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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1996-05-04, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, samedi 4 mai 1996 Plus La Presse ****** Richard Barnabe» cet ancien chauffeur de taxi qui vivait dans un était neurovégétatif depuis son arrestation le 14 décembre 1993, est probablement mort d'une hémorragie digestive liée à un ulcère d'estomac.Il faudra cependant attendre les résultats de l'autopsie pour connaître la cause exacte de son décès.Barnabe La mort de la victime, presque trois ans après les événements, n'aura aucun effet juridique YVES BOISVERT La mort de Richard Barnabe n'aura aucun effet ju ridique.Sur le plan de la justice criminelle, d'abord, pour que la mort ait un impact quelconque sur les accusations, il aurait fallu qu'elle survienne au plus tard un an après les événements.Le Code criminel prévoit en effet qu'aucune accusation d'homicide involontaire ou de négligence criminelle causant la mort ( et encore moins de meurtre ) ne peut être portée contre quelqu'un si la victime décède plus d'un an après « le dernier fait » attribuable à l'accusé.C'est le 14 décembre 1993 que Richard Barnabe a subi des blessures graves en étant maîtrisé par six policiers de la CUM, au poste 44, dans le Nord de la ville.En sortant sur une civière de la cellule, Richard Barnabe était dans le coma.Il n'en est jamais sorti.Les six agents ont été accusés de voies de lait causant des lésions corporelles.Karl Anderson, un des six, a été libéré à l'enquête préliminaire, faute de preuve.Le juge a ajouté une accusation de voies de fait graves contre chaque accusé.À partir du 14 décembre 1994, les policiers ne pouvaient faire l'objet d'une accusation plus grave.Si M.Barnabe était mort dans l'année qui a suivi son arrestation, les avocats de la Couronne auraient peut-être juge qu'il n'y avait pas lieu de modifier les accusations dans les circonstances.La mort aurait pu, très théoriquement, changer quelque chose dans le dossier civil.Mais la famille, qui a déposé une poursuite en dommages-intérêts contre le Service de police de la CUM et les policiers impliques dans l'arrestation, a réglé l'affaire à l'amiable après le procès criminel, l'an dernier, pour un montant de 215 000 $.La condamnation criminelle de quatre des cinq policiers accusés tlevant jury a été portée en appel.Mais la mort de M.Barnabe ne changera rien à l'affaire là non plus : il s'agit pour la Cour d'appel.probablement pas avani l'automne prochain, d'examiner si le procès des policiers s'est déroulé selon les normes, et de confirmer ou d'infirmer les condamnations.Reste le dossier disciplinaire des policiers : tant à l'interne, au SPCUM, que devant le commissaire à la déontologie policière du Québec.Ces deux procédures n'auront pas lieu avant la décision de là Cour d'appel.Que la victime soit « vraimen) moite » plutôt que « cérébrale ment », ne changera sans doute rien à l'analyse qu'on fera du travail policier.Barnabe serait mort d'une hémorragie MARIE-CLAUDE LORTIE \"\"W^ * faudra attendre l'autopsie pour connaître les causes H précises du décès de Ri-1 chard Barnabe, survenu jeudi à 23 h 30.Mais avcc la CUM et son service de police sa poursuite civile.I * juillet 1995.Les agenis Pierre Bergeron et Louis Samson sont condamnes a 90 jours de prison et André Lapointe à 60 jours, peines qui peuvent être purgées les week-ends.Michel Vadeboncoeur est condamné à 180 heures de travaux communautaires.Les policiers annoncent qu'ils vont en appeler du verdict.\u2014 17 juillet 1995.Le directeur du SPCUM déclare que les policiers resteront suspendus sans solde.\u2014 19 juillet 1995.Le commissaire à la déontologie policière, Fernand Côté, décide de traduire les quatre policiers reconnus coupables devant le Comité de déontologie.\u2014 16 octobre 1995.La Cour d'appel accepte d'entendre les policiers.\u2014 16 mars 1996.Un groupe de défense des citoyens réclame l'ouverture d'un procès contre le policier Karl Anderson, libéré lors de l'enquête préliminaire du procès de ses cinq collègues.\u2014 2 mai 1996.Richard Barnabe meurt.1 B 2 I.A PRISSE, MON I Kl AI s \\MW)I I MAI Editorial Paul Dismakais président ou conseil d'administration Roger D.Landry présidi nt i t i:dit1:uk Claude Masson » mwvh a moi nt Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc ! MTOKIALISTE EN Clll I Un autre faux pas de M.Chrétien Alain Dubuc Frédéric Wagnière e premier ministre du Canada, M.Jean Chrétien, jouera un rôle stratégique dans le débat sur l'avenir du Québec et du Canada.C'est lui qui, de par ses fonctions, exerce le plus grand contrôle sur les paramètres qui détermineront l'évolution du Canada dans les prochaines années et, par voie de conséquence, le choix québécois.Si la souveraineté reste très populaire, selon les sondages, la dynamique interne de la vie politique québécoise ne mène en effet pas