La presse, 29 janvier 1995, C. Santé
[" sante .- _ _ SUITE DE LA PAGE C 1_ «phénomène.Mettez-en que c'est une bonne idée mais, comme nous avons pu le constater, le problème ne sera jamais réglé ;chez les jeunes s'il n'est pas réglé d'abord par leurs parents, par leurs profs, par les adultes qui exercent une influence posi live sur eux et qui.fument.Dans cette classe de l'Ecole Atelier, la moitié des élèves a déjà tenté de fumer.au moins une fois.Dans cette classe, une bonne moitié des élèves encore Isont fascinés par le phénomène.Quand on leur dit que la cigarette c'est une drogue, ils pouffent de rire.« Voyons donc ! Si la cigarette c'était une drogue, comme la marijuana ou la cocaïne, vous savez bien qu'on ne la vendrait pas au dépanneur du coin.» Si la cigarette était une drogue, nous disent-ils, elle serait interdite.Or elle ne Test pas.Et si elle ne l'est pas c'est parce que ce n'est pas une drogue comme une autre.Avec celle-là on ne perd pas la tête.Avec celle-là, les adultes semblent se détendre et relaxer.C'est cela qu'ils nous disent.Ils regardent leurs parents aller et leur curiosité est avivée.Ils ont hâte d'essayer ca, pour « voir ce que ca fait ».1 L'exemple des parents Ce qu'ils nous disent, c'est que l'on ne réglera pas le problème de la cigarette chez les jeunes si on ne le règle pas chez les adultes d'abord.« Dangereuse pour la santé, la fumée de cigarette ?» Posez-leur la question.Pour plusieurs, il faut en prendre et en laisser.Durant les neuf mois qui ont précédé leur naissance, elle l'était sans doute.La preuve?Les parents cessent généralement de fumer durant cette période-là.Mais s'ils recommencent à fumer ensuite en leur présence, est-ce que ça ne signifie pas justement que la fumée de cigarette est moins dangereuse qu'on le prétend ?Qu'est-ce que vous faites avec ce raisonnement-là ?Ce que les adultes ne comprennent pas,, c'est le fait qu'en fumant, ils se comportent comme si la santé de leurs enfants n'avait d'importance pour eux que durant le seul temps qu'ils sont à l'état d'embryon.En fumant en leur présence, en leur communiquant par leur comportement le goût de fumer et d'essayer cela, ils incitent leurs propres enfants à devenir des consommateurs de tabac.C'est cela que nous avons compris, et c'est ce qu'à également compris Louise Labrie, conseillère en promotion de la santé à la Direction de santé publique de Montréal-centre.Le Québec h la traîne Le phénomène du tabagisme chez les jeunes préoccupe Louise Labrie depuis 1987.Depuis 1991, c'est devenu une véritable obsession pour elle.« Le tabagisme c'est un gros problème de santé à l'heure actuelle parce que depuis la contrebande et la baisse des taxes, il y a une forte hausse de consommation chez les jeunes, dit-elle et cela c'est préoccupant.» Avant la contrebande et la baisse des taxes, il y avait nous dit-elle encore, 11 p.cent d'adolescentes et 7 p.cent d'adolescents qui fumaient.Aujourd'hui, il y en a 19 p.cent chez les adolescentes et plus de 13 p.cent chez les adolescents.Pourquoi y a-t-il plus de filles que de gars qui fument à l'âge tendre ?Parce qu'étant plus évoluées et plus « mûres » à 12 ans que les gars du même âge, les fillettes préfèrent fréquenter des adolescents.Elles subissent donc plus précocement leur influence.«Chez les jeunes de 15 à 19 ans, renchérit Louise Labrie, le Québec a le pire dossier au Canada.Nous excédons de 4 p.cent la moyenne nationale.«c La contrebande et la baisse des taxes ensuite ont eu pour effet d'augmenter l'accessibilité de la cigarette.Le gouvernement le savait et a laissé traîner cela durant deux ans.Il y avait une autre dimension au phénomène de la contrebande.Pour les jeunes, c'était d'autant plus fascinant que c'était interdit.» Pour régler le problème il faut, ajoute-t-elle, adopter une stratégie globale.Et si on ne le fait pas, ce sera désastreux à long terme.» qu'il n'est pas criminel d'en vendre aux moins de 18 ans ou de 19 ans, comme l'Ontario l'a fait.L'interdiction de vente aux mineurs aux États-Unis et en Europe a permis de faire chuter la prévalence chez les jeunes de 50 p.cent.» Mais les jeunes que nous avons rencontrés semblaient craindre qu'à la faveur de cette interdiction, d'autres jeunes n'agissent comme pushers auprès d'eux et qu'un phénomène de violence ne vienne se greffer à celui du tabac.Qu'en pense Louise Labrie ?« Moi, ce que je peux vous dire, c'est que les deux tiers des enfants se procurent actuellement le tabac auprès du détaillant.11 n'y a qu'une minorité qui se procure le tabac auprès des parents ou d'autres jeunes.S'il y a eu de la contrebande à grande échelle en 1991 au Québec, c'est parce qu'on pouvait se procurer du tabac pas cher et le revendre moins cher que le prix du marché.Si des jeunes veulent vendre des cigarettes auprès d'autres jeunes, ils devront s'approvisionner auprès des marchands et les revendre aux plus jeunes plus cher que le prix du marché.Les plus jeunes ne marcheront pas là-dedans.Ils vont préférer s'adresser aux parents pour se procurer ses cigarettes.Vous voyez le rôle de renforcement que les parents devront jouer ?» Environnement et taxation « Quant aux marchands qui vendent des cigarettes aux moins de 18 ans, il serait temps qu'ils adoptent la même logique qu'un tenancier de bar qui ne veut pas perdre son permis.La législation doit aller dans ce sens-là », soutient-elle.« Le gouvernement doit lancer ses lois.Puis assurer la protection de l'environnement aux non-fumeurs, partout où c'est possible.« Nous devons travailler sur la norme sociale, avoir des environnements physiques et sociaux sans tabac.Pensez-vous que dans les milieux de travail où on rationnelle actuellement, les employeurs auront les moyens de se doter de coûteux équipements de ventilation dans un local clos pour les fumeurs ?Or c'est cela qui est recommandé par tous les professionnels qui travaillent sur le dossier du tabagisme.Une pièce fermée et des fumoirs adéquatement ventilés pour les fumeurs.» Aussi bien dire que la cigarette serait dans un tel cas carrément bannie de la majorité des entreprises.Et les taxes ?A-t-on renoncé à recourir aux mesures fiscales de dissuasion ?« Il ne faut pas, soutient Louise Labrie, augmenter les taxes si nous ne sommes pas en mesure d'agir sur la contrebande.Le gouvernement fédéral savait qu'il y aurait un problème de contrebande, qu'il était en train de se tisser, mais il n'agissait pas.Pourquoi ?Ce n'est pas à moi de vous le dire.Mais la Société canadienne du cancer, la Fondation des maladies du coeur et une coalition d'organismes ont averti le gouvernement fédéral de cela.Ils ont dit : faites attention ! En augmentant les taxes, il va se créer de la contrebande.Ils n'ont pas agi en 1990 et 1991 sur la contrebande.Ils l'ont laissé s'installer et c'est devenu un problème social.Pas juste un problème de santé.Or la taxation a prouvé au cours des 20 dernières années qu'elle réduisait la consommation.» Les fabricants de tabac, comme le souligne Louise Labrie, constituent de puissants groupes d'intérêts disposant des services de lobbyistes habiles et d'idéologues chevronnés.Pour vaincre le tabagisme, les opposants devront faire front commun.« L'important, dit-elle en conclusion, c'est que ces efforts soient soutenus.Il ne faut pas lancer cette offensive comme on lance une ballourw.Il faut même sensibiliser nos politiciens.C'est une priorité car les jeunes fument de plus en plus.» Aide-mémoire sur la fumée de tabac dans ¦ La FTE ( terme employé pour simplifier la notion de Fumée dé Tabac dans l'Environnement ) contribue à la formation de cajl1 lots, au durcissements et è l'obstruction des artères.On y retrouve aussi tous les composés du tabac qui endommagent le système cardiovasculaire.?La FTE contient au moins cinq fois plus d'oxyde de carbone, poison mortel qui cause les maladies du coeur, que la fumée de tabac aspirée directement.?La FTE augmente le risque^ thrombose coronaire ( caillots de sang) et d'infarctus aigu qu myocarde ( crise cardiaque ).?La FTE augmente de 20 à 30 p.cent le risque de décès chez les non-fumeurs mariés à une personne qui fume.?La FTE fait augmenter le pouls, la tension artérielle et la quantité d'oxyde de carbone dans le sang des non-fumeurs.?La FTE contient du poloniunv 210 qui laisse échapper de> rayons alpha qui sont au moins dix fois plus cancérigènes que les irradiations ordinaires de ip radiographie.?Jusqu'au quart des décès attrî-buables au cancer du poumon chez les non-fumeurs est associé à la FTE, qui est la troisième cause de cancer après le tabagis; me et l'exposition à des subst^r^ ces dangereuses en milieu de tra: vail.?Près du quart de la population souffre de maladies du coeur ou pulmonaires ou d'allergies que la fumée du tabac peut aggrave!-.La Fumée de tabac dans l'en1 vironnement, à court et à long terme, est cause de tensions sin-la circulation coronarienne.Elle cause des irritations aiguës dès yeux, de la gorge, du nez et de l'appareil respiratoire.Elle causé aussi des maux de tète, de la nausée et des étourdissements.L'aspiration de la fumée du tabac amoindrit l'absoption et l'utilisation de l'oxygène et la fumée peut affecter autant la capacité pulmonaire du non-fumeur que celle de la personne qui fume et une à dix cigarettes par jour.Les enfants de parents qui fument sont plus sujets à être hospitalisés pour une bronchite, une pneumonie ou d'autres problèmes de santé que les enfants venant de milieu sans fumée.' \" ;n Ces informations proviennent de la Direction de la santé et des services-sociaux de Montreal-Centre et du Conseil canadien I sur le tabagisme et la santé.¦ L'éducation des jeunes est une des solutions au problème du tabagisme qui peut-être appliquée à court terme.Pour obtenir des effets à long terme, il faut déployer simultanément toute une batterie de solutions.C'est substantiellement ce 2u'a déterminé en entrevue ouise Labrie, conseillère en promotion de la santé à la Direction de santé publique de la région de Montréal.Se référant au plan de lutte contre le tabagisme adopté récemment par le gouvernement du Québec et annoncé par le ministre de la Santé lean Rochon, Louise Labrie a établi que l'éducation des jeunes seule, la seule taxation, les mesures législatives et les moyens de rétorsion pris isolément, ne peuvent rien pour lutter efficacement contre le tabagisme.Tous ces moyens doivent être déployés simultanément pour maximiser les résultats.« C'est sûr qu'il faut continuer dé faire de l'éducation auprès dés jeunes et qu'il faut en faire davantage mais ça ne suffit pas.C'est sûr qu'il faut continuer de leur dire qu'il y a dans la fumée du tabac pas moins de 44 produits chimiques cancérigènes.« Il faut en parler et d'une façon dramatique.Mais les jeunes se ferment lorsque le discours provient des gens de la santé.Ils se disent : 'la santé, nous on l'a ; ôn est jeunes et on est pétants de santé*.