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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-10-13, Collections de BAnQ.

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[" CAHIER I .* Presse Montréal.vendredi 13 octobre L'EXPRESS POLITIQUE PARIZEAU PROMET UN IMPÔT MINIMUM POUR LES ENTREPRISES ¦ Le premier ministre Jacques Parizeau a indiqué hier que toutes les entreprises dans un Québec souverain paieraient un impôt minimum.Il est absurde que des compagnies réussissent à ne pas verser de taxes, a-t-il dit.« Des milliers d'entreprises ne paient pas de taxes en raison de la multiplicité des exemptions et des crédits d'impôts.C'est absurde mais nous ne pouvons pas faire grand-chose parce que le gros des impôts sur les corporations est versé à Ottawa.S'il y a un OUI, nous changerons cela », a-t-il dit lors d'une rencontre avec des gens d'affaires à qui il a promis une réforme de la fiscalité des entreprises.Il a indiqué qu'un impôt minimum sur les corporations pourrait être similaire à celui introduit aux États-Unis par l'ex-président Ronald Reagan.D'après PC CHRÉTIEN NE CRAINT PAS L'EFFET BOUCHARD ¦ Le nouveau leadership assumé par Lucien Bouchard dans le camp du OUI ne nuira pas aux forces du NON, a soutenu hier le premier ministre Jean Chrétien.« Ce n'est pas à nous de modifier notre stratégie, mais à eux.Même si on change de chauffeur, l'autobus s'en va vers la séparation de toute façon.Les gens comprennent cela : l'enjeu c'est la séparation, cela n'a pas changé.Ce n'est pas parce qu'on change de messager qu'on change le message », a dit M.Chrétien.U a prédit que M.Bouchard aurait le même impact qu'il a eu en Chambre depuis le début de la campagne référendaire, inefficace selon lui à faire avancer la cause souverainiste.« U y a quatre semaines sa stratégie était très claire, a-t-il dit.Il viendrait à la Chambre des communes et nous détruirait en quelques jours.» D'après PC PÊCHES : LANDRY RÉPLIQUE A TOBIN ¦ Le vice-premier ministre Bernard Landry a réagi vivement, hier, à la déclaration du ministre fédéral des Pèches, Brian Tobin, voulant qu'un Québec souverain érigerait un mur autour de ses pêcheurs, les empêchant d'avoir accès aux eaux canadiennes.« Est-ce que les gens de Nouvelle-Ecosse vont accepter des pécheurs d'un autre Çays dans leurs eaux ?» demande obin, en disant que les pécheurs québécois seraient alors « prisonniers du golfe Saint-Laurent ».Le ministre Landry a répliqué que si le Québec accède à l'indépendance « la simple géographie du golfe démontre bien que le Québec serait propriétaire, en toute souveraineté, d'une immense portion du golfe du Saint-Laurent ».D'après PC LE CANADA APPUIERAIT L'ADHÉSION DU QUÉBEC A L'ALENA ¦ Selon le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, le Canada appuiera la candidature du Québec à l'Accord de libre-échange nord-américain.Dans un discours prononcé devant quelque 50 partisans du Non à Matane.le ministre Martin a affirmé que le Québec allait payer cher son adhésion à l'ALENA et qu'il faudrait peut-être attendre cinq ans avant qu'il y parvienne.Mais, du même souffle, il a indiqué qu'un Uuébec souverain pourra compter sur le Canada quand viendra le temps de négocier son adhésion au traité commercial.« Le Canada appuiera, j'en suis sûr, l'application du Québec pour devenir membre de l'ALENA », a-t-il dit.D'après PC PAS DE RENCONTRE BOUCHARD\u2014U-PENG ¦ Lucien Bouchard a renoncé avec déception hier à un tête-à-tête avec le premier ministre chinois Li-Peng.Ce dernier est en visite officielle à Ottawa aujourd'hui et à Montréal demain.Au début de la semaine, M.Bouchard avait demandé à le rencontrer, une requête que le gouvernement canadien avait accueilli favorablement et transmis aux autorités chinoises.Hier, l'ambassadeur de Chine au Canada a répondu par lettre au chef du Bloc québécois pour l'aviser qu'à cause de son horaire chargé et du moment tardif de la requête, un entretien ne pourrait être organisé.Il y a quelques jours, M.Bouchard avait indiqué qu'il voulait aborder la délicate question des droits de la personne avec le représentant chinois.Hier, il a dit espérer que le premier ministre Chrétien « aborde ce sujet avec toute la fermeté requise ».La Presse Ottawa coupe les ailes des autochtones Les indiens n'auraient pas droit de sécession, selon un document fédéral u point de vue légal, les autochtones du Québec n'auraient pas le droit de se séparer d'un Québec indépendant, soutient un document interne du Conseil privé à Ottawa qui contredit carrément les déclatations publiques du gouvernement fédéral et des autochtones.Le document \u2014 un argumentaire visiblement préparé par des avocats \u2014 affirme d'abord que les autochtones n'auraient pas le droit de se séparer du Canada.De la même manière, \u20ac les peuples autochtones du Québec n'auraient pas le droit de se séparer de la province si celle-ci venait à faire sécession du reste du Canada », soutient le texte dont La Presse a obtenu copie.Ce sont toutefois « surtout les facteurs politiques du moment qui détermineront ce qui se passera vraiment », précise-t-on.Le même texte contredit aussi les déclarations des groupes allophones et anglophones du Québec qui croient qu'Ottawa pourra leur tendre la main, dans l'éventualité de la souveraineté du Québec.« Les droits et les responsabilités du Canada envers les minorités vivant au Québec seraient extrêmement limités, même si elles devaient conserver la citoyenneté canadienne », tranche-t-on.Ces droits ne pourraient être invoqués que si le Québec négli- geait de façon flagrante de garantir un minimum de droits fondamentaux pour ces groupes, précise-t-on.De la même manière, le droit des autochtones de se séparer d'un Québec indépendant dépendrait notamment du traitement que la province réserverait à cette communauté.Pour certains experts, une « violation grossière des droits de la personne ( comme un génocide ) pourrait constituer le fondement d'une sécession » des autochtones du Québec.Mais « la plupart des experts n'appuient pas l'argument » des Cris et des Inuit du Québec qui soutiennent que « tout changement fondamental au statu quo.constituerait une violation des droits de la personne et leur conférerait le droit de faire sécession », soutiennent les avocats du Conseil privé.« Ça ressemble bien davantage à la position des souverainistes qu'à celle d'Ottawa.Ils parlent d'un scénario où le Québec est déjà indépendant et reconnu », a laissé tomber hier Bill Na-magoose, directeur général du Grand conseil des Cris, quand La Presse lui a fait lecture du document.À Ottawa, toutefois, on confirmait l'authenticité du texte daté de décembre dernier, « un document interne oui, sans être classifié « secret », ne doit pas normalement sortir du bureau », explique Alain Darisse, porte-parole du Conseil privé, l'équivalent du ministère du premier ministre Jean Chrétien.Ce document fédéral devient public au moment même où le Grand conseil des Cris publie une brique de près de 500 pages, une étude qui conclut que les « autochtones ne peuvent être contraints par la force de faire partie d'un futur État québécois », résume-ton.\u20ac Selon la pratique et le droit international, canadien et autochtone, une telle action ne serait pas plus valide que légitime », poursuit-on.Les Cris ont aussi indiqué que c'est le 24 octobre \u2014 six jours avant Québec \u2014 qu'ils tiendront leur référendum.Les 12 000 Cris du Québec devront dire s'ils consentent « en cas d'une victoire du OUI lors du référendum sur la souveraineté du Uuébec, que le gouvernement québécois sépare du Canada le territoire cri et la Baie lames ».Pour M.Namagoose, les autochtones \u20ac n'ont pas le droit de se séparer d'un Québec indépendant, mais celui de ne pas en faire partie ».« Dans la période où le Québec cherche à établir son indépendance, les Cris peuvent dire : \"Voici notre territoire, nous souhaitons demeurer avec le Canada\" », soutient-il.Mais l'évaluation faite par le Conseil privé coupe les ailes aux revendications des autochtones québécois, et va même jusqu'à mettre en doute la certitude énoncée mainte fois par les Cris photopc U Peng a Montréal.* sans Parizeau En plein coeur de la campagne référendaire, tous les premiers ministres canadiens, à part celui du Québec, arrivent à Montréal aujourd'hui, ayant accepté l'Invitation lancée par le premier ministre du Canada, M.Jean Chrétien, de participer à un grand dîner en l'honneur du premier ministre chinois, U Peng, en visite au pays.La rencontre devrait servir à faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays, mais la campagne référendaire risque fort de laisser dans l'ombre les relations diplomatiques slno-cana-dlennes.Sur la photo, U Peng < à gauche ) est accompagné du ministre canadien des Travaux publics, David Dlngwall, lors de son passage à Halifax.4000 électeurs hors Québec inscrits deux fois Le directeur général des élections, Pierre F.Côté, rencontre d'énormes problèmes avec le vote des électeurs qui ne vivent plus au Québec.Près du tiers des gens qui ont demandé qu'on leur envoie un bulletin de vote à l'extérieur se retrouvent en même temps sur les listes du recensement fait au Québec au début de septembre.Selon les renseignements glanés par La Presse au bureau du DGE, plus de 4000 électeurs se retrouvent à la fois recensés au Québec et sur la liste des électeurs hors Québec.C'est une proportion inquiétante des 14 000 électeurs hors Québec qui ont demandé le droit de vote pour le 30 octobre.Devant ce constat récent, qui ouvre If porte à la possibilité qu'un électeur vote deux fois, le DGE va annoncer lundi de nouvelles directives pour rendre plus étanches les contrôles sur la légitimité de ce bulletin de vote.Laissé pour compte aux élections, où il ne change rien au sort des comtés, le vote hors Québec prend une importance nouvelle au référendum où la pluralité des voix l'emporte.Inutile de rappeler qu'en termes de votes, aux dernières élections générales de 1994, l'écart entre libéraux et péquistes était infime.un demi de un pour cent, soit 20 votes environ.Dans un entretien à La Presse, hier, M.Côté ne voulait pas confirmer l'étendue du désastre, mais il a reconnu que ses employés avaient constaté « un grand nombre de double inscriptions » chez les électeurs hors Québec.