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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Sciences
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-01-30, Collections de BAnQ.

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[" Un chercheur spécialisé en chimie supramoléculaire, Carol Dallai re, de La Baie, près de Chicoutimi, a reçu la bourse H.L.Holmes 1994, décernée par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).Il recevra une somme de 200 000$ qui servira à financer ses projets de recherche au cours des deux prochaines années.Cette bourse fait la promotion de la recherche postdoctorale en chimie, en physique, en biologie ou en mathématiques appliquées aux sciences médicales ou biologiques.M.Dallaire est l'un des rares Canadiens à posséder une expertise en chimie supramoléculaire, un domaine nouveau qui intègre les principes biologiques de la reconnaissance, de la communication et de la détection moléculaire aux techniques chimiques.U vient tout juste de terminer deux stages postdoctoraux, où il a entre autres étudié la conception, la synthèse et les propriétés des réseaux supramoléculaires utilisés dans les processus de reconnaissance moléculaire.Presse Canadienne Histoire Quatre Kirghizes se préparent à entreprendre au printemps un marathon à cheval de 6000 km, de Bichkek à Ankara, pour commémorer le millénaire de la geste des Kirghizes « Manas » qui raconte l'histoire des Kirghizes.Cette geste de 180 387 vers rédigée à une date indéterminée raconte notamment les exploits d'un guerrier du nom de Manas, de son fils Semetey et de son petit-fils Seytek, qui représentent le peuple kirghize, tout en racontant la vie, les traditions, les coutumes, les religions et l'héroïsme kirghizes.Les quatre cavaliers vont couvrir entre 80 et 120 km par jour entre les deux capitales, qui représentent, selon les historiens turcs, l'une (Bichkek), le premier des lieux où les tribus de souche turque se sont installées dans l'est de l'Asie Centrale à la frontière chinoise et Ankara.Agence France-Presse Environnement L'archipel des Galapagos comptera un aéroport de plus à la fin de l'année, sur l'île Isabela, la plus grande des îles de cet archipel à 960 km à l'ouest de l'Equateur, a annoncé le gouverneur de cette zone, M.Pedro Zapata.Deux aéroports existent déjà sur l'archipel: l'un sur l'île San Cristobal, où se déroulent la plupart des opérations, l'autre sur l'île Santa Cruz, qui fonctionne occasionnellement et qui avait été construit pendant la.Deuxième Guerre mondiale par les États-Unis, pour protéger le canal de Panama.Agence France-Presse Démographie .es jeunes Français nesurent en moyenne ) cm de plus qu'il y a t0 ans, alors que les françaises n'ont gagné que 3 cm pendant la nème période, indique jne enquête de .'Institut national de la statistique (1NSEE).Et comme les Français et leurs compagnes déclarent peser un peu moins lourd, on enregistre un affinement de leur silhouette, selon cette enquête.La croissance des Français n'est pas récente, mais elle a tendance à s'accélérer au 20e siècle.Curieusement, la taille la plus fréquente est restée la même.Aujourd'hui comme il y a 20 ans, 30 p.cent des hommes mesurent entre 1,70 m et 1,80 m et 30 p.cent des Françaises ont une taille allant de 1,60 à 1,64 m, mais «l'allongement» moyen s'explique par le fait qu'il y a de moins en moins de petits et que «dépasser 1,80m pour un homme devient courant».On note des différences selon le milieu, avec d'un côté les cadres qui sont deux fois plus nombreux que les agriculteurs à dépasser 1,80 m.Agence France-Presse Nucléaire Plus de 250 affaires de trafic de matière radioactive ont été répertoriées en 1994 en Allemagne, soit le chiffre le plus important jamais atteint dans le pays, indique le vice-président de la police criminelle fédérale (BKA), Bernhard Falk.Le nombre de ces affaires s'est élevé à 267 en 1994, contre 241 en 1993,158 en 1992 et 41 en 1991, a précisé M.Falk au cours d'un Forum sur l'atome qui réunissait à Bonn des spécialistes de la question.Cependant, a-t-il ajouté, ces chiffres ne sont que la «part éclairée de la réalité criminelle».Ils traduisent une «aggravation considérable de la situation», a estimé le fonctionnaire du BKA qui a mis en garde contre le développement de cette forme nouvelle de criminalité.Pour la première fois en Allemagne, en 1994, on a saisi de la matière radioactive pouvant entrer dans la fabrication d'armes atomiques.Agence France-Presse Par la peau des dents C'est son «profil génétique», un code aussi profondément personnel que les empreintes digitales, qui a permis la disculpation de Guy-Paul Morin Le poids d'une seule molécule d'ADN suffit à faire basculer la vie d'un homme, sur la sensible balance de la Justice.Lorsque l'identité est au coeur de la preuve, le «profil génétique» peut signifier la peine de mort comme il peut blanchir de tout soupçon, comme le montrent les causes d'O.(.Simpson et de Guy-Paul Morin.Le «profil génétique» reflète l'identité au même titre que l'empreinte digitale.La marge d'erreur?Elle est infinitésimale.Comment ça marche?Comment un cheveu, une pellicule, de la salive séchée sur la colle d'une enveloppe, une tache de sang, de sperme, et presque n'importe quel morceau de tissu humain, peuvent-il trahir leur propriétaire?C'est à cause du «polymorphisme» du code génétique humain, autrement dit de la grande variabilité individuelle de certains fragments de l'ADN humain.C'est au professeur Alec Jeffreys, de l'Université de Leicester, qu'on doit ce prodigieux bond technique effectué en 1985.Deux ans plus tard, pour la première fois dans l'histoire de la Justice, un test d'ADN servait à identifier le coupable d'un double viol, en Angleterre.Variation sur un code Le corps humain compte 23 paires de chromosomes, chaque chromosome étant formé d'une longue molécule d'ADN (acide désoxyribonucléique).La molécule forme une double chaîne hélicoïdale repliée sur elle-même.Les maillons de la chaîne sont les bases, ou nucleotides, et il en existe quatre différents, représentés souvent par les lettres A,T,G,C, pour adenine, thymine, guanine et cytosine.Chaque nucleotide fait face à un autre qui est son complément, sur la double hélice.La base G est le complément de la base C, de même que la base A pour la base T.Une séquence de bases, par exemple la séquence «CGATCCATT», peut se répéter trois fois chez un individu, et quatre fois chez un autre.Dans les tests d'ADN les plus courants, nommés «RFLP» \u2014 le sigle anglais pour «polymorphisme de longueur de fragments de restriction» \u2014 on a choisi six séquences ou fragments variables de l'ADN sur six chromosomes différents, afin d'établir les profils génétiques.Ces sites hypervariablcs sur le génome ont des séquences entre 9 et 80 bases.La procédure consiste à purifier l'ADN, puis à couper sur la molécule ces sites spécifiques, au moyen «d'enzymes de restriction».Les fragments d'ADN sont séparés en fonction de leur Les tests aujourd'hui utilisés sont à toutes fins utiles infaillibles, selon Léo Lavergne.un spécialiste en génétique moléculaire.poids par la technique d'électrophorèse en gel d'agarose.Le gel ressemble à une épaisse feuille de gélatine transparente, tenue verticalement entre deux plaques.Les fragments d'ADN sont déposés sur le haut, et migrent vers le bas sous l'effet d'une différence de potentiel électrique.Les fragments les plus petits se déplacent plus rapidement que les plus gros, ce qui permet de les retrouver à des endroits différents sur le gel, comme une succession de petits barreaux le long d'une échelle.Comme une image On transfère ensuite les fragments du gel à une membrane de nylon un peu comme on transfère une image sur un papier.Puis, au cour d'un incubation qui dure toute la nuit, des traceurs radioactifs spécifiques se fixent aux fragments « hyper variables ».La membrane de nylon est ensuite placée de un à cinq jours sur un film qui détecte la radioactivité, afin de «faire sortir» les bandes recherchées.Le patron de petits barreaux obtenus est très variable d'un individu à l'autre.Toute cette procédure demande deux semaines par site génétique, et il faut la répéter pour deux, trois ou quatre autres sites pour établir un profil.