La presse, 15 juin 1996, B. Plus
[" B Montréal samedi 15 juin 1996 Plus a La Presse ÉDITORIAL / OPINIONS / POLITIQUE / MONDE 'Y/1 La SQ ne peut plus échapper à un examen de conscience page B 4 avo cat Jean-Claude Hébert Le souci de retourner tous les cailloux sur son chemin Yves Boisvert Les premiers pas de Jean-Claude Hébert dans la profession d'avocat de la défense, il y a 25 ans, ressemblent plus à des faux pas qu'à des débuts glorieux.N'eût été d'un juge compatissant, notre homme n'occuperait peut-être pas le haut du pavé chez les criminalistes et il n'aurait peut-être pas été le capitaine de l'équipe de défense au procès des quatre policiers de la SQ impliqués dans l'affaire Matticks, qui a pris fin la semaine dernière.D'abord, Jean-Claude Hébert n'avait aucune prédisposition pour le droit criminel.« Le droit civil me paraissait plus cartésien.Le droit anglais me semblait confus, déroutant.» Tellement qu'après ses études en droit, Jean-Claude Hébert est devenu.notaire ! Trouvant cette profession un peu « Inamovible », il bifurque immédiatement et devient avocat.Entré à l'Assistance judiciaire en 1971 ( devenue l'Aide juridique l'année suivante ) comme civiliste, il a fait des causes de divorce pendant un an et a trouvé ça plutôt lourd.« Je suis allé voir mon ami ( l'avocat ) Pierre Poupart, dans la section du droit criminel, qui, lui, filait le parfait bonheur.Il m'a convaincu de le rejoindre.Je me suis retrouvé là sans connaissance de base, sans préparation.» La première journée, son patron lui confie une pile de 17 dossiers.« Tu connais ça, les enquêtes préliminaires, tu sais comment ça marche ?» Le jeune avocat veut le poste et assure qu'il n'y a aucun problème.Voilà donc Jean-Claude Hébert qui arrive dans le vieux palais de justice de Montréal avec 17 « enquêtes préliminaires » à faire.Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il doit faire.L'avocat de la Couronne, Roch Héroux, flaire vite la chair fraîche.Héroux prend le jeune Hébert à part pour lui expliquer une ou deux choses de la vie.« Regarde, c'est pas compliqué, les enquêtes préliminaires.Quand j'appelle le dossier, t'as juste à dire : '476', l'affaire va être réglée.» L'ancien article 476 du Code criminel permettait à un accusé de renoncer à son enquête préliminaire pour sauter directement à l'étape du procès.La journée commence donc à un train d'enfer.Les dossiers sont appelés, et, enthousiaste, Hébert lance un vibrant « 476 ! » chaque fois.Les dossiers sont aussitôt refermes et l'on passe au suivant.Pas si complique, les enquêtes préliminaires ! Seul détail inquiétant, on se bidonne du côté de la Couronne et des policiers.« Après trois ou quatre dossiers, le juge Paul Bélanger suspend l'audience et me fait venir dans le corridor.Il me dit : \"Jeune homme, on est en train d'abuser de vous.\" II m'explique qu'il ne faut renoncer à l'enquête préliminaire que dans les cas peu importants, s'il y a flagrant délit par exemple.Dans les dossiers importants, il faut au moins faire entendre le témoin principal.C'est ce que j'ai fait et j'en suis sorti vivant.Si j'étais revenu au bureau avec 17 « 476 », je me faisais sûrement mettre à la porte.Chaque fois que j'ai plaidé devant le juge Bélanger ensuite, je lui ai dit qu'il PHOTO PIERRE LALUMIERE.La Presse Jean-Claude Hébert (photographié en train de consulter les dossiers de l'affaire Matticks) n'avait aucune prédisposition pour le droit criminel.« Le droit civil me paraissait plus cartésien.Le droit anglais me semblait confus, déroutant.» Tellement qu'après ses études en droit, Jean-Claude Hébert est devenu.notaire ! avait sauvé ma carrière.» Dix ans avec Serge Ménard Après cinq ans à l'Aide juridique, où il a «< tout appris », Jean-Claude Hébert est recruté en 1976 par un jeune avocat de la défense bien en vue submerge par les dossiers : Serge Ménard.« J'ai énormément appris de Serge Ménard.C'est un avocat intuitif, imaginatif, d'une intelligence extraordinaire.Ses dossiers paraissent désordonnés, mais dans sa tête, c'est illuminé.Ménard a été un des premiers à utiliser des experts à Montréal dans les affaires criminelles.Sa force de conviction et son naturel devant jury en faisaient un des meilleurs.» Dans le temps, Ménard défend plusieurs consommateurs de drogue et présente des solutions originales pour leur éviter la prison.Il s'agit souvent de causes sympathiques, pas de gros trafiquants liés au crime organisé.Les crimes économiques sont aussi au programme.Hébert se fait remarquer de plus en plus.L'association a duré dix ans et a pris fin abruptement.Hébert, qui travaille maintenant avec quatre jeunes avocats, a aujourd'hui le luxe de choisir ses clients.Il en prend 12 à 15 par année, la plupart demeurant secrets.Le fisc, par exemple, accepte de ne pas déposer de poursuite contre untel s'il paie ses dettes en douce.Ses clients sont des professionnels, des hommes d'affaires, des policiers.Des gens capables d'assumer des honoraires importants.ou de les faire assumer par d'autres.En vertu d'une entente signée par le gouvernement Parizeau peu de temps avant le dernier référendum, l'État assume les frais de défense des policiers de la SQ dans leurs procès criminels.Comme Me Hébert négocie de plus en plus des « primes au résultat » pouvant atteindre 25 % des honoraires, di- sons que les affaires vont bien.Il a plaidé deux causes de meurtre et ne s'y est pas trouvé à son mieux.Les affaires de violence et de moeurs, ils les laisse donc à d'autres.Au fait, les clients des grandes tours à bureaux préfèrent ne pas le voir dans le journal au beau milieu d'un party de motards le week-end.« À partir du moment où vous défendez des policiers, vous devez évidemment faire une croix sur certains types de clients, comme les gens du crime organise.» L'affaire Parent De tous les acquittements spectaculaires à son crédit, Jean-Claude Hébert se souvient avec le plus de satisfaction de celui du policier Jacques Parent, en 1986.Tout le Canada avait vu aux nouvelles les images vidéo de cet agent du SPCUM en train de rudoyer Brian O'Carroll dans un dépanneur.Difficilement contestable.« Personne n'y croyait et moi non plus.C'est un cas où l'on se sent complètement seul avec son client contre le monde entier.On nous traitait de téméraires.Mais quand on a la foi en quelque chose, on peut déplacer des montagnes.J'ai visionné le vidéo image par image et j'ai trouvé des failles.J'ai vu que malgré ce que disait la victime, le policier n'avait pas porté de coup dans les testicules, du moins pas sur le vidéo.Devant jury, la victime a répété à plusieurs reprises qu'elle avait reçu ce coup, qu'elle avait encore mal, etc.» Le jury a comparé avec le vidéo.Si le citoyen exagérait ou mentait sur ce point, peut-être faisait-il de même avec son récit des événements hors caméra, a-t-il plaidé.Hébert avait aussi présenté la victime comme un emmerdeur qui cherchait noise au policier.La cause de l'ex-présidente de la CECM, Nicole Soucy-Brousseau, paraissait aussi fort mal engagée.Elle-même reconnaissait avoir soupe avec son mari et des amis et avoir fait payé la note à la CECM sous couvert d'un « souper avec le ministre ».Selon une tactique éprouvée, Hébert a retourné le dossier au visage de son dénonciateur, le directeur de la CECM, qui avait lui-même des taches dans ses notes de frais et des motivations contestables.Mme Soucy-Brousseau fut acquittée en 1992 par un jury.Quant aux policiers impliqués dans l'affaire Matticks, Hébert et ses collègues se sont convaincus que le fait de ne pas faire de défense permettrait de garder le « focus » sur les lacunes de la preuve de l'accusation.Une défense et un témoignage des policiers auraient permis de faire ressortir toutes les irrégularités de l'enquête des accusés.C'était la première fois en carrière qu'Hébert ne faisait pas de défense dans un procès devant jury.« Même quand ça paraît désespéré, il ne faut pas capituler.» Ses collègues admirent cette pugnacité chez Hébert, ce souci de retourner tous les cailloux sur son chemin.Peut-être tient-il cette volonté et cet acharnement dans le travail de sa mère, qui l'a élevé seule, travaillant 12 heures par jour dans son dépanneur du quartier Hochelaga-Mai-sonneuve pour payer ses études au collège Sainte-Croix.Un solitaire Les juges lui trouvent deux immenses vertus : il se prépare avec grand soin et s'exprime brièvement et clairement.Là où d'autres se répéteront pendant deux heures, il plaidera pendant 20 minutes.L'assurance et le niveau de connaissances d'Hébert le font passer auprès de certains pour arrogant, voire suffisant.Mais il s'en fiche bien.C'est un solitaire qui a donné plusieurs exemples de son indépendance d'esprit.Ses prises de position dans les médias, où il se révèle excellent vulgarisateur, et dans les magazines spécialisés sont souvent tranchantes et provocatrices.Lui qui venait tout juste de défendre le juge René Crochetière devant le Conseil de la magistrature s'est opposé à la règle selon laquelle on ne peut suspendre un juge pour faute professionnelle ( c'est le blâme ou la destitution ).Lui qui défend souvent les policiers n'a pas hésité après l'affaire Barnabe à écorcher publiquement le président de la Fraternité des policiers de la CUM, grand pourvoyeur de dossiers.Devenir juge l'intéresserait-il ?À 53 ans, il apprécie trop sa liberté, apparemment, pour retourner sur les bancs d'école ( il devrait siéger dans plusieurs domaines ) et se faire dire par d'autres quels dossiers prendre.H dit qu'il veut devenir « avocat-conseil » quand il aura 60 ans.S'il change d'idée, en tout cas, ses débuts nous convainquent qu'il est capable d'apprendre vite.Des règles de preuve trop sophistiquées ?Jean-Claude Hébert commence à croire que les règles de preuve ont atteint un tel degré de sophistication au Canada qu'il est illusoire de penser les faire assimiler à un jury.Il croit qu'un ménage, une synthèse \"jt une simplification s'imposent.« Contrairement à certains juges de la Cour supérieure, je ne crois pas qu'on puisse instruire un jury dans un procès sur n'importe quelle question », dit-il.« Quand on dit à un jury : \"Vous pouvez tenir compte de la déclaration de tel témoin pour juger de sa crédibilité, mais elle ne fait pas preuve de son contenu\", pense/-vous vraiment que le jury s'abstient de considérer le contenu de la déclaration ?Ce sont des distinctions de juristes et même nous on se perd là-dedans », dit l'avocat.Dans le procès des policiers de la SQ, par exemple, le jury s'est fait dijje qu'il pouvait tenir compte du témoignage de deux des accuses rendu au procès Matticks l'année précédente, mais seulement pour les accusations de parjure.Ils devaient cloisonner leur analyse de la preuve pour les autres accusations.« La Cour suprême, depuis la Charte, rend des jugements très savants, mais elle a rendu indigestes plusieurs concepts.Elle ne rend service a personne en décortiquant a l'infini certains concepts.Elle servirait l'intérêt collectif en se forçant à rendre des décisions unanimes.On assiste souvent à des décisions ou trois juges de la Cour suprême disent une chose, deux le contraire et deux autres sont partagés.La spirale inflationniste dans les décisions est Inquiétante.» B 2 LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 15 JUIN 1996 Editorial La Presse André Desmarajs président du conseil d'administration Roger D.Landry président I T I.TJlTlL'K Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc editorialiste en chef La solution tordue de Pauline Marois Agnès Gruda La ministre de l'Éducation, Pauline Marois, avait un mandat clair : conclure au plus vite l'interminable saga des commissions scolaires linguistiques.Hélas ! le sentiment d'urgence qui ranimait se sera avéré un bien mauvais conseiller.h ¦.¦.