La presse, 18 novembre 1994, B. Politique
[" V* .- ,-%i y \u2022Jt L'EXPRESS POLITIQUE SOMALIE : NOUVELLE ENQUÊTE PUBUQUE ¦\tSe disant « troublé » par de nouvelles allégations au sujet du rôle des forces armées en Somalie, le ministre de la Défense nationale, David Collenette, a ordonné hier la tenue d'une nouvelle enquête publique, qui cette fois sera présidée par un civil.Cette nouvelle enquête sera instituée lorsque les enquêtes militaires en cours seront terminées et que les décisions en appel devant la Cour fédérale auront été rendues, a-t-il précisé, soit en janvier ou février prochain.Le témoignage entendu hier du major Barry Armstrong, médecin en chef de l'unité des forces armées canadiennes en Somalie, a jeté un doute sur l'impartialité des enquêtes militaires en cours.Ce dernier a soutenu que des officiers supérieurs de l'armée lui ont ordonné de détruire des photographies de civils somaliens qui avaient été torturés par des militaires canadiens en Somalie.M.Collenette a admis que ces allégations l'avaient personnellement « troublé » et qu'il avait en conséquence décidé de passer à l'action.d'après PC AUBUT EN CONFLIT D'INTÉRÊTS ?¦\tLe ministre des Ressources naturelles, François Gendron, a demandé un rapport au président d'Hydro-Québec, Richard Drouin, pour s'assurer qu'aucun conflit d'intérêts n'a pu marquer des réclamations de 14 millions présentées à la société d'Etat par la firme d'avocats de Marcel Aubut, compte tenu que ce dernier est membre depuis 1988 du conseil d'administration d'Hydro-Québec.Un porte-parole d'Hydro-Québec, Yvan Cliché, a soutenu hier que « Me Aubut a respecté rigoureusement toutes les règles » de deontologie qui s'appliquaient dans son cas.d'après PC 58 MILLIONS PLUS TARD.¦Alors que les contribuables payent 58 millions pour la Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones, qui poursuit laborieusement ses travaux, le ministre des Affaires indiennes, Ron Irwin, a annoncé hier la nomination d'un « enquêteur » qui étudiera la question de l'extinction des droits dans le cadre des revendications territoriales.des autochtones.Sur la trace des membres de la commission, l'enquêteur aura, de janvier à avril 1995, a expliqué M.Irwin, des discussions avec les groupes autochones, les organisations autochtones régionales, les dix provinces, les territoires et « les organismes qui représentent des Canadiens non autochtones qui seront peut-être touchés par les effets des accords » sur les revendications territoriales.Le ministre se dit conscient que la commission publiera peut-être un rapport intérimaire sur cette question « au début de 1995 » mais, ajoute-t-il, « il ne serait pas indiqué de ; l'attendre .parce que du travail |ipM)dttctiCââourrait avoir lieu entre- GUles Gauthier ESPÈCES FÉDÉRALES EN PÉRIL ¦ Même si la faune est de juriction des provinces, les « espèces fédérales » en voie de disparition seront-elles protégées par une nouvelle loi que la ministre de l'Environnement Sheila Copps veut faire adopter ?Elle a expliqué hier que les espèces en péril sont protégées « par un ensemble disparate » de lois fédérales et provinciales et que l'efficacité exige un « cadre national », qui emmitouflera également sous l'aile protectrice d'Ottawa « les espèces d'importance nationale », dont la définition, admet-on, n'est pas encore établie.Les spécimens « fédéraux » proprement dits comprennent entre autres les oiseaux migrateurs, les bêtes et poissons qui logent et nagent sur les terres et dans les eaux fédérales et ceux qui sont « touchés par les activités fédérales ».Un comité consultatif scientifique conseillerait la ministre, même sur les espèces « disparues ».Gilles Gauthier Béland rompt le silence: « On se sépare DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Le président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, a brisé la consigne du silence que s'était donné récemment l'organisme coopératif en vue de la campagne référendaire en s'affichant en faveur de la thèse souverainiste.Le dirigeant du puissant Mouvement Desjardins s'était fait plutôt discret sur cette question depuis sa participation à la Commission Bélanger-Campeau.Ses prises de positions avaient à l'époque déclenché une vive controverse au sein du Mouvement Desjardins.Une partie de la clientèle n'approuvait pas