«C'est ainsi qu'analyser un dossier peut nous demander 10 à 15 semaines», explique M.Léo Lavergne, spécialiste en génétique moléculaire à la Direction des expertises judiciaires du ministère de la Sécurité publique du Québec.Une variation de séquence génétique peut se retrouver à une fréquence de 1 pour 200 à 1 pour 500 individus, au sein de la population.En multipliant cette fréquence par les fréquences des autres sites, on parvient à une fréquence cumulée de l'ordre de 1 pour quelques centaines de millions, pour un profil tracé à partir de quatre ou cinq sites.raisonnable que le profil puisse correspondre à celui d'un autre individu, explique M.Lavergne.Au Minnesota, on considère qu'avec cinq sites génétiques au RFLP, la personne est identifiée hors de tout doute», explique M.Lavergne.Depuis quelques années, on a recours à une méthode plus sensible et plus rapide, nommée «PCR» \u2014 pour «réaction de polymérisation en cascade».On peut avec le PCR boucler les dossiers en deux semaines.Le principe de ce test est semblable au précédent, sauf qu'on procède avec de plus petits fragments d'ADN encore (16 nucleotides environ), dont les fréquences dans la population sont plus élevées, ce qui demande de tester plus de sites (un choix de 20 sites est possible) pour établir un profil précis.Le PCR «amplifie» l'ADN en laboratoire, c'est-à-dire qu'il le fait se multiplier avant de l'analyser.Résultat: on pourrait procéder avec une plus petite quantité de matériel, avec un seul brin d'ADN s'il le fallait, cela a déjà été démontré.Autre conséquence avantageuse: les résultats peuvent être lus au colorant, ce qui élimine l'usage de produits radioactifs.C'est le test PCR qui a servi à innocenter Guy-ràul Morin.Le cas Morin Dans l'affaire Morin-Jessop, le profil génétique du criminel a été établi à partir de restes de sperme séchés depuis dix ans, imprégnés dans une petite culotte qui avait passé des mois sur un corps en décomposition, puis avait été conservée et congelée en laboratoire.Deux tests d'ADN au PCR avaient d'ailleurs été effectués antérieurement, en 1988 puis en 1992, sans résultats lisibles.Devant l'impossibilité de procéder avec les méthodes standards habituelles, qui requièrent un minimum de 200 cellules de matériel, les avocats de Guy-Paul Morin ont mandaté trois experts pour mettre au point un troisième test, un Canadien et deux Américains.Il s'agit de John Waye, biologiste moléculaire à l'Université McMaster et spécialiste de biologie légale à la GRC, Ed Blake de la firme Forensics Science Associates (Richmond, Californie), le même qui a supervisé les tests dans la cause O.J.Simpson, et David Bing du Center for Blood Research de Boston.Les trois experts ont amélioré la préparation de l'échantillon avant de le passer au test PCR.«Nous avons mis dans l'eau un petit bout du tissu, et regardé sous microscope: on voyait encore des têtes de spermatozoïdes.C'est là que nous sommes allés chercher l'ADN», explique John Waye. Le souvenir vivant d'Auschwitz Les commémorations de la libération d'Auschwitz, il y a 50 ans, par l'Armée rouge ont été assombries par des tiraillements entre Juifs et Polonais.Les Juifs ont été tantôt outrés tantôt attristés par la tentative du gouvernement polonais de tourner en fête nationale un des événements marquants de l'histoire spirituelle du peuple juif.Le président Lech Walesa a même ouvert la première Journée des commémorations sans parler des Juifs.il est vrai qu'il y a aussi eu des Polonais et d'autres qui ont été tués par les Allemands à Auschwitz, mais ce nom sera à tout Jamais lié à l'holocauste et au génocide du peuple Juif.Le manque de sensibilité du gouvernement polonais est d'autant plus blessant pour les Juifs que les Polonais ont une très longue histoire d'antisémitisme, jusque dans les années 60, quand le gouvernement communiste expulsait systématiquement vers l'Ouest les Juifs qui avalent échappé aux camps nazis, 20 ans auparavant.Même des communistes dévoués, d'anciens combattants, des fonctionnaires de l'État et du parti ont dû prendre le chemin de l'exil avec leurs familles.Il y a un côté pernicieux dans l'attitude du président Walesa et d'autres qui veulent assimiler le génocide des Juifs aux autres atrocités de la guerre et noyer le caractère judaïque des commémorations dans un cérémonial plus large et plus chrétien.La signification d'Auschwitz à notre époque est unique.C'est faire preuve d'un relativisme moral extrêmement douteux que de vouloir établir une quelconque corrélation entre Auschwitz et d'autres atrocités tout aussi symboliques comme Dresde, Hiroshima, Katyn ou la famine stalinienne en Ukraine.Auschwitz est seul dans son genre et doit être commémoré en conséquence.Il faut condamner ce relativisme moral parce que c'est une façon de mitiger l'horreur, de l'expliquer et, éventuellement, de l'oublier, or, il ne faudra Jamais oublier Auschwitz et l'holocauste.Il faut en garder un souvenir très vivant parce qu'il y a des gens qui veulent nous le faire oublier.La semaine dernière, un article dans un journal Japonais prétendait une fois de plus que les chambres à gaz nazies n'étaient qu'un mythe.Cela rappelle les écrits antl-sémltes qu'Ernst Zundel envoyait de Toronto aux néo-nazis en Allemagne, il y a une dizaine d'années.C'est aussi conforme à la négation de l'holocauste que Jim Keegstra a enseigné pendant 14 ans à ses élèves à Red Deer, en Alberta.Les Zundel, les Keegstra et tous les autres, qui veulent nous faire croire que l'holocauste n'a pas eu lieu, sont parfaitement lucides et ne souffrent pas d'une douce lubie comme ceux qui croient dans l'existence de l'Atlantide.Ils ne réinterprètent pas simplement les faits historiques à leur manière.Ils réécrivent l'histoire pour mieux répandre leurs idées politiques.Les antisémites d'aujourd'hui ne peuvent pas dire que les nazis avaient raison avec leur politique raciale, car peu de gens les suivront dans un cheminement intellectuel aussi répugnant.Mais, s'ils arrivent à faire croire que les nazis ne sont jamais allés aussi loin et que l'histoire de l'holocauste n'est qu'un mensonge répandu par les Juifs, ils peuvent attirer beaucoup de gens qui ne réfléchissent pas trop.La négation de l'holocauste est ainsi devenue une idée assez courante chez les politiciens d'extrême-drolte.David Duke, en Louisiane, l'épousait ouvertement, alors que Jean-Marie Le Pen, en France, cherche seulement à entretenir un certain doute chez ses adeptes.On comprend ainsi mieux l'inquiétude ressentie par les Juifs devant la mésentente et les erreurs commises lors des commémorations de la libération d'Auschwitz, car elles tendent à dénaturer le souvenir et le sens de l'holocauste.C'est pourquoi Simon Wiesenthal dit que les commémorations doivent être un combat contre ceux « qui nient et qui sont partout ».Et Jean Kahn, président du Congrès Juif européen, dénonce « l'indifférence à l'holocauste, la falsification, la banalisation et la récupération de l'Histoire ».En fin de compte, les 50 ans de la libération d'Auschwitz nous touchent de très près, beaucoup plus près que le gouvernement polonais n'a voulu l'admettre.Auschwitz est immensément plus qu'un aspect de la seconde guerre mondiale, comme Stalingrad ou la Normandie.Auschwitz reste présent et son souvenir doit toujours être vivant dans notre vie politique.Frédéric WAGNIÊRE Le gros bon sens La semaine dernière, à Lausanne, le CIO a fait monter d'un cran l'enthousiasme de ceux qui espèrent voir Québec accueillir les Jeux Olympiques en 2002, de même que l'inquiétude des adversaires de ce projet.Heureusement, entre ses plus ardents partisans et ses plus farouches opposants, un groupe vient de se manifester qui, plutôt que de se braquer dans une position extrême, formule des suggestions susceptibles d'atténuer les risques de dérapage des uns et les craintes légitimes des autres.Dans une étude rendue publique récemment, l'Association des économistes de la région de Québec propose en effet certaines règles de prudence qui, si on les avait respectées à Montréal il y a vingt ans, auraient limité le gâchis financier dont on paye encore aujourd'hui le prix.C'est particulièrement vrai en ce qui a trait à l'imputabilité des professionnels qui devraient assumer leur juste part de responsabilité dans l'hypothèse où leurs idées de génie ou leurs innovations audacieuses tourneraient au fiasco, comme c'est arrivé avec le Stade olympique dans la métropole.Même chose au sujet de l'importance des appels d'offre publics qui limitent les dangers de favoritisme et que, dans l'euphorie du moment, on est tenté de considérer comme une perte de temps face à un échéancier serré.Sans parler du principe de contrats à budget fermé qui privent des entrepreneurs astucieux des profits faramineux découlant des dépassements de coûts par rapport à la soumission originale.Autre suggestion qui devrait aller de soi : l'imposition d'une taxe spéciale sur les gains souvent importants réalisés par les propriétaires de sites retenus pour les Jeux.Il n'y a rien, en fin de compte, de révolutionnaire dans les mesures proposées par ce rapport.Tout au plus un rappel du bon sens qui devrait présider à la réalisation de tout grand projet public.Spécialement celui de Québec 2002.Mais on sait, par coûteuse expérience, que le bon sens et l'organisation des Jeux olympiques ne vont pas forcément de pair.Si les promoteurs veulent rallier les sceptiques à leur cause, ils doivent non seulement s'engager publiquement à suivre ces recommandations.Mais aussi mettre en place, maintenant, des mécanismes d'information et de vérification comptable qui permettront de voir, en cours de route, s'ils tiennent parole.Pierre CRAVIL Louise Harel Je veux travailler ! Madame Louise Hard, ministre de l'Emploi ¦ Je vous ai écrit, il y a de cela près de deux mois, pour dénoncer la discrimination dont font preuve les programmes d\\< employabilité » envers les personnes qui ne sont pas dépendantes de l'État.