¦nu Sa réforme annoncée cette semaine laisse trop de détails cruciaux en suspens pour que l'on puisse en juger définitivement.Il n'est pas impossible que Mme Marois corrige les aspects les plus aberrants de sa solution lorsqu'elle traduira ses intentions réelles dans un projet de loi.Mais, à la lumière de ce que l'on en connaît actuellement, sa recette a tous les risques de ne pas lever.Au mieux, elle perpétuera le statu quo.Au pire, on raffermira le pouvoir des intégristes religieux.Dans tous les cas de figure, on risque de passer à côté des objectifs mêmes au nom desquels on procède à tout ce chambardement.Quels sont-ils, au fait, ces objectifs ?Ce dossier est devenu tellement alambiqué qu'il vaut la peine de se poser ces questions avant d'analyser les tout derniers rebondissements.Deux grandes raisons justifient le remplacement des commissions scolaires confessionnelles par des organisations fondées sur la langue.Sortir l'école du giron reli- Les églises qui brûlent La vague d'églises noires incendiées dans le sud des États-Unis, au cours des 18 derniers mois, fait craindre une nouvelle période de violence et de haine raciale, comme à l'époque de la lutte contre la ségrégation.Les églises ont toujours joué un rôle de premier plan dans la vie culturelle et sociale des Noirs américains.Même ceux qui ne sont pas profondément religieux restent attachés à leurs églises, dont le rayonnement dépasse la paroisse grâce à des pasteurs comme Martin Luther King et Jesse Jackson.L'église noire est donc une cible de choix pour les suprémacistes blancs, qui restent pourtant aussi attachés à leur église que les Noirs le sont à la leur.¦¦¦¦¦¦miiMiiwiiwwii On pensait, cependant, que le Sud avait dépassé ce genre de racisme primitif, qui ne parviendra plus jamais à intimider les Noirs et à les forcer à renoncer à leurs droits.Le racisme existe encore, mais il tend à prendre des formes qui visent à empêcher les Noirs de s'organiser et non à leur donner un symbole pour se rassembler.Le gouvernement américain a donc eu beaucoup de difficulté à croire qu'il y avait une conspiration raciste à l'origine de tous ces incendies.On reproche maintenant à Washington d'avoir pris le phénomène à la légère.On affirme qu'il n'aurait pas tant attendu s'il s'était agi d'églises blanches.Or, on s'aperçoit qu'il est difficile de mettre tous les cas dans le même panier et d'en rendre responsable une conjuration organisée.Il y a eu des incendies dont on présume l'origine criminelle et d'autres où le racisme n'entre pas en ligne de compte.Par ailleurs, il y a aussi eu des incendies d'églises blanches.Dans l'Alabama, par exemple, 19 églises noires et 18 églises blanches ont brûlé, depuis 1990.Quant à l'agence du gouvernement fédéral qui a été chargée de l'enquête, elle ne tient pas de statistiques permettant de dire s'il y a effectivement une campagne organisée contre les églises noires.L'entrée en scène du gouvernement fédéral, qui mène une enquête sans être limité à l'étroite compétence du comté ou de l'État, devrait révéler l'ampleur réelle du phénomène.Et, avec toute la publicité qui entoure cette série d'incendies, les polices locales devront se montrer plus diligentes dans la recherche des coupables.On peut donc espérer que la vague d'attentats prendra bientôt fin.Quand la lumière aura été faite et que l'ordre aura été rétabli, il faudra une fois de plus se pencher sur le fond de l'affaire.Un tel nombre d'incendies suspects et la réaction angoissée des Noirs n'est pas l'effet du hasard.Comme le fait remarquer Jesse Jackson, les Noirs n'ont aujourd'hui plus la même représentation à Washington, depuis que les républicains ont la majorité des deux Chambres du Congrès.M.Jackson a toujours aspiré à jouer un rôle national à la tête du Parti démocrate.Pour lui, la nouvelle majorité républicaine est une trahison des idéaux nationaux et il la compare aux voyous qui mettent le feu aux églises.Il voit notamment un aspect anti-noir dans les nombreuses diminutions de dépenses qui touchent les programmes sociaux.M.Jackson parle d'une « manie » anti-noire, ( comme une émeute blanche ).Mais il ne semble pas croire à une conspiration criminelle voulant délibérément attiser la haine raciale.Comme solution à la crise, il encourage les Noirs à s'inscrire comme électeurs pour les élections de novembre.Les églises qui brûlent montrent que le racisme est encore bien vivant dans le Sud ; mais la réaction de Jesse Jackson fait penser qu'on est déjà bien loin de l'époque où le racisme n'était pas une sorte de « manie » mais une institution qui défiait ouvertement Washington.Frédéric Wagnière La vague d'églises noires incendiées dans le Sud des États-Unis, au cours des 18 derniers mois, fait craindre une nouvelle période de violence et de haine raciale, comme à l'époque de la lutte contre la ségrégation.gieux.Favoriser l'intégration des immigrants en les regroupant au sein d'une seule structure scolaire.Il y a une troisième raison, subsidiaire celle-là : satisfaire la communauté anglophone, qui juge que la division linguistique aurait des retombées positives sur son réseau scolaire.La démarche annoncée, cette semaine, par la ministre Marois ne répond, à coup sûr, qu'à cette dernière motivation.En choisissant de se plier aux exigences de la Constitution au lieu de chercher à les alléger, Québec a dû mettre de côté sa volonté de déconfessionnaliser le système scolaire.Pour aboutir à une formule tellement hybride qu'elle risque de rater le troisième objectif : celui de l'intégration.Récapitulons.Pour satisfaire aux exigences de 1867, qui garantissent un droit de gestion des catholiques et des protestants sur leurs structures scolaires, Mme Marois propose de doter les nouvelles commissions linguistiques de conseils confessionnels, catholiques et protestants.Ces conseils auraient un droit de regard sur les écoles qui auront préservé leur statut confessionnel.Quelle sera la procédure qui permettra d'échapper à ce statut ?Cette question fondamentale demeure pour l'instant irrésolue.Et il est possible que le processus de laïcisation soit tellement complexe que la vaste majorité des écoles demeurent aussi confessionnelles qu'elles le sont aujourd'hui.Plus absurde encore : l'influence religieuse pourrait s'accroître.Car le projet de Mme Marois comporte une autre inconnue : jusqu'où ira le pouvoir des conseils confessionnels ?La ministre jure qu'ils n'auront aucun droit de regard sur l'embauche du personnel.Mais ils pourront adapter les programmes, décider des règles de fonctionnement des écoles, exercer une surveillance sur tout ce qui touche à la moralité, etc.Pire : les membres des conseils seraient nommés par délégation et n'auraient donc pas de comptes à rendre à l'électoral.Pourtant, ils préserveraient leur droit de voter sur des sujets touchant l'ensemble du réseau.Comment toute cette dynamique jouerait-elle sur la clientèle immigrante ?Le conseil catholique risque d'être noyauté par les intégristes religieux qui, selon leur logique habituelle, feront tout pour étendre leur emprise idéologique.Ce qui risque de refouler encore davantage les immigrants vers les écoles protestantes qui ont depuis longtemps abandonné tout prosélytisme et opté clairement pour l'ouverture à la différence.Au lieu de l'intégration, on risque de renforcer la ségrégation.Peut-être bien que le futur projet de loi restreindra les pouvoirs des conseils confessionnels.Peut-être que les parents pourront vraiment choisir le statut de leur école.Et qu'en bout de ligne, les acharnés du confessionnalisme seront confinés dans une position de marginalité, qui correspond à la véritable place qu'ils occupent dans la société.Mais cela fait beaucoup de peut-être, dans un projet porteur de tous les risques.Mme Marois relève un pari extrêmement ténu.Quelles que soient les véritables raisons qui l'animent pour adopter une approche aussi tordue et faire l'économie d'une bataille constitutionnelle, un fait demeure : cela ne sert à rien de livrer la marchandise quand le produit est défectueux.DKurrs RLSERVl '.LA PRESSE ET VOUS Une relève prometteuse Chaque année, en mai et en juin, les gouvernements lancent des campagnes d'emplois d'été pour étudiants et incitent les entreprises à faire leur part.Des programmes d'aide financière sont même prévus à cette fin.Sans aucune subvention de quelque niveau de gouvernement que ce soit, pour la 13e année d'affilée, La Presse entreprend son stage pour jeunes journalistes, l'étendant même à des postes de jeune photographe et jeune graphiste.Un investissement estival de 75 000 $, compte tenu de l'encadrement effectué par deux journalistes d'expérience.Cette année, les tuteurs sont MM.Bruno Bisson et Jules Béliveau.Depuis la mise sur pied du programme, en 1983, plus de trois mille candidatures ont été reçues pour ce stage, et ce, sans qu'aucune publicité ou promotion n'ait été faite.C'est dire la popularité et l'importance d'un tel stage, d'ailleurs reconnu par la profession et maintenant heureusement imité par d'autres médias.Près de 100 jeunes journalistes et photographes ont été accueillis à La Presse pour ce stage.Une cinquantaine des ex-stagiaires sont devenus des journalistes de profession, dont une quinzaine à La Presse même et les autres dans divers médias, dont Le Devoir.Radio-Canada, Le Soleil, La Voix Je l'Est, l'agence Presse Canadienne, ainsi que dans des hebdos et dillcicnts périodiques.Voilà un précieux bassin de repêchage et une relevé de qualité pour La Près* se et un apport exceptionnel de notre quotidien à l'enrichissement du Journalisme québécois, puisque le programme a permis à environ la moitié des participants d'accéder définitivement au mener.Le stage de formation de im Protêt mis sur pied en 1984 par le président et éditeur, M.Roger D.Landry, et par M.Paul Longpré, alors adjoint au directeur de l'Information et jusqu'à l'année dernière précieux consultant au stage, est devenu une norme de référence professionnelle pour tout le Québec.Plusieurs médias s'en sont inspirés pour réaliser le leur.Les stagiaires, au nombre de neuf cette année, bien rémunérés, sont à l'emploi du journal pour une période de dix semaines, durant les mois de juin, juillet et août.Ils sont choisis parmi les quelque 200 à 300 candidatures reçues chaque année.De ce nombre, environ 150 dossiers soumis et scrupuleusement examines par le directeur de l'administration et des projets spéciaux, M.Michel G.Tremblay, sont conformes aux exigences du programme et font l'objet d'une présélection.Les quelque 30 candidats qui se classent en tête sont alors invités à se soumettre à une batterie de tests durant une journée complète, à la salle de rédaction de La Presse.C'est souvent leur premier choc culturel.Ces tests de sélection visent à évaluer les aptitudes et habiletés suivantes : culture générale, connaissance de l'information, maîtrise des dossiers d'actualité, capacité d'analyse et de synthèse, qualité rédactionnelle, connaissance de l'anglais et de la traduction.Ce qui est stimulant, à l'heure où il est question de décrochage et d'abandon des i tudes par un trop grand nombre de jeunes, c'est que la qualité de nos stagiaires s'accroît constamment.Ils possèdent au minimum un baccalauréat, parfois deux OU trois, et quelques-uns ont atteint la maîtrise.Cette année, nous comptons trois diplômes en droit, deux en communication, un en arts avec ni.iirure en histoire, une possède une maîtrise en éducation physique.Si vous apercevez les noms de Charles Côté, Charles Grandmont, Claudine Hébert, Anne-Marie Labbé, Jean-Benoit Legault, Marie-Claude Malboeuf et Eric Messier, c'est la cuvée jeunes journalistes 1996, en plus de Nathalie d'Amour, comme stagiaire en graphisme, et André Forget, au poste de photographe-stagiaire.L'ouverture d'esprit manifestée par la direction, par le Syndicat de l'information et pai tout le personnel de la salle de rédaction à l'égard des stagiaires ; l'engagement, la disponibilité et le professionnalisme démontrés de tout temps par les tuteurs du début jusqu'à ceux d'aujourd'hui, la fierté et l'enthousiasme des stagiaires eux-mêmes sont à la base de la réputation et du succès de chacun des stages.Bienvenue et bon été à chacun( e ) des nouveaux venus.Grand Prix automobile C'est le grand rendez-vous du sport automobile, ce week-end, surtout avec la présence de « notre » Jacques Villeneuve national.Dans notre numéro de ce jour comme dans nos parutions de dimanche et de lundi, vous saurez tout sur les dessus et les dessous du Grand Prix Molson du Canada.Une équipe de vaillants journalistes est sur place.Mais avez-vous raté notre cahier spécial de 16 pages, publié à même notre cahier des sports d'hier ?Si oui, procurez-vous le auprès d'un voisin, d'un parent, d'un ami.C'est un numéro à conserver.Vraiment, l'équipe des sports, sous l.i direction de Michel Blanchard et de Michel Marois, a fait un travail exceptionnel.Merci à tous les membres de l'équipe qui ont pris part à cette belle réalisation.Claude MASSON Éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 5 JUIN 1996 B3 Montréal vu du Québec profond Il y a quelque temps était reproduit, dans cette page-ci, un éditorial du Quotidien de Chicouiimi.qui ne vaudrait guère de commentaires s'il ne reflétait l'image que se fait de Montréal une très grande partie du Québec; une image qui, hélas, est à la source des politiques du gouvernement québécois.L'auteur, Carol Néron, probablement au retour d'une visite-éclair dans la métropole, s'attristait non seulement du déclin économique de Montréal \u2014 c'est en effet une réalité qui saute aux yeux \u2014 mais aussi du « paysage linguistique de plus en plus cosmopolite, où l'anglais prédomine.».Le centre-ville, selon lui, serait « devenu le refuge des itinérants et des individus au regard louche » ( sic ).Il regrette la disparition de « la vie intense, presque familiale, qui naguère contribuait à asseoir la réputation de Montréal ( et qui ) a trouvé refuge dans les banlieues cossues et anonymes ».