« Us nous disent : 'pourquoi vous continuer à prétendre que c'est un produit dangereux alors que tous les adultes fument autour de nous?' Les profs fument à l'école, les parents fument à la maison.Les frères et les soeurs fument en regardant un vidéo au salon.Les très jeunes ont le goût de ressentir également ce fceling-Vd.Ce qu'ils se disent, les enfants, c'est qu'il est normal de fumer, que c'est la norme.h Je suis tentée de vous dire que presque 100 p.cent des élèves vont essayer la cigarette.XTela fait partie du processus initiatique de l'adolescence.Il ne îaut pas nier l'intérêt.Fumer, jb'est ce qu'ils veulent, les enfants.Ils veulent goûter des choses qui sont interdites.Plus on Insiste sur l'interdit, pire c'est.Il Jaut leur faire comprendre qu'ils «vont sûrement l'essayer à court terme mais que s'ils continuent à l'essayer, ils vont devenir à moyen terme dépendants de la nicotine.» Le moyen terme, n'est-pas quelque chose d'abstrait pour un enfant de 10 ou 12 ans ?«Ça l'est.Et c'est la raison pour laquelle je dis que ceux qui sont les mieux placés pour leur expliquer cela, ce sont les adolescents eux-mêmes qui à force d'essayer sont devenus dépendants.Les statistiques nous disent aussi que les deux tiers des adolescents qui fument aujourd'hui désirent arrêter mais qu'ils ont de la difficulté à le faire.Dans la stratégie, il faut utiliser les jeunes auprès des jeunes.Nous avons demandé aux jeunes quels sont ceux qu'ils consulteraient s'ils voulaient arrêter de fumer et ils nous ont dit : d'autres jeunes qui ont été pris avec ça et qui sont parvenus à en décrocher.Pas les parents, pas des profs, d'autres jeunes, des égaux, des pairs.« Ils pensent que la majorité des adolescents fument au secondaire même si ce n'est pas exact.Et si ce n'est pas exact, ce n'est pas la norme.Des élèves du primaire nous disent pourtant qu'ils ont hâte d'être au secondaire, pour faire partie de la gang et avoir le droit de fumer.« Dans nos stragégies, il faut travailler là-dessus.Créer des environnements sans fumée.Faire en sorte que les lieux publics où se réunissent les jeunes soient sans fumée.Il faut des écoles sans fumée, des milieux de travail sans fumée.Pour démontrer à quel point ce produit-là est dangereux.« Nous devons mettre les profs, les comités de parents et les parents eux-mêmes dans le coup.Les fabriquants de tabac disposent de moyens considérables pour assurer leur visibilité.Si nous voulons réussir collectivement, il faut parvenir à obtenir la collaboration de tout le monde.» Le marché-noir Et que s\\lggère-t-on comme mesures parallèles dans le pian d'action ministériel de lutte au tabagisme ?Envisage-t-on de rendre illégale la consommation de cigarettes, de hausser les taxes de nouveau ?« Etablissons d'abord, précise Louise Labrie.que la consommation du tabac n'est pas criminelle.Mais cela ne veut pas dire photo pierre McCANN.La Presse Louise Labrie s'occupe depuis 1987 du dossier du tabagisme à la Direction de santé publique de Montréal. Donnez-vous les moyens de combattre le stress d'après PC ¦ Si le stress peut vous rendre littéralement malade, il existe cependant des moyens pour vous aider à vous sentir mieux.On estime que près de 80 pour cent des visites chez le médecin font suite à des malaises reliés au stress, affirme un article publié dans le magazine Country Living.\u2022Par ailleurs, des statistiques compilées par la Harvard Mental Health Letter indiquent que les personnes sujettes au stress provoqué par la colère et la tension sont quatre fois plus susceptibles d'attraper un rhume ou de subir Une'infection bactérienne que les autres, il,* \u2022 » f * Le stress se présente sous deux formes principales \u2014 le positif et le négatif.Lorsqu'ils sont soumis à un stress positif, tel que l'exercice physique, les gens se sentent en général maîtres de la situation.Par contre, le stress négatif nous fait sentir démunis face à ce qui nous arrive.Si le stress négatif joue un grand rôle dans votre vie, sachez que vous pouvez recourir à un certain nombre de thérapies de maîtrise du stress et à des stratégies de réduction du stress.Voici donc quelques remèdes \u2014 dont certains sont hérités de recettes campagnardes traditionnelles \u2014 qui peuvent contribuer à contrer les désordres biochimiques causés par le stress.Remèdes botaniques : Parmi les remèdes traditionnels, on suggère de boire, deux fois par jour, un jus constitué à parts égales de céleri, de laitue et de carotte.C'est une façon rapide de chasser l'anxiété et le mauvais sang.On suggère aussi de boire une infusion de camomille, de citron ou un thé d'Oswego.Prendre un bain parfumé à l'huile de lavande et humer le parfum qui s'en dégage peut également disposer à la relaxa- tion ; on peut aussi faire appel aux huiles de jasmin et de néroli pour obtenir les mêmes effets.Remèdes floraux : Au tournant du siècle, le grand bactériologiste britannique Edward Bach avait mis au point 38 remèdes floraux qui, croyait-il, étaient en mesure de s'attaquer aux causes émotionnelles du mal physique.De nos jours, l'un des remèdes les plus souvent utilisés pour traiter les conditions liées au stress est le Rescue Remedy, que l'on devrait pouvoir trouver dans les magasins de produits de santé.Maîtrise du corps et de l'esprit : La méditation et le yoga, ces techniques de relaxation que l'on pratique de façon consciente, constituent d'excellentes formes de contrôle du stress.Ces deux approches peuvent entraîner des états de profonde relaxation physique et mentale.On a démontré que la méditation provoquait une baisse de la fréquence du pouls et de la fréquence respiratoire.lesquelles entraînaient à leur tour une diminution du taux de Cortisol sécrété par la glande surrénale.Mis en pratique régulièrement, la méditation et le yoga ont aidé beaucoup de gens à rester calmes et à conserver la maîtrise de soi dans des situations de grand stress.L'exercice physique régulier contribue aussi à réduire le stress : à muscles détendus, nerfs détendus.11 est également important de s'accorder suffisamment de repos et de sommeil.Nutrition : Étant donné que la caféine provoque une surexcitation du métabolisme, vous diminuerez la « charge de travail » de vos glandes surrénales si vous éliminez cet excitant de votre régime alimentaire.Essayez de le remplacer par des stimulants naturels tels que le pain des abeilles, la spiruline ( une algue marine nutritive ) ou encore le ginseng.On dit que ces produits renforcent le système immunitaire et augmentent la vitalité physique et mentale.On trouve également dans les magS-sins de produits de santé de la vitamine B5 ( acide pantothénique ), que l'on prend pour venir en aide aux fonctions surrénales et immunes de l'organisme.La quantité thérapeutique quotidienne est de 1 000 à 2 000 milligrammes.La vitamine C et la vitamine P, qui sont présentes à l'état naturel dans certains aliments, renforcent aussi les vais: seaux capillaires sanguins et jouent un rôle important dans la fonction surrénale.Il semble que la quercétine, un complexe de flavonoides tiré de la rutj-ne ( qui se trouve notamment dans les feuilles de rue, une herbacée à fleurs jaunes ), contribue à contrer l'oxydation prématurée de la vitamine C.Sur le plan de la production de l'énergie par l'organisme, le magnésium et le potassium sont aussi des cléments clés.Etant donne que les aliments préparés contiennent peu de ces éléments, mangez des fruits et des légumes fraiv ainsi que des produits biologiques chaque fois que vous le pouvez.La consommation d'huile d'olive réduit les risques de cancer du sein PCetAP WASHINGTON fl La consommation d'huile d'olive, qui est réputée excellente pour le coeur, pourrait également réduire les risques de cancer du sein.Jelle est la principale conclusion tirée d'une étude réalisée par une équipe médicale qui a analysé les réponses données par 820 femmes nouvellement atteintes du cancer du sein et un groupe de 1548 autres femmes n'en étant pas atteintes.L'âge et le lieu de résidence des deux groupes de femmes ont été également mis en parallèle.Toutes ces femmes vivent en Grève, où l'huile d'olive est couramment utilisée en cuisine.Les chercheurs ont découvert que les femmes qui consomment de l'huile d'olive plus d'une fois par jour avaient un facteur de risque de 25 pour cent moins élevé de contracter le cancer du sein que les femmes qui consom- maient de l'huile d'olive moins fréquemment.« Notre étude met en lumière un parallèle entre la consommation d'une source de gras et des risques réduits de cancer du sein », explique le Dr Dimitrios Trichopoulos, de l'École de médecine de Harvard.Cette étude permet de croire que le type de gras que l'on consomme peut réduire les risques de cancer du sein.» Cette étude permet aussi « d'expliquer le paradoxe voulant que les femmes vivant en Méditerranée consomment beaucoup de gras et, pourtant, elles courent de 50 à 60 pour cent moins de risques de contracter le cancer du sein que les autres femmes.» Grâce à des tests réalisés sur des animaux, on a déjà déterminé que.parmi les matières grasses, seule l'huile d'olive protège d'une certaine façon du cancer du sein.Le Dr Trichopoulos estime que son étude ne fait que confirmer les données obtenues par le passé.Moins oxydante Le médecin explique que l'huile d'olive est préférable parce qu'elle s'oxyde moins facilement que les autres gras polyin-saturés et contient beaucoup de vitamines antixydantes et autres substances, y compris la vitamine E.« Nous ne pouvons affirmer toutefois que ce facteur ou un facteur non encore identifié est essentiel » pour réduire les risques de cancer du sein.Le Dr Trichopoulos, qui est professeur d'épidémiologie, et à qui on a demandé s'il était recommandé d'abandonner la margarine au profit de l'huile d'olive, sous prétexte que ce troc ne peut faire de mal, a non seulement répondu dans l'affirmative, mais a ajouté que l'huile d'olive « pourrait même vous protéger contre les maladies co- ronariennes ».« Nous avons établi que l'huile d'olive, tout comme les fruits et les légumes, est bonne pour les artères coronariennes, surtout que les maladies coronariennes tuent plus que le cancer du sein », a-t-il expliqué.Plusieurs études ont antérieurement démontré que les légumes et les fruits protègent contre plusieurs types de cancers.