|e parlais, à ce moment, de zone grise dans laquelle se trouvent ces personnes, zone dans laquelle je me retrouve présentement.J'ai réussi à me trouver un emploi contractuel au sein du gouvernement du Québec, plus précisément aux Services sociaux, l'étais alors en sous-trai-^tance.Donnant satisfaction et entretenant une bonne relation avec mes collègues de travail, je décide de postuler sur le poste que j'occupe et qui est ouvert.J'apprends finalement que ma candidature est refusée parce que j'ai trop de scolarité pour un tel poste.Malgré l'intervention de mes collègues face à une telle décision ( qui est prise par la maison mère et non le point de service où je travaille ), la décision s'avère définitive.Encore une fois, je me retrouve en zone grise à cause d'une bureaucratie qui fonctionne, non pas avec son jugement, mais avec des règles et des sous.Vous allez vous retrouver avec une assistée-sociale de plus fcar, là, je décroche ! Depuis plus de cinq semaines que je fais plus de 200 kilomètres par jour afin d'aller travailler.C'est plus de deux heures par jour, assise dans son auto sans oublier les frais d'essence et la fatigue.Mais je le faisais, car je voulais travailler.On dirait que, chaque fois que je réussis à remonter la pente, votre foutu système comptable vient me couper les ailes.Élise BESSETTE Sherbrooke Le départ de Pedro, un grand trou dans nos vies.¦ Depuis déjà deux semaines, on est tous un peu orphelins, nous le Québec des années soixante.Papa Pedro est mort.Dans les hauts-lieux de liberté que furent les deux Casas, Pedro Ru-bio nous encouragea à lutter pour ce en quoi on croyait.Il savait que créer, c'est être forcément rebelle : son Espagne sanglante lui avait enseigné.Chanteurs, peintres ou comédiens, belles de nuit, cinéastes ou écrivains, connus ou inconnus, qui ont donné au Québec l'âme qu'il a.sont passés dans ses Casas.Dans le doute ou dans la gloire, on était sûr de trouver la chaleur de l'amitié, le geste inespéré, le mot qui tombait juste pour nous encourager.Sous son égide, les Casas étaient terres d'asile où se croisaient sans se bat- tre, même en octobre 1970, celui qui croyait au Québec, et celui qui n'y croyait pas.Sa mort pour nous est comme un trou dans nos vies.Une partie d'elles, avec son départ, de réalité nous devient légende : notre témoin n'est plus.Un peu de chaleur humaine aussi : j'ai froid à l'âme.Ce soir, c'est fête au « Nowhere Bar ».Pedro a traversé les marées de la mort pour entrer dans la mer des légendes.Excuse-nous mon vieux de ne pas en être heureux.Comme disait Pichette, « il fait grand jour au large et nuit noire en nos coeurs ».François PIAZZA Montréal Protectionnisme vieillot ai Les employés d'Air Canada ne sont pas différents des autres Canadiens partout au pays ; ils travaillent ferme à sauvegarder leur emploi, à protéger leur gagne-pain et à assurer la viabilité à long terme de leur entreprise.C'est pourquoi il leur est d'autant plus difficile de comprendre et d'admettre la stratégie du gouvernement fédéral qui tient Air Canada et ses clients à l'écart de destinations comme Hong Kong et la Chine.Cela signifie que le personnel d'Air Canada se voit arbitrairement enlever la chance de concurrencer d'autres transporteurs sur ces lignes afin d'y réaliser des profits.Plus grave encore, cela signifie que tous les Canadiens perdent l'occasion de créer des services aériens qui manquent pourtant cruellement et qui généreraient plus d'échanges commerciaux, de tourisme-et d'emplois.Bien que de nombreuses personnes aient réussi à compliquer notre politique du transport aérien international, celle-ci se résume à quelques directives simples que nous appuyons entièrement.?Nous croyons qu'il doit y avoir de la concurrence et un choix pour les consommateurs sur les lignes transatlantiques \u2014 et c'est le cas.?Nous croyons qu'il doit y avoir de la concurrence et un choix pour les consommateurs sur les lignes nord-américaines \u2014 c'est le cas et il y en aura plus encore avec le nouvel accord sur la libéralisation des services aériens canado-américains ( Open Skies ).?Nous croyons qu'il doit y avoir de la concurrence et un choix pour les consommateurs sur les lignes transpacifiques \u2014 mais le gouvernement s'y oppose, pour préserver le monopole des Lignes aériennes Canadien International.C'est véritablement le vestige d'un protectionnisme vieillot, obsolète et odieux à l'égard du transporteur canadien dont le siège est dans l'Ouest.L'argument invoqué, l'an dernier, pour échapper à la disparition du monopole transpacifique était la fragile santé financière de Canadien.Cette année.Canadien est détenue pour un tiers par American Airlines et peut compter sur le soutien financier sûr d'une entreprise bien nantie.Le personnel de Canadien a fait de nombreux sacrifices et travaillé très fort à maintenir son employeur à flot.Le résultat est que des emplois ont été sauvegardés et qu'une société de l'Ouest a été préservée.Mais n'est-il pas tout aussi important de préserver une société de l'Est et de sauvegarder les emplois de l'autre transporteur?Nos 17 000 employés d'un bout à l'autre du Canada ont consenti des sacrifices similaires et travaillé tout aussi fort pour qu'Air Canada demeure viable.De nouvelles destinations sont vitales pour une société aérienne et nous devrons avoir accès aux marchés de la région Pacifique pour qu'Air Canada soit rentable.Christiane BRISSON Maurice GONEAU employés d'Air Canada Les téléspectateurs, otages de Vidéotron ?¦ Depuis janvier, sauf si je veux être abonné à Videoway, je ne peux recevoir CNN, le seul poste additionnel afquel j'étais intéressé.Si je veux rece- voir ces nouveaux services, je devrai aussi m'abonner, à raison de 8.95$ par mois, à Videoway.Donc une addition de 10.94$ plus taxes, soit environ 12.50 S par mois, ou 150 $ par année.Je rêve du jour où le satellite viendra compétitionner avec une pareille tyrannie.Le CRTC prend des décisions auxquelles peu de gens de la rue sont invités à participer.Hypocritement, il invite les citoyens à participer en présentant des mémoires.Mais qui a les moyens de préparer un mémoire, ou de se présenter devant le Conseil ?Devant cette disparité de moyens, le Conseil n'a-t-il pas le devoir de bien défendre, non pas les intérêts des ca-blo-distributeur-s, mais ceux des télés-pectateur-s.Comment le Conseil a-t-il pu ne pas voir cette entonrloupette « Vidéotro-neuse » qui saute aux yeux, même d'un simple citoyen comme moi ! U semble que les cablo-distributcurs aient plus souvent l'oreille du CRTC que les téléspectateurs canadiens I Tous les signaux que Vidéotron rediffuse devraient faire partie du service de base.Seul le monopole autorisé et béni par le CRTC permet la vente de services non désirés que Vidéotron voudrait bien voir - réussir, comme le « magasinage électronique ».En les attachant aux services désirés et qui valent quelque chose, Vidéotron force la porte des gens avec ses insipides canaux de « services » de Videoway.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boite aux lettres, La Presse, 7, .rue Saint-Jacques.Montréal, H2Y 1K9. Rabin freine le processus de paix ALGÉRIE Manifestation contre raccord de Rome ¦ Quelque 10 000 personnes, selon les journalistes présents \u2014 mais 150 000, selon la télévision d'État \u2014 ont manifesté hier à Alger contre l'accord de Rome signé début janvier par des partis de l'opposition, dont le Front islamique du salut ( FIS-dissous ).La marche, convoquée par des associations « non-politiques », visait aussi à « condamner le terrorisme » et soutenir l'organisation de l'élection présidentielle prévue cette année par le pouvoir.Les manifestants, baeucoup venus des villes voisines, ont crié des slogans soutenant le président Liamine Zéroual et condamnant les partis signataires de la plate-forme de Rome, au milieu d'un important déploiement des forces de sécurité \u2014 la marche étant précédée et fermée par des voitures de police, des ambulances et des véhicules de pompiers.Des policiers étaient également postés sur les toits des immeubles et autres surveillaient les ruelles et les entrées des immeubles tout le long de l'itinéraire.Des dizaines de marches similaires, présentées comme « spontanées » par les autorités et les médias publics, ont été organisées depuis début janvier dans la plupart des villes algériennes.d'après AFP BURUNDI Massacre de Hutus ¦ Au moins 70 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été massacrées ce mois-ci dans la province de Kayanza, dans le nord du Burundi, a affirmé hier l'ambassadeur des États-Unis à Bujumbura, Robert Krueger.Selon les témoignages recueillis sur les lieux par l'ambassadeur, ces tueries ont été commises par des hommes vêtus des uniformes de l'armée burundaise et par des complices civils.L'armée est presque entièrement composée de Tutsis, l'ethnie minoritaire, et la commune de Butaganzwa, où se sont produits les meurtres, est peuplée à 98 p.cent de Hutus, ethnie majoritaire, a précisé Krueger, qui en déduit que les victimes sont des Hutus, très vraisemblablement.