« Montréal, résume notre intrépide voyageur, se fait assimiler par ses immigrants.Son caractère distinct if se transforme en un amalgame de saveurs différentes, un bazar où l'on retrouve de tout, sauf le principal : une identité typiquement francophone.» On voit bien ce qui dérange M.Néron, dans notre « bazar » montréalais peuplé d'individus « au regard louche ».C'est l'anglais qu'il entend dans la rue, ce sont les minorités visibles.Un lecteur, Robert Dussault, lui a déjà vertement répliqué en lui reprochant son attitude « tribale, voire xénophobe », et en lui conseillant de rester chez lui « si la présence d'une belle diversité culturelle le trouble tant ».Et M.Dussault de rappeler à notre Sague-néen égaré boulevard Saint-Laurent que ce n'est pas d'hier que Montréal est une ville cosmopolite.Montréal, c'est vrai, a été bâti dans la différence et l'altérité.Avec l'arrivée des marchands anglais et écossais, suivis par les Irlandais fuyant la famine, Montréal était dès le début du 19* siècle une ville majoritairement anglophone.Ce n'est qu'au début du 20e siècle, avec le déclin de l'agriculture, qu'il allait retrouver une majorité francophone.Ensuite vinrent les grandes vagues d'immigration \u2014 Italiens, Juifs d'Europe de l'Est, Grecs, autant de gens qui ont construit cette ville de leurs mains et de leurs cerveaux, mais qui, à leur arrivée ici, avaient l'air tout aussi « étrangers » que les Arabes et les Haïtiens d'aujourd'hui.J'ai passé mon enfance dans le quartier de la Côte-des-Neiges, qui est au centre géographique de la ville et de l'île.Nous allions faire nos emplettes à Snowdon, ou rue Sainte-Catherine, entre les rues Union et Guy.Mes premières échappées au cinéma furent au York, au Loew's, au Palace.Les premiers événements que j'ai couverts, comme jeune reporter au milieu des années 60, se déroulaient deux fois sur trois en anglais.Je n'ai jamais vu cette ville homogène, blanche et française, « presque familiale », dont rêve Carol Néron.Plus on remonte dans le temps, plus s'accentue le caractère anglophone de Montréal, dont le conseil municipal, le monde des affaires et les institutions ont été très longtemps dominés par des anglophones.Jusqu'à il y a une trentaine d'années environ, la bourgeoisie montréalaise était soit anglophone, soit culturellement marquée par le style de vie anglais : on mangeait, on s'habillait, on se meublait comme à Londres.C'est pourquoi ceux qui connaissent un Lysiane GAGNON tant soit peu l'histoire de Montréal, loin d'y constater un recul du français, ne peuvent que mesurer l'extraordinaire progrès qu'y a fait le français.Combien de fois faudra-t-il le répéter?Jamais, dans toute son histoire, Montréal n'a été aussi français qu'aujourd'hui.La composition démographique des quartiers a changé, certes, mais sur l'ensemble du territoire, le statut de la langue est plus solide que jamais.Tous les postes de commande sont aux mains des francophones, on peut faire ses examens en français à McGill, Ogilvy's n'a gardé de son passé écossais que le joueur de cornemuse à midi, même le Mount Stephen's Club et la Commission des écoles protestantes se sont francisés.Tous les immigrants vont à l'école française, et 60 % de ces derniers choisissent librement le cégep francophone ! cjue ceux qui trouvent cette ville encore trop anglaise se rassurent.En 20 ans, Montréal a déjà perdu plus de 100 000 anglophones, dont, par définition, les plus mobiles, les plus instruits et les plus productifs.Il suffit de mettre le bout du pied en milieu anglo-montréalais pour voir que la migration va reprendre \u2014 à un rythme plus étalé dans le temps, parce qu'il y a moins d'emplois à l'ouest et que les maisons, à Montréal, ne se vendent pas.Les anglophones avaient, dans l'ensemble, accepté la loi 101 de mauvais gré, mais sans descendre dans la rue.Avec le référendum, le climat a changé, et les velléités de contestation ouverte risquent de faire boule de neige.C'est sur cette toile de fond que le gou- vernement Bouchard vient de ramener la « police de la langue », qu'il entend en plus doter de pouvoirs excessifs.La politique québécoise, concernant les grands dossiers montréalais, continue d'être influencée par les frayeurs irrationnelles des gens qui n'y ont jamais vécu, ceux-là même qui disent en y débarquant : « Un ne se sent pas chez nous ici.» Et aussi par cette minorité de revanchards qui n'en finissent plus de ressasser les griefs du passé.Quand ils ne peuvent pas fuir la ville en déménageant de l'autre côté d'un pont, ils restent, en maudissant leurs voisins.Je me souviens de cet influent conseiller de Robert Bourassa ( élevé dans la banlieue périphérique et habitant Québec ) qui me confiait un jour avoir dû passer deux semaines à Montréal.Cela avait été, manifestement, une dure épreuve.« Mon bureau était près de la Bourse.Tu te promènes dans ce quartier-là et tu n'as plus l'impression d'être au Québec.Tu te croirais.en Chine ! » En Chine ?! Notre malingre petit Quartier chinois, si peu développé comparé à ceux de Toronto, Vancouver ou New York, l'avait traumatisé ! Cet homme retournait à Québec et faisait les politiques constitutionnelles et linguistiques, absolument convaincu qu'à Montréal, les francophones étaient en perdition.Avec le PQ, le tableau de fond n'a pas changé, au contraire.Montréal est toujours aussi incompris, on en parle toujours comme si les minorités devaierit être « tolérées » plutôt qu'appréciées, comme si la coexistence de deux grandes langues internationales et le cosmopolitisme de sa population étaient des problèmes plutôt que des atouts.Mais le gouvernement du PQ a ceci de particulier que sa vision montréalaise, déjà teintée par les solides préjugés du Québec profond, est en plus corrompue par le militantisme idéologique.Opinions Les joies de la paternité ! Ci-dessus, la petite Evelyne se hisse pour embrasser son papa, André Bonnardeaux.Mon père à moi JACQUES F0URNIER L'auteur, qui travaille dans un CLSC, propose ce texte à l'occasion de la fête des Pères.Mon père à moi, il est drôle.Il pense que, parce que j'ai cinq ans, je comprends pas tout.Je comprends bien plus qu'il pense.J'aime ça, le matin, quand mon père met beaucoup de chocolat sur ma rôtie.Mais je n'aime pas ça quand il va lire son journal tout de suite après le déjeuner.J'aime ça aller faire le marché, le samedi, seule avec mon père, quand ma soeur n'est pas dans nos jambes.Quand je comprends pas quelque chose dans un jeu, je demande des explications à mon père.Quand j'appelle mon père pour qu'il vienne m'aider, des fois, il vient.D'autres fois, il dit : « Débrouille-toi, ma grande ».Mon père dit que je suis une petite boule douce et que je suis la plus belle Isabelle de cinq ans de toute la rue.Moi, j'en connais pas d'autres Isabelle qui ont cinq ans sur ma rue.J'aime ça quand mon père me prend sur ses épaules, mais il dit que je commence à être pesante.Des fois, mon père se fâche et parle fort.J'haïs ça ! Au souper, le soir, on parle beaucoup ma soeur et moi.Mon père dit : « Une minute de silence, les oreilles me bourdonnent.» Des fois, je me demande comment faire plaisir à mon père.Je lui fais un dessin et il est tout content.Des fois, je ne fais rien de spécial.Et il est tout content quand même que je sois là.Si je demande à mon pere quel dessin est le plus beau, le mien ou celui de ma soeur, il ne veut jamais choisir.Il dit qu'ils sont très beaux tous les deux.J'aime ça quand on se couche ensemble, dans le hamac, l'été.J'aime ça quand on fait du camping en famille.J'aime ça le dimanche matin quand mon père fait un feu dans le petit poêle à la cave, que je m'assois sur ses genoux et qu'on chante des chansons.Quand mon père se retire dans la pièce de travail pour écrire, il devient comme un vrai ours.Il ne me voit plus et il ne m'entend plus.Pourtant, je suis là.Il me fait rire quand il embrasse maman dans le cou ou avec la langue.Une fois, j'ai embrassé ma soeur sur la langue et ça l'a fait rire.Des fois, mon père me dit : «< Je voudrais que tu restes petite tout le temps ».D'autres fois, il dit : « J'ai hâte que tu sois grande ».Je pense qu'il ne sait pas ce qu'il veut.Quand je dis à mon père : « Plus tard, quand je serai grande, je vais rester avec toi », il sort le petit magnétophone pour m'enre-gistrer.Un fois, j'ai vu mon père pleurer.Le soir, papa, il dit : « Ça prend pas une demi-heure pour brosser vos dents ».Il exagère toujours.Ca nous prend jamais plus que quinze minutes.Mais ça l'impatiente.À cette heure-là, il dit toujours : « J'ai hâte que vous soyez au lit ».Moi, j'aime ça prendre mon temps pour aller me coucher et recevoir beaucoup de becs et de caresses.Mon père a trop de réunions le soir.Il devrait rester à la maison plus souvent et me lire des livres d'enfants.Ça serait bien plus agréable pour lui aussi.Je pense que mon père savait pas, quand je suis née, à quel point c'est plaisant d'avoir un enfant.Je l'aime, mon père.Mais j'ai pas le choix, c'est mon seul père.Constitution: Harris j oue un rôle paradoxal LETTRE DE TORONTO John Honderich Le présidait et éditeur du Toronto Star, John Honderich, et l'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, poursuivent ici leur correspondance sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.La présente lettre de John Honderich paraît en anglais dans le Star.Mon cher Alain, Alors vous trouvez que Mike Harris s'en tire bien dans ses relations avec le Québec ?Il est vrai que votre dernière lettre portait uniquement sur le dernier voyage à Québec du premier ministre ontarien.Mais, malheureusement, Harris s'est ensuite rendu allègrement à New York où il a déclaré, devant un groupe de banquiers fort attentifs, que les chances d'une séparation du Québec étaient « nulles ».Vraiment ?