 Expiation\tPatricia MacDonaW\tAlbin Michel\td) Essais\t\t\t 1 Initiales B.B.\tBrigitte Bardot\tGrasset\t(2) 2 Pavarotti, de vive voix\tL.Pavarotti / W.Wright\tPion\t(D 3 La dixième révélation de la Prophétie dee Andes\tJames Rodfiefd\tLaffont\tF> ' Livres pratiques\t\t\t 1 Guide de l'auto 1897\tJ.Duval/D.Duquet\tL'Homme\t(2) 2 Le Petit Larousse Illustré 97\tEn collaboration\tLarousse\t(7) 3 Horoscope 1997\tAnne-Marie ChaWoux\t7 Jours\t(2) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Bertrand, Champlgny, Le Fureteur (St-Lambert), Gameau, Guérin, Hermès, René Martin (Joliette), Monet, Le Parchemin, Les Bouquinistes (Chicoutimi), Payette (Sherbrooke), Guy Poirier (Trois-Rivières), Rafftri, Re-naud-Bray, Sons et Lettres, Librairie Smrth (Promenades de la Cathédrale).\t\t\t Pour FAIRE LE POINT sur l'actualité chaque samedi dans lisez le cahier Pus t Le Chemin Saint-Jacques de Antonine Maillet « La célèbre Acadienne, pour une fois, avait vraiment la bride sur le cou.[.] Un beau chapeau, plein de lapins roses à pois verts, surprises braconnées dans le champ mal gardé - heureusement - de la tradition orale.» Rêcinalû Martel La Presse 2 *t> Photo : JotaanM Mercier ^ y ?| ¦ - av.i .¦A ' ' .y.* \u2022 ¦ \u2022.¦ \u2022 \u2022 ¦ É, 4 Pierre Morency ce des ouvrages antérieurs, sont aussi faits cette fois d'êtres chers et fabuleux, de son père Louis le creuseur de puits, de son grand-père Castor dont il imagine le passage vers la mort comme une voyage sur le fleuve vers une lie accueillante.En compagnie de ces personnages, en compagnie du PHQT0 ANORÊFOflGÉT u Pressé huart, de la sterne plerregrain, du renard, du martin-pècheur, des bécassines, des ratons laveurs et des carouges, Pierre Morency a le don d'éveiller en nous ce qui est déjà là ; il est un révélateur des merveilles d'étonnement qui nous habitent.Mais encore plus, cet éveilleur PRATIQUE La fièvre Montignac p 'été dernier, à la cam- paul roy L, pagne, quand on distribuait de la bière ou des whippets, je fai-j sais semblant de i m'offusquer : « Et mon régime Montignac ! » À la même époque, aux bulletins télévisés, on parlait quotidiennement de la loi américaine Helms-Burton, menaçant les entreprises faisant affaire avec Cuba.Un soir, après les nouvelles, Alice ( 5 ans ) paraît embêtée : « Papa, le régime Castro, est-ce que c'est comme ton régime Montignac ?» Tout ça pour dire qu'à La Presse \u2014 comme peut-être dans votre milieu de travail \u2014, le « nutritionniste autodidacte » Michel Montignac \u2014 il a une formation en sciences politiques\u2014 semble avoir autant d'adeptes que feu Luc Jouret en avait à Hydro-Québec 1 Il faut voir, chaque midi, la salle de rédaction se diviser en deux : les h Montignac » et les autres.( Je fais partie des deux groupes; «Montignac m, mais résolument tricheur, ce qui ne m'empêche pas d'avoir perdu quelques livres en suivant ses conseils.) Parlant de livres, Michel Montignac en a vendu cinq millions depuis 10 ans : Je mange, donc je maigris.Comment maigrir en faisant des repas d'affaires, La méthode Montignac -spécial femme, des livres de recettes, et son demier-né : Restez jeune en mangeant mieux.c'est d'ailleurs pour faire la pu-blicitélteiV?jeune que le « maître * s'est pointé à Montréal il y a une huitaine.Nous avions rendez-vous à son hôtel pour le petit déjeuner.Une surcharge pondérale Je l'imaginais aristocrate et fendant, je l'ai trouvé simple et gentil.Il a 52 ans, il est assez grand ( lm 80 ), assez mince ( 76 kilos ) et assez chauve.Il portait un complet gris, une cravate et des lunettes.Allait-il tartiner ses toasts de confitures sucrées ?Je salivais à l'idée de voir l'homme manger.Pas de chance, il n'a rien pris.Sauf un café.qu'il n'a pas bu ! Ce qui m'a rappelé un passage de Je mange, donc je maigris dans le- quel il explique qu'en société, plutôt que de faire un plat de son régime, mieux vaut parfois accepter un plat défendu, quitte à ne pas y toucher.Personne ne s'en apercevra, résumait-il.Issu d'une famille de commerçants de la région de Bordeaux, Michel Montignac se voit très tôt affu- MK'HM MON 1 K.Vv RESTEZ JEU NE EN MANGEANT MIEUX blé d'une importante « surcharge pondérale », comme il dit.« J'ai beaucoup souffert de cette différence.On m'appelait Patapouf, Grosse Patate, j'étais dernier en gymnastique.» Dès l'âge de huit ans, il dit s'être intéressé à la diététique.Mais ce n'est que beaucoup plus tard, vers le milieu des années 80, que ses lectures et ses « recherches » l'ont amené à conclure que « le facteur clé de la prise de poids résidait dans un dérèglement du pancréas qui s'appelait l'hyperinsulinisme et qui favorisait le stockage des graisses ».Pour maigrir, conclut-il, on n'a qu'à manger moins de glucides à index glycémique élevé et plus de glucides à index glycémique bas.C'est de cette façon qu'il dit avoir perdu 15 kilos en quelques mois.On trouve ces index glycémiques en page 137 de Restez jeune en mangeant mieux.Le tableau comprend deux colonnes : à gauche, les index élevés.à droite, les index bas.Des exemples : la bière a un index de-110, les frites et le pain blanc de 95.Un hamburger-frites arrosé d'une petite rousse avec ça ?Au bas de l'autre colonne, on trouve les légumes verts ( 15 ), les pâtes intégrales, les pois chiches, les carottes crues ( 30 ).Bizarrement, les carottes cuites ont un index de 85.Finie l'obsession du « no fat », comme il dit.Et ce n'est pas Michel Montignac qui va vous empêcher de manger du foie gras avec votre brocoli.Un verre de rouge ?Deux, si vous voulez ! Son attachée de presse raconte que notre homme s'est retrouvé, au restaurant La Spaghettata de là rue Laurier, à son arrivée à Montréal, l'autre jour.Qu'a-t-il mangé ?Bavette, légumes verts et verre de vin.On ne peut plus cascher ! Dans Je mange, donc je maigris.Michel Montignac élaborait une théorie des combinaisons alimentaires.Il ne fallait pas mélanger lipides ( viandes, etc.) et féculents.Dans Restez jeune, il n'en fait presque plus mention.« On aboutissait au même résultat mais j'ai changé ma démarche quand j'ai vu que mes détracteurs focalisaient là-dessus, explique-t-il.On disait que ce n'était pas scientifique.» Scientifique ou pas, Michel Montignac semble vendre ses livres comme de petits pains ( de blé complet ) chauds.Riche ?Non, répond-il.Il dit avoir perdu beaucoup d'argent lors de la faillite de son premier éditeur.Et depuis, il dit consacrer toutes ses ressources à ses a recherches ».Il vit sur une ferme de 50 hectares de montagne en Ardèche, où il se livre à différentes cultures biologiques expérimentales et où il crée quelque 200 produits « Montignac » différents : céréales, chocolat, Champagne.Ces produits sont distribués sous licence dans 800 points de vente à travers la France.« Je ne suis pas un homme d'argent, dit-il.Je vis modestement, je n'ai pas de grands besoins.» Son prochain livre traitera des effets thérapeutiques du vin.RESTEZ JEUNE EN MANGEANT MIEUX.Michel Montignac Flammarion.Paris.1996.250 pages.nous lègue avec La Vie entière un art poétique et un art de vivre ! « Ja- K mais je n'arriverais à rien écrire de vivant si je ne savais pas voir ce qui vit dans la plus humble présence, dans l'objet le plus usuel, le plus banal, dans la réalité la plus ordinaire offerte par notre destin de chaque jour.(.) Comment peut-on rendre, par l'an, les grands sentiments de l'existence humaine,-les questions qui agitent les profondeurs, les lignes de force du tissu social, comment rendre les premiers mouvements de l'âme si l'on a pas su porter un regard enchanté et presque bienveillant sur la plus simple manifestation de la vie autour de soi ?» Ce regard enchanté nous enchante à notre tour.Dans la gravité, dans la profondeur, dans la beauté du monde, l'écrivain laisse transpirer à chaque page son désir d'écrire, cet art pour lequel il a décidé de «< consacrer jusqu'à la fin »» ses meilleures forces.Et c'est heureux, la cinquantaine accomplie, qu'il en soit ainsi, qu'il annonce ce « travail qui occuperait les années, les décennies à venir : l'attention à porter à chaque chose, à chaque objet, à chaque être vivant, à chaque beauté humble de la flore et de la faune ».Lorsque le lecteur se reconnaît autant dans un livre, lorsqu'il reconnaît autant le pays qu'il habite, c'est que ce livre est un grand livre, un immense livre, immense comme le Saint-Laurent.LA VIE ENTIÈRE ( Histoires naturelle du Nouveau Monde ).Pierre Morency.Éaj» tions du Boréal.Montréal.1996.288 pu- ges.- : SOCIÉTÉ DE LA SLA DU QUÉBEC (Sclérose Latérale Amyotrophique) \u2022 Maladie terminale V \u2022 Perte d'autonomie progressive,,, \u2022 Cause inconnue \u2022 Aucun remède Besoin urgent de fonds potïr services aux malades: re^erche^lnfœrnatiogs, conseils, appareils, etc.« *^SE^^:Î* Pour informations Gowmuniquoz avec le bureau de la :m\\ Société de la SLA du Québec 3958, rue Dandurand * H1X1P7 Tél.ou téléc.: (514) 725-2653 t MONTRÉAL LIBRAIRIE ^S^BBBBS GALERIES GUY CORNEAUv^ ¦ \u2022 laval TiaBSn 25t2, DAMOTstoHNSON 581-9*2 7 EN GUERRE» 21,95$.20 tfin5y Kl % 242S8S0A20 11 _ CtojCORNEAU 9 ™ guerre HT i- v LEMÉAC la littérature d'aujourd'hui LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 B 3 Livres ROMAN Toute violence est regrettable.CLAUDE MARCIL collaboration spéciale avoue que je n'étais pas très chaud à l'idée de faire la recension d'un thriller écrit par un auteur d'ici, qui enseigne la philosophie ( ! ) dans un cégep d'ici et dont l'action se déroule ici, parmi nos racines sacrées.L'épiderme de nos auteurs, peut-être éprouvé par le froid de nos hivers, est particulièrement sensible à la moindre observation.Une criti- ' cjue franchement négative suscite presque toujours la rage au coeur, des lettres indignées et des boîtes V0cales saturées de la part de nos ' scribes endoloris, de leurs parents, cpnjoints( es ), amis( es ), bref, de la moitié du Québec ! Mais je ne serai pas obligé de déménager, de filtrer mes appels ou de commencer à vivre avec les Anglos du West Islanri : le thriller ' de Jean-Jacques Pelletier, Bhmt.Les ' treize derniers jours, mérite sa place dans nos libraries.Sauver sa peau Depuis neuf ans, l'ex-agent se- cret Nicolas Strain se cache sous l'identité d'Horace Blunt pour sauver sa peau.Durant sa carrière, il a appris des secrets variés et ses anciens employeurs estiment qu'une mort prématurée serait la meilleure garantie d'une discrétion permanente.Mais une série de mystérieux attentats terroristes frappe Montréal : carnage dans une piscine, saccage d'un club Nautilus.massacre dans un magasin d'aliments naturels.Certains indices laissent croire qu'il s'agit du prélude à une offensive visant plusieurs grandes villes des États-Unis.La CIA, le NSA et autres acronymes entrent en piste et demandent à Blunt, qui est sur place, de faire enquête.Fidèle aux héros de la majorité des thrillers, Blunt va faire preuve d'une capacité d'analyse aigué, séduire une paire de femmes séduisantes, constater un taux de mortalité élevé parmi ses amis et confondre le méchant dans les règles de l'art.Le thriller ne lèvera pas une sérieuse hypothèque sur votre sommeil ni ne blanchira vos nuits, mais il se lit agréablement avec le minimum de suspense qui assure une lecture jusqu'à la dernière page.Les personnages manquent de profondeur et l'auteur, volontairement sans doute, ne donne aucune description physique, mais le récit n'en est pas trop handicapé pour autant.Le lecteur reconnaît, bien sûr, tous les lieux \u2014cafés rue Saint-Denis, restaurant avenue Laurier, etc.\u2014 mais le roman ne reste pas empêtré dans le terroir.L'auteur a en outre évité le jouai sans donner l'impression d'un langage artificiel.De plus, il émaillc son récit de succulentes remarques et de descriptions pertinentes : «« Comme à chaque fois qu'il se passionnait pour les dernières trouvailles de la bêtise militante.»> Ou encore : « Blenny tenait son nom des traces qu'avait laissées sur son visage toute une série de maladies intimes mal soignées.» La description d'un lendemain de brosse atteint des sommets : « Vingt minutes plus tard, il sortait de la salle de bains, propre, rasé, quasi utilisable.Sous son crâne, les pulsations s'étaient stabilisées à une intensité supportable.Il suffisait qu'il bouge avec lenteur et précaution.Au moindre mouvement brusque, il avait cependant l'impression que sa boîte crânienne se déplaçait sans que l'intérieur de la tète suive.» De même, le lecteur s'amusera à entendre les propos lénifiants classiques de nos rassurants dirigeants : « Vous savez, même si toute violence est regrettable, il ne faut pas exagérer la signification des événements des derniers jours.