« On étudie les mesures à prendre pour s'assurer que personne ne puisse voter deux fois.» Déposer deux bulletins à la même élection, « est une manoeuvre électorale frauduleuse », insiste M.Côté.Ceux qui s'inscrivent sciemment deux fois sur la liste électorale ou oui votent plus d'une fois sont passibles d'amendes allant jusqu'à 2000$.Pierre F.Côté n'a pas voulu préciser s'il y avait des points communs entre ces électeurs doublement inscrits.Certains se sont fait recenser au Québec et se sont réinscrits en Floride, se conten-te-t-il d'observer, mais ce n'est pas la majorité, note-t-il.Le DGE examine pour les prochains jours, vraisemblablement lundi, une nouvelle directive qui exigerait, notamment, une comparaison des signatures sur la demande d'inscription arrivée de l'étranger et celle de l'enveloppe où se trouve le bulletin de vote retourné.Ces directives nouvelles seraient une quatrième précision depuis le début de la campagne référendaires aux directives entourant le vote des électeurs hors Québec.De telles modifications sont habituellement exceptionnelles.Mais ce qui est devenu un cauchemar pour le DGE se double d'un scandale pour le camp du OUI.Ces milliers de doubles inscriptions laissent craindre autant de « télégraphes » \u2014 des gens votant au nom d'une autre personne qui ne se présente pas.De plus, comme les bulletins de vote à l'étranger ont commencé à être postés mercre B2 LA PRESSE.MONTRÉAL.VENDRED113 OCTOBRE 1995 ÉDITORIAL Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Le dogme de l'inviolabilité territoriale SI il V a une thèse sur laquelle les camps du OUI et du NON sont unanimes, c'est celle de l'Inviolabilité des frontières d'un Québec souverain.En s'accrochant à ce dogme, les deux joueurs du match référendaire minimisent l'importance des référendums parallèles que les Cris et les inuit comptent tenir dans la semaine précédant le Jour J.Et ils se ferment les yeux sur ce qui pourrait devenir la première épine au pied du Québec, au lendemain d'un OUI.Le 24 octobre, les 12 000 Cris québécois seront consultés sur leur appartenance nationale, dans l'éventualité d'une sécession du Québec.Deux jours plus tard.8 000 inult voteront à leur tour.Les questions auxquelles ces électeurs devront répondre ne sont pas encore connues.Mais la réponse est prévisible : selon toute probabilité, les Cris et les inuit choisiront de rester au Canada.D'un strict point de vue mathématique, 20 000 personnes, c'est une goutte d'eau dans notre océan démographique.Mais cette « goutte » s'étale sur les deux tiers du territoire du Québec.C'est assez pour déchaîner des passions.Chez les souverainistes, on écarte carrément ce problème, sous prétexte que les consultations autochtones n'auraient aucune légitimité.De la même manière, les Cris affirment que l'éventuelle sécession du Québec est invalide.C'est à qui trouvera le plus d'experts pour alimenter sa thèse.Ce débat est paradoxal, puisque chacun nie à l'autre un droit qu'il se reconnaît à lui-même.Mais II est aussi futile.L'histoire récente nous démontre que la création de nouveaux États ne se pose pas en termes légaux, mais en termes politiques.Ce ne sont pas les constitutions qui comptent \u2014 rares sont celles qui prévoient des divorces légitimes \u2014 mais les rapports de force.L'ex-URSS a eu beau contester le départ des pays baltes, l'ancienne Yougoslavie a eu beau se battre contre la séparation de la Slovénie et de la Croatie, ces pays ont pu se constituer en États souverains et être reconnus comme tels.Mais ces expériences récentes nous enseignent aussi que, lorsque la constituante d'un pays décide de voler de ses propres ailes, ses propres constituantes risquent de vouloir suivre l'exemple.Et que ce sont ces velléités de micro-indépendances qui forment la première pelure de banane sur laquelle les jeunes États risquent de déraper.Ce syndrome de « pays gigognes » n'est pas Insurmontable.Le référendum sécessionniste tenu par la minorité serbe de Croatie a donné le premier signal d'une guerre meurtrière.En revanche, la menace de la sécession de la Crimée, qui a donné bien des maux de tête à l'Ukraine indépendante, semble écartée, tandis que la Moldavie a réussi à freiner la volonté sécessionniste de ses Cagaouzes.Bref, les référendums séparés des Cris et des Inult ne constituent pas.loin de là.des passeports pour la guerre.Mais, Inévitablement, des questions vont se poser.Comment peut-on justifier leur Inclusion forcée au Québec ?Jusqu'où iront-Ils pour faire valoir leurs droits ?Quelle sera la réaction d'Ottawa ?Le sujet est d'autant plus sensible que la question autochtone ne se pose pas dans les mômes termes que celle d'autres minorités.Les Amérindiens, comme premiers occupants du pays, ont déjà un statut particulier.Certaines nations peuvent traverser librement la frontière canado-américaine.Pourquoi seraient-elles tenues de reconnaître la nouvelle frontière du Québec ?En outre, contrairement à une hypothétique sous-sépara-tlon de Westmount.le projet des Cris et des inuit n'est pas farfelu.Leur territoire est contigu au territoire canadien, et leur adhésion au Canada est économiquement viable.Enfin, au cours de la dernière décennie, les autochtones d'Amérique ont réussi à faire une percée mondiale et leurs doléances rencontrent partout des oreilles attentives.SI le oui devait l'emporter, parlons que les relations avec les Amérindiens constitueraient le premier critère dune reconnaissance internationale du Québec.On peut Imaginer que les « tensions autochtones » qui surgiront inévitablement, au lendemain d'un OUI, se régleront devant les tribunaux, pas sur les champs de bataille.Mais elles compliqueraient drôlement la période de transition vers la souveraineté.C'est assez pour qu'on en parle.Mais tout ce volet est complètement évacué du débat référendaire, les « Blancs » du oui comme ceux du NON ayant choisi de jouer à l'autruche.Agnès CRUDA Le débat sur le débat Les tiraillements entre partis politiques sur la tenue d'un débat télévisé des chefs font partie de notre folklore politique.La chicane sur un éventuel débat Parizeau-Johnson s'inscrit dans cette tradition et respecte toutes les règles du genre.Ces règles sont simples.Le parti qui a le moins à gagner d'un débat des chefs met les bâtons dans les roues pour en empêcher la tenue ou en modifier les paramètres.Cette fois-ci.c'est le camp du OUI qui craint le débat, parce que Jacques Parizeau en sortira perdant.On a donc tout essayé : amener Lucien Bouchard, plus populaire, r^^.dans une lutte à quatre, multiplier les con- A^Bp^ m| ditions pour faire échouer le projet » Nous n'avons pas à critiquer les ma- noeuvres péquistes, car elles s'Inscrivent dans le jeu politique.Tout comme celles des libéraux qui tentent de marquer des points avec ce manifeste aveu de faiblesse du camp du OUI.Souvenons-nous qu'en 1992, lors du référendum de Charlottetown, ce sont les libéraux qui résistaient à l'idée d'un débat Bourassa-Parizeau.La seule chose qui agace, c'est que le camp du OUI se bat pour que le débat porte à parts égales sur les conséquences d'un oui et d'un NON.En 1992, les souverainistes, alors partisans du non, avaient refusé mordicus que l'on parle de souveraineté, lors du débat des chefs, en affirmant que le débat devait porter sur la question référendaire et donc sur l'entente de Charlottetown.Cela étant dit, il faut regarder tout cela avec un certain détachement, parce qu'un débat des chefs ne constitue pas un grand enjeu démocratique.Dans une campagne électorale, un débat des chefs joue un rôle précis, celui de permettre aux électeurs de voir dans l'action les prétendants au poste de premier ministre et de se faire une idée de leurs qualités de leadership.Mais une campagne référendaire porte en principe sur des Idées et non pas sur la personnalité de ceux qui les défendent.Il n'est pas évident que, dans un tel cadre, une guerre de personnalités serve la réflexion collective.On vote sur l'avenir du Québec, et non pas sur le charme de Jacques Parizeau ou de Daniel Johnson.Mais si les camps ne réussissent pas à s'entendre, il y a peut-être une solution.Les stratèges souverainistes veulent absolument que Lucien Bouchard participe au débat Le camp du non insiste pour que Parizeau soit présent.Pourquoi donc ne pas organiser un débat Parizeau-Bou-chard ?ça ferait plaisir à tout le monde ! Alain DUBUC Des Hû&s ve r/entp/Afè*, Des ¦\u20221 ¦¦' Pfc-i***» cueruer, J'rfrrc/ FAfr l/4/er pewpépe svf> r/h hïof.Moi ?DROfTS RÊSfcKVfS La boite aux lettres Tasse-toi.ma tante ! « Ba-bye » Volkswagen.¦ Depuis quelque temps, la publicité nous a fait voir ce qu'elle pouvait étaler de pire ! En passant par « En-vouaie-la ta balloune », de « Sports Experts », jusqu'à «Tasse-toi, mon Oncle ! », de Volkswagen.Ne retenons que cette dernière, parce qu'elle charrie tous les pèches du monde et toutes les horreurs de cette terre.Comme beaucoup d'autres fabricants d'autos, la firme allemande effectue un retour en arrière de plusieurs années et mise à nouveau sur la puissance, la vitesse, la reprise foudroyante, la haute tenue de route à pleine vitesse et vise, comme public cible, notre belle jeunesse fringante et inexpérimentée ! Plein régime sur la « piastre ».Même le père de famille le mieux intentionné ( on compatit beaucoup avec lui ) s'est fait avoir et a payé de la vie de son fils bien-aimé son choix mal éclairé et embué par une publicité dévastatrice.En temps de paix, on fait de nos jeunes non pas de la chair à canon mais de la chair à auto et à moto ! De son côté, le gouvernement devrait secouer sa léthargie et réveiller son sens des valeurs pour réviser à la hausse (de 16 à 18 ans minimum ) l'âge requis pour l'obtention d'un permis de conduire.Qu'il se rassure, il ne perdra pas de votes, car ces jeunes sont mineurs ! Pas assez vieux pour voter, mais assez vieux pour mettre en danger leur propre vie et celle des autres.Pour ce qui est de la langue, « ben coudon », pour atteindre le « peuple » utilisons son langage.On oublie que, de nos jours, de nombreux mécaniciens utilisent un niveau de langage -1-i- bien supérieur à celui de plusieurs