À l'instar de Lucien Bouchard, je suis plutôt perplexe devant les conclusions que tire Harris des résultats du référendum d'octobre, sans parler des derniers sondages de l'opinion publique au Québec Comme bien d'autres On-tariens, je ne comprends pas du tout sa remarque.Du reste, même si je crois comprendre pourquoi la stratégie actuelle de l'Ontario dans le dossier de l'unité nationale est axée sur la discrétion, je n'arrive pas à m'ex-pliquer la réticence apparente de M.Harris à répondre aux questions qu'on lui pose à ce sujet.Je pense plus particulièrement à la question que lui a posée un journaliste immédiatement après sa rencontre avec Lucien Bouchard, soit : « Le premier ministre ontarien estime-t-il que la primauté du droit devrait s'appliquer à la décision du Québec de se séparer ?» Sa réponse : « Je n'ai vraiment aucune opinion là-dessus.» Vraiment ?Le premier ministre de l'Ontario n'a AUCUNE opinion sur l'application de la Constitution canadienne à la sécession et aux droits des minorités ?Au contraire, je crois qu'il a bel et bien des opinions.Qui plus est, je ne crois pas qu'il devrait hésiter à les exprimer même au Québec, et même après une rencontre cordiale avec Lucien Bouchard au cours de laquelle ils ont tous deux soigneusement évité le sujet.En fait, j'oserais même dire qu'il aurait dû exprimer clairement sa pensée en tant que représentant de la plus grande province canadienne et du plus important partenaire du Québec.Mike Harris Pourquoi ?D'abord parce que, à mon avis, il est essentiel que les Québécois comprennent ce que pense la vaste majorité des Onta-riens.Ensuite, parce que le silence ne fait qu'exacerber l'impression grandissante que la plupart des premiers ministres des provinces anglophones sont complètement détachés et peu enclins à faire face à ce qui se passe actuellement au pays.D'une certaine façon, ces deux incidents font ressortir le rôle paradoxal que tient Mike Harris.Sur le plan personnel, je sais pertinemment que l'avenir du pays lui tient réellement à coeur.Bien qu'il ne soit pas très au courant du dossier constitutionnel, son intérêt et sa bonne volonté sont indéniables.À preuve, sa décision de se rendre à Montréal avec son fils pour assister au rassemblement sur l'unité, sans bruit ni fanfare ni trompettes.C'était un geste purement personnel.On oublie souvent que Mike Harris a voté en faveur des ententes du lac Meech et de Charlottetown lorsqu'il était député à l'Assemblée législative de l'Ontario.Donc, en principe, le concept de société distincte ne lui poserait aucun problème.Voilà aussi pourquoi bon nombre de personnes estiment qu'il pourrait, à un moment donné, le reconnaître.Je vous signale, par ailleurs, qu'il a passé beaucoup de temps au Québec lorsqu'il se préparait à devenir moniteur de ski.Et il est natif de North Bay, ville qui a une importante population francophone.Il reste toutefois que cet homme est chef d'une formation politique qui s'apparente davantage au Parti réformiste qu'au Parti conservateur, et dont les membres ressentent peut-être moins de sympathie pour le Québec.Or, les Ontariens s'attendent désormais à une prestation plus solide de la part de leur premier ministre dans le dossier constitutionnel.Et Harris n'a toujours pas embrassé la tradition de négociations constitutionnelles honnêtes alliées à la sympathie pour le Québec à laquelle on associe les Robarts, Davis, Peterson et Rae.Il a raison, en partie, de chercher à consolider ses quelques succès concrets au Québec.Et je comprends parfaitement sa frustration et son incompréhension face à la stratégie fédérale, qui semble varier d'une semaine à l'autre.Mais pourquoi Harris ( ou tout autre premier ministre provincial ) hésite-rait-il à dire tout haut ce que nous pensons tout bas ?Le gouverneur du Massachus-setts ne s'est pas embarrassé de tels scrupules lorsqu'il a rencontré Lucien Bouchard, la semaine dernière, et il lui a demande de but en blanc-quels seraient les effets de la séparation.L'énergie que M.Bouchard a déployée pour nier cet échange démontre à quel point il tient à faire comme si rien n'avait changé.D'ailleurs, il a toujours maintenu que rien ne changerait sur le plan des échanges commerciaux si les séparatistes remportaient la victoire.Et les récents événements semblent lui donner raison.Enfin, il est utile de rappeler un facteur essentiel.Près de huit mois se sont écoulés depuis le référendum et, bien que Jean Chrétien nous ait promis un fédéralisme renouvelé, les choses n'ont guère changé sur ce plan.Ce qui n'a sans doute pas échappé aux Québécois.Cela me déplaît de voir le premier ministre ontarien renforcer cette impression.A la prochaine, John B 4__LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 5 JUIN 1996 Plus La boîte de Pandore Avec l'affaire Matticks, la SQ ne peut plus échapper à une enquête en profondeur sur ses méthodes ni à un examen de conscience André Cédilot L, affaire Matticks a fis-* suré le piédestal qu'occupait depuis des années la Sûreté i du Québec, bien à ¦ l'abri des crises, des enquêtes et des interventions ministérielles qui ont marqué les autres corps de police, petits ou grands.Pendant que la police de la Communauté urbaine de Montréal faisait l'objet de six enquêtes d'envergure en huit ans, dont celle du juge Malouf, la SQ réussissait, elle, à esquiver ce type d'intervention et à évoluer en vase clos, sans être importunée par les regards extérieurs.Le procès des policiers Lucien Landry, Pierre Duclos, Michel Patry et Dany Fafard, même s'il s'est terminé par un verdict d'acquittement, oblige maintenant la SQ à revoir en profondeur ses méthodes de fonctionnement.Cet exercice doit être assorti d'un examen de conscience qui devra nécessairement se traduire par un changement dans la mentalité des membres.Le procès a ébranlé la SQ, d'autant qu'il a été suivi de plusieurs révélations sur l'attitude inquiétante de ses policiers, dont des hauts gradés.Ce manque de rigueur traduit bien le sentiment d'invulnérabilité qui existe à la Sûreté du Québec, en dépit des cafouillages et des bavures des dernières années.Cette mentalité problématique est signe du malaise profond qui afflige l'institution, mais que la direction a su au fil des années savamment cacher grâce à son influence politique et à une stratégie de communication aussi habile que malsaine.L'enquête sur le clan Matticks, soupçonné en mai 1994 d'avoir importé rien de moins que 26,5 tonnes de haschisch, a été marquée du début à la fin de maladresses, d'irrégularités, de faux témoignages et de manigances de toutes sortes.La perquisition confiée à l'agent Mario Simard, brouillon et sans expérience, est un bel exemple du manque de jugement des responsables de l'enquête.Pourtant, la SQ espérait trouver là, dans le bureau du courtier en transport des Matticks, des éléments de preuve déterminants.Autre fait troublant, la légèreté ( dans la plus généreuse des hypothèses ) avec laquelle les enquêteurs de la SQ ont utilisé des documents de preuve dont l'origine était douteuse ( les fameux connaissements qui permettaient de relier les conteneurs de drogues aux frères Matticks ).Et que dire de l'insouciance manifestée par leur patron, Michel Arcand, quand il a appris les problèmes que présentaient ces documents.« Les erreurs, ça peut arriver à tout le monde », a-t-il conclu sur-le-champ, à la surprise de l'avocate de la Couronne, Madeleine Giauque, qui soulevait le problème.En réagissant de la sorte, M.Arcand s'est rangé derrière ses hommes.On comprend mieux qu'il ait plus tard tenté, avec son supérieur, le directeur général adjoint André Dupré, responsable des enquêtes pour tout le Québec, d'influencer les enquê- teurs internes chargés de faire la lumière sur les ratés du dossier Matticks.Il s'agit d'un comportement inacceptable de la part de policiers, encore plus de hauts gradés qui devraient normalement donner l'exemple.Ce manque de rigueur traduit bien le sentiment d'invulnérabilité qui existe à la Sûreté du Québec, en dépit des cafouillages et des bavures des dernières années.Des exemples Le meilleur exemple, c'est la crise d'Oka.Le coroner Guy Gilbert a montré que celle-ci a été provoquée d'abord et avant tout par la décision précipitée d'un dirigeant de la SQ, Marc Lizotte, de lancer ses hommes à l'assaut de Warriors armés, en dépit du risque de provoquer'une mort inutile.M.Lizotte est aujourd'hui à la tête de la « police des polices », à Québec.Le coroner a fait plusieurs recommandations pour modifier le fonctionnement de la SQ, mais elles n'ont eu aucune suite connue.Ni la direction du corps de police, ni le puissant syndicat des policiers provinciaux ne se sont sentis obligés de réagir aux sévères critiques.L'attitude de M.Dupré et du capitaine Michel Arcand, qui ont atteint les plus hauts échelons en travaillant surtout à Montréal, n'ont fait qu'accentuer la tension avec leurs collègues de la direction qui viennent de Québec.Police politique, police d'image, la Sûreté du Québec, plus que tout autre service de police, se doit de produire et de donner des résultats.Soumis à une pression énorme, il semble que certains dirigeants de la SQ et des policiers eux-mêmes soient prêts à tout pour y parvenir.Le lamentable échec de l'opération Brigade menée contre la police de Chambly illustre le mieux l'approximation de ses enquêtes et son empressement à fermer les dossiers.Ce n'est pas la première fois que des enquêtes largement médiatisées de la SQ se terminent en queue de poisson ! Conscient des problèmes qui minent sournoisement son service, le directeur Serge Barbeau, avant même la fin du procès des policiers impliqués dans le dossier Matticks, a demandé au ministre de la Sécurité publique d'instituer une enquête sur les agissements de ses hommes.L'enquête qui a conduit à l'arrestation de l'avocat Gilles Daudelin et de l'ex-policier Gaétan Rivest, juste avant Noël, par l'escouade Carcajou, paraît avoir été menée de façon aussi négligente et grossière.Les points sur les i La tendance des enquêteurs de la SQ à tourner les coins ronds a créé des remous dans les rangs de Carcajou, au point où la police de la CUM et la GRC ont dû mettre les points sur les i avec leurs collègues provinciaux.« Il y a des boss de la SQ qui disaient des choses comme : celui-là, ça nous le prend dans les goals ( en prison ) d'ici une semaine ; tout le monde se sentait autori- sé à faire ce qu'il fallait.», ont confié des policiers de Carcajou issus de la GRC et du SPCUM qui ne prisent guère la « manière SQ ».D'ailleurs, c'est un secret de Polichinelle que la mise sur pied de Carcajou II, une autre escouade d'élite visant les groupes associés aux motards, tarde à se réaliser à cause de divergences entre la SQ et les deux autres corps de police.L'insistance de la SQ à vouloir chapeauter des enquêtes sur des organisations criminelles comme la mafia italienne, qu'elle ne connaît pas suffisamment, irrite la GRC et le SPCUM.Conscient des problèmes qui minent sournoisement son service ( il a invoqué publiquement des raisons de transparence ), le directeur Serge Barbeau, avant même la fin du procès des policiers impliqués dans le dossier Matticks, a demandé au ministre de la Sécurité publique d'instituer une enquête sur les agissements de ses hommes.En attendant, afin de faciliter le travail du commissaire désigné par le ministre Robert Perreault, il a relevé de leurs fonctions habituelles le directeur adjoint André Dupré et le capitaine Michel Arcand.Il a aussi réaffecté ou suspendu quelques policiers, dont l'agent Mario Simard, qui a reconnu s'être parjuré devant le tribunal.Étant donné leur acquittement, les policiers Lucien Landry, Pierre Duclos, Michel Patry et Dany Fafard ont été réintégrés dans les rangs du service pour être affectés temporairement à des tâches administratives.Outre l'émission de nouvelles directives, il a ordonné une révision en profondeur de la structure d'organisation du système d'enquête, et plus particulièrement de la brigade du banditisme, chargée de lutter contre le crime organisé.Plus que toutes ces mesures, il importe que le directeur Barbeau envoie un message très clair à ses troupes, du haut jusqu'au bas de l'échelle : la SQ ne tolère plus les écarts de conduite et les dérogations à la loi.événement politique de année au Canada?L'arrivée d'un gouvernement «américain» en Ontario plutôt Gérald LeBlanc lu en juin 95, Mike Har- Eris a viré l'Ontario sens dessus dessous : le vaisseau amiral du Canada venait de troquer l'évolution tranquille pour la révolution du bon sens.Quel fut le fait marquant de l'an I du régime révolutionnaire ?Le licenciement de 10 000 fonctionnaires, la réduction de 15 % de l'impôt sur le revenu des particuliers, l'abolition des lois antiscab et d'équité dans l'emploi, les coupes de huit milliards dans les dépenses gouvernementales, le retour des manifestants et de l'escouade anti-émeute devant Queen's Park, la marche de 100 000 syndiqués dans les rues de Hamilton ?On pourrait allonger la liste et rendre encore plus difficile le choix d'un point saillant dans la turhu-lente année ontarienne.Pour Mike Harris, le choix a semblé facile lorsque le Madean's lui a demandé ce qu'il avait fait de plus important depuis un an.