>» Il y a bien quelques petites erreurs, comme celte colonie d'uterites ( sic ) qui donnerait à penser qu'il s'agit des habitants de l'utérus plutôt que des Huttehtes.mais elles sont largement compensées par des reparties savoureuses, particulièrement réussies : « Je suis une tombe, promit Ka-lie.\u2014 C'est à donner le goût de se faire enterrer.\u2014 Méfie-toi, c'est le genre d'expérience qui a tendance à durer un certain temps, à ce qu'on dit.>» Bref, avec Blunt.Les treize derniers jours, nous avons un des premiers thrillers d'ici que l'on peut prêter sans gène à des étrangers \u2014 peut-être même leur vendre.BLUNT.LUS TREIZE DERNIERS JOURS.Jean Jacques Pelletier.Editions Altrc.Que-bec, 1996.509pâtes.\u2014t n \"i jSfcVj Illustration Jean-Pierre Normand ( détail ), reprise par les Éditions Alire.Faut que je te parle ¦ Danietie Dussault ÇA N'A JAMAIS ÉTÉ TOI IjiiïUi:: mime .^^^^ y- ¦ \" \\\\ '\u2022: '.i !i Un sourire incertain \u2022\u2022vu» Albert, le peintre et les autres RECINALO MARTEL fat connu Albert alors qu'il travaillait au bureau de poste.>» Ainsi commence, tout simplement, le court roman que signe Mmc Paule Doyon.Et ainsi il continue, jusqu'à épuisement du mystère dudit Albert.Le matériau semble mince : Albert et sa monomanie.À cinq ans, comme beaucoup d'enfants, le bonhomme s'est inventé un copain imaginaire.Le hic, c'est qu'il ne l'a jamais congédié.Armand \u2014 c'est le nom de cet être fictif \u2014 a profité de cette négligence.Il a fini par exercer sur son créateur une réelle .tyrannie, l'obligeant à ne plus vivre qu'en fonction de ce double amélioré mais gênant.Une femme \u2014 qui d'autre ?\u2014 essaiera de guérir Albert.Ne s'aimant pas trop elle-même, parce qu'elle se trouve grosse, elle \u2022fera de lui, petit et laid, son amant.Elle le recevra chez elle, sans jamais rencontrer cet Ar-.mand, présumé colocataire d'Albert, à l'existence duquel elle croit de moins en moins.Et elle aura recours à des thérapies diverses, scientifiques les unes, ésotériques les autres, pour libérer le postier de son embarrassant fantôme.On trouve dans ce roman beaucoup de naturel, un peu d'humour, et certainement la .preuve que Mmc Doyon sait rendre passionnante, jusqu'à la chute inclusivement, les histoires qu'elle raconte.M.Bernard Lévy sait faire court lui aussi, ; et- ses ressources ne sont pas moindres.Il .nous donne dans Un Sourire incertain ce que le titre suggère, et l'impression parfois d'avoir été embarqués dans un bateau qui n'allait nulle pan, pour que nous puissions, justement, contempler ce nulle pan.Le monde de l'art et le monde de la science, que M.Lévy connaît bien, l'ont inspiré.La nouvelle intitulée « Sans titre » l'illustre assez, où il est question d'un peintre qui ne fait que des toiles blanches, ou dont les couleurs sont invisibles pour tout le monde.Un art subminimal, si ça se trouve, qui triomphera pourtant, mais altéré, d'une manière surprenante.Côté sciences, une nouvelle d'une impitoyable cruauté.« Lettre au scientifique », où il est montré comment la curiosité mène à l'ambition, l'ambition au pouvoir, le pouvoir au néant.Il doit bien y avoir là-dedans une clé.peut-être même un passe-partout.Dix nouvelles.Si aucune ne vous plaît.M.Lévy promet de vous rembourser.Fort bien, mais s'il ne rembourse que ses droits d'auteur, et non le coût entier de l'ouvrage, vous serez défrayé tout juste pour le renvoi de la marchandise ! Aux éditions L'instant même, un recueil de nouvelles de M™ Danielle Dussault, Ça n'a jamais été toi.Il s'agit essentiellement de lettres, jamais envoyées, à des hommes toujours absents, toujours rêvés, toujours attendus.Des lettres d'amour, mais qui créent la distance plutôt que de la réduire, car « pour aimer, il m'a toujours fallu ça, cette sorte d'éloigné-ment de l'homme ».Pas étonnant que les âmes et les coeurs et la tendresse, qui sont l'appareil du discours amoureux romantique, aient ici plus de place que les corps.L'auteur des lettres écrit d'ailleurs : « (.) j'ai beaucoup de mal à réduire ma tendresse à quelque chose de biologique.» Cela pourtant mettrait un brin de piquant dans cette prose itérative qui incite à partager le point de vue de son auteur, quand elle écrit « et je me dis que ce cahier est aussi une sorte de long monologue interminable ».FA UT QUE JE TE PARLE D'ALBERT.Paule Doyon.Éditions Stanké.Montréal.7996,120 pages.UN SOURIRE INCERTAIN.Bernard Lévy.Éditions Triptyque.Montréal.1996.160 pages.ÇA N'A JAMAIS ÉTÉ TOI.Danielle Dussault.Éditions L'instant même, Québec, 1996.128pages.» \u2022 v - Le manchot Toutes les enquêtes du Manchot présentées par le maître du «thriller» québécois, Pierre saurel Six romans en un volume.DES HEURES DE SUSPENSE.le manchot TOME I * 608 pages (jf^) Loir-Dion éditeur inc.Piles non comprises ALEKSI K.LEPAGE collaboration spéciale Taschen est passé maître dans l'art du beau livre inutile, du livre-gadget qui, à défaut de servir à quelque chose, parait bien dans une bibliothèque.En effet, quand a-t-on besoin de consulter une encyclopédie des jouets japonais en fer-blanc datant de la fin du 18e siècle jusqu'aux aux années 60 ?À moins d'être collectionneur de vieilles bébelles.1000 Tin Toys, c'est des centaines et des centaines et encore d'autres centaines de petites voitures, de porte-avions, de sous-marins, de tanks et, bien sur, de «« robots atomiques », d'astronefs et de monstres à la Godzilla ; véritables petits bijoux de détails et de couleurs, autrefois jouets, aujourd'hui objets de collection.Ces petites figurines, bien que fabriquées en série et destinées aux enfants, relèvent autant de l'artisanat que du produit de consommation.Et dire que, pendant que les petits Japonais s'amusaient avec ces merveilles, nous autres Nord-Américains devions nous contenter de G.I.Joe et de Barbie ! Ce gros bouquin plantureux et riche en photos, parce qu'il ne sert à rien, ferait un excellent cadeau de Noèl pour n'importe qui cherchant l'enfant en lui.UH)0 TIN TOYS.Tcruhisa Kitahara et Yukio Shimizu.Taschen.Cologne.1996.700 pages.- ¦ ¦ .Champigny toujours premier l Ken Follett Le pays de U liberté > s.(fait ion UNS W£ ¦ -, > LE PAYS 0E LA LIBERTE KEN FOLLETT Éd.Robert Laffont ^oREMicna £d.de ['Homme LUMIÈRE NOIRE MINETTE WALTERS Bd.Québécor lumière noirs COFFRET LE MANOIR DE L'HORREUR HISTOIRE.JEUX ET SURPRISES Éd.Sélection du Readerss Digest KI3TEZ IEUN1?EN MANGBANT MIEUX 10 LA COLÈRE ÉCRITS POLÉMIQUES, T.3 PIERRE BOURGAULT Lanctôt éditeur RESTEZ JEUNE EN MANGEANT MIEUX MICHEL MONTIGNAC éd.Flammarion < ¦ ¦4?< NOS M)TBES v S ANNABELLE MARIE LABERGE.éd.Boréal 19.95 $ or a Z7.9S % LA GALÈRE 0'08ÉLIX GOSCINNY-UDER/0.éd.Albert René 8.95 $ ad 13.95S LE TROISIÈME ORCHESTRE.SYLVAIN LELIÈVRE, éd.Québec/Amérique 16.95 $ ord 21.95$ LA VIE ENTIÈRE.PIERRE MORENCY.éd.Boréal 22.95 $ ord 29 95 s LES HONORABLES.JOSETTE PRATTE, éd.Robert Laffont 23.95 $ ord.29.95 $ ÉCRIVEZ VOS MÉMOIRES.S.Liechtele et R.Descnênes.éd.de l'Homme 15,95 $ ord.18^5 s LA COURSE DESTINATION MONDE, éd.Tricycle 18.95 $ ord.24.95 s TRUISMES.MARIE DARRIEUSSECO.éd.PO L.17.95$ ord.22.95S D.C.MEMORIA, PETRU GUELFUCCI.Olivt Musique 18.95 $ ord.22.95 S D.C.ABBITTI8BI LIVE.RICHARD DESJARDINS.BMG 15.95 $ ord 20.50S m y OPHx en vigueur jusqu'au 1* nov.96 Q lampigny 371 Lourier O.277-9912 Mail Chomploin Carrefour Angrignoo 365-4432 Centre Laval 465-2242 688-5422 4380, rue St-Denis 844-2587 Ouvert 7 jours, de 9 h è 22b M H t- Roy al © rue Met via rue Mt4oyil LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 Livres New York, brouillards et froids.TOUT EN LISANT Jacques Folch-Rlbas collaboration spéciale Ce monsieur, E.L.Doctorow, avait écrit un remarquable roman, en 1976, intitulé Ragtime.Un de ces livres qui vous collent à l'esprit, et dont le souvenir va rester en vous alors même que vous avez oublié la trame romanesque, et parfois jusqu'au nom des personnages.Ragtime, ce fut l'Amérique des immigrants, début du siècle.Comment ces gens-là, venus de tous les coins de la vieille Europe, s'étaient battus pour se faire une place au soleil \u2014 et devenir des Américains pleine peau, cousus main.Doctorow devint célèbre : le chantre de New York, le romancier du peuple, on l'affubla d'étiquettes* on le couvrit de prix littéraires.Oui c'est bien ça : on fit un film célèbre avec son Ragtime.Voila, vous savez tout.Aujourd'hui, ce monsieur admirable publie un autre roman de l'Amérique: La Machine d'eau de Manhattan.Il faut le lire, même ( et peut-être surtout ) si vous n'êtes pas comme moi un mordu de Doctorow, que la seule évocation de Ragtime met dans tous ses états et rajeunit de vingt ans.Il faut le lire parce que c'est de la littérature américaine actuelle, différente de tout ce qui se publie au sud du lac Champlain, parce que c'est de la littérature classique ou qui le deviendra, et enfin parce qu'il parle d'une ville : ces romans-là dont il existe peu \u2014je pense par exemple aux Mystères de Paris, à La Ville des Prodiges, au Quatuor d'Alexandrie\u2014 sont par leur rareté même des livres d'ambiance, des livres de climat, des livres d'atmosphère, dirait Ar-letty.Celui-ci: New York en 1871, dernier quart du siècle dernier, une ville à la Charles Dickens, avec les fiacres, les diligences publiques à chevaux, les lampadaires au gaz, les futurs millionnaires véreux comme des steaks frelatés et les journaux de faits divers comme s'il en pleuvait.Justement, il s'agit d'un journaliste.Me 11 vaine, plus ou moins rédacteur en chef du Telegram, et de son copain et employé Martin Pem-berton.Celui-ci est le fils du célèbre Augustus Pemberton, une crapule, décédé il y a deux ans et dont la fortune ( bien mal acquise ) fut dilapidée.Par qui ?Comment ?Or donc, le fils Pemberton, Martin, disparait un beau matin, après avoir déclaré à deux de ses amis que son père est vivant.Il l'a vu, nettement vu, et ce n'était pas un fantôme, mais cette bonne vieille crapule d'Augustus lui-même en personne.Comment ça ?Où ça ?Notre Me Ilvaine s'en va-t-en guerre.À la recherche de son « journaliste indépendant » et des raisons qui l'ont porté à disparaître.Il va rencontrer Charles Grims-haw, pasteur de son état et grand ami du père Pemberton.Il va rencontrer la douce Emily, âme soeur et confidente de Martin.Il va rencontrer beaucoup de personnes, il va les interroger, il va comprendre de moins en moins, et le mystère s'épaissira comme il est coutume de dire dans les polars et chez Alexandre Dumas.Surtout, il va parcourir New York, et nous aussi.C'est là que Doctorow excelle.Brouillards et froids dans les rues dangereuses où l'on n'a pas encore inventé les gratte-ciel, terrains plus ou moins vagues où apparaissent des diligences lancées à fond de train, nuits glauques, visages figés de vieillards qui sont pourtant décédés.Nous sommes dans une ville fantôme, mais les trafics louches et les mauvais coups sont bien réels.Les rives de l'Hudson et de l'East River en 1871.Agressions et meurtres sur les docks.Prostituées de toutes origines.Gangs et gangsters.Politiciens véreux et policiers venais.Et des revenants, parmi tout cela.Ce roman foisonne de trucs d'écriture, de pièges à lecteurs, de surprises et de mystères emmêlés.Comme cette ville, en somme, que Doctorow aime à la folie.Il n'est pas le seul.LA MACHINE D'EAU DE MANHATTAN.E.L.Doctorow.