spontanément vers la souveraineté, parce que les priorités des citoyens, ici comme ailleurs, portent sur l'emploi et la crise des finances publiques, mais aussi parce qu'ils préfèrent \u2014 et de loin \u2014, dans une proportion de deux pour un, une réforme du Canada à l'indépendance.Le seul facteur qui peut faire basculer les Québécois vers la souveraineté, c'est l'attitude du Canada anglais, soit par son refus de changer, soit par des messages qui peuvent être interprètes comme une forme de rejet.Et M.Chrétien est la clé de voûte de cette réponse canadienne.Mais jusqu'ici, sa contribution au débat national a invariablement eu pour effet de fournir aux forces souverainistes les arguments dont elles ont besoin pour illustrer la rigidité fédérale et son incompréhension de la dynamique québécoise.Cette semaine, c'est encore une fois la cause de la souveraineté que le premier ministre canadien a servie en évoquant, de façon très sérieuse, la possibilité que son gouvernement intervienne dans la cause de l'avocat Guy Bertrand qui veut faire reconnaître par les tribunaux Si les Expos ne revenaient pas ?près un mois d'avril fulgurant, les Expos sont sur la même lancée qui les a menés au sommet du baseball majeur, au moment de la grève, il y a deux ans.D'aucuns espèrent déjà les voir continuer leurs prouesses jusqu'en octobre, et même.¦m Mais les Expos sont aussi un des cas douloureux du baseball majeur.Seules deux autres équipes valent moins que les 68 millions de dollars américains que représentent les Expos.L'année dernière, ce chiffre a baissé de 11 %, alors que la valeur des Brèves d'Atlanta augmentait de 36 %, pour atteindre 163 millions.Seul un miracle peut garder les deux équipes dans la même ligue.Mais le miracle ne durera pas si les millions des équipes riches finissent par saper les efforts des équipes formées de jeunes aux talents méconnus, qui n'ont pas encore fait leurs preuves.Ces jeunes jouent parfois comme des multimillionnaires pendant une ou deux saisons, puis ils sont happés par les équipes capables de satisfaire leurs prétentions salariales.Cette situation malsaine pourrait faire du tort à l'ensemble du baseball.Que feront les amateurs le jour où une demi-douzaine d'équipes monopoliseront les meilleurs joueurs et joueront presque toute la saison contre des équipes vastement inférieures.Les propriétaires ont pris cette question au sérieux et ont accepié un plan de partage des revenus qui pourrait valoir plus de cinq millions par année aux Expos pour les joueurs.Avec une telle augmentation du budget, les Expos pourraient de lemps à autre se payer les services d'un Larry Walker ou d'un Marquis Grissom, bien après qu'ils aient commencé à éblouir le monde.Cette proposition est actuellement l'objet de négociations avec les joueurs.Ils ne l'ont pas encore acceptée parce qu'elle est liée à une pénalisation des salaires très élevés.Si elle était rejetée, les Expos seraient contraints un jour de prendre des moyens extrêmes pour augmenter leurs revenus, le moyen le plus extrême étant le déménagement dans une ville plus disposée à payer les coûts d'une équipe.Montréal n'est pas une ville typique de baseball.Les amateurs sportifs sont avant tout dévoués au Canadien.On le voit chaque année : il faut attendre la fin du hockey à Montréal pour que le Stade olympique se remplisse enfin.Et, si les Montréalais restent fidèles au Canadien par vents et marées, ils ne sont des mordus des Expos que quand ils gagnent.Il faut dire que le Stade n'a rien pour attirer ceux qui hésitent.Il est mal conçu pour le baseball, ayant été construit pour l'athlétisme et accueillant une série de manifestations disparates, des salons nautiques à l'opéra lyrique.Depuis que quelqu'un en a fermé le toit et perdu la dé, il est devenu excessivement bruyant et étouffant.Bref, les Expos devront avoir leur propre stade de baseball.On remarque, du reste, que les équipes les mieux nanties sont celles qui disposent des meilleurs stades, à des termes attrayants.On pense que cette tendance s'accentuera à l'avenir, car les revenus de la télévision ne peuvent plus augmenter très rapidement.Les spectateurs redeviennent une importante source de revenus additionnels, grâce aux loges luxueuses et à toutes les concessions qui font que le prix d'admission au stade est souvent la moindre des dépenses.Les propriétaires des Expos sont Confiants que l'équipe sera encore à Montréal en l'an 2000 grâce au partage des revenus.Avec un nouveau stade, leut avenir est encore plus sûr.Mais ni le partage des revenus ni un nouveau Stade ne peuvent sauver le baseball majeur à Montréal, s'il n'y a pas des amateurs fidèles.Il ne faut pas seulement les soutenir quand ils gagnent, il faut surtout les admirer parce qu'ils jouent comme des champions.Sinon les Montréalais apprendront un jour que leurs Expos, partis dans le Sud pour l'hiver, ne sont pas revenus au