« Plutôt que de baisser les bras, face à ces cancers, on sait au moins que les légumes et les fruits, et surtout les légumes préparés dans l'huile d'olive, peuvent offrir une façon plaisante et utile de réduire les risques », de dire le médecin.Selon l'étude qu'il a réalisée, la consommation de légumes réduit les risques de cancer du sein de 12 pour cent et celle des fruits de 8 pour cent.Le cancer du sein est un problème de plus en plus répandu dans le monde, surtout en Amérique du Nord, où une femme sur dix contractera un cancer du sein au cours de sa vie.Le monde a besoin de vous ! Le suicide du docteur |.Raphaël Boutin a fait couler beaucoup d'encre tant du côté de ceux qui approuvent son geste que chez ceux qui ne sont pas d'accord avec une telle décision.Ces prises de position ne surprennent pas, car le suicide est devenu une question d'actualité et un phénomène de notre société moderne.Chez nous, le suicide est maintenant la première cause de mortalité violente, dépassant les accidents de la route.Les deux groupes les plus vulnérables sont les jeunes et les aînés.Chez nos jeunes, on trouve le taux de suicide le plus élevé des pays occidentaux.Tandis que chez nos aînés de 70 ans et plus, le taux de suicide a plus que doublé.Il est passé de 10 par 100 000 habitants au début des années 80 et à 22 en 1987.En 1989.on a répertorié 44 suicides chez les aînés au Québec ; en 1990, 53 ; et en 1992, 71.Certains suicides sont associés à des pathologies mentales tels que la dépression majeure, l'abus d'alcool et de drogue, la schizophrénie ou la personnalité « borderline ».Cependant, de plus en plus de suicides sont reliés à l'isolement social et à la grande solitude qui étouffent les adolescents et les vieillards.Ce sont des « suicides appels de détresse » lancés aux autres : « Dites-moi que vous m'aimez et que ma vie peut encore prendre un sens.» En effet, nos aînés font face à deux graves problèmes : la pauvreté et la solitude.Selon le Conseil national du bien-être social, près de la moitié des aînés vivent sous le seuil de la pauvreté.En 1991, 590 000 personnes âgées n'avaient pas les ressources financières pour vivre décemment.Quant à la solitude, elle est souvent inévitable à moins de donner à nos aînés les moyens de s'en sortir.Cette réalité de l'angoisse de la vieillesse de nos temps modernes contraste étrangement avec la sérénité que connaissent certains de nos aînés comme l'a si bien décrit Doris Lussier : « le sens chez moi ce merveilleux instinct de bonheur que l'âge, sans l'étouffer, transforme en sérénité.« Car la sérénité, c'est la grâce de la vieillesse.Vieillir est un couronnement.C'est le soir de l'existence, mais quand on y songe bien, vieillir, c'est aussi beau que naître.Naître c'est une promesse alors que vieillir, c'est un accomplissement.La vieillesse est la saison des récoltes, des moissons dorées et des blés mûrs.» Dans son message d'adieu, le docteur Boutin nous dit : « l'appréhende avec une certaine anxiété la perte de mon autonomie et la perspective d'une éventuelle dégénérescence, qui ferait de moi un fardeau pour les miens et pour la société.» Ô non ! Vous, nos aînés, vous n'êtes pas des fardeaux.vous êtes nos témoins ! C'est vous qui nous avez donné en heritage nos valeurs et nos raisons de vivre.et même si vous êtes affligés d'incapacités, votre présence est essentielle aux générations qui vous suivent, car vous touchez Ses coeurs et les âmes ! Ô oui ! je sais que vous avez toujours une perle précieuse à donner à quiconque vous écoute ou vous donne la main.Certains médicaments peuvent causer une hémorragie gastrique d après Associated Press B Si vous prenez régulièrement de l'ibuprofène pour soulager vos maux de tête ou du naproxè-ne pour réduire la douleur, vous courez le risque de subir une hémorragie gastrique ainsi que des ulcères.Ces deux médicaments, vendus sous une grande variété de noms commerciaux, font partie de la famille des anti-inflammatoires non stéroidiens ( ou AINS ), qui ont la réputation de pouvoir provoquer des hémorragies gastriques et des ulcérations.La plupart des AINS ne peuvent être obtenus sans ordonnance.Cependant, l'ibuprofène est en vente libre.Des études ont démontré que la plupart des AINS triplaient les risques d'hémorragie gastrique comparativement à la non-utilisation de ces médicaments.Certains AINS obtenus sur ordonnance augmentent ce risque par un facteur de dix et même davantage.Ces médicaments freinent la douleur et l'inflammation en in- hibant l'activité de substances chimiques de l'organisme connues sous le nom de prostaglan-dines.Dans l'estomac et les voies gastrointestinales supérieur res.cependant, les prostaglandi-nes jouent un rôle de protection en défendant les délicates cellules des muqueuses contre les assauts des sucs digestifs.Le risque que présentent les AINS est directement proportionnel à la dose : plus on en fait usage, plus on risque d'être victime d'une hémorragie gastrique.Bien qu'en général on ne considère pas l'aspirine comme un AINS, elle présente le même mode d'action et entraine le même danger d'hémorragie.Certains groupes sont plus spécifiquement menacés, soit les fumeurs, les personnes âgées, les hommes et ceux qui ont dêj£ subi une hémorragie gastrique et des ulcères.L'alcool, les corticostéroides et les anticoagulants augmentent également le risque.La croyance populaire veut qu'il en soit de même pour le cafe, mais aucune étude n'a confirmé cette prétention. H est important de faire de l'exercice de façon sûre ¦ Le changement d'année est déjà fait, les relents de tourtière et de ragoût viennent à peine de s'estomper et vous en êtes à vous triturer les méninges à savoir si oui ou non vous donnerez suite a vos résolutions.prises devant la: parenté au grand complet.La majorité des résolutions de tout Nord-Américain est du même acabit : cesser de fumer, boire modérément, être plus économe et faire de l'exercice.Cette dernière résolution est une constante car la valeur ajoutée de l'exercice à la qualité de vie est en soi une constante! Vfius êtes déjà actif?Votre résolution pourrait être alors de faire tie l'exercice de façon plus bùre et plus profitable.Que l'on soit sédentaire chronique, convaincu sporadique ou sportif régulier, notre façon d'aborder l'activité physique est primordiale! pour que cette habitude de vie* acquise ou à acquérir, se déroule dans les meilleures conditions possibles.Tout programme d'entraînement ou reprise d'activités physiques doit se dérouler progressi-vement pour que notre organisme s'habitue au changement de régime.Si du jour au lendemain vous allez jogger 30 mihutes, quatre fois par semaine, il faut vous attendre à ce que votre corps réagisse et pas nécessairement de façon positive ! Douleurs aux jambes, raideurs dans le dos, pieds endoloris se- ront certainement les conséquences de votre tout nouveau virage-santé.Devant ces considérations, ne remettez pas en question votre résolution, débutez plutôt en tenant compte de votre condition physique actuelle.Laissez de côté vos souvenirs d'adolescence où vous couriez comme une gazelle sans ressentir la moindre fatigue.La gazelle a probablement vieilli et son mode de vie a sûrement ralenti.Misez sur ce que vous êtes en ce moment, pas sur ce que vous aimeriez être instantanément.Cela vous évitera bien des désagréments et surtout de nombreux bobos.Les blessures sportives Il existe deux catégories de blessures sportives : les blessures d'usure et les blessures traumati-ques.Les blessures d'usure sont celles causées par des gestes répétitifs, comme dans le cas de la tendinite.Une autre de ces manifestations connues est le « tennis elbow », qui est une inflammation du tendon consécutive aux efforts multiples et répétés de l'articulation.Les fractures de stress sont aussi des blessures d'usure.Dans ces cas, la récupération entre les séances d'exercice et le repos jouent un rôle important.Les blessures traumatiques sont entre autres des fractures, des entorses, des luxations, des claquages, ou des elongations musculaires.Très souvent, des mouvements de trop grande amplitude, ou violents, ou un entraînement de trop forte intensité en sont à l'origine.Dans ces cas, progression et dosage d'exercice sont la clé d'une pratique sûre et agréable.Les préalables à l'exercice Trop souvent nous négligeons Étirement du quadricep et du genou un aspect important, l'équipement.Ce point est vital au bon déroulement d'une activité sécuritaire.Vous viendrait-il à l'idée de prendre la route avec une voiture en mauvaise condition ?Pourquoi prendre la pente avec des skis en mauvais état ?Assurez-vous de porter l'équipement qui vous convient et d'avoir en main le matériel répondant aux besoins ou critères de l'activité.Reste une étape essentielle à respecter avant de vous élancer en patins sur les étendues glacées ou de fendre l'air sur les pistes enneigées : réchauffement.Comment s'activer avant l'activité Bien que souvent négligé, réchauffement ( ou mise en train ) permet au corps de s'ajuster graduellement à une demande accrue de travail physique gé- Étirement du mollet néral ou spécifique.Idéalement, un bon échauffement devrait comporter au moins trois phases : une période d'activation, une période de flexion et une période de réactivation.L'activation sert à augmenter la température interne du corps et à activer le système cardiorespiratoire.On vise une légère sudation durant cette phase.Exemples d'activation : marche rapide en balançant vigoureusement les bras le long du corps, sautillements sur place, corde à sauter à faible intensité, jogging léger, à pratiquer durant environ cinq minutes.Cette période est appelée dynamique puisque les muscles et le coeur sont sollicités.La partie suivante est la période de flexion, qualifiée de statique, car elle a comme objectif d'étirer les muscles pour ainsi les préparer à faire des mouve- Étirement de la taille ments de diverses amplitudes sans taxer à outrance les articulations.Voici quelques suggestions d'exercices d'étireraent.Pour faire votre choix, visez les muscles qui travailleront davantage durant l'activité.Si par exemple vous envisagez une matinée de patinage, étirez bien les muscles des jambes et des fesses.La phase de flexion se déroule tout en douceur, en étirant graduellement les muscles de 10 à 20 secondes sans saccades et sans mouvements douloureux.Suivez la chaîne musculaire en étirant le corps de haut en bas ou de bas en haut.Il est recommandé de répéter les étirements à la toute fin de l'activité en guise de retour au calme.En troisième lieu, la réactivation sert à solliciter principalement les masses musculaires qui seront utilisées lors de l'activité Syndrome d'Asperger : les autistes autonomes physique visée.Il faut tenter, d'augmenter les fréquences cardiaques un peu plus que lors de l'activation.Si l'activité requiert un ballon ou une raquette, on devrait graduellement les incorporer à réchauffement pour se rappro* cher de l'activité réelle.En tennis par exemple, on peut faire-une série de déplacements îè long des lignes du terrain etf \" maintenant une position basse.La meilleure garantie pour des lendemains agréables et sans douleur, outre les quelques suggestions que nous avons citées, est de maintenir une intensité moyenne tout au long de l'activité.Le travail d'endurance sera! moins difficile pour les muscles et les articulations que le travail plus localisé, exigeant une grande force musculaire.La fréquence de vos activités entre également en jeu.Vous pouvez marcher tous les jours mais il préférable d'observer une période de repos d'une journée entre vos séances de musculation.Plus l'effort est intense, plus les muscles mettent du temps à récupérer.De plus, il faut avoir atteint un bon niveau d'entraînement pour maintenir une haute intensité lors de vos activités physiques.Selon les nouvelles recommandations de l'American College of Sport Medicine, il est préférable de dimi-nuer l'intensité et d'augmenter; la durée ou les fréquences d'une activité.Ainsi, vous améliorez votre condition physique tout en prévenant les blessures.La prévention passe donc par; un bon équipement, un bon habillement, un bon échauffement.et une bonne capacité de juge-' ment.N'y allez pas lentement! mais plutôt progressivement ! Les exercices sont tirés du livre de Ander- \u2022 son.Bod.Ed.Solar, 1983.Paris, 191 pà-' ges.LINDA BOUTIN collaboration spéciale 12 Lorsqu'on parle d'autisme, l'image instantanée qui nous vient en tète est c^tiè d'un enfant replié sur lui-même.Cette représentation est vraie en partie, mais oublie tous les autistes qui parlent, j orient ou vont à l'école, ceux qui souffrent du syndrome d'Asperger.Ils mènent une vie presque normale.Presque\"?.Oui parce qu'ils vivent comme si les autres leur étaient accessoires.Kim, 18 ans, allume toutes les lumières de la maison et fait les cent pas dans le corridor quand ses parents oublient de l'informer de leur retard, même s'il n'est que de cinq minutes.Tondre la pelouse, quoi de plus banal ! Pas pour Jean-Christophe, 14 ans.Son père doit lui expliquer en détail l'opération, sinon c'est un gazon tondu en zig zag qui l'attend.Expliquer et rassurer, voilà deux gestes essentiels lorsqu'on est parent d'un enfant souffrant du syndrome d'Asperger, une maladie qui présente des traits autistiques à des degrés divers.