publicitaires.Claude BISAÏLLON Erreur de titre Chère Madame Grimaldi, ¦ C'est toujours avec plaisir que je lis votre chronique publiée dans les pages de La Presse, mais grande fut ma surprise d'en découvrir le contenu, au tout début de votre colonne du dimanche 24 septembre.Vous avez écrit : « De ma vie, je n'avais encore jamais rencontré un empereur en chair et en os, mais Sa Majesté le prince Takamado, empereur du lapon, et la princesse Takamado m'ont paru bien sympathiques, pas distants et souriants.» le suis navré de vous décevoir, chère Madame Grimaldi, mais vous avez fait erreur sur la personne ! Peut-être au-riez-vous aimé rencontrer un empereur mais, malheureusement pour vous» l'exposition consacrée à la culture contemporaine du lapon à Toronto était sous le distingué patronage de Leurs Altesses Impériales le prince et la princesse Takamado.Si le prince Takamado est de sans impérial, il n'est pas l'empereur du Japon.Et si Son Altesse Impériale n'est pas empereur, il ne peut donc être appelé « Sa Majesté », titre réservé uniquement, en l'occurrence, au monarque de ce pays.Ce n'est donc pas l'empereur qui a béni le jardin japonais qui vient d'être aménagé au musée mais bel et bien Leurs Altesses Impériales le prince Takamado ( Norihito ).né en 1954, et la princesse Takamado ( Hisako ) du lapon.Pour être précis.Son Altesse Im- périale Takamado ( Norihito ) est le fils de Son Altesse Impériale le prince Mikasa ( Takahito ), né en 1915, et de la princesse Mikasa ( Yuriko ), et ce prince est le frère du défunt empereur Hirohito du lapon.En termes plus directs.Son Altesse Impériale le prince Takamado ( Norihito ) \u2014 qui a étudié en Ontario et oui vient de séjourner en visite officielle à Toronto \u2014 est le cousin de l'actuel empereur Akihito, le 125e empereur, ou encore, si vous préférez, le neveu du défunt empereur Hirohito, le 124e empereur.Voilà ! On se souviendra que Sa Majesté Hirohito, empereur du japon qui occupa le trône du Chrysanthème, est né en 1901 et est décédé en 1989, qu'il épousa en 1924 la princesse Nagako Kuni, née en 1903, l'actuelle impératrice douairière.C'est leur cinquième enfant ( ils en eurent sept, les quatre premiers étaient des filles ), le prince Akihito, né en 1933, qui est l'actuel empereur du lapon.Sa Majesté épousa en 1959 Michiko Shoda qui donna naissance à plusieurs enfants, dont l'actuel prince héritier Naruhito, né en 1960.le suis navré, chère Madame Grimaldi, mais la généalogie est une science qui se veut exacte et qui tolère difficilement l'erreur.le m'en excuse ! Votre rencontre avec Sa Majesté sera pour une autre fois, je l'espère pour vous.Bien sympathiquement.René le CLÈRE généalogiste Contre les associations étudiantes accréditées ¦ C'est devenu un secret de polichinelle : nos associations étudiantes sont inefficaces, truffées de profiteurs et la chicane y est toujours « pognée ».À chaque année, la cotisation annuelle augmente et les activités s'étiolent.Les étudiant( e )s s'en désintéressent, incapables de se mesurer aux « as-du-code-Morin » lorsqu'ils ont un point à faire valoir en assemblée générale, ou totalement déculottés par les piliers de l'association lorsque, d'aventure, ils réussissent à s'infiltrer à l'intérieur même du temple de la magouille estudiantine.|e ne suis absolument pas contre les associations étudiantes.Au contraire, je trouve ces LA PRESSE, MONTRÉAL.VENDRED113 OCTOBRE 1995 Opinions Seulement le quart des répondants discrets dans les sondages sont des partisans du OUI PIERRE DROUILLV L'auteur est professeur au Département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal.Ihaque sondage politique nous Ii-ivre un message : dans le cas des sondages électoraux, ce message est l'état de l'opinion publique au moment du sondage, c'est-à-dire la répartition des intentions de vote entre les différents partis politiques ou les différentes options lors des référendums.Ce message est cependant brouillé par un bruit de fond qui peut, dans certains cas, rendre le message pratiquement inintelligible.La principale source de bruit de fond est imposée par la méthode elle-même : le choix aléatoire des répondants selon une méthode appropriée d'échantillonnage introduit une incertitude associée à une marge de précision.On dira que le résultat du sondage est entaché d'une marge d'erreur ( par exemple plus ou moins 3 % ), avec un certain degré de probabilité ( 95 % des chances, ou dix-neuf fois sur vingt ).Ainsi, si dans un sondage un parti obtient l'appui de 45 % des répondants avec un échantillon de l 000 répondants environ, on conclura que le véritable appui pour ce parti se situe entre 42 X et 48 X ( 45 % plus ou moins 3 % ).et que cette conclusion a 95 % des chances d'être vraie, la vraie valeur demeurant toujours inconnue à défaut d'un recensement exhaustif des opinions ( seul le vote réalise effectivement ce dénombrement exhaustif).Même si l'on ne peut affirmer pour un sondage en particulier que la réalité se trouve bien dans les marges d'incertitude, la méthode mathématique garantit que, sur une longue série de sondages, les différentes estimations se situent en moyenne près de la valeur recherchée.Mais, dans les sondages électoraux, plusieurs autres sources de bruit de fond compliquent le problème.En particulier, un certain nombre de répondants ne fournissent pas d'information sur leurs intentions de vote : il ne savent pas, ou bien ils refusent de répondre, ou encore ils se déclarent indécis.C'est donc dire qu'avant de faire une induction de l'échantillon à l'ensemble de la population, on doit d'abord faire une induction des répondants à l'ensemble de l'échantillon : on doit donc en premier lieu répartir les non-répondants.Ces non-répondants, nous les appelons des répondants discrets plutôt que des indécis, car l'expérience montre que, souvent, la catégorie « ne sais pas » est une catégorie refuge pour les répondants qui ne veulent pas exprimer leur opinion dans le cadre de l'enquête, et non pas qui sont indécis dans leur opinion.Problème de la pondération Le problème est donc d'abord de répartir les électeurs discrets dans les différentes catégories d'opinion de manière à ce que la somme des opinions exprimées totalise 100%: quand on sait que la proportion de ces électeurs discrets se situe généralement autour de 10-15%, mais qu'elle peut atteindre des valeurs beaucoup plus élevées, on voit l'importance du problème de la pondération de ces non-réponses pour anticiper le résultat final du vote.La méthode la plus simple consiste à répartir les électeurs discrets au prorata de ceux qui ont donné une réponse, c'est-à-dire de faire comme s'ils n'existaient pas, ou encore comme si leur opinion avait la même répartition statistique que l'opinion de ceux qui ont exprimé une opinion ferme.On se doute bien que cette méthode ne saurait être valable dans la plupart des cas, et jamais dans les cas où le fait de taire son opinion est lié à la position sociale des électeurs discrets ( sexe, âge, éducation, profession, revenu, etc.) ou encore à leur opinion politique.La répartition au prorata procède de la même logique que le processus électoral lui-même qui ne comptabilise pas les abstentions ni les votes annulés dans le décompte du résultat final : du point de vue sociologique, la répartition au prorata n'a de chances d'être valide que par accident, puisque toutes les enquêtes confirment que les électeurs discrets ne se répartissent pas uniformément dans les différentes catégories sociales.Dans une étude effectuée récemment ( Perpectiws référendaires : le problème des répondants discrets et l'anticipation du vote final.Département de sociologie, UQAM, août 1995, 85 pages ) nous avons analysé une centaine de sondages publics parus au cours des dix campagnes électorales et référendaires tenues au Québec depuis 1970.Pour estimer la proportion d'électeurs discrets qui ont finalement appuyé le Parti québécois ou les options souverainistes le jour du vote, nous avons calculé, pour chaque sondage, comment il aurait fallu répartir les répondants discrets pour prédire exactement le résultat du vote.Puis, pour chaque consultation, nous avons calculé la moyenne des résultats obtenus pour les différents sondages.Peu d'appuis au PQ Ces calculs montrent qu'en règle générale le Parti québécois a obtenu en fin de compte l'appui de moins du tiers ou de moins du quart des répondants discrets.La proportion de répondants discrets qui appuient les options souverainistes a dépassé les 40 % seulement en 1989, 1992 et 1993.Notons que ce sont des consultations au cours desquelles la question de la souveraineté n'était pas au centre du débat politique : en 1989, l'accord du Lac Meech n'était pas encore rejeté par le Canada anglais, en 1992, il s'agissait de rejeter l'entente de Charlottetown, et, en 1993, d'envoyer des députés souverainistes à Ottawa.Au cours du référendum de 1980, à peu près pas de répondants discrets ont appuyé le OUI puisque celui-ci a obtenu 40,4 %, à peine plus que ce que les sondages lui accordaient en moyenne ( 40,3 % ).Si on fait la moyenne de toutes ces estimations, on arrive à la conclusion qu'environ le quart des répondants discrets ont appuyé le Parti québécois au cours des neuf consultations provinciales tenues, depuis 1970: c'est ce que nous appelons « l'hypothèse réaliste ».Comment expliquer ce phénomène?Il faut d'abord remarquer que la Sondages référendaires depuis le mois Résultats bruts Pondération proportionnelle Pondération réaliste d'août 1995\tN \u2022\tNon\tOui\tDiscrets\tNon\tOui\tNon\tOui Léger & Léger (23/8)\t1003\t45,3\t44,4\t10,3\t50,5\t49,5\t53,0\t47,0 Crop (5/9)\t610\t38,0\t47,0\t15,0\t44,7\t55,3\t49,3\t50,8 Léger & Léger (8/9)\t959\t42,9\t43,8\t13,3\t49,5\t50,5\t52,9\t47,1 Som (12/9)\t1003\t45,0\t37,0\t18,0\t54,9\t45,1\t58,5\t41,5 Compas (14/9)\t500\t40,0\t36,0\t24,0\t52,6\t47,4\t58,0\t42,0 Créatec (19/9)\t1004\t46,2\t38,8\t15,0\t54,4\t45,6\t57,5\t42,6 Décima (25/9)\t750\t41,9\t40,3\t17,8\t51,0\t49,0\t55,3\t44,8 Crop (25/9)\t2020\t47,0\t39,0\t14,0\t54,7\t45,3\t57,5\t42,5 Som (25/9)\t1820\t48,0\t39,0\t13,0\t55,2\t44,8\t57,8\t42,3 * Léger & Léger (28/9)\t1006\t44,0\t43,5\t12,5\t50,3\t49,7\t53,4\t46,6 * 'mi Lepage / P.Q.