« l'ai obtenu des preuves directes d'au moins 70 meurtres commis dans cette commune », dit-il, « mais ce nombre est manifestement en-dessous de la réalité, des inconnus ayant été enterrés en silence, d'autres corps ayant été jetés dans la rivière Nkokoma ».L'ambassadeur a relevé qu'« aucune de ces morts n'a été rapportée par la presse, le gouvernement civil ou les forces de sécurité elles-mêmes ».d'après AFP PAKISTAN Drogue, politique, religion ¦ La violence politique et confessionnelle, qui avait ensanglanté Karachi tout le mois de décembre, s'est intensifiée ce week end, où une dizaine de personnes ont été tuées dans divers incidents.Un homme était tué hier et 10 blessés lorsqu'une bombe a explosé devant une mosquée.Trois individus ont été tués lors de heurts internes au MQM ( Mohajir Qaumi Movement ), la principale force politique de la ville et des immigrés venus de l'Inde en 1947.Trois membres du Parti du peuple du Pakistan ( PPP ), du premier ministre Benazir Bhutto, ainsi qu'un indicateur de police ont été abattus par des tireurs non identifiés.Depuis le début du mois, une soixantaine de personnes ont péri dans des incidents imputés à la violence politique ou religieuse à Karachi.Ce regain de violence coincide toutefois avec l'offensive tous azimuts que le gouvernement vient de lancer contre les barons de la drogue, et qui a culminé ce week end avec une saisie massive d'héroïne et de haschich, présentée comme un record mondial : 480 kg d'héroine et 165 tonnes de haschich.d'après AFP ITALIE Fini le fascisme ?m Le congrès de l'Alliance nationale ( AN ), premier parti de droite, a conclu hier ses travaux en élisant comme président Gianfranco Fini, qui a enterré sans remord le fascisme en dissolvant le parti néofasciste, le Mouvement social italien ( MSI ).Fini a eu 1507 voix sur 1679 votants.II y a eu 172 bulletins blancs ou nuls, et aucune voix contre, lors du vote qui a marqué la fin du premier congrès de l'AN à Fiuggi, au sud de Rome.« Aujourd'hui la droite n'est plus synonyme de nostalgie, mais de grande nouveauté et de changement », a déclaré Fini, qui était candidat unique.Le document final adopté par le congrès dit que l'AN veut construire l'avenir de l'Italie dans « la liberté et la démocratie » et refuse toute forme de totalitarisme, de racisme, d'antisémitisme et d'intolérance.Il fait siennes les valeurs du catholicisme, en faisant référence au pape d'origine polonaise Jean-Paul II qui a « encouragé » la lutte contre le communisme dans les pays de l'est.d'après AFP d'après AP et AFP JÉRUSALEM Yitzhak Rabin, le premier ministre d'Israël, a donné hier un abrupt coup de frein aux négociations avec les Palestiniens en affirmant que « nous n'irons pas sur le chemin de la paix à n'importe quel prix ni à n'importe quelle condition ».Selon la radio israélienne, Rabin a fait cette déclaration au cours de la réunion hebdomadaire du cabinet, une semaine après l'attentat-suicide de Netanya commis deux kamikazes palestiniens du Jihad islamique et qui a fait 21 morts, dont 20 militaires.Rabin a aussi estimé, pour la première fois, que « le terrorisme est devenu un danger stratégique pour Israel », a ajouté la radio.Rabin, qui est aussi ministre de la Défense, réservait jusqu'à présent ce terme pour désigner les missiles et armements non-conventionnels dont sont équipés certains pays de la région, dont l'Iran, l'Irak ou la Syrie.Le ministre des Communications, Mme Shulamit Aloni, du parti de gauche Meretz, a critiqué Rabin en affirmant qu'il utilisait « une rhétorique justifiant l'abandon du processus de paix », a indiqué la radio, et Rabin lui a répondu qu'il s'inquiétait « avant tout de la sécurité des Israéliens ».Parallèlement, le cabinet israélien décidait hier de prolonger d'une semaine « au moins » le bouclage des Territoires occupés et autonomes en vigueur depuis dimanche dernier, après l'attentat de Netanya.Selon la radio, citant des sources au cabinet, le bouclage des Territoires palestiniens ne sera en fait levé « que si l'Autorité palestinienne autonome prend des mesures concrètes contre les militants islamistes ».« Nous allons maintenir le bouclage pendant au moins une semaine.Nous ralentissons le processus de paix mais nous ne le stopperons pas », a toutefois expliqué Gonen Segev, ministre de l'Energie.Le premier ministre Rabin a, en outre, chargé le ministre de la Police, Moshe Shahal, de traiter le dossier de la « séparation totale » entre Israel et les territoires palestiniens, afin de réduire les risques d'attentats anti-israéliens.Shahal annonçait qu'il avait ordonné le déploiement de chiens policiers aux divers postes de contrôles et barrages routiers visant à « séparer » Israéliens et Palestiniens, afin de filtrer et détecter des « terroristes », des armes et des explosifs tentant d'entrer en Israël.Le Parlement israélien a longtemps refusé le recours aux chiens policiers parce que les Nazis utilisaient des bergers allemands pour surveiller les camps de concentration et rechercher des juifs cachés durant la Seconde Guerre mondiale.Les Palestiniens ont protesté à leur tour hier.Le chien est considéré un animal malpropre au Proche-Orient et peu de pays de la région en font un usage policier.Le cheikh Ikrima Sabri, chef de la hiérarchie musulmane de Jérusalem, a qualifié d' « inhumain » la décision de déployer des cheisn policiers contre les Palestiniens, et Saeb Erakat, « ministre » de l'Autorité autonome, l'a décrite comme « une honte ».« Je ne pense pas que le bouclage des Territoires, une séparation de cette sorte, aide à résoudre le problème et contribue à la sécurité des Israéliens », a déclaré pour sa part Sufian Abu Zaïd, lui aussi « ministre » palestinien.Selon les responsables de l'OLP, la prolongation du bouclage ne fera qu'exacerber la crise économique et sociale palestinienne.Autre conséquence du bouclage : un journaliste palestinien de la chaine de télévision saoudienne MBC basée à Londres était arrêté hier à l'entrée du bureau d'Yitzhak Rabin, durant la réunion du cabinet, n'ayant pas de permis de séjour en Israel.Khatib, 37 ans, habite Ramallah, à une dizaine de km au nord de Jérusalem, où il était rentré clandestinement malgré le bouclage.PHOTO reuter José Berru (74 ans), vétéran du conflit de 1941 entre le Pérou et l'Equateur, qui assiste à une cérémonie commémorant l'anniversaire du Protocole de Rio, a déclaré être prêt à combattre à nouveau si son pays l'appelle.Les pays du Protocole de Rio vont intercéder entre Quito et Lima d'après AFP QUITO ixto Duran Ballon, le président équatorien, s'est déclaré hier prêt à accepter un cessez-le-feu inconditionnel avec le Pérou, au cours d'une allocution devant un millier de personnes scandant des slogans nationalistes.« Nous n'accepterons que le cessez-le-feu inconditionnel qui nous conduise par quelques moyens juridiques légaux à chercher dans la paix et la dignité la délimitation finale de nos frontières.Nous ne reculerons pas », a-t-il déclaré sous les applaudissements de la foule venue l'acclamer sur la place de l'Indépendance, dans le centre de Quito.Plus tôt, la présidence de la République à Quito avait annoncé que la DCA équatorienne avait abattu hier un hélicoptère péruvien dans la vallée du Cenepa, dans la zone frontalière revendiquée par les deux pays.Selon un communiqué officiel, sept soldats péruviens ont été tués au cours de cette opération péruvienne contre la position d'un détachement équatorien.À Lima, la télévision péruvienne Panamericana TV-CanaI-5, citant des sources militaires, annonçait que les troupes péruviennes ont délogé hier, après d'intenses combats, des soldats équatoriens de trois postes d'observation situés en territoire péruvien, dans la cordillère du Condor.Les mêmes sources ont démenti le bilan de 20 morts côté péruvien diffusé samedi de source équatorienne, indiquant que les combats se poursuivaient hier soir dans la zone de Cueva de los Tayos, proche du fleuve Cenepa.PHOTO AP Le président Alberto Fujimori salue des journalistes à son arrivée au palais présidentiel.À Davos, en Suisse, où il participe au Forum économique mondial, le président argentin Carlos Menem indiquait hier que les chefs de diplomatie des quatre pays garants du Protocole de Rio.qui délimite la frontière entre l'Equateur et le Pérou, «c vont se réunir dans un proche avenir ».Ces quatre pays garants sont les Etats-Unis, l'Argentine, le Chili et le Brésil.U a ajouté que l'Argentine demeurait «évidemment totalement impartiale dans ce conflit », estimant que « l'affaire est grave s'il se confirme officiellement qu'il y a eu 23 morts ».Durant son intervention diffusée en direct à la télévision, le président équatorien, qui est apparu assez fatigué, a averti que dans cette affaire le peuple et l'armée équatoriens maintiendront fermement leurs positions.U a nié que l'Equateur ait agressé le Pérou.L'Equateur est en fait la victime, a-t-il soutenu, car dans la zone contestée « il n'y a pas de positions péruviennes ».