printemps.l'illégalité du référendum parce que la sécession est inconstitutionnelle.Nous ne savons pas ce que le gouvernement fédéral a en tête.Les propos du premier ministre et ceux de son ministre de la Justice, M.Allan Rock, indiquent qu'ils envisagent une participation à ce procès, mais que leur décision n'est pas arrêtée, que la nature de leur participation n'est pas définie et, surtout, qu'ils ne savent pas la position qu'ils y défendraient.Heureusement, le ministre Rock a précisé, hier après-midi, que le gouvernement n'avait pas l'intention d'épouser la croisade de M.Bertrand.Mais l'intervention gouvernementale reste marquée par le flou et l'indécision.Et c'est ça le problème.Déjà, le dommage a été fait.M.Chrétien a réussi, encore une fois, à susciter l'unanimité contre lui d'une très grande majorité des Québécois, peu importe leurs opinions politiques, et à rallier Lucien Bouchard et Daniel Johnson.Et cette unanimité n'est pas un de ces réflexes conditionnés dont le nationalisme québécois est friand.La cause de Me Bertrand soulève en effet un enjeu fondamental : celui du droit des peuples à l'autodétermination, incontournable pour une majorité de Québécois et pour les esprits éclairés du reste du Canada, que le gouvernement fédéral a reconnu de facto en acceptant deux fois le verdict d'un référendum.Il est vrai que la Constitution canadienne ne prévoit pas le droit à la sécession.Nous sommes ainsi devant un cas où le Canada, parce qu'il a les yeux fixés sur son nombril constitutionnel, se retrouverait à bafouer l'un des droits les plus fondamentaux, droit reconnu partout à travers le monde.On doit comprendre l'objectif du gouvernement fédéral, exprimé dans le Discours du trône, qui veut que les autres Canadiens puissent avoir voix au chapitre sur l'avenir du Québec et du Canada.Il y a déjà deux avenues qui permettraient aux autres Canadiens de participer de Montréal n'est pas une ville typique de baseball.façon significative à ce processus : d'abord, en ayant leur mot à dire dans le processus de changement du Canada, ou encore, si le Québec se sépare, en définissant les termes de la sécession, c'est-à-dire l'attitude canadienne face à un Québec souverain.Mais l'idée que le Canada puisse résoudre le problème en soumettant le projet de la souveraineté au bon vouloir de la majorité anglo-canadienne constituerait un non-sens politique et un recul grave pour l'idée que les Canadiens se font d'eux-mêmes.Au-delà de cette question de principe, ce qui frappe dans ce nouvel épisode de la saga canado-québécoise, c'est que l'improvisation domine encore la stratégie canadienne.Il n'y a pas de plan de match, mais un ensemble de trucs tactiques.Il est clair que, dans ce dossier, le gouvernement fédéral est coincé entre le Québec et le reste du Canada, ce qui le mène à zigzaguer depuis des mois.D'où des messages imprécis et équivoques, parfois même contradictoires, pour tester le terrain et évaluer les réactions, avec le résultat prévisible que l'on déplaît à tout le monde.Mais il ressort clairement de cette aventure que, pour assurer la survie du pays qu'il dirige, le gouvernement de M.Chrétien n'a pas de stratégie, de pensée et de direction.Ce ne sont pas des « actes de Dieu » qui menacent le plus l'unité canadienne, mais plutôt les actes des hommes.Ce qui frappe dans ce nouvel épisode de la saga canado-québécoise, c'est que l'improvisation domine encore la stratégie canadienne.QUOÏ1 u coiôtotOE.WeLsovj T^ESTE LA L -oo QO'EST-CE QUE OE ï&S AVEC LA STATUE 7 -1'mm LA PRESSE ET VOUS L'affaire Richard Barnabe On aura rarement vu une affaire \u2014 comme celle de Richard Barnabe\u2014 émouvoir autant l'opinion publique et susciter un aussi grand intérêt dans les médias.De la nuit tragique du 13 au 14 décembre 1993 à celle d'avant-hier, soit en deux ans et quatre mois, La Presse seulement a publié plus de 270 articles portant sur tous les aspects entourant le regrettable drame vécu par ce chauffeur de taxi récalcitrant qui a subi, de la part de quatre policiers du Service de police de la CUM, des voies de fait ayant causé des lésions corporelles.Il aura vécu durant 28 mois dans un étal neurovégétatif avant de mourir.La condamnation des policiers Pierre Bergeron, André Lapointe, Louis Samson et Michel Vadebon-coeur a été portée en appel.De son côté, la policière Manon Cadotte a été acquittée et elle a repris du service après une période de repos.Aujourd'hui, il faut avoir une pensée pour les membres de la famille de Richard Barnabe qui ont vécu jour après jour cette longue agonie.Du début jusqu'au dénouement de ce triste événement aux mille et une péripéties, La Presse a ete étroitement liée à ce drame.Ainsi, dans nos numéros du 30 avril et du 1er mai 1994.nous avons publié en exclusivité les principaux faits et les principales conclusions contenues dans le rapport de police préparé sur l'incident, ce qui nous