La presse, 8 mai 1996, B. Politique
[" B Montréal, mercredi 8 mai 19960 Politique ÉDITORIAL / OPINIONS / ARTS ET SPECTACLES L'EXPRESS POLITIQUE Retenue mal venue ¦ L'avocat Guy Bertrand trouve regrettable que le gouvernement Chrétien hésite à l'appuyer dans sa croisade visant à faire déclarer inconstitutionnelle toute tentative du Québec d'accéder unilatéralement à la souveraineté.« Du côté fédéral ils sont toujours effrayés par les jappements du gouvernement du Québec », a expliqué hier soir M.Bertrand à l'occasion du lancement de son livre Plaidoyer pour les citoyens.Des motifs électoraux peuvent expliquer cette retenue, déplore cet ancien souverainiste pur et dur, selon qui il serait anormal, invraisemblable et scandaleux que le gouvernement du Canada ne défende pas l'unité du pays à ses côtés devant les tribunaux.Plusieurs partisans du morcellement du Québec advenant un OUI référendaire ont assisté au lancement.M.Bertrand lui-même s'affiche comme un tenant du « Plan B », la ligne dure à l'endroit du Québec.Le « plan A », plus accomodant, se traduira selon lui par une défaite du Canada, « le pays le plus démocratique du monde ».Mario Fontaine Une magouille ?¦ Le Mouvement souverainiste du Québec a officiellement déposé hier une plainte auprès du Directeur général des élections pour dénoncer l'émission par Ottawa de milliers de certificats de citoyenneté à la veille du référendum de l'automne dernier.Le gouvernement Chrétien reconnaît avoir accéléré les procédures, mais soutient qu'il n'y avait pas là de coup monté afin de favoriser la victoire du NON le 30 octobre.Le MSQ se demande s'il n'y a pas eu magouille de la part du fédéral dans cette affaire et son président, Ivano Vellone, soutient que « les droits fondamentaux les plus élémentaires en démocratie ne peuvent être indûment violés.Alors que Ton sait qu'un simple déplacement de 25 000 voix aurait changé les résultats, les empiétements fédéraux doivent être connus et, pour cela, il faut une enquête publique ».Mario Fontaine Somalie ¦ La commission qui enquête sur les événements survenus en Somalie a rejeté une tentative visant à discréditer son président, qui faisait l'objet d'allégations de parti pris qu'il aurait eu à l'endroit d'un général venu témoigner devant lui l'automne dernier.Me Bruce Carr-Harris, l'avocat du brigadier-général Er-nie Beno, a exprimé sa déception à la suite de l'annonce de cette décision.Les avocats du général Beno avaient fait valoir qu'il y avait une « appréhension raisonnable de parti pris » de la part du président de la commission, le juge Gilles Létoumeau, à la suite de remarques qu'il aurait prononcées à l'endroit de deux militaires l'automne dernier à Calgary.En décembre dernier, M.Létourneau était allé à Calgary pour encourager les soldats à témoigner, et c'est au cours de cette visite qu'il aurait soi-disant fait les commentaires qu'on lui reproche.M.Létourneau est censé avoir avoir dit qu'il avait des doutes quant à la crédibilité du témoignage de Beno, comme si ce dernier « cherchait à cacher des choses, et ne semblait pas intéressé à coopérer ».Presse Canadienne Règlement de comptes ¦ Le député réformiste Jim Hart devrait être puni pour avoir accusé un député bloquiste de sédition, a soutenu hier le Bloc québécois.Le Bloc présentera une motion devant un comité parlementaire pour rendre la monnaie de sa pièce au député Hart.Celui-ci avait accusé Jean-Marc Jacob de sédition en raison d'une lettre qu'il avait envoyée aux bases militaires québécoises quelques jours avant la tenue du référendum de l'automne dernier.La motion recommandera que des sanctions non déterminées soient appliquées contre le député réformiste parce que ce dernier n'a pas réussi à amener une seule preuve pour étayer ses accusations.Presse Canadienne Les grandes entreprises éviteraient l'équité salariale Le projet de loi ouvrirait la porte à la « relativité salariale » KAÎ1A GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Pour trancher la pomme de discorde de l'équité salariale/ le gouvernement pourrait réduire considérablement ses exigences et permettre aux grandes entreprises de se soustraire indirectement au projet de loi.Plusieurs sources, tant du côté des groupes de femmes que des entreprises, indiquent que le gouvernement, s'il envisage un projet de loi de portée générale, pourrait autoriser les grandes entreprises à échapper au projet de loi si elles ont mis sur pied un programme de relativité salariale, comme celui qui s'applique présentement aux employés du secteur public, qui est beaucoup moins contraignant \u2014 donc beaucoup moins coûteux pour les patrons \u2014 que l'équité salariale.« Ça brasse fort à l'intérieur du gouvernement pour faire en sorte que la loi coûte le moins cher possible aux entreprises », souligne Thérèse Sainte-Marie, du Centre d'intervention pour l'accès des femmes au travail, qui suit de très près ce dossier.Pour ce faire, le projet de loi permettrait aux entreprises qui ont déjà mis sur pied un programme de relativité salariale \u2014 c'est le cas de plusieurs grandes entreprises \u2014 d'échapper aux diktats du projet de loi.Un tel programme comparé les salaires versés aux employées féminines avec ceux de l'ensemble de l'entreprise plutôt qu'avec ceux des emplois à prédominance masculine.Les ajustements salariaux sont évidemment bien moindres pour les femmes.Les syndicats et les groupes de femmes craignent que les grandes entreprises ne se pressent d'adopter de tels programmes de relativité avant la mise en vigueur du projet de loi, dans le but avoué d'y passer outre.« Le chemin tracé par le Conseil du Trésor pour exclure le secteur public du projet de loi, c'est un boulevard dans lequel va s'engouffrer le secteur privé », avance Mme Ste-Marie.