« Nous forces armées savent qu'elles ont raison », a-t-il conclu.Le Pérou continuait de concentrer des troupes à la frontière, tout en célébrant le 53e anniversaire du Protocole de Rio, censé mettre un terme définitif au conflit frontalier avec l'Equateur.Lors de sa première déclaration publique depuis le début des incidents, le président Alberto Fujimori s'était efforcé samedi d'en minimiser l'ampleur, les qualifiant de simples escarmouches, et assurant que les forces péruviennes veillaient scrupuleusement à ne pas franchir la frontière fixée par le Protocole de Rio.Mais le quotidien El Comercio, citant des sources militaires, faisait état hier de « cruels combats » sur le rio Cenepa.Sur le front diplomatique, la visite samedi à Lima du secrétaire général de l'Organisation des États américains, Cesar Gaviria, a permis à Fujimori d'affirmer qu'il n'accepterait aucune autre médiation que celle des quatre garants du Protocole de Rio.Cinq pays nordiques exhortent la Russie à négocier d'après AFP i COPENHAGUE Cinq pays nordiques ont lancé hier à Copenhague un appel à la Russie en faveur de la cessation des bombardements de la Tchétchénie et de la recherche d'une solution pacifique négociée dans ce conflit.Cet appel coïncidait avec l'explosion de deux grenades lancées contre l'ambassade de Russie à Sanaa, provoquant des dégâts dans l'enceinte de la chancellerie.La police yéménite a refusé de préciser l'ampleur des dégâts ou d'identifier les auteurs de l'attaque, indiquant seulement qu'une enquête était en cours.Il intervenait par ailleurs à la veille de l'ouverture, ce matin à Strasbourg, de la session d'hiver de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui sera dominée par les débats sur la Russie dont l'adhésion devrait être sensiblement retardée par la poursuite du conflit tchétchène.Réunis à Copenhague pour examiner l'avenir du Conseil nordique après l'entrée de la Finlande et de la Suède dans l'UE ( Union européenne ), les premiers ministres finlandais, norvégien, islandais, danois et suédois ont exhorté Moscou à la retenue et à mettre fin aux violations des droits de l'homme en Tchétchénie.« Nous sommes très préoccupés par la situation, surtout après les bombardements dimanche de Grozny et d'Ar-goun par l'armée russe.Nous appelons les dirigeants russes à respecter leurs engagements internationaux, surtout dans le domaine des droits de l'Homme, et à cesser cette intervention sanglante » a déclaré le président en exercice du Conseil nordique, l'Islandais David Oddsson.Une délégation de cinq membres de l'OSCE ( Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ) est arrivé hier à Gozny.Selon l'agence russe Itar-Tass, la de-légation va rencontrer des habitants de la cité assiégée indépendamment de leur appartenance politique.Le groupe dirigé, par le Hongrois Istvan Gyarma-ti, à gagné Grozny à partir de Mozdok.en Ossétie du nord.Les délégués ont rencontré les opposants tchétchènes bénéficiant de l'appui russe, samedi à Znamenskoye, leur fief dans le nord-ouest.Le Kremlin vient de placer l'opposition tchétchène aux portes du pouvoir, en nommant pour la première fois, ce week end, ses trois principaux leaders \u2014 dont deux anciens barons régionaux de l'ère communiste \u2014 à des postes officiels dans l'organigramme fédéral.Le vice-premier ministre Serguei Chakhraï, « ancien » du dossier tchétchène siégeant au Conseil de sécurité de Russie, a annoncé la nouvelle à la télévision officielle : Oumar Avtourk-hanov, chef du Conseil provisoire, organe de l'opposition créé avec l'aide de Moscou, et Salambek Khadjiev, patron de l'industrie pétrolière locale du temps de l'URSS et porté fin décembre à la tète d'un gouvernement fantôme, sont nommés premiers adjoints du nouveau vice-premier ministre chargé de la Tchétchénie.Nikolai Semionov, ancien chef du PC de Grozny.Beslan Gantémirov, ancien maire de Grozny devenu chef militaire de l'opposition \u2014 dont les forces tentèrent en vain de s'emparer en novembre du Palais présidentiel de Grozny avec l'appui des chars russes\u2014 est également nommé adjoint de Semionov.Sur le front militaire, l'aviation russe bombardait hier Grozny et Argoun, mais selon un officier indépendantiste, ses forces contrôlent toujours un tiers de la capitale, soit les quartiers a Test de la rivière Soundja d'où elles harec-lent les Russes.Quatre Sukhoi-25 ont bombardé à plusieurs reprises Argoun, d'où les forces tchétchènes affrontent des unites blindées russes stationnées entre cette ville et la capitale.? Sciences La passionnante vie sexuelle des mouches à fruits PCetAP aaoN new york ¦ Une vie sexuelle intense, la mort prématurée et les femelles sacrifiées au mâle, telles sont les principaux éléments mis au jour lors d'une recherche sur la reproduction des.mouches à fruits.Cette étude a notamment permis de percer un mystère: pourquoi les femelles de la mouche à fruits meurent-elles plus jeunes lorsqu'elles ont une vie sexuelle plus intense que leurs autres consoeurs?C'est tout simplement la faute des mâles.Qui d'autre?La mouche à fruits mâle a pour unique vocation d'avoir autant de descendants que possible.Cela signifie qu'il doit fertiliser autant d'oeufs que possible.Or, il y a une forte concurrence, parce que les mouches femelles prélèvent et entreposent le sperme de plusieurs soupirants.La mouche mâle, lorsqu'elle a une relation avec une femelle, ne fait pas que l'imprégner de sperme.La semence de certains contient en effet des substances qui détruisent le sperme des rivaux qui l'ont précédé.Ces additifs, par ailleurs, rendent les femelles moins portées sur le sexe durant une journée ou deux, si bien que leur dernier soupirant a de bonnes chances d'être celui qui se perpétuera.C'est malheureusement la femelle qui doit en payer le prix.L'étude a démontré que ces additifs réduisent son espérance de vie.Tracey Chapman, du University College de Londres, et plusieurs autres chercheurs ont fait connaître les résultats de leur étude dans le dernier numéro de la revue Nature.Additifs destructeurs Des expériences en laboratoire ont démontré que, lorsque des femelles s'accouplent fréquemment avec des mâles qui produisent des quantités normales d'additifs destructeurs, seulement la moitié d'entre elles vivent plus de 16 jours.Chez les femelles qui avaient des relations avec des mâles ne produisant aucun additif décelable, la moitié étaient toujours vivantes après 24 jours.Les chercheurs estiment que l'évolution a peut-être joué son rôle, permettant aux femelles de réduire la fréquence de leurs rapports sexuels, de façon à vivre plus longtemps et d'avoir, en définitive, une progéniture plus importante.Les résultats obtenus lors de ces expériences sont convaincants, a affirmé Robert Mangan, directeur de la recherche au département américain de l'Agriculture, à Weslaco, au Texas.Ce phénomène de sperme oxydant pourrait-il exister chez l'homme?«Probablement pas», soutient un spécialiste de l'Université de Princeton, Lee Silver.«Le sperme de la mouche à fruits a des tâches à accomplir différentes de celles de la semence humaine, si bien qu'il n'y a aucune raison de croire, au stade actuel de nos connaissances, qu'il peut y avoir un rapprochement entre les deux», explique-t-il.Avec les tests d'ADN, moins de procès et d'erreurs judiciaires lu SUD La carte montre l'aspect du ciel étoile vers 22 h 30 (HNE) le 15 février (une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin).Pour l'utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête en alignant les points cardinaux.Les lignes pleines montrent les contours des constellations, et les lignes pointillées celles de la Voie Lactée.carte marc JOBIN.Planétarium de Montréal Mars s'approche de la Terre pierre lacombe collaboration spéciale H Le printemps est arrivé.sur Mars! Depuis quelques semaines déjà, la calotte polaire qui recouvre le pôle Nord de Mars diminue sous l'action quotidienne des rayons du Soleil.Des nuages de brume se glissent lentement dans les vallées et modifient peu à peu l'aspect visuel de la planète lorsqu'on la lorgne au télescope.Pour les astronomes, l'approche de l'été sur Mars signifie une surveillance continue de la planète, afin de repérer rapidement les tempêtes de poussière et les phénomènes météorologiques qui y sont associés.L'observation de la planète Mars sera d'autant plus facile qu'elle sera à son point le plus rapproché de la Terre le 12 février.La veille, Mars est en opposition, c'est-à-dire qu'elle est alignée avec le Soleil et la Terre.Les conditions d'observation seront donc optimales, en février, et tous les utilisateurs de télescope devraient consacrer quelques heures à tenter de saisir les diverses nuances brunes, roses et blanches de la surface de Mars.Retrouver Mars dans le ciel étoile sera relativement simple, puisque la planète cheminera durant le mois de février dans la constellation du Lion.En regardant le ciel vers 21 h, dans la direction de l'est, on découvre ainsi, juste au-dessus CAROLE TH IB AU DE AU de l'horizon, un astre brillant d'un beau rouge orangé.La seule étoile relativement brillante des envirops est Régulus, l'étoile la plus brillante de la constellation du Lion.Visible toute la nuit au cours des prochaines semaines, il sera donc possible à l'observateur attentif de remarquer le mouvement de la planète Mars parmi les étoiles.Elle se dirigera d'abord vers l'ouest (i.e.vers la droite par rapport à Régulus) pour revenir vers l'est, à compter du mois d'avril, et repasser encore une fois près de Régulus, à la fin de mai.Ce mouvement en boucle de la planète dans le ciel est appelé, par les astronomes, le mouvement rétrograde.Pierre Lacombe est astronome et directeur du Planétarium de Montreal.s$c jjc )fc ¦ À l'affiche au Planétarium de Montréal: dès le 2 février, un tout nquveau spectacle intitulé Poussières d'étoiles.Laissez l'astrophysicien Hubert Reeves vous raconter l'histoire de l'Univers, du Big Bang à aujourd'hui.Une nouvelle exposition, intitulée Le Télescope Spatial Hubble: vision nouvelle de l'Univers, débutera le 16 février prochain.L'histoire du télescope spatial et les résultats scientifiques obtenus à ce jour en photographies.Horaire et informations supplémentaires: (514) 872-4530 ¦ La semaine dernière, la science délivrait Guy-Paul Morin d'un long cauchemar de dix ans, en l'exonérant de tout blâme dans le viol et le meurtre de la petite Christine )essop.