(29/9)\t1369\t45,7\t44,3\t10,0\t50,8\t49,2\t53,2\t46,8 \t\t# ¦\t\t\t\t\tInfc\tr jgraphie La Presse assimilables aux électeurs qui s'abstiendront.Ainsi, par exemple, les deux sondages rendus publics récemment ( CROP-La Presse-TVA-Toronto Star et SOM-Environics-S/?C-77œ Ga-zette-Le Soleil-Le Devoir-Le Droit ) montrent que la proportion d'indécis ne varie pas de façon importante d'une région à l'autre du Québec, alors que l'analyse des élections montre toujours que les zones défavorisées des grandes villes et les régions périphériques du Québec connaissent des taux d'abstention généralement deux fois supérieurs aux banlieues notamment.De plus, il n'y a qu'un rapport accidentel entre la proportion de discrets dans l'ensemble des sondages et le taux d'abstention à une consultation.En troisième lieu, les sondages nous montrent que le pourcentage de discrets varie beaucoup d'une catégorie à l'autre : il y a plus de discrets parmi les francophones que parmi les non-francophones, parmi les femmes que parmi les hommes, parmi les personnes âgées que parmi les jeunes, parmi les personnes faiblement scolarisées crets proportionnellement aux répondants décidés, non pas globalement, mais dans chaque catégorie sociale, on obtiendrait déjà une correction en faveur du NON, car les catégories dans lesquelles on trouve le plus de discrets sont celles aussi dans lesquelles le NON est le plus fort parmi les répondants décidés ( femmes, personnes âgées, personnes faiblement scolarisées, etc.).Juste de tenir compte de la répartition des discrets non-francophones corrige à la baisse de 0,5 % le vote pour le OUI dans le sondage CROP-La Presse.« Abstentionnisme » Mais il y a plus.Les taux de participation varient fortement d'une catégorie sociale à l'autre.Evidemment les sondages ne permettent pas d'étudier convenablement l'« abstentionnisme », car le nombre de personnes qui répondent qu'elles n'iront pas voter ( 5 % dans le meilleur des cas ) est très inférieur au nombre d'abstentions réelles ( toujours supérieur à 15%).Pour ce faire, il faut disposer de sondages postélectoraux qui mesurent ce comporte- Certaines des catégories sociales les plus souverainistes ( jeunes, francophones, urbains ) sont aussi les plus « abstentionnistes » et sont donc surreprésentées parmi les répondants décidés proportion «d'indécis» dans les sondages reflète davantage le savoir faire des sondeurs que le niveau d'indécision des électeurs ou la difficulté de leur choix dans une consultation particulière.Il est remarquable, en effet, que dans les années soixante-dix, alors que les sondeurs québécois en étaient à leurs premières armes, les répondants discrets représentent en moyenne le tiers des répondants, alors qu'aujourd'hui, vingt ans plus tard, il représentent moins du cinquième des répondants.Cela reflète l'amélioration des techniques d'entrevue développées par les sondeurs.D'autre part, la proportion de répondants discrets varie énormément d'un sondage à l'autre à l'intérieur d'une même campagne électorale.Si la proportion de répondants discrets reflétait une difficulté réelle des répondants d'arrêter leur choix, donc un état réel de l'opinion publique, les différents sondeurs devraient arriver à des taux semblables.Ce n'est pratiquement jamais le cas.En second lieu, il faut remarquer que les répondants discrets ne sont pas que parmi les plus scolarisées.Or, il se trouve que plusieurs de ces catégories ( les femmes, les personnes âgées, les personnes plus faiblement scolarisées ) sont aussi des catégories dans lesquelles les répondants décidés penchent plus fortement vers le NON.Ainsi, dans le sondage CROP-La Presse, 18% des femmes sont discrètes contre 9 % des hommes, mais les femmes décidées appuient plus fortement le NON que les hommes décidés ( 59% contre 51 % ) ; 19 % des personnes âgées de 55 ans et plus sont discrètes contre 10% des personnes âgées entre 18 et 24 ans, mais le NON l'emporte dans le premier groupe à 70%, alors que le OUI l'emporte dans le second à 54 %.Par ailleurs, toujours dans le sondage CROP-La Presse, 93 % des répondants non-francophones appuient le NON.Peut-on raisonnablement supposer que les 11 % de non-francophones qui se disent « indécis » appuieront le OUI à 45 % comme l'ensemble des répondants décidés ?Pourtant c'est cela que fait la pondération proportionnelle des « indécis ».Si l'on répartissait les électeurs dis- ment : ce fut le cas du sondage effectué par SONDAGEM, quelques semaines après l'élection de 1994 pour le compte de TVA-Le Devoir.Si, dans ce sondage, 22 % des répondants ont déclaré qu'ils ne sont pas allés voter ( alors que le taux d'abstention, en 1994, s'est élevé à 18 % ), ce pourcentage est de 29% parmi les moins de 24 ans, mais de 19% parmi les plus de 65 ans, de 30 % parmi les personnes ayant moins de 7 ans de scolarité, mais de 16% parmi celles ayant plus de 16 ans de scolarité, de 23 % parmi les francophones, mais de 16 % parmi les anglophones, de 19 % à Montréal, mais de 26 % en province, alors qu'il n'y a pas de différence significative entre les hommes et les femmes ( 22 % contre 23 % ).En somme, certaines des catégories sociales les plus souverainistes ( jeunes, francophones, urbains ) sont aussi les plus « abstentionnistes » et sont donc su représentées parmi les répondants décidés, alors qu'à l'inverse certaines des catégories sociales les moins souverainistes ( personnes âgées, non-francophones, personnes très scolarisées, ruraux ) sont surreprésentées parmi les repondants décidés.Le même phénomène se produit au niveau géographique : les régions parmi les plus souverainistes ( zones défavorisées des centres urbains comme l'est de Montréal, régions périphériques comme l'Abitibi-Témiscamingue ou la Côte-Nord ) sont parmi les plus « abstentionnistes », et sont donc surreprésentées parmi les répondants décides.Tous ces facteurs ont pour effet de surestimer le vote au OUI dans lès sondages si l'on effectue une pondération proportionnelle.La pondération réaliste B4 LA PRESSE.MONTREAL.VENDRED113 OCTOBRE 1995 & RÉFÉRENDUM 9 1_ RÉFÉRENDUM 95\t 4A~\ts Notes 1 de \\(campagne Pas question d'atténuer l'objectif de la souveraineté, dit Parizeau LE JEU DU RÉFÉRENDUM ¦ Us ne sont pas nombreux par les temps qui courent ceux qui trouvent que le référendum est un jeu.Mais en cherchant bien, on peut en trouver.Il y a par exemple la compagnie Les Jeux Félix, qui a lancé en avril dernier ce qu'elle a justement appelé « Le jeu du référendum », en n'oubliant pas, bien sûr, d'y accoler un slogan de son cru : « L'autre façon de faire la campagne référendaire ».Le }eu du référendum, qui a été conçu et réalisé par Paul-Marcel Adam et Bruno Dupuis, se joue à deux, quatre ou six joueurs.Il exige des participants un minimum de connaissances politiques, un certain sens de la stratégie et un peu de chance.Munis de quelques pions d'une tablette de feuilles de contrôle, les joueurs installés autour de la planche de jeu sont amenés à faire une tournée des régions du Québec.Mieux ils se tirent d'affaires devant les questions qui leur sont posées ou devant les pièges que leur tendent leurs adversaires, meilleures sont leurs chances d'accumuler des votes.Mis au point pour fin de divertissement, le Jeu du référendum n'a aucun parti pris.Et il ne coûte pas tellement cher ( 14,95 $ ).Mais le plus beau de l'affaire.c'est qu'on peut gagner chacun son tour ! BOMBARDIER RESTERA ¦ Bombardier restera-t-il au Québec ?En cas de victoire du NON, il restera, comme l'a clairement indiqué son président Laurent Beaudoin.Mais en cas de victoire du OUI ?Le document secret du ministère canadien de l'Industrie dont a fait état La Presse le 3 octobre répond de façon assez nette à cette question et, du moins pour ce qui est du secteur aéronautique de Bombardier, se fait même assez rassurant.« La stabilité, la performance et la réputation des entreprises, souligne le document dans son chapitre traitant de l'aéronautique, sont plus importantes aux yeux de leurs clients que les endroits où sont installées leurs usines.Il serait donc étonnant que les clients étrangers de ces entreprises mettent fin à leurs longues relations avec elles au Québec ou dans le reste du Canada ou que ces compagnies déménagent sans une juste cause.Us seraient sensibles, en revanche, à des changements radicaux tels que des bouleversements majeurs dans le domaine des politiques sociales et économiques et dans les relations de travail, à des restrictions touchant le commerce et à des facteurs pouvant leur paraître une menace à leur stabilité, et ils réagiraient en conséquence.» LES CHEFS ¦ Le chef du OUI, lacques Parizeau, est aujourd'hui en Abitibi-Témiscamingue tandis que Lucien Bouchard est dans la région des Laurentides-Lanaudière et que Mario Du m ont fait campagne en Montérégie.Le chef du camp du NON, Daniel lohnson, est à Québec.La ministre fédérale Lucienne Robillard est en tournée au Saguenay-Lac-Saint-Jean.Et le chef conservateur Jean Charest est à Montréal.IULES BELIVEAU Langue : Ryan s'en prend à la « vision pessimiste » des souverainistes MARIO FONTAINE ¦ Il est faux de soutenir, comme le fait le camp du OUI, que le Québec est menacé à plus ou moins long terme de perdre sa langue.Et que Montréal est condamnée à devenir une ville dominée par l'anglais à moins que le Québec devienne un pays souverain.C'est du moins ce qu'a affirmé hier soir Claude Ryan, qui s'en est pris à la « vision pessimiste » des souverainistes en matière linguistique.Selon l'ancien ministre de l'Éducation et ministre responsable de la Charte de la langue française, notre société est même plus française aujourd'hui qu'au début de la confédération canadienne, en 1867.