« La relativité salariale, ça peut être n'importe quoi.Et si l'employeur a ça, il est jugé conforme à la loi et n'a plus d'autre obligation que de maintenir le statu quo.Il n'y a plus aucun recours en venu de la Charte des droits et libertés », acquiesce Judith Carroll, de la CSN.En vertu de ce scénario, les plus désavantagées seraient sans conteste les PME, qui n'ont pas les infrastructures pour mettre sur pied des programmes de relativité et qui seraient donc soumises aux exigences décuplées du projet de loi.Une autre option de compromis pour le gouvernement serait, bien sûr, de hausser le seuil au-delà duquel les entreprises sont tenues de se soumettre au projet de loi.La ministre responsable, Louise Harel, envisage la possibilité de fixer un certain seuil, au-dessous duquel les entreprises seraient tenues à une obligation de résultat, mais n'auraient pas à se plier à toutes les modalités prévues par la loi.Les patrons, qui annonçaient il y a deux jours qu'ils faisaient front commun contre le principe même d'un projet de loi, veulent que les entreprises de moins de 100 employés \u2014 la quasi-totalité des entreprises du Québec \u2014 soient exclues de l'application formelle de la loi, alors que les groupes de femmes fixent la barre beaucoup plus bas, à dix employés et moins.Le front commun, composé du Conseil du patronat, de la Chambre Manning fait le ménage Le chef réformiste expulse trois députés de son caucus CHANTAL HEBERT du bureau de La Presse, OTTAWA Longtemps vantée comme une des grandes vertus du Parti réformiste, la relative indépendance de ses députés est devenue hier un vice à corriger.Dans le cadre de l'instauration d'un nouveau code de discipline, Preston Manning a banni de son aile parlementaire trois députés qu'il juge coupables d'avoir nui à la réputation de sa formation.David Chatters, Bob Ringma et Jan Brown devront se tenir à l'écart de leur caucus-jusqu'à ce que leur cas soit révisé, en juillet.Tout autre député qui sera perçu comme nuisant de quelque façon aux intérêts réformistes s'exposera aux mêmes sanctions.Pour lè Parti réformiste, il s'agit d'un virage à 180 degrés.Dès ses premières heures, la formation avait érigé la liberté de parole de ses membres en credo.Aujourd'hui, Preston Manning instaure un code disciplinaire plus draconien que celui en vogue dans toutes les autres formations fédérales.Dès hier matin, dans un texte largement diffusé dans des quotidiens de l'extérieur du Québec, le chef réformiste a commencé à lever le voile sur son virage disciplinaire.Il y décrit son parti comme une formation à la croisée des chemins.« La direction que nous prendrons déterminera si nous continuerons d'être un parti politique majeur en devenir ou si nous nous résumerons à être un refuge pour grincheux ».Mais ce que le texte ne montrait Preston Manning : un nouveau code de discipline pas, c'est que la nouvelle main de fer de Preston Manning allait s'étendre au-delà des députés dont les opinions personnelles embarrassent le parti.Même s'ils ont tous les trois écopé le même châtiment, les fautes qu'on reproche aux trois députés bannis sont en effet différentes.PHOTOPC David Chatters, de l'Alberta, a soutenu que la discrimination contre les homosexuels était justifiée, des paroles dont il maintient le principe malgré la controverse qu'elles ont soulevée.Bob Ringma, de la Colombie-Britannique, s'est fait remarquer en affirmant qu'il reléguerait des employés noirs ou homosexuels à l'arrière-boutique si leur présence indisposait un client.une déclaration-choc dont il s'est résigné à s'excuser devant les remous qu'elle provoquait.La députée albertaine Jan Brown avait plutôt remis son appartenance au groupe réformiste en cause devant la tolérance manifestée par son parti à l'égard de ses deux autres collègues.D'ailleurs, au moment même où Preston Manning décidait de la bannir, elle annonçait qu'elle s'excluait elle-même du caucus réformiste jusqu'à nouvel ordre.À l'aune des mesures disciplinaires annoncées hier, le caucus réformiste pourrait être appelé à rétrécir encore davantage.Au moins trois députés semblent déjà en contradiction avec le nouveau code de Preston Manning.La Saint-Jean célébrée en 800 lieux différents 4 MARIO FONTAINE Il n'y a pas de spleen post-référendaire.Pas assez, en tout cas, pour atténuer l'enthousiasme propre à la célébration de la Fête nationale du Québec, assurent les principaux organisateurs de l'événement.Selon le président de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, François Lemieux, et la présidente ri du Mouvement national des Québécois, Monique Vézina, la victoire du NON le 30 octobre dernier n'a pas érodé la capacité des Québécois de fêter.Celle-ci devrait se manifester sur plus de 800 emplacements différents les 23 et 24 juin prochains.Ces deux organismes sont ouvertement souverainistes.Mais hier, leurs porte-parole tenaient un dis- p.cours rassembleur, conviant aussi bien les fédéralistes que les souverainistes à célébrer la Saint-Jean-Baptiste, la fête de tous les Québécois.Le budget total devrait friser les trois millions.Comme c'est le cas depuis cinq ans, la loterie « Bonne Fête Québec » devrait fournir le tiers du financement.On espère vendre 300 000 billets cette année, à 2 $ pièce.de commerce du Québec, de l'Association des manufacturiers et de la Fédération de l'entreprise indépendante, se défend d'être contre le principe de l'équité salariale.Il en a cependant contre une loi pour imposer cette équité.Les représentants patronaux suggèrent d'autres moyens pour arriver aux mêmes fins : faciliter l'accès aux services de garde et changer l'orientation professionnelle des jeunes filles à l'école, par exemple.Ils soulignent de plus qu'une augmentation d'un p.cent de la masse salariale de 100 milliards au Québec risque de conduire à la disparition de quelque 30 000 emplois.