l'appui du président Béland à la souveraineté.Hier, dans une allocution devant l'Institut national d'administration publique du Canada, section Québec, M.Béland s'est contenté de discourir de l'urgence de régler le problème de l'endettement public.Il s'est aussi fait l'apôtre d'une décentralisation des décisions, une thèse chère au Parti québécois durant la récente campagne électorale.Mais quelques minutes plus tard, en conférence de presse, face à un barrage de questions sur ses intentions quant à la campagne référendaire qui s'annon- ce, M.Béland a décidé d'afficher ses couleurs.Il a ainsi subitement insufflé un nouvel élan une campagne souverainiste qui semblait déjà en panne de porte-paroles de la communauté des affaires.Soulignant ne pas avoir changé d'idée depuis sa participation à la Commission Bélanger-Campeau, M.Béland a rappelé que le mémoire déposé alors par le Mouvement Desjardins « souhai-t a i t une véritable confédération ».Mais, a-t-il expliqué, cette option a été rejetée par le reste du Canada.« Alors peut-être que sur le plan de la stratégie, il faut rapatrier toutes nos cartes et on se paiera un nouveau pays PHOTO PC Claude Béland en mettant les cartes que l'on veut sur la table.C'est ce que le Mouvement disait alors et les gens ont conclu que c'était la souveraineté.Mais je pense que l'idéal c'est encore une véritable confédération, donc une souveraineté-association, je n'ai pas changé d'idée », a martelé M.Béland.\u2014 Alors on se sépare, on n'a pas le choix M.Béland ?de s'enquérir un journaliste.« l'espère que les Québécois vont comprendre le message, je pense qu'on n'a pas le choix », a-t-il répliqué, sans hésiter.M.Béland déplore toutefois que le Parti québécois ne précise pas davantage son projet souverainiste.« Tout ce que le PQ propose actuellement c'est de récupérer la souveraineté et de faire un pays.Il faudrait tout de suite aller plus loin, et dire ce que l'on fera avec la souveraineté.le pense que les gens aimeraient entendre cela » a-t-il lancé.Certains employés du Mouvement Desjardins, proche de Claude Béland, sont restés pantois quand on leur a rapporté les propos du président.Tout le monde connaissait ses convictions personnelles, mais personne ne pensait qu'il ajouterait sa voix au débat référendaire qui s'annonce.PHOTO PC « Johnson se cherche un peu » .Le premier ministre Jacques Parizeau croit que son adversaire Daniel Johnson « va finir par se retrouver ».« Il se cherche un peu.Il se cherche un personnage.C'était un peu raté hier Enfin, il va finir par se retrouver », a-t-il déclaré hier en commentant la conférence de presse donnée la veille par M.Johnson, qui s'en est pris durement à l'administration péquiste dont il estime que tout est mauvais.Droits des gais : i'orage gronde aux Communes CHANTAI HÉBERT du bureau de La Presse OTTAWA ras-dessus, bras-dessous avec le Parti réformiste et sous l'oeil approbateur de la député conservatrice Elsie Wayne, des députés libéraux ont pris publiquement leur gouvernement d'assaut, hier, tandis que le Bloc québécois et le NPD allaient à sa rescousse.Ces alliances contre nature sont toutes survenues lorsqu'un comité parlementaire a hérité, par la bande, du débat entourant les droits des gais.Du coup, les lignes de démarcation entre les partis se sont effondrées sous le poids de valeurs contradictoires.Il s'agit d'un avant-goût seulement des heures difficiles que se prépare le gouvernement Chrétien à ce sujet.En matière de droits homosexuels, les députés ne sont même pas encore entrés dans le vif du sujet.Ce n'est que le mois prochain, au plus tôt, que le Parlement sera saisi d'un amendement au Code canadien des droits de la personne interdisant la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle.En attendant, le projet de loi qui provoque cette première escarmouche a un lien lointain avec celui des droits des gais.Le projet de loi C-41 traite de la détermination de la peine.Il vise à encadrer les juges et les enjoint notamment à tenir compte, dans leurs sentences, de ce qu'un délit est motivé par la haine.Dans le texte du projet de loi, on trouve, avec la religion, le sexe et la race, l'orientation sexuelle parmi les motifs sur lesquels un crime haineux pourrait éventuellement être fondé.