Éditions Flammarion, Paris.1996.248 pages.RACTIME est publié chez Robert La/font La violence d'Amélie CAROLE-ANDRÉE LANIEL collaboration spéciale m iw epuis des millé-JJ H naires, les plus \\\\ 9 B beaux esprits ¦ H ont écrit les Il M plus nobles vi-M sions du monde dans les livres les plus admirables.Avez-vous l'impression que leurs idées ont servi à quelque chose ?.» Voilà une question bien troublante tirée des Combustibles, une pièce de théâtre violente et cynique d'Amélie Nothomb que met en scène René Richard Cyr à l'Espace Go.Et les combustibles, ce sont les livres, même les plus admirables, que doivent brûler un vieux professeur et deux étudiants pour se chauffer dans cette ville en guerre \u2014 disons Sarajevo, puisqu'elle n'est jamais nommée.Amélie Nothomb, donc, n'éprouve pas d'estime particulière pour la race des écrivains : à quoi servent leurs écrits puisque nous n'avons retenu aucune leçon des plus grands textes ?Le monde répète les mêmes erreurs, entretient la guerre, l'affrontement, l'instinct de mort.Mais, comme elle le dit de sa voix chantante et avec ses manières de petite fille à la fois bien élevée et rebelle ( tout est affrontement chez elle, elle le dira plus loin ) : Écrivons, à défaut de ne pouvoir s'en empêcher.Amélie Nothomb compte plus d'admirateurs ici qu'en France et en Belgique où on ne lui pardonne ni sa prolifique production romanesque, ni son talent et ni sa délicieuse impertinence.Elle débarque donc avec son cinquième roman sous le bras.Péplum, et une invitation pour la première de sa pièce Les Combustibles.Elle dit : « Pour moi, le théâtre est la forme suprê- me de lecture.Tu vois les lecteurs lire.C'est extraordinaire ! À Paris, j'ai vu tous les soirs l'adaptation que l'on a faite de mon premier roman.Hygiène de l'assassin.C'est là que j'ai vu à quel point ce livre était violent alors que moi, en l'écrivant, je n'avais pas du tout senti cela, » Hygiène de l'assassin se voulait un livre contre les écrivains \u2014 décidément.Elle écrit: «J'ai voulu faire ce que tous les écrivains veulent faire : parler de moi.Consciente que les pensées profondes d'Amélie Nothomb n'intéressent personne, je me suis donc déguisée.» Des affrontements Née au Japon d'un père diplomate, l'enfance d'Amélie Nothomb en sera une de rêve même si elle est entourée de pauvreté.Le père transportera ses quartiers dans certains des pays les plus pauvres du monde.Le Sud, dans l'oeuvre d'Amélie Nothomb, est donc mythique.Il est immense et essentiel, fragile et agonisant, il est le foyer de la vie.Or, dans Péplum, il a simplement été rayé de la carte.Il faut dire que mademoiselle Nothomb nous a projetés en l'an 2580 parce qu'une certaine A.N., écrivaine qui avait une haute estime de son jugement et de son oeuvre, a été visitée par l'idée que les scientifiques du futur sont les responsables de l'éruption du Vésuve de l'an 79 après Jésus-Christ.Ce roman met en scène une jeune femme et un savant brillant qui vont s'affronter, se mesurer, se battre en duel avec grandeur, esprit et cynisme, à coup de sophismes, de litotes et de pitreries pendant 212 pages.«« Mes livres ne mettent en scène que des affrontements.Je décris le monde tel que je le sens, le perçois.Un monde de conflits emprisonné ; * S fi Amélie Nothomb dans des espaces restreints et carcéraux, une exploration de l'espèce humaine en laboratoire.Car pour que la parole apparaisse, il doit y avoir opposition.C'est une condition stylistique.» « Je n'ai pas l'esprit de sérieux mais j'aborde des sujets graves sans gravité.Pour servir la cause du Sud par exemple, je ne propose pas de solution.Je ne suis pas une auteure engagée mais indignée.» Le Sud où elle avécu en était un de misère, grouillant de vie et lumineux.« Alors, vous comprenez, j'ai vécu ça avec un refus total.Tout ne m'inspirait que dégoût et haine.»> On a parlé de la laideur qui est très présente dans son oeuvre ( à défaut de ne pas encore oser parler de la beauté ), du cinéma \u2014 les droits cinématographiques de son roman Les Catilinaires ont été achetés \u2014, des titres de ses livres \u2014 à tous ceux qui ont été mentionnés il faut ajouter Le Sabotage amoureux \u2014 qu'elle a réussi à imposer à son éditeur.Et bien sûr, de l'amour.En ce moment, Amélie Nothomb ne se sent pas à la hauteur d'un si grand sujet, elle craint de le déshonorer.Le roman d'amour n'est pas encore à sa portée, dit-elle.On verra bien, Amélie, vous n'en n'êtes pas si éloignée.PÉPLUM.Amélie Nothomb.Éditions AU bin Michel.Paris.1996.212 pages.LES COMBUSTIBLES.Amélie Nothomb.Éditions Albin Michel.Paris.1994.110 pages.Internetthon mondial VIE DES LIVRES Pierre Vennat Coincé entre le Salon du livre de Québec, qui a établi un record d'assistance en accueillant 42 500 visiteurs le week-end dernier, et celui de Montréal le mois prochain, le Salon du livre de l'Estrie ( qui ouvre ses portes jeudi ) a confié sa présidence d'honneur à Clémence DesRochers, la fille du grand poète estrien Alfred DesRochers, et a décidé de se lancer courageusement dans l'innovation.C'est ainsi que ce salon qui se tiendra jusqu'à dimanche soir prochain au Centre Expo-Sherbrooke, sera « branché » et offrira même une première mondiale : le tout premier Internetthon mondial, une épreuve d'endurance qui permettra à 15 internautes de se mesurer et de surfer pendant au moins 36 heures sur Internet, un record que l'on compte faire homologuer par le Guinness.C'est la Chaîne î, un nouveau réseau Internet entièrement sherbrookois, une nouvelle entreprise estrienne qui compte déjà une vingtaine d'employés ainsi que des partenaires technologiques partout au pays, qui organise l'événement.C'est donc signe que la technologie internaute prend de plus en plus de place dorénavant dans les salons du livre, comme l'a d'ailleurs démontré dernièrement la Foire internationale du livre de Francfort, l'autorité mondiale en la matière.Cela dit, le Salon du livre de l'Estrie ne renonce pas, loin de la, à son rôle d'animation de la littérature en Es trie, grâce à son association avec l'Association des auteurs des Cantons de l'Est.L'Association, qui fêtera l'an prochain son 20e anniversaire, compte près de 200 membres et sa présidente, Sylvie Bergeron, est d'ailleurs la directrice générale du Salon du livre.Car pour être lu, il faut être vu et pour les auteurs de l'Estrie, le Salon du livre est une occasion privilégiée de se faire voir et de rencontrer les lecteurs.À noter que Sherbrooke compte également une maison d'édition, G.G.C.et une librairie du même nom, propriété du librairie Gé-rald-Guy Caza, qui a déjà présidé d'ailleurs l'Association des libraires du Québec.Les auteurs estriens se plaignent bien sûr que dans le monde du livre, tout semble se passer à Montréal, qu'il y ait peu ou pas de lancements en province, que leurs livres sont peu commentés par la critique montréalaise et qu'on les invite peu à participer aux événements littéraires en dehors de leur région.Bref, les auteurs estriens sont publiés, mais peu diffusés.Cela dit, il y a des exceptions notables comme Louise Dupré, poète et romancière, qui vient de remporter le prix du roman de la Société des écrivains canadiens pour Memoria._EN QUELQUES MOTS Désexiser la langue française ¦ Sexiste la grammaire ?Eh oui.Mettez 10 000 femmes et un petit garçon ensemble et au pluriel, vous devrez employer le masculin.Céline Labrosse, docteure en linguistique de l'université Laval, ne le prend pas.Dans un ouvrage aux Éditions du Remue-Ménage, elle allègue que si pareil usage allait de soi au temps où les gramma-riens l'emportaient sur le féminin, un certain embarras s'empare des esprits un brin plus égalitaristes d'aujourd'hui.« En mettant les femmes entre parenthèses, ne fait-on pas que confirmer que le masculin inclut le féminin?» Pourquoi les fines réussissent mieux ?¦ Depuis quelques années, plusieurs études sur l'école secondaire montrent une prévalence de l'abandon scolaire chez les garçons.Comment expliquer que les filles réussissent mieux à l'école que les garçons ?Quelle influence exercent l'identité de sexe, le milieu familial et la classe sociale sur les rapports à l'école?Pierrette Bouchard, professeure à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval et Jean-Claude Saint-Amant, de la même université, tentent de répondre à ces questions dans une vaste enquête publiée chez Remue-Ménage.L'Intégrisme démasqué ¦ Faut-il, comme on tend à le faire au Québec autoriser le port du voile à l'école publique au nom du respect des diversités ou, à l'instar de la France, l'interdire en tant que symbole inacceptable?Québécoise d'origine égyptienne, Yolande Geadah qui prépare un doctorat en sciences politiques, s'est penchée notamment sur le phénomène du voile ( hid-jab ), sur l'intégrisme islamique qui bouleverse la planète, sur la « rectitude politique » et les préjugés sur l'Islam.Dans un regard sans complaisance, elle a produit, chez VLB, un essai lucide et nuancé.La fille de Victor Hugo ¦ Plus d'un siècle après sa mort, Victor Hugo est toujours lu, un des grands immortels de la littérature.Par-ticulièrement pour ses Misérables, portés maintes fois à l'écran et sans doute une des plus grandes fresques de son temps.Et pourtant, comme le raconte Leslie Smith Dow aux Presses de l'Acadie, le grand romancier avait lui-même une fille que l'autorité tyrannique de son père rendit misérable et qui finit par sombrer dans la schizophrénie.PASSIONS FEMMES mien.jfasnif l* b£rg.LlClE de boutwy, Mukiu.Cfrf, m/m*î.riNF.Chais \\l, MARIF-t.AUKfc IXXJiîNAC.florkno- Ovoas, Marif Oray, Michèle Laruh, Clarisse Nicoidski.Françoise Rf.y.alisa Rn»*.Sonia Rykifl, Astrip >chilunc.ti»j riONS \u2022 tu an;:lit: L'érotisme des femmes ¦ Les femmes, semble-1-il, éprouvent moins de difficultés que les hommes à décrire, à des fins littéraires, leurs fantasmes erotiques.Passions de femmes est un recueil de nouvelles erotiques dans lequel treize écrivaines confient leurs fantasmes les plus intimes, les plus fous et les plus secrets au lecteur qui devient voyeur.Des Françaises et des Québécoises, qui publient aux Éditions Blanche, une maison parisienne.Un hymne au plaisir.Gabrielle Roi in » Se moquer de son psy ¦ Les psy de toute farine sont à la mode.Et pourtant, pourquoi aller les voir?C'est cher, parfois pénible, souvent ridicule.Gabrielle Rollin, romancière, critique littéraire, nouvelliste et traductrice se moque allègrement chez NiL éditions des « psy », racontant avec une ironie mordante les relations entre un psy et sa patiente.Inutile de demander au terme de la séance, si vous avez avancé.Le psy vous répon-' dra toujours : «< Il y a encore du travail >» et raflera le montant que vous avez apporté.i LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 IDÉES Sur le bout de la langue Mario Roy n l'aura tourné non pas sept mais sept zillions de fois, notre langue, avant de parler.d'autre chose.Pour nous, c'est une plate constatation, la langue a largement débordé de sa fonction pour devenir symbole, objet de lutte, enjeu politique, fondement de sécession, agent de clivage, preuve de statut, sujet d'amour, ferment de haine \u2014 on en oublie \u2014 dans une sorte de vaste, étourdissant et fiévreux ballet circulaire fondé sur le principe du mouvement perpétuel.Au Québec, écrit Pierre Monette avec lucidité, « si on n'y discute pas de la question linguistique, on n'a peut-être pas grand-chose à se dire ».Le débat sur la qualité de la langue dessine la même circonvolution que les combats menés en son nom dans le ring politique.Et il est impossible de s'y livrer sans secouer les chaînes de quelques fantômes qui nous sont familiers, comme l'illustrent les pamphlets de Monette et du chansonnier-auteur Georges Dor, soutenant des thèses qui ( jusqu'à un certain point ) se répondent l'une l'autre : \u2022 dans Anna braillé ene shot ( Elle a beaucoup pleuré ), Dor reprend les choses là où le Frère Untel les avait laissées il y a trente ans.L'auteur fait simplement succéder le « me-neu-meneu » au « jouai », prêtant à la langue que nous parlons aujourd'hui les mêmes effets débilitants et déstructurants que Jean-Paul Desbiens examinait déjà dans ses Insolences ; \u2022 dans Pour ett finir axvc les intégristes de la culture, Monette défend une langue évolutive et métissée, pourfendant les académiciens d'estrade et les « dictées addicts ».Ceux-ci, estime-t-il, ne font que perpétuer un conformisme othogra-phique et syntaxique né en même temps que l'imprimerie et, donc, que la production industrielle : une activité économiste, au fond, vouée à la défense du langage de la performance et de la productivité.Une nouvelle Loi 101 Georges Dor signe un ouvrage dont il établit au départ les limites \u2014 hors desquelles se situerait une analyse sociopolitique du langage\u2014, pour ensuite se mouvoir à l'intérieur de celles-ci avec sobriété et conviction.Il dit ceci : « Malgré la démocratisation de l'éducation, les sommes colossales investies dans l'enseignement, des masses stupéfiantes de traités, d'études et de programmes scolaires, les Québécois parlent toujours une langue « informe, invertébrée, dérivé incompréhensible de la langue française ».Nous sommes des « séquestrés » de la langue parlée, appauvris par cette misère langagière.Le « meneu-meneu » est une dépossession, une négation de sa propre existence, un gouffre permanent qui s'ouvre dès le jeune âge sous les pieds de l'enfant placé, a la petite école, devant une langue qui n'est pas la sienne : le français tel qu'il doit être pratiqué.