« Le gouvernement va être très tenté de couper la poire en deux, en excluant les entreprises de moins de 50 employés ( 90 pour cent des entreprises ) », croient pour leur part des représentantes des groupes de femmes, qui n'ont cependant pas l'intention de lâcher prise.«< Je souhaite que la loi s'applique au plus grand nombre de travailleuses possible », s'est bornée à déclarer Mme Harel hier.Le projet de loi a été présenté au caucus hier soir et sera sur la table du Conseil des ministres aujourd'hui.Le juge Fournier: un « automne chargé » et.coûteux K ATI A GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Non seulement le juge en chef de la Cour du Québec, Louis-Charles Fournier, a-t-il demandé qu'on lui rembourse près de 30 000$ de notes d'hôtels depuis six mois, mais il a, en plusieurs occasions, également facturé deux chambres d'hôtels dans des villes différentes pour la même nuitée.Invoquant un « automne chargé », le juge confirme les informations de l'opposition libérale, qui a adressé plusieurs questions à ce sujet au ministre de la Justice, hier.En vertu d'un projet de loi adopté l'an dernier, le juge en chef est censé posséder une résidence à Québec.Or, depuis six mois, il louait une chambre à la semaine au Château Frontenac.« Certains soirs, c'est arrivé, au cours de l'automne, qu'à la dernière minute je doive coucher à Montréal ou ailleurs et que je ne puisse plus annuler ma chambre à Québec », indique le juge Fournier, qui n'était cependant pas en mesure de préciser à combien de reprises cette situation s'était produite, ni combien il en avait coûté, au total, aux contribuables.De plus, le juge en chef a bénéficié d'une luxueuse Mercedes avec chauffeur pour ses nombreux déplacements à travers le Québec.« C'est dans les attributs des trois juges en chef.On nous oblige à avoir un chauffeur pour nos déplacements et la compagnie avec laquelle je fais affaires ne possède que des Mercedes.Si ce n'était que de moi, j'aimerais mieux avoir une voiture plus discrète », dit-il.Encore là, le juge n'a pas tenu le compte des voyages effectués, mais l'opposition affirme qu'il a demandé, en plus, une compensation financière de 6000 $ pour le kilométrage effectué avec sa propre voiture.Les libéraux affirment également que les fonctionnaires du ministère de la Justice ont refusé, à un moment donné, de rembourser ses factures au juge Fournier, les jugeant exagérées.Le cabinet du ministre Bégin serait alors intervenu pour corriger la situation.« Je peux vous dire que je n'ai donné aucune directive de ne pas payer ou de payer quoi que ce soit », a assuré le ministre Paul Bégin.Le juge Fournier déménagera pour de bon très prochainement à Québec. LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 8 MAI 1996 Editorial La Presse Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Alain Dubuc D étournement de fonds \" ** a décision de Laval et de son maire, M.Gilles ¦ Vaillancourt, de renflouer le Cosmodôme en ¦ utilisant des millions destinés à un autre pro-H jet, celui d'un centre multifonctionnel, équi-H à vaut ni plus ni moins a un détournement de - M wmA fonds.La somme de douze millions provient en effet de subventions versées par Ottawa et Québec dans le cadre du vaste programme d'infrastructures mis sur pied par le premier ministre Jean Chrétien, dès son arrivée au pouvoir.ii .\u2014iimiiii Sur papier, le redéploiement de fonds proposé par le maire Vaillancourt est impeccable.Comme les deux ordres supérieurs de gouvernement avaient, de toute façon, prévu verser douze millions à Laval, pourquoi ne pas les diriger vers un projet que les Lavallois estiment être plus prioritaire ?Ça ne coûte pas plus cher et tout le monde est content.Le hic, c'est que le programme fédéral d'infrastructures avait une raison d'être très claire.Prolongement d'un engagement électoral des libéraux, ce projet visait à utiliser les fonds fédéraux comme levier pour accélérer des travaux publics d'infrastructures partout à travers le Canada, financés à part égales par le fédéral, les provinces et les villes.Le but de l'opération : créer rapidement des emplois et relancer l'industrie de la construction avec ses effets multiplicateurs.Le renflouage du Cosmodôme ne remplit aucun de ces critères.Les douze millions serviront à éponger ses dettes et donc à améliorer sa situation financière.Ils ne créeront pas d'emplois, ne permettront pas la moindre pelletée de terre, n'utiliseront pas la moindre verge cube de béton.Voilà pourquoi on peut parler de détournement de fonds puisque, de façon très nette, on utilise des fonds publics à des fins auxquelles ils n'ont jamais été destinés.On pourra rétorquer qu'une aide financière au Cosmodôme permettra de préserver des emplois en évitant une fermeture.Mais il faut répondre à cela qu'il existe des mécanismes pour aider des institutions en difficulté.Et surtout, ces organismes d'aide auraient sans doute refusé d'injecter des fonds dans cette aventure parce que rien ne garantit que ce projet, mal barré dès sa conception, mal planifié, mal piloté, survivra même s'il bénéficie de cette forme de respiration artificielle.Si ce dossier a pris tant d'importance, c'est qu'il a revêtu, pour les élites lavalloises, valeur d'un symbole : la volonté de la deuxième ville du Québec de se doter d'outils, comme le Cosmodôme, qui lui auraient permis de s'affranchir du rôle d'appoint qu'on lui a toujours imposé.Mais dans les faits, cette quête symbolique s'est muée en fable de La Fontaine, celle de la grenouille et du boeuf.Cette histoire dépasse cependant très largement l'administration du maire Vaillancourt et porte en fait sur l'entité même qu'est Laval, une créature artificielle qui n'a ni la cohésion, ni les traditions politiques, ni les caractéristiques urbaines, physiques et géographiques que l'on retrouve en principe dans une ville de 300 000 habitants.Il n'est d'ailleurs pas évident