À la lumière d'un test d'ADN effectué sur un reste de sperme séché prélevé sur la petite culotte de la victime, les scientifiques ont conclu qu'il était impossible que M.Morin soit la source de ce sperme.Spectaculaire?Assez, oui.Mais loin d'être rare.Sur quelque 300 profils génétiques effectués au Québec depuis 1991, quatre ou cinq ont carrément permis d'éviter l'erreur judiciaire sur des causes en appel.Est-ce à dire qu'il y a, sans ce nouvel outil génético-légal, une proportion troublante d'erreurs judiciaires dans les causes en appel?«Malheureusement, oui », répond à cela Me Jean-Claude Hébert, un avocat de Montréal qui a beaucoup connu de causes d'agressions sexuelles, domaine émotif s'il en est, et propice aux erreurs judiciaires.«le suis tombé sans les chercher sur une douzaine d'erreurs judiciaires depuis 1980, des affaires maintenant réglées hors de tout doute, explique le crimina-liste.(e suis convaincu que ce n'est que la pointe de l'iceberg.Si on cherchait, on trouverait quantité d'erreurs réglées discrètement, sans qu'on en parle dans les journeaux.C'est la triste réalité.Il y a des erreurs qui sont détectées mais ensuite occultées, parce qu'elles rendent tout le monde mal à l'aise.Et il y a bien sûr des erreurs qui ne sont jamais détectées.» Par ailleurs, dans certains dossiers, la preuve d'identité apportée par l'ADN avant le procès est tellement déterminante que le procès devient inutile, affirme M.Léo Lavergne, spécialiste en génétique moléculaire à la Direction des expertises judiciaires du ministère provincial de la Sécurité publique.Les tests génétiques permettent donc de sauver beaucoup de temps dans les procès ^et, en empêchant des erreurs, d'accroître la confiance des gens dans le système judiciaire.Le test également peut épargner à une victime la terreur d'avoir à témoigner.Mais leur utilisation soulève un tas de questions légales que doivent résoudre ceux qui écrivent la loi.C'est pourquoi Me Michael Zigayer, conseiller senior à la direction du droit pénal du ministère de la justice, a une grosse année devant lui.Son patron, le ministre Allan Rock, rappelait encore la semaine dernière son intention de créer une banque de données génétiques.«Si je fais du bon travail, un projet de loi sur la cueillette et l'usage des preuves d'ADN pourait être prêt et adopté dès 1995.» Plus d'une vingtaine d'Etats américains, ainsi que la police fédérale (le FBI), tiennent maintenant des banques de données de profils génétiques des présumés auteurs de crimes violents ou d'assauts sexuels.Plusieurs milliers de nouvelles fiches d'identité viennent ainsi augmenter les chances de trouver des coupables éventuels de nouveaux crimes.La Nouvelle-Zélande également a légifé- ré sur le prélèvement de l'ADN et les banques de profils génétiques.«La première question consiste à définir dans quelles circonstances on a le droit de prélever un cheveu ou un écou-villon sur un suspect», explique Me Zigayer.jusqu'ici, les prévenus ont le droit de refuser qu'on frotte un écouvillon (une sorte de Q-Tip) à l'intérieur de la joue pour faire un test d'ADN à partir des cellules recueillies.«U faut suivre la personne et attendre que tombent un mégot, ou un mouchoir, ou un vieux diachylon.» Me Zigayer pense qu'on pourrait instaurer des mandats de prélèvement d'ADN.«Avant de prélever un cheveu sur un individu, on pourait lui remettre un petit résumé de ses droits et de la procédure», suggère le cri mina liste.11 faut décider quel matériel on prélève chez un suspect: un cheveux?un écouvillon de bouche?une goutte de sang?Reste ensuite à déterminer chez qui on prélèvera le matériel : chez tous les délinquants, comme pour les empreintes digitales?Ou seulement chez les suspects de crimes violents et de crimes à caractère sexuel?Faudra-t-il établir les profils pour tous les condamnés ou seulement pour ceux qui retournent dans la société?Enfin, qui aura accès à la banque de données?Me Zigayer dit qu'on pourait, comme au FBI, établir une banque de données en trois fichiers.Un premier fichier, le fichier «crimi-nalistique», contiendrait les profils génétiques des prélèvements sur les lieux de crimes non résolus.«On peut grâce à cela comparer les dossiers et voir s'il y a un malfaiteur récidiviste.» Le deuxième fichier est celui des condamnés pour violence ou assauts sexuels.En comparant les profils des condamnés avec ceux des affaires non résolues, on peut peut-être arriver à résoudre ces affaires.Le troisième fichier est celui des personnes disparues.À partir d'un peu d'ADN d'un membre de la famille, on peut comparer le profil génétique avec d'autres restes humains non identifiés.On peut établir qu'une personne portée disparue est réellement morte; ce qui permet à la famille de savoir à quoi s'en tenir.«L'utilisation des tests d'ADN et des banques de données fonctionne bien aux États-Unis, relate Me Zigayer.C'est un outil très précieux.En Colombie-Britannique, la GRC affirme qu'on pourait résoudre une soixantaine de causes en suspens si la législation était en place.» Pour sa part, le biochimiste Léo Lavergne estime qu'il est temps de se mettre aux banques de données de profils génétiques.«Chaque fois qu'une femme rapporte avoir été violée, on devrait faire l'analyse du sperme et la conserver dans une banque de données.Cela aiderait à identifier le coupable, même si c'est des années plus tard.Il y a environ 300 agressions sexuelles par année au Québec.Les prélèvements sont ici, congelés, et on ne fait rien avec, faute de temps et d'argent.» Les American Music Awards saluent We Are the World dix ans après Théâtre Céline Dion pourrait repartir avec le trophée du meilleur extrait pour The Power of Love d'aprcsAH LOS ANGELES K en Kragen a réussi à réunir 45 chanteurs et chanteuses parmi les meilleurs pour réaliser l'enregistrement de We Are the World en 1985, et un grand nombre de ceux-ci seront présents au 22e gala annuel des American Music Awards télévisé ce soir sur le réseau CTV (de 20h à 23h) et sur ABC.Ils y seront pour participer à la fête organisée pour rappeler la chanson et le disque qui en a été fait, qui ont permis de recueillir plus de 80 millions de dollars pour envoyer des vivres aux pays africains affligés par la famine.Mais les Canadiens voudront aussi savoir si Bryan Adams, en nomination pour le trophée du meilleur chanteur, et The Power of Love de Céline Dion, favori pour décrocher celui du meilleur extrait (45-tours), figureront au palmarès au terme de la soirée.C'est après l'American Music Awards du 28 janvier 1985 que Lionel Richie, Mi- chael lackson, Kenny Rogers, Tina Turner, Stevie Wonder et 40 autres artistes se sont rendus aux A&M Studios à Hollywood pour une séance d'enregistrement de We are the World* écrit par Richie et lackson, qui allait durer toute la nuit.Ce sont les images de la famine en Ethiopie tournées par le cinéaste africain Mohammed Amin qui avaient incité Kragen et Harry Belafon-te à prendre cette initiative.Au cours du spectacle sont censés se produire Madonna et Babyface, soutenus par un orchestre de 25 musiciens, qui chanteront Take A Bow, Little Richard qui interprétera Tutti Frutti avec The Go-Gos, et le musicien naguère connu sous le nom de Prince qui présentera un pot-pourri de succès avant de recevoir l'Award of Merit.Les principaux artistes mis en nomination sont Mariah Carey et Boyz U Men, Michael Bolton, Toni Braxton, Warren G, Vince Gill, Alan Jackson, Reba Mc Entire, Tim McGraw et Stone Temple Pilots.es redoutables «métal heads » de Megadeth, qui s'apprêtent à tordre la tôle à l'Auditorium de Verdun, mercredi prochain, seraient des garçons tranquilles lorsqu'ils rentrent à la maison.La plupart d'entre eux auraient même fui la prodigalité californienne, chère à tant de rockeurs durs durs, pour ainsi s'établir sur une « île de l'Arizona».Telle est l'expression de l'excellent quitariste Marty Friedman, joint au téléphone en pleine tournée \u2014 Megadeth ratisse les trois Amériques depuis novembre dernier, depuis l'ascension fulgurante de Youthanasia, dernier album de la formation ayant atteint la quatrième position du palmarès de l'hebdomadaire américain Bill board.L'Arizona, donc.«Nous y avons construit un studio de façon à y travailler le jour et rejoindre nos familles le soir», indique Friedman, placide au bout du fil.Pas du tout le genre à vous mordre un moi i let si vous lui adressez un commentaire critique.4 Mollos les boys, même si invariablement tempétueux sur les planches.Remarquez que Dave Mustaine, ex-chanteur de Metallica ayant fondé Megadeth à la suite de sa démission, aurait un caractère irascible, si l'on s'en tient au oui-dire.D'autant plus qu'il a déjà éprouvé de sérieux problèmes de dépendance à la drogue.U aurait mis un terme à tout ça, à la suite d'une absorbtion de somnifères qui l'a presque définitivement emporté dans une autre dimension.Ses collègues marchent tout aussi droit.Tous sur le tofu, désormais?Création, discipline, cohésion, telle est la façon de faire de Megadeth, dont le nom inspire pourtant le pire.«Ce nom est toujours approprié», croit Marty Friedman: «you know that it's gonna be agressive.