a valu une ordonnance d'injonction interlocutoire, suivie d'une ordonnance de sauvegarde, pour nous interdire de publier toute information provenant des déclarations faites aux enquêteurs de la Sûreté du Québec par les cinq policiers impliqués dans l'affaire Barnabe.De toute évidence, l'affaire Barnabe était et demeure un sujet d'intérêt public.Un cas de brutalité policière.Un cas de bavure policière majeure.Il était essentiel que les médias cherchent à connaître et à révéler tous les faits survenus, de la première à la dernière minute de cette triste nuit.Cet élément « d'intérêt public » est la raison fondamentale qui justifie les médias de rapporter tel ou tel événement, tel ou tel fait, telle ou telle cause à leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs.Bien sûr, rapporter les faits et circonstances qui ont mené à l'arrestation, à l'hospitalisation et à la mort à petit feu de Richard Barnabe ternit l'image et la réputation d'un corps de police auprès de la population et affecte grandement le moral des troupes.Les médias doivent constamment s'interroger sur leur rôle.Deviennent-ils parfois, par leurs paroles ou par leurs écrits, des instruments de « destruction » des institutions publiques qui sont chargées de gérer, de contrôler les abus d'une minorité de citoyens dans une société?Il est tou- jours délicat d'attaquer, de nuire, de discréditer un service de police, d'amenuiser la confiance du public à l'égard de ceux qui sont chargés de maintenir la paix et la sécurité dans une ville ou dans un État.En révélant, comme il a été fait dans l'affaire Barnabe, les « bavures policières », les médias contribuent, au contraire, à apporter les correctifs face aux abus commis peu des policiers.D'ailleurs, depuis l'affaire Barnabe, la direction du Service de police de la CUM a pris des mesures appropriées et diverses enquêtes et comités d'étude ont et continuent de suggérer des améliorations quant aux attitudes et au comportement que doivent avoir les policiers dans des situations particulièrement difficiles.Il est salutaire que, dans une société ouverte et transparente comme la nôtre, les exagérations et les abus de policiers ou de tous autres personnages qui exercent des fonctions d'auio-rité publique soient étalés au grand jour.C'est un signe de santé démocratique.C'est le meilleur moyen d'améliorer constamment la qualité des rapports entre gouvernants \u2014de tous niveaux et de toutes catégories \u2014 et gouvernés, la qualité des relations entre les citoyens et les gens qui exercent une forme ou l'autre de pouvoir public.t Claude MASSON Editeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 MM l96 Opinions B 3 Déficit et emploi : deux problèmes qui ne sont pas juste économiques JEAN-LUC LANDRY L'auteur est président de Bolton-Tremblay: Il est également président désigné de l'Association des économistes du Québec, l'ASDEQ.Le gouvernement du Québec n'a pas balancé son budget une seule année, depuis vingt-cinq ans.Le taux de chômage au Québec n'a pas baissé en bas de 9 %, depuis vingt ans, et il a toujours été plus élevé qu'en Ontario et beaucoup plus élevé qu'aux États-Unis.L'énoncé de ces deux faits n'est pas une coïncidence : les deux phénomènes sont reliés.Ils représentent le résultat de choix de société que nous avons faits depuis longtemps, choix qui ont contribué à nous appauvrir collectivement et qui vont continuer à le faire si nous ne donnons pas un coup de barre important.Le chômage endémique au Québec n'est pas seulement un phénomène économique mais la manifestation d'une crise de société que nos leaders n'ont pas su résorber.Dans bien des cas, ils ont contribué i l'exacerber.Qui sont-ils, ces leaders ?Ce ne sont pas seulement les politiciens.Il s'agit aussi des universitaires, des gens d'affaires, des syndicats, des juges, des artistes et de l'Église, pour n'en nommer que quelques-uns.Le Québec était l'une des sociétés les plus riches du monde, il y a trente ans.Depuis, nous avons perdu du terrain par rapport aux Américains, aux Européens et aux Japonais.Et ça va continuer.Je suis convaincu que le plan Bouchard d'élimination du déficit, d'ici quatre ans, n'atteindra pas son objectif parce qu'il est pratiquement certain que nous aurons une récession d'ici deux ou trois ans.Le gouvernement abandonnera alors complètement les objectifs à long terme pour pallier au plus pressé, comme il le fait toujours.Les déficits continueront d'augmenter et nous continuerons de nous appauvrir.La solution au inalaise profond de société que nous vivons présentement doit partir du constat que déficits et chômage ne sont pas des problèmes économiques séparés.Premièrement, ce ne sont plus des phénomènes strictement économiques et on a tort de blâmer les économistes pour ce qui ne va pas.Il s'agit de phénomènes qui découlent de notre projet de société.Lorsqu'un étudiant s'endette trop parce qu'il