que les citoyens de Laval, qui ont choisi d'y habiter pour ses services, ses taxes raisonnables et sa qualité de vie partagent les idées de grandeur de leurs élites, qui voudraient la transformer maladroitement avec centre-ville et éléphants blancs.Le seul domaine où la création de Laval a donné des résultats tangibles, c'est sur le plan du poids politique.C'est sans doute ce qui explique que Québec, sans approuver l'utilisation des fonds du programme d'infrastructures, a néanmoins choisi de ne pas stopper cette manoeuvre financière indéfendable.Il n'est pas évident que les citoyens de Laval partagent les idées de grandeur de leurs élites.DKorrs w suivis La ténacité des sages-femmes Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage.Cette sentence du fabuliste Jean de La Fontaine peut s'appliquer en partie aux sages-femmes.Après 15 ans, leur ténacité à faire reconnaître leur profession semble être sur la bonne voie.La farouche résistance des médecins à leur endroit commence à s'effriter.MBMnHBiHBi Leur victoire sur papier commence en juin 1990, avec l'adoption de la loi 4 qui devait légitimer la pratique des sages-femmes dans le cadre précis de huit projets-pilotes à être évalués cinq ans plus tard.En juin 1993, à l'exception de Povognituk, situé en pays inuit, aucun projet-pilote n'était pourtant en service sur le territoire.Il y a deux ans, une première maison de naissance voyait timidement et péniblement le jour dans l'Ou-taouais.Quelques 24 mois plus tard, on compte six maisons de naissance qui attirent une clientèle de plus en plus nombreuse, malgré le manque de collaboration des hôpitaux.Depuis, près de 2 000 mères ont accouché dans des maisons de naissance et près de 600 sont actuellement en suivi de grossesse.On ne suffit pas à la demande.Mais les sages-femmes sont-elles au bout de leurs peines ?On ne sait trop.Sans bavure jusqu'à maintenant, les projets-pilotes seront évalués en mars 1998.C'est alors que Québec décidera de leur légalité ou non.En parallèle, il y a la récente volte-face des médecins.Désireux que les sages-femmes s'intègrent finalement aux équipes périnatales dans les centres hospitaliers, le Collège des médecins s'apprête à déposer à l'Office des professions du Québec un projet de règlement en ce sens.Cette ouverture est la bienvenue.Mais cette récupération tardi- Claudette Tougas ve des sages-femmes pourrait-elle conduire, dans deux ans, à la fermeture des maisons de naissance ?Pourtant, un accouchement pratiqué en milieu hospitalier coûte 3 500 $ contre quelques centaines seulement dans les maisons de naissance.Et si plusieurs hôpitaux réussissent péniblement à donner congé à la mère, après 48 heures, le retour à la maison après 24 heures, lui, est déjà chose faite dans les maisons de naissance.Ironiquement, il se pourrait bien que ce soit l'argument économique qui fasse le poids dans ce débat, plutôt que les arguments médicaux et sociaux.Virage ambulatoire oblige.Pourtant, une majorité de Québécois ( 81 % ) appuient l'accouchement par des sages-femmes en dehors des centres hospitaliers ; 55 % des Québécoises le préféreraient si l'occasion leur en était offerte et 70 % des hommes disent qu'ils accepteraient que leur compagne accouche ainsi, selon un sondage SOM publié en 1993.Si un ministre s'est permis d'aller de l'avant avec les projets-pilotes, malgré l'opposition des médecins, c'est que la sécurité de la pratique des sages-femmes bien formées a déjà été abondamment démontrée par des recherches sérieuses, impliquant de 10 000 à 45 000 femmes, recherches publiées dans des revues médicales aussi prestigieuses que le New England Journal oj\"Médiane.Il y a aussi de fortes chances pour que la pratique des sages-femmes réduise le nombre de césariennes et autres interventions dont les conséquences sont extrêmement coûteuses.Ce qu'il reste à souhaiter, c'est que la volte-face du Collège des médecins soit respectée et que les médecins récalcitrants acceptent de collaborer avec les sages-femmes pour le bien-être des familles qui désirent cette forme d'accouchement.Sans bavure jusqu'à maintenant, les projets-pilotes seront réévalués en mars 1998.LA BOÎTE AUX LETTRES Repose en paix ! ¦ « Je ne t'ai pas connu et je ne suis jamais allée faire le plein à la station-service où tu travaillais.» Aujourd'hui, les médias parlent trop souvent des jeunes qui décrochent, se droguent ou commettent des actes criminels.Toi, Cari, tu étais au travail, cette nuit-là, et un geste crapuleux a mis fin à ta vie.Comme toi, la majorité des jeunes étudie, travaille tous les jours et lutte pour s'offrir un avenir meilleur.Ceux-là, on n'en parie pas! Si je prends le temps d'écrire ces quelques lignes, c'est pour réconforter tes parents qui vivent une perte difficile à combler.Quelle que soit l'intensité de votre souffrance, soyez fiers de ce fils qui avait « retroussé ses manches » et faisait face aux difficultés de la vie.Peut-être avait-il compris que « l'important, ce n'est pas de faire de grandes choses ; mais d'en faire des petites et de les faire en grand ».Il faut également pardonner à ceux qui ont usé de violence : leur punition sera le poids du remords quotidien.Malheureusement, nous vivons dans une société où les valeurs sont fortement ébranlées et plusieurs « prennent la ligne droite en ne voyant pas qu'elle est étroite et qu'il n'y a plus de place pour l'amour ».Je termine en m'adressant encore à tes parents pour leur dire que là où tu es, tu veilles et veilleras toujours sur eux.Repose en paix, MON GRAND ! Anne-Marie FORTIN Lavait rie Sheila Copps Les pirouettes de Sheila Copps ¦ La démission de Mme Sheila Copps relativement à la TPS constitue un geste qui est ou bien irresponsable ou bien illogique.Ou elle est fondamentalement d'accord avec le traitement fait à la TPS par son gouvernement ( les transformations