«Mais, nuance-t-il, nous ne faisons pas exploser de bombes pendant nos concerts.Bien que nous ayons beaucoup investi sur la scénographie, nous tenons d'abord à mettre la musique de l'avant.«U y a un effort réel de composition chez Megadeth, soutient-il.U est si Eâpile de faire du bruit, jouer fort, se créer une image.The whole thing is bass drum songs and music.Notre musique est très mélodique, en bout de ligne.» Nos protagonistes du métal hurlant ont, comme plusieurs de leurs collègues issus du même milieu, raffiné leur langage.Youthanasia le démontre éloquem-ment.Virage commercial, dirons certains.Friedman n'est évidemment pas d'accord.«Non, cet album n'est pas corporate.Tout ce que j'ai à dire aux fans de Montréal, c'est que nos pièces récentes sont encore plus agressives sur scène que celles de nos albums précédents.Le tempo y est peut-être moins rapide.Mais personne ne manquera de décibels.U n'y a a jamais tant eu de puissance», assure le guitariste, avant de renchérir.«Aucun artiste qui se respecte ne doit négocier un virage corporate.Si tu commets une telle bévue, tu peux gâcher ta carrière entière.Tu te dois absoluement de jouer ce que tu aimes, point à la ligne.Tu ne dois pas suivre les trends qui durent à peine quelques mois.» - Ces mal-aimés, ces mal-compris, ces oubliés des médias.JEAN BEAUNOYER Après le grand théâtre et les fastes des dernières semaines, reprenons cette chronique des mal-aimés du théâtre, ces oubliés des médias, ces mal-compris, ces malentendus très souvent talentueux dont le grand tort est de ne pas disposer de moyens publicitaires pour rassembler les foules et les critiques.Par exemple, qui a annoncé qu'on présente du théâtre au Café de la Place aujourd'hui même?C'est la toute dernière production théâtrale du Café de la Place et l'événement mérite d'être souligné.Il s'agit d'une première montréalaise de Hubert, ou comment l'homme devient rose, un one man show avec Bertrand Dugas, texte de Christian Saint-Pierre et mise en scène de Réjean Poirier.Ce spectacle avait obtenu d'excellentes critiques à Québec et ailleurs en province.A l'affiche pendant les deux prochaines semaines avant de faire place à la chanson.D'autre part, certains artistes font tout mais vraiment tout pour se faire aimer et il faut souligner une initiative pour le moins originale du Théâtre Complice qui vous laisse le choix de payer.à la sortie! Vous payez le montant que vous désirez si vous avez aimé le spectacle.L'événement a lieu tous les lundis du 6 février au 13 mars alors qu'on propose La Musica deuxième de Marguerite Duras, avec Marie-Josée Gauthier et Gaétan Du-mont dans une mise en scène de John Dunn-Hill à 20 heures.Ne vous méprenez pas: il s'agit de théâtre professionnel et d'une production de qualité.Cette initiative mérite un certain encouragement.Beaucoup de mal-aimés se retrouvent au Bistro d'Autrefois.Généralement d'excellents spectacles de la relève ou d'artistes trop injustement oublies.Souvent des fêtes, des hommages et beaucoup de tendresse dans cette petite boite sympathique.Du 2 au U février on y présente Jean-Pierre Bérubé dans un nouveau spectacle-concept qui a pour titre Mon clown qui raconte des personnages de cirque.Un autre spectacle qui pourrait être noyé par tant d'imposantes productions, c'est celui de La Grosse Valise intitulé Ainsi parlait Pulcinella, texte, mise en scène et interprétation de Onil Melançon, présentée au Monument national du 7 au 26 février.La Grosse Valise a déjà 18 ans d'existence et a proposé 15 productions depuis 1976 et participé à dix festivals de théâtre.Avant d'investir une bonne partie de son salaire dans l'achat de quelques billets pour voir Kiss of the Spider Woman, un Québécois propose un tour de force remarquable en réunissant les meilleurs moments des grandes comédies musicales dans Broadway-Montréal, spectacle qui m'a fortement inpressionné l'été dernier lorsque présenté sous la tente dans les Laurentides.Robert Marien a tout misé, tout risqué dans cette production qui sera à l'affiche de la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre Péla-deau à compter de mercredi prochain.Production pius modeste mais ingénieuse et admirable.Et surtout abordable pour le grand public.ENCORE U NCT ¦ Finalement les plus grands mal-aimés semblent logés au bureau du Conseil d'administration de la NCT.Réplique cette semaine du président du Conseil d'administration de la Nouvelle Compagnie Théâtrale, Me Jacques Mongeau (voir La Presse du samedi 28, en page B3), qui «corrige» certaines informations parues dans nos pages dernièrement.D'abord, nous apprécions une réaction de la NCT étrangement muette depuis quelques semaines tandis que nous attendons un communiqué qui tarde à venir et que nous maintenons toutes les informations parues dans La Presse qui provenaient de sources absolument sûres.L'idée n'est pas d'entreprendre une saga avec toutes les crises de la NCT et d'entreprendre une guerre Me Jacques Mongeau contre tous les conseils d administration.C'est Michèle Rossignol, directrice artistique du Théâtre d'Aujourd'hui, qui nous incitait dernièrement à reconnaître l'apport très important des conseils d'administration qui sont les meilleurs intervenants au théâtre pour obtenir des appuis financiers et des subventions: «Sans eux, le théâtre ne serait pas viable», soulignait Mme Rossignol qui m'a présenté avec beaucoup de fierté son président du conseil d'administration, un homme sympathique et manifestement un complice des artistes qui se produisent au Théâtre d'Aujourd'hui.Ce n'est pas un cas unique et souvent les administrateurs et créateurs font bon ménage au théâtre, mais ça ne semble pas être le cas à la NCT et M.Mongeau semble être de bonne foi.Afin de vous laisser sur une note positive sur ce dossier, pourquoi pas une suggestion à la direction de la NCT.Si on espère un tandem efficace, deux personnalités qui se connaissent bien et travaillent ensemble depuis longtemps, pourquoi ne pas considérer la candidature de Joseph Saint-Ge-lais et Jean-Yves Gaudreault, qui travaillent dans des conditions difficiles avec ce festival de Molière et qui ont oeuvré pendant une dizaine d'années à la direction du Théâtre des Pissenlits?Mais il reste encore à définir les fonctions de directeur général et de directeur artistique en précisant leurs mandats et en effectuant une réévaluation du conseil d'administration.Avant d'Investir une bonne partie de son salaire dans Kiss of the Spider.Woman, on pourrait allez voir Robert Marien (dans un extrait de Hair sur la photo) et son Broadway-Montréal, de retour à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre Péladeau à compter de mercredi. BBC World, troisième du genre en deux ans Agence France Presse PARIS ¦ BBC World, chaîne d'information continue en anglais, lancée la semaine dernière en .Grande-Bretagne par la BBC et le groupe Pearson, et distribuée gratuitement en Europe par satellite et câble, est la troisième chaîne de ce type en Europe depuis deux ans.BBC World est pourtant plus ambitieuse que ses soeurs aînées puisqu'elle a bien l'intention d'atteindre les États-Unis en février et, petit à petit, le reste du monde.En attendant, BBC World espère être regardée dans dix millions de foyers européens avant la fin 1995.L'américaine CNN, la première entre toutes, créée en 1980 et devenue internationale cinq ans après, annonce une audience de 60 millions de téléspectateurs en Europe.Le monde où claude gincras ¦ J'ai vu trop de gens bâiller à se décrocher la mâchoire, à l'entracte puis à la sortie \u2014 sans parler de ceux que j'ai vus dormir \u2014, pour mettre sur le seul compte de mon allergie à une certaine musique ancienne l'ennui profond qui m'a accompagné pendant ces deux interminables heures.Le concert tant attendu du Studio de Musique ancienne confié à Ton Koopman s'est donc soldé par une amère déception.Seule fit exception la sélection d'entrée, une suite d'orchestre tirée de la tragédie lyrique Darda-nus, de Rameau.Dirigeant du clavecin puis, à la toute fin, debout, le musicien hollandais obtint de l'orchestre de 23 musiciens (cordes, bois et petits tambours) des contrastes, des effets d'écho, des couleurs, des nuances expressives, des accents absolument nouveaux.Bref, une révélation: on n'avait jamais entendu l'Orchestre du Studio jouer avec une telle vie et un tel relief.Hélas! cette suite de Dardanus fut de bien courte durée et allait être suivie de près de deux heures absolument monotones de musique sacrée pour choeur, solistes et orchestre du même Rameau et de Marc-Antoine Charpentier.A quoi attribuer cet ennui?Aux oeuvres elles-mêmes et à leur exécution, certes, mais d'abord, je le crains, à M.Koopman lui-même, qui a) les a choisies et b) n'a pas su y obtenir des choristes ce qu'en début de concert il était allé chercher avec tant de succès chez les instrumentistes.Ces pages étant toutes assez semblables, c'est le travail du chef d'en faire quelque chose d'intéressant, de stimulant.M.Koopman s'est contenté d'une direction terne qui ne nous changeait guère du style Christopher (ackson \u2014 si on peut parler ici de «style».Au départ, le programme était beaucoup trop long et beaucoup trop exigeant pour le choeur, qui montra bientôt de sérieux signes de fatigue.Les solistes furent corrects pour la plupart.Seule excep- on s'ennuie tion: la basse Yves Saint-Amant, qui chante faux et que le Studio devrait