À cause de cela, selon les calculs de ses critiques libéraux, plus de 40 députes du gouvernement pourraient vouloir défier leur gouvernement et voter contre.Les chefs de file du mouvement, tout comme le Parti réformiste, affirment que le projet de loi C-41 légi-timise implicitement l'homosexualité, ce à quoi ils s'objectent en invoquant la moralité publique.À leurs yeux, le projet donne également aux gais un statut particulier.« Dire qu'en incluant l'orientation sexuelle dans cette loi, on souscrit à un mode de vie, c'est l'équivalent de dire que, parce qu'on inclut la religion, on encourage les gens à devenir catholiques », leur a cependant rétorqué le ministre de la Justice, Allan Rock.II a cité à l'appui de son projet de loi l'augmentation marquée des crimes motivés par la haine contre les homosexuels, tendance qu'il n'a pas hésité à décrire comme un « fléau ».« Des députés ont témoigné que, les vendredis soirs, dans leurs comtés, des gens partent littéralement à la chasse aux gais pour leur donner une raclée», a dénoncé le ministre.Il affirme qu'il est déterminé à ne pas diluer cette section de sa loi et que son gouvernement est tout aussi décidé à ne pas permettre à ses députés de s'en dissocier.À en juger par les événements d'hier, tout indique cependant que plusieurs libéraux ne rentreront pas facilement dans le rang.Des députés du gouvernement ont ainsi tout fait pour joindre leurs voix à celles du Parti réformiste pour dénoncer cet aspect du projet de loi C-41 pendant la séance du comité.En prévision de ce débat, l'un d'entre eux, le député de Scarborough, Tom Wappell, a accouché d'un document pour étayer son opposition.Il y lie notamment homosexualité et pédo-philie, indiquant que l'une et l'autre sont autant de formes d'orientation sexuelle.L'échange que ce député a eu avec le ministre Rock a été parmi les plus acerbes de la séance.Dans la salle, d'autres députés libéraux suivaient en simples spectateurs mais avec un certain parti pris le déroulement des événements.Lorsque le président du comité, Warren Allmand, a décrété que ses membres réguliers auraient préséance pour poser des questions, un de ses collègues a murmuré que sa conduite était indigne.Autant des libéraux ont fait cause commune avec le Parti réformiste, autant le Bloc québécois a pris le contre-pied de cette fronde.Hier, au comité, l'opposition officielle a tenté de partager sa tribune avec le NPD pour que le député Svend Robinson, qui milite ardemment pour les droits des gais, puisse intervenir dans le débat.Au terme de la séance, le ministre Allan Rock se disait confiant d'avoir convaincu ses collègues.Mais les députés libéraux récalcitrants n'avaient pas changé d'idée.La député néo-écossaise Roseanne Skoke a d'ailleurs affirmé que le fait qu'elle et plusieurs de ses collègues n'aient pu intervenir « allait à rencontre de la justice naturelle ».Car cette prise de position ne manquera pas de raviver le vigoureux débat au sein du Mouvement Desjardins sur l'opportunité pour cette institution financière de prendre une position qui, inévitablement, déplaira à une partie de ses quelque 5,3 millions de membres.Tout de suite après l'élection du PQ, en septembre dernier, M.Béland avait même indiqué que Desjardins n'appuierait aucun des deux camps en présence dans la campagne référendaire à venir.Devant la poignée de journalistes, M.Béland a déploré à l'avance le raccourcis inévitable de la campagne référendaire qui s'amorce.« Quand on fait croire aux gens qu'il faut changer le pays parce qu'on va gagner quelque cennes, ce n'est pas comme cela qu'on bâtit un pays, on ne fait pas partie d'un club social dont on change parce que l'autre coûte moins cher », a ajouté le président Béland.