vit au-dessus de ses moyens, faut-il blâmer le professeur d'économie familiale ?Deuxièmement, chômage et déficits chroniques ne sont pas indépendants l'un de l'autre.En créant une société où le gouvernement est omniprésent, nous avons créé un état de dépendance qui existe maintenant à des degrés divers dans tous les secteurs de notre société.Nous sommes intoxiqués par l'intervention gouvernementale.N'est-ce pas l'une des caractéristiques fondamentales de la dépen- dance de dire que ce n'est pas notre faute et que seuls les autres peuvent changer les choses ?Le système d'éducation au Québec est probablement le meilleur exemple de ceci : on n'y a jamais investi autant d'argent et on n'a jamais eu d'aussi mauvais résultats.Dans le domaine de la santé, le système est théoriquement accessible à tous mais nous sommes déjà rendus à un système de rationnement pour les opérations.La solution passe par une thérapie de choc par laquelle le gouvernement remet en question toutes ses diverses interventions souvent non coordonnées dans l'économie pour ne garder que celles qui découlent de sa mission première (justice, éducation, santé et sécurité sociale ) et seulement celles qui ne peuvent pas être faites aussi efficacement par le secteur prive.C'est le premier principe.Le deuxième principe, c'est que ces interventions doivent être financées par un système fiscal simple, jugé équitable.Ces changements doivent être faits rapidement.D'abord parce qu'un coup de barre est urgent avant de perdre notre cote de crédit, mais surtout parce que des changements graduels prendront beaucoup trop de temps pour donner des résultats et que le public risque de se décourager en chemin.Lorsque c'est nécessaire, il faut opérer le patient.Son état de santé se détériore à 1res court terme mais c'est sa meilleure chance «le recouvrer la santé.Commençons par le plus facile : le système fiscal.À travers une série interminable de rapiéçages ( souvent appelés « réformes » ) nous en sommes arrivés à un système suffisamment complexe que même un diplômé universitaire est incapable de remplir un rapport d'impôt sans faire d'erreur.J'ai essayé et je n'ai pas réussi.Le rapport d'impôt sur le revenu devrait avoir au maximum une dizaine de postes avec un nombre limité d'exemptions, comme par exemple pour les enfants et le REER.Idéalement, le taux d'impôt devrait être uniforme, comme le suggère Pierre Fortin, pour ne pas Le chômage endémique au Québec n'est pas seulement un phénomène économique mais la manifestation introduire de distortions dans l'économie.L'élimination de trop d'exemptions ou d'échappatoires est cruciale ici parce que trop de gens croient qu'une partie de la population ne paye pas sa juste part.Pour qu'une loi soit suivie, elle doit être considérée comme équitable par la majorité de la population.Notre système fiscal, aujourd'hui, ressemble un peu à ce qui prévalait au temps de la prohibition : non seulement la loi n'atteint pas son objectif, mais elle semble encourager et rémunérer le marché noir.Nous avons vu ce qui s'est passé pour les cigarettes : le gouvernement a finalement compris et abaissé les taxes.Ce qui est gratuit est éventuellement gaspillé.Le gouvernement devrait donc tarifer ses services partout où le rendement du tarif dépasse suffisamment le coût de la collection.Cependant, ces tarifs ne devraient pas dépasser le coût de production comme c'est le cas actuellement pour l'assurance automobile.Dans le domaine des exemptions on parle beaucoup de réduire le plafond de contribution aux REER.Des savants professeurs d'université qui trouvent que ceci bénéficie beaucoup trop aux riches oublient de dire que ce « généreux » plafond a seulement pour but de permettre aux autres travail Meurs d'avoir le même avantage fiscal que les employés du gouvernement ! Si le REER est réduit, le principe d'équité fiscale exige que les avantages des grandes caisses de retraite, en particulier celles du gouvernement, soient aussi réduits.Si ce principe est maintenu, je serais curieux de voir combien de personnes vont encore suggérer de réduire le plaiond de contribution au REER.d'une crise de société que nos leaders n'ont pas su résorber.Ce n'est jamais le temps de vendre une société gouverner mentale : soit qu'elle est rentable et remplit sa mission, et en ce cas il faut la garder ; soit qu'elle perd de l'argent et en ce cas il laut la renflouer et sauver des emplois avant de la vendre ou de la fermer.Que tait notre argent dans Domtar, la S G F, etc.?Chaque société gouvernementale devrait être révisée à tous les dix ans au maximum par un comité indépendant sur la pertinence de sa mission originale et devrait être fermée ou vendue si cette pertinence n'existe plus.