cesser de nous imposer.CHOEUR ET ORCHESTRE DU STUDIO DE MUSI-OUE ANCIENNE DE MONTRÉAL.Chef invite : Ton Koopman.Solistes-.Wanda Procyshyn et Teresa van der Hoeven.sopranos, Daniel J.Taylor, haute-contre.Michel Leonard et Mi-chiel Schrey.tenors.Alain Duguay et Yves Saint-Amant, basses.Hier soir, église Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement.Programme: Suite d'orchestre de Djrdjnus, tragede lyrique 11739) \u2014 Rameau In convertendo, motet pour voix solistes, choeur et orchestre (1713-15) \u2014 Rameau Motets pour voix solistes, double choeur et double orchestre : Josué.Quam dilecta et Cant/'eum pro pace ic.1675) \u2014 Charpentier ArseneauBt accédé Le compositeur Raynald Ar-seneault est décédé jeudi, à la veille de ses 50 ans.Les funérailles ont lieu ce matin, à 9h, à l'église Saint-Marc de Rose-mont, où il avait été organiste.Ce soir, à 20 h, à CBF-FM, on pourra entendre l'enregistrement du concert de ses oeuvres, que la Société de Musique contemporaine du Québec présentait, en sa présence et dans son église, il y a exactement deux semaines. Pendant la saison 1936-1937, en plus de reprendre son emploi de répétitrice auprès d'élèves de Marguerite-Bourgeoys, elle a continué de tenter de gagner sa vie au théâtre.Elle a joué u la Renaissance théâtrale, participé avec la troupe au Festival national d'amateurs.Du côté professionnel, après son engagement aux Variétés lyriques, Henri Letondal lui a fait faire ses débuts de diseuse à L'Heure provinciale à la radio de CKAC, et Mario Duliani lui a offert un petit rôle dans un sketch présenté au Bal des fleurs au Manoir de Saint-Ours.Mais selon elle, sa véritable présentation au public a lieu lors d'un événement littéraire prestigieux, le Grand Gala de poésie organisé par la Société des écrivains canadiens-français que préside Victor Barbeau, à l'occasion de la tenue du Deuxième Congrès de langue française.A l'auditorium du Plateau, devant deux mille personnes, elle se retrouve aux côtés de vedettes, Jacques Auger et Laurctte Larocquc-Auger (qui prendra le nom de lean Desprcz), et de débutants Mia Riddez, Olivette Thibault.Estelle Mauffette (la soeur de Guy Mauffette), Albert Clouticr, François Bertrand pour dire des poèmes de Jovette Bernier, Emile Coderre, Jean Charbonneau, Robert Choquette, Alfred DcsRochers, Albert Ferland, Saint-Dcnys Garneau, Bcrthe Guertin.En cours d'année, la jeune comédienne s'est adonnée a \u2022 l'écriture de courtes pièces et d'essais littéraires qu'elle n'a pas cherché à faire publier malffsé les Judith Jasmin incitations d'Ëthéra.L'ardeur au travail n'a pas manqué, mais les rentrées d'argent demeurent minces.La défaite En ce début d'été 1937, d'autres soucis que la réussite professionnelle la hantent.Un drame plus grave se joue à la maison.La famille Jasmin traverse ses plus pénibles moments de misère depuis son retour au Québec, huit ans plus tôt.A la merci des créanciers, il faut tout vendre, tout liquider pour manger.Le dénuement est tel que Rosaria Jasmin s'engage comme aide domestique dans une famille bourgeoise pour vingt-cinq dollars par mois.Notre très chère, très douce, très consolante, niais peut-être trop amollissante vie de famille se disloque, s'éparpille; maman s'en va.Maman, l'âme du cercle, la pierre de touche, le lien secret entre nous autres, celle dont inconsciemment on ne peut plus se passer: le mur supportant le lierre c'était elle, et voilà qu'elle s'en va././ Cette tendresse, c'était le seul luxe qui nous restuit de notre splendeur passée, c'était pensions-nous la seule richesse inattaquable, la seule que la pauvreté ne pourrait nous ravir nmis il a fallu en rabattre il a fallu tout vendre, tout liquider et voilà que nos valeurs secrètes, cachées, que nous pensions pouvoir dérober à tout jamais à l'huissier, il a fallu les soutirer, les arracher de notre vie, il a fallu les vendre pour manger.Peut-être, espérons-nous, cet holocauste va satisfaire l'Hydre aux mille gueules qu'est la misère; peut-être enfin apaisée, nenous demandera-t-cllc plus rien.Car enfin, que nous reste-t-il?Nos corps, notre peau.Dernier refuge de l'âme, te vendre pour te nourrir te vendre pour que tu vives.La tendresse de notre mère est le dernier lest jeté par-dessus bord pour permettre à notre nacelle de naviguer encore; si, après cela, il faut encore l'alléger d'un poids, il ne restera plus qu'à nous jeter nous-mêmes dans la mort.L'ainée doit, à son tour, trouver à tout prix un emploi pour subvenir aux besoins élémentaires de la famille.Le 1er juillet, elle entre comme vendeuse, pour quarante dollars par mois, à la librairie Pony, rue Sainte-Catherine, près du grand magasin Dupuis et Frères, l'une des rares librairies de langue française à offrir autre chose que des livres munis de l'imprimatur.Les siens peuvent respirer, le pain au moins est assuré.Judith accepte la situation par nécessite mais, humiliée et amère.elle s'y soumet à contrecoeur.Abandonner son espoir d'une carrière la déchire.L'adolescente de seize ans qui revenait de Versailles, en se promettant de «brasser le Québec» se voit aujourd'hui aller de défaite en défaite.Se fondre dans cette foule anonyme de gagne-petit, être confinée à un travail n'offrant aucune gratification intellectuelle lui répugnent.Elle déteste copieusement son travail «abrutissant».Condamnée à faire des journées de dix heures, «étouffantes, écrasantes, meurtrières», des semaines de soixante dans une boutique sombre, éclairée dès midi à l'électricité, à vendre des livres pour un aussi maigre salaire, quelle vie! Vendeuse! voilà ce qu'après tant de détours, de fierté et de dédains, je suis parvenue à être.Des millions de jeunes filles, tous les matins, se dirigent vers un magasin où, toute une journée emprisonnées, elles souriront, patientes, serviables, se gardant de montrer fatigue, lassitude, ennui, enfin tout sentiment humain; une mine collée sur la figure, une énergie d'acier appliquée aux jambes et au dos, elles seront derrière un comptoir couvert de choses qu'elles ne posséderont jamais, souvent des reines de carnaval, de fausses puissances.Elle souffre, elle rage, elle pleure.Mais les épreuves qui se mettent en travers de son avenir, loin de l'enfermer dans une amertume stérile, nourrissent sa réflexion, grandissent sa compassion, augmentent sa compréhension de la condition humaine.Cet été de ses vingt et un ans, elle ne l'oubliera jamais.11 laissera une empreinte indélébile sur sa conscience sociale et sa perception de l'humanité.Ces jours de misères \u2014 je ne dois jamais les oublier \u2014 ils sont trop grands, trop profondément humains, ce sont peut-être les seuls jours où j'aiirai communié de coeur et d'estomac avec tous les misérables de la terre, fours que je ne regrette pas.jours dont je suis fière comme d'une bénédiction, jours de compréhension, d'amour fraternel et de haine violente contre le riche égoïste mes grands jours de mai et de juin où j'ui eu faim, j'ai sangloté de misère, où nous avons ri aux larmes des ruses trouvées pour éloigner les créanciers, fours superbes de misère, soyez bétÛS, aimés, chéris, vous avez mis dans ma vie l'ingrédient nécessaire pour mes jours à venir.Le premier geste de la jeune vendeuse munie de son premier chèque de paye: sortir sa famille de Ville-Émard, symbole trop vif de la misère, pour l'amener clans un appartement sur les deux étages supérieurs d'un «triplex», au 3678.rue du Parc- Lafontaine.donnant sur le magnifique et immense parc de verdurequi longe l'avenue Sherbrooke, au coeur de la ville.Son père garde son bureau, boulevard Monk.La vie de famille}est dilosquée.L'ainée tient du mieuv qu'elle peut les rênes de la maison, menage, couture, cuisine.Pendant qu'elle est à la librairie et son père, au bureau, Claude et Jean-Jacques n'ont souvent à se partager qu'une boite de conserve de spaghetti.Contrariée d'avoir à refuser, faute de disponibilité, un bref engagement a la radio que lui propose Guy Mauffette, Judith soupire: elle aurait pu gagner, en une demi-heure, le salaire d'une semaine à la librairie! Si seulement l'amour pouvait l'aider à supporter la trop lourde croix qui la fait ployer, la consoler de tant de déceptions, de sa solitude aussi.Elle confie à Éthéra ne pas avoir de vraies amies à Montréal.L'idylle amoureuse se présente à elle sous les traits d'un client de la librairie, un Français d'une quarantaine d'années, riche et marié, qui se dit séparé.C'est un bel homme, blond, grand, athlétique.Enfin, l'amour avec un grand A! L'oubli des «heures d'enfer» à la librairie, du corps qui ne tient plus le soir quand elle rentre fourbue à la maison à onze heures passées, après avoir monté à pied l'essoufflante côte de la rue Amherst! A travers les serments échangés, il est question de cohabitation: Nous allions à la rivière noyer nos fatigues, laver nos sueurs, tremper notre corps et notre âme 0' la source de la joie de vivre! /./ Ces soirs où baignés, lavés, sauvés de nous-mêmes, nous allions gaiement croquer n'importe quoi, danser, nous racontant mille folies qui nous faisaient rire Ces nuits où nous revenions le corps las mais l'âme éveillée pour d'autres ardeurs, ou peu à peu pris par le silence, la solitude, nous buvions la volupté gravement parce que c'est une chose sainte. "]
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