La presse, 3 octobre 1995, B. Politique
[" CAHIER Va Presse Montréal, mardi 3 octobre 1995 olitique Éditorial Opinions Monde L'EXPRESS POLITIQUE CHRÉTIEN AU QUÉBEC VENDREDI ¦ Le premier ministre Jean Chrétien fera sa première incursion référendaire en règle au Québec vendredi, dans le cadre d'un rallye à Shawinigan dans son comté de Saint-Maurice.11 sera alors flanqué de tous les ténors du camp du NON, à commencer par Daniel Johnson et y compris le chef conservateur Jean Charest.Ce sera une des rares fois que le premier ministre sera sur une tribune québécoise d'ici le 30 octobre.Au total, son programme actuel ne prévoit pas plus de trois ou quatre apparitions au Québec d'ici le vote.Cela inclut un souper avec le premier ministre chinois Li Peng, prévu pour le 13 octobre à Montréal et auquel les premiers ministres de toutes les provinces ont été conviés.En passant, le premier ministre ne sera pas le seul ni le premier Chrétien à se mêler du référendum.Son neveu Raymond, ambassadeur du Canada à Washington, aura l'occasion d'ajouter son grain de sel demain au cours d'une allocution sur le commerce canado-américain devant la chambre de commerce régionale de Ste-Foy.Chantai Hébert R0IINS0N VAINQUEUR EN C.-B.D Svend Robinson a remporté la majorité absolue des votes hier lors de l'élection « primaire » de Colombie-Britannique et gagne ainsi un troisième scrutin sur les cinq tenus jusqu'à maintenant dans le cadre de la course à la direction du Nouveau parti dcmocmrique ( NPD ).Député d'un comté de cette province, M.Robinson, qui avait déjà remporté le Québec et l'Ontario, a obtenu 50,8 p.cent des suffrages contre 29,3 p.cent pour l'ancien député Lorne Nystrom ( qui a gagné la « primaire » syndicale ) et 12 p.cent pour l'ancien chef néo-démocrate de Nouvelle-Ecosse, Alexa McDonough, .victorieuse dans les Maritimes.Les résultats pour la dernière région, les Prairies, qui groupent 35 00Ô des 80 000 membre du NPD, seront annoncés mardi prochain.M.Nystrom a été député dune circonscrption de Saskatchewan pendant 25 ans.Ces «primaires » permettent notamment aux militants d'indiquer leurs préférences en vue du congrès à la direction qui se déroulera du 12 au 15 octobre à Ottawa et qui opposera les trois mêmes aspirants.Gilles Gauthier CHEVRETTE SORT DE SES GONDS ¦ Vendredi dernier, le président de l'entreprise montréalaise gants Paris, Peter Monk, a annoncé un soutien financier de deux millions ( argent et produits ) pour les huit prochaines années à neuf fédérations canadiennes de sport d'hiver.Cette offre n'est toutefois valide que dans un Canada - uni.En cette période référendaire, il n'en fallait pas plus pour faire sortir de ses gonds le ministre des Affaires municipales et responsable des sports, Guy Chevrette.« C'est répugnant, dégoûtant ! C'est du chantage, du terrorisme intellectuel ! le ne veux pas croire qu'il y a encore des gens qui pensent de cette façon en 1995 ! l'ose espérer que cette entreprise retirera ses propos.Elle ne mérite aucune félicitation.C'est créer une pression morale sur les athlètes.Une injure à l'intelligence ! » Claudine Hébert MISE EN GARDE DE HARRIS ¦ Les Québécois pourraient avoir plus de difficultés à travailler en Ontario si le Québec devenait indépendant, a laissé entendre hier le premier ministre ontarien Mike Harris.Le Québec obtient actuellement de l'Ontario de meilleures conditions que s'il était un pays indépendant, selon lui.Le premier ministre répondait à des remarques faites en fin de semaine par le premier ministre Jacques Parizeau, selon lesquelles l'Ontario traiterait le Québec et les États-Unis « sur un pied d'égalité » après l'indépendance.Pour Mike Harris, une telle perspective ne devrait pas être attirante pour les Québécois.« Nous traitons le Québec beaucoup mieux que nous ne traitons les États-Unis.» D'après PC » * » » .UN DÉPUTÉ DU BLOC COMPARAÎT ¦ Le député bloquiste de Manicouagan, Bernard St-Laurent, et son épouse, lohannc Pelletier, ont comparu hier au palais de justice de Sept-lles.Tous les deux font face à des accusations d'avoir eu en leur possession du matériel d'écoute électronique et d'avoir intercepté les conversations privées de î'ex-attaché politique de Bernard St-Laurent, Pierre Nadon.lohannc Pelletier a choisi d'être jugée devant un juge seul, après l'étape de l'enquête préliminaire, tandis que le député St-Laurent a choisi un procès devant un juge et un jury.D'après PC 1*1* r>__ Autres informations.B4, B5,68 Le débat : Chrétien sert de pion au OUI Son refus augmentera le pouvoir de négociation du OUI, selon une note interne