« Les campagnes référendaires n'ont jamais beaucoup éclairé les gens.Je cherche comment on pourrait faire la pédagogie de la souveraineté et du fédéralisme », a poursuivi M.Béland qui se décrit comme « le dirigeant d'une grande institution financière qui est en même temps un mouvement social ».Les régions accusent Air Canada et Canadien de complot GILLES GAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA Les Chambres de commerce de dix villes périphériques du Québec ont accusé hier Air Canada et Canadien International de comploter pour éliminer toute concurrence dans les liaisons aériennes vers les régions et pour maintenir les tarifs à un niveau exagérément élevé afin de « subventioner » leurs vols internationaux.Selon elles, le coût du transport aérien vers les régions, incluant les taxes, a connu une hausse « effrénée » de 81,-22 p.cent depuis cinq ans, soit depuis que la déréglementation a été promulguée pour établir la concurrence.L'indice des prix à la consommation, ajou-te-t-on, s'est accru de moins de 14 p.cent.Pour se rendre à Montréal, les citoyens de Sept-îles doivent payer 700 $ plus les taxes, ceux de Bagotville près de 500$ et ceux de Baie-Comeau et Mont-Joli 650 $.Le tarif intérieur canadien par kilomètre est deux fois plus élevé que celui d'un vol vers l'Europe et trois fois supérieur à celui d'une liaison avec les États-Unis, ont-elles affirmé.Elles ajoutent que le nombre de passagers a diminué du tiers, tout en admettant que la récession est au moins en partie responsable.Elles ont demandé à Ottawa de rétablir la libre concurrence entre les sociétés aériennes et de permettre aux compagnies américaines d'offrir des services au Canada.Elles souhaitent que le gouvernement fédéral confie à la GRC le mandat d'effectuer une enquête sur la fixation des prix par les deux grands transporteurs et leurs filiales Inter-Ca-nadien et Air Alliance.Invoquant un exemple américain, elles exigent que le gouvernement Chrétien crée un fonds d'indemnisation financé par les transporteurs pour « dédommager les passagers victimes des excès tarifaires des compagnies aériennes ».Au chapitre de la concurrence, elles donnent l'exemple d'Air Madeleine, qui avait été mise sur pied pour offrir des services à un coût moindre entre les îles, Gaspé et Mont-Joli.« Air Alliance et Inter-Canadien ont, le même jour, diminué leurs tarifs dans les mêmes proportions, soit 40 p.cent, sur les mêmes liaisons », a affirmé Pierre Breton, vice-président de la Chambre de commerce de Baie-Comeau, ajoutant qu'Air Madeleine a fait faillite.Le ministre fédéral des Transports, Doug Young, a mandaté un de ses attachés politiques pour recevoir la délégation représentant les organismes d'affaires des villes de Rimouski, Gaspé, Jonquière, Chicoutimi, Val D'Or.Rouyn-Noranda, La Baie, Mont-Joli, Sept-lles et Baie-Comeau.h\tl i\tj V\t\t\ti\t\tP\trr-^\tl H\tJ\tM\t\t\t\tm ]\t0\tÈ E__^J\t1 \t\t\t\t\t\t\t\ti\t \tn\tr\tM m B M\t\t\t\tn\ty \tJ\tN\tXi\t\t\t_J\tb\t1 : \t\t\t\t\t¦\t\t\t \t\t\t¦NR \t\t\t EN EXCLUSIVITE CHEZ TIP TOP TAILORS VOTRE MAGASIN DE VÊTEMENTS FOI R HOMMES T il faut se méfier des analyses « ethniques » du vote à Montréal Dans un monde capitaliste, les gens sont payés en fonction des flux monétaires qu'ils contribuent à générer.Hockey et baseball : plafond salarial et partage des revenus s'équivalent Le meilleur système pour joueurs et propriétaires serait basé sur un partenariat dans lequel les salaires seraient uniformisés gâteau se fera au détriment de la taille du gâteau.C'est Terreur majeure que commettent Messieurs Fehr et Goodenow : ils négligent l'impact de leurs recommandations sur la taille du gâteau.Affirmation # 4 : Les joueurs n'ont rien à craindre d'un plafond salarial, dans la mesure où il est intégré à un partenariat avec les propriétaires.La quasi-totalité des énergies des négociateurs des joueurs a été allouée au combat contre le plafond salarial.Effectivement, ce concept, à cause du nom qu'il porte, évoque une alternative peu enviable pour les joueurs.Pris dans une situation de monopole, les joueurs sentent qu'on veut les empêcher de recevoir leur juste part du gâteau.Je les comprends.D'ailleurs, si on leur imposait un système de plafond salarial pur, je serais le premier à aller encourager les joueurs sur les lignes de piquetage.Une telle pratique serait inadmissible et toute grève des joueurs serait parfaitement justifiée.Cependant, ce n'est pas ça qui leur est proposé.On leur propose un système de plafond salarial intégré à un partenariat avec les propriétaires.On plafonne les salaires, mais on assure aux joueurs un pourcentage fixe des revenus de l'industrie.Ce qu'on plafonne, ce n'est donc pas la rémunération des joueurs, mais bien la portion de leur rémunération qui leur sera versée sous forme de salaires.C'est toute une différence.