annoncées sont finalement acceptables et constituent une application suffisante de la promesse contenue dans le Livre rouge du Parti libéral ), et, dans ce cas, sa démission constitue un manque de courage, une opération factice tenant davantage du maquillage que de la sincérité.Sans compter les sommes considérables nécessitées par la tenue d'une élection partielle.Ou bien alors, Mme Copps n'est vraiment pas d'accord avec les modifications à la TPS, qu'elle juge superficielles et insuffisantes, et alors, elle démissionne parce qu'elle ne peut plus, en toute conscience, faire partie de ce gouvernement.Mais, dans ce cas, le fait de se représenter constitue une contradiction évidente : elle quitterait un gouvernement où elle ne peut plus siéger pour des raisons.qui resteront après sa réélection ! Bref, l'interprétation de sa démission nous contraint d'y voir une bouffonnerie dispendieuse ou un exemple spectaculaire d'illogisme.Michel FRANKLAND Montréal L'union fait la force ¦ Certains demeurent encore amers d'avoir perdu le référendum.Pourtant, il y a tout lieu de croire, selon certaines rumeurs, qu'un succès aurait déclenché de la part du fédéral des hostilités semblables à celles que nous avons connues durant les événements d'Octobre 1970 et peut-être encore pire.Il faut donc se tourner vers une autre solution pour faire reconnaître le caractère distinct de la nation québécoise.Je sais que le Canada avait été pensé, au début, comme une union d'États indépendants, mais que cette idée avait été abandonnée par la suite pour faire place au système actuel constitué d'Etats dépendants à la merci d'un État fédéral.À mon humble avis, toute tentative que le Québec fera auprès d'Ottawa pour faire reconnaître sa spécificité est vouée à un échec certain.Sans être politicien et encore moins constitutionnaliste, je pense que la seule avenue qui semble raisonnable dans la situation actuelle serait que le gouvernement québécois initie un comité interprovincial dont le but avoué serait la redéfinition du Canada en accord avec les autres provinces et suivant l'idée que l'on s'était fait de sa constitution à l'origine.Je pense que cette démarche plairait non seulement à l'ensemble des Québécois mais ferait aussi son chemin dans les autres provinces qui ont la capacité de s'administrer financièrement de façon autonome.\u2022 Jean ROUSSEAU Trois-Rivières Des ténors antiséparatistes attendus depuis longtemps ¦ Félicitations aux auteurs et au-teures du texte titré « À la dévou-verte du Canada » ( La Presse, 1er mai ).Enfin des ténors antiséparatistes, attendus depuis longtemps.Bravo ! Quand on réfléchit aux dégâts causés à notre société par ces inventeurs de problèmes inutiles, on a envie de pleurer.C'est inimaginable ! Quel gaspillage d'énergies et d'enthousiasmes.Quels efforts herculéens de torsion et de trucage de faits.Par contre, quel déchaînement de frustrations dédaigneuses, sinon malignes, envers tout ce qui est différent.Et quels faiseurs de rêves trompeurs et simplistes.Est-ce que cela ne ressemble pas à un ou l'autre des faux utopismes qui sévissent dans le monde actuel ?Quel dommage que cela se produise chez nous aussi.Peut-être avons-nous eu les moyens de nous payer le luxe de nos souffrances.Mais, le coffre étant presque vide, j'emprunte une phrase de Goethe : « Arrêtez ce jeu cruel.» H.H.Langshur Saint-Lambert Richard Séguin Bravo à Richard Séguin ! ¦ On a déjà dit que, pour un chanteur ou une chanteuse, l'important c'est de pouvoir durer longtemps.Depuis plus de vingt ans, tu combles ton public avec tes chansons et ta musique.Jeunes et moins jeunes, réunis dans une même salle, trouvent à travers tes spectacles l'énergie et la joie dont ils ont besoin.Tu viens de terminer avec ta supplémentaire du 27 avril, 8 soirs au Spectrum.Peu d'artistes peuvent se vanter de tant de popularité.Encore une fois, merci à toute l'équipe.Longue vie à ta tournée D'instinct, qui se continue à travers le Québec.Anne MONGEON fie Bizard N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dam ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boîte aux lettres.La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2YIK9.f LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 8 MAI 1996 Opinions Autochtones: la «job de bras» des « historiens-politiciens » BERNARD CLEARY M on mutais de Mashteulatsh ( Pointe-Bleue ), l'auteur dirige présentement sa propre firme-conseil Le Groupe Cleary, et négocie pour plusieurs nations autochtones avec les gouvernements du Canada et du Québec.Après avoir quasiment ignoré les Indigènes dans leurs ouvrages sur l'histoire du Canada, croyant simplement qu'ils disparaîtraient à tout jamais, à cause de l'infériorité de la race dite sauvage, « dans le sillon tout tracé de la marche de l'Humanité » et deviendraient de la matière à l'anthropologie, voilà que certains historiens, de la chapelle des plus politiciens que scientifiques, MM.Denis Vaugeois, Maurice Râtelle, Michel Gaumond et Russel Bouchard, reprennent la « job » manquéc.Ils attaquent tous azimuts, au cours d'une période politique pour le moins bien choisie, les fondements des droits ancestraux, ou issus de traités, reconnus par la Constitution canadienne, et l'existence même des nations autochtones par la thèse insipide et raciste de la pureté du sang.Ces attaques en bas de la ceinture, bien orchestrées par Denis Vaugeois et compagnie avec certains journalistes renommés pour prendre docilement la dictée, n'ont qu'un objectif: démontrer que les gouvernements ne doivent pas s'occuper des droits ancestraux des Autochtones, « qui créent deux sortes de citoyens », et affaiblir les revendications territoriales au nom d'une menace potentielle à l'intégrité du territoire québécois.Il reste maintenant à savoir si le gouvernement du Québec, par le truchement du ministère de