«< Ils en viendront à détester l'étude de cette langue française pour plusieurs raisons, la plus importante étant qu'elle représentera leur premier sentiment d'échec ou d'infériorité », écrit Georges Dor.De la même façon, les gens du peuple regrettent « cette pauvreté-là.Je suis certain, en tout cas, qu'ils en souffrent, consciemment ou non ».On ajoutera \u2014peut-être Dor né-glige-t-il cet angle \u2014 que le fait de parler une langue diminuée, de re- noncer à faire sienne l'intégralité d'une langue affinée par le temps et l'usage \u2014 la française ou une autre \u2014 est-il avant tout une privation de plaisir : du plaisir de maîtriser un outil complexe mais qui contient toute la beauté et la sophistication dont l'homme est capable.Un péché contre l'esthétisme, en somme.Les emportés diront : contre l'humanité ! Bref, il faut aujourd'hui décréter l'état d'urgence, plaide l'auteur, voter « une Loi 101 de l'enseignement de la langue parlée.pour surnager, éviter de couler à pic et de nous dissoudre dans l'abâtardissement de notre langue ».Il faudra que cela survienne, conclut-il, « à moins que les élites, ceux et celles qui parlent convenablement leur langue et qui détiennent partout les postes de commande, ne veuillent pas, comme le clergé d'autrefois, libérer le peuple, l'aider à passer du bafouillage au langage ».La langue du commerce « Se faire les défenseurs de la conformité orthographique, c'est parler la langue du commerce », réplique Pierre Monette.Selon lui, la soumission aux règles académiques \u2014 Monette semble s'attacher surtout à la langue écrite \u2014 est avant tout précisément cela : une soumission à des règles qui, bien qu'elles ne semblent régir que la forme, enferment sournoisement l'objet de l'expression.Ce n'est probablement pas totalement faux \u2014 on a monte des bibliothèques entières sur les étranges rapports qu'entretiennent contenants et contenus.Mais la position serait mieux défendue si Monette, dans la louable intention de porter la réflexion à un niveau supérieur, ne versait pour ce faire dans un folklore intellectuel assez déprimant, redonné, croirait-on entendre, par les voix étouffées de revenants revenus.« Par sa structure même, la langue implique une relation fatale d'aliénation.elle est tout simplement fasciste », disait Roland Barthes en 1977.« Il faut cesser d'écrire comme l'exige la classe dominante pour perpétuer son règne », écrivait Léandre Ber-geron en 1972.« Pour pratiquer une langue de qualité, il faut avant tout accepter les règles du marché (.) On se voit ainsi en droit de conclure que la bonne conscience culturelle contemporaine n'est rien d'autre que le plus récent avatar d'une pensée marchande », rapplique Monette, habillant l'idée des oripeaux terminologiques à la mode du jour.Et le quadrille tourne encore : car on aura compris que la bonne conscience contemporaine est celle du petit-bourgeois \u2014 oui, celui-là même qu'on aimait détester en 1968.Citoyen moyen de la classe moyenne, ce « promoteur d'évidences, un fervent du prèt-à-penser ».oscille continuellement entre la culture Disney-Hollywood-Sony-McDonald-Spielberg-Jackson et les oeuvres reconnues, classiques.Il se retrouve pareillement tétanise par « cette langue empruntée qui continue maigre tout à lui échapper ».Au total, ce petit médiocre perclus de doutes entretient des sociétés axées sur la « médiocrité statistique » puisque « le droit de parole est soumis au devoir de faire partie du nombre ».Ceci mène à cela, conclut Monette : « La démocratie est une forme de totalitarisme anonyme.» Nous y voilà.À ce point, on constate qu'on a voyagé loin de la langue.Loin de la culture, même.Et que le lieu où l'on se trouve désormais est celui d'une très ancienne et très plate pose idéologique.ANNA BRAILLÉ ÈNE SHOT ( ELLE A BEA UCOUP PLEURÉ ).Georges Dor.Lanctôt éditeur.Montréal.1996.191 pages.POUR EN FINIR A VEC LES INTÉGRISTES DE LA CULTURE.Pierre Monette.Boréal.Montréal.1996.207 pages.On peut joindre l'auteur de cet article à I 'adresse électronique 104317.401 dcompuserve.com Cinéma, cinéma.STÉPHANE PO TV IN collaboration spéciale Voilà, c'est reparti : Téléfilm Canada refuserait de participer au financement d'un autre projet de Pierre Falardeau.Cette fois-ci, il s'agit de 15 février 1839, qui raconte la dernière journée de Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, un des chefs de la révolte des Patriotes, avant sa pendaison par les colonialistes britanniques.Encore une fois, de part et d'autre, les mêmes arguments sont évoqués.Téléfilm Canada rejetterait le projet parce qu'il le jugerait biaisé politiquement.Falardeau accuse la boîte fédérale de bloquer Son projet pour des raisons.biai-sées politiquement ! En d'autres termes, est-ce Téléfilm Canada qui exagère en refusant le droit de filmer des événements qui ont bel et bien eut lieu ?Ou est-ce le réalisateur d'Octobre qui ne fait pas la distinction entre une interrogation de l'Histoire et une révision de celle-ci ?Vous pourrez en juger par vous-même.Le scénario du film est actuellement disponible en librairie.À sa lecture, s'il faut rendre un verdict, on ne voit pas, en dépit de certaines longueurs, ce qui embarrasse autant les responsables de Téléfilm, qui auraient reproché au cinéaste de dépeindre de Lorimier de façon trop héroïque.Falardeau réplique : « Trop héroïque ! Je vais réécrire l'Histoire pour faire de De Lorimier un personnage d'homme plus conforme à notre tradition littéraire et cinématographique : un absent, un perdu, un ti-coune, un ti-casse, (.) un flanc-mou, une moumou-ne, un colonisé jusqu'au trognon.Comme si le courage, la grandeur d'âme, la force de caractère nous étaient des valeurs étrangères.» Pour construire ce scénario, le cinéaste s'est inspiré des lettres de Chevalier de Lorimier.Celles-ci sont précisément publiées sous le titre de Lettres d'un patriote condamné à mort, ouvrage dont Falardeau signe la préface et qui permet certainement d'appréhender notre histoire sous un angle nouveau.Il reste que, en se penchant ainsi sur la révolte des Patriotes, le réalisateur d'Elvis Gratton choisit un moment de l'Histoire qui le confirme dans sa vision manichéenne des choses \u2014 les hommes d'affaires sont fascistes, la démocratie totalitaire, la tolérance répressive.Et les Québécois ?C'est tout juste s'il ne les compare pas aux esclaves de Spartacus !.Marqué par cette vision unilatérale des choses, donc, et par ce goût qu'on lui connaît pour les déclarations à l'emporte-pièce, Falardeau se bute aux institutions, forcément, sans que celles-ci ne l'empêchent cependant d'accéder au sommet des listes de best-sellers PHOTO LA PRESSE Pierre Falardeau avec La liberté n 'est pas une marque de yogourt.C'était prévisible : l'homme retourne donc chez les libraires où on peut lui prédire un autre succès, lequel fera peut-être oublier une conséquence extrêmement fâcheuse de cette futile guerre des mots : Falardeau ne pourra vraisemblablement tourner le film ( il envisageait de mettre au générique les noms de Luc Picard et de Sylvie Drapeau ), ce qui nous prive de ce que le réalisateur du Party fait le mieux.sur les plateaux et dans la vie : du cinéma.15 FÉVRIER 1839, Pierre Falardeau.éditions Stanké, Montréal, 1996, 169 pages.LETTRES D'UN PATRIOTE CONDAMNÉ A MORT, Chevalier de Lorimier.Éditions Ce me du et Nadeau, Montréal, 1996,132 pages.Des sectes Tel est le monde La Presse n parle beaucoup des sectes, des Églises et des religions.Mais il n'est pas facile de séparer le bon grain de l'ivraie.Et puis comment notre société en est-elle \u2022arrivée à un tel égarement ?Jean-Yves Leloup est un prêtre orthodoxe et un ancien dominicain qui a pénétré de nombreuses sectes dires dangereuses ; il est aussi docteur en psychologie, en philosophie, en théologie.Dans Sectes, églises, religions I De l'égarement au discernement, il livre le fruit de plus de vingt ans de recherches et dénonce les abus en souhaitant apporter des éléments précis pour discerner le vrai du faux.En dévoilant ce qui se cache derrière les mots et les bonnes intentions, cet ouvrage de référence veut aller plus loin qu'une simple analyse de faits : il entend nous permettre de mieux appréhender un sujet souvent controversé dans lequel se côtoient dangereusement informa-tion et déformation.SECTES, ÉGLISES, RELIGIONS I DE L'ÉGAREMENT AU DISCERNEMENT, Jean-Yves Leloup.Le Fennec éditeur, Thionville, 1996,139 pages.RUDY LE COURS Pour sa 17e édition déjà.L'état du monde continue d'offrir avec constance une information à la fois précise et concise qui en fait l'annuaire économique et géopolitique indispensable à toute personne avide de renseignements sur la situation de tel ou tel point de notre pauvre planète.Plus de 225 pays ont droit à une entrée avec une présentation synthèse des développements politiques au cours de la dernière année et des tableaux statistiques basés sur les données disponibles les plus récentes.Pour une deuxième année d'affilée, le Canada est traité par le politicologue Guy Laforest qui insiste sur le bourbier constitutionnel.L'édition 1997 est enrichie cette fois encore d'une section intitulée Un monde en mutation où sont rassemblés des articles sur des sujets brûlants comme le risque de génocide au Burundi, les nationalismes dans l'cx-URSS ou les droits fondamentaux, les dangers d'une L'ÉTAT DU MONDE J7 Annuaire économique et géopolitique-mondial Texte inédit certaine pratique de l'écologie, etc.L ET A TDU MONDE ÉDITION 1997, collectif sous la direction de Serge Cordellier et de Béatrice Didiot.Éditions La Découverte et du Boréal, Paris et Montréal, 1996, 700 pages.Pierre Monette ««1-;.; I\" 1 t.Georges Dor Un lecteur averti n'en vaut pas plus RÉGINALD MARTEL La critique aurait négligé, dans « l'oeuvre brossardienne », le Journal intime, paru aux Herbes rouges cri 1984.Justice est faite, puisque ledit journal est enfin soumis à un regard d'universitaire, celui de Mmc Barbara Ha-vercroft, de l'Université du Québec à Montréal.D'autres auteurs féminins bénéficient d'une semblable sollicitude, car le dossier du dernier numéro de Voix et Images est consacré aux « Effets autobiographiques au féminin ».Il est entièrement rédigé par des femmes.Une coïncidence certainement, mais qui inspire confiance.Où donc situer le Journal intime de Mmc Nicole Brossard ?C'est clair comme de l'eau de roche : « Par l'architecture énonciative complexe, l'exploitation de l'autoréférentiali-té et de la métatextualité, le mélange sy-necdotique de genres littéraires divers, la critique des métarécits patriarcaux et l'inscription de voix féminines hybrides, le Journal intime de Nicole Brossard participe du mouvement féministe postmoderne, à la croisée de la littérature québécoise et d'autres littératures occidentales.» Merci bien, mais un mot suscite peut-être des interrogations: post-moderne.Si on ne l'entend pas souvent aux alentours de la station de métro Berri-UQUAM, son espace naturel, c'est sans doute que l'ineffable, par définition, ne peut se dire.Dans un autre article du même dossier, « L'autothéorisation au féminin : les journaux de Madeleine Ouellette-Michalska », Mm* Julfjt LeBlanc de l'Université de Toronto, s'y essaie pourtant, en s'inspi-rant de Mmc Janet Paterson.Ce qui distingue les formes d'écriture dites post modernes*: « Autoreprésentation, intertextualiré,m mise en abyme, réduplications, dédoublement, ludisme, fragmentation, pluralité, parodie, etc.» Ce n'était donc que çà, l'écriture postmoderne ?Attention ! II y a là un petit etc.pervers, qui vous laisse en appétit et vous renvoie au dictionnaire.Hélas 1 Même Le Petit Robert ne sait pas attraper au vol ce fuyant postmodernisme.Après trois tentatives \u2014« éclectisme, kitsch.dépassement par la technique »\u2014 il déclare forfait, ajoutant lui aussi un etc.qui me laisse inconsolable.VOIX ET IMAGES, automne 1996 : EFFETS A UT0BI0GRAPH1QUES A U FÉMININ, collectif.Montréal, 1996, 187pages. B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 Livres L'oeuvre Les noces de Juin m été créée par Jean Paul Lemieux en 1972.Elle fait partie de la collection de la Société Radio-Canada, Montréal ( reprise par Fides ).Lemieux : le silence et le vide RAYMOND BERNATCHEZ Si, en raison du succès acquis à l'étranger, Jean-Paul Riopelle est de tous nos peintres celui qui a acquis la plus grande notoriété