« Le Québec dispose sous le régime fédéral canadien de toute la latitude voulue pour assurer sur son territoire la protection et la promotion de la langue française », a expliqué M.Ryan devant les Amis de Cité libre, réunis à la Maison du Egg Roll.Selon lui, «c la séparation politique n'ajouterait rien au pouvoir que nous possédons déjà de bâtir chez nous une société à l'image de notre culture.Elle mettrait par contre en péril les droits chèrement acquis des communautés francophones dans les autres provinces et territoires ».Son allocution a été prononcée au lendemain de la publication de lettres confectionnées par le Mouvement Québec français, lesquelles expliquent à divers publics que si on fait la souveraineté, ce sera pour faire du Québec un pays de langue française, et non plus un pays bilingue.A l'opposée, le NON se traduirait par une perte de prestige du français.Depuis des décennies, on nous prédit la minorisation inexorable du Québec dès qu'on s'écarte de l'orthodoxie nationaliste, déplore l'ex-chef du PLQ.Or, fait-il valoir, la réaliste c'est que la prépondérance du français s'affirme tandis que l'importance relative de l'anglais diminue.À coups de statistiques, il affirme que le français progresse légèrement dans l'ensemble de la région métropolitaine, tout en accusant un recul dans l'île et dans la ville de Montréal.Cependant, dit-il, sept immigrante sur dix connaissent désormais le français.«IL de la Presse Canadienne ¦ Le chef du camp du OUI, lacques Parizeau, a réaffirmé qu'un OUI au référendum veut d'abord dire la souveraineté pour le Québec, assortie d'un partenariat négocié avec le reste du Canada et qu'il n'est pas question d'atténuer cet objectif.M.Jean-Denis Côté, du Groupe Paul Masson, du Réseau solidarité pour l'économie du Québec et membre du Comité des gens d'affaires pour le OUI, avait pourtant affirmé hier qu'il était un fédéraliste et qu'il votera OUI « pour donner un mandat fort à Lucien Bouchard afin qu'il ait plus de poids pour négocier en profondeur le renouvellement du fédéralisme ».Alors que M.Côté laissait entendre que le chef du Bloc québécois et négociateur en chef de l'éventuel partenariat avec le Canada, Lucien Bouchard, lui avait démontré une plus grande souplesse sur cette question, M.Parizeau a indiqué qu'il n'en était rien.« Il y a trois jours, a-t-il souligné, M.Bouchard a été très clair et je suis aussi clair aujourd'hui ( hier ) et ce sera la même chose dans deux jours.D'ailleurs, nous avons été très clairs sur cette question depuis un long moment.» Le chef souverainiste a quand même admis qu'il se peut fort bien que des gens votent effectivement OUI le 30 octobre pour donner plus de chances à une autre ronde de négociation sur le renouvellement du fédéralisme.« Nous allons le faire, a-t-il dit, nous allons réaliser la souveraineté.Je sais cependant que des gens vont voter OUI en se disant que peut-être, s'ils ne sont pas des souverainistes convaincus, ils donneront ainsi plus de pouvoirs de négociation.Grand bien leur fasse, nous vivons après tout dans un pays libre.« Mais à titre de leaders du mouvement souverainiste, nous ( MM.Bouchard et Parizeau ) devons être très clairs sur ce sujet.Nous voulons réaliser la souveraineté du Québec.» Par ailleurs, le monde des affaires québécois a lancé un appel au calme et à la sérénité dans le débat référendaire actuel et a invité les siens à la solidarité pour assurer la réussite économique du Québec, quelle que soit l'issue du référendum.C'est ce qu'ont indiqué les principaux représentants de RESPEQ, le Réseau solidarité pour l'économie du Québec mis sur pied par l'ex-ministre péquiste de l'Industrie et du Commerce, Rodrigue Biron.Us l'ont fait à l'occasion d'une rencontre sollicitée avec le premier ministre du Québec, Jacques Parizeau.Le RESPEQ, qui se veut un regroupement de gens d'affaires tant fédéralistes que souverainistes, compte dans ses rangs quelque 400 entreprises et une trentaine d'associatons représentant 20 000 entrepreneurs.M.Parizeau a aussi rencontré hier la communauté Hassidim Tosh de Bois-briand.La totalité de la population de la communauté, soit 2500 hommes, femmes et enfants, est sortie dans la rue en fin d'après-midi, hier, pour accueillir M.Parizeau.À son arrivée, M.Parizeau a été chaleureusement applaudi et s'est évidemment soumis de bonne grâce aux demandes de ses hôtes et leur a expliqué, en français et en anglais, le projet de société sur lequel les Québécois se prononceront le 30 octobre.« Si bien des pays sont apparus dans la douleur, souvent dans la violence, a-t-il expliqué, si l'indépendance des peuples a été souvent pénible, la société québécoise, dont vous faites partie, a une tradition de régler ses affaires par des votes, de façon essentiellement démocratique et c'est ce que nous allons faire le 30 octobre.» Le chef souverainiste a souligné que les membres de cette communauté juive orthodoxe devaient tous se considérer comme des Québécois.PHOTO LUC-SIMON PERRAULT.L3 Presse Chaque jour, la foule se laisse charnier par les poètes, les musiciens et les orateurs au Parc éphémère.Le Parc éphémère, l'endroit branché de la campagne référendaire MICHÈLE OUIMET ¦ Le Parc éphémère, un tout petit projet conçu sans aucune prétention, est en train de devenir la place branchée à Montréal, l'endroit in où tout militant du OUI un peu déprimé devrait aller pour se remonter le moral.Le Parc éphémère, lancé par l'ancienne âme dirigeante du parti Rhinocéros, François Gourd, connaît un succès étonnant.Tous les jours, des dizaines de personnalités prennent le micro et expriment leur appui à la cause souverainiste.En moyenne, 100 à 150 personnes viennent régulièrement assister à cet événement qui est en train de devenir un véritable happening.Le Parc éphémère a commencé tout à fait par hasard.François Gourd a vu un terrain vague, au coin de l'avenue du Mont-Royal et de la rue Hôtel-de-ville, qu'un sculpteur, Gilles Bissonnet, avait aménagé en parc temporaire avec des arbres, quelques bancs et une petite estrade.Bissonnet voulait en faire un espace public, un peu sur le modèle du speakers corner au Hyde Park, à Londres, où n'importe qui peut prendre la parole et se lancer dans un discours sur un sujet qui lui tient à coeur.François Gourd a vu le Parc éphé- mère de Bissonnet et il lui a demandé s'il pouvait l'utiliser, le temps du référendum.C'est ainsi qu'est né le projet 200 noms pour le OUI.Depuis le 2 octobre, tous les jours, du lundi au vendredi, de midi à 13h, une dizaine de personnalités viennent exprimer, en cinq minutes, leur appui au OUI.En tout, 200 personnes prendront le micro d'ici le 27 octobre.À midi moins quart, mercredi, il n'y avait pratiquement personne au Parc éphémère.Le temps était absolument magnifique et le soleil tapait doucement.François Gourd était sur les lieux ainsi que son amie, Mélanie Desmarais-Sénécal.Us étaient confiants.« Vous verrez, ont-ils dit, environ 100 à 150 personnes viennent tous les jours.» Le parc, qui n'est pas très grand, s'est rempli rapidement.À midi trente, Il y avait au moins 150 personnes et l'atmosphère était à la fête.On pouvait voir des femmes avec leur bébé, des jeunes, appuyés mollement sur leur vélo, quelques dames âgées, des vieux et même quelques vedettes, comme le sculpteur Armand Vaillan-court et le poète Gaston Miron.La foule, bon enfant, applaudissait et se laissait charmer par les poètes, les musiciens et les orateurs de tout acabit.Car on entend de tout au Parc éphémère: quelques discours sérieux, de la musique \u2014 trompette, saxophone, clarinette \u2014 des poèmes, des tirades enflammées en faveur du Québec et quelques folies.Le comédien Guy Thauvette, par exemple, n'avait rien préparé et il a lu un article de journal à tue-tête tout en faisant quelques blagues.Il a lancé « Welcome to the french ghetto » aux deux journalistes de la télévision catalane un peu éberlués qui filmaient l'événement.Le public se bidonnait.Depuis le 2 octobre, une foule de personnalités de tous horizons \u2014 comédiens, artistes, avocats, musiciens, sculpteur, poète, économiste, etc \u2014 ont pris le micro et exprimé leur ferveur nationaliste.Certains sont connus du grand public, d'autres moins.Il y a eu Pauline Julien, Ariane Émond, Yves Beauchemin, Armand VaUlancourt, Gaston Miron, Jean Pe-titclerc, Dédé Traké, Manuel Foglia, Hélène Loiselle, Jean-Claude Germain, Francine Noël, Jean-Guy Mo-reau.et bien d'autres.Au lendemain du référendum, le Parc éphémère disparaîtra.Il n'y aura plus d'artistes, plus de bancs ni d'arbres.Les gens du quartier retrouveront leur terrain vague après avoir profité, pendant bien peu de temps, d'un vrai parc \u2014 même éphémère.Lucien Bouchard invite les gens d'affaires à prévoir un « plan B » de la Presse Canadien?PHOTOPC Lucien Boi£hartJ était dans la région de Québec, hier.SAJSTE-FOY ¦ Le chef du Bloc qu LA PRESSE.MONTREAL.VENDRED113 OCTOBRE 1995 B5 & RÉFÉR - \u2022 Le camp du NON nie une remontée de l'option souverainiste i ir il n ¦ r PHILIPPE CANTIN PHOTOPC Daniel Johnson a nié que l'effet Bouchard rendait son camp fort nerveux.GRANBY ¦ Après le débat sur la débat, voici la bagarre des sondages internes.Mercredi, le camp du OUI a coulé des résultats plaçant les deux options virtuellement à égalité dans les intentions de vote : 50,5 p.cent au NON et 49,5 p.cent au OUI.Mais ces chiffres, susceptibles d'accréditer la thèse selon laquelle l'effet Lucien Bouchard a rapidement et profondément modifié la tendance des trois dernières semaines, ont été contestés par le camp du NON, hier.Les 12 coups de midi venaient à peine de sonner que les conseillers de Daniel Johnson, demandant sourire aux lèvres s'ils avaient l'air de gens paniques, ont affirmé ceci : selon leur propre sondage, réalisé auprès de 470 électeurs de lundi à mercredi, le NON conserve une avance de six points, 53 p.cent à 47 p.cent, après répartition des huit p.cent d'indécis au prorata.Pour sa part, le OUI a attribué les deux tiers des indécis au camp adverse.Selon l'équipe Johnson, l'avance du NON a chuté d'à peine un point depuis l'entrée remarquée de M.Bouchard aux commandes de l'autobus souverainiste.On affirme que ce transfert est uniquement causé par la « consolidation du vote des indécis penchant déjà vers le OUI » et qui, depuis l'arrivée de M.Bouchard, ont fixé leur choix.Quant aux indécis qui restent, ils inclineraient en grande majorité vers le NON.Des sous-questions auraient permis de mettre à jour leurs préoccupations économiques et leur attachement au Canada.Bref, « le ciment est en train de prendre » en faveur de l'option fédéraliste, affirme l'entourage de M.Johnson.Oui dit vrai ?Qui dit faux ?Chose sûre, M.Johnson n'a pas donné l'impression d'un homme inquiet hier.Jusqu'en soirée, ses activités furent en effet modestes : point de presse à Granby en matinée, suivi d'une entrevue à la radio où les appels lui ont été largement favorables.Exemple : «t M.Johnson, allez-vous le dire que M.Parizeau est pissou de ne pas débattre avec vous ?» En termes nettement plus polis, M.Johnson avait plus tôt opiné en ce sens, accusant le premier ministre « d'esquiver » le débat et de priver les Québécois d'un outil d'information essentiel en période référendaire.