« Le changement d'attitude à l'endroit de ce que le gouvernement devrait faire ou ne pas faire.Le rôle du gouvernement n'est pas d'employer le plus de gens possible, mais de faire ce que le public exige au meilleur COÛI cl avic la meilleure qualité possible », a répondu le leader des croises du bon sens.Il y a treize mois, alors que s'amorçait la campagne électorale en Ontario, personne ne prenait au que le référendum au Québec! sérieux le golfeur de North Bay et sa petite brochure, La Révolution du bon sens.Quand Mike Harris a été élu le 8 juin, avec 82 des 130 sièges de l'Ontario, personne ne prenait au sérieux sa promesse de démissionner s'il ne respectait pas son programme électoral.Après l'avoir vu, depuis un an, faire exactement ce qu'il avait promis, les Ontariens ont commencé à se demander jusqu'où irait le croisé de North Bay.Que restera-t-il du gouvernement de l'Ontario, quand Harris aura achevé son oeuvre révolutionnaire ?Il avait promis d'effacer tout ce qu'avaient fait les gouvernements libéral et néo-démocrate de l'Ontario depuis dix ans.Il a tenu promesse et même rogné sur les anciennes politiques des «< red tories » de Bill Davis.Les appuis de Mike Harris On voit déjà poindre à l'horizon les annonces de privatisation, notamment de Ontario Hydro comme vient de le recommander la commission présidée par l'ancien ministre libéral Donald MacDonald, et l'émergence d'un train de frais aux consommateurs de services naguère fournis par le secteur public.« Le gouvernement jouit d'un remarquable appui du public quand on réalise que, pour la première fois depuis la fin de la guerre en 45, l'État enlève au lieu d'ajouter de nouveaux services à la population », estime Michael Adams, le président de Environics.« Cet appui est d'autant significatif, ajoute-t-il, qu'on retrouve en Ontario le centre nerveux des organismes voues au maintien de l'Élat-providcncc et donc opposés à la démarche du gouvernement conservateur.» Graham White, professeur à l'Université de Toronto et spécialiste de la politique ontarienne, estime que Mike Harris a polarisé Quand Mike Harris a été élu le 8 juin, avec 82 des 130 sièges de l'Ontario, personne ne prenait au sérieux sa promesse de démissionner s'il ne respectait pas son programme électoral de « La Révolution du bon sens ».l'Ontario vant.comme jamais aupara- « Les gouvernements avaient l'habitude de tendre la main à ceux qui avaient voté contre eux.Bob Rae au monde des affaires et Bill Davis aux syndicats, mais Mike Harris s'est contenté de consolider sa base.« Bien qu'elle paraisse spectaculaire, sa première année aura été relativement facile : on coupe ici, on coupe là, sans dire ce qu'on va fai- re.Les questions vont commencer à surgir quand les administrations municipales, scolaires et hospitalières vont devoir faire face aux coupes qu'on leur a imposées.«< Le Parti libéral tient un compte serré des frais aux usagers qui apparaissent un peu partout, en manquant pas de rappeler une cita tion de Harris, selon laquelle frais aux usagers sont des taxes déguisées.Comment réagira le public ?» Justement, on assiste à une ne les certaine guerre des sondages en Ontario, alors qu'Angus Reid situe l'appui aux conservateurs à plus de 50 % tandis qu'Environics le place plutôt à 40 %, derrière les libéraux qui viennent de remporter l'élection complémentaire dans l'ancien comté de Bob Rae.La sagesse commande aux régimes politiques de porter les coups durs dès la première année, quitte à consacrer le reste du mandat à panser les plaies et à regagner la faveur populaire.Ce n'est pas certain qu'un tel adage s'applique aux croisés de la révolution du bon sens, dont le principal engagement est de réduire la taille du gouvernement.Peu importe la suite des événements, la pression se fait déjà sentir sur le reste du pays.Le quotidien The Ottawa Citizen publiait, récemment, un tableau comparatif des impôts sur le revenu au Québec et en Ontario.Pour une famille au revenu annuel de 50 000 S, le Québécois a payé 473 $ de plus en 95, mais en paiera 1 969 S de plus en 99, par suite des réductions en Ontario.Et la réduction draconnienne de la taille de l'État en Ontario est en train d'éroder le principal rempart du Canada anglais, qui ne peut compter sur la langue et la culture comme au Québec, contre l'envahissement américain.Quand le gouvernement de l'Ontario se comportera comme ceux des États américains, que restera-t-il pour se différencier des voisins du Sud dont on regarde déjà les films et la télévision ?On pensait que l'événement politique de 95 au Canada fut le référendum sur l'indépendance du Québec, mais les historiens pourraient bien décider que ce fut plutôt l'élection d'un gouvernement américain en Ontario.I LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 JUIN 1996 Plus Copps Coliseum iUHE 10 - 15 .- ¦ PHOTO SIMON WILSON.coiàborabon spèà^ê Eh posant mercredi devant le mémorial à son père, le Copps Coliseum, un amphithéâtre de 18 000 sièges baptisé à la mémoire de Victor Copps, l'ancien maire vénéré par tous les habitants de la ville, Sheila est venue près de provoquer un accident, tellement les automobilistes tenaient à ralentir pour saluer l'héritière de la plus célèbre famille de Hamilton.Élections de honneur Hamilton Le purgatoire de Sheila Copps tire à sa fi Gérald LeBlanc envoyé spécial HAMILTON Hamilton :une ville de cols bleus, fière de sa différence et jalouse de son autonomie ! Sorel, en dix fois plus grand ! Sise sur les rives du lac Ontario, à 65 kilomètres à l'ouest de Toronto, la capitale canadienne de l'acier compte 300 000 habitants, 600 000 en incluant les petites villes voisines.Assez loin de la métropole et assez populeuse pour se permettre ses propres stations de radio et de télé ainsi que son quotidien, The Spectator, l'aîné de la chaîne Sou-tham.Aussi un monument, le Copps Coliseum, un amphithéâtre de 18 000 sièges baptisé à la mémoire de Victor Copps, l'ancien maire vénéré par tous les habitants de la ville ! En posant mercredi devant le mémorial à son père, Sheila est venue près de provoquer un accident, tellement les automobilistes tenaient à ralentir pour saluer l'héritière de la plus célèbre famille de Hamilton.Sa mère, Géraldine, conseillère municipale à l'hôtel de ville, habite toujours la maison familiale, rue Fairfield, que Sheila, établie à Ottawa depuis une douzaine d'années, a gardé comme résidence principale, lui permettant de voter dans Ha-milton-East.Un peu comme Jacques Villeneuve, Sheila Copps est née avec un nom célèbre, qu'elle a cultivé cl enrichi de ses propres exploits.Mère d'une fille de neuf ans, récemment mariée pour une troisième fois, députée depuis près de 20 ans, ce dynamo de 43 ans déborde d'énergie et de passion pour le jeu politique.Entre deux conversations avec une vieille Italienne, dont elle parle «La TPS arrive au huitième rang dans les préoccupations des gens, loin derrière les emplois et le maintien des service* sociaux.Alors, il ne faut pas en exagérer l'importance.» la langue aussi bien que la mienne \u2014 son frère, marié à une fille de Sillery, possède le Tim Horton's de Verdun et habite Montréal \u2014 et un sans-abri à qui elle conseille de panser ses coupures, elle me montre comment sont usées les semelles des espadrilles achetées au début de la campagne.Sitôt remise sa démission le premier mai, elle commençait le soir même à quadriller sa circonscription, un quartier ouvrier entourant les grandes aciéries et autres usines de la ville la plus industrialisée au Canada.Avec ses collaborateurs, elle s'est donné comme objectif de visiter les 30 000 foyers du comté.Pari qu'elle était sur le point d'avoir tenu au milieu de la semaine.Brian Tobin et Aline Chrétien Ses collègues Paul Martin et Lucienne Robillard étaient là pour le lancement de la campagne et son ancien camarade du « ratpack », Brian Tobin, premier ministre de Terre-Neuve, animait, hier soir, avec Aline Chrétien, la femme de Jean, le grand rally de fin de campagne.Mais pourquoi donc tout ce déploiement dans une circonscription que Sheila avait remporté avec 17 000 voix de majorité en 1993 : deux électeurs sur trois avaient alors voté pour l'enfant chérie de Hamilton ( voir tableau, ci-contre ).Pourquoi refaire des élections, au coût de 500 000 $, à mi-chemin du mandat de 93 ?Afin d'obtenir le pardon des électeurs pour Sheila, qui avait juré de démissionner si son gouvernement n'abolissait par la TPS, promesse qui avait permis de rafler 98 des 99 sièges en Ontario.Un purgatoire de 48 jours pour sauver le monument Copps et permettre à Sheila de continuer à Ottawa comme si de rien n'était.Mais justement la TPS est toujours là et le retour de Mme Copps, à qui Jean Chrétien a gardé bien chaud le poste de vice-première ministre, ne sonne-t-il pas faux et ne risque-t-il pas d'ancrer le cynisme grandissant du public à l'endroit des politiciens ?« La TPS arrive au huitième rang dans les préoccupations des gens, loin derrière les emplois et le maintien des services sociaux.Alors, il ne faut pas en exagérer Hamilton est Élections 1993 \tVOTES\t% Libéral\t22 999\t67,3 Réformiste\t5814\t17,0 Conservateur\t2324\t6,8 Néo-démocrate\t2262\t6,6 Autres\t776\t2,3 Infographie La Presse l'importance », répond sans la moindre* hésitation, cette bête de la politique \u2014«a natural », disent les anglophones.Manning, Charest, McDonough Les vedettes libérales ne sont pas seules à participer aux complémentaires de l'honneur, ou tout le inonde, faute d'aspirer a la victoire, veut terminer deuxième.La néo-démocrate Alexa McDonough, le réformiste Preston Manning et le conservateur Jean Charest sont chacun venu prêter main-forte à leur candidat dans Hamilton-Est.Pour les conservateurs et les réformistes, l'élection de Hamilton constitue un test crucial pour déterminer qui éliminera l'autre et deviendra le seul représentant de la droite au Canada.Bon deuxième en 93, les réformistes, représentes par un sympathique travailleur de l'acier, Andy S week, pourraient porter un coup mortel aux espoirs de Jean Charest de ranimer le parti de Brian Mulro-ney.Comme l'a clairement Indiqué le récent congrès de Vancouver, l'Ontario constitue la cible prioritaire des réformistes pour les prochaines élections fédérales.Après la visite de Preston Manning en début de campagne, cinq députes réformistes sont venus faire du porte-a-porte avec M.Sweck, cette semaine.Rappelant la ferveur quasi religieuse et l'organisation artisanale de nos anciens créditis-tes.les réformistes de Sweck prêchent la diminution de la taille du gouvernement, la décentralisation vers les provinces, le droit de rappel des députés infidèles et le resserrement des mesures contre le crime, notamment chez les jeunes délinquants.Accompagnant M.Sweck dans le porte-à-porte mardi dernier, j'ai pu constater que le message était loin de déplaire aux cols bleus de l'acier, surtout chez les plus âges.Pour les néo-démocrates, qui ont régne sur le fief syndical d'Hamil-ton jusqu'à la débâcle provinciale de 90, il s'agit aussi d'un test d'honneur sur l'avenir du parti.Leur candidat, Wayne Marston, un leader syndical qui a organisé le rally anti-Harris qui a attiré 100 000 personnes à Hamilton en lévrier, est confiant de finir bon deuxième.Dans la guerre des pelouses, M.Marston est effectivement en seconde- place dans le nombre de pancartes, loin cependant derrière les panneaux rouges de Sheila.À l'assaut du monument Et tout ce monde tente d'ébranler le monument Copps, mis en péril par la volte-face libérale sur la TPS.Les coups volent bas et viennent de partout, même de la National Citi/en Coalition, de Calgary en Alberta.La coalition, qui dépensera 100 000 S dans cette complémentaire, a loué plusieurs panneaux réclames annonçant : « Un vote pour Sheila est un vote pour la TPS ».Elle a aussi lancé un concours, «< pourquoi Sheila a-1-elle menti ?», en promettant de dévoiler les gagnants avant la fin de la campagne.Les conservateurs ont, de leur côté, préparé un court video, reproduit à 3 500 exemplaires, pour présenter leur candidate Angic Toma-sic, d'origine grecque et mariée a un Canadien d'origine croate \u2014la circonscription est très multiethnique ( Italiens, Polonais, Grecs, Portugais.) et donc proche des libéraux \u2014 mais surtout pour dénoncer les « 50 promesses non tenues par Sheila Copps ».