chez nous, le plus reproduit, donc le plus diffusé auprès du grand public ( et partant le plus aimé de lui ) est à n'en point douter le peintre Jean Paul Lemieux.Or, Gaétan Brulotte, auteur de L'Univers de Jean Paul Lemieux, affirme que les amateurs d'art même connaissent mal la portée du travail accompli par le créateur des Ursuli-nés, du Train de midi et des Noces de juin, et propose d'emprunter ses propres pistes pour accéder à celte connaissance.Même si, au départ, l'auteur prend précautionneusement ses distances avec la « critique d'art » et tient à établir que son approche est d'avantage celle d'un « amateur d'art » ( dont il propose d'ailleurs une définition ), il n'en demeure pas moins que son livre s'adresse à un public d'initiés.L'Univers de Jean Paul Lemieux est tout ce que l'on voudra mais il n'est pas un livre grand public: il s'agit bien plus d'une minutieuse analyse structurelle de l'oeuvre de Lemieux à partir des signes observables dans ses tableaux, une analyse non conventionnelle, nous en convenons \u2014 lorsque l'auteur s'inspire notamment de La Dimension cachée de Hall pour établir les relations entre les êtres habitant les toiles de Lemieux \u2014 mais dont la critique d'art officielle aurait intérêt à s'inspirer pour assurer l'évolution de sa propre démarche.Brulotte n'est pas le premier venu.Auteur de plusieurs travaux de critique littéraire, ancien élève de l'École des Hautes Études en sciences sociales de Paris, où il a obtenu un doctorat en lettres modernes sous la direction de Roland Bar-thes, il renouvelle en effet fort heureusement le genre avec la publication de son ouvrage.Mais le Jean Paul Lemieux qu'il nous donne à observer à partir de ses propres analyses, et que le grand public aime tant, n'est pas un joyeux luron.L'auteur le dé- peint comme étant un être fondamentalement conservateur « l'homme d'une femme, d'un enfant, d'une maison, d'un emploi », un puritain plutôt dépressif, d'une grande sécheresse et d'une grande froideur, peu aventureux, se méfiant ataviquement de l'eau qui ne lui inspire confiance que lorsqu'elle apparaît sous sa forme solide, soit en glace ou en neige et qui plus est angoissé par le monde à venir dans les dernières années de sa vie.Sommes-nous si austères ?L'univers de Lemieux, décrit par Gaétan Brulotte, en est un « d'attente et d'immobilisme, où régnent en apparence la solitude, le spleen, le silence, l'incommunication, le vide ».Dans ce monde, évoluent des personnages endimanchés donc impersonnels ( puisque non vêtus des attributs qui nous permettraient de savoir quel métier ou quelle fonction ils exercent ).Ces personnages habitent soit une horizontalité mélancolique, soit une verticalité dépouillée.De la combinaison de ces visions naît une vision empreinte de solitude et d'austérité.Une question surgit dès lors dans notre esprit.Puisque tout cela apparaît, donc transparaît dans la convention de ses tableaux, comment expliquer dès lors l'attrait ressenti par nous qui regardons ses oeuvres, et comment expliquer surtout le fait que Jean Paul Lemieux soit si populaire auprès de la masse des gens d'ici ?Pourquoi sommes-nous si sensibles aux tableaux de Lemieux et que contiennent-ils de nous, individuellement et collectivement ?Gaétan Brulotte, qui possède pourtant la formation requise pour proposer des réponses à ces questions, n'a pas jugé bon de s'engager dans ce débat.Dommage, un chapitre additionnel traitant de ces aspects aurait été fort apprécié de ses lecteurs.Pour Brulotte, ce constat est flatteur.Malgré sa rigueur, son livre n'est pas trop long, au contraire.Nous en aurions lu davantage sur Lemieux et sur nous.L UNIVERS DE JEAN PA UL LEMIEUX.Gaétan Brulotte, avant-propos d'Anne Hé-bert.Éditions Fides.Montréal.1996.277 pages.À L'ÉCRAN Inaccessibles paradis CLAUDE MARCIL collaboration spéciale Après Monet, Verlaine, Debussy et Matisse, Aragon, Prokofiev, Arborescence présente le troisième numéro de sa collection Triptyque désormais parfaitement rodée : une trilogie Gauguin, Baudelaire, Tchaïkovski, trois artistes mis en parallèle par Guy Casaril avec toujours autant de bonheur et de subtilité.Ces trois guidçs de choix qui, chacun, ont marqué leur époque, la fin du XIXe siècle, et leur domaine respectif, nous prennent par la main pour nous dévoiler leurs « inaccessibles paradis ».La rubrique « Introduction » présente les trois artistes et surtout justifie les choix de Guy Casaril.Le réalisateur se propose d'être votre interprète de ce mausolée virtuel, consacré à l'artiste-héros, exilé et incompris.L'art est le seul moyen, pour ces trois écorchés vifs, de chasser, d'assumer et de sublimer les démons intérieurs.Un menu principal nous propose ensuite trois grandes parties : « Thèmes », « Rencontre », « Oeuvres ».La première offre le pur plaisir, sur une musique de Tchaïkovski, de contempler un tableau de Gauguin rehaussé des vers de Baudelaire.Six thèmes sont proposés \u2014 de « Que sommes-nous ?» à « Voyages ».Ces mots clefs jalonnent la vie des artistes et mettent en relief un moment, un travers, un événement particulièrement crucial et décisif qui a marqué un tournant dans l'oeuvre.Les choix du réalisateur sont forcément limités donc critiquables mais pertinents.Par ces choix, on partage la sensibilité artistique de Guy Casaril qui transmet ainsi l'émotion et les messages qui lui ont été inspirés.Pour mieux comprendre une oeuvre artistique, il faut partir à la découverte de son auteur.La seconde partie.I Gauguin : un autoportrait ( détail ).particulier des oeuvres : « Un musée virtuel » et « Concours et surfaces » pour Gauguin, « Anthologie » et « À contre-destin » pour Baudelaire, « Un Concert imaginaire » et « Fleur de peau » pour Tchaïkovs- La partie « Oeuvres » comporte un musée virtuel de 72 tableaux de Gauguin et nous permet d'avoir une bonne approche du peintre ( également un Cézanne et 14 tableaux de Van Gogh qui fut très longtemps un grand ami ), une anthologie de 57 textes de Baudelaire, ses plus beaux poèmes.L'auteur termine brillam- ¦m ¦ « Rencontres », permet de choisir entre Gauguin, Baudelaire et Tchaïkovski.Si les portraits des artistes vous laissent sur votre faim, allez faire un tour dans « En Savoir Plus ».Ensuite, poussez la troisième porte et laissez-vous surprendre par le parcours ment par une forme de conclusion générale en trois textes.Il commente la technique picturale de Gauguin, explique l'impression hors du temps qui est apportée par Baudelaire et dresse un portrait de l'hypersensibilité qui a dirigé toute la vie de Tchaï- kovski.La mise en page est toujours aussi libre et plaisante.Les reproductions sont superbes et s'affichent plein écran.Les poèmes sont fort bien dits, tant par les voix masculines que féminines.La musique, enfin, n'est point interrompue par nos clics, et peut même être relancée pendant les lectures de poèmes de l'anthologie et continue imperturbable au long de la navigation, qui est facile, rapide et nous fait passer avec aisance des biographies aux oeuvres et d'explorer le contexte historique, intellectuel et artistique.Seul existe un index de Gauguin ( la référence des 72 tableaux de Gauguin, d'un Cézanne et de plusieurs Van Gogh ) et aucune liaison n'existe entre le titre du tableau et le tableau lui-même.Enfin, les légendes de tableaux sont parfois inexistantes.Par contre, tout un lot d'options laissent une grande liberté au passager : le choix de la musique, un réglage de son, de l'hypertexte, un possible retour en arrière.de quoi satisfaire les plus insatiables.G A UGUIN, BA UDELAIRE ET TCHA ï-KOWSKI.Éditeur : Arborescence, distributeur : Auba.Compatibilité : PC et Macintosh.Ferron, de cape et d'épée FERRON / Suite de la page B 1_ Et cette discrétion se retrouve autant dans le livre qu'en entrevue \u2014 on ne sait pas pourquoi elle quitte ses maris, on ne sait pas ce qu'elle fait de ses trois filles à l'époque où elle court le monde, ni comment elle est arrivée, si elle y est arrivée, à mener de front une vie de mère seule et une carrière d'artiste.On sait seulement que sa vie privée ne nous regarde pas.Elle a été aventurière dans sa vie sociale et politique, considérant que le rôle d'un artiste est d'être engagé dans les causes qui lui tiennent à coeur, qu'il lui faut monter le premier aux barricades.C'est une question de principe, dit-elle.« Les artistes sont des gens à qui la liberté est essentielle.C'est ce qui nous protège contre les conventions, les règles.J'ai demandé une fois à un grand criminel pourquoi il suivait un de mes ateliers en prison.Il m'a dit : 'Quand je fais un trait comme ceci, un autre comme cela, personne ne peut m'en empêcher, c'est ça la liberté'.» Et Marcelle Ferron continue sa croisade politique dans l'ouvrage de Mich?1 Brûlé.On se demande si cela ne lui attirera pas quelques ennuis.De la part de celui qui lui a réclamé un pot-de-vin, par exemple, pour qu'elle puisse faire « son » métro ( les verrières de la station Champ-de-Mars ) dont elle tait le nom, mais que certains reconnaîtront aisément; de ce haut fonctionnaire de l'époque de Trudeau qui lui a offert de représenter le Canada en Chine pendant la crise d'Octobre et qui, devant son refus, lui annonça que les musées canadiens lui seraient dorénavant fermés ; de Pierre Trudeau.D'autres réclameront peut-être l'accès aux documents scellés pour encore 40 ans que le docteur Ferron a lais- sés aux Archives du Québec.Michel Brûlé aurait aimé aller plus loin encore sur la crise d'Octobre.« Mais c'était trop délicat, dit-il, Mme Ferron ne voulait pas aller trop loin là-dedans.On a enlevé aussi des choses sur Trudeau que j'aurais aimé conserver.» Mais l'aventure à laquelle Ferron attache la plus grande importance, c'est celle de l'art.Pourtant, à l'instar de celui qui fut son ami, Jean-Paul Riopelle, Ferron n'aime pas parler de son art.Elle dit toutefois n'avoir pas souffert du fait d'être une femme dans les arts.« Au Québec, précise-telle, car en France, ce n'est pas la même chose.Au Québec, il y a 50 % de femmes, 50 % cent d'hommes dans les arts visuels.On doit ça à nos grands-mères qui faisaient des tapis, des couvertures, jouant admirablement avec les couleurs.Comme les femmes du désert.L'in- térieur de leur maison leur appartenait.Dans l'art populaire, les femmes ont toujours été très importantes.» Marcelle Ferron n'aime pas parler de son art, elle laisse ça à d'autres.Michel Brûlé, qui n'est pas historien d'art, laisse ça à d'autres lui aussi.Si bien qu'il y a de la place pour d'autres ouvrages consacrés à Marcelle Ferron.L'Esquisse d'une mémoire a toutefois des avantages certains: il est accessible à tous ceux qui savent lire, il se lit comme un roman policier, et il fera découvrir à un grand public la vie d'une femme dépareillée, indépendante et courageuse.Michel Brûlé, qui aime beaucoup Mme Ferron, en a fait une star.L ESQUISSE D'UNE MÉMOIRE, Marcelle Ferron, propos recueillis par Michel Bridé.Les Intouchables, Montréal, 1996, 303 pa-ges.Borduas, le géant RAYMOND BERNATCHEZ Père de l'Automatisme, Paul-Émile Borduas ne cesse de fasciner les chercheurs universitaires toujours avides d'en apprendre plus sur l'artiste qui a révolutionné la pratique de l'art au Canada français à la charnière des années 1940-1950.L'Envol des signes, de Gilles La-pointe, qui vient d'être mis en nomination pour le prix du Gouverneur général, pousse plus loin encore l'état des connaissances sur Borduas, sa pratique et son temps, à partir de l'analyse d'un journal tenu par lui à Paris en 1929 et d'un échange épistolaire s'échelonnant de 1923 à 1960.L'auteur a recueilli une masse importante de documents pratiquement inconnus du public et nous renseigne non seulement sur Borduas lui-même et son itinéraire intellectuel, mais aussi plus largement sur les échanges et les confrontations au Québec dans les années 1940 et 1950.Un public lecteur bien au fait, déjà, des théories de Borduas, de sa démarche plastique, de sa conception des arts visuels et des gens qui gravitaient dans son entourage, manifestera, à n'en point douter, un intérêt certain pour le plus récent décryptage de ses écrits.Les interrogations pointues soulevées par Lapointe sont du plus grand intérêt, parfois.A-t-on poussé par exemple Borduas à démissionner-de la CECM en 1928 ou n'a-t-il pas: plutôt, désireux qu'il était d'effec-tuer un stage de formation en Fran-ce, évoqué ce prétexte pour prendre! la clef des champs ?Autrement dit,* Maillard