Évidemment, le cas le plus important à réviser est Hydro Québec.Il ne fait aucun doute qu'Hydro Québec a rempli un besoin, lors de sa création dans les années soixan- te.On est en droit de se (iemaiulei si c'est encore le cas aujourd'hui.Dans la distribution d'électricité, sa mission est-elle différente de Gaz Métropolitain ou Bell Canada ?Dans la génération d'électricité, est-il nécessaire que le gouvernement y soit impliqué alors que nos sociétés d'ingénierie font des offres clé-en-main à d'autres pays pour la construction de barrages ?Les employés du gouvernement ont-ils la sécurité d'emploi ou non ?Le public pense que c'est le cas et les syndicats disent que ça n'existe plus.La sécurité d'emploi était nécessaire, il y a bien longtemps, pour protéger les employés contre l'arbitraire des changements de gouvernements.Aujourd'hui, les lois et la puissance de l'opinion publique font que ce n'est plus nécessaire.La sécurité d'emploi esi donc maintenant un privilège que le gouvernement accorde à ses employés* privilège que personne d'autre n'a dans la société.Il y a une question de coin, mais il y a surtout une question de flexibilité dans le travail.On parle beaucoup d'augmenter les emplois et de partage du travail.Le partage du travail ne peut se faire que s'il y a flexibilité dans remploi.Si le gouvernement est vraiment sérieux dans son objectif de création d'emplois, il doit donner l'exemple en éliminant le privilège de la sécurité d'emploi et en commençant immédiatement a introduire le travail à temps partagé.Les gens d'affaires ont maintes lois répète qu'ils prêtèrent l'élimination des subventions aux entre prises.Contrairement a ce que clament les politiciens, a long terme les gouvernements ne créent pas d'emplois.Us peuvent créer des conditions favorables pour que le secteur prive crée de l'emploi* mais ils n'en créent pas eux-mêmes.Ceci est encore plus vrai en des temps ou le changement technologique est rapide.Le meilleur moyen d'encourager la croissance est de ne pas subventionne! et de garder le taux d'impôt et les taux d'intérêt le plus bas possible.Les Québécois consacrent environ 10 % de leur PIB a la santé, ce qui est beaucoup inoins que les États-Unis, mais beaucoup plus que les Européens qui ont un système similaire au nôtre.Un enfant est en saule ou il ne l'est pas.A mesure qu'on vieillit, le concept de la saute devient plus relatif.Comme l'ensemble de la population vieillit, il va falloir laire des choix : quel niveau de qualité de vie le système universel peut-il supporter ?La deuxième condition de succès dans la santé est le ticket modem leur.Pierre Marc Johnson a deja Jean-Luc Landry lente de l'introduire, il y a une quinzaine d'années, mais le public n'était manifestement pas prêt, il l'est aujourd'hui.I éducation au Québec représente un bon exemple de la tendance au nivellement par la base.Dans l'éducation, le plus difficile est de doser entre un système qui offre l'accès à tous à la meilleure éduca-tion possible et qui permet à ceux qui ont plus de talent et/ou plus de motivation de se développer.On a beaucoup mis l'accent sur le premier aux dépens du deuxième, depuis vingt ans.On a comme résultat un système sur-encadré, qui coûte cher, avec le plus haut taux de décrocheurs dans notre histoire.Ce qui est gratuit a tendance à être gaspillé.II faut reintroduire la liberté de choix et la recherche de l'excellence dans les écoles en décentralisant le système.La décentralisation aura deux avantages.D'abord elle permettra de réduire le personnel d'encadrement par rapport au nombre de professeurs* d'où une réduction de coût.Deuxièmement, et plus important encore, elle transfe-rera la responsabilité plus près des élevés.Il faut donner plus d'autonomie a l'école et permettre aux parents de s'impliquer.Pour que les parents puissent le faire au niveau secondaire, il faut aussi que les écoles aient une taille plus humaine.Suite a l'élimination des privilèges, le système économique québécois redeviendra compétitif et le taux de chômage baissera.Si le Québec arrivait à abaisser son taux de chômage de 1 % par an, d'ici quelques années, il n'y aurait plus «le problème de déficit.Grande bouffe et bons sentiments II n 'est pas donné à tout le monde de savoir donner ALAIN STANKÉ L'auteur est écrivain et éditent J'ai horreur qu'on me parle de la faim dans le monde à l'heure de mes repas.