DENIS LESSARD du bureau de \\m Presse QUÉBEC La revendication de la participation de Jean Chrétien au débat télévisé de la campagne référendaire vise ulti-mement à permettre au OUI de négocier à sa guise les contitions d'un débat Parizeau-Johnson.Prévoyant à l'avance le refus du camp fédéraliste, les conseillers de Jacques Parizeau escomptent que leurs exigences les placeront en meilleure position pour obtenir qu'une partie du débat porte sur les « alternatives fédéralistes », affirme une note interne, rédigée pour le comité de stratégie du OUI.La Presse a pu prendre connaissance du texte de deux pages, préparé le 16 août par Me Hubert Thibault, un des principaux conseillers du premier ministre Parizeau.On prévoit que si, en bout de course, la présence de M.Chrétien est carrément refusée par le clan du NON, « nous serions alors extrêmement bien placés pour organiser un débat des chefs avec MM.Parizeau et Johnson.Nous pourrions sans doute imposer nos thèmes.Par exemple, il est clair que dans le clan du NON, comme certains diffuseurs, on aura des réticences à consacrer une partie du débat aux alternatives fédéralistes», affirme-t-on.On soutient aussi que les débats sont « incontournables », et qu'il faut même viser à remporter « le débat sur le débat », la partie de souque à la corde qui précède chaque fois ces affrontements.Dans sa note, M.Thibault rappelle que le clan du OUI pourrait « exploiter au maximum » le refus du NON de faire entrer M.Chrétien dans le débat.Même chez les diffuseurs, on faisait hier la même évaluation ; le OUI veut faire « du millage pendant quelques jours » avec l'absence, prévisible, de Jean Chrétien.Hier, informés du coulage de la note, les stratèges du OUI tentaient de renverser la vapeur.« Il est hautement improbable qu'un débat entre M.Parizeau et Johnson ait lieu si M.Chrétien se défile », a dit Jean Royer, le chef de cabinet du premier ministre.Les négociations formelles se sont engagées hier entre les représentants des trois réseaux, TVA, Radio-Canada et Radio-Québec, les représentants de M.Parizeau, Jean Royer et le conseiller Jean-Francois Lisée.Pour le camp fédéraliste, Pierre Anctil, chef de cabinet de M.Johnson, et John Parisella, qui occupait le même poste sous Robert Bourassa.Selon Claude Bédard, porte-parole des diffuseurs, les réseaux « ont réitéré leur offre assez ferme d'un débat des présidents du comité du OUI et du NON ( MM.Parizeau et Johnson ).photo robert skjnner.La Presse Avec la bataille référendaire, s'est aussi engagée la bataille des affiches « il faut que nous restions Les négociateurs du OUI ont proposé « soit un débat à quatre ( avec MM.Chrétien et Bouchard ), soit deux débats.Ils ont soutenu ne pas avoir le mandat de discuter d'un débat à deux, alors qu'il y a 15 jours, ils en avaient accepté le principe », souligne M.Bédard.Selon des sources présentes à la brève réunion, le porte-parole de TVA, Marc Blondeau, a sans ménagement rappelé cet accord de principe aux négociateurs du OUI.Position de repli de M.Royer : le OUI avait accepté de discuter du débat « des chefs » ; rien n'en déterminait le nombre.En privé comme en public par la suite, Jean-Francois Lisée a souligné l'importance de M.Chrétien dans ce débat, Daniel Johnson ayant refusé de répondre aux questions sur l'avenir des régimes de pension et d'assurance-chômage.«Après le référendum de 1980, Trudeau ne rappelait même plus Claude Ryan », lance-t-il.« Parizeau se défile » \u2014Johnson La Presse aniel Johnson condamne énergi-quement la nouvelle position du premier ministre Jacques Parizeau dans le dossier du débat des chefs.Hier soir, devant une foule partisane à Laval, M.Johnson a été cinglant.« M.Parizeau se défile et se dérobe, a-t-il lancé.Je trouve regrettable pour les Québécois de devoir débattre avec une chaise vide le 15 octobre.Comment se fait-il que le premier ministre ne veut pas répondre aux questions des gens sur la signification de la séparation ?Est-ce son entourage qui le contrôle au point de ne pas vouloir le laisser seul dans un débat télévisé ?« Il y a toujours une limite à cacher la vérité.On a accepté tous les deux de participer à ce débat.L'offre de tous les réseaux de télévision tient toujours.Mon acceptation tient encore, j'attends celle de M.Parizeau.Là, on aura l'occasion de poser des questions.Et les Québécois comprendront que son projet nous fait reculer et nous affaiblit politiquement et économiquement.» Plus tôt en journée, M.Johnson a abordé ce sujet sur un ton plus sobre.« M.Parizeau a peur
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