était-il le croquemitaine\" de Borduas ou sa dupe ?La question est troublante en effet.Mais, de-ci de-là, Gilles Lapointe me semble étirer un peu trop la sauce et prendre certaines libertés avec les faits, en quittant notamment le champ de l'histoire de l'art pour s'aventurer dans un autre, beaucoup plus éthéré, qui est celui de la psychanalyse.Et lorsqu'il indique dans une note en bas de page ( page 69 ) que Jean-Claude Dussault s'est permis dans une lettre datée de 1951 d'« interpeller Borduas » avec « fatuité », je me permets, ayant fort bien connu Jean-Claude Dussault, de lui indiquer que celui-ci n'est surtout pas un fat, comme le démontre d'ailleurs son échange épistolaire avec Gauvreau, et qu'il fait partie de la poignée de gens qui auront droit, toute leur vie durant, à mon indéfectible respect.Ces détails-là font en sorte, parfois, qu'on ne sait plus trop ce qu'il faut penser d'un livre./.'ENVOL DES SIGNES I BORDUAS ET SES LE1TRES.Gilles Lapointe.Fides/ Cetuq, Montréal.1996.Comme au premier jour, Claude LeSauteur, 1990.Une traque imagée RAYMOND BERNATCHEZ Les éditions Art Global publient, sous la signature d'Hélène-Andrée Bizier et Martine Tu-renne, le compte rendu d'une traque imagée, dans Charlevoix, du peintre Claude LeSauteur.Bien pourvu en illustrations couleurs d'excellente qualité, le livre Une Visite chez Claude LeSauteur, peintre, permet au lecteur, qui est aussi un amateur des oeuvres de LeSauteur, de pénétrer dans son environnent intime.C'est, par exemple, à la Papeterie Saint-Gilles même que l'artiste raconte aux deux recherchistes-jour-nalistes en quelles circonstances il a été invité ( par l'un des administrateurs de la papeterie, Cyril Simard ) à illustrer en 1984 Menaud, maître-draveur, le premier roman de Félix-Antoine Savard.Mine de rien, et sous le couvert d'un récit de voyage relativement anodin dans les parages de Claude LeSauteur, les deux auteures dévoilent des pans de vie de l'artiste et révèlent notamment le rôle de premier plan joué par sa compagne dans la prise de conscience artistique d'un homme qui exerçait auparavant la profession de designer.UNE VISITE CHEZ CLA UDE LESA U-TEUR, Hélène-Andrée Bizier et Martine Turenne.Art Global, 1996, 92 pages. LA PRIiSSL.MONTREAL DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 ii 7 et spectacles PM0T0AN0fl£FOflGET.LsPinM (à 0na§) Ci-dessus, un « chariot et son conducteur » en terre cuite, de provenance inconnue ( 750*600 av.J.-C.).Et ci-contre, un visiteur intéressé par l'archéologie qui n'a plus à se taper les décors labyrinthiques auxquels nous avait habitués Michel Lambert, l'organisateur de cette exposition du Musée de la Pointe-à-Callière, pour apprécier des pièces dont plusieurs quittent Chypre pour la première fois.La Chypre antique à Montréal Une exposition parfaite pour la Pointe-à-Callière JOCELYNE LEPAGE S'il existe un « Livre des records québécois », Michel Lambert devrait y être inscrit comme l'organisateur de l'exposition la plus populaire de la deuxième moitié du XXe siècle.Ramsès II, qui a attiré plus de 700 000 personnes au Palais de la civilisation en 1985, c'est son oeuvre à lui.Mais disons que le maire Drapeau y avait apporté sa contribution personnelle.C'est à M.Lambert que Ton doit aussi Chypre antique» l'exposition qui vient d'ouvrir ses portes au Musée de la Pointe-à-Callière et qui se poursuit jusqu'au 16 mars 1997.Ramsès II avait l'enflure et l'ambition des années quatre-vingts, misait sur une star ( Ramsès ) et sur une mise en scène spectaculaire.Chypre antique est beaucoup plus modeste et plus sobre, une obligation en ces années quatre-vingt-dix.Mais elle convient parfaitement au Musée de la Pointe-à-Callière, un musée d'histoire et d'archéologie qui trouve enfin là le modèle d'exposition temporaire le mieux adapté à sa vocation, et à la réalité montréalaise.C'est en effet la communauté grecque et particulièrement la communauté chypriote de Montréal qui a servi de lien entre le Musée de Nicosie et celui de Montréal.Par ailleurs, les gens vraiment intéressés par l'archéologie y gagnent peut-être au change : plus besoin de se taper des décors labyrinthiques avant d'aboutir aux précieux objets.Le berceau d'Aphrodite Si on connaît mal la civilisation chypriote \u2014 7000 av.J.-C.- 350 de notre ère \u2014 c'est qu'elle est intimement liée à celle de la Grèce et que la situation de Chypre entre l'Occident et l'Orient a fait de l'île un lieu de passage soumis à diverses influences.C'est aussi qu'aucune exposition consacrée au sujet n'avait été présentée jusqu'ici au Canada.Un bon nombre des objets exposés à Montréal n'ont par ailleurs jamais quitté Chypre qui surveille ses biens de près.L'ile fut longtemps la proie d'archélogues et d'amateurs repartis avec leurs découvertes.Mais il faut savoir aussi que dans la partie de Chypre occupée par l'armée turque, les richesses archéologiques demeurent sans protection.Les 112 objets présentés dans l'exposition qui couvre 8000 ans ont été choisis pour faire ressortir ce qu'il y a d'unique ou de particulier à cette civilisation qui vit naître Aphrodite.Ils illustrent aussi la manière dont l'île de Chypre a assimilé les influences orientales et occidentales qu'elle a subies.L'exposition est divisée en qua- tre étapes : le néolithique, le chal-colithique, l'âge du bronze, l'âge du fer.Ces étapes sont représentées par des figurines ou des objets utilitaires comme des cruches et autres poteries, par des bijoux et des statuettes.Plus on avance dans le temps, plus l'influence hellénique est envahissante.Les visiteurs doivent prendre garde de passer trop vite devant les pièces plus petites, figurines de fécondité d'une part, et de guerre d'autre part.Elles sont particulièrement touchantes.La communauté montréalaise Dans l'espace qui sert d'introduction à l'exposition, on a eu la bonne idée d'expliquer, en textes et en photos, l'histoire de Chypre, de même que la situation politique dans laquelle elle se trouve actuellement.On y explique aussi le déroulement de l'exposition à laquelle est associée une série d'activités et d'événements : rencontres avec des archéologues de renom ou conférences, spectacles de danse et de musique helléniques.Une occasion aussi de connaître un peu la communauté chypriote de Montréal.Selon Pénélope Sotériou qui a joué un rôle important dans la venue de l'exposition à Montréal et qui est présidente de la communauté chypriote d'ici, il y a à Montréal un millier de Chypriotes, mais la plupart des immigrants venus de Chypre sont installés en Ontario où on en compterait environ 10 000.Chypre a été une colonie britannique de 1925 à 1960 alors qu'elle a obtenu son indépendance.La communauté chypriote partage la culture et la religion de la communauté grecque.CHYPRE ANTIQUE.Musée de la Pointeà-Callière, 350 Place Royale.Vieux-Montréal, jusqu'au 16 mars.Droits d'entrée : 7 S; 5.50 S pour les gens âgés.4 $ pour les étu: diants.2 S pour les 6 à 12 ans.15 $ pour -les familles ( quatre personnes ) et gratuit pour les 5 ans et moins.Black Crowes préfère se tenir à l'écart de l'industrie et.bâtir à sa manière ALAIN BRUNET Accent à peine sudiste, voix grave, ton assuré, réplique ferme.Rich Robinson, principal créateur des Black Crowes, est de ces personnages que l'on qualifie de « prime » en bon québécois.Le genre de chef de tribu dont la moutarde peut monter au nez si on persiste à le contrarier.Mais l'heure n'est pas à la confrontation; consacrons plutôt ces quelques minutes d'interview téléphonique au plus récent chapitre écrit par ces fameux zoizeaux d'Atlanta, chapitre auquel on aura droit ce soir même au Saint-Denis.Là légende évoque néanmoins quelques viriles empoignades entre Rich et Chris Robinson \u2014 non pas des combats de coqs, mais bien de corbeaux ! Les frangins Gallagher, dont les luttes épiques ont été relatées par les médias depuis l'ascension de leur groupe ( Oasis ), n'ont rien innové en ce sens.\u2022\u2022\u2022\u2022 Rich Robinson admet l'existence ( passée ) du contentieux, sans vouloir donner de détails sur sa nature exacte, « Lorsque nous avons fait Amorica en 1994, relate-t-il, il y avait beaucoup de tension au sein du groupe.Plusieurs d'entre nous avions du mal à nous entendre.Je suppose que ces problèmes sont inhérents à tous les groupes rock.« Amorica était très bon, cela dit.Avec ce disque, nous avons posé les bases de Three Snakes and One Charm, un album encore meilleur.Ce dernier a été beaucoup plus facile à faire.Tous les membres du groupe étaient dans le même état d'esprit.» Amorica coïncidait aussi avec le début d'un déclin relatif des Black Crowes sur le plan commercial.Shake YourMoney Maker, premier album du band, heureux croisement entre rock stonien et esprit sudiste, avait obtenu un succès boeuf ( boeuf du sud-est, faut-il rappeler ).Le second, The Southern Harmo-ny and Musical Companion, avait eu aussi un très beau succès.Amorica, moins.Il semble que Three Snakes and One Charm obtienne encore moins d'impact, ce qui n'étonne pas notre interlocuteur.Le fait de vivre dans le Sud « Depuis le premier jour de la fondation du groupe, nous bâtissons quelque chose qui nous est propre.Et cette évolution constante s'inscrit en faux contre les standards habituels de l'industrie.À notre endroit, les gens de la business ont déjà réagi de la façon suivante : * Us ont eu de gros tubes, leur album s'est bien vendu, qu'en sera-t-il du prochain ?\" Lorsqu'ils découvrent une Alanis Morissette, ils mettent ensuite 50 filles identiques sous contrat.Une fois l'opération terminée, ils constatent que le public est rendu ailleurs.Nous ne voyons pas les choses ainsi.Car la formule tant recherchée par l'industrie n'existe pas.« C'est pourquoi nous avons dû forcer la destinée, .en préférant nous tenir à l'écart de cette industrie et faire nos affaires à notre manière.Pour le dernier album, par exemple, nous avons loué une maison dans laquelle nous avons monté un studio de toutes pièces.Un être créatif a besoin d'espace et de temps pour évoluer.Il n'y a pas d'autre façon de s'améliorer.» Rich Robinson refuse la notion de rock sudiste souvent accolée aux Black Crowes.« It sells it short, pense-t-il.Je ne sais même pas si le fait de vivre dans le Sud a quelque chose à voir avec notre style.Chose sûre, le processus n'est pas conscient.Nous ne forçons rien.Nous avons écouté beaucoup de musique ces dernières années, ce qui nous a aidés à préciser notre style \u2014en y imbriquant des éléments gospel et country, par exemple.» Militants pro-pot?On se souviendra de cette soirée mémorable offerte par les Black Crowes, en avril 1993 à l'Auditorium de Verdun.Derrière le groupe en furie, se déployait une bannière sur laquelle était dessinée une immense feuille de cannabis.Dans l'aréna, la réplique s'était fait sentir vachement.«« Si nous sommes des militants pro-pot ?Pas vraiment, dixit Rich Robinson.Cette fois-là, nous avions simplement émis une opinion en affichant cette bannière.Encore aujourd'hui, des jeunes sont jetés en prison pour avoir fait quelque chose qui n'a nui à personne.Est-il vraiment pire de fumer un joint ou d'aller en prison, avoir un casier judiciaire et voir son avenir détruit ?» Précédés de God Street Wine.The Black Crowes se produisent ce soir au Théâtre Saint-Denis.19 h 30.1* m * > s' 7'wi i 0 m : m - T -, % v .¦ '\u2022 \u2022 '*i-,V.' Les six de Black Crowes : Chris Robinson, Rich Robinson et Eddie Harsch, assis, et Johnny Cott, Steve Gorman et Marc Ford, debout au second plan. B 8 ?LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 Les uns et les autres Dandy tranquille 42 ans, le sulfureux AValmont des Liaisons dangereuses, l'inquiétant docteur Jekyll de Mary Reilly.n'est plus le même depuis qu'il vit en Provence avec sa femme et ses deux enfants.Le magazine ELLE a fait le point avec John Malkovich, ce père de famille un peu dandy, mais tranquille.\u2014 Nous ne voulions pas, a-t-il dit, que nos enfants grandissent .\\ Los Angeles.Nous avons beaucoup réfléchi et pas mal voyagé avant de nous établir en France.-La qualité du système scolaire à été un élément décisif.\u2014 Mary Reilly a été un échec.\u2014 Un désastre.Pourtant, je n'arrive pas à croire qu'il soit si mauvais.Dans cinq ans, il restera regardablc, ce qui n'est sans doute pas le cas des films qui cassent tout au box-office en ce moment.1 \u2014 Après Con Air, dont vous 1 achevez le tournage, vous al- \u2022 lez passer à la réalisation ?' \u2014 Oui, au début de l'année pro- \u2022 chaîne.Je vais mettre en scène ; The Damer Upstairs, le récit de la capture d'Abimaël Guzman, fondateur du Sentier lumineux, un mouvement de guérilla maoïste qui a ensanglanté le Pérou moderne.