« Sheila, promets d'abolir la TPS, ça marchera peut-être encore une (ois ! » pouvait-on lire sur une pancarte.Un ancien militant libéral se présente même comme indépendant pour protester contre les promesses non tenues sur la TPS, la société disctincie et le libre-échange.Ils sont effectivement douze à vouloir remplacer Sheila Copps, qui a dû affronter cette meute d'opposants lors de débats a la radio et a la télé* On a même exigé qu'elle renonce à la pension de 1 500 S par semaine a laquelle elle a droit depuis sa démission du premier mai.« Sheila a la couenne dure, mais elle est humaine.Malgré son allure stoique et même si elle ne l'admettra jamais, c'est une femme blessée », confiait la mère de Sheila à Lee Prokaska du Spectator.Les attaques ont été tellement virulentes et tellement personnelles « a la couenne dure mais elle est humaine.Malgré son allure stoïque et même si elle ne l'admettra jamais, c'est une femme blessée a» qu'une soixantaine de personnalités de Hamilton ont acheté, mercredi, une pleine page de publicité dans The Spectator pour redire leur confiance dans l'héritière Copps.Même les danses à dix Malgré la tempête et les cris d'indignation, personne ne doute vraiment que les électeurs de Hal-inilton ne réélisent, lundi, la gloire de la capitale de l'acier.« N'importe qui sauf Sheila », peut-on entendre dans le porte à porte, mais pas aussi souvent que « Personne d'autre que Sheila ».« Elle a fait une erreur, mais c'est encore la meilleure », disait un vieux monsieur à l'accent étranger.« On pourrait révéler qu'elle a fait des danses à 10 $ sur le plancher de la Chambre et cela n'empêcherait pas les gens de la réélire », ajoutait un adversaire dépité devant la durabilité du monument.Les observateurs s'entendent pour dire que la majorité de 17 000 voix fondra et que Sheila sera heureuse de conserver l'appui d'un électeur sur deux, au lieu de deux sur trois comme en 93.Comme ses adversaires se partageront, à deux ou trois, le vote de protestation, Sheila Copps n'est pas en danger.N'importe où ailleurs au pays, sauf peut-être à Westmount, l'exploit que s'apprête à réaliser Sheila Copps eut été impossible.En ce sens, c'était le meilleur endroit pour laver l'honneur des deux familles de Sheila, les Copps et les libéraux.Surtout que Jean Chrétien, qui avait aussi promis de « tuer » la TPS, vient de rabrouer Paul Martin, en pleine séance du caucus, en lui reprochant de s'être excusé pour la volte-face du parti libéral.Après avoir pendant trois ans acclamé Jean Chrétien comme le champion de l'intégrité et le rempart contre le nationalisme québécois, les médias anglophones du Canada se posent maintenant des questions sur l'élastique sou plesse du p'tit gars de Shawinigan.Comment en effet détester Mulro-ney pour la société distincte, le libre-échange et la TPS, tout en admirant un Jean Chrétien coupable des trois mêmes péchés ?Sheila sauvera sans cioute, lundi soir, l'honneur de la famille Copps, mais c'est moins certain qu'elle puisse restaurer en Ontario la confiance dans sa famille libérale., i LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 JUIN 1996 Plus Les « Etats-Unis d'Afrique » ce n'est pas pour demain ! ROBERT BOURGOING Collaboration spéciale, BÉNIN ulius fait son signe de croix et appuie sur l'accélérateur.Dans un vacarme effrayant, son autobus préhistorique s'arrache du parc de stationnement de la gare de Cotonou.Sur le toit : 700 kilos de pagnes, de souliers, de médicaments traditionnels et de fétiches ( têtes de chats et de chiens, caméléons sèches ) que les trente passagers entassés à l'intérieur espèrent revendre en Côte d'Ivoire, après avoir traversé le Togo et le Ghana.Pour y arriver, une course à obstacles d'une lenteur affolante : trois jours sur 900 kilomètres de routes défoncées, des tracasseries administratives sans fin, des postes frontières congestionnés, des fouilles humiliantes et 50 barrages routiers où des gendarmes corrompus attendent leurs pots-de-vin.À bord de leur tas de ferraille, ces voyageurs intrépides portent tout le poids des entraves à ce qui pourrait devenir le libre-échange africain.Pour l'instant, l'Afrique est un continent éclaté en une cinquantaine de gouvernements qui évoluent chacun pour leur compte, des petits États qui n'ont pas individuellement les moyens d'assurer leur croissance et leur développement et qui se contentent de subir les fluctuations de l'économie mondiale.Dans le nouvel univers des blocs, l'Afrique compte pour des poussières : 600 millions d'habitants pour un produit intérieur brut comparable à celui de l'Ontario ( 10 millions d'habitants ).Économiquement, le continent est en train de disparaître de la face du globe.Les produits africains représentent 2 % des échanges internationaux.Dans trois ou quatre ans, ce ne sera plus que 0,5 % ! Le commerce de l'ombre « Le problème de l'Afrique, explique l'économiste ivoirien François Monckeh.ce n'est pas de conquérir les marchés extérieurs.C'est de conquérir son propre marché.El la seule façon d'y arriver, c'est par l'intégration.» Pour y parvenir, les problèmes à résoudre sont d'une complexité prodigieuse.L'Afrique n'est pas un tout mais un mélange de cultures très variées, de régimes politiques plus ou moins stables et d'États déchirés par la guerre civile.Pour que les Africains profitent vraiment d'une zone de libre-échange, il faudrait relever leur pouvoir d'achat.Ajouter des pauvres à d'autres pauvres ne suffirait pas à créer un marché dynamique.Dans ces conditions, ceux qui défendent encore le beau rêve des « États-Unis d'Afrique » sont perçus comme des idéalistes un peu excentriques.On ne parle plus que d'intégration « régionale », de zones de libre-échange limitées au Maghreb, à l'Afrique de l'Ouest, à l'Afrique australe ou à l'Afrique centrale.Mais au niveau régional, comme dans l'ensemble du continent, le problème de l'intégration, c'est qu'il y a peu de choses à intégrer : les grandes productions destinées à l'exportation ( café, cacao, coton ) ne sont pas orientées vers le marché africain.La contrebande au Bénin Depuis la colonisation, les Africains sont enfermés dans un cercle, vicieux de domination économique : pour l'essentiel, ils produisent ce qu'ils ne consomment pas et consomment ce qu'ils ne produisent pas.Certaines marchandises, pour la plupart importées, circulent assez librement d'un pays à l'autre.Dans les faits, une forme d'intégration économique existe déjà au niveau des populations.Le malheur, c'est qu'elle s'appelle contrebande.Le Bénin en est un exemple frappant.Ce petit pays de cinq millions d'habitants vit en principe du coton et du palmier à huile.En réalité, c'est le royaume de la contrebande, un État-entrepôt qui tire sa subsistance des trafics de tous genres avec le Nigeria voisin, un marché de cent millions d'habitants.Dans la frange est du pays, à peu près tout le monde, fonctionnaires, commerçants et cultivateurs, est impliqué dans ce qu'on appelle pudiquement « le commerce de réexportation » vers le Nigé-iia ( magnétoscopes, postes radio et motocyclettes importés d'Asie ).À Cotonou, Soulé Bio Goura termine une thèse de doctorat sur la v ontrebande.Comme la plupart des Économiquement, le continent est en train de disparaître.Les produits africains représentent 2% des échanges internationaux.Dans trois ou quatre ans, ce ne sera plus que 0,5%.PHOTO ROBERT BOURGONG.coloration spèaa* Sur le toit de l'autobus, 700 kilos de pagnes, de souliers, de médicaments traditionnels et de fétiches que les trente petits commerçants béninois espèrent revendre en Côte d'Ivoire.Pour y arriver, trois jours sur 900 km de routes défoncées, des tracasseries administratives sans fin, des fouilles humiliantes, des postes frontières congestionnés et 50 barrages routiers où des gendarmes corrompus attendent leurs pots-de-vin.nuer les oppositions tribales.« Chaque pays, aussi petit soit-il, a son armée, ses ambassades, son université.Il y a 22 ministres en Gambie pour 300 000 habitants.Et chacun veut une Mercedes ! >» Objectif 2025 « Les vrais obstacles a l'intégration ne se trouvent pas sur la route, explique l'homme d'affaires abidja-nais Félix Dick.L'intégration, c'est d'abord un état d'esprit.» Depuis des années, les dirigeants africains multiplient les conférences sur l'unité économique et politique.Le continent dépense des millions dans 200 organismes qui visent à favoriser l'intégration régionale ! Pourtant, il y a de moins en moins d'échanges officiels entre les pays africains.En trente ans, ils sont passés de 9 % à 6 % du total de leurs exportations.À sa fonda-lion, l'OUA ( Organisation de l'unité africaine ) visait une forme d'intégration économique parmi ses membres avant l'an 2000.Récemment, elle a repoussé l'échéance à l'an 2025.Mais pour la majorité des observateurs, dans l'état actuel des choses, cet objectif demeure irréaliste.« C'est la Côte d'Ivoire qui peut susciter la véritable intégration en Afrique de l'Ouest, souligne M.Dick.Mais l'Ivoirien est assez fier.Il préfère traiter avec les Européens ou les Américains.Il ne se sent pas à l'aise avec ces Africains qui sont d'abord préoccupés par leur survie.Le chercheur béninois Soulé Bio Goura renchérit : « Pour les Africains, la référence, c'est l'étranger.Tout ce qui est supérieur, tout ce qui est à atteindre, est à l'extérieur et non pas dans le voisinage.C'est le seul continent au monde comme ça ! » Signes d'espoir, certains attendent de la nouvelle Afrique du Sud ( 20 % du PNB du continent ) qu'elle devienne le moteur de l'intégration en Afrique, d'autres espèrent que la démocratisation en cours change les mentalités.Les dirigeants africains, fiers de leur indépendance relativement récente, sont-ils prêts à céder une partie de leurs pouvoirs pour faire l'intégration?John Igué croit qu'ils n'ont pas le choix.« Ce n'est pas une question d'acceptation mais de processus incontournable sur le plan historique.Tôt ou tard, les frontières vont finir par tomber, qu'on le veuille ou non.Un bloc africain ?Ce n'est qu'une question de temps.» Infographie La Presse étudiants du Bénin, il a financé ses études grâce à.la contrebande.En l'absence de libre-échange, explique-t-il, ce commerce extrêmement bien organisé s'est profondément enraciné dans la culture.« Il repose, entre autres, sur la différence de valeur entre les monnaies utilisées.Il y en a neuf en Afrique de I'( ^uest et une seule est convertible, le franc CFA ( Communauté financière africaine ).Les Nigérians, les Ghanéens et autres se ruent sur les pays qui ont cette monnaie convertible pour vendre leurs marchandises contre des devises qui leur serviront à financer leurs importations.» D'après Soulé Bio Goura, même si ses coffres restent vides, le Bénin trouve son compte dans la situation actuelle.« Indirectement, l'État tire la paix sociale.Que deviendraient tous ces gens si ce commerce n'existait pas ?» Un changement brutal vers l'union monétaire et l'harmonisation des politiques économiques serait catastrophique pour le Bénin qui ne fait pas le poids à côté du géant nigérian.Les espoirs de libre-échange se heurtent à cet obstacle majeur en Afrique : les petits pays ont peur de se faire manger par les grands.John Igué, professeur de géographie à l'Université de Cotonou, rêve que ce commerce de l'ombre se fasse au grand jour.« Si les pays africains abolissaient les barrières douanières, ils pourraient mettre en commun leurs ressources de développement, créer l'opportunité d'un marché et développer leur propre production.Avec un pays comme le Bénin, où moins de 100 000 personnes ont un pouvoir d'achat pour soutenir une production industrielle ( les autres ont un revenu annuel de moins de 125 $ ), on ne peut pas se développer ! » Se faire dédouaner en nature Agbodrafo, Togo.Un gendarme force l'arrêt de l'autobus de Julius, monte à bord et examine l'échantil- lon de feuilles que le guérisseur transporte.« Ça guérit quoi ?» de-mande-t-il.