À son avis, avec sa plus récente promesse de rouvrir le Collège militaire royal de Saint-Jean après la souveraineté, « il n'existe plus aucune espèce de gêne professionnelle chez l'économiste Parizeau, qui jongle avec des notions fantaisistes et des lubies ».Le chef du camp du NON se demande avec quel argent son vis-à-vis remplira cet engagement, lui qui devra composer avec un déficit de 15 milliards après avoir promis de ne pas hausser les impôts au cours des deux premières années de la souveraineté.Qui plus est, M.Johnson a balayé du revers de la main les observations selon lesquelles l'effet Bouchard rendait son camp fort nerveux.Au contraire, a-t-il soutenu, ce sont ses adversaires oui perdent peu à peu leurs moyens.« Ils sont en état de panique.C'est ce qui leur fait dénoncer les médias.La Presse, de la rue Saint-Jacques, est la tète de turc préférée de M.Parizeau depuis des mois.Et maintenant, c'est TVA, Radio-Québec et Radio-Canada, qui sont dénoncées par le camp du OUI.Quand on s'en prend au messager, c'est un signe de panique.» M.lohnson faisait allusion à deux événements : d'une part, au communiqué émis mercredi par le camp du OUI, dans la foulée des négociations infructueuses pour la tenue d'un débat.Et, d'autre part, à la colère du OUI devant le refus de Radio-Canada de diffuser un de ses messages publicitaires.Rappelons que selon les conseillers de M.Parizeau, le consortium des réseaux de télévision a présenté des propositions le plaçant en état « d'alliance objective avec le camp du NON ».De son côté, Lucien Bouchard a soutenu que Radio-Canada s'était rangée dans « le sac des organiv mes qui sont des suppôts et des pantins du pouvoir ».Ces déclarations de M.lohnson en faveur de la protection des médias viennent après qu'il eut, au cours des der niers temps, fait parvenir une mise en demeure à Radio-Canada sommant la Société de se retracter dans l'histoire du document mystère attribuant une pro position constitutionnelle à son parti, déclaré « qu'on jurerait » qu'une éditorialiste du Devoir était devenue « porte-' parole du OUI », et traité un journaliste de Radio-Canada de « tète de pioche ».Quant à la publicité du OUI recaîee-par Radio-Canada, M.lohnson affirme que son montage représente « une grossièreté intellectuelle rcpréhensible », et demande à Jacques Parizeau s'il l'a approuvée.Il souhaiterait aussi que les au très réseaux la retirent des ondes.Le camp du NON a également saisi le Conseil des normes de la publicité de l'affaire, mais l'organisme a refusé sur-le-champ d'intervenir.Une porte-parole a fait savoir que le Conseil n'avait aucune juridiction sur la publicité politique, et n'exerçait de toute façon aucun pouvoir coercitif.Quant au directeur gênerai des élections, Pierre F.Côté, son bureau a fait savoir que la loi référendaire ne contenait aucune disposition quant a la publicité.» UQAM : trois membres du conseil exigent la démission de Garcia MICHÈLE OUIMET ¦ Trois membres du conseil d'administration de l'UQAM vont demander la démission de Claude Garcia de son poste de président, mardi matin, lors de la prochaine réunion du conseil.Claude Garcia, qui est également président de la compagnie d'assurance Standard Life, a fait une déclaration controversée lors d'un rallye du NON, le 24 septembre.Il a dit que le NON ne devait pas remporter la victoire mais plutôt «< écraser ».Le choix de ce mot a créé une véritable commotion et les pressions pour qu'il démissionne de son poste de président du conseil d'administration de l'UQAM n'ont cessé de se multiplier.Même le recteur Claude Corbo se montre plutôt froid lorsqu'il invoque l'avenir de M.Garcia.Dans une longue lettre qu'il lui a envoyée mercredi et dont La Presse a obtenu copie, M.Corbo explique que « tous les groupes de l'Université sont profondément embarrassés » par la déclaration de M.Garcia.« L'incident du 24 septembre a déjà entraîné des conséquences très préoccupantes aux yeux des groupes de la communauté de l'UQAM, écrit M.Corbo.Ainsi le lien de confiance entre le président du conseil d'administra- tion et une partie significative de la comunauté universitaire apparaît très gravement détérioré.» « L'incident du 24 septembre, poursuit M.Corbo, met en doute votre capacité de représenter l'UQAM ; c'est l'opinion du SPUQ ( sydicat des professeurs ) ( .).Il apparaît donc, pour les groupes de la communauté de l'UQAM, que l'autorité morale dont doit disposer le président du conseil d'administration pour pleinement assumer ses fonctions est indéniablement affaiblie.» Les excuses publiques de M.Garcia, ajoute le recteur Corbo, ne changent pas grand-chose au mal qui a été fait et ne dissipe en rien le malaise créé par l'incident.Dans sa lettre, M.Corbo n'exige pas la démission de M.Garcia, mais il lui souligne le fait que l'UQAM a besoin de « calme » et de « sérénité » et que le conseil d'administration et ses membres ont besoin de « la plus complète autorité morale essentielle à l'exercice de leurs pouvoirs ».En des termes à peine voilés, M.Corbo signifie à M.Garcia qu'il n'est plus l'homme de la situation.Cette lettre est une réponse à une missive envoyée par M.Garcia au recteur Corbo le 2 octobre et dans laquelle il affirme qu'il n'a nullement l'intention de démissionner.M.Garcia explique qu'il s'est déjà publiquement excusé, car ses propos, reconnaît-il, ont offensé.11 revendique sa liberté d'expression et ajoute qu'il n'est pas le seul à consacrer bénévolement du temps à un établissement universitaire ou hospitalier.« Dois-je comprendre dorénavant que l'acceptation d'un poste bénévole dans un établissement de ce type forcera celui qui l'accepte à s'abstenir de tout engagement politique partisan quel qu'il soit ?» demande-t-il.Le sort de M.Garcia sera scellé mardi matin.Les trois membres du conseil d'administration qui vont exiger sa démission sont des professeurs, Bernard Ëlie, Enrico Carontini et Laurent Lepage.Le conseil d'administration de l'UQAM comprend 16 sièges dont deux sont présentement inoccupés.Les membres sont choisis par décret ministériel et le président est élu par les membres à la majorité simple.Pour une destitution, il n'existe pas de règle précise.Elles doivent être établies par les membres du conseil.En attendant la réunion de mardi, M.Corbo consulte.Sa décision de la semaine prochaine devrait donc refléter la volonté du milieu.jéjjiii'KiiLjhjM 1 Orgsmsme de coopération internationale LA CAMPAGNE DE LEVEE DE FONDS DE TERRE SANS FRONTIÈRES BAT SON PLEIN PAR SON 9e TIRAGE ANNUEL Une chance sur 3 000 de gagner une Mercedes d'une valeur de 70 000 $ (ou 60 000 $ comptant); ou un voyage au Costa Rica dune valeur de 5 000 $ (ou 4 000 $ comptant).Vous pouvez former des groupes et partager l'argent ou même, vous pouvez vous joindre à un des groupes que nous formons (participation minimum de 10 $).Faites votre choix et téléphonez-nous au 1-800-268-7880 ou eenvez-nous au 399, rue des Conseillers, Bureau 23, La Prairie, Québec, J5R 4H6.Cartes de crédit acceptées USA, MASTER CARD, AMERICAN EXPRESS.Prix du billet: 10 Donnez un coup de main au destin.288-1261 ,Cônfcraide du Grand Montréal 4 Merci aux amis de Centraide qui ont assumé les coûts de cette annonce LE ^AUMIDI-15! Oui ou non ?À vous de décider.Venez vous faire entendre.Michel Lacombe vous attend aujourd'hui en direct de ïaire de restauration de la Place Longueuil 825, rue Saint-Laurent Ouest Réalisation Michel J.Tremblay SRC \u2022{§}\u2022 CBF 690 Montréal & RÉFÉRENDUM 3 LA PRESSE.MONTRÉAL.VENDRED113 OCTOBRE 1995 il 5 La campagne référendaire i au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le référendum profite ANDRÉ PÉPIN SHERBROOKE ¦ Les jeunes Québécois ne pourront plus aussi facilement tenter leur chance pour un emploi en Ontario, s'ils votent OUI au référendum du 30 octobre prochain, prévient le chef conservateur Jean Charest.« Les Québécois ne casseront plus la frontière de l'Ontario à 100 kilomètres à l'heure.Pour se rendre dans un pays étranger, il faut s'arrêter aux postes frontières.Renoncer au Canada, c'est renoncer aux avantages actuels », a-t-il lancé, hier, devant plus de 300 membres de la Chambre de commerce de Sherbrooke, où il prenait la parole, reprenant encore une fois l'exemple du passeport : « Si vous allez voter OUI, laissez votre passeport dans l'isoloir ».Dans son comté de Sherbrooke, le jeune chef conservateur est reçu très chaleureuse-ment, par des hommes d'affaires qui se lèvent, à deux reprises, pour l'applaudir.Visiblement, il suscite beaucoup de fierté au sein de la communauté.« )ean Charest, c'est l'exemple du petit gars de chez nous, du petit gars du Québec, qui a su prendre sa place à Ottawa », déclare en le présentant la député libérale de Saint-François, l'ancienne ministre Monique Gagnon-Tremblay.Charest y va d'une charge en règle contre ses adversaires Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, les accusant de « ne rien offrir de nouveau pour un Qué- bec indépendant ».« le ne trouve pas une seule raison valable dans le discours des séparatistes.Us veulent conserver tous les avantages du Canada en se séparant », dit-il.Il ridiculise l'adversaire.« Lucien Bouchard veut garder les F-18 dans sa région, Jacques Parizeau veut rouvrir le Collège militaire de Saint-Jean.Bientôt, ils voudront déménager la reine à Chicoutimi », lance-t-il, à l'amusement général.Le chef conservateur laisse par ailleurs planer la possibilité de changements profonds si l'unité canadienne est préservée le 30 octobre.Pendant la campagne référendaire, Jean Charest, visiblement, profite grandement de toutes ces tribunes qu'on lui offre pour remettre sa propre barque à l'eau, suggérant que des changements peuvent survenir à Ottawa.Il blague même sur sa situation difficile aux Communes.