la Justice, qui ne veut surtout pas reconnaître de droits aux Autochtones et qui n'a pas encore digéré son échec devant la Cour suprême du Canada dans le cas de la reconnaissance du Traité Murray, n'est pas de mèche avec ces fomenteurs de troubles.Une chose est certaine, les réactions de Guy Chevrette, ministre responsable du secrétariat aux Affaires autochtones, en utilisant le contenu d'études « passées date » pour tenter de limiter « l'appétit gargantuesque » des Montagnais et des Atikamekw, la tolérance inhabituelle du gouvernement en permettant aux historiens de service.Râtelle et Gaumond, de faire de la politique par leurs commentaires et le fait de ne pas se dissocier clairement de ce « grenouillage historique » tendent à démontrer que le gouvernement du Québec est au moins d'accord avec ce qui s'écrit et se dit présentement.Subterfuge de l'historien .Denis Vaugeois, le plus illustre La fleur de lys d'un Québec indépendant ou la feuille d'érable d'un Canada uni ne pourra jamais s'épanouir à l'ombre d'un éventuel mausolée des cultures autochtones.de ces historiens-politiciens, dans son dernier livre, La fin des alliances franco-indiennes, souligne candidement : « II était normal pour les historiens d'étudier le rôle des puissances européennes dans le « Nouveau Monde », d'observer la naissance des nations nouvelles.Les anthropologues, se disaient-ils, pourraient toujours étudier la disparition des populations indigènes.Chacun son métier ! Très tôt, les Indiens ont cessé d'intéresser les historiens.» Comment se fait-il donc qu'aujourd'hui, par un virage inexplicable à 180 degrés, cet historien est si intéressé par les Indiens ?Il consacre un volume entier, avec tout le battage publicitaire nécessaire pour le rendre populaire, à la validité du Traité Murray, un élément pour le moins anodin dans l'ensemble de l'histoire et des relations des Autochtones avec les premiers Européens.L'histoire n'est-elle pas plutôt l'artifice qui permet au politicien branché de tenter d'anéantir la valeur des droits ancestraux des Autochtones ?C'est d'ailleurs ce que tend à démontrer le texte publicitaire de l'endos de son volume qui donne le ton de ses propos : « Les Indiens se sont ainsi forgé une redoutable arme juridique ( la Loi constitutionnelle de 1982 ) qui semble menacer les fondements mêmes de nos sociétés et qui laisse parfois l'impression qu'il y a deux catégories de citoyens : les uns soumis aux lois provinciales et à l'obligation de payer des taxes, les autres non.» C'est ce même personnage sup-posément crédible qui, pour détruire la valeur du Traité Murray, s'en prend d'une manière totalement irresponsable à la Cour suprême du Canada, le fondement de la Justice canadienne.Il porte alors un dur coup à la base même de « sa » société de droit pour l'offrir à l'autel de ses détracteurs.Vaugeois veut convaincre ses lecteurs que les neuf juges de la Cour suprême du Canada, unanimement, et deux juges sur trois de la Cour d'appel, soit 11 juges sur 13, après une étude détaillée de la preuve extrinsèque, ont erré en reconnaissant que le prétendu sauf-conduit avait valeur de traité au sens de l'article 88 de la Loi sur les Indiens.Entre parenthèses, les juges savaient que la copie originale mentionnait le mot « garnisons » et non pas « Anglais ».Us ont simplement déduit qu'il y avait eu une erreur de retranscription en non pas qu'on avait voulu tronquer le document.Avec une logique implacable, ils ont cru qu'en 1760, les seuls Anglais au Canada, représentants de la Couronne britannique, étaient membres des garnisons.Vous admettrez sans doute avec moi que ça fait plusieurs incompétents, ou malhonnêtes, et non les moindres, dans l'appareil judiciaire québécois et canadien ; ce qui n'est pas pour impressionner monsieur-tout-le-monde qui a plutôt tendance, ces temps-ci, à croire que la justice n'existe pas.Comme rien ne semble vouloir arrêter l'historien-politicien d'atteindre son but, il biaise impunément les faits actuels en ne trouvant pas une seule ligne dans son volume pour mentionner que la Cour suprême du Canada a rendu un jugement unanime.Il s'époumone plutôt à souligner, et cela à plusieurs reprises, qu'il s'agit du jugement du juge Antonio Lamer, qu'il tente de discréditer en affirmant qu'il voulait, pour être nommé juge en chef, plaire au juge Dickson.Ce dernier est frappé d'anathème par Denis Vaugeois parce qu'il a osé prétendre que les traités anciens devaient être interprétés de façon généreuse et libérale.(.) Potineur de l'histoire régionale Ayant flairé que l'occasion était belle pour vendre des livres, pour un auteur aimant la controverse et un polémiste qui cracherait son venin sur les Autochtones, à ce moment-ci, l'historien saguenéen Russel Bouchard a repris les potins anodins de l'histoire régionale du Royaume et certains thèmes racistes de ses livres précédents.Il a ensuite repiqué d'autres historiens plus crédibles des ingrédients nécessaires à sa recette.Enfin, ce cuisinier amateur a ajouté les épices de son cru qui sont son obsession quasi maladive de la pureté du sang, des mariages autochtones in-temations et du métissage avec les Québécois( es ).Tout ça a donné sa propre tourtière saguenéenne, de la préhistoire au début du XVIIIe siècle, une hypothèse farfelue qui a fait sourire plus d'un historien, ou anthropolo- Bernard Cleary gue sérieux, sous le titre très original : Le dentier des Montagnais.L'exagération, au goût démesurément trop piquant de ses propres épices, a malheureusement gâté toute sa recette.Le point de vue de Russel Bouchard, exprimé clairement en conclusion de son livre, est évident : détruire, par l'analyse du sang, toute velléité de revendications territoriales des leaders autochtones contemporains puisqu'il ne serait plus possible, depuis 1845, selon les recenseurs du Bas-Canada qui lui servent de faire-valoir pour son hypothèse, d'y trouver « un seul Sauvage pur sang », comme on le dit pour les animaux.Ce chercheur « perspicace » devrait savoir que « les sauvages pur sang », des nomades, étaient souvent dans le bois quand les recenseurs du Bas Canada faisaient leur recensement dans les villes et villages.Plus encore, les gouvernements du Canada et du Québec ont évalué sérieusement, en 1979, la valeur de ces revendications.Après avoir constaté une occupation continue du territoire ancestral par les Montagnais, sans extinction de leurs droits ancestraux et territoriaux, par traité ou conquête, ils les ont acceptées.