(.) FRANÇOIS RICHER L'auteur est comptable agréé et chargé de formation au Service des sciences comptables de l 'Ecole des hautes études commerciales.Les conflits de travail qui paralysent le hockey et le baseball professionnel présentement ont suscité plusieurs réactions de la part des amateurs de sport et des journalistes sportifs soudainement privés de leur pas-se-temps préféré.Comme ce passe-temps prend rapidement la forme d'une passion ou même d'une « raison de vivre» chez certains d'entre eux, plusieurs réactions étaient davantage fondées sur l'émotivité que sur la rationalité.Envahi par cette incohérente cascade de lamentations, j'ai tenté d'y voir clair et d'analyser froidement les enjeux économiques en présence, afin de déterminer : a ) qui a raison, joueurs ou propriétaires ?b ) y a-t-il un système qui pourrait être optimal à la fois pour les joueurs et propriétaires?Selon moi, la réponse à ces questions repose essentiellement sur une compréhension de !a nature particulière de l'industrie du sport professionnel.Lorsqu'on analyse à fond ces caractéristiques particulières, on ne peut faire autrement que conclure que les propriétaires ont raison ( à la base ) et que le système qui est optimal à la fois pour les joueurs et les propriétaires est basé sur un partenariat entre joueurs et propriétaires dans lequel les dépenses de salaires seraient uniformisées.Ce type de système est tout à fait ce que les propriétaires ont offert aux joueurs au hockey et au baseball.Je vous présente mon raisonnement sous la forme de cinq affirmations qui mènent directement à ces conclusions.Affirmation #1 : L'ampleur des sa-; laires des joueurs est directement reliée au nombre d'amateurs.Pourquoi, selon vous, les joueurs des Roadrunners de Montréal ont-ils des salaires plus faibles que ceux des Canadiens ou des Expos ?Est-ce parce que les propriétaires des Roadrunners sont plus « gratteux » que ceux du Canadien ?Est-ce parce que la convention collective au roller-hockey avantage les propriétaires ?Est-ce parce que les joueurs des Expos méritent plus d'argent parce qu'ils travaillent plus fort ?Aucune de ces réponses.La seule raison qui explique l'écart de salaires, c'est que les gens aiment mieux regarder des matches de hockey professionnel que de roller-hockey, tout simplement.Plus d'amateurs implique plus de revenus aux guichets, plus de revenus de télévision ( les cotes d'écoute étant plus élevées ), plus de revenus de publicité.(.) Dans un monde capitaliste, les gens sont payés en fonction des flux monétaires qu'ils contribuent à générer, et non pas en fonction de la valeur morale du trayait qu'ils font.Par leurs décisions de consommation, les consommateurs ( vous et moi ) attribuent implicitement une valeur au travail ! des gens.(.) Affirmation #2 : Une économie de marché fondée sur la concurrence n'est pas optimale dans l'industrie du sport professionnel, ni pour les joueurs, ni pour les propriétaires.Les salaires des joueurs dépendent directement du nombre d'amateurs, et ce nombre d'amateurs dépend directement de l'équilibre des forces en pré- sence.Il est donc dans l'intérêt collectif des joueurs que toutes les équipes soient aussi compétitives que possible.Évidemment, il y aura toujours des équipes plus fortes et des équipes plus faibles, une saison donnée.Mais le pire scénario pour les joueurs, c'est qu'une même équipe ( ou deux, ou trois, ou dix.) demeure faible à long terme.Dans le meilleur des cas, ça vide les stades pour la plupart des matches à l'étranger de cette équipe ( sans compter les matches à domicile ! ).Dans le pire des cas, l'équipe tombe avec ses 25 emplois et ses 30 millions $ en salaires.(.) Affirmation #3 : Collectivement, les joueurs de hockey et de baseball sont actuellement sous payés.Pardon?Vous dites?A 1.2 millions $ par an?Sous-payés ?Oui monsieur ! Ils sont sous-payés car l'industrie dans son ensemble aurait les moyens de payer davantage les joueurs tout en assurant un taux de rendement raisonnable aux propriétaires sur leur investissement compte tenu du risque qu'ils prennent.Les joueurs reçoivent présentement environ 60 % des revenus de l'industrie.Est-ce trop ?Je ne crois pas.En fait, je suis convaincu que si l'on additionnait les revenus et les dépenses des 28 équipes de base-bail, on aboutirait à un profit « consolidé » suffisant pour accorder à chaque propriétaire un rendement plus qu'adéquat sur son investissement compte tenu