Ça perturbe ma digestion.Tous les diététiciens vous le diront : quand on mastique, mieux vaut avoir des pensées heureuses.L'autre jour, alors que je dégustais un saumon divinement poché, sauce marinière sur lit d'épinards à la crème, quelqu'un de notoirement indélicat est venu troubler mon déjeuner pour me parler des affamés.Pas ceux d'ailleurs.Ceux d'ici ! Je l'ai écouté, la bouche pleine.Pour me prouver que le monde aisé n'était pas indiffèrent aux misères du monde, il m'exhiba un article de journal coiffé d'un titre cynico-burlesque : « La gastronomie au secours des affamés ».J'ai pensé d'abord qu'une âme charitable avait imaginé de payer la traite aux affamés.Nenni ! L'écrit annonçait la tenue prochaine d'un gala au cours duquel on espérait rassembler un millier de personnes prêtes à débourser 70 S chacune pour goûter des mets raffinés, arrosés des meilleurs vins, tout en ayant une pensée confraternelle pour ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent.L'argent recueilli par ces pieuses ripailles allait être, disait-on, versé aux affamés.L'annonce de cet événement gastronomique a été faite dans un hôtel de Montréal en présence de Mme Mi la Mulroney, qui en a accepté la présidence d'honneur.Indignée par la souffrance d'une partie de la population, l'épouse de l'ex-premier ministre en a profité pour déplorer le triste fait que « tant d'enfants se rendent à l'école le ventie creux ».L'article précisait qu'au moment de son émouvante remarque, Mme Mulroney \" portait un élégant tailleur brun ».Preuve de plus qu'on n'a pas besoin de porter dc%s jeans pour parler des démunis.Ainsi, dans quelques jours, des centaines de personnes affamées d'expériences gastronomiques iront se régaler au nom des affamés tout court.Décidément, à quelque chose malheur est bon.Je présume qu'au cours de ces gargantuesques festivités quelqu'un se lèvera et fera un discours aux ripailleurs sur le spleen du ventre creux.Ou qu'il interrompra peut-être le concert des fourchettes pour demander une minute de silence.Le temps de déglutir et de se recueillir à la mémoire de ceux et celles qui font la queue, ailleurs, dans l'espoir d'avoir leur bol de soupe gratuit de la journée.\u2014 Vous reprendrez bien un peu de foie gras ?Mais si, mais si, c'est pour lutter contre la faim, pour aider le pauvre monde qui a le coeur amer et le ventre vide.Vous ferez régime demain, voyons ! C'est bon de bouffer avec la bonne conscience que donne l'alibi de la charité.J'espère qu'à la fin du repas il y aura des cigares et, du Bromo Seltzer, juste en cas.Les organisateurs de la soirée ont fait savoir, on ne sait pas trop pourquoi, que Jojo Savard sera de la fête, elle aussi ! Voila qui donne à réfléchir.Si je me permets d'entrer Ici dans le rôle ingrat d'un trouble-féte-de-la-eharite ce n'est pas parce que je mets en doute de quelque manière que ce soit l'absolue sincérité des organisateurs de cette noble Rte gastronomi- Alain Stanké que, ni celle des gens qui auraient l'intention d'y participer.Je ne trouve rien de trouble ni de douteux dans le but poursuivi par les deux.Je me réjouis de savoir que l'argent ainsi récolte a la fêle apportera du pain .i ceux qui n'en ont pas.N'empêche que je n'y participerai pas.C'est pas ma tasse de soupe ! C'est plus fort que moi, je ne peux pas faire deux choses à la fois : remplir ma panse pendant que je pense aux exclus du banquet.Certes, il n'est pas donné à tout le monde de savoir donner.J'admire sans réserve ceux qui Ont les moyens et donnent anonymement ou encore ceux qui ne les ont pas mais donnent ce qu'il y a de plus précieux : leur temps.Au même moment, à l'Accueil Bonneau.En disant cela, je pense en particulier aux 180 bénévoles de l'Accueil Bonneau1 qui ont servi, durant les douze derniers mois, 2 253 686 repas ou collations aux Itinérants affamés de Montréal.Leur dévouement permet aux exclus de survivre dans la dignité.Une belle histoire d'amour qui s'écrit au quotidien dans la discrétion et se vil au rythme du partage et de la solidarité.Les exclus du banquet, les assistés, Us marginaux ne m'ont jamais laisse Indifférent.Tendre la main, quémander, ue m'est pas un geste étranger.Aujourd'hui, je hais l'horrible mot CHARITÉ, le rêve du joui «m d sera remplacé par celui «le JUSTICE.Cette année, j'ai l'honneur de présider la campagne de financement de l'Accueil Bonneau.un véritable petit village centenaire que tout le monde devrait connaître.Un lieu magique qui suivit grâce «i la générosité de ses bienfaiteurs sans le secours d'aucune subvention gouvernementale ! La Salle à manger reçoit en moyenne 700 personnes chaque jour de l'année.Le Vestiaire offre vêtements, literie, articles de toilette et les services d'un coif-leur.On y propose diverses activités de loi-sus.ainsi que des consultations psychosociales gratuites.Sans battage publicitaire, sans bruit.Dans le respect et la dignité du passant.L'oeuvre a été fondée, il y a 119 ans, par la Société Saint-Vincent de Paul, les Soeurs Grises et les Sulpiciens.Elle occupe une maison devenue trop vétusté.Les vieux escaliers en bois et les 35 fenêtres de la maison doivent être changés d'urgence.Il n'y a aucune issue de secours valable.Pour effectue! ces transformations qui permettront dé faire face a bien des décades encore, nous avons besoin de 100 000 S.Au risque de passer pour un affreux suppôt, l'annonce que je n'irai pas goûter, prochainement, la gastronomie au secours des allâmes.Je ne rencontrerai donc pas Jojo, ni Mila, ni tous les autres.En revanche, je leur propose plutôt de venir nous voir avant leurs ripailles.Pour mieux les apprécier.