« Quand Jean-Christophe était tout petit, on avait remarqué qu'il jouait seul avec le même objet pendant des heures.Il essayait de se mêler aux enfants de son âge mais ne savait pas comment faire.On le trouvait original », se rappelle sa mère, Michèle Benoit.Kim, pour sa part, est maladroite.À six ans, la petite fille ne savait toujours pas comment attacher ses souliers ni son manteau.« Je devais le lui montrer chaque matin », raconte sa mère, qui préfère conserver l'anonymat.À l'école, Kim n'avait aucune amie ; elle s'isolait en classe et piquait des crises quand il y avait un changement dans sa routine.» Le problème de la communication Il y a environ cinq ans, après avoir jeté un regard sur une publicité de la Société québécoise de l'autisme, la mère de Kim décide de contacter l'organisme de promotion et d'aide aux parents d'enfants qui souffrent de cette maladie.« Selon la conseillère, Kim parlait trop bien pour une autiste.À cette époque, on savait que certains d'entre eux s'exprimaient, mais pas autant que ma fille.On ne connaissait pas encore le syndrome d'Asperger.» \u2022 Kim s'est mise à parler sans effort, tout d'un coup, avec un léger accent français à partir de l'âge de quatre ans.Aujourd'hui, son discours est truffé d'expressions soignées qui conviennent rriieux dans la bouche d'une intellectuelle.Un vocabulaire riche qui comporte quelques lacunes : Kim, comme Jçan-Christophe et tous les « Asperger », ne comprennent pas les simples locutions ou jeux de mot.« Si j'emploie l'expression « au pied de la montagne », Jean-Christophe va me demander qu'est-ce que je veux dire.Pour lui, c'est trop abstrait », explique Mme Benoît.Cette ex-enseignante en arts plastiques est aujourd'hui responsable du recrutement de parents d'enfants « Asperger » à la Société québécoise de l'autisme.Pour elle, le véritable noeud dans la communication des «Asperger» se place au plan du langage non verbal.Us ignorent la signification d'un soupir, d'un froncement de sourcils ou d'un haussement d'épaules.Ils peuvent ainsi parler des heures sans tenir compte de l'ennui ou des préoccupations de leur auditeur.Leur entourage les accuse souvent de se regarder trop le nombril.« Il ne faut pas sous-estimer la souffrance des «Asperger».Ils sont conscients de leur handicap.Ils veulent communiquer mais ne savent pas corn-rrJ&U.Pour eux, les attentes ou les sentiments des autres, c'est du chinois».suicider.Il détestait l'école.Pourtant Jean-Christophe était l'élève modèle que tout enseignant rêvait d'avoir : consciencieux et docile.peut-être un peu trop.« Il était le souffre-douleur du groupe.Quand on se moquait de lui, il ne disait rien ou, à l'occasion, piquait une colère disproportionnée », raconte M^e Benoît.Malgré les efforts investis dans les techniques de communication et la présence quotidienne d'un éducateur auprès de lui, Jean-Christophe préfère la solitude aux moqueries ou aux malentendus de ses compagnons qui peuvent survenir à tout bout de champ.« Je veux pourtant faire partie d'une gang, mais je n'aime pas les amis des gars avec qui j'aimerais me tenir », explique l'adolescent.Leur incompréhension des sentiments, intentions et mimiques de l'autre, et des règles de conduite en général, font d'eux de grands naïfs.Selon la mère de Kim, sa fille est incapable de détecter la malveillance chez l'autre ; elle irait au bout du monde à la demande d'un inconnu.Quant à Jean-Christophe, il est d'une générosité sans borne.Sans y voir de problème, il remet ses devoirs aux collègues de sa classe qui s'empressent de les recopier.« Un adulte « Asperger» peut tout saccager chez lui parce qu'un inconnu lui a souri sur la rue et qu'il ne comprenait pas pourquoi.S'il peut en parler à quelqu'un capable de lui expliquer les différentes significations du geste, il pourra alors être rassuré », suggère le docteur Laurent Mottron, chercheur au département de psychiatrie à l'hôpital Sainte-Justine.Les obsessions Les « Asperger» développent des « passions ».Dès l'âge de trois ans, Jean-Christophe démontrait un intérêt démesuré pour les noms de rue et le transport en commun.11 a appris les chiffres grâce aux numéros d'autobus, et a visité, sous tous leurs angles, les stations de métro de Montréal.« Les « Asperger » ont tous une capacité du même genre, affirme le docteur Mottron.Us délimitent un domaine et vont apprendre sans difficulté tout ce qui touche à celui-ci ».Dans le cadre de travaux impliquant des neurologues, psychiatres et neurophysiologistes, l'équipe du docteur Mottron a rencontré, au cours des deux dernières années, près d'une vingtaine d'enfants et d'adolescents « Asperger ».Des examens poussés de leur cerveau ont fait ressortir des anomalies dans l'hémisphère droit, responsable du traitement de l'information.Les chercheurs ne peuvent encore établir le lien entre ces anomalies et l'apprentissage particulier des «Asperger».Par exemple, qu'est-ce qui pousse Jean-Christophe à connaître tout sur les transports en commun mais à ignorer comment déco-der les émotions sur le visage de l'autre?Cette façon de focaliser sur des intérêts précis semblerait réversible.Selon le docteur Mottron, le soudain abandon de Jean-Christophe pour le transport en commun résulterait du travail de ses parents et éducateurs à orienter l'enfant sur la compréhension des intentions de l'autre.« L'anomalie reste toujours là, mais n'est plus exploitée », affirme le spécialiste.Un diagnostic nouveau-né Le psychiatre autrichien Hans Asperger est le premier à avoir décrit le syndrome en 1944.Il note les caractéristiques de l'autisme chez des enfants dont l'évolution du langage semblait normale », sans connaître les travaux du père de l'autisme, le psychiatre Leo Kanner, entrepris un an plus tôt.Sa thèse sur les enfants autistes « loquaces » dort sur les tablettes pendant près de 40 ans.C'est Lorna Wing\\ une pédopsychiatre britan- nique spécialiste de l'autisme, qui la sort des boules à mites, au début des années 80.Aujourd'hui, le monde médical prend le syndrome d'Asperger pour un continuum de l'autisme.Dans le DSM IV ( Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ), la bible des psychiatres américains publiée en 1994, la description du syndrome d'Asperger voisine avec celle de l'autisme et autres troubles envahissants de développement.Il y a à peine 20 ans, les psychiatres élargissaient la définition de l'autisme, en y incluant les autistes loquaces ou de « haut niveau ».Us croyaient toujours ces derniers retardés mentaux.C'est vraiment à l'émergence du syndrome d'Asperger que la communauté médicale s'est ouverte à la perspective d'une intelligence chez certains autistes.« De plus en plus de spécialistes croient qu'il s'agit de la même maladie, mais il ne faut pas croire que tous les autistes de « haut niveau » sont des « Asperger », explique le docteur Mottron.La distinction entre les deux syndromes réside dans l'apprentissage du langage.Les enfants « Asperger » prononcent des phrases avant l'âge de trois ans.Mais une fois adulte, la différence n'existe plus.Les symptômes sont identiques et l'approche thérapeutique la même.Les pédopsychiatres semblent aujourd'hui préférer le diagnostic du syndrome d'Asperger au lieu d'autisme de « haut niveau » pour ne pas choquer les parents », ajoute le chercheur.Le docteur Jacques Thivierge, pédopsychiatre et chercheur à l'hôpital Sacré-Coeur de Québec, croit qu'il y a de l'exagération dans l'emploi de ce syndrome : « Il n'y a aucune différence entre un autiste et un « Asperger », ce sont des personnes plus verbales et plus intelligentes mais tout de même limitées, affirme ce spécialiste de l'autisme.Ces personnes auront toujours besoin d'être rassurées sur les événements et les changements qui surviendront dans leur vie ».Des diagnostics erronés Bon nombre de personnes « Asperger » n'ont jamais atterri entre les mains des « psy », parce que leur besoin de solitude, petite manie ou très grande naïveté, s'ils ne sont pas trop accentués, peuvent donner l'impression qu'ils sont des « originaux ».Quant à ceux qui ont consulté les spécialistes en santé mentale, en général des adolescents, ils ont flotté entre divers diagnostics.« Les symptômes du syndrome d'Asperger ont été longtemps confondus avec la déficience légère, l'obsession-compulsion, l'hyperactivité ou la schizophrénie », souligne le docteur Mottron.Le cas de Kim est un exemple frappant.Entre quatre et 14 ans, différents diagnostics ont plu sur sa tête.Psychiatre, psychologue et éducateur l'ont cru sourde, hyperactive et même surdouée ! À l'annonce du syndrome d'Asperger, les parents de# Kim se sont sentis soulagés mais aussi inquiets pour l'avenir de leur fille : « Elle ne pourra vivre seule parce qu'elle a tous les jours besoin d'être rassurée », croit sa mère.Comme chez les autistes, la psychothérapie n'est d'aucun secours.Il faut plutôt avoir recours à des techniques de rééducation qui apprennent aux « Asperger » à communiquer.La plupart d'entre eux mèneront une vie autonome à condition d'être dans un environnement stable et d'avoir près d'eux une personne de confiance qui puisse leur expliquer en tout temps ce qu'ils ne comprennent pas.Conscients des limites qu'entraîne leur maladie, Jean-Christophe et Kim désirent mener une vie comme les gens de leur âge.Pour le jeune garçon, la victoire sera totale lorsque sa première blonde l'accompagnera au cinéma.II aura enfin l'impression d'être comme tout 1(5 monde.Vincent Van Gogh, le célèbre peintre, était-il vraiment fou, ou s'est-il coupé une oreille parce qu'il souffrait du syndrome de Meniere ?Nous ne connaîtrons jamais la réponse à cette question.Mais avant sa mort survenue en 1890, Van Gogh était profondément déprimé II souffrait de crises d'étourdissements, de nausées et de sifflements intenses dans une oreille.On évalue à six millions en Amérique du Nord le nombre des personnes souffrant