du risque du placement.Bien sûr, il faudrait au préalable s'assurer que les propriétaires n'aient pas inclus dans les calculs toutes sortes de dépenses n'ayant pas de lien direct avec les activités de l'équipe.Les salaires, dans leur ensemble, ne sont pas trop élevés.Ils sont simplement mal répartis.Certains propriétaires font de l'argent, d'autres en perdent, mais collectivement, l'industrie génère un rendement plus que raisonnable.Si ce n'était pas le cas, la flambée des salaires n'aurait jamais eu lieu.Si des hommes d'affaires présu-mément rationnels acceptent de donner aux joueurs 60 % de leurs revenus bruts, c'est qu'ils anticipent que les profits générés par cet investissement équivaudront à un rendement raisonnable pour eux.Personne n'a obligé Ronald Corey et Serge Savard à accorder un salaire annuel de 4 millions $ à Patrick Roy.Ils ont accordé ce salaire à Patrick suite à une décision d'affaires, basée sur une évaluation de l'apport marginal du joueur aux revenus de l'équipe.S'ils ont accepté ce contrat, c'est qu'ils anticipent que Patrick rapportera à l'équipe au moins 4 millions $ par année, et que la différence correspondra à un rendement adéquat sur l'investissement.(.) Par ailleurs, le système actuel comporte une caractéristique assez paradoxale : si toutes les équipes sont ca-pables d'être financièrement compétitives, c'est signe que les joueurs se font rouler.En effet, si les joueurs sont payés à leur juste valeur, il n'est pas normal que les pauvres et les riches aient les moyens de se payer des équipes équilibrées.Si même les pauvres ont les moyens de se payer les meilleurs joueurs, c'est signe que les joueurs sont sous-payés.Cependant, on arrive au point où, justement, les pauvres ne peuvent plus compétitionner avec les riches.C'est un signe que la « part du gâteau » que les joueurs reçoivent s'approche dangereusement du maximum possible.C'est pourquoi le système actuel n'est plus optimal pour les joueurs : chaque gain qu'ils pourront doréna- .vant faire au niveau de leur part du « I\t£ Affirmation # 5 : Le partage des revenus entre propriétaires, et le plafond salarial, c'est du pareil au même.Don Fehr me fait rire.Durant les négociations de cet été, il a dit aux journalistes qu'il n'avait rien contre un partage des revenus entre propriétaires.Au contraire, il approuvait cette mesure.Mais il s'objectait fermement au plafond salarial.Pourtant, pour les joueurs, ces deux mesures s'équivalent.M.Fehr croit, à tort bien sûr, qu'un partage des revenus entre propriétaires n'aura pas d'impact sur les salaires des joueurs.On dirait qu'il s'imagine que le « marché » est en quelque sorte une intervention divine, du genre « le ' grand manitou » au « Travail à la chaîne », qui dicte la juste valeur marchande de chaque joueur.Or, nous savons tous que ce n'est pas de cette fa con que ça fonctionne.Le marché est influencé par une foule de variables économiques, dont le revenu disponible.Plus un consommateur a d'argent à dépenser, plus il sera prêt à payer cher pour sa consommation, toutes choses étant égales par ailleurs.(.) Le même raisonnement s'applique dans un mini-marché composé de 28 propriétaires d'équipes.Si les revenus des propriétaires sont partagés également entre eux, le budget des équipes riches ( soit celles qui paient les gros salaires ) tombera, et ceci aura pour effet de réduire l'écart de salaires entre les vedettes et les joueurs marginaux.(.) Dans un tel contexte, rien n'incitera une équipe à dépenser davantage en salaires que ses « collègues ».Le plafond salarial se fera de lui même.Les propriétaires ne pourront jamais se faire accuser de collusion car ils ne feront qu'être économiquement rationnels.