À l'Ac-i mil Bonneau» ( ou jamais personne n'est en danger d'indigestion ), on sera nombreux à table.Pas par gourmandise.Pour ne pas mourir de faim et se sentir moins seul face a la misère et a la maladie.A ceux qui iront a l'autre fête sans s'arrêter Che2 nous, |C souhaite BON APPETIT ! Si jamais VOUS ave/ des surplus de biscuits soda, même effrités, n'hésite/ pas a nous les apporter dans un « doggy-bag ?».On n'est pas regardants./ iCCUEil HONNEAU.427.me de la Commune /n/ Montréal,{I2YU4 ( 114)845-3906 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 MAI 1996 Plus Emportées par la vase, deux maisons s'enfoncent lentement dans le gouffre.Nuit horreur ?î i S aint - Jean - Vianney Le 4 mai 1971, une partie du village sombrait dans une mer de boue UNE PAGE D'HISTOIRE 0 Pierre Vennal S I y a un quart de siècle, alors que comme des milliers d'autres Québécois, ses habitants sont assis devant leur téléviseur pour regarder le match de la finale de la Coupe Stanley opposant le Canadien aux Black Hawks de Chicago, un cataclysme, aussi soudain que meurtrier plonge le paisible village de Saint-Jean-Vianney de Shipshaw, près de Jon-quière, dans la stupeur.Trente-cinq maisons sont englouties dans une mer de boue, entraînant dans la mon plus d'une trentaine de personnes.En fait, de l'avis de tous, sans le hockey qui avait garde les gens éveillés, le bilan aurait été encore plus lourd, d'autant plus que quelques heures plus tard, pratiquement tout le village était menace de s.il laisser.La catastrophe risquait de transformer en village fantôme un quartier résidentiel relativement récent qui avait compte jusqu'à 2 oOO âmes.À 23 h 05, en ce soir du 4 mai 197 L tandis que les deux équipes de hockey sont dans le feu de l'action, l'electri- « l'entendais des cris.Il y avait des enfants.Mais on ne pouvait rien faire pour eux, il faisait trop noir.» eue manque, les écrans de télévision s'obscurcissent et le bruit du glissement de la terre remplace les clameurs de la foule.Quelque 50 a 75 familles, plus chanceuses, ont pu sortir en hâte de leur foyer menace par le glissement de terrain qui a entraine les maisons de leurs voisins.Les premiers sauveteurs arrivés sur les lieux, ainsi que les rescapés indemnes du secteur sinistré, ont déclaré avoir entendu des cris d'angoisse, de détresse et des .ippels au secours provenant des maisons qui s'engouffraient dans la mer de boue.\" J'étais au bord du Cratère.J'en tendais des cris.Il y avait des enfants.On les entendait.Mais on ne pouvait rien faire poui eux, il faisait trop noir déclara au\\ journalistes un des premiers sauveteurs rendus sur les lieux.Un groupe d'employés de im can l'a échappé belle: l'autobus qui les transportail a bascule dans le cratère, mais alertés pai le cha^f« PM0T0S LMPmm Le gouffre de la mort a englouti presque tout le nouveau quartier résidentiel du petit village de Saint-Jean-Vianney.leur, les nombreux occupants ont ti«us eux la vie sauve, ayant tout juste le temps de sauter du véhicule et de se réfugier en lieu sût avant que l'autobus, entrainé par la vase.ne plonge, lui aussi, dans le gouffre.m Les gens étaient bien a i aise devant leurs téléviseurs et regardait le malih de hoikex quand, tout .i coup, la grande noirceur a envahi l'écran, la terre s'est mise a glisser, les maisons à s'affaisser dans le gouffre.Alors la panique a pris.C'était comme si l'enfer s'était ouvert, les flammes en moins.On se sentait aussi impuissants, sur le coup, que devant le coulage d'un sous-marin »».ont raconté des survivants.Lorsque Roger Landry vit son le- lévisetll s'éteindre subitement et .i sentit !a terre trembler, il sortit dans la rue pour aller aux nouvelles.Le temps de se retourner et sa maison était engloutie dans la vase, emportant dans la mort sa femme et ses cinq enfants.Le hockey lui avait sauvé la vie.Mais depuis ce fameux soir ou il a perdu toute sa famille et sa maison, le fait que le Canadien gagne OU perde ne signifie plus rien pour lui.Région instable Après plusieurs jours d'hypothèses, d'affirmations et même d'accusations, tout semble indiquer que la catastrophe de Saint-Jean-Viannev soit attribuabie à une secousse sismique.Telle était du moins l'opinion d'un Ingénieur-géologue de la Direction générale des mines au mi*, nistère des Richesses naturelles.Jean-Yves Chagnon.Le géologue a écarté l'hypothèse selon laquelle l'affaissement de terrain avait été provoqué par une rivière souterraine, alimentée par des infiltrations d'eau dues à des fissu-res dans un barrage de la compagnie Priée, sur la rivière Shipshaw.M.Chagnon a précisé que l'instabilité du sol dans ce secteur était connue depuis plusieurs années.H avait affinité par ailleurs que la zone n'avait jamais été déclarée dangereuse puisque les techniques d'étude du sol n'étaient pas encore assez développées pour
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