de cette affection désagréable et chaque année 110 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.La maladie a été décrite pour la première fois par un médecin français.Prosper Meniere, en 1861.Elle frappe généralement entre 40 et 60 ans, et plus souvent les hommes que les femmes.La crise type se manifeste au début par un sifflement strident et intense et une pression dans une oreille.Cela est suivi quelques heures plus tard par une soudaine sensation d'étourdissement et habituellement une perte de l'ouïe dans l'oreille malade.L'étourdissement va d'un simple déséquilibre à une désorientation totale.Certains patients se plaignent d'être arrachés d'une chaise.D'autres tombent sur le sol.Une crise du syndrome de Meniere peut durer quelques minutes ou quelques heures et elle est normalement accompagnée de nausées et de vomissements.L'évolution du syndrome de Meniere est imprévisible.Certaines victimes de cette affection souffrent de crises récurrentes pendant des semaines ou même des mois.Puis, l'affection peut demeurer inactive pendant des mois ou des années.Contrairement à beaucoup d'autres affections, il n'y a pas de diagnostic simple ou des tests technologiques pour le syndrome de Meniere.Les médecins peuvent ordonner des tests tels que l'imagerie par résonance magnétique ( MRI ) pour déterminer s'il ne s'agit pas de désordres neurologiques au cerveau.Mais le diagnostic final dépend du tableau clinique.Le syndrome de Meniere a un autre aspect intéressant.La surdité nerveuse, quand elle est présente, ne s'améliore jamais.Mais la surdité accompagnant le syndrome de Meniere varie, allant parfois plus mal et parfois mieux.Mais généralement la surdité du syndrome de Meniere va en diminuant.Suite à une crise la surdité peut s'améliorer, mais l'oule revient rarement à son acuité antérieure.Heureusement, la surdité totale est peu courante.Les autorités à la clinique Mayo affirment qu'environ 50 p.cent des patients souffrant du syndrome de Meniere constatent un jour ou l'autre une surdité de l'autre oreille.Beaucoup de spécialistes pensent que cela est dû au syndrome de Mé- nière, une accumulation d'excès de liquide dans l'oreille interne.Ce gonflement contribue à déclencher les \u2022 symptômes.L'explication de cet excès de liquide demeure vague.On espère qu'une épidémie d'étourdissements dans une petite ville du Wyoming pourrait aider à résoudre cette énigme.Entre août et décembre 1992, une quarantaine de résidents de Thermopolis, qui a une population de 5000 habitants, ont éprouvé des étourdisse-ments et des nausées.Des épidémiologistes du Centre de prévention des maladies d'Atlanta ont passé trois semaines à Thermopolis, où ils ont examiné 35 patients souffrant d'étourdissement et 70 personnes en bonne santé.Us ont découvert qu'environ les deux tiers des personnes ayant des étourdissements souffraient d'une maladie virale semblable à la grippe au début de l'étourdissement.En outre, plus de la moitié de ces personnes avaient constaté une perte tem-poraire de l'ouïe ou des bourdonnements dans les oreilles durant la maladie.Les chercheurs ne sont pas parvenus jusqu'à maintenant à isoler le virus suspect.Mais on croit qu'un tiers de ces personnes pourraient souffrir en fin de compte du syndrome de ménière en raison d'une infection virale inactive qui est à l'origine de ces symptômes.Le traitement est empirique.Le repos au lit aide car le patient peut ordinairement trouver une position dans laquelle l'étourdissement est moins évident.En outre, la prescription de dramamine peut atténuer les nausées.ci*» Un régime alimentaire faible en sel et l'utilisation de diurétique pour réduire l'accumulation de liquide dans l'oreille interne constitue une autre méthode de traitement.Enfin, l'utilisation de sédatifs et de tranquillisants peut apporter un soulagement.Certains nutrionnistes associent le syndrome de Ménière à une déficience vitaminique.Un traitement consiste à donner au patient de 50 à 100 milligrames de niacine, une vitamine B 20 minutes avant chaque repas.Il y a au moins une dizaine d'interventions chirurgicales pour traiter le syndrome de Meniere.Ces interventions atténuent l'étourdissement dans 60 à 90 p.cent des cas.Mais au- \u2022 cune ne rétablit la perte de l'oule ni ne ralentit la surdité.Les patients souffrant de symptômes graves qui sont presque sourds se verront conseiller parfois de se soumettre à une opération qui détruit toutes les structures de l'oreille interne.On peut également instiller, de la gentamycine, un antibiotique, dans l'oreille interne.Cela détruit l'organe qui normalement nous aide à nous maintenir en équilibre mais qui est à l'origine du syndrome. La fièvre de l'émeu gagne le Canada ¦ Les cuisines d'hôtels et de restaurants font des pieds et des mains pour en obtenir, une entreprise chinoise en a commandé pas .moins de 13 500 kilos et une coqp.s'est formée en Ontario poiir tenter de répondre à la demande.Certains chefs disent de la viande d'é .eu qu'elle est celle de l'avenir et les gens qui en ont goûté en redemandent, affirme John Mitchell, de Crossbill, près dè Waterloo, en Ontario.Celui-ci fut l'un des premiers Onta-riens à faire l'élevage de ces oiseaux il y a cinq ans.Il a commencé avec six bêtes, et il en a maintenant 240.« La demande est incroyable, » dit-il.Par ailleurs, la Canadian Emu Co-Op a été fondée il y a deux mois seulement \u2014 son siège se trouve à Cambridge, en Ontario \u2014 pour tenter de satisfaire aux demandes qui parviennent de tous les coins du monde, ajoute Mitchell.« Nous voulons d'abord assurer le marketing de l'émeu à travers tout le Canada, car nous recevons déjà des appels du Québec, de l'Ile-du-Prince-Édouard et de l'Ouest canadien.La coop va faire en sorte que les éleveurs d'émeu qui y participent vont en tirer les bénéfices plutôt que ce soit les intermédiaires, » précise Mitchell.Mais pourquoi tout ce raffut à propos d'un drôle d'oiseau importé d'Australie et qui ressemble à un poulet victime d'hypertrophie ?C'est que ce volatile élevé dans de bonnes conditions est maigre, sa chair présente une faible teneur en gras et en cholestérol ( ses matières grasses sont emmagasinées ailleurs dans son organisme ), des caractéristiques qui ne manquent pas de séduire les personnes de plus en plus soucieuses de leur santé.Par ailleurs, l'huile d'émeu présente des propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires qui suscitent beaucoup d'intérêt auprès des compagnies pharmaceutiques et de produits de beauté.On peut faire de beaux vêtements avec son cuir tandis que ses plumes fournissent du duvet et de la matière première dans la préparation de mouches pour la pêche.Pour couronner le tout, l'émeu est frugal et s'avère d'un meilleur rapport que le bo- vin tout en exigeant moins d'espace.Mitchell s'attend à ce qu'environ 10 années s'écoulent avant que l'émeu soit disponible dans les supermarchés.Il prévoit qu'un jour, la coop dont il fait partie sera en mesure d'offrir de la viande rouge d'émeu à environ 25 à 30 p.cent moins cher que le boeuf.L'Ontario compte 200 fermes d'élevage d'émeu et 25 p.cent des éleveurs font partie de la coop, dit-il.Goût Mais quel goût a donc la chair de cet oiseau miraculeux ?Mitchell affirme que c'est une saveur vraiment particulière, absolument délectable.Pour sa part, Alessandro Mal-nati, un chef de London, en Ontario, sert de l'émeu au déjeuner, dans une salade tiède avec un mélange de laitues à la californienne.Le soir, il propose un tournedos Rossini d'émeu sur croûtons, couronné d'une escalope de foie gras et nappé d'une sauce au vin rouge et au brandy, ou alors sauté dans la poêle.Les clients réagissent positivement ou avec indifférence, dit le chef Malnati, qui préconise une cuisson et une présentation à demi-saignante.L'objectif de la coop ontarien-ne est d'introduire l'émeu dans les restaurants huppés.Car à 33 $ le kilo, c'est un mets qui s'adresse d'abord à une clientèle haut de gamme.C'est pourquoi la coop a retenu les services du chef Alain Macai pour faire la promotion de l'émeu et instruire les chefs dans la préparation de cette viande.« Je me suis entretenu avec quelques chefs et ils m'ont dit avoir bien hâte que l'émeu soit disponible sur le marché, » dit Macai.Il ajoute qu'une bonne partie Le Québec compterait plus d'une trentaine d'éleveurs d'émeus, dont Etienne Arseneault et sa compagne Yolande Lanteigne, de Saint-Ours, près de Saint-Denis-sur-Richelieu.L'émeu élevé dans de bonnes conditions est maigre, sa chair présente une faible teneur en gras et en cholestérol ( ses matières grasses sont emmagasinées ailleurs dans son organisme ), des caractéristiques qui ne manquent pas de séduire les personnes de plus en plus soucieuses de leur santé.de l'animal, dont les cuisses et les pilons, peut servir en cuisine.Le chef Macai fait mariner cette viande dans de la sauce soya, puis la fait sauter dans la poêle.Il la fait cuire aussi sur le gril, comme un shish kebab.« Cette viande a un goût vraiment particulier, on ne peut pas la comparer à d'autres.Ça ne goûte ni le poulet ni le boeuf.C'est tout simplement différent.Mais je la préfère au poulet et au boeuf.L'animal est nourri, de grains naturels et on ne lui donne pas de stéroïdes, » dit le chef Macai.- 'I r.r.Celui-ci croit que les chefs voudront aussi avoir de l'huile d'émeu à portée de la main.« Les chefs se brûlent tout ie-temps, dit-il.L'autre jour, je me suis brûlé au bras et j'ai appliqué de l'huile d'émeu sur la brûlure.La guérison a été rapide.J'ai été vraiment impressionné.» Les aliments en vrac : plus d'avantages que d'inconvénients MARTINE GAUDREAULT Collaboration spéciale ¦ On a vu surgir depuis quelques années, dans la plupart des supermarchés québécois, des sections d'aliments en vrac.Des barils et des récipients remplis d'épices, de pâtes alimentaires, de grignotises, de friandises pour n'en nommer que quelques-uns.;Cette tendance récente nous pormet d'acheter uniquement les quantités désirées des aliments choisis.Un avantage qui, bien qu'il se combine à plusieurs autres, a aussi ses revers.Pesons-en donc le pour et le contre.Les assaisonnements Les économies que permettent généralement de réaliser les achats en vrac prennent, au chapitre des fines herbes et des épi-ces, tout leur sens.Il suffit de comparer : par exemple, le prix du basilic séché passe de 3,03 $ la bouteille de verre du commerce à 0,33 $ pour la même quantité dans le vrac.Une différence qui en dit long et qui devrait nous inciter à recycler les bouteilles de verre vides.Sans oublier que la variété des fines herbes et des épices en vrac est nettement supérieure à celle des produits embouteillés.Il suffit de penser aux mélanges d'épices indiennes, au fenu-grec, aux bâtons de cannelle, aux gousses de vanille, aux graines de pavot et aux baies de tou-te^épice ou de genièvre.! Voilà autant de produits difficiles à trouver ailleurs que dans les rayons de vrac ou chez les commerçants spécialisés.Alors pour les essais, le vrac, c'est l'idéal.D'autant plus qu'en achetant de petites quantités, on s'assure d'avoir sous la main des ingrédients frais et regorgeant de saveur.Il en va de même pour les fruits séchés.L'éventail s'étend dés figues de Calymyrna aux gigantesques dattes Medjool en passant par les tranches de pommes, de poires ou de pêches ou le$ cerises et les canneberges qui ajoutent de l'inédit à nos recettes et à nos menus.Mais attention ! Certains fruits, la papaye et l'ananas notamment, ne sont pas aussi purs que nous serions portés à le croire.Car pour les conserver, on a dû les tremper dans une solution de sucre.Quant aux « chips » de bananes, elles sont frites, d'où leur teneur en matières grasses élevée.Mais outre les fruits séchés, les rayons de vrac mettent à notre portée nombre de grignotises saines et nourrissantes.Le paradis des grignotises ;Au chapitre des grignotises, un immense choix s'impose à nous pour remplacer les croustil- les ou les sucreries : mais soufflé assaisonné, maïs grillé, croustilles à basse teneur en gras et en sel, graines et noix de toutes sortes, mélanges de fruits séchés.Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'on achète exclusivement la quantité que l'on désire.Donc, pas de gaspillage ! Une autre surprise : le beurre d'arachides Si le vrac nous offre la possibilité de faire l'essai d'une foule d'aliments nouveaux, il va sans dire que le beurre d'arachides « maison » nous réserve de bien bonnes surprises.Et ce, non pas à cause de son prix ( de 2,50 S à 2,80$ pour 500 grammes en vrac ou mis en pot industriellement ) mais surtout grâce à sa composition.En effet, il contient généralement que des arachides.En outre, dans certains établissements, on peut même le faire soi-même.Contrairement au beurre d'arachides commercial, il ne renferme aucune huile hydrogénée ni sucre, ni sel, ni additif.Son équivalent du commerce, même sans sel ni sucre, contient pour sa part des graisses hydrogénées \u2014 qui ne sont pas recommandées pour ceux et celles qui se soucient de la qualité des gras qu'ils consomment \u2014 et des additifs en quantité.Côté conservation, on doit savoir qu'il vaut mieux garder le beurre d'arachides « maison » au frigo si on ne le finit pas au cours du mois suivant l'achat.En outre, son goût risque de surprendre tous ceux qui en consomment pour la première fois.Mais après quelques tentatives, on s'habitue.Puis, on ne peut plus s'en passer ! Rien à perdre, tout à gagner De façon générale, vu la composition des aliments en vrac et la manipulation à laquelle ils sont soumis, peut-on croire qu'ils présentent des risques de contamination pour le consommateur ?En fait, puisque la plupart d'entre eux sont peu périssables, on peut ici parler de risque calculé.De plus, leur conservation est réglementée par de rigoureuses normes d'hygiène et de salubrité.Et des inspections sont effectuées régulièrement.Par ailleurs, les commerçants consciencieux effectuent une rotation régulière de la marchandise afin d'en assurer la fraîcheur.D'autres gages de qualité : des récipients couverts et clairement identifiés ( poids et prix ).On privilégiera aussi les denrées pour lesquelles l'aide d'un préposé est nécessaire ou qui sont entreposées dans des distributrices à sens unique.Somme toute, les aliments vendus en vrac comportent des avantages et des inconvénients.À chacun d'entre nous de faire ses choix.Martine Gaudrcault, Dt.P., est membre de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec. // me semble qu'un gros fruit mûr et à point est en moi et qu'à la moindre secousse il tombera dans la main de celui qui voudra le cueillir.Et je sens que je ne serai pas maître de le retenir de tomber, aussi je prie pour que celui qui viendra ne soit pas ; indigne de mon amour, puisque le fruit mûr c'est ça.Elle se rassurait en se disant que son coeur n'irait pas à n'importe qui, mais de préférence à un intellectuel ou un savant, préférant «un grand écrivain ou un grand mathématicien, même vieux et laid, dont le regard brillant et profond porte l'empreinte de sa 'divinité' à un jeune gigolo à l'esprit vide, au regard souillé de pensées louches et ternes».L'Idée théâtrale a changé de nom et de directeur.La Renaissance théâtrale, sous la direction du jeune Renaud Miville- Deschênes, présente, à la fin de septembre, L'Avare de Molière, lors d'une soirée de gala qui ouvre la saison de la Palestre nationale, devant un public de choix qui compte au nombre des cinq cents invités le secrétaire de la Province, le consul de France et le censeur théâtral.Les directeurs des Variétés lyriques, Lionel Daunais et Charles Goulet, remarquent Judith Jasmin et lui offrent son premier rôle professionnel, celui de la comtesse dans Les Valses de Vienne de Strauss, assorti d'uncachet mirobolant de vingt-cinq dollars pour quatre représentations.A son tour, la critique la découvre et fait son éloge en des termes plus que flatteurs.Le critique du Canada écrit: Judith Jasmin Une nouvelle étoile brille dans le domaine de l'opérette.C'est à la représentation de L'Avare que messieurs Daunais et Goulet, [.], ont remarqué les brillantes qualités artistiques de Mlle Jasmin [.].Une artiste qui dit si bien les vers ne saurait que réussir dans la prose.Celui de La Patrie: Dans un personnage épisodique, Judith Jasmin, une débutante au Monument national, a triomphé par le charme de sa personnalité et sa facilité d'interprétation.Espérons que nous la reverrons bientôt.D'autres sont aussi élogieux: [.J leur nouvelle vedette, Mlle Judith Jasmin, d'une prestance et d'un physique agréable, douée d'une voix jeune et fraîclie, a été pour une débutante à l'opérette, la surprise de la soirée.Élégante, elle a de multiples dons et une diction remarquable.En moins d'un an, l'apprentie comédienne est passée d'une salle obscure de Saint-Henri à la scène du Monument national.Elle est folle de joie d'avoir décroché son premier engagement professionnel, mais les compliments ne lui tournent pas la tête facilement.Elle se juge «inégale et raide comme une débutante» dans Les Valses de Vienne.Guy Mauffette, qui tenait lui aussi un rôle secondaire dans ce spectacle, se souvient au contraire d'une talentueuse jeune femme aux yeux incroyablement beaux et à la magnifique chevelure, fort séduisante dans ses robes à crinoline, dégageant déjà une aura et un charisme bien particuliers.La dépression économique barre aux jeunes la route de l'université et des carrières professionnelles, et les pousse vers des activités politiques ou artistiques.Judith Jasmin rencontre dans le milieu théâtral d'autres jeunes, animés comme elle de grandes aspirations, en mal d'emploi ou d'études, sans argent et forcés de gagner tôt leur vie.et, par la même occasion, des copains et des prétendants possibles.Et l'événement tant attendu survient enfin.Pour la première fois, elle est aimée par un homme, justement par ce «jeune acteur fringant et plein de talents», Guy Mauffette.Son emballement pour ce garçon beau comme un dieu avec ses cheveux bouclés et ses yeux de jais, au tempérament tendre et enjoué mais tourmenté et excentrique qui, par certains côtés, lui rappelle Charlie Chaplin, se tempère de prudence.Guy lui semble «aimer surtout l'amour et toutes les femmes un peu femmes».Elle craint son inconstance et l'immense chagrin qu'une déception lui causerait.«Lui, homme, en reviendra, moi j'en mourrai», parce que les hommes, croit-elle, sont plus détachés en amour que les femmes.Guy ne l'invite à sortir qu'irrégulièrement.Dans une soirée, en novembre, un éditeur de programmes de spectacles d'âge mur, Paul Maugé, lui fait une cour empressée comme savent le faire aux jeunes filles les hommes d'expérience.Il l'entoure, la complimente, la tient serrée dans ses bras en dansant.Flattée de tant d'attentions, la jeune comédienne accepte quelques sorties avec cet homme séparé mais non divorcé, qui n'est ni intellectuel ni physiquement séduisant.Ce Français de quarante-trois ans, rescapé du Titanic il avait alors dix-neuf ans est tout de même impressionnant avec sa stature d'un mètre quatre-vingt-cinq,sa carrure bien rembourrée, sa voix forte au timbre sonore, son assurance et le charme de ses manières européennes.Romantique à souhait, Judith est très éprise de Guy, mais si peu sûre de lui.Son coeur hébite.Éthéra, à qui elle décrit les deux hommes et demande conseil, penche en faveur du jeune comédien, malgré son caractère indiscipliné et son inconstance.L'homme d'affaires lui semble un peu timoré bien que plus mûr que Guy, doté de probité et d'honnêteté, plutôt un ami sur qui on peut compter.Le commentaire d'Éthéra aurait sûrement été plus tranchant si son amie avait été totalement franche.Pour la première fois peut-être, Judith ment à sa correspondante, n'osant lui avouer l'âge véritable de Paul Maugé qui a vingt-trois ans de plus qu'elle l'âge de sa mère et non douze comme elle le prétend.Sans doute est-elle gênée de ce grand écart d'âge et redoute-t-elle l'opinion d'Éthéra.Deux mois plus tard, drame dans sa vie sentimentale.Guy lui demande de devenir sa maîtresse.Comment ose-t-il lui faire cette injure, la croire une femme facile, faire fi de sa réputation?II ne l'aime donc pas ni ne la respecte?Elle se dit, dans une lettre à Éthéra, révoltée, abattue et désespérée: «le ne méritais donc pas mieux?».Sa réaction est disproportionnée à la nature de sa relation épisodique avec le jeune comédien.Moins romanesque, plus confiante, plus sûre d'elle, elle aurait opposé un refus et poursuivi la relation ou éconduit l'amoureux jugé irrespectueux, et se serait tournée vers d'autres jeunes gens.Éthéra Mackarachvili ne voit pas les choses aussi tragiquement et, surtout, elle considère comme révolu le principe sacré de la virginité qui fait de toute jeune fille osant avoir des relations sexuelles avant le mariage «une fille» ou une dévergondée.Sans avoir encore elle-même franchi ce pas, elle sert à son amie une leçon de féminisme sur l'indépendance morale et financière des femmes: Vois-tu, Judith, pour moi cela m'est tout à fait indifférent et je ne fais aucune différence au point de vue moral et de ce seul fait qu'une jeune fille est vierge ou non.Crois-moi, souvent ce sont celles qui ont perdu leur virginité qui sont des caractères forts avec une certaine personnalité.Vois-tu pourquoi la virginité des jeunes filles était sacrée?Parce que jusqu'à ces derniers temps, le seul but de la femme c'était le mariage: mariage où le plus souvent, pour ' ne pas dire toujours, c'était le mari qui common-, dait, où elle devait obéir, où il était «Seigneur et maître».Il fallait donc tout faire pour que la jeune fille plaise à l'homme, la femelle au mâle, et ce que le mâle apprécie le plus c'est la virginité.Il fallait donc se soumettre au bon plaisir du maître.Elle ajoute: Maintenant ce n'est plus ainsi.Beaucoup de femmes sont indépendantes matériellement, elles le \u2022 sont moralement.Elles peuvent agir, penser à leur ; guise.