« C'est pour la constipation, répond le médecin traditionnel.Vous pouvez essayer si vous voulez.» Le gendarme est de mauvais poil: ce sera 4 000 francs CFA ( 12 S ), sans quoi l'autobus n'ira pas plus loin.Résigné, le guérisseur tend les billets et le policier fait le magnanime : « Vous savez que, normalement, il n'y a pas de pitié entre nous.Mais puisqu'il est tard, qu'il y a des femmes, des bébés, un Blanc.» Une cinquantaine de « douanes intérieures » balisent la route Cotonou-Abidjan, des barrages routiers où les forces de l'ordre, censées permettre l'application de la réglementation nationale, rançonnent les voyageurs et commerçants.Aux frontières officielles, la corruption se manifeste avec encore plus d'éclat.Le salaire d'un douanier est dérisoire mais, pour chaque ouverture de poste, les candidats se comptent par milliers.Parce que les « bénéfices marginaux » sont mirobolants : pourboires, cadeaux et faveurs spéciales.Pour ouvrir les frontières, certaines voyageuses acceptent de se faire dédouaner en nature.La pratique est tellement courante, dit-on, qu'une génération de fils de douaniers est née dans le sillage de ces commerçantes sans le sou.Accra, Ghana.Hiro Hariram porte les marques de sa réussite aux États-Unis : bagues aux doigts, chaîne en or sur sa chemise échan-crée.Il respire la confiance.Ce Ghanéen, qui a fait fortune au Texas dans les jus de fruits, veut maintenant conquérir le marché africain.Pour l'approbation de ses plans de construction, la permission d'établir son industrie ou d'importer de la machinerie sans payer de taxes, il applique une recette éprouvée : les pots-de-vin.« Tu n'as pas besoin de beaucoup d'argent.Ce qu'il faut, pour percer les monopoles, c'est beaucoup de patience et de très bons contacts.» H.Hariram est africain.Il connaît la musique, cjuand des investisseurs américains lui demandent conseil, séduits par le potentiel de l'Afrique mais intimidés par son instabilité politique et la complexité de ses marchés, sa réponse tombe comme une douche froide : « Vous feriez une dépression ner- veuse dans la première semaine.>» Les Africains, dit-il, manquent de main-d'oeuvre qualifiée et la productivité est au plus bas.Leurs réglementations, héritées de textes français ou anglais très anciens, sont souvent contradictoires.Pour transférer des fonds d'un pays à l'autre, les formalités bancaires prennent des mois.« Les hommes d'affaires africains manquent d'esprit d'entreprise, ajoute-t-il.Ils sont trop émotifs.Ils te disent une chose et en font une autre.» Cette critique est un peu hâtive.Il est vrai que, depuis les indépendances, les États ont exercé une très forte mainmise sur l'activité économique.Avant la pénétration européenne, le commerce battait son plein entre différentes régions de l'Afrique.De puissants réseaux marchands, fondés sur la complémentarité de ces régions, sont toujours bien vivants aujourd'hui.En Afrique de l'Ouest par exemple, les pays sahéliens échangent leur main-d'oeuvre, leur bétail et leurs légumes contre les produits industriels, agricoles et autres produits importés des pays côtiers.Autre préalables au libre-échange : des pays stables qui se complètent économiquement.Mais partout, les Africains ont hérité de frontières artificielles tracées à la règle par des colonisateurs qui ne se sont pas embarrassés de leurs réalités historiques.Résultat : des États enclavés, sans débouché naturel pour leurs exportations ( comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ), et des aberrations géographiques qui ne tiennent nullement compte des affinités ethniques et culturelles des populations.« Je suis d'un groupe ethnique partagé entre 4 États, souligne John Iguc\\ les Yorubas.Cette partition est facteur de revendications territoriales et culturelles, ce qui se traduit par des pertes d'énergie énormes.Le manque d'unité des tribus empêche les Africains d'avoir une vision d'avenir.» Selon le professeur Igué, l'intégration pourrait dimi- «Chaque pays, aussi petit soit-il, a son armée, ambassades, son université.Il y a 22 ministres en Gambie pour 300 000 habitants.Et chacun veut une Mercedes!» Journaliste à CBOF,Radio-Canada, Ottawa, Robert Bourgoing a réalisé ce reportage avec l aide d'une bourse Périscoop qui lui permet d'effectuer un stage eti Afrique et en Franu LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 JUIN 1996 Plus 96 Montréal dans l'oeil du cyclone André Bélanger Si vous en avez ras le bol d'entendre parler d'Internet, vous n'avez encore rien vu ! Du 25 au 28 juin prochain, Montréal accueillera la conférence INET 96 et deviendra pour l'occasion la capitale mondiale d'Internet.Sur le thème Inventer aujourd'hui la société de demain, près de 3 000 participants, dont 30 % à 40 % proviendront de l'extérieur de l'Amérique du Nord, se réuniront au Palais des congrès pour échanger sur l'avenir du Village global et discuter de nouvelles applications, de commerce, d'éducation, de technologie, de réglementation, d'enjeux politiques et d'accès au réseau.Plus qu'une simple rencontre scientifique, INET constitue le moment de l'année où les grands de l'industrie acceptent de mettre de côté leurs guerres commerciales et de soumettre leurs différends à la nébuleuse Internet, cet amalgame de représentants de l'industrie, des gouvernements, des institutions d'enseignement et du grand public regroupes au sein de l'Internet Society ( ISOC ).Fondée en 1992 par un des pères d'Internet, l'Américain Vinton Cerf, cette organisation à but non lucratif, ni pouvoir coerci-tif, et dont les dirigeants sont élus au suffrage électronique par les membres, est parvenue à s'imposer comme le gardien des normes en vigueur sur le réseau.Et signe de la vitalité du réseau, on ne parlera plus seulement de science et de technologie, mais aussi de société, de commerce et de culture.« INET est le seul endroit où on discute d'Internet à tous les ni- veaux », raconte Jean-Claude Gué-don, un professeur de littérature comparée à l'Université de Montréal et coresponsable du programme de la conférence.« C'est au cours de ces conférences que prennent naissance les tendances les plus significatives.C'est en quelque sorte le creuset où se fondent les décisions futures et ce, même si INET ne dispose d'aucun pouvoir coercitif.» À titre d'exemple, le World Wide Web et les possibilités du langage HTML, qui permet d'y créer des applications multimédias, ont été discutés à INET bien avant que le célèbre navigateur Netscape ne soit mis au point.Aujourd'hui, les développeurs d'applications sur le web disposent de leurs propres conférences, laissant à INET le soin de défricher des terrains encore inexplorés.L'avenir de la technologie ATM, qui permet de faire circuler des données à une vitesse de 45 mégabits par seconde, par exemple, fera l'objet de sérieux débats.« Certains craignent que l'implantation de La nébuleuse INET 96 en bref Université McGill Ateliers de formation pour les pays en voie d'interréseautage (240 participants) Du 15 au 22 juin Palais des Congrès Medicine 2001 Du 15 au 21 juin Palais des Congrès INET 96 Du 25 au 28 juin Place Bonaventure Marché international du multimédia Du 27 au 29 juin Centre Sheraton IETF Du 23 au 30 juin infographie La Presse l'ATM n'ouvre la porte à un contrôle de la circulation des données sur le réseau par les entreprises de télé- communication », explique Jean-Claude Guédon.Autre rencontre Une autre rencontre importante, mais plus discrète, aura lieu en marge d'INET, avec la réunion de l'Internet Engineering Task Force ( IETF ), la plus grande concentration au mètre carré d'ingénieurs, d'informaticiens et de cracks de toute sorte ! Jusqu'à l'an dernier, INET et IETF traitaient en partie des mêmes questions.Dorénavant, l'IETF se garde les aspects plus techniques, tandis qu'INET élargit son spectre aux aspects sociaux, éducatifs et économiques des inforoutes.Par ailleurs, INET 96 consacre le caractère international d'Internet, alors que le tiers des communications se déroule dans la langue de Molière et qu'un autre tiers fait l'objet d'une traduction simultanée, une première dans l'histoire d'INET.Après tout, au tournant du prochain siècle, la majorité des internautes proviendront de l'extérieur des États-Unis.Des retombées de 3 millions Si Montréal a été préféré à Toronto ou Vancouver, c'est en grande partie grâce à son caractère francophone et au travail acharné du Centre de recherche informatique de Montréal ( CRIM ).Sous la houlette de Monique Le-febvre, cet organisme est parvenu à regrouper autour de lui des représentants de l'industrie, du gouvernement et du milieu de l'éducation et à « placer » le Québec sur la carte de l'Internet.Il s'agit probablement du seul organisme au Québec en mesure d'organiser cet événement, qui coûtera au moins trois millions de dollars, dont les deux tiers proviennent de commanditaires, et qui exigera un déploiement technique considérable.400 postes et terminaux de travail seront mis à la disposition des congressistes, 700 lignes téléphoniques supplémentaires seront ajoutées et l'ajout de liens à très grande vitesse permettra de diffuser quatre vidéoconférences en simultanée.Pour y parvenir, il faudra doubler la capacité de la bande passante québécoise pour la durée de l'événement.Colossal.De l'avis de René Fortin, vice-président Marketing au Palais des Congrès de Montréal, l'événement devrait entraîner des retombées économiques directes de près de trois millions de dollars.« Et c'est sans compter les ententes de commercialisation qui naîtront de la vitrine technologique procurée par la présence de l'événement à Montréal », précise-t-il.Car, tel un trou noir, Internet attire une série d'événements dans son sillage, dont le Marché international du multimédia, une foire commerciale qui devrait attirer 200 exposants, 200 conférenciers et attirer près de 2 000 personnes à la Place Bonaventure entre le 27 et le 29 juin prochain.Hervé Fischer, le patron de la Cité des arts et des nouvelles technologies, mise sur INET 96 pour s'imposer comme l'événement annuel de calibre international dans le secteur du multimédia à Montréal.Internet traversera sain et sauf Tannée 1996?La Presse a interrogé des spécialistes, histoire de cerner quelques enjeux auxquels fait face Internet.En voici trois.L'année du commerce.sans danger ?Le réseau n'est pas sécuritaire, ré-pète-t-on sur toutes tribunes.Rien n'est plus faux.On ne compte plus les moyens d'encoder les informations de manière à les transmettre en toute sécurité.Les normes comme Secure Socket Laver adoptée par Netscape et Secure Electronic Transaction, adoptée par Visa et Mastercard, permettent une transmission très sécuritaire des transactions.Le hic, c'est qu'aucune de ses normes n'a encore réussi à s'imposer dans les usages.« Les entreprises ne s'entendront pas sur une norme commune, parce que les intérêts économiques sont trop importants, mais cela a peu d'importance », prédit plutôt Philippe LeRoux, un habitué des veilles technologiques et consultant pour l'entreprise VD( L )2.« Le véritable enjeu commercial, c'est le développement de l'offre sur Internet.Pour l'instant, les consommateurs n'y trouvent pas ce qu'ils cherchent.» Il s'en prend par ailleurs aux prophètes à tous crins.Les prévisions les plus optimistes prédisent des transactions de l'ordre de 7 milliards de dollars par année en l'an 2000, soit « le montant que Visa et Mastercard traitent en moins de 10 minutes », tempere-t-il.N'empêche que les changements pour les consommateurs seront considérables, prédit le professeur de communications de l'Université d'Ottawa, Pierre Bélanger.