(.) Les propriétaires de base-bail ont tort de croire qu'ils ont besoin d'un plafond salarial pour arriver à leurs fins.Le partage des revenus entre eux aboutit au même résultat.i JACK JEDWAB L'auteur est directeur général du Congrès juif canadien, région du Québec, et donne un cours sur les minorités du Québec à l'Université McGill.Dans une étude récente concernant le comportement électoral des non-francophones, lors des élections provinciales de 1994, tel que rapporté dans un quotidien montréalais, le sociologue Pierre Drouilly écrit : « La démocratie divise.Elle est une source d'enrichissement pour tous les citoyens par un effet de dialectique de confrontation et d'opposition.L'unanimité, lorsqu'en fait elle est dirigée exclusivement contre les autres, est une manifestation de chauvinisme et une source d'aliénation » ( 23 septembre 1994 ).Cette notion déjà problématique doit être revue à la lumière des résultats de l'élection municipale montréalaise.En effet, comme nous le verrons plus loin, non seulement les électeurs non-francophones étaient divisés entre les quatre partis politiques mais, comme l'électorat francophone, ils ont donné leur plus grand appui à Vision Montréal et à son chef, Pierre Bourque.Contrairement à ce que certains suggèrent, ceci témoigne d'une certaine convergence d'intérêts entre les électeurs montréalais indépendamment de leurs origines ethniques ou linguistiques.Une attention particulière se porte sur le comportement électoral des Québécois non-francophones, considérés par certains comme étant un vote « en bloc ».L'appui pour l'accord de Charlottetown, en 1992, puis pour les libéraux, lors des élections fédérales de 1993, constituent deux exemples récents d'un tel comportement électoral pratiqué par les Québécois non-francophones.Ironiquement dans le dernier cas, les non-francophones refusaient de « faire le bloc », malgré ce qui fut suggéré à la population par les indépendantistes.(.) La catégorisation du comportement électoral des différentes communautés québécoises en regard de leurs origines ethniques pourrait porter à confusion.Les cas des élections municipales de 1990 et de 1994, en sont un bel exemple.Dans une analyse intitulée « L'élection municipale de 1990 à Montréal », le sociologue Pierre Drouilly soutenait que « .le RCM est devenu le principal parti municipal francophone de Montréal et se voit aujourd'hui boudé par l'électorat anglophone.» À cet effet, il ajoutait que : « nous ne sommes pas loin de croire qu'il s'agit là d'un effet politique des débats constitutionnels qui éloignent la minorité anglophone des institutions de la majorité.» (.) Dans un article publié dans La Presse (4 novembre 1994) intitulé « Le vote ethnique prend une ampleur sans précédent : le poids des minorités risque d'être déterminant dans au moins 22 districts », le journaliste François Berger renchérissait sur cette idée.II suggérait que «.les dernières élections ( 1990) ont montré que les districts à forte concentration ethnique.ont voté massivement à l'exact opposé des districts comptant peu de minorités.Les francophones ont voté pour le parti au pouvoir à l'hôtel de ville, tandis que les allophones ont préféré l'opposition ».L'analyse des résultats des élections municipales de 1994 nous offre l'occasion de voir autrement la question et par le fait même, nous permet de questionner des notions avancées par Drouilly et certains politiciens.Comme illustré dans le tableau 1, tous les partis ont reçu un pourcentage de votes approximativement similaire dans les districts ayant la plus haute proportion de non-francophones, De façon générale, Vision Montréal bénéficiait d'une avance, les autres partis se partageant presque équitablement le reste des votes.TABLEAU I : Distribution des votes pour les quatre partis politiques majeurs dans seize districts ayant respectivement la plus grande concentration de francophones et de non-francophones : a ) francophones à 90 % et plus ( Districts de Lorimier, Hochelaga, Mai-sonneuve, Longue-Pointe, Bout-de-l'ile, Pointe-aux-Trembles, de la Rousselière, Laurier ) : V.-Mtl.: 50.5 % RCM : 37.3 % PM : 8.0 % CDEM : 4.2 % b ) non-francophones à 55 % et plus ( Districts de Parc Extension, Victoria, Loyola, Notre-Dame-de-Grâce, Décarie.Snowdon, Darlington, Mile-End ) : V.Mtl.: 31.0 % RCM : 23.7 % PM : 24.3 % CDEM : 21.0% Suivant la logique de Drouilly, si la division des électeurs entre les options politiques était un signe de démocratie et d'intégration politique, on pourrait donc conclure paradoxa- t lement que les électeurs non-francophones seraient mieux intégrés que les francophones.Cette hypothèse mérite d'être analysée plus à fond.Si le comportement électoral ne se conforme pas à ce que certains analystes disent, on peut donc s'attendre à ce qu'ils mettent l'emphase sur lés différences dans les appuis qu'ont reçu les partis politiques.C'est l'approche adoptée par certains journalistes