Éthéra peut discourir.Son amie canadienne est trop réaliste pour croire que les moeurs sociales aient à ce point évolué et que l'indépen-.dance financière dent les femmes commencent * à peine à jouir puisse aussi rapidement influer ' sur les moeurs sexuelles.Elle lui répond que rien n'a changé.Un peu honteuse d'afficher des idées démodées, elle veut expliquer à Éthéra les raisons de sa position conformiste «sur une question fondamentale dont la solution doit influer sur notre vie entière».Mais seul subsiste un fragment de quelques lignes d'unbrouillon de la réponse de Judith.Ce que nous savons de cet échange permet tout de même de percevoir combien la virginité est un sujet brûlant pour les jeunes femmes de cette époque.Judith a perçu la proposition de Guy comme un aveu de non-sincérité.Blessée de ne pas être aimée comme elle le croyait, elle rompt avec lui.Sur le moment, elle se sent libérée mais rêve toujours d'un grand amour sincère, et elle ne revoit plus Paul Maugé. L'accalmie revient en Europe d'après AP et Rcutcr LONDRES ¦ L'ensemble de l'Europe a connu samedi une relative accalmie après plus d'une semaine de pluies diluviennes, mais la Belgique et les Pays-Bas se préparent à subir une nouvelle série de perturbations.La pluie a presque cessé hier mais l'évacuation des habitants susceptibles d'être touchés par de nouvelles inondations s'est poursuivie.En Belgique, l'institut météorologique royal a prévu de grosses averses samedi et dimanche pour le sud de la Belgique, ce qui fera encore monter le niveau des cours d'eau.«Les inondations pourraient dépasser celles de 1993», a déclaré un porte-parole de la cellule de crise mise en place par le ministère de l'Intérieur.Le sud de la Belgique a enregistré vendredi entre 15 et 30 mm de précipitations.Un centre de crise mis en place à Namur, une des villes les plus touchées, estime que la Meuse devrait encore monter.Aux Pays-Bas.plus de 2000 personnes ont été évacuées dans la province méridionale du Lim-bourg.Maastricht, la capitale de la province, est la plus durement touchée; 1500 habitants ont dû être relogés, la Meuse ayant envahi vendredi la ville, enfouie sous 40 cm à 1,20 m d'eau.Les autorités estiment cependant que les inondations ne sont pas aussi importantes qu'il y a 13 mois.Huit mille habitants de la province avaient alors fui devant la montée des eaux.Les dommages avaient alors été évalués à 250 millions de florins ( 147 millon-s$US).«La situation va s'aggraver aujourd'hui mais tout devrait rentrer dans l'ordre lundi», a précisé un porte-parole des autorités chargées des inondations.Allemagne La Vieille ville de Cologne a été victime des inondations, pour la deuxième fois en 13 mois, samedi matin lorsque le Rhin est sorti de son lit.Les eaux boueuses du fleuve ont dépassé la cote des 10 mètres peu après minuit.Les autorités estiment toutefois que le Rhin devrait rester en dessous du niveau qu'il avait atteint en décembre 1993 lors des «inondations du siècle» qui avaient fait plus de 100 millions de marks de dégâts (environ 90 millions ).A la mi-journée, le fleuve avait d'ailleurs amorcé une décrue.Ce qui a fait dire aux responsables que la situation «n'était pas aussi dramatique» qu'on aurait pu le penser dans la Vieille ville, où 70000 des quelque un million d'habitants de Cologne vivent et travaillent.Le Rhin devrait cependant atteindre une nouvelle cote d'alerte ce matin avant de baisser à nouveau.Afin d'éviter que le Vieux Cologne soit inondé, quelque 2000 secouristes ont placé 11000 sacs de sable autour du quartier.Les maisons basses et les sous-sols ont dû être évacués.À Coblence, où la Moselle se jette dans le Rhin, de nombreux quartiers de la ville étaient encore sous les eaux.Les autorités ont exhorté les habitants à économiser l'eau potable.Dans cette ville, quelque 7000 habitants ont été touchés par les inondations et certains d'entre eux, privés d'électricité.Les eaux du Rhin en crue ont également provoqué des inondations à Duesseldorf, Duisbourg et Bonn.À Francfort, certaines rues longeant le Main, également en crue, sont demeurées fermées et des inondations ont été signalées à Wertheim, Miltenberg et dans d'autres villes comme à Wuerz-bourg.Un cancer emporte James Grant Agence France-Presse NEW YORK 9 lames Grant, ancien directeur général de i'UNlCEF (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance), qui venait de démissionner de ion poste cette semaine pour raisons de santé, est mort hier à New York des suites d'un cancer, 4 annoncé le service de presse de l'ONU.\u2022 M.Grant, 72 ans, de nationalisé américaine, avait été nommé à la tête de I'UNlCEF en 1980.11 était hospitalisé à New York depuis dimanche dernier.\u2022 Le secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali a exprimé dans un communiqué son «profond chagrin» en apprenant le décès de M.Grant, et il a rendu hommage à son «engagement inébranlable» en faveur de l'enfance dans le monde.«M.Grant était connu pour sa présentation passionnée des faits et des idées auprès des dirigeants du monde entier, des médias et de l'opinion publique.Mais la notoriété qu'il avait obtenue à travers quinze ans de service à la tète de I'UNlCEF était particulièrement dévouée à la sauvegarde et à l'amélioration de la vie des enfants», ajoute le communiqué.«Il y a des millions d'enfants dans le monde en développement qui n'ont peut être jamais connu le nom de fames Grant, mais dont la survie, la santé, la croissance et l'éducation ont bénéficié, de manière concrète et mesurable, de ses extraordinaires efforts en fa- James Grant, dans une photo prise en juin 1994.PHOTO REUTER veur de leur cause», a estimé M.Boutros-Ghali.M.Grant «restera dans les mémoires comme un serviteur re- marquable des Nations Unies et comme l'un de meilleurs fonctionnaires internationaux de sa génération», a-t-il ajouté. photo ap .Des sacs de sable et d'autres débris jonchent le toit de l'immeuble de l'ancienne ambassade des États-Unis à Saigon (aujourd'hui Ho Chi Minh Ville) que les Américains ont évacué en catastrophe en avril 1975.Washington et Hanoi font un pas vers la normalisation HANOÏ ^ » * e Vietnam et les États-Unis ont fran-fcKBchi le premier pas vers la normalisation des relations diplomatiques avec l'ouverture d'un bureau de liaison améA ricain à Hanoi, 20 ans après la fin de la guerre.Les deux parties ont signé hier deux documents réglant des contentieux issus du conflit et qui rendent effective la mise en place de missions consulaires américaine et vietnamienne à Hanoi et Washington.La cérémonie de signature a scellé l'établissement des premiers liens intergouvernementaux entre Hanoi et Washington depuis plus de 40 ans.C'est la première fois que des diplomates américains sont à titre officiel en poste à Hanoi depuis la fermeture du consulat américain en 1954, après l'indépendance du Nord-Vietnam.« Cette ouverture marque un pas en avant important sur la voie de la normalisation des relations bilatérales, créant des conditions favorables pour les développer et poursuivre le règlement des problèmes communs dans l'intérêt des deux peuples, de la paix, de la stabilité et du développement de la région », a souligne un communiqué du ministère vietnamien des Affaires étrangères.Les documents signés portent sur la restitution des propriétés diplomatiques et des avoirs financiers saisis par les deux parties à la fin de ia guerre du Vietnam.L'accord sur l'échange des biens diplomatiques, finalisé le 16 décembre, prévoit que les Américains pourront obtenir compensation ou récupérer 36 bâtiments officiels, dont l'ambassade de Saigon, évacuée le 30 avril 1975 et symbole de leur débâcle au Vietnam.Les Vietnamiens récupèrent l'ancienne ambassade sud-vietnamienne à Washington.Quant aux avoirs financiers, ils s'élèvent à 208,5 millions de dollars du côté américain et 130 millions côté vietnamien, selon un responsable américain.D'autres sources estiment à 360 millions le montant des avoirs vietnamiens gelés dans les banques américaines en raison des intérêts depuis 1975.Aucune des parties n'a divulgué les détails des accords paraphés par deux officiels du département d'État, dont le chef du nouveau bureau de liaison américain, et les directeurs de deux départements du ministère vietnamien des Affaires étrangères.Le bureau de liaison américain à Hanoi sera opérationnel vendredi, après les vacances du Têt, le nouvel An lunaire.Il est dirigé par un vétéran de la guerre du Vietnam, James Hall, ancien capitaine de l'armée de terre, qui a le rang de consul général.La mission, installée dans un immeuble moderne de neuf étages, comprend 12 personnes, dont deux agents consulaires et des diplomates spécialisés dans les questions politiques, économiques et de sécurité régionale.Elle sera chargé notamment des affaires consulaires \u2014 un million de Vietnamiens vivent aux États-Unis \u2014 et du suivi du dossier des 2211 soldats américains portés disparus ( MIA ) en Indochine, principal obstacle à la normalisation complète.À Washington, un porte-parole du département d'État, Christine Shelly, a souligné vendredi qu'il ne s'agissait pas d'établir des relations diplomatiques entre les deux pays ».Elle a ajouté que « toute décision sur l'établissement de relations diplomatiques avec le Vietnam dépendra de progrès futurs sur le décompte des MIA ».L'administration Clinton continue de demander des « progrès tangibles supplémentaires » sur la question et le « recensement le plus exhaustif possible » des GI disparus.Terroristes tchétchènes bientôt à l'oeuvre en Russie ?d'après AFP ROME jokhar Doudaiev, le président indépendantiste tchét-chènea, a affirmé que si la Russie ne consentait pas à une solution politique en Tchétchénie, des villes russes « brûleront comme aujourd'hui Grozny ».Dans une interview à l'hebdomadaire italien VEspresso, qui affirme avoir joint M.Doudaiev dans un bunker à Grozny depuis Moscou par téléphone satellitaire, l'ancien général de l'armée rouge menace de porter la guerre dans la Russie entière, si Moscou n'engage pas de négociations.Mais hier, le ministre tchét-chène de l'Information, Movladi Oudougov, a démenti que les Tchétchènes s'apprêtent à commettre des actes terroristes contre la Russie.La Tchétchénie « observe très strictement toutes les règles internationales et ne commettra, par aucun moyen et en aucune circonstance, d'actes de violence », a-t-il indiqué à l'agence Interfax.« Ce n'est pas un désir, c'est un plan précis », avait indiqué le général Doudaiev à l'hebdomadaire.