\u2014 Dans la vie comme à l'écran, vous êtes toujours \u2022 vêtu avec une grande élégance.Doit-on y voir l'in-.fluence de votre femme ?; \u2014 Je n'ai jamais pris conseil d'aucune femme pour \u2022 choisir mes vêtements Mais j'en donne volontiers.\u2014 Prenez-vous plaisir à faire les boutiques ?John Malkovich r 4 \u2014 Je suis un accro du shopping.Un véritable maniaque.J'adore acheter, mais pour les autres bien plus souvent que pour moi-même.Presque tous les vêtements que je possède, je les ai depuis des années.En fait, j'ai constitué l'essentiel de ma garde-robe à l'époque où je travaillais comme mannequin.\u2014 Aujourd'hui, vous n'arpentez plus les podiums.Vous arrive- t-iI encore d'assister à des défilés de mode ?\u2014 Oui, parfois, mais de moins en moins.Je n'aime pas du tout la façon dont les top models, femmes surtout, bougent dans les vêtements qu'elles présentent.Elles ont des mouvements saccadés, comme si elles étaient à bout de nerfs.Les vêtements me paraissent beaucoup plus évocatcurs lorsqu'ils sont portés dans la rue.\u2014 Soigner votre élégance fait partie de votre métier ?\u2014 À l'écran, certainement.Le choix du costumier m'intéresse d'ailleurs énormément.Sans doute, est-ce ce qui m'a permis de travailler avec les plus grands.\u2014 Et en privé ?\u2014 En Europe, on s'étonne volontiers dès qu'un Américain porte autre chose qu'une tenue de jogging bariolée.On nous imagine toujours buvant des flots de Coca-Cola et écoutant du hard rock.Il arrive pourtant que nous ne ressemblions pas à notre caricature.J'aime les beaux habits, la cuisine française, et il me paraît stupéfiant que certains tympans puissent survivre à l'écoute d'un morceau de hard rock.FLASH POP-CORN .¦ Ce métier ne laisse place qu'à une alternative : la complaisance ou l'arrogance.Où se situer entre les deux ?Johnny Depp ¦ Nous avons décidé de déménager au Ver m ont, qui se trouve à 3000 milles de Hollywood, parce que nous en étions rendus au point où nous nous demandions s'il nous serait jamais possible de vivre une vie normale.Grâce à cette décision, nous avons retrouvé notre équilibre.Michael J.Fox ¦ Personne ne m'invite jamais à sortir.Jamais, ou presque jamais.La raison en est que, si vous lisez les journaux, vous verrez que je suis prise jusqu'à l'an 2004 à peu près.Alors, pourquoi perdre son temps à m'inviter ?Julia Roberts ¦ Je me demande si j'aurai jamais envie de me marier.J'ai ma propre carrière et mon propre argent, si bien que j'ai tout ce que bien des femmes attendent d'un homme.Sharon Stone ¦ Le mariage est probablement la façon la plus coûteuse pour un homme de faire laver son linge.Burt Reynolds ¦ Avoir un emploi qui vous permet de passer cinq jours par semaine à rire est une incroyable bénédiction.Candice Bergen ZOOM LES MOTS Stephen Frears Chérubinisme J J Devrait-on apprendre aux \\ \\ gens à s'occuper quand ils sont au chômage ?C'est ce qui se passe en ce moment, non ?Je trouve ça plutôt insultant.Je crois qu'il faut plutôt prendre conscience de l'importance du travail dans la vie des gens.Construire une société qui reconnaît ce fait.Les « loisirs » me semblent une idée illusoire.L'état naturel de l'homme, c'est au travail.Je sais que je suis à mon meilleur quand je travaille.Mais je ne sais pas comment résoudre le problème du chômage.» Première ¦ La maladie est rarissime.Et c'est tant mieux car on ne la souhaite à aucune de nos petites têtes blondes.En effet, le chérubinisme est une malformation de la mandibule qui donne au visage de l'enfant un aspect joufflu de chérubin.Par un défaut de constitution, l'os de la mâchoire est fibreux et mou, en raison d'une mauvaise calcification.On parle de dysplasie fibreuse.Mais l'affection est bénigne, et régresse généralement au moment de la puberté.tM .\u201e Marie France Gagner sa vie avec ses genoux ¦ Être un flatteur qui plie facilement le genou, s'agenouille devant les forts, les riches, les puissants.Les grandes familles Clint Eastwood Clint Eastwood a une notion pour le moins bizarre de la vie de famille.Non seulement sa nouvelle épouse, Dina Ruiz, et lui passèrent-ils une partie de leur lune de miel à Hawaii en compagnie de l'ex-maîtresse de l'acteur, Jacelyn Ann Reeves et de leurs deux enfants, mais Jacelyn s'est empressée de donner à Dina, enceinte, des conseils sur la façon d'élever les enfants.Jacelyn fut pendant onze ans la maîtresse de Clint, à qui elle a donné un garçon âgé aujourd'hui He dix ans et une fille âgée de huit ans.Clint a par ailleurs une fille de 24 ans et un fils de 28 ans qu'il doit à sa première femme, Maggie.Il a de plus une fille de 32 ans.fruit de sa liaison avec l'actrice Roxanne Tunis, tandis qu'une autre actrice, Frances Fisher, lui a donné une fille qui a aujourd'hui trois ans.Art discret ¦ Elizabeth Taylor possède dans sa demeure de Bel-Air une collection d'oeuvres d'an d'une valeur de huit millions de dollars, mais personne ne la voit jamais.La police d'assurance de l'actrice lui interdit d'exposer ces trésors aux yeux du public.Juliette Binoche sera Julie de Lespinasse ¦ « Quelque jour, mon ami, je vous conterai des choses qu'on ne trouve point dans les romans de Prévost, ni ceux de Richard-son.Mon histoire est un composé de circonstances si funestes, que cela m'a prouvé que le vrai n'est souvent pas vraisemblable.» C'est ce qu'écrivait, le 26 août 1774, Julie de Lespinasse.Onze ans après Rendez-vous, qui l'a révélée, Juliette Bi- Julie de Lespinasse noche retrouve André Téchiné.Au printemps prochain, elle incarnera, devant sa caméra, Julie de Lespinasse, cette héroïne au destin tragique.Téchiné, qui n'avait pas fait de films en costumes depuis Les soeurs Brontè.écrit actuellement le scénario, qui s'inspirera de la correspondance de cette grande amoureuse.Pourquoi pas un sac de golf en alligator ?¦ Kevin Costner, grand amateur de golf, n'aurait jamais pensé que ce sport puisse être dangereux jusqu'à ce que, alors qu'il s'apprêtait à s'aventurer dans un lac pour y récupérer sa, balle, sur un terrain de golf de Jacksonville, en Floride, deux énormes alligators sortent sou-, dain de l'eau et s'avancent directement vers lui.L'un des monstres s'empara du sac de golf de 5000 dollars de l'acteur et se mit à le traîner vers le lac; Kevin se précipita à la poursuite du voleur.Cet acte de témérité aurait pu lui coûter très cher si un ami témoin de la scène ne lui avait pas crié de stopper, en le prévenant que les alligators sont des animaux extrêmement agiles et qu'il risquait de perdre en un rien de temps un bras ou une jambe, ce qui eut pour effet de ramener notre héros à la raison.L'alligator abandonna ie sac «*u bord de l'eau, mais il était en lambeaux Jodie Foster dans les étoiles ¦ Après un an d'hésitation, Robert Zemeckis \u2014 qui n'a rien tourné depuis Forrest Gump \u2014 a enfin décidé de se lancer dans Contact, dont le tournage commencera sous peu.Il s'agit d'une adaptation du roman de Cari Sagan, dans laquelle Jodie Foster incarne une scientifique qui parvient à communiquer avec les extra-terrestres.Oliver Stone, romancier ¦ Oliver Stone a de nombreux projets de films mais bien plus que derrière la caméra c'est derrière sa machine à écrire qu'il risque de passer la majeure partie de son temps.Le cinéaste qui a débuté dans le métier en tant que scénariste ( Midnight Express* Scarface ) prévoit en effet de s'attaquer à l'écriture de deux livres.Le premier, intitulé A Child's Night Dream est un roman qui raconte le tour du monde d'un jeune Américain.Dans le deuxième.In the Trenches.Stone reviendra sur son expérience de cinéaste au cours des dix dernières années.Oeufs au sirop.¦ Jean-Claude Van Damme est convaincu que pour se tenir en forme, il faut toujours commencer sa journée de travail le ventre plein.C'est ainsi que, pour son petit déjeuner, il avale tous les matins 24 blancs d'oeuf brouillés accompagnés* d'oignons, qu'il arrose d'un grand verre de sirop d'érable ! SOURCES : AFP.Star.Studio.Globe Jean-Claude Van Damme Eric à l'Hémicycle : y a-t-il un problème ?ALAIN BRUNET Lorsque les rimes d'un jeune rockeur ; nommé Éric Lapointe et celles d'un vieux ; desperado lui prêtant main forte ( plume -.forte, celle de Roger Tabra.) sont écrites -.sans failles apparentes, qu'y a-t-il à redire?- ! - Lorsqu'un gars gueule vraiment sa vie, « ; s'égosille en relatant ses virées nocturnes, ~ ses enseignements tirés à l'école du .rock'n'roll, les tiraillements entre ses an-*.ges et ses démons, l'ambivalence entre sa ; quête de l'âme soeur et son désir de chair \u2022 'fraîche, les princesses de ses nuits et les : vautours qui rôdent autour de son porte-' -feuille, que rajouter à cela ?m Lorsque Stéphane Dufour, guitariste du jeune rockeur, homme de confiance de 'surcroît, reproduit parfaitement les ensei-: gnements de maître Eddie Van Halen et consorts, lorsque sa vision d'une chanson - rock mène à la confection de chansons béton consommée à 100 000 exemplaires et plus, y a-t-il un problème, au fait ?Lorsque ces poètes et artilleurs s'avè-ent pour la plupart de valeureux combat -ants, garçons honnêtes et intelligents, eut-on se permettre de faire dans la tiédeur ?- 4 Lorsque 2 600 fans d'Éric Lapointe se lèvent à la sixième chanson et exultent sincèrement jusqu'à la vingt quelquième, peut-on vraiment se permettre de faire les gorges chaudes ?Pendant que j'y réfléchis, je vous raconte la soirée.Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'Hémicycle du Centre Molson était hier dans tous ses états.Groovy Aardvark avait réussi à arracher quelques applaudissements et autres couplets entonnés à l'unisson.Quant à la version du P'tit Bonheur interprétée par Marc Vaillancourt, du groupe BARF, c'était un peu trop demander au public pop-rock d'un vendeur platine, resté bouche bée devant tant de corrosion.Malgré tous les sparages essentiels à l'entreprise de séduction, Vincent Peake et ses collègues se sont limités à intriguer les fans du petit matamore.Une pause, pendant laquelle deux vautours ont été invités aux extrémités de la scène « question d'évoquer le titre du deuxième album d'Éric Lapointe », et des gyrophares se mettent en marche.La guitare de Stéphane Dufour gronde telle un moteur de Formule 1, le chanteur est en piste.Son moteur ne s'embourbera pas.Malgré une sonorisation souvent approximative, malgré des mots généralement éraillés, gueules et mâchonnés, Lapointe aura conquis son auditoire.To-ta-le-ment, a n'en point douter.Tous les tubes de ses deux albums à succès ont été joués, d'autres interprétations ont émaillé ce répertoire de winner \u2014 Ce soir on danse à Naziland du tandem Plamondon/Berger, Le Screw de Richard Desjardins , Bobépine de Plume.Avant de quitter la scène et qu'on lui réclame des rappels, il nous a fait Marie-Stone, et il a plu des étincelles sur le band.Et des pétards ont explosé, comme dans le temps de Bon Jovi et autres bombes hard rock.Au rappel, il a évidemment chanté N'Importe quoi.Le monde a trippé à entendre Lapointe, le monde s'est miré dans l'imaginaire de Lapointe, il a vécu dans son univers par procuration, il a trouvé drôle de voir se déhancher le saxophoniste Luc Lemire, il a eu droit à une soirée impeccable.Impeccable, mais tellement prévisible.L'adaptation du hard rock des années 80 à des rimes québécoises bien senties a certes été mise au point par Éric Lapointe.Voilà l'essence de sa contribution.La formule est connue, elle durera encore peut-être un autre album.Et après ?Après, il faudra inventer des rimes et du rock qui n'ont rien à voir avec personne.Après, il faudra que les références ne dominent plus Éric Lapointe et ses collègues.Et puis après, ils feront bien ce qu'il voudront.Y a-t-il un problème, au fait ?Éric Lapointe, hier.PHOTO BERNARD BRAULT.là I LA PRESSE.MONTRÉAL DIMANCHE 20 OCTOBRE 1996 B9 Fascinants éclairs et monstres microscopiques À l'affiche du Café électronique dans le cadre de Téléscience 96 SONIA SARFATI collaboration spéciale Lunettes noires sur le nez, l'homme conduit à toute vitesse un 4 X 4 portant la plaque d'immatriculation.CU IN OZ.