« Internet donne un pouvoir considérable au consommateur, dit-il.C'est lui qui contrôle son itinéraire sur le reseau.Avec Internet, les couch pota-toes issus de la télévision risquent (on de se transformer en mouse commandos ! » L'expérience du BargainFinder est éloquent a cet égard.Ce service expérimental sur l'Internet permet de comparer les prix des disques compacts listés dans les catalogues de neuf détaillants américains.Une lois son choix arrêté, le consommateur n'a qu'à cliquer sur un icône pour passer la commande.Un système simple et efficace.Pourtant, après quelques semaines seulement, trois magasins avaient tourné le dos a I expérience menée par la firme de consultants Andersen Conseils : ils n'arrivaient pas .i tenir le coup dans ce monde « virtuel » où l'information devient entièrement accessible.D'ici là, toutefois, le consommateur n'a rien à craindre, nous assure Visa : un achat contracté par le truchement d'Internet est comparable à une transaction réalisée par téléphone.Le consommateur n'est donc-pas responsable des pertes en cas de fraude, conformément a la Loi sur la protection du consommateur.Des renseignements personnels mal protégés Internautes, vous êtes sur écoute.Chacun de vos faits et gestes, chacune de vos visites sur un serveur Web est enregistrée.Le mouchard qui nous surveille porte le nom de MagicCookie sur Mac et de Cookie sur PC el il réside sur votre propre Nombre d'ordinateurs hôtes branchés sur Internet HNta CANADA 2 ¦ Allemagne \u2014i G.-B.¦ I C .iri.ici.i Japon \u2022 \u2022\u2022 France «m Italie 500 000 450 000 400 000 350 000 300 000 250 000 200 000 150000 100000 50 000 0 Dec.91 Dec.92 Dec.93 Dec 94 Dec 95 Noie : Cette liste ne tient pas eompte des États-Unis disque dur.Générés par les principaux navigateurs ( Netscape, Microsoft Explorer, Spyglass.) les cookies permettent d'entreposer sur votre disque dur certains détails, comme les sites que vous venez de visitez, le type d'ordinateur que vous utilisez et le nom de domaine de votre fournisseur d'accès.Chaque fois que vous retournez sur un site, le Cookie peut s'assurer que vous y êtes déjà ailes et ce, sans que vous en soyez informé.Jumelées aux informations re- cueillies dans un formulaire d'inscription que vous avez peut-être accepté de remplir, les indiscrétions des Cookies peuvent générer des profils de consommateurs précis et.rentables.Et de tels pro-lils valent leur pesant d'or.Déjà, la compagnie A.C.Nielsen, spécialisée dans les sondages d'audience pour les mass-médias, est en train de monter des profils géographiques, sociodémographiques et d'acquisition des consommateurs.D'autres, comme Marketry, de Bel-levue dans l'Étal de Washington, vend déjà des listes ciblées d'adresses électroniques des clients qui fréquentent les différentes conférences de l'Internet, à l'insu des consommateurs visés, naturellement.Selon Pierrot Péladeau, rédacteur en chef du bulletin Privacy Files, les risques de couplage de l'information représentent des dangers beaucoup plus grands pour nous que la bataille sur la liberté d'expression qui a présentement cours aux États-Unis.« Il faudra trouver des solutions multiformes, des règles d'éthique, des solutions techniques, des règles légales, des innovations technologiques.» Le reflux : on va l'avoir et ce sera une très bonne chose Selon Philippe Leroux, 1996 vetra la fin de l'engouement immodéré pour Internet et l'arrivée \u2014 « salutaire », dit-il \u2014d'un backlash.« Les entreprises et les gouvernements vont peut-être cesser d'associer Internet a l'Eldorado commercial et s'y tailler une place à la mesure des possibilités du médium », espère-t-il.Assistera-t-on à une désertion massive des internautes ?« Oui, prédit Philippe Leroux, mais la courbe de croissance va continuer.» Malgré tout, INET aura pour effet de réveiller le Québec, entre autres parce qu'on y fait une large ouverture à la francophonie.« Les gens finiront par se rendre connue que le Net, c'est plus qu'un gadget, c'est une réalité », dit-il. B8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 15 JUIN 1996 Politique L'EXPRESS POLITIQUE Les handicapés restent à l'aide sociale ¦ Le gouvernement Bouchard se ravise, il n'est plus question de faire-passer de l'aide sociale à la Régie des rentes, les cas des handicapés ou des gens qui auraient de sérieux problèmes à retourner au travail.« Il n'y aura pas de transferts » a assuré hier la ministre de l'Emploi, Louise Harel, précisant qu'avec son collègue de la Santé \u2014 responsable de la Régie des rentes \u2014 Jean Rochon, elle était arrivée à la conclusion que ce projet était mal avisé.En janvier lors de la formation de son gouvernement Lucien Bouchard avait clairement évoqué ce transfert de clientèle.Ces derniers, les groupes représentant les handicapés notamment étaient farouchement opposés au transfert, de rappeler hier la député libérale de St-Henri-Ste-Anne, Nicole Loiselle.Ces groupes craignaient de se retrouver dans un ghetto, sans accès aux mesures d'employabi-lité et d'intégration offertes par la Sécurité du revenu.Pas de baisse d'impôt ¦ La ministre d'État à l'Emploi, Louise Harel, n'a pas l'intention de recommander la diminution du niveau d'imposition des contribuables pour pallier aux futures hausses de cotisation à la Régie des rentes du Québec, auxquels tous les travailleurs devront se plier à partir de l'an prochain.« On ne se dirige pas vers ça », souligne l'attaché de presse de la ministre, Pierre Ba-raby.La ministre Harel veut doubler le taux de cotisation au RRQ, qui passerait d'ici huit ans de 5,6 à 10 %.Mme Harel rappelle que les cotisations au RRQ donnent déjà droit à un crédit d'impôt de 20 %.Mais cette mesure en a remplacé une autre : il y a quelques années, les cotisations au RRQ déduisaient d'autant le salaire imposable du contribuable.Parizeau bien informé ¦ L'ex-premier ministre Jacques Parizeau assure que Paris aurait reconnu un Québec souverain dans les 48 heures si le Oui l'avait emporté au référendum d'octobre dernier.Et il semble croire que la détermination de la France ne se démentira pas lors du prochain, même s'il souligne que l'aide qu'elle pourra apporter aux souverainistes devra être « réexaminée ».« Ca ne se fera pas de la même façon, a-t-il déclaré hier soir après un discours devant l'Institut Charles de Gaulle à Paris.On avait monté une sorte de crescendo jusqu'au jour du référendum (.).Il faudra montrer un autre crescendo au fur et à mesure qu'on s'approchera du prochain ».Le chef péquiste à la retraite n'a voulu faire aucun commentaire sur ce Question sportive du jour.230 \\ Commentaires aux \\^ chroniqueurs de La Presse_ Claude Picher.241 Réjean Iromblay:.242 Pierre Foglia:.243 Info-Affaires* Bell__ A surveiller cette semaine :.l Nouveaux médias, nouvelles technologies:.J21 < auseries et conférences d'affaires: .131 Perfectionnement en gestion: .Ml Marketing, communication, vente et service à la clientèle: .3S1 Production, qualité et environnement : .lt>l Ressources humaines et formation:.371 Informatique:.381 Résultats de la loterie 6/49: .411 LottO Super 7:.412 1 ^':J Select 42: .413 Banco:.414 La Quotidienne : .415 Bulletins météorologiques d'Environnement Canada_ Rteicii de Montréal:.421 Prévisions4 long terme (Montréal) : .422 v j I strie, Québec, pwentides:.423 ********* \\ llleS canadiennes:.424 \\ ilks américaines .42S _ Produits et services de Bell.S2Q I «.keonierence et v ide< KTonierence :.530 4 Services de La Presse__% t\\icedésabonnements: .610 Annonces classée:.620 \u2022/ Publicité: .630 Rédaction: .640 Information sur les concours : ____.650 * ^ -r Renseignements généraux : .660 INFO AR1S Bell__ A surveiller cette semaine:.710 >.xjLj Panse.720 V I?Musique v\\ art Ivrique:.730 ' \" Théâtre:.'.740 Variétés et humour:.7^0 Expositions et must-cs: .760 Service personnalise (accès direct) :.770 S* Bras de fer entre l'Irak et l'ONU d'après AFP NEW YORK Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté hier une proposition de l'Irak acceptant sous conditions la visite de sites militaires par les inspecteurs de l'ONU, ont indiqué des diplomates.La déclaration, qui a été formellement adoptée dans la soirée par les quinze membres, indique que le Conseil de sécurité « rejette les tentatives irakiennes d'imposer des conditions sur le déroulement des inspections par la Commission spéciale » sur le désarmement, ont indiqué ces diplomates.Ce texte exige à nouveau que Bagdad accorde un « accès immédiat, inconditionnel et sans restriction » à toutes les zones que les inspecteurs de la Commission spéciale des Nations unies pour le désarmement ( UNSCOM ) souhaiteraient visiter.Les inspecteurs de l'UNSCOM sont empêchés depuis mardi d'entrer dans des sites militaires de la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée irakienne, où ils soupçonnent que des armes interdites sont stockées.De plus, l'Irak a interdit hier à un hélicoptère de l'ONU de survoler un des sites militaires où des inspecteurs internationaux tentent de pénétrer depuis mardi, a indiqué à New York Charles Duelfer, président-adjoint de l'UNSCOM.0 Le projet de raccordement dans le détroit de Northumberland Un nom pour le pont! Quelle importance doit-on accorder à un nom?Beaucoup, surtout lorsqu'il s agit d'un exploit international dans le domaine du génie comme le pont du détroit de Northumberiand.Ce pont est une infrastructure des plus importante qui marquera l'histoire du Canada, puisqu'il contribuera à accroître I efficacité du transport et à améliorer le commerce au Canada Atlantique.De plus, il illustre comment les divers paliers de gouvernement et l'industrie peuvent travailler ensemble dans l'intérêt de tous les Canadiens.Maintenant c'est à vous de faire votre part! Vous avez l'occasion de trouver un nom pour pe nouveau lien permanent entre le Nouveau-Brunswick et l'Ile-du-Prince-Edouard.Toutes les suggestions seront acceptées, mais veuillez tenir compte de ce qui suit : \u2022 le nom du lieu ou de l'événement historique proposé doit avoir un lien important avec le pont; \u2022 le nom proposé doit avoir une signification pour les habitants de la région ou pour les Canadiens en général; \u2022 si vous proposez le nom d'une personne, celle-ci doit être décédée; \u2022' des concepts comme la paix, l'amitié et l'harmonie sont acceptables.Les groupes peuvent également participer.N'oubliez pas d'indiquer votre nom, votre adresse et votre numéro de téléphone.Toutes les suggestions seront étudiées par un comité consultatif représentant les citoyens de llle-du-Prince-Edouard et du Nouveau-Brunswick.Strait Crossing Development Inc.et le gouvernement fédéral.Les recommandations seront transmises à madame Diane Marleau.ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux.Veuillez envoyer vos suggestions au plus tard le 31 juillet 1996.accompagnées d un court texte (moins de 200 mots) expliquant les raisons de votre choix, à l'adresse suivante : Comité consultatif Un nom pour le pont Harbourside n°.4.Pièce 1 Charlottetown (île-du-Pnnce-Édouard) C1A8R4 ou Courrier électronique : iacquinh@pwgsc.gc.ca Télécopieur : (902) 566-1646 ¦s* 1 \u2022 1 * I Travaux publics et Public Works and 1 II Services gouvernementaux Government Services Canada Canada.-\tCanada-4\t \t\t Une offre spéciale d'Adrien Arpel* Séance de soins faciaux antiâge à l'européenne ET une crème de nuit biocellulaire avec complexe alpha-hydroxy SEULEMENT 42 $ vos soins faciaux en cabine privée : \u2022 Nettoyage en profondeur par électrobrosse \u2022 Brume de vapeur \u2022 Exfbliation à l'aide d'extraits végétaux \u2022 Massage à l'aide de la crème biocellulaire avec complexe alpha-hydroxy \u2022 Massage et soins spécifiques autour des yeux \u2022 Exfoliation et lissage des lèvres \u2022 Enveloppement du menton à la paraffine \u2022 Masque de resserrement et raffermissant \u2022 Soins jeunesse des mains en 3 étapes \u2022 Application de maquillage Offre limitée.Tant au YZy en aura.Pour réserver votre séance de soins et votre crème, téléphonez-nous et portez les frais à votre compte la Baie.cm**** Une fois votre peau revitalisée, vous rapporterez avec vous : une crème de nuit avec complexe alpha-hydroxy, format courant (d'une valeur de 42 S).Cette crème fait merveille sur l'élasticité de la peau et aide à diminuer l'aspect des rides et ridules.Convient à tous les t>pes de peau! Cette offre prend fin le samedi 22 juin Phi ni / ki m>i/-\\oi s m s u iourd'ih iî Rue Sainte-Catherine Ouest Promenades Saint-Bruno Carrefour Laval 281-4781 653-4455.poste 2243 687-1540, poste 3210 Centre Rockland Galeries d'Anjou Mail Champlain 739-5521, poste 251 353-3300, poste 3204 466-3220, poste 215 Nous regrettons, seul un nombre restrein; de rendez-vous pourra être accordé.la aie Œompa qrtie )c LaUaie tfButeon VOUS AVEZ LE MEILLEUR i "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.