dont François Berger ( La Presse , 10 novembre ) qui, à partir d'une approche très sélective, argumente que « .l'analyse des résultats électoraux montre que les districts anglophones et allophones.ont massivement voté dans le sens opposé des districts francophones qui ont nettement favorisé Vision Montréal.» Des précisions importantes doivent être apportées à cette analyse.Le postulat de M.Berger indique à tort que Jérôme Choquette a été le candidat à la mairie préféré des citoyens de l'ouest de la ville.Tel que le démontre le tableau 2, cette affirmation est foncièrement inexacte.Le journaliste soutient cette position en référant à l'avance électorale de Choquette, notamment dans les districts de Snowdon et de Loyola que Berger caractérise d'anglophones et Juifs ( il faut noter que la lutte fut serrée).Berger note également que, dans le district majoritairement non-franco-phone de Décarie, le candidat Sam Boskey de la CDME, ( et Berger tient à mentionner le fait que ce dernier soit Juif ), a été victorieux.D'ailleurs, il reste permis de douter de la pertinence de noter l'appartenance confessionnelle de ce candidat dans un district où la communauté juive se trouve très peu concentrée.D'autre part, Berger feint de mentionner que, dans ce même district, Bourque remportait la victoire.Afin de valider son analyse, Berger exclut la plus importante communauté allophone présente sur le territoire montréalais ( en l'occurrence les italiens ) pour démontrer cette supposée uniformité du vote non-francophone lors de ces élections.En fait, la logique du journaliste consisterait à subdiviser le vote allophone en fonction des origines multiples de ce groupe, pour démontrer que ce même électorat allophone vote de façon uniforme indépendamment de ses origines particulières.Au lecteur de juger ! L'analyse de la distribution du vote pour la mairie par district offre d'intéressantes conclusions.En fait, dans la distribution par districts, tan- ; dis que Choquette obtenait de meilleurs résultats dans des districts à forte concentration non-francopho-ne, Bourque émergeait victorieux, suivi de Jean Doré.TABLEAU 2: Distribution des votes pour quatre ; candidats à la mairie dans les mêmes seize districts ayant respectivement la plus haute concentration de francophones et de non-franco-phones : a ) francophones à 90 % et plus : Bourque : 49.5 %\tt Doré: 38.5%\t' / Choquette : 8 % Cohen : 4 % b ) non-francophones à 55 % et plus : Bourque : 33.5 % Doré : 29.5 % Choquette .26.5% Cohen : 10.5% Quant à la distribution des votes entre francophones et non-francophones, quelles conclusions peut-on tirer?Obsédés par l'identification d'intérêts politiques spécifiques aux communautés ethniques, certains analystes négligent les données qui vont à rencontre de leurs hypothèses.Lors de l'élection municipale, chacun des principaux partis politiques pouvait compter, dans des proportions relativement équilibrées, sur l'appui des francophones et des non-francophones.Ceci s'explique par le fait que la plupart des partis politiques se sont adaptés et étaient représentatifs de la réalité démographique pluraliste du territoire qu'ils représentent.(.) Contrairement à ce que certains suggèrent, la démocratie à Montréal est bien ancrée.Toute charge visant à mettre en évidence un comportement non démocratique et chauvin caractéristique à une certaine portion de l'électorat québécois, ne s'inscrit pas dans un climat propice à l'harmonisation des relations entre les diverses couches de la société, et ne contribue pas de façon constructive aux divers débats auxquels fait face l'ensemble de notre société.Comme c'est le cas pour l'ensemble des Québécois, les traditions démocratiques chez les minorités sont valorisées et alimentées par des efforts constants visant à encourager leur participation au processus politique, social et économique du Québec.Les interventions de certains visant à associer l'opposition des non-francophones à la séparation du' Québec, comme étant caractéristique d'un comportement non démocratP* que, constitue un signe révélateur sur leurs intentions.Us semblent ignorer toutefois qu'un grand nombre de francophones s'opposent également à cette vision.(.) \u2022 ' '1 Montréal, vendredi 18 novembre 1994 .¦'
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