(.) Nouvelles tactiques Malheureusement pour eux et heureusement pour nous, les Indiens ne sont pas disparus et ils sont de plus en plus convaincus que leurs droits ancestraux ont de la valeur.La tactique de la nouvelle vague d'historiens-politiciens, voyant que les Autochtones sont de plus en plus embarrassants, serait-elle maintenant de détruire la force de leurs droits ancestraux en enle- Denis Vaugeois vant toute valeur aux miettes que leur a laissées l'histoire « tripotée » par certains d'entre eux ?Même si le défi est de taille, les gouvernements ne peuvent plus traîner, comme un boulet au pied, les réclamations non solutionnées des Autochtones.L'avenir n'est donc pas dans l'opposition stérile, mais dans le partenariat constructif, respectueux des intérêts légitimes de chacun, comme l'ont constaté récemment les participants au Forum paritaire Québécois-Autochtones.Ces représentants des forces vives du Québec étaient loin du scénario rocambolesque de Denis Vaugeois qui veut que « l'arme juridique des Autochtones », l'article 35 de la Constitution canadienne, est ou sera utilisée pour ébranler « les fondements de nos sociétés ».Ben voyons donc, cessons toutes ces folies apocalyptiques de bonshommes-sept-heures.Je considère sincèrement que Denis Vaugeois, Russel Bouchard et les autres ont agi avec irresponsabilité en utilisant l'histoire, qui a déjà passablement amoché les Autochtones, pour faire de la politique contre ces derniers pendant cette période troublée et négative face à toute reconnaissance normale des droits des premières nations.Cette inconséquence risque de produire des résultats néfastes qui seront déterminants pour l'avenir de notre société moderne.Je tiens aussi à mentionner que je demeure malgré tout convaincu, puisque nous sommes encore là aujourd'hui pour en témoigner, que la fleur de lys d'un Québec indépendant ou la feuille d'érable d'un Canada uni ne pourra jamais s'épanouir à l'ombre d'un éventuel mausolée des cultures autochtones.(.) Pour que naisse l'égalité.Un projet de loi en apparence anodin pour les Québécois Contrats secrets d'Hydro: qu'attend Guy Chevrette ?RÉ AL MENARD L'auteur est député fédéral d'Hochelaga-Maisonneuve pour le Bloc québécois et critique en matière de droits de la personne.Avec le projet de loi C-33, la question de l'interdiction de discriminer sur la base de l'orientation sexuelle refait surface aux Communes, et le projet du ministre de la Justice promet de déclencher les passions, notamment au Canada anglais.Le lundi 29 avril dernier, le ministre Allan Rock déposait le projet de loi C-33.Ce projet de loi modifie la Loi canadienne sur les droits de la personne afin d'y inclure un 11e motif de distinction illicite, l'orientation sexuelle.Bref, si les Communes adoptent ce projet de loi, la discrimination basée sur l'orientation sexuelle sera interdite dans l'appareil fédéral.Ce projet de loi, en apparence anodin pour les Québécois, a un grand potentiel de controverse au Canada anglais, et je veux tenter d'expliquer cette situation.D'abord, la Loi canadienne sur les droits de la personne ( LCDP ), à la différence de la Charte canadienne des droits et libertés, n'a pas un caractère constitutionnel : c'est une loi organique, semblable dans sa portée à l'ensemble des lois adoptées au Parlement.La LCDP stipule deux choses : 1 ) interdiction à tout employeur ou fournisseur de services relevant de compé- tence fédérale d'établir des distinctions illicites fondées sur l'un ou l'autre des dix motifs suivants : race, origine nationale ou ethnique, couleur, religion, âge, sexe, état matrimonial, situation de la famille, l'état de la personne graciée ainsi que la déficience physique ou mentale.L'on comprend donc que l'essentiel, la quintessence du projet de loi C-33 est d'ajouter un onzième motif à cette liste, en l'occurrence l'orientation sexuelle.La LCDP définit la discrimination comme « le fait de réserver à quelqu'un un traitement différent, négatif ou défavorable, sans raison valable ».Il importe de préciser que la LCDP s'applique uniquement aux organismes suivants : ministères fédéraux, organismes et sociétés d'État fédéraux.Société canadienne des postes, banques à charte, compagnies aériennes nationales, compagnies de télécommunications et de téléphone interprovinciales, compagnies de transport interprovincial.Cette liste d'organismes représente au demeurant le dixième de la population active canadienne.Ces mises au point didactiques étant faites, il importe de comprendre pourquoi la question de l'orientation sexuelle refait surface aux Communes.Le débat qui sévit aux Communes aujourd'hui n'est certes pas étranger à l'adoption par le Canada, en 1982, de la Charte canadienne des droits et libertés, et de l'entrée en vigueur ultérieure, soit, en 1985, de l'article 15, portant sur les droits à l'égalité.Voyons tout ceci de plus près : rappelons tout d'abord que l'on avait tenté, lors de la rédaction de la Charte, d'ajouter l'orientation sexuelle à la liste des motifs de discrimination, mais que le ministre de la Justice de l'époque, Jean Chrétien, s'y était opposé.Toujours est-il que l'article 15 est libellé de façon à ne pas limiter le nombre de motifs à la discrimination : « La Loi ne fait exception de personne et s'applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l'âge ou les déficiences mentales ou physiques.» Dans les faits, les tribunaux ont accepté que l'article soit interprété de façon large et que des motifs analogues ou d'autres caractéristiques qui fondent des actes discriminatoires contre un groupe ou un individu soient retenus.