À bord du véhicule, un incroyable fouillis d'où émergent des appareils photographiques.Le conducteur, une main sur le volant, regarde le ciel à travers le pare-brise.Indiscutablement, l'orage est en vue.Ce n'est pas une scène de la méga-production Twister mais une séquence de Li$htnin$ ! \u2014 un documentaire américain réalisé par Linda Garmon et présenté ce soir au cinéma du Café Électronique dans le cadre de Téléscience 96 ( le 7« Festival international du film scientifique du Québec ).On y suit quelques bandes de chasseurs d'éclairs : certains les photographient, d'autres les h bombardent » au moyen de fusées, d'autres encore y font monter des ballons.Tout cela pour tenter de mieux cerner ce phénomène atmosphérique qui s'abat quelque 6000 fois par minutes sur notre planète et qui blesse ou tue un millier de personnes par an aux États-Unis.Certaines de ces victimes rendent d'ailleurs témoignage dans Lijhtnin* ! Un golfeur, un jeune joueur de crosse.Ces insectes qui font parler d'eux Mais dans ce documentaire de bles vedettes sont les éclairs.Fascinants, grandioses.Dangereux.Fascinants aussi, et grandioses dans leur petitesse : les insectes.Ces jours-ci, ils font parler d'eux grâce à Microcosmes de Claude Nu-ridsany et Marie Perennou.Us sont aussi au centre de The Sa$a of Life : The Unknewn World, documentaire suédois de Mikael Agaton présenté avant Lightninci !, à 20 h 30 au cinéma du Café Électronique.Une production qui tient du film d'horreur, que celle-là ! Le photographe Lennart Nilsson nous fait découvrir ces monstres microscopiques qui vivent sur notre corps, qui se nourrissent de nos vêtements, qui se repaissent de nos livres, qui rampent dans notre lit.Si les liens entre les différentes parties du film sont plutôt lourds \u2014 ô combien nous pouvons apprendre de ce « monde inconnu >» ! \u2014, les images sont de celles facture conventionnelle, les vérita qui marquent à jamais.Gros plan sur ces bestioles qui vivent dans les follicules des cheveux ( heureusement, elles ne mesurent qu'un dixième de millimètre \u2014 sinon, nous passerions notre temps à nous gratter la tête ).Focus sur des virus menant une attaque en règle contre une cellule.Arrêt sur le combat à mort opposant deux scarabées \u2014scène qui n'est pas sans rappeler, à une tout autre échelle, certaines de celles de Juras-sic Park ! La 7* merveille du monde Bref, ceux qui verront ce documentaire ne se sentiront plus jamais seuls ! À noter qu'hier soir.Téléscience 96 a laissé place à l'histoire en présentant La Septième Merveille du monde d'Andrew Snell et Thierry Rago-bert ( film qui sera de nouveau projeté le 26 octobre à 14 h 30 au Musée de la Civilisation de Québec ï.Ce documentaire français dont Philippe Noiret fait la narration, retrace les fouilles archéologiques tenues dans le baie d'Alexandrie en 1995 afin de retrouver des vestiges de la septième merveille du monde : le phare d'Alexandrie, d'une hauteur de 120 m, qui éclairait la mer sur une distance de 60 kilomètres et qui aurait été enseveli au XIV* siècle à la suite de tremblements de terre.Menée par l'archéologue Jean-Yves Empereur, l'expédition a permis à des Sphinx majestueux et à des statues colossales de revoir la lumière du jour.Un film émouvant.Comme seule l'Histoire, la vraie, peut l'être.TÉLÉSCIENCE 96 :jusqu 'au 27 octobre, au Café Électronique ( Montréal )etau Musée de la Civilisation ( Québec ).CHYPRE ANTIQUE 8 000 ans de civilisation 16 OCTOBRE AU 16 MARS EXPOSITION ET ACTIVITÉS Une occasion exceptionnelle d'admirer des objets montrés pour la première fois au Canada.POÎNTE-À-CALLiÈRE APXAIA KYIIPOE 8 000 XPONIA nOMTEMOY 16 0KTOBPIOY1996 EQZ16MAPTIOY1997 EK8EIH KAIAPAITHPIOTHTEZ CONFÉRENCE SCIENTIFIQUE Mercredi 23 octobre.19 h 30 Dans la magnifique salle multimédia surplombant les vestiges Les fouilles de Soloi à Chypre Dr Jean Des Gagniers, chercheur archéologue.Université Laval Réservations: 872-9150 Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal 350, place Royale Angle de la Commune Vieux-Montréal (514) 872-9150 Communauté L.- ] 1- _ \u2014 &ê Montrtfll HT Communauté Chypriote û< Monts étl PARTEZ A CONQUÊTE MONDE t.- 3 le concurrent de la Course qui en (in de saison aura reçu te plus grond nombre de votes du public r emporte a une bourse de 3 000 S offerte dot le journal La Presse.Suivez fous les (bronches à 17 h les aventures des huit concurrents de b Course destination monde, série présentée avec la collaboration de l'Agence canadienne de développement inier-natad (ACOI).Participez ou concours en complètent le coupon et en répondant correctement à la question posée durant l'émission, et postez ô l'adresse inâqoèe a-dessous, (on seet coupon par enveloppe].Choque semaine, un participant ou concours aaywa un bon d'ochat de 100 S valable 6 l'achat de vêtements de marque Chlorophylle h.t.dans une des boutiques l'Aventurier.l'Ai VU l'tflUSSJOM DU.(DATÎ) J'AI PtÈFàti U tfPOfTAGC Df .(C0MCUREWT) ttFOtftt A iA QUESTION Of U SEMAINE : AINESSE.C00I POSTAL TÉLÉPHONE.En fin de saison, vous pourrez aussi a^gner un | RfKwrnef Q: socinl IA0KKANA0A voyage pour deux personnes à DdW (Inde) sur les I u Coun* destination momk \u2022 tP.9080 Suça \u2022 H3C3n aaes d'Air Canada incluant sept nuits dans un AIR CANADA ® hôtel de catégorie supérieure, grocieuselé de Club Voyages.I a2£L Radio-Canada TJT Télévision ue/rrrruOT^ ICLUB IVOAGCS.ACDI VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION \u2022 -par Louise Cousineau 10:05 EE0-Option Education Pourquoi les collèges pnvés attirent-« ils de plus en plus de clientèle?Té-¦« motgnagnes d'un étudiant déçu et reportages sur les vrais bons collèges.11:00 CD - Le Téléthon de la dytro phie musculaire Rémy Girard et Marguerite Biais ani-! ment jusqu'à 22h cet événement où on verra plein de vedettes y compris Daniel Pinard en après-midi qui parlera de cuisine.\u2022 11:30 O-Seully rencontre Jeanne Moreau.qui parte de ses films et de sa vie.13:30 CDD - Entrée des artistes L'extraordinaire Sophie Loram est l'invitée.19:00 O-Surprise surprise Victimes: Serge Postogo, David La Haye.Isabelle Brossard et Patrick Huneautt 1 19:30 QD- La Tournée du Grand Duc On visite ta réserve de Wendake près de Québec avec le cotorô chef Max \u2022 ; Gros-Louis.20:00 O\u2022 Gala EiceIlence de La >I Presse On honore les 52 personnalités de la semaine avec un spectacle bien tenu animé par Roger D.Landry.20:30 (S).Bouillon de culture Portraits de Picasso: le peintre légen- daire sera évoqué notamment par sa femme Françoise Giiot.ses entants \u2022 ; - Claude et PaJoma.' 21:00 \u20ac3- Les Nerfs à vil \u2022?' De Martin Scorsese.un film où Ro - ; - bert De Niro est bien méchant 21:00 33 n- Maxterpiece Théâtre Broken Glass.une pièce d'Arthur \u2022 \u2022 Miller qui se déroule à Brooklyn et qui évoque l'Holocauste.\u2022 \u2014 CANAUX CD 18 h 00 Le TéléjoumaT Le TVA 7 1101 15117 (24.18 h 30 Découverte (1815) 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 .22 h 00 22 h 30 Surprise sur prise Fort Boyard / Mahée Paiement.Richard Z.Sirois i6ien 35 abc EB cbsCB NBCCB S) A & E BRAVO CANAL0 FOX FOX(Ont) nw roi rds tmn tsn 7v5 ytv CANAUX Drôle de vidéo Les Beaux Dimanches / Gala Excellence La Presse 1996 Cinéma / UNE SECONDE CHANCE (5) avec Mej Gibson, EBjah Wood_ Le Téléthon de la dystrophie musculaire (1100) Artiste au menu LDussautt Box Office Magical World of Disney Puise Newsline ABC News CBS News Travel, Travel Homegrown.M'A'S'H MadAboutYou FootbaH NFL / Biles - Jets (i6O0) Genesjs: Lrvmg Conversation Adv.from me Book of Virtues Panorama Just William Déclic! Mag.Hercule Road to Avontea Shows Rigolos / M.Barrette.M.Lauzière.A.Kavanagh Le Téléjournal / Le Point Le TVA/TVA Sports (22 24) Loteries (22 44) 23 h 00 Nouvelles du Sport (2302) Complètement marteau (22 51) 23 h 30 Cinéma (2320) Finances (2320) /Pub (23 49) Cinéma / LA VOCE DELIA LUNA (3) avec Roberto Bcnigni, Paolo Villaggio Cinéma/LES NERFS A Vff (3) avec Robert De Niro.Nick Nolte Stars on Ice Fall Preview Sunday Report Baseball / Braves - Yankees Ross Perot.Baseball Preg.Home Videos The New Adventures of Superman Venture (22:29) Roseanne Cii>éma / TALK T0 ME avec Yasmine Bteetn, Veronica Hamel Baseball / Braves - Yankees Datetine NBC Wiid America Naturescene Ail Créatures Great and Smail Dimanche classique / BB King Cinéma / FRANCIS (THE TALK ! N G MULE) (4) Bob Vila s Home Again No Pnce too Htg h Chansons (1700) Animalier Winçjs Anthotogy Star Trek: Voyager Baywatch Anbent Mystenes / Loch Ness.Ptayhouse 90 / Patterns 20e Siècle O dtscovery.ca Baseball Pregame Série Rock & Roll World News Espace libre Triathlon (17^0) FashtonFHe Griffe Sports 30 Mag 3rd Rock.Boston.Nature Marvin Hamlisch & The.Cinéma / OANtELLE STEELS THE RING avec Nastrssja Kmski (1/2) Cinéma / BROKEN GLASS avec M.Patinkin, E.McGovern Making Music: A Joytul Vocation Cinéma / fWAN LA TUUPE (3) avec Gérard Pfaiipe, GJna Loflobnçtja Heartbeat National Géographie The Great Insh Famine Ozias Leduc Les Mystères de la Bible Svetlanov Conduds Prokofiev Destinations / Angleterre Allan Gregg Mastermind Am.'s CasrJes: .Hudson Valley Sunday Night CTV News Le Grand JOumal (23 42) The Country Beat (2337) Puise Nightline Psi Facto r News/SemfeW Touched(2345) Viper Mystery! / Oliver's Travels Cinéma / DEMI-PARADISE (4) Panorama Déclic! (23 29) Imprint The Straight Dope Cinéma /BIFuOMAN 0FALCATRA2 (3) avec BurtUncasleY, Biographies / H.G.Wells Discoverys Sunday Showcase Concerts / Densil Pinnock Kingdoms of SurvivaJ Baseball / Braves - Yankees Musique vidéo On the Line Monde ce soir Sports Extrêmes Histoire d'amour o i.30) Demts Miller CtonArcane (17 45) Rugby.(1700) Sportsdesk L Ecole des fans / Guy Béart Chartie Brown 18 h 00 My Hometown 18 h 30 Plein les bras Bryan Adams: 100 % Rock Royal Air Farce ThisHour Has.Reportages / Gr.Jours du siècle QuébecPtus The Passionate Eye Le Journal RDI Scully RDI Second Regard Baseball / Braves - Yankees (1925) Les jumeaux montent la garde 0920) A Good Man in Afnca 08 45) Life as a Dog Nat.Sports- Point de presse Hydroplanes Rob Roy Last of the Dogmen NFL Primetime Journal FR2 World Masters Billiards Championships La Tournée du grand Duc Flipper 19 h 00 19 h 30 SmallTalk 20 h 00 Bouillon de culture Reboot 20 h 30 Are You Afraid 21 h 00 Aviation 7 sur 7 / Ségolène Royal (2135) Journal belge Must Be Mad! 21 h 30 The Hit Ust 22 h 00 Cinéma Onêrna / LA FUGUE 0E.(4) @ discovery.ca Seinfeld Home Improv.Pub Bryan Adams: 100 % Rock Sunday Report Le Téléjournal Sports 30 Antiques Road Horizons fr.Golf de France Loup (23 20) If Thèse Walls Could Talk Sportsdesk À coeur, à corps, à cris 22 h 30 Tarzan 23 h 00 Dave Osborne 23 h 30 canal 151-17 '3QJ abc EQ cbsGD nbcGD A & E bravo CANALD wsc.fox FOX(Ont) nw RDI rds < tmn tsn tv5 ytv CANAUX câble: A & e - arts and entertainment - canal d « arts et divertissement - disc.¦ disco V e r y - m p m musique plus - nw - newsworld - rdi - réseau de l'INFORMATION - rds * réseau des sports - 8e \u2022 super écran - tmn - the moVIe network - tsn - the sport network - tv5 - télévision internationale - ytv m youth tv LA PRESSE, MONTRÉAL DIMANCHE 20 OCTOBRE \\W6 B 11 Fini ! l'apprentissage des métiers du cinéma sur le tas Dernière semaine pour s'inscrire à la 2e session de l'INIS Finie l'époque des Groulx, Perrault, Brault, Jutra, Carie, Poirier, Lefebvre, ArcancL La* brecque, Deniers, Malo., ces pionniers qui ont appris « sur le tas w leur métier de cinéaste, scénariste ou producteur.Depuis le début de l'année au Québec le cinéma s'apprend dans une école hautement professionnelle : l'Institut national de l'Image et du son ( l'iNis ), qui recevra en Janvier prochain ta deuxième cohorte d étudiant s.On a Jusqu'au 28 octobre pour s'inscrire.\u2022 km \\ us caatkUl zju LAJtCiLlER Vf M VKM IMMCA4I çwtiPin îlî CMtÊUl 1UZ1Ô STTTMM1I ?s T?s cmImas bûaô~l I Cmi KH ociôH 1 rôWHT\" Su.«uacrnoucmtv* \\ 4i*w:- L^ëilllfiofilf J QinmmacM.v PUju« oc its QJtAMBY ?ca»(rua oôiôii , rîîscM i ¦ ¦ ¦ ¦ i 4: ' Ire Beaulieu dans un numéro de Cabaret i A ¦ interprète frenet *4*J M ir' mise Pitre Sans le rôle de P«f va Dominique Blier dans laJTra \u2022\u2022\u2022\u2022 Charles Prévo; chante 0 Sole Mi ^\u20223 Johaton >dr ; \u2022 \u2022 \u2022 M51 Loue Trei chahte i^i X7 H Gordon^i^^fa^^ Radio-Canada Télévision Production : Télévision de Radio-Canada - Roger D.Landry Réalisation : Roger Fournier .Direction artistique et musicale : Paul Baillargeon Mise en scène : Hugo de Pot Conception : Paul Baillargeon, Hugo de Pot, Roger D.Landry Textes : Marcel Lefebvre CE SOIR 20 HEURES "]
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