« Lorsque je me lève à Ottawa, on m'applaudit moins que dans le passé », confie-t-il, faisant référence à l'époque où il était ministre dans le cabinet de Brian Mulroney.Il profite actuellement d'une « grande visibilité ».Après son discours, hier, à Sherbrooke, il se dirigeait tout de suite vers Thetford Mines, plus à l'est, pour participer à un rassemblement du NON, avec le chef libéral, Daniel Johnson, dans une fébrilité de campagne électorale.est éclipsé par le conflit chez Alcan CILLES TOUPIN JOSQVIÈRE ¦ La campagne référendaire est loin d'échauffer les esprits des gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean ces jours-ci.Dans les journaux, à la radio, dans les cafés, c'est plutôt le conflit de travail chez Alcan \u2014 l'un des plus gros employeurs du coin \u2014 qui fait couler l'encre et qui anime les discussions les plus passionnées.Même le passage à Chicoutimi de Mario Dumont, hier matin, a été relégué au milieu des bulletins de nouvelles locaux bien après les péripéties de la grève à la compagnie Alcan.Le jeune leader du OUI s'est simplement employé, entre autres choses, à minimiser l'importance d'un débat télévisé entre les chefs des deux camps.« L'absence de Jean Chrétien, a-t-il dit, enlève toute signification à un tel débat.» Le ton était posé, monocorde et les propos de M.Dumont ont fait bien peu de vagues.Ce n'était rien, en tout cas, à côté de la « situation épouvantable » qui règne chez Alcan, pour employer une expression utilisée par la radio locale.C'est que la grève se poursuivait toujours hier dans les installations d'Alcan malgré le fait qu'une majorité de syndiqués ait accepté par vote secret l'offre finale déposée par la multinationale le 4 octobre dernier.En tout, en additionnant les résultats obtenus par les cinq accréditations syndicales, 1551 employés syndiqués ont voté en faveur des offres patronales alors que 1465 étaient contre, soit 51,9 p.cent des employés en faveur des offres contre 47,8 p.cent qui les rejettent.« Si nous avons maintenu le mort d'ordre de grève », comme l'a expliqué à La Presse M.Raymond Labonté, président de la Fédération des syndicats du secteur aluminium ( FSSA ), « c'est qu'au point de vue du Code du travail, ce sont les accréditations prises une par une qui déterminent la décision finale ».Or, trois des cinq accréditations syndicales du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvi-da ( SNEAA, le plus important de la FSSA ) ont rejeté très faiblement les offres d'Alcan pendant que les deux accréditations de l'usine Laterrière, près de Jonquière, acceptaient l'offre patronale.La situation est donc tendue sur le terrain, les travailleurs étant manifestement divisés.Les usines où il y a beaucoup d'employés ont voté en faveur du maintien de la grève, mais avec des votes tellement serrés que beaucoup se demandent si la grève va pouvoir tenir.Sans compter que la compagnie Alcan a fait hier midi un coup d'éclat en invitant les syndicats qui ont ratifié les offres à retourner au travail.Alcan a fait savoir qu'après la signature des conventions collectives, elle était prête à procéder au rappel des employés.M.Labonté s'est déclaré peu surpris de ce geste, mais il refuse de parler de division au sein des syndiqués, « tant que les divisions ne sont pas là », a-t-il dit.Sur les piquets de grève, les travailleurs continuaient hier à respecter leurs horaires.À l'usine de Laterrière, les travailleurs affichaient la fermeté.«c On rentre pas.Tout ça va être discuté sur les piquets.Les gens sont solidaires.Les gars de Laterrière rentreront pas tant que les gars d'Arvi-da rentreront pas.» «c Avec un vote aussi serré, commente Raymond Labonté, l'employeur est dans une situation embarrassante.Si les gens rentrent, 50 p.cent des travailleurs seront mécontents et le climat de travail dans les usines s'en ressentira.Le malaise est plus profond qu'on ne le croit.» Hier après-midi, les syndicats affiliés à la FSSA ont formé un comité restreint qui, selon M.Labonté, « va essayer d'atterrir sur une solution qui pourrait apporter un règlement global ».Une première rencontre « de discussion » avec Alcan a eu lieu hier soir.Selon M.Labonté, les syndicats ont réduit au minimum leur LES OBLIGATIONS D'ÉPARGNE DU CANADA FLEXIBLES, SÛRES ET ENCORE PLUS AVANTAGEUSES POUR 1995 Cette année, les Obligations d'épargne du Canada offrent des taux minimums garantis, des hausses de taux au besoin ainsi qu'une nouvelle option REER.Investissez 1 à\t() Il c\test important 5 '/,% 1\t\tANNÉE 6% 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augmentation salariale de 12,6 p.cent ou 2,55 $ l'heure à ses travailleurs.M.Labonté souligne que le petit effort supplémentaire que demandent les syndicats équivaut à un débours pour la compagnie de 33 millions de dollars, « ce qui est négligeable, dit-il, pour une grosse multinationale comme ça ».D'autant plus, selon les syndicats, que la situation du marché de l'aluminium est excellente.Et le référendum dans tout cela ?« On parle pas de ça !» a lancé sèchement le président de la FSSA.Dumont vante le passeport québécois -L- ¦ Mario Dumont a fait l'éloge du futur passeport du Québec, hier, un sujet que Jacques Parizeau et Lucien Bouchard évitent d'aborder, préférant affirmer aux électeurs qu'ils pourront également garder le passeport canadien.« On sera fiers d'exhiber le passeport québécois à travers le monde », a expliqué le chef de l'Action démocratique à quelque 250 étudiants de l'Université de Montréal.Ce passeport, dit-il, sera à l'image des gens confiants, travailleurs et solidaires qui auront réussi à relever le pari de la souveraineté.Selon lui, « si on fait de bonnes choses au Québec, le passeport québécois va devenir une source de fierté.Si on montre notre passeport québécois à Paris, partout dans le monde, dans les capitales, les gens en le voyant vont penser au Québec, au fait qu'on a réalisé des choses », devait préciser par la suite le cosignataire de l'entente du 12 juin.M.Dumont n'a aucun doute quant à la reconnaissance du passeport du nouvel Ëtat à travers le monde.Mais, ajoute-t-il à l'intention des Québécois désireux de garder le passeport canadien, « le gouvernement fédéral aurait l'air bien fou de leur refuser ça ».Jusqu'à présent, le camp du OUI avait systématiquement évité de parler du passeport québécois.Peut-être pour ne pas s'aliéner les 39 p.cent d'électeurs qui pensent que les Québécois pourraient conserver la citoyenneté et le passeport canadiens même après un OUI au référendum.Statistiquement, moins d'un Québécois sur quatre est actuellement titulaire d'un passeport canadien valide.Le sujet prend toutefois pour plusieurs une forte valeur symbolique, et les ténors fédéralistes ne manquent pas de l'aborder dans leurs assemblées.Le chef conservateur, Jean Charest, sort régulièrement un passeport de sa poche durant ses discours, demandant aux gens s'ils veulent perdre cela.L'ex-premier ministre ontarien Bob Rae déclarait avant-hier, dans la métropole, qu'il était fantaisiste, de la part des souverainistes, de prétendre vouloir quitter le Canada tout en en gardant le passeport.Invité du Mouvement étudiant Kour la souveraineté à l'UdeM, I.Dumont a soutenu que le OUI est la seule façon de cesser de tourner en rond, alors qu'un NON serait synonyme Montréal.vendredi 13 octobre 1995 B7 L'EXPRESS INTERNATIONAL AUTRICHE Élections anticipées ¦ L'Autriche entre dans une période d'instabilité politique avec des élections anticipées le 17 décembre provoquées par l'éclatement hier de la coalition gouvernementale entre sociaux-démocrates et conservateurs.La crise couvait depuis une semaine en raison des profondes divergences survenues entre sociaux-démocrates ( SPOe ) et conservateurs ( OeVP ) sur l'élaboration d'un budget d'austérité pour 1996.Les conservateurs reprochent aux sociaux-démocrates de vouloir défendre à tout prix les acquis sociaux à l'origine du déficit public galopant qui atteindra cette année 143 milliards de schillings ( 14,3 milliards de dollars ), selon le ministre de l'Économie lohannes Ditz ( OeVP ).Le chancelier Vranitzky et son ministre des Finances Andréas Staribacher ont de leur côté reproché aux conservateurs de vouloir imposer des mesures antisociales en voulant notamment repousser de deux ans l'âge de la retraite anticipée, et réduire les allocations de chômage et l'aide au congé parental.d'après AFP EQUATEUR Dahlk fuit au Costa Rica ¦ L'ex vice-président équatorien, Alberto Dahik, arrivé mercredi à San (ose après avoir fui son pays, bénéficie au Costa Rica d'un asile politique « virtuel » en attendant une décision officielle, a déclaré hier le vice-ministre des Affaires étrangères Rodrigo Carreras.M.Dahik, qui fait l'objet dans son pays de poursuites pour détournement présumé de fonds publics, a demandé l'asile politique au gouvernement du Costa Rica.Il a déclaré qu'il refuserait de comparaître devant la justice de son pays, qu'il a accusée d'être « politisée ».11 avait démissionné mercredi soir de ses fonctions après avoir appris que la Cour suprême de son pays avait lancé un mandat d'arrêt contre lui.d'après AFP TIMOR Tirs et arrestations ¦ Tirs sporadiques, quadrillage policier et arrestations musclées ont marqué la journée d'hier à Dili, la capitale du Timor oriental, en proie depuis le début de la semaine à des affrontements qui ont fait officiellement au total 2 morts et 11 blessés graves.Pour la première fois depuis le début des émeutes lundi, des coups de feu ont été tirés et les forces de sécurité \u2014 police et armée \u2014 présentes en grand nombre sont massivement intervenues quadrillant la ville paralysée et procédant à des arrestations.Cette subite dégradation de la situation dans l'ancienne colonie portugaise annexée il y a vingt ans par l'Indonésie intervient alors que des spéculations insistantes en provenance d'Oslo indiquent que Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, l'archevêque du Timor oriental, est au nombre des personnalités susceptibles de recevoir le prix Nobel de la paix de l'année.d'après AFP BURUNDI Remaniement ministériel ¦ Le président burundais Sylvestre Ntibantunganya a procédé hier par décret à un remaniement ministériel marqué par le départ de