(.) Le Québec a été la première province à inclure dans sa Charte la non-discrimination sur la base de l'orientation sexuelle.Qui peut affirmer que la famille s'y porte moins bien qu'ailleurs au pays?En quoi un onzième motif illicite de discrimination va-t-il brimer nos concitoyens qui, eux, ont choisi de propos délibéré de fonder une famille dite traditionnelle.La famille, certes, est en mutation.Cependant, un fait demeure : aucun gouvernement ne pourra édulcorer l'intensité des liens familiaux à condition que trois éléments soient présents dans une famille, soit le goût de s'aimer, le goût de se protéger et le goût de se secourir.Pour le reste, tout est possible.N'en déplaise aux Réformistes.ROBERT LIBMAN L'auteur est l'ancien chef du Parti égalité.Il est actuellement directeur général de B 'nai Brith Canada pour la région du Québec.Grâce à l'immunité parlementaire, j'ai eu l'occasion, il y a cinq ans, de dévoiler à l'Assemblée nationale un scandale concernant 13 contrats à partage de risques entre Hydro-Québec et certaines usines métallurgiques.Quand un de ces contrats, conclu entre notre plus grande société d'État et Norsk-Hydro, une entreprise métallurgique de magnésium norvégienne, est tombé entre les mains de journalistes au Québec, le gouvernement libéral a imposé une injonction contre les médias du Québec, interdisant ainsi la publication du contenu de ce contrat.Les détails de cet accord étaient déjà connus à Boston, en Australie et en Norvège, et paraissaient dans leurs journaux.J'avais révélé, à l'époque, qu'Hydro-Québec avait vendu son électricité à Norsk-Hydro à un prix ridiculement bas, en dessous du coût de production, pour les deux premières années du contrat.Hydro-Québec n'avait aucune garantie qu'elle pourrait récupérer ces pertes au cours de la durée du contrat.Les pertes s'élevaient à 160 millions par année et provenaient directement de la poche des actionnaires d'Hydro-Québec, soit M.et Mme tout-le-monde, les contribuables.C'était un contrat à partage de risques où le prix de l'électricité était lié au prix mondial du métal fabriqué.Dans une étude faite à l'Université Laval, on a calculé que quatre de ces contrats avec des usines d'aluminium coûteraient aux contribuables 7,5 milliards de dollars sur la durée ( 25 ans ) des contrats.Une des répercussions de ce scandale fut une décision prise par le Département du Commerce des États-Unis.Selon ce dernier, ces tarifs préférentiels constituaient une subvention et il en résultait une violation du traité de libre-échange avec les États-Unis.En conséquence, l'exportation de magnésium aux États-Unis par Norsk fut l'objet de tarifs compensatoires et on a donc forcé la compagnie à renégocier son contrat avec Hydro-Québec, en éliminant la subvention, ce qui a fait économiser des centaines de millions de dollars aux contribuables.Malheureusement, 12 contrats restent encore secrets.Guy Chevrette, à l'époque critique de l'opposition dans le domaine de l'Énergie, a poursuivi ce dossier avec toute la détermination dont lui seul est capable.Il a tenté, à plusieurs reprises, de pousser le gouvernement et Hydro-Québec à rendre publics les autres contrats et à les renégocier.(.) Maintenant que M.Chevrette a une occasion unique de faire ce qu'il réclamait dans l'opposition, qu'est-ce qu'il attend ?Les bénéfices fiscaux pour les Québécois sont clairs.S'il peut forcer Hydro à renégocier ces contrats, on pourra voir le jour où, au lieu d'une hausse des tarifs de l'électricité, il sera plausible que les Québécois en connaissent une baisse. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 8 MAI 1996 Arts et spectacles Le temps des boîtes à chansons revît en cinq spectacles gratuits MARIE-CHRISTINE BUIS collaboration spéciale « C'est un très, très beau soir, hein ?» a lancé Clémence à tous ceux réunis dans le grenier de l'Auberge du Vieux-Saint-Gabriel, lundi soir, alors qu'on y annonçait la production d'une série de dix émissions consacrées aux boîtes à chansons, diffusées l'an prochain à Canal D, mais enregistrées ce mois-ci, au cours de cinq spectacles ouverts au public les 14, 15, 21, 22 et 23 mai prochains au Spectrum.C'était effectivement un très beau soir parce qu'ils étaient tous là, Claude Léveillée, Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Clairette, Marie Savard, Monique Mi-ville-Deschênes, Hervé Brousseau, André Gagnon, Guy Godin, Marc Gélinas, Clémence, Jean-Guy Mo-reau, Pierre Létoumeau, Pierre Calvé, Raymond Lévesque, André Le-jeune, Claude Dubois, Marc Gélinas, Jacqueline Lemay, Raoul Duguay, mais aussi Gilles Matthieu, l'homme qui a donné son nom à la mythique Butte à Matthieu, à Val-David, et Percival Bloomfield qui, lui, ouvrait le fameux Patriote en 1964, rue Sainte-Catherine.Ils étaient tous là, comme dans une soirée de retrouvailles d'anciens étudiants, à se tirer la pipe, à s'interpeller, à se chicaner sur qui avait découvert qui en premier, à confirmer qu'un tel était amoureux d'une telle, à évoquer des moments drôles ou clés de ce phénomène que furent les boîtes à chansons, éphémère creuset où allait naître, entre 1961 et 1967, une de nos richesses naturelles les plus cotées encore à ce jour : la chanson québécoise. Ol ! ni ! \\; | | f; M.I l\\ l.l - ! : I »- K' ||m\\|\\-|.1 | KVMK » *N : 1 I 1 1 ! i - f ! i'IM! \u2014I !.\u2022 - - IIK j ,1 ' i.i km 11\\i»f>ks;if;;!.1 \\| \\\\! \u2022 nos o
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