« Boris Eltsine est prévenu.S'il n'y pas la paix en Tchét-chénie, ses villes russes brûleront et une guerre islamique commencera sur la terre russe », avait-t-il poursuivi, en citant notamment les villes de Sotchi, Krasnodar, Piatigorsk, Stavropol, et Astrakhan, dans le sud de la Russie.Hier, le service de presse du gouvernement russe a affirmé qu'il « avait reçu des informations supplémentaires sur l'existence » d'un groupe terroriste tchétchène.Ce groupe serait composé d'environ 200 personnes, des employés des services de sécurité de Djokhar Doudaiev et des étrangers, notamment des représentants de l'organisation extrémiste palestinienne Hamas.Selon le gouvernement, ce groupe cherche à commettre des « actes de revanche » et à éliminer plusieurs responsables russes.Hier, la télévision russe avait annoncé l'arrestation d'un Tchétchène qui s'apprêtait à commettre un attentat contre une installation importante de la ville russe de Volgograd ( ex-Stalingrad ), où vit une importante communauté tchétchène.L'homme aurait avoué qu/on lui avait pronils une somme de 25 000 dollars pour cet attentat.I L'Alliance nationale devra prouver qu'elle a rompu avec le néofascisme e dirigeant de droite Gian-franco Fini a gagné à demi son pari, en dissolvant le Mouvement social italien ( MSI, néofasciste )) et en ouvrant hier, à Fiuggi, le premier congrès de l'Alliance nationale.II lui restera à faire la preuve de la rupture profonde de l'AN avec les valeurs fascistes.Le premier congrès de l'Alliance nationale \u2014 qui était depuis sa création en janvier 1994 un rassemblement de forces politiques, mais non un parti \u2014 a commencé ses travaux hier matin à Fiuggi ( au sud de Rome ), dans la même salle où le MSI s'était dissous vendredi soir.À cette réunion, 550 délégués des sections de l'Alliance nationale se sont ajoutés à la grande majorité des 1600 délégués du congrès du MSI qui ont accepté de rejoindre l'AN.Un petit groupe de nostalgiques purs et durs du MSI a cependant fait un cadeau au secrétaire général, en refusant d'adhérer à la nouvelle formation.M.Fini avait exigé des délégués du MSI qu'ils acceptent la plateforme du futur parti, qui décrète la fin de toute référence à l'héritage fasciste, reconnaît le caractère positif de l'antifascisme en 1945 et promet un respect intégral de l'ordre démocratique.La dissidence est dirigée par l'ancien secrétaire-général Pino Rauti, un ex-combattant de la République sociale italienne de Mussolini ( 1943/45 ).Il a annoncé son intention de continuer l'expérience du MSI, en phohto reuter L'ex-premier ministre Silvio Berlusconi et le leader néo-fasciste Cianf ranco Fini se donnent la main.tentant de former un nouveau parti.Bien que M.Rauti ait été très applaudi au cours du congrès, ses partisans ont été évalués pendant le congrès du MSI à quelque 5 p.cent.Une partie des néofascistes nostalgiques, comme le leader romain Teo-doro Buontempo, sont décidés de leur côté à rester dans l'AN, en dépit de leur opposition au renouveau.Ils sont convaincus que le nouveau système électoral majoritaire ne leur laisserait aucune chance s'ils formaient un petit parti.Leur maintien dans l'Alliance Nationale pose la grande question sur laquelle les observateurs politiques, généralement convaincus de l'honnêteté de la démarche de Fini, se penchent : savoir si la base du parti, qui a semblé sensible aux thèmes nostalgiques, suivra la nouvelle direction dans sa volonté de construire une grande formation de droite moderne, dans un pays où il n'y en a pas.L'intérêt de la classe politique est très vif, et certains relèvent la maestria politique de Gianfranco Fini, son influence grandissante, y compris sur son allié de Forza Italia, Silvio Berlusconi.Signe de cet intérêt : à l'ou- verture du congrès de l'AN, la plupart des partis politiques italiens étaient présents sur les rangs des invités : Silvio Berlusconi représentait Forza Italia, et Rocco Buttiglione le Parti populaire italien ( ex-démocra-tie-chrétienne ).La Ligue du Nord était représentée par l'ancien ministre de l'Intérieur Roberto Maroni.Le Parti démocratique de la gauche ( PDS, ex-PCI ) avait envoyé deux personnalités de moyenne importance, Ugo Pecchioli et Mauro Zani, en « observateurs ».L'ancien président de la République Francesco Cossiga était également présent, alors que l'actuel chef de l'État Oscar Luigi Scalfaro a fait l'objet à Fiuggi de très vives attaques pour sa gestion de la récente crise gouvernementale.Cette attitude du MSI-Alliance nationale a déjà été perçue par l'opposition comme une démonstration de l'insuffisance de son respect des règles démocratiques.Gianfranco Fini, qui s'est montré plus détendu que la veille, au moment de la dissolution du MSI, a notamment déclaré : « L'interminable après-guerre s'est achevée.Nous avons fait le pas qu'il convenait.Nous avons l'ambition d'aider l'Italie à entrer dans l'an 2000 débarrassée des haines du passé ».Il a promis que son parti « ne ferait pas obstacle » au travail du gouvernement de « techniciens » de Lamberto Dini, et prédit que « la droite sociale et populaire », représentée par l'AN, « recevrait un soutien encore accru » lorsque de nouvelles élections seraient organisées.Journée record de violence gypte 6n mm E Agence France-Presse MINIYA ix-huit personnes ont été tuées hier en Haute-Égypte lors de trois accrochages entre la police et des islamistes, dans la journée la plus sanglante depuis le début de la vague de violence intégriste en mars 1992.Selon la police, 14 islamistes, deux civils et deux policiers ont été tués.Ce chiffre illustre la guerre sans merci entre policiers et intégristes : en janvier, 78 personnes ont perdu la vie en Haute-Égypte, dont 45 islamistes et 24 policiers.Au total, 634 personnes ont été tuées depuis près de trois ans.Douze islamistes ont été abattus par la police au cours d'une bataille rangée dans une carrière de marbre abandonnée en plein désert, dans la région de Miniya ( 250 km au sud du Caire ).Ils appartenaient à la Jamaa isla-miya, le principal .mouvement intégriste armé en Egypte, selon la police.Sur la base d'informations, la police avait encerclé la mabrière servant de cachette aux intégristes et les tirs ont éclaté au petit matin.« Sommés de se rendre, ils ont ouvert le feu, la police a riposté et la fusillade a duré sept heures », selon la même source.Quatre corps ont été identifiés comme étant ceux d'islamistes originaires de la région de Miniya.La police a également trouvé tout un attirail \u2014 onze pisto-lets, un fusil d'assaut de fabrication russe, neuf bouteilles incendiaires, quatre engins explosifs, douze détonateurs \u2014ainsi que des couvertures et de la nourriture.Dans la matinée, deux policiers et deux civils \u2014 une femme et un homme \u2014 ont été tués par plusieurs intégristes qui ont tiré à l'arme automatique contre une camionnette de police stationnée devant l'hôpital de Na-gaa Hamadi, dans la province de Qéna ( 640 km au sud du Caire ).Les intégristes ont réussi à prendre la fuite.Trois policiers et trois civils ont également été blessés lors de cette fusillade, a-t-on précisé.Quelques heures plus tard, dans la gare de Sohag, à 500 km au sud du Caire, deux intégristes descendant du train en provenance de Nagaa Hamadi ont été abattus par des policiers venus les interpeller et sur lesquels ils avaient ouvert le feu.Pour la police, il s'agirait des auteurs de l'attaque meurtrière de Nagaa Hamadi.La veille déjà, la région de Miniya, devenue depuis l'été 1994 un nouveau fief islamiste, avait été le théâtre d'affrontements sanglants au cours desquels six policiers et quatre islamistes avaient été tués.Les autorités égyptiennes, qui ont réussi à circonscrire depuis le printemps le champ de la bataille à la Haute-Égypte, affirment qu'elles ont réussi à infiltrer les rangs islamistes et à les démanteler.La police annonce régulièrement la mort de dirigeants de la Jamaa islamiya, le dernier en date, Mahmoud Sayed Selim, ayant été abattu le 22 janvier dans une gare près de Sohag.« La police s'est engagée à poursuivre ses efforts jusqu'à ce que le terrorisme et le crime organisé, qui sont étrangers à l'Egypte, soient complètement éradiqués », a affirmé mercredi le ministre égyptien de l'Intérieur, le général Hassan al-Alfi.Le mouvement modéré des Frères musulmans, interdit mais toléré, est accusé par le gouvernement de « soutenir le terrorisme » et fait de plus en plus les frais de la répression.Le 22 janvier, 27 dirigeants de la confrérie ont été arrêtés puis mis en garde à vue.Vendredi, un médecin membre du mouvement a été arrêté ainsi que ses deux fils.Les ouvriers roumains plus exploités que les Palestiniens L es ouvriers roumains en Israel, à la merci des sociétés de travail intérimaire, forment une main-d'oeuvre à bas prix parfois plus exploitée encore que les Palestiniens, affirment des défenseurs des droits de l'homme.Les 70 000 travailleurs étrangers employés en Israël viennent à 60 p.cent de Roumanie.Leur nombre n'a cessé d'augmenter avec les bouclages répétés des territoires palestiniens depuis mars 1993.«c Les Roumains sont plus exposés que les Palestiniens, car ils dépendent non seulement de leurs patrons, mais aussi de leurs importateurs », explique le porte-parole de l'Association israélienne des droits de l'homme, Mme Yael Guilboa.« La législation du travail ne s'applique pas à ces personnes dépourvues des droits les plus élémentaires, tels que la sécurité sociale, l'assurance-maladie ou les indemnités de licenciement », ajoute-t-elle.Alerté par la situation «c dramatique » de ses ressortissants, le ministère roumain des Affaires étrangères s'est plaint officiellement auprès des autorités israéliennes.Au milieu d'un terrain vague, sur le front de mer à Tel-Aviv, un groupe de maçons roumains pauvrement habillés çt hirsutes, âgés d'entre 40 et 50 ans, parta- gent une vieille baraque.Dans la cour, ils écoutent de la musique « de là-bas ».Marian, le plus jeune, danse sur la table à tréteaux, encouragé par ses camarades.Plus tard, ils iront au coin de la rue Allenby, à la terrasse d'un bar ouvert toute la nuit.Ion, 40 ans, marié et père de deux enfants, est ici depuis sept mois.Ouvrier en constructions métalliques dans un chantier de Petah Tikva, une banlieue de Tel-Aviv, il partage un trois pièces avec deux compatriotes.Il montre fièrement son passeport, « pas confisqué », comme c'est souvent le cas, admet-il.Méfiant, car élevé sous le régime communiste, il craint «c que l'on dise du mal » de son (lays, la Roumanie, ou d'Israël, et peut- être de perdre ainsi son emploi.Ce qu'il tait, Mme Hanna Zo-har, qui dirige une association de défense des travailleurs mal payés, le dit ouvertement.Créée il y a 4 ans pour défendre les ouvriers palestiniens, son organisme a élargi son champ d'action aux étrangers.Elle exhibe un accord de travail entre Danel, une société de travail intérimaire spécialisée dans l'importation de main d'oeuvre, et 25 ouvriers de Haifa : sur les 1500 dollars de salaire, la fiche de paie indique que 750 sont prélevés par Danel.C'est Danel qui, sur commande, embauche à l'étranger les candidats, les fait venir, les loge dans des logements de fortune et les livre aux employeurs, après avoir confisqué leurs passeports.Les étrangers travaillent 10 à 12 heures par jour, 6 jours sur 7, essentiellement dans le bâtiment.Quand la société n'en veut plus, et parfois avant terme du contrat, elle n'a qu'un mot à dire à la police pour que celle-ci expulse l'étranger indésirable, selon Mme Zohar.L'expulsion se faisant à la hâte, la société peut impunément conserver ce qu'elle doit encore à l'expulsé, notamment la somme prélevée sur le salaire comme «< garantie de bonne conduite ».Mme Zohar déplore que les autorités soient « très efficaces pour s'assurer que les étrangers ont effectivement quitté le pays en temps voulu, mais pas pour ce qui est de leurs droits »."]
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