sept ministres.Parmi les partants figurent notamment les ministres des Relations extérieures Paul Munyembari, de l'Intérieur et de la Sécurité publique Gabriel Sinarinzi, et de la Communication Germain Nkeshimana.Les ministres de l'Intérieur et des Relations extérieures étaient au centre de polémiques publiques entre la majorité présidentielle, dominée par les Hutus ( ethnie majoritaire ) et l'opposition ( principalement tutsie ).Cette dernière réclamait le départ de M.Munyembari, qui avait soutenu l'ambassadeur des États-Unis, Robert Krueger, lorsque ce dernier avait dénoncé des massacres de Hutus impliquant les forces armées burundaises ( dominées par les Tutsis ).Onze ministres hutus avaient de leur côté dénoncé le mois dernier les « graves violations des droits de l'homme » dans le pays et accusé le ministre de l'Intérieur de complicité.M.Munyembari est remplacé par Venant Bakevyumusaya, qui était en charge du ministère du Travail et de la Formation professionnelle, tandis que Sylvestre Banzubaze, ancien président de l'ordre des avocats, remplace le ministre de l'Intérieur.d'après AFP La conférence de l'ONU sur les mines échoue Agence France-Prerre VIENNE Après trois semaines de négociations, la conférence des Nations unies sur les mines terrestres antipersonnel a suspendu ses travaux hier, à Vienne, faute d'accord et envisage de se réunir à nouveau en décembre à Genève, a-t-on appris de source diplomatique.Cette décision inattendue, confirmée par un porte-parole de l'ONU à Vienne, a été prise à la suite de l'impasse totale dans laquelle se trouve la conférence dont l'enjeu est la révision de la convention de 1980 sur l'interdiction ou la limitation de certaines armes classiques inhumaines, actuellement ratifiée par 51 pays, pour la plupart occidentaux.Les divergences profondes opposant les participants à la conférence n'ont pas pu être surmontées lors d'une dernière séance de travail, hier après-midi, et les pays européens ont préféré ajourner les travaux plutôt que de s'entendre sur un texte final qui ne ferait apparaître aucun progrès, selon une source diplomatique.La conférence devait s'achever aujourd'hui par l'adoption en séance plé-nière de la convention révisée sur les mines terrestres antipersonnel et d'un protocole additionnel interdisant l'emploi et la vente des armes laser aveuglantes.L'adoption seule de ce protocole interdisant l'emploi et les transferts des armes-laser « conçues pour provoquer la cécité permanente » était envisagée hier soir à Vienne, où les délégations attendaient des instructions de leurs gouvernements respectifs, a indiqué un porte-parole de l'ONU.Réclamée avec insistance par la Croix Rouge internationale et le secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali, cette interdiction des armes-laser aveuglantes avait été acceptée par les États-Unis qui disposent des premiers prototypes pouvant être mis en service d'ici deux à trois ans.À la veille de la clôture, les organisations non gouvernementales avaient lancé un cri d'alarme critiquant « le manque de progrès » de la conférence.« La plus grande partie des travaux a porté sur la discussion de complexes mesures restrictives sur les mines » qui « ne changeront pas grand chose au désastre global des mines terrestres », a déclaré |ody Williams, coordinatrice de la Campagne internationale, qui regroupe plus de 350 organisations non gouvernementales.En signe de protestation, le mouvement écologiste Greenpeace a disposé hier des centaines d'attrapes en forme de mines dans les parcs de Vienne.Un groupe de pays européens, dont la France et l'Allemagne, n'ont pas réussi à venir à bout des réserves de la Chine, mais aussi de l'Inde, du Pakistan, de la Russie et du Mexique, principaux producteurs et détenteurs de stocks, opposés à une interdiction totale des mines antipersonnel ou à des mesures de contrôle trop strictes, selon des sources proches de la conférence.L'échec des discussions a porté sur l'interdiction totale de l'emploi des mines non détectables, dites «plastiques», sans partie métallique, et des mines dispersables, lancées à distance par des avions, des hélicoptères, de l'artillerie ou des véhicules au sol, qui devront être dotées d'un mécanisme d'auto-destruction, selon un projet de convention révisée.L'Inde et la Chine demandent une suppression par étapes des mines plastiques afin de pouvoir adapter leurs stocks et ces Etats exigent un délai avant la mise en place d'un système de vérification.D'autres pays s'opposent à la norme occidentale rigoureuse de 30 jours pour le mécanisme d'autodestruction des mines dispersables.Les Etats-Unis ont proposé un « plafond » de 200 jours et la Chine, une limite pouvant « aller jusqu'à cinq ans », a indiqué un responsable du mouvement catholique « Pax Christi ».Un des objectifs de la conférence était d'élargir le champ d'application de la convention aux guerres civiles, car, jusqu'à présent, la convention ne s'applique qu'aux conflits internationaux.Mais cette mesure n'a pas fait l'unanimité.PHOTO AP Un Casque bleu français dépose une mine à l'écart lors dune opération de déminage, hier, sur la route qui relie Sarajevo et Corazdé.PHOTO AP Les résidants de Sarajevo ont pu profiter du soleil, hier, lors de la première journée du cessez-le-feu Bosnie : le 35e cessez-le-feu sera-t-il le bon ?Les belligérants s'accusent mutuellement de le violer d'après Reuter et AFP SARAJEVO ien que les belligérants s'accusent mutuellement de le violer, un nième cessez-le-feu général \u2014 vraisembablement le plus sérieux en trois ans et demi de guerre \u2014 est entré en vigueur hier matin à 00 h 01, heure locale, en Bosnie.Un missile tiré d'une colline aux mains des irrédentistes serbo-bosniaques a frappé un immeuble de Sarajevo, où il a causé des dégâts, mais pas de victimes, deux heures seulement après le début de la trêve, et, autour de Sanski Most, dans le nord du pays, l'armée régulière bosniaque et les séparatistes serbes ont fait état de combats malgré le cessez-le-feu.Mais, d'une manière générale, la trêve semblait respectée sur les divers théâtres d'opération traditionnels et le premier ministre bosniaque a exprimé une optimisme inhabituel tout comme le chef de la diplomatie française Hervé de Charette, qui a estimé que ce 35* cessez-le-feu « est peut-être le bon ».Haris Silajdzic, chef du gouvernement bosniaque, qui se trouve à Bruxelles pour solliciter une aide européenne à la reconstruction et discuter d'une future adhésion de son pays à l'Union, s'est déclaré « beaucoup moins pessimiste qu'avant ».11 a justifié ce sentiment par trois facteurs : « Belgrade et les extrémistes serbes ont compris que la Grande Serbie avait échoué », la communauté internationale a surmonté son impuissance et l'armée bosniaque a retrouvé une nouvelle combativité.L'attaque que Sarajevo accuse les Serbes d'avoir lancé hier matin pour recapturer Sanski Most, dans le nord, qu'ils avaient dû céder 24 heures plus tôt sous la forte pression militaire de l'armée régulière, n'a pas été confirmée de source indépendante* Mais elle n'est pas invraisemblable dans ce secteur où se sont déroulés le gros des combats des derniers jours après que l'armée bosniaque eut réussi à désenclaver la poche de Bihac.Le président Alija Izetbegovic a estimé hier que cette attaque mettait la trêve en danger et a menacé de riposter si elle se poursuivait.Les derniers combats avant la trêve officielle ont permis à la coalition militaire des Bosniaques et des Croates d'être à portée, comme jamais auparavant depuis le début du conflit, du fief militaire serbo-bosniaque de Banja Luka.Sarajevo parle de « déroute » serbe et, selon la Croix-Rouge, les combats ont jeté sur les routes quelque 40 000 réfugiés de la région.À Sarajevo, en dehors du tir d'un missile, le niveau des combats a « considérablement diminué », a relevé le lieutenant-colonel Chris Vernon, porte-parole de la Forpronu, en estimant « militairement irréaliste » d'attendre un silence total des armes en quelques heures sur 1 000 km de front.Un convoi d'aide humanitaire de l'ONU escorté par des Casques bleus qui se rendait dans l'enclave musulmane de Gorazdé a été contraint de faire demi-tour car la route était truffée de mines placées par les Serbes, a-t-il annoncé par ailleurs.Il s'agissait de la première tentative de l'ONU pour rallier directement à partir de Sarajevo la zone protégée de Gorazdé.dont la route d'accès n'avait plus été utilisée depuis le début de la guerre.Après avoir démantelé un ancien barrage serbe, les Casques bleus français tenteront de nouveau aujourd'hui de la désenclaver.Le cessez-le-feu, dont l'entrée en vigueur a été reportée par deux fois lundi et mardi, est prévu pour une durée initiale de deux mois.Hamas rejette l'appel à participer aux élections d'après AFP NICOSIE n porte-parole du mouvement palestinien Hamas a rejeté hier l'appel du chef de l'OLP Yasser Arafat pour que la formation intégriste participe aux élections du Conseil de l'autonomie palestinienne, prévues début 1996, et a appelé au boycottage de ce scrutin.« Le Hamas maintient son refus de participer à ces élections, car sa position à leur égard reste inchangée », a indiqué Ibrahim Ghoché à Radio-Monte-Carlo ( RMC ), captée à Nicosie.« Ces élections sont une application de l'accord d'Oslo, qui n'a rien apporté au peuple palestinien », a estimé M.Ghoché, qui réside à Amman.11 faisait référence à l'accord de 1993 qui a ouvert la voie à l'autonomie palestinienne.Le Hamas « appelle le peuple palestinien à boycotter ces élections qui ne répondent pas à sa volonté », a ajouté M.Ghoché.M.Arafat avait auparavant estimé « important » que le Hamas «décide de participer totalement à l'ensemble du processus politique, y compris aux élections ».L'OLP et le Hamas, principal mouvement de l'opposition palestinienne, cherchent à s'entendre sur les modalités d'une coexistence après des mois de tension.Ils se sont déclarés mercredi favorables à un « accord d Vendredi samedi 14 octobre iirnees \\ 10% 25% sur DE RABAIS prix ordinaire, de solde ou de liquidation d'une foule d'articles! 30% 50% DE RABAIS sur prix ordinaire un excellent choix d'articles! 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